Journal des débats (Hansard) of the Committee on Institutions
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Monday, June 8, 2026
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Vol. 49 N° 13
Clause-by-clause consideration of Bill 3, An Act to ensure effective representation of electors
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14 h (version non révisée)
(Quatorze heures deux minutes)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour, tout le monde,
en ce bel après-midi du 8 juin. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de... la Commission des institutions ouverte. La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi
visant à assurer la représentation effective des électeurs. Avant de débuter, Mme
Secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par Mme Jeannotte
(Labelle); Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), par Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice); Mme Garceau (Robert-Baldwin) par M. Tanguay
(LaFontaine); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Paradis
(Jean-Talon).
Le Président (M. Bachand) :Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux vendredi dernier,
on était à l'étude détaillée... l'étude de l'article 3. De plus, je vous rappelle
que l'article 2 est suspendu. Cela dit, avant d'aller à d'autres interventions,
je vais suspendre quelques instants. Je vous reviens rapidement. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 14 h 03)
(Reprise à 14 h 06)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Désolé du délai. Donc, est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant l'article 3? M. le député de Saint-Jérôme,
s'il vous plaît.
M. Chassin :Et, pouvez-vous me rappeler, M. le Président, combien de
temps je dispose?
Le Président (M.
Bachand) :...2 min 20 s.
M. Chassin :Sur l'article 3.
Le Président (M.
Bachand) :Sur l'article 3.
M. Chassin :Est-ce que je peux suggérer aux membres de la commission de
revenir à l'article 2? Parce que j'ai envoyé mon amendement déjà à
l'article 2.
Le Président (M.
Bachand) :Mais, M. le député, on pourrait
terminer 3 puis, après ça, revenir sur... On doit revenir de toute façon sur
l'article 2, qui est suspendu. Alors donc, il reste peu de temps, je ne
sais pas y d'autres interventions, donc on pourrait...
M. Chassin :On termine d'abord le 3.
Le Président (M.
Bachand) : ...on pourrait terminer 3, puis, après ça, voir la
suite des choses, si les membres acceptent de revenir sur 2 immédiatement ou de
continuer à 4.
M. Chassin :Ah oui, d'accord, parce qu'effectivement il y a un choix.
Donc, moi...
Le Président (M.
Bachand) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Chassin :...sur le 3...
Le Président (M.
Bachand) :Oui, allez-y, rapidement, oui.
M. Chassin :
...l'idée étant qu'il y a un choix aussi de garder les noms qui sont les
nouveaux noms, et, là-dessus, c'est en quelque sorte, selon les projets de loi
qui ont été adoptés déjà... il y a une délimitation, mais il y a aussi les noms
qui sont modifiés. Moi, ça, je le comprends. Est-ce qu'on ne serait pas mieux
de garder les anciens noms pour les anciennes circonscriptions? Ça pourrait
être retiré. Donc, de dire: Ça sera le même effet que si la délimitation
établie par la commission de représentation, conformément au chapitre I du
titre II de la Loi électorale, et qu'on ne mentionne pas les noms, ça
serait l'amendement que je vais suggérer de déposer à l'article 3. M. le
Président.
Le Président (M.
Bachand) :...je comprends que vous avez
un amendement à l'article 3.
M. Chassin :Oui.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce que la commission a reçu
l'amendement?
M. Chassin :Alors, pas encore, parce que... c'est pour ça que j'ai
envoyé celui du 2, mais pas celui du 3.
Le Président (M.
Bachand) :OK, je vais suspendre quelques
instants, mais comme on s'est parlé vendredi à micro ouvert et comme on s'est
parlé tantôt à micro fermé, vous comprenez... je sais que vous n'avez pas les
ressources de groupes parlementaires...
M. Chassin :Ce sera très rapide.
Le Président (M. Bachand) :
...mais, en même temps, il faut que la commission puisse avancer. Donc, je vais
suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 08)
(Reprise à 14 h 17)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le député de Saint-Jérôme, pour la lecture
de votre amendement, s'il vous plaît.
M. Chassin :Oui. Donc, l'amendement : à l'article 3, que l'article
3 du projet de loi soit remplacé par le suivant :
«3. Les articles 1 et 2 ont le même effet
que si la délimitation avait été établie par la Commission de la
représentation, conformément au chapitre I du titre 2 de la loi électorale
(chapitre E-3.3).»
Et donc on comprend que ce qui a été
retiré, essentiellement, c'est tout ce qui avait attrait au nom des
circonscriptions, donc, par exemple, Matane-Matapédia-Mitis serait encore
Matane-Matapédia. C'est l'ancienne version de la carte, en quelque sorte, là,
qui s'applique, donc c'est l'ancien nom qui serait préservé. C'est un peu
l'explication grossière, là, sans faire d'arguments. Je fais mes commentaires,
mais je peux continuer dans mes arguments si vous voulez.
Le Président (M.
Bachand) :...justement voir s'il y
d'autres... Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement du député de Saint-Jérôme?
S'il n'y a pas... M. le député... M. le ministre, pardon. Désolé.
M. Roberge : Oui, bien, je
comprends que mon collègue, par son amendement, veut, d'une certaine manière,
invalider des lois qu'on a déjà votées, parce que les changements qui sont
prévus aux noms, c'est le résultat de lois, donc je ne serai pas d'accord avec
cet amendement. Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Interventions? Donc, M. le député de Saint-Jérôme,
s'il vous plaît.
M. Chassin :Puis le ministre a tout à fait raison, M. le Président, en
fait, ce qui... ce qui est en contradiction, effectivement, avec des lois,
hein, qui ont... qui ont été passées. En même temps, c'est à la commission de
la représentation qu'on demande de publier la liste des circonscriptions
électorales, puis on lui donne, dans le fond, explicitement, dans l'actuel
article du projet de loi, ce mandat avec les noms des circonscriptions. Ça fait
que, évidemment, moi, je me dis : Bien, si on lui demande de publier une
liste de circonscriptions puis qu'on lui demande de publier une liste avec
leurs délimitations, avec leurs noms, bien, ça veut dire qu'on s'autorise, dans
ce projet de loi là, à lui dicter une bonne partie du résultat de son travail.
On est donc, semble-t-il, capables de dicter aussi les noms des
circonscriptions, en quelque sorte.
M. le Président, soyons clairs, là, c'est
comme une façon pour moi de souligner l'espèce de portée ou d'intention
derrière le projet de loi n° 3, parce que c'est ça aussi, là. Ce qu'on vient
faire avec le projet de loi n° 3, c'est de mettre par loi, de dicter par loi,
de spécifier un ensemble de mécanismes puis même une obligation, hein, qui est
faite à la Commission de représentation électorale de façon assez pointue,
hein?
• (14 h 20) •
Et je pense que c'est un petit peu ça
aussi, la raison pour laquelle on a reçu, puis je ne sais pas, M. le Président,
si ça a été mentionné, mais on a reçu une correspondance de la Commission de la
représentation électorale. Moi, je trouve que c'est un peu révélateur, puis
c'est l'exercice aussi de cet amendement-là, de montrer cette portée inédite
dans l'ensemble, là, des projets de loi qui nous occupent. Il me semble que
celui-là, bien, il correspond à un outil particulier ou, en tout cas, une loi
particulière qui s'attaque... puis on l'a dit d'entrée de jeu, là, y compris
dans nos remarques préliminaires, à certains, bien, c'est un des fondements,
effectivement, de notre démocratie, c'est ce sur quoi, je pense, on s'entend
tous, même si on n'a pas nécessairement la même interprétation. Puis,
là-dessus, en toute... en toute modestie...
M. Chassin :...Président, je peux comprendre que ma question de la
semaine passée a été mal reçue, a été mal perçue parce qu'on n'invoque pas le
serment du député pour rien. C'était peut-être trop fort, M. le Président,
quand j'ai parlé de la Constitution du Québec. Mais néanmoins, c'est ce
qu'on... c'est ce qu'on conçoit comme étant dans les fondements de la
démocratie. Puis je pense que c'est une des raisons pour lesquelles il faut
s'en... s'en préoccuper, il faut... il faut réfléchir à cette portée-là.
Puis, si je vois une correspondance de la
part de la Commission de la représentation électorale, qui nous a été envoyée,
donc vendredi dernier, hein, au moment où on avait commencé nos travaux... Ce
n'était pas nécessairement prévu comme ça, mais finalement, le vendredi, on a
commencé l'étude détaillée. Et puis, bon, malgré les motions préliminaires qui
n'ont pas été acceptées, on s'est retrouvés à commencer déjà l'étude détaillée
assez rapidement. Donc, les deux motions étant la motion préliminaire pour entendre
la Commission de représentation électorale puis le Directeur général des
élections, bien, quelque part, notre vœu a été en partie exaucé, M. le
Président, parce que leur lettre a justement comme objet enjeux liés au projet
de loi trois, Loi visant à assurer la représentation effective des électeurs.
Puis j'espérais, dans la motion préliminaire que j'avais présentée à ce
moment-là, qu'on ait une certaine confirmation de ce que le député de Marquette
avait soulevé à ce moment-là, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas de perdants avec
le projet de loi trois. Puis j'avais des doutes. Je me suis dit : Bien, la
commission va pouvoir nous le dire, avoir cette espèce d'évaluation là qui,
somme toute, est drôlement pertinente à notre travail de législateur.
Ça fait qu'avant toute chose il faut avoir
cette perspective-là. Puis ce qu'on voit, c'est... Bon, évidemment, ça
s'adresse à vous, M. le Président, hein? Tout... à tout seigneur, tout honneur.
Et donc, ce que la lettre dit, c'est :
«M. le Président, nous souhaitons vous
faire part des principales inquiétudes que le projet de loi trois vise.... loi
numéro trois, Loi visant à assurer la représentation effective des électeurs,
soulève pour la Commission de la représentation électorale. D'entrée de jeu,
nous souhaitons vous rappeler que la Commission de la représentation électorale
est une institution neutre et indépendante. Elle a pour mission d'établir la
carte électorale du Québec. Nous tenons également à clarifier la notion de
représentation effective telle que reconnue par la Cour suprême du Canada selon
sa décision dans l'affaire Carter en 91 et telle que prescrite par la Loi
électorale, notre propre loi.»
La représentation effective, donc, c'est
la première condition pour s'assurer une représentation... pour assurer une
représentation effective. Parce que c'est le titre du projet de loi aussi,
hein? Ça vise à assurer une représentation effective des électeurs. Eh bien,
c'est d'abord et avant tout l'égalité des votes des électeurs. Autrement dit,
chaque député devrait représenter un nombre comparable d'électeurs et
d'électrices. Et, cette première condition, elle n'est pas exclusive.
«La deuxième condition est le respect des
communautés naturelles, des facteurs tels que les caractéristiques
géographiques, l'histoire, les intérêts de la collectivité sont à considérer.
C'est pourquoi une marge de manœuvre de plus ou moins 25 % est prévue dans
la Loi électorale pour garantir l'égalité des votes.» Donc, l'égalité des votes
avec une marge de manœuvre de plus ou moins 25 % pour prendre en compte le
deuxième... la deuxième condition, qui est les communautés naturelles.
Et la missive de la Commission de la
représentation électorale poursuit : «Nous insistons aussi sur
l'importance du droit de vote garanti de la Charte canadienne des droits et
libertés, c'est l'article trois, notamment au regard de la représentation
effective des électeurs. En bref, la carte électorale appartient aux
électeurs.» Pas à l'Assemblée nationale, en quelque sorte. Parce
qu'effectivement c'est nous qui en sommes issus. C'est notre notre... notre
légitimité y trouve sans fondement. Mais là, je m'excuse, hein, je fais des
apartés. Les gens vont croire que c'est la Commission de la représentation qui
dit ça. Là, c'était moi.
Donc, je reprends : «En bref, la
carte électorale appartient aux électeurs. Chaque électeur a droit à un vote
relativement égal. C'est le principe de base de la démocratie. Comité d'étude
sur la représentation électorale du Québec. Nous prenons acte du souhait des
élus de mandater un comité d'étude sur la représentation électorale du Québec
pour évaluer les critères et le processus actuel de délimitation de la carte
électorale.
«Et, en termes d'impact du projet de loi
trois, nous portons à votre attention trois...
M. Chassin :...trois impacts importants des dispositions du projet de
loi trois concernant la représentation effective des électeurs et des
électrices.
«Un premier impact important du projet de
loi trois est qu'il ne tient pas compte du processus ni des critères de
délimitation prévus par... à la Loi électorale. Selon cette loi, lors de chaque
révision de la carte électorale, la commission effectue une analyse globale de
toutes les circonscriptions du Québec. Elle doit le faire à partir de la
démographie actuelle et projetée pour refléter le mouvement de la population
électorale. Elle arrive ainsi à établir une délimitation qui assure une
représentation effective de l'ensemble des électeurs et électrices du Québec.
Or, le projet de loi n° 3 soustrait les régions du Bas-Saint-Laurent,
Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine et de l'île de Montréal de l'analyse globale
menée par la commission, et il les fige sur la base de données de la population
électorale de 2014 — sachant qu'on est en 2026 puis que ça serait donc
une carte qui serait employée non seulement cette année, peut-être d'autres, là,
ça, c'est moi qui parle encore, je referme la parenthèse. Or, les révisions de
la carte électorale permettent de tenir compte de l'évolution démographique de
la population électorale du Québec et de rééquilibrer le nombre d'électrices et
d'électeurs par circonscriptions. La carte électorale que nous avons publiée à
la Gazette officielle en janvier dernier respecte le processus et les critères
de délimitation prévus à la Loi électorale. Elle assure une représentation
juste et équitable de l'électorat québécois.» Ça, c'est le premier impact.
«Un deuxième impact important du projet de
n° 3... du projet de loi n° 3 est l'inégalité du vote qu'il
occasionne. En faisant passer la carte électorale de 125 à
127 circonscriptions, il modifie le quotient électoral ainsi que les
seuils permis du nombre d'électeurs par circonscription. En effet, l'ajout de
circonscriptions réduit l'écart par rapport à la moyenne des circonscriptions
les moins peuplées, mais il augmente jusqu'à 2 % celui des
circonscriptions les plus populeuses. À ce sujet, je vous invite à consulter la
page 38 du second rapport de la Commission de la représentation
électorale.« Et puis là c'est intéressant : «Des circonscriptions comme
Vaudreuil, Blainville, Gatineau, Chutes-de-la-Chaudière et Arthabaska-L'Érable — le
nouveau nom — se retrouvent donc avec des écarts supérieurs à
20 % par rapport à la moyenne du nombre d'électeurs par circonscription. Et
des circonscriptions comme Viau et Vaudreuil seront en situation d'exception à
court terme, soit respectivement en 2028 et 2030.»
Reparenthèse, M. le Président. Autrement
dit, ce qu'on nous dit là, c'est que, dans les projections démographiques, on
voit venir que c'est deux autres circonscriptions, Viau et Vaudreuil seront en
situation d'exception à... relativement à court terme. En fait, 2030, c'est
censé être l'élection qui suit celle de 2026 de cette année. Je referme la
parenthèse.
«La décision de la commission repose
plutôt sur une carte électorale à 125 circonscriptions, établie à partir
d'un équilibre global. Si la commission avait établi les délimitations de
127 circonscriptions, le quotient aurait été différent. Par conséquent, le
résultat final aurait été autre que celui établi par le projet de loi. D'où
l'idée que la carte électorale est un tout.»
Ça fait que, là, c'est moi qui parle, la
réflexion de la commission, c'est que cette analyse de la carte électorale pour
en délimiter les circonscriptions, c'est une analyse globale. On part, en fait,
avec un quotient qui est donné par le nombre d'électeurs au Québec par rapport
au nombre de circonscriptions. Si on prend deux cartes électorales établies à
deux moments différents puis qu'on prend certains bouts de l'une et certains
bouts de l'autre, on ne part pas d'une analyse globale, M. le Président, même
si c'est deux cartes électorales qui ont été établies par la Commission de
représentation électorale. Évidemment, dans un cas où on prendrait une carte
encore plus ancienne, bien, ça ne suivrait pas l'évolution du nombre des
électeurs et des électrices et les mouvements de population dans les différents
comtés. Ça serait donc... même si ça avait été défini à ce moment-là de manière
indépendante, ça n'est plus une carte qui est valide parce que ça ne reflète
pas là où les électeurs sont établis à l'heure actuelle. Puis là je rappelle,
M. le Président, que je dis tout ça en sachant tout à fait qu'on peut
contester, on peut rajouter des critères, on peut contester la validité des
critères actuels, mais c'est le timing. Et, comme on dit en chinois, «timing is
everything».
• (14 h 30) •
Alors...
14 h 30 (version non révisée)
M. Chassin :
...si on peut réfléchir à ce comité, mais je pense que oui, je pense qu'on peut
avoir cette espèce de réflexion là, peut-être pas maintenant, parce que ça
donne un résultat qui n'est pas compatible. Puis, en fait, c'est ce qu'ils
disent, là. Mais donc qu'ils ne respectent pas le processus et les critères
actuels. Alors, je continue la lecture pour le troisième impact. Un troisième
impact important est que le projet de loi n° 3 a pour
effet de diminuer le poids électoral de la majorité des régions, et
particulièrement là où la croissance de la population électorale est forte,
comme dans les Laurentides, Lanaudière, dans la Montérégie et dans l'Outaouais.
Cette tendance augmentera... augmenterait à long terme. Par ailleurs, en conservant
le nombre de 125 circonscriptions et en respectant les critères prévus à
la L oi électorale, notre proposition permet d'établir un nombre de
circonscriptions plus représentatif du poids électoral pour l'ensemble des
régions électorales du Québec.
En terminant, la commission est d'avis que
la décision de modifier le système à la base de la représentation électorale au
Québec doit s'appuyer sur une solide réflexion. Ainsi, elle formule les
recommandations suivantes, et elle en a formulé quatre, puis, en fait, moi, je
trouvais intéressant le troisième impact, en fait, répond justement à la
préoccupation que j'avais par rapport au député de Marquette qui me disait :
Mais il n'y a pas de perdant, mais ce n'est pas ce n'est pas comme ça qu'il
faut le voir. Alors, les recommandations sont les suivantes :
1° La commission recommande d'utiliser la
carte électorale publiée à la Gazette officielle du Québec le 14 janvier
2026. Cette carte a été établie en utilisant le cadre actuel de la Loi
électorale. Avant d'appliquer le modèle proposé par le projet de loi n° 3, il faudrait s'assurer que la carte soit établie sur
une base plus égalitaire. Le modèle proposé comporte des inégalités de
représentation.
2° La commission recommande de revoir les
critères de révision de la carte électorale après les élections générales 2026.
Les travaux devraient se faire dès le lendemain des élections et dans un délai
déterminé à l'avance, pour s'assurer que la délimitation d'une nouvelle carte
électorale soit établie au moins un an avant la prochaine élection générale.
3° La commission recommande d'ajouter — ça,
c'est la trois — d'ajouter une période de consultation à la suite du
dépôt de son second rapport pour donner la possibilité aux élus et au public de
soumettre leurs commentaires aux commissaires.
4° La commission recommande de préserver l'indépendance
de l'exercice de révision de la carte électorale, peu importe les modifications
envisagées ou apportées à la composition de la commission, à son mandat et au
processus de délimitation pour établir la carte électorale.
En conclusion, ça, c'était les quatre
recommandations, en conclusion, nous estimons que de maintenir le nombre de
circonscriptions dans les régions du Bas-Saint-Laurent, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine
et de l'île de Montréal, impose d'accepter de plus grandes inégalités dans la
représentation des électeurs. En outre, l'ajout de circonscriptions se
traduirait par une perte du poids électoral de plusieurs régions électorales du
Québec au fil du temps. Cette préoccupation liée à la préservation des
circonscriptions, dans certaines régions, traduit, en fait, un débat de
principe. Quelle importance souhaitons-nous accorder à l'égalité du vote des
électeurs et des électrices — ... de question. Pour notre part, nous
continuons de croire en la valeur intrinsèque de la Loi électorale actuelle.
Les articles 15 et 16 de cette loi prévoient déjà que la commission doit
assurer la représentation effective des électeurs et électrices. Ce principe
tient compte de deux conditions : l'égalité relative du vote des électeurs
et le respect des communautés naturelles. Nous accordons à chacun de ces
critères le poids qu'il mérite, de manière à créer des circonscriptions qui
représentent des entités cohérentes et qui respectent l'égalité relative du
vote de l'électorat.
La loi permet aussi de tenir des auditions
publiques sur les propositions de délimitation, afin de prendre en
considération l'opinion des acteurs concernés. Les éléments que nous portons à
votre attention s'inscrivent dans la continuité de positions déjà exprimées par
Marcel Blanchet, Directeur général des élections et président de la Commission
de la représentation électorale en 2010, lors de l'étude du projet de loi n° 78,
la Loi modifiant la Loi électorale concernant la représentation électorale et
les règles de financement des partis politiques et modifiant d'autres
dispositions législatives. Ça, c'est le titre du projet de loi n° 78 à l'époque
de l'autre révision... En fait, deux autres révisions en arrière. Malgré la
différence des contextes, des...
M. Chassin :...et des propositions législatives. Le constat demeure le
même : l'intervention des élus dans le processus de délimitation de la
carte électorale est inappropriée. Nous réitérons l'importance de préserver
l'intégrité du processus de délimitation de la carte électorale et le rôle
central d'une instance indépendante dans cet exercice. Il appartient maintenant
aux parlementaires, dans le cadre de l'étude du projet... du présent projet de
loi, de réaffirmer leur confiance envers ce modèle et de reconnaître la
légitimité d'une carte électorale élaborée par une institution neutre et indépendante.
Nous vous prions de recevoir, M. le Président, l'expression de nos sentiments
distingués. Je pense qu'on voit...
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Chassin :
Il me reste une minute. Donc, je pense qu'on voit, dans cette... cette correspondance,
la question de principe. Alors, évidemment, mon amendement permet de
dire : Bien, on peut changer les noms, OK, on peut changer les noms, mais
on se donne cette autorité-là, bien que ce soit peut-être, comme ils le disent
eux même, inapproprié. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'amendement du député de Saint-Jérôme? S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement est adopté?
Des voix : Rejeté.
Le Président (M.
Bachand) : Rejeté. Merci. Alors, donc, est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article 3? S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 3 est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre, pour la suite des
choses, s'il vous plaît.
M. Roberge : Oui, M. le
Président. Si vous permettez, on pourra revenir à l'article 2 qui a été
suspendu.
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a consentement
pour réouvrir l'article 2?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Consentement. M. le ministre.
M. Roberge : Bien, je n'ai
pas de choses à ajouter, simplement que l'article 2 avait été suspendu. Je
pense qu'un collègue avait un amendement à déposer, sinon, on peut le voter,
l'article.
Le Président (M.
Bachand) :M. le député Saint-Jérôme,
rapidement.
M. Chassin :Ça a été reçu déjà, si je ne m'abuse.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait, donc, on le met... on
va le mettre à l'écran et vous allez en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Chassin :Absolument. Je vais me tourner. Je l'ai peut-être aussi.
Le Président (M.
Bachand) :Et voilà.
M. Chassin :Oui. Super. Donc, article 2 :
Remplacer, à l'article 2 du projet de
loi, les mots «14 juillet 2026» par «14 août 2026».
Donc, l'article 2, tel qu'amendé se
lirait ainsi :
«La liste des circonscriptions électorales
publiées en application de l'article 1 entre en vigueur le jour où la
43 ᵉ législative... législature prend fin, si ce jour est postérieur au
14 août 2026. Toutefois, si les 43 ᵉ législature prend fin le ou
avant le 14 août 2026, la liste des circonscriptions électorales publiées
à la partie 2 de la Gazette officielle du Québec du 2 juillet 2025,
entre alors en vigueur et le demeure jusqu'à la fin de la 44 ᵉ
législature. L'entrée en vigueur de la liste des circonscriptions électorales
publiée en application de l'article 1 est alors reportée au moment de
la... où la 44e législature prend fin et cette liste sera
employée pour l'élection générale suivante. Le processus prévu au
chapitre 1 du titre 2 de la loi électorale (Chapitre E-3.3) est
ensuite repris.» Donc, évidemment, on comprend qu'il y avait l'air, là,
d'avoir un certain côté arbitraire à la partie... disons, 14 juillet 2026,
qui, en fait, est déterminée seulement par... Ça fait six mois que la carte
électorale est publiée à la Gazette officielle alors que, dans le fond, ce
n'est pas nécessairement la carte électorale qui sera employée pour les
prochaines élections. L'idée était donc de... vraiment, de proposer cette date
ultérieure pour donner davantage de temps d'adaptation. Puis là, bien, je pense
que le ministre veut intervenir, je peux... je peux laisser le ministre
intervenir s'il le souhaite.
Le Président (M.
Bachand) :...interventions sur
l'amendement? M. le ministre, s'il vous plaît, oui.
M. Roberge : Oui. Bien, juste
un petit rappel important. Avant que mon collègue ne décide de déposer cet
amendement-là, je lui avais précisé... j'avais répondu à sa question comme quoi
la date du 14 juillet, qu'il propose de changer avec son amendement, c'est
le DGEQ qui nous l'a proposée, parce que d'un point de vue administratif, il y
a eu des conversations, entre le secrétariat et le directeur général des
élections, pour bien faire les choses. Et c'est à sa demande qu'on a mis
14 juillet. Depuis le début des travaux, mon collègue dit qu'il faut donc
écouter le DGEQ, et là, avec son amendement, il va à l'envers de la volonté du
DGEQ. J'ai de la misère à suivre, M. le Président.
• (14 h 40) •
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Alors, M. le député Saint-Jérôme, s'il vous plaît.
M. Chassin :Et, encore une fois, M. le Président, vous voyez, comme si
c'était écrit dans le ciel, je donne raison au ministre. Alors, évidemment, là,
je comprends que la demande du DGEQ, du 14 juillet, c'est aussi parce que,
finalement, on maintient, dans cette... avec cette date-là, une espèce de
capacité théorique, disons, du DGEQ, de...
M. Chassin :
...intervenir pour quel que soit le moment de déclenchement des élections, avant
ou après le 14 juillet, de pouvoir tenir des élections sous la forme
prescrite par le fait que c'est avant ou après, en donnant plus de temps, en
quelque sorte, bien là, on se retrouve finalement à maintenir l'espèce de
double capacité, on va dire ça comme ça, en tout cas, je peux me permettre de
dire ça comme ça, plus longtemps, puis ce n'est pas nécessairement souhaitable.
On se retrouve dans une situation qui est peut-être finalement... puis j'en
suis... j'en suis bien contrit.
Peut-être à l'inverse de ce que de ce qui
était mon souhait, c'est-à-dire de permettre cette adaptation-là, je pense
qu'on a... puis le ministre... pardon, on n'a même pas fait 45 minutes, M.
le Président, il faut quand même que je garde ma voix. On se retrouve dans une
situation, dans le fond, où, le ministre avait déjà dit : Bien, c'est une
carte électorale qui a été déjà déterminée par le DGEQ pour... donc elle est
publiée à la Gazette officielle. Et donc la capacité de faire des élections
dans toutes les circonscriptions de la nouvelle carte, bien, évidemment, il la
prépare de toute manière pour cette capacité à tenir les élections
post 14 juillet, alors que pré 14 juillet, ce serait
l'ancienne carte ou la carte des dernières élections qui serait appliquée. Et
dans ce cas là, bien, ils maintiennent aussi cette capacité-là. Autrement dit,
l'hybride qui n'est pas dessiné au Sharpie, là, par les élus, c'est une
combinaison de deux cartes que le DGEQ connaît et où il maintient en quelque
sorte sa capacité d'agir. Bien, c'est tout à fait vrai. Puis, quelque part,
bien, là on se retrouve dans une situation où, en voulant lui permettre une
période d'adaptation plus longue, alors que ce n'est probablement pas une
période d'adaptation qui est nécessaire, M. le Président, bien, peut-être que
l'effet de l'amendement que j'ai proposé dans le but de simplifier les choses,
bien, finalement les complexifie. Alors, c'est certainement une très bonne
leçon pour moi, M. le Président. C'est peut-être aussi une leçon plus large de
dire : des fois, on cherche à avoir des effets très positifs, mais comme
on dit, ce n'est pas toujours les effets qu'on obtient. Donc, il y a des effets
inattendus qu'on n'a peut-être pas anticipés, d'où l'idée qu'il faut avoir une
réflexion puis une... pas juste une réflexion, je dirais une une appréciation
des effets de ce qu'on propose.
Puis voyez-vous, moi-même n'étant pas
directeur général des élections et ayant, somme toute là, ces dernières
semaines, dû me plonger un peu dans la loi électorale et cette mécanique de
délimitation des cartes, il y a une certaine forme de complexité, et puis je
n'en doute pas. Parce que j'imagine, par exemple, que, quand on lisait la
missive de la Commission de représentation électorale, bien, il y a des
questions qui peuvent se poser sur, par exemple, les communautés d'intérêts...
les communautés naturelles, pardon. Parce que, quand on veut prendre en compte
ce deuxième critère, ce deuxième principe, bien, c'est vrai que les communautés
naturelles, c'est relativement flou. Autrement dit, il y a une certaine partie
qu'on peut très bien imaginer, mais si la MRC La Mitis est divisée entre deux
circonscriptions, bien, cette communauté-là, d'intérêts, qui un peut rassembler
autour d'une même municipalité régionale de comté se retrouve à ne pas
nécessairement être dans le même comté. Alors, évidemment, on se comprend,
hein, il y a des municipalités qui comptent plusieurs comtés, mais néanmoins,
il faut avoir cette réflexion-là tout le temps. Ce n'est pas nécessairement
évident d'appliquer à 100 % dans 100 % des cas.
Moi, je pense que c'est un petit peu ce
qu'on peut discuter en termes de résultats de la carte électorale qui a été
publié en janvier dernier, mais, à coup sûr, est-ce qu'on aurait fait mieux?
Parce que moi, je pense que c'est un petit peu ça aussi, la prétention du
projet de loi n° 3. Est-ce qu'on aurait fait mieux?
Puis, à mon avis, je pense qu'on mesure mal les impacts que ça comporte. Non
seulement parce que, comme on l'a vu, il y a effectivement une dilution du
poids électoral des comtés...
M. Chassin :
...qui sont finalement les plus populeux. Et donc il y a des perdants, mais en
plus, puis je veux dire, autrement dit, je présume, ici, M. le Président, je
tiens à le préciser, de la bonne foi de mes collègues, je pense qu'ils sont
effectivement convaincus qu'en proposant de conserver les nouveaux comtés,
créer puis de conserver les deux comtés qui devaient disparaître autrement, on
s'assure d'être gagnant gagnant. Il y a une logique à ça dans le fond.
Tu sais, je vois le raisonnement, mais
malheureusement, ce qu'on voit, c'est que dans ces calculs faits pour établir
une carte électorale, bien, toute la démarche, elle part justement de cette
espèce de quotient, là. Il y a un aspect mathématique d'abord et avant tout. Après
ça, il y a des règles pour réussir à avoir, dans les paramètres fixés, la
meilleure carte et des consultations pour essayer d'ajuster le tout. Autrement
dit, dans tout le processus, on se retrouve effectivement à avoir une panoplie.
Puis en fait, je dirais ça comme ça, là, je... je n'ose imaginer le nombre de
petites décisions dans chaque comté. Je pense, M. le Président, puis là je ne
le fais pas de façon personnelle, mais je pense, M. le Président, que chez vous
aussi, il y a beaucoup de mouvements, puis les délimitations changent. Puis là
vous vous retrouveriez à vivre hors du comté que vous représentez, là, bien,
tout à coup, ce n'est peut-être pas la même communauté naturelle, pour vous, ce
n'est en tous cas certainement pas la même chose que d'y vivre. Et puis, bien,
ça pose une question. Là, moi, je me trouvais à dire : Bien,
effectivement, on cherche à aider le directeur général des élections et
peut-être malhabilement, mais justement, je pense que c'est ça, l'essence aussi
du projet de loi trois. On cherche à aider la Gaspésie puis on cherche à aider
l'est de Montréal. Peut-être malhabilement, M. le Président.
Est-ce qu'il y a des gagnants et il y a
des perdants? Bien, finalement, je pense qu'on a établi que oui. Et je pense
aussi que ce n'est pas la volonté de personne en Gaspésie ou sur l'île de
Montréal, de dire : Bien, ce qu'on... ce que nous, on demande en termes
de poids électoral, on est prêts à ce que ce soit un coût pour d'autres. On
cherche plutôt à dire : Bien, peut-on préserver notre poids électoral sans
nuire aux autres?
Et cette volonté-là, qu'en tout cas moi,
j'ai entendu de la part des élus locaux en Gaspésie, quand ils sont venus me
rencontrer, c'est vraiment de dire : Bien, regardez, voici un exemple, là,
très concret de telle communauté qui est divisée, etc. Bien, effectivement,
moi, je pense qu'il y a des points qui se défendent. Et est-ce qu'on est dans
une perspective, donc, de peut-être une information qui était peut-être
imparfaite hein? Parce que ça sert à ça aussi, l'étude détaillée. Des fois, on
précise certains éléments. Bien là, on se retrouve à avoir une précision. Moi,
je pense qu'on a une précision importante, même. Et la précision, c'est qu'avec
toute la bonne foi qu'on... qu'on présume de tous les collègues ici, bien, on
est partis sur cette compréhension-là qu'il n'y aurait pas de perdants. Bien,
chez nous, on perd.
Est-ce que c'est grave, M. le Président?
Bien, en partie, mais ça peut être pondéré si on revoit les critères. Autrement
dit, ça pourrait être attendu ou ça pourrait être le résultat d'un processus
qui est indépendant, neutre, qui est finalement crédible et qui suscite
l'adhésion. Moi, ça, ça me... ça me convaincrait. C'est quelque part une façon
de dire : Bien, quand on veut établir une carte électorale avec des
critères, avec un processus, avec l'indépendance requise puis que le processus
suit son cours, arrive à une conclusion, bien, je pense que de revenir... parce
que le résultat n'est pas toujours facile à accepter, là, on se comprend, ça a
toujours été le cas. À chaque itération, M. le Président, c'est difficile pour
ceux qui se retrouvent à soit avoir des grands mouvements de frontières des
circonscriptions, mais... dans les délimitations, ou d'en perdre une. Parce
qu'effectivement, pour la Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine, bien, c'est la perte
d'un comté, là, assez... assez saisissante.
• (14 h 50) •
Bon, ceci étant, je vais, quant à moi,
montrer la nuance, là, qui est importante...
M. Chassin :...à saisir, c'est qu'il y a à la fois une importance
capitale dans le droit de vote. Donc ce n'est pas pour rien que, dans un
système comme celui du Québec ou, plus largement, de la fédération canadienne,
c'est un droit qui est reconnu. Il y a un droit qui est garanti dans la Charte
canadienne des droits et libertés. Ce n'est pas n'importe quel article, c'est
l'article n° 3, hein? Ça fait que, après
l'introduction sur la primauté de Dieu et les... ce qu'on... ce qui est
justifié dans une société libre et démocratique, bien, il y en a un, article,
là, qui arrive assez vite, c'est le droit de vote, et cette espèce de
représentation effective des électeurs, à deux principes, qui en découle, selon
la jurisprudence établie notamment avec la Cour suprême. Moi, je ne vois pas,
dans la bonne foi, là, de mes collègues, une... une volonté de changer les
équilibres de ce droit de vote là. Je pense que c'est une façon de dire :
Bien, on veut s'assurer que la conséquence de la révision de la carte
électorale soit moins lourde.
L'ajout de deux députés, dans le fond,
surtout quand ça fait depuis la fin des années 80 que ça n'a pas augmenté,
bien, est-ce que ça représente un coût? Oui. Est-ce que ça représente un coût
acceptable? On peut en discuter aussi. Là, on a, évidemment, un mémoire, hein,
qui nous a été envoyé, un seul, mais, outre la carte... la lettre de la
commission, on a eu cette contribution, disons, d'un... d'un mémoire qui a été
envoyé à la commission, et que je crois que vous avez déposé vendredi dernier,
si je ne m'abuse, qui est le mémoire de Louis-Philippe Noël, et essentiellement
pour lui, c'est justement ça, c'est qu'il y a certainement une bonne intention,
mais lui, il s'interroge sur le 127. Puis, dans son introduction, pour lui,
c'est comme ça qu'il le visualise, mais il parle de 127 circonscriptions,
ce qui aggraverait une anomalie démocratique au Québec, une surreprésentation
parlementaire coûteuse et sans équivalent dans les grandes provinces
canadiennes.
Alors, évidemment, il y a une comparaison
avec l'Ontario qui a été faite, où, en Ontario, le nombre d'électeurs par
comtés, il est très élevé. Dans les autres provinces canadiennes, ce n'est pas
le cas. Autrement dit, au Québec, on se retrouve finalement un peu au deuxième
rang par rapport à l'ensemble des provinces. Mais, pour des gens qui ont cette
préoccupation-là, surtout à un moment où est-ce que, bien, on n'est pas
nécessairement en surplus budgétaire faramineux, M. le Président, pas encore,
bien, ça peut poser problème.
Donc, son mémoire à M. Noël, soutient
qu'il faut réduire même le nombre de sièges à l'Assemblée nationale pour
respecter l'arrêt... puis l'équité... démocratique. Puis ça, évidemment, il
l'argumente, puis moi, je trouve que c'est intéressant de le voir, l'espèce
de... comment dirais-je, de réflexion qu'il a par rapport... bien, à partir, en
fait, du nombre de circonscriptions, mais sur différents aspects qui sont
établis, notamment dans le jugement puis sur le fait que... parce que c'est
dans le débat qu'on a à l'heure actuelle, on est tous conscients, là, de l'état
des choses, M. le Président. Il y a toute la question de ma propre légitimité
sur ma position. Qui suis-je pour m'opposer à la volonté de tous mes collègues?
Bien, évidemment, j'ai... j'ai des convictions. Je me dis, bon, est-ce que
c'est un combat que je veux vraiment, M. le Président? Je n'ai peut-être pas
envie de mener ça comme ça à la dernière semaine, alors que la législature
prend fin puis que je ne me représente pas. Ouf! c'est un peu lourd. Puis, en
même temps, bien, c'est fondamental. Alors, j'ai eu moi-même ce dilemme-là,
cette réflexion-là, puis, à la fin, ce qui m'a rassuré, entre autres, c'est que
justement il est question ici de droit fondamental, d'organisation des
élections. Il y a beaucoup de volets puis...
M. Chassin :...des critères que la Cour d'appel a utilisés, c'est que,
même si le projet de loi n° 59, donc pas celui-là, le précédent, qui a été jugé
inconstitutionnel, même si le projet de loi avait été adopté à l'unanimité, là,
j'avoue que c'est pour moi... quatre voix sur quatre, ça veut dire les quatre
leaders, mais néanmoins, à l'intérieur des caucus, on a nos propres discussions
puis on se rallie, donc, disons que c'est à l'unanimité, bien, l'unanimité
parlementaire ne protège pas contre le contrôle constitutionnel. Alors, c'est
ça aussi, hein, c'est que la démocratie, surtout comme on l'entend aujourd'hui,
ce n'est pas juste l'idée que les décisions sont prises à la majorité, c'est
qu'il y a certaines décisions qui ne peuvent être prises même à la majorité
parce qu'elles viendraient enfreindre des droits et des libertés individuelles.
Finalement, c'est la conception de ce qu'on appelle la démocratie libérale,
bien évidemment sans référence partisane, le député de LaFontaine me
pardonnera.
Mais je pense qu'il y a cet équilibre
entre les décisions concernant le vivre-ensemble, le collectif, puis, oui, il y
a une préservation de ce qui compose la latitude de chaque individu de
poursuivre comme il l'entend le bonheur, la sécurité, sa volonté d'améliorer
son sort, celui des autres, celui de sa famille. Moi, je pense qu'il y a
comme... On touche vraiment l'essence de ce qu'est une société libre et
démocratique. La démocratie, ce n'est pas que : est-ce que la majorité l'a
emporté?, c'est plus que ça.
Le Président (M.
Bachand) : Une minute.
M. Chassin :
D'accord, M. le Président. Alors, j'aurais tendance à vouloir corriger mon
erreur, M. le Président, puis contrairement au 14 août, bien, peut-être qu'il
faut aller dans l'autre sens. Je proposerais le sous-amendement à mon
amendement pour corriger ce que le ministre soulignait tout à l'heure, et donc
proposer le 14 juin.
Le Président (M.
Bachand) :Cela dit, on ne peut pas... Le
même proposeur d'un amendement ne peut pas proposer un sous-amendement. Donc, est-ce
qu'il y a d'autres...
M. Chassin :Donc, on peut rejeter celui-là et en qui proposer un autre,
peut-être? Ce serait ça?
Le Président (M.
Bachand) :De toute façon, il faudrait
retirer... il faudrait... ça prendrait un consentement pour retirer votre
amendement puis revenir. Alors, est-ce que vous faites une demande là-dessus,
M. le député de Saint-Jérôme?
M. Chassin :
Bien, si les membres de la commission le souhaitent, moi, je pense que ce serait
de l'autre sens qu'il faudrait procéder, donc je leur suggère.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, vous demandez le consentement pour retirer l'amendement.
Est-ce qu'il y a consentement? Il n'y a pas de consentement. Donc, est-ce qu'il
y a d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à sa mise aux voix. Est-ce que l'amendement
est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Rejeté. Merci beaucoup. Donc, on est rendus, s'il n'y
a pas d'autre intervention, à l'article 2. M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Donc, puisqu'il est rejeté, là, je peux proposer l'amendement?
Le Président (M.
Bachand) :Il ne vous reste plus de temps,
malheureusement, là.
M. Chassin :Sur le 2?
Le Président (M.
Bachand) : Le 2, il ne vous reste plus de temps.
M. Chassin :Pour proposer l'amendement que... dont je viens de parler?
Le Président (M.
Bachand) :Bien, je vous ai laissé du
temps, plus que le temps restant résiduel pour votre amendement.
M. Chassin :
J'apprécie, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Alors donc, nous allons procéder à la mise aux voix
sur l'article 2. Est-ce que l'article 2 est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M.
Bachand) : Adopté. Merci. M. le ministre, pour la suite des
choses, s'il vous plaît.
M. Roberge : Bien, le 3 a déjà
été préalablement adopté.
Le Président (M.
Bachand) : ...pour qu'on retourne à l'article 4? C'est ça?
M. Roberge : Voilà. 4.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Merci.
M. Roberge : On avait convenu
qu'on ne le lisait pas à chaque fois. Donc, on est à 4. Je n'ai pas
d'intervention particulière.
Le Président (M.
Bachand) :Donc, interventions sur
l'article 4? M. le député de Saint-Jérôme, s'il vous plaît.
M. Chassin :Là, vous comprendrez que je respecte tout à fait la volonté
des membres d'exempter le ministre, c'est pris sur mon temps, mais je suis tout
à fait d'avis que ça vaut la peine, là, de les lire, personnellement, notamment
pour me replonger là-dedans, donc, pour l'article 4, puis qui est significatif,
quand même, à mon avis, là.
• (15 heures) •
Donc, l'article 4, c'est que les articles
1 à 3 s'appliquent, malgré toute disposition contraire ou inconciliable de la
Loi électorale (chapitre 3-3.3).
Le premier alinéa de l'article 2
s'applique également, malgré l'article 4 de la loi remplaçant le nom de la
circonscription électorale de Matane-Matapédia par Matane-Matapédia-Mitis (2025
chapitre 18) et les articles 3 de la Loi remplaçant le nom de la
circonscription électorale de Laporte par celui de Pierre-Laporte (2025
chapitre 19) de la Loi remplaçant le nom de la circonscription électorale de Rivière-du-Loup—Témiscouata
par celui de Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques (2025 chapitre 2) de la
Loi remplaçant le nom de la circonscription électorale de Vimont par celui de
Vimont-Auteuil...
15 h (version non révisée)
M. Chassin :...2025, chapitre 21, et de la Loi remplaçant le nom
de la circonscription électorale d'Arthabaska par celui d'Arthabaska-L'Érable,
2025, chapitre 22. Alors évidemment, j'ai une petite pensée affectueuse, M.
le Président, pour notre ancien collègue Eric Lefebvre, l'ancien député d'Arthabaska,
qui avait fait du changement de nom de sa circonscription un long combat. Donc,
évidemment, on se retrouve dans un article ici à avoir justement, puis on en a
parlé tout à l'heure... mais avoir justement une espèce de mesure parapluie, je
dirais, là, pour protéger les dispositions du projet de loi trois, en disant :
Bien, ces articles, là, de 1 à 3, qu'on a déjà adoptés, si jamais ils entrent
en contradiction avec certaines dispositions, si jamais ils sont inconciliables
avec des dispositions de la Loi électorale, bien, on se retrouve à vouloir
absolument, malgré toutes dispositions contraires, s'assurer qu'il s'applique,
et notamment par rapport aux différents projets de loi qui ont été adoptés pour
les noms.
Donc, on voit un peu l'intention de tout à
l'heure, mais on se retrouve aussi... Puis c'est le commentaire qu'il dit, là,
mais... «Le premier alinéa prévoit que les articles un, deux et trois s'appliquent
même s'il existe une disposition contraire ou inconciliable dans la Loi
électorale. Comme l'adoption de ces mesures par le projet de loi s'écarte du
processus prévu par cette loi, une telle dérogation est nécessaire.» Puis ce n'est
pas rien de le préciser, là, tu sais. Autrement dit, on passe par un chemin peu
fréquenté, voire pas fréquenté, puis c'est donc une dérogation au processus
actuel, c'est donc une dérogation qui doit être finalement, je dirais, blindée
ou renforcée pour éviter que ça puisse être contesté ou lu de façon à avoir des
contradictions à l'intérieur d'une loi, que c'est incohérent, par exemple.
Donc, le secrétaire... le Directeur
général des élections devrait appliquer des dispositions, par exemple, qui
seraient peut-être d'apparence contradictoires, on se retrouve à avoir, avec la
dérogation, une espèce de primauté de ce qui est les différentes dispositions
qui sont dans les articles un, deux et trois du projet de loi trois. Alors,
moi, je trouve que c'est déjà un drapeau rouge, d'avoir à faire cette
dérogation-là.
Dans le commentaire sur... dans le cahier
du député, il y a un deuxième paragraphe qui dit : «Le second alinéa
exclut l'application de certains articles des lois adoptées en 2025 afin de
changer le nom de certaines circonscriptions. Donc, cette précision vise à
éviter toute ambiguïté quant à la liste des circonscriptions qui seraient en
vigueur au moment de la fin de la 43e législature. En effet, ces
dispositions prévoient également que la liste des circonscriptions électorales
publiée le 2 juillet 2025 entrerait en vigueur le jour où la 43e législature
prendrait fin.» Donc, les noms changeraient à ce moment-là. «Notons que même si
la liste publiée le 2 juillet 2025 n'entre pas en vigueur, la liste des
circonscriptions mise à jour tiendra compte des changements de noms adoptés par
ces projets de loi, comme le faisait la Commission de la représentation
électorale dans sa publication du 14 janvier 2026.»
Donc, les différents articles qui ont...
qu'on a cités déjà sur les changements de nom, bien, ils étaient adoptés ici.
Et, dans la 43e législature, on se disait : Bien, quand ça va prendre
fin, comme 43e législature, on va les appliquer. Puis, comme la liste des
circonscriptions parue à la Gazette officielle en janvier dernier les prend en
compte de toute manière, ça s'applique. Alors, ça, ça va.
C'est vraiment un premier paragraphe, avec
cette application, «malgré toutes dispositions contraires ou inconciliables
dans la Loi électorale», qui, je pense, est... est préoccupante ici.
Alors, dans cet ordre d'idée, puis là, je
ne sais pas, je tente quelque chose, M. le Président, on va voir... mais dans
cet ordre d'idée, puisque M. le ministre est accompagné de certaines personnes,
il y a sans doute des éléments qui ont été remarqués assez rapidement pour dire :
Ah! ça, ça pourrait peut-être être perçu comme contradictoire. N'étant pas un
expert, je ne sais pas si le ministre...
M. Chassin :...souhaiterait nous éclairer pour voir si peut-être que
c'est seulement mineur. Mais c'est sûr que moi je... j'en... je lui laisse la
possibilité d'intervenir si jamais il le souhaite, parce que, si... toutes les
dispositions contraires ou inconciliables de la loi électorale peuvent, dans le
fond, être, comment dirais-je... j'allais dire rejetées, M. le Président, mais,
disons... peuvent être écartées, parce que ce... ces dispositions des
articles 1 à 3 ont priorité. Bien, il faut mesurer l'ampleur de ce qui
serait écarté, en quelque sorte. Moi, j'ai l'impression que les dispositions
contraires ou inconciliables de la loi électorale qu'on a adoptée, bien, il y
en a qui sont peut-être plus fondamentales. Et là-dessus, enfin, j'imagine
qu'on veut quand même s'en préoccuper en partie, à tout le moins. On veut quand
même s'assurer qu'il n'y a pas, par exemple, des dispositions qui sont très
fondamentales ou qu'on prend pour acquis puis qu'on n'a pas nécessairement
pensé qu'il y aurait contradiction ou incohérence avec ces principes-là. Moi,
j'ai l'impression qu'on voudrait s'éviter ça, M. le Président.
Puis, en même temps, bien, on n'est pas...
Tu sais, moi même, hein, je l'ai montré avec un autre amendement, on n'est pas
à l'abri de petites erreurs qu'on pourrait faire sur l'interprétation qu'on
peut en donner. Moi, je... j'ai l'impression que ce n'est pas l'intention des...
des quatre groupes parlementaires qui appuient ce projet-là pour l'instant,
mais c'est... c'est évidemment... Tu sais, quand on parle de toutes
dispositions, bien, je m'interroge. Les articles 1 à 3, rappelons-nous, parce
que, bon, on ne les a pas nécessairement faits dans l'ordre, mais
l'article 1, qui est probablement pour moi le plus préoccupant, qu'on n'a
pas étudié longuement, mais qui retire l'indépendance de... pour moi, de la
Commission de représentation électorale probablement temporairement, mais,
quand même, qui... qui retire cette indépendance-là en lui dictant ce qui doit
être publié suite à l'adoption du projet de loi, c'est quand même copieux, là,
comme... comme conséquence ou, enfin, je ne dirais pas comme conséquence, comme
précédent.
Ce qui est demandé à l'article 1,
c'est de dire : Bien, on a des commissaires qui sont nommés puis qui,
finalement, ont fait un travail, mais doivent quand même publier une carte
électorale avec des délimitations dont on vient de nous dire dans la lettre que
la commission a reçue qu'elle ne respecte pas non seulement le processus — on
se comprend, ça, c'est un peu normal — mais qu'elle ne respecte pas
non plus les critères qui sont utilisés pour en assurer... pour assurer que la
carte électorale, dans le fond, prenne en compte l'égalité relative des
électeurs. Est-ce que ça, c'est problématique? Bien, moi, je pense que...
peut-être plus que de ne pas respecter le processus. Donc, c'est un petit peu
ça, là. Si on ne respecte pas le processus, mais que, somme toute, les critères
se retrouvent à être relativement bien pris en compte, qu'il y a une certaine
égalité des électeurs, moi, je... je suis peut-être plus, comment dirais-je...
je suis peut-être... je vais peut-être être moins heurté parce que ce qui n'est
pas respecté me paraît moins fondamental.
• (15 h 10) •
Évidemment, je ne pense pas qu'on est dans
une situation où on change la... la qualité d'électeurs ou on... on change qui
peut voter. On ne vient pas sur l'égalité, dans le fond, des citoyens devant la
loi. Bien, à ce moment-là, c'est... c'est moins pire. Mais est-ce que
l'indépendance... puis moi c'est peut-être ça aussi, là, la question :
Est-ce que l'indépendance de la Commission de la représentation électorale et
fondamentale fait partie d'un processus qui donne cette espèce d'aura, si, pour
moi, en fait, si ça crée à la démocratie québécoise le fait qu'on ait eu des
gouvernements... Puis d'ailleurs... parce que je le fais remonter à Robert
Bourassa, mais il y a eu des contributions, à tout le moins, certainement du
Parti québécois et...
M. Chassin :
...du Parti libéral dans la tradition des élections générales au Québec, qui
sont maintenant dans un processus particulièrement respectable, à mon avis, à
l'avant-garde, bien, on se retrouve effectivement à avoir des questions sur ce
précédent, là, de l'article 1, puis disaient : Bien, c'est un
fondement. Est-ce que ça justifie de ne plus avoir confiance en la carte
électorale ou dans le résultat des élections? Peut être pas, mais c'est quand
même un fondement. C'est quand même un fondement qui, pour nous, en
particulier, qui sommes issus comme députés, comme législateurs d'élections
tenues selon une carte électorale bien précise. C'est ce qui soulève, à mon
avis, des questions sur la légitimité de la 44e législature, si elle est
choisie selon une carte électorale déterminée par les élus de la 43e... Ça fait
que là, il n'y a pas beaucoup de gens, de même dans les législateurs, qui ont
eu une décision comme ça, difficile à prendre, de dire : Bien là, on a un
projet de loi qui est... puis de son aveu même, parce qu'on parle de la
représentativité effective des électeurs, qui est au cœur des conventions
démocratiques québécoises.
Moi, j'ai... je vois une différence de
nature entre celui-là et bien d'autres projets de loi. Puis ce n'est pas parce
que les gens de la Gaspésie ont voulu préserver leur poids qu'ils veulent
nécessairement qu'on rentre là-dedans. Moi, je pense que c'est ça aussi, là,
c'est... ce n'est pas nécessairement de penser qu'il y a un grand complot, M.
le Président, c'est vraiment, au contraire, de penser qu'il y a des
conséquences qu'on... qu'on ne mesure pas puis qu'on doit mesurer. C'est là où
je pense... puis c'est un petit peu pour ça qu'on est là aujourd'hui, à la
limite, mais il y en a, des projets de loi sur lesquels je n'étais pas
d'accord. Il y en a que je me suis dit : Mais je me rallie. Il y en a pour
qui... là c'était vraiment, vraiment plus difficile. À un moment donné, bien,
je ne tenais plus... puis même en quittant mon parti, je tenais quand même à ce
qu'il représentait au départ. Mais, à coup sûr, là, moi, je réfléchis, M. le
Président, pour m'éviter d'avoir à prendre un combat comme celui-là, mais,
fondamentalement, c'est trop important. C'est un peu comme ça que moi, je le
vois.
Est-ce qu'on peut peut-être réfléchir à
quelles sont les dérogations... en fait, la dérogation affecte quels types de
dispositions qui pourraient être contradictoires? Sans avoir de réponse, je ne
sais pas, on pourrait peut-être réfléchir à quel chapitre serait exclu... Tu
sais, par exemple, le chapitre 1 sur la qualité de l'électeur, on pourrait
peut-être l'exclure de l'application de l'article 4. Ça fait que si ça, ça
vous convient ou, à moins qu'il y ait des interventions, moi, j'aurais tendance
à proposer cet amendement, un amendement à l'article 4 sur l'exclusion, à
tout le moins, du chapitre sur la qualité de l'électeur.
Le Président (M.
Bachand) : ...déposer un amendement?
M. Chassin :
Je le fais à l'instant parce qu'il faut que j'enregistre une copie.
Le Président (M.
Bachand) : Cela dit, M. le député, je vais suspendre quelques
instants...
M. Chassin :
Merci.
Le Président (M.
Bachand) : ...pour être sûr que tout arrive en même temps.
Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 15)
(Reprise à 15 h 24)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. Donc, M. le député de Saint-Jérôme, pour la
lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
M. Chassin :Oui. Donc, l'amendement est le suivant : Donc, que
l'article 4 du projet de loi soit modifié par l'ajout, à la fin du premier
alinéa, de «, sauf les dispositions du titre I chapitre I qualité d'électeur».
Et on lit l'article, finalement, avec un premier alinéa modifié. Si je lis le
premier alinéa seulement, c'est : Les articles 1 à 3 s'appliquent
malgré toutes dispositions contraires ou inconciliables de la Loi électorale (chapitre
E-3.3) sauf les dispositions du titre I chapitre I qualité d'électeur.
En somme, puis là mon explication très
sommaire, c'est de dire : Bien, jusqu'où on serait capable d'accepter que
des dispositions contraires ou inconciliables soient tranchées en se disant :
Bien, on va prendre d'abord et avant tout le projet de loi n° 3?
Bien, moi, je pense qu'on peut exclure celui de qualité d'électeur, je pense
que c'est déjà le cas, sans en avoir la confirmation, mais je pense que c'est
déjà le cas. Ce qu'on ajoute donc serait, je pense, acceptable pour l'ensemble
des partis politiques qui sont en faveur du projet de loi. Puis je ne sais pas
s'il y a des commentaires là-dessus, mais sinon...
Le Président (M.
Bachand) :Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'amendement du député de Saint-Jérôme? Pas d'intervention. M.
le député de Saint-Jérôme, vous avez la parole, s'il vous plaît. Merci.
M. Chassin :Pardon. Parce que j'ai commencé un peu déjà, M. le
Président, avant l'amendement, mais c'est un petit peu ça, là, c'est la
pondération de ce qui est important, de ce qui est prioritaire, de ce qui a un
poids, peut-être, significativement plus lourd dans notre vivre-ensemble, dans
notre... dans notre décision, là, comme collectif, de se doter d'institutions, bien,
si la capacité de changer les choses dépend de notre capacité...
M. Chassin :...capacité d'agir collectivement et dépend aussi, donc, de
notre capacité comme électeur de se prononcer sur notre devenir collectif,
bien, je pense qu'une des plus fondamentales dispositions de notre
vivre-ensemble, c'est celui de pouvoir se qualifier comme électeur.
Donc, les dispositions du titre I et
chapitre I sont particulières et elles ne sont pas placées, à mon avis, au
début de la Loi électorale, que l'Assemblée nationale a adoptées pour rien, au
contraire. Ce sont donc des dispositions qui ont ce côté peut-être plus...
cette... bien, je ne dirais pas cette primauté, parce que j'ai l'impression
que, comme économiste, je m'aventure sur un terrain qui peut-être plus
légistique, puis là, bien, ce n'est pas ma qualité, hein? C'est ça, hein, on
évite peut-être un impair, mais disons que la qualité d'électeur, elle est
probablement une des... des institutions ou, en tout cas, des conceptions qu'on
prend pour acquises, comme électeur, à chaque fois qu'on va voter.
D'ailleurs, j'encourage les gens à aller
voter, parce que c'est un petit peu ça aussi, hein? Quand on dit qu'un taux de
participation plus élevé, c'est important, c'est intéressant qu'on encourage
les gens à aller voter. Évidemment, nous, on se présente comme candidats, on
encourage les gens à aller voter certains, mais on a aussi cette compréhension
du fait que, malgré que certains, pour leurs propres raisons, peuvent ne pas
voter. C'est important, c'est un devoir collectif... bien, en fait, c'est un
devoir individuel par rapport au collectif. Cette compréhension de qui se
qualifie comme électeur, bien, c'est quelque chose qui, si ça changeait du jour
au lendemain, je pense, serait particulièrement fondamental. À la limite,
j'imagine que ce fut le cas, sans pouvoir en attester, disons, de première
source, mais j'imagine que ce fut le cas quand les femmes ont gagné le droit de
vote. Tout à coup, il y a eu cette compréhension, là, que, bien, elles sont des
électrices. Elles peuvent se rendre au bureau de vote, elles peuvent voter,
elles peuvent se présenter aussi. C'est quelque chose qui a dû produire un
effet considérable, à la limite, même sur la culture démocratique, là, parce
que c'est ça aussi, hein, des institutions, c'est codifié, c'est incarné par
des lois.
Puis le collègue de Jean-Talon serait
mieux de le dire que moi certainement, avec un meilleur vocabulaire, mais,
au-delà des lois, au-delà des institutions, il y a une compréhension de la
culture démocratique, qu'est-ce que ça signifie, la démocratie, pour nous. Puis
parce qu'on a cette espèce d'apprentissage de la démocratie, bien, on partage,
puis c'est ça, la culture, hein, c'est... c'est une espèce de référent
intellectuel, conceptuel qu'on partage les uns avec les autres et donc sur
lequel on peut se baser pour se dire, par exemple : Mais, quand je me
rends à la boîte de scrutin, là, puis que je suis dans l'isoloir, je m'attends
à ce qu'on me traite comme électeur, je m'attends donc à ce que, foncièrement,
mes quelques quoi, 58 000 patrons, qui sont les électeurs et électrices de
Saint-Jérôme, bien, qu'ils puissent aller s'exprimer sur leur propre devenir
collectif, sur ces décisions-là qui vont les concerner. C'est sûr, M. le
Président, que, pour moi, j'ai... puis je le dis depuis le début, là, je pense
qu'on a certaines compréhensions en commun sur l'importance du projet de loi
n° 3 par rapport aux fondements de la démocratie québécoise, mais peu
importe nos couleurs politiques, nos orientations politiques.
• (15 h 30) •
Alors, si vous me permettez de faire un
peu la parenthèse ou l'exception, là, de ma réflexion, j'ai personnellement une
perspective politique où je trouve qu'il y a beaucoup trop de décisions qui
reviennent au collectif par rapport à des décisions que des gens peuvent
prendre pour eux-mêmes, pour leurs proches, par exemple, ou pour leurs enfants.
C'est très souvent des décisions qui sont prises de façon assez centralisée. Je
disais ça comme ça. Moi, ça, c'est ma perspective. Puis c'est sûr que, si, dans
un Québec où je trouve...
15 h 30 (version non révisée)
M. Chassin :...qu'il y a cette problématique-là, je veux changer les choses,
bien, un, il faut que le système de décisions politiques me le permette, parce
que les décisions qui ont été prises dans le passé, elles peuvent être remises
en question. Je pense qu'on n'a pas un contrat social au Québec qui est aussi
formel que le laissait entendre Rousseau, mais ça existe. Hein, on a comme,
dans cet imaginaire-là, de ce qui nous unit, un certain nombre d'attentes par
rapport au collectif, puis d'insatisfaction ou de récriminations qu'on peut
faire valoir. Moi, j'en ai pas mal. Je vous le dis, on ne se présente pas en
politique d'habitude parce qu'on pense que ça va bien, on se dit : Heille!
on va contribuer à ce que ça aille mieux. Je me suis présenté un peu pour ça.
Évidemment, comme il y a beaucoup de choses qui sont décidées collectivement,
au Québec, puis de... à la limite, je dirais, puis là, ça, c'est mon type de
vocabulaire, M. le Président, mais même de manière monopolistique. C'est, pour
moi, problématique. Puis des fois, j'ai tendance à comme comprendre aussi cette
réflexion sur, par exemple, la représentation d'une région en termes de poids
électoral pour ses électeurs, de dire : Bien oui, parce que c'est vrai qu'un
député de plus ou de moins, bien, c'est une personne, c'est une voix de plus ou
de moins, c'est tout un ensemble de ressources aussi, là, pour le territoire. Ça
peut faire valoir... c'est comme un outil, un relais, mais même un porte-voix,
là, je dirais, qui est important. Puis ce n'est pas pour rien, donc, que c'est
garanti par des chartes de droits et libertés.
Pourtant, je pense aussi, puis là c'est
peut-être ma perspective politique qui parle M. le Président, mais qu'il y a un
équilibre entre différents pouvoirs. On le voit dans une fédération canadienne
où il y a certains pouvoirs qui sont de compétence fédérale exclusive, d'autres
qui sont de compétence partagée, certains sont de compétence québécoise,
nationale exclusive, d'autres sont de compétence plus locale. Puis est-ce qu'on
a cette réflexion-là suffisamment au Québec sur la décentralisation? Je ne sais
pas. Moi, j'ai l'impression qu'on pourrait pousser plus loin. Puis des fois, on
se dit : Bien, dans un débat, M. le Président, où j'ai une perspective
peut-être un petit peu unique, est-ce que je suis le seul à penser comme ça? Je
me dis : Bien, peut-être que le député qui va représenter son coin de pays
à Québec, il est bigrement important et en même temps il n'est pas... ce n'est
pas l'alpha et l'oméga, là, ce n'est pas... ce n'est pas tout non plus.
Est-ce qu'il y en a d'autres qui pensent
qu'on pourrait peut-être prendre un certain nombre de décisions, qui sont peut-être
trop souvent prises dans les ministères et les organismes à Québec, plus
localement? Bien, j'ai trouvé un texte intéressant parce que c'est un texte qui
argumente en faveur d'une décentralisation, M. le Président, puis moi, j'ai
trouvé ça lumineux, mais, tu sais, vraiment, ça donne une perspective des
décisions qui sont prises dans notre société de façon à peut-être plus
centralisée qu'on ne l'espère ou qu'on ne s'y attend, puis il faut réfléchir à
ça. Puis donc, ça, c'est intéressant aussi parce que c'est une réflexion qui...
Pardon?
Le Président (M.
Bachand) : ...M. le député de La Fontaine, s'il vous plaît.
M. Tanguay : M. le Président,
j'aimerais faire un rappel au règlement. En vertu de l'article 244 de
notre règlement, les amendements doivent se rapporter à son objet, on parle du
projet de loi, et être conforme à son esprit et à la fin qu'il vise. En aucun
cas la qualité d'électeur n'est visée par le projet de loi trois. Et si d'aventure
le collègue voulant déposer amendement après amendement, commence à
saucissonner la loi électorale pour nous parler plus loin, M. le Président, du
calcul des dépenses électorales de ci, de ça, sachez qu'on va s'opposer, et je
vous réfère à la jurisprudence 244.4 du 13 mai 1986, où même un
ministre n'a pas pu déposer un amendement qui ne se rapportait pas. Alors, je
termine là-dessus.
Pour votre décision, vous allez trancher
sur cet amendement-là, mais si d'aventure le collègue s'enligne sur une série
de saucissonner, vous me voyez, là, la loi électorale en disant : Oui,
sauf ça, sauf ça, sauf ça... On ne parle aucunement de la qualité d'électeur ici,
on parle de la... de la représentativité. En vertu de 244 et de la
jurisprudence...
M. Tanguay : ...du 13 mai
1986, 244.4. Je vous soumets que son amendement à sa face même est irrecevable.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y aurait
des interventions sur l'intervention du député de...
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Non, juste avant, juste avant,
est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Une voix : ...
Le Président (M.
Bachand) :Excusez-moi?
M. Chassin :...simplement une intervention de règlement... bien,
d'interprétation du règlement par rapport à ce que le député de LaFontaine...
Le Président (M.
Bachand) :Oui. C'est moi qui va
l'interpréter, le règlement.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : M. le Président,
j'aimerais appuyer le commentaire de mon collègue de LaFontaine. Je pense qu'on
fait preuve de beaucoup de patience. Le député de Saint-Jérôme lui-même a
indiqué qu'il faisait beaucoup d'apartés. Mais on a du travail à faire. Et donc
l'amendement ne semble pas lié au sujet. En tout cas, selon les explications du
député de Saint-Jérôme, ça ne semble pas lié au sujet dont parle cet article
quatre.
Le Président (M.
Bachand) :Parfait. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, je
vais suspendre les travaux puis je vous reviens. Merci!
(Suspension de la séance à 15 h 37)
16 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 16 h 46)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît. La
commission on reprend ses travaux. Je vais maintenant rendre ma décision sur la
recevabilité de l'amendement proposé par le député de Saint-Jérôme à l'article 4
du projet de loi n° 3, Loi visant à assurer la
représentation effective des électeurs. Son amendement vise à préciser que le
titre 1, un chapitre 1, qualité d'électeur, s'appliquerait malgré... l'exception
prévue à l'article 4. Le député de LaFontaine a soulevé l'irrecevabilité
de l'amendement du député de Saint-Jérôme, puisque celui-ci irait à l'encontre
du principe du projet de loi, considérant que la qualité d'électeur n'est pas
visée par le texte législatif présentement étudié.
En matière de procédure parlementaire,
notre jurisprudence a établi que les amendements à un projet de loi doivent se
rapporter à son objet, décision 244-4. De même, selon l'article 197
du règlement et la jurisprudence parlementaire, tel que précisé par le
président Kelley en 2008, un amendement doit concerner le même sujet que la
motion et ne peut aller à l'encontre de son principe ou en introduire un
nouveau, la décision 197-16. Par ailleurs, un amendement touchant un sujet
qui n'est pas encore dans un projet de loi n'a pas pour effet de la rendre
irrecevable. L'article 4 du projet de loi est une disposition parapluie
qui vise à faire en sorte que les articles 1 à 3 du projet de loi soient
applicables, malgré toutes dispositions contraires ou inconciliables de la Loi
électorale. L'amendement déposé par le député de Saint-Jérôme vise à faire en
sorte que cette exemption ne soit pas applicable aux dispositions du titre 1
du chapitre 1, portant sur la qualité... de l'électeur, de la loi électorale.
En l'espèce, l'amendement proposé n'est pas en contradiction avec le principe
du projet de loi, mais vient préciser un élément de celui-ci. En effet, l'amendement
précise que la qualité d'électeur demeurerait entièrement applicable, comme c'est
le cas en l'espèce. Je juge donc l'amendement du député de Saint-Jérôme
recevable. Cela dit, M. député de Saint-Jérôme, vous avez la parole. Il vous
reste 9 min 40 s pour votre amendement. Merci.
M. Chassin :Merci, M. le Président. Je souligne cependant, parce que le
député de Lafontaine l'a soulevé aussi, que je n'ai pas une intention de
saucissonnage, par ailleurs. Mais je reprends là où j'étais, parce que la
réflexion... puis je pense que c'est ça aussi, là, c'est... c'est qu'on réfléchit,
là, dans un article parapluie à éviter, dans le fond, là, que toute disposition
contradictoire limite l'effet des articles 1 à 3. Mais, évidemment, je
pense que... puis... puis on ne me l'a pas confirmé, on ne me l'a pas dit, là,
mais, tu sais, je pense que... c'est... ça ne touche pas à la qualité d'électeur,
souhaitons-le, précisons-le, à la limite, c'est ça... c'est un peu ça mon point.
Parce que c'est un des fondements de cette décision collective qu'on prend et
qui est légitime. Pourquoi? Mais parce que, justement, on le choisit
collectivement en tant qu'électeurs.
• (16 h 50) •
Alors, évidemment, qu'est-ce qui relève du
collectif? Là, ça, c'est une autre question parce que, comme je le disais
précédemment, là, je m'excuse, je fais un petit rappel, M. le Président, mais
il y a des aspects qui ne sont pas soumis aux décisions, justement, collectives
parce que, par exemple, ce seraient des droits et libertés individuelles. Il y
a des phrases célèbres, par exemple : «l'État n'a pas d'affaire dans la
chambre à coucher des gens, des adultes consentants.» Donc, évidemment, ça
excluait, en quelque sorte, des décisions collectives sur la capacité de quelqu'un,
par exemple, d'être homosexuel puis de pouvoir avoir des relations avec des
gens de même sexe. Ça fait que moi, je trouve que ça fait partie de cette
réflexion, là, démocratique, sur : On limite le collectif à certains trucs.
Des fois, on... Parce qu'on a différents niveaux. On a cette réflexion, aussi,
sur : Qu'est-ce qui relève du Québec? Qu'est-ce qui relève du fédéral? Qu'est-ce
qui relève, par exemple, des MRC ou des municipalités? Qu'est-ce qui relève des
personnes, des individus? Et puis, tout à l'heure, M. le Président, je m'apprêtais
à lire quelque chose qui m'apparaît limpide. Puis c'est ça, aussi, là, quand on
parle de qualité d'électeur, c'est un point, mais le collectif s'applique-t-il
à tout, également, de la même façon? Je ne sais pas. Puis là, dans le fond, c'est
un texte que je trouve intéressant. J'en lis quelques extraits seulement, M.
Président, mais «l'État—donc, c'est un peu historique, d'abord— l'État, devenu
agent dynamique de changement, a mis en bas... a mis en branle, pardon...
M. Chassin :...de réformes qui ont bouleversé considérablement les
habitudes du vécu quotidien des citoyens. Le langage s'est enrichi d'une
multitude de sigles traduisant l'émergence de nouvelles institutions. Il y a
toute une série de sigles. Du même coup, des citoyens québécois, en tant que
contribuables ou travailleurs, ont suivi le mouvement, ont regroupé leurs
moyens de pression favorisant l'émergence de grandes centrales syndicales.
Parallèlement, les hommes d'affaires, industriels, commerçants se sont eux
aussi regroupés, et donc il y a des groupes comme Conseil du patronat, etc. Au
fond, cette période s'est caractérisée par un mouvement profond
d'institutionnalisation des choses. En somme, au cours de cette période, le
citoyen québécois s'est progressivement senti pris en charge par un État
réformateur altruiste, généreux. Mais ce citoyen se retrouve prisonnier des
normes, otage de multiples réseaux institutionnels et réglementé par l'État
dans la plupart de ses gestes quotidiens. Certains citoyens sont de plus...
sont, de plus, membres quasi objet d'une centrale syndicale, travailleurs
normés de l'éducation, fonctionnaires à vie dans l'administration publique. De
cette façon, l'État se trouve, tous les jours, à régler toutes sortes de
problèmes ponctuels : subventions pour une construction, mise en tutelle
d'une municipalité, vente d'un terrain d'hôpital, etc.
«Toutes les décisions, importantes ou non,
remontent à Québec. Les pèlerinages à l'Assemblée nationale, aux bureaux des
ministres et de l'administration sont devenus beaucoup plus nombreux que ceux
que l'on effectue à Sainte-Anne-de-Beaupré ou à l'oratoire Saint-Joseph. Cette
atrophie de l'initiative, de la créativité et de la responsabilité des citoyens
ne peut plus durer. Pour revivifier celle-ci, un réaménagement profond de notre
vie collective est nécessaire. Le projet de décentralisation présenté ici vise
à apporter des éléments de réponse à ces problèmes.»
Qui écrit ce texte, M. le Président, en
1977? Le premier ministre René Lévesque. Évidemment, je pense qu'on le voit
aujourd'hui d'un autre œil. Mais il y a quand même cette réflexion, puis je
trouve ça fascinant. Pourquoi c'est... c'est 1977? Ça adonne comme ça, mais
c'est l'année de ma naissance. Je me dis, il y a cette réflexion-là, qu'on peut
avoir puis qu'on a malheureusement depuis peut être trop longtemps, sans
vraiment décentraliser, déconcentrer et régionaliser des pouvoirs, des
décisions, des discussions collectives. Est-ce qu'on devrait penser qu'un
député qui va à Québec a une importance? Assurément. Est-ce qu'on pourrait
penser aussi que de temps en temps, il y a des décisions qui pourraient se
prendre plus près du terrain? Ça aussi, je pense que ça pourrait faire partie
du débat, parce que les circonscriptions... c'est une chose. Les moyens qu'on
se donne pour la représentation du territoire, les décisions collectives, c'est
autre chose. Ça fait que ça me donne un peu ce... J'arrête là, M. le Président,
ça me donne un peu cette perspective globale.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. S'il n'y a pas d'autre
intervention sur l'amendement, est-ce que l'amendement... On va passer à la
mise aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Rejeté.
Le Président (M.
Bachand) : Rejeté. Merci. M. le député de Saint-Jérôme, il
reste quelques minutes pour l'article 4.
M. Chassin :Oui. Et donc là... puis je pose une question parce que je
ne suis pas particulièrement ferré en procédures, mais il y a après
l'article 4... il y a... il y a, disons, des articles... il y a
l'article 5 pour... pour le nombre de circonscriptions, puis, après ça, on
tombe dans le comité. Est-ce que, si je veux ajouter un 4.1, c'est ici
maintenant que je... je proposerais un amendement?
Le Président (M.
Bachand) :Il faut... il faut d'abord
adopter 4.
M. Chassin :
OK, je complète le 4, d'abord.
Le Président (M.
Bachand) : Puis, après ça, c'est un amendement... introduisez
un nouvel article.
M. Chassin :D'accord. Alors, dans le 4... Bon, alors, évidemment, il y
a le parapluie qui... qui s'applique, d'accord? Et puis on a vu qu'il y a le...
le paragraphe, là, en dessous... pas le paragraphe, pardon, l'alinéa, qui
s'applique pour tout ce qui est des noms, donc les différents projets de loi
adoptés en 2025. Dans le fond, il y a, je pense, une certaine... puis là c'est
de l'interprétation un peu, mais il y a une certaine vertu à voir que, pendant
très longtemps, on limitait à grosso modo... à deux les... les termes d'une...
d'une circonscription. Ça fait que, par exemple, Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Puis là, bien, c'est vrai que Les Basques se sentait un peu oubliée, mais on
était à deux. Là, avec les projets de loi de 2025, on a rajouté, par exemple, Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les
Basques, ou encore Arthabaska-L'Érable...
M. Chassin :...bien, quelque part, ça montre que même à l'intérieur des
circonscriptions, et même des circonscriptions actuelles, il y a une certaine
diversité. Autrement dit, les gens des Basques ne se sentent pas oubliés pour
rien, c'est parce qu'ils se disent : Bien, on n'est pas de
Rivière-du-Loup, on n'est pas de Témiscouata, on est les Basques. Puis cette
particularité, cette communauté naturelle, bien, ça m'apparaît aussi
intéressant de voir qu'à l'intérieur de chaque circonscription, même, par
exemple, moins grande là, qu'un comté comme la Gaspésie... ou enfin de Gaspé ou
Bonaventure, par exemple, bien, il y a quand même de réalités. Moi, en fait, je
vois le nouveau comté de Bellefeuille apparaître avec toute la partie ouest de
Saint-Jérôme, qui est, dans le fond, une ville fusionnée qui s'appelait
Bellefeuille, une municipalité qui s'appelait Bellefeuille, qui a été
fusionnée. Puis c'est, disons, un coin magnifique d'ailleurs de Saint-Jérôme,
M. le Président, mais qui est ajouté à Saint-Colomban puis à Sainte-Anne-des-Lacs,
je pense, pour avoir finalement un ensemble un peu plus rural. Mais en même
temps, Saint-Colomban, c'est quand même assez... assez urbain, puis
Bellefeuille, bien, c'est un... de village en quelque sorte. Ça fait
qu'évidemment on se retrouve à amalgamer aussi certaines... tu sais, certaines
réalités ou certaines identités qui ont certaines différences. Moi, je trouve
qu'en prenant un cas, puis celui que je connais, j'y réfléchis en me
disant : Bon sang, ça doit être tout un casse-tête, d'être commissaire sur
la Commission de représentation électorale. Il y a tellement de décisions
qu'ils doivent se prendre dans chaque cas, pour chaque délimitation, au nord, à
l'est, au sud, à l'ouest. Ça doit être tout un casse-tête. Moi, j'ai beaucoup
de respect pour le travail qui a été fait. Et puis évidemment, bien, ça a donné
lieu à un résultat.
Alors, surtout à un moment où on arrive à
des élections très, très bientôt, je pense qu'on est dans une situation où il
faut éviter d'intervenir, un peu comme on a vu tantôt. Des fois, ce n'est
peut-être pas à Québec qu'il faudrait prendre certaines décisions. C'est
peut-être plus près du terrain. Des fois, peut-être qu'à Québec on ne devrait
pas prendre certaines décisions, alors qu'on a ce réflexe-là, malheureusement,
de dire : Bien, on va faire quelque chose. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions à l'article quatre? S'il n'y a pas d'autre intervention,
on va procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 4 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Bachand) :Adopté. Merci beaucoup. Donc,
M. le député Saint-Jean, vous avez annoncé que vous auriez peut-être un
amendement.
M. Chassin :Donc, je suis en train de le compléter pour ajouter un
article 4.1.
Le Président (M.
Bachand) :OK. Je vais suspendre. Vous
êtes pas mal prêt, M. le député de Saint-Jérôme? OK.
Je vais suspendre quelques instants.
Merci... Oui. M. le ministre, allez-y, oui.
M. Roberge : ...
Le Président (M.
Bachand) :Oui.
M. Roberge : Bien, d'abord,
pendant qu'on a suspendu pour entendre votre jugement, je pense, mon collègue
avait le temps de rédiger des amendements, là. Je pense qu'il avait eu le temps
en masse, en masse, d'utiliser ce temps-là, comme nous l'avons tous fait, à bon
escient. Et pour rattraper du temps, je vais proposer aux membres de la
commission de prolonger les travaux, au moins... en tout cas à tout le moins
jusqu'à 20 h, s'il y a consentement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) :Il n'y a pas de consentement de
ma part. Merci.
Alors, je suspends les travaux quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 16 h 59)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 09)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux. M. le député de Saint-Jérôme, pour lire votre amendement,
s'il vous plaît.
M. Chassin :Oui. Alors donc, pour le lire... évidemment, chaque fois,
je le ferme parce que je l'envoie, c'est l'article... Donc, l'article 4.1,
ajouter, après l'article 4 du projet de loi, l'article 4.1 suivant :
«4.1. Les dispositions de la présente loi
qui seraient contraires ou inconciliables avec la Loi électorale (chapitre E-3.3)
cessent de s'appliquer au plus tard 48 mois après (indiquer ici la date de
sanction de la présente loi).»
• (17 h 10) •
Donc, grosso modo, c'est : s'il y en
a, bien, on donne un cycle électoral à ces dispositions-là pour avoir préséance
puis on revient à la Loi électorale. C'est un peu ça, l'idée, c'est ce qu'on
appelle une clause crépusculaire, dans la tradition plus américaine, on va
dire, mais, en quelque sorte, c'est l'idée derrière l'amendement 4.1.
Le Président (M.
Bachand) :...est ce qu'il y aurait des
interventions? S'il n'y a pas d'intervention, M. le député de Saint-Jérôme, s'il
vous plaît.
M. Chassin :Alors, évidemment, puis on se comprend, M. le Président, je
navigue un peu à vue, mais, si jamais on se comprend, tu sais, vraiment sur le
fond de la chose, c'est qu'il pourrait y avoir... puis c'est un petit peu ce qu'on...
ce qu'on nous dit dans le cahier du député, à l'article 4, c'est qu'il pourrait
y avoir éventuellement des contradictions ou des incohérences...
M. Chassin :...incohérences, bien, on peut avoir avec le parapluie une
espèce de dérogation pour s'assurer de la protection, de bien blinder les
articles 1 à 3. Mais, puis là c'est un petit peu ça, c'est que, si c'est une
espèce de parapluie qu'on couvre, qu'on... avec lequel on recouvre les
articles 1 à 3, bien, pensons-y aussi comme étant une espèce d'exception
et une exception qui prendrait fin. Puis moi, je pense que c'est toujours
utile. Si on se replace dans la tradition de bien des législateurs, il y a
rarement des choses plus permanentes que des dispositions gouvernementales
temporaires malheureusement. Donc, évidemment, si on se dit : Bien, là, on
le fait en sachant qu'on veut quand même préserver un certain processus
indépendant... Puis je pense que ça, c'est la volonté de tout le monde, là,
c'est qu'on revienne, à un moment donné, à un processus de délimitation de la
carte électorale de manière indépendante. C'est d'ailleurs dans les
communications de la Commission de représentation électorale. Ça faisait partie
de son argumentaire, c'est ce qu'elle voyait, là, comme étant... puis là je dis
un précédent, mais même elle le qualifiait de perte d'un acquis majeur pour la
démocratie québécoise. Bien, on va vouloir le retrouver. On ne veut pas
nécessairement, dans le fond, brisé, là, comme... comme il le disait, que ça
serait la première fois depuis 50 ans, qu'une élection se tiendrait en
fonction d'une carte électorale n'ayant pas été établie par un processus indépendant
et non partisan. Moi, je pense que, là, on veut respecter, si ce n'est la
lettre, à tout le moins, l'esprit de la Loi électorale. Et, s'il y a des
contradictions dans la lettre, bien, là, à ce moment-là, ça devient la clause
parapluie qui s'applique, pour être certain qu'on puisse procéder. Mais, en
même temps, je suis convaincu de la volonté du ministre puis du secrétariat
qu'on veuille avoir cette exception-là de manière... comment dirais-je, en cas,
mais pas nécessairement pour toujours, pas nécessairement sur tous les aspects.
Donc, il y a comme une espèce de volonté,
je pense, de respecter certainement l'esprit, si ce n'est la lettre. Et, si on
veut respecter l'esprit, bien, pourquoi ne pas se limiter à l'heure actuelle?
Parce qu'on va s'entendre, là, ça se pourrait très bien que la
44e législature revienne là-dessus. Mais nous, de la 43e, si on l'adopte,
on se donne cette garantie que, dans la loi, ça... en fait, ça demande un
changement, autrement ces dispositions-là cessent de s'appliquer, puis ça, ça
devient un peu automatique, là. Alors, on l'a vu pour la clause de dérogation,
par exemple, ou la clause de souveraineté parlementaire, c'est quelque chose
qui doit être réitéré, s'il n'y a pas d'intervention, ça tombe. Là, on se fait
un peu le même mécanisme pour s'assurer que le respect de la... de l'esprit de
la Loi électorale se traduise aussi, dans les faits, par le respect de sa
lettre puis, à la limite, dans une perspective aussi où il y en aurait, parce
qu'on se comprend, là, on ne présume de rien, on comprend que c'est
probablement un peu un réflexe, là, légistique. Puis ce n'est pas ma
spécialité, M. le Président, mais je peux comprendre qu'on se donne cette marge
de manoeuvre là, notamment par le fait qu'il y a eu tout un travail transpartisan,
là, de longue haleine. Le ministre parlait de plusieurs mois, mais évidemment
il y a comme un contexte aussi où c'est un peu précipité ou, en tout cas, à
tout le moins, c'est perçu comme étant précipité, là. C'est l'éditorial de
Stéphanie Grammond de ce matin, là, où elle sentait que, suite à la décision de
la Cour suprême d'invalider le projet de loi n° 59, il y avait comme cette
espèce de préoccupation de dire : Ah! bien là, il faut absolument en
adopter un autre. On pouvait ne pas en adopter un autre, mais on... à tout le
moins, c'est sûr que le jugement de la Cour suprême, il est relativement
récent. Donc, on se retrouve à avoir un projet de loi qui a pris naissance dans
une démarche de longue haleine, mais assurément qui a été aussi rédigé dans les
dernières semaines, j'imagine, à toutes fins...
M. Chassin :
...probablement qu'on s'est entendu sur les principes, là, d'abord, puis, après
ça, sur les articles. Mais c'est clair pour moi que, quand on prend les moyens
d'avoir une protection contre des possibles incohérences ou... enfin, pas
incohérences, des contraires ou des inconciliabilités avec la loi actuelle,
bien, d'après moi, on soulève une question importante, c'est-à-dire :
Est-ce que l'armature légale et cohérente qui est la Loi électorale, puis qui a
été aussi éprouvée ou, en tout cas, mise à l'épreuve, du temps? Parce que c'est
ça aussi, hein, les institutions, ça vit, ça se transforme, ça se perfectionne,
c'est adapté constamment avec la réalité qui évolue. Moi, je pense qu'il y a,
derrière la Loi électorale, une certaine sagesse, à la limite, là, de bien des
années d'application, avec des perfectionnements, avec des améliorations, des
amendements. Mais, à coup sûr, on veut préserver ce qui, pour moi, a
probablement plus de vécu que ce qui pourrait être contraire ou conciliable
dans le projet de loi n° 3. Et, à tout le moins,
assurons-nous que ça dure un temps et pas à jamais.
Parce qu'il y a encore des programmes,
puis je suis sûr que vous le voyez, mais des programmes de pandémie, M. le
Président, qui sont actifs à l'heure actuelle, c'est sûr que c'est toujours un
petit peu difficile quand il y a des gens qui nous disent : Ah! ça a été
très utile. Ce le serait encore, c'est dur de dire non, si on a une clause
crépusculaire, disons que c'est plus difficile d'accéder à une modification qui
serait plus permanente, sans dire définitive, là, mais qui serait plus
permanente de la Loi électorale. Moi, je pense que c'est là où on peut avoir
un... j'allais dire un mécanisme de défense, mais un... une garantie, disons ça
comme ça, une garantie que l'intention qu'on cherche ne soit pas... ne devienne
pas finalement quelque chose qui... qui va transformer et surtout, à la longue,
la Loi électorale. Je pense que, comme ça, on a une certaine... bien, un
moindre mal. En tout cas, ça amoindrit mon inquiétude, par rapport au projet de
loi n° 3 sur ce volet-là. Puis ce n'est quand même
pas rien, les articles 1 à 3, puis je les vois comme ça, moi, hein, mais
c'est pas mal le cœur, avec l'article 5 sur le nombre de circonscriptions,
c'est pas mal le cœur du projet de loi.
• (17 h 20) •
Le comité après, qu'on le fixe dans la
loi, c'est très bien, mais, tout compte fait, on va s'entendre. Je pense que
c'est quelque chose qui est relativement voulu, consensuel, possible, même en
dehors de la loi. Est-ce qu'on peut avoir un... comment je dirais, tu sais,
dans ces articles-là, est-ce qu'on peut penser qu'il y aurait un projet de
loi 3 sans l'article 1 ou sans l'article deux? Bien moi, je pense
que non, je pense que c'est vraiment... Les deux sont liés. On est vraiment
dans l'aspect, dans le fond, de transformation de la Loi électorale. Puis je
dirais même que, parce qu'on dicte, dans le fond, avec un devoir, hein, parce
qu'on l'a dit, c'est vraiment le mot qui est employé à l'article 1, c'est
«doit». Donc, c'est cette liste des circonscriptions, disons, qui est
déterminée par l'article 1, qui doit être publiée par la Commission de
représentation, bien, cette obligation-là, elle est malheureusement celle qui,
pour moi, est peut-être la plus... la plus dommageable, donc, la perte de
l'acquis dont il était question. On peut penser que de revenir à un processus
indépendant ne soit pas aussi simple qu'on semble l'envisager. Moi, je le
regarde comme ça, mais, pour avoir passé un certain temps...
M. Chassin :...pour mes études, puis après ça parce que j'étais tombée
en amour avec un Péruvien. Bien, il y a quand même une tradition dans
certains... dans certains pays d'avoir des espèces d'hommes de paille, là, sur
certaines institutions, ça fait que là on ne veut pas avoir cette image-là du
Québec, on se comprend? Je pense que ce n'est pas la volonté ni du gouvernement
ni des oppositions. Je pense que c'est malheureusement ce qui peut ressortir
dans la perception de certains. Ça fait que, si on veut s'assurer d'un retour à
une indépendance de la commission de la représentation, comment le
signale-t-on? En fait, c'est un petit peu ça, hein, c'est de la communication,
là, mais c'est comment le signale-t-on? Comment montre-t-on que notre
intention, l'intention du législateur qui ne parle pas pour ne rien dire
semble-t-il, en ajoutant cet article-là, il le mentionne, il... en fait, il le
télégraphie clairement. Et des gens qui pourraient plus tard s'interroger sur
le sens à donner des différents articles de loi, bien, moi, je le vois comme
étant très positif parce que ça donne ce signal absolument limpide que tout
cela n'est que temporaire. Donc, qu'est-ce qu'on peut en retenir, si c'est
temporaire? Bien, c'est que ça prend fin à un moment donné, à un moment que je
pense plus utile s'il est précis. Évidemment, vous comprendrez, là, que 48,
c'est... ce n'est pas pour rien, c'est que c'est quatre ans, ça signifie qu'on
voit venir avant la fin d'un cycle électoral, la fin, dans le fond, de cette
espèce de... d'immunité parapluie de l'article, de l'article 4. Puis je ne
sais pas combien de temps il me reste, M. le Président, mais...
Le Président (M.
Bachand) : Je vous reviens pour le temps qu'il vous reste.
M. Chassin :
C'est ça juste pour dire que, dans le fond, ce 48-là là, après la sanction, ça
va nous amener à la fin de la 44e législature. On saura dès le départ,
dans la 44e législature que..
Le Président (M.
Bachand) : Environ sept minutes.
M. Chassin :
Sept minutes. D'accord. Qu'on est dans un processus où est-ce qu'on va revenir
à une certaine normalité. Puis évidemment on... on n'est pas non plus dans
l'institution la plus connue avec la Commission de... de représentation électorale,
ce n'est peut-être pas celle qui fait les manchettes à tous les jours, à part
présentement, mais néanmoins c'est quand même des... des gens qui ont un rôle
important, qui sont nommés, donc deux personnes qui sont nommées en plus du
Directeur général des élections pour faire un travail et particulièrement...
comment je dirais, qui doivent probablement avoir ce souci très prononcé, puis
là je... je ne veux pas faire un procès de bonnes intentions comme on fait un
procès de mauvaises intentions, M. le Président, mais qui doivent avoir un
souci très prononcé de cette indépendance par rapport à tout ce qu'ils
pourraient dicter, puis là je ne dis pas de façon partisane, hein, soyons
clairs, là, au contraire, mais de façon politique, une carte. Puis la politique,
pour moi, c'est tout à fait positif, ça fait partie de ce qu'on a comme
discussion pour réussir à avoir un vivre ensemble harmonieux. Mais si on se dit
qu'on veut les écarter, qu'on veut une neutralité de toutes ces considérations
politiques, qu'on veut une indépendance, à la limite, plus encore, là, je
dirais même une autonomie décisionnelle, dans le sens où ce n'est même pas une
recommandation qui est faite de la commission de représentation au
gouvernement, par exemple, puis que le gouvernement publie à la Gazette
officielle, c'est vraiment la commission de représentation électorale qui
détermine qui a le dernier mot, hein? Puis c'est... En fait, c'est ça, le... la
problématique, c'est la raison pour laquelle on est ici. C'est bien parce que,
insatisfaits de cette décision-là, on décide de la renverser. Moi, je pense
qu'on veut nommer sur la commission de représentation des gens qui vont avoir
le souci de l'indépendance, qui vont avoir le souci de la neutralité, à qui on
va même garantir que c'est vous qui allez prendre les décisions à la fin. Bien,
comment on leur dit ça, alors que leurs prédécesseurs immédiats par exemple,
eux, ont pris une décision qui a finalement été renversée, tu sais. Si on veut
réinstaurer une culture d'indépendance, une...
M. Chassin :
...qui va se sentir libre de faire la réflexion. Et, comme je le disais tantôt,
tous les calculs, les dizaines de choix qui doivent se faire pour chaque
circonscription, il y en a qui sont à Montréal, des fois, c'est... bien, telle
ruelle, là, qui divise tel pâté de maisons, des fois, c'est la ligne médiane de
telle rue, c'est très, très pointu. Des fois, c'est... En tout cas, moi, je
peux en attester.
Il y a un, endroit à Saint-Jérôme, qui est
effectivement de la ville de Saint-Jérôme, qui est effectivement du comté de
Saint-Jérôme, mais que tout le monde pense que c'est Mirabel, y compris les
services municipaux. Alors, je pense à deux dames absolument charmantes qui ont
toute la misère du monde à avoir l'enlèvement des ordures parce que les gens de
Mirabel savent que c'est Saint-Jérôme, mais ceux de Saint-Jérôme pensent que
c'est Mirabel. Bien, c'est bête, mais c'est le genre de petit lopin de terre
qui est inclus dans l'un, pas inclus dans l'autre. Ce sont des décisions qui
sont prises au cas par cas puis qui doivent être indépendantes. Parce que
sinon, bien, on prive peut-être un... une communauté, justement, d'intérêts
ou... là, dans ce cas-ci, elles sont sur une rue où toutes les autres adresses
sont à Mirabel avant et après, mais il y a un ruisseau, donc elles ont leur
petit coin, tout petit. Puis, en même temps, bien, il y a quand même deux
maisons sur ce lopin de terre et c'est effectivement... à la limite, je dirais
même plus intuitif en termes de circulation, là, de le considérer comme étant
parti de Saint-Jérôme. Mais sur quelle base les élus vont s'attarder à ça?
Puis, à la limite, surtout quand on a une réflexion entre... bien, Mirabel,
c'est déjà peut-être grand, est-ce que ça a la même densité que le reste de
Saint-Jérôme? Bien non. Ça fait que, tu sais, il y a vraiment des critères qui
ne sont pas évidents. Puis, à la limite, on ne va pas demander aux dames non
plus de s'identifier plus comme Jérômiennes ou Mirabeloises. Ça vient un peu
difficile à trancher.
Bref, tout ça pour dire que, dans le
respect de tout ce qui est comme casse-tête, réflexion à avoir, décision puis
respect aussi de l'indépendance qu'on veut leur laisser, je pense que ça donne
bonne... une bonne garantie comme amendement.
Le Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement du
député de Saint-Jérôme? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
est adopté?
Des voix : ...
Le Président (M.
Bachand) : Rejeté. Merci. Avant d'aller plus loin, je vais
suspendre les travaux juste quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 17 h 29)
(Reprise à 17 h 30)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La
commission reprend ses travaux. M. le ministre, s'il vous plaît, pour la suite
des choses.
M. Roberge : Bien, M. le
Président, nous sommes rendus à l'article 5, sur le nombre de
circonscriptions.
Le Président (M.
Bachand) :Oui. Alors donc, M. le député
de Saint-Jérôme.
M. Chassin :...à voir là-dessus. Alors, je ne sais pas si... Parce que
je pense qu'il y a quand même des arguments en faveur, en défaveur, etc., mais
le choix du 127 s'explique relativement bien, M. le Président, je pense que je
n'ai pas besoin de faire le point qui justifie le 127 d'ajout sans retrait.
Mais à coup sûr, c'est sûr que ça soulève les passions, mais ça, je n'ai pas,
moi, une opinion si forte, si ce n'est qu'il y a une décision là accommodante,
puis je comprends, mais, en même temps, une décision tardive. Puis, moi, ça,
c'est la partie qui me... qui... disons, qui me hérisse un peu plus, parce que,
foncièrement, qu'est-ce qu'on voit dans l'ensemble du processus, avec une
décision de 127 prise à la suite du... de la parution de la nouvelle carte à
125, bien, c'est que, finalement, on... non seulement on précise...
17 h 30 (version non révisée)
M. Chassin :
...a posteriori, alors que ça n'a pas été intégré dans les calculs d'aucune des
deux cartes qu'on hybride ensemble. Mais en plus c'est pour moi en fait peut-être
parlant, parce qu'il y a une... On restreint en fait la marge de manœuvre
décisionnelle qu'on conférait en ayant une fourchette. Puis ça, je trouve ça...
en fait, j'imagine qu'il y a une explication. Parce qu'avant on disait... puis
probablement d'un texte d'une... d'une autre décennie, là, mais on disait, donc,
les circonscriptions, dont le nombre ne doit pas être inférieure à 122 ni
supérieur à 125, sont délimitées en tenant compte de l'égalité du vote des
électeurs. Ça, c'était dans le texte actuel, là, pour les... le nombre de
circonscriptions électorales. Alors que, là, on va avoir un article 14
modifié, qui dit plutôt : Le Québec est divisé en 127 circonscriptions
électorales délimitées de manière à assurer le respect du principe de la
représentation effective des électeurs. Donc, tout ça, c'est similaire, sauf qu'on
ajoute le 127. puis le deuxième alinéa, celui où on donnait la marge de
manœuvre, là, la marge de manœuvre, elle disparaît. Donc, c'est... les
circonscriptions sont limitées en tenant compte de l'égalité du vote des
électeurs.
Ça fait qu'on a des circonscriptions
électorales délimitées de manière à assurer le principe du... de la
représentation effective et délimitées en tenant compte de l'égalité des votes.
Rappelons-nous qu'on a vu dans les explications de la commission de
représentation que la représentation effective des électeurs, c'est deux
principes, dont l'égalité des votes. On le reprécise, je ne sais pas pourquoi
on ne mentionne pas les communautés naturelles, parce que c'est peut-être
inclus déjà dans la représentation effective des électeurs, qui peut aussi
comprendre, par exemple, des ressources ou des... comme un peu on a des
circonscriptions de différentes catégories avec des possibilités d'ajouter des
bureaux avec de la... en fait, une possibilité de voyagement, là, à l'intérieur
de sa propre circonscription ou vers le Parlement qui est différente. Moi, je...
je le vois un peu comme des moyens extra... bien, en fait des moyens
parlementaires, mais des moyens que l'Assemblée nationale confie à certains
députés qui ont des défis par rapport aux représentations à faire à même à l'interne,
là, de leurs... de leurs territoires.
Puis... puis, je veux dire, entre...
Évidemment, je ne veux pas nécessairement la prendre à partie, mais Labelle, c'est
énorme, ça fait qu'évidemment quand on a un problème dans un barrage, là je ne m'en
rappelle plus c'est où, exactement, mais c'était... c'était à Saint-Antoine?
Une voix : ...
M. Chassin :
Chutes Saint-Philippe, c'est ça, c'est Saint-Philippe, ce n'est pas Saint-Antoine,
Chutes Saint-Philippe, bien là, on est loin de Saint-Faustin–Lac-Carré où ma
mère vivait il fut un temps et qui s'appelle maintenant Mont-Blanc. Évidemment,
est-ce que... ce défi-là, sur un immense territoire, évidemment, il est partagé
par bien des gens. Je veux dire, Berthier, c'est très grand, les comtés du
Saguenay–Lac-Saint-Jean, bien, ça monte dans le Nord de façon impressionnante.
L'étendue est immense. Des fois, il y a des communautés isolées, il n'y a rien
qui bat Ungava, ou à peu près. Puis malgré tout, dans toute cette réflexion-làm
qui peut, donc, comporter plein de dimensions, notamment des ressources qui
sont octroyées par l'Assemblée nationale, on a cette réflexion sur, OK, combien
de comtés? Mais on ne l'a pas tant que ça, la réflexion.
Puis je pense que c'est un petit peu ce
qui, malheureusement, à l'air de déplaire à notre... à notre Louis-Philippe
Noël qui a fourni un mémoire. Parce qu'effectivement, lui, son point, c'est de
dire : Bien, est-ce qu'on pourrait utiliser le comité d'étude qu'on verra
plus tard comme réflexion pour le nombre de députés? A-t-on besoin de 125?
A-t-on besoin de 127? Puis lui, en fait sa proposition en tout... comment
dirais-je, je ne vends pas de punch, M. le Président, mais pour lui, en
appliquant le même ratio que l'Ontario, on devrait avoir 69 députés. Bon.
Alors, il voudrait qu'on réduise de nombre de députés pour avoir plutôt entre...
M. Chassin :
69 et 90 membres de l'Assemblée nationale, avec des ressources accrues,
donc avec des moyens de plus. Mais, en même temps, bien, c'est ça, il y a tout
un débat à avoir là-dessus, mais à coup sûr, ce qu'on voit, c'est que le débat,
il est malheureusement limité à on ajoute forcément deux députés, donc deux
circonscriptions pour avoir des délimitations qui évitent la disparition de
comtés, mais ça, ça évite le débat du nombre total. Et ça... surtout, ça a
comme conséquence de limiter la marge de manœuvre. Donc, le 122 à 125, on
s'entend, ça fait quand même un bout de temps que cette marge de manœuvre là,
elle n'est pas utilisée. On donne de 122 à 125, mais c'est 125, on se comprend.
Est-ce que dans un salon bleu tout neuf et rénové, il pourrait y avoir une
marge de manœuvre, puis à la limite qui augmente, mais qui se limite aussi?
Parce que le problème va se répéter, on le sait d'avance. Est-ce qu'on va
augmenter aussi la prochaine fois? Et jusqu'à combien? Moi, ça, c'est la partie
qui me qui me laisse sur ma faim. Parce qu'on souhaite idéalement qu'il y ait
cette réflexion-là pour un peu plus que les quatre prochaines années puis la
44e législature. Est-ce que le 127, il est béton? Est-ce qu'on va le
tempérer, disons, ou en tout cas le nuancer par l'ajout dans le mandat du
comité, d'une réflexion sur le nombre d'élus et les moyens dont disposent les
élus pour la représentation effective?
Ça, c'est la partie où, puis là, je ne
sais pas si le ministre a poussé, avec ses collègues, la réflexion là-dessus,
parce que le 127, on le comprend, mais tout ce qui entoure le nombre de
députés, c'est toute une question absolument fascinante, et, pour certains en
particulier, je... moi, j'ai vu... puis il y a vraiment, je veux dire, il y a
des gens qui ont fait du travail, là, M. Noël a été consciencieux. Puis
quand on parle de, bien, est-ce que, par exemple, on pourrait réfléchir dans
d'autres... dans d'autres versions, disons, d'autres itérations de
redélimitation électorale? Il y avait cette réflexion aussi de dire, bien,
qu'elles autres outils peut-on utilisé? Est-ce que le mode de scrutin peut être
un facteur de représentation accrue? Est-ce que... Puis, là, bien, on se pose
la question ici avec M. Noël, mais avec d'autres... Est-ce qu'un conseil
législatif, donc la partie Sénat, est quelque chose qui pourra être un
instrument de représentation des réalités régionales distinctes? Ça soulève de
bonnes questions.
Alors moi, je me demande surtout si on
peut rétablir ou, en tout cas, conserver une marge de... une latitude. Parce
que, dans le document d'information, on se rappelle, là, ce n'est pas un
mémoire, là, sur le site des dossiers au Conseil des ministres, c'est un
document d'information, mais dans le document d'information, on parle de donner
une marge de manœuvre, de préserver une marge de manœuvre, mais, dans les
faits, ce n'est pas tout à fait le résultat qu'on voit. Je ne sais pas pourquoi
ça a été formulé comme ça. Je ne sais pas si ça a changé, peut-être, puis que
le document d'information n'a pas été modifié, mais à coup sûr, je me dis,
bien, il y a certainement un intérêt à garder une certaine marge de manœuvre.
Moi, je me dis, puis là je n'ai comme pas envie de m'aventurer dans les
chiffres, mais je me dis que si c'est entre 125 et 129, notamment parce que
129, c'est un scénario qui a été testé dans un document par la commission de
représentation, puis aussi parce que dans le nouveau salon bleu tout neuf, si
je ne m'abuse, on peut aller jusqu'à 129 pupitres. Je vois le collègue qui
hochait la tête, mais 125 à 129, c'est une marge de manœuvre qu'on préserverait
pour la Commission de représentation électorale. Et donc, moi, c'est
l'amendement que je ferais peut-être à l'article cinq, donc de proposer de
remplacer le 127 par 125 à 129. À moins, tu sais, qu'il y ait des réflexions
vraiment précises sur l'opportunité que ce soit... ce soit constamment 127.
• (17 h 40) •
Le Président (M.
Bachand) : Donc, M. le député Saint-Jérôme, on comprend que
vous allez avoir un amendement?
M. Chassin :
Oui.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Comme d'habitude...
Le Président (M. Bachand) :...l'efficacité doit être au rendez-vous.
M. Chassin :
Oui.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, je suspends les travaux quelques instants.
Merci.
(Suspension de la séance à 17 h 41)
(Reprise à 17 h 53)
Le Président (M.
Bachand) :À l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux. M. le député de Saint-Jérôme, pour la lecture de votre
amendement, s'il vous plaît.
M. Chassin :Oui... Excusez-moi. Donc, l'article 5, puis là je remercie
la secrétaire parce que c'est un peu complexe, l'article :
1° par le retrait du premier paragraphe;
et
2° par le remplacement du deuxième
paragraphe par le suivant... puis donc là, c'est... dans le projet de loi, on
modifie la Loi électorale, ça fait que c'est :
«Le deuxième alinéa de l'article 14 de la
Loi électorale (chapitre E-3.3) est remplacé par le suivant :
Les circonscriptions, dont le nombre ne
doit pas être inférieur à 125 ni supérieur à 129, sont délimitées en tenant
compte de l'égalité du vote des électeurs.»
Puis je rappelle que, dans les deux
alinéas de l'article 14 de la Loi électorale actuelle, on ajoutait un «127» au
premier alinéa puis on supprimait les références aux chiffres dans le deuxième
alinéa. Là, dans le fond, ce qu'on fait, c'est qu'on garde, dans le deuxième
alinéa, la marge de manœuvre, et donc on ne va pas mentionner un chiffre dans
le premier alinéa.
Ça fait que c'est un peu ça, là, qui
explique la complexité, là, c'est comme un amendement à un article qui amende
un autre article d'une autre loi, là, c'est un exercice mental pas simple.
Voilà, M. le Président, le contexte.
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Est-ce qu'il y a des
interventions? S'il n'y a pas d'intervention, M. le député de Saint-Jérôme,
s'il vous plaît.
M. Chassin :Alors, c'est sûr qu'on est dans une perspective aussi où on
augmente de 122 à 125, qui était comme un espace de trois, on passe de 125 à
129. Puis pourquoi? Bien, évidemment, pour moi, c'est autour de 127, ce qui
permet de préserver aussi la capacité, par exemple, pour toutes sortes de
raisons, là, mais de la commission de représentation de pouvoir revenir vers le
125, le cas échéant, si c'est justifié, le 129 étant un peu comme la limite
supérieure qu'on fixe, puis de façon très arbitraire, M. le Président, mais par
un salon bleu tout neuf et rénové qui sera utilisé par la 44e législature.
Moi, je me dis que c'est un peu cette
préservation de la marge de manœuvre, dont la note d'information, d'ailleurs,
que je n'ai pas... je n'ai pas ressortie, là, mais dont elle faisait mention,
parce qu'on ne veut pas nécessairement enlever de la marge de manœuvre à la
commission de représentation, a posteriori, une fois que la 44e législature,
disons, prendra fin. Je pense que ça, c'est la partie où on a un comité qui va
réfléchir, mais... puis on verra rendu là, M. le Président, mais on s'entend
que je pense qu'il est essentiel de préserver l'indépendance du processus puis
la neutralité du processus...
M. Chassin :...je suis convaincu que les collègues souhaitent aller
dans cette direction-là. Dans ce cas-là, une des... une des... bien, des
entorses... une des exceptions, là, que je vois dans le projet de loi par
rapport à ce qui est demandé comme travail à la Commission de représentation en
leur donnant ces moyens-là, de latitude, de choix, d'autonomie dans ce
choix-là, bien, il y a le nombre de comtés. Et, si on le fixe, nous, bien,
parce qu'on a une solution ponctuelle à quelques semaines du déclenchement des
élections à mettre en place, mais qu'on supprime cette marge de manœuvre, bien
là, tout à coup, woups! on fait un choix conséquent. Moi, je pense qu'on a un
bon exemple où, pour peut-être une fin un peu expéditive, les collègues, dans
leur approche transpartisane, se sont dit : Bien, avec ce chiffre-là, on
atteint exactement ce qu'on souhaite en termes d'ajout, sans retrait. Puis, en
même temps, bien, c'est quand même facile d'oublier que la particularité de
dire «de 122 à 125», c'est qu'il y a une marge de manœuvre qui ne se retrouve
plus après dans le nouvel article 14 de la Loi électorale. Puis là c'est
la Loi électorale. Donc, tu sais, évidemment, on se comprend, là, on modifie la
Loi électorale, puis on pourrait toujours y revenir, mais, à la limite, ça risque
d'être toujours plus facile de fixer le chiffre. Comme je le disais, puis pour
moi, ça, c'est une particularité peut-être malheureuse des législateurs... mais
c'est que quand on voit un problème, quand on voit quelque chose qui demande
une solution, bien, on se sent soudainement interpelés avec un devoir
d'intervenir.
Puis je me rappelle du début, là, de toute
cette réflexion serait sur la filière batterie, où est-ce qu'on s'était
dit : Ah! on voit que Northvolt a des difficultés, mais ce n'est pas... ça
ne concerne pas nécessairement l'Amérique du Nord. Puis il y avait eu une
question au premier ministre de Suède, quelque chose comme : Bien, est-ce
que vous allez aider l'entreprise à survivre, tu sais, puis le premier ministre
de Suède avait comme répondu de façon très, très laconique : Mais ce n'est
pas... ce n'est pas la job de l'État, quelque chose comme ça, très... Puis ça
nous avait comme tous pris par surprise, tu sais, parce que pour nous, il y a
peu de choses qui n'est pas la job de l'État.
Puis là, bien, malheureusement, on fixe
une solution avec un nombre. Pourquoi est-ce qu'on devrait fixer un nombre?
Moi, je pense que si on ne fixe pas le nombre puis qu'on fixe une fourchette,
même un petit peu plus grande, moi, je pense qu'on garantit ce type
d'indépendance puis à la limite même ce type de latitude qui permet d'adapter
le délicat équilibre entre l'égalité des votes des électeurs puis, d'autre
part, la partie qui est communauté... communauté historique.
Oui. Je vois qu'on arrive à la fin.
Bien...
Le Président (M.
Bachand) :Merci. Le temps file
rapidement.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 9 juin 2026 à 10 h. Merci!
(Fin de la séance à 18 heures)