(Onze
heures vingt-neuf minutes)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des relations avec
les citoyens ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Protection des consommateurs des
crédits budgétaires du portefeuille Justice pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de deux heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest)
est remplacée par M. Lévesque (Chapleau); Mme Prass
(D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Rizqy (Saint-Laurent); et Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacée par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Protection des consommateurs
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Bienvenue à ces nouveaux élus
sur la commission. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers
15 h 30. Et je vous rappelle, pour les besoins de la transcription,
qu'on s'adresse à la présidente.
• (11 h 30) •
Alors, je suis
maintenant prête à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour le premier bloc d'échange.
Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous pour une période de
18 min 14 s. Allez-y.
Discussion générale
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Permettez-moi d'abord de dire bonjour au ministre
de la Justice, mais qui est aussi le ministre responsable du dossier de la
protection du consommateur, mais aussi à son équipe qui l'accompagne, et,
évidemment, mes collègues députés qui sont présents, ainsi que mon conseiller
politique qui m'accompagne lors des crédits, et j'en ai pas mal cette année,
alors merci, François.
J'aimerais commencer
directement avec les renseignements particuliers, à la question 9, s'il vous
plaît. Je vais quand même laisser le
ministre arriver, ouvrir les crédits, mais, sinon, il peut dire bonjour et
parler de son équipe.
M.
Jolin-Barrette : Bonjour, Mme la députée, ça me fait grand plaisir de
vous retrouver.
Mme Rizqy : Moi
aussi.
M.
Jolin-Barrette : Et je souligne la présence des collègues qui nous
accompagnent, Mme la députée de Vimont, Mme la députée de Châteauguay, M. le
député de Chapleau, Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice, Mme la députée de
Soulanges, également. Et vous présenter les gens qui nous accompagnent
également, Mme Marie-Claude Champoux, présidente de l'Office de la protection
du consommateur, à ma droite, Me André Allard, directeur des affaires juridiques de l'Office de la protection du
consommateur, Me Marjorie Théberge, vice-présidente de l'Office de la protection du consommateur, M. Gary
Frost, directeur des services aux consommateurs et de la surveillance
administrative, ainsi que M. Alexis L'Écuyer, qui est conseiller à mon cabinet
politique.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup puis bienvenue à tous. Alors, à la question 9, la question était de
savoir est-ce qu'il y a des comités interministériels, vous répondez que oui,
Comité consultatif d'agents de voyages, Conseil consultatif des
consommateurs... pardon, je pense qu'il y en avait un troisième, Comité
consultatif sur le commerce de détail. Est-ce qu'il y en a d'autres à part ces
trois qui sont nommés?
M.
Jolin-Barrette : Est-ce qu'il existe d'autres conseils...
Mme Rizqy : D'autres
comités interministériels.
M.
Jolin-Barrette : ...d'autres comités interministériels?
Mme Rizqy :
Parce qu'on n'en cite que trois.
M. Jolin-Barrette : Il n'y en a que
trois, présentement.
Mme Rizqy : OK,
parce que, vous me connaissez, des fois, je suis fouine et je regarde d'autres
crédits. Donc là, j'ai regardé dans les crédits Environnement. J'en ai trouvé
un autre, c'est pour ça que j'ai été surprise qu'il ne soit pas dans ma demande
de renseignements pour les crédits. Dans les crédits Environnement,
page 105, comité de travail sur les travaux législatifs et réglementaires
relevant de la Loi sur la protection du consommateur pour intégrer les
principes de durabilité et de réparabilité pour certains produits de consommation,
entre parenthèses, obsolescence planifiée. Est-ce que ce comité existe bien?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Alors, oui, à
l'Office de la protection du consommateur, ils travaillent en collaboration
avec les collègues de l'Environnement, mais ce n'est pas un comité formel.
Donc, vous, je crois que vous avez une
sensibilité particulière sur la question de la réparabilité et de la
durabilité. D'ailleurs, vous avez déposé un projet de loi, qui avait été fait
par l'ancien député de Chomedey, mais je sais que vous avez contribué à ça,
avec le Pr Jonathan Mayer, de l'Université de Sherbrooke, avec les étudiants.
Alors, peut-être que votre question va aller dans ce sens-là, mais je ne veux
pas présumer de votre question.
Mme Rizqy : Pour ceux qui nous
écoutent, moi, j'ai eu le bonheur, et je le dis sincèrement, le bonheur d'aller
à l'Université de Sherbrooke et être dans la même classe que le ministre de la
Justice, même à l'école du Barreau. Alors, oui, effectivement, on a fait l'exercice,
à l'époque, qui était chapeauté par le député... l'ex-député de Chomedey, et on
était avec les étudiants de l'Université de Sherbrooke, qui ont travaillé très
fort sur un projet de loi, et que... ce sont
même les étudiants qui sont venus présenter ici, à l'Assemblée nationale.
C'était vraiment une première.
Et j'ose espérer qu'on va pouvoir même répéter
l'expérience avec d'autres étudiants de d'autres universités aussi, parce que je sais que, hein, je dois être
équitable avec l'ensemble des universités, mais, ceci étant dit, oui, j'ai
repris le flambeau. J'ai redéposé le projet de loi avec quelques différences où
est-ce que... au niveau des amendes, j'y reviendrai, mais j'aimerais
juste rester... parce que, vous me voyez venir et, oui, vous avez bien fait de
présumer, vous avez compris exactement où est-ce que je m'en allais, parce
que... Moi, je suis très ravie de savoir que ce comité existe, même si, je
comprends bien, ce n'est pas un comité qui est formel, mais c'est un comité qui
existe. C'est marqué, dans les
informations : «L'Office de la protection des consommateurs a demandé la
collaboration — et
là je vais citer l'acronyme au complet, mais c'est le ministère de
l'Environnement, là, le MELCCFP — dans le cadre de la révision de sa loi,
afin d'y introduire des éléments visant à favoriser une meilleure écoconception
de certains produits. La Direction des matières résiduelles et le Bureau de
coordination du développement durable contribuent à ces travaux. Un rapport
confidentiel sur la durabilité des biens a été remis à l'OPC par Protégez-Vous
suite à un sondage auprès des consommateurs. Les représentants du MELCCFP
ont commenté ce rapport dans le cadre de travaux conjoints. D'autres rencontres
auront lieu en fonction de l'avancement des travaux législatifs.»
Donc là, je comprends, en lisant ça... Est-ce
que je dois, en fait, comprendre qu'il y a un intérêt très fort de votre part
d'aller de l'avant avec le projet de loi?
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait,
très certainement, il y a un intérêt marqué de la part du gouvernement pour
assurer la durabilité et la réparabilité des biens. Et d'ailleurs je pense
qu'on avait marqué l'intérêt du gouvernement en
appelant le principe du projet de loi n° 197 lors de la dernière
législature. Et nous effectuons, il est vrai, des travaux... bien,
«nous», l'Office de la protection du consommateur effectue des travaux avec le
ministère de l'Environnement, parce que ce
sont notamment des spécialistes en matière d'environnement. Et un des
objectifs, en termes de réparabilité et de durabilité des biens, bien,
c'est d'éviter la surconsommation des biens puis que, lorsqu'un individu achète
un bien, bien, il puisse servir à l'usage
auquel il est destiné durant une certaine période de temps, pas qu'un
consommateur achète un poêle, un frigidaire puis qu'au bout d'un an ou
de deux ans le réfrigérateur ne fonctionne plus.
Parce qu'il y a quoi de plus fâchant pour un
consommateur que d'avoir investi des centaines, voire des milliers de dollars
sur un bien et qu'il estime s'être senti floué? Notamment parce que, vous
savez, pour les ménages québécois, ça représente, les électroménagers,
supposons, des sommes substantielles. Puis auparavant, quand on achetait une
cuisinière...
Mme Rizqy : Ça durait.
M. Jolin-Barrette : ...ou un
frigidaire... un réfrigérateur, je devrais dire, bien, ça durait longtemps
puis... avant que ça casse. Puis on revient toujours à la publicité d'une
certaine entreprise où est-ce que le réparateur se retrouvait avec les cheveux
blancs, puis l'entreprise faisait sa marque de commerce comme ça, pour
dire : Chez nous, les produits ne brisent pas, et vous pouvez être
certains qu'on vous le garantit. Le réparateur, il attend à l'usine puis il
vient avec les cheveux gris, les cheveux blancs, pour dire que, dans le fond,
il trouve le temps long parce que les produits sont tellement d'une bonne
qualité que la durabilité, elle est présente. Bien, manifestement, on constate
que les biens de consommation, la façon que les entreprises les ont conçus au
cours des dernières années, bien, c'est beaucoup plus des produits qui sont
jetables à court terme, puis ça, c'est fâchant pour les consommateurs
québécois.
Alors, à votre question, oui, ça fait partie de
la réflexion que l'office a entamée pour faire en sorte que la réparabilité et
la durabilité puissent être éventuellement inscrites dans nos lois. D'ailleurs,
il y a plusieurs modèles, à travers le monde
présentement, où tout le monde prend conscience, puis ça a un impact sur
l'empreinte écologique aussi. Alors, moi, je suis très ouvert et
intéressé au sujet.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le ministre. Aujourd'hui, on est le 26 avril, c'est
exactement... Et ça, je trouve ça formidable parce que vous êtes conséquent
avec votre réponse, pratiquement mot pour mot, de... celle du 26 avril 2022. Bien, ça, honnêtement, je
trouve ça formidable parce qu'il y en a qui avancent puis qui reculent, mais
vous, vous avancez dans la continuité. Donc, au moins on est conséquent.
Bien, moi, vous me connaissez un petit peu
maintenant, moi, je suis une pressée. Alors, ça, même vous, vous le savez,
hein, je suis une pressée. Alors, l'an dernier, le 26 avril, littéralement
un an jour pour jour : «Et on est loin de la fameuse publicité du
réparateur Maytag qui n'avait jamais d'appel puis qui devenait avec les cheveux
blancs et qui...» C'est le même exemple que l'an passé, en plus, mais, l'an
passé, vous êtes allé même jusqu'à dire le nom de l'entreprise.
Alors là, écoutez, moi, si je vous dis que je
suis, pour vrai, disponible... bon, peut-être que le soir, c'est un peu plus
compliqué avec ma nouvelle réalité familiale, là, mais je suis vraiment
disponible pour travailler sur le projet de loi, j'y crois et... Je vous
connais assez pour savoir que, quand vous dites que les Québécois sont en droit
de s'attendre que, lorsqu'ils paient un électroménager des milliers de dollars,
ils veulent que ça dure... Vous savez aussi bien
que moi que, même si nos lois, présentement, prévoient déjà, au niveau, tu
sais, de la garantie puis qu'est-ce qu'on leur vend en magasin, et tout
ça, les gens... il y a une exaspération.
• (11 h 40) •
Puis, moi, quand j'ai redéposé ce projet de loi,
suite au premier dépôt de notre collègue... bien, notre ancien collègue, M. Ouellette, l'ancien député de Chomedey,
immédiatement... puis j'en suis convaincue, que vous aussi, vous avez
reçu des communications de gens qui se sentent exaspérés et que.. Au-delà du
coût qu'ils ont payé initialement, il y a
deux autres enjeux : la fameuse pièce de réparation, parfois, n'existe
même plus, alors que le produit est toujours en vente, donc le produit
est encore en vente, mais la pièce pour le réparer, ah! ça, on ne l'a pas, donc
on force les gens à surconsommer, alors
qu'on pourrait réparer le bien. Et le deuxième élément que vous avez aussi
soulevé en matière d'environnement, bien, ce qu'on ne répare pas se
retrouve quelque part, puis, présentement, bien, nos dépotoirs sont pas mal
pleins.
Alors, moi, j'aimerais vraiment savoir, M. le
ministre, si je suis disponible et que je vous offre mon agenda, sommes-nous
capables de travailler le projet de loi? Puis, vous le savez, je suis parlable,
mais je pense qu'on est capables, après un
an, aujourd'hui, de se dire qu'on va aller de l'avant parce que... La France a
été capable de le faire, puis, dernièrement, ils ont même modifié leur
loi, ils l'ont même bonifiée.
Donc, est-ce qu'on peut, de façon sincère, se
dire qu'on se donne... pas un engagement, parce que je sais que vous ne pouvez
pas vous commettre à brûle-pourpoint, là, je ne suis quand même pas naïve,
mais... puis je ne veux pas non plus vous mettre dans l'eau chaude, même si
vous êtes le leader, là, vous pouvez quand même décider pas mal de l'agenda
législatif, mais... est-ce que vous aimeriez qu'on travaille ensemble là-dessus?
M. Jolin-Barrette : Bien, votre
question est à l'effet... est-ce que vous souhaitez qu'on travaille là-dessus,
là-dessus en parlant du projet de loi que vous avez déposé?
Mme Rizqy : Bien, moi... si vous le
permettez, moi, mon projet de loi... moi, je ne suis pas regardante sur le nom.
Si vous n'aimez pas que ce soit mon nom, je vous le dis, vous pouvez barrer mon
nom puis mettre le vôtre. Je vais travailler pareil avec vous. Je suis très
sérieuse. Moi, je veux juste qu'il soit adopté, je n'ai pas d'ego là-dedans.
J'en ai dans d'autres affaires, là, mais pas là-dedans.
M. Jolin-Barrette : OK. Loin de moi
d'avoir un ego, également, par rapport au nom sur un projet de loi, je vous
rassure, mais, écoutez, à toutes les fois, Mme la Présidente, que j'ai eu le
bonheur de travailler avec la députée de Saint-Laurent, puis ça ne m'est arrivé
qu'à une seule reprise, je pense, l'année passée, sur le projet de loi n° 34,
pour permettre aux organismes à but non lucratif... en fait, pour permettre aux
avocats et aux notaires qui travaillent dans
les organismes à but non lucratif de donner des conseils, des avis juridiques,
je peux vous dire, Mme la Présidente, que ça a été roulé rondement parce
qu'on avait le même objectif puis ça a été vite.
Alors, bien, écoutez, je prends bonne note de
l'offre qui est faite par la députée de Saint-Laurent. Donc, je comprends que,
s'il y avait une pièce législative de disponible, que ce soit la vôtre ou une
pièce législative qui serait déposée par le gouvernement, vous souhaiteriez, du
côté de l'opposition officielle, que ce soit priorisé, et que ça pourrait être adopté rapidement en vue de protéger
mieux les consommateurs, et qu'ils puissent en avoir pour leur argent,
et surtout qu'il y ait des biens de qualité qui durent une période de temps
prévue...
Mme Rizqy : Le temps utile.
M. Jolin-Barrette : ...et qu'il y
ait des pièces de disponibles pour la réparabilité des biens, le tout étant
sujet à... Parce que vous savez qu'il y a eu des consultations, notamment, qui
ont été faites. Les avis, parfois, sont partagés. Les groupes en matière
d'environnement sont très favorables à cette approche-là. Je ne vous cacherai
pas qu'il peut exister certaines réticences de la part des fabricants, des commerçants,
mais je pense qu'on doit s'assurer d'avoir une disponibilité de pièces puis une
durabilité des biens.
Il faut se rappeler aussi que, par contre, dans
la Loi sur la protection du consommateur actuellement, il y a quand même la
garantie de bon fonctionnement qui existe, sauf que le fardeau est sur le
consommateur. Donc, le consommateur doit contacter l'entreprise ou doit saisir
les tribunaux pour dire : Bien, écoutez, le bien que vous m'avez vendu, ce
n'est pas normal qu'il n'ait pas duré un certain temps. Mais je comprends que,
dans l'objectif du droit à la réparabilité ou d'avoir une
garantie qui permet de... que le bien, on s'attende à ce qu'il dure un certain
nombre d'années fixe. Ça, ce n'est pas prévu dans la Loi sur la protection du
consommateur puis ce serait peut-être un ajout intéressant à mettre. Alors,
j'accueille favorablement votre intervention.
Mme Rizqy : Et,
si je peux me permettre, par rapport à la garantie de bon fonctionnement,
certains fabricants, pour remédier à ça, pour réparer le consommateur, lui
remettent tout simplement un nouveau bien. Et ça, ça ne nous aide pas, du côté environnemental, nécessairement et ça ne
les incite pas nécessairement à avoir, justement, des pièces de remplacement. Et eux, c'est ce
qu'ils réfléchissent au niveau de leur inventaire, puis on sait que ça coûte,
évidemment, de l'argent, avoir un certain nombre d'inventaires.
Je vous donne un
autre exemple pour, toujours, appuyer ce projet de loi. Vous avez dit qu'il y
avait des fabricants qui peuvent avoir une réticence. J'en conviens, j'ai reçu
des courriels de leur part, je les salue, mais j'ai aussi reçu des courriels de
commerçants qui, eux, sont favorables, parce qu'au contraire ils veulent vendre
des produits qui durent, les commerçants. Et j'ai aussi reçu des courriels de
réparateurs qui, eux, disent : Bien, nous, là, on est capables d'en réparer, des produits, puis c'est ça, notre tâche,
mais encore faut-il avoir les outils, mais aussi le droit de le faire.
Puis je m'explique. En matière de droit de le faire, certains fabricants vont
jusqu'à dire que... si le bien était fabriqué par nous mais qu'il a été réparé
par un tiers qui ne relève pas de nous, bien, vous perdez votre garantie. Ça,
je n'aime pas trop ça.
Moi, en autant que ce
soit un réparateur... appelons-le comme, par exemple, dans le projet de loi,
«certifié»... On ne peut pas lier le
consommateur à aller uniquement à certains endroits pour réparer un bien, parce
qu'à ce moment-là on prive le
consommateur d'avoir l'occasion de rencontrer un réparateur qui pourrait
charger moins cher pour le même service. Alors, est-ce que ça...
êtes-vous un petit peu du même avis que moi, là, quand même?
M.
Jolin-Barrette : Bien, également, c'est une idée intéressante. Je
donne l'exemple : vous achetez un véhicule, puis là, bien, en fonction du
véhicule que vous achetez, les garagistes se retrouvent, en raison de la
conception du véhicule et des données, maintenant, qui se retrouvent,
supposons, dans un nuage et qui ne sont plus directement sur l'ordinateur... ou
que le véhicule n'a plus de port universel pour connecter, pour faire la
lecture de quel est le problème à l'intérieur du véhicule, ça se retrouve que
le consommateur qui a acheté un véhicule à fort prix doit absolument se
retrouver chez le concessionnaire qui lui a vendu le véhicule, et là on vient
en quelque sorte attacher le consommateur et lui charger des prix qui peuvent
s'avérer pas mal plus élevés que s'il allait chez son garagiste de confiance,
avec lequel il a toujours fait affaire.
Alors, ça aussi,
c'est un élément qui me préoccupe. Les Québécois puis les Québécoises doivent
avoir le choix de choisir où ils font réparer leurs biens. Puis, quand c'est
bon pour le portefeuille des Québécois, c'est aussi bon pour les petites et
moyennes entreprises, donc les différents entrepreneurs qu'il y a sur le
territoire québécois, qui sont des réparateurs, qui sont souvent des
commerçants de proximité, qui sont impliqués dans leur milieu, dans leur
communauté aussi. Donc, ça fait partie de l'économie locale également. Alors,
écoutez, je pense qu'on pourra trouver des points d'accord avec ce que vous
proposez.
Mme Rizqy : Et,
vous savez, je suis capable de travailler...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...un petit peu plus de
1 min 30 s...
Mme Rizqy : Oh!
oui, parfait. Je suis capable de travailler rondement, comme vous le savez. Si
possible... Je vois que le rapport qui a
été... pas fabriqué, désolée, ma langue a fourché, préparé par Protégez-vous,
il est présentement inscrit confidentiel. Est-ce qu'il y a une raison pour
laquelle il est confidentiel? S'il doit être confidentiel et que je... Moi, je
suis prête à signer une entente de confidentialité, là, ça ne me dérange pas du
tout, puis je vais l'honorer, vous le savez. J'aimerais juste, peut-être... si
on était en mesure d'avoir copie du rapport, je le prendrais. S'il doit
demeurer confidentiel, pourquoi, et, sinon, est-ce que je pourrais peut-être
signer une entente de confidentialité pour au moins, si jamais je suis appelée
à légiférer sur ce sujet, pouvoir le faire en toute connaissance de cause?
M.
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, je vais faire des vérifications. Le
rapport a été commandé pour alimenter les travaux de réflexion en vue notamment
de réfléchir sur la question de la réparabilité et de la durabilité. Je vais
faire des vérifications si je peux le rendre public, mais, a priori, je n'ai
pas vraiment d'enjeu à ne pas le rendre public, donc... bien, en fait, à le
rendre public, je n'ai pas d'enjeu à le rendre public. Alors...
Mme Rizqy : Parfait.
On s'en reparle au prochain bloc.
M.
Jolin-Barrette : ...je disais une négation, tout ça, mais, écoutez, je
vais faire les vérifications. Donc, je ne prends pas d'engagement aujourd'hui,
mais je n'ai pas d'a priori négatif.
Mme Rizqy : Parfait.
Bien, merci. Il reste 10 secondes, donc mon prochain exemple sera aussi sur les
autos, mais on va revenir après. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Vous avez compris qu'il y a un deuxième bloc?
Mme Rizqy : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je me tourne maintenant du côté de la banquette
gouvernementale pour une période de 14 min 35 s. Je
reconnais le député de Chapleau. La parole est à vous.
M. Lévesque (Chapleau) :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est vraiment un plaisir de vous
retrouver en commission. Ça faisait un
certain temps, là, que je n'avais pas eu l'occasion de siéger en commission,
puis... un bonheur de vous retrouver.
D'ailleurs, j'en profite pour vous saluer, également saluer les collègues de
l'opposition, saluer le ministre, et finalement l'équipe qui
l'accompagne, et tous les collègues ici, là, de la banquette gouvernementale.
Très, très heureux d'être ici pour pouvoir procéder, justement, à l'étude des
crédits, une période qui est importante dans notre... dans la vie de notre législature et dans la vie de notre démocratie, là,
donc... l'ensemble des fonds publics qui sont discutés.
J'aimerais peut-être
amener, là, en première question avec le ministre, une question en lien avec
l'application de la Loi sur la protection du
consommateur dans les domaines de compétence fédérale. Je sais que, Mme la
Présidente, vous avez eu quand même de l'intérêt à ce niveau-là lors de
la dernière législature, là, vous y aviez travaillé, je m'en souviens très,
très bien, puis particulièrement certaines décisions de la cour, là, qui ont
conclu, là, tout récemment, à l'applicabilité et également le caractère opérant
de dispositions de la Loi sur la protection du consommateur, même si elles ont
été, là, contestées au niveau constitutionnel de la part d'entreprises, autant
de télécommunications, que des entreprises bancaires, que même dans le domaine
du transport aérien, qui, normalement, sont perçus comme des domaines de compétence fédérale. Je parle, bien
entendu, là, de la décision Bell Canada contre Directeur des poursuites
criminelles et pénales du Québec, également l'Union des consommateurs contre
Air Canada et, un peu plus... précédemment, là, la Banque de Montréal contre
Marcotte.
• (11 h 50) •
Donc, si je fais un
petit résumé, là, des faits rapidement, dans une ou deux de ces décisions-là,
là, prenons, par exemple, Bell Canada, là, contre le Directeur des
poursuites... criminelles et pénales, pardon, donc, il y avait des poursuites
pénales qui avaient été intentées contre les entreprises de Telus
Communications et Bell Canada. Et, pour Telus Communications, bien, il y avait
des infractions qui avaient été alléguées qui concernaient certains articles de
la Loi sur la protection du consommateur. Et évidemment, là, ces entreprises-là
ont contesté la constitutionnalité des dispositions et avaient soutenu que ce
n'était pas valide et que c'était inapplicable et inopérant justement du fait
lié à la compétence fédérale de télécommunications, mais la Cour d'appel avait
conclu, là, que le Québec avait le pouvoir d'adopter des dispositions en cause
en vertu de sa compétence législative relative à la propriété et au droit
civil.
Puis
elle avait aussi conclu, puis ça, c'est un volet qui est quand même assez
intéressant, là, que les dispositions sont
applicables aux entreprises de télécommunications puisqu'elles n'empiètent pas
sur le contenu essentiel de la compétence fédérale en matière de
télécommunications, et puis ça, c'est un volet qui m'a vraiment surpris, puis
je trouvais ça intéressant, que même à supposer qu'elle touchait le coeur de la
compétence fédérale, ça ne constituait pas
une atteinte grave à la compétence, et donc, en fait, ça continuait de s'appliquer,
les dispositions de la loi continuaient de s'appliquer, là, au niveau de ces entreprises-là. Et donc elle
déterminait que les clauses étaient opérantes à l'égard des entreprises de télécommunications, donc ils
n'entraient pas en conflit, en quelque sorte, Mme la Présidente, avec une loi
fédérale.
Puis
c'est un peu la même logique qui avait été prise aussi dans Union des
consommateurs contre Air Canada. Donc, une action collective avait été
intentée contre Air Canada, à qui le demandeur reprochait d'avoir exigé un prix
supérieur au prix annoncé, et ça contrevenait, bon, à l'article 224 c) de
la loi. Puis Air Canada aussi avait contesté la conditionnalité en lien avec
cette disposition-là. Puis la cour était venue avec la même logique que la Cour
d'appel, cette fois-ci, c'est la Cour supérieure qui était en cause, puis ça
avait conclu que la disposition était applicable parce qu'elle n'empiète pas
sur le contenu essentiel, encore une fois, de la compétence fédérale, en
matière d'aéronautique, cette fois-ci, et, même si ça venait toucher le coeur
de la compétence, ce n'était pas un empiétement grave, et donc c'était valide
en droit. Et ça concluait également, là, que la disposition en cause était
opérante à l'égard des activités d'Air Canada, puis ce n'était pas en conflit
avec une loi fédérale.
Puis, justement, ma
question en lien avec ça, puis... au ministre... quand même intéressant puis...
Qu'est-ce qu'en fait ces décisions-là, M. le
ministre, dans le fond, donnent ou, du moins, nous dit sur la capacité du
Québec d'occuper pleinement ses champs
de compétence, puis, donc, comment on peut voir un lien avec, justement, le
partage des compétences et le fédéralisme?
M.
Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Merci au député de Chapleau
pour sa question. Puis, écoutez, je pense
que la députée de Saint-Laurent va être d'accord avec moi à ce volet-là, même
si le député de Chapleau n'est pas allé à la faculté de droit de
l'Université de Sherbrooke, ça demeure tout de même un bon juriste...
Mme
Rizqy : ...vu que je n'aime
pas qu'on mette des mots dans ma bouche, bien, je confirme que je suis
d'accord.
M.
Jolin-Barrette : C'est ça. On aurait aimé ça, l'avoir à Sherbrooke
avec nous, par contre. Alors... Puis je dois vous dire également que je suis
heureux de retrouver le député de Chapleau. Je m'ennuie un peu de lui en tant qu'adjoint parlementaire à la Justice, mais là,
heureusement, je suis encore leader, ça fait qu'on peut avoir le bonheur de
travailler ensemble. Alors, merci beaucoup, M. le député de Chapleau, de votre
rigueur et de votre travail, notamment.
Et je constate que ça
vous intéresse particulièrement, les questions en matière de partage des
compétences, mais c'est extrêmement
important, et vous faites bien de le souligner, que les tribunaux ont expliqué
très clairement que la Loi sur la protection du consommateur... en fait,
la protection des consommateurs est une matière qui touche les champs de
compétence du Québec, et donc qu'on a toute la légitimité de protéger les consommateurs
et de légiférer dans ce domaine-là.
Et
ce n'est même pas une question de théorie, supposons, du double aspect sur un
sujet, c'est vraiment que la compétence
touche... en fait, que le sujet touche les compétences québécoises. Et il ne
faut pas hésiter à légiférer dans ce domaine-là pour défendre les
consommateurs québécois en lien avec tout ce qui touche le sujet de la
protection du consommateur. D'ailleurs,
c'est intéressant parce que, dans le cadre du dernier budget fédéral, il y a un
volet qui touche notamment la question de la réparabilité et de la
durabilité, qui a été incluse dans le budget du gouvernement fédéral, mais une chose est sûre, c'est que le Québec doit
et veut demeurer un leader dans le dossier de la protection du consommateur.
Et je peux vous assurer que nous avons l'intention de toujours occuper notre
champ de compétence, parce que tous les pouvoirs qui relèvent de l'Assemblée
nationale doivent être exercés avec... je vous dirais, Mme la Présidente, avec
intensité et rigueur, si je peux dire. Alors, notre intention est justement du
fait que... d'appliquer ces décisions-là.
Puis vous l'avez bien
dit, M. le député de Chapleau, que ce soit en matière de télécommunications, de
transport aérien ou dans le domaine bancaire, ce sont toutes des entreprises
qui, généralement, sont sous le couvert de
la loi fédérale, en fait, de la juridiction fédérale, mais, par contre, lorsque
vient le temps de servir les consommateurs québécois, ça, c'est une
compétence québécoise, et c'est important que le Québec prenne sa place, et
c'est important que le Québec, dans le fond, légifère et occupe l'espace sur
ses champs de compétence. C'est un peu la même chose qu'avec la langue
française, hein? Vous savez, sur le territoire québécois, c'est la Charte de la
langue française qui s'applique, et donc c'est important que les entreprises y
soient assujetties. Donc, le Québec gagnera toujours, Mme la Présidente,
lorsqu'il exercera ses champs de compétence, toujours dans un souci aussi de
cohérence nationale, de faire en sorte qu'on choisit de développer un modèle
distinct pour protéger les consommateurs. Bien entendu, on est dans un ensemble
qui est canadien, qui est nord-américain. Cependant, on a le droit et on a le
devoir de s'assurer d'être des leaders dans ce domaine-là.
Et d'ailleurs,
lorsque la Loi sur la protection du consommateur a été adoptée par le
gouvernement du Parti québécois, à l'époque, bien, ça a permis, justement, de
mieux protéger les consommateurs et de faire en sorte d'avoir un cadre. Et, à
l'époque, la LPC faisait du Québec oeuvre de pionnier, et on a peut-être un
petit peu de rattrapage à faire, donc une modernisation de la Loi sur la
protection du consommateur m'apparaît quelque chose d'envisageable et
d'intéressant pour être en mesure, justement, de garantir aux Québécois des
protections intéressantes.
Et d'ailleurs, à
l'époque... on m'a raconté ça, que la Loi sur la protection du consommateur,
c'était uniquement une première phase, et que les phases subséquentes n'ont pas
été complétées, notamment en termes de biens immobiliers. Donc, les biens
immobiliers ne sont pas couverts, et c'était prévu qu'il y ait une
phase II. Alors, c'est ce qu'on m'a
raconté. C'est toujours intéressant, Mme la Présidente, d'avoir un peu
d'histoire, hein, législative dans notre Assemblée. Alors, des fois il y a des
projets, il y a des projets qui se font, il y a des projets qui ne se font pas,
mais...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Très
bonne réponse. Est-ce que j'ai d'autres interventions? M. le député de
Chapleau, on poursuit.
M. Lévesque (Chapleau) : Bien oui. Merci, Mme la
Présidente. J'en profite pour remercier, hein, les collègues de
Saint-Laurent et le ministre pour leurs bons mots, là. Et je ne sais pas si le
ministre nous annonçait, là, une primeur ou si ce sera à suivre, mais ça reste
très intéressant, là, ces questions-là, là, particulièrement en droit de la
protection du consommateur. Puis vous connaissez, là, Mme la Présidente, mon
intérêt constant pour les questions constitutionnelles, les questions de
compétence, également, là, au niveau fédéral et du Québec. Donc, voilà, moi, ça
compléterait, puis je passerais peut-être la parole à la collègue de Vimont.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la députée de Vimont, la parole est à
vous.
Mme
Schmaltz : Merci, Mme la Présidente. Je n'ai pas étudié à Sherbrooke,
mais j'espère... mais ma fille a des visées,
par exemple, alors... quand même. Alors donc, salutations à
tous les collègues, à M. le ministre également.
En fait, j'aimerais
m'entretenir sur la question concernant le Fonds d'indemnisation des clients
des agents de voyages. Si vous permettez, Mme la Présidente, je vais employer
l'acronyme FICAV pour le reste de mon exposé parce
que c'est un petit peu long et je ne voudrais pas m'enfarger sur le mot. Alors,
bon, vous savez que nous avons eu une pandémie, donc, comme... beaucoup de
projets, certains ont dû cesser, dont le FICAV, par rapport à sa campagne d'information. Fort heureusement, en 2022‑2023,
l'office a relancé des activités de communication, donc, dont j'aimerais
peut-être vous entretenir par rapport, justement, à la participation au Salon
international Tourisme Voyages, l'envoi d'une infolettre personnalisée
aux professionnels de voyages, la diffusion des nouveaux outils promotionnels
pour les voyageurs, dont le sujet est :
votre argent est protégé. Et aussi, dans l'objectif de développer une campagne
d'information, l'office a mandaté une firme de recherche pour mener deux
sondages qui portent justement sur le FICAV auprès des voyageurs québécois et
des professionnels de voyage.
• (12 heures) •
Si vous me permettez,
je vais quand même vous parler un petit peu des résultats qui sont sortis du
sondage auprès des voyageurs. Alors, on sait que, bon, 72 % des Québécois
envisagent d'effectuer un voyage à l'extérieur du Québec. La notoriété du FICAV...
auprès des voyageurs, pardon, est en augmentation, mais la moitié d'entre eux
ne le connaissent pas, 88 % des voyageurs sont d'avis que le FICAV est une
bonne façon de protéger l'argent investi dans
un voyage, 63 % des voyageurs feraient affaire avec un agent de voyages
plutôt qu'avec un fournisseur. Donc, c'est quand même des données
intéressantes qu'on a sous la main.
Auprès,
maintenant, des professionnels du voyage, on constate que 78 % des
professionnels du voyage considèrent la couverture du FICAV comme étant
avantageuse. Le pourcentage de professionnels du voyage qui abordent le sujet du FICAV
auprès de leur clientèle est en augmentation. Par contre, les professionnels du
voyage sont peu nombreux à croire que la FICAV... le FICAV, pardon,
influence les décisions d'achat.
Alors, ma question auprès du ministre :
Justement, si on regarde, au regard des derniers résultats du sondage, qu'est-ce
que vous pourriez faire pour augmenter, justement, la notoriété du FICAV auprès
des voyageurs?
M. Jolin-Barrette : Bien, je vais
répondre de façon préliminaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...minutes.
M.
Jolin-Barrette : OK. Alors... Bien, écoutez, le FICAV, bien
entendu, à partir du moment où les consommateurs québécois achètent un billet d'avion, dans le fonds, sur leur facture,
notamment, c'est indiqué qu'il y a une contribution obligatoire de
3 $ par 1 000 $, je crois, actuellement...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 2,50 $.
2,50 $... 2,50 $?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 3,50 $,
excusez-moi, 3,50 $ par 1 000 $. Donc, c'est vrai que l'agent de
voyage devrait indiquer qu'elles sont la
nature de ces frais-là, mais il est indiqué pour le fonds d'indemnisation des
agents de voyages, mais je pense que
c'est important de souligner également que, l'an passé... Mais je pense qu'il y
a eu une campagne de publicité de l'OPC?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Oui, on
recommence l'année prochaine avec une campagne de publicité pour l'Office de la
protection du consommateur. Alors, il faut que les gens puissent savoir...
Puis, en fait, avec la pandémie, ça a été très
médiatisé, le recours au FICAV, parce que les gens qui avaient acheté des
billets d'avion se sont retrouvés avec des billets, puis il n'y avait plus
d'avions qui volaient dans le ciel, puis,
avec la fermeture des frontières, donc, ça a amené une connaissance du FICAV,
mais également c'est vrai qu'il faut le
diffuser davantage aussi lorsque... Si jamais il arrive un événement puis que
les gens... pour qu'ils soient indemnisés, bien, ils ont des recours par le biais du FICAV. Donc, mais c'est
important, également, de dire : Si vous achetez vos billets directement en ligne par un portail, ils ne sont
pas couverts, à moins que ce soit avec la compagnie aérienne directement,
qui est un... un...
Une voix : ...
M.
Jolin-Barrette : Oui, c'est ça, il ne faut pas que ce soit avec la
compagnie aérienne directement, il faut que ce soit avec un grossiste,
si on peut dire...
Une voix : ...
M.
Jolin-Barrette : ...un
voyagiste, un voyagiste. Donc, je ne veux pas nommer de groupe particulier, là,
ici, là, mais il faut... il faut que ce soit fait. Donc, si vous achetez
directement le billet d'avion avec la compagnie aérienne, le FICAV ne s'applique pas, mais, si vous passez par
le biais d'un voyagiste, là, à ce moment-là, le FICAV... Donc, ça prend un
agent de voyage dans la démarche. Donc, il y a des avantages à avoir recours à
un agent de voyage en termes de protection pour les billets d'avion.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. Le temps
est écoulé pour cette partie du bloc.
Je me tourne
maintenant du côté de l'opposition officielle pour une période de 18 min
30 s. La parole est à vous.
Mme
Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. D'entrée de
jeu, je veux dire merci au député de Chapleau, parce que ce qu'il a
expliqué tantôt, moi, je l'ai défendu lorsque j'avais écrit le projet de loi
sur la fiscalité des produits numériques et les transactions numériques, donc,
pour les GAFAM, qui ne paient pas d'impôts et qui ne voulaient pas, à l'époque,
non plus, collecter des taxes de vente. Et un sous-ministre m'avait gentiment
expliqué que je portais des lunettes roses et que c'était impossible parce que
c'était un enjeu fédéral, et j'ai dû lui transmettre pas une mais bien quatre
différentes décisions de la Cour suprême qui expliquaient qu'effectivement,
dans nos champs de compétences, nous avons aussi l'autonomie fiscale pour
pouvoir assujettir des entreprises étrangères. Et c'est chose que nous avons
faite. D'ailleurs, c'était mon collègue, M. Carlos Leitão, qui avait fait
adopter ce que nous, on appelle communément la taxe Netflix.
Et maintenant il ne reste que la taxe GAFA, que
je suis aussi disponible pour travailler sur la taxe GAFA quand vous voulez,
parce que ça, je ne pense pas qu'on devrait laisser, et je le dis au micro, un
centime au fédéral, puisque plusieurs des
infrastructures numériques qui ont été investies par le gouvernement du Québec,
rappelons-nous de
la campagne Brancher les familles, initiative du gouvernement du Québec, et
aussi que nos infrastructures numériques, nous les assumons et que, par
conséquent, les services offerts en ligne et vendus à des Québécois, bien, la
taxe de ces... ou l'impôt perçu par rapport à ça devrait rentrer dans les
coffres du trésor québécois. Mon message, vous comprendrez, est zéro subtil,
hein, et c'est ainsi.
Mais je fais miens vos propos puis je vais
revenir à mon troisième bloc lorsque je parlerai de l'autre projet de loi que
j'ai déposé, celui sur les intérêts qui sont abusifs. Je vais en parler dans
mon troisième bloc parce que je crois que ça fait suite, aussi, à tout ce qui
est dans l'intérêt des consommateurs.
Mais là je vais revenir, pour terminer, vraiment
sur la protection du consommateur. Moi, je n'ai pas eu vent de la modernisation à... deuxième phase. Je ne
savais pas qu'il y avait aussi, à une certaine époque, l'enjeu immobilier,
qui devait aussi être la phase II. Je n'avais pas lu ça. Mais... mais, au
moins, maintenant, je vais me coucher peut-être plus intelligente grâce à vous
ce soir, au moins avec un... avec un volet de l'histoire que... qui m'avait
échappé.
Ceci étant dit, tantôt, je voulais donner un
autre exemple au ministre. On a parlé des véhicules. Je sais que vous suivez
quand même très bien l'émission La facture. Et, il y a quelques
semaines, il y avait un reportage où des Québécois avaient leur véhicule qui
était brisé suite à un accident et vont chez leur garagiste. Le garagiste
attend la pièce, il attend, il attend, il
attend. Le garagiste veut réparer, mais la pièce n'arrive pas. Et comment que
nos assurances fonctionnent, pour la très grande majorité des Québécois,
nos assurances en matière de véhicules, le véhicule qu'on nous prête, que le garagiste nous met à notre
disposition, là, le véhicule de courtoisie, bien, c'est bon pour 28 jours,
mais, par la suite, ça devenait aux frais du consommateur. Alors, encore
un autre argument de se presser d'adopter notre projet de loi. Puis, vous voyez, là, comment que je le dis, «notre
projet de loi». Zéro subtilité, hein, non plus là-dedans.
C'est parce qu'on va aussi venir donner les
outils pour les Québécois pour s'assurer que, lorsqu'il y a un bris, bien, qu'il n'y ait pas, au fond, une double
pénalité. D'une part, on a le consommateur qui attend que son véhicule se fait réparer
et paie ses mensualités. Parce que plusieurs, évidemment, n'ont peut-être pas
le 30 000 $, 40 000 $ pour payer d'un seul coup leur véhicule, donc ils ont soit un prêt auto ou
une location qu'ils paient durant le temps que le véhicule est stationné
chez le garagiste en attente d'une pièce. Et, en plus de ça, après l'échéance
du 28 jours pour le véhicule de courtoisie, s'ils n'ont pas pris l'avenant
qui prolonge plus que 28 jours, mais ils doivent payer un autre véhicule
de courtoisie, donc ils se retrouvent à payer deux mensualités pour être en
mesure de continuer à circuler.
Alors, moi, je crois sincèrement que ce projet
de loi va aider beaucoup de monde, incluant des gens qui malheureusement...
Puis ça arrive à n'importe qui d'avoir un accident d'auto. Et puis, des fois,
c'est des cas fortuits. Des fois, ce n'est même pas un accident d'auto. Bien,
regardez, avec la tempête de verglas, si une branche tombe sur votre véhicule,
il est accidenté, c'est un incident malheureux. Puis malheureusement, si vous
devez attendre pendant deux, trois mois une
pièce, pour plusieurs Québécois, ça deviendra à leurs frais, malheureusement,
le deuxième véhicule de courtoisie.
Alors, ça, c'est un argument supplémentaire, M. le ministre, pour qu'on
puisse... Puis, je vous l'offre, même moi, je suis disponible, et je le
dis sincèrement, je suis disponible de soir comme de nuit ces temps-ci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je ne sais pas si vous avez une réponse.
M. Jolin-Barrette : Bien, je vous
dirais, sur cet aspect-là, si je peux donner quelques conseils...
Une voix : ...
M.
Jolin-Barrette : Bien, je
veux être positif. Ça dépend des enfants. Moi, il m'arrive encore aussi de
travailler la nuit, j'en profite aussi. Alors, je ne veux pas vous
décourager, mais... je veux vous encourager, mais ça dépend des cycles de
sommeil, je vous dirais, mais... Alors, chapeau à vous, Mme la députée, de
concilier le tout.
Et
d'ailleurs, ça me fait penser, je trouve qu'on doit travailler à faire en sorte
d'attirer, notamment, des hommes et des femmes de tous âges à l'Assemblée
nationale, incluant ceux qui souhaitent fonder une famille. Donc, je pense
que c'est important de valoriser le travail des députés en ce sens-là et de
mettre des mesures. On a fait le congé parental ensemble, dans le cadre de
l'entente sur la 43e législature, avec l'ensemble des formations
politiques. Je pense que c'était une avancée, mais on peut aller encore plus
loin également. Donc, il faut réussir à attirer des parlementaires de tous âges à l'Assemblée nationale en prenant en
compte la réalité également des jeunes parents. Sur ce commentaire...
Mme Rizqy : ...souscris à ce que
vous êtes, hein?
M.
Jolin-Barrette : Excellent. Écoutez, il y a vraiment beaucoup de
points communs, moi, je trouve, là, aujourd'hui, avec la députée de Saint-Laurent, là. Je constate que la députée de Saint-Laurent est une grande
nationaliste aussi. Donc, elle dit au fédéral : C'est nous qui avons payé
les infrastructures, c'est notre juridiction, hein, c'est au Québec.
Alors...
• (12 h 10) •
Mme Rizqy : ...aussi, je tiens à
souligner, des fiscalistes québécois, dont moi et la chaire de fiscalité puis
en finances publiques, avons écrit là-dessus, en plus.
M. Jolin-Barrette : C'est très bon,
ça. C'est... c'est ça. Donc, je constate que le... la fréquentation soutenue de
la députée de Saint-Laurent avec notre formation politique vous amène... Non,
mais c'est vrai, là, plus... plus de temps vous passez au Parlement avec nous,
plus je constate que le nationalisme de la CAQ vous permet d'adhérer, alors je
trouve ça favorable.
Mme Rizqy : ...à
souligner que mes propos existaient bien avant mon arrivée au Parlement.
M. Jolin-Barrette : En tout cas, je
constate que le Parti libéral du Québec a une championne en termes de
nationalisme puis je pense...
Mme Rizqy : Plusieurs.
M. Jolin-Barrette : Bien, je vais
commencer par vous, notamment par vous. Alors, écoutez, ça, ça ne peut qu'être
bénéfique, je crois. Donc, j'arrête mes analyses ici.
Sur votre question, sur le fond, sur les
véhicules, écoutez, il y a eu un reportage, notamment, de La facture
pour une dame qui avait un véhicule aux Îles-de-la-Madeleine, puis ils lui
disaient notamment : Allez le faire réparer à l'Île-du-Prince-Édouard. Ça,
ça n'avait pas d'allure.
Deuxièmement, la question de la qualité des
automobiles. Dans plusieurs États américains, ils ont des lois anticitrons pour dire : Quand le véhicule
automobile, dans le fond, c'est une poubelle qui a été vendue au consommateur,
il y a des mesures pour faire réparer le véhicule. Alors, ça, c'est quelque
chose qui est... qui est intéressant, parce qu'il faut que le consommateur,
dans un premier temps, quand... quand il a un citron, il puisse le faire
réparer puis surtout que son véhicule soit
en bon état de fonctionnement, mais aussi, quand un véhicule a un bris à une
pièce, il faut que la pièce soit disponible puis il faut que le
garagiste, qui n'est pas nécessairement un affilié à un concessionnaire de la
compagnie, puisse faire réparer également.
Tout à
l'heure, je parlais de certains véhicules, maintenant, que la prise universelle — ça
a un nom particulier, là, cette prise
universelle là — pour
lire l'ordinateur du véhicule, parfois, c'est uniquement disponible dans les
concessionnaires. Puis d'autres fois, également, mais ils peuvent se
brancher, mais ils n'ont pas accès aux informations qui se retrouvent dans
le... dans le nuage. Et même, parfois, on se retrouve avec certains garagistes
qui doivent payer pour pouvoir avoir accès à
être accrédité pour être un réparateur aussi. Ça fait qu'on vient contrôler
complètement le marché.
Donc, il faut
faire en sorte que le consommateur puisse faire réparer son bien, notamment son
véhicule, parce qu'on se trouve dans
une situation où c'est le consommateur qui paie, puis il doit avoir la liberté
de choisir, c'est son bien à lui.
Mme Rizqy : Merci. En fait, vous,
vous faites référence au reportage de La facture, je crois, de la
semaine dernière, moi, c'était celui de l'automne dernier, mais c'est bien,
parce que je suis d'accord aussi qu'on ne peut pas demander à des gens... aux Madelinots de parcourir des heures et des
heures pour faire réparer un véhicule. Ça ne fait aucun sens. Le mien, c'était
par rapport, vraiment, que l'inventaire des pièces était présentement très
déficient pour plusieurs réparateurs et que ça forçait, en fait, les
consommateurs à être en attente d'une réparation qui, en temps normal, aurait
pu prendre une semaine ou deux, et, tout à coup, maintenant, on parle de délais
de plusieurs semaines, qui dépassent le 30 jours, et c'est là qu'ils sont
obligés d'avoir un deuxième véhicule, mais à leurs frais, parce que l'assurance
que la grande majorité ont présentement, là, dans leur couverture... Vous savez
que plusieurs ne lisent pas tous les...
toutes les pages d'un contrat d'assurance et ils ne savent pas qu'ils peuvent
avoir aussi un avenant pour avoir une couverture plus longue. Mais, en
même temps, ce serait au consommateur d'avoir un avenant pour une couverture
plus longue, alors que, si on adopte notre projet de loi, on assure à ce
moment-là de la disponibilité des pièces, être capable de le faire dans un délai que je trouve très raisonnable, là.
30 jours, là, moi, je pense que, si on a un inventaire qui est
présent, on devrait être correct.
Mais je voudrais aussi ajouter, toujours pour ce
projet de loi, si vous avez pris connaissance, vous avez sûrement remarqué que, contrairement à l'ancien
projet de loi, j'ai changé les amendes, les peines prévues. Je veux juste
vous dire d'où ça vient. Ça vient, en fait, de la loi sur l'environnement.
Rappelez-vous, il y a une certaine époque, il y
avait dans la loi sur l'environnement un plafond pour les amendes, puis ça a été modifié, puis finalement on
a ajouté des amendes plus sévères, mais aussi avec un pourcentage sur
les profits réalisés. Pourquoi que ça a été ajouté? C'était en fait pour
s'assurer que les entreprises ne voient pas que c'était plus profitable de
payer l'amende et de continuer à polluer. Alors, ça, ici, c'est pour ça que
j'ai repris textuellement le même libellé qui existe déjà dans la Loi sur la
qualité de l'environnement du Québec, mot pour mot, à part «adaptation nécessaire pour protection du consommateur», mais
c'est vraiment dans ce sens-là. C'est prévu, les mêmes amendes, les
mêmes pénalités. Et évidemment le temps d'emprisonnement, c'est exactement la
même chose. Je voulais juste que vous le sachiez, ce n'est pas quelque chose que
j'ai sorti de ma...
Même si le
projet est inspiré d'un régime français, au niveau des peines et des amendes,
je voulais qu'on s'assure qu'il y ait une cohérence. Et cette cohérence,
je trouve qu'elle est... elle est... elle est importante avec le ministère de
l'Environnement.
Et, dans le commentaire qu'on retrouve, la
page 105 des crédits d'environnement, c'est aussi mentionné que ce
rapport... d'autres rencontres auront lieu en fonction de l'avancement des
travaux législatifs. Donc, si jamais dans les autres travaux qui auront lieu
entre le ministère de l'Environnement et la protection du consommateur, on
pourra même veiller... est-ce que tout le
monde est bien d'accord qu'il y a une cohérence entre environnement, les peines
prévues là et celles prévues au projet de loi qui sera, j'ose espérer,
le nôtre?
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez,
j'accueille favorablement le fait que vous disiez «notre projet de loi». Si
d'aventure le gouvernement décidait de déposer un projet de loi, je comprends
que vous feriez vôtre cedit projet de loi. Et moi aussi, je ne suis pas marié
avec la page couverture du projet de loi. Alors, l'important, c'est qu'on
puisse mieux protéger les consommateurs québécois.
On... nous avons noté,
dans le cadre de votre projet de loi, que les amendes sont très sévères. Ça
amène une réflexion, je vous dirais, qui est intéressante et positive pour
dire : Bien, à quoi ça sert, dans le fond, des amendes? Ça sert, dans le
fond, à pénaliser pour que ce soit dissuasif lorsqu'on est en matière pénale.
Alors, il faut regarder... Dans certaines lois, les amendes ont commencé pas
mal à augmenter aussi. C'est sûr qu'il faut qu'il y ait un effet dissuasif,
puis on comprend aussi que l'amende est prise en... est fixée aussi en
considération du préjudice que le consommateur a puis pour éviter que le
comportement se reproduise également. Alors, voyez-vous, quand on a fait la loi sur l'accès à l'information, renseignements
personnels, les amendes ont été augmentées d'une façon substantielle
également.
Alors, écoutez, moi, je... Dans ce projet de loi
là, il y avait l'amende proportionnelle au revenu aussi par rapport aux
renseignements personnels. Ce sont des éléments que... qui alimentent notre
réflexion relativement aux amendes. Est-ce
qu'il n'y aurait pas lieu d'augmenter les amendes prévues à la Loi sur la
protection du consommateur? C'est des avenues qui sont... je vous
dirais, qui sont intéressantes et qui... et qui permettraient peut-être aussi
d'atteindre les objectifs visés par la loi, parce que le consommateur, lui,
souvent, il se retrouve dans une situation de déséquilibre, si je peux dire,
parce que, bon, un consommateur unique devant, supposons, une grande entreprise
ou une multinationale, il achète un bien, bien, au volume de biens que les
grandes entreprises vendent, le consommateur québécois, lui, se retrouve à,
bon, saisir les tribunaux, tout ça, mais un cas, s'il n'y a pas d'effet
dissuasif, bien, l'entreprise pourra
peut-être répercuter ce cas-là aussi. Donc, c'est sûr que le législateur, lui,
quand il fixe des amendes, bien, il faut qu'il analyse ça puis il faut qu'il le
prenne en considération. Alors, peut-être qu'une actualisation des
peines serait appropriée.
Mme Rizqy : Puis, pour... Toujours
dans la même veine, on est quand même moins sévères que la France. Et, par
exemple, si on prend l'affaire d'Apple, qui s'est retrouvée pas une fois mais
bien deux fois dans l'embarras, qui a finalement admis d'avoir fait de la...
l'obsolescence programmée, la première fois, ça a été une amende de
25 millions d'euros et puis, par la suite, un autre
10 millions de dollars d'euros qu'ils ont payé. Donc, c'est quand
même des sommes importantes.
Et ici les personnes lésées, elles sont doubles,
il y a d'abord, oui, le consommateur, mais aussi le peuple québécois qui est
lésé, parce que le bien qu'on ne peut pas réparer, mais ça va à la poubelle.
Puis présentement, bien, nos terres d'enfouissement, vous le savez, sont déjà
pleines. Alors, moi, je vois ici qu'on est doublement pénalisé lorsque ces entreprises, une fois que la loi,
évidemment, si d'aventure est adoptée, ne se conforment pas, non seulement
le consommateur est lésé, mais nous tous, collectivement, il y a un impact, et
cet impact, il est majeur d'un point de vue environnemental.
Et moi, je trouve aussi que ça permet aussi
d'envoyer un message très fort qu'on prend ça très au sérieux. Puis on l'a déjà
fait, d'ailleurs, comme vous venez de le dire, avec la protection des
renseignements personnels. C'est envoyer un
signal très fort, parce que moi, je regarde présentement dans d'autres lois, et
ça me fait encore sourire qu'en 2023 on nous donne des peines jusqu'à
10 000 $ pour certains cas que, je veux dire, ça... ça remonte à une
ancienne époque. Puis peut-être que,
lorsqu'on était en 1980, c'était... c'était à propos, mais aujourd'hui, en
2023, avec des entreprises que je qualifie respectueusement... très
riches comme Apple, qui, soit dit en passant, a plusieurs centaines de
milliards de dollars dans les paradis fiscaux... Merci. Il fallait que je le
dise, c'était plus fort que moi. Ces entreprises sont capables de s'assurer
d'avoir des pièces disponibles en temps utile, ils ont les moyens d'avoir ces
pièces, mais ils font un choix commercial. Et c'est à nous de tracer la ligne
pour dire que, si jamais vous êtes fautifs, bien, à ce moment-là, voici des conséquences. Et ça doit être dissuasif, parce que,
sinon, malheureusement, ce type d'entreprises, ils ont les moyens de
dire : Je vais sortir mon chéquier puis je vais en rire.
• (12 h 20) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien,
écoutez, Mme la Présidente, ce que dit la députée de Saint-Laurent a plein de
bon sens. Alors, c'est... c'est... c'est quelque chose qui... qui doit mériter
notre réflexion, alors je vais cogiter sur ses propositions qui visent
notamment à assurer le respect de la loi puis un changement de comportement
aussi de certaines entreprises.
Puis, écoutez, même le président américain a
signé un ordre exécutif, au mois de juillet dernier, concernant la
réparabilité. Donc, si ça peut être favorable puis si c'est favorable pour les
consommateurs américains, si... certaines mesures qui doivent être... devraient
être favorables aussi aux consommateurs québécois.
Mme
Rizqy : Merci beaucoup. Alors, peut-être que j'aurai
l'occasion que... de siéger, dans un avenir rapproché, sur ce projet de
loi, le nôtre.
Et je ne sais pas si on peut déposer ou comment
on fait, Mme la Présidente, pour envoyer... C'est des lettres d'appui de
citoyens, mais aussi des ACEF qui nous supportent dans ce projet de loi. Puis,
je vous le dis, vous allez avoir, et je le... tiens à souligner, ma pleine collaboration.
Je veux juste que ce soit sanctionné et qu'on puisse se dire que, oui, on a
franchi une étape. Et pour la... pour d'autres phases, je me montrerai aussi
disponible, pour d'autres projets du... de
modernisation du... de La Loi sur la protection du consommateur, je serai aussi
disponible. Mais, si on est capables
de faire ce pas, ce sera déjà un grand pas pour non seulement le consommateur,
mais même pour l'environnement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée.
Mme
Rizqy : Merci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Effectivement, le temps est écoulé, mais vous
n'avez qu'à les acheminer à... au secrétariat, ça va être déposé. Lorsque ça va
être déposé, je vais vous aviser.
Alors,
nous sommes rendus au bloc qui concerne le deuxième groupe d'opposition pour
une période de 18 min 20 s. M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la parole... Saint-Henri...
M.
Cliche-Rivard : Saint-Henri—Sainte-Anne.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...Sainte-Anne. Merci beaucoup. La parole est
à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Merci à tout le monde ici présent. Merci aux commissions et
à l'OPC, évidemment, et tout le monde qui est présent.
Alors, je vais
commencer avec une question sur le... l'adoption possible d'un chargeur unique
ou chargeur universel. L'adoption du
chargeur unique par les eurodéputés pour les petits appareils électroniques
entrera en vigueur en 2024, un succès concret pour 460 millions de
consommateurs européens, moins de déchets électroniques, plus d'argent
dans les poches des gens. Chaque année en Europe, on achète 500 millions
de chargeurs, ce qui génère entre 11 000
et 13 000 tonnes de déchets, donc ce qui est énorme. Et on parle
d'économies d'autour de 250 millions d'euros annuellement pour
les consommateurs.
Alors, ma
question : Qu'en est-il du Québec? Pourrait-on adopter ce genre de loi? Et
que fait le Québec pour encadrer des pratiques commerciales qui encouragent le
gaspillage et la pollution électronique?
M.
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, on avait la discussion avec la députée
de Saint-Laurent sur cet élément-là. Mais, écoutez, pour les chargeurs
universels, je pense qu'on est en retard par rapport à l'Europe aussi. Puis,
regardez, là, on vient en commission, il faut traîner deux fils différents,
hein, pour nos produits. Alors, est-ce que ça, ça fatigue les citoyens
québécois? Moi, je pense que oui.
Puis, c'est vrai, on
est tout le temps en train de chercher un fil. Puis là quoi de plus fâchant que
quand vous n'avez plus de batterie dans votre téléphone, puis là vous prenez
votre fil, puis vous avez amené le mauvais fil. Vous êtes coupé de la société,
hein, c'est... Hein?
M.
Cliche-Rivard : ...
M.
Jolin-Barrette : Très grande ouverture, très grande ouverture.
M.
Cliche-Rivard : Et est-ce qu'on peut s'attendre à des actions du
ministre rapidement?
M.
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, moi, j'aime ça, quand... vivre dans
l'action, vous me connaissez. Là, on est sur le projet loi n° 12. Là, bien
entendu, j'invite la députée de Saint-Laurent à discuter avec vous, parce que,
si jamais on avait un projet de loi à étudier en obsolescence pour la
protection du consommateur, bien là il faudrait que... Je ne peux pas me dédoubler, là, hein, être sur plusieurs
commissions, ça fait qu'il faudrait faire le projet de loi n° 12
aussi rapidement pour qu'on puisse siéger ensemble aussi, avec la députée de Saint-Laurent,
pour passer à un autre projet de loi. Alors, je compte sur vous, M. le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Puis il serait appelé, ce projet de loi là? On
l'étudierait?
M.
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, moi, j'ai beaucoup d'ouverture, comme
je discutais avec la députée de Saint-Laurent. Et il y a plusieurs mesures qui ont été
proposées par la députée de Saint-Laurent, dans son projet de loi, qui sont fort
intéressantes, notamment le droit à la réparabilité, la durabilité, les
véhicules routiers également, donc... Les amendes aussi, c'est intéressant.
Alors, c'est plein de sens, ce que la collègue de Saint-Laurent nous propose.
M.
Cliche-Rivard : Mais je vais faire un petit bout de chemin là-dessus,
justement. Je sais que vous en avez parlé, l'obsolescence, mais j'ai d'autres
questions, là, qui tournent autour de ça quand même. Il y avait un PL sous
l'ancienne législature, une pétition aussi qui avait recueilli
45 000 signatures. Le gouvernement n'avait pas appelé le projet de
loi malgré les demandes insistantes, à l'époque, de ma collègue députée de
Sherbrooke, qui avait demandé, et assez... avec insistance, que ce soit appelé.
À l'époque, votre collègue la ministre de la Justice, Sonia LeBel, avait
demandé à l'OPC de tenir des consultations et de nous revenir avec des
recommandations. Malgré toutes nos recherches, on n'a jamais été capables de
trouver ces recommandations. Est-ce qu'elles existent?
M.
Jolin-Barrette : Les recommandations de l'OPC?
M.
Cliche-Rivard : De l'OPC sur la question de l'obsolescence programmée.
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait,
comme on le disait tout à l'heure... Puis juste une sous-question, là.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M.
Jolin-Barrette : Vous, vous faisiez référence à quel projet de loi qui
n'avait pas été appelé?
M.
Cliche-Rivard : 197.
M.
Jolin-Barrette : Ah, bien là ça m'attriste un petit peu, parce que je
l'ai appelé au principe, puis on a même voté le principe.
M.
Cliche-Rivard : Il n'a certainement pas été adopté, là, vous comprenez
le principe de ma question.
M.
Jolin-Barrette : Oui, mais là vous m'avez dit «il n'a pas été
appelé», mais là je l'ai appelé, là, comme leader, là, puis on a eu un débat
là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Bon, vous l'avez appelé,
on ne l'a pas adopté. Est-ce que vous pouvez répondre à la question?
M.
Jolin-Barrette : Oui, bien là, en fait, vous savez, l'agenda...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...ne jamais appeler le... un député par son
nom, mais bien par sa... son titre, s'il vous plaît.
M.
Cliche-Rivard : Parfait.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Vous pouvez poursuivre votre... votre réponse,
M. le ministre.
M.
Jolin-Barrette : Alors, on a appelé le projet de loi. Effectivement,
vous avez raison, M. le député, il n'a pas
été adopté, mais, écoutez, on est dans une toute nouvelle législature, il reste
trois ans et demi à la présente législature, donc, écoutez, l'avenir
nous le dira, mais, comme j'ai soumis à la députée de Saint-Laurent, moi,
j'ai... j'ai beaucoup d'ouverture à faire en sorte de mieux protéger les
consommateurs québécois.
M. Cliche-Rivard : Mais la ministre avait
demandé à l'OPC de tenir des consultations, c'est ça ma question : Est-ce
qu'elles ont été menées et ont-elles abouti en recommandations auprès du ministère?
M.
Jolin-Barrette : Oui. Alors, oui, les consultations ont été tenues, et
ça permet d'alimenter les réflexions de l'Office de la protection du
consommateur sur : Est-ce que la Loi sur la protection du consommateur
doit être modernisée? Est-ce qu'il y a des
mesures pour faire en sorte de mieux protéger les consommateurs québécois,
notamment sur la question de la durabilité et de la réparabilité?
M.
Cliche-Rivard : J'imagine que la réponse, c'était oui, qu'il y a plusieurs
mesures que vous pouvez mettre de l'avant?
M.
Jolin-Barrette : Dans les recommandations? Bien, effectivement, il y a
des suggestions. Puis d'ailleurs, puis ça,
tout à l'heure, la députée de Saint-Laurent le soulignait, il y a le ministère... bien, en
fait, l'Office de la protection
du consommateur travaille en collaboration avec le ministère de
l'Environnement pour voir, à la lumière des recommandations qui ont été
formulées... Puis, on a consulté aussi Option Consommateurs, à savoir quelles seraient
des mesures appropriées, des mesures
législatives, parce qu'il y a un double objectif : la protection des
consommateurs, mais également la
réduction de la consommation des biens. Bon, la députée de Saint-Laurent parlait de l'enfouissement, notamment, mais comme est-ce qu'on
peut arrêter d'acheter et jeter des biens qui devraient être encore bons ou
qu'on devrait pouvoir réparer? Alors, oui, ça fait partie. Mais, voyez-vous, on
a cette considération-là de consulter le ministère de l'Environnement au niveau
de l'empreinte écologique puis au niveau du fait qu'il faut... il faut... la...
maintenant, quand on développe notre économie, prendre en considération
l'aspect environnemental.
M. Cliche-Rivard : Et est-ce qu'on pourrait
avoir accès aux dites recommandations suivant les consultations?
M.
Jolin-Barrette : Mais là, actuellement, ça fait partie encore des
documents de travail que nous avons. Alors, à ce stade-ci, la réponse, c'est
non, mais je pourrais vérifier, là, voir ce qu'il est possible de faire.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Ce serait très apprécié. Je vais parler de
financement des organismes et de la Loi sur la protection du consommateur. Le
budget de 12,3 millions de dollars dont dispose l'Office de la
protection du consommateur pour remplir sa mission nous semble insuffisant. Je
me demandais qu'en pense l'office, directement. Est-ce qu'elle juge que les
sommes sont suffisantes pour rencontrer son mandat essentiel?
M.
Jolin-Barrette : Alors, je vais céder la parole à
Mme Marie-Claude Champoux, mais j'imagine que vous ne diriez pas non si on
vous en donnait plus.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : ...consentement pour que
Mme Champoux puisse prendre la parole. Consentement?
Des voix : Consentement.
• (12 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous présenter, s'il vous plaît. La parole est à vous.
Mme Champoux (Marie-Claude) : Oui.
Bonjour. Marie-Claude Champoux, présidente de l'Office de protection du
consommateur. Alors, pour répondre à la question, effectivement, je peux dire
que les gens de l'office, les équipes de l'office font des miracles à chaque
jour avec un budget qui peut paraître pas énorme, mais qui nous permet de faire
preuve de créativité et, je pense, de faire un travail formidable en protection
du consommateur. Mais, comme l'a dit le ministre, c'est sûr que si on voulait
m'en offrir de plus, on trouverait certainement à bien utiliser ces sommes.
M. Cliche-Rivard : Alors, je me
retourne vers le ministre. Pourquoi ne pas offrir davantage pour la protection
du consommateur?
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez,
vous savez, les ressources sont limitées, les besoins sont illimités. L'office
a un... un budget de... de plusieurs millions de dollars, mène une mission qui
est importante, a notre soutien. D'ailleurs, je tiens à remercier l'ensemble
des employés qui travaillent à l'Office de la protection du consommateur, qui, au quotidien, répondent à des demandes des
consommateurs, font... renseignent également, il y a des inspections, il
y a un contentieux, il y a les employés administratifs également. Alors, c'est
une mission qui est importante de l'État.
Puis, tout à l'heure, on parlait de
nationalisme, je pense que c'est important également d'exercer pleinement nos
compétences en matière de protection du consommateur, et c'est ce qu'on va
continuer à faire.
Juste à titre d'information, là, il y a
124 employés à l'office. Les dépenses, l'an passé, c'étaient
12,3 millions de dollars. Il y a
110 035 cas qui ont été soumis par des consommateurs. Il y a
21 814 plaintes de nature pénale au civil qui ont été traitées. Il y
a 38 890 trousses d'information expédiées à des consommateurs ou
téléchargées à partir du site Web pour les aider à régler leurs problèmes
avec un commerçant, il y a 2 353 activités de surveillance menées
auprès de commerçants, il y a 97 poursuites pénales qui ont été engagées,
il y a 566 126 $ qui ont été en amendes imposées, il y a
19 967 permis, exemptions et certificats en vigueur...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : J'ai fini.
M. Cliche-Rivard : Merci. Par
ailleurs, même si l'OPC a le pouvoir d'intenter des poursuites pénales contre
les commerçants qui contreviennent à la Loi sur la protection du consommateur,
il n'y a aucun pouvoir pour obtenir les
sommes... en fait, la remise des sommes perdues par les consommateurs. Là, je
réfère à la page 7 du mémo de l'OPC. Que pensez-vous de la possibilité de
modifier la loi pour permettre une indemnité civile pour les consommateurs
victimes d'une pratique illégale?
M. Jolin-Barrette : En matière de
pratiques illégales, que pensez-vous de...
M. Cliche-Rivard : Que pensez-vous à
l'idée de modifier la loi pour permettre une indemnité civile pour les
consommateurs victimes d'une pratique illégale, donc une pratique qui viole la
loi?
M. Jolin-Barrette : Donc, vous
voudriez faire en sorte que le consommateur québécois puisse lui-même entamer un recours ou, dans le cadre du même
recours en matière pénale, il y ait une indemnité civile qui soit accordée?
M. Cliche-Rivard : Deuxième.
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez,
il faudrait réfléchir à la question. Généralement, c'est plutôt rare qu'en
matière pénale il y ait un volet d'indemnité civile pour le plaignant. Cela
étant, exemple, si on fait le parallèle en matière
criminelle, en matière criminelle, le juge peut imposer, en vertu du Code
criminel, un montant pour la victime. C'est
plutôt rare que ça arrive dans notre système. Si on compare, supposons, au
système français, bien, eux, ils règlent tout dans le même procès, si je
peux dire, mais c'est une approche qui est différente, où le juge conduit
l'instruction, puis c'est le même juge qui fait l'ensemble des éléments.
Bien, je pense que ça peut être une avenue à
explorer, écoutez, je ne suis pas fermé. Je ne suis pas fermé. C'est sûr que
les dommages, souvent, en matière de protection du consommateur sont donnés
dans le cadre d'actions collectives où est-ce que, là, les consommateurs... il
y a des dommages qui sont octroyés. Bien, écoutez, je vais réfléchir à votre
proposition.
M. Cliche-Rivard : Parfait. J'ai une
question à la Commission d'accès à l'information, qui exerce des responsabilités accrues depuis l'entrée en vigueur
de la nouvelle mouture de la Loi sur la protection des renseignements
personnels dans le secteur privé. Par ailleurs, justement, son financement nous
apparaît insuffisant au regard de sa mission.
Que pense la commission de son budget actuel? Et est-ce que le ministre est
prêt à donner les moyens nécessaires à la commission afin d'effectuer la
surveillance adéquate des entreprises québécoises?
M.
Jolin-Barrette : Bien là, vous me parlez de la Commission d'accès à
l'information?
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Jolin-Barrette : Bien là, c'est
l'Office de la protection du consommateur.
M.
Cliche-Rivard : ...bon, bien, je vais retirer ma question. Merci.
Je vais poser une question sur le nombre...
M.
Jolin-Barrette : Si vous voulez, je vais transmettre votre question
à mon collègue le ministre responsable de la Protection du consommateur.
M. Cliche-Rivard : Oui. Bien
apprécié. Je vais poser une question directe sur le cahier des crédits de
l'opposition... du deuxième groupe d'opposition officielle, page 6. J'aimerais
avoir... Je vois, quand même, qu'il y a un nombre de presque
3 000 plaintes, en 2022, pour les automobiles d'occasion. Je voudrais
savoir quel constat on peut retirer et quel est le champ d'action pour réduire
ce nombre de plaintes ou régler la situation ou le problème.
M. Jolin-Barrette : Alors, on
m'indique que c'est le sujet qui a le plus de plaintes à l'Office de la
protection du consommateur, les véhicules automobiles. Donc, on...
M. Cliche-Rivard : ...
M. Jolin-Barrette : Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Non, non, mais
ça, on le voit. Je veux dire, le tableau est quand même super bien dressé, on
voit le nombre de plaintes par catégorie. Est-ce qu'on a des idées, des
explications, ou des leçons, ou des moyens pour
endiguer ce nombre de plaintes là, dans le sens où il y a vraisemblablement des
problèmes pour les consommateurs?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, si vous permettez puis que les membres de la commission acceptent,
la présidente de l'office pourrait répondre sur pourquoi est-ce qu'il y a
autant de plaintes en matière de véhicules automobiles d'occasion.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sans problème. On n'a plus besoin du consentement vu qu'on
l'a fait une première fois. Allez-y.
Mme Champoux (Marie-Claude) :
D'accord. Merci. Effectivement, les véhicules d'occasion font l'objet de...
sont nos champions des plaintes à l'office depuis plusieurs années. C'est un
domaine qui fait l'objet de plaintes puis qui est en augmentation, d'ailleurs,
depuis quelques années, également. Nous sommes à mettre un petit comité
consultatif... là, avec les associations de marchands de véhicules d'occasion
et la Corporation des concessionnaires automobiles, de même que l'association
de protection des automobilistes, là, pour pouvoir s'asseoir puis travailler plus de concert pour améliorer leurs pratiques.
Eux diraient : Pour diminuer le nombre de plaintes, mais le but... Nous,
souvent, on est en prévention, à l'office,
alors, histoire d'améliorer leurs pratiques, là, on doit mettre ce petit comité
là en place dans les prochaines semaines.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, on
pourrait s'attendre à avoir les recommandations du comité en question dans la
prochaine année, dans les prochains deux ans. Qu'est-ce que vous avez, comme
objectif, là?
Mme Champoux (Marie-Claude) : On va
le mettre en place et on verra quel genre de mandat, là, on pourra partager.
M. Cliche-Rivard : Merci. On sait
que les restaurateurs sortent d'une passe difficile avec la pandémie. Or, il
semble qu'il y ait une autre épidémie qui sévit, celle des réservations non
honorées, donc des «no show», là, si vous me permettez l'expression. On a parlé
de ça récemment dans les médias, mais c'est effectivement très préoccupant.
Certains restaurateurs ont donc commencé à demander des frais pour des
réservations non honorées, ce qui n'est évidemment pas légal, mais, il ne faut
pas se leurrer, une partie des pertes en raison de ces réservations non
honorées pourrait se répercuter sur la facture des clients qui, eux, honorent
leur réservation.
Alors, au
niveau de la protection du consommateur, plutôt que d'interdire le tout mais
que ça se fasse quand même, ne devrions-nous pas plutôt l'encadrer?
M. Jolin-Barrette : Écoutez,
l'Association des restaurateurs est très vocale à ce sujet-là. Ça fait partie
des réflexions que nous avons, le fait que certains clients fantômes ne se
présentent pas à leur réservation. Honnêtement, on demande aux Québécois et aux Québécoises d'être responsables. Lorsque
vous faites une réservation au restaurant, la moindre des choses, c'est
d'appeler pour l'annuler, parce que le restaurateur, lui, achète de la
nourriture, il réserve des tables, fait rentrer son personnel au travail,
assume des salaires, des charges, puis il peut se retrouver sans revenu puis
avoir des pertes financières, en plus, associées à ça. Donc, on comprend la
difficulté de... pour les restaurateurs québécois, mais
on demande aux Québécois de faire preuve de civisme puis vraiment d'annuler
leurs réservations pour... le faire.
Pour ce qui est de savoir quelles mesures
doivent être prises en place, on est en train de les analyser, parce que, bien
entendu, moi, je suis ministre responsable de la Protection des consommateurs, et
là c'est une mesure où on nous demande d'imposer aux consommateurs certains
frais. Donc, dans la question, Mme la Présidente, du député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
il nous dit : Bon, bien, peut-être que le prix va se répercuter pour les
consommateurs qui vont véritablement manger.
Alors, le député n'a pas tort, probablement que c'est comme dans tout où est-ce
que le prix est réparti ailleurs. D'un autre côté aussi, c'est une
mesure qui est à l'encontre des consommateurs aussi, dans une certaine mesure.
Alors, on est
en train de réfléchir, mais c'est sûr que cette pratique-là... On demande
vraiment aux gens d'avoir... de faire preuve de civisme puis d'annuler
leurs réservations, puis le plus rapidement possible, pour permettre aux consommateurs... Puis il faut le dire, là, il y a
beaucoup de restaurateurs, c'est des petites et des moyennes entreprises
qui sont des commerçants locaux. Alors, on invite vraiment les gens à annuler
leurs réservations, mais, pour le reste, on y réfléchit.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Cliche-Rivard : Combien?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 45 secondes.
• (12 h 40) •
M. Cliche-Rivard : 45 secondes.
Mme Champoux, pendant que vous y étiez, vous nous parliez de votre petit... du
comité en matière d'automobiles. Est-ce qu'il y a le genre de comité dans
d'autres secteurs pour analyser le nombre de plaintes ou c'est seulement limité
aux véhicules d'occasion?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Il y a
un comité qui est prévu à la Loi sur les agents de voyages, là, qui est le
comité consultatif sur les agents de voyages, qui se réunit au moins trois fois
par année. Il y a, par ailleurs, des comités
qui ont été formés par l'office aussi, comités de consultation avec les consommateurs
et le comité consultatif du commerce de détail également. Ils ne sont
pas nécessairement uniquement pour regarder les plaintes, là, c'est pour
échanger sur les réalités du marché dans les deux cas.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, avant d'entamer le dernier droit,
donc, le dernier bloc avec l'opposition officielle, je vous indique que les
documents ont été déposés dans le Greffier. Par contre, ils ne seront pas
rendus publics à cause de certains renseignements personnels. Donc, ils sont
dans la portion Documents distribués. Alors, dernier bloc,
18 min 30 s pour vous, Mme la députée de Saint-Laurent. La
parole est à vous.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Effectivement, donc, les courriels reçus ont été transmis en appui
du projet de loi qui a été déposé, mais j'aimerais aussi dire que la CACQ
appuie aussi... bien, pas la CAQ C-A-Q, mais la CACQ C-A-C-Q, c'est-à-dire la Coalition
des associations de consommateurs du Québec. Alors, merci beaucoup pour votre appui pour le projet de loi pour lutter contre
l'obsolescence programmée et donner le droit à la réparation, avec aussi
des amendes qui sont plus substantielles afin vraiment d'assurer que les gens
au Québec sont en droit de recevoir un produit qui dure, et qui soit réparable,
et qu'on arrête de polluer pour rien.
Maintenant, j'aimerais aller à la
question 61. Je vais vous donner le temps de tourner vers... les pages, mais,
en attendant, je vais juste parler pour...
Ce n'est pas... C'est juste pour mes besoins à moi, de compréhension, peut-être
que ça va être Mme Champoux qui pourra me répondre, le mécanisme, pour
tout ce qui est les amendes qui sont perçues
par l'office dans un délai de 30 jours, est-ce que... comment, par la
suite, est administré ces montants-là? C'est juste pour ma compréhension
du mécanisme.
Mme Champoux (Marie-Claude) : Le
montant des amendes, donc, on... au fonds consolidé.
Mme Rizqy : OK, au fonds consolidé,
donc. Et, si, par exemple, après le délai de 30 jours, lorsqu'il est expiré, là, ça passe au DPCP et que... disons
qu'une personne enregistre après ce délai-là de 30 jours, auprès du DPCP, un
acte de culpabilité et elle paie, est-ce que ça va aussi au fonds consolidé?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Toutes
les amendes vont au fonds consolidé.
Mme Rizqy : OK. Donc, dans tous les
cas de figure, ça va...
Mme Champoux (Marie-Claude) : Tout à
fait.
Mme Rizqy : Parfait. C'est ça que je
voulais juste comprendre. Puis, juste pour bien comprendre aussi la réponse, donc, entre le 1er avril 2022 puis le
28 février 2023, c'est 30 400 $ qui auraient été perçus
directement par l'office, donc que le plaidoyer de culpabilité a été
fait à l'intérieur du délai de 30 jours. Par la suite, on parle que...
«Notons que, durant cette même période, les condamnations
liées aux poursuites pénales visant une infraction aux lois sous la
responsabilité de l'office s'élèvent à 260 371 $.» Ça, c'est le
montant, après le délai de 30 jours, transféré au DPCP?
Mme Champoux
(Marie-Claude) : On m'indique que c'est le total.
Mme Rizqy : Le
total. OK. D'accord. Donc, le total, donc 260 000 $ moins
30 000 $, mais la différence, c'est que... Dans la première façon que
c'est écrit, c'est que les amendes ont été perçues. La deuxième phrase, on dit
que le montant des infractions est à 260 000 $. Est-ce que le
260 000 $, c'est le montant perçu ou c'est le montant des amendes, au
fond, des infractions transmises? Est-ce que ça a été perçu au fonds? Est-ce
qu'il y a consentement pour que je puisse... C'est correct? C'est juste pour
que je comprenne. Il n'y a pas de question piège, c'est juste pour moi, pour
comprendre.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix :
...
Mme Rizqy : Merci.
M. Allard
(André) : Oui. André Allard. Pour répondre à votre question, le
260 000 $ représente l'ensemble des sommes qui ont été imposées soit
par une reconnaissance de culpabilité ou bien par un tribunal. Maintenant, des
sommes sont perçues par le Bureau des infractions et amendes, et celles qu'on
reçoit à l'office directement sont à la suite d'un plaidoyer de culpabilité, et
on les transmet pour qu'elles soient déposées par... au fonds consolidé, là,
par une mécanique administrative. Et l'autre question... Je m'excuse.
Mme Rizqy : Bien,
c'est ça, je voulais juste m'assurer que le 260 000 $, au fond, c'est
de l'argent qui a été encaissé, là.
M. Allard
(André) : Non, c'est des montants qui ont été imposés soit par la
reconnaissance de culpabilité ou par le tribunal. Et ensuite le Bureau des
infractions et amendes peut prendre des ententes avec les personnes qui ont été
inculpées pour voir comment payer les amendes.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup. Puis est-ce qu'on sait environ quel est notre taux de recouvrement?
M. Allard
(André) : Je l'ignore.
Mme Rizqy : OK,
d'accord. Parfait. Merci beaucoup pour les explications, c'est beaucoup plus
clair. C'est très apprécié. Merci.
J'ai aussi une autre
question dans le cahier des crédits, si vous permettez, il faut juste que je le
retrouve avec mes post-it, j'en ai plusieurs. Ça ne sera pas long, désolée.
J'ai posé une question... Ah! pardon, c'est la question 44. Pour toutes les dépenses publicitaires réalisées
par le ministère ou l'organisme indiqué : médias communautaires, 0 $;
Internet et médias sociaux, les montants ne
sont pas énormes, là, c'est marqué 11 976 $. Est-ce que ça, c'est la dépense
faite, par exemple, sur les réseaux sociaux comme Facebook?
Mme Champoux
(Marie-Claude) : Tout à fait.
Mme Rizqy : OK,
parfait. Merci. Alors, j'aimerais juste peut-être, et je le dis avec beaucoup,
beaucoup, beaucoup d'affection... Il me semble... J'ai siégé sur l'avenir des
médias, puis là c'est plus pour vous, M. le ministre, s'il vous plaît, on a siégé sur l'avenir des médias, et, vous savez, les
publicités, sur Facebook, ils ne paient pas d'impôt, et cet argent-là
s'en va dans les paradis fiscaux. Et, si, dans la mesure du possible, vous êtes
aussi capable de faire de la publicité dans des réseaux, par exemple, des
médias communautaires, il y a encore beaucoup de monde qui, oui, prennent le
temps de lire des médias régionaux et qui rejoignent encore des Québécois.
C'est juste pour vous attirer... puis avoir cette sensibilité pour donner suite
aussi à une des recommandations que nous avons adoptées à l'unanimité dans le
cadre de nos travaux de l'avenir des médias. C'est une suggestion très forte.
M.
Jolin-Barrette : Ce qu'on m'indique également puis je vais pouvoir
vous revenir avec un complément d'information, c'est qu'il y aurait eu... Ça,
c'est les montants pour Internet, médias sociaux, mais il y a également de
l'argent qui a été mis dans les médias traditionnels. Alors, je suis en attente
de la réponse. Ce qu'on me dit, c'est que les factures ne sont pas encore
rentrées, c'est pour ça qu'elles ne sont pas aux crédits.
Mme Rizqy : Ah!
il n'y a pas de souci, Mme Champoux. Merci. Donc, j'apprécie que... Parfait,
là. C'est juste que moi, j'avais 0 $. Donc, il n'y a pas de problème, mais
je comprends que ça va être... Puis là pas de souci, je le vois dans le regard
de Mme Champoux, que la sensibilité est déjà là.
M. Jolin-Barrette : Dans le dernier
mandat, également, on avait financé Option Consommateurs pour une campagne sur
le commerce en français aussi.
Mme
Rizqy : J'aime.
M.
Jolin-Barrette : Bien, moi aussi, j'aime ça.
Mme Rizqy : En
autant que le faucon pèlerin soit impliqué.
M.
Jolin-Barrette : Ah! bien là, écoutez, je ne peux pas vous dire si
lui, il est disponible.
Mme Rizqy : OK. Maintenant, vous savez que j'ai déposé un
autre projet de loi, celui sur les intérêts abusifs. Et là le député de
Chapleau va être content, parce que tantôt je lui ai dit que... suite à son
intervention, que je faisais miens ses propos et que j'en parlerais à mon
troisième bloc, et, Mme la Présidente, vous le savez, femme de parole que je
suis, j'en parle maintenant au troisième bloc.
M. le ministre, vous
le savez, il y a une différence entre taux d'usure, qui est une notion en droit
criminel, qui est déjà dans le Code criminel, et la notion de ce qui est
abusif, qui est une notion plus civile. Est-ce que, là-dessus, vous êtes
d'accord, comme prémisse de départ pour la discussion?
M.
Jolin-Barrette : Oui, mais... On vit dans un régime qui est
particulier, je suis d'accord, mais, écoutez, ce qui est intéressant, notamment
dans le dernier budget fédéral... pour le taux usuraire, ils se sont collés sur
notre taux à nous, au Québec, dans la proposition qu'ils souhaitent mettre en
place, alors...
Mme Rizqy : Puis
qu'ils n'ont pas encore adoptée.
M. Jolin-Barrette :
Non. C'est beaucoup plus long, eux, leurs mesures, avant que ce soit
adopté. Nous...
Mme Rizqy : Ah
oui! Ils ont eu une longue consultation, un rapport qui a pris du temps.
M. Jolin-Barrette : C'est ça. La Chambre des
communes, le Sénat, après ça, tout le kit, le gouverneur général. C'est
pas mal plus long qu'ici. Nous autres, ici, là avec...
Mme Rizqy : On
devrait vous y envoyer, ça irait vraiment plus rapidement.
M.
Jolin-Barrette : Où? Au Sénat ou à la Chambre des communes?
• (12 h 50) •
Mme Rizqy : Ah! je ne sais pas. Qu'est-ce que vous préférez?
Je vais vous dire que... Finalement, ne répondez pas à cette question. Non,
mais, de façon très sérieuse, vous savez que, premièrement, dans le Code criminel,
même s'ils ont eu des discussions, ils ont
gardé... c'est encore 60 %. Oui, ils ont marqué leur intention d'aller de
l'avant, mais au niveau... pour nous, là, au Québec, là... puis tantôt
nous, on l'a clairement dit, qu'il y a des champs de compétence puis que c'est
à nous de légiférer, pourquoi qu'on parle du taux abusif...
Et
je me suis vraiment, ici, inspirée d'un régime qui existe, qui a été adopté en
France et qui fonctionne. Il y a eu des modifications législatives, en
janvier dernier, de la part du législateur français, même, pour aller plus
rapidement puis que la révision soit mensuelle et non pas trimestrielle au
niveau du taux abusif, puis la différence, c'est que...
Je
vais vous donner juste une comparaison, si vous permettez, au niveau de nos cartes
de crédit. Plusieurs Québécois, en ce moment, leur taux de cartes de
crédit, le taux d'intérêt, est entre 19 % et 24 %. Ça, c'est la carte
de crédit qui est soit Visa soit MasterCard. Puis les deux ensemble détiennent
environ 90 % des parts de marché, les deux ensemble, ce qui est énorme,
mais ça, c'est un autre débat, hein, mais je ne veux pas aller dans ce
débat-là, mais... je veux rester concentrée.
Puis en ce moment, à l'heure actuelle, en France, bien, pour un crédit de
consommation, je ne veux pas vous induire en erreur, je vais me référer à mes
notes, si vous me permettez, un petit moment, en ce moment, pour, par
exemple, une carte de crédit avec une imite de plus de 6 000 €, ça ne
peut pas dépasser 6,07 %, le taux d'intérêt, alors que nous, on est déjà
entre 19 % et 24 %, dans ces eaux-là. Il y a quand même ici une
différence qui est assez importante, et ça permet d'avoir un impact directement
dans le portefeuille des Québécois.
Et, je tiens à le
dire, plusieurs Québécois remboursent la totalité du solde, plusieurs, mais il
y en a qui ne sont pas capables de rembourser la totalité du solde. Et comment
ça fonctionne, les intérêts? Si vous avez, par exemple, 10 000 $ sur
votre carte de crédit, mais que vous avez payé 5 000 $, bien,
nonobstant que vous avez déjà payé votre 5 000 $, bien, l'intérêt va
être appliqué sur la totalité, donc, du 10 000 $ d'emprunt, en plus.
Donc, ce n'est même pas sur le montant qui reste à payer, c'est sur l'ensemble
du crédit de consommation. Et, en plus de ça, c'est qu'on paie beaucoup plus
cher que nos chers cousins français. Moi, là, vous me connaissez, je suis très
disponible pour légiférer, vraiment disponible. Est-ce qu'il y a de
l'ouverture?
M.
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, bien entendu que les créances, les
taux, c'est un enjeu, tout comme... Puis vous faites bien de le souligner,
parce que ça place beaucoup de Québécois dans une situation de vulnérabilité.
Les taux sont élevés, puis, avec l'inflation que nous connaissons, il y a
beaucoup de gens qui se retrouvent dans des difficultés financières, puis
souvent, bien, ils ont des cartes de crédit, utilisent une autre carte de
crédit pour payer une carte de crédit, n'ont pas nécessairement accès à du
crédit dans l'institution financière aussi, donc ça devient une spirale,
effectivement. Alors, oui, ça fait partie des réflexions que nous avons, tout
comme les modèles financiers relativement à l'hypothèque parapluie.
Vous savez, c'est une
mécanique hypothécaire qui vise à faire en sorte d'attacher un client à une
institution financière pour pratiquement
toujours, de la façon que c'est conçu. Et les biens mobiliers se retrouvent...
Parce qu'il y a toutes sortes de formes de crédits rotatifs qui sont
donnés, et là le client se retrouve à, oui, avoir une disponibilité de crédit,
mais il se retrouve à avoir une garantie hypothécaire pour financer un voyage à
Cuba, financer la moto, l'auto, un camp de chasse, des chirurgies plastiques.
Donc, il y a des... certains éléments à réfléchir là-dessus, et notamment aussi
sur le déséquilibre à l'effet que, lorsqu'un client, supposons, achète une
propriété résidentielle puis se retrouve avec
un contrat de crédit dans lequel les garanties hypothécaires qui sont
envisagées par l'institution financière visent à couvrir la totalité de la somme disponible de la propriété, donc, de la
maison ou de la copropriété... avec un surplus de 20 %.
Donc, en
matière de crédit aussi, il y aurait quelques mesures à apporter, mais, déjà,
la Loi sur la protection du consommateur protège les consommateurs à certains
niveaux, mais vous soulignez certains points qui sont intéressants, avec
votre projet de loi, qui mériteraient d'être envisagés.
Mme Rizqy : Puis, vous, a priori,
évidemment sans vous engager, sans me faire une opinion juridique sur le banc, a priori, pensez-vous que nous avons
juridiction? D'autant plus que nous avons eu droit à la sagesse des propos du
député de Chapleau tantôt.
M.
Jolin-Barrette : Bien, je vous dirais, Mme la Présidente :
Comment contredire le député de Chapleau, qui fait autorité ici, en ces murs?
Alors, je serais très mal avisé, Mme la Présidente, de contredire le député de
Chapleau, je...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : C'est ça. Je me
sens mal à l'aise de distinguer mes propos des siens.
Mme Rizqy : Bien parfait. Bien
parfait. Alors donc, j'aimerais aussi ajouter, là-dessus, parce que, moi, ça
visait non seulement le crédit à la consommation, les prêts hypothécaires, les
marges de crédit... donc, c'étaient tous les prêts. Puis vous savez qu'il y a
aussi les prêteurs sur gages, là-dedans, qui devront aussi se conformer à ce
projet de loi que j'ai déposé? J'aimerais aussi vous entendre sur les frais qui
sont facturés lorsqu'un client décide de changer
d'institution puis renégocier son prêt hypothécaire et que, là, on dit :
Non, on va vous facturer un... on va vous facturer un frais pour mettre
un terme à votre prêt hypothécaire avec nous.
M.
Jolin-Barrette : Ça aussi, c'est un enjeu, mais là vous parlez
quand le prêt n'est pas échu ou quand on veut...
Mme Rizqy : Il n'est pas encore
échu, mais qu'on veut... Parce que, des fois, il arrive qu'il y a une
mésentente avec son institution financière, et qu'on veut magasiner, et qu'à ce
moment-là on veut... et qu'on a une meilleure entente ailleurs, et on veut s'en
aller, on veut nous facturer des frais pour briser le contrat, alors qu'aux
États-Unis ils les ont abolis, ces frais-là.
M. Jolin-Barrette : Alors,
actuellement, le crédit hypothécaire, là, il est largement exclu de la Loi sur
la protection du consommateur. Là, vous, ce que vous dites, c'est : J'ai
un contrat avec une institution financière X pour un terme de trois ans,
supposons mais, au bout d'un an et demi, je voudrais m'en aller dans une autre
institution financière?
Mme Rizqy : Oui.
M.
Jolin-Barrette : Donc, actuellement, au contrat, c'est prévu qu'il
y a des frais de résiliation. Ça mérite réflexion.
Mme Rizqy : OK. Tantôt, vous nous
avez parlé que la phase II, c'était immobilier. Est-ce que, quand vous faisiez référence de l'histoire... que, dans la
phase II, immobilier, c'était en référence au prêt hypothécaire immobilier
ou c'étaient juste les transactions immobilières?
M. Jolin-Barrette : Non, bien, c'est
par rapport notamment à la construction.
Mme Rizqy : Ah! OK.
M. Jolin-Barrette : Le fait qu'un
contrat de construction immobilière, ce soit régi par la Loi sur la protection
du consommateur, ce qui n'est pas le cas. Et, vous savez, durant la pandémie,
et je ne vous cacherai pas que ça fait
partie des réflexions que nous avons relativement à l'effet... Durant la
pandémie, il y a beaucoup de ménages québécois
qui se faisaient bâtir des maisons et que, là, à cause des règles sanitaires,
vous savez, les chaînes de production ont arrêté, les prix des matériaux
ont monté, notamment, bien, des gens qui attendaient leur maison, supposons,
pour le 1er juillet, pour livraison,
tout ça, se sont fait dire par certains contracteurs : Bien, tu vas me
donner 150 000 $ de plus si tu veux avoir ta maison. Leur
ancienne maison était vendue ou leur bail de logement était vendu aussi. Puis
là, bien, c'est un peu le far west, là,
hein, l'industrie de la construction, relativement à ça, c'est le far west.
Puis, même, il y avait des... dans les contrats pour achat d'une
propriété résidentielle neuve, il n'y avait pas de disposition, souvent, dans
les contrats qui disait : Bien, qu'arrive-t-il en cas d'augmentation des
matériaux?
Donc, il y a beaucoup de familles
québécoises qui se sont fait flouer en raison d'une augmentation unilatérale.
Et qu'est-ce que vous voulez que la famille fasse? C'est la maison qu'elle a
achetée. Qu'est-ce qui arrive? Il y a beaucoup de... il y a beaucoup de
situations qui sont arrivées où est-ce que la famille n'a pas pu acquérir la
propriété, finalement, puis qu'on s'est retourné, puis, malgré le fait qu'ils
avaient un contrat préalable pour la construction à un prix, ça n'a pas été
respecté aussi.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. C'est sûr qu'avec le temps qu'il nous reste, je
n'aurai pas... De toute façon, on se
retrouve cet après-midi, je pourrai terminer mon échange avec le ministre. Je
vous entends très bien puis je
partage aussi les mêmes préoccupations, mais j'entends aussi, au fond, que...
et je ne veux pas mettre des mots
dans votre bouche, mais c'est qu'on a tout un chantier en matière de protection
du consommateur. Êtes-vous en train de travailler sur un projet de loi?
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez, Mme la
Présidente, je ne peux pas dévoiler ce sur quoi je travaille présentement,
parce que je travaille sur tellement de
choses, Mme la Présidente, puis je ne voudrais pas créer des espoirs à la
députée de Saint-Laurent à trop court terme sur mes objectifs
législatifs.
Chose certaine, vous
aurez constaté qu'au ministère de la Justice, on n'a pas l'habitude de chômer.
Alors, déjà, on a deux projets de loi de déposés, donc, le projet de loi
n° 8, qui a été adopté, le projet de loi n° 12, avec qui... j'ai le plaisir de travailler avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, qui nous a garanti, parce qu'il veut travailler sur votre
projet de loi, que ça va aller vite, vite, vite, le projet de loi n° 12.
Vous avez vu la très bonne entente que j'ai signée
au bénéfice des victimes et des justiciables québécois avec la juge en chef de
la Cour du Québec, qui devra se traduire d'ici la fin de la session en
un projet de loi pour modifier la Loi sur les tribunaux judiciaires.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Alors, le temps de cette première partie étant
écoulé, je vous remercie tous et toutes. Bon dîner.
Compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 heures)
(Reprise à 15 h 04)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons
reprendre les travaux. Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Protection des
consommateurs des crédits budgétaires du portefeuille Justice pour...
l'objectif... pour l'exercice financier 2023-2024.
Nous sommes
maintenant rendus à un bloc d'intervention de... du porte-parole de la deuxième
opposition pour une période de 6 min 2 s. Avant de commencer, je
vais vous demander votre consentement pour aller au-delà de l'heure prescrite,
si nécessaire. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup. La parole est à vous, M. le
député.
M. Cliche-Rivard :
Merci beaucoup. Je vais revenir sur le sujet de tout à l'heure, sur les
plaintes en matière de véhicules, véhicules
d'occasion, notamment, sur le sujet... On va commencer par les... la loi
anticitron ou la proposition potentielle de loi anticitron.
Contrairement
aux États-Unis, aucune loi au Canada ne protège les consommateurs contre les
véhicules gravement défectueux ou irréparables, ce qu'on appelle des
citrons. L'association de protection automobile en a fait pourtant la demande
à... de plusieurs reprises. On a une décision récente de la Cour du Québec, qui
a relancé le débat, où une cliente a acheté
une Subaru 2015 et est passée 26 fois au garage en quatre ans. Et, à
plus d'une reprise, elle a demandé au concessionnaire
de reprendre le véhicule, le concessionnaire a refusé, et finalement tout ça
s'est fini devant les tribunaux.
Alors,
est-ce que, M. le ministre, vous avez l'intention de légiférer afin que les
concessionnaires et les fabricants reprennent les voitures, les
véhicules citrons?
M.
Jolin-Barrette : Bien, écoutez, votre question est intéressante et
pertinente. Je trouve que... Vous savez, des...
une législation anticitron, il y en a une dans chacun des 50 États aux
États-Unis. Alors, eux, là-bas, ils ont légiféré, et je me souviens
d'avoir vu un reportage, il y a de cela quelques années, relativement à une
personne qui avait acheté une voiture d'une marque américaine-italienne, là, si
vous voulez, c'est un consortium maintenant, puis elle avait fait réparer un
nombre innombrable de fois son véhicule, puis, comme, c'était vraiment un
citron. Alors, il faut protéger le
consommateur. Je pense que, écoutez, j'envisage positivement votre suggestion.
Dans le cadre d'un éventuel projet de loi, peut-être que ça pourrait s'y
retrouver. Moi, je suis... je suis ouvert à ça.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Dans le même ordre d'idée, le respect du prix
annoncé par les concessionnaires automobiles
au Québec, la Loi sur la protection des consommateurs est claire, l'acheteur
devrait être en droit d'obtenir le prix entendu au départ. L'industrie automobile
fait la sourde oreille, malgré l'intervention de l'Office de la protection,
qui a dû rappeler, au courant de l'été
dernier, les droits des consommateurs et les obligations des commerçants. Malgré
l'intervention de l'OPC, certains fabricants et concessionnaires s'en moquent.
Est-ce à dire que l'office n'a pas assez de pouvoirs et de moyens pour forcer
les concessionnaires à honorer leurs contrats?
M.
Jolin-Barrette : Oui. Bien, en fait, ce que la Loi sur la protection
du consommateur prévoit, c'est le prix tout inclus qui doit être affiché, moins
les taxes. Les taxes n'ont pas besoin d'être affichées. Alors, c'est nécessaire
de le faire. L'OPC fait des activités de
surveillance également, reçoit des plaintes également relativement à des
événements comme ceux que vous...
vous dénoncez. Et, bien entendu, les commerçants doivent respecter la loi, et,
s'ils ne respectent pas la loi, sont sujets à des poursuites pénales de
la part de l'Office de la protection du consommateur.
Donc, c'est
l'article 224.c de la Loi sur la protection du consommateur qui interdit à
tout commerçant, fabricant ou publicitaire
d'«exiger pour un bien ou un service un prix supérieur [au prix] annoncé.
[...]le prix annoncé doit comprendre le total des sommes que le
consommateur devra débourser pour l'obtention du bien ou du service.»
M.
Cliche-Rivard : Et est-ce que l'office se juge suffisamment outillé,
ou est-ce qu'il y a des pouvoirs supplémentaires qui pourraient être
nécessaires pour vous aider dans votre mandat, ou vous sentez que vous avez
tous les pouvoirs pour le faire?
Mme Champoux
(Marie-Claude) : Je pense que la loi est claire, on peut effectivement
faire appliquer la loi. D'ailleurs, c'est... je peux vous dire qu'entre 2018 et
2022 il y a eu 256 avis de rappel qui ont été envoyés à des commerçants
automobiles, 26 avis d'infraction ont été transmis également,
17 poursuites pénales. Alors, oui, on fait notre travail dans les
circonstances.
M. Cliche-Rivard : Est-ce qu'on connaît le
montant des... finalement, des amendes, des 17 amendes pénales, ou
environ, qu'est-ce que ça représente?
Mme Champoux
(Marie-Claude) : Je n'ai pas cette info.
M.
Cliche-Rivard : Non, il n'y a pas de problème. Je vais y aller sur une
autre question, sur la... ce qu'on a appelé la réduflation. L'inflation amène
de plus en plus de fabricants à recourir au principe de la réduflation. Cette
pratique consiste à réduire subtilement la quantité d'un produit, tout en
conservant le même prix, de manière à camoufler une augmentation du coût du
produit. Pour aider les consommateurs devant la hausse des prix, l'ensemble des
pratiques visant à dissimuler l'augmentation des prix ou à refiler le coût
supplémentaire aux consommateurs doivent être mieux encadrées. L'OPC juge-t-il
qu'il a tous les moyens nécessaires pour protéger les consommateurs face à
cette pratique? Et est-ce une priorité de votre côté?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...
M.
Jolin-Barrette : Oui. Alors, l'exemple du député Saint-Henri—Sainte-Anne,
c'est : j'achète mon sac de chips, puis il me semble qu'avant... quand je
m'installais devant la télé pour écouter un film avec mon sac de chips, il me
semble qu'il en restait, des chips, à la fin de mon film, mais maintenant je ne
suis même pas rendu à la moitié du film, puis il n'y a plus de chips dans mon
sac. Donc, ce n'est pas parce que je mange plus, c'est parce qu'il y a moins de
chips dans le sac, puis les formats sont plus petits. Même chose pour la crème
glacée, ou les formats de yogourts, ou les céréales, ou...
Une voix : ...
M.
Jolin-Barrette : ...les biscuits. Les biscuits, on me disait
«biscuits». Alors, la Loi sur la protection du consommateur ne prévoit pas...
n'encadre pas, en fait, la quantité de nourriture à l'intérieur de l'emballage.
Par contre, ce qu'elle prévoit, c'est que ça ne doit pas être une représentation
trompeuse. Donc, on ne pourrait pas dire : Vous avez autant de chips
qu'avant dans votre sac, mais le sac est plus petit. Ça, ce serait couvert par
la LPC, mais, par contre, pour la fixation des prix et aussi le contenu qu'il y
a dans le sac de chips ou le nombre de biscuits, pour mon collègue, à ce
moment-là, non, la Loi sur la protection du consommateur n'encadre pas ça.
C'est la liberté des commerçants de faire... d'offrir le produit qu'ils
offrent. Donc, à partir du moment où il y a le nombre de grammes, il y a le
prix qui est affiché, puis c'est réellement ça, bien, la Loi sur la protection
du consommateur ne couvre pas ça.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...
M.
Cliche-Rivard : Ce sera tout.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Ce sera tout.
M.
Cliche-Rivard : Merci.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, M. le député.
Alors, je me tourne du côté de l'opposition...
de l'opposition... de la banquette gouvernementale pour une période de
4 min 34 s. Je reconnais la députée de Vimont. La parole
est à vous.
• (15 h 10) •
Mme
Schmaltz : ...Mme la Présidente. Donc, j'aimerais peut-être
m'entretenir avec le ministre concernant le nouvel Espace commerçant. Donc,
faire peut-être un petit résumé rapide. Alors, le 5 décembre 2022, à la
suite de la publication, donc, de son rapport annuel de gestion de 2018 à 2019,
le Protecteur du citoyen a demandé à l'office d'apporter des modifications à la
section Se renseigner sur un commerçant, sur son site Web, naturellement.
Alors, l'office s'est engagé à apporter des
bonifications aux renseignements diffusés, renseignements accessibles, donc, au
grand public, et aussi à offrir
davantage de possibilités pour les commerçants. Donc, de cette volonté est né
l'Espace commerçant, où on a apporté
d'importants changements aux services numériques et pour... encore là, tant au
niveau des commerçants qu'au niveau des consommateurs.
Alors,
l'Espace commerçant, c'est quoi? Ça englobe, donc, plusieurs services, mais
aussi des nouvelles fonctionnalités, puis ils sont offerts à tous les
commerçants. Et également l'outil Se renseigner sur un commerçant a été mis en ligne aussi dans l'Espace commerçant.
Et c'est accompagné d'une offre de service améliorée, avec plusieurs
bonifications qui ont été apportées à l'outil et au bénéfice, naturellement,
des consommateurs. Alors, cet outil permet aux
consommateurs de consulter certains renseignements que détient l'office au
sujet de divers... différents commerçants. J'en nomme quelques-uns,
c'est-à-dire que... une liste des autres noms sous lesquels il fait affaire, la
liste de ses permis de commerçant non
valides depuis au moins cinq ans et, pour les commerçants itinérants, depuis
moins de 20 ans, un lien vers tout dossier d'indemnisation ouvert
qui le concerne, un nouvel onglet présentant les communiqués de presse diffusés
à son sujet et les injonctions qui ont été prononcées à son encontre.
Alors, ma question,
Mme la Présidente : Est-ce que les commerçants pourront... Qu'est-ce
qu'ils vont pouvoir faire en ligne,
exactement, grâce à cette... à cette nouveauté? Est-ce qu'on s'attend à un gain
aussi de productivité pour eux?
M.
Jolin-Barrette : Bien, en fait... Merci, Mme la députée, pour votre
question. Alors, les commerçants vont pouvoir remplir une fiche d'entreprise
pour chaque commerçant, donc, et le consommateur va pouvoir consulter cette fiche-là pour avoir davantage d'informations
sur le commerçant avec qui ils font affaire. Donc, cette... ce lancement
de l'Espace commerçant là vise également à assurer au citoyen de voir quels
sont les noms sous lesquels le commerçant fait affaire. Donc, ça, je pense que
c'est important, parce que, des fois, on veut connaître la véritable... les
différents noms ou les différentes appellations commerciales.
Donc, pour les
commerçants, l'outil va servir à renouveler ses permis aussi, parce qu'il faut
savoir que l'Office de la protection du consommateur, dans certaines
circonstances, délivre des permis. Aussi, il va y avoir un lien vers les
dossiers d'indemnisation ouverts, donc les copies de permis. Ça va permettre
également de transmettre, de façon sécurisée, un message ou des documents à
l'office, de déclarer, pour les agents de voyages, le montant des contributions
au Fonds d'indemnisation des clients d'agents de voyages. Donc, c'est vraiment
un espace qui va servir à la fois pour les consommateurs et à la fois pour les
commerçants.
Mme
Schmaltz : OK.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : ...une minute.
Mme
Schmaltz : Il me reste...
M.
Jolin-Barrette : Puis... Ah! voulez-vous...
Mme
Schmaltz : OK. Non, allez-y, vous pouvez continuer.
M.
Jolin-Barrette : Bien, j'allais rajouter qu'il faut savoir, là, qu'il
y a plus de 16 000 commerçants qui ont un dossier à l'office, dont
environ 9 000 qui sont titulaires d'un permis. Pour les citoyens et pour
les commerçants, ça va permettre d'alléger et faciliter les démarches
administratives des commerces auprès de l'Office de la protection du consommateur. Vous savez, on est toujours dans
une optique d'améliorer l'efficacité de l'État. Donc, ça, ça y contribue
également. Bien entendu, on veut limiter la paperasse, la bureaucratie le plus
possible, alors c'est important d'avoir des outils technologiques qui vont
justement nous permettre de faire en sorte de réduire et de simplifier.
Il va y avoir
également un système de notification par courriel dans le nouvel espace, et les
commerçants vont être prévenus si une nouvelle mention est inscrite dans
l'outil. Alors, c'est vraiment un outil qui est interactif et qui va
permettre...
Mme
Schmaltz : Et gratuit.
M.
Jolin-Barrette : Et gratuit. Et ça fait partie de la stratégie de
transformation numérique de l'État.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, M. le ministre. Merci, Mme la
députée. Alors, je me tourne du côté de l'opposition officielle. Mme la députée
de Saint-Laurent, vous avez 17 min 7 s pour vos interventions.
Des voix : ...
Mme
Rizqy : Ah! C'est gentil, oui, oui. Donnez-moi une
seconde. On fait de la gestion. Désolée, on... le papa est en train de
faire une... sa capsule vidéo.
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : C'est la réalité
des députés. Alors, je pense que c'est une illustration concrète de Mme la
députée.
Mme
Rizqy : Bien, merci beaucoup puis merci à mes collègues
pour nous avoir permis de permuter des blocs. J'ai une petite gestion personnelle à faire. Alors, merci, d'ailleurs, à
mon collègue le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour, à brûle-pourpoint, avoir
dit rapidement oui puis avoir pu immédiatement prendre le relais. Alors, merci.
On reprend maintenant nos... les crédits. Puis
j'avais une question par rapport à la question n° 179. Puis c'étaient, au fond, les plaintes en matière de
services funéraires et de sépulture. Je sais que le nombre n'est pas beaucoup,
c'est 35, mais je m'interrogeais à savoir
si, parmi ces plaintes, il y avait eu des plaintes concernant ceux qui ont
voulu se recueillir dans un
cimetière. Et je fais référence au cimetière qui est présentement... le
Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, où est-ce qu'on sait qu'il y a un
conflit de travail qui perdure, mais, je veux savoir, parmi ces 35, est-ce
qu'on a une idée si... si, dans tout ça, il y en a aussi que c'est parce qu'ils
n'ont pas été en mesure non plus de se recueillir?
M. Jolin-Barrette : Actuellement,
avec nous, on n'a pas la nature des plaintes, mais, si vous voulez, on pourrait
faire parvenir au secrétariat de la commission, suite à la vérification de
l'office, s'il y a des plaintes parmi celles-ci qui touchent notamment les
cimetières. On l'a vu, et, honnêtement, c'est extrêmement malheureux pour les
familles qui souhaitent, notamment... Puis j'ai lu l'histoire, le témoignage,
notamment, de la famille qui souhaitait... à chaque année, allait se recueillir
sur la tombe de leur enfant qui était décédé. Alors, le contrat, c'est
justement de pouvoir avoir accès aux lieux de sépulture, donc ce n'est pas
acceptable.
Mme
Rizqy : Bien, merci beaucoup, M. le ministre, parce
qu'effectivement c'est là que je me... je me dirigeais. Parce que ça peut sembler très peu,
35 plaintes, et M. le ministre fait référence, à juste titre, à la
chronique de Patrick Lagacé où est-ce
que Geneviève racontait son histoire, où, maintenant, depuis 12 ans, elle
se recueille la journée du décès de sa fille.
Et je comprends parfaitement qu'il y a un
conflit de travail et je comprends parfaitement qu'il y a cinq ans qu'il n'y a pas... qu'ils sont sans contrat de
travail, mais je comprends aussi ce besoin très humain de pouvoir se recueillir.
Et, pour moi, je considère cela un service
essentiel. Et de dire non à des familles, de leur bloquer l'accès au cimetière,
je ne sais pas qu'est-ce qui peut être fait du côté du ministre, peut-être
aussi en relation avec son collègue le ministre en droit du travail, pour
trouver une voie de passage pour ne pas que ça se reproduise.
Parce que je suis convaincue qu'on partage tous
ici les intérêts de tout le monde, puis on est capables de respecter le droit des travailleurs, mais j'ai
l'intime conviction aujourd'hui que c'est un service essentiel d'être en mesure,
une fois par année ou lorsqu'on en a besoin, parce qu'il y en a que c'est plus
qu'une fois par année... ils vont se recueillir
à la tombe de leurs proches, plusieurs d'entre eux, même, vont des fois par
eux-mêmes nettoyer la tombe, déposer des... Désolée, désolée, je vais
m'arrêter ici, parce que je sais que c'est un sujet qu'on partage tous une
sensibilité.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce que je comprends,
M. le ministre, que vous vous engagez, si l'information est disponible,
à la déposer au secrétariat?
M. Jolin-Barrette : ...sur la nature
des plaintes, on pourra vous revenir puis les déposer au secrétariat. Sur l'intervention de la députée, je suis bien d'accord
qu'il faut permettre l'accès. Là, dans ce cas-ci, il faudrait voir
qu'est-ce que prévoit le contrat, notamment sur, supposons, l'accès au site.
Deuxièmement, on m'informe que les cimetières ne
sont pas couverts par la Loi sur les arrangements de services funéraires. Donc, écoutez, on va vérifier le tout, voir comment
on pourrait ajuster les choses. Donc, je m'engage à vous revenir aussi sur ce point-là, parce
qu'effectivement, lorsqu'on a un proche, on souhaite pouvoir aller se
recueillir puis aller lui rendre visite. Alors, je pense qu'on va... on
va regarder qu'est-ce qu'on peut faire au niveau législatif.
Mme Rizqy : Merci beaucoup pour cet
engagement qui est fort apprécié par plusieurs. J'en vois beaucoup, beaucoup...
Puis je m'en excuse, désolée, je... on dirait que c'est moi, en même temps, qui
a besoin d'une pause...
M. Jolin-Barrette : C'est une
situation qui n'est pas facile, Mme la Présidente. Il faut comprendre que,
lorsqu'on fait appel... dans le fond, il y a le décès d'un proche, bien, il y a
beaucoup d'émotions rattachées à ça. Puis, dans
le fond, on contracte souvent avec un cimetière, avec les services funéraires
aussi, que ce soit columbarium ou par une mise en terre, notamment. Puis
les gens, dans leur processus de deuil, aussi, puis dans leurs souvenirs, ils
doivent pouvoir avoir accès.
• (15 h 20) •
Ça fait que, malheureusement, comme le disait la
députée de Saint-Laurent, dans le cas de la... du conflit de travail, qui s'étend sur plusieurs années, parce
que c'est récurrent également, le fait de fermer les portes du cimetière...
on comprend la sécurité du site, et tout ça, mais les gens aussi doivent
pouvoir accéder pour aller se recueillir sur le lieu des
proches. Alors, je pense qu'effectivement il y a une gestion de la part du
cimetière à faire. Donc, il y a une responsabilité sociale et sociétale de la
part du cimetière, mais, par voie législative, on va regarder aussi quelles
sont les prises qui pourraient être
envisagées. Bien, comme le disait la députée de Saint-Laurent, je pense que,
oui, il y a le droit de grève des
relations de travail aussi, mais sûrement qu'on est capables de trouver un
accommodement raisonnable sur ce volet-là.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je voulais savoir, au niveau... On a eu plusieurs
plaintes de personnes qui ont pris des billets d'avion, que ça a été finalement
annulé et que soit les compagnies d'assurance disent :
Oui, on va vous rembourser, ils ont une assurance, mais finalement elle
dit : Non, c'est votre carte de crédit qui a aussi une assurance, puis ils... ils sont toujours
entre les deux chaises. Puis tant la carte de crédit renvoie la balle du côté
de la compagnie d'assurance, la compagnie
d'assurance renvoie la balle à la carte de crédit, et le pauvre consommateur,
lui, se retrouve entre les deux et se tourne souvent vers vous.
Je me
demandais : Est-ce que ça, c'est... chez vous, en ce moment, on est
rendus... Est-ce qu'on est capables, peut-être, de démêler tout le monde puis
de dire, au fond, c'est qui, qui doit vraiment rembourser lorsque le vol est annulé, retardé, ou quoi que ce soit? Là, c'est à
qui qu'on s'adresse, la carte de crédit avec qui qu'on a enregistré... avec
qui, pardon, on a fait la transaction ou la
compagnie d'assurance, l'autre compagnie d'assurance? Alors, je me demandais
à qui... c'est qui, le responsable? Parce qu'on dirait qu'il n'y a plus
personne de responsable.
M.
Jolin-Barrette : Oui, bien, dans le fond, il faut le dire, le fonds
d'indemnisation des agents de voyages, le FICAV, dans le fond, c'est le dernier
payeur, c'est le payeur ultime. Ça fait que la personne qui achète son billet
d'avion et, supposons, prend une assurance au moment... une assurance
annulation au moment d'acheter son vol, donc
elle souscrit déjà à de l'assurance pour payer son vol. L'assureur devrait
payer les sommes rattachées pour l'annulation. Même chose au niveau de
la carte de crédit. Il y a des gens qui souscrivent à une carte de crédit parce
qu'il y a une assurance voyage sur la carte, assurance annulation également.
Alors, ce sont eux à payer prioritairement. Même chose, des fois, il y a des gens qui vont prendre une assurance voyage à
côté. Ils vont appeler un assureur, ils vont dire : Bien, moi, je m'en vais à Santa Banana et je
voudrais faire assurer mon... mon voyage en cas d'annulation. Donc, c'est
l'assureur.
Ultimement, s'il n'y
a pas d'assurance, s'il arrive un événement, c'est le FICAV qui va s'appliquer,
mais le FICAV est en dernier payeur, parce
qu'on ne peut pas, comme assureur, prendre une prime d'assurance, dire aux
clients : Moi, je collecte la prime, puis jamais je ne paie, allez vous
faire payer par le fonds d'indemnisation au FICAV en premier, puis
ensuite je vais voir si je vais vous indemniser. Non. L'objectif du FICAV, il
est là en termes de dernier recours, et les assureurs doivent payer
prioritairement, incluant les cartes de crédit.
En termes de
dossiers, combien il reste de dossiers, là, des dossiers... Total des dossiers
fermés, on est à 44 520 pour un taux de
97,4 % des dossiers fermés. Les dossiers incomplets qui sont en relance,
donc qui manquent des documents, notamment, à l'intérieur puis que
l'office a relancés, on est au nombre de 812, donc pour 1,8 %. Et les dossiers
qui sont complexes, actuellement en traitement, donc, à cause... Exemple, des
voyages scolaires où, dans le fond, ce n'est
pas nécessairement les parents qui avaient acheté les billets, puis là c'est un
organisme puis... en tout cas, où est-ce que c'est plus compliqué, là,
on parle de 381 dossiers pour 0,8 % des dossiers. Et ceux qui sont en
cours, il y en a 1 193 pour 2,6 %. Donc, voyez-vous, on a réglé
97,4 % des dossiers.
Puis, au niveau des
relances, ceux qui sont en relance, dans le fond, c'était... il y avait un
contrat de service à Pricewaterhouse, ils ont relancé plusieurs fois les gens,
parfois souvent sans réponse. Dans ceux qu'on n'a pas réussi à régler, c'est
sans réponse ou le dossier est incomplet, parce que ça prend certaines informations,
mais la très, très forte majorité ont été remboursés. Il y a plusieurs
réclamants fantômes aussi qui sont là, ça fait que probablement qu'ils ont été
remboursés par un tiers, compagnie d'assurance ou carte de crédit.
Mme Rizqy : ...j'ai
une question qui était par rapport...
Des voix : ...
Mme Rizqy : ...une
seconde.
Des voix : ...
Mme Rizqy : ...une dernière... pas une dernière question,
avant-dernière, probablement. Est-ce qu'il a été examiné... Et là c'est
un double chapeau, parce que vous êtes ministre de la Justice. Vous savez, dans
certaines décisions par rapport au
protecteur du consommateur, il y a certains dossiers qui reviennent souvent au
niveau de la garantie qui doit être honorée. Est-ce qu'il a déjà été
envisagé d'avoir une voie rapide qui conjuguerait aussi l'intelligence
artificielle?
M.
Jolin-Barrette : Bien, en fait, l'intelligence artificielle fait
partie de la loi sur les cadres technologies de l'information. Donc, c'est mon
collègue le ministre de la Cybersécurité qui est responsable de ça. Le
ministère de la Justice, par le biais de la Direction des affaires juridiques
au sein du ministère de la Cybersécurité, est en soutien.
Mme Rizqy : Je
réfléchissais à haute voix. Disons que, d'aventure, on va de l'avant avec le
projet de loi sur le droit à la réparation puis qu'on dit que, par exemple, une
laveuse, une sécheuse, avec les critères déjà établis par la jurisprudence,
disons que ça doit au moins minimalement durer sept ans, mais qu'elle brise
après un an, et qu'on n'a pas... le fabricant refuse d'honorer ses obligations,
puis qu'on aurait, par exemple, un arbre décisionnel d'intelligence
artificielle qui permettrait, évidemment... réviser le tout et d'avoir une
formule accélérée.
M. Jolin-Barrette : Une formule
accélérée par le biais de l'intelligence artificielle? Bien, écoutez, il faudrait
y réfléchir dans un premier temps. Cependant, c'est déjà prévu, les types de
garanties dans la loi, donc la garantie conventionnelle de base, la garantie
supplémentaire, la garantie de bon fonctionnement, les garanties légales également. Donc, il y a un volet, comme vous le
soulevez, d'intelligence artificielle. C'est sûr qu'on a annoncé
21 millions pour encadrer le
cadre éthique rattaché et développer des règles, donc en collaboration avec le
Mila. Puis mon collègue de la Cybersécurité travaille à l'encadrement, donc il
pourra vous revenir. Donc, il ne faudrait pas faire d'une façon par
morceaux. Il faut régler le cadre juridique complet pour l'intelligence
artificielle, puis c'est mon collègue qui va s'en occuper.
Mme
Rizqy : ...finalement, ma... j'ai aussi une question, la
question n° 12, juste par curiosité. La question n° 12, «liste
et copie de tous les sondages effectués par le ministère ou le cabinet». BIP
Recherche, c'était quoi?
M. Jolin-Barrette : ...question n° 12?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : On m'indique que
c'est un sondage sur la qualité des services de l'office qui a été fait.
C'est... c'est quoi, la question...
Mme
Rizqy : Ah! je voulais juste savoir... Je voulais savoir,
c'était par curiosité, c'était quoi, le sondage en... bien, c'était
quoi, le BIP Recherche. C'était quoi?
M. Jolin-Barrette : Non, mais le
numéro de la question, c'est?
Mme Rizqy : Question n° 12.
Oui, c'était...
M. Jolin-Barrette : 12. De vos
renseignements?
Mme
Rizqy : Oui, oui, les renseignements. Puis c'est à la
page 8, Renseignements particuliers de l'opposition officielle.
M. Jolin-Barrette : Question
n° 8?
Mme Rizqy : Non, 12.
M. Jolin-Barrette : 12, oui.
31 755 $.
Mme Rizqy : Oui, ça, le prix, je
l'ai, mais je me demandais c'était quoi, BIP Recherche. Donc, je comprends que
c'était un sondage au niveau de la satisfaction des usagers, j'imagine, ceux
qui ont déjà fait affaire avec vous?
Mme Champoux (Marie-Claude) : ...et
des entreprises, des commerçants qui font affaire avec l'office.
Mme Rizqy : OK, d'accord. Est-ce
qu'on a les résultats du sondage?
Mme
Champoux (Marie-Claude) : Oui, on a reçu le rapport final, qu'on pourrait
certainement déposer si c'est le souhait de...
Mme Rizqy : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Jolin-Barrette : ...
Mme Rizqy : Parfait. Merci beaucoup.
M. Jolin-Barrette : Est-ce qu'ils
étaient satisfaits?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Oui.
M.
Jolin-Barrette : Oui. Alors, on me confirme que les gens étaient
satisfaits.
Mme Rizqy : Bon! Le contraire
m'aurait étonnée, très franchement.
M. Jolin-Barrette : Des fois, vous
commandez un sondage, vous ne savez pas, ça peut être négatif.
Mme Rizqy : Ah! si vous saviez les
bons mots que moi, j'ai reçus par rapport à l'office.
M. Jolin-Barrette : À quoi?
Mme Rizqy : Si vous saviez les bons
mots que moi, j'ai reçus par rapport à l'office.
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Ah! bien, le
sondage est déjà sur le site Web, il est déjà accessible.
Mme Rizqy : Ah! ça fait que c'est
favorable. Alors, vous voyez? Non, mais j'ai aussi une autre question. Vous
avez... vous avez sûrement vu, dernièrement, les histoires des Québécois qui
ont contracté pour l'installation d'une piscine et que, finalement, l'entreprise
avait bien, bien, bien des extras, là, comme il y en a un que l'extra était rendu à 150 000 $. Ça s'est rendu aux
tribunaux. L'individu a fait le... plusieurs pages de journaux, a fermé sa
compagnie, en part une nouvelle. On réfléchit, M. le ministre qui a
plusieurs chapeaux. Comment qu'on fait pour s'assurer que des individus comme ceux-là, qui ont déjà un
passif et qui ont bien de la misère à respecter le cadre juridique, puissent
continuer à opérer, alors qu'ils ont... en fait, ils n'ont même pas encore payé
les sommes que le tribunal a accordées aux consommateurs?
• (15 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Rizqy : Oh! Ah! c'est une grosse
question pour 1 min 15 s.
M. Jolin-Barrette : Dans... dans le
cas de la question des piscines, là, normalement, il y a deux volets. Il y a le
volet Régie du bâtiment du Québec. Donc, normalement, sous réserve, là, travaux
de piscine, il faudra voir si ça prend une licence, si c'est considéré comme
des travaux de construction.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Non, ce n'est
pas des travaux de construction. C'est-tu de la réno?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Ils ne sont pas
couverts par la RBQ. Ça prend... ça ne prend pas de licence. OK.
Une voix : ...
M.
Jolin-Barrette : OK. Puis, OPC, nous, s'il fait de la vente
itinérante, il doit y avoir un permis, mais, par contre, si c'est un
entrepreneur au sens strict, non, il n'y a pas... bien, il y a les encadrements
prévus par le Code civil, puis par les règles fiscales, puis tout ça, mais il
n'y a pas de licence...
Mme Rizqy : Pensez-vous que, «vente
itinérante», aujourd'hui, on pourrait peut-être modifier puis inclure les
ventes lorsqu'on fait de la publicité commanditée sur les réseaux sociaux?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Rizqy : Ouf! Bien, regardez, on
peut s'en reparler.
M. Jolin-Barrette : Bien, je
prends... je prends note de votre suggestion.
Mme Rizqy : On peut s'en reparler,
on peut en...
M. Jolin-Barrette : Mais je sens
qu'on va se revoir.
Mme Rizqy : Moi, je vais prendre mes
dernières secondes pour dire merci. Merci à tous les collègues, particulièrement à la députée de Vimont. Merci, M.
le ministre, merci aussi à mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne, aux
équipes qui vous accompagnent pour cet exercice qui a été fort apprécié, et j'ose
espérer qu'on se retrouvera pour travailler sur le projet de loi, nos
deux projets de loi.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Merci beaucoup,
Mme la députée. Merci, M. le ministre. Merci,
chers collègues. Alors, le temps alloué à l'étude du volet Protection des
consommateurs des crédits budgétaires du portefeuille Justice étant
écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Adoption des crédits
Alors, le programme 5, intitulé Autres
organismes relevant du ministre, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté à la majorité.
Adoption de l'ensemble
des crédits
Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires
du portefeuille Justice pour l'exercice financier 2023-2024 est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté à la majorité.
Documents déposés
Donc, en terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 h 45, où elle entreprendra l'étude du volet Lutte contre le racisme des crédits
budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et Énergie. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 15 h 33)