Journal des débats (Hansard) of the Committee on Citizen Relations
Version préliminaire
43rd Legislature, 2nd Session
(début : September 30, 2025)
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Tuesday, February 10, 2026
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Vol. 48 N° 17
Special consultations and public hearings on Bill 12, an Act to establish the provision of educational childcare by recognized persons responsible for a community educational childcare service
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15 h (version non révisée)
(Quinze heures vingt et une minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie cet après-midi
afin de procéder aux consultations particulières et aux auditions publiques sur
le projet de loi n° 12, Loi instituant la prestation de services de garde
éducatifs à l'enfance par les personnes reconnues à titre de responsable d'un
service de garde éducatif en communauté.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve) et M. Bérubé (Matane-Matapédia) est remplacé par Mme Gentilcore
(Terrebonne).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, M., Mme, bienvenue à la commission.
Nous débuterons donc par les remarques préliminaires, puis nous entendrons par
la suite le Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance,
Valorisons ma profession et l'Association des haltes-garderies communautaires
du Québec.
J'invite donc de ce pas la ministre de la
Famille à faire ses remarques préliminaires, et, Mme la ministre, vous avez six
minutes pour ce faire. Le temps est à vous.
La Secrétaire : Merci, Mme la
Présidente. Est-ce que j'ai quelque chose à faire?
Mme Champagne Jourdain : Non,
c'est automatique. Parfait. Alors, «kuei, kuei kassinu etashiek». Bonjour, tout
le monde ici présent. Merci à tout le monde d'être là aujourd'hui pour débuter
le projet... l'étude du projet de loi n° 12.
Je veux prendre un moment pour remercier
mes collègues qui sont présents aujourd'hui et les collègues de l'opposition
aussi, parce que les travaux en commission, ça demande beaucoup de préparation,
ça demande beaucoup de lecture, ça demande beaucoup de temps, du temps qu'on
investit peut-être moins dans nos familles. Alors, je vous en suis très
reconnaissante et je tiens aussi à vous remercier pour ce temps-là, pour vous
remercier aussi pour ce que vous faites, votre implication.
Merci évidemment aussi aux équipes de mon
ministère et de mon cabinet qui travaillent sur ce projet de loi là depuis
longtemps, avec beaucoup de coeur. Alors, je leur dis merci aussi, à eux et à
mes collègues qui m'ont succédé dans le travail... qui m'ont précédé, en fait,
dans le travail qui a mené à l'étude de ce projet de loi là, mes collègues qui
ont passé aussi au ministère de la Famille et qui ont fait un travail important
pour qu'on puisse être en mesure de présenter ce projet de loi là aujourd'hui,
un projet qu'on commence à étudier, un projet de loi qui me touche
profondément, nécessairement, à titre de ministre de la Famille, c'est certain.
Mais c'est un projet de loi qui me touche aussi à titre de ministre responsable
de la Côte-Nord, une région où l'accès à un service de garde est parfois un
défi dans certaines communautés et où il faut aussi souvent innover pour
répondre aux besoins.
Ce projet de loi là, je tiens à dire qu'il
part du terrain, il part des régions et il part d'un projet pilote qui a été
lancé en 2022, un projet pilote qui est né d'un constat... d'un constat simple,
soit que notre réseau de services de garde, bien, il a besoin de solutions
innovantes pour répondre aux réalités régionales. D'ailleurs, à l'époque, dans
le cadre du Grand chantier pour les familles, on voulait faire trois choses
très concrètes, la première était de consolider la garde en milieu familial, la
deuxième, de faciliter le quotidien des responsables de services de garde
éducatifs, les RSGE et surtout créer de nouvelles places subventionnées
rapidement là où les besoins sont importants, notamment dans les régions. Avec
le projet pilote, bien, c'est quelque chose de nouveau et de très porteur qu'on
a rendu possible, c'est-à-dire de permettre à une ou deux RSGE de travailler
ensemble dans un lieu de la communauté, une municipalité, un organisme ou une
entreprise, et déjà les résultats sont très parlant. Si on regarde, par
exemple, au 31 janvier de cette année, ce sont 267 projets qui étaient
toujours actifs au Québec pour un total de 2 646 places pour les
tout-petits, 2 646 nouvelles places. Ça, c'est du concret. Et,
derrière ces chiffres, bien, il y a des parents qui ont pu retourner au
travail, qui ont pu se... se réaliser, en fait, et des enfants qui ont accès à
un milieu éducatif de qualité. Ce que j'ai entendu jusqu'à maintenant, que ce
soit en me rendant sur le terrain ou les échos que j'aie reçu aussi de mes
collègues, c'est que ce modèle-là, il fonctionne...
Mme Champagne Jourdain : ...il
fonctionne pour les familles, il fonctionne pour les RSGE. Il fonctionne
particulièrement bien en région, là où les solutions mur à mur, eh bien, ça ne
marche pas toujours, et là où ça prend souvent du sur-mesure. Mais, sans le
projet pilote, ce modèle-là qui est si utile et si apprécié, bien il
n'existerait pas, et le projet pilote prend fin le 31 mars 2027. Alors, ce
que je propose, avec le projet de loi n° 12, c'est
simple, c'est de ne pas perdre ce qui fonctionne si bien, ce qui a un impact
direct dans la vie de nombreuses familles québécoises. Je veux officiellement
créer un nouveau mode de services de garde éducatifs au Québec, celui en communauté.
Et, concrètement, ce projet de loi là va permettre à deux RSGE de travailler
ensemble dans un même lieu, d'accueillir jusqu'à 12 enfants à l'extérieur
de sa propre résidence, entre autres, et cela, bien sûr, dans un cadre qu'on
veut sécuritaire, encadré et surtout adapté aux réalités locales. On introduit
aussi plus de flexibilité.
En terminant, ce projet de loi là, ce
n'est pas de la théorie. Je qualifierais ça de résultats d'une écoute, c'est de
l'adaptation aussi. C'est un nouveau mode de garde élargi qui est offert au
milieu... Bien, en fait, c'est un nouveau mode de garde élargi qui vient
élargir l'offre du milieu familial et qui crée de nouvelles places
subventionnées rapidement. On ne le dira jamais assez, le travail qu'on va
faire tous ensemble au cours des prochains jours, des prochaines semaines, mais
ça va avoir un... un réel impact dans la vie des Québécois, et ça, vous l'aurez
compris. Alors, vos commentaires sont bien évidemment les bienvenus, et je vous
remercie pour votre attention. J'ai hâte d'entendre vos interventions et de
débuter ces consultations-là dès maintenant. Alors... Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Alors, on poursuit les remarques
préliminaires, cette fois, avec la représentante de l'opposition officielle et
la députée de Westmount—Saint-Louis, pour 3 min 36 s.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, chers collègues, un plaisir d'être parmi
vous tous et toutes ici aujourd'hui. Dans le fond, ça fait longtemps, depuis
que je porte le dossier de la famille, je dois dire que ça fait du bien d'avoir
des hommes autour de la table, parce qu'habituellement, dans le passé, c'était
principalement féminine. Alors, je trouve qu'on avance. Alors, c'est beau de
voir comment nous sommes rendus plus niveau... on essaie avoir la parité. C'est
un projet de loi qui vise la création de nouveaux modes de services éducatifs à
l'enfance, oui, et la ministre me fait vraiment penser, parce que c'était
éloquent, c'est vrai, quand on parle des remerciements, le travail, puis tout
ça, qui va à l'intérieur de la rédaction d'un projet de loi pour tous les
membres, tous les députés qui travaillent à l'intérieur des commissions. On
oublie souvent que le dossier de famille, ce n'est pas juste un dossier de
cœur, c'est aussi un dossier économique. C'est un gros budget, mais c'est
aussi... ça aide les femmes à retourner sur le marché du travail, les hommes
aussi, mais majoritairement les femmes. Alors, c'est ton dossier de cœur avec
rigueur. C'est la façon vraiment que je vois le dossier de la famille. Alors,
c'est toujours un plaisir pour moi de débattre, d'aller au fond des idées quand
on parle de la famille, parce que je vois comment c'est bénéfique pour les
Québécois et les Québécoises.
J'étais là pour l'adoption du projet de
loi en 2022, où on a parlé de la mise en œuvre des projets pilotes, où on
parlait de ce nouveau mode de services éducatifs à l'enfance, et on avait de
l'espoir. Je suis contente qu'on se retrouve aujourd'hui, maintenant, dans une
position où on va pouvoir entériner tout ce qui va avoir comme balises autour
de ce projet de loi. Oui, c'est important, puis je comprends que c'est un franc
succès, pour ça, on est contents. Mais il y a quand même des préoccupations qui
ont été soulevées par des groupes, et je pense que ça va être important d'aller
au fond des choses, puis d'avoir des discussions franches, parce que je
comprends, on ira vers l'avant puis veux veux pas, il y a
72 000 enfants qui sont sur la liste d'attente. Alors, si on peut
créer des places plus rapidement, tant mieux. Mais il y a des préoccupations
qui ont déjà été soulevées, comme : Est-ce que nous sommes en train de
créer des mini CPE? Est-ce que nous sommes en train d'avoir... On n'est pas en
train d'harmoniser les pratiques. Alors c'est des choses que j'ai hâte à avoir
des questions.
• (15 h 30) •
Quand on parle des... aussi des projets
puis des contrats, l'imputabilité, tu sais, je pense qu'il y a des questions
que nous... on doit se poser. Je dis souvent, Mme la Présidente, chaque fois
qu'on arrive en commission parlementaire pour débattre d'un nouveau projet de
loi, bien, ça n'appartient pas au gouvernement, ça n'appartient pas aux
oppositions, ça appartient à la société civile. C'est ça, la démocratie...
15 h 30 (version non révisée)
Mme Maccarone : ...j'ai
vraiment hâte d'entendre tout ce que les groupes, mais on n'a pas beaucoup de
groupes qui vont témoigner malheureusement, on aura dû avoir plus... mais qui
nous alimentent pour nous aider parce qu'il n'y a aucun projet de loi qui n'est
pas bonifiable. Et je crois fortement que les groupes qui vont venir témoigner
en commission parlementaire pour nous pourra nous aider à améliorer pour aller
vers l'avant pour la création rapide des places de qualité. Parce que, ça
aussi, c'est quelque chose qui est de rigueur. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la... députée. On poursuit les
remarques préliminaires, cette fois avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve
représentant le deuxième groupe d'opposition, pour une minute 12 secondes.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Salutations à tout le monde, Mme la ministre, aux collègues, aux
groupes qui sont là et qui viendront aujourd'hui et demain. En effet, moi
aussi, je pense, ça va être ma plus courte audience. Deux après-midis, c'est
extrêmement court. Je ne sais pas trop. Des fois, qui ne dit mot consent, les
gens sont relativement contents, donc ils se mobilisent moins, peut-être. Je ne
sais pas. On le verra. Je sais qu'il y a déjà quand même quelques craintes qui
ont été communiquées à travers les mémoires que nous avons déjà reçus,
notamment par rapport à d'éventuelles places du privé, que ça pourrait
peut-être être une espèce de... pas un cheval de Troie, mais en tout cas une
porte vers le privé supplémentaire. Déjà qu'il y en a déjà beaucoup de privé
dans notre domaine de services éducatifs à l'enfance. Ça fait que c'est un peu
ça qui va m'animer comme... comme réflexion, comme réflexe, peut-être, de
vérifier que ce n'est pas malheureusement une autre porte qu'on ouvrirait au
privé. Sinon, j'ai bien entendre... bien hâte d'entendre les groupes. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Bien, merci beaucoup. Alors, on termine les remarques
préliminaires avec la députée de Terrebonne. Vous bénéficiez d'une minute 12 secondes.
Mme Gentilcore : Merci, Mme
la Présidente. Très heureux d'être ici. Merci, Mme la ministre. Merci aux
collègues. Merci aux groupes, évidemment, qui prennent le temps de se
mobiliser, de venir nous parler. Au Parti québécois, ça a toujours été au
centre de notre action politique, de s'assurer que nos tout-petits aient le
droit à la meilleure éducation possible dès la petite enfance, mais aussi s'assurer
que les femmes puissent réintégrer le marché du travail, hein? Le réseau des
CPE, c'était... c'est vraiment au cœur de notre action politique depuis de
nombreuses décennies.
Donc, très heureuse de voir qu'il y a des
gens qui se mobilisent pour s'assurer que ces droits-là, qu'on croit parfois
acquis, bien, puissent être préservés par les femmes et les familles qui se
trouvent aussi en région éloignée. Donc, très curieuse de vous entendre toutes
et tous à ce sujet-là puis de travailler avec les collègues pour prendre les
meilleures décisions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, les remarques sont terminées, on
commence le travail maintenant. Donc, on reçoit cet après-mdii, je vous l'avais
mentionné, le Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance,
mémoire que vous... que nous avons reçu. Vous allez la voir dans vos courriels,
si ce n'est déjà fait.
Alors, Mme, M., bienvenue à la commission.
Vous avez 10 minutes pour présenter l'essentiel de vos recommandations.
Comme je dis, on va aussi avoir votre mémoire, puis par la suite, on en discute
avec les parlementaires. Alors, le 10 minutes commence maintenant.
Mme Lessard (Francine) : Alors,
merci, merci beaucoup. Mon nom est Francine Lessard. Je suis la directrice
générale du Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance.
Alors, merci, Mme la ministre. Merci, Messieurs, mesdames les députés, de nous
avoir invités à présenter notre mémoire.
Nous tenons aussi à souligner que ce
mémoire est aussi... a reçu l'appui, en fait, de l'Association des cadres des
centres de la petite enfance. Et on tient vraiment à les remercier de la
confiance qu'ils nous témoignent.
Le projet de loi 12 institue les services
de garde en communauté, ce qui constitue le plus gros changement depuis l'adoption
initiale de la loi. Donc, on intègre un nouveau mode de garde dans la loi qui
existe maintenant depuis de nombreuses années. C'est un changement absolument
important.
Sachez que notre mémoire reflète l'opinion
de nos membres qu'on... qu'on a consultés le 4 février dernier.
Je vais faire... Je me permets une tranche
historique avec vous. Donc, le 12 avril 2022, comme Mme la ministre l'a
nommé, le ministre de l'époque de la Famille, M. Mathieu Lacombe, autorisait la
mise en place des projets pilotes de services de garde en communauté, qui
ensuite ont aussi eu l'appellation de services de garde en communauté et en
entreprise. Ce nouveau mode de... de garde a été inspiré de pratiques observées
par le Conseil québécois en France. D'ailleurs, le Conseil québécois a été à
cette époque mandaté par le ministère de la Famille pour accompagner les
bureaux coordonnateurs qui, volontairement, déposaient des projets pour être
autorisés à développer ce nouveau mode de garde, soit des services de garde en
communauté et en entreprise de l'époque. Le fait d'accompagner les bureaux...
coordonnateurs a permis aussi de nourrir la réflexion ministérielle.
Jusqu'à maintenant, Mme la ministre l'a
nommé, nous avons 267 nouveaux services de garde qui accueillent 2 646 enfants
à travers le Québec, et ce, majoritairement dans les régions où il n'y aurait
pas...
Mme Lessard (Francine) :
...été possible de construire une installation due à l'éloignement, à la
population aussi des 0-5 ans. Alors, développer majoritairement en région dans
des secteurs, c'était nécessaire de le faire. On était, à l'époque... et je me
situe, il y a quand même quelques années que je suis dans ce réseau, et je mets
ci-dessus qu'on était à la fin de la pandémie au Québec. Et rappelons-nous qu'à
cette époque, les responsables des services de garde en milieu familial ont
quitté largement le réseau, libérant ainsi énormément de places mettant en
péril ces places-là, donc des parents qui se sont retrouvés sans enfants place
parce que la garde en milieu familial devenait quand même difficile à opérer à
cette époque. Et, par la suite, on a eu quand même un long moment de frein
apporté au développement de ce mode de garde.
Alors d'arriver avec cette formule
innovante, je vous avoue que... je me rappelle très bien le moment où j'ai
parlé avec M. Lacombe de ce projet et on en a discuté largement. Et
d'avoir permis, dans le cadre d'un projet pilote, de développer ce mode de
garde là, bien, on a vu à l'expérience que c'est positif et ça a effectivement
permis à beaucoup de familles à travers la province d'avoir des places
rapidement et des places de qualité. Alors, sans plus tarder, je vais laisser
la parole à mon collègue, Me Picard Rens, qui va vous dévoiler le contenu
du mémoire. Merci.
M. Picard Rens (François-Xavier) :
Alors, bonjour. Je vais me faire un peu expéditif sur le contenu du mémoire
parce que vous l'avez, vous pouvez lire. Les premières sections viennent juste
indiquer que le projet de loi, c'est vraiment une architecture. Ce n'est pas la
précision, le détail de l'administration, de comment ces services de garde là
vont fonctionner, ça va venir dans la réglementation. Donc, la majorité des
articles sont ce qu'on appelle un peu des articles de nomenclature ou de
vocabulaire. On rajoute les services de garde «en communauté». On crée une
architecture intéressante, dans le sens que, maintenant, on a des services de
garde éducatifs avec des responsables de service de garde, et, en dessous, on a
familial et en communauté, ce qui permet éventuellement au gouvernement présent
ou futur d'aller cibler où est-ce qu'ils vont créer des obligations au fur et à
mesure que le réseau évolue. Ça fait qu'il y a quand même un... bien, bien
défini. C'est intéressant.
On a une section que j'appelle adaptation
nécessaire, qui est plus que juste de la nomenclature, plus que juste venir
mettre le mot «en communauté», mais qui, en gros, n'est pas un changement à la
loi. Par exemple, quand on va regarder les articles, comme 5.2, ce qu'on
appelle les pratiques inappropriées, tout ce qui pourrait être de la violence
sur les enfants ou des façons de corriger les enfants qui ne sont pas
acceptables, bien, on ne fait pas juste rajouter le mot «en communauté», on
rajoute une obligation nouvelle. Par exemple, puisqu'on a deux RSG qui vont
travailler ensemble, elles vont avoir une obligation nouvelle, se surveiller
l'une l'autre. Tu ne peux pas accepter que l'autre, par exemple, fasse quelque
chose que toi tu n'as pas le droit de faire. Donc, ce n'est pas un changement
de loi majeur, c'est simplement une adaptation de comment on fonctionnait pour
une réalité nouvelle.
Là ou est-ce que le mémoire est peut-être
plus fondamental, on appelle ça des changements fondamentaux, c'est là où
est-ce qu'on crée les vraies nouveautés, j'ai envie de dire. On a la
section 1.1, qui est créée par l'article 9 du projet de loi n° 12. Entre autres, ce que l'on retrouve là-dedans, c'est
la permission que la reconnaissance qu'on donne aux personnes responsables des
services de garde, maintenant, elle peut être en milieu familial ou en
communauté, et on prévoit qu'il va y avoir une façon de transférer de par à
l'autre. Donc, c'est une certaine fluidité, flexibilité qui vient s'ajouter,
dans le fond, à comment les services de garde là vont fonctionner.
Je note que, dans la directive qu'on
avait, ça n'existait pas. C'étaient des services de garde en milieux familiaux,
sous l'égide d'une directive qui leur donnait des façons de fonctionner
particulières, mais c'est des services de garde en milieux familiaux. Tout
s'appliquait à eux, il n'existait qu'une reconnaissance. Alors, ça, c'est
vraiment quelque chose de nouveau par rapport à ces services de garde là, dans
la forme qu'on les a connus dans les dernières années, mais aussi qui va être
un atout, dans le fond, pour... c'est surtout la rétention, on peut dire le
recrutement et la rétention. Ça permet à quelqu'un qui n'est plus confortable à
la maison de dire : Bien, ce serait facile pour moi de changer. C'est sûr
qu'on va avoir besoin d'explications puis de précisions dans la réglementation,
dans les directives, mais c'est intéressant. On a déjà une porte ouverte ici.
Une des choses... Bon, la seconde section,
c'est la section III, qui est la section principalement sur les
responsables de services de garde éducatifs en communauté. C'est
l'article 13 du projet de loi n° 12. Puis là
j'ai des commentaires là-dessus. Le conseil québécois a demandé à ses membres
qu'est-ce qu'ils en pensaient puis ils nous ont sorti des choses intéressantes.
Donc, notamment, les services de garde en communauté ne seront pas offerts en
résidence. En ce moment, ils le sont. En ce moment, puisqu'il n'existe que des
services de garde en milieux familiaux, en résidence, on peut avoir deux
personnes qui travaillent ensemble, sous la directive, pas sous la loi. Si je
fais juste lire la loi maintenant, c'est enlevé. Mais je mets un bémol à ça
parce que, selon moi, la réglementation va être capable éventuellement de le
faire rerentrer.
• (15 h 40) •
Donc, je fais juste noter que c'est
quelque chose que les bureaux coordonnateurs considèrent très important, qu'on
puisse avoir deux personnes, parce qu'ils existent en ce moment, on en a ouvert
selon la directive, et les responsables des services de garde l'apprécient beaucoup
parce que ça les affecte au niveau de leur fiscalité, ça les affecte au niveau
de ne pas avoir des obligations, ne pas engager une assistante qui est
quelqu'un...
M. Picard Rens
(François-Xavier) : ...quand même qu'ils ont... bien, tu as des obligations
à la CNESST, etc. Donc, la question de la résidence qu'on retrouve, là, c'est,
bon, article 13 du projet de loi, il va falloir voir dans la réglementation
qu'est-ce qu'on va faire avec ça.
Deuxième point, c'est l'exclusivité, alors
les locaux qui sont destinés aux services en communauté doivent être
exclusivement réservés à l'usage du service de garde. Pas de problème avec le
principe. Cependant, il faut venir définir l'exclusivité. On a eu beaucoup de
problèmes durant les projets pilotes, justement, à trouver des partenaires qui
étaient prêts à donner l'entièreté et l'exclusivité totales. Donc, c'est un
principe qu'il va falloir venir définir. Encore une fois, la loi établit le
principe, la réglementation va venir le préciser, c'est là qu'il va falloir
faire attention, mais que ça soit flexible, que ça soit dans les mains des
bureaux coordonnateurs pour qu'eux autres puissent prendre des décisions
terrain qui permettent que le réseau avance. Donc, intéressant, bien fait, ça
date de la directive, mais on a eu des problèmes dans la directive avec ça.
Et le dernier, je pense, c'est un point
important, c'est dans la section sur la collaboration, toujours le même
article, on vient dire qu'ils... bon, les... qui vont travailler ensemble vont
devoir avoir une entente de collaboration. Pas de problème, ils travaillent
déjà comme ça, c'est ce que la directive disait. Cependant, on vient rajouter
que les deux responsables de services de garde vont devoir signer toutes les
ententes de service avec les parents de tous les enfants, donc, si une en a
six, l'autre en a six, ils signent partout. Bien, la loi définit que les
responsables de services de garde sont des travailleuses autonomes. Bien là, tu
n'es plus une travailleuse autonome. Là, tu es rendue dans un «joint venture».
Là, tu es rendue... probablement que tu vas devoir t'enregistrer auprès de
Revenu Québec... bien, de... du registraire, que Revenu Québec va vouloir que
tu remplisses des documents de taxation, etc. On a une problématique qui arrive
là. Puis on le sait, que c'est vrai, parce qu'on a déjà eu les agences de
revenu au Canada puis au Québec qui sont venues voir dans les projets pilotes
puis qui ont dit que, ah! bien non, vous travaillez ensemble. Et là, bien, on a
ressorti nos contrats, on est venus prouver : Bien non, ce n'est pas vrai,
c'est deux travailleuses autonomes qui partagent certaines ressources, mais pas
toutes les ressources, contrats indépendants, responsabilités indépendantes.
Cet article-là, qui est le nouvel article 56.6, qui est créé par le projet de
loi, celui-là est problématique.
Maintenant, ce n'est pas la fin du monde.
Le gouvernement pourrait décider d'encadrer ça comme ça puis de trouver une
façon de fonctionner avec. Et la raison d'où est-ce que ça sort, c'est dans la
question du remplacement entre les responsables de services de garde. Si on va
chercher, les règles de l'occupation, en ce moment, exigent que, si on veut
remplacer une place en service de garde, on doit signer une nouvelle entente de
service puisque les personnes qui travaillent dans les milieux en communauté
utilisent beaucoup ce genre de garde là pour faire du remplacement. Donc, on a
voulu, je pense, prévoir comment ce remplacement-là allait fonctionner. C'est
une question financière. On ne veut pas faire des doubles subventions, on ne
veut pas qu'il y ait de l'abus, sauf que, bon, c'est problématique dans
qu'est-ce que ça va faire comme effets secondaires. Et, si ces effets
secondaires- à, certains ou tous, sont avérés, ça va être un gros problème au
recrutement puis à la rétention.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, la table est mise pour les
discussions. Vous êtes arrivé juste sur le bon temps. Donc, je disais que la
table est mise pour les discussions. On va commencer avec vous, Mme la
ministre, et la banquette gouvernementale. Vous bénéficiez au total de 16
minutes 30 secondes. La parole est à vous.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. Bien, tout d'abord, je voudrais souligner, effectivement, Mme Lessard,
le nombre d'années, là, que vous avez consacrées au réseau, je dirais, puis à
le faire évoluer aussi. Je sais que vous avez... que le CQSEPE est dans le
fondement de ce projet pilote là, qu'il a grandement contribué à sa mise... sa
mise en fonction aussi. Alors, je tenais à le souligner. Je parlais aussi avec
mon collègue, tout à l'heure, le ministre Lacombe, là, justement, du... des
débuts, des débuts de ce projet-là, où il y a eu des bonnes discussions,
effectivement, il me disait la même chose, mais la décision... la bonne
décision a été prise. Alors, je vous remercie beaucoup. On a bien reçu, là,
le... J'ai bien votre mémoire, là, et j'en prendrai bonne connaissance,
effectivement.
Vous avez parlé des bureaux
coordonnateurs, et peut-être que j'aimerais en entendre davantage, peut-être,
sur... connaître votre point de vue, en fait, à savoir si l'intégration de ce
nouveau mode de garde là, dans la loi, et le rôle qu'on... proactif, là, qu'on
prévoit pour les bureaux coordonnateurs va contribuer, selon vous, à stimuler
l'intérêt des bureaux pour développer ce nouveau mode de garde là sur leurs
territoires.
Mme Lessard (Francine) : L'expérience
qu'on vient de vivre nous permet de dire qu'il y a des secteurs de la province
de Québec où d'ouvrir des services de garde en communauté peut être assez
compliqué et difficile. Quand on... Quand on parle des centres-villes des
régions très urbaines, évidemment, la proximité avec les décideurs est moins...
est moins facile, les locaux sont moins...
Mme Lessard (Francine) :
...accessible. Alors... Et on a encore de l'espace, beaucoup d'espace pour
développer des services de garde en installation dans les régions urbaines, et
on a une clientèle pour... pour le compléter aussi.
Quand on s'adresse aux BC des régions
rurales, et là c'est vraiment... c'est vraiment là où on a vu... on a vu
certains bureaux coordonnateurs développer 10, 12 projets pilotes. Alors,
je pense, entre autres, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, je pense, dans le comté de
Portneuf, il y a des régions... hein?
Une voix : ...
Mme Lessard (Francine) :
Témiscouata. Il y a des régions au Québec où, effectivement... parce que c'est
contagieux, je m'exprime... et je m'explique, plutôt, quand, dans une
municipalité au Québec, on est arrivés à ouvrir 12 places assez
rapidement, parce que les décideurs ont mis en place ou ont permis l'ouverture
rapide de 12 nouvelles places, bien, évidemment, dans la localité
suivante, leur municipalité d'à côté, bien souvent les élus vont... vont
vouloir... vont avoir une pression de leur population pour dire : Pourquoi
dans ce village-là, on vient d'ouvrir 12 places, puis on ne les a pas eues
chez nous? Donc, on a vu quand même cette contagion où il y a des régions du
Québec où vraiment c'est plus facile à opérer, à imaginer, l'ouverture des
services de garde dans les communautés que dans les centres-ville. Montréal,
Laval, Québec, ce n'est pas les endroits où on a eu le plus de projets pour les
difficultés qu'on peut... qu'on peut imaginer.
Alors, c'est un mode de garde qui est...
qui est... qui a permis la... qui a permis de poursuivre. Tu sais, c'est quand
même un vieux mode de garde. La garde en milieu familial, c'est le plus vieux
mode de garde, hein? Bon. À partir de là, il y a eu des hauts et des bas, dans
l'histoire des services de garde en milieu familial, dus à plein de facteurs
extérieurs, mais là, c'est innovant. On est... on est... Le Québec innove avec
ce mode de garde là et permet justement à de petites municipalités, à des
petites villes d'offrir rapidement des services de garde à leur population. Et
c'est des services de garde de qualité, parce qu'ils sont coordonnés, tout
comme en milieu familial, par le personnel des bureaux coordonnateurs. Alors,
ce n'est pas... on ne laisse pas... on ne laisse pas partir deux personnes
comme ça : Bon, vous ouvrez un service de garde dans un local fourni par
la municipalité. On n'en est pas là, on est vraiment dans le même... le même
rôle d'accompagnement, de sélection qui est... qui est donné au bureau
coordonnateur est le même pour les RSGE que... pour être les requérantes, en
fait, qui... pour être reconnus en service de garde en communauté.
Mme Champagne Jourdain :
Merci. Un peu dans le même ordre d'idée, selon vous, ce PL là, va-t-il
contribuer à nous permettre de créer plus de places?
Mme Lessard (Francine) : Le
projet de loi est intéressant, puis Picard Rens l'a démontré, il y a quelques
éléments qu'il faut rediscuter, mais, en général, c'est un projet de loi qui
est très... très intéressant et on est très contents et contentes d'avoir ce
projet de loi là, et on espère fortement qu'il sera adopté. C'est le règlement
qui nous... qui nous... qui nous questionne plus ou questionne... c'est
vraiment au règlement où on va voir à... on va voir arriver le détail du...
Je vais... je vais vous raconter un truc
que je raconte depuis 30 ans, mais c'est le gâteau au chocolat, tu sais,
la loi, c'est... c'est... dans le menu, un gâteau au chocolat. Le règlement, il
va venir nous donner la recette de ce gâteau au chocolat. Donc, c'est... c'est
vraiment le règlement qui va... qui va mettre les balises, qui va nous
permettre, à partir de la directive qui est en vigueur depuis trois ans
maintenant... bien, cette directive-là, elle n'était quand même pas très... tu
sais, c'est une petite directive qui dit... qui en dit un peu, mais qui
pourrait en dire plus.
Alors, le règlement, bien, nous, on espère
vraiment contribuer à sa... à son écriture, à sa réflexion. Parce que, oui,
c'est porteur. Les services de garde en communauté, c'est porteur. Et le Québec
avait besoin de développer des services de garde rapidement pour, finalement...
puis vous l'avez nommé, il y a quand même beaucoup... beaucoup de parents qui
attendent une place au Québec, alors c'est important de développer rapidement
des services de garde.
• (15 h 50) •
Mme Champagne Jourdain :
Merci. Peut-être vous amener sur un autre... sur un autre plancher. Vous avez
parlé tout à l'heure, là, par rapport aux locaux, de l'exclusivité. Comment
vous voyez... comment... Comment est-ce qu'on devrait la définir, cette
exclusivité-là, selon vous?
M. Picard Rens (François-Xavier) :
Bien, c'est sûr que le minimum qu'on a besoin, c'est l'exclusivité durant les
heures de service, ça, ça ne se négocie pas, l'exclusivité durant les heures de
service. Ensuite, il va falloir voir... Je vais vous donner un exemple qui est
niaiseux, mais, quand on parle d'exclusivité, puis on ne le définit pas... puis
qu'on... bon, on regarde les services de garde, on va tout de suite penser au niveau...
la sécurité, santé...
M. Picard Rens (François-Xavier) :
...les enfants. Une des raisons pour lesquelles on voit l'exclusivité, ça
va être ça, bon. C'est un contrat de bail, en partant... contrat de bail...
moi, quand je loue une place, elle est à moi puis elle n'est pas à personne
d'autre. Ça fait que c'est un bail commercial, alors c'est sûr qu'on peut créer
des spécificités dedans. Ce n'est pas du bail résidentiel, mais, bon, à la
base, quand je loue un endroit, il m'appartient. Donc, quand la responsable de
service de garde loue un endroit pour y faire un service de garde dans la
communauté, elle devrait avoir tous les droits d'un locataire. Mais là où
est-ce qu'on a vu des problèmes... Je te loue le local, mais ça s'adonne que
les breakers, puis l'entrée d'eau, puis ceci, et cela, ils sont tous chez vous.
Bien, oui, tu as l'exclusivité, sauf que j'ai besoin d'accès, des fois pour
vérifier, des fois, pour rénover, des fois... etc. C'est tous des petits accès
comme ça, souvent, qui ont été les plus problématiques. Ça, ce serait peut-être
le premier pas. Il faut vraiment faire une ouverture, pour dire : OK, ça
ne brise pas ce qu'on considère comme étant l'usage exclusif que vous avez,
même si ce sont des pièces du bâtiment qui sont essentielles à l'usage de tout
le bâtiment puis que le propriétaire va devoir avoir accès. Ça, c'est un. L'autre
devient, je pense, un choix, plus, puis c'est de voir qu'est-ce qu'on peut
faire avec ça. On a eu beaucoup de municipalités ou de groupes communautaires qui
ont accès à des locaux mais qui veulent faire, une fois tous les deux
vendredis, le soir, à 7 heures, une rencontre. Bien, au niveau du contrat
de bail commercial, la RSG, elle n'a aucun problème de dire : Bien oui,
c'est beau, faites ça, mais ça demande l'exclusivité, ça fait que là, il faut
qu'on dise non. Puis eux autres, bien, leur raison d'être, c'est de faire leurs
rencontres à tous les deux vendredis, ça fait que, bien, le local n'est pas
utilisable. On a fermé beaucoup de portes comme ça.
Ça, ça ne met pas en péril la garde en
communauté, mais ça a été un frein, ça a été quelque chose qui nous a mis des
bâtons dans les roues à répétition quand on... bien, qu'est-ce qu'on fait avec
ça? Est-ce qu'on est capable de déplacer le comité? Est-ce qu'on ne peut pas?
Est-ce qu'on peut faire un faux mur? Puis là tu paies 10 000 $ pour
faire une fausse cloison, pour qu'une petite partie... Ça a coûté de l'argent.
Ça a coûté du temps. C'était un peu niaiseux.
Il faudrait être capables... que les
bureaux coordonnateurs puissent prendre des décisions vraiment face au terrain,
mais encadrées, avec des directives, avec des instructions qui leur
disent : C'est comme ça que tu choisis, quitte à ce que le dernier recours
soit un appel au ministère de la Famille puis que le ministère de la Famille
prenne la décision finale, tu sais, une fois sur 100, j'ai envie de dire, mais
il faudrait avoir une flexibilité. Maintenant, je n'ai pas les solutions, mais
je pense que c'est les deux problématiques principales qu'on voit, là.
Mme Champagne Jourdain : OK,
merci beaucoup. J'aimerais peut-être revenir sur l'article 56.6, si vous
pouviez peut-être aller un peu plus en précision sur vos préoccupations par
rapport à 56.6.
M. Picard Rens
(François-Xavier) : C'est deux préoccupations principales. La
première, elle est, j'ai envie de dire, un peu niaiseuse, mais on définit dans
la loi les responsables de services de garde comme des travailleuses
autonomes... on dit... c'est comme une obligation, la loi dit : Elles doivent
être des travailleuses autonomes. Puis maintenant la loi dit : Bien, tu
dois être un travailleur autonome, puis tu es en «joint venture», puis c'est
une entreprise commune. C'est la définition d'une entreprise commune, ils ont
des contrats communs, ils ont des clients communs, ils ont des ressources
communes dans un local... ils travaillent ensemble, elles ne sont plus
indépendantes l'une de l'autre. Sous la directive, elles le sont, elles sont
complètement indépendantes, ce sont deux services de garde, c'est juste qu'ils
sont à la même place.
Ils peuvent avoir, à travers leur entente
de collaboration, un partage de ressources, puis on en voit qui partage
absolument tout. On en voit d'autres qui disent : Bien, toutes les
ressources périssables, par exemple, que ce soit la nourriture ou que ce soient
les objets pour faire du bricolage, tout ce qui va être utilisé dans
l'activité, ça c'est indépendant, puis on garde nos propres budgets. Il y en a
d'autres qui les mettent en commun.
Donc, il y a un partage de ressources,
mais là où est-ce que, définitivement, on passe une frontière, c'est quand on
dit : Tu signes la même entente de service, parce que si les deux signent
la même entente de service, tous les parents... on a 12 enfants, donc on a 12 à
24 parents, tous ces parents-là sont tes clients, même ceux que tu... que
c'est... l'article vient définir que tu as une principale puis tu as une... Je
ne pense pas qu'ils donnent le nom de l'autre, mais, en tout cas, tu sais, il y
en a une qui va être la principale, qui va être celle qui garde réellement les
enfants.
Si je fonctionne, comme on fonctionne
maintenant la façon dont ils font ça, c'est que, pour la garde qui est de
courte durée, qui n'est pas définie nulle part... c'est simplement comment
qu'on l'a fait fonctionner, puis la garde de courte durée, c'est : Moi,
j'arrive à 7 h 30, le matin, puis toi, tu arrives à 7 heures, ça
fait que tous les enfants qui arrivent à 7 heures, tant qu'ils ne
dépassent pas ton ratio de six, c'est toi qui les prends, quelle que soit
l'entente de service. Et, mettons, moi, je ferme une demi-heure plus que toi,
ça fait que je vais les prendre, ceux qui restent le soir. Ça, c'est comme ça
qu'ils fonctionnent, et on ne signe rien, c'est un remplacement.
Par contre, si on voulait... une part en
vacances, puis, au total... puis l'autre reste là, puis, au total, on mélange
les deux groupes pour qu'il y ait juste un total de six, bien là, on faisait
des nouvelles ententes de service spécifiques aux enfants qui restaient avec la
RSG qui les gardait. Ça fait que c'est comme chaque RSG, quand elle garde un
enfant, elle a une entente de service avec les parents. Ça, c'est les règles de
l'occupation qui nous le disent. C'est déjà une obligation qui existe dans la
loi pour le milieu familial ordinaire, c'est juste que, maintenant, on
l'appliquait à un contexte où est-ce qu'elles étaient deux ensemble puis
qu'elles avaient des petites distinctions par rapport à comment elles pouvaient
se remplacer...
M. Picard Rens (François-Xavier) :
...maintenant, comment qu'on le fait ici, je ne peux pas vous dire :
Garanti, c'est pour du remplacement, mais ça ressemble tellement à être là pour
faire du remplacement que je me dis : Ça doit être pour ça qu'il a été
écrit comme ça et une fois qu'il est écrit comme ça, bien, les agences de
revenu, eux autres, vont considérer qu'il s'agit d'une entreprise. Une
entreprise, elle doit être enregistrée, elle doit avoir un numéro, elle doit
remplir sa taxation d'entreprise, plutôt qu'être un travailleur autonome qui ne
remplit que sa taxation personnelle à travers laquelle elle marque son revenu
d'entreprise. Ça fait que là, d'un coup, on commence à empiler les obligations
administratives, ici. Ce n'est pas que quelqu'un ne pourrait pas faire un
argument pour dire : Bien, ils signent des ententes ensemble, mais ils
sont quand même autonomes. On pourrait construire une base légale là-dessus.
Mais si je le regarde, je prends le papier, je le lis, moi, je vois une
entreprise commune, puis c'est comme ça que les agences de revenu vont vouloir
aussi le justifier, ça fait que là, on pourrait peut-être le gagner, ce
débat-là, mais on rentre dans un débat, définitivement, avec les agences de
revenu.
Ensuite, bien, c'est ça... ta... toute ta
fiscalité, là, c'est le numéro un, puis, bien, on se contredit nous-mêmes parce
que nous, on dit que ce sont des travailleuses autonomes, mais on leur fait
faire des choses qui ne sont pas propres à des travailleuses autonomes. Ça fait
que c'est... Il faudrait vraiment comprendre pourquoi est-ce qu'on exige cette
signature commune des ententes et voir s'il n'y a pas une solution meilleure
que de les faire signer les mêmes ententes de service, que chacune ait ses
clients, chacune est indépendante, puis que le lien légal entre les deux, c'est
l'entente de collaboration, parce qu'on la créer, l'entente de collaboration,
là, on l'explique puis tout ça, donc, si on est capable de faire que... Parce
que tous ces projets-là ont créé un... ils sont entièrement, j'ai envie de
dire, contractuels avec la loi qu'il vient encadrer, mais le cœur du projet est
contractuel. On a une entente de partenariat avec un tiers qui possède un
local, on a une entente de collaboration entre les RSG et chaque lien
contractuel, bien, ça... ça crée une tapisserie, dans le fond, qui définit, en
droit, qu'est ce que tu es. Ça fait que lien avec ton partenaire qui te loue le
local, c'est ton... c'est ton propriétaire, tu es un locataire. La réalité,
c'est que ces ententes-là comportent beaucoup d'autres clauses que si ça
passait devant un juge, le juge prendrait probablement son... son crayon, il le
couperait en deux, il dirait : Ça, c'est un bail, puis ça, c'est un
contrat ad hoc, puis les deux sont mis dans le même document, mais il ne s'agit
pas entièrement d'un bail. On n'a jamais eu à le vivre, ça. C'est une
possibilité qui existe. Bien, qu'est ce qu'on ferait avec ça? À voir? Je n'ai
pas vu de problème principalement là-dessus, mais c'est parce que souvent, il
faut qu'on s'entende, les partenaires, ils donnaient des contrats à titre
gratuit ou à une piasse : Je te loue un local pour une piasse par mois,
parce que ce que je veux, ce n'est pas faire de l'argent, ce que je veux, c'est
12 places en service de garde. Donc, ton «loyer» était des places en
service de garde. Est-ce que c'est réellement un bail à ce point là? Gros point
d'interrogation, bien, ici, on vient dans une autre optique, l'entente de
collaboration, c'est le lien entre les RSG, si je commence à faire plus de
liens entre les RSG, sont-elles toujours des travailleuses autonomes? Y a-t-il
d'autres lois qui rentrent en ligne de compte? C'est pour ça que le concept de
la collaboration est intéressant, mais plus je les colle ensemble, moins c'est
de la collaboration, plus ça devient une autre forme d'entreprise.
Mme Champagne Jourdain : OK.
Je vous remercie pour ces précisions-là. Je... on semblait très rassurants, de
notre côté, là, d'un point de vue, je dirais, juridique, à ce niveau-là. Mais
je prends bonne note des préoccupations puis des précisions que vous avez
apportées, puis on va les...
M. Picard Rens
(François-Xavier) : ...la seule chose que je vais dire : Il y a
réellement deux dossiers où est ce que, sauf erreur, c'était Revenu Québec les
deux fois, ils ont littéralement assigné un numéro d'entreprise à un projet
pilote. Puis là, il a fallu essayer de «backtracker». Donc, les agences de
revenu ont déjà cette notion-là, puis ça, c'est avec les projets pilotes, où
est ce qu'on n'a pas l'article.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Mme Lessard (Francine) :
Alors, l'indépendance de chacune des RSG est primordiale.
Une voix : ...
Mme Lecours (Les Plaines) :
Pas de problème, merci beaucoup. S'il vous plaît, ne parlez plus de gâteau au
chocolat, là, j'ai une image dans la tête. On poursuit les discussions avec la
députée de... de Westmount—Saint-Louis, puis vous avez 9 min 54 s. Allez-y.
• (16 heures) •
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Je ne suis pas très gâteau au chocolat, mais j'avoue, je ne suis
pas très règlement non plus. Alors voilà, j'ai toujours cette préoccupation...
Une voix : ...déjà entendu
l'histoire du gâteau au chocolat.
Mme Maccarone : Oui,
c'est vrai. J'ai beaucoup de questions, ça fait que si jamais je vous coupe, ce
n'est pas parce que j'ai... je ne suis pas intéressée, c'est juste parce que je
souhaite aller avec les autres questions, surtout avec vous, Mme Lessard,
parce qu'avec toutes vos années d'expérience, je souhaite vraiment mieux
comprendre l'impact sur le réseau, un peu, entière, parce que là, on est en
train de parler de multiplication de cadres réglementaires, mais est ce que
nous sommes en train de créer plus de travail, peut-être inutilement, pour nos
BC? Tu sais, je... si j'écoute le FIPEQ, CSQ, ils nous disent qu'il va y avoir
plus d'heures de travail pour les BC. C'est quoi votre opinion là dessus? Déjà,
l'expérience.
Mme Lessard (Francine) : Déjà,
l'expérience nous amène à dire qu'un bureau...
16 h (version non révisée)
Mme Lessard (Francine) : ...coordonnateur
qui développe un service de garde en communauté a une surcharge de travail,
évidemment, parce qu'on a un joueur de plus, on a un partenaire. Donc, au-delà
de la requérante ou du requérant qui... qui demande à être reconnu, on a aussi
le local. Donc, il y a des... des démarches qui sont effectuées auprès d'un... d'une
troisième... Alors, il y a le bureau coordonnateur, il y a la requérante puis
il y a... il y a le partenaire potentiel. Donc, évidemment, il y a un acteur
supplémentaire dans... dans toutes les discussions et tout les... le
cheminement vers la reconnaissance. Donc, oui, effectivement, ça demande un
petit peu plus de travail, un peu beaucoup plus de travail que lorsqu'on
reconnaît une RSGE dans sa résidence, c'est... c'est évident. Mais au lieu d'offrir
à la population six places, on en offre 12. Donc, oui, il y a un peu plus de
travail, mais il y a un peu plus de places.
Mme Maccarone : C'est
correct, mais vous êtes d'accord. Je veux juste avoir un portrait clair, parce
que si on parle avec le milieu familial et les RSG, on comprend qu'il y a quand
même une crainte, hein, il y a une crainte que ce modèle traditionnel va
prendre le bord parce que... Puis, je vous ai entendu par rapport à une
nomenclature communautaire entreprise. J'aurais peut-être une question précise
par rapport à ça. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais lors de l'adoption
du dernier projet de loi en milieu... pour la famille, on a mis un cap de
50 % des places qui peuvent être réservées pour les personnes qui sont... qui
accueillent ces enfants dans leur entreprise pour leurs employés, ça fait vont
avoir cet impact-là. Je ne sais pas si ça, c'est pris en considération, mais il
y a quand même une crainte. Ça fait que je ne sais pas si c'était parce que
nous devons avoir des noms séparés pour ce nouveau type de milieu, mais il y a
une crainte que le réseau milieu familial, parce que le nom, c'est familial, il
y a des parents qui choisissent le milieu familial à cause de ce qu'il offre. C'est
un milieu... c'est... c'est chaleureux, ça ressemble plus à leur propre maison.
Est-ce que vous êtes d'accord que nous devons se craindre de ça? Parce qu'on
est en train d'instaurer quelque chose de nouveau, ça fait que peut-être on va
avoir un milieu familial qui va prendre le côté. On a eu beaucoup de
fermetures. Ça fait que je partage juste cette préoccupation.
Mme Lessard (Francine) : Le...
le service de garde en milieu familial répond à... à des familles du Québec de
par leurs propres valeurs. Alors, c'est un... c'est un mode de garde qui... qui
répond très bien. Et il y a des... aussi des requérantes qui n'imagineraient
pas aller travailler ailleurs avec une autre RSGE, hein? Je pense que ça... ça
a ouvert une porte, justement, et... et François-Xavier l'a nommé tout à l'heure,
on avait quand même des RSGE et on a toujours des RSGE qui... qui quitteraient
le milieu, parce que, bon, les enfants sont devenus des adolescents, on est
rendus ailleurs dans notre vie, on aimerait retrouver... se trouver un travail
à l'extérieur. Bon. Et ces gens-là vont demeurer dans... dans le secteur des
services éducatifs, parce qu'on leur offre un autre modèle et on utilise leur
expérience bien solide, ce qui... ce qui nous donne un milieu de qualité. Mais
il y aura toujours des milieux familiaux, ça, j'en suis assuré, parce que ça
représente... ça représente bien le besoin de la prestataire de services de
garde, mais ça représente bien le besoin de certaines familles du Québec. Et le
mode... Parce que c'est heureux, le projet de loi va venir nous faire une
distinction entre une RSGE en milieu familial et une RSGC, donc en communauté.
Et là on a... on a un environnement qui est différent, qui est aussi riche l'un
que l'autre. Tu sais, on n'a jamais... bien, en tout cas, moi, je n'ai jamais
voulu dans ma vie comparer la qualité d'un par rapport à l'autre. J'espère
depuis toujours avoir des qualités très comparables les uns avec les autres,
dans un environnement différent, mais comparable au niveau de la qualité de l'intervention
pédagogique qui est faite à l'enfant et les communications avec les... avec les
familles, avec les parents. Alors, c'est heureux que le Québec puisse offrir
aux familles un nouveau mode de garde qui va répondre à d'autres sortes de
parents avec d'autres besoins de... Et aussi à des requérantes qui peut-être ne
viendraient pas cogner à notre porte si on leur offrait d'offrir toujours des
services de garde dans leur propre résidence.
Mme Maccarone : OK. Mais je
serais curieuse de voir pour vous l'impact du 50 % du... Peut-être pas
pour aujourd'hui, parce que, je comprends, ce n'est peut-être pas quelque chose
dont vous avez sondé vos membres, mais ce serait intéressant peut-être d'avoir
l'impact pour vous lors de la mise en œuvre de ce nouveau réseau.
Puis, quand on parle d'exclusivité, très
intéressant, pas besoin de retourner sur la question, mais sécurité, parce que
quand on parle d'exclusivité puis là on va... ça, c'est à moi, ça, c'est à vous,
vous pouvez aller après les heures de travail, je souhaite savoir comment ça,
ça fonctionne. Vous savez, sans doute, Mme Lessard, on a vraiment parlé de
ça en 2022. Comment est-ce que ça fonctionne? Est-ce qu'il y a des choses que
vous pouvez partager avec nous de la mise en œuvre de les mesures sécuritaires?
Mme Lessard (Francine) : Mais
les mesures sécuritaires, c'est sûr que l'environnement donné par la directive...
Mme Lessard (Francine) : ...nous
amène quand même à dire que le local doit être réservé aux enfants. Donc, on ne
pourrait pas, parce que c'est ça depuis quand même, à plusieurs reprises, que
des municipalités ont offert des bureaux, des locaux dans la bâtisse
municipale, mais il ne faudrait pas que la salle de bain serve aussi au personnel
des employés de la ville puis que tout le monde puisse rentrer dans ce
local-là. Alors, il faut vraiment qu'il y ait... qu'il y ait un espace réservé
aux enfants, et ça, pour leur sécurité, ça, c'est extrêmement important. Tu
sais, François-Xavier, nous nommait : Bien, oui, c'est possible que la
ville soit obligée de rentrer dans le local à 6 h 30 le soir parce
qu'il y a... excusez-nous, je ne sais pas comment on dit en français, là, mais
un breaker, là...
Une voix : ...
Mme Lessard (Francine) : Un
disjoncteur qu'il faut... qu'il faut changer. Tu sais, bon, parce que peut-être
qu'effectivement la boîte électrique se retrouve dans ce local-là, mais ce
n'est pas... ce n'est pas... Il ne faut pas que ce soit courant. Il ne faut pas
que ce soit régulier que des gens... que des gens autres que le service de
garde se retrouvent en présence des enfants.
Mme Maccarone : ...plutôt la
question mettons si c'est à l'hôtel de ville ou un centre communautaire, bien
on a plusieurs personnes qui vont rentrer sortir de ce milieu puis on aura
aussi le service de garde éducatif au même endroit. Ça fait que là vous dites
que même si on va avoir des gens qui vont rentrer sortir, les enfants sont
vraiment à part. Parce que, moi, je n'en ai pas vu. Ça fait que je veux...
j'essaie d'imaginer la mise en œuvre de ceci.
Mme Lessard (Francine) : Bien,
moi, j'ai eu le plaisir d'en visiter quelques-uns, des services de garde en
communauté, puis j'ai été extrêmement surprise de voir combien de municipalités
au Québec ont offert des locaux de grande qualité, vitrés, des beaux grands...
Vraiment, j'ai été...
Mme Maccarone : ...contrôlent
les gens qui rentrent puis qui sort, qui ne sont pas nécessairement des parents
qui amènent leurs enfants?
Mme Lessard (Francine) : Mais,
le contrôle, comme on le contrôle dans le milieu familial. Je veux dire, c'est
un espace qui est réservé, qui peut même avoir une serrure à code. Il y a la
même précaution qui peut être prise pour le local qui sert... Tu sais, ce n'est
quand même pas nouveau qu'il y ait des locaux occupés par des enfants dans des
hôtels de ville, entre autres. On sait qu'il y a des haltes-garderies qui se
retrouvent aussi dans ce genre d'édifice là. Il faut toujours avoir une
préoccupation de la qualité, mais aussi une préoccupation de la santé et de la
sécurité des enfants.
Mme Maccarone : Oui. Non, de
la qualité, c'est toujours le nerf de la guerre, entre autres, j'ai hâte à
entendre Valorisons ma profession parce que c'est sûr, ils vont parler de ça.
Là, capacités d'accueil. Si moi là, je lis le projet de loi puis, je comprends,
on parle de 12 enfants, mais à moins que je n'ai pas compris, puis
peut-être, maître, vous pourriez nous éclairer là-dessus, mais on parle de plus
d'un groupe de deux par RSGE qui peuvent être combiné dans un même immeuble.
Ça, ça veut dire qu'on peut avoir comme 36 enfants. Est-ce que ça, c'est
acceptable selon vous? Parce qu'il y a aussi des craintes que nous avons
entendu des mini CPE, là, on est en train de dénaturer le modèle de ce que nous
voulions partager avec les parents comme offre de services. Je ne dis pas que
c'est bon, pas bon, je souhaite vous entendre là-dessus. Avez-vous la même
lecture? Et si oui, 36 enfants, c'est-tu trop?
M. Picard Rens
(François-Xavier) : Bien, en ce moment, il faut comprendre que la
façon dont c'est écrit, c'est que ça permettrait qu'il y ait plus qu'un service
de garde en communauté dans un même bâtiment. Là, va falloir voir... C'est
toujours une question de précision, la loi crée l'architecture, mais le détail
n'est pas là. Si on fait juste regarder par exemple les règles... les règles du
bâtiment, la loi sur le bâtiment, le code de la sécurité du bâtiment, etc.,
tous les... l'ensemble de règles qui rentrent là-dedans, tout est défini sur un
niveau architectural, quel genre de bâtiments peuvent recevoir combien
d'enfants, puis, à la fin de la journée, la ligne est tracée à neuf.
Mme Maccarone : Mais on peut
avoir 36 enfants.
M. Picard Rens (François-Xavier) :
Mais... la ligne est tracée à neuf, mais c'est pour... puis, là, la loi sur les
services de garde emploie le mot «résidence» qui n'est pas un mot
architectural, et donc on est déjà un peu à une certaine dissonance, mais
pour... plutôt que de corriger ça, ce qu'on a fait, c'est qu'on est venu écrire
dans la loi sur les services de garde : neuf enfants maximum en milieu
familial. Maintenant, avec le projet de loi, on va augmenter ça. La réalité,
c'est que, si je prends un bâtiment à appartements, par exemple, les grandes
tours, qu'on a proche des ponts, bien, la loi, comme elle est écrite
maintenant, puisqu'elle parle de résidence, c'est-à-dire que chaque personne
qui a un logement au Jules-Dallaire...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci...
M. Picard Rens (François-Xavier) :
...pourrait ouvrir un neuf places, donc, mais déjà là, votre 36 places...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci... Parfait. Je dois vous arrêter. Le temps imparti à
l'opposition officielle est terminé. On poursuit avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve
pour trois minutes 18 secondes.
• (16 h 10) •
M. Leduc : Merci, Mme la
présidente. Bonjour à vous deux. Plaisir de vous rencontrer aujourd'hui. Ma
première question est assez simple. Dans le fond, tu sais, on crée une nouvelle
catégorie, vous l'avez bien mentionné tantôt dans votre exposé puis on l'a...
c'est très clair dans votre mémoire, est-ce qu'on n'aurait pas pu tout
simplement élargir la catégorie du milieu familial pour intégrer le milieu en
communauté?
Mme Lessard (Francine) : Actuellement,
il y a quand même des...
Mme Lessard (Francine) :
...milieux familiaux où on a... où on retrouve, dans l'esprit du projet pilote,
deux RSGE dans une résidence privée, mais cette fois-ci pour neuf enfants, parce
qu'ils sont dans une résidence privée. Donc, il y a une des deux personnes qui
doit fournir la résidence, hein, elle appartient à une des deux, et les
arrangements financiers sont un peu plus compliqués parce qu'il y en a une qui
fournit l'ameublement, qui fournit souvent la nourriture et la maison
elle-même.
Alors, c'est sûr que ça ne changeait
pas... Nous, ce qu'on avait observé quand on est allé en France, c'est ce
qu'ils appellent, eux, des relais maternels. Donc, c'est vraiment le même
modèle qu'on a discuté avec M. Lacombe à l'époque, mais c'est des... les
relais maternels en France, c'est vraiment permettre à des gens d'opérer à
l'extérieur de leur résidence pour plein de facteurs, entre autres... Ce n'est
pas tout le monde qui aime... On fait du télétravail depuis quelques années,
pour plusieurs. Il y a des gens que le télétravail, ça fonctionne
merveilleusement bien, ils sont super heureux, puis il y en a d'autres que ça
fonctionne moins bien parce qu'ils ont besoin de changer de... changer d'air,
en bon français, de se trouver dans un nouvel environnement. Donc, il y a des
requérantes qui ne viendraient pas pour ouvrir un service de garde dans leur
condo sur le boulevard Laurier parce qu'ils veulent sortir de ce mode-là puis
vivre autre chose ailleurs.
Alors, ça permet justement d'avoir une
attraction qui n'était pas là pour des gens qui ont besoin de travailler à deux
personnes. C'est déjà... je pense, en tout cas, ça dépend de chacun des
individus, mais c'est quand même plus stimulant d'être avec quelqu'un d'autre.
Pour certaines personnes, c'est plus stimulant d'être avec quelqu'un d'autre
puis de passer une journée avec d'autres adultes. Donc, c'est un mode de garde
qui a toute sa place, mais qui ne remplace pas la garde en milieu familial.
M. Leduc : En matière de
régime de travail, on le sait que le milieu familial a son propre régime de
travail, un peu parallèle à celui des CPE. Est-ce... puis, ce que j'ai bien
compris de l'analyse d'impact réglementaire, c'est qu'ils seraient... les
personnes en milieu communauté seraient intégrées au régime de négociation
actuel du milieu familial. Pouvez-vous nous expliquer un peu comment vous voyez
ça, comment ça va se mettre en pratique?
Mme Lessard (Francine) : Là,
je n'ai pas bien saisi. Je te laisse aller.
M. Picard Rens
(François-Xavier) : À la base, les responsables de services... les
catégories créées, c'est qu'à la place d'avoir les bureaux coordonnateurs puis
les responsables de services de garde en milieu familial, on a les bureaux coordonnateurs,
les responsables de services de garde éducatifs, certaines en milieu familial,
certaines en communauté, mais elles sont toutes des responsables de services de
garde éducatifs. Et donc, comme elles vont être subventionnées, toutes celles qui
vont être subventionnées ont droit à joindre... se joindre aux associations, et
donc elles sont, au niveau rémunération, la même rémunération que... C'est
simplement qu'on est venu les définir plus, mais on n'a pas changé qu'est-ce
qu'elles étaient fondamentalement. Donc...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine le temps pour le
collègue. On termine avec la députée de Terrebonne pour
3 min 18 s.
Mme Gentilcore : Merci. Merci
à vous deux d'être là aujourd'hui. J'ai une petite question. Tu sais, j'imagine
que, bon, ça se fait de manière organique à la base, là. Ce projet pilote là,
j'imagine, émane d'un besoin et de démarches qui ont été organiques
probablement à la base. Est-ce qu'il y a des situations dans lesquelles les
municipalités ont voulu donner des incitatifs financiers, par exemple, pour
ouvrir des places? Puis comment c'est géré sur le terrain, puis est ce...
comment on a conjugué avec ça, là, dans le cadre des projets pilotes?
M. Picard Rens (François-Xavier) :
Bien, le spécifique de chaque municipalité,là, dans le droit municipal, comment
ils ont droit de gérer leur budget, je ne peux pas faire semblant que c'est ma
spécialité, mais ce qu'il s'est passé, c'est que, souvent, on va avoir un
local, mais il n'est pas parfait. Alors, les municipalités, souvent, vont
investir dans le local. Quand ils sont smattes, ils investissent à deux fins,
ils vont investir à la fin : Bien, si ça ne marche pas ou si ça ferme,
puis, bien, pour l'instant, est-ce que ça remplit mes conditions? Souvent, on a
vu une municipalité qui avait un plus vieux local, par exemple, qui, à la base,
ils voulaient le rénover. Ils ont dit : Bien, on va pouvoir mettre un
service de garde là-dedans si on respecte certaines normes du bâtiment dans
la... Ça, c'est numéro un.
Le numéro deux, il y a eu des vrais
incitatifs financiers, un peu, qui ressemblent à ceux que le ministère de la
Famille donne déjà, qui ont été rajoutés par certaines municipalités pour
essayer d'attirer des responsables de services de garde, surtout dans les
régions où est-ce que, bien, ils n'en ont pas, parce que c'est les régions...
moins, la population est dense, bien, plus c'est difficile d'avoir un service
de garde et plus c'est difficile de trouver des gens pour venir travailler dans
les services de garde. Donc, des fois, il faut vraiment les attirer. Donc,
c'était un peu... j'ai envie de dire, une certaine copie de ce que le ministère
de la Famille fait déjà, mais en bonus, donc...
Mme Gentilcore : Est-ce que
vous avez vu une certaine iniquité, peut-être, entre certaines municipalités,
c'est-à-dire que celles où il y a vraiment une volonté politique de la part de
la municipalité, bien là, c'est beaucoup plus facile de le mettre en place puis
s'il y a d'autres municipalités où ils sont plus serrés où il y a quoi que ce
soit, ils ont moins de marge de manœuvre financièrement, là, c'est plus
difficile de mettre ces projets en place?
M. Picard Rens
(François-Xavier) : Pas au niveau... bien, je n'en ai pas entendu
parler au niveau financer, peut être que ça existe. Il y a certaines
municipalités qui étaient juste contre, ils ne voulaient pas, mais ils se sont
fait dire : C'est le gouvernement du Québec qui nous remet ça sur nos
épaules...
M. Picard Rens (François-Xavier) :
...pas intéressé. Il y a eu cette réaction-là dans certains... certaines
régions. Je ne sais pas si ça a duré, mais au tout début, définitivement, il y
a eu certaines municipalités qui se sont mis ensemble et qui ont fait comme :
Non, pas chez nous.
Mme Lessard (Francine) : ...aussi.
Moi, je me souviens d'avoir fait une présentation à l'Union des municipalités,
et il y avait quand même plusieurs élus dans la salle où je présentais, c'était
au tout début des projets pilotes, et il y avait une confusion chez nos élus à
dire : Là, moi, il faut que j'ouvre un service de garde. Non, vous
n'ouvrez pas un service de garde, vous êtes partenaire dans l'ouverture d'un
service de garde, mais la responsabilité de l'encadrement appartient au bureau
coordonnateur. Ça ne change rien. Alors, cette confusion-là, on a... on y a
travaillé fort au cours des... dernières années, à amener nos élus à bien
comprendre le rôle de partenariat.
Mme Gentilcore : ...question.
Les deux éducatrices qui se retrouvent à être pairées ensemble, il faut qu'il y
ait une certaine accointance et il faut qu'il y ait des atomes crochus. Comment
c'est géré? Puis qu'est-ce qui arrive, s'il n'y a pas de patron au-dessus
d'elles, quand il arrive un désaccord peut-être par rapport à certaines...
Comment ça...
M. Picard Rens
(François-Xavier) : C'est l'entente de collaboration. À la base, ils
sont obligés par la directive, maintenant par la loi, d'avoir une entente de
collaboration qui prévoit comment ils vont fonctionner ensemble. Il n'y a pas
de langage obligatoire dans cette entente-là. On peut vraiment y mettre ce
qu'on veut. Il y a des choses qui sont proposées par le ministère de la
Famille, il y a des choses qui sont proposées par différentes associations qui
travaillent dans le réseau. C'est... C'est... Jusqu'à date, quand il y a eu une
problématique, ça a pris beaucoup de temps puis ça...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci...
M. Picard Rens
(François-Xavier) : Mais je n'en ai pas vu un où est-ce que ça a
vraiment...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Me Picard, Mme Lessard, merci beaucoup pour
votre contribution. Je suis désolée. Je suis la maîtresse du temps, comme le...
comme je me plais à le dire. Merci pour votre apport à nos travaux.
Je vais suspendre quelques instants, le
temps de recevoir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 17)
(Reprise à 16 h 20)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La... La commission reprend ses
travaux. Donc, pour cette deuxième présentation, nous recevons les
représentantes de Valorisons ma profession. Alors, mesdames, bienvenue à la
Commission des relations avec les citoyens. Alors, vous allez avoir une période
de 10 minutes d'abord pour vous présenter et ensuite présenter l'essentiel
de votre mémoire que nous avons reçu, que vous avez reçu dans vos courriels,
mesdames et Messieurs les élus. Et, par la suite, bien, on va entamer la
période de discussion justement avec les parlementaires. Alors, les
10 prochaines minutes sont les vôtres, la parole est à vous.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Merci,
merci, Mme la Présidente. Mme la ministre... Mesdames, messieurs les membres de
la commission, merci de nous recevoir. Je suis Mariève Péloquin, accompagnée
d'Emma Bernard. Nous nous présentons. Nous représentons Valorisons ma
profession. Nous intervenons parce que le projet de loi numéro 12 touche
un intérêt... un travail d'intérêt public essentiel, celui d'assurer pour les
tout-petits la santé, la sécurité, le bien-être et le développement, en
cohérence avec des repères publics applicables aux services de garde...
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : ...éducatifs
à l'enfance. Notre point de départ est simple. Quand l'État exige une qualité
éducative élevée au nom de la protection du public, les conditions
structurantes qui rendent cette qualité praticable doivent être garanties et
financées comme un plancher commun partout au Québec. Aujourd'hui, nous voulons
partir de cinq éléments qui reviennent dans la recherche, dans les expériences
de terrain : la formation, l'importance de la personne éducatrice pour la
qualité éducative, la valorisation du rôle en milieu familial, la frontière
mince entre le travail et la famille et le double rôle qui caractérise ce
travail.
Mme Bernard (Emma) : Donc,
tout d'abord, la formation. Les travaux québécois sur le milieu familial
rappellent une réalité très concrète : la responsable porte à la fois
l'intervention éducative, l'organisation du quotidien et des responsabilités
connexes de gestion. Cette charge-là, elle est élevée, avec des plages
d'ouverture d'une grande amplitude auxquelles vont s'ajouter souvent la préparation,
l'entretien et l'administration. Dans ce contexte-là, exiger des rehaussements
de pratiques ou des mises à jour de formation sans prévoir de modalités de
libération et de remplacement, bien, c'est placer la qualité sur les épaules
d'une seule personne sans lui offrir les moyens de la soutenir pour la mettre
en place. C'est pourquoi nous insistons. Si le projet de loi n° 12
renforce des obligations, comme nous l'avons vu, par exemple, avec le projet de
loi n° 46 qui rend imputable les personnes éducatrices, il doit aussi
rendre possible la formation par des conditions de mise en oeuvre concrètes. La
formation, ce n'est pas un supplément, c'est un déterminant de la qualité, mais
elle devient difficile à soutenir sans une organisation du travail et sans
relève. Et la formation rejoint directement la question de la reconnaissance
professionnelle.
Au congrès de l'ACFAS en 2025 ans, il
y a une éducatrice en milieu familial, Mélissa Jobin, qui l'a formulé ainsi, et
je cite mot à mot : Moi, je ne dis jamais que je suis une RSG, je suis une
éducatrice en milieu familial parce qu'il y a un écart entre une RSG et une
éducatrice par rapport à la polarisation de la profession par rapport aux
études que j'ai faites. Cette phrase résume un enjeu majeur. Si on veut
développer l'offre, il faut éviter de maintenir un écart entre ce qui est
attendu en matière de compétences et ce qui est offert en matière de conditions
d'exercice, sinon on fragilise l'attraction, la rétention et la qualité.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Le
deuxième point est l'importance de la personne éducatrice pour la qualité
éducative. La qualité en petite enfance ne se résume pas à une conformité
administrative, elle se joue dans les interactions, dans l'observation,
l'ajustement, la prévention, le soutien au jeu et la collaboration avec les
parents. Elle repose sur des compétences professionnelles et sur une présence
éducative constante, attentive et stable. Autrement dit, quand on parle de
qualité, on parle d'un travail relationnel qui mobilise aussi la dimension de
«care» et de travail émotionnel. C'est précisément pour cela que la qualité ne
peut être traitée comme une performance individuelle. Elle dépend d'un ensemble
de conditions structurantes et d'un partage clair des responsabilités entre la
personne sur le terrain et l'architecture du système.
Mme Bernard (Emma) : Le
troisième point, la valorisation du rôle des responsables en milieu familial, y
compris en communauté. Oui, leur contribution, elle est majeure, mais la
valorisation ne peut pas être uniquement symbolique. Si on élargit l'offre en
communauté, il faut que l'encadrement soit crédible, soutenant et équitable.
Parce que la qualité attendue, elle, elle reste la même, il s'agit de
protection du public. Et ça, ça suppose un principe simple, la capacité d'une
responsable à être soutenue, accompagnée et outillée ne doit pas dépendre du
territoire. La protection du public doit être uniforme, donc les conditions
d'accompagnement doivent être balisées.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Quatrième
point, la frontière mince entre le travail et la famille et le double rôle.
Même lorsque l'activité se déploie en dehors du domicile, la culture du milieu
familial peut se maintenir, donc le groupe multitâches, l'organisation autonome
du travail, le cumul des responsabilités éducatives et des tâches connexes.
Cette configuration a des forces, mais elle crée aussi une réalité exigeante.
La responsabilité est à la fois... La responsable, plutôt, elle est à la fois
éducatrice, gestionnaire du quotidien, responsable de la conformité,
responsable des communications, responsable de la continuité de services. Dans
un tel modèle, la frontière entre les responsabilités professionnelles et la
vie personnelle tend à s'amincir en termes de charge et de disponibilité
mentale...
Mme Gaudet-Péloquin
(Mariève) : ...et c'est là que se loge notre principal avertissement.
Si on augmente les obligations et les conséquences dans un socle commun de
soutien, de relève et d'accompagnement, on fabrique une imputabilité
individuelle sans moyens. Ce n'est pas une façon durable de développer l'accès
ni de stabiliser l'offre.
Mme Bernard (Emma) : Donc,
à partir de ces constats, nous formulons des recommandations concrètes qui
visent toutes le même objectif : faire en sorte que l'accès se développe,
oui, mais sans fragiliser la qualité éducative et la protection du public.
Donc, financement de base des bureaux coordonnateurs, équitables et prévisibles
afin d'assurer un plancher commun de services de soutien partout au Québec,
enveloppes dédiées à l'accompagnement de la qualité prioritairement pour le
milieu familial afin d'assurer une capacité stable de soutien aux pratiques et
de suivi, conditionner l'augmentation des places en communauté à un dispositif
déjà opérationnel de soutien à la qualité adapté au milieu construit avec les
responsables, une base commune, un dialogue réflexif, un accompagnement,
concertation et suivi. On ne peut pas augmenter la complexité et les
obligations puis espérer que les conditions vont suivre. Mettre en place une
solution territoriale de relève financée et disponible, remplacements pour les
absences, remplacements lors des formations, la concertation et les situations
critiques. Sans relève, la formation et la qualité deviennent des attentes
difficiles à obtenir. Prévenir les ruptures de service en cas de fin d'entente,
de collaboration. On parle de prévoir un mécanisme clair de transition et de
régulation pour protéger la continuité des enfants et des familles.
Enfin, nous recommandons un suivi public
des indicateurs par territoire et par type de prestations. Une évaluation
indépendante de la mise en œuvre et un mécanisme d'ajustement rapide. L'accès
ne doit pas être développé au prix d'une variabilité de la qualité selon les milieux
et le territoire.
Mme Gaudet-Péloquin
(Mariève) : En conclusion, nous reconnaissons l'objectif d'améliorer
l'accès, mais nous vous invitons à retenir ceci : en petite enfance, la
qualité se construit dans les interactions et dans l'organisation qui les rend
possibles. Si le PL n° 12 veut réussir, il doit
arrimer obligations et moyens et éviter que la protection du public repose sur
l'épuisement individuel ou sur des écarts de soutien entre territoires. Nous
vous remercions de votre écoute et nous sommes disponibles pour répondre à vos
questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, merci beaucoup, mesdames, pour cette présentation.
Alors, justement, on va entamer la période de discussion.
Mme la ministre et votre banquette, vous
avez, encore une fois, 16 min 30 s.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. Merci, Mme Bernard et Mme Péloquin, pour votre
participation, votre préparation, le temps que vous avez pris aussi pour
rédiger ce mémoire-là. J'en prendrai certainement connaissance de manière très,
très précise, alors je vous remercie pour le dépôt de ça. Merci de ce que vous
faites aussi pour valoriser la profession. C'est très important. Vous nous avez
parlé effectivement de valorisation qui est directement en lien avec votre
mission. J'aimerais peut-être vous amener un peu plus sur l'encadrement, là.
Vous en avez fait part, je pense, un peu tout à l'heure. Selon vous, quel
devrait être le rôle, là, des bureaux coordonnateurs envers justement, là, les
RSGEC, là?
• (16 h 30) •
Mme Gaudet-Péloquin
(Mariève) : Oui...
Mme Champagne Jourdain :
Comment vous voyez...
Mme Gaudet-Péloquin
(Mariève) : ...Oui, en fait, qu'est-ce qu'on entend sur le terrain,
c'est que ce n'est pas équitable. On peut parler avec une RSG qui est... je
vais dire RSÉ, plutôt, qui est dans la région exemple, de Joliette, versus une
qui est dans la région exemple, de Laval, ils vont nous dire qu'ils n'ont pas
les mêmes services d'un bureau coordonnateur versus l'autre. Là, qu'est-ce que
ça m'amène à penser, c'est qu'une personne RSGE doit être accompagnée en termes
de qualité, au niveau des questionnements, au niveau de l'accompagnement
qu'elle peut recevoir. Donc, vraiment, qu'est-ce qu'on entend, c'est d'avoir un
service qui est bienveillant, en fait, et non pas une police qu'on vient
inspecter, taper sur les doigts. Donc, on accompagne avec bienveillance, en
fait, ces personnes-là, on les écoute, puis on tente de coconstruire aussi la
qualité éducative en les écoutant aussi, les RSGE.
Donc, ce serait vraiment d'avoir une
présence bienveillante, constante, toujours se rappeler que c'est un service
qui... qui est là pour les enfants, pour la qualité éducative, elle doit
être...
16 h 30 (version non révisée)
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
...soutenue par l'État, par les bureaux coordonnateurs, par les gens qui l'entourent.
Donc, c'est une... à cette personne-là à tout supporter.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup pour ces précisions-là. Justement, concernant la qualité éducative,
là. Le projet de loi propose qu'il y ait deux RSGE, dans le fond, établies dans
un emplacement en communauté. Bien, le projet de loi, ce qu'il propose, c'est
qu'elles puissent effectivement collaborer. Ça pourrait permettre, là, que
l'une soit responsable de certaines activités, l'autre... par exemple, d'activités
pédagogiques, l'autre, d'activités, là, qui pourraient être d'une autre nature,
selon leur intérêt, leur préférence ou leur expertise, là, respective. Est-ce
que vous croyez que cette mesure-là, elle est favorable pour la qualité
éducative?
Mme Bernard (Emma) : Bien, si
je peux me permettre de répondre, je pense que la qualité éducative ne se
mesure pas seulement au type d'activités que font les personnes éducatrices. Tu
sais, ça va se... c'est beaucoup plus large que ça, ça va dans les
interactions. Donc, peu importe le type d'activité, tu peux être celle qui va
faire des activités pédagogiques, mais activité pédagogique ne signifie pas nécessairement
qualité. La qualité, c'est quelque chose de tellement plus large, qui englobe
le soutien émotionnel, le soutien aux apprentissages, le soutien aux
comportements. Tout ça rentre dans la qualité. Donc, de dire : Une va s'occuper
plus des activités pédagogiques, l'autre va... s'occuper plus... je ne le sais
pas, peut-être d'aller jouer dehors. Ce n'est pas... ce n'est pas suffisant
pour s'assurer d'une qualité, qu'elles soient deux, qu'elles soient trois,
parce qu'elles sont deux aussi dans des milieux... dans les installations. Et
rien ne prouve qu'être deux amène une meilleure qualité.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
Puis, si je peux me permettre, Emma, de renchérir sur ton point, c'est qu'il ne
faut pas oublier que les RSÉ, ils ont une charge de travail qui est immense. Elles
sont responsables de tout, elles sont... Au nom du travailleur autonome, on
leur... elles sont responsables vraiment de tout. Donc, c'est une... Nous, qu'est-ce
qu'on pense, c'est que plus qu'une... une éducatrice en milieu familial a une
charge de travail qui est très grande, bien, plus que ça va venir impacter la
qualité des interactions. Parce qu'il ne faut jamais oublier que la qualité
structurelle, donc, tous les lois, les règlements, toutes les balises vont
venir en support avec la qualité éducative, donc la qualité des processus.
Puis, dans toutes les évaluations, dans
toutes les... dans la recherche, qu'est-ce qu'elle nous dit, dans... la
dimension de la qualité éducative qui a le plus d'impact sur le développement
de l'enfant et sa réussite éducative future, c'est la qualité des interactions
entre la personne éducatrice et l'enfant. Donc, plus qu'elle est chargée... Là,
on demande de faire 50 heures semaine, à ce qu'on comprend, donc elle va
sortir de chez eux, faire un 50 heures semaine dans un... dans une place
communautaire. En plus, il va y avoir toutes les... Il y a de la recherche qui
mentionne, là, qu'il y a à peu près un 10 heures, même, et plus, qui est
ajouté au niveau des tâches connexes, qui ne sont pas en présence d'enfants.
Donc, c'est lourd, là, comme travail.
Mme Bernard (Emma) : C'est
énorme, c'est énorme.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
C'est énorme. En fait, là, la personne, qu'est-ce que nous, on pense vraiment,
c'est que la personne qui est en charge des interactions entre la personne...
en fait, l'enfant, ne devrait pas à avoir tout ça sur les épaules toute seule.
C'est... on doit l'aider, on doit la supporter.
Mme Bernard (Emma) : Tout seul
ou même à deux, parce que, dans ce cas-ci, on passe de six enfants, on est
quand même 12 enfants et deux responsables, donc ça ne va pas diminuer la
charge non plus.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
Exact. Non.
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
une question de précision, c'est... c'est intéressant ce que vous avez dit, là,
vous parlez... vous avez parlé de la charge. Puis c'est quand même... c'est
quand même similaire à une RSGe en milieu familial, là. Donc, moi, j'aimerais
peut-être avoir des précisions sur votre manière de voir ça. Est-ce que vous
pensez qu'en communauté ça devrait être moins chargé? Puis le fait d'être deux...
puis là j'ai quand même une deuxième question. Le fait d'être... de pouvoir
être deux, ensemble, ça leur permet aussi maintenant de se soutenir, là. Donc,
j'aimerais vous entendre là-dessus.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
Bien, en fait, là, la... vraiment, là, qu'est-ce qu'il faut vraiment retenir, Mme
la ministre, c'est que la... le travail numéro un d'une personne, d'une
personne éducatrice, c'est d'être... des interventions avec les tout-petits.
Ça, c'est le travail numéro un. Pour faire rouler...
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
...ça prend quelqu'un qui va désinfecter, faire du ménage, ça va prendre
quelqu'un qui va répondre aux questionnements des parents, ça va prendre
quelqu'un qui va faire à manger, ça va prendre quelqu'un pour faire tout. Donc,
il n'a pas ce soutien-là. Puis, en fait, dans les milieux familiaux, présentement,
elles se sentent... présentement, il y a une charge de travail. Les conditions
de travail, qu'est-ce qu'on trouve vraiment dommage, c'est que les conditions
de travail, c'est un... un déterminant, en fait, à la qualité éducative. Donc,
c'est, plus qu'on est supporté, plus qu'on a des meilleures conditions de
travail, plus que la qualité éducative va... c'est pour justement la soutenir.
Je ne sais pas si vous avez déjà vu, en fait, passer plus d'une heure, en fait,
dans un... dans un milieu familial, dans un CPE, le travail émotionnel, il est
immense en petite enfance. C'est une charge de travail, c'est vraiment... On
rentre... En fait, on les apparente beaucoup dans le travail du.... Donc, nous,
on est inquiètes. C'est là où est-ce qu'on... Être deux dans un... avec six,
12 enfants, c'est quand même beaucoup.
Mme Bernard (Emma) : Puis
j'aimerais rajouter un peu, le fait d'être en milieu dans sa maison... Là, je
vais donner un exemple. Je n'ai pas été responsable RSG, mais je peux imaginer
que, si tu dis à la fin de ta journée, il est rendu 6 heures, les enfants
sont partis, tu es vendredi, tu sais : Je vais faire le ménage de mon...
de mon local, de mon lieu où les enfants sont durant la fin de semaine. Mais là
tu es dans un autre endroit, tu es à l'extérieur de ta maison. Donc, ce
temps-là, il est quand même hors présence des enfants, mais c'est aussi quelque
chose qu'il faut faire. Donc, ça vient se rajouter. Donc, c'est un peu ça
aussi... nos questionnements, nos inquiétudes, tout ça. Je ne sais pas si ça
répond à votre...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
merci. Bien, en fait aussi, peut-être, peut-être expliquer que... peut-être
préciser que le fait d'être deux RSGE ensemble, ça permet aussi de se partager
l'arrivée le matin et aussi la fin de la journée. Et c'est ce qui a été aussi
partagé par les RSGE qui participaient au projet pilote, de pouvoir... Ça leur
permettait de se soutenir. Ce n'est pas nécessairement tout le monde, comme on
nous l'a expliqué précédemment, qui veulent aller en installation en CPE ou en
garderie. Alors, c'est ce que ça permettait d'apporter. Mais j'ai bien compris
votre... vos explications, ce que vous avez apporté.
J'aimerais peut-être ça vous amener sur la
recommandation 5 de votre mémoire qui est «prévenir les ruptures de
services liées à la fin d'une entente de collaboration par un mécanisme clair
de transition et de régularisation afin de protéger la continuité pour les
enfants et les familles». Comment vous voyez ce mécanisme clair là de
transition, compte tenu que les RSGE sont encore et toujours des travailleurs
autonomes avec ce projet de loi là?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
Je vais répondre. Il ne faut pas... Je pense que l'État ne peut pas se
déresponsabiliser face à l'éducation de la petite enfance, aux tout-petits, au
nom d'un titre du travailleur autonome. Travailleur autonome, c'est vraiment...
oui, elle décide, en fait, de ses pratiques éducatives. Elle décide de comment
elle va organiser son milieu. Mais je pense qu'il y a des limites à... à se
déresponsabiliser, en tant que société, à tout mettre ça sur les épaules d'une
seule personne. Quand on parle, exemple, une question qu'on s'est beaucoup
posée, c'est que la charge de travail, elle est quand même immense, en plus, on
ajoute le volet communautaire, donc, on les sort de chez eux. Il y en a
peut-être que, oui, effectivement ça leur convient, puis ça, on l'entend aussi.
Mais où est-ce que nous, on est inquiet, on s'intéresse vraiment au contexte de
qualité, donc, qu'est-ce qui rend possible la qualité éducative. C'est là où
est-ce qu'on se questionne.
Donc, en fait, quand une personne... une
charge de travail, quand une personne est épuisée, donc, décide de partir, mais
qu'est-ce qui va arriver avec ses places? Est-ce qu'elles vont...
• (16 h 40) •
Mme Bernard (Emma) : Ce n'est
pas garanti que quelqu'un d'autre va vouloir venir prendre la place de la
personne éducatrice qui est partie. On pense à des congés de maladie, peu
importe les sources, les raisons. Donc, c'est là les mécanismes dont on parle,
mettre en place quelque chose qui va...
Mme Bernard (Emma) : ...assurer
la continuité auprès des enfants, auprès des familles aussi. Donc, c'est quoi?
Ce milieu communautaire va fermer? Qu'est-ce qui existe? Qu'est-ce qui est mis
en place pour s'assurer de la continuité?
Mme Champagne Jourdain : ...tu
sais, comme un mécanisme de transition, peut-être. Comme transition.
Mme Bernard (Emma) : Oui. On
n'a pas compris le début, je m'excuse, Mme la ministre.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
Un mécanisme de transition.
Mme Champagne Jourdain : Qu'est-ce
que vous proposez? Avez-vous... propositions ou...
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
C'est sûr que ça va être... Il va falloir qu'on réfléchisse ensemble, vous,
nous, l'état, le comment qu'on peut voir, comment s'assurer... Mais, moi, je
suis convaincue d'une chose, Mme la ministre, c'est que si les conditions de
travail sont... pour la personne, elle va avoir le goût de rester. Si on lui
remet tout ça sur ses épaules, il va avoir des départs. Ça, c'est presque écrit
dans le ciel.
Mme Champagne Jourdain :
Merci. Moi, je n'ai plus de question.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. On va poursuivre les discussions avec
l'opposition officielle et la députée de Westmount—Saint-Louis, neuf minutes
54 secondes.
Mme Maccarone : Merci.
Bonjour, mesdames, Mme Péloquin, Mme Bernard, un plaisir de vous avoir avec
nous ici en commission parlementaire. Merci pour votre témoignage puis pour
votre mémoire puis merci aussi, parce que c'est sûr quand on parle de
Valorisation la profession, on parle de la qualité éducative. Alors, c'est
toujours bien de vous entendre. Mais aussi protection du public, parce qu'on ne
parle pas assez de ceci puis j'aurais des questions en lien avec ça, mais je
souhaite juste prendre la balle au bond par rapport à les derniers échanges que
vous venez d'avoir avec la ministre quand on a... on a des craintes par rapport
les bris de service. Ça, ça existe partout dans le réseau, on peut avoir autres
services qui vont fermer, mais il y a quand même des balises en place où il
doit donner un avertissement aux parents d'une certaine temps. Est-ce que ça,
ce serait acceptable pour vous en termes de continuité? Parce qu'on ne peut pas
éviter des bris de service. C'est des travailleuses autonomes, elles ont le
droit, comme c'est indiqué, c'est... de fermer. Mais il y a quand même une
période de temps, d'avertissement. Est-ce que ça, ça rejoint un peu la période
de transition pour vous, pour protéger les parents pendant cette... et les
enfants pendant cette transition?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Qu'est-ce
qui nous inquiète, c'est vraiment la continuité... dans la qualité du récit, on
retrouve la continuité du lien, donc la continuité pédagogique, la continuité
de la présence d'une personne significative pour l'enfant. Donc, qu'est-ce qui
nous inquiète, c'est, par exemple, une personne qui se blesse. Donc, du jour au
lendemain, ne peut pas offrir les services. Donc, c'est du jour au lendemain,
le parent va se retrouver, en fait, avec cette situation. Donc, l'enfant... les
dommages faits à l'enfant, c'est... il va être quand même très représentatif,
puisque l'enfant va avoir... va connaître un bris de relation. Et ça, c'est... ça
va venir jouer dans son développement.
Mme Maccarone : OK. Je vous
entends.
Mme Bernard (Emma) : Si je
peux me... ah pardon!
Mme Maccarone : Oui.
Mme Bernard (Emma) : Si je
peux me permettre de rajouter, tu sais, on imagine une situation, là, elles
sont deux dans un milieu qui est hors de leur maison... oui, je suis
consciente, tout à fait, des bris de services, il y en a dans tous les milieux,
c'est quelque chose qui arrive. Que se passe-t-il si une des deux personnes
éducatrices ne peut pas se présenter? Là, il y a quand même 12 enfants qui
vont vivre un bris de service, puis là, je pense à ça, dans les installations,
il y a des services de remplacement, je ne sais pas si c'est quelque chose qui
pourrait être proposé pour les bureaux coordonnateurs, parce que sinon ça va se
ramasser, ça ne sera plus que six enfants qui vont avoir ce bris de relation-là
et six familles, mais 12 au complet. Et on pense à la collègue aussi qui
va se retrouver le bec à l'eau, comme on dit. Donc c'est un peu tout ça, là,
qu'il faut...
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Mais,
si je peux me permettre...
Mme Maccarone : C'est certain
que c'est une situation malheureux, mais on le voit beaucoup des bris de
services sur le territoire, à cause de manque des éducatrices qualifiées et il
y a le ratio qui doit être respecté, ça fait que, souvent, il y a des bris du
service puis je sais que vous souhaitez aller encore là-dessus, mais j'ai
d'autres questions, ça fait que si vous me le permettez, je veux quand même
parler un peu de quand on... vous avez dressé un peu le portrait d'imputabilité
sans moyens et je comprends que maintenant, avec les échanges que vous avez eus
avec le ministre, on va avoir deux responsables. Est-ce que vous prévoyez autre
accompagnement pour assurer que cet épuisement que la reçu en communauté ne
soit pas écrasé par tous les nouveaux responsabilités, dont... et d'avoir pris
en charge?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Tu
sais, ça prendrait en fait vraiment un... Il y a... Il y a un proverbe africain
qui mentionne «ça prend tout un village pour élever un enfant». Il faudrait
vraiment avoir un réseau de soutien autour de cette personne-là, de ces
personnes-là. Ça prend...
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : ...ça
prend du soutien de qualité. Malheureusement, on voit que, même au niveau des
programmes, là, du certificat universitaire en soutien pédagogique dans les
services éducatifs à l'enfance, là, il y en a moins, de moins en moins. On
trouve qu'il y a quelque chose. La qualité s'est effritée dans les dernières
années, même au niveau des connaissances en petite enfance. Donc, ça prendrait
vraiment un soutien de qualité autour de ces personnes-là pour le bien... le
bien des enfants et des familles.
Mme Maccarone : OK, je comprends.
C'est peut-être difficile à rejoindre, ce besoin, parce qu'on comprend qu'un
soutien, un accompagnement... mais ça, ça nécessite des fonds, alors ça
nécessite du budget, qui m'amène à la question, vous l'avez... vous l'avez
abordée un peu, la formation. La formation dans chacune des professions, c'est
le nerf de la guerre. La requalification aussi, ce n'est pas juste la
qualification. Comment voyez-vous cette formation qu'on dit vraiment
essentielle? Mais ce n'est pas subventionné. Alors, comment est-ce qu'on va
libérer les éducatrices, que ce soit de ce milieu ou autre, là, poursuivre
cette formation? Ça fait que c'est quoi, votre vision pour poursuivre avec
ceci, étant donné... l'essentiel de ce rôle puis le besoin de formation?
Mme Bernard (Emma) : Bien, je
pense que c'est quelque chose dont il va falloir discuter avec les principaux
acteurs concernés, parce que, justement, comment est-ce que ça... il faut qu'il
y ait quelqu'un qui vienne remplacer durant les journées de formation. Donc,
c'est... Tu sais, je n'ai pas de réponse toute faite, mais c'est un bon
questionnement qu'on a nous aussi. Je ne sais pas. Mariève, tu veux rajouter?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Oui.
Bien, en fait, ce que... ça nous a été rapporté du terrain dans les personnes
éducatrices qui sont formées, qui nous ont rapporté que... justement, avoir du
remplacement. C'est une personne, si on demande une formation... Il y a des
personnes qui ont de la difficulté à faire leur stage parce que... exemple,
quelqu'un qui est allé chercher son... une attestation d'études collégiales en
éducation spécialisée, elle doit faire un stage, elle a de la difficulté à
s'absenter, donc ne peut pas avoir son diplôme.
Aussi, une chose qui peut être pour aider,
c'est d'avoir une échelle salariale qui différencie. Donc, je le sais, que
c'est des travailleurs autonomes, je le sais, que ça ne fonctionne pas comme
ça, mais, pour avoir un incitatif à aller chercher une formation supplémentaire
en éducation de la petite enfance, ça serait vraiment d'offrir une
reconnaissance de cette profession-là... de la formation. Donc...
Mme Maccarone : C'est des
très bonnes idées, mais ça m'amène à une question plus large, là, pas
nécessairement en lien avec le PL 12, mais on a donc bien de difficultés de
faire du recrutement des éducatrices et éducateurs qualifiés. Qu'est-ce qu'il
nous manque, qu'est-ce qu'on doit faire? Je comprends qu'il faut valoriser,
c'est la reconnaissance, et tout ça, mais j'avoue que... je suis préoccupée
parce que... Je suis 100 % derrière ce que nous sommes en train de faire
ici, en commission parlementaire, c'est vrai, il faut faire la création de
places, et on voit que ça a fait ses preuves, mais ça reste que... je vous
entends puis j'ai des craintes parce que, déjà, on a de la misère à faire du
recrutement et là on est en train d'ajouter des responsabilités sur les épaules
de nos BC. Puis on a entendu le Vérificateur général, vous l'avez soulevé,
qu'il y a quand même des variations importantes entre les BC. Ça fait qu'est-ce
que nous sommes entrain, dans la façon que le projet de loi est écrit, créé
plus d'inégalités? Tu sais, qu'est-ce que nous pouvons faire pour dresser ce
problème ou adresser ce problème?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Mais,
en fait, ça va être vraiment la politique. Ça va être vraiment vous, les élus,
de porter ce dossier-là haut et fort que... Dans d'autres pays, je m'inspire,
exemple, de la Norvège. Le premier ministre a pris position et a dit : Une
des professions les plus importantes qui existent dans une société, c'est ceux
et celles qui travaillent auprès des tout-petits. Parce qu'on parle beaucoup
des services aux parents, mais on s'intéresse, on dirait, très peu au
développement du cérébral, du cerveau d'un enfant, puis... c'est ça.
• (16 h 50) •
Mme Maccarone : Mais on est
tournés...
Mme Bernard (Emma) : Moi, je
vais...
Mme Maccarone : Allez-y.
Mme Bernard (Emma) : Oui,
excusez-moi. Je vais rajouter justement ça. Je pense que, pour répondre à votre
question, ça passe, oui, comme Mariève l'a dit, par le politique, une volonté
de valoriser, une volonté de se dire : C'est important. Les personnes
éducatrices sont responsables de la vie et du développement des futurs
politiciens, des futurs médecins, des futurs artistes. Ce n'est pas n'importe
quoi, c'est la société de demain. C'est les payeurs de taxes de demain. Donc,
il faut valoriser ça et dire : Wow, c'est important, et le montrer...
Mme Maccarone : ...c'est
certain, on veut des futurs politiciens bien éduqués. C'est sûr, puis ça
commence à la base, c'est vrai, mais on a participé aux mêmes colloques
dernièrement, avec le collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, on a parlé exactement
de ce que vous êtes en train de partager. Il faut changer notre vision. Est-ce
que nous devons voir ça comme fusionner avec le réseau de l'éducation? Parce
que ce n'est pas une garderie, c'est les services éducatifs à la petite
enfance. Ça fait que je vous entends. Peut-être une dernière question
pour moi, parce que je vois qu'il me reste peu de temps. Bon, bien, j'aurais
voulu savoir un peu le plancher de soutien commun, les fonctions essentielles
des BC, mais ça se peut qu'on n'aura pas le temps pour avoir la réponse. Merci
beaucoup
Une voix : Ça va être... à
tout le monde.
Mme Maccarone : C'est bon.Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, on poursuit avec le
député d'Hochelaga-Maisonneuve. Vous avez 3 min 18 s.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous deux. Belle présentation, beau mémoire. Bravo pour
votre préparation pour aujourd'hui! J'avais des questions aussi sur la
recommandation 5, sur la transition, mais l'échange avec la ministre était, je
pense, assez complet. J'avais aussi des questions sur la qualité. L'échange
avec ma collègue était complet aussi.
Il y a d'autres... il y a d'autres sujets.
Il y a des... il y a des groupes, notamment la... si je ne me trompe pas, qui
réclament qu'on inscrive dans la loi que l'entièreté des places qui seront
créées dans le futur, dans cette nouvelle branche là, soient des places
subventionnées. C'est peut-être un peu connexe à votre mission, là, qui est
plus sur la qualité, mais l'accessibilité, ça vous intéresse quand même,
j'imagine. Est-ce que vous seriez ouvertes à ce que... Trouvez-vous que c'est
une bonne posture de dire : Il faut que toutes les places en milieu de
communauté soient subventionnées?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Bien,
en fait, la subvention, c'est le regard que l'on porte, en tant que société, à
la petite enfance. Donc, la subvention, c'est l'aide de l'État qui reconnaît,
en fait, l'importance de cette étape-là, qui est cruciale dans le développement
d'une personne. Ce qu'on compare, des fois... c'est comme si la petite enfance
était une marchandise. La petite enfance, ce n'est pas un bien. Les enfants ne
sont pas une paire de chaussures, ce sont des êtres en développement qui
feront, comme Emma l'a si bien dit, les citoyens... ils sont des citoyens
d'aujourd'hui et de demain. Ils ont des droits. Ils ont des droits : un
droit à une éducation de qualité, ils ont les droits d'être accompagnés par des
adultes compétents. Donc, la subvention vient... vient cadrer, vient... il y a
un lien entre l'État et la personne.
Mme Bernard (Emma) : Vient
permettre, je pense... ça vient permettre... excusez-moi, je cherche mes mots,
là, mais ça vient permettre de mettre en place des éléments. Je pense juste...
la différence de qualité dans les milieux subventionnés, non subventionnés. Si
on part, par exemple, des salaires des personnes éducatrices, il y a beaucoup
de milieux non subventionnés qui ne peuvent pas offrir les salaires, l'échelle
salariale. Donc, ça vient... ça vient soutenir aussi la mise en place
d'éléments de qualité structurelle, ça fait partie de la qualité structurelle,
en fait.
M. Leduc : Parfait. Bien,
merci pour votre réponse. Puis avec le temps qui reste, une minute, est-ce
qu'il y a des éléments de votre mémoire que vous aimeriez souligner, qu'on n'a
pas abordés encore?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Oui.
Bien oui, p uis je l'ai mentionné, mais j'aimerais vraiment le répéter, on
trouve ça... Il faut... une chose qui est vraiment importante, c'est qu'il faut
marteler que c'est des tout-petits, que l'on en parle, puis c'est ça... Woups!
Ça a changé, je m'excuse, c'est les tout-petits, que l'on parle, et vraiment
d'offrir le plus possible les conditions optimales pour que les personnes
puissent vraiment accompagner les tout-petits dans leur développement.
Mme Bernard (Emma) : J'ai
envie de dire que ce n'est pas une relation de clients et de services, c'est
une relation de soutien au développement des enfants.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Exact.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, nous allons terminer nos... nos
échanges avec la députée de Terrebonne pour 3 min 18 s.
Mme Gentilcore : Bonjour,
mesdames. Merci beaucoup de prendre le temps de nous rencontrer aujourd'hui.
Écoutez, je vais continuer un petit peu là-dessus, en fait, parce que, là, je
comprends tout à fait le désir d'avoir des conditions optimales pour s'occuper
de nos tout-petits et aussi le désir de miser sur la qualité. Je suis une
alliée, je suis vendue, évidemment, à tout ça.
Là, on est dans un contexte où on est un
peu dans un vide, hein, c'est-à-dire que c'est des régions, souvent, qui sont
éloignées et où, en ce moment, il n'y a rien qui soit en place, il n'y a pas de
CPE, il n'y a pas de CPE qui vont se rendre là parce que la demande n'est pas
assez élevée. Donc là, on a un désir de faire un premier pas.
Est-ce que vous seriez prête à voir un
processus... là, on a eu un projet pilote, avoir un processus par étapes où ça
pourrait se construire? C'est-à-dire que, déjà, d'attirer, j'imagine, de la
main-d'œuvre qualifiée dans ces régions-là, des fois, ça doit être difficile.
Est-ce qu'il y aurait moyen, peut-être, d'accompagner...
Mme Gentilcore : ...des
personnes éducatrices qui seraient intéressées justement à se former et qui
sont intéressées par cette formule-là qui serait nouvelle dans la communauté?
Est-ce que vous avez une ouverture à ça? Comment vous voyez ça? Parce que je
pense qu'on s'entend qu'entre ne rien avoir puis avoir quelque chose puis
mettre quelque chose en place, on va opter pour mettre quelque chose en place.
Comment vous verriez ça? Ça serait quoi, l'ouverture par rapport à ça si on
construit quelque chose par étapes, là?
Mme Bernard (Emma) : Bien,
moi... il y a une ouverture, tout à fait. Si je peux faire le parallèle, je
pense que les... tu sais, les étudiants qui graduent, s'ils ont des incitatifs
pour aller s'installer en région, pour aller démarrer un projet, qu'on leur...
qu'on ne fait pas juste leur dire : Ça va être le fun, mais qu'on... tu
sais, comme on dit, la bonne expression, que les bottines suivent les babines,
là, qu'il y a vraiment des incitatifs, entre autres financiers. Oui, je pense
qu'il y a moyen de mettre ça en place et, oui, on a une ouverture face à ça,
mais on veut juste s'assurer que c'est fait dans le respect des tout-petits, de
la qualité éducative, que ce n'est pas fait en rajoutant du poids sur les
personnes éducatrices. C'est vraiment juste ça dont on veut s'assurer.
Mme Gentilcore : Parce que...
Mme Bernard (Emma) : Je ne
sais pas, Mariève, si tu veux rajouter.
Mme Gentilcore : Oui,
allez-y.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Non,
mais oui, effectivement, je suis d'accord avec Mme Bernard.
Mme Gentilcore : Donc, parce
qu'évidemment que, là, en ce moment, ce qu'il se passe, c'est que vous avez un
souci, vous avez une préoccupation par rapport à justement la pression qui va
être mise sur ces personnes-là qui vont être éducatrices, mais il faut aussi...
je pense qu'il y a un désir d'agir rapidement, c'est-à-dire qu'on ne veut pas
non plus alourdir inutilement le processus pour s'assurer que ça puisse être
mis en place rapidement. Qu'est-ce qui serait, selon vous, là, les trois choses
essentielles à avoir à mettre en place dès le départ pour un projet comme celui-là?
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) :
C'est en fait... comme l'Île-du-Prince-Édouard a fait, c'est qu'à chaque fois
qu'une personne qui est compétente pour le faire, des places se débloquent. Là,
il faut vraiment s'assurer de... que les personnes soient compétentes pour
pouvoir soutenir les enfants, parce que sinon la qualité éducative ne va pas
dans le sens de l'accessibilité. Il faut vraiment avancer les deux prudemment
pour les tout-petits, pour leur cerveau, pour leur développement.
Mme Gentilcore : Et main dans
la main.
Mme Gaudet-Péloquin (Mariève) : Main
dans la main. Pas juste les places sans les conditions pour offrir la qualité
éducative.
Mme Gentilcore : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme Péloquin, Mme Bernard, merci beaucoup pour
votre présentation. Merci d'être venues améliorer la qualité des échanges et
des réflexions que cela va nous amener. Alors, je vais suspendre la séance
le temps de recevoir notre dernier groupe de la journée.
(Suspension de la séance à 16 h 58)
17 h (version non révisée)
(Reprise à 17 h 08)
Mme Lecours (Les Plaines) : À
l'ordre, s'il vous plaît. La commission reprend ses travaux, alors, pour notre
dernière présentation, aujourd'hui, nous... nous recevons les représentantes de
l'Association des haltes-garderies communautaires du Québec. Mesdames,
bienvenue à la commission, donc, vous allez bénéficier d'une période de 10 minutes
pour nous donner vos recommandations, faire valoir votre point de vue, vos
recommandations sur le projet de loi 12. Et par la suite, nous allons en
discuter avec les parlementaires, alors, les prochaines 10 minutes sont
les vôtres. Allez-y.
Mme Campeau (Anick) : Merci
beaucoup. Alors, Mme la Présidente de la commission, Mme la ministre et mesdames
et messieurs les députés, merci de nous accueillir dans le cadre du projet de
la loi 12. L'Association des haltes-garderies communautaires regroupe 272 haltes-garderies
dans toutes les régions du Québec. Ces haltes-garderies accueillent près de
23 000 enfants chaque année en offrant des services de garde à temps partiel ou
temporaires pour répondre à une multitude de besoins des parents. Dans un
contexte où les familles font face à des horaires flexibles, atypiques, de
situations temporaires ou de besoins particuliers, les haltes-garderies communautaires
offrent une réponse unique et complémentaire aux services de garde éducatifs à
l'enfance. Leur mission : Soutenir le bien-être des enfants et des
familles et favoriser le développement de leur plein potentiel.
Nous sommes conscientes que le projet de
loi 12 vise la prestation de services de garde éducatifs à l'enfance par
les personnes reconnues à titre de responsables de services de garde éducatifs
en communauté. Nous saluons cette volonté de reconnaître la diversité des
milieux et de valoriser la qualité éducative, peu importe le cadre dans lequel
elle s'exerce. Notre intervention, aujourd'hui, porte sur un enjeu précis :
La reconnaissance des compétences du personnel éducateur qui oeuvre en haltes-garderies
communautaires. Les haltes-garderies communautaires sont des milieux éducatifs
complémentaires aux services de garde actuels, le personnel qui y travaille
exerce un rôle éducatif réel, structuré et exigeant dans des conditions
particulières qui demandent une grande capacité d'adaptation et un haut niveau
de professionnalisme. À noter que même si les haltes-garderies ne sont pas dans
l'obligation d'appliquer un programme éducatif, il s'agit d'une pratique
généralisée puisque 97 % d'entre elles en appliquent un, ce qui démontre
encore une fois du professionnalisme, des... du rôle éducatif qui se trouve
dans nos milieux. Dans le cadre des discussions entourant le projet de loi 12,
la notion de mobilité du personnel éducateur est parfois évoquée. Nous tenons
toutefois à préciser que notre démarche ne vise pas à encourager la mobilité de
la main-d'œuvre ni à remettre en question l'équilibre des équipes dans les
différents milieux. Elle vise plutôt à reconnaître et valoriser la qualité du
travail éducatif réalisé en haltes-garderies communautaires ainsi que l'expérience
professionnelle qui y est acquise...
Mme Campeau (Anick) : ...je
cède maintenant la parole à notre directrice générale de l'association, qui
vous présentera plus concrètement la réalité du personnel éducateur en
halte-garderie communautaire et la portée de notre demande.
• (17 h 10) •
Mme Tarjon (Sandrine) : Mme la
Présidente, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, merci. De façon générale,
nous accueillons favorablement ce projet de loi qui instaure un nouveau mode de
garde pour les familles du Québec. Les dernières décennies ont été marquées par
de profondes transformations des structures familiales et des conditions dans
lesquelles elles évoluent.
Les choix familiaux, leurs obligations et
la vulnérabilité de certaines familles ont amené une diversification de leurs
besoins. Pouvoir leur offrir différents types de services de garde de qualité
tels que des CPE, des milieux familiaux, des services en communauté et des
haltes-garderies communautaires, ne pourra qu'être bénéfique pour les familles
québécoises. Ce projet de loi répond aussi aux besoins des RSGE en brisant leur
isolement et en facilitant leur propre conciliation famille-travail.
Il existe d'ailleurs plusieurs similitudes
entre ce mode de garde et les haltes-garderies communautaires. Ce sont des
services de proximité impliquant des partenaires qui connaissent les besoins de
leur communauté et savent s'y adapter, qui favorisent aussi la conciliation
famille-travail ou encore qui accueillent les enfants dans des groupes
multiâges. Sur le terrain, les éducatrices en halte-garderie communautaire
développent des compétences éducatives conformes aux exigences des services de
garde éducatifs à l'enfance, dans des contextes différents mais tout aussi
exigeants. Elles interviennent en multiâges, dans des milieux où la composition
des groupes peut varier au cours de la semaine. Elles doivent constamment
s'adapter aux besoins des enfants, assurer leur santé et sécurité, soutenir
leur développement global et travailler étroitement avec les familles qui
vivent parfois des réalités complexes ou des situations de vulnérabilité.
Ces... ces compétences sont pleinement cohérentes avec celles reconnues dans
les autres milieux.
Et ce que nous souhaitons mettre de
l'avant aujourd'hui, c'est que le contexte d'intervention, à savoir celui des
organismes communautaires, ne diminue en rien la valeur des compétences
développées. C'est pourquoi nous croyons que le temps travaillé en
halte-garderie communautaire devrait être reconnu comme une expérience
éducative pertinente. Le travail en halte-garderie communautaire repose sur des
compétences professionnelles réelles et la reconnaissance des heures
qualifiantes contribuerait à plusieurs choses, à valoriser le rôle éducatif du
personnel, à reconnaître la qualité éducative offerte en halte-garderie
communautaire, à renforcer l'estime professionnelle des éducatrices et à
favoriser une plus grande équité entre les parcours professionnels. Reconnaître
cette expérience, c'est reconnaître la contribution du milieu communautaire et
valoriser le travail éducatif qui y est réalisé.
Notre demande est fondée sur des principes
de reconnaissance, de qualification et d'équité professionnelle. Nous aimerions
donc que les haltes-garderies communautaires soient incluses dans la directive
concernant l'évaluation de la qualification du.... du personnel éducateur de la
petite enfance.
Pour terminer, il nous semble important de
rappeler le rôle essentiel que jouent les associations nationales de services
éducatifs à l'enfance, leur connaissance du terrain et l'importance qu'elles
soient partie prenante dans l'élaboration du futur règlement qui viendra
encadrer ce nouveau service de garde. Nous vous remercions de votre attention
et demeurons disponibles pour répondre à vos questions. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mesdames, pour ce partage. Alors, on va
commencer les discussions avec les parlementaires. Mme la ministre, vous avez
16 min 30 s.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Mme Campeau, Mme Tarjon, je vous remercie. C'est
un plaisir de vous revoir ici, en commission, pour le projet de loi n° 12,
un projet qui nous tient à cœur.
Maintenant, je voudrais peut-être vous
entendre sur ce que vous pensez du... du mode de garde qui est proposé,
justement, dans ce projet de loi là et, en fait, de voir sa... sa compatibilité
mais sa complémentarité par rapport aux autres modes de garde déjà existants.
Est-ce que vous croyez que ce modèle-là est compatible? Est-ce que vous croyez
qu'il... qu'il vient compléter une offre? Parce que c'est aussi le but à
travers, là, ce projet de loi là.
Mme Tarjon (Sandrine) : Oui,
de façon générale, on pense que ça vient compléter une offre. C'est sûr que,
pour nous, plus les modes de garde existants répondent aux besoins diversifiés
des familles, mieux c'est. Donc, c'est... c'est... c'est un besoin. Par contre,
pour les enjeux un petit peu plus pointus sur ce projet de loi, je pense que
nos partenaires... on a des partenaires qui sont mieux placés que nous pour y
répondre véritablement. Et donc on va leur laisser le soin de se prononcer de
façon plus précise. Mais c'est sûr qu'au niveau de la réponse aux besoins
parentaux, plus on va réussir à répondre aux besoins diversifiés, mieux ça va
être...
Mme Tarjon (Sandrine) : ...ça
va être pour toutes les familles du Québec. Donc, un ajout d'offres de services
est toujours... est toujours le bienvenu pour nous.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Pensez-vous qu'à travers ce... ce projet de loi-là puis cette nouvelle
offre-là, ce sera possible de créer plus de places, plus de nouvelles places?
Mme Tarjon (Sandrine) : Écoutez,
j'ai vu que dans le projet pilote, il y avait eu des nouvelles places qui
avaient été créées. Donc, si on continue sur cette lancée, si déjà les projets
se pérennisent, c'est sûr que les places vont... vont continuer à être
disponibles pour les familles. Après, moi, je n'ai pas les données précises
des... de l'évaluation des projets pilotes quant à savoir à la portée de la
pérennisation ou du développement. Donc, je préférerais vraiment laisser mes
collègues discuter de ça avec vous.
Mme Champagne Jourdain : OK.
Vous... vous êtes sur le terrain, vous côtoyez les familles qui utilisent les
services des haltes-garderies. Est-ce que vous envisagez, ou peut-être, comment
vous envisagez les retombées de ce nouveau mode de... ou ce nouveau service-là,
ce nouveau mode de garde là pour les familles?
Mme Tarjon (Sandrine) : Bien,
pour nous, c'est vraiment... comment on positionne les haltes-garderies, ce
sont des services complémentaires, donc, pour les familles qui ont des besoins
du lundi au vendredi, de 9 hà 17 h,
de temps plein. Comme je vous l'ai dit, ce nouveau mode de garde ne peut être
que bénéfique. Mais, donc, on se positionne véritablement comme un service
complémentaire au niveau des haltes-garderies. Nous, on répond à d'autres
besoins familiaux, des besoins qui sont un petit peu plus flexibles, du temps
partiel, du temps temporaire. Donc, c'est toujours de travailler en
complémentarité et d'offrir aux parents, finalement, une offre qui peut
répondre à la multitude de besoins, qui a beaucoup évolué et qui est... qui est
tout temps en changement.
Mme Champagne Jourdain : Est-ce
que vous... Vous avez parlé de complémentarité. Est-ce que vous avez réfléchi
ou avez déjà une idée précise, peut-être, de la collaboration, là, qu'il
pourrait y avoir entre, justement, les organismes communautaires puis les RSGE
en communauté? Est-ce qu'il pourrait... justement, pour poursuivre dans cette
veine-là de complémentarité des services, est-ce qu'il pourrait y avoir une
collaboration? Si oui, y avez-vous réfléchi? Quelle forme elle pourrait prendre?
Mme Tarjon (Sandrine) : Disons
que la collaboration se fait déjà avec les services de garde éducatifs à
l'enfance, que ce soient les CPE, les milieux familiaux, des références
d'enfants d'un organisme à l'autre, halte-garderie versus CPE, CPE versus
halte-garderie. Donc, moi, je pense que la collaboration pourrait être tout à
fait la même au niveau des services de garde en communauté. On est vraiment sur
le terrain. Il y a des tables de concertation, et les gens travaillent ensemble
pour... pour le bien-être des familles. Donc, à partir du moment où on vient
répondre à des besoins qui sont vraiment présents, la... la complémentarité
peut être là, et le travail peut être fait, effectivement... on peut faire le
travail ensemble.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
J'ai entendu, dans votre mémoire, vos... votre demande, hein, entre autres, sur
la reconnaissance. On a eu la chance d'en... d'échanger ensemble là-dessus, et
on a... on aura sûrement la chance de pouvoir poursuivre aussi cette discussion-là.
Je voulais savoir si, en terminant, vous aviez peut-être d'autres commentaires
à faire sur l'essence du projet de loi n° 12 directement ou si vous avez
suggestions ou autres commentaires à apporter.
Mme Tarjon (Sandrine) : Bien,
c'est-à-dire que non. Comme on... Comme on vous l'a dit, on va vraiment laisser
nos partenaires, les associations nationales de services éducatifs, notamment,
faire leurs commentaires sur les enjeux plus précis. Nous, c'est sûr que, quand
on a été invitées à cette commission, ça nous est apparu comme une bonne
occasion de parler de la reconnaissance de l'expérience des éducatrices. Comme
vous le savez, ça fait plusieurs années qu'on essaie de faire avancer ce
dossier-là, et puis on aimerait vraiment que, par souci d'équité, on ait
quelque chose cette année. Donc, c'est un peu ça, le but de notre présentation.
Donc, pas de chose précise à dire sur les articles plus pointus du projet de
loi. Ce n'est pas notre dossier principal, et, comme je vous dis, je préfère
laisser nos partenaires, véritablement, dont c'est le dossier se charger de
faire leurs commentaires là-dessus.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
merci, mesdames. C'est tout pour moi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup.
Mme Champagne Jourdain :
Merci.
• (17 h 20) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, on va poursuivre avec la députée de l'opposition...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...de l'opposition officielle pour neuf minutes 54 secondes.
Mme Maccarone : Bonjour,
mesdames. Mme Campeau, Mme Tarjon, merci beaucoup pour votre
témoignage. Je vous demanderai si vous serrez à l'aise de nous envoyer une
copie de vos remarques, ça nous aiderait, parce que vous n'avez pas déposé un
mémoire. Ça nous aiderait, les membres de la commission, de suivre puis de
toujours avoir à l'oeil vos recommandations puis votre point de vue, puis vous
avez tous les détails, je présume, pour faire le suivi pour ceci, mais ce
serait génial. Moi, je souhaite vous parler par rapport à... Comme, vous êtes
situées où, la majorité des haltes-garderies se retrouvent où?
Mme Tarjon (Sandrine) : Il y
en a sur... dans l'ensemble du Québec. Il y a environ 300 haltes-garderies
dans les 17 régions du Québec et elles sont situées dans les organismes
communautaires. La grande majorité, ce sont dans les organismes communautaires
familles, je pense à peu près 70 % des haltes-garderies, mais on va en
retrouver aussi dans les centres de femmes, les centres d'immigration, les
centres d'éducation populaire. On est véritablement dans tous les secteurs pour
favoriser, d'une part, la participation des parents aux activités, mais aussi
pour offrir du répit, pour que les enfants socialisent. Il y a même une halte à
l'Assemblée nationale, dont Anick qui est la directrice.
Mme Maccarone : C'est de
toute beauté.
Mme Tarjon (Sandrine) : Donc,
on est vraiment... C'est ça, le conseil des petits trésors. Donc, on est
vraiment partout.
Mme Maccarone : Oui, bien, d'où
ma question. C'était plus spécifique d'où est-ce que se logent les
haltes-garderies. Vous l'avez dit, majoritairement dans les organismes
communautaires. Ça fait que je voulais savoir votre vision. Mettons, la loi est
adoptée, on poursuit avec ce nouveau type de services de garde éducatifs à
l'enfance, est-ce que ça vous met face à une concurrence maintenant pour les
baux? Parce qu'eux ils souhaitent s'installer aussi dans les organismes
communautaires puis toutes les installations dont vous avez déjà mentionnées,
mais on rajoute à ça aussi les villes, l'hôtel de ville. Puis, si c'est le cas,
est-ce qu'il y a quelque chose que nous pouvons faire ici, à l'intérieur de la
loi, pour peut-être assurer qu'il y aura une équité sur le réseau? Parce que
c'est vrai, ce que vous faites est complémentaire. Ça fait qu'est-ce que nous
pouvons faire, peut-être, pour s'attaquer à ce potentiel problématique? Mais je
souhaite vous entendre là-dessus. Est-ce que c'est une préoccupation? Je ne
sais pas si vous avez sondé vos membres, mais ça s'en vient, ça s'en vient bon
train, puis, si ça continue à fonctionner, on a entendu les groupes précédents
qui nous ont dit 2 400 enfants environ qui fréquentent ce nouveau...
ce nouveau type de services de garde, ça fait qu'on va continuer à croître.
Est-ce que vous avez des craintes par rapport à ce type de concurrence pour les
baux puis de trouver des installations?
Mme Tarjon (Sandrine) : Pour
le moment, non, parce que nos organismes communautaires sont quand même bien
implantés. Et les services de halte-garderie, ce sont vraiment des services à
l'intérieur des organismes communautaires. Donc, je ne pense pas que ça mette
en péril le... le service de halte garderie communautaire dans les... dans les
organismes. Il y a même des organismes, des fois, qui ont différents types
de... Il peut y avoir, par exemple, il y a un organisme à Montréal qui a une
halte garderie, il y a un CPE à côté, il y a un centre de pédiatrie sociale,
donc ça peut être des beaux modèles complémentaires. Pour nous, pour le moment,
on ne voit pas forcément le danger au niveau des locaux. C'est... c'est ma
réponse à ce moment-ci, je vous dirais. C'est sûr qu'il faudrait aller plus, tu
sais, consulter nos membres, notamment de Montréal, parce qu'effectivement les immobilisations,
les locaux, les loyers, c'est quand même une problématique un peu généralisée.
Mme Maccarone : Deuxième
question. Je suis député montréalaise, je représente le centre-ville de
Montréal, alors je suis en train de gratter ma tête pour dire : Est-ce que
nous sommes en train de créer une concurrence? Parce que c'est vrai, le nouveau
type de services de garde éducatifs à l'enfance, on l'aime, le modèle, on
trouve que ça fonctionne. Puis, le nerf de la guerre, c'est la création des
places. Mais ce que vous faites est également essentiel, l'horaire atypique.
Puis, comme maman de deux enfants avec des besoins particuliers, je peux vous
dire franchement que si je n'avais pas accès à un service de garde pour prendre
soin puis m'aider avec mes enfants, je ne serais pas ici aujourd'hui. Et c'est
tous les types alors que vous prenez en charge aussi les enfants avec des
besoins particuliers. Vous aidez les personnes à retourner soit sur le marché
du travail, les horaires atypiques, mais aussi les étudiants. Ce que vous
faites est également essentiel. Mais là je suis en train de... Je suis quand
même un peu préoccupée par rapport à l'espace. Ça fait que je comprends que
vous n'avez peut-être pas la réponse aujourd'hui, mais je vous soumets ça peut-être
pour une réflexion parce que c'est une occasion en or. Si nous avons une
modification à aborder pour s'assurer qu'il y aurait une équité, bien, c'est
maintenant. Mais je ne veux pas mettre des... des mots dans votre bouche non
plus, c'était juste quelque chose qui est passé dans mon esprit quand j'ai
pensé à ce que vous offrez comme service.
J'aurais une deuxième question, peut-être
la même...
Mme Maccarone : ...là, vous
avez parlé de la reconnaissance. C'est sûr, c'est très important pour valoriser
leur rôle, mais, mettons, on va avoir ce nouveau type de service de garde, qui
ne sera pas loin d'une halte-garderie, est-ce qu'il y a des craintes que nous
allons déshabiller Paul pour habiller Pierre? Est-ce que ça aussi, c'est une
préoccupation? Je ne sais pas si je l'ai dit à l'inverse, mais vous allez me
pardonner, là, mais vous comprenez ce que je veux dire? Parce qu'évidemment il
y a un manque cruel d'éducatrices qualifiées. Est-ce que ça aussi, c'est une
préoccupation pour vous ou non?
Mme Tarjon (Sandrine) : Bien,
pour nous, en fait, on voit véritablement... C'est un petit peu pour ça aussi
qu'on veut travailler sur la reconnaissance, hein, des éducatrices, parce que
ça peut être un frein pour certaines personnes à venir dans nos milieux,
sachant que, si elles travaillent, mettons, cinq ans en halte garderie, bien,
après, si elles veulent aller dans un service de garde éducatif à l'enfance,
par exemple, ces cinq années risquent de ne pas être reconnues. Donc, on le
voit plus aussi de cette façon-là.
La mobilité du personnel, actuellement,
elle se fait. Il y a des personnes qui vont en halte-garderie, et tout. Puis le
milieu communautaire, c'est aussi un milieu particulier, hein, il y a vraiment
des gens qui veulent travailler dans le milieu communautaire. Même si la halte,
c'est un service de garde, c'est quand même différent que les services de garde
éducatifs à l'enfance.
Donc, je pense qu'on est tous un petit
peu... c'est ça, on est tous préoccupés par le manque de main-d'oeuvre dans nos
milieux, par... Et c'est pour ça aussi qu'on voulait vraiment amener la
reconnaissance des éducatrices, aujourd'hui, pour essayer, justement, de
valoriser cette profession, valoriser nos milieux, puis par souci d'équité.
Donc, je vous dirais que je ne sais pas s'il va y avoir du personnel qui va
passer d'un milieu à l'autre, ça se fait déjà, mais c'est vraiment... pour
nous, c'est pour ça que c'est superimportant, la reconnaissance.
Mme Maccarone : Non, je
comprends, c'est juste que, malgré que le projet de loi n'est pas... n'empêche
pas le développement des places privées, ça reste que ce que les parents
souhaitent, c'est des places subventionnées, ça fait que ça amène une certaine
concurrence, puis, évidemment, une autre stabilité d'emploi puis la mobilité,
mais, si ça existe déjà... alors je me demandais si ça aussi, c'est une
préoccupation.
La reconnaissance, je trouve... très
intéressant. Ça fait que vous, vous voyez une reconnaissance basée sur les
années de service puis de travail. Et, côté formation, est-ce qu'il y a des
éléments aussi que nous devons prendre en considération? Valorisons la
profession vient de passer, juste avant vous, ça fait qu'on a parlé beaucoup de
formation, ça fait que... votre vision un peu là-dessus.
Mme Tarjon (Sandrine) : Bien,
nous aussi, par exemple, la reconnaissance des éducatrices, je vous dirais que,
pour une personne, par exemple, qui fait un AEC, il faut qu'elle complète à peu
près un peu plus de 4900 heures dans un milieu professionnel. Comme les haltes-garderies
ne sont pas dans la directive, on ne peut pas... les heures en halte-garderie
ne sont pas reconnues pour valider l'AEC. Donc, ça aussi, c'est quelque chose
qui nous préoccupe, qui préoccupe nos membres parce que les haltes appliquent
un programme éducatif, donc si les personnes choisissent les haltes pour faire
leur stage, elles ne peuvent pas. Donc ça, au niveau de la formation, pour
nous, c'est un point qui serait vraiment important pour qu'on puisse obtenir
aussi cette reconnaissance-là au niveau de l'AEC, par exemple.
Mme Maccarone : C'est
intéressant, je ne savais pas que les stages ne comptaient pas... puis c'est
important, c'est intéressant, je peux penser à Collège LaSalle, par exemple, il
y avait, à l'époque, pas une halte-garderie, mais un service de garde qu'il
offrait puis il y a des éducatrices qui ont passé par là pour faire le stage,
puis j'ai beaucoup entendu parce que c'est des étudiants et étudiantes, ils
auront voulu aussi avoir accès à un horaire atypique parce que ce n'est pas le
même chose, tu sais, la façon qu'ils travaillent, ce n'est pas la même chose.
Bon, c'est... c'est noté. Ça fait que l'équité en parcours professionnel
d'abord, c'est ce que vous avez partagé avec les membres, ici, de la
commission.
Mme Tarjon (Sandrine) : Oui,
essentiellement.
Mme Maccarone : Puis, au
niveau éducatif, parcours scolaire pour les éducatrices ou éducateurs qui
travaillent dans votre réseau, est-ce qu'il y a un minimum, est-ce qu'il y a
quelque chose qui est souhaité ou est-ce que c'est qu'on sort de l'école
secondaire? Est-ce que c'est cégep? Qu'est-ce que vous souhaitez?
• (17 h 30) •
Mme Tarjon (Sandrine) : En
fait, nous, il n'y a pas d'obligation de par la loi, à ce que nos éducatrices
soient formées, par exemple, par contre, selon le portrait... l'ISQ a fait un
portrait sur les haltes-garderies en 2024. Donc, c'est là où on a appris que
quand même 97 % des haltes appliquaient le programme éducatif. Mais c'est
aussi 63 % de notre personnel qui est formé dans une technique à
l'enfance. Le reste, il y a beaucoup de personnes parmi celles qui ne sont pas
formées avec un diplôme en tant que tel, qui ont la certification que l'on
passe en milieu familial, donc le 45 heures, puis c'est sûr que nous,
après, on a travaillé, notamment à l'association, on a développé tout un
programme de formation en ligne. Je pense qu'il y a eu plus de
2000 formations qui ont...
17 h 30 (version non révisée)
Mme Tarjon (Sandrine) : ...été
suivies. Donc, tout ce qui est formation continue aussi...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Tarjon (Sandrine) : ...est
très, très présent dans nos milieux.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, on poursuit les discussions avec le
député d'Hochelaga-Maisonneuvepour trois minutes 18 secondes.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à vous deux. J'aimerais approfondir l'aspect de la reconnaissance,
là, de l'expérience que vous évoquiez en ouverture puis avec ma collègue aussi.
Est-ce qu'on vous a donné une raison, au ministère, pour ne pas reconnaître
cette expérience-là?
Mme Tarjon (Sandrine) : Je...
Non, mais... Je pense qu'à chaque fois qu'on rencontrait les ministres... parce
qu'on a rencontré Mme Champagne Jourdain, mais sa prédécesseure, son
prédécesseur, à chaque fois on mettait ce dossier-là sur la table, et je pense
que l'ouverture était là, mais on n'arrivait pas à avancer, ça n'avançait pas.
Donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui on voulait véritablement revenir sur ce
sujet-là, qui est très préoccupant pour... pour nous puis qui est très, très
important.
Il y a un autre aspect aussi de cette
reconnaissance, parce que le ministère, en ce moment, a procédé à une petite
consultation au niveau des regroupements nationaux, mais on s'est rendu compte
qu'il y a un enjeu qui risque de nous embêter, c'est que ce n'est peut-être pas
l'intégralité des heures travaillées qui seraient reconnues. C'est-à-dire qu'il
y avait une question dans la consultation qui nous disait : Est-ce que
vous seriez d'accord à ce que ce soit juste 25 %, 50 % ou 75 %
des heures travaillées qui soient reconnues? Et, pour nous, ça nous paraît... on
ne comprend pas pourquoi les... Nos éducatrices appliquent un programme
éducatif 100 % de leur temps. Si elles travaillent 35 heures par semaine,
ce sont les 35 heures qui doivent être reconnues et pas 15 heures ou 20 heures,
là, on ne travaille pas la moitié du temps. Donc, ça, c'est... c'est un petit
aspect aussi qui est préoccupant pour nous.
M. Leduc : Sur un sujet
connexe, vous avez peut-être vu aujourd'hui que l'aspirante première ministre
proposait de prolonger le PEQ de deux ans. Est-ce que ça pourrait changer votre
réalité, ça?
Mme Tarjon (Sandrine) : Bien,
c'est sûr que nous avons des... nous avons été contactés par plusieurs de nos
membres qui nous disaient que l'abolition du PEQ avait un enjeu sur leur
personnel, des personnes qui étaient en poste depuis deux ans et puis qui
allaient être obligées de rentrer dans leurs pays d'origine. Ça a aussi un gros
impact sur les familles. Puis, comme on travaille... même si c'est la halte-garderie,
on... quand même, on travaille dans des organismes communautaires qui
accueillent les familles plus vulnérables, et ça se fait beaucoup ressentir sur
le terrain. Donc, que... nous, qu'il y ait une prolongation du PEQ ou qu'il y ait
un droit acquis pour les familles qui sont déjà là et le personnel qui est déjà
en place, c'est sûr que ça ferait une différence pour nos milieux, notamment...
bien, de plus, avec la pénurie de main-d'œuvre. Retourner des gens chez eux
alors qu'ils se sont habitués, qu'ils travaillent dans un organisme depuis deux
ans, il faudrait les maintenir en poste, pour nous.
M. Leduc : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, on va terminer les discussions avec la députée de
Terrebonne pour trois minutes 18 secondes.
Mme Gentilcore : Merci.
Merci, mesdames, d'être avec nous aujourd'hui. Écoutez, il y a d'autres groupes,
là, qu'on a entendus avant vous, qui exprimaient certaines craintes par rapport
à la faisabilité, en fait, de la structure qui est proposée, c'est-à-dire avoir
deux personnes éducatrices qui sont ensemble et qui reposent l'une sur l'autre,
et pas nécessairement avoir de bassin de personnes pour les remplacer, d'avoir
toute la charge de travail, de n'avoir personne non plus pour effectuer des
tâches qui sont autour de ce qui est vraiment, bien, éduquer, finalement, les
enfants qui sont sous leur supervision.
Je ne sais pas comment fonctionne, vous,
votre structure dans une halte-garderie. Est-ce qu'il y a des repas? Est-ce qu'il
y a des gens qui donnent des services autour de ce que les personnes
éducatrices font? Éclairez-nous là-dessus puis dites-moi un peu ce que vous en
pensez. Vous, qu'est-ce que vous pensez? Est-ce que vous pensez que c'est casse-gueule
un petit peu d'avoir seulement deux personnes qui sont là ensemble puis qui dépendent
uniquement l'une de l'autre? Quelle est votre vision par rapport à ça?
Mme Tarjon (Sandrine) : Je
vais... Pour les haltes-garderies, en fait, elles fonctionnent toutes de façons
différentes, hein, parce que, c'est... c'est... c'est... on peut avoir des
petites haltes-garderies avec, par exemple, six enfants. Donc là, il y a une
éducatrice qui est toute seule dans la halte. On a aussi des plus grosses haltes-garderies
avec 30, 35 enfants. Donc là, on a des ratios de 1 pour 5... à peu près, je
vous dirais, vu qu'on est en multiâge, donc avec trois, quatre éducatrices. Certaines
offrent les repas, d'autres non, font des demi-journées le matin, l'après-midi.
Elles s'adaptent véritablement et aux besoins des parents et aussi à leur
capacité, évidemment, d'offrir le service. Pour celles qui ne peuvent pas être
offertes 35... ouvertes 35 heures et avoir plus d'éducatrices, c'est parfois
parce qu'elles manquent de financement.
Concernant les RSGE, comme je l'ai dit
précédemment, je veux vraiment laisser les associations nationales vous
répondre sur cet enjeu-là, parce que ce n'est pas mon dossier principal. Donc,
je... c'est ça, je ne préfère pas même... je préfère...
Mme Tarjon (Sandrine) : ...mes
collègues parler sur... là-dessus.
Mme Gentilcore : Est-ce que
les personnes éducatrices dans les haltes- garderies, vous sentez aussi la
pression sur elles? Est-ce que vous voyez un certain désarroi chez ces
éducatrices-là? Est-ce que vous vous sentez ce besoin-là, d'être mieux accompagnées?
Est-ce que c'est une situation qui se prête aussi à votre contexte?
Mme Tarjon (Sandrine) : Je
vous dirais qu'on le sent, peut-être, dans l'accueil des enfants ayant besoin
de soutien particulier, parce que les haltes accueillent beaucoup d'enfants
ayant besoin de soutien particulier. Donc, le manque de financement fait
qu'effectivement, on ne peut pas avoir accès à des ressources, peut-être, pour
venir soutenir le personnel éducateur. Donc, c'est peut-être plus à ce niveau
là où on ressent, effectivement, où les organismes aimeraient avoir plus de
financement pour accompagner, finalement, ces enfants-là, d'une... En tout cas,
avoir plus de ressources pour faire... pour faire leur travail.
Mme Gentilcore : Il vous reste
une vingtaine de secondes. Est-ce que vous auriez un élément que vous aimeriez
mettre en relief avant de nous quitter?
Mme Tarjon (Sandrine) : Écoutez,
je... je vais répéter ce que j'ai dit, mais si on pouvait obtenir la
reconnaissance de l'expérience qualifiante cette année, ça serait vraiment une
très belle chose pour notre... pour notre réseau.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mesdames, merci beaucoup pour cette présentation et pour
ces échanges fructueux. Alors je vous remercie à nouveau de votre contribution
à nos travaux et compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux
jusqu'au mercredi 11 février 2026 à 15 h.
(Fin de la séance à 17 h 37)