Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mercredi 26 avril 2023
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Vol. 47 N° 12
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Justice, volet Protection des consommateurs
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Intervenants par tranches d'heure
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Lecours, Lucie
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Rizqy, Marwah
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Jolin-Barrette, Simon
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Rizqy, Marwah
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Jolin-Barrette, Simon
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Lecours, Lucie
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Lévesque, Mathieu
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Schmaltz, Valérie
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Schmaltz, Valérie
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Jolin-Barrette, Simon
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Lecours, Lucie
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Rizqy, Marwah
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Jolin-Barrette, Simon
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Lecours, Lucie
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Rizqy, Marwah
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Lecours, Lucie
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Jolin-Barrette, Simon
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Schmaltz, Valérie
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Rizqy, Marwah
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Rizqy, Marwah
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Lecours, Lucie
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Jolin-Barrette, Simon
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-neuf minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens
ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Protection des consommateurs des crédits budgétaires du
portefeuille Justice pour l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe de deux
heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Lévesque
(Chapleau); Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Rizqy
(Saint-Laurent); et Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacée par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Bienvenue à ces nouveaux élus sur la
commission. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les
questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la
fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers 15 h 30.
Et je vous rappelle, pour les besoins de la transcription, qu'on s'adresse à la
présidente.
Alors, je suis maintenant prête à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour le
premier bloc d'échange. Mme la députée de Saint-Laurent, la parole est à vous
pour une période de 18 min 14 s. Allez-y.
• (11 h 30) •
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Permettez-moi, d'abord, de dire bonjour au ministre de la
Justice, mais qui est aussi le ministre responsable du dossier de la protection
du consommateur, mais aussi à son équipe qui l'accompagne, et, évidemment, mes
collègues députés qui sont présents, ainsi que mon conseiller politique qui m'accompagne
lors des crédits, et j'en ai pas mal cette année, alors, merci, François.
J'aimerais commencer directement avec les
renseignements particuliers, à la question 9, s'il vous plaît. Je vais quand
même laisser le ministre arriver, ouvrir les crédits, mais... sinon, il peut
dire bonjour et parler de son équipe.
M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme
la députée, ça me fait grand plaisir...
11 h 30 (version révisée)
Mme Rizqy : ...ouvrir les
crédits, mais... sinon, il peut dire bonjour puis parler de son équipe.
M. Jolin-Barrette : Bonjour, Mme
la députée. Ça me fait grand plaisir de vous retrouver.
Mme Rizqy : Moi aussi.
M. Jolin-Barrette : Et je
souligne la présence des collègues qui nous accompagnent, Mme la députée de
Vimont, Mme la députée de Châteauguay, M. le député de Chapleau, Mme la députée
de Laviolette—Saint-Maurice, Mme la députée de Soulanges, également. Et vous présenter
les gens qui nous accompagnent, également, Mme Marie-Claude Champoux,
présidente de l'Office de la protection du consommateur, à ma droite, Me André
Allard, directeur des affaires juridiques de l'Office de la protection du
consommateur, Me Marjorie Théberge, vice-présidente de l'Office de la
protection du consommateur, M. Gary Frost, directeur des services aux
consommateurs et de la surveillance administrative, ainsi que M. Alexis L'Écuyer,
qui est conseiller à mon cabinet politique.
Mme Rizqy : Merci beaucoup
puis bienvenue à tous. Alors, à la question 9, la question était de savoir :
est-ce qu'il y a des comités interministériels, vous répondez que oui, Comité
consultatif d'agents de voyages, Conseil consultatif des consommateurs... pardon,
je pense qu'il y en avait un troisième, Comité consultatif sur le commerce de
détail. Est-ce qu'il y en a d'autres à part ces trois qui sont nommés?
M. Jolin-Barrette : Est-ce qu'il
existe d'autres conseils...
Mme Rizqy : D'autres comités
interministériels.
M. Jolin-Barrette : ...d'autres
comités interministériels?
Mme Rizqy : Parce qu'on n'en
cite que trois.
M. Jolin-Barrette : Il n'y en
a que trois, présentement.
Mme Rizqy : OK, parce que,
vous me connaissez, des fois, je suis fouine et je regarde d'autres crédits.
Donc là, j'ai regardé dans les crédits Environnement. J'en ai trouvé un autre,
c'est pour ça que j'ai été surprise qu'il ne soit pas dans ma demande de
renseignements pour les crédits. Dans les crédits Environnement, page 105,
comité de travail sur les travaux législatifs et réglementaires relevant de la loi
sur la protection du consommateur pour intégrer les principes de durabilité et
de réparabilité pour certains produits de consommation, entre parenthèses, obsolescence
planifiée. Est-ce que ce comité existe bien?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Alors,
oui, à l'Office de la protection du consommateur, ils travaillent en
collaboration avec les collègues de l'Environnement, mais ce n'est pas un
comité formel.
Donc, vous, je crois que vous avez une
sensibilité particulière sur la question de la réparabilité et de la
durabilité. D'ailleurs, vous avez déposé un projet de loi, qui avait été fait
par l'ancien député de Chomedey, mais je sais que vous avez contribué à ça,
avec le Pr Jonathan Mayer, de l'Université de Sherbrooke, avec les étudiants. Alors,
peut-être que votre question va aller dans ce sens-là, mais je ne veux pas
présumer de votre question.
Mme Rizqy : Pour ceux qui
nous écoutent, moi, j'ai eu le bonheur, et je le dis sincèrement, le bonheur d'aller
à l'Université de Sherbrooke et être dans la même classe que le ministre de la
Justice, même à l'école du Barreau. Alors, oui, effectivement, on a fait l'exercice,
à l'époque, qui était chapeauté par le député... l'ex-député de Chomedey, et on
était avec les étudiants de l'Université de Sherbrooke, qui ont travaillé très
fort sur un projet de loi, et que... ce sont même les étudiants qui sont venus
présenter ici, à l'Assemblée nationale. C'était vraiment une première.
Et j'ose espérer qu'on va pouvoir même
répéter l'expérience avec d'autres étudiants de d'autres universités aussi,
parce que je sais que, hein, je dois être équitable avec l'ensemble des
universités, mais ceci étant dit, oui, j'ai repris le flambeau. J'ai redéposé
le projet de loi avec quelques différences où est-ce que... au niveau des
amendes, j'y reviendrai, mais j'aimerais juste rester... parce que, vous me
voyez venir, et, oui, vous avez bien fait de présumer, vous avez compris
exactement où est-ce que je m'en allais, parce que... Moi, je suis très ravie
de savoir que ce comité existe, même si, je comprends bien, ce n'est pas un
comité qui est formel, mais... c'est un comité qui existe. C'est marqué, dans
les informations : «L'Office de la protection des consommateurs a demandé
la collaboration — et là je vais citer l'acronyme au complet, mais c'est
le ministère de l'Environnement, là, le MELCCFP — dans le cadre de la
révision de sa loi, afin d'y introduire des éléments visant à favoriser une
meilleure écoconception de certains produits. La Direction des matières
résiduelles et le Bureau de coordination du développement durable contribuent à
ces travaux. Un rapport confidentiel sur la durabilité des biens a été remis à
l'OPC par Protégez-Vous suite à un sondage auprès des consommateurs. Les
représentants du MELCCFP ont commenté ce rapport dans le cadre de travaux conjoints.
D'autres rencontres auront lieu en fonction de l'avancement des travaux
législatifs.»
Donc là, je comprends, en lisant ça...
Est-ce que je dois, en fait, comprendre qu'il y a un intérêt très fort de votre
part d'aller de l'avant avec le projet de loi?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, très certainement, il y a un intérêt marqué de la part du gouvernement
pour assurer la durabilité et la réparabilité des biens. Et d'ailleurs je pense
qu'on avait marqué l'intérêt du gouvernement en appelant le principe du projet
de loi n° 197 lors de la dernière législature. Et nous effectuons, il est
vrai, des travaux... bien, «nous», l'Office de la protection du consommateur
effectue des travaux avec le ministère de l'Environnement, parce que ce sont notamment
des spécialistes en matière d'environnement. Et un des objectifs, en termes de
réparabilité et de durabilité des biens, bien, c'est d'éviter la
surconsommation des biens puis que, lorsqu'un individu achète un bien, bien, il
puisse servir à l'usage auquel il est destiné <durant...
M. Jolin-Barrette :
...biens
puis que, lorsqu'un individu achète un bien, bien, il puisse servir à l'usage
auquel il est destiné >durant une certaine période de temps, pas qu'un
consommateur achète un poêle, un frigidaire puis qu'au bout d'un an ou de deux
ans le réfrigérateur ne fonctionne plus.
Parce qu'il y a quoi de plus fâchant pour
un consommateur que d'avoir investi des centaines, voire des milliers de
dollars sur un bien et qu'il estime s'être senti floué? Notamment parce que,
vous savez, pour les ménages québécois, ça représente, les électroménagers,
supposons, des sommes substantielles. Puis, auparavant, quand on achetait une
cuisinière...
Mme Rizqy : Ça durait.
M. Jolin-Barrette : ...ou un
frigidaire... un réfrigérateur, je devrais dire, bien, ça durait longtemps
puis... avant que ça casse. Puis on revient toujours à la publicité d'une
certaine entreprise où est-ce que le réparateur se retrouvait avec les cheveux
blancs, puis l'entreprise faisait sa marque de commerce comme ça, pour dire :
Chez nous, les produits ne brisent pas, et vous pouvez être certains qu'on vous
le garantit. Le réparateur, il attend à l'usine puis il vient avec les cheveux
gris, les cheveux blancs, pour dire que, dans le fond, il trouve le temps long
parce que les produits sont tellement d'une bonne qualité que la durabilité,
elle est présente. Bien, manifestement, on constate que les biens de
consommation, la façon que les entreprises les ont conçus au cours des
dernières années, bien, c'est beaucoup plus des produits qui sont jetables à
court terme, puis ça, c'est fâchant pour les consommateurs québécois.
Alors, à votre question, oui, ça fait
partie de la réflexion que l'office a entamée pour faire en sorte que la
réparabilité et la durabilité puissent être éventuellement inscrites dans nos
lois. D'ailleurs, il y a plusieurs modèles à travers le monde, présentement, où
tout le monde prend conscience, puis ça a un impact sur l'empreinte écologique
aussi. Alors, moi, je suis très ouvert et intéressé au sujet.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
M. le ministre. Aujourd'hui, on est le 26 avril, c'est exactement... Et
ça, je trouve ça formidable parce que vous êtes conséquent avec votre réponse,
pratiquement mot pour mot, de... celle du 26 avril 2022. Bien, ça,
honnêtement, je trouve ça formidable, parce qu'il y en a qui avancent puis qui
reculent, mais vous, vous avancez dans la continuité. Donc, au moins on est
conséquent.
Bien, moi, vous me connaissez un petit peu
maintenant, moi, je suis une pressée. Alors, ça, même vous, vous le savez,
hein, je suis une pressée. Alors, l'an dernier, le 26 avril, littéralement
un an jour pour jour : «Et on est loin de la fameuse publicité du
réparateur Maytag qui n'avait jamais d'appel puis qui devenait avec les cheveux
blancs et qui...» C'est le même exemple que l'an passé, en plus, mais, l'an
passé, vous êtes allé même jusqu'à dire le nom de l'entreprise.
Alors là, écoutez, moi, si je vous dis que
je suis, pour vrai, disponible... bon, peut-être que le soir, c'est un peu plus
compliqué, avec ma nouvelle réalité familiale, là, mais je suis vraiment
disponible pour travailler sur le projet de loi, j'y crois et... Je vous
connais assez pour savoir que, quand vous dites que les Québécois sont en droit
de s'attendre que, lorsqu'ils paient un électroménager des milliers de dollars,
ils veulent que ça dure... Vous savez aussi bien que moi que, même si nos lois,
présentement, prévoient déjà, au niveau, tu sais, de la garantie puis qu'est-ce
qu'on leur vend en magasin, et tout ça, les gens... il y a une exaspération.
• (11 h 40) •
Puis moi, quand j'ai redéposé ce projet de
loi, suite au premier dépôt de notre collègue... bien, notre ancien collègue, M.
Ouellette, l'ancien député de Chomedey, immédiatement... puis j'en suis
convaincue, que vous aussi, vous avez reçu des communications de gens qui se
sentent exaspérés et que.. Au-delà du coût qu'ils ont payé initialement, il y a
deux autres enjeux : la fameuse pièce de réparation, parfois, n'existe
même plus, alors que le produit est toujours en vente, donc le produit est
encore en vente, mais la pièce pour le réparer, ah! ça, on ne l'a pas, donc on
force les gens à surconsommer alors qu'on pourrait réparer le bien; et le
deuxième élément, que vous avez aussi soulevé, en matière d'environnement,
bien, ce qu'on ne répare pas se retrouve quelque part, puis, présentement,
bien, nos dépotoirs sont pas mal pleins.
Alors, moi, j'aimerais vraiment savoir, M.
le ministre, si je suis disponible et que je vous offre mon agenda, sommes-nous
capables de travailler le projet de loi? Puis, vous le savez, je suis parlable,
mais je pense qu'on est capables, après un an, aujourd'hui, de se dire qu'on va
aller de l'avant parce que... La France a été capable de le faire, puis,
dernièrement, ils ont même modifié leur loi, ils l'ont même bonifiée.
Donc, est-ce qu'on peut, de façon sincère,
se dire qu'on se donne... pas un engagement, parce que je sais que vous ne
pouvez pas vous commettre à brûle-pourpoint, là, je ne suis quand même pas
naïve, mais... puis je ne veux pas non plus vous mettre dans l'eau chaude, même
si vous êtes le leader, là, vous pouvez quand même décider pas mal de l'agenda
législatif, mais... est-ce que vous aimeriez qu'on travaille ensemble
là-dessus?
M. Jolin-Barrette : Bien,
votre question est à l'effet... est-ce que vous souhaitez qu'on travaille
là-dessus, là-dessus en parlant du <projet...
M. Jolin-Barrette :
...question
est à l'effet... est-ce que vous souhaitez qu'on travaille là-dessus, là-dessus
en parlant du >projet de loi que vous avez déposé?
Mme Rizqy : Bien, moi... si
vous le permettez, moi, mon projet de loi... moi, je ne suis pas regardante sur
le nom. Si vous n'aimez pas que ce soit mon nom, je vous le dis, vous pouvez
barrer mon nom puis mettre la vôtre. Je vais travailler pareil avec vous. Je suis
très sérieuse. Moi, je veux juste qu'il soit adopté, je n'ai pas d'ego
là-dedans. J'en ai dans d'autres affaires, là, mais pas là-dedans.
M. Jolin-Barrette : OK. Loin
de moi d'avoir un ego, également, par rapport au nom sur un projet de loi, je
vous rassure, mais, écoutez, à toutes les fois, Mme la Présidente, que j'ai eu
le bonheur de travailler avec la députée de Saint-Laurent, puis ça ne m'est
arrivé qu'à une seule reprise, je pense, l'année passée, sur le projet de loi n° 34,
pour permettre aux organismes à but non lucratif... en fait, pour permettre aux
avocats et aux notaires qui travaillent dans les organismes à but non lucratif
de donner des conseils, des avis juridiques, je peux vous dire, Mme la
Présidente, que ça a été roulé rondement, parce qu'on avait le même objectif
puis ça a été vite.
Alors, bien, écoutez, je prends bonne note
de l'offre qui est faite par la députée de Saint-Laurent. Donc, je comprends
que, s'il y avait une pièce législative de disponible, que ce soit la vôtre ou
une pièce législative qui serait déposée par le gouvernement, vous
souhaiteriez, du côté de l'opposition officielle, que ce soit priorisé et que
ça pourrait être adopté rapidement en vue de protéger mieux les consommateurs,
et qu'ils puissent en avoir pour leur argent, et surtout qu'il y ait des biens
de qualité qui durent une période de temps prévue...
Mme Rizqy : Le temps utile.
M. Jolin-Barrette : ...et
qu'il y ait des pièces de disponibles pour la réparabilité des biens, le tout
étant sujet à... Parce que vous savez qu'il y a eu des consultations,
notamment, qui ont été faites. Les avis, parfois, sont partagés. Les groupes en
matière d'environnement sont très favorables à cette approche-là. Je ne vous
cacherai pas qu'il peut exister certaines réticences de la part des fabricants,
des commerçants, mais je pense qu'on doit s'assurer d'avoir une disponibilité
de pièces puis une durabilité des biens.
Il faut se rappeler aussi que, par contre,
dans la Loi sur la protection du consommateur, actuellement, il y a quand même
la garantie de bon fonctionnement qui existe, sauf que le fardeau est sur le
consommateur. Donc, le consommateur doit contacter l'entreprise ou doit saisir
les tribunaux pour dire : Bien, écoutez, le bien que vous m'avez vendu, ce
n'est pas normal qu'il n'ait pas duré un certain temps. Mais je comprends que,
dans l'objectif du droit à la réparabilité ou d'avoir une garantie qui permet
de... que le bien, on s'attende à ce qu'il dure un certain nombre d'années fixe.
Ça, ce n'est pas prévu dans la Loi sur la protection du consommateur puis ce
serait peut-être un ajout intéressant à mettre. Alors, j'accueille
favorablement votre intervention.
Mme Rizqy : Et, si je peux me
permettre, par rapport à la garantie de bon fonctionnement, certains
fabricants, pour remédier à ça, pour réparer le consommateur, lui remettent
tout simplement un nouveau bien. Et ça, ça ne nous aide pas du côté
environnemental, nécessairement, et ça ne les incite pas nécessairement à
avoir, justement, des pièces de remplacement. Et eux, c'est ce qu'ils
réfléchissent au niveau de leur inventaire, puis on sait que ça coûte,
évidemment, de l'argent, avoir un certain nombre d'inventaires.
Je vous donne un autre exemple pour,
toujours, appuyer ce projet de loi. Vous avez dit qu'il y avait des fabricants
qui peuvent avoir une réticence. J'en conviens, j'ai reçu des courriels de leur
part, je les salue, mais j'ai aussi reçu des courriels de commerçants qui, eux,
sont favorables, parce qu'au contraire ils veulent vendre des produits qui
durent, les commerçants. Et j'ai aussi reçu des courriels de réparateurs qui,
eux, disent : Bien, nous, là, on est capables d'en réparer, des produits,
puis c'est ça, notre tâche, mais encore faut-il avoir les outils, mais aussi le
droit de le faire. Puis je m'explique. En matière de droit de le faire,
certains fabricants vont jusqu'à dire que... si le bien était fabriqué par nous
mais qu'il a été réparé par un tiers qui ne relève pas de nous, bien, vous
perdez votre garantie. Ça, je n'aime pas trop ça.
Moi, en autant que ce soit un réparateur...
appelons-le comme, par exemple, dans le projet de loi, «certifié»... On ne peut
pas lier le consommateur à aller uniquement à certains endroits pour réparer un
bien, parce qu'à ce moment-là on prive le consommateur d'avoir l'occasion de
rencontrer un réparateur qui pourrait charger moins cher pour le même service. Alors,
est-ce que ça... êtes-vous un petit peu du même avis que moi, là, quand même?
M. Jolin-Barrette : Bien,
également, c'est une idée intéressante. Je donne l'exemple : vous achetez
un véhicule, puis là, bien, en fonction du véhicule que vous achetez, les
garagistes se retrouvent, en raison de la conception du véhicule et des
données, maintenant, qui se retrouvent, supposons, dans un nuage et qui ne sont
plus directement sur l'ordinateur... ou que le véhicule n'a plus de port
universel pour connecter, pour faire la lecture de quel est le problème à
l'intérieur du véhicule, ça se retrouve que le consommateur qui a acheté un <véhicule...
M. Jolin-Barrette :
...de
quel est le problème à l'intérieur du véhicule, ça se retrouve que le
consommateur qui a acheté un >véhicule à fort prix doit absolument se
retrouver chez le concessionnaire qui lui a vendu le véhicule, et là on vient
en quelque sorte attacher le consommateur et lui charger des prix qui peuvent
s'avérer pas mal plus élevés que s'il allait chez son garagiste de confiance,
avec lequel il a toujours fait affaire.
Alors, ça aussi, c'est un élément qui me
préoccupe. Les Québécois puis les Québécoises doivent avoir le choix de choisir
où ils font réparer leurs biens. Puis, quand c'est bon pour le portefeuille des
Québécois, c'est aussi bon pour les petites et moyennes entreprises, donc les
différents entrepreneurs qu'il y a sur le territoire québécois, qui sont des
réparateurs, qui sont souvent des commerçants de proximité, qui sont impliqués
dans leur milieu, dans leurs communautés aussi. Donc, ça fait partie de
l'économie locale, également. Alors, écoutez, je pense qu'on pourra trouver des
points d'accord avec ce que vous proposez.
Mme Rizqy : Et, vous savez,
je suis capable de travailler...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...un petit peu plus de 1 min 30 s...
Mme Rizqy : Oh oui! Parfait.
Je suis capable de travailler rondement, comme vous le savez. Si possible... Je
vois que le rapport qui a été... pas fabriqué, désolée, ma langue a fourché,
préparé par Protégez-vous, il est présentement inscrit confidentiel.
Est-ce qu'il y a une raison pour laquelle il est confidentiel? S'il doit être
confidentiel et que je... Moi, je suis prête à signer une entente de
confidentialité, là, ça ne me dérange pas du tout, puis je vais l'honorer, vous
le savez. J'aimerais juste, peut-être... si on était en mesure d'avoir copie du
rapport, je le prendrais. S'il doit demeurer confidentiel, pourquoi, et, sinon,
est-ce que je pourrais peut-être signer une entente de confidentialité pour, au
moins, si jamais je suis appelée à légiférer sur ce sujet, pouvoir le faire en
toute connaissance de cause?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, je vais faire des vérifications. Le rapport a été commandé pour
alimenter les travaux de réflexion, en vue notamment de réfléchir sur la
question de la réparabilité et de la durabilité. Je vais faire des
vérifications si je peux le rendre public, mais, a priori, je n'ai pas vraiment
d'enjeu à ne pas le rendre public, donc... bien, en fait, à le rendre public, je
n'ai pas d'enjeu à le rendre public. Alors...
Mme Rizqy : Parfait. On s'en
reparle au prochain bloc.
M. Jolin-Barrette : ...je
disais une négation, tout ça, mais, écoutez, je vais faire les vérifications.
Donc, je ne prends pas d'engagement aujourd'hui, mais je n'ai pas d'a priori
négatif.
Mme Rizqy : Parfait. Bien,
merci. Il reste 10 secondes, donc mon prochain exemple sera aussi sur les
autos, mais on va revenir après. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous avez compris qu'il y a un deuxième bloc?
Mme Rizqy : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je me tourne maintenant du côté de la banquette
gouvernementale pour une période de 14 min 35 s. Je reconnais le
député de Chapleau. La parole est à vous.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. C'est vraiment un plaisir de vous retrouver en
commission. Ça faisait un certain temps, là, que je n'avais pas eu l'occasion
de siéger en commission, puis... un bonheur de vous retrouver. D'ailleurs, j'en
profite pour vous saluer, également saluer les collègues de l'opposition,
saluer le ministre, et finalement l'équipe qui l'accompagne, et tous les
collègues ici, là, de la banquette gouvernementale. Très, très heureux d'être
ici pour pouvoir procéder, justement, à l'étude des crédits, une période qui
est importante dans notre... dans la vie de notre législature et dans la vie de
notre démocratie, là, donc... l'ensemble des fonds publics qui sont discutés.
J'aimerais peut-être amener, là, en
première question avec le ministre, une question en lien avec l'application de
la Loi sur la protection du consommateur dans les domaines de compétence
fédérale. Je sais que, Mme la Présidente, vous avez eu, quand même, de
l'intérêt à ce niveau-là lors de la dernière législature, là, vous y aviez
travaillé, je m'en souviens très, très bien, puis particulièrement certaines
décisions de la cour, là, qui ont conclu, là, tout récemment, à l'applicabilité
et également le caractère opérant de dispositions de la Loi sur la protection
du consommateur, même si elles ont été, là, contestées au niveau constitutionnel
de la part d'entreprises, autant de télécommunications, que des entreprises
bancaires, que même dans le domaine du transport aérien, qui normalement, sont
perçus comme des domaines de compétence fédérale. Je parle, bien entendu, là,
de la décision Bell Canada c. Directeur des poursuites criminelles et pénales
du Québec, également l'Union des consommateurs c. Air Canada et, un peu plus...
précédemment, là, la Banque de Montréal c. Marcotte.
• (11 h 50) •
Donc, si je fais un petit résumé, là, des faits,
rapidement, dans une ou deux de ces décisions-là, là, prenons, par exemple,
Bell Canada, là, contre le Directeur des poursuites... criminelles et pénales,
pardon, donc, il y avait des poursuites pénales qui avaient été intentées
contre les entreprises de Telus Communications et Bell Canada. Et, pour Telus
Communications, bien, il y avait des infractions qui avaient été alléguées qui
concernaient certains articles de la Loi sur la protection du consommateur. Et,
évidemment, là, ces entreprises-là ont contesté la constitutionnalité des
dispositions et avaient soutenu que ce n'était pas valide et que c'était
inapplicable et inopérant, justement, du fait lié à la compétence fédérale de
télécommunications, mais la Cour d'appel avait conclu, là, que le Québec avait
le pouvoir d'adopter des dispositions en cause en vertu de sa compétence
législative relative à la propriété et au droit <civil...
M. Lévesque (Chapleau) :
...en
cause en vertu de sa compétence législative relative à la propriété et au droit
>civil.
Puis elle avait aussi conclu, puis ça,
c'est un volet qui est quand même assez intéressant, là, que les dispositions
sont applicables aux entreprises de télécommunications puisqu'elles n'empiètent
pas sur le contenu essentiel de la compétence fédérale en matière de
télécommunications, et, puis ça, c'est un volet qui m'a vraiment surpris puis
je trouvais ça intéressant, que même à supposer qu'elle touchait le cœur de la
compétence fédérale, ça ne constituait pas une atteinte grave à la compétence,
et donc, en fait, ça continuait de s'appliquer, les dispositions de la loi
continuaient de s'appliquer, là, au niveau de ces entreprises-là. Et donc elle
déterminait que les clauses étaient opérantes à l'égard des entreprises de
télécommunications, donc ils n'entraient pas en conflit, en quelque sorte, Mme
la Présidente, avec une loi fédérale.
Puis c'est un peu la même logique qui
avait été prise aussi dans Union des consommateurs c. Air Canada. Donc, une
action collective avait été intentée contre Air Canada, à qui le demandeur
reprochait d'avoir exigé un prix supérieur au prix annoncé, et ça contrevenait,
bon, à l'article 224 c) de la loi. Puis Air Canada aussi avait
contesté la conditionnalité en lien avec cette disposition-là. Puis la cour
était venue avec la même logique que la Cour d'appel, cette fois-ci, c'est la
Cour supérieure qui était en cause, puis ça avait conclu que la disposition
était applicable parce qu'elle n'empiète pas sur le contenu essentiel, encore
une fois, de la compétence fédérale, en matière d'aéronautique, cette fois-ci,
et, même si ça venait toucher le cœur de la compétence, ce n'était pas un
empiétement grave, et donc c'était valide en droit. Et ça concluait, également,
là, que la disposition en cause était opérante à l'égard des activités d'Air
Canada puis ce n'était pas en conflit avec une loi fédérale.
Puis, justement, ma question en lien avec
ça, puis... au ministre... quand même intéressant puis... Qu'est-ce qu'en fait
ces décisions-là, M. le ministre, dans le fond, donnent ou, du moins, nous dit
sur la capacité du Québec d'occuper pleinement ses champs de compétence, puis,
donc, comment on peut voir un lien avec, justement, le partage des compétences
et le fédéralisme?
M. Jolin-Barrette : Merci,
Mme la Présidente. Merci au député de Chapleau pour sa question. Puis, écoutez,
je pense que la députée de Saint-Laurent va être d'accord avec moi à ce
volet-là, même si le député de Chapleau n'est pas allé à la faculté de droit de
l'Université de Sherbrooke, ça demeure tout de même un bon juriste...
Mme Rizqy : ...vu que je
n'aime pas qu'on mette des mots dans ma bouche, bien, je confirme que je suis
d'accord.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
On aurait aimé ça, l'avoir à Sherbrooke avec nous, par contre. Alors... Puis je
dois vous dire également que je suis heureux de retrouver le député de
Chapleau. Je m'ennuie un peu de lui en tant qu'adjoint parlementaire à la
Justice, mais là, heureusement, je suis encore leader, ça fait qu'on peut avoir
le bonheur de travailler ensemble. Alors, merci beaucoup, M. le député de
Chapleau, de votre rigueur et de votre travail, notamment.
Et je constate que ça vous intéresse
particulièrement, les questions en matière de partage des compétences, mais
c'est extrêmement important, et vous faites bien de le souligner, que les
tribunaux ont expliqué très clairement que la Loi sur la protection du
consommateur... en fait, la protection des consommateurs est une matière qui
touche les champs de compétence du Québec, et donc qu'on a toute la légitimité
de protéger les consommateurs et de légiférer dans ce domaine-là.
Et ce n'est même pas une question de
théorie, supposons, du double aspect sur un sujet, c'est vraiment que la
compétence touche... en fait, que le sujet touche les compétences québécoises.
Et il ne faut pas hésiter à légiférer dans ce domaine-là pour défendre les
consommateurs québécois en lien avec tout ce qui touche le sujet de la protection
du consommateur. D'ailleurs, c'est intéressant parce que, dans le cadre du
dernier budget fédéral, il y a un volet qui touche notamment la question de la
réparabilité et de la durabilité, qui a été incluse dans le budget du
gouvernement fédéral, mais une chose est sûre, c'est que le Québec doit et veut
demeurer un leader dans le dossier de la protection du consommateur. Et je peux
vous assurer que nous avons l'intention de toujours occuper notre champ de
compétence, parce que tous les pouvoirs qui relèvent de l'Assemblée nationale
doivent être exercés avec... je vous dirais, Mme la Présidente, avec intensité
et rigueur, si je peux dire. Alors, notre intention est justement du fait que...
d'appliquer ces décisions-là.
Puis vous l'avez bien dit, M. le député de
Chapleau, que ce soit en matière de télécommunications, de transport aérien ou
dans le domaine bancaire, ce sont toutes des entreprises qui, généralement,
sont sous le couvert de la loi fédérale, en fait, de la juridiction fédérale, mais
par contre, lorsque vient le temps de servir les consommateurs québécois, ça,
c'est une compétence québécoise, et c'est important que le Québec prenne sa
place et c'est important que le Québec, dans le fond, légifère et occupe
l'espace sur ses champs de compétence. C'est un peu la même chose qu'avec la
langue française, hein? Vous savez, sur le territoire québécois, c'est la Charte
de la langue française qui s'applique, et donc c'est important que les
entreprises y soient assujetties. Donc, le Québec gagnera toujours, Mme la
Présidente, lorsqu'il exercera ses champs de compétences, toujours dans un <souci...
M. Jolin-Barrette :
...gagnera
toujours, Mme la Présidente, lorsqu'il exercera ses champs de compétences,
toujours dans un >souci aussi de cohérence nationale, de faire en sorte
qu'on choisit de développer un modèle distinct pour protéger les consommateurs.
Bien entendu, on est dans un ensemble qui est canadien, qui est nord-américain.
Cependant, on a le droit et on a le devoir de s'assurer d'être des leaders dans
ce domaine-là.
Et d'ailleurs, lorsque la Loi sur la
protection du consommateur a été adoptée par le gouvernement du Parti
québécois, à l'époque, bien, ça a permis, justement, de mieux protéger les
consommateurs et de faire en sorte d'avoir un cadre. Et, à l'époque, la LPC
faisait du Québec œuvre de pionnier, et on a peut-être un petit peu de
rattrapage à faire, donc une modernisation de la Loi sur la protection du
consommateur m'apparaît quelque chose d'envisageable et d'intéressant pour être
en mesure, justement, de garantir aux Québécois des protections intéressantes.
Et d'ailleurs, à l'époque... on m'a
raconté ça, que la Loi sur la protection du consommateur, c'était uniquement
une première phase, et que les phases subséquentes n'ont pas été complétées,
notamment en termes de biens immobiliers. Donc, les biens immobiliers ne sont
pas couverts, et c'était prévu qu'il y ait une phase deux. Alors, c'est ce
qu'on m'a raconté. C'est toujours intéressant, Mme la Présidente, d'avoir un
peu d'histoire, hein, législative dans notre Assemblée. Alors, des fois il y a
des projets, il y a des projets qui se font, il y a des projets qui ne se font
pas, mais...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Très bonne réponse. Est-ce que j'ai d'autres interventions?
M. le député de Chapleau, on poursuit.
M. Lévesque (Chapleau) : Bien
oui. Merci, Mme la Présidente. J'en profite pour remercier, hein, les collègues
de Saint-Laurent et le ministre pour leurs bons mots, là. Et je ne sais pas si
le ministre nous annonçait, là, une primeur ou si ce sera à suivre, mais ça
reste très intéressant, là, ces questions-là, là, particulièrement en droit de
la protection du consommateur. Puis vous connaissez, là, Mme la Présidente, mon
intérêt constant pour les questions constitutionnelles, les questions de
compétence, également, là, au niveau fédéral et du Québec. Donc, voilà, moi, ça
compléterait, puis je passerais peut-être la parole à la collègue de Vimont.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de Vimont, la parole est à vous.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. Je n'ai pas étudié à Sherbrooke, mais j'espère... mais ma fille a
des visées, par exemple, alors... quand même. Alors donc, salutations à tous
les collègues, à M. le ministre, également.
En fait, j'aimerais m'entretenir sur la
question concernant le Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages.
Si vous permettez, Mme la Présidente, je vais employer l'acronyme FICAV pour le
reste de mon exposé, parce que c'est un petit peu long, et je ne voudrais pas
m'enfarger sur le mot. Alors, bon, vous savez que nous avons eu une pandémie,
donc, comme... beaucoup de projets, certains ont dû cesser, dont le FICAV, par rapport
à sa campagne d'information. Fort heureusement, en 2022‑2023, l'office a
relancé des activités de communication, donc, dont j'aimerais peut-être vous
entretenir, par rapport, justement, à la participation au Salon international
Tourisme Voyages, l'envoi d'une infolettre personnalisée aux professionnels de
voyages, la diffusion des nouveaux outils promotionnels pour les voyageurs,
dont le sujet est : votre argent est protégé. Et aussi, dans l'objectif de
développer une campagne d'information, l'office a mandaté une firme de
recherche pour mener deux sondages qui portent justement sur le FICAV auprès
des voyageurs québécois et des professionnels de voyage.
• (12 heures) •
Si vous me permettez, je vais quand même
vous parler un petit peu des résultats qui sont sortis du sondage auprès des
voyageurs. Alors, on sait que, bon, 72 % des Québécois envisagent
d'effectuer un voyage à l'extérieur du Québec. La notoriété du FICAV... auprès
des voyageurs, pardon, est en augmentation, mais la moitié d'entre eux ne le
connaissent pas, 88 % des voyageurs sont d'avis que le FICAV est une bonne
façon de protéger l'argent investi dans un voyage, 63 % des voyageurs
feraient affaire avec un agent de voyages plutôt qu'avec un fournisseur. Donc,
c'est quand même des données intéressantes qu'on a sous la main.
Auprès, maintenant, des professionnels du
voyage, on constate que 78 % des professionnels du voyage considèrent la
couverture du FICAV comme étant avantageuse. Le pourcentage de professionnels
du voyage qui abordent le sujet du FICAV auprès de leur clientèle est en
augmentation. Par contre, les professionnels du voyage sont peu nombreux à
croire que la FICAV... le FICAV, pardon, influence les décisions d'achat.
Alors, ma question auprès du ministre :
Justement, si on regarde, au regard des derniers résultats du sondage, qu'est-ce
que vous pourriez faire pour augmenter...
12 h (version révisée)
Mme Schmaltz : ...des derniers
résultats du sondage. Qu'est-ce que vous pourriez faire pour augmenter,
justement, la notoriété du FICAV auprès des voyageurs?
M. Jolin-Barrette : Bien, je
vais répondre de façon préliminaire.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...minutes.
M. Jolin-Barrette : OK.
Alors... Bien, écouté, le FICAV, bien entendu, à partir du moment où les
consommateurs québécois achètent un billet d'avion, dans le fonds, sur leur
facture notamment, c'est indiqué qu'il y a une contribution obligatoire de
3 $ par 1 000 $, je crois, actuellement...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 2,50 $.
2,50 $... 2,50 $?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : 3,50 $,
excusez-moi, 3,50 $ par 1 000 $. Donc, c'est vrai que l'agent de
voyage devrait indiquer qu'elles sont la nature de ces frais-là, mais il est
indiqué pour le Fonds d'indemnisation des agents de voyages, mais je pense que
c'est important de... de souligner également que, l'an passé... Mais je pense
qu'il y a eu une campagne de publicité de l'OPC?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Oui, on
recommence l'année prochaine avec une campagne de publicité pour l'Office de la
protection du consommateur. Alors, il faut que les gens puissent savoir...
Puis, en fait, avec la pandémie, ça a été
très médiatisé, le recours au FICAV, parce que les gens qui avaient acheté des
billets d'avion se sont retrouvés avec des billets, puis il n'y avait plus d'avions
qui volaient dans le ciel, puis avec la fermeture des frontières. Donc, ça a
amené une connaissance du FICAV, mais également c'est vrai qu'il faut le
diffuser davantage aussi lorsque... Si jamais il arrive un événement puis que
les gens... pour qu'ils soient indemnisés, bien, ils ont des recours par le
biais du FICAV. Donc, mais c'est important, également, de dire : Si vous
achetez vos billets directement en ligne par un portail, ils ne sont pas
couverts, à moins que ce soit avec la compagnie aérienne directement qui est
un... un...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est
ça, il ne faut pas que ce soit avec la compagnie aérienne directement, il faut
que ce soit avec un grossiste, si on peut dire...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : ...un
voyagiste, un voyagiste. Donc, je ne veux pas nommer de... de groupe
particulier, là, ici, là, mais il faut... il faut que ce soit fait. Donc, si
vous achetez directement le billet d'avion avec la compagnie aérienne, le FICAV
ne s'applique pas, mais si vous passez par le biais d'un voyagiste, là, à ce
moment-là, le FICAV... Donc, ça prend un agent de voyage dans la démarche.
Donc, il y a des avantages à avoir recours à un agent de voyage en termes de
protection pour les billets d'avion.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Le temps est écoulé pour cette partie du
bloc.
Je me tourne maintenant du côté de l'opposition
officielle pour une période de 18 min 30 s. La parole est à vous.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. D'entrée de jeu, je veux dire merci au député de Chapleau, parce
que ce qu'il a expliqué tantôt, moi, je l'ai défendu lorsque j'avais écrit le
projet de loi sur la fiscalité des produits numériques et les transactions
numériques, donc, pour les GAFAM... qui ne paient pas d'impôts et qui ne
voulaient pas, à l'époque, non plus, collecter des taxes de vente. Et un
sous-ministre m'avait gentiment expliqué que je portais des lunettes roses et
que c'était impossible parce que c'était un enjeu fédéral, et j'ai dû lui transmettre
pas une mais bien quatre différentes décisions de la Cour suprême qui
expliquaient qu'effectivement, dans nos champs de compétences, nous avons aussi
l'autonomie fiscale pour pouvoir assujettir des entreprises étrangères. Et c'est
chose que nous avons faite. D'ailleurs, c'était mon collègue, M. Carlos Leitão,
qui avait fait adopter ce que nous, on appelle communément la taxe Netflix.
Et maintenant il ne reste que la taxe
GAFA, que je suis aussi disponible pour travailler sur la taxe GAFA quand vous
voulez, parce que ça, je ne pense pas qu'on devrait laisser, et je le dis au
micro, un centime au fédéral, puisque plusieurs des infrastructures numériques qui
ont été investies par le gouvernement du Québec, rappelons-nous de la campagne
Brancher les familles, initiative du gouvernement du Québec, et aussi que nos
infrastructures numériques, nous les assumons, et que, par conséquent, les
services offerts en ligne et vendus à des Québécois, bien, la taxe de ces... ou
l'impôt perçu par rapport à ça devrait rentrer dans les coffres du trésor
québécois. Mon message, vous comprendrez, est zéro subtil, hein, et c'est
ainsi.
Mais je fais miens vos propos puis je vais
revenir à mon troisième bloc, lorsque je parlerai de l'autre projet de loi que
j'ai déposé, celui sur les intérêts qui sont abusifs. Je vais en parler dans
mon troisième bloc, parce que je crois que ça fait suite, aussi, à tout ce qui
est dans l'intérêt des consommateurs.
Mais là je vais revenir, pour terminer,
vraiment, sur la protection du consommateur. Moi, je n'ai pas eu vent de la
modernisation à... deuxième phase. Je ne savais pas qu'il y avait aussi, à une
certaine époque, l'enjeu immobilier, qui devait aussi être la phase II. Je
n'avais pas lu ça. Mais... mais au moins, maintenant, je vais me coucher
peut-être plus intelligente grâce à vous ce soir, au moins avec un... avec un volet
de l'histoire que... qui m'avait échappé.
Ceci étant dit, tantôt, je voulais donner
un autre exemple au ministre. On a parlé des véhicules. Je sais que vous suivez
quand même très bien l'émission La facture. Et, il y a quelques
semaines, il y avait un reportage où des Québécois avaient leur véhicule qui
était brisé suite à un accident et vont chez leur garagiste. Le garagiste
attend la pièce, il attend, il attend, il attend. Le garagiste veut réparer
mais la pièce n'arrive pas. Et comment que nos assurances <fonctionnent...
Mme Rizqy :
...chez
leur garagiste. Le garagiste attend la pièce, il attend, il attend, il attend.
Le garagiste veut réparer mais la pièce n'arrive pas. Et comment que nos
assurances >fonctionnent, pour la très grande majorité des Québécois,
nos assurances en matière de véhicules, le véhicule qu'on nous prête, que le
garagiste nous met à notre disposition, là, le véhicule de courtoisie, bien,
c'est bon pour 28 jours, mais, par la suite, ça devenait aux frais du
consommateur. Alors, encore un autre argument de se presser d'adopter notre projet
de loi. Puis, vous voyez, là, comment que je le dis, «notre projet de loi».
Zéro subtilité, hein, non plus là-dedans.
C'est parce qu'on va aussi venir donner les
outils pour les Québécois pour s'assurer que, lorsqu'il y a un bris, bien,
qu'il n'y ait pas, au fond, une double pénalité. D'une part, on a le
consommateur qui attend que son véhicule se fait réparer et paie ses
mensualités. Parce que plusieurs, évidemment, n'ont peut-être pas le
30 000 $, 40 000 $ pour payer d'un seul coup leur véhicule,
donc ils ont soit un prêt auto ou une location qu'ils paient durant le temps
que le véhicule est stationné chez le garagiste en attente d'une pièce. Et, en
plus de ça, après l'échéance du 28 jours pour le véhicule de courtoisie,
s'ils n'ont pas pris l'avenant qui prolonge plus que 28 jours, mais ils
doivent payer un autre véhicule de courtoisie, donc ils se retrouvent à payer
deux mensualités pour être en mesure de continuer à circuler.
Alors, moi, je crois sincèrement que ce
projet de loi va aider beaucoup de monde, incluant des gens qui
malheureusement... Puis, ça arrive à n'importe qui d'avoir un accident d'auto.
Et puis, des fois, c'est des cas fortuits. Des fois, ce n'est même pas un
accident d'auto. Bien, regardez, avec la tempête de verglas, si une branche
tombe sur votre véhicule, il est accidenté, c'est un incident malheureux. Puis
malheureusement, si vous devez attendre pendant deux, trois mois une pièce,
pour plusieurs Québécois, ça deviendra à leurs frais, malheureusement, le
deuxième véhicule de courtoisie. Alors, ça, c'est un argument supplémentaire,
M. le ministre, pour qu'on puisse... Puis, je vous l'offre, même moi, je suis
disponible, et je le dis sincèrement, je suis disponible de soir comme de nuit
ces temps-ci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je ne sais pas si vous avez une réponse.
M. Jolin-Barrette : Bien, je
vous dirais, sur cet aspect-là, si je peux donner quelques conseils...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Bien, je
veux être positif. Ça dépend des enfants. Moi, il m'arrive encore aussi de
travailler la nuit, j'en profite aussi. Alors, je... je ne veux pas vous
décourager, mais... je veux vous encourager, mais ça dépend des cycles de
sommeil, je vous dirais, mais... Alors, chapeau à vous, Mme la députée, de
concilier le tout.
Et d'ailleurs, ça me fait penser, je
trouve qu'on doit travailler à faire en sorte d'attirer, notamment, des... des
hommes et des femmes de tous âges à l'Assemblée nationale, incluant ceux qui
souhaitent fonder une famille. Donc, je pense que c'est important de valoriser
le travail des députés, en ce sens-là, et de mettre des mesures. On a fait le
congé parental ensemble dans le cadre de l'entente sur la 43e législature,
avec l'ensemble des formations politiques. Je pense que c'était une avancée,
mais on peut aller encore plus loin également. Donc, il faut réussir à attirer
des parlementaires de tous âges à l'Assemblée nationale en prenant en compte la
réalité également des jeunes parents. Sur ce commentaire...
Mme Rizqy : ...souscris à ce
que vous êtes, hein?
M. Jolin-Barrette : Excellent.
Écoutez, il y a vraiment beaucoup de points communs, moi, je trouve, là,
aujourd'hui, avec la députée de Saint-Laurent, là. Je constate que la députée de
Saint-Laurent est une grande nationaliste aussi. Donc, elle dit au fédéral :
C'est nous qui avons payé les infrastructures, c'est notre juridiction, hein,
c'est au Québec. Alors...
• (12 h 10) •
Mme Rizqy : ...aussi, je
tiens à souligner, des fiscalistes québécois, dont moi et la chaire de
fiscalité puis en finances publiques avons écrit là-dessus, en plus.
M. Jolin-Barrette : C'est
très bon, ça. C'est... c'est ça. Donc, je constate que le... la fréquentation
soutenue de la députée de Saint-Laurent avec notre formation politique vous
amène... Non, mais c'est vrai, là, plus... plus de temps vous passez au
Parlement avec nous, plus je constate que le nationalisme de la CAQ vous permet
d'adhérer, alors je trouve ça favorable.
Mme Rizqy : ...à souligner
que mes propos existaient bien avant mon arrivée au Parlement.
M. Jolin-Barrette : En tout
cas, je constate que le Parti libéral du Québec a une championne en termes de
nationalisme puis je pense...
Mme Rizqy : Plusieurs.
M. Jolin-Barrette : Bien, je
vais commencer par vous, notamment par vous. Alors, écoutez, ça... ça ne peut
qu'être bénéfique, je crois. Donc, j'arrête mes analyses ici.
Sur votre question, sur le fond, sur les
véhicules, écoutez, il y a eu un reportage, notamment, de La facture
pour une dame qui avait un véhicule aux Îles-de-la-Madeleine puis ils lui disaient
notamment : Allez le faire réparer à l'Île-du-Prince-Édouard. Ça, ça
n'avait pas d'allure.
Deuxièmement, la question de la qualité
des automobiles. Dans plusieurs États <américains...
M. Jolin-Barrette :
...Allez
le faire réparer à
l'Île-du-Prince-Édouard. Ça, ça n'avait pas d'allure.
Deuxièmement, la question de la qualité
des automobiles. Dans plusieurs États >américains, ils ont des lois
anticitrons pour dire : Quand le véhicule automobile, dans le fond, c'est
une poubelle qui a été vendue au consommateur, il y a des mesures pour faire
réparer le véhicule. Alors ça, c'est quelque chose qui est... qui est
intéressant, parce qu'il faut que le consommateur, dans un premier temps, quand...
quand il a un citron, il puisse le faire réparer puis surtout que son véhicule
soit en bon état de fonctionnement, mais aussi, quand un véhicule a un bris à
une pièce, il faut que la pièce soit disponible puis il faut que le garagiste,
qui n'est pas nécessairement un affilié à un concessionnaire de la compagnie,
puisse faire réparer également.
Tout à l'heure, je parlais de certains
véhicules, maintenant, que la prise universelle — ça a un nom
particulier, là, cette prise universelle là — pour lire l'ordinateur
du véhicule, parfois, c'est uniquement disponible dans les concessionnaires.
Puis d'autres fois, également, mais ils peuvent se brancher, mais ils n'ont pas
accès aux informations qui se retrouvent dans le... dans le nuage. Et même,
parfois, on se retrouve avec certains garagistes qui doivent payer pour pouvoir
avoir accès à être accrédité pour être un réparateur aussi. Ça fait qu'on vient
contrôler complètement le marché.
Donc, il faut faire en sorte que le
consommateur puisse faire réparer son bien, notamment son véhicule, parce qu'on
se trouve dans une situation où c'est le consommateur qui paie puis il doit
avoir la liberté de choisir, c'est son bien à lui.
Mme Rizqy : Merci. En fait,
vous, vous faites référence au reportage de La facture, je crois, de la
semaine dernière, moi, c'était celui de l'automne dernier, mais c'est bien
parce que je suis d'accord aussi qu'on ne peut pas demander à des gens... aux
Madelinots de parcourir des heures et des heures pour faire réparer un
véhicule. Ça ne fait aucun sens. Le mien, c'était par rapport, vraiment, que
l'inventaire des pièces était présentement très déficient pour plusieurs
réparateurs et que ça forçait, en fait, les consommateurs à être en attente
d'une réparation qui, en temps normal, aurait pu prendre une semaine ou deux,
et, tout à coup, maintenant, on parle de délais de plusieurs semaines qui
dépassent le 30 jours, et c'est là qu'ils sont obligés d'avoir un deuxième
véhicule mais à leurs frais, parce que l'assurance que la grande majorité ont
présentement, là, dans leur couverture... Vous savez que plusieurs ne lisent
pas tous les... toutes les pages d'un contrat d'assurance et ils ne savent pas
qu'ils peuvent avoir aussi un avenant pour avoir une couverture plus longue. Mais,
en même temps, ce serait au consommateur d'avoir un avenant pour une couverture
plus longue, alors que, si on adopte notre projet de loi, on assure à ce
moment-là de la disponibilité des pièces, être capable de le faire dans un
délai que je trouve très raisonnable, là. 30 jours, là, moi, je pense que,
si on a un inventaire qui est présent, on devrait être correct.
Mais je voudrais aussi ajouter, toujours
pour ce projet de loi, si vous avez pris connaissance, vous avez sûrement
remarqué que, contrairement à l'ancien projet de loi, j'ai changé les amendes,
les peines prévues. Je veux juste vous dire d'où ça vient. Ça vient, en fait,
de la loi sur l'environnement.
Rappelez-vous, il y a une certaine époque,
il y avait dans la loi sur l'environnement un plafond pour les amendes, puis ça
a été modifié, puis finalement on a ajouté des amendes plus sévères mais aussi
avec un pourcentage sur les profits réalisés. Pourquoi que ça a été ajouté? C'était
en fait pour s'assurer que les entreprises ne voient pas que c'était plus
profitable de payer l'amende et de continuer à polluer. Alors, ça, ici, c'est
pour ça que j'ai repris textuellement le même libellé qui existe déjà dans la Loi
sur la qualité de l'environnement du Québec, mot pour mot, à part «adaptation
nécessaire pour protection du consommateur», mais c'est vraiment dans ce
sens-là. C'est prévu, les mêmes amendes, les mêmes pénalités. Et évidemment le...
le temps d'emprisonnement, c'est exactement la même chose. Je voulais juste que
vous le sachiez, ce n'est pas quelque chose que j'ai sorti de ma...
Même si le projet est inspiré d'un régime
français, au niveau des peines et des amendes, je voulais qu'on s'assure qu'il
y ait une cohérence. Et cette cohérence, je trouve qu'elle est... elle est... elle
est importante avec le ministère de l'Environnement.
Et, dans le commentaire qu'on retrouve la
page 105 des crédits d'environnement, c'est aussi mentionné que ce
rapport... d'autres rencontres auront lieu en fonction de l'avancement des
travaux législatifs. Donc, si jamais dans les autres travaux qui auront lieu
entre le ministère de l'Environnement et la protection du consommateur, on
pourra même veiller... est-ce que tout le monde est bien d'accord qu'il y a une
cohérence entre environnement, les peines prévues là et celles prévues au
projet de loi qui sera, j'ose espérer, le nôtre.
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, j'accueille favorablement le fait que vous disiez «notre projet de loi».
Si d'aventure le gouvernement décidait de déposer un projet de loi, je
comprends que vous feriez vôtre cedit projet de loi. Et moi aussi, je ne suis
pas marié avec la page couverture du projet de loi. Alors, l'important, c'est
qu'on puisse mieux protéger les consommateurs québécois.
On... nous avons noté, dans le cadre de
votre projet de loi, que les amendes sont très sévères. Ça amène une... une
réflexion, je vous dirais, qui... qui est intéressante et positive, pour
dire : Bien, à quoi ça sert, dans le fond, des <amendes...
M. Jolin-Barrette :
...dans
le cadre de votre projet de loi, que les amendes sont très sévères. Ça amène une...
une réflexion, je vous dirais, qui... qui est intéressante et positive, pour
dire : Bien, à quoi ça sert, dans le fond, des >amendes? Ça sert,
dans le fond, à pénaliser pour que ce soit dissuasif lorsqu'on est en matière
pénale. Alors, il faut regarder... Dans certaines lois, les amendes ont
commencé pas mal à augmenter aussi. C'est sûr qu'il faut qu'il y ait un effet
dissuasif, puis on comprend aussi que l'amende est prise en... est fixée aussi
en considération du préjudice que le consommateur a puis pour éviter que le
comportement se reproduise également. Alors, voyez-vous, quand on a fait la... la
loi sur l'accès à l'information, renseignements personnels, les amendes ont été
augmentées d'une façon substantielle également.
Alors, écoutez, moi, je... Dans ce projet
de loi là, il y avait l'amende proportionnelle au revenu aussi par rapport aux...
aux renseignements personnels. Ce sont des éléments que... qui alimentrent...
qui alimentent notre réflexion relativement aux amendes, est-ce qu'il n'y
aurait pas lieu d'augmenter les amendes prévues à la Loi sur la protection du
consommateur? C'est des avenues qui sont... je vous dirais, qui sont
intéressantes et qui... et qui permettraient peut-être aussi d'atteindre les
objectifs visés par la loi, parce que le consommateur, lui, souvent, il se
retrouve dans une situation de déséquilibre, si je peux dire, parce que, bon,
un consommateur unique devant, supposons, une grande entreprise ou une
multinationale, il achète un bien, bien, au volume de biens que les grandes entreprises
vendent, le consommateur québécois, lui, se retrouve à, bon, saisir les
tribunaux, tout ça, mais, un cas, s'il n'y a pas d'effet dissuasif, bien,
l'entreprise pourra peut-être répercuter ce cas-là aussi. Donc, c'est sûr que
le législateur, lui, quand il fixe des amendes, bien, il faut qu'il analyse ça
puis il faut qu'il le prenne en considération. Alors, peut-être qu'une
actualisation des peines serait appropriée.
Mme Rizqy : Puis, pour... Toujours
dans la même veine, on est quand même moins sévères que la France. Et, par
exemple, si on prend l'affaire de Apple qui s'est retrouvée pas une fois mais
bien deux fois dans l'embarras, qui a finalement admis d'avoir fait de la...
l'obsolescence programmée. La première fois, ça a été une amende de
25 millions d'euros et puis, par la suite, un autre
10 millions de dollars d'euros qu'ils ont payé. Donc, c'est quand
même des sommes importantes.
Et ici, les personnes lésées, elles sont
doubles, il y a d'abord, oui, le consommateur, mais aussi le peuple québécois
qui est lésé, parce que le bien qu'on ne peut pas réparer mais ça va à la
poubelle. Puis présentement, bien, nos terres d'enfouissement, vous le savez,
sont déjà pleines. Alors, moi, je vois ici qu'on est doublement pénalisé
lorsque ces entreprises, une fois que la loi, évidemment, si d'aventure est
adoptée, ne se conforment pas, non seulement le consommateur est lésé, mais
nous tous, collectivement, il y a un impact et cet impact, il est majeur d'un
point de vue environnemental.
Et moi, je trouve aussi que ça permet
aussi d'envoyer un message très fort qu'on prend ça très au sérieux. Puis on
l'a déjà fait, d'ailleurs, comme vous venez de le dire, avec la protection des
renseignements personnels. C'est envoyer un signal très fort, parce que, moi,
je regarde présentement dans d'autres lois et ça me fait encore sourire qu'en
2023 on nous donne des peines jusqu'à 10 000 $ pour certains cas que,
je veux dire, ça... ça remonte à une ancienne époque. Puis, peut-être que,
lorsqu'on était en 1980, c'était... c'était à propos, mais aujourd'hui, en
2023, avec des entreprises que je qualifie respectueusement... très riches
comme Apple qui, soit dit en passant, a plusieurs centaines de milliards de
dollars dans les paradis fiscaux. Merci. Il fallait que je le dise, c'était
plus fort que moi. Ces entreprises sont capables de s'assurer d'avoir des
pièces disponibles en temps utile, ils ont les moyens d'avoir ces pièces mais ils
font un choix commercial. Et c'est à nous de tracer la ligne pour dire que, si
jamais vous êtes fautifs, bien, à ce moment-là, voici des conséquences. Et ça
doit être dissuasif, parce que sinon, malheureusement, ce type d'entreprises,
ils ont les moyens de dire : Je vais sortir mon chéquier puis je vais en
rire.
• (12 h 20) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bien, écoutez, Mme la Présidente, ce que dit la députée de Saint-Laurent a
plein de bon sens. Alors, c'est... c'est... c'est quelque chose qui... qui doit
mériter notre réflexion, alors je vais cogiter sur ses propositions qui visent
notamment à assurer le respect de la loi puis un changement de comportement
aussi de certaines entreprises.
Puis, écoutez, même le président américain
a signé un ordre exécutif au mois de juillet dernier concernant la
réparabilité. Donc...
M. Jolin-Barrette : ...donc,
si ça peut être favorable. Puis, si c'est favorable pour les consommateurs
américains, si... certaines mesures qui doivent être... devraient être
favorables aussi aux consommateurs québécois.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Alors, peut-être que j'aurai l'occasion que... de siéger, dans un avenir
rapproché, sur ce projet de loi, le nôtre.
Et je ne sais pas si on peut déposer ou
comment on fait, Mme la Présidente, pour envoyer... C'est des lettres d'appui
de citoyens mais aussi des ACEF qui nous supportent dans ce projet de loi.
Puis, je vous le dis, vous allez avoir, et je le... tiens à souligner, ma
pleine collaboration. Je veux juste que ce soit sanctionné, et qu'on puisse se
dire que, oui, on a franchi une étape. Et pour la... pour d'autres phases, je
me montrerai aussi disponible, pour d'autres projets du... de... de
modernisation du... de La Loi sur la protection du consommateur, je serai aussi
disponible. Mais, si on est capables de faire ce pas, ce sera déjà un grand pas
pour non seulement le consommateur mais même pour l'environnement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Effectivement, le temps est écoulé, mais vous n'avez qu'à
les acheminer à... au secrétariat, ça va être déposé. Lorsque ça va être
déposé, je vais vous aviser.
Alors, nous sommes rendus au bloc qui
concerne le deuxième groupe d'opposition pour une période de 18 min
20 s. M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la parole...
Saint-Henri...
M. Cliche-Rivard : Saint-Henri—Sainte-Anne.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...Sainte-Anne. Merci beaucoup. La parole est à vous.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci à tout le monde ici présent. Merci aux
commissions et à l'OPC, évidemment, et tout le monde qui... qui est présent.
Alors, je vais commencer avec une question
sur le... l'adoption possible d'un chargeur unique ou chargeur universel.
L'adoption du chargeur unique par les eurodéputés pour les petits appareils
électroniques entrera en vigueur en 2024, un succès concret pour
460 millions de consommateurs européens, moins de déchets électroniques,
plus d'argent dans les poches des gens. Chaque année en Europe, on achète
500 millions de chargeurs, ce qui génère entre 11 000 et 13 000 tonnes
de déchets, donc ce qui est énorme. Et on parle d'économies d'autour de
250 millions d'euros annuellement pour les consommateurs.
Alors, ma question : Qu'en est-il du
Québec? Pourrait-on adopter ce genre de loi? Et que fait le Québec pour
encadrer des pratiques commerciales qui encouragent le gaspillage et la
pollution électronique?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, on avait la discussion avec la députée de Saint-Laurent sur cet
élément-là. Mais, écoutez, pour les chargeurs universels, je pense qu'on est en
retard par rapport à l'Europe aussi. Puis, regardez, là, on vient en
commission, il faut traîner deux fils différents, hein, pour nos produits.
Alors, est-ce que, ça, ça fatigue les citoyens québécois? Moi, je pense que
oui.
Puis, c'est vrai, on est tout le temps en
train de chercher un fil. Puis là quoi de plus fâchant que quand vous n'avez
plus de batterie dans votre téléphone, puis là vous prenez votre fil, puis vous
avez amené le mauvais fil. Vous êtes coupé de la société, hein, c'est... Hein?
M. Cliche-Rivard : ...
M. Jolin-Barrette : Très
grande ouverture, très grande ouverture.
M. Cliche-Rivard : Et est-ce
qu'on peut s'attendre à des actions du ministre rapidement?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, moi, j'aime ça, quand... vivre dans l'action, vous me connaissez. Là,
on est sur le projet loi n° 12. Là, bien entendu, j'invite la députée de Saint-Laurent
à discuter avec vous. Parce que, si jamais on avait un projet de loi à étudier
en obsolescence pour la protection du consommateur, bien là, il faudrait que...
Je ne peux pas me dédoubler, là, hein, être sur plusieurs commissions, ça fait
qu'il faudrait faire le projet de loi n° 12 aussi rapidement pour qu'on
puisse siéger ensemble aussi avec la députée de Saint-Laurent pour passer à un
autre projet de loi. Alors, je compte sur vous, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Puis, il
serait appelé, ce projet de loi là? On l'étudierait?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, moi, j'ai beaucoup d'ouverture, comme je discutais avec la députée de Saint-Laurent.
Et il y a plusieurs mesures qui ont été proposées par la députée de Saint-Laurent,
dans son projet de loi, qui sont fort intéressantes, notamment, le droit à la
réparabilité, la durabilité, les véhicules routiers également, donc... Les
amendes aussi, c'est intéressant. Alors, c'est plein de sens, ce que la
collègue de... de Saint-Laurent nous propose.
M. Cliche-Rivard : Mais je
vais faire un petit bout de chemin là-dessus, justement. Je sais que vous en
avez parlé, l'obsolescence, mais j'ai d'autres questions, là, qui tournent
autour de ça quand même. Il y avait un PL sous l'ancienne législature, une
pétition aussi qui avait recueilli 45 000 signatures. Le gouvernement
n'avait pas appelé le projet de loi malgré les demandes insistantes à l'époque
de ma collègue députée de Sherbrooke, qui avait demandé, et assez... avec
insistance, que ce soit appelé. À l'époque, votre collègue la ministre de la
Justice, Sonia LeBel, avait demandé à l'OPC de tenir des consultations et de
nous revenir avec des recommandations. Malgré toutes nos recherches, on n'a
jamais été capables de trouver ces recommandations. Est-ce qu'elles existent?
M. Jolin-Barrette : Les
recommandations de l'OPC?
M. Cliche-Rivard : De l'OPC
sur la question de l'obsolescence programmée.
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, comme on le disait tout à l'heure... Puis, juste une sous-question, là.
M. Cliche-Rivard : Oui.
M. Jolin-Barrette : Vous,
vous faisiez référence à quel projet de loi qui n'avait pas été appelé?
M. Cliche-Rivard : 197.
M. Jolin-Barrette : Ah, bien
là, ça m'attriste un petit peu, parce que je l'ai appelé au principe, puis on a
même voté le <principe...
M. Cliche-Rivard :
...197.
M. Jolin-Barrette :
Ah,
bien là, ça m'attriste un petit peu, parce que je l'ai appelé au principe, puis
on a même voté le >principe.
M. Cliche-Rivard : Il n'a
certainement pas été adopté, là, vous comprenez le principe de ma question.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais
là vous m'avez dit «il n'a pas été appelé», mais là je l'ai appelé, là,
comme leader, là, puis on a eu un débat là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Bon. Vous
l'avez appelé, on ne l'a pas adopté. Est-ce que vous pouvez répondre à la
question?
M. Jolin-Barrette : Oui, bien
là, en fait, vous savez, l'agenda...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...ne jamais appeler le... un député par son nom, mais bien
par sa... son titre, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous pouvez poursuivre votre... votre réponse, M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, on
a appelé le projet de loi. Effectivement, vous avez raison, M. le député, il
n'a pas été adopté, mais, écoutez, on est dans une toute nouvelle législature,
il reste trois ans et demi à la présente législature, donc, écoutez, l'avenir
nous le dira, mais comme j'ai soumis à la députée de Saint-Laurent, moi, j'ai...
j'ai beaucoup d'ouverture à faire en sorte de mieux protéger les consommateurs
québécois.
M. Cliche-Rivard : Mais la
ministre avait demandé à l'OPC de tenir des consultations, c'est ça ma question ,
est-ce qu'elles ont été menées et ont-elles abouti en recommandations auprès du
ministère?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors, oui, les consultations ont été tenues et ça permet d'alimenter les
réflexions de l'Office de la protection du consommateur sur : Est-ce que
la Loi sur la protection du consommateur doit être modernisée? Est-ce qu'il y a
des mesures pour faire en sorte de mieux protéger les consommateurs québécois,
notamment sur la question de la durabilité et de la réparabilité?
M. Cliche-Rivard : J'imagine
que la réponse, c'était oui, qu'il y a plusieurs mesures que vous pouvez mettre
de l'avant?
M. Jolin-Barrette : Dans les
recommandations? Bien, effectivement, il y a des suggestions. Puis d'ailleurs,
puis ça, tout à l'heure, la députée de Saint-Laurent le soulignait, il y a le
ministère... bien, en fait, l'Office de la protection du consommateur travaille
en collaboration avec le ministère de l'Environnement pour voir, à la lumière
des recommandations qui ont été formulées... Puis, on a consulté aussi Option Consommateurs,
à savoir quelles seraient des mesures appropriées, des mesures législatives,
parce qu'il y a un double objectif : la protection des consommateurs mais
également la réduction de la consommation des biens. Bon. La députée de Saint-Laurent
parlait de l'enfouissement, notamment, mais comme, est-ce qu'on peut arrêter
d'acheter et jeter des... des biens qui... qui devraient être encore bons ou
qu'on devrait pouvoir réparer? Alors, oui, ça fait partie. Mais, voyez-vous, on
a cette considération-là de consulter le ministère de l'Environnement au niveau
de l'empreinte écologique puis au niveau du fait qu'il faut... il faut... la...
maintenant, quand on développe notre économie, prendre en considération
l'aspect environnemental.
M. Cliche-Rivard : Et est-ce qu'on
pourrait avoir accès aux dites recommandations suivant les consultations?
M. Jolin-Barrette : Mais là,
actuellement, ça fait partie encore des documents de travail que nous avons.
Alors, à ce stade-ci, la réponse, c'est non, mais je pourrais vérifier, là,
voir ce qu'il est possible de faire.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ce serait très apprécié. Je vais parler de financement des organismes et de la
Loi sur la protection du consommateur. Le budget de 12,3 millions de
dollars dont dispose l'Office de la protection du consommateur pour remplir sa
mission nous semble insuffisant. Je me demandais, qu'en pense l'office,
directement, est-ce qu'elle juge que les sommes sont suffisantes pour
rencontrer son mandat essentiel?
M. Jolin-Barrette : Alors, je
vais céder la parole à Mme Marie-Claude Champoux, mais j'imagine que vous
ne diriez pas non, si on vous en donnait plus.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...consentement pour que Mme Champoux puisse prendre
la parole. Consentement?
Des voix : Consentement.
• (12 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous présenter, s'il vous plaît. La parole est à vous.
Mme Champoux (Marie-Claude) : Oui.
Bonjour. Marie-Claude Champoux, présidente de l'Office de protection du
consommateur. Alors, pour répondre à la question, effectivement, je peux dire
que les gens de l'office, les équipes de l'office font des miracles à chaque
jour avec un budget qui peut paraître pas énorme, mais qui nous permet de faire
preuve de créativité et, je pense, de faire un travail formidable en protection
du consommateur. Mais, comme l'a dit le ministre, c'est sûr que si on voulait
m'en offrir de plus, on trouverait certainement à bien utiliser ces sommes.
M. Cliche-Rivard : Alors, je
me retourne vers le ministre. Pourquoi ne pas offrir davantage pour la
protection du consommateur?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, vous savez, les ressources sont limitées, les besoins sont illimités.
L'office a un... un budget de... de plusieurs millions de dollars, mène une
mission qui est importante, a notre soutien. D'ailleurs, je tiens à remercier
l'ensemble des employés qui travaillent à l'Office de la protection du
consommateur, qui, au quotidien, répondent à des demandes des consommateurs,
font... renseignent également, il y a des inspections, il y a un contentieux,
il y a les employés administratifs, également. Alors, c'est une mission qui est
importante de l'État.
Puis, tout à l'heure, on parlait de
nationalisme, je pense que c'est important également d'exercer pleinement nos
compétences en matière de protection du consommateur, et c'est ce qu'on va
continuer à faire.
Juste à titre d'information, là, il y a
124 employés à l'office. Les dépenses, l'an passé, c'était
12,3 millions de dollars. Il y a 110 035 cas qui ont été soumis
par des consommateurs. Il y a 21... 21 814 plaintes de nature pénale
au civil qui ont été traitées. Il y a 38 890 trousses d'information
expédiées à des consommateurs...
12 h 30 (version révisée)
M. Jolin-Barrette : ...juste à
titre d'information, là, il y a 124 employés à l'office. Les dépenses, l'an
passé, c'était 12,3 millions de dollars; il y a 110 035 cas
qui ont été soumis par des consommateurs; il y a 21 814 plaintes de nature
pénale ou civile qui ont été traitées; il y a 38 890 trousses d'information
expédiées à des consommateurs ou téléchargées à partir du site Web pour les
aider à régler leurs problèmes avec un commerçant; il y a 2 353 activités
de surveillance menées auprès de commerçants; il y a 97 poursuites pénales
qui ont été engagées; il y a 566 126 $ qui ont été en amendes
imposées; il y a 19 967 permis, exemptions et certificats en
vigueur...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : J'ai
fini.
M. Cliche-Rivard : Merci. Par
ailleurs, même si l'OPC a le pouvoir d'intenter des poursuites pénales contre
les commerçants qui contreviennent à la Loi sur la protection du consommateur,
il n'y a aucun pouvoir pour obtenir les sommes... en fait, la remise des sommes
perdues par les consommateurs. Là, je réfère à la page 7 du mémo de l'OPC.
Que pensez-vous de la possibilité de modifier la loi pour permettre une
indemnité civile pour les consommateurs victimes d'une pratique illégale?
M. Jolin-Barrette : En
matière de pratiques illégales, que pensez-vous de...
M. Cliche-Rivard : Que
pensez-vous à l'idée de modifier la loi pour permettre une indemnité civile
pour les consommateurs victimes d'une pratique illégale, donc une pratique qui
viole la loi?
M. Jolin-Barrette : Donc,
vous voudriez faire en sorte que le consommateur québécois puisse lui-même
entamer un recours, ou, dans le cadre du même recours en matière pénale, il y
ait une indemnité civile qui soit accordée?
M. Cliche-Rivard : Deuxième.
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, il faudrait réfléchir à la question. Généralement, c'est plutôt rare
qu'en matière pénale il y ait un volet d'indemnité civile pour le plaignant.
Cela étant, exemple, si on fait le parallèle en matière criminelle, en matière
criminelle, le juge peut imposer, en vertu du Code criminel, un montant pour la
victime. C'est plutôt rare que ça arrive dans notre système. Si on compare,
supposons, au système français, bien, eux, ils règlent tout dans le même
procès, si je peux dire, mais c'est une approche qui est différente, où le juge
conduit l'instruction, puis c'est le même juge qui fait l'ensemble des éléments.
Bien, je pense que ça peut être une avenue
à explorer, écoutez, je ne suis pas fermé. Je ne suis pas fermé. C'est sûr que
les dommages, souvent, en matière de protection du consommateur, sont donnés
dans le cadre d'actions collectives, où est-ce que, là, les consommateurs... il
y a des dommages qui sont octroyés. Bien, écoutez, je vais réfléchir à votre
proposition.
M. Cliche-Rivard : Parfait. J'ai
une question à la Commission d'accès à l'information, qui exerce des
responsabilités accrues depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle mouture de la
Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé. Par
ailleurs, justement, son financement nous apparaît insuffisant au regard de sa
mission. Que pense la commission de son budget actuel? Et est-ce que le
ministre est prêt à donner les moyens nécessaires à la commission afin d'effectuer
la surveillance adéquate des entreprises québécoises?
M. Jolin-Barrette : Bien là,
vous me parlez de la Commission d'accès à l'information?
M. Cliche-Rivard : Exact.
M. Jolin-Barrette : Bien là,
c'est l'Office de la protection du consommateur.
M. Cliche-Rivard : ...bon,
bien, je vais retirer ma question. Merci. Je vais poser une question sur le
nombre...
M. Jolin-Barrette : Si vous
voulez, je vais transmettre votre question à mon collègue le ministre
responsable de la Protection du consommateur.
M. Cliche-Rivard : Oui. Bien
apprécié. Je vais poser une question directe sur le cahier des crédits de l'opposition...
du deuxième groupe d'opposition officielle, page 6. J'aimerais avoir... Je
vois, quand même, qu'il y a un nombre de presque 3 000 plaintes, en
2022, pour les automobiles d'occasion. Je voudrais savoir quel constat on peut
retirer et quel est le champ d'action pour réduire ce nombre de plaintes ou
régler la situation ou le problème.
M. Jolin-Barrette : Alors, on
m'indique que c'est le sujet qui a le plus de plaintes, à l'Office de la
protection du consommateur, les véhicules automobiles. Donc, on...
M. Cliche-Rivard : ...
M. Jolin-Barrette : Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Non, non,
mais ça, on le voit. Je veux dire, le tableau est quand même super bien dressé,
on voit le nombre de plaintes par catégorie. Est-ce qu'on a des idées, des
explications, ou des leçons, ou des moyens pour endiguer ce nombre de plaintes
là? Dans le sens où il y a vraisemblablement des problèmes pour les
consommateurs.
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, si vous permettez puis que les membres de la commission acceptent,
la présidente de l'office pourrait répondre sur pourquoi est-ce qu'il y a
autant de plaintes en matière de véhicules automobiles d'occasion.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sans problème. On n'a plus besoin du consentement vu qu'on
l'a fait une première fois. Allez-y.
Mme Champoux (Marie-Claude) :
D'accord. Merci. Effectivement, les véhicules d'occasion font l'objet de...
sont nos champions des <plaintes...
Mme Champoux (Marie-Claude) : ...merci.
Effectivement, les véhicules d'occasion font l'objet de... sont nos champions
des >plaintes, à l'office, depuis plusieurs années. C'est un domaine qui
fait l'objet de plaintes puis qui est... en augmentation, d'ailleurs, depuis
quelques années, également. Nous sommes à mettre un petit comité
consultatif... là, avec les associations de marchands de véhicules d'occasion
et la Corporation des concessionnaires automobiles, de même que l'Association
de protection des automobilistes, là, pour pouvoir s'asseoir puis travailler
plus de concert pour améliorer leurs pratiques. Eux diraient : Pour
diminuer le nombre de plaintes, mais le but... Nous, souvent, on est en
prévention, à l'office, alors histoire d'améliorer leurs pratiques, là, on doit
mettre ce petit comité là en place dans les prochaines semaines.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
on pourrait s'attendre à avoir les recommandations du comité en question dans
la prochaine année, dans les prochains deux ans. Qu'est-ce que vous avez, comme
objectif, là?
Mme Champoux (Marie-Claude) : On
va le mettre en place et on verra quel genre de mandat, là, on pourra partager.
M. Cliche-Rivard : Merci. On
sait que les restaurateurs sortent d'une passe difficile, avec la pandémie. Or,
il semble qu'il y ait une autre épidémie qui sévit, celle des réservations non
honorées, donc des «no show», là, si vous me permettez l'expression. On a parlé
de ça, récemment, dans les médias, mais c'est effectivement très préoccupant.
Certains restaurateurs ont donc commencé à demander des frais pour des
réservations non honorées, ce qui n'est évidemment pas légal, mais il ne faut
pas se leurrer, une partie des pertes en raison de ces réservations non
honorées pourrait se répercuter sur la facture des clients qui, eux, honorent
leur réservation.
Alors, au niveau de la protection du
consommateur, plutôt que d'interdire le tout mais que ça se fasse quand même,
ne devrions-nous pas plutôt l'encadrer?
M. Jolin-Barrette : Écoutez,
l'Association des restaurateurs est très vocale à ce sujet-là. Ça fait partie
des réflexions que nous avons, le fait que certains clients fantômes ne se
présentent pas à leurs réservations. Honnêtement, on demande aux Québécois et
aux Québécoises d'être responsables. Lorsque vous faites une réservation au
restaurant, la moindre des choses, c'est d'appeler pour l'annuler, parce que le
restaurateur, lui, achète de la nourriture, il réserve des tables, fait rentrer
son personnel au travail, assume des salaires, des charges, puis il peut se
retrouver sans revenu puis avoir des pertes financières, en plus, associées à
ça. Donc, on comprend la difficulté de... pour les restaurateurs québécois,
mais on demande aux Québécois de faire preuve de civisme puis vraiment
d'annuler leurs réservations pour... le faire.
Pour ce qui est de savoir quelles mesures
doivent être prises en place, on est en train de les analyser, parce que, bien
entendu, moi, je suis ministre responsable de la Protection des consommateurs,
et là, c'est une mesure où on nous demande d'imposer aux consommateurs certains
frais. Donc, dans la question, Mme la Présidente, du député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
il nous dit : Bon, bien, peut-être que le prix va se répercuter pour les
consommateurs qui vont véritablement manger. Alors, le député n'a pas tort, probablement
que c'est comme dans tout, où est-ce que le prix est réparti ailleurs. D'un
autre côté aussi, c'est une mesure qui est à l'encontre des consommateurs
aussi, dans une certaine mesure.
Alors, on est en train de réfléchir, mais
c'est sûr que cette pratique-là... On demande vraiment aux gens d'avoir... de
faire preuve de civisme, puis d'annuler leurs réservations, puis le plus
rapidement possible, pour permettre aux consommateurs... Puis il faut le dire,
là, il y a beaucoup de restaurateurs, c'est des petites et des moyennes
entreprises qui sont des commerçants locaux. Alors, on invite vraiment les gens
à annuler leurs réservations, mais, pour le reste, on y réfléchit.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Cliche-Rivard : Combien?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 45 secondes.
• (12 h 40) •
M. Cliche-Rivard : 45 secondes.
Mme Champoux, pendant que vous y étiez, vous nous parliez de votre petit... du
comité en matière d'automobiles. Est-ce qu'il y a le genre de comité dans
d'autres secteurs pour analyser le nombre de plaintes ou c'est seulement limité
aux véhicules d'occasion?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Il
y a un comité qui est prévu à la Loi sur les agents de voyages, là, qui est le
Comité consultatif sur les agents de voyages, qui se réunit au moins trois fois
par année. Il y a, par ailleurs, des comités qui ont été formés par l'office
aussi, comités de consultation avec les consommateurs et le Comité consultatif
du commerce de détail, également. Ils ne sont pas nécessairement uniquement
pour regarder les plaintes, là, c'est pour échanger sur les réalités du marché,
dans les deux cas.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, avant d'entamer le dernier droit,
donc, le dernier bloc avec l'opposition officielle, je vous indique que les
documents ont été déposés dans le Greffier. Par contre, ils ne seront pas
rendus publics à cause de certains renseignements <personnels...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
...pas rendus publics à cause de certains
renseignements >personnels. Donc, ils sont dans la portion Documents
distribués. Alors, dernier bloc, 18 min 30 s pour vous, Mme la
députée de Saint-Laurent. La parole est à vous.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Effectivement, donc, les courriels reçus ont été transmis en
appui du projet de loi qui a été déposé, mais j'aimerais aussi dire que la CACQ
appuie aussi... bien, pas la CAQ C-A-Q, mais la CACQ, C-A-C-Q, c'est-à-dire la
Coalition des associations de consommateurs du Québec. Alors, merci beaucoup
pour votre appui pour le projet de loi pour lutter contre l'obsolescence
programmée et donner le droit à la réparation, avec aussi des amendes qui sont
plus substantielles afin vraiment d'assurer que les gens au Québec sont en
droit de recevoir un produit qui dure et qui soit réparable et qu'on arrête de
polluer pour rien.
Maintenant, j'aimerais aller à la
question 61. Je vais vous donner le temps de tourner vers... les pages,
mais, en attendant, je vais juste parler pour... Ce n'est pas... C'est juste
pour mes besoins à moi, de compréhension, peut-être que ça va être Mme Champoux
qui pourra me répondre, le mécanisme, pour tout ce qui est les amendes qui sont
perçues par l'office dans un délai de 30 jours, est-ce que... comment, par
la suite, est administré ces montants-là? C'est juste pour ma compréhension du
mécanisme.
Mme Champoux (Marie-Claude) : Le
montant des amendes, donc, on... au fonds consolidé.
Mme Rizqy : OK, au fonds
consolidé, donc. Et, si, par exemple, après le délai de 30 jours, lorsqu'il
est expiré, là, ça passe au DPCP et que... disons qu'une personne enregistre
après ce délai-là de 30 jours, auprès du DPCP, un acte de culpabilité et elle
paie, est-ce que ça va aussi au fonds consolidé?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Toutes
les amendes vont au fonds consolidé.
Mme Rizqy : OK. Donc, dans
tous les cas de figure, ça va...
Mme Champoux (Marie-Claude) : Tout
à fait.
Mme Rizqy : Parfait. C'est ça
que je voulais juste comprendre. Puis juste pour bien comprendre aussi la
réponse, donc, entre le 1er avril 2022 puis le 28 février 2023, c'est
30 400 $ qui auraient été perçus directement par l'office, donc que
le plaidoyer de culpabilité a été fait à l'intérieur du délai de 30 jours.
Par la suite, on parle que... «notons que, durant cette même période, les
condamnations liées aux poursuites pénales visant une infraction aux lois sous
la responsabilité de l'office s'élèvent à 260 371 $ ». Ça, c'est
le montant, après le délai de 30 jours, transféré au DPCP?
Mme Champoux (Marie-Claude) : On
m'indique que c'est le total.
Mme Rizqy : Le total. OK. D'accord.
Donc, le total, donc 260 000 $ moins 30 000 $, mais la
différence, c'est que... Dans la première façon que c'est écrit, c'est que les
amendes ont été perçues. La deuxième phrase, on dit que le montant des
infractions est à 260 000 $. Est-ce que le 260 000 $, c'est
le montant perçu ou c'est le montant des amendes, au fond, des infractions
transmises? Est-ce que ça a été perçu au fonds? Est-ce qu'il y a consentement
pour que je puisse... C'est correct? C'est juste pour que je comprenne. Il n'y
a pas de question piège, c'est juste pour moi, pour comprendre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : ...
Mme Rizqy : Merci.
M. Allard (André) : Oui.
André Allard. Pour répondre à votre question, le 260 000 $ représente
l'ensemble des sommes qui ont été imposées soit par une reconnaissance de
culpabilité ou bien par un tribunal. Maintenant, des sommes sont perçues
par le Bureau des infractions et amendes, et celles qu'on reçoit à l'office
directement sont à la suite d'un plaidoyer de culpabilité, et on les transmet
pour qu'elles soient déposées par... au fonds consolidé, là, par une mécanique
administrative. Et l'autre question... Je m'excuse.
Mme Rizqy : Bien, c'est ça,
je voulais juste m'assurer que le 260 000 $, au fond, c'est de
l'argent qui a été encaissé, là.
M. Allard (André) : Non,
c'est des montants qui ont été imposés soit par la reconnaissance de
culpabilité ou par le tribunal. Et ensuite le Bureau des infractions et amendes
peut prendre des ententes avec les personnes qui ont été inculpées pour voir
comment payer les amendes.
Mme Rizqy : Merci beaucoup.
Puis est-ce qu'on sait environ quel est notre taux de recouvrement?
M. Allard (André) : Je
l'ignore.
Mme Rizqy : OK, d'accord.
Parfait. Merci beaucoup pour les explications, c'est beaucoup plus clair. C'est
très apprécié. Merci.
J'ai aussi une autre question dans le cahier
des crédits, si vous permettez, il faut juste que je le retrouve avec mes
post-it, j'en ai plusieurs. Ça ne sera pas long, désolée. J'ai posé une
question... Ah! pardon, c'est la question 44. Pour toutes les dépenses
publicitaires réalisées par le ministère ou l'organisme indiqué : médias
communautaires, 0 $; Internet et médias sociaux, les montants ne sont pas
énormes, là, c'est marqué 11 976 $. Est-ce que ça, c'est la dépense
faite, par exemple, sur les réseaux sociaux comme Facebook?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Tout
à fait.
Mme Rizqy : OK, parfait.
Merci. Alors, j'aimerais juste, peut-être, et je le dis avec beaucoup,
beaucoup, beaucoup d'affection... Il me semble... J'ai siégé sur l'avenir des
médias... puis là c'est plus pour vous, M. le ministre, s'il vous plaît, on a
siégé sur l'avenir des médias et, vous <savez...
Mme Rizqy :
...il
me semble... J'ai siégé sur l'avenir des médias... puis là c'est plus pour
vous, M. le ministre, s'il vous plaît, on a siégé sur l'avenir des médias et,
vous >savez, les publicités, sur Facebook, ils ne paient pas d'impôt, et
cet argent-là s'en va dans les paradis fiscaux. Et si, dans la mesure du
possible, vous êtes aussi capable de faire de la publicité dans des réseaux,
par exemple, des médias communautaires, il y a encore beaucoup de monde qui,
oui, prennent le temps de lire des médias régionaux et qui rejoignent encore
des Québécois. C'est juste pour vous attirer... puis avoir cette sensibilité
pour donner suite aussi à une des recommandations que nous avons adoptées à
l'unanimité dans le cadre de nos travaux de l'avenir des médias. C'est une
suggestion très forte.
M. Jolin-Barrette : Ce qu'on
m'indique également puis je vais pouvoir vous revenir avec un complément
d'information, c'est qu'il y aurait eu... Ça, c'est les montants pour Internet,
médias sociaux, mais il y a également de l'argent qui a été mis dans les médias
traditionnels. Alors, je suis en attente de la réponse. Ce qu'on me dit, c'est
que les factures ne sont pas encore rentrées, c'est pour ça qu'elles ne sont
pas aux crédits.
Mme Rizqy : Ah! il n'y a pas
de souci, Mme Champoux. Merci. Donc, j'apprécie que... Parfait, là. C'est juste
que moi, j'avais «0 $». Donc, il n'y a pas de problème, mais je comprends
que ça va être... Puis là pas de souci, je le vois dans le regard de Mme
Champoux, que la sensibilité est déjà là.
M. Jolin-Barrette : Dans le
dernier mandat, également, on avait financé Option Consommateurs pour une
campagne sur le commerce en français aussi.
Mme Rizqy : J'aime.
M. Jolin-Barrette : Bien, moi
aussi, j'aime ça.
Mme Rizqy : En autant que le
faucon pèlerin soit impliqué.
M. Jolin-Barrette : Ah! bien
là, écoutez, je ne peux pas vous dire si lui, il est disponible.
Mme Rizqy : OK. Maintenant,
vous savez que j'ai déposé un autre projet de loi, celui sur les intérêts
abusifs. Et là le député de Chapleau va être content, parce que tantôt je lui
ai dit que... suite à son intervention, que je faisais miens ses propos et que
j'en parlerais à mon troisième bloc, et, Mme la Présidente, vous le savez, femme
de parole que je suis, j'en parle maintenant au troisième bloc.
M. le ministre, vous le savez, il y a une
différence entre taux d'usure, qui est une notion en droit criminel, qui est
déjà dans le Code criminel, et la notion de ce qui est abusif, qui est une
notion plus civile. Est-ce que, là-dessus, vous êtes d'accord, comme prémisse
de départ pour la discussion?
M. Jolin-Barrette : Oui, mais...
On vit dans un régime qui est particulier, je suis d'accord, mais, écoutez, ce
qui est intéressant, notamment dans le dernier budget fédéral... pour le taux
usuraire, ils se sont collés sur notre taux à nous, au Québec, dans la
proposition qu'ils souhaitent mettre en place, alors...
Mme Rizqy : Puis qu'ils n'ont
pas encore adoptée.
M. Jolin-Barrette : Non.
C'est beaucoup plus long, eux, leurs mesures, avant que ce soit adopté. Nous...
Mme Rizqy : Ah oui! Ils ont eu
une longue consultation, un rapport qui a pris du temps.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
La Chambre des communes, le Sénat, après ça, tout le kit, le gouverneur
général. C'est pas mal plus long qu'ici. Nous autres, ici, là avec...
Mme Rizqy : On devrait vous y
envoyer, ça irait vraiment plus rapidement.
M. Jolin-Barrette : Où, au
Sénat ou à la Chambre des communes?
• (12 h 50) •
Mme Rizqy : Ah! je ne sais
pas. Qu'est-ce que vous préférez? Je vais vous dire que... Finalement, ne
répondez pas à cette question. Non, mais, de façon très sérieuse, vous savez
que, premièrement, dans le Code criminel, même s'ils ont eu des discussions,
ils ont gardé... c'est encore 60 %. Oui, ils ont marqué leur intention
d'aller de l'avant, mais au niveau... pour nous, là, au Québec, là... puis tantôt
nous, on l'a clairement dit, qu'il y a des champs de compétence puis que c'est
à nous de légiférer, pourquoi qu'on parle du taux abusif...
Et je me suis vraiment, ici, inspirée d'un
régime qui existe, qui a été adopté en France et qui fonctionne. Il y a eu des
modifications législatives, en janvier dernier, de la part du législateur
français, même, pour aller plus rapidement puis que la révision soit mensuelle
et non pas trimestrielle, au niveau du taux abusif, puis la différence, c'est
que... Je vais vous donner juste une comparaison, si vous permettez, au niveau
de nos cartes de crédit. Plusieurs Québécois, en ce moment, leur taux de cartes
de crédit, le taux d'intérêt, est entre 19 % et 24 %. Ça, c'est la carte
de crédit qui est soit Visa soit MasterCard. Puis les deux ensemble détiennent
environ 90 % des parts de marché, les deux ensemble, ce qui est énorme, mais
ça, c'est un autre débat, hein, mais je ne veux pas aller dans ce débat-là,
mais... je veux rester concentrée. Puis, en ce moment, à l'heure actuelle, en
France, bien, pour un crédit de consommation, je ne veux pas vous induire en
erreur, je vais me référer à mes notes, si vous me permettez, un petit moment.
En ce moment, pour, par exemple, une carte de crédit avec une imite de plus de
6 000 €, ça ne peut pas dépasser 6,07 % le taux d'intérêt, alors
que nous, on est déjà entre 19 % et 24 %, dans ces eaux-là. Il y a
quand même ici une différence qui est assez importante, et ça permet d'avoir un
impact directement dans le portefeuille des Québécois.
Et je tiens à le dire, plusieurs Québécois
remboursent la totalité du solde, plusieurs, mais il y en a qui ne sont pas
capables de rembourser la totalité du <solde...
Mme Rizqy :
...la
totalité du solde, plusieurs, mais il y en a qui ne sont pas capables de
rembourser la totalité du >solde. Et comment ça fonctionne, les intérêts?
Si vous avez, par exemple, 10 000 $ sur votre carte de crédit mais
que vous avez payé 5 000 $... bien, nonobstant que vous avez déjà
payé votre 5 000 $, bien, l'intérêt va être appliqué sur la totalité,
donc, du 10 000 $ d'emprunt, en plus. Donc, ce n'est même pas sur le
montant qui reste à payer, c'est sur l'ensemble du crédit de consommation. Et,
en plus de ça, c'est qu'on paie beaucoup plus cher que nos chers cousins
français. Moi, là, vous me connaissez, je suis très disponible pour légiférer,
vraiment disponible. Est-ce qu'il y a de l'ouverture?
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez,
bien entendu que les créances, les taux, c'est un enjeu, tout comme... Puis
vous faites bien de le souligner, parce que ça place beaucoup de Québécois dans
une situation de vulnérabilité. Les taux sont élevés, puis, avec l'inflation
que nous connaissons, il y a beaucoup de gens qui se retrouvent dans des
difficultés financières, puis souvent, bien, ils ont des cartes de crédit,
utilisent une autre carte de crédit pour payer une carte de crédit, n'ont pas
nécessairement accès à du crédit dans l'institution financière aussi, donc ça
devient une spirale, effectivement. Alors, oui, ça fait partie des réflexions
que nous avons, tout comme les modèles financiers relativement à l'hypothèque
parapluie.
Vous savez, c'est une mécanique
hypothécaire qui vise à faire en sorte d'attacher un client à une institution
financière pour pratiquement toujours, de la façon que c'est conçu. Et les
biens mobiliers se retrouvent... Parce qu'il y a toutes sortes de formes de
crédits rotatifs qui sont donnés, et là le client se retrouve à, oui, avoir une
disponibilité de crédit, mais il se retrouve à avoir une garantie hypothécaire
pour financer un voyage à Cuba, financer la moto, l'auto, un camp de chasse,
des chirurgies plastiques. Donc, il y a des... certains éléments à réfléchir
là-dessus, et notamment aussi sur le déséquilibre à l'effet que lorsqu'un
client, supposons, achète une propriété résidentielle puis se retrouve avec un
contrat de crédit dans lequel les garanties hypothécaires qui sont envisagées
par l'institution financière visent à couvrir la totalité de la somme
disponible de la propriété, donc, de la maison ou de la copropriété... avec un
surplus de 20 %.
Donc, en matière de crédit aussi, il y
aurait quelques mesures à apporter, mais, déjà, la Loi sur la protection du
consommateur protège les consommateurs à certains niveaux, mais vous soulignez
certains points qui sont intéressants, avec votre projet de loi, qui
mériteraient d'être envisagés.
Mme Rizqy : Puis vous, a
priori, évidemment sans vous engager, sans me faire une opinion juridique sur
le banc, a priori, pensez-vous que nous avons juridiction? D'autant plus que
nous avons eu droit à la sagesse des propos du député de Chapleau tantôt.
M. Jolin-Barrette : Bien, je
vous dirais, Mme la Présidente : Comment contredire le député de Chapleau,
qui fait autorité ici, en ces murs? Alors, je serais très mal avisé, Mme la
Présidente, de contredire le député de Chapleau, je...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Je me sens mal à l'aise de distinguer mes propos des siens.
Mme Rizqy : Bien, parfait.
Bien, parfait. Alors donc, j'aimerais aussi ajouter, là-dessus, parce que moi,
ça visait non seulement le crédit à la consommation, les prêts hypothécaires,
les marges de crédit, donc, c'étaient tous les prêts. Puis vous savez qu'il y a
aussi les prêteurs sur gages, là-dedans, qui devront aussi se conformer à ce
projet de loi que j'ai déposé. J'aimerais aussi vous entendre sur les frais qui
sont facturés lorsqu'un client décide de changer d'institution puis renégocier
son prêt hypothécaire et que, là, on dit : Non, on va vous facturer un...
on va vous facturer un frais pour mettre un terme à votre prêt hypothécaire
avec nous.
M. Jolin-Barrette : Ça aussi,
c'est un enjeu, mais là vous parlez quand le prêt n'est pas échu ou quand on
veut...
Mme Rizqy : Il n'est pas
encore échu mais qu'on veut... Parce que, des fois, il arrive qu'il y a une
mésentente avec son institution financière, et qu'on veut magasiner, et qu'à ce
moment-là on veut... et qu'on a une meilleure entente ailleurs, et on veut s'en
aller, on veut nous facturer des frais pour briser le contrat, alors qu'aux
États-Unis, ils les ont abolis, ces frais-là.
M. Jolin-Barrette : Alors,
actuellement, le crédit hypothécaire, là, il est largement exclu de la Loi sur
la protection du consommateur. Là, vous, ce que vous dites, c'est : J'ai
un contrat avec une institution financière x pour un terme de trois ans,
supposons mais, au bout d'un an et demi, je voudrais m'en aller dans une autre
institution <financière...
M. Jolin-Barrette :
...mais,
au bout d'un an et demi, je voudrais m'en aller dans une autre institution >financière?
Mme Rizqy : Oui.
M. Jolin-Barrette : Donc,
actuellement, au contrat, c'est prévu qu'il y a des frais de résiliation. Ça
mérite réflexion.
Mme Rizqy : OK. Tantôt, vous
nous avez parlé que la phase deux, c'était immobilier. Est-ce que, quand vous
faisiez référence de l'histoire... que, dans la phase II, immobilier, c'était
en référence au prêt hypothécaire immobilier ou c'étaient juste les
transactions immobilières?
M. Jolin-Barrette : Non, bien,
c'est par rapport notamment à la construction.
Mme Rizqy : Ah! OK.
M. Jolin-Barrette : Le fait
qu'un contrat de construction immobilière, ce soit régi par la Loi sur la
protection du consommateur, ce qui n'est pas le cas. Et, vous savez, durant la
pandémie, et je ne vous cacherai pas que ça fait partie des réflexions que nous
avons relativement à l'effet... Durant la pandémie, il y a beaucoup de ménages
québécois qui se faisaient bâtir des maisons et que... là, à cause des règles
sanitaires, vous savez, les chaînes de production ont arrêté, les prix des
matériaux ont monté, notamment, bien, des gens qui attendaient leur maison,
supposons, pour le 1er juillet, pour livraison, tout ça, se sont fait dire
par certains contracteurs : Bien, tu vas me donner 150 000 $ de
plus si tu veux avoir ta maison. Leur ancienne maison était vendue ou leur bail
de logement était vendu aussi. Puis là, bien, c'est un peu le far west, là,
hein, l'industrie de la construction, relativement à ça, c'est le far west.
Puis même, il y avait des... dans les contrats pour achat d'une propriété
résidentielle neuve, il n'y avait pas de disposition, souvent, dans les
contrats qui disait : Bien, qu'arrive-t-il en cas d'augmentation des
matériaux?
Donc, il y a beaucoup de familles
québécoises qui se sont fait flouer en raison d'une augmentation unilatérale.
Et qu'est-ce que vous voulez que la famille fasse? C'est la maison qu'elle a
achetée. Qu'est-ce qui arrive? Il y a beaucoup de... il y a beaucoup de
situations qui sont arrivées où est-ce que la famille n'a pas pu acquérir la
propriété, finalement, puis qu'on s'est retourné, puis, malgré le fait qu'ils
avaient un contrat préalable pour la construction à un prix, ça n'a pas été
respecté aussi. ;
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. C'est sûr qu'avec le temps qu'il nous reste, je n'aurai
pas.... De toute façon, on se retrouve cet après-midi, je pourrai terminer mon
échange avec la ministre. Je vous entends très bien puis je partage aussi les
mêmes préoccupations, mais j'entends aussi, au fond, que... et je ne veux pas
mettre des mots dans votre bouche, mais c'est qu'on a tout un chantier en
matière de protection du consommateur. Êtes-vous en train de travailler sur un
projet de loi?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, Mme la Présidente, je ne peux pas dévoiler ce sur quoi je travaille
présentement, parce que je travaille sur tellement de choses, Mme la
Présidente, puis je ne voudrais pas créer des espoirs à la députée de
Saint-Laurent, à trop court terme, sur mes objectifs législatifs.
Chose certaine, vous aurez constaté qu'au
ministère de la Justice, on n'a pas l'habitude de chômer. Alors, déjà, on a
deux projets de loi de déposés, donc, le projet de loi n° 8, qui a été
adopté, le projet de loi n° 12, avec qui... j'ai le plaisir de travailler
avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, qui nous a garanti, parce qu'il veut
travailler sur votre projet de loi, que ça va aller vite, vite, vite, le projet
de loi n° 12. Vous avez vu la très bonne entente que j'ai signée au
bénéfice des victimes et des justiciables québécois avec la juge en chef de la
Cour du Québec, qui devra se traduire d'ici la fin de la session en un projet
de loi pour modifier la Loi sur les tribunaux judiciaires.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, le temps de cette
première partie étant écoulé, je vous remercie tous et toutes. Bon dîner.
Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 04)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre les
travaux. Je vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude
du volet Protection des consommateurs des crédits budgétaires du portefeuille
Justice pour... l'objectif... pour l'exercice financier 2023-2024.
Nous sommes maintenant rendus à un bloc d'intervention
de... du porte-parole de la deuxième opposition pour une période de 6 min 2 s.
Avant de commencer, je vais vous demander votre consentement pour aller au-delà
de l'heure prescrite, si nécessaire. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. La parole est à vous, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup. Je vais revenir sur le sujet de tout à l'heure, sur les plaintes en
matière de véhicules, véhicules d'occasion, notamment, sur le sujet... On va
commencer par les... la loi anticitron ou la proposition potentielle de loi anticitron.
Contrairement aux États-Unis, aucune loi
au Canada ne protège les consommateurs contre les véhicules gravement
défectueux ou irréparables, ce qu'on appelle des citrons. L'association de
protection automobile en a fait pourtant la demande à... de plusieurs reprises.
On a une décision récente de la Cour du Québec, qui a relancé le débat, où une
cliente a acheté une Subaru 2015 et est passée 26 fois au garage en
quatre ans. Et, à plus d'une reprise, elle a demandé au concessionnaire de
reprendre le véhicule, le concessionnaire a refusé, et finalement tout ça s'est
fini devant les tribunaux.
Alors, est-ce que, M. le ministre, vous
avez l'intention de légiférer afin que les concessionnaires et les fabricants
reprennent les voitures, les véhicules citrons?
M. Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, votre question est intéressante et pertinente. Je trouve que... Vous
savez, des... une législation anticitron, il y en a une dans chacun des 50 États
aux États-Unis. Alors, eux, là-bas, ils ont légiféré, et je me souviens d'avoir
vu un reportage, il y a de cela quelques années, relativement à une personne
qui avait acheté une voiture d'une marque américaine-italienne, là, si vous
voulez, c'est un consortium maintenant, puis elle avait fait réparer un nombre
innombrable de fois son véhicule, puis, comme, c'était vraiment un citron.
Alors, il faut protéger le consommateur. Je pense que, écoutez, j'envisage
positivement votre suggestion. Dans le cadre d'un éventuel projet de loi,
peut-être que ça pourrait s'y retrouver. Moi, je suis... je suis ouvert à ça.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Dans le même ordre d'idée, le respect du prix annoncé par les concessionnaires
automobiles, au Québec, la Loi sur la protection des consommateurs est claire, <l'acheteur...
M. Cliche-Rivard :
...parfait.
Dans le même ordre d'idée, le respect du prix annoncé par les concessionnaires
automobiles, au Québec, la Loi sur la protection des consommateurs est claire,
>l'acheteur devrait être en droit d'obtenir le prix entendu au départ.
L'industrie automobile fait la sourde oreille, malgré l'intervention de
l'Office de la protection, qui a dû rappeler, au courant de l'été dernier, les
droits des consommateurs et les obligations des commerçants. Malgré
l'intervention de l'OPC, certains fabricants et concessionnaires s'en moquent.
Est-ce à dire que l'office n'a pas assez de pouvoirs et de moyens pour forcer
les concessionnaires à honorer leurs contrats?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Bien, en fait, ce que la Loi sur la protection du consommateur prévoit, c'est
le prix tout inclus qui doit être affiché, moins les taxes. Les taxes n'ont pas
besoin d'être affichées. Alors, c'est nécessaire de le faire. L'OPC fait des
activités de surveillance également, reçoit des plaintes également,
relativement à des événements comme ceux que vous... vous dénoncez. Et, bien
entendu, les commerçants doivent respecter la loi, et, s'ils ne respectent pas
la loi, sont sujets à des poursuites pénales de la part de l'Office de la
protection du consommateur.
Donc, c'est l'article 224, c), de la
Loi sur la protection du consommateur qui interdit à tout «commerçant,
fabricant ou publicitaire d'exiger pour un bien ou un service un prix supérieur
au prix annoncé, le prix annoncé doit comprendre le total des sommes que le
consommateur devra débourser pour l'obtention du bien ou du service».
M. Cliche-Rivard : Et est-ce
que l'office se juge suffisamment outillé, ou est-ce qu'il y a des pouvoirs
supplémentaires qui pourraient être nécessaires pour vous aider dans votre
mandat, ou vous sentez que vous avez tous les pouvoirs pour le faire?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Je
pense que la loi est claire, on peut effectivement faire appliquer la loi.
D'ailleurs, c'est... je peux vous dire qu'entre 2018 et 2022 il y a eu
256 avis de rappel qui ont été envoyés à des commerçants automobiles,
26 avis d'infraction ont été transmis également, 17 poursuites
pénales. Alors, oui, on fait notre travail dans les circonstances.
M. Cliche-Rivard : Est-ce
qu'on connaît le montant des... finalement, des amendes, des 17 amendes
pénales, ou environ qu'est-ce que ça représente?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Je
n'ai pas cette info.
M. Cliche-Rivard : Non. Il
n'y a pas de problème. Je vais y aller sur une autre question, sur la... ce
qu'on a appelé la réduflation. L'inflation amène de plus en plus de fabricants
à recourir au principe de la réduflation. Cette pratique consiste à réduire
subtilement la quantité d'un produit, tout en conservant le même prix, de
manière à camoufler une augmentation du coût du produit. Pour aider les
consommateurs devant la hausse des prix, l'ensemble des pratiques visant à
dissimuler l'augmentation des prix ou à refiler le coût supplémentaire aux
consommateurs doivent être mieux encadrées. L'OPC juge-t-il qu'il a tous les
moyens nécessaires pour protéger les consommateurs face à cette pratique? Et
est-ce une priorité de votre côté?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors, l'exemple du député Saint-Henri—Sainte-Anne, c'est : j'achète mon
sac de chips, puis il me semble qu'avant... quand je m'installais devant la
télé pour écouter un film avec mon sac de chips, il me semble qu'il en restait,
des chips, à la fin de mon film, mais maintenant je ne suis même pas rendu à la
moitié du film, puis il n'y a plus de chips dans mon sac. Donc, ce n'est pas
parce que je mange plus, c'est parce qu'il y a moins de chips dans le sac puis
les formats sont plus petits. Même chose pour la crème glacée, ou les formats
de yogourts, ou les céréales, ou...
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : ...les biscuits.
Les biscuits, on me disait «biscuits». Alors, la Loi sur la protection du
consommateur ne prévoit pas... n'encadre pas, en fait, la quantité de
nourriture à l'intérieur de l'emballage. Par contre, ce qu'elle prévoit, c'est
que ça ne doit pas être une représentation trompeuse. Donc, on ne pourrait pas
dire : Vous avez autant de chips qu'avant dans votre sac, mais le sac est
plus petit. Ça, ce serait couvert par la LPC, mais, par contre, pour la
fixation des prix et aussi le contenu qu'il y a dans le sac de chips ou le
nombre de biscuits, pour mon collègue, à ce moment-là, non, la Loi sur la
protection du consommateur n'encadre pas ça. C'est la liberté des commerçants
de faire... d'offrir le produit qu'ils offrent. Donc, à partir du moment où il
y a le nombre de grammes, il y a le prix qui est affiché, puis c'est réellement
ça, bien, la Loi sur la protection du consommateur ne couvre pas ça.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Cliche-Rivard : Ce sera
tout.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ce sera tout.
M. Cliche-Rivard : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le député. Alors, je me tourne du côté
de l'opposition... de l'opposition... de la banquette gouvernementale pour une
période de 4 min 34 s. Je reconnais la députée de Vimont. La
parole est à vous.
Mme Schmaltz : ...Mme la
Présidente. Donc, j'aimerais peut-être m'entretenir avec le ministre concernant
le nouvel Espace commerçant. Donc, faire peut-être un petit résumé rapide.
Alors, le 5 décembre 2022, à la suite de la publication, donc, de son
rapport annuel de gestion de 2018 à 2019, le Protecteur du citoyen a demandé à
l'office d'apporter des modifications à la section Se renseigner sur un commerçant,
sur son site Web, naturellement. Alors, l'office s'est engagé à apporter des
bonifications aux renseignements diffusés, renseignements accessibles, donc, au
grand public, et aussi à offrir davantage de possibilités pour les commerçants.
Donc, de cette volonté est né l'Espace commerçant, où on a apporté d'importants
changements, aux services numériques, et pour... encore là, tant au niveau des
commerçants qu'au niveau des <consommateurs...
Mme Schmaltz :
...d'importants
changements, aux services numériques, et pour... encore là, tant au niveau des
commerçants qu'au niveau des >consommateurs.
Alors, l'Espace commerçant, c'est quoi? Ça
englobe, donc, plusieurs services, mais aussi des nouvelles fonctionnalités,
puis ils sont offerts à tous les commerçants. Et également l'outil Se
renseigner sur un commerçant a été mis en ligne, aussi, dans l'Espace
commerçant. Et c'est accompagné d'une offre de service améliorée, avec
plusieurs bonifications qui ont été apportées à l'outil et au bénéfice,
naturellement, des consommateurs. Alors, cet outil permet aux consommateurs de
consulter certains renseignements que détient l'office au sujet de divers... différents
commerçants. J'en nomme quelques-uns, c'est-à-dire que... une liste des autres
noms sous lesquels il fait affaire, la liste de ses permis de commerçant non
valides depuis au moins cinq ans et, pour les commerçants itinérants, depuis
moins de 20 ans, un lien vers tout dossier d'indemnisation ouvert qui le
concerne, un nouvel onglet présentant les communiqués de presse diffusés à son
sujet et les injonctions qui ont été prononcées à son encontre.
Alors, ma question, Mme la Présidente :
Est-ce que les commerçants pourront... Qu'est-ce qu'ils vont pouvoir faire en
ligne, exactement, grâce à cette... à cette nouveauté? Est-ce qu'on s'attend à
un gain aussi de productivité pour eux?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait... Merci, Mme la députée, pour votre question. Alors, les commerçants vont
pouvoir remplir une fiche d'entreprise pour chaque commerçant, donc, et le
consommateur va pouvoir consulter cette fiche-là pour avoir davantage
d'informations sur le commerçant avec qui ils font affaire. Donc, cette... ce
lancement de l'Espace commerçant là vise également à assurer au citoyen de voir
quels sont les noms sous lesquels le commerçant fait affaire. Donc, ça, je
pense que c'est important, parce que, des fois, on veut connaître la
véritable... les différents noms ou les différentes appellations commerciales.
Donc, pour les commerçants, l'outil va
servir à renouveler ses permis aussi, parce qu'il faut savoir que l'Office de
la protection du consommateur, dans certaines circonstances, délivre des
permis. Aussi, il va y avoir un lien vers les dossiers d'indemnisation ouverts,
donc, les copies de permis. Ça va permettre également de transmettre, de façon
sécurisée, un message ou des documents à l'office, de déclarer, pour les agents
de voyages, le montant des contributions au Fonds d'indemnisation des clients
d'agents de voyages. Donc, c'est vraiment un espace qui va servir à la fois
pour les consommateurs et à la fois pour les commerçants.
Mme Schmaltz : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...une minute.
Mme Schmaltz : Il me reste...
M. Jolin-Barrette : Puis... Ah!
voulez-vous...
Mme Schmaltz : OK. Non,
allez-y, vous pouvez continuer.
M. Jolin-Barrette : Bien,
j'allais rajouter qu'il faut savoir, là, qu'il y a plus de 16 000 commerçants
qui ont un dossier à l'office, dont environ 9 000 qui sont titulaires d'un
permis. Pour les citoyens et pour les commerçants, ça va permettre d'alléger et
faciliter les démarches administratives des commerces auprès de l'Office de la
protection du consommateur. Vous savez, on est toujours dans une optique
d'améliorer l'efficacité de l'État. Donc, ça, ça y contribue également. Bien
entendu, on veut limiter la paperasse, la bureaucratie le plus possible, alors
c'est important d'avoir des outils technologiques qui vont, justement, nous
permettre de faire en sorte de réduire et de simplifier.
Il va y avoir également un... un système
de notification par courriel, dans le nouvel espace, et les commerçants vont
être prévenus si une nouvelle mention est inscrite dans l'outil. Alors, c'est
vraiment un outil qui est interactif et qui va permettre...
Mme Schmaltz : Et gratuit.
M. Jolin-Barrette : Et
gratuit. Et ça fait partie de la stratégie de transformation numérique de
l'État.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le ministre. Merci, Mme la députée.
Alors, je me tourne du côté de l'opposition officielle. Mme la députée de
Saint-Laurent, vous avez 17 min 7 s pour vos interventions.
Des voix : ...
Mme Rizqy : Ah! C'est gentil,
oui, oui. Donnez-moi une seconde. On fait de la gestion. Désolée, on... le papa
est en train de faire une... sa capsule vidéo.
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : C'est la
réalité des députés. Alors, je pense que c'est une illustration concrète de Mme
la députée.
Mme Rizqy : Bien, merci
beaucoup puis merci à mes collègues pour nous avoir permis de permuter des blocs.
J'ai une petite gestion personnelle à faire. Alors, merci, d'ailleurs, à mon
collègue le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour, à brûle-pourpoint, avoir
dit rapidement oui puis avoir pu immédiatement prendre le relais. Alors, merci.
On reprend maintenant nos... les crédits.
Puis j'avais une question par rapport à la question n° 179. Puis c'étaient,
au fond, les plaintes en matière de services funéraires et de sépulture. Je
sais que le nombre n'est pas beaucoup, c'est 35, mais je m'interrogeais à
savoir si, parmi ces plaintes, il y avait eu des plaintes concernant ceux qui
ont voulu se recueillir dans un cimetière. Et je fais référence au cimetière
qui est présentement... le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, où est-ce qu'on
sait qu'il y a un conflit de <travail...
Mme Rizqy :
...ceux
qui ont voulu se recueillir dans un cimetière. Et je fais référence au
cimetière qui est présentement... le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, où est-ce
qu'on sait qu'il y a un conflit de >travail qui perdure, mais, je veux
savoir, parmi ces 35, est-ce qu'on a une idée si... si, dans tout ça, il y en a
aussi que c'est parce qu'ils n'ont pas été en mesure non plus de se recueillir?
M. Jolin-Barrette : Actuellement,
avec nous, on n'a pas la nature des plaintes, mais, si vous voulez, on pourrait
faire parvenir au secrétariat de la commission, suite à la vérification de
l'office, s'il y a des plaintes parmi celles-ci qui touchent notamment les
cimetières. On l'a vu, et honnêtement c'est extrêmement malheureux pour les
familles qui souhaitent, notamment... Puis j'ai lu l'histoire, le témoignage,
notamment, de la famille qui souhaitait... à chaque année, allait se recueillir
sur la tombe de leur enfant qui était décédé. Alors, le contrat, c'est
justement de pouvoir avoir accès aux lieux de sépulture, donc ce n'est pas
acceptable.
Mme Rizqy : Bien, merci
beaucoup, M. le ministre, parce qu'effectivement c'est là que je me... je me
dirigeais. Parce que ça peut sembler très peu, 35 plaintes, et M. le
ministre fait référence, à juste titre, à la chronique de Patrick Lagacé, où
est-ce que Geneviève racontait son histoire, où, maintenant, depuis 12 ans,
elle se recueille la journée du décès de sa fille.
Et je comprends parfaitement qu'il y a un
conflit de travail et je comprends parfaitement qu'il y a cinq ans qu'il n'y a
pas... qu'ils sont sans contrat de travail, mais je comprends aussi ce besoin
très humain de pouvoir se recueillir. Et, pour moi, je considère cela un
service essentiel. Et de dire non à des familles, de leur bloquer l'accès au
cimetière, je ne sais pas qu'est-ce qui peut être fait du côté du ministre,
peut-être aussi en relation avec son collègue le ministre en droit du travail,
pour trouver une voie de passage pour ne pas que ça se reproduise.
Parce que je suis convaincue qu'on partage
tous ici les intérêts de tout le monde, puis on est capables de respecter le
droit des travailleurs, mais j'ai l'intime conviction aujourd'hui que c'est un
service essentiel d'être en mesure, une fois par année ou lorsqu'on en a
besoin, parce qu'il y en a que c'est plus qu'une fois par année... ils vont se
recueillir à la tombe de leurs proches, plusieurs d'entre eux, même, vont des
fois par eux-mêmes nettoyer la tombe, déposer des... Désolée, désolée, je vais
m'arrêter ici, parce que je sais que c'est un sujet qu'on partage tous, une
sensibilité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que je comprends, M. le ministre, que vous vous
engagez, si l'information est disponible, à la déposer au secrétariat?
M. Jolin-Barrette : ...sur la
nature des plaintes, on pourra vous revenir puis les déposer au secrétariat.
Sur l'intervention de la députée, je suis bien d'accord qu'il faut permettre
l'accès. Là, dans ce cas-ci, il faudrait voir qu'est-ce que prévoit le contrat,
notamment sur, supposons, l'accès au site.
Deuxièmement, on m'informe que les
cimetières ne sont pas couverts par la Loi sur les arrangements de services
funéraires. Donc, écoutez, on va vérifier le tout, voir comment on pourrait
ajuster les choses. Donc, je m'engage à vous revenir aussi sur ce point-là,
parce qu'effectivement, lorsqu'on a un proche, on souhaite pouvoir aller se
recueillir puis aller lui rendre visite. Alors, je pense qu'on va... on va
regarder qu'est-ce qu'on peut faire au niveau législatif.
Mme Rizqy : Merci beaucoup
pour cet engagement qui est fort apprécié par plusieurs. J'en vois beaucoup,
beaucoup... Puis je m'en excuse, désolée, je... on dirait que c'est moi, en
même temps, qui a besoin d'une pause...
M. Jolin-Barrette : C'est une
situation qui n'est pas facile, Mme la Présidente. Il faut comprendre que,
lorsqu'on fait appel... dans le fond, il y a le décès d'un proche, bien, il y a
beaucoup d'émotions rattachées à ça. Puis, dans le fond, on contracte souvent
avec un cimetière, avec les services funéraires aussi, que ce soit columbarium
ou par une mise en terre, notamment. Puis les gens, dans leur processus de
deuil, aussi, puis dans leurs souvenirs, ils doivent pouvoir avoir accès.
Ça fait que, malheureusement, comme le
disait la députée de Saint-Laurent, dans le cas de la... du conflit de travail,
qui s'étend sur plusieurs années, parce que c'est récurrent également, le fait
de fermer les portes du cimetière... on comprend la sécurité du site, et tout
ça, mais les gens aussi doivent pouvoir accéder pour aller se recueillir sur le
lieu des proches. Alors, je pense qu'effectivement il y a une gestion de la
part du cimetière à faire. Donc, il y a une responsabilité sociale et sociétale
de la part du cimetière, mais, par voie législative, on va regarder aussi
quelles sont les prises qui pourraient être envisagées. Bien, comme le disait
la députée de Saint-Laurent, je pense que, oui, il y a le droit de <grève...
M. Jolin-Barrette :
...mais,
par voie législative, on va regarder aussi quelles sont les prises qui
pourraient être envisagées. Bien, comme le disait la députée de Saint-Laurent,
je pense que, oui, il y a le droit de >grève des relations de travail
aussi, mais sûrement qu'on est capables de trouver un accommodement raisonnable
sur ce volet-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Mme Rizqy : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je voulais savoir, au niveau... On a eu plusieurs plaintes
de personnes qui ont pris des billets d'avion, que ça a été finalement annulé,
et que soit les compagnies d'assurance disent : Oui, on va vous
rembourser, ils ont une assurance, mais finalement elle dit : Non, c'est
votre carte de crédit qui a aussi une assurance, puis ils... ils sont toujours
entre les deux chaises. Puis tant la carte de crédit renvoie la balle du côté
de la compagnie d'assurance, la compagnie d'assurance renvoie la balle à la
carte de crédit, et le pauvre consommateur, lui, se retrouve entre les deux et
se tourne souvent vers vous.
Je me demandais : Est-ce que ça,
c'est... chez vous, en ce moment, on est rendus... Est-ce qu'on est capables,
peut-être, de démêler tout le monde puis de dire, au fond, c'est qui, qui doit
vraiment rembourser lorsque le vol est annulé, retardé, ou quoi que ce soit?
Là, c'est à qui qu'on s'adresse, la carte de crédit avec qui qu'on a
enregistré... avec qui, pardon, on a fait la transaction ou la compagnie
d'assurance, l'autre compagnie d'assurance? Alors, je me demandais à qui...
c'est qui, le responsable? Parce qu'on dirait qu'il n'y a plus personne de
responsable.
M. Jolin-Barrette : Oui,
bien, dans le fond, il faut le dire, le fonds d'indemnisation des agents de
voyages, le FICAV, dans le fond, c'est le dernier payeur, c'est le payeur
ultime. Ça fait que la personne qui achète son billet d'avion et, supposons,
prend une assurance au moment... une assurance annulation au moment d'acheter
son vol, donc elle souscrit déjà à de l'assurance pour payer son vol.
L'assureur devrait payer les sommes rattachées pour l'annulation. Même chose au
niveau de la carte de crédit. Il y a des gens qui souscrivent à une carte de
crédit parce qu'il y a une assurance voyage sur la carte, assurance annulation
également. Alors, ce sont eux à payer prioritairement. Même chose, des fois, il
y a des gens qui vont prendre une assurance voyage à côté. Ils vont appeler un
assureur, ils vont dire : Bien, moi, je m'en vais à Santa Banana et je
voudrais faire assurer mon... mon voyage en cas d'annulation. Donc, c'est
l'assureur.
Ultimement, s'il n'y a pas d'assurance,
s'il arrive un événement, c'est le FICAV qui va s'appliquer, mais le FICAV est
en dernier payeur, parce qu'on ne peut pas, comme assureur, prendre une prime d'assurance,
dire aux clients : Moi, je collecte la prime, puis jamais je ne paie,
allez vous faire payer par le fonds d'indemnisation au FICAV en premier, puis
ensuite je vais voir si je vais vous indemniser. Non. L'objectif du FICAV, il
est là en termes de dernier recours, et les assureurs doivent payer
prioritairement, incluant les cartes de crédit.
En termes de dossiers, combien il reste de
dossiers, là, des dossiers... Total des dossiers fermés, on est à 44 520
pour un taux de 97,4 % des dossiers fermés. Les dossiers incomplets qui
sont en relance, donc qui manquent des documents, notamment, à l'intérieur,
puis que l'office a relancés, on est au nombre de 812, donc pour 1,8 %. Et
les dossiers qui sont complexes, actuellement en traitement, donc, à cause... Exemple,
des voyages scolaires où, dans le fond, ce n'est pas nécessairement les parents
qui avaient acheté les billets, puis là c'est un organisme puis... en tout cas,
où est-ce que c'est plus compliqué, là, on parle de 381 dossiers pour
0,8 % des dossiers. Et ceux qui sont en cours, il y en a 1 193 pour 2,6 %.
Donc, voyez-vous, on a réglé 97,4 % des dossiers.
Puis, au niveau des relances, ceux qui
sont en relance, dans le fond, c'était... il y avait un contrat de service à
Pricewaterhouse, ils ont relancé plusieurs fois les gens, parfois souvent sans
réponse. Dans ceux qu'on n'a pas réussi à régler, c'est sans réponse ou le
dossier est incomplet, parce que ça prend certaines informations, mais la très,
très forte majorité ont été remboursés. Il y a plusieurs réclamants fantômes,
aussi, qui sont là, ça fait que probablement qu'ils ont été remboursés par un
tiers, compagnie d'assurance ou carte de crédit.
Mme Rizqy : ...j'ai une question
qui était par rapport...
Des voix : ...
Mme Rizqy : ...une seconde.
Des voix : ...
Mme Rizqy : ...une
dernière... pas une dernière question, avant-dernière, probablement. Est-ce
qu'il a été examiné... Et là c'est un double chapeau, parce que vous êtes
ministre de la Justice. Vous savez, dans certaines décisions par rapport au
protecteur du consommateur, il y a certains dossiers qui reviennent souvent au
niveau de la garantie qui doit être honorée. Est-ce qu'il a déjà été envisagé
d'avoir une voie <rapide...
Mme Rizqy :
...rapport
au protecteur du consommateur, il y a certains dossiers qui reviennent souvent
au niveau de la garantie qui doit être honorée. Est-ce qu'il a déjà été
envisagé d'avoir une voie >rapide qui conjuguerait aussi l'intelligence
artificielle?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, l'intelligence artificielle fait partie de la loi sur les cadres
technologies de l'information. Donc, c'est mon collègue le ministre de la
Cybersécurité qui est responsable de ça. Le ministère de la Justice, par le
biais de la Direction des affaires juridiques au sein du ministère de la
Cybersécurité, est en soutien.
Mme Rizqy : Je... je
réfléchissais à haute voix. Disons que, d'aventure, on va de l'avant avec le
projet de loi sur le droit à la réparation puis qu'on dit que, par exemple, une
laveuse, une sécheuse, avec les critères déjà établis par la jurisprudence,
disons que ça doit au moins minimalement durer sept ans, mais qu'elle brise
après un an, et qu'on n'a pas... le fabricant refuse d'honorer ses obligations,
puis qu'on aurait, par exemple, un arbre décisionnel d'intelligence
artificielle qui permettrait, évidemment... réviser le tout et d'avoir une
formule accélérée.
M. Jolin-Barrette : Une
formule accélérée par le biais de l'intelligence artificielle? Bien, écoutez,
il faudrait y réfléchir dans un premier temps. Cependant, c'est déjà prévu, les
types de garanties, dans la loi, donc la garantie conventionnelle de base, la
garantie supplémentaire, la garantie de bon fonctionnement, les garanties
légales également. Donc, il y a un volet, comme vous le soulevez,
d'intelligence artificielle. C'est sûr qu'on a annoncé 21 millions pour
encadrer le cadre éthique rattaché et développer des règles, donc en
collaboration avec le Mila. Puis mon collègue de la Cybersécurité travaille à
l'encadrement, donc il pourra vous revenir. Donc, il ne faudrait pas faire
d'une façon par morceaux. Il faut régler le cadre juridique complet pour
l'intelligence artificielle, puis c'est mon collègue qui va s'en occuper.
Mme Rizqy : ...finalement, ma...
j'ai aussi une question, la question n° 12, juste par curiosité. La
question n° 12, Liste et copie de tous les sondages effectués par le
ministère ou le cabinet. BIP Recherche, c'était quoi?
M. Jolin-Barrette : ...question n° 12?
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : On
m'indique que c'est un sondage sur la qualité des services de l'office qui a
été fait. C'est... c'est quoi, la question...
Mme Rizqy : Ah! je voulais
juste savoir... Je voulais savoir, c'était par curiosité, c'était quoi, le
sondage en... bien, c'était quoi, le BIP Recherche. C'était quoi?
M. Jolin-Barrette : Non, mais
le numéro de la question, c'est?
Mme Rizqy : Question n° 12.
Oui, c'était...
M. Jolin-Barrette : 12. De
vos renseignements?
Mme Rizqy : Oui, oui, les
renseignements. Puis c'est à la page 8, Renseignements particuliers de
l'opposition officielle.
M. Jolin-Barrette : Question n° 8?
Mme Rizqy : Non, 12.
M. Jolin-Barrette : 12, oui.
31 755 $.
Mme Rizqy : Oui, ça, le prix,
je l'ai, mais je me demandais c'était quoi, BIP Recherche. Donc, je comprends
que c'était un sondage au niveau de la satisfaction des... des usagers,
j'imagine, ceux qui ont déjà fait affaire avec vous?
Mme Champoux (Marie-Claude) : ...et
des entreprises, des commerçants qui font affaire avec l'office.
Mme Rizqy : OK, d'accord.
Est-ce qu'on a les résultats du sondage?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Oui,
on a reçu le rapport final, qu'on pourrait certainement déposer si c'est le
souhait de...
Mme Rizqy : OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Jolin-Barrette : ...
Mme Rizqy : Parfait. Merci
beaucoup.
M. Jolin-Barrette : Est-ce
qu'ils étaient satisfaits?
Mme Champoux (Marie-Claude) : Oui.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors, on me confirme que les gens étaient satisfaits.
Mme Rizqy : Bon! Le contraire
m'aurait étonnée, très franchement.
M. Jolin-Barrette : Des fois,
vous commandez un sondage, vous ne savez pas, ça peut être négatif.
Mme Rizqy : Ah! si vous
saviez les bons mots que moi, j'ai reçus par rapport à l'office.
M. Jolin-Barrette : À quoi?
Mme Rizqy : Si vous saviez
les bons mots que moi, j'ai reçus par rapport à l'office.
Des voix : ...
M. Jolin-Barrette : Ah! bien,
le sondage est déjà sur le site Web, il est déjà accessible.
Mme Rizqy : Ah! ça fait que
c'est favorable. Alors, vous voyez? Non, mais j'ai aussi une autre question.
Vous avez... vous avez sûrement vu, dernièrement, les histoires des Québécois
qui ont contracté pour l'installation d'une piscine et que, finalement,
l'entreprise avait bien, bien, bien des extras, là, comme, il y en a un que
l'extra était rendu à 150 000 $. Ça s'est rendu aux tribunaux.
L'individu a fait le... plusieurs pages de journaux, a fermé sa compagnie, en
part une nouvelle. On réfléchit, M. le ministre qui a plusieurs chapeaux.
Comment qu'on fait pour s'assurer que des individus comme ceux-là, qui ont déjà
un passif et qui ont bien de la misère à respecter le cadre juridique, puissent
continuer à opérer, alors qu'ils ont... en fait, ils n'ont même pas encore payé
les sommes que le tribunal a accordées aux consommateurs?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Rizqy : Oh! Ah! c'est une
grosse question pour 1 min 15 s.
M. Jolin-Barrette : Dans...
dans le cas de la question des piscines, là, normalement, il y a deux volets.
Il y a le volet Régie du bâtiment du Québec. Donc, normalement, sous réserve...
15 h 30 (version révisée)
Mme Rizqy : ...aux consommateurs.
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : ...
Mme Rizqy : Ah! c'est une
grosse question pour 1 min 15 s.
M. Jolin-Barrette : Dans le
cas de la question des piscines, là, normalement, il y a deux volets, il y
a le volet Régie du bâtiment du Québec... donc, normalement, sous réserve, là,
travaux de piscine, il faudra voir si ça prend une licence, si c'est considéré
comme des travaux de construction.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Non, ce n'est
pas des travaux de construction. C'est-tu de la réno?
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : Ils ne
sont pas couverts par la RBQ. Ça prend... ça ne prend pas de licence. OK.
Une voix : ...
M. Jolin-Barrette : OK. Puis,
OPC, nous, s'il fait de la vente itinérante, il doit y avoir un permis, mais,
par contre, si c'est un entrepreneur au sens strict, non, il n'y a pas... bien,
il y a les encadrements prévus par le Code civil, puis par les règles fiscales,
puis tout ça, mais il n'y a pas de licence...
Mme Rizqy : Pensez-vous que,
«vente itinérante», aujourd'hui, on pourrait peut-être modifier puis inclure
les ventes lorsqu'on fait de la publicité commanditée sur les réseaux sociaux?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Rizqy : Ouf! Bien,
regardez, on peut s'en reparler.
M. Jolin-Barrette : Bien, je
prends... je prends note de votre suggestion.
Mme Rizqy : On peut s'en
reparler, on peut en...
M. Jolin-Barrette : Mais je
sens qu'on va se revoir.
Mme Rizqy : Moi, je vais
prendre mes dernières secondes pour dire merci. Merci à tous les collègues,
particulièrement à la députée de Vimont. Merci, M. le ministre, merci aussi à
mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne, aux équipes qui vous accompagnent pour
cet exercice qui a été fort apprécié, et j'ose espérer qu'on se retrouvera pour
travailler sur le projet de loi, nos deux projets de loi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Merci beaucoup, Mme la députée. Merci, M. le
ministre. Merci, chers collègues. Alors, le temps alloué à l'étude du volet
Protection des consommateurs des crédits budgétaires du portefeuille Justice
étant écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Alors, le programme 5, intitulé
Autres organismes relevant du ministre, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté à la majorité.
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Justice pour l'exercice financier 2023-2024
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté à la majorité.
Donc, en terminant, je dépose les réponses
aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 h 45, où elle entreprendra l'étude du
volet Lutte contre le racisme des crédits budgétaires du portefeuille Économie,
Innovation et Énergie. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 15 h 33)