(Neuf
heures quarante-huit minutes)
La Présidente
(Mme Poulet) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Santé des crédits budgétaires du
portefeuille Santé et Services sociaux pour
l'exercice 2023‑2024. Une enveloppe de six heures a été allouée
pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Alors, Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par M. Girard (Lac-Saint-Jean) et Mme Caron
(La Pinière) est remplacée par M. Ciccone (Marquette).
Santé
La Présidente (Mme Poulet) :
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange,
donc incluant les questions et les réponses entre un membre de la commission et
le ministre.
La mise aux voix de
ces crédits ne sera pas effectuée aujourd'hui mais le 27 avril prochain,
soit après l'étude du volet Services sociaux du portefeuille Santé et Services
sociaux.
Alors, puisque nous
avons débuté les travaux à 9 h 45 et qu'une période de
2 h 45 min doit être consacrée à l'étude de ces crédits cet
avant-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre nos travaux au-delà de
l'heure prévue, soit à 12 h 48?
Des voix : Consentement.
La Présidente
(Mme Poulet) : Consentement. Alors, je suis prête maintenant à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle par un premier
bloc d'échange. M. le député de Pontiac, je vous cède la parole pour une minute
de... pour une période de 19 min 35 s.
Discussion générale
M. Fortin : Merci beaucoup... (panne de son). Bonjour. Bonjour, tout le
monde. M. le ministre, chers... chers collègues, tant des oppositions que la
partie gouvernementale, et toutes les... (panne de son) ...qui sont... qui sont
ici présentes, merci d'être là et de participer à cet... à cet exercice.
M. le ministre, comment
ça va?
M. Dubé :
Bien, ça va très bien. Merci de le demander, premièrement, puis ça va très
bien.
M. Fortin : Vous le savez, M. le ministre, là, vous pourrez... on
pourrait collectivement présenter réforme après réforme après réforme, on
pourrait parler des dossiers d'infrastructures, on pourrait parler de
1 000 sujets, mais, si on n'a
pas... si on n'a pas les ressources humaines pour s'occuper des... (panne de
son) ...plus avancés en termes d'offrir
des services aux Québécois. Alors, j'aimerais qu'on commence en abordant la
question des ressources humaines. Et, vous allez voir, là, dans
l'exercice qu'on... qu'on entreprend, du moins de notre part, on va... oui, on
va se fier beaucoup aux dossiers de crédits qui ont été... aux questions qui
ont été posées, aux réponses qui ont été données, mais on va également faire référence aux données que vous rendez
publiques, qui est... qui sont une bonne chose, hein, on est d'accord
là-dessus, là, c'est une bonne chose.
• (9 h 50) •
La première... La
première donnée qu'on voit quand on va sur votre onglet Ressources humaines,
là, dans votre tableau de bord, c'est qu'il y a de moins en moins de monde à
l'emploi du réseau de la santé. Est-ce que vous pouvez... Je vous en donne une
facile en partant, là, expliquez-nous pourquoi.
M. Dubé :
C'est... C'est vrai que c'est une facile. Premièrement, M. le député, merci de
vous interroger pas juste sur ma santé mais sur mon bien-être. Mais de... je
voudrais juste prendre peut-être 15 secondes de votre temps pour remercier
tout le monde, parce que je pense que, pour les Québécois qui voient
l'importance de ces crédits-là... on a eu quand même une confiance incroyable
de la part, entre autres, du ministre des Finances et de la présidente du Conseil du trésor de nous confier un mandat aussi important. Et je veux remercier tout le
monde qui est ici, là, Mme Savoie... et de tout son personnel de
sous-ministre, mais de toute... de toute l'équipe du ministère. Alors, je
veux... je veux en profiter. Puis je veux en profiter aussi... parce que, de la
façon dont vous commencez vos questions, je pense que les Québécois vont voir
qu'on peut passer presque toute la journée ensemble pour discuter correctement
de... des crédits, alors je veux juste vous remercier là-dessus.
Maintenant, pour revenir
sur la question des ressources humaines, qui sont excessivement importantes, je
vous le dis souvent quand on est au salon bleu, on n'est pas les seuls, au
Québec, à avoir ce problème-là. Je pense que tout le monde en est conscient.
Puis j'ai la chance de parler, des fois, à des... à mes collègues de...
ministres de la Santé au niveau du Canada, mais, à un niveau mondial, je suis
allé au Danemark l'été passé, tout le monde vit le même problème. Ça fait que
nos solutions, elles sont sensiblement les mêmes.
Puis je l'ai
déjà dit, puis je vais juste le répéter parce que c'est important, votre
question, on a à peu près 300
quelques mille personnes qu'on voit dans le tableau de bord dont vous parlez,
300 000 personnes, un petit peu plus. Il y a beaucoup de gens qui
ont quitté dans la dernière année, dans les deux dernières années. Et j'ai déjà
donné la statistique rapidement, là, qu'il y a à peu près
30 000 personnes par année qui quittent. Il y en a à peu près
10 000 qui quittent pour des raisons de pension, ils sont rendus à l'âge
de la retraite, donc 10 000, à peu près. Puis ça, c'est un taux
d'attrition de 3 % à 4 %, là. Si vous prenez 300 000 fois
3 %, vous allez tomber à près de 10 000 personnes qui quittent,
puis ça, c'est normal. Ce qui est inquiétant, c'est le 20 000 de plus qui
quittent parce qu'ils ne veulent plus travailler dans le réseau de la santé.
Ça, c'est inquiétant.
Ça fait que c'est important de voir qu'on a
beaucoup plus, M. le député, un enjeu de rétention qu'un enjeu d'attraction.
Vous me suivez? Parce qu'on est capables d'aller chercher des jeunes
infirmières en formation, des jeunes infirmiers, des préposés... On est
capables d'aller les chercher parce qu'il s'en forme beaucoup. Ce qu'on a de la
misère, c'est à les retenir.
Ça fait que je vais vous parler de certaines
mesures du plan santé, mais il y a une chose... mais je veux juste vous dire,
en parallèle, puis vous le savez, on en a parlé beaucoup, les conventions
collectives qui sont à être négociées à
partir du 1er avril sont excessivement importantes. Mais je vois que vous
avez peut-être une sous-question, je vais vous laisser...
M.
Fortin : Bien, je vous arrête, là, juste parce qu'on est
encore dans le pourquoi, on n'est pas rendus à ce que... ce que vous voulez
faire, ce que... ce que vous pourriez faire. Parce qu'effectivement, là, dans
les deux dernières années, au net,
vous en avez perdu 10 000 par année. On est passés de 350 000, en
2021, à 340 000, l'an dernier, à 330 000 cette année. Puis
c'est une diminution qui se poursuit, là, selon vos données, puis qui se
poursuit dans à peu près toutes les régions,
à une ou deux exceptions près, à peu près dans toutes les régions. Là, vous
nous dites : On a plus un problème de rétention que d'attraction.
Au net...
M. Dubé : Par contre... Est-ce
que... Est-ce que... Est-ce que je peux vous...
M.
Fortin : ...au net, je vous dirais que c'est...
probablement, on a deux problèmes, là, parce que, quand même, avec les chiffres
qui sont avancés, on va avoir un enjeu... si ce n'est pas un problème, un enjeu
d'attraction. Alors, je veux savoir,
pour certaines... et on va les prendre une à la fois, là, mais, pour certaines
catégories d'emplois précises, je veux savoir c'est quoi, le plan de
match...
M. Dubé : Bon, mais...
M. Fortin :
...parce qu'il y en a... il y en a où c'est vraiment problématique ces
jours-ci.
M. Dubé : Très bien. Non, mais,
encore une fois, votre question est très pertinente. Quand je vous ai parlé du
30 000 qu'on perdait pendant quelques années, principalement durant
la pandémie, je veux juste vous dire... Puis là je regarde un des tableaux, là,
qu'on a dans les ressources humaines. Vous parlez de... Vous allez voir que,
depuis, je dirais, à peu près la mi-2022,
donc presque un an, ça s'est beaucoup stabilisé. Alors, oui, on a perdu
30 000 personnes par année,
mais là, regardez, la variation annuelle, elle est de 11 000. Ça fait que,
là, dans ce sens-là, je vous dirais que les efforts qu'on a faits commencent à porter fruit. Est-ce qu'on est
contents de perdre encore 11 000 personnes? La réponse, c'est
non. Mais ce n'est pas... Regardez la variation qu'on avait eue entre juillet
2021 puis, je vais dire, janvier 2022. Là,
on en avait perdu une trentaine de mille. Alors, je veux juste vous dire
qu'avant de regarder les mesures je pense que, déjà, certaines des
mesures dont je... vont parler ont... puis on le voit très bien dans ce
tableau-là. Donc...
M.
Fortin : ...de vous
permettre de regarder les mesures, là, on va quand même s'entendre sur le fait
qu'on ne peut pas être satisfaits de perdre du monde dans le réseau,
alors que, vous le savez, la demande, elle va continuer d'augmenter, la population, elle continue de vieillir, et, quand on
vieillit, on a besoin de plus de services de santé. On ne peut pas se
satisfaire de ça.
M.
Dubé : On est d'accord, mais je voulais juste faire cette
précision-là, M. le député, là, vous avez raison, mais je dis juste qu'on a réussi à limiter l'exode au
moins au niveau qui... puis on le voit très bien dans le graphique, là, ça...
Bon, maintenant, parlons des infirmières en
particulier, là, parce que le problème, il est beaucoup là. Je pense que le
principal problème vient de nos conditions de travail, nos conditions de
travail qui ne sont pas adaptées, en ce moment, à deux enjeux, puis c'est
là-dessus que je travaille. Avec la présidente du Conseil du trésor, ce qui est
notre plus grand défi, puis c'est ça... là-dessus, on est, là... on est... tu
sais, je veux être concret à votre question, vous avez raison, on est en train de dire : Comment on pourrait travailler
avec nos syndicats pour avoir ce qu'on appelle des offres différenciées? Vous
savez, je reviens souvent là-dessus, et ça, pour moi, c'est majeur. On a réussi
à faire ça avec les... avec les préposés aux bénéficiaires pendant la
pandémie, c'est de leur... de leur donner 15 % d'augmentation, donc plus élevé que la moyenne
de tous les autres postes, et c'est ça qu'on appelle une offre différenciée,
parce qu'on trouvait qu'on devait leur donner un meilleur salaire étant
donné le... bon.
Pour
les infirmières, il y a trois endroits, puis vous, comme député de Pontiac,
vous allez être d'accord avec moi, je suis certain, il y a trois types
d'offres différenciées.
Il y en a une qui
doit tenir compte des régions. Et ça, ce n'est pas facile pour un syndicat
d'accepter ça, parce qu'il faut qu'il dise à ses membres : Bien, écoutez,
on devrait payer les gens qui travaillent en Abitibi, en Outaouais, sur la Côte-Nord
plus cher pour la même formation. Et
ça, là, soyons clairs envers les Québécois, c'est une demande qui est
sur la table en ce moment, donc des offres différenciées pour les régions.
Deuxième type d'offre
différenciée, c'est pour la formation. Qu'est-ce que ça veut dire, M. le
député? Ça veut dire qu'une infirmière
clinicienne qui a fait des années d'études à l'université, en ce moment,
lorsqu'on compare son salaire d'entrée, il est à peu près équivalent ou,
à très peu de choses près, proche de celle qui a fait la formation technicienne
au cégep. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas là-dedans. Alors, on
demande aux syndicats de considérer d'avoir
des offres différenciées pour la formation. Pas facile pour eux d'expliquer.
Ils font le même examen, mais ils ont une formation différente.
Troisièmement,
troisième type, puis je finis là-dessus. J'ai parlé de formation, de région, là
je vais parler d'heures défavorables, et ça,
c'est important. Où on a le plus de problèmes, puis votre question est
pertinente, c'est dans nos urgences,
c'est dans les endroits où notre personnel a des heures qu'on appelle
défavorables, c'est-à-dire des heures de
fin de semaine ou des heures de soir. On a réussi, au cours des dernières
années, à avoir des petites différences pour ces personnes-là qui font
des heures défavorables, mais je dis «des petites différences».
M.
Fortin : Mme la Présidente...
M.
Dubé : Et, à ce moment-là,
M. le député, ce que je travaille, en ce moment, beaucoup avec le Conseil du
trésor, c'est de dire : Prenons le temps, avec les syndicats...
M. Fortin :
Mme la Présidente...
M.
Dubé : ...d'essayer d'avoir
ces différences-là, parce que ça, c'est très concret, ce que je vous dis
aujourd'hui.
• (10 heures) •
M.
Fortin : OK. Là, vous me parlez de la
convention collective, OK, de la négociation de la convention collective, puis je ne pense pas que, vous et moi,
on... je ne pense pas que c'est ça que vous voulez faire, parce que, si vous
voulez qu'on rentre dans les détails de la négociation de la convention
collective, on peut le faire, mais je pense qu'on s'aventure en terrain miné,
pour vous, surtout, si vous voulez qu'on fasse ça. Alors, au-delà de la
convention collective...
Parce que, là, vous
me dites : Oui, il y a des régions où on a besoin de porter une attention
particulière. Je suis d'accord, j'en suis, OK? Il y a des infirmières qui
ont... qui ont un diplôme universitaire, qui méritent une paie supplémentaire? Pas de problème, M. le ministre.
Et, sur la troisième condition, là, sur les heures défavorables, pas de problème
de notre côté.
Mais vous... vous
avez publié, dans vos crédits, là, une liste de nombres d'employés qui
manquent, OK, dans chaque principaux titres d'emploi. Vous avez publié ça. Là,
vous nous dites, puis j'en prends un au hasard, là, je prends... dans la liste,
j'en prends un au hasard, les travailleurs sociaux : Il manque
1 400 travailleurs sociaux, selon vos estimations, OK, puis ça, c'est
sans tout le besoin d'attraction qu'il y aura au cours des prochaines années.
Alors, je prends celui-là.
Est-ce que vous êtes
en mesure, par exemple, avec tous les problèmes qu'on a pour les travailleurs
sociaux... Je vous rappelle que, pour un signalement à la DPJ, aujourd'hui, là,
c'est 85 jours d'attente à Montréal avant que quelqu'un soit évalué,
85 jours à la DPJ. Alors, des travailleurs sociaux, on en a besoin beaucoup.
Qu'est-ce que vous faites aujourd'hui pour attirer des travailleurs sociaux
dans le réseau de la santé?
M. Dubé : Alors, vous aurez l'occasion d'aller un petit peu
plus en détail avec mon collègue Lionel Carmant, là, qui est le ministre responsable des Services
sociaux spécifiquement, parce que je pense qu'il en fait... il en fait un travail,
disons, très, très, très spécifique là. Mais
je pense qu'il est important de dire que la formation qu'on fait en ce moment,
ça, pour moi c'est très concret, parce que former des travailleurs sociaux, ça
prend du temps.
M. Fortin : ...augmenté,
cette formation-là? Est-ce que vous avez augmenté le nombre d'étudiants qui
étudient en travail social en ce moment?
M. Dubé : Là,
ce qu'il est important de vous dire, c'est que ça prend un bac, OK, ça prend un
bac pour être travailleur social. Et ça, pour moi... Il faut juste que les gens
comprennent, là, ceux qui nous écoutent. Votre question est très bonne. C'est
que je ne peux pas faire comme on a fait, des formations accélérées comme on a
fait, les préposés aux bénéficiaires, quand on a fait une formation de trois
mois. On ne peut pas faire ça pour les travailleurs sociaux. Ça fait que ce
qu'il faut faire, puis vous n'aimerez pas ma réponse, selon moi, c'est qu'il
faut trouver aussi des conditions bonifiées pour ces gens-là. Parce que ce
n'est pas facile, vous le savez, là, quand... on a vu les cas difficiles qu'on
a avec la DPJ.
Mais je pense qu'on est capables, avec le
ministère de l'Éducation, entre autres, d'avoir des cohortes là, puis c'est ça
qui... c'est ça qu'on est en train de faire avec le ministère de l'Éducation.
Puis j'ai M. Daniel Paré ici, qui met beaucoup de temps, justement, là-dessus, puis peut-être que, si vous
voulez qu'on lui en demande spécifiquement... Mais, sur les travailleurs sociaux, là, il faut avoir des cohortes qui
répondent vraiment aux besoins spécifiques dont vous parlez.
Et je terminerais,
parce que ça, je le sais, que vous avez hâte qu'on travaille sur le projet de
loi n° 15, il faut être capables, dans
le projet de loi n° 15, d'avoir une direction des services sociaux, ce
qu'on n'avait pas. Mais peut-être que ça ne répond pas...
M.
Fortin : Mais ça veut dire quoi, là? Puis
là j'en ai pris un au hasard, j'aurais pu prendre n'importe lequel dans la
liste, parce qu'il en manque dans à peu près tous les titres d'emploi, OK. Mais
dans ce cas-ci, là, vous me dites : Ça
nous prend une formation adaptée aux besoins dont on parle. Qu'est-ce que vous
avez changé là-dedans pour s'assurer
que, justement, on soit capables d'attirer les 1 400 qui manquent puis
tous ceux qui devront compenser pour ceux qui s'en vont à la retraite ou
qui quittent le réseau?
M. Dubé : Notre
enjeu... J'aime beaucoup votre question, puis je vais essayer de répondre le
plus clairement possible. Dans plusieurs... Quand on parle de décloisonnement
des professions, qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire qu'on a des tâches,
souvent, qui sont faites en silo par des... par différents professionnels.
Notre défi, c'est d'être capables, des fois, de regrouper ou d'enlever ces silos-là,
puis ce n'est pas juste pour nos travailleurs sociaux, là, et on a identifié, puis je pense qu'on est rendus
assez avancés, à peu près 18 postes, dont les travailleurs sociaux, où on
va être capables, M. le député, de dire : Bien, peut-être que vous pourriez
avoir un champ d'expertise plus large, parce qu'on vous limite... toute la
formation que vous avez eue, là, on vous limite dans votre champ de pratique.
M. Fortin : Mais
ça, c'est quelque chose que vous pourriez faire. Vous ne l'avez pas fait
jusqu'à maintenant, là?
M. Dubé : Ça,
on ne l'a pas fait parce que je vais vous avouer que c'est très complexe à
faire, la... parce que, quand vous en
enlevez, je vais dire ça comme ça, à une profession pour la donner à l'autre,
vous pouvez imaginez que la profession va dire...
M.
Fortin : Je comprends que c'est complexe,
M. le ministre, mais est-ce que vous êtes capable de nommer une seule chose que
vous avez faite jusqu'à maintenant pour attirer, justement, des gens de...
comme ça?
M. Dubé : Ah!
bien oui. Je vais vous en donner, des... Non, non, mais merci pour la question.
M.
Fortin : Parce que j'entends beaucoup de
«on va», mais je n'ai pas entendu de...
M. Dubé : Oui, mais on a fait... oui... Non, non, mais c'est
correct que vous posiez ça, je comprends votre rôle. Prenons l'exemple
des pharmaciens, juste des exemples.
M.
Fortin : Très bien.
M. Dubé : On a dit : On est capables de donner plus de
rôles aux pharmaciens dans la prise en charge. On a dit... Puis ça, c'est concret, là, il y a eu un projet de
loi, le projet de loi n° 41, qui a été fait là-dessus, ça fait déjà une
grosse différence. Les IPS. Mais
regardez comment ça a été difficile, puis c'est correct, là, mais ça a été difficile.
Pour les IPS, les infirmières
praticiennes spécialisées, il fallait en enlever aux médecins, hein? Les
médecins, les omnis ont dit : On va... on va s'enlever une partie de notre
pratique, qui est la prise en charge du patient. Puis, la minute qu'on a eu
cette entente-là avec les médecins, bien, on a pu ouvrir sept cliniques d'IPS.
Ça fait que, oui, on en a fait, des choses. Mais, si vous regardez dans
l'ensemble, je viens de vous donner deux exemples où on a travaillé, les
pharmaciens, IPS.
M.
Fortin : C'est bon. J'ai...
M. Dubé : Mais
il reste 18... je vous dis, là, en ce moment, soyons très concrets, on a
18 postes : paramédic, travailleur
social, puis je vais tous vous les nommer, si vous voulez, mais sur lesquels on
doit leur dire : Votre champ de pratique, on va l'élargir pour
qu'on aie... avec le même personnel, pouvoir en faire plus.
M. Fortin : OK,
ça va. Là, vous avez parlé des pharmaciens et des IPS. Je n'ai rien entendu
pour le travailleur social, mais, je vous le dis, c'est un exemple parmi tant
d'autres. Alors, je n'ai pas de problème qu'on parle de ceux que vous
voulez. Les pharmaciens, c'en est un.
M. Dubé : Bien,
pour les travailleurs sociaux...
M.
Fortin : Non, non, mais attendez-moi une seconde.
M. Dubé : Juste
une chose que j'ai oublié de vous... OK, excusez-moi, excusez-moi.
M.
Fortin : Non, non, attendez-moi une
seconde, là, je... Les pharmaciens, vous l'avez amené, donc on va en profiter. Il y a des bourses qui ont été mises en
place pour les pharmaciens, 40 000 $ pour les pharmaciens
d'établissement. Ça, c'est des étudiants, là, qui, essentiellement,
disent : Moi, je pourrais aller en pratique privée, je pourrais gagner ma vie, j'aurais terminé les études, je vais prendre... je
vais prendre la bourse qui m'est offerte, qui est de 40 000 $ environ, là, puis je vais continuer mes études
pour pouvoir être pharmacien d'établissement. Mais il y a des bourses qui sont
laissées sur la table en ce moment, là, elles ne sont pas satisfaisantes. Je
pense qu'il y a... il y a, quoi, 25 bourses à chaque année, qui ne sont
pas utilisées.
Alors, de toute
évidence, on ne comblera pas les besoins des pharmaciens d'établissement. C'est
quoi, le plan de match? Est-ce que vous
allez rehausser ces bourses-là? Est-ce que vous allez peut-être être... est-ce
que ces étudiants-là pourraient être salariés, un peu comme les
résidents, pendant leurs... pendant leurs études? Parce qu'on leur demande de
laisser sur la table beaucoup d'argent en pratique privée, qu'ils pourraient
avoir tout de suite.
M. Dubé : Oui.
Vous savez, ce n'est pas toujours une question de salaire. Je pense que les...
on va les appeler les pharmaciens spécialisés, là... Puis j'apprécie beaucoup
votre question, parce qu'on en a parlé avec eux lors du PL n° 10 sur les agences, vous étiez là puis vous aviez
de très bonnes questions. Je pense que notre objectif avec les
pharmaciens qui sont en installation, qui sont à l'hôpital, là, plutôt que
d'être dans une pharmacie que les gens connaissent, ce qu'on appelle les
pharmacies communautaires, c'est de rendre leur profession plus attrayante. Ça,
là, ils nous disent ça, parce qu'ils sont
dans leur hôpital... Oui, on leur a donné des bourses, puis il y en a certaines
qui sont laissées sur la table, mais je pense qu'ils nous demandent de
décloisonner, eux aussi, leur expertise pour être capables... Puis, rappelez-vous, ils disent : Si j'ai du temps
disponible, j'aimerais peut-être ça aller ailleurs. Rappelez-vous la discussion
qu'on a eue sur PL n° 10. Alors, je pense que l'association, là, des
pharmaciens nous a dit, en consultations, qu'on devait améliorer leurs
conditions. Puis ils font partie, pour moi...
M. Fortin : C'est
vrai. Je veux juste qu'on ait réponse, dans les quelques secondes qui restent
là... spécifique. Vous n'avez pas l'intention d'augmenter la bourse ou de
salarier ces étudiants-là, un peu comme les médecins résidents, là?
Parce qu'ils font un gros sacrifice financier, quand même. Ils font le choix, à
un jeune âge, de laisser de l'argent sur la table. Ce n'est pas... ce n'est pas
dans vos cartons, ça, là?
M. Dubé : Ce
n'est pas l'intention, pour le moment, de changer la bourse. C'est vraiment
beaucoup plus d'être capables de donner ce décloisonnement-là qu'ils ont
besoin. C'est ce que je vous dirais pour le moment. Puis on va être à l'écoute,
là, s'il y a des changements, mais je vous dirais qu'en ce moment c'est ça.
La Présidente (Mme
Poulet) : Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole au
député de Rosemont pour une période de 13 min 3 s.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente, chers
collègues. M. le ministre, content de savoir que vous allez bien.
M. Dubé : ...tantôt,
ça va très bien.
M. Marissal :
On va essayer de garder ça comme ça.
M. Dubé : Ça
va dépendre beaucoup de vous aussi.
M. Marissal :
Je n'ai pas tant de pouvoir que ça. Vous avez trois chances de deviner ma
première question. On va gagner du temps, là.
M. Dubé : Ça
dépend. OK, non, allez-y.
M. Marissal :
HMR. Je vois le sable du sablier descendre tranquillement. Vous m'avez dit
aux crédits provisoires l'autre fois :
Quelque part en mai. Vous en êtes où? Parce que ça a été entendu, hein, dans
l'est de Montréal, ça a été... ça a été bien entendu. Je vous ai fait
beaucoup de publicité, j'ai relayé tous vos propos. C'est entendu et c'est,
surtout, attendu. On en est où avec ça?
• (10 h 10) •
M. Dubé : Bien, écoutez, premièrement, je comprends très
bien le rôle de l'opposition puis, dans ce dossier-là, je dois dire, M.
le député de Rosemont, que vous faites ça très bien. Je vous le dis, là, parce
que j'ai déjà été dans l'opposition, puis, quand on défend nos dossiers locaux,
c'est très important, puis vous le faites très bien, je dois vous le dire, et ça m'aide. Ça m'aide parce que
moi, comme ministre, quand je regarde mes collègues, soit au ministère
ou soit du côté politique, je leur dis : On ne peut pas passer à côté de
ce dossier-là, là, il est tellement bien suivi. Alors, je vous le dis, ça,
c'est important. Je n'ai pas changé d'idée.
La
première chose que je veux vous dire, quand je vous ai parlé du mois de mai...
Puis là je regarde M. Desbiens, qui est là, hein, M. Desbiens, qui est le
sous-ministre responsable... sous-ministre adjoint
responsable des Infrastructures. Il n'est pas surpris de votre question
aujourd'hui.
M. Marissal :
...
M. Dubé : Oui,
je me demandais, je me demandais, M. le député, si vous ne l'aviez pas déjà, je
pensais que vous l'aviez déjà. Sérieusement, je voudrais vous dire aujourd'hui,
parce que je sais que vous avez peut-être moins de temps, là, je vais être
très, très direct, il n'y a pas de changement, on a dit qu'on regardait...
Parce que moi, j'ai une
philosophie très claire : quand je veux prendre une décision de cette
importance-là, je veux toujours avoir deux scénarios. On ne peut pas avoir
juste un scénario puis me convaincre qu'on a pris le bon... le bon choix. Là,
c'est ça... c'est ça... puis je le rappelle, M. le député, c'est peut-être ça
qui a inquiété les gens, c'est qu'on a regardé un autre scénario. Est-ce qu'on
aurait pu le faire par étapes, etc.? Vous vous souvenez? Ça, ça a inquiété beaucoup
de gens, parce qu'ils se disaient : On ne peut pas vivre avec le
cruciforme comme il est. On a décidé qu'on regardait les deux scénarios. Mais
l'engagement d'avoir une réponse, dans le mois de mai, pour un hôpital de
720 chambres à Maisonneuve-Rosemont, on va le respecter.
M. Marissal : En une phase?
M. Dubé : En une phase.
M. Marissal : En une phase.
M.
Dubé : En une phase. Je veux
juste qu'on finalise nos études pour que M. Desbiens nous prouve, et au Conseil du trésor, partout, qu'on a pris la bonne décision dans les circonstances. C'est
ça qu'il nous reste à compléter.
M. Marissal : OK. Bien, c'est plutôt
une bonne nouvelle, ça. Là, je veux juste...
M. Dubé : Ça commence bien la
journée.
M.
Marissal : Bien, il n'est même pas 10 heures, en plus,
il est 10 h 15, en plus. Je veux juste être clair, là, HMR, ce
n'est pas un cas de comté, hein? C'est...
c'est un dossier local, oui, mais ce n'est pas un... ce n'est pas... ce n'est
pas un cas de comté.
M. Dubé : Ce n'était pas diminutif
quand j'ai dit ça, là.
M. Marissal : Non, non, non, c'est
juste pour que...
M. Dubé : Je dis, dans votre rôle de
député, là.
M. Marissal : Parce que, tu sais,
j'ai l'air gossant, là, de parler toujours de HMR, mais c'est au-delà de moi,
et c'est pour tout l'est de Montréal et même pour une partie de Montréal. Parce
qu'on parle toujours de l'état lamentable de
cet hôpital, mais on ne parle jamais assez de ce qui se fait d'extraordinaire
dans cet hôpital, notamment, de la
recherche. Moi, j'en ai été témoin personnellement dans ma famille, là, de la
recherche, notamment sur les cellules souches. Mais on ne pourra pas
maintenir... Et vous parliez de rétention tout à l'heure, là. Moi, je me
souviens quand vous êtes venu à Rosemont, il
y a presque deux ans, là, pour nous dire la... Juste l'annonce de la
construction d'un nouvel hôpital, ce n'est pas mauvais pour l'attraction...
M. Dubé : Bien, c'est très vrai.
M. Marissal : ...et ce ne sera
certainement pas mauvais pour la rétention.
M. Dubé : Les deux.
M. Marissal : Je suis parfaitement
d'accord avec vous, mais on ne pourra pas éternellement retenir des gens
travailler dans un environnement comme celui-là.
Alors, je note avec un certain plaisir ce que
vous me dites ce matin, ce sera noté aussi. Mais il n'est pas normal que le plus gros hôpital du Québec, là,
selon certains critères, là, en tout cas... on me dit même, peut-être l'urgence
la plus achalandée du Canada, peu importe, ce n'est pas un concours, là, on ne
vise pas le livre des records Guinness, mais on vise à avoir un hôpital, un
pôle sérieux, digne de ce nom, pour toute une région et pour le Québec aussi,
au grand complet. Alors, j'insiste, mais je n'insisterai jamais assez. Puis, je
vous le redis, le jour où on fera la première pelletée de terre... Je peux même
la fournir, la pelle, si vous voulez, ça va me faire plaisir, ça va me faire
plaisir.
M. Dubé : Je vais vous prendre au mot.
M. Marissal : Ça va me faire grand
plaisir. Donc, deuxième sujet. Je vais y aller dans l'actualité ce matin, puis c'est quelque chose dont on parle trop peu,
on n'en parle presque jamais, ça passe toujours sous le radar, je ne sais
pas pourquoi, pourtant, c'est un secteur qui va supermal. Je parle du
préhospitalier. C'est un secteur qui va mal, mais c'est comme un secteur un peu
orphelin, peut-être en raison de la structure un peu bigarrée de ce système-là,
Urgences-Santé à Montréal, à Laval, ailleurs, une espèce de mosaïque d'entreprises à
but non ou lucratif, je ne sais plus, là. Ça fait que c'est peut-être
pour ça qu'on n'en parle pas.
Pourtant, tu sais, je
veux dire, le paramédic, c'est une pièce pas juste importante, là, c'est
souvent la première pièce de toute la chaîne, le premier maillon de toute la
chaîne. Il y a des histoires, tous les jours, qui sortent, vous le savez, M. le ministre, de
paramédics qui racontent les malheurs dans leur travail, ils sont mal payés,
ils ont des horaires épouvantables. Dans certaines régions, ils font
même des gardes qui n'ont aucun sens. Il y a un manque de... je ne sais même
pas par où... par quel bout le prendre, là, il y a un manque de transparence
évident chez certaines entreprises, qui sont venues ici nous lobbyer en nous
disant, et c'est texto, là... Audrey, la recherchiste qui travaille avec moi,
était... était dans la pièce, là... ils nous ont dit textuellement : On
met tout sur la table, sauf les profits. C'est ça, là. Alors, on a un problème,
en plus, de transparence des fonds publics immense. On en est où avec ça? Ça
m'a l'air d'être un salmigondis indescriptible, puis il n'y a comme pas de
solution, ça fait qu'on n'en parle pas, puis on met la santé et la sécurité des
gens en danger là, aussi.
M. Dubé : C'est...
Puis là je vais essayer de répondre à la... à la hauteur de votre question, en
termes de temps, là. Vous avez raison, c'est
un beau mot, là, «salmigondis», c'est assez complexe, cette structure-là.
Premièrement, la propriété des
ambulanciers, là... je pense qu'il y a plus de 80 différentes sociétés,
organismes à but non lucratif, etc., bon. En partant, ça, c'est assez
complexe puis ça s'est développé au fil des années. Ça, c'est ce qui est
propriétaires des ambulances. Le seul qui
est la propriété du gouvernement, c'est Urgences-Santé sur l'île de
Montréal. Le reste, au Québec... C'est important juste de bien
comprendre ça.
Deuxièmement, nous
sommes responsables, au gouvernement, par le Conseil du trésor, de la négociation
des conditions de travail de leurs employés. C'est un peu bizarre, là, mais,
voyez-vous, ils sont propriétaires, ils sont gestionnaires, mais nos conditions
viennent du Trésor, et, comme par hasard, c'est toujours le dernier à régler.
C'est assez complexe, ça, et c'est souvent pour ça que, quand on est rendus à
la fin des négociations, vous en entendez parler
beaucoup dans les journaux, parce que c'est toujours un peu le dernier qui est...
qui est réglé, peut-être parce que c'est le plus facile à régler, je
vais dire ça comme ça avec un peu d'humour.
Troisièmement,
troisièmement, sur la question de la transparence des résultats, on était avec
la Vérificatrice générale la semaine dernière, ensemble, puis elle a dit :
Il est inacceptable que moi, comme vérificatrice des fonds publics du Québec,
je ne sois pas capable d'entrer chez quelqu'un, qu'il soit un OSBL ou une
clinique de médecine familiale, et de ne pas faire une vérification de temps en
temps, sur un organisme qui reçoit plus de 50 % de ses fonds du
gouvernement. Parce que, nous, à chaque fois qu'on paie la compagnie, je ne la
nommerai pas, là, ABC, que je la paie pour des horaires de faction ou à
l'heure, hein, je la paie-tu pour un quart de travail ou pour à l'heure, que je ne puisse pas dire à la
vérificatrice : Allez donc voir si on a besoin... Et ça, je me suis
engagé, la semaine passée, très clairement, auprès de la vérificatrice,
de dire : Si votre loi ne vous le permet pas, pour des raisons X, nous, on
va le faire dans le PL n° 15. Vous vous souvenez? J'ai dit ça, là. Puis je
vais être très clair.
Ça fait que, oui,
c'est complexe. Ce qu'on s'est engagés dans le PL n° 15, puis vous
allez... on va pouvoir le discuter, là, dans
les prochaines semaines, ce que j'ai dit, qui est la troisième composante,
puis, à mon avis, qui est tout aussi importante, parce qu'essayer de
tout changer dans ce salmigondis-là, là, comme vous avez dit... moi, j'ai
dit : Il y a une troisième composante,
qui est les centres d'appels. Les centres d'appels, ils sont, à quelque part,
entre la propriété des OSBL et le ministère, et il y a... là, je vais
dire le chiffre, peut-être que quelqu'un peut m'aider, une dizaine de centres d'appels, peut-être que je me trompe, là,
mais je pense qu'il y a une dizaine de centres d'appels, qui, eux, sont
un peu gérés par les propriétaires et c'est là que je ne suis pas sûr que c'est
optimal.
Et pourquoi je dis
ça? C'est que ce qu'on va dire dans PL n° 15, c'est
qu'on va vouloir que les 10 centres d'appels soient gérés avec les mêmes
règles de conseil d'administration que les sociétés d'État, c'est-à-dire avec
des membres indépendants, parce que... Je sais que vous regardez mes
graphiques, là, mais vous regarderez, là, l'entrée des ambulances, là. À tous
les jours, ça varie entre 3 200 entrées puis 2 800 entrées.
Tous les jours. J'ai de la misère à penser qu'on ne peut pas être plus
efficaces pour quelque chose qui représente le tiers des entrées à nos
urgences. Puis, quand vous avez des
lignes... puis là je vous donne un exemple, puis je connais un peu plus la
Montérégie, là, pour des raisons évidentes, mais que j'ai des centres
d'appel qui disent : Non, non, moi, je vais arrêter à Saint-Constant,
mais, si l'ambulance est disponible trois kilomètres plus loin, c'est quelqu'un
d'autre, pas sûr que c'est efficace. Vous me suivez? Alors...
M. Marissal :
Ce ne serait pas plus simple avec Urgences-Santé, Québec, à la grandeur?
Parce que...
M. Dubé : Bon,
bien, écoutez...
M. Marissal :
...vous le dites vous-même, là, il y a un sac de noeuds, là, puis on a de
la misère, puis vous le dites vous-même, vous n'êtes pas capable d'ouvrir les
livres, vous n'êtes pas capable d'avoir les livres, puis la Vérificatrice
générale encore moins, là.
• (10 h 20) •
M. Dubé : Mais
là on... là, dépendamment de ce qu'on va faire, je pense qu'on va avoir les
livres, là, parce que, si on le met dans le projet de loi, ça va être clair
qu'ils doivent ouvrir leurs livres. On va être clairs. Ça, je pense qu'on va le
régler ensemble, là, dans les prochaines semaines, si... on va travailler. Mais
ce que je veux vous dire, c'est que... Allons-y par étapes, là. La première
étape, c'est de travailler sur les centres d'appels, parce que, si, dans les
centres d'appels... ce que je viens de vous
expliquer, je n'ai pas besoin de changer tout de suite la propriété des 80
quelques propriétaires, mais je peux m'assurer qu'on va être plus efficaces
dans les zones d'ombre dont je parlais tantôt. Puis là je pense qu'il y a beaucoup
d'efficacité à travailler.
Alors, il y a eu un
rapport sur le préhospitalier, l'an dernier, qui a fait des recommandations. On
en prend quelques-unes, dont les centres de services, dont la transparence de
l'information. Mais commençons par ça. Mais je pense que, déjà, on va voir une
amélioration.
M. Marissal : Êtes-vous
capables, vous et votre équipe, là, de nous donner une idée de la marge
bénéficiaire des entreprises dans le préhospitalier? Je ne parle pas
d'Urgences-Santé, évidemment, c'est une société d'État; des autres, là.
M. Dubé : Je
pense que la... D'ailleurs, j'en parlais avec quelqu'un hier, là, sans vous le
nommer, là, mais qui est très impliqué dans les négociations, cette marge-là,
entre celui qui charge le plus cher puis celui qui charge le moins cher, est très grande, et je ne la connais
pas, mais je sais qu'elle est très grande parce que, selon les informations
que j'ai d'Urgences-Santé... puis on a
accès, Urgences-Santé, ça appartient au gouvernement... je pense que la
négociation qu'on fait sur le nouveau contrat de service, puis c'est
pour ça que vous allez en entendre parler beaucoup dans les journaux encore...
c'est que, là, moi, j'ai dit : Si je n'ai pas les états financiers, si la
vérificatrice n'a pas accès à vos livres...
ça, j'ai été très clair, là, ces gens-là qui nous écoutent aujourd'hui ne
seront pas surpris de ce que je dis, là, ça fait trois mois qu'on le dit
pour la nouvelle... le nouveau contrat qu'on a avec vous, si je n'ai pas les
états financiers puis qu'on donne un accès à la vérificatrice, on va décréter
la nouvelle entente.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci,
M. le ministre. Alors, je cède maintenant la parole au député de Pontiac
pour une période de 19 min 21 s.
M. Fortin : Très bien. Merci, Mme la Présidente. On pourrait en parler longtemps,
des paramédics, je vais y revenir. Je vous le dis, c'est dans notre... (panne
de son) ...on pourra y revenir, à ça. Mais, vous le savez, là, un de mes sujets
préférés, là, c'est... c'est de vous parler
des chirurgies, parce qu'il y a beaucoup de... il y a beaucoup de Québécois qui
attendent. Il y a des gens ici, autour de la
table, qui attendent, mais il y a des... il y a des Québécois qui attendent
depuis longtemps pour leur... pour
leur chirurgie. Et je suis retourné voir, M. le ministre, ce que... ce que vous
nous présentiez en juin 2021. Vous aviez, à ce moment-là,
145 000 Québécois... vous aviez... il y avait
145 000 Québécois en attente de
leur chirurgie. Et là vous dites... vous nous avez dit : On va stabiliser,
on va d'abord commencer par stabiliser puis, d'ici deux ou trois mois,
hein, octobre 2021, on va être... on va être prêts à réduire la liste. Et
là ce qui était prévu pour mars 2023, le mois passé, c'est qu'il reste
100 000 Québécois, sur cette liste-là, en attente de chirurgies. Mais
là on n'est même pas encore au stabilisé de... d'il y a deux ans, là, parce
qu'on est à plus de patients. À ce moment-là, il y avait 145 000 patients sur la liste d'attente. Aujourd'hui,
il y en a à peu près, là, 159 000. Alors, pourquoi, cette liste-là,
elle ne diminue pas, M. le ministre?
M. Dubé : Bien, mon Dieu, c'est une... Je vais essayer de
garder ça court, parce que je sais que le temps est limité. Quand on a
fait cette déclaration-là, rappelez-vous... Je pense que vous avez utilisé
juin 2021. C'est-tu, à peu près...
M.
Fortin : ...oui.
M.
Dubé : On est rendus, je ne
sais pas, là, à la troisième ou quatrième vague. Des fois, j'ai assez de
difficultés à me souvenir du nombre de vagues qu'on a passées. Je pense
que... En tout cas, pour certains, on ne s'attendait pas d'avoir sept ou huit
vagues qu'on a eues dans les années qui ont suivi. Alors, je veux juste qu'on
mette en contexte. Je sais que ça a l'air d'une excuse, mais c'est le principal
point.
Ce que j'aimerais
vous dire, pour le peu de temps qu'on a sur cette, question-là puis on pourra y
revenir si vous voulez, dans le... dans le
tableau de bord, puis je sais que vous le regardez, parce que vous me posez
souvent des questions, il est très clair que, depuis le sommet... là, je
vais prendre deux sommets, le sommet de 163 000 chirurgies en attente, qu'on a atteint l'automne passé, on a
réussi, là... on voit qu'on commence à baisser puis je vais vous expliquer
pourquoi qu'on commence à baisser. Encore plus important pour moi, pour le même
engagement que j'avais pris sur les chirurgies en retard de plus qu'un an, le
sommet aura été jusqu'à 22 000 chirurgies en attente de plus qu'un
an, puis là on est rendus à 17 000, puis on le voit très bien dans le
tableau de bord, là, je... puis, même, si jamais on a le temps, je vous
montrerai le graphique, là, parce que...
M.
Fortin : Non, non, ça... bien...
M. Dubé : Mais
je pense qu'on... on a des signes encourageants. Mais vous savez pourquoi c'est
en train d'arriver en ce moment? C'est
exactement ce que j'avais dit en juin 2021. La journée que les équipes de M.
Bergeron, qui est ici, là... Stéphane
Bergeron, qui a remplacé Dre Opatrny, il est capable d'avoir un niveau de
chirurgie équivalent à ce qu'on avait avant. J'ai un petit tableau qui
vous montrera, là... Puis quand on regarde les tableaux de bord prépandémiques,
là, on opérait 40 000 personnes par mois, 480 000, on disait à
peu près 500 000 chirurgies. On est baissé jusqu'à, dans le temps de
la pandémie, là, en bas de 30 000. C'est énorme, là, 10 000 par
mois de chirurgies de moins. Qu'est-ce qui arrive? Bien, nos listes d'attente,
elles augmentent, tout le monde comprend bien ça. C'est la première fois, il y
a un mois, qu'on est revenus à 40 000, c'est la première fois, et c'est
pour ça qu'on commence à gruger, si je peux
dire ce mot-là... Ça fait que, moi, je trouve ça encourageant. Est-ce que je
voudrais que ça aille plus vite? On s'entend.
Alors, je veux juste
dire que le fait qu'on aille contracter non seulement que nos... On a des CMS,
qu'on appelle, nos cliniques médicales
spécialisées, qui sont venues nous aider, à qui on a donné des contrats. On est
revenus un petit peu plus haut, on roule à... on a roulé à
41 000... 43 000 chirurgies dans la période 13. Ça fait que ça,
c'est encourageant.
M. Fortin : OK, mais
c'est quoi, la... c'est quoi, la cible? Qu'est-ce que vous visez, là? Qu'est-ce
que vous voulez, le chiffre que vous visez, là? Parce que vous avez du
rattrapage à faire.
M. Dubé :
Oui. Alors...
M.
Fortin : Donc, de 43 000, on ne peut pas être satisfaits
de ça. Moi, dans ma région aujourd'hui, là, il y a cinq salles d'opération sur
11 qui roulent, puis c'est à peu près de même tous les jours.
M. Dubé : Alors,
maintenant qu'on s'entend que ça va beaucoup mieux que ça allait, mettons,
quand on continue à monter, là, on voit
qu'on a commencé à gruger... bon. Peut-être, l'erreur que j'ai faite, puis j'en
fais... j'en fais, de temps en temps, des erreurs, c'est qu'entre dire à
M. Bergeron ou Dre Opatrny, à l'époque : Écoutez, voici ce qu'on devrait
faire puis c'est quoi, notre objectif, là, j'ai dit, je ne m'y ferai pas
prendre une deuxième fois... et j'ai dit au Dr Bergeron : Vous allez avoir
un engagement des médecins que la cible qu'on va mettre... puis c'est pour ça
que j'hésite à la mettre aujourd'hui puis à mettre une date, j'ai dit : La
cible qu'on va mettre, quelle soit l'année prochaine, à tel mois, etc., il va y
avoir un engagement des médecins face à cette cible-là. Et ça, M. le député, je
pense que je vous l'avais dit, ce n'est pas
une surprise pour vous... mais je me suis assis avec le Dr Oliva. M. Bergeron, qui est ici, s'est assis avec le
Dr Oliva, puis il a dit : Quand on va donner une date, dans les prochains
jours... Le monde est là-dedans, là,
on est en train de finaliser la cible qu'on va mettre. L'échéancier qu'on va
mettre, il va être en accord avec les spécialistes.
M.
Fortin : OK. Je vais revenir... je vais
revenir à ça. Je veux vous présenter quelque chose, quand même, parce qu'il y a le délai d'attente... pour la
chirurgie là, il y a le délai d'attente pour lequel on a vu le spécialiste, on
le sait qu'on a besoin d'une
chirurgie puis on attend l'appel. Il y a ce délai-là, OK. Puis on a souvent
parlé de l'oncologique, vous et moi, là. Là, je vais vous présenter le
tableau qui vient de... c'est votre tableau, là, je n'ai rien inventé, là, ce
sont vos chiffres là. Ça, c'est l'attente d'une consultation, OK.
M. Dubé : Par
spécialité?
M.
Fortin : En oncologie, hein?
M. Dubé : En
oncologie? Parfait.
M.
Fortin : Parce que... parce qu'on a
souvent parlé d'oncologie, vous et moi, là, je vous présente celle en
oncologie. J'aurais pu en prendre d'autres, mais celle-là, elle est parlante,
OK. Je ne vous dis pas qu'ils sont tous comme ça, mais celle-là, elle est
parlante. Ça, ici, là, c'est depuis janvier 2022, OK. Ça monte, ça monte,
ça monte et ça a continué de monter, de façon générale. Il y a un pic, là, mais
ça continue de monter, de façon générale, jusqu'à aujourd'hui. Il y a
428 Québécois, il y a une augmentation avec la période précédente,
428 Québécois qui sont en attente d'une consultation oncologique, OK, et,
de ça, il y en a 81 % qui sont hors délais, 81 % qui excèdent les
délais que vous vous êtes fixés. Alors, qu'est-ce qui fait en sorte... Parce
que, là, c'est des... c'est des gens qui ne sont pas... ils ne sont même pas
calculés dans le hors délais chirurgical, là, ils n'ont pas... ils ne le savent
pas encore s'ils ont besoin de la chirurgie, mais il y en a un pourcentage
d'entre eux qui en ont besoin. Alors, qu'est-ce qui fait en sorte que, pour
l'oncologie, la consultation est si difficile ces jours-ci?
• (10 h 30) •
M. Dubé : Je
veux juste faire une précision. Quand vous dites que c'est plus... C'est une
précision, parce que, pour le grand message, vous avez raison. Juste une
précision. Elle a été beaucoup plus haute que ça. On l'a... on l'a baissée, on
le voit très bien, mais elle est encore trop haute.
Quand je dis qu'il
faut s'entendre avec les spécialistes, quand on va discuter PL n° 15... je suis tannant quand je reviens à ça, parce que
ce qu'on peut faire sans projet de loi, on le fait hein, on est d'accord, on
n'est pas obligés... mais PL n° 15, quand on
parle de charge populationnelle, ça veut dire quoi? Ça veut dire, pour votre
population, pour votre groupe, est-ce que j'ai un médecin qui prend en charge
cette population-là? Et, quand je vous dis que je veux avoir un engagement des
spécialistes pour des cibles, qu'il y ait des dates, c'est exactement cet
exemple-là que je prends.
Alors, M. le député,
vous avez raison, puis quand on va arriver dans le détail de PL n° 15,
là, dans quelques semaines, puis qu'on va se dire : Comment ça se fait qu'il
y a des spécialités où mes délais de consultation sont courts, puis que la même
spécialité, dans votre région, le délai de consultation est trois fois plus
long? Expliquez-moi ça, puis c'est ça que j'ai dit au Dr Oliva puis à ses
représentants. Moi, là, en ce moment, quand je vous dis : Je ne peux pas
opérer, Christian Dubé, il ne peut pas opérer, mais il faut que je trouve une
façon que le PDG du CISSS puis du CIUSSS, il ait les leviers nécessaires avec
les médecins pour être capable de dire : Écoutez, là, comment ça se
fait... Des fois, puis je le dis parce qu'il y a des médecins qui nous écoutent
aujourd'hui, ils sont beaucoup, là, qui suivent ça, là, ce n'est pas leur faute
à eux, souvent. Est-ce que c'est parce que le personnel n'est pas là? Est-ce
que c'est... Mais c'est pour ça qu'on veut
maintenant une direction médicale, c'est un des éléments clés du projet de loi
n° 15, une direction médicale conjointe, autant pour les
spécialistes que pour les omnis, parce que, des fois, la balle se renvoie
aussi.
Alors,
je veux juste vous dire que, quand on va sortir l'échéancier pour faire le
rattrapage des chirurgies, qui est bien commencé, il ne va pas assez vite, mais
il est commencé, on va avoir une entente avec les spécialistes, puis ça va être
clair. Ça fait que c'est ça ma réponse aujourd'hui.
M. Fortin : Mais,
OK, il va y avoir une entente avec les spécialistes, là, mais, vous l'avez dit
vous-même, il y a beaucoup de spécialistes qui sont prêts, entre autres,
à opérer puis qui ne peuvent pas le faire pour raisons x, y, z. Dans ma région,
en Outaouais, là, il y a des chirurgiens qui opèrent une fois par mois parce
qu'ils ont accès au plateau d'opération, plateau technique, une fois par mois.
Et ça ne leur tente pas, là, ils aimeraient ça être là à toutes les semaines, comme dans d'autres régions, ou à
toutes les deux semaines, même, s'il faut, mais une fois par mois, c'est
excessif. Puis ça, ça les pousse à réfléchir à : Est-ce que je vais vers
une autre région? Est-ce que je me déplace? Est-ce qu'il faut que
j'aille en Ontario? Est-ce qu'il faut que j'aille dans une autre province?
Parce que je ne suis pas capable de faire, pour raisons x, y, z, que vous avez
évoquées il y a quelques instants, le travail que je veux faire, de voir des
patients.
Alors,
est-ce que vous avez mesuré, région par région, là, les obstacles à ça, les
obstacles à ce travail chirurgical, par exemple, qui doit être fait? Parce que,
si on les prend... on pourrait les prendre un par un, vous et moi, là, puis on
pourrait dire : En ORL, ça n'a pas de sens en Outaouais en ce moment puis,
en orthopédie, ça n'a pas de sens dans Lanaudière. Mais il y a quelque chose
qui se passe dans certaines régions, puis ce n'est pas juste sur le dos des
médecins, là, c'est aussi sur l'organisation du travail et le fait qu'il n'y a
pas de ressources humaines pour les aider à faire leur travail.
M. Dubé : Bien,
premièrement, vous avez raison, parce que ce n'est pas la même situation dans
toutes les régions. Est-ce que... Il y a... Des fois, c'est un anesthésiste qui
manque, spécifiquement. Est-ce que, des fois... Puis, encore une fois, là, je fais attention, parce que j'en parle tellement
avec les médecins, en ce moment, qu'on n'est pas là pour dire que c'est
leur faute, là, c'est un... Vous l'avez... je pense que le mot que vous venez
d'utiliser, c'est l'organisation du travail en général, puis c'est d'ailleurs
pour ça que, dans PL n° 15, là, excusez-moi si
j'en parle beaucoup, mais on veut que les médecins travaillent avec les
infirmières puis les travailleurs sociaux parce que c'était beaucoup plus en silo avant. Alors, pour répondre à cette
question-là, c'est pour ça, je dis : Ce n'est vraiment pas juste
les médecins, dans l'organisation du travail, je parle, la qualité des soins,
c'est une autre chose.
Mais je veux revenir
à votre cas. Ce que j'ai demandé au Dr Oliva, j'ai dit : Dans le plan
qu'on va se présenter, on va le challenger... Le monsieur qui est là, M.
Bergeron, là, il les challenge en ce moment, puis ça veut dire... Excusez-moi,
c'est un anglicisme, ça, il faut que je recommence. Il les met au défi de
s'assurer que le plan, il est crédible, OK? Puis je vous donne un exemple. Pour
qu'il soit crédible, il faut que je sois capable de dire : Attends une
minute, là, comment ça se fait qu'il y a des salles d'urgence qui ferment à
2 h 30? Ce n'est pas le problème du médecin, c'est parce qu'on dit...
il y a quelqu'un qui dit, dans l'organisation du travail : Il va me
manquer des infirmières ou il n'y aura pas
assez d'infirmières en support dans la salle d'opération. Ce n'est pas la faute
du médecin, ça, là, si quelqu'un dit : Bien là, on devrait arrêter
à 2 h 30 parce qu'on sait qu'on ne pourra pas arrêter l'opération,
parce qu'à 4 heures il n'y aura pas personne. Ça, c'est de l'organisation
du travail.
Ça fait que ce que ça
veut dire, M. le député, puis merci pour votre question... Ce que M. Bergeron,
en ce moment... c'est qu'il met le Dr Oliva de dire : Pouvez-vous
vous assurer dans le plan, puis on va vous aider, qu'il va être fait en
collaboration avec le reste du personnel infirmier, le reste du personnel clinique?
Ça, c'est important. Ça fait que... Est-ce
que, des fois, on pourrait dépasser 4 heures l'après-midi? Moi, je pense
que oui. Si on est capable d'avoir des horaires de clinique privée, qui
nous ont monté à 150 000 chirurgies, je ne vois pas pourquoi on ne
pourrait pas trouver des mécanismes dans les prochains jours.
Je vous dirais, là,
sans révéler des choses, on est très proches, je pense, d'une entente avec les
spécialistes qui va être crédible puis, entre autres, qui va regarder les
heures d'ouverture des salles d'opération.
M.
Fortin : Ça, c'est votre liste d'attente
pour les chirurgies au Québec, là, qui décrit région par région, là, combien de
personnes attendent depuis moins de six mois, combien de personnes attendent
six à 12 mois, combien attendent plus d'un an par région, par spécialité, et
c'est des données qu'on est tous contents d'avoir. Puis il y a des... mais il y a des régions, là, où il y a des trucs
qui ne fonctionnent pas, qui sont aberrants. OK, vous le savez, je le sais, la
population le sait.
Dans Lanaudière, là,
il y a 475 personnes qui attendent, depuis plus d'un an, pour une
chirurgie en ORL. Dans ma région, c'est 600 personnes, et ça, il y a plus
de gens qui attendent depuis plus d'un an, qu'il y a de gens qui attendent depuis moins de six mois. Et, dans les
deux cas, là je me réfère à votre plan d'effectifs médicaux, là, il n'y a pas d'ajout de spécialiste, dans l'une ou l'autre
de ces régions-là, de prévu en ORL, par exemple, pour les deux prochaines
années. Alors, il y a ce que les médecins peuvent faire, et ça, c'est le plan
que vous... auquel vous avez référé, mais il y a ce que vous devez faire
également, OK, il y a votre partie de ça. Ce n'est pas aux médecins de faire
l'embauche d'infirmières. Ce n'est pas non plus... Ça revient, là, au ministre
de la Santé, au ministère de la Santé et à ses... et aux CISSS et aux CIUSSS. Alors,
moi, ce que... Et je reviens à la question qu'on avait tantôt sur ce
personnel-là, votre plan d'embauche, là, est-ce que c'est uniquement lié aux
négociations de convention collective? Parce que je n'ai pas entendu dans votre
propos initial, dans la première discussion qu'on a eue, qu'est-ce qui mène à
des embauches supplémentaires, par exemple, au niveau des infirmières qui sont
nécessaires pour faire toutes ces chirurgies en ORL.
M. Dubé : Bon, sur le plan, là...
Puis c'est intéressant, parce qu'on en discutait encore avec M. Paré hier, avec
une nouvelle personne qui a remplacé Mme Doyon, qui était à date la
sous-ministre depuis plusieurs années, une dame qui s'appelle Valérie Lévesque,
qui est rentrée avec nous il y a un mois ou deux...
Une
voix : ...
M. Dubé : ...en
janvier, merci. Et là ce qu'on fait très concrètement, là, c'est qu'on
dit : Si on veut aller rechercher les
50 quelques mille personnes qui nous manquent, là, puis là je n'additionne
pas juste les infirmières, là, je mets
tout le monde, là, qui... à court terme, je parle, pas sur cinq ans, là,
qu'est-ce qu'on peut faire là, là, dans les prochains mois, ce plan-là,
il est en train d'être discuté, puis on y va par... Je vous donne un exemple,
là...
M.
Fortin : OK, mais il n'y en a pas pour
l'instant, là.
M. Dubé : Il y en a un, mais, à mon sens, il doit être
révisé. Parce que prenons un exemple. On a mis beaucoup d'énergie,
beaucoup d'énergie à aller chercher 1 000 infirmières en Europe, OK?
C'est bon, mais c'est 1 000, vous comprenez? Ça fait que la bonne
nouvelle... les gens ont dit : On a travaillé fort là-dessus, mais ce
n'est rien que 1 000, vous me suivez?
Là, maintenant, en parallèle avec les négos, qu'est-ce qu'on peut faire en
termes de formation... Et c'est pour ça que la ministre Mme Déry et M.
Drainville, là, je devrais les nommer par leur nom de ministère, on est
vraiment concrètement avec eux, comment on peut avoir des programmes de
formation combinés.
Ça fait que moi,
j'aimerais ça... Puis je veux vous dire qu'on n'est pas très loin d'être
capable de finaliser ce que j'appelle un plan, là, de la planification de la
main-d'oeuvre, très concrètement, par formation, l'international, qu'est-ce
qu'on fait au niveau, bon, des bourses. On en a déjà fait, tantôt, vous avez
donné des exemples. En tout cas, on est
vraiment là-dedans en ce moment. La bonne nouvelle, puis Mme Savoie me le
faisait remarquer hier, on commence... on
le voit, là, qu'on a moins de personnel qui s'en va. Ça fait que ça, je pense
que c'est un signe encourageant, M. le député, là.
• (10 h 40) •
M.
Fortin : Une des choses qui m'a
particulièrement inquiété, disons, dans les documents de crédits, là, c'est que
ce que vous êtes en train de discuter là, les plans d'effectifs qu'on a besoin
dans chaque région et pour chaque type de
spécialité, entre autres pour les infirmières, c'est-à-dire la chirurgie et
d'autres, là, vous n'étiez pas capable de nous les donner. Ça, ici, c'est le tableau... la réponse 37, là, et
essentiellement vous nous avez donné un nombre d'employés qui manquaient
par type d'emploi. Il manque 2 000 agents administratifs,
428 agents de relations humaines, etc., puis
là on les descend, c'est là qu'il y a les infirmières, les travailleurs sociaux
dont en parlait tantôt. Ce que vous dites en bas de page, les données
ventilées par région ne sont pas disponibles.
Alors,
comment vous pouvez vous assurer de savoir exactement ce qui manque, par
exemple, dans les Laurentides, en
chirurgie ou, dans l'Outaouais, en chirurgie, puis vous n'êtes pas capable de
les fournir pour l'exercice d'aujourd'hui?
M. Dubé :
Bien, premièrement, là, je vais
juste bien comprendre votre question parce que... Puis je vais en profiter
peut-être pour demander à M. Paré...
M. Fortin : Parce que... non, mais... OK, je vais la réexpliquer, ma
question. Tout ce que vous venez de me dire,
là, c'est : On travaille sur un plan qui va faire en sorte de bien
comprendre, sont où, les limitations, où on a besoin de mettre davantage
d'efforts sur les effectifs au niveau des infirmières et autres, pour pouvoir
reprendre les chirurgies et pour faire toutes les autres... les actions
nécessaires dans le réseau de la santé. Mais là, ici, vous nous avez donné des chiffres globaux, mais vous n'êtes pas capable
de nous dire : Il nous manque tant d'infirmières dans les Laurentides,
il nous manque tant de techniciens en
travail social en Outaouais, il nous manque tant de techniciens médicaux en
Abitibi.
M. Dubé :
Bien, pour arriver... Je vais laisser M. Paré répondre à ça, mais je
vais vous... je vais vous dire une chose,
là, vous ne serez pas surpris de ma réponse : Une des raisons pour
lesquelles on veut avoir l'employeur unique, avec le projet de loi n° 15, c'est d'être capables d'arrêter d'être limités par
ces silos-là.
M. Fortin : Mais ça, ça veut dire que vous n'êtes pas capable de le
faire en ce moment...
M. Dubé :
Non, non...
M.
Fortin : ...vous n'êtes pas capable de savoir ce qui manque en
ce moment.
M. Dubé :
...non, non, attendez, attendez, je vais laisser M. Paré répondre. C'est
la quantification, il nous en manque combien par région. Ça, on est capables de
faire ça. Ce n'est pas ça, mon point. Mon point, pourquoi il faut aussi le
regarder globalement, c'est que, si j'ai beaucoup de monde, exemple, à l'île de
Montréal, puis que mon problème, il est dans les Laurentides ou il est en
Montérégie, en ce moment, j'ai un problème d'agilité, de mobilité que je ne peux pas déplacer ces gens-là aussi
facilement. Vous le savez, comment ça fonctionne, là. Ça fait que c'est pour ça
que, quand on va parler de PL n° 15, je vais vous
ramener la question que vous me posez aujourd'hui : Est-ce qu'on la veut,
cette flexibilité-là? La réponse, c'est oui. Et j'aimerais ça, si vous êtes
d'accord...
La Présidente
(Mme Poulet) : Je m'excuse...
M. Dubé :
...que M. Paré, qui est responsable maintenant de toute la question
des ressources humaines...
La
Présidente (Mme Poulet) : Oui. Pardon, je devrais demander le consentement à
ce que M. Paré prenne la parole, mais on a déjà dépassé le temps. Mais je
ne sais pas, s'il y a un consentement, est-ce qu'on continue avec M. Paré?
M. Dubé : Ou
on peut revenir...
M. Fortin :
...
M. Dubé : C'est comme vous
voulez. Je vous laisse...
M. Fortin : ...qu'il réponde, là, vous pouvez le prendre sur mon temps
du prochain bloc, là.
La
Présidente (Mme Poulet) : Parfait. Alors, est-ce qu'il y a consentement à ce
que M. Paré prenne la parole? Et est-ce que ce serait possible,
M. Paré, de vous identifier et de vous nommer, de nommer votre titre, s'il
vous plaît?
M. Paré (Daniel) : Oui. Bien,
bonjour à tous. Daniel Paré, je suis sous-ministre associé, ressources humaines
et rémunération au ministère de la Santé et des Services sociaux.
Pour répondre à la question, M. Fortin,
oui, on a les données, là, par région. L'enjeu qu'on a, puis je pense que M. le
ministre, là, le présentait bien, des fois, c'est les dates des cueillettes des
données, etc., qui peut faire, là, une
différence. Mais, pour nous, lorsqu'on fait notre planification, on prend, un,
les indicateurs des postes vacants, dans le fond, là, qui sont... qui
sont dans chacune des organisations. Et aussi on met maintenant un paramètre
sur... Nous, on appelle ça l'indice de besoins, dans le fond, on sait que la
population vieillit, etc. On a été capable de mettre aussi un indice de
besoins, et c'est ce qui nous donne nos données pour faire notre planification
de main-d'oeuvre.
M. Dubé : Bien, peut-être qu'on
pourra revenir, parce que je veux juste... Est ce que vous me permettez?
15 secondes, rapidement. Est-ce que vous l'avez demandé par spécialité ou
vous l'avez demandé par région?
M. Fortin : Par région, par emploi.
M. Dubé : OK.
Bien, vérifions, parce que c'est sûr qu'on a une base de données pour arriver
au total, c'est sûr. Mais je vais vérifier avec l'équipe, parce que...
après ça, on reparlera de flexibilité, mais on pourra revenir. OK.
La Présidente (Mme Poulet) : Parfait.
Alors, merci. Alors, je cède maintenant la... maintenant la parole au député
des Îles-de-la-Madeleine, pour une période de 13 min 03 s
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, je salue tous ceux qui contribuent à faire en sorte que cette commission se déroule de façon à pouvoir
jeter un éclairage complet sur la situation dans le domaine de la santé.
Je me réjouis du fait que le ministre de la Santé est en santé, est en forme,
contrairement au système qu'il préside, qui est malade à maints égards. Et
j'aimerais aborder, dans un premier thème, la question qui a été effleurée par
mon collègue de Rosemont sur les soins préhospitaliers d'urgence.
Écoutez, les services préhospitaliers d'urgence
coûtent 1 milliard de dollars au gouvernement, à l'État du Québec, et le président du comité sur la
transformation des services ambulanciers, M. Doré, disait, il y a peu de temps,
que les Québécois n'en reçoivent pas pour leur argent. Il a confié cette
révélation-là à des médias, mais il avait surtout rédigé un rapport. Ma
question est très simple. Pour commencer, est-ce que ce rapport, M. le
ministre, peut être rendu public? Il a coûté 1 million de dollars
pour le préparer, ce sont des fonds publics. Est-ce que le ministre peut
s'engager à rendre public ce rapport et toutes ses recommandations?
M.
Dubé : Bien, je vais vous dire, ma première...
Premièrement, moi, j'ai pris connaissance du rapport Doré, là, ça fait un petit peu plus qu'un an, qui a découlé
sur ce qu'on a appelé notre politique du préhospitalier. Puis d'ailleurs, ce
que j'ai dit, tout à l'heure, au député de Rosemont, c'est qu'il y a déjà des
recommandations qui ont été faites. Donc, il y a eu et le rapport, et, suite au
rapport, on a déposé une politique.
Je vais vous
dire, ma première réaction, là, c'est que je n'aurais pas de problème, mais je
voudrais juste savoir : Est-ce que... Parce que, là, je vous donne
un exemple, vous parlez de 1 milliard. Moi, c'est la première fois que j'entends ce chiffre-là, je trouve ça un petit peu
élevé. Je ne sais pas qui a dit ça. Est-ce que c'est M. Doré qui a dit ça?
M. Arseneau : C'est M. Doré
lui-même.
M. Dubé : Des chiffres que je connais,
en tout cas, je regarde... je regarde le Dr Bergeron ici, là, puis je trouve que c'est un peu élevé, mais, en tout cas.
Ce que j'aimerais faire, avant de... Mais je vous dirais que notre politique
suit pas mal à la ligne ce qui a été déposé dans le rapport de M. Doré, là, que
j'ai beaucoup apprécié le travail. Mais laissez-moi
vérifier, c'est parce que je ne voudrais pas vous donner des affaires
caviardées, puis... Mais je vais le regarder sérieusement, je ne veux
pas vous faire perdre de temps, mais je vais le regarder sérieusement.
M. Arseneau : Mais, M. le ministre,
c'est ça, c'est qu'on est dans un exercice de reddition de comptes, et vous
avez mentionné tout à l'heure que certaines des recommandations avaient été
retenues et seront appliquées ou sont en voie d'être mises en application. Mais
il est difficile, pour nous, de juger du travail du ministère ou du ministre si on ne connaît pas l'ensemble des
recommandations, et les raisons pour lesquelles certaines recommandations
sont retenues et certaines autres sont mises de côté. Je vous donne l'exemple
de ce qui a été révélé par les médias, sur le fait que M. Doré suggérait qu'une organisation
nationale soit mise en oeuvre pour l'exploitation et la gestion des services
préhospitaliers d'urgence. Savez-vous à quoi ça me fait penser? Ça me fait penser
à Santé Québec, mais pour les soins préhospitaliers
d'urgence.
Alors, si la logique
que vous appliquez au système de santé, qui, selon nous — puis
on ne rentrera pas dans le débat centralisation, décentralisation — semble
être d'avoir un contrôle plus centralisé sur le système de santé pour des gains d'efficacité tel que vous le
présentez, pourquoi en est-il autrement lorsqu'il est question de mieux gérer
et aller chercher une meilleure efficacité et un accès aux soins
préhospitaliers d'urgence?
M. Dubé : Bon,
je vais revenir sur le montant, là, pour le mettre en perspective, parce que je
pense que, du côté qu'on va appeler privé,
privé, incluant les organismes OSBL, puis tout ça, les coopératives, puis tout
ça, je pense qu'on est plus dans le 600 millions. Urgences-Santé,
d'un autre côté, c'est à peu près 200. Ça fait que peut-être qu'on est à 800 millions. Ça fait que je veux
juste faire cette précision-là, puis là j'y vais à haut niveau pour les
chiffres.
Bon,
maintenant, dans les différentes... Puis c'est pour ça que j'hésite pour le
rapport, parce que je ne sais pas s'il y a un rapport formel ou c'est
plus des recommandations...
Mme Savoie
(Dominique) : ...
M. Dubé :
C'est... redites-moi-le, j'ai mal compris.
Mme Savoie (Dominique) :
C'était le rapport d'un comité sur le préhospitalier.
M. Dubé :
Oui, c'est ça, ce n'est peut-être pas un rapport formel, mais je vais regarder
ce qui pourrait être disponible, mais...
M. Arseneau :
Mais si les recommandations sont formelles, est-ce qu'on pourra les avoir?
M. Dubé : Bon,
maintenant, attendez, attendez. Où vous avez raison, là, il y a un choix qu'on
a fait. Quand vous dites qu'il y avait une des recommandations, puis c'était
dit comme : Il pourrait être profitable de regrouper tout le monde, là, ce
n'était pas : Vous devriez faire ça, on devrait le considérer.
Bon, quand, tout à
l'heure, au député de Rosemont, j'ai expliqué les trois composantes : les
propriétaires, les centres d'appels, puis Urgences-Santé, je pense que le
projet de loi n° 15, qu'on va discuter ensemble dans les prochaines
semaines, vous l'avez déjà dit, il est très costaud. On a dit : Où est-ce
qu'on peut faire le plus de différence en ce moment, c'est dans les centres
d'appels, parce que c'est eux autres qui dirigent aux urgences. Est-ce qu'un
jour on pourrait considérer... puis je dis «un jour», mettons qu'on va avoir
fini le projet de loi n° 15, là, puis on est
en 2014, puis on se dit : Est-ce que ce serait une bonne prochaine étape
de faire ça? Pas fermé à ça du tout, M. le député. Mais je pense qu'à un
moment donné il y a un nombre de bouchées qu'on peut prendre, et celle-là, on a
décidé qu'on commençait avec les centres de services, les centres d'appels,
parce que je pense que c'est là qu'on doit apprendre à ces gens-là à mieux travailler ensemble pour être sûr que le monde qui
va à l'urgence, c'est le monde qui devrait aller à l'urgence, et non pas
parce que c'est mieux, pour cette unité-là, sur la Rive-Sud ou sur la... Vous
me suivez?
• (10 h 50) •
M. Arseneau :
Oui, mais la question d'aller à l'urgence ou de ne pas aller à l'urgence
est pertinente, encore faut-il que le
service soit offert. Et moi, je vois, là, il y a une dépêche, pas plus tard que
le 23 avril dernier, c'est-à-dire il y a deux jours, là, aucune couverture
d'ambulance dans la région de Matane parce que les horaires de faction sont
tels que les paramédics avaient
dépassé le nombre d'heures qu'ils sont autorisés de faire selon la CNESST.
Donc, à partir d'un certain moment,
ils ont dû tout simplement cesser le service, de sorte qu'entre
1 h 22 du matin et 8 heures du matin, il n'y a aucun service. Il y a quelqu'un qui a eu besoin de
l'urgence, qui a dit : Bien, je vais y aller par mes propres moyens, puis
finalement, bien, il y a une urgence qui s'est libérée. Visiblement, il avait
besoin d'y aller.
Ce que je veux
illustrer par là, c'est qu'il n'y a pas moins de 70 endroits, des zones
essentiellement dans les régions du Québec, qui ont toujours un service de deuxième
ordre, de deuxième zone. Ce sont des citoyens de deuxième zone lorsqu'il est
question d'avoir accès aux soins préhospitaliers d'urgence. Les services de
faction ou de Coreflex, espèce de service hybride, de système hybride, est-ce
que c'est là pour rester, pour les gens des régions du Québec, ou est-ce qu'on a une volonté... Est-ce qu'il y avait des
recommandations dans le rapport Doré d'éventuellement tendre vers des
horaires qui soient plus décents pour les paramédics et qui soient évidemment
plus efficaces pour ceux qui en ont besoin?
M. Dubé : Dans
plusieurs régions, là, je vais essayer de répondre rapidement, là, dans
plusieurs régions du Québec, dans la dernière année, on a mis un 25
millions de dollars supplémentaires pour faire passer ce qu'on appelle les
horaires de faction à des horaires à l'heure, pour être capable d'avoir plus de
disponibilité. Je vous dirais qu'en ce
moment il y a à peu près deux tiers de tous les services qui sont faits à
l'heure, ce qui n'était pas le cas avant, OK. Alors donc, ça, ça a permis
d'améliorer. Je vous donne juste... Puis là je ne veux pas rentrer dans le
détail, parce que j'aimerais ça, aller voir mon tableau de bord, là,
mais la moyenne de temps d'attente pour les cas urgents, puis c'est ça que
j'aimerais que les Québécois comprennent, en ce moment, c'est neuf minutes.
Mais ça, c'est la moyenne au Québec, bon, mais c'est quand même neuf minutes
pour les appels urgents.
Notre gros enjeu, puis c'est ça qu'on a demandé
aux gens dans les urgences et des centres d'appels, c'est de s'assurer qu'on qualifie bien c'est quoi, un appel urgent.
Parce que, souvent, le problème, c'est qu'une personne va dire : Bien, écoutez, ce n'est
pas un appel urgent, puis là, tout d'un coup, ça devient urgent, puis là on se dit :
Bien, comment ça se fait qu'on n'est pas allé... on est allé là dans
14 minutes ou dans 20 minutes, alors qu'on aurait dû être là dans
sept, huit minutes, vous me suivez? Et c'est pour ça qu'en ce moment notre
priorité est sur les centres d'appels, pour être certain... parce que c'est là
qu'on va pouvoir faire les petits succès, les gains rapides. Alors, que ce soit
à Matane ou en Abitibi, je peux vous dire
qu'en ce moment, le focus des prochaines semaines, des prochains mois va être
vraiment sur nos centres d'appels.
Et d'ailleurs je vous dirais, là, puis c'est
difficile ici, là, de rentrer dans le détail, mais je pense que Matane a quand
même un bon service pour les appels urgents, et c'est là que je dis qu'il faut
regarder. Je comprends que c'est tannant, quelqu'un qui est... mais, quand ce
n'est pas un appel urgent, il faut comprendre que, peut-être, c'est normal de
prendre 15 ou 20...
M. Arseneau : Mais le phénomène que
j'illustre ici, c'est le fait que la desserte en soins préhospitaliers
d'urgence dans le Bas Saint-Laurent... Je pourrais vous nommer Trois-Pistoles,
Notre-Dame-du-Lac, La Pocatière, Matane, je
l'ai mentionné, bon, puis ailleurs dans... Saguenay-Lac-Saint-Jean. Là, on a
toute une liste de communautés où ces
gens là, aujourd'hui, là, à partir de 10 heures le soir, ils se
disent : Bien, s'il m'arrivait quelque chose, je ne suis pas
certain que le service va être offert et je ne suis pas certain qu'il va être
offert dans le temps voulu.
Ma question,
je la réitère : Est-ce que ces gens-là sont condamnés à avoir un service
de deuxième ordre pour les années à venir, parce que ce n'est pas votre
priorité?
M.
Dubé : Bien, je ne vous dirais pas que ce n'est pas notre
priorité, là. Ce que je vous dis, c'est qu'en moyenne, à Matane... Puis
je pourrais regarder les chiffres plus en détail, parce qu'on a tous les
tableaux de bord pour ça maintenant. Il n'y a pas de citoyens de deuxième zone,
là. N'utilisons pas cette expression-là, si vous me permettez, tout le monde a
la même priorité. Puis je vous dis juste, dans la dernière année, pour être sûr
qu'il y avait un meilleur service, on a mis
des sommes supplémentaires pour que les gens qui étaient à faction... On a
dit : Ça va coûter plus cher à l'heure, il va avoir plus de services,
puis il y en a eu.
M.
Arseneau : Mais est-ce que c'est une première étape vers un
objectif qui serait justement d'éliminer les horaires de faction?
M. Dubé : Bien, écoutez, c'est pour
ça que je travaille sur les centres d'appels... Comme je vous dis, là, j'ai
beau avoir un propriétaire, et... C'est parce qu'il y en a 80, je pourrais tous
les privatiser, mais, si je ne travaille pas sur les centres d'appels, ça ne me
donne rien. Alors, on a dit : Ça coûterait cher, privatiser 80 sociétés,
puis il y en a qui ont des bons profits, je vais dire ça comme ça. J'aime bien
mieux travailler sur les centres d'appel puis d'être sûr qu'on répond à votre
question, et c'est pour ça qu'il y a 10 centres d'appels, et c'est ça
qu'on va faire. Ça va?
M. Arseneau : OK. Bien, parlant...
en amont ou en aval du centre d'appels, ça dépend de quel point de vue on se
place, il y a des ambulances... Puis j'ai eu l'occasion de visiter une caserne
il y a peu de temps, et ce qu'on m'a dit
essentiellement, là, c'est qu'on avait un autre problème, et puis je pense que
vous ne l'ignorez pas, mais j'aimerais savoir
si vous allez en faire une priorité, c'est celui des actes réservés et la
capacité d'aller chercher la pleine compétence des ambulanciers. Puis ce
qu'on me raconte, c'est que, sur une base quotidienne aujourd'hui à Québec, à
Montréal, un peu partout, il y a des
ambulances qui sont à la queue leu leu aux urgences en attendant de pouvoir
déposer, si on veut, leurs usagers, parce qu'ils ont... et, même si l'usager
est en mesure de se rendre à pied et de marcher jusqu'à... on ne peut
plus les libérer. Imaginez l'argent gaspillé et le temps, et l'effort, et tout
ça, parce que le système n'est pas ajusté
justement aux besoins, et que la compétence des ambulanciers n'est pas
pleinement reconnue pour pouvoir attester que ce patient-là, il est
assez en forme pour se rendre à l'urgence où il sera pris en charge.
Est-ce que ça, on va travailler là-dessus? Parce
que vous l'avez déjà mentionné durant la pandémie, mais ça fait plus d'un an qu'on n'en a pas entendu parler,
et il me semble que c'est urgent de prendre une mesure pour pouvoir
améliorer l'efficacité en avant même de la première ligne.
M.
Dubé : Vous avez 100 % raison. On l'a vu pendant la
pandémie, on a permis à des ambulanciers de monter aux étages pour
donner un coup de main au triage, des choses comme ça, parce que leur rôle en
ce moment, après la pandémie, est revenu à
la base, puis ils ne peuvent pas rentrer sur les étages, ce qui n'a aucun sens
à cause de la formation, on devrait leur en donner plus.
Tout à l'heure, au député de Pontiac, j'ai
répondu que, dans les 18 professions pour lesquelles on veut élargir le rôle, c'est les paramédics, mais, en plus, ils
n'ont pas d'ordre professionnel. Ça fait qu'on a des choses à faire avec eux.
Mais je vous dirais, là, votre question est très pertinente. J'ai dit à
Mme Savoie, on en a parlé, je pense que... je ne me souviens pas de la
date de la réunion, mais c'est dans les derniers jours, sur les 18, là,
dites-moi c'est quoi, les trois, quatre que
Mme LeBel, qui est au décloisonnement des professions, va nous aider à
régler rapidement. Moi, je pense que les paramédics sont là-dedans.
Une voix : ...
M. Dubé : C'est sûr, parce que le
meilleur exemple de quelqu'un qui a eu la formation pour le faire, qui ont pratiqué... Puis moi, je vous donne un exemple, je
suis allé au Nunavut l'année passée, puis on a envoyé des paramédics, puis ils ne pouvaient pas
pratiquer, mais j'ai dit : Ça n'a pas de bon sens. Ça fait qu'il faut
décloisonner les professions, puis le paramédic, c'est une...
Une voix : ...
M. Dubé : Il y en a plusieurs,
calendriers.
La
Présidente (Mme Poulet) :
Merci. Merci. Alors, je cède maintenant la parole à la députée de Vaudreuil
pour une période de 4 min 26 s.
• (11 heures) •
Mme Nichols : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à toute l'équipe qui accompagne M.
le ministre. Question peut-être un peu plus ciblée, comté de Vaudreuil,
évidemment. La situation... la situation est importante aussi dans le comté de
Vaudreuil, vous le savez, il y a un bel hôpital, bel hôpital qui s'en vient.
Donc, ma première question, l'échéancier, l'échéancier prévu... en fait, je
pense, l'ouverture est prévue pour décembre 2026. Donc, je me demandais si
vous aviez des informations à nous donner quant au respect de l'échéancier.
Puis ma
deuxième question, parce que j'y vais en rafale étant donné un court laps de
temps, le court bloc que j'ai, ça concerne un dossier, un dossier en
particulier que je vous ai déjà abordé sur ce sujet-là, c'est la complémentarité
des soins puis des services qu'on veut
offrir étant donné l'arrivée de l'hôpital dans Vaudreuil, entre autres la
clinique. On a une clinique, on a une clinique qui s'appelle la Clinique
de la Cité Vaudreuil. C'est un complexe médical, c'est un complexe médical qui
aura 41 000 pieds carrés, puis, présentement, il y a
29 000 pieds carrés de disponibles. Ces pieds carrés là sont
disponibles, on peut y établir plein de services. Mais je pense que, justement,
l'opportunité est là, étant donné l'arrivée de l'hôpital. Même si on est à deux
ans, c'est là qu'on peut bouger, qu'on peut faire peut-être un peu plus vite.
Il y a déjà trois médecins de famille qui sont établis, il y a déjà
16 000 patients, qui sont au service de la population. Puis où c'est
localisé, vous le savez, on dessert... on n'est pas loin du Lakeshore, on a
l'hôpital de Valleyfield. Donc, on dessert
la population Vaudreuil-Soulanges, un peu... un peu le West Island aussi. Il y
a 25 000 dossiers d'ouverts là, puis là la clinique... la
clinique nous dit : Écoutez, on a des pieds carrés, mais, tu sais, on n'y
arrive plus, et sûrement... ils pensent à mettre la clé, là, dans la porte, là,
puis fermer, là, la clinique.
Donc, on est pris avec un beau puis... un beau
problème, un beau, mais un difficile problème aussi. Ça fait que j'ai la
collaboration de... bien, je vais dire, difficile, là, du CISSSMO, une
collaboration un peu difficile au CISSSMO. Bien sûr, il y a plein de projets,
mais il y a le facteur temps. C'est le facteur temps puis, bien, je lève un
drapeau rouge. On a besoin... on a besoin d'interventions pour ne pas perdre
cette clinique-là, puis continuer surtout à offrir... à offrir des services,
là, aux citoyens de Vaudreuil-Soulanges.
M. Dubé : OK, mais je vais répondre.
Il me reste combien de temps, parce que...
La Présidente (Mme Poulet) : Deux
minutes.
M. Dubé : Deux minutes. Parfait. Je
vais faire ça dans deux minutes. Bon, sur votre première question, pour l'hôpital
lui-même, très content, parce que je suis allé, vous étiez là, on avait fait
l'inauguration. L'échéancier, là, je veux juste être précis, là, c'est...
Mme Nichols : Non, je n'étais pas
là. Vous ne m'aviez pas invitée.
M. Dubé : Oui, oui, je vous avais
invitée.
Mme Nichols : Non, je n'étais pas
là...
M. Dubé : Ah oui! Je vous avais
invitée.
Mme Nichols : ...écoutez, là, je
n'étais pas là, vous ne m'aviez pas invitée.
M. Dubé : Je vous avais invitée. Je
suis sûr que je vous avais invitée.
Mme Nichols : Bien, je vous le dis,
vous ne m'avez pas invitée. Si vous revenez, ça va me faire plaisir de vous
accompagner. Je passe devant à tous les jours.
M. Dubé : Bon, bien, écoutez,
écoutez, si je ne vous ai pas invitée, ce n'est pas acceptable, mais là je
prends dans mon deux minutes, ça fait que je...
Mme Nichols : C'est noté.
M. Dubé : OK, c'est noté, puis
j'espère qu'on fera l'ouverture ensemble. D'accord?
Mme Nichols : Je le souhaite.
M.
Dubé : Bon, c'est important pour un député. On est toujours sur le
même échéancier, ce qu'on a dit, fin 2026, début 2027, je me souviens
très bien, parce que ça va être un... On appelle ça une livraison progressive,
hein, on a vu ça, là, ce n'est pas juste en informatique qu'il faut faire ça
par étapes, là. Alors, c'est fin 2026, vous comprenez ce que je veux dire,
un échéancier progressif?
Mme Nichols :
Oui
M. Dubé :
Bon, sur la question du sismo puis votre clinique, là, je n'aime pas ça rentrer
dans le détail, mais, de mémoire, j'y vais de mémoire, cette clinique-là, là,
on y est favorables, je vous dis ça, là, je me souviens. En même temps, je
pense que mon gros enjeu avec M. Bougrival...
Mme Nichols :
Gribeauval.
M. Dubé : Gribeauval.
Excusez-moi, des fois... on en a 36, PDG, je n'ai pas toujours le bon nom, là,
mais... Ce qu'il travaille beaucoup en ce moment, lui, c'est d'avoir le
processus d'autorisation qui est en cours. Je vous... je dis juste... c'est
pour ça que je dis : Je pense que... Je vous regarde en même temps :
Ça avance, ce dossier-là, hein?
Une voix :
Oui, mais c'est difficile, c'est un gré à gré.
M. Dubé : C'est
un gré à gré, c'est ça, l'enjeu. C'est ça, l'enjeu. Bien, on va trouver des
solutions, mais je vous dis juste qu'on est favorables, mais il faut trouver...
Puis on vient de régler le problème, à Saint-Jérôme, là, on a trouvé des
façons, entre autres, de faire une clinique puis de faire du gré à gré avec les
règles du Trésor. Ça fait que c'est pour ça que je vous dis... je sais que
cette personne-là nous écoute, parce que vous avez peut-être dit que vous
alliez poser la question, mais... On les a rencontrés, d'ailleurs, on le sait,
qu'il y a un petit problème avec ça.
La Présidente (Mme
Poulet) : Merci, M. le ministre. Je dois couper.
Mme Nichols :
Le drapeau rouge est levé. Merci.
La Présidente (Mme
Poulet) : Désolée. Alors, je cède maintenant la parole au député de
Pontiac pour une période de 18 minutes.
M.
Fortin : Je veux juste faire un peu de
pouce sur ce que... ce que mes collègues ont abordé, là, la question du
préhospitalier, là, parce que vous avez mentionné tantôt que ça faisait partie
des 18 types d'emplois pour lesquels vous envisagiez de faire, disons, une
réorganisation des tâches, donner plus de pouvoirs. Qu'est-ce que vous
envisagez spécifiquement pour les ambulanciers? Parce qu'ils en demandent, il y
a des choses qui... pour lesquelles ils ont des inquiétudes, il y a des choses
qu'ils pensent qui peuvent aider davantage aussi. Alors, qu'est-ce que vous
envisagez spécifiquement de leur donner comme pouvoirs supplémentaires?
M. Dubé : Bien,
est-ce que vous me parlez des ambulanciers en ce moment, là?
M.
Fortin : Oui.
M. Dubé : OK. OK. L'enjeu premier avec eux, parce que... Là,
c'est des... c'est des détails, que vous demandez, mais qui sont importants, ça fait que je vais
répondre. La première chose, c'est de créer un ordre pour eux, parce qu'il n'y
a pas d'ordre professionnel des ambulanciers. Moi, je ne comprenais pas
ça, là, je me dis : Pourquoi qu'il y en a un pour les infirmières puis il
n'y en a pas un pour les ambulanciers? Alors, ça, je ne peux pas vous dire
combien de temps ça va prendre. J'ai un peu de
misère avec ça, mais j'ai dit : Si c'est un élément clé pour être capable
de leur donner plus de marge de manoeuvre, il faut qu'on crée l'ordre
des paramédics, bon.
Maintenant, la
journée que ça, c'est réglé... Puis peut-être... peut-être, M. le député, au
lieu de vous dire... Quand je ne le sais pas, je vous le dis : Je ne le
sais pas. Ça fait que je ne sais pas si, peut-être, soit monsieur... ou c'est peut-être Dr Bergeron qui peut m'aider, mais
Mme Savoie, c'est le meilleur quart-arrière, elle sait où faire... elle
sait où faire les passes. Ça fait que qui pourrait nous aider à dire de quel
genre d'échéancier avec le Trésor on peut parler?
M.
Fortin : Bien, en fait, ce n'est pas
l'échéancier qui m'intéresse, c'est quels types de pouvoirs additionnels vous
envisagez leur donner. Parce que, quand on rencontre les ambulanciers... Moi
aussi, j'ai fait l'exercice que le député des Îles-de-la-Madeleine a fait, là,
ils nous disent : Bien, il y a bien du monde qu'on rencontre qu'on n'est
pas obligés d'amener à l'hôpital, hein, qui appellent le 9-1-1, on va chez
eux...
M. Dubé : Bien,
c'est ça.
M.
Fortin : Est-ce que ça, c'est quelque chose
que vous envisagez?
M. Dubé : Bon, OK, alors, je pense que la meilleure personne,
là, au niveau clinique, puis tout ça, c'est le Dr Bergeron. Je vous...
M.
Fortin : Vous pouvez juste commencer à
parler, M. Bergeron.
M. Dubé : Ça s'allume tout seul, Dr
Bergeron, c'est de la magie.
M. Bergeron (Stéphane) : Ah!
l'intelligence artificielle.
La
Présidente (Mme Poulet) : ...le consentement à tous, si monsieur doit
prendre la parole. J'ai le consentement?
Des voix : ...
La
Présidente (Mme Poulet) : Est-ce que ce serait possible, monsieur, de vous
nommer et de nommer votre titre, s'il vous plaît?
M. Bergeron (Stéphane) : Bonjour. Dr
Stéphane Bergeron, sous-ministre adjoint à la direction générale adjointe... sous-ministre adjoint à la DGAUMIP,
Direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières
et pharmaceutiques. À votre réponse sur l'élargissement du champ de pratique et
améliorer les pratiques ambulancières actuelles,
notamment parce que le fait, effectivement, que la loi actuelle oblige,
lorsqu'il y a un appel, à ce que l'ambulancier transporte vers un
hôpital... Il y a déjà des mesures qui sont en place. C'est ce que l'on appelle
la paramédecine de régulation, dans
laquelle... qu'on est en train d'implanter à travers le Québec pour permettre
effectivement, à l'aide d'une évaluation...
pour les appels, évidemment, non urgents, non critiques, qu'il y ait une
évaluation, parfois cette... l'évaluation est faite avec une infirmière qui est
située dans un GAP, pour permettre d'éviter le transport ambulancier vers
l'hôpital lorsque ce n'est pas requis.
Donc, c'est quelque chose qui est en cours. Puis effectivement la création d'un
ordre professionnel permettrait d'aller plus loin dans les pouvoirs qui
pourraient être dévolus aux paramédics.
M. Fortin : À l'autre bout, le patient qui est transporté à l'hôpital,
puis l'ambulancier, là... la salle d'urgence, elle
déborde, tout le monde est occupé. Ce qu'on entend des paramédics, c'est qu'ils
nous disent : Bien, parfois, les gens de l'urgence, là, se servent de nous
un peu en sachant très bien qu'on a notre patient à côté, qu'il y a quelqu'un
qui est là pour s'en occuper puis qu'on peut peut-être un peu le mettre
plus bas dans la liste parce que le paramédic est là.
Alors, est-ce que cette obligation de rester
avec le patient tout le temps qu'il est à l'urgence, là, qui fait en sorte que,
souvent, il y a quatre, cinq, six, sept ambulances stationnées à l'extérieur
d'une urgence... est-ce que c'est quelque chose que vous êtes en train
d'évaluer?
M.
Bergeron (Stéphane) : Il y a des mesures, présentement, qui ont été
mises en place pour réduire cela, donc, des mesures. Notamment,
Urgences-Santé ont mis en place, depuis déjà plusieurs mois, un mécanisme pour
diminuer ce fardeau-là, dans les GAP, mais pour les ambulances qui sont en
attente.
Il faut comprendre que le système... Ce n'est
pas parce que quelqu'un vient par ambulance plutôt que sur pied que sa cote de priorité va être différente à
l'intérieur de l'urgence. L'urgence fonctionne avec des priorités cliniques. Donc,
on ne se sert pas du fait qu'il y a un ambulancier ou pas pour dire qu'on va
accroître ou diminuer la priorité.
M. Fortin : Je vous donne la perception des paramédics, là. Pour
l'instant, là, c'est ce qui nous est rapporté des paramédics. Écoutez, je suis
content qu'il y ait certaines mesures à certains endroits qu'on commence à
regarder, mais c'est quelque chose qu'il va
falloir regarder, parce que d'avoir quatre, cinq, six ambulances à l'extérieur,
que ce soit à Châteauguay, à Hull ou ailleurs, là, ce n'est pas
acceptable.
M.
Bergeron (Stéphane) : Donc là, Urgences-Santé pourrait vous dire qu'ils
ont mis en place un programme de déploiement de libération de civières à
Montréal et à Laval qui a amené un gain de disponibilité de 23 %.
M.
Fortin : ...il y a des ambulances qui sont prises à
l'hôpital, puis ça arrive pour des heures et des heures, il y a des
zones qui ne sont pas couvertes.
M.
Dubé : Puis est-ce que... Dans votre temps, là,
j'aimerais ça qu'on parle juste une minute de la paramédecine communautaire,
parce que ça va ensemble aussi, là. Si on est capables de soigner le patient
qui a besoin d'être soigné au lieu de l'amener à l'urgence... Pouvez-vous juste
parler une minute de ça? Parce que je pense que ça va tout ensemble avec
ce que le député de Pontiac demande.
M. Bergeron (Stéphane) : Donc, la
paramédecine de régulation, il y a deux champs qui sont en... un qui est
implanté, un qui... pour lequel on prévoit une implantation en paramédecine
pour aller de façon plus avancée. La paramédecine de régulation, qui est une
réalité présentement au Québec, qui est déployée dans plusieurs régions puis
qu'on étend à l'ensemble des régions, permet justement de faire une évaluation
des appels non urgents pour éviter d'envoyer
une ambulance ou des paramédics dans des endroits qui ne sont pas appropriés,
pour lesquels il y a d'autres moyens de répondre aux besoins de
l'appelant.
• (11 h 10) •
Par ailleurs, la paramédecine communautaire est
quelque chose qui est envisagé. Il y a des projets que l'on voudrait démarrer
de ce côté. La paramédecine communautaire tire à profit l'expertise des
paramédics pour les déployer sur le terrain, par exemple,
dans des situations où ils ont du temps disponible. Il y a des régions du
Québec où le paramédic a une partie de sa
journée dans laquelle il est en attente. Ce qu'on voudrait amener, c'est
utiliser à bon escient ce temps de
paramédic là pour aller faire des visites, renforcer les soins à la communauté,
s'assurer, par exemple, d'aller visiter des RPA puis, parfois, d'éviter
des déplacements vers les urgences pour... donc, d'agir en amont.
M.
Fortin : OK, mais tout ce que vous me
dites là, là... Vous le savez, qu'il y a une pénurie au niveau des paramédics. Vous le savez, que les budgets n'ont
pas beaucoup changé au cours des dernières années. Et vous pouvez parler
des entreprises privées, là, mais, moi, dans ma région, c'est une coopérative.
Alors, vous le savez, c'est quoi, son bénéfice, là, c'est une coopérative...
M. Dubé :
...
M.
Fortin : Les temps d'attente aux urgences, ils augmentent,
alors il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, là, dans le préhospitalier
en ce moment, et il y a des travaux qui sont majeurs à faire à ce niveau-là.
M. Dubé : Bien,
je vous dirais que je veux faire attention. Quand vous dites, là, que ce n'est
pas parce que c'est une coopérative qu'elle ne peut pas faire d'argent, là,
j'ai déjà vu des... Et c'est une des choses pour lesquelles on devrait avoir
les faits, et c'est pour ça qu'on a demandé d'avoir l'information financière,
là, je reviens là-dessus, M. le député, là, parce que... Je ne vous dis pas que
c'est le cas de celle qui est chez vous, là.
M.
Fortin : Non, non, puis on pourra
comparer, à ce moment-là, le coût d'Urgences-Santé avec d'autres...
M. Dubé : Exactement,
puis c'est...
M.
Fortin : ...puis il n'y a pas d'enjeu avec
ça.
M. Dubé : C'est
ça. OK.
M.
Fortin : Mais, en même temps, si c'est une
coopérative, c'est utilisé pour attirer des professionnels, puis, quand on est
en pénurie, ce n'est pas une mauvaise chose, on s'entend là-dessus.
M. Dubé : Mais
il y a une chose qu'on s'est rendu compte... puis je vais juste prendre, si
vous me le permettez, là, parce qu'il est
important, ce point-là... Si on a une minute, je vous montrerai un graphique
qu'on a fait, là, sur les urgences. On a travaillé sur deux choses, on
a... Pour réduire l'achalandage aux urgences, il faut travailler sur le volume
puis sur la capacité. C'est les deux choses sur lesquelles on a un contrôle. Ça
fait que, quand on dit qu'on a été capables, puis je vous le montre,
rapidement, là, on a été capables de baisser l'achalandage parce que... toutes
sortes de mesures, dont les paramédics, dont des choses qui, comme disait le
député tantôt, sont en aval.
Puis ça, je pense
que, quand on va le regarder en détail, là, vous et moi, dans le PL n° 15,
vous allez voir qu'on est plus bas. Malgré le vieillissement de la population,
malgré beaucoup de choses, on est plus bas de ce qu'on était en temps de...
avant la pandémie. Bien, c'est parce qu'on a eu des...
M.
Fortin : OK, mais...
M. Dubé :
Oui?
M.
Fortin : Non, mais, sur les urgences... Si
vous voulez le déposer, le graphique, là, on pourra le regarder puis on pourra
s'en reparler cet après-midi, ça va me faire grand plaisir.
M. Dubé : Puis
avec plaisir, parce que... Juste le point que je veux faire pour répondre à
votre suite, là, c'est que, si on est
capables de séparer comment on baisse l'achalandage avec des mesures, puis les
paramédics font partie de ça, c'est eux qui amènent les patients à
l'urgence, nous, il faut travailler sur la capacité, puis là la capacité, c'est
nos fameux... réouvertures de lits, j'en
reparlerai tantôt, des réouvertures de lit, cet après-midi, si... Ça va? Parce
que c'est important de séparer les deux, là.
M.
Fortin : Là, il me reste sept minutes dans
le bloc puis je suis convaincu que vous et moi, on est capables de régler une
question en sept minutes, de s'entendre sur quelque chose en sept minutes, OK?
Là, j'ai regardé,
puis on en a déjà parlé, puis c'est pour ça que je vous avoue que, sur ce
dossier-là, je ne suis pas particulièrement
satisfait, M. le ministre, le temps d'attente moyen, là, pour avoir une
mammographie au Québec, ça, c'est... Vous allez voir votre médecin de famille
ou vous passez par le GAP, s'il faut, vous voyez le bon professionnel au bon
moment. Cette personne-là vous dit : Vous avez besoin d'une mammographie,
on vous fait une référence pour ça. Dans votre région, là, en
Montérégie, à l'Hôpital Anna-Laberge, qui l'offre, c'est trois à quatre
semaines. Ça, on peut s'entendre, c'est un délai acceptable, hein, trois à
quatre semaines pour une mammographie. Moi, je peux vivre avec, OK? Dans
beaucoup de régions au Québec, c'est une à deux semaines.
Dans
ma région, puis ça, c'est vos données, là, à l'Hôpital de Hull, c'est plus de
30 semaines pour une mammographie. En Abitibi, c'est la même chose. Vous avez
deux régions où vous avez arrêté de compter. On n'est plus dans le un, deux,
trois, quatre. On a dit : C'est dépassé 30 semaines, on arrête de compter.
Qu'est-ce que vous avez fait pour changer cette situation-là?
M. Dubé : Bien,
écoutez, puis c'est d'ailleurs pour ça qu'on va continuer d'en parler quand on
va regarder le projet de loi n° 15, c'est parce que, si je n'ai pas le bon
spécialiste, M. le député, pour faire ce qu'il y a à faire, pour déceler, par
exemple, ce cas potentiel de cancer là, de dépistage là, je ne peux pas rien
faire.
M.
Fortin : C'est quoi, le spécialiste? De
quelle spécialité...
M. Dubé : Bien,
écoutez, que ce soit, peut-être... soit en radiographie ou que ce soit en
oncologie, ce que je veux dire, c'est que... et c'est d'ailleurs pour ça, là...
Je n'essaie pas de botter en touche, pour qu'on se comprenne bien, là, mais
pourquoi PL n° 15 est si important, puis d'avoir une bonne représentation
de la couverture médicale du spécialiste au bon endroit, c'est un très bel
exemple puis c'est exactement ce que je demande aux spécialistes, pourquoi le temps d'attente pour une
mammographie... Comme vous venez de dire, en Montérégie, que ce soit ailleurs
au Québec, j'ai des temps d'attente
raisonnables, vous... j'utilise les mots que vous venez de dire, et que, par
exemple, là-bas... C'est-tu parce que c'est le spécialiste qui n'est pas
là? C'est-tu parce que... ou c'est, par exemple...
M.
Fortin : Il ne manque pas de radiologistes
en Outaouais. Il en manque un sur 20, ce n'est pas...
M. Dubé : Bon, alors, est-ce que c'est le côté technicien?
Et c'est là que je pense qu'il faut... en tout cas, on en a parlé beaucoup avec l'équipe, Dr Bergeron, ici, il
faut s'assurer qu'on va avoir les bons techniciens pour être capables...
Puis, vous le savez, hein, quand je parle de mettre les bonnes rémunérations en
région...
M.
Fortin : Oui, mais ça, ça fait cinq ans
que vous le promettez. Vous l'avez promis en 2018 aussi. On est d'accord
là-dessus. On est d'accord.
M. Dubé : Je
sais qu'on est d'accord, puis c'est ça, mais ce que je vous dis... C'est que
c'est pour ça que Mme LeBel, elle a un défi énorme. Quand il va falloir
décider, et j'espère qu'on va s'entendre avec les syndicats sur des offres
différenciées, ça fait partie de ça, M. le député. Je ne peux pas...
M.
Fortin : Non, mais vous ne pouvez pas non
plus me dire que vous n'êtes pas en mesure de faire quoi que ce soit en ce
moment. Je n'accepte pas cette réponse-là...
M. Dubé : Ce
n'est pas ça que je vous dis, là.
M. Fortin : ...quand
on dit : C'est plus de 30 semaines en Abitibi puis en Outaouais, il
n'y a pas de problème. Puis ça, là, ça, c'est juste pour la mammographie
comme telle. Si on continue dans le processus, là, la femme qui fait la
mammographie puis qui se fait dire : Vous avez besoin d'une imagerie
médicale, bien, à Alma, c'est moins d'une semaine, à... dans la Capitale-Nationale,
c'est deux semaines de délai, en Outaouais puis en Abitibi, c'est plus de 12 semaines. Encore là, vous avez arrêté de
compter, on n'est même pas capables de savoir c'est quoi. Alors, un délai de
30...
M. Dubé : Mais
laissez-moi...
M.
Fortin : Non, non, je veux terminer
là-dessus.
M. Dubé : OK,
OK.
M. Fortin : Un
délai de 30 semaines pour une mammographie puis après ça, quand on sait
qu'il y a un problème puis qu'on a besoin d'imagerie médicale, un délai
de trois mois ou plus, peut-être, je vous demande aujourd'hui, là, il y a à peu
près tous les experts du ministère autour de la table : On peut-tu trouver
une solution pour les gens de l'Outaouais, pour les gens de l'Abitibi? Ça ne
peut pas continuer comme ça, là.
M. Dubé : M.
le député, je veux juste vous dire, là, vous le savez, là, on est en train...
je pense que c'est sur le point de se finaliser, là, d'autoriser une nouvelle
clinique qui va être... qui va être ouverte, là, en Outaouais, là, une nouvelle
clinique. C'est sur le point de se faire. Là, je ne veux pas rentrer dans le
détail, mais ce que je comprends, c'est que ça va se faire.
Notre problème, c'est
de former les technologues aussi, parce que, je vous l'ai dit, là, le problème,
ce n'est pas du côté des médecins, c'est du côté des technologues. Et là on a,
avec le ministère de l'Enseignement... s'assurer que non seulement on va ouvrir
une clinique, mais il va y avoir des... il va y avoir d'autres permis qui vont
venir, mais on est, en ce moment, à essayer d'accélérer la formation. Et je
pense que vous êtes bien au fait, là, qu'on va avoir des nouvelles primes, là,
pour être capables d'avoir... Ça fait qu'il y a plusieurs actions.
Ce
que je vous dis, là, moi, quand je regarde ça, puis c'est ça qui m'aide,
d'avoir des statistiques qui sont maintenant publiques, on ne peut pas accepter
que ça prenne 30 semaines. Ça ne marche pas. Alors, c'est là que la
direction médicale est importante, mais...
M.
Fortin : Puis pour l'Abitibi? J'aimerais avoir
une réponse pour l'Abitibi aussi.
M. Dubé : Pour
l'Abitibi... pour l'Abitibi... Bien, premièrement, je veux juste voir, est-ce
que... En tout cas, je ne sais pas, Dr
Bergeron, si vous pouvez m'aider, parce qu'il me semble qu'on regardait aussi,
en attendant d'avoir ces mesures-là, si des cliniques mobiles pouvaient
être disponibles.
Est-ce que vous me
permettez peut-être de lui... parce que je sais que ça va donner une réponse à
vos gens, puis je reviendrai sur l'Outaouais après, là. Juste pour finir sur
l'Outaouais, s'il vous plaît.
M.
Fortin : Consentement.
La Présidente (Mme
Poulet) : Consentement. Vous pouvez... vous avez la parole.
M. Bergeron (Stéphane) : Merci. Effectivement,
l'enjeu très important en termes d'accès à la mammographie repose sur
les technologues en imagerie, qui doivent avoir une certification particulière
pour être habilités à faire des mammographies.
On travaille avec les
établissements d'enseignement pour essayer d'avoir des formations plus
raccourcies, pour augmenter cette certification-là. Il y a un travail également
d'envisager des bourses qui pourraient être faites.
Quant à l'accès,
comme M. Dubé vient de le mentionner, en Outaouais particulièrement, il y a un
laboratoire d'imagerie médicale, donc une clinique privée de radiologie, qui
vient d'obtenir une certification pour participer au Programme québécois de
dépistage du cancer du sein et d'offrir des mammographies.
Par ailleurs, il y a
d'autres solutions qui sont envisagées. Les gens vont parler peut-être de
corridors de services, comme on le fait dans des régions où c'est difficile,
mais il y a aussi la possibilité d'envoyer des unités mobiles de mammographie pour permettre de suppléer aux besoins et de
compenser en attendant qu'on retrouve la capacité.
• (11 h 20) •
M.
Fortin : Est-ce que ça va être fait, ça,
cette... parce que vous parlez d'une possibilité, là. Je vous donne des
chiffres qui sont aberrants puis qu'on ne peut pas accepter. Alors, est-ce que
ça va être fait?
M. Bergeron (Stéphane) :
Moi, ce que je peux vous confirmer, c'est que les unités mobiles sont
sollicitées pour aller en Abitibi. La réponse, c'est oui. Pour l'Outaouais,
j'aurais des vérifications à faire.
M.
Fortin : Ça va. Qu'est-ce qu'il me reste
comme temps?
La Présidente (Mme
Poulet) : Cinq secondes.
M.
Fortin : ...
La Présidente (Mme Poulet) : Merci. Alors, M. le ministre, je comprends que
vous allez déposer ou transmettre le tableau à la commission? Parfait.
Est-ce que vous désirez aussi le déposer... par le fait même, le rendre public
ou seulement le déposer aux membres?
M. Fortin : Bien,
moi, je peux le mettre public, là. Je veux juste être sûr que tout le monde a
un consentement là-dessus. D'ailleurs, ce que j'ai repris dans le tableau, Mme
la Présidente, c'est quelque chose qui est dans le tableau de bord
public, là, je l'ai juste mis ensemble.
La Présidente (Mme Poulet) : Parfait.
Juste à le transmettre. Parfait. Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la
parole à la députée de Bonaventure pour une période de
13 min 30 s.
Mme Blouin : Oui.
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, salutations à tous les collègues,
autant de la partie gouvernementale que de l'opposition. M. le ministre, merci
d'être avec nous. Salutations aussi à toute votre équipe qui vous entoure.
Donc, merci d'être présents pour répondre à nos questions ce matin.
J'ai envie de
revenir sur un projet de loi d'envergure, bien sûr, le PL n° 15.
Donc, moi, je représente la magnifique circonscription de Bonaventure en
Gaspésie. J'ai aussi eu l'occasion de travailler au sein du CISSS de la Gaspésie. Alors, vous comprendrez que tout ce qui
est gestion de proximité ou encore décentralisation, ce sont des sujets
qui m'interpellent particulièrement. Et, justement, on en parle beaucoup dans
le projet de loi n° 15. Il y a beaucoup d'intervenants aussi qui ont
mentionné qu'on doit changer le système actuel parce qu'il y a des
gestionnaires qui attendent des semaines pour avoir des autorisations du
ministère. Alors, dans un premier temps, j'aimerais entendre votre vision,
donc, sur la gestion de la proximité et aussi que vous nous expliquiez comment
le projet de loi n° 15 va permettre de décentraliser le réseau.
M. Dubé : Oui. C'est une question
assez large, puis on en a déjà beaucoup parlé la semaine dernière, quand on
était avec quelques représentants, dont Mme Castonguay, qui est la commissaire
à la santé, et aussi, entre autres, M. Michel Clair. J'aime ça, quand vous faites
référence à la gestion de proximité, parce que je pense que ça sort le débat
de centralisation versus décentralisation. Puis ça, je l'ai dit quelques fois,
mais je vais le dire plus souvent, parce que je
pense que les gens, les Québécois, comprennent bien qu'est-ce que c'est que de
la gestion de proximité : il faut être proche du terrain.
Puis quand M. Clair, je l'avais rencontré,
là, la première fois, ça remonte peut-être presque à deux ans, quand on
préparait le plan de santé, il m'avait dit : S'il y a une chose que vous
devez améliorer dans le réseau, c'est la reddition de comptes, parce que votre
patient, votre usager, là, il n'est pas toujours au courant des efforts que
vous faites. Puis ce que le député de Pontiac fait en ce moment, là, c'est pour
ça que je suis d'accord avec lui, parce qu'il dit :
Moi, là... C'est vrai, ça marche partout, mais, chez nous, ça ne marche pas. Il
faut que quelqu'un le dise. Puis il prend bien son rôle. Faire de la reddition de comptes, c'est ça, c'est
descendre le plus bas possible, à la proximité du terrain. C'est ça que
ça veut dire, la gestion de proximité.
Je me suis rendu compte, entre autres, que les
suggestions de M. Clair étaient intéressantes, là. C'est sûr que ça va
nous compliquer la vie un peu si on rajoute une autre instance. Je le dis avec
beaucoup de transparence, là, parce que, là, on a dit qu'il allait y avoir,
entre autres... non seulement nos conseils d'établissement vont faire la
reddition de comptes, mais là ce que M. Clair demande, entre autres, c'est
qu'on ait un conseil de surveillance. Ça fait
que c'est une autre instance. Alors, je ne dis pas que je suis contre, que je
suis pour, mais je dis juste que c'est très intéressant parce que ça
nous rapproche du terrain. Ça peut être des élus municipaux, ça peut être, bon,
tout ça.
Alors, c'est
ça, de la gestion de proximité, bon, mais, par contre, il y a déjà des
éléments, dans le projet de loi n° 15, qui en font, de la gestion
de proximité. Puis je vais vous donner un exemple. Les Québécois m'entendent
souvent dire ça, quand on a décidé, après la première vague de la pandémie
puis... le premier ministre, il a dit : Ça me prend des gestionnaires,
dans chaque CHSLD, qui sont capables d'être imputables, qui sont capables de
dire : Heille! ça ne marche pas chez
nous. Ça, c'est de la vraie gestion de proximité. Puis, dans le PL n° 15, on s'entend qu'on va faire ça, bon.
Maintenant,
vous avez fait référence à l'autonomie des gestionnaires puis, des fois, qu'ils
attendent longtemps pour avoir une décision. Bon, ce n'est pas pour mal
faire, mais je vous dirais que c'est principalement pour ça qu'on sépare les
opérations des orientations. La création de Santé Québec, là, ce n'est pas
juste parce que c'est le fun, c'est parce qu'on dit : Le ministère va se
concentrer sur c'est quoi, les grandes lignes, c'est quoi... qu'est-ce qu'on
veut faire, qu'est-ce qu'on veut faire avec le Dr Boileau en matière de prévention,
en matière de santé publique. Ça, c'est des éléments de ministère, mais comment
nos gestionnaires, tous les jours, qui ont à régler des problèmes comme on vient de dire, pourquoi c'est 30 semaines, chez
nous, pour une mammo, je pourrais-tu avoir accès à une clinique mobile
en attendant... ils n'ont pas besoin de venir nous voir pour ça, là, vous
comprenez? Ils n'ont pas besoin de venir au ministère, on leur a dit : Des
mammographies, ça doit se faire en dedans de quelques semaines. Vous me suivez?
Ça fait que ça, c'est tout un changement de
culture. C'est tout un changement de culture parce qu'en ce moment, pas pour
mal faire, il y a beaucoup d'autorisations qui sont demandées à chaque étape.
Puis on l'a vu dans la pandémie, puis c'est ça qui a été notre premier... Je
pense, la plus importante des réalisations qu'on a faites, c'est qu'on a dit : Pourquoi, dans la pandémie, on
est capables de dire à nos gestionnaires : Regarde, vas-y, tu veux
installer... On te demande de vacciner, dans ta région, 10 000 personnes
par jour. Excuse-moi, là, mais organise-toi. C'est ça qu'on a dit. On n'est pas en train de dire : Ta table... Il y a des
gens... J'ai vu ça en Montérégie, c'était une clinique de vaccination
qui était en cercle, puis, à Québec, elle était en ligne droite. Ce n'était pas
à nous autres à décider ça. Si eux autres pensaient qu'ils pouvaient le faire
de façon... Ça fait que je vous donne cet exemple-là parce que c'est un peu la vaccination puis la pandémie qui nous ont
dit : On doit le faire. Ça fait que je donne ça aux Québécois parce que c'est
un gros changement de culture, un gros changement de culture, bon.
Il y a un petit article, je ne me souviens pas
du numéro, puis peut-être que quelqu'un pourrait m'aider, parce qu'on en a pas mal en ce moment dans le projet de
loi n° 15, qui s'appelle le principe de subsidiarité.
Moi, quand j'étais à l'université, là, je n'ai pas compris c'était quoi,
ça, le principe de subsidiarité, mais, quand j'étais chez Cascades... Ça veut dire : sur le terrain. C'est ça que
ça veut dire, c'est comment se rapprocher le plus possible du terrain. Et je
vous dirais... je vous dirais que c'est ça que j'ai hâte d'entendre,
hein, d'entendre comment on peut appliquer... C'est un beau terme, hein? Parce
qu'on me dit des fois que je mets trop d'anglicismes, là, ça fait que je suis
très fier de parler du principe de subsidiarité, mais ce que ça veut dire,
c'est être proche du terrain.
Ça fait que, quand je parle de changement de
culture, Mme la députée, là, c'est qu'il va falloir qu'à chaque fois... puis je
pourrais le sortir... mais, en tout cas, ce n'est pas grave, le numéro
d'article, là...
Des voix : ...
M. Dubé : 29? Il y en a qui ont plus
de mémoire que moi, vous voyez. Mais j'aimerais ça que les gens le voient, qu'on
va le... il va être écrit dans la loi, là, si on s'entend avec les députés, là,
que ce principe-là, il soit là pour qu'à un moment donné un gestionnaire qui se
fasse dire, peut-être, par le ministère ou par le ministre... Heille! j'ai pris
une décision, puis tu n'as pas l'air à être d'accord, mais j'ai respecté le
principe de subsidiarité, j'ai pris une décision parce que j'en avais besoin
pour mon patient. Vous me suivez?
Ça fait que je ne sais pas si je réponds à votre
grande question, là, mais je veux qu'on soit très concrets quand on va faire
ça, parce que, je reviens à l'exemple du député de Pontiac, là, ce n'est pas
normal que j'aie besoin d'une autorisation du ministère pour envoyer une
clinique mobile pour faire des mammographies.
Mme Blouin : Vous l'avez dit, c'est
un énorme changement de culture. Est-ce que ce changement-là vous fait peur?
Comment vous comptez vous y prendre?
M.
Dubé : Non, je ne pense pas que ça me fait peur. Je pense que ça... Je
dis souvent, Mme la députée, que toute gestion du changement doit être bien
expliquée puis... pourquoi on le fait. Moi, j'ai eu une rencontre excessivement
encourageante avec les PDG pas plus tard que la semaine passée. Parce que,
quand on a déposé le projet de loi, on avait averti, dans les limites de ce
qu'on pouvait dire, qu'il allait y avoir des changements à quatre niveaux, là,
bien, on en a parlé, la séparation, la gestion de proximité, tout ce qu'on
discute là, gouvernance clinique, mais on n'avait pas pu aller en détail avec nos
PDG, puis nos PDG, c'est un des groupes, là, qui est le plus, disons, saisi des
différentes mesures qu'on fait. Ça va?
Et quand on les a
rencontrés, la semaine dernière, là, ils l'avaient, le projet de loi, dans les
mains, là, tu sais. Des fois, je prends deux minutes pour le montrer, là. C'est
quand même assez costaud, là, hein, on s'entend, là, bon. Ça fait que, là, ils ont eu le temps de le lire,
puis savez-vous ce qu'ils ont dit? Puis ça, ils nous écoutent aujourd'hui, ça
fait que, s'ils ne sont pas d'accord, ils le diront dans les journaux demain,
là, mais ils ont dit qu'ils étaient d'accord avec les principes, dont le
principe de subsidiarité.
• (11 h 30) •
Puis pourquoi je vous
dis ça? C'est important pour les... Parce que, si les PDG ne se sentent pas, je
dirais... que c'est contre eux qu'on fait
mais pour eux, pour leur donner des outils, je pense que c'est énorme. Alors,
c'est pour ça que je n'ai pas peur de ce changement-là avec eux, parce
que je pense qu'on va avoir leur appui. On leur a dit : La petite équipe, en haut, qu'on ajoute, là, elle,
elle va venir vous appuyer dans vos dossiers d'informatique, dans vos dossiers
de ressources humaines, et vous allez
pouvoir vous concentrer sur les opérations. Puis le deuxième changement qu'on vous
demande, c'est de faire plus de redditions de comptes. Ça fait que...
Mais je pense que la
gestion du changement... Puis là je vais faire comme quand j'étais dans
l'opposition, parce que le député de
Pontiac, il est très bon là-dedans, il dit : Je ne veux pas parler de
telle affaire, mais je vais quand même vous dire que, tu sais. Alors,
moi, je vais faire la même chose que lui, je vais dire : Je ne veux pas
parler des anciennes réformes, je ne veux pas en parler, mais il y a une chose
que je voudrais dire, c'est que je pense que les anciennes réformes se sont
faites pas mal vites.
Puis là, nous, dans
la gestion du changement, puis c'est ça que, pour réussir la... la recette du
gestion de changement... c'est pour ça que je n'ai pas peur, c'est qu'à date on
les a suivies, ces étapes-là. Ça nous a pris un an pour faire le plan de santé.
Une fois qu'on a fait le bilan de santé, j'ai demandé à Mme Savoie de nous
dire : Est-ce qu'on a la bonne
gouvernance? Elle a dit : Il y a des places qu'on pourrait s'améliorer, donc
la séparation des opérations, on a annoncé ça avant la campagne électorale. Ça
nous a pris plus que six mois préparer le projet de loi. Et je me suis
engagé envers les députés à dire : On va faire ça comme il faut. S'il faut
prendre des semaines et des semaines pour discuter chacun des articles, on va
le faire.
Je pense que, si on
fait ça correctement puis on prend le temps, avec la bonne collaboration qu'on
a, les députés, je pense qu'on ne devrait pas avoir peur du changement parce
qu'on suit les étapes, les bonnes étapes pour le faire correctement.
Mme Blouin : Mais,
vous l'avez dit, ça fait plus d'un an que le... le plan santé a été déposé.
Est-ce que vous êtes satisfait d'où vous être rendu?
M. Dubé : Non.
Mme Blouin : Mais
encore?
M. Dubé : C'est parce que... Je dis «non»... Je suis
satisfait de... Quand... quand on a déposé, puis rappelez-vous, on a
donné... on s'est donné un horizon de 2025. Je trouve que ça vient vite, 2025,
hein? On est déjà en 2023, on va être à l'été, on va revenir. Ça va vite. Par
contre, on a eu un certain nombre de succès.
Quand,
tantôt, je parlais de gestion de changement, là, une des choses qu'ils
disent : Essayez de montrer à votre public cible, à vos gens pour qui vous
travaillez, les usagers, les Québécois, que vous avez assez de succès sur une
base régulière pour que les gens croient que ça va réussir. C'est... Parce
qu'il y a eu tellement de déceptions de la part des Québécois que, des fois,
ils se disent : Bon, encore une fois, c'est-tu encore une autre réforme
qui ne marchera pas? Puis, ils ont raison de
se poser la question. Ça fait que, quand vous me posez la question :
Aujourd'hui, avril 2023, quand on a déposé ça en mars 2022,
est-ce que je suis content d'où on est rendus? On n'est pas rendus où je
voudrais qu'on soit en 2025. C'est ça qui est ma réponse.
Par contre, je pense
qu'on a eu assez de succès qui nous encouragent à continuer. Puis des succès,
là : la prise en charge des professionnels, les 500 000, nos
ouvertures de cliniques, que j'aie plus que 5 000 personnes par jour
qui appellent au guichet d'accès parce qu'ils n'ont pas encore soit accès à un
médecin ou... Alors, mais, comme le député de Pontiac l'a dit, comme le député
de Rosemont l'a dit, comme le député des Îles-de-la-Madeleine le disent, ils
ont assez d'exemples pour me montrer qu'on n'a pas encore tout réussi.
Ça
fait que c'est une réponse, que je vous dirais, qui est transparente : Je
pense qu'on a des succès, mais je pense qu'il en reste beaucoup à faire
encore.
Mme Blouin : Merci.
La Présidente (Mme
Poulet) : Mais merci. Il reste 40 secondes. Alors...
M. Dubé : Je vais parler vite.
La
Présidente (Mme Poulet) : ...c'est terminé pour la banquette
gouvernementale.
M. Chassin : Bien,
à la limite, juste peut-être pour une petite question complémentaire.
Évidemment, peut-être que le début est toujours plus laborieux, M. le
ministre, puis je fais vraiment un commentaire, ce n'est pas tant une question,
mais ce que je comprends, c'est qu'il y a quand même beaucoup d'éléments qui
commencent. On pense, par exemple, aux
cliniques d'IPS, mais aussi des transformations à l'intérieur des CISSS, des
CIUSSS, etc. Tout ça va... Je veux dire, ça... ça commence, mais tout ça
va se répercuter puis se compléter.
M. Dubé : Oui,
oui, c'est un bon point, parce qu'où... où on devrait être contents, puis je
l'ai dit, d'ailleurs, aux députés de
l'opposition, d'avoir réussi à faire adopter PL n° 3
et PL n° 10 dans les trois, quatre dernières semaines,
c'est des... ça, c'est des... je fais référence, souvent, à des morceaux de
casse-tête, là. Mais vous avez raison de dire : Ça aussi, c'en est,
des succès, parce que ça nous permet de... de se rapprocher de nos objectifs.
La Présidente (Mme Poulet) : Parfait.
Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole au député de Pontiac
pour une période de 19 min 19 s.
M.
Fortin : Merci, Mme la Présidente. M. le
ministre a dit que les dernières réformes, il trouvait que ça avait été adopté
un peu rapidement. Il faudrait peut-être qu'on arrête de parler de juin pour
l'adoption de la sienne après, quoi, huit jours d'études, peut-être, si on est
généreux. Enfin. Je veux parler... Vous avez parlé du...
M. Dubé : Est-ce
que vous voulez que je réponde à ça?
M.
Fortin : Non. Non, non, ça va.
M. Dubé :
Ah, OK, vous ne voulez pas.
M.
Fortin : Bien, je n'ai pas... En tout cas,
vous pourrez, si vous voulez, mais sentez-vous pas obligé. Le.. Je veux parler
du GAP, par exemple, parce que vous venez d'y faire référence, là.
M. Dubé : Je
n'ai pas compris. Du? Du?
M.
Fortin : Du guichet d'accès en première ligne. Vous nous avez
dit : Moi, je suis heureux de... Je pense, vous avez appelé ça, un succès, là, dans votre réponse, là, de... c'est
600 000, 600 000 personnes, environ, là, qui ont...
M. Dubé : Pas
tout à fait, on n'est pas loin de ça, pas loin de ça.
M.
Fortin : OK. Mais, au moment où vous avez
lancé ce projet-là ou ce programme-là, il y avait, quoi, 1,1 million de Québécois qui étaient sur la
liste d'attente pour un médecin de famille, OK? Nonobstant votre engagement
précédent, là, il y avait 1,1 million
de Québécois qui attendaient toujours. Puis, de ce 1,1 million de
Québécois, il y en avait 400 000 qui avaient des maladies
chroniques, hein, des gens qui ont vraiment un besoin très... très pointu,
très... très important, là, de consultations et de consultations régulières. À
ce moment-là, vous nous avez dit : Ces gens-là, c'est une priorité, OK?
Puis, ces gens-là, bien, c'est peut-être souvent plus difficile pour eux, le
Guichet d'accès à la première ligne, parce qu'ils ont plus qu'un problème puis
ils ne peuvent pas nécessairement venir parler de leur diabète sans parler de
leur hypertension. Ils ne peuvent pas revenir le lendemain, là, pour parler
d'hypertension, là. Alors, est-ce que, pour ces 400 000-là, vous avez
un... appelons ça un rapport d'étape, peut-être, à nous présenter? Est-ce que ces gens-là ont un médecin de famille
aujourd'hui, ces gens-là, là, qui en ont peut-être plus besoin que vous
et moi qui avons, je le présume, pas tant de problèmes de santé que ça?
M. Dubé :
Bon, il y a plusieurs éléments à votre question, là, puis je vais... je
vais essayer de creuser. Si je ne l'ai pas
tout de suite, cette analyse-là... Parce que la première partie de votre
question... Elles sont toutes bonnes, là. La première partie, c'est quand vous
dites : Est-ce que du 400 000 qui était identifié du 1 million,
est-ce qu'on a réussi à leur donner, je dirais, pas toujours un médecin de
famille, mais, au moins, un professionnel de la santé qui est rattaché à eux?
Non, mais je vais essayer de le sortir, parce que moi, ça, je le vois dans nos
tableaux de bord internes. Je ne suis pas sûr que c'est public, mais je vais le
regarder puis je reviendrai. Je ne veux pas faire perdre de temps.
M.
Fortin : OK. OK. Mais je vais la prendre
un autre angle, dans ce cas-là.
M. Dubé : Oui.
M.
Fortin : Pour ces 400 000 là, des
gens qui ont des maladies chroniques, là, qui ont un besoin important du... de consultation
puis du réseau de la santé, est-ce que vous essayez encore de leur donner un
médecin de famille à ces 400 000 là?
M. Dubé : Mais, premièrement, ce
que... je voudrais vous dire que non seulement on est content d'avoir dépassé
l'objectif, mais c'est toujours les plus urgents qui sont priorisés quand on
leur donne un professionnel — pas nécessairement
un médecin, là, je suis... je suis d'accord. Mais c'est sûr qu'on s'est rendu
compte, M. le député, que, quand on leur
donne un professionnel de la santé, c'est-à-dire accès à une clinique plutôt
qu'à un médecin spécifique, bien, souvent, ces cliniques-là adoptent...
les adoptent comme... comme médecins. On... on a ça, cette tendance-là.
Ce que j'aimerais
vous dire, par contre, c'est que, moi, ce que je n'aime pas, il y a deux
choses, puis on est en train d'en parler
avec le Dr Amyot, c'est qu'il y a des gens qui vont voir le médecin, parce
que ça faisait des années qu'ils attendaient pour en voir un puis que,
là, ils se font dire : Vous pouvez juste me donner un cas. Ça, je vous
avoue, là, quand j'ai entendu ça, j'ai dit : Ça, ce n'est pas acceptable.
Bien honnête, là. Puis, j'ai dit au Dr Amyot : C'est-tu une question
de rémunération? C'est quoi? Ça fait que je suis honnête, là, on est en train
de régler ça avec le Dr Bergeron parce que la pauvre personne, là, qui
soit une personne aînée, qui a attendu des années, puis finalement elle a quelqu'un, puis là ils disent : Bien
là, j'ai répondu à une question, puis vous... Ce n'est pas aussi simple que ça,
là, mais...
M.
Fortin : Mais quelqu'un qui a accès à un
médecin à travers le GAP peut amener plus qu'un enjeu de santé en ce moment?
M. Dubé : Bien
là, c'est ça qu'on est en train de s'assurer. La réponse, c'est oui, mais ce
n'est pas partout pareil puis c'est souvent ça qui nous a titillés, pour dire
le moindre. Ça fait que le Dr Amyot, il n'aime pas ça, lui non plus, ça
fait qu'il a dit : Attends une minute... Je ne sais pas si...
Dr Bergeron, pouvez-vous commentez là-dessus ou... En tout cas, je veux
juste vous dire : Ça, ça me préoccupait.
M.
Fortin : Non, mais... mais peut-être qu'on
y reviendra, là. Mais je reviens à ma question, parce que ma question,
c'était : Est-ce que vous essayez encore de donner un médecin de famille à
ces gens-là qui ont des maladies chroniques?
M. Dubé : La
réponse, c'est que j'aimerais le faire, mais, en ce moment, ce n'est pas la...
Mais ce que je vais vous dire...
M.
Fortin : Ce n'est pas la priorité, c'est
ça que vous avez dit.
• (11 h 40) •
M. Dubé : Bien,
ce n'est pas... La priorité, c'est de leur donner un professionnel de la santé,
je ne vous cacherai pas que... la première étape, surtout pour ce 400 000
là. Puis, quand j'aurai la... quand j'aurai les chiffres, tantôt, là, ne bougez
pas — je
fais confiance à cette dame-là, ici, beaucoup — sur combien... Non, ça, ce
n'est pas le chiffre que je cherche, ça. Ce
que je cherche, c'est : Des 400 000 qui étaient vus comme des, ce
qu'on appelle des priorités numéro un ou deux, là, vous étiez... il
en reste combien de ces 400 000-là quand on en avait 1,1 million?
On... Je sais qu'on l'a à quelque part, mais je vais vous revenir, OK? Bon.
Je vous ai parlé de
ceux qui n'ont pas le droit à plus qu'un rendez-vous, là... plus qu'un... qu'un
sujet. On va régler ça. Deuxièmement...
M.
Fortin : Vous allez régler ça? Ça veut
dire que tout le monde va avoir le droit d'amener plus qu'un... plus qu'un
enjeu.
M. Dubé : Oui.
Puis, s'il faut, on va faire un... un ajustement à... au code de rémunération,
là. Je veux dire, l'idée, c'était de leur
donner un professionnel. S'ils ont trois questions, il me semble qu'ils
devraient être capables de poser les trois questions, là. Bon. Mais vous
ne l'avez pas soulevé, mais je sais que ça vous... ça vous titille vous aussi.
Vous l'avez entendu dans vos... dans vos comtés.
Le deuxième point. Le
professionnel de la santé, pour moi, c'était une première étape, puis on s'est
entendus. L'étape qu'il nous reste à faire, c'est de s'assurer qu'ils voient
leur médecin, pour ceux qui en ont un, parce que le problème qu'on a... il y a
des gens qui ne veulent même pas avoir un médecin de famille parce qu'il me
dit : J'aime mieux passer par le GAP parce que je vais être... plus vite
que je vais aller le voir. Alors qu'il y a des gens qui ont un médecin de
famille, pour x raisons, qui ne sont pas capables de le voir parce qu'il n'y a
pas de disponibilité.
Alors là,
l'engagement qu'on a... qui a été pris entre le ministère et la fédération des
médecins, c'est qu'on va monter jusqu'à 30 % des gens qui vont pouvoir
être vus à l'intérieur d'un délai de 36 heures. Et ça, pour moi, c'est
majeur. Parce que vous avez beau avoir un médecin de famille, M. le député,
mais, si vous n'êtes pas capable de le voir, c'est... C'est théorique, là, j'ai
un médecin de famille puis je ne suis pas capable de le voir.
Ça fait que je
voulais juste vous dire que ça, c'est encore plus important, je crois, pour un
malade chronique, dont vous parlez, que pour
un jeune ou une jeune de 25 ans qui a besoin peut-être de voir le médecin
à tous les trois ans pour voir si tout va bien. On se comprend?
M.
Fortin : Mais je reviens à ma question,
vous n'avez pas répondu à ma question : Est-ce qu'il y a un effort pour
donner un médecin de famille à ces gens-là? Je comprends qu'il y a du monde,
là, qui ne sont pas capables de voir leur médecin, ça arrive, il y en a, il y
en a.
M. Dubé : La réponse, c'est oui. La réponse, c'est oui, M.
le député. Et ce que je vous dis, c'est : Quand j'aurai la statistique,
là, puis je pourrai vous la montrer, donnez-moi... Parce que je... Vous le
savez, comment on fonctionne, on a nos tableaux de bord qui sont publics
puis on prépare en arrière, je vous l'ai déjà expliqué, des tableaux de bord
internes. Ça fait que laissez-moi aller vérifier nos tableaux de bord...
M. Fortin : OK.
Parfait.
M. Dubé : ...puis
je regarderai.
M.
Fortin : Mais est-ce que... est-ce que
vous avez...
M. Dubé : Mais
juste... juste sur le guichet d'accès. Je vous montre un petit tableau parce
que ma collègue ici, cheffe de cabinet, me présente ça. Ça ne fait quand même
pas si longtemps qu'on a mis le GAP en place, là. Là, on est rendus à 5 000 appels par jour. Ça, ça veut dire qu'il
y a 5 000 personnes qui disent : Quand mon médecin ne me répond pas, quand je n'ai pas d'autre solution, il
y a au moins quelqu'un qui peut répondre au téléphone. C'est énorme, là, 5 000 appels
par jour. Ça fait que je voulais juste vous dire : Ça fait partie des
mécanismes compensatoires quand on n'est pas encore rendus où je voudrais qu'on
soit.
M. Fortin : Il
y a des gens qui appelaient le 8-1-1 avant, quand même, là, mais... mais ça va,
là. OK. Je ne ferai pas de... On ne jouera pas sur ces chiffres-là, là.
Pas de problème.
M. Dubé : OK.
M.
Fortin : Par exemple...
M. Dubé : Pardon?
M.
Fortin : ...j'aimerais ça... Cependant...
Je dis «par exemple», là, mais j'aimerais ça savoir : Y a-tu... Avez-vous
calculé le nombre de plages sans rendez-vous qui ne sont plus disponibles
depuis l'arrivée du GAP?
M. Dubé : «Oh
boy!»
M.
Fortin : Je vais vous donner l'exemple.
Chez nous, là, la superclinique, là, elle a fait passer toutes ses plages de sans rendez-vous à du GAP, parce que les
médecins sont mieux rémunérés avec le GAP, vous le savez. Alors, avez-vous
mesuré le nombre de plages sans rendez-vous qui ne sont plus disponibles depuis
l'arrivée du GAP?
M. Dubé : Je...
je ne crois pas... En tout cas, moi, je ne l'ai pas, cette statistique-là. Je
vais m'informer. Je vais... C'est une bonne question parce que... OK. Comment
je vais vous dire ça, donc? Le PL n° 3, qu'on
vient de passer ensemble, là, sur les données, là, combiné avec le PL n° 11, toute cette information-là... Vous savez que, hein,
nos cliniques privées, nos GMF, c'est privé, on n'avait pas accès aux données.
M. Fortin : Oui, mais attends, là, il y a... attendez, là, il y a quelqu'un qui
paie la facture au bout de la ligne, là. Il y a quelqu'un qui le sait, combien
de plages de sans rendez-vous ont été facturées dans... l'an dernier, cette
année. Donc, je suis certain que vous êtes capable de trouver ces
données-là, si on se donne la peine. C'est peut-être du trouble, là, mais on se
donne la peine de le faire. On est capables de le faire.
M. Dubé : Mais
ce n'est pas juste... M. le député, là, avec tout le respect que j'ai pour
vous, là, il faut que je respecte les lois quand elles sont en place. Ce n'est
pas pour rien qu'on a demandé, avec PL n° 11 et
surtout avec PL n° 3 sur les données, d'avoir
accès aux données qu'on n'a pas en ce moment.
M.
Fortin : Ce qu'il faut être capable de
mesurer aussi, par exemple, c'est si on a déplacé du sans-rendez vers le GAP
sans augmentation de capacité, là. Il faut juste être capable de le mesurer
pour savoir...
M. Dubé : Mais...
mais vous avez...
M.
Fortin : Quand vous nous dites «c'est
un succès», il faut... il faut être capable de le mesurer pour l'avoir, M. le
ministre.
M. Dubé : Bien,
c'est pour ça, monsieur... Non, mais votre question est très... Mais vous
comprenez ce que je vous dis, là, à mots très transparents. M. le député, en ce
moment, je n'ai pas le droit d'aller chercher cette information-là parce que ce
n'est pas dans le périmètre. Et le gros élément du PL n° 3, qu'on
vient de passer, qui va s'appeler la loi n° 5,
va permettre d'aller chercher cette information-là, en autant qu'elle ne soit
pas nominalisée. Ça fait que c'est des choses qui sont en cours en ce moment.
Ça fait que votre question est très bonne, mais, jusqu'à maintenant, je ne
pouvais pas faire ça.
M.
Fortin : OK. La question, parce qu'on est
dans... disons, le... de donner le plus de services possibles aux plus de
Québécois en première ligne, là. Le «no-show», dont on a discuté hier, là, puis
ça, c'est un anglicisme, mais c'était le titre du journal, qu'est-ce que vous
voulez...
M. Dubé : Je suis content que, de temps en temps, ça vous
arrive, vous aussi, ça fait que je ne suis pas tout seul.
M.
Fortin : Mais les rendez-vous médicaux
annulés, là, les plages horaires laissées libres, est-ce qu'il y a... est-ce que le ministère est en train de travailler
sur quelque chose pour s'assurer qu'il y en a de moins en moins de ça? Parce
que c'est... ce n'est pas clair. À travers ce qu'on a vu hier, ce qu'on a lu
hier, là, il n'y a pas... Ce n'est pas si... Disons,
on n'a pas senti qu'il y avait vraiment une action précise de la part du
ministère pour... que ce soit accompagner ou à... les GMF ou autres, là,
pour s'assurer qu'il y en ait de moins en moins. Alors, j'aimerais ça savoir
s'il y a quelque chose qui se travaille entre vous, les GMF, la FMOQ ou
d'autres. Il y en a, des choses qui sont faisables, là. Donc, j'aimerais ça
voir si... savoir s'il y a quelque chose qui est en train... qui est en
développement en ce moment.
M. Dubé : Bien, je pourrais demander
peut-être à... si vous le permettez, à M. Bergeron, au Dr Bergeron de
compléter, mais la réponse que je vous donne, là, c'est que je pense que...
D'ailleurs, il y avait un très bon article, je ne me souviens pas, là, que j'ai
lu, je pense, c'est ce matin ou hier, qui disait : Oui, les médecins ont
un rôle à faire là-dedans, mais les Québécois ont un rôle aussi, là, en termes
de responsabilité sociale. Tu sais, c'est un peu comme au restaurant : Tu
réserves puis... à quatre places puis tu décides, à la dernière minute, sans le
dire, que tu cancelles trois restaurants. Je
ne suis pas sûr que c'est une conscience sociale qui est correcte. Bien, c'est
encore la même chose avec nos médecins. Les Québécois doivent
dire : Si je prends un rendez-vous puis je n'y vais pas, j'enlève la place
à quelqu'un. L'article disait ça, puis je
pense que c'est... Les Québécois doivent dire : On n'en a pas trop, de
médecins, là, on n'en a pas trop, de rendez-vous.
La FMOQ, on est en discussion avec eux pour
savoir comment on pourrait trouver une solution à ça. Parce que
30 000 rendez-vous par mois, on va dire que c'est
400 000 rendez-vous par année, là, à peu près, sur à peu près 18 millions de rendez-vous. C'est à peu près
ça qu'on a dans nos GMF, là, à peu près 18 millions. Vous allez me
dire : 300 000 ou 400 000 sur 18 millions, ce n'est
pas beaucoup, mais c'est beaucoup, tu sais, c'est des... Alors donc...
Une voix : ...
M. Dubé : Mais je veux juste dire
«on va regarder». Mais ma réponse, que vous n'avez pas aimée tantôt, là,
puis... C'est pour ça que quand le député, tantôt, m'a dit : Les projets
de loi qu'on vient de régler ensemble, comme PL n° 3,
vont me permettre d'aller chercher ces données-là.
M.
Fortin : Oui, OK, mais là vous me parlez... puis
Dr Bergeron pourra nous en parler, là, s'il le faut, mais vous
parlez des médecins de famille. Dans le même article, là, moi, j'ai appris
qu'il y avait 10 % des rendez-vous chez les spécialistes...
M. Dubé : C'est encore pire.
M.
Fortin : Puis ça, souvent, c'est des rendez-vous en
hôpital, des rendez-vous dans nos établissements, dans nos installations. Alors là, on ne peut pas dire,
c'est un gestionnaire d'un GMF privé qui peut, peut-être, faire des rappels ou quoi que ce soit, souvent, c'est... c'est à
l'intérieur des établissements gouvernementaux. Alors, de ce côté-là, est-ce que
nos établissements, est-ce que le ministère prend des actions précises?
M. Dubé : Je vais laisser le
Dr Bergeron.
M. Fortin : Peut-être, dans la réponse du Dr Bergeron, ce serait
apprécié.
M.
Dubé : Si vous permettez, M. le député ou Mme la
Présidente, là, je pourrais peut-être demander au Dr Bergeron de
voir où ils en sont rendus dans ces discussions-là, là.
La Présidente (Mme Poulet) : Oui.
• (11 h 50) •
M. Bergeron (Stéphane) : Il y a deux
choses. Le phénomène des... des gens qui ne se présentent pas, des «no-show», n'est pas un... un nouveau phénomène,
mais c'est un phénomène qui semble accélérer dernièrement. La... la
manière d'y répondre passe d'abord par l'information, la sensibilisation et
l'importance d'aviser et d'annoncer sa non-présence lorsque c'est possible, et
il y a des circonstances dans lesquelles c'est impossible. Par ailleurs, donc,
des campagnes d'information avec les fédérations, avec le ministère qui sont
en... en cogitation pour faire face à ce phénomène-là.
Par ailleurs, l'utilisation de technologies pour réduire cela, effectivement,
par exemple, des technologies qui
vont nous... qui permettent plus facilement, pour les patients, là, dans les...
dans les hubs et dans les... pour les médecins de famille d'annuler leur
rendez-vous et de faire connaître leur annulation.
Deuxièmement, pour les établissements, il y a
des systèmes de confirmation de rendez-vous. Donc, souvent, le rendez-vous a été donné quelques semaines à
l'avance, donc confirmé, comme on le voit dans des... dans... dans d'autres
professions, là, ou dans d'autres
entreprises, donc, confirmés 24 ou 48 heures à l'avance par différents
moyens, textos, et autres. Il y a la question technologique, il y a les
questions de... légales qui sont étudiées, mais c'est l'utilisation de moyens
technologiques pour essayer de réduire ce phénomène.
M.
Fortin : Oui, mais, ça va être prêt quand? Parce que vous
avez raison, là, puis... puis je n'en prends pas crédit, c'est quelqu'un
qui m'a raconté ça hier, mais il me dit : Moi, je vais changer mes pneus
d'hiver, puis mon garagiste, bien, il m'a effectivement
envoyé un texto la veille puis deux heures avant pour s'assurer que
j'étais encore là à mon rendez-vous. Alors,
si le garagiste est capable de le faire, j'imagine qu'on est capables de le
faire aussi. Ça va prendre combien de temps avant que ce soit en place,
ça?
M. Dubé : Est-ce
que... Voulez-vous continuer ou... Parce qu'on a... on a Reno Bernier, ici, qui
est notre chef, notre chef informatique, qui, en passant, là, fait un travail
extraordinaire. Je vous le dis, là, on est chanceux d'avoir quelqu'un de ce
calibre-là. Peut-être, juste M. Bernier pourrait lui dire c'est quoi,
notre vision d'être capable d'avoir ça par
rendez-vous informatique, confirmation, parce que c'est des choses qu'on vous a
demandé de préparer. On a connecté nos GMF. Allez-y. Si vous êtes
d'accord, M. le député.
La Présidente (Mme Poulet) : ...à
ce que monsieur prenne la parole? Parfait. Est-ce qu'il y a possibilité de vous
nommer et de mentionner votre titre?
M. Dubé : Des gens travaillent beaucoup dans l'ombre, mais
qui font un travail fantastique en ce moment en santé.
Une voix : ...
M.
Fortin : Non, ça va. On vous voit bien.
La Présidente (Mme
Poulet) : Vous pouvez rester à votre... à votre...
Des voix :
...
M. Bernier
(Reno) : Bonjour.
La Présidente (Mme
Poulet) : Alors, votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Bernier
(Reno) : Reno Bernier. Je suis le sous-ministre associé des
technologies de l'information au ministère de la Santé. Donc, pour répondre à
la question, oui, il y a des travaux qui sont en cours. En fait, chaque clinique a des systèmes informatiques locaux, puis
ils ont des fournisseurs technologiques locaux. Il y en a cinq ou six qui
fournissent des outils de prise de rendez-vous. Les confirmations dont vous
parlez sont déjà pas mal en place, là, tout dépendant des cliniques. Nous, ce
qu'on a fait, c'est qu'on a regroupé l'offre de toutes les cliniques dans un
hub, un orchestrateur de rendez-vous, puis
on a branché 665 cliniques à cet orchestrateur-là. Ça fait que ça, ça va
nous... ça nous permet de voir l'offre de rendez-vous.
Puis ce qui s'en
vient, c'est des nouveaux outils pour permettre de faciliter la... de faciliter
l'annulation des rendez-vous. Puis ce n'est
pas standardisé pour le moment, mais ce qu'on s'en vient... vu que, maintenant,
on a regroupé toute l'offre ensemble, ce qu'on s'en vient, c'est avec
une plateforme unique de prise de rendez-vous et de suivi de rendez-vous que le
ministre a annoncé l'automne dernier, qui va s'appeler Votre Santé, qui va être
beaucoup plus simple pour prendre et gérer les rendez-vous.
On
a aussi... C'est important d'avoir de la donnée de gestion. Donc, légalement,
bientôt, on va avoir la capacité de l'obtenir. Mais les systèmes nous
permettent maintenant de voir l'offre avec l'orchestrateur qu'on a fait, puis
de voir combien il y en a, de «no-show»,
puis à quel endroit, puis pour quelle raison. Donc, ça prend aussi
l'implication de la clinique, parce
que c'est eux qui sont en «front» avec le citoyen. Donc, c'est très important
que la clinique collabore aussi. Puis, ce projet-là vise à simplifier
ces démarches-là.
M. Fortin : Mais,
pour tout ce qui est en établissement, puis on parle des cliniques externes,
là, mais, pour tout ce qui est en établissement, vous les avez, ces
données-là.
M. Bernier
(Reno) : Ça, vous parlez du côté des établissements, oui, bien, dans
les établissements, il y a plusieurs plateformes de rendez-vous qui existent.
On veut régler ça puis uniformiser ça. C'est décentralisé beaucoup
présentement. Moi, ce que je vous parlais, c'est les cliniques GMF.
La Présidente (Mme
Poulet) : Il reste 30 secondes, s'il vous plaît, pour conclure.
M.
Fortin : ...ce que vous me dites, là,
c'est que vous voulez uniformiser la prise de rendez-vous, et la confirmation,
et tout ça, là, pour qu'il y ait un système à la grandeur du Québec.
M. Bernier (Reno) : Oui, autant pour le
réseau que pour les cliniques privées, effectivement, vous avez bien résumé.
M.
Fortin : OK.
M. Dubé : ...c'est
Clic Santé quand on faisait de la vaccination. Vous étiez capable de prendre
votre rendez-vous à un endroit sur le même... et vous étiez capable de
canceller votre rendez-vous à la même place.
M. Fortin : Mais j'ai... La seule chose que je n'ai pas entendue, c'est
le moment, combien de temps ça...
La
Présidente (Mme Poulet) : ...je dois couper. Je dois respecter le temps. Je
m'en... j'en suis désolée. On va revenir. Alors, merci beaucoup. Je cède
maintenant la parole au député de Rosemont pour une période de 12 min
25 s.
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Je continuais, là, sur les «no show», on pourrait appeler les
patients fantômes. C'est sûr qu'il y a probablement des gens qui ne se
présentent pas, des gens qui oublient, des gens qui se sont fait soigner
ailleurs, des gens qui sont morts. Je suis sûr que, sur votre liste de gens qui
attendent un spécialiste, je suis sûr qu'il
y en a un certain pourcentage, de gens, qui ne sont même plus de ce monde. Ça
se peut. Mais il y a aussi des gens, des patients qui n'ont aucun contact avec
le réseau de santé. Il n'y a pas de rétroaction. La communication, c'est
bidirectionnel. Ça fait que, si vous ne le savez pas, vous êtes où sur la
liste, vous ne savez pas quand vous allez passer... J'entends puis je lis, moi
aussi, là, des commentaires de gens qui sont prévus, notamment, pour
rendez-vous à l'hôpital avec un spécialiste puis qui ne se pointent pas. Ça n'a
pas de sens. Est-ce qu'on les a vraiment avisés? Est-ce que ces gens-là sont
dans un contact permanent?
Je donne un exemple que vous connaissez parce
que je vous ai déjà parlé de mes vieilles hanches. Je vais en parler puis, en
même temps, je parle de moi-même, ça fait qu'il n'y aura pas de bris de
confidentialité, c'est mon dossier à moi. J'ai essayé récemment de savoir je
suis où sur la liste, question de prévoir un peu ma vie, tu sais. On va me
scier les deux fémurs puis me mettre du titane dans le corps. J'aimerais ça
savoir quand est-ce que va se faire. Impossible.
C'est impossible. Je... je suis un... un numéro fantôme. Je... je n'existe
nulle part. J'appelle mon chirurgien, celui
qui voulait me passer au privé, là, pour 35 000 $, là, pas de
réponse : Appelez tel numéro à l'Hôpital Sacré-Coeur. Vous avez vu
la maison des fous, là, Obélix et Astérix, là? C'est pire que ça.
Je suis allé à l'hôpital Sacré-Coeur. Moi, quand
j'ai une idée dans la tête, là, je fais de l'investigation. Je suis allé à
l'hôpital Sacré-Coeur, j'ai cherché le local, j'ai cherché qui pourrait juste
peut-être me dire : On ne vous le dira pas.
J'aurais pris juste ça comme réponse. Non, mais ça n'existe pas. Mais il n'y a
personne, il n'y a personne. On m'a donné le numéro d'une boîte vocale.
Je ne suis pas sûr que cette boîte vocale existe ou c'est peut-être un système
à cassette, là, puis la cassette est pleine depuis 12 ans, là, puis ils
n'ont pas changé la cassette.
Trouvez-vous ça normal, M. le ministre? Vous qui
aimez tellement les chiffres, les statistiques, là, puis qui... vous voulez en donner, là, pour l'argent des
contribuables, là, trouvez-vous ça normal qu'on traite le monde de même? Puis
je ne parle même pas de moi, je ne ferai pas pleurer personne, j'en conviens,
mais je le connais, le cas, c'est le mien.
Trouvez-vous ça normal qu'on soit, là, comme... j'aimerais ça dire un chien
dans un jeu de quilles, au moins, je serais là, là, puis quelqu'un
noterait ma présence. Je n'existe pas. Je ne suis pas là. Arrange-toi avec tes
affaires, un jour, on va t'appeler, puis, «by the way», le jour où on va
t'appeler, deux refus puis tu retombes en bas de la liste. Trouvez-vous ça
normal?
Puis qu'est-ce que vous allez faire pour que,
justement, là, peut-être avec le projet de loi n° 15... On peut-tu avoir un indicateur pour dire aux patients ils
sont où à peu près sur la liste? Je ne demande pas le jour précis, le numéro
de la salle puis la couleur des murs, là,
j'aimerais juste savoir, tu sais, peut-être trois mois, là, tu sais, un petit
trois mois, là, une fenêtre. Est-ce qu'on peut faire ça? Est-ce que vous
vous engagez à faire ça?
M. Dubé : C'est... c'est sûr, quand
vous décrivez votre cas, qui est le cas de bien des gens qui sont en attente,
là, puis vous avez bien fait de prendre votre cas, moi, je ne trouve pas ça
acceptable. Moi, j'ai deux réponses que je vous donnerais aujourd'hui.
J'aimerais ça qu'on fasse revenir, si la présidente le permet, vous le
permettez... Parce que M. Bernier pourrait vous dire qu'est-ce qu'il est
en train de mettre en place pour que ça, on soit capables de l'avoir. Puis
est-ce que ça va répondre un peu, ce que le député disait tantôt, c'est quoi
l'échéancier?
Je veux juste qu'on soit réalistes, parce qu'on
parle de tout un changement de culture, là, de dire : On ne fait pas juste
mettre des gens sur une liste d'attente, il faut être préoccupé de leur état.
C'est ça, un changement de culture. On ne
peut pas juste dire : C'est du monde qui attendent, puis on va prendre le
premier qui est là. Il faut changer cette attitude-là, il faut la
changer, mais, pour être capable de le faire, deux choses. J'ai commencé à
mesurer la satisfaction. Vous avez vu ça
dans le tableau de bord, là, on va le faire, mais là on a eu, je ne sais pas,
400, 500 commentaires, mais il va falloir l'étendre pour que vous
puissiez envoyer ça puis que le PDG puisse dire : Comment ça se fait que telle place, ça va mieux que chez nous? Pourquoi que
les gens sont mieux traités chez nous ou moins traités chez nous? Ça
fait que la mesure de la satisfaction, là, c'est un élément que je parlais dans
le plan de santé il y a un an. Ça a été long,
on a commencé. Mais le deuxième, c'est... j'aimerais ça que M. Bernier
vous le dise, puis ça complète un peu la réponse de... du député de
Pontiac. Notre programme de... de Votre Santé, le portail, pouvez-vous juste,
rapidement, M. Bernier, dire un petit peu on est... on est rendus où puis
qu'est-ce qu'il vous reste à faire pour que ça arrive, là?
• (12 heures) •
M. Bernier
(Reno) : Bonjour. Le portail Votre Santé est composé de
différentes composantes technologiques. D'abord, le portail en lui-même
mais il y a également aussi un outil de prise de rendez-vous qui est
nécessaire, mais un outil qui va permettre
aussi de gérer et de suivre les rendez-vous. Puis il va également y avoir un
lien vers le dossier de santé du citoyen.
Pour mettre en place sa plateforme, on prévoit
que, d'ici 12 mois, elle devrait être en place et elle va être améliorée
graduellement dans l'année et demie suivante, avec des nouvelles composantes
qui vont s'ajouter. On va commencer un peu comme on a fait avec les GAP
numériques, d'abord avec des filtres de pertinence puis un outil de prise de
rendez-vous. Ça va être notre premier livrable. Puis l'accès au dossier de
santé, par la suite, va se faire en deux
phases. La première phase, on a déjà le carnet de santé qui permet d'accéder
aux données de santé du DSQ, donc on va
avoir un lien vers le carnet santé au début. Et, quand le dossier de santé
numérique sera implanté, bien là, on pourra l'ajouter également.
Puis
c'est la combinaison du Dossier de santé numérique puis de la plateforme Votre
santé qui va permettre de donner suite à votre vision, là, que vous venez
d'annoncer. Ça prend un peu les deux, parce que ce n'est pas juste de prendre le rendez-vous, c'est d'être... de
t'approprier ton dossier de santé puis que le dossier te suive partout où tu es
dans le parcours de soins, plutôt que si... tu sois obligé de raconter ta
même... ton histoire à plusieurs occasions, tout dépendant si tu changes
d'installation.
C'est un gros
changement. Ça prend quelques années. On priorise...
M. Marissal :
Combien de temps, combien d'années?
M. Bernier
(Reno) : Bien, Votre santé, au début, pour le volet prise de
rendez-vous, comme je vous dis, là, d'ici 12 à 24 mois, on va avoir
déployé.
Puis, le Dossier de
santé numérique, on y va en deux phases. La première phase, c'est pour
gérer le risque. Plutôt que de faire un big
bang dans tout le réseau, bien, on commence par deux établissements
pilotes dans Mauricie—Centre
puis Nord de l'île, puis ça, c'est 24 mois.
M. Marissal :
OK, mais mettons... mettons que tout ça, ça va bien, là, qu'il n'y a...
qu'il n'y a pas de bordel informatique, pour prendre une expression à la mode,
là, puis on le souhaite, en passant, là, à terme, là, combien de temps avant
que ça marche, là, de A à Z dans votre plan?
M. Bernier
(Reno) : ...
M. Dubé :
Je vais vous laisser répondre, mais je veux juste... Quand le... M. Bernier
dit : 12 à 24 mois. Quand on parle d'une application agile plutôt que
big bang, c'est qu'il va dire : Peut-être que mes premières places où je
vais le faire, ça va prendre 12 mois. Ça, je pense, c'est le chiffre que
vous voulez entendre. Et de l'avoir partout au Québec, ça va peut-être prendre
24 mois. C'est juste ça que je veux qu'on précise, parce que je ne veux
pas qu'on dise : On ne sait pas si ça va être 12 ou 24 mois. Les
premiers vont... C'est très différent pour...
M. Marissal : Bien, je pense,
monsieur... M. le ministre, ce que les gens veulent savoir, là, c'est, à terme,
là, dans l'hypothèse où tout fonctionne bien, là...
M. Dubé :
Bien là, je laisse... je laisse le... Oui.
M.
Marissal : ...puis qu'on ne
s'enfarge pas dans les fils d'ordinateur, là, combien de temps pour que ça
marche, là, dans votre plan global, combien, combien d'années vous vous
donnez, minimalement?
M. Bernier
(Reno) : Deux volets dans la réponse. Le premier volet, pour la
prise de rendez-vous, dans 12 mois, normalement, l'application pour
prendre des rendez-vous, elle va être... elle va être disponible, OK? Quand je dis 12 à 24 mois, c'est parce que l'autre
12 mois, il va y avoir des ajouts qui vont se faire. Par exemple, le lien
vers le Carnet santé, ça va se faire dans la deuxième année.
Le
Dossier de santé numérique en lui-même, là, le dossier électronique, là, du
citoyen, là, ça, c'est plus long, là. On parle de deux ans à compter de
l'été, lorsqu'on aura fini le processus d'acquisition de l'outil de dossier
électronique, là, pour être déployé dans deux vitrines. Puis
ensuite, dans le reste du Québec, on parle de quatre à six ans.
Mais on va faire ça
plus vite pour la prise de rendez-vous, 12 mois, l'an prochain, comme je
vous disais.
M. Marissal : Donc, le mieux qu'on peut
espérer pour l'ensemble du Québec, c'est six ans pour arriver à terme de
votre planification, de votre plan?
M. Bernier
(Reno) : Pour Votre santé, prise de rendez-vous, c'est un an.
M. Marissal :
Non, mais tout le reste, là?
M. Bernier
(Reno) : Pour le dossier électronique médical... a beaucoup plus...
ça, c'est plus gros, c'est plus long. Mais,
vous savez, en attendant, là, les établissements peuvent déjà moderniser leurs
outils. Il y a... il y a des plans décentralisés de modernisation
qui sont déployés dans chaque établissement, ça fait qu'ils n'attendent pas
six ans pour avoir des outils modernes. Ils peuvent déjà commencer, puis
c'est déjà en cours.
M. Dubé :
...je peux rajouter, M. Bernier, s'il reste du temps? Oui. Juste
quelques minutes, là. Ce qui nous encourage... Tantôt, on parlait du GAP, on a
commencé avec un GAP téléphonique, juste au téléphone. Après ça, on a
décidé : OK, ça va bien puis ça peut aller mieux, on va faire un
GAP numérique, les gens peuvent aller sur le Web. Alors, c'est sûr que la
prochaine étape, c'est le Votre santé tel que M. Bernier vient de
répondre.
Deuxièmement,
vous avez posé une bonne question, puis j'ai... je veux juste prendre
deux secondes pour y répondre. Vous avez dit : Dans le
PL n° 15, est-ce que la satisfaction pourrait être là? Puis la
réponse, c'est oui. Je ne me souviens pas de l'article, là, ou des articles,
mais...
M. Marissal :
Oui. J'ai... Oui, la satisfaction, je veux bien, là, mais ce n'est pas ça
que j'ai dit. Moi, je parle d'un échéancier, être capables de suivre.
M. Dubé : D'un échéancier.
Est-ce que... Bien, c'est parce que ce qu'on va faire... Puis on pourra en discuter, parce que je ne veux pas qu'on discute
PL n° 15, mais le comité interdisciplinaire, vous en avez entendu
parler, là, quand le CMDP est venu, là, puis on discutait : Est-ce que
c'est la qualité qu'il devrait s'occuper ou l'organisation du travail?
Il y a un mot qui est clair pour moi, là. C'est que le CMDP et le directeur
médical doivent travailler sur le processus, OK? Le processus, là, avec le
patient... Comment on appelle le... Le patient-client... le patient-partenaire,
qui vient dire : Ce n'est pas normal, que j'attende 12 mois ou
18 mois pour mon rendez-vous. Je veux juste vous dire que le comité
interdisciplinaire sur lequel le patient-partenaire nous demande d'être, c'est
exactement pour régler votre cas, de dire : Je suis un exemple type de
quelqu'un qui attend après une chirurgie, qu'est-ce que vous allez faire pour moi pour que je puisse comprendre où je suis
dans le processus? Quand on va PL n° 15, là, ça va être exactement
de ça qu'on va parler avec le comité interdisciplinaire entre le médecin,
l'infirmière, le travailleur. C'est ça que je disais tantôt. Et ça, vous allez
avoir votre réponse à ça.
La Présidente (Mme Poulet) : Il
nous reste 1 min 45 s.
M. Marissal : Bien, je vais finir
là-dessus parce que je ne suis pas sûr d'avoir eu la réponse la plus... J'ai eu
une réponse claire, peut-être que je l'ai mal comprise. Vous, là, dans votre
échéancier, là, moi, j'entends six ans, là. Je comprends que l'ensemble de
l'infrastructure, là, de l'architecture qu'on... dans le meilleur des cas, ça
va prendre six ans. Je veux savoir : C'est-tu ça que j'ai compris?
C'est-tu ça qu'on dit? Parce que je comprends qu'il y a des étapes, là, j'ai...
j'ai compris ça. Mais, à terme, là, ce chantier-là, est-ce que c'est un
chantier de six ans?
M. Dubé : Oui. Vous allez avoir
100 % des bénéfices sur cinq, six ans, mais vous pouvez avoir 80 %
des bénéfices sur trois ans. C'est ça
que je veux vous dire. C'est que, si on prend... Ce que... ce que vous venez de
me dire, là... J'aimerais ça que vous
ayez en plus toutes vos données dans un dossier de santé numérique dans
trois ans, mais, si... Je ne le sais pas, comment on va faire les
35 CIUSSS, dans quel ordre. Ce que je vous dis, par exemple, c'est que le
rendez-vous santé, le suivi de votre cas, ça, on va l'avoir deux ans
maximum, alors... Puis c'est ça que j'ai demandé à M. Bernier dans les derniers mois, j'ai dit : Reno, maintenant,
là, qu'on... on s'est sorti de la pandémie puis que tu me donnes ces...
montre-le pour qu'on l'explique.
Prenons
l'exemple de carnet de santé. Le carnet de santé, il est déjà là, mais on...
les gens ont de la difficulté à se connecter dessus. Il y a quoi,
1 million de Québécois qui ont à peu près leur carnet de santé, alors
qu'il devrait y avoir... on devrait
connecter tous les Québécois avec le carnet de santé. Ça serait déjà énorme de
savoir c'est quoi, vos rendez-vous, puis etc., exactement ce qu'on se
dit. On n'attendra pas six ans pour faire ça. Mais la Ferrari, là, c'est
sûr qu'elle va être en 2026, mais,
d'ici là, vous allez voir la progression énorme, puis c'est ça que je pense
qu'on va expliquer grâce au travail que toute l'équipe de
M. Bernier...
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
beaucoup. Merci à vous tous. Alors, si vous me permettez, je vais céder
maintenant la parole à la députée de Marie-Victorin pour une période de
12 min 30 s.
Mme
Dorismond : Donc, bonjour, tout le monde. C'est à mon tour
maintenant de saluer les oppositions. M. le ministre et toute votre
équipe, bonjour.
Donc, pour poursuivre la discussion, M. le
ministre, je vous entends souvent dire que c'est important de mettre les
patients au coeur des décisions. Donc, on le sait tous, là, en ce moment, il y
a certaines difficultés aux urgences, et je vous entends aussi dire souvent que
c'est important de mettre... de renforcer la première ligne, ça fait que j'aimerais que vous expliquiez aux Québécois
comment vous comptez y remédier et c'est quoi, les solutions qu'on peut
mettre en place pour renforcer la première ligne.
M.
Dubé : OK. Bien, on a commencé à répondre à...
Premièrement, je suis content de vous avoir dans l'équipe
gouvernementale, Mme la députée, parce que votre formation d'infirmière m'aide
souvent à comprendre des choses que votre connaissance du terrain nous a
apportées comme... comme parti puis comme gouvernement maintenant. Je veux juste la saluer, parce que vous nous aidez à
poser des bonnes questions, pas toujours faciles, d'ailleurs. Parce que,
là, ce que vous demandez, ce n'est pas facile à répondre, c'est assez large,
mais c'est correct.
Moi, je... Quand on dit qu'on met le patient au
centre de ce qu'on veut faire, tout à l'heure j'ai parlé... puis je ne veux pas
priver le député de Pontiac des réponses puis, tantôt, peut-être que je me...
Puis, si je n'ai pas été clair avec vous,
bien, il pourra me faire préciser d'autres choses cet après-midi, parce qu'on
va reparler des urgences, c'est sûr. Mais, pour moi, il y a
deux enjeux, si on garde ça simple, là, puis mon passé me teinte un peu
dans mon analyse, c'est la question des
volumes puis des capacités. Puis je reviens souvent à ça, puis c'est d'ailleurs
pour ça, là, qu'on... j'ai fait faire des graphiques, puis ils me
trouvent tannant parce que j'essaie de garder ça simple puis... mais regardez
bien pourquoi je vous dis que c'est important que le patient comprenne ce qu'on
dit là.
• (12 h 10) •
On a un vieillissement de la population, on a eu
une pandémie, on a des facteurs que j'appelle démographiques qui viennent nous
compliquer la vie. Et ça, qu'est-ce que ça fait, là, si on ne fait rien? Ça
augmente les volumes qu'on a aux urgences,
OK? Donc, il faut travailler comment on enlève des volumes, c'est-à-dire
comment on enlève de l'achalandage, OK? D'un autre
côté, on peut baisser notre achalandage, ce qu'on a réussi à faire, puis je
vais vous le montrer, malgré la pandémie, malgré le vieillissement de la
population, mais on a un enjeu qui est plus gros, qui est celui de la capacité
de traiter ces gens-là.
Puis je vais vous montrer un graphique, là, que
j'ai fait sortir dans les derniers jours pour bien se préparer aux crédits, et
j'ai hâte de le discuter, cet après-midi, avec le député de Pontiac, mais je
vous le montre, là, parce que ça va lui donner le temps de se préparer, puis
c'est toujours des très bonnes questions. Quand on regarde le délai moyen de
séjour, entre autres, sur une civière, parce que ce n'est pas la même chose que
l'ambulatoire, ici, là, on a varié, là, de
15 heures de délai, ça avait... On était plutôt à 18 heures, là, j'y
vais rapidement, on a baissé avant la pandémie, puis, avec la pandémie
et tous les autres facteurs, le délai... Alors, une personne, en moyenne,
reste... Aujourd'hui, là, c'est un petit peu moins que 18 heures, on s'est
amélioré dans les dernières semaines. Et ça, là, c'est juste pour les civières, ce n'est pas les gens qui rentrent à
pied. Ça, c'est... Et ça, c'est une moyenne, ça veut dire... Comme le député
me dit souvent, il y en a que c'est
30 heures. Il y en a que c'est 10 heures, mais il y en a que c'est
30 heures. Donc, c'est ça qu'il faut améliorer.
Mais ce que j'ai mis en parallèle ici, là, c'est
quoi, là, ça, c'est la notion de capacité dont je parle. Depuis quatre, cinq ans, là, ce n'est pas
200 lits ou 500 lits qui sont fermés, c'est 2 000 lits.
Puis ça, la journée qu'on comprend ça, là, c'est que je n'ai plus la même
capacité pour servir le monde parce qu'il manque de personnel. Puis on en
revient toujours à ça, mais là, là... Puis on le sait, on l'a discuté dans le
plan santé, il y a des pays en Europe qui ont bien plus... Nous, on a à peu près 18 000 lits au
Québec, mais, quand j'en ai 2 000 de fermés parce qu'il manque du monde,
je ne peux pas avoir les mêmes délais ici. Vous me suivez?
Alors, ce que je pense qu'il faut mettre en
contradiction, c'est qu'on a réussi à travailler sur les volumes, sur
l'achalandage qui... malgré, malgré le vieillissement de la population, puis
les maladies chroniques, puis etc., qui se sont ajoutés, on a réussi à
travailler sur l'achalandage. Pourquoi? À cause des GAP, à cause de la prise en
charge qui sont faites des médecins, à cause des cellules de crise qu'on a mis
la fluidité, tout le travail qui a été fait. On n'est pas encore où on veut parce, le député va me le dire,
on n'est pas encore à notre 12 heures. Mais il y a une bonne nouvelle, c'est
qu'on a... au moins, sur ce qu'on peut contrôler, on a travaillé sur
l'achalandage.
Là, maintenant, ce qu'il faut faire, c'est de
travailler sur la capacité, vous me suivez, pour que je retrouve ces
2 000 lits là qui sont fermés, et ça, on pourra en rediscuter
après-midi avec le député. Mais, quand on a... quand on a comme souci le patient, et là-dessus les députés,
la qualité des questions qu'ils me posent aujourd'hui, c'est : Qu'est-ce
que vous, vous pouvez faire?, là, ça, ce n'est pas le... ce n'est pas le
problème du patient, ça, c'est vous, comme gestionnaire. Et c'est là que, quand
on a regardé... puis je suis tannant avec ça, Mme la députée, là, mais j'ai eu
la chance de me promener dans plusieurs
hôpitaux depuis trois ans, dans les meilleurs, comme au Jewish, mais
maintenant, quand je suis allé à... sur la Rive-Sud, àCharles-LeMoyne,
j'ai vu que... puis vous les connaissez, ces hôpitaux-là, parce que vous avez
été infirmière, là, tout d'un coup, tu te dis : Comment ça se fait que les
gens, dans les mêmes conditions de pénurie de personnel, de vieillissement de
la population, tout ce que je viens de discuter... comment ça se fait qu'il y
en a qui font mieux que d'autres, hein? Comment ça se fait qu'eux autres, ils
ont réussi à trouver des solutions au problème de capacité, puis pas juste de
volume, pas juste d'achalandage? Et c'est là qu'est notre défi. Puis c'est ça que je... que je... qu'entre autres
le projet de loi n° 15, dont on parle souvent, va venir nous aider à donner
des leviers à nos gestionnaires pour travailler sur la capacité, OK? Il y en a
qui l'ont fait, mais, des fois, il y a des gens qui ont besoin d'aide ou qui
ont... ou on doit avoir des leviers sur le personnel.
Ça fait que je vous réponds... C'est peut-être
une longue réponse, Mme la députée, mais, pour moi, pour qu'on soit capable de donner un meilleur accès
puis que la personne n'attende pas 18 heures sur la civière, il faut
travailler autant sur le volume que sur la capacité. C'est ça que je
vous répondrais. Excusez-moi si ça a été long.
Mme Dorismond : Je vais poursuivre
dans la même lignée. Si on veut renforcer la première ligne, dans le plan de santé aussi, il y a la prévention qui est
un élément très important dans votre plan. Comment qu'on va y arriver,
si le ministère avait l'habitude de travailler, on va dire, en enlignement avec
l'hospitalocentrisme, comment qu'on va faire le lien pour travailler sur la
prévention?
M. Dubé : Bien,
écoutez, je dis souvent qu'il faut travailler entre l'urgent puis l'important,
hein? L'urgent, là, on sait c'est quoi, là, c'est une pandémie, c'est régler
nos problèmes à l'urgence, c'est tout ce qui est notre quotidien, OK?
Puis malheureusement des fois, quand on est trop pris dans l'urgent, on oublie
ce qui est important. Quand vous me parlez de prévention, pour moi, ça, c'est
dans la catégorie de ce qui est important. Parce que, si on ne change pas notre
façon de regarder la prévention, bien, on va toujours être poigné dans
l'important puis dans l'urgence, OK?
L'arrivée du Dr Boileau est importante. Il est
là, aujourd'hui, là, pour les gens qui n'ont pas eu la chance de le voir à la caméra, là, mais ce que je pense qui
est notre défi... Puis peut-être qu'ils vont dire... qu'ils l'ont assez vu à la
caméra dans la dernière année, mais ce n'est pas moi qui ai... ce n'est pas moi
qui ai dit ça, là. Ce n'est pas moi qui ai
dit ça. Je ne veux pas être mal... je ne veux pas être mal cité, là. Ça, c'est
le genre d'affaire que je ne devrais pas dire, hein, c'est ça? Bon. Mais
je veux revenir parce que c'est important, ce qu'avait... Puis je vais dire pourquoi
je parle du Dr Boileau, là.
Dans la séparation qu'on veut faire du ministère
avec les opérations, c'est justement pour séparer l'important de l'urgent. S'il
y a une chose que les experts disent depuis 20 ans, c'est : Le
ministère devrait se concentrer sur le long terme. C'est quoi, nos objectifs?
Qu'est-ce qu'on veut en matière de prévention? Puis moi, je vais vous dire, si
on a la chance d'avoir des gens de cette qualité-là, comme le Dr Boileau
puis comme... il faut leur donner de dire : Occupez-vous pas du détail. Dites-nous... Puis... Et je pense que, si on
fait ça... Puis là, je regarde, là, regardez ce qu'on vient
de faire sur le vapotage. Une décision qui n'était pas facile à prendre parce
qu'il y a beaucoup de lobbys, beaucoup de
gens qui nous disaient : Oui, mais là, écoutez, comment vous allez...
C'est bon pour empêcher les fumeurs, puis etc. Il y a toutes sortes de
bonnes raisons, mais, à un moment donné, il faut les prendre, ces décisions
difficiles là.
Le problème
avec la prévention, c'est qu'on va voir l'effet dans cinq ans, dans
10 ans. Puis je fais juste penser à la cigarette comme exemple. On
avait des taux de fumeurs, Dr Boileau, je peux me tromper, au-dessus de
20 % de la population, il y a une dizaine d'années, et plus que ça, 25 %,
30 %, là, je ne me souviens pas des chiffres. On est rendus à 14 %. Bien, les cancers, entre
autres, c'était un coût énorme lié à la cigarette, au tabac, au tabac en
général. Alors, tout ça pour vous dire
qu'il y a eu une recommandation très claire de la santé publique qui a
dit : Vapotage, particulièrement pour les saveurs, pour les jeunes,
c'est très dangereux, ça crée l'habitude, un jour, qu'ils vont fumer ou vont
avoir un effet. Je ne sais pas si je vous réponds, mais, pour moi... Et c'est
nous qui devons travailler, puis c'est pour ça qu'on a... Quand on a fait
l'annonce, on a référé au travail que le Dr Arruda a fait dans la
politique gouvernementale sur la prévention, puis le Dr Arruda est très
impliqué avec le Dr Boileau là-dedans, mais il faut travailler aussi avec
nos autres ministres, par exemple, Mme Charest, qui est à l'Éducation puis
aux Activités, de travailler ce qu'on
appelle les saines habitudes de vie. Alors, c'est sûr que, quand vous pensez à
un vapotage, pour moi, ça ne rentre pas dans les saines habitudes de
vie.
Ça fait que je ne sais pas si je réponds, mais,
pour moi, plus on va être capable de pousser les opérations dans une société
qui va se concentrer sur le quotidien, sur l'urgent, plus le ministère va être
capable de se remettre où il doit être, c'est-à-dire dans des activités qui
vont changer la façon dont on pense en termes de santé puis avoir de plus en
plus de focus sur la prévention et non juste sur le curatif. Et ça, pour moi,
c'est important.
La Présidente (Mme Poulet) : Pour
conclure, il reste 17 secondes.
Mme Dorismond : Oh! bien, je
vous dirais que... je vous dirais...
M. Dubé : Oh! on reviendra. On
reviendra.
Mme Dorismond : Mais
merci beaucoup pour ces réponses. Puis effectivement, si on focus plus sur la
prévention, il va y avoir moins de gens malades aussi.
M. Dubé : À moyen et long
terme.
Mme Dorismond : Merci.
La
Présidente (Mme Poulet) : Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la
parole au député des Îles-de-la-Madeleine
pour une période de 12 min 20 s.
• (12 h 20) •
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. M. le ministre, j'aimerais avoir votre avis sur un projet qui avait
été critiqué par le Parti québécois, mais également par la Coalition
avenir Québec, dès qu'on est... on a
sorti cette idée de centraliser
toutes les analyses de laboratoire au sein d'une douzaine de grappes qu'on a
appelées Optilab. Évidemment, depuis votre arrivée au gouvernement, vous
avez épousé, là aussi, la vision de Gaétan Barrette. Et j'aimerais savoir, au regard des informations auxquelles on a
accès... Mais c'est très peu d'informations, mais, parfois, là, grâce à des
lanceurs d'alertes, on apprend, par
exemple, qu'il peut y avoir 20 000 spécimens qui sont en attente dans
des congélateurs, là, dont le plus
vieux date de septembre 2021. Est-ce que ça ne vous inquiète pas un petit
peu, la façon dont ça se passe dans les laboratoires, ici, au Québec?
M. Dubé : On va essayer de trouver
la façon de décortiquer le problème en deux, parce qu'il y a toujours une façon de décortiquer... Puis vous posez une très
bonne question. Je pense qu'il y a... il
y a l'enjeu d'Optilab comme tel
puis il y a l'enjeu d'un logiciel. Alors, je vais commencer par... OK... parce
que c'est...
M. Arseneau : Oui, on reviendra sur
le logiciel après.
M. Dubé : Non, mais c'est parce que
c'est important, parce que, des fois, on mêle les deux, là, puis... Sur la
question de... Il faut que les Québécois comprennent, là, qu'il y a des
dizaines de millions de tests qui sont faits chaque année au Québec. Tu sais,
c'est... c'est beaucoup, là. Pensez aux huit millions de Québécois qui
vont avoir besoin d'un, deux, des fois,
trois, quatre tests par... C'est des dizaines de millions de tests qu'il
fait. Alors, quand on regarde les
retards dans les analyses, même s'ils ne sont pas acceptables, c'est quand même
une faible majorité, parce que vous me parlez de...
M. Arseneau : Une faible proportion.
M. Dubé : ...je veux juste que les
gens comprennent ça.
Ceci étant dit, ce qu'on s'est rendu compte,
c'est que la mise en place, qui était une très bonne idée, du fameux logiciel, puis là vous allez me voir
venir... c'est qu'on veut qu'il y ait plus de deux entrées. Alors, si vous
êtes, par exemple, dans... chez
laboratoire X ou que vous êtes à un endroit où vous faites votre test,
vous entrez la donnée, OK, puis, malheureusement, il y a
encore cinq, six systèmes, c'est ça qu'on répond souvent, et là il y a des
gens qui prenaient la décision de dire : Vu que ce n'était pas...
ce n'est pas urgent, je le mets de côté, puis je ne le rentre pas dans le nouveau système où est le... où est le
laboratoire, le test. Vous me suivez? Alors, le logiciel qui a été pensé, il y
a quelques années, par l'ancien
gouvernement, c'était pour éviter ces doubles entrées là, parce que je veux le
rentrer une fois pour tout le monde. Vous me suivez?
Alors, ce qu'on a
décidé de faire rapidement quand on a vu que l'implantation du logiciel ne
fonctionnait pas, ne... J'en ai parlé avec
M. Bernier il n'y a pas plus tard que deux semaines. Là, j'ai dit,
là : On va mettre le programme du logiciel sur la glace. Parce
qu'on faisait une approche qui était la bonne idée, on le faisait par étapes,
l'approche agile dont je parlais tantôt, parce qu'on a 100... un peu plus que
100, 100 laboratoires à mettre le logiciel. On a commencé à en faire 10 ou
12, puis on s'est rendu compte, oh! que ça ne marchait pas, là, il y a quelque
chose qui ne va pas. On arrête ça là, on va
corriger le tir. Mais, pendant ce temps-là, notre problème, c'est qu'on est
toujours dans la double entrée. Vous me suivez?
M. Arseneau :
Oui, mais, si vous permettez, là, on est rentrés dans quelque chose de très
technique sur l'entrée des données. Moi, je voudrais d'abord vous entendre sur,
en fait, le modèle, le modèle qu'on a mis en place, qui avait pour objectif d'améliorer l'efficacité des tests en
laboratoire, du travail, et avoir des gains sur le plan financier. Moi, je voudrais savoir, vous qui êtes amateur de
chiffres et de données, si vous avez ces données-là qui permettraient de nous
dire où on en est, dans l'implantation d'Optilab, sur le plan, justement, de
l'efficacité. Est-ce qu'on peut avoir... Est-ce que vous avez en votre possession, là, des chiffres qui
dateraient, là, d'avant l'implantation, disons, 2015-2016, avec
2022-2023, par laboratoire ou par grappe, pour qu'on puisse effectivement juger
du succès ou de l'insuccès du réforme... de la réforme? Parce que ce qu'on
entend sur le terrain, c'est : Rien ne va plus, que ça coûte plus cher
puis que c'est moins efficace. Alors, j'aimerais ça que vous nous apportiez, si
vous n'êtes pas d'accord, les données qui prouveraient le contraire.
M. Dubé : Bien, moi, j'ai des questions qui ressemblent
beaucoup aux vôtres, là, puis je vais demander à M. Bergeron, qui, dans ses
nombreuses responsabilités... Je lui ai dit : Donnez-moi ces
statistiques-là. Parce qu'on ne les avait pas, là, on ne les avait pas.
Ça fait que peut-être que, si vous permettez, j'aimerais ça que M. Bergeron
vous explique où on est rendus dans avoir le tableau de bord que j'ai demandé
sur les tests de façon générale pour être capables de suivre ce que vous demandez.
M. Bergeron.
La Présidente (Mme
Poulet) : Oui, parfait.
M. Bergeron
(Stéphane) : Obtilab. Obtilab, comme vous le savez, il y avait, avant
Optilab, 123 laboratoires distincts à travers les établissements du
Québec. On a congloméré cela en l'espace de 12 grappes. Première des
choses qu'il faut bien comprendre sur l'importance d'Optilab, si je l'associe
avec la COVID, nous n'aurions jamais passé et être les premiers de classe en
termes de détection de la COVID dans nos laboratoires sans la configuration Optilab. Nous aurions eu 123 directeurs de
laboratoire qui nous auraient dit : Mets moins de machines ici, mets moins
de machines là, et un système pas concerté. La réponse que le... les
laboratoires ont réussi à donner, qui nous a distingués au Québec par rapport à
tout le reste, repose sur la configuration Optilab.
Deuxième gain très
clair d'Optilab, nous avons profité d'Optilab pour renforcer la norme de
qualité dans nos laboratoires et obtenir des accréditations de qualité, quelque
chose que des petits laboratoires, 123 épars, n'avaient pas la capacité, la direction scientifique et
technique nécessaires pour le faire. Donc, Optilab nous a permis de rehausser
la qualité de ce qui est fait à l'intérieur de nos laboratoires.
Troisième gain sur
Optilab, le fait que nous travaillons avec des grappes concertées qui peuvent
aller en appel d'offres pour des équipements et l'achat d'équipements. Si ma
mémoire est bonne, on a déjà des économies de plus de 90 millions
associées avec l'achat de ces équipements regroupés là.
Finalement, sur
Optilab, comme tous les autres secteurs d'activité, Optilab est frappé par des
difficultés en termes de ressources humaines
dans les laboratoires. Là où M. le ministre a indiqué, c'est que, si — on y
va concrètement — vous
décidez... vous voyez votre médecin qui vous prescrit une analyse, une prise de
sang, vous allez en pharmacie ou vous allez
au laboratoire de l'hôpital A, qui saisit ça, il prend... puis il écrit sur un
crayon, puis là on transfère ça dans un laboratoire qui doit réinscrire
une deuxième fois, selon les normes, pour m'entrer dans la... pour entrer dans
la machine. Un système d'information au laboratoire unique au Québec va éviter
ce travail clérical de double saisie là qui est inutile, donc vous allez aller
en pharmacie ou dans un centre de prélèvement, il va rentrer directement vos
informations dans le bon système, votre échantillon va arriver au laboratoire
et, à ce moment-là, va pouvoir être analysé
et être intégré à l'intérieur du système, et ça nous... ça va nous permettre
une meilleure traçabilité. Aujourd'hui, il y a 200 millions
d'analyses de laboratoire à travers le Québec. Donc, quand on parle de
20 000, je veux juste relativiser parce que toutes les analyses ne sont
pas urgentes, certaines analyses... Si, par exemple, on vous demande une
analyse de cholestérol, que l'analyse soit faite trois, ou quatre, ou
cinq jours après, c'est tout à fait correct. Donc...
M. Arseneau :
...
M. Bergeron
(Stéphane) : Ah! non, ça, je suis d'accord.
M. Arseneau : Je
m'excuse, Mme la Présidente, c'est parce que j'ai peu de temps, puis votre
réponse, c'est... est au moins quatre fois plus longue que ma question était.
Alors, je... on va essayer d'équilibrer ça un peu. C'est que vous nous donnez
de l'information qui est... qui est... qui est, soit, pertinente, mais qui
est... qui est aussi, jusqu'à un certain point, très parcellaire. L'information
parcellaire qu'on peut vous rendre, vous renvoyer, c'est le fait que, si vous
dites qu'il n'y a qu'une seule entrée de données, il y a beaucoup de
manipulations, il y a beaucoup de transport. On nous dit qu'il y a des pertes
d'échantillons, on nous dit aussi qu'il y a des délais. Vous avez parlé de
quatre à cinq jours. On nous parle d'analyses qui devaient prendre
24 heures, qui prennent maintenant un mois, deux mois. C'est des
informations qui sont peut-être anecdotiques. Le fond du problème, c'est un
problème de confiance dans un système qui a fait preuve... la preuve hors de
tout doute, là, qu'il a fait depuis son implantation, c'est son opacité, c'est
ce qui le distingue aujourd'hui.
• (12 h 30) •
M. le ministre aime bien utiliser l'expression
«transparence». Moi, ce que je vous demande, pour redonner confiance d'abord aux
travailleurs, aux techniciens de laboratoire et, évidemment, à tous ceux qui
travaillent dans le système de la santé... Les médecins eux-mêmes dénoncent le
fait qu'ils n'ont pas accès en temps utile aux résultats de laboratoire pour
pouvoir poser des diagnostics, des pronostics et entamer des traitements. C'est
là qu'il est, le problème. Moi, ce que j'ai
demandé, c'est que la Vérificatrice
générale fasse un audit de
performance sur Optilab, sur les différentes grappes qui ne répondent
pas, en fonction des fonds qu'ils obtiennent, à des standards qu'on pourrait
imaginer, là, comme de reddition de comptes qui soit au moins aux
cinq ans, pour qu'on puisse justement savoir ce qu'il y a à encore
améliorer, notamment sur le plan de l'informatique.
On nous dit qu'il y a un système qui est en
implantation, qui est composé de, si je me souviens bien, neuf modules. Et
les deux premiers modules, en les... en les implantant, c'est la
catastrophe. On arrête, on va... ne le déploiera
pas tout de suite. On a qualifié ça de broche à foin par ceux-là mêmes qui les
utilisent, avec une perte de temps incommensurable et des dossiers qui
disparaissent, et, au moindre accent, on perd l'information. Alors, moi, je
veux bien croire qu'on a la volonté d'améliorer, mais c'est l'information qui
nous manque pour juger de... de l'efficacité de ce système-là. Et je voudrais
savoir, en terminant, là, les chiffres que je demande ou les informations à
savoir sur la performance... et est-ce qu'on peut faire un examen de ça devant
public?
La Présidente (Mme Poulet) : Je vous
demande de conclure. Il reste 1 min 30 s, s'il vous plaît.
M. Dubé : Dans une minute, ce que je
vais vous dire, là, puis encore en complément, là, un, on va avoir les tableaux
de bord sur Optilab. On les a demandés, on est en train de les préparer pour
avoir la même transparence que dans tout autre dossier. C'est en train d'être
fait, là. D'accord? Et je dois vous dire que l'implantation du système, et je
le reconnais, n'a pas été à la hauteur de ce qu'on veut faire. J'en ai parlé
avec M. Bernier. On est en train de faire des corrections, parce que
l'essentiel du problème, là, puis je ne dis pas que c'est le seul problème, il
n'a pas eu la formation des gens. Comme c'est un élément clé. Quand tu fais une
implantation informatique, tu dois former des gens puis tu dois leur dire
qu'est-ce qui s'en vient. Il n'y a pas eu ça, il n'y a pas eu ça.
Ça fait qu'en
une minute, ce que je vous dis, deux choses. Vous vous demandez : Il va-tu
y avoir de la transparence dans les chiffres? La réponse est oui. C'est
ce que j'ai demandé au Dr Bergeron. Et j'ai demandé à M. Bernier de
retarder, parce qu'on en a fait 10 ou 12, je ne me souviens pas, j'ai
dit : Dites-moi ce qui n'a pas fonctionné, c'est quoi, les facteurs de succès, puis il y en a, là, puis je... et là j'ai
dit : Maintenant, les trois prochains que vous allez faire, vous
allez me montrer que ça va bien aller. Alors, dans une minute, c'est ça que je
vous dirais, les deux choses qu'on fait là-dessus.
La Présidente (Mme Poulet) : Parfait.
Il reste 20 secondes.
M. Arseneau : ...
M. Dubé : On pourra revenir cet
après-midi si vous voulez.
M. Arseneau : ...
La Présidente (Mme Poulet) : Parfait.
Alors, merci à vous tous. Merci de votre participation. Alors, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 h 30.
(Suspension de la séance à 12 h 33)
(Reprise à 15 h 28)
La Présidente (Mme Poulet) : Alors,
bonjour à tous. Nous allons reprendre nos travaux. Je vous rappelle que la
commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet Santé des crédits
budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice
financier 2023-2024.
Alors, nous
en sommes maintenant à un bloc d'intervention de l'opposition officielle.
Alors, je... M. le député de Pontiac, la parole est à vous pour une
période de 19 min 12 s.
M. Fortin : Merci.
Merci, Mme la Présidente. Heille! je m'en voulais, tantôt, là, d'entrée de jeu,
j'ai oublié de saluer le président de la
commission, qui... qui ne peut pas être ici parce qu'il a d'autres, d'autres...
On a tous lu, là, son «predicament», disons. Donc, on le salue à distance et,
comme toujours, on sait qu'il va nous revenir en forme.
M. le ministre,
tantôt, on a terminé nos échanges sur la question, si je ne m'abuse, du moins
dans le dernier bloc d'échange que vous et moi, on avait ensemble, sur la
question des patients fantômes, pour utiliser le bon terme en français, tel que
nous l'a rappelé le député de Rosemont. Mais l'idée, là, derrière cette
discussion-là, c'était d'essayer de trouver des façons que, que ce soient les
médecins ou les autres professionnels qui accueillent des patients... puissent
avoir plus de temps pour voir plus de patients. Un... Une des autres façons,
c'est la réduction de la paperasse, entre
autres. Et vous avez entendu comme moi, entre autres, les gens de la FCEI, là,
il n'y a pas très longtemps, il y a quelques semaines à peine, si je ne
m'abuse, les gens de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante,
qui nous ont dit essentiellement que, selon leurs études, là, il y avait... il
y avait énormément de temps qui était passé par nos médecins, au Québec, comme... comme dans d'autres juridictions
canadiennes, mais au Québec en particulier, sur de la paperasse. Je pense qu'ils nous ont dit, si je
ne m'abuse, que c'était tout près de 10 heures par semaine qu'un médecin
pouvait... pouvait passer, là, sur des tâches administratives. J'aimerais ça
que vous nous disiez qu'est-ce que vous avez
fait au cours... c'est un exercice annuel qu'on a, alors disons au cours de la
dernière année, pour réduire leur fardeau administratif.
M. Dubé : Oui. Je vais... je vais commencer, si vous permettez,
M. le député, puis je viendrai peut-être demander l'appui, entre autres,
du Dr Bergeron, là, ou...
Une voix :
...
M. Dubé :
...puis de, peut-être... Est-ce qu'il est revenu, M. Kobrynsky?
• (15 h 30) •
Une voix : Oui,
il est là, il est là.
M. Dubé : Ah!
il est là. OK. Parce que c'est un de ses mandats spécifiques, alors...
Mais, à haut niveau,
pour commencer sur le grand principe, là, j'ai eu la chance de rencontrer il y
a quelques mois, là, puis je ne me souviens pas exactement de la date, des
représentants des compagnies d'assurance, parce que vous savez qu'entre autres
dans la paperasse, là, qu'on... tel que dit par... tel que, disons, cité ou
déclaré par les médecins, les médecins sont
amenés à faire beaucoup de documentation pour justifier une absence au travail,
etc., est-ce que la personne était justifiée de ne pas être là, puis
etc. Et ce que... Il y a eu un consensus, puis c'est pour ça que je voudrais
passer la parole à M. Kobrynsky, parce que je ne sais pas exactement où c'en
est rendu, mais il y aurait... il y aurait
vraiment avantage, premièrement, juste au niveau de ces formulaires, de... de
standardiser qu'est-ce que ça prend pour être capable d'avoir une
exemption, l'exemple que je viens de... de vous donner. Mais le... Je dirais,
dans le détail, là, ce que j'aimerais peut-être, puis si vous... Je vois que M.
Kobrynsky est là... On n'a pas eu la chance de lui parler encore ce matin.
Auriez-vous de l'objection à ce que je lui demande où il en est rendu dans ce
programme-là? Parce que... Mais...
M.
Fortin : ...très content de l'entendre.
M. Dubé : Non.
Ce n'est pas une question que je n'ai pas les réponses. C'est parce que...
M.
Fortin : Dans le détail, là, dans le
détail.
M. Dubé : Dans...
Dans le détail. Mais je veux... je voulais juste vous rassurer que je suis
excessivement préoccupé par ça. Parce que, si c'est vrai, le chiffre que vous
avez dit, 10 heures, puis mettons que ça représente... le chiffre que j'avais entendu, c'est 20 % du
temps, bien, s'il y a 20 % du temps d'un médecin, là, qu'il soit omni
ou... il faut trouver une solution à ça. Puis surtout avec... Alors, si,
Mme la Présidente, peut-être...
La Présidente (Mme
Poulet) : ...à ce que monsieur vienne prendre la parole?
M. Dubé : Peut-être
s'avancer aussi, là.
La Présidente (Mme
Poulet) : Alors, si vous voulez vous avancer, venir prendre le micro.
Une voix :
...
La Présidente (Mme
Poulet) : Juste ici, à côté, s'il vous plaît. Et si c'est possible de
vous nommer et de dire votre titre, s'il vous plaît.
M. Kobrynsky (Marc-Nicolas) : Bien
sûr. Marc-Nicolas Kobrynsky, sous-ministre adjoint, Direction générale
de la planification stratégique, performance.
Écoutez,
en toute... en toute franchise, on a commencé le mandat, puis il y a des
premières analyses qui ont été faites. En
fait, on roule avec les chiffres de la FMOQ, avec 24,5 %. Ça fait que ça,
je veux dire, on... on ne débat pas. On est... On est en accord.
Il
y a neuf grands thèmes qui ont été identifiés, certains très spécifiques,
particulièrement, comme disait M. le ministre, les prescriptions pour
les absences au travail, les prescriptions pour des médicaments qui ne sont
pas... qui ne sont... qui sont en vente
libre. On y va avec des prescriptions d'assurance. Donc, en fait, plusieurs
assureurs visent... continuent à utiliser le système pour demander des
prescriptions pour, admettons, des... des services qui sont :
physiothérapeute, massothérapeute, etc., là, qui... alors que plusieurs
compagnies d'assurance ont arrêté de le faire. Et puis il y a plusieurs autres, là. On regarde dans... dans... Il y en
a qui sont de... des choses plus complexes, là, comme l'uniformisation
de... des formulaires d'assurance, parce que, là, plusieurs causent plusieurs
difficultés en même temps. Mais c'est... il
y a neuf initiatives qui ont été ciblées, qui sont toutes en... en analyse pour
essayer de comprendre exactement c'est quoi... c'est quoi, là, le... la
priorisation qu'on a.
M.
Fortin : ...il y a des secteurs... Parce
que ce que vous avez nommé, là, à l'instant, là, il y a beaucoup de secteurs de
l'extérieur, hein, des demandes, par exemple, qui viennent de compagnies
d'assurance, qui viennent de l'extérieur. Est-ce que vous avez regardé
l'interne au ministère? Là, je vous donne un exemple, là, qui, de mémoire, nous
a été présenté la semaine dernière par un des groupes qui est venu nous parler
en commission parlementaire : 54 pages de formulaires pour avoir des soins
à domicile. Ça, c'est ce qu'un professionnel de la santé doit remplir pour les
exigences du ministère de la Santé, là. Est-ce qu'il y a un exercice à
l'interne aussi de ce qu'on demande aux professionnels?
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : ...ce que je vous présentais, c'est beaucoup basé
sur... En fait, on... on essaie d'être le
plus agile, le plus rapide possible. Donc, suivant les... le rapport de la
FMOQ, il y avait certaines initiatives qui étaient... puis ils sont...
ils sont valables, mais l'analyse... Quand je disais : Il y a plusieurs
axes que l'on fait, l'analyse aussi au ministère, mais aussi ce qu'on
appellerait intergouvernementale, donc avec la SAQ, le... tu sais, je veux
dire, nos partenaires, la... la CNESST, l'ensemble de nos partenaires qui
demandent des choses aux médecins. Donc, il
n'y a rien qui ne va pas être regardé, mais, présentement, comme il y avait
des... des éléments plus simples qui ont été évalués, c'est ceux-là
qu'on regarde.
M.
Fortin : Ça a commencé quand, cet
exercice-là?
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Il y a quelques mois, à peu près.
M.
Fortin : Donc, avant, il n'y en avait pas,
de...
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Oui, bien, je pense qu'il...
M.
Fortin : ...c'est en continu, j'imagine,
mais...
M. Kobrynsky (Marc-Nicolas) : C'est
en continu. Mais là il y a une véritable initiative qui est souhaitée par...
M.
Dubé : ...interrompre, je
m'excuse, mais c'était vraiment... Il y a, je ne sais pas, neuf axes dont vous
parlez, mais qui ont été demandés par la FMSQ et la FMOQ. Je voulais
juste faire cette précision-là parce qu'on s'est dit : Si c'est là qu'eux
autres voient le problème, allons directement... directement à ça.
Sur
la question des soins à domicile, honnêtement, j'avais entendu ça, mais je...
je pense, ce serait bon, M.
Kobrynsky, qu'on se parle... qu'on se prenne une note puis qu'on regarde ce qui
est possible de faire de ce côté-là, parce qu'effectivement il y a un
projet de... Je vais juste y aller rapidement. Il y a un projet de loi qui a
été initié, je pense que c'est Montréal-Nord, par M. Albergel, qui est rendu
maintenant au CHUM, pour simplifier toute la question du soin à domicile avec
une société informatique. C'est un projet pilote qui est fait pour justement
éviter d'avoir tous ces formulaires-là à chaque fois. Ça fait que ça aussi,
peut-être qu'on pourrait vous donner un... un compte
rendu là-dessus, là. Je pense que ça, ça va nous aider, c'est-à-dire que les
gens vont faire le soin à domicile avec des instruments technologiques,
là, au lieu d'avoir les grands formulaires papier, là.
M.
Fortin : Bien, je l'apprécierais, parce
que, vous avez raison, là, qu'on parle de... de 20 %, comme la FCEI
disait, 24 %, comme la FMOQ dit, quand on a des formulaires de
54 pages pour avoir des soins à domicile ou, si je me... si je ne m'abuse, de mémoire, 24 pages pour avoir une
canne, là, pour marcher, là, 24 pages, il me semble qu'on est
rendus loin dans le superflu puis dans le, disons... le... dans l'efficacité au
travail. On est loin de ce qu'on devrait se souhaiter, là.
M. Dubé : Ce
qu'on... Ce qu'on a fait aussi... Est-ce que je peux continuer sur ce sujet-là
rapidement?
M.
Fortin : Allez-y.
M. Dubé : Puis c'est tellement
important, ce que vous dites. Parce que j'ai souvent dit que j'aimerais ça que,
dans Santé Québec, on ait cette
culture-là, de débureaucratiser, là, je vais le dire comme ça, je regarde Mme
Castonguay quand je dis ça, là, de
débureaucratiser. Puis il y a deux choses qu'on a faites. Parce que, oui, on
peut s'améliorer avec des systèmes informatiques, mais, en attendant, on
peut-tu aider nos médecins avec des agents administratifs, un peu comme on l'a
fait dans nos hôpitaux? Ça fait que je veux juste vous dire qu'en parallèle...
Puis, si jamais vous
voulez, il y a à peu près 200 millions qui ont été mis par — est-ce
que M. Bernier est encore là, oui? — 200 millions dans,
justement, tous ces procédés-là. Tantôt, je parlais, là, de ce qu'on fait avec AlayaCare puis avec différentes compagnies pour
être capables de... En tout cas, il y en a à peu près pour 200 millions
sur 1 milliard sur les cinq prochaines
années. Donc, on a vraiment des programmes pour passer au XXIe siècle, je
vous dirais, là.
M. Fortin : Juste
peut-être une dernière chose, là, pour... pour notre... notre invité. Là, vous
avez dit que vous avez commencé il y a quelques mois. À quel moment on va être
capables de faire l'exercice, disons, de... de reddition de comptes de... de ce
que vous êtes en train de faire, là? Pour essayer comprendre à quel moment ça
se termine puis à quel moment on va être capables, selon vous, là,
d'avoir un vrai portrait de tout ce que vous avez éliminé comme... comme
paperasserie superflue.
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Si vous me permettez, en fait, c'est que le but est
d'aller un petit peu plus loin que dire : Voici une initiative qui se
termine dans x, puis voici ce qu'on a éliminé. Le but, un peu comme... c'est inspiré de la Colombie-Britannique, qui a un
processus en continu qui... qui, pour toute demande ou... présente, en fait, justement
pour ne pas que, dans 10 ans, on refasse le même exercice pour dire :
Ah! ça a grossi parce qu'on ne l'a pas
regardé. Donc, je ne suis pas sûr qu'il y avait... il y a... il y a une... il y
a une velléité de faire le tour de l'ensemble de la charge
administrative, mais, après ça, de le faire en continu.
M.
Fortin : Mais, l'enjeu... l'enjeu, avec
ça, c'est que ça nous prend des résultats tangibles à certains moments. Là, ça
fait quelques mois que vous avez commencé. Vous allez me dire : Bien oui,
mais je ne peux pas vous dire : On a éliminé tels formulaires, on a refait
tout ça. Mais il faut être capables de se dire : Dans six mois, on va
avoir fait des avancées, dans... Tu sais, il faut être capables de faire ça
aussi, là.
M. Dubé : ...20 %...
le 20 % ou le 24 %, là, je vais être honnête avec vous, là, mais ce
que je voyais dans des discussions qu'on a eues, que ma cheffe de cabinet me
montre, là, c'est qu'à l'automne, au mois d'octobre, ce qu'on voulait, c'est
s'assurer qu'on ait une... des... des actions très prioritaires sur certains
des axes dont on parle. Ça fait que, si...
Moi, ce que je vous dirais, là, parce qu'on va se revoir cet automne, on va...
on va se parler souvent, ce qu'on pourrait peut-être faire au mois
d'octobre, c'est vous dire où est-ce qu'on est rendus dans les priorités. Parce
que je pense que, souvent dans ces travaux-là, c'est de s'assurer qu'on met le
temps sur les priorités. Ça fait que...
M.
Fortin : Et, dans les neuf axes, les
priorités, c'est lesquelles?
M. Dubé : Ah!
bien, il y en a... il y en a plusieurs. Puis c'est ça qu'on a demandé de voir,
parce que, nous, les médecins nous l'ont dit. Là, on va travailler, entre
autres, avec la partie informatique, comme j'ai dit, et avec l'expertise de
M. Kobrynsky, rappelez-vous que ça, c'est notre expert des plans
stratégiques, puis tout ça, ça fait qu'il est habitué de... de faire ces
choix-là, là, ça fait que les deux ensemble. C'est pour ça, je vous dis :
Moi, au mois d'octobre, je pense qu'on serait capables d'avoir un plan assez
clair puis vous dire : Voici c'est quoi, nos priorités qu'on aura discutées avec les deux fédérations de
médecins, là. Parce que nous, on peut bien dire que c'est ça, mais il faut
leur revenir puis conclure.
Est-ce que,
M. Kobrynsky, je suis à bonne place avec le mois d'octobre, là? Oui?
• (15 h 40) •
M. Kobrynsky
(Marc-Nicolas) : Absolument, M. le ministre.
M. Dubé :
OK.
M.
Fortin : Ça me va. Merci.
Vous y avez touché,
là, je pensais y revenir plus loin quand on se reparlerait de main-d'oeuvre,
mais je vais profiter de l'ouverture. Votre
plan sur les agentes administratifs que vous aviez évoqué, je crois, il y a...
il y a à peu près deux ans, si je ne me trompe pas, c'était en 2021,
quelque... à un... quelque moment en 2021, là, vous aviez fait une annonce en
disant : On veut 3 000 agents administratifs supplémentaires. Il
y en a combien qui ont été embauchés jusqu'à maintenant?
M. Dubé : Bien,
écoutez, je pense qu'on a... on en a engagé tout près... tout près de
1 800, de ce que je comprends. Mais
peut-être que Daniel... C'est sûr que c'est en continu. J'aimerais ça peut-être
vous donner les chiffres pour voir un
petit peu, parce que... on engage, il y en a qui quittent, mais... Puis moi, je
vais vous dire, pendant que Daniel regarde ça...
M.
Fortin : Mais... Mais peut-être, juste
avant, il y en...
M. Dubé :
Oui, allez-y.
M. Fortin :
Vous dites : Il y en... On en engage, il y en a qui quittent. Votre
engagement initial, là...
M.
Dubé : 2 000.
M.
Fortin : ...c'était un plus 3 000 au
net, là.
M. Dubé : Oui.
M.
Fortin : OK. OK.
M. Dubé :
Mais je vous dis que c'est à peu près 2 000, là, qui... qu'on est toujours
en processus d'embauche. Mais, ce que je
voulais vous dire, puis Daniel va nous donner des chiffres, on est toujours en
recrutement. Ça, c'est certain. Mais ce que j'ai beaucoup apprécié, quand je
vais dans une urgence ou quand je vais dans les hôpitaux, je les rencontre,
je demande à... c'est qui le ou la personne qui est agent administratif, puis
je peux vous dire que la réaction, soit des infirmières :
il les couve, là. C'est... C'est vraiment une aide qu'ils voient, parce que
c'est... c'est ça qui permet, entre autres, aux infirmières puis, des fois, aux médecins, de... Mais je voulais
juste peut-être donner une... un 30 secondes de plus à M. Paré
pour qu'il puisse regarder ça.
Mais on est où
spécifiquement, M. Paré, là-dedans, là?
La Présidente (Mme
Poulet) : Il y avait consentement. Est-ce que le consentement est
toujours maintenu?
M.
Fortin : Bien sûr.
La Présidente (Mme
Poulet) : Parfait. M. Paré.
M. Paré
(Daniel) : Parfait. Bien, encore une fois, bon après-midi à tous.
Bien, écoutez, on a
vraiment bien avancé, là, sur... Puis je peux vous donner des données par
programmes, encore là, qu'on voit, là, que c'est plus large, là, que...
M.
Fortin : ...le... les chiffres totaux, là,
puis, après ça, on verra si on veut aller plus loin.
M. Paré
(Daniel) : Ça fait qu'au niveau... au niveau des chiffres totaux, je
vais les calculer vite. On arrive à 1 600... 1 700... on est... on
est autour... on est près de... 3 000 au niveau des postes qui sont...
Dans le fond, l'objectif est presque atteint. On sait qu'au niveau du début du
projet jeunesse, 416... dans... dans le programme jeunesse, au niveau, là, de... des personnes âgées, 582, santé
mentale, 400, mais surtout dans les centres hospitaliers, au niveau des urgences, où est-ce qu'on avait vraiment priorisé
au début, plus de 1 300, et, au niveau des... hospitalier, champ général, mais
au niveau de l'urgence même, plus de 300.
M. Fortin : Les
chiffres que vous nous donnez, c'est des chiffres au net, là? Vous les avez...
C'est les embauches moins les départs, puis les départs à la retraite,
puis tout ça?
M. Dubé :
...pas tant que ça, des départs, Daniel...
M. Paré
(Daniel) : C'est ça. C'est que... C'est que, souvent... C'est que,
souvent, dans... dans le fond, c'est les
chiffres qui ont été carrément embauchés, mais vous savez que c'est... il y a
de la rotation. Ils sont embauchés, ils sont remplacés, etc.
M. Dubé : Mais,
en service, on n'est pas loin de 3 000. C'est ça que vous dites?
M. Paré
(Daniel) : Oui.
M. Fortin : OK.
Mais... dans le fond, vous nous dites : Notre objectif, il est... il est
pas mal atteint, là, à ce niveau-là?
M. Paré
(Daniel) : Oui, mais il faut les maintenir, parce qu'encore là les
enjeux de main-d'oeuvre, comme vous le
savez, là, sont... sont toujours... sont toujours là. Ça fait que, des fois, il
y a des départs, qu'il y en a qui quittent pour un autre département, on les
remplace. Ça fait que c'est des postes, quand même, qui sont là, permanents.
M. Fortin : Mais,
dans la liste de... des titres d'emploi qui manquent, là, vous... vous nous
dites qu'en date du 28 février,
donc le mois dernier, disons, là... ou il y a un mois et demi, il manquait
encore 2 008 agentes administratifs à l'embauche du ministère
de la Santé.
M. Paré
(Daniel) : Au niveau de tous les établissements de santé, là, et
services sociaux du Québec, là.
M. Fortin : Oui. Mais j'ai de la misère à vous suivre, là. Vous nous dites :
On avait un objectif de 3 000, c'est pas mal atteint, mais là il en
manque 2 000, encore.
M. Dubé : ...engager 5 000.
M. Paré (Daniel) :
C'est ça.
M. Fortin : Bien, pourquoi vous vous êtes donné un objectif de
3 000, dans ce cas-là?
M. Dubé : Mais c'est parce qu'on
est... on est... on n'est pas capables de toutes les trouver. Ce que je vous
dirais... Ce que je vous dirais : On s'était donné, je pense, ce qui était
un objectif ambitieux.
M. Paré (Daniel) : ...
M. Dubé : Non, non, mais allez-y,
allez-y.
M. Paré
(Daniel) : ...ça... nous, là, c'était un projet, là, les
3 000 qu'on vous parle, c'était un projet spécifique pour vraiment
venir soutenir les gens en clinique.
M. Fortin : OK. Donc là, le projet, il est terminé, là?
M. Paré (Daniel) : Le projet, en
tant que tel, est... il est maintenu. Vous, ce que vous nous dites, dans le fond, c'est que, dans tous les services des... des
CISSS et des CIUSSS, en tout cas, des établissements de santé et services
sociaux, bien, les agentes administratives, il y en a d'autres qui font du
travail administratif qui n'ont pas ce rôle-là. Et c'est... Je pense, ça, c'est l'élément que vous mentionnez, que, oui,
c'est encore un type d'emploi, là, qui est en... qui est en pénurie.
M. Fortin : OK. Mais, ce que vous me dites, c'est qu'il en manquait
5 000, il y a... quand vous avez commencé
ça, il y a deux ans. Parce que la... la dernière chose que je voudrais, là,
c'est qu'on ait pris les 3 000 nouvelles, là, d'ailleurs dans
le CIUSSS, qu'on les amène aux endroits que vous voulez, là. On... Il en
manquait 5 000, il en... maintenant, il en manque 2 000, si je
comprends bien.
M. Paré (Daniel) : On ne le compte
pas comme ça. C'est parce qu'en gros c'étaient des postes additionnels qui ont été créés spécifiquement pour venir
soutenir les gens en clinique, là. C'est... Et c'est carrément ça qui est le
projet, là.
M. Fortin : OK. Qu'est-ce qu'il me reste comme temps, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme Poulet) : 2
min 40 s.
M. Fortin : 2 min 40 s.
La Présidente (Mme Poulet) : Oui.
M. Fortin : OK.
Je vais y toucher rapidement, mais je vais y revenir, OK? Le... En 2021, vous
aviez signé une déclaration d'engagement... bien, votre collègue, les quatre
parties aviez signé une déclaration d'engagement pour entreprendre un dialogue
non partisan et orienté vers la recherche de solutions sur le don d'organes. On
en est rendus où? Parce que je ne me souviens pas, dans les dernières deux
années, d'avoir eu un... un dialogue non partisan et orienté vers la recherche
de solutions sur la réforme du don d'organes encore.
M. Dubé : OK. Bien, je vais... je
vais vous dire que c'est peut-être, là, un dossier qui n'a pas été aussi vite
qu'on aurait voulu. Ça, je suis très transparent avec vous. Parce que, pendant
la... pendant la pandémie, là, je pense qu'il
y avait des... des priorités qui étaient ailleurs. Je n'aime pas ça, dire ça.
Par contre, on va maintenir notre engagement. Parce que vous voyez le
débat qui est nécessaire, puis je suis content que vous le souleviez, là, puis
surtout de la façon dont vous le soulevez, M. le député. C'est que dans ça,
c'est vraiment important de faire un débat non partisan, qu'on a... Je ne pense
pas qu'on a eu le temps de faire ça, puis il faudrait... il faudrait y revenir.
Parce que, si vous... vu qu'il vous reste deux minutes, à peu près, là... je
veux... je veux le dire...
M.
Fortin : Bien, si le collègue de Rosemont est d'accord, on
peut empiéter sur mon prochain temps, là, juste pour terminer.
M. Dubé : Mais c'est un... c'est un
beau débat, ça. Puis je pense que... vu que vous soulevez... je veux que les
gens comprennent en ce moment. Puis il y a eu... Cette semaine, c'est la
semaine des dons d'organes. Puis vous avez vu, là, j'ai fait un tweet. Il y a eu
un article qui était excellent, qui a été fait, je pense, c'est par Le Soleil,
entre autres, qui donnait l'exemple des...
je ne suis plus certain c'est qui, là, mais de policiers qui sont soit à la
retraite ou des policiers qui, sur leur propre temps personnel, se rendent
disponibles pour déplacer des organes, quand c'est disponible, parce que
c'est... Vous avez peut-être vu cet article-là. C'était excellent. Et, moi, ce
que ça m'a amené, j'ai demandé, tu sais : Qu'est ce qu'on fait avec
ça? Puis le... un des gros enjeux, qui est un enjeu, selon moi, sociétal, un
enjeu de société, c'est, puis là, je le dis
en anglais parce que je n'ai pas de meilleure expression, mais aidez-moi, ce
qu'on appelle le «opt-in» ou le «opt-out». En ce moment, en ce moment,
on est dans... Puis y a-tu quelqu'un qui m'aide, là, avec le...
Une voix : ...
M. Dubé : ...le consentement
explicite. En ce moment, pour être capables de faire le don d'organes, vous
devez regarder mon permis de conduire puis de voir que j'ai accepté que, si
j'ai un accident majeur, je le donne, alors que, dans certains pays...
M. Fortin : Dans certaines provinces aussi. Vous...
M. Dubé : Dans certaines... Dans...
M. Fortin : Puis vous n'avez pas à me l'expliquer, là, j'ai déposé le
projet de loi là-dessus à la dernière... au dernier... à la dernière séance de
l'Assemblée. Alors, moi, je suis d'accord avec ça. Est-ce que...
M. Dubé : Bon.
M. Fortin : Est-ce que vous êtes en train de dire que vous êtes
d'accord avec ça?
M. Dubé : Moi, ce que je pense
personnellement, là, je ne sais pas si c'est important ou pas, mais ce que je
vous dirais, là, puis je vais le mettre, là, quitte à me mettre... moi, je suis
d'accord avec ça parce que je pense... Puis j'ai vu la... Il y a eu un article
aussi, cette semaine, de cette dame-là, parce que la... c'est la semaine du don
d'organes puis... Là, je me rappelle qu'effectivement vous avez déposé ce
projet de loi, là. Ça fait que merci pour la question. Mais cette dame-là, qui a perdu son garçon il y a quelques années, a eu
la chance de savoir, je ne sais pas comment elle a fait ça... de voir où était rendu ou quelle personne avait reçu le...
le don, le don d'organes, et ça l'a encouragée à passer à travers son
deuil, etc. Alors donc... Mais ce n'est pas toujours aussi facile que ça, ce...
le consentement spécifique. Alors, moi, personnellement, je suis très à l'aise
avec ça, M. le député. Puis je pense que... merci de me le rappeler, dans...
quand je disais tantôt qu'il faut avoir des choses importantes et non urgentes,
je pense que, lorsqu'on aura travaillé sur,
entre autres, l'aide médicale à mourir... est-ce que c'est un projet qu'on
pourrait travailler, peut-être, avec la
ministre, Mme Bélanger, ou moi-même, quand on aura fini l'autre petit dossier,
là, PL n° 15 qu'on regarde ensemble? On va trouver le
temps. Mais je... je serais assez ouvert à mettre ça à l'agenda...
La Présidente (Mme Poulet) :
Parfait...
M. Fortin : OK. Bien, vous... C'est déjà... C'est déjà inscrit au
feuilleton, donc on s'en reparlera très bientôt.
M. Dubé : Bon, bien... bien, merci
pour le... le rappel, pour le rappel.
M. Fortin : Mais on va... on va terminer la discussion, là, sur le don
d'organes au retour, là. Mais effectivement, là, le consentement présumé, pour
nous et pour certains de vos anciens... de vos collègues qui avaient milité
pour ça à l'époque, là, je pense au député de La Peltrie qui avait milité
pour ça longtemps, je pense qu'il y a... on
a du chemin à faire là-dessus, considérant le succès que semblent avoir eu
plusieurs autres juridictions à ce niveau-là.
• (15 h 50) •
M.
Dubé : Ça fait que je suis certain que le
Dr Bergeron, qui est ici, là, prend bonne note de vos commentaires, parce
que, dans ses équipes, il faut se préparer. Je pense qu'ils vont prendre
connaissance de votre projet de loi que vous avez déposé. Puis on verra,
dans le... l'agenda législatif, là, regardons peut-être l'automne, de ce qu'on
pourrait faire. Mais très, très ouvert à ça, moi, de mon côté.
M. Fortin : Très bien. Merci.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
beaucoup.
M. Dubé : OK. Merci.
La
Présidente (Mme Poulet) : Alors, je cède maintenant la parole au député de
Rosemont pour une période de 16 minutes.
M. Marissal : Merci. Bien, on va
finir là-dessus, là, sur ce qu'a entamé le député de Pontiac, parce que c'était sur ma liste aussi. J'ai... J'ai un
sentiment partagé ici. Je suis content de vous entendre dire : Vous êtes
ouvert, tout ça, mais ça me ne rassure pas de vous entendre dire :
Je vous remercie de me rappeler ça. Ça fait combien de temps qu'on parle de ça
au Québec, là? On peut-tu se donner un échéancier, quelque chose, là? Il n'y a
plus de COVID, là, on peut avancer. On est tellement
en retard au Québec là-dessus. Ça sauve des vies. On peut-tu se donner un
échéancier, là? Tout le monde est de bonne foi ici, c'est une affaire qui fait
l'unanimité... en tout cas, peut-être pas l'unanimité,
je sais qu'il y a un débat éthique là-dessus, là, mais on est capables d'aller
se dégager un bon consensus. Je...
M. Dubé : Bien, écoutez, M. le
député, je viens d'ouvrir une grande porte, là.
M. Marissal :
Oui, mais pas d'échéance, ça ne fait pas grand-chose. On va en reparler dans
un an?
M. Dubé : Non. Mais ce que j'ai
dit, c'est l'agenda législatif de l'automne. Moi, je pense que ce qu'il faut
que je fasse, puis je suis à la limite de mes moyens, là, il faut que j'aille
voir mon leader, puis qu'il regarde ça, puis qu'il
dit : Est-ce que c'est un projet qu'on pourrait mettre... Moi, ce que...
je prends l'engagement aujourd'hui envers... envers vous, envers le...
les gens qui nous écoutent puis envers vous deux... vous trois, c'est de
dire : Moi, je vais le demander, qu'il soit à l'agenda législatif.
M. Marissal : OK.
M. Dubé : C'est ça que je vous
dis aujourd'hui. Ça fait que...
M. Marissal : Bien,
je vous dis ça, là, ce n'est pas pour vous culpabiliser. Moi, ça fait... c'est
le troisième exercice de crédits que je fais depuis que je suis votre
critique, là, ça revient : Ça revient-tu l'an prochain aussi? Puis il y
aura d'autres... d'autres thèmes comme ça
que... sur lesquels je vais... je vais aller plus tard, là, où on... année
après année, là, c'est comme les marronniers, là, on recommence, on en
reparle.
M. Dubé : Oui. On va les
prendre un par un, M. le député. Mais, ce que je voudrais vous dire, je pense
qu'on est quand même conscients qu'on a eu nos sept vagues puis on a eu tout
ça, là.
M. Marissal : Oui... Oui. C'est
bon.
M. Dubé : Ça fait que je veux
vous juste dire, vous, vous en faites un, en ce moment, qui est excessivement
important, avec ma collègue, sur l'aide médicale à mourir. L'aide médicale à
mourir, on...
M. Marissal : Ce n'est plus
moi. Ce n'est plus moi, non, ce n'est plus...
M. Dubé : Vous n'êtes plus...
vous... Ce n'est plus là. Bien... Là, vous êtes sur d'autres choses.
M. Marissal : Bien, ce n'est
plus moi parce que je suis occupé avec un autre ministre...
M. Dubé : Avec un autre. Oui.
M. Marissal : ...qui m'occupe
beaucoup.
M. Dubé : Mais c'est ça, je
pense qu'on est... on est à la bonne place. Moi, l'engagement que je prends aujourd'hui, là, puis je ne changerai pas d'idée,
je vais en parler avec mon leader, je pense qu'il faut finir
PL n° 15, il faut finir
l'aide médicale à mourir. Ça, pour nous, là, c'est vraiment les deux. Mais on
vient d'en régler deux, là. On vient de régler PL n° 10 et... alors... et PL n° 3. Ça fait
que je pense que je vous dis : J'ai un engagement, puis de... de regarder
ça pour l'automne.
M. Marissal : OK. C'est un
rendez-vous.
M. Dubé : OK.
M. Marissal : Si on a fini
PL n° 15.
M. Dubé : Ah! bien, j'espère
qu'on va avoir fini PL n° 15 à ce moment-là.
M. Marissal : Il y a une partie
qui ne m'appartient pas ici. Alors...
M. Dubé : Ah! il y a... Vous en
avez un grand bout.
M. Marissal : Oui, je... j'en
conviens. Je... Je veux revenir sur... Je veux revenir sur ce dont on a
commencé à parler tout à l'heure au salon bleu. Je vous parlais des contrats au
privé, d'études de l'IRIS ou d'autres, de chiffres que vous nous avez enfin
rendus disponibles dans le livre des crédits. Mais, au salon bleu, vous savez
comment ça marche, c'est une minute pour la question, puis deux fois
30 secondes. Vous en avez juste un petit peu plus que moi, mais on n'a pas
le temps de faire les débats de fond.
Alors, on a mis la table. Puis vous m'avez donné
deux, trois idées de sous-questions que j'ai maintenant le temps de poser.
C'est rare. Le calendrier joue en ma faveur. Je ne veux pas m'obstiner avec
vous, l'IRIS, pas l'IRIS, parce que c'est
un... quant à moi, ce n'est pas là qu'on va aller. Vous dites : C'est des
chiffres qui ne sont pas à jour, qui n'ont pas été mis dans la bonne
perspective. Je ne veux pas m'obstiner là-dessus non plus.
Par contre,
vous m'avez dit tout à l'heure au salon bleu, là, juste l'autre côté de la
porte, que vous avez maintenant un échantillonnage de
155 000 chirurgies qui vous permet d'avoir une idée beaucoup plus
claire, et je comprends, ne serait-ce que dû à la
fourchette, là... un échantillon beaucoup plus clair que ce qu'on a pu vérifier
par le projet pilote de 2016... 2016? Non, 2019.
M. Dubé :
2016. 2016.
M. Marissal :
2016. Bon, parfait. Moi, je trouve que c'est extraordinaire si on a un bon
bassin qui nous permet d'avoir un bon échantillonnage. Pourriez-vous nous
partager ça? Parce que vous dites : Je les ai, je le sais, puis on débat
en ce moment de choses ultra importantes, comme de contrats au public... au
privé, je veux dire, au privé, alors est-ce que vous pourriez partager les
données colligées à jour de vos 155 000 en comparaison avec ce que ça coûte
au public?
Et je refais ma
suggestion, tout à l'heure, que, si ça nous prend un oeil extérieur, la
Vérificatrice générale me semble la personne tout indiquée pour faire ça.
M. Dubé :
Bien, je vais commencer par une
partie de réponse puis je vais demander à Mme Savoie ou à M. Coubat, Pierre-Albert
Coubat, qu'on n'a pas eu encore la chance d'entendre aujourd'hui, là, qui est
notre grand gourou financier. Mais
j'aimerais ça vous... commencer la réponse. Mme Savoie, vous... peut-être,
je vous passerai la parole tout de suite après.
Ce n'est pas de
remettre le... l'étude des risques. Puis vous, ce n'est pas ça que vous faites
non plus. Ça fait que je veux juste... Mais il y a une chose qui est certain,
qui est difficile, parce qu'on a pris la décision, quand on... on essayait de
trouver la façon de passer du gré à gré... parce que ce qu'on a fait, puis vous
le savez, on a discuté la fin des mesures
d'urgence ensemble... l'été dernier, on a quand même été pris dans des contrats
de gré à gré parce que c'était très difficile d'aller en appel d'offres
pendant la période de... où on était dans les mesures d'urgence.
Ceci étant dit, on a
eu des coûts x qui étaient quand même plus élevés quand tu es dans du gré
à gré que d'aller en appel d'offres. Ça fait qu'on a eu le projet pilote de M.
Barrette, on a eu les contrats de gré à gré. Et là ce qu'on a fait... Puis je
suis très honnête avec vous puis j'aimerais que M. Coubat ou Mme Savoie
confirme ce que je vous dis, ce n'est pas que je ne veux pas vous fournir
l'information, mais je vais vous dire ce qu'on a fait dans les derniers mois. Quand on a voulu passer aux appels
d'offres... On voulait passer aux appels d'offres tout de suite après la
période, là, quand on a... on avait jusqu'au 31 décembre. Et on s'est
rendu compte qu'il y avait... Avec le Trésor, on
a débattu longtemps, ce n'est pas toujours facile, avec le Trésor, là, je dis
ça avec humour, un peu, mais comment qu'on allait faire pour... est-ce
qu'on donne nos prix à nos... à nos gens pour dire : Vous battez ça, ou on
fait une offre totalement ouverte. On a eu ce débat-là. Et on ne l'a pas tout à
fait fini, parce qu'on veut être sûrs que, quand on va en appel d'offres, on ne
se retrouve pas avec des écarts qui ne sont pas intéressants.
Alors, l'histoire
simple, on a décidé d'extensionner les contrats de gré à gré parce qu'on avait
le droit de le faire. Rappelez-vous, là, on avait dit, quand on a fait les
mesures, que, si on avait besoin de deux, trois mois de plus, on le ferait. Ça fait qu'on a fait ça et on a
retardé notre processus d'appel d'offres public de quelques mois. Mais donc,
en ce moment, j'aimerais ça, peut-être, que
Mme Savoie vous dise ça, parce que c'est tellement important, là, de dire...
Puis je me souviens
avoir débattu avec M. Coubat. Il y en a pour qui c'est évident, là, les
cataractes, puis ces choses-là, mais il y en a d'autres pour qui, tu sais,
c'est des opérations plus complexes, est-ce que... est-ce qu'on va payer un peu
plus cher s'il y a des difficultés plus grandes, etc. Ça fait que j'aimerais
ça, peut-être, parce que c'est important, puis si vous avez le temps, Mme
Savoie puis M. Coubat, sur ce point-là.
La Présidente (Mme
Poulet) : Oui. Est-ce qu'il y a consentement à ce que Mme Savoie
prenne la parole?
Des voix :
...
La Présidente (Mme Poulet) : Oui. Alors, est-ce qu'il y a possibilité de vous
nommer et de mentionner votre titre, s'il vous plaît?
Mme Savoie (Dominique) : Oui. Bonjour, tout le
monde! Dominique Savoie, sous-ministre, ministère de la Santé et
Services sociaux.
Les contrats avec
les... dans les CMS sont faits par les établissements, hein? Il faut se
rappeler ça. Donc, ce n'est pas le ministère qui conclut. Mais ce qu'on veut
faire, c'est une circulaire qui va encadrer les appels d'offres. Et c'est
là-dessus qu'on a travaillé puis qu'on a décidé de travailler jusqu'en
septembre pour être en mesure, à la lumière
de tous les contrats qu'on a faits, de bien cerner les coûts. Parce que les
coûts variaient beaucoup d'un établissement à l'autre. Et on va inviter
aussi, particulièrement dans la région métropolitaine ou dans la région de
Québec, aux établissements à se regrouper, parce que ça aussi, ça va nous
apporter une certaine valeur, un levier pour baisser les coûts puisqu'il va y avoir un regroupement de
demandes, de besoins exprimés. Ça fait que les cliniques vont s'assurer d'avoir un volume suffisant, ce qui n'était pas le
cas avant, et... Et que les demandes et les exigences variaient beaucoup d'un
établissement à un autre, donc c'était assez disparate.
Donc, je pense qu'avec
l'inventaire qu'on a fait des 162 000 Québécois qui ont reçu les...
les interventions en CMS, ça nous donne une bonne idée, là, des coûts. Puis, si
vous voulez plus savoir de détails sur la... le financement comme tel, je pense
que le sous-ministre adjoint, là, M. Coubat peut vous répondre à vos questions.
M.
Marissal : Juste rapidement, là-dessus, Mme Savoie, quand
vous dites «d'un établissement à l'autre», vous parlez des CMS?
Mme Savoie
(Dominique) : Des CIUSSS.
M. Marissal : Les CIUSSS qui donnent
le contrat.
Mme Savoie (Dominique) : Chaque
CIUSSS donnait des contrats. Là, maintenant, à Montréal, ce qu'on souhaiterait,
c'est, pour la cataracte, peut-être qu'il va y avoir... Centre-Sud, nord de
l'île, ils vont se mettre ensemble pour avoir un plus gros volume, avoir un
meilleur prix que de dire : Chacun signe un contrat qui n'était pas
toujours pareil. On voudrait maintenant,
avec la circulaire, encadrer les coûts par intervention puis être en mesure
de... en regroupant, d'avoir un effet de volume, là. En même temps, ça
rassure la CMS parce qu'elle va avoir une assurance d'un certain volume. Et,
nous, bien, ça diminue nos coûts, là, par le même fait. C'est ce qu'on vise.
M. Marissal : Donc... Donc, ce qui
variait, c'était le montant payé par le CIUSSS ou le CISSS?
Mme Savoie (Dominique) : Oui, oui.
• (16 heures) •
M. Marissal : Si je le prends de
l'autre bord, les montants variaient selon le fournisseur aussi, là, par la
force des choses.
Mme Savoie (Dominique) : Oui. Exact.
M. Marissal : Oui. OK.
Mme Savoie
(Dominique) : Puis c'est sûr que, durant la pandémie, là, pour
l'avoir vécu, ce qu'on voulait, là, c'était diminuer la liste d'attente.
Donc, on a voulu rapidement faire des ententes pour continuer la... poursuivre
les activités. Mais là l'avantage, c'est que ça nous a donné un bon bassin, là.
On l'a, l'inventaire, là. On l'a, l'image de ce que ça coûte. Puis on...
Une voix : ...
Mme Savoie (Dominique) : Excusez.
Non, je veux juste dire, en terminant : Et là on voit que ce qu'on est
capables de lancer dans la circulaire, c'est des tarifs qui se rapprochent
beaucoup de ce qu'on a au public.
M. Marissal : Dans les 162 000?
Mme Savoie (Dominique) : À partir
des 162 000 qui... ce qui a déjà été fait. Dans notre circulaire, on va
être capables de donner des chiffres par chirurgie qui ressemblent beaucoup à
ce qui se fait dans nos établissements par nous comme tarif.
M. Marissal : Parce que ce que vous
avez fait avec les 162 000, vous le dites, là, il y avait urgence de rattraper, là, ne pas laisser la liste atteindre
des sommets astronomiques, là. Je comprends la logique, là, qui sous-tendait
ça, mais vous étiez en urgence. Donc, on peut présumer que les prochains
contrats vont être à la baisse.
Mme Savoie (Dominique) : Ah! c'est
ce qu'on souhaite, oui, et tout à fait. Avec ce que je vous dis, le
regroupement, dans certains endroits, la connaissance plus fine des coûts, en
faisant l'inventaire de ce qui a été fait auparavant, oui, c'est ce qu'on
s'attend...
M. Dubé : Prenons...
est-ce que je peux juste rajouter...
Mme Savoie (Dominique) : ...puis un
appel d'offres, ce n'est pas un gré à gré. C'est le prix le plus bas qui va
gagner...
M. Dubé : Continuez. Je voulais
juste rajouter...
Mme Savoie (Dominique) : C'est beau.
M. Dubé : Peut-être juste rajouter
deux choses. Quand je dis que c'est difficile de faire des choses... Moi, j'ai
demandé à M. Coubat, c'est pour ça que je voudrais qu'il intervienne aussi,
c'est de s'assurer qu'on tient compte de tous nos coûts. Parce que, nous, là,
quand on dit, par exemple : Une cataracte, c'est 300 $ de l'acte, ne
prend pas en compte, là, que je dois amortir
ma salle de chirurgie puis... alors que la CMS, la clinique privée, elle, elle
est à loyer à quelque part puis elle
additionne tous ces coûts-là, là, son coût de location. Ça fait que c'est pour
ça qu'il faut avoir... c'est... et c'est pour ça que je questionnais un
peu... Puis d'ailleurs l'IRIS l'a dit, tous ces coûts-là ne sont pas comparables. Ça, c'est mon premier point. Et, mon
deuxième point, puis si on a encore une minute, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Poulet) : On a...
il nous reste quatre minutes.
M.
Dubé : Ah! bon, bien, en tout cas, c'est au député de décider. Bien,
on a... on a fait un gros changement, dans le budget de cette année, avec les
crédits qu'on est en train de discuter, c'est d'aller vers le financement à
l'acte pour nos hôpitaux. Puis ça,
j'aimerais ça que M. Coubat vous en parle, parce que, pour moi, ça va
exactement avec... avec votre question, pour dire...
M. Marissal :
...parle, parce que d'autant
qu'il est là depuis... Bonjour, bonjour, monsieur. En plus, je ne vous vois
pas, là. Ce n'est pas que je veux vous censurer, mais il ne me reste pas beaucoup
de temps, mais je vais vous laisser le mot de la fin.
M. Dubé : OK,
juste rapidement, pourquoi je veux soulever ce point-là à la connaissance du
député...
M. Marissal :
Oui, après ma prochaine question.
La Présidente (Mme Poulet) : Est-ce
que... est-ce qu'il y a consentement pour que M. Coubat prenne la parole?
M. Marissal :
Oui, mais je n'ai pas fini, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Poulet) : Ah! pardon.
M. Marissal :
Excusez-moi. C'est parce que, là, moi, je ne peux pas comparer, là, ce que
vous... parce que les 162, là, on ne le sait pas, combien ça a coûté, on ne le
sait pas. Ça fait que, là, vous dites : Les prochains vont coûter moins
cher. Ce pour quoi je vous offre un oeil extérieur, que ce soit la
Vérificatrice générale ou que vous les rendiez publics, ces coûts-là, qu'on
soit capables... Parce que la bonne foi se présume, puis je ne vous prête pas
de mauvaises intentions, M. le ministre,
mais moi, je n'ai pas de comparable, je ne le sais pas de quels chiffres vous
parlez.
M. Dubé : C'est
un petit peu des... Bien, en tout cas, je vais vous donner la limitation qu'on
a pour... pas parce que je veux être
malcommode, là, mais c'est que c'est toujours pareil. Quand je vais faire l'hôpital
de Rosemont, il ne faut pas que je dise que je suis prêt à payer x pour
construire l'hôpital, vous comprenez ça? C'est la même chose avec les appels
d'offres qu'on fait. C'est qu'en ce moment, si une cataracte, pour moi, est à
360 $, mais que je n'en fais pas assez,
de volume, je ne suis pas pour dire que je suis prêt à payer 360 $ si,
peut-être, quelqu'un est prêt, avec un volume x, de me la faire à
300 $. C'est un petit peu ça, mon enjeu que j'ai.
Alors, ce que je vous
dis, ce que je vous dis, ce qui va être très différent du temps de la pandémie,
c'est qu'on va y aller avec un appel
d'offres. Et c'est pour ça qu'on a décidé de prendre un peu plus de recul,
quelques mois de plus, pour être
capables d'avoir l'effet volume dont elle a parlé, mais, en même temps, ces
prix-là... puis c'est pour ça que je voulais que M. Coubat parle, mais
je le résume, c'est qu'on va avoir la même terminologie, les mêmes tarifs quand
on va faire du financement par activité avec nos hôpitaux.
Ça
fait que, si je suis prêt à faire votre hanche, là, je prends un exemple, je
veux payer Maisonneuve-Rosemont à des
tarifs que je serais prêt à donner au public... au privé, pardon, parce qu'on
veut, de plus en plus, et c'est ça qu'on s'est engagés cette année...
Est-ce que c'est 20 % ou 25 %, M. Coubat, qu'on va faire, dans la
prochaine année, en financement par activité?
Une voix : ...
M.
Dubé : C'est 25 %. Ça
fait que ça, ça va vous donner une bonne idée que non seulement on est prêts à
payer le public avec tel prix, mais on est prêts à le donner à nos
établissements publics pour être capables de leur dire : Bien, si vous
êtes performants, si vous êtes capables de faire ça, bien, vous allez avoir
plus de budget. Ça fait que je voulais juste vous mentionner ça, que ça va
ensemble. Alors, c'est sûr que ces données-là vont finir par être publiques,
mais je vous dirais que, dans l'appel d'offres en ce moment, c'est un
peu délicat, mais peut-être vous voulez compléter.
Mme Savoie
(Dominique) : En fait, si j'ai bien compris la question du député, les
162 000 ont coûté environ 200 millions, quand vous voulez comparer,
là, 200 millions en gré à gré. Donc, tout dépendant si c'est à volume égal
avec les tarifs qui... dans le... Puis le
ministre a raison, dans le circulaire, on va mettre un bordereau de prix qui va
être calqué sur les tarifs du public. Bien, si on a un même volume, on va être
capables de comparer : Est-ce que ça a coûté 200 millions ou
moins? Bien, si...
M. Marissal :
...d'interventions, oui.
Mme Savoie
(Dominique) : Exact. Ça fait que c'est pour ça que, là, c'est
difficile pour moi, parce qu'on ne l'a pas.
On n'a pas les résultats de l'appel d'offres. Mais gardez en tête que les
162 000 interventions en CMS ont coûté environ 200 millions, là. Ce n'est pas encore des rapports audités,
là, de 2022‑2023, mais c'est ce que Pierre-Albert me dit,
là, en termes de «ballpark figure», là.
M.
Dubé : C'est quand la dernière fois que la VG a fait un
rapport là-dessus? Peut-être que monsieur... Parce que moi, je n'aurais
aucun problème quand la VG va le décider. C'est plus à elle de lever la main,
vous savez comment ça fonctionne...
M.
Coubat (Pierre-Albert) : ...des
chirurgies puis elle est en train de faire une mise à jour de ce côté-là.
Donc...
M. Dubé : Elle est en train de faire
une mise à jour. C'est ça que...
La
Présidente (Mme Poulet) : ...le temps est écoulé. Et je cède maintenant la
parole au député de Pontiac pour une période de
18 min 17 s.
M.
Fortin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Je veux parler
de... je veux parler de RAMQ quelques minutes, si ça... si ça vous convient, M.
le ministre. Parce que vous avez fait des... vous avez fait quelques
modifications importantes, dernièrement, là, sur des trucs, que ce soient des
prothèses, que ce soient... que ce soient des vaccins remboursables, disons, mais, dans chaque cas, il y a comme un
petit... il y a comme un petit quelque chose qui accroche. Et je veux juste
essayer de comprendre, là, qu'est-ce qui... qu'est-ce qui se passe.
Les prothèses oculaires, vous en avez... vous en
avez parlé, là, vous avez bonifié le remboursement, et c'est une bonne affaire, c'était demandé depuis...
depuis longtemps. Je pense, ça n'avait pas été changé depuis 1991 ni indexé,
là. Donc, on en a passé, des gens dans votre chaise, puis ça... ça n'a pas été
fait. Bien, est-ce que c'est en vigueur, le nouveau tarif ou la nouvelle partie
remboursable, là, qui est maintenant de 1 650 $?
M. Dubé : Là, je vous demanderais...
Je crois que oui, mais je vais demander à M. Bergeron, si ça ne vous dérange
pas, mais on a aussi... Est-ce que M. Thibault est encore ici?
Des voix : ...
M. Dubé : OK. M. Thibault, qui est
le président de la RAMQ. Ça fait que, si jamais...
M. Fortin : Oui. Parfait.
M.
Bergeron (Stéphane) : ...ont été bonifiés. Pour une prothèse, le montant
forfaitaire est passé de 585 $ à 1 650 $.
M. Fortin : OK, mais ça, c'est en vigueur en ce moment, là?
M. Bergeron (Stéphane) : 28 mars 2023.
M. Fortin : Parfait. Ça, c'est fait. OK. Le zona, le vaccin contre
le... contre la zona... ou le zona, donc, si j'ai bien compris, là, M. le ministre, là, vous nous avez dit : Le
vaccin va être offert aux personnes immunosupprimées, aux adultes
immunosupprimés, et aux personnes de 80 ans et plus. Est-ce que vous
pouvez nous expliquer votre décision sur le... votre décision collective sur le
80 ans et plus?
M. Dubé : Bien, premièrement, c'est
progressif, parce que, quand on l'a demandé au... Puis là je ne veux pas mettre la faute sur le ministre des Finances, qui
a quand même des moyens limités, c'est sûr que... C'est pour ça qu'on a
annoncé, là... je pense que c'est sur quatre ans, puis là j'y vais un peu de
mémoire. On a dit qu'on commençait avec 80 ans et plus, la première
année, immunosupprimés, puis ça, c'était au... En fait, ce que je vous dis,
c'est à peu près 40 millions par année pour descendre, pour couvrir les
gens de 65 ans et plus.
• (16 h 10) •
Alors, le ministre des Finances nous a donné une
enveloppe, qu'on aurait peut-être aimé qui soit plus grande, mais ça, vous avez
été déjà au gouvernement, vous savez. Bien, au moins, je pense que, d'ici
quatre ans, on va être capables de le faire. Si jamais... puis c'est toujours
la possibilité qu'on a, si jamais les gens ne profitent pas du programme, on
peut faire comme avec la vaccination. Des fois, on accélère. Bien, en ce
moment, si tous les gens qui sont
admissibles au vaccin du zona gratuitement, par exemple les... puis ça, c'est
important, plus les 80 ans et plus, bien, on va... c'est très
proche de 40 millions pour la première année, donc sur quatre ans.
M. Fortin : OK, mais donc ce que vous dites, c'est : cette année,
c'est les gens de 80 ans et plus puis, dans quatre ans, ça va être les
gens de 65 ans et plus.
M. Dubé : Non, c'est... la deuxième
année, c'est 75. Bien, je ne veux pas me tromper, 75...
Une voix : ...
M. Dubé : ...70 puis 65.
M.
Fortin : Puis, en théorie, là, on... en théorie, si les
gens s'en prévalent au niveau que vous pensez, disons, là, on arrête là,
c'est-à-dire ça va toujours être les gens de 65 ans et plus.
M.
Dubé : Mais on connaît... notre ministre des Finances est
quand même des fois assez généreux. Est-ce qu'on pourrait aller plus
loin? Bien, c'est quand même un vaccin qui est dispendieux. Moi, j'ai... moi,
j'ai pris la décision personnelle
d'y aller, le chercher, parce que je ne suis pas encore... je n'ai pas encore
80, là, même si ça paraît, des fois, que j'ai peut-être l'air plus
vieux, mais...
M.
Fortin : Jamais... jamais je n'aurais dit
ces choses-là, M. le ministre.
M. Dubé : Bien,
c'est quand même assez dispendieux. Moi, j'ai payé presque 350 $ pour
l'avoir dans le privé, là, c'est quand même assez dispendieux.
M.
Fortin : Oui. OK. Bien là, c'est
intéressant. Puis là je ne veux pas qu'on rentre dans votre décision
personnelle, mais il y a un paquet de monde qui prennent la même décision à
50 ans parce que c'est là que c'est recommandé.
M. Dubé : Oui.
M. Fortin : Donc,
puisqu'éventuellement, là, tous ces gens-là... il y a des gens qui vont mourir
entre 50 et 65 ans, mais la grande, grande, grande majorité de ces
gens-là va se rendre à 65 ans.
M. Dubé : ...on
a la chance, M. le député, d'avoir le Dr Boileau. J'aimerais ça qu'il vous
parle de la recommandation de la Santé publique, si vous le permettez, puis
c'est important que les Québécois entendent.
M. Fortin : Non,
bien, je veux l'entendre, mais je veux juste faire... je veux juste faire un
point avant, peut-être, là. Puis... puis Dr Boileau pourra en profiter
pour me contredire, s'il le faut. Bien, si les médecins le recommandent à 50 ans, comme le vôtre et d'autres, là, le
font, là, c'est recommandé à partir de 50 ans, alors ces gens-là vont se
rendre à 65 ans, ils vont le
prendre gratuitement à 65 ans pour ne pas... Pourquoi ne pas le leur
fournir à 50, 55, 58 ans si on est pour le leur fournir gratuitement
à 65 ans quand même?
M. Dubé : Oui,
mais... OK, bien, je vais laisser le Dr Boileau, mais je veux juste vous dire
que ça nous coûte déjà 40 millions pour
la première... la première phase, là. Si on y allait jusqu'à 65, là on parle de
150, 200, 250 millions, mais je vais laisser... Il y a un enjeu
monétaire aussi, là, qui n'est pas négligeable.
La Présidente (Mme Poulet) : Si
vous me permettez, on va demander le consentement à tous pour que M. Boileau prenne
la parole. Est-ce qu'il y a consentement?
M.
Fortin :
Bien sûr.
La Présidente (Mme
Poulet) : Bien sûr. M. Boileau, si vous pouvez vous nommer et
mentionner votre titre, s'il vous plaît.
M. Boileau
(Luc) : Merci. Luc Boileau, directeur national de la santé publique et
sous-ministre adjoint au ministère de la Santé et Services sociaux.
Donc,
je peux donner quelques points de repère. En fait, la question est certainement
bien posée, puisqu'effectivement le risque augmente avec l'âge, mais là
où on a les plus grands risques, c'est plus on vieillit, et en particulier si
on est immunosupprimés à partir de l'âge adulte, là... à 18 ans, ça fait
partie du programme. Ça, tout le monde, tous
les experts s'entendent là-dessus, c'est le groupe le plus à risque. Il y a des
gens qui vont développer la maladie
beaucoup plus gravement, on a beaucoup d'hospitalisations, quand même quelques
centaines, et malheureusement on compte des décès à chaque année de
cette infection-là, qui a toutes sortes d'effets secondaires et qui peut donner
des névrites importantes. Et plus on est âgé, plus c'est lourd de le faire. À
85 ans, il y a autour d'une personne sur trois qui aura souffert du zona.
Alors, l'idée ici,
dans l'ouverture que manifestait le ministre, c'était de dire : Quelles
seraient... quelles seraient les populations les plus à risque, en ce moment,
qui bénéficieraient immédiatement de la vaccination? Alors, tous les immunosupprimés, puis on commence avec
les 80 ans et plus pour couvrir ceux qui l'ont fait ou qui ne l'ont pas fait.
Parce que, même si on l'a fait, on peut bénéficier de la vaccination aussi.
C'est sûr que ce n'est pas exactement la même chose. Et ça se donne sur deux
doses. Le vaccin est plus dispendieux en privé que lorsque nous l'achetons, là. Ça va revenir à un petit peu plus que
200 $ pour deux doses. Alors, c'est... En faisait tous ces calculs-là, on
a convenu, avec les experts de
l'Institut national de santé publique qui nous ont donné leur avis il y a une
couple d'années et qu'on a repris récemment, qu'on leur a redemandé, d'y
aller en fonction de ces groupes-là.
Il aurait été, je
pense, inadéquat, d'une certaine manière, de couvrir les gens plus jeunes en
laissant les gens plus âgés s'en aller vers un zona à peu près... beaucoup plus
certainement que ceux qui sont plus jeunes. Donc, oui, on peut en bénéficier à 50 ans, mais ceux qui sont plus âgés ont
beaucoup plus de risques. Et l'escalade progressive de... du
80 ans, 75, 70, 65 va nous permettre d'être l'endroit en Amérique du Nord
où on va avoir la meilleure couverture pour le zona.
M.
Fortin : OK, mais la personne qui a... Là,
vous me parlez du remboursement, là, de la personne qui a... qui a fait le
choix, là. La personne de 77 ans qui y va aujourd'hui, là, elle, elle ne
se fera pas remboursée, là. Elle, elle le paie de sa poche, là.
M.
Boileau (Luc) : Bien, pour le programme qui est proposé ici, c'est
certain qu'il faut avoir un point de départ.
Si elle immunosupprimée, bien sûr, elle sera couverte, là, on se comprend,
mais, si ce n'est que le facteur âge, bien, l'année prochaine... En
fait, dans le calendrier, l'année prochaine, elle serait éligible.
M.
Fortin : Bien, le problème, le problème
avec ce que... ce que vous proposez, là, c'est que, là, il y a des gens qui
ont, justement, là... qui ont 77, 78 ans, qui se disent : Sais-tu
quoi? Je vais attendre, je ne le ferai pas, moi, je vais attendre deux, trois ans, puis là je vais attendre que ce soit
gratuit. Bien, ça pose des risques pour ces gens-là, là. Une fois que tu
l'as, le zona, c'est... tu ne peux plus nécessairement t'en débarrasser, là,
donc...
M. Dubé : Regardez,
M. le... Voulez-vous que... faire un autre point? Allez-y.
M. Boileau (Luc) : J'allais juste dire, M. le ministre, en tout respect, c'est que tous
les vaccins, on a ce... cette approche-là en allant vers les groupes cibles les
plus à risque, tous nos vaccins, incluant la COVID, là. Puis, pendant l'épisode
de COVID, c'est comme ça qu'on a commencé. Alors, ce n'est pas illégitime de
faire ça, on le fait toujours comme ça parce qu'il y a une certaine capacité à
donner, il y a des coûts associés à cela, il y a une capacité d'offrir aussi.
Alors, on... on y va de cette manière-là, mais, vous avez raison, il y a des
gens qui pourraient se poser la question : Est-ce que je dois ou
non aller? Mais il faut quand même avoir un «cut off», et c'est le meilleur
qu'on a proposé, je crois.
M. Dubé : Est-ce
que je pourrais...
M.
Fortin : Bien, c'est là... c'est là que je
ne suis pas convaincu, parce qu'on va finir par... il y a des gens qui
attendent, là, on va finir par les payer quand même. Ça va être sur quatre ans
au lieu de tout de suite, là, mais on s'entend que tout le monde en haut de
65 ans, dans quatre ans, va l'avoir gratuitement. Alors, pourquoi ne pas
le faire tout de suite pour tout le monde
pour que ce soit fait? Le zona, ce n'est pas quelque chose pour lequel on se
fait vacciner toutes les années, là, c'est... c'est une fois puis c'est
fait, donc...
M. Dubé : C'est
une fois. Bien, moi, le... je fais le parallèle avec la vaccination qu'on a
faite pour la COVID. Là, on commence le 1er mai, hein, c'est bien ça, la
date, il me semble que... Et ce qu'on va faire avec la Santé publique, puis
vous connaissez la transparence qu'on a sur les données, je pense qu'on va
rendre public comment ça va, on va... je pense qu'on va s'ajuster.
Si on voyait que nos
immunosupprimés puis nos personnes de 80 ne sont pas au rendez-vous x, moi, on
a... on va s'asseoir avec la Santé publique. Le ministre des Finances nous a
donné 40 millions pour la première année. Si on peut aller chercher
d'autre monde, si on voit qu'on n'a pas ce développement-là, puis c'est pour ça
que... Je pense que c'est un peu ça, le sens de votre question, ce n'est pas
qu'on ne veut pas le faire aux gens de moins de 80, mais il faut y aller par étapes. Alors, s'il y a... s'il y
a de l'appétit ou moins d'appétit pour une certaine catégorie, comme pour
la COVID, on va s'ajuster. Ça va?
M.
Fortin : OK. Parfait. Pendant qu'on parle
de médicaments, votre prédécesseure avait... s'était engagé à étudier la
question du remboursement du médicament pour les gens qui ont la dysfonction
érectile parce qu'ils ont eu le cancer de la
prostate, donc des gens qui ont eu le cancer de la prostate et qui,
nécessairement, par la suite, là, ont des enjeux de dysfonction
érectile. Votre prédécesseure avait pris un engagement à étudier la question.
J'aimerais savoir on est rendus où là-dessus.
M. Dubé : Aidez-moi
un peu, quand vous parlez de mon ou ma prédécesseure, est-ce que c'est mon...
M.
Fortin : Mme McCann.
M. Dubé :
Mme McCann.
M.
Fortin : Mme McCann. Oui. Il y avait
une pétition qui avait été déposée ici, à l'Assemblée nationale, parrainée par
un de vos citoyens de La Prairie, qui avait... qui avait... Combien de gens
avaient signé? Je ne me souviens... je ne
vois plus le chiffre exact de combien de gens l'avaient signée, mais qui avait
quand même un certain nombre de pétitionnaires. Et ça a été... entre
autres, c'est une question que PROCURE a discuté par le passé. Alors,
j'aimerais juste savoir...
M. Dubé : Si
c'est quelqu'un de La Prairie, c'est une très bonne idée.
M.
Fortin : Bien, j'aimerais juste savoir on
est rendus où dans ce processus-là.
M. Dubé : Auriez-vous
de l'objection à ce que Dr Bergeron... est-ce que vous...
M.
Fortin : Aucune.
M.
Dubé : Dr Bergeron... Parce que moi, je vais vous dire,
je ne le sais pas, pour être très honnête avec vous, là, ou c'est peut-être au
niveau... J'ai dit, tout à l'heure, que M. Thibault est là, M. Marco
Thibault, président de la RAMQ.
M. Fortin : Bien,
effectivement, parce que Mme McCann, à l'époque, ce qu'elle avait dit,
c'est qu'elle avait pris connaissance du dossier et qu'elle a demandé à faire
une analyse complète par la RAMQ, alors...
M. Dubé : OK.
Est-ce que... parce que j'ai vu... M. Thibault, il est là? Est-ce que vous
auriez l'objection à ce qu'il nous fasse une... j'avais la meilleure
personne...
M.
Fortin : Aucune, aucune.
La Présidente (Mme
Poulet) : Alors, j'ai...
M.
Fortin : Non, non, si vous me dites que
vous n'êtes pas au courant...
M. Dubé : Non,
je ne suis pas au courant... très, très honnête avec vous.
La Présidente (Mme
Poulet) : Alors, j'ai consentement pour que M. Thibault vienne
prendre la parole?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Poulet) : M. Thibault,
si ce serait possible de vous nommer et votre titre, s'il vous plaît.
M. Thibault
(Marco) : Bonjour, Mme la Présidente. Marco Thibault,
président-directeur général, Régie d'assurance maladie du Québec. À l'égard de
ce médicament, pour les membres de la commission, il faut une demande d'évaluation à l'INESSS quant à sa
pertinence et tout l'effet pharmacoéconomiques et, par la suite, une prise
de décision qui pourra être prise par le ministre. À ce moment-ci, ce n'est pas
dans les cartons, à ma connaissance.
• (16 h 20) •
M.
Fortin : OK, mais, quand Mme McCann a
demandé à la RAMQ de se pencher là-dessus...
M. Thibault
(Marco) : Ce n'est pas à la RAMQ de se pencher là-dessus, c'est une
décision de demander à l'INESSS de la
pertinence de, et c'est subséquemment qu'une prise de décision dans le régime
est prise par le ministre pour l'inclure ou non dans le régime.
M.
Fortin : Bien, OK, mais l'INESSS est ici?
Alors, j'imagine que, quand vous avez eu la demande...
M. Dubé : ...parce
qu'écoutez...
La Présidente (Mme Poulet) : Pardon!
Je m'excuse d'interrompre. C'est important pour la retranscription qu'une
seule personne parle à la fois. Merci beaucoup.
M. Dubé : ...si
j'ai demandé à M. Thibault, c'est parce qu'on me disait ici que j'étais...
Une voix : ...
M. Dubé :
Bien... Non, non, ce n'est pas de
votre faute. Bien, je m'excuse, M. le député, mais madame... Dre de Guise, de
l'INESSS, que vous connaissez bien, qui a fait un travail extraordinaire durant
la COVID, est-ce que vous auriez de l'objection qu'elle remplace M. Thibault si
on...
M. Fortin : ...rester, là, j'aimerais comprendre, soit où ça s'est perdu dans le
processus... où on est rendus, là.
M. Dubé : OK. C'est votre période de questions, M. le
député. Madame... Dre de Guise. Je vous laisse, Mme la présidente...
La Présidente (Mme
Poulet) : ...à ce que madame se joigne?
M.
Fortin : Bien sûr.
La Présidente (Mme
Poulet) : Parfait. Madame, alors, si ce serait possible de vous
nommer, et votre titre, s'il vous plaît, si vous pouvez le mentionner.
Mme de Guise
(Michèle) : Michèle de Guise, présidente-directrice générale de
l'INESSS
M.
Fortin : Alors, peut-être que... Là, je
comprends que Mme McCann avait demandé à la RAMQ de se pencher là-dessus. Ce que je comprends de M. Thibault, c'est : on a
besoin de l'INESSS pour ça. Est-ce que ça s'est rendu jusqu'à vous,
cette demande-là?
Mme de Guise
(Michèle) : Nous n'avons pas reçu de mandat à cet effet-là.
M. Fortin : Est-ce que je peux vous
demander, M. le ministre, de reprendre l'engagement de votre prédécesseure
pour qu'on fasse une évaluation de ça?
M.
Dubé : Bien, c'est sûr, surtout si ça vient de quelqu'un
de La Prairie. Non, je vous dirais... Mme de Guise, laissez-moi juste
poser une question, puis je ne suis pas un expert là-dedans, loin de là, mais
j'ai entendu un reportage récemment qui... Où est-ce que j'étais? Je m'excuse,
ce n'est pas important, là, mais où la dysfonction érectile était encore plus
marquée lorsque c'est une chirurgie plutôt que... Le sens de votre question, M.
le... oui, là, je vous vois venir, là, mais le sens de votre question, M. le
député... vous avez un sens de l'humour que je partage, on est chanceux, mais
ce que... Je vois, là, que je ne suis pas tout seul à rire, là, le député de
Rosemont... Non, ce n'est pas un enjeu, ce n'est pas un enjeu du tout,
inquiétez-vous pas.
Ce que je veux dire, M. le député, ce
problème-là, de dysfonction, est très différent pour ceux qui ont eu une
chirurgie versus ceux qui ont... Pouvez-vous nous en dire quelques... Moi, je
voudrais savoir c'est quoi que vous me demandez, parce que je ne connais pas
ça, là.
M. Fortin : Bien, en fait, de un, là... Puis, oui, on parle des gens
qui ont eu le cancer de la prostate, OK, ça... ça, on va s'entendre.
M.
Dubé : Oui, mais... mais, quand ils ont été opérés par
chirurgie versus un traitement, par exemple de la chimio ou peu importe,
ce n'est pas pareil, mais là... On m'a dit ça, que ce n'était pas pareil.
Mme de Guise (Michèle) : ...d'avoir
la réponse pour vous, M. le ministre, mais moi, de formation, je suis
cardiologue.
M. Dubé : Vous êtes cardiologue. On
est loin un peu.
Mme de Guise (Michèle) : Je ne suis
pas une... je ne suis pas une urologue du tout.
M. Dubé : Ce n'est pas dans le
même... ce n'est pas dans le même bout.
Mme de Guise (Michèle) : Non. Étant
donné que je n'ai pas fait de lecture récente là-dessus, je ne serai pas la personne qui va pouvoir vous éclairer du tout,
mais on peut faire des recherches puis vous la formuler, par exemple.
M. Fortin : En fait, est-ce... de un, là, est-ce que vous pouvez
reprendre l'engagement que votre... de votre prédécesseure, qui semble s'être
égaré, là, quelque part entre elle, son cabinet, la RAMQ, l'INESSS, qui sont
toutes des parties importantes de... du
processus décisionnel, là? Est-ce que vous pouvez reprendre l'engagement,
aujourd'hui, de l'étudier? C'est tout ce que... c'est juste ça qu'elle
avait dit, Mme McCann : On va l'étudier.
M. Dubé : Bon, OK. Bien, regardez,
ce que j'aimerais faire au lieu de prendre... Je ne veux pas jouer sur les mots, là, mais, tout à l'heure, je suis pas mal
sûr que, si vous n'avez pas la question, vous allez y penser, là, parce que vous
êtes assez... assez vite là-dessus. C'est toute la question des médicaments qui
ne sont pas, en ce moment, couverts par l'assurance, par la RAMQ, puis je pense
notamment à l'obésité. Puis il faut faire...
M. Fortin : Entre autres.
M.
Dubé : Hein, on... Puis ça,
on peut en parler, si vous voulez, là. Alors, il faut faire attention, parce
qu'il y a deux choses, il y a une opinion de l'INESSS. Puis la journée
que... puis là je veux juste qu'on se comprenne bien, la journée qu'on demande l'opinion de l'INESSS puis
on dit : OK, vous avez le droit de le regarder, ils vont arriver avec...
là, je vais dire, je simplifie votre travail, qui est plus complexe que ça,
mais, une question clinique, est-ce que la valeur clinique est là puis
est-ce que les coûts sont en lien avec la valeur clinique, hein? C'est ça, les
deux bases de votre analyse. Je simplifie.
Autant pour
la fonction dont on parle ici, au niveau dysfonction érectile, versus
l'obésité, il faut faire attention, parce que la journée que vous allez dire
qu'il y a peut-être un mérite clinique, mais que vous n'êtes pas capables
de dire que ça vaut la peine en termes de
coût, bien là on tombe dans le patient d'exception, à moins que je ne me
trompe, là, et ça, ça peut entraîner des coûts excessivement importants.
Ça fait
qu'avant de prendre cet engagement-là, M. le député, j'aimerais ça avoir la
chance de... Parce que, quand j'ai eu la question sur le Mozempic...
Une voix : ...
M.
Dubé : Ozempic. Merci beaucoup, récemment, on a
dit : Bien, pourquoi vous ne demandez pas à l'INESSS? Mais il y a cette
réserve-là, puis on va en parler, dans PL n° 15, de ça, parce que, vous
savez, le Conseil des médecins, là, le CMDP, quand on a... on en a
parlé, ils nous ont dit : Là, vous voulez couper certains médicaments pour
des patients d'exception. Pas ça qu'on a
dit, mais les deux cas dont on parle, donc dysfonction érectile et, entre
autres, les médicaments pour l'obésité, il faut que je trouve la façon,
avec Dre de Guise, avant d'aller à la RAMQ... c'est ça que j'ai dit en ondes l'autre jour, qu'on se
comprenne, c'est quoi, notre objectif. Puis comment, en parallèle avec ce qu'on
appelle le patient d'exception, est-ce qu'on
donne, à ce moment-là, une carte ouverte au médecin de pouvoir... Est-ce que vous
voulez commenter là-dessus ou...
M. Fortin : Juste... parce que je sais qu'il ne reste pas énormément...
La Présidente (Mme Poulet) : ...mais
M. le député de Pontiac a une dernière question.
M. Fortin : OK. Puis... Ah! bien, madame peut répondre, là, peut-être,
sans problème, là, mais...
Mme de Guise (Michèle) : Bien, en
fait, ce que je pourrais peut-être ajouter, pour préciser un peu, c'est que les
médicaments, à la fois pour l'obésité puis aussi pour la dysfonction érectile,
pour le moment, sont... ne font pas l'objet...
ils sont exclus de l'objet du régime. Alors, il y a un questionnement à se
poser là, d'abord, puis ensuite de soumettre pour évaluation par
l'INESSS.
M. Fortin : ...il est là, le problème, là, M. le ministre, là. Moi, je
suis arrivé ici aujourd'hui, là, présumant, parce que c'est ce que Mme McCann
nous avait dit, que c'était en train d'être étudié par la RAMQ ou l'INESSS...
M. Dubé : ...ou l'INESSS.
M. Fortin : ...ou quiconque devait l'étudier dans le gouvernement. Là,
vous me dites : On n'est pas là pantoute, on ne l'a pas étudié, on ne l'a
pas regardé. Je ne peux pas croire qu'on prend un pas de recul aujourd'hui, puis qu'on... on ne sera pas en train de
l'étudier, là. C'est pour ça je vous demande, au minimum, de prendre le même engagement
que Mme McCann avait pris, et pour lequel il n'y a pas eu de suivi.
M. Dubé : Bien, avec... Puis je dois
vous dire qu'avec ma connaissance de ce que je viens d'expliquer, je ne suis
pas capable de prendre cet engagement-là aujourd'hui...
La Présidente (Mme Poulet) : M. le
ministre, s'il vous plaît, rapidement, pour conclure.
M. Dubé : ...avant d'avoir eu une
discussion avec Dre de Guise. C'est juste ça que je vous dis aujourd'hui, parce
que je voudrais être capable qu'on comprenne bien. Parce que les médicaments
d'exception, qui coûtaient quelques dizaines de millions il y a quelques
années, sont rendus à 360, si ce n'est pas 400 millions. Et là c'est là
que je veux que les Québécois comprennent
que la journée que cette expertise-là de l'INESSS dit : Le côté clinique,
il est bon, mais je n'ai pas été
capable de prouver que c'est... économiquement, c'était bon, on vient
d'embarquer dans quelque chose. Alors, moi, je pense que les Québécois
vont comprendre. Je comprends votre question, mais, avant de prendre un
engagement, je veux avoir une discussion avec Dre de Guise et ensuite avec M.
Thibault.
La
Présidente (Mme Poulet) : Alors, on va poursuivre nos échanges avec le
député de... des Îles-de-la-Madeleine
pour une période de 16 minutes.
M.
Dubé : Mais on va faire le suivi, M. le député.
Excusez-moi, Mme la Présidente. Ce que je veux dire, pour moi, là, je
vais faire le suivi avec Dre de Guise pour ça.
La
Présidente (Mme Poulet) : Merci, M. le ministre. Alors, la parole est au
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Je ne voulais surtout
pas m'immiscer dans cette passionnante discussion sur la dysfonction érectile.
Et je comprends que le temps supplémentaire qui a été pris par le député de
Pontiac sera repris dans un bloc ultérieur, c'est ça?
La Présidente (Mme Poulet) : Oui,
exactement.
M. Arseneau : Donc, j'ai mes
16 minutes au grand complet?
La Présidente (Mme Poulet) : Oui, M.
le député.
M. Arseneau : Merci beaucoup. Alors,
je reviendrais sur la question du privé en santé, qui a été abordée par mon
collègue de Rosemont. Puis j'aimerais remettre en place un certain nombre de
chiffres, parce qu'on a eu des réponses dans les cahiers de crédits qui ne me semblent
pas tout à fait correspondre aux chiffres qu'on a entendus, mais peut-être que
c'est juste une question d'interprétation. J'aimerais savoir... Lorsqu'on
regarde dans les cahiers, la question qui a
été posée, c'est : Quels sont les... quel est le nombre de chirurgies
pratiquées dans le privé, au service du public, pour 2021-2022 et
2022-2023...
M. Dubé : ...juste pour que je
regarde.
M.
Arseneau : J'ai le n° 57.
M. Dubé : La
question du Parti québécois à 57?
M. Arseneau :
G-57.
M. Dubé : 57,
comme le ketchup.
M. Arseneau :
Alors, on parle de 63 882 pour 2021-2022 et 61 088 pour
2022-2023. Tout à l'heure, on faisait référence à quelque
160 000 chirurgies. Est-ce que ça veut dire qu'il y en a eu quelque
chose comme 38 000 l'année précédente? Est-ce que c'est ce qu'il faut
comprendre?
• (16 h 30) •
M. Dubé : Je
ne connais pas tous les chiffres par coeur, vous allez le comprendre, là.
Est-ce que M. Coubat pourrait répondre à ça?
M. Arseneau :
Oui, juste... Bien, j'aimerais ça qu'on voie d'où on part puis s'il est
possible de savoir d'où on part.
M. Dubé : ...non,
mais rapidement, il connaît très bien ses chiffres.
M. Arseneau :
En fait, bien, ma question est la suivante, c'est... Si on regardait sur
une période de cinq ans, est-ce qu'on est passés de 10 000 à 30 000,
à 60 000? Est-ce que vous pouvez nous donner un aperçu sur l'historique
des cinq dernières années, disons?
M. Dubé :
Très bon point. Je comprends votre question. M. Coubat, voulez-vous...
La Présidente (Mme
Poulet) : ...le consentement pour... est-ce qu'on a le consentement
pour que M. Coubat puisse prendre la parole? Oui, ça va. Alors, est-ce qu'il y
a possibilité de vous nommer et de mentionner votre titre, s'il vous plaît?
M. Coubat (Pierre-Albert) : Oui,
bien sûr. Bonjour, Mme la Présidente, bonjour à toutes et tous. Pierre-Albert
Coubat, sous-ministre adjoint,
Financement, allocation des ressources et budget. Effectivement, ce qu'on
précisait à la réponse... à la question n° 57, concernant le nombre
de chirurgies pratiquées dans le privé au service du public, en 2021-2022, donc
du 1er avril 2021 au 31 mars 2022, et 2022-2023, on
parlait, dans le fond, de 63 882 en 2021-2022 et 61 088 en 2022-2023. Et, quand on parlait, dans le fond, de
162 000, précisément, ça couvre, dans le fond, la période pour appuyer
le maintien d'activités chirurgicales pendant la pandémie avec les centres
médicaux spécialisés privés. Donc, c'est une
période qui va de juin 2020 au 18 avril 2023. Donc, on commence avant,
dans le fond, 2021-2022, là, on commence en juin 2020, et puis on va jusque... on... on commence 2023-2024 en
allant jusqu'au 18 avril 2023. Donc, Dr Bergeron, là, dont les
équipes suivent davantage l'activité clinique, pourra donner davantage
d'historique.
Je peux vous donner
des éléments, là, peut-être, sur les... sur les coûts, là.
M. Dubé : Mais
le nombre? Ce qu'il veut surtout savoir, c'est quoi la progression qu'il y a
eu.
M. Coubat
(Pierre-Albert) : Bien, la progression, moi, ça, j'ai l'historique,
là, au niveau des deux dernières années.
C'est sûr qu'avant ça je pense qu'on était dans une approche davantage liée au
projet expérimental, là, sur lequel sont venus, là, les articles des
derniers jours avec trois cliniques particulières, là. Donc, ça, c'était entre
mai 2016 et mars 2020 et c'était...
M. Dubé : M.
le député, c'est pas mal stable dans les deux dernières années.
M. Arseneau :
C'est ça.
M. Dubé :
C'est 63 000 puis 61 000.
M. Arseneau :
D'accord. Mais je... Merci. M. Coubat.
En
fait, ce à quoi je veux en venir, je suppose que c'était plutôt marginal, le
recours aux CMS pour des chirurgies, mais, compte tenu du contexte pandémique, on
a eu recours davantage pour, évidemment, tenter de réduire les listes d'attente et on a donc eu une soixantaine de mille
chirurgies dans les deux années. Mais je me demandais si, effectivement, le
nombre de chirurgies avait diminué sensiblement, compte tenu de la progression
forte, quand même, du recours aux CMS, parce
que, sauf erreur, avant la... pour revenir au niveau prépandémique, les
chiffres que moi, j'ai, vous me corrigerez s'il le faut...
M. Dubé : Oui.
M. Arseneau : ...en
février 2020, on parlait de 2 645 patients qui étaient en attente,
là, depuis plus d'un an pour une chirurgie.
M. Dubé : Oui, c'est ça.
M. Arseneau : On a atteint, en
septembre 2022, là, un sommet à plus de 22 000.
M. Dubé : Voilà.
M.
Arseneau : Et là, malgré le recours aux CMS, mais on a
diminué. En février 2023, on parlait de 19 000. Alors...
M. Dubé : On est rendu... on est
rendu à 17 000.
M. Arseneau : On est rendu à
17 000 aujourd'hui.
M. Dubé : On a encore baissé. On a
encore baissé.
M. Arseneau : D'accord. Mais
qu'est-ce qui explique qu'on ait un recours, qui m'apparaît très important, là,
de quelque chose de marginal à 60 000 par année et que les listes ne
varient pas à la baisse de façon spectaculaire ou importante, du moins pas
autant que le recours aux CMS?
M. Dubé : OK. C'est tellement une
bonne question. C'est pour ça que j'avais préparé ce tableau-là que j'ai
présenté ce matin. Alors, je vous redis deux choses. Oublions la pandémie, là,
dans la période prépandémique, c'est à peu près 400 000 opérations
par année, à peu près 400 000... excusez-moi, 40 000 fois 12,
480 000. C'est près de 500 000,
excusez-moi. Pour être capable, maintenant, de rattraper le... on était à
150 000 en retard, il faut que j'en fasse plus que
40 000. C'est mathématique.
M. Fortin :
Exact.
M. Dubé : Les gens viennent
régulièrement, à raison de 40 000 par mois, c'est ça notre besoin de
chirurgies.
Ce que je vous dis, c'est que c'est seulement le
premier mois, depuis la fin de la pandémie, qu'on est monté à 43 000 par mois. Ça, c'est la bonne nouvelle
puis c'est ce qui explique, entre autres, que l'on a commencé à gruger dans
notre liste d'attente.
Puis juste pour vous donner une idée, vous vous
souvenez des tableaux COVID qu'on présentait tous les jours, on disait qu'on
avait à peu près 15 % de nos chirurgies qu'on faisait dans le privé. Bien,
si vous prenez 15 % du 450 000, 500 000, vous tombez à peu près
aux 60 000 chirurgies qu'on a eues. Est-ce que ça va pour ça?
M. Arseneau : Oui, oui, oui, tout à
fait.
M. Dubé : Ça fait que, là, ce qui
est important... puis c'est pour ça, tantôt, que — puis je vous en
donnerai une copie, de ce tableau-là — il est très important de continuer
à faire le 15 % de plus, parce que c'est ce 15 % là qui va nous permettre d'aller chercher... C'est ça
qu'on discute en ce moment avec nos chirurgiens, avec nos spécialistes :
On pourrait-tu aller plus vite, on
pourrait-tu extensionner les heures d'ouverture? Tout ce qu'on a discuté un
petit peu ce matin, là.
M. Arseneau : Bien, c'est exactement
là où je veux en venir. C'est...
M. Dubé : Oui.
M.
Arseneau : Ce que je comprends, c'est qu'une partie de la
stratégie du ministère, de votre stratégie, M. le ministre, c'est...
c'est d'augmenter la cadence, notamment au privé. Est-ce que...
M. Dubé : Et au public.
M. Arseneau : ...sur le plan du
public...
M. Dubé : Et voilà!
M. Arseneau : Exactement. Est-ce que
vous avez l'information à savoir si, depuis la pandémie, depuis les trois
dernières années, est-ce qu'on progresse dans le nombre de chirurgies? Est-ce
que vous avez un état de situation sur des chiffres qui étaient évoqués par mon
collègue de Pontiac tout à l'heure, où il disait qu'il y avait trois plateaux
sur neuf qui étaient opérationnels? Est-ce qu'on a ces chiffres-là...
M. Dubé : Oui, oui.
M. Arseneau : ...pour
savoir, en fait — je
vais finir de poser ma question — pour
savoir si, en fait, on a recours au privé parce qu'on sous-utilise,
comme nous, on le soupçonne, les blocs opératoires dans le secteur public?
Et, ma question, qui
est évidemment le corollaire de ça, c'est : Est-ce que le recours au
privé, il est prévu pour une période
transitoire pour ramener les chirurgies au public ou si, lorsqu'on entend la
sous-ministre mentionner qu'on allait mettre une circulaire, qu'on
allait permettre des regroupements d'appels d'offres, qu'on a... Moi, j'ai
comme l'impression qu'on va normaliser le recours au privé, qui va aller
chercher ses ressources au public en termes de
personnel soignant, par exemple, les infirmières qu'on a peine à ramener puis
pour lesquelles on a adopté une loi, là, pour éviter le recours aux
agences privées, mais pas pour les empêcher d'aller travailler dans des
cliniques privées pour lesquelles on semble ouvrir la porte toute grande dans
le projet de loi n° 15.
M. Dubé : Je
ne sais pas combien qu'il reste de temps, là.
M. Arseneau :
Vous comprenez ma question?
M. Dubé : Non,
non, je comprends très bien, vous avez deux questions.
Sur les taux
d'occupation de nos salles de chirurgie, là, nos blocs opératoires, on a toutes
ces statistiques-là. Dr Bergeron, voulez-vous peut-être en dire un mot,
puis après ça, je reviendrai.
M. Bergeron
(Stéphane) : Concernant la chirurgie, donc, il y a eu, par rapport au
creux qu'on a connu sous COVID, une
augmentation. Maintenant, on n'a pas retrouvé une capacité hospitalière à 100 %.
Il y a autour de 62 salles d'opération fermées à l'intérieur du
réseau par manque d'effectifs pour les doter, quand on parle globalement, mais
on a avancé et on continue d'avancer.
La demande, au
réseau, c'est de poursuivre pour aller jusqu'à une ouverture de toutes les
salles. Cependant, force est de constater
qu'avec le «pent-up demand», le retard accumulé, on doit également... même si
on ouvrait 100 % des plateaux, ce ne serait pas suffisant pour
ramener les délais à ce que l'on considère acceptable. Il nous faut donc
utiliser les CMS dans une stratégie qui n'est pas simplement pour quelques
mois, là, c'est quelque chose qu'on a devant nous pour de bonnes périodes.
Mais il y a à la fois
une très forte discussion et pression mise sur les établissements de santé pour
voir à la réouverture des salles d'opération et à la pleine... des salles
d'opération publiques, à la pleine utilisation des salles de 8 heures jusqu'à 4 heures, et même de
dépasser 4 heures lorsqu'il... lorsqu'il le faut, sans essouffler les
ressources et aller vers la chirurgie en CMS. Il y a quand même 60 et
quelques mille chirurgies qui ont été faites puis qui se seraient accumulées
sur le lot actuel.
M. Arseneau :
Rappelez-moi, une petite précision avant de... que vous continuiez la
réponse. Vous parlez de 62 salles
d'opération sur un total de combien dans le réseau? Est-ce que c'est un
10 %? Est-ce que... Bien, vous reviendrez avec la réponse, si
jamais vous l'obtenez, M. le ministre.
• (16 h 40) •
M. Dubé : Oui. Aujourd'hui, on roule à 78 %, le chiffre
que Dr Bergeron utilise quand il dit : 62 salles fermées,
on roule à 78 %. C'est ça qu'on veut...
Maintenant, sur votre
deuxième question tout aussi importante, c'est... J'aimerais vous dire que,
dans le processus de la circulaire qu'on fait... Parce que, moi, mon objectif,
c'est de ramener nos chirurgies en retard au moins à 100 000, ce qui était
le niveau prépandémique, puis les plus qu'un an aussi au prépandémique. Ce
qu'on a dans nos... dans la circulaire qui va
être finalisée, là, c'est du non-consentement. Ça va être très clair dans les
contrats, dans les nouveaux contrats
qu'on va signer avec les CMS, qu'il y ait du non-consentement, c'est-à-dire
que... la non-sollicitation, pardon, pour être sûrs qu'on ne... que nos
cliniques privées ne viennent pas chercher de notre personnel, puis ça, ça va être très, très clair dans les contrats
qu'on... Et c'est pour ça que c'est une des choses qu'on a demandé de
clarifier dans le processus d'appel d'offres qu'on... qu'on va faire et que,
si... et que, s'il y en avait qui était faite, de la sollicitation, bien, il y
aura des pénalités, un peu ce qu'on a discuté avec notre projet de loi
n° 10.
M. Arseneau :
Mais, dans la même logique, parce
que vous avez deviné, vous avez devancé ma question, en fait, c'était de
savoir, si on multiplie les contrats à des CMS qui se multiplient, est-ce qu'on
ne continue pas, justement, de drainer les ressources de la même façon
que les agences l'ont fait avec les résultats qu'on connaît aujourd'hui?
M. Dubé : Non,
et vous...
M. Arseneau : Là, vous dites que le formulaire de non-sollicitation serait suffisant
pour empêcher ce drainage des ressources, cette cannibalisation?
M. Dubé : Je
vous dirais et plus que ça parce que, vous avez entendu les plaintes, qu'on a
été beaucoup plus restrictifs dans les nouveaux permis, hein, vous, vous avez
entendu ça, là, dans les derniers mois, des gens qui se plaignaient qu'ils étaient en attente de permis pour des cliniques? Je
pense que, dans les derniers mois, on en a ouvert sept, si je m'en souviens bien, là, on a donné
sept nouveaux permis. Puis il faut que l'essentiel du service, puis ça, c'est
important, là, que tout le monde comprenne
ça, qu'il soit dans les services qu'on a besoin. On n'est pas... Si quelqu'un
veut faire 100 % d'esthétique, là, on n'est pas très ouverts. OK, on se
comprend? Ce qu'on veut, c'est les services dans lesquels on a notre
150 000 d'attente. Ça fait que ça, c'est un autre élément important.
M. Arseneau : Mais
on a encore, sauf erreur, ce phénomène où, si on fait... on a recours à des CMS
pour un certain nombre de chirurgies, lorsque les cas se compliquent, des
cliniques peuvent dire : Ah! moi, je n'ai plus cette expertise-là et je vais retourner, comme dans les
portes tournantes, le cas qui s'est compliqué au public, qui, lui, va assumer
cette responsabilité-là, et ça, ce n'est pas un mythe.
M. Dubé : Bien, c'est pour ça,
c'est...
M. Arseneau : Ça, ça survient.
M.
Dubé : Non, mais vous avez raison, c'est une autre bonne
question. Parce que M. Coubat... On a dit : Est-ce qu'on est prêts à payer
une prime pour les cas complexes? On n'avait pas ça avec... avant dans ententes
de gré à gré durant la pandémie, puis effectivement il y a eu des cas où
les gens disaient : Moi, je ne suis pas capable de faire ça, je vous retourne le patient parce que ça a mal
tourné. Attends une minute! On va s'entendre sur les responsabilités que
vous avez. C'est un très bon point. Ça fait que c'est pour ça qu'avec les
expériences, là, je m'excuse, mais, avec l'expérience
des trois dernières années, on a dit : On va prendre quelques mois de plus
pour faire un appel d'offres qui est costaud.
M. Arseneau : Moi, j'aurais abordé,
si mon collègue ne l'avait pas fait auparavant, la fameuse... les chiffres
qu'on a vus hier sur le comparatif que vous dites qu'il n'est pas acceptable
entre l'étude de l'IRIS sur les coûts du privé versus le public. Je
n'embarquerai pas là-dedans puisqu'il y a déjà eu des explications qui ont été
données puis qu'on n'a pas encore les
chiffres pour aller davantage profondément là-dedans. Donc, on n'a pas les
chiffres, nous, là, du côté de l'opposition, sur... sur les coûts réels.
On a le 200 millions, mais on n'a pas le coût par...
M. Dubé : OK.
M. Arseneau : ...pour l'acte.
J'aimerais quand même, s'il me reste 1 min 30 s, là...
La Présidente (Mme Poulet) : 1 min 11 s.
M.
Arseneau : ...oui, savoir comment, de façon générale, on peut
imaginer que l'on va créer des minihôpitaux privés qui vont pouvoir
fonctionner sans avoir recours à la main-d'oeuvre qui est déjà actuellement au
public. Est-ce qu'on peut véritablement
imaginer que des supercliniques médicales spécialisées, pour lesquelles vous
êtes, semble-t-il, en appel
d'intérêt, ne vont pas cannibaliser davantage les ressources humaines et
financières du système de santé public?
M. Dubé : Bon, vous avez la bonne
personne devant vous, là, j'ai le député de Saint-Jérôme qui a eu ça, comme
adjoint parlementaire, comme mandat, puis peut-être qu'il pourra répondre un
petit peu plus tard. Mais deux choses. On a dit qu'avec les minihôpitaux qu'on
va... C'est pour ça qu'on est en appel d'intérêt. Moi, je l'ai bien dit à M.
Chassin : C'est clair, ce qu'on veut, c'est que ça soit une offre qui est
complémentaire, mais il y a une chose très claire, c'est que je veux que ça
soit compétitif avec ce qu'on a dans le public. Et je m'explique. Si on veut que
ça soit une urgence dans Rosemont, parce que
c'est une des choses, on veut aider l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, bien,
je ne vais pas dire... ou je vais faire une urgence qui est ouverte juste du 8
à 4, parce que, là, je vais avoir des gens de Maisonneuve-Rosemont qui sont à
des heures défavorables qui vont dire : Je vais aller faire des urgences
dans cette miniclinique-là. Il va falloir que les demandes, hein, puis c'est ça
qu'on discute avec le député, bien, que, si le privé dit qu'il veut nous donner
ce service-là, mais que ça soit les mêmes exigences en termes d'heures.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci,
M. le ministre.
Une voix : ...
La Présidente (Mme Poulet) : Est-ce
qu'il y a consentement?
M. Arseneau : ...pour compléter.
La Présidente (Mme Poulet) : Oui,
allez-y. OK. Oui, allez-y.
M.
Arseneau : Une question pour compléter ce bloc-là sur le
privé, c'est, encore une fois, s'il manque, j'oublie le chiffre, là, quelque chose comme 5 000 infirmières
dans le réseau, où est-ce qu'on va trouver des infirmières pour deux minihôpitaux. C'est... c'est...
M. Dubé : Bien, regardez, je vais
vous donner un exemple très concret, là, vu que je n'ai pas beaucoup de temps.
On prendra le midi puis on va aller voir le Jeffery-Hale. Le Jeffery-Hale, je
l'ai dit, là, ça, c'est l'ancien Hôpital
Jeffery-Hale qu'on a dit : On va faire comme une miniurgence, OK? Il n'y a
pas d'ambulances, c'est... et c'est exactement ça qu'on veut faire à
Montréal, dans l'Est de Montréal. Alors là, on parle d'un personnel de
peut-être une dizaine de personnes qui sont
là dans... sauf qu'eux autres ce n'est pas du 24 heures, c'est du 8 à 4,
je pense, qu'ils font. Ça fait que j'aimerais ça
vous donner... puis on vous donnera peut être avec... on prendra un midi, là,
mais je vous donnerai la comparaison. Mais... mais ce n'est pas loin, là, le
Jeffery-Hale, c'est sur le chemin Sainte-Foy, ici, là. On peut y aller à pied. Ça fait qu'on ira voir ça
parce que, je vous dis, ça, c'est un modèle d'un hôpital qui a été transformé
pour faire une miniurgence qui devrait nous servir de base, là, pour le travail
que M. Chassin est en train de faire.
La Présidente (Mme Poulet) : Parfait.
Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole au député de Saint-Jérôme
pour 16 min 23 s.
M. Chassin : Merci, Mme la Présidente. Ça adonne comme ça, hein, que,
finalement, c'est à mon tour, puis effectivement ça... ça me permet peut-être,
Mme la Présidente, là... Permettez que je déroge un peu de la procédure
traditionnelle puis que je prenne un peu de mon temps pour peut-être donner
quelques éléments de réponse, parce qu'effectivement je pense qu'il y a cette
perception-là qui existe, puis le député des Îles-de-la-Madeleine, là, le transmet bien, mais qui existe dans la population,
cette réflexion sur : Mais comment est-ce que deux types d'employeurs différents,
un public et le privé, peuvent coexister avec, dans le fond, des soins de santé
qui sont donnés toujours gratuitement, toujours de façon universellement
accessible? Mais, si on se dit, bien, que les ressources humaines sont
limitées, est-ce qu'il n'y a pas finalement des transferts de l'un vers
l'autre?
En fait, je vois ça peut-être de l'oeil de
l'économiste que je suis de formation, mais la tarte n'est pas nécessairement
fixe, en fait, parce que ce sont des milieux de travail qui sont distincts, qui
offrent, en fait, des conditions aussi différentes, bien, ça peut avoir un
appel pour différents types aussi de personnes parce que chacun a ses
préférences, alors, et chacun... je dis «chacun», je devrais peut-être dire
«chacune», parce que, par exemple, pour le personnel... pour les infirmières,
le personnel soignant, mais ça peut être différent. Même si les horaires sont équivalents, à la limite, il y a toujours des
différences. Alors, évidemment, est-ce que ça fait qu'il y a nécessairement
un... je pense que le collègue des Îles-de-la-Madeleine avait utilisé le mot «cannibalisation». Alors, il y a toujours le
risque, puis je pense qu'il faut
absolument en être conscient, on ne peut pas ignorer, là, que cette
possibilité-là doit être balisée, doit être en tête de tout le monde
quand on fait ces choix-là.
• (16 h 50) •
Ceci étant dit, il y a aussi la possibilité de
ramener les gens qui n'auraient pas... qui ne seraient pas, par exemple, dans le réseau public. Il y a possibilité
peut-être aussi par des processus d'optimisation, puis là j'utilise ce mot-là
parce qu'on m'en a parlé pas mal, mais de gagner du temps. Par exemple, on m'a
parlé des processus administratifs dans
l'organisation du travail, dans... il y a vraiment toutes sortes de trucs qui
m'ont été expliqués, là, dans les différentes visites, dont au
Jeffery-Hale. Mais ça a fait que, parfois, une infirmière qui, au public,
verrait, par exemple, tant de patients peut, dans un cadre de travail optimisé,
puis là, que ce soit au public ou au privé à la limite, là, ça n'a absolument
aucune importance, mais, si c'est bien optimisé, peut en voir davantage ou on
utilise une même salle de chirurgie, par exemple, puis on peut faire davantage
de chirurgies.
Alors, évidemment, là, c'est une question de
productivité — permettez
que je remette un peu mon chapeau d'économiste — mais
où, finalement, on crée... puis là je vous donne un exemple, là, mais, si, au
lieu de voir six patients, une même infirmière peut en voir huit, mais c'est
comme si on créait un tiers d'infirmière à partir du vide, là. Parce qu'on a
optimisé, il y a un gain.
Alors, je pense que c'est là où il faut voir que
la tarte n'est pas fixe, que, si on a différentes possibilités de travailler, et c'est le cas, là, mais les
infirmières peuvent aller travailler dans le réseau scolaire, peuvent aller
travailler en entreprise privée, peuvent aller travailler dans des
services de soins à domicile. Il y a déjà beaucoup, beaucoup d'options, là.
Alors, c'est là où je pense qu'il faut voir que ce n'est pas nécessairement et
automatiquement une cannibalisation.
Alors, désolé, Mme la Présidente, j'ai pris un
peu de temps, mais je pense que ça valait la peine parce que c'est sûr qu'il y a toujours un équilibre à
chercher, puis je pense que ce que le ministre a transmis comme réponse montre
qu'on en est très, très conscients.
Alors, maintenant, permettez que j'aille sur des
questions de mon cru, qui m'intéressent particulièrement puis qui recoupent peut-être certaines questions
des collègues en face, mais peut-être avec une autre perspective. Alors,
je crois comprendre, puis on en a parlé un petit peu, qu'il y a une certaine
innovation dans le financement à l'activité des établissements de santé qui
s'en vient. Alors, c'est quelque chose que, personnellement, je suis depuis un
certain temps dans la perspective où on a des... des sommes, dans le fond,
souvent allouées sur une base historique, avec une progression, etc. Et
évidemment — je
ne veux pas présumer de qui pourrait me répondre — mais là, évidemment,
ce que je comprends, c'est que dans les épisodes de soins des... peut-être les
mieux définis, ce seraient les chirurgies, on commencerait par là, puis on
aurait la possibilité d'avoir une formule de financement où au moins une partie
du financement serait allouée en fonction
d'un financement qui, finalement, suit le patient, qui paie pour les épisodes
de soins réalisés plutôt que sur une base historique.
Évidemment, je pense que c'est une formule
drôlement intéressante, très stimulante pour l'avenir. J'aimerais mieux comprendre, dans le fond, quel... sur quel
type de... quel est le processus qu'on pense suivre, là, pour réussir à dire :
On pourrait financer, sur la base de l'activité, des... par exemple, les
chirurgies, en tenant compte — puis là je pose la question en tant que
député de Saint-Jérôme aussi — mais en tenant compte de disparités.
Peut-être qu'il y a des salles de chirurgie qui coûtent moins cher dans telle
région que dans telle autre, etc. Là, j'avoue que je suis comme curieux. Est-ce qu'on prend en compte ces
différences de coûts là ou pas nécessairement parce qu'on souhaite, au
contraire, générer l'optimisation dont je parlais tout à l'heure? Alors,
je serais comme curieux d'en... d'en entendre un peu plus là-dessus.
M. Dubé : Mme
la Présidente, je vais faire comme d'habitude. Il y a combien de temps qui
reste? Parce qu'il y a plusieurs points qui ont été soulevés, là.
La Présidente (Mme Poulet) : Il
reste 9 min 43 s.
M. Dubé :
OK. On a... on a du temps. OK.
Puis vous avez d'autres questions en plus? «Oh boy!» OK. Alors, on va essayer
d'y aller en rafale.
La précision que vous avez faite tantôt, entre
autres, là, sur les hôpitaux, moi, j'aimerais ça rajouter un point parce que je suis en accord avec ce que vous avez
dit. Mais, pour les infirmières, puis la question est bonne, du député, là, juste pour aller là-dessus, c'est que l'Ordre
des infirmières, l'OIQ, a fait des états généraux l'an dernier. Ils sont
arrivés puis ils ont dit : Il faut valoriser la profession des
infirmières, il faut leur donner... il faut qu'ils soient capables de pratiquer
selon la compétence qu'ils ont prise durant leur formation, et ils sont
sous-utilisés en ce moment. Je pense qu'il n'y a pas juste une question
d'argent. Il y a toujours une question d'argent, mais il faut leur donner...
Puis je me souviens, j'ai eu des discussions, j'ai eu des rencontres avec eux,
puis, dans le PL n° 15, là, toute la
valorisation de la partie clinique médicale,
elle est très importante pour les infirmières. Je veux juste dire ça. Je ne dis
pas qu'il ne faut pas augmenter leur salaire, on demande des offres
différenciées, mais je voulais juste ajouter ce point-là parce que ça, on
pourra en discuter dans PL n° 15.
Sur votre
point du projet... sur le... J'aime beaucoup l'expression «que l'argent suive
le patient». Ça, là, il faut donner le mérite au précédent gouvernement
lors de... des libéraux, que c'est un projet pilote qui a été... commencé à
faire ça, c'est-à-dire de dire : Est-ce qu'on pourrait, un jour, payer nos
hôpitaux publics en fonction de comment ça coûte
faire une hanche puis on va donner les budgets en fonction de l'activité pour
que l'argent suive le patient? Il est arrivé...
Puis c'est un très beau projet qui a été... Je le dis, là, il faut souscrire à
ça, puis on doit remercier le gouvernement précédent d'avoir commencé
ça. Savez-vous où ça nous a le plus aidés pendant la pandémie? C'est justement
d'avoir développé cette expertise-là, cette
notion-là de pouvoir faire affaire avec les cliniques privées, parce que, là,
on savait, en gros, qu'une hanche, ça coûtait à peu près tant, même si on sait
qu'on l'a amélioré, on continue à améliorer. Mais cette notion-là, maintenant, ce que M. Coubat nous
dit, c'est que moi, je veux... lui, là, il m'a demandé, pour le budget
de cette année, qu'au niveau chirurgie, qui est à peu près 20 milliards du
40 milliards, c'est énorme, là, tout ce qui est chirurgie...
Une voix : ...
M. Dubé : Hein?
Une voix : ...
M. Dubé : OK. La santé physique,
là... Pardon?
La Présidente (Mme Poulet) : ...pour
les besoins de la retransmission, que le... que les gens aient le droit de
parole. Alors, s'il vous plaît, merci de respecter.
M. Dubé : OK. Donc, ce qu'il a dit,
il y a 10 milliards qui est en chirurgie sur la santé physique. Ce que je
veux dire, c'est que, là, on a décidé qu'on prenait 25 % la première
année, puis on va faire les budgets en fonction de ça. Ma collègue, la ministre Bélanger, elle, elle a : OK, c'est une
bonne idée... mais moi, je voudrais que les soins à domicile rentrent
là-dedans plus vite parce que je voudrais que mes PDG — elle,
elle était PDG avant, elle sait comment les soins à domicile, c'est important,
puis ça, ça répond à la deuxième partie de votre question — est-ce
que je pourrais m'assurer qu'on va mettre...
que l'argent suive le patient plus rapidement? Ça fait qu'un PDG de la
Capitale-Nationale, il ne se fera pas
juste dire : L'année passée, tu avais 100 millions par année, c'est à
peu près son budget en soins à domicile, puis, cette année, tu vas avoir 103 % ou 105 %? Non, non. Tu
avais combien d'heures de services en soins à domicile? Et si tu es performant, bien, je vais te le payer
plus cher. Et là on a accéléré à l'an prochain, hein, c'est ça, les soins à
domicile?
(Consultation)
M. Dubé : ...2025. Alors...
M.
Chassin : ...Mme la Présidente. Sans vouloir vous
interrompre, M. le ministre, mais donc, à ce moment-là, ça devient...
pour un PDG d'établissement, ça devient une source de revenus parce que, si les
soins à domicile sont... sont bien donnés, qu'il y a beaucoup d'activité, ça...
M. Dubé : Mais là je reconnais
l'économiste en vous.
M. Chassin : Ah! que voulez-vous?
M. Dubé : Ça ne devient plus une
question d'une charge ou d'un coût, le patient devient un revenu, et là le PDG dit à ses troupes, à ses médecins :
Heille! si on est bons en soins à domicile, bien, l'année prochaine, il va
augmenter mon budget parce que je vais avoir donné
un meilleur service. Alors, cette notion-là, qui a été, puis je la répète, là, qui a été initiée par les anciens... Ça a été
long, c'est long à faire des changements de culture. Puis, vous le savez, M. le
député de Pontiac, quand c'est le temps de
reconnaître les efforts qui ont été faits dans l'ancien gouvernement, ça, je
pense qu'aujourd'hui c'est beaucoup
plus accepté, cette notion-là. Ça fait que... Là, je vois que vous avez
d'autres questions.
M.
Chassin : Exact. Écoutez, je...
évidemment, on... on voit au moins la philosophie, puis je pense que c'est
vraiment une philosophie qui est porteuse pour... pour l'avenir, mais je vais
passer à d'autres questions, puis il me reste un peu moins de cinq minutes. Puis
je trouverais ça intéressant, juste pour bien comprendre, par rapport à la RAMQ, puis... puis c'est peut-être une petite
précision, là, je ne suis pas certain, et c'est une vraie question parce que je
n'ai pas la réponse, hein,
d'habitude, on cherche à avoir un peu l'idée, là, mais, par rapport à... en
termes de télémédecine ou, en tout cas, de consultation à distance, en virtuel,
par exemple, un code qui a été créé.. Puis évidemment, dans le cadre de
la pandémie, même s'il y avait des discussions là-dessus depuis très, très
longtemps, il y a eu un code de RAMQ qui a
été créé. Puis là, je voulais savoir, est-ce que ce... peut-être que monsieur
de la RAMQ pourra me répondre, mais est-ce que ce code-là est maintenu?
Est-ce qu'il est encore utilisé? Puis, à la limite, est-ce qu'il y a peut-être
un intérêt d'évaluer aussi ce qui a été fait?
M. Dubé : Oui.
M.
Chassin : Dans le cadre de l'urgence, on l'a mis sur pied, mais
c'était tellement attendu. Puis de voir, à la limite, là, ce qu'on a vu déjà
publié, je pense, c'est en 2021, là, mais comme balises pour encadrer cette
pratique-là, moi, je trouve que... je pense
qu'on a avancé, là, de plusieurs grands pas. Ça fait que je ne sais pas si ça
existe encore, si c'est encore utilisé.
• (17 heures) •
M. Dubé : Bien,
je vais essayer de... en respect de temps, puis je vois que M. Thibault
est encore là si jamais vous trouvez que ma réponse n'est pas suffisante, là.
Mais, un, je veux saluer comment on a réussi à s'entendre avec les médecins là-dessus, parce que tous les
Québécois ont réalisé que d'être capable d'avoir des consultations à distance,
télétravail... pas en télétravail, mais télémédecine, pardon, je pense, c'était
un... et on s'est entendus, autant pour les spécialistes que les médecins, sur
des codes spécifiques qui sont à la RAMQ. Mais on vient de commencer, là. Ça,
c'était effectif, je pense, le 1er janvier. Alors, c'est sûr qu'on va suivre ça
de proche, parce que, si jamais on devait réajuster les taux, on le fera, mais
là on était beaucoup plus dans le dire : Il faut que ça continue de
fonctionner, étant donné, exemple, le centre
de rendez-vous. Ça fait que je vous dirais ça, mais, si... si M. Thibault
peut vous donner une précision là-dessus, mais, à date, c'est correct, M. Thibault,
si...
Une voix :
...
La Présidente (Mme
Poulet) : Oui.
M. Thibault (Marco) :
Marco Thibault, RAMQ. C'est exact. Les seuls éléments qui ont
changé, ce sont les éléments de contexte,
c'est-à-dire que le professionnel doit nous dire : J'offre un service à
distance, mais c'est le même acte,
mais qui est tarifé différemment en fonction qu'il soit fait à distance ou en
présentiel, et c'est ce que les deux fédérations ont convenu avec le
ministère comme entente. Et...
M. Dubé : ...les Québécois qui nous écoutent, là, puis il y
en a beaucoup à cette heure-là, là, qui... qui sont là, on veut pousser
plus loin parce qu'en ce moment comment on définit la télémédecine? Est-ce que
la vidéo doit être accompagnée? On a vu... La FMSQ a fait une initiative, en
dermatologie qui est excessivement intéressante, parce qu'ils se sont rendu
compte que ce que le médecin voulait voir, c'est la photo de votre visage si
vous avez une tache ou... Voyez-vous qu'on n'est plus juste au téléphone, là?
On est avec des outils technologiques simples, mais qui permettent ça.
Ça fait que je veux
juste dire qu'on va peut-être raffiner la tarification au fur et à mesure que
M. Bernier, à qui on a parlé tantôt, là, plus tôt... qu'il va nous donner ces
outils-là, sans mettre de pression pour lui, là, je veux juste dire ça comme
ça, là.
M.
Chassin : Et, par curiosité, le
différentiel, est-il un peu toujours le même entre le tarif, dirons-nous, en
présentiel et le tarif en virtuel?
Des voix :
...
M. Thibault
(Marco) : Il va changer s'il s'agit d'une consultation téléphonique,
d'une intervention. Donc, prenons la dermo,
on sera dans un autre type de tarification. Donc, il faut voir le type
d'intervention, avec qui il est fait, dans tel contexte, et c'est ce que
prévoient les ententes. Donc, les différentiels ne sont pas toujours
identiques.
M. Dubé : ...l'apprentissage. Comme je vous dis, là,
quand... je pense que ce qu'on va faire après quelques mois, on va regarder
puis on va dire : Bon, bien là peut-être que la différence devrait être
plus importante pour tel, tel type d'acte. Mais ça, je pense qu'on
aimait mieux commencer plus rapidement parce qu'on n'avait pas le droit de le
faire avant, là, c'est ça que la pandémie nous a montré. Ça fait qu'on va... on
va suivre ça de proche.
M.
Chassin : Bien... Alors, j'imagine qu'il
reste peu de temps.
La Présidente (Mme Poulet) : 33 secondes.
M. Chassin : C'est ça. Alors, évidemment, je trouve que c'est... c'est
une approche qui a beaucoup de mérite de... d'à la limite, là, sauter dans la
piscine, puis on va nager, puis on va s'améliorer, plutôt que d'attendre, là,
d'avoir un cadre absolument impeccable et parfait, qui, de toute façon, va
devoir évoluer lui aussi puisque les circonstances évoluent. Alors, moi, je
souhaite saluer cette... comment dire, ce volontarisme de votre part, M. le
ministre, qui, je suis sûr, est aussi celui de Mme Savoie, et de son équipe, et
de madame...
M.
Dubé : Bien, c'est... c'est ça que j'allais dire, puis je
peux finir là-dessus, deux secondes, l'équipe... l'équipe...
La Présidente (Mme Poulet) : Deux
secondes, parce que je dois passer la parole au député de Pontiac.
M. Dubé : ...l'équipe de M. Paré,
avec la FMSQ, FMOQ, ont une supercollaboration là-dedans pour trouver des
solutions très pratiques. Ça s'est... Ça s'est fait au début de l'année puis ça
a été très bien fait.
La
Présidente (Mme Poulet) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, M. le député de
Pontiac, vous avez le droit de parole pour une période de
18 min 10 s.
M.
Fortin : Très bien. Merci, Mme la Présidente. Ça va encore
bien, M. le ministre? Ça allait bien ce matin, ça va encore bien?
M. Dubé : Bien, moi, ça dépend de
vous. Si vous êtes un homme heureux, moi, je suis encore plus heureux.
M. Fortin : Bien, je suis un homme qui a des questions en ce moment,
parce que j'écoutais vos dernières interventions, celles... celles du député de
Saint-Jérôme, puis je vous avoue que ça a soulevé des points intéressants.
Tantôt, là, je pense, c'était en réponse au député des Îles, vous avez
dit : Les nouveaux CMS, là, ceux pour lesquels on va signer des ententes,
comme celui que vous avez mentionné à Gatineau tantôt, là, pour mammographie,
entre autres, là... mais, les CMS, les nouveaux, il va y avoir une entente de
non-sollicitation, donc ils ne peuvent pas venir chercher les employés de
l'État. Le député de Saint-Jérôme, lui, il vient de dire : Bien, il faut
trouver... il faut donner l'option, il y en a qui vont préférer un endroit, il
y en a qui vont préférer un autre type de pratique, il y en a qui vont préférer... Alors, est-ce que, pour les hôpitaux
privés de... du député mais de votre gouvernement, là, est-ce que, pour les
hôpitaux privés, il y a aussi une entente de non-sollicitation?
M. Dubé : Bien, écoutez, on est...
c'est trop tôt pour le dire, mais j'aimerais ça que ça soit le même principe.
Je vais vous dire pourquoi c'est trop tôt pour le dire, pas parce qu'on n'y
pense pas, mais, quand on est allés, ce qu'on appelle en appel d'intérêt, on a
eu quand même des joueurs qui ont levé la main mais qui ont dit : Bon,
pouvez-vous préciser ce que vous voulez avoir? Prenons l'exemple heures
d'ouverture, hein? Est-ce que vous voulez juste
une grosse GMF ou vous voulez un petit bloc opératoire? Voulez-vous un...
voulez-vous avoir... Tu sais, vous me suivez? Il y a eu... Alors là, on
n'a pas eu cette discussion-là, mais ils nous ont soulevé les questions.
Alors, moi, si vous me demandez mon opinion
aujourd'hui, là... puis je ne veux pas influencer le travail, parce que je délègue à ce monsieur-là, mais le
principe, si on est... il est important dans la non-sollicitation avec nos
cliniques privées, je pense qu'on va s'entendre assez rapidement que ça
devrait être la même chose dans les minihôpitaux.
M.
Fortin : En tout respect — j'ai entendu plusieurs des opinions passées du
député de Saint-Jérôme — déléguez,
mais ne déléguez pas trop, là, quand même. Il y a... Il y a des paramètres à
avoir autour de la philosophie qui est... qui est poussée. Il y a une
place pour le privé, on est d'accord là-dessus, entre autres au niveau du
rattrapage, les CMS...
M. Dubé : Mais... Mais... Mais
est-ce que je peux faire une précision, M. le député? Parce que ce qui est important aussi, on dit de faire de la
non-sollicitation, mais comment je peux faire pour récupérer ceux qui sont déjà
partis?
M. Fortin : Mais c'est une très bonne question, parce que, si vous
ouvrez un CMS...
M. Dubé : C'est là que vous allez?
M. Fortin : Non, non, mais, si vous ouvrez un... il y a... il y a un
CMS qui rouvre là... Vous en avez... Tantôt,
vous nous avez dit : Il va y en avoir d'autres,
OK, et il va y avoir des ententes. Alors, où est-ce que vous voulez
qu'ils prennent leurs... par exemple, leurs infirmières? J'imagine, dans les
agences? C'est ça, votre plan de match?
M. Dubé : Oui, oui, ou
ailleurs. Il y a... Regardez à... Oui, je pense que, dans les agences, là...
puis, encore une fois, il y en a un bon bassin. Il y en a au moins 2 500,
infirmières, qui sont là, hein, il y en a... il y a au moins, au moins ça, parce qu'on n'a pas toujours les données
exactes parce que c'est... mais il y en a aussi beaucoup qui sont soit à
la retraite ou qui sont allées faire autre chose. Puis moi, je me souviens...
parce que ce que j'entends le plus souvent quand je
visite, puis je pense que le député de Rosemont... et vous aussi, vous le
faites quand vous êtes sur le terrain, je devrais dire les députés, les trois
qui sont ici... ce qu'on entend des gens... des infirmières aux urgences,
là : C'est passionnant, être aux
urgences. Ils aiment ça. Puis il y en a qui nous disent : Mon Dieu! Si les
conditions étaient meilleures, je
reviendrais. Alors, moi, c'est... Oui, c'est vrai qu'il faut faire de la
rétention, mais il faut être capable de leur donner des belles
conditions, puis ça, je pense que je le dis assez souvent.
M. Fortin : Tout passe par là, là, on en a parlé souvent à chaque fois.
Puis je vous l'ai dit, là, le projet de loi des agences, là, sur les agences
privées, il va juste fonctionner si on a des meilleures conditions de travail
qui font en sorte qu'ils ont un intérêt à revenir. Mais... Mais ma question est
davantage au niveau des CMS et des hôpitaux privés. S'il y a une entente de
non-sollicitation, où est-ce qu'ils vont prendre leur personnel?
M. Dubé :
Bien, écoutez, c'est ce que
j'essaie de vous dire, puis peut-être que je n'ai pas été clair, ils peuvent
aller les chercher ailleurs que dans le réseau.
M. Fortin : Sur les bancs d'école?
M. Dubé :
Non... Bien là, bancs d'école, oui, parce qu'il y a des IPS qui le font en
ce moment, qui prennent des infirmières qui
sortent des bancs d'école, puis ils viennent les chercher, là. Les sept
cliniques d'IPS qu'on a ouvertes récemment...
J'en ai eu une à Joliette, là, c'était fascinant. Deux infirmières, une qui est
revenue du privé, puis la deuxième, elle sortait des bancs d'école, puis
elle était là, puis elle était contente d'être la première à être formée. Ça
fait que, oui, ils peuvent faire ça. Mais,
plus loin que ça, si j'ai une infirmière qui... en ce moment, qui fait de
l'assurance, mettons qu'elle a été engagée par une compagnie
d'assurance, pour une compagnie x, mais qui dit : Moi, là, la journée que vous me donnez des conditions intéressantes dans
une urgence avec des... mieux payée pour mes heures défavorables, toute
la discussion qu'on a eue beaucoup dans les dernières semaines, moi, je suis
sûr qu'on peut aller en rechercher, mais il faut leur donner ces conditions-là.
Ça fait qu'ils ne sont pas nécessairement dans le réseau en ce moment.
M. Fortin : Oui, mais là on parle des hôpitaux privés, là.
M. Dubé :
Oui, mais c'est ça que je vous dis.
M. Fortin : On ne parle pas du réseau, là.
M. Dubé :
Bien, regardez, là...
M. Fortin : Si vous leur donnez des meilleures conditions, elles
peuvent venir vers le réseau, mais là on...
M. Dubé :
Je vais... Quand on va aller voir... on va aller voir le Jeffery-Hale avec
les députés...
M. Fortin : Oui, on va tous y aller, si vous voulez.
M. Dubé :
On va y aller ensemble.
M. Fortin : Oui, oui.
M. Dubé :
On va y aller les trois ensemble parce que je veux vous montrer comment,
même dans une urgence... en tout cas, je
pense que le député l'a vu, c'est... c'est intéressant, les urgences, pour ceux
qui aiment la fébrilité, là. Il y
a... Il y a des infirmières qui sont là puis qui aiment ça, avoir ce défi-là
de... On les appelle des fois cinq minutes avant, l'ambulance s'en vient
ou il y a un cas : Pouvez-vous... C'est impressionnant.
M. Fortin : Mais, en tout... en tout respect, s'il y a... s'il y a une
obligation de non-sollicitation, cette infirmière-là, qui aime l'urgence,
comment elle va se retrouver dans le minihôpital?
M. Dubé :
Bien, c'est parce que, des fois,
elle a quitté le réseau, elle n'est plus dans le réseau, elle est... C'est ça que
j'ai peut-être mal expliqué.
M. Fortin : Mais c'est parce que vous dites... vous dites, depuis des
mois, que vous voulez les ramener dans le
réseau. Ce que... Ce que vous dites, c'est : Il y en a un certain
pourcentage je ne ramènerai jamais dans le réseau, là.
M. Dubé :
Il y en... Il y en a... Bien, écoutez, là, je veux être réaliste, là.
M. Fortin : Oui, oui.
• (17 h 10) •
M. Dubé : Madame...
Mme LeBel travaille très fort pour donner... négocier les nouvelles
conventions, mais je ne pense pas que ça va se... J'aimerais ça que ça se règle
la semaine prochaine, mais, hein, M. Paré, je pense qu'il faut être
réaliste... au moins une couple de semaines.
Alors
donc, je veux juste dire que, oui, il y a ça, mais je pense que, si on est
capable d'aller chercher des gens qui sont sortis du réseau... Puis le plus bel
exemple de ça... content de votre question, là, regardez Je contribue, on a
encore combien, je ne sais pas, 15 000, 18 000 personnes par Je
contribue...
Une voix :
...
M. Dubé :
13 000 qu'on est rendus? Bien, ça... c'est sûr que ça a baissé. Merci.
Mais ça, c'est des gens qui étaient sortis du réseau, pour la plupart, soit
pour retraite ou pour... Alors, si on est capables de les avoir... Puis, vous savez, on a discuté : Est-ce qu'on ne devrait
pas avoir notre propre agence? Tu sais, c'est... c'est tout ça, là, qu'il
faut... qu'il faut regarder, là.
M. Fortin : OK. Le... Dans vos hôpitaux privés, là, vous avez les deux hôpitaux à
Montréal puis un à Québec.
M. Dubé :
Un... Non.
M. Fortin : Un à Montréal, un à Québec?
M. Dubé :
Un à Montréal, un à Québec.
M. Fortin : Bien, je... je m'excuse, un à Montréal, un à Québec.
M. Dubé :
Non, non, pas de problème.
M. Fortin : Mais vous avez... vous venez de citer le modèle du
Jeffery-Hale, qui est un peu le modèle que vous
voulez. Alors, en ayant le Jeffery-Hale, vous avez quand même besoin de
reproduire ça à Québec? Juste qu'on...
M. Dubé :
Oui.
M. Fortin : Pourquoi?
M. Dubé :
Oui, je vous dirais que, quand on regarde les... la différence entre les
volumes, les demandes populationnelles puis les services, le plus bel exemple,
puis le député de Rosemont va vous le dire : l'est de Montréal. L'est de Montréal a à peu près 23 %
du volume de ce qui est demandé, là, tu sais, l'achalandage, là, ça représente
23 % de l'île. Puis leur capacité de traiter à l'urgence, c'est 17 %.
Ça fait qu'il y a un manque de 6 %.
On a la même chose à
Québec, et c'est là qu'on est en train de regarder, avec M. Chassin puis avec
le PDG de la Capitale-Nationale, où pourrait être... C'est peut-être moins
clair, à Québec, exactement où. C'est ça qu'on est en train de regarder. Notre
attention a été beaucoup plus sur Montréal-Est en ce moment.
M.
Fortin : OK. Dernière question sur les... appelons ça une
entente de non-sollicitation, là : Est-ce que c'est quelque chose que vous
allez appliquer aux GMF, ça aussi? Parce que vous avez déjà comparé, vous-même,
là, le concept des minihôpitaux privés à des... une grosse superclinique. Vous
avez déjà dit que ça pourrait ressembler à ça. Alors, est-ce que... Les supercliniques sont souvent des GMF plus, là,
disons. Est-ce que votre entente de non-sollicitation, ça va s'appliquer
pour des nouveaux GMF qui pourraient ouvrir?
M. Dubé : Bien,
écoutez, là, je ne sais pas, là, je ne suis pas sûr que je veux aller
jusque-là, parce que...
M.
Fortin : Non, je...
M. Dubé :
Non, non, mais, je vous le dis, cette décision-là n'est pas arrêtée puis...
mais...
Une voix :
...
M. Dubé :
Vous voulez me dire quelque chose dans l'oreille ou... Oui? OK. Bon, bien,
essayez de me le dire pendant que je parle, là, mais...
M.
Fortin : Non, bien, prenez... prenez 15
secondes, là. Allez-y.
M. Dubé : Je
peux? OK. Bien, je vais... Merci, c'est gentil.
Une voix :
...
M.
Dubé : C'est ça, la
différence, c'est que... C'est pour ça que je suis chanceux d'avoir Mme Savoie
avec moi. Elle me rappelle, à juste
titre, M. le député, puis vous le savez, que, dans les GMF, c'est nous qui
fournissons le personnel.
Une voix :
...
M. Dubé : C'est nos... C'est nos employés. Alors, c'est une
différence assez importante. OK. Merci, Mme Savoie, d'être là.
M. Fortin : Le...
Les hôpitaux privés, là j'ai compris, plus tôt aujourd'hui, que vous allez
lancer des... ou il y a déjà des appels d'offres, si je ne me trompe
pas, là.
M. Dubé : Un
appel d'intérêt.
M.
Fortin : Oui, un appel d'intérêt.
M. Dubé : Oui.
Ça, c'est fait.
M.
Fortin : Alors, votre échéancier, là, pour l'hôpital privé,
qu'il soit en service, c'est quoi?
M. Dubé : 2025.
M.
Fortin : 2025?
M. Dubé : Oui.
M.
Fortin : OK.
M. Dubé :
C'est tout un défi.
M.
Fortin : Votre échéancier pour faire les
travaux nécessaires à Maisonneuve-Rosemont, c'est quoi?
M. Dubé : Nous,
on a dit qu'on était toujours dans l'échéancier qu'on avait dit, là, 2030, pour
être capables d'avoir des premiers... Maintenant, ce que je vais peut-être
préciser dans les prochaines semaines, quand on va annoncer, vu qu'on le
fait... supposons que tout s'est confirmé, ce que j'ai dit, est-ce que le fait
d'en faire juste un plutôt que deux
étapes... qu'est-ce que ça peut changer au niveau de l'échéancier? On va
peut-être avoir un ajustement, mais
on le fera. C'est une des choses qu'il nous reste à... hein, M. Desbiens, c'est
une des choses qu'il nous reste à régler dans les prochaines semaines. Mais parler que... aujourd'hui, en 2023,
un échéancier de sept ou huit ans, là, c'est de ça dont on parle, versus
bénéficier de ce minihôpital-là d'ici deux ans, c'est majeur, là, c'est...
Une voix :
...
M.
Dubé : Tu sais, c'est ça.
Mais ce que... ce qu'il faut comprendre, c'est que l'hôpital, qu'est-ce qui est
long, c'est les 720 chambres, c'est les salles de chirurgie, c'est tout
ce qui va avec le support. Là, une miniurgence, moi, j'ai toujours dit... Puis
c'est pour ça qu'on est allés en appel d'intérêt, puis je suis content qu'on
ait eu de l'intérêt. Là, on est en train de
dire : C'est une petite urgence qui prend la moitié de la place ici, là.
C'est pour ça que j'aimerais ça qu'on aille ensemble au Jeffery-Hale.
Vous allez voir, c'est tout petit, là. On ne parle pas de... On ne parle pas de
construire un hôpital, on parle de quelque chose qui se fait dans un centre
d'achats.
M.
Fortin : OK. Ça pourrait se faire dans un
centre d'achats?
M. Dubé : Bien,
moi... J'ai un autre bel exemple à vous donner. La clinique pédiatrique UP, qui
est à Brossard, qui a commencé tout petit,
je... le médecin pourrait me confirmer, là, ça a commencé avec
10 000 pieds carrés. 10 000 pieds carrés, là,
c'est... ce n'est pas grand, là, c'est le tiers de ça, ici, là, du salon rouge,
à peu près. Ce n'est pas très grand,
10 000 pieds carrés. Ils ont commencé, puis ça a été tellement
populaire, cette clinique-là... je pense, ils sont rendus sur deux
étages du Dix30, c'est...
Alors, c'est pour ça
que ce que j'ai demandé à M. Chassin, j'ai dit : Est-ce qu'on pourrait
commencer plus petit, s'assurer qu'on donne le service qu'on a besoin puis se
limiter peut-être juste à l'urgence, où on a un volume? Est-ce qu'on pourrait avoir un peu un petit bloc opératoire, mais très
simple, là, pour des bras cassés? Tout ce qui nous permettrait de désengorger
HMR au niveau des urgences. C'est ça qui est notre objectif, de focusser sur
les urgences.
M. Fortin : OK. Pour HMR, là, vous êtes sur l'horizon 2030, disons?
M. Dubé :
Oui, oui, je voudrais, là... Donnez-nous un peu de flexibilité, parce que
je sais que monsieur...
M. Fortin : Non, non, mais c'est... c'est le chiffre que vous avez avancé, là, je
n'invente rien, là, c'est l'horizon que vous avez... vous avez donné.
M. Dubé :
Oui, oui, oui. Non, non, c'est ça. Bien, ça a toujours été l'objectif qu'on
s'était donné, là.
M. Fortin : Le Lakeshore...
M. Dubé : Oui.
M. Fortin : ...projet qui a été annoncé la même année, là, que
Maisonneuve-Rosemont, 2018, annoncé, ça a été mis à l'étude. Là, vous... Est-ce
que vous avez une date pour ce projet-là?
M. Dubé : Bien là, vous parlez
comme de la modernisation, entre autres, de l'urgence, là?
M. Fortin : Bien, effectivement, là, c'est un projet qui est encore à
l'étude au PQI, là.
M. Dubé : Oui, oui. J'aimerais
ça... Combien qu'il me reste de temps? Puis c'est important, la question de
Lakeshore, là, je suis content...
La Présidente (Mme Poulet) : 4 min 29 s.
M. Dubé : Comment?
La Présidente (Mme Poulet) : 4 min 29 s.
M. Dubé : Ah oui! OK. Bien, je
vais prendre... je vais essayer de le faire en une minute pour vous donner la chance
de faire... bon.
Vous savez qu'on a eu des gros enjeux à
Lakeshore en termes de délais à l'urgence. Il y a eu des gens qui n'étaient pas
heureux, il y a eu des reportages, etc., là, je ne rentrerai pas dans le
détail. On a décidé de faire... Mme Savoie,
là, on a... on a trouvé quelqu'un qui est allé faire une analyse, et basée sur
le rapport préliminaire qu'on a reçu. Le rapport n'est pas encore final,
là, je vous dis ça, là, je suis très transparent avec vous. On en a...
Une voix : ...
M. Dubé : Verbal. Qu'est-ce que j'ai
dit?
Une voix : ...
M. Dubé : J'ai eu un rapport
verbal, la semaine passée, avec Mme Savoie, et il y a vraiment un vice, de la façon dont l'urgence a été conçue. Hein, vous le
savez, la plupart de nos urgences, là, tu as un îlot central de... un cockpit
de gestion, puis tous les lits sont alentour. Mais là, là, je vous le dis,
c'est tout croche, de la façon dont ça a été pensé, OK? Alors, on a pris la décision, nous... puis je n'irai pas trop dans
le détail, là, parce qu'on va trouver des façons, mais on va repenser la
configuration de Lakeshore dans les prochaines semaines parce que la façon dont
c'est fait en ce moment, ça ne marche pas puis...
M. Fortin : Vous l'avez visitée, l'urgence de Lakeshore. Je le sais que
vous êtes allé, là.
M. Dubé : Oui.
M. Fortin :
Alors là...
M. Dubé : Mais moi... Mais moi, M.
le député, là, j'ai bien beau vous dire que j'aime bien ça, les hôpitaux, puis
que je me promène souvent, mais je ne connais pas ça, la logistique d'un
hôpital. Sauf que l'expert qu'on a engagé, il nous est revenu puis il dit :
Je vais vous dire tous les problèmes qu'on a, là, mais il y en a un, là, il y a
un problème de conception de cette urgence-là. Puis ce qu'on a dit... on a
dit : Regardez, on n'attendra pas d'avoir le rapport final. C'est ce qu'on
a discuté avec Mme Savoie. Puis je vous l'annonce aujourd'hui, là, votre
question est pertinente, on va... là, je ne veux pas rentrer dans le détail
parce qu'il va... je veux que la... le PDG discute avec les employés, puis, en
tout cas, il y a toutes sortes de choses, mais on va agir beaucoup plus
rapidement. Parce que, si on ne règle pas la façon dont l'urgence est
structurée à Lakeshore, on va toujours avoir... Puis, je pense, M. Bergeron...
En tout cas, on a eu ces discussions-là.
J'arrête là, là.
M. Fortin : OK. Là, je comprends, vous nous dites : On n'attendra
pas le rapport final pour commencer les interventions.
M. Dubé : Oui.
• (17 h 20) •
M. Fortin : Est-ce qu'on peut travailler sur les mêmes bases, vous, moi
puis tout le monde autour de la table, là, puis... du rapport préliminaire?
Parce qu'on vous a posé plusieurs questions sur le Lakeshore au fil des
dernières semaines, puis les réponses ont été : On va attendre le rapport.
Alors, si vous, vous n'attendez pas le rapport final, est-ce qu'on peut avoir
le rapport préliminaire, tout le monde, pour qu'on puisse, un, essayer de
comprendre ce qui s'est passé dans les... Tu sais, les problèmes dont vous avez
parlé, là, ce n'étaient pas juste des gens qui n'étaient pas contents,
le député de Rosemont le dit, avec raison, il y a des gens qui sont décédés
dans des circonstances loin d'être idéales. Alors, est-ce qu'on peut avoir ce
rapport préliminaire là pour qu'on puisse essayer de comprendre ce qui s'est
passé, les différentes interventions qui ont été faites au fil du temps puis ce
qu'il est nécessaire de produire?
M. Dubé : Bien, écoutez, je
vais... je vais en parler avec Mme Savoie avant de vous revenir...
Une voix : ...
M. Dubé : Bien, c'est parce que
c'est un rapport verbal, là. Je ne peux pas vous déposer un rapport verbal, là,
c'est... Mais ce qui a été dit puis ce que Mme Savoie m'a transmis,
c'est : Si on veut agir rapidement, étant donné cette problématique-là, on
doit essayer... Vous savez, habituellement, là, il y a un dossier
d'opportunité, puis après ça il y a un dossier d'affaires. Vous savez comment
c'est long, tout ça, là. Ça fait que, là, la seule chose que je dois...
M. Fortin : ...cinq ans sur l'étude, là, tu sais. Ça fait... Ça fait
cinq ans que c'est à l'étude, ce projet-là.
M. Dubé : Bien non, c'est ça.
Alors là, étant donné ce qu'on a eu, moi, ce que j'aimerais vous dire, puis
vous me reposerez la question en Chambre si vous voulez, là, laissez-moi
prendre un peu connaissance de ça. Mais il y a une chose : il faut
discuter avec les employés, hein? La nouvelle PDG, il faut qu'elle soit capable
de parler aux employés. Il faut qu'on soit capable de
voir c'est quoi, nos alternatives pour faire ça plus rapidement. Ça fait
que, moi, ce que je vous dirais, là, pour le... je vous en ai déjà dit
beaucoup, là, ça, pour moi, c'est majeur, ce qu'on... ce qu'on vient
d'apprendre. Laissez-nous faire un petit peu nos devoirs dans ça puis n'hésitez
pas à me reposer la question, parce que vous avez la chance... on a la chance
de...
M. Fortin : ...
M. Dubé : Pardon?
M. Fortin : Si tel est votre souhait, on s'exécutera.
M. Dubé : Je vous l'offre. Mais je
vous dis juste qu'on va avancer assez rapidement là-dessus maintenant qu'on a
eu cet état de la situation là, là.
La
Présidente (Mme Poulet) : Merci beaucoup. Alors, je cède maintenant la parole
au député des Îles-de-la-Madeleine pour une période de
13 min 54 s.
M.
Arseneau : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je m'en
voudrais de ne pas mentionner qu'il est important d'avoir des mesures
qui nous permettent de retenir les employés du système de santé, les
professionnels en soins en particulier. Et, à cet égard, j'aimerais avoir de
l'information, si vous en avez davantage que la dernière fois qu'on a posé la
question, sur le temps supplémentaire obligatoire. Nous avions posé la question
à savoir si, dans l'ensemble des chiffres qu'on avait du temps supplémentaire,
on pouvait extraire le temps supplémentaire obligatoire. Vous m'aviez répondu,
je pense que c'est l'année passée ou l'année d'avant, que vous cherchiez aussi
à extraire ces données-là pour avoir une bonne appréciation de la situation.
Est-ce que vous avez pu obtenir ces chiffres-là? Parce qu'on nous dit dans les
cahiers qu'il y a 22 millions d'heures supplémentaires. De ce lot,
l'obligatoire, est-ce qu'il est important?
M. Dubé : Je vais commencer
peut-être par le principe puis je demanderais à M. Paré, là, parce que c'est un
enjeu important, ça, le temps supplémentaire versus ce qui est obligatoire. Puis
la réponse ne sera pas parfaite, parce qu'un
temps supplémentaire... puis là je regarde la députée de Marie-Victorin, qui a déjà fait du temps supplémentaire obligatoire, hein, une
infirmière, elle sait ce que c'est. Des fois, c'est du temps supplémentaire qui
était obligatoire, mais qui a été accepté
par l'infirmière puis qu'on ne le compte pas comme du temps... La ligne est
souvent fine, pour vous dire ça, là, hein?
M. Arseneau : Mais est-ce qu'on a
décortiqué les chiffres, en clair, M. le ministre?
M. Dubé : Bon, M. Paré va vous
répondre parce qu'on est là-dedans en ce moment. Allez-y, M. Paré.
M. Paré (Daniel) : Bien... Oui.
Bonjour. L'enjeu du TSO, un peu, là, comme vous le décrivez dans les notes, ce n'est pas quelque chose qui est normalisé en
termes de reddition de comptes. Ça fait que, quand on arrive pour extraire des
données, on n'en a pas. Cependant, on demande une cueillette manuelle, quand
même, des établissements pour... pour que ça soit fait. Et je vous donne une
petite donnée comme ça, là, quand on regarde le personnel infirmier, là, le
cardio-respiratoire, c'est 0,24 %... c'est 0,24 % des heures
travaillées. Ça, c'est un chiffre. Nous, ce qu'on mesure, c'est qu'on sent une tendance à la baisse d'après
les établissements, ce qu'ils nous... ce qu'ils nous rapportent, et c'est...
et c'est ça qu'on est capables, là, de voir, là, de façon globale, là. Mais
l'enjeu, là, je vous le dis, c'est la... l'objectivité
du chiffre, notamment parce que c'est fait de façon manuelle et, un peu comme
M. le ministre le mentionnait, bien, des fois, ça se fait en gestion jour à jour
où, là, on vous demande : Bien, pourriez-vous rester pour... parce qu'il y
a une personne qui ne peut pas rentrer ce matin, etc.
M. Dubé : Monsieur...
M. Arseneau : Oui.
M.
Dubé : ...vous savez qu'on l'a maintenant dans nos
tableaux de bord, hein, il est là. On a, en pourcentage... vous êtes capable d'aller voir, là, puis c'est un peu
ce que M. Paré... je veux juste confirmer qu'on voit qu'il y a eu quand même
une baisse du temps supplémentaire obligatoire. Ce n'est pas parfait, mais on a
vu cette baisse-là.
Le point que je veux faire, c'est qu'on sait une
chose, puis les infirmières, là, il y en a plusieurs qui nous écoutent, là, ils savent une chose, c'est qu'où se
fait l'essentiel du temps supplémentaire obligatoire c'est malheureusement,où
il y a des heures défavorables, c'est-à-dire dans les urgences le soir et les
fins de semaine. C'est là que ça se fait. Et
là on n'est pas dans les 0,25 %, on monte jusqu'à 4 % ou 5 %,
mais 4 % ou 5 % d'un groupe qui
fait toujours du TSO, c'est là, notre problème, et c'est pour ça qu'on... Je
veux juste dire que ça, c'est... Vous êtes capable, si vous allez voir
le tableau de bord, d'avoir toute cette information-là.
M. Arseneau : Et ça peut peut-être
expliquer ce que vous nous présentiez, un peu plus tôt ce matin, sur la rétention de certaines infirmières, de certaines
professionnelles en soins. Mais, de la... dans la même... dans la même idée,
vous n'êtes pas sans savoir qu'une mesure qui a été prise par le ministère,
considérant les infirmières cliniciennes qui obtenaient des salaires bonifiés,
qui rentraient dans la profession au septième échelon avec l'équivalent de
33 $ de l'heure, là, ce qui... ce qui équivaut à peu près à ce qu'on donne
dans les autres provinces canadiennes aux nouvelles infirmières... mais le fait
qu'on les ait ramenées à un salaire inférieur, au... à l'échelon premier,
est-ce que cette mesure-là, là, elle est là pour rester? Parce que ça décourage
véritablement les jeunes. Moi, j'étais en conversation, pas plus tard qu'aujourd'hui, avec une jeune infirmière clinicienne qui
me dit : C'est sûr que mes amies, elles, qui sont au... dans les
agences privées... Puis là on parlait tout à l'heure des minihôpitaux, tout ça.
Comment est-ce que c'est qu'on peut être attrayant pour les nouvelles venues si
on les paie de façon inférieure à ce qui se pratique... à ce qui se pratiquait
avant au Québec et ce qui se pratique dans les autres provinces?
M.
Dubé : Je suis content que vous arriviez avec cet
exemple-là parce que ça permet de le dire publiquement, là, puis aux gens qui nous écoutent, rapidement.
Tantôt, ce matin, quand je vous ai dit que le... trois types d'offres différenciées qu'il faut avoir, je vous ai dit
qu'entre autres la formation était un de ces facteurs-là, hein? La formation, c'est :
Est-ce que vous avez été formée, entre autres, au cégep ou à l'université,
technicienne ou clinicienne? Et, et, malheureusement,
malheureusement, avec le temps, avec la pandémie, peu importent les raisons, on
a des gestionnaires qui, pour des bonnes raisons, ont eu des pratiques non
conformes, qui ne suivent pas les règles des conventions collectives, puis ça,
ils ont fait ça pour solutionner un problème, de dire que, dans le fond, on
devrait rétribuer plus une infirmière
clinicienne qu'une infirmière technicienne. C'est ça, des offres différenciées
pour la formation, vous me suivez?
M. Arseneau : Donc, reconnaître les
années d'études universitaires, vous êtes partant?
M. Dubé : Oui, et pas seulement de
1 $ de l'heure. Alors, qu'est-ce que les PDG ont fait? Ils ont dit :
Bien, écoutez, si on n'est pas capables
d'avoir ça dans nos conventions collectives — puis je résume, là — on va dire : Bien, au lieu de rentrer au niveau 1, vous allez
rentrer au niveau 6, et ça va nous permettre d'avoir l'écart qu'on trouve
plus raisonnable entre une infirmière clinicienne et technicienne, vous me
suivez? Puis Mme Savoie, quand elle regarde ça, puis elle vient me voir,
puis elle dit : Là, on rentre en négociation, qu'est-ce qu'on fait avec
toutes les pratiques non conformes?, c'est là qu'on a été obligés de dire, pour
donner toute la marge de manoeuvre à la présidente du Conseil du trésor de
faire les changements nécessaires sur la formation, le troisième facteur que
j'ai dit tantôt : Assurons-nous qu'on enlève les pratiques non
conformes. Notre... Vous me suivez?
M. Arseneau : Oui, oui.
M. Dubé : Alors, ça n'a rien à voir
à dire qu'on ne veut pas reconnaître cette différence-là, au contraire, on dit : Faisons-le comme une pratique conforme,
en accord avec les conventions collectives. Je ne sais pas si je veux que
M. Paré...
M. Arseneau : Non, mais je... ce
sera suffisant, parce que je m'en voudrais beaucoup de manquer cette
occasion-là, là. Je vais changer de sujet, si vous permettez, M. le ministre.
• (17 h 30) •
M. Dubé : Oui, mais j'espère que ça
répond à votre question...
M. Arseneau : Oui, ça répond à la
question, ça répond à la question.
M.
Dubé : ...parce que c'était vraiment... On veut
reconnaître qu'elles ont une plus grande formation puis on veut mieux
les payer, et c'est pour ça que c'est ce qu'on a demandé au Trésor de négocier.
M. Arseneau : D'accord.
Ce matin, j'ai parlé des services préhospitaliers d'urgence, j'ai parlé d'un
système à deux vitesses, puis vous n'avez
pas aimé cette expression-là, mais je vais l'utiliser à nouveau, dans un autre
contexte, je vais voir si vous allez l'aimer davantage. C'est dans les
services qui sont offerts pour les gens qui habitent les régions du Québec et
les gens qui habitent les grands centres. Et moi, je suis représentant d'une
population qui est éloignée, insulaire, je suis très sensible à cette
question-là, et il n'y a pas une semaine que... pas une, pas deux, pas cinq,
des... un très grand nombre de personnes, de patients qui doivent se déplacer
pour avoir des soins spécialisés ou surspécialisés, des examens, souvent c'est
à Québec, doivent payer de leurs poches une partie plus ou moins grande,
parfois très importante, des sommes qui sont nécessaires pour, justement, le
déplacement, les frais de subsistance, sans avoir, évidemment, à payer les
traitements.
Et je sais que vous voulez améliorer le système,
vous ne résistez pas à la... je dirais, à l'envie de faire une grande réforme
dans le domaine de la santé. Moi, je vous inviterais à faire une grande réforme
pour la politique de déplacement des usagers dans la mesure où, en la regardant
sous tous les angles, on s'aperçoit que non seulement les indemnités sont
insuffisantes, là, on parle de 0,20 $ du kilomètre, on a adopté ça il y a
déjà quelques années, mais, pour un déplacement, ça n'a aucune espèce de bon
sens avec l'augmentation des coûts du carburant, ainsi de suite, 108 $
pour une nuit à l'hôtel à Québec, la moyenne doit être 150 $, 175 $,
et on ajoute les taxes, et ainsi de suite. Souvent, on doit prolonger les
séjours, et ce n'est pas tenu en compte par les gestionnaires. Il y a même eu
une pétition de votre collègue... de notre
collègue député de Gaspé qui demande de réviser la politique de déplacements,
là, pour réduire le kilométrage ou la distance minimale avant d'être
compensé.
En d'autres mots, je vous ai déjà posé, dans le
passé, la question : Est-ce que vous pourriez bonifier les indemnités et surtout les indexer à chaque année?
Là, j'aimerais être encore plus ambitieux avec vous, M. le ministre, et vous
dire : Est-ce qu'on pourrait avoir un chantier, là, sur un an ou deux,
qu'on puisse réviser dans ses principes pour s'assurer que le système, il demeure accessible, universel et gratuit
pour tous les Québécois? Ça signifie essentiellement qu'on prenne en
compte les dépenses réelles des gens des régions qui doivent aller se faire
soigner, qui doivent se priver de salaires,
qui doivent souvent être accompagnés, qui doivent débourser en plus de leurs
poches pour essayer de s'en sortir.
M.
Dubé : OK. Je vais essayer de répondre ça, parce que vous
avez plusieurs grandes qualités, M. le député, d'être, entre autres,
très constant dans vos demandes. Alors, c'est correct, là, puis je ne suis pas
surpris de votre question aujourd'hui, mais vous allez être quand même content,
quand même, pas parfaitement, mais content.
L'an dernier, ce qu'on avait fait, c'est qu'on a
dit : On va augmenter substantiellement certains...
Une voix : ...
M. Dubé : En 2021, on...
M. Arseneau : Il y a deux ans.
M. Dubé : Oui. Il y a deux ans. L'an
dernier, vous m'avez demandé l'indexation, je vous avais dit : Je vais vous revenir avec ça. Mme Savoie vient de me
confirmer, puis je savais que j'allais avoir la question, donc elle m'a aidé,
on va publier, dans les prochains jours, une politique d'indexation. Ça fait
que, déjà, ça va être ça.
Là, ce que vous demandez, c'est qu'on aille plus
loin. Et je pense que ce qu'on va faire lorsqu'on aura Santé Québec en place, ce serait de regarder le
processus dont vous parlez. Est-ce qu'on pourrait inclure les coûts de
déplacement dans ce qui est remboursé? Je ne peux pas vous dire oui ou
non à ça, mais c'est tellement important que, là, pour moi, je vous dis :
On vous a donné une majoration il y a deux ans, là on vous donne l'indexation,
ça fait que, là, on va arrêter de reculer,
parce que l'indexation... Je ne me souviens pas qu'est-ce que c'est, le calcul
de l'IPC pour... là, ça va être pour l'année qui vient de se terminer,
là, je ne connais pas assez les chiffres pour ça, mais ce que vous nous
demandez, c'est de regarder... puis ça, je pense que ça devrait se faire au
niveau de l'agence, de dire : Comment je peux
répondre à ma gestion de proximité, hein? Parce qu'on va parler beaucoup de ça.
Moi, je vous dirais, ça devrait être quelque chose qu'on regarde, mais,
à chaque année, vous me demandez quelque chose, puis, l'année d'après, je vous
le donne. Ça fait que, là, vous me demandez, cette année, j'espère qu'on
aura...
M. Arseneau : Mais
là, là, si je comprends bien, là, vous me demandez une chose, c'est d'appuyer
Santé Québec pour pouvoir obtenir l'objectif de réviser l'ensemble des
indemnités et des barèmes.
M.
Dubé : Bien, je ne pouvais pas le dire aussi... je ne
pouvais pas le dire aussi directement, là, mais, si c'est ça que vous
entendez, ce n'est pas...
M. Arseneau : On n'est pas loin du
chantage.
M. Dubé : Ah! je ne dirais pas ça.
M. Arseneau : Non, c'est une blague,
M. le ministre, mais j'apprécie votre ouverture.
M. Dubé : Une saine négociation, je
dirais ça comme ça, sérieusement, oui.
M.
Arseneau : Mais, si je vous le demande... je veux quand même le dire
de façon sérieuse, si je vous le demande, c'est parce que je pense que je ne
suis pas le seul député des régions qui se le fait demander probablement à tous les jours. Parce que les gens qui sont
malades, en plus d'avoir à souffrir de leur maladie et de l'anxiété, il y a une
anxiété financière qui est réelle.
M. Dubé : Là,
je ne veux pas pointer, là, mais la députée de Bonaventure...
La Présidente (Mme
Poulet) : Je m'excuse de vous interrompre. Il reste une minute. Alors,
en conclusion, s'il vous plaît.
M. Arseneau :
Bien, la dernière minute sera pour le CPAP. Les gens qui souffrent d'apnée
du sommeil sont toujours en attente. La dernière fois qu'on s'est parlé, il y a
un mois, vous n'aviez pas d'échéancier. Je me suis dit que peut-être que vous aviez eu l'occasion de discuter avec
Mme Savoie pour nous donner un échéancier pour les gens qui
attendent depuis 2019.
M. Dubé : Là, on a eu... ça, c'est une autre bonne nouvelle,
on a eu... on a eu une partie des budgets qu'on avait demandés pour le
faire. Vous devriez être content, hein?
M. Arseneau :
Une partie?
M. Dubé : Une
partie. Puis là on est en train de regarder comment on va faire pour justifier
qu'on choisit certaines personnes. Mais au moins l'an prochain, quand vous
allez redemander la question, je vais vous dire : Voici comment on a réglé les... Un peu comme je
discutais tantôt, sur le zona, là. On ne parle pas des mêmes montants, là,
mais...
M. Arseneau :
Donc, il y aurait une catégorie de patients qui seraient couverts?
M. Dubé : Oui.
Pour qui on est sur le... près de s'entendre avec nos amis de la RAMQ.
La Présidente (Mme
Poulet) : Alors, je vous remercie, ça termine ici la période de
questions.
M. Dubé : C'est
vraiment... Non, mais je veux le dire, les personnes à faibles revenus. Voilà.
La Présidente (Mme Poulet) : On
va passer maintenant à un autre intervenant, si vous me permettez. Alors, je cède
maintenant la parole au député de Pontiac pour une période de
18 min 35 s.
M. Fortin : Non, vous pouvez terminer là-dessus, sur les CPAP. Je suis
intéressé.
M. Dubé : Je
n'ai pas compris.
M.
Fortin : Vous pouvez terminer sur les
CPAP, là.
M. Dubé : Ah!
merci. Mon Dieu! Ce que je voulais dire, c'est que ce qu'on va faire, un peu
comme on a fait avec le zona tout à l'heure, vu qu'on n'a pas eu tous les
montants qu'on voulait, on va privilégier les personnes à faibles revenus en
premier lieu, un peu comme on a fait avec les immunosupprimés. Ça fait que,
pour les... Et c'est pour ça qu'avant d'aller trop dans le détail, là... on a
su ça avec le dernier budget, etc., ça fait que je voudrais juste qu'on... On
va le faire par étapes, mais on va enclencher le processus avec les gens de la
RAMQ.
M.
Fortin : OK, mais vous n'avez pas
d'échéancier encore?
M. Dubé : On va trouver un échéancier le plus...
Habituellement, l'échéancier va bien quand on a l'argent, là, mais là on
vient d'avoir l'argent. Rappelez-vous que le budget a été déposé en mars.
M.
Fortin : C'est combien que vous avez eu?
M. Dubé : Combien?
Une voix : ...
M. Dubé : 1,8 milliard.
M.
Fortin : Mais ça, vous avez eu ça dans le
budget?
M. Dubé : Oui.
M. Fortin : C'est
bizarre, parce que, dans les crédits provisoires, l'heure qu'on a passée
ensemble, vous nous avez dit que c'était comme une décision qu'on avait prise,
là, qu'on n'avait pas les montants pour ça, qu'on... alors... Mais ça, c'est
venu après le budget, cette discussion-là.
M. Dubé : Non,
non, mais on a été capables d'identifier, à l'intérieur d'enveloppes générales,
comment on pouvait mettre dans ça sans faire mal à d'autres programmes. Parce
que je savais que c'était une demande très claire qui avait été... depuis
quelque temps, de tout le monde, là. Ça fait qu'on s'est dit : Comment on
peut faire ça? Puis c'est 1,8, est-ce que j'ai bien compris?
Une voix : ...
M.
Fortin : Pardon? Je n'ai pas entendu, Mme
Savoie.
M. Dubé : C'est
dans les maladies... Bien, allez-y donc, Mme Savoie.
Mme Savoie
(Dominique) : Ça a été prélevé dans les sommes maladies chroniques,
maladies rares, pour tenter de faire un premier pas pour cette clientèle-là.
M. Fortin : OK.
Et ça, c'est des sommes qui sont récurrentes ou c'est des sommes que vous avez
pour une année?
Mme Savoie
(Dominique) : Récurrentes.
M.
Fortin : Récurrentes. OK, très bien.
M. Dubé : Ça
fait qu'on va y arriver, messieurs les députés, on va y arriver.
M.
Fortin : Excellent. Vous avez eu une
discussion avec le collègue des Îles-de-la-Madeleine, entre autres sur les
infirmières, et vous avez touché aux primes à un moment donné. Vous aviez
annoncé 1 milliard de primes pour les infirmières, là. Êtes-vous en mesure
de nous dire combien a été dépensé à ce jour?
M. Dubé : Ça
fait quand même un certain temps que je n'ai pas eu ça à jour. Laissez-moi...
Bien, premièrement, je pense que la
meilleure personne, c'est M. Savoie... M. Savoie! M. Paré ou Mme Savoie,
excusez-moi, là, la journée a été un peu plus longue. Donnez-moi
quelques minutes pour qu'on puisse vous faire une petite recherche, là. Parce que ce que je me souviens, rappelez-vous,
l'an dernier, là, vers... on était à peu près... avant le début de
l'été, on avait compté qu'on avait eu à peu près, je ne sais pas,
6 milliards de primes sur... qu'il fallait payer, là. Rappelez-vous, on
était en retard dans les primes, comment on les payait, avec les problèmes de
logiciel de paie.
Je me souviens qu'on
avait regardé ça en détail à ce moment-là, là, pour répondre aux demandes
des... mais, honnêtement, là, sur le programme spécifique de 1 milliard
qui était pour la rétention à temps plein... Laissez-moi quelques minutes, si
vous avez d'autres questions, parce que...
M.
Fortin : OK. Ça va. Les équipes peuvent
trouver ça pendant qu'on continue à parler d'autres choses, il n'y a pas de
problème.
M. Dubé : Oui,
puis, si jamais je n'ai pas la réponse aujourd'hui, on va vous revenir, on
pourra faire le suivi avec la commission, mais je suis certain qu'on a ces
données-là.
M. Fortin : Parfait.
On a parlé du zona, on a parlé de CPAP. Les pompes à insuline, ça, c'est une
recommandation de l'INESSS depuis un
certain temps, là. Vous savez comment ça marche, M. le ministre, là? S'il est
recommandé que vous ayez une pompe à insuline pour le restant de votre
vie avant d'avoir 18 ans, bien, c'est gratuit, mais, si c'est à 18 ans, à 19, à 20, 25, à 35, à 45, là, vous
payez. Alors, l'INESSS a une recommandation là-dessus. Est-ce que ça, vous
avez réussi à identifier des sommes pour ça, ou pas encore, ou pas du tout?
M. Dubé : Je
vais regarder. Est-ce qu'il pourrait y avoir un commentaire du Dre de Guise
là-dessus? Parce qu'honnêtement, là, ce dossier-là, je le connais moins. Dre de
Guise, est-ce que ça... Oh! pardon, Mme la Présidente, est-ce que ce serait...
La Présidente (Mme
Poulet) : Oui, oui. Mme de Guise.
M. Dubé : Ça
vous va, M. le député? Je pense qu'on pourrait demander à Dre de Guise.
M.
Fortin : Oui, oui. Je ne vous demanderai
pas de commenter quelque chose si vous ne le savez pas, là.
Mme de Guise (Michèle) : Bonjour.
Michèle de Guise, PDG de l'INESSS. Oui, nous avons émis une recommandation
à l'effet de rembourser les pompes à insuline et de calquer la modalité de
remboursement sur les indications prévues pour l'âge pédiatrique. Ça fait
quelques mois.
M.
Dubé : ...je n'ai pas... Est-ce que vous pourriez le répéter? Parce
que je n'ai pas compris.
• (17 h 40) •
Mme de Guise (Michèle) : Bien sûr, bien sûr. Nous
avons fait les travaux pour évaluer la pertinence de remboursement des
pompes à l'insuline à l'âge adulte et...
M. Dubé : À l'âge adulte. Ce qui est la question du député,
c'est de ne pas arrêter après... avant 18 ans, mais de le faire par
la suite, c'est ça?
Mme de Guise
(Michèle) : C'est ça. Donc, déjà, pour rembourser pour les enfants
jusqu'à l'âge de 18 ans. Ça fait qu'on
a émis une série de recommandations sur le remboursement à l'âge adulte, donc
la poursuite après l'âge de
18 ans ou l'initiation après l'âge de 18 ans chez des gens qui
auraient... qui développeraient un diabète de type 1 puis qui auraient
des indications.
M. Dubé : OK. Là, je vois votre recommandation, on me la
montre à l'écran, et... mais je dois vous dire qu'entre le temps de
votre recommandation... Vous me dites : C'est il y a quelques mois?
Mme de Guise
(Michèle) : Bien, je m'excuse, là, je n'ai pas la date précise, je
pourrais le...
M. Dubé : Non,
non, non, mais, mettons, on n'est pas dans des années, ça ne fait pas des
années que vous avez dit ça, là. Puis là je vois le docteur...
Mme de Guise
(Michèle) : Non, non.
M. Dubé : Est-ce
que vous me permettez? Parce que, comme vous l'avez dit, quand je ne le sais
pas, je n'irai pas inventer une réponse.
Est-ce que je pourrais demander, Dr Bergeron, êtes-vous capable de me dire un
peu qu'est-ce qu'il en est? Ou, si on n'a pas pris acte encore de ça, on
va le dire, tout simplement, puis on reviendra, là. Il faut s'en garder pour
l'année prochaine, M. le député, hein, quand même, là. Vous voyez qu'on en a
réglé pas mal, mais on n'a pas tout réglé encore. Mais allez-y, monsieur...
Êtes-vous d'accord, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Poulet) : ...eu
consentement aujourd'hui, aucun problème, vous avez le droit de parole.
M. Dubé : OK,
parfait. Merci.
M. Bergeron (Stéphane) : Bon, effectivement, il y
a eu un rapport de l'INESSS qui a été déposé le 6 mai 2022, qui recommandait
l'élargissement des critères d'accessibilité à la population adulte. Le
ministère reconnaît le résultat de l'avis de
l'INESSS. On travaille présentement à repositionner le programme pour l'élargir
à la clientèle adulte. Des travaux supplémentaires sont requis pour
établir les orientations, les moyens financiers requis. C'est un travail qui
est en cours. On poursuit les travaux pour trouver la formule qui va nous
permettre de rehausser le programme en respectant le cadre financier
disponible.
M.
Fortin : ...l'INESSS a fait une
recommandation l'an dernier, puis là on n'a pas d'échéancier, on n'a pas de
coûts d'identifiés pour l'instant. Est-ce qu'on a une volonté politique, M. le
ministre?
M. Dubé : Bien,
écoutez, je vous dirais, là, je ne dirai pas plus que ce que le Dr Bergeron
vient de dire. Maintenant qu'on a... que
j'ai été saisi de ça... Honnêtement, je ne le savais pas, aujourd'hui, là, je
viens de l'apprendre, que... Il y en a pas mal, de recommandations de
l'INESSS, avec... Je pense qu'au fur et à mesure qu'on règle les autres choses,
là, je pense tantôt aux différents programmes qu'on a discutés avec le député
des Îles-de-la-Madeleine, je vous dirais qu'on va prendre les mesures
nécessaires, là, pour mettre ça dans...
M.
Fortin : OK. Bien, je vous fais la
recommandation de périodiquement regarder les recommandations de l'INESSS, là, quand même. Je pense que c'est
important que quelqu'un dans votre position, M. le ministre, soit au moins au courant de ce qui est recommandé, là. Je sais
que vous en avez beaucoup sur votre... dans votre assiette, nous aussi, mais
je pense qu'il y a quand même un...
M. Dubé : Et,
quand vous m'aidez comme ça, de façon aussi constructive, je peux vous dire que
ça me pose le défi de continuer à faire le suivi. Ça fait que, merci.
Je vous répondrais
sur les primes. On a... Au 31 décembre, on avait... du 1 milliard, là, qui
avait été engagé, on en a... on va en avoir payé 817 millions.
M.
Fortin : OK.
M. Dubé : C'est quand même beaucoup. Il y en a à peu près...
plus de la moitié de ça qui ont été au 31 décembre, puis notre meilleur
estimé là... à la fin mars, on va atteindre un petit peu plus que
800 millions.
M. Fortin : OK. Je
veux revenir sur vos... Dans le cadre des négociations, là, vous nous parlez
souvent de... vous en avez parlé tantôt, là, des trois facteurs, et vous parlez
des salaires ou des primes différenciés, et vous vous basez sur la négociation
pour ça, mais vous n'êtes pas obligé de vous baser sur la négociation, pour ça,
parce que vous l'avez fait dans ma région, il n'y a pas longtemps, là, vous
avez donné aux techniciens en radio-oncologie des primes additionnelles juste pour la région, pour les retenir en emploi,
parce qu'il y avait un enjeu : on envoyait du monde se faire
traiter à Montréal en oncologie, qui est un service de base.
Alors, vous l'avez
fait, et le crédit vous revient, hein? On vous l'avait recommandé, il y a un
paquet de monde qui vous l'avait recommandé, mais ça semble avoir, pour
l'instant, stabilisé les équipes. Différence de salaire avec l'Ontario : 27 000 $, prime, 3 000 $ à
9 000 $, mais, pour l'instant, ça a stabilisé. Je ne vous dis pas
qu'ils ne seront pas attirés par les conditions salariales et de travail
en Ontario, mais ça a été fait.
Alors,
pourquoi on est capables de le faire dans cette situation-là, mais, pour le
reste, vous vous fiez uniquement au processus de négociation?
M. Dubé : Bien,
je vais vous dire deux choses. Premièrement, puis vous le savez parce que vous
m'avez souvent fait cette remarque-là, là, c'est que nos infirmières, ce n'est
pas juste des primes qu'elles veulent, c'est de l'avoir dans le salaire. Vous
me l'avez dit, hein? La prime c'est quelque chose qui est n'a pas le même
niveau de temporalité, qui n'a pas le même
niveau de permanence qu'un salaire, bon. Alors, je n'ai pas besoin de vous dire
que, quand on négocie un salaire, ça doit être dans les conventions,
bon.
M. Fortin : Est-ce
qu'on ne peut pas allouer des primes temporairement, sachant que le salaire
s'en vient, dans ce cas-là, si vous êtes... si c'est ça, votre...
M. Dubé : Ce
que... Ce qui nous a permis de faire ce qu'on a fait au niveau des techniciens,
c'est qu'il y a eu quand même une entente avec l'APTS, OK? Puis je vais le dire
comme ça, avec beaucoup de délicatesse, ce n'est pas toujours possible avec
toutes les fédérations syndicales, OK?
M.
Fortin : Prenons le cas de l'APTS.
M. Dubé : Oui.
M.
Fortin : Il y en a beaucoup, des types
d'emplois, dans ma région ou dans d'autres, là, où on perd des professionnels à l'Ontario. Alors, les techniciens
en radio-oncologie, c'en est un puis c'était criant, c'était absolument
nécessaire, mais on pourrait en trouver d'autres aussi dans la région, là, où
il y a ce problème-là.
M. Dubé : Bien,
c'est pour ça que... c'est pour ça que je vous dis : Il y a deux niveaux.
Il y a le niveau... Je pense que ce que les infirmières ou les techniciens
veulent, c'est d'être capables d'avoir une augmentation réelle de leurs
salaires, parce que les primes, pour le moment, ne sont pas considérées pour
fins de retraite, tu sais. Tu peux avoir un
salaire de 50 000 $, une prime de 10 000 $, c'est
50 000 $ qui te donne droit à la pension, pas 60 000 $,
hein? Alors, c'est une des raisons
pour lesquelles ils veulent... Il y a non seulement la notion de permanence,
mais les bénéfices qui vont avec.
J'aimerais
ça que M. Paré vous donne... Mais, je vous dirais, je ne sais pas comment
qu'il reste de temps, là, mais...
La Présidente (Mme
Poulet) : Il reste sept minutes.
M.
Dubé : Ah! bien, j'aimerais
ça qu'il vous donne le cas exact de ce qui est arrivé, parce que je pense qu'il
faut quand même avoir un syndicat devant nous, comme l'APTS l'a fait pour
les... que ce soit négocié. Mais je vais laisser... peut-être, si
j'oublie un commentaire important, là, sans prendre trop de votre temps...
La Présidente (Mme
Poulet) : Oui, M. Paré.
M. Paré (Daniel) : Bonjour. Bien, encore là,
M. le ministre a bien placé la situation en Outaouais. Vous savez, il y
a un plan Outaouais, qui avait déjà des budgets qui étaient alloués, et c'est à
travers cette enveloppe-là qu'on a été
capables de négocier, dans le fond, des primes très spécifiques, là, avec le
cas en particulier. Mais les mots magiques, là, sont «négocier», quand même». Ça fait que, quand vous dites :
«Bien, on a été capables de», bien, il a fallu négocier une entente, et
c'est très bien comme ça, là, de cette façon-là. Et il y en a d'autres,
ententes, aussi qui ont été faites dans le
passé, toujours à travers la convention collective, pour certaines régions,
notamment la Côte-Nord, la Gaspésie. Et c'est des budgets, là, très
spécifiques qui sont... qui ont été... On s'est entendus, là, pour que ce soit
vraiment pour une région en particulier et selon les types d'emplois, pour être
bien adaptés, mais ça s'est toujours fait dans le cadre de la négo.
Et,
vous le savez, on est en négo, présentement, et, encore là, dans... Je pense
que M. Dubé... M. le ministre est très
clair avec cette notion d'offre différenciée là, qui va à peu près dans le même
sens, là, je pense, qu'on vient d'expliquer, la situation en Outaouais.
• (17 h 50) •
M. Fortin : OK. Je vais prendre le temps qu'il me reste puis garder le
dernier bloc pour des urgences. On s'était promis d'en parler, là. Je vais
garder le dernier bloc pour ça, mais je m'en voudrais de ne pas terminer, entre
autres, sur ma région,
là, et il y a un concept que je veux vous amener : les facultés satellites
de médecine, OK? Les facultés satellites de médecine, là, qui...
corrigez-moi si j'ai tort, mais sont essentiellement là pour tenter de faire en
sorte que les régions où elles sont
implantées peuvent garder plusieurs des médecins qui sont formés en région.
C'est ça, l'idée.
Quand celle dans ma
région a été lancée, là, on nous a dit : Ah oui! En Mauricie, ils
réussissent à garder à peu près 70 %,
au Saguenay, c'est la même chose. Un des problèmes qu'il y a, c'est qu'il n'y a
pas de... disons, il n'y a aucune façon de s'assurer que les étudiants
qui y sont admis proviennent de la région. Critère numéro un, là, pour garder
un finissant dans sa région, c'est qu'il vient de là. S'il vient de là, il a
étudié là, il risque de vouloir rester là. Bien,
il n'y a aucune obligation pour ces facultés satellites de médecine là
d'octroyer des places aux gens de la place. Est-ce que c'est quelque
chose que vous avez entendu, que vous avez étudié puis que vous considérez?
M. Dubé : Bon,
non seulement je l'ai entendu, mais je vais vous donner un petit sommaire d'une
conversation que j'ai eue avec les gens... Vous connaissez bien l'association
FMEQ, la fédération des médecins qui sont étudiants, et une des suggestions
qu'ils nous ont faites, c'est : Est-ce qu'on pourrait avoir une majoration
de la cote R pour des gens qui viennent de
la région? Puis ça, là, ils ont été très, très clairs dans leur demande, que,
selon eux, basé sur des discussions
qu'ils ont avec l'association... Et ça, j'ai été... j'ai demandé à notre
équipe, ici, là, de regarder comment on pourrait faire ça avec la
ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, avec Mme Déry.
Ça fait que je vous
donne juste un exemple, là, c'est une des choses qui est demandée par la FMEQ,
c'est de trouver, pour être certain... Parce
que l'enjeu, c'est de dire, quelqu'un... Puis la cote R, je ne rentrerai pas
dans le détail, mais vous savez ce
que c'est, là, c'est d'être capable de dire à quelqu'un : Pour avoir la
chance d'aller à l'université... qu'une
université soit en Outaouais ou qu'elle soit à McGill, ce n'est pas tellement
ça qui est important, mais de donner la chance à quelqu'un de la région de faire sa médecine... pourrait être
intéressé à revenir. C'est ça qu'ils m'ont expliqué.
Ça fait que j'ai
dit : Écoutez, si c'est ça, de quel genre de majoration on parle? Bien là,
ce n'est pas à moi à faire ça, c'est au ministère de l'Éducation, mais on va le
regarder. Je vous donne cet exemple-là.
M. Fortin : OK, mais là on parle de deux façons d'arriver, peut-être,
là, à... OK, il y a un étudiant de l'Outaouais qui est finissant, qui est
intéressé à aller en médecine, qui, lui, sa cote R, ça pourrait l'aider à
rentrer à l'Université de Montréal, l'Université de Sherbrooke, McGill...
M. Dubé :
Ou même à celle de Gatineau, avec
l'entente qu'il y a avec McGill, là, la nouvelle entente, maintenant,
là. Oui, continuez.
M. Fortin : Mais il n'y a pas... mais vous n'êtes pas en train de
regarder la possibilité de réserver certaines places,
que ce soit à Gatineau, pour les étudiants de l'Outaouais, au Saguenay, pour
les étudiants de Saguenay, ou ailleurs.
M. Dubé :
Bien, écoutez, je ne voudrais pas aller dans toutes les mesures, mais je
vous... Moi, je me fie beaucoup aux fédérations, hein, puis prenons l'exemple
de la... Là, j'ai parlé FMEQ, mais parlons de la FMOQ. Donc, les omnis nous ont
fait des recommandations très claires au niveau des PREM, de faire certains
changements. J'ai dit que j'étais ouvert à ça, alors donc je suis... Quand on
va avoir la chance, dans quelques semaines, de parler de PL n° 15, c'est
sûr qu'on va pouvoir parler de ça. Puis je vous dirais juste que je suis très ouvert,
là. Daniel pourrait peut-être... on me dit que Daniel pourrait faire un
commentaire là-dessus. Avez-vous encore une minute?
M. Fortin : ...considéré, tant mieux, si ce n'est pas considéré, je
suis prêt à passer à autre chose, là.
M. Dubé :
Ça l'est. Ça l'est.
M. Fortin : OK, parfait. Bonne affaire.
La Présidente
(Mme Poulet) : Il vous reste 1 min 18 s pour
conclure.
M. Fortin :
1 min 18 s, OK. Dernière question, répondez-y tout de suite,
répondez-y tantôt, d'entrée de jeu, là... J'ai passé à travers vos PEM,
là, les plans d'effectifs médicaux pour les spécialistes, là. Je vous le donne,
je vous donne le chiffre, là. Par 100 000 habitants, en Outaouais,
des spécialistes, il y en a 68. Dans le Bas-Saint-Laurent, il y en a 119, OK?
Il
y a presque le double, dans certaines régions, là, qui ne sont pas des grands
centres urbains non plus, là, qui ne sont pas des centres de spécialité,
il y a presque le double, et, dans certaines, il y en a le double, mais, quand
je regarde le plan d'effectifs médicaux pour
les deux prochaines années, il n'y a pas d'augmentation vraiment en Outaouais,
là, très peu. Est-ce que c'est
logique, ça, selon vous, puis est-ce qu'on peut continuer comme ça sans
augmenter de façon drastique, là, les listes d'attente dans la région?
M. Dubé :
Bien, écoutez, ce que je vous dirais, là, dans le peu de temps qui nous
reste, là, c'est que, même si on fait les
PEM sur trois ans, on a le droit de les réviser, OK? Ça fait que les PEM, là,
qui sont pour le bloc jusqu'en 2025, là, il n'y a rien qui m'empêche,
cette année, avec le ministère, de dire, s'il y a des choses comme ça, comme
celle que vous me soulevez : Est-ce qu'on pourrait réviser avant 2025? La
réponse, c'est oui. C'est ce que je vous dirais.
Alors,
moi, ce que j'aimerais beaucoup, puis là je suis tannant quand je reviens
toujours à PL n° 15... Parce que j'ai besoin d'avoir un
processus plus simple pour les PREM puis pour les PEM, là. Pour les gens qui
nous écoutent, là, tu sais, c'est qu'est-ce qu'on fait
avec les omnis, qu'est-ce qu'on fait avec les spécialistes, quel va être le
rôle du directeur médical pour dire : Voici le besoin populationnel que
j'ai — c'est
ça que vous dites — pourquoi,
moi, avec une population de x, j'en ai la
moitié dans la Gaspésie. Bien, ça, ça va tout être discuté dans le rôle du
directeur médical, le rôle de l'ancien DRMG, qui va s'appeler X, là.
M. Fortin : ...rien qui vous empêche de le réviser tout de suite, là.
Vous pouvez le faire.
M. Dubé :
Bien, c'est ça que je dis, il y a des choses que je peux faire.
M. Fortin : Sans le PL n° 15, vous pouvez le faire.
M. Dubé :
Non, non. Il y a des choses que je peux faire tout de suite, sauf que
l'information doit me venir. Ce que je veux
dire, c'est que, là, là, il faut arrêter de faire... le ministère qui
dit : On a besoin de temps. Il faut que j'aie de l'information qui
vient de la base. Puis, pour qu'elle vienne de la base, bien, ça me prend des
directeurs médicaux qui vont faire comme les DRMG, les directeurs régionaux,
mais on n'a pas ça avec nos spécialistes.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci,
M. le ministre. Alors, on va poursuivre les discussions, les échanges avec le
député de Rosemont pour une période de 15 min 34 s.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Alors,
on va finir ça pour moi aujourd'hui. Je veux revenir, M. le ministre, sur
la clause de non-sollicitation, je pense que les Anglais appellent ça
«noncompete». De ce que je comprends, là, puis je pense que c'est ça que vous avez dit tout à l'heure, l'idée, c'est,
mettons que vous ouvrez un... on inaugure un mini hôpital dans l'est de
Montréal, directement, les gestionnaires du mini hôpital privé ne pourront pas
venir dans la cafétéria de HMR pour venir solliciter des infirmières. Je
comprends ça. Un peu comme les agences le font dans le parking des hôpitaux,
là. Ça se fait comme ça, là, ils vont solliciter. Je comprends, mais qu'est-ce
qui empêche une infirmière de dire : Moi, je quitte mon poste de HMR et je
m'en vais travailler dans le privé? Ça, votre clause de non-sollicitation ne
touche pas ça, non?
M. Dubé : Non. C'est un choix. On ne peut pas... on ne peut
pas empêcher, sauf que la clause... puis là aidez-moi, là, parce qu'on est dans
le nouveau, là, puis je vois la... soit, M. Bergeron... C'est quoi? Il y a une
période, hein, de...
Une voix : 90 jours.
M. Dubé : 90 jours.
OK.
M. Marissal :
Oui. Généralement, le temps que les infirmières prennent pour... prennent
des vacances bien méritées pour revenir au privé. C'est comme ça que ça
fonctionne. Il n'y a rien qui empêche les infirmières de s'autoconstituer en
agence non plus, ce qui est en train de devenir un... je ne dirais pas une
mode, là, mais ça se multiplie, une infirmière autoagence, là, que vous ne
pourrez pas retenir non plus. Il n'y a rien qui empêche d'aller la chercher à
la sortie de l'école, vous l'avez dit. Encore là, c'est une question de choix
personnel.
Donc, votre clause de
non-sollicitation, alors que vous voulez, vous-même, développer du privé, elle
n'a pas de dents. Il n'y a pas un
gestionnaire d'hôpital privé qui va être assez nono, là, pour se promener avec
une affiche dans un hôpital, dire : J'embauche des infirmières. Ce
n'est pas de même que ça marche. Vous ne serez pas capable de les retenir au même moment où vous êtes en train de
dire : On veut les ramener. Excusez-moi, j'ai bien du mal à vous suivre.
M. Dubé : Bien,
écoutez, je vous dirais qu'il n'y a pas une chose qui va régler notre problème,
mais je reviens toujours à la base, M. le député, là, si on n'est pas capables
de mettre des offres intéressantes avec des conditions
intéressantes dans nos conventions collectives pour les... Je pense que tout le
monde comprend, maintenant, quand on parle d'offre différenciée, là?
M. Marissal :
Oui, oui, je comprends. Oui.
M. Dubé : Moi,
je pense que c'est la première chose. Là, là, ce qu'on fait, c'est des
mécanismes en attendant que. On fait... on a
fait le PL n° 10 pour dire : On va limiter, les agences,
là, ne pourront plus... Puis moi, j'ai hâte de voir, là, parce que, quand on a fait PL n° 10,
hein, sur les agences privées, qu'est-ce qu'on a dit? C'est quoi, les tarifs
maximums, mais ça...
M. Marissal :
Je comprends, mais le PL n° 10...
M. Dubé : Non,
mais ce que je veux juste dire...
M. Marissal :
...n'empêche pas de créer de nouvelles agences, n'empêche pas aux
infirmières praticiennes de s'autoagencer,
si je peux m'exprimer ainsi. C'est limité, là. PL n° 10,
l'idée était bonne, là, mais l'ampleur ou la... moi aussi, je suis
fatigué, je cherche mes mots à cette heure-ci, là, mais son intervention, son
impact sur le terrain est néanmoins limité.
M. Dubé : C'est
un des éléments.
M. Marissal : Bien, OK, parce que je
n'ai plus beaucoup de temps, là, puis il me reste quelques sujets. Vous me
parlez de la négociation de la convention collective, on en parle souvent, vous
et moi, mais ce n'est pas ni vous ni moi qui négocie ça. Vous êtes probablement
plus proche que moi de la table, mais moi, je n'ai pas beaucoup d'impact
là-dessus, en tout cas, pas sur la négociation.
M. Dubé : Oui.
• (18 heures) •
M. Marissal : Puis il n'y a personne
qui va négocier sur la place publique, je ne pense pas, en principe, mais il y
a quelque chose que vous pourriez mettre sur la table, remettre sur la table
rapidement, comme la Colombie-Britannique vient de le faire, c'est-à-dire le
ratio infirmière-patients ou patients-infirmière, là, c'est selon, là.
Puis là dites-moi pas : Non, c'est parce
qu'on n'a pas le personnel. La Colombie-Britannique n'a pas plus de personnel que nous. Ils ont pris le pari de
dire : On va ramener notre monde puis on se donne les outils pour.
Qu'est-ce qui nous empêche de le faire ici?
M. Dubé : Bien, écoutez, l'une des
choses qu'on a dit qu'on était ouverts, puis on l'avait même fait dans la
dernière négociation, c'est de ne pas regarder uniquement le ratio
d'infirmières, mais le ratio de soins sur un étage, parce qu'avec le
décloisonnement, le patient, là, qui a besoin d'avoir un service, là, que ce
soit, l'infirmière ou que ce soit le préposé
aux bénéficiaires qui lui donne, il est un peu indifférent, là, en autant qu'il
ait le service quand il tire sur sa clochette, là.
Ça fait que, moi, ce que j'ai demandé à Mme
LeBel, c'est... Et c'est d'ailleurs pour ça que je vous rappelle qu'on a fait des forums, hein, on a fait des
forums en dehors des tables de négociation, pour dire : Est-ce que ça, si
on mettait ça sur la table, des... je dirais, une organisation du travail, avec
une équipe de soins pas juste pour l'infirmière, mais pour l'ensemble...
On n'a pas eu de réponse à ça de la part des syndicats.
M. Marissal : D'accord, mais...
M. Dubé : Non, non, mais c'est la
même chose, c'est le même objectif, M. le député, là.
M. Marissal : OK. Donc, vous me
dites que vous êtes éventuellement prêt à bouger là-dessus, à proposer...
Proposez-le.
M.
Dubé : Oui, mais parce que, là, à ce moment-là, on va
arrêter de travailler en silo puis de dire : L'infirmière a fait
ça, puis le PAB fait ça, puis l'auxiliaire fait ça. Moi, je pense que... Et
c'est pour ça qu'on travaille beaucoup sur le décloisonnement, puis c'est ça
qu'on a demandé à Mme LeBel, amenez donc les gens à votre table pour
dire : Si on allait vers cette approche-là, je pense qu'on serait
gagnants. Alors, moi, je fais juste vous dire, vous avez raison, on ne peut pas négocier sur la place publique.
Mais je l'ai dit et je vais le redire que cette approche-là, on est très
ouverts, mais dans une optique globale des soins de plusieurs
professionnels, parce qu'ils travaillent tous sur le même étage, pour le même
patient.
M. Marissal : OK. Je vois le temps
filer, là, puis il y a quelques sujets que je veux absolument toucher, je vous amène complètement ailleurs, prévention ITSS,
lutte au VIH, sida. Les groupes sur le terrain disent qu'on recule, ils disent qu'on recule, qu'on avait la
possibilité d'atteindre les cibles de l'ONU, je vois que le Dr Boileau me
regarde avec intérêt. Et je crois que, si, de fait, nous reculons, ce
n'est pas acceptable, là. Voici quelque chose qu'on faisait quand même assez bien, on avait fait des avancées.
Oui, il y a eu la COVID, et puis on me dit que la COVID a eu des impacts,
notamment, sur le nombre de dépistages, mais là on recule ou, en tout cas, qui
n'avance pas recule, comme disait l'autre,
là. Si on ne continue pas d'avancer, on recule. Puis franchement, entre vous
puis moi, là, au Québec, ce serait assez honteux, là, de reculer sur ce
sujet-là.
Ils demandent, notamment, évidemment, plus de
ressources, plus d'argent. Ce n'est pas des milliards. Qu'est-ce que vous
répondez à ces groupes-là?
M. Dubé : Bien, écoutez, on a la
chance d'avoir le Dr Boileau ici, là. Je pense que... Moi, j'en ai entendu
parler, mais j'aimerais mieux que ce soit le Dr Boileau qui vous commente
là-dessus, là, parce que c'est vraiment dans son coffre à outils, là.
M. Marissal : Très bien.
M. Boileau (Luc) : Est-ce que je
peux...
La
Présidente (Mme Poulet) : Oui, oui, vous avez déjà eu le consentement
aujourd'hui, il n'y a pas de problème.
M. Boileau (Luc) : Bon, OK, merci.
Bon, c'est une question importante, et effectivement M. le ministre nous a invités à regarder la possibilité d'ouvrir
ou d'élargir pour mobiliser... ou permettre aux gens qui sont en milieu communautaire de faire une intervention sur ce sujet-là. Il
y a eu plusieurs itérations, au fil des dernières années, sur cette
disposition-là, notamment, une interpellation à l'Institut national de santé
publique, qui ont laissé entendre que c'était une possibilité qui pouvait être
observée, on le voit dans d'autres juridictions. Ça pose une série de défis
qu'il faut regarder, et nous nous apprêtions, justement, à proposer de regarder
ça, avec une distance, quand même, covidienne, là. Il y a plein de choses qui
ont évolué, là, durant la COVID. Je ne dis pas que ça, c'est à cause de la COVID, mais vous avez raison de situer le fait
qu'on a vu quelques écarts, là, dans les tests... dans les tests de dépistage
pour le VIH. On sait qu'il y a quand même un
certain pourcentage de Québécois ou de Canadiens, les études sont plus
canadiennes, qui ne connaissent pas leur statut, et on va retrouver ça dans des
groupes plus à risque, là, qui n'est pas compliqué à imaginer, alors, et qui
sont sans doute plus en contact avec les milieux communautaires.
Donc, la question est importante, et nous nous
proposions de pouvoir étudier ça plus à fond, puisqu'il arrive, avec ça, une
série de conditions de succès et de mesures, je dirais, de difficultés
appréhendées, puisque, lorsque nous faisons
ça, il faut être en mesure de bien accompagner les personnes lorsqu'on
identifie un test qui pourrait être positif. Parce que le fait d'avoir
un test de dépistage positif ne vient pas confirmer qu'on a... véritablement
qu'on est porteur, et un test négatif non
plus. Donc, je ne veux pas rentrer dans les détails, mais ce qu'il faut regarder,
c'est à quel moment il est le plus pertinent de faire cela et avoir les
conditions de succès qui y sont associées.
Juste en rappelant que, souvent, dans les
périodes de quelque 90 jours... trois mois après une infection, on va
rester négatif. Il n'y a pas encore suffisamment de dispositions antigéniques
pour qu'on ait un test positif, donc ça peut
donner l'illusion qu'on ne l'est pas, et donc des faux négatifs, et on a des
faux positifs. Et, si on l'étend à beaucoup de monde, on va avoir plus de faux positifs, des problèmes de suivi,
d'anxiété, et tout ça. Donc, il faut vraiment qu'il y ait un parcours établi entre le milieu communautaire puis
le milieu de service. Ce n'est pas... ça ne se fait pas spontanément, il y a du
travail à faire là-dessus, mais nous regardons la question activement en ce
moment.
M.
Marissal : Donc, les groupes, je pense, en particulier ceux
de Montréal, mais Québec aussi, oui, puis qui ont communiqué d'ailleurs, avec vos services ou avec
votre collègue Dre Drouin à Montréal, peuvent s'attendre à un suivi.
M. Boileau (Luc) : Oui, absolument.
On a une interpellation du ministre aussi sur cette question. Alors, c'est pour
ça qu'on est là-dessus. Ils nous ont... bien, ils ont sollicité M. le ministre
pour voir s'il y avait possibilité de... et donc on a cette interpellation. La
réponse n'est pas complétée, je vous répète qu'il y a des travaux à mener. Il y
a des avantages, il y a des inconvénients,
il y a des risques, il y a des ajustements à proposer. Nous sommes là-dessus et
nous répondrons donc à l'invitation de notre ministre.
M. Marissal : OK. Merci, Dr Boileau.
Les groupes parlent aussi de manque de financement, à Montréal, à hauteur de 8 millions. Je ne suis pas à même
de valider ces chiffres, mais c'est le chiffre qui a été mis de l'avant. Est-ce
que vous êtes aussi disposé à, au moins, regarder ça puis à engager le dialogue
avec ces groupes sur le financement?
M. Dubé : Bien, moi, je n'ai pas
entendu ce chiffre-là, je pourrais... je pourrais... je vais en prendre connaissance, là, puis on va... Comme on est en
train de discuter avec le Dr Boileau, bien, je vais le regarder, mais, je peux
vous dire, c'est la première fois que j'entends ce chiffre-là aujourd'hui, là.
M. Marissal : Ça fait partie de
certains échanges qui ont été... qui vous ont été adressés. Je comprends que
vous ne pouvez pas tout voir en temps réel, là, mais...
M. Dubé : Non, non, mais maintenant
que vous me sensibilisez à ça, là, ce que je vous dis, je vais faire le point
avec le Dr Boileau pour voir est-ce qu'on parle au niveau des cliniques, est-ce
qu'on parle... En tout cas, vous comprenez. Je sais qu'il y a eu quelques
cliniques qui ont des difficultés spécifiques, là, je connais certains cas,
mais je vais pouvoir en discuter avec le Dr Boileau, mais merci, des fois de me
le rappeler, là.
M.
Marissal : Merci. Il me reste combien de temps, Mme la
Présidente? Combien de temps, Mme la Présidente, me reste-t-il?
La Présidente (Mme Poulet) : 3 min 54 s.
M. Marissal : Trois minutes, OK. J'y
vais peut-être pour un dernier ou un avant-dernier. Vous parliez de la FMEQ tout à l'heure. C'est un groupe que j'aime
beaucoup aussi, parce que, de un, c'est nos futurs médecins, on les aime,
on les aime déjà, mais ils sont aussi allumés aussi, puis ils ont une
conscience sociale qui, moi, ne me déplaît pas du tout, puis ils poussent certains dossiers. Ils m'ont parlé notamment,
c'était hier, d'ailleurs, ça tombe comme ça, là, d'un problème de reconnaissance des médecins étrangers.
Et là je ne parle pas des problèmes avec le certificat de sélection en
immigration. C'est des médecins qui sont ici, qui sont souvent résidents, qui
paient leurs impôts ici. La partie immigration,
elle est réglée, là. La partie formation, elle est réglée. Ce n'est pas des
médecins qui ont eu une formation qu'il
faut... Sauf que, pour plein de raisons bureaucratiques, semble-t-il, il y en a
un paquet qui n'arrivent pas à pratiquer ici.
On me dit que
c'est à peu près un tiers, là, donc, à peu près 500, en ce moment au Québec,
qui, je le répète, là, ont passé toutes les étapes, là. Ce n'est pas une
question de requalification sur plusieurs années, ce n'est pas une question de
DSQ. C'est une question que je ne comprends pas,
là, mais... pourquoi c'est comme ça, mais c'est comme ça. Ce sont des
médecins qui sont ici. Qu'est-ce qui se passe? Et pourquoi n'est-on pas capable
de leur donner un permis de travail?
M. Dubé : Bien,
écoutez, je vais vous donner un début de réponse, parce que vous, vous les avez
rencontrés cette semaine, puis moi, je les ai vus la semaine dernière, parce
que je les vois peut-être trois, quatre fois par année, c'est à peu près ça.
Puis, quand ils m'ont soulevé ça, j'ai cru comprendre — puis
là c'est pour ça que j'aimerais que Dr Bergeron, dans le temps qui vous est
alloué, là, vous parle — mais
c'est vraiment un enjeu avec le Collège des médecins, de ce que je comprends.
Parce que, comme vous dites, l'immigration est réglée, tout ça est réglé. C'est
vraiment une question de... Ça fait qu'au lieu de perdre votre temps, là...
Parce que, oui, ça m'a été soulevé, ce que vous dites. Docteur... On parle à
peu près de 200, en ce moment, de mémoire, là, le nombre actuel de médecins
dont on parle, c'est quand même assez significatif, là.
• (18 h 10) •
M. Marissal : Bien, moi, j'avais 300
sur 800. Ça me revient, là.
M. Dubé : Bien, en tout cas, moi,
entre 200 et 300, on ne... C'est beaucoup de médecins, ça, c'est beaucoup.
M. Marissal : Exact, oui, oui, absolument.
M. Dubé : Ça fait que Dr Bergeron,
peut-être.
M.
Bergeron (Stéphane) : Bien, effectivement, comme il a été mentionné,
beaucoup de diplômés internationaux ont des difficultés de trouver une
capacité d'exercice au Québec, car ils ne répondent pas aux exigences du
Collège des médecins dans la question de la reconnaissance de l'équivalence,
notamment, avoir effectué une formation postdoctorale qui soit globalement
équivalente à la fois en durée et en contenu.
M. Marissal : ...dont on parle, Dr
Bergeron, je ne pense pas que c'est de ceux-là dont on parle. Parce que ceux
dont on parle, ils sont «full patch», là, ils ont un problème à avoir leur
permis de travail, ce n'est peut-être pas comme ça que ça s'appelle, là, dans
votre jargon, là, mais ils ont l'équivalence. Ce n'est pas là qu'est le
problème, c'est le problème d'entrer dans le réseau comme médecin.
M. Bergeron (Stéphane) : J'avoue
que... Attendez un petit peu. Il y a ceux qui ont leur équivalence. Il doit
ensuite y avoir... Il y a différentes manières pour entrer dans le réseau, dont
celui d'être parrainé, parrainé par des établissements, parrainé par un réseau,
parrainé par le Collège des médecins notamment, qui devient parrain pour des
stages d'équivalence de formation. J'ai entendu effectivement qu'il y avait des
difficultés à ce niveau-là du... de nouvelles règles qui concernent les permis
de travail et le parrainage. Puis ça concerne le Collège des médecins et le
ministère qui est là. Il y a un travail également pour...
Actuellement, le parrainage, il était fait
beaucoup envers les établissements, on veut ouvrir, notamment, pour les
médecins de famille. Il y a du parrainage envers des groupes de médecine
familiale, donc, du hors établissement. Il y a un chantier actuellement qui est
en travail avec le Collège des médecins pour...
La Présidente (Mme Poulet) : Je vous
remercie de votre intervention. Je dois terminer cette période d'échange ici,
pour le député de Pontiac. Vous avez un maximum de 15 min 27 s
pour votre intervention.
M. Fortin : Très bien. Merci, Mme la Présidente. Vous me permettrez, M.
le ministre, avant qu'on touche aux urgences, là, j'ai deux, trois petits
sujets. On va essayer de passer ça en rafale, je sais que vous avez hâte de
vous rendre aux urgences. Les médicaments d'exception, vous y avez touché
tantôt, puis ça m'a inquiété un peu, là, vous avez sorti des grands chiffres en
disant : Ça ne coûtait pas grand-chose il y a un temps, là ça coûte pas
mal plus cher. Je le sais que vous l'avez inclus dans le projet de loi
n° 15. Avez-vous l'intention de faire quoi que ce soit avant qu'on en
parle au projet de loi n° 15?
M. Dubé : Non, non, pas du tout. Je pense
qu'on va se servir de la... on va se servir de la commission comme telle, là,
pour écouter tout le monde. Puis je pense que, là, maintenant, on a deux... On
avait un bel exemple avec l'Ozempic, et là on a discuté de la dysfonction
érectile un peu plus tôt aujourd'hui, je pense qu'on va avoir assez de cas pour
avoir cette bonne discussion-là. Mais je n'ai pas l'intention de rien
accélérer, mais je veux bien fouiller ce qu'on
a discuté, INESSS versus RAMQ, tout ça, aujourd'hui, là. On a quand même été assez
précis, mais il n'y aura rien qui va se faire avant ça. On va se servir
des consultations pour avoir ces discussions-là.
M. Fortin : OK, parfait. Cancer colorectal, on a passé une motion à
l'unanimité, là, en Chambre, pour, et si j'ai bien compris la motion, là, pour
qu'il y ait un programme en place d'ici la fin de votre mandat. C'est ce que
vous avez compris, vous aussi?
M.
Dubé : Oui, et je vous dirais que vous allez aimer ça. Je
pense qu'on va aller un petit peu plus rapidement, là, qu'on va faire
une annonce sous peu. Parce qu'après discussion, puis priorité, là, au niveau
du colorectal, je pense qu'on peut aller un petit peu plus vite. Ce que je vous
dirais, des fois, ce qui nous retarde, puis j'ai
eu des bonnes discussions avec le Dr Bergeron là-dessus, c'est nos systèmes
d'information. Parce que, si on veut faire des rappels par courriel, là,
tous... Un peu ce qu'on a avec le dépistage du cancer du sein, il faut avoir
des systèmes d'information. Mais là j'ai dit : Est-ce qu'on peut, avec
notre collègue M. Bernier, dont on parlait tantôt...
Ça fait que je veux qu'on
ait des mesures à très court terme pour les statistiques, là, mais je pourrais
vous dire qu'on n'attendra pas la fin du
mandat, là. Donc, je sais que c'est quelque chose qui vous tient à coeur, puis
on a... on va agir beaucoup plus vite là-dedans.
M. Fortin : OK. Mais, honnêtement, je n'y vois que du positif, à ce
développement-là, parce que, de un, on demeure la seule juridiction au Canada
qui n'a pas de programme organisé.
M. Dubé : Bien, il faut faire
attention. En tout cas...
M. Fortin : Oui, je ne veux pas m'obstiner sur ce que les autres
provinces ont, ce n'est pas ça, mon point, là.
M. Dubé : Oui, bien, c'est parce que
ce n'est pas tout pareil, puis... Mais ce que je veux dire, c'est qu'on peut en faire plus, puis plus rapidement. Et ce
que je vous dis, clairement, là, il va y avoir une annonce sous peu là-dessus.
M. Fortin : Vous ferez votre annonce. On s'en reparlera après.
M. Dubé : On s'en reparlera, mais je
veux vous dire qu'on est là-dessus en ce moment. Tout à fait.
M. Fortin : OK. Ce matin, on s'était parlé...
M. Dubé : Mais le principe... juste
pour vous dire, parce que je ne veux juste pas vous donner de la théorie. Le
principe, ce serait d'avoir une ordonnance collective, et ça, c'est ça qui
permet de dire à quelqu'un : Je t'envoie un courriel, puis de dire :
Écoute, je te rappelle que tu as eu 50 ans, si tu l'avais oublié, là,
hein?
M. Fortin : C'est un beau party.
M. Dubé : Hein? Puis, deuxièmement,
si tu veux aller chercher ton test à la pharmacie, tu n'as pas besoin de passer par un médecin. Il y a une ordonnance
que... le pharmacien va te le donner, parce que c'est ça, une ordonnance
collective. C'est ça, la solution que M.
Bergeron puis son équipe ont mis en place. J'aimerais ça qu'on ait une annonce
très rapidement maintenant qu'on a convenu de ce principe-là.
M. Fortin : Si ça enlève une visite au médecin en plus...
M. Dubé : Exactement. Non, non,
c'est... tu sais, on s'en vient avec ça.
M. Fortin : OK. Ce matin, on s'était parlé, là, vous n'aviez pas les
chiffres de sans rendez-vous, de plages horaires de sans rendez-vous. Vous avez
dit : Je vais regarder ça, ça se peut que je vous revienne. Vous n'avez
toujours pas ça?
M. Dubé : Bien non, mais c'est parce
que, quand j'en ai rediscuté avec mon PL n° 3, là, il
faut que j'aille mes règlements, puis tout ça, il va y avoir une date
d'application là-dessus.
M. Fortin : Il va avoir... Je ne comprends pas ce que vous dites.
M. Dubé : Bien, c'est parce que,
lorsque j'ai PL n° 3, qui est rendu la loi n° 5, maintenant, là, je ne le sais pas, l'accès aux
données, j'ai une période d'application, là. Quand le projet de loi, il est
voté, il faut qu'il y ait... c'est un an. Ça fait que, là, c'est un peu ce que
je discutais avec M. Bernier puis son équipe, moi, je ne peux pas, demain
matin, faire illégalement ce que... avoir accès aux données que je n'ai pas en
ce moment, là.
Alors, ce qu'il faut que je fasse, c'est que je
discute avec mes collègues de la FMOQ. Maintenant qu'on a nos 655 GMF qui
sont branchés, est-ce que vous accepteriez que je peux y avoir accès plus
rapidement pour avoir ces données-là? Mais
ils ont le droit de dire : En ce moment, l'application, c'est tant. Alors,
on a des petites discussions à avoir. Je suis très transparent avec vous
là-dessus, là.
M. Fortin : OK. Les urgences.
M. Dubé : Oui.
M. Fortin : Là, je viens de mettre à jour votre site, là, juste pour
qu'on se parle de la même affaire. Moi, l'urgence la plus proche de chez nous,
là, s'il se passe quelque chose chez nous, aujourd'hui, puis ma femme, il faut
qu'elle aille à l'urgence, elle est à 168 %. C'est
8 h 28 min pour la durée moyenne de séjour dans la salle
d'attente, et l'attente sur civière est à 36 heures. Ça ne s'améliore pas,
là, dans plusieurs endroits au Québec, pas partout, il y a des places où ça
s'améliore, des places où ça ne s'améliore pas. Là, je veux que vous me disiez
qu'est-ce qui se passe dans une urgence
comme celle-là, à Hull, là, disons, là, mais il y en a d'autres, je pourrais en
prendre d'autres, à peu près tout le West Island, je pourrais prendre
d'autres secteurs aussi. Qu'est-ce qui se passe, selon vous?
M.
Dubé : Écoutez, ça, je ne vous surprendrai pas. Puis j'aime bien ça
quand vous prenez un exemple où ça ne va pas, parce que je suis... je suis très
conscient des inégalités qu'il y a entre les différentes urgences. Et là ce que
j'ai demandé... puis, avec l'équipe, là, de la cellule de crise, qui a fait un
très bon travail, on a commencé ça en novembre. Là, ce qu'ils m'ont fait, puis
je ne vois pas, en ce moment, l'Outaouais, où ils sont, là, mais ce que... sous
l'équipe de M. Desharnais, ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont dit :
Il y a trois... il y a trois blocs. Puis je pourrai vous soumettre ce tableau-là, je n'aurais aucun
problème à vous le montrer. Je vais vous parler des inégalités. On a... on a
dit : Ceux qui se sont améliorés, je vais dire, exemple, de
20 %, ceux qui se sont améliorés entre 0 % et 10 % puis ceux qui n'ont pas eu d'amélioration. On a fait cette comparaison-là,
puis je dois vous dire qu'il y a des groupes qui se sont améliorés d'une
couple d'heures. C'est beaucoup, là, hein, quand on dit que notre moyenne
est... là, vous me parlez de 30 heures,
mais la moyenne, au Québec, sur civière, là, c'est 18 heures. Même, j'ai
compris qu'on était en train de baisser à 17, et même un petit peu
mieux, mais ce n'est pas encore assez, on vise 14. Notre cible est...
• (18 h 20) •
Mais là je vais
reviens sur l'Outaouais. Moi, ce que je me suis engagé, là, avec M. Desharnais,
c'est de dire : On va publier parce que ça, ce tableau-là, des trois blocs
que je viens de vous dire, comment ça se fait qu'il y en a qui ont été capables
de s'améliorer de deux heures? Deux heures, c'est beaucoup sur 18 heures,
là, qu'il y en a qui l'ont... Et là c'est là qu'on voit les différences
d'approche. Pourquoi? Est-ce que c'est une question... je reviens toujours à ça, puis les médecins me trouvent
tannant, mais ils ont raison de me trouver tannant, est-ce que c'est le temps
de consultation dont ils sont responsables?
Pas toujours. Ce n'est pas juste ça. Est-ce que c'est l'organisation du
travail? Est-ce que, dans certains
cas, c'est les fameux NSA? Est-ce qu'on a les chambres pour les... Il y a une
foule de raisons.
Ce que je veux vous
dire, c'est qu'on constate qu'entre autres, dans les temps des délais
d'attente, un des gros facteurs chez vous, là, parce que je savais que vous
alliez me poser la question, qui explique ce 30 heures là, c'est les temps
d'attente de spécialistes et que, dépendamment du spécialiste que vous avez
besoin, puis on en parlait encore hier avec... avec M. Desharnais... Ça
fait que ce qu'il va falloir faire maintenant qu'on a ces statistiques-là et
qu'on a le PL n° 15, alors ça revient à votre point
tout à l'heure, je pense qu'il y a des endroits que j'ai besoin de plus de spécialistes. Mais, des fois, j'ai besoin,
comme on a dit ce matin, besoin plus de techniciens, parce que ce n'est pas
rien qu'une question de spécialistes. Puis
c'est pour ça que les médecins me l'ont dit : Arrêtez de dire que c'est
juste du temps de consultation, tu sais. Ils ont raison de me dire ça.
Mais là on a assez de
granularité, de détails pour être capable de faire ça. Et là, quand on présente
cette feuille-là — que
j'aimerais... je pense qu'on va vous la rendre disponible — je
vous le dis, là, qui a montré comment on s'est améliorés dans
quelques...
Une voix : ...
M. Dubé : Bien
non, je ne pense pas autant de... Ça, c'est uniquement le nombre de chambres
fermées. Je veux aller plus loin. Je voudrais vous montrer comment on va
travailler avec la cellule de crise pour dire : Comment ça se fait qu'il y a des groupes qui se sont
améliorés deux, trois heures, puis d'autres qui n'ont pas pu? Et c'est là qui
va être, à mon avis, la prochaine étape de la cellule de crise. Ça fait
que je veux juste vous dire que, pour l'Outaouais, comme ailleurs... Je
pourrais vous dire, des fois, pas si loin, Lakeshore. Lakeshore, on s'est rendu
compte, à cause du rapport verbal, qui nous est donné... On est ailleurs parce
que, là, c'est une structure. C'est l'urgence qui est mal conçue. On ne peut pas demander aux médecins de
faire une job impossible s'ils ne sont pas capables de... ou des infirmières
d'être capables de bien gérer l'urgence avec les bons outils.
Alors,
je veux juste vous dire que je pense qu'on a fait une première étape avec la
cellule de crise en six mois. On a commencé ça en novembre... fin
d'octobre, début novembre. Ce n'est pas assez, mais cette comparaison-là va
nous aider, je vais l'appeler la phase II, là, je vais l'appeler comme ça.
M.
Fortin : Là où on revient, on dirait qu'on
a fait la quadrature du cercle, là, aujourd'hui, là, c'est quand vous me
dites : OK, mais les spécialistes, la consultation est peut-être difficile,
c'est peut-être ça qui fait en sorte qu'il y a du monde aux urgences, puis ça,
c'est dans ma région, mais c'est ailleurs aussi, j'en suis certain, là, c'est
un problème qui n'est pas unique à une région, là. Moi, ce qui m'inquiète... En
fait, la plus grande inquiétude que j'ai pour le réseau chez nous, là, c'est
qu'il y a des spécialistes qui vont quitter. On en a parlé, là, tantôt, que,
déjà, là, en nombre, en pourcentage, sur 100 000 habitants, on en a
moins qu'ailleurs, là, mais les spécialistes qui nous disent : Moi,
j'opère une fois par mois, là, j'ai beau passer toute ma consultation, faire le
temps que j'ai en consultation... Puis c'est vrai, quand on regarde les listes
de consultation dans ma région, elles diminuent parce que les spécialistes, ils
ne font pas d'opération dans certains... dans certains secteurs. Mais moi, je
ne serais pas surpris qu'ils quittent parce qu'ils n'ont pas de personnel,
parce qu'ils n'ont pas de technicien, parce qu'ils n'ont pas d'infirmière,
parce qu'il n'y a pas de gens pour les appuyer pour la chirurgie.
Puis c'est la même
chose quand on parle des lits. Il y a des urgences qui sont pleines parce
qu'ils ne sont pas capables d'envoyer des patients à l'étage, parce qu'il n'y a
pas de personnel pour s'occuper des lits à l'étage. Puis, quand vous avez passé
votre directive, il y a un certain temps, là, de dire : Ouvrez des lits
partout, là, bien, il y en avait 100, lits fermés à l'hôpital de Hull. Puis ils
n'ont pas été capables d'en ouvrir un seul parce qu'ils n'avaient pas de monde.
Donc, votre directive, elle était peut-être bien intentionnée,
philosophiquement, ça faisait du sens, mais, s'ils n'ont pas de monde, ils ne
sont pas plus avancés.
Alors, je reviens au
plan d'action sur la main-d'oeuvre, avec lequel j'ai ouvert d'entrée de jeu ce
matin, c'est ce qui mène tout. On peut se parler du projet de loi n° 15, on peut se parler de
l'infrastructure, on peut se parler de l'urgence, mais, si on n'avance pas
là-dessus, on n'est pas plus avancés, là.
M. Dubé : Mais
vous avez tellement raison, là, je pense qu'on est en train de parler de la
quadrature du cercle, parce qu'on revient toujours aux trois, quatre mêmes
choses. La main-d'oeuvre va nous aider à ouvrir des lits. Si on rouvre des
lits, on a des urgences plus fluides. Si on a plus de main-d'oeuvre, on est
capable d'avoir plus de personnel pour donner à nos chirurgiens. Je veux dire,
on va parler de ça.
Moi, ce que je vous dis, c'est que je pense
qu'il faut identifier clairement les problèmes. Quand on... Il y en a une
partie... On vient de se le dire, là, puis les gens peuvent les voir, les
statistiques, il y a eu des améliorations dans nos DMS, qu'on appelle, nos
durées moyennes de séjour, il y en a eu avec les mêmes problèmes. Je répète ce
que je vous ai dit ce matin, les gens ont les mêmes problèmes de personnel. Des
fois, ils sont plus grands, mais ils les ont tous, les problèmes de personnel;
il y en a qui ont trouvé des solutions.
Moi, ce que j'aimerais vous dire, puis c'est
pour ça que... Dans les prochaines semaines, avec PL n° 15, je veux que les médecins nous disent, s'ils avaient plus de
personnel ou s'ils avaient plus... bien, de personnel ou qu'ils avaient plus
certaines ressources, est-ce qu'ils seraient capables de faire avancer ça plus
vite. Prenons l'exemple... Non, mais attendez...
M. Fortin : Oui, oui, je vous écoute, je vous écoute. Mais je trouve ça
intéressant... à chaque fois que vous commencez une phrase comme ça, vous
dites : Avec PL n° 15, mais le reste de la
phrase n'a pas nécessairement de lien avec le PL n° 15.
M. Dubé : Non, non, mais je vous
donne l'exemple PL n° 15, pourquoi je vous en parle.
Là, on est en train de discuter avec les spécialistes, puis je pense qu'on va
trouver une solution pour les chirurgies. Je vous ai dit : Ça me prend un plan pas juste que le ministère dit,
mais qu'eux autres acceptent. Comment on va faire, peut-être, pour avoir des
meilleures heures d'ouverture qui dépassent le 4 heures, comment on va
faire ça, OK, mais je suis sûr que ce qu'ils vont me dire... mais, par contre,
j'ai peut-être besoin d'avoir un meilleur levier avec certains spécialistes
dans certaines régions.
M. Fortin : Ce que je veux vous dire, parce qu'il me reste
45 secondes, c'est : Je ne sais pas combien de temps ça va prendre,
votre négociation, OK, je n'en ai aucune espèce d'idée. Vous semblez dire que
ça peut être un certain temps encore, mais la ligne, là, qu'on a commencée ce
matin en regardant, qui dit qu'à chaque année on a perdu, quoi, 10 000 employés du réseau, là, elle ne peut plus
continuer, là, on ne peut pas... Il faut qu'elle revire de bord vite.
Donc, la négociation, je ne sais pas quel pouvoir vous avez, M. le ministre, mais
arrangez-vous pour que ça avance puis vite, parce que, si c'est la solution à
plusieurs de vos enjeux de main-d'oeuvre, bien, il faut que ça bouge. Parce
qu'un autre mois, un autre deux mois, un autre trois mois où on perd du monde
dans le réseau, là, ça fait en sorte que tout ce dont on a discuté aujourd'hui,
ça empire au lieu de s'améliorer.
M. Dubé : La réponse, c'est
oui, c'est tellement l'enjeu principal, la main-d'oeuvre. Et c'est pour ça que
j'ai dit à tout le monde comment j'ai apprécié la collaboration des oppositions
dans les projets de loi qu'on a faits jusqu'à
maintenant, incluant la main-d'oeuvre indépendante. On va continuer là-dessus,
M. le député. Il n'y a pas d'autre solution, ça nous prend du monde.
La Présidente (Mme Poulet) : Merci.
Alors, je cède maintenant la parole à la députée de Marie-Victorin pour une
période maximale de 15 min 29 s.
Mme Dorismond : Merci, Mme la
Présidente. Donc, moi, j'aimerais discuter avec vous, M. le ministre, sur le
projet de loi n° 3, qui a été adopté récemment.
Première des choses, j'aimerais qu'on puisse discuter puis, en fait, surtout
rassurer les Québécois qui sont préoccupés par la protection des
renseignements. Si vous pouviez en discuter avec nous pour les rassurer,
première partie.
M. Dubé : OK.
Comment on va les rassurer? Bien, premièrement, il faut peut-être que... là je
regarde Marc-Nicolas Kobrynsky, il est là. Avant de lui passer la
parole, j'aimerais ça peut-être expliquer aux Québécois un peu ce que j'ai dit
tantôt au député de Pontiac, là. Oui, on a passé le projet de loi, mais, avant
qu'il soit implanté, qu'on ait accès aux données, il y a un temps, il y a un
temps de transition, bon. Mais il y a trois types d'utilisateurs qu'on visait,
OK, puis je veux juste que les gens comprennent bien ça, là, parce que c'est
un... c'est un gros changement. C'est assez important ce que M. Kobrynsky
puis son équipe, là, ont réussi à mettre en place.
On le fait pour les patients, on le fait pour
tous nos gestionnaires puis on le fait pour nos gens de recherche. Réglons la
question de la recherche. Bon, je vais commencer par la fin. Si on veut innover
en santé puis si on veut baisser nos coûts, par exemple, avec la recherche
génomique, là, les gènes, là, tout ça, on a besoin d'avoir accès à des données en autant qu'elles soient bien
protégées. Puis ça, M. Kobrynsky pourrait vous en parler pendant des
heures parce qu'on a... et je ne sais pas combien de temps qu'il nous
reste, alors... mais je veux juste le dire, la recherche, c'est fantastique ce
que ça va nous permettre de faire. Puis notre scientifique en chef, il est
heureux qu'on ait réussi ça, c'est une grande avancée.
• (18 h 30) •
Le deuxième, puis je vais... à mon avis, ce qui
est le plus important, le deuxième, c'est nos gestionnaires. Nos gestionnaires,
quand je me fais demander par les députés ou par tout le monde : Comment
ça se fait que vous n'avez pas l'information
sur ci ou sur ça? Souvent, ils n'étaient pas capables d'avoir l'information.
Puis prenons... prenons l'exemple des GMF. Un des
gros avantages du projet de loi qu'on vient de conclure, c'est qu'ils ne
faisaient pas partie du périmètre qu'on
appelle du ministère. On pouvait avoir des données, des fois, sur un CHSLD ou
sur un hôpital. L'information non seulement ne pouvait pas passer entre
eux, ça, on va avoir réglé ça, mais, en plus, parce que la GMF ou les
ambulanciers dont on a parlé aujourd'hui, c'est vu comme étant privé, on ne
pouvait pas aller chercher l'information. Alors là, PL n° 3,
le nouveau, nous permet de donner ça aux gestionnaires, en autant que ça
respecte les règles de sécurité. Donc, deuxième bénéfice, nos gestionnaires.
Mais le plus important, ce sont les patients.
Là, monsieur... pas M. Kobrynsky, mais M. Bernier, là, qui est venu
nous voir quelques fois aujourd'hui, ce qu'il sait maintenant, c'est qu'il y a
de l'information qui est dans notre carnet
de santé, mais ce n'est rien, ce qu'il y a dans le carnet de santé en ce
moment, là. C'est bon, ça montre vos vaccins, ça va montrer que vos médicaments, vous allez les chercher à la
pharmacie, c'est ça. Mais comparé à ce qu'on veut aller, au Dossier de santé
numérique, dont on a parlé aujourd'hui,
là, votre médecin, quand vous arrivez, là, toute l'information vous
suit, ce n'est pas vous qui avez besoin de presque traîner votre dossier avec
vous, ça, pour moi, c'est majeur, là, c'est
majeur, que ça va permettre à M. Bernier puis à son équipe de faire toute la
mise en place du DSN. Il est en train d'être...
Il est en appel d'offres en ce moment. On a dit qu'on allait avoir une décision
à la fin de l'été sur le fournisseur qu'on
allait choisir, puis c'est pour ça que le délai d'un an ne me dérange pas,
parce que, pendant ce temps-là, ça ne nous empêche pas de travailler. Vous me suivez? Monsieur peut faire... M.
Bernier peut faire son travail. M. Kobrynsky peut mettre en place tout
ça.
Ça fait que je veux juste rassurer les
Québécois, parce que c'est ça, votre question. Je pense que, quand on a... Puis
c'est pour ça que la loi est faite comme elle est faite. Quand vous faites un
projet de loi aussi important, vous vous entendez sur combien de temps qu'on va
prendre pour mettre ça en place, et là c'est ça qui est en train d'arriver, là. On a eu le OK, mais, autant pour
les gestionnaires, les chercheurs et les patients, on va s'assurer que c'est
fait correctement. Ça fait que moi, je suis...
Puis, je vais vous dire, là, je regarde ce que
M. Kobrynsky a fait avec les tableaux de bord, avec, des fois, des systèmes qui
tenaient avec de la broche, là, il a fait des miracles avec ça pour qu'on ait
les données qu'on a aujourd'hui, là. Puis,
quand je dis ça, c'est quand même... Il y a... Des fois, il trouve qu'on lui en
demande beaucoup, là, mais... ou un petit peu, mais je veux juste dire
qu'ils ont fait un travail... Il faut le reconnaître. On partait de très loin
en termes d'information.
Là, on va
avoir les ressources pour aller chercher beaucoup plus d'information parce
qu'on est rendus maintenant à analyser. Avoir les informations, c'est
une chose, mais vous faites quoi avec? Qu'est-ce qui peut vous dire... En termes de recherche, je vous le dis, là, est-ce
qu'on pourrait être mieux équipés, par exemple, sur les gènes? J'ai très hâte qu'on
ait ces discussions-là. Ça, c'est majeur. Puis on a des très bons chercheurs.
Génome Québec, c'est des gens qui sont
excessivement compétents, mais ils ont besoin de données pour être capables de
dire : Est-ce qu'il y a des maladies qu'on peut identifier, les
maladies rares, une foule de choses?
Ça fait que je ne sais pas si je réponds à votre
question, mais je pense qu'on va avoir mis les mécanismes dans la loi pour
protéger la sécurité des données, puis on a un an pour bien se préparer pour
ça.
Mme Dorismond : Dans la même
poursuite... Puis je comprends très bien, parce que, comme infirmière aussi, ça va m'aider, surtout dans la prise en
charge. Je sais que c'est majeur pour les professionnels en santé, mais l'autre
chose, l'autre volet, c'est comment qu'on voit ce projet de loi là qui va aider
à améliorer la gestion du réseau.
M.
Dubé : Bien, écoutez, tantôt, on avait... Bien, je
regarde Mme Savoie, là, une des choses qu'on a vues dans la pandémie,
c'est que, quand on regardait... six par CIUSSS... On en a combien sur l'île de
Montréal?
Une voix : ...
M. Dubé : Avec les hôpitaux
indépendants, comme Sainte-Justine, comme le CHUM, le CUSM, il y a
10 unités. Ça veut dire qu'il y a 10 PDG. Ces gens-là, là, pas pour
mal faire, mais ça travaillait beaucoup en silo. Je pense qu'on a démontré, durant la pandémie, grâce au travail qui a été
fait par l'équipe de Mme Savoie... Puis d'ailleurs Sonia Bélanger, qui
est rendue ministre maintenant, mais qui était un de... une de ces PDG là, a
travaillé beaucoup dans la coordination de
ça, ce qui ne se faisait pas beaucoup avant. Et pourquoi je vous parle de ça,
c'est que, quand...
Maintenant, on a des données. L'exemple qu'on a
discuté aujourd'hui, il est majeur. On a décidé de retarder les appels d'offres
pour les cliniques privées parce qu'on a dit : Tout le monde va travailler
ensemble pour savoir combien on en a besoin pour l'île de Montréal, par
exemple, mais c'est parce que, là, on le sait maintenant. On en a fait 162 000. Il y en a combien qui s'est
fait sur l'île de Montréal? C'est des données qu'on n'avait pas de façon
coordonnée. Vous me suivez?
Alors, plus on va avoir ces données-là qu'on
n'avait pas avant, plus on va être capables de faire les analyses dont je vous parle. Ça fait que c'est pour ça, tantôt,
que je vous disais qu'un des grands bénéficiaires, c'est nos gestionnaires,
parce que, là, on va dire : Peux-tu juste... je le sais, que tu en as, tu
fais peut-être... tu as peut-être un besoin de 10 000 cataractes dans ta région, mais, sur l'île de Montréal,
on en a besoin de 50 000 pour les deux prochaines années, il me
semble que l'appel d'offres serait plus intéressant. Vous me suivez? C'est
exactement ça, là, qu'on... Puis c'est pour
ça que je suis content qu'on ait utilisé cet exemple-là, avec M. Coubat puis
Mme Savoie, aujourd'hui. Ça fait que c'est un exemple très concret.
Mme Dorismond : ...faire un réseau
plus efficace, c'est ça qu'on veut.
M.
Dubé : Oui. Je pense qu'on a appris beaucoup de la pandémie, là,
beaucoup, puis je vous dirais qu'on va continuer d'avoir les bénéfices de ça,
là, par... Je ne sais pas si monsieur... Est-ce qu'il nous reste du temps, Mme
la Présidente, ou...
La Présidente (Mme
Poulet) : Il nous reste 6 min 35 s.
M. Dubé : Est-ce que vous avez d'autres questions? Ah bien!
Voyez-vous, je pensais qu'on avait terminé, mais on a des gens qui sont
dédiés, là, des deux côtés de la table. Ça fait qu'allez-y, M. Chassin.
M.
Chassin : Puis, c'est ça, je ne veux pas
du tout présumer des questions du député de Pontiac. Je suis sûr qu'elles sont
excellentes, mais je suis confiant dans les miennes aussi.
Puis, dans le fond,
très rapidement, là, je pose des questions, mais on m'a parlé du fait
qu'ailleurs au Canada, puis là je ne sais pas si c'est toutes les provinces,
mais, pour les prises de sang, il y a des spécialistes des prises de sang qui font pas mal ça puis qui sont formés pas
mal là-dessus. Alors, j'ai appris un nouveau mot. Vous savez, M. le ministre,
que je ne suis pas du secteur de la santé, alors j'apprends les acronymes et
les nouveaux mots, et donc ce seraient des phlébotomistes. Et là j'ignore si
c'est une avenue qui existe ou pas au Québec, si c'est contemplé, si ça permet
de répondre à certaines inquiétudes pour, justement, libérer certaines
infirmières qui font des prises de sang, alors qu'elles pourraient peut-être faire autre chose. Alors, évidemment, je
pose la question parce que je me dis que peut-être qu'on peut générer quelque chose d'intéressant,
mais je n'ai aucune idée. Je vous pose vraiment la question pour avoir la
perspective du ministère là-dessus.
M. Dubé : Écoutez, peut-être parce que je suis un peu plus
fatigué, mais j'avais compris «lobotomiste» puis j'ai eu peur, là, j'ai
dit : J'ai sûrement mal compris, hein? OK.
M. Chassin : Bien
là, évidemment, ça, c'est pour les autres provinces, hein? Ce n'est pas encore
pour le Québec.
M. Dubé : Mais, étant donné que ce n'est pas mon domaine
d'expertise, M. Paré... Je ne pense pas qu'on en a au Québec, mais
peut-être que M. Paré pourrait...
M. Paré
(Daniel) : Bien sûr.
M. Dubé : Mais
j'ai eu peur pour 15 secondes.
M. Paré (Daniel) : Bien, je vais me
concentrer sur le type d'emploi de phlébotomiste. Ça fait qu'effectivement c'est
une très bonne idée et ça fait partie de notre plan. Tantôt, M. le ministre
parlait de 18 initiatives, là, qu'on... au niveau de l'élargissement des
pratiques, mais je peux vous dire qu'une de ces 18 là, c'est la création d'un
poste en... au niveau de phlébotomiste, en
lien avec la formation, et ça, ça va... On va être capables de dégager, entre
guillemets, libérer d'autres types d'emplois, là, qui sont très
précaires, là, notamment dans les... des infirmières, des infirmières auxiliaires et des technologues médicaux. Ça fait
que c'est une excellente idée. Et là on a débuté le processus, parce que,
quand on crée quelque chose comme ça, il y a quand même certaines règles à
suivre, là, mais c'est débuté.
• (18 h 40) •
M.
Chassin : C'est débuté? Bien, je pense que
c'est intéressant. Et puis dernière petite question, puis là je veux revenir un
peu sur ce que Mme la sous-ministre a dit tout à l'heure par rapport au prêt
personnel, puis c'est vraiment... Je suis
comme intéressé à cette formule-là. Je ne suis pas sûr de bien la comprendre,
mais, par exemple, dans des GMF, on a... puis peut-être pas que c'est
M. Paré aussi qui pourra me répondre, mais on a donc, par exemple, des
infirmières qui sont en lien d'emploi avec l'établissement, qui vont travailler
en GMF, si je comprends bien, toujours tenu,
là, dans le cadre de l'ancienneté, des conventions collectives de
l'établissement, avec, autour d'elles, là, des médecins qui ne sont pas
nécessairement leur boss, finalement, mais qui profitent de leurs services.
Alors, j'avoue que c'est un peu particulier.
Est-ce que ça fonctionne bien? Est-ce qu'on considère que c'est une formule qui
est gagnante? Est-ce que ça a des avantages en particulier?
M. Dubé : M. Paré.
M. Paré
(Daniel) : Bien, écoutez, c'est un modèle qui a été mis... C'est un
modèle qui a été mis en place depuis quelques années. L'esprit derrière ça,
c'est d'avoir une proximité des travailleurs en lien avec les GMF, et ce n'est
pas juste des infirmières. Il y a beaucoup d'autres types d'emplois qui...
Notamment, on a des travailleurs sociaux, on
a eu des psychologues, des inhalothérapeutes, etc. Et il y avait une notion de
collaboration entre les CISSS, et les
CIUSSS, et leurs GMF pour adapter le bon professionnel pour leurs cliniques,
adapté aux clientèles qu'ils voient chez
eux. Ça fait qu'il y avait... et ça, c'est le modèle qui est toujours... qui
est toujours d'actualité. Ça fait qu'encore là c'est... Pour
nous, les GMF font partie de notre grande stratégie première ligne, ça fait que
c'est nos employés première ligne. Ça fait que, pour nous, c'est cette
logique-là, là, qui était...
M. Chassin : ...est-ce
qu'on est satisfaits? Est-ce qu'on a, dans le fond, dans ce modèle-là, le
résultat attendu?
M. Paré (Daniel) :
Bien, je vous dirais que oui, parce que, justement, ça aide dans nos plans,
encore là, de décloisonner les types de
professions. On l'a vu au niveau des GAP. Notamment, quand on dit que certains
professionnels, qu'ils peuvent voir les patients, qu'ils... au niveau de
leur... au niveau de leur champ de pratique, bien, c'est un peu innovateur
d'avoir nos professionnels dans les GMF qui ont permis, justement, là, d'avoir
les bons suivis et de ne pas nécessairement...
de toujours avoir le médecin, là, pour offrir... pour offrir les services. Ça
nous amène vraiment une proximité... équipe interdisciplinaire au service des
usagers.
M. Chassin : Et donc, puis là c'est un peu le mantra de la pertinence,
je dirais, mais c'est d'avoir le bon professionnel qui rencontre le patient au
bon moment pour son besoin. Est-ce qu'on a... Puis, je dirais, puis c'est
peut-être un peu prétentieux, là, mais est-ce qu'on a tiré des leçons de
certaines expériences, que ce soient des GMF, que ce soient d'autres types
d'organisations... Le Jeffery-Hale, dont M. le ministre parlait, avec son
urgence mineure, est beaucoup basé sur la collaboration interprofessions. Puis
j'essaie de voir, là, tu sais, cette solution d'avoir une équipe qui travaille
vraiment en collaboration, où on a peut-être... puis... renoncé à certains... à
certains paiements, de la part de certains professionnels, parce qu'on laisse
un autre professionnel poser les gestes que lui peut poser ou elle peut poser.
Est-ce qu'on a, dans le fond, cette volonté d'aller par là parce qu'on a
vraiment appris quelque chose de l'expérience passée? Puis là je ne sais pas si
c'est en GMF ou dans d'autres formules.
Une voix : ...
M. Chassin : Bien, c'est vrai, j'ai dépassé mon temps, excusez-moi.
La Présidente (Mme Poulet) : ...de
cette période d'échange. C'est maintenant terminé.
M. Chassin :
C'est terminé.
M. Dubé : ...tout le monde qui a
participé aujourd'hui, si vous me permettez, là...
La Présidente (Mme Poulet) : Oui,
allez-y.
M. Dubé : ...autant du côté des
oppositions... Je pense qu'en tout cas, moi, c'est une des belles sessions de
crédits que j'ai eues depuis des années et j'aimerais ça que les Québécois
aussi... ont eu la chance d'apprécier la qualité des équipes qui sont ici,
parce qu'à peu près... tout le monde n'a pas pu intervenir, mais plusieurs ont
intervenu, puis je pense que de voir de la profondeur, de la connaissance qu'il
y a du côté non seulement des députés, mais,
je dirais, des équipes qui sont ici... Moi, je veux remercier tout le monde,
Mme la Présidente. Je pense qu'on a eu une journée de crédits qui est très
constructive, puis j'ai un peu mal à la tête, mais, je pense, ça a été une
bonne journée...
La Présidente (Mme Poulet) : Merci
de votre intervention, M. le ministre.
Alors, compte
tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au jeudi 27 avril, à
11 h 30, entreprendra... où elle entreprendra l'étude du volet
Services sociaux des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services
sociaux.
(Fin de la séance à 18 h 44)