Journal des débats (Hansard) of the Committee on Citizen Relations
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Tuesday, May 26, 2026
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Vol. 49 N° 7
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration
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Intervenants par tranches d'heure
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Lecours, Lucie
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Morin, André Albert
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Bonnardel, François
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Boissonneault, Alex
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Boissonneault, Alex
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Bonnardel, François
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Lecours, Lucie
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Morin, André Albert
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Fontecilla, Andrés
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Fontecilla, Andrés
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Bonnardel, François
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Lecours, Lucie
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Dufour, Pierre
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Morin, André Albert
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Bonnardel, François
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Morin, André Albert
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Lecours, Lucie
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Schmaltz, Valérie
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Morin, André Albert
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Bonnardel, François
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Lecours, Lucie
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Fontecilla, Andrés
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Bonnardel, François
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Morin, André Albert
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Lecours, Lucie
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Boissonneault, Alex
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Morin, André Albert
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Bonnardel, François
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Lecours, Lucie
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Jeannotte, Chantale
15 h (version révisée)
(Quinze heures trente-deux minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie cet après-midi
afin de procéder à l'étude du volet Immigration, Francisation et Intégration
des crédits budgétaires du portefeuille Immigration, Francisation et
Intégration pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de
3 h 30 min a été <allouée...
>
15 h 30 (version révisée)
<17949
La
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
...des crédits
budgétaires du portefeuille Immigration, Francisation et Intégration pour l'exercice
financier
2026‑2027. Une enveloppe de 3 h 30 min a
été >allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Bérubé (Matane-Matapédia) est remplacé par M. Boissonneault
(Arthabaska).
Discussion générale
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, vous connaissez le processus, on
procède par blocs pour... je vais vous donner les temps tout de suite, et c'est
une discussion d'ordre général pour l'opposition officielle, un, deux, trois,
quatre, cinq... six blocs de 17 min 3 s; pour le député
indépendant, c'est un bloc de 17 min 30 s; pour le deuxième
groupe d'opposition, 17 minutes... pas 30, trois secondes, pardon; puis,
pour le deuxième groupe d'opposition, 17 min 3 s; il y a un
député... un autre député indépendant qui va être présent, c'est 4 min 35 s;
pour le gouvernement, un premier bloc de 15 min 27 s, puis un
deuxième bloc, je vous indiquerai le temps.
Alors, M. le député de l'opposition, la
parole est à vous.
M. Morin : Alors, merci,
Mme la Présidente. Alors, bonjour, bon après-midi. M. le ministre, bonjour.
M.
Bonnardel
:
Bonjour, M. le député.
M. Morin : Bonjour
également à tous les collègues de votre cabinet et du ministère qui vous
accompagnent pour cette session de crédits. Je salue également les collègues de
la banquette gouvernementale et des oppositions. Voilà.
Donc, commençons avec le PEQ, Programme de
l'expérience québécoise. J'ai fait ce combat-là depuis des mois. J'ai dit à
plusieurs reprises qu'on ne changeait pas les règles du jeu en troisième
période. Imaginez ce qui arriverait si, pour le prochain match avec le
Canadien, l'arbitre changeait les règles dans la troisième période. Moi, je
pense qu'il y a des gens qui nous le feraient savoir. Mais là, ici, on parle de
vrai monde, on parle de gens qui ont tout quitté, on parle de gens qui sont
venus ici, plusieurs invités par le gouvernement du Québec. Donc, promesses
brisées, anxiété, incertitude, et ça, je peux vous le dire, M. le ministre,
parce que j'ai reçu des dizaines et des dizaines de gens qui sont impactés par
l'abolition du PEQ, incertitude économique également, parce que j'ai rencontré,
là, encore, des dizaines et des dizaines d'entreprises. Milieu municipal qui ne
comprend pas, universités en perte de vitesse dans la course mondiale au talent
et désastre pour la réputation du Québec à l'étranger, particulièrement en
France.
La question est bien simple : Pourquoi
votre gouvernement a-t-il renié sa promesse envers ceux qui ont tout quitté
pour contribuer à la société québécoise et à son développement?
M. Bonnardel : Bien,
merci, Mme la Présidente. Donc, très heureux d'intervenir aujourd'hui aux
crédits sur l'Immigration, Francisation et Intégration. Salutations à vous, M.
le député, à mes collègues ministériels qui sont avec moi cet après-midi. Si
vous permettez quelques secondes, vous présenter ma sous-ministre, donc, Karine
Dumont, qui est avec moi aujourd'hui. Il y a Caroline Clark qui est avec nous,
la gouvernance numérique, il y a Stéphane Lanctôt qui est avec moi aujourd'hui,
intégration réseau régional, Zoubida Abdelkader qui est avec nous aussi et, Francisation
Québec, Frederico Fonseca. Donc, M. le député, s'il y a des questions, des fois,
plus précises sur différents sujets, bien, ça me fera plaisir... ça nous fera
plaisir de donner la parole, donc, à mes... à l'équipe, donc, qui m'accompagne,
du MIFI.
Il faut comprendre d'où on part. Quand on
a décidé de mettre en place le Programme de sélection des travailleurs
qualifiés, M. le député, on avait trois projets pilotes, il y avait le PRTQ, que
vous connaissez, il y avait le PEQ. Et une des conditions premières, si on le
veut... on peut le dire ainsi, c'était d'amener, donc, une meilleure
régionalisation, donc, vers le PSTQ. Du côté du PEQ, il y avait une personne
sur quatre, ou à peu près, qui était mieux... qui était régionalisée. Du côté
du PSTQ, bien, c'est une... c'est un pourcentage qui augmente presque aujourd'hui
à 60 %.
Donc, ce qu'on souhaitait, c'était
nécessairement d'avoir différents volets qui répondaient aux conditions
économiques, si je peux le dire ainsi, au profil économique, au profil
professionnel des différents acteurs pour être capables d'avoir, donc, un
nouveau programme qui allait répondre à tous ces enjeux, donc, comme je vous l'ai
mentionné. Alors, c'est pour ça qu'on a décidé, donc, de mettre les projets
pilotes de côté, le PRTQ de côté, le PEQ de côté, et de créer le PSTQ, qui a
été créé par mon prédécesseur.
M. Morin : Sauf que,
quand on fait le tour du Québec, Mme la Présidente, et qu'on rencontre des
entreprises, que ce soit dans Charlevoix, que ce soit dans le Bas-Saint-Laurent,
que ce soit dans Chaudière-Appalaches, Québec, la Montérégie, l'Estrie... Moi,
j'ai parlé, M. le ministre, à des propriétaires d'entreprises, dont les
employés, là, ils pouvaient... ils étaient sur le point de déposer leurs
dossiers <dans le PEQ...
M. Morin :
...d'entreprises,
dont les employés, là, ils pouvaient... ils étaient sur le point de déposer
leurs dossiers >dans le PEQ. Là, je n'ai pas parlé de Montréal, là, je
parle des régions du Québec, vous parlez de Rimouski également, et ça a un
impact direct sur leur capacité pour leurs entreprises.
Alors, ma question : Pourquoi vous
l'avez aboli sans aucune mesure transitoire, alors qu'il y avait un nombre
important de gens qui étaient ici, qui travaillaient, payaient des impôts et
contribuaient au succès économique du Québec?
M. Bonnardel : Je serai
plus court, Mme la Présidente, dans ma... dans cette réponse. Je ne veux pas
revenir sur ce que j'ai dit, comprendre... pour que les gens qui nous écoutent
comprennent bien d'où on est partis, à la naissance du PSTQ, à la fin du PRTQ,
à la fin du PEQ, des trois projets pilotes, d'une meilleure régionalisation,
donc, mieux encadrer, dans les différents volets de 1 à 4, l'aspect expérience
professionnelle des différents... différentes personnes, donc, qui allaient
appliquer sur ce programme. Je l'ai mentionné par la suite, quand la première
ministre a été élue comme cheffe de notre... du gouvernement, un des
engagements qu'elle a dits, c'est qu'on allait rouvrir, donc, le PEQ, on devait
ouvrir le PEQ pour une période de deux ans. C'est l'engagement que j'ai... que
la première ministre a pris, et c'est ce que nous allons faire dans les
prochaines semaines pour que les gens qui répondaient, donc, aux conditions du
PEQ puissent y appliquer.
M. Morin : Alors,
parlons maintenant des chiffres. Si j'ai bien compris la première ministre, il
y aurait 29 000 orphelins du PEQ qui pourraient être rescapés en deux ans.
Par contre, d'autres ont avancé des chiffres de 50 000, d'autres ont
avancé des chiffres de 125 000. Je cite... en fait, je réfère, entre
autres, à un article de Tommy Chouinard publié le 1er avril : «Le
seuil d'immigration qui a été retenu par le gouvernement, c'est de 26 000
immigrants économiques par année. 25 000 travailleurs qualifiés déjà
sélectionnés attendent la résidence permanente, soit presque la totalité du
nombre que le gouvernement prévoit accepter en 2026.» Et là on est seulement en
mai, alors comment vous allez y arriver?
M. Bonnardel : Bien, je
ne veux pas... vous comprendrez que je ne vais pas vous évoquer les tenants et
aboutissants de la réouverture du PEQ dans les prochaines semaines, mais vous
comprendrez qu'on travaille là-dessus. C'est un engagement premier que la
première ministre a pris, donc, sur la réouverture du PEQ, alors vous allez me
donner encore un peu de temps. Mais je l'ai mentionné publiquement, que le PEQ
allait rouvrir avant... bien, on allait l'annoncer avant la fin de la session,
le 12 juin prochain. Vous le savez très bien, là, vous avez vu le plan
pluriannuel qui a été préparé par mon prédécesseur, 2026‑2029. Donc, on part, à
la base, avec 45 000 immigrants permanents. Là-dessus, vous l'avez
dit tantôt, là, 29 000 immigrants économiques, qui sont, donc, oui,
cette portion économique, il y a 10 500 de regroupement familial puis plus
ou moins 5 500, 5 700 qui sont les autres réfugiés.
Donc, le but, le but, c'est de répondre le
plus possible à tous ces gens, que j'ai appelés les oubliés, pour leur dire
que, quand on va rouvrir, on va répondre, donc, à leur désir, quand ils étaient...
s'ils sont encore au Québec, nécessairement, de... s'ils répondaient au Québec,
donc, à ces conditions qui étaient le PEQ Diplômes ou le PEQ Travailleurs.
• (15 h 40) •
M. Morin : Oui, sauf que
j'ai fait une demande d'accès à l'information pour avoir accès, comme
parlementaire, à l'analyse, elle m'a été refusée. On dit, entre autres, que ça
pourrait nuire à la conduite des relations avec le gouvernement fédéral.
Pourtant, le PEQ, c'est un programme qui est québécois. Qui plus est, l'ancien
ministre de l'Immigration aurait, lui, partagé des données avec des collègues,
entre autres le député de Lévis. Est-ce qu'on peut m'expliquer pourquoi?
M. Bonnardel : Bien,
c'est une réponse fort simple, c'est des données... Je vous dirais que c'est
extrêmement difficile, présentement, de définir précisément combien de
personnes pourraient se qualifier ou répondre, donc, aux conditions, que vous
connaissez très bien, là, deux ans d'expérience comme PEQ... sur le PEQ Travailleurs
dans les 36 derniers mois, avoir un PEQ... un PEQ Diplômes, donc c'est
extrêmement compliqué de vous partager, donc, un chiffre précis sur ce sujet.
Une des conditions qu'on a demandées dans
les PTET, donc les permis fermés, dans le PSTQ, les permis fermés,
renouvellement sur 12 mois, donc, des permis fermés. On souhaite aussi, du
côté des permis ouverts, que ce soit applicable pour cette partie de
l'immigration. Donc, il est certain qu'on souhaiterait, à la base, aussi qu'à
la réouverture du PEQ, bien, qu'on puisse appliquer les mêmes conditions.
M. Morin : Lors de la
mission récente de la première ministre en France, Mme la première ministre a
été <interpelée...
M.
Bonnardel
:
...qu'à la réouverture du PEQ, bien, qu'on puisse appliquer les mêmes
conditions.
M. Morin :
Lors
de la mission récente de la première ministre en France, Mme la première
ministre a été >interpelée, entre autres, par des députés de l'Assemblée
nationale française, et là encore le chiffre de 29 000 a été évoqué.
Est-ce que vous savez, M. le ministre, combien de personnes venant, entre
autres, forcément toutes de l'étranger, mais particulièrement de la France,
vont être larguées avec l'abolition du PEQ?
M. Bonnardel : Bien, ce
n'est pas une question d'être largué. Le défi que j'ai puis que la première
ministre m'a demandé, c'est de répondre précisément... donc, à rouvrir le PEQ,
oui, et de répondre à ceux qui répondaient aux conditions PEQ Diplômes, PEQ Travailleurs,
mais dans le respect des cibles. Vous le savez très bien, comme député, vous
avez, j'imagine, participé aux consultations, aux discussions avec mon
prédécesseur. Donc, on part avec la base de la prémisse qu'il y a 45 000...
le plan pluriannuel sur trois ans est de 45 000 immigrants.
Là-dessus, il y en a 29 000 qui sont la partie économique. Donc, moi, j'ai
à travailler avec ce chiffre pour être capable de répondre, répondre à la cible
que les parlementaires, le gouvernement et la société civile a discuté, donc,
avec le ministre à ce moment. Donc, mon défi, pour moi, c'est de travailler,
donc, avec ce chiffre, comme tel, puis de répondre le plus possible, donc, à
ces cibles dans les deux prochaines années.
M. Morin : Pourtant,
quand on a mené les consultations pour la planification en immigration, on a
entendu un très grand nombre d'experts, dont le Pr Rousseau de l'Université de
Sherbrooke, et évidemment on est tous d'accord pour qu'il y ait un contrôle de
l'immigration, c'est fondamental, mais le Pr Rousseau nous disait :
Écoutez, faites attention à nos relations avec la France, nous avons des
relations privilégiées avec la France, surtout n'allez pas impacter les
relations que nous avons avec la France. Or, malheureusement, à ce sujet, M. le
ministre, votre gouvernement a échoué. Non seulement nos relations sont
impactées, mais vous n'avez qu'à regarder rapidement sur les réseaux sociaux
pour lire une multitude de messages de Français qui disent : N'allez plus
au Québec, le Québec n'est plus attractif, n'y allez pas. Et ça a un impact sur
notre économie. Moi, je peux vous dire que, dans ma circonscription, j'ai perdu
mes travailleurs français, ils sont partis déjà.
Est-ce que c'était le but, avec vos
seuils, de forcer des gens à partir? Quelle crédibilité reste-t-il au
gouvernement en matière d'immigration? Et, particulièrement, comment allez-vous
rétablir les ponts que nous avions avec la France?
M. Bonnardel : Bien, je
ne crois pas que... je respecte votre commentaire, là, je ne crois pas que les
relations puissent être perdues ou très tendues. Je comprends que nos amis qui...
nos amis français qui souhaitaient répondre ou appliquaient sur le PEQ ont été
déçus. Il y a d'autres, aussi, nouveaux arrivants qui ont eu cette même... ce
même réflexe, c'est pour ça que je les ai appelés les oubliés.
Donc, dans ces circonstances, comme je
vous l'ai mentionné, dans le plan pluriannuel, on a un défi, on a un défi, on a
une cible de 45 000 immigrants reçus dans les trois prochaines années.
On a, pour la première fois aussi, une cible qui est définie, en termes de
travailleurs étrangers temporaires, qui va être de 65 000 d'ici 2029, les
étudiants étrangers, qui va être de 110 000 aussi. Donc, on a ce défi,
comme société, donc, à répondre à ces demandes des nouveaux arrivants qui
viennent participer à la vitalité économique du Québec, qu'on applaudit quand
ils décident de choisir le Québec, que ce soient des étudiants ou que ce soient
des travailleurs. Je sais que vous allez avoir des questions, j'imagine, nos
entreprises en ont bien, bien, bien besoin, on comprend cette situation.
Je ne parlerai pas tout de suite du
déséquilibre qu'il y a eu entre les arrivées massives du fédéral pendant un
certain nombre d'années, mais il reste quand même qu'on en a subi, dans une
certaine mesure, les conséquences.
M. Morin : Sauf que, avec
respect, M. le ministre, l'ambassadeur de France au Canada a quand même fait
une sortie, ce qui est rare, pour dénoncer la façon dont le gouvernement du
Québec traitait des ressortissants français, notamment, et puis pour dire que
le Québec n'était plus attractif. Alors, moi, j'aimerais savoir — parce
qu'il y a aussi des membres du gouvernement qui sont allés en France, pas
uniquement la première ministre — quel est le plan que vous avez pour
rebâtir nos relations avec la France.
M. Bonnardel : Bien, juste
pour votre gouverne, bon, je vous ai mentionné le défi qu'on a... pas le défi,
mais le programme, le PSTQ qui a été mis en place par mon collègue, qui
remplaçait tous les autres programmes qui ont été... qui étaient en place <pendant
les 10, 12, 15 dernières années...
M.
Bonnardel
:
...mon collègue qui remplaçait tous les autres
programmes qui ont été... qui étaient en place >pendant les 10, 12,
15 dernières années. Les Français, pour le PSTQ, en termes d'invitations,
dans le premier groupe, là, au mois de janvier dernier, c'est 1 460. Donc,
je pense que ça... on peut dire que ça répond bien à nos amis... à nos voisins
français. J'ose croire aussi, lors de la réouverture du PEQ aussi, que ça va
répondre précisément à ceux-ci qui souhaitaient, donc, avoir cette entrée,
cette entrée vers le Canada, vers le Québec avec le PEQ, le PEQ Diplômes ou le
PEQ Travailleurs. Donc, le travail se fait. Les relations... comme je l'ai
mentionné, là, je peux comprendre que certaines personnes ont pu être déçues. Mais,
au-delà de tout ça, on va... on répond avec le PSTQ, comme je l'ai mentionné
déjà, en janvier dernier, avec la partie importante de Français qui ont été
invités, et le défi et le travail continuent pour les prochains mois.
M. Morin : Si je vous ai
bien compris, M. le ministre, vous avez parlé d'invitations qui ont été
envoyées, c'est bien ça? Combien ont été acceptées? Parce que ça, des
invitations, là, votre prédécesseur en a parlé, il en a lancé des milliers, des
milliers, puis, quand je lui ai posé une question en Chambre — ça
remonte à quelques semaines — il y avait cinq personnes qui avaient
été acceptées. Donc, on peut lancer un paquet d'invitations, mais, s'il n'y a
pas de résultat au bout du compte, je ne vois pas en quoi c'est utile pour le
développement économique du Québec.
M.
Bonnardel
:
Bien là, les gens acceptent l'invitation, ils ont 30 jours pour y
répondre, ils ont 60 jours, par la suite, pour préparer leur dossier. Là,
j'imagine que la sous-question qui vient avec ça, c'est le CSQ? Les CSQ, ou...
M. Morin : On n'est pas
rendus là encore.
M.
Bonnardel
:
On n'est pas rendus là encore. Mais, oui, bien, le défi, comme je l'ai
mentionné, donc, en termes d'invitations, bien, moi, je vais faire tout de
suite le petit bémol vers le CSQ, dans le sens où la fin des trois projets
pilotes, et du PRTQ, et du PEQ, au 31 janvier 2026, ont amené à peu près...
non, un petit peu plus tard, au 31 mars, ont ramené à peu près 4 800 CSQ
qui ont été délivrés, là, l'ensemble des programmes qui étaient encore en place
jusqu'à tant que le PSQ prenne son élan, son élan complet. Donc, dans ces
conditions, on est... on a un erre d'aller à avoir, du côté du PSTQ, pour être
capables dde répondre plus rapidement, dans les prochaines semaines, à la
transition, je vais le dire ainsi, la transition entre la fermeture du PEQ...
du PRTQ, des trois projets pilotes.
M. Morin : Très bien.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ah! il vous restait 28 secondes.
M. Morin : Ça va.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça va?
M. Morin : Ça va, oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Alors, on poursuit avec le député d'Arthabaska, 17 min 3 s.
• (15 h 50) •
M. Boissonneault : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre, bonjour aux équipes, bonjour aux
collègues. Ça me fait plaisir d'être là pour pouvoir discuter d'immigration
avec vous.
Je voulais continuer un peu sur le PEQ. Je
sais que la première ministre avait dit qu'elle voulait donner une clause de
droits acquis compte tenu de tout ce qui avait été discuté, puis elle avait dit,
selon... qu'elle avait dit que, pour ce faire, on allait relancer le programme
pour deux ans. Je veux juste être bien clair, M. le ministre. Vous, vous
considérez qu'on relance bel et bien le programme pour deux ans, c'est vraiment
ça, le... Même si on avait une estimation de votre ministère qu'il y aurait
potentiellement 126 000 personnes qui pourraient passer par le PEQ et
que, là, vous avez fait l'annonce que cette clause de droits acquis, avec la
réouverture du PEQ, toucherait 29 000 personnes sur deux ans, vous
considérez que ça, c'est rouvrir le PEQ?
M.
Bonnardel
:
Il faut juste faire attention, comme je l'ai mentionné, je ne sais pas si vous
étiez arrivé, là, dans mon préambule, j'ai expliqué que la cible... mesurer la
cible, là, dans le plan pluriannuel, sur 45 000, il y en a 29 000, immigrants
économiques. Dans ce 29 000, bien, nécessairement, avec la fin du PEQ en
2025, le 19 novembre 2025, la fin du PRTQ, des trois projets pilotes, bien,
on allait se concentrer sur le PSTQ pour les années... Mais il y en a déjà...
il y a déjà, excusez l'anglicisme, là, il y a déjà un «backlog» de travailleurs
qui vont obtenir leur CSQ. Donc, moi, j'ai à travailler avec ce 29 000
pour les deux prochaines années, dont 29 000 cette année, 29 000 l'an
prochain, 29 000 en 2029, c'est la cible qu'on s'est, nécessairement,
donnée. Et, lors de la réouverture du PEQ, qu'on va annoncer dans les
prochaines semaines, on va travailler avec cette cible puis on va
nécessairement travailler avec le PEQ et le PSTQ. Les deux seront en marche en
même temps.
M. Boissonneault : Juste,
parce que, bon, il y a des élections qui s'en viennent, vous savez, là, il y a
toutes sortes de choses dont on va discuter sur la place publique dans les
prochaines semaines. Quand aura-t-on les détails de ce plan-là que vous allez
mettre en place pour la réouverture du PEQ?
M.
Bonnardel
:
Très hâte de vous annoncer cela. J'ai dit aux gens, j'ai dit publiquement que
ce serait dévoilé avant le 12 juin, avant le 12 juin.
M. Boissonneault : Très
bien, très bien.
M.
Bonnardel
:
Donc, ce que je veux, pour les gens qui nous écoutent cet après-midi, là, c'est
qu'on ne va pas vous oublier.... j'ai dit publiquement qu'on allait rouvrir le
PEQ. On travaille avec les équipes depuis que la cheffe a été nommée <première
ministre du Québec...
M. Bonnardel :
...j'ai
dit publiquement qu'on allait rouvrir le PEQ. On travaille avec les équipes
depuis que la cheffe a été nommée >première ministre du Québec, c'est
l'engagement qu'elle a pris. Donc, je m'engage à le faire avant le 12 juin
puis d'exposer aux nouveaux arrivants, donc, qui voudront en profiter, qui
pourront répondre et qui vont répondre, donc, aux différentes conditions, d'y
adhérer.
M. Boissonneault : Parce
que, pour les fins de l'exercice, M. le ministre, quand même, c'est sûr qu'on
se questionne sur les chiffres qu'on a entendus et dont on a discuté, quand
même, sur ce 126 000 personnes, à peu près, dont avait parlé le
ministère, les 29 000, ce qui nous fait 14 500 personnes par
année, si on l'ouvre pendant deux ans, là, c'est seulement de l'arithmétique.
Or, en 2025, quand on a suspendu le programme du PEQ, c'était en juin, on l'a
fait... on avait déjà sorti les étudiants, là, le volet étudiant du PEQ, qui
avait déjà, lui, été suspendu l'année précédente, c'était l'automne précédent,
en 2024.
Et, pour ce qui est des travailleurs, on
l'a suspendu en juin 2025, parce que le programme était tellement populaire, on
était rendus à presque 20 000 personnes. Et là vous nous dites qu'on va
rouvrir le programme, en tout cas, dans les intentions, on va rouvrir le
programme, l'offrir à 14 500 personnes par année. On est en deçà de
ce que le PEQ pouvait... avait attiré comme candidatures à la moitié de l'année
2025. Voyez-vous ce que je veux dire? Si c'est du premier arrivé, premier
servi, on est... ce sera difficile, là, il va y avoir des gens qui vont devoir
rentrer chez eux puis qui vont quand même sentir qu'on a créé d'autres attentes.
Alors, moi, la question que je pose, essentiellement,
c'est : N'avez-vous pas la crainte de créer de nouvelles attentes pour des
gens qui pourraient ou qui espéraient postuler au Programme de l'expérience
québécoise?
M. Bonnardel : Bien, M.
le député, je veux faire attention, là, parce que ce n'est pas une question de
vous corriger, moi, je vais devoir travailler avec 29 000. Mais il y a une
chose qui est certaine, vous êtes intelligents, intelligentes, je devrais
travailler avec le PQ... le PEQ — le PQ aussi, parce que vous êtes là
avec moi — le PEQ et le PSTQ. Donc, dans ces conditions, dans ces
conditions, on ramène un programme qui existait depuis un certain nombre
d'années. Alors, c'est difficile de dire aujourd'hui que ce sera 14 500 ou
15 000, là. Alors, laissez-moi le temps de peaufiner et de terminer le
travail qu'on est en train de préparer.
Ce que je peux vous assurer, c'est que le
PEQ va rouvrir, et là, bien, on va devoir travailler et partager, donc, ces
admissions et ce respect de cible de 29 000, en ayant, donc, deux
programmes, deux programmes qui seront combinés, un peu comme le PRTQ le
faisait avec le PEQ, le PEQ, pendant les cinq, six, 10 dernières années,
hormis les trois projets pilotes qui avaient été mis en place.
M. Boissonneault : Compte
tenu des chiffres qu'on a, M. le ministre, est-ce que... On a un seuil de
45 000 qui est établi pour le plan pluriannuel. À l'intérieur de ça, on
doit... on pense à l'immigration, le volet économique de l'immigration, on
pense aussi aux réfugiés puis on pense à la réunification familiale. Est-ce que
vous êtes prêt à diminuer d'autant, pour que les deux programmes puissent
cohabiter, l'espace qui est accordé au volet réfugiés puis au volet
réunification familiale? Parce qu'il y a quand même des listes d'attentes là
aussi et des attentes.
M. Bonnardel : Bien,
c'est certain... c'est certain que, dans la planification pluriannuelle, on a...
bien, le défi... J'ai donné les chiffres, tantôt, pour le regroupement familial,
dans les dernières années, ça a varié entre 10 000, je fais un chiffre
rond, là, entre 10 000 et 12 000 dans le regroupement familial dans
les dernières années, puis on est à peu près dans ces eaux pour ce qui est de
la planification pluriannuelle d'ici 2029, là, à 10 500 et des... et
quelques centaines de moins ou de plus, puis 5 500 à 5 700 pour les
autres réfugiés. Donc, je suis conscient, là, qu'à 10 500, dans le
regroupement familial versus ce qu'on a dans la liste d'attente au fédéral il y
a des déceptions, il y a des déceptions.
Donc, on a à jauger puis à trouver cet
équilibre, cet équilibre entre le regroupement familial, notre capacité, les
autres réfugiés et, nécessairement, l'aspect économique. Les immigrants
économiques sont immensément importants pour la vitalité économique des
différentes régions, de Montréal, à la base, qui est notre métropole, puis les
différentes régions du Québec. Donc, c'est un exercice qui n'est pas simple,
mais que j'entends respecter, en termes de travail que vous avez fait, les
parlementaires, avec mon collègue, là, lors des discussions du... et lors de la
préparation de la planification.
M. Boissonneault : Est-ce
que vous nous annoncez, donc, il faut s'attendre à ce que le nombre de
personnes qui pourront devenir résidents permanents de par un statut de réfugié
ou pour la réunification familiale, que ce nombre-là sera réduit,
nécessairement, pour faire plus de place au volet économique?
M. Bonnardel : Non, non,
non, ce que j'ai... je me suis peut-être mal expliqué, là, je veux juste m'assurer
que vous ayez bien compris. Donc, l'exercice, comme tel, dans la planification
pluriannuelle, 45 000, qui est la cible, 29 000 immigrants
économiques, 10 500, regroupement familial, 5 500, 5 700, côté
autres réfugiés. Donc, je n'ai pas l'intention de toucher... on n'a pas l'intention
de toucher au regroupement familial <ou autres réfugiés...
M.
Bonnardel
:
...côté autres réfugiés. Donc, je n'ai pas l'intention de toucher... on n'a pas
l'intention de toucher au regroupement familial >ou autres réfugiés au
détriment de la réouverture du PEQ et de la combinaison des deux programmes
avec le PSTQ, le PEQ. Donc, on va respecter ces trois cibles avec l'ambition,
l'ambition de répondre aux oubliés et, nécessairement, de respecter ceux qui se
disent : Bien, nous aussi, on attend, les autres groupes que j'ai
mentionnés.
M. Boissonneault : Est-ce
que vous étiez en faveur, vous, de la fermeture du PEQ en juin 2025?
M.
Bonnardel
:
C'est des discussions qui sont confidentielles au Conseil des ministres, M. le
député.
M. Boissonneault : Un
gars s'essaie, peut-être le côté journaliste, je ne sais pas.
M.
Bonnardel
:
Un gars s'essaie, c'est bien, c'est bien. J'aurais posé la même question, je
pense.
M. Boissonneault : Là,
vous avez dit qu'on... bien, vous allez devoir naviguer entre le PSTQ puis le
PEQ. Comment vous comptez faire ça? Parce qu'il y a des gens... bon, j'imagine,
il y a des gens qui vont se questionner, à savoir, bon, traitement des
dossiers, est-ce que vous allez prioriser les dossiers du PEQ par rapport au
PSTQ? Est-ce que vous allez... Quelles garanties vous donnez, par exemple, aux
personnes qui appliquent au PSTQ, qui ne seront pas défavorisées par rapport
aux PEQ? Parce qu'eux aussi, là, j'imagine, se questionnent, ils ont des
attentes par rapport à ce qui s'en vient.
M.
Bonnardel
:
C'est une bonne question. J'ai le goût de vous répondre, mais je ne peux pas
vous répondre, parce que... J'ai le goût de vous répondre, vous expliquer un
petit peu... Ce que j'ai dit tantôt à votre collègue de l'Acadie, c'est :
j'aurai à jauger puis à travailler... on aura à travailler entre les deux
programmes, comme on le fait avant, entre le PRTQ puis le PEQ pendant...
pendant de nombreuses, de nombreuses années. Donc, la combinaison des deux est
importante, comme je l'ai mentionné. La première ministre l'a dit, nous, on va
rouvrir le PEQ pour répondre à ceux qui répondaient aux conditions. Donc, on va
le faire, puis j'aurai à travailler, puis on va définir, nécessairement, avec
le 29 000, le respect des cibles. C'est le défi que je me donne, qu'on se
donne pour être capables d'en arriver à ne pas perdre le contrôle, si je peux
le dire ainsi.
M. Boissonneault : Je
voulais juste être clarifié aussi. Tout à l'heure, avec mon collègue le député
de l'Acadie, vous avez dit que les gens qui pourront appliquer au PEQ sont les
gens qui se trouvent sur le territoire.
M.
Bonnardel
:
...aux conditions, c'est dans l'ensemble, là, ceux qui répondaient aux
conditions PEQ Travailleurs, PEQ Diplômés. Donc, on va spécifier, en bonne et
due forme, les conditions de ceux qui pourront appliquer au PEQ.
M. Boissonneault : Mais donc
on comprend, donc, que ça pourrait être aussi des gens qui ont quitté le pays,
par exemple, parce que leur permis de travail n'a pas été renouvelé.
M.
Bonnardel
:
Ça va être à définir, ça va être à définir avec les équipes et, nécessairement,
on pourra vous dévoiler tout ça en temps et lieu.
M. Boissonneault : Puis
on a hâte au 12 juin, M. le ministre.
M.
Bonnardel
:
Ça s'en vient, ça s'en vient.
M. Boissonneault :
Écoutez, coûts en santé, vous, vous croyez qu'il existe une telle chose que la
capacité d'accueil?
• (16 heures) •
M.
Bonnardel
:
Bien, la question, elle a été maintes et maintes fois discutée, dévoilée. La
capacité d'accueil, nécessairement, on la définit, on la définit par... que ce
soit par les services de garde, par les cours, les écoles, les demandeurs
d'asile qu'on... avec qui on... qu'on prend soin, qu'on prend soin. Donc, le
défi qu'on s'est donné dans les dernières années, c'est de réduire, dans une
certaine mesure... réduire, dans certaines mesures, les résidents non
permanents, les temporaires, comme on appelle, les demandeurs d'asile et les
PMI, le plan mobilité internationale du fédéral. Donc, c'est ce défi qu'on se
donne pour être capables d'en arriver, encore une fois, à des... pas des
quotas, ce n'est pas le bon mot, mais à un nombre, un nombre x, donc, de
temporaires sur le territoire, qui vont abaisser, dans une certaine mesure, la
pression sur les services publics.
M. Boissonneault :
Pendant les crédits provisoires, votre prédécesseur nous avait dit que le
Québec a reçu environ 36 000 demandeurs d'asile en 2025. Ça, ça
représente 34 % du total des demandeurs arrivés au Canada, ce qui est plus
que notre poids démographique dans la fédération canadienne. Est-ce que vous
avez fait des représentations à ce sujet à votre homologue canadien?
M.
Bonnardel
:
Oui, oui. Bien, le chiffre de 2024 était à 57 000 demandeurs d'asile;
2025, on est à 39 000 et des poussières; et au 1er janvier... au
31 janvier, on était à 1 995 demandeurs d'asile. Donc, on est
sur une pente descendante. Le fédéral a compris que la pression était immense
sur le Québec. Le pourcentage de demandeurs d'asile, dans les trois dernières
années, frôlait... a même monté presque à 40 %. Et je vous dirais qu'avec
juste le mois de janvier, on va être à peu près à 24 %, 25 %... 24 %,
25 %... à 30 % ou à peu près. Donc, il y a une baisse, et,
nécessairement, nécessairement, bien, ce que ce que mon prédécesseur et
moi-même avons demandé, lors de discussions avec autant Joël Lightbound que Mme Diab,
c'est de continuer le travail, de baisser la pression sur le Québec en termes
de demandeurs d'asile, en termes de de travailleurs étrangers temporaires et,
nécessairement, d'avoir aussi un nombre de permis d'étudiants étrangers sur le territoire.
Voilà.
M. Boissonneault : Vous
comprenez, M. le ministre, qu'il y a une urgence, parce qu'il y a un effet
cumulatif à tout ça aussi, là. À un moment <donné...
>
16 h (version révisée)
<11
M. Bonnardel :
...sur le territoire. Voilà.
M. Boissonneault :
Vous
comprenez, M. le ministre, qu'il y a une urgence, parce qu'il y a un effet
cumulatif à tout ça aussi, là. À un moment >donné, on recevait
pratiquement 50 % des demandeurs d'asile au Canada. Ça a baissé, mais on
est encore au-delà de notre poids démographique, avec l'impact que ça peut
avoir sur les services qui sont offerts, bon, dont la capacité d'accueil, dont
on parlait.
Par exemple, pour les transferts des
montants, là, je sais que votre gouvernement a demandé un transfert, aussi, de
montants en conséquence au gouvernement fédéral. On disait que l'aide sociale
aux demandeurs d'asile avait coûté 1 650 000 000 $ aux Québécois depuis
2020. Ça, je vous cite Québecor, là, pour ces chiffres-là. Est-ce que les
transferts... Est-ce que... Où en est-on, là, par rapport aux transferts d'argent
pour pouvoir au moins assurer que le Québec puisse assumer la partie supérieure,
là, de ce qu'on reçoit comme demandeurs d'asile en fonction de notre poids
démographique?
M. Bonnardel : Oui, les
sommes pour 2021, 2022, 2023 ont été assumées par le fédéral. Les sommes pour
2024, on a eu une avance de 44 millions... 43 millions de dollars, il
reste un solde de 689... 690 millions de dollars pour assumer, donc, notre
partie de dépenses pour 2024.
Alors, voilà, c'est des discussions qui
sont correctes, avec le fédéral, il n'y a pas d'animosité avec eux, donc, eux
comprennent très bien, mais, au-delà de tout ça, il reste que, comme je l'ai
répété tantôt, vous le mesurez très, très bien, vous aussi, là, il y a une
tendance quand même importante à la baisse, parce qu'on a subi des «peaks» assez
majeurs, assez majeurs pendant... post-pandémie, là.
M. Boissonneault : Parce
qu'on partait de loin, essentiellement, aussi, là, compte tenu du nombre de
personnes qui arrivaient. En novembre dernier, même, votre prédécesseur avait
menacé de réduire l'aide sociale aux demandeurs d'asile si le fédéral n'en
faisait pas davantage pour réduire le nombre dans la province, pour qu'ils
puissent se diriger vers d'autres provinces. Est-ce que vous êtes favorable à
cette idée-là, vous?
M. Bonnardel : On n'en est
pas là, là. On n'en est pas là.
M. Boissonneault : Est-ce
que ça fait partie des discussions?
M. Bonnardel : On n'en
est pas là.
M. Boissonneault : Donc,
pour arriver aux 23 %, notre poids démographique... 22 %, parce que,
là, on dépend toujours du fédéral, hein — on a notre opinion là-dessus,
nous, on pense qu'on devrait décider nous-mêmes, vous n'êtes pas tout à fait
rendus là — qu'est-ce qu'il est possible de faire, dans votre optique,
pour s'assurer que cette capacité-là soit respectée pour le Québec? Parce que
ça fait quand même plusieurs années qu'on est là-dedans. Je me fais insistant,
mais ça a des coûts, quand même, pour la population québécoise. Si le fédéral
ne comprend pas cette urgence-là, j'imagine que vous, vous leur rappelez. Donc,
c'est quoi, votre plan pour vous assurer de diminuer le nombre... ou s'assurer
que le nombre soit en fonction de notre poids démographique?
M. Bonnardel : Bien,
sincèrement, peut-être que ça a été plus compliqué dans les dernières années,
mais je vous dirais que, présentement, les discussions que je peux avoir, qu'on
a eues dans la dernière année ou les deux dernières années, autant avec le
nouveau gouvernement, le premier ministre, que Mme Diab ou M. Lightbound,
ça va bien, sincèrement, puis eux mesurent et comprennent très, très bien. On a
fait beaucoup de pressions, le premier ministre Legault l'a fait, la première
ministre Fréchette... la première ministre le fait aussi, mon collègue l'a
fait, et il y a un... pas juste un défi, là, il y a une compréhension sur la
capacité du Québec à répondre. Donc, on est une belle terre d'accueil, là, tout
le monde en est conscient, là, au prorata, on est une terre importante dans le
monde, puis là-dessus on va continuer de l'être, mais il reste que la pression
a été forte, pendant les années 2021, 2022, 2023, et là je peux vous
confirmer qu'il y a une tendance, il y a une tendance vraiment à la baisse, là,
autant du côté des PMI, autant du côté des demandeurs d'asile, et une légère
baisse, aussi, du côté des permis d'étudiants étrangers.
M. Boissonneault : Je
vous donne un exemple. On a fait une demande d'accès à l'information pour obtenir
des données concernant les visites des non-résidents dans les hôpitaux, dans
les établissements de santé, donc, non-résidents qui n'ont pas de carte d'assurance
maladie puis qui se font soigner dans le réseau, et là on parle des mauvaises
créances. En 2021‑2022, on était à 38 millions de mauvaises créances pour
les non-résidents, donc, qui se présentaient à l'hôpital, recevaient des soins
et qui quittaient; en 2023‑2024, on est passé à 81 millions, donc une
augmentation de 115 % des coûts pour l'État. Est-ce que vous étiez au
courant de ça?
M. Bonnardel : Je n'ai
pas pris connaissance spécifiquement de ces sommes. Je suis au courant qu'il
peut y avoir... C'est des discussions que les oppositions ont déjà soulevées, que
même, je pense, on a déjà soulevées à l'époque où j'étais dans l'opposition.
Donc, dans ces conditions, on est conscients qu'il peut y avoir des soldes. Le
défi... On parle quand même de gens, là, qui sont démunis, là, démunis, qui
arrivent au Québec, qui ont peut-être besoin d'être soignés. Donc, dans ces
conditions, je pense que le Québec reçoit et leur donne tous les services.
Maintenant, c'est à chaque ministère de s'assurer d'aller chercher les sommes,
le plus possible...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M.
Bonnardel
:
...des personnes qui pourraient ne pas avoir accès à la carte d'assurance comme
on la connaît.
M. Boissonneault : ...pour
cette situation-là, particulièrement?
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est un...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine ce premier bloc.
On retourne au député d'Acadie pour un
autre bloc de 17 min 3 s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, M. le ministre, si j'ai bien compris, quand vous avez
répondu aux <questions...
M. Morin :
...alors,
M. le ministre, si j'ai bien compris, quand vous avez répondu aux >questions
du collègue d'Arthabaska, donc, le PSTQ va rester ouvert, vous allez continuer
de traiter des dossiers, puis là vous voulez réouvrir le PEQ. La première
ministre, pendant son voyage en France, et c'est... on en fait mention dans
l'article de M. Chouinard de LaPresse, elle soulignait
que ce serait probablement moitié-moitié, à peu près 50-50. Avez-vous
une idée du nombre de dossiers qui sont en attente ou qui pourraient se
qualifier pour le PEQ? Parce que, si vous ne le savez pas, comment vous allez
faire puis comment vous allez respecter votre cible? Puis quels sont les
dossiers en attente, les arrérages que vous allez créer? Et est-ce que ça veut
dire que ces gens-là vont repartir à un moment donné?
M. Bonnardel : C'est une
bonne question. Encore une fois, je vais faire attention, là. Oui, on a ce défi
de 29 000. Oui, on a ce défi de jauger et travailler avec les deux
programmes, PSTQ et PEQ. Précisément, comment on va travailler avec les deux?
C'est à expliquer aux Québécois, aux gens qui vont... qui pourront répondre aux
conditions comme telles dans les prochaines semaines. Donc, je veux répondre le
plus possible aux oubliés, nécessairement, et travailler... et, pas le choix,
travailler avec la cible, la cible que nous avons. Donc, est-ce que ce sera
50-50? Ça va être à expliquer aux Québécois lors de l'annonce.
M. Morin : Parce que,
juste pour le PEQ, là, quand je vous parlais que je suis allé sur le terrain,
je vous donne un exemple concret, à Baie-Saint-Paul, on me disait que, dans
l'hôpital, il y a environ entre 60 et 80 employés qui étaient prêts à
déposer leur dossier pour le PEQ puis éventuellement être qualifiés. Ils
parlaient très bien français, ils ont une maison à Baie-Saint-Paul, ils
travaillent. Si ces gens-là ne restent pas, là, il y a des départements à
l'hôpital qui vont fermer. Alors, quand j'ai rencontré les gens, là-bas... ils
sont inquiets, dans... Quand vous allez réouvrir le PEQ, allez-vous privilégier
les gens qui sont déjà ici, qui ont un travail, qui sont déjà à l'emploi?
Comment vous allez faire?
Et qu'allez-vous répondre au maire de
Québec, qui disait récemment : Si l'annonce, c'est pour priver des gens
qui sont déjà ici, je vais être le premier à me soulever et à dire que c'est
incomplet? Il ne sera sûrement pas le seul à se soulever, M. Marchand.
Comment vous allez faire?
M. Bonnardel : Bien,
comme j'ai mentionné, il y a deux programmes qui ont cohabité, là, pendant un
certain nombre d'années, le PRTQ puis le PEQ. On va faire la même chose avec le
PSTQ et le PEQ. Puis, grosso modo, on sait que les profils PEQ... les personnes
PEQ ont un profil PSTQ. Il ne faut pas oublier, là, que ces gens vont pouvoir,
s'ils le souhaitent, continuer, donc, de déposer leurs déclarations d'intérêt
pour ce qui est du PSTQ.
Donc, comme je l'ai mentionné, c'est
extrêmement compliqué, présentement, de définir le nombre de personnes qui
pourraient appliquer. Je pourrais vous évoquer les chiffres PEQ dans les
dernières années, vous pourriez dire : Bon, bien, ça pourrait ressembler
peut-être à ça versus le PRTQ, mais il reste que, bon, on a des cibles plus ou
moins similaires, ou à peu près, même pas à 10 % près, entre les cibles du
plan pluriannuel précédent que celui-ci. Mais, au-delà de tout ça, comme je
vous l'ai mentionné, pour moi, mon défi, c'est de répondre à ces gens qui nous
écoutent aujourd'hui puis de leur dire qu'on ne les a pas oubliés et que je
vais annoncer tout cela avant le 12, mais qu'on va travailler avec les deux
programmes en parallèle, donc dès qu'on va réouvrir le PEQ, là, rapidement.
• (16 h 10) •
M. Morin : Pour le
programme PSTQ, est-ce que l'âge est un facteur qui peut défavoriser des
candidats?
M. Bonnardel : Non.
C'est une bonne question, là, mais non. Les volets, je pense que vous les
connaissez, vous les connaissez déjà, les différents FEER, là, autant du
volet 1, du volet 2, du volet 3 que...
Une voix : ...
M. Bonnardel : Bien, au
final, c'est sûr que, s'il y a une personne, je ne sais pas, moi, qui décide...
qui est en fin de carrière, à la retraite puis qui décide de retourner sur le
marché du travail à 78 ans ou à 75 ans, c'est correct, c'est correct.
Est-ce que, dans la conception des notes à la fin... je crois qu'il y a une
petite différence, il y a un pointage qui peut être différent selon l'âge de la
personne. Puis ce n'est pas parce que je dis ça que je n'invite pas les gens à
le faire, parce qu'on a besoin de tout le monde sur le marché du travail, peu
importe s'ils sont à la retraite ou ils décident, donc, de revenir et de
profiter du programme comme tel. Donc, oui, il peut y avoir une qualification
différente en termes de pointage pour ces personnes.
M. Morin : Alors, je
suis heureux que vous ayez apporté cette nuance, M. le ministre, parce
qu'effectivement les gens que moi, je rencontre sur le terrain, là, ils
essaient au PSTQ parce que, là, le PEQ est fermé. Puis là on parle de citoyens
français qui vivent ici, qui parlent français, qui sont intégrés, leurs enfants
vont à l'école, qui sont heureux. On parle entre autres de soudeurs, de manoeuvres,
puis là ils ne sont pas capables d'appliquer au PSTQ à cause de leur <âge...
M. Morin :
...puis
là ils ne sont pas capables d'appliquer au PSTQ à cause de leur >âge. Ça
fait que, dans votre planification, pensez-y, parce que ces gens-là vivent des
drames, puis, quand on les rencontre...
M. Bonnardel : Vous
parlez... Excusez. Excusez, Mme la Présidente.
M. Morin : Non, non, je
vous en prie.
M. Bonnardel : Vous
parlez de gens qui ont quel âge? Parce que ça m'intéresse...
M. Morin : Ils ont 45,
50 ans, là, ils ne sont pas à la retraite, ils n'ont pas 70 ans, ils
n'ont pas 75 ans, M. le ministre, ces gens-là. On parle des gens qui ont
40, 45 ans, 50 ans, puis qui travaillent ici, puis qui sont intégrés,
et ils sont excessivement inquiets parce qu'en plus ces gens-là ont tout laissé
chez eux, ils n'ont plus rien, là, ils n'ont plus rien, en France, puis ils
voudraient travailler, puis leurs employeurs voudraient les garder aussi, mais
là, avec le PSTQ, ça ne fonctionne pas. Alors, quand vous allez réfléchir au
PEQ et à sa réouverture, je vous demanderais de penser à ces gens-là également.
Maintenant, si vous voulez, on va parler
un peu de la réunification familiale, parce que c'est aussi un dossier qui
m'importe beaucoup. Combien vous avez de personnes en attente dans cette
catégorie-là au Québec, présentement?
M. Bonnardel : Qui sont
au fédéral?
M. Morin : Pardon?
M.
Bonnardel
:
Qui sont...
M. Morin : Dans la
réunification familiale.
M. Bonnardel : Bien,
l'objectif, la cible, comme vous le savez, là, dans le plan pluriannuel, est de
10 500, puis on en a encore 42 000 qui sont à Ottawa.
M. Morin : C'est ça, exact,
10 400, là, entre 10 200 et 10 600 pour 2026.
M.
Bonnardel
:
Oui.
M. Morin : Il y en a
combien qui ont un CSQ là-dedans?
M. Bonnardel : Je peux
vous donner ça, si vous me donnez quelques petites secondes.
M. Morin : Oui, bien,
j'ai d'autres questions. Vos collègues pourront regarder.
La réunification familiale, vous le savez,
là, c'est des gens qui sont ici, qui attendent un conjoint, une conjointe. Les
gens qui sont ici, bien, évidemment, ils ont une maison, ils travaillent. Ces
gens-là vont être prêts à venir ici travailler. La première ministre annonçait
qu'un des objectifs qu'elle voulait atteindre, c'était de traiter l'immigration
de façon plus humaine. S'il y a un secteur de l'immigration où l'on peut parler
véritablement de questions humanitaires, c'est bien la réunification familiale.
Quel est votre plan pour permettre à ces gens-là d'être réunis?
M.
Bonnardel
:
La question est bonne, M. le député. Je sais que, dans les dernières années... ça
n'a pas commencé avec moi, là, autant mes prédécesseurs que ceux qui étaient au
Parti libéral, à l'époque, en 2014‑2018, les cibles de réunification, de regroupement
familial ont pas mal toujours été les mêmes ou à peu près, à quelques centaines
ou milles près, de mémoire. Là, on est 10 500 dans la planification, ça a
peut-être monté à 12 500, 13 000, de mémoire, là, dans les années
antérieures. Donc, on a nécessairement un défi, un défi pour ces gens. On sait
que, du côté d'Ottawa, bien, nécessairement, il y a une liste de gens qui
attendent, nécessairement, puis, dans ces conditions, bien, on a décidé, avec
les discussions puis la planification qui a été préparée par la société civile,
les partenaires, les députés, défini que la cible de 45 000, qui incluait
le 10 5000 de regroupement familial, allait être celle avec laquelle on
allait travailler dans les trois prochaines années.
Donc, je sais que ça peut décevoir ceux
qui attendent leur résidence une fois pour toutes, mais c'est la cible qu'on a
décidé d'avoir, d'avoir pour être capables de répondre à notre besoin, les
besoins du Québec, et, nécessairement, au désir des nouveaux arrivants
d'arriver au Québec et de résider au Québec.
M. Morin : M. le
ministre, en mai, l'Association du Barreau canadien, vous écrivait. Est-ce que
vous avez pris connaissance de leur lettre?
M.
Bonnardel
:
Excusez-moi?
M. Morin : Oui, je
disais que, le 13 mai 2026, donc il y a quelques jours, l'Association du
Barreau canadien, division Québec vous écrivait relativement à la question de
l'humanité et du regroupement familial. Est-ce que vous avez pris connaissance
de leur lettre?
M. Bonnardel : Oui, je
suis conscient qu'il y a une très grande sensibilité pour la société civile en
général, mais, comme je l'ai mentionné, je ne veux pas paraître insensible,
mais c'est les chiffres avec lesquels mon prédécesseur, et toute la société
civile, et les parlementaires ont travaillé. On est conscients que c'est
peut-être long, très long, même, pour certains, mais la cible qu'on s'est
donnée, c'est une cible qu'on va respecter, à quelques centaines près,
nécessairement, mais on n'ira pas plus haut que ça pour les... d'ici 2029, avec
la planification pluriannuelle qu'on a définie.
Donc, juste pour votre question, si je
peux vous répondre, là...
M. Morin : Oui, oui,
bien sûr.
M. Bonnardel : ...avec
les 42 000 que je vous disais, tantôt, dans l'inventaire, là, il y en
a 24 300 avec un CSQ.
M. Morin : 23 000.
M.
Bonnardel
:
24 300, oui.
M. Morin : 24 300. Est-ce
que vous allez réouvrir le <traitement...
M. Bonnardel :
...24 300,
oui.
M. Morin :
24 300. Est-ce
que vous allez réouvrir le >traitement des dossiers pour le regroupement
familial en juin de cette année?
M. Bonnardel : C'est une
bonne question. C'est ce à quoi on travaille dans les... présentement.
M. Morin : Et donc vous
ne pouvez pas vous engager...
M.
Bonnardel
:
En temps et lieu.
M. Morin : ...devant la
commission à dire si vous...
M.
Bonnardel
:
En temps et lieu.
M. Morin : ...pas le
nombre, si vous allez le réouvrir ou pas?
M. Bonnardel : On
regarde la situation, M. le député.
M. Morin : D'accord.
L'Association du Barreau canadien disait que l'imposition d'un quota en matière
de regroupement familial soulève des enjeux majeurs d'ordres humain, social,
juridique et qu'il devrait idéalement être retiré. Ils adoptent ici une
approche pragmatique et constructive. Je les cite : «On nous souligne
aussi que plusieurs Québécois et Québécoises, à cause des quotas, ont des
délais de quatre ans avant de pouvoir être réunis avec un proche.» Et là, ici,
on parle de regroupement familial. Donc, ma compréhension, c'est des gens qui
rencontrent d'autres personnes à l'étranger, qui tombent en amour, qui veulent
vivre ici, continuer leur vie. Vous ne trouvez pas ça un peu difficile
d'attendre quatre ans pour que votre conjoint puisse rejoindre son unité
familiale ou son conjoint au Québec alors qu'en général, dans les autres
provinces du Canada, c'est à peu près 13 à 15 mois?
M. Bonnardel : Je veux
bien peser mes mots, M. le député, je suis extrêmement sensible, extrêmement
sensible à ces cas déchirants de gens qui attendent. Malheureusement, on a
décidé, comme société, de faire des choix, en termes d'accueil, en termes de
personnes, de nombre de gens, donc, qu'on peut accueillir, qu'on souhaite
accueillir et de régulariser à une date x. C'est ces choix que nous avons faits.
Puis, vous savez, ça ne me tente pas de revenir sur antérieurement, sur votre
gouvernement, et tout ça, mais on a, au Québec, en tout respect, défini un
nombre de gens, année après année, qui a été entre 10 000 et 13 000, de
mémoire, là, de mémoire, dans les 10, 12 dernières années. Donc, je pense
que chaque gouvernement fait ses choix, la société civile, les discussions,
l'ambition qu'on a pour le Québec. Ces gens sont immensément importants, mais
on est conscients, je suis extrêmement sensible face à la... au fait que, pour
certains, c'est extrêmement long. J'en suis extrêmement, extrêmement conscient,
mais on a à travailler, nécessairement, avec l'engagement qu'on a pris, comme
gouvernement, et l'engagement que j'ai, comme ministre, de respecter le travail
qui a été fait par mon prédécesseur et l'engagement de la première ministre,
voilà, de respecter ces cibles de la planification pluriannuelle 2026‑2029.
• (16 h 20) •
M. Morin : Sauf que je
vous invite à mettre dans l'équation le fait aussi que la première ministre
actuelle souhaite traiter l'immigration avec humanité, et avoir des familles
qui sont divisées pendant quatre ans... Et là vous ne pouvez pas vous engager
pour savoir si vous allez réouvrir en juin ou pas. Si vous réouvrez puis que
vous avez arrêté la cible à 10 400, votre arrérage va continuer
d'augmenter, donc l'an prochain, ce ne sera plus quatre ans, ça va être cinq
ans, six ans.
Au fond... Puis ces gens-là, là, quand on
les rencontre, les conjoints qui sont ici, là, ils ont un toit, ils ont une
maison, là. Il n'y aura pas... ça ne va pas avoir un impact sur la crise du
logement, là, je vous le dis, là, ils ont déjà des lieux où ils résident, mais
ils sont obligés d'attendre, d'attendre, d'attendre, à un point où il y a des
gens ici qui ont des bons emplois, d'ailleurs, il y en a plusieurs qui
travaillent au gouvernement du Québec, mais il y en a qui pensent aller juste
ailleurs parce que ce n'est juste pas possible d'être réunis puis de réunir une
famille, présentement, au Québec. Est-ce que c'est quelque chose que vous allez
considérer dans votre analyse?
M. Bonnardel : Bien,
comme je vous l'ai mentionné, là, on va regarder dans les prochaines semaines,
M. le député, rapidement, donc, pour une réouverture, si je peux le dire ainsi,
donc, pour répondre aux futurs engagements qu'on aura comme gouvernement pour
le regroupement familial. Je suis extrêmement sensible, comme je l'ai
mentionné, sur la situation des... l'arrérage qui existe, présentement, au
fédéral. On en est conscients, que ça peut prendre du temps pour ces gens, mais
on a à travailler, j'ai à travailler avec les cibles qui ont été définies par plusieurs,
plusieurs, plusieurs personnes, à gauche et à droite, qui ont défini la
capacité pour le Québec de répondre à un enjeu d'accueil. Donc, je sais que ce
n'est pas simple, c'est peut-être facile de le dire ainsi, mais c'est
l'engagement qu'on a pris pour ces gens.
Alors, oui, ils vont être traités, ils
vont être traités, mais, à quelque part, on est conscients que... C'est certain
qu'on ne contrôle pas toutes les entrées au fédéral, là, je ne peux pas tout...
lancer la balle à Ottawa, mais il reste que, comme le député le mentionnait <tantôt...
M.
Bonnardel
:
...à Ottawa, mais il reste que, comme le député le mentionnait >tantôt,
du Parti québécois, on a vécu ce qu'on a vécu, là, pendant les années de
post-pandémie, là, ça a été extrêmement, extrêmement difficile. Aujourd'hui,
bien, il y a une tendance, nécessairement, plus — est-ce que je peux
dire «acceptable»? — acceptable, là, donc c'est ce avec quoi on
travaille. Puis, nécessairement, bien, pour les délais, j'en suis conscient,
quand on parle... L'année passée, on était... je pense que vous aviez posé la
question à mon collègue, c'était 37 mois ou à peu près, là, bon. Il y a
une légère amélioration, là, on est à 31, 32 mois, présentement. Ce n'est
pas énorme, ce n'est pas énorme, mais, quand même, il y a une amélioration qui
est faite de ce côté, là, pour les délais d'attente pour le regroupement
familial.
M. Morin : Sauf que vous
comprenez que, pour ces gens-là qui attendent, évidemment, ça cause des
impacts, ça va retarder de fonder une famille, tout dépendant de leur âge, ça a
un impact sur leur projet de vie. S'ils veulent avoir — et ça,
c'était écrit, certains des avocats en ont parlé — une vie sociale,
obtenir parfois des prêts, etc., tout est compliqué, et vous compliquez leur vie
d'une façon vraiment significative.
En plus, on sait que, présentement, et
vous avez sûrement des chiffres là-dessus également, présentement, la
population du Québec est négative. On a un décroissement de la population pour
la première fois depuis des années, et des années, et des années. Ça diminue
aussi notre poids à l'intérieur du Canada, tu sais. Quel est votre plan pour
s'assurer que le poids démographique du Québec va arrêter de diminuer? Je peux
vous soumettre que le regroupement familial, c'est une façon d'y arriver.
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est une bonne question, M. le député. Personne ne va nier le contexte
ou le fait qu'on est une société plus vieillissante que certains autres États
ou pays dans le monde. On est une belle terre d'accueil pour les immigrants,
puis on s'est donné comme défi de définir, donc, nos besoins pour ce qui est
des nouveaux arrivants d'ici 2029.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M.
Bonnardel
:
Je reviendrai tantôt en vous expliquant un petit peu la... pour la première
fois, les cibles qu'on s'est données pour les travailleurs étrangers
temporaires, et les permis, et les étudiants étrangers.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine ce deuxième bloc pour
l'opposition officielle.
On poursuit avec le deuxième groupe
d'opposition et le député de Laurier-Dorion pour 17 min 3 s.
M. Fontecilla : Merci,
Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre. Je salue également vos collègues.
On va... comme vous pouvez vous y attendre, on va continuer avec le PEQ, hein,
c'est le sujet du jour, là. Donc, on connaît la petite histoire, mais...
abolition du... fermeture et ensuite abolition du programme PEQ, mais il y a eu
une... il y a eu une mobilisation rarement vue au Québec, là, réunissant des
milieux complètement opposés. Imaginez-vous, les syndicats et le patronat
ensemble, les universités, les milieux municipaux, les régions, etc., là, pour
demander à votre gouvernement de revenir sur cette fermeture-là.
Le slogan qui était très, très porté par
l'ensemble des personnes concernées, en particulier, là, c'est qu'ils sentaient
qu'il y avait une trahison de la parole donnée par le Québec, là, parce que
c'est beaucoup... la plupart, en fait, de ces personnes-là, avec leurs familles,
étaient arrivées s'installer ici avec la promesse qu'ils pourraient... s'ils
remplissaient les critères, bien évidemment, qu'ils pourraient obtenir le
convoité certificat de sélection du Québec et, en bout de ligne, la résidence
permanente, etc.
Donc, voilà, donc, suite à cette
pression-là, votre gouvernement annonce que, bien, ils allaient réouvrir le
PEQ, là, mais de façon restreinte. Donc, on sait que ça va... vous allez
accepter, dans le cadre du programme, du nouveau... de la réouverture du
nouveau... du programme PEQ, seulement 29 000 personnes. Vous estimez
qu'il y en a 125 000, personnes qui pourraient être concernées. On va y
revenir, là, mais l'écart est considérable, de 29 000 à 125 000, c'est
presque un petit peu moins que 100 000 personnes. Donc, vous ne...
êtes-vous d'accord, M. le ministre, que vous êtes en train d'accomplir un quart
de la promesse que vous avez faite?
M.
Bonnardel
:
Bon, on va essayer de corriger un peu ce que vous avez dit, là. J'ai répondu à
ces questions à vos collègues puis je vais y revenir juste pour qu'il y ait une
meilleure compréhension pour ceux qui nous écoutent et pour vous-même, là.
Il faut comprendre d'où on part. Vous
l'avez dit, cible pluriannelle, 45 000 : 29 000 immigrants <économiques...
M. Bonnardel :
...pluriannelle,
45 000 : 29 000 immigrants >économiques; 10 500,
regroupement familial; 5 500 et des poussières, autres réfugiés. J'ai à
travailler avec le 29 000. Il y aura une combinaison, quand le PEQ va
rouvrir, dans les prochaines semaines, il y aura une combinaison où on aura
deux programmes, comme le PRTQ de l'époque et le PEQ. On aura à travailler avec
les deux programmes, et nécessairement on aura à travailler avec 29 000,
qui est la cible qu'on s'est donnée d'ici 2029. Alors, de définir précisément
il y en aura-tu 28 500, 29 000, il y en a combien qui vont y
répondre, si vous me demandez le chiffre, je ne peux pas vous le donner, le
chiffre, donc on expose des possibilités.
Moi, ce que je veux dire aux gens qui nous
écoutent, présentement, c'est qu'on va répondre à ceux qui répondaient aux
conditions, aux conditions du PEQ, que ce soit pour le PEQ Diplômes ou le PEQ Travailleurs — je
les ai appelés, ces gens, les oubliés — donc, donnez-moi encore un
peu de temps. Je l'ai mentionné, que l'annonce sera faite avant le 12 juin,
avant la fermeture, pour annoncer... avant la fermeture de la législation,
donc, pour annoncer à tout le monde, aux gens qui attendent la réouverture du
PEQ, quelles seront... quelle sera... donc, les conditions premières pour,
donc, déclarer leur intérêt.
Alors, c'est extrêmement... bien, c'est
ambitieux, on va le faire, mais c'est impossible, présentement, M. le député,
là, pour votre gouverne, de dire précisément que ça va être 14 500,
14 500, là. On a à travailler avec le 29 000 puis on aura à définir
selon le flux.
M. Fontecilla : Tout à
fait, mais, si on prend votre chiffre de 125 000 personnes, c'est le
chiffre donné par... utilisé par le gouvernement, on pourrait se poser des
questions, mais, bon, c'est le chiffre donné par le gouvernement, mais il faut
rentrer tout ce monde-là dans un quota de 29 000. Là, on est... Il y a
énormément de gens qui vont être déçus. Donc, vous ne remplissez votre promesse
que très, très partiellement, là, c'est ça, l'objet...
M. Bonnardel : Bien là,
M. le député, vous partez avec la prémisse que c'est 125 000. Moi, je vous
dis que c'est un chiffre qui est comme ça, là. Donc, c'est impossible...
M. Fontecilla : Comme
ça? Qu'est-ce que vous voulez dire, «comme ça»?
M. Bonnardel : ...c'est
impossible pour moi de vous donner une fourchette. Donc, la fourchette, je peux...
Moi, je vous dis que, si vous regardez, exemple, le nombre de PEQ dans les
années 2023‑2024, vous pourriez définir que, bien, le PEQ — PEQ Diplômes,
PEQ Travailleurs — pouvait répondre à peu près à 17 000,
18 000 personnes par année. Donc, si c'est le même chiffre, on
pourrait avoir à travailler avec ce nombre lors de la réouverture, pour la
première année, pour la deuxième année.
Donc, moi, je vais travailler avec le
nombre de déclarations qu'on aura lors de la réouverture, puis on va
travailler, comme je vous l'ai mentionné, avec les deux programmes qui vont
être en combinaison pour les deux.
• (16 h 30) •
M. Fontecilla : Est-ce
que je dois comprendre, M. le ministre, que c'est... votre nombre de 29 000
personnes, ça pourrait fluctuer...
M. Bonnardel : Bien, il
faut juste... Je me suis peut-être mal exprimé, là, c'est... 29 000, ce
n'est pas par année... c'est par année, là. 29 000, c'est par année.
M. Fontecilla : 29 000,
c'est par année, oui, mais incluant...
M. Bonnardel : C'est par
année. Donc, moi, le chiffre d'immigration économique avec lequel je vais
travailler, c'est 29 000 par année.
M. Fontecilla : Par
année, mais, dans ce cadre-là, 50 %, la moitié, c'est ce qu'on comprend,
là, pour... Est-ce que c'est le cas, là? Je vous pose la question, la moitié de
ce... de 29 000 sont alloués aux gens, PEQ Travailleurs, Étudiants, c'est
le cas?
M. Bonnardel : Je vais
annoncer tout ça dans les prochaines semaines.
M. Fontecilla : Donc, on
ne sait pas encore?
M. Bonnardel : Dans les
prochaines semaines.
M. Fontecilla : On ne
sait pas si ça va être un tiers de 29 000, la moitié? On est dans le flou,
là?
M. Bonnardel : On n'est
pas dans le flou, mais on va annoncer ça très rapidement.
M. Fontecilla : Très
bien, monsieur. Écoutez, d'autre part, pourquoi vous avez... On sait, vous
l'avez expliqué tantôt, que le PSTQ, là, le moins qu'on puisse dire, c'est
qu'il a une productivité plutôt faible, à l'heure où on se parle, et peut-être,
en tout cas, on souhaite, ça va... il va y avoir un traitement plus rapide des
dossiers. Il le faut, parce qu'on travaille avec des grands chiffres. On est
dans les quelques centaines, ces temps-ci, là, alors qu'il faudrait produire,
par mois, des milliers, voire... des milliers de permis. Pourquoi avoir... Pourquoi
n'avoir pas... ne pas avoir donné la priorité pendant deux ans aux gens du PEQ
et avoir attendu d'ouvrir le PSTQ plus tard, là...
M. Bonnardel : Il y a
plusieurs points.
M. Fontecilla : ...alors
que vous avez dit que c'est deux publics sensiblement similaires?
M. Bonnardel : Bien,
80 % — on fait un chiffre rond, là — des applicants au
PEQ ont un profil PSTQ. Donc, pour ces gens, ça va répondre encore aux
différents volets de... qu'on a mis en place, que mon prédécesseur a mis en
place.
Puis, dans ces conditions, bien, vous
comprenez d'où on part. On avait trois projets pilotes, on avait le PRTQ, on
avait le PEQ, et, nécessairement, on avait <une belle...
>
16 h 30 (version révisée)
<11
M. Bonnardel :
...on avait le PRTQ, on avait le PEQ, et, nécessairement, on avait >une
belle vitesse de croisière. Donc, cette vitesse de croisière, avec le PSTQ, on
va l'atteindre aussi. On souhaite l'atteindre, là, donc, dans les prochaines
semaines.
Heureusement aussi, on ramène le PEQ, donc
il y a aura une combinaison, comme je l'ai mentionné tantôt, des deux programmes,
comme le PRTQ, à l'époque, et le PEQ le faisaient ensemble. Donc, on va arrimer
ces deux programmes pendant une période de deux ans lors de la
réouverture pour être capables de répondre à ceux qui ont été oubliés.
M. Fontecilla : Mais je
reviens avec ma question, M. le ministre. Puisque c'est des... un public
sensiblement similaire, pourquoi ne pas avoir donné toute la place aux gens
issus du PEQ, là, et avoir attendu le PSTQ, alors qu'il s'agissait de répondre
à une demande pressante du... de la part de ces gens-là, qui, quotidiennement,
perdent leur permis de travail, là, de façon assez... dans un très grand nombre?
M. Bonnardel : Bien,
rapidement, il y a une... il y avait une... pas une pression, mais,
nécessairement, il y avait un défi. Je pense que je l'ai mentionné au début, à
la première question du député de l'Acadie, il y avait un défi pour moi... bien,
pour le gouvernement de mieux régionaliser, donc, ces immigrants, ces nouveaux
arrivants au Québec. Grosso modo, on fait un chiffre rond, là, il y avait à peu
près une personne sur quatre du PEQ qui se régionalisait. Est-ce que c'était
assez? À ce moment, on acceptait ça. Le défi du PSTQ de mon prédécesseur, c'était
nécessairement d'amener puis d'augmenter cette régionalisation, qui est
présentement, en moyenne, 60 %. Et globalement, au Québec, on est passés
de... on est passés d'une vingtaine de pour cent, comme je l'ai mentionné
tantôt, à 40 %, globalement, en 2025.
Donc, pour nous, c'est un beau défi, c'est
un beau succès qu'on veut continuer. Alors, c'est ça qui... c'est la
combinaison des deux. Comme je vous disais tantôt, le 29 000 va être à
travailler, va être à travailler autant avec le PSTQ que le PEQ. Et la décision
a été prise, l'année passée, de mettre fin au PEQ pour... parce que le PSTQ allait
mieux régionaliser, dans une certaine mesure, les... le défi de l'immigration.
Et, nécessairement, bien, c'est ce à quoi on va travailler maintenant pour la
réouverture, avec la combinaison des deux programmes.
M. Fontecilla : Et, M.
le ministre, il y a eu un article dans Le Devoir aujourd'hui, là, qui
nous dit, grosso modo, 1 500 permis de travail ouverts expirent
chaque mois au Québec, là, donc c'est des gens qui vont devoir, normalement,
partir : 1 660 en juin, 1 515 en juillet, 1 815 en août, 1 380
en septembre. Donc, en ce moment, le Québec est encore en train de connaître
une hémorragie de main-d'oeuvre qui est déjà installée, qui travaille, qui
contribue, qui paie des impôts, là. Qu'est-ce que vous allez pour... Qu'est-ce
que vous allez faire pour arrêter cette hémorragie-là? Et comment qu'on peut...
Et c'est des gens... je suppose que c'est des gens, pour la plupart, qui sont
des postulants au PEQ, là. La situation urge, M. le ministre. Comment vous
allez traiter cette problématique-là?
M. Bonnardel : Première
chose, pour le PSTQ, ceux qui avaient un permis... ceux qui ont un permis fermé...
Premièrement, on va prioriser ceux qui ont un permis, on va prioriser ceux qui
ont un permis qui venait à échéance. Deuxièmement, on a demandé au fédéral de
renouveler les permis fermés, ce qu'ils ont accepté. Ce qu'on souhaite aussi,
du côté de la politique de resserrement qui a été mise en place par le fédéral,
qui a été appliquée dans des régions... RMR de Montréal, Ottawa et Gatineau,
Drummondville et quand vous avez un taux de chômage au-dessus de 6 %, donc
il n'y a pas d'étude... il n'y a pas de renouvellement de permis qui se font à
part dans certaines catégories d'emploi, exemple santé... santé et construction...
donc, ce qu'on a demandé, c'est qu'on soit capables d'avoir, premièrement, un
droit acquis pour le nombre de travailleurs, pourcentage du nombre de
travailleurs et, nécessairement, de renouveler aussi les permis applicables qui
venaient à échéance pour ces gens.
M. Fontecilla : Vous
avez demandé. Quelle est la réponse?
M. Bonnardel : On étudie...
bien, «on étudie»... pas moi... bien, oui, on étudie avec le fédéral,
présentement, la demande que nous avons faite.
M. Fontecilla : Donc, il
n'y a pas de réponse encore?
M. Bonnardel : Pas de
réponse encore, malheureusement. La chose qu'on a demandée qui est importante
de comprendre, c'est que la politique du fédéral est applicable aux zones RMR.
Donc, quand on parle de Montréal RMR, on le sait, que c'est beaucoup plus large
que Montréal et Laval. Nous, on leur a dit : Votre politique de
resserrement, appliquez-la seulement à Montréal et Laval et permettez donc aux
entreprises à l'extérieur, donc, de ces deux centres, de ces deux grands
centres d'avoir, donc, droit acquis, le fameux 10 % de travailleurs
étrangers temporaires ou 20 %, selon la situation, en santé exemple, donc,
d'avoir le même nombre de travailleurs étrangers temporaires dans ces
territoires et... ces régions, pardon, et, nécessairement, de renouveler les permis
qui sont... qui pourraient arriver à échéance.
M. Fontecilla : Donc, si
je comprends bien votre <explication...
M. Fontecilla :
...votre
>explication, M. le ministre, vous demandez des assouplissements, des
extensions de permis de séjour pour les gens hors Montréal et Laval, et les
gens de Montréal et Laval, là, bien, le permis, une fois expiré, là, bien, ils
vont devoir quitter, là. C'est... Donc, vous avez décidé de... que les
postulants PEQ du Montréal et Laval, là, bon, bien, c'est fini, leur histoire,
là?
M. Bonnardel : Non, il
faut faire attention, là, il ne faut pas penser qu'on oublie Montréal et Laval
dans cette situation, là. Le fédéral applique, dans les RMR où il y a un taux
de chômage au-dessus de 6 %, des politiques de resserrement,
malheureusement. Présentement, il y a trois régions — Drummondville,
Outaouais, Montréal — qui ont des taux de chômage au-dessus de
6 %, donc cette politique de resserrement est applicable à ces zones RMR.
Nous, on leur a dit : Vous pouvez assujettir votre politique, même, pour
nous, Montréal, Laval, et laisser les régions à l'extérieur...
Exemple, prenez ma... prenez mon
environnement, RMR Montréal, ça va jusqu'à Saint-Jean. On est presque à la
deuxième banlieue, là. Donc là, on leur a dit : Ça n'a pas de sens, ça n'a
pas de sens d'appliquer... Exemple, j'ai une entreprise de Drummondville qui me
dit : François, je... bien... oui, François, je perds trois soudeurs...
trois employés mécaniciens immensément qualifiés, leur permis vient à échéance,
mais ils sont à Drummond, dans une zone où le taux de chômage est au-dessus de
6 %. Donc, si on... ils appliquaient juste pour ce que nous, on souhaite,
Montréal, Laval, bien, cet employeur, présentement, ne perdrait pas ces mécaniciens
ou ces travailleurs, qui, pour lui, sont immensément importants dans son modèle
d'affaires.
M. Fontecilla : Je veux
changer de thématique, M. le ministre, la question de la francisation, là. On
assiste à des coupes importantes, à une diminution importante du réseau, et
votre prédécesseur avait affirmé qu'il y avait une baisse de 33 000 à
6 000 en un an au Québec, là, mais il y a comme une dissonance entre
les données du terrain versus ce que le ministère de l'Immigration nous dit, là.
Et, d'une part, on nous dit qu'il y a une baisse d'immigration, donc il y a une...
il y a moins d'offres en francisation, d'autre part, on nous dit que vous
pénalisez les... la formation en milieu scolaire. Qu'en est-il, M. le ministre?
• (16 h 40) •
M. Bonnardel : Oh boy! Ça,
c'est une bonne question. On va régler certaines choses, là. Je vais essayer de
prendre... faire ça juste deux minutes, là, pour respecter le temps du
député, là.
Quand on a décidé, en 2023, de mettre
sous le même chapeau Francisation Québec, c'était pour répondre, nécessairement,
aux différents partenaires que nous avions à gauche et à droite pour mieux franciser
les nouveaux arrivants. Depuis la création de Francisation Québec en 2023,
ça a été un vif succès avec les différents partenaires. On a formé, en 2023,
de mémoire, 93 000 personnes. Il y a nécessairement une légère baisse
pour les années qui viennent de suivre, parce que, nécessairement,
l'immigration est légèrement à la baisse.
Donc, quand on entend ou quand j'entends
qu'il y a une baisse, donc, du financement, le financement, cette année, pour
la francisation, est à la hauteur de 256... je fais un chiffre rond, là... 256,
258 millions de dollars. Il y a près de 133 partenaires sur le
territoire québécois, il y a près de 900 personnes qui sont formées pour
franciser, donc, les différentes classes, franciser, oui, donc, les nouveaux
arrivants. Alors, je vous dirais que, depuis la création — oui,
excusez, une minute? — de Francisation Québec, on peut juste
applaudir le travail qui a été fait, autant du côté volet entreprises que le volet
immigration et nouvel arrivant.
M. Fontecilla : Est-ce que ça
coûte plus cher de financer... de franciser dans le milieu scolaire, à cause
des brevets des professeurs, là, que dans les milieux non scolaires?
M. Bonnardel : Non, le
coût, que ce soit francisé par le MIFI ou par le ministère de l'Éducation, à la
base, par personne, de mémoire, là, c'est le coût... le coût est le même...
M. Fontecilla : Très
bien. Et vous dites... Oui?
M. Bonnardel : ...et le
niveau de professionnalisme des gens du MIFI versus le MEQ, il n'y a pas de...
les compétences sont similaires.
M. Fontecilla : Très
bien. Encore ici, on m'a mis des gros chiffres, et votre prédécesseur se
vantait d'avoir offert des services d'apprentissage en français à près de
77 000 personnes depuis le 1er avril 2025.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Fontecilla : Les...
C'est moins que l'an dernier, 90 000. Mais est-ce que c'est des gens qui
ont complété le parcours qui se sont inscrits, qui...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine ce bloc-ci, vous en
aurez un autre dans quelques minutes.
On poursuit avec le député d'Abitibi-Est
pour 4 min 35 s
M. Dufour : Ça fait que,
M. le ministre, juste vous faire, peut-être, une petite analogie. Voilà
100 ans passés, Val-d'Or a été développée avec 62 nationalités
différentes, avec le développement minier, à l'époque. Pour une <région...
M. Dufour :
...pour
une >région comme l'Abitibi-Témiscamingue, là, l'immigration n'est pas
un enjeu parmi tant d'autres, c'est une condition de survie économique,
démographique et sociale aujourd'hui. C'est à peu près le seul niveau qui nous
permet de maintenir une capacité d'individus, présentement, dans nos milieux.
Les mesures récentes, bien qu'ayant des
objectifs légitimes à l'échelle nationale, ont des effets disproportionnés et
déstabilisateurs en région. Le message que je viens porter aujourd'hui, parce
qu'on n'a pas beaucoup de temps, on a à peu près 4 min 30 s,
c'est qu'il y a le ministre puis il y a les équipes derrière le ministre, ce
qui m'amène à... en lien avec la question : Les régions ne sont-elles que
soumises à une adaptation nationale? C'est ça, la question, au bout de la ligne.
Est-ce qu'on écoute le terrain tellement au niveau de nos milieux pour bien
définir nos besoins? On parle... Tantôt, là, vous avez parlé du PTSQ, là. Écoute,
c'est deux soudeurs qui ont été acceptés dans ce dossier-là, présentement,
chez nous, en date du 21 mai 2026. Deux soudeurs, ce n'est rien, là.
On a 83 % de nos entreprises qui sont affectées, on a 55 % de postes
vacants, on a 52 % qui ont dû... des entreprises qui ont dû refuser des
contrats, puis on a 3,2 % de taux de chômage. Je pense que c'est important
que l'équipe derrière vous, aujourd'hui, comprenne l'enjeu dans les régions de
ce qui se passe avec l'immigration et pas simplement arriver avec des
politiques qui sont peut-être intéressantes, mais qui doivent comprendre c'est
quoi qui se passe sur le terrain.
M.
Bonnardel
:
Bien, je vais répondre rapidement pour laisser le temps au député de poser une
autre question s'il le souhaite. Je suis très conscient, puis je mesurais, puis
j'étais pas mal certain qu'il allait poser cette question, puis j'allais sortir
les... je suis allé sortir les chiffres de régionalisation en Abitibi-Témiscamingue,
puis c'est 0,4 % dans les sept... huit dernières années. Puis on peut
beaucoup... on peut faire mieux, on peut faire mieux, c'est certain, certain,
certain. Ça ressemble pas mal aux chiffres du Saguenay—Lac-Saint-Jean, Côte-Nord
ou ailleurs. C'est pour ça que, quand on a décidé de mettre fin au PEQ, au PRTQ
puis de mieux régionaliser le PSTQ... parce que, présentement, présentement, le
PSTQ répond à une forme de régionalisation à la hauteur de 60 %, c'était
25 % lors du PEQ. Donc, je comprends très, très bien le défi de la
régionalisation. On peut faire mieux. On a des belles ententes avec le PAC, le
Programme d'appui aux collectivités, en Abitibi-Témiscamingue, on a
19 ententes. C'est une... vous êtes dans le top 6 au moins, pour ce
qui est du support avec le PAC. Mais, pour le reste, j'en suis conscient que le
PSTQ va répondre à vos ambitions, j'en suis certain.
M. Dufour : Et vous le
savez, M. le ministre, vous avez un comité, présentement, qui est en place pour
couvrir l'ensemble de la région. Prenez le temps de les écouter et voir avec
eux à trouver des solutions. Les trois éléments majeurs : coordination,
écoute du terrain puis des mesures stables. Parce que, vous le savez, on joue
avec la vie des gens, là. Il y a des gens qui ont des petites familles, qui ont
fait des petites familles et, du jour au lendemain, aujourd'hui, là, qui ne
savent plus trop, trop où est-ce qu'ils s'en vont avec tout ça. Moi, j'ai... On
doit avoir, dans nos bureaux de comté, là, à toutes les semaines, un à deux cas,
minimum, qui nous appellent en crise, actuellement. C'est ce qu'on vit,
présentement.
M.
Bonnardel
:
Je reste convaincu que, si on se reparle dans trois ans, dans quatre ans,
la discussion qu'on a cet après-midi, ce soir, le pourcentage va avoir
augmenté, je reste convaincu qu'avec le PSTQ comme ça, on va être capables
d'augmenter la régionalisation puis d'amener des gens chez vous qui vont
participer à la vitalité économique, parce je comprends jusqu'à quel point
votre territoire est immensément important. Les ressources sont importantes,
puis c'est pour ça qu'on a fait ça.
M. Dufour : On se croise
les doigts, parce que, comme vous le savez, il y a des enjeux de démographie
majeurs, aujourd'hui, dans des régions comme l'Abitibi-Témiscamingue, puis on
n'est pas la seule, mais je pense que ça mérite d'être entendu à haut niveau
pour s'assurer de garder une vitalité économique, naturellement, dans toute
cette dynamique de l'immigration.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 12 secondes.
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est ça, M. le député, je vous assure d'une chose, c'est que je mesure
très, très bien, quand j'ai regardé les chiffres tantôt, je sais qu'on peut
faire mieux, c'est pour ça qu'on va faire mieux, puis c'est pour ça qu'on a
pris la décision avant les fêtes, donc, de mettre...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, on poursuit avec... on revient, à
tout le moins, avec l'opposition officielle pour un troisième bloc, 17 min 3 s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, dans un article qui remonte à quelques mois dans Le
Devoir, la journaliste Sarah Champagne indiquait qu'il y avait plus de
142 000 personnes en attente de leur résidence permanente au Québec.
Je comprends que c'est des gens qui avaient un CSQ, mais qu'ils attendent, ils
n'ont pas encore leur citoyenneté. Vous en avez combien qui ont des CSQ en
attente, présentement?
M.
Bonnardel
:
Si vous me <donnez...
M.
Bonnardel
:
...vous me >donnez un peu de temps... Dans toutes les catégories ou...
M. Morin : Oui, dans
toutes les catégories.
M.
Bonnardel
:
Les CSQ en attente, je pense que j'ai pris note de tout ça. Bien, premièrement,
le regroupement familial, je vous le disais tantôt, là, qu'il y avait 42 000.
Toutes les catégories... travailleurs qualifiés, bien, on va répondre au
possible aux cibles, on est à 30 000, plus ou moins; les réfugiés, du côté
des réfugiés, on était à... demandeurs d'asile, on était à 61 900; et, du
côté des gens d'affaires, on est à 3 900.
M. Morin : Au niveau des...
parce que...
M.
Bonnardel
:
Donc, au total...
M. Morin : Oui?
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est ça, oui. C'est beau.
M. Morin : Donc, au
total?
M.
Bonnardel
:
Bien, je n'ai pas le chiffre au total, j'avais juste mis les notes, donc...
Puis autres réfugiés, 15 840.
M. Morin : Dans les
réfugiés reconnus sur place, quand on regarde le scénario qui a été approuvé
suite à la planification pluriannuelle, on parlait d'environ
5 300 personnes. Est-ce que vous savez c'est quoi, le délai pour
qu'ils obtiennent éventuellement leur résidence et leur citoyenneté?
M.
Bonnardel
:
Bien là, vous parlez des autres réfugiés, là, dans la catégorie autres réfugiés.
M. Morin : Je parle des
réfugiés qui ont été reconnus sur place. Donc, eux autres, ce n'est pas des
demandeurs d'asile, c'est des...
M.
Bonnardel
:
Non, c'est extrêmement long, M. le député, là, on parle d'une moyenne... plus
ou moins 114 mois.
M. Morin : Donc, de 9 à
18 ans, ça se peut-tu? Donc, ces gens-là vont attendre ici. Là, ils sont
réfugiés, ce n'est pas des demandeurs d'asile, là, ils ont été reconnus, là, donc,
ils vont attendre 9 à 18 ans avant de pouvoir obtenir éventuellement leur
résidence permanente puis leur citoyenneté.
M.
Bonnardel
:
C'est les cibles, M. le député, qu'on s'est données, qu'on s'est données. C'est
ça. Puis là, veux veux pas, comme je l'ai mentionné tantôt, le nombre de
demandeurs d'asile, les réfugiés, le... pas le pourcentage, mais le volume de
gens qu'on souhaite accepter, régulariser, je vais le dire ainsi, malgré le
fait que, comme je vous ai mentionné, il y a un arrérage qui est important, ces
gens vont, oui, avoir... vont être régularisés, mais dans un laps de temps qui,
j'en conviens, pour vous... est de 114 mois.
• (16 h 50) •
M. Morin : Puis, si on
regarde la catégorie humanitaire, ma compréhension de votre cible, c'est que ça
tourne autour de 200. Il y a 14 000 dossiers en attente. Savez-vous
combien ça va prendre de temps avant qu'ils obtiennent un statut?
M.
Bonnardel
:
Même chose, autant... aussi long, aussi long.
M. Morin : 28 à
70 ans, M. le ministre.
M.
Bonnardel
:
Ah! non, mais là on parle de... bien, on parle de plus de 10 ans, bien, on
parle de plus de 10 ans.
M. Morin : Donc, d'après
votre source, le ministère de l'Immigration, Francisation, Intégration, là, dans
la catégorie humanitaire, dossiers en attente, vous en avez 14 000, la cible,
c'est 200, la cible maximale, 500. Donc, ça va prendre de 28 à 70 ans
avant que leur situation soit régularisée. Il y a des gens qui vont carrément...
ou bien ils vont aller ailleurs ou ils vont... malheureusement, ils vont mourir.
Vous allez les laisser comme ça?
M.
Bonnardel
:
Bien, écoutez, puis je ne veux pas renier le fait, là, les chiffres sont là,
là, ils sont là, ces gens, en grande, grande majorité, sinon en totalité,
travaillent sur le territoire québécois, participent à la vitalité économique.
Bon, ils n'ont pas leur statut régularisé, j'en suis conscient, mais on
travaille avec les cibles qu'on s'est données. Comme je l'ai mentionné, je l'ai
répété maintes et maintes fois, je ne veux pas vous renvoyer le miroir, M. le
député, mais c'est ce à quoi on travaille depuis la planification qui a été
faite par tous les collègues, les discussions qui ont eu lieu ici, avec la
société civile, les partenaires. Et là-dessus je pourrais ressortir les
chiffres des 10, 15 dernières années, puis je suis pas mal certain qu'on
est dans les mêmes eaux, à quelques dizaines ou à quelques centaines près.
M. Morin : Sauf que... est-ce
que vous avez une idée du parcours du combattant que ces gens-là doivent vivre?
Parce qu'évidemment vous l'avez dit, M. le ministre, il y en a qui...
effectivement, il y en a qui contribuent, ils travaillent, donc. Ils ne sont
pas citoyens canadiens, donc il faut qu'ils demandent un permis de travail, il
faut qu'ils le renouvellent subséquemment, encore, et encore, et encore. Donc,
votre réponse, c'est de dire : Le gouvernement a fixé des cibles, puis
c'est ça, puis voilà.
M.
Bonnardel
:
C'est trop facile de le dire ainsi. Puis je respecte votre position, là. J'ai
été assez longtemps dans l'opposition, je comprends. Mais on <travaille. Oui...
M. Bonnardel :
...mais
on >travaille. Oui, comme gouvernement, vous allez... vous avez été au
gouvernement, le Parti libéral, pendant un certain nombre d'années, on a ce
défi de capacité d'accueil. Ces gens sont sur le territoire, j'en conviens, ils
travaillent, leur permis est renouvelé, ils participent à la vie économique. Je
suis immensément sensible et conscient que ça peut être long pour régulariser
leur statut, mais c'est le travail, les cibles qu'on s'est données avec la
planification pluriannuelle qui a été préparée par mon prédécesseur d'ici 2029.
Donc, c'est ce avec quoi on va travailler.
M. Morin : On... Êtes-vous
d'accord avec moi pour dire que 70 ans, c'est quand même long?
M. Bonnardel : M. le
député, je le sais, que les... comme je vous ai mentionné, je ne veux pas être
insensible, là, je mesure très, très bien... les gens qui nous écoutent, qui
comprennent, qui ont bien entendu votre question, le statut des demandeurs
d'asile et autres réfugiés. Le Québec a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup
depuis la pandémie, beaucoup. Je pense qu'il est... et il allait de soi, il allait
de soi, le député du Parti québécois le mentionnait tantôt, quand il parlait de
capacité d'accueil, il allait de soi qu'on demande au fédéral de statuer sur le
fait que notre capacité à recevoir ces gens. On est là les bras ouverts, aucun
souci, là, aucun souci. Mais le Québec, le Québec, c'est... Le défi qu'on a
demandé au fédéral, c'est de mieux répartir, ce n'est pas plus compliqué que ça.
Notre poids était à 22 % et quelques pour cent au Canada, quand tu es
rendu à 40 %, 45 %, bien, il y a des limites. Donc, c'est ce travail
que... ce à quoi je m'engage à faire respecter en termes de cible, sans être
insensible face à la situation des gens qui nous écoutent puis qui se disent :
On aimerait ça que ça aille plus vite, mais c'est les cibles avec lesquelles on
va travailler.
M. Morin : À ce
sujet-là, je ne suis pas en désaccord avec vous, M. le ministre. D'ailleurs, je
l'ai dit publiquement, le Québec a reçu plus que sa part, plus que son
pourcentage de la population canadienne en termes de demandeurs d'asile, on est
d'accord là-dessus. Maintenant, est-ce que... compte tenu de cet état de fait
là, est-ce que le gouvernement fédéral l'a reconnu et a envoyé de l'argent au
Québec pour s'occuper de ces dossiers-là?
M. Bonnardel : Oui, oui,
bien, on a... pour les demandeurs d'asile, on a régularisé, donc, jusqu'en 2023,
c'est réglé. On a reçu une première somme, pour 2024, qui est à la hauteur de
43 millions et des poussières. Il reste donc un résiduel de... on fait un
chiffre rond, là, 690 millions pour 2024.
M. Morin : Et quelles
sont les démarches que vous avez effectuées pour être capables d'aller chercher
cette somme-là?
M. Bonnardel : Bien, ça,
c'est face à face avec les ministres concernés du fédéral pour s'assurer que...
Il n'y a jamais eu de problème, on a toujours été payés, alors je ne m'attends
pas à ce qu'il y ait un problème avec... Donc, je peux vous dire sans gêne que
j'ai discuté avec Joël Lightbound, qui est le ministre responsable...
Une voix : ...
M.
Bonnardel
:
...lieutenant du Québec, on va le dire ainsi, puis Mme Diab, la même chose.
Donc, je leur ai adressé... je leur ai envoyé, donc, nos doléances pour ces
sommes, ce résiduel qu'il reste à payer.
M. Morin : Et donc vous
n'avez pas d'inquiétude à ce qu'éventuellement cette somme-là soit versée?
M. Bonnardel : Ah! je
n'ai pas d'inquiétude.
M. Morin : D'accord,
donc, à ce moment-là, vous allez...
M.
Bonnardel
:
Non, parce qu'il n'y en a jamais eu, il n'y en a jamais eu.
M. Morin : D'accord.
Donc, vous allez avoir, à ce moment-là, les ressources financières pour être
capables de s'occuper de ces gens-là qui sont déjà sur le territoire et qui
travaillent. Vous l'avez reconnu vous-même, ils paient des impôts, ils paient
des taxes, n'est-ce pas?
M. Bonnardel : Bien là,
je ne comprends pas votre corrélation, là, entre les sommes qu'on reçoit pour
accompagner ces gens, les intégrer, les franciser versus régulariser leur
statut, là, ce n'est pas la même chose. On reçoit les sommes pour prendre soin
d'eux, nécessairement, pour prendre soin d'eux, pour prendre soin d'eux, mais
c'est... il y a un autre point, de régulariser versus prendre soin d'eux
pendant un certain temps.
M. Morin : Oui, mais la
plupart de ces gens-là travaillent, présentement, donc ils contribuent à la
société québécoise. Ils ne sont pas sur le bien-être social, là.
M. Bonnardel : Oui, oui,
mais, comme je vous le disais tantôt, là, comme je l'ai dit tantôt au député du
Parti québécois, il y a un coût qui est relié, il y a un coût qui est relié,
donc, à l'accueil de ces gens, que ce soit l'éducation, l'emploi, peu importe,
la santé, x, y. Donc, il y a des composantes avec lesquelles le fédéral
travaille avec nous. Puis, dans ces conditions, bien, on définit un montant
avec le nombre de personnes qui sont reçues, aussi, peut-être, certains qui
décident de quitter le Québec pour aller ailleurs, pour pour des raisons x,
y. Donc, le solde... on travaille avec le solde de fin d'année, puis on se dit :
Bien, il y a x nombre de personnes, puis voilà.
M. Morin : Mais effectivement,
et <donc...
M. Morin :
...Mais
effectivement, et >donc, et vous avez raison, il y a un coût pour
accueillir ces gens-là, les intégrer, les franciser. Mais ma compréhension de
ce que vous venez de dire, c'est que c'est le fédéral qui va payer pour ça.
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est une compensation qui vient de... oui, du fédéral, nécessairement,
dû au fait que, comme je l'ai mentionné tantôt à un de vos collègues, ou même à
vous-même, on demande au fédéral une meilleure répartition, parce que, bon,
notre capacité d'accueil, on va le dire poliment, a été immensément dépassée
pendant un certain nombre de temps.
M. Morin : Est-ce que,
dans votre ministère, vous continuez à travailler sur les paramètres pour
définir quelle est la capacité d'accueil?
M.
Bonnardel
:
Bien, ça, c'est un bon point. On finance... si vous permettez, là, on finance
un fonds de recherche qui va... oui, c'est justement ça, qui est un fonds de
recherche qui va, nécessairement, nous permettre de définir... fonds de
recherche, donc, un programme en collaboration avec le Fonds de recherche du
Québec, donc, autant pour la partie logement que pour l'éducation, que pour la santé,
on va... l'emploi, l'aide financière de dernier recours, services de garde.
Donc, c'est des paramètres avec lesquels on a défini... donc, on a défini des
points, et les appels de projets ont été annoncés le 25 février. Donc, il
y a 13 projets qui vont être financés. On va être capables de mieux
mesurer, mesurer l'impact sur nos... notre capacité, au Québec, là, à bien
accueillir, bien accueillir ces gens-là.
M. Morin : Et donc, si
j'ai bien compris, c'est le Fonds de recherche du Québec qui est le fonds du
Québec...
M.
Bonnardel
:
C'est le Fonds de recherche du Québec, oui, ça, c'est secteur Société et
culture, FRQ.
M. Morin : D'accord. Et
donc, là, vous avez fait un appel à projets, puis il y a des gens qui ont
répondu à cet appel.
M.
Bonnardel
:
Oui, il y a 13 projets qui vont être financés.
M. Morin : Parfait.
C'est bien, parce que, quand on a posé la question à votre prédécesseur, il
avait fait des appels à projets puis personne ne s'est pointé. Alors donc, je
vois que, de votre côté, ça va mieux, en tous cas, ça... bref, ça avance.
Est-ce que vous... le Fonds de recherche, est-ce qu'il travaille avec les
municipalités, les MRC pour être capable... Parce qu'ils ont beaucoup de choses
à dire sur l'impact sur les régions.
• (17 heures) •
M.
Bonnardel
:
Bien, je ne peux pas... Écoutez, là, je ne veux pas vous induire en erreur, là,
peut-être que la réponse va arriver dans une minute ou deux, mais j'ose croire
qu'un fonds de recherche va aller chercher de l'information ou de l'intrant,
là, à gauche et à droite, donc, puis de mesurer autant l'impact que ça peut
avoir sur des régions comme l'Abitibi-Témiscamingue, ou le Lac-Saint-Jean, ou
la métropole, ou Québec. Donc, quand on parle de capacité d'accueil, bien,
qu'on soit... que ce soit l'indicateur de logement ou l'indicateur d'éducation
ou santé, bien, les... il peut y avoir peut-être des différences entre
différentes régions du Québec puis la métropole, ou Québec, ou Laval, mais,
c'est ça, je reste convaincu que... peut-être que les partenaires seront mis à
profit.
M. Morin : Très bien. Je
vous remercie. Maintenant, j'aimerais qu'on puisse parler du programme le PSTQ...
Oui? Oui, oui, je vous écoute.
M.
Bonnardel
:
...c'est surtout des universités qui vont participer, donc, à ces appels de
projets.
M. Morin : OK. Lesquelles?
M.
Bonnardel
:
C'est trop petit, excusez-moi, là.
M. Morin : Il n'y a pas
de souci.
M.
Bonnardel
:
Là, je ne vois vraiment rien... OK, c'est Concordia, c'est Laval, l'Université
du Québec à Montréal, l'École nationale d'administration publique, McGill, Université
de Montréal, le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île, l'Université du Québec à
Montréal, l'Université de Montréal, l'Université du Québec en Abitibi — il
serait content, le député — la TELUQ, et l'Institut national de la
recherche scientifique, et l'Université de Sherbrooke.
M. Morin : Parfait. Je
vous remercie. Maintenant, si on parle un peu du PSTQ, est-ce que vous savez
combien d'invitations ont été envoyées pour le volet 1, hautement
qualifié, depuis janvier?
M.
Bonnardel
:
Oui, ça, c'est sûr que j'ai la réponse, on va vous la retrouver dans quelques
minutes. Est-ce que vous la voulez dans les quatre volets?
M. Morin : OK, parce que
j'ai la même question... Oui, j'ai la même question pour le volet 2,
l'intermédiaire manuel, le volet 3, professions réglementées, puis le
volet 5, les talents d'exception.
M.
Bonnardel
:
Au 31 janvier, ça vous va? On devrait avoir ces chiffres-là au
31 janvier.
M. Morin : Oui, au
31 janvier 2026, ça va, oui, oui. Et est-ce que vous savez combien ont été
reçus dans le cadre du PSTQ pour vos... aux volets? Parce que vous lancez <des
invitations...
>
17 h (version révisée)
<19253
M. Morin :
...parce que vous lancez >des invitations, les gens répondent. Avez-vous
une idée du nombre que vous avez reçu?
M.
Bonnardel
:
Oui, qui sont déjà ici, là, on va vous donner ça, je n'ai pas les chiffres
devant moi précisément.
M. Morin : Si je vous
suggère que des invitations, il y en a eu à peu près 10 545, est-ce que ça
se peut?
M.
Bonnardel
:
C'est ce que j'avais à peu près en tête, là, 11 000, là, au total, là, oui.
M. Morin : OK. Puis les
demandes reçues pour les quatre volets, c'est 2 121, est-ce que c'est
possible?
M.
Bonnardel
:
C'est sûrement possible. Bien, pas... il ne faut pas oublier, là, qu'il y a une
période de 30 jours entre la réception, le... Donc, précisément, le volet 1,
si vous voulez le prendre en note, je vous reviens, on est pas mal dans les
chiffres que vous avez donnés, là, 3 942; volet 2, 2 564; volet 3,
3 933; puis volet 4, 66, les talents d'exception.
M. Morin : Donc, il y en
a eu 66, OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Morin : Et votre
délai de traitement de ces dossiers-là, ça correspond à quoi?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Vous pourrez répondre au prochain bloc.
M. Morin : Très bien.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On poursuit avec le bloc... le premier bloc du gouvernement
et la députée de Vimont. Vous bénéficiez d'une période de 15 min 27 s.
Mme Schmaltz : OK, merci
beaucoup. Merci. Bon, bien, moi, je vais parler avec vous, M. le ministre, d'un
sujet que j'aime beaucoup en immigration, qui est la francisation, hein, la francisation...
Francisation Québec, là, qui a été créé il n'y a pas si longtemps que ça et
qui, aujourd'hui, connaît quand même un franc succès, on va se le dire.
C'est intéressant, d'ailleurs, l'étude des
crédits, parce qu'on a cette occasion un peu unique, là, de pouvoir échanger avec
vous puis d'avoir peut-être plus en détail, je dirais, les réponses à des
questions que l'opposition se... c'est un peu comme, finalement, une période de
questions, mais longue, pendant quelques heures, mais, au moins, ça donne... ça
nous donne vraiment cette... une idée claire de qu'est-ce que c'est, le MIFI, au
final, qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on déploie, qu'est-ce que le gouvernement
déploie, l'argent que ça prend, puis tout autour aussi, ce qui... ce qu'on
traite aussi en tant qu'humains, hein, parce qu'on l'a bien mentionné plusieurs
fois, ce sont des humains au-delà des chiffres, là, qu'on donne.
Alors, je vais revenir pour la... pour Francisation
Québec, qui est, donc, cette porte d'entrée, maintenant, qu'on a pour l'ensemble
des services de francisation. Pour avoir fait un petit peu le tour des écoles
en francisation à Laval, justement, cette porte d'entrée a permis beaucoup de
décharger les centres de plusieurs, souvent, anomalies, difficultés qu'ils
avaient dans le recrutement. Ça fait que le fait d'avoir cette porte d'entrée,
maintenant, c'est beaucoup plus facile, justement, pour le recrutement et puis
pour... le recrutement, il y a aussi pour l'enseignement du français, parce que,
de plus en plus... on a de plus en plus de formateurs aussi. Ça, il faut quand
même le souligner, on a plus de formateurs aussi, maintenant, au Québec, qui
enseignent le français.
Bref, les objectifs de cette réforme-là
étaient quand même clairs dès le début. On parlait quand même de simplifier la
gouvernement... la gouvernance, pardon, de la francisation — c'est ce
qu'on voit — répondre aux besoins des différentes clientèles, parce
qu'on s'est bien rendu compte que chaque parcours est différent en francisation.
On a toutes sortes de gens qui oeuvrent dans différents métiers puis qui ont
besoin peut-être aussi de quelque chose de plus précis en termes d'enseignement
du français.
On veut... il y a une cohérence des
services, naturellement, l'expérience... améliorer aussi leur propre expérience,
parce que, pour avoir entendu les gens qui ont bénéficié de cours de francisation,
on s'est rendu compte qu'il fallait, avec le temps, aussi peaufiner, parce que
les gens avaient, bon, certaines demandes, alors, avec le temps, ça s'est
peaufiné aussi... et, naturellement, qui était renforcer la performance et la reddition
de comptes gouvernementale, ce qu'on est un petit peu à faire aujourd'hui.
On a implanté la plateforme Apprendre le
français, qui permet maintenant de déposer une demande d'admission aux cours et
à l'aide financière, parce que ça aussi, c'est un point qui est important. Avec
Francisation Québec, on a pu, maintenant...
Une voix : ...
Mme Schmaltz : Ah mon
Dieu! Je pensais qu'on m'avait appelée. C'est correct. On peut...
Il y a quand même certains travailleurs
qui ont des statuts temporaires, qui peuvent avoir droit à certaines
allocations. On a également des personnes immigrantes qui <suivent des
cours de...
Mme Schmaltz :
...avoir
droit à certaines allocations. On a également des personnes immigrantes qui >suivent
des cours de français dans des écoles de langues partenaires à l'étranger, qui
ont droit, bon, à certaines conditions, à un remboursement des frais qui peut
aller jusqu'à 1 800 $. Ça aussi, c'est ce qu'on fait aussi en dehors du
Québec, hein, cette fameuse formation à l'étranger qui a débuté, et les
étudiants étrangers qui bénéficient aussi des mêmes services que les
travailleurs étrangers temporaires, qui ont aussi accès gratuitement aux cours
de français de Francisation Québec, et les membres de leur famille qui sont âgés,
donc, de 16 ans et plus.
Alors, tout ce gros résumé là, finalement,
c'est pour vous demander un petit peu de nous parler des résultats qu'on a
obtenus. Vous en avez, tantôt, brièvement parlé avec le collègue, mais ce
serait bien, peut-être, de rentrer en détail, parce que je pense que, rendu là,
les chiffres parlent d'eux-mêmes, puis je pense que d'avoir des chiffres, ça va
permettre un peu d'éclaircir certaines zones, là, où on peut se poser certaines
questions. Alors, si vous voulez peut-être répondre à la question...
M. Bonnardel : Merci,
Mme la députée. Je vais rester au niveau... pour la portion de Francisation
Québec, pour les nouveaux arrivants, puis, si le député de l'Acadie le permet,
le sous-ministre adjoint pourrait venir approfondir la partie francisation avec
les entreprises, puis je vais donner, donc, un peu le portrait que j'ai
expliqué tantôt.
On parle de 133 partenaires. Vous
l'avez mentionné tantôt, quand on parle de 133 partenaires, c'est
24 cégeps, universités, 45 organismes communautaires, 64 centres
de services. On a des budgets qui sont passés de 172 millions à
325 millions dans les dernières années. Il y a une partie qui est
transférée au MEQ, à la hauteur de 119 millions. Donc, c'est un
partenariat, nécessairement, avec les centres de services un peu partout sur le
territoire.
Je l'ai dit tantôt, là, on fait un chiffre
rond, là, mais c'est... notre année record, c'est 91 000 personnes
qui ont été francisées en 2024-2025. Il y a nécessairement une baisse pour la
dernière année, là, qui... quand je dis «baisse»... 73 000, c'est
beaucoup, beaucoup de gens, mais, nécessairement, l'offre et la demande
évoluent avec la baisse, donc, des nouveaux arrivants. On parle, au
31 janvier, là, d'étudiants à temps complet, à peu près 24 000 au
31 janvier, on parle d'étudiants à temps partiel qui sont à la hauteur de
48 000.
L'autoformation en ligne, qui est
immensément populaire, M. le sous-ministre adjoint pourra vous en parler un
petit peu plus, là, mais on essaie vraiment de répondre aux demandes de tous et
chacun pour être capables de mieux franciser, donc, et d'aider à la
francisation de ces gens. Donc, l'autoformation en ligne, on parle de
4 500 personnes. On parle aussi, nécessairement, d'une amélioration,
là, une grande diminution des temps d'attente pour commencer les cours à la
troisième année, donc, du déploiement.
On a une baisse nécessairement énorme de
la liste d'attente, à la hauteur de 80 %, qui est passée de 31 330 à
la fin janvier 2025 à 5 226 à la même période cette année. Donc, c'est une
augmentation... une réduction qui est immensément importante, puis,
nécessairement, proportion d'élèves qui ont commencé leur premier cours de
français à temps complet, là, dans les 50 jours ouvrables, c'est passé de
27 % à 47 % entre septembre 2025 puis janvier 2026, donc une belle
amélioration de ce côté.
Donc, si le député de l'Acadie le permet,
le sous-ministre, Frederico Fonseca, pourrait venir élaborer sur la
francisation un petit peu plus. Je suis persuadé que ça va lui faire plaisir de
venir nous accompagner pour Francisation Québec.
• (17 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement? Consentement. Oui, je vais vous demander de
vous présenter, s'il vous plaît.
M. Fonseca (Frederico) : Bonjour.
Frederico Fonseca, sous-ministre adjoint, Francisation Québec, au MIFI.
Donc, merci pour la question. Donc, au
niveau de la francisation aux entreprises, on a aidé presque
700 entreprises cette année, 684. On parle de plus de
5 000 travailleurs, c'est un peu plus de travailleurs que l'an
dernier. Ce qui est intéressant de voir aussi, c'est qu'il y a le volet
entreprises puis il y a le volet individus aussi qui aident le marché du
travail puis les entreprises. Parmi les 73 000 personnes qui ont été
francisées dans le volet individus, on compte 37 700 travailleurs
étrangers temporaires.
Donc, l'action de Francisation Québec est
du côté des entreprises et du côté des individus. On a mis de l'avant plusieurs
initiatives pour les entreprises. Donc, on a des initiatives auprès des
restaurateurs, Dialogue FR, J'apprends le français, avec la Chambre de commerce
du Montréal métropolitain. On a des initiatives aussi enautoformation
qui peuvent être intéressantes pour appuyer la <francisation...
M. Fonseca (Frederico) :
...initiatives aussi enautoformation qui peuvent être intéressantes
pour appuyer la >francisation aux individus, mais aussi en entreprise.
Donc, on a mis de l'avant les niveaux 1 et 2 et maintenant le
niveau 3 en autoformation en ligne avec un partenaire de l'éducation, qui
est la SOFAD. On a 18 000 connexions qui ont été faites depuis le
début. On a aussi, au niveau 1, 7 100 personnes, là, qui ont
accédé à cette plateforme-là, et 1 027 pour le niveau 2. Le
niveau 3, là, vient d'entrer en ligne, là, au mois d'avril.
Donc, on a toutes sortes d'initiatives
comme ça. On développe aussi beaucoup de... on développe environ deux à trois formations
par année, des cours d'appoint, des cours par domaine spécialisé également.
Donc, on a : soutien, vente, services, cours d'appoint français oral, ensemble
didactique en transformation alimentaire, on a comptabilité, finances. Donc, à
chaque année, il y a une plus grande diversité dans l'offre de services de la
francisation.
Mme Schmaltz : ...
M.
Bonnardel
:
Ah bien, pas besoin...
Mme Schmaltz : ...à vous
aussi, oui?
M.
Bonnardel
:
Oui, oui, oui.
Mme Schmaltz : OK. Justement,
quand vous parliez, tantôt, en entreprise... la francisation en entreprise, qui
est importante, on a quand même trois paliers, hein, pour... de francisation, ce
serait peut-être intéressant de comprendre c'est quoi, ces trois paliers, parce
que ça s'adresse vraiment spécifiquement.... On parlait, tantôt, justement, en
région, des entreprises de la francisation, je pense, ce serait bien de les
connaître, les trois paliers.
M. Fonseca (Frederico) :
Oui,
en effet. Donc, au niveau du premier palier, on a des projets. Donc, c'est des
projets... Je parlais, tantôt, de Dialogue FR, là, donc, auprès des
restaurateurs, donc, c'est avec des partenaires qui agissent auprès de leurs
membres, avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, là; J'apprends
le français, avec la Fédération des chambres de commerce du Québec aussi. En
région, donc, on finance des projets. On finance aussi des cours... des
initiatives courtes, donc, du 60 heures en francisation, et on a mis de
l'avant de la francisation qualifiante, aussi, en entreprise, donc, avec des
partenaires qui sont généralement les services aux entreprises des centres...
des commissions scolaires, des centres de services scolaires et aussi des
cégeps.
Mme Schmaltz : OK. Est-ce
que vous vouliez rajouter...
M.
Bonnardel
:
...Mme la députée.
Mme Schmaltz : Non?
Parfait, OK. Alors, justement, on parle d'augmenter l'offre, parce que la vie
change puis les besoins changent, les besoins évoluent, puis, si on regarde les
travailleurs, dont certains ont des... du travail de soir, il y en a certains
qui vont travailler le week-end, donc, il a fallu adapter, là, toute cette
portion-là. Si ma mémoire est bonne, je pense qu'on a même, à un certain moment,
dans certains cégeps qui se sont montrés... qui ont levé la main... on a même assorti
de garderies, je crois, pour permettre aux gens de pouvoir se franciser encore
plus facilement avec des services de garde, là, qui étaient offerts.
Actuellement, quand on regarde l'offre... quand on regarde, pardon, l'offre
qu'on propose, selon vous, elle est suffisante ou on a encore des trucs à
peaufiner ou à...
M. Fonseca (Frederico) : Il
faut toujours continuer à développer l'offre de services pour répondre à une
diversité de besoins au Québec, là. Je pense que l'idée, c'est d'avoir un
maximum d'opportunités puis de couvrir tous les besoins, de faire en sorte
qu'il n'y a pas de possibilité de ne pas apprendre le français.
Donc, on est très présents avec l'ensemble
de nos partenaires, là. Vous savez, on a des partenaires, au niveau du réseau
communautaire, avec les professeurs d'État du MIFI, donc le Regroupement des
organismes de francisation du Québec, le ROFQ, avec 22 cégeps qui sont
avec nous depuis 25 ans, évidemment avec le réseau de l'éducation. Donc,
Francisation Québec, là, c'est un réseau de réseaux, si on veut, et ça nous
permet d'offrir... d'occuper le territoire — dans certaines régions,
c'est les CSS qui sont là, dans d'autres régions, il y a différents types de
partenaires — et d'occuper le territoire pour répondre aux besoins
des personnes.
Donc, on a du temps complet, du temps
partiel, quatre, six, neuf, 12, 15, 20 heures. On a des cours à distance,
parce que ce n'est pas toujours facile de former des groupes. On a, évidemment,
de l'autoformation, de la francisation en ligne. Donc, l'idée, c'est de
poursuivre... puis ces mesures-là se complètent aussi, c'est de faire en sorte
que, de plus en plus, les personnes viennent en francisation, et, quand elles
ont de la disponibilité, elles sont en mesure de se franciser davantage. Donc,
moi, mon souhait, c'est que les gens, de plus en plus, franchissent des niveaux
en francisation. Donc, c'est pour ça que c'est important d'investir dans
l'offre de services.
Mme Schmaltz : ...les enfants,
on a commencé aussi, dans les CPE, pour les petits enfants, là, avec la fameuse
télévision, là, de Passe-Partout, là, cette... qui a vraiment fait...
qui a vraiment été apprécié, je pense, puis c'est quand même quelque chose qui
a bien été pensé pour les <enfants...
Mme Schmaltz : ...puis
c'est quand même quelque chose qui a bien été pensé pour les >enfants.
Est-ce que vous avez une idée, à peu près, du nombre d'enfants qui ont
bénéficié de cette trousse?
M. Fonseca (Frederico) : Je
n'aurais pas cette donnée-là, mais on a...
Mme Schmaltz : OK, c'était
par curiosité, là.
M. Fonseca (Frederico) :
On a réparti 10 000 trousses.
Mme Schmaltz : Ah! quand
même.
M. Fonseca (Frederico) :
Donc, c'est un superbe projet avec nos collègues de Télé-Québec, dans
l'environnement de Passe-Partout, où il y avait, dans cette trousse-là
qui était remise par nos collègues de l'aéroport, et par les organismes
communautaires, et toutes sortes de partenaires à des enfants de moins de cinq
ans issus de l'immigration, là, d'arrivée récente. Donc, il y avait toutes
sortes de jeux pédagogiques dans l'environnement de Passe-Partout. Il y
avait aussi la boîte à histoires, où l'enfant pouvait décider lui-même, là, de
son histoire, avec des voix, là, de Cannelle et Pruneau, et c'est un de mes
projets préférés, mais...
Mme Schmaltz : Non, mais
c'est une belle... c'est un beau projet, là, c'est...
M. Fonseca (Frederico) :
Et donc il y a eu beaucoup de succès, là, dans... avec cette initiative-là, et
environ, là, 60 capsules langagières pour apprendre, là, des sons en
français avec Passe-Montagne.
Mme Schmaltz : Oui, c'est
surtout l'âge aussi, les enfants, c'est des petites éponges aussi à ces âges-là,
donc ils apprennent suffisamment... Est-ce que j'ai encore du temps?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Une minute.
Mme Schmaltz : Ah!
d'accord. Alors, peut-être, le nouveau service d'apprentissage qui s'appelle français-enligne.quebec,
est-ce que vous voulez un peu nous en parler?
M. Fonseca (Frederico) :
Oui. En fait, c'est avec notre partenaire, là, du ministère de l'Éducation, là,
un OBNL qui s'appelle la SOFAD, et c'est, donc, de l'autoformation en ligne
pour les premiers niveaux de français... d'apprentissage du français, donc, qui
peut permettre à une personne d'y aller par elle-même, mais aussi ça peut être
utilisé en entreprise, dans toutes sortes de contextes, avec tuteurs et autres.
Donc, c'est assez ludique. Je suis assez satisfait, là, des résultats puis des
connexions qu'il y a de ce côté-là. Je rappelle qu'il y a déjà la francisation
en ligne pour les niveaux intermédiaires et avancés au Québec, là, depuis
plusieurs années aussi.
Mme Schmaltz : Je veux
juste faire un... juste avant de terminer, je veux quand même souligner
l'ouverture du ministère...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Schmaltz : ...parce
que chaque fois qu'il y a des gens qui viennent proposer des idées, vous les
rencontrez, puis, en tout cas, moi, j'en ai eu dans ma circonscription, des
gens qui avaient une idée de franciser, puis je voulais quand même le souligner.
Merci de...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine ce bloc.
On poursuit avec le député d'Acadie pour
votre quatrième bloc, 17 min 3 s.
M. Morin : C'est exact.
Merci, Mme la Présidente. Alors, on peut continuer avec la francisation, M. le
ministre, puisqu'on en parlait. Quels sont les délais moyens d'attente pour
avoir accès à de la francisation à temps complet?
• (17 h 20) •
M.
Bonnardel
:
De mémoire, de mémoire, on est à 50 jours, si je ne me trompe pas.
Attendez, je vais vous donner ça. Les délais de francisation, je vais vous
donner ça bien juste.
M. Morin : Si je vous
suggère 88 jours, est-ce que c'est possible?
M.
Bonnardel
:
Il me semble qu'il y a une certaine amélioration, là. Je peux vous donner les
chiffres, là, qu'on a reçus pour le PSTQ. Vous avez demandé, tantôt, là, le
volet 1, 2 673; volet 2, 1 862; volet 3, 2 348; puis volet 4, 48,
pour 6 931 au 30 avril 2026.
M. Morin : Au 30 avril
2026, OK, parfait. Merci.
Maintenant, revenons à la francisation, le
temps d'attente moyen pour des cours à temps complet.
M.
Bonnardel
:
...partiel, présentement, l'engagement était de 70 jours, là on est à 67,5
jours.
M. Morin : Puis le temps
complet?
M.
Bonnardel
:
Temps complet, 86 jours.
M. Morin : Et l'an
passé, vous étiez à 84 jours. Donc, les délais augmentent.
M.
Bonnardel
:
Oui, là, on est... là, pour ce qui est de mars, là, on a vraiment une
progression, là. Je vous avoue que janvier, février... on est à 48 % pour
janvier, 61 % en février, on est à 80 %, donc, en mars dernier. Puis,
tu sais, on est quand même tributaires, dans une certaine mesure, là... ce
n'est pas juste ça, la faute, là, mais de l'ouverture des cours, là. Donc, on a
nécessairement un pourcentage ou une augmentation, là, donc...
Une voix : ...
M.
Bonnardel
:
20 jours pour <confirmer le cours...
M. Bonnardel :
...20 jours
pour >confirmer le cours.
M. Morin : 20 jours
pour confirmer le cours?
M. Bonnardel : D'attente,
oui.
M. Morin : Dans les
renseignements particuliers qu'on a obtenus pour préparer les crédits, dans la
Capitale-Nationale, le délai serait de 93 jours — est-ce que
c'est exact? — pour des cours à temps complet? C'était la
réponse RP50.
M. Bonnardel : Oui, je
pense qu'on l'a, attendez une minute, Québec, Capitale-Nationale,
93 jours, oui, oui. Le plus bas qu'on a, c'est l'Abitibi à 60... non,
Lanaudière à 63.
M. Morin : Oui, mais la Montérégie,
c'est 105.
M. Bonnardel : On est
tributaires, comme je vous ai dit, là, du début des cours, mais, comme je vous
l'ai mentionné tantôt, d'entrée de jeu, la formation et la francisation, au
final, on a francisé 91 000 personnes en 2024‑2025, on est à 73 000.
C'est certain que l'offre et la demande vont évoluer, comme je vous l'ai
mentionné tantôt, dû au fait qu'on va avoir une baisse, nécessairement, dans
les prochaines années, mais, comme le sous-ministre adjoint vous l'a mentionné
tantôt, là, c'est une belle recette à succès, là.
M. Morin : En
Montérégie, 105 jours, là, ça fait à peu près cinq mois et demi si on
calcule rapidement.
M. Bonnardel : J'ai
mentionné... tu sais, je l'ai mentionné tantôt, d'entrée de jeu, à la députée
ministérielle, on a... on est passés de 30 000 personnes en attente d'une
formation à 5 000... faire un chiffre rond, là, à 5 300, je pense, de
mémoire, donc il y a une énorme, énorme amélioration. On est conscients, là,
qu'il y a un peu de disparités entre les différentes régions, mais Francisation
Québec accompagne tout le monde, peu importe de la façon que cette personne
souhaite être francisée, que ce soit le temps partiel, le temps complet ou... le
faire directement sur Internet.
M. Morin : Mais est-ce
que je me trompe si c'est après six mois que le gouvernement du Québec
communique uniquement en français avec ces gens-là, justement, qui sont ici et
qui essaient de se franciser? Parce que, s'il faut qu'ils apprennent le
français en un mois ou deux semaines, c'est des cours intensifs pas à peu près.
Ça fait que comment vous faites pour les accompagner?
M. Bonnardel : Non, mais
vous avez raison, les... la formation comme telle... comme je l'ai mentionné
tantôt, il y a une disparité entre les délais moyens, qui varient de 63 à
105 jours pour la portion la plus importante, qui est la Montérégie, mais,
nécessairement, comme j'ai mentionné tantôt, là, on a... on s'est grandement,
grandement, grandement améliorés en termes de liste d'attente, comme je l'ai
mentionné, là, qui est passée, là, de 33 000 en février 2025 à 5 000
aujourd'hui, là. Donc, on peut toujours s'améliorer. On va continuer de
s'améliorer, mais, dans les conditions qu'on a aujourd'hui, je pense qu'on peut
dire bravo à Francisation Québec, là. Mais je ne dis pas que tout est parfait,
là. Je ne dis pas que tout est parfait, mais on continue de pousser la machine
pour être capables de répondre le plus rapidement possible à la francisation de
ces... à la demande de ces gens d'être francisés.
M. Morin : En Estrie, la
moyenne, c'est 70 jours, sauf qu'on apprend également, et ça, ça a été
aussi publié, que certains centres, notamment le centre Saint-Michel, ont été
durement touchés par des fermetures de classes. Alors, s'il y a autant de
délais, est-ce que vous avez un plan pour référer des dossiers à des centres
communautaires qui font de la francisation, comme par exemple le centre
Saint-Michel?
M.
Bonnardel
:
Bien, comme je l'ai...
M. Morin : Parce que,
là, moi, ce que j'entends, c'est que, tout dépendant des régions, vous avez des
délais, des délais qui augmentent, puis par ailleurs il y a des centres
communautaires ou différentes classes qui disent qu'ils ferment, alors, ou ils
ont des coupures. Donc, comment vous coordonnez tout ça?
M. Bonnardel : Bien,
comme je l'ai mentionné, les sommes qui sont dédiées à Francisation Québec, là,
sont immensément importantes, là, à la hauteur, cette année, de près de
258 millions de dollars. Il y a un transfert qui est fait au ministère de
l'Éducation pour accompagner le MIFI, mais le MIFI et Francisation restent le
maître d'oeuvre de la francisation. Je l'ai répété, là, 133 partenaires partout
sur le territoire québécois, là, avec 24 cégeps, universités puis 45
organismes communautaires, 64 centres <de services...
M. Bonnardel :
...avec
24 cégeps, universités puis 45 organismes communautaires, 64 centres >de
services. Donc, on essaie de répondre le plus possible aux gens dans leur
environnement où ils peuvent être puis leur dire : Bien, tu peux avoir une
formation à tel, ou tel, ou tel endroit, puis, comme je l'ai mentionné tantôt,
on peut chercher à gauche puis à droite, oui, tel endroit, tel endroit, mais il
reste que franciser 93 000 personnes en 2024‑2025 puis 73 000 cette
année, je considère ça bien, très bien même, puis, la liste d'attente qui est
baissée de 33 000 à 5 000, je pense que c'est très bon aussi. Mais je
peux comprendre qu'il y a peut-être certaines personnes qui nous écoutent, là,
qui se disent : Oui, j'aurais aimé ça commencer ma formation un peu plus
tôt, mais on leur donne toutes les possibilités... comme le sous-ministre
adjoint l'a mentionné tantôt, on leur donne toutes les possibilités de suivre
leur formation, que ce soit partiel, complet ou à distance.
M. Morin : Vous recevez
combien du gouvernement fédéral pour la francisation?
M. Bonnardel : Spécifiquement,
là, je vais essayer... Je ne pense pas que c'est spécifique à la francisation.
M. Morin : Cette somme
d'argent vous est versée en tenant compte de l'entente Québec-Canada en
immigration?
M. Bonnardel : Exactement,
exactement. Donc, la somme, qui est la dernière somme que nous avons reçue, là,
est de 864... 867 millions, pardon. Oui, c'est intégration, francisation,
c'est complet, là.
M. Morin : Et, de cette
somme-là, vous consacrez combien à la francisation?
M. Bonnardel : Il va
falloir que je vous le trouve. Attendez voir, là, pour le MEQ, on parle... on
parle, dans le dernier... 275 millions juste pour la portion... juste...
Une voix : ...
M.
Bonnardel
:
Je vais vous le trouver précisément pour être... pour ne pas vous induire en
erreur, là.
M. Morin : Et je
comprends de votre réponse, M. le ministre, que ce n'est pas uniquement pour la
francisation, il y aurait l'intégration également?
M. Bonnardel : Francisation,
là, on est à plus ou moins 444 millions.
M. Morin : 444 millions.
Et est-ce que vous avez avec vous ou est-ce que vous vous engagez à le déposer
à la commission la ventilation de toutes les sommes et où vous avez envoyé
l'argent?
• (17 h 30) •
M. Bonnardel : On me dit
que, dans le rapport annuel de gestion, vous allez avoir ça.
M. Morin : OK, mais là...
M. Bonnardel : Bien, je
peux vous l'envoyer. Je prends l'engagement, là, de...
M. Morin : Parce que, si
vous pouviez, Mme la Présidente, oui...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous vous engagez pour le déposer à...
M.
Bonnardel
:
Oui, oui, je prends l'engagement de vous envoyer... de vous envoyer la
ventilation pour...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous l'envoyez au secrétariat? C'est beau.
M. Morin : La
ventilation du 867 millions?
M.
Bonnardel
:
Oui, oui.
M. Morin : Ce serait
très apprécié. Je vous remercie, Mme la Présidente.
Ça a été publié dans les journaux,
il y a plusieurs enseignants qui ont perdu leur emploi, il y a eu des arrêts
dans la francisation. Vous en êtes rendus où à ce niveau-là? Est-ce que vous
avez perdu plusieurs enseignants? Est-ce que vous pensez que c'est utile pour
l'intégration de ces gens-là? Ça a été dénoncé à plusieurs, plusieurs reprises.
Comment vous êtes en train de gérer ça?
M. Bonnardel : Bien, la
réponse simple, premièrement, c'est que les partenaires... pas les... comme je
vous l'ai mentionné, il y en a 133. Il y a près de 900 personnes qui sont
formées pour franciser, donc, les nouveaux arrivants. Il est normal, dans un
contexte d'offre et de demande qui évolue, que les partenaires contractuels ne
voient pas leurs contrats renouvelés pour des raisons que je viens de vous
expliquer.
Donc, il est possible, dans ces
conditions, que, vu que la demande... pas «vu», la demande va être à la baisse,
selon les analyses et les chiffres qu'on a devant nous, il est possible que les
contractuels ne voient pas leurs contrats renouvelés. Donc, il est normal, dans
ces conditions, que, selon l'offre et la demande, il y ait certains partenaires
qui ne voient pas leurs contrats renouvelés.
Donc, pour nous, l'objectif, c'est de
continuer de franciser le plus de monde possible, mais, nécessairement, avec
les enjeux que nous avons évoqués tantôt avec le fédéral, où on souhaite une
baisse, nécessairement, des DA, demandeurs d'asile, et du PMI, bien, que ça
touche, nécessairement, la francisation. Alors, il va de soi, malheureusement,
que certains contractuels ne voient pas leurs contrats renouvelés.
M. Morin : Mais la francisation,
ce n'est pas uniquement pour les demandeurs d'asile.
M.
Bonnardel
:
Non, non, vous avez <raison. Non, non, non...
>
17 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...la francisation,
ce n'est pas uniquement pour les demandeurs d'asile.
M. Bonnardel : Non, non, vous
avez raison. Non, non. Non, non, ça, ça peut être pour le PMI, ça peut être... Oui.
M. Morin : C'est pour tout le
monde?
M. Bonnardel : Oui, oui, pour
tout le monde, oui, oui.
M. Morin : Ça peut être même
pour des gens, éventuellement, qui pourraient appliquer pour le PSTQ, ou autres.
M. Bonnardel : Bien, ça prend
une connaissance du français quand même plus importante, là, mais...
M. Morin : Oui, exact. Mais
pour ça ils ont dû être francisés à un moment donné.
M. Bonnardel : Oui, comme on
me dit... Bien, pour les chiffres que je vous donnais tantôt, là, plus
précisément, là, tu sais, on était à 520 ETC, en 2021-2022, puis là on était à
814 en 2024-2025.
M. Morin : OK. Parfait. Je
vous remercie. Si on revient maintenant au PSTQ, parce que votre... votre
prédécesseur nous a vanté les exploits de ce nouveau programme avec ses
différents volets. Cependant, ce qu'on constate, c'est que dans les... à peu
près les deux derniers mois, il y a des volets qui ont été rajoutés :
personnel de la santé, personnel du milieu de l'éducation. Puis la première
ministre, même, récemment, a ajouté le secteur touristique. Donc, de l'extérieur,
ce que ça semble vouloir dire, c'est qu'au fond la merveille de votre
prédécesseur n'était peut-être pas si merveilleuse que ça. Parce que, là, au
fur et à mesure où la première ministre se promène et que les gens sur le
terrain lui disent : Ah! bien, attendez un peu, là, volet touristique, ça
ne marche plus, là, on va perdre plein de monde, là... Bien, je vous ai parlé
de l'Hôpital de Baie-Saint-Paul, et puis là vous rajoutez des volets. Est-ce
que le programme PSTQ a véritablement été pensé, travaillé avec des gens du
terrain pour correspondre à une réalité de notre économie québécoise ou est-ce
que c'est un peu de l'improvisation puis que, là, vous êtes en train de réparer
ce qui se passe au fur et à mesure que vous rencontrez du monde?
M. Bonnardel : Bien, on peut
voir ça de deux façons. Premièrement, on ne rajoute pas de volets, les quatre
volets restent les mêmes, mais il y a certaines conditions qui ont... qui ont...
ou l'ajout... l'aspect... l'aspect tourisme, touristique que vous avez... que
vous avez mentionné tantôt.
Le défi du PSTQ, je l'ai mentionné d'entrée
de jeu, là, quand on a commencé, quant aux... la fin du PEQ, la fin du PRTQ, la
fin des projets pilotes... Le contexte de régionalisation, le député l'Abitibi
le mentionnait tantôt, il y a une personne sur quatre qui était régionalisée,
dans le... dans le PEQ, on peut dire, même dans tous les programmes ou à peu
près. Montréal est immensément important, Laval est immensément important, c'est
notre pouls... notre pouls économique, mais les régions...
Puis, je vous dirais, est-ce que c'est
malsain d'être pragmatiques, tu sais puis de se dire : Ah oui! tu te rends...
que la première ministre se promène, les députés, les ministres du Conseil des
régions écoutent à gauche puis à droite, puis on se fait dire : Oui, cet
aspect-là, cet aspect-là, il faudrait peut-être y penser, puis on... Je vous
dirais qu'on n'est pas dogmatiques. On regarde la situation, on prend l'intrant
des députés. Vous m'amenez des choses. Le député de l'Abitibi me dit :
François, fais attention à ça. Bien, dans ces conditions, pour moi, je pense
que c'est bien, bien d'être pragmatique, dans ces conditions, puis d'être
capable de s'adapter aux intentions en fonction des besoins de main-d'œuvre, si
besoin était, puis de s'ajuster dans tout ça.
Donc, c'est pour ça que je vous disais
tantôt, là : Pour la suite, dans les prochaines semaines, prochains mois,
bien, on aura nécessairement à jauger deux... pas deux partenaires, mais deux
programmes qui vont... qui vont... qui vont travailler ensemble pour être
capables, bien, encore une fois, là, de répondre aux demandes de ceux qui ont
été oubliés.
M. Morin : Vous savez, M. le
ministre, c'est important d'écouter la population, d'être pragmatique, c'est...
évidemment. Sauf que, moi, ma question, elle est celle-ci. Parce que, le volet
de l'immigration, comme porte-parole, je l'ai depuis plus de deux ans
maintenant, et, quand on a fait la planification, et que, là, on espérait que
le PEQ revive, et qu'on s'est...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Morin :
Woup! Ah bon!
M. Bonnardel : Déjà?
M. Morin : Déjà? Ah bon! Bien,
en tout cas, moi, je voyais encore cinq minutes, mais on ne doit pas avoir la
même... la même horloge. Donc, je reviendrai, M. le ministre.
M. Bonnardel : On aura la
chance d'y revenir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Vous allez avoir le temps, il vous reste encore du
temps. Par contre, pour le député de Laurier-Dorion, 17 min 3 s
comme dernier bloc.
M. Fontecilla : Merci encore
une fois, Mme la Présidente. Donc, écoutez, on va... on va revenir sur la
question de la francisation parce qu'il y a... il y a l'impression que vous
avez fait... vous avez fait des coupes dans ce domaine-là qui est pourtant
névralgique pour l'avenir du Québec tout court. Pourriez-vous nous donner les
budgets alloués à la <francisation dans son...
M. Fontecilla :
...
Québec tout court. Pourriez-vous nous donner les budgets alloués à la >francisation
dans son ensemble pour l'année 2024-2025 versus l'année 2025-2026?
M. Bonnardel : Bien,
c'est... Les dépenses globales de 2020... Le budget de cette année est à... francisation,
est à 258 millions, vous me corrigerez, ou à peu près.
M. Fontecilla : Et
l'année... l'année d'avant?
M.
Bonnardel
:
Et les dépenses... et les dépenses... et les dépenses de l'année passée étaient
équivalentes à 256 millions versus un budget qui était à 325.
M. Fontecilla : Versus...
Je ne comprends pas.
M. Bonnardel : On a... On
a donc dépensé moins d'argent que ce qui avait été prévu l'année passée dans Francisation
Québec. Donc, les dépenses de l'année passée versus le budget de cette année
sont similaires. Parce que, veux veux pas, comme je le disais tantôt, il y a
une tendance, il y a une tendance à la baisse en termes, là... en termes de
francisation dans les prochaines années. Donc, il est faux de prétendre qu'il y
a des coupures. Comme je l'ai mentionné tantôt à votre collègue de l'Acadie, il
est normal que... Premièrement, il y a une baisse d'enseignants au MIFI, entre
l'année passée... dans les deux dernières années, une baisse de 0,62 %. Il
n'y a pas... Il n'y a pas de... Il n'y a pas de panique en la demeure, là.
Mais, de l'autre côté, l'offre et la demande va évoluer dû au fait qu'autant du
côté du fédéral qu'on va avoir... on souhaite obtenir moins... moins de
demandeurs d'asile et, nécessairement, de... de PMI. Alors, la demande...
l'offre va s'ajuster à la demande. Il est donc normal que certains
contractuels... contractuels ne voient pas leurs contrats renouvelés comme tels.
M. Fontecilla : Donc, vous
avez approuvé, grosso modo, la même... les mêmes montants, mais cette année
vous avez dépensé moins que l'année passée parce qu'il y a une baisse de la...
de la demande. C'est ça que... que vous êtes en train de me...
M. Bonnardel : Les
sommes, les sommes globales, là, versus budget, dépenses, là, des deux
dernières années sont équivalentes, à un million ou deux près, là. Donc, on va
dépenser les mêmes sommes... les mêmes sommes que l'année passée ou à peu près.
M. Fontecilla : Donc, il
n'y a pas de baisse de fréquentation, en d'autres mots?
M. Bonnardel : Bien, il y a
une baisse de francisation entre l'année record où on était à 91 000 ou
des poussières, là, on était... on va être... on va être à 258 millions.
Le budget, voyez-vous, là, on était... à 2024-2025, j'ai des chiffres précis,
on était à 291 millions, si vous voulez prendre en note. On était à
325 millions, en 2025-2026, puis on va être à 258 millions en
2026-2027.
M. Fontecilla : Très
bien. Mais est-ce qu'il y a eu une baisse de fréquentation ou pas?
M. Bonnardel : Bien, une
fréquentation... Il y a une baisse du nombre de personnes qui sont francisées,
ça va de soi. On est passé de 91 000 à 73 000 personnes qui ont
été francisées au 31 janvier 2026.
• (17 h 40) •
M. Fontecilla : Est-ce
parce qu'il y a tout simplement moins de gens qui demandent la francisation ou
est-ce parce que vous avez imposé des critères qui excluent des gens?
M. Bonnardel : Non, mais
la... comme je l'ai mentionné tantôt, la liste d'attente est passée de 33 000,
l'année passée, au 31 janvier, vous me corrigerez, Mme la sous-ministre, à
5 000. On fait un chiffre rond, là. 33 000 à 5 000.
M. Fontecilla : Très
bien...
M.
Bonnardel
:
Donc là, il y a encore du monde, beaucoup, beaucoup moins, mais, veux veux pas,
vu les impacts des résidents non permanents, des temporaires, qu'on appelle,
qui... qui... le flux va être moindre. Il est donc normal que dans les
prochaines années les budgets reliés à la francisation ou les contrats que nous
avons avec certains contractuels, je pense c'est la meilleure façon de
l'expliquer poliment, ne soient pas renouvelés, parce que l'offre et la demande
va... va évoluer dans ce cas-ci.
M. Fontecilla : Très
bien. Quel est le pourcentage de personnes inscrites dans une démarche, une
trajectoire de francisation qui obtiennent... qui complètent les programmes ou
qui... qui atteignent le niveau 7? Je crois que c'est le niveau 7...
M. Bonnardel : Le niveau 7...
M. Fontecilla : Le
niveau demandé, là.
M. Bonnardel : Ça, il va
falloir vous me donniez... vous... de laisser... vous me reposiez une autre
question puis qu'on... qu'on fasse... on fasse la recherche.
M. Fontecilla : Très
bien. Parfait. Je veux faire le lien avec la question des demandeurs d'asile.
Est-ce que les demandeurs d'asile sont admissibles à la francisation à temps
plein?
M. Bonnardel : Oui, oui,
oui.
M. Fontecilla : Oui?
M.
Bonnardel
:
Oui.
M. Fontecilla : Pourtant
les informations qu'on a de la TCRI, c'est qu'ils ne seraient pas admissibles.
Est-ce que vous êtes... vous êtes sûr de cette information-là?
M. Bonnardel : Mon
sous-ministre adjoint me confirme que oui.
M. Fontecilla : Ils sont
admissibles?
M.
Bonnardel
:
Oui.
M. Fontecilla : Très
bien. Écoutez, dernièrement, on a eu des informations comme quoi... dans le
sens qu'il y a une augmentation préoccupante des renvois des membres de la
famille des demandeurs d'asile, donc un époux, un fils, un parent, là, d'un
demandeur d'asile, qui sont arrivés en groupe familial. Il y a eu des
déportations, là. Et donc on nous dit aussi que les renvois du Canada ont bondi
de plus de 50 %, entre 2023 et 2025, passant de 15 000 à plus de 23 000,
et une grande majorité de ces déportations-là se produisent au Québec, là.
Est-ce que vous êtes au courant de cette situation-là, monsieur?
M. Bonnardel : Bien,
j'ai eu vent, j'ai eu vent, M. le député, de... de cette situation. Je vous <dirais
que...
M. Bonnardel :
...
Bien, j'ai eu vent, j'ai eu vent, M. le député, de... de cette situation. Je
vous >dirais que je suis extrêmement préoccupé et sensible à cette
situation, mais il reste que la décision finale est prise par l'Agence des
services frontaliers, si je ne me trompe pas, là, les services frontaliers.
Donc, c'est à eux de répondre de cette situation. Mais j'imagine que, quand
cela arrive, ça doit être parce qu'il y a des conditions x qui ne sont pas
reconnues ou respectées. Puis je le dis très poliment, là, très poliment, je ne
connais pas les dossiers. Je sais que c'est très peu de dossiers, là, mais il
reste quand même que, que ce soit un ou que ce soit 12... il reste que ce sont
des humains puis qui sont... qui sont... On brise la famille, là.
M. Fontecilla : De façon
générale, M. le ministre, est-ce que vous êtes en accord ou en désaccord avec
le fait de désunir les familles, là, qui font la demande... dont un membre fait
la demande du statut de réfugié?
M. Bonnardel : Je comprends
votre question, M. le député, là, mais je ne peux pas statuer et répondre de
cas particuliers que je ne connais pas. Pourquoi...
M. Fontecilla : De façon
générale.
M. Bonnardel : Oui, oui, mais
je vous l'ai dit, je suis extrêmement sensible, mais c'est... Je sais que ça
peut être immensément déchirant de dire à monsieur ou madame : Vous devez
quitter, pour des raisons que je ne connais pas. Mais si l'Agence des services
frontaliers prend cette décision, il faudrait leur poser la question, là, il
faudrait leur poser la question.
M. Fontecilla : Très bien.
Est-ce que vous seriez... vous seriez disposé à poser la question, justement,
au gouvernement fédéral et à l'Agence des services frontaliers sur la politique
qui est appliquée là?
M. Bonnardel : Vous savez,
chaque cas est différent. Comme je vous l'ai mentionné, là, si on décide de
séparer une famille, un époux, une épouse, pour des raisons que le fédéral a
devant lui, bien, ça lui appartient, au final, même si je suis immensément,
immensément sensible face à la situation. Mais je ne peux pas statuer, ne
connaissant pas les dossiers de ces gens. Je sais qu'ils sont moins d'une
douzaine, là, selon ce que j'ai lu, là, ou à peu près, dans la dernière année
ou dans les derniers mois, là.
M. Fontecilla : Nous, ce
qu'on... les informations qu'on a, c'est que le pourcentage très important des
déportations se produisent au Québec. Donc, il y aurait une politique
particulière qui est appliquée au Québec. Est-ce que... La question que je vous
pose, c'est : Est-ce que vous seriez prêts à vous informer, à tout le
moins, de cette situation-là? Est-ce qu'il y a une politique qui est appliquée
particulièrement pour le Québec, là?
M. Bonnardel : Comme je vous
l'ai dit, je suis sensible, c'est préoccupant, quand on lit ce genre de
situation puis qu'on déchire une famille, mais il reste que c'est une décision
qui est prise par le fédéral, à des termes ou des conditions prises par le
fédéral. Et si ASFC prend cette décision, bien...
M. Fontecilla : OK. Donc, je
comprends que vous refusez de... au moins de vous informer de l'éventualité
d'une politique...
M. Bonnardel : Non, mais ce
n'est pas... ce n'est pas... Tu sais, c'est mon... Vous savez, quand vous
dites : C'est plus au Québec, il y a nécessairement plus de demandeurs
d'asile, en proportion, il y en a plus au Québec.
M. Fontecilla : Tout à fait.
M.
Bonnardel
:
Est-ce qu'il est normal qu'il y ait une corrélation entre les deux? Peut-être, peut-être,
peut-être, mais les...
M. Fontecilla : Est-ce qu'on
pourrait... Est-ce qu'on pourrait poser la... Est-ce que le ministre de
l'Immigration, qui a plus les bras longs que n'importe quel citoyen du Québec,
ne pourrait-il pas poser la question à savoir si c'est à cause de cela?
M. Bonnardel : Je vous dirais
que... bien, pas «je vous dirais», je vous dis que c'est un sujet que nous
avons eu ce matin avec mon équipe et Mme la sous-ministre, donc...
M. Fontecilla : Donc, ça fait
partie de vos préoccupations?
M. Bonnardel : Je suis
préoccupé. Donc, on va essayer d'aller chercher des réponses puis comprendre
pourquoi.
M. Fontecilla : Très bien.
Merci, M. le ministre. Votre prédécesseur au ministère de l'Immigration a
décidé de plusieurs coupes d'aide financière aux demandeurs d'asile, là. Le
ministère de la Santé et Services sociaux a coupé l'allocation de 413 $
par mois pour les familles ayant des enfants handicapés. Ça touche
263 familles, une économie de 1,2 million de dollars, dont
330 enfants. Le même ministère a coupé l'allocation de 1 205 $
de remboursement pour l'accueil d'enfants arrivant seuls, c'est souvent un
montant donné aux familles d'accueil, ce qui touche 119 enfants en 2006.
Et voilà. Est-ce que vous seriez prêt à revenir sur ces coupes-là qui affectent
durement des enfants, concrètement?
M. Bonnardel : Je comprends
la question. Je pense même que c'était une pétition que vous aviez là-dessus,
ça se peut-tu, aujourd'hui, si je ne me trompe pas. Alors, je comprends que la
question soit posée ici. De mémoire, c'est... ce sont... c'est un dossier qui
est... qui est... qui est vu par le MSSS. Le MSSS, c'est eux qui ont décidé,
donc, de faire... de faire ces ajustements financiers. Alors, il faudrait
peut-être demander à votre collègue de poser la question au ministère de la
Santé pour comprendre pourquoi il y a eu... pourquoi il y a eu ces ajustements
de faits, là, pour ces personnes en particulier là.
M. Fontecilla : Et la réponse
qui <nous a été...
M.
Bonnardel
:
... de faits, là, pour ces personnes en particulier là.
M. Fontecilla :
Et
la réponse qui >nous a été donnée, politique, la réponse politique,
c'est pour diminuer l'attrait du Québec comme destination... destination soleil
pour les demandeurs d'asile. Est-ce que vous croyez que la coupe de ces... de
ces subventions, de ces allocations-là destinées à des enfants est de nature à
diminuer l'attrait des personnes qui cherchent la protection du Canada?
M.
Bonnardel
:
Écoutez, je ne veux pas élaborer sur cette question, là, qui devrait être posée
au MSSS. Ce que je vous dis : c'est une décision qui a été prise par le
MSSS pour des raisons qui leur appartiennent. De ce que je comprends, on était
peut-être la seule province, là, qui appliquait ce genre d'aide comme telle, de
mémoire. Donc, c'est une décision qui appartient au ministère. Nécessairement,
je comprends le désarroi de certains, là, de voir ces sommes retenues ou
revues. Alors, voilà, c'est la seule réponse que je peux vous donner.
M. Fontecilla : Très bien. Et
est-ce que les demandeurs... Est-ce qu'il y a eu des compressions dans l'aide
sociale donnée aux demandeurs d'asile?
M.
Bonnardel
:
...
M. Fontecilla : Il n'y a pas
eu de... Parfait. Et, d'autre part, on sait que les demandeurs d'asile ont très
peu accès aux services d'employabilité, là, sauf pour des programmes pilotes,
je crois savoir, là. Est-ce que c'est le cas, c'est-à-dire les demandeurs
d'asile n'ont pas accès aux services d'employabilité du réseau d'employabilité
du Québec?
M.
Bonnardel
:
Vous parlez d'Emploi-Québec, là?
M. Fontecilla :
D'Emploi-Québec... bien, d'Emploi-Québec et des organismes communautaires. Il y
a un réseau assez... d'OSBL d'assez, d'assez dense. Est-ce que les demandeurs
d'asile ont accès à des services d'employabilité?
M.
Bonnardel
:
Bien, on a différents programmes qui sont mis en place pour accompagner,
accompagner les personnes immigrantes dans les organismes communautaires, que
ce soit le programme d'aide au soutien à l'intégration, d'autres programmes, le
Programme de soutien à la mission. Donc, on accompagne ces gens. Et de mémoire,
en tout cas, il n'y a personne qui a soulevé... En tout cas, vous êtes le
premier peut-être qui pourrait me soulever le fait qu'il n'y aurait pas...
qu'il n'aurait pas d'aide pour accompagner... C'est ça.
M. Fontecilla : Donc, vous...
M.
Bonnardel
: Il
y a un minimum, il y a un minimum d'aide qui est donné, qui est donné à ces
gens pour les accompagner comme tel, là, sur la voie de l'employabilité au
Québec.
M. Fontecilla : Tout à fait.
Il y a souvent de l'aide pour ce qu'on appelle les programmes d'accueil, donc,
de la première installation, etc., là. Mais aujourd'hui vous pouvez... vous
êtes en mesure de nous dire qu'il n'y a pas... les demandeurs d'asile ont accès
à tous les services d'employabilité?
M.
Bonnardel
:
Bien, pas tout, mais ils sont accompagnés, ils sont accompagnés.
• (17 h 50) •
M. Fontecilla : Expliquez-nous
la différence, M. le. Ministre.
M.
Bonnardel
:
Bien là, il faudrait... Je comprends votre question, mais il faudrait aller
dans une autre... une autre période des crédits, à Emploi-Québec, là.
M. Fontecilla : Est-ce que
vous pourriez nous dire que...
M.
Bonnardel
:
Bien, je n'ai pas cette information avec moi.
M. Fontecilla : ...les
demandeurs d'asile ont accès... Vous dites qu'ils ont accès aux services
d'employabilité, là. Parce que, nous, la nouvelle qu'on a, là, c'est que, dès
que les demandeurs d'asile ont... arrivent...
M.
Bonnardel
:
Je n'ai pas dit ça, je n'ai pas tout... je n'ai pas dit... Ils sont
accompagnés, ils n'ont pas accès à tout.
M. Fontecilla : Qu'est-ce que
vous voulez dire par «accompagnés», M. le ministre?
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est ce qu'on me dit. Les services publics d'emplois, ils sont
accompagnés, mais ils n'ont pas tous les services. Ce n'est pas un clés en main
100 %, là. Donc, on vous aide, on vous amène vers la voie de
l'employabilité, vers la voie du travail. Mais c'est ce qu'on m'informe.
M. Fontecilla : OK. À quels
services ils n'ont pas accès, M. le ministre?
M.
Bonnardel
:
Bien, j'imagine qu'il faudrait poser la question à Emploi-Québec, M. le député,
là.
M. Fontecilla : Très bien,
très bien. Écoutez, on va aller du côté, encore une fois, de la réunification
familiale. Ça a été discuté amplement lors de cette étude de crédits là. Et on
est rendus à... les chiffres, dont nous disposons, là, c'est quelque
37 mois d'attente. Vous nous avez... Vous nous avez donné...
M.
Bonnardel
:
31, 32, là, 31, 32.
M. Fontecilla : 32? C'est très
bien. C'est, en fait, six mois, là, mais c'est plus que... en tout cas, c'est
deux ans et demi, un petit peu plus que deux ans et demi, ce qui est assez
énorme. Écoutez, M. le ministre, on a l'impression que, bien, tout est en
retard au MIFI, là. Le programme PEQ, le PSTQ qui démarre très, très lentement,
vous nous dites qu'aujourd'hui c'est quelques centaines de dossiers qui sont
étudiés alors qu'il en faudrait des milliers. Pour le programme PEQ, on parle
de milliers de personnes, et la réunification familiale, c'est 31 mois,
vous venez de nous... nous informer. Il y a des coupes qui sont faites pour les
demandeurs d'asile. Il n'y a pas grand-chose qui fonctionne correctement au
MIFI, là. Qu'est-ce qui se passe?
M.
Bonnardel
:
C'est trop... C'est trop facile, M. le député, d'évaluer cette situation de
cette manière. Vous savez, on fait des choix, comme société, on dépose des
plans, un plan pluriannuel, on travaille ce plan avec les partenaires, <avec
les élus...
M. Bonnardel :
...
dépose des plans, un plan pluriannuel, on travaille ce plan avec les
partenaires, >avec les élus, avec la société civile, puis on définit le
plan sur l'immigration pour une période de trois ans. On définit, vous le savez
très bien, les chiffres, je les ai répétés maintes et maintes fois,
45 000, la cible sur une période de trois ans. Puis pour la première fois
on définit une portion qui est adaptée plus au fédéral, qui est le Programme de
mobilité internationale... les travailleurs étrangers, pardon, les TET et les
étudiants étrangers. Donc, on a une cible de 65 000, en 2029,
110 000 étudiants étrangers en 2029. Puis c'est ce à quoi... on a
décidé qu'on allait respecter ces cibles pour les trois prochaines années.
Si je vous écoute, bien, vous pourriez
décider, comme gouvernement du... de Québec solidaire, j'imagine, en vous
écoutant, que vous pourriez régulariser tous les dossiers. On a décidé de
respecter ces cibles. On va respecter ces cibles. Je peux comprendre... puis le
député de l'Acadie l'a mentionné, il l'a mentionné l'année passée, j'ai lu ses
crédits, il refait la même chose cette année. Puis ça va de soi, ça va de soi,
je poserais assurément les mêmes questions. Mais à quelque part on est
tributaires, dans une certaine mesure, des cibles que l'on a, du fait que le
Québec est une terre d'accueil, mais du fait aussi que le fédéral, pendant un
certain nombre d'années, pour ne pas dire post-pandémie, où notre capacité à
recevoir... On est là, là, on est les bras ouverts, on est tous... on a tous
les bras ouverts. Mais jusqu'à quel point on peut... Quand je vous parlais
tantôt du fonds de recherche qui va travailler avec ces appels de projets pour
définir un peu ce qui se passe au Québec...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M.
Bonnardel
: Puis
le fédéral a compris les doléances du Québec, en abaissant, donc, ses cibles
autant du PMI étudiants étrangers que...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine ce bloc
d'intervention. On va poursuivre avec le cinquième bloc de l'opposition
officielle et le député d'Acadie, 17 min 3 s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors donc, je continue. Quand on regarde le PSTQ de l'extérieur et
quand on a fait la planification de l'immigration, à un moment donné, on posait
un paquet de questions et on se demandait si le ministre allait réouvrir le
PEQ. On s'est fait dire non. Ça a créé un impact, un désarroi profond chez des
milliers de travailleurs qui étaient en attente de statut. Mais on nous a dit
aussi que le PSTQ, c'était comme une merveille du monde, tu sais, peut-être la
huitième, je ne le sais pas.
Puis là je vous écoute puis je lis ce que
le gouvernement fait, puis là, bien, on ne rajoute peut-être pas un volet, mais
une catégorie d'un volet, et là vous me dites : Bien, il faut écouter la
population, il faut être pragmatique. C'est vrai. Mais en termes de politique
publique, avant de lancer un programme qu'on décrit comme quelque chose de
merveilleux, pourquoi on ne fait pas l'exercice avant, c'est-à-dire consulter
la société civile, les employeurs, les chambres de commerce, etc., puis là
essayer de voir dans quelles catégories ou sous-catégories on aurait
véritablement besoin de travailleurs et faire en sorte que ça diminue le
traumatisme que le gouvernement a causé chez plusieurs travailleurs étrangers?
Alors, pourquoi ça n'a pas été fait comme
ça? Parce que là j'ai l'impression que vous rétropédalez et que vous essayez de
vous adapter, avec votre programme, à une réalité du terrain que vous
découvrez.
M. Bonnardel : Je trouve ça
facile comme question, M. le député, en tout respect, dans le sens où
l'expérience... l'expérience du MIFI, dans les dernières années, avec le PRTQ,
avec le PEQ, a bien défini les besoins du marché... bien, du marché... oui, le
marché du travail sur le territoire, avec les différents volets. Le PSTQ n'est
pas né en se disant, du jour au lendemain : Bien, tiens, on met tout ça de
côté puis on part avec un nouveau programme, puis c'est la voie de l'espoir.
Oui, on est convaincus, puis je le disais,
là, un des premiers points, puis mon collègue l'a mentionné souvent, c'était de
mieux régionaliser. Bon, je l'ai donné, le chiffre, je les ai répétés, je ne
les répéterai pas, c'était un sur quatre, puis aujourd'hui on va être à presque
six sur 10. Puis je suis persuadé que si on se reparlait dans deux, trois ou
quatre ans, on va être encore à ce niveau. Puis on va répondre aux inquiétudes
de l'Abitibi, exemple, comme il nous le mentionnait tantôt, puis aux autres...
aux autres régions.
Donc, autant on s'est adaptés à ce que le
PEQ représentait, aux différents volets... Vous le savez, là, le PEQ,
exemple... le PEQ ne répond pas... Au volet 2, là, pour ce qui est des
FEER 3, 4 et 5, bien, le PEQ, il ne répond pas, donc... Puis la grande majorité
du PEQ, de ceux qui étaient admissibles au PEQ sont... 80 % qu'on évalue,
là, sont... ils peuvent appliquer au PSTQ. Ça fait que de dire qu'on a fait ça
sur le coin puis qu'on s'est ajustés... Moi, je vous répète le mot
«pragmatique».
Puis là-dessus, quand... pas le marché,
mais quand les régions nous évoquent certaines situations, je pense, vous
feriez la même chose, M. le député, en tout respect. Tu sais, si vous tâtez le
pouls... Vous le faites de toute façon, déjà, je le sais que vous vous promenez
<partout au Québec...
M. Bonnardel :
... Vous
le faites de toute façon, déjà, je le sais que vous vous promenez >partout
au Québec, vous allez rencontrer les gens qui vous parlent de la situation des
travailleurs étrangers. Bien, à la fin, à la fin, moi, je m'ajuste, puis
j'améliore, puis je peaufine, puis je me dis : OK, si on peut améliorer ça
dans tel volet puis on peut ajuster ça, bien, on le fait puis...
Puis aujourd'hui, bien... Dans trois ans,
quatre ans, bien, il y aura le PSTQ, puis, peu importe qui sera au
gouvernement, je reste convaincu que le programme qui est là... puis que la
personne qui va être assise à ma place va définir que ce programme a été... a
été un succès puis que, j'imagine, va évoluer dans le temps, va évoluer dans le
temps. Ça fait que je reste convaincu.
Puis les besoins du marché du travail sur
les différentes régions, vous le... vous le savez autant que moi, sont
immensément importants, au-delà des politiques de resserrement du fédéral,
présentement, que l'on vit dans trois régions RMR. Bien, au final, les
conditions... les conditions qu'on émet dans ces différents volets vont
nécessairement permettre aux différentes régions du Québec d'avoir une vitalité
économique puis une vitalité qui va être... qui va répondre aux besoins... aux
besoins de leur... de leur marché à gauche puis à droite, là.
M. Morin : Mais êtes-vous
d'accord avec moi, M. le ministre, pour dire que, et ça, je l'ai reconnu
publiquement, un gouvernement doit gérer l'immigration puis un gouvernement a
toute la latitude pour adopter des politiques? PSTQ, c'en est une. Mais
êtes-vous d'accord avec moi pour dire que l'impact de ça sur les gens qui sont
ici puis l'abolition du PEQ d'une façon abrupte, ça, vous ne l'aviez pas
planifié et vous ne l'aviez pas vu venir? Moi, le combat du PEQ, je l'ai fait depuis
le début. Puis ce n'est pas pour rien que la première ministre, dans sa
campagne à la chefferie, a décidé qu'elle voulait le réouvrir. C'est parce que
ça veut dire quelque chose, là. Alors, au niveau de la planification, est-ce
qu'on s'entend pour dire qu'à ce niveau-là il y a eu un manque?
M. Bonnardel : Bien, comme je
vous l'ai mentionné, je reste encore convaincu que ce programme va répondre,
dans les prochaines années... hormis le PEQ, là, hormis le PEQ. Il y aura une
période... une période de deux ans qui va... qui va répondre aux... à ces
personnes qui répondaient aux conditions. Et je respecte... et je respecte ça. Puis
on va répondre, donc, à l'engagement de la première ministre, pour ceux qui
nous écoutent ce soir. Mais à la fin, le PSTQ, quand on va avoir pris notre erre
d'aller puis qu'on va répondre... qu'on va répondre à l'ensemble, à 100 %
des gens, à partir de 2030 ou 2031, 2032, bien, je reste convaincu que ces
différents volets vont... vont répondre positivement à toutes les demandes, aux
intérêts des différentes régions du Québec, pour être capables de subvenir aux
besoins de chaque marché puis de répondre aux différents volets que...
Puis sincèrement, avec ce qu'on a connu,
ce que vous avez connu, parce que je n'étais pas ministre de l'Immigration, au
PRTQ, avec le PEQ, les trois projets pilotes qui avaient été mis... qui avaient
été mis de l'avant et qui ont... qui ont pris fin, là, après une période de
cinq ans... Pour les préposés aux bénéficiaires, il y avait l'intelligence
artificielle, il y avait les technologies de l'information, et tout ça. Bien,
pour moi, aujourd'hui, là, quand je regarde ça puis je me dis... puis je
vois... je regarde la situation du Québec, je reste convaincu qu'on va... qu'on
va... qu'on va applaudir dans trois ans, quatre ans.
• (18 heures) •
M. Morin : Puis, dans
votre... dans votre ministère, ça prend combien de temps à vos employés pour
traiter un dossier en vertu du PSTQ?
M. Bonnardel : Bon, ça, c'est
une bonne... c'est une bonne question. Je le disais d'entrée de jeu tantôt, là,
en termes de CSQ, au 31 mars, on était à près de... on était à près de...
de...
Une voix : ...
M. Bonnardel : Non, mais au
total, au total. Que ce soit... Que ce soit tout ce qu'il y avait dans la liste
d'attente, là, PRTQ, projet pilote, quelques PEQ additionnels, un peu de PSTQ,
on me dit qu'on était à près de 10 000, ou à peu près, au 31... au
31 mars. Puis il y avait un temps de réponse, là, moyen d'à peu près six
mois pour le PEQ.
L'ambition que j'ai, que la ministre... la
sous-ministre a et les équipes ont, c'est d'être capables de revenir à ce ce
délai comme tel. Donc, ce qu'on... ce qu'on fait, il y a un parcours où les
employés sont formés pour maîtriser le PSTQ. On a augmenté, en termes d'ETC, 20
ETC additionnels, pour accompagner, donc, les... ceux qui travaillent déjà au
PSTQ. Puis on veut nécessairement avoir une bonne vitesse de croisière à partir
de... à partir de cet été, à partir de juillet, pour être capables de répondre
plus rapidement.
Mais là vous comprenez que je vais
avoir... je ramène le PEQ dans tout ça, là. Donc, la combinaison... retour,
donc, des systèmes PEQ et du PSTQ, la combinaison des deux vont... vont... vont
être... vont être correctes. Mais à quelque part j'ai quand même cette... ce
défi pour moi de ramener... de ramener le PEQ, le PSTQ, de l'autre côté, puis
de reprendre une vitesse de croisière avec, donc... finaliser les... finaliser,
donc, la formation des personnes, au ministère, qui travaillaient, PRTQ, PEQ,
qui sont rendus PSTQ, et de s'assurer d'avoir une bonne vitesse de croisière
pour répondre plus rapidement, je le souhaite, là, dans un délai... dans un
délai de six mois, comme c'était un peu la moyenne, ou à peu près, là, pour le Programme
de l'expérience québécoise...
18 h (version révisée)
M. Bonnardel : ...ou à
peu près, là, pour le Programme de l'expérience québécoise.
M. Morin : ...que j'ai
bien compris que, pour le PEQ, le délai de traitement, c'est d'environ six mois?
M. Bonnardel : C'était
ça.
M. Morin : C'était ça.
Donc là, c'est plus.
M. Bonnardel : C'était
ça en moyenne. En moyenne.
M. Morin : Là, c'est
plus.
M.
Bonnardel
:
Oui, mais là on a fini... Mais, ça, il n'y a plus rien à traiter au PEQ, là,
présentement...
M. Morin : OK, donc...
M.
Bonnardel
:
...on n'a rien à traiter au PEQ, donc entre le PSTQ puis le PEQ, bien, moi, je
veux ramener ces délais... je veux ramener ces délais au-delà de quand l'invitation
est envoyée à la personne puis qu'il dépose ses documents et tout ça. Bien, il
y a une période qui peut aller jusqu'à 60... 60 jours ou à peu près, donc
il y a ce 60 jours là qu'il faut calculer outre, après ça, l'avis... le
traitement qui est fait par le ministère.
M. Morin : Le traitement
dure combien de temps?
M. Bonnardel : Bien, c'est
ça, c'est le traitement qui est la moyenne de six mois ou à peu près, là.
M. Morin : OK, plus le
60 jours.
M. Bonnardel : Moi je
suis toujours en mode : on peut toujours faire mieux.
M. Morin : Oui, je
comprends.
M.
Bonnardel
:
Toujours faire mieux. Je pense que tout le monde est à la même place, puis c'est
ce que je dis aux équipes. Je peux comprendre la transition qu'on fait des
programmes à un autre, mais, la transition, il ne faut pas qu'elle dure trois
ans, là, tu sais.
M. Morin : Avez-vous
assez de fonctionnaires pour être capable d'opérer tous ces changements-là?
M. Bonnardel : Oui.
Bien, ce n'est pas... Bien, oui, mais on a fait une demande quand même, là, d'augmentation
d'ETC de 20.
M. Morin : Est-ce que
vous en avez perdu, des fonctionnaires, entre octobre 2024 et mars 2026?
M. Bonnardel : Au total...
au total, le budget du ministère est resté pas mal le même à 798 millions de
dollars. Et, au final, avec les pistes d'optimisation qui ont été faites, qui
ont été demandées par le trésor, si je ne me trompe pas, c'est 80 employés
de moins ou à peu près.
Une voix : ...
M.
Bonnardel
:
Pardon?
Une voix : ...
M. Bonnardel : 64.
M. Morin : 75 de moins,
parce que selon le...
M. Bonnardel : J'avais
80 en tête, mais 64, c'est ça. Mais pas aux opérations.
M. Morin : OK, parce que,
selon le syndicat des fonctionnaires, le SFPQ, eux, ils auraient eu une baisse
de cotisants passant de 874 en 2024 à 668 en 2026. C'est une baisse de
23,6 %. Parmi leurs membres, votre ministère, c'est un des ministères où
il y a eu le plus de baisses de cotisants pour ce syndicat-là. Donc est-ce que
vous avez perdu plusieurs employés? Qu'est-ce qui est arrivé?
M. Bonnardel : ...au 31 janvier
2026, là, les emplois supérieurs, -0,04; les cadres, -0,15; les
professionnels, -0,04; les enseignants, -0,62; les techniciens et... les
techniciens, -0,158; puis le personnel de bureau, -0,38. Donc, il n'y
a pas de... il n'y a pas de baisse majeure comme mentionnée, là. C'est...
M. Morin : Donc, il n'y a pas...
il n'y a pas de baisse majeure chez vous.
M. Bonnardel : Les
opérations et les services dédiés au... En tout cas, ce qui est important pour
ceux qui nous écoutent, c'est les délais puis d'être capables de répondre le
plus rapidement possible, puis c'est ce que les équipes du MIFI ont en... ont
nécessairement comme ambition, là.
M. Morin : Compte tenu
des délais... Compte tenu des délais, quelqu'un qui applique au PSTQ dans un
des volets, là, est-ce qu'il peut se ramasser dans une situation où il va
devoir obtenir à nouveau un permis de travail parce que vos délais sont trop
longs?
M. Bonnardel : C'est une
bonne question. Donc, vous me corrigerez, permis fermé, on a donc l'engagement
du fédéral de renouveler le permis fermé pour une période de 12 mois si tu
es... si tu as à appliquer au PSTQ. On souhaite la même chose pour les permis
ouverts et les conjoints, conjointes aussi.
M. Morin : Puis pour les
permis ouverts, conjoints et conjointes, là, vous n'êtes pas rendus là. Est-ce
que vous continuez à négocier avec le fédéral pour ça?
M. Bonnardel : Oui. C'est
ça, c'est une demande que j'ai fait... que j'ai fait à M. Lightbound au
fédéral et à Mme Diab.
M. Morin : Bien. Toujours...
toujours dans le PSTQ. Avez-vous essayé de remplir une demande?
M. Bonnardel : Je sais où
vous vous en allez, là. La question est simple... bien, la réponse est simple.
Vous m'avez entendu, j'ai été assez concis et bref, là, il y a un travail... Moi,
là, il ne faut pas que ce soit Les 12 travaux d'Astérix, là. Il
faut que ce soit... pas entre simple puis compliqué, compliqué. Il y a un juste
milieu entre les deux, là. Puis là-dessus, au reportage, si je ne me trompe
pas, de Radio-Canada d'une personne qui disait : J'ai dû déposer des dizaines
et des dizaines et des dizaines de documents... je dis à ces gens, puis je l'ai
dit à la sous-ministre puis aux équipes : Vous devez... pas simplifier,
mais on doit trouver des façons que ce soit moins lourd. Et, oui, simplifier,
si, dans une certaine mesure, on peut le faire en termes de documentation et
que ce soit plus facile à comprendre pour ces gens qui rentrent sur le site,
vont se faire dire : OK, ça prend tel document ou tel document ou tel
document. Pas obligé de faire deux qui sont similaires.
Donc, à quelque part, je suis conscient de
la <situation...
M. Bonnardel :
...deux
qui sont similaires. Donc, à quelque part, je suis conscient de la >situation
que ça a pu apporter pour ceux qui nous écoutent peut-être ce soir. Puis le
ministère, le MIFI, en est aussi conscient. Puis je peux vous assurer d'une
chose, c'est qu'on ne prend pas ça à la légère. Je veux... processus qui est
trop facile, de l'amélioration continue, là, mais c'est ça pareil qu'on met de
l'avant pour le MIFI, là-dessus.
M. Morin : ...moi, ce qu'on
me dit sur le terrain, c'est qu'avec le PEQ, évidemment, il faut fournir des
documents, c'est sûr, on n'accorde pas un statut sans preuve, c'est clair, mais
que c'était relativement facile, alors que le PSTQ, c'est un parcours du
combattant. Et j'essaie de comprendre pourquoi c'est devenu si compliqué, parce
que c'est supposé être mieux. Et, entre autres, sur le terrain, je dois vous dire,
M. le ministre, ça, je l'ai entendu, au début, je ne comprenais pas ce que
c'était, mais il semblerait que, dans les documents qu'on demande, parfois on
demande une attestation de célibat avant mariage. Et j'essayais de comprendre
en quoi ça peut être très utile pour quelqu'un qui voudrait continuer à être
soudeur au Québec.
M. Bonnardel : ...M. le
député, je le sais, là, vous pouvez m'évoquer plusieurs points comme ça, là.
Puis j'en suis conscient, puis le ministère en est conscient, la sous-ministre
aussi. Je peux vous assurer d'une chose, on va faciliter, dans une certaine
mesure, l'envoi de documents. Je suis conscient aussi que... vous le savez
aussi, là, vous êtes... vous travaillez sur les dossiers depuis un certain...
depuis un certain nombre d'années, là, l'intégrité des documents étrangers, il
faut quand même s'assurer qu'on a les bons documents. On m'explique, des fois,
que ça peut arriver, là, que certains documents peuvent être... je ne dirai pas
le mot, mais au final, au final, pour la majorité, sinon 98 % des gens qui
déclarent leur intérêt au PSTQ, je veux que ce soit plus simple.
M. Morin : D'accord. Puis
c'est sûr, là-dessus, comprenez-moi bien, oui, il faut une intégrité des
documents, il faut s'assurer que les documents sont authentiques. Puis, s'il y
en a qui essaient de commettre des fraudes, bien, il faut les dénoncer puis il
faut les poursuivre. Ça, vous parlez à un ancien procureur de la couronne, vous
l'avez entendu à la période de questions aujourd'hui, je n'ai pas de problème
avec ça, d'aucune façon. Bon.
Mais, entre ça... Parce que ça, on n'en
veut pas, là, des fraudeurs, là, mais entre ça puis la multitude de documents
qui sont demandés, j'essaie de comprendre... Puis, tu sais, honnêtement, là, en
quoi c'est si important d'avoir une attestation de célibat avant le mariage?
Avez-vous peur qu'il y ait des gens qui vivent en bigamie, qui soient mariés
deux, trois fois? Je ne comprends pas. Puis il y a quelqu'un qui a dû réfléchir
à la question pour le demander.
• (18 h 10) •
M. Bonnardel : Vous savez, il
y a la gang ici qui vous écoutent, là, puis il y en a qui écoutent la télé
aussi. Puis la sous-ministre vous entend. Je vous entends. Puis je vous le dis,
là, je vous le répète, quand j'ai vu ce reportage, la première chose que j'ai
faite : Ça, ça ne marche pas, ça ne marche pas. Ça fait que je ne vous dis
pas que le processus va changer complètement, mais c'est le travail du MIFI de
s'assurer que dans les différents volets, là, on ne se dédouble pas pour rendre
ça encore plus compliqué. Pour moi, là, ce n'est pas une traversée du désert
que je veux pour ces... pour ces gens. Je veux que ce soit... Je veux que
l'expérience, l'expérience soit le fun.
M. Morin : ...avec le PEQ.
Parce que, si vous demandez autant de documents, il doit y avoir une raison, je
ne peux pas croire. Avec le PEQ, il y avait-tu beaucoup de fraudes?
M. Bonnardel : Il pouvait y
en avoir. Si vous voulez le pourcentage ou à peu près, là, annuellement, c'est...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Bonnardel : ...c'est sûr
que... Je vous le donnerai, là, au... Vous avez un autre bloc, je pense, là, je
vous le donnerai... je vous le donnerai tantôt, après celui de mon collègue du
PQ, là.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Ça avance, ça avance. Merci beaucoup. Alors, on est avec,
pour son dernier bloc, le député d'Arthabaska, pour son dernier bloc,
17 min 3 s.
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Je vais commencer avec des questions plus factuelles, si vous le
permettez, sur le volet des travailleurs étrangers temporaires, le PTET.
On disait que vous aviez... On avait pour
objectif d'avoir 72 400 détenteurs ou personnes répondantes du
Programme des travailleurs étrangers temporaires au Québec. Pour 2025,
l'estimation, c'était 70 500. L'objectif en 2026, corrigez-moi si je me
trompe, c'était 69 100. On est rendus à combien, là? Savez-vous?
M. Bonnardel : ...de mémoire,
on va me corriger en arrière, mais je pense que c'est 79 000 et des
poussières. Puis l'objectif dans la planification pluriannuelle est de 65 000
en 2029.
M. Boissonneault : Et comment
comptez-vous y arriver, ça? Comment vous allez... C'est seulement par
l'émission des...
M. Bonnardel : De permis.
M. Boissonneault : Des
permis?
M. Bonnardel : Des permis.
M. Boissonneault : Pour le
PMI... non, pour les étudiants, en 2024, on avait pour objectif 128 090. En
2026, c'était 106 400. Aujourd'hui, on est rendu à <combien?...
M. Boissonneault : ...128 090.
En 2026, c'était 106 400. Aujourd'hui, on est rendu à >combien?
M.
Bonnardel
: J'ai
donné les chiffres tantôt. Il va falloir que je vous les trouve, là, mais... je
vais vous le trouver, mais l'objectif, l'objectif, vous l'avez mentionné
tantôt, là...
M. Boissonneault : L'objectif,
c'était 106 400, mais savez-vous comment vous êtes... on est rendus?
M.
Bonnardel
:
Oui, puis la cible... Je vais vous le trouver. Je vais vous le trouver. La
cible... la cible des PEE, des étudiants étrangers pour 2029 est de 110 000.
M. Boissonneault : OK, la
cible, mais, pour ce qui est de ce qu'on a à l'heure actuelle au Québec, en
2026?
M.
Bonnardel
:
Selon moi, par cœur, là, je pense qu'au 31 janvier... vous me corrigerez,
je pense, c'est 95 000 ou 100 000... ou 100 000, là, mais on
n'est pas loin de ça.
Une voix : ...
M.
Bonnardel
:
100... 116 000.
M. Boissonneault : 116 000.
Donc, l'objectif, en 2026, c'était 106 400, mais on est rendus à 116 000.
M.
Bonnardel
:
L'objectif, je n'ai pas le... Là, on est à 116 000, je ne sais pas, je...
je n'ai pas l'objectif devant moi, mais on est à 116 000 et la cible est à
110 000.
M. Boissonneault : OK, donc on
n'avait pas un objectif... Excusez-moi, on n'avait pas un objectif, pour 2026,
de 106 400?
M.
Bonnardel
:
C'est possible, c'est possible. Je n'ai juste pas les chiffres devant moi, là.
Oui.
M. Boissonneault : On avait
l'objectif de 106 400 pour 2026, mais on est à 116 000 à l'heure
actuelle. Puis ça, c'était au 31 mars.
M.
Bonnardel
:
Au 31 décembre, décembre.
M. Boissonneault : Au
31 décembre.
M.
Bonnardel
:
Décembre 2025.
M. Boissonneault : 2025. OK.
M.
Bonnardel
:
2025. Donc, on peut être un peu moins présentement, quatre mois plus tard.
M. Boissonneault : OK. Comment
on explique le fait qu'on soit toujours au-dessus de la cible, comme ça?
M.
Bonnardel
:
Ah! bien, écoutez, la cible... la cible a diminué de... oui, le flux a diminué
de 15 %, là, c'est difficile de vous donner le chiffre exact, là, mais le
flux a diminué de 15 %. Donc, votre question, c'est?
M. Boissonneault : Bien, la
question, c'est de savoir comment se fait-il qu'on est toujours au-dessus de la
cible. C'était la même chose aussi, si je comprends bien, pour l'objectif de
2026 pour les TET, c'est la même chose pour les étudiants. On est toujours
au-dessus de la cible.
Des voix : ...
M.
Bonnardel
:
Oui, c'est ça, c'est qu'il y a un quota qui est défini par le fédéral, puis on
est quand même encore en bas du quota qui est défini par le fédéral là-dessus.
Le fédéral, son quota, je pourrais vous le donner... par cœur pour le Québec,
là, mais on est en bas de la cible, là.
M. Boissonneault : Je
comprends, mais vous... Moi, ce que je comprends, là, puis peut-être, c'est...
c'est que, nos cibles, on ne les respecte pas, par exemple, pour l'instant.
M.
Bonnardel
:
Bien, «on ne les respecte pas», on a une marge de manœuvre qui est toujours de
quelques... de quelques centaines. Là-dessus, là, je n'ai pas le document avec
la cible précise, mais comme je vous ai dit, entre aujourd'hui puis la cible de
2029, on est à 116 000 ou plus ou moins, là, quelques centaines, là, puis
l'objectif, c'est 110 000 pour la cible dans la planification
pluriannuelle. Puis c'est la première fois que, dans une planification
pluriannuelle... qu'on définit des cibles précises pour les TET qui... et pour
la... Parce qu'ils sont... nécessairement, ils viennent du fédéral, à la base.
Alors, c'est la première fois, là, qu'on a un partenariat conjoint ou des
ententes conjointes en termes de cibles, là, pour que le fédéral comprenne que
notre capacité est là, qu'on souhaite la respecter à quelques dizaines,
centaines près, là.
M. Boissonneault : Dans les
consultations sur le plan pluriannuel en immigration, en commission, avec votre
prédécesseur, il y avait une intervenante qui avait proposé de renouveler les
permis de travail au Québec. Parce que votre prédécesseur en a parlé souvent, le
problème, parfois, c'est que des gens attendent au PSTQ, par exemple, c'était
souvent l'argument qu'ils invoquaient, parce que lui, il ne voulait pas
relancer le PEQ, on ne va pas rentrer là-dedans, mais il évoquait souvent cette
idée que le problème, c'est que le fédéral ne renouvelle pas les permis et on
dépend de ça. Est-ce que vous vous êtes déjà posé la question, vous, est-ce
qu'on pourrait renouveler nous-mêmes des permis de travail au Québec?
M.
Bonnardel
:
Bien, écoutez, pour ce qui est... pour ce qui est de cet aspect, ça... la
résidence permanente, ce n'est pas le Québec qui la donne, c'est le fédéral.
Donc, dans les circonstances, le fédéral est tributaire de nos cibles comme
telles. Puis on en a parlé tantôt, que ce soient les autres réfugiés, que ce
soit le regroupement familial, que ce soit la liste... la liste d'attente.
Donc, dans ces conditions... Sincèrement, on a une bonne relation avec nos
partenaires au fédéral présentement. Ils mesurent... ils mesurent, bon, au-delà
des politiques de resserrement qui sont... qui sont difficiles pour nous, parce
qu'on souhaiterait qu'ils soient appliqués seulement pour le moment à Montréal,
Laval et que le nombre, le pourcentage de TET, le droit acquis, en réalité,
soit à l'extérieur, donc à l'extérieur de Montréal et de Laval, tandis qu'on
les applique présentement dans les régions... RMR, comme je vous l'ai mentionné,
là : Drummondville, Gatineau et Montréal... et Montréal, Laval, donc.
Et le renouvellement des permis fermés,
pour ceux qui ont appliqué au PSTQ, le fédéral a dit oui, ma demande... notre
demande pour les permis ouverts, et les conjoints, conjointes, ils étudient
tout cela, puis nécessairement, avec l'arrivée prochaine du PEQ, PSTQ, bien,
tout ça ensemble, on va devoir... on va devoir en discuter avec le fédéral, là.
M. Boissonneault : Mais, comme
je disais, il y a une intervenante qui disait : Ce serait plus simple si
le Québec renouvelait lui-même les permis de travail, ce serait un geste
audacieux, vous allez me dire, mais en même temps, moi, je me <souviens...
M. Boissonneault :
...ce
serait un geste audacieux, vous allez me dire, mais en même temps, moi, je me
>souviens d'un plan qui avait été présenté par M. Legault en 2015,
c'était une des revendications qui était importantes pour la CAQ, d'aller
chercher tous les pouvoirs en immigration. Ça, c'en est un, ça, qui serait
quand même important. Puis ce que disait l'intervenante, c'est que ce serait
tout à fait possible pour vous de le faire. Moi, ma question, c'est :
Est-ce que vous vous êtes questionnés là-dessus? Est-ce que c'est une analyse
que vous avez faite de dire : Pourquoi on ne renouvellerait pas les permis
aussi?
M. Bonnardel : Bien, c'est
une... Premièrement, c'est une responsabilité qui est partagée. Le Québec, pour
les temporaires, on donne le certificat d'acceptation, le CAQ, le CAQ, pour...
que ce soit un étudiant étranger ou que ce soit un travailleur étranger
temporaire. Donc, on a quand même un flux, une information qui est importante,
parce que, quand ont dit au fédéral : Bien, Alex Boissonneault, il a son
CAQ puis il veut nécessairement avoir son permis pour x, y, z, alors on... donc
on mesure, puis on est capable de quantifier ces cibles. Mais, cette
responsabilité partagée, avec le contexte qu'on vit présentement, le
partenariat, je vous dirais, les ententes qu'on a avec le fédéral là-dessus,
puis l'ouverture que j'ai sentie, là, avec la réouverture du PEQ, puis les
demandes... les demandes du fédéral... les demandes de notre gouvernement pour
les permis comme tels, puis de répondre aux inquiétudes, puis aux permis qui
vont... qui vont être échus bientôt. Puis je vous l'ai dit tantôt, par arrêté
ministériel aussi, on va prioriser les permis qui vont venir à échéance pour
ceux qui ont appliqué au PSTQ pour leur dire : Écoute, là, si tu as ton
permis qui finit dans trois mois, bien, on va te prioriser le plus rapidement
possible.
Donc, responsabilité partagée et bon
travail, sincèrement, qui est fait présentement entre les deux partenaires pour
respecter les cibles que nous avons, là, dans notre planification
pluriannuelle, là.
M. Boissonneault : Est-ce que
je comprends donc, M. le ministre, que cette demande, cette revendication du
gouvernement de la CAQ, à l'époque, avec François Legault, d'aller chercher
tous les pouvoirs en immigration... Vous vous souvenez, M. Legault, en 2022,
avait dit : Si on n'a pas tous les pouvoirs en immigration... avait laissé
entendre : Si on n'a pas tous les pouvoirs en immigration, on craint une
louisianisation du peuple québécois. Il disait que c'était très important. Il
demandait un mandat fort pour aller chercher ces pouvoirs-là à Ottawa, on ne les
a pas eus. Mais est-ce que je comprends que le gouvernement de la CAQ abandonne
cette ambition d'aller chercher des pouvoirs en immigration?
M. Bonnardel : Ah! non, non,
loin...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...député de L'Assomption pour les prochaines fois...
M. Boissonneault : Ah! pardon.
M. Bonnardel : Ah oui? Bien,
non, non, loin... loin de là, loin de là, que... Pour notre gouvernement,
d'aller chercher plus de pouvoir possible, d'avoir une mainmise complète, ce
serait immensément important, donc... Mais, pour la première fois, comme je
vous l'ai mentionné tantôt, dans la planification pluriannuelle, c'est la
première fois que... même les anciens gouvernements ne l'ont jamais... ne l'ont
jamais fait, on a des cibles puis des ententes avec le fédéral pour ce qui est
des permis... des permis d'étudiants étrangers, les PEE, et les TET
nécessairement. On souhaite aussi... Même, même qu'on a... on a demandé une
meilleure francisation pour les TET, pour les PMI.
On a demandé une francisation, une
connaissance minimale du français après une période... après un renouvellement
de permis de trois ans. Donc, à partir de 2028, on va être capables de mesurer
le fait français de ces travailleurs étrangers sur le territoire québécois.
Donc, c'est... c'est un gain qu'on a... qu'on a obtenu du fédéral là-dessus,
puis nécessairement une répartition plus équitable des demandeurs d'asile,
d'avoir... d'avoir sur les permis de travail... les PMI, d'avoir un permis
assujetti à une province pour être capable de savoir que le PMI qui s'en vient
au Québec, bien, il reste au Québec puis celui qui a un permis qui est... qui
est en Alberta, bien, ne vient pas nécessairement travailler au Québec. Ce
n'est pas qu'on veut l'empêcher, mais donc ce sont des gains qu'on a obtenus
avec le fédéral. Alors, oui, tout ce qu'on peut aller chercher, c'est important
pour nous. Puis on ne met pas de... on ne met pas à la poubelle, donc, ces
engagements.
• (18 h 20) •
M. Boissonneault : Donc, vous
êtes d'accord pour dire que ce serait quand même plus simple, plus juste, que
le Québec soit seul responsable de son immigration.
M. Bonnardel : Bien, tout à
fait, si on pouvait... si on pouvait être capables d'avoir tous les outils,
mais on est conscients... on est conscients de la fédération, du partenariat
qu'on a. Puis, là-dessus, bien, c'est le défi de chaque ministre de
l'Immigration, de gouvernement, de la première ministre d'aller chercher le
plus de pouvoirs, puis je pense qu'on a réussi à en gagner, qu'on réussit à en
gagner petit à petit, là, comme je vous l'ai mentionné tantôt.
M. Boissonneault : Parce que
vous savez qu'aujourd'hui c'est l'heure des grandes révélations, là. Votre
collègue ministre du Travail a dit...
M. Bonnardel : Ah! je devine
votre... je devine votre question.
M. Boissonneault : ... qu'il
serait dans l'autobus du Non. Votre autre collègue, ministre de la Culture, a dit
qu'il serait dans l'autobus du Oui. Vous, M. le ministre, vous seriez dans quel
autobus?
M. Bonnardel : Ah! M. le
député, hypothétique comme question, très hypothétique comme question. On ne
fera pas de politique là, on a du plaisir de plus trois heures et quart, là.
M. Boissonneault : Très bien.
Est-ce que vous avez... Est-ce que vous avez une idée du nombre de personnes
qui se trouvent illégalement au Québec à l'heure actuelle, qui n'ont pas de
statut?
M. Bonnardel : C'est... c'est
très difficile à évaluer, à évaluer, donc.
M. Boissonneault : Le nombre
de personnes qui sont sous le coup d'un ordre de renvoi.
M. Bonnardel : Ça, c'est
possible. On va...
M. Boissonneault : Ça, c'est
possible. Moi, j'avais des chiffres, vous me corrigerez si je me trompe.
M.
Bonnardel
:
On va vous donner l'information, je pense que c'était une question des... que <vous...
M. Bonnardel :
On
va vous donner l'information. Je pense que c'est une question des... que vous >aviez
dans les... Non? OK, excusez-moi.
M. Boissonneault : Le chiffre
que j'avais, moi, c'était 220 768 personnes.
M. Bonnardel : 220 000?
M. Boissonneault : 220 768
personnes avec une menace de renvoi ou un... qui faisait l'objet d'un ordre de
renvoi.
M. Bonnardel : Au Québec,
c'est impossible. C'est impossible, 220 000. 220 000, c'est... non.
Une voix : ...
M. Bonnardel : Oui, c'est ça,
il y a 190 000 et des poussières demandeurs d'asile, là.
M. Boissonneault : Mais c'est...
parce qu'il y a des gens qui quittent, il y a des gens qui restent, c'est
cumulatif sur un certain nombre d'années. C'est plus dans ce sens-là, peut-être...
Mais c'est pour ça que je vous pose la question.
M. Bonnardel : Bien,
j'oserais... j'oserais vous demander où vous avez pris ce chiffre, là, juste...
en tout respect, là, mais... mais non, il y a... Non.
M. Boissonneault : OK, mais
ce serait possible d'obtenir ce chiffre-là, des gens qui sont sur le... sous le
coup d'une...
M. Bonnardel : On va vous le
fournir.
M. Boissonneault : ...procédure
de... Bien, qui... qui seraient visés par une... Je ne sais pas comment le
dire, là, une demande de renvoi.
M. Bonnardel : Un processus
de renvoi.
M. Boissonneault : Un
processus de renvoi. Puis j'aimerais ça, aussi, si c'est possible, de confirmer
les gens qui ont été expulsés, finalement, du territoire québécois en 2025 et
en 2026.
M.
Bonnardel
: Bien,
ça, il faut aller vérifier avec... avec l'agence des services frontaliers, là,
c'est une similiquestion qui était... que le député de Québec solidaire m'a
posée, tantôt, mais on va essayer de vous trouver la réponse aussi, là.
M. Boissonneault : Parce que
la question qui suivait, pour moi, c'était de dire : Est-ce que vous avez,
vous, une façon de faire ce suivi-là, de vous assurer... Parce que je comprends
que ce n'est pas la responsabilité du Québec, là. Voyez-vous, on parlait, tout
à l'heure, de l'importance de pouvoir gérer nos affaires. Mais est-ce qu'il est
possible... Voyez-vous, les chiffres que... moi, ce que je dis, ce que j'ai,
ici, comme chiffres, là, on me dit que c'est... ce sont les chiffres de
l'Agence des services frontaliers du Canada, et on parle bien... bel et bien de
220 768 personnes au Québec. Et moi, ce que j'ai, comme chiffre, pour
les personnes qui ont été expulsées en 2025, c'est 10 628 personnes
expulsées. Et en 2026, pour... jusqu'au 31 mars, 2 886 personnes.
M. Bonnardel : J'ai de la
misère à imaginer qu'il y a 220 000 personnes, au Québec...
M. Boissonneault : J'avoue,
moi aussi, je suis assez... je suis assez troublé.
M. Bonnardel : ...susceptibles
d'être retournées dans leur pays, quand... quand, c'est ça, là, tu n'as... tu
n'as pas 200 000 demandeurs d'asile, puis tu as... tu as 200 000 travailleurs
étrangers temporaires, puis du PMI, aussi, combinés, là, donc...
M. Boissonneault : Mais je
comprends que ce sont tous les gens, par exemple, qui se... qui ont perdu leur
permis de travail, disons qu'on a dit : Bien là, vous ne répondez plus aux
critères, vous devez retourner... Sur plusieurs années, il peut y avoir un
certain nombre... il peut y avoir une accumulation, là, si je peux le dire
comme ça, là. Donc, et ces gens-là, bien, moi, la question que je me pose,
c'est compte tenu du fait que le fédéral, parfois, nous place dans des
situations problématiques, on ne les choisit pas, on a nos réponses, on a des
réponses différentes à ce qu'on fait avec le fédéral, mais pour votre réponse,
qui est celle de la collaboration avec le fédéral, malgré tout, qu'est-ce qu'on
peut faire comme suivi? Comment vous, vous pouvez vous assurer que les règles
soient respectées, que les gens soient ici de façon légale et légitime, là?
M. Bonnardel : Bien, légale
et légitime... Comme je l'ai mentionné tantôt, là, pour la première fois dans
le plan... la planification pluriannuelle, on a une définition, donc, du nombre,
la cible des TET et des PEE, du Programme d'étudiants étrangers. On a
nécessairement une baisse des PMI. Quand j'ai dit, tantôt, là, qu'on a... ce
qu'on souhaite, du côté de notre gouvernement, baisser le nombre de demandeurs
d'asile, de PMI, sur le marché parce que notre capacité était... était au top ou
à peu près, bien, il y a une réponse positive du fédéral de ce côté.
Bon, là, à votre question, tantôt, combien
qu'il y en a d'illégaux ou de renvoyés? On va essayer d'aller chercher
l'information, puis je suis curieux de connaître les vrais chiffres puis on va
aller les chercher. Puis, s'il faut que je les redonne plus tard à la
commission, Mme la Présidente, on le fera pour votre gouverne, là. Mais, au
final... au final, on a... on réussit à aller... on réussit nécessairement à
aller avec les demandes qu'on a, autant pour les permis, les... renouveler les
permis temporaires que pour assujettir les PMI à une province. Il y a encore
des gains à faire, mais il y a des discussions qui se font en parallèle avec
notre partenaire fédéral pour être capables de répondre à nos... à nos demandes.
M. Boissonneault : Parce que
moi, j'ai des chiffres, ici, j'ai les tableaux devant moi, là, voyez-vous, sous
inventaire des renvois par région pour l'Agence des services frontaliers, le
Québec, aucune action requise présentement. On parle de 183 000 personnes,
total 220 768. Est-ce que ça vous inquiète, vous, M. le ministre, ce genre
de situation là, où on a un chiffre comme celui-là, et là, parallèlement à ça,
on voit qu'en 2025, il y a eu 10 628 personnes qui ont été expulsées
alors qu'il y aurait, potentiellement, plus de 200 000 personnes qui
font l'objet d'un... d'un ordre de renvoi?
M. Bonnardel : Vous amenez
une bonne question, M. le député. Je suis... Je suis plus qu'intéressé à
comprendre la dynamique de ces chiffres puis de les mesurer, puis ça implique
quoi, puis ça dit quoi, puis je vais aller chercher l'information.
M. Boissonneault : Est ce que
vous avez eu... Là, je change de sujet, j'aimerais ça parler d'intégration un
peu aussi, si vous le voulez <bien...
M. Boissonneault : ...
sujet, j'aimerais ça parler d'intégration un peu aussi, si vous le voulez >bien.
Vous avez probablement lu le rapport qui a été présenté par le Commissaire à la
langue française en novembre, qui s'intitule Intégration à la nation québécoise :
de la rencontre à l'adhésion. Est-ce que vous avez eu l'occasion de regarder
ça?
M.
Bonnardel
:
Oui, oui, oui.
M. Boissonneault : Je comprends
que vous en avez eu beaucoup, quand même, à faire en peu de temps, là.
M.
Bonnardel
:
Oui, disons que dans le dernier mois c'est...
M. Boissonneault : C'est un
rapport qui arrive à des conclusions, quand même, qui sont... qui interpelent,
parce qu'il y a des changements du portrait démographique qui sont importants
dans certains endroits plus que d'autres, à Montréal, à Québec, Gatineau, entre
autres. Il y a des quartiers où on fait l'exercice de voir dans les écoles
primaires, par exemple, les enfants qui sont issus... qui sont de première
génération, comparativement à ceux qui sont de trois générations ou plus, pour
voir les proportions. Puis on se rend compte que, dans certains secteurs...
17949 La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :En terminant.
M. Boissonneault : En
terminant... Ah! bien oui. Ah! je suis désolé. On ne voit pas le temps passer
quand on s'amuse, hein, M. le ministre?
M.
Bonnardel
: ...
M. Boissonneault : Je vous la
reposerai. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Vous confirmez que, si vous n'avez pas les
réponses, vous allez les déposer à la commission?
M.
Bonnardel
:
Oui, oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. On termine avec le dernier bloc de
l'opposition officielle, 17 min 3 s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, M. le ministre, vous avez parlé à plusieurs reprises des
PMI, des gens qui ont le PMI. On a parlé plus tôt des 142 000 personnes
qui ont un CSQ et qui sont en attente. Est-ce que vous savez quel type de
permis ils ont, ces gens-là, s'ils veulent travailler?
M.
Bonnardel
: Bien,
les PMI ne sont pas assujetties à une évaluation d'impact sur le marché du
travail, l'IMT de mémoire. Puis, nécessairement, on a demandé au fédéral, comme
je le disais tantôt, que ces PMI soient assujetties à une province, qu'on soit
capable de mesurer... de mesurer l'impact de la part des PMI. Il y a quand
même, suite à la demande de mon prédécesseur et de moi-même, une légère baisse
des PMI. Puis là on va aller chercher les chiffres, mais, de mémoire, de
mémoire, là, il y a, PMI, TET combinés, là, à peu près 193 000,
195 000 personnes sur le territoire avec ces statuts-là.
M. Morin : OK. Puis vos
142 000 qui ont un CSQ, s'ils travaillent, savez-vous quel genre de
permis ils ont, comme permis de travail?
M.
Bonnardel
:
On n'a pas la répartition complète de ces...
Une voix : ...
M.
Bonnardel
: C'est
ça, c'est soit un permis de travail ouvert... bien, vous le savez, le permis de
travail ouvert ou un permis de travail fermé, donc, avec une durée x. Mais
comme je...
M. Morin : Mais vous n'avez
pas la répartition.
• (18 h 30) •
M.
Bonnardel
:
Je n'ai pas la... On me dit que non, hein, c'est ça? On n'a pas... on n'a pas
la proportion, là, donc, des permis ouverts ou fermés, combinés... combinés aux
PMI ou aux TET, là.
M. Morin : OK, je vous
remercie. Parce qu'évidemment, tout dépend du délai qui passe, compte tenu des
seuils, si ces gens-là restent trois, quatre, cinq, six ans, bien, ils vont
refaire des demandes de permis. Donc, le nombre de demandes de permis va
augmenter forcément. Êtes-vous d'accord?
M.
Bonnardel
:
Oui, je suis d'accord avec vous. Comme je vous le disais tantôt, je n'ai pas
les chiffres, là, j'en ai trop en tête, là, mais je sais qu'en termes de DA, je
vous l'ai dit tantôt, ça, les chiffres, je les avais, mais, en PMI, il y a une
baisse, si je ne me trompe pas c'est de 4 % ou à peu près, de baisse des
PMI dans les deux dernières années, et il y a une baisse nécessairement légère
aussi des PEE, donc... Et nécessairement, suite aux demandes qu'on a faites
avec le fédéral, cela va de soi, parce que ça répond à nos... aux cibles qu'on
souhaite... qu'on souhaite avoir.
Puis la situation des permis ouverts, je
l'ai mentionné, puis des permis fermés, je vous le répète, là, vous avez
appliqué ou déclaré votre intérêt au PSTQ. Vous aviez un permis qui vient à
échéance, vous allez être priorisé. Vous avez un permis qui était fermé, il va
être renouvelé pour une période de 12 mois, le temps qu'on régularise votre
dossier au PSTQ. Et on a fait la même demande pour les permis ouverts, puis
nécessairement vous allez voir quand le PEQ va renaître.
M. Morin : D'accord. Parlant...
parlant de permis puis de travailleurs étrangers temporaires, puis je comprends
que le fédéral a un rôle important à jouer là-dedans, là, c'est clair, mais il
y a un article qui a été publié aujourd'hui et qui parle d'une PME de Thetford
Mines, qui a, dans ses rangs, là, c'est CIF Métal, ils ont 60 TET, puis
30 travailleurs étrangers avec des permis ouverts. Et là, compte tenu de
l'absence de prévisibilité en immigration, le propriétaire risque de perdre
40 % de ces travailleurs étrangers, à un point où il regarde vers les États-Unis,
il pense s'en aller, faute de travailleurs. Ce qu'on nous dit, c'est qu'il y a
des travailleurs qualifiés, mais là ils sont sur le point de perdre leur permis
parce que c'est trop long. Et le propriétaire disait, il a l'impression
d'assister à une partie de ping-pong entre Québec et Ottawa. Qu'est-ce que vous
entendez faire pour aider ces entreprises-là...
18 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...et Ottawa. Qu'est-ce
que vous entendez faire pour aider ces entreprises-là, qui, comme le souligne
le propriétaire, au départ, ils étaient même plus compétitifs que les
Américains, là, ils accumulent un retard et ils songent même à quitter?
M.
Bonnardel
: C'est
une très bonne question. Puis je vous ai soulevé un peu la problématique, là, d'une
société, d'une compagnie à Drummondville qui, elle, est assujettie au fameux
6 % de taux de chômage. Cette compagnie, puis je l'ai lu ce matin,
l'article, est à l'extérieur de cette zone.
M. Morin : Oui. Exact.
M.
Bonnardel
: Mais,
pour ce qui est des régions, on va mettre ça en régions, là, ce qui était pour
moi important, c'était le principe de droits acquis, donc le fameux 10 %,
le TET, vous avez 100... 100 employés, 10 TET... minimalement les
garder. Et, ce qu'on souhaitait et ce qu'on souhaite encore, c'est la demande
qu'on a faite au fédéral. Si vous n'avez pas appliqué au PSTQ, mais que vous
avez un permis x, c'est que le renouvellement de ces permis soit fait
automatiquement pour garder ces gens sur le territoire, mais surtout en région,
là, surtout en région, parce que ça répond à un besoin. Donc, c'est ce qu'on a
demandé au fédéral nécessairement de nous donner pour permettre de la
prévisibilité à ces permis... à ces permis fermés ou ouverts.
M. Morin : Donc, je comprends
que vous ne jouerez pas au ping-pong avec le fédéral, mais vous avez un plan
pour que les entreprises du Québec puissent garder leurs travailleurs?
M.
Bonnardel
:
Bien, c'est une demande qui a été faite au fédéral pour que le principe de
droits acquis soit... soit donné à ces entreprises. Et, de là, je vous fais
encore un petit bémol, à l'extérieur... qu'on ne... qu'on ne soit plus aptes à
assujettir les RMR. Le fédéral travaille avec les RMR. Nous, on dit que ce n'est
pas correct de le faire de cette manière. On souhaiterait juste qu'on soit...
qu'on puisse assujettir Montréal, Laval dans ces conditions jusqu'à tant qu'on
retrouve un taux de chômage en bas de... en bas de 6 %, puis que les
politiques de resserrement soient nécessairement revues. Donc, on voudrait que
toutes les régions du Québec, quand je dis «régions», on parle de Longueuil, par
exemple, ou on parle de Saint-Jean, ou on parle... on parle de Châteauguay, qui
sont dans le RMR de Montréal, mais qui pourraient nécessairement obtenir ce
principe de droits acquis et de garder leurs travailleurs. Donc, c'est une
demande présentement qui est faite... qui est faite par... par notre
gouvernement.
M. Morin : Très bien. Je vous
remercie. J'ai une... J'ai des questions concernant l'utilisation des cartes de
crédit au sein de votre ministère. Il y a des journalistes qui ont été capables,
c'était en 2024, d'obtenir, suite à une demande d'accès à l'information, la
divulgation des rapports de dépenses par carte de crédit des ministères et
organismes. Il y a plus de deux ans, j'avais posé la question à la ministre des
Relations internationales concernant les soldes des cartes de crédit et surtout
les soldes impayés et les intérêts que le gouvernement est obligé de payer. Là,
ce qu'on nous a répondu à la question, à «veuillez nous fournir la liste des
cartes de crédit dans le ministère ou de l'organisme en indiquant le titulaire
de la carte, son titre, veuillez nous fournir les relevés pour l'année courante»,
la réponse qu'on a eue, c'est : «La question semble non pertinente à
l'exercice d'étude des crédits.»
Pourtant, il y a quelques années, on avait
ces documents-là. Puis ça a permis aussi de soulever des problématiques, parce
qu'au ministère des Relations internationales, effectivement, il y avait
beaucoup de gens qui payaient en retard, il y avait énormément d'intérêts qui
étaient payés sur les cartes de crédit. Il y a même des gens qui n'étaient plus
à l'emploi du ministère, qui avaient toujours leurs cartes de crédit
gouvernementales.
Alors, dans mon rôle de député, comme
vérificateur également de l'action gouvernementale, ça me semble être très
pertinent, et j'aimerais savoir pourquoi vous jugez que c'est non pertinent à
l'exercice de l'étude des crédits.
M.
Bonnardel
: Bien,
écoutez, M. le député, comme ancien ministre au MTQ, comme ancien ministre au MSP,
j'ai eu à travailler avec différents sous-ministres. Ma sous-ministre est bien
au fait de ces... de ces questions, qui ont pu être soulevées dans les
dernières années par les oppositions. Ce qui est normal, parce que tu veux
t'assurer, dans le cadre de votre travail, que les soldes impayés soient payés.
Quel exemple... Quel exemple qu'on peut donner... qu'on peut donner aux gens
qui nous écoutent si on ne paie pas notre solde comme... comme gouvernement.
Donc, les directives du Secrétariat du Conseil du trésor sont... sont pile poil,
sévères, si je peux le dire ainsi. Puis c'est le rôle des équipes... des
équipes administratives, de la sous-ministre en tête, de s'assurer que je ne me
ramasse pas avec justement des soldes impayés, là, dans trois mois, puis avec
des <sommes...
M. Bonnardel :
...soldes
impayés, là, dans trois mois, puis avec des >sommes... Puis, peu importe
que ce soit juste... que ce soient 500 $, c'est 500 $. Avec des
500 $, on fait des 10 000 $, puis on fait des 100 000 $,
puis on fait des millions dans l'ensemble du gouvernement. Donc, dans ces
conditions, pour moi, c'est m'assurer que les équipes puissent répondre. Puis
que les directives du SCT sont... sont respectées... doivent être respectées
dans ces conditions.
M. Morin : Mais vous
comprendrez que pour moi, pour vérifier si les directives sont respectées, il faudrait
que j'aille accès aux relevés, comme on l'a demandé, parce que sinon, je ne
peux pas vérifier.
M. Bonnardel : Non, je
comprends. Quand je vous dis que les directives doivent être respectées, ce
sont aussi les directives du SCT, qui définissait que cette question n'était
pas pertinente. Mais moi, mon rôle, parce que la question est importante, je ne
la prends pas à la légère... C'est le travail de la sous-ministre, de ses
équipes, de s'assurer que le paiement de ces cartes soit fait en bonne et due
forme, à temps, à la date prévue. Parce qu'on a un exemple à donner comme...
comme gouvernement. Puis, là-dessus, je prends acte pour moi. Puis je pense que,
tous les ministres qui se sont peut-être fait poser la question, je souhaite
qu'ils aient répondu la même chose.
M. Morin : Mais êtes-vous
d'accord avec moi pour dire que c'est pertinent dans mon travail?
M. Bonnardel : Bien, c'est
une information... c'est une information... Écoutez, M. le député, la directive
du SCT, là, je la... je la respecte. Moi, mon rôle comme... comme ministre,
c'est de m'assurer que les équipes... les équipes s'assurent que les dépenses
soient bien faites, soient respectées, avec les directives et les règles qui
sont reliées à la... à chaque ministère puis au Conseil du trésor, mais
surtout, surtout de m'assurer et de s'assurer, par l'entremise de la
sous-ministre, que les paiements sont faits et que toute situation inhabituelle
soit réglée.
M. Morin : Mais est-ce que
vous vous engagez auprès de la commission à me fournir ces documents-là?
M. Bonnardel : Bien, je ne
peux pas m'engager, M. le... M. le député. On va vérifier avec le Conseil du
trésor. Vous me connaissez un petit peu, je suis assez transparent dans la vie
puis j'ai l'habitude de donner les informations. On a travaillé quelques fois
ensemble avec certains collègues. On va vérifier avec le Trésor, mais je sais
que c'est une directive globale... globale. Donc, donnez-moi... donnez-moi la
possibilité de vérifier si je peux le faire.
M. Morin : Sinon, il faut que
je fasse une demande d'accès à l'information.
M. Bonnardel : On va regarder
ça, M. le député.
M. Morin : D'accord.
M. Bonnardel : Je m'engage à
regarder ça sérieusement.
• (18 h 40) •
M. Morin : Très bien. Merci.
Et j'ai également d'autres questions qui étaient d'actualité aujourd'hui. Parce
que, si mon souvenir est bon, c'est le... le collègue, ici, qui a déposé une
pétition à cet effet-là. En 2025, le gouvernement, via le ministère de la Santé
et des Services sociaux, a annoncé la fin de l'allocation destinée aux familles
en demande d'asile ayant des enfants en situation de handicap. Cette allocation
d'un montant mensuel de 413 $ visait 263 familles, dont
330 enfants, qui comptent évidemment parmi les personnes les plus
vulnérables de notre société. Avec cette mesure, le gouvernement va économiser
1,2 million de dollars, alors que, on en parlait précédemment, M. le
ministre, vous avez des transferts notamment de 750 millions de dollars du
gouvernement fédéral qui vous aident à accueillir des demandeurs d'asile en sol
québécois. On le soulignait également précédemment, le gouvernement fédéral a
transféré 867 millions dans le cadre de l'entente Québec-Canada.
J'ai participé à une conférence de presse
avec ces organismes-là, il y a quelques mois, et qui avaient peur et qui nous
parlaient de l'impact excessivement négatif pour le développement des enfants
qui vont être affectés par cette mesure-là. Et on parle ici d'enfants qui sont
déjà dans des situations de précarité, de détérioration de la santé physique et
psychologique.
Et donc qu'est-ce que vous pouvez faire
pour atténuer l'impact de ces coupures et éviter que les enfants traînent toute
leur vie les conséquences de cette décision gouvernementale? Parce que pendant
le point de presse, on avait des maisons, on avait... pas... pardon, pas des
maisons, on avait des médecins, pardon, qui travaillaient dans différentes
maisons et qui nous ont parlé de l'impact de cette coupure-là chez différents
enfants. Et donc, si, compte tenu de leur jeune âge, ils n'ont pas des soins ou
des traitements qui leur sont donnés au moment où ils sont en plein
développement, ça ne pourra pas être rattrapé plus tard. Donc, qu'est ce que
vous entendez faire pour atténuer cette décision-là, gouvernementale, sur la
vie de ces enfants-là, qui vivent dans une grande précarité?
M. Bonnardel : Bien, c'est
une question, M. le député, qui est... qui est importante, mais qui est un peu
similaire à votre collègue de Québec... de Québec solidaire. C'est une décision
qui a été prise par le MSSS. Je l'ai dit, je suis extrêmement sensible face à
cette situation. Les sommes sont importantes. On était, de mémoire, une des
seules provinces, sinon la seule province, à verser... à verser ces sommes comme
telles. Je pense qu'il est important de <rappeler...
M. Bonnardel :
...comme
telles. Je pense qu'il est important de >rappeler, là, que ces familles
vont... nécessairement être orientées vers d'autres programmes d'aide ou de
soutien. Donc, dans ces conditions, la question est correctement posée ici pour
le médecin à l'immigration, mais elle devrait être
aussi posée au ministère de la Santé pour comprendre les tenants et
aboutissants de cette... de cette décision-là.
M. Morin : Sauf que,
corrigez-moi si je fais erreur, mais le montant que vous recevez du
gouvernement fédéral, c'est vous qui le recevez. C'est votre ministère. Ou
c'est vous qui le transférez après aux CIUSSS, au ministère de la Santé, ou c'est
le ministère de la Santé qui le reçoit?
M. Bonnardel : C'est le fonds
consolidé.
M. Morin : Le fonds
consolidé?
M. Bonnardel : C'est ça. Il
ne faut pas confondre ce qui est intégration, francisation, accueil, accord
Canada-Québec versus... versus demandeurs d'asile, là. C'est deux... C'est deux
sommes ou deux particularités différentes, là.
M. Morin : Mais le
gouvernement fédéral, compte tenu du nombre de demandeurs d'asile que le Québec
a reçu, ne s'était pas engagé à verser 750 millions de plus?
M. Bonnardel : Il rembourse
une partie des coûts. Donc, ce que je vous disais tantôt, c'est que pour la
portion 2024... 2021, 2022, 2023, c'est réglé. Pour la portion 2024,
il y a un... bien, pas... il y a une somme, une première somme de
43 millions qui a été versée. Puis il reste un résiduel pour régler 2024,
qui est de... on fait un chiffre rond, là, 690 millions de dollars.
M. Morin : Alors, sur le
résiduel de 690 millions de dollars, ici, là, on parle de
1,2 million de dollars pour aider ces enfants-là. Êtes-vous prêt à
vous engager à réserver une partie de cette somme-là pour mettre en place ou
continuer le programme? On parle de 1,2 million, M. le ministre.
Une voix : ...
M. Bonnardel : C'est ça.
Écoutez, je ne peux pas m'engager parce que ce n'est pas moi qui chapeaute ce
programme au MSSS. Je comprends la question que vous me posez... ce soir. C'est
la même question que votre collègue de Québec solidaire ou à peu près. Je suis
conscient des sommes puis je suis conscient de la sensibilité que ça peut
amener face à ces gens qui ont besoin. On était la seule province qui
appliquait, donc, ces sommes à ces réfugiés.
Donc, je suis conscient de la situation,
mais à quelque part, il y a une... il y a une question qui est... qui doit être
posée au MSSS pour comprendre les tenants et aboutissants de leur... de leur
décision, là.
M. Morin : Mais êtes-vous
d'accord avec moi pour dire qu'on est la seule province, mais on est aussi la
seule province qui a une entente Québec-Canada en immigration?
M. Bonnardel : Oui, oui,
l'entente... l'entente, elle existe depuis 1991. C'est certain, l'entente est
bonne, mais dans les circonstances, comme je vous l'ai mentionné, on a un autre
partenaire dédié dans la question que vous avez, là, qui n'est pas... qui n'est
pas le MIFI. Donc, dans ces conditions, le MSSS a... a pris une décision que je
respecte. Je lui ai... Je suis extrêmement sensible face à cet enjeu que ces
gens vont subir dans le... dans le futur, mais dans le contexte actuel, la
question devrait être posée au ministre de la Santé, là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Morin : OK. Puis le 750
millions du fédéral pour les demandeurs d'asile, ça va être versé directement
dans le fonds consolidé ou c'est votre ministère qui va le recevoir?
M. Bonnardel : Oui, c'est le
fonds consolidé, oui.
M. Morin : Donc, directement?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui met fin au bloc de
l'opposition officielle. On termine avec le gouvernement pour une période de...
de 13 min 27 s Je reconnais la députée de Labelle.
Mme Jeannotte : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à vos équipes et bonjour à tous
mes collègues.
Dans mon comté, M. le ministre, je suis
très chanceuse parce qu'il y a une très, très belle collaboration entre le
CISSS... le Centre intégré de services sociaux des Laurentides et mes deux
hôpitaux, l'Hôpital de Mont-Laurier, l'Hôpital de Rivière-Rouge, et avec le
cégep de Mont-Laurier. On parle de régionalisation, bien sûr. Puis quelques...
depuis quelques années, eh bien, on a enfin des premières cohortes
d'infirmières qui nous viennent d'Afrique et du Maroc. Et puis qu'est-ce qui
est intéressant, c'est qu'ils ont complété leur... leur cégep à Mont-Laurier
pour combler la pénurie de main-d'oeuvre dans les hôpitaux. Donc, il y a
vraiment une belle collaboration, puis c'est incroyable.
Les gens du milieu se sont impliqués aussi.
On a... On a un peu copié sur la région de l'Abitibi, je regarde ma collègue, et
on a appelé ça le Train de la séduction. Puis c'est vraiment, vraiment beau de
voir ça. Les gens s'impliquent pour aider puis trouver des logements. Il y a
même un monsieur, on l'appelle M. Frigo, parce que lui, il ramasse tous les
frigos pour les nouveaux arrivants. En tout cas, c'est... c'est vraiment beau.
Donc, j'aimerais... Et puis je voudrais
dire aussi que c'est un peu la même chose dans la région de Mont-Tremblant, à
110 km plus haut. Vous savez, on est la troisième destination touristique,
donc on a beaucoup de touristes. Puis évidemment on a un nombre beaucoup... on
le voit, là, qu'il y a une régionalisation. On le sent, là, que ça
s'intensifie. Mais <j'aimerais...
Mme Jeannotte : ...régionalisation.
On le sent, là, que ça s'intensifie. Mais >j'aimerais vous entendre
quand même sur les efforts, là, qu'on fait en régionalisation. Parce que c'est
important de continuer. On le sait à quel point, là, je reviens au secteur de
la santé... à quel point le secteur... la pénurie de la main-d'oeuvre a affecté
nos hôpitaux dans les... dans les régions éloignées, puis notamment dans le
secteur de la santé ou du tourisme, là, peu importe, M. le ministre. Mais, tu
sais, j'aimerais vous entendre, là, pour nous expliquer quels sont les efforts,
là, des résultats tangibles des différentes initiatives que notre gouvernement...
fait pour régionaliser nos personnes immigrantes, s'il vous plaît.
M.
Bonnardel
: ...la
députée, pour votre question. Ça a été un sujet de discussion sur plusieurs des
questions de nos collègues de l'opposition puis du collègue de l'Abitibi aussi,
tantôt, comment on peut mieux améliorer.
D'entrée de jeu, je l'ai répété, mais je
le fais quand même parce que c'est important de le faire, les programmes qui
ont été... qui ont... le nouveau programme PSTQ qui a été mis en place versus
les anciens programmes du PRTQ, du PEQ, des projets pilotes, le résultat que
nous avions dans les dernières années, c'était une personne sur quatre, on fait
un chiffre... on fait un chiffre facile à comprendre pour tout le monde, là, il
y avait à peu près 20 %, 25 % des gens qui appliquaient dans ces
différents programmes qui étaient régionalisés, donc qui allaient à l'extérieur
de Montréal, Québec, les grands centres. Et le défi, en tout cas le pouls du Conseil
des régions, le pouls des députés à gauche puis à droite, c'était, bien,
comment on peut mieux régionaliser, donc, notre prochain programme ou nos
futurs programmes.
C'est de là que le PSTQ est né et qu'on a
décidé d'avoir une... de quantifier ou d'avoir des points additionnels pour les
gens qui sont en région. Puis ça fonctionne, dans le sens où, dans les
différents volets qu'on a évoqués depuis... depuis tantôt, bien, il y a une
régionalisation qui est plus ou moins de 60 %, 64 % présentement, ce
qui est énorme. On ne mesura peut-être pas les effets concrets, là, dans les
prochains mois, mais je reste convaincu que dans deux ans, trois ans, quatre
ans, on sera capables... on sera capables de répondre... de répondre puis de
mesurer l'impact... l'impact que tout cela donne sur le... sur le... Globalement,
le chiffre de 2019 était à 18 % de régionalisation. Présentement, sur le
territoire québécois, dans l'ensemble des différents programmes, on est à 40 %.
Donc, il y a une différence entre les anciens programmes PRTQ, PEQ versus PSTQ.
Donc, il y a une... il y a une amélioration, si je peux le dire de cette... de
cette façon.
Puis nécessairement, bien, il y a le
PAMRI, le programme... le Plan d'action sur la régionalisation des immigrants,
qui a été... qui a été un beau succès entre 2021 et 2025. Il y a le deuxième
PAMRI, là, qui est effectif de 2025 à 2029. Puis on a des objectifs, comme je
le mentionnais, de régionalisation en incitant des personnes immigrantes dont
les compétences répondent aux besoins des régions de s'établir nécessairement
dans ces différentes régions : l'attractivité du Québec, réviser les...
optimiser les différents programmes, donc renforcer les partenariats avec les...
puis la concertation interministérielle avec les différents partenaires, établissement
durable, fait français dans toutes... dans toutes les régions.
Donc, c'est un beau... un beau défi qu'on
a dans ce... dans ce ministère avec aussi le PASI, le Programme d'aide au
soutien à l'intégration, le Programme d'appui pour les collectivités aussi,
donc autant pour la partie communautaire que pour la partie accompagnement avec
les MRC, exemple, avec le... avec PEQ... le PAC, pardon.
Donc, ça va bien. Si vous voulez, je peux
vous énumérer un peu le PASI puis le PAC. Sinon, on peut faire comme un peu
tantôt. Si le député de l'Acadie le permet, là, notre... notre sous-ministre
responsable de l'Intégration peut venir vous exposer, un peu, précisément si
vous avez des questions sur le sujet. Donc, Mme... Abdelkader, si vous... si le...
pas le ministre, mais le député le permet, là.
• (18 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Consentement?
M. Morin : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement.
M. Morin : ...là, ça ne
fonctionne pas. Bon, voilà. Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Merci.
M. Morin : Surtout qu'on veut
parler d'intégration, ce serait bien plate de laisser quelqu'un dehors, là. Je
vais lui permettre de répondre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Exactement. Juste vous approcher du micro et vous présenter.
Mme Abdelkader (Zoubida) :
Bonjour. Zoubida Abdelkader, sous-ministre adjointe, Intégration et Réseau
régional au MIFI.
Donc, l'intégration et la régionalisation
des personnes immigrantes sont des priorités majeures du gouvernement du Québec.
Et puis, pour le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de
l'Intégration, bien, on est pleinement engagés dans cette mission-là dans notre
secteur. On a un appui, une contribution vraiment essentielle de l'ensemble de
nos partenaires, puis on agit vraiment de concert avec tous nos partenaires sur
le terrain. Pourquoi? Pour offrir un continuum de services personnalisés à... à
travers, pardon, toutes les régions du Québec. Ces services de proximité sont
essentiels et indispensables pour une intégration réussie en français des
personnes immigrantes. On en a parlé un petit peu <aujourd'hui...
Mme Abdelkader (Zoubida) :
...immigrantes. On en a parlé un petit peu >aujourd'hui, là, mais les
personnes immigrantes, quand elles arrivent sur le sol québécois, elles ont des
histoires et des parcours bien différents. Pour les personnes les plus
vulnérables, il faut des expertises et des approches vraiment différenciées
pour pouvoir assurer un accompagnement adéquat.
C'est le cas... je vous donnerais un
exemple, par exemple, pour les réfugiés pris en charge par l'État. Depuis
plusieurs années, le ministère peut compter sur la collaboration essentielle de
14 organismes communautaires dans 14 villes d'accueil différentes au
Québec. Nous avons aussi déployé un service d'intervention communautaire
interculturel. Ça va dans ce sens-là également. 45 organismes partenaires
permettent d'assurer un accompagnement adapté aux besoins des personnes et des
familles immigrantes en situation de vulnérabilité et confrontées à des
problématiques complexes. Ces personnes-là, en fait, elles facilitent l'accès
aux services publics, institutionnels et communautaires dans un domaine
d'intervention spécifique. L'accompagnement est offert par une ressource
spécialisée. Je vais donner l'exemple des femmes. Par exemple, il y a des «sissy»
femmes ou des jeunes, par exemple. Le service, il vise à promouvoir l'autonomie
et à renforcer les sentiments de compétence et d'appartenance.
À ce sujet aussi, le MIFI agit aussi aux
côtés des autres ministères et offre sa collaboration dans différents plans
d'action gouvernementaux. Par exemple, je citerai l'élaboration de la trousse
informationnelle en santé mentale Info bien-être, qui est le fruit d'une
collaboration étroite avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Son lancement a d'ailleurs été conjointement annoncé pas plus tard qu'hier.
Cette initiative...
Une voix : ...
Mme Abdelkader (Zoubida) :
Merci. Cette initiative, elle illustre concrètement l'importance d'une approche
gouvernementale intégrée. De façon générale, comme on disait tout à l'heure,
là, c'est qu'entre l'arrivée d'une personne immigrante au Québec et
l'intégration réussie, c'est tout un cheminement. Puis, ce cheminement, il
nécessite du soutien, des repères et un accompagnement personnalisé et continu.
Pour ce faire, les équipes du ministère et
tous les partenaires, j'insiste sur le mot «partenaires», sont mobilisés au
quotidien afin de favoriser l'intégration sociale, économique et culturelle, on
parlait d'économie aussi tout à l'heure dans la vitalité des régions, là, donc,
en français des personnes immigrantes dans toutes les régions du Québec. Ces
actions concertées font toute une différence dans la réussite du cheminement
des personnes immigrantes.
Alors, le MIFI, pour réussir sa mission
d'intégration et de régionalisation, il... dispose, pardon, de leviers
efficaces et mène des actions structurantes. Pour assurer des services de
proximité efficaces et mener une approche proactive, le ministère peut se
prévaloir d'un ancrage solide dans toutes les régions du Québec, avec
10 directions régionales et 72 antennes. Les employés du ministère
oeuvrent à la fois au niveau du partenariat, de la concertation locale et
régionale, on a parlé tout à l'heure de la concertation régionale, mais aussi
au niveau des personnes immigrantes via Accompagnement Québec, qui est un
service internalisé qui offre un accompagnement personnalisé, notamment en lien
avec la francisation, la reconnaissance des compétences et la vie collective. Le
ministère offre également, et M. le ministre l'a précisé, des programmes d'aide
financière auprès... pour les organismes communautaires, mais aussi les MRC et
les municipalités. Et on dispose vraiment d'un solide réseau de partenaires.
Je parlerais du PASI pour commencer. Le
ministère a soutenu, en 2025-2026, 112 organismes communautaires dans
toutes les régions du Québec avec un budget de 67 millions de dollars.
Ces services de proximité offerts par les organismes communautaires couvrent
l'accueil, l'installation et la participation en français à la vie collective
des personnes immigrantes. Pour favoriser la... participation, pardon, à la vie
collective, ça, c'est très important, le PASI offre des sessions Objectif
Intégration. Objectif Intégration, c'est quoi? C'est une formation de
24 heures qui porte sur les valeurs démocratiques et les valeurs
québécoises exprimées par la Charte des droits et libertés de la personne, les
codes culturels à l'emploi et le cadre légal dans le monde du travail.
Je citerai également une autre initiative,
le jumelage interculturel, qui est financée aussi dans le programme PASI, qui
va dans ce sens-là. Cette initiative porteuse, elle crée, en fait, des ponts
entre les personnes immigrantes et les personnes de la société d'accueil afin
de favoriser l'intégration, l'inclusion et de réduire les préjugés. Le
ministère assure en outre toute la coordination, la formation des nouvelles
ressources en matière du jumelage en milieu communautaire et la mise sur pied
de communautés de pratique.
Mme Jeannotte : Peut-être une
question. Qu'est-ce qu'on fait quand les gens n'ont pas encore leur niveau de
francisation, mais qu'ils doivent simultanément recevoir toute cette
formation-là, qui est évidemment en français? Est-ce que ça arrive, ce genre de
choses?
Mme Abdelkader (Zoubida) : Objectif
Intégration, pour pouvoir suivre la formation, il faut un niveau d'intermédiaire,
effectivement, en français.
Mme Jeannotte : Ah! d'accord.
D'accord. Merci.
Mme Abdelkader (Zoubida) : Mais
nous avons des réflexions en cours pour pouvoir faire en sorte, peut-être,
d'élargir un peu plus cette formation-là.
Mme Jeannotte : D'accord.
Mme Abdelkader (Zoubida) :
Mais c'est une formation... Il y a à peu près 12 000 personnes, en
fait, qui font cette formation chaque année.
Mme Jeannotte : D'accord.
Merci.
Mme Abdelkader (Zoubida) :
Pour la régionalisation, nous finançons 26 organismes en 2025-2026. On a
le... le Programme d'appui aux collectivités, un budget de 25,3 millions de
<dollars...
Mme Abdelkader (Zoubida) :
...d'appui
aux collectivités, un budget de 25,3 millions de >dollars. On
couvre 89 % des MRC du Québec et nous avons 240 ententes en vigueur.
Nous... Nous avons aussi le... Programme de soutien à la mission. En gros,
c'est pour soutenir les organismes communautaires autonomes tout au... tout au long
de l'année. Le réseau régional du ministère et son solide réseau de
partenaires, donc, contribuent grandement au succès de l'intégration et de la
régionalisation des personnes immigrantes.
Pour la régionalisation, je voudrais aussi
rappeler que le Plan stratégique 2023-2027 du ministère a ciblé la
régionalisation de l'immigration comme priorité ministérielle. M. le ministre a
parlé du PAMRI 2025-2029. Effectivement, ce plan repose sur... sur la
régionalisation et puis repose aussi sur la mobilisation collective et des
responsabilités partagées. Je vais aller vite : jalon n° 1, renforcer
les partenariats et la concertation interministérielle, jalon n° 2,
favoriser l'établissement durable en français dans toutes les régions du Québec,
jalon n° 3, contribuer à la vitalité régionale en misant notamment sur les
mécanismes de sélection et de promotion des régions.
Je continuerais aussi pour dire que les
efforts de régionalisation des personnes nouvellement arrivées nous donnent des
succès, des résultats, on en a parlé tout à l'heure, effectivement : en
2019, 18,7 %, en 2026, 40,4 %. Et je mettrai... j'insisterai sur le
point qu'en 2025 on était à 33,9 %. Donc, on a quand même six points...
plus de six points de pourcentage de progression.
Et je... Vous avez parlé, madame, du
projet infirmiers, infirmières. Effectivement, une extraordinaire mobilisation
des milieux et des partenaires, plus de 1 000 personnes déjà en
emploi, un taux de réussite de 90 %...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Abdelkader (Zoubida) : Et
44 villes sur 48 sont situées à l'extérieur de la CMM.
Mme Jeannotte : ...on voit
très bien qu'il y a des gros... grands efforts. Donc, merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup.
Mme Abdelkader (Zoubida) : Merci.
M. Bonnardel : ...30 secondes
de plus pour répondre à la question des cartes de crédit?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
M. Bonnardel : 14... 14 cartes
de crédit au ministère, zéro intérêt.
M. Morin : OK. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, le temps alloué à l'étude du volet Immigration,
Francisation et Intégration des crédits budgétaires du portefeuille
Immigration, Francisation et Intégration étant... presque écoulé, nous allons
maintenant procéder à la mise aux voix des crédits.
Alors, le programme 1, intitulé
Direction et soutien aux activités du ministère, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sur division. Le programme 2, intitulé Immigration,
francisation et intégration, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sur division. Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Immigration, Francisation et Intégration pour
l'exercice financier 2026-2027 est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Sur division.
En terminant, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au jeudi 28 mai 2026, à 13 h 45, où
elle entreprendra l'étude du volet Aînés des crédits budgétaires portefeuille...
du portefeuille Santé et Services sociaux. Merci beaucoup à tous et à toutes,
et bonne fin de soirée!
(Fin de la séance à 19 heures)