Journal des débats (Hansard) of the Committee on Health and Social Services
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, April 18, 2024
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Vol. 47 N° 73
Étude des crédits budgétaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, volet Services sociaux
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Intervenants par tranches d'heure
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B .
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Carmant, Lionel
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B .
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Chassin, Youri
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Provençal, Luc
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Arseneau, Joël
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Garceau, Brigitte B .
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Garceau, Brigitte B .
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Blouin, Catherine
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B .
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B .
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Caron, Linda
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Dorismond, Shirley
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-huit minutes)
Le Président (M. Provençal)
:Bonjour à tous. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Services sociaux des crédits budgétaires du portefeuille
Santé et services sociaux pour l'exercice financier 2024-2025. Une
enveloppe de quatre heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Poulet (Laporte) est remplacée par Mme Picard
(Soulanges); M. Fortin (Pontiac) est remplacé par Mme Prass
(D'Arcy-McGee), et M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Nous allons procéder
à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant
les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à
la fin du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers 16 h 30.
Je suis maintenant prêt à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin, la parole est à vous.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, Mme la sous-ministre. Je vois que
vous avez un bel entourage aujourd'hui, et donc j'espère que nous allons avoir
un échange, durant cette période de crédits, productif.
Je vais commencer, M. le ministre, avec le
projet de loi 37, parce qu'évidemment, la nomination d'un commissaire au
bien-être et aux droits des enfants était ou est une des recommandations phares
de la commission Laurent, incluant l'adoption d'une charte des droits de l'enfant.
Et vous avez déposé le projet de loi, là, depuis le 22 février environ, on
est en suspension de l'étude détaillée, mais vous avez pris une décision, votre
gouvernement a pris une décision d'écarter une recommandation qui était au
coeur des pouvoirs et des responsabilités du <commissaire...
Mme Garceau :
...d'écarter
une recommandation qui était au coeur des pouvoirs et des responsabilités du
>commissaire, et ça, c'était le transfert de tous les pouvoirs de la
CDPDJ, le volet jeunesse, au commissaire.
Vous avez pris une décision, et je dois
vous avouer... Et je veux prendre une période, un certain temps ici en crédits,
parce que je ne suis pas la seule à ne pas comprendre le pourquoi de cette
décision. Parce que si on regarde la situation actuelle, le système de la
protection de la jeunesse actuel, les reportages après reportages de
signalements, le taux de signalement au sommet, le taux, si je peux dire, les
lésions de droits des enfants au sommet, on a des cas particuliers de lésion de
droits, je ne veux pas entrer dans les détails, mais c'est des cas aberrants.
Et, depuis des mois et des mois, on voit
dans les médias, dans les articles, tout le monde véhicule, qui sont dans le
domaine de la protection de la jeunesse, même André Lebon, ancien vice‑président
de la commission, les avocats, tout le monde est en train de poser la même
question : Qui porte la voix des enfants les plus vulnérables? Et il est
là, le problème, parce qu'en ce moment, il n'y en a pas vraiment, une personne
qui porte la voix, qui est à la défense des droits des enfants, surtout ceux et
celles où les droits des enfants sont brimés par le système.
• (11 h 30) •
Et là, j'aimerais comprendre, parce qu'on
a eu la commission Laurent, on a passé deux ans, parce qu'il y avait des
lacunes, il y avait... Les problèmes que nous avons aujourd'hui, on les avait
il y a trois, quatre, cinq ans, et on a mis en place des recommandations qui
n'ont pas encore atterri sur le terrain, mais ce qu'on remarque, c'est : la
situation est pire aujourd'hui, M. le ministre, qu'elle était au moment même du
dépôt du rapport.
Et donc là, j'aimerais que... Et surtout
avec les sorties, et je vais les reprendre, les sorties, surtout de la CDPDJ
récemment : Est-ce que vous allez reconsidérer cette prise de position
concernant le transfert des pouvoirs afin de vraiment implanter, ici, au Québec,
un régime, un régime qui va être à la défense des droits des enfants, de tous
les enfants, et surtout ceux qui sont dans le système de la protection de la
jeunesse?
C'est ça, le... Le vrai chien de garde,
là, qui avait été envisagé dans la commission Laurent, ce n'est pas la CDPDJ.
On en a besoin, d'un vrai chien de garde. Les personnes concernées, même les
éducateurs, les intervenants qui sont dans le domaine veulent un chien de
garde. Est-ce que vous allez démontrer le courage de légiférer puis qu'on ait
un vrai chien de garde dans le PL 37?
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : ...Président.
Écoutez, je vais réitérer... Bien, moi, je tiens à remercier aussi mes
collègues puis tous les gens du ministère qui sont ici aujourd'hui, là, en
appui pour les crédits, une étape importante, puis je vais... Tu sais, comme
d'habitude, je vais être tout à fait transparent avec vous.
Je ne reculerai pas, parce que pour moi,
c'est important que tous les enfants du Québec aient quelqu'un qui porte leur
voix. Je ne sais pas si vous avez lu l'article du Dr Julien ce matin qui
dit que la souffrance, là, elle est partout, elle est dans les milieux que l'on
ne suspecte pas, des milieux privilégiés, des milieux de classe moyenne et
évidemment chez nos plus vulnérables. Donc, moi, je pense que l'idée... Puis
les experts qui sont venus présenter en commission, là, si on exclut les
avocats puis les amis d'avocats puis... qui travaillent à la protection de la
jeunesse et qui, je sens, ont une problématique avec la CDPDJ — ça,
on va venir tantôt — la plupart des gens nous ont dit que c'est
important que le commissaire soit le commissaire de tous les enfants. On a
1,8 million d'enfants au Québec, on veut tous qu'ils aient un porte... une
porte... un porte-voix.
Quant à la problématique de la CDPDJ, ces
gens-là ont une expertise qu'ils ont développée au cours des années, qui est
importante...
11 h 30 (version révisée)
M. Carmant : ...ces gens-là
ont une expertise qu'ils ont développée au cours des années, qui est importante
de respecter, puis moi, je pense que Me Toussaint... Me Tessier et sa collègue,
Me Arpin, font un travail quand même très bon. Ils ont augmenté leur nombre d'investigations,
etc., mais j'ai également entendu la problématique de communication avec les
avocats puis leur absence en cour.
Donc, nous, ce qu'on a travaillé avec le
ministre de la Justice, c'est qu'on a mis sur pied la table jeunesse justice,
qui devait regarder les délais judiciaires à la DPJ, et moi, je leur ai donné
le mandat de régler cette problématique où les avocats nous disent que les
lésions de droits des enfants ne sont pas défendues, parce que tout le monde le
dit aussi, que la CDPDJ a tous les pouvoirs requis pour intervenir. Donc,
réglons le problème à la base au lieu de déplacer une problématique en créant
une nouvelle... une nouvelle institution, permettons au commissaire de faire
son plein travail et réglons le problème de la CDPDJ. On va vous revenir
rapidement avec les conclusions de la table justice jeunesse.
Mme Garceau : ...justice
jeunesse, je comprends, il y a une question, puis ça, on l'a soulevée souvent,
la question des délais devant les tribunaux, parce que les délais sont beaucoup
trop longs, et on a des dossiers qui sont reportés, et tout ça. Ça, c'est une
autre chose, M. le ministre, mais, avec respect, la question de la CDPDJ, là,
et on a juste à regarder...
Malheureusement, il y a un manque de
volonté. C'est comme si on est en train de dire... et j'ai regardé, là, les
récentes... l'entrevue avec Me Tessier, là, de la semaine dernière, et puis on
a décidé, pour des raisons d'efficacité, d'encadrer nos interventions. On a
déterminé que, ah! pour les dossiers de... systémiques de lésions de droits, on
va intervenir, mais les cas particuliers, non, chambre de jeunesse, on va
intervenir quand c'est des causes graves.
Donc, quand c'est moins grave, on n'y va
pas, à la chambre de la jeunesse, puis on le sait, dans la dernière année, ça a
été très limité, leurs interventions devant la chambre de la jeunesse, et on a
décidé, dans sa gouverne, qu'on ne sera pas... ce n'est pas nous qui vont
porter la voix des enfants publiquement. Donc, à un moment donné, quand il y a
un organisme qui prend des décisions que... oui, a tous les pouvoirs, mais
décide de ne pas les exercer, il est là, le problème. Ils n'exercent pas tous
les pouvoirs conférés dans la loi, et c'est pour ça... La commission, quand on
a recommandé le transfert, on ne l'a pas fait pour rien. Il y avait les mêmes
critiques dans... à cette époque-là.
Donc, à un moment donné, on a décidé qu'on
voulait... puis Mme Laurent l'a dit, on voulait un encadrement législatif. On
voulait avoir un nouvel encadrement législatif pour la défense des droits des
enfants comme dans des provinces... comme dans d'autres provinces. C'est une
réforme importante, et on en a besoin, de cette réforme-là, parce qu'on a
besoin du chien de garde qui va... Il va être sous la mêlée de tout... de
toutes les interventions, incluant la DPJ, parce que, moi, quand j'ai un
président de la CDPDJ qui dit : Ah! bien là, quand on a une entente avec
la protection de la jeunesse, bien, c'est à eux autres de les respecter, puis
qu'ils ne font pas de suivi, puis on sait que c'est un problème, qu'ils ne font
pas de suivi, et c'est... ultérieurement, c'est les enfants qui paient le prix
du manque d'intervention.
Ça fait qu'à un moment donné pourquoi
est-ce qu'on entend... on est en train de défendre une commission, avec toutes
ses lacunes, qui n'exerce pas tous ses pouvoirs et qu'on ne dise pas :
Savez-vous, vous dédiez 10 % de votre temps aux jeunes, bien, regardez,
nous, là, qu'est-ce qui est important, c'est la protection, la défense des
droits de tous les jeunes, donc on va tout transférer parce que ça mérite une
personne, un bureau qui va dédier 100 % de son temps, 100 % de son
temps, qui va faire les interventions dans des cas particuliers devant les
tribunaux, qui va être là, qui va écouter les enfants puis qui va être là pour
défendre leurs droits? C'est ça qu'on a besoin, M. le ministre.
M. Carmant : OK, mais, Mme la
députée de Robert-Baldwin, le Barreau est assis à cette table, la cour... la Cour
du Québec est <assise à cette table, tous les membres...
M. Carmant :
...le Barreau
est assis à cette table, la cour... la
Cour du Québec est >assise
à cette table, tous les membres sont assis à la table justice jeunesse pour
s'assurer que les lacunes soient... soient mises... soient corrigées.
Maintenant, si j'avais voulu... si, comme gouvernement, on avait choisi que la
priorité, pour le commissaire, soit vraiment les enjeux avec la DPJ puis qu'on
voulait plus de surveillance de la DPJ, on aurait mis le commissaire au
ministère de la Justice avec la commission. Tu sais, la raison pourquoi j'ai
voulu l'amener aux Services sociaux, parce que j'ai besoin d'un commissaire
pour 1,8 million d'enfants, pour s'occuper de tous les enfants, et, tu
sais, grâce à des changements que vous avez vous-même soulevés en commission
parlementaire, on sait que le commissaire va pouvoir être présent au niveau des
centres jeunesse.
• (11 h 40) •
Puis j'ai très bien entendu les ex-placés
de la DPJ, qui m'ont dit qu'on veut avoir des comités de jeunes dans tous les
centres jeunesse, puis ça, je vais pousser pour ça. En fait, légalement, c'est
déjà permis qu'il y ait des comités d'usagers dans tous les centres jeunesse.
Donc, dès qu'on va avoir adopté la loi ensemble, on va mettre en branle ce processus
pour qu'il y ait des comités de jeunes dans chaque... dans chaque... dans
chaque centre jeunesse, qu'il y ait des comités régionaux de jeunes avec des
représentants des centres jeunesse, et que ces comités soient au comité
national autour du commissaire. Ça fait qu'on va s'assurer que le commissaire
soit présent dans les centres jeunesse, mais il n'y a rien de garanti qu'en
transférant un... de la CDPDJ au commissaire qu'on va changer les choses. Moi,
je dis : Réglons le problème de la CDPDJ, puis on a tout le monde d'assis
à cette table justice jeunesse pour le faire.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée.
Mme Garceau : Moi, je vais
vous parler... Je vous écoute, M. le ministre, mais vous ne m'avez pas
convaincue. Vous ne m'avez pas convaincue, et j'ai l'impression qu'il y en a
plusieurs qui sont très, très déçus parce que ça fait longtemps qu'ils
attendent le chien de garde, puis on n'en a pas un, et c'est vraiment
regrettable compte tenu aussi de toutes les situations qu'on voit dans les
médias, surtout concernant la lésion de droits des enfants, mais j'aimerais
savoir... Vous aviez, dans les cahiers de crédits... et j'ai vu qu'il y a eu
des rencontres avec la sous-ministre et la directrice nationale, avec la CDPDJ,
il y a eu quatre rencontres, et, quand on a demandé si vous aviez, M. le
ministre, rencontré la CDPDJ dans la dernière année, on nous a dit que ce
n'était pas pertinent. Donc, moi, j'aimerais savoir si vous avez eu des
rencontres avec Me Tessier ou des membres de la CDPDJ depuis la dernière année.
M. Carmant : Mais, bien sûr,
je les ai même rencontrés avec vous. Tu sais, moi aussi, ça m'a... ça m'a choqué,
là, ce que j'ai entendu en commission parlementaire, tu sais, d'entendre des
avocats qui disent : Bien, on a besoin d'aide puis on n'a pas l'aide qu'on
réclame. Ça fait qu'immédiatement, tu sais, on a demandé à Me Arpin puis à Me
Tessier, qui étaient en visioconférence, vous vous en souvenez, de nous
expliquer la problématique, puis, en fait, il y avait un collègue du député des
Îles-de-la-Madeleine qui était là également, un député de Jean-Talon, puis il y
a clairement un problème de communication dans le rôle de la CDPDJ, puis, tu
sais, c'est ça que la table justice jeunesse doit régler. Ça fait que moi, je
les ai rencontrés, évidemment.
Mme Garceau : Oui, oui, mais,
malheureusement, M. le ministre, j'aimerais bien pouvoir confirmer que c'est un
problème de communication. Ce n'est pas un problème de communication. C'est un
problème de volonté. C'est un problème que les... Que ce soit Me Tessier, que ce
soit la vice-présidente, la commission a pris une décision de comment gérer les
dossiers volet jeunesse, et, malheureusement, dans cette prise de décision, ils
n'exercent pas tous les pouvoirs qui sont conférés dans la loi, et ça, c'est au
détriment des droits des enfants, et je ne suis pas la seule à le soulever, et
c'est pour ça que la recommandation de la commission Laurent était de
transférer tous les droits et tous les pouvoirs, toutes les responsabilités au
commissaire, parce que, vous savez, M. le ministre, j'ai lu... vous étiez... il
y avait une entrevue la semaine passée, puis vous avez mentionné : Le
commissaire, on va avoir des bureaux dans <toutes les régions dans six...
Mme Garceau :
...vous
avez mentionné : Le commissaire, on va avoir des bureaux dans >toutes
les régions dans six mois.
Ça, ça m'a surpris. Je dois vous dire que,
dans six mois, suite à l'adoption du projet de loi, on va nommer le
commissaire, parce que ce n'était pas si court que ça, comme délai, lors de nos
discussions en commission parlementaire, et que, là, on va... on va véhiculer...
on va avoir partout à travers la province le numéro de téléphone du
commissaire, les enfants vont pouvoir l'appeler, mais... Je comprends qu'il y a
1,8 million d'enfants, mais ce n'est pas tous ces enfants-là qui vont
appeler le commissaire, là, c'est ceux qui sont dans des situations de
vulnérabilité, comme une fille de 12 ans qui a fait cinq tentatives de
suicide parce qu'elle veut rester avec sa mère, puis la DPJ la force à rester
en centre jeunesse. Ça, là, monsieur, on va en parler un petit peu plus tard, mais
ça, cette situation-là, elle est aberrante, puis c'est dans des conditions
comme ça, des situations comme ça qu'on a besoin d'un commissaire.
M. Carmant : Il me reste
du temps, oui? Bien, encore une fois, est-ce que c'est en transférant le rôle
de la CDPDJ de la Justice aux Services sociaux qu'on va améliorer cet enjeu-là?
Moi, j'ai une belle collaboration avec mon collègue ministre de la Justice,
qui... qui veut régler la problématique. On a une table où tous les
participants dans le système judiciaire en lien avec la protection de la
jeunesse sont autour de la table. Ne mettons pas un plasteur, puis réglons le
problème de fond, et réglons le problème à cette table jeunesse justice qui... Sincèrement,
tout le monde, quand on a lancé la table, était très motivé à régler la
problématique, puis, encore une fois, tu sais, je ne vois pas comment, en
déplaçant les avocats de la CDPDJ aux services sociaux, ça réglerait la
problématique. Je pense qu'il faut aller au fond des choses, puis on a tout le
monde qui travaille là-dessus à cette table-là.
Mme Garceau : On doit...
on doit implanter une réforme, M. le ministre. C'est ça qu'on doit faire. On
doit implanter une réforme de la défense des droits ici, au Québec, et cette
réforme-là, c'était le commissaire avec tous les pouvoirs et les
responsabilités pour faire cette défense de droits des enfants. C'est ça qu'on
devrait faire et c'est ça que la commission Laurent voulait faire. Là, je
voulais voir avec vous, compte tenu de... parce que la commission Laurent... Il
y a trois phases au niveau de la mise en œuvre des recommandations, et le
comité de suivi... le comité de suivi concernant la mise en œuvre des
recommandations... et je comprends que, lors des derniers crédits, vous aviez
pris un engagement de travailler avec le comité de suivi, de transmettre les
informations, et tout ça, pour les aider dans leurs travaux. Est-ce que vous
l'avez fait depuis les derniers crédits? Est-ce que vous avez échangé des
documents, des informations avec le comité de suivi? Si vous pourriez me dire
quelles mesures concrètes est-ce que vous avez faites à cet égard...
M. Carmant : Bien oui,
je les ai rencontrés, le comité de suivi, à une reprise, et ils nous ont
demandé les documents démontrant l'évolution de... en fait, le fait qu'on...
qu'on dit qu'on a complété la phase un puis qu'on est en train de
travailler sur la phase deux, et on leur a... on leur a transféré tous les
documents en lien avec cette affirmation-là puis on attend leur prochain
rapport.
Mme Garceau : ...une
rencontre?
M. Carmant : Avec moi,
mais plusieurs avec mon cabinet.
Mme Garceau : OK, et ça,
c'était quand?
M. Carmant : Quand
est-ce que je les ai rencontrés? On va vous trouver la réponse, là. Mon agenda
est bien rempli.
Mme Garceau : OK. Et
aussi, M. le ministre, concernant le groupe d'action interministériel, parce
que je vois qu'il n'y a pas eu de rencontre, depuis la dernière année,
concernant ce groupe d'action, ça, ça m'a surprise.
M. Carmant : Oui, moi
aussi...
Mme Garceau : Est-ce
qu'il y a une raison pour laquelle il n'y a pas eu de rencontre?
M. Carmant : Je suis
surpris, M. le Président. Est-ce que je pourrais passer la parole à la
directrice nationale de la protection de la jeunesse?
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour permettre à
la directrice... Alors, Mme Lemay, je vous cède la parole.
Mme Lemay (Catherine) : Bonjour.
Catherine Lemay, directrice nationale de la protection de la jeunesse et
sous-ministre associée aux Services sociaux.
Alors, la rencontre officielle... parce
qu'il y a eu plusieurs rencontres des comités opérationnels qui découlent de
chacun des projets qu'il y a autant dans la phase un que dans la phase
deux, mais, pour répondre à votre question spécifique, M. le Président, le
groupe <s'est rencontré officiellement...
Mme Lemay (Catherine) :
...pour
répondre à votre question spécifique, M. le Président, le groupe >s'est
rencontré officiellement la semaine dernière en présence de l'ensemble des
sous-ministres associés pour rappeler... Dans le fond, il y avait plusieurs
nouveaux. Donc, on a choisi de faire cette rencontre-là, là, parce qu'il y
avait plusieurs... il y a eu plusieurs changements de chaises dans la dernière
année. Donc, on est venus réitérer la cueillette d'information pour mettre à
jour la phase un, qui sera déposée en juin, là, l'avancée des résultats depuis...
depuis la dernière mise à jour, et recueillir également les projets à enrichir
pour la phase deux, ceux qui étaient déjà déposés, et les nouveaux qui
pouvaient constituer une opportunité pour la prochaine année.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
:Il ne vous reste plus de temps.
Mme Garceau : Il me reste...
Le Président (M. Provençal)
:Non, il reste à peine... moins de
10 secondes.
Mme Garceau : Ah! OK. Donc,
si je comprends bien, il y a juste eu une rencontre avec le... un groupe, et,
le comité de suivi, une autre rencontre, deux rencontres pendant une année
complète?
Mme Lemay (Catherine) : Je
m'excuse, probablement que je me suis mal exprimée. Dans le fond, c'est les
groupes opérationnels soit à l'intérieur du ministère de la Santé et des
Services sociaux ou les groupes interministériels qui se sont rencontrés de
façon régulière pour faire avancer les projets. L'année passée, je vous avais
expliqué qu'on fonctionnait par gestion de projet, donc, davantage axée sur les
opérations, les actions pour porter des résultats, et que le comité
interministériel assurait une vigie à haut niveau pour chacun de ces projets, mais,
effectivement, une fois par année, on fait le point tout le monde ensemble.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme Lemay. Alors, on
va poursuivre avec le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, et vous avez
14 min 40 s.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Merci, M. le ministre. Merci à ses équipes. Merci à la
collègue... les collègues d'opposition.
Je reviendrai sur le volet jeunesse, DPJ,
dans le deuxième bloc. On commencerait avec d'autres choses, volet PSOC,
financement des organismes. J'aimerais aborder quelques cas spécifiques. Je
vais vous parler du monde communautaire, un milieu sans lequel nos services
publics ne tiendraient pas debout.
Moi, j'ai reçu un témoignage, très
récemment, d'une directrice d'un organisme. En fait, hier, là, on la
recontactait. Elle nous dit : «Comme organisme communautaire qui offre des
services en répit et des activités d'apprentissage à la vie autonome à des
adultes ayant une déficience intellectuelle, nous sommes confrontés à faire
16 demandes — 16 — de soutien financier annuellement
pour essayer de poursuivre notre mission, 16 rédactions de projet,
16 budgets, 16 redditions de comptes.» Elle nous dit : les
gouvernements se désengageant de plus en plus et nous laissant, nous, les
familles et les personnes vulnérables avec ce poids — elle dit — c'est
une jambette à la foi, et je n'ai pas besoin de dire que les gens du
communautaire sont sous-payés, et que nous avons de grands enjeux de rétention
de personnel.» Ce sont ses mots. «On se fait donner de plus en plus de travail
dans le communautaire parce que le gouvernement se désengage et, en plus, on
coupe de plus en plus dans les ressources. J'ai réellement l'impression que le
gouvernement souhaite la mort du communautaire.» C'est ce qu'elle dit. «Si le
gouvernement souhaite qu'on fasse la job, il faudra à tout le moins investir
dans ce qu'on fait.»
M. le ministre, le budget prévoit 1,27 %
d'augmentation, si je ne m'abuse, de financement à la mission au PSOC. Est-ce
que vous pensez que c'est suffisant pour notre milieu communautaire?
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le
Président. Je remercie le député de Saint-Henri—Sainte-Anne pour sa question.
En fait, cette année, je vais commencer par cette année, puis ensuite on ira
sur ce qu'on a fait dans le passé, le rehaussement... il va y avoir une
indexation du PSOC qui équivaut à peu près à 28 millions de dollars, et,
en plus, dans le budget, on a... on a parlé d'un 10 millions de dollars.
Donc, c'est 38 millions de dollars en tout, et ce qui est important
de savoir, c'est que cette indexation est maintenant significative, parce qu'on
a augmenté de façon majeure, là, le PSOC au cours des différentes années.
Donc, ici, on voit qu'en 2018-2019 on
était, à la mission globale, autour de 500 millions de dollars, et,
maintenant, on est à 900 millions de dollars à la mission globale, et,
si vous vous souvenez, à l'époque, on nous demandait une augmentation de
350 millions, et on a dépassé celle-ci. Maintenant, c'est sûr qu'on nous
demande beaucoup... encore plus dans le contexte, mais ce qui est important de
dire, c'est que, de 2012 à 2017, là, c'est là qu'on a pris un grand retard, parce
que, de 2012 à 2017, il n'y a eu aucun argent additionnel déposé à la mission
globale. Nous, chaque année, on a fait... on s'est assuré d'ajouter, en plus de
l'indexation, de l'argent à la mission globale.
M. Cliche-Rivard : Merci. M.
le Président. Si on peut s'engager à déposer le tableau, ce serait utile pour
nous.
M. Carmant : Oui, absolument.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci.
M. Carmant : Plaisir.
M. Cliche-Rivard : Deuxième
question, on a beaucoup parlé de l'Accueil Bonneau en ce début d'année.
J'aimerais ça qu'on fasse le point, là. Le 3 janvier, nous apprenions que
les services de l'Accueil Bonneau étaient maintenus par le biais d'une aide
d'urgence <jusqu'au 31 mars 2024...
M. Cliche-Rivard :
...services
de l'Accueil Bonneau étaient maintenus par le biais d'une aide d'urgence >jusqu'au
31 mars 2024. Vous avez parlé de développer aussi des services 24/7,
mais l'organisme était en déficit pour les trois dernières années. Pouvez-vous
nous confirmer la récurrence de l'aide afin qu'on ne vive pas cette crise
encore cette année, et comment avance le projet 24/7?
M. Carmant : Oui. Donc, le
récurrencement du 400 millions est officiel, là.
M. Cliche-Rivard : ...
M. Carmant : C'est pour
l'année... pour l'année en cours, pour 2024-2025, pour 2024-2025.
M. Cliche-Rivard : L'année en
cours, OK, et, à moyen terme, est-ce que...
M. Carmant : Donc, on
travaille... Le CIUSSS Centre-Sud travaille avec l'Accueil Bonneau. L'Accueil
Bonneau fait beaucoup de choses, là, de l'aide alimentaire à un peu
d'accompagnement à l'hébergement. Donc, ils sont... c'est eux qui sont
représentants pour la fiducie également, dans notre Plan d'action
interministériel en itinérance, pour la région de Montréal. Donc, ils ont
plusieurs dossiers, et ce que le CIUSSS nous a demandé de faire, c'est de leur
donner un temps pour travailler avec l'organisme pour clarifier un peu le
financement et la reddition de comptes, et, par la suite, on verra ce qu'il
faut faire pour le moyen, long terme.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, 400 millions, on termine l'année, si j'ai bien compris, c'est ça?
M. Carmant : Le
400 000 $ additionnel pour 2024-2025.
M. Cliche-Rivard : 400 000 $?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK, pour
terminer... puis, sur le volet 24/7, c'est en discussion ou...
M. Carmant : Oui, ça aussi,
c'est ce que... mais ils avaient déjà un volet hébergement. Ils nous
demandaient de le transformer en logements de transition, qui... qui vient dans
notre mission, tout à fait. Donc, ça, oui, on continue à travailler avec eux
là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Donc, on
s'attend, au courant de l'année, à avoir une annonce où on aura quelque chose à
moyen terme, là, pas jusqu'à la fin de l'année à chaque fois. Je comprends que,
là, il y avait une procédure d'urgence.
M. Carmant : Non, non. C'est
ça, le plan, c'est d'avoir une entente à long terme. Quand est-ce que ça va
arriver, je ne peux pas m'avancer...
M. Cliche-Rivard : OK, parce
qu'après trois ans de déficits, c'est difficile, évidemment, pour les
organismes, là, ça fait que, si on peut avoir quelque chose de pérein, ce sera
utile pour tout le monde.
M. Carmant : Pérenne, oui.
M. Cliche-Rivard : Oui, de
pérenne. Les Arches, un petit peu les mêmes discussions, je vais vous laisser
répondre, il semble qu'on a évité la catastrophe de près pour le financement.
Est-ce que vous avez un commentaire sur ce volet-là?
M. Carmant : Oui, les Arches,
ça me demande beaucoup de travail, M. le député.
M. Cliche-Rivard : OK, informez-nous.
M. Carmant : Donc, vous nous
laissez aller un petit peu? La petite histoire des Arches, là, c'est que c'était
un organisme... c'était un organisme qui, vraiment, travaillait sur la mission
globale, mais avait toutes sortes d'individus sous sa responsabilité, dans
toutes sortes de régions. Donc, il y avait des gens qui étaient hébergés là et
qui n'étaient même pas connus du réseau. Ils avaient un système où des
bénévoles européens venaient les aider avec, comme seul système de paie, du
logement. La CNESST est rentrée dans le tableau. Ils ont dû changer leur modèle,
et là, évidemment, leur demande salariale a beaucoup augmenté. Donc, moi, je
suis en train de travailler avec une Arche à la fois pour régler la
problématique et s'assurer que ces gens-là demeurent en hébergement. Donc,
j'ai... j'ai expliqué aux Arches qu'une augmentation du PSOC national, là, ce ne
sera pas la solution. On va y aller région par région, mais je m'étais promis...
à la députée de D'Arcy-McGee de les aider, puis c'est ce que je vais faire.
M. Cliche-Rivard : Mais on ne
perdra pas de services. On va être en restructuration, mais...
M. Carmant : On va tout faire
pour ne pas perdre de services, mais, tu sais, il y avait des endroits où il y
avait des alzheimer errants, là, qui étaient non supervisés. Tu sais, il y
avait des choses pas correctes qui se passaient.
M. Cliche-Rivard : Puis ça,
bien, je les laisserai commenter, évidemment, là. J'ai une question. Je sais
que vous êtes en discussion active, quand même, avec le groupe Portage, mais ça
m'inquiète quand même. Je sais que, pas plus tard qu'hier, si je ne m'abuse,
vous aviez des discussions. N'empêche que ça va faire ou ça fait plus d'une
année que le dossier est en discussion. Il y a d'énormes inquiétudes de
l'organisme. Est-ce que vous avez un message d'encouragement ou un message
positif pour les utilisateurs, mais aussi pour l'organisme, là, qui... qui est
un petit peu, je vous dirais, inquiet, quand même, pour être franc, là, de
l'évolution des choses, de comment ça se passe? Est-ce que vous avez un
message?
M. Carmant : Bien, il y a
deux choses dans le dossier Portage. Un, ils ont une entente... bien, ils ont
une entente très bien financée, là. On parle de 16 millions de
dollars, là, donc, c'est difficile de dire aux autres organismes qu'on va
augmenter le PSOC de Portage, mais une entente qui, pour des raisons qui ne
sont pas encore claires pour moi, là, mais on est en train de regarder ça au
niveau du ministère, n'est pas indexée au même niveau que les autres. Donc, une
des pistes de solution, c'est de s'assurer que ces ententes particulières puissent
être indexées, puis, ça, on est en train de regarder ça au niveau des finances,
puis l'impact de si on change l'entente avec Portage, qu'est-ce que ça va avoir
sur notre environnement des organismes communautaires en général. Puis, deux,
on travaille sur une piste de solution également avec le CIUSSS Centre-Sud, le
ministère pour voir si on ne peut pas trouver un autre mode de financement pour
leurs activités en leur donnant une possibilité, que j'avais déjà <discutée
avec eux il y a quelques...
M. Carmant :
...mode
de financement pour leurs activités en leur donnant une possibilité, que
j'avais déjà >discutée avec eux il y a quelques années, dans la
transition à l'itinérance également, surtout ceux qui ont des antécédents de
toxicomanie, un endroit où on a besoin d'aide, le logement de transition, et
eux, ils ont des... ils ont des disponibilités. Donc, on en a discuté hier puis
on s'est quittés dans... en bons termes, avec un prochain rendez-vous bientôt.
M. Cliche-Rivard : J'entends.
Je suis sûr que vous y travaillez, mais vous savez que ça... puis ce n'est pas
nécessairement de votre faute à vous, mais ça s'étire quand même en longueur,
et je les sens inquiets quand même. Donc, si on peut faire un blitz de négo de
votre part et de leur part, je pense que tout le monde y serait gagnant. C'est
le message que j'envoie aujourd'hui. Qu'on puisse annoncer quelque chose de
beau pour Portage rapidement, c'est mon souhait.
Un autre thème, M. le ministre,
l'employabilité inclusive. Je vais vous lire, en fait, une description de tâche
qu'on a trouvée dans une cafétéria de cégep : «Débarrasser les assiettes
et jeter le reste dans la poubelle ou dans les bacs de compostage, tirer la...
trier la vaisselle et les verres et déposer les ustensiles dans le bac de
trempage, rincer les assiettes, laver et ranger les cabarets, vider les
poubelles.» Ma première question, là, est assez toute simple. Vous pensez que
ça vaut combien de l'heure, ce genre de travail là, selon vous?
• (12 heures) •
M. Carmant : Pardon?
M. Cliche-Rivard : Combien ça
devrait valoir de l'heure, être rémunéré pour faire ce genre de tâche là dans
nos cégeps?
M. Carmant : Avec quel genre
de formation ça prend...
M. Cliche-Rivard : Bien, on
parle de vider les poubelles, rincer, débarrasser. À votre avis...
M. Carmant : 17 $
l'heure, 20 $ l'heure, je ne sais pas.
M. Cliche-Rivard : Parce que
nous, on a rencontré un jeune. On va l'appeler Jérôme, là. Il travaille dans un
cégep de la région de Québec et il effectue des tâches que j'ai nommées. En
fait, les tâches, il les effectue quatre fois par semaine, mais, parce qu'il
vit avec une déficience intellectuelle, ce qu'on appelle un plateau de travail,
Jérôme gagne 5 $ par jour pour faire ces tâches-là quatre fois par semaine
depuis un long moment, et moi, je ne trouve pas ça normal, puis je me demande
si vous, vous trouvez ça normal, que, quatre fois par semaine, pour une longue
période, Jérôme fasse 5 $ par jour.
M. Carmant : Est-ce que... mais
est-ce qu'il a de l'accompagnement? Est-ce que... Ça dépend du cadre dans
lequel ça se passe, là, parce qu'une des choses que je suis quand même très,
très fier, là, c'est de l'augmentation des opportunités d'activités
socioprofessionnelles qu'on a mises dans le réseau depuis notre arrivée, un
investissement, là, de 16,5 millions de dollars. Ce que les groupes
m'ont dit, cependant, puis, ça, on est en train de regarder ça... On est en
train de s'assurer que ces tâches-là, ces activités-là soient... soient
comblées par des gens qui... dont le profil est en adéquation avec la tâche.
Donc, l'enjeu, c'est si... Ce qui nous
inquiète un peu, c'est que certaines personnes avec des déficiences plus
légères font des... ce qui ressemble être un travail régulier, tandis que,
nous, ce qu'on... nous, les activités socioprofessionnelles qu'on a
développées, c'est évidemment pour ce qui... ce qui regarde le ministère de la
Santé et des Services sociaux, c'est-à-dire ceux qui ont des déficiences
modérées à sévères. Donc, c'est parce que la phase un et deux, la déficience
légère, c'est beaucoup plus au niveau du ministère du Travail. Nous, le
ministère des Services sociaux, c'est les plus... c'est modéré et sévère.
M. Cliche-Rivard : J'entends
ce que vous dites. Nous, ce que le terrain nous dit, là, c'est
qu'effectivement, malheureusement, il y a une pérennisation de ce qui devrait
être temporaire.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis on
voit aussi que les plateaux reçoivent 30 fois plus... 30 fois le montant
que les programmes d'intégration. Donc, il y a un enjeu là. En 2020, vous le
savez, la Vérificatrice générale a fait des constats accablants sur
l'intégration et le maintien en emploi des jeunes personnes handicapées, mais
le manque de leadership gouvernemental et du sous-financement maintiennent ces
jeunes-là dans la précarité. C'est ce que les groupes me disent.
Et on a même eu... Cette année, on en a
parlé beaucoup au niveau de l'immigration, mais le rapporteur spécial des
Nations unies a aussi dénoncé ces éléments-là dans son rapport. Il dit : «Dans
les centres occupationnels, les personnes avec une DI travaillent pour des
entreprises privées tout en étant payées moins que le salaire minimum.» C'est
ce que le rapporteur spécial dit, là : «Ceci est permis grâce à des
exceptions législatives sur la base d'un diagnostic.» Le rapporteur spécial,
lui, il considère cette pratique comme hautement discriminatoire. Est-ce que
vous avez l'intention d'intervenir pour que cessent ces pratiques discriminatoires,
M. le ministre?
M. Carmant : Bien, nous, on a
créé un poste, en fait, dans chaque région pour, justement, que le ministère du
Travail puis le ministère des Services sociaux se parlent et qu'il y ait une
fluidité dans cette employabilité-là. Puis, tu sais, moi, j'ai des... j'ai des
anciens patients autistes qui sont des... qui travaillent pour des compagnies de
TI, là, puis on s'entend que, s'il arrive quelque chose, ils peuvent régresser
et avoir besoin des services plus de... au niveau de la santé et services
sociaux, et, quand ils s'améliorent, ils peuvent retourner vers le travail
régulier.
Donc, on a... on travaille sur cette
intégration puis cette fluidité-là, mais, comme j'ai dit aux différents groupes
que j'ai rencontrés, ça va quand même prendre un certain temps, mais j'avoue
qu'il ne faut pas que les gens demeurent dans des travaux qui sont sous-rémunérés
pour leur capacité, puis souvent les employés... les employeurs ont cette
tendance-là, quand ils ont quelqu'un de très performant...
12 h (version révisée)
M. Carmant : ...des travaux
qui sont sous-rémunérés pour leurs capacités, puis souvent les employeurs ont
cette tendance-là, là, quand ils ont quelqu'un de très performant, à le garder,
là, mais moi...
M. Cliche-Rivard : ...je peux
comprendre au niveau de l'intégration, je peux comprendre au niveau du début,
ensuite il faut qu'on passe à l'emploi régulier...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...et qu'on
quitte les exceptions. Je suis content de vous entendre dire que vous parlez
avec votre collègue au Travail. Je pense que c'est quelque chose qu'il va
falloir qu'on évalue, parce que là, malheureusement, des jeunes comme Jérôme,
il y en a plusieurs, qui seraient capables... en fait, qui mériteraient, qui
méritent 100 % la rémunération auquel ils ont droit par nos normes de
travail de base. Et ça devrait se passer. Je comprends que ça va nécessiter
peut-être des adaptations, des investissements, mais je pense que c'est un
champ qu'on... qu'on doit intégrer rapidement. Et le fait que les Nations unies,
quand même, viennent nous rappeler à l'ordre, d'une certaine façon, c'est quand
même... on l'a vu dans le dossier de l'immigration, mais là on le voit dans
celui-là aussi, c'est quand même assez notoire. Et, quand un rapporteur spécial
vient faire une enquête terrain, puis ce n'est pas qu'au Québec, là, et dénonce
ça, nous, on a le devoir de répondre. Puis je suis content de vous entendre
aujourd'hui nous dire que... vous ne me dites pas demain matin, là, mais vous
me dites que vous y travaillez avec votre collègue, à le sensibiliser, puis qu'on
pourrait s'attendre à quelque chose de mieux dans les prochains mois, dans les
prochaines...
M. Carmant : ...on parle
d'années.
M. Chassin :...le document que le collègue a lu, je ne sais pas si c'est
possible de le transmettre au secrétariat pour pouvoir le...
M. Cliche-Rivard : Sans
problème. C'est...
M. Chassin :Je comprends que c'est public, là, c'est juste... ça nous
épargne de le chercher.
M. Cliche-Rivard : Sans
problème.
Le Président (M. Provençal)
: Merci.
M. Cliche-Rivard : C'est un
rapport des Nations unies, c'est assez simple à trouver, mais on va le déposer.
M. Carmant : ...comme on a créé
beaucoup de places depuis qu'on est au gouvernement. Puis je comprends la
problématique, c'était...
(Interruption)
M. Carmant : Je me dépêche, M.
le Président. C'est ça, les postes ont été comblés par une clientèle qui est,
je l'avoue, au-dessus de ce qu'on... de ce qu'on voulait recruter, mais on va y
aller.
Le Président (M. Provençal)
:Le signal a confirmé que son temps
était écoulé.
M. Carmant : Mais donnez-moi
un peu de temps, quelques... années, en années, en années.
Une voix : ...
M. Carmant : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
la parole est à vous pour 14 min 40 s.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Bonjour, M. le ministre, chers collègues, membres de l'équipe
ministérielle. Merci d'être là pour cet exercice annuel fort important et, j'allais
dire, assez agréable, quand même, à chaque année.
Je voudrais d'abord poser une question
concernant la direction de la protection de la jeunesse, mais, en fait, juste
avant, faire le point sur le projet de loi n° 37, dont l'étude est
suspendue depuis un certain nombre de semaines. Est-ce qu'on a un calendrier
pour la reprise des travaux? Et est-ce qu'on peut nous expliquer ce qui se
passe présentement en attendant le retour en commission?
M. Carmant : Bien, écoutez,
la dernière... une des dernières journées, on était rendus à certains des
amendements et... qui incluaient les amendements au sujet des Premières Nations
et Inuits. On avait entendu leurs demandes face à la reconnaissance de C-92 et
des changements importants par rapport, justement, au commissaire adjoint, là,
dont on avait parlé à ce moment-là. Donc, on est en train de modifier ces
règlements-là, ces points-là. Puis, pour respecter ce que je leur avais dit en
Chambre, bien, on a fait ça de façon conjointe. Donc, j'ai eu plusieurs
discussions avec Makivik, avec le Nunavik, avec l'APNQL, avec les centres d'amitié
autochtones pour voir... pour arriver à ce que je considère être des
amendements qui vont être raisonnables à leurs yeux, là. Donc, dès qu'on aura
le feu vert de nos... de nos collègues des Premières Nations, on se remet au
travail.
M. Arseneau : Est-ce que vous
allez jusqu'à... jusqu'à dire que vous êtes en train de coconstruire ces... cette
partie du... de la loi?
M. Carmant : Bien, on ne peut
pas leur dire exactement qu'est-ce qui est, là, parce que... à cause de... pour
des raisons de parlementarisme, mais, oui, on est en train de coconstruire pour
la suite.
M. Arseneau : Est-ce que
ça... Est-ce que vos... Parce qu'on peut s'attendre, donc, à des amendements
qui seront déposés, vous êtes en train d'en convenir avec certains groupes.
Est-ce que le volet rôle de la CDPDJ est également dans votre collimateur à l'heure
actuelle, fait l'objet de travaux?
M. Carmant : Alors, on va
redéposer aussi rapidement que possible. Puis, au niveau du rôle de la CDPDJ,
comme je mentionnais tantôt, non, on a plutôt créé la table jeunesse justice
avec mon collègue de la Justice, parce que la CDPDJ est sous la gouverne du
ministre de la Justice, et on a créé une table où le ministère de la Santé est
là, les DPJ sont là, la chambre du... la chambre jeunesse est là, la chambre du
Québec est là, la commission de la direction juridique, tous les... le Barreau
est là. Donc, tous les acteurs clés qui peuvent <gérer...
M. Carmant :
...de
la direction juridique, tous les... le Barreau est là. Donc, tous les acteurs
clés qui peuvent >gérer cette problématique, on les a assis à la même
table. Initialement, c'était juste pour gérer les délais judiciaires, mais là
on leur a dit : Réglez, là, ce problème d'interprétation du rôle de la
CDPDJ, principalement l'article 23b, là, qui revient souvent, par rapport
aux lésions de droits.
• (12 h 10) •
M. Arseneau : Mais... Mais
cela n'a pas d'incidence sur le retour de la commission au projet de loi?
M. Carmant : Non.
M. Arseneau : C'est une autre
table qui va avoir ce travail-là à faire dans le moyen, long terme?
M. Carmant : Oui. Je pense
que c'est... on va les laisser gérer ça.
M. Arseneau : Donc... Donc,
j'avais posé une question, je ne suis pas sûr si vous avez répondu. Votre
échéancier, ce serait d'ici?
M. Carmant : C'est le plus
vite possible.
M. Arseneau : D'accord.
M. Carmant : Dès que... On
doit... On doit déposer les amendements, là, Dossdec, et puis, dès que
possible, on revient en commission parlementaire, là. On parle de semaines, là,
tu sais, pas... pas plus.
M. Arseneau : D'ici quelques
semaines.
M. Carmant : Moi, j'ai bien
hâte de recommencer aussi.
M. Arseneau : Excellent. Merci.
Merci pour la mise à jour. J'apprécie.
Je voulais revenir sur, évidemment, le
rapport Laurent, on en parle à chaque année et plus souvent encore, sur les 60...
65 recommandations qui étaient faites et le plan de match que le
gouvernement s'était donné en trois phases. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire
aujourd'hui sur l'avancement, justement, de la mise en œuvre? En mai dernier,
il y a eu un rapport qui a été... de mise à jour qui a... qui a été fait.
Est-ce qu'on peut avoir une nouvelle mise à jour, là, sur là où on est rendus à
l'heure actuelle?
M. Carmant : Mais, écoutez,
je pourrais y aller point par point, mais ça prendrait quand même pas mal de
temps, mais pour vous dire que la phase 1, nous, on considère qu'elle est
complétée à, comme, 99 %, là.
M. Arseneau : 99 %?
M. Carmant : Oui. Et on
travaille vraiment dans la phase 2 et on est bien avancés sur la plupart
des points au niveau de la phase... au niveau de la phase 2. Évidemment,
le commissaire est un des plans... des points les plus importants. Un autre
point des plus importants, c'est la... c'est la formation des intervenants et
un programme d'accueil, orientation, intégration en rétention qu'on est en
train de mettre sur pied également. Donc, ça, c'est les principaux... les
principales choses qu'on travaille.
M. Arseneau : Quand vous
dites vous êtes en train de le mettre sur pied, il n'est pas... ces
programmes-là ne sont pas encore en vigueur, c'est l'élaboration à laquelle
vous travaillez.
M. Carmant : Exactement.
M. Arseneau : Est-ce que vous
avez un échéancier pour les mises en œuvre de ces programmes?
M. Carmant : Ça devrait se
faire dans les... dans les prochains mois, j'espère.
M. Arseneau : Dans les
prochains mois.
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : Donc, peut-être
d'ici l'automne.
M. Carmant : Oui. Je... Oui.
Je pense que d'ici l'automne serait... serait quelque chose de très
raisonnable. Puis, comme vous le savez, on s'était donné deux ans pour la
phase 1, deux ans pour la phase 2. Donc, nous... pour nous, on est...
on est dans les lignes du temps qu'on s'était mises... mises de l'avant.
M. Arseneau : Parce que la
phase 2 se complétait en 2025 ou en 2024? Je...
M. Carmant : 2025.
M. Arseneau : En 2025.
M. Carmant : Fin... Oui.
M. Arseneau : D'accord,
d'accord. Puis, ensuite, c'est ça, la phase 3, c'est jusqu'en 2027. Mais
j'avais l'impression que c'était 2023, mais, enfin, peu importe. Vous nous
dites que...
M. Carmant : 2021-2023,
2023-2025, 2025-2027.
M. Arseneau : À l'heure
actuelle, vous ne voyez pas d'obstacle ou d'écueil, là, pour... pour respecter
les délais que vous vous êtes fixés?
M. Carmant : Non, on avance
très bien, en fait.
M. Arseneau : Merci. Je
voudrais vous... attirer votre attention sur un élément que j'ai amené dans
l'étude de crédits avec votre collègue ministre de la Santé concernant
certaines données qui figurent au tableau de bord du ministre, un tableau,
j'imagine, que vous consultez également assez régulièrement, puisqu'il y a des
éléments qui recoupent vos responsabilités, et le ministre de la Santé m'a
référé à vous pour... pour certaines questions.
Alors, j'irai d'emblée avec le
questionnement sur, justement, le temps d'attente pour une évaluation... une
première évaluation à la DPJ, et j'aimerais avoir votre opinion là-dessus. Je
cherche, là, mon onglet. Je ne sais pas si vous avez accès au tableau. Puis je
n'irai pas de façon très, très technique, mais j'ai fait le plaidoyer puis je
veux juste rappeler que je trouve étonnant, mais ce n'est pas... ce n'est pas
une critique, que l'on identifie l'onglet Protection de la jeunesse avec une
attente moyenne, pour obtenir une évaluation, de 34,95 jours, donc on peut
parler de 35 jours, et on a un bandeau vert comme si les choses allaient
bien. On me dit : Bien, c'est une variation périodique, le... les choses
s'améliorent. Les choses s'améliorent peut-être par rapport à la période
précédente. L'enjeu, c'est que la cible qui est fixée déjà, qui existe depuis
déjà nombre <d'années...
M. Arseneau :
...L'enjeu,
c'est que la cible qui est fixée déjà, qui existe depuis déjà nombre >d'années,
la cible à... cible à atteindre de délai d'attente moyen, est de 21 jours,
21,4 jours. Ça, c'est la cible que se fixe le ministère depuis... depuis nombre
d'années. Et, lorsqu'on a mis en ligne le tableau de bord en mai 2022, le temps
d'attente, et il y avait un bandeau rouge comme quoi ça n'allait pas très bien,
on était à 28 jours et... 28 quelques jours. Aujourd'hui, on est à
35 jours. La période qu'on vient de traverser, on était à 43 jours.
Donc, il y a effectivement une amélioration par rapport à la période
précédente, mais vous voyez que, pour le citoyen qui regarde ces tableaux-là, qui
va dire : Est-ce que les choses s'améliorent?, bien, on dit : Oui, ça
s'améliore par rapport à la période précédente, mais on est encore loin de la
cible.
Ma question est la suivante : Avec
ces fluctuations-là, qui sont quand même largement au-delà de la cible de
21 jours, quels sont les moyens concrets et réalistes qu'on peut mettre en
place pour espérer véritablement, d'ici la fin du plan stratégique, d'ici deux
ans et demi, qu'on puisse véritablement ramener ça? Parce que, sur le long terme,
ça ne s'améliore pas. 21, 28, 42, 35, on... ça ne s'améliore pas. Est-ce qu'il
y a des moyens concrets que vous pouvez nous révéler, nous indiquer qui peuvent
nous permettre d'espérer que 21 jours... 21 jours étant déjà un long
délai?
M. Carmant : Oui. Bien,
merci beaucoup pour la question. Je pense, ce qu'il faut comprendre, c'est
qu'il y a... il y a trois types de signalements, là : les niveaux 1,
là, les P1, puis les niveaux 2, P2, qui ont des délais très courts, là,
P1, c'est immédiat, P2, c'est... c'est 24 heures, puis eux, ils sont pris
en charge tout le temps dans les délais requis. Maintenant... Maintenant, le
gros enjeu, c'est les P3, qui souvent sont des... puis c'est ça que j'essaie
d'amener, là, quand je dis qu'il faut que la première ligne en fasse plus puis
qu'on... qu'on utilise moins la DPJ, c'est que les P3, c'est souvent des
solutions... c'est des conditions plus chroniques et qui... et qui sont le
gros, gros, gros des signalements, là. Comme, sur 43 000 signalements
retenus par année, il y en a 10 000 qui sont des P1, P2 puis 33 000
qui sont des P3. Mais, chaque fois qu'on... qu'on fait des avancées, puis
c'est... c'est ça, un peu, le paradoxe, c'est qu'on évalue plus de P3 pour
diminuer nos listes d'attente, mais nos chiffres de délai moyen d'attente
augmentent en paradoxe, là. Donc, même quand on fait un bon travail, ça ne
paraît pas parce que, quand on diminue nos listes d'attente, bien, nos délais
d'attente, vu qu'on voit plus de gens qui attendaient depuis longtemps,
augmentent.
Donc, nous, ce qu'on vise, c'est vraiment
modifier l'approche qui était une de blitz, là, ce qu'ils appelaient des blitz,
où, pendant une fin de semaine ou une semaine, là, tout le monde est appelé à
venir aider la DPJ, pour avoir, avec les... suite aux dernières négociations et
la reconnaissance que plusieurs des employés de la DPJ sont... font du 24/7,
donc vont mériter les... toutes les primes qui sont associées à la
tâche 24/7... qu'on puisse avoir une plus grande prévisibilité de
l'horaire et vraiment étaler, comme la santé physique, le travail à la DPJ sur
une période de sept jours-semaine, où, sur une base volontaire, les gens qui
font du temps... du temps... qui travaillent la fin de semaine ou qui font du
temps supplémentaire aient accès à toutes les primes qui sont nécessaires. Donc,
avec ce volontariat-là, on espère vraiment diminuer les listes d'attente de
façon significative.
Et, en plus, dans le contexte de Santé
Québec, une des... une des alternatives qui nous aidait beaucoup, c'est que des
équipes où ça allait bien, dans des régions où ça va bien, qui n'ont pas de
délai d'attente... de liste d'attente significative, allaient aider les régions
plus en difficulté. On a eu des demandes syndicales de... qui nous ont fait
arrêter cette pratique-là, mais, dans le contexte de Santé Québec et d'un
employeur unique, l'équipe mobile va pouvoir revoir le jour éventuellement.
M. Arseneau : Mais, si
on veut résumer pour les citoyens qui nous écoutent puis quand on regarde,
justement, les tableaux sur une période d'un peu plus d'un an, en fait de deux...
presque trois ans, on s'aperçoit que, grosso modo, là, l'attente est
peut-être... varie en... autour de 40 jours, par rapport à l'objectif qui est
de 20 jours. Est-ce que... Malgré les ressources que l'on consacre, est-ce
que vous jugez que... En fait, ma question est : Est-ce que ce sont les
ressources qui sont en jeu ou le nombre de signalements qui sont à la hausse?
Quelle est la part, en fait, du défi qui relève des ressources humaines et, par
ailleurs, du <nombre...
M. Arseneau :
...Quelle
est la part, en fait, du défi qui relève des ressources humaines et, par
ailleurs, du >nombre de signalements...
• (12 h 20) •
M. Carmant : Bien, je pense,
c'est vraiment les deux. La bonne nouvelle, c'est qu'avec les investissements
qu'on a faits en première ligne... Vous savez, l'an dernier, on disait qu'on
avait augmenté de 1 % ou 2 % le nombre de signalements, là, c'était
la première fois que ça arrêtait d'augmenter de 5 % à 10 % par année.
Bien, cette année, on va avoir plafonné puis même diminué le nombre de
signalements cette année, des chiffres qui devraient sortir bientôt, là, avec
le bilan des DPJ. Donc, on disait... meilleur service en première ligne, on est
en train de renverser la courbe. Également, il y a moins de... le pourcentage
de signalements retenus est en train de diminuer parce qu'il y a plus de
première ligne dans les dossiers.
M. Arseneau : Justement, le...
c'est... c'est important. Vous dites : Les chiffres vont être révélés
bientôt, mais il y a déjà des chiffres qui sont disponibles dans le tableau de
bord, où on nous dit que les signalements reçus, là, pour... au 6 avril,
sont en diminution de 13,28 %. Ça...
M. Carmant : Ça, c'est
beaucoup, ça.
M. Arseneau : Le nombre de
signalements reçus, oui. Et le nombre de signalements retenus sont aussi en
baisse de 11 %. Donc, le bilan annuel, ça devrait être... Bien, peut-être
que vous pouvez préciser, là. Je veux... Je veux bien interpréter les données
qui sont disponibles.
M. Carmant : Alors, sur
l'année, ce n'est pas ça. Je pense que ça... Pour la même... Pour la période
équivalente l'an dernier, c'est ça, les chiffres qui sont sur le tableau de
bord. Mais, nous, ce qu'on... ce que je vous parle, c'est sur la... sur la base
de l'année 2023-2024. Puis, ça, ça va être plus autour de quelques points
de pourcentage, la diminution.
M. Arseneau : Quelques points
de pourcentage. Donc, diminution de signalements et diminution de cas retenus.
M. Carmant : Rétention de
signalements. Puis ce qui est...
M. Arseneau : Et augmentation
de ressources, vous nous dites.
M. Carmant : Et augmentation
de ressources. Et ce qui est important aussi, c'est que... la raison pourquoi
les signalements ne sont pas retenus, c'est parce que... dans la... dans les
dossiers où ce n'est pas retenu, c'est qu'il y a déjà quelqu'un en première
ligne qui accompagne la famille et qui fait le suivi.
M. Arseneau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Nous allons revenir avec la députée
de Robert-Baldwin pour les 22 prochaines minutes.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. M. le ministre, parlons maintenant d'un autre sujet fort important,
puisque nous avons été informés, dans les derniers mois, de l'état des centres
jeunesse : vétusté. Une installation sur cinq est vétuste. Et même, je
sais, lors d'une entrevue avec Nathalie Collard, vous avez mentionné : Les
travaux sont faits quand ça sort dans les médias.
Je tente de comprendre, M. le ministre,
compte tenu qu'on parle de... des environnements, les lieux de vie, des
conditions de vie des enfants, qui sont vraiment, vous savez... dans certaines
installations, c'est pitoyable. Il n'y a personne qui devrait rester dans ces
établissements-là, surtout, on va parler du Mont Saint-Antoine, avec
moisissures, champignons, bains condamnés, infiltrations d'eau, et j'en passe.
Comment se fait-il que, cette situation-là,
on n'a pas attaqué le problème il y a, comme, des années? C'est ça, ma question :
Comment se fait-il que c'est aujourd'hui avec un taux élevé de vétusté de nos
établissements?
M. Carmant : Bien, écoutez,
notre gouvernement a augmenté le PQI de façon significative, là, de 50 %, là,
de, c'est quoi, 100 milliards à 150 milliards de dollars, le... celui
de la Santé a augmenté de façon significative, de 18 à 24 milliards de
dollars, et on a des projets du centre jeunesse au niveau du PQI, trois qui
sont très actifs.
Maintenant, les frais d'entretien, on les
donne aux établissements année après année. Quand est-ce que... Les... La
décision d'effectuer les travaux est vraiment locale. Puis c'est ça que je
voulais dire, que je trouve ça extrêmement dommage que c'est quand il y a... on
entend qu'il y a un enjeu médiatique que là ils utilisent l'argent qu'ils ont
déjà pour faire ces rénovations-là.
Maintenant, on est en train de... Ce qu'on
a demandé actuellement, la directrice nationale est en train de faire le... en
train de faire le tour des différents centres jeunesse pour regarder la
situation. J'ai demandé au... également à M. Desbiens de nous faire une
classification fonctionnelle, parce qu'on a une classification technique, là,
celle que vous mentionnez, des centres jeunesse, mais faire une classification
fonctionnelle de... des différents établissements. Et chacun va nous donner une
classification, et, à partir de là, on verra si on doit <utiliser...
M. Carmant :
...chacun
va nous donner une classification, et, à partir de là, on verra si on doit >utiliser
un autre modèle pour faire le suivi de cette vétusté des différents centres
jeunesse, là. Mais, pour le moment, on se fiait beaucoup à nos... à nos
établissements.
Puis, tu sais, quand... quand j'entends le
CIUSSS nous dire : Bien, on a... on a déjà remis un projet... mais, si le
projet qu'ils nous ont remis, ils l'ont quand même priorisé troisième dans la
liste de leurs projets... quand on a des choix à faire, gouvernementaux, on va
au premier, deuxième choix avant de faire le troisième choix. Donc, il va
falloir voir si... est-ce qu'on fait une petite gestion locale centre jeunesse
ou est-ce qu'on... comment on va modifier notre approche, parce que je suis
conscient qu'il faut faire des changements.
Mme Garceau : Est-ce que tout
ça va devenir public, en termes de classification?
M. Carmant : Laissez-moi
m'informer, là, donnez-moi une minute.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce que vous réussissez à
comprendre? Parce que moi, je ne comprends pas bien.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Consentement? Alors, madame, vous
allez vous nommer et votre fonction, pour répondre après.
Mme Pradet (Isabelle) : Désolée.
Isabelle Pradet, architecte, directrice des projets immobiliers au ministère de
la Santé.
Donc, l'état de vétusté est déjà public au
Secrétariat du Conseil du trésor dans le Plan québécois des infrastructures puis
le plan de gestion des infrastructures, le PAGI, qu'on appelle. Donc, on a
toutes les informations globales sur les infrastructures. Donc, cette
information-là est déjà publique pour les infrastructures.
Mme Garceau : ...aller
directement au point, parce que M. le ministre a parlé de classification. C'est
cet aspect-là qu'on veut savoir, si ça, ça va être public.
Mme Pradet (Isabelle) : Oui.
La classification, vous avez les chiffres, A, B, C, D, E. Donc, ça, c'est déjà
public dans le PAGI.
Une voix : ...
Mme Pradet (Isabelle) : Ah! la
nouvelle démarche? Oui.
Mme Garceau : Merci, madame.
Mme Pradet (Isabelle) : Je
suis désolée, pardon.
Le Président (M. Provençal)
:On finit par se comprendre.
Mme Garceau : On finit... Oui,
oui. Donc, oui, ça va être public, OK.
Le Président (M. Provençal)
:Merci.
Mme Garceau : Quand est-ce
que vous avez visité, M. le ministre, le Mont Saint-Antoine?
M. Carmant : Oui, ça fait... Bien,
je n'ai pas la date, là, on peut essayer de regarder dans mon agenda la date,
mais j'ai déjà visité le Mont Saint-Antoine.
Mme Garceau : Mais, dans la
dernière année, est-ce que vous avez visité?
M. Carmant : Oui, je dirais
que oui, dans la dernière année, mais je suis en train de chercher la date.
Mme Garceau : ...
M. Carmant : Ah! bien, je suis
allé, je suis même allé deux fois. Je suis allé une fois pour une activité de
la fondation puis une fois pour visiter les lieux. Ça, je peux vous le dire,
mais les dates...
Mme Garceau : La visite des
lieux, est-ce que c'était récent? Est-ce que c'était cette année?
M. Carmant : Bien, moi, je
dirais... moi, je vous dirais l'été 2023, là, mais ils sont en train de
chercher la date, là. Et c'est suite à cette visite-là qu'on avait insisté pour
que les changements... les rénovations soient faites, puis il y a eu toutes
sortes d'incidents qui ont été rapportés par le CIUSSS qui ont retardé les
rénovations.
Mme Garceau : Parce que...
Oui. Parce que je présume que, quand vous êtes allé visiter, admettons, si
c'est été dernier, vous avez quand même témoigné de l'état pitoyable des lieux.
M. Carmant : 8 mai 2023.
Mme Garceau : Donc, lorsque
vous êtes... vous êtes allé visiter...
M. Carmant : ...millions de
dollars pour rénover les lieux.
Mme Garceau : Mais quelle a
été votre impression quand vous êtes allé visiter les lieux?
M. Carmant : Bien,
premièrement...
Mme Garceau : C'était
pitoyable.
M. Carmant : Bien... oui, je
ne dirais pas «pitoyable». Tu sais, c'est un immense site, le Mont Saint-Antoine,
là. Ma première réaction, c'est : Pourquoi ne pas faire quelque chose de
moderne sur place, là? Mais c'est sûr que les... c'est vétuste, là, je... c'est
vétuste, mais, tu sais...
Mme Garceau : OK. Parce que
j'ai eu... j'ai eu récemment un entretien avec Mme Gallo, qui nous disait que
les photos qui avaient été publiées dans Le Soleil, c'étaient des
photos qui dataient il y avait... de deux ans. C'est ça qu'on nous a dit. Et
nous, on a obtenu des photos très récentes qui démontrent encore... et, je dois
vous dire, c'est pas mal <préoccupant...
Mme Garceau :
...très
récentes qui démontrent encore... et, je dois vous dire, c'est pas mal >préoccupant.
Donc, elle, d'après elle, ce n'était pas si pire que ça... et qu'ils avaient
fait des rénovations. Et là nous, on a obtenu des photos, puis je vais vous les
montrer, mais là on... Mont Saint-Antoine, amiante, danger. Ça, c'est dans la
salle de bain, parce que... Et voici encore, là, salle de bain, qu'on ne peut pas
utiliser. Et ça continue. On a des fils à l'extérieur. On a encore de l'eau qui
coule. C'est pas mal abominable. Donc, j'ai été surprise que la PDG me dit que
tout est beau, on fait des rénovations, mais semble-t-il que c'est... c'est
pire qu'elle m'avait mentionné.
Et moi, je voulais savoir, en termes de
budget, est-ce qu'il y a un budget qui va être alloué, est-ce qu'il y a un
budget additionnel ou est-ce que les fonds sont déjà déployés, est-ce que tous
les établissements qui doivent faire des rénovations ont déjà l'argent.
• (12 h 30) •
M. Carmant : Bien, pour le
Mont Saint-Antoine, ils ont encore beaucoup d'argent pour faire les rénovations
requises. Ils n'ont pas dépensé tout leur budget. Mais, nous, c'est pour ça
qu'on fait ce... qu'on refait ce travail de visite et de classification, pour
voir quelle... quelle doit être l'approche, est-ce que c'est... est-ce qu'on...
est-ce qu'il va falloir qu'on réserve un... dans... tu sais, une partie du PQI
Santé pour nos... pour nos centres jeunesse si on voit que les établissements
ne les priorisent pas, est-ce que... Il faut... Il faut qu'on... qu'on obtienne
les données, puis on va... on va analyser les choses.
Mme Garceau : Donc, c'est
quoi, l'échéancier pour faire une visite, si je peux dire, l'état des lieux, et
pour déterminer?
M. Carmant : Bien, nous, on
veut que ce soit le plus rapidement possible et avant cet automne, c'est sûr,
parce que nous, on commence à réfléchir au budget à partir du mois de novembre,
donc, tu sais, au plus tard, il faut en... il faut qu'on ait les données pour
septembre, là.
Mme Garceau : Et, après ça, est-ce
qu'il y a quelqu'un qui va être responsable au niveau d'un suivi auprès des
établissements pour assurer que, oui, les rénovations sont faites dans un temps
raisonnable, que les choses se poursuivent?
M. Carmant : Oui, oui, on...
C'est sûr que c'est... c'est une chose qui est importante. Et, justement, si on
demande aux services techniques de faire cette évaluation-là, ce sera... ce
sera eux qui vont faire les suivis, évidemment.
Mme Garceau : OK. Parlons...
On a... On a parlé de l'état vétuste des établissements, mais, comme nous le
savons tous, il y a aussi le problème des conditions... des conditions, si je
peux dire, de vie dans ces établissements-là, et, les salles d'isolement qui
sont utilisées, il y en a plusieurs, on a vu des photos, c'est comme des
cellules de prison. C'est vraiment abominable, tant qu'à moi. Je ne sais pas
vous, de votre côté, comment vous voyez ça, parce que je pense qu'on l'a appris
en même temps, lorsque je vous ai posé la question concernant l'enfant de neuf
ans à Cartier qui avait été... parce qu'il avait été tannant, avait été mis
dans une salle d'isolement. Pour moi, je dois vous dire, j'ai été en choc, et
je sais que la plupart des gens aussi. Les gens trouvent, ça, que c'est
aberrant, que c'est vraiment inhumain, c'est même des pratiques qu'on pourrait
dire barbares. Et on a le... Cartier, en particulier, une augmentation de
72 %, 72 % au recours aux mesures de retrait et de contrôle.
On a M. André Lebon qui a mentionné
l'autre jour, qui a remarqué... il a fait le commentaire que des intervenantes
sont en train de dire que c'est comme si nous, on est là... c'est comme des
prisons dans... dans certains établissements, on est en train de créer des
monstres. Les intervenantes, les éducateurs qui ont dénoncé les conditions, ils
sont allés aux médias...
12 h 30 (version révisée)
Mme Garceau : ...les
intervenantes, les éducateurs qui ont dénoncé les conditions, ils sont allés
aux médias pour dénoncer les conditions dans lesquelles on met ces enfants-là.
Il y a un manque de formation également concernant... et ça, on va en discuter.
Mais moi, j'aimerais... Moi, je ne sais pas, M. le ministre, mais ça me touche
énormément, comme citoyenne, comme parent, en termes de... et comme juriste
aussi, parce que ces enfants-là, là, c'est des lésions de droit. C'est des
détentions illégales. Il y a une violation flagrante à leur droit, d'être placé
dans ces... dans ces genres de cellules. Est-ce que vous allez changer ce
système-là? Est-ce que vous allez le revoir?
M. Carmant : ...je pense que
ce que... Le travail qu'on fait, principalement, c'est... c'est au niveau de la
formation. Puis, en formant mieux nos éducateurs, tu sais, avec la formation qu'ils
appellent ARC, là, attachement, régulation, compétence, partout où ça, ça a été
implanté, on a vu une diminution du nombre de contentions et d'isolements.
Donc, c'est... nous... moi, je pense que l'important, c'est d'améliorer la
qualité des soins de nos... pour nos jeunes. C'est là, un peu, qu'effectivement
l'enjeu de la main-d'oeuvre indépendante en est un, là, parce qu'on veut que ce
soit... qu'il y ait une certaine stabilité autour de nos jeunes, surtout qu'on
a de plus en plus de jeunes à besoins particuliers dans nos... dans nos centres
de réadaptation. Puis, eux, il faut les mettre dans des endroits où ils sont
pleinement équipés pour prendre soin d'eux. Mais je pense que la meilleure
formation des éducateurs, c'est... c'est la clé.
Et, comme je mentionnais tantôt, on est en
train de mettre sur pied un programme Accueil, orientation, intégration,
rétention, qui est vraiment une formation qui va... puis qui fait partie de la
phase deux, là, qui est vraiment une formation qui va être dédiée aux
intervenants de la protection de la jeunesse et qui va inclure ces formations
au niveau du trouble de l'attachement et également, évidemment, la violence
conjugale, dont... sur ce on va parler tantôt, mais... Donc, ça, c'est
important pour nous, que tous nos intervenants et tous nos éducateurs soient
formés avec ce type d'approche là, qui, on voit, a un impact significatif sur
la diminution de... justement, des contentions et puis des isolements chez
nos... chez nos jeunes.
Mme Garceau : Dans le rapport
de la commission Laurent, une des recommandations, c'était de faire une vigie
des mesures de contrôle, de revoir ces mesures-là. Est-ce qu'on ne pourrait...
Est-ce qu'on ne pourrait pas changer cette façon de faire? Surtout, en 2024, M.
le ministre, là, on en a vu, des photos. Puis même, j'ai... j'ai tenté d'aller
voir le Mont Saint-Antoine. J'attends encore, là. Ça fait trois semaines que j'ai
fait une demande pour aller visiter. J'espère que vous allez pouvoir faciliter
cette rencontre pour moi, et dans d'autres établissements également. Parce que,
pour moi, des salles d'isolement comme j'ai vu dans les photos, là, ça ne
devrait pas exister. Ça ne devrait pas exister. Les mesures de contrôle, de
laisser des enfants dans... L'impact psychologique...
Puis je ne suis pas la seule à le dire,
là. Il y en a, des psychologues, il y en a, des anciens, des ex, même, qui sont
venus en commission parlementaire. On le fait aux adultes, puis ils nous
racontent les histoires de comment ça les a affectés d'être en salle d'isolement,
puis on fait ça à des enfants de neuf ans, des enfants de sept ans. Il y a un
petit garçon de sept ans dans les Laurentides, 300 mesures de contrôle
dans un an. Ça n'a pas de bon sens. Et c'est pour ça, pour moi, c'est une
situation de lésion de droit. On ne devrait pas mettre des enfants de cet
âge-là dans des... l'équivalent de cellules de prison. Il est là, mon point.
Est-ce que vous, vous êtes d'accord de
laisser ces salles d'isolement telles quelles, qu'on continue cette pratique,
ces mesures de contrôle de mettre des enfants aussi jeunes dans ce genre d'environnement
là? On est en train de... c'est comme une détention illégale. C'est en
violation de leur droit, ils ne <peuvent...
Mme Garceau :
...en
train de... c'est comme une détention illégale. C'est en violation de leur
droit, ils ne >peuvent pas... ils ne peuvent pas appeler quelqu'un, là.
Ils sont là tout seuls. L'impact psychologique est néfaste, et pas juste à
court terme, à long terme.
On parle de nos enfants. Il me semble
qu'il y a une meilleure façon, moins inhumaine, moins barbare de pouvoir aider.
Parce que ces enfants-là, là, sont là pour une raison. Ils sont déjà des
victimes, hein, soit de violence conjugale et toute autre raison. Et là, c'est
comme si... Je vais utiliser le terme de Nancy Audet, là, la violence
institutionnelle. C'est ça qu'elle a dit. C'est une forme de violence
institutionnelle. C'est ça l'isolement. Il faut que ça change, M. le ministre.
On ne peut pas laisser nos enfants vivre dans des conditions comme ça. On est
dans un système... système de protection de jeunesse pour protéger nos enfants,
pas... On n'est pas là à leur détriment. On n'est pas là pour brimer leurs
droits, on est là pour les aider. Pouvez-vous, s'il vous plaît, vous engager à
revoir ce système-là?
• (12 h 40) •
M. Carmant : Bien, comme
je vous dis, je m'engage à ce que nos éducateurs soient mieux formés. Puis de
s'éloigner de ce modèle-là, je suis tout à fait d'accord avec vous.
Je veux juste vous donner quelques
chiffres qu'on... pour vous montrer quand même qu'on s'améliore. 2022-2023,
pour l'isolement, c'était 6 021. Donc, il y a une vigie. Cette année,
4 588. Même chose pour les contentions, on aurait diminué de 18 780
en 2022-2023 à 16 299 en 2023-2024. Puis même... Donc, il y a des
programmes de formation. On travaille avec Boscoville aussi pour ces enfants
plus problématiques. Mais... C'est ça.
Donc, moi, je pense qu'il faut... il faut
s'assurer de bien former nos éducateurs. J'imagine qu'ils prennent ces
mesures-là quand ils ont peur que l'enfant se blesse ou... Mais je suis
d'accord avec vous, tu sais, il faut... il faut s'éloigner de ça. Puis je...
Puis on va travailler pour ça.
Mme Garceau : Il faut...
Mais c'est ça, M. le... Il faut revoir... J'aimerais, si vous le permettez, M.
le Président, pour... Parce que dans le cahier qu'on a reçu, on n'avait pas ces
données-là. On avait demandé les données, et malheureusement, il n'y avait pas
de données. Le... Votre ministère ne détient pas les données sur le nombre de
mesures d'empêchement mises en place dans les établissements. Donc, si vous
pourriez vous engager pour qu'on puisse avoir ces données-là, s'il vous plaît.
Oui? Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Nous en sommes maintenant à la partie
gouvernementale. Alors, Mme la députée de Bonaventure.
Mme Blouin : Merci
beaucoup, M. le Président. Salutations à tous les collègues ici présents des
deux côtés de la salle. Salutations à M. le ministre et son impressionnante
équipe aussi. Vous êtes nombreux quand même, il faut le souligner.
Et je vais continuer avec un sujet qui est
très cher pour le ministre. En fait, je vais parler à nouveau de nos enfants.
Je pense que plusieurs d'entre nous, ici, avons des enfants. Et je pense aussi
qu'on s'entend pour dire que leur bon développement, surtout en bas âge, est
vraiment crucial pour leur réussite future. Et je pense particulièrement à la
période 0-5 ans, bon, qui, très certainement, comporte son lot de défis
pour la plupart des parents. Mais on est aussi conscients que, durant cette
période-là, il y a plusieurs aspects très importants qui vont se développer.
C'est là où les enfants vont apprendre à marcher, à penser, à parler, à
interagir aussi avec leur environnement. Sauf que certains enfants peuvent
aussi présenter des retards de développement. Et ça, ça peut aussi entraîner
des conséquences vraiment importantes à long terme sur leur vie.
Donc, c'est exactement pour ça que, lors
du précédent mandat, notre gouvernement a lancé le programme Agir tôt,
c'est-à-dire pour dépister vraiment en amont certains troubles de développement
qui peuvent survenir chez les enfants. Prenons par exemple les retards de
développement en matière de langage. Ça peut entraîner bien sûr des
conséquences sur l'apprentissage, sur les relations sociales et même sur la
santé mentale des enfants. Alors, ça démontre... ça démontre vraiment toute
l'importance de détecter, mais surtout de traiter ces retards dès que possible.
C'est un processus, évidemment, qui est
complexe, le développement des enfants. On va parler de motricité fine,
globale, de la cognition, de la communication, des interactions sociales, de
l'autonomie, donc des retards vraiment dans l'un ou dans plusieurs de ces
domaines-là, ça peut, comme je le disais, entraîner vraiment des conséquences
qui sont super importantes. Et je parlais de retard de langage tout à l'heure,
mais un retard de motricité aussi, ça peut vraiment limité, par exemple, la <participation...
Mme Blouin :
...tout
à l'heure, mais un retard de motricité aussi, ça peut vraiment limité, par
exemple, la >participation de l'enfant aux activités quotidiennes, donc
vraiment des impacts qui sont super importants.
Ceci dit, les retards de développement,
par contre, ne sont pas toujours évidents à détecter, ça peut être très, très
difficile, particulièrement pour des nouveaux parents. Alors, c'est exactement
pour ça, en fait, que les professionnels de la santé jouent un rôle déterminant
dans la détection précoce des retards de développement. Et récemment, on a
appris dans les médias qu'il y a un projet pilote qui a été un franc succès du
côté de Saint-Jérôme, avec les équipes d'évaluation diagnostiques qui vont
faire partie intégrante, justement, d'Agir tôt. Alors, j'ai quelques questions
pour le ministre en lien avec ça. D'abord, est-ce que c'est possible pour vous
de nous parler de ce projet pilote là et de nous dire pourquoi ça a été un
franc succès?
M. Carmant : ...pour la
question. Députée de Bonaventure, écoutez, Agir tôt, c'est un changement
important qu'on a fait dans la façon de voir les retards de développement. Puis
ce qu'il faut savoir, en lien avec toute la discussion qu'on a eue ce matin,
c'est que, parmi ces signalements P3, là, il y en a beaucoup qui sont pour
des troubles d'apprentissage, retards scolaires puis négligence parentale en
lien avec ça. Parce que ce qui est important de savoir, c'est que beaucoup de
ces problèmes d'apprentissage sont aussi transgénérationnels. Donc, un parent
qui a un retard de langage, une déficience intellectuelle légère a plus de
chances d'avoir un enfant qui a la même problématique et souvent a moins
tendance à consulter pour cette problématique.
Donc, quand on a intégré Agir tôt, on a
ajouté 800 professionnels pour la réadaptation, soit des ergos, des
orthophonistes, des éducatrices spécialisées, des psychoéducatrices pour aider
le développement de nos jeunes. Mais initialement, quand on a ajouté ces
intervenantes-là, mon but c'était de s'assurer qu'on voit les enfants avant
leur entrée à l'école. Mais avec le... quand le drapeau diagnostic est levé, bien
c'est souvent autour de quatre, quatre ans, quatre ans et quelques. Donc,
l'intervention, selon moi, se faisait encore trop tard.
Donc, ce qu'on a fait pour changer les
choses, c'est... on a introduit une visite de dépistage à l'âge de 18 mois
lors de la vaccination par l'infirmière à Agir tôt qui fait un bilan du
développement de l'enfant et qui décide s'il y a des signes de retard de développement
à ce moment-là, retard de développement qui corrèle très bien avec le retard
d'apprentissage, les troubles d'apprentissage à l'école. En fait, c'est assez
surprenant de voir que le nombre d'enfants qui échoue l'évaluation de
vaccination de 18 mois, c'est à peu près 25 %, 26 %. Puis on
sait que nos élèves EDHAA, là, ceux qui ont des troubles d'apprentissage, c'est
exactement le même chiffre, 25 % à 27 % de nos jeunes.
Et en plus, dans les deux groupes, il y a
une surreprésentation de garçons, quelque chose qui est très important parce
que souvent on avait tendance à dire : Ah! c'est un petit gars, il marche
tard ou il parle tard, ne t'inquiètes pas, il va récupérer. Mais non, même eux,
ils ont besoin de stimulation précoce. Donc, on donne cette stimulation... On a
réussi à donner... Notre première intervention, ça a été de donner cette
stimulation précoce suite au dépistage par l'infirmière. Et ça, on a réussi à
baisser l'âge d'intervention vers quatre ans, quatre ans et demi plus vers deux
ans, huit mois; trois ans.
Mais encore on voulait continuer à
s'améliorer, et l'enjeu qu'on avait, c'est que, dans certaines régions, puis
c'était quelque chose qu'on connaissait tous avant, mais avant de faire
l'intervention plus spécialisée... L'intervention en première ligne, on était
capable de la donner avec l'évaluation Agir tôt, mais une intervention plus
spécialisée par des orthophonistes qui sont associées, qui sont connues, avec
les troubles de communication sévères, avec le TSA, etc., ça se donnait dans
les CRDI. Et pour ça, pour avoir accès à un CRDI, auparavant, au Québec, avant
notre gouvernement, ça prenait un diagnostic. Nous, on a... pour essayer de
rendre ça plus fluide et d'enlever ce besoin de diagnostic, on a créé des
équipes d'évaluation diagnostique.
Donc, maintenant, à travers le Québec, on
est en train d'établir... puis avec l'aide des pédiatres aussi, on est en train
d'établir des équipes d'évaluation diagnostique dans toutes les régions du
Québec où le pédiatre vient se joindre à l'équipe Agir tôt en CLSC, hein,
quelque chose qu'on est en train de remettre en vie, les CLSC, pour faire cette
évaluation diagnostique avec les intervenantes qui connaissent déjà l'enfant,
faciliter le diagnostic et s'assurer d'une fluidité du suivi. Donc, maintenant,
s'il y a un enfant qui a un retard de langage, bien, on dira : C'est
probablement un trouble du spectre de l'autisme. Bien, l'intervenant en CRDI
peut venir aider cette équipe-là, donner des conseils et poursuivre cette
intervention-là. Donc le déploiement des équipes d'évaluation diagnostique, là,
c'est un <autre...
M. Carmant :
...cette
intervention-là. Donc le déploiement des équipes d'évaluation diagnostique, là,
c'est un >autre moment-phare dans l'évolution du programme Agir tôt, on
en veut partout.
Les pédiatres nous ont... nous
accompagnent là-dedans. En fait, ils ont même... nous ont même aidés en
investissant dans le programme de l'IPAM, là, sur la pertinence des actes médicaux,
parce qu'ils disent : Bien, plus on va avoir d'évaluations diagnostiques
rapidement, plus on va avoir d'équipes sur le terrain pour nous aider avec les
jeunes, bien, meilleur ça va faciliter notre travail puis le pronostic de ces
jeunes-là, parce que tout le monde, on veut que ces jeunes puissent intégrer
l'école régulière le plus possible à la maternelle cinq ans, et, pour ceux qui
auront des besoins plus spécifiques, bien, le milieu scolaire pourra les
reconnaître d'avance et s'organiser avant leur arrivée à l'école.
Mme Blouin : Merci. Merci
beaucoup, Monsieur...
M. Carmant : Je ne sais pas
si j'ai été clair.
• (12 h 50) •
Mme Blouin : Oui, oui,
absolument, très, très clair. Merci. Et on sait aussi qu'Agir tôt est un peu...
très populaire, en fait, un peu victime de son succès. Il peut y avoir des
délais d'attente pour avoir accès à un premier service d'Agir tôt, mais
récemment vous avez aussi annoncé un montant de 20 millions qui va
justement venir s'attaquer à réduire les délais. Et je sais qu'il y a un lien
aussi avec l'Institut de la pertinence des actes médicaux, qu'on connaît aussi
sous l'acronyme IPAM. Peut-être nous rappeler, dans un premier temps, la raison
d'être de l'IPAM et nous dire aussi comment cette somme-là de 20 millions
qui... va venir aider à réduire les délais d'attente.
M. Carmant : Bien, l'IPAM
vient des surplus qui avaient été accordés dans les... par les anciens
gouvernements, là, aux médecins spécialistes, que notre collègue ministre de la
Santé, quand il était au Trésor, est allé rechercher, pour justement éliminer
des actes qui étaient moins pertinents puis mettre le focus sur les actes qui
sont beaucoup plus pertinents, et, au niveau de la trajectoire des jeunes en...
avec des problèmes de développement, bien, cette intervention précoce là, c'est
vraiment l'acte le plus pertinent.
Donc, même si initialement les fonds de
l'IPAM étaient réservés pour des actes médicaux, bien, les pédiatres ont eu
le... tu sais, ont eu l'instinct de nous dire que : Bien, nous, on veut
vraiment améliorer le pronostic de nos jeunes, et on veut investir dans ces
cliniques d'évaluation diagnostique, et on veut investir aussi en amont de ces
cliniques d'évaluation diagnostique là en permettant à plus de professionnels
de la santé de faire les interventions en première ligne et de lever un drapeau
au besoin, encore plus rapidement. Donc, on est très contents de cet
investissement de 20 millions de dollars là, qui, je l'espère, va
nous permettre de diminuer de quatre ans à 2,8, à 2,3, à peut-être avant l'âge
de deux ans.
Puis, tu sais... Puis je le sais que
beaucoup de ces équipes... Je les entends, là, qui nous disaient : Bien, c'est
difficile pour nous, professionnels, de savoir que, tu sais, les enfants
attendent pour avoir leurs services, puis ils sentaient une certaine pression.
Mais, encore une fois, je leur dis : Avant, ils passaient inaperçus, puis
c'était à l'âge scolaire, puis souvent il était trop tard pour intervenir.
Donc, déjà, ce qu'on fait, c'est très bien, puis c'est le fun de voir qu'on a
encore le désir de s'améliorer puis d'intervenir encore plus vite.
Mme Blouin : Bien, merci.
Vraiment, je pense que... on le fait, le bien pour nos enfants, vraiment.
Puis là, je vois que le temps file. Je
vous emmène ailleurs, mais on va rester quand même connectés à nos enfants,
c'est-à-dire qu'on a mis en place, notre gouvernement, le programme Ma famille,
ma communauté, qui est, on le rappelle, une initiative qui va vraiment viser à
renforcir, là, le tissu social, à favoriser aussi l'intégration harmonieuse des
communautés. C'est...
Ce projet-là, c'est vraiment un engagement
de notre gouvernement envers la promotion de l'inclusion, de la diversité puis
de la cohésion sociale, aussi. On fournit un soutien qui est ciblé, donc le
programme va aussi permettre de créer un environnement qui est accueillant, qui
est propice à l'épanouissement vraiment de tout le monde, et, à travers Ma
famille, ma communauté, on reconnaît l'importance des familles comme piliers de
société, mais on reconnaît aussi le rôle central des communautés dans le
processus d'intégration.
Et ce qui est beau avec Ma famille, ma
communauté, c'est que ça repose sur une collaboration étroite entre différents
acteurs. Je pense notamment aux établissements du réseau de la santé, aux
organismes communautaires, aux établissements scolaires aussi, entre autres
choses.
Et ça m'a particulièrement marquée, cette
approche collaborative là, quand j'ai annoncé le déploiement de Ma famille, ma
communauté en Gaspésie au nom du ministre. Donc, chez nous, vraiment, c'était
super beau à voir, cette approche-là, qui permet de maximiser l'efficacité des
interventions, mais de garantir une prise en charge globale des besoins des
familles. On va aussi favoriser le développement d'une culture inclusive et
participative au sein de la société.
Et je sais que vous avez déployé beaucoup
de Ma famille, ma communauté depuis quelques années, c'est difficile de tenir
le compte. Je pense, si je ne me trompe pas, qu'on est rendu peut-être à une
vingtaine. C'est une très belle avancée pour nos familles, alors je pense que
c'est important de le souligner.
Et, dans cette lignée-là, l'automne
dernier, M. le ministre, vous avez annoncé le projet pilote Agir ensemble, donc
on voit peut-être une intégration de deux beaux concepts ici. Ça a été annoncé
en <Estrie...
Mme Blouin :
...on
voit peut-être une intégration de deux beaux concepts ici. Ça a été annoncé en
>Estrie, alors, et en très peu de temps, ça a eu beaucoup de succès.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer c'est quoi, ce projet-là? Et peut-être
c'est quoi aussi, son lien avec Ma famille, ma communauté?
M. Carmant : Oui, absolument.
Merci beaucoup, députée de Bonaventure, de qui je reconnais l'âme
communautaire. Je sais que vous êtes issue de ce milieu-là puis j'apprécie
beaucoup. Bien, en fait, c'est important ici de faire le lien avec la
protection de la jeunesse quand on parle de Ma famille, ma communauté. Puis ça
aussi, je vais en déployer partout au Québec.
Ce que Ma famille, ma communauté fait,
c'est de regrouper les intervenants de première ligne, les intervenants de la
protection de la jeunesse et tous les intervenants qui gravitaient autour de
l'enfant et de la famille pour donner une option autre que le placement de
l'enfant quand... quand il y a un bris au niveau du fonctionnement. Donc, c'est
superimportant de... parce que ce que ça vient... c'est que ça vient diminuer
le nombre de placements à travers le Québec. Et eux, ils appellent ça le
processus d'évaluation en équipe. C'est beaucoup plus facile pour la famille,
parce que c'est... c'est souvent amené par un organisme communautaire à la famille,
souvent la Maison des familles qui parle de ça aux parents. Donc, les parents
sont beaucoup plus volontaires. Les parents sont présents. Les parents peuvent
amener n'importe quel membre de leur famille ou de leurs amis à la table
également, qui peuvent contribuer.
Puis ça, ça permet ce processus
d'évaluation en équipe, là, dans plus de 90 %, de garder l'enfant dans son
milieu. Donc, ça... ça évite un placement à la DPJ dans des... on les a souvent
placés dans des endroits où il y a peu de ressources, soit des familles... peu
de familles d'accueil, ou le centre jeunesse est à distance, donc ils sont
déracinés de leur milieu. Puis ça, l'efficacité est vraiment très, très, très
élevée. Donc, on en veut partout, des Ma famille, ma communauté.
Il y en avait une dizaine, là, dans... qui
avait été subventionnée par un projet de la fondation Chagnon à l'époque, là,
plus le... 15... 15 à 20 qu'on a annoncés, mais on en voudrait dans chaque
RLS, puis il y a 90 RLS au Québec. Heureusement, il y a du momentum, parce
que c'est difficile d'asseoir tout le monde à la table, puis d'avoir un
grand... tu sais, d'organiser tout ça, mais vraiment de plus en plus, on en
voit.
Puis de Ma famille, ma communauté Granby,
donc les organismes qui s'assoyaient ensemble, bien, est né Agir ensemble. Puis
je pense que c'est vraiment beau de voir que ça vient de Granby où on connaît
tous l'histoire triste. Et eux, ce qu'ils font, c'est qu'en amont de la DPJ,
ils s'assoient tous ensemble, une fois ou deux par mois, pour discuter des enfants
problématiques.
Parce que, souvent, les services
scolaires, la première ligne qui signale les enfants, bien, ils attendent au
dernier moment, puis là, ils appellent la DPJ quand ils sont à bout. En fait,
la majorité des signalements viennent de la police, de la première ligne et du
service... et des services scolaires, une minorité de la population. Et ça,
c'est important de le dire, parce que maintenant qu'ils ont Agir ensemble,
bien, le réflexe, à Granby, c'est de... c'est d'avoir une rencontre Agir
ensemble pour les enfants problématiques.
Donc, j'étais là-bas, là, il y a une ou
deux semaines et ils m'ont dit que la première ligne ne signale plus, le centre
de services scolaire... des cas de négligence, là, ne signale plus de cas de
négligence, qui sont les P3, en général. Les centres de services scolaires
aussi soumettent les discussions à la table Agir ensemble. Donc là, on est en
train d'avoir un impact majeur parce que, comme je vous dis, 33 % des
signalements sont des... sont des cas de négligence, sont des... Et la majorité
des cas qui sont retenus sont des P3, et souvent c'est de la négligence
éducative, alimentaire, vestimentaire, scolaire.
Puis le message, ici, là, c'est qu'il faut
que l'on transforme le Québec d'une société bienveillante à une société bien
traitante. Il faut arrêter de prendre le téléphone et signaler, puis il faut
aider nos jeunes puis nos familles vulnérables.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, compte tenu de l'heure, la
commission va suspendre ses travaux jusqu'à 14 heures. Merci.
Et je veux mentionner qu'il y a eu un
dépôt sur le Greffier de reddition de comptes 2022-2023 du Fonds de
prévention et de recherche en matière de cannabis, qui est sur Greffier pour la
consultation des membres.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 h 01)
Le Président (M. Provençal)
:Rebonjour à tous. Nous allons
reprendre nos travaux. Je vous rappelle que la commission est réunie afin de
poursuivre l'étude du volet Santé et services sociaux des crédits budgétaires
du portefeuille Santé et services sociaux pour l'exercice financier 2024-2025.
Nous en sommes maintenant à un bloc d'interventions
de l'opposition officielle. Dans un premier temps, c'est Mme la députée de Robert-Baldwin
qui va prendre la parole et, par la suite, sa collègue, Mme la députée de D'Arcy-McGee,
va prendre le relais. Alors, Mme la députée.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le ministre, j'aimerais parler pour quelques minutes
du déploiement... du déploiement des formations en violence conjugale et,
évidemment, l'aliénation parentale. On en avait discuté l'année passée,
exactement, les crédits, qu'il y avait un retard dans le déploiement des
formations en violence conjugale, que ce n'était pas suffisant, une heure en
ligne. Vous étiez d'accord avec moi. J'avais mentionné même le nom de Simon
Lapierre comme étant l'expert dans le domaine en termes de formation. Et j'avais
fait... On en avait discuté, parce que je vous avais... On avait parlé de l'aliénation
parentale, vous aviez dit, à ce moment‑là, que ça n'existait pas parce que ce n'était
pas dans la loi. Donc là, je comprends que vous êtes contre l'utilisation de l'aliénation
parentale, de ce concept.
Et évidemment, nous connaissons très bien
qu'est-ce qui s'est passé depuis les derniers mois dans les reportages de
Florence Lamoureux et Yasmine Abdelfadel de QUB, concernant un nombre important
de mères qui ont perdu la garde de leurs enfants suite au fait qu'elles ont
dénoncé la violence conjugale lors des évaluations avec la protection de la
jeunesse. Et on les a, je vais le dire, faussement accusées d'être des mères
aliénantes, elles ont perdu la garde. Et ça fait en sorte que je reviens sur
cette question. Deux choses, parce que lors de l'émission, l'entrevue sur QUB,
vous aviez mentionné que vous étiez pour vérifier les données auprès, là, des
établissements concernant ces dossiers d'aliénation parentale, donc,
premièrement, j'aimerais savoir si ça a été fait.
M. Carmant : ...merci, M.
le Président. Oui, l'évaluation a été faite. D'ailleurs, la journaliste Émilie
Dubreuil nous a contactés et la directrice nationale de la protection de la
jeunesse a donné ses chiffres. Juste pour clarifier, moi, ce que je disais, c'est
que ce qu'on voulait éliminer avec la loi, c'est que dans un contexte de
violence conjugale, qu'on ne puisse pas utiliser l'aliénation parentale pour
retirer l'enfant à la personne victime de violence conjugale, parce qu'on ne
peut pas parler d'aliénation parentale dans ce contexte-là de violence
conjugale. Puis, on avait changé la loi pour justement s'assurer que, dans ce
contexte de violence conjugale là, cet argument ne soit pas utilisé.
Donc, nous, au cabinet, on a fait une
vérification des jugements et, depuis le changement de la loi, on a vraiment
vu... on n'a pas retrouvé de cas où le juge disait : On va retirer l'enfant
puis le placer chez le parent violent, dans un contexte de violence conjugale.
Maintenant, je passerais la parole, M. le Président, à la directrice
nationale de la protection de la jeunesse, qui elle était...
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Allez-y, madame.
Mme Garceau : ...parce
que là, vous me dites... Vous dites que vous avez fait une vérification dans
tous les dossiers où il y a eu des constats d'aliénation parentale depuis la
dernière année...
14 h (version révisée)
Mme Garceau : ...des
constats d'aliénation parentale. Depuis la dernière année, il y a eu des
constats d'aliénation parentale et vous avez fait une révision de tous ces
dossiers-là, c'est ça, votre témoignage aujourd'hui.
M. Carmant : On a
regardé les jugements au plumitif pour voir si le retrait de l'enfant était lié
à de la... dans un... dans les contextes de violence conjugale, à de l'aliénation
parentale. Mais ça, c'était... bon, j'avoue que c'est... ça a été fait par le
cabinet, mais on a également demandé à la directrice nationale de la protection
de la jeunesse d'aller regarder dans les établissements pour voir qu'est-ce qui
s'était passé. Parce qu'on en trouvait avant le changement législatif puis on
en trouve également beaucoup à la Cour du Québec dans les contextes familials,
là, justice familiale, mais au niveau des centres... au niveau de la cour
jeunesse, de la chambre de la jeunesse, au niveau du plumitif, on n'avait rien
trouvé. Donc, on a demandé à la directrice nationale d'aller plus loin, puis je
la laisserais vous expliquer les démarches qu'elle a faites.
Mme Garceau : OK, s'il
vous plaît.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce que je passe la parole à votre collègue?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Ou Mme Lemay? Mme Lemay.
Mme Lemay (Catherine) : Bonjour.
Je n'ai pas besoin de me représenter à nouveau, hein?
Le Président (M. Provençal)
:Non, ça a été fait.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
tel que l'a dit M. le ministre, on a fait une recension, puis là je tiens à
préciser que ce n'est pas une recension faite avec les données informatiques, c'est
une recension de chacun des dossiers qui ont été retenus en 38, c.1 à travers l'ensemble
des établissements du Québec. Donc, c'est une compilation manuelle, ça a
demandé d'aller ouvrir chacun des signalements et de voir le contenu pour avoir
un état des lieux puis surtout avoir une première rétroaction sur ce que nous
dit l'application de la loi depuis le changement législatif.
Alors, dans le fond, ce qu'il faut
retenir, puis là je ne donnerai pas toutes les statistiques, mais deux choses
qui, moi, m'ont... me sont apparues importantes à retenir, c'est que dans
94,7 % des cas recensés... pardon, la majorité des enfants, soit
94,7 % des enfants ne vivent pas uniquement avec leur père. Et si je peux
donner un cas de figure d'une région, et ça s'illustre comme ça dans l'ensemble
des régions du Québec, la majorité des enfants où il y a eu un contexte où les
enfants ont été confiés à leur père, c'est dans le contexte où c'est le
conjoint de la mère, donc pas le père des enfants, qui exprime encore de la
violence et pour lesquels les DPJ ont choisi d'intervenir.
Donc, l'autre chose qui est importante à
souligner, c'est que l'aliénation parentale, en termes de syndrome tel que c'était
reconnu de façon scientifique il y a 20, 30 ans de ça, n'est plus en
application et ne fait plus école sur le plan scientifique. Ce qu'on peut
retrouver à l'occasion, ce sont des comportements ou des propos aliénants, c'est-à-dire
un parent qui parle en dénigrant l'autre parent qui... avec lesquels ils ne
sont plus, auprès des enfants, et ça, même M. Lapierre peut témoigner, de
même que les autres chercheurs. On parle beaucoup de M. Lapierre, mais il
y a quelques autres chercheurs qui s'intéressent à la chose.
Et enfin, un dernier point, outre la
formation qu'on donne sur un plan général, parce qu'il faut comprendre que les
intervenants en protection de la jeunesse doivent être des généralistes en
premier lieu, puisqu'ils ne savent pas, quand ils arrivent dans une maison, quel
sera le motif de compromission sur lesquels ils auront à intervenir, donc on a
donné une formation générale à tous. Depuis un an, on a un aide-mémoire qui a
été développé pour que les intervenants puissent littéralement avoir un
document qui tient sur une page pour repérer les comportements. Et il y a aussi
un guide de pratique, qui est en expérimentation autant auprès des intervenants
jeunesse, qui a été soumis d'ailleurs aux maisons pour femmes victimes de
violence qui ont validé le contenu également. Et ce guide-là pourra faire l'objet
d'une application plus formelle une fois qu'il aura été testé.
Et tout... La formation de base, l'aide-mémoire
et le guide de pratique sont tous alignés sur les contenus scientifiques que
nous ont livrés les principaux chercheurs sur le domaine. Alors, c'est ce que
je vous dirais.
• (14 h 10) •
Mme Garceau : Donc, deux
questions. Est-ce que vous allez légiférer? Est-ce que vous allez... est-ce que
vous avez l'intention d'amender la Loi sur la protection de la jeunesse pour
inclure que ça ne sera pas retenu comme motif, toutes ces questions d'aliénation
parentale là, lorsque... Parce que c'était très clair, les cas qui avaient
été... dont les mères avaient dénoncé, là, c'est lorsqu'elles dénoncent qu'elles
sont des victimes de violence conjugale à la protection de <la...
Mme Garceau :
...dénoncé,
là, c'est lorsqu'elles dénoncent qu'elles sont des victimes de violence
conjugale à la protection de >la jeunesse, c'est là où on revient avec
le constat que : Ah! c'est une mère aliénante. Donc...
M. Carmant : Mais les
chiffres nous montrent que ça n'arrive presque plus ou que ça n'arrive plus, là.
Je ne dirais pas plus, mais ça ne semble plus arriver. Puis, en plus, tu sais,
nous, on s'était fiés sur les jugements et on... je n'étais pas sûr pour ceux
qui utilisent des mesures volontaires, mais les études que la directrice
nationale ont faites, c'était sur tous les dossiers, mesures volontaires ou
jugements, et, ce qui est important, c'est que, comme l'exposition à la
violence conjugale en soi est un motif de compromission, nous, le message est
clair, puis toutes les intervenantes le... tu sais, on... la formation le dit,
on ne veut pas laisser les enfants dans des environnements violents.
Donc, tu sais, je pense qu'il n'y a rien à
ajouter à la loi, là. Puis peut-être que ce n'est pas tous les changements qui
se font à 100 % partout, mais je pense qu'on évolue vraiment vers la bonne
direction. Hier, j'étais assise... assis avec trois regroupements de maisons,
et tous les trois ont dit que ça va de... vraiment de mieux en mieux. Ils
veulent continuer à travailler avec nous. Puis, pour la formation PEVC, ils
m'ont dit que tout le monde a levé la main. Donc, il y en a six de faits, mais,
dans les... dans le futur, ils vont tous, tous...
Mme Garceau : Donc,
est-ce que... Je veux juste... Est-ce que toutes les intervenantes du réseau
vont suivre la formation PEVC?
M. Carmant : Bien, je ne
peux pas vous garantir que les... que tous, mais tout le monde va avoir
l'opportunité de le faire. Et, en plus, dans chaque région, avec le kit de
détection, on a formé des formateurs qui eux, également, supervisent les
équipes, forment les nouveaux intervenants. Donc, ça a une vie, tout ça. Puis
même, on parlait de mettre une communauté de pratique.
Mme Garceau : Si je
pourrais avoir le document dont la sous-ministre a référé, là, concernant le
sommaire de la situation, au niveau de l'aliénation parentale...
Mme Lemay (Catherine) : Vous
voulez parler de l'aide-mémoire à l'usage des intervenants?
Mme Garceau : Non, pas
l'aide-mémoire, mais... dont vous avez parlé, là, pour les statistiques, et
tout ça, que vous avez vérifiées concernant les jugements et les dossiers à la
protection de la jeunesse.
M. Carmant : C'est un
document de travail. Je pense qu'il n'y a pas de... On ne pourrait pas vous le
soumettre, je pense.
Mme Garceau : Bien,
on... C'est parce qu'on avait demandé les données. On n'a pas eu les données.
Vous étiez supposé nous remettre les données concernant tout cet aspect-là, de
l'aliénation parentale. Donc, vous les avez, les données.
M. Carmant : Bien, on
peut... Ce qu'on peut faire, c'est un résumé. Alors, on va... vous fera un
résumé.
Mme Garceau : S'il vous
plaît, s'il vous plaît.
M. Carmant : D'accord.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Donc, je comprends que vous allez
faire un résumé de ces données-là et vous les ferez parvenir à...
M. Carmant : Parfait, on
va les déposer.
Le Président (M. Provençal)
:...au secrétaire... à la secrétaire
de la commission pour qu'on puisse vous les... les distribuer, excusez-moi, à
l'ensemble des membres.
Mme Garceau : S'il vous
plaît.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Est-ce que... Je cède la
parole maintenant à la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. M. le ministre, au mois de février, l'Assemblée nationale a voté
unanimement pour une motion suite à des articles à propos du Fonds de
prévention et de recherche en matière de cannabis et de la ventilation des
dépenses, parce que, là, il y avait des questionnements justement que l'argent
qui provenait de ce fonds-là n'allait pas nécessairement pour les activités en
lien avec le cannabis. Et donc, au mois de février... Je vous lis le dernier
alinéa : «Que l'Assemblée nationale exige du gouvernement caquiste qu'il
rende publique une reddition de comptes détaillée des mesures, initiatives et
projets financés via le Fonds de prévention et de recherche en matière de
cannabis et si... et ce, d'ici les études de crédits budgétaires 2024-2025.»
On est aux crédits. On n'a rien reçu. Il y
a une feuille, mais on n'a rien reçu. Il y a une feuille dans le cahier des
crédits à propos des sommes en prévention, et on nous indique une reddition de
comptes détaillée des mesures, initiatives et projets financés par le FPRMC pour
2025 : «2023 sera déposé en suivi de la motion adoptée à l'Assemblée le 24
février.» On n'a rien.
M. Carmant : Mais il est
déposé, là...
Mme Prass : Où?
M. Carmant : ...puis
apparemment ça a été fait aujourd'hui.
Mme Prass : On a vérifié
cet après-midi, il n'y avait rien. Si vous pouvez nous indiquer c'est où.
M. Carmant : On va vous
indiquer. Je suis surpris.
Mme Prass : OK. Parce
que... C'est ça. Et disons, aujourd'hui, c'est les crédits. Si ça a été déposé
aujourd'hui, on se comprend, ça ne nous donne pas énormément de temps pour
passer à travers.
En attendant qu'on le trouve... Parce que,
comme vous le savez peut-être, bien là, il y a des articles qui font en sorte
de nous... de dire que l'argent n'a pas été dépensé... bien, l'argent est
dépensé autre que juste pour le cannabis...
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée, on m'informe qu'on
l'a déposé, ce document-là, ce matin sur le site. Je pourrais demander à Mme la
secrétaire à quel endroit. Oui, on va vous...
Mme Prass : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:...on va vous donner...
Mme Prass : Donc, en
attendant, je vous parlerais, par <exemple...
Le Président (M. Provençal)
:
...on va vous donner...
Mme Prass :
Donc,
en attendant, je vous parlerais, par >exemple, de l'Association
québécoise des centres d'intervention en dépendance, qui sont, entre autres,
responsables pour faire la prévention dans les écoles. Cette organisation
reçoit 15 millions de dollars par année pour une... à chaque année,
pour une période de cinq ans, sans indexation. Même si, par exemple, eux, la
façon dont le... la formule qu'on utilise pour les financer, c'est par tranche
de 1 000 élèves, depuis qu'ils ont commencé leur travail, la
population d'élèves a augmenté de 13 % et eux n'ont jamais reçu
d'augmentation pour pouvoir justement aller dans toutes ces écoles-là. Eux, ils
voudraient... Ils disent qu'avec 20 millions de dollars par année,
ils pourront faire... pas seulement être présents dans toutes les écoles, mais
même faire de la détection auprès des jeunes et ensuite les référer dans le
système public.
Est-ce que vous seriez prêts à vous
engager que, de ce fonds-là, de plusieurs centaines de millions de dollars...
que vous ajoutiez 5 millions de dollars par année à cette
organisation pour qu'ils puissent vraiment rejoindre tous les élèves au Québec
et ensuite même faire... pas du dépistage, mais de la détection, puis ensuite
les référer au bon endroit?
M. Carmant : OK. Bien,
je vais me permettre de dire que c'est quand même moi qui ai parti ce
programme-là, donc j'y tiens beaucoup, là. Puis j'en ai tout de suite parlé au
ministère pour savoir pourquoi c'était... ils ne recevaient pas d'indexation.
Le ministère me dit que les sommes qui sont envoyées dans le réseau sont
indexées. Alors, moi, j'ai demandé à l'AQCID d'aller parler aux différents
établissements. Parce qu'en plus ils m'ont dit qu'il y a certaines régions où
ils reçoivent des sommes indexées puis d'autres qui ne reçoivent pas des sommes
indexées. Donc, il faut vraiment qu'ils aillent parler aux établissements et...
qui sont supposés leur donner l'argent, les sommes qui leur... de façon
indexée.
Mais éventuellement, écoutez, c'est sûr
que si des besoins sont... on va l'étudier. Mais, tu sais, je ne veux pas
m'engager actuellement, parce qu'une partie des sommes... ils doivent la
recevoir des établissements.
Mme Prass : Parce que
d'après eux, ils ont été dit qu'il n'y aurait pas d'indexation sur ces cinq
années-là. C'est 15 millions, 15 millions, 15 millions. C'est
l'engagement que le gouvernement a pris. Donc...
M. Carmant : Non. Il y a
même... Je leur ai parlé à l'AQCID. Il y a même des endroits où... des régions
où la somme a été indexée. Puis au ministère, la somme... bien, je peux
parler... passer la parole au directeur de la santé publique... au ministère,
les sommes sont indexées. Tu sais, moi, je contrôle le ministère. Est-ce qu'on
passe la parole, si vous acceptez?
Mme Prass : Oui, parce
que ce n'est pas ce qu'ils m'ont dit de vive voix. Donc, oui, s'il vous plaît.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour permettre
à... Oui?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, si... Ça va être M. Boileau.
M. Boileau, s'il vous plaît, pour répondre à la question de la députée de D'Arcy-McGee,
à savoir est-ce que les sommes ont été indexées.
M. Boileau (Luc) : Oui.
Excusez-moi, est-ce que je dois me présenter puis... Je suis-tu rendu là?
Le Président (M. Provençal)
:Oui, s'il vous plaît.
M. Boileau (Luc) : Oui.
Alors, Luc Boileau, je suis le directeur national de la santé publique,
sous-ministre adjoint à la Santé publique. Alors, ça me fait plaisir.
Les informations que nous avons, c'est
qu'effectivement les sommes sont transférées à partir du fonds cannabis sur
plusieurs objets dans les régions. Et puis il y a à peu près plus de la moitié
de tous les organismes qui en sont bénéficiaires qui ont connu une indexation.
On travaille avec les établissements pour nous assurer que ces indexations-là
soient mises d'une façon plus régulière pour tout le monde, mais c'est au moins
plus que la moitié qui ont reçu l'indexation pour les sommes l'année passée.
Mme Prass : OK, d'accord.
Parce que, comme vous dites, M. le ministre, vous avez mettre ça... vous avez
mis ça en place, et je suis sûre que vous voulez que le maximum de jeunes soit
rejoint, donc il faut juste s'assurer qu'ils ont les moyens, avec
l'augmentation de la population étudiante, la population des élèves dans les
dernières années.
Aussi, dans un des articles à propos du
fonds, on nous révèle que seulement 5 % a été dédié à la recherche. Moi,
j'ai rencontré des chercheurs de l'Université Laval il y a quelques semaines,
qui vous ont écrit également, qui ont mis en place un groupe de
30 chercheurs du Québec, Canada et de l'international pour mettre de
l'avant un projet d'envergure, la première feuille de route mondiale de la
recherche sur le cannabis, un projet qui coûterait 50 millions de
dollars sur 10 ans. Et ils vous ont écrit, je n'ai pas la date exacte,
mais ils vous ont écrit cette année avec leur plan.
Également, ils... quand ils ont fait une
approche initiale, on leur a dit : Non, il faudrait plutôt vous tourner
vers le Fonds de recherche du Québec. Ils se sont retournés vers le FRQ, qui
leur a dit : Bien non, ce n'est pas nous qui allons financer des projets
comme ça. Alors, le nom du fonds en tant que tel est «prévention et de
recherche en matière de cannabis», alors pourquoi est-ce que des projets comme
ça qui donneraient au Québec... qui feraient du Québec un chef de file dans la
recherche sur le cannabis, ne sont pas soutenus de ce fonds-là, quand <il...
Mme Prass :
...chef
de file dans la recherche sur le cannabis, ne sont pas soutenus de ce fonds-là,
quand >il y a seulement 5 % du fonds qui est dédié à la recherche?
• (14 h 20) •
M. Carmant : On a fait
un choix quand même de privilégier les services cliniques. Puis j'avoue que,
dans le contexte de la crise des dépendances, là, c'est quand même une des deux
orientations que j'ai données, de soutenir le plus possible les activités
cliniques en lien avec la dépendance. Puis on sait que le cannabis, c'est la
porte d'entrée de nos jeunes vers toutes sortes de dépendances et de toutes
sortes de toxicité. Donc, je pense que c'est un choix que j'ai fait au niveau
du ministère, puis je pense que c'est un choix que notre gouvernement appuie,
parce que, vraiment, avec la légalisation de l'utilisation du cannabis, on
est... tu sais, on est dans une crainte importante, là, d'augmentation des
dépendances à toutes sortes de drogues. Donc, les sommes qui sont dans le fonds
du cannabis sont quand même impressionnantes, là. C'était important pour nous
que la vaste majorité serve à des... à du... à de l'aide clinique au niveau de
la dépendance.
Mme Prass : Bien,
premièrement, on voit, d'après les chiffres que justement vous avez envoyés,
qu'il y a 32 millions de dollars qui n'ont pas été dépensés dans le
fonds. Donc, de ce 32 millions-là, est-ce qu'on n'aurait pas pu justement,
pour une année, financer un projet qui ferait en sorte... Parce que le projet
qu'ils vous proposent, c'est très intéressant, c'est de faire l'analyse des
différentes espèces de cannabis, parce que pas toutes les plantes de cannabis
ont réagi de la même façon. Donc, eux, c'est vraiment pour aller en détail,
puis ça serait quelque chose, encore une fois, qui mettrait le Québec de
l'avant sur le... sur cette recherche-là. Alors, avec 32 millions qui sont
restés sur la table, j'ai de la difficulté à comprendre pourquoi
5 millions pour une année ne leur ont pas été accordés pour faire ce
travail important.
M. Carmant : Bien, pour
une année, j'avoue que... Parce que, d'habitude, quand les chercheurs nous
demandent des fonds, c'est de façon récurrente, là, d'habitude, c'est sur 3 à
5 ans. Donc, c'est pour ça qu'on hésite toujours d'engager. Puis il faut
comprendre que le... la complexité avec le fonds cannabis, bien que... comme
vous dites, il y a quand même une certaine marge, c'est qu'on n'est jamais sûrs
des revenus de ce fonds-là. Donc, ça peut être très variable d'une année à
l'autre, là, mais j'avoue que 5 millions, ça... il faudrait que j'en
discute avec le ministère puis la Santé publique, là.
Mme Prass : Puis je
pense qu'on peut dire qu'il y a une certaine stabilité avec les revenus qui vont
vous revenir de la SQDC, comme ça l'est pour l'alcool ou quoi que ce soit.
Donc, il y a une... quand même une certaine prévisibilité. Il n'y aura pas de
grands... il n'y aurait pas de grandes différences d'une année à l'autre.
M. Carmant : Mais si
vous m'envoyez l'information, renvoyez l'information, je vais regarder.
Mme Prass : Oui.
Également, parce que, là, on dit par exemple, dans l'article, qu'il y a de
l'argent de ce fonds-là qui est dédié aux sports amateurs, la Société
canadienne du cancer, le Conseil québécois sur le tabac, entre autres.
Pouvez-vous expliquer la justification, la raison pour laquelle l'argent du fonds
de recherche sur le cannabis irait dans des... pour des organisations, des
enjeux, des secteurs qui ne sont pas liés au cannabis en tant que tel?
M. Carmant : Bien,
cancer, c'est quand même... cancer du poumon, là, qui est quand même une des
causes de mortalité principale. Cannabis, la plupart du temps, on le fume, donc
il y a des risques. Pour le scolaire, c'est la prévention de l'utilisation des
drogues et puis la prévention des dépendances. Donc, c'est pour ça que la liste
est très, très variée, mais toutes ont... tous ont en lien avec la consommation
et puis les conséquences de la consommation.
Mme Prass : Et, par
exemple pour le... pour le tabac, excusez-moi, il y a déjà un fonds qui existe
pour le tabac, il y a déjà un fonds qui existe au gouvernement, justement, des
revenus du tabac. Alors, pourquoi est-ce que c'est nécessaire d'aller piger
également dans le Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis
pour financer des initiatives ou des organisations en lien avec le tabac?
M. Carmant : Bien, en
général, c'est pour complémenter des initiatives qui ont déjà lieu, pour avoir
des budgets supplémentaires.
Mme Prass : Et est-ce
que c'est de l'argent... Est-ce que tous les investissements que vous faites de
ce fonds-là... est-ce que c'est de l'argent qui vient remplacer des programmes
qui existaient auparavant?
M. Carmant : Non, ça ne
remplace pas des programmes qui existaient auparavant, ça vient compléter des
programmes.
Mme Prass : Parce que je
vous donne un exemple ici, on dit que... j'imagine que, ça, c'est 2023-2024,
que le volet soins curatifs en lien avec l'usage du cannabis, il y a
26 millions qui ont été dédiés. On se comprend que vous avez dit : Le
cannabis est souvent la drogue qui ouvre la porte aux autres, mais il n'y a pas
beaucoup de gens qui ont besoin de soins curatifs pour le cannabis. Alors,
26 millions de dollars, comment est-ce que vous justifiez ça?
M. Carmant : M. le
Président, ça, c'est un détail que... Je passerais la parole au directeur de la
santé publique, là...
Le Président (M. Provençal)
: ...
Mme Prass : ...77 millions
qui ont été dédiés à la prévention. <On...
Le Président (M. Provençal)
:
...
Mme Prass :
...77
millions qui ont été dédiés à la prévention. >On sait que, pour les
écoles, c'est 15 millions de dollars par année. C'est un écart de 62 millions de
dollars. On voudrait savoir comment ça a été dépensé.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, docteur...
M. Carmant : OK. Bien,
je ne gère pas ces fins détails-là. Je passerais la parole à la Santé publique.
Le Président (M. Provençal)
:Dr Boileau, est-ce que vous êtes en
mesure de nous fournir la réponse? Allez-y.
M. Boileau (Luc) : Est-ce
que je peux, M. le Président, juste apporter quelques petits éclaircissements
préalables? La première des... qui me semble pertinente ici, c'est d'indiquer
que la consommation de cannabis est en baisse au Québec. Le modèle québécois
est vu comme un modèle très innovant, particulier, sans doute le meilleur,
actuellement, qu'on connaît dans les juridictions nord-américaines, sinon
européennes. Et ça nous a mis à l'avantage d'une croissance modérée, mais qui
est actuellement en baisse au niveau de la consommation de cannabis à travers
la province pour les différents groupes d'âge. Même si les gens avisent qu'ils
consomment... mettons, 14 % des femmes annuellement qui ont consommé ou
21 % des hommes, ça reste la plupart du temps très négligeable comme
consommation. En plus, plus de la moitié le consomme moins d'une fois par mois.
Il reste des gens qui consomment plus, mais la tendance va dans le bon sens.
Un.
Deuxièmement, en ce qui a trait aux
initiatives de recherche, c'est tout à fait engagé que les sommes sont
justement disposées à travers les grands fonds québécois de recherche pour
qu'eux autres puissent mieux manœuvrer sur les différents projets qui peuvent
leur être soumis. Mais c'est quand même 13 millions qui étaient programmés
en 2022-2023. C'est 9 % de l'enveloppe. Et donc c'est une masse qui est
quand même considérable. Quand on regarde les autres secteurs de recherche en
santé ou en santé publique ou en santé et services sociaux, c'est une masse
importante d'argent.
Enfin, pour la question sur les... la
distribution des sommes qui ne vont pas toutes dans des services de prévention,
bien, il y en a qui vont pour des services justement de dépendance. Ce n'est
pas la majorité. La majorité de nos sommes vont vraiment dans l'axe de
prévention, de réduction des méfaits.
Et, pour la question des services, d'une
façon générale, là, pour les services touchant les... la prise en charge des
dépendances, d'une façon générale, on y accorde à peu près 25 %, ce qui
n'est pas négligeable, mais qui donne une offre de service qui est, oui, fixée
sur le cannabis au point de départ, mais ce ne sont pas les seules
consommations qui nous préoccupent, et elles sont souvent mixées avec d'autres
consommations plus difficiles.
Donc, c'est tout à fait correct pour nous
d'avoir dans la programmation des sommes qui sont distribuées pour les centres
de dépendance et pour les appuis de ce côté.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, nous allons donner le relais
au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. M. le ministre, des petites questions volet DPJ, là, je vous le
disais tout à l'heure. Je voudrais savoir si on sait actuellement s'il y a des
jeunes, s'il y a des enfants qui sont hébergés dans des gymnases actuellement
au Québec.
M. Carmant : Bien, comme
je vous disais, il y a des gens qui sont hébergés dans des... dans du
débordement. S'ils sont dans des gymnases, je ne suis pas... je ne peux pas
être au courant à 100 %. Mais, quand ils sont hébergés dans... quand ça
s'est déjà produit, on s'est toujours arrangés pour que ça ait une similitude
d'un aspect plutôt chambre que dans un gymnase, là, comme on peut se l'imaginer
à première vue. Est-ce qu'on a plus d'information? Je peux...
Mme Lemay (Catherine) : Ça
s'en vient.
M. Carmant : Parfait.
M. Cliche-Rivard : ...l'information
est recherchée. Si oui, là, je posais la question s'il y en a, j'entends que
probablement, est-ce qu'on sait à peu près combien? Puis est-ce qu'on sait, en
moyenne, le temps de durée en gymnase? Ce serait l'information qu'on
chercherait à avoir, Mme la directrice. Je peux vous laisser faire cette
recherche-là, puis on peut y revenir par la suite.
M. Carmant : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:...autre question.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
J'ai une question analogue puis je vais le... la soumettre elle aussi. Est-ce
qu'on sait combien d'enfants sont hébergés dans des pièces sans fenêtre? Ça,
c'est une question qu'on voudrait savoir aussi. Est-ce que la donnée existe? Si
elle existe, on aimerait bien la savoir. Donc, je le... je la pose, celle-là
aussi, M. le Président. Juste m'assurer que ça a été bien compris, là, mais...
Mme la directrice, oui, je vous en envoie beaucoup en même temps, hein? Je
comprends. Parfait.
J'avais aussi une...
Mme Lemay (Catherine) : C'est
mon quotidien.
M. Cliche-Rivard : Pardon?
Mme Lemay (Catherine) : C'est
mon quotidien.
• (14 h 30) •
M. Cliche-Rivard : Oui,
je devine, je devine. Je vais m'attarder aussi sur l'encadrement intensif.
Donc, je reste un petit peu dans les mêmes champs. La CDPDJ les décrit comme
ça, je vous donne une citation : «Les unités d'encadrement comme... sont
comme des endroits où les enfants sont gardés dans des conditions restrictives
de leur liberté, qui s'apparentent plutôt à les conditions de détention,
incluant des portes de chambre fermées à clé, une surveillance stricte...
14 h 30 (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...qui
s'apparentent plutôt à des conditions de détention, incluant des portes de
chambre fermées à clé, une surveillance stricte, l'interdiction de porter des
effets personnels, y compris des sous‑vêtements. Ça, c'est la définition que
nous en fait la CDPDJ, et l'âge minimal pour l'unité d'encadrement intensif est
de 14 ans, à moins d'autorisation de la DNPJ. Alors, ma question est la
suivante : Est-ce qu'on sait combien d'autorisations ont été données l'année
dernière par la DNPJ pour les enfants de moins de 14 ans?
Des voix : ...
M. Carmant : Je
passerais la parole, M. le Président, si elle a des chiffres.
Le Président (M. Provençal)
:Mme Lemay.
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
le règlement sur l'encadrement intensif donne la responsabilité au DPJ...
M. Cliche-Rivard : Au
DPJ, OK.
Mme Lemay (Catherine) :
...de chacune des régions d'autoriser pour héberger un jeune de 14 ans et
moins, et non pas directement à la DNPJ.
M. Cliche-Rivard : Et
non pas vous à vous directement. Est-ce qu'on a les chiffres par DPJ?
Mme Lemay (Catherine) : Les
données sur l'encadrement intensif font l'objet d'une reddition de comptes aux
trois mois au conseil d'administration de chacun des établissements. Et, à la
fois la loi, mais les politiques qui encadrent l'encadrement intensif dans
chacun des établissements, ça fait l'objet, là, d'une reddition de comptes
similaire au conseil d'administration des établissements et non pas à la DNPJ.
M. Cliche-Rivard : Et
est-ce qu'on peut rendre ces chiffres-là publics?
Mme Lemay (Catherine) : Est-ce
que ces chiffres sont publics? Je ne...
Le Président (M. Provençal)
:...rapport annuel, selon vous?
Mme Lemay (Catherine) : Je
vais m'assurer avant de répondre n'importe quoi.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Donc, dans la mesure où ça ne le serait pas, si ça... Je ne vois pas pourquoi
on ne pourrait pas savoir ça au Québec, là, de combien d'autorisations sont
fournies. Je parle d'un chiffre, là, je ne demande pas le nom de personne, je
ne demande pas à savoir des motifs de promission de confidentialité, mais on
devrait pouvoir savoir. Alors, c'est un... une demande que je vous formule
aussi, M. le ministre. Parfait.
Et Mme la directrice, est-ce que vous,
vous savez dans... Quels critères sont évalués ou quel avis doit être... C'est
quoi, les cadres d'analyse pour accorder, finalement, ou accepter qu'un enfant
de moins de 14 ans soit mis en encadrement intensif?
Mme Lemay (Catherine) :
Alors...
Le Président (M. Provençal)
:Mme Lemay.
Mme Lemay (Catherine) : Le
recours à l'encadrement intensif fait l'objet d'une complétion d'une grille
validée de façon scientifique par les chercheurs qui se sont intéressés à la
question. Et, pour les enfants de 14 ans et moins, c'est une grille
similaire qui est utilisée à ceux de 14 ans et plus, sauf qu'il doit... La
grille doit être accompagnée de motifs justifiant la demande, et c'est le ou la
DPJ elle-même qui doit prendre la décision et justifier par écrit les motifs
pour lesquels elle accorde ce recours, de même que les modalités qui s'y
rattachent.
M. Cliche-Rivard : ...par
la suite, un avis est transféré à la CDPDJ, à savoir quand, qui, comment.
Mme Lemay (Catherine) : L'avis
transféré à la CDPDJ, c'est pour tous les enfants qui ont recours, c'est...
comme reddition de comptes, au conseil d'administration et à la Commission des
droits de la personne et des droits de la jeunesse. Cette reddition de comptes
se fait de façon bilatérale.
M. Cliche-Rivard : Je
vous pose la question, parce que, bon, la loi a été modifiée, là vous avez
parlé puis vous m'avez corrigé sur ce n'est pas la DNPJ mais bien les DPJ qui
font cette veille-là ou cette validation-là. Et il y a un dépliant qui a été
conçu à l'intention des jeunes en centre jeunesse, qui dit : «Ton
hébergement dans une unité d'encadrement intensif ne peut être utilisé pour te
punir ou t'isoler», tout en précisant que «la mesure doit être employée
uniquement parce que tu as des comportements ou que tu poses des gestes graves
qui nuisent à ta sécurité ou celle des autres». Donc, c'est comme ça que c'est
prévu.
Par contre, puis là je vous remets dans un
contexte plus récent, ce n'est pas tout à fait ça qu'on a lu et qu'on a entendu
dans le Centre Cartier. Et j'ai entendu, on a lu, puis on a vu plusieurs
témoignages sur des enfants de neuf ans où on semblait de loin dépasser le
cadre qui est prévu, puis des exemples que je vous ai donnés là. Et je me
demandais si vous, M. le ministre, vous aviez un commentaire à faire entre ce
qui est prévu dans la loi et dans les directives et ce qu'on a lu de manière
publique dans les journaux.
M. Carmant : Bien, c'est
ça. Moi, ce que j'ai lu, puis, tu sais, ça fait quand même quelques semaines,
là, mais ce que j'ai lu au niveau de Cartier, c'était de l'isolement avec une
porte ouverte et un surveillant qui était à l'entrée de la... de la place.
M. Cliche-Rivard : Ce n'est
pas ça qu'on a lu à Cartier.
M. Carmant : C'est... Ce
n'est pas ce que... ce que vous décrivez, là.
M. Cliche-Rivard : Non,
à Cartier, on a entendu des encadrements intensifs, on les a lus, avec la porte
fermée, avec pas de matelas, avec pas de chaise. On l'a lu, ça, très
clairement, pour des enfants de moins de 14 ans, et non pas... Si ce n'était
que la porte ouverte, j'entendrais, là, mais ce qu'on a vécu ou ce qu'on a
entendu, c'est des choses beaucoup plus graves que ça.
M. Carmant : Bien, M. le
Président, je n'ai pas cette notion-là, là, donc je passerais la parole à la
directrice.
Le Président (M. Provençal)
:Madame...Mme Lemay.
M. Cliche-Rivard : Avec
plaisir.
Le Président (M. Provençal)
:Mme Lemay.
Mme Lemay (Catherine) : ...l'application
de l'encadrement intensif et les politiques sur les mesures de contrôle que
sont l'isolement, la contention, c'est deux choses différentes. Et là, je
n'entrerai pas dans le détail des situations, mais je vais vous expliquer, de
façon <générale...
Mme Lemay (Catherine) :
...je
n'entrerai pas dans le détail des situations, mais je vais vous expliquer, de
façon >générale, comment les choses sont appliquées.
Alors, le règlement sur l'encadrement
intensif, l'encadrement intensif, ça se fait dans un lieu qui est désigné dans
l'établissement, ce n'est pas n'importe quelle unité qui peut faire ça, c'est
des unités désignées, dites encadrement intensif, à l'intérieur duquel des
éléments de nature statique, donc les portes, l'environnement sont plus
sécurisés que dans un milieu dit ouvert où les enfants peuvent circuler
librement.
La mesure de contrôle, c'est une mesure de
sécurité qui s'applique sur... de façon exceptionnelle, le plus court temps
possible et qui fait l'objet d'un suivi de mesures particulières dans le
dossier du jeune. Une...
M. Cliche-Rivard : Mais
la violation de privation de libertés, elle est la même. Puis les salles dont
on a entendu parler, fermées à double tour, pas de chaise, pas de porte... Je
veux dire, je comprends qu'on peut jouer avec la terminologie...
Mme Lemay (Catherine) : Non,
je ne veux pas jouer avec la... loin de là. Parce qu'une unité, c'est une unité
qui comporte des infrastructures, une chambre, la chambre du jeune, aménagée,
aménagée de façon sécuritaire, qui a une cuisine, qui a un salon, qui a des
aires de vie commune, ça, c'est un milieu d'encadrement intensif. Les... L'environnement,
le local où se fait de l'isolement, c'est un lieu qui est aussi sécurisé, mais
qui n'est pas une unité de vie, là, qui est une petite pièce qui est... qui est
sécuritaire, c'est-à-dire qu'un enfant ne peut pas se blesser s'il arrache des
morceaux à l'intérieur de la...
M. Cliche-Rivard : Et
ça, il n'y a pas d'autorisation à aller chercher du DPJ?
Mme Lemay (Catherine) : Pas
du DPJ, mais le recours à l'isolement fait l'objet d'une politique et d'un
règlement, et les niveaux d'autorisation, c'est balisé clairement, et
l'ensemble des établissements doivent s'y conformer...
M. Cliche-Rivard : Donc,
le DPJ ne sait pas si des jeunes de moins de 14 ans, dans un centre duquel
il a le contrôle ou en tout cas l'autorité, est détenu en isolement. Là, on va
s'obstiner sur la terminologie de détention, mais, disons en isolement ou pas,
le centre... le DPJ ne le sait pas.
Mme Lemay (Catherine) : Il
ne le sait pas. Ce n'est pas lui qui donne l'autorisation la journée même pour
l'application.
M. Cliche-Rivard : Puis,
avec... Dans le contexte où ce qu'on vient de lire et d'entendre et des
révélations récentes sur Cartier et autres, est-ce que ça fait partie des
réflexions que de vérifier ou de s'assurer un peu comme on le fait en encadrement
intensif? Parce que, finalement, les limitations de libertés individuelles sont
quand même similaires. Est-ce qu'on peut avoir une réflexion à l'effet que
peut-être qu'il faudrait qu'il y ait une validation du DPJ avant d'autoriser un
isolement?
Mme Lemay (Catherine) : En
fait, ce qui sera fait dans la prochaine année puis dans le cadre de ce que le
ministre a parlé un peu plus tôt, c'est deux choses : c'est d'abord un
audit sur les infrastructures techniques, donc les bâtiments, et il y aura un
audit également de fait sur les dispositions cliniques, donc l'ensemble de
l'application des différents règlements, protocoles...
M. Cliche-Rivard :
Parfait.
Mme Lemay (Catherine) :
...et ça, cette portion là, c'est moi comme DNPJ qui va m'assurer de ça. Donc,
un audit auprès des établissements et un suivi physique, ma présence là-dessus.
M. Cliche-Rivard : Et
ça, c'est important. C'est important parce que là, j'entends qu'il y a deux
régimes qui sont différents, là, vous avez bien fait de le préciser, mais qui,
dans les faits, pour le jeune, dans sa limitation de liberté au moment même, je
soumets, n'est pas tout à fait différent, mais il y en a un qui requiert
l'autorisation quand même à haut niveau, surtout pour un enfant de moins de
14 ans, puis qu'on a émis des balises assez claires.
Pour l'autre, j'entends que l'audit sera
fait puis les vérifications cliniques seront faites. Moi, je vous soumets que,
quand il y a des privations de liberté pour des jeunes de moins de 14 ans,
ça devrait quand même devoir monter jusqu'au... jusqu'au DPJ, c'est ce que je
vous soumets. Évidemment, ce n'est pas mon expertise, mais je pense que vous
ferez les travaux nécessaires, j'en suis convaincu.
N'empêche que, Québécois, Québécoises, les
parents ont quand même été secoués par ce qu'ils ont lu ou ce qu'ils ont
entendu au début janvier. Vous aussi M. le ministre, je le sais, là. Personne
n'était heureux de lire ce qu'on a lu. Donc, je pense que c'est bien d'entendre
que l'audit est fait puis qu'une réflexion sera faite complètement sur les
procédures puis les méthodes, parce qu'on ne voudrait pas retomber sur une
autre histoire du genre, je pense que vous non plus, là, j'en suis convaincu.
Est-ce que vous avez eu le temps d'obtenir
les informations précédentes? Là, je vous questionnais en même temps, là, je
sais que... Sinon, je vais avancer sur...
Mme Lemay (Catherine) : Je
m'excuse, j'étais attentive à ce que vous disiez, alors...
Le Président (M. Provençal)
:Mme Lemay va me faire signe
aussitôt qu'elle va avoir les réponses.
M. Cliche-Rivard : Excellent.
Elle nous fait signe, je pense. Oui.
Mme Lemay (Catherine) :
...
Le Président (M. Provençal)
:Vous les avez? Alors, allez-y.
M. Cliche-Rivard : On y
va.
• (14 h 40) •
Mme Lemay (Catherine) : Alors,
je me souvenais, mais je ne voulais pas me fier à ma seule mémoire. Alors,
actuellement, le seul lieu physique qui est utilisé dans — parce
qu'on répertorie les lieux non conventionnels pour accueillir les jeunes en
surpopulation — c'est en Abitibi. Ils ont fait des divisions
temporaires pour les chambres où est-ce que les jeunes ne vont que pour coucher
et ils ont des aires communes de vie, salon, cuisine, salon de loisirs et
fréquentation scolaire à <l'extérieur...
Mme Lemay (Catherine) :
...de
vie, salon, cuisine, salon de loisirs et fréquentation scolaire à >l'extérieur
de ce... de ces lieux-là où ils vont coucher, mais ils ont chacun leur espace
indépendant.
M. Cliche-Rivard : Puis
ça, juste pour être sûr, c'est pour la réponse au gymnase, c'est ça? Aux lieux
non conventionnels. Je comprends.
Mme Lemay (Catherine) : Réponse
au gymnase, aux lieux qui s'apparentent à un gymnase. Je ne suis pas sûre,
exactement, que c'est un gymnase...
M. Cliche-Rivard : Puis
on parle de combien de jeunes?
Mme Lemay (Catherine) : ...mais
c'est une grande salle commune. Et à l'intérieur de ce local-là, les lieux où
dorment les enfants, il n'y a pas de fenêtre.
M. Cliche-Rivard : Oui. Pardon?
Mme Lemay (Catherine) : J'ai
dit : À... Je réponds à vos deux questions : pas de fenêtre et lieux
non conventionnels qui s'apparentent à un gymnase. Donc, à l'intérieur de ces
lieux physiques là, il n'y a pas de fenêtre.
M. Cliche-Rivard : Je
comprends. Puis on parle de combien de jeunes dans ce complexe d'Abitibi?
Mme Lemay (Catherine) : Je
n'ai pas la réponse précise.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Je vous la soumets. Puis là, vous disiez, là, évidemment, dans ce lieu-là, il
n'y a pas de fenêtre, mais il y a d'autres lieux outre que ceux non
conventionnels qui n'ont pas de fenêtres. J'imagine, il y a plusieurs chambres
qui n'ont pas de fenêtre, ou...
Mme Lemay (Catherine) : À
ma connaissance, c'est le seul lieu...
M. Cliche-Rivard : C'est
le seul.
Mme Lemay (Catherine) : ...non
conventionnel qui n'est pas une unité régulière qui n'a pas de fenêtre.
M. Cliche-Rivard : Mais
dans les lieux conventionnels, il peut y avoir des chambres qui ne sont pas
normées ou qui ne répondent pas aux normes...
Mme Lemay (Catherine) : À
ma connaissance, il n'y a pas de chambres de jeunes qui n'ont pas de fenêtres.
M. Cliche-Rivard : Non. OK.
Dans l'ensemble du...
Mme Lemay (Catherine) : À
ma connaissance...
M. Cliche-Rivard : Oui,
dans l'ensemble du réseau.
Mme Lemay (Catherine) : ...dans
l'ensemble du parc d'hébergement jeunesse.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Parfait. Bien, si ça vient à notre information que oui, on le communiquera à
vous puis à l'équipe du ministre pour que les vérifications nécessaires soient
faites. Ça, c'est un engagement que nous‑mêmes, on se prend.
Agir tôt, M. le ministre... En fait, dans
Agir tôt — on en a parlé tantôt, mais moi, je veux vous amener sur un
des volets — vous parliez de l'accès à un milieu de garde comme un
point essentiel ou important dans les 10 facteurs de protection de
l'enfant. Je cite, là, ça dit : «Les enfants profitent avantageusement de
la fréquentation assidue d'un milieu de garde de qualité, à tout le moins sur
le plan cognitif et langagier, et cette fréquentation exerce un effet
protecteur à l'égard de la maturité scolaire et de la réussite éducative
ultérieure.» J'en suis. Le Québec, vous le savez, offre une diversité de
milieux de garde, milieux familiaux, milieux privés, CPE. La littérature abonde
évidemment sur le sujet, mais j'aimerais savoir, vous, en votre qualité
d'expert de la petite enfance, ministre des Services sociaux, pour vous, c'est
quoi le meilleur type de milieu de garde qui a le plus de potentiel d'offrir un
service éducatif de qualité supérieure à un enfant?
M. Carmant : Quand on
compare privé versus un CPE?
M. Cliche-Rivard : CPE,
milieu familial.
M. Carmant : Bien, c'est
sûr que le modèle qu'on privilégie, c'est le modèle des CPE, mais ce qui est
important de dire, c'est que nous, avec Agir tôt, on a parti un modèle
dans... où les intervenantes vont dans les milieux de garde, quels qu'ils
soient. Et ça, ça permet de combler grandement les milieux où ils sont
peut-être moins bien encadrés. Et même, il y a un projet pilote dans cinq
régions où les intervenantes Agit tôt vont faire de la... du repérage. Donc,
elles vont aider les intervenantes en services de garde, oui, et si jamais il y
a un enfant qui les inquiète, avant qu'il se rende à la période de
18 mois, bien, l'intervenante Agir tôt peut intervenir dès ce moment-là.
M. Cliche-Rivard : Ça
reste donc dans votre priorité puis dans votre décision de maintenir la complétion
de réseau, puis de maintenir le modèle CPE comme le modèle clé, le modèle phare
du développement des jeunes?
M. Carmant : Moi, je
m'arrange pour que les intervenantes Agir tôt se rendent dans nos services
de garde.
M. Cliche-Rivard : OK,
mais vous avez quand même dit que c'était le meilleur modèle. Alors, je pense
qu'on peut ensemble viser pour le meilleur modèle pour nos jeunes.
M. Carmant : Je pense
que tous les Québécois aiment le modèle CPE.
M. Cliche-Rivard : Il y
a par contre 30000 enfants
qui attendent une place en service éducatif. Est-ce que ça, ça vous inquiète,
les 30000 qui n'ont
pas, eux, accès à un des facteurs de protection de l'enfant?
M. Carmant : Bien,
écoutez, ça dépend. Tout dépend du milieu familial. Il y a... Il y a beaucoup
d'autres facteurs de protection, comme on le sait bien, là.
M. Cliche-Rivard : Mais
on devine que, parmi ces 30 000-là, malheureusement, par la statistique,
il y en aura qui auraient dû ou pu bénéficier d'un meilleur encadrement, CPE,
le cas échéant.
M. Carmant : Puis on
s'assure, bien sûr, avec les places protocoles, que cela soit... soit priorisé.
M. Cliche-Rivard : Donc,
vous n'êtes pas inquiet qu'il y en ait 30000
qui n'aient pas de place?
M. Carmant : Je ne
dirais pas ça, mais je dis qu'on fait tout pour s'assurer que les bons enfants
se trouvent au bon endroit.
M. Cliche-Rivard : OK.
Moi, ça m'inquiète. Moi, je suis capable de le dire. Je souhaiterais une
complétion de réseau. Je pense que vous aussi, vous souhaitez une complétion de
réseau, votre gouvernement le souhaite aussi. Alors, évidemment, on va
continuer de mettre une pression en ce sens de notre côté.
On reste sur Agir tôt. Il y a des enjeux,
évidemment, je pense que le programme est fantastique, mais là, entre le moment
où on dépiste, où on fait une référence, là, ça a été beaucoup discuté, puis du
moment où on reçoit une évaluation, puis finalement qu'on reçoit les services,
il y a quand même un parcours qui n'est pas tout à fait linéaire, là, qui n'est
pas tout à fait direct.
J'ai en tête l'Observatoire des tout-petits
qui nous dit que 21 % des enfants souffrant d'un retard ne reçoivent pas
de suivi dans les délais prescrits. Est-ce que vous pouvez nous faire un point
sur ça? Je vous... Je vous laisse quand même la question ouverte, mais j'ai
confiance que vous souhaitez que ces gens-là, ces enfants-là aient tous le service,
mais reste qu'il y a un entonnoir, là, il y a un... il y a <un bouchon...
M. Cliche-Rivard :
...enfants-là
aient tous le service, mais reste qu'il y a un entonnoir, là, il y a un... il y
a un >bouchon qui se cause à quelque part, puis de les dépister, c'est
bien, mais... Puis, je sais que vous travaillez sur l'étape un, qui est la
stimulation de l'enfant, l'étape deux, qui est le groupe, mais au final, le
parent cherche à voir l'orthophoniste et cherche à voir l'ergo, cherche à
savoir finalement, mon enfant, comment... comment on va avancer. Puis, avec
respect, les conseils pour stimuler l'enfant sont importants, là, mais ce n'est
pas souvent ça qu'on attend comme parent nécessairement. Alors, j'aimerais ça
vous donner l'opportunité de répondre à cette réflexion-là.
M. Carmant : Oui,
absolument. Puis, tu sais, il faut comprendre que ces critères-là sont là
depuis longtemps et ils sont là à l'époque où les enfants étaient référés
souvent à l'entrée à l'école. Ça fait que c'est sûr qu'il y avait une extrême
urgence d'agir, pour ne pas dire qu'on était un peu trop tard. Puis
sincèrement, c'est pour ça que moi, j'ai quitté le réseau, pour venir implanter
Agir tôt aussi au niveau du gouvernement.
Maintenant, ce qu'il faut savoir, c'est
que comme j'avais expliqué tantôt à la députée de Bonaventure, le premier
mouvement qu'on a fait avec Agir tôt, c'était vraiment de juste ajouter
des intervenantes. On en avait ajouté 400 la première année, 400 l'année
suivante. C'est bon?
Une voix : ...
M. Carmant : Oui. Puis
ça, ça n'a pas tellement diminué l'âge de référence. On était encore vers
quatre ans, puis quand les... quand les parents sont inquiets puis que le
médecin est inquiet, etc. C'est pour ça qu'on a mis le repérage universel à
18 mois, à la vaccination.
M. Cliche-Rivard : Tout
à fait.
M. Carmant : Puis le...
Puis ça, je l'assume complètement, là, l'effet secondaire de ça, ça a été une
explosion des demandes, explosion des demandes. Puis je comprends les
intervenantes, là, puis les parents de dire, tu sais, attendre un an, un an et
demi, c'est... c'est très long, mais on est en train de s'améliorer. Comme je
disais, l'an dernier, on était à deux ans, huit mois pour la première
intervention, puis cette année, je suis très fier de dire qu'on est à deux ans,
trois mois, puis on va continuer à s'améliorer. Puis le... J'ai le nombre
d'interventions ici, là, de repérages qui ont été faits, et ça n'a pas augmenté
entre les deux années... Bien, même... Même, je dirais même un peu... non, un
peu augmenté.
M. Cliche-Rivard : Les
dépistages?
M. Carmant : 47 852
en 2022-2023, 48 547 en 2023-2024.
M. Cliche-Rivard : Puis
je l'entends puis je trouve que c'est essentiel, mais il faut qu'on œuvre — puis
je comprends que vous y continuez d'y oeuvrer — mais il faut qu'on...
Il faut que le service soit là, en bout de piste, parce que de dépister puis de
finalement attendre pour recevoir un service, on n'est... on n'est pas
gagnant-gagnant.
M. Carmant : Mais il
faut quand même m'aider à passer le message que les éducateurs, là, ça joue un
rôle important. Puis c'est sûr que tout le monde voit l'orthophoniste, l'ergothérapeute,
etc. Mais le premier travail, c'est important. Puis le travail de l'infirmière
à la vaccination aussi. Quand on est une bonne infirmière à la vaccination,
Agir tôt, qui va rassurer la famille, donner des conseils à la famille, ça
change vraiment tout, là.
M. Cliche-Rivard : J'entends
ce que vous dites. Je veux dire, je suis père d'un jeune garçon, là, j'ai passé
par ce 18 mois là, cette évaluation‑là, puis, je veux dire, l'infirmière,
elle a le temps qu'elle a aussi, là, avec égard, tu sais. Puis elle fait
l'abécédaire, elle fait ce qu'elle a à faire, mais après, elle te donne une
référence ou elle ne t'en donne pas. Puis, je veux dire, ça s'arrête
manifestement un petit peu là. Bien sûr qu'il y a des conseils, mais ce n'est
pas six minutes nécessairement dans le bureau de l'infirmière ou
10 minutes qui... bien, ou quelque chose de très rapide.
M. Carmant : ...
M. Cliche-Rivard : Non,
mais une heure, c'est le rendez-vous au complet, M. le ministre. On fait
beaucoup de choses dans le rendez-vous d'une heure, ne serait-ce que de tenir
l'enfant pour le peser, c'est... c'est déjà... c'est déjà une...
M. Carmant : Ça ne
compte pas dans l'heure, ça.
M. Cliche-Rivard : Ça ne
prend pas une heure, mais je veux vous dire que selon la vivacité et le... de
certains enfants, ça peut prendre un brin. Ça fait que, bref, je vous dis ça
dans le sens où pour le parent, là, avec égard, de lui dire : Oui mais
l'infirmière vous donne... Oui, je ne suis pas contre le fait de dire que c'est
l'étape un, mais ce que les parents cherchent, puis je pense que vous le savez,
c'est... c'est la référence puis d'être capables d'avoir le service.
M. Carmant : Pour terminer,
tu sais, il y a encore un enjeu de garder nos professionnels partout.
M. Cliche-Rivard :
Évidemment.
M. Carmant : Parce que
les postes d'Agir tôt sont vraiment très, très populaires. Quand on en ouvre,
ça se comble.
M. Cliche-Rivard : J'aimerais
ça vous poser une question sur l'itinérance. On n'a pas eu beaucoup de temps,
mais je fais ce que je peux avec le temps que j'ai. En septembre 2023, vous
aviez promis un nouveau décompte de l'itinérance au Québec et que ce serait
fait en 2024. On connaît les chiffres d'octobre 2023. Est-ce que le projet
de décompte avance pour 2024, là? J'aimerais ça vous entendre sur est-ce que
c'est toujours dans les plans, est-ce qu'on va avoir les chiffres au courant de
l'année, l'année prochaine. Où est-ce qu'on est sur ce projet-là, de votre
part?
• (14 h 50) •
M. Carmant : ...une
énumération, là, en avril 2024, qui va permettre d'avoir le nombre d'itinérants
dans les différents sites. Le... Deux différences avec le dénombrement, là, où
c'était juste trop intense avec les organismes puis avec le ministère, pour...
de faire... Puis, il faut le savoir, là, puis être transparent, là, c'est qu'il
n'y aura pas les questionnaires ni notre décompte à ciel ouvert non plus. Mais,
encore une fois, il faut savoir que le nombre d'itinérants à ciel ouvert était
de 800 en 2018 puis de 1 300 en 2022. Ce n'est pas négligeable, mais c'est
une minorité des 10 000... donc... Puis on me dit que les... que les <actuaires...
M. Carmant :
...donc...
Puis on me dit que les... que les >actuaires vont pouvoir faire une...
M. Cliche-Rivard : Une
proportion.
M. Carmant : Une
proportion, oui.
M. Cliche-Rivard : En
vertu de ce que les organismes, qui eux connaissent les gens en situation d'itinérance,
vont pouvoir vous modéliser, là, on va pouvoir savoir l'augmentation, on
devine, là, on le voit à tous les jours. Je veux dire...
M. Carmant : Puis le
dénombrement 2025, ça, on garde aussi le...
M. Cliche-Rivard : Dénombrement 2025
formel, OK. Ça fait qu'il n'y aura pas de dénombrement en 2024, on le pousse à
2025, mais on va faire une modélisation en 2024. C'est ce que je comprends.
Dernière question, décriminalisation,
possession simple, j'aimerais ça vous entendre sur la question. Vous avez dit
en septembre que vous n'étiez pas tout à fait rendu là, mais que l'évolution de
la situation, notamment au niveau de, bon, la réduction des méfaits, crise des
opioïdes, et tout ça faisait en sorte que, vous-même, vous étiez, je pense, en
évolution ou en réflexion de penser. Est-ce qu'on est à la même place, de votre
côté, ou s'il y a de l'ouverture?
M. Carmant : Oui. Bien,
ce que je vois en Colombie-Britannique, là, ça ne me porte pas à changer
d'idée. La situation se détériore là-bas puis encore plus vite que chez nous,
là. Donc, tu sais, je ne vois vraiment pas le... rien qui nous pousse à aller
vers... plus en faveur de ça, là. On est avec la déjudiciarisation, puis pour
le moment, on ne bougera pas.
M. Cliche-Rivard : Donc,
le modèle... Oui?
Le Président (M. Provençal)
: Peut-être...
Mme Lemay (Catherine) : Trois
jeunes.
M. Cliche-Rivard : Trois
jeunes? OK, parfait. Trois jeunes dans l'unité de gymnase. Parfait. Non, mais
c'est important, c'est bien.
Le Président (M. Provençal)
:20 secondes.
M. Cliche-Rivard : 20 secondes?
On vient d'avoir des statistiques comme quoi 37 % des gens qui étaient... finissaient
avec un DES, un diplôme d'études secondaires, versus 86 % pour la
population générale. J'imagine que vous avez un commentaire, M. le ministre.
M. Carmant : Phase II,
on y travaille.
M. Cliche-Rivard : Phase II.
Bon. Merci, M. le Président.
M. Carmant : On veut
améliorer ça.
M. Cliche-Rivard : Il
faut l'améliorer. On le doit à nos jeunes.
Le Président (M. Provençal)
:Merci... Merci beaucoup, M. le
député. Alors, je reviens avec Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. M. le ministre, mardi nous avons encore une fois voté de façon
unanime pour une motion qui demandait au gouvernement du Québec de mettre en
place toute mesure additionnelle susceptible de protéger la population contre
le fléau des opioïdes. Comme vous le savez, les surdoses, les morts dans les...
les décès dans les dernières années ont énormément augmenté et il y a quand
même certains moyens qui peuvent être mis de l'avant pour offrir une certaine
protection, si vous voulez.
Alors, d'après l'INSPQ, qui reconnaît
qu'il y a une surreprésentation de la population itinérante parmi les individus
qui font des surdoses involontaires, on nous remarque qu'il faut considérer
que, parmi ces personnes, peu possèdent une trousse de naloxone, ce qui les
rend nécessairement plus vulnérables à un décès sur les surdoses.
Également, on vous a posé la question dans
le cahier des crédits à propos des machines d'analyse de drogues pour prévenir
les surdoses quand on était en consultation ensemble pour le projet de loi 37,
justement, ça a été une mention. Et alors là, dans le cahier des crédits, on
nous dit que le ministère des Services sociaux ne détient pas d'informations
sur le montant alloué spécifiquement à l'achat de spectromètres, et qu'en mars 2024,
il y en avait 11 qui étaient disponibles dans les... dans les services de
vérification de drogues du Québec.
Premièrement, je trouve ça un petit peu
gênant qu'on n'ait pas le chiffre en tant que tel, et ça a été juste 11 qui ont
été... qui ont été... qui sont disponibles au Québec. Est-ce que vous seriez
prêt... Puis on nous a dit, lors des consultations, que c'est à peu près
15 000 $ par machine. Et on se comprend, avec le nombre de décès
qu'on voit, bien, 15 000 $... Une vie vaut beaucoup plus que
15 000 $.
Alors, est-ce que vous seriez prêt à vous
engager que les spectromètres soient disponibles de façon plus large au Québec,
dans les... dans les centres d'injection ou autres organismes qui...
M. Carmant : Mais ce
qu'il faut... Ce qu'il faut comprendre, c'est que les spectromètres sont en
général idéalement même dans des unités mobiles, donc elles couvrent quand même
beaucoup plus que juste un site d'injection. Puis on a donné un rehaussement
financier significatif cette année, là, je pense, 6,5 millions récurrents
qui a été distribué à travers le Québec pour justement rehausser l'équipement
puis les... Et l'argent est allé vraiment aux organismes communautaires. Donc,
tu sais, dans les modèles où on leur laisse faire leur choix de priorités, moi,
je ne veux pas m'engager à dire que chacun doit s'acheter un spectromètre puis
de développer la technique. Mais d'un autre côté, par exemple, pour Sherbrooke
où l'argent n'avez pas été dépensé, je leur ai fortement suggéré d'aller dans
ce sens-là. Puis, évidemment, ça prend... Ça prend 15 000 $, mais ça
prend également tout l'équipement, tous les réactifs, et je pense que la
meilleure façon de l'installer, c'est dans des... dans des minivans, comme
c'est à Gatineau, comme c'est à Québec, comme ça à Montréal. Donc ça, oui, on
va les encourager, mais je ne peux pas, tu sais, m'engager à 100 %, là,
parce que c'est vraiment à <travers...
M. Carmant :
...Donc
ça, oui, on va les encourager, mais je ne peux pas, tu sais, m'engager à
100 %, là, parce que c'est vraiment à >travers les organismes
communautaires qu'on fait ces acquisitions-là.
Mme Prass : Mais ne
pensez-vous pas que ça serait nécessaire, justement, quand il y a un site
d'injection, que vous insistez, justement, qu'il y en ait? Parce qu'il n'y a
pas... On voit qu'il n'y a pas beaucoup de façons pour éviter, disons, ces
surdoses, et c'est une façon concrète de le faire. Et les organismes, encore
une fois, lors des consultations, nous dit qu'ils en veulent plus parce que ça
fait toute la différence. Donc, est-ce que ça ne devrait pas être une
complicité que, quand il y a un site d'injection, bien, il faut également qu'il
y ait un spectromètre, par exemple?
M. Carmant : Oui, oui,
c'est sûr que ça... il aurait son utilité. Mais, tu sais, le... Ce qu'on essaie
de faire, c'est que surtout, c'est ceux qui s'injectent sans personne autour
d'eux, là, qui ont besoin vraiment de tester leurs drogues. Puis, tu sais, on
sait que la plupart des gens qui décèdent d'une surdose décèdent à domicile,
là.
Puis d'ailleurs, hier, j'ai rencontré
l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires, on a fait une campagne
télévision, là, sur le... la naloxone, mais on va encore aller dans les
pharmacies pour que tout le monde soit sensibilisé à l'utilisation de la
naloxone. Puis, même de façon préventive, là, je pense que tout parent qui a un
adolescent, là, devrait s'équiper, là, de naloxone puis savoir qu'est-ce que
c'est puis savoir que, si son petit ne se réveille pas le matin, là, bien, tu
sais, il faut... Il faut vraiment qu'au Québec puis dans... à travers le
Canada, en Amérique du Nord, tout le monde sache qu'est-ce que c'est, la
naloxone, puis qu'est-ce que c'est, les surdoses.
Mme Prass : Et, dans ce
même sens là, est-ce que vous ne pensez pas que ça serait une priorité
justement que les centres d'injection supervisée soient ouverts 24/7, comme ils
le demandent? Parce que justement ça ferait en sorte que les gens ne se
retrouveraient pas seuls. Et ça a un effet également sur toute la question de
«pas dans ma cour». Les personnes sont... ont quelque part 24 heures par
7, 365 jours l'année pour aller à l'intérieur, pour les protéger à un certain
point, si vous voulez.
M. Carmant : Sincèrement,
là, quand on a fait le... l'annonce à Montréal, moi, ma priorité, ça aurait été
que le site avec l'unité mobile, là... je pense, c'est le cas de Dopamine... C'est...
Une voix : ...
M. Carmant : Anonyme,
c'est ça. Dopamine... Ça joue sur la dopamine. Anonyme, ce soit elle qui ait la
majorité des sommes pour rester en circulation 24/7. Les organismes, encore une
fois, après discussion avec nous, on a préféré aider un peu tout le monde. Je
pense, c'était un choix qui était également logique parce que tout le monde
avait besoin d'aide. Mais je ne peux pas dire, je suis en désaccord avec vous,
là, que, tu sais, une présence 24/7, c'est important parce que les gens
consomment en sortant des clubs, les gens consomment à n'importe quel moment du
jour et de la nuit, là.
Mme Prass : Et, juste
pour renchérir sur ce que vous venez de dire, la directrice de l'organisme
Spectre de rue, spécifiquement parlant de l'autobus Anonyme, dit qu'il ne peut
pas être partout non plus en même temps. Donc, ce n'est pas une solution, si
vous voulez.
Là, on va se pencher plutôt sur la santé
mentale. Comme vous le savez, dans les dernières années, les enjeux de santé
mentale, surtout pour les jeunes, ont beaucoup augmenté, que ça soit les
attentats de suicide, que ça soit les demandes pour un psychologue qui... leurs
noms qui se rajoutent dans les listes d'attente.
Je sais que vous, votre vision, ça a été
justement celle des Aires ouvertes, alors je voudrais entendre, en une ou deux
minutes, quelle est votre... Quelle est votre vision pour les Aires ouvertes
pour répondre à ces enjeux de santé mentale de ces jeunes-là et comment est-ce
que vous voyez la composition des Aires ouvertes?
M. Carmant : OK. Bien,
Aire ouverte, ça aussi, c'est un projet... un projet que j'adore, là. Quand on
est arrivés, il y avait un projet pilote dans trois sites. On est rendus à 40 Aires
ouvertes si on inclut les Aires ouvertes satellites. Puis c'est grâce à ça
qu'on a diminué nos listes d'attente en jeunesse, là, du tiers depuis qu'on...
depuis qu'on déploie partout.
Ce que ça fait, c'est que ça permet aux
jeunes d'arriver sans rendez‑vous et ça leur permet d'avoir accès aux
professionnels de santé mentale. Puis on a... Ce que j'aime aussi dans Aire
ouverte, c'est qu'on a intégré des nouveaux types de professionnels,
sexologues, pour tous les problèmes de dysphorie de genre et de questionnements
là-dessus, on a des sexologues, des kinésithérapeutes, donc vraiment un groupe
varié, qui en plus vont à la rencontre de nos... de nos jeunes.
Donc, moi aussi, ça, c'est un projet, là,
un peu comme Ma famille, ma communauté, que j'aimerais avoir dans tous les RLS
du Québec.
• (15 heures) •
Mme Prass : Et, suite au
projet pilote qui a mené au déploiement, est‑ce que... On comprend qu'il n'y a
pas eu d'évaluation qui a été faite, parce que nous, ce qu'on entend sur le
terrain, c'est qu'il y a un certain dédoublement, si vous voulez, avec
certaines Aires ouvertes et des centres... des maisons de jeunes, des milieux
de vie versus des milieux de services, par exemple. Alors, il y en a... C'est
ça, il y en a qui ressentent qu'il y a un certain dédoublement. Puis moi, je
vais vous donner un exemple, dans mon comté, il y a une Aire ouverte qui a
ouvert il y a quelques mois...
15 h (version révisée)
Mme Prass : ...un exemple,
dans mon comté, il y a une aire ouverte qui est... qui a ouvert il y a quelques
mois, et on s'est fait dire par l'arrondissement qu'avant que l'aire ouverte ne
s'installe ils n'ont fait aucun effort pour contacter les organismes
communautaires sur le terrain. C'est la ville qui m'a dit ça, c'est la ville de
Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, qui m'a dit ça, qu'ils n'ont fait aucun
travail préalablement. Donc, quand ils se sont implantés, ils n'avaient pas les
relations avec les organismes qui sont justement supposés leur référer ces
jeunes-là.
Donc, est-ce que vous ne pensez pas qu'il
devrait y avoir un travail qui doit être fait justement en amont pour s'assurer
qu'une fois que l'Aire ouverte arrive, bien, ils font partie de la communauté
et pas juste à part, si vous voulez?
M. Carmant : Bien, je suis
extrêmement surpris, là, puis je pense que c'est désolant d'entendre ça, parce
que chaque aire ouverte a, dans son budget, un 200 000 $ pour la
concertation communautaire jeunesse. Puis l'enjeu d'ouvrir une aire ouverte, c'est
justement s'assurer que le milieu communautaire jeunesse appuie. Puis il y a
toutes sortes de modèles. Il y a des aires ouvertes où les équipes vont dans
les centres, maisons des jeunes, centres jeunesse-emploi. Donc, ça, c'est...
bien, en tout cas, c'est décevant d'entendre que ça n'a pas été fait, parce que
c'est intrinsèque au modèle d'aire ouverte. D'ailleurs, moi, je vous dirais qu'en
Montérégie Est, à Saint-Hyacinthe par exemple, il a été décidé de ne pas ouvrir
d'aire ouverte parce qu'ils n'arrivaient pas à avoir ce consensus communautaire
qu'il y avait un besoin additionnel.
Donc, nous, on ne s'impose nulle part.
Puis donc, je suis très, très surpris d'entendre ça. Puis, pourtant, quand je
suis allé à l'annonce, on a vu, il y avait... il y avait quand même plusieurs
groupes communautaires, quand je suis allé ouvrir l'aire ouverte
Côte-des-Neiges, là, qui est une très belle aire ouverte en plus, là.
Mme Prass : Parce qu'aussi,
quand nous étions, je pense, la semaine dernière ou il y a deux semaines,
ensemble à la Coalition interjeunes, vous avez posé la question aux jeunes dans
la salle, combien connaissaient Aire ouverte, puis il y en avait deux qui ont
répondu. Est-ce que vous ne pensez pas justement que ce soit une campagne de
sensibilisation ou quoi que ce soit, qu'il y ait un meilleur travail à faire
pour qu'ils sachent que cette ressource est là pour eux, justement?
M. Carmant : Oui, tout le
monde devrait faire une meilleure campagne. Je pense que c'est un de nos
enjeux, c'est de mieux faire connaître ce qu'on développe au niveau du
gouvernement et du ministère. Ça, c'est un défi de tous les jours.
Mme Prass : Et là, on vous a
demandé, dans le cahier des crédits, la composition justement du personnel dans
les Aires ouvertes, et je vous avoue que j'ai été énormément étonnée de voir
que, dans les 16 aires ouvertes à travers le...
Une voix : ...
Mme Prass : ...oui, dans les
régions, il y a un 1,6 psychologues qui sont dédiés dans toutes ces aires
ouvertes là. Il y en a un de façon permanente dans l'Ouest-de-l'Île; il y a 0,6
psychologue présent, 0,6 dans le Centre-Sud; et 0,2, je pense, dans la
Mauricie. Est-ce que vous ne pensez pas justement... Parce que moi, quand vous
parlez des aires ouvertes et vous parlez que c'est un petit peu une des
solutions pour répondre aux enjeux de la santé mentale des jeunes, bien, moi,
je me serais attendue qu'il y ait un psychologue dans chacun. Parce que, oui,
il y a des sexologues, il y a des éducateurs spécialisés, mais il y a
certains... des jeunes, des fois, on a un besoin particulier. Et le fait qu'il
y en ait, encore une fois 1,8 disponible à travers les Aires ouvertes,
comment est-ce que vous expliquez ça? Que doit faire ce jeune, s'il doit voir
un psychologue, puis il n'y a pas de psychologue à l'Aire ouverte?
M. Carmant : Mais l'Aire
ouverte devient une entrée pour accélérer l'accès à des... à des services plus
spécialisés. Puis je pense que, si on était... si on envoie un psychologue dans
chaque aire ouverte, nous... ce que j'essaie de transmettre, là, depuis...
depuis que je m'occupe du dossier, c'est vraiment de s'assurer que tous les
professionnels puissent participer aux services en santé mentale. Il faut un
peu sortir de ce... de ce mode de pensée qui dit santé mentale égale
psychologue ou psychiatre. Donc, nous, ce qu'on veut, dans les... dans les Aires
ouvertes, c'est vraiment la première ligne santé mentale. Et, s'il y a vraiment
besoin d'un psychologue ou de psychothérapie, là on peut accélérer l'accès à ce
jeune-là à la psychothérapie.
Donc, c'est un peu normal qu'il ne soit
pas directement dans les... dans les Aires ouvertes. Même que, là, avec ce qu'on
est en train de faire au niveau du mécanisme d'accès en santé mentale, on
commence à réfléchir au... un peu comme le psychiatre répondant, on commence à
réfléchir au modèle de psychologue répondante. Il y aurait une psychologue qui
pourrait évaluer les demandes de tout le monde et dire : Bien, ça, c'est
pour moi, ça, ce n'est pas pour moi, etc. Parce que nos psychologues et
psychiatres sont débordés dans le réseau, puis il faut les... il faut qu'ils
voient les bons patients.
Mme Prass : Et que
dites-vous, par exemple, il y a une aire ouverte qui a fait une demande à son
CIUSSS pour avoir un psychologue, ça a été refusé. Si l'Aire ouverte lui-même
fait la demande, parce qu'il voit qu'il y a un besoin sur le territoire parmi
leur clientèle, et que leur CIUSSS leur dit non, vous ne trouvez pas que ça
manque un petit peu le coup?
M. Carmant : Mais je pense
qu'ils doivent... Tu sais, il faut... Eux, ils ont quand même l'image plus
globale des besoins <sur le territoire...
Mme Prass :
...leur CIUSSS
leur dit non, vous ne trouvez pas que ça manque un petit peu le coup?
M. Carmant :
Mais
je pense qu'ils doivent... Tu sais, il faut... Eux, ils ont quand même l'image
plus globale des besoins >sur le territoire, puis, s'ils ne peuvent pas
donner une demi-journée-semaine de psychologue, bien, il faut qu'on respecte ça
au niveau du ministère. L'important, c'est que, quand il y a un besoin de
psychologue, que l'enfant soit... soit plus rapidement référé vers ce
psychologue-là.
Mme Prass : Parce qu'aussi ce
qu'on entend, c'est que, si un jeune se présente dans une aire ouverte, disons,
pour voir un psychologue, un sexologue, ils ont droit à trois séances de
thérapie, et ensuite ce jeune-là ne se fait pas référer dans le système public.
M. Carmant : Non. Bien,
peut-être, ça, c'est un problème de pratique, là, peut-être le directeur
national de la santé mentale pourrait répondre à ça, mais... parce que nous, on
n'a pas de limitation, là, dans le... dans le nombre de séances, là.
Mme Prass : C'est ce que les
jeunes se disent dans certaines aires ouvertes.
M. Carmant : Puis, s'ils ont...
s'ils ont des besoins cliniques, tu sais, ce n'est pas possible qu'ils ne
soient pas référés. Mais il n'y a pas... il n'y a pas de directives, tu sais,
c'est pour ça, je vous passerais le directeur national, si vous voulez.
Mme Prass : Oui, s'il vous
plaît, oui, quelques minutes.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:On va demander de parler un petit peu
plus fort.
M. Bleau (Pierre) : ...directeur
national des services en santé mentale et psychiatrie légale au ministère. Ça
va?
D'abord, il n'y a pas de limitations pour
l'accès à des services psychologiques au Québec lorsqu'on voit un
professionnel. J'aimerais juste avoir en préambule le fait que, quand vous
dites : Les jeunes se présentent pour voir un psychologue, les jeunes
n'ont pas la capacité d'évaluer nécessairement les services dont ils ont
besoin. Puis quand vous faites référence à la psychologie, j'imagine, vous faites
référence à la psychothérapie. Il y a quand même 10 ordres professionnels
où des professionnels sont aptes à donner de la psychothérapie. Donc, ce n'est
pas... ce n'est pas un acte exclusif aux psychologues. Donc, il peut y avoir
des modèles de variation, dépendamment des besoins des régions, selon les Aires
ouvertes, ou, si on a un peu plus de besoins psychosociaux, bien, on va avoir
les ordres professionnels qui sont alignés avec ça.
Maintenant, il existe ce mythe-là qu'on a
limité l'accès à des services de psychothérapie, vous parlez de trois, moi j'ai
entendu six. Ce qu'on dit en recherche, c'est que, normalement, si on se
présente en première ligne, et quelqu'un a besoin d'un suivi en psychologie,
que ça soit des autosoins ou de la psychothérapie, normalement, la recherche
nous dit que six séances vont suffire. Ça ne veut pas dire que c'est un modèle
où on applique six séances partout, mais il n'a jamais été donné, en tout cas,
depuis que je suis là, de directives au réseau, à l'effet qu'on doit limiter le
nombre de séances. Comme le Dr Carmant l'a dit, l'Aire ouverte est une aire où
le jeune peut se présenter là sans rendez-vous. On le prend tel qu'il est. Il y
a plusieurs professionnels qui évaluent les besoins.
Et, s'il a besoin de plus, bien, nous, on
a des programmes de soins par étapes où le requis professionnel va être donné
par la bonne personne au bon moment. Et s'il a besoin de références ou de
continuer sa trajectoire de soins avec d'autres partenaires de soins, bien,
c'est ce qui est... c'est ce qui est le modèle.
Mme Prass : Alors, quand vous
dites, M. le ministre, que les Aires ouvertes aident à réduire les listes
d'attente, mais ce n'est pas le cas pour ceux qui ont besoin de psychothérapie,
on se comprend?
M. Carmant : Absolument.
Mais, encore une fois, l'avantage de l'Aire ouverte, c'est que, quand on peut
consulter rapidement dès que... avant que le problème se chronicise, on peut
réussir à le régler beaucoup plus facilement. Et ça, il y a beaucoup de
professionnels qui peuvent... qui peuvent aider. C'est sûr que, dans des
contextes sévères, là, où la personne d'emblée a besoin d'un... de
psychothérapie, le but, c'est de la référer vers la bonne personne le plus
rapidement possible.
• (15 h 10) •
Mme Prass : Parce que, comme
vous le savez aussi, dans la dernière année, plusieurs articles ont démontré
que le... il y a vraiment une... un enjeu de surprescririons, pour les jeunes,
d'antidépresseurs, etc.
Et je voudrais juste... une citation que
j'ai trouvée très intéressante d'Alain Lesage, un psychiatre chercheur à
l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, qui dit : «Grâce à
l'assurance médicaments, il n'y a pas d'obstacle de financer à utiliser les
médicaments, ce qui n'est pas le cas avec la psychothérapie, une situation
absolument inéquitable.» Alors, parce qu'on sait aussi, les jeunes, on leur...
on leur prescrit des antidépresseurs sans qu'il n'y ait d'accompagnement, sans
qu'il n'y ait de suivi, sans qu'il n'y ait une date de fin. Il y a des
problèmes... Il peut avoir des problèmes de sevrage par la suite. Puis ça fait
en sorte que, des fois, bien, c'est plus endommageant pour le jeune que s'il
aurait pu suivre, justement, des... de la psychothérapie, etc.
Donc, je pense qu'on voudrait voir que les
jeunes soient plutôt orientés vers les services, plutôt que vers les
médicaments, parce que c'est... ça va faire... il y aurait des séquelles, cette
génération-là, à cet égard.
M. Carmant : Et moi aussi, je
suis tout à fait d'accord avec ça. Puis c'est pour ça que c'est important <pour
moi de bâtir...
Mme Prass :
...plutôt
que vers les médicaments, parce que c'est... ça va faire... il y aurait des
séquelles, cette génération-là, à cet égard.
M. Carmant :
Et moi
aussi, je suis tout à fait d'accord avec ça. Puis c'est pour ça que c'est
important >pour moi de bâtir des équipes interdisciplinaires qui vont
prendre l'enfant dès le début. Puis on fait la même chose avec le TDAH aussi,
on est en train de bâtir des cliniques avec des professionnels pour accompagner
les médecins, pour qu'ils n'aient pas juste le choix de prescrire. Donc, on est
à la même voie, au même endroit. Et je pense qu'avec ce modèle-là on va
faciliter l'accès à la psychothérapie qui est publique actuellement, mais il
faut juste... C'est les délais d'attente, le problème, puis là on est en train
vraiment de les diminuer au niveau de la santé mentale jeunesse.
Mme Prass : ...que votre
gouvernement a mandaté Hélène David, avec votre collègue Pascale Déry,
justement, pour mettre sur pied un comité, des bourses pour les étudiants en
psychologie doctorat qui vont intégrer le réseau de la santé scolaire. Par
contre, ce qu'on entend des universités, c'est que l'argent n'est pas là pour
qu'ils puissent aller engager des professeurs, parce que l'argent n'est pas
récurrent et l'argent n'est pas à la hauteur des besoins. Que ça soit pour
l'embauche, que ça soit pour créer plus de places, il y a... dans le budget de
cette année, il y a un 2,7 millions qui a été consacré. Mme David
avait suggéré 4 millions; Université Laval, sur leur comité, au BCI,
suggère plutôt 8 à 9 millions de dollars par année et, comme j'ai
dit, de façon récurrente, pour qu'ils puissent aller engager des professeurs,
etc.
Est-ce que vous êtes... n'êtes-vous pas
d'accord que votre collègue à l'Enseignement supérieur devrait bonifier ce
montant-là juste pour... justement pour s'assurer que la pénurie qu'on vit
aujourd'hui ne soit pas permanente?
17893 M. Carmant : Bien, ce
que je dois dire, c'est que ma collègue est très sensible à la situation. Cette
année, on attend 25, un ajout de 25 psychologues grâce à ces programmes,
40, l'an prochain. Puis, si on regarde les chiffres du ministère, pour la
première fois, dans... à partir de 2026-2027, on va avoir une augmentation du
nombre de psychologues dans le réseau année après année. Et je travaille avec
la coalition des psychologues pour m'assurer de revaloriser leur rôle. Ma
collègue du Trésor a revalorisé leur rémunération, mais, je pense, il faut
revaloriser leur rôle, dans ce que je parlais tantôt, là, de psychologues
répondantes.
Mme Prass : Là, on va aller
sur l'itinérance. Comme mon collègue a mentionné, dénombrement de cette année a
montré une augmentation de 44 % et une augmentation parmi la population de
femmes et la population d'aînés parmi les itinérants. On a fait des demandes
d'accès d'information au CIUSSS sur le territoire du Québec et plusieurs... Et,
encore une fois, je vous donne l'exemple de mon comté, j'ai été... J'avais une
rencontre avec le CIUSSS. À un moment donné, on avait des rencontres mensuelles.
Je leur posais la question sur... et ça, c'est l'automne dernier, donc, automne
2023, peu de temps après où... après le dénombrement a été publié, pour leur
demander combien de personnes itinérantes, ils identifiaient sur le territoire
Côte-des-Neiges‑Notre-Dame-de-Grâce, et ils nous ont dit zéro, et ils nous
l'ont répété. Deux semaines plus tard, j'ai rencontré un organisme qui a pu me
dire : Il y a un minimum de sept à 12 qu'ils pouvaient repérer. Et, dans
la dernière année, il y a un refuge qui a été ouvert dans MultiCaf, banque
alimentaire à Côte-des-Neiges. On a fait une demande d'accès à l'information
pour demander aussi combien de personnes itinérantes, ils repéraient sur leur
territoire, et la grande, grande, grande majorité nous disait : Bien, il
faut regarder le dénombrement, nous, on n'a pas ces informations.
Comment est-ce qu'ils sont supposés
planifier les ressources, le financement, s'ils ne sont même pas au courant? Et
je peux vous... je peux vous envoyer les demandes d'accès à l'information qu'on
a reçues, justement, avec ces réponses-là. On a pris tous les chiffres qu'on a
reçus, ceux qui nous ont fourni des chiffres, ça a totalisé 2 437, puis on
sait que c'est 10 000. Comment est-ce que les CIUSSS sont supposés
planifier, avoir les ressources en main, s'ils ne peuvent même pas identifier
le nombre de personnes itinérantes sur leur territoire?
M. Carmant : Non, non, les
établissements ont leurs chiffres, là, c'est...
Mme Prass : Ça me ferait
plaisir de vous envoyer les réponses qu'ils nous ont envoyées, parce que ce
n'était pas le cas...
M. Carmant : Avec plaisir.
Mme Prass : ...et, encore une
fois, comme j'ai dit, dans mon propre comté, quand mon CIUSSS me dit qu'il y a
zéro personne itinérante sur mon territoire, mais qu'un refuge ouvre quelques
mois plus tard, on comprend qu'il y a quelqu'un qui ne dit pas vrai, là.
M. Carmant : Il va y avoir Dr
Rosenberg, mais je suis sûr que les établissements ont les chiffres.
Envoyez-moi la liste, et puis on va regarder ça.
Mme Prass : OK. Alors, ce
qu'on a vu avec le dénombrement, c'est il y a une nouvelle réalité en...
Une voix : ...
Mme Prass : ...une nouvelle
réalité en itinérance postpandémie, inflation, crise du logement. Et on dirait
que le gouvernement continue d'approcher cet enjeu de la même façon, comme si
c'était avant la pandémie, toujours des mesures d'urgence, toujours des mesures
qui font en sorte que... bien, c'est ça, ça ne répond plus <aux réalités
d'aujourd'hui...
Mme Prass :
...avant
la pandémie, toujours des mesures d'urgence, toujours des mesures qui font en
sorte que... bien, c'est ça, ça ne répond plus >aux réalités
d'aujourd'hui. Alors, je voudrais vous entendre sur cette idée de nouvelle
réalité en itinérance, par exemple, là.
M. Carmant : Bien, on a fait
deux choses, on a doublé... Par exemple, pour l'île de Montréal, on a doublé le
nombre de refuges puis on les a faits 24/7, mais qu'on a encore des enjeux, là,
quelques endroits où ils disent que ce n'est pas 24/7, mais le financement est
pour 24/7. Puis moi, je pense qu'avec 1 800 places, là, on devrait...
on en a assez. Ce qu'on a besoin, puis surtout, là, parce qu'il y a des gens
qui restent très longtemps en refuge, c'est de la transition puis le logement
supervisé, puis on pousse beaucoup pour ça. Il y a beaucoup de travail à faire
au niveau de sortir les immeubles de terre. Mais ce n'est pas nécessairement
simple, parce qu'on regarde Le Christin, qu'on est allés inaugurer il y a
quelques mois, et encore, au Christin, je pense qu'il y a... ils ont 80 sur les
120 appartements qui sont occupés actuellement. Donc, il faut... tu
sais, les organismes ont quand même un travail pour trouver les personnes qui
sont prêtes à retrouver cette autonomie-là. L'itinérance, c'est un long
processus avec des hauts puis des bas. Donc, nous, on travaille, l'important,
c'est de continuer d'augmenter l'offre de logements de transition puis de
logements supervisés, puis c'est ça, ma priorité pour les prochaines années.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Maintenant, nous allons
poursuivre avec M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. J'aimerais parler, avec le ministre, de santé mentale et des listes
d'attente. Vous avez mentionné tout à l'heure être fier de la diminution de la
liste d'attente chez les jeunes, une baisse du tiers environ. Malheureusement,
chez les adultes, l'augmentation est à peu près de la même proportion, ce qui
fait qu'au final, grosso modo, il y a 2 000 personnes de plus sur les
listes d'attente que l'an dernier. Comment vous expliquez ce phénomène-là,
qu'on peut réduire les listes d'attente chez les jeunes, mais les augmenter
chez les adultes, de sorte qu'au total la liste augmente plutôt que diminuer?
M. Carmant : Bien, une chose
est claire, c'est que la demande a augmenté dans les deux groupes, d'accord?
Des choses qu'on n'a pas encore faites, mais qu'on est en train de débuter chez
les adultes, un, c'est la prévention. Tu sais, on est dans les écoles pour nos
jeunes, puis là on commence avec la CNESST, puis on a un projet pilote en cours
en Montérégie, à faire de la prévention dans le milieu du travail. Puis ça,
c'est important, de sensibiliser les gens au problème de santé mentale et faire
du repérage, d'avoir des sentinelles dans nos milieux de travail, puis ça, on
commence à le faire. Donc, ça, c'est une des choses qui n'est pas encore
présente.
La deuxième chose, puis c'est ça qu'on
parlait avec les Aires ouvertes, c'est l'accès sans rendez-vous, l'accès de :
Quand tu as un besoin, tu es capable de lever la main. Nous, on a misé beaucoup
sur le 8-1-1 Info-Social, comme vous le savez, puis ça, c'est spectaculaire,
là, on est passé de 300 000 appels, en 2018-2019, à
600 000 appels l'an dernier. Mais il y a encore beaucoup de gens qui
ne sont pas encore prêts à utiliser le téléphone et qui vont à l'urgence. Donc,
ce qu'on va.... le travail qu'on fait, avec mon adjointe parlementaire, la
députée de Marie-Victorin, c'est qu'on va commencer à relancer le CLSC sans
rendez-vous avec l'AAOR. En même temps, avec le ministère, on est en train de
travailler sur le mécanisme d'accès en santé mentale, le guichet, disons, puis
nous, on va les relier, ces deux services-là, en même temps.
Donc, tous les individus, là, le message,
ça va être : Si vous avez besoin d'aide, mais vous n'êtes pas prêts à
prendre le téléphone, d'appeler 8-1-1 Info-Social, présentez-vous à votre CLSC.
On va identifier les CLSC où ces mécanismes-là sont bien rodés, puis là je
pense qu'on va commencer à voir une amélioration. Il faut quand même donner aux
équipes que, si on regarde le délai des gens qui sont vus dans les délais, là,
dans les 30 jours, nos équipes font un excellent travail à travers le
Québec, parce que c'est... on le met aussi sur le tableau de bord pour montrer
le travail de nos équipes.
• (15 h 20) •
M. Arseneau : Oui, parce que
j'avais justement fait un examen du tableau de bord de l'indicateur des
personnes en attente, et je constatais que, lorsque le tableau de bord a été
lancé, en mai 2022, on avait la liste d'attente globale, puis c'était aussi ce
qu'on avait également dans le plan stratégique du ministère. Et, dans le
rapport annuel de gestion, on indiquait justement, là, le rapport 2022-2023,
que les résultats étaient de 20 685 personnes en attente, l'objectif
était de 13 000. Donc, on avait déjà des objectifs très ambitieux, puis on
ne les... on ne les a pas atteints. Mais, sur le tableau, on a des chiffres qui
s'apparentent au 13 261 maintenant, mais c'est tout, simplement parce
qu'on a divisé <la catégorie en deux...
M. Arseneau :
...on
ne les a pas atteints. Mais, sur le tableau, on a des chiffres qui
s'apparentent au 13 261 maintenant, mais c'est tout, simplement parce
qu'on a divisé >la catégorie en deux, on a ceux qui attendent moins et
ceux qui attendent hors délai, et c'est les hors délais maintenant qu'on
affiche.
Je trouvais décevant qu'on n'ait pas les
deux indicateurs, parce que, si on veut comparer sur le plan historique,
évidemment, on est un peu mêlé dans les chiffres. On a l'impression que la
liste a fondu de moitié, alors qu'on a divisé la catégorie en deux.
M. Carmant : Mais ce qu'il
faut comprendre, c'est qu'avant, là, puis... avant, on avait ceux qui
attendaient pour des services professionnels puis ceux qui attendaient pour les
psychiatres, là, les services spécialisés, là. Puis le message qui était
dans... c'est qu'il y avait 20 000 personnes en attente pour un
psychologue. Puis ça, tu sais, j'avais beau vouloir l'expliquer, là, les gens,
ils ne décollaient pas de : Il y a 20 000 personnes en attente
pour voir un psychologue. Donc, ce qu'on a décidé de faire, c'est de séparer
les consultations de psychiatres, qui sont dans le volet CRDS, et puis tous
ceux qui attendaient pour tous les professionnels en santé mentale, ce que ce
que vous voyez actuellement.
Maintenant, on a des enjeux, parce que,
comme les psychiatres sont au CRDS, puis nous, on a permis à tout le monde
d'envoyer une consultation aux psychiatres, pas juste le médecin de famille,
les données sont un peu sous-évaluées, puis ça, on est en train de le corriger.
Puis la façon dont on va le corriger, c'est qu'on est en train de travailler
avec les équipes pour que la donnée, elle vienne du mécanisme d'accès en santé
mentale. Donc là, on va avoir toutes les données regroupées... ceux qui
attendent pour une consultation en psychiatrie et ceux qui attendent pour des
consultations avec les professionnels.
Puis ce qu'il faut savoir aussi, c'est
que, dans notre réorganisation du PQPTM, comme disait Dr Bleau, maintenant, puis
c'est ce qui fait qu'on arrive à garder les chiffres, pour une attente en
psychiatre, bas, maintenant qu'on a un psychiatre répondant, si quelqu'un est
référé vers le psychiatre, mais que ses besoins, c'est de voir une travailleuse
sociale ou un autre professionnel, le psychiatre peut le référer vers le
professionnel correct. Puis c'est pour ça qu'on veut bâtir ce même modèle là
avec les psychologues, comme ça, si un patient est référé vers un psychologue,
mais la psychologue juge qu'un autre professionnel peut prendre... l'usager en
charge, mais on va leur permettre de faire ça aussi.
M. Arseneau : Donc, si je
comprends bien, à l'heure actuelle, on a deux catégories, personnes en attente,
première ligne, près de 16 000 personnes. Ça, ce sont les gens qui
attendent un service professionnel, mais ça n'inclut pas ceux qui attendent
pour un service en psychiatrie.
M. Carmant : Psychiatre, pour
un psychiatre.
M. Arseneau : C'est ça, un
psychiatre.
M. Carmant : Un médecin
psychiatre.
M. Arseneau : Donc, c'est un
professionnel, incluant évidemment les psychologues, c'est ça?
M. Carmant : Oui, incluant
les psychologues. On n'arrive pas à avoir juste ceux qui attendent pour une
psychothérapie, malheureusement...
M. Arseneau : Exact, tout à
fait.
M. Carmant : ...mais, une
fois que ça va être regroupé au guichet d'accès, là on va être capable.
M. Arseneau : D'accord. Et
pour ce qui est des personnes en attente hors délai, à l'heure actuelle, on a 9 421 personnes.
Ça, c'est également pour les professionnels et ça exclut les psychiatres parce
qu'on est en train de...
M. Carmant : Oui...
M. Arseneau : D'accord.
M. Carmant : ...mais ça,
c'est ceux qui attendent plus de 30 jours.
M. Arseneau : Plus de 30 jours.
Bien entendu. D'accord. Maintenant, j'essaie juste... Puis c'est une suggestion
que je vous fais, parce qu'on a ces données-là, on n'a pas de cible dans les...
par rapport à ces indicateurs-là. Dans d'autres... pour d'autres indicateurs,
on a des cibles, celui-là, moi, je n'en vois pas, du moins, là, on a une
variation périodique. Alors, on se dit : Quelle est la cible du ministère,
est-ce que c'est de rentrer dans les délais, des 30 jours pour tout le
monde? Peut-être, mais ce n'est pas indiqué. Si on se réfère... Puis ce
n'est pas pour... ce n'est pas pour faire du temps, là, c'est vraiment pour
essayer de trouver une cohérence là-dedans, dans le plan stratégique, je me
suis dit : On va trouver les cibles du ministère. Et pour ce qui est des
services en santé mentale, en fait, l'enjeu 3, l'objectif ou
l'indicateur 15, c'est encore une autre façon de voir les choses, c'est :
Proportion des usagers ayant reçu des soins et services en santé mentale dans
les délais prescrits. Et là c'est un... c'est un taux, si on veut, une
proportion d'usagers, et on dit que la cible, pour 2023-2024, était de
60 %.
Ma question... Deux questions, ma première :
Est-ce que le 60 %, selon l'information qui vous est disponible
aujourd'hui, est ce qu'il est atteint pour l'année qui vient de se terminer? Et
quelle était la mesure de départ? Est-ce qu'on a fait des gains au cours de la
dernière année? Parce que c'est l'un des rares indicateurs où on n'a pas de cible
de départ, on n'a qu'une cible à atteindre.
M. Carmant : On est soit à
60 % soit à 58 %, entre 58 et 60 %, là, ça, c'est de mémoire,
là. Quelle était la cible au départ? Est-ce qu'on a ce chiffre-là?
M. Arseneau : En fait, la
mesure de départ.
M. Carmant : La mesure de
départ.
M. Arseneau : C'est ça, c'est
ça. Est-ce qu'on a fait un gain de 5 %, de 2 %, de 1 %? Si on
avait l'information, ça nous aiderait à comprendre si on s'améliore. Et la
petite suggestion que je vous ferais, c'est que si, dans le plan stratégique,
on a justement <des cibles à atteindre...
M. Arseneau :
...de
1 %? Si on avait l'information, ça nous aiderait à comprendre si on
s'améliore. Et la petite suggestion que je vous ferais, c'est que si, dans le
plan stratégique, on a justement >des cibles à atteindre, peut-être que
ça serait bien aussi qu'on ait cet indicateur-là dans le tableau pour voir si
on se rapproche des cibles. Parce que je vous dis qu'on fait beaucoup de
travail de contre-vérification pour voir si la situation s'améliore, puis on a
l'occasion de s'en parler plus en détail qu'une fois par année. Alors, ce
serait bien si vous pouvez noter la suggestion qu'on puisse suivre ça en
temps... presque en temps réel, essentiellement.
Donc, pour finir là-dessus, les moyens que
vous avez énumérés tout à l'heure vous laissent penser qu'on pourrait atteindre
le taux ou la proportion d'usagers qui ont un service dans les temps prescrits
à hauteur de 75 % pour 2027. C'est ce que je dois comprendre?
M. Carmant : C'est bien ça.
M. Arseneau : Malgré le fait
que ces dernières années, on n'a pas vu d'amélioration, vous restez confiants
sans nécessairement qu'il y ait de nouvelles mesures ou de nouveaux
financements qui soient consentis?
M. Carmant : Ah! OK. Alors,
cette année, on ajoute à peu près 14 millions, mais ça va être surtout sur
l'hébergement, je n'en ai pas parlé pour les autres sujets, mais notre gros
besoin, là, dans... au réseau de la santé, c'est rehausser l'hébergement. Mais
il faut savoir aussi que l'Institut de la pertinence, depuis l'an dernier, nous
finance pour trois choses qui sont importantes, c'est amener les services dans
la communauté. Puis une grosse partie, là, des consultations qui sont mises
dans le réseau en santé mentale, c'est souvent après les visites à l'urgence.
Tu te présentes à l'urgence, problème de santé mentale, tu attends 15,
24 heures assis sur une chaise. Tu repars après avoir vu l'urgentologue
puis tu as trois consultations, là, une pour voir le psychologue, une pour voir
le psychiatre puis une pour voir le CLSC. Donc, ce qu'on est en train de
bâtir, puis on est dans plusieurs régions du Québec, c'est la première mesure
de l'IPAM, qui est l'équipe ABC, Accompagnement bref en communauté, où tous les
gens qui partent de l'urgence ou qui partent suite à une hospitalisation vont
avoir une équipe qui va les suivre et qui va faire un relais personnalisé à la
prochaine étape, que ce soit le CLSC, ou le psychologue, ou le psychiatre.
Donc, les gens, ils ne tomberont plus entre deux chaises puis ils ne partiront
plus avec juste des consultes, il va avoir un suivi. Puis ça, je pense que ça,
ça va être une des choses qui va nous aider beaucoup, beaucoup, beaucoup à
baisser ces listes d'attente là, en évitant les multiplications de
consultations.
M. Arseneau : Maintenant, je
retiens que, même s'il y a eu une augmentation durant la dernière année, on
sait que, chez les jeunes, ça s'améliore, chez les personnes adultes, vraiment
pas. Puis j'essaie de faire un lien, comme la plupart des citoyens le font et
certains de nos commettants qui viennent nous voir, en disant que c'est
difficile d'obtenir un rendez-vous, avec la situation du nombre de psychologues
dans le réseau public. L'an dernier, je vous avais posé la question, à savoir
si l'effectif était en diminution, vous m'aviez parlé d'une diminution, mais
qui était quand même un peu moindre que ce qu'on a vu dans le passé, vous
parliez de 27, 29 de moins dans le réseau.
Pouvez-vous nous faire un état de
situation? Parce qu'on a tenté d'avoir des chiffres dans nos questions
préalables à l'étude des crédits et on n'a pas pu obtenir de tableau comparatif
sur les trois dernières années, c'est ce qu'on aurait aimé. Est-ce que le
nombre de psychologues augmente ou continue de diminuer dans le réseau?
M. Carmant : Non. Alors, en
fait, on est en train de renverser la tendance. Ce que je mentionnais, en fait,
ce n'est pas en 2027, mais en 2026 qu'on va avoir plus de psychologues. Année
après année, là, on en perd un petit peu chaque année, mais, à partir de 2026,
avec les programmes qu'on a mis sur pied, les bourses, les rehaussements dans
les cohortes, à partir de 2026, on s'attend à ce qu'il y ait plus de
psychologues que l'année précédente, 49 de plus, puis 2027, ça va être 293 de
plus.
M. Arseneau : OK. Mais là,
moi, je vous posais la question pour... Vous projetez, j'imagine, sur la base
de gens qui se sont inscrits dans des programmes. Ma question plus pointue,
c'est : Au jour d'aujourd'hui, si on compare à l'année passée et l'année
d'avant, est-ce que la tendance d'une trentaine de psychologues de moins par
année s'est maintenue?
M. Carmant : Donc, cette
année, 156 embauches, 165 départs, donc, on est rendus à neuf de
moins.
M. Arseneau : D'accord. Donc,
ça, c'est par rapport à l'année passée.
M. Carmant : Par rapport à
l'année passée, oui.
• (15 h 30) •
M. Arseneau : Mais à combien
évaluez-vous la masse critique de psychologues nécessaires pour qu'on puisse justement
gérer la demande? Parce que ce que j'avais comme chiffres, c'est qu'il y avait essentiellement
20 % des membres de l'ordre qui étaient dans le réseau de la santé...
15 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...justement
gérer la demande, parce que ce que j'avais comme chiffre, c'est qu'il y avait
essentiellement 20 % des membres de l'ordre qui étaient dans le réseau de
la santé, et ça semblait, évidemment, diminuer à chaque année, là. Est-ce... J'ai
deux chiffres, je ne sais pas lequel est valide, peut-être que ni l'un ni l'autre
n'est valide, mais on calculait entre 1650 et 1850 psychologues dans le réseau.
Est-ce que vous avez un chiffre plus précis à me donner, à l'heure actuelle?
M. Carmant : Moi, j'ai
2271.
M. Arseneau : Combien?
M. Carmant : J'ai 2271
comme chiffre.
M. Arseneau : J'imagine
que vous avez les bons chiffres.
M. Carmant : Et le
besoin est de 2340 cette année. Et on sait que le Québec est la province avec
le plus de psychologues, là, près de 7000.
M. Arseneau : Donc, j'ai
un petit peu de la difficulté à...
M. Carmant : Donc, le
Québec est la province avec le plus de psychologues, là, au Canada, avec
7000...
M. Arseneau : ...
M. Carmant : Oui, c'est
ça. Donc, nous, on estime...
M. Arseneau : D'accord.
Par 100000 habitants,
genre, c'est ça?
M. Carmant : Il y a 7000 psychologues,
au Québec, et on en...
M. Arseneau : Est-ce qu'on
a le plus grand nombre de psychologues en chiffre absolu ou par rapport à la
population?
M. Carmant : Non, les
deux.
M. Arseneau : Les deux.
M. Carmant : Et de loin.
Et le besoin pour le réseau est estimé à 2340.
M. Arseneau : Et ça,
vous pensez obtenir ce chiffre magique d'ici combien d'années?
M. Carmant : La première
année où on va avoir comblé nos postes, c'est 2026.
M. Arseneau : 2026. OK.
C'est... c'est là où vous... Vous estimez, donc, si je comprends bien, que
suite à la mise en place de votre mesure de bourses d'études, de mémoire, c'était
25 000 $. Est-ce que c'est... c'est ce à quoi on fait référence, là?
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : Vous voyez
déjà une augmentation des inscriptions? Est-ce que vous avez des chiffres là-dessus,
sur les résultats de cette mesure-là?
M. Carmant : De mémoire,
je vous disais que cette année, il y en avait 25 qui se joindront au réseau,
40, l'an prochain, de plus, par ce programme de bourses, là, de... pour la
psychothérapie.
M. Arseneau : Mais les
25 qui se joignent au réseau cette année, est-ce qu'ils ont bénéficié de la
bourse?
M. Carmant : C'est ça...
M. Arseneau : Les deux
dernières années, c'est ça?
M. Carmant : Par le
programme... Oui, depuis 2021-2022, il y en a 25 qui sortent cette année puis
40, l'an prochain.
M. Arseneau : Donc, ce
sont les premiers résultats de la mise en place de ces bourses-là. Donc, un
résultat de 25, ensuite 40 l'an prochain.
M. Carmant : Puis on
espère les garder maintenant qu'on a augmenté leur salaire de 30 %, aussi.
M. Arseneau : Bien, c'était
exactement la question que j'allais vous poser, vous... vous devancez mes
questions. On se comprend là-dessus, parce que l'inquiétude, c'était l'engagement
des psychologues. Si je me souviens bien, là, encore, il y a un engagement à
demeurer dans le réseau public une fois qu'on a bénéficié de la bourse pour
deux ans.
M. Carmant : Exact.
M. Arseneau : Donc, le
défi de la rétention va demeurer, parce qu'à moins que je me trompe, les
conditions d'exercice en matière d'autonomie ne sont pas réglées à la faveur
des psychologues du réseau, selon ce qu'on entend, et les conditions salariales
ne sont pas nécessairement à la hauteur de ce qu'on peut faire au privé. Est-ce
que ça ne représente pas un défi important pour le réseau?
M. Carmant : Bien, encore une
fois, je pense que c'est... en tout cas, au niveau des professionnels de la
santé, les psychologues ont été les grands... tu sais, sont ceux qui ont eu le
plus. Ils ont eu une augmentation en salaires, à terme, de 30 %, qui
est... tu sais, extrêmement significatif. Ils ont des bénéfices secondaires qui
sont importants également, tu sais, dans... versus être au privé, versus être
au réseau. Puis...
M. Arseneau : Bien, on a
rétréci l'écart, c'est ça.
M. Carmant : Oui. C'est
sûr qu'on ne l'a pas enlevé complètement, mais encore une fois, tu sais, la
chance de travailler en équipe, la chance de voir des dossiers plus... tu sais,
plus complexes, c'est tous des bénéfices du réseau. Puis, encore une fois, moi,
je me bats puis je le dis haut et fort partout où je passe : Elles ont
leur autonomie professionnelle, puis tout le monde, au ministère, vont appuyer
ça, tu sais, il faut casser ça, ce sentiment qu'elles n'ont pas leur autonomie.
Puis les quelques gestionnaires qui maintiennent ça, nous, c'est important pour
nos... que nos professionnels aient leur autonomie professionnelle, c'est des
doctorantes, là, souvent des postdocs, en plus, là. Donc, moi, je vais
continuer à marteler le même message.
M. Arseneau : Merci.
Juste une dernière question, question de validation, dans les cahiers de
crédits qu'on a obtenus, les besoins minimaux de main-d'œuvre pour les
principaux types d'emplois dans la catégorie quatre, lorsqu'on parlait des
psychologues, on disait que pour 2023-2024, le besoin était de 154. Ça
correspond aux chiffres que vous nous avez donnés tout à l'heure, là, sur les
2200 quelques, et puis... C'est ce... est-ce que c'est...
M. Carmant : Oui,
exactement.
M. Arseneau : C'est ça?
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : D'accord.
Et c'est ce qui devrait être résorbé d'ici 2026. Excellent. Je change de sujet
pour parler des agences de placement. Il y a des médias qui ont rapporté, pas
plus tard que cette semaine, là, qu'on avait deux fois et demie plus <recours...
M. Arseneau :
...parler
des agences de placement. Il y a des médias qui ont rapporté, pas plus tard que
cette semaine, là, qu'on avait deux fois et demie plus >recours à des
agences de placement pour des éducateurs spécialisés, des agents d'intervention
dans le réseau. Je constate que ça va dans la direction opposée à ce qui est
souhaité par rapport au sevrage des agences. Comment espérez-vous inverser la
tendance? Puisque j'imagine que vous, comme moi, ne voulez pas... ne voulons
pas que le service ne soit pas offert...
M. Carmant : Tout à
fait.
M. Arseneau : ...ou
diminué.
M. Carmant : J'avais
préparé des tableaux, là.
M. Arseneau : Et vous
vous engagez à le déposer à la commission, j'imagine?
M. Carmant : Absolument.
Alors, ça fait cinq ans qu'on parle de pénurie de main-d'oeuvre. Nous, on a...
en jeunesse, on a toujours réussi à augmenter notre nombre d'intervenants en
jeunesse, puis ça, j'en suis très fier. Puis la raison, c'est parce qu'on a
beaucoup de programmes innovants pour améliorer les... pour... qui attirent
nos... les professionnels vers le secteur jeunesse.
Ce qu'on vit, là, actuellement, dans les
centres jeunesse, c'est postpandémie, il y a beaucoup de... chez ceux qui ont
des enfants à besoins particuliers, il y en a beaucoup qui ont demandé l'aide
de l'État pour gérer des enfants qui sont souvent très difficiles, puis ça, ça
a créé un débordement dans nos... dans les centres jeunesse. Il faut qu'on
s'occupe de ces enfants-là. On ne peut pas les renvoyer à la maison. Les
parents ne sont plus capables. Donc, pour gérer tous ces... tous ces
débordements... Les chiffres, c'est : on est passés de
36 000 enfants par année qui passent dans un centre jeunesse à
43 000 par année. Donc, ça prend des gens pour gérer ça puis...
M. Arseneau : Est-ce que
vous nous dites qu'on va continuer d'avoir recours aux agences privées de
placement au-delà des échéances?
M. Carmant : Non. On
fait un... On fait le même travail que les autres pour recruter... pour les
ramener dans le privé et, évidemment, on fait beaucoup d'effort pour diminuer
les placements d'enfants, donc on les... pour ouvrir des postes... des services
qui sont adaptés à leurs besoins.
M. Arseneau : Mais
est-ce que vous ne pensez pas qu'il y avait un effort à faire au moment de la
négociation de la convention collective, alors qu'on leur promettait et vous
avez... vous aviez élevé les attentes en disant qu'on aurait des bonus de... ou
des primes? Et, encore une fois, là, récemment, on dit que la prime... bien, en
fait, la différence entre le traitement précédent et le traitement actuel est
de 3 %, que ça ne permettra pas la rétention ou le... ou l'attraction.
M. Carmant : Merci d'en
parler. Deux choses importantes. La... le bond de 3 %, c'est pour une
minorité des intervenants qui étaient déjà à 7 %. Quand je faisais ma
tournée, tout le monde me disait : N'oubliez pas tous les autres
professionnels. Là, c'est tout le monde, en centres jeunesse, qui a le
10 %. Puis l'autre chose qui est importante aussi pour nos éducateurs,
c'est qu'ils vont être considérés comme des gens qui travaillent dans des
emplois 24/7, et toutes les autres primes qu'on a parlé, d'heures
défavorables, ils vont également y avoir droit. Donc, je parlais à l'APTS
récemment, puis ils disaient que les gens n'ont pas encore vu la différence, mais
ce qui a été fait dans les négociations, ça va faire une vraie différence.
M. Arseneau : D'accord.
Je vais.... j'ai peu de temps. Je vais aborder deux autres sujets de façon un
peu plus rapide, si vous le permettez, M. le ministre. J'aimerais parler du
PSOC. Des organismes avaient beaucoup d'espoir sur les annonces qui avaient été
faites en 2022 et voient que lorsqu'on parle de rehaussement des budgets au
PSOC, il y a toujours une partie qui va à la mission mais qui est quand même
moindre que... on parle de 10 millions de dollars, là, par rapport à
29 millions qui, lui, est attribué pour — selon les documents,
là — consolider les services en santé mentale, en services sociaux,
en déficience, des organismes communautaires, pour Agir tôt et ainsi de suite,
sans nécessairement qu'on comprenne quels sont les critères.
Alors, la question que je vais vous poser,
c'est : Les sommes, à chaque année, qui sont ajoutées, est-ce qu'elles
sont récurrentes, à la mission? Parce que c'est toujours la question qu'on nous
pose. Celles qui sont attribuées à la mission, elles sont acquises?
M. Carmant : Oui.
M. Arseneau : Pourquoi
vous vous obstinez à ne pas investir les 40 millions à la mission, alors
que les organismes nous disent constamment qu'ils passent un temps fou à monter
des projets et à faire de la reddition de comptes plutôt que faire leur travail
auprès des citoyens?
• (15 h 40) •
M. Carmant : OK. Puis
j'ajouterais que les sommes d'indexation, que cette année, c'est à peu près
28 millions, sont également récurrentes. Puis mon petit tableau didactique,
qui montre que de 2012 à 2017, la mission globale n'a pas été augmentée, mais
que depuis qu'on est arrivés, elle est passée de 500 millions à 900 <millions...
M. Carmant :
...globale
n'a pas été augmentée, mais que depuis qu'on est arrivés, elle est passée de
500 >millions à 900 millions. Donc, on a fait des efforts
significatifs, cette année, avec un déficit de 11 milliards. Il y avait
des choix à faire. L'an dernier, on avait dit... on avait dit que j'avais... on
avait mis trop d'argent dans le PSOC, pas assez en santé mentale. Cette année,
on me dit le contraire, j'ai mis trop en santé mentale, pas assez en... dans le
PSOC. On essaie de garder l'équilibre.
M. Arseneau : Je vais vous
poser... parce que le temps file, j'ai encore... J'aimerais avoir... si vous
pouviez vous engager avec les gens de votre ministère, à nous... à nous
transférer les règles d'attribution entre les régions. Parce que la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine
voit que le budget a augmenté sur les sommes dévolues pour l'ensemble du
Québec, mais leur portion, elle, a été réduite, et ils trouvent, évidemment,
que c'est inéquitable, et ils essaient de comprendre. Alors, s'il était
possible qu'on se reparle de ça, parce que je sais qu'on manque de temps, puis ils
de ne comprennent pas pourquoi il y a 2 millions plus dans le budget de
2022 à 2023, mais qu'eux reçoivent quelques dizaines de milliers de dollars de
moins, alors qu'évidemment, les espoirs étaient... étaient très grands.
Le Président (M. Provençal)
:C'est noté, M. le...
M. Arseneau : Merci
beaucoup. Je n'ai plus de temps? J'avais une autre question, mais je n'ai plus
de temps. On s'en reparlera en coulisses. Merci beaucoup, M. le ministre, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:Je dois vous dire même que vous avez
grugé... vous avez grugé du temps. Alors, on va revenir avec la députée de D'Arcy-McGee,
qui sera secondée par la députée de La Pinière.
Mme Prass : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, on va parler d'itinérance et du dénombrement
qui a été publié à l'automne et qui montre que, comme j'ai dit... je parlais
d'une nouvelle réalité en itinérance, pas seulement, là, c'est... la première
raison, c'est des expulsions, des évictions d'appartements, plus de femmes,
plus de personnes aînées. Mais on voit vraiment une différente réalité en
région, aussi, tandis qu'avant c'était plus dans les centres. Et d'après le
dénombrement du gouvernement, vous avez des régions, comme en Outaouais, où il
y a une augmentation de 268 %, en Montérégie, 98 %, dans les
Laurentides, 109 %. Alors, là, je voudrais... parce qu'on a aussi vu,
durant les derniers mois, plusieurs articles, à travers le Québec, qui
faisaient en sorte qu'il y avait des ressources en itinérance qui fermaient en
raison de manque de financement. Je vous donne un exemple. Ici, dans les
Laurentides, un organisme qui dit : «Pour l'instant, le gouvernement du
Québec...» Excusez-moi. «Pour répondre à l'augmentation de 110 % du nombre
de personnes itinérantes dans la région, le gouvernement du Québec a plutôt
coupé dans les services, même s'il reconnaît qu'il y a une crise d'itinérance.»
Est-ce que, par exemple, les augmentations que vous voyez, avez-vous
l'intention d'augmenter les budgets en conséquence? Alors, s'il y a eu une
augmentation de 110 % dans les Laurentides, allez-vous augmenter le budget
alloué pour les refuges, haltes-chaleur, etc., du même montant?
M. Carmant : Il y a deux
choses qu'il faut comprendre. Premièrement, avec la mise à jour de novembre, on
a ajouté 15 millions, et cette... Il va y avoir encore un... dans la mise
à jour, il y avait un autre 7 millions de plus pour cette... pour cette...
ce printemps. Donc, ça, ça va être... ça, ça va faire partie d'un ajout au
niveau des sommes en itinérance.
Ce qui s'est passé dans les Laurentides,
là, j'ai été... j'ai eu... ils m'ont... j'ai eu un suivi avec eux, les sommes
n'ont pas été coupées. Ce qui arrive souvent, avec le dossier de l'itinérance,
c'est qu'il y a des organismes communautaires qui n'offraient pas de services
en itinérance, qui s'ajoutent à l'offre de services en itinérance. Et comme il
y a plus d'organismes, dans ce cas-là, le CISSS des Laurentides a réduit le
financement à quelques organismes et il l'a augmenté à d'autres qui, selon eux,
étaient plus performants. Donc, moi, je me... je me fie vraiment à l'expertise
locale du CISSS. Je ne peux pas aller renverser leur décision. Puis, tu sais,
je travaille avec les organismes par la suite. Mais, tu sais, moi, je respecte
la décision du CISSS, qui était très justifiable dans les... dans les
explications qu'ils m'ont données.
Mme Prass : Mais la
question que je vous ai posée, spécifiquement, c'est : Est-ce que vous
allez augmenter les investissements en itinérance dans les régions en
conséquence de l'augmentation de l'itinérance qu'ils ont vécue dans les... dans
les cinq dernières années?
M. Carmant : Oui, mais
nous, on est obligés, aussi, d'avoir un... Puis c'est peut-être pour ça que sa
réponse, là... On a été obligés d'aller sur une base populationnelle de base,
là, sinon on va être dans le trouble avec la Vérificatrice générale, mais on a
des ajustements par rapport aux vulnérabilités locales. Ça fait que ça, c'est
déjà fait. Comme Gatineau, ils ont eu beaucoup plus que ce qui leur était dû,
là, sur une base...
Mme Prass : Et...
M. Carmant : ...juste
que je finisse ma phrase avant de faire un...
Mme Prass : Ah non,
c'est parfait. Je ne veux pas perdre de temps non plus.
M. Carmant : ... faire
une vidéo.
Mme Prass : Et
justement, comme je disais avant, on a une nouvelle réalité en itinérance, mais
le gouvernement semble faire les choses de la même façon qu'avant. Alors, par
exemple, les refuges temporaires ou les haltes-chaleur, qui... Là, le printemps
arrive, il y en a plusieurs qui vont fermer ou qui ont fermé au 31 mars,
ces gens-là qui vont se retrouver dans les rues, dans les parcs, dans l'espace
public. Et nous, ce qu'on <entend...
Mme Prass :
...plusieurs
qui vont fermer ou qui ont fermé au 31 mars, ces gens-là qui vont se
retrouver dans les rues, dans les parcs, dans l'espace public. Et nous, ce
qu'on >entend sur le terrain, c'est eux, ils voudraient que ça ne soit
pas des mesures d'urgence, des... et que ça soit des mesures permanentes. Donc,
des haltes-chaleur qui sont... des haltes qui sont ouvertes toute l'année, qui
sont ouvertes 24 heures sur sept, plutôt que 6 heures du soir jusqu'à
6 heures du matin, encore avec tout l'aspect du phénomène «pas dans ma
cour», mais ça leur donnerait un endroit permanent plutôt que, six mois de
l'année, sept mois de l'année, devoir se retrouver dans l'espace public pour
vivre.
Et je voudrais vous lire, justement, une
lettre qui vous a été envoyée au mois de novembre de cette année par le
Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec, qui disent :
«Vous demandez aux organismes communautaires de déployer des mesures d'urgence
dans un échéancier insoutenable, avec un financement insuffisant, dont la
récurrence n'est pas garantie au-delà du 31 mars 2023. Il est impossible
de développer une offre de services structurante et pérenne dans un contexte où
la planification est à recommencer chaque année.» Qu'est-ce que vous répondez,
justement, à ces organismes qui, à chaque année, il n'y a pas de stabilité, il
n'y a pas de prévisibilité, que, bien, là, il va faire moins -50 °C
dehors, donc on les contacte pour qu'ils ouvrent quelque chose d'urgence.
Qu'est-ce que vous répondez aux organismes qui vivent cette réalité-là?
M. Carmant : Mais
c'est... c'est notre gouvernement qui a mis les services 24/7,
12 mois par année. Puis quand... tout l'argent du PAII, il est récurrent, tu
sais, c'est de l'argent récurrent. Il y a peut-être un enjeu, dans certaines
régions, avec l'argent VCS, qui, lui, est sur des bases de deux ans. Puis là,
on... là, ça vient d'arriver, là, 2024-2026, là, les prochains budgets, qui
expliquent pourquoi il y a des appels d'offres qui sont refaits. Mais... mais,
tu sais, comme tout ce qu'on a investi, les... les, quoi, les 200 ou 400... à
400 places qu'on a investies pour le... à l'automne, le... le but, c'est
de les avoir permanentes, là. Ça fait que, moi, j'entends que, des fois, que
les organismes ne sont plus capables, que les organismes doivent changer de
place. Puis le changement de place, c'est vraiment parce que, là, la demande
qu'on fait aux municipalités dans le... dans leur responsabilité première,
c'est de nous aider à trouver des sites. Parce que, moi, je ne peux... tu sais,
au ministère, on ne peut pas trouver des sites pour installer les refuges, pour
installer les organismes communautaires, donc on demande l'aide de la... des
municipalités. Puis je sais qu'à Montréal, ils ont... ça arrive, des fois,
qu'ils doivent se déplacer, ou dans d'autres régions, c'est les organismes qui
ne... qui sont épuisés, mais le but, c'est vraiment de tout avoir 12 mois
par année.
Mme Prass : Donc, si je
vous arrive...
M. Carmant : Puis ce
n'est pas du budget.
Mme Prass : ...avec des
organismes qui sont prêts à être ouverts... excusez-moi, 300... 12 mois de
l'année, vous seriez ouverts à les... bien, à les écouter et analyser leurs
projets pour que, justement, ça soit 24 heures sur sept, 365 jours
par année.
M. Carmant : Je suis
prêt à l'étudier. Absolument.
Mme Prass : D'accord. Je
vais vous revenir là-dessus dans les prochaines semaines. OK. Parce que c'est
ça, c'est parce qu'on dirait que c'est des solutions d'urgence à un problème
qui est permanent, c'est des solutions saisonnières. Et encore une fois, on
lisait, il y a quelques jours, bien là, il y a une halte qui a fermé, je ne me
rappelle pas où dans la province, et la personne s'est retrouvée dans un parc
et la police est venue le voir... les voir pour leur dire : Bien, vous
devez vous... débarquer d'ici. Mais il aurait dit : Où voulez-vous que
j'aille? Là où j'étais couché, où j'avais un endroit semi-permanent, si vous
voulez, là, il est fermé, et je me retrouve dans la rue parce que je suis un
sans-abri. Donc, il faut vraiment... tu sais, toute la question de la
prévention, je pense que ça aussi, c'est un élément sur lequel le gouvernement
doit se pencher davantage, de trouver les gens qui sont susceptibles,
justement, de se trouver dans des situations précaires, parce que c'est
beaucoup plus difficile... c'est beaucoup moins... c'est beaucoup plus
difficile de sortir une personne de la rue plutôt que de prévenir qu'ils
arrivent à ce point-là. Donc, je pense que c'est un élément., puis il y a
plusieurs organismes qui vous ont... qui ont... lors du dépôt de leur mémoire
prébudgétaire, ont demandé, justement, qu'il y ait un plan de prévention en
itinérance de la part du gouvernement. Est-ce que vous avez l'intention
d'élaborer quelque chose à cet égard?
M. Carmant : J'y
travaille. Absolument. Puis c'était intéressant, parce que quand on aller au
congrès de l'UMQ, vous vous souvenez, ils avaient montré que si on fait juste
faire des refuges, ça continue à monter, mais si on veut vraiment casser la
courbe, il faut aller dans la prévention. Donc, je vous dirais que même nos
priorités, c'est pour le... sorties carcérales et jeunesse. Donc, on y
travaille activement.
• (15 h 50) •
Mme Prass : Parce que
vous avez, par exemple, les Auberges du cœur, qui peuvent être une solution,
qui, justement, ont des jeunes vulnérables, qui viennent de la DPJ, en
situation d'itinérance, mais qui ont aussi beaucoup de difficultés à se faire
financer à hauteur de leurs besoins pour la population dont ils desservent.
Alors, c'est une conversation qu'on pourrait avoir un autre moment donné.
Deux autres petits points sur l'itinérance.
L'itinérance féminine représente presque 30 % de la population itinérante,
mais seulement 13 % des lits d'urgence sont <dédiés...
Mme Prass :
...l'itinérance.
L'itinérance féminine représente presque 30 % de la population itinérante,
mais seulement 13 % des lits d'urgence sont >dédiés aux femmes.
25 000 refus l'an passé, de refus de refuges qui sont spécifiquement pour
les femmes, donc 25 000 refus. Et en région, bien, on voit que le...
l'enjeu est encore plus difficile et on entend des femmes qui disent :
Bien, moi, je parcours la ville la nuit parce que je ne veux pas aller dans un
refuge mixte. Qu'est-ce que vous... Avez-vous l'intention de mettre davantage
de ressources, justement, pour cette population qui est doublement vulnérable?
M. Carmant : Bien, tu
sais, d'un côté, on ne veut pas faire plus de refuges, nécessairement, mais
s'il y avait une exception, je vous dirais que c'est des refuges au féminin.
Parce que ça, je pense, tu sais, moi, j'ai visité Le Chaînon, là, puis c'est
comme... c'est un coup de cœur, cet endroit-là, là, où, vraiment, des femmes
qui avaient essayé multiples autres refuges différents ont réussi à s'en sortir
dans un environnement beaucoup plus sécuritaire. Ça fait que c'est sûr que s'il
y avait une exception à faire plus de refuges versus du logement supervisé, ce
serait du... ou peut-être une deuxième exception, aussi, c'est la LGBTQ2+, là, où
ces individus-là ont... ont également beaucoup de difficulté à se faire
accepter dans les refuges.
Mme Prass : Je vous
reviendrai là-dessus dans les prochaines semaines également. Dernier élément
pour l'itinérance. On a lu, récemment, que le refuge qui était ouvert à
l'Hôtel-Dieu, qu'il y avait des personnes itinérantes, qui leur étaient
référées par les CIUSSS, qui avaient des problèmes de santé, et que le CIUSSS
les référait à l'Hôtel-Dieu, mais sans leur offrir les services de santé
nécessaires dont ils avaient besoin. Comment est-ce que vous réconciliez que
c'est le CIUSSS lui-même qui envoie des gens qui ont des maladies, etc., qui
ont besoin de soins, dans un refuge où il n'y a pas de tels services et ne font
pas l'effort d'envoyer les spécialistes, les infirmières, quoi que ce soit,
nécessaires pour traiter les conditions de santé de ces personnes-là?
M. Carmant : Bien, on
leur a demandé de mettre fin à cette pratique-là, là, premièrement. Puis, je
veux rassurer tout le monde, là, la fermeture de l'Hôtel-Dieu, c'est vraiment
quelque chose qui est bien coordonné. On est en contact régulièrement avec le
CIUSSS puis la région de Montréal pour s'assurer que personne, là, dans la
fermeture de ces services-là, ne se retrouve à la rue, là. C'est très, très
important.
Mme Prass : OK. Là, je
vais vous amener sur l'enjeu du répit. Et, justement, on a Mme Caroline
Lavoie qui est avec nous, de Répit Québec. Plusieurs éléments. Je vais
commencer au début. Lors de l'élection, le premier ministre s'était engagé à
investir 100 millions de dollars sur quatre ans pour créer
500 places...
M. Carmant : ...
Mme Prass : Oui, j'ai
l'article, si vous voulez voir, sur quatre ans. Et vous avez annoncé
50 millions sur cinq ans. Encore une fois, comment est-ce que vous
réconciliez ces deux vérités?
M. Carmant : Bien, c'est
un programme qui n'existait pas, je vous l'ai dit plusieurs fois. C'est qu'à
notre grande surprise, quand on est arrivés pour ajouter de l'argent au répit,
les équipes du ministère m'ont dit : Bien, il n'y a pas de programme déjà
organisé pour financer le répit à travers le Québec. Alors, justement, à ce
moment-là, on a parlé à Mme Lavoie pour lui dire : Bien, est-ce qu'on
peut travailler ensemble pour essayer d'organiser les choses et s'assurer que
les endroits où... qui ont déjà une grande... bien, pas une expertise, là, mais
qui ont... qui sont... qui sont peut-être plus en lien avec les établissements,
et surtout dans les... dans les métropoles, soient plus financés que dans
d'autres régions du Québec. Donc, on a... on a travaillé avec Répit Québec sur
un modèle où les différents établissements se sont entendus avec les différents
organismes qui font du répit localement. Puis, comme vous l'avez mentionné,
puis que je n'ai pas d'autre chose que... choix que d'acquiescer, ce... cet
appariement-là s'est fait vraiment à une vitesse très variée. Donc, ça a pris
du temps à sortir le 10 millions, ça fait que c'est pour ça qu'on ne peut
pas l'augmenter cette année, parce qu'il n'a même pas été tout utilisé. Mais
pour l'an prochain, le 10 millions, il est... il est... il est bien placé
dans les différents organismes qui offrent du répit. Puis il nous reste encore
deux années ou quelques budgets pour pouvoir rattraper ce... cette promesse
électorale. Puis vous savez que le premier ministre, il tient à toutes ses
promesses électorales.
Mme Prass : Parce qu'on
fait le calcul, 50 millions sur cinq ans, 100 millions sur quatre
ans, un mandat, c'est quatre ans.
M. Carmant : ...
Mme Prass : OK. J'espère
que... qu'on va le voir, parce qu'il y a des familles, des organismes qui
comptent sur vous à cet égard-là.
Vous venez de mentionner le fait que vous
n'avez... vous n'avez pas dépensé en entièreté le 10 millions qui était
consacré à cette année. Est-ce que l'argent que vous n'avez pas dépensé va être
réinvesti pour les années à venir ou est-ce que l'argent est perdu?
M. Carmant : C'est... ça...
Bien, ce n'est jamais perdu, ça va au fond consolidé, mais, tu sais, c'est un
autre... c'est un autre cycle de 10 millions qui commence à partir du <mois...
M. Carmant :
...ça
va au fond consolidé, mais, tu sais, c'est un autre... c'est un autre cycle de
10 millions qui commence à partir du >mois d'avril.
Mme Prass : Mais vous
venez de... de dire vous-même, également, qu'il y a eu des problèmes à établir
le programme, le temps que ça a pris pour faire des appels... des demandes
d'offres, des appels d'offres, plutôt, à Montréal, c'est... Votre annonce a été
en avril 2023. À Montréal, les organismes ont été contactés en décembre 2023.
Donc, est-ce que si... Là, vous êtes... vous allez pénaliser les organisations,
parce que tout le 10 millions n'a pas été dépensé cette année, ce qui n'a
pas été dépensé, bien, est retourné dans le fonds consolidé, mais ce n'est pas
la faute des organismes qui n'ont pas eu nécessairement le temps de déposer
leur projet. Donc, eux, ils vont... eux, ils vont être... c'est eux qui vont
écoper de cet enjeu administratif.
M. Carmant : Oui, je
comprends, mais, tu sais, si on leur donnait 15 millions, puis l'année
d'après, juste 10 millions, bien, il y aurait quand même des enjeux. C'est
pour ça qu'on donne...
Mme Prass : ...
M. Carmant : Bien, oui,
c'est sûr. Donc, c'est... la raison comme... comme ça que ça fonctionne au
niveau du ministère des Finances puis le Conseil du trésor, c'est s'assurer que
les sommes récurrentes soient stables. Mais, comme je vous dis, ça va être
100 millions sur quatre ans, la promesse. Donc, on a du rattrapage à
faire.
Mme Prass : Et quelle
est la proportion de cette... de l'enveloppe du 10 millions qui a été
engagée? Bien, vous venez de dire que ça n'a pas tout été dépensé.
M. Carmant : Ah! OK,
pour cette année?
Mme Prass : Oui.
M. Carmant : C'est deux
point quelques millions, mais...
Mme Prass : OK, donc
c'est quand même plus de 20 % de cet argent qui n'a pas été dépensé, qui
aurait pu, justement, aider ces familles, ces organisations. Et quels gestes
concrets entendez-vous poser pour vous assurer que l'argent se rende aux
organismes? Parce que quand je vous ai posé la question, et ce qu'on a entendu
de Répit Québec, c'est : OK. L'argent était parti du ministère, était
entre les mains des CIUSSS, mais n'arrivait pas sur le terrain, aux organismes.
Est-ce que vous avez donné des directives ou est-ce que, dans le futur, vous
allez vous assurer, justement, que ce travail se fasse de façon plus... bien,
d'une meilleure façon?
M. Carmant : Moi, on m'a
dit qu'à travers le Québec, puis si Mme Lavoie..., les ententes sont
signées, là. On m'a dit qu'à travers le Québec, les ententes sont signées. Si
ce n'est pas le cas, laissez-nous savoir. Et c'est de... c'est de l'argent
récurrent, là. Donc, les sommes vont partir dès que les crédits vont être
approuvés.
Mme Prass : OK. Parce
que juste, Mme Lavoie, quand vous avez dit : Ça a tout été... toutes
les ententes, la réponse était ceci. Ça fait que c'est sûr qu'on va nous
revenir également dans les prochains jours. Et comment est-ce que votre
ministère détermine les barèmes pour les montants que vous donnez pour le
répit? Parce que ça varie, ça peut varier, mais quel est le barème? Quel est
le... C'est ça, comment est-ce que vous avez déterminé ces montants-là? Parce
qu'ils ne reflètent pas nécessairement la réalité du coût pour les centres de
répit, pour offrir leurs services.
M. Carmant : Ça fait que
ça varie de 40 $ à 280 $, selon la lourdeur clinique. Mais, encore
une fois, c'est ça, le message, il n'a peut-être pas été clair au début, mais
on l'a corrigé. C'est la contribution du ministère à l'hébergement, au répit.
Et on a, bien entendu, également, là, le fait que certains projets de... de
rehaussement n'étaient pas approuvés parce qu'ils dépassaient ce qui avait été
dit par le ministère. Et on a corrigé le fait avec les établissements pour leur
dire : Non, non, non, ça, c'est la contribution du ministère, mais le
coût, on le sait, est... peut être supérieur à ces chiffres-là.
Mme Prass : OK. Comment
se fait-il que les sommes dédiées à la consolidation aient été utilisées pour
rembourser les CIUSSS de Montréal qui avaient payé des places à un prix plus
cher que ceux que... que ce que leur permettait leurs budgets pendant
l'année 2023-2024? Parce que ça, c'est une réalité, justement, qui vient
de la part de Répit Québec.
M. Carmant : Je ne suis
pas au courant. Je vais voir si on peut passer la parole.
Une voix : ...
M. Carmant : On est en
train de chercher. Je n'étais pas conscient de cette réalité.
• (16 heures) •
Mme Prass : Avant que je
cède la parole à ma collègue, je voudrais vous parler, dernièrement, de ce
qu'on a su dans les... Malheureusement, ce qu'on a su dernièrement, dans les
dernières journées, à propos de la maltraitance de ce petit garçon de neuf ans
dans Jardin Laval. Quelques questions. Premièrement, pourquoi est-ce qu'il
n'a... les parents n'ont pas été permis d'aller visiter sa chambre? La DPJ qui,
les deux premières... les deux premières fois qu'ils ont été contactés, d'après
ce que j'ai lu, je ne sais pas, mais d'après l'article, on dirait qu'eux, ils
ont contacté le CIUSSS, le CIUSSS leur a dit : Ah! nous, on s'en occupe,
on a mis des nouveaux... une nouvelle administration ou quoi que ce soit. La
DPJ n'a pas vraiment fait enquête par la suite, jusqu'au troisième signalement.
Et finalement, est-ce que vous... est-ce que vous avez l'intention d'encadrer,
justement... Malheureusement, l'été dernier... on a... il y a eu plusieurs
articles sur la maltraitance de ces... ces personnes-là dans différentes
résidences. Avez-vous l'intention...
16 h (version révisée)
Mme Prass : ...on a... il y
avait plusieurs articles sur la maltraitance de ces personnes-là dans
différentes résidences. Avez-vous l'intention de faire un encadrement justement
pour assurer leur sécurité davantage?
M. Carmant : Je ne peux pas
commenter le cas, parce qu'il est judiciarisé, il y a des enquêtes, etc., là,
mais, tu sais, inacceptable. Ça, là-dessus, là, on s'entend. La réponse face à
ça, c'est : On travaille sur des... les projets d'unités de réadaptation
comportementale intensive, qui viennent remplacer les RAC, là, qui est un
modèle que je n'aime pas, là, avec des duplex, des... avec des trous dans les
murs puis... bien qu'il y ait des meilleures... des régions où ça se passe
mieux. Mais, nous, ce qu'on veut, c'est vraiment des URCI, là, qui sont... dont
l'architecture est faite de façon sécuritaire. Les intervenants ont la
formation, là, de la SQETGC, là, les spécialistes... la société québécoise d'expertise
en troubles graves du comportement, qui les forme de façon adéquate. Et là, les
trois sites, et même le quatrième, qu'on a ouverts, on a des résultats très
probants, là, où, après six à 24 mois, les jeunes peuvent même... puis les
adultes, il y en a même pour adultes, peuvent être réintégrés dans leur milieu
de vie.
Donc, nous, à long terme, c'est vraiment
de déployer des URCI dans toutes les régions du Québec. Il y en a une en
Montérégie, à Longueuil, Bas-Saint-Laurent, une également à Québec, et la
quatrième, qu'on devrait cocher bientôt, c'est à Trois-Rivières. Donc, tu sais,
c'est trouver un nouveau modèle pour ces jeunes qui ont des troubles du
comportement... graves du comportement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Je pense que Mme la députée de
La Pinière...
Mme Prass : J'ai une
miniquestion.
Le Président (M. Provençal)
:Ah!
Mme Prass : Excusez-moi, encore
une dernière. L'an dernier, nous étions... lors des crédits, on se parlait de
soutien aux familles, et vous vous êtes engagés à faire une mise à jour. On est
un an plus tard. Je voudrais savoir on est rendus où dans le processus.
M. Carmant : Bien, écoutez,
on veut vraiment... bien, en fait, c'est... le dossier est presque réglé, il
reste deux petites choses à attacher, mais on va passer au financement sur une
base annuelle. Donc, il n'y aura plus de 5 $ de l'heure pour les services
de garde. Puis je vous remercie de m'avoir alerté de ce problème-là, qu'on a
réussi à régler et qui va faire une grande différence. D'autres changements.
Apparemment, en fouillant le dossier, on s'était rendu compte, par exemple, que
certains jeunes avec un trouble du spectre de l'autisme n'étaient pas inclus.
Maintenant, tout le monde est inclus. Donc, je pense, ça va être une belle
annonce.
Mme Prass : OK. J'ai hâte.
Merci.
M. Carmant : Merci.
Mme Prass : À ma collègue.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de la La Pinière.
Mme Caron : Merci, M. le
Président. Alors, est-ce qu'il reste environ quatre minutes, c'est ça?
Le Président (M. Provençal)
:3 min 40 s.
Mme Caron : Bon. Alors, je
vais essayer d'y aller rapidement, M. le ministre. Je veux vous parler d'un
seul sujet : les ressources intermédiaires. On a déjà eu un débat de fin
de séance, une période de questions là-dessus.
Alors, juste pour les gens qui nous
écoutent, simplement pour dire que les ressources intermédiaires accueillent
60 % de personnes aînées en perte d'autonomie et 40 % de clientèles
différentes, c'est-à-dire des personnes qui ont une déficience intellectuelle,
qui peuvent avoir un problème de santé mentale, handicap physique, même
toxicomanie ou trouble du spectre de l'autisme. Et il y a environ... un peu
plus de 19 000 personnes qui sont hébergées dans ces... dans ces
ressources, donc, des personnes vulnérables.
Et, à l'automne 2023, il y a eu zéro
soumission, zéro preneur aux appels d'offres qui ont été lancés pour... de faire
de nouvelles places en ressources intermédiaires. Et, sachant que, de manière
réaliste, ça prend... ça prend environ trois ans. Entre le moment où une
soumission est acceptée et où un premier résident entre dans la... dans la
ressource, il s'écoule environ trois ans. Ce qui veut dire qu'avec zéro preneur
à l'automne 2023 pour construire une RI, il y aura zéro nouvelle place
trois ans plus tard, donc à l'automne 2026.
L'entente nationale qui régit les RI,
comme vous le savez, est... porte sur 2020-2025, et, si elle n'est pas rouverte
ou qu'il n'y a pas de lettre d'entente qui est faite, qu'on garde les mêmes...
le même financement, qui est devenu adéquat, qui était adéquat au moment de la
signature, j'insiste pour le dire, mais qui ne l'est plus, ça veut dire que le
scénario de zéro preneur aux appels d'offres va se poursuivre, donc on aura
zéro nouvelle place en 2027 et zéro encore en 2028.
Bien, les raisons pour ça, c'est que les
institutions financières ne veulent plus financer les... la construction, parce
que le financement n'est plus adéquat pour la construction et il ne l'est pas
non plus pour l'opération. Alors, ce que je demande au ministre : D'une
part, est-ce qu'il va ouvrir l'entente qui régit... l'entente nationale qui
régit les ressources intermédiaires pour pouvoir adapter le financement? Sinon,
est-ce qu'il peut faire une lettre d'entente pour adapter le financement.
Sinon, est-ce qu'il peut répondre aux demandes <prébudgétaires...
Mme Caron :
...lettre
d'entente pour adapter le financement. Sinon, est-ce qu'il peut répondre aux
demandes >prébudgétaires de l'Association des ressources intermédiaires
en hébergement du Québec, demandes qui ont été faites, comme le nom l'indique,
avant le budget? Mais on ne retrouve rien dans le budget à ce propos-là. Alors,
j'aimerais savoir quelles sont vos intentions, parce que c'est important
d'avoir des places.
M. Carmant : Oui, d'accord.
Bien, j'ai... Bien, je vais répondre comme je fais depuis tantôt, là. Donc,
nous, ce qu'on regarde, c'est la mesure 8 avec eux, la composante
immobilière, là, de leur... qui était dans leur demande prébudgétaire. Parce
que ça, ça peut se faire hors négos, parce qu'on n'ouvrira pas l'entente, là,
mais on va... ça, on peut le faire hors négos. Puis ça peut venir vraiment, et
ils sont d'accord, là, améliorer beaucoup leur situation. Donc, on travaille
avec l'ARIHQ, mais également toutes les... tous les regroupements en ressources
intermédiaires pour venir bonifier ou pour essayer de travailler là-dessus.
Une autre piste de solution, également,
c'est de... au niveau de la paperasse, là, essayer de leur libérer des
ressources, et puis même ils le parlent que ça causerait peut-être un
allègement financier, là, de... des réévaluations qu'ils font, là, sans arrêt,
de la lourdeur des cas des patients, alors qu'ils font déjà un ISO-SMAF puis
ils doivent faire un autre outil, là, qui est... qui est lié à l'argent. Donc,
on regarde ces deux points-là. Et on a...
Mme Caron : ...votre
échéancier pour ça?
M. Carmant : ...on a nommé
quelqu'un spécifiquement pour travailler là-dessus et à faire avancer le
dossier le plus rapidement possible.
Mme Caron : Alors, votre
prochaine rencontre avec l'ARIHQ, ça se passe quand pour faire... pour faire
avancer ça?
M. Carmant : On n'a pas
déterminé de date quand on s'est parlé, mais...
Des voix : ...
M. Carmant : ...mais on va
faire ça dans les... tu sais, le plus rapidement possible, là. On veut vraiment
accélérer les choses, là. Ça fait qu'il va falloir qu'ils se rencontrent sur
une base mensuelle, je vous dirais, là, mais...
Mme Caron : Donc, la
composante immobilière pour développer de nouvelles places, c'est ce sur quoi
vous allez... vous allez travailler.
M. Carmant : ...
Mme Caron : Est-ce qu'on peut
espérer, sans qu'il y ait d'échéancier précis, que ce soit d'ici la fin de la
session parlementaire?
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée, j'ai été très
généreux. Votre temps est écoulé. Je m'excuse.
Mme Caron : On ne voit pas le
temps passer.
Le Président (M. Provençal)
:Nous allons maintenant compléter
cette séance de travail avec la partie gouvernementale, et je vais céder la
parole à la députée de Marie-Victorin.
Mme Dorismond : Merci, M. le
Président. Bonjour à tous les collègues de l'opposition et du gouvernement et à
toute l'équipe, bonjour. J'aimerais parler de la santé mentale des nouveaux
parents, parce qu'on sait que la période périnatale, ça englobe la période
allant de la grossesse jusqu'à l'âge de deux ans chez l'enfant, et c'est
vraiment une période cruciale pour le développement de l'enfant. Et je pense
qu'on a un rôle à jouer pour les nouveaux parents, mais aussi pour le
développement de l'enfant, car on sait que les changements peuvent être
physiques, émotionnels et sociaux pour toute la famille.
C'est pourquoi aussi il est important que
les parents fournissent un environnement sûr, stimulant, aimant pour leurs
enfants. Les soins périnatals et postnatals sont également essentiels pour la
santé de la mère et de l'enfant, ainsi que pour prévenir les complications. Je
vais répéter puis je ne lâcherai pas ce mot-là, la prévention, on le fait
énormément, puis il faut apprendre à le faire et il faut aussi que la
population comprenne c'est quoi, la prévention. Ils doivent apprendre à prendre
soin des nouveau-nés, à gérer des changements physiques, émotionnels durant la
grossesse et l'accouchement, puis ainsi aussi s'adapter comme un nouveau rôle
de parent. Les parents peuvent bénéficier aussi de soutien émotionnel,
d'information sur les soins de nouveau-nés et d'autres ressources pour les
aider à s'ajuster à leur nouveau rôle.
• (16 h 10) •
J'aimerais maintenant m'entretenir avec le
ministre sur le sujet très particulier, que j'ai eu la chance de participer
avec vous, bien sûr, l'an passé le ministre a tenu une journée de réflexion
justement sur cette thématique, c'était le 10 février 2023, il se tenait
la Journée santé mentale des nouveaux parents : prendre soin plutôt que
soigner, qui a réuni sous le même toit de nombreux intervenants oeuvrant en
périnatalité, notamment, et ce, dans tous les côtés cliniques que
communautaires, CLSC, des partenaires comme on connaît Préma-Québec. Il y avait
aussi des personnes qui travaillaient dans les hôpitaux, dans les centres
d'activité post-partum.
Bien, suite à cette journée-là, le
gouvernement a proposé... non, a annoncé, annoncé 5 millions, n'est-ce
pas, 5 millions. <J'aimerais...
Mme Dorismond :
...gouvernement
a proposé... non, a annoncé, annoncé 5 millions, n'est-ce pas, 5 millions.
>J'aimerais savoir plus sur comment ça s'est traduit sur le terrain. Il
faut que la population soit au courant des services qui sont offerts et où ils
peuvent aller chercher cette information.
M. Carmant : Bien, merci
beaucoup pour la question. Moi aussi, c'est un programme qui était très
important pour moi, un, parce qu'il faut savoir que beaucoup de parents après
la naissance de l'enfant, qui est un... Tu sais, la grossesse puis
l'accouchement, c'est quelque chose qui est souvent regardé avec des lunettes
roses, mais qui pour plusieurs n'est pas si simple que ça. Puis cette journée
dont vous parlez, ma chère adjointe... adjointe parlementaire, m'a ouvert les
yeux sur l'impact de... pour certains parents. Donc, on a ouvert... on a ouvert
différents programmes.
Le premier, c'était... je vous dirais,
c'est avec Préma-Québec, où on est venus vraiment supporter les parents
d'enfants prématurés. Pour ceux qui ne le savent pas, moi, je suis grand-papa,
d'un enfant prématuré, et l'impact sur la vie de la famille a été majeur, tant
au niveau des parents que des grands-parents. Puis il faut vraiment réaliser
que ça prend du soutien psychologique pour les familles puis du soutien
psychosocial pour les familles quand ils ont un enjeu à ce niveau-là. Donc, on
a soutenu l'organisme Préma-Québec, qui fait un travail fantastique pour ces
parents, que ce soient des... en général des grands prématurés, et qui sont
dans nos... dans nos différents hôpitaux où il y a... de néonatologie niveau...
niveau trois, je pense, là, pour les prématurés de moins de 28 semaines.
La deuxième chose aussi qui m'a... qui m'a
grandement surpris puis qui met beaucoup de détresse sur les parents, c'est la
perte d'un foetus, un avortement. Puis, tu sais, le côté scientifique nous dit :
Bien, la plupart des avortements, c'est des... c'est des problèmes
chromosomiques, puis des enfants qui de toute façon allaient avoir des
difficultés. Mais on se rend compte... je me suis rendu compte cette journée-là
de l'impact sur la famille d'une perte foetale. Puis on a... on a reparti un
programme pour enseigner aux infirmières des urgences, aux infirmières dans le
réseau comment travailler avec ces familles. Puis je sais que c'est quelque
chose qui vous tient à coeur. Donc, pour moi, c'était... c'est fondamental.
Puis je pense que c'est... c'est un programme qui va faire un grand changement,
ainsi qu'on est en train de développer une ligne pour les gens qui ont besoin
d'aide ou qui ont... qui... même les professionnels qui ont besoin d'un soutien
dans ce... dans ce contexte... dans ce contexte-là.
Puis, le fleuron de ce programme-là, je
vous dirais, ça va être le déploiement du projet Grande Ourse, où on a une
infirmière clinicienne qui fait un travail spectaculaire avec les parents dans
la... dans le dépistage, un peu comme on fait dans d'autres programmes, de...
des enjeux de santé mentale pendant la grossesse. Puis on avait même une
inquiétude au début que, si on mettait ça, ça allait demander encore plus de ressources,
ou tout ça, mais tantôt, je parlais de l'infirmière Agir tôt, là, mais
l'infirmière Grande Ourse, elle a clairement démontré avec ces données qu'en en
parlant, on est capables de diminuer en fait les besoins.
Parce que beaucoup de parents gardent...
internalisent ça, comme je disais, des parents qui... que l'on attendrait vivre
de façon tout à fait très positive la grossesse, qui ont des anxiétés. Puis
c'est normal d'avoir de l'anxiété dans un contexte nouveau, mais en en parlant
avec les parents, les sécurisant, en leur donnant les ressources qui sont
disponibles, bien, l'infirmière de la clinique est capable de s'assurer que ces
parents soient... soient sécurisés et n'ont pas de... n'ont pas besoin d'être
référés vers des services additionnels. Donc, c'est un programme qui a été
lancé cette année et qui déjà montre des avantages significatifs et évidemment
qu'on veut déployer un peu partout.
La dernière chose qu'on a faite également,
c'est... puis ça aussi j'en suis très fier, c'est qu'on a reparti les visites
prénatales dans le réseau public de CLSC, quelque chose qui avait été enlevé
dans plusieurs régions du <Québec...
M. Carmant :
...le
réseau public de CLSC, quelque chose qui avait été enlevé dans plusieurs
régions du >Québec. Bien, maintenant, les parents peuvent avoir accès
aux visites de la clinique prénatale.
Mme Dorismond : C'est bon.
Merci beaucoup. Bien, maintenant je vais vous amener dans le... dans le Plan
d'action interministériel en santé mentale, qui a marqué, depuis 2022, que
notre gouvernement priorisait la santé mentale. Et ce plan d'action là avait
comme résultat de plusieurs consultations des organismes communautaires au
niveau des employés du ministère, du réseau de la santé, tout à travers le
Québec, puis c'est à peu près 43 actions, si je ne me trompe pas,
signifiantes, qui sont vraiment signifiantes et porteuses pour améliorer
l'accès en santé mentale, surtout en première ligne.
Le plan représente à peu près
1,15 milliard de dollars. On peut dire clairement que notre gouvernement a
priorisé la santé mentale. On parle d'une personne sur cinq qui vivra un
problème de santé mentale au courant de sa vie. Comme on peut lire dans le Plan
d'action interministériel en santé mentale, c'est pour des personnes qu'on doit
continuer à travailler dans le réseau et aussi continuer à améliorer les
approches en santé mentale dans les services de... du réseau de la santé.
Aussi, on pourrait parler que le plan
d'action répond adéquatement à l'ensemble des besoins des personnes, favorisant
à la fois la santé... santé mentale physique, mais aussi la qualité de vie des
personnes et les conditions socioéconomiques. Moi, je me réjouis vraiment que,
depuis qu'on est en... depuis 2022, excusez-moi, on a été ensemble sur le terrain
et on a... et on a beaucoup fait des avancées, comme on peut parler de la
création des Aires ouvertes. C'est à peu près une dizaine d'Aires ouvertes qui
a été créée depuis 2022. Il y a aussi l'envol du 8-1-1 Info-Social. Il y a
aussi la campagne de sensibilisation à grand déploiement qui encourage les gens
à mieux comprendre la santé mentale. Il y a aussi la création des services de
proximité qui rejoignent les gens là où ils sont. Et on peut parler de l'équipe
ECHINOPS que moi, j'ai eu la chance de voir et de rencontrer. Et vous,
vous avez participé à une tournée avec eux. Moi, j'ai participé aussi à une
tournée avec les ZIP, qui est plus en Montérégie. Et ça, c'est un policier avec
un intervenant sociaux ou avec une infirmière qui... qui donnent des services
de proximité.
Il y a aussi une grande opération pour
réduire nos listes d'attente en santé mentale, comme celle annoncée lundi avec
l'Institut de pertinence des actes médicaux. On parle de
20 millions de dollars. Il y a aussi la mise en place des mesures
alternatives à l'hospitalisation partout au Québec. Et moi aussi, dans les
tournées des CISSS et des CIUSSS, centre, Mauricie, du Québec, qui a été les
premiers à lancer à l'hôpital à la maison en santé mentale. Je les félicite
d'ailleurs.
Il y a aussi des actions concrètes avec le
ministre de l'Enseignement supérieur pour former et recruter davantage de
psychologues dans le réseau. Il y a aussi des soutiens accrus à nos partenaires
précieux du communautaire, comme le centre de crise et les autres organismes en
santé mentale. Et il y a aussi mon bébé, c'est la tournée des CLSC, améliorer
puis à valoriser les services en santé mentale. Mais ce qui est important pour
moi aussi, c'est la reconnaissance qu'il est important de travailler en équipe
multi pour améliorer la santé physique et mentale et de tous... de tous les
professionnels de la santé qui travaillent ensemble en CLSC pour vraiment
renforcer la première ligne. Donc, on est rendus où, à cette étape-ci
maintenant, en 2024? On est rendus où dans le plan interministériel? Qu'est-ce
qu'on s'en va faire lundi?
• (16 h 20) •
M. Carmant : ...du matériel
pour 10 minutes, mais plusieurs choses. Moi, je pense que la première
chose que... dont j'aimerais parler, c'est de l'investissement, plus de
40 % a été fait pour les jeunes. Puis je pense que c'est un petit peu ce
qui reflète aussi le fait qu'on a amélioré beaucoup la situation de nos jeunes.
Des choses dont je n'ai pas parlé
aujourd'hui, là, c'est le volet TDAH, pour lequel on dit qu'on ne travaille pas
beaucoup, mais c'est... ce n'est pas le cas. On a lancé des projets pilotes
pour les jeunes avec un TDHA, parce qu'on a un enjeu de surmédicalisation
versus surdiagnostic. Puis, nous, ce qu'on veut, c'est vraiment que le... les
bons enfants... les bons traitements soient donnés aux bons individus. Et ce
qu'on a fait, c'est qu'encore une fois, <comme...
M. Carmant :
...les
bons traitements soient donnés aux bons individus. Et ce qu'on a fait, c'est
qu'encore une fois, >comme... comme tu le mentionnes, les... on a créé
des équipes interdisciplinaires. Donc, autour du médecin pédiatre, on a mis une
infirmière clinicienne, un autre type d'intervenant qui est spécifique, le
kinésiothérapeute, là, où il n'y en avait pas beaucoup dans le réseau, mais on
a ajouté dans ces cliniques-là des kinésiothérapeutes, psychoéducateurs
également, qui aident beaucoup pour les troubles de comportement, et puis on
sait que les TDAH, ça peut être une problématique.
Et eux, c'est eux qui font l'évaluation
initiale du patient, puis ça leur permet de voir si... un, est-ce qu'il y a
d'autres facteurs qui pourraient expliquer le TDAH, environnementaux, ou autres,
ou immaturité dans... parce qu'on sait que ceux qui sont nés au début... dans
le mois de septembre, sont plus souvent mis l'étiquette de TDAH. Et ensuite le
médecin peut décider si, oui, il faut lui donner un traitement approprié ou
pas. Donc, on a ouvert deux cliniques en Chaudière-Appalaches, une est en train
de voir le jour au... à Saguenay, bientôt une à Saint-Jérôme. Mais encore une
fois, on aimerait aller plus vite, mais les enjeux de ressources professionnelles
nous limitent, parce qu'on ne veut pas, avec les affichages de poste, déplacer,
puis on respecte les priorités de chacun des établissements. Mais ça, je pense
que c'est un autre très beau projet qui va être diffusé partout au Québec sous
peu.
Avant de parler de CLSC, j'aimerais quand
même expliquer c'est quoi, les mesures de réduction à l'hospitalisation. J'ai
expliqué tantôt les équipes ABC, là, qui vont faire la transition entre
l'urgence et la... et le... soit le CLSC, le psychologue ou le psychiatre, qui
vont faire le suivi en externe. On a deux autres très belles mesures, là, qui...
qui viennent de notre plan d'action en santé mentale. La deuxième, c'est
l'unité d'intervention brève en psychiatrie, où avant, on savait que pour ceux
qui venaient à l'urgence, puis c'est souvent quelque chose de stigmatisant,
d'être hospitalisé, ils avaient une réticence à rester à l'hôpital où ils
étaient hospitalisés pendant des périodes qui sont excessivement longues, là. Les
durées de séjour en psychiatrie, c'est parmi les plus longues... c'est les plus
longues du réseau, mais là on a un traitement intensif sur 48 à 72 heures
qui se donne pour ces individus-là dans un environnement sécuritaire. Et la
plupart sont capables de quitter l'hôpital après cette durée de... même il y en
a beaucoup qui disent que même après 24 heures, ils sont capables de
quitter les installations. Et, en... par la suite, ils peuvent aussi bénéficier
de... du suivi de l'équipe d'accompagnement brève en... bref en communauté et
s'assurer de ne pas tomber entre deux chaises.
Finalement, la troisième mesure, celle que
je trouve la plus spectaculaire, là, c'est vraiment l'hospitalisation à
domicile, où des patients qui sont jugés aptes mais qui auraient besoin d'une
hospitalisation peuvent la faire dans leur milieu de vie où ça va faciliter de
beaucoup la récupération. Ça va permettre à nos intervenants de voir leur
milieu de vie, de voir comment ça se passe. Et également ça va permettre... ça
va permettre à la famille d'avoir un meilleur contact avec l'équipe traitante.
Puis ça, c'est un sujet que je sais qui vous tient à coeur également, là, le
rôle de la famille dans les... dans les soins en santé mentale, puis à beaucoup
de... à tout le monde ici. Et ça, dans ce modèle-là, les familles sont beaucoup
plus satisfaites du suivi et des soins qui sont offerts. Et la... et la
communication se fait beaucoup mieux. Et ça, on est déjà... on a... on est
installés dans plusieurs régions du Québec. Et, nous, ce qu'on dit, c'est que,
tous ceux qui lèvent la main pour ces projets-là de prévention de
l'hospitalisation, on va les accompagner.
Puis donc, pour relier ça avec le contexte
de l'itinérance, par exemple, dans certains CHU des centres-villes de Montréal,
eux, une de leurs plus grosses difficultés, c'est suivre les patients en
situation d'itinérance qui présentent des problèmes de santé mentale. Mais, là
aussi, il va... on va développer des programmes spécifiques. La sous-ministre
ainsi que le directeur national de santé mentale vont travailler sur un
programme spécifique pour les CHU qui va leur permettre d'offrir ce
programme-là.
Donc, moi, si on m'avait dit, quand j'ai
quitté le réseau, que mes collègues psychiatres allaient être heureux comme ça
d'aller dans les... offrir des services à domicile... Je pense qu'on doit
remercier l'équipe de la Capitale-Nationale d'avoir montré l'exemple depuis
maintenant 10 ans puis l'équipe de santé mentale du ministère d'avoir été
de l'avant avec un projet si ambitieux puis d'avoir eu confiance dans cette
idée-là.
Les CLSC, moi, je pense que c'est... je
vais finir avec ça, là, c'est vraiment la pièce manquante du casse-tête. Puis
je dois... je dois vous remercier de toutes les <visites...
M. Carmant :
...je
vais finir avec ça, là, c'est vraiment la pièce manquante du casse-tête. Puis
je dois... je dois vous remercier de toutes les >visites que vous avez
faites puis tout le démarchage que vous avez fait jusqu'à présent pour vraiment
évaluer la capacité des CLSC à réoffrir du sans rendez-vous. On sait que... je
pense, le plus gros changement en 2015, ça a été de vouloir amener les services
en GMF, mais, dans ce contexte-là, on a beaucoup délaissé les CLSC, CLSC où il
y avait un potentiel énorme puis qu'on veut... qu'on veut réactiver, qu'on veut
capitaliser, optimiser. Et ce qu'on veut mettre sur place, c'est vraiment de
repartir les équipes de l'AAOR, là, de l'accueil, orientation pour les patients
qui se présentent sans rendez-vous avec un problème psychosocial en général, où
l'évaluation peut être faite dans toutes les salles d'urgence. Puis on a la
liste complète des endroits où l'AAOR est présent, et ceux qui avaient
transféré tous leurs services vers le 8-1-1 Info-Social sont en train de
réouvrir des intervenants AAOR sur place.
Parce qu'il faut se rendre compte que,
bien que le service de 8-1-1 Info-Social a explosé, a doublé, puis les gens
sont très satisfaits, là, de leur service en 8-1-1 Info-Social, il y a quand
même un... il y a deux phénomènes. Il y a... il y en a qui n'osent pas appeler
au téléphone puis il y a un phénomène particulier du 8-1-1 Info-Social, c'est
que beaucoup de gens qui appellent pour un problème de santé mentale
raccrochent à l'intérieur de quelques secondes quand ils n'ont pas la ligne
tout de suite. Donc, quand... les gens, quand ils ont... quand ils lèvent la
main pour un problème de santé mentale, ils ont vraiment besoin d'être écoutés.
Et je pense que d'ouvrir les CLSC qu'il y a dans toutes les communautés, ça va
faire une vraiment grande différence.
Maintenant, comme le but, c'est de ne pas
leur offrir un premier service puis les mettre en attente sur une liste
d'attente, le travail que vous avez effectué, c'est de s'assurer que, là où on
va aller ouvrir ce service de sans rendez-vous à l'AAOR... c'est que ce soit en
lien avec le mécanisme d'accès en santé mentale. Puis ça, ça va permettre de
réorienter tout de suite le patient vers les services du mécanisme d'accès, où
là... où là il y a vraiment des... toutes sortes... tous les professionnels en
santé mentale qui peuvent offrir des services rapidement et référer vers le bon
intervenant. Puis là ça, ça inclut toute la gamme de services. Puis c'est là
également qu'on veut finalement insérer le fameux psychologue répondant, parce
qu'on entend souvent la...le commentaire que le psychologue, c'est juste en
bout de ligne qu'on se rend à lui. Donc, si on a un psychologue répondant qui,
avec le psychiatre ou l'IPS en santé mentale répondante, vont regarder les
dossiers, bien, on va s'assurer que les services sont vraiment donnés le plus
rapidement possible. Puis en... je pense qu'en combinant ces deux services-là,
d'AAOR et de mécanisme d'accès en santé mentale, bien, on va être capables de,
un, diminuer les listes d'attente de façon significative.
Puis on se... on se base beaucoup sur le
modèle de l'est de l'île de Montréal, où il y avait à un moment donné
2 000 personnes en attente, là, sur la liste de santé mentale
première ligne. Et, en rehaussant les services du mécanisme d'accès, ils sont...
ils sont depuis... depuis des mois autour de 200 personnes en attente, qui
est très raisonnable, avec un délai d'accès qui est très raisonnable également.
Donc, le...
Le Président (M. Provençal)
:Une minute.
M. Carmant : Une minute? OK.
Le fameux projet de l'IPAM, où on va rehausser de façon ponctuelle les services
au mécanisme d'accès en santé mentale, bien, se base justement de cette
expérience-là du CIUSSS de l'Est-de-l'Île, où les... où les intervenantes en...
qui sont à temps partiel ou les intervenantes qui décident faire du temps
supplémentaire pourront lever la main sur une base volontaire et venir nous
aider au niveau de nos listes d'attente. Puis on espère que partout au Québec
on va voir le même... la même réponse que dans l'est de l'île.
• (16 h 30) •
Puis la beauté de la chose, c'est que ça
va être un blitz ponctuel, mais, entre ça, on est en train de mettre tout ce
qu'il faut autour pour s'assurer que la prise en charge soit fluide et que le
PQPTM soit... soit une réussite dans tout le Québec, avec un patient qui peut
être référé à un médecin psychiatre sans aller voir son médecin de famille, là,
qui est vraiment un grand avantage, un guichet d'accès en santé mentale qui
peut référer directement au psychiatre, au psychologue ou dans un organisme
communautaire puis des organismes communautaires qui se sentent vraiment
partenaires du réseau de la santé au niveau de la santé mentale. Bien, je pense
que c'est une...
16 h 30 (version révisée)
M. Carmant : ...un partenaire
du réseau de la santé au niveau de la santé mentale. Ça fait que je pense que c'est
une histoire qui va bien s'écrire au cours des prochaines années, M. le
Président. Et j'ai terminé mon temps?
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
M. Carmant : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre.
Alors, le temps alloué à l'étude du volet Services sociaux des crédits
budgétaires du portefeuille Santé et Services sociaux étant presque écoulé,
nous allons maintenant procéder à la mise aux voix des crédits. Le programme 1,
intitulé Fonctions de coordination, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
:Sur division. Le programme 2,
intitulé Services dispensés à la population, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
:Sur division. Le programme 3,
intitulé Office des personnes handicapées du Québec, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
:Sur division. Et le programme 4,
intitulé Régie de l'assurance maladie du Québec, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Des voix : Sur division.
Le Président (M. Provençal)
:Sur division. Alors, merci à tous de
votre collaboration et de votre contribution.
Compte tenu de l'heure, la commission,
ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die, et bon retour dans vos
circonscriptions, soyez prudents et prudentes.
(Fin de la séance à 16 h 31)