Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, May 13, 2026
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Vol. 49 N° 4
Étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil exécutif, volet Accès à l’information
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Intervenants par tranches d'heure
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Bachand, André
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Morin, André Albert
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Roberge, Jean-François
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Bachand, André
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Roberge, Jean-François
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Morin, André Albert
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Paradis, Pascal
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Bachand, André
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Roberge, Jean-François
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Paradis, Pascal
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Morin, André Albert
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bachand, André
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Sainte-Croix, Stéphane
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Roberge, Jean-François
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Accès à l'information des crédits budgétaires du
portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice financier 2026‑2027. Une
enveloppe de 1 h 15 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Avant de débuter, Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacée par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Paradis
(Jean-Talon).
Accès à l'information
Discussion générale
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. Comme vous le
savez, nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit vers 12 h 45.
Et on débute avec le député d'Acadie, pour 12 min 22 s. M. le
député d'Acadie, s'il vous plaît.
• (11 h 30) •
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, bonjour. Je vous dis bonjour, M. le ministre, bonjour à
tous les collègues et employés qui vous... qui sont avec vous aujourd'hui. Je salue
les collègues de la banquette gouvernementale et, évidemment, le collègue de la
deuxième opposition.
Donc, crédits Accès à l'information et protection
des renseignements personnels. J'ai noté, M. le ministre, qu'en mai, 21 mai
2025, il y a un contrat de gré à gré, pour une somme de 99 100 $, qui
a été conclu avec la firme M Groupe Conseil dans le but de confier un
mandat pour réaliser un diagnostic organisationnel afin de revoir, notamment,
la gouvernance. Pourquoi est-ce que la réalisation d'un tel diagnostic était
nécessaire?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Oui. Juste
avant, je veux saluer mon collègue, la présidence, tous les députés qui sont
présents, les équipes qui vont nous aider à répondre le plus rapidement
possible. Des fois, il faut fouiller pour trouver l'information exacte, mais
nous sommes des habitués, on va faire ça de la meilleure façon possible.
Si vous permettez, cher collègue, M. le
Président, de permettre à Mme Girard, la présidente de la Commission d'accès
à l'information... à répondre à cette question précise.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y aurait
consentement, M. le...
M. Morin : ...
Le Président (M. Bachand) :Pas de consentement. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Bien, écoutez, on
peut faire ça. Il va y avoir un petit délai, parce que Mme Girard va
devoir me dire l'information, puis je la transmettrai à ce moment-là. Donc, il
faut faire preuve de patience, si on fait preuve d'intransigeance.
M. Morin : ...une autre
question en lien avec ce contrat. C'est quand même un contrat important, M. le
ministre. Pourquoi ce contrat a été donné de gré à gré?
M. Roberge : Alors, on me dit
que ça a été un contrat qui a été donné pour faire un diagnostic
organisationnel à l'arrivée de la nouvelle présidente, pour avoir réellement un
portrait de la situation puis avoir la meilleure information pour prendre la
meilleure décision de gestion.
Là, vous me demandez : Pourquoi ce
contrat a-t-il été de gré à gré? Je vais demander et j'obtiendrai la réponse.
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Roberge : Alors, on me dit
qu'il fallait le faire rapidement pour bien faire les choses. Cependant, il y a
eu cinq firmes qui ont été rencontrées avant l'attribution du contrat. Ça a été
fait selon les règles de l'art.
M. Morin : Mais, dans ce cas-là,
pourquoi avoir rencontré des firmes et prendre le temps de rencontrer des
firmes, alors qu'à la fin, donc, il n'y a pas d'appel d'offres puis qu'à la
fin, finalement, vous donnez un contrat de près de 100 000 $ à une
entreprise? Pourquoi avoir choisi cette entreprise?
M. Roberge : M. le Président,
je veux quand même souligner, ce n'est pas le ministre qui prend ces décisions-là.
On parle d'une organisation qui a un bras de distance, un niveau d'indépendance
que je <respecte...
>
11 h 30 (version révisée)
<15361
M.
Roberge :
...un niveau d'indépendance que je >respecte
et que nous respectons, comme gouvernement, comme cabinet aussi. Je trouve
particulier que mon collègue pose la question mais refuse à la personne qui
détient la réponse la possibilité de l'exprimer. On peut jouer au jeu comme ça...
Le Président (M.
Bachand) :...M. le ministre...
M. Roberge : ...mais je
soumets que ce serait vraiment pertinent de laisser Mme Girard répondre.
Le Président (M.
Bachand) :...juste vous rappeler, vous
connaissez... vous êtes expérimenté... c'est la prérogative du député, alors j'aimerais
qu'on ne la conteste pas. Alors, voilà, M. le député d'Acadie, oui.
M. Morin : Oui, sauf que,
malheureusement, M. le ministre argumente sur mon temps, M. le Président.
Alors, vous l'avez très bien dit, c'est évidemment une prérogative du député.
Est-ce qu'il est possible que ce contrat-là,
et la question est pour vous, M. le ministre, ait été accordé parce qu'il y
avait des enjeux importants de climat de travail à la commission?
M. Roberge : Bien, j'ai
répondu tout à l'heure qu'à l'arrivée de la nouvelle présidence il a été jugé
utile, de sa part et par l'organisation, de faire ce diagnostic pour, je pense,
prendre la mesure de comment fonctionnait l'organisation puis améliorer les
processus pour remplir la mission de la meilleure manière. C'est une mission
qui est fondamentale, l'accès à l'information. Je pense que c'était sain, dans
les circonstances, d'obtenir toutes les informations, d'avoir ce diagnostic
organisationnel pour, après ça, prendre les meilleures décisions, en matière de
traitement des dossiers, pour s'acquitter du mandat.
Donc, ça me semble pertinent, lorsqu'on
arrive à un moment précis à la tête d'une organisation importante, de s'assurer
d'avoir un diagnostic important, un diagnostic neutre. Donc, je pense que c'est
une bonne chose d'avoir pris cette décision-là. Sur le choix de la firme exactement,
ce n'est pas moi qui ai la réponse. Je poserai la question pour vous la donner
ensuite, puisque vous refusez à madame la possibilité de répondre.
M. Morin : Oui, on a déjà parlé
de ça, M. le Président.
M. Roberge : Mais sur la
pertinence... (panne de son) ...je maintiens que c'était pertinent. Même si ce
n'était pas ma décision, je pense que c'était une bonne décision.
M. Morin : Bien. Est-ce que
vous avez été informé, M. le ministre, des enjeux, en termes de relations de
travail, qui prévalaient à la commission?
M. Roberge : Madame... M. le...
j'ai dit «Mme la Présidente», je m'excuse, c'est parce qu'hier c'était une
présidente qui était là lors de l'étude des crédits. J'ai pris connaissance du
fait qu'il y a eu des plaintes qui ont été formulées. J'ai vu aussi qu'il y
avait des organismes indépendants qui faisaient le travail à cet égard-là.
M. Morin : Est-ce que vous
êtes au courant qu'en matière de climat de travail la CNESST intervient et
accompagne la commission depuis novembre 2025, à la suite de multiples
dénonciations?
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Bien oui, je vais
répondre quand je vais avoir obtenu la réponse, là. Donc, ça va prendre le
temps que ça va prendre.
Le Président (M. Bachand) :M. le député d'Acadie.
M. Morin : Oui. M. le
Président, j'ai posé une question très claire au ministre, j'ai demandé si lui
est au courant. Ce n'est pas si madame était au courant, si lui était au
courant. Je pense qu'il serait... il devrait être en mesure de répondre
rapidement.
M. Roberge : Bien, on me dit
que... Mon collègue, dans sa question, a parlé de multiples dénonciations. À ma
connaissance, Mme la Présidente, il y en avait eu deux. Ce qu'on me dit, c'est
qu'il y a un travail d'accompagnement qui se fait entre la CNESST et la
commission, qui se déroule très bien. Il me semble que la collaboration va très
bien à cet égard-là.
Donc, c'est correct que des personnes
portent plainte ou signalent des choses si, selon eux, il y a des enjeux, mais
je pense qu'il faut faire confiance à nos instances puis au processus. J'ai
pleinement confiance dans nos instances au Québec pour faire l'accompagnement
et le traitement des plaintes, le cas échéant. Il ne faut pas présumer que,
parce qu'il y a plainte, il y a problème. Il peut y avoir toutes sortes de
situations.
M. Morin : Alors, M. le
Président, je fais référence à un article qui a été écrit par M. Daniel Boily,
et c'est dans cet article-là, là... Ça remonte, là, évidemment... c'était le 11 mars,
et c'est dans cet article qu'on parle de multiples dénonciations, je ne l'invente
pas, faisant état de harcèlement psychologique, d'intimidation, de violence au
travail, de manquements majeurs en matière de prévention et de la prise en
charge des risques psychosociaux. Alors, est-ce que, M. le ministre, vous êtes
au courant de la situation qui prévaut à la commission?
M. Roberge : Bien, M. le
Président, mon collègue cite un article. On me dit qu'il n'y avait pas eu une
plainte officielle, donc, c'est... Il y a des choses qui sont écrites dans l'article,
je veux bien, là, mais c'était plutôt une... c'est une vérification qui a eu
lieu. Donc, c'est quand même une nuance. Donc, il y a eu vérification et il y a
accompagnement de <l'organisation...
M. Roberge :
...donc,
il y a eu vérification, et il y a accompagnement de >l'organisation. On
me dit que c'est avec une bonne collaboration, que ça se passe bien, cet
accompagnement. Donc, je comprends, mon collègue pose des questions suite à la
lecture d'un article de journal, lequel a été alimenté, je pense, par
l'organisation syndicale. C'est correct aussi, mais ici on peut rétablir les
faits. Bien sûr, il faut me laisser le temps d'obtenir l'information pour la
transmettre.
M. Morin : Alors, prochaine
question, M. le Président. Est-ce que vous avez pris connaissance, M. le
ministre, des résultats du sondage qui a été fait par le Syndicat de
professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec en ce qui a trait
aux facteurs de risque en santé psychologique et en organisation du travail à
la commission d'accès?
Des
voix : ...
M. Morin : C'est parce que ma
question, M. le Président, c'est : Est-ce que M. le ministre en a pris
connaissance, lui? Ça fait qu'il faut qu'il demande à la présidente s'il a pris
connaissance? Ça m'apparaît étonnant.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Roberge : M. le Président,
c'est parce qu'il y a un peu confusion des rôles, ici, là, depuis le début,
mais on va continuer de le faire, puisque c'est la volonté du collègue, là,
mais ce n'est pas le ministre ou son cabinet qui administre la Commission
d'accès à l'information. C'est une organisation indépendante, et, si on se
mettait les deux mains dedans, j'imagine qu'il dénoncerait cette situation-là.
Là, on parle d'une situation RH, là, gestion
des ressources humaines, avec un syndicat, et là monsieur... le collègue l'a
bien dit, un syndicat qui expose des motifs, du mécontentement. C'est dans
l'ordre des choses, mais le ministre ne va pas se mettre à aller intervenir
dans une situation précise comme ça. Il existe la commission, avec le respect
de la loi et la gestion de la commission, puis il existe aussi des instances
pour accompagner la commission ou traiter des plaintes, si vraiment ce sont des
plaintes. Donc, je pense qu'il y a une espèce de confusion des rôles qui est
entretenue depuis le début des travaux de la commission.
• (11 h 40) •
M. Morin : Alors, il y a...
il n'y a pas de confusion des rôles, M. le Président. Ma question était très
simple. Est-ce que M. le ministre a pris connaissance du sondage qui a été
réalisé par le syndicat? C'est juste ça, ma question, M. le Président.
M. Roberge : Bien, on m'a
envoyé de la documentation par rapport au sondage dont mon collègue parle, mais
il n'appartient pas au ministre d'agir sur la situation directement.
M. Morin : Est-ce que vous
avez pris connaissance du sondage? Est-ce que vous l'avez lu?
M. Roberge : M. le Président,
j'ai reçu l'information. J'ai reçu cette information-là, j'ai vu ça, mais il
n'appartient pas au ministre de se mettre les deux mains dans la gestion des
ressources humaines. Il s'agit, je pense, d'un enjeu où le syndicat décide de
prendre une posture. Ça lui appartient. On a un cadre pour les relations de
travail, au Québec, puis on ne gérera pas, là, les ressources humaines en
commission parlementaire ou en étude de crédits.
M. Morin : Alors, si je vous suggère,
M. le ministre, que, dans ce sondage-là, il y a une série de mots-clés qui ont
été extraits des commentaires des employés professionnels sur la situation à la
commission, et, parmi les mots qu'on retrouve, il y a «violence psychologique»,
«intimidation», «humiliation»... Alors, je comprends, M. le ministre, que vous
n'avez pas à gérer au quotidien le travail de la commission, je le comprends
très bien, mais vous êtes le ministre, en Chambre, qui êtes responsable. C'est
pour ça qu'on discute avec vous des crédits. Si vous avez pris connaissance du
document et que vous avez vu, je présume, vous pourrez me le confirmer, des
mots qui sont des extraits des commentaires d'employés, qu'est-ce que vous avez
fait par la suite?
M. Roberge : Bien, M. le
Président, j'ai questionné mon secrétaire général, à savoir : Est-ce que
les instances officielles ont été saisies de plaintes, de signalements, est-ce
que la Commission d'accès à l'information est accompagnée, est-ce que le
syndicat a des recours? On m'a dit : Le syndicat fait son travail, il
existe des instances, il existe les griefs, il existe... Je veux dire, toute la
séquence et tous les leviers utilisés par le syndicat existent, il existe la
CNESST, etc. Donc, on a les mécanismes nécessaires.
J'ai demandé à la présidente de
l'Assemblée <nationale...
M. Roberge :
...demandé
à la présidente de l'Assemblée >nationale : Est-ce que... J'ai posé
la question, puisqu'on parle de quelqu'un qui est nommé par l'Assemblée
nationale : Est-ce que ça relève de la présidence? On m'a dit : Non,
hein, justement, il y a les instances pour gérer ces choses-là. Il n'appartient
ni à la présidence de l'Assemblée nationale ni au ministre de faire ça. Il faut
faire confiance à nos institutions et à nos garde-fous pour accompagner une
organisation s'il y a des enjeux. Parce que je ne présume de rien, hein, je
pense qu'il ne faut présumer de rien. On a déjà vu des mobilisations, dans un
cadre syndical-patronal, pour toutes sortes de raisons. Donc, moi, je fais confiance
aux instances, et on me dit que c'est traité dans les règles de l'art.
M. Morin : Bien, donc,
vous êtes au courant de la situation.
M. Roberge : Bien, M. le
Président, j'ai déjà répondu, à cette question-là, que je suis au courant de la
situation. J'ai pris mon information, on l'a vue, j'ai reçu les informations du
syndicat qui avait envoyé... qui avait alerté, disons-le, selon leur
perception, le cabinet et le ministre. J'ai vu l'article de journal, lequel
avait été alimenté par le syndicat aussi, puis je constate que la commission
continue de faire son travail. Voilà.
M. Morin : Parmi les
mots-clés qui sont aussi... qui émanent du sondage, pour les pratiques de
gestion, on retrouve, entre autres, «favoritisme», «milieu toxique», «santé
mentale». Est-ce qu'à la suite de ça, M. le ministre, vous avez eu des
rencontres avec les responsables de la commission et est-ce que vous faites un
suivi, compte tenu des mots très lourds que l'on retrouve dans le document?
M. Roberge : M. le
Président, il faut prendre garde ici de porter des jugements sur des
allégations. Donc, moi, j'ai été informé qu'il y avait des gens mécontents,
j'ai été informé de l'initiative syndicale à cet égard-là. Le syndicat défend
ses membres, fait valoir la parole de ses membres. Je sais que la commission
est accompagnée par les instances. J'ai confiance dans nos institutions,
j'imagine que c'est pareil pour notre collègue.
M. Morin : On va
revenir, M. le Président, au contrat de gré à gré, qui a été, en fait, conclu
par la commission, montant de 99 100 $. Est-ce que vous êtes au
courant? Est-ce que c'est possible que ce contrat-là ait été accordé compte
tenu du climat qui règne à la commission?
M. Roberge : Bien, dans
la chronologie, ce qu'on me dit, c'est qu'à l'arrivée de la nouvelle
présidence, donc, dans les deux premiers mois, il y a eu une demande pour faire
ce contrat-là, pour avoir une analyse organisationnelle. Or, les enjeux
soulevés par le collègue, c'est arrivé plusieurs mois après, pratiquement un an
plus tard. Donc, quand on regarde la séquence, là : arrivée de la
présidence, diagnostic organisationnel et, beaucoup plus tard, les allégations
syndicales concernant de possibles enjeux. Donc, il n'y a pas une réaction,
suite à l'initiative syndicale, de faire un diagnostic organisationnel. C'est
plutôt à l'arrivée en poste que la présidence a décidé de faire ça, pour
s'acquitter de sa tâche de la meilleure manière.
M. Morin : Je vous
remercie. Dans les documents qu'on a obtenus à la suite des demandes qu'on a
faites pour l'étude des crédits, il y a un rapport qui nous a été donné...
Une voix : ...
M. Morin : Ah! pardon.
Alors, suite à une demande d'accès à l'information, il y a un rapport qui nous
a été donné, sauf que les conclusions, le sommaire de l'accompagnement, sont
toutes caviardées, et je me demande pourquoi. Évidemment, je ne peux pas
montrer des pages caviardées, M. le Président, parce que ce n'est pas un
tableau didactique, n'est-ce pas, mais c'est la réalité, suite à une demande
d'accès. Alors, comment se fait-il... Si on veut juste savoir comment on peut
revoir une gouvernance interne pour clarifier des rôles et améliorer le
bien-être des employés, pourquoi c'est caviardé?
M. Roberge : OK. Bien,
d'abord, ce n'est ni moi ni la présidence qui caviardons des documents ou qui
faisons le <choix...
M. Roberge :
...ni
la présidence qui caviardons des documents ou qui faisons le >choix, là.
C'est une personne indépendante qui reçoit les demandes d'accès à
l'information, qui les traite et qui décide s'il y a des sections qui doivent
être masquées ou pas, là.
Je ne suis, d'aucune manière, intervenu,
puis la présidence me confirme qu'elle n'est pas intervenue dans le processus,
mais, lorsqu'on parle de transparence, bien, c'est important de voir que ça
prend un équilibre entre le droit du public à l'information, évidemment, mais
aussi les impératifs de confidentialité qui sont associés à la gouvernance de
l'État, tu sais, les relations intergouvernementales, l'économie, et la justice.
Le Président (M.
Bachand) : En terminant, M. le ministre.
M. Roberge : C'est important
de savoir qu'il faut protéger l'identité de personnes...
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Roberge : ...donc, si vous
demandez quelque chose qui ne peut pas être transmis...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Je cède maintenant la
parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne, pour 12 min 15 s,
s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre, bonjour à vos équipes.
Bonjour aux collègues députés et à leurs équipes aussi.
M. le ministre, il y a un article qui m'a
beaucoup interpelé, cette année, là : Le Barreau se dit favorable à une
exception pour les journalistes devant la Commission d'accès à l'information,
là. Ça dit : «Québec veut empêcher les journalistes de se présenter sans
avocat devant la Commission d'accès à l'information.» En fait, ça m'a beaucoup
préoccupé, là, de comprendre... de constater que la commission, sous votre
ministère, avait décidé de mettre des bâtons dans les roues à des journalistes,
là, qui sont certainement très importants dans leur travail, notamment dans la
découverte de fiascos et de d'autres éléments fort importants pour la
démocratie.
Le Barreau du Québec se montre favorable à
ce qu'on puisse leur permettre d'accéder en toute liberté et sans avocat à ces
procédures-là. Je sais que vous êtes aussi responsable des Institutions
démocratiques, notamment, là. Je peine vraiment à comprendre pourquoi est-ce
que votre orientation gouvernementale, c'est de compliquer la vie des
journalistes, d'empêcher les journalistes de faire leur travail en plus grande
facilité puis d'accéder aux informations. J'aimerais ça vous entendre
là-dessus.
• (11 h 50) •
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Oui. M. le
Président, lorsqu'un journaliste fait une demande d'accès à l'information, il
ne le fait pas en son nom personnel. Ce n'est pas monsieur X, madame Y, là, qui
fait une demande. En réalité, ils le font au nom de leur organisation, et, à ce
moment-là, ça se trouve à être une organisation qui fait une demande d'accès à
l'information, et la loi est claire à cet effet.
Puis là je vais quand même être prudent
parce que c'est judiciarisé, c'est devant les tribunaux, en ce moment, cette
situation-là. Je comprends que le Barreau a pris position dans une direction,
fort bien, là, mais le Barreau sait très bien que la situation est judiciarisée.
Je ne pense pas que j'ai besoin d'expliquer ça au Barreau.
M. Cliche-Rivard : Bien,
justement, je ne pense pas que vous avez besoin de, vous, l'expliquer au
Barreau, mais vous avez besoin de l'expliquer à la population québécoise puis
aux députés, là, qui vous posent des questions. Vous, vous êtes favorable à
cette politique gouvernementale à l'effet qu'on limite l'accès aux journalistes
sans avocat à la Commission de l'accès à l'information? Vous appuyez ça, là,
vous, vous trouvez que c'est une bonne politique publique?
M. Roberge : Bien, ce sont
les médias qui font des demandes d'accès à l'information. Je pense que la loi
est correcte à cet égard-là. Donc, les journalistes... Je trouverais ça
particulier que tout le monde doive avoir... passer par un avocat, sauf les
journalistes qui, eux, sont appuyés par des employeurs, par des médias. Je
pense que ça garantit que les choses sont bien faites.
Vous savez, on est passés du 11e rang au
huitième rang, donc on est en progression, parmi les organismes publics, quand
on regarde le classement, là, Global Right to Information Rating, on va dire le
classement de l'information et du droit à l'information, pour le traduire. Donc,
le Québec se classe assez bien, en fait, se classe de mieux en mieux. Donc, je
pense qu'on peut être fiers de notre manière de traiter les choses. Il y aura
toujours place à amélioration, c'est certain, il y aura toujours place à
amélioration, mais...
Le Président (M.
Bachand) :...M. le député, s'il vous
plaît.
M. Cliche-Rivard : Il y a
certainement place à amélioration, M. le ministre, avec tout le respect que je
vous dois, là. La Fédération professionnelle des journalistes, elle, qualifie
cela d'attaque sournoise contre les médias. C'est quand même des mots forts,
là. Vous me citez l'accès à l'information puis l'accès de la presse, dans votre
palmarès. Donc, les médias disent : «C'est une attaque sournoise contre
les médias susceptible de coûter des milliers de dollars pour des demandes et
ainsi nuire au droit du public d'être bien informé.» Le Barreau du Québec, M.
le ministre, son travail, c'est la protection du public, et le Barreau du
Québec appuie la modification qui permettrait aux journalistes... Donc, d'un
côté, vous avez les journalistes, quatrième pouvoir, qui informent le public de
manière fort pertinente et fort nécessaire sur la <reddition...
M. Cliche-Rivard :
...public de manière fort pertinente et fort nécessaire sur la >reddition
de comptes gouvernementale, puis, de l'autre côté, vous avez l'ordre
professionnel, en plus, qui protège le public, qui se dit favorable à cette
exception-là puis à cette modification-là, mais vous, vous maintenez la ligne
dure, là. Vous maintenez qu'il n'y a aucunement possibilité d'adaptation,
d'ajustement puis de laisser tomber cette règle-là, qui ne semble plaire à ni
vous... bien, en fait, à tout le monde sauf vous, finalement.
M. Roberge : Bien, M. le
Président, mon collègue dit qu'on limite l'accès à... ce n'est pas exact, là,
on ne limite pas l'accès par rapport à la situation actuelle. Il y a un
processus, et puis, comme gardiens des institutions, gardiens de la loi, on
s'assure que le processus est suivi. Donc, on dit simplement... On n'est pas en
train de changer la loi pour limiter l'accès, c'est inexact, on s'assure que le
processus qui est établi soit suivi.
Donc, je pense que c'est normal, c'est la
Loi sur le Barreau, en ce moment, qui prévoit qu'il faut être représenté par un
avocat. Je comprends que le Barreau demande un changement, mais la loi, elle
est ce qu'elle est pour l'instant. Ensuite, le Procureur général du Québec, le
ministre de la Justice, qui est défenseur de nos institutions et de nos lois,
prend action. C'est normal, dans la situation actuelle, et je ne vois pas... Il
faut faire attention, là, de ne pas pousser un peu loin. On n'est pas en train
de limiter ou d'entraver quelque chose, on ne fait simplement que défendre la
loi actuelle.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. M. le député.
M. Cliche-Rivard : Bien, avec
tout le respect que je dois au ministre, là, l'article est clair, là : «En
effet, dans des cas récents, le PGQ a tenté de les empêcher.» Donc, oui,
véritablement, c'est ça qui est allégué, c'est des décisions de la part du PGQ,
sous votre responsabilité, parce que c'est quand même vous le ministre
responsable de la CAI, qui envoie les orientations, à l'effet de leur empêcher,
là, d'accéder directement.
Donc, moi, je vois un contexte politique
où, plus que jamais, la liberté de la presse est importante — vous
avez cité des chiffres importants, des statistiques importantes — et,
de l'autre côté, je vois un gouvernement qui semble vouloir mettre des
obstacles à la capacité médiatique d'accéder pleinement à l'accès à
l'information. Et moi, je me l'explique mal, je ne me l'explique pas, dans un
contexte où le Barreau du Québec, qui, lui, est protecteur des citoyens et des
citoyennes, de l'intérêt du public... où lui, il formule une recommandation claire.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Roberge : M. le Président,
le Barreau du Québec, c'est l'ordre professionnel des avocats. Ils font leur
travail, c'est très bien, mais ce que mon collègue dit, encore une fois, ce
n'est pas exact. Il dit qu'on veut mettre des bâtons dans les roues. On a une
institution que l'on chérit, que l'on défend, que l'on protège et on a un cadre
juridique qui prévoit, en ce moment, qu'il faut être représenté par un avocat.
Là, il y a des gens qui poursuivent le
gouvernement québécois, qui disent : Bien là, vous ne devriez pas faire
appliquer votre loi. Bien oui, on va faire appliquer notre loi puis on va
défendre notre loi. Mon collègue, ce que je comprends, ce qu'il voudrait, c'est
qu'on dépose un projet de loi pour changer le cadre. C'est légitime, mais
débattons plutôt de ça. Est-ce qu'il faudrait moderniser notre loi? Est-ce
qu'il faudrait changer notre loi? Si c'est le cas, bien, à ce moment-là, c'est
une réflexion qui est différente. Il ne s'agit pas, là, de poursuivre les uns,
les autres, ou de dire : On a une loi, mais on ne l'appliquera pas, ou on
est attaqués, puis le Procureur général ne défendra pas la loi. C'est une
question, là, qui devient politique, qui ne devient plus judiciaire... dire de
quelle manière devrions-nous changer la loi, s'il faut la changer, quels sont
les articles à changer. Là, on est, je pense, davantage... on est toujours... Puis
on n'est pas dans l'étude des crédits, parce que mon collègue ne pose pas de
question sur les crédits, mais il pose une question judiciaire. Alors, je pense
qu'il devrait poser une question politique.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Bien, avec
respect, M. le Président, la question, c'est lui qui en a fait une question
judiciaire, là. Moi, je soumets la question politique : Est-ce que, oui ou
non, les médias devraient avoir plein accès à la Commission d'accès à
l'information sans avocat? La position politique du collègue, c'est que non. La
position politique du collègue, c'est que, oui, c'est important pour le
gouvernement de complexifier l'accès des journalistes à la Commission de
l'accès à l'information. Puis c'est comme ça, puis avec les deniers publics...
d'où les crédits, là, qu'il entend utiliser, les fonds de son ministère. C'est
pour établir des politiques publiques qui visent à limiter, complexifier le
droit des journalistes d'accéder à la commission de l'information, sur la base
de nos fonds publics.
Donc, la question est clairement,
clairement, politique puis elle est clairement liée à l'étude des crédits. Je
n'ai pas nommé aucune instance judiciaire, c'est lui qui me parle de
judiciaire. Là, on est dans une instance de crédits où son ministère a dépensé
des sous pour pousser des politiques publiques dans lesquelles les médias ont
moins accès, auront moins accès et sont <complexifiés...
M. Cliche-Rivard :
...dans
lesquelles les médias ont moins accès, auront moins accès et sont >complexifiés
dans leur capacité d'accéder à la commission.
Donc, est-ce que, oui ou non,
politiquement, vous acceptez, M. le ministre, que des fonds publics des
Québécois servent à complexifier l'accès à l'information des médias du Québec?
La question est purement politique.
M. Roberge : M. le Président,
on peut répéter quelque chose d'inexact vingt fois, ça ne deviendra pas vrai,
là. Mon collègue dit qu'on essaie de restreindre l'accès. On ne change pas la
règle, on fait appliquer la règle. Ce n'est pas comme s'il y avait une règle
qui disait, depuis des décennies, que les journalistes n'ont pas besoin d'un
avocat, puis que, tout à coup, le gouvernement dit : Ah! non, maintenant,
ça va prendre un avocat, à partir de maintenant, puis que des gens
disent : Ça va être plus compliqué. Ce n'est pas... ça n'arrive pas, là,
ce n'est pas le cas, là, ce n'est pas vrai.
Ce qui se passe, c'est que la loi... les
procédures actuelles prévoient qu'il faut utiliser les services d'un avocat.
Puis je pense, en fait, que le fait d'exiger un avocat, ça ne nuit pas à la
circulation de l'information, au contraire...
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le ministre... à M. le député...
M. Roberge : ...probablement
que ça va permettre aux journalistes...
Le Président (M.
Bachand) :M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
s'il vous plaît.
• (12 heures) •
M. Cliche-Rivard : M. le
ministre, vous ne pouvez pas ignorer, là, c'est dans un jugement de 2013, là...
avait confirmé que les journalistes pouvaient se présenter sans avocat. Vous
dites que vous ne modifiez pas la règle. Vous la modifiez. Depuis 2013, il y a
un jugement qui permet aux avocats d'être présents, un précédent clair,
désormais ignoré par le Procureur général. Donc, oui, vous changez la règle,
puis l'article dit clairement que c'est dans des récents cas que votre
ministère est intervenu. Donc, oui, vous changez la règle puis l'applicabilité,
oui, vous complexifiez l'accès à la justice des avocats, oui, ceci vient de
fonds publics que vous dépensez dans votre ministère pour, oui, complexifier,
nouvellement, l'accès aux avocats.
Cet article-là, il ne date pas de 2012,
là, il date de 2025, décembre. Et, oui, vous avez des nouvelles politiques
publiques. Oui, vous cherchez à complexifier l'accès à l'information des
journalistes. C'est écrit noir sur blanc, un jugement de 2013 qui donne accès,
et vous décidez de l'outrepasser, de ne pas le respecter, sur les fonds publics
québécois, pour rendre l'accès à l'information moins disponible. Ça, c'est
votre bilan, et vous vous en défendrez, M. le ministre.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député, je vous fais...
je vous demande de faire attention au choix de mots. Il reste très peu de
temps, 40 secondes. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Roberge : Oui. Idéalement,
on s'adresse à la présidence. Il s'agit plutôt de faire valoir la posture
gouvernementale. Il peut y avoir un jugement, mais il peut y avoir une
interprétation et un appel. Il n'est pas requis de passer par un avocat pour
faire la demande d'accès, mais c'est pour intervenir devant la Commission
d'accès à l'information, en révision, parce que c'est un tribunal
administratif. Et ce qu'on dit, c'est que, pour aller devant le tribunal, un
tribunal administratif, c'est à ce moment-là qu'il est pertinent de passer par
un avocat. Et vraisemblablement, avec la compétence d'avocats, il y aura
davantage d'informations qui seront obtenues et transmises au grand public que
s'il n'y a pas d'avocats qui sont impliqués dans la démarche.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup, M. le ministre.
M. le député de Jean-Talon, pour 12 min 15 s, s'il vous plaît.
M. Paradis : Bien, j'aimerais
continuer un peu sur cette question-là. Puis allons... n'allons pas, là, sur
des considérations juridiques, mais est-ce que vous êtes d'accord, M. le
ministre... Bien, salutations, M. le ministre, à vous et à votre équipe. Est-ce
que vous êtes d'accord, M. le ministre, que ce qu'on veut, c'est favoriser le
fait que les personnes peuvent se représenter elles-mêmes ou peuvent aller
d'elles-mêmes et avoir accès le plus facilement possible à la Commission
d'accès à l'information et que le but, c'est de favoriser l'accès à
l'information, justement? Est-ce qu'on est d'accord sur ce principe-là?
M. Roberge : Bien, je pense
qu'il faut avoir le maximum de transparence. D'ailleurs, je pense que, quand on
peut faire de la divulgation proactive d'information, c'est un véhicule qui est
privilégié pour que les gens y aient accès directement, sans même avoir à faire
une demande d'accès à l'information.
Maintenant, pour faire une demande d'accès
à l'information, on n'a pas besoin de passer par un avocat, mais, lorsqu'on
s'en va devant le tribunal, je pense que c'est normal et je pense que c'est une
bonne pratique d'avoir recours à un expert, c'est-à-dire un avocat. Et, quand
on dit ça, on ne limite pas l'accès à l'information, je pense qu'on fait
simplement les choses correctement et dans l'ordre. Donc, je pense qu'on a le
même objectif, tout le monde, là, c'est plus de transparence, mais moi, j'ajoute
aussi plus d'efficience.
M. Paradis : Oui, mais
attendez, là, on est en train de parler notamment de journalistes, de gens qui
naviguent là-dedans constamment, l'accès à l'information, qui passent leur
temps à faire des demandes d'accès à l'information, qui connaissent le Commission
d'accès à l'information, qui <connaissent les processus...
>
12 h (version révisée)
<19999
M.
Paradis :
...qui connaissent la Commission d'accès à l'information,
qui >connaissent les processus. Hier encore, je posais des questions au
gouvernement en crédits sur la base d'une demande d'accès à l'information qui a
été réalisée par des journalistes. Hier, on a eu des révélations, notamment,
sur les contrats information... informatiques du gouvernement à la suite d'une
enquête de Radio-Canada sur la base de demandes d'accès à l'information.
En quoi ces gens-là auraient... devraient
nécessairement faire appel à d'autres professionnels pour aller se représenter
devant l'accès... devant la Commission d'accès à l'information? Je vous avoue, M.
le ministre, que c'est difficile de ne pas voir là-dedans une barrière à l'accès
à la commission et donc à l'accès à l'information pour des gens qui sont
habitués, qui sont rompus à cet exercice-là. C'est-à-dire que, quand vous me
dites : Ah! c'est de l'efficience, je ne vous suis pas dans cet argument-là,
parce que c'est des gens qui savent faire, qui ne perdront pas le temps de la
commission. Puis on devrait dire : On va vous faciliter l'accès à la
commission et donc l'accès aux documents, pas l'inverse.
Le Président (M.
Bachand) :M. le ministre.
M. Roberge : Bien, des fois,
on est d'accord d'être pas d'accord. La question, c'est quand on représente un
tiers. Une personne qui fait une demande en son nom propre n'a pas besoin d'être
représentée par un avocat. Lorsqu'un journaliste, qui appartient à un grand
groupe, à un média fait une demande, il fait une demande au nom du média, le
journal X, et il représente donc un tiers. Et, pour représenter un tiers, bien,
à ce moment-là, on a besoin d'un avocat. C'est ça, la règle, c'est ça, la règle
de base.
Donc, quelqu'un qui fait une demande en
son nom, c'est une chose, quelqu'un qui fait une demande pour un tiers, donc un
journaliste qui fait une demande pour un média, c'est autre chose. C'est la
règle, et je n'y vois pas... surtout dans le cas des médias, qui sont équipés
pour le faire, qui peuvent épauler leurs journalistes, les représenter, les
aider pour que ça se passe mieux, je ne vois pas d'entrave là. Comme je dis, on
est d'accord d'être en désaccord. Mon collègue a une opinion contraire, mais je
pense que c'est sain de respecter ce processus-là.
M. Paradis : Bon, on est... on
n'est pas dans le domaine des avis juridiques, mais je pense que vous devez
être très prudent, là, quand vous parlez de ce qui est la pratique puis de ce
qui doit être fait ou ne doit pas être fait. Ici, devant la Commission d'accès
à l'information, ce sont essentiellement des questions factuelles qui se plaident,
c'est-à-dire, je voudrais avoir accès à tel document ou telle information,
la commission détermine si oui ou non. Les journalistes, notamment, ce sont des
spécialistes. On est dans une époque, M. le ministre, où c'est de plus en
plus difficile d'avoir de la transparence et où on devrait en avoir de plus en
plus. Donc, moi, je vois votre gouvernement aller dans... du mauvais côté, c'est-à-dire
de mettre des barrières, d'ajouter des conditions qui n'ont pas raison d'être.
Maintenant, j'aimerais vous amener sur d'autres
sujets, parce que ce qu'on a constaté dans les huit dernières années, ce n'est
justement pas une tendance vers plus de transparence, c'est une... c'est une
tendance vers moins de transparence. Par exemple, à la suite de plusieurs
demandes d'accès à l'information des médias, des partis d'opposition, les
miennes, celles de mes collègues, il y a des sujets, par exemple, comme les
critères d'attribution des fameux blocs d'électricité, des mégawatts du Québec...
Ça, c'est fondamental. C'est une information qui devrait être entièrement
publique parce que c'est de notre avenir énergétique dont il est question. Et
on n'est pas capables d'avoir ça et, à chaque fois qu'on pose les questions en
Chambre, en commission parlementaire, en crédits, on n'a jamais été capables d'avoir
ça. Moi-même, je l'ai posée à plusieurs reprises, et, en demande d'accès à
information, on n'a pas accès à ça aussi.
Vous, comme ministre responsable de l'accès
à l'information, est-ce que vous trouvez que c'est une bonne chose que personne
au Québec ne soit capable d'avoir accès aux critères d'attribution de nos
précieux blocs d'énergie?
M. Roberge : Je veux juste
faire une réponse sur le préambule, hein, parce que mon collègue a changé de
sujet, mais, au départ, il est revenu sur... encore sur la question, là, d'être
représenté par un avocat. Je veux être sûr d'avoir utilisé le bon mot, là. Il y
a une nuance entre faire une demande d'accès, on n'a pas besoin d'être
représenté par un avocat du tout, versus une demande de révision, où là on va
devant un tribunal. Puis je veux le... Peut-être que je n'ai pas toujours, dans
toutes mes réponses, fait cette nuance-là. Je veux être certain de l'avoir bien
exprimé. Donc, pour les demandes d'accès, nul besoin d'être représenté par un
avocat. Demande de révision, lorsqu'on va devant un tribunal et qu'on représente
un tiers, soit un média, besoin d'être représenté par un avocat.
Mon collègue a ensuite bifurqué vers un
autre sujet, très important, sur l'accès. Au bout du compte, là, l'information est-elle
disponible? Puis il me demande : Est-ce que c'est normal que telle
information soit disponible, telle information ne soit pas disponible? Bien, depuis
2021... Puis, dans son préambule, mon collègue dit : Ah! là, ça va de...
ça va de mal en pis. C'est souvent ça que les oppositions le disent, là, c'est
comme... c'est toujours pire, <mais il semble oublier...
M. Roberge :
...que
les oppositions le disent, là, c'est comme... c'est toujours pire, >mais
il semble oublier que, depuis 2021, il y a eu des ajustements, il y a eu des
améliorations apportées par notre gouvernement qui font que, maintenant, c'est
le plus haut dirigeant d'un organisme public qui veille à assurer le respect de
la mise en œuvre de la Loi sur l'accès aux documents, aux organismes publics,
sur la protection des renseignements personnels. Cette personne-là dispose des
ressources nécessaires, c'est la nouvelle règle, facilite l'application de
cette loi, délègue les responsabilités, peut le déléguer, puis la personne qui
est désignée à titre de responsable d'accès aux documents de la protection de
renseignements personnels doit exercer ses fonctions de manière autonome. Ce
n'était pas dans la loi avant. Maintenant, c'est autonome, donc, c'est une
nette amélioration. Donc, ça ne s'est pas détérioré, ça s'est amélioré.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, M. le
ministre, là, je vais... Je repose ma question très précisément parce que je
veux que les Québécois comprennent bien de quoi on est en train de parler. Les
partis d'opposition, les médias cherchent à obtenir des informations cruciales
pour qu'on comprenne qu'est-ce qui se passe au sein du gouvernement. Et
actuellement, sous ce gouvernement, c'est impossible d'avoir accès à une
quelconque information, en vertu de la loi actuelle et de la façon dont elle
est appliquée, sur les critères d'octroi des blocs d'énergie. Ça, ça concerne
nos PME, ça concerne la facture d'électricité que l'ensemble des Québécois paie.
Est-ce que vous trouvez ça normal, vous,
comme ministre, qu'on n'ait pas accès à ces critères-là? Et, si votre réponse,
c'est non, qu'est-ce que vous comptez faire? Est-ce que c'est normal que, sous
votre gouvernement, on n'ait pas accès à ces critères-là, oui ou non?
• (12 h 10) •
M. Roberge : Bien, M. le
Président, mon collègue veut m'amener à me positionner de manière très précise
sur un enjeu, sur un document, sur une demande très précise, puis c'est
précisément ça qu'on ne veut pas faire, c'est-à-dire on ne veut pas que le
politique, le ministre dise : Cette information-là, je vous la donne,
cette information-là, je ne la donne pas, cette information-là, je prends un
marqueur, au Sharpie, on masque, on démasque. Si on le faisait, mon collègue
nous le reprocherait. On a justement décidé d'avoir une instance distincte de
la Commission d'accès à l'information, puis notre gouvernement, pas les autres
avant nous, là, ni les libéraux ni les péquistes, notre gouvernement, on est
venus changer la loi pour être sûrs que la personne qui s'en occupe agisse de
manière autonome sans être influencée par quiconque.
Donc, moi, je trouve ça normal que la
personne qui prend cette décision-là le prenne de manière autonome et sans être
influencée ni par le ministre d'Accès à l'information, ni par le ministre ou la
ministre de l'Économie qui dirait : Non, non, non, je ne suis pas
d'accord, fais ce que je te dis...
M. Paradis : Mais là, M. le
ministre... M. le ministre, je vous pose des questions. Je comprends, vous
parlez d'un principe noble et qui est important, là, l'indépendance de
l'institution qui a été créée à cette fin, mais elle, elle applique des lois et
elle a développé des pratiques, notamment sous ce gouvernement, qui font en
sorte que, sur une question comme celle-ci, on a zéro information.
Ma question... puis je vais vous la
répéter puis je vais vous donner d'autres exemples, OK, pour ne pas se
concentrer uniquement sur celui-ci, mais ma question c'est : Vous, est-ce
que vous trouvez ça normal comme ministre? Parce que, si c'est ça, le résultat
de l'application de la loi puis des pratiques, trouvez-vous ça normal? C'est
ça, ma question, parce que vous êtes le ministre de l'Accès à l'information,
pas le contrôle de l'information. C'est deux choses.
Je vais vous donner... Par exemple, nous,
on a demandé les contrats de gré à gré et les subventions discrétionnaires qui
ont été octroyées pendant la pandémie de COVID-19. Il y en a, des contrats puis
de l'argent qui a été dépensé, on n'a pas d'information. On a demandé les
études de la firme McKinsey sur la filière batterie, hyperimportant, on a perdu
des milliards là-dedans. On n'a rien eu non plus. Ce sont des exemples. J'en ai
plein d'autres.
Donc, ma question, je vous la réitère parce
que c'est une question de politique. Est-ce que vous êtes content, est-ce que
vous êtes satisfait, comme ministre responsable de l'Accès à l'information,
qu'on soit rendus là, au Québec, sur des sujets aussi importants, on n'ait
aucune information qui soit rendue publique?
M. Roberge : Bien, ce qui
devient exagéré... Tu sais, on a... la phrase de mon collègue, c'est qu'on n'a
aucune information publique, là... on n'a aucune information publique au
Québec. Là, j'ai un petit peu de misère à ça, là, et c'est sans doute des
milliers de pages qui sont divulguées à chaque année... il y a des demandes qui
fonctionnent. Évidemment, on s'intéresse à une demande où le collègue aurait
souhaité qu'une information soit rendue publique. Elle ne l'a pas été, mais le
plus important, mon rôle, c'est d'être, d'une certaine manière, le gardien de
l'institution, et ce n'est pas de décider ce qui devrait être public ou pas
public. Ce n'est pas de dire : Est-ce que le ministre actuel trouve normal...
est-ce que lui, là, il s'est mis le nez dans ça, a regardé le document, puis il
porte un jugement sur la décision du fonctionnaire autonome, puis dire :
Bien, moi, ministre, je suis passé derrière toi, là, puis pas d'accord.
Donc, finalement, c'est le politique qui
va décider? Bien, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Ce n'est pas comme
ça qu'il faut que ça fonctionne, puis, si c'est la vision des oppositions,
bien, c'est inquiétant, M. le Président. C'est inquiétant <parce qu'ils
veulent remettre en question...
M. Roberge :
...des
oppositions, bien, c'est inquiétant, M. le Président. C'est inquiétant >parce
qu'ils veulent remettre en question l'indépendance de nos institutions puis de
nos mécanismes de prise de décision, alors que nous, notre legs, c'est d'avoir
renforcé la loi pour garantir l'autonomie de la personne, de la mettre à l'abri
de toute influence politique...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. 15 secondes, M. le
député de Jean-Talon, 15 secondes.
M. Paradis : Alors, sur les
sujets dont je viens de parler, il n'y a pas d'information publique de
disponible. C'est ça, la réalité, et je comprends que, comme ministre, vous
êtes satisfait de cet état de situation.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. M. le député d'Acadie,
pour 17 min 40 s, s'il vous plaît.
M. Morin : Merci, M. le
Président. Alors, j'ai écouté attentivement vos réponses, M. le ministre,
relativement au contrat de gré à gré de 99 100 $ qui a été conclu en
2025. En mai, vous nous avez dit que Mme la présidente est arrivée en poste,
c'était pour une évaluation de l'organisation. Cependant, il y a eu un autre
contrat qui a été accordé, et celui-ci, en 2026, contrat de 11 000 $
avec la firme professionnelle en règlement des différends SA. Là, c'est un peu
plus précis, règlement des différends. Et, dans l'objet du contrat, on dit,
entre autres, bon, soutenir les interventions suivant le diagnostic
organisationnel, mais également, objectif, à terme, de permettre le plein
déploiement des interventions en cours; on ne le sait pas, parce que ça a été
caviardé; réaliser des projets de la commission et préserver un climat de
travail sain.
Alors, est-ce qu'il y a une toxicité en
termes de relations de travail, au sein de la commission? Puis pourquoi on
accorde un nouveau contrat? Est-ce que ça découle du diagnostic précédent? Où
en sommes-nous rendus?
M. Roberge : Oui. Je me
réessaie, M. le Président. Est-ce que mon collègue autorise la présidente de la
Commission de l'accès à l'information à répondre à cette question? Parce que ce
n'est pas le gouvernement, ce n'est pas le ministre qui a attribué ce contrat. Est-ce
qu'il permet à la présidente de répondre?
Le Président (M.
Bachand) :M. le député d'Acadie.
M. Morin : Vous savez, M. le
Président, des fois, à persévérer, on réussit. Alors, je vais permettre à la
présidente de...
M. Roberge : Je vous
remercie, cher collègue.
M. Morin : Je vous en prie.
Le Président (M.
Bachand) :Il y a consentement?
M. Morin : Il y a
consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, madame, en vous présentant, d'abord, s'il vous
plaît. Merci.
Mme Girard (Lise) : M. le
Président, je me présente, Lise Girard, je suis la présidente de la Commission
d'accès à l'information. Pour répondre à votre question, effectivement, il y a
un deuxième contrat qui a été demandé à la demande de la CNESST. Si vous me
permettez, j'aimerais ça un petit peu rétablir les faits pour vous parler de la
séquence dans laquelle les choses se sont faites.
J'ai été nommée le
8 novembre 2024, et, dès mon arrivée à la Commission d'accès à
l'information... Et, pour moi, je vous rassure, M. le Président, le climat de
travail, de faire en sorte que les employés de la Commission d'accès à
l'information puissent travailler dans un milieu sain est primordial. C'est la
base. Donc, je suis tout à fait d'accord avec vous, et donc c'est pour ces
motifs-là que, quand je suis arrivée à la commission, j'ai senti que les
équipes étaient fatiguées, que les équipes étaient essoufflées.
Il faut savoir qu'il y a eu des
modifications législatives importantes dans les dernières années. Ça ne remonte
pas à hier, ça remonte à 2021, avec la loi n° 25, qui
a été appliquée par quatre vagues et, ultimement, la Loi sur les renseignements
de santé et de services sociaux, qui est rentrée en vigueur aussi en juillet
2024. Ça a demandé des efforts colossaux au sein des équipes pour pouvoir
déployer toutes les mesures nécessaires, autant à l'interne de l'organisation
qu'à l'externe de l'organisation, pour accompagner les entreprises, accompagner
les ministères et organismes en vertu de cette nouvelle loi là.
Donc, moi, j'arrive, les équipes sont
fatiguées, je le ressens, je le vois. Et je les rencontre, je les ai tous
rencontrés individuellement, en groupe, individuellement, pour avoir un topo.
Et, en fonction de ce que je constatais, je n'ai pas attendu, là, qu'on me
demande de faire une évaluation de moi-même, puis j'ai décidé de faire deux
diagnostics : un numérique pour voir un état de situation de
l'infrastructure, des outils que les employés avaient pour bien faire leur
travail et de faciliter leur travail; et, d'un autre côté, un diagnostic
organisationnel, qui nous permettrait de prendre le pouls, mais également de
voir les méthodes, c'était quoi, une firme externe indépendante, les... c'est
des experts en la matière... qu'est-ce qu'ils peuvent me dire pour me permettre
de mettre en application ces règles-là pour faire en sorte que tout le monde
soit bien et qu'on puisse travailler dans un climat sain.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député, s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Alors donc,
Mme la présidente, est-ce que vous vous engagez à déposer, auprès de la
commission, le rapport que vous avez obtenu suite au contrat de gré à gré de
99 100 $ <qui a été conclu avec M Groupe Conseil...
M. Morin :
...suite
au contrat de gré à gré de 99 100 $ >qui a été conclu avec M
Groupe Conseil? Parce que moi, je veux bien, là, je vous écoute attentivement,
mais les portions que j'ai sont caviardées, je ne sais pas ce qu'ils ont fait.
Et puis, par la suite, bien, je vous parle d'un deuxième contrat, où là on parle
d'enjeux en ce qui a trait au climat de travail et... Donc, est-ce que vous
vous engagez à déposer l'entièreté du rapport auprès de la commission?
Mme Girard (Lise) : Avec
plaisir. Pour moi, il n'y a pas... il n'y a pas de souci. Je n'ai rien à cacher,
parce que vous allez voir que mes constats que je viens de vous nommer sont
nommés dans le diagnostic et qu'on voulait améliorer le fonctionnement et
l'efficacité, supporter les directeurs aussi qui étaient en place depuis un
certain temps.
Concernant PDRSA, sachez que c'est à la
demande de la CNESST qu'on a fait ce deuxième contrat là pour avoir une
expertise encore plus pointue sur le climat de travail, parce que M Groupe
Conseil, son expertise première, c'est dans la gestion, donc apporter des outils
aux gestionnaires, aux directeurs pour favoriser un bon climat de travail.
Et, si vous me permettez de rétablir les
faits, parce que je pense que les faits sont importants, dans l'article, tout à
l'heure, vous avez mentionné qu'il y avait plusieurs plaintes. Moi, il n'y a
aucune plainte actuellement qui a été déposée, pas de grief. Plainte, je parle
de harcèlement. Il n'y a pas eu de grief non plus. Donc, les enquêtes ne sont
pas terminées.
• (12 h 20) •
Et d'ailleurs la CNESST, vous savez, il y
avait trois dérogations. La première, bien qu'on avait déposé la politique sur
le harcèlement... prévention au harcèlement sur notre site intranet, ils
voulaient que ça soit accessible plus facilement, donc sur la première page au
lieu d'être la troisième page. On l'a corrigé. La deuxième dérogation, de
mettre à jour la liste des responsables en ressources humaines qui peuvent
répondre aux questions de santé et sécurité, on l'a mise à jour. La troisième,
on travaille ensemble pour mettre des mesures en place avec la firme M Groupe
Conseil et PDRSA pour aller de l'avant.
Commission de la fonction publique, parce
qu'on en parlait dans l'article, il y a eu effectivement deux plaintes. La
première a été fermée parce que tout était conforme. La deuxième, on a collaboré,
entièrement collaboré, et on attend le résultat. Et, selon nous, tout a été
fait selon les règles de l'art.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
Mme Girard (Lise) : On attend
le résultat de la commission.
Le Président (M.
Bachand) :Merci... Mme Girard, vous
allez transmettre les documents à la commission.
Mme Girard (Lise) : ...
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député d'Acadie,
s'il vous plaît.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. J'aimerais maintenant vous parler du projet pilote de gestion hâtive
des dossiers au tribunal. On en a parlé l'an passé. Est-ce que vous pouvez nous
donner plus de détails sur la façon dont le projet pilote avance et vous en êtes
rendus où?
Mme Girard (Lise) : Assurément
et avec plaisir, parce que c'est plein de beaux bénéfices pour la population.
M. le Président, vous me permettez de répondre? La question semblait m'être
posée directement.
Le Président (M.
Bachand) :Le consentement est pour la
séance au complet.
Mme Girard (Lise) : OK,
d'accord. Merci. Donc, effectivement, le projet pilote... D'ailleurs, le projet
de gestion hâtive vient d'idées des commissaires au sein de la commission,
parce qu'on s'est réunis, on a discuté pour savoir qu'est-ce qu'on pourrait
mettre en place pour améliorer nos délais. D'ailleurs, le nombre de recours à
la section juridictionnelle a augmenté de façon exponentielle. Juste de l'année
passée à cette année, c'est 4 214 recours qui ont été déposés, une
augmentation de 47 % par rapport à l'année passée. Donc, vous comprenez
qu'on ne pouvait pas, avec les ressources qu'on a, pouvoir... tu sais, on
pouvait... il fallait absolument faire quelque chose pour s'assurer que le
citoyen puisse, dans les meilleurs délais, avoir un retour de la commission.
Donc, la gestion hâtive, c'est quoi? C'est
que, dès que le dossier est ouvert, donc, dans un délai d'environ deux mois,
les gens se présentent dans un appel du rôle — je sais que vous
connaissez ça, un appel du rôle — où, de façon sommaire, on regarde
le dossier. Donc, on s'assure que les documents en litige sont déposés, on
s'assure que les bonnes parties ont été assignées, parce que, des fois, c'est
des tiers, puis on attendait au moment de l'audience, un an plus tard, pour
voir que... puis là on devait remettre. Donc, on règle ça dès le début. Donc,
dès les deux premiers mois, on est capables de voir c'est qui, les bonnes
parties, les bons... la durée de l'audience, simplifier le dossier, et ça a
permis de régler un nombre important de dossiers dès la première parution à la
cour. Donc, il y a 212 dossiers... C'est 1 370 dossiers qu'on a
pu fixer dans la dernière année, et c'est 212 dossiers qui ont déjà été
réglés parce que les parties se sont rencontrées, ont précisé la demande
d'accès.
Le Président (M.
Bachand) :Merci beaucoup. M. le député, s'il
vous plaît.
M. Morin : Oui. Merci, M. le
Président. Dans les documents qu'on a obtenus pour l'étude des crédits, on nous
apprend que le nombre de plaintes est passé de 473 à 863. <Est-ce que
vous avez les ressources...
M. Morin :
...on
nous apprend que le nombre de plaintes est passé de 473 à 863. >Est-ce
que vous avez les ressources pour gérer ce nombre de plaintes? Et est-ce que
vous avez des explications sur l'augmentation significative du nombre de
plaintes en un an?
Mme Girard (Lise) :
Écoutez... C'est à moi? Oui. C'est... Toutes nos... tous les recours, comme je
viens de vous le dire, dans la section juridictionnelle, ont augmenté. C'est la
même chose dans la section surveillance. À la section surveillance, c'est une
augmentation entre 100 % et 1 100 %, l'augmentation des recours
dans les cinq... Je dis «recours», là, mais c'est les plaintes, c'est les avis
qui sont déposés à la commission pour les incidents de confidentialité, c'est
les divulgations de biométrie et tous les avis qui nous... qui doivent nous
être déposées en fonction des obligations de la loi. Donc, on a
2 200 demandes qui ont été déposées à la commission. Si on parle
uniquement des plaintes, effectivement, c'est une augmentation significative
dans la dernière année, et, oui, on s'y est attaqué. Il y avait trois projets à
la commission qui ont été mis en place la dernière année : la gestion hâtive,
que vous avez parlé; le formulaire unique, je pourrai y revenir si vous le
souhaitez; et le traitement des plaintes.
Quand la commission... à l'époque, là,
quand la commission avait moins d'une centaine de plaintes, on faisait un
dossier, une plainte. Donc, chaque dossier était ouvert individuellement. Ce
n'est plus possible avec le nombre qu'on reçoit. Donc, on a revu notre
politique de traitement des plaintes. On a tout revu le fonctionnement, et
présentement, c'est fait par critères de priorisation. Donc, en fonction... Il
y a toute une grille qui est remplie et qu'on évalue par le risque, par la
dangerosité, par l'effet, si on va en inspection, si on va en enquête, si on a
besoin de faire une mesure de sensibilisation, et un traitement plus efficace
est fait. Et donc, cette année, ça nous a permis de traiter plus de plaintes
malgré l'augmentation.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député.
M. Morin : Oui. Est-ce que
vous avez suffisamment d'employés pour être capables de gérer ces plaintes-là?
Et on constate également qu'en 2025 la commission a effectué 10 enquêtes.
Sept ont émané d'une plainte, trois ont été faites à l'initiative de la
commission. Vous avez quatre sources affectées aux enquêtes à temps plein.
Est-ce que c'est suffisant pour effectuer la tâche et est-ce que vous effectuez
des ressources à temps partiel?
Mme Girard (Lise) : Bon,
c'est une excellente question. Merci de me poser la question. Écoutez, vous
savez, on est conscients du contexte économique actuel. On nous a demandé de
faire des compressions cette année dans nos ressources. Vous savez, la
Commission d'accès à l'information, avec les lois... loi n° 25,
comme j'ai parlé tout à l'heure, quatre ans, des vagues... Vous savez, la
portée du travail qu'on a à faire, là, c'est colossal. Dans le fond, c'est
2 500 organismes publics, qu'on parle de ministères, organismes, tout
le municipal est inclus là-dedans. C'est plus de... Selon l'Institut de la
statistique du Québec, c'est 1 million, quasiment 78 000 entreprises
privées qu'il y a au Québec. Disons qu'on prend un employé et plus, il y en a
278 000... c'est 278 000. La Loi sur les renseignements de santé et
services sociaux, c'est tout le secteur de la santé et nécessairement tout le
secteur de... les entreprises qui détiennent des renseignements de santé.
Donc, si je vous dis ça, avec trois
enquêteurs, parce qu'on est passé de quatre à trois, et puis je ne peux pas le
remplacer parce qu'on n'a pas les ressources nécessaires pour le faire, c'est
vraiment colossal. Mais une chose est certaine, c'est qu'on a maximisé toutes
nos procédures et on est en voie de le faire aussi pour essayer d'améliorer.
Mais si vous demandez à un président d'organisme : Est-ce qu'il veut des
ressources de plus? Assurément. Est-ce qu'on voudrait en faire plus? Assurément.
Est-ce qu'on voudrait être plus présent un peu partout? Assurément.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député.
M. Morin : En fait, la
question que je vais vous poser, c'est la variation... une variation sur le
thème que vous venez d'aborder, parce que vous avez parlé de la loi n° 25. C'est une loi importante, on protège les
renseignements personnels. Ça fait partie de votre mandat. Maintenant, vous
parlez, au même moment, de compressions budgétaires qui vous ont été imposées.
Alors, comment vous faites pour y arriver?
Parce que vous venez de souligner que vous avez trois enquêteurs, ça m'apparaît
bien peu, compte tenu du mandat que vous avez. Donc, est-ce que c'est réaliste?
Est-ce que le gouvernement met une pression sur vous, qui fait en sorte que
vous n'êtes pas capable d'accomplir votre mandat? <J'aimerais que vous
nous en parliez davantage...
M. Morin :
...vous,
qui fait en sorte que vous n'êtes pas capable d'accomplir votre mandat? >J'aimerais
que vous nous en parliez davantage.
Mme Girard (Lise) : Ce que je
vous dirais, c'est qu'on doit prioriser. Il y a des choix qui doivent être faits,
nécessairement. Là, on vous a nommé le nombre d'enquêtes qui se sont terminées.
D'ailleurs, c'est au 28 février, il y a deux autres enquêtes qui se sont
terminées en mars, donc c'est 12 enquêtes qui se sont terminées, mais
c'est une trentaine d'enquêtes qui sont en cours présentement. Vous savez fort
bien qu'une enquête, ça dure plusieurs mois. D'ailleurs, on a des enquêtes
communes avec le fédéral.
Donc, je vous dirais que la façon qu'on
s'y prête, parce qu'on essaie d'être innovants et d'être imaginatifs, c'est de
travailler en partenariat... travailler en partenariat avec nos homologues
canadiens, là. Dans le cas de... On vient de sortir le dossier OpenAI et le
dossier TikTok. On a travaillé avec le commissaire à la vie privée du Canada,
on a travaillé avec l'Alberta, la Colombie-Britannique. Et donc on essaie
différents partenariats puis on essaie de trouver différents moyens pour aider
nos enquêteurs à pouvoir être en mesure de traiter l'ensemble des dossiers
qu'ils ont présentement sur leurs tables.
Le Président (M.
Bachand) : ...d'Acadie.
M. Morin : Oui. Autre
question, et c'est en lien avec le taux de départ de votre personnel régulier.
La moyenne de la fonction publique, c'est 9 %. On apprend que, chez vous,
en 2024‑2025, c'était de 16,4 %. Comment est-ce que vous expliquez cet
écart? Et vous semblez avoir de plus en plus de difficultés à garder votre
personnel. Quelles sont les mesures que vous avez mises pour arrêter cet exode?
• (12 h 30) •
Mme Girard (Lise) : Je ne
sais pas à quel endroit vous avez pu prendre vos chiffres. Par contre, moi, les
chiffres que j'ai, je peux vous dire que les départs, c'est moitié moins...
M. Morin : ...Mme la présidente.
Mme Girard (Lise) : OK, bien,
on va juste me le présenter, parce que, là, je vais vous parler des chiffres de
cette année. On les a, là, et on est en dessous de la moyenne gouvernementale.
Donc, on a... au niveau des départs volontaires, on en a la moitié moins que
normalement. On en a huit, cette année, puis normalement, c'est entre 12 et 15.
Donc, on en a huit, cette année, donc moins de départs volontaires.
Relativement aux congés de maladie, parce
que je pense que c'est ça que vous avez fait référence, au 31 mars, il y en
avait huit. Et même sur toute l'année, on voit qu'il y a eu une légère
augmentation au niveau gouvernemental, puis nous, on est juste en bas du seuil.
Le seuil gouvernemental est à 6,07 %, et nous sommes à 5,49 %.
Le Président (M.
Bachand) : ...M. le député.
M. Morin : Bien, dans l'étude
des crédits, les renseignements qu'on a obtenus, on constate que votre
organisme, dans la grande majorité, signe des contrats de gré à gré. Est-ce
qu'il y a une raison particulière? Il y a très peu d'appels d'offres publics
par le CAG. Est-ce que c'est une pratique constante chez vous?
Le Président (M.
Bachand) :Très, très rapidement. Il reste
15 secondes, Mme Girard.
Mme Girard (Lise) : On suit
les règles. On suit les règles en matière de gestion contractuelle. On a un
RARC là, j'essayais de me souvenir du nom, un RARC qui s'occupe de nos
contrats. À chaque fois qu'il y a un besoin, nécessairement, on voit selon les
règles contractuelles, on a des règles contractuelles à l'interne, et c'est en
bas de 125 000 $.
Le Président (M.
Bachand) : Merci, Mme Girard. Du côté gouvernemental, la
parole est au député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Vous me permettrez d'abord de procéder aux salutations
habituelles sur l'ensemble des parties prenantes. Très heureux d'être ici avec
vous. Merci.
M. le Président, j'aurais quelques
questions à adresser à notre ministre. Alors, si vous n'y voyez pas
d'inconvénient, je vais procéder.
M. le ministre, le gouvernement a
récemment adopté des mesures pour mieux protéger les renseignements personnels
des électeurs. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces nouvelles mesures?
M. Roberge : Oui. Merci
beaucoup, cher collègue. Juste, si vous me permettez une petite digression
juste avant d'entrer dans le vif du sujet, dans le dernier échange, mon
collègue posait des questions à savoir si... est-ce que la Commission d'accès à
l'information avait toutes les ressources pour remplir son mandat. Puis
évidemment, Mme la présidente a dit : Bien, toute organisation aimerait
être mieux équipée, avoir plus de personnel, avoir plus de budget, c'est... On
comprend très, très bien, c'est une évidence, on aimerait ça, être capables
d'en donner davantage, mais il faut quand même savoir qu'avant notre arrivée,
sous les deux dernières années du gouvernement libéral, en 2016‑2017 et 2017‑2018,
le budget stagnait. Il n'y avait même pas d'augmentation à l'inflation. Donc,
c'était une compression, on va se le dire... c'était de 5,6 millions
pendant deux ans; stagnation, 5,6 millions; et, en 2025‑2026, nous sommes
rendus à 13,4 millions.
Donc, je comprends que mon collègue
s'inquiète du fait qu'il pourrait... peut-être pourrait-il y avoir plus de
ressources, plus de budget. Je veux bien, mais lorsque sa <formation
politique...
>
12 h 30 (version révisée)
<
15361
M. Roberge : ...pourrait-il
y avoir plus de ressources, plus de budget. Je veux bien, mais lorsque sa >formation
politique était au pouvoir, ce n'était même pas indexé à l'inflation puis ce n'était
même pas à 50 % du budget actuel. Donc, on repassera pour les leçons sur
les fonds publics attribués à cette mission fondamentale.
Sur votre question précise, cher collègue,
par rapport à ce qu'on a fait dans la Loi électorale, bien, je pense que c'était
très important de moderniser notre loi électorale de manière à protéger les
renseignements personnels. On est allés garantir la confidentialité des
adresses domiciliaires d'électeurs, à l'exception du nom de la municipalité,
qui étaient contenues dans divers documents. C'est qu'on donnait beaucoup de
détails, ce n'était peut-être pas nécessaire de donner autant de détails. On
était allés sur... puis avec des suggestions, des ententes avec le Directeur
général des élections, pour dire quelles sont les bonnes pratiques, d'un point
de vue électoral, mais quelles sont les bonnes pratiques d'un point de vue
protection des renseignements personnels pour faire des arbitrages, puis on s'est
rendu compte qu'on était peut-être un petit peu trop généreux dans la
divulgation de renseignements personnels, donc, les adresses des citoyens, et
donc on a retiré, à certains égards, ça.
On est allés aussi protéger les élus et
les candidats. Auparavant, les adresses personnelles des candidats et
candidates étaient facilement accessibles, ce qui peut poser des enjeux de
sécurité, d'intimidation. Je parle au provincial et au municipal aussi. Puis on
a vu des dérapages à cet égard-là, des événements malheureux, je me souviens,
avec le député et candidat d'Arthabaska-L'Érable, où il y avait eu, là, des
fiers-à-bras qui étaient allés l'intimider jusque devant sa maison. Donc, je
pense qu'on vient protéger nos institutions électorales, mais aussi la vie
privée des citoyens. Et on est venus aussi renforcer, d'une certaine manière,
la sécurité de ceux qui acceptent de se lancer en politique et de servir les
citoyens.
Le Président (M.
Bachand) :...
M. Sainte-Croix : Merci.
Merci, M. le Président. M. le ministre, en quoi ces changements renforcent-ils la
confiance du public envers nos institutions démocratiques?
M. Roberge : Bien, je pense
que de favoriser les candidatures de personnes qui savent que, lorsqu'on se
lance en politique, là, on se met en danger publiquement, dans le sens de
perceptions... mais au moins on protège notre famille, on ne met pas les gens
en danger, peut-être, d'être intimidés ou d'avoir des gens qui viennent, qui
passent devant la maison pour passer certains messages. Je pense que de
susciter des candidatures, ça vient améliorer nos institutions puis ça renforce
notre démocratie pour que toutes les personnes, tous les citoyens qui ont envie
de contribuer au débat démocratique puissent le faire en ayant confiance que
les institutions les protègent.
M. Sainte-Croix : Merci. Dans
les dernières années, on a vraiment assisté à une montée de la désinformation,
nommément en ligne, au niveau virtuel. C'est important que les législateurs
portent une attention particulière au phénomène parce que ça touche également
les élections partout sur la planète. Avec la montée de l'intelligence
artificielle, il est plus important que jamais de parler de désinformation. La
nouvelle loi modifiant la Loi électorale, principalement, afin de... préserver,
pardon, l'intégrité du processus électoral, adoptée récemment, a introduit une
nouvelle infraction liée à la désinformation électorale. Pourquoi était-il
important d'agir maintenant sur cet enjeu?
M. Roberge : Question vraiment
d'actualité. Vous savez, des fois, on se promène sur les médias sociaux, on
voit des vidéos, ça nous fait rire, c'est souvent loufoque, mais il y a
derrière ça des personnes qui ont créé ces vidéos-là, souvent dans l'intention
de faire une blague, une satire, une caricature. C'est comme si tout le monde
aujourd'hui pouvait se prendre pour Serge Chapleau et faire sa propre
caricature. Vous savez, quand l'intention, c'est une création artistique, c'est
une satire, c'est une blague, il n'y a pas d'enjeu pour la démocratie puis il n'y
a pas d'enjeu non plus pour la réputation de la personne. Lorsqu'on se lance en
politique, je disais tout à l'heure qu'on doit être protégé puis on doit
protéger nos institutions, mais on accepte aussi, à un moment donné, que
certaines de nos décisions soient objet de blagues ou de railleries.
Par <contre...
M. Roberge :
...de
nos décisions soient objet de blagues ou de railleries.
Par >contre, là où on est venus
tracer la ligne très clairement pour protéger la liberté d'expression mais
empêcher les opérations malveillantes de personnes qui voudraient tromper la
situation, on est venus tracer la ligne pour dire : Lorsqu'il y a des
hypertrucages qui ont pour objectif d'induire la population en erreur, qui ont
pour objectif de faire croire que M. X, Mme Y, des candidats, des députés, des
chefs disent quelque chose qu'ils ne disent pas, on leur... on utilise leur
voix, on utilise leur visage pour essayer de tromper les gens, bien là, ça
devient une infraction, parce qu'on tente d'influencer les Québécois, on tente
de les inciter à voter pour ou contre quelqu'un avec ce qu'on appelle des
fausses nouvelles qui deviennent... créées par des citoyens ou des groupes qui
seraient malveillants.
Et donc on est venu traiter cette question
qui est toute nouvelle. On n'aurait pas pu poser cette question-là en 2005 ou
même en 2015, même en 2020, mais aujourd'hui les gens ont les moyens de faire
des choses. Vous savez, c'est comme... c'est comme l'arrivée du téléphone
cellulaire. C'est superintéressant, c'est un ordinateur plus puissant que ce
que j'avais quand j'étais à l'université, dans la paume de la main. On a vu
qu'il pouvait y avoir des enjeux, il pouvait y avoir de la cyberdépendance. On
est allés dire qu'il ne fallait pas avoir ça dans nos écoles. Puis encadrer un
outil qui est puissant, c'est nécessaire pour la santé mentale. Bien, je veux
dire que c'est la même chose pour l'intelligence artificielle. Encadrer
l'utilisation de cet outil puissant pour ne pas que ça vienne desservir nos
institutions puis notre processus électoral, c'est dans l'ordre des choses.
• (12 h 40) •
M. Sainte-Croix : Merci. Me
reste-t-il du temps, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) :Oui. Il reste trois minutes.
M. Sainte-Croix : Excellent.
La Direction de l'accès à l'information et la protection des renseignements
personnels offre un service-conseil en matière d'accès à l'information et de
protection des renseignements personnels pour les organismes publics et les
entreprises, avec un taux de satisfaction de 97 % en 2025. Comment cette
expertise contribue à une meilleure transparence au sein de l'État québécois?
Dans quelle mesure ça se traduit, M. le ministre?
M. Roberge : Bien, ça se
traduit, je pense, par une amélioration des habiletés puis des compétences des
gens qui, après ça, traitent les demandes. Ce n'est pas la Commission d'accès à
l'information qui traite toutes les demandes, hein? Ils sont un peu un tribunal
administratif, un mécanisme d'appel, très souvent. Mais les demandes sont
reçues et traitées dans énormément d'organismes différents. Ce qu'on dit, c'est
qu'il y a des activités pour le réseau des responsables d'accès à l'information
et d'accès aux documents et à la protection des renseignements personnels.
Puis, lorsqu'on fait ces séances d'information là, bien, il y a 3 000 organismes
publics ciblés. Donc, il faut outiller, former 3 000 organisations,
ce qui est extrêmement important.
Puis c'est pour ça que la commission est
si proactive avec ces équipes. Bien, Mme la présidente le disait tout à
l'heure, ils font un peu des miracles, considérant l'ampleur de la tâche,
l'importance de la tâche puis le nombre de personnes à servir, à outiller, mais
ils ont toutes sortes d'outils. Ils se font des webinaires pour approfondir les
connaissances, échanger sur les enjeux. Écoutez, en trois webinaires, là, on me
dit qu'il y avait 637 personnes inscrites. Encore une fois, taux de
satisfaction très élevé, 87 %. Tout le monde aimerait avoir un taux de
satisfaction de 87 %. Il y a des infolettres, quatre infolettres ont été
publiées, des publications aussi sur des réseaux comme LinkedIn. Il y a des
feuillets d'information qui sont diffusés et donc il y a toutes sortes d'outils
qui sont utilisés pour outiller les personnes qui ont le mandat important, dans
toutes les organisations, de s'assurer de la protection des renseignements
personnels puis de l'accès aux documents.
Puis c'est un paradoxe, hein, protéger des
renseignements personnels, mais s'assurer que les documents soient accessibles
sans que l'un compromette l'autre. C'est une ligne qui parfois peut être mince puis
c'est pour ça que la mission des activités des réseaux... des responsables
d'accès à l'information, puis l'outillage de ces personnes-là, et la formation
continue de ces personnes-là est si importante. Je pense qu'on est chanceux
d'avoir la commission qui s'occupe de former toutes ces personnes.
Adoption des crédits
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Donc, le temps alloué à l'étude du
volet Accès à l'information des crédits budgétaires du portefeuille Conseil
exécutif étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à leur mise aux
voix.
Est-ce que le programme 5, intitulé
Institutions démocratiques, accès à l'information et laïcité, est adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M.
Bachand) : Sur division.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et comme... <compte tenu...
Le Président (M.
Bachand) :
... demandes de
renseignements de l'opposition.
Et comme... >compte tenu de l'heure,
la commission ajourne ses travaux au jeudi 14 mai, à
11 h 30, où elle va entreprendre l'étude des crédits budgétaires du
portefeuille Sécurité publique. Merci. À bientôt.
(Fin de la séance à 12 h 43)