(Onze
heures vingt-quatre minutes)
La Présidente (Mme
Gendron) : À l'ordre, s'il vous plaît! Je tiens à souhaiter la
bienvenue à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie
aujourd'hui afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Immigration, Francisation et Intégration pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe totale de 3 h 30 min a été allouée pour l'étude de
ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Lecours
(Les Plaines) est remplacée par M. Provençal (Beauce-Nord); Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)
est remplacée par Mme Bogemans (Iberville); Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par M. Derraji
(Nelligan); et Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacée par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. Nous allons donc procéder à la discussion d'ordre
général incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits
sera donc effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi,
vers 16 heures.
Discussion générale
Je
suis maintenant prête à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. Donc, M. le député de
Nelligan, la parole est à vous pour une durée de 18 min 14 s.
M. Derraji : Merci, Mme la Présidente. Mes salutations à
l'ensemble des collègues de la partie gouvernementale, mon collègue de Québec solidaire. Je tiens
aussi à remercier la ministre, toute son équipe, son chef de cab, les personnes
qui l'accompagnent dans cet exercice démocratique.
Je
vais essayer de poser des questions très courtes, donc... on n'a pas beaucoup
de temps, donc si ça ne vous dérange pas de rester aussi court dans la
réponse.
Première question,
Mme la ministre : Est-ce que vous avez vu le reportage de Télé-Québec L'essentiel?
Mme Fréchette :
Bonjour. Bienvenue à tous, dans
un premier temps. Ça fait plaisir de vous voir ici ce matin.
Alors, oui, pour
répondre à votre question, j'ai effectivement visionné le reportage de
Télé-Québec intitulé L'essentiel... Essentiels.
M. Derraji : Avez-vous eu une rencontre avec les deux réalisatrices, Mme Sonia
Djelidi et Sarah Champagne?
Mme
Fréchette : Si j'ai eu une...
M. Derraji : Une
rencontre avec les deux protagonistes de ce reportage.
Mme Fréchette : En fait, quelques jours
plus tard, on s'est parlé au téléphone, moi et la journaliste Sarah Champagne.
Donc, on a fait une entrevue qui reprenait
quelques-uns des thèmes qui étaient abordés dans le cadre du documentaire.
M. Derraji : Qu'est-ce
que vous avez retenu après le visionnement de ce reportage? C'est quoi, la
chose qui vous a le plus frappée?
Mme
Fréchette : Bien, d'une part, c'était un reportage... un documentaire,
pardon, qui m'a fait réaliser qu'il y avait quand même un phénomène
d'importance autour des firmes de recrutement et de placement de travailleurs
étrangers temporaires. Bon, j'étais consciente qu'il y avait de ces firmes déjà
présentes au Québec, mais ce que j'ai réalisé,
d'une part, c'est que, peut-être, le phénomène était plus important que je ne
l'avais imaginé, et j'ai eu le sentiment que ces firmes pouvaient apparaître et disparaître assez aisément. Donc,
ça, c'est un des éléments qui m'a interpelée quand j'ai vu le reportage.
Et, bien sûr, j'ai
été sensible aussi à la réalité des gens dont il est question dans le
documentaire, parce que c'est sûr qu'il y a des enjeux qui sont rencontrés et
qui sont préoccupants. Je pense, notamment, à des enjeux de vulnérabilité de
certains de ces travailleurs étrangers temporaires. Donc, c'est un des éléments
qui ressortaient assez fortement du
documentaire. Donc, c'est sûr qu'on n'est pas insensibles à cette réalité-là.
Et, comme gouvernement, je pense qu'il est important qu'on ait une
attention marquée sur cette réalité-là pour faire en sorte que nos travailleurs
étrangers temporaires puissent oeuvrer dans un cadre...
M.
Derraji : ...c'est vraiment bon. C'est ce que je voulais. C'est parce
que c'est un bon point. Et vous avez vu que
ce n'est pas la première fois que je vous interpelle par rapport aux
travailleurs temporaires étrangers. Et, je vous le dis d'une manière très amicale, le but aujourd'hui, c'est vraiment
clarifier tout ce qui se dit sur les travailleurs temporaires étrangers,
parce que vous êtes responsable, et votre ministère.
J'ai
quelques citations. «L'immigration, pour beaucoup de gens, ça veut
dire problèmes, menaces et disparition du français.» Je ne... Je
tiens juste à vous rappeler les propos de votre prédécesseur pendant la
campagne électorale. «Ce n'est jamais
positif, sauf que, quand on sort du sac ce que j'appelle un immigrant trophée,
trois ou quatre personnes qu'on nomme
pour dire que tout va bien, dit-elle...» «Pour moi, mes amis et ma famille,
l'immigration signifie sacrifices, racisme, lutte pour la dignité et
travail acharné.» Propos de Sonia Djelidi.
«Comme dit ma
collègue Sarah Champagne, chaque fois que vous avez...
Mme
Fréchette : ...vous avez dit, propos de...
M. Derraji : De
la réalisatrice du documentaire.
Mme
Fréchette : D'accord.
M. Derraji : «Comme dit ma collègue Sarah Champagne — je
pense que c'est elle que vous avez rencontrée — chaque
fois que vous avez un aliment du Québec, vous pouvez être sûr que c'est une
main brune ou noire qui l'aura non seulement récolté, mais aussi semé et
entretenu.» Sonia Djelidi.
«Est-ce qu'il faut
perdre l'enfance de ses enfants? Est-ce qu'il faut perdre une jambe? On a vu
des gens qui ont eu des accidents de
travail», dit Sonia Djelidi. «Est-ce qu'il faut perdre sa dignité? Qu'est-ce
qu'il faut perdre pour mériter le droit de rester au Québec?» Sonia
Djelidi.
Ce sont des propos
pas ailleurs, ce sont des propos chez nous.
Vous,
en tant que ministre de l'Immigration, quand vous entendez des propos pareils,
qu'est-ce que vous comptez changer pour que ça ne se reproduit plus au
Québec?
Mme Fréchette :
Bien, moi, je suis quelqu'un qui
est constamment en mode solution. Pour moi, l'immigration, c'est une des
grandes richesses dont on dispose au Québec. Ce sont des talents qui viennent
s'établir au Québec, et je pense que notre devoir, c'est de faire en sorte d'en
tirer tout ce qui peut être tiré pour faire en sorte que ces gens-là puissent
contribuer à la société québécoise, à la fois sur le plan culturel, sur le plan
social, sur le plan économique. Et, pour
moi, l'immigration, c'est notamment une des solutions qu'il faut prendre en
considération pour faire en sorte d'améliorer
la situation au sein de l'économie. Donc, c'est une des voies de solution qui a
été, d'ailleurs, énoncée par le premier ministre dans son discours
inaugural, le fait que l'immigration était une solution...
• (11 h 30) •
M. Derraji : Oui,
mais... Oui, une solution, l'immigration. Moi, je vous parle d'un cas
particulier, je vous parle des travailleurs temporaires étrangers. Vous le
savez très bien qu'il n'y a pas de solution. Dans le mot même, il y a du temporaire. Donc là, si on veut avancer sur
une solution... parce qu'il y a des beaux discours, c'est une richesse,
tout le monde s'entend, mais... campagne électorale, ça devient menace, ça
devient extrémisme violent. On le voit pendant la campagne électorale. Je n'ai
pas besoin de vous refaire la genèse de la dernière campagne électorale. Une richesse... c'est des beaux discours par la suite.
Là, je vous parle des temporaires. La situation est problématique. Vous savez
pourquoi, Mme la Présidente? Moi, quand on m'interpelle de l'international,
j'ai refusé beaucoup d'entrevues. Vous savez pourquoi? La question est très
simple : Il y a de l'esclavagisme chez vous, au Québec? L'esclavagisme, je n'ai jamais pensé qu'on va me dire ça. Il y a
des entrepreneurs qui exploitent ces travailleurs temporaires étrangers.
Vous êtes la ministre responsable de ces personnes. Donc, quand on dit «du
temporaire»... Et je tiens d'ailleurs à remercier
les deux protagonistes de ce documentaire parce qu'ils ont levé le voile sur
une situation très problématique.
Donc, Mme la
ministre, concrètement, vous, qu'est-ce que vous allez faire, à partir
d'aujourd'hui, pour régler cette situation? On ne peut plus rester les bras
croisés. La situation est urgente. Je ne pense pas que vous, ni votre
gouvernement, vous êtes à l'aise de voir qu'on parle de l'esclavagisme au
Québec, des personnes qu'on paie à 100 $ la
semaine. Il fallait intervenir. Je ne vais même pas parler des accidents de
travail. Et, selon ce que vous venez de dire, sur une richesse,
malheureusement, c'est une richesse temporaire parce qu'ils ont un statut
temporaire.
Mme
Fréchette : Certains viennent ici de manière temporaire avec... sans
avoir nécessairement l'ambition de rester ici de manière permanente. Certains
viennent ici de manière temporaire et peuvent ambitionner de rester sur le long terme, et c'est d'ailleurs quelque chose
sur lequel on travaille, pour faire en sorte de faciliter le passage du statut
d'immigrant temporaire à immigrant permanent.
Mais j'aimerais
rappeler le fait qu'on a quand même plusieurs mesures et plusieurs actions qui
visent à améliorer la situation des travailleurs étrangers temporaires. Il y a
mon collègue, notamment, le ministre du Travail, qui a mis en place une
escouade, comme vous le savez, une escouade permanente d'intervenants qui
effectuent des contrôles au sein des
entreprises qui embauchent des travailleurs étrangers temporaires et... des
contrôles qui sont effectués par la CNESST.
Donc,
ce sont des mesures importantes pour faire en sorte, d'une part, de sensibiliser
les travailleurs étrangers temporaires quant aux droits qui s'appliquent à eux.
Le cadre législatif qui encadre les travailleurs québécois, bien, c'est
celui qui encadre également les travailleurs étrangers. Donc, il faut faire en
sorte que les travailleurs étrangers soient
conscients, soient connaissants des droits qui s'appliquent à eux pour éviter
qu'il y ait des dérives. Néanmoins...
M.
Derraji : Vous parlez de passerelle du temporaire au permanent. Je
tiens juste à vous dire que ce n'est pas votre gouvernement qui cherche ces
temporaires, ce sont les entreprises qui cherchent ces temporaires. Mais là
j'aurais besoin de votre collaboration, puis je pense que vous avez besoin d'un
stylo, parce que moi, je l'ai. J'ai envie de faire avec vous un exercice.
Mme
Fréchette : ...ma réponse. Est-ce que je peux compléter?
M. Derraji : Bien, au fait, par rapport aux agences, je l'ai
déjà lu, l'article des agents, escouade de prévention.
Mme
Fréchette : Non, c'était sur une table, une table interministérielle.
M. Derraji : Bien,
au fait, vous parlez de la commission des normes, de la CNESST?
Mme
Fréchette : Oui, entre autres, mais il y avait un autre élément.
M. Derraji : Oui,
oui, mais je...
Mme
Fréchette : Il y avait un autre élément. C'est ce que je voulais dire.
M. Derraji : Oui,
allez-y.
Mme Fréchette :
Donc, le MIFI également... bien,
on coordonne, en fait, depuis novembre 2022, une table de concertation
interministérielle sur les travailleurs étrangers temporaires, et ça, c'est une
table qui vise à arrimer les positions et
les actions des différents ministères et organismes qui interviennent sur des
dossiers relatifs aux travailleurs étrangers temporaires. Donc, c'est
pour dire qu'il y a un axe transversal, quand même, qui caractérise ce qui peut
être fait en regard des travailleurs étrangers temporaires, et, comme
gouvernement, on s'est assurés de pouvoir intervenir, justement, de manière
multidimensionnelle.
M. Derraji : ...de ces travailleurs. Du moment que vous parlez
d'une table, c'est quoi, le nombre de travailleurs temporaires étrangers
en date de 2022?
Mme
Fréchette : C'est, attendez, 109 000... 93 000, c'est le
nombre d'étudiants étrangers, 109 000...
M. Derraji : ...temporaires
étrangers, travailleurs temporaires étrangers.
Mme Fréchette :
Alors, 35 000 sont dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires en date du 31 décembre dernier. 35 215
permis étaient valides pour ce type de programme. Et, pour ce qui est du
Programme de mobilité internationale, qui est géré par le gouvernement
canadien...
M. Derraji : On
va... oui, oui, on va... le PMI, oui, oui... non, c'est bon, mais je veux
juste...
Mme
Fréchette : Oui, ça, c'est...
M. Derraji : Je
ne veux juste pas...
Mme
Fréchette : Est-ce que je peux répondre?
M. Derraji : Non,
mais je ne veux juste pas perdre le fil... non, non, je sais, je ne veux juste
pas perdre le fil. Je vous ai posé une seule question, c'est temporaires...
travailleurs temporaires étrangers, c'est 35 215, parce que je veux juste
voir avec vous les nombres que j'ai, parce que j'ai pas mal de questions par
rapport à ça, parce que j'ai... On n'a pas les mêmes chiffres, et je veux juste
m'assurer qu'on a les bons chiffres. Si vous pouvez nous partager la page où
vous avez trouvé 35 215 un peu plus tard...
Mme
Fréchette : Ça, c'est ce qui est valide au 31 décembre dernier,
35 215 permis valides, dans le cadre du Programme des travailleurs
étrangers temporaires.
M. Derraji : Excellent.
C'est des travailleurs qui habitent chez nous, qui travaillent chez nous, sont
répartis sur le territoire du Québec?
Mme
Fréchette : ...
M. Derraji : Excellent. Au nombre d'immigrants permanents en
2022... c'est quoi, le nombre en décembre 2022?
Mme
Fréchette : Le nombre d'immigrants permanents... classes
combinées, 45 000... Est-ce qu'on a le total ici? 45 000 plus
12 900, ça tournait autour de 68 000, là.
M.
Derraji : Je pense, la page... oui, oui, c'est la page 70.
Mme
Fréchette : Il y avait une phase de rattrapage.
M. Derraji : Oui, 68 704, page 70, en 2022. Donc, ces
68 704 sont au Québec aussi, vivent au Québec, avec les différentes
catégories?
Une voix :
...
M. Derraji : Excellent. Le nombre de permis de PTET en 2022, programme temporaire...
de travailleurs étrangers temporaires, la page 81, j'ai 38 505.
Est-ce que j'ai le bon chiffre?
Mme
Fréchette : Est-ce qu'on est à la même date, 31 décembre dernier?
M. Derraji : En
2022.
Mme
Fréchette : Moi, j'ai 38 505.
M. Derraji : 38 505
en 2022, c'est ce que j'ai.
Mme
Fréchette : ...émis durant l'année.
M. Derraji : C'est
les permis émis.
Mme
Fréchette : Émis durant l'année, voilà.
M. Derraji : OK.
Donc, c'est des permis émis.
Mme
Fréchette : De là la différence.
M. Derraji : Oui, oui, ce n'est pas grave, mais c'est des
permis émis. Ça veut dire... Ils vont venir au Québec, ces personnes.
Bien, on ne va juste pas jouer sur les mots, mais ils vont venir au Québec. Ils
sont... C'est des permis de travailleurs qui vont venir au Québec parce qu'il y
a un travail associé à ce permis?
Mme Fréchette :
Oui.
M. Derraji : Excellent.
Là, maintenant, on va y aller pour le programme Mobilité internationale. Ça,
c'est un programme fédéral, on se comprend, mais ils doivent être considérés
parmi les personnes qui seront au Québec. Juste corriger mon chiffre, j'ai
51 260.
Mme
Fréchette : C'est ça, moi aussi, j'ai ce nombre.
M. Derraji : Excellent,
oui, c'est excellent. Donc, juste... Et, en fait, ça a été 42 000 en 2021. Ce
que je veux, avec vous... là, je pense qu'on
peut faire tous le calcul ensemble. Vous avez dit : Les temporaires,
35 215. Je comprends que vous
avez parlé des permis. Les permis, c'est 38 000... 35 000, mais c'est des
permis. Je veux oublier... 38 000, désolé, parce que j'ai trop de
chiffres.
Donc, si on veut
parler de la question du nombre d'immigrants, est-ce nous sommes d'accord qu'on
doit prendre en considération vos calculs d'immigrants permanents, votre calcul
de Programme travailleurs étrangers temporaires,
on doit prendre en considération Programme de mobilité internationale et on
doit prendre en considération les étudiants? La question qui
reste : Combien d'étudiants étrangers nous avons accueillis en 2022?
Mme
Fréchette : 93 370.
M. Derraji : 93 370.
Je vais demander à mon collègue de faire l'addition. Donc, on a 68 704. On
a 38 505, mais je vais utiliser votre chiffre parce que vous m'avez dit :
C'est des permis versus des travailleurs qui sont sur le territoire. Je vais
utiliser 35 215. Je vais utiliser 51 260 par rapport au PMI, permis de
mobilité internationale. Je vais utiliser le
nombre d'étudiants, de 93 370. Est-ce que mon calcul est bon jusqu'à
maintenant? Est-ce qu'on est d'accord?
Mme
Fréchette : Bien, on a, oui, les mêmes chiffres.
M. Derraji : Oui,
on a les mêmes chiffres? OK.
Mme
Fréchette : ...j'ai les personnes présentes au 31 décembre, de là la
distinction.
M.
Derraji : Non, non, mais ce n'est pas grave, je vais utiliser... non,
non, mais je vais utiliser vos chiffres, parce que la différence, c'est 3 000.
En fait, si on veut faire un débat philosophique, quelqu'un qui a un permis va
venir au Québec, il va s'installer au Québec, il va aller dans une région, il
va utiliser les services des régions ou s'installer à Montréal. Je veux juste
qu'on règle cette histoire de chiffres par rapport à 2022. Donc, si je me base
sur vos calculs, les calculs, tout ce que vous venez de me dire, on est à
270 000 à peu près. On est d'accord?
Mme
Fréchette : On arrive là, oui. Je n'ai pas calculé en même temps que
vous, là.
• (11 h 40) •
M. Derraji : Mais
ce n'est pas grave, je peux vous laisser le temps, parce que, vraiment, c'est
très important. Je veux vous le dire, parce que ça va nous aider beaucoup. On
s'en va vers une planification pluriannuelle. Moi, je veux vraiment une confirmation, prenez le temps, de votre équipe. On
parle de 270 000 aujourd'hui, en 2022, mais, juste parce que le temps presse, je vais vous le dire,
les chiffres que j'ai. 68 000, ça vient de vous, 68 704. 35 000, j'ai utilisé
votre chiffre, j'ai enlevé les 38 000, 35 215, 51 260, 93 370,
ça nous donne à peu près 270 000. Je veux juste une confirmation de votre
part que c'est 270 000 en 2022.
Mme
Fréchette : On aurait une petite correction à faire. Est-ce que c'est
possible de préciser la nature de la correction avec mon sous-ministre?
M. Derraji : Bien,
qui va répondre?
Mme
Fréchette : Le sous-ministre.
M. Derraji :
Pas de problème, consentement, si ça va être rapide.
La Présidente (Mme
Gendron) : Consentement.
M. Dagenais
(Benoit) : En fait, c'est une simple correction méthodologique, là, si
on veut utiliser toujours les mêmes données, puisqu'on utilise, pour les
étudiants... Oui, excusez-moi.
La Présidente (Mme
Gendron) : ...que vous vous nommiez avant, s'il vous plaît.
M. Dagenais
(Benoit) : Bien oui, Mme la Présidente. Donc, bonjour. Je suis Benoit
Dagenais, sous-ministre au ministère de l'Immigration, Francisation et
Intégration.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci.
M. Dagenais
(Benoit) : Donc, la seule précision méthodologique... Si on veut faire
un calcul, il faut choisir le même chiffre qu'on utilise dans notre calcul.
Donc, si on décide de prendre des chiffres au 31 décembre, la présence au 31 décembre, qui me semble la
donnée la plus exacte, donc, pour 93 370, ça allait, pour le 35 215,
ça allait, pour le PMI, les présents
au 31 décembre étaient de 73 195. Donc, comme pour les PTET, il ne
faudrait pas utiliser la donnée des permis émis, mais...
M. Derraji : Excellent.
Donc, c'est 20 000 de plus?
M. Dagenais
(Benoit) : Exact.
M. Derraji : C'est
20 000 de plus. Excellent. Je vous remercie pour votre transparence.
M. Dagenais
(Benoit) : C'est purement méthodologique.
M. Derraji :
Donc, on ne parle pas... on ne parle pas de 270 000. On parle de
290 000, mais on n'est pas à 20 000 de près. Donc, on peut
s'entendre, s'il vous plaît, que le Québec a accueilli 270 000 à
290 000 personnes en 2022?
Mme
Fréchette : Oui.
M. Derraji : OK.
Donc, pour vous, le Québec, avec...
Mme
Fréchette : Oui.
M. Derraji :
Oui, pour vous...
Mme
Fréchette : Pour nous, accueillir, ça a un sens quand même plein et
entier.
M.
Derraji : Oui, oui, non, c'est excellent, oui, oui, oui, excellent, on
est généreux. Donc, on peut dire que le Québec,
avec sa capacité d'accueil, était capable d'accueillir, en 2022, selon vos
propres chiffres, 270 000 personnes, si je me base sur les
chiffres que votre collègue vient de me dire, 290 000. Oui ou non?
Mme
Fréchette : Bien, il faut rappeler, d'une part, que plusieurs de ces
personnes étaient déjà là avant le début de l'année 2022. Donc, ce n'est
pas des gens nécessairement nouvellement arrivés au Québec.
M. Derraji : Mais
ma question est très simple.
La Présidente (Mme
Gendron) : En conclusion.
M. Derraji : Ma
question est très simple : Oui, 290 000 personnes en 2022?
La Présidente (Mme Gendron) : M.
le député, merci. Je cède maintenant la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup. Merci à
mes collègues. Merci à l'équipe ministérielle. Merci à la ministre.
On
est là-dedans, puis c'est superimportant, puis on va faire une planification
bientôt... en fait, les consultations que vous nous avez dites, en
deuxième partie de 2023, question superimportante et intéressante. Je pense
qu'il y a des grands débats à avoir sur l'immigration temporaire également et
pas seulement sur l'immigration permanente.
Alors, est-ce que la
ministre pourrait s'engager à ce qu'on inclue le volet de discussion de
l'immigration temporaire dans la planification pluriannuelle pour qu'on ait des
consultations sur cette question-là aussi en matière d'étrangers, de
travailleurs, et non seulement sur l'immigration permanente? Est-ce qu'on ne
pourrait pas ensemble parler de tout ça une bonne fois pour toutes dans une
consultation globale et complète?
Mme
Fréchette : Bien, comme vous le savez, donc, on va tenir cet exercice
dans la seconde moitié de 2023, un exercice
important qui va nous permettre de définir nos orientations par rapport aux
années 2024 à 2027 en matière d'immigration,
et c'est évident que le contexte est d'importance quand on fait ce genre
d'exercice. On l'a fait en 2019. On le refait à nouveau en 2023. On sait
que la situation a quand même évolué d'une manière importante sur le plan de
l'immigration. Sur le plan du contexte aussi, il y a beaucoup d'événements qui
sont survenus, faisant en sorte d'avoir un impact sur l'immigration, qu'elle
soit temporaire ou permanente, et l'immigration temporaire, elle est prise en
considération dans les éléments de contexte. Donc, ça vient, je dirais, teinter
la nature des discussions. Donc, pour nous,
d'office, ça fait partie des éléments parce qu'on y fait référence dans les
considérations à prendre en compte pour le contexte.
M.
Cliche-Rivard : Permanente...
Mme
Fréchette : Mais, pour ce qui est des orientations comme telles, pour
la planification pluriannuelle, celle-là porte sur l'immigration permanente.
M.
Cliche-Rivard : Mais alors on n'a aucune consultation sur la
planification temporaire. On a une belle occasion,
là, de s'asseoir ensemble avec les groupes, d'entendre les mémoires. Moi, ce
que je vous demanderais, c'est une
ouverture et qu'on fixe nos cibles en immigration temporaire, qu'on fixe nos
cibles de prévisions pour les étudiants étrangers temporaires, pour le
PTET, pour le PMI, qu'on ait une ligne directrice, parce que, là, ce que je
vois en ce moment, et ce n'est pas une
critique, là, mais on apprend les chiffres, on les voit, on les cumule. Mon
collègue voulait faire l'exercice avec vous.
Je pense qu'il faut
s'asseoir. Et moi, ce que je vous demanderais aujourd'hui, ce serait un
engagement ensemble, qu'on puisse avoir vos cibles de prévisions en temporaires
et pas seulement en permanents, qu'on puisse faire une planification, là,
ordonnée, réglée ensemble, et qu'on sache où on s'en va. Puis vous pourrez
l'adopter à l'Assemblée nationale, mais on saura où on s'en va, parce que de
faire uniquement l'exercice sur la résidence permanente, en 2023, je pense que
c'est quand même un petit peu passer à côté du débat.
Donc, seriez-vous
partante à ce qu'on ait un débat global de planification qui inclut aussi les
temporaires pour qu'on puisse en débattre puis en discuter avec les groupes
concernés?
Mme
Fréchette : L'immigration temporaire, bien, d'une part, elle reflète
les besoins ponctuels des entreprises, puis on est en contexte de rareté de
talent, et c'est important de faire en sorte que les entreprises puissent être
agiles pour aller chercher le talent dont elles ont besoin pour continuer de
croître, d'opérer leurs industries, leurs entreprises,
bref, et c'est important de garder cette agilité-là qui vient répondre à des
besoins ponctuels. L'immigration permanente vient répondre à des
ambitions, et ça le dit, permanentes, qui s'inscrivent dans la durée, alors que
les immigrants temporaires, souvent, répondent à des besoins rencontrés par les
entreprises.
La Présidente (Mme
Gendron) : Mme la ministre et MM. les députés, je vous demanderais à
ce que les temps de question soient proportionnels au temps de réponse. Merci.
M. Cliche-Rivard : Donc, c'est non,
Mme la ministre, on refuse...
Mme
Fréchette : C'est dans les éléments de contexte. Si les gens veulent
aborder cette question-là, ils pourront le faire parce que ça fera partie des
éléments de contexte.
M.
Cliche-Rivard : Mais, dans votre plan, votre quota, les seuils...
Mme
Fréchette : Mais la planification pluriannuelle porte sur
l'immigration permanente. Et j'ajouterais aussi
que l'immigration temporaire, c'est le reflet également du succès de nos
établissements d'enseignement qui vont recruter à l'étranger.
M.
Cliche-Rivard : Donc, vous n'êtes pas prête à ce qu'on ait un seuil
maximum minimal, qu'on se fixe des orientations, qu'on en discute, que les
groupes soient là, qu'ils parlent de la capacité d'accueil. C'est un refus?
Mme
Fréchette : La consultation portera sur l'immigration permanente.
M.
Cliche-Rivard : OK. Donc, c'est un refus. Je veux juste qu'on soit
clairs, là. J'aimerais ça qu'on parle ensemble d'un projet qu'on a mis au jeu
durant ma campagne électorale partielle, c'est-à-dire le programme potentiel de
régularisation de statut de personnes sans statut ici. On a mis de l'avant des
propositions pour régulariser jusqu'à 10 000 personnes
la première année, et on vise notamment, là-dedans, les enfants, les enfants
qui sont ici sans statut, les unités familiales qui ont des enfants, des
gens qui sont ici depuis plus de cinq ans.
Pour moi, ça, c'est
un programme et une problématique qui m'est très à coeur, et je vous tendrais
la main sur une belle proposition
transpartisane sur ce sujet-là pour qu'on puisse avancer dans l'intérêt du
Québec, dans les intérêts des valeurs
humanistes, mais aussi pour la régularisation de l'économie, pour des gens qui
soient réintégrés au marché de l'emploi officiel. On ne vous a pas entendue
officiellement sur cette question-là, qui est travaillée avec votre
homologue fédéral. Êtes-vous pour une proposition ou un programme de
régularisation de statut? Et là je ne veux pas définir avec vous les limites de
ce programme, mais, à la base, là, l'idée de régularisation dans laquelle le
Québec embarquerait, êtes-vous pour?
Mme
Fréchette : Il est encore trop tôt, pour nous, pour se prononcer parce
qu'on souhaite avoir davantage de précisions
quant aux ambitions du fédéral en matière de régularisation des sans-papiers.
C'est un sujet qui est porté par le ministre Fraser, comme on le sait.
C'est dans sa lettre de mandat. Donc, assurément, le gouvernement fédéral voudra aller de l'avant, mais on n'a pas encore de
données précises sur la manière avec laquelle il souhaite procéder...
M.
Cliche-Rivard : ...Mme la ministre.
Mme Fréchette :
...et, pour nous, c'est important de connaître, en fait, la nature des
orientations que prendra le gouvernement. On souhaite être consultés sur cette
politique publique qui est d'importance. On n'a pas de données notamment sur le
nombre de personnes que ça concerne en ce qui a trait au Québec.
M.
Cliche-Rivard : ...réponse, c'est ça, ma question, là.
• (11 h 50) •
Mme
Fréchette : Et puis ce qui reste important, c'est que le fédéral, s'il
va de l'avant... bien, le Québec gardera le droit, en fait, de sélectionner les
personnes qui sont établies ou voudront s'établir au Québec et qui auront
traversé, donc, ce programme, si ça va de l'avant et si le Québec enjoint le
fédéral dans cette mouvance-là. Mais, pour l'instant, il faut qu'on voie plus
de précisions quant à la nature du programme avant d'indiquer...
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci.
M.
Cliche-Rivard : Sur le fond, sur l'idée de principe, Mme la ministre,
régulariser le statut...
Mme
Fréchette : Il faut qu'on voie davantage les orientations du fédéral.
M.
Cliche-Rivard : Mais là on parle de... On ne parle pas de programme.
On parle d'une idée, d'orientation générale. L'idée d'un programme de
régularisation de statut, vous n'êtes pas fermée, il y a de l'ouverture?
Mme
Fréchette : On n'est pas fermés, mais il faut qu'on voie davantage les
orientations prises par le fédéral avant de décider si on s'y engage ou pas,
et, si on s'y engage, eh bien, on voudra, en fait, avoir notre rôle à jouer par
rapport aux personnes sans papiers. Et puis
je tiens à souligner quand même que j'ai rencontré des personnes, justement, qui
sont dans cette situation-là, il y a quelques semaines, et c'est souvent des
parcours... des gens qui ont des parcours
très difficiles, qui ont vécu dans l'économie souterraine, on pourrait dire, et
qui sont exposés à des dangers. Et, voilà, c'est quelque chose qu'il
faut qu'on prenne en considération.
M.
Cliche-Rivard : Tout à fait, mais c'est une bonne nouvelle, Mme la ministre.
C'est une bonne nouvelle, votre ouverture, puis je vous en remercie.
Rapidement,
vous nous avez parlé... En fait, les médias nous ont rapporté la réforme
rapide, bientôt, du PEQ étudiant. Je sais que vous ne nous annoncerez pas une
date, là, mais est-ce qu'on parle avant la fin de 2023 pour le retour du PEQ
étudiant?
Mme
Fréchette : Bien, on est à préparer une série de réformes de nos
programmes d'immigration économique. Ça va être une réforme d'importance,
particulièrement pour le fait français, parce que le fait français a été en déclin ces dernières années, et
l'immigration, c'est un des leviers que l'on peut activer. Bien sûr, ce n'est
pas le seul, et donc ça va venir toucher le PEQ diplômés.
M. Cliche-Rivard : J'avais demandé quand
même, avant fin 2023... C'était ça, ma question. Je n'ai pas beaucoup de
temps, Mme la ministre.
Mme
Fréchette : Oui, oui, oui, c'est avant la fin 2023 que l'ensemble des
réformes seront présentées. Donc, vous aurez l'occasion d'en apprendre plus à
ce moment-là.
M.
Cliche-Rivard : ...français sera de l'avant dans cette réforme-là?
Mme
Fréchette : Le fait français va être un axe important. Donc, c'est une
des... un des axes sur lesquels on veut agir, on l'a exprimé à de nombreuses
reprises, notamment en matière d'immigration économique.
M.
Cliche-Rivard : OK. Il me reste juste le temps pour une dernière
question. Est-ce que le PEQ travailleur, lui
aussi, est dans les cartons de réforme ou, celui-là, il ne bougera pas, il ne
change pas? Vous avez quand même avancé sur le PEQ étudiant.
Mme
Fréchette : On regarde l'ensemble des programmes. Je ne vais pas vous
dire : Lui, pas lui, lui, pas lui, mais l'ensemble...
La Présidente (Mme
Gendron) : En terminant.
M.
Cliche-Rivard : Bien, vous avez quand même dit lui, devant les médias,
sur le PEQ étudiant. Donc, quand même...
Mme
Fréchette : Sur le PEQ étudiant, mais ce n'est pas...
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. Merci, Mme la ministre. Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole au député de Nelligan.
Par contre, j'aimerais que vous portiez une attention particulière à pouvoir...
que ce soit plus fluide, de ne pas parler l'un sur l'autre. Donc, merci.
M. Derraji : Merci, Mme la Présidente. Je vais revenir aux
travailleurs temporaires étrangers, Mme la ministre, encore une fois... que
vous avez vu le documentaire. Vous avez vu que l'enjeu, c'est les permis
fermés. Est-ce que vous partagez la
même conclusion que moi pour les travailleurs temporaires étrangers, que c'est
vraiment le permis de travail fermé qui est l'enjeu numéro un?
Mme
Fréchette : Ça fait partie des... ça fait partie des enjeux. Le
documentaire, en fait, montre... quant au fait
qu'il peut y avoir des enjeux associés au permis fermé. Il y a certains
bénéfices, quand même, qu'on peut associer au permis fermé, mais ces
bénéfices-là peuvent avoir un revers.
M. Derraji : Quels
bénéfices?
Mme Fréchette :
Par exemple, un employeur qui
embauche un étranger via un permis fermé, bien, doit assumer un certain nombre
de coûts. Le coût, notamment, du transport aller-retour doit être assumé par
l'employeur, ce qui n'est pas le cas quand il s'agit d'un permis ouvert.
Ça nous permet également de suivre davantage à la trace le salaire qui est
offert à cette personne-là et de voir à ce que ça respecte le cadre législatif
qui existe pour le secteur donné. Donc, il y a plus de suivi qui est fait.
M. Derraji :
Oui, mais vous savez que c'est...
Mme
Fréchette : Et l'employeur doit également faire en sorte d'offrir un
logement à la personne qui est embauchée ou de trouver un logement qui est à sa
portée.
M. Derraji :
Mais vous savez que ce n'est...
Mme
Fréchette : Donc, ça fait partie des bénéfices, mais il y a des revers
également.
M. Derraji : Mais vous savez que ce
n'est pas le cas partout. Je peux...
Mme Fréchette :
Il y a des cas.
M. Derraji : Il y a énormément de
cas, et, quand je vous dis que c'est lié à ce que des gens nous parlent, de
l'esclavagisme, c'est parce que c'est ça. Je ne pense pas que vous... dans un
autre pays où vous voulez travailler, vous avez un seul permis avec un seul employeur.
Il y a tellement d'opportunités d'emploi. Vous savez que, quand on arrive dans
un pays où on n'a pas grandi, on ne connaît pas les lois, on devient à la
merci... Je ne vais pas dire que tous les employeurs, c'est des gens qui ne
sont pas, je dirais, bienveillants, mais le rôle du législateur, c'est
justement éviter des situations d'abus. Mais, vous, ce que j'ai compris... que
vous réalisez que le permis fermé est un enjeu?
Mme Fréchette : Oui, ça peut être
générateur d'enjeux, et j'en ai parlé, d'ailleurs, avec mon homologue fédéral, peu après la sortie, d'ailleurs, du
documentaire, pour lui indiquer qu'on souhaitait regarder, avec le gouvernement
fédéral, les façons de faciliter le recours au permis de travail ouvert pour
des travailleurs vulnérables.
Donc, ça, c'est un élément qui est important. Ça
a été mis en place en 2019 par l'IRCC, mais ce n'est pas encore beaucoup
utilisé. Donc, on veut faire en sorte de rendre plus facile l'accès à ce permis
ouvert puis à trouver des solutions aussi pour diminuer la vulnérabilité des
travailleurs étrangers temporaires, et j'ai indiqué que je souhaitais que l'on
puisse discuter des alternatives qui existent au permis de travail fermé, parce
que le permis de travail fermé peut générer
parfois des enjeux, si l'employeur est mal intentionné, et, par conséquent, on
veut regarder, en fait, quelles sont les alternatives envisageables.
Donc, dans mes prochaines rencontres avec le ministre Fraser, ça fera partie à
nouveau des discussions. Donc, on a commencé à aborder le sujet.
M. Derraji : Juste une chose, on
s'entend, vous êtes pour que les personnes temporaires qu'on accueille au
Québec n'aient plus un permis de travail fermé.
Mme Fréchette : Ce n'est pas ce que
j'ai dit.
M. Derraji : Oui, c'est pour ça que
je vous...
Mme Fréchette : J'ai demandé au
ministre Fraser que l'on regarde quelles sont les alternatives qui existent.
M. Derraji : Mais c'est quoi,
votre...
Mme Fréchette : Donc, il ne faut pas
présumer, nécessairement, de l'aboutissement de cette réflexion-là.
M. Derraji : Oui, oui, mais je...
oui, mais ce n'est pas grave, mais je n'ai pas... clair, là, je n'ai pas
compris la demande, lui demander une
ouverture, une ouverture par rapport à quoi? La question est très claire. Après
le documentaire, après les histoires qu'on a vues dans les médias, je ne
pense pas que, Mme la ministre, l'année prochaine, vous voulez qu'on assiste à
d'autres abus au niveau de permis de travail fermés. Donc, du moment que vous
êtes, je dirais, au fait qu'il y a des enjeux liés au permis de travail fermé,
la demande doit être qu'on ne doit plus faire recours au permis de travail
fermé. Je ne comprends pas la demande que vous avez formulée au ministre.
Mme Fréchette : La demande, c'est de
voir quelles sont les alternatives qui pourraient s'offrir au permis de travail
fermé, comment faciliter également le recours au permis de travail ouvert pour
les travailleurs vulnérables, travailleurs
étrangers temporaires vulnérables, un processus qui existe déjà, mais qui est
sous-utilisé. Donc, on veut faire en sorte de faciliter...
M. Derraji : Vous insistez beaucoup
sur le «vulnérable». C'est qui, les vulnérables, selon vous, dans la
classification «vulnérable»?
Mme Fréchette : C'est ceux qui font
l'objet de comportements qui sortent du cadre législatif. Il y a des cas d'abus
qui ont été perpétrés et il faut que ces personnes qui souffrent, que ce soit
d'harcèlement ou d'abus de pouvoir de la part de leur employeur, puissent avoir
recours à un permis qui va les sortir de cette situation-là. Donc, il existe
déjà une mesure. On veut faire en sorte de faciliter le recours à cette mesure.
Mais également
j'ai demandé au ministre Fraser, et j'en ai fait... j'en avais fait part à la
journaliste, Mme Champagne... j'ai demandé au ministre Fraser que l'on
puisse regarder les alternatives au permis fermé. Est-ce que ce serait un permis de travail ouvert
sectoriel? Est-ce que ce serait un permis de travail ouvert régional? Ça fait
partie des réflexions à y avoir. Ce n'est pas parce qu'on dit : Bon, il
faudrait une alternative, que l'alternative est toute trouvée et puis adaptée.
Il faut réfléchir, il faut analyser, voir quelles sont les options, et, en
fonction de l'analyse, une décision sera prise, mais c'est une discussion qu'on
aura avec le fédéral.
• (12 heures) •
M. Derraji : Mais juste... oui, mais
c'est juste... ce qui est triste, Mme la ministre, c'est qu'il n'y a rien qui a
changé depuis... En fait, le documentaire vient juste expliquer un syndrome
profond. Et je vous ai posé beaucoup de questions, parce que votre
gouvernement, depuis 2018, a essayé de baisser les seuils d'immigration et
ouvrir la porte aux travailleurs temporaires étrangers. En fait, depuis les...
cinq ans, ou ce que votre premier ministre aime, les quatre ans et demi, on
assiste à une arrivée massive de travailleurs temporaires étrangers, et j'ai
l'impression, et corrigez-moi si je me trompe, que ce
n'est pas uniquement les articles de journaux qui parlent de l'exploitation,
d'esclavagisme.
Je peux vous... Je
vais vous partager le cas d'une ingénieure à Québec, enceinte de trois mois,
que son employeur a mis dehors parce qu'elle a perdu ses contrats. Elle se
ramasse avec... sans revenu et dépend des revenus de son mari. C'est elle qui
avait le plus gros salaire. Elle se ramasse maintenant... Il risque de perdre
son assurance maladie. Je ne parle pas uniquement des travailleurs dans
d'autres secteurs où le Québec a vraiment le besoin... Je parle aussi des gens
dans des situations... qui viennent, et le permis de travail, il est fermé.
Moi, ce que j'ai
besoin de voir... Sur ce point, je peux être un allié numéro un. J'ai une seule
demande à faire au fédéral, récupérer le programme travailleurs temporaires
étrangers. Ce n'est pas à Ottawa de gérer ce programme, c'est à nous, au
Québec. C'est la première demande. La deuxième, dans une société démocratique
qui respecte les droits des travailleurs, je ne pense pas que c'est normal...
que c'est normal, accepter des permis de travail fermés, parce que ça nous
nuit. Est-ce que vous êtes d'accord avec les deux propositions?
Mme Fréchette :
Alors, nous demandons au fédéral,
depuis quelques années, de pouvoir rapatrier l'ensemble des pouvoirs
associés à l'immigration et au Programme des travailleurs étrangers temporaires.
D'ailleurs, on aura un congrès dans quelques jours, où cette résolution est
réitérée. Donc...
M. Derraji :
...congrès caquiste. Moi, je parle avec la ministre.
Mme
Fréchette : Oui, oui, mais je vous dis que notre gouvernement porte
cette mesure-là...
M. Derraji : Oui,
mais juste, Mme la ministre...
Mme
Fréchette : ...porte cette mesure-là, on va la réitérer.
M. Derraji : Mme la ministre, vous êtes ministre de
l'Immigration, je ne vous parlais pas d'un congrès caquiste, là.
Mme
Fréchette : Mais c'est quelque chose qu'on va réitérer aussi en tant
que gouvernement. C'est quelque chose qu'on porte depuis plusieurs...
M. Derraji : Donc,
je dois attendre et les Québécois doivent attendre votre congrès des membres?
Mme
Fréchette : Non, je dis que c'est réitéré, c'est que ça existe déjà.
La demande a déjà été exprimée.
La Présidente (Mme
Gendron) : M. le député, soyez prudent dans vos... S'il vous plaît,
laissez finir les réponses. Merci beaucoup.
Mme
Fréchette : ...d'ici à ce qu'on récupère l'ensemble des pouvoirs en
immigration, on a la volonté de faire des
gains, de faire avancer les différents programmes d'immigration. Et ça fait en
sorte, en fait, de vouloir faciliter l'accès aux programmes
d'immigration, que ce soient pour les employeurs ou pour les employés. Et, pour
revenir...
M. Derraji : ...je
vais répéter ma question, s'il vous plaît. Vous êtes pour qu'on demande à
Ottawa la demande que je viens de formuler, qu'on doit récupérer le
programme... le programme des travailleurs temporaires... des travailleurs
temporaires?
Mme
Fréchette : Oui, je vous l'ai dit, ça fait des années que l'on porte
cette demande.
M. Derraji : Mais vous n'avez pas réussi, ça fait
cinq ans, à l'avoir. C'est une demande qui est encore sur la table.
Mme
Fréchette : Écoutez... deux pour danser le tango. C'est sûr qu'il faut
avoir un gouvernement fédéral...
M. Derraji : Je
vais vous appuyer dans cette demande...
Mme
Fréchette : Bien, merci...
M. Derraji : ...je
vais vous appuyer.
Mme
Fréchette : C'est beaucoup apprécié. C'est bien apprécié.
M. Derraji : Est-ce
que je peux avoir aussi votre appui que c'est fini, le temps d'avoir des permis
de travail fermés donnés par Ottawa? On gère nos permis de travail au Québec.
C'est au Québec de gérer les permis de travail sur son territoire. Est-ce que
je peux dire que la ministre va m'appuyer dans cette demande aussi? Sinon,
faites-la, et je vais vous appuyer, Mme la ministre.
Mme
Fréchette : ...une demande. J'ai une demande qui va dans le
sens de regarder les alternatives qui existent. Et comment on procède
aussi pour les entreprises qui ont investi dans le fait de venir... faire venir
des travailleurs étrangers temporaires? Si
la personne, après... deux mois après être arrivée chez l'employeur,
décide d'aller chez un autre employeur, est-ce qu'on pense à un
mécanisme de...
M. Derraji : C'est le cas, Mme la
ministre. C'est le cas déjà maintenant, là. Sur la Côte-Nord, les gens changent
d'emploi, c'est assez fréquent. Je répète ma question. Au Québec, on peut gérer
le programme d'emploi, on peut gérer nos contrats. On demande des permis de
travail ouverts, ça va faciliter la tâche et pour les employeurs et pour les travailleurs, mais aussi demander la
récupération du programme. Ce n'est pas à Ottawa de gérer le programme.
Je pense que vous êtes d'accord.
Mme Fréchette : Bien, au Québec, de
gérer le programme, on est tout à fait sur la même longueur d'onde de ce
côté-là. Et puis changer de type de permis, bien, ça, ça demande plus qu'un
cliquement de doigts. Il faut vraiment analyser les options qui sont les plus
intéressantes à la fois pour les employés, comme pour les employeurs, pour les
régions aussi. Vous savez, j'ai fait plusieurs rencontres en région ces
deux derniers mois, et les gens craignent, en région que... s'il n'y a pas de permis de travail fermé, que tout le
monde va s'en aller à Montréal. Bon, est-ce que c'est une crainte qui se vaut? Est-ce que c'est une
tendance qui pourrait surgir? Peut-être que c'est une tendance qui pourrait survenir.
Alors, il faut faire en sorte de réfléchir, notamment, à cette dimension-là.
Qu'est-ce qu'on fait pour amener davantage
de travailleurs étrangers temporaires dans les régions...
M. Derraji : Parlant des délais...
Mme Fréchette : ...sans courir le
risque que tout le monde se retrouve à Montréal quelques mois plus tard?
M. Derraji : Parlant des délais...
parler des délais de CSQ. Moi, je pense... L'argument de Montréal, je pense qu'il... Après cinq ans, là, je pense que
vous avez pas mal travaillé sur la régionalisation parce que... je ne veux pas
vous ramener là, parce que, si vous me dites ça, là : C'est un
échec, la régionalisation... c'est sérieux, là. Vous pouvez me dire ça à la
première année, Mme la ministre.
Mme Fréchette : En tout cas, on a
travaillé plus que les libéraux, je vais vous dire, sur la régionalisation,
parce que les libéraux avaient fermé tous les bureaux du ministère en région.
M. Derraji : Mais je me... Non, mais
ce n'est pas grave... Bien...
La
Présidente (Mme Gendron) : Je laisse en échange libre, mais, pour faciliter
la conversation, s'il vous plaît, attendez que les questions et les réponses
soient terminées avant de débuter une autre intervention, s'il vous plaît.
M. Derraji : ...ce n'était pas mon
choix. Vous voulez parler de la régionalisation, pas de problème. Je vous
invite à la page 74.
Mme
Fréchette : Bien, je pourrais compléter aussi sur les
travailleurs étrangers temporaires, sur les améliorations...
M. Derraji : Bien, je pense que vous
avez pas mal répondu. Je vais passer à la régionalisation.
Mme Fréchette : Comme vous voulez.
M.
Derraji : C'est le seul
moment où on a le droit de poser des questions, donc je veux en profiter. J'en
ai pas mal, Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...les poser en
Chambre.
M. Derraji : Page 74... Avec
plaisir. Bien, j'ai besoin de réponses, par exemple. La page 74 des renseignements particuliers, ça nous dirait que
81 % de l'immigration du Québec, entre 2017‑2021, serait dans la
grande région de Montréal. Avez-vous des chiffres, des nouveaux chiffres à me
partager par rapport à la régionalisation, pour me dire que... pour nous
dire que c'est un succès, la régionalisation, à part ouvrir les bureaux? Je
peux vous en parler, des bureaux. Et vous avez régionalisé combien?
Mme Fréchette : Oui, d'accord.
Alors, si on regarde, par exemple, la proportion des personnes admises au
Québec et présentes en janvier... d'une année de référence, qui sont établies
hors de la région métropolitaine de Montréal, bien, pour les années 2014 à
2016, donc les années sous l'aile libérale, on était à 20 % de personnes
qui résidaient hors de la région métropolitaine de Montréal, qui étaient
arrivées en 2014 et dont on a regardé le lieu de domicile en 2016.
Donc, 20 %.
Si on se reporte à l'année 2020, considérant les
gens qui étaient arrivés en 2018, eh bien, on était à 23,5 %. Donc,
déjà 3,5 % d'augmentation entre 2016 et 2020. C'est une augmentation
intéressante. Et, si on regarde 2022, on était, à ce moment-là, à 28,5 %, donc, encore
là, augmentation significative de presque 5 % entre l'année 2020 et
2022. Et là, si on se reporte à l'année 2023, on est maintenant à
31,5 %.
M. Derraji : Excellent,
excellent. C'est du temporaire ou...
Mme
Fréchette : 31,5 %. Donc, c'est majeur.
M. Derraji : C'est
du temporaire ou du permanent?
Mme
Fréchette : Du permanent. Permanent.
M. Derraji : Permanent.
Mme
Fréchette : Il faut voir qu'il y a tout un appareillage, pour
accompagner ces gens-là, qui est requis. Donc,
quand on parle de capacité d'accueil, notamment en région, eh bien, c'est
multidimensionnel, ce qui est requis en termes de capacité d'accueil. Il
ne suffit pas d'avoir des gens sur place pour dire : Voilà, défi rehaussé,
défi relevé, on a amené des gens en région.
Non, non, ça, c'est le début. C'est le début de l'aventure. Il faut faire en
sorte aussi d'avoir un ensemble de groupes qui soient présents...
M. Derraji : Donc,
ce n'est pas uniquement ouvrir des bureaux, que ça va aider la régionalisation.
Mme
Fréchette : Ah! ça passe beaucoup par ça. Donc, ça, déjà là, c'était
un travail colossal à faire de réouvrir l'ensemble des bureaux qui avaient été
fermés. Il a fallu également remettre en place des agences d'aide à
l'intégration, qui avaient complètement disparu de 2012 à 2019. Je n'ai pas
besoin d'expliquer grâce à la décision de qui,
mais il a fallu recréer ce rôle-là pour accompagner les personnes qui vont
s'établir en région. On a aussi signé pas moins de 200 ententes... en
fait, on est rendu à plus, beaucoup plus que 200 ententes, avec un
ensemble d'organismes, d'organisations d'accompagnement, d'intégration,
de francisation...
M. Derraji :
C'est beaucoup... je ne veux pas l'interrompre.
Mme
Fréchette : ...dans l'ensemble des régions du Québec.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. M. le député.
M. Derraji : Oui.
J'essaie de suivre ce que vous avez dit. Le programme travailleurs temporaires
étrangers, 56 %, c'est dans la région de Montréal?
Mme
Fréchette : Pardon?
M. Derraji : Le
programme... Le PTET, 56 %, c'est dans la région de Montréal, 56 %?
Mme
Fréchette : C'est une question?
M. Derraji : Oui.
Mme
Fréchette : Vous voulez que je confirme le chiffre?
M. Derraji : Bien,
en fait, c'est 18 715 sur 33 070, Montréal, Laval, Lanaudière,
Laurentides, Montérégie.
Mme
Fréchette : ...si c'est le chiffre...
M. Derraji : ...mais, si votre équipe veut le faire, elle peut
le faire. Mais, quand je vous dis que les PTET sont pas mal concentrés
dans ces régions, c'est quoi, la lecture que vous faites?
Mme
Fréchette : Bien, notre volonté, c'est de les régionaliser encore
davantage. C'est ça, le souhait.
M. Derraji : Non,
non, mais... Non, Mme la ministre, c'est des temporaires. Je reviens à la
question de mon collègue, parce que vous
avez dit que vous refusez de les inclure dans la planification. Je vous dis
que, dans la CMM, 56 %... Ce n'est pas le permanent, là, parce que, le
permanent, je comprends la décision du premier ministre, il ne veut pas en
parler parce que ça nuit à l'élection. 56 % des travailleurs temporaires
étrangers s'installent dans la CMM, c'est du temporaire. Ça veut dire que ça
répond à un besoin particulier parce que c'est les entrepreneurs qui les
ramènent...
La Présidente (Mme Gendron) : Pour
faciliter les échanges, je vous demanderais de vous adresser à la présidence,
s'il vous plaît. Merci.
• (12 h 10) •
Mme Fréchette : Alors,
effectivement, ça répond aux besoins des entreprises qui sont aux prises avec
une rareté de talents. Et ça fait en sorte, considérant que Montréal, le Grand
Montréal est un des moteurs économiques du Québec... et ça fait en sorte qu'il
y a davantage de travailleurs étrangers temporaires.
M. Derraji : C'est... Je suis
d'accord, mais vous confirmez que c'est très important, dans une planification
pluriannuelle, inclure les PTET. J'ai un autre chiffre. On avance, Mme la
ministre, c'est excellent.
Mme Fréchette : ...je ne comprends
pas le lien que vous faites.
M. Derraji : PMI... Bien, je vous...
j'en arrive. Je vais y arriver.
La Présidente (Mme Gendron) : ...par
ma demande que je viens de faire, s'il vous plaît.
M.
Derraji : ...le Programme de mobilité internationale, même
chose, c'est encore pire, le pourcentage, 84 %, c'est dans la grande
région de Montréal. Donc, j'ai deux programmes qui ne seront pas inclus
dans votre planification pluriannuelle qui détermine le portrait du
marché de travail. C'est la même question que mon collègue, 84 %...
Mme Fréchette : Le portrait du
marché du travail, on peut l'avoir.
M. Derraji : ...je
n'ai pas terminé. Je n'ai pas terminé, désolé. 84 %, c'est dans la grande
région de Montréal. Ce n'est pas vos programmes de seuil, c'est le Programme de
mobilité internationale, un. Deux, 56 % de travailleurs dans la
grande région de Montréal, c'est le programme travailleurs étrangers
temporaires. Donc, 56 % viennent d'un programme,
PTET, 84 % viennent de PMI. Donc, on ne peut pas dire que, dans une future
planification de l'immigration, on doit juste prendre en considération
les permanents.
Mme Fréchette : Les
travailleurs étrangers temporaires répondent à des besoins ponctuels rencontrés
par nos entreprises. L'immigration permanente ne vise pas à répondre à
des besoins ponctuels. Donc, la réflexion...
La
Présidente (Mme Gendron) : ...ministre, merci. Maintenant, je cède la parole
au député de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour une durée de 9 min 7 s, s'il vous plaît.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Mme la ministre, je vois, à la page 31
du premier cahier, que le portefeuille du MIFI est à
725,9 millions. C'est exact?
Mme Fréchette : 725,9 millions,
effectivement.
M. Cliche-Rivard : Selon
mes informations, c'est le même montant que le fédéral transfère au MIFI. C'est
exact? Donc, 100 % du budget du MIFI est un transfert du
gouvernement fédéral.
Mme Fréchette : ...
M. Cliche-Rivard : Bien, je
veux... Alors, renseignez-moi.
Mme Fréchette : Est-ce que je
peux permettre à mon sous-ministre de préciser?
M. Dagenais (Benoit) : Donc,
c'est plus... c'est un peu plus compliqué que ça. Donc, premièrement, l'argent que le fédéral transfère ne va pas directement au
MIFI, première chose. Il rentre dans... au fonds consolidé, mais c'est
la même somme... mais là ce serait un hasard parce que...
M. Cliche-Rivard : Sur
725 millions?
M. Dagenais (Benoit) : Ce
serait un hasard parce que les sommes qui sont inclues dans l'objet pour lequel
la compensation est versée sont tout ce qui est francisation, intégration,
accueil, donc pas tous les... Tout ça pour dire que ce ne sont pas tous les postes budgétaires du MIFI qui sont sous
l'égide de la compensation. Par ailleurs, beaucoup des sommes qui sont
dépensées par le gouvernement du Québec en matière de francisation,
d'intégration relèvent d'autres ministères. Donc, dans la reddition de comptes
totale...
M. Cliche-Rivard : Je
comprends.
M. Dagenais
(Benoit) : ...il y a des sommes de l'Enseignement supérieur,
il y a des sommes du Travail, donc... Donc, on ne peut pas faire ce
simple calcul là.
M. Cliche-Rivard : Je
comprends, je comprends. Je comprends, mais vous... le montant est quand même
exactement le même, là. Donc, je me permettais de poser la question.
J'aimerais ça poser la
question aussi sur les transferts de compensation en matière de demandeurs
d'asile du fédéral envers le Québec. On avait des ententes de 150 millions
en 2018‑2019, de 324 millions en 2019‑2020 et de
242 millions en 2020‑2021. Est-ce qu'on a les sommes de compensation pour 2021‑2022?
Mme Fréchette : Jusqu'à
maintenant, donc, le Québec a été remboursé à hauteur de 394 millions pour
les années 2017 à 2020.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais
après?
Mme Fréchette : C'était pour le
coût du logement temporaire. Pour la suite, les négociations sont encore en
cours. Donc...
M. Cliche-Rivard : ...2022 à
aujourd'hui... de 2020 à aujourd'hui.
Mme Fréchette : De 2021? Oui,
c'est ça, 2021 à aujourd'hui.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
toute l'année 2021, toute l'année 2022, là, nous, on s'attend à un
chèque, quand même, vous négociez, là, qui
va aller, j'imagine, avec ce qu'on a vu des dernières années, à plusieurs centaines
de millions de dollars, là. On s'attend à ça du fédéral.
Mme Fréchette : Plusieurs
centaines, effectivement. Et il se trouve que, considérant l'afflux très
important de demandeurs d'asile arrivés de manière irrégulière, on a... on
demande, en fait, au fédéral de nous compenser non seulement pour le logement
temporaire, mais pour l'ensemble des coûts assumés par le Québec, parce qu'ils
sont considérables.
Voilà, on
était dans une situation exceptionnelle, singulière, qui créait une énorme pression
sur le Grand Montréal. Et, pour nous, c'est important d'être remboursé pour
l'ensemble des coûts qui ont été assumés par le Québec parce qu'il faut
voir que le Québec était la principale... le principal lieu d'arrivée de ces
demandeurs d'asile arrivés de manière irrégulière.
Donc, il y avait une très grande concentration sur le Québec de ces coûts et
des contraintes que ça a exercé sur nos programmes gouvernementaux, que
ce soit en matière d'éducation, ou de santé, ou de logement.
M. Cliche-Rivard : Et on
s'attend à un... d'ici la fin 2023? C'est l'objectif du MIFI?
Mme Fréchette : Bon, il n'y a
pas de deadline officiel. Les discussions avancent, je veux dire, au fur et à
mesure de nos rencontres. Il y a des rencontres qui se tiennent à la fois sur
le plan administratif comme sur le plan politique. Donc, voilà, à chaque
rencontre qu'il y a, on réitère cette demande-là. On sent qu'il y a quand même
une ouverture pour un remboursement de la part du fédéral. Jusqu'où ça ira? On...
M. Cliche-Rivard : ...ce n'est
pas un irritant pour vous de ne pas avoir encore...
Mme Fréchette : Bien, un
irritant... on a hâte d'avoir une réponse, c'est sûr. Ça chemine. Ça chemine,
et puis on continue de mettre de la pression
pour faire en sorte que ça revienne au Québec. Et il faut voir qu'on a eu, par le
passé, déjà des paiements, des remboursements rétroactifs.
M. Cliche-Rivard : Tout à fait, tout
à fait.
Mme Fréchette : C'est déjà arrivé.
Donc, voilà, on s'attend à ce que la situation se conclue positivement.
M. Cliche-Rivard : ...de millions
pour le Québec prochainement, c'est la...
Mme Fréchette : Prochainement... ça
dépend la définition que vous donnez au mot «prochainement».
M. Cliche-Rivard : Je la laisse
large, là. Je la laisse large.
Ça fait
quelque temps que je regarde l'organigramme du MIFI. Vous en avez un qui a été
publié dernièrement, en mars 2023, et ça nous apprend que plusieurs
postes sont vacants, en fait, au ministère et, surprenamment, plusieurs postes en francisation. Directeur, le poste est
vacant. Poste de projet pédagogique didactique en français, le poste est
vacant. Planification de programmes et partenariats en francisation, le
poste est vacant. Francisation en milieu de travail, le poste est vacant aussi.
Donc, je
comprends que Francisation Québec s'en vient, mais là, là, actuellement, il n'y a
personne depuis plusieurs mois. Comment ça se fait?
Mme Fréchette : Le ministère a quand
même vécu une grande progression au niveau de ses effectifs. Il y a eu une
augmentation de pas moins de 10 % du nombre d'effectifs entre le
31 mars 2022 et le 28 février dernier. Donc, c'est sûr que ça crée, je dirais, une crise de croissance, par
moment, dans certains secteurs, mais, pour plus de précision,
j'inviterais le sous-ministre à répondre à la partie plus précise, là.
La
Présidente (Mme Gendron) : Consentement?
M. Dagenais
(Benoit) : Oui, oui. Très rapidement, en fait, plusieurs des postes
que vous avez nommés sont des postes nouvellement créés, justement, en
prévision de la création de Francisation Québec au 1er juin. Donc, on a
revu, on a resolidifié, on a doté. On est en... on est dans les processus de
dotation pour ces postes de direction, qui sont, pour la plupart, de nouveaux
postes, pour être en place au 1er juin.
M.
Cliche-Rivard : ...en ce moment, il y a des responsables de
francisation pour tous les postes?
M. Dagenais
(Benoit) : Absolument. N'ayez crainte, ça fourmille. Il y a beaucoup,
beaucoup de travail qui se fait en prévision du 1er juin, effectivement.
Mme
Fréchette : J'aimerais souligner le fait que, vraiment, notre
ministère est exemplaire, va même au-delà des cibles pour ce qui est du taux de
présence de minorités visibles et ethniques au sein des effectifs. On est à
27,5 % du personnel d'encadrement qui
provient, donc, de minorités visibles et ethniques. Et le taux de mobilisation
globale aussi a augmenté de 2 % depuis 2021,
et c'est sans compter la hausse des budgets considérables. On parle d'une
augmentation de budget de 51 % depuis... entre 2019‑2020
et 2023‑2024. C'est énorme.
M. Cliche-Rivard : Donc, j'entends quand
même que les postes sont vacants. Là, vous me dites : Ça sera comblé
rapidement. Je l'entends, je le comprends, mais je le constate quand même sur
votre organigramme.
J'ai une question.
RP.16, dans les réponses, on voit qu'il y a 122 000 CAQ pour
étudiants étrangers qui ont été émis
en 2022. On voit seulement par contre que... en RP.19, que
62 000 permis d'études ont été émis. Donc, il y a à peu près une
distinction de la moitié entre le nombre de CAQ émis puis le nombre de permis
d'étude approuvés par le fédéral. Est-ce que vous trouvez ça normal que
la moitié des CAQ que vous émettez sont refusés par le fédéral?
Mme Fréchette :
...des gens qui ont changé d'idée
en cours de route et qui font en sorte d'opter pour une alternative.
M. Cliche-Rivard : Oui, mais on peut deviner
que quelqu'un fait un CAQ parce qu'il a l'intention de venir, en grande
majorité, là. Est-ce que ça vous choque, au ministère, ça?
Mme Fréchette :
Oui, mais il peut peut-être faire
sa démarche pour plusieurs différents endroits puis, ultimement, choisir
parmi ceux qui auront accepté sa demande. C'est assez régulier comme façon de
faire.
M.
Cliche-Rivard : On voit quand même le... On voit quand même les
milliers de refus d'étudiants africains francophones, par exemple. Ce que je
veux savoir, c'est... Ça vous dérange, là, c'est évident, que...
Mme
Fréchette : Oui, ça, les... Le taux de refus, il est inacceptable,
pour les étudiants en provenance d'Afrique
francophone. J'ai abordé la question à quelques reprises dès la fin octobre,
tout de suite après ma nomination, et, en cours d'automne, il y a eu une
amélioration intéressante qui... de passer... le taux d'acceptation était passé
autour de 27 % à 40 % au cours de l'automne. Donc, belle progression,
et on...
La Présidente (Mme
Gendron) : ...
M.
Cliche-Rivard : OK. Une minute, je vais poser une dernière
question.
Mme
Fréchette : ...on invite, en fait, le ministère IRCC à poursuivre dans
cette voie de la croissance et à faire en sorte qu'il y ait une égalité dans
les taux d'acceptation des deux groupes.
M. Cliche-Rivard : OK. Merci. Donc, je suis
d'accord avec vous, là, que ça n'a pas lieu d'être, là, qu'on émet
122 000 CAQ puis qu'on ait une soixantaine de mille, c'est
inacceptable.
• (12 h 20) •
Mme
Fréchette : Inacceptable. Inacceptable.
M.
Cliche-Rivard : Donc, on va relayer l'information. Est-ce que la
ministre connaît le nombre de dossiers de
résidence permanente travailleur qualifié qui sont en arriéré à IRCC pour
attente de résidence permanente à ce jour?
Mme
Fréchette : On peut vous trouver le chiffre exact. Je ne voudrais pas
vous induire en erreur.
M.
Cliche-Rivard : Puis on conclura là-dessus, Mme la Présidente. Je
laisse la partie ministérielle répondre.
M. Dagenais (Benoit) : Donc, oui... Donc, au
4 avril 2023, on parle bien des gens déjà sélectionnés par le Québec
qui sont en inventaire fédéral, en attente
d'admission dans la catégorie des travailleurs qualifiés, donc, on parle de
22 900.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci
beaucoup. Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de
Nelligan pour un total de 18 min 34 s.
M.
Derraji : Je vous remercie, Mme la
Présidente. On va parler de francisation, page 227. J'ai
deux questions. Le taux de décrochage des cours de francisation par
région administrative, le taux de décrochage pour le temps complet, 21 %,
le taux de décrochage temps partiel, 15,4 %, c'est quoi, votre
interprétation, Mme la ministre?
Mme Fréchette : Bien, vous savez, on
est dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, hein? Je pense qu'on en est
tous conscients. Et c'est sûr que, quand on prend des cours de francisation, on
peut rapidement être sollicité pour intégrer une entreprise ou encore, si on a
déjà un emploi, pour travailler davantage d'heures. Je pense que tout le monde
est amené à contribuer ou... au plus, dans le contexte actuel. Donc, ça peut
expliquer le taux de décrochage important et
ça peut être aussi les coûts en... en fait, l'absence de soutien financier qui
pourrait expliquer ça. Il y a des mesures d'allocation financière qui
ont été développées par le ministère et il a fallu rebâtir, donc...
M. Derraji : Mme la ministre...
Mme Fréchette : Pardon?
M. Derraji : Mme la ministre, votre
gouvernement insiste beaucoup sur la francisation des immigrants. Moi, quand je vous parle de ces chiffres, est-ce que
c'est des chiffres alarmistes? Est-ce que vous êtes satisfaite? Est-ce que c'est...
En fait, est-ce que... Quand vous avez vu la réponse dans vos... dans les
cahiers de crédits, ça a été quoi, votre réaction? Ça n'a aucun bon sens?
Est-ce que c'est acceptable d'avoir...
La Présidente (Mme Gendron) : ...à
vous adresser à la présidence. Merci.
M.
Derraji : ...c'est acceptable... Je pense que je le fais...
je pense qu'on le fait quand même d'une manière amicale, Mme la
Présidente. Est-ce que c'est acceptable, ce taux de décrochage? Ça fait rire?
Mme Fréchette : ...ces chiffres de
taux de persévérance, donc...
M.
Derraji : Mais je... Ma question, ce n'est pas sur la
persévérance. Je pense que c'est moi qui pose les questions. Je n'ai pas
posé de question, Mme la Présidente, sur la persévérance. Ce qui
m'interpelle...
La Présidente (Mme Gendron) : Poursuivez,
s'il vous plaît.
M. Derraji : Ce qui m'interpelle...
Mme la Présidente, merci beaucoup. Ce qui m'interpelle, c'est quand je pose une question sur le taux de décrochage... Et
j'ai des régions, en Abitibi, c'est 43 %, Lanaudière, 17 %, en
Montérégie, 20 %. Je veux savoir
pourquoi le gouvernement a échoué dans ses cours de francisation. Il y a un
taux de décrochage qui est quand même très élevé.
Mme Fréchette : Ce n'est pas un
échec du tout. On partait de zéro, hein? Je veux dire, on a tellement rebâti, depuis 2018, en matière de francisation,
particulièrement dans les régions, parce que tout était à refaire. Alors, moi,
je trouve franchement que d'avoir un
taux de persévérance de 78,8 % pour les temps complets et un taux de
persévérance de 84,6 % pour les gens qui suivent des cours de
francisation à temps partiel, c'est franchement un beau succès. Et il faut voir qu'on a augmenté considérablement le
nombre de personnes qui prennent des cours de francisation. En fait, au cours
de la dernière année, il y a eu 43 000 personnes qui ont pris des
cours de francisation. C'est énorme. On a plus que doublé les fonds, par
ailleurs, qui ont été investis là-dedans...
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre.
M. Derraji : Merci.
Mme Fréchette : ...doublés.
La Présidente (Mme Gendron) : Oui.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Article, 18 décembre 2022, Québec loin de ses objectifs,
donc ils vont parler des anciens chiffres,
Moins d'un sur deux en cours de francisation. Page RP.154, il y a... il y a
4 349 personnes en séjour
temporaire qui ont suivi des cours de francisation à temps complet et
18 170 qui ont suivi des cours à temps partiel...
Mme Fréchette : ...ce que vous me
dites? Parce que moi, j'ai des chiffres fort différents ici, là.
M. Derraji : Bien, en fait, regardez
la... regardez la RP.154.
Mme
Fréchette : ...complet, 14 600 personnes et, pour le
temps partiel, 28 873 personnes. C'est considérable. C'est un
total de 45 302 personnes.
M. Derraji : Oui,
mais, compte tenu... Bien, en fait, c'est ça, compte tenu du très grand nombre
de travailleurs temporaires... parce qu'il y a beaucoup de travailleurs
temporaires, dont une grande partie ne parle pas français. Là, vous avez vu,
hein, je peux vous citer les pays, je pense que vous les connaissez par coeur,
c'est des pays où ils ne parlent pas français, et c'est les travailleurs
temporaires qui sont sur le territoire. Et on sait c'est quoi, l'importance de
la langue française. Est-ce que...
Mme
Fréchette : Oui. Bien, on ne le savait quand vous étiez là, mais...
M. Derraji : Je
n'ai pas, Mme la Présidente...
Mme
Fréchette : Maintenant, on le sait.
La Présidente (Mme
Gendron) : ...la parole, pour le moment, est le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Je pense que, pour le bien de nos échanges...
C'est la deuxième fois que la ministre essaie de m'interrompre. Donc, je
vous invite, Mme la Présidente, à jouer votre rôle.
La Présidente (Mme
Gendron) : Je réitère de vous adresser à la présidence.
M. Derraji : OK.
La question est très simple. Les chiffres sont là. On a beaucoup de
temporaires, et j'ai fait la démonstration, tout à l'heure, qu'on a beaucoup de
temporaires. Est-ce que la ministre considère qu'elle a réussi à franciser suffisamment
les temporaires et les travailleurs temporaires étrangers au Québec?
Mme
Fréchette : Ça, c'est un travail qui est constamment à reprendre, la
francisation des temporaires, mais il faut voir qu'on a eu une très belle
progression. D'une part, on a... C'est important de ne pas laisser entendre que
les temporaires ne parlent pas du tout français. Il y a la majorité des
travailleurs étrangers temporaires qui parlent le français. En fait, 60 % des travailleurs temporaires... étrangers
temporaires parlent le français, et, au cours de la dernière année, il y
a eu une augmentation de plus de 30 % des travailleurs étrangers
temporaires qui ont suivi des cours de francisation. 30 % en une année,
vous vous imaginez? C'est colossal.
Alors, le nombre de professeurs
additionnels qu'il faut prévoir, c'est très important. Si vous regardez le
total des personnes, c'étaient
37 000 apprenants l'année... il y a deux ans, 45 000 au
cours de la dernière année. Il y a beaucoup de temporaires là-dedans.
Les temporaires ont accès aux mesures de francisation de manière complètement
gratuite, et ça, c'est important. C'est une nouveauté également qui a été mise
de l'avant par notre gouvernement. On le sait maintenant,
l'apprentissage du français est un droit et c'est un droit auquel ont accès les
travailleurs étrangers temporaires.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Derraji : Je vais revenir à 122, le nombre de travailleurs
étrangers temporaires agricoles arrivés depuis 2020 qui ont suivi des cours de
francisation. Vous avez le chiffre, je pense qu'on va... on va le voir, 431
dans tout le Québec, 431. Je ne sais pas si, toujours, la ministre est
fière de ce chiffre. Donc...
Mme
Fréchette : ...
M. Derraji : Je vais juste terminer. Donc, la question :
Pourquoi si peu? Et la ministre est-elle satisfaite de ce chiffre? Je répète le
chiffre, il est dans le RP.122, 41, et c'est depuis 2020, donc ça parle
des nombres de travailleurs étrangers temporaires agricoles arrivés
depuis 2020. Le chiffre qu'on a, c'est 431.
Mme
Fréchette : Alors, comme je disais tout à l'heure, la francisation,
c'est un travail constant. Donc, il y aura toujours des efforts à déployer, et
on en a déployé énormément depuis notre arrivée au pouvoir, pour faire en sorte que l'apprentissage du français soit
facilité, accessible et maintenant, même, compensé par des allocations
financières. Donc, vraiment, il y a
tout un ensemble de mesures, d'outils qu'on a mis en place. Et, avec
Francisation Québec, à partir de
juin, donc très, très bientôt, cet accès-là va être encore plus facilité, et il
y aura notamment des mesures d'apprentissage du français sur les lieux
de travail. Peut-être que les travailleurs agricoles vont pouvoir se prévaloir
des mesures de francisation d'une manière
plus facile avec l'apprentissage du français sur les lieux de travail. On sait
que c'est des horaires de travail qui sont intenses dans le milieu
agricole.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
• (12 h 30) •
M. Derraji : Je
vais répéter. Depuis 2020, il y a uniquement 431 travailleurs
étrangers temporaires agricoles qui ont
suivi un cours de francisation. C'est votre bilan, Mme la ministre, c'est
depuis 2020, on est en 2023. Est-ce que vous êtes satisfaite de ce
chiffre? Et pourquoi si peu de personnes ont suivi des cours de francisation?
La Présidente (Mme
Gendron) : Mme la ministre.
Mme Fréchette : Moi, M. le député, je
veux augmenter tous les chiffres de francisation, incluant les travailleurs
agricoles. Je veux dire, partout, on fait en sorte, on met les efforts comme
nul gouvernement auparavant ne l'a fait pour faire en sorte de franciser les
travailleurs étrangers. Ça inclut les travailleurs agricoles. Et on va
multiplier les mesures, les outils de
francisation pour faire en sorte que ce soit accessible à temps plein, à temps
partiel, en présentiel, en virtuel, sur les lieux de travail et en
amont, avant même que les gens n'immigrent au Québec.
Alors, oui,
je veux améliorer le score pour les travailleurs agricoles, je veux améliorer
le score pour l'ensemble des travailleurs étrangers temporaires. On a déjà eu
une belle croissance ces dernières années. Franchement, c'est
significatif, tout ce qui a été fait comme gains. Je vous parlais juste de la
dernière année, c'est 30 % d'augmentation. Alors, on va continuer sur
cette voie-là.
M. Derraji : Je ne partage pas votre
conclusion, Mme la ministre, quand je vois qu'en Abitibi 43 % de taux
d'échec... de taux de décrochage temps complet, quand je vois, en Outaouais,
23 %, quand je vois, à Montréal, 24 %, quand je vois, en Laurentides,
18 %, quand je vois, en Montérégie, 20 %, quand je vois, en Centre-du-Québec,
8 %, quand je... le taux de décrochage, c'est 21 %. Ce n'est pas peu,
Mme la ministre, compte tenu des moyens déployés. Donc, quand on dit que ce n'est pas un slogan, la langue française... et
apprendre la langue française, il faut le voir avec des chiffres.
Maintenant, on va parler de la régionalisation.
RP.92, en 2022, le ministère a aussi favorisé la régionalisation de l'immigration en invitant, avec son système de
déclaration d'intérêt, donc Arrima, 568 personnes qui avaient une offre d'emploi permanent validée à l'extérieur du territoire
de la CMM, 568. Est-ce qu'on peut parler d'un succès avec l'invitation de 568 personnes se
destinant à l'emploi en région.
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Ce n'est pas... d'un
succès... vous voulez dire d'un succès par rapport à...
M. Derraji : Bien, vous parlez de la
régionalisation, mais, en 2022, il y avait 568... c'est votre réponse dans les
crédits.
Mme Fréchette : Bien, les chiffres,
il faut les regarder dans leur globalité. Donc, c'est sûr qu'il y a tout un
ensemble de dimensions à considérer quand on parle de succès en matière de
régionalisation.
M. Derraji : ...s'il vous plaît.
Mme Fréchette : En fait, la
globalité, c'est notamment tout l'appareillage qu'on met en place en région
pour attirer les travailleurs étrangers,
pour les accompagner, pour faciliter leur intégration, faciliter leur
francisation. On parle maintenant de neuf directions régionales qui ont
été mises en place par le MIFI. On parle de 73 antennes partout sur le
territoire. On parle de 90 aides à l'accompagnement et à l'intégration.
Globalité des résultats en matière de
régionalisation, c'est ça qui importe, ce n'est pas un seul chiffre qui nous
permet de statuer. On a aussi 76 conseillers en immigration qui ont été
déployés dans différentes régions du Québec,
cinq conseillers régionaux en reconnaissance des compétences, un élément
important. Tout ça, ça fait partie du portrait qui est à analyser et qui
reflète des avancées.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Derraji : Je tiens à rappeler,
568... Est-ce que vous avez d'autres chiffres à nous partager?
Mme Fréchette : Quelle est votre
question?
M.
Derraji : Oui, mais quel chiffre... elle nous parle... tu
sais, on parle de 2022, c'est ce que j'ai. Avec la déclaration d'intérêts, est-ce que vous avez d'autres chiffres
à nous partager pour nous parler d'un succès de l'arrimage avec Arrima?
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Alors, quand je
parle de résultats globaux, donc c'est les... par exemple, la proportion des
personnes ayant déclaré se destiner à l'extérieur de la région métropolitaine
de Montréal. En 2022, on était à 26,7 %. Proportion des personnes ayant
déclaré se destiner à l'extérieur de la CMM, là, on était à 23,5 % en
2022. Ensuite, proportion des personnes admises au Québec et présentes en
janvier de l'année 2022, qui résident hors de la...
La Présidente (Mme Gendron) : ...Mme
la ministre. M. le député a une autre question.
Mme Fréchette : ...28,5 %. Ça,
c'est des chiffres qui parlent.
M.
Derraji : OK. Ce n'est pas ma question, Mme la Présidente.
Je demande, une offre d'emploi permanente... une offre d'emploi pour un emploi permanent validé à l'extérieur du
territoire de la CMM, la Communauté métropolitaine de
Montréal, en 2022, ce que j'ai, c'est 568. En 2022, 500 travailleurs. On
parle de la régionalisation. Avec combien de bureaux... combien de bureaux
déjà, Mme la Présidente?
Mme
Fréchette : Ce n'est pas la seule façon d'aller en région, M. le
député.
M. Derraji : Mais Arrima, ça coûte 3 millions de
dollars, hein? Il y a des questions, là, puis on peut aller sur Arrima,
ça nous a coûté de l'argent. Votre gouvernement, surtout votre prédécesseur, le
leader du gouvernement, a beaucoup parlé d'Arrima. Ça nous coûte
3 millions de dollars.
Mme
Fréchette : Arrima, c'est notre plateforme de référence pour nos
programmes d'immigration, un ensemble de programmes d'immigration qui va être
la plateforme, dans le fond, qui va regrouper l'ensemble de nos programmes
qu'on est en voie de moderniser.
M. Derraji : Oui,
je connais très bien... je connais par coeur Arrima, Mme la Présidente, mais le
système de déclaration d'intérêts du PRTQ, donc Arrima, il y a
560 personnes qui avaient une offre d'emploi permanent validé à
l'extérieur du CMM. On veut tous régionaliser. On veut tous que les immigrants
s'installent avec l'extérieur... avec une offre d'emploi et, bien sûr, la
francisation.
Je viens de faire la
démonstration qu'au niveau de la francisation... Écoutez, on ne peut pas se
réjouir aujourd'hui, il y a des délais. Mon collègue vient de poser des
questions sur des offres d'emplois non comblés pour franciser les immigrants.
Il y a beaucoup d'informations qui touchent la francisation, mais là, on
rajoute encore une fois à la
régionalisation. On peut bien me parler, Mme la Présidente, de bureaux, mais si
ces bureaux ne fonctionnent pas et ne régionalisent pas, on ne peut pas
me servir l'argument qu'on travaille sur la régionalisation parce qu'on a des
bureaux dans toutes les régions. 568 personnes avec une offre d'emploi
permanent, ça veut dire... Quand vous avez un emploi permanent, c'est normal
que vous allez vous installer dans une région. Et je ne parle pas des
travailleurs temporaires étrangers, je parle
vraiment offres d'emplois permanents à l'extérieur de la CMM parce qu'on ne
veut pas que les gens s'installent à la CMM.
Mme
Fréchette : C'était une question?
La Présidente (Mme
Gendron) : Avez-vous une question?
M. Derraji : La question était sur le nombre, parce que je ne
veux pas de pourcentage, je veux savoir le nombre par Arrima. Est-ce
qu'on parle toujours de 568?
Mme Fréchette :
Est-ce qu'on a ce chiffre-là exactement? Oui, c'est le chiffre que l'on a
et c'est un chiffre à partir duquel on va commencer à travailler pour la suite
des choses et améliorer notre capacité à régionaliser encore davantage de gens.
C'est notre souhait. On met une diversité de moyens pour ce faire.
La Présidente (Mme
Gendron) : Mme la ministre.
M. Derraji : C'est excellent. Je vous remercie parce que c'est
comme ça qu'on va travailler ensemble. Moi aussi, je suis pour la
régionalisation, mais c'est juste qu'on dit... on le dit, ça fait cinq ans
qu'on parle de la régionalisation. Je ne veux pas revenir...
Mme
Fréchette : ...
M. Derraji : Mais
je n'ai pas terminé.
La Présidente (Mme
Gendron) : Allez-y.
M. Derraji : Oui.
Donc, on veut tous parler de la régionalisation. Il y a un problème de
régionalisation, il y a un problème de francisation, mon collègue vient de le
démontrer. Vous n'avez même pas comblé des postes, et ça se répercute sur les
gens qui veulent suivre des programmes de francisation. Ce sont des faits. Je
ne pense pas qu'on va se lever, lui et moi,
en période de questions chaque jour, mais je pense qu'il le veut, moi aussi, je
le veux, mais là on veut vous aider.
S'il y a un problème par rapport à la francisation, il faut l'attaquer. Mais
moi, ce qui m'inquiète maintenant, ça m'inquiète vraiment, et je lève un
grand drapeau rouge, c'est même dans la structure d'Arrima... Si, aujourd'hui, on va dire aux Québécois : Écoutez, Arrima,
ça nous a coûté 3 millions de dollars, on vient avec l'ensemble des
bureaux, on a mis des employés dedans, 568 offres d'emploi,
568 offres d'emploi... Mais vous savez pourquoi? Parce que le temporaire règle le vrai problème. Et c'est là où
je dis que la planification pluriannuelle... on ne peut pas ne pas parler
du temporaire.
Donc, je vais répéter
ma question. Est-ce que la ministre aujourd'hui... je sais que j'ai senti une
hésitation. Est-ce qu'elle est fière de voir aujourd'hui que son ministère a
régionalisé 568 avec des emplois permanents à l'extérieur de la CMM?
Mme
Fréchette : Oui, j'ai eu une hésitation parce que ce n'était pas
évident si c'était une question ou un commentaire. Donc, c'est sûr que, quand
ce n'est pas clair, à savoir...
M. Derraji : Est-ce
que vous êtes fière de voir que votre ministère a régionalisé 568 à l'extérieur
de la CMM avec Arrima?
Mme Fréchette :
J'aimerais qu'on clarifie, là, la
situation avec un chiffre du sous-ministre, si vous m'en donnez la
possibilité.
La Présidente (Mme
Gendron) : Consentement?
M. Derraji : Bien,
ça a été dit, le chiffre, 568.
Mme
Fréchette : Non, non, non, un autre chiffre.
M. Derraji : Bien,
vous avez confirmé 568. Vous avez un autre chiffre?
Mme
Fréchette : Un autre chiffre, oui.
M. Derraji : Pas
de problème, oui, oui.
M. Dagenais (Benoit) : Merci. Donc, l'offre
d'emploi validée était effectivement un des moyens utilisés dans Arrima
pour régionaliser. Il y en a plusieurs autres. Il y a les critères... parce
qu'en fait le PRTQ fonctionne par des critères...
M. Derraji : ...
M. Dagenais (Benoit) : Mais, en fait, je vais
vous donner seulement un chiffre, si vous voulez seulement un chiffre. Dans les... Le dernier chiffre qu'on a, en 2021,
dans les admis, en 2021, plus de 15 000 personnes étaient à l'extérieur
de la RMM au 1er janvier 2023, 15 000.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci, M. Dagenais. M. le député.
• (12 h 40) •
M. Derraji : ...en
2022, 568. Est-ce que ce chiffre est vrai? Ça vient de votre ministère.
M. Dagenais
(Benoit) : ...qui existait en 2022, effectivement.
M. Derraji : Oui,
c'est ça. Donc...
Mme Fréchette :
Mais ce n'est pas la seule façon.
Mais c'est le chiffre qui correspond à un des moyens, qui sont les
offres d'emploi validées, c'est exact.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. M. le député.
M. Derraji : ...je
n'ai pas demandé l'intervention du sous-ministre. 568, c'est le chiffre de la
régionalisation de la ministre. Moi, c'est un gros drapeau rouge. C'est un
échec de la régionalisation en dehors de la grande région métropolitaine. C'est
ça, le constat, Mme la ministre.
Mme Fréchette :
C'est un des moyens. Si vous
voulez faire abstraction des autres moyens, eh bien, c'est sûr que...
M. Derraji : Votre
gouvernement se base sur le permanent. C'est quoi, les moyens, les autres
moyens? Temporaires... Vous ne voulez pas
inclure les temporaires dans la planification pluriannuelle. Je vous suis. Vous
voulez dire que c'est de l'immigration permanente...
La Présidente (Mme
Gendron) : Veuillez vous référer à la présidence.
M. Derraji : ...je suis juste la ministre dans sa logique. Elle
ne veut pas inclure le temporaire dans la planification pluriannuelle. J'accepte, c'est sa décision, OK.
Je suis convaincu qu'on doit les inclure. Là, elle me dit de revenir sur le
permanent. Je lui dis...
La Présidente (Mme
Gendron) : En terminant.
M. Derraji : Je
lui dis que son ministère, en 2022, c'est un échec...
La
Présidente (Mme Gendron) : Merci. M. le député. Merci. Donc, malheureusement,
cette période, elle est terminée. Donc, maintenant, j'aimerais céder la parole
du côté du gouvernement, à la députée de Vimont, s'il vous plaît.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. En fait, je vais m'engager, pour le prochain échange avec la
ministre, de m'adresser à vous, comme c'est... comme on doit le faire. Je
m'engage aussi à ne pas la couper aux trois, quatre mots et lui laisser le
temps de répondre. Et puis, si vous permettez, Mme la Présidente, je vais quand
même saluer également mes collègues...
M. Derraji : ...je pense que... Je
sais que c'est probablement...
Mme Schmaltz : Non, non, pas du
tout. Non, non...
La Présidente (Mme Gendron) : Je
vous invite à la prudence. Continuez avec votre question.
Mme Schmaltz : ...alors si vous me
le permettez à nouveau, je vais quand même saluer la banquette, l'opposition.
Je vais saluer également la ministre et, naturellement, les membres de son
cabinet.
Donc, ceci
étant dit, Mme la Présidente, afin de bien accompagner les nouveaux arrivants
dans l'apprentissage du français, on a plusieurs options. On sait qu'il
y a plusieurs options qui leur sont proposées, dont, entre autres...
l'apprentissage, pardon, du français en entreprise. C'est une avenue qui est
très intéressante puisque la personne immigrante est plongée dans un
environnement francophone avec des gens majoritairement francophones. On parle
peut-être même d'une immersion pour l'apprentissage du français.
La question que j'adresse, Mme la Présidente, à
la ministre, est la suivante : Comment allez-vous aider les entrepreneurs
à incorporer des cours de francisation au sein de leur entreprise?
Mme Fréchette : Merci, Mme la
députée de Vimont, pour votre question. Bien, alors, c'est un rôle, en fait, qui va être particulièrement important, que celui
d'accompagner les entreprises en matière de francisation, avec la mise en place
de Francisation Québec. C'est une entité, donc, qui va être sous l'aile
du ministère de l'Immigration, Francisation, Intégration. Actuellement,
il y a des services qui sont offerts par le ministère de l'Emploi et des
Services sociaux en termes d'accompagnement des entreprises, mais, à partir du
1er juin, ce sont l'ensemble des mesures de francisation qui se retrouveront sous Francisation Québec. Donc, quiconque voudra accéder à des mesures de francisation, et quand
je dis «quiconque», ça inclut des employeurs qui voudraient offrir des mesures
de francisation sur leur lieu de travail, pourront le faire à travers Francisation
Québec.
Donc, ça va
être un développement fort important en soutien au français, à l'usage de la
langue française. Il y aura des cours de nature générale qui seront
offerts. Il y a également des cours de nature plus sectorielle, plus
spécialisée, qui seront offerts pour des
secteurs d'importance et qui permettront aux employés de maîtriser davantage le
vocabulaire associé à leur domaine d'emploi, ce qui peut être précieux
pour la bonne marche des opérations d'une entreprise. La sécurité également des
travailleurs s'en trouvera améliorée.
Donc, c'est un volet qui va être crucial parce
qu'on souhaite que les gens aient accès facilement aux mesures de francisation. Et le fait de le faire sur les
lieux de travail peut être fort aidant, parce que, quand les gens reviennent à
la maison, parfois, c'est le contexte
familial qui prend le dessus et le temps que les gens peuvent allouer à la
francisation peut parfois exister,
mais parfois, ça peut être difficile de trouver ce temps. Donc, en octroyant
des mesures de francisation sur les
lieux de travail, avec en plus, à la carte, des allocations financières pour ce
faire, eh bien, ça, c'est des mesures très soutenantes pour aider,
comment dire, à l'usage, à l'utilisation du fait français.
On sait que, globalement, les principaux
indicateurs linguistiques ont indiqué un déclin de l'usage du recours au
français. Donc, on veut faire en sorte de stopper ce déclin-là, de relancer
l'usage du français, et Francisation Québec va être un des outils importants.
Donc, on va vouloir s'assurer que les entreprises sont au fait de ces cours et
les promeuvent également dans leurs lieux de travail, auprès de leurs
employeurs.
Donc, ça va être un gros travail. C'est sûr que
ça requiert beaucoup d'efforts de la part du ministère. Je remercie d'ailleurs les équipes pour tous les
efforts qu'ils font en ce sens-là, parce que la date du 1er juin arrive à
grande vitesse et que les efforts ont été décuplés au cours des derniers mois.
Et je les en remercie parce que c'est un travail colossal qui est mené
actuellement avec un ensemble de partenaires aussi, gouvernementaux, que ce
soit au ministère de l'Éducation ou au ministère de l'Emploi. Donc, voilà, de
gros efforts dont vous allez pouvoir voir les résultats, les retombées à partir
de juin prochain, sachant que c'est déployé aussi de manière séquentielle. On
ne va pas avoir 100 % de l'offre déjà disponible dès le 1er juin,
mais néanmoins, le processus va s'amorcer à ce moment-là.
La
Présidente (Mme Gendron) : Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la
parole à la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, tout le monde. Donc, vous avez tenu une série de
rencontres dans les différentes régions du Québec dernièrement dans le but de
vraiment recueillir les propositions en vue d'une révision de ce qui est, en
général, un plan stratégique pour le MIFI, qu'on appelle aussi la planification
pluriannuelle, qui s'en vient à la fin de 2023 et qui va probablement nous
réunir tous ici à nouveau à ce moment-là.
2023 est donc
l'occasion d'entendre la société civile pour les différentes orientations en
matière d'immigration, de francisation, d'intégration, mais aussi de
régionalisation. Dans les visites régionales, les échanges ont porté sur les différents leviers qu'on dispose au Québec pour
accueillir, dans une plus grande proportion, des immigrants francophones, entre autres, pour être capables de régionaliser davantage,
pour répondre aux besoins du marché du travail, travailler notre capacité
d'accueil et, finalement, l'offre de service gouvernemental en intégration plus
particulièrement.
C'est sur ce dernier point là que porte ma
question. J'aimerais vous amener... parce que vous avez été témoin comme nous
des délais d'attente au long des processus d'immigration. La complexité du
processus administratif pour l'accès à la résidence permanente peut causer
parfois des maux de tête aux parties impliquées. Grâce à notre mandat
d'adjointes, ma collègue députée de Vimont et moi avons été aux premières loges
avec vous pour voir que c'est une de vos priorités. L'amélioration des
processus est vraiment au centre de la stratégie. Pouvez-vous nous en dire plus
sur ce dossier puis quels sont les outils que vous avez à votre disposition
pour changer la donne?
Mme Fréchette : Bien, merci, Mme la
députée d'Iberville et collègue adjointe parlementaire, et je salue également
l'adjointe parlementaire de Vimont. Bien, en fait, on a différentes mesures
pour améliorer les processus. C'est vrai que c'est dans nos priorités,
d'améliorer les processus, de les alléger, de faciliter la donne à la fois pour
les employeurs et pour les employés qui les utilisent. Il y a un certain nombre
de leviers qu'on peut utiliser en tant que gouvernement du Québec, que l'on
peut activer, et c'est ce à quoi on s'est... dans quoi on s'est investi au
cours des derniers mois. Il y a un travail important de révision d'un ensemble
de programmes d'immigration permanente qui sont
en cours, et on pourra vous présenter, dans le fond, l'ensemble des résultats
de ces efforts au cours des prochaines semaines.
Donc, ça pourra être vu, publié, compris, donc,
prochainement, mais c'est un travail colossal qui vise à faire en sorte,
notamment de rehausser la connaissance du fait français, bien sûr, mais
également de faire en sorte qu'il est plus facile pour les employeurs et les
employés de recourir aux programmes d'immigration et essayer de déployer des nouvelles passerelles permettant aux gens de
passer d'un statut temporaire à un statut permanent, moyennant, bien sûr,
un certain nombre de critères qui devront être rencontrés. Donc, ça fait partie
des orientations.
Une autre orientation importante, c'est celle de
la régionalisation. On veut faire en sorte, donc, de régionaliser le plus grand
nombre d'immigrants possible, et il y a tout un appareillage, donc, qui s'est
mis en place, que ce soit des ententes avec des organismes ou encore des
ententes avec les municipalités, déploiement des bureaux du MIFI, déploiement de toute une série de
conseillers. Donc, vraiment une grande pléiade de mesures a été mise en place
pour favoriser ce travail-là.
Et puis il y
a aussi, du côté des négociations avec le fédéral... qu'il y a beaucoup de
travail qui est fait. Il y a de nombreux assouplissements qui ont été obtenus,
particulièrement depuis le mois d'août 2021. Plusieurs assouplissements
ont été obtenus suite aux négociations avec le gouvernement fédéral pour faire
en sorte de faciliter la donne. On a, par exemple, beaucoup plus de
professions... on est maintenant à 60 %, si ma mémoire est bonne, de
professions qui sont dans la classification nationale, des professions qui font
l'objet d'un traitement simplifié. Ça, c'est important parce que... et c'est
salué souvent, on a eu des rencontres régionales ensemble et les gens
soulèvent, saluent cette initiative-là, parce que ça a facilité leurs
démarches, et c'est important de poursuivre dans cette même veine. On a élargi aussi le spectre des professions pouvant
faire l'objet de traitements simplifiés. Donc, ça aussi, ça a été des gains
importants pour le Québec en matière de gestion des programmes de travailleurs
étrangers temporaires.
Donc, voilà, un ensemble de mesures comme ça, et
on va poursuivre sur cette veine-là parce qu'on peut toujours procéder à des
améliorations dans nos programmes. Et voilà, donc, j'aurai le grand plaisir de
dévoiler tout ça lorsque le travail sera complété. Merci.
• (12 h 50) •
La Présidente (Mme Gendron) : Merci.
Y a-t-il d'autres questions? Oui, la députée de Vimont.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. En fait, j'aimerais amener la ministre à reparler un petit peu de
la réouverture des différents bureaux régionaux du MIFI, qui a d'ailleurs été
saluée par de nombreux organismes, de nombreux... nombreuses entreprises
également. Alors, je voudrais savoir en quoi ça va changer la donne, justement,
la réouverture.
Mme Fréchette : Bien, merci. C'est
un élément fort important que la réouverture des bureaux parce que ça nous
donne un ancrage, une emprise, une présence physique dans l'ensemble des
régions du Québec. Il était très important
de procéder à leur réouverture après cette erreur de les avoir complètement
fermés, ce qui a, en fait, démantelé une partie de notre capacité
d'accueil. Quand on dit capacité d'accueil, ce n'est pas juste le nombre de
personnes qu'on va recevoir qui est
déterminant, c'est aussi l'appareillage qu'on a pour soutenir les personnes que
l'on accueillera. Et ces bureaux
régionaux font partie de ce qui est essentiel d'avoir, pour avoir un bon
portrait de la dynamique d'une région donnée, être en interaction avec
et les employeurs et les personnes immigrantes qui s'installent en région.
Donc, c'était vraiment essentiel de redéployer.
Et non seulement le gouvernement actuel a redéployé tous les bureaux qu'il
avait en région, mais on a consolidé, au-delà de ce qui existait auparavant, le
nombre de bureaux, le nombre d'antennes et on l'a fait également à l'autre
extrémité, je dirais, de la ligne d'accompagnement. On a aussi réouvert
l'ensemble des bureaux à l'étranger qui, eux aussi, avaient été fermés. On veut
accompagner les gens le plus possible en amont, avant même qu'ils n'arrivent au
Québec, et on veut faire en sorte qu'ils se régionalisent dès leur arrivée au Québec. Et, par conséquent, la présence
de nos bureaux à l'étranger est essentielle aussi, parce que, déjà là, on
peut être en interaction avec ceux qui planifient venir au Québec. On peut les
accompagner pour une meilleure connaissance du Québec, pour leur francisation,
si c'est requis, et les inciter également à s'établir en région. Faire
connaître la diversité des régions, les opportunités qui s'offrent en région,
ça fait partie du mandat de ces personnes qui
sont déployées à l'étranger et qui peuvent donc accompagner les gens jusqu'à ce
qu'ils viennent s'établir en région.
Il y a bien sûr... au-delà
des bureaux, il y a tout un ensemble aussi d'organismes, et on en a rencontré
une grande série de ces organismes au cours de nos rencontres régionales. On
les a vraiment entendus, écoutés et on va s'assurer de rester en contact avec
eux. Mais nos bureaux régionaux, eux, ils sont en contact à longueur d'année et
c'est essentiel pour la réussite des projets d'immigration.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. J'aurais une sous-question à poser à la ministre concernant,
justement, les bureaux à l'étranger. Est-ce qu'on sait combien il y en a à
l'étranger?
Mme Fréchette : Oui. Je n'ai pas le
chiffre en tête, par contre. On a des bureaux à Paris, bien sûr, ça, c'est une antenne fort importante. On en a au Brésil,
Mexico... Mexico et en Amérique latine. C'est à Mexico où il y a le plus gros
bureau. Rabat au Maroc, Paris et Mexico sont les trois principaux bureaux avec
lesquels on agit, mais on a aussi des services d'immigration et des antennes,
en fait, qui sont établies et déployées à l'étranger.
Et, bien, je
me permets de vous offrir un scoop. On va, en fait, avoir des services
d'immigration dans deux nouvelles villes
européennes. Donc, sous peu, il y aura déploiement de personnes du ministère à
Bruxelles et également à Rome. Donc,
on a choisi ces deux pays européens parce que, d'une part, Bruxelles, pays où,
bon, la communauté francophone est fort importante... une des langues
officielles, et puis également Rome parce que c'est un pays francotrope. Donc,
connaissance de la langue italienne facilite l'apprentissage, je dirais, du
français. Donc, aussi, on sait qu'il y a une grande
histoire d'immigration entre le Québec et l'Italie et on fait écho, dans le
fond, à cette cette histoire, en réouvrant, comme ça... en ouvrant, plutôt, en déployant une personne pour
l'immigration sur la belle ville de Rome. Alors, voilà, c'est quelque
chose qui a été autorisé récemment et qui va pouvoir se déployer. Sinon, bien,
j'ai en fait la liste ici, donc on a... comme je disais, notre grand bureau en
Europe, c'est Paris. On a également...
La Présidente (Mme Gendron) : En
terminant.
Mme Fréchette : ...Mexico et São
Paulo, Bogota, Maroc, Sénégal.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci.
Merci beaucoup pour ces échanges.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 14 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 54)
(Reprise à 14 heures)
La Présidente (Mme Gendron) : Bon
après-midi à tous. Nous allons reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires du portefeuille Immigration,
Francisation et Intégration pour l'exercice financier 2023‑2024.
Je vous demanderais à ce que le temps des
questions soit proportionnel au temps des réponses, s'il vous plaît.
Nous en
sommes maintenant avec un bloc d'interventions du porte-parole de l'opposition
officielle. M. le député de Nelligan, la parole est à vous pour une
durée de 17 min 39 s.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Et merci pour votre patience, et merci pour votre écoute et la
façon avec laquelle vous gérez nos travaux.
Merci beaucoup. Bonjour, Mme la ministre, encore une fois. J'espère que votre
lunch, ça a bien été. J'espère que vous avez bien mangé aussi.
Mme Fréchette : Je peux
répondre, oui?
M. Derraji : Oui, oui.
Mme Fréchette : Je vérifie
avant...
M. Derraji : Bien non.
Mme Fréchette : Alors,
mon lunch était excellent, c'était délicieux. Et j'espère que ce fut de même
pour vous tous.
M. Derraji : Je
vais vous partager une petite anecdote. Avec votre collègue ministre de
l'Emploi et du Travail, on avait un
long, long, long projet de loi, six mois ou sept mois d'échanges en commission
parlementaire. Et parfois l'humeur changeait.
À un certain moment, on se disait : Il faut tous toujours manger des
salades, parce que quand lui, il mangeait une salade, et moi, je
mangeais une salade, ça a été... des après-midis agréables. Donc, je vous
assure que j'ai mangé une salade.
Mme Fréchette : ...mangé une
également. Alors, vraiment, santé.
M. Derraji : Ça va bien aller.
On va parler de trois
projets pilotes ou le programme projet... Programme pilote d'immigration
permanente des travailleurs de la transformation alimentaire. Ça a été lancé à
l'époque, si je me rappelle bien, pour attirer et de retenir de la
main-d'oeuvre, selon, au fait, les dires du premier ministre. Et je me
rappelle, le premier ministre, là, annonçait vraiment une grande annonce à
l'époque. Il avait la pression du PEQ. Le gouvernement a reculé sur le PEQ, il a changé les règles du PEQ. Quelques
années plus tard, donc, vous avez vu les résultats. Je les ai, mais je peux vous
les partager. Votre gouvernement voulait chercher 550 personnes
annuellement dans chaque programme. Quel constat vous faites, après deux ou
trois ans, de ces projets pilotes, s'il vous plaît?
Mme Fréchette : D'une part,
j'aimerais revenir sur le fait qu'on a changé le PEQ. Effectivement, on a dû
changer le PEQ, parce que quand on est arrivés, il y avait un inventaire
fabuleux de gens qui étaient en compétition directe avec les travailleurs
qualifiés.
M. Derraji : Ce n'est pas ma
question.
Mme Fréchette : Alors, c'est juste
pour rectifier, mettre en contexte, dans le fond, cette information-là.
Quant aux programmes pilotes qui ont été mis en
place, en fait, c'est pour répondre à des besoins particuliers, bien sûr, dans
le cadre du marché du travail. Et le 550 personnes requis, comme vous
laissez entendre, en fait, ce n'est pas tout
à fait un objectif. Le 550 personnes pour les programmes pilotes, en fait,
c'est le maximum qui est autorisé. Donc, pour nous, ce n'était pas un
objectif en tant que tel. C'était plutôt le nombre à ne pas dépasser.
Donc, on est en cours, en fait, de réception de
demandes qui s'inscrivent dans le cadre des programmes pilotes, que ce soit pour la transformation alimentaire, l'intelligence
artificielle ou encore les technologies de l'information et effets visuels. Donc, voilà, on est en
processus de mise en place, mise en oeuvre, d'opérationnalisation de ces
programmes pilotes.
M. Derraji : OK.
Je vais vous lire le communiqué de presse que... il est rédigé par votre
ministère, donc, juste pour qu'on se
situe dans le temps. «Le programme pilote d'une durée maximale de cinq ans
permettra de sélectionner annuellement jusqu'à 550 requérantes et
requérants principaux.» Ça, ce n'est pas un... tu sais, c'est...
Mme Fréchette : ...à un maximum
de...
M.
Derraji : Bien, je veux... Oui, je veux juste terminer. Si
vous le permettez, je veux juste terminer. C'est votre communiqué.
Mme
Fréchette : Non, mais c'est parce que vous me regardez, alors,
moi, ça me donne l'impression que vous voulez m'entendre.
M. Derraji : Non, non, non, mais
je... Oui, oui, mais c'est par respect. Je vous regarde parce que je n'ai pas
la pression de parler avec un mur, donc je vous regarde. Mais croyez-moi, là,
vraiment, là... Si vous ne voulez pas que je
vous regarde, je regarde la présidente. OK. On va regarder la présidence. On va
regarder la présidente. Ah! je vous regarde, vous? OK.
Le programme pilote... J'aime ça regarder
quelqu'un. Vous me connaissez, hein, ce n'est pas un manque de respect. Le programme pilote... Je vais vous
regarder, hein, ça va bien aller. «Le programme pilote d'une durée maximale
de cinq ans permettra de sélectionner annuellement jusqu'à 550 requérantes
et requérants principaux qui travaillent dans des professions et secteurs
admissibles en transformation alimentaire. La période de réception des demandes
est ouverte du[...] La personne requérante principale peut inclure les membres
de sa famille au moment de la présentation.» Programmes de main-d'oeuvre dans
les secteurs d'activité économique ciblés : «Le gouvernement mettra
prochainement en oeuvre deux autres programmes pilotes en immigration
permanente.» Il y a trois citations de vos anciens collègues.
Dans le cahier des crédits, vous avez répondu à
notre demande, et on est très, très loin des 550. Je vais vous dévoiler les
chiffres, parce qu'au début, je me rappelle... et je peux même vous partager,
il y a beaucoup d'articles, je vais vous dire moi-même qu'est-ce que j'ai
dit... qu'est-ce que j'ai dit en 2021, parfois, des citations... Et, vous
aussi, là, vous avez une citation, cher collègue. Je l'ai. Je vais commencer
avec vous, je suis un gentleman. L'ancien avocat, président de l'association
des avocates et avocats en droit de l'immigration sur les projets
pilotes : «Il va falloir que ce soient des gens qui sont déjà au Québec,
qu'ils aient déjà fait des démarches pour venir y travailler, alors ce ne sera
jamais vraiment un programme de sélection de main-d'oeuvre fraîche.» L'ancien
avocat qui est devenu maintenant député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Moi, qu'est-ce que j'ai dit : Une coquille
vide... «Ces données en disent long sur l'incompétence du gouvernement en
matière d'immigration. Le porte-parole, le manque de sérieux du Québec pour
régler la pénurie de main-d'oeuvre. Ces programmes ne servent à rien, ils ne
fonctionnent pas. C'est une coquille vide. Pourtant, le manque de travailleurs
dans ces domaines [est extrêmement...] est extrême, et le premier ministre
n'arrête pas de le dire.» Même le premier ministre, à l'époque, disait que
c'est un domaine où il y a une pénurie de main-d'oeuvre.
Là, chers collègues, je veux partager les
résultats.
La Présidente (Mme Gendron) :
...prudent dans vos propos, M. le député.
M. Derraji : Je
n'ai rien dit de mal. Je veux juste vous partager les résultats.
La Présidente (Mme Gendron) : Parfait.
Vous pouvez...
M. Derraji : Je suis extrêmement
prudent.
Page 278,
transformation alimentaire, 25 personnes; préposés aux bénéficiaires, 240;
intelligence artificielle, 352. Le total : 617.
Donc, la
question est très simple. Est-ce que ces projets pilotes étaient un échec ou
vous pensez que 25 personnes recrutées dans le cadre de la
transformation alimentaire, ça répond aux besoins qu'on a?
Mme Fréchette : Alors, ça, c'est des
mesures qu'on a développées pour des secteurs spécifiques, comme on le sait,
qui font... qui rencontrent des pénuries de main-d'oeuvre, de talents, et ces
programmes pilotes, ce sont des essais. Par
essence, un programme pilote, c'est une tentative de quelque chose de nouveau.
C'est un essai. Il faut faire connaître ces nouveaux programmes là
lorsqu'on les lance. Il faut faire en sorte que les gens sachent que ça existe,
que ce soit promu, que ce soit su, que les
gens y appliquent. Alors, c'est sûr que quand c'est des nouveaux programmes,
ça met un certain temps avant de générer des retombées.
Et ces programmes-là sont faits pour une durée
de cinq années. Et c'est sûr qu'au terme de ces cinq années on va réviser
l'ensemble des programmes pilotes qu'on aura mis sur pied pour voir s'il
convient de les modifier, s'il convient de les renouveler tels quels, s'il
convient de les reconduire ou encore de les abolir. Donc, il y a un exercice
qui va être fait au terme des cinq ans.
Ce qu'on
constate, c'est que certains des programmes ont eu une croissance intéressante
au cours des derniers mois. Alors, il faut les faire connaître. Il faut faire
en sorte que quand on fait nos missions de recrutement, les gens sachent que ça existe, et qu'il y ait des
personnes qui ont les profils recherchés qui soient rencontrées. Et voilà on
fera l'exercice, au terme des cinq ans, de la pertinence de reconduire, ou de
modifier, ou d'annuler certains programmes.
M.
Derraji : Moi, je pense, Mme la ministre, que je n'ai pas
besoin d'attendre cinq ans. Ça fait déjà trois ans, c'est un échec, ce
projet pilote. Et je tiens à rappeler le contexte, parce que j'étais là, dans
ce contexte. Le contexte, c'est que votre
gouvernement voulait changer les règles du PEQ. Et, sérieux, pas besoin de
parler du PEQ. Je peux vous en parler en long et large du PEQ.
Je veux vraiment que notre échange soit sur les
programmes pilotes. Quand le gouvernement lance un programme pilote depuis...
je veux juste... 2020, on est en 2023, et ça a été dit en long et en large...
Écoutez, là, on va ramener là où il y a un besoin, transformation alimentaire,
préposés aux bénéficiaires, intelligence artificielle, ces trois projets
pilotes, et on se donne une cible. 550, trois ans plus tard, pas besoin d'une
thèse doctorale pour dire que c'est un échec. Mettons l'énergie ailleurs. Si ça
ne marche pas, il ne faut pas attendre trop longtemps, parce que, que ce soit dans la transformation alimentaire, ou
bien nos préposés aux bénéficiaires, ou même dans l'intelligence artificielle,
la demande, elle est très élevée.
Donc, ma suggestion : Est-ce que, malgré
cet échec, vous voulez laisser la durée des programmes encore un autre deux
ans?
Mme Fréchette : Je vous dirais que,
si on allait voir les entreprises puis les organisations qui ont embauché ces
personnes qui ont été recrutées parmi... par les programmes pilotes auxquels
vous faites référence, et qu'on leur disait :
Bien, si finalement vous ne les aviez pas, ces personnes-là, vous ne les aviez...
vous ne les aviez pas, ces talents-là, est-ce que les choses iraient
mieux chez vous?, la réponse serait assurément négative.
Les gens qui ont pu bénéficier des personnes qui
ont été recrutées à travers les programmes pilotes, eux, ils sont contents que
ces programmes-là existent. Alors, ne serait-ce que pour ça, il faut les
maintenir, il faut les tester. Si on s'est
donné cinq ans, c'est parce qu'on estimait que ça méritait un essai pendant
cinq ans. Vous savez, parfois, comme je disais, les développements
peuvent survenir un peu plus tard parce que, oui...
M. Derraji : ...vous êtes posé la...
Mme Fréchette : Pardon. Je suis en
train de parler, Mme la Présidente. Est-ce qu'il est possible que je puisse
terminer?
• (14 h 10) •
La Présidente (Mme Gendron) : Si
vous voulez bien terminer, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci beaucoup.
Alors, quand on donne cinq ans à un programme pilote pour donner des suites, eh bien, il faut donner le temps qui est
estimé au départ pour évaluer la pertinence, évaluer les retombées de ces
différents programmes là. Et puis voilà, en matière de TI et d'effets visuels,
par exemple, il y a eu un rehaussement intéressant ces derniers mois. Donc, ça
mérite d'être maintenu.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci.
M. le député.
M.
Derraji : ...c'est moi qui pose les questions. J'essaie de
poser très court, donc même la réponse doit être courte, parce que,
sinon, je perds mon temps.
La
Présidente (Mme Gendron) : C'est relatif à la durée de la question.
M. Derraji : C'est
excellent. Aucun problème. Bien, c'est très court.
Moi, je pense que
c'est un échec, les trois projets pilotes. Vous pouvez continuer à dire que
c'est une réussite. Si c'est 25,
aujourd'hui, la réponse que vous envoyez au secteur transformation alimentaire,
qu'un programme lancé par votre gouvernement a ramenés 25 personnes
est un succès, je laisse les partenaires qui veulent des travailleurs faire conclusion. Moi, je pense que, Mme la
ministre, votre gouvernement et votre ministère doit penser plus à assouplir
les règles parce que c'est... Clairement, il n'y avait pas assez de demandes,
25, 240, 352, pour un programme qui est supposé répondre à un besoin criant en
main-d'oeuvre.
Ma
question est très simple. Est-ce que vous allez assouplir les règles pour que
les gens puissent en bénéficier ou vous allez laisser le programme tel
qu'il est encore deux ans?
Mme
Fréchette : Alors, Mme la Présidente, j'aimerais, en fait, faire
connaître les nouveaux chiffres qui sont relatifs à la période 2022‑2023
pour les différents programmes pilotes. Donc, en transformation alimentaire, on
est maintenant à 56 personnes pour le programme pilote. En ce qui a trait
au programme pilote pour les préposés aux bénéficiaires,
on est maintenant au nombre de 96 personnes. Donc, vous voyez, déjà là,
une croissance intéressante par rapport
à il y a quelques mois de ça. Et, dans le domaine de l'intelligence
artificielle et des technologies de l'information, le programme
bénéficie maintenant de 316 participants.
Donc,
quand je vous dis qu'il faut laisser le temps au temps... et il reste sept mois
à l'année, hein, je rappelle. Donc, il faut laisser le temps au temps.
Quand on a cinq ans pour un programme pilote, il faut savoir être patient.
La Présidente (Mme
Gendron) : ...ministre. M. le député.
M. Derraji : ...bien
être patient. Dans la page 278, c'est votre gouvernement, c'est votre
réponse en date de février 2023. Je me base sur ces chiffres. Si vous avez des
chiffres, je vous invite à les déposer en commission parce que ça nous
intéresse. Ces chiffres que vous venez de dire, c'est probablement des chiffres
des mois de mars, avril, mais la réponse
qu'on a dans les crédits... Moi, je me base sur la réponse qu'on a dans les
crédits. Je ne travaille pas au ministère, je n'ai pas un contact direct
avec le sous-ministre. Mais, encore une fois, ce que j'ai devant moi, 617,
total d'un programme que vous avez lancé
avec une grande annonce, moi, je pense que c'est... Il est temps d'assouplir
les règles pour ces trois projets
pilotes, sinon, j'espère qu'on ne va pas se reparler l'année prochaine et avoir
les mêmes résultats.
La Présidente (Mme
Gendron) : Votre question?
M. Derraji : Bien,
assouplir les règles.
Mme
Fréchette : Ah! bien, pour l'instant, les programmes restent tels
quels. Et, lorsque sera venu le temps de
faire l'analyse des retombées de ces différents programmes là, on verra s'il y
a lieu d'assouplir, s'il y a lieu de reconduire l'ensemble des
programmes, d'en réduire le nombre, d'en augmenter le nombre. Bref, il y a un
état de situation qui sera fait suivant les retombées qui auront été reçues,
obtenues au terme de la durée prévue du programme pilote.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci.
M. Derraji : OK.
Donc, je conclus que, selon vous, malgré les piètres résultats et que ça ne
marche pas, vous maintenez que vous ne voulez pas assouplir les règles pour les
trois projets pilotes. Ça veut dire que ça va rester les mêmes critères lors du lancement, et que vous
allez faire une réévaluation à la fin du programme, ça veut dire cinq ans,
à la cinquième année du programme.
Mme
Fréchette : C'est en train de donner des résultats. Les chiffres que
je vous ai apportés montrent que, déjà là, il y a une croissance intéressante
par rapport aux chiffres antérieurs. Et on va continuer à accumuler comme ça
les retombées. Et puis c'est au terme des programmes pilotes, qui sont, je le
rappelle, des essais, que l'on verra s'il y a lieu de reconduire, d'annuler, de
modifier, d'amplifier. On verra au terme de ces cinq ans.
M. Derraji : OK.
«On verra», un mot cher au premier ministre. On verra encore dans... d'ici deux
ans.
Est-ce
qu'on peut nous déposer en Chambre, s'il vous plaît, parce que le sous-ministre
semblait avoir d'autres chiffres, la ventilation de la répartition?
La Présidente (Mme
Gendron) : Oui. Vous vous engagez à transmettre l'information
demandée?
Mme
Fréchette : Oui, tout à fait.
La Présidente (Mme
Gendron) : Parfait. Au secrétaire de la commission?
Mme
Fréchette : Tout à fait, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente. Puis je vais ajouter : Est-ce qu'on peut avoir une ventilation,
où ils sont allés, ces requérants, au niveau
de la transformation alimentaire? Quelles régions? La même chose par rapport aux
préposés aux bénéficiaires, la même chose
avec l'intelligence artificielle, technologies de l'information et effets visuels.
La Présidente (Mme Gendron) : Est-ce
que vous vous engagez à remettre ces documents?
Mme Fréchette : Non.
La Présidente (Mme Gendron) : Non.
M. Derraji : Pourquoi?
Mme Fréchette : Pas de manière...
M. Derraji : Pourquoi?
La Présidente (Mme Gendron) : Est-ce
que c'est possible pour vous de remettre les documents?
Mme Fréchette : ...est-ce que le
sous-ministre veut préciser?
M.
Dagenais (Benoit) : On parle d'immigration permanente. On parle de
gens qui ont reçu... C'est des demandes qui ont été reçues, donc on n'a
pas encore ces résultats.
M. Derraji : OK. Je pense que je
voulais vous rappeler que la ministre vient de dire que ça donne d'excellents
résultats, ça marche, ces programmes. La question est très simple. Ça marche.
On va voir les nouveaux chiffres. Ce que je
demande, au nom de ma formation, à la présidence de la commission, c'est... Ces
gens, ces demandes sont... ils s'en vont vers quelles régions? Ça répond
à quels besoins, la répartition de ces demandes? On parle beaucoup de... C'est
de ça que je parle.
M. Dagenais (Benoit) : C'est des
demandes d'immigration permanente, donc il n'y a pas une répartition en
immigration permanente. On ne répartit pas les personnes qui font des demandes.
Donc, elles ne sont pas encore admises, donc on n'a pas encore la donnée, au
moment de l'admission, où ils seront sur le territoire. Donc, c'est... La
question, telle qu'elle est posée, la donnée n'existe pas.
M. Derraji : Mme la Présidente, j'ai
un total de 25 en date du 28 février 2023 en transformation
alimentaire, requérant principal, huit,
personnes à charge, 17. Ces personnes sont encore en immigration. Elles ne sont
pas encore ici. C'est un programme. Ils vont venir plus tard.
La Présidente (Mme Gendron) :
Voulez-vous préciser... (panne de son) ...s'il vous plaît?
M. Derraji : Bien, je pense que le
sous-ministre a bien compris ma question.
M. Dagenais (Benoit) : Je pense
avoir bien compris. Le programme de transformation alimentaire n'existe que
pour les personnes qui sont déjà sur le territoire.
M. Derraji : Excellent. Je le
savais. Vous venez de confirmer mon doute. Donc, quand on parle d'un projet pilote, qu'on va ramener ces gens de l'extérieur, c'est
plus des gens qui sont déjà sur le territoire, qu'on essaie d'utiliser
des passerelles pour les faire passer dans un programme. C'est ça?
M. Dagenais (Benoit) : C'est exact.
C'est exact, absolument.
M. Derraji : OK. C'est la même chose
pour les préposés aux bénéficiaires et l'intelligence artificielle?
M. Dagenais (Benoit) : Ce n'est
pas... C'est la même chose pour les préposés aux bénéficiaires, pas pour le
programme d'intelligence artificielle.
M. Derraji : OK. Donc, je conclus, transformation
alimentaire, préposés aux bénéficiaires, ce n'est pas du nouveau monde. C'est
des gens qui existent chez nous... probablement des travailleurs temporaires
étrangers?
M. Dagenais (Benoit) : Assurément
des travailleurs étrangers temporaires.
M. Derraji : Excellent. Je conclus.
Vous confirmez qu'on ne peut pas faire une planification pluriannuelle sans prendre en considération les travailleurs
temporaires étrangers. Avec ce que je viens de voir, on ne peut pas faire
une planification pluriannuelle sans parler des travailleurs temporaires
étrangers.
La
Présidente (Mme Gendron) : En terminant.
M. Derraji : J'ai
terminé, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Gendron) : Je cède maintenant la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour un temps de 11 min 46 s.
M.
Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente.
Alors, Mme la
ministre, on a appris, en campagne électorale, que le premier ministre
s'inquiétait de la louisianisation du Québec et qu'il serait suicidaire
d'accueillir plus de 50 000 immigrants par année. Pourtant, on a
appris récemment que votre gouvernement a admis plus d'immigrants permanents et
temporaires que jamais dans l'histoire
récente. Alors, je veux vous entendre sur ça, quand même, considérant que vous
avez admis plus de 68 000 résidents
permanents cette année. Question un peu philosophique, là, mais est-ce
qu'on vous parle de l'au-delà, aujourd'hui, là? Est-ce que la... Est-ce
que la nation québécoise est en péril en ce moment?
Mme Fréchette :
Alors, d'une part, on a eu... on
a accueilli, en fait, jusqu'à 68 000 personnes parce qu'il y avait
un rattrapage à faire qui était dû à la pandémie. On le sait que, pendant les
années de la pandémie, il y a eu moins de personnes qui ont été admises au
Québec. Et, par conséquent, on a reporté sur les années suivantes le nombre de
personnes qui n'avaient pas été admises, tel que prévu, pendant la pandémie.
Depuis
notre réélection, à l'automne dernier, on s'est affairés, vraiment, à
travailler des mesures, à retravailler des programmes d'immigration
permanente pour faire en sorte que ceux-ci aident la situation du français au
Québec. On l'a dit depuis le tout début, c'est une des grandes priorités de
notre gouvernement. Et c'est pour faire en
sorte de freiner le déclin du français, donc, que l'on a apporté ces réformes,
que l'on travaille à des réformes. Ce n'est pas la seule... Ce n'est pas
le seul objectif qui est visé, bien sûr, mais c'est un des objectifs centraux,
de faire en sorte de relancer l'usage du fait français, de stopper, d'une part,
le déclin.
• (14 h 20) •
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Cliche-Rivard : ...donc, on peut monter,
là, au-dessus de 50 000 sans mettre en péril la nation québécoise?
Mme
Fréchette : Bien, il faut voir quelle sera la nature des programmes
qui seront mis en place, mais nous, on estime que les programmes qui seront mis
en place seront de nature à aider le fait français. Et, pour l'année 2023,
on est sur le 50 000. On avait eu une
planification pluriannuelle pendant l'année 2019. Cette planification nous
a donné, en fait, des barèmes, des balises, des paramètres au sein
desquels on manoeuvre depuis 2019. Et c'est ce qu'on fera à nouveau en 2023,
d'établir des barèmes, des balises, des paramètres, pour les années 2024 à
2027.
M.
Cliche-Rivard : Donc, on peut monter... on peut monter au-dessus de
50, si le nombre de francophones augmente dans cette proportion-là ou dans ce
bassin-là, si je comprends bien vos propos?
Mme
Fréchette : On va devoir poser la question, réfléchir à nos prochaines
orientations dans le cadre de la consultation qui sera faite durant la seconde
moitié de 2023. Donc, un ensemble de dimensions devront être prises en
considération, mais comme on le disait tout à l'heure, les travailleurs
étrangers temporaires en font partie. Mais vous savez que l'immigration, c'est
un fragile équilibre. C'est un fragile équilibre entre différentes dimensions
qui sont à la fois économiques,
linguistiques, sociales, régionales, métropolitaines. Donc, toutes ces
dimensions devront être prises en considération dans le cadre de la
réflexion qui sera menée.
M.
Cliche-Rivard : OK. Donc... parce que, là, vous avez fait allusion,
dans les médias, récemment qu'on allait vers une augmentation des seuils. Le
gouvernement était ouvert. Moi, j'ai lu ça dans les médias.
Mme
Fréchette : Mais il ne faut pas tout croire ce qui est écrit les
médias.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, ce n'est pas
vrai qu'on s'en va vers une hausse des seuils d'immigration? Ça, vous ne
pouvez pas le confirmer aujourd'hui? Francophones, non francophones, on va
rester vers le 50 000?
Mme
Fréchette : On est dans notre plan d'action 2023 qui est sur le
50 000.
M.
Cliche-Rivard : OK. Il n'y aura pas de hausse?
Mme Fréchette :
Ensuite, il y aura une consultation et, pendant la consultation, il y a des
discussions qui vont se tenir, les
réflexions. Et voilà, c'est à ce moment-là que seront déterminées les
orientations pour les prochaines années.
Mais il y a une consultation qui doit se tenir. Si une consultation doit se
tenir, c'est qu'on veut consulter les gens, on veut les entendre, entendre leurs préoccupations, leurs suggestions,
les initiatives qu'ils souhaiteraient mettre de l'avant. Et, à partir de
là, on définira la suite des choses.
M. Cliche-Rivard : Mais pouvez-vous
exclure qu'il y aura une hausse de vos seuils ou ce n'est pas exclu?
Mme
Fréchette : Moi, la seule chose que je n'exclus pas, c'est qu'il y a
une consultation qui va se tenir. Et c'est à partir de cette consultation-là
qu'on va devoir définir...
M.
Cliche-Rivard : OK. Quand même, je vous pose la question.
Mme
Fréchette : ...définir la suite.
M.
Cliche-Rivard : Vous ne voulez pas me répondre? On n'est pas prêt à
dire s'il y a aura...
Mme
Fréchette : Il faut laisser toute la place à l'exercice de
consultation. C'est important. C'est un exercice démocratique. C'est un outil
dont on dispose pour consulter les gens, pour les entendre, et c'est un outil
qu'on utilise. Alors, on ne va pas faire la consultation avant la consultation
ou présumer de ses retombées.
M.
Cliche-Rivard : Mais je devine quand même que vous allez nous faire
part de vos orientations en vue de la planification. Parce que ça me surprendrait
qu'on n'ait pas les orientations ministérielles en vue de la planification. Ce
n'est pas comme ça que ça fonctionne habituellement, mais on verra rendus là.
Je
vais vous poser une autre série de questions relatives aussi à la campagne
électorale et là je vous demanderais, si
c'est possible, de répondre par oui ou par non. Selon vous, est-ce que c'est
vrai que 80 % des immigrants ne parlent pas français?
Mme
Fréchette : Non, ce n'est pas... ce n'est pas vrai.
M.
Cliche-Rivard : Ce n'est pas vrai. On est d'accord. Vous devinez ma
deuxième question. Est-ce que c'est vrai que 80 % de ces immigrants-là ou
de nos immigrants habitent à Montréal?
Mme
Fréchette : Non plus.
M.
Cliche-Rivard : Et est-ce que c'est vrai que 80 % de nos
immigrants ne travaillent pas?
Mme
Fréchette : Alors, on sait tous que les immigrants travaillent fort,
contribuent de manière très positive à l'économie québécoise. Et notre
ministère est engagé dans l'accompagnement de ces personnes-là pour bien
intégrer le marché du travail à Montréal et en région.
M. Cliche-Rivard : Puis ça, ce sont des
données qui sont fournies par votre ministère, je devine bien. Donc, le
ministre de l'Immigration connaît ces données-là. On est d'accord?
Mme
Fréchette : Sur ce que vous venez...
M.
Cliche-Rivard : Sur le fait que...
Mme
Fréchette : Oui. Ça fait partie...
M.
Cliche-Rivard : Donc, comment on explique quand même qu'un ministre de
l'Immigration, vous savez, tient de tels
propos, alors que son ministère le renseigne très bien sur les vraies
statistiques? Comment on explique ça?
Mme
Fréchette : Bon, la personne à laquelle vous faites référence s'en est
excusée et a retiré, en fait, les commentaires qu'il avait faits. Donc voilà,
il y a eu rétractation.
M.
Cliche-Rivard : Donc, vous les condamnez, ces propos-là?
Mme
Fréchette : Je n'ai pas dit que je les condamnais. Je dis qu'il y a eu
rétractation.
M.
Cliche-Rivard : Mais je vous pose la question : Est-ce que vous
les condamnez?
Mme
Fréchette : Non, je ne les condamne pas, non.
M.
Cliche-Rivard : Non. Vous ne pensez pas que c'étaient des propos
regrettables?
Mme Fréchette :
Bien, c'est des propos qu'il a
regrettés. Mais, à partir de là, voilà, la rétractation ayant été faite,
je pense que ça s'avérait...
M. Cliche-Rivard : Quel message vous pensez
que ça... Quel message vous pensez que ça envoie aux immigrants et
immigrantes du Québec, ces propos-là, d'un ministre de l'Immigration?
Mme Fréchette : Moi,
je vois l'immigration comme étant une contribution d'une grande importance pour
le Québec, une contribution à la fois sur le
plan social, sur le plan économique, sur le plan linguistique, et il faut aborder,
justement, les enjeux d'immigration dans
toutes ces dimensions-là. On le dit souvent, ce n'est pas que des travailleurs
qu'on veut attirer au Québec, c'est des individus, c'est des personnes qui
veulent redéfinir leur vie, se donner une... une
seconde chance parfois, là, ce n'est pas toujours le cas, mais parfois, et
nous, on doit être là, comme société d'accueil, pour les accompagner
dans cet objectif-là. Et on a tout intérêt à ce que tout le monde puisse
contribuer à cet effort-là, parce que je pense que, chacun à notre façon, on a
tous une responsabilité et un pouvoir, en fait, d'agir dans cette
perspective-là, d'accompagnement des personnes immigrantes.
M. Cliche-Rivard : ...saluer quand
même, Mme la ministre, ce que vous venez de dire, parce que, pour les Québécois
et Québécoises, pour les immigrants, c'est très important, ce que vous venez de
dire là. Parce que les messages de la dernière campagne, quand même,
l'utilisation du mot «suicidaire», l'utilisation des termes qui ont été faits...
Je veux quand même prendre le temps de dire merci, quand même. C'est très
important de l'entendre, puis je le salue.
Donc, on n'a pas l'occasion de le faire à tous les jours, donc merci pour cette
ouverture d'esprit, cette empathie, cette
ouverture. Vraiment, c'est rafraîchissant, quand même, parce que je ne peux pas
en dire de même de tous vos anciens prédécesseurs. Donc, merci.
Mme Fréchette : Je voudrais dire
quand même que je le dis au nom du gouvernement.
M. Cliche-Rivard : Tant mieux. Tant
mieux. On se le souhaite.
Mme Fréchette : Parce que c'est la
vision qui nous porte, c'est la vision qui nous tire de l'avant.
M. Cliche-Rivard : Je vous entends,
mais c'était difficile à concevoir dans les derniers mois avant votre venue.
Donc, je ne peux pas vous condamner pour ça, là, mais c'était quand même très
difficile à percevoir dans les dernières semaines, dans les derniers mois.
Je voudrais parler de quelque chose qui
m'importe beaucoup, quand même, c'est le fait que les candidats à l'immigration
économique du Québec sont désavantagés par rapport aux autres provinces.
Par exemple, le MIFI fait un travail de
sélection. Donc, on s'assure, dans la validation des diplômes avec le PEQ, dans le PRTQ avec l'expérience de travail, avec
notre grille de sélection... et, pour ça, les immigrants et immigrantes paient
quelque 900 $ et plus, là, pour leur CSQ, et arrivent après à déposer leur
demande de résidence permanente dans laquelle ils repaient un frais
complet et égal aux candidats qui se destinent à l'Ontario, alors qu'en
Ontario, dans l'express, dans l'entrée expresse, dans les autres programmes ou
dans les autres provinces, le fédéral évalue 100 % des qualifications
économiques. Donc, le prétravail que le MIFI fait, IRCC le fait à 100 %.
Pourtant, nos candidats à l'immigration
paient le même frais que les candidats qui se destinent à l'Ontario. Et ça, je
trouve que c'est une grande injustice, parce que votre ministère fait tout le
boulot de sélection économique, IRCC ne fait aucune évaluation
économique, accepte votre CSQ et traite les demandes.
Alors, n'y aurait-il pas là besoin, avantage et
urgence à ce qu'on demande à IRCC d'égaliser ou d'arrimer ces frais? Parce que c'est complètement injuste
qu'un immigrant économique qui se destine au Québec paie en double,
alors que le travail est déjà fait par le MIFI.
Mme Fréchette : Bien, j'entends
votre préoccupation et je vais en discuter, mais je trouve que c'est un élément
intéressant à prendre en considération. Et je suis sensible, en fait, à
l'argument d'iniquité que... dont vous me faites part et puis je vais en
discuter lors de prochaines rencontres avec le ministre Fraser.
M. Cliche-Rivard : C'est une
excellente nouvelle.
Mme Fréchette : On a comme
priorités... On a trois priorités, puis notre seconde priorité, c'est d'alléger
les processus, et, dans l'allègement des
processus, on a notamment la volonté de réduire certains coûts. Donc, ça m'apparaît
être un coût tout à fait justifiable de considérer... à considérer pour ce qui
est du côté fédéral. Donc, on les enjoint de s'engager comme nous dans cette
réduction de la charge bureaucratique, des charges financières. Donc, voilà, on
va soumettre la proposition à mon homologue.
M. Cliche-Rivard : Et, dans
cette même lignée... Puis merci de votre ouverture. Je pense que ce serait
régler une grande iniquité. Il faut se poser la question pour nos résidents
temporaires aussi, qui paient leur CAQ études, qui paient leur CAQ travailleurs
et qui repaient encore à IRCC le même frais, alors que... en fait, le double du
frais parce que le permis de travail et le permis d'étude est beaucoup plus
cher que le CAQ, mais le Québec fait tout un travail préalable, alors qu'en
Ontario il n'y a aucun travail préalable, ou dans les autres provinces, il n'y
a aucun travail préalable qui est fait par le MIFI.
La Présidente (Mme Gendron) : Il
vous reste une minute.
M. Cliche-Rivard : Alors,
je vous suggérerais, dans cette même réflexion là puis dans cette même évaluation
là, qu'on fasse la même chose pour nos étudiants, pour nos travailleurs,
parce que, là, ça n'a aucun bon sens. Et il faut qu'on
arrime nos frais, parce que, là, nos candidats paient en double. Puis on est
déjà désavantagés sur les délais, alors je recommanderais aussi que vous ayez
cette discussion-là sur les délais, parce qu'on a le délai de CSQ et le délai
de la résidence permanente. Donc, ça aussi, ça devrait être arrimé pour que ce
soit égal pour le Québec.
• (14 h 30) •
Mme Fréchette : Alors, de ce
côté-là, on a déjà amorcé, là, des discussions avec le fédéral pour réduire les
délais. Donc, ça fait partie aussi de nos
priorités, et voilà, on va insister pour faire en sorte qu'il y ait des actions
qui soient prises en ce sens-là. Mais voilà, ça s'inscrit dans une
perspective convergente.
M. Cliche-Rivard : Merci de
votre ouverture. Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : Il
vous reste 10 secondes.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Mme Fréchette : Santé! J'espère
que vous avez eu un bon lunch.
La
Présidente (Mme Gendron) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole
au député de Nelligan pour une période de 17 min 39 s.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente.
Mon collègue
l'a abordée dans son dernier bloc, l'importance des messages qu'on utilise
quand on veut parler de l'immigration. Je ne veux pas vous juger sur des
déclarations antérieures, mais je vais saisir l'occasion que j'ai en
face de moi la ministre responsable de l'Immigration et de la Francisation, qui
a passé une bonne partie de sa vie dans le milieu des affaires aussi. Et vous
savez que... l'impact des mots.
Maintenant, une fois que vous êtes ministre de
l'Immigration, avez-vous en tête des plans, des stratégies pour contrer ce genre
de messages?
Mme Fréchette : Eh bien, le
premier ministre a donné le ton, hein? Je veux dire, il a présenté
l'immigration comme une solution pour le Québec lors de son discours inaugural,
et c'est la voie dans laquelle on s'inscrit, à savoir que l'immigration doit être une solution pour le Québec, à la fois sur
le plan linguistique, sur le plan de la lutte à la pénurie de main-d'oeuvre. Donc, c'est comme ça que moi,
j'envisage mon mandat, et que le premier ministre également envisage notre mandat, et notre action sur l'intégration
s'inscrit dans cette perspective-là. Et c'est pour ça qu'on a déployé toute
une série de mesures qui avaient été délaissées par le gouvernement antérieur.
M. Derraji : Oui, mais pour...
Mme
Fréchette : Et voilà, on
remet les choses en place et on fait en sorte d'agir pour le bien du Québec, le
bien des entrepreneurs et des immigrants.
La Présidente (Mme Gendron) : ...Mme
la ministre. M. le député.
M. Derraji : Je vais préciser,
encore une fois, mes propos. Les Québécois sont tannés d'entendre, élection
après élection, des propos pareils. Ma question est très simple. C'est encore
loin, 2026. Vous êtes à votre deuxième mandat. En 2026, ça va faire huit ans
que vous allez être au pouvoir. À un certain moment, il faut prendre ses
responsabilités. Donc, selon vous, peu importe le climat politique qu'on va
avoir, des propos qu'on a vus pendant la dernière campagne électorale, selon
vous, sont condamnables?
Mme Fréchette : ...pour les années
qui viennent, à faire en sorte que l'ensemble des mesures qu'on doit adopter en
matière d'immigration le soit. Et on a un excellent départ, parce que, déjà, on
travaille avec plus d'une centaine
d'organismes à travers le Québec. On a déjà couvert 80 % des MRC à travers
nos ententes avec ces institutions. On a également des programmes pour
financer des activités de jumelage. Il y a des activités interculturelles et
des activités d'insertion en matière d'emploi. Donc, vraiment, on déploie tout
ce qu'il est possible de faire et on a 214 ententes de partenariat aussi.
Donc, on déploie tout ce qu'il est possible de
faire pour faire en sorte que l'immigration se déroule bien, à la fois dans les communautés d'accueil, à la fois
dans les entreprises. Et je prends la peine de souligner, parce que j'ai fait
une quinzaine de rencontres en région, l'importance que les entreprises
travaillent sur cet élément.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M.
Derraji : ...votre gouvernement, en 2018, a mis en place un
test des valeurs, et ce test des valeurs, il y a encore des gens qui le
passent. C'est quoi, votre remarque sur le test des valeurs?
Mme
Fréchette : Bien, je pense qu'il est important que les gens
soient sensibilisés aux droits qui sont inscrits dans la charte
québécoise des droits et libertés, donc faire en sorte que ce soit bien compris
que c'est le cadre dans laquelle... lequel on s'inscrit
comme société québécoise et c'est le cadre dans lequel doivent s'inscrire
également les personnes immigrantes.
Si je pense à
l'égalité hommes-femmes, par exemple, c'est un élément central de la charte des
droits qui doit être bien expliqué aux personnes qui viennent s'établir ici et
qui, peut-être, arrivent d'un pays où l'égalité hommes-femmes n'est pas
reconnue de plein droit. Donc, c'est un des éléments qui, franchement, est
central comme société d'accueil, et il faut le faire connaître, et c'est à
travers cette mesure-là qu'on le fait.
M. Derraji : Oui, on s'entend. Vous
avez le chiffre devant vous de... le taux de réussite de ce test? Vous...
Mme Fréchette : ...devant moi, non,
là.
M. Derraji : Bien, je peux vous le
partager, c'est 99,76 %. En fait, c'est un des seuls chiffres où je trouve
le ministère à 99,76 % dans une mesure. Le test des valeurs nous a coûté,
en tant que contribuables, pour le développer en ligne, 500 000 $,
et, pour continuer à le faire fonctionner, les coûts récurrents, 163 927 $
annuels pour un taux de réussite de 99,76 %. Je ne dis pas que les
valeurs, ce n'est pas important. Au contraire, promouvoir nos valeurs, c'est
bon, mais est-ce que c'est le meilleur moyen? Parce que... et je vais revenir à
vos programmes, qui sont énormes, beaucoup
d'argent investi, pas vraiment bien investi, mais est-ce que c'est le seul
moyen? Au-delà de ça a été une promesse électorale, qu'on veut développer le test des valeurs, bien,
aujourd'hui, si on dit aux Québécois : Écoutez, le test des valeurs,
depuis qu'on l'a mis en place, c'est 99,76 % de taux de réussite, on
continue?
Mme Fréchette : Est-ce que... (panne
de son)... trop cher payé pour faire connaître les valeurs québécoises et
notamment la notion d'égalité hommes-femmes? Moi, je trouve que c'est un prix
tout à fait raisonnable pour faire en sorte
que les immigrants qui viennent s'installer au Québec soient conscients de la
nature des droits qui caractérisent le Québec et qu'ils doivent
s'assurer de respecter. Alors, cette mesure-là, elle est essentielle.
M. Derraji : Je n'ai pas dit ça. Je
vous partage un pourcentage de taux de réussite des personnes qui passent le test des valeurs fait par votre leader du
gouvernement en 2019. C'est de l'ordre de 99,76 %. C'est juste ça que je
vous partage. Je ne mélange pas les pommes avec les oranges.
Et j'ai vu la
liste de vos programmes, quand on parle d'intégration, quand on parle... je
veux juste chercher, avec les villes... je veux vous partager le
montant, c'est presque 897 millions. Attendez. Combien?
Une voix : ...
M. Derraji : Oui, j'ai la liste de
vos programmes. Et, quand je vois ces programmes, c'est des beaux programmes.
C'est des beaux programmes. Le PASI, et je vais juste... vous les connaissez
probablement par coeur, le PAC, le PSM, le
PARC, le PAFILI, le PAFFARC. Ça, c'est des programmes qui visent l'intégration
et l'accompagnement. Il y a beaucoup
de municipalités, même des comtés. Est-ce qu'on peut nous partager les résultats
de ces programmes? Parce que c'est de l'argent des contribuables investi dans
plusieurs endroits.
Mme
Fréchette : ...le type de résultat que vous aimeriez qui soit
déposé? Parce qu'on parle de... vraiment des ententes très vastes...
M. Derraji : OK, je peux... oui,
oui, je peux... Bien, en fait, la demande que je formule... la demande que je formule à la présidence... J'ai, dans le cadre de 2022‑2023,
des programmes de subvention, Mme la Présidente... je vais prendre un exemple de programme, ça s'appelle
Programme d'accompagnement et de soutien à l'intégration. On parle de
somme de 60 millions... ou 61 millions, et un Programme d'appui aux
collectivités.
Ce que je demande... j'ai un, deux, trois,
quatre, cinq, six programmes de subventions distribuées par le ministère. Ce
que je demande, c'est que... l'argent qui a été investi, je veux savoir c'est
dans quel programme, quel objectif. C'est
quoi, la... c'est quoi, vos indicateurs de performance? Parce qu'on va tomber
juste... était-elle 100 000 $ ou 150 000 $?
Je veux savoir sur quoi on s'est basés pour trouver cet argent. Et c'est quoi,
le retour, c'est quoi, l'indicateur de performance?
Mme Fréchette : On pourrait déposer
les retombées des différents programmes, là, que vous venez de nommer, de telle sorte que vous pourrez voir tout
ce qui a été accompli par notre gouvernement, et qui avait été délaissé par les
gouvernements antérieurs, et peut-être prendre des notes aussi pour la... des
idées intéressantes. Donc, voilà, il y a beaucoup de retombées qui découlent de l'ensemble de ces programmes, et
on va s'assurer de faire un dépôt des principales retombées chiffrées,
là.
La
Présidente (Mme Gendron) : Donc, je confirme que vous vous engagez à
remettre, justement, un document de retombées de ces différents
programmes à la commission.
Mme Fréchette : Oui. Est-ce qu'on
peut répéter juste la liste, là? PASI...
• (14 h 40) •
M. Derraji : Je l'ai dit... Je l'ai
dit, je vous réfère à la page 41, je n'ai vraiment pas de temps, là.
Mme Fréchette : Page 41.
D'accord.
M. Derraji : Page 41, il y a
un, deux, trois, quatre, cinq, six programmes de subvention.
Mme Fréchette : Six programmes.
M. Derraji : Donc, on veut savoir,
cet argent qui a été investi, c'est quoi, les indicateurs de suivi. Donc, c'est quand même beaucoup, beaucoup d'argent.
Donc, vous dites que ça va bien, donc on veut juste savoir, c'est... les retombées
de ces programmes.
Vous... du moment que vous parlez de
performance, Mme la ministre, et je vais vous référer à un tableau fait par votre propre gouvernement, où vous avez
beaucoup de... pas mal, plutôt, dans votre plan stratégique en vigueur, des cibles
non atteintes. Et une qui me... vraiment, me frappe à l'esprit, la proportion
des personnes immigrantes adultes prises en
charge par le service d'accueil à l'aéroport. Je me rappelle, parce que j'ai
travaillé avec votre ancien collègue, son fameux projet de loi
n° 9, où il nous a dit, pendant six mois, qu'on va prendre les gens à
l'aéroport...
Une voix : ...
M.
Derraji : C'est 41, c'est
«non atteinte», écart entre le taux d'emploi des personnes immigrantes de 15 à
64 ans nouvellement arrivées au Québec... cinq ans, vous êtes là,
ça fait cinq ans, vous le savez, non atteinte; proportion de personnes
immigrantes démontrant un sentiment d'appartenance à la société dans les trois
dernières années, non atteinte; et une autre
qui est vraiment très alarmante, Mme la ministre, le taux de satisfaction des
entreprises ayant reçu un accompagnement. Vous n'avez pas arrêté de dire
que votre gouvernement a créé des bureaux, a payé des bureaux, a ouvert des
bureaux, a mis des employés dans ces bureaux, mais c'est «non atteinte».
Donc, c'est quoi, votre constat, quand vous
lisez votre propre... en fait, c'est comme votre propre bulletin.
Mme Fréchette : ...tout d'abord,
bien, mentionner que le processus d'évaluation de la performance des ministères
a été mis en place par notre gouvernement, parce que c'était un processus qui
n'existait pas auparavant. Et, pour notre
gouvernement, c'était important de nous assurer qu'il y ait une bonne gestion
des fonds publics, que ce soit géré avec rigueur. Et donc on s'est dotés
d'outils pour évaluer la performance des différents ministères et procéder à
des autoévaluations. En fait, on a... je pourrais dire, on a le guts de
s'autoévaluer, ce qui n'avait jamais été fait auparavant, et j'espère que ça va
s'inscrire dans la durée et ce que... nous, c'est ce sur quoi on veut continuer
à travailler. Et, le MIFI, si on se compare
à l'ensemble des ministères, on est dans la strate, je dirais, moyenne, donc,
de bons résultats, généralement parlant, mais j'avoue qu'on peut s'améliorer,
et c'est notre souhait.
Et donc on est en action déjà pour faire en
sorte d'améliorer nos différents indicateurs. C'est sûr qu'il y a des
indicateurs pour lesquels il est difficile d'avoir un contrôle. Si, par
exemple, on regarde l'écart entre le taux d'emploi des immigrants qui sont
arrivés depuis moins de cinq ans, au Québec versus au Canada, le ministère peut
avoir une part d'action qui aide à la situation, mais on comprendra qu'on n'est
pas les seuls joueurs qui intervenons sur ces éléments-là.
Et, par conséquent, c'est difficile de dire que le résultat découle ou ne
découle pas de l'action du ministère. Et on parle aussi d'un ministère
qui a grandi beaucoup. Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M. Derraji : Oui. Vous venez de dire
que vous voulez améliorer des choses. Vous voulez améliorer quoi, exactement?
Mme Fréchette : Alors, parmi les
améliorations qu'il y a eu...
M. Derraji : Non, ce n'est pas ça,
ma question.
Mme Fréchette : Pardon.
M. Derraji : Vous avez dit que vous
voulez améliorer des choses. Vous voulez améliorer quoi, exactement?
Mme
Fréchette : Améliorer nos indicateurs, par exemple, la
satisfaction des entreprises. Vous l'avez nommé vous-même, tout à
l'heure, on est à 1 % de notre objectif, alors on veut atteindre cet
objectif-là. Ça fait qu'on veut s'améliorer d'au moins 1 %, puis
idéalement il faudrait qu'on le dépasse, cet objectif-là. Alors, ça, c'est une
de nos ambitions.
Si on regarde du côté de l'écart entre le taux
d'emploi des personnes immigrées de 15 à 64 ans, bien, je mentionnais qu'on n'a pas atteint notre objectif,
mais on a quand même une amélioration de 4,3 % à 2,6 % de
pourcentage. Donc, sur chacun des indicateurs, on en a plusieurs, on
veut faire en sorte d'améliorer la donne. Si on n'a pas atteint notre cible ou
si on est à notre cible, on va vouloir la dépasser. Donc, il y a toute une
série de mesures, proportions, par exemple, des... pardon. Merci.
M. Derraji : ...beaucoup de
chroniqueurs, et je vais citer Philippe Mercure : «À vouloir réparer ce
qui n'est pas brisé, on crée des problèmes au lieu d'en
régler. En 2019, le gouvernement — votre gouvernement — a
décidé de transformer cette voie rapide en
chemin cahoteux en multipliant les exigences pour les candidats. Ce qui se
passe était pourtant écrit dans le ciel et annoncé par tous les experts.
Ce n'est pas sorcier, en plaçant des embûches sur le parcours des immigrants,
on les décourage.»
La bonne nouvelle, c'est que votre cabinet
reconnaît le problème, on parle du PEQ. Moi, je pense que c'est une très bonne
nouvelle que, pour une fois, quelqu'un au gouvernement reconnaît qu'il y avait
des ratés. Et, tout à l'heure, on a... nous
avons échangé sur le programme des projets pilotes. Je sais que vous voulez
annoncer des mesures. Je ne vais pas vous pousser à annoncer des mesures
aujourd'hui, ce n'est pas mon but, mais, avec un pas de recul, pensez-vous
vraiment que ça a été bénéfique, pour le Québec, perdre des jeunes
francophones, que ce soient étudiants étrangers ou même des travailleurs, qui
quittent le Québec pour les autres provinces canadiennes? À moins si votre
gouvernement avait un objectif de franciser les autres provinces canadiennes?
Mme Fréchette : C'est la fin de...
Oui, c'est bon. Alors, bien, quand on est arrivés, en fait, il y avait un immense problème. C'est qu'il y avait un
inventaire incroyable de gens qui avaient été sélectionnés, et qui devaient
être, en fait, dans le programme du PEQ, et qui occupaient un trop grand
espace par rapport aux gens qui étaient dans le programme travailleurs qualifiés. Et il se trouvait que le PEQ diplômés
faisait une concurrence importante au programme de travailleurs qualifiés, et il fallait donc... il fallait donc
rééquilibrer les choses, parce que le PEQ occupait un trop grand espace,
et ça limitait la capacité de nos entreprises à aller chercher des travailleurs
qualifiés. C'est donc ce pour quoi il fallait réformer le programme.
C'est ce qui a été fait, et maintenant
l'équilibre est revenu. Ça a mis un certain nombre d'années avant que cet
équilibre revienne, mais maintenant voilà qui... chose qui est faite, et là,
maintenant, nous pouvons nous tourner vers
la suite des choses. Et notre suite, en fait, on veut qu'elle s'inscrive dans
cette idée de garder un équilibre entre nos programmes qui attirent des
travailleurs étrangers qualifiés et nos programmes qui attirent des diplômés,
et qu'on souhaitera idéalement garder au
Québec, si c'est leur souhait. Alors, on va travailler en ce sens-là tout en
gardant l'équilibre.
La Présidente (Mme Gendron) : ...M.
le député.
M. Derraji : Merci. Il ne faut pas
oublier que le Québec a des programmes. Le Québec n'a pas les mêmes outils que
le fédéral. Rapidité, il y a des gens qui arrivent à avoir leur résidence
permanente au bout de six mois, et c'est un fait. Et votre gouvernement essaie d'utiliser
la voie des travailleurs temporaires étrangers pour combler les besoins réels et permanents. Votre recul sur la
réforme du leader du gouvernement sur le PEQ étudiant est insuffisant. Est-ce
que vous allez aussi voir le volet temporaire? Parce qu'on les perd, ils
partent en Ontario, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors, les besoins
permanents que l'on observe, on veut les combler avec de l'immigration permanente. Les travailleurs temporaires, ils
répondent à des besoins ponctuels d'entreprises. Et on est dans un contexte
où il y a une rareté de talents, et c'est ce pour quoi il y a un recours
important à des travailleurs temporaires par les entreprises, mais, pour ce qui
est de l'immigration permanente, ça s'inscrit dans un autre type d'objectif.
Alors là, on est à travailler à réformer nos
programmes d'immigration permanente pour faire en sorte qu'ils répondent à la fois à nos enjeux sur le plan
linguistique et des enjeux sur le plan économique. La politique d'immigration
doit répondre à ces deux objectifs-là. Pour moi, c'est comme les deux branches
d'un y. Vous avez la branche linguistique et la branche économique, et
ces deux branches doivent se rejoindre pour former un même tronc, qui est le
socle de la politique d'immigration avec laquelle on va vouloir travailler
suite à nos réformes. C'est ce que vous allez voir, avec la présentation qu'on
fera des programmes réformés, que l'on parvient à atteindre ces deux objectifs.
La Présidente (Mme Gendron) : ...merci.
Mme Fréchette : Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
M. le député. Merci, Mme la ministre. Donc, maintenant, je cède la parole au
député de Matane-Matapédia pour une durée de 13 min 34 s.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, je veux revenir à mon tour sur une déclaration du
premier ministre, qui indiquait, il y a à peu près un an, que, si le Québec ne
contrôle pas davantage son immigration, on se dirige vers la louisianisation du
Québec. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette expression?
Mme Fréchette : Moi, je pense qu'il
faut travailler pour faire en sorte, tout comme le premier ministre, que
l'immigration soit une solution aux enjeux qui caractérisent la langue
française...
M.
Bérubé : Ce n'est
pas ma question.
Mme
Fréchette : ...et c'est ce à
quoi on travaille, de faire en sorte que l'immigration contribue, d'une part, à
stopper le déclin du fait français et, d'autre part, à relancer l'usage.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre. M. le député.
M.
Bérubé : Ce n'est malheureusement pas ma question. Est-ce qu'elle est
d'accord avec l'expression «louisianisation»? Est-ce qu'elle serait capable,
elle-même, de le dire?
Mme Fréchette :
Je continue à dire que je pense que l'immigration peut être une solution au
fait français.
M. Bérubé : Ah!
c'est ridicule.
La Présidente (Mme
Gendron) : ...
M. Bérubé : Donc,
j'ai ma réponse. La ministre refuse de dire qu'elle est d'accord avec le
premier ministre là-dessus et même d'utiliser le terme avec une mesure
dilatoire. Je tiens à le dire, j'ai ma réponse, mais c'est noté par ceux qui
nous observent présentement. Je trouve ça regrettable.
Deuxième
question : Est-ce que, selon la ministre, le chiffre, c'est bien
68 000 immigrants en 2022? C'est bien ça?
Mme
Fréchette : Immigrants permanents...
M.
Bérubé :
Permanents.
Mme
Fréchette : ...qui sont
arrivés au Québec, et ça inclut, en fait, notre objectif de 50 000, plus
un rattrapage dû aux années de la pandémie, années pendant lesquelles on
a reçu moins de gens. Et on a voulu, en fait, se rattraper.
M. Bérubé : D'accord.
Quel était l'engagement électoral de la CAQ lors de sa première élection en
2018?
Mme
Fréchette : Bien, d'une part, de baisser le nombre d'immigrants à
40 000, ce que nous avons fait, et, par la suite, il y avait une volonté,
donc, d'établir le nombre d'immigrants permanents au Québec à 50 000, et
on est dans ce cadre-là encore.
M. Bérubé : Mme
la Présidente, si l'objectif était de 40 000 et on n'est pas à
40 000, est-ce à dire que c'est le bris d'un autre engagement électoral?
Mme Fréchette :
Non. Ça a été baissé à 40 000, et ensuite il y a eu un rehaussement
vers le 50 000, et c'est ce que... c'est la trame qui a été suivie.
• (14 h 50) •
M. Bérubé : Oui.
En fait, pour les gens qui nous écoutent, c'était 40 000. Ils ont monté à
50 000 et potentiellement 70 000, peut-être à 100 000
éventuellement. C'est un autre bris électoral. Très bien.
L'immigration, les
collègues en ont parlé, il y a des termes qui ne sont pas souhaitables, qui
n'encouragent pas l'immigration, mais il peut y avoir des politiques qui ne
sont pas souhaitables. Est-ce que, selon la ministre, l'adoption de la loi n° 21 a été un obstacle à l'immigration au Québec?
Mme
Fréchette : Je voudrais juste revenir sur le fait que le 50 000,
en fait, il était prévu dans la planification stratégique, donc c'est...
M. Bérubé : Pas
dans l'engagement électoral, en tout cas.
Mme
Fréchette : Dans la planification stratégique, c'est la cible qui
avait été identifiée et c'est la... celle à laquelle on s'est tenus.
M. Bérubé : Mme
la Présidente, l'engagement électoral, j'ai toutes les déclarations du premier
ministre, c'était 40 000. Il n'y avait
pas de planification stratégique. C'est 40 000, c'est
50 000 normalisés, comme Jean Charest et Philippe Couillard, potentiellement
70 000 et 100 000.
Je reviens à ma
question précédente. Est-ce que la ministre considère que la loi n° 21
a été un obstacle pour l'immigration au Québec?
Mme
Fréchette : Pas du tout. C'est le cadre dans lequel évolue le Québec,
et puis c'est celui dans lequel doivent évoluer les personnes qui veulent
s'établir au Québec.
M. Bérubé : D'accord.
Je pose la question... ça fait longtemps que je veux poser la question à la
ministre, parce que, lorsqu'elle a quitté le cabinet du ministre des Relations
internationales au Parti québécois, elle évoquait la charte des valeurs comme
étant la raison pour laquelle elle quittait le Parti québécois. Alors, non
seulement elle retrouve une politique en laïcité, qui est la loi n° 21,
mais elle retrouve le collègue qui est à l'origine de cette loi. Alors, il faut
croire que la position de la ministre a changé sur cette question.
Mme
Fréchette : Pas du tout.
M. Bérubé : C'est encore pire.
Mme Fréchette : Alors,
c'est pour vous rappeler que le rapport Bouchard-Taylor était, en fait, la
mesure qui, pour moi, m'apparaissait la plus
intéressante. Le Parti québécois, à l'époque, il y a 10 ans, 11 ans,
s'est complètement éloigné des recommandations du rapport Bouchard-Taylor.
J'espère que vous vous en souvenez. Et moi, par rapport à cet éloignement, j'avais un inconfort, et c'est ce qui m'a fait, en
fait, ne pas vouloir poursuivre ma route. Et la CAQ s'est vraiment rapprochée du Bouchard... du
rapport Bouchard-Taylor. Et ça, pour moi, c'était la manière de réconcilier... de
me réconcilier avec cet élément.
M. Bérubé : Bien, c'est un bel adon.
C'est assez particulier, parce que, quand on regarde la loi n° 21 et les
critiques que les gens ont à son égard, des critiques avec lesquelles je ne
suis pas d'accord moi-même, c'est à peu près la même chose. Il n'y a pas tant
de différences que ça avec la charte des valeurs, le même ministre se retrouve
dans le gouvernement. Alors, il faut croire que le timing était bon pour se
présenter à ce moment-ci.
Est-il souhaitable pour le gouvernement du
Québec...
La
Présidente (Mme Gendron) : ...M. le député, j'aimerais que vous fassiez
attention à vos propos, s'il vous plaît.
M. Bérubé : Très bien. Est-il souhaitable
pour le Québec de contrôler l'ensemble de son immigration, tous les leviers?
Et, si oui, comment la ministre entend-il... entend-elle y arriver?
Mme Fréchette : Bien, effectivement,
on a la volonté d'assumer l'ensemble de nos pouvoirs en matière d'immigration.
C'est quelque chose que l'on communique au gouvernement canadien et que l'on
réitère à chacune de nos rencontres. On a plusieurs rencontres de travail
annuellement. Néanmoins, on veut faire en sorte, d'ici à ce que l'on obtienne
davantage de pouvoirs, de faire des gains, de faire des gains qui vont
permettre à la fois au Québec d'avancer, qui
vont permettre à la fois le... de faciliter la tâche aux entreprises qui
recourent à des travailleurs étrangers, tout comme aux immigrants eux-mêmes, donc faire en sorte de faciliter
les différents processus, et, des gains, on en a eus. On en a eu
plusieurs, en fait, depuis l'année 2018. On a notamment convenu...
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : ...en 2021, d'une
entente.
La Présidente (Mme Gendron) : M. le
député.
M.
Bérubé : Encore une fois, un autre engagement électoral,
c'est le rapatriement de l'ensemble des pouvoirs en matière linguistique
et en matière d'immigration. L'idée, ce n'est pas de faire des gains, c'est de
tout ramasser.
J'aimerais que la ministre puisse nous fournir
l'ensemble de la correspondance de son ministère qui demande formellement au gouvernement fédéral de nous céder
l'ensemble de ses pouvoirs, ou toute communication, ordre du jour, courriel.
S'il y a une trace de ça, j'imagine qu'on va pouvoir nous fournir ça, toute
correspondance à cet effet. Est-ce que la ministre accepte de nous
fournir ça?
Mme Fréchette : En fait, non, ce
n'est pas... ce ne sera pas possible de transférer l'ensemble de ce qui a été
communiqué.
M. Bérubé : Une lettre?
Mme Fréchette : Il y a des
communications orales qui se font.
M. Bérubé : D'accord, toute
correspondance écrite.
Des voix : ...
M. Bérubé : C'est sur mon temps, là.
Mme Fréchette : ...pour nous de
déposer l'ensemble des communications. C'est...
M. Bérubé : Et pourquoi donc?
Mme Fréchette : Bien, parce que
c'est le... En fait, ça relève du gouvernement et c'est de nature, en fait,
stratégique.
M. Bérubé : Pardon?
Mme Fréchette : À partir du moment
où...
La Présidente (Mme Gendron) : Oui.
Mme Picard : ...la
ministre peut refuser de déposer des documents.
La Présidente (Mme Gendron) : Mme la
ministre peut refuser de déposer un...
M. Bérubé : Ah! puis c'est noté,
soyez-en assurés.
La Présidente (Mme Gendron) : Si
vous voulez continuer, M. le député.
M. Bérubé : Donc, dans la plateforme
électorale de la CAQ, dans les interventions publiques en campagne électorale,
on indique qu'on veut rapatrier l'ensemble des pouvoirs. Une fois élu, je veux
vérifier si cette volonté-là s'exprime d'une
quelconque façon au quotidien. Réponse : Vous n'aurez rien. J'en demande
un, document, une lettre, qui indiquerait cette volonté-là. Je prends le
refus de la ministre, mais c'est assez particulier.
Alors, pour tous les... toutes les personnes qui
s'intéressent au dossier du nationalisme québécois, je les invite à prendre
acte de cette réponse-là. J'ai posé la même question en matière de
culture : aucune correspondance depuis
2018. J'ai posé cette question-là au ministre responsable de la Langue :
aucune correspondance aussi. Et c'est la même chose en immigration,
trois en trois.
La Présidente (Mme Gendron) : Je
vous invite à revenir au sujet des crédits de... on parle aujourd'hui.
M. Bérubé : Bien, Mme la Présidente,
je suis sur les crédits, là.
La Présidente (Mme Gendron) : Les
crédits de la... du ministère impliqué aujourd'hui.
M. Bérubé : Bien, j'en suis, puis je
suis respectueusement en désaccord avec votre interprétation. Je suis sur les crédits, c'est lié. Le français,
l'immigration, la culture, c'est lié. Bon, alors, il y a une volonté, mais on
ne peut pas nous fournir les oeuvres, les preuves de ça. Donc, ça
s'exprime comment?
Mme Fréchette : La réponse a été
donnée à cette question-là.
M. Bérubé : C'est incroyable.
Franchement, je m'attendais à au moins un document, un échange. Donc, pour les
gens qui nous écoutent, il n'y a rien qui témoigne que le gouvernement du
Québec veut vraiment les obtenir, parce qu'on n'a pas de document, on n'a rien
qui l'indique. Alors, que puis-je savoir des rencontres qui ont lieu avec le
gouvernement fédéral sur ces questions-là, si je n'ai pas de démonstration de
ça? Tout à l'heure, dans une autre étude de crédits, on m'a fourni des
documents sur une question très précise avec le fédéral; pas là, d'accord.
Sous la CAQ, de façon factuelle, l'immigration
temporaire a septuplé, et ce n'est pas un mot que je place pour gagner des points, là. C'est un vrai terme,
là, que j'ai dans mon argumentaire. Actuellement, on parle de
300 000 personnes qui sont au Québec. Une large partie de cette
immigration ne maîtrise pas le français et se retrouve
dans la région métropolitaine. Le Québec a les leviers pour imposer des
critères relatifs à la langue pour cette catégorie d'immigration, elle
fait le choix de ne pas le faire. On a proposé une motion qui visait à imposer
un quota maximal d'étudiants étrangers qui ne maîtrisent pas le français. Je
veux le préciser, le Parti libéral du Québec a dit oui, Québec solidaire a dit
oui, la CAQ a dit non. Est-ce que la ministre peut m'exprimer pourquoi elle ne
s'est pas jointe à cette volonté, qui aurait été unanime n'eût été de la CAQ?
Mme Fréchette : Bon, permettez-moi,
Mme la Présidente, de rectifier certaines choses qui sont colportées par le
troisième parti... en fait, le deuxième parti d'opposition à...
Une voix : ...
Mme Fréchette : ...à l'effet qu'une
large partie, ça vient tout juste d'être réitéré, large partie des immigrants
temporaires ne parlent pas français. Or, la majorité des immigrants temporaires
parlent français.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Gendron) : Je
vous invite, Mme la ministre, également à faire attention à vos propos.
Mme
Fréchette : Alors, la majorité des immigrants temporaires
parlent français. C'est important de le souligner. Et j'entends souvent mon
collègue laisser entendre que ce n'est pas le cas. Alors, 60 % des
immigrants temporaires parlent français. C'est un fait important. Et il
faut faire en sorte de rehausser cette connaissance du français par les immigrants temporaires. Il y a un autre indicateur
qui nous laisse entendre que c'est sur la très, très bonne voie, parce qu'au
cours de la dernière année...
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : J'y reviendrai.
La
Présidente (Mme Gendron) : M. le député.
M. Bérubé : Il
y a d'autres termes qui sont plus appropriés que «colporter», selon moi, Mme la
Présidente. Ça n'explique pas pourquoi que la CAQ n'a pas voté pour cette
motion. On avait l'assentiment du Parti libéral et de Québec solidaire. C'était
un bon moment d'envoyer un signal là. Est-ce qu'il y a une raison en
particulier?
Mme
Fréchette : Alors, déjà, il y a 60 % des immigrants temporaires
qui parlent français et, au cours de la dernière année, il y a eu une
augmentation de 30 % des immigrants temporaires qui ont eu recours à des
mesures de francisation. Ça, pour nous, c'est la voie que l'on emprunte, à
savoir de rendre accessibles, sous toute une série de formules, de formats, des cours de francisation. Et ces cours-là ont une
grande popularité auprès des travailleurs étrangers temporaires, et
c'est ce sur quoi on mise pour faire en sorte d'aider le fait français. Et il
faut voir qu'on part, donc, déjà d'un bassin qui, à majorité, parle français,
plus une augmentation de 30 %.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. M. le député.
M. Bérubé : C'est
quand même, lorsqu'on regarde les chiffres, sept fois plus de temporaires que
sous le gouvernement libéral. C'est quand même imposant. Puis il y a, disons,
une grande partie qui ne parle pas français. Je pense qu'on peut concéder ça.
Est-ce qu'il y a une
limite au gouvernement du Québec? Quel est le chiffre? Est-ce qu'on peut dire,
à 100 000, à 200 000, c'est
correct? Parce qu'il y a des enjeux quant à l'intégration, quant au logement,
quant à... les CPE, quant à un
ensemble de questions. Alors, ce serait quoi, la limite? Est-ce qu'on en fixe
une? Si on avait fixé 40 000 pour l'immigration, en 2018, j'imagine
que, pour les temporaires, on peut aussi fixer un objectif. Quel serait-il?
• (15 heures) •
Mme
Fréchette : Alors, les temporaires, en fait, ils répondent à des
besoins conjoncturels, ponctuels des... rencontrés par les entreprises. Donc,
c'est sûr que c'est la croissance économique ou le contexte économique qui
dicte en grande part le nombre d'immigrants temporaires, tout comme, par
ailleurs, le succès de nos établissements d'enseignement aussi, aller recruter
des étudiants à l'étranger. Et Dieu sait qu'il y en a plusieurs, des programmes
en région d'établissements d'enseignement qui vivent grâce...
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. Mme la ministre. M. le député.
M. Bérubé : Le
problème avec les temporaires, c'est qu'on peut renouveler à l'infini. Alors,
si on ne fixe pas d'objectif et si on ne fixe pas d'obligation pour le
français, bien, on passe à côté de la cible. Alors, si la ministre n'est pas en mesure de l'annoncer maintenant, je
l'invite à en faire une des propositions pour le comité sur la langue. La
ministre évoque les régions, je vais faire un lien avec ça.
La Présidente (Mme
Gendron) : Une minute.
M. Bérubé : Est-ce qu'on a une cible... On est à combien pour
la régionalisation de l'immigration, l'évaluation qu'on a présentement
de l'immigration qui se retrouve en région? Nous, on l'avait fixée à 25 %,
en ce qui concerne le Parti québécois. On est où, présentement?
Mme
Fréchette : Alors, je vous annonce qu'on a dépassé votre objectif.
M. Bérubé : Très
bien.
Mme
Fréchette : On est à
31,5 % de personnes qui sont établies hors de la région métropolitaine de
Montréal, et nous, ça ne nous
satisfait pas. Donc, on va continuer à oeuvrer pour faire en sorte qu'un plus grand nombre d'immigrants s'établissent hors de la
région de Montréal, et on a dû déployer, pour ce faire, tout un appareillage.
La Présidente (Mme
Gendron) : M. le député.
M. Bérubé : Est-ce qu'on peut déposer ce document, comme la
ministre l'a lu, comme le veut nos règles et nos us?
Mme
Fréchette : Tout à fait, on va déposer le document quant au nombre
de...
La Présidente (Mme Gendron) : Donc,
vous vous engagez à transmettre l'information demandée à la commission?
Mme
Fréchette : Oui.
M.
Bérubé :
Merci.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci. M. le député.
M. Bérubé : Je n'ai plus de temps,
je pense.
La
Présidente (Mme Gendron) : Cinq secondes.
M. Bérubé : Merci
à la ministre.
Mme
Fréchette : Merci au député.
La Présidente (Mme
Gendron) : Merci beaucoup, M. le député. Merci, Mme la ministre. Donc,
maintenant, je cède la parole au député de Nelligan pour un temps de
17 min 39 s.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente. Je vais revenir aux travailleurs temporaires étrangers. Je
vous réfère à la page 82 et je vais
vous... Bien, en fait, ce que... l'information que vous venez de partager, les
10 pays, les principaux pays de naissance pour les demandeurs de permis de
travail durant l'année, il y a 14 000, presque 15 000 personnes
du Guatemala; 10 000 du Mexique; 2 200, Philippines; la France arrive
au quatrième rang, 1 800; après, c'est la Tunisie, Maroc, Colombie, 700;
Madagascar, 600; Cameroun, 500; l'île Maurice, 400.
Avez-vous
un portrait de la langue première de ces personnes qui viennent en tant que
travailleurs temporaires étrangers?
Mme
Fréchette : La langue première...
M. Derraji :
Langue maternelle.
Mme
Fréchette : À ma connaissance, ce n'est pas une question que l'on
pose, ce n'est pas...
Une voix : Bien,
la langue première du pays, c'est connu.
Mme
Fréchette : Oui. On connaît la langue première des pays desquels
proviennent les gens, là.
M. Derraji : OK.
Donc, on peut penser qu'au Guatemala la langue...
Mme Fréchette :
Première devrait être l'espagnol, et, bon...
M. Derraji : Et
au Mexique?
Mme
Fréchette : ...ainsi de suite. Ensuite, Maroc...
M. Derraji : Non,
non, je parle, deux, Mexique. C'est le deuxième.
Mme
Fréchette : Deux, Mexique, oui, espagnol.
M. Derraji : Philippines?
Mme
Fréchette : Plusieurs langues, là, sont parlées aux Philippines :
tagalog...
M. Derraji : OK,
oui. Donc, si on prend le nombre total de travailleurs temporaires étrangers,
38 000, on s'entend que plus que la moitié ne parlent pas français avant
d'arriver au Québec. C'est des gens qui utilisent nos services, implantés dans nos régions. Et quand je vois... Là, je veux
poser la question, je vous... je peux vous donner le temps de me
répondre. Combien de ces travailleurs temporaires étrangers utilisent nos cours
de francisation?
Mme
Fréchette : Là-dessus, on a des données...Ce ne sera pas long,
on va regarder.
(Consultation)
Mme
Fréchette : En 2021‑2022, on avait 6 000 personnes qui ont le
statut de travailleurs temporaires qui ont utilisé des mesures de francisation,
ce qui représente 16 %, et, en 2022‑2023, donc un an plus tard, on est
passés de 6 000 à 11 182
personnes, représentant 24 %, donc, de travailleurs temporaires qui ont
utilisé les mesures de francisation.
M. Derraji : OK. Donc, les mesures de francisation que votre
gouvernement propose, ce n'est pas systématique, c'est à la demande, ce
n'est pas obligatoire.
Mme
Fréchette : Effectivement, elles sont gratuites pour tout le monde...
M. Derraji : Oui,
oui, je...
Mme Fréchette : ...certains ont
accès à des allocations financières. C'est une mesure qu'on a mise en place
pour favoriser la prise de cours de francisation, mais ce n'est pas
obligatoire.
M. Derraji : Donc,
pour tout travailleur... En fait, juste qu'on navigue, et aussi pour le
bénéfice des gens qui nous suivent... Pendant longtemps, l'argument a
été : on sélectionne des immigrants permanents pour la langue, la compétence, on a une grille de sélection avec un
certain nombre de points. Aujourd'hui, la sélection, elle est déléguée aux
entrepreneurs, parce qu'il y a un besoin réel en marché de travail, avec un
permis de travail, pour utiliser le Programme travailleurs étrangers
temporaires.
On a, au
Québec, en 2022, 38 505, page 82. Sur les 38 505, il y a des gens qui
parlent le français, on s'entend, parce qu'il y a des pays francophones ou,
comme vous le dites aussi, il y a des pays francotropes, mais vous ne jugez pas
nécessaire d'offrir la francisation ou de la rendre, je dirais, facile à tous
ces gens. Ils n'ont pas... Ce n'est pas une obligation, là, ils peuvent
la suivre, comme ils ne peuvent pas la suivre.
Mme Fréchette : ...facile à tous les
gens. Ça, c'est vraiment notre objectif, et c'est ça qu'on va viser avec Francisation
Québec, c'est...
M. Derraji : Oui, mais vous n'avez pas
assez de monde pour franciser tout le monde. Il y a des délais, ça, on
l'entend, c'est des travailleurs temporaires étrangers.
Mme Fréchette : Notre engagement,
c'est d'avoir un service en dedans de 50 jours, et il s'avère que notre moyenne
est en deçà de 50 jours. Donc, on atteint notre objectif... en fait, on le
dépasse, en termes de services rendus à la clientèle, si on veut. Et notre
objectif, c'est de rendre les mesures de francisation le plus facile d'accès
possible, même qu'elles sont rémunérées pour une grande part des personnes. Et
on veut faire en sorte de moduler les heures de
cours, les jours, les moments, les modes dans lesquels les cours de
francisation sont donnés, question de se rendre le plus démocratique et
accessible possible.
Donc, ça,
c'est vraiment au coeur de notre... de nos priorités, et de notre action, et de
nos efforts. Et il faut voir qu'on a
doublé nos budgets en francisation justement pour rendre ces cours de
francisation les plus accessibles qui soient.
M. Derraji : ...c'est quoi, le délai
moyen pour la francisation?
Mme Fréchette : L'engagement qu'on
a, c'est en 50 jours pour...
Une voix : ...
Mme Fréchette : Le délai moyen,
c'est 32 jours, alors que notre engagement, il est de 50. Donc, on est bien en
deçà de notre engagement en termes de services livrés.
M.
Derraji : Oui. Je pense que vous avez vu le rapport de
recherche, rapport présenté au ministère de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration par un groupe en avril 2021. Ça vous dit
quelque chose, ce rapport?
Mme Fréchette : Le rapport du
CIRANO, est-ce ça?
M.
Derraji : C'est rapport de
Mme Garine Papazian-Zohrabian sur les besoins psychosociaux des immigrants les
plus vulnérables en francisation. Ça vous dit quelque chose? Ça a été... En
fait, c'est fait avec l'Université de
Montréal.
Mme Fréchette : ...d'en avoir pris
connaissance.
M. Derraji : Avril...
Mme Fréchette : Il est daté de...
M. Derraji : Avril 2021.
Mme Fréchette : 2021.
M. Derraji : Oui. Je veux juste...
Mme Fréchette : Je ne crois pas...
Je ne crois pas, personnellement, en avoir pris connaissance.
M. Derraji : Aucun problème, on
peut... En fait, c'est une demande d'accès à l'information venant de votre ministère, mais je peux vous le déposer, aucun
problème. En fait, ça a été signé par votre... bien, ça a été signé par votre ministère,
la référence 23094.
Mais, en fait, ce qui m'interpelle, je vais vous
le partager, parce que je suis, comme vous, sensible à ces questions de
francisation. Je vais vous lire juste la conclusion : «En guise de
conclusion, nous pensons que cette recherche
s'inscrit dans un momentum. La situation du programme est inquiétante, et une
réflexion de fond est de mise. Nous
espérons que cette recherche contribuera à une meilleure compréhension de la
situation des besoins psychosociaux des apprenants
et de la manière avec laquelle ils affectent les apprentissages. Les résultats
de cette recherche, tant à l'état brut, imposant
corpus de données, que ceux analysés dans ce document pourraient mettre les
assises d'une réforme en vue de
l'amélioration de l'offre des services de francisation en général et celle du programme FIPA en particulier.» Ça cible directement le programme FIPA.
Pourquoi
je vous partage cette conclusion? C'est une très, très, très bonne analyse. Vraiment,
Mme la ministre, si vous avez du temps et vous êtes sur le chemin de retour de
Montréal — moi,
je ne peux pas lire, malheureusement, en conduisant, vous, vous pouvez — lisez
cette étude. Pourquoi? Pourquoi je vous le dis? Ça parle vraiment des... le
fond de la problématique de la francisation, au-delà d'uniquement le besoin,
parce qu'on sait qu'on l'a, une pénurie de
main-d'oeuvre. Je suis content que, maintenant, et vous n'allez pas,
probablement, m'aimer, après quelques années au pouvoir de votre
gouvernement, on reconnaît la pénurie de main-d'oeuvre. Vos prédécesseurs
disaient, pendant les quatre dernières années, maintenant on est rendus à la
cinquième, il n'y avait pas de problème de pénurie. Mais l'enjeu de la
francisation... Vous le savez très bien, qu'une langue, ça s'apprend et ça
prend du temps.
• (15 h 10) •
Donc, je vous invite
à lire... J'aurais aimé vraiment échanger avec vous par rapport à cette étude,
mais j'espère que, l'année prochaine, quand on va se revoir en crédits au
niveau de la francisation, le tableau va être beaucoup plus vert, parce que
c'est ça, notre souhait, que ça soit en français.
Maintenant, je veux
revenir à une autre question. Là, vous êtes au courant de ce qui se passe au
niveau de la francisation : manque de
profs; on a taux de décrochage, quand même, 20... l'ordre de 20 %, que ce
soit complet ou partiel. Pensez-vous
que c'est réaliste, la mesure, dans le 96, d'apprendre le français en six mois,
le fameux projet de loi n° 96?
Mme Fréchette :
M. le député, on ne demande pas
aux gens de passer un test de français au bout de six mois, là. On indique que
le gouvernement va communiquer avec les personnes immigrantes en français six
mois après qu'elles soient arrivées au Québec. C'est fort différent.
Puis je m'étonne que vous mentionniez que ça laisse entendre qu'il faut
connaître le français après six mois, là. Ce n'est pas la nature de la mesure.
La communication qui sera émise de la part
du gouvernement du Québec sera en français après... auprès de l'ensemble des
personnes immigrantes, six mois après leur arrivée au Québec. C'est ça qui est
inscrit et c'est quelque chose qu'il faut bien mentionner et bien expliquer,
parce que la perception, souvent, de cette mesure-là n'est pas la bonne. Et je
pense que c'est important que, tous ici, nous y contribuions, à cette bonne
compréhension de ce qui est inscrit dans la loi, parce que ça change la nature
des choses. Quand on dit que... ce n'est pas
qu'il faille parler, apprendre le français au terme de six mois, c'est plutôt
qu'ils vont recevoir de la... des communications en français.
M. Derraji : OK.
Recevoir une communication en français... Il faut comprendre le français pour
pouvoir interpréter une communication en français. Ce n'est pas ça, le fond de
ma question, Mme la ministre. Je vous partage que,
déjà, pour avoir ses propres papiers, que ça soit la résidence permanente, que
ça soit la carte-soleil, que ça soit les autres documents, ça prend parfois deux à trois mois. Il y a déjà des
délais pour avoir leurs propres papiers, pour comprendre le système.
Votre
propre gouvernement, l'ancien ministre de l'Immigration a insisté d'aller
parler... je me rappelle, il était là, je me rappelle, on était là, en
projet n° 9, d'aller récupérer les gens à l'aéroport.
Vous avez vu votre tableau de bord, là,
c'est impossible. Donc, pour que quelqu'un parte de l'aéroport chercher un
logement, il y a du temps. Pour qu'il puisse savoir où il doit suivre des cours de francisation, c'est du temps. Pour
trouver une classe pour commencer, c'est, encore une fois, du temps. Pour trouver de l'emploi, c'est, encore une fois, du
temps. Donc, il y a des difficultés pour ces personnes.
Donc, quand je vous
dis qu'il faut travailler en amont, ce n'est pas uniquement au niveau d'offrir
les cours de francisation, c'est agir quand les gens arrivent, et vous l'avez
dans votre tableau de bord.
Mme
Fréchette : Je vais vous dire qu'on va agir pas quand les gens
arrivent, avant même qu'ils n'arrivent. On
va... On agit déjà et on va augmenter notre action en amont, alors que les gens
sont en train de planifier leur venue au Québec. Ça, c'est encore plus
important, de s'y mettre avant même qu'ils n'aient mis le pied au Québec.
Et c'est une mesure
qu'on développe à travers Francisation Québec, à travers le ministère, que
cette approche-là, en amont... de telle sorte que les gens, lorsqu'ils arrivent
au Québec, ils ont déjà une base. Est-ce qu'ils sont de niveau 7?
Probablement pas, mais ils ont déjà une base. Et je pense que c'est important
d'envoyer le signal, six mois après leur
arrivée, qu'au Québec c'est en français que ça se passe. Alors, peut-être
qu'ils vont avoir besoin d'outils, d'aide
ou d'une personne qui va les aider parfois pour certains documents, mais il
reste que le message qu'on doit envoyer, c'est que c'est en français que
ça se passe.
M. Derraji : Et
ce message est envoyé uniquement aux permanents et non pas aux travailleurs
temporaires étrangers ou au Programme de mobilité internationale?
Mme Fréchette :
...s'applique aux deux. C'est à
la fois aux temporaires et aux permanents. Puis, voilà, il y aura...
M. Derraji : Ça
s'applique aux deux, aux temporaires? Vous êtes sûre?
Mme Fréchette :
Oui. Accompagnement Québec va
appliquer cette approche-là à la fois auprès des temporaires et des
permanents.
M. Derraji : Quel accompagnement?
Mme
Fréchette : ...cours de français sont aussi accessibles aux
temporaires et aux permanents, là. Les mesures de Francisation Québec, c'est
pour tout type d'immigrant. Et les demandeurs d'asile également ont accès aux
cours de francisation gratuitement, là...
M. Derraji : OK.
Mais on s'entend que...
Mme
Fréchette : ...avec allocation pour certains.
M. Derraji : Mais
on s'entend que le nombre de travailleurs temporaires étrangers qui utilisent
des services de francisation, ce n'est pas énorme.
Mme
Fréchette : Ce n'est pas...
M. Derraji : Pas
énorme.
Mme Fréchette :
Pas énorme? Bien, quand même, on
a eu des belles augmentations, là. Est-ce que vous voulez que je
ressorte les chiffres?
M. Derraji : Non,
non, mais sur les 38 000... Vous avez dit le chiffre tout à l'heure et...
Mais quand on a plus de 50 %...
Mme
Fréchette : 11 000, 11 000 sur...
M. Derraji : 38 000.
Mme
Fréchette : ...sur 45 000, 45 000.
M. Derraji : Oui,
pas de problème. Quand j'ai juste... j'additionne uniquement Guatemala,
Mexique, je suis à 25 000.
Mme Fréchette :
Mais je réitère qu'il y a eu
30 % d'augmentation dans l'année qui vient de terminer. Donc, déjà, quand
même, on est sur une bonne voie, là.
M. Derraji : Non,
non, mais... Non, mais pas de problème. Vous savez que l'enjeu de la
francisation, du français, on en parle beaucoup. Moi, ce que j'essaie
aujourd'hui, c'est juste ne pas avoir le focus uniquement sur le
permanent. Les travailleurs temporaires étrangers, c'est important. Et, si on
veut donner le temps, qu'on est très sérieux par rapport au français et par
rapport à la francisation, on ne doit pas oublier ça.
Quand je regarde le
Programme de mobilité internationale, certes, le premier pays, c'est la France,
avec 12 000, mais, par la suite, je
vais vous nommer les pays : l'Inde, l'Ukraine, Mexique, États-Unis. Je ne
veux pas parler de la Chine, de la
Colombie. On accueille 51 000 Programme de mobilité internationale. Est-ce
que les mêmes programmes de francisation, c'est aussi pour le Programme de mobilité internationale?
Mme
Fréchette : Le programme de...
M. Derraji : Mobilité.
Mme
Fréchette : Mobilité internationale.
M. Derraji : Internationale.
Mme
Fréchette : Oui, hein? Oui, oui, c'est le même.
M. Derraji : OK. Est-ce qu'on peut nous partager le nombre de
personnes qui ont suivi des cours de francisation?
Mme
Fréchette : C'était dans la case «travailleurs temporaires», donc les
chiffres que je vous ai donnés les concernent, notamment.
M. Derraji : Ah!
Oh! Donc, c'est encore... OK. Donc, ça change le 30 %. Je vais vous dire
pourquoi. Quand j'additionne 51 000 sur 38 000 — désolé,
on fait beaucoup de maths aujourd'hui — on est dans les 90 000,
dans les 90 000. C'est 6 000 sur
90 000 francisés... qui ont utilisé des services de francisation. Est-ce
que j'ai bien les bons chiffres?
Mme
Fréchette : Ça, c'est 2021‑2022. 2022‑2023, on est à 11 100.
M. Derraji : Non,
mais juste, s'il vous plaît, moi... basez-moi... Probablement, vous avez
d'autres... Moi, je me base sur 2022, je
n'ai pas vos chiffres de 2023, je suis désolé. Restons juste sur 2022, s'il
vous plaît, parce que c'est les crédits de 2022, Mme la
Présidente. Depuis tout à l'heure, on essaie de me donner un autre chiffre. Ça,
ça va aller... ça va aller aux
crédits de l'année prochaine. Restons sur 2022, parce que c'est ce que j'ai.
Sinon, ça me mêle. Je n'ai pas les chiffres, malheureusement.
Mme
Fréchette : ...2022‑2023, et là il y a... il manque le dernier mois,
c'est ça.
M. Derraji : Mais
ce n'est pas grave. Je vais juste refaire... parce que le temps... le temps
file, s'il vous plaît, je vais vous poser la question. Je vais reposer la
question.
J'ai
les titulaires de permis de travail émis durant l'année 2022, PTET,
page 82, 38 505. Donnez-moi, s'il vous plaît, le chiffre de... le
nombre de personnes qui ont suivi des cours de francisation par rapport à cette
catégorie, ventilé.
Là, je vais aller au
Programme de mobilité internationale.
Des voix :
...
M. Derraji :
C'est bon? Programme de mobilité internationale, j'ai 51 260,
page 83. Je veux combien de personnes ils ont suivi les cours de
francisation. Dans cette catégorie, j'ai l'Inde, 8 400; j'ai l'Ukraine,
2 600; j'ai le Mexique, 2 000;
j'ai les États-Unis, 2 000; j'ai la Colombie, 1 400; j'ai la Chine,
1 600. Donc, 51 260. Est-ce que ces gens, dans les
51 260... il y a des gens qui ont suivi des cours de francisation?
Mme
Fréchette : Bien, écoutez, la statistique que j'ai ici concerne non
pas le programme à travers lequel les gens sont venus, PMI ou autre, mais bien
leur statut, statut de travailleurs temporaires. Et, pour l'année 2022‑2023,
on est à 11 182, et ça, ça exclut le dernier mois de l'année.
M. Derraji : OK.
Donc, 11 182 sur un total de 90 000, parce que moi, j'additionne les
deux. Si vous me dites que les deux... Vous avez... Votre ministère a ventilé
les deux. Ils nous ont donné un chiffre qui est de l'ordre de 51 260 — fais,
s'il te plaît, le calcul — 51 260,
Programme de mobilité internationale, et, programme travailleurs temporaires étrangers, 38 505. C'est ça que
j'ai, votre sous-ministre peut confirmer, et je vous informe, Mme la ministre,
qu'on est à 12 %. On est très, très loin du 30 %. On est très, très
loin des objectifs de francisation.
Mme
Fréchette : ...c'est l'augmentation, là. L'augmentation, au cours de
la dernière année, a été de 30 %.
M. Derraji : Oui, OK. Mais juste... on veut revoir les chiffres
qu'on a en 2022. Nous avons, sur notre territoire, 90 000, on a...
La Présidente (Mme
Gendron) : En terminant.
M. Derraji : ...nous
avons, sur notre territoire, 90 000. 11 000, ça donne 12 % de
personnes qui ont eu accès aux services de francisation.
La Présidente (Mme Gendron) : Merci
beaucoup, M. le député. Donc, je cède maintenant la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour une période de 11 min 46 s.
M.
Cliche-Rivard : Merci, Mme la ministre. Merci, Mme la Présidente.
Écoutez, mon équipe vient de m'envoyer un article de La Presse
canadienne, ça dit... puis c'est en marge des Assises du tourisme, votre
collègue... vos collègues qui sont là, si je
ne m'abuse, la ministre de l'Emploi, notamment, qui dit : «S'ils ont
traversé clandestinement la frontière
pour venir s'établir au Québec, c'est grâce au tourisme que certains demandeurs
d'asile pourraient régulariser leur statut.»
Est-ce que vous
pourriez commenter sur cette nouvelle qui est sortie à 13 h 04
aujourd'hui?
Mme Fréchette :
...je n'y étais pas, je n'ai pas pris connaissance.
• (15 h 20) •
M.
Cliche-Rivard : Mais, s'il y a un programme de régularisation de
statut pour 3 000 demandeurs d'asile, vous le sauriez?
Mme
Fréchette : Bien, c'est... je ne suis pas certaine que ce soit un
programme de régularisation de statut comme
tel puisque c'est le fédéral qui est en charge de la... de régulariser les
statuts. Je pense que c'est un programme d'intégration de demandeurs
d'asile dans l'économie à travers le secteur récréotouristique.
M. Cliche-Rivard : ...donc, pourrait
régulariser leur statut. Ça va être une erreur ou on y... Je suis un peu surpris
moi aussi, là.
Mme
Fréchette : Ces gens-là avaient probablement déjà un statut. Il faut
voir, là, je n'ai pas... désolée, mais je n'ai pas... je n'ai pas le détail.
M.
Cliche-Rivard : OK. Parce que ça dit quand même : pour que
certains demandeurs d'asile régularisent leur statut.
Mme
Fréchette : ...demandeurs d'asile. Est-ce que...
M.
Cliche-Rivard : Oui, mais régulariser.
Mme
Fréchette : Oui. Là, je pourrais difficilement m'avancer là-dessus.
M.
Cliche-Rivard : OK. Bien, on y reviendra, mais je suis quand même
surpris.
Je voudrais vous
entendre sur... On s'entend que 100 % des
candidats du PEQ... qui reçoivent leur CSQ PEQ sont au Québec. On est d'accord
avec ça? Ils avaient l'expérience québécoise. Dans le PRTQ, est-ce qu'on
sait... dans le programme régulier, dans Arrima, les invitations, est-ce qu'on
sait le pourcentage des gens qui sont au Québec... qui étaient au Québec
au moment de la sélection?
Mme
Fréchette : Oui...
M.
Cliche-Rivard : Qui étaient au Québec, c'est faible?
Mme
Fréchette : Mais on a le chiffre.
M. Cliche-Rivard : Donc, on ne sait... je
vous... vous allez me revenir là ou c'est plus dans quelques minutes?
Mme
Fréchette : Oui, c'est ça, on va sortir la donnée, là. Vous souhaitez,
en fait, savoir quel pourcentage est déjà établi au Québec?
M. Cliche-Rivard : À peu près, oui, le
pourcentage exact qui reçoivent, dans le fond, une invitation dans
Arrima. Ce que je comprends, c'est que la plupart des invitations de
2022 se sont faites sur la base d'offres d'emploi validées ou pas du tout? Sur
la CNP exclusivement? Pour 2022, là, on était... Je vous pose la question.
Mme
Fréchette : Ça ne sera pas long. On va...
M.
Cliche-Rivard : Prenez la minute, c'est important.
Mme
Fréchette : On va fouiller.
M.
Cliche-Rivard : Pour 2022, hein? Puis si vous voulez nous donner la
page où... Vous ne l'avez pas?
Mme Fréchette :
En 2022, donc, 9 137
personnes ont été invitées. 1 076 personnes détenaient une offre d'emploi
validée et ont été invitées.
M.
Cliche-Rivard : OK. Donc, on devine quand même que les autres quelque
7 000 et des poussières étaient à l'extérieur du Québec. C'est ce qu'on
peut tirer comme conclusion?
Mme
Fréchette : ...ce qu'on peut présumer, en très grande majorité.
M.
Cliche-Rivard : En très grande majorité. Parfait. Merci. C'était ma
question sur ça, parce que, je pense, ça serait important qu'on le définisse
quand même, qui du PRTQ aurait été, sur le plus long terme, admissible au Programme de l'expérience québécoise, finalement, de savoir, entre vous et moi puis le
ministère, qui sont des PEQistes qui se sont transférés dans Arrima de
par la complexification du PEQ.
Je
pense, moi, qu'il y a énormément de transferts qui s'est fait entre le PEQ et
le PRTQ de par l'augmentation du besoin d'aller chercher 24 mois de
travail, alors que l'offre d'emploi validée, finalement, permet de contourner
l'exigence du PEQ du 24 mois. Donc, je pense, ce serait très important,
pour le ministère puis pour tous, de tirer des conclusions sur combien du PRTQ sont finalement des gens du PEQ qui ont
accéléré un peu leurs procédures par des offres d'emploi. C'est une
suggestion pour l'équipe ministérielle.
Pour revenir à la
campagne précédente, le premier ministre rappelait beaucoup sa volonté de
rapatrier le programme de réunification familiale, mais on n'a jamais su pour
en faire quoi, et j'aimerais vraiment savoir c'est quoi, l'orientation et la volonté du MIFI, de la ministre. Vous voulez
faire quoi, puis ce sont quoi, vos doléances envers la réunification
familiale?
Mme
Fréchette : Bien, ça vise, en fait, à gérer l'ensemble des programmes
pour les mettre à la couleur du Québec, là,
je dirais, dans la mesure où il y a des enjeux, des préoccupations qui peuvent
être associés à certains éléments des programmes actuels. Par exemple, la connaissance du français pour les
personnes qui s'inscrivent dans un parcours de regroupement familial,
est-ce que ça peut être un élément qu'on vienne ajouter? Ça pourrait être un
exemple de gain qu'on peut faire, mais...
M. Cliche-Rivard :
Mais c'est justement ça qui m'inquiète, quand même, dans le sens où la
réunification familiale, c'est pour son époux, c'est pour son enfant. Est-ce
que, quand même, la ministre peut rassurer les gens à l'effet qu'on ne se
mettra pas à exiger que nos enfants à l'étranger, là, les enfants de citoyens
puis de résidents permanents doivent passer un test de français, sans quoi ils
ne viennent pas au Québec? Même chose pour leurs épouses. Est-ce que, si vous mariez quelqu'un à l'étranger puis qu'elle
ne parle pas français ou qu'il ne parle pas français, il ne pourra pas venir au Québec? Est-ce que
c'est... C'est quand même troublant et particulièrement difficile à concevoir,
là.
Mme Fréchette : Parce que vous
partez, j'ai l'impression, de la prémisse que ça pourrait être une exigence, mais on peut créer des incitatifs, on peut créer
une offre. On peut faire connaître, dans le fond, l'intérêt qu'il y a, pour une
personne qui s'inscrit dans un cursus, dans un parcours de regroupement
familial, à apprendre le français. Donc, ça, c'est un élément qui sera plus facile à faire quand le Québec contrôlera
l'ensemble des programmes, mais, pour l'instant...
M. Cliche-Rivard : OK. Mais pas
d'exigence?
Mme
Fréchette : ...il faut s'en remettre au fédéral pour essayer
de le sensibiliser à cette dimension-là. Puis on sait que, parfois... bien, on
part de loin. On vient pour la première fois, au fédéral, d'atteindre le quota
de francophones hors Québec, là, après 20 ans de tentatives. Donc,
voilà, ça crée, bref, un intermédiaire.
M.
Cliche-Rivard : Mais rassurez-nous que vous ne mettrez pas
d'exigence pour que nos enfants, nos conjointes, nos conjoints à
l'étranger aient...
Mme Fréchette : On ne contrôle pas
le Programme de regroupement familial.
M. Cliche-Rivard : Mais si vous
l'aviez dans les mains, là...
Mme Fréchette : Je ne peux pas
m'engager pour la suite des choses, là, mais, dans la mesure où...
M. Cliche-Rivard : Mais c'est-tu
votre intention?
Mme Fréchette : Ce n'est pas notre
intention de créer une exigence linguistique, mais on ne contrôle pas le
programme...
M. Cliche-Rivard : Je comprends. Je
comprends, mais, en ce moment, il n'y en a pas.
Mme Fréchette : ...donc mon dire n'a
que peu de portée puisque c'est le fédéral qui dirige le programme.
M. Cliche-Rivard : OK. Mais, en ce
moment, il n'y en a pas, puis, s'il y en avait, vous n'en mettriez pas, dans le sens où... il n'y en a pas d'exigence. Si
vous rapatriez le programme, il n'y en aura pas non plus au niveau de la francisation.
Mme Fréchette : On n'est pas là du
tout, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Parfait.
Mme Fréchette : Moi, je suis dans
les incitatifs auprès du fédéral.
M. Cliche-Rivard : Bien, merci. Puis
merci beaucoup de rassurer ça, parce qu'il y a eu beaucoup de gens, notamment que je connaissais dans une ancienne
vie, là, d'avocat en immigration, qui n'était pas si ancienne que ça, là, que... ça stressait beaucoup de gens, savoir
est-ce que nos enfants, est-ce que nos conjoints, conjointes ne pourront pas
venir, tu sais.
Mme Fréchette : Nous, on s'attend à
ce que les gens fassent des efforts en ce sens-là...
M. Cliche-Rivard : Tout à fait,
100 %.
Mme Fréchette : ...parce que c'est
ce qui caractérise notre identité, c'est ce qui caractérise leur communauté d'accueil. Alors, s'ils veulent s'intégrer, et
c'est notre souhait qu'ils le fassent d'une manière réussie, positive, ça passe
par la connaissance du français. Donc, c'est notre souhait qu'ils s'engagent
dans un processus en ce sens-là.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Merci beaucoup. Je vous amène sur un
autre sujet. Vous avez écrit, dans les crédits : délai moyen pour le CSQ PEQ, si je ne me trompe
pas, autour de 45 jours; CSQ programme régulier, 60 jours.
Là où les
choses sont différentes, c'est pour le CSQ de catégorie humanitaire, où, là, il
y a un article du Devoir de
juillet passé qui disait qu'on est passés de trois mois de délai moyen à
12 mois de délai moyen, pour le CSQ, hein... je ne vous parle pas de la décision fédérale, là,
mais pour l'émission du CSQ humanitaire, et votre prédécesseur s'était engagé à corriger la
situation. Cela dit, on est encore à 12 mois de délai de traitement pour
le CSQ humanitaire. Comment c'est possible?
Mme Fréchette : Bien, il y a eu un
trop-plein de demandes, et ça s'avère que, dans le cadre de nos... notre
composition de l'immigration permanente, il y a une portion seulement de notre
immigration permanente qui provient de ces
programmes-là. Et la demande a été plus élevée que le nombre de personnes qui
sont admises à chaque année. Donc, ça crée des délais. Ça crée des
délais d'attente.
M. Cliche-Rivard : Parce que c'est
des gens qui sont déjà sur le territoire, c'est des gens qui ont déjà été
sélectionnés pour motifs d'ordre exceptionnel... motifs humanitaires et de
compassion par le gouvernement fédéral, c'est des gens qui attendent la
réunification familiale une fois qu'ils sont résidents permanents, et là on les
retarde à l'année prochaine, quand même, pour l'émission du CSQ. C'est quand
même troublant au niveau de la dignité, là.
Mme Fréchette : Bien, c'est un
processus qui doit passer par les parcours administratifs et qui doit
s'inscrire dans un cadre qui a été établi suite à la consultation de 2019. Et
ça fait en sorte... comme il y a plus de demandes que de personnes retenues, eh bien, ça crée des délais d'attente. C'est sûr
qu'on souhaite s'améliorer, mais, en même temps, on est dans ce
cadre-là.
M. Cliche-Rivard : Parce que vous
jugez que ça nécessite amélioration dans cette catégorie?
Mme Fréchette : Bien oui, ce
serait... ce serait bien que ça puisse s'améliorer. On veut raccourcir les
délais. C'est une de nos priorités, réduire les délais, alléger les processus,
et voilà.
M. Cliche-Rivard : Merci pour cette
belle réponse. Je sais que ça aussi, ça va en rassurer plusieurs.
Est-ce qu'on a des études sur la définition,
puis le seuil, puis le nombre pour la capacité d'accueil? On en parle souvent,
là, mais est-ce que ça existe, ça? Est-ce que ça a été quantifié auprès du
ministère? Parce que vous en parlez souvent, de la capacité d'accueil.
Mme Fréchette : C'est très complexe,
en fait. Ce n'est pas une équation à deux variables. Ce serait tellement
facile, si c'était le cas, mais ce n'est pas le cas. C'est très complexe, c'est
multidimensionnel, ça varie d'une région à l'autre, même d'une municipalité à
l'autre. J'ai fait 15 rencontres régionales puis je voyais que, parfois, il y a 50 kilomètres entre deux
municipalités, puis, déjà là, la réalité est différente en termes de capacité
d'accueil. Puis ça vient rejoindre à
la fois des services, par exemple, des services d'accompagnement, des services
de francisation, des services d'intégration... Est-ce qu'il y a des
organismes qui sont sur place pour accueillir, pour accompagner des personnes
immigrantes, pour sensibiliser les entreprises aussi à l'importance de bien
connaître...
• (15 h 30) •
M. Cliche-Rivard : ...des études,
Mme la ministre?
Mme Fréchette : Des études? Non, on
est à...
M. Cliche-Rivard : Ça n'existe pas?
Mme Fréchette : ...on
est à documenter, en fait, notre capacité d'accueil dans sa diversité de
dimensions. Donc, on veut faire en sorte d'avoir une meilleure... une
connaissance...
La Présidente (Mme Gendron) : Il
reste une minute. Merci.
M. Cliche-Rivard : Une minute.
Mme Fréchette : ...d'avoir une
connaissance plus fine...
M. Cliche-Rivard : Donc, pour qu'on
soit superclairs, il y a une capacité d'accueil qui a été rencontrée, qui a été
remplie, qui a été saturée, mais on ne la connaît pas, on ne l'a pas quantifiée
et on n'a pas d'étude pour la quantifier. Je veux quand même qu'on soit clairs.
Mme Fréchette : On a des éléments
qui nous montrent que cette capacité d'accueil a été atteinte. Par exemple, sur
le plan de l'habitation, on sait qu'il y a des niveaux d'inoccupation qui sont
très, très bas en ce moment, particulièrement
dans certaines municipalités, et ça affecte, bien entendu, notre capacité
d'accueil. Ensuite, les enjeux comme les services de garde, ça aussi, ça
affecte la capacité d'accueil. Quand on dit, bien, qu'il n'y a plus de place dans
les services de garde et que, si on reçoit des personnes immigrantes, bien, il
va falloir qu'il y en a un des deux qui reste à la maison pour s'occuper des
enfants, c'en est une, une preuve de capacité d'accueil qui a atteint sa
limite.
M.
Cliche-Rivard : Puis est-ce qu'il y a des études qui ont été
demandées ou commandées qui vont nous être divulguées dans l'avenir
prochain...
La
Présidente (Mme Gendron) : Merci, M. le député. Merci, Mme la
ministre.
M.
Cliche-Rivard : Merci, Mme la ministre.
La Présidente (Mme
Gendron) : Donc, je cède la parole, pour un dernier bloc
d'intervention de 18 minutes, au député de Nelligan.
M. Derraji : Déjà
le dernier?
La Présidente (Mme
Gendron) : C'est déjà le dernier.
M. Derraji : Une
autre question, Mme la ministre : Le Programme immigrants investisseurs,
est-ce qu'il est sur votre radar de le revoir, revoir les critères?
Mme
Fréchette : Ça fait partie des éléments qui sont, oui, sous analyse,
sous révision, pour faire en sorte qu'on
puisse le réorienter vers une voie qui est vraiment campée dans une perspective
d'immigration au sens d'implantation, également, en sol québécois.
M. Derraji : OK.
Mais est-ce que je peux noter... Bien, moi, je parle vraiment avec l'ancienne
femme d'affaires très impliquée dans le milieu des affaires. Pas besoin de
revenir sur la contribution de ce programme, parce qu'il y avait de l'intérêt
généré par Investissement Québec, utilisé dans les programmes d'innovation.
Mais vous, vous êtes à l'aise à ce qu'on
accueille des investisseurs entrepreneurs sur le sol québécois et leur donner,
en fait, les mêmes avantages qu'on avait avant?
Mme
Fréchette : Est-ce que je pourrais vous demander de répéter votre
question, s'il vous plaît?
M. Derraji : Non,
pas de problème. Le programme des investisseurs est un programme qui
fonctionnait. Votre prédécesseur voulait le réorienter, il y avait quand même
un arrêt. Vous, est-ce que c'est sur votre radar, la révision de ce programme?
Ça, c'est ma première question. Après, je vais aller avec les autres.
Mme Fréchette :
Alors, pour le programme
investisseurs, bien, il est suspendu, en fait, depuis novembre 2019 puis
il va l'être jusqu'à la fin 2023. Et, en fait, on est à voir de quelle
manière on pourrait le réorienter, si c'est là qu'on souhaite aller, pour faire
en sorte que ce soit un programme qui génère des impacts positifs. Mais, si
jamais il est relancé, ce sera dans une formule complètement renouvelée.
M. Derraji : Oui,
mais est-ce que c'est sur votre radar, ce programme, et que, dans les nouvelles
annonces que vous allez avoir, il va y avoir aussi des bonnes nouvelles par
rapport à cette catégorie?
Mme
Fréchette : Bien, c'est sur le radar, oui, parce que je disais que
c'est... c'est quelque chose que l'on regarde, que l'on considère. Mais on veut
que, par exemple, le taux d'établissement au Québec n'ait rien à voir avec ce
qui prévalait au moment où le programme était fonctionnel, parce que,
franchement, ce n'était pas à la hauteur de ce qu'il est souhaité d'avoir comme
retombées. Le taux d'établissements était très bas. À mon souvenir, c'était à
peu près 15 % de taux d'établissement
pour le programme des investisseurs. On ne veut pas que le programme génère à
peine 15 % d'établissement en
sol québécois. Ce n'est pas ça, l'objectif. Donc, voilà, si on souhaite aller
de l'avant, il va falloir que les résultats soient d'une nature
complètement différente.
M. Derraji : Je
suis d'accord avec vous. Mais la question, probablement... Je vais la reposer.
Les avantages de ce programme... Vous n'êtes pas fermée à ce que ce programme
avait des avantages?
Mme Fréchette :
Bien, on n'est pas fermés à avoir
un programme de type investisseurs, si c'est ça, la question. Est-ce que le programme qui existait auparavant
avait des avantages? Bien, il y avait beaucoup de désavantages, et c'est
pour ça qu'on a suspendu les invitations.
M. Derraji : On
se comprend. Et le programme était suspendu depuis quelle année? Désolé, si
ma...
Mme
Fréchette : 2019, 1er novembre 2019.
M. Derraji : Oui.
Et depuis il n'y avait aucune invitation, aucun CSQ délivré, catégorie gens
d'affaires?
Mme
Fréchette : Bien, en fait, non, il n'y avait pas d'invitation
nouvelle, mais on continuait à accepter des gens
dans ce programme-là parce qu'il y avait un inventaire qui existait, et il
fallait réduire cet inventaire-là qui était... tel que prévu, en fait, par nos plans d'immigration
annuels. Mais il n'y avait pas de nouvelles invitations qui étaient lancées,
considérant qu'on avait des réserves par rapport à la nature et un grand
inventaire également.
M.
Derraji : Oui, donc, pas de nouvelles invitations, mais votre
ministère a continué à délivrer des CSQ.
Mme Fréchette :
Oui, effectivement, on en a
délivré... ici, j'ai les chiffres, là, de... 1 001, 1 001 CSQ
ont été délivrés dans la catégorie gens d'affaires, investisseurs.
M. Derraji : Oui,
bien, en fait, c'est la catégorie investisseurs. 1 001, vous avez raison,
61 entrepreneurs, travailleurs autonomes, 176...
Mme
Fréchette : C'est ça.
M. Derraji : Ça,
c'est un CSQ. Ce que je vois... Désolé. 98, j'ai 4 099. C'est presque
5 000.
Mme
Fréchette : Qu'est-ce que c'est, 98? Je ne vois pas.
M. Derraji : La
page 98, oui.
Mme
Fréchette : OK. Page 98, avec les admissions.
M. Derraji : Oui,
c'est... Désolé, parce que... Je ne sais pas ce que j'ai.
Mme Fréchette : Non, ça va. Prenez votre
temps. Un peu d'eau peut-être? J'espère que ce n'est pas la salade.
M. Derraji : Non, mais je veux juste
comprendre le tableau 2 de la page 98. Il n'y a pas de nouvelles
invitations...
Mme Fréchette :
Tableau 2? OK, oui.
M. Derraji : ...mais ces... L'année
d'admission, c'est des gens... Ça, c'est des gens qu'on a admis cette année, donc,
de la Chine, de l'Iran, Hong Kong, Taïwan, Vietnam.
Mme Fréchette :
Donc, ça, c'est des gens admis par le fédéral.
M. Derraji :
Oui. Bien, personnes immigrantes admises au Québec dans le programme des...
oui, admises au Québec dans le programme des investisseurs, selon le pays de
naissance. Donc, 2022 et janvier-février 2023.
Mme Fréchette :
Oui.
M. Derraji :
Ces gens, quand est-ce qu'ils ont reçu une invitation?
Mme Fréchette :
Des années...
M. Derraji :
Ça, c'est six, huit ans, hein, la durée? C'est ça, huit... six, huit ans,
hein?
Mme Fréchette :
Trois, quatre ans. Le sous-ministre m'indique que ça tournait probablement
autour de trois à quatre ans.
M. Derraji :
OK. Donc, ça, c'est...
Mme Fréchette :
Minimum.
M. Derraji :
OK. Donc, ça, c'est l'inventaire...
Mme Fréchette :
Avant 2019.
M. Derraji : Ça, c'est l'inventaire.
Excellent. Et, par rapport au CSQ, les 1 001, ça, c'est un CSQ que vous,
vous avez délivré cette année?
Mme Fréchette :
Oui.
M. Derraji :
Le CSQ délivré cette année, c'est selon les anciens critères?
Mme Fréchette :
Oui.
M. Derraji : OK. Donc, techniquement,
le programme a été suspendu deux ans, mais on continuait à donner des...
Mme Fréchette : Il était
suspendu au niveau des invitations.
M. Derraji : Oui,
mais on continuait à donner des CSQ aux gens qui ont déjà été invités selon les
anciens critères?
Mme Fréchette :
Oui, exact.
M. Derraji : OK. Merci. Maintenant,
par rapport aux critères que vous pensez que ce serait... ça n'a aucun bon sens
qu'ils restent dans le programme des investisseurs, est-ce que vous avez une
préférence?
Mme Fréchette :
Bien, j'ai une préférence pour les gens qui s'établissent réellement au
Québec. Parce que, quand un programme donne un taux d'établissement d'autour de
15 %, bien, pour moi, ce n'est pas tout à fait ce que l'on appelle, dans notre conception des choses, un
programme d'immigration, c'est... Nous, on veut que les gens, s'ils immigrent au Québec, bien, qu'ils viennent
s'établir au Québec. Alors, le taux de 15 % n'est vraiment pas à la
hauteur de ce qui est souhaité.
On veut également que
les gens parlent français. Donc, ce n'est pas un élément qui était considéré, à
ma connaissance, pour le programme des
investisseurs. Donc, ça, c'est un élément qui, si on va de l'avant, va devoir
être réformé, parce qu'il faut connaître le français pour s'intégrer
dans la société québécoise.
M. Derraji :
...aussi le critère de la langue française pour les entrepreneurs.
Mme Fréchette :
Eh bien, c'est un élément qui sera d'intérêt.
M. Derraji : Oui, mais vous savez
que... Quand je vois le pays de naissance de ces personnes, que cette année on
a accueillies, c'est la Chine, l'Iran...
Mme Fréchette :
Accueillies entre guillemets, parce que je vous dis que le taux
d'établissement est de 15 %.
M. Derraji : Oui, oui, mais... Oui,
vous avez raison, 100 % d'accord. Chine, Iran, Hong Kong, Vietnam, Turquie,
Bangladesh, Inde, Pakistan, États-Unis, Émirats arabes unis, Corée du Sud,
Iraq, Arabie saoudite, Liban. Je ne pense pas que, ces pays, c'est la langue
française qu'on parle, donc...
Mme Fréchette : Et c'est peut-être pour
ça qu'ils ne venaient pas. Je ne sais pas, là, quand on dit 15 %, tu
sais...
M. Derraji :
Non, non, mais, en fait, je...
Mme Fréchette :
Il y a des chiffres, mais il n'y a pas eu une réalité qui est venue
incarner ces chiffres-là, parce que les gens
ne sont pas venus s'établir au Québec. Vous comprenez? Nous, on veut que ces
gens-là qui viennent comme investisseurs viennent s'établir au Québec.
M. Derraji :
OK. Donc, le nouveau programme, pour vous, doit comprendre une clause ou un
critère de rester au Québec, peu importe la durée, en fait, comme pour avoir le
statut de citoyen. Tu dois rester trois ans avant de passer ton examen de citoyenneté pour devenir citoyen. Donc, est-ce qu'on
peut penser que vous pensez à des critères que ces entrepreneurs restent
physiquement au pays, achètent une entreprise, investissent au Québec et
restent au pays?
• (15 h 40) •
Mme Fréchette : Bien, comme vous savez,
on souhaite tendre vers une immigration économique francophone, entièrement
francophone. Donc, ça, c'est un des programmes d'immigration économique. Donc,
c'est sûr que, si on va de l'avant, il va falloir qu'il y ait des critères en
lien avec la connaissance du français et que nos critères fassent en sorte que
les gens viennent s'établir pour de vrai au Québec.
M. Derraji :
OK. Donc, critère du français... Donc, ça veut dire que ces pays ne seront
pas ciblés. L'autre critère, c'est un montant de placement, de deux placements
de 800 000 $. C'est à peu près... ou 71 placements, à
1,2 million de dollars. On avait deux critères... On n'avait pas... On
avait un critère, c'est que tu viens, tu mets ton cash, 1,2 million de dollars en 71 placements ou bien deux
placements à 800 000 $, ça veut dire à 1,6 million de dollars.
Le critère d'argent va aussi rester?
Mme Fréchette :
Bien, ça, je ne peux pas m'avancer là-dessus. On est en processus de
révision, d'analyse. Les modalités de fonctionnement des différents programmes
seront divulguées. Mais j'aimerais souligner, quant aux pays de provenance, que
des gens qui parlent français, il y en a partout dans le monde.
M. Derraji : Oui,
oui, absolument.
Mme Fréchette :
On parle de 320 millions de
locuteurs francophones, donc il y a des gens qui proviendront d'un ensemble
de pays qui pourront s'inscrire dans l'immigration à travers le programme
investisseur ou autres.
M. Derraji : Oui. Est-ce que, les critères, vous les révisez
seuls ou vous les révisez avec Investissement Québec?
Mme
Fréchette : Il y a des consultations qui sont menées auprès d'un
ensemble de ministères et de partenaires quand il y a des révisions qui sont
faites. Donc, on estime que tous ceux qui ont un rôle à jouer, qui sont en
première ligne des résultats
afférents à nos programmes d'immigration, doivent être consultés. Donc, quand
il y a un processus de révision, c'est ça, il y a un ensemble de
ministères et organismes.
M.
Derraji : Je vais vous partager une inquiétude. Moi, depuis
que je suis devenu porte-parole en immigration, mon bureau de comté est inondé
d'appels pour des cas d'immigration. Est-ce que c'est le cas pour vous et vos
collègues du gouvernement?
Mme Fréchette : Inondée d'appels me
concernant? Non.
M. Derraji : Mais non, pas vous
concernant. Non, non, non, vous êtes une personne très gentille. Je parle de
l'immigration, les sujets de l'immigration, les dossiers de l'immigration, CSQ
en retard, programme de parrainage.
Mme Fréchette : Oui, on en a, mais
on n'est pas inondés, c'est ça. La question, c'est : Êtes-vous inondés de
demandes? On n'est pas inondés de demandes.
M.
Derraji : OK, donc, le... Oui, bien, probablement, les gens
ont tendance à penser que, parfois, l'opposition peut régler tous les problèmes. On a juste trois employés. Si c'est...
le problème, c'est «inondés», est-ce que vous recevez des appels par
rapport à des dossiers d'immigration? Je retire «inondés».
Mme Fréchette : Ah! bien, oui. Ah!
bien, oui, on en reçoit, c'est sûr.
M. Derraji : OK.
Excellent. Est-ce que vous pensez que vos bureaux de comté sont outillés, de
l'ensemble de vos...
Mme
Fréchette : Oui, oui. On a justement fait des formations en ce
sens-là pour permettre d'outiller les bureaux.
M. Derraji : OK. Vous avez fait des
formations auprès de qui? Des bureaux de comtés?
Mme
Fréchette : Auprès des bureaux de... On en a fait un... Oui.
Est-ce que mon chef de cabinet peut expliquer la nature des formations?
M. Derraji : Oui, oui, oui. Je
l'aime bien, lui aussi.
M. Boivin (Pierre-Yves) : Tout à
fait. M. le député et moi, nous connaissons...
La Présidente (Mme Gendron) : ...s'il
vous plaît, si c'est possible de vous nommer.
M. Boivin (Pierre-Yves) : Oui. Je
m'appelle Pierre-Yves Boivin, je suis directeur de cabinet de la ministre.
Alors, on a
organisé une formation pour le personnel de tous les bureaux de comté. On est
d'ailleurs en démarches avec les partis d'opposition pour fournir cette
demande, pour fournir cette formation à tout le personnel de leurs
comtés, également, qui le demanderont.
M. Derraji : Merci. Merci,
j'apprécie. Je vais me permettre de vous dire une chose : La prochaine
fois, pensez à former tout le monde. Ce n'est pas uniquement la CAQ qu'on doit
former. Je veux juste terminer... parce qu'on
a aussi des besoins, peu importe le parti. J'en suis sûr et certain, nos
collègues de Québec solidaire, qui ont aussi des nouveaux députés, et
nous aussi, le besoin est énorme, et une bonne partie des collègues sont dans
la région métropolitaine, donc...
M. Boivin (Pierre-Yves) : Si je peux
commenter, M. le député, là-dessus, on a contacté, via notre cabinet de whip, le cabinet de whip de tous les partis
d'opposition, il y a déjà plusieurs semaines. On vient d'obtenir les confirmations
de tous les partis, et, à ma connaissance,
la formation est prévue dans les prochaines deux à trois semaines avec
l'ensemble du personnel de tous les bureaux de comté de tous les partis
d'opposition qui voudront y participer.
M. Derraji : Oui, mais... Je vous
remercie. Je vous remercie, mais juste garder en tête que, la formation de notre monde, les gens qui répondent, ce n'est pas
parce qu'il y a uniquement des collègues de la partie gouvernementale.
C'est un problème majeur. Nos bureaux reçoivent beaucoup d'appels. D'ailleurs,
je vous remercie, parce qu'on a toujours un
interlocuteur, la boîte e-mail fonctionne très bien, mais on a besoin d'outils
dans nos bureaux de comté. Donc, merci beaucoup.
Mme
Fréchette : Et puis-je ajouter que, bien, Immigration Canada
n'a pas vraiment de bureaux régionaux, et ça, ça semble...
M. Derraji : Non, je ne parle pas
d'Immigration Canada...
Mme Fréchette : Je
le sais, mais je pense que ça en amène... un plus grand flot de demandes parce
qu'il n'y a pas d'interlocuteur.
M. Derraji : Oui, mais ça, on les réfère directement au
fédéral, à notre bureau fédéral. Ça, c'est la consigne qu'on a.
Mme
Fréchette : Mais c'est des démarches additionnelles. C'est ce que je
veux mentionner.
M. Derraji : Oui,
bien, vous avez raison. On les réfère au bureau fédéral, on n'a pas à payer
pour ça. Et sinon on doit prendre soin de la santé mentale de notre monde, de
notre personnel politique. Mais, s'il vous plaît, vraiment, nous avons
besoin... Je la formule au nom de notre formation politique, parce que, oui, la
formation a été faite, mais ce n'est pas pour tout le monde, pour tout le
personnel. Je comprends qu'il y a beaucoup de membres, mais, si c'est... ça a
été envoyé, je vais aller aux nouvelles. Et, s'il vous plaît, veillez à
l'offrir à tout le personnel. Moi, c'est la
première fois que j'entends que ça a été donné uniquement aux membres de...
personnels de votre formation politique, je veux dire.
Mme
Fréchette : Non, je pense que M. Boivin a précisé que ça a été offert
à tout le monde, et la date, c'est le 24 mai. C'est déjà établi,
24 mai, ça va être offert, une séance de formation. Donc, on y va avec une
approche...
M. Derraji : OK. Merci
beaucoup. Bien, merci beaucoup, c'est
excellent. Merci beaucoup. Et moi, je pense que ça va être très bien
salué par l'ensemble des élus et nos personnels politiques.
Je vais revenir sur
Arrima. Est-ce que c'est toujours la seule porte d'entrée pour l'immigration
économique et l'arrimage?
Mme Fréchette :
La seule porte d'entrée... Bien,
c'est une plateforme, hein, Arrima, ce n'est pas un programme qui... En fait,
Arrima héberge toute une série de programmes, alors je vous les nomme :
Accompagnement Québec, Programme de
l'expérience québécoise, programme
pilote d'immigration pour les préposés aux bénéficiaires, programme
pilote pour l'intelligence artificielle, les effets visuels, programme pilote
pour les travailleurs de la transformation alimentaire, le parrainage collectif
pour les groupes de personnes et pour les organismes, le Portail employeurs, le
programme d'allocation pour les frais de formation reliés à la reconnaissance
des compétences, le PAFFARC, et également
les demandes de remboursement dans le cadre du Programme d'aide financière pour
l'intégration linguistique des immigrants.
Donc,
tout ça, c'est hébergé sur Arrima. Donc, quand vous me dites «Arrima», ça offre
une pléiade d'options.
M. Derraji : C'est
excellent. À l'époque, on parlait d'inventaire, à l'intérieur d'Arrima, de
personnes qui ont déposé des offres ou de l'intérêt. Avez-vous une idée sur
l'inventaire?
Mme
Fréchette : Il n'y a pas d'inventaire.
M. Derraji : Il
n'y a rien? Il n'y a pas d'inventaire?
Mme
Fréchette : Non.
M. Derraji : Donc
là, maintenant, les personnes utilisent...
Mme
Fréchette : ...
M. Derraji : Oh!
Bien, je vous laisse...
Mme
Fréchette : Donc, maintenant...
M. Derraji : Il
n'y a pas d'inventaire?
Mme
Fréchette : Il n'y a pas d'inventaire, non, c'est ça.
M. Derraji : OK.
Il y a zéro inventaire.
Mme Fréchette :
...au fait que c'est une
plateforme. Là, vous voulez référer à un programme dans lequel il y aurait
un inventaire? Parce que quand vous dites «Arrima», c'est la plateforme technologique
Arrima.
M. Derraji : Oui,
oui, je réfère à la plateforme technologique Arrima. Souvenez-vous que, les
gens qui ont déposé dans le programme, ça a été le début. Donc là, vous
confirmez qu'il n'y a pas d'inventaire.
Au niveau de CSQ, ce
qui a été délivré par la plateforme, c'est 10 957. CSQ, est-ce que vous
pouvez juste le confirmer? En 2022.
Mme
Fréchette : Est-ce que vous parlez du PRTQ qui, lui, avait cumulé un
inventaire?
M.
Derraji : Oui, ça, c'est la déclaration d'intérêts. Déclaration
d'intérêts, ça, on parle... oui, déclaration d'intérêts, mais par rapport aux,
donc, déclarations d'intérêts, CSQ... Avez-vous une idée sur déclarations
d'intérêts?
La Présidente (Mme
Gendron) : Il vous reste une minute.
M. Derraji :
S'il vous plaît. Et je vous confirme en attendant que mon bureau n'a pas reçu
de demande pour la formation en immigration, donc... M. Boivin, je vais
aller vous voir, ne vous inquiétez pas.
Mme
Fréchette : Mais sachez que c'est...
M. Derraji : Non,
mais ce n'est pas grave. Il me connaît, je vais aller...
Mme
Fréchette : C'est prévu, et ça a été communiqué, donc...
M. Derraji : Non,
non... Il me connaît très bien. Je vais aller le voir.
Mme
Fréchette : On est en lien avec le bureau.
M. Derraji : Ce
n'est pas grave, on va faire le suivi, pas de souci.
Mme
Fréchette : L'idée est dans les cartons.
M. Derraji :
Il va rester pas de temps...
La Présidente (Mme
Gendron) : Il reste 24 secondes.
M. Derraji : Bien,
j'espère que vous êtes... Je vais compter sur votre bienveillance. J'aimerais
bien savoir combien de déclarations d'intérêts, s'il vous plaît. Est-ce qu'elle
peut la déposer...
Mme
Fréchette : On va vous revenir avec cette information-là quand on aura
trouvé la donnée.
La Présidente (Mme
Gendron) : Vous vous engagez, donc, à fournir l'information?
Mme
Fréchette : Oui, exactement.
La Présidente (Mme
Gendron) : Bon, merci.
• (15 h 50) •
M. Derraji : Je
vais juste me permettre, dans les... Merci, Mme la ministre, merci à votre sous-ministre.
Mme
Fréchette : Merci à vous, M. le député.
M. Derraji : Merci
à toute l'équipe qui vous accompagne. Merci pour la qualité...
Mme
Fréchette : Une excellente équipe.
M. Derraji : Merci
à votre équipe pour la qualité des réponses. Il y a pas mal de données, c'est
une vraie bible qu'on va utiliser pour la prochaine année. Vous avez donné
beaucoup de données, beaucoup de pistes. Merci à votre chef de cab pour sa
patience. On se taquine souvent. Merci à nos collègues du gouvernement.
La Présidente (Mme
Gendron) : J'aimerais également vous aviser que le rapport de
recherche dont le député de Nelligan parlait tout à l'heure a été déposé sur
Greffier, donc, dans le dossier Documents distribués.
Donc, maintenant, je
cède la parole, du côté du gouvernement, à la députée d'Iberville.
Mme Bogemans :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Moi, je voulais parler un petit peu du chemin Roxham. En
2022, on a reçu 64 % des demandeurs d'asile au Canada. Donc, pour
l'entièreté du pays, c'est 92 715 personnes qui sont arrivées de
manière irrégulière au Québec. Spécifiquement en 2022, on parle de
59 205 personnes. De ce nombre-là,
encore seulement en 2022, je le rappelle, il y a 39 171 irréguliers qui
sont arrivés à pied par le chemin Roxham, au sud du Québec, dans notre
province. Le reste du Canada en entier n'a reçu que 369 personnes arrivant
du chemin Roxham. Notre capacité d'accueil locale provinciale a été durement
mise à l'épreuve. Les municipalités et les organismes communautaires, entre
autres, ont travaillé fort, ont été débordés par cette vague de besoins
ponctuels là et non récurrente. Vous avez répondu présente pour eux à tout
moment, et je vous en remercie sincèrement.
Maintenant, Mme la
ministre, est-ce que vous pouvez nous expliquer le rôle que vous avez joué dans
la fermeture du chemin Roxham?
Mme Fréchette : Bien,
en fait, je pourrais vous parler du rôle que le Québec a joué, parce que c'est
le gouvernement, c'est les organismes d'accueil et d'accompagnement,
c'est les municipalités aussi qui ont joué un rôle
considérable dans cet afflux important de demandeurs d'asile entrés par le
chemin Roxham. Et vraiment, ça a été un défi qui a mis une grande
pression sur les organismes d'accompagnement, sur les services gouvernementaux,
sur le marché des habitations abordables également, qui étaient déjà en nombre
insuffisant. Donc, ça a été important, les démarches qui ont été faites par le
Québec, et je crois qu'elles ont eu une influence sur le fait qu'on a pu avoir
une renégociation de l'entente des tiers pays sûrs.
Il est important, en
fait, d'alerter le gouvernement fédéral sur la trop grande pression qui était
exercée sur les organismes, sur les services gouvernementaux. Et c'est ce que
personnellement, moi, j'ai fait avec mon homologue, M. Fraser, en lui indiquant qu'il devenait vraiment essentiel de faire
en sorte que d'autres provinces puissent accueillir ces gens, parce que ces
gens sont en droit de s'attendre à un certain nombre de services
gouvernementaux de soutien. Ils y ont droit, et on a l'engagement de
donner l'accès à ces droits-là. Mais il est venu un moment où il y avait un
trop grand nombre de personnes qui, en même temps, voulaient recourir à ces
différents services, à ces différents logements abordables, organismes
d'accompagnement, services gouvernementaux, et qui étaient tous concentrés
presque sur le Grand... Montréal et un peu sur le Grand Montréal.
Donc, heureusement,
le fédéral a donné suite à notre demande de réaffectation, redirection de
plusieurs des demandeurs d'asile qui sont arrivés à partir de la mi-février, ce
qui nous a permis, d'une part, de respirer un peu plus, au Québec, puis de
prendre le temps d'accompagner adéquatement les demandeurs d'asile qui étaient
arrivés depuis la dernière année et demie, particulièrement. Et je pense que ça
a sensibilisé aussi le gouvernement canadien au fait que la capacité d'accueil, c'est un élément important à prendre en
considération. Parce qu'assez rapidement l'Ontario est arrivée avec son
discours à l'effet que, là, leur capacité d'accueil arrivait à son maximum, là,
avec ces demandeurs d'asile qui étaient redirigés vers leur province, et là ça
a fait en sorte que ce n'était pas que le Québec qui portait cette demande-là de régler l'enjeu du chemin
Roxham, mais bien d'autres provinces également. Puis ensuite, il y a d'autres
provinces atlantiques qui ont levé la main également pour recevoir des
demandeurs d'asile.
Et parallèlement
aussi, on a fait des rencontres avec les représentants américains. Donc, de son
côté, le premier ministre, lui, a interpelé
le premier ministre Trudeau, lors d'une rencontre. Moi, de mon côté, avec M.
Fraser... On a rencontré aussi... M. Legault a rencontré l'ambassadeur
américain au Canada pour le sensibiliser. De mon côté, j'ai parlé à deux occasions avec la consule générale des États-Unis pour
faire en sorte qu'ils tiennent cette demande-là en considération dans la
perspective de la venue du président Biden, et on mettait beaucoup d'espoir sur
cette visite du président Biden. Et je l'ai énoncé, d'ailleurs, assez tôt
publiquement puis je pense que très peu de gens pensaient que ça pouvait être l'occasion de régler cet
enjeu-là. Même que certains disaient, plusieurs journalistes, que ça n'allait
même pas être un sujet abordé dans l'ordre du jour, alors que dans les faits,
bien, non seulement ça a été un sujet abordé,
mais on a pu régler cet enjeu-là lors de la visite du président Biden. Et, pour
moi, c'était le cadre idéal dans lequel ça devait se dérouler, et c'est
ça qui est arrivé, et on est franchement contents de la tournure des
événements.
Ça a été une période
difficile parce que ça venait complètement brouiller les cartes, là, que
d'avoir cet afflux important de demandeurs
d'asile, parce que ce n'était pas planifié, et ça venait mettre une pression
importante. Donc là, les choses sont revenues à l'ordre, donc ça a été
beaucoup d'efforts. La campagne publique aussi a certainement donné un effet. M. Legault avait publié une lettre
ouverte qui a sensibilisé un certain nombre d'acteurs politiques fédéraux,
puis il y a des démarches avec d'autres
ministres fédéraux aussi qui ont été faites de ma part, de la part de M.
Legault et d'autres ministres, le ministre Roberge notamment, et la
ministre Biron également, à travers notre réseau de délégations aux États-Unis.
Donc, voilà.
Mme
Bogemans : Merci.
La Présidente (Mme Gendron) : Je
cède maintenant la parole à la députée de Vimont pour un total de
2 min 40 s.
Mme
Schmaltz : ...la Présidente. Merci également à la ministre pour cet
important exercice démocratique. C'est important.
Bon, alors, je ne
sais pas si vous le saviez, Mme la Présidente, mais l'intégration des nouveaux
arrivants passe par plusieurs étapes, des
étapes qui sont nécessaires pour bien s'intégrer dans le nouveau pays
d'adoption. Donc, voilà pourquoi le
soutien est important dans cet important accompagnement, je dirais, de plusieurs
mois, plusieurs années pour que ces gens-là arrivent bien à s'intégrer.
Peut-être vous
apprendre quelque chose, Mme la ministre, là-dessus. Je ne sais pas si vous les
connaissez, mais peut-être que vous... je vous apprends quelque chose au niveau
des étapes. C'est quand même intéressant de connaître
les étapes d'intégration chez la personne immigrante, les nouveaux arrivants.
Alors, on parle de l'étape 1 qui est un... pardon, un enthousiasme
et la fascination. Donc, c'est ça, c'est comme ça qu'on se sent quand on arrive
au Canada versus au Québec. À
l'étape 2, bien là, on désenchante, on a des émotions contradictoires, on
a de la frustration, on est irrité.
En étape 3, on s'adapte graduellement, on se rétablit, donc on... C'est un
peu... Ce n'est pas comme un deuil, mais... ce n'est pas un deuil, là,
c'est vraiment une étape... des étapes importantes que tous vivent. Mais des
fois, à certains moments, des fois se suivent... ou des fois l'étape 3
devient l'étape 1 ou l'étape 2, 4, etc. Et la dernière étape, Mme la Présidente, c'est l'acceptation et
l'adaptation. Donc là, ils se sentent plus à l'aise, ils ont... ils se sont
fait des amis, ont une meilleure compréhension de la façon de faire des
choses au Québec, entre autres. Bref, ça, ce sont les quatre étapes, donc, de cette acclimatation, si
on peut l'appeler, là, de nos nouveaux arrivants.
Tout ça pour
dire, finalement... je vous ramène à ma question qui est la suivante :
Justement, pour assurer cette bonne intégration, quelles sont les...
pardon, les initiatives, les actions qui peuvent être posées?
La Présidente (Mme
Gendron) : ...
Mme Fréchette : En 30 secondes,
bien, écoutez, j'ai trouvé très intéressante la déclinaison des différentes
étapes. Je pense que, quand on va séjourner à l'étranger quelques mois, on
passe quand même à travers des étapes similaires,
alors, dans un projet de vie, c'est sûr que ces étapes-là sont encore plus
marquantes et importantes. Mais moi, je dirais que nous, notre souhait,
c'est qu'à l'étape 4 il y ait enracinement, enracinement des personnes
immigrantes qui viennent s'établir au Québec. Je pense que c'est ce dans quoi
il faut s'engager avec un ensemble de partenaires, de collaborateurs, que ce
soit économiques, municipaux, culturels et sociaux.
Adoption des crédits
La Présidente (Mme Gendron) : Merci,
Mme la ministre, Mmes et MM. les députés. Donc, le temps alloué à l'étude des
crédits budgétaires du portefeuille Immigration, Francisation et Intégration
étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des
crédits.
Donc, le programme 1, intitulé Direction et
soutien aux activités du ministère, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Gendron) : J'entends
«adopté» à majorité.
Le programme 2, intitulé Immigration,
Francisation et Intégration, est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Gendron) : J'entends,
donc, «à majorité».
Et
finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille Immigration,
Francisation et Intégration pour l'exercice financier 2023‑2024
est-il adopté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Gendron) : Merci.
Donc, à majorité.
Documents déposés
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes des renseignements de l'opposition.
Ayant accompli son mandat, la commission ajourne
ses travaux au mardi 9 mai 2023, à 9 h 45, où elle
poursuivra un autre mandat. Merci beaucoup, tout le monde.
(Fin de la séance à 15 h 59)