Journal des débats (Hansard) of the Committee on Citizen Relations
Version préliminaire
43rd Legislature, 3rd Session
(début : May 5, 2026)
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Thursday, May 28, 2026
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Vol. 49 N° 8
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Aînés
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Intervenants par tranches d'heure
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Lecours, Lucie
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Caron, Linda
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Bélanger, Sonia
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Bélanger, Sonia
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Caron, Linda
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Lecours, Lucie
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Labrie, Christine
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Bélanger, Sonia
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Caron, Linda
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Lecours, Lucie
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Laflamme, Marie-Karlynn
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Laflamme, Marie-Karlynn
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Bélanger, Sonia
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Lecours, Lucie
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Caron, Linda
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Picard, Marilyne
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Bélanger, Sonia
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Lecours, Lucie
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Picard, Marilyne
13 h 30 (version révisée)
(Treize heures quarante-six minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Aînés des crédits budgétaires du portefeuille Santé et
Services sociaux pour l'exercice financier 2026‑2027. Une enveloppe de deux heures
a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, Mme
la Présidente. M. Tanguay (LaFontaine) est remplacé par Mme Caron
(La Pinière); M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par Mme Labrie
(Sherbrooke); et M. Bérubé (Matane-Matapédia), par Mme Laflamme
(Chicoutimi).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, mesdames, monsieur, bienvenue à la commission. Nous
allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs incluant les
questions et les réponses. Je vous donne tout de suite le temps : le
gouvernement va avoir un bloc de 19... 17 min 22 s, l'opposition
officielle, trois blocs de 19 min 22 s, le deuxième groupe d'opposition,
un bloc de 19 min 22 s, le député... la députée indépendante, en
fait, la députée de Chicoutimi, un bloc de 19 min 22 s, et le
député de Saint-Jérôme, un bloc de 2 min 36 s. Alors, on débute
maintenant avec l'opposition officielle et son premier bloc.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre, vos équipes, les collègues élus et toutes
les personnes qui sont ici réunies. Merci pour les... aux personnes qui ont
fait les travaux pour répondre aux questions dans les cahiers de crédits. Je
sais que c'est un gros travail.
Alors, je vais aborder d'abord les soins
de longue durée selon le Coup d'oeil, le tableau de bord Coup d'oeil, de Santé
Québec. En date du 2 mai 2026, il y avait 3 248 personnes qui attendaient
une place en CHSLD, donc un peu plus de 6 % que l'an passé à pareille date.
869 de ces personnes sont en centre hospitalier, donc en niveau de service
alternatif, ils attendent une place. 1 810 sont à domicile puis 412 sont
en RI ou RTF. Et, selon les réponses dans le cahier de Santé Québec, le délai
moyen d'attente pour une place en CHSLD varie de 93 jours... ça, c'est au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
à 517 jours en Montérégie-Ouest.
Question que j'ai : Les familles ne
savent pas à quel rang leurs proches se trouvent sur la liste d'attente pour
avoir une place, et, étant donné que c'est des délais qui sont quand même
longs, ils ont besoin de s'organiser pendant ce temps-là. Pourquoi les familles
ne peuvent pas avoir le... connaître le rang où est rendu leur proche?
Mme Bélanger : Oui. Alors,
bonjour chers collègues députés, donc la partie gouvernementale, oppositions, Santé
Québec. Merci pour la question, très important, au niveau des soins de longue
durée. Alors, vous savez qu'au niveau des soins de longue durée, on a vraiment
travaillé très, très fort à réduire le nombre de personnes en attente d'une
place en longue durée. Je veux quand même juste vous mentionner, en février 2026,
c'était 3 144 personnes qui étaient en attente d'une place de longue...
pour une longue durée.
Les délais sont longs, c'est vrai, vous
avez raison, les délais sont trop longs, malgré qu'on a ouvert des places en
maisons des aînés, qu'on améliore le fonctionnement au niveau de nos CHSLD
privés, qu'on a conventionné des CHSLD privés. Ça nous a donné plus de places,
plus de places publiques, pas plus de places mathématiques, mais plus de places
accessibles pour des gens qui, donc, y ont accès maintenant parce qu'ils ont un
revenu, donc, qui peut leur permettre d'être hébergés. C'est les mêmes
conditions que si on était dans le réseau public.
Alors, votre question est tout à fait
pertinente. Si vous le souhaitez, vous allez dans le pourquoi, on peut passer
la réponse à Santé Québec.
Mme Caron : C'est une réponse
rapide, Mme la Présidente. Je veux juste savoir pourquoi les familles ne peuvent
pas avoir... savoir à quel rang se trouvent les... leurs proches sur la liste d'attente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je vais vous demander de vous présenter, s'il vous plaît.
• (13 h 50) •
Mme Biron (Geneviève) : ...Geneviève
Biron, présidente et cheffe de la direction de Santé Québec. Bien, écoutez, c'est
une question absolument valable, mais ce qu'on doit réaliser, c'est que les
gens, c'est... les listes d'attente sont continuellement en mouvement. Alors,
une personne peut être sur une liste d'attente, se situer à un endroit, mais,
avec le temps, il y a évidemment évaluation d'autres personnes qui sont dans le
besoin, et là, bien, les rangs peuvent changer. Pour le moment, nous n'avons
pas en place de système qui permettrait d'informer les gens de leur... de leur
rang, malgré que je reconnais que le besoin, il serait intéressant à combler.
Mme Caron : Bon, je comprends
que c'est parce qu'une personne prioritaire peut passer devant. Donc, on ne
veut pas nécessairement dire à la famille que... Mais sauf que ça pourrait être
utile de savoir, <question...
Mme Caron :
...devant.
Donc, on ne veut pas nécessairement dire à la famille que... Mais sauf que ça
pourrait être utile de savoir, >question de s'organiser aussi, parce que,
parfois, il faut prendre des congés pour s'occuper des personnes.
Ma question suivante à Mme la ministre... dans
sa réponse du 30 janvier dernier à mon dépôt de pétition concernant les
ressources intermédiaires, vous aviez écrit que le ministère collabore avec Santé
Québec et les établissements publics depuis plusieurs mois à la mise en place
d'un outil de suivi, normé à l'échelle nationale, du nombre d'usagers en
attente d'une place en RI. Est-ce que les travaux vont aboutir bientôt?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je pense qu'au niveau des travaux qui sont actuellement en cours, il y a
beaucoup de choses avec les RI, notamment au niveau du modèle de financement,
le cadre de référence. Donc, vous le savez, c'est en discussion actuellement.
Et, par rapport aux normes, par rapport aux listes d'attente, bien, là aussi,
c'est la même chose. On est très conscients, là, des demandes des ressources
intermédiaires. J'ai eu moi-même l'occasion de les rencontrer. Les travaux sont
en cours, là, du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux.
Mme Caron : Alors donc, vous
confirmez que le travail se poursuit pour avoir une liste d'attente. Parce que
la demande du milieu, c'est ça, c'est de savoir combien de personnes sont en
attente. Ce qu'on... Les derniers chiffres qu'on a eus, c'est
5 500 personnes qui attendaient une place en RI. On comprend que
c'est dans différents types de RI, selon qu'il s'agit d'une personne âgée,
qu'il s'agit d'une personne sur le spectre de l'autisme, etc., mais, pour avoir
ces chiffres-là, il fallait qu'il y ait une demande d'accès à l'information qui
soit faite à chacun des établissements, alors que, si l'information était sur
un tableau de bord, comme c'est le cas pour la liste d'attente en CHSLD, déjà,
on aurait... on aurait l'information.
Alors, je comprends qu'il y a des travaux.
La question... La raison pour laquelle je posais la question, c'est :
Est-ce qu'on est en train de réinventer la roue? Parce que, si le système
existe pour suivre la liste d'attente en CHSLD, pourquoi on n'utiliserait pas
le même système pour suivre la liste d'attente pour les RI?
Mme Bélanger : Oui. Bien,
écoutez, je ne suis pas en défaveur de ça et bien au-delà de ça, et je trouve
que votre première question va aussi dans ce sens-là, d'avoir un portrait.
Parce que, quand les gens se retrouvent ne plus être capables de retourner à la
maison... je vais parler des aînés ici parce que vous savez que le dossier des
RI, il est avec le ministre Carmant, mais, pour les aînés qui attendent une
place dans un milieu d'hébergement, bien, on pourrait avoir une liste d'attente
CHSLD. Mais il faut avoir une vision globale, parce que les personnes qui
attendent une place d'hébergement ne vont pas nécessairement toutes en maison
des aînés, en CHSLD publics. Ils pourraient aller en privé conventionné, mais
ils pourraient aller aussi du côté d'une RI, dépendamment de leurs besoins.
Alors, ça va tout à fait dans le sens, là,
des travaux qui sont faits, pour répondre à votre question, avec les ressources
intermédiaires, mais il faut avoir une vision globale de tout ça. Je vais dans
le sens de la présidente-directrice générale de Santé Québec. En même temps,
c'est des listes d'attente qui bougent à chaque jour parce que... bon. Mais il
y a quand même moyen d'avoir un suivi amélioré à ce niveau-là.
Mme Caron : Oui. Bien, en
fait, c'est ça, c'est que, dans le cas des RI, c'était plus pour avoir une idée
d'ensemble pour... Puis je comprends qu'une personne est en attente d'un milieu
d'hébergement qui peut être une RI, mais qui peut être un CHSLD. C'est que, si
le ministère ou Santé Québec n'a pas cette vision d'ensemble du nombre de
personnes qui sont en attente d'une place RI, comment une planification
peut-elle être faite, à savoir qu'on aurait besoin, d'ici trois ans, quatre
ans, de quelques RI, tel nombre de places pour des personnes qui ont telle
problématique ou pour des personnes aînées? Alors, ce n'est pas seulement
d'avoir l'information pour le milieu, mais c'est d'avoir l'information pour
permettre une planification à moyen terme.
Et, dans le cas des RI, comme les RI sont
construites par des privés avec... selon les normes du gouvernement, et tout
ça, bien, si les gens qui sont intéressés ou qui seront intéressés... parce
qu'on sait qu'il n'y en a pas beaucoup maintenant, avec les les négociations
qui piétinent, mais, si les gens savaient que, dans telle région ou telle autre
région, il y aura des besoins d'ici quelques années, ça leur permettrait aussi
de prévoir d'acheter des terrains, par exemple, ou de dire : Bon, moi,
j'ai une RI dans cette région-là, je pourrais l'agrandir. Mais c'est comme s'il
n'y a pas d'information en ce moment. Donc, ce serait intéressant autant pour le
ministère que pour le milieu.
Mme Bélanger : Oui. Bien,
vous posez une excellente question, puis peut-être juste aussi qu'on se
rappelle, tout le monde ensemble, là, que le ministère de la Santé et des
Services sociaux avait fait des travaux en lien notamment avec le rapport de la
Commission santé et bien-être, qui faisait une projection sur le nombre de
places d'hébergement. Vous vous souvenez, là, qu'il a déposé son rapport il y a
trois ans, et, suite à ça, le ministère a regardé la méthodologie, on s'est
donné une vision de développement <des...
Mme Bélanger :
...il
y a trois ans, et, suite à ça, le ministère a regardé la méthodologie, on s'est
donné une vision de développement >des places puis, grosso modo — puis
je peux vous rappeler, là, ce chiffre-là, ici, à tout le monde, là — ce
qu'on avait estimé, c'est que, d'ici 2033, on a besoin d'un total de
24 000 places additionnelles. Donc, 2033, 24 000 places
additionnelles. Mais, ça, donc, il y en a une partie en CHSLD, Maison des aînés — privés
conventionnés, je les mets là-dedans parce que ça devient des places quasi
publiques, là — et c'était grosso modo 5 000 à
6 000 places de RI. Donc, dans le 24 000, là, c'étaient
5 000 à 6 000 places RI. Puis c'est... Donc, c'est important d'aller
dans ce sens-là. Alors, cet objectif-là, il est encore important, je pourrais y
revenir plus tard, là, mais ça nous donne un ordre de grandeur.
Mme Caron : À l'heure
actuelle, le gouvernement est obligé de s'impliquer financièrement dans des
projets de construction de nouvelles RI parce que les montants offerts dans le
cadre de l'entente sont insuffisants. On sait que l'entente-cadre nationale est
terminée ça fait plus d'un an et demi, ça n'avance pas rapidement. Je sais que,
maintenant, c'est le ministre des santés... des Services sociaux qui a repris
ça, qui est revenu.
Par contre, vous avez été aux premières
loges parce que vous aviez aussi le portefeuille de Services sociaux. Tu sais,
on avait parlé, durant l'interpellation au mois de... au mois de février, mars,
qu'on avait fait, du cas de Sept-Îles, où la Société du Plan Nord avait injecté
plus de 1 million de dollars pour aider à la construction d'une RI.
Actuellement, Laval, qui est la troisième
ville en importance au Québec, elle n'a aucun milieu disponible, et il y a une
demande pour une construction de six places qui est faite. Alors, est-ce que
dans... Et là je fais référence à un avis d'intention, là, qui a été publié le...
le 5 mai 2026, où on dit que «le CISSS de Laval désire conclure l'entente
de gré à gré, considérant la nécessité de relocaliser rapidement les usagers
afin de désengorger les lits hospitaliers actuellement occupés par des usagers
en NSA. La connaissance du marché dans le secteur visé sur l'île de Laval
démontre qu'aucun lieu n'est disponible à court terme pour répondre aux besoins
identifiés par l'organisme public. Cette situation est notamment attribuable à
l'absence de ressources disponibles de façon imminente et aux investissements
importants requis pour effectuer les rénovations nécessaires», etc. Alors, ça,
c'est à Laval. On ne peut pas avoir trois... six places disponibles
actuellement dans la troisième ville en importance au Québec.
Alors, on comprend que, pour l'ensemble du
Québec, les projections dont vous venez de parler, de la Commissaire à la santé,
de 5 000 à 6 000 places d'ici 2033... mais on sait déjà, par les
demandes d'accès à l'information, que 5 500 personnes attendent une
place en RI, est-ce qu'il n'y a pas moyen d'accélérer la cadence de ces
négociations? On en avait parlé, donc, pendant l'interpellation. Est-ce que
vous avez pu faire quelque chose pour tenter de remédier à la situation et
faire avancer le tout? Parce que le milieu est vraiment très... très inquiet en
ce moment.
Mme Bélanger : OK. Bien,
écoutez, on est dans un contexte de négociation. Et puis je comprends que les
ressources intermédiaires, le regroupement, trouvent que ça ne va pas assez
vite. Et puis... Alors, tant qu'on va rester dans ce contexte-là, c'est
difficile de faire de la planification aussi. Vous savez que je ne suis pas à
la table des négos, mais je me... c'est un constat que je fais là. Alors, tout
est pas mal paralysé, là, à ce niveau-là. Puis je peux le comprendre des
promoteurs en ressources intermédiaires qui veulent de la planification, et de un,
puis ils veulent avoir aussi des certitudes par rapport au cadre de référence,
qui est important.
• (14 heures) •
Je veux quand même mentionner que le
ministère a la responsabilité de faire... d'élaborer le cadre de référence et
du processus de négo. Ça, c'est extrêmement important. Santé Québec, qui est
arrivé il y a un peu plus d'un an et demi, a quand même la responsabilité de
convenir des ententes avec les différentes entreprises. On le sait, les RI, je sais
que vous savez comment ça fonctionne, ils acquièrent les terrains, construisent
la bâtisse, puis, après ça, c'est un contrat qui lie les établissements avec
cette ressource intermédiaire là.
Alors, le cadre de référence MSSS est en
train de se compléter. La négo, je ne peux pas... C'est cet été, qu'on me dit,
ça fait que, donc, c'est quand même assez avancé. La négo, bien, je ne peux pas
rentrer là-dedans, mais mon souhait, c'est qu'on puisse terminer ça le plus
rapidement possible. Et puis, du côté de Santé Québec, bien, il y a une
planification à faire en termes de développement de places RI mais aussi des
places de longue durée en CHSLD.
Alors, peut-être juste un petit rappel,
là. Donc, les ressources intermédiaires...
14 h (version révisée)
Mme Bélanger : ...alors peut-être
juste un petit rappel, là, donc, les ressources intermédiaires, au Québec, là...
il y a 1 601 RI au Québec, ça représente grosso modo 22 400 places,
j'arrondis, et 55 % de ces places-là, ce sont des aînés. Donc, il y a 45 %
des places en RI qui sont plus pour d'autres clientèles, les jeunes, les gens
ayant des déficiences physiques, trouble du spectre de l'autisme, etc., mais c'est
sûr que, pour le 55 % qui sont des aînés, j'ai un oeil là-dessus de façon
très, très étroite. Puis c'est important parce que ça va contribuer, à votre
première question, à diminuer les listes d'attente, parce que ce sont des
milieux qui peuvent répondre très bien, là, aux besoins des populations.
Mme Caron : Absolument, puis,
comme on le voit dans le cahier des crédits, à bien moindre coût que dans un
CHSLD, parce que les services, les besoins ne sont pas les mêmes dans une... pour
les personnes qui sont en RI que les personnes qui sont en CHSLD.
Maintenant, ce que je comprends de votre
réponse, c'est que Santé Québec est en train de retravailler le cadre qui...
non, le ministère est en train de retravailler le cadre, donc, ce qui doit être
dans l'entente nationale pour, disons, l'opération des RI. Alors, est-ce que c'est
ça... si ce cadre-là est en train d'être refait, c'est ça qui fait que le Conseil
du trésor ne peut pas avancer dans les négociations?
Mme Bélanger : Bien, pas
nécessairement, là, parce qu'il y a d'autres composantes, il y a d'autres
éléments, dans la négociation, ça fait que ce n'est pas seulement sur la cadre
de référence, il y a tous les autres paramètres habituels. Mais la cadre de
référence avance, et ça, c'est extrêmement important, il devrait être livré cet
été, donc on parle de quelques semaines. Et c'est très important, parce que ça
fait quand même plusieurs années qu'il n'a pas été révisé, ce cadre de
référence, donc, il doit vraiment être optimisé. Les travaux sont en cours. Ça
fait que cadre de référence et négo, ministère, mais planification et entente
contractuelle, c'est vraiment du côté de Santé Québec.
Mme Caron : Santé Québec. Alors...
Parce que là, on a parlé beaucoup de développement de RI, mais les 1 601 RI
actuellement en opération, il y en a beaucoup d'entre elles qui sont prises à
la gorge depuis quelques années, parce que l'entente remontait... avait été
signée en 2020, pour cinq ans, puis on sait qu'entre 2020, année de pandémie,
et aujourd'hui, tous les coûts partout ont augmenté, et les salaires aussi pour
garder les employés. Donc, les RI qui sont actuellement en opération en
arrachent et... et c'est pour ça que les... je pose souvent des questions sur
ça, sur est-ce que ça va aboutir, ces fameuses négos, parce que non seulement
le développement est freiné, mais si, en plus, on se met à perdre des RI comme
on a perdu et on continue de perdre des RPA, on va être... on va avoir un
méchant problème sur les bras, là.
Mme Bélanger : Bien, je comprends
très bien, là, votre intervention, mais aussi la préoccupation du côté des RI.
Je veux quand même juste mentionner que, du côté aînés, le bilan, il n'est pas...
en termes d'augmentation de RI, il est positif. Ce n'est pas un bilan qui est
extrêmement lucratif, là, c'est deux RI de plus, mais au moins on n'est pas en
négatif, puis c'est 212 places de plus que l'année dernière, tu sais, quand
on se compare par rapport à l'année passée, deux RI de plus, 212 places.
Mais il nous en faut plus si on veut atteindre notre grand objectif, alors c'est
là qu'il faut que la négociation se fasse, il faut que le cadre de référence,
on garde le rythme par rapport à ça, et certainement que ça aidera par la
suite, parce que le modèle RI, c'est un modèle qui est fort intéressant, et il
est là pour rester. Alors maintenant il faut... il faut poursuivre.
Mme Caron : Il faut donner...
il faut s'assurer que le... On veut que les RI restent et que ce modèle-là
reste, il faut s'assurer qu'il ait les conditions nécessaires pour rester.
Maintenant, dans le peu de temps qui reste...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 1 min 36 s.
Mme Caron : 1 min 36 s.
Alors, bien, je vais faire référence à la triste histoire de la dame de 76 ans
qui était hébergée à la maison des aînés de Drummondville et qui est décédée
des suites d'une chute causée par une porte automatique qui l'a heurtée en s'ouvrant
sans avertissement quand une employée est passée près de cette porte, là, de l'autre
côté de la porte. Puis c'est assez étonnant, parce que les maisons des aînés
sont censées être le nec plus ultra. Alors, c'est une maison de 72 places
qui a été inaugurée en 2024, au coût de 51,3 millions, donc l'équivalent d'environ
712 500 $ par place. Et, selon le coroner Sanfaçon, c'est l'incapacité
des capteurs de ce type de porte à déceler la présence de l'aîné qui a provoqué
sa chute. Et c'est la chute qui a entraîné sa mort. Alors, le coroner
recommande de <revoir...
Mme Caron :
...a entraîné
sa mort. Alors, le coroner recommande de >revoir ce type de porte. Je ne
sais pas il y a combien de portes semblables dans le réseau des maisons des
aînés et... est-ce que vous allez donner suite à la recommandation du coroner?
Mme Bélanger : Oui, bien,
écoutez, premièrement, c'est un accident qui est vraiment malheureux, très
malheureux, qu'on doit prendre au sérieux, parce qu'effectivement si ce
mécanisme de porte est le même pour toutes les maisons des aînés, bien, ça veut
dire que ça représente un risque, là, qui est réel, qui est dangereux. Alors,
c'est très important qu'on le travaille avec Santé Québec et avec la SQI. Ils
sont quand même responsables, au niveau normes d'infrastructures.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Bélanger : Alors, je vois
que Santé Québec est là...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Bélanger : Il faut qu'il y
ait une suite à cela dans...
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci beaucoup. On poursuit avec la députée de Sherbrooke, pour le deuxième
groupe d'opposition, pour son bloc de 19 min 22 s.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. C'est la dernière fois que je participe à l'exercice de l'étude des
crédits, donc je veux faire des suivis sur des sujets qu'on a déjà abordés
ensemble avec la ministre, donc des sujets dont elle a déjà entendu parler, des
sujets pour lesquels elle m'a déjà répondu dans le passé qu'ils allaient y
réfléchir parce que c'était une question pertinente. Alors, j'espère pouvoir
conclure mon mandat en obtenant des réponses enfin à ces questions.
Le premier, c'est la contribution RAMQ des
personnes qui ont plus de 65 ans et qui sont assez à faibles revenus pour
toucher le Supplément de revenu garanti au fédéral, à qui on fait payer quand
même la contribution pour l'assurance médicaments. Juste pour qu'on se
comprenne, là, les personnes dont on parle, pour toucher le supplément de
revenu garanti, elles gagnent moins de 23 000 $ par année. Puis le
pourcentage qui est reçu de supplément de revenu garanti dépend du montant
qu'on déclare comme revenu. Donc, plus on a un revenu faible, plus on a un
pourcentage élevé du Supplément de revenu garanti. Donc, pour toucher
100 % du supplément, il faut avoir un revenu de 0 $.
J'ai fait plein de simulations, là, avec
le calculateur en ligne du gouvernement fédéral. Pour une personne seule, pour
toucher 94 % du Supplément de revenu garanti, il faut avoir un revenu en
bas de 1 500 $. Plus que ça, on a quand même accès au Supplément de
revenu garanti, mais à moins de 94 % de la somme. Et ça, ça fait en sorte
que, pour la RAMQ, dès qu'on touche 93 % et moins du Supplément de revenu
garanti, on doit payer 100 % de la cotisation de l'assurance médicaments.
Puis, en ce moment, cette cotisation-là, c'est 755 $. Donc là, pour le
gouvernement, en ce moment, quand quelqu'un déclare 1 500 $ de
revenus par année, là, on considère que cette personne-là est trop démunie pour
payer la cotisation, elle est exemptée, mais, si la personne déclare
2 000 $ de revenus par année, là, elle touche moins que 94 % du Supplément
de revenu garanti puis là, elle va être assez riche pour payer 755 $ de
cotisation. Cette personne-là, elle a quand même juste environ
1 800 $ par mois pour vivre, parce qu'avec ce qu'elle reçoit du
fédéral... Peu importe le montant qu'on déclare, là, finalement, comme revenu,
tous ces gens-là, ils ont en bas de 23 000 $ par année, là, OK?
Donc, beaucoup d'aînés trouvent ça injuste.
Et, moi, je les comprends et j'ai déjà parlé de ça avec la ministre il y a deux
ans. Je lui avais suggéré d'instaurer une contribution progressive pour que la
contribution qui est demandée à l'assurance médicaments, elle soit proportionnelle,
finalement, là. Parce qu'en ce moment on passe de tout ou rien, selon qu'on
reçoit 94 % du supplément de revenu garanti ou moins. Donc, elle m'avait
dit que cette suggestion-là était appropriée puis qu'elle allait regarder ça.
Donc, ça fait deux ans déjà, et j'aimerais savoir où ça en est.
• (14 h 10) •
Mme Bélanger : Oui, bien, je
vais commencer ma réponse, puis on a un représentant de la RAMQ aussi, on
pourra compléter si vous le souhaitez. Je veux quand même vous mentionner que
les éléments que vous amenez sont fort importants, mais ça concerne beaucoup le
ministre des Finances, ministre du Revenu. C'est très, très important.
Je veux quand même mettre l'emphase, là,
sur ce qu'on a fait pour aider les aînés qui sont à faibles revenus. Et je
reconnais qu'un aîné qui a la pension du Canada et le Supplément de revenu
garanti, ce qui totalise un revenu total en bas de 23 000 $, c'est
mission impossible pour arriver à vivre. Je reconnais tout à fait ça et je l'ai
dit à plusieurs reprises. Je pense qu'il n'y a personne autour de la table qui
serait capable de vivre avec moins de 23 000 $ de revenus. Alors, ça,
c'est pour le volet fédéral.
Au niveau québécois, on a... on a misé sur
notre crédit d'impôt pour le soutien aux aînés pour faire face au coût de la
vie. Ce crédit d'impôt, il existe, il est maintenu, on le garde. Et j'espère
qu'il sera éventuellement, un jour, bonifié au fur et à mesure dans le futur.
Pour le moment, c'est à 2 000 $ par année. Ça fait une très grande
différence pour les <aînés...
Mme Bélanger : ...ça fait
une très grande différence pour les >aînés. On a aussi investi dans un
autre crédit d'impôt, qui est le crédit d'impôt pour le maintien à domicile, et
un aîné peut désormais recevoir jusqu'à 7 800 $ par année en fonction
de son revenu. Donc, je n'ai pas les tableaux, là, de concordance, mais j'imagine
que quelqu'un qui a 22 000 $ ou 23 000 $ de revenu doit
coter au maximum pour pouvoir recevoir ce crédit d'impôt maintien à domicile,
s'il répond aux critères. Alors, c'est des... ce sont des crédits d'impôt qui
sont de plus en plus utilisés par les aînés. Parce que je peux vous dire qu'à
mon arrivée, en 2022, il y avait même un grand nombre d'aînés qui n'utilisaient
pas ces crédits d'impôt. Alors, celui de 2 000 $... pouvant aller
jusqu'à 2 000 $ par année est de plus en plus utilisé, celui sur le maintien
à domicile est aussi de plus en plus utilisé. Alors, ça, c'est très important.
C'est ce qu'on fait. Aussi, le crédit d'impôt pour les proches aidants, je le
mets là-dedans parce que c'est lié, quand même.
Et, peut-être, si vous acceptez, là, Mme
Sonia Marceau, de la RAMQ, est ici avec nous, elle pourrait vous donner
peut-être un peu plus de précisions sur le volet, notamment, là, de... donc...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
Mme Labrie : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Mme Marceau, je vais vous demander de vous
présenter, s'il vous plaît.
Mme Marceau (Sonia) : ...vice-présidente
aux services aux personnes assurées à la Régie de l'assurance maladie du Québec.
Vous excuserez ma voix, elle revient lentement. Donc, effectivement, de façon
générale, on ajuste effectivement la prime au niveau du médicament en vertu du
SRG. Si le SRG est partiel, bien, on ajuste la prime en conséquence, mais il
faut savoir, comme Mme la ministre l'a mentionné, là, le 94 %, il est
inscrit dans la... dans la loi de l'assurance maladie, dans la LAMed... Et on
doit, dans le fond, pour ajuster ou modifier le 94 %, s'entendre quand
même avec les Finances puis avec le ministère pour pouvoir établir un montant...
un montant d'équilibre, si on veut, là, avec le montant de la prime à payer.
Cela étant dit, il reste que le montant
est quand même évalué au départ dans la capacité de payer, autant du côté de la
prime SRG que du côté, là, du montant, là, que la personne va être déduite...
complètement ou partiellement du montant à payer. Il y a une évaluation qui est
faite, dans le fond, de sa capacité de payer au net.
Mme Labrie : Je ne comprends
pas quel genre d'évaluation de capacité de payer vous faites, parce que, dans
le fond, la personne, qu'elle reçoive 10 % ou 95 % du Supplément de
revenu garanti, à la fin, elle a en bas de 23 000 $, là, finalement,
si on compte sa pension de vieillesse, son Supplément de revenu garanti puis
son revenu qu'elle avait au départ. Donc, dans tous les cas, elle a en bas de
23 000 $. Elle aura autre chose parce que la ministre a nommé ses
crédits, bien sûr, mais là je ne suis pas avec le ministre des Finances, je ne
parle pas de crédits d'impôt, en ce moment, je parle de la contribution qui est
demandée par la RAMQ.
Mme Marceau (Sonia) : ...auquel
cas la limite peut être... pourrait être compensée à 100 % ou non, mais ce
que je... C'est que un équilibre qu'il faut qu'on calcule en vertu du fardeau
fiscal entre la prime d'assurance médicaments et le 94 % qui doit
s'appliquer aussi dans la loi. Ça fait que, si on joue entre le 94 % et le
99 %, il y a un impact à... de l'autre côté, là, par rapport à la prime à
payer. Et donc c'est là qu'on doit chercher, là, à trouver l'équilibre, et en
évaluant la capacité à payer des familles, des personnes concernées.
Mme Labrie : Pourquoi des
familles des personnes concernées?
Mme Marceau (Sonia) : Bien, en
fait, c'est que, quand il y a un noyau familial ou il y a une personne seule,
ça va être la personne seule, mais si la personne est en union de fait ou en
union de mariage, bien, il y a un calcul qui est fait, également, là, pour
tenir compte de la capacité.
Mme Labrie : Pour conjoint.
Mme Marceau (Sonia) : Oui,
exactement.
Mme Labrie : Pas les... pas
les enfants, là, de ces personnes-là.
Mme Marceau (Sonia) : Non.
Mme Labrie : Conjoint. Est-ce
que ça a été évalué, la perte de revenus pour l'État que ça représenterait de
venir faire en sorte que, finalement, si on est assez démunis pour toucher le Supplément
de revenu garanti, on n'ait pas à payer la contribution pour l'assurance médicaments?
Parce que c'est l'engagement que la ministre avait pris il y a deux ans déjà.
Mme Bélanger : Oui. Je n'ai
pas de rapports à ce niveau-là, là, qui m'ont été livrés, mais c'est une
question qui est importante puis qui est tout à fait recevable, et, dans le
contexte, des personnes, là, qui n'ont comme revenu que le Supplément de revenu
garanti, et donc la pension fédérale, je pense que ça se pose tout à fait, il
faudrait le regarder. Il y a les programmes existants, déjà, à la RAMQ, mais,
tu sais, c'est de voir : est-ce qu'il y a des voies de passage pour que
ces programmes-là soient appliqués? Puis c'est ça, la difficulté, là, je
l'entends, donc...
Mme Labrie : C'est juste que
la <ministre...
Mme Bélanger :
...donc...
Mme Labrie :
C'est
juste que la >ministre m'avait répondu ça, il y a deux ans déjà, qu'il
faudrait le regarder, puis là j'entends que personne ne l'a regardé,
finalement, parce qu'elle me dit : Il n'y a pas d'analyse, on ne le sait
pas. Ça fait que personne ne l'a regardé même s'il faut le regarder.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je ne suis pas prête à vous dire que personne ne l'a regardé, parce que le
ministre des Finances a fait quand même plusieurs ajustements pour venir en
soutien aux personnes aînées. Probablement que, quand ils font les ajustements,
comme on a augmenté beaucoup le maintien à domicile, peut-être que c'est une
reconnaissance de le faire de ce côté-là au lieu de le faire en donnant plus
d'argent via la reconnaissance du programme d'assurance médicaments. Alors, il
faut faire attention pour ne pas porter de conclusion là-dessus, là, notre
gouvernement aide les personnes âgées, il y a différents crédits d'impôt, on
aide les proches aidants. Votre question est spécifique sur le régime d'assurance
maladie... d'assurance médicaments, alors, vous savez...
Mme Labrie : ...les aînés, en
fait...
Mme Bélanger : ...ça mérite
d'être regardé, mais, vous savez, on a quand même, à la place, augmenté de...
on a augmenté le crédit d'impôt maintien à domicile, et, cette année, il
atteint un montant de 7 800 $. Alors, c'est une question de choix, à
un moment donné, dans les... dans les finances publiques, de dire sur quel
crédit d'impôt ou de bonification...
Mme Labrie : Bien là, on ne
parle pas de crédit d'impôt, là.
Mme Bélanger : ...ou de
programme, ou de programme, appelons-le... on peut appeler ça autrement, mais,
à un moment donné, c'est le même argent. Alors, je pense que les deux mesures
sont quand même très aidantes pour nos aînés au Québec. Il y a d'autres mesures
qui sont annoncées par le fédéral aussi. Il y a d'autres mesures qui ont été
annoncées par la première ministre pour réduire les dépenses pour l'ensemble
des Québécois. Ça va aussi toucher les personnes qui sont à faibles revenus,
pour les aînés. Alors donc, je pense qu'il faut continuer, c'est évolutif, puis
il faut continuer à trouver des mesures. Celle-là est une mesure qui pourrait
être évaluée, éventuellement...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Bélanger : ...mais je
persiste à dire que le crédit d'impôt maintien à domicile, c'était notre mesure
phare. Celle-là, on l'a livrée.
Mme Labrie : Oui, sauf que la
ministre me répond exactement, exactement, exactement la même chose qu'elle
m'avait répondu il y a deux ans. Elle m'avait aussi parlé du crédit de 2 000 $,
puis ce que je lui avais répondu à l'époque, c'est que, justement, il y a des
aînés qui trouvent ça quand même assez scandaleux de devoir utiliser presque la
moitié de ce montant-là, finalement, pour payer leur cotisation à la RAMQ,
parce que c'est rendu 755 $. Ça fait que ça part assez vite, là, 2 000 $
quand il faut que tu en mettes 755 $ pour payer ça. Ça fait que moi, je
dis à la ministre : Je trouve ça le fun, qu'elle soit sensible au fait que
c'est impossible de vivre avec 23 000 $ par année. Bon, ajoutons à ça
les 2 000 quelques dollars peut-être que certains d'entre eux ont aussi la
prestation de maintien à domicile, on leur souhaite, franchement, mais, pour
certains d'entre eux, ces 755 $ là de cotisation pour l'assurance
médicaments, ça fait toute la différence dans leur budget, peut-être, entre
chauffer un degré de plus leur appartement l'hiver, peut-être manger un repas
de plus par jour dans les mois les plus difficiles. Donc, moi, je trouve ça
dommage de me faire encore répondre : Ah! c'est intéressant, on va le
regarder, puis, deux ans plus tard, finalement, on ne le sait pas où on en est,
on ne sait pas combien ça coûterait, ça n'a pas été regardé sérieusement.
Je vais m'essayer sur un autre sujet,
celui des appareils auditifs, qui est un sujet récurrent aussi, qu'on a déjà
abordé. La ministre le sait, qu'en haut de 65 ans la RAMQ ne rembourse pas
la deuxième prothèse auditive, même quand il y a un problème auditif reconnu
dans les deux oreilles. J'en ai parlé il y a plusieurs années à la ministre, elle
me disait qu'elle était sensible à ça, qu'elle le savait, que c'était difficile
pour les aînés de payer pour un deuxième appareil. Puis je suis tout allée
relire le verbatim, là, des crédits de l'année passée, de l'autre d'avant, ça
fait que j'espère ne pas me faire répondre les mêmes affaires, ça va être bien
fâchant. La ministre, elle l'a dit, elle a dit, je vais la citer : «On le
sait, d'avoir une santé auditive, c'est extrêmement important pour la suite des
choses, pour sa propre sécurité, pour sa qualité de vie, pour le vieillissement
actif.»
Elle avait pris l'engagement de regarder
ça, elle m'avait même dit qu'il y avait des travaux en cours du côté de la RAMQ
pour ça. Il y avait Sylvain Gagnon, qui était sous-ministre adjoint à la
Direction générale des aînés et des proches aidants, qui avait pris la parole
pour dire qu'il était en train d'évaluer ça. Ça, c'était en 2024. L'année
dernière, ma collègue la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques était ici puis
elle avait réabordé le même sujet. Puis là il y avait Marco Thibault, qui était
PDG de la Régie de l'assurance maladie, qui avait répondu qu'il était en train
de travailler avec le ministère pour bonifier le programme, puis la ministre,
elle avait reconnu que c'était un besoin de base puis qu'ils continuaient
d'examiner ça. Puis là on est en 2026, puis, cette semaine, il y avait un
article, dans La Voix de l'Est, où il y avait une relationniste du
ministère de la Santé et des Services sociaux qui disait que le ministère était
encore en train de regarder ça, essentiellement. Ça fait que, là, ça fait
plusieurs années, qu'on se fait dire qu'il y a des gens qui regardent ça, là.
Ils ont-tu vu quelque chose? On... Qu'est-ce qui va se passer avec ça?
• (14 h 20) •
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est parce que, là, vous prenez programme par programme. Les...
Mme Labrie : ...prends le
remboursement du deuxième appareil auditif par la RAMQ, c'est la seule affaire
que je regarde.
Mme Bélanger : OK. D'accord,
d'accord, mais c'est parce qu'on ne peut pas regarder juste une affaire. Vous
venez...
Mme Labrie : Je vous demande
des nouvelles de ce dossier-là.
Mme Bélanger : On ne peut pas
regarder juste une affaire. Les besoins sont à l'infini. Il y a des choix qui
sont faits pour aider les aînés. Le choix que notre gouvernement a fait, je
l'ai dit tantôt, c'est le crédit d'impôt maintien à <domicile...
Mme Bélanger : ...je l'ai
dit tantôt, c'est le crédit d'impôt maintien à >domicile, qui peut
aller, donc, jusqu'à un montant qui est relativement important, qui est un des
plus généreux au Canada, plus l'allocation pour les aînés de 2 000 $,
on parle de...
Mme Labrie : Est-ce que c'est
possible de rembourser un appareil auditif avec ces crédits-là?
Mme Bélanger : Je m'excuse, je
vais finir ma réponse. On... Je vais...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : S'il vous plaît! Je ne veux pas que personne s'interrompe.
On va laisser la réponse.
Mme Bélanger : Alors donc, on parle
ici, dans les deux crédits d'impôt que j'ai mentionnés, de près de 10 000 $.
D'entendre qu'on n'a rien fait... c'est assez impressionnant d'entendre ça, on
est le gouvernement qui en a fait le plus pour soutenir les aînés.
Alors, pour les appareils auditifs, je
veux quand même mentionner qu'il y a eu des ajustements financiers au budget à
chaque année. L'année dernière, c'est encore une augmentation budgétaire qui a
été faite. Il y a de plus en plus de personnes qui... Le programme n'a pas été
modifié, mais il y a de plus en plus de personnes qui bénéficient de ce
programme-là. Alors, c'est une question de choix, c'est une question que les
besoins sont immenses, alors c'est des choix gouvernementaux, mais, s'il vous
plaît, ne retenons pas qu'on ne fait rien. Quand on est rendu qu'on donne
10 000 $ pour aider les gens, ce n'est pas rien. C'est une question
de choix en fonction des budgets dont on dispose.
Alors, la RAMQ doit continuer de faire
évoluer ce dossier-là. J'ai eu des discussions moi-même avec M. Marco Thibault
au cours de la dernière année. Alors maintenant, ce qui est important, c'est
que les gens qui sont en attente dans le programme actuel, qu'on puisse les
évaluer puis répondre. Puis un jour, on espère qu'on pourra améliorer ce
programme-là, mais, à un moment donné, il y a une question de choix.
Puis je pourrais revenir sur le PEFSAD
aussi, qui est un programme pour aider les aînés, les aînés qui n'ont pas de
revenu, qu'ils puissent aller chercher des services au même titre que ceux qui
en ont. Alors, on fait beaucoup de choses pour les aînés, Mme la Présidente.
Mme Labrie : Bien sûr, Mme la
Présidente. Puis ce que j'ai dit, c'est qu'il n'y a rien qui a été fait sur le
dossier de l'appareil auditif. Je n'ai jamais prétendu, ni ici ni à aucun
moment dans les dernières années, qu'il n'y a rien qui avait été fait pour les
aînés. Puis à chaque fois que j'ai pris la parole, j'ai même reconnu qu'il y
avait eu des investissements importants. Donc, je le fais encore aujourd'hui, mais,
visiblement, sur le dossier des appareils auditifs, ça n'a pas progressé. On se
fait répondre à chaque année, à chaque année, à chaque année, que vous regardez
ça. On se fait répondre : Oui, c'est vrai, c'est important. Moi, aux
dernières nouvelles, je ne pense pas que c'est possible, corrigez-moi si je me
trompe, de payer un deuxième appareil auditif avec le crédit d'impôt pour
maintien à domicile. Est-ce que c'est possible? Je ne penserais pas.
Mme Bélanger : Écoutez, je
vous ai dit, là, que le montant, le financement annuel pour les appareils
auditifs est de 61 millions. Et ça, c'était du 1er avril 2025 au
31 janvier 2026, parce que c'est sur un programme annuel et non pas sur un
programme, là, calendrier du 1er avril au 31 mars. Donc, le
programme, à chaque année, il y a un ajustement financier. Alors, il y a déjà
là, au moins, une capacité de répondre aux besoins des personnes.
Est-ce que le programme est optimal? Le
programme n'est certainement pas optimal, j'en entends parler aussi, mais ce
qui est important pour moi, c'est qu'on puisse répondre au besoin en fonction
du programme existant, alors... Puis je vous rappelle qu'un aîné qui a droit
aux deux suppléments, bien, ça lui fait quand même un revenu, grosso modo, de
10 000 $ de plus...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Merci...
Mme Bélanger : ...puis comme
il est à faibles revenus, bien, l'indexation... le taux d'imposition...
Mme Labrie : Je voudrais juste
rappeler à la ministre que c'est normal que cette enveloppe-là augmente au fil
du temps, parce qu'on est en train de vivre un vieillissement de la population.
Donc, c'est normal qu'il y ait plus de personnes qui se font rembourser un appareil
auditif à chaque année, puis ça va continuer d'être comme ça, que le
gouvernement soit bon ou pas bon, là, il va y avoir plus de personnes qui ont
un diagnostic de surdité partielle ou complète puis qui vont avoir besoin
d'appareils auditifs.
Là, on a l'Ordre des audioprothésistes du
Québec qui nous dit que c'est important de le faire parce qu'il y a une
diminution jusqu'à 30 % du risque de démence chez les personnes qui ont
des appareils versus ceux qui n'en ont pas. Ça permet d'agir en prévention par
rapport à la démence. Puis je ne vous parle même pas de tous les effets
collatéraux par rapport à l'isolement puis à la santé mentale des gens quand
ils n'ont pas la capacité d'entendre ce qui se passe autour d'eux.
Donc, moi, je vais insister là-dessus
parce qu'il y a vraiment des effets sur la santé psychologique, la santé
cognitive des aînés si on n'est pas capable de leur fournir deux appareils. Est-ce
qu'on peut au moins avoir la confirmation qu'il y a encore quelqu'un qui se
penche sur la modernisation de ces règlements-là ou si le gouvernement a juste
tiré la plug parce qu'ils ont décidé de tout mettre dans le crédit d'impôt pour
maintien à domicile?
Mme Bélanger : OK. Alors,
bien, écoutez, vraiment, je suis très consciente, là, des discussions avec
l'Ordre des audioprothésistes. C'est important qu'on continue les discussions
avec cet ordre professionnel, qui vendent aussi des appareils auditifs. Alors,
ceci étant dit, je compléterai en temps et lieu les discussions avec cet ordre
professionnel, mais c'est important qu'on regarde l'ensemble des choses. Et,
sur le marché, il existe des appareils auditifs, mais il y a des <normes...
Mme Bélanger :
...des
appareils auditifs, mais il y a des >normes professionnelles aussi qui
amènent certaines exigences. Ça fait que, là, je ne veux pas rentrer dans le
champ de pratique des audioprothésistes, même si j'aurais...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Bélanger : ...vraiment
le goût de le faire, mais on a du travail à faire avec eux, et tout n'est pas
si simple que ça. Alors, que l'Ordre des audioprothésistes soit ouvert, on...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Merci. Ce bloc vient de se terminer. On
poursuit avec l'opposition officielle, pour son deuxième bloc,
19 min 22 s.
Mme Caron : Merci, Mme
la Présidente. Alors, moi, je vais aller sur le soutien à domicile. Alors,
selon le coup d'oeil Santé Québec, il y a 12 428 personnes qui
attendent un premier service à domicile, à la dernière mise à jour. Selon le
cahier de réponses de Santé Québec aussi, pour la période 11 au
7 février 2026, il y a 40 973 personnes qui attendent un
service, donc, pas un premier service, mais un service, et dont la majorité de
ces personnes attendent très longtemps. Donc, 30 jours ou plus, il y a
18 000 personnes, 90 jours ou plus, il y a plus de
12 000 personnes, et le délai moyen d'accès pour recevoir un premier
service est d'un peu plus de 20 jours. Dans la région centre de l'Ontario,
il y a zéro attente. Alors, je comprends qu'on ne fonctionne pas de la même
manière.
Ma question : Est-ce que le plan
d'action que Santé Québec est en train d'élaborer, le plan d'action de la
politique de soutien à domicile, est-ce que... qui est attendu, qui est annoncé
pour le mois de juin, est-ce que ce plan d'action s'attaque à cette attente de...
de... à la durée d'attente, puis évidemment, bien, au nombre de personnes, on
veut faire baisser la liste, mais tout en s'assurant que chaque personne
reçoive suffisamment d'heures de soutien à domicile, là, pas en servir plus
avec moins d'heures, mais... est-ce que... est-ce que, donc, ça fait partie du
plan d'action qui sera dévoilé en juin par Santé Québec?
Mme Bélanger : Oui.
Alors, merci pour la question. Alors, vous le savez, depuis 2019, on a
enclenché vraiment des grandes transformations au niveau du soutien à domicile.
En 2019, on avait un budget de 1,4 milliard. On est maintenant,
aujourd'hui, à 2,6 milliards de budget en soutien à domicile. C'est une
augmentation de 86 %. Alors, c'est énorme, en termes d'investissements.
Maintenant, on l'avait dit, l'argent,
c'est une chose, mais il faut aussi être capables de réviser nos processus. On
a lancé la Politique nationale de soutien à domicile il y a quelques mois, et,
maintenant, il y a un plan d'action qui est en rédaction. Le plan d'action se
fait du côté du ministère, OK, il est avancé au moment où on se parle. Ce plan
d'action est fait, naturellement, en collaboration, là, je ne vais pas rentrer
dans tous les détails de la mécanique, mais il y a un travail d'étroite
collaboration qui est fait avec Santé Québec. Il y a plusieurs actions, ce sera
dévoilé incessamment. Le plan est vraiment très avancé, le plan d'action.
Alors donc, pour répondre à votre
question, oui, l'ensemble des actions, là, visent essentiellement à répondre
aux besoins des Québécois, Québécoises quand ils ont des besoins de soutien à
domicile. Puis on le sait, qu'avec le vieillissement, on peut penser que ça va
aller en augmentation, puis, de toute façon, ça fait partie des bonnes
pratiques dans un système de santé, donc, d'améliorer nos services de soutien à
domicile puis de trouver... de laisser les gens le plus possible dans leurs
milieux de vie, là où ils veulent demeurer. L'autre chose... Il y a les heures
de soutien à domicile. Ça, ça passe par le budget. Le budget, on l'a augmenté
constamment. Donc, on continue à garder le cap là-dessus. Il faut bien utiliser
cet argent-là. C'est ce que Santé Québec a fait aussi, notamment, depuis son
entrée en fonction.
• (14 h 30) •
Puis la troisième chose : réduire les
listes d'attente. Pour les listes d'attente, je veux quand même juste vous dire
qu'en... prenons l'exemple de 2023‑2024, je vais revenir juste sur les trois
dernières années, en 2023‑2024, il y avait 19 752 personnes qui
attendaient pour un service en soutien à domicile. En 2024‑2025, on a donc
réussi à réduire ce nombre de personnes en attente à 17 883. Et, pour la
première fois depuis très longtemps, malgré que la demande s'accroît, parce
qu'il y a beaucoup de demandes, ce qui est une bonne chose, bien, cette année, Santé
Québec a terminé, au 31 mars 2026, avec 12 428 personnes en
attente. Alors, il faut diminuer ça. Il faut, hein, être capables de prendre
plus de demandes, d'évaluer plus rapidement puis diminuer ça, mais, pour moi,
c'est porteur d'espoir. Je pense qu'on est à la bonne place. Le plan d'action,
il faut qu'il aille dans ce sens-là.
Et, ceci étant dit, il y a quand même
beaucoup d'équipes au Québec qui donnent des très bons services de soutien à
domicile. On en entend quand même parler. Il y a des belles histoires de
soutien à domicile au Québec.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Caron : Merci. Alors...
14 h 30 (version révisée)
Mme Bélanger : ...merci.
Mme Caron : Merci. Alors, on
parlait... je vais vous parler du PEFSAD, vous l'avez mentionné tantôt. Alors,
selon le cahier de réponse du ministère, il y a eu une hausse de 21,3 millions
pour renforcer le PEFSAD. Est-ce que je comprends aussi que le panier de
services élargi comprend maintenant les services d'assistance personnelle,
comme il avait été demandé par le réseau des EESAD, mais dans trois projets
vitrines, et que, bon, l'objectif à plus long terme, c'est de déployer à plus
large échelle, donc dans toutes les régions? Est-ce qu'on a un horizon de temps
pour le déploiement du panier élargi, du panier de services élargi du PEFSAD?
Mme Bélanger : OK. Alors
donc, pour le programme d'exonération financière en soutien à domicile, c'est
un programme qui est extrêmement important, puis on le sait qu'on l'a bonifié
constamment. Alors donc, on avait mis en place des projets vitrine. Grosso
modo, là, les entreprises d'économie sociale en soutien à domicile donnent des
services à plus de 100 000 personnes. On est très content de ça, et
ça continue. On a beaucoup subventionné ces organismes-là. C'est à coups de 10 000
par année de personnes de plus qu'ils desservent. Ils faisaient des menus
travaux domestiques d'entretien ménager, vous le savez, et, en continuant de
financer ces entreprises-là, on a dit : Bien, il faut que vous élargissiez
vos programmes. Il faut bonifier, donc, le PEFSAD, comme vous venez de le dire,
puis vraiment s'assurer d'avoir des services davantage en lien avec l'aide à la
personne, que ce soient des services de répit, de gardiennage, d'accompagnement
pour faire des courses, donc d'aide à l'administration des médicaments, l'aide
aux soins d'hygiène, à l'alimentation, etc.
Alors, il y a des projets vitrines qui se
sont déroulés, on avait fait l'annonce il y a quelques mois, à Beloeil,
Rimouski, Lac-Saint-Jean. Ça se passe très bien actuellement. La prochaine
séquence, c'est de le déployer à d'autres EESAD. Donc, on s'en va dans la bonne
direction. Ils travaillent avec le regroupement des EESAD du Québec pour former
les gens, parce que, bon, vous savez que ça demande beaucoup de formation aussi.
On ne peut pas faire ça n'importe comment. Alors donc, ils sont en discussion,
naturellement avec Santé Québec, parce que les EESAD, dans le fond, sont
présents dans toutes les régions du Québec, dans nos territoires de CLSC notamment.
Mme Caron : D'où ma question,
Mme la Présidente. Je ne voulais pas un portrait des EESAD parce que je le
connais. La question, c'était : Est-ce que ces projets vitrines vont être
déployés... Oui, on sait qu'ils vont être déployés à plus large échelle, mais
quand?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je peux peut-être demander du côté de Santé Québec pour la suite des choses,
parce que je ne veux pas... Dans le fond, on a notre plan d'action soutien à
domicile qui s'en vient, mais je peux passer la parole à Santé Québec pour la
suite des choses, mais l'objectif, c'est que toutes les EESAD au Québec entrent
dans ce modèle-là. Chacune des EESAD s'est assise avec son CISSS ou son CIUSSS pour
faire une planification des actions. Alors, on est vraiment là-dedans. On
voulait faire le bilan des trois EESAD qui se complètent, mais on est là pour l'avancer,
le financement est là aussi. Je pense que Mme Poupart, si vous le
souhaitez, peut vous donner du détail.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
Mme Caron : Consentement si j'ai
une date, sinon je vais passer à la prochaine question.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme Poupart, je vais vous demander de vous présenter.
Mme Poupart (Maryse) : Bonjour,
je suis Maryse Poupart, je suis la vice-présidente aux opérations et à la
coordination du réseau. Alors, on est à terminer le projet... les trois projets
pilotes ont été lancés à l'hiver dernier, l'hiver 2026. Alors, ce qu'on
est en train de faire, c'est de poursuivre cette évaluation-là pour aller plus
loin, pour pousser la prochaine phase de déploiement. Alors, on va prendre...
On va avoir besoin d'un décret pour finaliser tout ça, donc c'est prévu dans
les prochains mois, et l'objectif, c'est d'avoir six nouveaux établissements
qui seront lancés. Donc, c'est ce qui s'en vient dans les prochains mois.
Mme Caron : Merci. Alors,
après avoir lu la politique qui a été dévoilée, la politique de soutien à
domicile dévoilée en janvier dernier, je pense que le gouvernement veut faire
une belle place aux EESAD, mais on sait que depuis... depuis la pandémie, il y
a eu quand même hausses des salaires, il y a eu des formations, comme la
ministre vient de le dire, pour que les EESAD en fassent plus. Ce que j'aimerais
savoir, c'est : Comment vous conciliez cette belle place qui est annoncée
dans la politique puis ce qui semble être sur le terrain des actions qui
nuisent aux EESAD, par exemple avec le lancement d'appels d'offres pour
chercher le plus bas soumissionnaire pour offrir des services? Parce qu'on sait
qu'il y a plusieurs... en fait, qu'il y a des soumissionnaires qui ont obtenu
les contrats, ce sont des coquilles vides qui n'ont pas... qui n'ont même pas
le personnel nécessaire, qui vont marauder dans les... dans les EESAD pour
avoir du... pour aller recruter le personnel aux EESAD qui n'ont pas eu les
contrats parce qu'on leur a dit, au fil des ans : Il faut que vous
formiez, que vous payiez correctement vos employés, ce qu'ils font, donc ils
seront plus compétitifs <avec les plus bas soumissionnaires...
Mme Caron :
...correctement
vos employés, ce qu'ils font, donc ils seront plus compétitifs >avec les
plus bas soumissionnaires. Et là je comprends qu'il faut respecter la loi, mais,
dans la Loi sur les contrats des organismes publics, à l'article 14.4,
on... ça nous permet de réserver des contrats à des entreprises d'économie
sociale, ce que sont les EESAD.
Alors, pourquoi avoir changé la façon de
faire, alors que c'est un modèle qui est bien implanté, les EESAD sont bien
implantées dans les milieux? Les 100 000 quelques personnes qui reçoivent
des services sont habituées à un service stable, souvent avec la même personne,
et là on vient tout chambarder ça à cause de la création de Santé Québec qui
veut suivre la LCOP à la lettre. Sauf qu'il y a un article dans LCOP qui
permettrait aux EESAD d'être privilégiées, et il pourrait au moins y avoir des
critères dans ces appels d'offres. Alors, qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on va
faire pour régler ça? Parce qu'on ne veut pas perdre les EESAD.
Mme Bélanger : Eh bien, effectivement,
on ne veut pas les perdre puis c'est vraiment extrêmement important comme
travail. Puis vous savez que c'est la priorité, c'est que les entreprises,
qu'elles soient des entreprises d'économie sociale ou des entreprises
privées... ce qui est important, c'est de s'assurer que la qualité des soins et
services puis que leur... que leur personnel soit compétent.
Je veux être prudente ici, je ne veux pas
commenter le processus d'appel d'offres, qui relève directement de Santé
Québec. C'est quand même important de le mentionner, là. Alors, oui, il y a la
Loi sur l'octroi des contrats, mais c'est Santé Québec qui a piloté les appels
d'offres, et ils pourront, si vous le souhaitez, vous revenir avec une réponse.
Mais je veux juste quand même vous dire, actuellement, ce qui a été fait pour
les appels d'offres. Il y a... On a tenu compte, là, donc, du critère qualité
en mettant un critère de 15 % dans les appels d'offres, justement pour
considérer nos entreprises d'économie sociale. Ça fait que ça, c'est quand même
important, puis je pense qu'ils peuvent vous l'expliquer.
Maintenant, on le sait que, dans certaines
régions, c'est des entreprises autres qui ont... tout le monde a soumissionné,
puis que c'est des entreprises autres qui ont été sélectionnées. Alors, il y a
eu des évaluations de ce côté-là, du côté de Santé Québec. Je pense qu'ils
peuvent vous en parler, puis vous en parler pour la suite des choses. Parce que
l'idée... on ne veut pas favoriser une entreprise. Qu'elle soit d'économie
sociale ou privée, c'est la loi de l'appel d'offres qui est importante, mais il
faut ajuster les critères à la réalité des organismes qu'on subventionne comme
gouvernement. Alors donc, c'est vraiment important. Si vous le souhaitez, Santé
Québec peut vous répondre là-dessus, c'est eux qui ont... qui sont les
gestionnaires du contrat.
Mme Caron : Alors, oui, pour
une réponse brève, s'il vous plaît, parce qu'il ne me reste pas beaucoup de
temps pour les autres questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme Poupart.
Mme Poupart (Maryse) : En
fait, bien, on est allés dans un processus d'appel d'offres, vous l'avez nommé,
pour se conformer aux différentes lois, mais on a été extrêmement prudents de
s'assurer d'intégrer les critères qualité puis d'avoir une grande robustesse à
cet égard-là. Et, au moment où on se parle, on est en train de se donner
vraiment un cadre très précis pour que ce soit une juste concurrence puis qu'on
ait vraiment les services de qualité pour nos personnes qui ont besoin à
domicile.
Alors, actuellement, on travaille sur
différents éléments pour formaliser les choses. Et, au moment où on se parle,
dans différentes régions du Québec où est-ce qu'il y a eu appels d'offres, la
transition s'est très bien faite avec les entreprises d'économie sociale.
Certaines d'entre elles ont obtenu les contrats, dans d'autres cas, ça n'a pas
été possible. Puis je vous dirais qu'au-delà de ce qu'on peut entendre, à
savoir est-ce qu'ils ont obtenu ou pas obtenu le contrat, il y a aussi que,
dans certains milieux, ça nous a permis d'aller encore plus loin dans l'offre
de services aux personnes à domicile, parce que, dans certains moments, on
n'avait pas d'accès soit en soirée, soit les week-ends, donc ça nous a permis
aussi d'aller à cet égard-là.
Donc, le processus d'appel d'offres est
venu répondre à un besoin. Puis, au moment où on se parle, on est en train de
formaliser un cadre très précis pour s'assurer qu'on tient bien compte de la
qualité et qu'on s'assure de répondre aux besoins de nos personnes à domicile
sur les différents quarts de travail lorsque c'est requis et sur les
différentes journées de la semaine lorsque c'est requis.
• (14 h 40) •
Mme Caron : D'accord. Alors,
Mme la Présidente, le projet de loi n° 10, qui a été
adopté en 2023, visait à abolir le recours à la main-d'oeuvre indépendante dans
le réseau. Là, on passe avec les appels... aux appels d'offres. Je comprends
que les EESAD sont aussi du privé. On ouvre la porte à tout. Est-ce qu'il n'y a
pas un risque, justement? On va au plus bas soumissionnaire pour offrir
peut-être plus de services à plus bas prix des employés? Parce que, quand je
vous disais tout à l'heure que, dans les régions où les EESAD n'ont pas
remporté l'appel d'offres, les employés... le soumissionnaire qui avait... qui
avait remporté l'appel d'offres, qui allait chercher des employés de l'EESAD
qui avait perdu l'appel d'offres, leur offrait des salaires inférieurs de
quelques dollars de l'heure inférieurs... puis on sait que ce sont des femmes,
souvent, qui travaillent comme aide à domicile, <qui travaillent dans les
EESAD...
Mme Caron :
...puis
on sait que ce sont des femmes, souvent, qui travaillent comme aide à domicile,
>qui travaillent dans les EESAD, donc on vient précariser, d'une
certaine manière, ces personnes-là, alors qu'on avait dit à leur ancien
employeur qu'il fallait mieux les payer et on avait dit très fortement au
gouvernement : On veut se défaire des agences d'infirmières. Parce que le
discours était le même. Quand les agences de placement d'infirmières ont été
utilisées, c'était pour avoir des gens qui travailleraient à toute heure, et
puis que ça coûterait moins cher. Puis, au final, ça a fini par coûter trois
fois le prix, ça a pris une loi pour mettre fin à ça et ça a été très difficile
et très douloureux dans plusieurs régions.
Alors, si on fait... on répète l'histoire
avec les appels d'offres pour le soutien à domicile. Est-ce qu'on ne se met pas
à risque de se retrouver, dans quelques années, avec des services privés qui
vont, là, coûter plus cher? Parce que les EESAD qui ne les auront pas, les
appels d'offres, vont finir par disparaître puis tout le modèle sur lequel on a
travaillé fort va partir.
Mme Bélanger : Écoutez, vous
le savez, dans le fond, dans... C'est parce que, là, on commente un processus
d'appel d'offres puis les résultats de ça. Ça fait qu'il faut éviter de faire
ça, là, je veux juste être claire là-dessus. Moi, j'aime mieux que ce soit
Santé Québec, c'est eux qui ont piloté l'appel d'offres, qui ont octroyé les
contrats, il faut que ça revienne à eux. Comme ministre, c'est un peu délicat,
là, que je me positionne dans la qualité des différentes entreprises.
Moi, par contre, ce que je souhaite, comme
ministre de la Santé, c'est que la qualité des soins et services soit vraiment
respectée. Et on a des attentes très claires par rapport à ça et je vous
rejoins tout à fait dans votre question. Alors, pour ce qui est des
soumissionnaires, il y a une règle qui existe, vous la connaissez, vous l'avez
mentionné vous-même, mais il y a des critères de qualité aussi. Donc, ce n'est
pas seulement le plus bas soumissionnaire. Je ne veux pas commenter sur les cas
particuliers que vous avez nommés, je ne les connais pas moi-même, ces cas
particuliers parce que... j'en ai entendu parler, bien sûr, mais je ne veux
pas, là, outrepasser puis nuire au processus contractuel, mais je m'attends à
ce que Santé Québec le fasse. Alors donc, ça, c'est vraiment important. Mais ce
n'est pas seulement le plus bas soumissionnaire, ils ont la capacité de mettre
des critères en lien avec la qualité, puis ils l'ont fait. Alors, ils peuvent
peut-être vous en parler un peu plus.
Mme Caron : Non, merci. Je
vais passer à la question suivante. Vous avez parlé tout à l'heure du crédit
d'impôt de maintien à domicile, qui atteint maintenant 7 800 $.
Alors, à mon tour de poser une question pour la quatrième fois. Est-ce que les
EESAD pourront, oui ou non, appliquer ce crédit d'impôt pour maintien à
domicile des aînés directement sur leur facture? Comme c'est une demande
récurrente, étant donné que ce sont des partenaires qui ont fait... qui ont
fait leurs preuves, avec qui on a confiance parce qu'on applique le PEFSAD, ce
serait plus facile pour les usagers d'utiliser leur... d'obtenir leur crédit
d'impôt de maintien à domicile au fur et à mesure qu'ils utilisent des
services, là. Ce n'est pas un sujet nouveau, on en a parlé dans les quatre...
dans les quatre études de crédits.
Mme Bélanger : Oui. Bien,
écoutez, je pense qu'on a fait beaucoup évoluer nos entreprises d'économie
sociale en soutien à domicile au Québec, là, en revoyant l'organisation du
travail, en modifiant le programme périssable. Là, dans le fond, la demande que
vous faites est tout à fait acceptable, mais il faut vraiment explorer ça puis
il faut attendre que nos entreprises d'économie sociale... On va y aller par
étapes, là. L'objectif, c'est qu'ils puissent se déployer, donc, les services à
la personne. C'est ça, notre priorité avec les entreprises d'économie sociale.
Puis on avait des projets de démonstration, puis là on veut le faire à un bon
rythme.
Pour ce que vous... votre question. Dans
le fond, vous dites : Est-ce que le crédit d'impôt pour maintien à domicile
pourrait servir pour que les gens puissent s'acheter des services d'entreprise
au niveau de l'entreprise d'économie sociale?
Mme Caron : ...puisse être
utilisé au fur et à mesure, oui.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
il faut vraiment regarder ça, mais il faut que les entreprises d'économie
sociale soient en mesure d'aller chercher les revenus des personnes, qu'ils
aient le personnel nécessaire pour aller à Revenu Québec, etc. Ça fait qu'il y
a des conditions à regarder. Ils le font déjà pour le programme PEFSAD, mais,
pour le faire pour... plus...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Bélanger : ...bien là, il
faut regarder vraiment le volet légal de tout ça. Mais, honnêtement, ce qui est
important, c'est de franchir les étapes. Puis les EESAD, là, ce qui est le plus
important, c'est les...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Merci. On est rendu maintenant au bloc
appartenant à la députée de Chicoutimi pour 19 min 22 s.
Mme Laflamme : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour Mme la ministre. Bonjour aux collègues. Bonjour aussi à
tous ceux qui se sont déplacés <cet après-midi...
Mme Laflamme :
...Mme
la ministre. Bonjour aux collègues. Bonjour aussi à tous ceux qui se sont
déplacés >cet après-midi pour cette étude de crédits bien importante
pour le Québec, notamment pour les régions, parce que, vous le savez comme moi,
le vieillissement de la population est accéléré dans plusieurs régions du
Québec, dont la mienne, le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Alors, je vous ramène un peu sur
l'hébergement, dans un premier temps. Vous l'avez mentionné tantôt, dans le
cadre, là, des projections du besoin de places d'hébergement en CHSLD, en
RI-RTF, SAPA, 2023-2033, vous avez parlé d'un besoin supplémentaire de
24 000 places d'ici 2033. Maintenant, si on ramène ça au niveau des
RI, on parle de 6 043 places dont on aurait besoin. Puis ça, ça parle
nécessairement seulement des personnes âgées, mais pas des autres besoins, par
exemple, là, en DI, santé mentale, déficience physique, etc.
Alors, comme cette projection-là est
connue depuis 2023, là, il y a un plan d'action, donc, qui est déjà appliqué? Où
est-ce qu'on en est avec l'atteinte de cet objectif-là à l'heure actuelle?
Mme Bélanger : Oui.
Alors, bien, écoutez, c'est une très bonne question, parce qu'on a fait
énormément de choses pour, donc, le déplacement... le développement des places
de longue durée au Québec. Premièrement, une phase I avec les maisons des
aînés. Au moment où on se parle, 46 maisons des aînés ont été livrées pour
environ 3 500 places, peut-être juste me donner l'information à ce
niveau-là. C'est déjà livré au moment où on se parle. Ça fait que c'est quand
même important. Il y a une phase II qui est en cours, de maisons des
aînés, phase II améliorée. Alors, je pourrais y revenir éventuellement si
on a des questions là-dessus, mais, pour les maisons des aînés, phase I, c'est
3 456 places exactement, OK, c'est fait, c'est livré.
La phase II, il y a des... on avait
aussi un estimé d'ouvrir un nombre de places supplémentaires. Dans la
phase II, elles sont en grande majorité en construction, OK, donc ça va
nous amener un nombre de places important pour la phase II. Santé Québec
fait aussi des travaux actuellement pour ce qu'on appelle une phase III.
Et là on n'a pas les chiffres parce qu'ils sont en train de préparer ces
travaux-là, mais notre objectif, c'est de répondre, en 2033, à
24 000 places additionnelles.
Alors, il y a des choses qu'on a quand
même faites, là, il y a quand même des milliers de places qui ont été, à la
phase I, rendues disponibles. La phase II, il y a de la construction, on est
contents de ça, avec un modèle aînés, maisons des aînés, on va dire, 2.0, on va
l'appeler comme ça, donc des places supplémentaires. Et puis une phase III
où on va... donc, Santé Québec va réfléchir, et ils sont en train de le faire,
à des partenariats. Donc, on verra la forme que ça prendra lorsqu'ils auront
terminé leurs travaux pour s'assurer d'avoir des places en CHSLD qu'on a besoin
au Québec. C'est... dans le 24 000, il y en a 18 000, CHSLD. Alors,
très important. Alors, il y a des projets actuellement au Québec, là, qui
seront annoncés sous peu dans la phase II, donc...
Et le 6 000 RI, je reviens à... la
question de la collègue députée de La Pinière est très pertinente aussi
parce qu'il faut cette même planification-là pour les ressources intermédiaires.
Mme Laflamme : Donc,
deux choses. Est-ce que le 3 456 places, ce sont des places
supplémentaires? Donc, est-ce que c'est un nombre brut ou un nombre net de
places? Donc, c'est une... c'est des places supplémentaires ou ce sont des
places en maisons des aînés? Parce qu'il y a eu des transferts aussi de places,
il y a eu des fermetures aussi de CHSLD qui étaient désuets.
Mme Bélanger : Bien, en
fait, ce n'est pas des places nettes, ce n'est pas des places nettes parce
qu'il y avait des CHSLD qui en ont profité. Parce que, vous savez, on a
aussi... ça, c'est l'enveloppe de construction, mais on a aussi une enveloppe
de maintien d'actifs. Alors, supposons qu'on ouvrait une maison des aînés dans
une région donnée, mais que le CHSLD qui était à côté comportait des chambres
de trois places, bien, on en a profité pour ramener ça à des chambres privées
en priorité, au... quand c'était vraiment impossible, au moins de ramener ça à
des chambres semi-privées. Ça fait que ce n'est pas des places nettes, mais on
s'approche de ce montant-là, quand même, qui est important.
Nos CHSLD publics au Québec ont quand même
accès à des enveloppes de maintien d'actifs pour améliorer, donc, leurs places
à l'intérieur. Mais là on appelle ça «construire par l'intérieur». Ça fait que,
des fois, oui, ils peuvent perdre un certain nombre de places, mais on a évité
de faire des fermetures de CHSLD. C'étaient plutôt des transformations.
• (14 h 50) •
Mme Laflamme : OK. Mais
donc on comprend que le 3 456 places, ce ne sont pas des places
supplémentaires nécessairement.
Mme Bélanger : Bien, pas
nécessairement, ça dépend des régions. Il y a des régions que c'est des places
nettes, il y a d'autres régions que ça permettait un effet domino, par exemple.
Ça permettait de fermer un CHSLD, parce que, là, il est rénové puis il va
ouvrir dans un an. Ça fait que, tu sais, il faut... la mathématique de ça, il
faut le regarder sur du long terme, mais c'est quand même... ce qu'on a livré,
c'est 3 456 places, donc, qui ont été livrées. Ça, c'est ce qui a été
livré. Puis, dans la phase II, il y en a un nombre aussi important, là, <qui
s'en vient....
Mme Bélanger :
...Puis,
dans la phase II, il y en a un nombre aussi important, là, >qui
s'en vient.
Mme Laflamme : Donc, c'est un
rythme de 875 places par année. Comment... Est-ce qu'on va augmenter la
cadence? Comment on va s'y prendre pour arriver, en 2033, à répondre à
l'objectif?
Mme Bélanger : Bien, notre
cadence est bonne, c'est la... c'est une bonne cadence. Premièrement, il y a
l'industrie de la construction. Il faut que les contracteurs soient disponibles
dans une région donnée. Ça fait que ça, c'est déjà... il faut tenir compte de
ça. L'autre chose, il faut tenir compte du personnel qu'on ajoute dans ces
ressources-là. Alors, c'est du personnel 24 heures sur 24, sept jours sur
sept, les préposés, des infirmières, des professionnels. Ça fait que, même si
on... demain matin, on avait une baguette magique puis qu'on ouvrait 5 000
places cette année puis 5 000... bien, il va falloir qu'on ait le
personnel. Ça fait qu'il faut doser ça. Ça fait que c'est extrêmement
important.
Alors, l'autre chose, on a fait du
conventionnement. Les CHSLD privés ont plusieurs... donc sont devenus
conventionnés. Ça fait que ça, c'est des places de disponibles de plus de
catégorie publique, je vais les appeler comme ça, là, juste pour qu'on ait...
qu'on soit sûrs de se comprendre. C'est 3 098 lits conventionnés,
donc, qui s'ajoutent à notre 3 456, les CHSLD privés, où les gens étaient
hébergés en longue durée et qui se voyaient payer, donc, des frais quand même
importants, là, quand on a besoin de services. Ça fait que ça s'ajoute mathématiquement,
il faut tenir compte de ça dans la mathématique.
Mme Laflamme : Vous avez bien
raison de parler du contexte de la construction aussi, parce que, selon une
étude de l'association des ressources intermédiaires du Québec, il y a
72 % des appels d'offres pour créer des nouvelles places en RI qui ont été
annulées depuis 2020, faute de soumissionnaires ou encore de projets viables.
Donc, ce serait environ, là, 4 100 places qui n'auraient jamais vu le
jour. Qu'est-ce qu'on peut mettre... qu'est-ce que le gouvernement va mettre de
l'avant pour susciter, en fait, un nombre de soumissionnaires plus grand pour
répondre à ça, en RI spécifiquement?
Mme Bélanger : Bien, les RI
sont des ressources qui sont absolument essentielles. Tantôt, j'ai eu
l'occasion de répondre à la députée de La Pinière à ce niveau-là, là, qui avait
posé la question. Tu sais, grosso modo, au Québec, on a 1 601 RI. Donc, ce
n'est pas des RI seulement aînées, c'est des RI pour les personnes ayant un
trouble de santé mentale, DI-TSA, adultes ayant des besoins, donc,
particuliers. Il y a 16 001 RI au Québec, ça totalise 22 482 places.
Ça, c'est toutes catégories confondues. À peu près 55 % des places en RI
sont des places aînés.
Alors, au niveau aînés... parce que, là,
je vous ramène, là, sur les fermetures, mais au niveau aînés, on a, au moment
où on se... où on se parle, un bilan positif de 162 places. Alors, c'est
quand même important. Ce n'est pas... On aurait aimé qu'il soit plus important.
Il y a deux choses qui est en train de se travailler du côté des ressources
intermédiaires. Le ministère travaille le cadre de référence, qui devrait être
livré cet été. Il y a le processus de négo qui est en cours, et Santé Québec
travaille, donc, à la planification, alors... avec les ressources
intermédiaires. C'est vraiment du côté de Santé Québec que ça doit se passer.
Et puis, vous savez, tant que la négo
n'est pas complétée, tant que le cadre de référence n'est pas complété... bien,
les promoteurs, si on peut les appeler comme ça, ou les entreprises, bien,
attendent que tous ces éléments-là soient complétés.
Mme Laflamme : Merci. J'ai
quand même une préoccupation par rapport aux régions éloignées, où ça coûte
beaucoup plus cher. On a lu dans les médias dernièrement, notamment aux Îles-de-la-Madeleine,
que les RI se sentaient particulièrement impactées par l'augmentation des coûts
et par le fait que les tarifs n'étaient pas ajustés, alors ils ne voyaient pas
la façon d'y arriver. Comment, en fait, bonifier là-bas déjà ce qui est
existant, comment y arriver au niveau des coûts? Qu'est-ce que vous avez comme
plan de match pour ça?
Mme Bélanger : Bien, au
niveau de... au niveau des Îles-de-la-Madeleine... c'est un bon exemple que
vous amenez, elles faisaient partie des maisons des aînés qu'on devait
construire, c'était l'engagement de 2019. On devait construire une maison des
aînés, donc, aux Îles-de-la-Madeleine, un projet que j'ai arrêté parce qu'il y
a eu des appels d'offres et les coûts sont sortis... puis c'est public, là, je
le mentionne, ça a été... c'est public, et les citoyens des Îles-de-la-Madeleine
sont bien au courant de ça, les coûts sont sortis à plus de 2 millions la
porte, bon, à raison de l'éloignement, etc. Ce n'était pas un modèle qui
convenait nécessairement aux Îles-de-la-Madeleine. Je vais donner cet
exemple-là.
Par contre, par contre, il y a eu une
autre entente avec une ressource qui était présente, qui est tout près du
centre hospitalier, pour répondre aux besoins des aînés. Mais je pourrais
peut-être laisser Santé Québec vous parler de cette entente-là parce que c'est
un beau partenariat puis ça fait en sorte que ça donne des places aînés qui
répondent aux besoins d'une communauté. Ça fait qu'il faut faire attention pour
ne pas, tu sais, avoir la solution...
Mme Laflamme : De mur-à-mur.
Mme Bélanger : ...de
mur-à-mur. Ça, c'est un exemple où il y a eu <quand même une belle
solution...
Mme Bélanger :
...de
mur-à-mur. Ça, c'est un exemple où il y a eu >quand même une belle
solution.
Mme Laflamme : C'est bien. Ça
va, votre réponse me satisfait.
Mme Bélanger : Oui, ça va?
OK, parfait.
Mme Laflamme : Je vous
remercie beaucoup.
Je vais vous amener sur l'actualité. Ce
matin, on parlait, dans Le Soleil, d'un règlement déposé par Santé
Québec concernant les RPA. Fort intéressant, cela dit. En février dernier, on
apprenait qu'en huit ans, 740, quand même, résidences pour aînés ont fermé. Le
règlement, ce matin, dont faisait état Le Soleil, est-ce que vous pensez
que ça va aider, en fait, le Québec à voir diminuer le nombre de fermetures de
ses résidences et de permettre un nombre d'ouvertures plus grand?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
c'est ça, l'objectif, hein, l'objectif d'avoir révisé la réglementation. Puis
ça faisait longtemps que le cadre de règlement n'avait pas été révisé. Là
encore, je suis obligé de vous dire que c'est Santé Québec qui a fait toute
cette négociation du cadre réglementaire avec le regroupement du RQRA puis avec
d'autres acteurs, donc, du domaine des RPA. Et il était attendu... cette
révision, elle était attendue depuis longtemps, puis je pense que Santé Québec
a réussi à faire un travail important avec le regroupement qui représente les
RPA. Ce règlement sera donc annoncé très bientôt. Alors, il a été, si je ne me
trompe pas, publié dans la Gazette officielle, mais il n'a pas encore
été annoncé. Ça fait que, donc, c'est sûr que, là, il y a de l'information qui
circule, mais Santé Québec sera en mesure d'en faire une annonce bientôt.
Puis, oui, l'objectif, c'est que... d'alléger,
d'alléger sans toucher à la qualité des soins et services, parce qu'il y a
beaucoup de RPA qui ont fermé. Depuis... ça a commencé en 2014, 2015, 2016,
parce qu'il y avait beaucoup de petites RPA qui étaient des anciens foyers, on
appelait ça comme ça dans les régions, un foyer pour personnes âgées qui sont...
qui étaient vraiment des ressources de type familial et qui, au fil du temps,
pour toutes sortes de raisons, avaient de la difficulté à répondre aux
exigences réglementaires, mais pas seulement, certains avaient des problèmes de
qualité puis d'autres, c'était seulement le vieillissement des propriétaires,
la difficulté de trouver du personnel. Ça fait qu'il y a toutes sortes de
raisons pour lesquelles c'est fermé... ça a fermé. Mais aujourd'hui, on a quand
même un solde positif, parce que le phénomène, c'est qu'il y a eu plus de
grosses RPA, puis c'est des petites RPA, donc c'est les régions qui peuvent
avoir été touchées. Ce règlement-là vient justement enlever...
Mme Laflamme : Diminuer la
pression.
Mme Bélanger : Bien, diminuer
la pression puis sans toucher à la qualité. C'est ça, le grand, grand défi.
Mme Laflamme : Mais je suis
très intéressée par ce volet-là, sans toucher à la qualité, parce que, bien que
le règlement, il y a plusieurs aspects qui semblent bien intéressants, il y a
quand même un enjeu au niveau de la formation, puisqu'on entend que la
formation, bien, ce que je comprends de l'article, là, passerait de 180 à
14 heures pour les préposés. Et j'aimerais quand même nous rappeler
collectivement qu'en 2024-2025, c'est 379 dossiers qui ont été conclus au
sein des RPA, là, par le Commissaire aux plaintes et à la qualité. Est-ce que
vous n'avez pas peur qu'en diminuant à ce point le nombre d'heures de formation,
c'est la qualité qui en soit impactée et la sécurité des usagers?
Mme Bélanger : Oui, bien,
écoutez, je ne veux pas ne pas vous répondre, mais je pense que la meilleure
personne pour vous répondre à ça, c'est notre VP opérations. J'imagine qu'elle
va être brève, mais... parce que je vais vous répondre les grandes lignes, là,
puis c'est important que la qualité soit là...
Mme Laflamme : Allons-y.
Mme Bélanger : ...mais ils
ont plus d'informations.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
Mme Laflamme : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Mme Poupart.
Mme Poupart (Maryse) : Est-ce
que je me réidentifie ou ça va?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est beau.
• (15 heures) •
Mme Poupart (Maryse) : Alors,
bien, évidemment, ce règlement-là, de toute évidence, ce n'est pas pour nuire à
la qualité, au contraire, c'est justement pour permettre à ces petites
résidences-là d'avoir accès à des ressources. Donc, un juste équilibrage entre
accès aux ressources, accès à de la formation, mais de la formation pour les
bonnes personnes au bon moment pour donner les bons soins.
Alors, quand on regarde les types de RPA,
on a différents niveaux de RPA, puis c'est peut-être ça qui a amené une
certaine confusion ce matin dans l'article. D'abord, quand on est dans des
catégories de RPA de 1 et 2, où est-ce qu'on est dans autonome, semi-autonome,
évidemment le niveau de formation n'est pas le même, on va avoir un niveau de
surveillance, ce sont des gens qui sont autonomes, donc on va plutôt être dans
des formations de secourisme, de premiers soins. Donc, ça, on n'est pas dans
180 heures, 14 heures. Gardons ça simple. Ça prend une personne qui
s'occupe de surveiller puis d'avoir une formation en premiers soins.
C'est quand on arrive dans les niveaux de
formation de... les niveaux de RPA de catégorie 3, de catégorie 4, où
est-ce que, là, on est dans des personnes semi-autonomes, à ce moment-là, là,
on a besoin d'un petit peu plus, puis là on va avoir une personne sur place.
Dans le règlement, c'est prévu, une personne sur place qui a l'entièreté de
cette formation-là avec formation PDSB, formation de secourisme, où est-ce que,
là, on va avoir l'ensemble de l'oeuvre, puis même dans ces niveaux-là, on va
avoir le 14 heures. Puis je pense que c'est là que, peut-être, il y a eu
une petite confusion. Le 14 heures dont on parlait ce matin, c'est le
14 heures en lien avec l'administration des médicaments. Donc, ce n'est
pas 180 ou zéro, 180 ou 14, c'est une différenciation entre les niveaux de RPA...
15 h (version révisée)
Mme Poupart (Maryse) : ...ou 14,
c'est une différenciation entre les niveaux de RPA.
Mme Laflamme : ...merci. Donc,
est-ce qu'il y a aussi des... l'argent qui sera réservé pour la formation
continue ou, une fois qu'ils sont formés, ces employés-là, on n'y revient pas?
Mme Poupart (Maryse) : Après...
les contrats en lien avec les RPA qu'il y a des obligations d'assurer la
formation puis le maintien de compétences.
Mme Laflamme : Parfait. Merci.
J'en ai parlé d'entrée de jeu, le Québec change, il vieillit de façon assez
rapide, puis on a quand même des alliés, je pense, là-dedans, qui sont les
villes et les municipalités. Quand on regarde le programme Amie des aînés, c'est
787 000 $ qui est mis pour appliquer le programme. Ce sont vraiment
de très petits montants qui sont accordés à nos municipalités. Pour devenir amies
des aînés, il y a encore 209 municipalités qui n'ont pas entamé la démarche. Qu'est-ce
que vous pensez de cette enveloppe-là? Est-ce qu'elle est suffisante?
Mme Bélanger : Bien,
premièrement, le programme Municipalité amie des aînés, là, c'est un fleuron
québécois. C'est un programme qui a été élaboré par l'Organisation mondiale de
la santé. Au Québec, on est la nation, je pense que vous allez aimer ce mot-là...
Une voix : ...
Mme Bélanger : ...alors, on
est la nation qui a le plus de municipalités amies des aînés. Ça fait que je ne
voulais pas dire province parce que ce n'est pas... Alors, 1 036
municipalités et MRC, au total, là, donc 1 036 municipalités plus 210 MRC,
donc... retenons, là, 1 246 municipalités et MRC qui ont fait une démarche
MADA. Ça représente 83 % de nos municipalités. Et, honnêtement, on est
parmi les meilleurs, selon l'OMS, parce que c'est un programme qui a été
élaboré par la direction... par la Santé publique, initialement, OK? Alors
donc, les municipalités... Puis on a... on a aussi adopté une stratégie qui s'appelle
Fierté de vieillir 2024-2029, qui est un plan qui mobilise beaucoup de
ministères et partenaires. Et le ministère des Affaires municipales a dans ses
objectifs de mettre en place les modalités pour Amie des aînés. Alors donc,
avec ça vient de l'argent pour soutenir les municipalités pour qu'ils puissent
se développer une politique. Une fois qu'ils ont développé leur politique, ils
ont accès à d'autres financements, donc, pour des infrastructures, par exemple,
des parcs, etc., bon, de meilleurs accès. Mais donc les municipalités mettent
aussi de l'argent à partir de leurs enveloppes, OK? Puis ça, c'est quand même
important. Puis ils ont leur part à faire à ce niveau-là.
Mme Laflamme : Pensez-vous
que ces enveloppes-là sont vouées à grandir à travers les prochaines années ou
on les laisse comme ça? Parce que c'est aussi corollaire avec la population qui
est vieillissante.
Mme Bélanger : Bien, en fait,
là, ce que je vois dans les... dans la documentation, là, donc, c'est 1 103 000
$. C'est ça?
Une voix : Exact, pour 2025-2026.
Mme Bélanger : ...pour
2025-2026. Alors donc, c'est quand même des montants... Tu sais, c'est sûr qu'on
peut toujours en mettre plus, mais ça, c'est le montant qui nous vient du côté
plus Santé...
Mme Laflamme : Parce que,
moi, dans le cahier de crédits, j'ai 787 000 $ pour 2025-2026.
Des voix : ...
Mme Bélanger : On pourrait
valider avec vous plus tard. OK?
Mme Laflamme : Oui. Parfait.
Mme Bélanger : Parce qu'on
n'a pas les mêmes chiffres, là.
Mme Laflamme : Parce qu'on n'a
pas les mêmes chiffres, visiblement, là.
Une voix : ...
Mme Bélanger : OK. Oui, mais on
va regarder parce qu'effectivement, là, c'est important que vous ayez les bons
chiffres.
Mme Laflamme : On n'a pas...
On n'a pas les mêmes chiffres.
Mme Bélanger : OK.
Mme Laflamme : Bien... Mais
tant mieux, alors. Mais vous reconnaissez que les municipalités, c'est quand
même des partenaires essentiels dans ce qu'on vit au Québec.
Mme Bélanger : C'est des
partenaires essentiels. Puis, honnêtement, ils prennent beaucoup d'initiatives.
Ils se sont dotés des conseillers municipals qui sont responsables du dossier Aînés.
Dans toutes les municipalités où je vais, je pose la question : C'est qui,
le conseiller municipal Aînés? Ils ont tous ça, honnêtement, puis je trouve que
les villes se transforment à l'oeil, hein? On le voit, que les aînés sont
présents sur... dans les places publiques, etc. Bien, c'est tout ça, là. Ce n'est
pas juste le fruit du hasard. Ce programme-là est aidant, mais aussi le grand
programme Fierté de vieillir.
Mme Laflamme : Il faut continuer,
donc, à les soutenir.
Mme Bélanger : Il faut...
Bien, il faut continuer, absolument, oui.
Mme Laflamme : Une dernière petite
rapide : prestation de décès. Plusieurs groupes qui représentent les aînés
ont une demande : Augmentons la prestation de décès. Vous savez que la
prestation de décès, elle est disponible seulement pour les gens qui ont cotisé
au RRQ aussi dans leur vie, ce qui fait en sorte que, par exemple, dans un
couple, quelqu'un qui n'aurait pas travaillé, la personne qui décède n'a pas...
ne laisse pas une prestation de décès derrière elle. Est-ce que vous êtes à l'écoute
de ces groupes-là, qui demandent une augmentation de la prestation de décès,
qui a été fixée en 1998 et qui n'a jamais été indexée?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je n'ai pas eu vraiment de rencontre à ce sujet-là ou de groupes, là, qui m'ont
interpelée à ce niveau-là.
Une voix : ...
Mme Bélanger : Oui. Bien, ce
qu'on me dit, c'est que le ministère des Finances... mais je ne vous réponds
pas ça parce que je veux éviter la question, là, mais je pense qu'il faut
regarder ça. Je ne savais pas non plus, là, que la prestation de décès était...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Bélanger : ...était liée,
là, à ceux qui avaient cotisé pour...
Mme Laflamme : ...
Mme Bélanger : Oui. On va
regarder ça...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...merci beaucoup. Merci. Alors, dernier bloc de la députée
de La Pinière. Le micro est à <vous.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) :
...beaucoup. Merci. Alors, dernier bloc de la
députée de La Pinière. Le micro est à >vous.
Mme Caron : Et j'ai combien de
temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 21 min 17 s.
Mme Caron : Merci. Alors,
juste pour boucler le sujet de tout à l'heure sur le crédit d'impôt pour
maintien à domicile, là, de 7 800 $, où les EESAD, depuis quatre ans,
demandent si elles peuvent l'appliquer au fur et à mesure sur la facture de
leurs clients, l'idée derrière ça, c'est que la plupart des gens qui profitent,
qui bénéficient de ce crédit d'impôt sont ceux et celles qui habitent en RPA.
Ceux et celles qui habitent chez eux ne savent pas toujours... bien, chez eux,
dans leur maison, admettons, dans un appartement qui est hors RPA, ne savent
pas toujours qu'ils ont droit à ce crédit d'impôt. Alors, c'est pour ça que le
milieu des EESAD demande depuis quatre ans de pouvoir l'appliquer. Bref,
c'était juste pour boucler la boucle.
Le sujet dont j'aimerais vous parler
maintenant, ce sont les maisons de soins palliatifs. Alors, historiquement, les
soins cliniques offerts dans les maisons de soins palliatifs étaient couverts à
100 % par le ministère. En 2022, c'est passé à 92 % des coûts des
soins cliniques. Et puis l'offre qui a été déposée cette année couvrirait
77 % des coûts cliniques pour les trois prochaines années, donc ce qui
reviendrait à 127 000 $ par lit au lieu des 165 000 $ qui
sont demandés par le milieu, donc une différence de 38 000 $, alors
que, l'an passé, une unité de 10 lits de soins palliatifs a été inaugurée
à Saint-Charles-Borromée, et là c'est 220 000 $ par lit par année.
Alors, ça fait comme un deux poids, deux mesures. Les personnes qui vont en
maison de soins palliatifs, bien, les... là, les coûts vont être couverts... ne
seront pas couverts à 100 % pour les coûts... pardon, pour les soins
cliniques, là, évidemment, pas pour les autres coûts que les maisons doivent
financer par la philanthropie.
Alors, pourquoi... pourquoi ce ne serait
pas... les soins palliatifs ne seraient pas des soins, en fin de compte, qui
sont financés à même hauteur partout et... puisque ça, ça devrait être des
soins universels?
Mme Bélanger : Oui. Bien, en
fait, les maisons de soins palliatifs, là, font un travail vraiment exemplaire
au niveau des soins de fin de vie. On le sait, qu'au niveau des soins de fin de
vie, on a donc des services qui sont donnés en soutien à domicile pour les
soins de fin de vie, en maison de soins palliatifs, en CHSLD, Saint-Charles-Borromée,
ce que vous venez de nommer est un exemple de ça, où on peut garder des unités
dédiées aux soins palliatifs, mais aussi dans les centres hospitaliers. Puis,
plus on regarde, dans ce continuum-là, où les soins de fin de vie se déroulent,
bien, plus on voit que les coûts sont différents. Donc, les soins de fin de vie
à domicile versus dans un centre hospitalier universitaire, ça ne coûte pas la
même chose. Puis là on peut imaginer qu'en CHSLD... puis ainsi de suite, et en
maison de soins palliatifs.
Alors, il y a des négociations
actuellement avec, donc, les représentants de l'association des soins
palliatifs, et effectivement les montants que vous donnez sont les montants qui
m'ont été confirmés sur la proposition de base, c'est-à-dire une augmentation
de 6,8... 6,85 %, 118 855 $ de financement à 127 000 $.
Par contre, pour les plus petites maisons de soins palliatifs, il y a un tarif
plancher, parce qu'on peut comprendre qu'une maison de soins palliatifs de
trois places, bien, ça va être difficile d'arriver seulement avec ce
financement-là. Ça fait qu'il y a eu des ajustements qui ont été faits. Puis il
y a aussi un montant qui est offert pour l'alliance des soins palliatifs pour
les aider à soutenir leurs activités administratives. Et je ne peux pas aller
plus loin que ça aujourd'hui parce que la négociation est en cours. Ils font un
travail exemplaire. Il y a tout le volet aussi d'hôpital de jour ou clinique de
jour, en ambulatoire, là, ou en clinique externe. Alors donc, ces discussions-là
sont en cours actuellement.
• (15 h 10) •
Mme Caron : D'accord. Alors,
je comprends que vous ne pouvez pas vous avancer plus, mais ce qui... ce qui
est... en fin de compte, oui, les petites maisons reçoivent plus pour vivre. On
comprend que ce ne sont pas les mêmes coûts en maison de soins palliatifs,
qu'en CHSLD, à l'hôpital. Et là où ça coûte le moins cher pour le réseau, c'est
en maison de soins palliatifs. Donc, c'est pour ça que les... ce serait
important que les montants soient suffisants pour ne pas perdre de place et ne
pas perdre de maisons de soins palliatifs, parce que, même si elles vont
chercher du financement en philanthropie, c'est le financement autre.
Là, que les... que le financement des
soins cliniques soit passé, historiquement, à 100 %, à 92 %, à
77 % pour les trois prochaines années, et on sait que c'est renouvelable
pour deux ans, même les maisons de soins palliatifs pédiatriques reçoivent un
montant plus élevé, mais là il y a un repas. Selon les offres qui ont été
faites cette <année...
Mme Caron :
...pédiatriques
reçoivent un montant plus élevé, mais là il y a un repas. Selon les offres qui
ont été faites cette >année, il n'y aura pas d'augmentation. Et, comme
c'est pour les trois prochaines années plus cinq, ça veut dire qu'on va arriver,
à un moment donné, où ces maisons-là auront aussi de la difficulté à suivre.
Parce que ce n'est pas normal, puis, ça, je pense que vous en conviendrez, Mme
la ministre, que, par exemple, une infirmière en soins palliatifs, dans une
maison de soins palliatifs, qui donne les mêmes services, la même expertise
qu'à l'hôpital ou en CHSLD ne puisse pas être payée au même salaire ou à un
salaire semblable parce qu'elle œuvre dans une maison de soins palliatifs.
Mme Bélanger : Mais peut-être
juste, quand même, se rappeler qu'en 2022, c'est quand même un ajustement qui
avait été fait, quand même important, au sortir de la pandémie, en lien avec le
financement des maisons de soins palliatifs. En 2022, on était passés, là, de
80 000 $ par lit à 110 000 $, et, bon, je pense que j'ai eu...
j'avais eu l'occasion de vous le mentionner. Puis, pour les soins pédiatriques,
soins palliatifs pédiatriques, on était passé de 169 000 $ à 200 000 $
par lit.
Mme Caron : Bien, c'est ça...
Mme Bélanger : Ça fait que, tu
sais, c'est vrai qu'il y avait eu une très grosse augmentation puis, là, bien,
il y a comme une stabilisation. C'est difficile de comparer les CHSLD... les
unités de soins palliatifs en CHSLD versus les maisons de soins palliatifs
parce qu'il faut regarder aussi les taux d'occupation, etc., il y a beaucoup de
variables à regarder. Mais la discussion est en cours, et puis les maisons de
soins palliatifs font un excellent travail puis ils font la différence. Alors,
je pense qu'il faut laisser les gens continuer de discuter de ça.
Mme Caron : Absolument, puis
on veut... on veut les conserver. Puis on comprend que les montants ont
augmenté parce que les coûts ont augmenté partout. Donc, l'argument...
l'argument, c'est que les soins cliniques soient couvertes... soient couverts à
100 % par le réseau pour les maisons.
Je voulais vous parler d'un... d'un cas
dont vous avez sûrement entendu parler aussi. J'ai reçu une copie du rapport
d'investigation du coroner Pierre Guilmette qui portait sur le décès de M. Sylva
Breton au CHSLD de Beauceville en janvier 2024. Alors, je ne veux pas entrer
dans les circonstances précises de ce triste décès, mais il y a un passage du
rapport du coroner qui a retenu mon attention, où le coroner écrit ceci :
«La loi du coroner est claire :
lorsqu'un décès survient à la suite de traumatismes, ou lorsque les
circonstances sont obscures, ou que le médecin ne peut établir la cause du
décès, le médecin doit déclarer la situation au Bureau du coroner.
«Dans le cas qui nous occupe, l'équipe
traitante en était venue à la conclusion que la dégradation de l'état de M.
Breton était consécutive à un traumatisme crânien, pour lequel les soins de
confort ont été choisis. Il s'agit d'une déclaration tardive, qui a eu pour
conséquence de compliquer l'investigation et de susciter de l'inconfort au
niveau de la famille. J'ai été confronté à cette situation à plusieurs reprises
dans les mois et les années précédentes.» Alors, c'est ce bout-là qui m'a
interpelée, où ce coroner dit que, donc, c'est arrivé plusieurs fois, dans les
derniers mois, dans les dernières années, où le décès a été... a été déclaré
tardivement, alors que la loi sur le coroner est claire.
Ma question, c'est : Est-ce que... Connaissez-vous
l'ampleur de cette problématique-là, et est-ce que ça a été porté à votre
connaissance? Est-ce qu'il y a des actions qui sont entreprises pour peut-être
rappeler à l'ordre le personnel?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je pense que le coroner soulève un élément qui est extrêmement important. Puis
les décès en CHSLD, hein... Quand on arrive en CHSLD, habituellement, on arrive...
quand on est une personne âgée, là, naturellement, on arrive parce qu'on arrive
à la fin de la vie. Ça ne veut pas dire qu'on est en soins de fin de vie, mais
on arrive quand même à la fin de la vie, et il faut... faut être très, très
prudents dans les mesures qu'on prend pour accompagner les personnes dans tous
leurs épisodes de services puis de soins, puis en particulier lorsqu'il y a des
décès, puis surtout s'il y a des décès liés à des... je vais appeler, des
événements. Alors, raison de plus pour s'assurer de respecter la loi puis de
déclarer ces décès-là.
Les déclarations tardives, ce n'est pas une
bonne pratique. C'est une mauvaise pratique, on peut se dire ça comme ça, alors
il faut... Ça revient aux établissements de suivre les recommandations des
coroners lorsqu'ils en ont. Habituellement, pour avoir été dans le réseau
pendant très longtemps, les... tous ces rapports de coroners est amené au
comité vigilance qualité, puis il y a un comité qui évalue ça, puis il y a des...
on s'assure de suivre les recommandations au sein de l'établissement.
Santé Québec pourrait peut-être vous
répondre à ça parce que, <maintenant...
Mme Bélanger :
...au
sein de l'établissement.
Santé Québec pourrait peut-être
vous répondre à ça parce que, >maintenant, toute la gouvernance a changé
au niveau des conseils d'administration, au niveau de vos comités. Mais je sais
que votre conseil d'administration suit de très près tous ces éléments-là, ça
fait que ce serait les bonnes personnes pour vous répondre, si vous acceptez.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
Mme Caron : Consentement, oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme Biron.
Mme Biron (Geneviève) : En
fait, vous... vous faites état d'un décès qui est arrivé, évidemment, très
malheureux, en janvier 2024, qui était au moment où Santé Québec n'était pas
constituée, et je n'étais pas en poste. Ce que je peux vous dire, c'est que ce
n'est pas une situation qui est venue à mes oreilles dernièrement ou qu'on a
eue à discuter, de déclarations tardives, mais je suis tout à fait d'accord que
ce ne serait pas une situation qu'on voudrait tolérer.
Maintenant, si on veut parler d'événements
qui sont arrivés précédemment, bien, je suis... je ne serai pas ou Santé Québec
n'est pas le bon organisme pour répondre.
Mme Caron : Donc, Santé
Québec n'est pas l'organisme pour répondre à cette question-là?
Mme Biron (Geneviève) : Pour
janvier 2024 et précédemment.
Mme Caron : Oui, d'accord,
mais je fais... En fait, ma question... C'est parce que c'est dans le rapport
pour ce dossier. Mais ma question n'est pas tant sur le cas de monsieur, mais
plutôt sur le fait que le coroner dit qu'il y a eu plusieurs... ça lui est
arrivé plusieurs fois qu'il y ait des déclarations tardives, puis je voulais
savoir si on connaissait l'ampleur de cela puis s'il y avait un rappel à
l'ordre qui avait été fait ou... Mais alors qui, de Santé Québec ou du
ministère, on n'est pas sûrs.
Mme Biron (Geneviève) : Mais,
en fait, ce que... c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est que ce n'est
pas un sujet, là, d'actualité, dans le sens que, pour le moment, nous n'avons
pas récemment entendu parler d'une telle problématique. Mais, si c'était le
cas, évidemment, on se mobiliserait rapidement, et ce ne serait pas toléré, là.
C'est... Ce serait un rappel à l'ordre à l'ensemble des établissements.
Mme Caron : D'accord. Merci.
Alors, j'essayais de voir quand le... quand le rapport du coroner... OK. C'est
beau.
Alors maintenant, je vais vous parler d'un
autre... d'un autre sujet qui a été dans l'actualité l'an... bien, il y a... il
y a plusieurs mois, c'était la question du fameux contrat qui avait été signé
avec l'ITHQ pour la nourriture dans les CHSLD, où donc il y avait... c'est un contrat
de 2 millions. Et il y a... il y a plusieurs problèmes qui ont été... qui
ont été identifiés après... après une analyse, là, donc des problèmes
généralisés d'approvisionnement, manque de fruits et légumes frais,
méconnaissance sur l'utilisation de l'équipement, manque de thermomètres et
d'équipements pour maintenir les aliments à la bonne température, quantité
insuffisante de vaisselle, pénurie de personnel à tous les niveaux
hiérarchiques, manque de formation, surtout en ce qui concerne l'hygiène, la...
manipulation des aliments, utilisation des appareils de pointe, des menus
adaptés à la dysphagie, donc des risques pour la salubrité, la sécurité
alimentaire des résidents. Bon. En tout cas, je ne vais pas continuer la liste.
Et donc, il y avait une intervention de l'ITHQ pour former. Et là, après
l'arrivée de Santé Québec, à qui on avait demandé de faire des compressions de
1 million et demi, le... ce qui n'avait pas été dépensé sur le contrat
avec l'ITHQ de 900 000 $ a été mis sur pause, arrêté. Et, à l'époque,
un... un porte-parole de Santé Québec avait dit que «nos équipes sont
présentement en analyse concernant la suite du mandat de l'ITHQ pour la phase 2
prolongée». Alors, j'aimerais savoir si cette analyse est terminée, quel est le
résultat de cette analyse et est-ce qu'il y aura une phase 2 pour s'assurer que
les gens soient suffisamment formés?
Mme Bélanger : OK. Je vais y
aller brièvement parce que, là, je vois que le temps file, mais effectivement,
la phase 1, le mandat qui avait été donné à l'ITHQ, c'était de faire un état
des faits, de faire des recommandations puis, par la suite, de faire de la
formation. Ils ont complété la phase 1. Il restait un solde. Alors... Et, pour
la phase 2, Mme Poupart pourrait vous répondre pour la suite des choses.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Mme Caron : Consentement.
• (15 h 20) •
Mme Poupart (Maryse) : Alors,
bien, évidemment, l'alimentation en CHSLD, c'est une priorité. Ça fait partie
des petits plaisirs, comme on dit, au quotidien. Et vous dire que, tout à
l'heure, on a évoqué le comité de vigilance. Alors, notre comité national de
vigilance et de qualité, c'est un sujet qui tient particulièrement à cœur, de
même que notre Comité national des usagers, qui suit ça de très près. Alors,
dans ce dossier-là, je peux vous dire que les équipes de tout le secteur, là...
on va laisser faire les abréviations, là, mais les secteurs — approvisionnement,
logistique — qui s'occupent des services alimentaires dans l'ensemble
des établissements, de même que les équipes cliniques qui sont sous ma
responsabilité, on travaille étroitement ensemble pour mettre en place les
meilleures pratiques dans... dans l'ensemble des CHSLD puis, là, il y a une
kyrielle de moyens, allant de l'approvisionnement local...
<Moi...
Mme Poupart (Maryse) :
...puis, là, il y a une kyrielle de moyens, allant de l'approvisionnement local...
>
Moi, j'ai été PDG en établissement, là,
puis, souvent, ce que nos résidents, ils nous disaient : Bien, au mois de
juin, là, est-ce qu'on peut manger des fraises du kiosque d'à-côté de mon
CHSLD? Donc, c'est ce genre de processus là puis de pratique là qu'on est en
train de réintroduire. Donc, ça va, bien sûr, des stratégies d'hygiène,
s'assurer qu'on a les meilleures pratiques, les températures, les textures, vous
les avez tous évoqués, tout à l'heure, les éléments qui étaient au rapport,
mais également de voir à toutes les stratégies pour rencontrer aussi les
préférences de nos résidents en milieu d'hébergement. Donc, c'est un dossier
qui est suivi en haut lieu et qui est travaillé aussi avec l'ensemble des
établissements qui forment Santé Québec. Donc, l'ensemble des
30 établissements, c'est une priorité dans les différents CHSLD.
Mme Caron : Y compris la
formation du personnel.
Mme Poupart (Maryse) :
Absolument.
Mme Caron : Parce que, si...
Parce que je sais, par exemple, que les maisons des aînés sont super équipées
dans les cuisines, mais encore faut-il que quelqu'un sache comment utiliser cet
équipement. Même chose dans les CHSLD. Merci pour cette réponse.
L'autre question que j'aimerais vous
poser, dans le cahier du ministère, on nous dit que les sommes consacrées aux
personnes de 65 ans et plus en 2025-2026 pour le Programme d'aides
visuelles est de 1,8 million et que le nombre de bénéficiaires de
65 ans et plus, 4 576. La question que je veux vous poser, parce
qu'il a été porté à mon attention par le Regroupement des aveugles et amblyopes
du Québec, que les délais sont excessivement longs pour avoir accès aux
services, que les services sont bien, mais que, pour avoir accès à ces services,
c'est très long.
Par exemple, il faut passer un examen en
basse vision, qui est fait par... réalisé par un optométriste spécialisé. Selon
eux, il y en a seulement 40 au Québec qui sont spécialisés pour faire ces
examens et qui sont à temps très, très partiel, à un demi-jour par mois ou un
jour par mois. C'est une liste d'attente de 10 à 24 mois pour avoir droit
aux services et aux aides. Puis, en Gaspésie, l'attente serait de 16 mois
après le diagnostic pour avoir accès aux services de réadaptation. Alors... Et,
même si la personne, par exemple, une personne avec qui j'ai parlé, a perdu
subitement et complètement 100 % de la vision après un accident et elle a
dû attendre six mois pour avoir... Il fallait quand même qu'elle passe cet
examen en basse vision, même si c'était... les médecins étaient... c'était un
diagnostic inconditionnel, là, c'était impossible que cette personne retrouve
la vue. Elle a dû attendre six mois pour avoir des aides, parce qu'une personne
qui devient aveugle, évidemment, a besoin de formation pour marcher, pour son
équilibre, et tout ça. Alors, ça a été une période excessivement difficile. Et,
pour les aînés qui souffrent de... dégénérescence maculaire, pour eux, c'est
encore plus difficile parce que ce n'est pas une perte subite de la vue, ça se
fait graduellement au fil du temps.
Alors, avec le vieillissement de la
population, les cas de dégénérescence maculaire et pour toutes les autres
personnes qui ont des problèmes, est-ce que c'est quelque chose qui est sur le
radar de Santé Québec ou du ministère? Parce que non seulement il y a cette
attente pour les examens en basse vision, après ça il y a l'attente pour les
services, et, chaque fois qu'un service a besoin d'être renouvelé, exemple, une
personne qui utilise un appareil... un ordinateur pour être capable de lire, le
logiciel est mis à jour, il faut qu'elle repasse tout le processus. Puis, quand
elle peut avoir l'autorisation d'avoir la mise à jour du logiciel, c'est déjà
passé. Alors, est-ce qu'il y a quelque chose qui se fait qui est sur le radar
du ministère pour les personnes aveugles et amblyopes?
Mme Bélanger : OK. Merci pour
la question. Si vous permettez, je demanderais au sous-ministre de pouvoir y
revenir. C'est une question de... au niveau des services spécialisés, là, ce
que je comprends. Donc... Et puis on a, donc, des programmes spécialisés à ce
niveau-là. Alors, on va... Je vais laisser monsieur notre sous-ministre vous
répondre.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement?
Des voix
: Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. M. le sous-ministre, vous présenter, s'il
vous plaît.
M. Paré (Daniel) : Oui.
Bonjour, Mme la Présidente. Daniel Paré, sous-ministre du ministère Santé et
Services sociaux. Dans le fond, au niveau de la gestion du programme, c'est un
programme qui est fait au niveau principalement de Santé Québec et de la RAMQ.
Mais ce que je peux vous dire, les montants que vous avez, là, du
1,8 million et le nombre de bénéficiaires 65 ans et plus, vous avez
les bonnes données, là, qui est 4 576.
Mme Caron : Et est-ce que le...
Ma question était à savoir : Est-ce que ce grand délai d'attente et
d'obligation d'avoir... de passer les tests <en...
Mme Caron :
...question
était à savoir : Est-ce que ce grand délai d'attente et d'obligation
d'avoir... de passer les tests >en basse vision et d'être réévaluée
chaque fois qu'un nouveau service ou un service doit être mis à jour, est-ce
que ça peut être regardé pour que les gens n'aient pas à attendre aussi
longtemps ou si ce n'est pas encore sur l'écran radar?
Mme Bélanger : Bien, peut-être
le sous-ministre et Mme la vice-présidente Opérations, là, pourraient aussi
compléter.
M. Paré (Daniel) : Bien,
j'aurais... j'aurais mis l'emphase, moi, sur le... sur le défi des ressources
humaines. Vous savez... bien, je pense que vous l'avez bien nommé, là, qu'il y
a 40 personnes pour le... pour le Québec, et ça, c'est quelque chose qui
est un... qu'on doit regarder au niveau, là, de... notamment avec l'Éducation
supérieure pour favoriser, là, la... d'avoir le plus d'optométristes
spécialisés pour faire ça. Parce que c'est... je vais le dire comme ça, je
pense qu'il y a une notion, là, de... de déficit ou de goulot d'étranglement
par rapport à nos ressources humaines, et c'est probablement pour ça que notre
programme est fait de cette façon-là.
Mme Caron : On comprend ça.
Maintenant, est-ce qu'il y aurait moyen de regarder le programme, de réanalyser
pour savoir si la façon dont il fonctionne actuellement est optimale, vu les
ressources, pour s'assurer que les gens ne soient pas, et là j'utilise
l'expression entre guillemets, «dans le noir»?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Paré (Daniel) : Je vous le
confirme, que oui. C'est quelque chose que nous allons regarder.
Mme Caron : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, c'est ce qui complète le temps pour
l'opposition officielle. On termine le tout avec le gouvernement pour une
période de 16 min 33 s. Je reconnais la députée de Soulanges.
Mme Picard : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Tout d'abord, je tiens à remercier toutes les équipes qui
sont ici aujourd'hui. C'est, je crois, votre dernière journée, votre dernier
après-midi. Je sais à quel point c'est beaucoup de travail pour vous, donc un
gros merci de prendre part à cet exercice qui est demandant pendant plusieurs
semaines, Mme la Présidente.
Mme la ministre, le Québec fait face à une
transformation démographique majeure. D'ici quelques années, une personne sur
quatre aura plus de 65 ans, et un nombre croissant d'aînés souhaitent
demeurer dans leur milieu de vie le plus longtemps possible, dans la dignité, l'autonomie
et la sécurité. Dans ce contexte, le soutien à domicile devient non seulement
une réponse humaine et adaptée aux besoins des personnes aînées, mais également
un levier essentiel pour assurer la pérennité de notre réseau de la santé et
des services sociaux.
Au cours des années, des dernières années,
notre gouvernement a d'ailleurs démontré sa volonté d'accélérer ce virage des
soins à domicile. Depuis 2019, le nombre d'heures de services offertes est
passé d'environ 23 millions à plus de 37 millions d'heures, alors que
les investissements consacrés au soutien à domicile ont presque doublé,
atteignant maintenant 2,6 milliards de dollars.
En janvier dernier, vous avez lancé la Politique
nationale de soutien à domicile Mieux chez soi, une politique attendue depuis
plusieurs années et qui propose une vision renouvelée des soins et services à
domicile au Québec, notamment en misant davantage sur les CLSC, la
collaboration avec les partenaires, dont les EESAD, et une nouvelle allocation
autonomie à domicile. Mme la ministre, en janvier dernier, vous nous annonciez
la tant attendue politique de soins à domicile dans un contexte de
vieillissement de la population. Pourriez-vous nous expliquer comment cette
politique va permettre d'améliorer les soins à domicile au Québec?
• (15 h 30) •
Mme Bélanger : Oui. Alors,
merci. Excellente question. Et c'est un excellent sujet, dans le fond, parce
que le soutien à domicile, c'est vraiment important. Puis on a fait beaucoup de
travail, puis il en reste encore beaucoup à faire. Alors, donc, j'ai eu
l'occasion de le mentionner, notre gouvernement a vraiment doublé le
financement en soutien à domicile. Alors, avec un budget, actuellement, de plus
de 2,6 milliards de dollars, alors ce n'est quand même pas rien.
C'est extrêmement important.
Puis je l'ai mentionné à plusieurs
reprises, l'argent, ça ne pousse pas dans les arbres. Il n'y en a pas de façon
infinie, ça fait qu'il faut, oui, se donner des ressources, mais il faut être
capables de réorganiser le travail. Puis cette Politique nationale de soutien à
domicile, elle vient mettre la base. Ça fait que la base, c'est important. On
veut s'assurer que les Québécois, Québécoises qui ont besoin de services de
soutien... en soutien à domicile puissent recevoir ces services dans leurs
milieux de vie. C'est le premier choix des Québécois.
Alors donc, cette politique, elle a été
travaillée pendant plus d'un an et demi, où on a fait deux grands rendez-vous,
je veux quand même juste qu'on se rappelle ça, là, deux grands rendez-vous :
un premier pour faire les constats de nos services de soutien à domicile, grand
rassemblement à Québec avec des intervenants, avec des usagers, avec des
experts, et donc on a fait, vraiment, le bilan de ce qu'on se faisait... de ce
qu'on faisait en soutien à domicile, puis, au même moment, il y avait aussi la Commissaire
santé bien-être qui avait déposé son rapport, ça fait qu'on a tenu compte aussi
de tous ces grands rapports qu'on a reçus d'experts. On a fait un deuxième
grand rendez-vous ...
15 h 30 (version révisée)
Mme Bélanger : ...de tous ces
grands rapports qu'on a reçus d'experts.
On a fait un deuxième grand rendez-vous.
Celui-là, c'était vraiment pour examiner quelles étaient les meilleures
pratiques, donc, toujours avec des intervenants, des usagers, bon, et,
finalement, bien, ça a conduit à notre... à la rédaction de notre Politique
nationale de soutien à domicile. C'est le ministère de la Santé et Services
sociaux qui a vraiment fait ces travaux-là.
Et essentiellement, il y a trois choses,
dans le soutien à domicile. Il y a beaucoup... il y a beaucoup d'éléments, mais
je veux mettre l'emphase sur trois éléments. Premièrement, rehausser les
services en CLSC, c'est très important, mais les CLSC ne peuvent tout faire, alors...
Puis on n'a pas toujours besoin d'un professionnel qui a une maîtrise et un
doctorat pour aller en soutien à domicile, ça fait qu'il faut donc revoir l'organisation
du travail, bien, la hiérarchisation et les rôles des différents
professionnels, puis ça, c'est important.
Il faut aussi, donc, que le CLSC ait un
rôle d'évaluation, d'accueil, d'orientation, d'accompagnement des personnes. Tu
sais, il faut revoir le rôle des CLSC en soutien à domicile, puis ils doivent
avoir un rôle de coordination des différents acteurs clés en soutien à domicile,
donc, qu'on retrouve dans un territoire donné, par exemple, l'EÉSAD du
territoire, la popote roulante, le centre d'action bénévole, la ville qui... ou
la municipalité qui organise des activités, les organismes en proche aidance.
Alors donc, il faut que ces CLSC deviennent une plaque tournante, un endroit d'accueil
pour les usagers et leurs proches, mais aussi une plaque tournante pour les
différents organismes. Alors, c'est ça, le rôle d'un CLSC. Ça fait que ça, c'est
très important. Puis la politique, elle ne le dit pas comme ça, là, ça prend
plutôt des grandes phrases, et tout ça, mais essentiellement, c'est ça que ça
veut dire.
Le deuxième élément qui est très
important, c'est vraiment, donc, tout le volet, on en a parlé, des partenaires
qui donnent des services en soutien à domicile. Parce que les CLSC ne peuvent
tout faire, alors donc, on a, par exemple, dans les menus travaux domestiques,
l'aide à domicile, le soutien à la personne, des entreprises qui se qualifient
pour faire ça. Puis ça, c'est important, puis on l'a mis comme un deuxième
élément de notre politique pour sortir l'offre de services des CLSC, qui
demeurent avec un rôle important, mais il y a d'autres partenaires qui doivent
aussi contribuer.
Puis le troisième élément, c'est vraiment
l'allocation d'aide à domicile, qu'on a aussi annoncée dans cette... dans cette
grande politique, donc, pour donner plus de... Puis je veux saluer le travail
de notre députée dans le chèque emploi-service, qui s'est transformé en allocation
d'aide à domicile. Je sais qu'elle en a fait l'oeuvre de sa carrière politique.
Merci beaucoup, Marilyne. C'est vraiment elle qui nous a aidés à faire ça. Puis
ça fait que c'est le chèque emploi-service, on a changé l'appellation, parce
que c'était comme un peu austère, comme titre, hein, chèque emploi-service, ça
voulait... en plus, on ne savait pas trop ce que ça voulait dire. Alors, c'est
une allocation d'aide à domicile pour permettre, justement, aux proches ou aux
personnes elles-mêmes d'avoir plus d'autonomie, d'être capables d'utiliser,
donc, un financement selon l'évaluation des besoins pour organiser les services
par eux-mêmes. Donc, c'est extrêmement important. Puis alors, Marilyne, je veux
te saluer là-dessus aussi, parce que ça a été très aidant puis... Et on en a
fait une pièce maîtresse de la Politique nationale de soutien à domicile.
Alors donc, c'est vraiment important, ce
qui se passe en soutien à domicile, et il y a l'arrivée de Santé Québec, ça
fait que Santé Québec a repris les choses, donc, à leur manière, ce qui est
tout à fait correct pour une société d'État, mais on continue de suivre ça de
près. Vous avez vu aussi que la première ministre a annoncé, et j'étais
accompagnée... donc, avec elle, il y a deux semaines, on a annoncé, du côté de Mercier,
donc, 1 million d'heures supplémentaires en soutien à domicile, donc, c'est
important, donc, avec le financement nécessaire.
Ça fait que, tu sais, cette année, on est
au mois de mai, bien, moi, je m'attends qu'au 31 mars 2027... bien, qu'on
ait plus d'usagers, plus d'heures puis moins d'attente, puis toujours dans la
pertinence, dans l'évaluation pertinente des choses, mais c'est comme ça, puis
c'est des objectifs qu'on doit se donner à chaque année. Mais je pense qu'on
est à la bonne place.
Je ne sais pas combien de temps il me
reste, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 8 min 20 s.
Mme Bélanger : Deux minutes?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Huit.
Mme Bélanger : Huit minutes.
OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Il y a d'autres questions.
Mme Bélanger : Mais peut-être
juste vous <dire...
Mme Bélanger :
...OK.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Il y a d'autres questions.
Mme Bélanger : Mais
peut-être juste vous >dire, sur le soutien à domicile, allons-y, puis,
tu sais, il y a un autre élément, là, qui est l'introduction des TI. Parce
qu'on pourra changer le rôle, changer les processus, mais si on n'introduit pas
de technologies d'information ou d'aides à la décision, bien il va manquer un
bout.
Puis je veux juste quand même revenir avec
le DSN, le Dossier santé numérique, qui a été implanté. Il y a quand même un
volet important pour le soutien à domicile. Ça fait qu'aujourd'hui, au moment
où on se parle, le personnel du soutien à domicile travaille avec des
téléphones qu'on leur a fournis. Ils ont leurs listes de patients, ils ont
leurs plans d'intervention, ils ont accès aux médicaments, aux résultats de
laboratoire pour leurs patients, bien sûr. Ils ont accès à leurs routes de
travail, je veux aller chez tel... chez Mme X, Mme Y, etc., ils rentrent ça,
les adresses apparaissent, c'est avec Google Maps, OK, le meilleur trajet pour
s'y rendre, vous avez besoin de quoi comme fournitures. Moi, honnêtement, je
trouve que c'est extraordinaire. Ça fait que, tu sais... Alors, cela contribue
aussi, là, les équipes de soutien à domicile de ces deux établissements sont
chanceux actuellement, parce que là, ils testent quelque chose de vraiment
intéressant. Alors, voilà.
Mme Picard : Bien, justement,
le DSN, là, en tant que patiente partenaire, je trouve que le plus grand
avantage pour nous, ça va être de ne pas tout le temps être obligés de répéter,
puis on le sait que le DSN aide énormément à ce niveau-là, donc j'ai hâte de
l'utiliser. Ce ne sera pas encore à Sainte-Justine, je crois bien, avant un
petit bout, mais j'ai hâte de voir sur le terrain comment ça se passe.
Ma deuxième question est par rapport à
l'alerte SILVER. Avec le vieillissement de la population, de plus en plus de
familles québécoises sont confrontées à la réalité des troubles neurocognitifs,
comme la maladie d'Alzheimer, ainsi qu'à des situations de vulnérabilité
pouvant mener à la disparition inquiétante d'une personne aînée. Lorsqu'un
proche disparaît, chaque minute compte et l'angoisse vécue par les familles est
immense. Dans ces situations, la rapidité d'intervention et la mobilisation de
la population peuvent faire toute la différence. Notre gouvernement a toujours
affirmé sa volonté de mieux protéger les personnes aînées et de leur offrir un
environnement sécuritaire et bienveillant. C'est dans cet esprit qu'a annoncé,
en février dernier, le déploiement de l'alerte SILVER, un nouvel outil visant à
soutenir les corps policiers dans leurs recherches rapides de personnes aînées
disparues dont la sécurité pourrait être compromise. Cette initiative s'inscrit
dans une approche proactive de prévention, de sécurité publique, de soutien aux
proches aidants.
Dans ce contexte, où plusieurs
juridictions ont déjà mis en place des mécanismes semblables avec des résultats
positifs, cette mesure démontre encore une fois la volonté du gouvernement
d'adapter ses interventions aux réalités du vieillissement de la population,
aux besoins grandissants des familles. Mme la ministre, pouvez-vous nous
expliquer pourquoi le gouvernement a choisi de mettre en place l'alerte SILVER,
et quel impact concret cette mesure aura pour les familles et les aînés? Et on
comprend qu'avec le vieillissement de la population il y aura une augmentation
du neurocognitif. Donc, voilà, pourquoi c'est important et quels impacts...
• (15 h 40) •
Mme Bélanger : Merci beaucoup.
Alors, l'alerte SILVER a été créée, là, pour mieux protéger les personnes
aînées vulnérables, notamment celles qui ont des troubles neurocognitifs. Et
donc, lorsqu'il y a une disparition... Et ces personnes, on le sait, là, leur
vie peut être en danger assez rapidement. Ça fait que l'objectif de l'alerte
SILVER, c'est vraiment de mobiliser rapidement la population, les médias, les
corps policiers afin de retrouver le plus rapidement possible la personne qui
est égarée. Alors, c'est extrêmement important. C'est une alerte, en fait,
c'est une alerte médiatique qui vise à informer la population de la... de la
disparition d'une personne qui vit avec un trouble neurocognitif.
Alors donc, l'acronyme de SILVER, c'est
Système d'information pour localiser les personnes vulnérables, égarées et
recherchées. Alors donc, ça dit ce que ça veut dire. Alors, c'est important.
C'est un système, donc... Il faut que les proches aidants, dans le fond,
travaillent en prévention, c'est-à-dire que, lorsqu'on a... on est proche
aidant de quelqu'un qui a un trouble neurocognitif, bien il faut s'assurer de
préparer, dans un petit carnet ou sur nos appareils, si on est habiles avec ça,
la description de la personne, son poids, sa couleur des cheveux, les yeux.
Parce que, quand il arrive des situations comme ça, là, il faut que ce soit
rapide. Ça fait qu'il y a donc des conseils là, qu'on dit comment se... comment
bien se préparer. Naturellement, il faut avoir des mesures de sécurité chez
soi, mais il peut arriver que, malgré tout ça, une personne va représenter des
risques, et va disparaître, et donc il faut retrouver rapidement, puis ces
alertes-là permettent, justement, de retrouver les personnes le plus rapidement
possible.
Donc, voilà, on... très contente, j'ai
fait cette annonce-là en présence de mon <collègue...
Mme Bélanger :
...Donc,
voilà, on... très contente, j'ai fait cette annonce-là en présence de mon >collègue
de la Sécurité publique.
Mme Picard : Merci. Je pense
qu'il me reste un quatre minutes.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 3 min 34 s.
Mme Picard : Trois minutes. Bon.
Je voulais vous parler du plan d'action en proche aidance 2021-2026.
Partout au Québec, des centaines de milliers de personnes proches aidantes
accompagnent au quotidien un parent âgé, un conjoint, un enfant ou un proche
vivant avec une maladie, un handicap ou une perte d'autonomie. Derrière ces
gestes souvent accomplis dans l'ombre se trouvent des Québécois et Québécoises
qui consacrent temps, énergie et parfois même leur propre santé au bien-être
d'un être cher. Leur contribution est immense, tant sur le plan humain que pour
notre réseau de la santé et des services sociaux.
Pendant longtemps, les proches aidants ont
porté cette responsabilité avec trop peu de reconnaissance et de soutien. Notre
gouvernement a choisi d'agir concrètement afin de mieux reconnaître leur rôle
essentiel et de leur offrir des mesures adaptées à leur réalité. Le Québec a
ainsi été le premier endroit en Amérique du Nord à se doter d'une loi
spécifique visant à reconnaître et soutenir les personnes proches aidantes. Une
avancée majeure qui a permis d'établir les bases d'une approche gouvernementale
plus structurée, plus humaine et plus cohérente. Cette volonté s'est notamment
traduite par l'adoption de la Politique nationale pour les personnes proches
aidantes, ainsi que par le lancement, en 2021, du Plan d'action gouvernemental
pour les personnes proches aidantes 2021-2026. Ce plan prévoyait plusieurs
mesures concrètes pour améliorer l'accompagnement, le répit, l'accès à
l'information et le soutien offerts aux proches aidants dans toutes les régions
du Québec.
Mme la ministre, nous avons la chance de
compter sur l'appui inestimable de centaines de milliers de proches aidants à
travers le Québec. Ces partenaires précieux à l'apport inestimable doivent être
supportés. Notre gouvernement a découlé une première politique nationale. En
2021, notre gouvernement laçait le plan d'action. Pouvez-vous nous dire... nous
faire état de ce qui a été accompli pour les proches aidants jusqu'à
maintenant?
Mme Bélanger : Bien,
peut-être, dans le fond, juste vous mentionner, pour le volet de la proche
aidance, c'est tellement important, on le sait, au Québec, on a une loi sur la
proche aidance, puis on s'est doté d'une politique puis d'un plan d'action
national. C'est important. Il y a beaucoup de proches aidants au Québec, c'est
vrai, et on a plusieurs mesures dans le plan d'action au niveau de la proche
aidance. Puis, tu sais, il y a des mesures pour aider nos proches aidants, donc
leur donner du soutien, de la formation, mais donner aussi du répit, puis on le
fait avec différents organismes. J'ai le goût de le prendre sous cet angle-là.
Il y a beaucoup d'organismes qui offrent du répit actuellement aux proches
aidants. Donc, que ce soit les sociétés Alzheimer qu'on retrouve dans toutes
les régions du Québec, que ce soit Baluchon Répit, le monastère des Augustines
aussi qui, eux, c'est assez intéressant, les religieuses, ils ne font jamais
les choses comme les autres, alors le monastère des Augustines, eux, ils font...
elles font, c'est-à-dire, du répit, mais elles le font pour les proches
aidantes. C'est vraiment extraordinaire. Je suis allée visiter ça. Donc, c'est
une hôtellerie qu'ils ont faite et ils n'accueillent pas les personnes aidées,
ils accueillent les personnes proches aidantes. Et puis là, bon, c'est un petit
séjour tranquille pour faire du yoga, faire de la méditation, bien manger,
discuter entre eux, ils ont différents ateliers. Ça fait que, tu sais, c'est
des programmes qui sont extrêmement intéressants...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Bélanger : ...avec l'appui
des proches aidants, naturellement, qui est présent partout, dans toutes les
régions du Québec. Ça fait qu'on est fiers de ce... de cette politique, et de
ce plan d'action, puis du travail qui est fait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, tout le temps alloué à l'étude du
volet Aînés des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux
étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des
crédits. Le programme V, intitulé Condition des aînés, est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division.
Finalement, l'ensemble des crédits
budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice
financier 2026-2027 est-il adopté?
Des voix
: Adopté.
Des voix : Sur division.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté sur division. En terminant, je dépose les réponses
aux demandes de renseignements de l'opposition.
Et je remercie tous les membres de la commission
ainsi que le monde du secrétariat. C'était aussi mes derniers crédits à vie,
les crédits budgétaires à vie, et à titre de présidente. Merci beaucoup. Merci
à vous tous et toutes ici.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux sine die.
(Fin de la séance à 15 h 45)