(Neuf heures cinquante-cinq
minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
On va ouvrir la séance tout simplement pour
respecter, là, l'heure, et je resuspends immédiatement pour attendre que
certaines personnes reviennent autour de la table.
Alors, suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 9 h 56)
(Reprise à 9 h 57)
Le Président (M. Provençal)
: Bon matin à tous. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le commissaire au
bien-être et aux droits des enfants.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Chassin (Saint-Jérôme) est remplacé par Mme Gendron (Châteauguay);
Mme Lachance (Bellechasse), par Mme Picard
(Soulanges); Mme Caron (La Pinière), par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); M. Fortin (Pontiac), par Mme Garceau
(Robert-Baldwin); et M. Marissal (Rosemont), par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. La dernière séance
relative à ce mandat était le 22 février dernier. Je vous rappelle que les
articles 5, 6, 8 à 12, 14 à 18 et 29 sont suspendus. Considérant que le
projet de loi est étudié dans l'ordre séquentiel, je suggère que nous
reprenions à l'article 5.
Article 5, petit rappel, il y avait déjà eu
un sous-amendement déposé par la députée de Robert-Baldwin, qui avait été
adopté, un amendement du ministre, mais nous en serions maintenant au dépôt
d'un sous-amendement. Mais est-ce que... Avant toute chose, y a-t-il consentement
pour reprendre l'étude de l'article 5?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. Merci. Alors, est-ce
qu'il y a consentement pour étudier à nouveau l'amendement adopté précédemment,
amendement qui avait été déposé par M. le ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement. Et, sur ce, je vais
permettre à la députée de Robert-Baldwin de déposer son sous-amendement à
l'amendement de M. le ministre. Mme la députée.
Mme Garceau : OK. Merci beaucoup, M.
le Président. Très contente que nous soyons... que nous avons repris les
travaux de ce projet de loi qui est très, très important et très attendu.
Donc, en ce qui a trait à l'article 5,
remplacer le sous-paragraphe b du paragraphe 1° de l'amendement proposé à
l'article 5 du projet de loi par le sous-paragraphe suivant :
b) remplacer le paragraphe 7° par le
suivant :
«7° effectuer
une veille de tous les décès d'enfants, ainsi que de tous les décès de
personnes âgées d'au moins 18 ans et d'au plus 25 ans pour
lesquels une investigation ou une enquête a été effectuée en vertu de la Loi
sur les coroners (chapitre C-68.01);».
Les commentaires à ce sujet. L'amendement vise à
élargir la fonction de veille des décès du Commissaire au bien-être et aux
droits des enfants en précisant que cette veille vise tous les enfants... tous
les décès d'enfants, tous les décès de personnes âgées d'au moins 18 ans
et d'au plus 25 ans pour lesquels une investigation ou une enquête a été effectuée en vertu de la Loi sur les coroners.
Évidemment, il y avait quelques groupes qui avaient fait cette demande de
modification.
• (10 h
eures)
•
Le Président (M.
Provençal)
: ...la
partie que modifierait le sous-amendement déposé par Mme la députée de
Robert-Bladwin. M. le ministre.
M. Carmant : Bonjour, tout le monde.
Moi aussi, je vous remercie d'être ici ce matin, de recommencer l'étude
détaillée du projet de loi. Et, à mon souvenir, c'est vraiment en concordance
avec les discussions qu'on avait eues auparavant.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions sur le sous-amendement?
Oui, M. le député. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Merci. D'abord, à
tous et à toutes, content de vous retrouver dans l'étude du 37, collègues et M.
le ministre, collègues des oppositions... du gouvernement, de la banquette
gouvernementale, bonjour.
Des voix : ...
M.
Cliche-Rivard : Ça s'en vient. Bon, on ne fera pas ça ce matin.
Alors, en effet, je pense que ça répond très bien à ce qu'on avait entendu. Donc, je souligne la
qualité de rédaction, je pense que c'est très bien. Allons-y, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
M. Cliche-Rivard : Ça va.
Le
Président (M. Provençal)
: S'il n'y a pas d'autre intervention, je procéderais
à la mise aux voix du sous-amendement de Mme la députée de
Robert-Baldwin. Alors, Mme la secrétaire, on va y aller par appel nominal.
La Secrétaire : Oui. Pour, contre,
abstention. M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Pour.
La Secrétaire : Mme Poulet (Laporte)?
Mme Poulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, le sous-amendement
déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin
est adopté. Maintenant, on revient à l'article 5... à l'amendement de
l'article 5. Est-ce que l'amendement de l'article 5 est
maintenant adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Et y a-t-il des interventions, maintenant, sur l'article 5 tel qu'il a été
amendé? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : On commence... On
commence... On commence où? J'ai combien de temps, premièrement?
Le Président (M. Provençal)
: On va vous donner ça.
Une voix : ...
Mme Garceau : ...minutes?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme
Garceau : Je vais commencer,
M. le ministre, pour vous remercier, en termes des amendements
que nous avons reçus, certains amendements que nous avons reçus, on va
commencer avec ça, concernant ce projet de loi, qui... qu'on... qui
confirment certaines préoccupations soulevées par les groupes, certains groupes
que nous avions rencontrés en consultations particulières. Ceci étant dit, à la
lumière de la révision de tous les amendements... Je vais mettre de côté, pour le moment, les amendements,
là, à l'article 11 concernant le commissaire qui devait être nommé, un
commissaire dédié aux enfants autochtones, je le mets de côté pour le moment,
je vais avoir plusieurs commentaires à
ce sujet. Là, je vais vraiment mettre... miser sur la
question, puis ce n'est pas la première fois que j'en parle, concernant
les fonctions et les pouvoirs du commissaire.
Et ça, c'est vraiment à la lumière aussi non
seulement du rapport de la commission Laurent et toute la question du transfert
des pouvoirs de la CDPDJ au commissaire, je vais au-delà de ça. Et c'est
curieux parce que, dans le projet de loi n° 56, j'écoutais les
consultations particulières... parce qu'on parlait... Ça, c'est le projet de
loi concernant les conjoints de fait, et... Parce que ça vient rejoindre un peu
les recommandations qu'il y avait dans Rebâtir
la confiance, mais aussi
commission Laurent concernant le tribunal unifié en famille, qui serait... qui
serait créé, là, pour vraiment... dans l'intérêt non seulement des enfants,
mais aussi des familles du Québec, pour s'assurer qu'on soit... qu'il y
ait un tribunal familial pour venir vraiment adjuger, si je peux dire, dans
l'intérêt supérieur des enfants et aussi dans l'intérêt des familles.
Et j'ouvre la parenthèse là-dessus parce que,
oui, c'est une bonne idée, le ministre de la Justice l'a dit, c'est une très
bonne idée. Là, ce serait comment est-ce qu'on le réalise, comment est-ce qu'on
est arrivé... comment est-ce qu'on arrive à cette création d'un tribunal
unifié, parce qu'on en parle depuis des années. Et là moi, je fais le lien entre ça, et qu'est-ce qui est ressorti du rapport
de la commission Laurent, et quel était vraiment l'esprit et le souhait de
la commission, lié à la création du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, et le pourquoi de cette création d'une
entité distincte, indépendante qui était pour être dédiée à 100 % de son
temps non seulement à promouvoir les droits, mais à la protection des droits
des enfants.
Et, une bonne partie du rapport, on a étudié
qu'est-ce qui se passe dans d'autres provinces, en Alberta, en
Colombie-Britannique, dans le sens qu'on a des bureaux, là, des... c'est... on
ne... Ce n'est pas le type, le même type de commissaire, mais on parle
d'ombudsman, on parle de défenseur, et donc ça va même au-delà de qu'est-ce que
la CDPDJ fait. Parce que, lorsqu'on parle de... Lorsque la CDPDJ... puis on...
va intervenir dans un dossier puis va être devant les tribunaux, elle va
interpréter la loi, c'est ça qu'elle va faire, versus la défense des droits
d'un enfant, à titre d'exemple, un enfant où ses droits, oui, sont lésés, un
enfant, une victime d'agression sexuelle.
Puis on a juste à penser, M. le ministre, là,
dans les derniers mois, vous avez été scandalisé, puis moi aussi, en termes...
puis la population également, là, en termes de qu'est-ce qui se passe dans des
familles d'accueil, dans des centres jeunesse. Je ne veux pas... Je n'ai pas le
temps, là, alloué pour entrer dans les détails, mais on les... on les connaît tous.
Et comment est-ce qu'on va faire comme société pour s'assurer que les droits de
nos enfants soient mieux protégés à l'intérieur du système, à l'intérieur de
notre société, à l'intérieur de nos instances? Et là il me semble que... Et
c'était ça, après deux ans d'études... ce n'était pas juste une question de
transférer les pouvoirs de la CDPDJ au commissaire, mais c'était cette création
d'une entité distincte qui était pour venir vraiment défendre les droits des
enfants, parce qu'on aurait des avocats dédiés à ça, des avocats qui étaient
pour... qui étaient pour intervenir devant
un tribunal dans différents... dans des cas particuliers, dans des cas
particuliers pour vraiment être à la défense des droits des enfants.
Et c'est pour
ça que je reviens là-dessus, M. le ministre, dans le sens que, dans les
fonctions, dans les fonctions, c'est vraiment... on a beaucoup dilué. Si
je regarde, là, l'article 5 et ses sous-paragraphes et dans les pouvoirs,
plus tard, dans l'article 8... dans la
section 8, ce que la commission souhaitait pour avoir vraiment une société
bienveillante, à l'écoute des enfants et vraiment en ce qui a trait à la
protection de nos enfants, ça va au... même au-delà des pouvoirs de la CDPDJ.
Et je voulais voir, est-ce que vous avez étudié... est-ce qu'il y a eu une
étude par la suite de qu'est-ce qui se passe dans d'autres provinces? Parce que
là la CDPDJ est dédiée... 10 % du temps est dédié au volet jeunesse, puis
il me semble qu'entre nous, là, ce n'est pas suffisant. On a besoin d'un commissaire
qui va être dédié à 100 % à la protection des droits de nos enfants, tel
que prévu ou tel que créé dans d'autres provinces. Puis comment se fait-il
qu'on ne le fait pas ici au Québec?
• (10 h 10) •
M. Carmant : M.
le Président, bien, je pense que le modèle qu'on propose est très près de
l'ombudsman, en fait. Parce que s'il
faut... Moi, ma... la vision que l'on propose dépasse ce qui est proposé ici
quand vous parlez de, tu sais, de la protection de
la jeunesse. Et comme je vous l'ai dit plusieurs fois, je suis d'accord qu'il y
a un enjeu, là, sur le rôle de la CDPDJ, on l'a tous entendu. Mais le mécanisme
pour régler ce problème-là, qu'on a mis sur pied, c'est vraiment la table
justice jeunesse, où j'ai clairement demandé, et mon collègue ministre de la
Justice, d'étudier cette question-là d'interprétation de la loi par les avocats
et par la CDPDJ. Et je pense que c'est ça, la solution.
Encore une fois, moi, je pense que nous, on a
besoin d'un commissaire qui va être en place pour représenter les
1,8 million d'enfants qu'on a au Québec. Et j'ai été très sensibilisé aux
besoins importants des jeunes de la protection de la jeunesse, puis on va
mettre des mécanismes en place pour qu'ils soient bien représentés. On a parlé
du comité national. Maintenant, on va mettre des comités régionaux et même des
comités de jeunes dans chacun des centres jeunesse. On a déjà commencé ces
démarches-là. Donc, on veut qu'ils soient bien représentés, bien informés,
bien... que leurs droits soient bien représentés. Mais ça prend un commissaire
pour tous les enfants au Québec, ça, c'est fondamental pour moi, ça, pas juste
un avocat qui va au tribunal quand les droits sont lésés.
Mme Garceau : Bien, je... Mais
c'est ça, l'objectif. L'objectif, c'est... Oui, pour tous les enfants. Mais, au
bout du compte, c'est... on regarde la situation actuelle et surtout qu'est-ce
qui se passe, qu'est-ce qu'on a, dans les derniers mois... qu'est-ce qui est
ressorti, là, dans les médias, c'est très préoccupant, c'est très préoccupant.
Et moi, quand je regarde juste la situation de qu'est-ce qui s'est passé dans
cette famille d'accueil et une jeune qui a été agressée sexuellement, mais le
signalement à la DPJ puis même une enquête, après 15 jours d'enquête de la
CDPDJ, puis on arrive à une conclusion qu'il n'y a pas de lésion de droit, moi,
je ne sais pas, vous, M. le ministre, là, mais... mais moi, ça, en soit, là, je
suis très préoccupée, je suis très préoccupée par ça. Parce qu'il se passe
quelque chose, là, ce n'est pas normal, ce n'est pas normal qu'on arrive à
cette conclusion-là suite à des agressions sexuelles. Et donc qu'est-ce qu'une
jeune fille... qu'est-ce qu'elle fait, cette jeune fille là? Il faut qu'elle
appelle un avocat, il faut qu'elle aille devant les tribunaux. Mais, au bout du
compte, là, c'était ça, l'objectif de la création d'un commissaire, c'était
pour aider des jeunes filles comme elle, parce que le système ne la protège
pas. Le système ne l'a pas protégée, M. le ministre. J'espère que vous êtes
d'accord avec moi là-dessus.
M. Carmant : D'accord, mais le
commissaire va être là pour cette jeune femme là. Et, s'il y a des choses à
changer dans le système, le commissaire pourra demander des changements dans le
système. Mais ce que vous demandez, c'est que le commissaire aille au tribunal
pour cette jeune-là, alors qu'on a déjà un système qui existe pour ça, qui est
là depuis 50 ans. C'était «jeunesse» tout seul, avant; c'est devenu
«jeunesse et protection des droits... des droits» et «jeunesse» après. On
pourrait le rescinder, mais, tu sais, la solution que je trouve qui est très
valide, c'est de régler le problème de la CDPDJ avec le Barreau, avec la
commission des droits juridiques, avec les DPJ, avec tous ceux qui sont autour
de la table du... de la table jeunesse justice. Puis moi, je pense qu'il faut
donner la chance au coureur et que les solutions vont émaner de cette table-là.
Mme
Garceau : Oui, mais... mais là, si on regarde ce cas
spécifique, on a... la DPJ ferme le dossier, CDPDJ qui dit qu'il n'y a pas de
lésion de droit. Donc, il y a quelque chose de... qui ne fonctionne pas, là,
fondamentalement. Donc, je ne sais pas si c'est une question de manque
de formation, si c'est une question de manque de personnel, on n'a pas assez
enquêté, je ne le sais pas. Mais pour arriver à cette conclusion-là, il y a un
problème en quelque part, M. le ministre, ça, c'est sûr et certain. Et ce
n'est pas... Et on a entendu les groupes, ce n'est pas la première fois qu'on
soulève les lacunes en ce qui a trait au pouvoir exercé par la CDPDJ. Et, avec
grand respect, je ne pense pas que c'est la table justice jeunesse qui va
régler la situation des lacunes, parce qu'il y a... il y a une prise de
décision de gérer le volet jeunesse d'une certaine façon, qui, d'après moi, est
au détriment, ultimement, des droits des enfants du Québec.
M. Carmant : Bien, ça, c'est un
enjeu avec la CDPDJ, là, qu'il faut régler, tu sais, c'est... Ça, c'est une
sérieuse critique de la CDPDJ, puis je vous entends, mais... mais...
Mme Garceau : ...mais... mais on a
ici l'opportunité, M. le ministre, puis vous le savez, je ne suis pas la seule à le dire, on a l'opportunité, dans ce
projet de loi, de rectifier la situation de qu'est-ce qui se passe en ce moment
dans notre... dans la protection... dans le système de la protection de la
jeunesse, avec la création de ce commissaire, une création d'une entité
indépendante qui va être dédiée 100 % du temps et pas juste 10 % du
temps. Ce n'est pas juste une question, M. le ministre, là, de transférer les
avocats de la CDPDJ puis de les mettre au niveau de... du service du
commissaire. Ce n'est pas ça du tout, là. C'est une question de volet jeunesse,
10 % du temps, et ils exécutent leurs
obligations d'une certaine façon. Mais là les pouvoirs et les responsabilités
du Commissaire au bien-être et
aux droits des enfants, qui pourraient être beaucoup plus larges et efficaces
en vertu de qu'est-ce que la commission avait étudié, la commission Laurent, et
aussi les recommandations qui étaient dans le... dans le rapport, que... ne
sont pas représentés ici, ne sont pas reflétés ici.
M. Carmant : Bien, beaucoup
d'experts sur la jeunesse appuient quand même notre décision de... qu'on a
besoin d'un commissaire pour tous les enfants. La LPJ, c'est une loi
d'exception, et je pense, c'est important de représenter les droits de tous les
enfants. Je comprends qu'on n'a pas la même vision là-dessus, là, mais je veux
vous assurer, là, que je suis sensible à la... à la situation de la protection
de la jeunesse puis qu'on va s'assurer que les enfants de la protection de la
jeunesse soient bien représentés auprès du commissaire. Mais ça n'empêche pas
le fait que, fondamentalement, moi, je persiste à dire qu'on a besoin d'un
commissaire pour tous les enfants.
Le
Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, je pense que vous aimeriez peut-être
intervenir.
M.
Cliche-Rivard : Bien, merci, M. le Président. C'est une discussion
qui est intéressante, qui est importante, qui est philosophique puis qui est au coeur un peu du projet de loi,
quand même. M. le ministre, j'avais une question, là. Dans votre
lecture, le commissaire, lui, là, si éventuellement il a des reproches ou des
recommandations à faire à la CDPDJ, est-ce qu'il serait libre de le faire?
M. Carmant : Oui, il pourra le
faire.
M.
Cliche-Rivard : Il pourra le faire, donc, et il pourra faire des
recommandations, on y reviendra plus tard, là. Mais vous avez mis ce pouvoir-là
aussi, il pourra en saisir l'Assemblée. Bref, c'est dans les amendements
d'aujourd'hui. Le commissaire va être d'une certaine façon, lui aussi,
le... on pourrait dire le surveillant ou le vérificateur, il pourra... il
pourra jouer ce rôle-là, des actions de la CDPDJ? C'est ce que je comprends?
• (10 h 20) •
M. Carmant : Bien, je ne sais pas si
le terme est juste, mais il est le porte-voix des enfants et il va travailler
en collaboration avec la CDPDJ.
M. Cliche-Rivard : ...collaboration.
Donc, dans des scénarios ou dans des situations, là, tel que le décrit ma
collègue, là, par exemple, là, quand on voit... Parce que, bon, vous l'avez
dit, là, puis je... on va faire la part des choses aussi, là, mais, je veux
dire, vraisemblablement, la CDPDJ, à mon humble avis, n'est pas sans reproche,
là. Il y a des enjeux qui ont été soulevés que... Ce n'est pas pour rien que
vous avez créé la table justice jeunesse, là, je pense qu'il y a des choses
qui... qui doivent changer, vous l'avez dit. Dans ces cas-là, tel que ma
collègue le précisait, là, on pourrait imaginer que le commissaire ait des
choses à dire a posteriori, ait une vérification à faire, ait des
recommandations à faire pour qu'on ne tourne pas là-dedans continuellement, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Et on peut
imaginer la même chose sur la DPJ, on peut imaginer que le commissaire vienne
faire la même chose?
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Absolument?
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
éventuellement, évidemment, selon les mécanismes prévus, nous faire part de ces
recommandations-là?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Donc, d'une
certaine façon, ils sont en parallèle, là. Je ne suis pas en train de dire que
le Commissaire au bien-être va être au-dessus de la CDPDJ, ce n'est pas ça...
comme ça que la hiérarchie le prévoit, mais il va avoir ou il aura, de par son
rôle intrinsèque, un pouvoir quand même de supervision, de recommandation. Puis
là, après ça, appartiendra aux législateurs ou aux décideurs...
M. Carmant : À l'Assemblée.
M. Cliche-Rivard : ...de voir
qu'est-ce qu'on en fait.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Je veux
peut-être voir... Je ne sais pas si ma collègue veut continuer sur son point.
Sinon, moi, ce que j'aurais suggéré, M. le Président, c'est qu'on les
prenne un par un, les... les points, là, de l'article 5 pour voir à
évacuer les questions. Mais peut-être que ma collègue a des points globaux.
Mme Garceau : ...merci. Moi, j'avais
un amendement à déposer, M. le Président... Pardon?
Une voix : ...
Mme Garceau : ...oui, c'est vrai, ce
serait un amendement qui irait avant l'article 5.
Le Président (M. Provençal)
: Un amendement qui irait avant
l'article 5?
Mme
Garceau : Le premier...
Le Président (M.
Provençal)
: Ça veut
dire que...
Des voix :
...
Le Président (M. Provençal)
: Dans l'article 5...
Mme Garceau :
Oui, c'est dans l'article 5, c'est ça.
Une voix : ...
Mme Garceau :
Oui, oui, excusez, dans l'article 5, pas avant.
Le Président
(M. Provençal)
: Excusez,
mais c'est parce que je veux être sûr qu'on se comprenne bien, là.
Mme Garceau :
Oui, oui, c'est dans l'article 5.
Le Président (M. Provençal)
: OK. Donc, si on... pour
les gens qui nous suivent, dans l'article 5, on a «4° informer le public», puis «5° soutenir». Ce que je
comprends, c'est qu'entre le 4° et le 5° vous voulez introduire quelque chose.
Est-ce que je comprends bien votre... Oui? Non? Peut-être?
Mme Garceau :
Non. C'est l'amendement, M. le Président, à l'article 5.
L'article 5, premier...
Une voix : ...
Mme Garceau : ...c'est ça, premier
alinéa, on a : «Le commissaire a pour fonctions de promouvoir le
bien-être...» En ce moment, là, c'est ça qu'on a.
Le Président
(M. Provençal)
: OK.
Mme Garceau :
C'est cet article-là qu'on aimerait amender.
Le Président (M. Provençal)
: OK. Alors, on va attendre
que votre... On va attendre que l'amendement nous soit transmis, à
l'article 5.
Alors, je vais
suspendre pour qu'on puisse recevoir et valider. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
10 h 24)
(Reprise à 10 h 27)
Le Président (M.
Provençal)
: On va projeter le
sous-amendement avant d'en faire la lecture à l'écran. Alors, je vais inviter
Mme la députée de Robert-Baldwin à nous faire la lecture de son sous-amendement
à l'article 5.
Mme Garceau :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, le premier alinéa de
l'article 5, tel qu'amendé, est remplacé par le premier alinéa
suivant :
«Le commissaire a
pour fonction de promouvoir le bien-être et assurer la protection et le respect
des droits des enfants, et ce, en plus de veiller à l'intérêt des enfants.»
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre, voulez-vous qu'on prenne une petite... une petite minute de
réflexion?
M. Carmant : Est-ce qu'il y a des commentaires, peut-être,
ou...
Mme Garceau :
Bien, regardez, moi, c'est en fonction... C'est sûr et certain que,
lorsqu'on regarde toutes les fonctions et les pouvoirs d'un commissaire,
surtout s'il est dédié au bien-être et au droit des enfants, il doit y avoir un
élément de protection et pas juste de
promouvoir, et de respecter, et de veiller à l'intérêt. Il faut que ce soit
plus que ça, pour qu'il puisse accomplir, là, vraiment son... accomplir
de façon efficace son rôle en tant que commissaire et surtout d'avoir la
possibilité de... dans certaines instances, que, oui, il va y avoir des
interactions avec des centres jeunesse, CIUSSS et CDPDJ.
M. Carmant :
...que je contacte avec les juristes.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui. On
va suspendre, s'il vous plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 29)
(Reprise à 10 h 35)
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, on va reprendre les discussions sur
l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin à
l'article 5. M. le ministre, vous aviez besoin de quelques minutes de
réflexion avec votre équipe de légistes. Je vous cède la parole.
M.
Carmant : Oui. Merci, M. le Président. Donc, après avoir
consulté, on ne peut pas accepter l'amendement proposé, qui crée une
certaine confusion, là, dans le rôle du commissaire avec le terme «assurer la
protection», là. Donc, les... nos juristes trouvent que c'est... ce terme-là
mène à confusion, ce terme-là mène à confusion dans les fonctions du commissaire.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Pour bien
comprendre la réponse, M. le ministre, c'est «assurer» ou c'est «protection»
qui cause confusion, là? Juste... C'est «assurer»?
M. Carmant : Surtout «assurer», mais
même...
M. Cliche-Rivard : ...du volet
contraignant, positif que ça, ça crée en droit, c'est ça?
M. Carmant : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Mais le mot
«protection» vous cause-t-il problème?
M. Carmant : Bien, «protection», ça
rentre dans les droits, mais, quand même... Je pourrais peut-être passer la
parole au juriste, mais il y avait une hésitation également avec «protection».
M. Cliche-Rivard : Consentement de
mon côté.
Le Président (M. Provençal)
: Consentement pour permettre au
juriste de prendre la parole? Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, vous vous nommez et votre
fonction.
M. Bérubé (Mathieu) : Bonjour,
Mathieu Bérubé, avocat à la direction des affaires juridiques, Santé et
Services sociaux.
Actuellement, le premier alinéa de
l'article 5, ce qu'il prévoit, c'est que le commissaire a pour fonctions
de promouvoir le bien-être et le respect des droits des enfants. Donc, ça,
c'est vraiment en harmonie avec qu'est-ce qui a
été recommandé dans le rapport de la commission Laurent, donc, d'offrir des
fonctions, en fait, à un tel commissaire, de promotion comme telle. Avec
l'amendement ici, «assurer la protection», on vient un petit peu indirectement
confier au commissaire des fonctions qui seraient dévolues à d'autres entités,
notamment la CDPDJ, en matière de protection
des droits de l'enfant, plus spécifiquement pour la CDPDJ en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse.
Puis là, avec les autres... En fait, les
fonctions plus spécifiques qui sont confiées à notre commissaire, quand on
descend notre article au complet, en le lisant, ça s'insère mal avec cette
idée-là, évidemment, d'assurer la protection puisque ces réelles fonctions là
et ces pouvoirs et responsabilités là sont dévolus à d'autres entités. Donc,
autrement dit, assurer la protection des droits des enfants, ça ne peut pas...
ça ne peut pas aller en cohérence avec cette
fonction-là de promotion du bien-être et du respect. Sur le... Ça, c'est sur
l'aspect de l'assurer, de l'assurance comme telle de la protection.
Sur l'aspect de la protection comme telle, bien,
de notre point de vue, le fait de promouvoir le respect des droits, bien, ça inclut, dans une certaine
manière, en fait, d'assurer... pas d'assurer, excusez-moi, mais de promouvoir
la protection, forcément, de ces droits-là. Autrement dit, si on en fait
la promotion du respect, c'est parce qu'on ne veut pas qu'ils soient violés, ces droits-là. Donc, forcément, tu sais, c'est
de dire : Bien, faites attention dans vos agissements pour
respecter la loi.
Autre élément, c'est qu'il ne faudrait pas non
plus que le commissaire devienne une sorte de... comment je pourrais dire, de
commissaire à la CDPDJ. Tu sais, l'objectif n'étant pas, on se rappelle, de
venir dire à la CDPDJ comment exercer ses propres fonctions. Ça fait que c'est
ça, l'idée, là, en fait, pour l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Il faut quand même faire une nuance, là, avec égard à... Me Bérubé,
c'est ça, oui?, mais avec égard... l'intention du législateur a quand même été
exprimée que, oui, il y aurait une vérification quand nécessaire puis, oui, il y aurait des recommandations lorsque nécessaire
du commissaire envers la CDPDJ. Donc, ça a été quand même très
clairement exprimé par le ministre.
Donc, j'entends que ce n'est pas sa fonction
principale, là, mais on est d'accord qu'il existera et il devra exister, de façon à assurer ses droits puis ses
mandats à 5, et 6, et 7, et 9, que ce soit fait au moment nécessaire. Est-ce qu'assurer,
là... Moi, j'entends que c'est peut-être là où ça bloque. Promouvoir le
bien-être, et la protection, et le respect, ça bloque, ça aussi? Si «assurer»
n'était pas là, vous avez quand même un enjeu de protection, parce que vous avez dit qu'il était quand même implicite,
là, «protection», dans respect des droits. Donc, s'il est implicite, y a-t-il vraiment
problème à le laisser?
M. Bérubé
(Mathieu) : Bien, en fait, c'est... c'est que,
conceptuellement, ça devient comme... Personnellement, là, je trouve que
c'est faire la promotion de la protection. On fait plus, là, la promotion du
respect des droits, tu sais. Autrement dit, c'est... avant de faire la
protection, c'est que... Tu sais, quand on se rend à l'étape de la protection,
c'est qu'il y a peut-être déjà un enjeu. Quand on fait la promotion du respect,
on est en amont, puis c'est vraiment ça, le rôle de plaidoyer qui était... qui
était décrié dans la commission Laurent.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Baldwin.
• (10 h 40) •
Mme Garceau : Oui. Avec respect, là,
c'est parce que le gouvernement a pris une décision de ne pas respecter les
recommandations de la commission Laurent à l'égard des fonctions et des
pouvoirs du commissaire. On va commencer avec ça. Vous avez pris une décision
que son rôle était pour être plus dans le préventif que dans la protection. Et,
sur ce, compte tenu des lacunes dans le système actuel et les situations
horrifiques liées à des lésions de droit des
établissements dans... les enfants qui vivent dans des conditions pitoyables,
et j'en passe... qu'à un moment donné, vous avez pris une décision, tant
qu'à moi, qui n'est pas dans l'intérêt supérieur des enfants, compte tenu qu'on a carrément mis de côté les recommandations
de la commission Laurent au sujet de qu'est-ce qui était au coeur des
recommandations. C'était le volet protection, c'était le volet protection. Il
était... c'était un commissaire qui était pour être le chien de garde, la seule
voix au niveau de la protection des enfants. Oui, de promouvoir leurs droits,
oui, de veiller à leurs intérêts, mais il y avait un volet de protection parce
que c'est ça qui était nécessaire compte tenu des circonstances qui datent
depuis des années.
Maintenant,
là, vous avez pris une décision de ne pas respecter, et je ne suis pas d'accord
avec cette décision-là. Et je ne suis pas la seule, il y a eu plusieurs
groupes, et vous le savez très bien, qui ne sont pas d'accord, qu'on aurait dû
respecter le fait que ce commissaire, ça soit le vrai chien de garde puis qu'il
y ait un commissaire qui a des vrais pouvoirs
pour intervenir dans la protection des droits de nos enfants. Parce que, là, en
ce moment, on ne l'a pas, le chien de garde, donc il manque des dents,
il manque des griffes, il manque pas mal de choses ici, dans ce document, ce
projet de loi.
Et là, à un moment donné, si vous allez... si
vous allez maintenir cette position qui restreint vraiment les pouvoirs du
commissaire, qui n'était pas du tout le souhait de la commission Laurent, à un
moment donné, c'est qui qui va être la voix des enfants, M. le ministre? Au
bout du compte, là, c'est qui qui va être la voix de la jeune fille qui est victime d'agression sexuelle dans une
famille d'accueil? C'est ça que les gens posent depuis, là... les questions
qu'ils vous posent depuis des mois. Parce que ce n'est pas la DPJ puis ce n'est
pas la CDPDJ. Ça fait qu'à un moment donné, à un moment donné, là, quand la
CDPDJ ne fait pas sa job, ne fait pas sa job de protéger les droits de nos enfants, il va falloir qu'il y ait une instance
en quelque part qui va être la voix de nos enfants les plus vulnérables.
Et c'est ça. À un moment donné, ça devrait être
le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants. C'était ça, le coeur du
projet de la commission, du rapport. C'était une voix, une voix. Mais là, si on
ne va pas transférer les pouvoirs puis qu'on va laisser la CDPDJ avec... qui va
dédier 10 % de son temps dans la protection puis le volet jeunesse? Bien,
qu'au moins qu'on donne des griffes à ce commissaire-là pour faire quelque
chose que... quand quelqu'un dans le système, puis je vais le dire, là, est en
train de brimer les droits d'un enfant parce qu'elle ne fait pas le nécessaire
pour le protéger, il faut qu'il y ait quelqu'un... Puis c'était ça, le...
c'était ça dans le rapport de la commission
Laurent, c'est : Il y avait quelqu'un au-dessus de la mêlée. Et même
l'ex-commissaire... l'ex-vice-président, M. Lebon, l'a dit
dernièrement dans un article. Il faut... Il faut avoir quelqu'un, le vrai chien
de garde, quelqu'un qui va être au-dessus.
Donc, si la CDPDJ, là, va garder ses rôles et
ses responsabilités, mais, dans l'exécution de ces rôles et responsabilités là,
ne fait pas sa job, qui va être la voix des enfants, M. le ministre? Ça devrait
être le commissaire. Et donc, oui, le commissaire devrait avoir le droit
d'aller cogner à la porte pour dire : Mais qu'est-ce qui se passe dans ce
dossier-là? Comment se fait-il que vous n'allez pas intervenir? Parce que, oui,
il y en a, des dossiers où ils ne vont pas intervenir, puis on le sait parce
qu'on a un paquet d'avocates puis des groupes qui nous l'ont dit puis qui ne se
présentent pas devant les tribunaux, puis qui ne sont pas là pour les enfants.
Donc, ça va être qui si ce n'est pas la CDPDJ? Si la CPDJ dit, là : Nous, là,
on ne représente pas des dossiers individuels, nous, là, on ne s'en va pas à la
chambre de la jeunesse parce que les... la situation n'est pas assez grave,
j'ai manqué de tomber de ma chaise quand j'ai lu ça, donc qui va le faire si ce
n'est pas le commissaire?
C'est ça, M. le
ministre, je ne comprends pas pourquoi on restreint... on veut restreindre les
fonctions et les pouvoirs d'un commissaire quand on peut... quand on peut
intégrer des... dans les fonctions, un protecteur. C'est un peu comme le Protecteur du citoyen qui fait
des recommandations, le commissaire est le protecteur, dans un certain sens, des enfants du Québec,
incluant les enfants les plus vulnérables, qui... malheureusement, dans un
système de protection des enfants, oui, il y a des failles. Puis, quand ces
failles-là ne sont pas corrigées, bien, il y a quelqu'un en haut qui va
venir nous dire, à l'Assemblée : Regardez, là... Mais c'est ça... mais
c'est pour ça que je veux dire : Assurer la protection. Il va avoir ce
pouvoir de venir nous dire, à l'Assemblée, que ça soit protection de la
jeunesse, DPJ, que ça soit la CDPDJ... de dire : Il y a un problème
important qu'on doit corriger, et moi, je fais ces recommandations-là. Il me
semble qu'il devrait avoir le pouvoir de le faire. Et c'est pour ça que j'ai
fait l'amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
M. le ministre.
M. Carmant : Bien,
je n'ai pas grand-chose à dire, sauf peut-être que, sur le dernier point, on
s'entend. S'il y a un problème, il doit venir nous le dire.
Puis, tu sais,
l'enjeu aussi... c'est que plusieurs gens nous ont dit : La CDPDJ a tous
les pouvoirs, il faut qu'ils les utilisent de façon adéquate, puis c'est ça
qu'on veut régler. Nous, on... tu sais, on amène le commissaire en service
social, aux services sociaux pour être là pour tous les enfants. Tu sais, si on
voulait un commissaire qui regardait juste les enjeux de DPJ, il serait en
justice avec la CDPDJ. Là, on l'amène aux services sociaux pour voir tout ce
qui se passe, la situation de tous les enfants. Puis, tu sais, je vous entends
très bien, mais là-dessus, je pense que c'est important, là, que le commissaire
ait la vision de tous les enfants du Québec.
Mme Garceau :
Mais l'amendement ne fait pas en sorte que... l'amendement confirme. Moi,
je ne dis pas que ça devrait être juste protection des enfants les plus
vulnérables, c'est la protection de tous les enfants. Donc, j'enlève... Moi, tout ce que je veux m'assurer,
c'est que le commissaire va avoir, dans ses... surtout, première fonction.
Là, là, c'est vraiment un article important parce que c'est l'article qui
décrit ses fonctions. Il doit y avoir quelque chose liée à... pas juste à
veiller, mais à assurer la protection. Parce que, dans ses représentations, que
ça soit au niveau de la DPJ, ou la CDPDJ, ou dans son rapport, avec des
recommandations, ça va être avec l'idée d'assurer une protection pour les
enfants.
M. Carmant : Dans
ce contexte-là, moi, je me fie aux juristes du gouvernement qui me disent que
la formulation n'est pas recevable.
Mme Garceau :
Ou, suggestion : À la fin, «en plus de veiller à la... à la protection
et à l'intérêt des enfants», on peut mettre «protection» là.
Des voix : ...
M. Carmant : Ah!
oui, oui, c'est vrai.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député des Îles.
M. Arseneau :
Oui, M. le Président. Je regardais quelle était la mission de la CDPDJ, et
l'un des rôles, c'est de protéger l'intérêt
de l'enfant. Le commissaire, lui, on inscrit qu'il doit veiller à la protection
de l'intérêt de l'enfant. Donc, les rôles sont distincts. L'un protège
l'intérêt de l'enfant, l'autre veille à ce que cette protection-là de l'intérêt
soit réalisée.
J'aimerais annoncer
éventuellement le dépôt d'un amendement qui consisterait à ajouter comme
fonction au commissaire celle de veiller au respect du droit des enfants, de la
même façon que ce n'est pas nécessairement uniquement la promotion qu'on
souhaite, en tout cas, que moi, je souhaiterais que l'on assure, mais également
qu'on veille au respect du droit des enfants. Et là on aurait une logique, à
mon point de vue, qui pourrait peut-être répondre en partie à la préoccupation
de ma collègue de l'opposition. Et je crois qu'on pourrait améliorer les
fonctions en vertu du respect des droits, c'est-à-dire veiller au respect des
droits comme on veille à la protection de l'intérêt.
• (10 h 50) •
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup, une très bonne remarque. À moins qu'il y ait d'autres interventions, je procéderais à la mise aux voix
de l'amendement, en sachant très bien que le député des Îles-de-la-Madeleine a déjà annoncé ses couleurs. Alors, nous allons procéder à la
mise aux voix. Est-ce que l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin
est...
M.
Cliche-Rivard : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui?
M.
Cliche-Rivard : J'ai l'impression qu'il y a quand même des discussions
qui continuent...
Le Président (M.
Provençal)
: C'est par rapport...
M. Carmant :
...
Le
Président (M. Provençal)
: Oui,
c'est ce que j'avais cru percevoir, là. Alors, je reprends. Est-ce que
l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est adopté?
Des voix :
...
Le Président (M.
Provençal)
: Non. Bon, alors...
Une voix : ...vote
nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
vote nominal, merci.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau :
Pour.
La
Secrétaire : M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Dorismond (Marie-Victorin)?
Mme
Dorismond : Contre.
La
Secrétaire : Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Poulet (Laporte)?
Mme Poulet :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme
Gendron :
Contre.
La
Secrétaire : M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M.
Cliche-Rivard : Pour.
La
Secrétaire : M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Abstention.
La
Secrétaire : M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M.
Provençal)
: Abstention.
Alors... Ah! oui, on a oublié de... Vous avez oublié la députée de
D'Arcy-McGee.
Des voix :
...
La
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
Merci.
Le Président (M.
Provençal) : C'est qu'on... On appelle ça se faire discret. Alors,
l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Maintenant, on
revient toujours à l'article 5, et on a un amendement qui va être déposé
par M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce que votre amendement est
libellé présentement?
M. Arseneau :
Oui. Si on peut suspendre quelques secondes à peine, là, pour qu'on puisse
transmettre l'amendement.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
suspension.
(Suspension de la séance à 10 h 53)
(Reprise à 10 h 59)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va reprendre nos travaux.
Je vais demander maintenant au député des Îles-de-la-Madeleine de nous faire
lecture de son amendement à l'article 5.
M. Arseneau : D'accord. Alors,
l'amendement propose, au premier alinéa de l'article 1 du projet de loi,
de remplacer le «le» par «de veiller au» et remplacer «et de veiller» par
«ainsi qu'».
Alors, pour être plus clair, l'alinéa se lirait
comme suit : «Le commissaire a pour fonctions de promouvoir le bien-être
et de veiller au respect des droits des enfants ainsi qu'à la protection de
l'intérêt de l'enfant.»
La raison pour laquelle je propose cet
amendement, c'est pour donner un petit peu plus de tonus au rôle et à la fonction
dévolue au commissaire eu égard aux droits des enfants. On nous a dit que
d'assurer la protection des droits, ça ne faisait pas partie de son mandat,
mais qu'il pouvait en promouvoir le respect. La proposition qui vous est
soumise est à l'effet de confier au commissaire le rôle de veiller au respect
des droits de la même façon qu'on veut qu'il veille à la protection de
l'intérêt de l'enfant. Évidemment, j'imagine que ce rôle-là qui est... ces
fonctions qui sont dévolues au commissaire viennent compléter un rôle qui est
déjà dévolu à la CDPDJ. Alors, si on regarde parmi les rôles de la CDPDJ, c'est
effectivement d'assurer la protection de l'intérêt de l'enfant, et on ne voit
pas comme contradictoire le fait que le commissaire veille à la protection de l'intérêt
de l'enfant. Donc, l'un protège l'intérêt, l'autre veille à la protection de
l'intérêt.
• (11 heures) •
Pour ce qui est de la promotion des droits ou du
respect des droits, la commission a comme rôle le respect et la promotion des
droits. Donc, de la même façon, pour ce qui est, du moins, du volet du respect
des droits, eh bien, moi, je verrais d'un très bon oeil qu'on puisse s'assurer
que le commissaire puisse veiller au respect des droits et pas seulement lui
donner un rôle promotionnel. Donc, le fait de veiller au respect des droits, à
mon point de vue, dans la fonction du commissaire, l'autorise à porter un
certain jugement sur le fait qu'on respecte ou non les droits des enfants
plutôt que simplement en faire la promotion, et ce qui me semble être un sens
complètement différent et beaucoup plus fort si on veut vraiment se rapprocher
des recommandations du rapport Laurent à cet égard.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, encore
une fois, M. le Président, tout comme l'amendement précédent, ça crée un genre
de confusion avec le rôle de la CDPDJ. Et au niveau de nos juristes, on dit que
c'est... ce changement, même si c'est un changement de position du mot
«veiller», va trop loin, là, par rapport aux fonctions du commissaire dans
notre projet de loi.
M. Arseneau : Mais est-ce
qu'on... est-ce qu'on pourrait savoir comment on ne voit pas de mal à ce que le
commissaire veille à la protection de l'intérêt de l'enfant, mais qu'on voit
comme un problème le fait qu'il veille au respect des droits de l'enfant?
J'avoue que je ne saisis pas, là. On est toujours dans un rôle de veille et non
pas dans un rôle actif d'assurer, par exemple, le respect, d'assurer autre
chose.
M. Carmant : M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
: Allez.
M. Carmant : ...avec votre
permission, je passerais la parole à Me Bérubé.
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Mathieu
Bérubé, avocat à la Direction des affaires juridiques, Santé et Services
sociaux.
Sur le concept de protection de l'intérêt de
l'enfant, là, ici, il faut le concevoir comme étant beaucoup plus général. Puis
évidemment le premier alinéa de l'article 5 doit se lire avec... en fait,
dans l'entièreté de l'article 5. Donc,
c'est sûr qu'une fois qu'on a lu le premier alinéa, il faut aller voir plus
spécifiquement qu'est-ce qui est attendu, dans le fond, du commissaire.
Puis, quand on parle de la protection de l'intérêt de l'enfant, tu sais, c'est
dans ses fonctions qui sont très générales, là, évidemment, par l'analyse de
l'état du bien-être : l'impact des politiques gouvernementales, la mise en
oeuvre des programmes, la prestation des services qui sont destinés aux
enfants, notamment, ça en fait partie.
Ici, le fait de venir remplacer, bon, assurer la
protection du respect des droits par veiller au respect des droits, c'est qu'on
arrive un petit peu au même résultat. C'est-à-dire que, là, on confie une
responsabilité plus forte de veiller au respect de ces droits-là quand... dans
les fonctions plus spécifiques qu'on confie au commissaire dans ce grand chapeau-là. Ça ne s'inscrit pas dans l'objectif de
veiller spécifiquement au respect, d'autant plus qu'il n'aura pas les pouvoirs
comme la CDPDJ, par exemple, pour s'assurer de remplir cette fonction-là, de
veiller au respect des droits.
M. Arseneau : Mais est-ce qu'il n'y
a pas quand même une différence sémantique importante entre assurer le respect
des droits, qui est dévolu à une autre organisation, et veiller au respect des
droits, ce qui n'est pas un rôle forcément actif, mais plutôt un rôle, je
dirais, de l'ordre du... de l'observation de la recommandation de l'avis ou du
commentaire?
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, c'est ça,
je suis en train de chercher le sens courant du terme, là. Peut-être... Tu sais, généralement, dans le corpus législatif
québécois, quand on accole une obligation au fait de veiller, c'est qu'il y a
une obligation de résultat qui est un peu attendue, là. C'est pour ça que,
d'entrée de jeu, j'avais l'impression qu'on revenait un petit peu au même
résultat que le fait d'assurer, dans le fond, le respect, donc le fait de
veiller au respect. Écoutez, sur cet
aspect-là... c'est ça, bref, j'aurais tendance à continuer de penser que ça
ajouterait de la force à la promotion, en fait, que, «veiller», ça va
plus loin que simplement promouvoir, dans le fond, le respect des droits, et
que, là, on... il y aurait peut-être un enjeu, là, justement, sur c'est quoi,
le carré de sable. Tu sais, il y a la CDPDJ qui a ses fonctions, ses
responsabilités dévolues en vertu de la charte puis de la LPJ. Or, là, ici,
l'objectif étant de promouvoir le respect des droits, mais dans le cadre des
fonctions qui sont plus spécifiques, déterminées au deuxième alinéa de
l'article 5, donc...
Le Président (M. Provençal)
: ...des Îles.
M. Arseneau : Oui. Oui, bien, encore
une fois, puis je comprends que c'est plus fort et c'est l'objectif,
l'objectif, c'est de ne pas parler pour rien dire, qu'il y ait... qu'il ait
effectivement un rôle qui dépasse celui du cheerleader des droits, mais qu'il
puisse vraiment porter un jugement, porter un regard, s'exprimer. C'est le sens
du «veiller». Et je ne suis pas juriste, loin s'en faut, mais, si on peut dire
que le commissaire va veiller à la protection de l'intérêt de l'enfant alors
qu'une autre organisation protège l'intérêt de l'enfant, là aussi, ce n'est pas...
ce n'est pas si général que ça. Une
organisation, nommément la CDPDJ, a pour fonction précisément de protéger
l'intérêt de l'enfant. Le commissaire, lui, il veille à ce que ce
rôle-là, parmi d'autres rôles, d'autres organisations, d'autres intervenants...
et j'imagine qu'il ne pourra pas agir activement pour la protection de
l'intérêt, il va veiller à ce que, dans la société québécoise, ceux qui ont la
responsabilité de le faire le fassent.
Et c'est sous cet angle-là que moi, je voulais
défendre le fait qu'il peut aussi faire un peu la même chose à la fois sur
l'intérêt comme sur... l'intérêt de l'enfant et sur le respect des droits des
enfants, ce qui me semble encore plus fondamental, en fait, que sur l'intérêt
de l'enfant ou tout aussi important, du moins, lorsqu'il est question des
droits, des droits fondamentaux des enfants.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Je vous
réclamerais une courte suspension, M. le Président. Une chose que je voudrais
discuter avec l'équipe ministérielle.
Le Président (M. Provençal)
: Suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 07)
(Reprise à 11 h 11)
Le Président (M. Provençal)
: Nous allons reprendre nos travaux. Il
y avait un questionnement hors d'ondes qui a été fait. Alors, maintenant, je
vais demander à M. le ministre de prendre la parole.
M.
Carmant : Oui. Bien, pour répondre à la demande du député
des Îles-de-la-Madeleine, on ne veut vraiment pas qu'il y ait de
confusion entre le rôle du commissaire et le rôle de la CDPDJ. Donc, pour moi,
cet amendement n'est pas recevable.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député des Îles.
M. Arseneau : Encore une fois, je ne
vois pas comment on peut confier le rôle au commissaire de veiller à la
protection de l'intérêt de l'enfant et... alors que le rôle de protection de
l'intérêt de l'enfant est dévolu à bien d'autres instances, mais qu'on ne... on
se refuse à dire que l'on veut qu'il puisse veiller au respect des droits. Ça
me semble être deux éléments clés dans le
rôle du commissaire, qu'il peut réaliser dans son rôle de veille, veiller
étant, évidemment, pouvoir se prononcer sur le respect ou non des droits des
enfants, comme sur la protection ou non de l'intérêt de l'enfant.
Et j'ai beaucoup de
difficultés à voir en quoi est-ce que c'est incompatible avec le rôle qu'on
souhaite donner au commissaire, si on veut qu'il serve, effectivement, à
quelque chose, eu égard tant à la protection du... de l'intérêt de l'enfant que
de la... du respect de ses droits. La simple promotion du bien-être, j'en suis,
mais il me semble que le commissaire pourrait faire bien davantage si on veut
qu'il soit efficace et que... pouvoir juger, là, de l'intérêt de la fonction, et de son rôle primordial, et de sa
pertinence, de veiller à ce que le droit des enfants soit respecté, évidemment,
dans... à l'intérieur des fonctions qui lui sont dévolues, à l'intérieur des
budgets qui sont... qui sont les siens, là. Quand je dis les fonctions, je veux
dire les moyens qui lui sont dévolus plutôt, mais que sa fonction consiste à
non seulement veiller à la protection de l'intérêt de l'enfant, mais également
au respect des droits des enfants plutôt que simplement la promotion du
respect.
La promotion du respect des droits, d'ailleurs,
il faudrait savoir comment on l'exerce. Est-ce qu'on va faire la promotion du
respect des droits par des campagnes publicitaires, par des affichettes
distribuées aux gens dans les écoles ou
ailleurs? Il me semble que, si on ne se contente que de confier ce rôle-là au
commissaire, c'est sous-évaluer et sous-estimer sa capacité d'influencer
réellement le cours des choses puis positivement la société dans le respect des
droits, donc, qu'il puisse avoir voix au chapitre, en quelque sorte, la
fonction, le devoir, même, de s'exprimer sur le respect des droits sans usurper le pouvoir de quiconque, mais au moins
d'avoir cette capacité-là, d'analyser les situations, de poser un regard
et d'exprimer une opinion. Il me semble que tout ça est inclus dans la veille
qu'on pourrait lui confier quant au respect des droits, de la même façon qu'on
le fait pour la protection de l'intérêt de l'enfant.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Bien, juste... je lui
dirais, par exemple, pour l'exemple de l'élève, s'il appelle le commissaire, le
commissaire va l'amener vers le protecteur de l'élève, qui, lui aussi, a le
rôle de veiller à l'intérêt de l'élève. Donc, tu
sais, le but, c'est d'un accompagnement. Puis, dans les fonctions qu'on parle,
c'est vraiment d'accompagner par les bonnes personnes. Et, s'il y a des
enjeux plus généraux, bien là, il... c'est important qu'il les rapporte à
l'Assemblée nationale.
M. Arseneau : Je vais laisser mes
collègues, s'ils veulent...
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet amendement?
Une voix : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : J'aime beaucoup
l'expression de mon collègue, le cheerleader des droits, parce que, on va se le
dire, là, entre nous, ce n'est pas du tout ce que la commission Laurent avait
envisagé. J'espère que vous êtes d'accord là-dessus, que ce n'est pas juste un
cheerleader des droits qui va faire la promotion des droits, puis c'est
vraiment ça, le rôle d'un commissaire, le commissaire, c'est ça qu'il va faire.
M. Carmant : ...on a un représentant
autonome, indépendant, qui va faire des représentations à l'Assemblée
nationale. Je ne pense pas qu'on peut qualifier ça de cheerleader, là.
Mme Garceau : Mais, afin de... Et
donc, à titre d'exemple... puis ce n'est pas juste de miser sur... Parce que,
vous l'avez dit d'emblée, c'est le commissaire pour tous les enfants. Donc, à
un moment donné, quand un enfant va venir cogner à la porte du commissaire
parce que la porte est fermée pour cet enfant-là à la DPJ ou la porte est
fermée à la CDPDJ, à titre d'exemple, cet enfant-là, si on n'a pas l'expression
d'au moins veiller à la protection...
Veiller à la protection veut dire que, oui, ça
va laisser l'opportunité au commissaire de peut-être appeler quelqu'un à la
CDPDJ, ou la directrice de la protection de la jeunesse, ou une autre personne
liée à la situation de l'enfant pour tenter d'aider l'enfant dans la situation
dont il se trouve ou elle se trouve dans le... pour... Et ça, c'est dans le...
dans toute l'optique de veiller au respect de l'enfant et à sa protection.
Donc, il n'y a pas de confusion ici. On est loin de... loin de là.
M. Carmant : Bien, ce que vous
décrivez, c'est le point n° 5, donc il n'y a pas de
confusion, effectivement. Moi, ce que je dis, c'est, dans la phrase qui a été
utilisée, il y a confusion.
Mais maintenant la fonction est exactement là.
Et, si ce mécanisme-là ne fonctionne pas, comme on le dit actuellement, ça va
être important qu'il le décrive, ce mécanisme-là, qu'il... s'il n'est pas fonctionnel.
Mais son rôle, c'est vraiment de
l'accompagner. Sinon, tout le monde fait la même chose. On a le Protecteur du citoyen, le protecteur de l'élève, commissaire
santé, bien-être.
Mme Garceau : À l'article 23, M. le
ministre, de la Loi sur la protection de la jeunesse, vous avez les pouvoirs de
la CDPDJ, à l'article 23a, assurer le respect des droits de l'enfant sous la
LPJ et la LSJPA, loi sur la justice pénale des adolescents : «elle assure,
par toutes mesures appropriées, la promotion et le respect des droits de
l'enfant reconnus par la présente loi et par la Loi sur le système de justice
pénale pour les adolescents...»
Donc,
il n'y a pas d'enjeu, là, ici, entre ce qu'on... le... si je peux dire,
l'amendement de mon collègue et pouvoirs de la CDPDJ en vertu de la loi.
M. Carmant : Parce
qu'ils font la promotion aussi.
Mais, encore une
fois, là, là on parle d'une loi d'exception qui s'applique à très peu
d'enfants. Nous, on parle d'un commissaire aux services sociaux, tu sais,
qui... Nous, on est dans le volet service social, pas juste juridique.
Mme Garceau :
Oui, mais encore plus, encore plus. Donc, si on parle de la loi
d'exception, et donc peut-être pas un cas qui est lié à la CDPDJ ou la DPJ, le
commissaire devrait avoir ce pouvoir-là, de veiller à la protection. Si ça ne
tombe pas sous les pouvoirs de la CDPDJ ou la DPJ, il y a un vide, il y a comme
un vide à combler, là.
M. Carmant : Mais
qu'est-ce que vous appelez protection, alors, dans ce cas-là?
• (11 h 20) •
Mme Garceau :
Bien, veiller à la protection. Ça
va dépendre de la situation de l'enfant. Protection de ses droits.
M. Carmant : Oui,
mais on dit que les droits, ça inclut intrinsèquement la protection.
Mme Garceau :
Bien, le... Parce que c'est la protection des droits, c'est la protection
du bien-être, de l'intérêt. C'est... Il faut le regarder. C'est un tout, là. De
tous les enfants, pas juste ceux qui sont vulnérables et ceux qui sont sous la
protection de la jeunesse déjà. Ça peut être à l'extérieur de ça. Ça peut être
un cas de maltraitance, ça peut être un cas de négligence qui n'est pas... qui
n'est pas encore avec la DPJ, qui n'est pas rendu. Parce que vous parlez
toujours de la prévention puis que, les signalements à la DPJ, il faut regarder
la ligne... la première ligne. Vous misez
beaucoup sur la promotion de la première ligne. On peut être là, avec le
commissaire aussi, à la première ligne.
M. Carmant : Absolument.
Absolument. Il faut. Il faut.
Mme Garceau :
Puis on n'est pas rendus là. Donc, pour éviter un signalement, peut-être
que l'enfant est allé cogner à la porte du commissaire. Et c'est pour ça que
veiller à la protection pour éviter un signalement en vertu... qu'il fasse
partie de cette première ligne. Ce n'est pas juste Agir tôt.
M. Carmant : Non,
non, je sais, mais on dit la même chose. Mais, comme je vous dis, la phrase qui
est utilisée n'est pas recevable. Tu sais, je n'ai pas d'autre chose à dire, M.
le Président, là, rendu là, là. Mais je pense qu'on dit la même chose, là, on a
les mêmes buts. Moi, c'est sûr que je veux que le commissaire fasse la
promotion de la première ligne, là, plus, plus, plus, là.
Le Président (M.
Provençal)
: ...des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
...
Mme Garceau :
Non, allez-y.
M. Arseneau :
...bien, je voulais juste revenir sur l'idée que le premier... en fait, le
premier alinéa est un genre de descriptif général, puis ensuite, bien, on y...
on peut lire, là, à travers les neuf paragraphes qui suivent, un petit peu, là,
une description de ce qu'il peut faire ou ce qu'il doit faire. Et je vois, par
exemple... juste pour illustrer le fait que ses fonctions de promouvoir le
bien-être au paragraphe 3° viennent aussi avec une analyse sur les impacts des
politiques gouvernementales sur le bien-être des enfants. Et ce que je cherche
à voir, c'est... lorsqu'il est question du respect des droits, outre le fait
qu'il puisse accompagner les enfants dans l'exercice de leurs droits, je ne
vois pas le pendant sur justement le fait qu'il puisse poser un regard, comme
je le disais tout à l'heure, analyser ce qui se passe dans la société québécoise quant à la protection du droit des
enfants... des droits des enfants. C'est la raison pour laquelle j'ai
fait la proposition de cet amendement-là pour que le rôle aille plus loin que
simplement faire oeuvre utile en informant ou en faisant la promotion, comme on
veut le faire au paragraphe 4°.
Alors, il me semble
que... si le commissaire peut promouvoir le bien-être mais également analyser
les impacts des politiques gouvernementales sur le bien-être des enfants, il me
semble qu'il pourrait aussi, au-delà de la promotion du respect, faire une
analyse, poser un regard, émettre une opinion sur le fait qu'on respecte ou non
le droit des enfants au Québec à travers le rôle de différents intervenants
gouvernementaux ou paragouvernementaux.
Alors, je ne...
encore une fois, je ne comprends pas la réserve du ministre à cet égard-là,
parce qu'il me semble que le respect des droits des enfants, lorsqu'il est
question de nommer un commissaire, doit être davantage incarné par une
fonction, je dirais, analytique ou une opinion davantage, donc, que simplement
à titre de promotion ou d'information. Ça me semble faible. Et c'est de ça
qu'on parle. Les fonctions dévolues au commissaire, dans la situation actuelle
des enfants que l'on souhaite protéger, si on le confine dans un rôle
strictement lié à l'échange ou à la transmission d'informations, essentiellement
à la transmission de bons sentiments, ce n'est pas suffisant, à mon point de vue, pour qu'on puisse véritablement
avoir une grande pertinence, celle qu'on souhaite dans la nomination d'un commissaire
au bien-être et aux droits, je le répète, aux droits des enfants.
Le
Président (M. Provençal)
: Avant de céder la parole
au député de Saint-Henri—Sainte-Anne, M. le ministre.
M. Carmant : ...quand
même qu'au point 9°, il doit... il peut fournir des avis, des recommandations
qu'il estime appropriés sur toute question concernant matière relevant de ses
fonctions. Donc...
M. Arseneau : Oui, mais, encore là,
on est dans le général. Ça n'exclut rien, mais ça ne précise rien non plus
quant aux droits. Et, puisqu'on a un projet de loi qui porte justement le titre
de bien-être et droits des enfants, il me semble qu'on doit le rendre plus
explicite, si on en a l'occasion. Et c'est l'occasion que je vous présente et
propose.
Le Président (M. Provençal)
: ...
M. Cliche-Rivard : ...M. le
Président. M. le ministre, tu sais, j'entends les collègues puis je pense qu'il
y a deux choses dans le global de la discussion de ce matin, c'est qu'il y a...
On vous a compris, là, le transfert des pouvoirs, c'est assez limpide, là, on
ne va pas là. Vous avez parlé, le 23, initier le tribunal, l'enquête, tout ça.
Bon. Ça, on peut... on peut faire le point puis on va le débattre amplement
dans les prochains jours. Je pense qu'on vous a entendu, on vous a compris
là-dessus.
Il y a, par contre, «tel quel », puis je
pense que ce que les collègues essaient de dire, c'est qu'on peut travailler à
renforcer un petit peu le «tel quel». Puis c'est... c'est l'ouverture que je
vais vous demander puis que je pense que les collègues sont en train de vous
demander tranquillement. C'est correct, on n'ira pas à Z, là, sur les demandes
de transfert. Nous, je pense, on sent qu'on est proche de A ou B, là. On
peut-tu se rejoindre à quelque part? Parce que j'ai un peu le malaise quand
même, comme ma collègue, de dire... Puis je ne veux pas minimiser ce qui est
déjà là, puis c'est un bel effort, mais, moi aussi, je trouve qu'il manque un
peu de mordant, beaucoup de mordant. On va faire des propositions dans ce
sens-là, mais je ne pense pas qu'à tous les coups ou à tous les cas, là, la
réponse, ça sera sine qua non : Ça, c'est la CDPDJ. Ça, c'est la CDPDJ. Je
pense que, un peu comme vous l'avez ouvert à 6, on peut faire les deux, tant
que ce n'est pas de nature juridictionnelle, tant que ce n'est pas une manière
devant le tribunal, tant que ce n'est pas une manière d'enquête.
Ça fait que je fais un commentaire global, là,
pour ce qui s'en vient parce que, là, je n'ai pas une proposition ferme sur cet
amendement-là à vous faire, mais je pense que c'est là où on essaie de vous
amener, à savoir : Là, tel quel, là, on n'est pas satisfaits de la force
puis des pouvoirs que ce mécanisme-là va avoir. Puis... les collègues essaient,
je pense, puis moi aussi, de vous amener, c'est : Solidifions son mandat
un petit peu, là. Puis j'espère qu'il y aura, j'en suis certain, là, une écoute
de votre part quand on va avancer dans le concret de ces éléments-là. Parce que
je pense que, pour beaucoup, puis pour nous, le statu quo tel quel, il est
limitatif sur ce qu'il va pouvoir faire vraiment, le commissaire.
Ça fait que je vous envoie ça, là, puis je pense
que c'est là que le... la banquette se situe, à savoir qu'on a compris qu'on
n'irait pas à transférer tout 23. On a compris qu'il y aura la table jeunesse,
viendra une modification de la LPJ, j'en devine, là, sur certaines affaires,
mais là on a beaucoup de choses qu'on peut quand même faire sur notre commissaire sans qu'on dise que tout ça,
c'est pitché par en avant. C'est ce que je vous suggère, puis j'y reviendrai
plus concrètement, mais je pense qu'on a un petit travail de... mitoyen qu'on
peut peut-être faire ou accomplir ensemble pour bonifier le projet de loi, ce
que je vais vous soumettre au courant des prochains jours.
• (11 h 30) •
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : ...d'enjeux.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. On... Nous sommes ici pour créer, si je peux dire, un meilleur
environnement en termes de société dans le domaine de protection des droits de
nos enfants. Et, si on ne va... on ne va pas respecter les recommandations de
la commission Laurent concernant l'étendue des fonctions et des pouvoirs du
commissaire...
Moi, je reviens à la première ligne, je reviens
au taux élevé de signalement : il me semble que le commissaire a un rôle à
jouer au niveau de cette première ligne là. Et il doit y avoir, dans la
définition de ses fonctions, tout l'aspect de pouvoir veiller au respect des droits
et à la protection des intérêts des enfants.
Et je vous donne juste deux exemples où je crois
qu'un commissaire pourrait intervenir. Pas le signalement à la DPJ. On ne s'en
va pas à la CDPDJ parce que, là, on est dans la loi d'exception et on veut
diminuer les signalements. C'est ça, l'objectif, M. le ministre. Donc, la jeune
fille de 12 ans qui fait cinq tentatives de suicide dans un centre
jeunesse, moi, j'ai beaucoup de difficultés, en tant que mère, en tant que
parent, qu'une jeune fille veut rester avec sa mère, et on impose qu'elle reste
dans un centre de jeunesse. Et cette fille... cette jeune fille là est tellement désespérée qu'elle fait cinq tentatives
de suicide. À un moment donné, là, après une tentative, deux tentatives,
on... on... on fait quoi? Et, pour moi, il me semble qu'un commissaire a un
rôle à jouer dans le respect des droits de cet
enfant-là, avant de faire des signalements et autres, que le commissaire
pourrait intervenir pour corriger... pour tenter de corriger la
situation.
Parce que c'est sûr et certain qu'il n'y a pas
personne qui veut voir des enfants dans des situations où ils sont à un point
tel, là, où ils veulent mourir dans notre système de protection de la jeunesse.
Donc, il faut faire en sorte que... il me semble, qu'un commissaire a un rôle à
jouer. Et c'est pour ça que de veiller au respect... Oui, cette jeune fille là
a des droits, et, si elle n'est pas protégée dans l'exercice de ces droits-là,
comme première ligne, pour ne pas aller plus loin, un
commissaire aurait un rôle à jouer. Même chose, jeune fille qui quitte un
centre jeunesse, qui a une fugue, puis tout d'un coup se retrouve au poste de
police puis on la met dans une cellule, il me semble que le commissaire a un
rôle à jouer de... Et ça va plus loin, M. le ministre, c'est ça, le point, que
de simplement dire... de promouvoir le bien-être et le respect. C'est l'optique
de veiller au respect, de s'assurer que les respects des droits des enfants comme ces deux enfants-là... On est en
train de... d'aider, au lieu de dire : Ah! bien, on va faire un
signalement à la DPJ, ou la CDPDJ va intervenir. Il a un rôle, le
commissaire, à jouer, il me semble.
Et c'est dans cette
optique-là que je suis parfaitement en accord avec l'amendement de mon
collègue, d'ajouter ces termes-là qui sont vraiment importants pour donner un
peu de mordant, là, aux pouvoirs... aux responsabilités et pouvoirs du
commissaire.
Le Président
(M. Provençal)
: ...
M. Carmant :
Je n'ai rien à ajouter, M. le Président. Je comprends.
Le Président
(M. Provençal)
: À
ce moment-ci, est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'amendement qui a été déposé par le député des Îles-de-la-Madeleine. Et on va y aller par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Pour.
La Secrétaire :
M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Dorismond (Marie-Victorin)?
Mme Dorismond :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Poulet (Laporte)?
Mme Poulet :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
Mme Picard :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme Gendron :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Pour.
La Secrétaire :
M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard :
Pour.
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président
(M. Provençal)
: Abstention.
Alors, l'amendement, qui avait été déposé par M. le député des Îles-de-la-Madeleine
à l'article 5, est rejeté. Maintenant, nous revenons à l'article 5
amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Bien, sans préjudice aux collègues, là, M. le ministre, ce que je
suggérerais, c'est qu'on aille point par
point sur les différents mandats, ceux qu'on n'a pas touchés. Ça vous va, si on
y dans l'ordre? Parfait. Je veux juste être sûr qu'on fasse ça tous
ensemble.
Le premier, là, je me
permets qu'on le relise, parce que ça fait un moment : «Mettre en place
des moyens pour recueillir les préoccupations et les opinions des enfants,
entre autres en ce qui a trait aux enjeux de société;».
Ça fait que
j'aimerais vous entendre sur... Oui?
Le Président
(M. Provençal)
: ...vous
dire qu'on s'est entendus, au début, qu'on... on traitait des articles dans leur globalité. Alors, même si on y va point
par point, je vous rappelle que le temps maximum est de 20 minutes.
Ce n'est pas 20 minutes par... Non, mais j'aime autant faire la précision,
parce que je ne veux pas que vous disiez : Heille! On ne le savait pas,
là. C'est beau? Merci.
M. Cliche-Rivard :
C'est bon, auquel cas on amendera un des sous-points, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Vous
avez bien compris notre processus.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que, M. le ministre, sur le point 1°, là, j'aurais voulu vous
entendre. Qu'est-ce qui est... qu'est-ce qui est réfléchi et prévu comme moyens
de mise en place? Puis j'aimerais ça l'entendre conjointement ou en lecture,
avec 8° aussi, là, sur le comité. Bref, qu'est-ce que vous avez comme vision
sur les moyens pour recueillir les préoccupations et les opinions des enfants?
M. Carmant :
Bien, c'est ça. Initialement, on avait parlé de faire un comité consultatif
de jeunes national. Maintenant, avec les... ce qu'on a entendu en consultations
particulières, on va faire des comités régionaux. Et pour... et pour s'assurer,
justement, que les jeunes en centre jeunesse soient bien représentés, on va
faire des comités de jeunes dans chacun des centres jeunesse qui vont pouvoir
fournir des jeunes sur les comités régionaux et être représentés. On veut
également... Il va y avoir... Il y a toutes sortes de sondages avec la santé
publique qui vont nous permettre de savoir également l'état et le bien-être de
nos jeunes. On a contacté également l'INSPQ, qui devient également un
partenaire intéressant dans ce... dans ce... dans cette considération-là.
M. Cliche-Rivard :
...Donc, principalement, vous dites le comité à 8°, là, j'entends... Parce
que l'article dit comité régional, comité régional et national, j'entends, vous
dites que chaque centre jeunesse aura son comité?
M. Carmant :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
C'est ça, l'objectif?
M. Carmant :
C'est l'objectif, oui.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Donc, pour que, vraiment, les jeunes soient au coeur, là, de ce
processus-là, puis que leurs informations puis leurs perceptions, ou leurs
opinions, ou leurs idées soient véhiculées. Et qu'outre 8°, vous me parlez du sondage, puis vous me parlez
de... d'informations avec l'INSPQ. C'est ça qui est visé, là, surtout, à 1°.
M. Carmant :
C'est ça. Il y a des trucs, il y a des études statistiques qui sont faits
de façon régulière, et on va... on va s'assurer que le commissaire suive ces
données-là et... santé publique, l'INSPQ, etc.
M. Cliche-Rivard :
Parce que là, c'est ça, à 8°, vous nous parlez, puis on y reviendra, là... Là,
on est dans les jeunes au complet, là, on n'est pas juste... vous avez nommé
centres jeunesse, mais le comité national puis le comité régional, c'est
l'ensemble des jeunes.
M. Carmant :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
OK. Auquel cas, en plus...
M. Carmant :
Incluant... incluant la diversité, là.
M. Cliche-Rivard :
En plus, on va ajouter un volet centres jeunesse.
M. Carmant :
Qui vont être inclus, oui.
M. Cliche-Rivard :
Qui vont être inclus dans les comités régionaux.
M. Carmant :
Exact.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que
certains membres, on verra, là... certains membres de comité de chaque centre
jeunesse, ou, en tout cas, vous verrez, auront leur représentation...
M. Carmant : Régionale.
M. Cliche-Rivard : ...pour
faire valoir le volet DPJ, là, le volet protection à l'intérieur du comité
régional.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Excellent. Moi, ce sont mes questions sur le
point 1°. Je vais laisser le temps à mes collègues.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député des Îles.
M. Arseneau : Bien,
juste une petite question, c'est : Si on a parlé de comités régionaux en
référant au point 8°, puis qu'on a «comité consultatif», c'est
qu'il va y avoir des amendements ou...
M. Cliche-Rivard : ...
M. Arseneau : On les a déjà.
OK, d'accord. Excusez. C'est bon. OK, OK. C'est bon. Merci.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Là, vous parliez de l'article 8? Du point 8°?
M. Cliche-Rivard : ...paragraphe
8° du deuxième alinéa de 5.
Le Président (M. Provençal)
: Merci.
M. Cliche-Rivard : Brigitte,
sur 1°.
• (11 h 40) •
Mme Garceau : ...un amendement
à proposer, M. le Président. C'était une proposition du regroupement Auberges du coeur à cet égard, là, qu'on devrait
collaborer également avec les organismes jeunesse déjà établis. Ça avait été
un point quand même intéressant qu'ils ont fait valoir. Donc, on va déposer, M.
le Président, l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, mais avant...
Mme Garceau : À
l'alinéa 1°.
Le Président (M. Provençal)
: OK. Est-ce que votre amendement est prêt?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, si vous voulez nous le
transmettre pour qu'on puisse en prendre... et, par la suite, le projeter à
l'écran.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: On va suspendre... le temps de
recevoir l'amendement. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 41)
(Reprise à 11 h 47)
Le Président (M. Provençal)
: Parfait. On a juste fait une petite
modification. Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin, je vais vous inviter à
nous faire lecture...
Mme Garceau : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: ...de l'amendement que vous déposez à
l'article 5 qui est...
Mme Garceau : Je vais juste
attendre, M. le Président, si vous me permettez, parce que le ministre est en
discussion, peut-être suspendre quelques minutes.
Des voix : ...
M. Carmant : ...
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
Mme Garceau : Ah!
Allons-y. Donc, M. le Président : L'article 5 du projet de loi, tel
qu'amendé, est modifié par l'insertion, dans le paragraphe 1° du
deuxième alinéa, après les mots «mettre en place des moyens», des mots «en
collaboration avec les organismes jeunesse déjà établis».
Cette modification découle des représentations
du regroupement Auberges du coeur. Je croyais que c'était très important
d'intégrer leur proposition à cet article, compte tenu... Évidemment, on
devrait... Il y a déjà des organismes jeunesse en place qui font cet exercice
de la collecte des préoccupations, des opinions des jeunes et tel que... je ne
pouvais pas assister, je pense que j'étais malade lorsqu'il y avait la grande
consultation jeunesse, à titre d'exemple, et la Coalition interjeunes. Donc,
c'est de belles initiatives. Je crois qu'on doit promouvoir. Et je crois que ce
serait très intéressant pour ces organismes-là, ça va les encourager à avoir
peut-être plus d'échanges, plus de forums avec la collaboration du commissaire.
Je trouve que ce serait une très belle façon d'aller recueillir, comme on dit,
là, le pouls de la... de la jeunesse concernant les enjeux de notre société.
Donc, voilà.
• (11 h 50) •
M. Carmant : Je trouve
l'amendement peut-être un peu trop liant, là, mais moi, je... Si on pouvait
dire, par exemple, aux fins... à la fin du... de l'alinéa, peut-être,
«notamment auprès des organismes jeunesse», ça, je pense que ce serait quelque
chose qui serait acceptable.
Mme Garceau : Donc, «en
collaboration notamment avec»?
M. Carmant : En tout cas, moi,
j'aurais dit : «...les opinions des enfants, entre autres en ce qui a
trait aux enjeux de société, notamment auprès des organismes jeunesse;».
Le Président (M. Provençal)
: ...je pense que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
voulait apporter un commentaire.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je trouve ça intéressant, l'approche que vous dites, M. le
ministre, je le mettrais quand même au début, là, pour... je pense que c'était
plus simple, mais je suis d'accord avec vous pour deux points que ça
peut être un «notamment», qui est moins liant. Puis «déjà établis», je trouve
que c'est peut-être préjudiciable de ceux qui vont se former ou vont créer...
vont être créés dans les prochaines années. Ça fait que, sur le fin fond, là,
je suis absolument d'accord avec ma collègue. Je pense que vous apportez une
proposition mitoyenne juste. Après, peut-être que l'équipe légale peut nous
aider à savoir si on le met à la fin ou si on le met au début, là. Ça, c'est
peut-être plus du ressort légal, en effet.
Le
Président (M. Provençal)
:
...faciliter nos échanges, à ce
moment-là, suite au commentaire de M. le ministre, il y aurait vraiment
une modification qui sera apportée. Alors, pour être efficaces, est-ce que vous
accepteriez de retirer votre amendement, et après ça on pourra en rediscuter
avec la partie légale et vous serez à même de redéposer cet amendement-là, avec
la suggestion que M. le ministre a fait?
Mme Garceau : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Alors, consentement pour
retirer votre amendement?
Mme Garceau : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Et on va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 52)
(Reprise à 12 h 04)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin,
je vous invite à nous faire la lecture de l'amendement que vous déposez à
l'article 5 du projet de loi tel qu'amendé.
Mme Garceau : Merci beaucoup, M. le
Président. Donc, je crois que nous avons trouvé la voie de passage concernant
cet... l'amendement à l'article 5.
Donc, l'article 5 du projet de loi, tel
qu'amendé, est modifié par l'insertion, dans le paragraphe 1° du deuxième
alinéa, après les mots «mettre en place», des mots «notamment en collaboration
avec les organismes communautaires oeuvrant en matière de jeunesse,».
Donc, le libellé se lirait comme suit :
«mettre en place, notamment en collaboration
avec les organismes communautaires oeuvrant en matière de jeunesse, des moyens
pour recueillir les préoccupations et les opinions des enfants, entre autres en
ce qui a trait aux enjeux de société;».
Le
Président (M. Provençal)
: Merci.
Mme Garceau :
Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
M. le ministre.
M. Carmant : ...bien,
très content d'inclure les organismes communautaires dans cette discussion-là.
Moi, je suis en accord avec l'amendement proposé.
Le Président (M. Provençal)
: Bon. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement déposé? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Peut-être juste une question. Tu sais, c'est
excellent, là, j'appuie l'amendement. Tu sais, du moment où il... c'est recueilli, ça, peut-être juste nous expliquer,
M. le ministre, c'est quoi... c'est quoi, le «next»... c'est quoi, la suite, là. Tu sais, c'est
intéressant, là, c'est recueilli, il écrit trois pages, il le met sur son site
Web. Tu sais, c'est quoi, l'intention derrière ça?
M. Carmant : Je
pense que le commissaire va devoir faire son travail et étudier ce qui est
inclus.
M.
Cliche-Rivard : ...de le traduire en recommandations...
M. Carmant : Exactement.
M.
Cliche-Rivard : ...ou de vous l'envoyer, ou de vous le soumettre.
M. Carmant : Dans
ses rapports annuels.
M.
Cliche-Rivard : Dans ses rapports. Donc, il y aura une section, là,
inquiétudes et... genre, une section préoccupations
des jeunes, puis en découleraient possiblement des recommandations au
législateur ou aux autres acteurs. C'est ça, l'objectif de recueillir
les informations, c'est ça, le...
M. Carmant : C'est
qu'il les utilise, en tout cas.
M.
Cliche-Rivard : Qu'il les...
M. Carmant : Je
ne sais pas sous... je ne sais pas sous quelle forme, là, mais qu'il les
utilise.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Bien... Parce que
c'est important. C'est intéressant qu'on lui mette des fonctions, encore
faut-il qu'on les traduise en... On ne va pas lui demander de faire ce job-là,
puis après qu'est-ce qui arrive, là, tu sais.
M. Carmant : Non,
non.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait qu'on s'entend que... on pourra s'attendre à
avoir une recension, du moins, de ce que... de ce qu'on lui a communiqué dans
son rapport annuel.
M. Carmant : Qu'il
sera... qu'il produira de façon indépendante.
M. Cliche-Rivard : Oui, bien sûr. On lui
envoie donc cette demande-là avant même qu'il ou elle soit en poste.
M. Carmant : Parfait.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Autres
interventions, commentaires? M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Je comprends qu'il y a une coquille, là, puis on ne va pas l'ajouter
au projet de loi, parce que, dans le projet de loi, on dit «entre autres», puis
là ce qu'on voit, c'est «en autres». Donc, ne pas corriger le texte, qui déjà
était bien rédigé, c'est-à-dire entre, e-n-t-r-e, autres, a-u-t-r-e-s. Vous
avez compris?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Des voix : ...
Le
Président (M. Provençal)
: Oui, mais je pense que c'est noté, on n'aura pas à
revenir. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin à l'article 5 est adopté? Adopté. Merci.
Maintenant,
y a-t-il d'autres interventions concernant l'article 5 amendé? M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bon, pour suivre
ce qu'on s'était dit tout à l'heure, le 2° : «analyser l'état de bien-être
des enfants au Québec et réaliser annuellement un portrait de cet état;».
Ma première question, M. le ministre, c'est que
ce portrait-là, il est public, là, j'imagine, puis il est inclus au rapport.
M. Carmant : ...l'institut de
la statistique qui le fait, puis il le fait, en général, je pense, aux cinq
ans, oui, aux cinq ans. Donc, on va demander que ça se fasse de façon beaucoup
plus rapprochée pour qu'on suive un peu de plus près l'état de bien-être de nos
enfants.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que le
commissaire, indépendamment de son rapport annuel, va avoir comme ce mandat-là
de quantifier avec des indicateurs que lui, il va définir, là, ou qui existent
déjà, peut-être, ce que vous me dites, avec... avec l'INS, qui va... qui va
nous dire : Il y a une évolution sur ça ou il y a une dégradation sur ça.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis là on
va pouvoir, donc, évaluer l'évolution ou non de certains indicateurs.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis ça, ce
sera toujours public.
M. Carmant : Oui, absolument.
C'est comme la consommation, le tabagisme, toutes sortes de choses qu'on peut
suivre, qui, quand on le suit sur une base annuelle, c'est beaucoup plus facile
de voir venir les tendances.
M. Cliche-Rivard : À
l'intérieur de l'évaluation du bien-être, là, il y a des groupes qui nous
parlaient aussi de... le volet maltraitance, là, le volet d'évaluation de...
malheureusement, des lésions, là, ou la quantification de ces lésions-là. Est-ce que ça va faire partie des
indicateurs, à savoir s'il y a une hausse, je donne un exemple, malheureuse
des agressions ou une hausse malheureuse de lésions? Est-ce que ça, ça va faire
partie aussi de l'évolution ou...
M. Carmant : Bien, ça, c'est
dans le bilan des DPJ, qui est lui-même également annuel, mais c'est sûr que le
commissaire va étudier ces bilans-là qui sont remis de façon annuelle.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'on devine qu'intrinsèquement ou implicitement, à l'état du bien-être, il y a
le mal-être, là, je veux dire...
M. Carmant : Le mal-être, oui.
M. Cliche-Rivard : ...c'est
malheureux, là, mais c'est inclus.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Ça fait qu'on
s'attendra à ce que, s'il y a une évolution, ou une augmentation des
signalements, ou une augmentation des méfaits, ou à l'augmentation de...
Qu'est-ce qui en sera? On pourra le lire... évidemment, ce ne sera pas qu'une
évaluation positive, là, nécessairement, là.
M. Carmant : Non, non, non,
c'est l'état des jeunes au Québec.
M. Cliche-Rivard : Ça va être
vraiment des deux côtés. Puis, s'il y a une dégradation, on va le savoir puis
on va le lire là-dedans. Parfait. Je vais laisser mes collègues peut-être
compléter.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Robert-Baldwin.
• (12 h 10) •
Mme Garceau : Oui. Moi, j'ai
vraiment une question précise en ce qui a trait au comment. Comment est-ce que
le commissaire va analyser l'état de bien-être des enfants au Québec? Comment
est-ce qu'il va faire ça?
M. Carmant : Ah! C'est des
sondages qui se font par l'Institut de la statistique du Québec. Ça se fait de
façon récurrente, mais là il faut... il va falloir que ça se fasse de façon
annuelle.
Mme Garceau : Donc, ça va être
limité aux sondages.
M. Carmant :
Bien, c'est une... c'est une façon de faire, là. Puis, comme j'ai dit, il y
a des rapports qui sont annuels, comme le rapport de la DPJ... des DPJ, qui
sont... qui sortent de façon annuelle. Mais c'est comme ça que ça fonctionne,
là. Le Surgeon General aux États-Unis, il suit les... des sondages faits sur
une base annuelle sur le bien-être des jeunes. C'est la façon de faire.
Mme Garceau :
OK. Donc, vous, votre idée, juste pour qu'on comprenne bien, si je peux
dire, l'étendue de l'article, là vous avez parlé de sondages. Et quoi d'autre?
M. Carmant :
Bien, il y a les rapports de la protection de la jeunesse. On a parlé des
rapports des coroners. Tu sais, il y a des toutes sortes de choses qui vont
être suivies par le commissaire.
Mme Garceau :
Rapport de la commission? Rapports de qui? Je m'excuse, là.
M. Carmant :
Des coroners, j'ai dit, à la fin.
Mme Garceau :
Des coroners, mais avant ça?
M. Carmant :
Des DPJ, le rapport annuel des directeurs de la protection de la jeunesse.
Mme Garceau : Mais là est-ce qu'il va
avoir... Parce que, là, il analyse. Donc, tout ce qu'il fait, c'est de réviser
des documents, des rapports. Est-ce qu'il va
avoir, suite à ça, le pouvoir de poser des questions concernant ces rapports?
Est-ce qu'il va pouvoir avoir des rencontres suite à... Parce qu'analyser c'est
juste de faire une révision, c'est... c'est loin d'être évident, là.
M. Carmant :
...la partie collaboration. Donc, on va venir plus tard, là, à
l'article 11, là, la collaboration avec les différents organismes.
Mme Garceau :
OK. Donc là, on parle... L'article 11, c'est ça?
M. Carmant :
C'est là où on parle des collaborations, effectivement.
Le Président
(M. Provençal)
: ...que
M. le ministre vient de mentionner.
Mme Garceau : Mais là est-ce que...
est-ce que ça fait en sorte que le commissaire va pouvoir demander d'autres documents
à part des rapports?
M. Carmant : Bien,
il va avoir ses indicateurs qu'il va définir lui-même, puis il va... il va
faire son travail.
Mme Garceau :
Non, mais là...Oui, mais là on pourrait avoir des circonstances où, que
ce soit la DPJ ou la CDPDJ, suite à l'analyse du rapport, admettons, le rapport
annuel, que ce soit protection de la jeunesse, que ce soit la commission, volet jeunesse... Et là, si le
commissaire veut avoir plus d'informations, veut avoir plus de documents, il va
se faire dire : Non, ça, c'est confidentiel.
M. Carmant : Il
peut poser des questions. Ça, c'est dans... ça, c'est déjà prévu dans le projet
de loi.
Mme Garceau :
OK.
M. Carmant : Les
articles 8 et 9... alinéas 8° et 9°, excusez-moi, dans
l'article 5.
Des voix : ...
M. Carmant : ...l'article 8,
effectivement.
Mme Garceau :
8° et 9°. OK
Le Président (M. Provençal)
: ...interventions sur
l'article 5 amendé? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Il y avait des discussions, là. 2° parle des enfants,
puis les ex-placés nous ont parlé aussi d'inclure
les familles, là, parce que finalement les familles sont... puis le bien-être
de ces familles-là sont quand même directement liés au coeur puis au
bien-être de ces enfants-là. Est-ce qu'il y avait une réflexion de votre part à
la suite de cette recommandation-là de... des ex-placés de mesurer aussi le
bien-être des familles?
M. Carmant : Bien,
on a décidé de se limiter aux jeunes.
M. Cliche-Rivard : Aux jeunes.
M.
Carmant : Oui.
M.
Cliche-Rivard : Tout en comprenant indirectement que, si le
commissaire en juge... qu'il y a un lien direct, j'imagine, entre le bien-être
des familles puis ce qui arrive aux enfants, lui, il pourra décider d'inclure,
là.
M. Carmant : Absolument.
M.
Cliche-Rivard : Je donne un exemple indirect, mais, bon, la difficulté
d'accéder à un loyer, par exemple, ou des situations difficiles de
monoparentalité, ou... etc., si le commissaire en voit là un lien direct avec
le bien-être de l'enfant, il va en parler, il va le quantifier, là.
M. Carmant : On
s'y attend, oui.
M.
Cliche-Rivard : On s'y attend. Donc, on peut se dire que, quand lui
verra ou elle verra un lien entre le bien-être des enfants, il l'inclura.
Il y a eu toute une
discussion aussi sur le volet recommandations, là. Donc, on va y revenir à 11.1
et suivants, mais je voulais quand même que
ce soit clair qu'on ira faire ce suivi-là. Parce qu'à 11.1 et suivants, on
parle beaucoup des alinéas 3° à 6°, mais pas de 1°, 2°, et les
autres. Ça fait que je vais... je vous l'annonce déjà, là, on va discuter à
savoir pourquoi seulement 3° à 6°, mais on y reviendra quand on sera à 11.1,
11.2, 11.3. Parce que, pour moi, le commissaire devrait pouvoir faire des recommandations
aussi sur le bien-être, sur... Ça fait qu'on en reparlera, parce
qu'effectivement 11.1 est limité un peu, là, mais j'y reviendrai.
Je ne sais pas si mes
collègues ont d'autre chose sur le deuxième point, sur le point 2°.
Le Président (M.
Provençal)
: C'est
tout?
Des voix :
...
Le Président (M.
Provençal)
: Non?
M.
Cliche-Rivard : Je vous laisserais, chère collègue, faire le point 3°
pour commencer, si ça vous va.
Mme Garceau :
...
M. Cliche-Rivard :
Voulez-vous le lire?
Mme Garceau :
«3° analyser les impacts des politiques gouvernementales sur le bien-être
des enfants;».
M. Carmant : ...mais, par exemple, avec l'OPHQ, on a... on a
le... l'analyse des politiques gouvernementales sur les personnes en
situation de handicap, mais on veut que toutes les politiques gouvernementales
soient analysées par rapport à la situation des enfants et que... et qu'une
vision des jeunes soit prise en considération dans toutes... dans toutes nos
politiques.
Mme Garceau :
OK. Est-ce qu'on devrait, M. le ministre, si vous me permettez, collègue,
ajouter, à la fin, «et des jeunes adultes»,
pour cette... «analyser les impacts des politiques gouvernementales sur le
bien-être des enfants et des jeunes adultes»?
M. Carmant : Bien,
les jeunes adultes sont déjà touchés. Moi, je n'ajouterais pas «et des jeunes
adultes».
M.
Cliche-Rivard : ...si je ne m'abuse, là, on...
Mme Garceau :
On l'avait ajouté?
M. Cliche-Rivard :
...3° à 6°.
Mme Garceau :
Est-ce qu'on l'avait ajouté? Je m'excuse.
M. Cliche-Rivard : Bien, en fait, avec le
deux... troisième alinéa : «Le commissaire exerce également à l'égard des
jeunes adultes les fonctions prévues [de] 3° à 6°...» Ça fait que, de 3° à 6°,
on a toujours les jeunes adultes.
Mme Garceau :
Ah! OK. C'est bien. Oui, je comprends. Oui, c'est bien.
M. Cliche-Rivard : ...M. le ministre, elle
aussi, elle sera publique, ou c'est quelque chose qu'ils vont vous faire
à l'interne, ou comment ça fonctionne?
Des voix : ...
M. Carmant :
Il va falloir qu'on vérifie, mais...
M. Cliche-Rivard : Je vous donne
l'exemple de... une ADS, là, qui serait fait par la...
M. Carmant : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...condition
féminine, nous, on n'y a pas accès, là. Je veux dire, ce n'est pas public, là.
M. Carmant : OK.
M.
Cliche-Rivard : Est-ce... Ce serait intéressant que ce le soit,
là, dans l'intérêt supérieur des jeunes. S'il y a une analyse spécifique du bien-être des jeunes ou
des enfants qui est faite dans un PL, dans une politique gouvernementale,
ce serait intéressant que le public le sache, là.
M. Carmant : À l'intérieur de ce qui
est... Tu sais, comme, je pense qu'il faut avoir une certaine cohérence
gouvernementale aussi, donc on va vérifier puis on vous reviendra.
M. Cliche-Rivard : OK. Parfait.
Le Président (M. Provençal)
: Autres interventions?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: ...qui est une notion d'information
et de sensibilisation. Oui.
Mme Garceau : ...mon prochain
commentaire, M. le Président, c'est sur le 5°.
M.
Cliche-Rivard : ...moi, je n'ai pas de commentaire sur le 4°.
Donc, si mon collègue des Îles-de-la-Madeleine n'a pas de commentaire
sur le 4°...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, allez-y sur le 5°.
M. Cliche-Rivard : ...
Mme Garceau : OK. M. le
ministre :
«soutenir les enfants dans l'exercice de leurs
droits en les dirigeant vers les ressources appropriées et en les accompagnant
lorsque nécessaire dans leurs démarches;». J'aimerais ça que vous nous
expliquiez votre vision de qu'est-ce que ça va impliquer tout ça pour le
commissaire. C'est quoi, la vision liée à ce sous-paragraphe?
• (12 h 20) •
M.
Carmant : Bien, tantôt, on parlait de l'exemple de l'élève
qui a un problème. Le commissaire reçoit l'appel, l'amène vers le
protecteur de l'élève. S'il y a un enjeu de protection, contacte la DPJ, l'aide
avec ce problème-là, si c'est un problème
de... tu sais, quelle que soit la problématique qu'une personne reçoit. Et
nous, on veut vraiment mettre des affiches du... tu sais, que le
commissaire soit quelqu'un de connu de tous les réseaux, là, des affiches en
centre jeunesse, partout, là. Puis on veut vraiment que le commissaire soit
connu de tous, probablement avec un... une façon de la rejoindre qui sera simple pour tout le monde, incluant les jeunes,
tu sais, on parle d'un certain... peut-être un numéro de téléphone extrêmement simple. Et son rôle sera
vraiment d'amener le... soit le Protecteur
du citoyen, le protecteur... protecteur
de l'élève... commissaire santé, bien-être, en tout cas, accompagner le jeune
vers la bonne ressource.
Parce que,
sinon, il y a... tu sais, on veut... on veut vraiment éviter qu'il y ait du...
il y ait des dédoublements ici, vraiment éviter qu'il y ait des
dédoublements. Il commence à y avoir... tu sais, là, il va y en avoir un pour
les sports également, là, un protecteur pour
les athlètes, là. Donc, tu sais, il commence à y avoir... La cour commence à
être pleine de protecteurs, là. Ça fait que nous, on veut vraiment qu'il
accompagne puis avec une vision transversale du bien-être des jeunes.
Mme Garceau : OK. Donc, dans le
soutien à l'égard des enfants, c'est vraiment juste de... dépendamment de la
situation ou du problème, on va aller le diriger vers la ressource appropriée,
comme vous dites.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau : Et vraiment rien
d'autre.
M. Carmant : Sur une base
individuelle, non, mais, si... tu sais, comme, toutes les problématiques que
vous soulevez, s'il y a une problématique plus systémique, bien là il va faire
quelque chose, et là il va faire un rapport à l'Assemblée
nationale. Mais, sur une base individuelle, on a fait le choix, là, puis ça,
c'est... je l'assume entièrement, que son rôle sera d'accompagner vers la bonne
personne, parce que ces bonnes personnes existent déjà, et on en a rajouté, là.
Mme Garceau : Mais
qu'est-ce qui se passe, M. le ministre, si on a un enfant... On fait la
promotion, le commissaire, la commissaire est là, disponible pour aider les
enfants, d'assurer que leurs... bien, de veiller à leurs droits, le respect de
leurs droits, et, dans l'exercice de ses fonctions, on a un enfant où on le
dirige vers la protection de la... de la
jeunesse, mais on ne fait rien. Il pourrait avoir... Il y en a, des cas comme
ça, puis il va y en avoir d'autres, cas comme ça. Donc, qu'est-ce que le
commissaire va faire suite à... bien, l'enfant est allé, et malheureusement
rien ne s'est passé avec la protection de la jeunesse.
M. Carmant : Bien, en théorie, la
prochaine étape serait soit le Protecteur du citoyen, soit la CDPDJ, là, bien
que je sais que c'est un enjeu, mais, tu sais, c'est... en théorie, ce seraient
les prochaines étapes.
Mme Garceau : OK. M. le Président,
j'aimerais déposer un amendement à l'article 5, qui serait
l'article 5.1. Est-ce que vous voulez que je le lise, ou on va le déposer?
Le Président (M. Provençal)
: Bien, un instant.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Pour déposer un 5.1, il faut qu'on...
qu'on adopte l'article 5, puis l'article 5 n'est pas adopté encore.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: ...en fait, vous voulez amender le
cinquième.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, le paragraphe 5°.
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: OK, alors on va suspendre.
(Suspension de la séance à 12 h 24)
(Reprise à 12 h 30)
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, on va... on revient en ondes, et je vais
inviter la députée de D'Arcy-McGee à nous faire la lecture de
l'amendement qu'elle dépose.
Mme Prass : ...tel qu'amendé est
modifié par l'insertion, après le paragraphe 5°, du paragraphe suivant :
«développer
et superviser un mécanisme d'accréditation des avocats qui représentent les
jeunes enfants incapables de donner un mandat;».
Le
Président (M. Provençal)
: Merci. Et, compte tenu de l'heure, je vais
suspendre les travaux jusqu'après les affaires courantes, où on
reprendra nos travaux. Alors, bon appétit à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
(Reprise à 15 h 28)
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, la Commission de la
santé et des services sociaux reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi 37, Loi sur le commissaire
au bien-être et aux droits des enfants.
Lorsque nous avons suspendu nos travaux, nous
avions eu la lecture d'un amendement à l'article 5, déposé par Mme la députée de D'Arcy-McGee. Alors, suite à
cette lecture-là, est-ce que vous avez des informations complémentaires
à nous donner, Mme la députée?
Mme Prass : Oui, bien, justement,
quand on se fie aux mémoires qui ont été déposés ou présentés lors des
consultations et par la suite, il y a quatre groupes en particulier qui ont
fait mention de cette demande, et je voudrais les
citer, donc, le premier étant les ex-commissaires de la commission Laurent, qui
suggèrent que le gouvernement s'inspire du modèle du Child Youth Advocate de
l'Alberta, qu'il recommande que le commissaire développe et supervise un mécanisme d'accréditation des avocats qui
représentent les jeunes enfants incapables de donner un mandat. «Rappelons
que cette réalité est très importante, qu'au 31 mars 2023, plus de 34 000
enfants sont pris en charge par les DPJ. Historiquement,
la proportion d'enfants suivis suite à une ordonnance est de 70 %, donc il
y a près de 20... donc ils sont alors près
de 25 000 et tous ne sont pas capables de donner un mandat à leurs avocats,
mais des milliers d'enfants en bas
âge ne sont pas rencontrés par leurs avocats. Aucune mesure n'est prise pour
leur permettre d'exprimer un choix.»
Les commissaires
écrivent : «Toutefois, le travail de représentation des enfants s'avère
complexe et les règles pour l'encadrer sont insuffisantes.» Ils ajoutent qu'ils
constatent que «l'avocat d'un enfant assume un rôle professionnel difficile
mais qu'aucune formation obligatoire ni l'expérience particulière ne sont
requises, que pour les plus vulnérables de notre société, les jeunes enfants
dont la situation est soumise au tribunal... soient représentés par des avocats
qualifiés et accrédités. Nous demandons d'ajouter à l'article 5 la
responsabilité... ces responsabilités aux fonctions du commissaire.»
Donc, je comprends,
on comprend bien qu'on parle là de jeunes enfants qui n'ont pas nécessairement
la capacité de comprendre ce qui leur
arrive, encore moins de parler avec un avocat et de lui demander d'agir en leur
nom.
• (15 h 30) •
Je voudrais ajouter
aussi les commentaires du mémoire de Régine Laurent à cet égard, qui dit, je la
cite : «Je plaide en faveur de l'ajout
d'un mandat au Commissaire au bien-être des enfants, soit celui de développer
et superviser un mécanisme d'accréditation des avocats désignés pour
représenter des enfants incapables de donner un mandat à leurs avocats, tel
qu'il appartient au rapport de la CSDEPJ. La CSDEPJ avait repris dans son
rapport quelques points contenus dans le mémoire que lui avait été déposé la Commission
des services juridiques, qui détient, à l'avis de Mme Laurent, une expertise
qu'on ne peut contester en matière de représentation. L'organisme public a
expliqué que l'avocat travaille souvent à la frontière des aspects cliniques
d'un dossier et de ses composantes juridiques, sans formation adaptée. La
Commission des services juridiques était d'avis que les formations sur mesure
devraient être offertes aux avocats représentant les enfants et a ajouté, et je
cite : "On ne peut improviser avec les droits des enfants.".» Et
on partage, je pense, tous, dans cette salle, cet avis-là.
«Quand il est
question des enfants en bas âge, il n'existe aucune base juridique pour guider
l'avocat, qui doit seul décider si l'enfant a la capacité est en mesure de lui
donner des directives en lien avec la situation qu'il amène dans ce dossier. De plus, le rapport de la CSDEPJ
rapporte des propos tenus par certains témoins à l'effet qu'en l'absence
de balises juridiques les avocats appliquent des critères disparates dans leurs
évaluations de la capacité de l'enfant, une
situation qui ne peut perdurer et pour laquelle il est impossible d'affirmer
qu'elle s'inscrit dans l'intérêt de l'enfant.»
Pour
toutes ces raisons, Mme Laurent vous demande d'inclure dans les fonctions du
commissaire au bien-être de l'enfance ce mécanisme d'accréditation des
avocats désignés pour représenter ces jeunes enfants, incapables de donner un
mandat à leurs avocats.
Encore une fois, je
pense que tout le monde qui est autour de la table, on se comprend que la
raison pour laquelle nous sommes là, c'est justement pour s'assurer que les
enfants sont protégés, le respect de leurs droits, etc. Donc, ce n'est pas parce que, malheureusement, ils vont... ils peuvent
se retrouver dans une mauvaise situation à cause d'un enjeu familial,
mais ils ne comprennent pas les enjeux, ils ne comprennent pas le processus,
ils ne comprennent pas quels sont leurs
droits. Donc, de ne pas s'assurer que, justement, les avocats sont bien formés
de... en ce sens pour s'assurer de comprendre à communiquer avec
l'enfant, quels sont les... le meilleur intérêt de cet enfant-là dans sa...
dans sa représentation.
Je
vais aussi vous lire, dans le mémoire... le collectif d'Ex-placé de la DPJ,
donc, des jeunes qui malheureusement ont vécu... peut-être vécu cette
réalité directement. Donc, également, eux, ils demandent de développer et
superviser un mécanisme d'accréditation des avocats désignés pour représenter
des enfants incapables de donner un mandat à leur avocat. Je suis sûr que,
malheureusement, il y en a plusieurs qui ont vécu, justement, cette réalité,
car les acteurs... car les avocats sont les
acteurs de premier plan quand ça vient à la défense de ces jeunes-là, et qu'ils
vont prendre la parole de ces jeunes-là.
Et finalement je
voudrais vous citer Mme Nancy Audet dans son mémoire, à cet égard, encore
une fois, qui spécifie que... Excusez-moi, je vais trouver la page. Bien, en
fait, un petit peu dans le même sens qu'encore une fois, il faut que les
avocats qui, justement, vont prendre la défense de ces jeunes-là aient une
formation particulière pour comprendre, même quand le jeune ne peut pas
toujours s'exprimer, parce qu'on parle d'enfants de bas âge, mais on parle aussi des fois de jeunes qui ont une
déficience intellectuelle sur le spectre de l'autisme, qui n'ont pas
nécessairement les capacités de communication, ou de pouvoir verbaliser,
ou encore moins de comprendre les enjeux qui sont mis devant eux. Donc, c'est
une question que tous les enfants aient une protection.
On
se comprend, quand on est un petit peu plus vieux... Il y a certains enfants
qui... excusez-moi, qui comprennent la réalité ou les procédures mieux
que d'autres, mais aucun enfant ne devrait jamais être mis dans une situation
où quelqu'un parle à leur nom sans
comprendre leur réalité et leur situation. Et il y a plusieurs des... lors des
consultations, il y a plusieurs des mémoires qui ont été déposés qui
vous demandent, justement, de faire un changement dans ce sens-là pour
s'assurer de... le bien-être de tous les enfants.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci,
Mme la députée. M. le ministre.
M. Carmant : Oui.
Bien, moi, je vais revenir aussi sur le... puis je sais qu'on en a discuté,
mais le Barreau était intervenu également, là, puis, eux, ils voulaient prendre
la balle au bond. Puis c'est un peu le rôle du Barreau de ça, tu sais,
d'élaborer des formations et de l'accréditation pour ses avocats. Ils nous
avaient dit qu'eux, ils étaient conscients et qu'ils allaient se... ils
s'engageaient à développer une formation continue obligatoire pour... tout en
s'assurant que les formations appropriées soient élaborées afin que les enfants
puissent être entendus et compris, le tout dans leur intérêt. Puis ils m'ont
même dit qu'ils avaient clairement indiqué que quelques... que la proposition
qui avait été mise sur la table, selon eux, n'était... était inadéquate.
Donc, moi, je me fie à
l'expertise du Barreau, et on va s'assurer que... qu'il développe une telle
formation pour les avocats et qu'il s'assure que tous les avocats parlent
effectivement aux enfants.
Le Président (M. Provençal)
: ...
Mme Prass : Si vous voulez,
justement, vous assurer de cela, pourquoi... Parce que, là, le Barreau vous disent qu'ils s'engagent à le faire, mais on ne
sait pas quelle est la date butoir, par exemple, quand ça rentrerait en fonction.
Je... Vous faites confiance au Barreau, donc. Mais pourquoi ne pas, justement, ajouter
dans le projet de loi cet élément-là pour
s'assurer que le Barreau, à ce moment-là, comprenne qu'ils ont une
responsabilité, justement, d'élaborer ces formations-là avec une date butoir?
Parce qu'on ne veut pas que ça soit quelque chose qui soit mis de l'avant
dans cinq ans, et, pour les prochaines cinq années, certains de ces jeunes-là
n'auront pas la... bien, n'auront pas un avocat qui aura justement une
formation pour les sensibilités à leur situation, à nos réalités.
Donc, oui, que le Barreau travaille dessus, mais
aussi que vous les responsabilisiez à le faire justement en faisant mention
que... qu'ils doivent développer et superviser... ou qu'il y ait un mécanisme
qui doit être développé et supervisé, et aussi avec une certaine échéance, comme
j'ai dit, parce qu'on ne veut pas que ça prenne des années à développer, parce
que le Barreau a plusieurs enjeux sur lesquels il travaille. Ça fait qu'on veut
s'assurer que ça se fasse dans un délai raisonnable.
M. Carmant : OK. Bien, le libellé serait
changé, là. Il faudrait qu'on réfléchisse, là, à un libellé, parce que ce ne
sera pas... je ne pense pas que c'est au commissaire à développer et superviser
un mécanisme d'accréditation. C'est le... Le Barreau, c'est son... c'est son
travail. Donc, il faudrait changer le libellé.
Mme Garceau : Si vous me permettez,
M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, allez-y.
Mme Garceau : Je me souviens des
représentations du Barreau, c'était lié à la formation continue, et les cours de formation continue, ce n'est pas ce que
la commission Laurent avait demandé. Ça, c'est vraiment, M. le ministre,
spécifique. C'est comme les... un petit peu tout le système d'accréditation des
médiateurs en droit de la famille. Il y a eu tout un système mis en place dans
différentes disciplines pour accréditer des avocats, des psychologues, des
travailleurs sociaux pour devenir médiateurs, médiatrices accrédités. Donc, ce
n'est pas une formation, ce n'est pas un cours d'une heure ou une heure et
demie qui va faire en sorte qu'on a la formation pour représenter les enfants.
Et donc on va beaucoup plus loin. Et je pense
que c'était ça, l'idée derrière cette recommandation de la part de la
commission Laurent. Et c'est pour ça que ça a été repris par les
ex-commissaires, lors de leurs représentations en consultations particulières.
Les trois ont repris, là, cette recommandation que, pour eux, était très, très
importante. Et je comprends pourquoi, parce
que c'est... comme on dit, ce n'est pas en sortant, là, de nos études de droit,
et même au niveau du Barreau, qu'on... qu'on va acquérir l'expérience et
les compétences pour représenter des enfants, que la représentation des enfants, qui peut donner des... les instructions, là,
et peut mandater un avocat qui a le discernement, la maturité, et tout.
• (15 h 40) •
Mais là on parle d'enfants de bas âge. Et là on
rejoint un peu les droits prévus à la... à la convention internationale et la
charte, dans le sens qu'on veut que les enfants aussi de bas âge soient
représentés par avocats. Et il y en a, là,
qui ont quatre, cinq ans qui peuvent s'exprimer, et je pense que c'était ça qui
était souhaité. C'était, pour le commissaire,
de vraiment se... d'avoir cette... ce mandat de développer et de superviser un
mécanisme d'accréditation des avocats pour s'assurer qu'on ait un bassin
d'avocats qui ont la formation adéquate. Et ce n'est pas, là, une formation
d'une heure, une heure et demie, là, si on suit des formations qui sont
données pour devenir médiateur accrédité, là, c'est plusieurs heures de
formation, et après ça il faut être supervisé dans des dossiers. Donc, c'est quand même quelque chose assez rigoureux pour
avoir cette accréditation-là, et je pense que, dans l'intérêt des enfants,
dans le respect de leurs droits, ça serait une bonne chose qu'on le prévoit
dans le projet de loi.
M.
Carmant : Mais, tu sais, là où est-ce qu'on... là où je ne
suis pas, c'est comment... pourquoi le commissaire va faire ça. C'est comme si
la commissaire santé et bien-être accréditait les docteurs, là. Tu sais, c'est
comme un non... tu sais, ça ne fait pas de sens. Et il y a des... il y a
des organismes pour accréditer les professionnels.
Mme Garceau : Bien, moi, je... moi,
je suis, M. le ministre, évidemment, la recommandation qui a été faite par la
commission Laurent. Ça n'empêche pas que le... qu'il y ait une collaboration
avec le Barreau, mais je pense qu'il faudrait peut-être le libeller d'une autre
façon.
Mais qu'est-ce qui est important, au bout du
compte, c'est d'avoir des avocats qui sont accrédités pour représenter des enfants qui sont incapables, là,
de donner un mandat, pour leur donner une voix et d'avoir... de respecter
leurs droits. Je pense qu'il faudrait regarder cet aspect-là.
M. Carmant : D'accord. Je n'ai
pas... Je n'ai pas de... Je n'ai rien à ajouter à ce moment-ci.
Le Président (M. Provençal)
: Plus de commentaire? OK.
Des
voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Avez-vous un commentaire
additionnel à formuler, M. le...
Une voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Bien, si vous permettez, M. le ministre... je
comprends votre réponse, là, mais vous avez entendu
les mêmes choses que nous, là, vous avez vu les mêmes choses que nous. Est-ce
que vous, vous avez... vous êtes à l'aise avec le statu quo ou vous...
Vous devez penser comme moi qu'il y a quelque chose à faire dans... Il y a un
vide, là, quand même. Vous devez le reconnaître, là.
M. Carmant : Bien,
moi, j'ai... je fais confiance que le Barreau va combler ce vide-là, qui a été
mentionné devant eux.
M.
Cliche-Rivard : Puis vous voyez ça dans une... Parce que, là, le
Barreau, lui, nous parlait de formation continue.
Avec égard, ça, c'est le statu quo. Si on a déjà ça, on a nos obligations
professionnelles par un ordre professionnel, 30 ans... 30 heures
sur deux ans. Donc, on a une opportunité, là, puis j'entends ce que vous dites.
Là, ce que la
collègue propose, c'est «développer et superviser». Est-ce qu'il y a
«participer»? Est-ce qu'on peut y aller
moins contraignant puis aller se rejoindre à quelque part? Oeuvrer, participer
avec le Barreau à la création de
lignes directrices? Est-ce qu'il y a façon, là, qu'on se rejoigne, c'est ce que
je vous propose, sans être contraignant?
M. Carmant : Non,
je ne bougerai pas là-dessus, malheureusement, là.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la
députée.
Mme Garceau :
Oui. C'est parce que, là, le problème que nous avons, c'est au niveau du
Barreau. Ils n'ont pas parlé, là, de
développer un mécanisme d'accréditation des avocats. On est très, très loin de
qu'est-ce que le Barreau s'est engagé à faire. Donc, c'est là que je tente de
voir avec vous dans le sens d'une voie de passage. Parce que c'est sûr et certain qu'en ce moment, dans... entre
l'accréditation des avocats pour représenter des enfants, là, qui sont
incapables versus la formation continue, le champ est large, là. Il faut
arriver, il me semble, à une solution pour venir... pour s'assurer que les
avocats qui représentent les enfants ont les compétences. Le droit, c'est une
chose, mais de représenter les enfants,
c'est quelque chose d'assez complexe, ce n'est pas évident, et non plus
lorsqu'ils sont de bas âge.
Donc, c'est vraiment
parce qu'on a besoin d'experts, là, pour faire ces formations-là, pour
s'assurer que, oui, on a un bassin d'avocats qui sont formés, qui ont
l'expérience, qui sont accrédités. Il me semble que c'est dans l'intérêt de
notre société de s'assurer... comme on a des médiateurs accrédités, ça fait en
sorte que pour... Le public a confiance aux
compétences de ces gens-là, qui sont accrédités. Ce n'est pas juste des
formations qu'on fait, là, en ligne. Je m'excuse, là, mais on va plus
loin, puis il me semble...
M. Carmant : Non,
je vous comprends, je vous entends, mais vraiment, moi, j'ai...
Mme Garceau :
...qu'il y a quelque chose à faire là.
M. Carmant : ...moi,
je maintiens ma confiance en le Barreau pour régler cette problématique-là.
Mme Garceau :
Mais, avec respect, M. le ministre, le Barreau ne s'est pas engagé pour
régler cette problématique-là. Tout ce que le Barreau a dit, c'est : On
va... On va donner des formations continues. Ça n'a rien à voir avec l'accréditation.
On va beaucoup plus loin au niveau du... de la recommandation qui a été quand
même... c'était important pour les
commissaires qui ont entendu beaucoup de gens au sujet, là, de tout cet
aspect-là, de représentation des enfants devant... surtout devant les
tribunaux.
M. Carmant : Je
n'ai rien à ajouter, M. le Président. J'ai... Je l'ai dit plusieurs fois.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Bon, M. le ministre, vous avez
fait part de votre position, là, avant qu'on vote. Vous êtes quand même à la
table jeunesse, justice jeunesse, là. Est-ce qu'on peut quand même compter sur
vous pour porter cette question-là, pour aller l'étudier? Le Barreau va être à
la table avec vous. Le ministre de la
Justice est à la table avec vous. Est-ce qu'on peut au moins vous sentir... ou
avoir un engagement formel, là, que vous allez soulever cette
question-là, cette inquiétude-là devant le Barreau du Québec?
M. Carmant : Définitivement
leur transmettre votre inquiétude que leur formation doit être à la hauteur.
M.
Cliche-Rivard : Puis que vous, vous constatez comme nous, là, vous
l'avez entendu, là, qu'il y a quelque chose à faire, là? Je veux dire, le statu
quo, pour moi, m'apparaît périlleux. Il faut quelque chose... Un peu comme vous
l'avez signalé pour la CDPDJ, là, il faut que ça change, là. On ne peut pas se
retrouver encore dans deux ans à débattre de ça. Qu'on s'attend... je ne sais
pas quoi, ce n'est pas moi qui vais lier les mains du barreau, là, mais on
s'attend à quelque chose?
M. Carmant : On
va travailler avec eux, ça, je vous le garantis.
M.
Cliche-Rivard : C'est déjà ça de gagné, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Y a-t-il
d'autres interventions? Mme la députée.
Mme Garceau :
Je ne suis pas très convaincue, M. le ministre, là. Je ne suis pas très...
Vous n'êtes pas en train de me convaincre
parce que je n'ai pas entendu, de votre côté, que les discussions que vous
allez avoir avec le Barreau... Parce qu'ils l'ont déjà fait avec les
médiateurs. Donc, pourquoi est-ce qu'on ne fait pas la même chose pour la
représentation des enfants, de développer que le Barreau...
Donc, est-ce que,
pour vous, ça serait important d'avoir... de développer un mécanisme
d'accréditation des avocats pour la représentation des enfants? Est-ce que
c'est important pour vous, comme ministre?
• (15 h 50) •
M. Carmant : Ce
qui est important pour moi, c'est que les enfants soient bien représentés. Et
ce que j'ai dit, c'est que je vais transmettre au Barreau vos inquiétudes sur
la chose. Ça, je m'engage, là, de le faire.
Mme Garceau :
Mais, de votre côté, est-ce que vous ne voulez pas avoir un système
d'accréditation? Est-ce que vous ne voulez
pas vous assurer qu'on a des avocats qui suivent une formation très spécifique,
pour recevoir cette accréditation du Barreau, pour être accrédités,
qu'ils ou elles puissent représenter des enfants?
M. Carmant : Je
me répète : Moi, je veux que les enfants soient bien représentés. Ça,
c'est le but...
Mme Garceau :
Oui, mais j'aimerais... j'aimerais, M. le ministre...
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le ministre a quand
même donné une réponse. Il a... Il peut même s'abstenir de donner des
réponses.
Alors, je pense qu'il
a émis son opinion et il a formulé qu'il va transmettre les... vos
préoccupations, qui fait partie de ses préoccupations, mais je pense que c'est
clair qu'on n'ira pas plus loin de la part du ministre. Alors, c'est une
remarque que je voulais vous faire, Mme la députée.
Mme Garceau :
C'est bien, M. le Président,
mais, avec respect, moi, tout ce que j'aimerais... Moi, je suis ici, là, pour
m'assurer... on est tous ici pour assurer que les droits des enfants soient
respectés et la promotion aussi, de promouvoir les droits des enfants, mais
surtout parce qu'on a eu des témoignages. Il y a des gens qui sont venus en
consultations particulières parler...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Oui.
Mme Garceau :
...hein, que les avocats n'avaient pas représenté les... n'avaient pas
rencontré les enfants, même, avant de faire
des représentations concernant qu'est-ce qui est dans l'intérêt de l'enfant ou
qu'est-ce que l'enfant souhaite. Mais ça va beaucoup plus loin que ça,
parce qu'on veut s'assurer que tous les enfants, tous les enfants soient
représentés, parce qu'il y en a beaucoup ou c'est plus lié à : Bien,
est-ce qu'ils ont la maturité ou le discernement pour donner un mandat?
Donc,
c'est là où la... les commissaires voulaient aller plus loin, pour donner une
voix, pour respecter les droits également
des plus... des tout-petits. Et donc c'est dans ce sens-là qu'une formation
dédiée à ça, qui serait également... qui aurait une accréditation liée au bout
du compte, au bout de la formation. Il y a un aspect de confiance du public
également.
Moi, je voulais
juste... Est-ce que le ministre est prêt à s'engager? Ce n'est pas juste de
transmettre nos préoccupations, mais que le Barreau développe et supervise un
mécanisme d'accréditation. Donc, si ce n'est pas le commissaire, au moins, que
le Barreau s'engage à le faire. C'est ça.
M. Carmant :
...aussi loin que je pouvais. Je peux vous entendre, mais je suis allé
aussi loin que je pouvais au niveau de mon engagement. Je ne peux pas aller
plus loin.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va?
Mme Garceau :
...je pourrais continuer, mais je vois qu'il y a une fermeture. Donc...
Le Président
(M. Provençal)
: Effectivement. Il faut... Je pense qu'il faut
comprendre aussi qu'il y a un ministère qui s'appelle le ministère de la Justice, qui est responsable aussi du
Barreau puis qui contrôle certaines choses. Ceci étant dit, s'il n'y a pas
d'autre... Oui, excuse... excusez-moi, M. le député.
M. Cliche-Rivard :
Non, non. M. le Président, je voulais juste... parce qu'on ne s'explique
pas après, là, je voulais quand même être très clair avec ma collègue que je
soutiens complètement, le renforcement et l'accréditation de... d'avocats
désignés, je pense, cela dit, que ça doit passer davantage par le Barreau, là.
Donc, je voulais juste être clair que mon intention de vote, ce ne sera pas
contre le principe de ce qu'elle prononce et ce qu'elle présente.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement qui avait
été déposé par Mme la députée de D'Arcy-McGee. Alors, Mme la secrétaire, je
vais vous demander d'y aller par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de D'Arcy-McGee à l'article 5 est rejeté. Nous revenons donc
à l'article 5 amendé. Y a-t-il des interventions? Oui, M. le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Un peu plus tôt ce matin, on nous disait qu'on allait nous
revenir, là, sur le caractère public des analyses d'impact. Est-ce que
vous avez eu le temps de faire cette vérification-là ou...
M. Carmant : ...publics.
M. Cliche-Rivard : Tous les
rapports sont publics. Ça fait qu'on est vraiment dans un cas où,
effectivement, on a une entité qui est en dehors de celles de l'exécutif puis
du gouvernement, là, comme le Protecteur du citoyen. Alors, tout ce que lui ou
elle fournira comme avis, consultations, rapports sera public. C'est ce que je
comprends?
M. Carmant : OK, qu'on dépose à
l'Assemblée.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
est-ce que c'est vrai pour... de 1 à 9, là, dans le sens où, à chaque fois
qu'il va fournir quelque chose, ça sera toujours public?
M. Bérubé (Mathieu) : Dans la
mesure où il en fait un rapport.
M. Cliche-Rivard : Dans la
mesure où il en fait un rapport.
M. Bérubé
(Mathieu) : En fait, c'est déposé à l'Assemblée nationale, effectivement.
Voilà.
M. Cliche-Rivard : Donc, quand
il fait une analyse d'impact gouvernementale, un peu comme sur un projet de loi
où le Protecteur du citoyen va venir nous donner ses commentaires, on pourrait
s'attendre à ce que, dans une consultation ou dans un projet de loi futur, le
commissaire au bien-être des enfants vienne faire son mémoire, où, de manière
publique, il fait ses recommandations et ses modifications comme le Protecteur
du citoyen. On est dans le même genre de régime.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : Mais il n'y
aura pas de... nécessairement... En fait, ce que je veux voir, c'est : Y
aura-tu des cas où vous l'aurez consulté, ou l'Exécutif l'aura consulté en
amont dans la rédaction, et où on ne pourra pas savoir que...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ça, ça ne se
peut pas. Parfait.
M. Carmant : Il est
indépendant, donc il donne son avis.
M. Cliche-Rivard : Complètement.
Parfait. Ça fait qu'il n'y a pas de lien, là. Il n'est pas... Vous ne l'avez
pas sur le «speed dial» pour dire, je veux dire...
M. Carmant : Non.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Ça
fait que si...
M. Carmant : Lui, il m'aura
peut-être sur le «speed dial».
M. Cliche-Rivard : C'est ça que
j'allais dire. Ça fait que, s'il a quelque chose à nous dire, il va le dire à l'Assemblée nationale, il va le dire au public, il
va le dire aux Québécois, aux Québécoises. Il ne le dira pas à l'Exécutif, au ministre, c'est ce que je
comprends. Parfait. Bien, c'est très clair. Je vous en remercie.
On était... Je pense qu'on avait terminé... ou
on était sur le 5° :
«soutenir les enfants dans l'exercice de leurs
droits en les dirigeant vers les ressources appropriées», je pense qu'on avait
fait le tour de celui-là.
Le Président (M. Provençal)
: ...qui vient d'être rejeté.
M. Cliche-Rivard : OK. «6° évaluer
la mise en oeuvre des programmes et la prestation des services qui sont
destinés aux enfants et qui relèvent des organismes publics;», même chose, dans
son rapport.
M. Carmant : Le plus bel exemple par
rapport à ce qu'on nommait ce matin, c'est Agir tôt, puis, tu sais, comme le besoin d'ajouter des ressources en
première ligne. Donc, tu sais, ça, c'est une chose qu'il va pouvoir venir dire.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que ma
collègue a quelque chose sur 6°?
Le Président (M. Provençal)
: Mme votre collègue n'a pas de temps
de disponible.
M. Cliche-Rivard : Elle n'a pas de
temps de disponible?
Le Président (M. Provençal)
: Non.
M. Cliche-Rivard : Ah! Elle peut
déposer un amendement, ceci dit.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Moi, combien il
m'en reste, moi?
Le Président (M. Provençal)
: Il vous reste environ
neuf minutes.
M. Cliche-Rivard : Neuf
minutes. Bon. OK, sur le 7°, je comprends qu'on l'a modifié, on l'a amendé,
auquel cas, là, cette fois-ci...
Le Président (M. Provençal)
: ...sous-amendé, qui a été accepté.
M. Cliche-Rivard :
Et sous-amendé.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Cliche-Rivard : Et là on a tout
le monde. On a inclus les enfants aussi et les jeunes de 18 à 25 ans pour
lesquels il y a un rapport du coroner.
Donc, post-18 ans, cela dit, sans rapport
du coroner, on ne les a pas. C'est ça, la décision qui a été prise.
Une voix : ...
M.
Cliche-Rivard : OK.
Donc, quand on nous parlait, là, justement de suivi de la trajectoire des
jeunes post-DPJ, là, dans la situation, quand même... ou la période
critique de 18 à 25, où est-ce qu'on les rattrape, ceux-là?
M. Carmant : Bien, je pense que
toute mort suspecte, toute mort inexpliquée va être considérée. Donc, je pense
qu'on est...
M. Cliche-Rivard : Ça fait que...
M. Carmant : ...du côté du travail
du coroner, là, on est corrects.
M. Cliche-Rivard : Ça fait qu'on va
englober quand même pas mal de situations : bon, surdoses...
M. Carmant : Oui, surtout qu'on
pensait aux suicides. C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...suicides,
quelqu'un qui... qu'on retrouve décédé dans la rue, là.
M. Carmant : Accidents d'auto.
M. Cliche-Rivard : Je veux dire...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Vous, vous êtes
conscients qu'on échappe... Vous, votre logique, c'est qu'on n'échappe
personne.
M. Carmant : C'est ce qu'on veut.
M. Cliche-Rivard : C'est ce qu'on
veut avec la modification.
M. Carmant : Oui. Puis les
discussions qu'on a eues avec le coroner, il était confiant également.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis, sur ce
point-là, veille de tous les décès, là, le mot «veille», là, M. le ministre,
j'aimerais ça, vous entendre sur qu'est-ce que vous entendez par une «veille».
C'est quoi qui est prévu? C'est quoi, l'idée derrière une veille?
M. Carmant : Bien, c'est qu'il
puisse... parce qu'il y a des rapports qui vont être produits, de toute façon,
donc qu'il puisse les... les examiner puis qu'il... qu'il les cumule sous un
même... tu sais, sous un même chapiteau. Donc,
c'est vraiment d'avoir un oeil... initialement, on pensait, sur les enfants,
là, mais un oeil sur les enfants et les adultes jusqu'à l'âge de 18...
de 25 ans.
• (16 heures) •
M.
Cliche-Rivard : OK. Puis, ce rapport-là, toujours dans une logique
de recommandation, toujours dans une logique d'analyse, toujours dans
une logique de lecture prospective...
M. Carmant : D'amélioration.
M. Cliche-Rivard : ...en
disant : Là, je lève la main, moi. Commissaire, là, ici, il manque quelque
chose, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Il manque un
filet de sécurité ou... bref, identifier un problème où ça ne fonctionne pas après 18 ans, la transition, là, où, bref,
trop de gens se retrouvent dans les Auberges du coeur, bref, une espèce de réflexion
qui vous recommande des actions politiques publiques.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : C'est le genre de choses qu'on s'attend.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Parfait.
Le Président (M.
Provençal)
: ...quand
on travaille avec les coroners, de mémoire, les coroners vont émettre souvent
des recommandations à même leur rapport.
M.
Cliche-Rivard : Sur le point 8°, là il y avait... on l'a modifié lui
aussi, il y avait une question ou une proposition pour les tout-petits, là. Tu
sais, il y a la jeunesse, là, puis il y a les jeunes. Comment on s'assure que
les 0-5 ans sont entendus? Ils ne peuvent pas exprimer eux-mêmes leurs...
Tu sais, est-ce que les organismes ont un rôle à jouer? Est-ce que ce que vous
avez pensé à cette question-là, qui nous avait été soulevée par les
tout-petits, si je ne m'abuse, là, ou le Collectif Petite Enfance, en fait?
M. Carmant : Non.
Mais nous, on regardait vraiment pour les... En tout cas, les comités centres jeunesse,
c'étaient les 14 ans, à partir de l'âge de 14 ans. Puis, ça, j'en
ai... on en a discuté avec le comité des usagers.
M.
Cliche-Rivard : On a-tu quelque chose pour aller recueillir le... par
les organismes ou ailleurs?
M. Carmant : Oui.
Bien, c'est... je pense que ça reste quand même limité, là, mais je pense que
toutes les collaborations qu'il va établir avec les organismes communautaires,
les autres représentants également, devraient lui permettre d'avoir... d'avoir
un bon portrait, disons, de la situation. Mais c'est sûr que, les 0-5 ans,
ça reste...
M.
Cliche-Rivard : Ça fait qu'on peut penser que, dans le point 1°, là...
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : ...qu'on a amendé tout à l'heure, il y aura quand même
la voix des tout-petits qui pourrait être
poussée, parce que, bon ça fait partie... c'est eux les plus... certains des
plus vulnérables, c'est certainement ceux-là, là.
M. Carmant : Oui,
absolument.
M.
Cliche-Rivard : Donc, ce sera à...
M. Carmant : Les
organismes communautaires seraient probablement le...
M.
Cliche-Rivard : Parfait. «9° lorsqu'il le juge nécessaire ou
sur demande de l'Assemble nationale, du gouvernement
ou [d'un] ministre, leur fournir les avis et les recommandations qu'il estime
appropriés sur toute question concernant
une matière relevant de ses fonctions.» Bon. «Sur demande de l'Assemblée
nationale», on parle d'une motion, là, on parle d'un député qui envoie
une lettre? Comment ça fonctionne pour enclencher 9°, là?
M. Carmant : Est-ce
que je pourrais passer la parole au juriste, M. le Président?
Le Président (M.
Provençal)
: Pardon?
M. Carmant : Je
pourrais passer la parole au juriste?
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
allez-y.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Donnez-moi juste un
petit instant. Mathieu Bérubé, avocat à la Direction des affaires
juridiques, Santé et Services sociaux.
À ma connaissance, ça
devrait fonctionner sous le coup d'une motion, là, un peu comme... j'essaie de
retrouver l'article, là, du chapitre... du chapitre I, ne bougez pas, quand on
dit... juste un instant... Ah! effectivement, au niveau de l'article 1,
là, où est-ce qu'on prévoit que c'est l'Assemblée nationale qui nomme le
commissaire, ultimement, ce qu'on en comprend, en fait, c'est que, bon,
l'approbation des deux tiers... c'est : l'approbation des deux tiers des
membres de l'Assemblée nécessite une motion prise aux deux tiers de tous les
membres. Donc là, ici, l'Assemblée qui
voudrait saisir le commissaire pour un avis quelconque ou une recommandation,
ce serait sur motion, là, évidemment, là. Donc, on renvoie, j'imagine,
aux procédures applicables, là, en matière parlementaire, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, si on devait
adopter une motion à l'Assemblée, on pourrait octroyer un mandat, un peu
comme une commission, ou un peu ailleurs, c'est comme ça que ça fonctionnerait?
M. Bérubé
(Mathieu) : J'imagine.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Là, dans ce cas-ci, ça dit aussi : «sur demande [...] du
gouvernement ou de tout ministre». Là, au regard à ce que vous nous racontiez
ou vous nous expliquiez tantôt sur le caractère public, là, de ce qu'il va
fournir, le protecteur ou le commissaire, si un avis lui est demandé par le
gouvernement ou par un ministre au sens du neuvième paragraphe, est-ce que, là,
ça va être quand même public?
M. Carmant : L'intention, c'est que
ça reste quand même public, mais...
M. Bérubé (Mathieu) : Ce ne serait
pas automatiquement public. Par contre, comme le... c'est une personne désignée
par l'Assemblée nationale au même titre que le Protecteur du citoyen et les
autres personnes désignées par l'Assemblée, le commissaire serait soumis, donc,
aux règles prévues à la loi sur l'accès. Donc, ultimement, les documents pourraient être demandés sous le coup
de... des règles de droit à l'accès, là, aux renseignements... aux documents, plutôt,
excusez.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
dites : Nous-mêmes, l'exécutif, et/ou lui-même, le commissaire, ne va
pas... probablement pas publiciser l'avis qu'il a rendu. Cela dit, en venait-on
à le savoir ou formulerait-on une demande d'accès à l'information, il serait
contraint de la divulguer, là, c'est ça?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, oui,
bien, suivant les règles, évidemment, qui sont prévues dans la loi sur l'accès, mais chose certaine, s'il produit quand
même un rapport, parce qu'il en a le pouvoir en vertu de l'article 8, ce
rapport-là va être déposé à l'Assemblée
nationale. Autrement dit : je réponds à la question x, je peux aussi en
informer les autres, là.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que, là,
on va arriver à, un jour... à un moment donné, à une étude des crédits dans laquelle il va y avoir notre protecteur à
quelque part, j'imagine. Est-ce que ça va être... Ce ne sera pas comme ça, parce
que le Protecteur du citoyen, lui, il n'est pas soumis à l'étude de crédits, ça
fait que, dans ce sens, moi, je vais pouvoir poser la question en étude des
crédits au ministre des Services sociaux, à savoir : Avez-vous sollicité,
au sens de 9°, un mandat? Le ministre
va me répondre en bonne foi, oui ou non, et je vais pouvoir, à ce moment-là,
solliciter la divulgation de l'avis ou une demande d'engagement pour
divulguer l'avis. C'est comme ça que la procédure va fonctionner.
Le Président (M. Provençal)
: ...
M.
Cliche-Rivard : Quatre
minutes. Parfait. Vous confirmez, M. le ministre, que ce serait ça, c'est comme
ça que vous voyez le mécanisme également, là?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait. On entre
sur le point suivant, M. le ministre.
«Le
commissaire exerce également à l'égard des jeunes adultes les fonctions prévues
aux paragraphes 3° à 6° du deuxième alinéa.»
Puis, là-dessus, M. le Président, on va vous
soumettre un amendement, donc, si on pouvait faire une courte suspension, je...
on vous l'envoie dans 30 secondes.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, suspension, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 07)
(Reprise à 16 h 16)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. Nous
avons un amendement qui est déposé à l'article 5 par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Alors, M. le député, je vais vous inviter à nous en faire la lecture et à
émettre le commentaire associé à votre amendement.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Là, c'est ce que je vois à l'écran de... dans le troisième alinéa,
remplacer «aux paragraphes 3 à 6» par «aux paragraphes 1 à 9».
Là, je le vois, là, il va falloir le corriger
pour qu'il soit au pluriel, mais on vous le soumettra au...
Le Président (M. Provençal)
: ...oui, effectivement.
M. Cliche-Rivard : Exactement, il
manque un x et un s, mais on lance la discussion, là. Moi, c'est la discussion
que je voulais qu'on ait dans un premier point, je l'avais dit, puis je l'ai
dit aussi eu égard à un petit peu plus tard, dans les pouvoirs : Là, on
vient baliser, ou on avait balisé, initialement, 3° à 6°, comme pouvoirs, où,
là, on demandait ou on élargissait le mandat du commissaire aux jeunes adultes,
puis là on a vu ensemble une définition élargie, là, des
jeunes adultes, on en a parlé tout à l'heure, mais surtout par la définition
qui s'en vient, là, un petit peu plus loin, on peut quand même le préciser, là,
qui elle aussi fait l'objet d'amendements. Je pense qu'on l'a déjà approuvé,
cet amendement-là, mais c'était... «"jeune adulte" désigne une
personne âgée d'au moins 18 ans et d'au plus
25 ans en situation de vulnérabilité, y compris celle dont la situation [a
été...] a déjà été prise en charge par le directeur de la protection de
la jeunesse ou qui a déjà fait l'objet d'une mesure de garde ou de surveillance
en vertu de la [LSJPA].» Ça fait qu'on l'élargissait comme ça.
Moi, je vous lance la question, là, M. le
ministre, j'ai un petit peu, en fait, de misère à comprendre pourquoi on est venu souscrire 3° à 6°, là, plus que les
autres articles, donc, peut-être, je vous poserais la question en amont, là, puis,
après ça, on peut se positionner sur chaque point, dépendamment de votre
position : Est-ce que c'est judicieux, à 1°, est-ce que c'est judicieux, à
2°? Peut-être qu'on peut faire la discussion à savoir si ça devrait être
élargi, mais, en amont, si vous... Qu'est-ce qui était... Pourquoi c'était
prévu seulement à 3° à 6°?
M. Carmant : Bien, disons que 7°, on
l'a... on l'a ajouté en cours de route.
M. Cliche-Rivard : Donc, il est comme
implicite, 7°, là, il est...
M. Carmant : C'est ça. 8° aussi
l'inclut.
M. Cliche-Rivard : On me dit que
non, on me dit que ce n'est comme pas implicite. Je veux juste bien qu'on se
comprenne aussi, là.
Le Président (M. Provençal)
: Me Bélanger.
M. Bérubé (Mathieu) : En fait, là,
ici, il y aurait... avec l'amendement proposé, il y aurait une nuance entre la
définition, qui a été revue par amendement, de «jeune adulte», et ce qui serait
prévu ici, au troisième alinéa, puisque, là,
on réfère à l'exercice des fonctions, donc, visé à... autrement dit, à tous les
paragraphes, là, du deuxième alinéa. Sauf
qu'à 7°, l'amendement qui a été adopté vise les jeunes adultes d'au moins...
bien, en fait, des personnes âgées, là, autrement dit, là, d'au moins
18 ans et d'au plus 25 ans pour lesquelles une investigation ou une
enquête a été réalisée... effectuée, plutôt. Donc, ce n'est pas nécessairement
le même bassin de jeunes, là.
M. Cliche-Rivard : OK Pour 7°...
pour 7°, je comprends bien la nuance.
M. Carmant : ...les enfants et les
jeunes adultes. Puis 9°, c'est quand même général. Mais je pense que l'enjeu,
c'est... qu'on a, c'est de ne pas trop élargir le mandat du commissaire qui,
initialement, était pour les enfants. On a voulu inclure les jeunes
vulnérables, mais, tu sais, il y a quand même des choses qu'on veut conserver
pour les enfants. Principalement, le point 2°, je pense que c'est
spécifique, là, l'état de bien-être des enfants au Québec. Puis un portrait de
cet état, je pense que ça, c'est spécifique.
Pour mettre en place des moyens pour recueillir
les préoccupations et les opinions des enfants, entre autres, en ce qui a trait
aux enjeux de société, moi aussi, je voyais ça plus spécifique aux enfants, qui
n'ont pas de voix. Ça fait que... est-ce qu'on veut aller chercher les gens qui
peuvent s'exprimer ou qui ont d'autres façons de s'exprimer déjà? Je ne pensais
pas que c'était nécessaire de les inclure là non plus.
M. Cliche-Rivard : Si je regarde le
troisième, là, l'analyse d'impact des politiques gouvernementales, là, vous
l'avez donc inclus. Par contre, là, vous avez exclu 9°, où, là, de la même
façon, on peut... on peut donc... il va donc analyser les politiques, mais il
ne peut pas faire d'avis ou de recommandation. Tu sais, je... Pouvez-vous
nous... Je trouve ça un petit peu peut-être antinomique, là, ou un petit peu
incohérent. Si vous pouvez nous l'expliquer.
Le Président (M. Provençal)
: ...
• (16 h 20) •
M. Bérubé (Mathieu) : Ici, en fait,
comme au paragraphe 9°, le... la fonction plus précise qui est confiée au
commissaire, c'est de fournir des avis et des recommandations qu'il estime
appropriés sur toute question concernant une matière relevant de ses fonctions.
Donc, dans la mesure où le troisième alinéa vise certaines des fonctions plus
précises, 3° à 6°, notamment, ici, là, à l'égard des jeunes adultes, ça tombe
sous le coup d'une matière relevant de ses fonctions. Donc, oui, il pourrait
rendre un avis ou une recommandation dans ces matières-là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc là, pour
9°, c'est implicite que oui alors, ça, on s'entend. Pour 8°, on les a déjà
inclus. Pour 7°, vous apportez la nuance que j'ai comprise, à savoir que c'est
seulement les jeunes de plus de 18 ans
qui feront l'objet d'un rapport... le décès d'un jeune qui fera l'objet d'un
rapport au coroner. Pour 6°, c'est déjà inclus dans ce que vous proposez, 5°,
4°, 3°, également. Ça fait qu'il nous revient à 2° et 1°, où, là, M. le
ministre, vous dites politiquement...
M. Carmant : J'aimerais que ce...
M. Cliche-Rivard : ...le portrait de
bien-être...
M. Carmant : ...des
enfants.
M.
Cliche-Rivard : ...c'est enfants, puis vous dites que...
recueillir les préoccupations et opinions des enfants.
M. Carmant : Des enfants.
M.
Cliche-Rivard : OK. J'apprécie qu'on ait pris le temps de faire
l'exercice, là. Je ne sais pas si ma collègue a un point qu'elle
voudrait soulever en plus.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de...
Mme Garceau : Oui, M. le Président,
je regarde le point 7°, qui avait été modifié, qui inclut les...
Le Président (M. Provençal)
: ...vous aviez fait un sous-amendement
à 7°.
Mme Garceau : Oui, mais... et c'est
ça, donc, on inclut les jeunes déjà.
Des voix : ...
Mme Garceau : Non, mais là, 1° à 9°,
et c'est parce que, là, il y avait une question au niveau du 7°.
M. Carmant : Je pense que c'est
réglé.
Mme Garceau : OK. Je veux juste
revoir certains points parce que je me souviens des témoignages, surtout
Auberges du coeur, Ex-déplacé, concernant
leurs préoccupations liées au fait que beaucoup de jeunes... jeunes adultes
qui ne connaissent pas leurs droits. Et ça,
c'était vraiment, il me semble, frappant, comme témoignage, et je voulais juste
m'assurer qu'on les inclue, le commissaire... dans ces paragraphes-là,
là, je veux juste m'assurer.
M. Carmant : Je pense qu'ils
seraient inclus dans 3°, 4°, 6°... 3°, 4°, 5°.
Des voix : ...
Mme Garceau : Ça va.
Le
Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement?
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. J'apprécie qu'on ait pu justement prendre le temps de faire l'effort, là, d'évaluer, là, point par point. Je
pense que les... de mon côté, les réponses qui sont fournies par le ministre
me convainquent, là, donc je propose simplement qu'on retire l'amendement. Moi,
la version telle que proposée initialement,
là... Je pense que c'était important qu'on le fasse, là, qu'on vérifie bien
puis qu'on aille obtenir les réponses du côté gouvernemental, mais ce
que je comprends puis... de la démarche qu'on a faite ensemble, c'est que soit
c'est implicite ou soit, effectivement, ce n'est pas d'application directe avec
l'objet du projet de loi, alors je vais retirer, de consentement avec la
commission, l'amendement déposé.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a consentement pour
retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Nous revenons donc sur
l'article 5 amendé. Y a-t-il d'autres... Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Ça m'amène aux définitions, M. le ministre, on
avait commencé à les effleurer, là. Est-ce que vous aviez donné votre
interprétation ou votre avis sur ce que ça voulait dire, «en situation de
vulnérabilité»? Est-ce que vous... Je ne me souviens pas si vous nous l'aviez
expliqué.
M.
Carmant : Oui, on avait parlé des postprotection de la jeunesse.
On avait également parlé de jeunes en situation de handicap, également.
M.
Cliche-Rivard : Donc, on y voit volontairement une mesure ou un
terme général pour que le commissaire lui-même, le cas échéant,
définisse qu'est-ce que lui interprète comme une situation de vulnérabilité.
M. Carmant : Oui, exact, on avait eu
ce débat-là puis on... Moi, j'ai toujours peur de faire des listes puis... avec
un oubli, là, dans une liste.
M.
Cliche-Rivard : Mais vous prenez quand même le soin, puis c'est
apprécié, là, de dire que deux groupes cibles, là, les gens qui ont déjà été pris en charge par la DPJ et/ou par le
système de justice pénale... ça, vous dites : Là, au moins, l'intention, c'est ceux-là, mais vous dites «y
compris», là, ça fait que ce n'est pas exclusivement ceux-là. Puis là vous
avez nommé les personnes en situation de
handicap, situation d'itinérance, j'imagine... Bref, on pourrait faire
l'évolution.
M. Carmant : Dysphorie de genre.
M. Cliche-Rivard : OK. Et donc il y
avait des groupes qui nous avaient demandé, là, que ce soient des jeunes qui
soient ou qui aient été au moins deux ans à la charge de l'État. Là, on est
plus large que ça, finalement. Dès que...
dès qu'un jeune a été... Puis, après, si le commissaire, lui, il pense qu'un
signalement ça suffit dans une vie pour être «situation de vulnérabilité», le
commissaire fera son travail puis décidera, lui, qu'est-ce qu'il juge être un
état de vulnérabilité. C'est lui qui le fera, finalement, là.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Donc, finalement, on répond... vous répondez plus
qu'à la... les ex-placés nous disaient, là, ceux qui ont été au moins
deux ans devraient être suivis, etc.
M. Carmant : Non, tout le monde.
M. Cliche-Rivard : On va au-delà de
ça.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait. Moi,
c'est tout pour l'article 5. Ce que je vais vous soumettre, M. le ministre, c'est que, là, on va regarder les pouvoirs, puis
vous avez soumis des pouvoirs supplémentaires, par vos amendements,
qu'on va regarder tout à l'heure. Moi, j'aimerais qu'on se fasse la réflexion,
tantôt, que tous les pouvoirs ont un lien avec 5, parce que je ne suis pas
certain, ça fait que moi, je soumettrais qu'on devrait suspendre. Puis moi, je
n'ai plus de commentaire sur 5 tel qu'il est, là, mais avant de le voter, pour
être bien sûr que chacun de nos pouvoirs qu'on va aller voir à 9, 10, 11 soient
tous liés avec une fonction ou un mandat du commissaire. Vous comprenez ce que
je veux dire?
M. Carmant : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, consentement pour suspendre
l'article 5 amendé.
M. Cliche-Rivard : J'apprécie.
Le Président (M. Provençal)
: Ce qui nous amène à l'article 6.
Alors, je vous rappelle qu'au niveau de l'article 6, l'article 6
avait été suspendu. Alors, consentement pour revenir à l'article 6?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: OK. Je rappelle aussi que
l'article 6 avait... il y avait eu un amendement qui avait été adopté,
amendement qui avait été déposé par M. le ministre. Maintenant, y a-t-il
d'autres interventions sur l'article 6? Oui, Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : M. le Président, nous
allons déposer un amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Vous allez déposer un amendement?
Très bien. Il est envoyé, alors on va le projeter
à l'écran. Alors, je vous invite, Mme la députée de D'Arcy-McGee, à nous faire lecture de votre amendement à l'article 6.
Mme Prass : Oui. Donc,
l'article 6 du projet de loi, tel qu'amendé, est modifié par le
remplacement du premier alinéa par le suivant :
«Le commissaire exerce de façon exclusive les
fonctions en matière de protection de la jeunesse auparavant dévolue à la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse par la Charte
des droits et libertés de la personne [...] et la Loi sur la protection de la
jeunesse[...].»
Le Président (M. Provençal)
: Commentaires?
• (16 h 30) •
Mme Prass : Oui. Bien, en fait, on
sait que c'était une recommandation qui a fait partie de la commission Laurent en raison... On a vu des statistiques, par
exemple, où la CDPDJ a reçu un certain nombre de cas où ils devaient...
bien, en matière de jeunesse, mais très peu de ces cas sont arrivés... si je ne
me trompe pas, c'est un ou deux qui sont arrivés,
justement, devant les tribunaux. Donc, clairement, nous, on juge, et parmi les
mémoires qui ont été déposés... que la Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse, ils sont surchargés et ils ont une petite équipe qui
est dédiée à la jeunesse, qui fait en sorte qu'on voit rarement ces cas arriver
devant les tribunaux.
Donc, comme ça a été suggéré par la commission,
on pense qu'il serait nécessaire que ce soit la commission du bien-être qui
reprend ces responsabilités-là en exclusivité, parce que, justement, ça fait
partie de son mandat de respecter les droits
et le bien-être des enfants. Donc, ce serait une extension du rôle que le
ministre propose aujourd'hui. Et,
comme j'ai dit, quand on regarde les statistiques puis on voit le nombre... le
peu de nombre de cas que la CDPDJ amène devant les tribunaux pour la
jeunesse, clairement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, et ce serait
une solution qu'on propose.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député... M. le ministre,
excusez.
M. Carmant : Député, également,
mais...
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Carmant : ...je suis déstabilisé,
moi aussi.
Le Président (M. Provençal)
: ...à la base.
M. Carmant : Ayant débattu avec la
députée de Robert-Baldwin depuis un mois là-dessus...
Mme Garceau : Au moins.
M. Carmant : ...au moins, je ne
reprendrai pas le même débat avec la députée de D'Arcy-McGee. Puis, tu sais, je réitère, là, je suis très, très... vous
m'avez sensibilisé à la situation, là, puis on a entendu les gens. Encore une
fois, je mise vraiment sur la table justice jeunesse pour régler la
problématique, que ce soit une problématique d'interprétation de
l'article ou d'orientation, là, là aussi, je m'engage à faire mes
revendications auprès de la table pour faire avancer les choses.
Mme Prass : Et comment est-ce que
vous allez faire en sorte de s'assurer que, justement, les plaintes qui sont
amenées à la CDPDJ pour la section jeunesse, qu'il y en ait plus qui vont se
retrouver devant les tribunaux? Parce que je pense que c'était ça, l'enjeu.
M. Carmant : Bien, c'est vraiment
l'interprétation de 23b, là. Je ne l'ai pas devant moi, là, mais ça dit que,
quand c'est devant le tribunal, la CDPDJ ne se... ne peut pas s'en saisir, là.
Puis ça, les avocates nous l'ont dit, là, puis je l'entends, là, que ça ne
devrait pas être comme ça. Maintenant, il faut qu'ils trouvent ensemble. Puis,
d'un autre côté, la CDPDJ, tu sais, dit : Bien, nous, on ne veut pas
judiciariser, on règle hors cour, na, na, na. Ça fait qu'il faut vraiment qu'il
y ait une entente, là, avec le... avec la Cour du Québec, le Barreau. Tous ceux
qui sont à la table de justice jeunesse, je leur ai donné le mandat
publiquement de trouver une solution qui sera adéquate pour tout le monde, puis
je m'attends à ce qu'ils la trouvent.
Mme Prass : Et est-ce que vous
entrevoyez que le commissaire aura justement un rôle à surveiller? Par exemple,
d'ici deux ans encore, il y a une ou deux plaintes qui vont se retrouver de la
part de la CDPDJ, puis ils vont se retrouver devant les tribunaux. Disons, on
n'avance pas, on voit que la CDPDJ continue à traîner, si c'est une mauvaise
interprétation, quoi que ce soit. Est-ce que le commissaire, à ce moment-là,
pourra, dans son rôle de s'assurer du bon fonctionnement et des programmes pour
les jeunes? Est-ce qu'il aura... Est-ce qu'il pourra avoir un mot à dire pour
leur dire : Les choses n'avancent pas, les jeunes ont des enjeux, ils se
plaignent, ils se tournent vers vous, mais on ne voit pas d'action? Donc,
est-ce que le commissaire aura justement un rôle à jouer à s'assurer que la
CDPDJ exerce sa responsabilité envers ces jeunes?
M. Carmant : Je pense qu'il doit
s'impliquer là-dedans, collaborer avec le CDPDJ et le mentionner, absolument, si... Tu sais, c'est la voix des
enfants, s'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, il doit le mentionner.
Mme Prass : Et, si jamais... pas
juste avoir un droit de regard, mais est-ce qu'il aurait un pouvoir ou une
influence, disons, si, encore une fois, on voit dans deux ans que les choses
vont au même rythme? À part critiquer, qu'est-ce qu'il peut faire pour
s'assurer que ces jeunes sont bien représentés?
M. Carmant : C'est ça. Moi, je
pense, c'est par le rapport qu'il dépose à l'Assemblée nationale qu'il peut
exiger, demander des changements.
Mme Prass : Et parce qu'encore un
rapport, ça met la lumière sur un enjeu, mais ça ne fait pas nécessairement en sorte qu'il y ait un poids... il
y ait une responsabilité de l'organisme à laquelle il fait la critique pour se
ressaisir, disons. Donc, nous, ce qu'on veut s'assurer, évidemment, parce qu'on
comprend qu'il y a une fermeture entre le transfert des
pouvoirs, mais on veut s'assurer qu'il y ait quelqu'un avec du mordant ou une
position avec du mordant qui pourra s'assurer... Ce n'est pas juste pour
dire : OK, il y a... On vous critique parce qu'on voit que ça n'avance
pas, mais on veut s'assurer encore une fois qu'il va y avoir une certaine
responsabilisation de la part... pas seulement de la Commission des droits de
la personne et de la jeunesse, mais, quand il va faire une critique, que ça va
aboutir quelque chose, qu'il y aura... s'il fait des recommandations, bien, il
y aura une certaine responsabilité des organismes de suivre ces
recommandations-là. On ne veut juste pas... On ne veut pas que ça soit juste
des mots sur du papier, on veut que l'action suive si on juge que certaines
organisations ne tiennent pas leurs responsabilités envers ces jeunes.
M. Carmant : C'est mon intention que
les choses puissent bouger effectivement.
Mme
Prass : Bien, comme j'ai dit, dans les dernières années,
on a vu qu'il y avait un certain... pas une résistance, mais un certain
manque de présence des enjeux de ces jeunes-là dans la CDPDJ, et on veut juste
s'assurer que la situation va se reprendre et, encore une fois, que ces
jeunes-là auront une voix, auront les différentes entités du gouvernement qui
vont pouvoir parler à leur nom et pas : On va vous parler, on va faire
l'entrevue puis, ensuite, ça ne va nulle part, parce que je pense qu'aussi ça, ça
fait en sorte de démotiver d'autres jeunes ou ces jeunes-là pour dire :
Bien, moi, je me suis tourné vers le système, et le système m'a écouté et n'a
pas agi par la suite.
Donc, il est d'autant plus important, pour ces
jeunes et pour les futurs jeunes qui pourront se retrouver dans cette
situation-là, de comprendre que, quand ils vont s'adresser à la CDPDJ dans ce
cas-là, que ce n'est pas juste des beaux mots, mais qu'on va vraiment prendre
au sérieux. Parce que déjà ça prend du courage pour un jeune de parler de son
expérience et de voir qu'il n'y a pas de procédure par la suite, bien, je pense
que ça fait en sorte de démotiver ces jeunes-là et de ne pas avoir confiance
dans le système, et c'est, j'imagine, le contraire que vous voulez voir.
M. Carmant : OK. J'entends la
députée, M. le Président, puis, comme je vous dis, je suis confiant que le mécanisme qu'on a mis sur pied avec le ministre
de la Justice va trouver une solution adéquate à cette problématique-là.
Mme Prass : Et est-ce que vous serez
ouvert, dans quelques années, si vous voyez justement que cette
interprétation-là a toujours de la difficulté à passer, encore une fois, que le
nombre de recours devant les tribunaux reste bas, que soit le commissaire dans
son rôle, soit le ministre dans son rôle va s'assurer que la situation va aller
en s'améliorant plutôt que de stagner comme ça l'est présentement?
M. Carmant : Bien,
on ne veut pas que ça stagne, ça, c'est certain. Puis, tu sais, je ne veux pas
répondre à une situation hypothétique, là, mais il faut... Nous, ce qu'on
pense, c'est que la solution qu'on met sur la table est la bonne.
Mme Prass : Bien,
je pense que ma collègue de Robert-Baldwin a plusieurs... Je sais qu'elle
aurait plus à dire, mais je vous laisse prendre la parole.
• (16 h 40) •
Mme Garceau : Merci, chère
collègue. C'est peut-être la dernière fois, là, que je vais avoir le micro sur
l'aspect de cette réforme. Parce que qu'est-ce qui découle malheureusement du
décès de la petite fillette de Granby et qui a fait en sorte qu'il y a eu une
commission Laurent, c'est... ça a déclenché une révision de tout le système.
Et, compte tenu que la situation lors du dépôt du rapport au mois de mai 2021,
si on regarde, même, M. le ministre, juste la situation, là, les histoires,
puis on se comprend, là, horrifiques des conditions de vie, des agressions
sexuelles, les fouilles à nu, les... Maintenant des intervenantes, là on a des
intervenantes de la DPJ qui sont en train de dénoncer qu'est-ce qui se passe à
l'intérieur des centres jeunesse. On a des intervenantes qui disent qu'on est
en train de créer des monstres. On a des
intervenantes qui ont un manque de formation. On a de plus en plus des mesures
de contention qui sont utilisées malheureusement.
C'est supposé d'être l'exception, mais, dans
certains centres, c'est de plus en plus fréquent. Il y a un statu quo,
malheureusement, qui a été dénoncé par la commission Laurent en 2021, et qui
avait dit dans son rapport que ça nécessitait un changement législatif
important, et qu'on devait avoir le courage pour le faire. Et donc le statu
quo, ça a continué, M. le ministre, c'est...
Là, on est trois ans après le dépôt du rapport, est-ce que la situation...
honnêtement, là, est-ce que la situation des enfants sur la protection
de la jeunesse s'est améliorée depuis le dépôt du rapport? Et, je dois vous
dire, vous avez été scandalisé par qu'est-ce qui s'est passé dans la famille
d'accueil, mais il y a toutes sortes de situations qui sont sorties dans juste
les derniers mois, qui fait en sorte que le statu quo, là, c'est... la
situation est pire qu'elle était.
Et donc le
chien de garde, au niveau de... pour assurer que les droits des enfants ne sont
pas brimés puis que les droits des enfants soient respectés, le chien de
garde, là, la CDPDJ, on a même l'ex-commissaire, M. André Lebon, qui
dit : Elle ne fait pas sa job. Et vous avez même Mme Laurent, lors de
la consultation particulière, qui... qu'au bout de son témoignage a dit :
Vous allez revenir, M. le ministre, probablement dans trois ans, à ma
recommandation de transférer tous les pouvoirs de la CDPDJ au commissaire. Et
c'est très difficile, après tout le travail, l'argent qui a été dépensé par le
gouvernement, le travail qui a été fait par ces commissaires pendant deux ans
de temps, puis la recommandation-phare, on la déchire, puis on la met dans les
poubelles. Et est-ce qu'elle est vraiment justifiée? Si, M. le ministre, la
situation était... était meilleure, si on n'avait pas eu les sorties de
dénonciation épouvantable concernant la violation des droits des enfants, si on
n'avait pas eu ça, peut-être, on se serait dit : Bon, on ne va pas
transférer. Mais, si on a jugé bon, en 2021, de transférer les pouvoirs au
commissaire et que, trois ans plus tard, on est dans une
situation, moi, à mon égard, pire, puis je ne suis pas la seule qui le dis,
puis ça a été rapporté, là, dans les médias dans les dernières semaines,
comment se fait-il qu'on ne respecte pas cette recommandation-là? Et ce n'est
pas une question, M. le ministre, de dire : Bon, on va prendre les avocats
ici, puis on va les mettre là. Ce n'est pas du tout ça, c'est, on voulait la
création d'une commission, d'un commissaire, un bureau indépendant avec ses
propres pouvoirs d'enquête pour être le vrai chien de garde, mais le chien de
garde pas juste de la DPJ, mais aussi de la CDPDJ. C'était ça, l'idée, c'est
d'avoir une personne au-delà... au-delà de la mêlée, comme on dit. Et c'est
très difficile, on va donner ça...
Surtout, si je regarde même le dernier rapport
de la CDPDJ, le rapport annuel, et les avocates qui sont venues témoigner nous
l'ont dit, il y a des groupes également qui sont venus le dire, en termes de
manque de représentation devant les tribunaux, les mesures de contention, ils
sont supposés de faire un suivi. Ils reçoivent notification, là, de toutes les
procédures en lésion de droits, mais ils ne se présentent pas devant les
tribunaux. C'est très rare. Ça, il faut que ça soit systémique. Donc, qu'est-ce
qu'on fait avec les cas individuels de lésion de droits? On donne ça à qui?
Finalement, c'est qui, qui va protéger? C'est qui va être la voix de ces
enfants-là? C'est ça qui est préoccupant, M. le ministre, parce que, si on
aurait voulu changer les choses, là, on l'aurait fait. Pourquoi est-ce que
ça... On n'avait pas besoin d'un projet de loi qui vise la nomination d'un
commissaire pour changer les choses qui étaient dans ce rapport. Entre nous,
là, on aurait pu faire des choses, mais, en ce moment, on ne voit pas les
changements. Les changements, il n'y a pas des résultats concernant les
changements et, pire, on est en train... On a une CDPDJ qui est comme en train
de restreindre un peu son mandat en disant : Non, on s'en va à la chambre
de la jeunesse quand ça va être des situations graves, puis on s'en va dans les
lésions de droits quand ça va être systémique.
Donc, tout cet aspect de... à moins que vous
allez me dire : Bon, bien là, maintenant, le volet Jeunesse, on va
augmenter le financement, on va augmenter le personnel, et puis ça va être...
ça va être dédié 100 % du temps, ce volet-là, à la jeunesse et à nos
enfants, pour assurer qu'ils sont... qu'ils soient bien protégés. Mais ce n'est
pas ça que j'entends, et c'était ça, l'objectif de cette recommandation-là,
c'était commissaire, un bureau dédié à 100 % et surtout, évidemment, les
enfants qui sont vulnérables. Donc, j'ai de la difficulté à concilier, compte
tenu que la situation ne s'est pas améliorée
et les circonstances, les situations complètement, là, aberrantes qui sont
sorties, moi, là, j'ai beaucoup de difficultés... Bien, j'ai une fille de
25 ans, et je ne peux pas croire qu'une fille de 12 ans a fait cinq
tentatives de suicide parce qu'elle voulait voir sa mère et qu'on n'a
rien fait. M. le ministre, à un moment donné, on ne peut pas continuer à
protéger ce système qui ne protège pas nos enfants
Le Président (M. Provençal)
: On va prendre... On va faire une
suspension quelques minutes pour vous permettre...
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: ...de reprendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 49)
(Reprise à 17 h 29)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous allons reprendre nos
travaux. Lorsque j'ai suspendu ces derniers, c'était Mme la députée de Robert-Baldwin
qui avait la parole. Mme la députée, désirez-vous reprendre la parole?
Mme Garceau : Juste pour
remercier tout le monde pour votre patience, pour mon retrait, pour un petit
bout de temps. Je remercie aussi le ministre. On a eu un échange sur la disposition 6.
Et je comprends que... Je crois que, M. le
Président, c'est à l'article 30, deuxième alinéa, concernant que le
commissaire, évidemment, va avoir le cinq ans pour mettre en... la mise en oeuvre des dispositions, mais il va devoir
déposer un rapport à l'Assemblée nationale et que...
• (17 h 30) •
Une voix : ...
Mme Garceau : Ah!
excusez. Trois ans. Ça, on l'avait changé, je m'excuse, trois ans. Et que le
rapport va être transmis au président de l'Assemblée nationale, qui va
la déposer dans les 30 jours. Et suite à ça, on va faire appel à la commission compétente dans les trois mois du dépôt du
rapport pour l'étude. Donc, moi, ma seule question, compte tenu que
c'est déjà prévu et adopté, cette disposition-là, pour possiblement revoir les
fonctions et les pouvoirs du commissaire dépendamment de la situation. Puis on
le regardera peut-être, M. le ministre, au niveau des pouvoirs, là, à
l'article 8, c'est lorsqu'on est dans une situation où... puis il va y en
avoir, des situations où, que ça soit la DPJ ou la CDPDJ qui ne porte pas
enquête, là, sur une situation d'un enfant et que l'enfant se tourne vers le
commissaire. Quels seront les pouvoirs du
commissaire dans ces cas, dans ces... dans ces situations, lorsqu'un enfant,
là, démontre une détresse et que c'est dans... l'enfant est dans une
situation de vulnérabilité? Ça peut être un jeune également. Donc, quels
seront, là, les pouvoirs du commissaire? Peut-être qu'on va pouvoir regarder ça
plus particulièrement, là, à l'article 8.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le ministre, avez-vous un
point à ajouter?
M. Carmant : Non,
M. le Président. Mais, encore une fois, je vais le rementionner, là, puis j'ai
entendu le cri du coeur de la députée de
Robert-Baldwin, là, on va encore une fois s'assurer que la table justice
jeunesse entende nos demandes par rapport à la CDPDJ.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Merci au ministre, mais aussi à ma collègue, là. Je pense
qu'il y a eu des moments importants puisqu'on est quand même au coeur de
l'argument, là, qui a beaucoup bougé dans ce projet de loi là. On s'est posé la
question, même, à quel point ou à quel moment on l'aurait, là, cette discussion-là,
parce que c'est quand même un des points de tension clairs, là? Puis on a
entendu des choses. On avait le rapport Laurent initialement puis, bon, il y a
eu une modification, je vais le dire, là, de la position de Mme Laurent et des commissaires. Puis ma collègue, elle, présente ou
soumet le transfert complet des pouvoirs. Moi, j'en ai pris une position
un peu mitoyenne, là, je... vous l'avez vu à travers les dernières
interventions. Parce que, si Mme Laurent et les commissaires sont le socle de ce qui nous fait avancer dans ce
dossier-là, de post-commission Laurent, bien, je me dis qu'il faut qu'on
accorde du poids et de la crédibilité à ce qu'eux aussi nous disent et nous
demandent dans l'évolution de cette demande-là puis dans ce dossier-là. Alors,
c'est pour ça que j'en suis venu à la position qu'à ce jour, là, très
clairement, le transfert complet des pouvoirs n'était pas une position que
j'allais soutenir pour l'instant.
Cela dit, il y a beaucoup d'intervenants qui
nous ont relaté que le statu quo était impossible puis ils nous ont dit des
choses qui concernaient l'article 23, mais qui allaient au-delà de
l'article 23 aussi puis qui allaient dans une volonté de la CDPDJ d'appuyer fort sur le J dans son... dans son mandat.
Et ça, ça va dépasser 23. J pour Jeunesse, oui. Ça va être... ça va
être... ça va être important, parce qu'au-delà de réformer 23, il y a un
élément de volonté, puis j'entends puis je suis confiant que la CDPDJ va saisir
la balle au bond, parce qu'on doit faire mieux pour nos jeunes, vraiment mieux
pour nos jeunes. M. Bouchard est venu nous dire que lui, il était d'avis qu'on
aurait dû les transférer, Mme Audet aussi nous a dit qu'on aurait dû maintenir
cette position-là. Donc, tu sais, il faut quand même le dire, que les positions
des experts ont été quand même différentes. Le Barreau, eux, nous ont dit qu'il
fallait plutôt clarifier, effectivement, 23, qu'il y avait du travail à faire
sur 23. La fédération des familles d'accueil, elle, nous a dit : Non, au contraire, il aurait fallu garder ce que le
rapport Laurent nous dit. Le Collectif Ex-placé nous a aussi dit qu'il aurait
fallu garder la version initiale du rapport
Laurent. Ça fait que c'est évident, là, qu'on est dans une dualité de
positionnement, c'est évident.
Donc, vous
avez beaucoup à faire, M. le ministre, avec la table justice jeunesse, là. Il y
a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'espoirs qui sont fondés là-dessus de
tous les intervenants. Puis je le sais que vous le savez, là, mais on n'est plus nécessairement seulement... ou ce ne
sera pas possible d'avoir seulement des mesures cosmétiques là-dedans, là, il
va falloir qu'il y ait quelque chose qui change fondamentalement. Puis j'ai
confiance qu'avec les intervenants autour de la table, avec votre
collègue ministre de la Justice, que le Barreau, avec la DNPJ, avec les acteurs
qui seront là, on nous amène quelque chose de plus costaud. Parce que, j'y
reviens, là, le statu quo n'est pas possible. Ce qu'on a entendu dans les
dernières semaines, c'est absolument catastrophique. Des avocates, des avocats
m'ont partagé des lettres où des enfants abusés reçoivent des lettres de la
CDPDJ comme quoi il n'y a eu de lésion de droit dans leur dossier, alors que
devant la cour criminelle, il y a des agressions sexuelles qui sont reconnues.
Je veux dire, ça n'a pas de bon sens.
Donc, je nous
invite tous, là... Puis là, aujourd'hui, vous avez pris votre position. Moi, je
vais respecter Mme Laurent puis je vais respecter les ex-commissaires
puis je vais m'abstenir sur ce vote-là. Mais, honnêtement, on ne peut pas
maintenir le statu quo. Ça fait que je vais vraiment mettre beaucoup d'efforts
et d'attention et d'énergie dans ce qui s'en vient puis vos conclusions avec la
ministre la Justice. Puis je vous invite à faire quelque chose de costaud parce
que le problème est costaud. Puis on n'est pas peut-être... Tu sais, ce n'est
pas des virgules, là, qu'il faut changer, là, c'est un mandat, c'est une
réflexion. Puis je pense qu'effectivement, la commission est plus outillée à
faire des enquêtes qu'un futur commissaire. Je pense que la commission est plus
outillée pour faire des interventions judiciaires parce que c'est ce qu'ils
font, là, du juridictionnel, mais il faut qu'ils le fassent. Puis il faut que
les enfants... j'en conviens, là, vont comprendre qui qui est l'intervenant,
puis qui vont défendre leurs droits individuels, les lésions de droits
individuels, puis qui va appartenir au... apparaître de manière individuelle
dans les lésions, puis qui va être plus chien de garde systématique, prévention
globale en amont. Mais on ne peut pas non plus arriver dans deux, trois ans
ou... Il ne faut pas qu'on arrive dans deux trois ans en se disant : On
vient de perdre trois ans puis il n'y a rien qui a changé. Ça, ça va être
catastrophique. Puis ma collègue en parlait, dans trois ans, il va avoir une
révision de la mise en oeuvre du commissaire. Et j'espère profondément que les
messages vont avoir été reçus de tous les acteurs concernés puis qu'on ne se
dira pas, trois ans plus tard : Oui, finalement, on aurait dû le faire il
y a trois ans. J'espère fondamentalement qu'on ne se dira pas ça trois ans plus
tard, parce que trois ans, c'est long pour les enfants
en centres jeunesse. Puis ça sera là-dessus que je vais conclure, là, vous le
comprenez, M. le ministre, j'en suis certain. Puis quand vous serez autour de
la table, que vous aurez des discussions à huis clos, moi, je m'attendrais à ce
que ça brasse un peu, tu sais. Puis on n'a pas besoin de le savoir dans le
public, là, mais il y a des gens qui ont raté leur job, là. Ce n'est pas
normal, là. Puis il y a des enquêtes qui vont se faire, puis il y a des
conclusions qui vont se faire, puis des enfants détenus à neuf ans, puis... Il
y a des choses qui ne vont pas bien, là. Ça fait que je vais m'arrêter
là-dessus, mais j'espère que vous allez avoir, tous les deux ministres, là, la
volonté que... Ça n'a pas besoin de brasser ou... tu sais, mais il faut que ça
brasse un peu quand même, là. Bien, je pense qu'il faut que ça brasse.
Poliment, évidemment, tu sais, on s'entend, là. Il y a des... il y a des choses
qui ne marchent pas pantoute. Ça fait que, voilà, c'est ce que j'explique aux
collègues, là. C'est la position que je vais prendre. Aujourd'hui, là, je vais suivre Mme Laurent puis les ex-commissaires. Puis je ne
vais pas recommander le transfert. Puis j'espère vraiment ne pas regretter ce
vote-là dans trois ans.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député. Ça va? Y a-t-il
d'autres interventions? Parce que je vous rappelle qu'on est toujours sur
l'amendement à l'article 6. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de
l'amendement de l'article 6. Alors, Mme la secrétaire, on va le faire par
vote nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Parfait. Pour, contre,
abstention. Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Abstention.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention.Alors, l'amendement à l'article 6, déposé
par Mme la députée de D'Arcy-McGee, est rejeté. On revient donc à
l'article 6 qui avait été amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Oui,
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
• (17 h 40) •
M. Cliche-Rivard : Parfait. Merci,
M. le Président, encore une fois, pour votre bon boulot. Hein, vous nous arbitrez bien, aujourd'hui. Ça se passe bien. On a
là la charte et on a là la LPJ, si je ne m'abuse. Puis là je pose peut-être
la question au légiste, là. Qu'est-ce qui en est du rôle de la LSJPA là-dedans?
Est-ce qu'il n'y a pas des droits qui sont...
Est-ce qu'il n'y a pas des missions à la commission dans la LSJPA qu'il
faudrait inclure ici à 6 ou doit-on se limiter vraiment au corpus de la
charte et de la LPJ?
Le Président (M. Provençal)
: Me Bélanger...
M. Bérubé (Mathieu) : Ici, en fait,
la Loi sur la protection de la jeunesse réfère...
Le Président (M. Provençal)
: ...Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : ...dans les responsabilités de la commission à la... à la
LSJPA à l'article 23, là. Donc,
c'est... c'est couvert, là, par le... par le texte, là, en référant aux
responsabilités dévolues à la commission par la Loi sur la protection de la jeunesse, puisque dans cette loi-là, on
réfère à la protection des droits reconnus par la LSJPA.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait que ce que vous dites, c'est que sans
nommer la LSJPA, elle est là de par le mandat LPJ.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M.
Cliche-Rivard : Tout le mandat... Tout ce qui pourrait appartenir
à la commission sur... dans la LSJPA est par renvoi inclus dans 6?
M. Bérubé (Mathieu) : En fait, tout
ce qui est dévolu à la commission en vertu de la Loi sur la protection de la
jeunesse, qui elle renvoie à la protection... la promotion et le respect des
droits de l'enfant reconnus par la présente loi et par la Loi sur le système de
justice pénale...
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est à 23a?
M. Bérubé (Mathieu) : Voilà. Donc,
ça, c'est inclus dans la LPJ, donc c'est couvert par le texte de 6, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis il n'y a
pas autre chose qui serait de la responsabilité de la... de la commission, de la CDPDJ, là, qui n'est pas à 23a, dans le
sens, l'ensemble du corps législatif de la LSJPA se retrouve par renvoi, là.
Ce n'est pas juste une section, ou ce n'est pas juste un article, ou...
M. Bérubé (Mathieu) : Bien, écoutez,
là, je ne suis pas... je ne suis pas très très au fait, là, comme tel, là, de c'est quoi ses responsabilités spécifiques, là, à
l'égard de cette loi-là, là, mais la Loi sur protection de la jeunesse et la
charte des droits, c'est dans ces deux lois qu'on trouve les fonctions de la
commission. Donc, on vise les deux textes, donc ça couvre la totalité de ce que
le législateur demande à la commission d'exécuter, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc, il n'y
a, là, dans l'amendement qu'on avait fait à 6, pas de limitation dans les
fonctions, dans ce sens où on avait amendé pour être sûr que l'article n'a pas
pour effet d'empêcher le commissaire d'exercer ses fonctions
dans la... dans la LPJ, dans la charte et dans le Code civil, qui sont nos
quatre lois-cadres en matière de droits des enfants, mais pour lesquelles...
Bon, je ne pense pas que le Code civil donne des mandats à la commission, là,
je ne pense pas, là...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : ...alors qu'à la
charte, oui, à la fin, il y a des mandats. Parfait. Ça fait que dans ce cas-là,
notre commissaire ne sera pas limité de quelconque façon, dans son rôle à 5,
par 23a ou par d'autres pouvoirs de la commission.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? S'il n'y a pas d'autre
intervention sur l'article 6 amendé, nous allons procéder à la mise aux
voix. Mme la Secrétaire, je vais vous demander d'y aller immédiatement par
appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Pour.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Abstention.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'article 6
tel qu'amendé est donc adopté. L'article 7 avait été adopté. Alors, nous allons à l'article 8. Y a-t-il consentement
pour reprendre l'étude de l'article 8? Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: ...
(panne de son)
Le
Président (M. Provençal)
: Non. Alors, M. le ministre, je vais vous inviter à
nous faire la lecture de l'article 8.
M. Carmant : Merci, M. le Président.
«Pour l'accomplissement de ses fonctions, le
commissaire peut notamment :
«1° recevoir et entendre les observations de
personnes ou de groupes;
«2° effectuer ou faire effectuer les analyses,
les études et les recherches qu'il juge nécessaires;
«3° avoir
recours à des experts externes afin de lui faire rapport sur un ou plusieurs
points précis qu'il détermine;
«4° détacher un membre de son personnel ou un
expert qu'il mandate auprès d'un organisme public et exiger que ce dernier
fournisse les locaux et l'équipement qu'il estime nécessaires;
«5° produire, en tout temps, un rapport sur
toute matière relevant de ses fonctions.»
Le présent article du projet de loi introduit la
section II du chapitre II, laquelle section concerne les pouvoirs du Commissaire
au bien-être et aux droits des enfants.
L'article prévoit certains pouvoirs dévolus au
commissaire pour l'accomplissement de ses fonctions. Ainsi, lorsque le
commissaire le juge nécessaire à ses fonctions, il peut recevoir et entendre
des observations formulées par des personnes ou des groupes, effectuer des
analyses, des études ou des recherches et mandater un expert externe à son
organisation afin d'obtenir des précisions sur un sujet donné.
De plus, le commissaire peut détacher un employé
ou un expert mandaté auprès d'un organisme public, puisque ce pouvoir implique
théoriquement l'affectation physique de l'employé ou de l'expert dans un autre
lieu que les locaux du commissaire. Le
paragraphe 4° de l'article précise que le commissaire peut exiger de
l'organisme public visé qu'il fournisse les locaux et les équipements
nécessaires.
Enfin, l'article permet au commissaire, toujours
lorsqu'il l'estime opportun, de produire un rapport sur toute matière relevant
de ses fonctions. Conséquemment, le commissaire n'est pas tenu d'attendre la
production de son rapport d'activités annuel pour présenter un rapport à
l'Assemblée nationale. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre. Alors, je suis
prêt à recevoir une première intervention sur l'article 8. M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. C'est là où ça commence à être intéressant, là, de faire le
parallèle avec 5 et 8. Par exemple, là, le premier, de 1°, c'est «recevoir et
entendre des observations de personnes ou de groupes», ce qui marche
parfaitement avec 5, deuxième alinéa, 1°, qui est «mettre en place [...] des
moyens pour recueillir les préoccupations et [...] opinions des enfants — avec
les groupes, là, on l'a amendé — [sur les] enjeux de [la]
société». Ça fait que c'est... c'est ce que je vous faisais comme... comme
disposition parallèle. On lui a donné une fonction, on lui donne un pouvoir lié
à cette fonction-là.
Au deuxième point,«effectuer ou faire effectuer
[des] analyses, les études et les recherches qu'il juge nécessaires», ça, c'est 8, 2°. On a eu 8... On a 5, 2°, «analyser l'état
du bien-être des enfants [...] et réaliser annuellement [le] portrait de
cet état». C'est quand même assez analogue, là. Donc... Et le 3°, «avoir
recours à des experts externes afin de lui
faire rapport», bon, ça découle un peu aussi d'analyser les politiques
gouvernementales à 3°. Ça fait que je... Tu sais, je ne sais pas si...
Est-ce que c'est comme ça que ça a été... puis je peux poser la question à...
Ça n'a pas du tout été réfléchi comme ça ou s'il y a un lien dans la
construction, dans comment vous avez prévu les fonctions puis les pouvoirs?
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M. le
Président. En fait, là, il faut voir l'article 8, là, comme étant des
pouvoirs généraux qui pourraient être nécessaires.
Donc, c'est à la discrétion, évidemment, du commissaire dans la mesure où il
juge qu'il en a besoin pour l'accomplissement de ses fonctions. Donc, on ne
vise pas nécessairement, ici, à 8, de
fonctions spécifiques, ce qui fait en sorte que même le fait de recueillir,
d'entendre des témoignages, il pourrait utiliser ce pouvoir-là, même à
l'égard de ses fonctions visées à 2, à 3, à 4. Ce n'est pas limitatif,
autrement dit, là.
M. Cliche-Rivard : OK.
M. Carmant : Si je peux ajouter,
c'est typique de ce qui est donné au Protecteur du citoyen, aux autres...
M. Cliche-Rivard : C'est comme ça
que ça a été construit. Vous avez pris la disposition à la base pour le
protecteur, essentiellement, vous l'avez adaptée.
M. Bérubé (Mathieu) : Même chose que
le Commissaire à la langue française.
M. Cliche-Rivard : Commissaire à la
langue française, ça a été votre cadre de référence pour cet article, entre
autres. Parfait.
M. le ministre, vous dites «recevoir et entendre
les observations de personnes», ça fait que le commissaire va... Peut-être
juste, concrètement, là, comment vous imaginez ça?
M. Carmant : Bien, je pense qu'il
peut poser des questions sur des sujets qui sont d'intérêt pour les enfants aux
organismes communautaires, à des individus, des regroupements. Je pense qu'il
doit être capable d'entendre et de recevoir
les observations de tout le monde. Et, également, ça inclut, par exemple, si un
jeune a besoin d'un service, qu'il a besoin d'entrer en contact avec le
commissaire, c'est important qu'il puisse le faire également.
M. Cliche-Rivard : Là, les analyses,
les recherches, donc, sur tout autre point qui lui fait avoir... avoir recours
aux experts externes, vous l'avez dit, détacher un membre de son personnel qui
produit un rapport. Ça, on ne parle pas du même rapport que le rapport annuel,
c'est un rapport... À tout moment...
M. Carmant : Non, ad hoc.
M. Cliche-Rivard : Ad hoc, peut
produire un rapport ad hoc.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Moi, ça me va
pour 8, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
• (17 h 50) •
M. Arseneau : Oui, bien, juste une
question qui va dans le même sens que celle de mon collègue. Quand on dit qu'il
a le pouvoir de recevoir et d'entendre les observations de personnes ou de
groupes, ce n'est pas un pouvoir coercitif, j'imagine, ce n'est pas un pouvoir
d'intervention. Est-ce qu'il a... En d'autres mots, comment se traduit ce
pouvoir-là, d'entendre ou de recevoir des observations de personnes ou de
groupes? Vous avez parlé, par exemple, des jeunes. Est-ce que son pouvoir vient
avec, par exemple, le droit d'intervenir sur les lieux d'un centre jeunesse,
par exemple?
M. Carmant : Alors, il reçoit et
accompagne les jeunes vers... Tu sais, il l'accompagne vers les ressources...
Le plus bel exemple, c'est au niveau scolaire... On ne veut pas nécessairement
qu'il intervienne, parce qu'on a créé le protecteur de l'élève, donc on veut
qu'il reçoive la plainte, si jamais il y a quelque chose, et qu'il l'accompagne
vers la personne appropriée pour résoudre
son problème. Même chose pour... S'il y a une plainte au niveau protection
de la jeunesse, ça va être la même chose, tu sais, qu'il accompagne le jeune
vers le service approprié. Mais on ne veut pas qu'il intervienne dans... fasse
des interventions individuelles.
M. Arseneau : D'accord.
Ce n'est pas une intervention sur le terrain...
M. Carmant : Exact.
M. Arseneau : ...c'est obtenir de
l'information, essentiellement.
M. Carmant : Exact.
M. Arseneau : D'accord. Merci.
Le
Président (M. Provençal)
: Est-ce que ça va, M. le député? Y a-t-il... Oui,
Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme
Garceau : Merci, M. le Président. Le commissaire, je regarde
les pouvoirs, pas de pouvoir d'intervention, pas de pouvoir d'enquête et
pas de pouvoir de même faire des recommandations.
M. Carmant : ...recommandations par
rapport
Mme Garceau : Par rapport à...
suite...
M. Carmant : Je pense que le rapport
inclut des recommandations.
Mme Garceau : Oui, mais en termes
d'une situation où... il y a une situation en particulier qui est menée par un
enfant, puis c'est vraiment tout... Puisqu'on sait que, dans le système actuel,
on en échappe, des enfants, et donc je tente de voir... un pouvoir, si je peux
dire, dans les circonstances où on a fermé la porte, il peut bien accompagner
l'enfant aux ressources appropriées.
À titre d'exemple, si c'est la DPJ ou si c'est
la CDPDJ, mais, au bout du compte, si on ne fait rien pour cet enfant-là, et
là, l'enfant revient au commissaire pour dire : Il ne se passe rien, quels
sont les pouvoirs du commissaire à ce
moment-là? Il me semble qu'il devrait avoir un pouvoir d'intervention, un
pouvoir, même, de mener une enquête.
M. Carmant : Bien, ça, on le donne à
l'article 10, si la... si la situation est récurrente, là.
Mme Garceau : Oui, mais ça, c'est
particulier, là, visé au paragraphe 6...
Des voix : ...
Mme Garceau : Mais ça, c'est une
situation concernant la mise en oeuvre des programmes et la prestation des
services qui sont destinés aux enfants et qui relèvent des organismes publics.
M. Carmant : Donc, la prestation des
services, ce serait un peu la situation que vous décrivez.
Des voix : ...
Mme Garceau : Donc, à
l'article 6... à l'article 10, en termes d'organismes publics, on
vise la DPJ et la CDPDJ? Non.
Des voix : ...
M. Carmant : La DPJ et tout autre
organisme public.
Mme Garceau : OK. Donc, si jamais, à
titre d'exemple, la DPJ n'accepte pas le signalement, la DPJ prend une décision qu'il n'y a pas de lésion de droits,
là, est-ce que le commissaire va pouvoir, en vertu de l'article 10, porter
en... faire une enquête?
M. Carmant : C'est vraiment très
détaillé, là, je passerais la parole au légiste, là.
Mme Garceau : L'article 10...
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M. le
Président.
M. Carmant : Parce que là, on est
sur 8.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
effectivement, on est sur 8. Peut-être juste faire un petit tour de roue
rapidement, là, sur 10. On vise le paragraphe 6° du deuxième alinéa
de l'article 5. Donc, c'est vraiment en matière d'évaluation de la mise en
oeuvre des services ou des programmes qui sont destinés aux enfants, programmes
ou services, là, qui sont offerts ou fournis, là, par des
organismes publics, tels que définis à l'article 5. C'est les pouvoirs
d'enquête qui accompagnent, dans le fond... en fait, les pouvoirs d'enquête que
peut invoquer le commissaire à l'égard de cette fonction-là, c'est des enquêtes
générales ou systémiques, là, comme certaines personnes aiment les appeler. On
ne parle pas d'enquêtes individuelles, ici, là. Donc, de façon générale, il
pourrait, dans le cadre de l'évaluation de la prestation de certains services,
peut-être, découvrir quelque chose qu'il dit : Ah! ça mériterait enquête,
donc je vais invoquer mes pouvoirs d'enquête pour creuser un peu plus... de
façon approfondie, aller chercher plus d'éléments pour être à même, ensuite, de
soit, je ne sais pas, moi, rendre ou produire un rapport qui serait plus
complet, faire des recommandations plus précises, etc. Mais ces pouvoirs
d'enquête là, à 10, sont limités, effectivement, à l'évaluation des programmes
ou des services visés au paragraphe 6° de 5.
Mme Garceau : Bien là, on parle...
je ne sais pas, peut-être, une interprétation. Parce que, comme le ministre
vient de le mentionner, la prestation des services d'un organisme, dont la
prestation des services, admettons, d'un centre jeunesse, donc, si, admettons,
il y a des fouilles à nu dans un centre jeunesse puis il y a des enfants qui
sont... qui en ont jusque-là, on est en
train de vraiment... à un moment donné, il y a une violation de droit évidente.
Et je ne vois pas, à
l'article 10, qu'un commissaire serait... ne pourrait pas faire ou mener
une enquête dans une situation individuelle.
M. Carmant : Mais ce n'est pas notre
intention. Tu sais, notre intention, c'est que... situation individuelle, qu'il
l'accompagne vers la personne qui est déjà nommée pour faire ce type d'enquêtes
là. Mais, si la situation devient récurrente, systémique ou... là, là, là, il a
son pouvoir d'enquête. Mais, vraiment, sur une base individuelle, ce n'est pas
ce qu'on désirait.
Une voix : ...
M. Carmant : Individuelle, c'est ça.
Mme Garceau : OK. Mais pourquoi pas?
Parce que le commissaire est censé d'être la voix des enfants...
M. Carmant : Mais c'est pour éviter
les dédoublements.
Mme Garceau : ...la voix des
enfants, pas la voix d'un groupe d'enfants, la voix, aussi, d'un seul enfant
qui est dans une situation de vulnérabilité...
M. Carmant : Mais, au gouvernement,
on essaie...
Mme Garceau : ...ou dans une
situation où ses droits sont brimés.
M. Carmant : Mais on essaie vraiment
d'éviter les dédoublements dans les rôles. Tu sais, ça a été la partie la plus
complexe, là, de placer le rôle du commissaire de façon adéquate, puis c'est
comme ça qu'on a décidé de le positionner.
• (18 heures) •
Mme Garceau : Mais moi, je tente
vraiment, M. le ministre, de... On va le décortiquer ensemble, là, parce que
c'est quand même un lien important entre fonctions, au paragraphe 6°, et la
possibilité du commissaire, qui peut d'office,
même, OK, il n'a pas besoin de permission, il n'a pas besoin d'autorisation, il
peut d'office faire une enquête qu'il juge utile à l'exercice de ses
fonctions. Donc, on est en train d'évaluer des circonstances...
Une voix : ...
Mme Garceau : Oui, mais c'est parce
que, là... Je tente de comprendre, parce que là j'étais dans le pouvoir d'enquête, et quand est-ce qu'il va pouvoir
intervenir en vertu de l'article 8, et on me donne la réponse : entre
6 et 10, parce qu'il peut, en vertu de 10. Donc, là, je veux explorer
son pouvoir d'enquête, parce que, là, pourquoi est-ce qu'on ne le retrouve pas
à l'article 8? Parce que, là, on est en train de dire que : Non, on
veut le... on veut restreindre le pouvoir de mener des enquêtes uniquement dans
les circonstances telles que détaillées au paragraphe 6°. C'est ça, c'est ça,
la compréhension du pouvoir d'enquête du commissaire, il va être limité à
l'article 6, à ses fonctions liées à l'article 6.
M. Carmant : Mais qui sont... qui
regroupent quand même beaucoup d'activités, là, les programmes, prestations de
services. C'est ça, là. C'est très large.
Mme Garceau : Oui, mais... C'est
très large, et donc c'est pour ça que c'est quand même un aspect très, très
important, parce qu'il n'y a pas beaucoup... on va se le dire, là, en termes de
pouvoir d'intervenir puis de mener des enquêtes, et donc je veux vraiment qu'on
passe le temps pour revoir le lien entre ces deux articles et, évidemment, l'article 8, parce que, dans la prestation
des services, au niveau de la DPJ, ça peut être n'importe quoi. Pas besoin
d'être systémique, ça peut être un
cas d'un individu, d'un enfant, d'agression sexuelle. J'en ai un — cas
de comté — d'agression
sexuelle dans un centre jeunesse, puis on ne fait absolument rien, il n'y a pas
de suivi psychologique. On a fermé le dossier comme si
rien n'était. L'enfant va voir le commissaire. Est-ce qu'on est en train de
dire, maintenant, que le commissaire n'aura pas pouvoir d'enquête?
M. Carmant : Bien,
on ne dit pas ça, là. Mais le but d'un commissaire, c'est d'amener l'enfant
vers les ressources appropriées, puis, s'il juge que la commission mérite
enquête, bien, la... s'il juge que la situation mérite enquête, je pense que 10 dit qu'il peut faire enquête. Mais peut-être
avoir un complément de... par le juriste, là, parce que je ne veux pas
induire en erreur, là.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme
la...
Mme Garceau :
...dans un cas concret comme ça, où la DPJ ne fait rien, là, on a fermé le
dossier, c'est comme s'il n'y avait jamais eu d'agression. Donc, qu'est-ce
que...
M. Carmant : C'est difficile de se prononcer sur des cas dont
on n'a pas d'information, tu sais, c'est comme...
Mme Garceau :
Bien, M. le ministre, il faut comprendre l'étendue...
M. Carmant : ...mettez
dans des situations qui sont très difficiles, là.
Mme Garceau :
Il faut comprendre l'étendue ici. On est dans les pouvoirs, on est au
coeur, là. Parce qu'il n'y en a pas beaucoup...
M. Carmant : Non,
non, non, je comprends.
Mme Garceau :
...il n'y en a pas beaucoup, de pouvoirs. Donc, c'est sûr et certain que,
là, s'il y a un pouvoir d'enquête dans les prestations des services qui
relèvent des organismes publics, on va en discuter. Parce que moi, je veux
comprendre...
M. Carmant : OK.
Mais ça, c'est à l'article 10.
Mme Garceau :
...l'étendue de ces pouvoirs-là d'enquête. Et là moi, je ne vois rien dans
ces articles-là que ça doit être des situations systémiques. Et donc j'aimerais
vraiment comprendre l'étendue de... du... de ce pouvoir de mener une enquête ou
des enquêtes.
M. Carmant : OK.
Bien, je passerais la parole, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui. Merci, M. le Président. Ici, en fait, là, même un cas
individuel pourrait porter le commissaire à faire une enquête systémique en
vertu de l'article 10, en matière de services dispensés à des enfants. Par contre,
il ne peut pas se substituer à la Commission
des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour faire une enquête individuelle à l'égard
d'un cas de lésion de droit présumé, puisque ça, c'est des fonctions qui sont
dévolues à la commission, exclusivement, en vertu de l'article 23.
Puis l'article 6 vient prévoir que le commissaire, il gère ses fonctions, mais dans le respect de ce qui est
dévolu à la Commission des droits de
la personne et des droits de la jeunesse.
Le Président (M.
Provençal)
: ...Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Bien là, j'ai un exemple, là, bon, ça a été rapporté
dans les médias, la situation puis la vétusté de Mont-Saint-Antoine, par
exemple. Le commissaire fait enquête, parce que là on est clairement dans la
prestation de services, on n'est pas dans une évaluation individuelle où il n'y
a pas une personne qui porte lésion, il n'y a pas un plaignant individuel, mais
le centre, en tant que tel, qui dessert les enfants, lui-même, est jugé
vétuste, le cas échéant. Là, je pense que c'est assez clair, mais... Là, lui,
soumet des... lui, enquête, là, il a ce pouvoir-là. Ça fait que, là, c'est... la distinction est là entre
le... ne prend pas le dossier x du député de Saint-Henri—Sainte-Anne, mettons, là, puis il fait la plainte pour
moi, non, mais il peut faire l'institution. L'exemple, hier, vous étiez à
Val-du-Lac avec ma collègue : sort de
là... Lui, il a fait une enquête puis il sort de là en disant : Ça n'a pas
de bon sens. Fait son rapport. Là, il
a tous ces pouvoirs-là individuels d'aller sur le terrain, d'aller enquêter, de
poser les questions, mais sans nommer individuellement un plaignant, ce
qui, ça, revient du mandat d'enquête individualisé puis du moyen recherché,
individualisé, là, finalement, la conséquence ou la recommandation de l'enfant
envers le DPJ, ça, c'est la CDPDJ. Mais lui, tout le reste, ça va être son
travail, au commissaire.
M. Carmant : On
s'entend là-dessus.
M. Cliche-Rivard : S'il décide qu'il
fait la tournée des centres jeunesse puis qu'il fait la tournée de l'évaluation
de la vétusté, puis des services rendus, puis de la contention, puis des
fouilles à nu, puis des politiques, puis des pratiques...
M.
Carmant : ...agressions sexuelles.
M. Cliche-Rivard :
...d'agressions sexuelles, c'est ça, sa job?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis on émet des
recommandations, puis, si ça ne bouge pas puis si ça ne modifie pas, bien,
il a un pouvoir, à 11.2, de notifier le gouvernement puis l'Assemblée
nationale.
M. Carmant : ...
M. Cliche-Rivard : Moi, c'est le cadre que
j'ai compris. Je voulais clarifier ça. Je ne sais pas si ma... si ça satisfait
ou non ma collègue, comme réponse.
Mme Garceau :
À un certain niveau, oui. Sauf que le président de la CDPDJ l'a déjà dit,
puis c'est dans les médias, que les cas individuels de lésion droits, ce n'est
pas eux autres. Donc, ça va être qui?
M. Carmant : Bien,
la fonction de la CDPDJ, là, pour la... plusieurs fois, là... Nous, on veut
vraiment regarder ça à la table jeunesse justice, tu sais, c'est là qu'on veut
clarifier les choses pour la CDPDJ. Puis j'entends que, si ça ne change pas,
tout le monde ici, là, ne sera pas heureux, là, et moi inclus, et moi inclus.
Mme Garceau :
Oui. Non, mais ça clarifie. Je pense que ça a été quand même un exercice
important de clarifier que le commissaire va avoir ce pouvoir d'enquête qui
pourrait aider plusieurs situations de... où les enfants sont vraiment dans des
cas de violation des... de leurs droits.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Autres... Autres interventions?
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Sur 8, oui, oui, on est
toujours sur 8. S'il n'y a pas... Ça va, M. le député? Oui? Oui, M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Moi, je voulais revenir sur la question de «produire [...] un rapport
sur toute matière relevant de ses
fonctions». On dit qu'un rapport peut contenir des recommandations ou des avis,
mais j'aimerais avoir votre avis sur le fait qu'on n'ait pas inscrit
nommément que le commissaire pouvait faire des recommandations. On parlait tout à l'heure du Commissaire à la langue française, et il est inscrit dans son mandat qu'il fait des
recommandations, là, donc des rapports, des avis et des recommandations, compte
tenu de ses pouvoirs, et ainsi de suite. C'est... Ce n'est pas le seul,
d'ailleurs, là. Quand on a fait l'étude du projet de loi 15, il y avait
également, là, un comité qui était chargé de
veiller à la qualité des soins, et on inscrivait dans le projet de loi que
ledit comité pouvait faire, évidemment, une analyse de la situation et
faire des recommandations. Puis un peu plus loin, bien, on s'assurait qu'il y
ait un suivi à ces recommandations-là, qu'elles soient retenues ou rejetées,
mais qu'elles ne soient pas tout simplement
inscrites quelque part et oubliées. Alors, moi, il me semble que c'est une
faille, et je voudrais savoir s'il y a une raison spécifique, pourquoi on
dit : On fait des rapports, mais pas nécessairement des recommandations,
qu'on ne l'écrive pas en toutes lettres.
M. Carmant : Oui.
Bien, je pense que l'aspect recommandation était couvert par l'article 5,
point 9°, et les mécanismes de suivi vont venir un petit peu plus loin dans le
projet de loi.
• (18 h 10) •
Une voix : ...
M. Arseneau :
Donc, pour vous, dans le texte du projet de loi, «lorsqu'il le juge
nécessaire ou sur demande de l'Assemblée nationale, du gouvernement ou de tout
ministre, leur fournir les avis et les recommandations qu'il estime appropriés
sur toute question», ça équivaut à le faire également lorsqu'il produit, «en
tout temps, un rapport sur toute matière relevant de ses fonctions»?
M. Carmant : Absolument.
M. Arseneau :
Et, à ce moment-là, on sépare la
notion de rapport, dans les pouvoirs, de la fonction de déposer ou
fournir des avis et des recommandations. Pourquoi?
M. Carmant : ...la
parole au juriste, là. Je n'ai pas la réponse à ça.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, ils ne sont pas séparés. Ils sont liés par le début de l'article 8,
là, qui commence en stipulant que «pour l'accomplissement de ses
fonctions, le commissaire peut notamment». Donc, autrement dit, c'est dans
l'exercice des fonctions qui lui sont dévolues à l'article 5 : voici
des pouvoirs, des moyens, effectivement, que le commissaire peut mettre en
oeuvre pour atteindre... réaliser, en fait, ces fonctions-là.
M. Arseneau :
Donc, parmi les fonctions, si je comprends bien, là, pour bien comprendre
la... ce que vous nous proposez comme interprétation, parce que ces fonctions
comportent l'idée de fournir des avis et des recommandations, il a le pouvoir
de faire enquête. À ce moment-là, de l'enquête découle la fonction de faire des
recommandations. D'accord.
M. Bérubé (Mathieu) :
Oui. Du rapport, oui, c'est ça.
M. Arseneau :
Oui. Je comprends. Je vous remercie.
Le Président (M.
Provençal)
: S'il n'y
a pas d'autre intervention sur l'article 8, je vais procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'article 8 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Provençal)
: Adopté.
Merci. Article 9, maintenant. Alors, à l'article 9, c'est un article
qui avait... qui est non lu, qui avait été suspendu. Alors, on... consentement
pour revenir à l'article 9, qui avait été suspendu? Consentement. Alors,
dans un premier temps, M. le ministre, vous allez nous faire lecture de
l'article 9 et, par la suite, vous aurez lecture de votre amendement, s'il
vous plaît.
M. Carmant : D'accord.
Immédiatement, j'enchaîne?
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
oui, faites la lecture du 9 en début... au départ.
M. Carmant : Parfait.
Merci, M. le Président. L'article... L'article 9 se lit comme suit :
«9. Un organisme
public doit, sur demande, permettre au commissaire de prendre communication et
de tirer copie des registres, des rapports,
des documents ou des renseignements, quelle qu'en soit la forme, qui sont
nécessaires à l'exercice de ses fonctions visées aux paragraphes 2°, 3°
et 6° du deuxième alinéa de l'article 5 et lui fournir tout renseignement
et toute explication s'y rapportant.»
La
version avec... amendée demande le remplacement, dans l'article 9 du
projet de loi, de «3° et 6°» par «3°, 6° et 7°».
L'amendement vise à
prévoir l'obligation, pour un organisme public, de permettre au commissaire,
sur demande, de prendre communication et de tirer copie de registres et autres
documents ou renseignements qui lui sont nécessaires
à l'exercice de ses fonctions de veille de tous les décès d'enfants. Ces fonctions
sont prévues au paragraphe 7° du deuxième alinéa de l'article 5 du
projet de loi. Et évidemment les mêmes choses s'appliquent aux alinéas 3° et
6°.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
interventions sur l'amendement?
Mme Garceau :
M. le Président...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
allez-y, Mme la députée.
Mme Garceau :
Est-ce que vous avez prévu... Parce que le commissaire va demander des
registres, des rapports, des documents. On n'a pas prévu de délai. Et je n'aimerais
pas que le commissaire se retrouve dans une situation où ça fait trois, quatre,
six mois, et il n'aurait rien reçu. Est-ce qu'on a pensé à mettre un délai,
dans les 30 jours ou quelque chose comme ça, là, de sa demande, qu'il
aurait les informations demandées?
M. Carmant : M.
le Président, je demanderais peut-être au juriste ce qui se fait dans d'autres
situations.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Allez-y, M. le... maître.
M. Bérubé
(Mathieu) : Merci, M. le Président. À ma connaissance, en fait, il n'y
a pas de... d'équivalent, là, pour les autres personnes désignées par
l'Assemblée nationale. Donc, autrement dit, pour ce type de pouvoirs là, similaires, il n'y a pas de délai maximal à
respecter, là. Ça fait que ce qu'on en comprend, en fait, c'est qu'il n'y a pas
réellement de problématique à cet égard-là, là, sans quoi j'imagine que
ça aurait déjà été soulevé à quelque part, là.
Mme Garceau :
On n'a pas prévu dans un délai raisonnable?
Une voix :
...
Mme Garceau : Bien, c'est sur demande, donc sur demande,
d'habitude, implicitement, là, ça veut dire assez vite. Mais je voulais
juste voir s'il y avait eu des discussions concernant de prévoir un certain
délai.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
ministre. Ou préférez-vous...
M. Carmant : Non.
On a... Je pense qu'on n'a pas eu ces discussions parce qu'on me dit qu'il n'y
a jamais eu d'enjeu à propos de délais.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Mme Garceau :
Donc, juste pour reprendre, là, juste pour revoir chaque article. Donc, ça
veut dire qu'en termes d'analyser les impacts des politiques gouvernementales
sur le bien-être des enfants le commissaire pourra obtenir d'un ministère tous les documents requis nécessaires pour faire
cette évaluation? On me dit, M. le ministre, oui. Oui?
M. Carmant : Oui,
oui.
M.
Cliche-Rivard : Oui. Pour la postérité, c'est important.
Mme Garceau :
Pour... Oui, oui, pour les fins d'enregistrement. Même chose au niveau,
là... Et ça, c'est tous les organismes publics, incluant la DPJ? Donc, il n'y a
pas de question, là, de confidentialité liée à l'exercice de demandes de
documents, de rapports, de renseignements? On ne va pas dire au commissaire que :
Ah non! ça, c'est confidentiel? Moi, je veux juste m'assurer.
M. Carmant : Je
veux juste m'assurer, parce qu'il y avait un enjeu, vous vous souvenez, avec le
coroner, là. Je veux juste m'assurer, là, de... avant de m'avancer là-dessus.
Mme Garceau :
Le coroner, c'est 7°. Vous l'avez ajouté, le coroner.
Des voix : ...
M. Carmant : Alors,
on m'indique que les rapports seraient dénominalisés, évidemment.
Mme Garceau :
Pardon?
M. Carmant : Les
rapports seraient dénominalisés, là, par... sauf s'il accorde... pour justement
cet aspect-là. Mais ils auraient accès aux rapports.
Mme Garceau :
On ne va pas recevoir des rapports caviardés?
M. Carmant : Non,
bien...
Mme Garceau :
Parce que, dans votre modification, vous avez inclus le paragraphe 7°, là,
donc, qui inclut le Bureau du coroner.
M. Carmant : Exact.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Bien,
c'est des bonnes questions, quand même, parce que... Bon, là, vous
expliquez «dénominalisé». Quand on fait un comparatif avec la LPJ, là, il y a
quand même plusieurs pouvoirs. Par exemple,
la loi prévoit, à 72.5 de la LPJ, que la CDPDJ peut présenter une demande de
divulgation d'informations confidentielles, par exemple, que la CDPDJ
peut divulguer des informations confidentielles au DPCP, à la police, que la CDPDJ peut communiquer des informations
confidentielles pour prévenir un acte de violence. Je ne les nommerai
pas toutes, là. Mais cet élément-là, il demeure absolument fondamental dans le
travail, puis les documents, puis les dossiers qu'il va demander puis qu'il va
obtenir, le commissaire.
Là, vous m'avez
dit : Ça va être dénominalisé. J'aurais besoin de vous entendre là-dessus,
là, sur... Tu sais, le commissaire, s'il fait une enquête sur la prestation de
services parce que, lui, il a des allégations à l'effet que, dans tel centre
jeunesse, il y a des fouilles à nu systématiques, va-t-il pouvoir avoir les
informations qui vont lui permettre de mener son enquête? Ça m'inquiète, quand
même.
M. Carmant : Oui,
tant que les individus ne soient pas spécifiés. Comme on a dit, on ne veut pas
que ce soient des enquêtes sur un individu, mais sur une situation.
• (18 h 20) •
M. Cliche-Rivard : Le commissaire, lui,
va... dans un rôle systémique et global, va pouvoir parler à ces jeunes-là sans
être dans une approche de lésions individuelles?
M.
Carmant : Bien, absolument, puisqu'il leur parle. Un des
buts, c'est de parler aux jeunes. C'est lui qui parle aux jeunes.
M. Cliche-Rivard : C'est lui qui va
leur parler?
M. Carmant : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Puis il va
pouvoir rencontrer les cinq, six jeunes qui, eux, ont levé la main en disant...
ou, en tout cas, le groupe qui a dit... sans que la confidentialité vienne être
soulevée, là? Puis c'est là où, moi, je fais un
lien avec la LPJ, où on a prévu expressément que la commission... À la
commission, on ne peut pas lever le drapeau de la confidentialité, on
s'est... Tu sais, la loi a prévu que, pour la CDPDJ, la DPJ ou un centre
jeunesse ne peut pas dire : Ah non! tu
ne peux pas, c'est confidentiel. Moi, ce que je veux m'assurer, c'est que notre
commissaire ait ces mêmes prérogatives.
M. Carmant : Là, je passerais la
parole, mais...
Le Président (M. Provençal)
: Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : M. le
Président, l'article 9, en fait, là, il ne vient pas évacuer tout régime
de protection des renseignements personnels qui sont détenus par les
organisations, là. Autrement dit, si la Loi sur l'accès s'applique, les règles
applicables s'appliquent. Si la loi sur les renseignements, éventuellement, s'applique,
ça va s'appliquer également. La Loi sur la protection de la jeunesse encadre
les renseignements qui sont propres aux enfants, qui permettent de les
identifier et qui sont détenus dans le dossier de l'enfant tenu par un DPJ.
Donc, forcément, ce régime-là va trouver application, puis il se pourrait
qu'effectivement le commissaire, en vertu de 9, n'ait pas les leviers pour
avoir accès au dossier du jeune.
Sauf qu'il faut toujours le rattacher aux
fonctions, en fait, qui sont visées par l'article 9. Là, ici, on parle de
l'analyse de l'état du bien-être. Il n'a pas été... Dans les analyses qui ont
mené à la rédaction de l'article, il n'a pas été soulevé de... comment je
pourrais dire, de pertinence à ce qu'il ait accès à des renseignements
terriblement confidentiels, là, tu sais, pour l'analyse comme telle, là, de...
qu'il aura à faire de ce portrait-là. Même chose pour l'analyse des impacts des
politiques gouvernementales, ce qui en... Puis, quand on tombe, par ailleurs,
sur le paragraphe 6°, bien là, comme on s'était dit tout à l'heure, tu sais,
c'est une enquête systémique. Mais il ne pourrait pas, techniquement, en vertu de 9, exiger l'ouverture d'un dossier
spécifique à un jeune, parce que le régime de protection s'applique
quand même dans la LPJ, là.
M. Cliche-Rivard : Il ne peut pas
ouvrir un dossier spécifique au jeune, j'en conviens, mais il peut faire
l'évaluation globale systémique de... du service qui est reçu...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...par ce
jeune-là. Et là, si on lui lève la confidentialité, on a un problème, là, on a
un problème si le commissaire n'a pas accès au jeune, puis aux documents du
jeune, puis de savoir combien de temps il a été, je ne sais pas, moi, en
isolement préventif, puis combien de temps il n'a pas mangé, puis ça fait
combien de jours qu'il n'a pas eu telle affaire. Ça fait qu'il y a des
documents, avec égards, M. le ministre, qui sont au coeur de ce qu'il va lui
permettre de faire. Puis, encore une fois, je ne le demande pas de manière
individuelle, mais, dans l'enquête systémique d'un groupe, si c'est flagué
qu'il y a des les problèmes avec tel centre, ça fait... Je vais donner un exemple : centre Cartier. On va se le
dire, ça a fait les médias, ça fait... plusieurs jeunes qui sont détenus à neuf
ans. Je comprends que le petit
Nicolas, on ne va pas ouvrir un dossier sur lui. Mais globalement,
systématiquement, systémiquement, il faut que le commissaire ait accès
au dossier du petit Nicolas.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Bien, si c'est
flagué «confidentiel», ça ne marche pas pantoute.
M.
Carmant : Donc, on me... oui, on me rassure que les données
seront disponibles, mais de façon dénominalisée.
M. Cliche-Rivard : Dénominalisée?
M. Carmant : Pour ne pas permettre
d'identifier les enfants sur le dossier.
M. Cliche-Rivard : Là, tu sais, on
parle du commissaire au bien-être des enfants, là. Je ne vous parle pas de
Pierre, Jean, Jacques. Tu sais, si le commissaire, il juge qu'il a besoin du
dossier pour identifier le jeune Nicolas parce que ça marche avec ce que lui,
lui a témoigné, puis effectivement le log ou le registre de détention
fonctionne ou ne fonctionne pas, puis là il ne peut pas le savoir, si c'est tel
jeune ou tel jeune... On parle du commissaire, là. Tu sais, si le commissaire,
il demande un dossier puis qu'il est tenu à la confidentialité comme n'importe
qui, je ne vois pas pourquoi il n'aurait pas... La
commission, elle peut avoir accès au dossier puis elle peut faire cette
demande-là de l'avoir au complet, puis lui, il ne pourra pas? Ça m'inquiète,
quand même, M. le ministre, là. Là, il y a, genre...
M. Carmant : La possibilité qu'il
n'ait pas accès aux bonnes informations?
M. Cliche-Rivard : Bien, il y a six
enfants, je ne sais pas, moi, qui sont répertoriés dans les médias, puis les médias n'ont évidemment pas nommé l'enfant, c'est
évident, puis là le commissaire décide, lui, parce que c'est six ou 10, qu'on est dans une perspective systémique, pas
dans une approche individuelle, puis que lui se rend là. Il va demander
copie des dossiers, il ne saura pas les noms, il ne saura pas quel enfant
rencontrer. On a un enjeu, quand même, là. Puis là je respecte la
confidentialité des enfants, mais on parle du commissaire.
M. Carmant : Donc, je vous
demanderais une pause, M. le Président, je pense qu'on a besoin de discuter.
Le Président (M. Provençal)
: Parfait.
(Suspension de la séance à 18 h 26
)
(Reprise à 18 h 48)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on reprend nos travaux. Nous
sommes toujours sur l'amendement à l'article 9 que M. le ministre a
déposé, et plusieurs questions avaient été soulevées. Alors, M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Mais je pense
qu'on doit faire des vérifications, M. le Président, avant d'aller...
Le Président (M. Provençal)
: ...l'amendement et l'article. C'est
ce que vous suggérez?
M. Carmant : S'il vous plaît,
oui.
Le Président (M. Provençal)
: Alors...
Mme Garceau : ...Parce que ça
fait dans la vérification au niveau de l'article...
Le
Président (M. Provençal)
:
Très court, très court, parce que
là, on annonce qu'on suspend, là, cet article-là avec l'amendement.
Allez-y.
Mme Garceau : Merci,
monsieur... Juste très court dans le sens que l'article 9 parle de
documents, les rapports et renseignements, et non pas l'accès aux
établissements, et tout ça, là. Ça, c'est... c'est juste en termes de
documents, de renseignements. Donc, il y a cet aspect-là aussi qu'il faudrait
vérifier.
Le Président (M. Provençal)
:
...
Mme Garceau : L'accès aux lieux
physiques et, évidemment, je ne veux pas le dire de cette façon-là, là, mais le
pouvoir de parler aux enfants. Je ne veux pas dire «accès aux enfants», mais
c'est un petit peu ça, l'idée.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et, après ça, on suspend cet article-là.
M. Cliche-Rivard : Oui, j'en
suis de la même façon que ma collègue, M. le ministre. Là, je vous envoie,
puis j'étais à regarder... c'est 26 de la LPJ, qui explique que «un membre de
la Commission ou une personne à l'emploi de
la Commission peut, à toute heure raisonnable ou en temps ou en cas d'urgence,
pénétrer dans une installation maintenue par un établissement...» Ça
fait qu'il y a un droit spécifique à 26 d'entrée, là. Puis là, pour l'instant,
on ne le voit pas ou je ne le vois pas à 9. Ça fait que, dans vos réflexions,
peut-être juste de réfléchir que le commissaire ne se bute pas à une porte
close. Je ne referai pas le projet de loi sur l'accès des élus aujourd'hui ici,
là, mais c'est une inquiétude que j'ai quand même où il se ferait dire non,
alors que là, il faudrait qu'il ait expressément le pouvoir de dire oui.
M. Carmant : Peut-être pas à
toute heure du jour et la nuit, là, mais...
M. Cliche-Rivard : OK. Je suis
bien raisonnable là-dessus.
M. Carmant : OK.
M. Cliche-Rivard : Ça ne me
dérange pas.
M. Carmant :
Parfait.
• (18 h 50) •
M. Cliche-Rivard :
Mais que, quand il formule la demande de rentrer puis d'aller faire son
enquête, bien, la réponse, c'est oui. Ça fait que regardez-les ensemble.
Le Président (M. Provençal)
: ...consentement pour
suspendre l'amendement ainsi que l'article 9? Consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Provençal)
: Ce
qui veut dire que, M. le ministre, je vais vous inviter à faire la lecture de l'article 10, qui avait été suspendu. Là, je
comprends qu'il y a consentement pour revenir à l'article de 10? M. le
ministre.
M. Carmant :
Donc, l'article 10 se lit comme suit :
«Le commissaire peut
d'office faire toute enquête qu'il juge utile à l'exercice de ses fonctions
visées au paragraphe 6° du deuxième alinéa de l'article 5.
«Il peut également
faire une telle enquête à la demande de l'Assemblée nationale. Il produit un
rapport à la suite de toute enquête ainsi effectuée.
«Le commissaire et
toute personne qu'il autorise spécialement à enquêter sont, aux fins de
l'enquête, investis des pouvoirs et de l'immunité des commissaires nommés en
vertu de la Loi sur les commissions d'enquête[...], sauf du pouvoir d'ordonner
l'emprisonnement.»
Donc, ça fait pas mal
de pouvoirs. Le présent article du projet de loi confère au Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants le
pouvoir de faire toute enquête qu'il juge utile à ses fonctions d'évaluation de
la mise en oeuvre des programmes et de la prestation des services des
organismes publics qui sont destinés aux enfants.
Le deuxième alinéa de
l'article permet à l'Assemblée nationale d'initier une telle enquête en faisant
une demande à cette fin au commissaire. Le
commissaire demeure responsable de juger de l'utilité de l'enquête demandée à
l'exercice de ses fonctions.
Il doit également
produire un rapport à la suite de toute enquête effectuée à la demande de
l'Assemblée. Ce rapport est déposé devant l'Assemblée comme le prévoit
l'article 13 du projet de loi.
Enfin, le dernier
alinéa de l'article octroie au commissaire et à toute personne qu'il l'autorise
spécialement à enquêter les pouvoirs et l'immunité des commissaires nommés en
vertu de la Loi sur les commissions d'enquête, à l'exception du pouvoir d'ordonner l'emprisonnement. Ces pouvoirs et
cette immunité se limitent aux fins de l'enquête.
Le Président
(M. Provençal)
: Interventions
sur l'article 10?
Mme Garceau :
Oui.
Le Président
(M. Provençal)
: Oui,
Mme la députée.
Mme Garceau :
Oui, M. le Président. Évidemment, on va continuer la discussion concernant
les enquêtes que le commissaire va pouvoir mener. Et j'aimerais entendre le
ministre concernant l'étendue de ces pouvoirs liés aux enquêtes que le commissaire
va pouvoir mener.
M. Carmant :
...Oui, excusez-moi?
Le Président
(M. Provençal)
: ...Mme la députée?
M. Carmant :
Je n'ai pas très bien compris, là.
Mme Garceau :
Je pense que oui. Votre vision concernant l'étendue des pouvoirs du
commissaire liés aux enquêtes qu'il va pouvoir mener en vertu de
l'article 10.
M. Carmant :
Bien, écoutez, c'est... c'est justement, moi, je pense que le pouvoir du
commissaire, tel que nommé là, pourrait permettre de contraindre des personnes
à produire des documents ou à témoigner celui de punir pour outrage, de même que l'immunité, les privilèges d'un juge de la
Cour supérieure. Donc, c'est quand même assez étendu, comme pouvoirs,
là : «Ces personnes doivent comparaître et répondre à toutes les questions
qui leur sont posées par les commissaires sur les matières qui font le sujet de
l'enquête, et produire devant les commissaires les livres, papiers, chèques,
billets, documents et écrits qui leur sont demandés et qu'ils ont en leur
possession ou sous leur contrôle, suivant la teneur des assignations.» C'est
quand même costaud.
Mme Garceau :
Et juste pour comprendre, parce que c'est sûr et certain que lorsqu'on
parle... Je sais qu'on va faire une vérification concernant l'article 9,
mais, si on regarde, là, on est dans le pouvoir d'enquêter...
M. Carmant :
Excusez-moi, je me concentre.
Mme Garceau : Je
sais qu'on a suspendu l'article 9, mais évidemment, on est...
l'article 9, on est possiblement... l'accès aux établissements, donc il faut qu'il y ait comme, si je peux
dire, un mariage entre les deux, là, que, si ça vaut pour 9, ça vaut aussi pour
10. Donc, je ne sais pas si ça va être une question peut-être de revoir ces
deux articles-là en particulier, mais ça vaut aussi pour l'enquête,
qu'un commissaire va pouvoir avoir accès à des établissements, que ce soit... ou
de visiter les centres jeunesse, réadaptation, de voir les... comment on dit,
les... les salles d'isolement, les cellules, et tout ça, là, qu'il va pouvoir
constater ou faire un constat des lieux pour fins d'enquête, qui implique aussi
non seulement de recevoir des documents, mais aussi de pouvoir poser des
questions au personnel, aux directrices, aux directeurs, aux... les
intervenantes, également les intervenants.
M. Carmant :
Bien, moi, je suis...
Mme Garceau :
Donc, on ne pourra pas... on ne pourra pas, pour fins de confidentialité,
dire : Bien, on ne répond pas à ces questions-là en raison de... que tout
ça est confidentiel. Ça, je veux m'assurer, surtout en ce qui a trait aux
enquêtes.
M. Carmant :
Bien, moi, je pense que... c'est inclus dans les pouvoirs d'enquête, mais
on est en train de faire des vérifications, comme je vous dis, là, pour
s'assurer que...
Mme Garceau :
...je me demande, M. le ministre, si on ne devrait pas les identifier, les
pouvoirs d'enquête, identifier l'étendue dans cet article pour que ce soit
clair pour tout le monde.
M. Carmant :
Ils disent : Investir «des pouvoirs et de l'immunité des commissaires
nommés en vertu de la Loi [sur la...] sur les commissions d'enquête[...], sauf
du pouvoir d'ordonner l'emprisonnement.» Peut-être que... peut-être qu'on
pourrait nous expliquer c'est quoi, les... ce que dit la Loi sur les
commissions d'enquête. Est-ce que je pourrais passer la parole au juriste?
Le Président
(M. Provençal)
: Oui.
Maître.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui. Merci, M. le Président. En fait, quand on réfère aux
pouvoirs et aux immunités prévues à la Loi sur les commissions d'enquête, là,
plus spécifiquement, c'est les articles 9 et suivants de cette loi-là, puis, essentiellement, c'est des pouvoirs
d'assignation à comparaître, d'exiger des documents papiers, livres, des écrits
qui sont jugés nécessaires pour découvrir la vérité. Les personnes, donc, ont
l'obligation de comparaître, de répondre à
toutes questions qui leur sont posées, puis, bon, peuvent exiger le serment,
etc. Ensuite, les articles suivants viennent plutôt spécifier c'est quoi, les
pouvoirs des commissaires advenant un refus d'une telle personne, là, à répondre
à une citation à comparaître, par exemple. Donc, tu sais, l'étendue des
vérifications, en fait, c'est de voir, ces pouvoirs-là, ça s'étend jusqu'où, est-ce que ça permet notamment au... est-ce que ça
pourrait permettre notamment au commissaire d'entrer sur les lieux d'un centre
de la protection de la jeunesse, c'est ça qu'il faut vérifier, là. Mais c'est
des pouvoirs usuels d'enquête, là, ceci étant dit.
Mme Garceau :
...aussi, évidemment, parce qu'on peut très bien assigner une directrice de
la protection de la jeunesse à venir, là,
lors de l'enquête sur des... sur une situation en particulier, mais là on
soulève la confidentialité. Donc, ça
aussi, ce serait important de faire cette vérification-là, parce que ce ne sera
pas une enquête très, très productive.
M. Carmant :
Mais moi, quand je lis qu'on doit... qu'on peut contraindre quelqu'un, là,
j'ai l'impression que ça ne peut pas arriver, cette situation-là, mais, comme
je vous dis, on doit vérifier, là. C'est...
Mme Garceau :
Moi, tout ce que je vais vous dire, M. le ministre, c'est : on peut
assigner, on peut assigner puis demander que cette personne-là apporte des
documents, mais la personne, lorsqu'elle... on va lui demander de transmettre
les documents, va dire : Mais je suis ici, mais la confidentialité fait en
sorte que je ne peux pas remettre les documents. Ça fait que j'aime... Je veux
évidemment éviter cette situation-là.
M. Carmant :
Je vous entends.
Le Président
(M. Provençal)
: ...interventions?
M. le député des Îles.
M. Arseneau :
En fait, je voulais savoir, lorsqu'on dit, au deuxième alinéa de
l'article 10, «à la demande de l'Assemblée nationale», juste une
précision...
M. Carmant :
...
M. Arseneau :
C'est... c'est sur simple... sur motion...
M. Carmant :
Aux deux tiers.
M. Arseneau : Aux deux tiers de
l'Assemblée nationale.
Des
voix : ...
• (19 heures) •
M. Carmant :
Non? Une motion? OK, sur une motion standard, même, alors.
M. Arseneau :
Une motion. D'accord. Et donc je comprends qu'il peut le faire, il peut
choisir lui-même de faire enquête. Ça peut être l'Assemblée nationale qui lui
demande de le faire. Mais, un peu avant, lorsqu'il était question de ses
fonctions, au paragraphe 9° de... du deuxième alinéa, on disait : «lorsqu'il
le juge nécessaire [...] sur demande de
l'Assemblée nationale, du gouvernement ou de tout ministre, [...] fournir [des]
avis et [des] recommandations...» Juste pour savoir : Pourquoi,
dans le cas d'une enquête, il n'y a que lui-même qui peut décider de le faire
ou l'Assemblée nationale, et qu'on exclut dans ce cas-là le ministère ou le
gouvernement... un ministre ou un gouvernement, si les enquêtes vont avec les
recommandations et les avis?
M. Carmant :
Je passerais la... je passerais la parole au juriste.
Le Président
(M. Provençal)
: Me
Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : ...merci, M. le Président. En fait... Bien, d'une part, en
fait, là, l'enquête vise des organismes publics, là. Donc, il y a peut-être un
enjeu à cet égard-là. Mais je pense que c'était forcément inspiré de qu'est-ce
qu'il était prévu pour les pouvoirs du Commissaire à la langue française, puis
on devrait peut-être juste vérifier dans cette loi-là, mais il me semble que,
de mémoire, c'était prévu de cette façon-là. C'est-à-dire que les avis ou les
recommandations pouvaient être faits d'office du Commissaire à la langue
française ou sur demande d'un ministre, du gouvernement ou de l'Assemblée
nationale. Puis, pour la question des enquêtes plus spécifiques à certaines des
fonctions de ce commissaire-là, c'était soit de la propre initiative de ce
commissaire-là ou à la demande de l'Assemblée nationale. Il faudrait que je
retrouve les dispositions, mais, de mémoire, là, c'est ça, c'est vraiment
inspiré du modèle qui était prévu pour le Commissaire à la langue française.
M. Arseneau :
Oui. Mais juste pour... pour bien comprendre, puis c'est correct, on pourra
y revenir, là, mais, si je comprends bien ce que vous nous expliquez, fournir
un avis ou une recommandation, dans l'esprit de la loi, pour un ministre ou
pour le gouvernement, ce n'est pas nécessairement associé à une enquête. On
pourrait fournir un avis sur une recherche ou, je ne sais pas, une...
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui. Exact. Tout à fait, tout à fait.
M. Arseneau :
Alors que pour l'enquête, c'est spécifiquement...
M. Bérubé
(Mathieu) : À l'évaluation des programmes, oui.
M. Arseneau :
Oui. Est-ce que ce serait aussi pour... dans l'objectif, un peu comme, je
ne sais pas, la Vérificatrice générale, qui décide elle-même de faire enquête
sans nécessairement être contrainte de le faire par une demande de quiconque?
C'est ce qu'on veut ici s'assurer? C'est que le commissaire soit complètement
indépendant du gouvernement ou des
ministères, mais qu'il ne réponde qu'à ses propres objectifs ou à ceux de
l'Assemblée nationale par motion. C'est ça, l'idée? De protéger son
autonomie ou son indépendance, sa neutralité. Oui?
M. Bérubé
(Mathieu) : Ça fait du sens, ça fait du sens.
M. Arseneau :
Auquel cas, on souscrit à cette volonté-là. Merci.
Le Président
(M. Provençal)
: Autres interventions
sur l'article 10? Allez-y...
Mme Garceau :
M. le Président, on fait l'enquête, le commissaire va émettre un rapport,
faire des recommandations, admettons, liées à un établissement de la DPJ. Donc,
il remet le rapport à l'Assemblée. Il dépose un rapport d'enquête à l'Assemblée
avec ses recommandations. Il va faire, évidemment, le suivi en termes de les
recommandations. Maintenant, advenant le cas où l'établissement ne fait
absolument rien, ne met pas en vigueur, là, aucune recommandation, c'est quoi,
la suite des choses, d'après vous?
M. Carmant : Bien,
je pense qu'il doit y avoir des conséquences, là, au niveau de l'établissement,
qui devraient découler des observations du commissaire, là.
Mme Garceau :
Bien, moi, je veux juste savoir comment est-ce que vous voyez, là,
l'évolution. Parce que c'est dans les pouvoirs, évidemment, du commissaire,
suite à l'enquête, des recommandations. Et là l'établissement ne suit pas ou ne
met pas en vigueur les recommandations. Qu'est-ce qui se passe? On fait quoi?
Des voix : ...
M. Carmant : Vous êtes toujours en
avance. Donc, je pense, les amendements à l'article 11, 11.2, 11.3.
Mme
Garceau : Les amendements à l'article 11.
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Il va y
avoir de nouveaux articles qui vont être introduits, 11.1, 11.2 et 11.3. Et,
quand on va traiter l'article 11, il y aura aussi un amendement à
l'article 11, je pense, qui va être déposé par M. le ministre, autre que
le 11.1, 11.2 11.3. Je ne sais pas s'il a déjà été déposé sur Greffier... il
est sur Greffier?
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Non,
non, non. C'est parce que moi, on me l'a imprimé aujourd'hui.
Mme Garceau :
...j'avais pris connaissance,
mais c'est juste pour continuer... On pourra attendre, là, lors de l'étude.
M. Carmant : Parfait.
Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Mme Garceau :
Oui.
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention sur
l'article 10, est-ce que l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci beaucoup.
Article 11. M. le ministre, alors on ouvre l'article 11, qui
avait été suspendu, et vous allez nous faire... dans un premier temps, vous
nous faites lecture de...
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Pardon?
Mme Garceau :
On est rendus...
Le Président (M. Provençal)
: Oui. On fait la lecture de
l'article 11. Par la suite, vous nous ferez lecture de votre amendement,
M. le ministre.
M. Carmant : D'accord.
Merci, M. le Président. À l'article 11 :
«Le commissaire
coopère avec la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, le Protecteur du citoyen ou, lorsqu'il l'estime nécessaire, tout
organisme public afin de prévoir des mécanismes de concertation visant à
assurer l'harmonisation de leurs interventions à l'égard des enfants et des
jeunes adultes.»
Le présent article du
projet de loi prévoit que le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants
coopère notamment avec la Commission des droits de la personne et des droits de
la jeunesse et le Protecteur du citoyen afin de prévoir des mécanismes de
concertation pour harmoniser leurs interventions à l'égard des enfants et des
jeunes adultes. Ainsi, l'article permet au commissaire de mettre en place,
entre autres, des mécanismes de concertation avec d'autres organisations qui
agissent auprès des enfants et des jeunes adultes, et ce, afin de faciliter
l'exercice de certaines de ses fonctions et de tenter d'harmoniser certaines
interventions. Par exemple, un tel mécanisme pourrait être mis en place afin de
permettre au commissaire de diriger plus efficacement et plus rapidement un
enfant qui l'interpelle vers une ressource appropriée pouvant lui venir en aide
dans l'exercice d'un droit.
L'amendement se lit
comme suit :
Remplacer
l'article 11 du projet de loi par l'article suivant :
«11. Le commissaire
coopère avec la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, le Protecteur du citoyen, le protecteur national de l'élève, le
directeur national de santé publique ou, lorsqu'il l'estime nécessaire, tout
organisme public ou communautaire afin de prévoir des mécanismes de
concertation visant à assurer l'harmonisation de leurs interventions à l'égard
des enfants et des jeunes adultes.»
Cet amendement vise à
préciser que le commissaire coopère également avec le Protecteur national de
l'élève et le directeur national de santé
publique afin de prévoir des mécanismes
de concertation visant à assurer l'harmonisation de leurs interventions à l'égard des enfants et des jeunes adultes. Il
en est de même avec tout organisme communautaire lorsqu'il l'estime
nécessaire. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Interventions sur l'amendement?
Mme Garceau :
Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y, Mme la députée.
Mme
Garceau : M. le Président, je vois qu'on n'a pas nommé la directrice
nationale de la protection de la jeunesse. Pourquoi?
M. Carmant : Elle
devait être incluse dans les organismes autres, là, mais c'est sûr qu'il doit
collaborer avec la directrice nationale de la protection de la jeunesse.
Mme Garceau :
Je pense que ça serait important de la nommer.
Une voix : Oui.
Mme Garceau :
Oui.
Des voix : ...
M. Carmant :
Oui, bien, on serait prêt, là. Je pense que ça fait du sens, donc, si vous
voulez proposer un amendement.
Le Président (M.
Provençal)
: Bien, pouvez-vous l'écrire
directement sur le vôtre, ça va être fait. On va le faire lire par la...
Des voix :
...
Le Président (M.
Provençal)
: Suspension,
oui.
(Suspension de la séance à
19 h 10)
(Reprise à 19 h 15)
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Alors, dans un premier temps, je vais demander à M. le ministre, êtes-vous prêt
à retirer votre amendement, M. le ministre?
M. Carmant : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Et on
redépose l'amendement qui répond à la demande des oppositions où on a fait un
ajout pour ajouter...
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Le directeur
national de la protection de la jeunesse. Alors, on va le projeter à l'écran.
Même si on dépasse une minute ou deux, vous me faites... vous me donnez...
M. Carmant : Absolument,
M. le Président.
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup. Alors, vous pouvez y aller, M. le ministre.
M. Carmant : Oui.
Donc, le nouvel article amendé se lit :
Remplacer
l'article 11 du projet de loi par l'article suivant :
«11. Le commissaire
coopère avec la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, le Protecteur du citoyen, le
directeur national de la protection de la jeunesse, le protecteur national de
l'élève, le directeur national de la
santé publique ou, lorsqu'il l'estime nécessaire, tout organisme public ou
communautaire afin de prévoir des mécanismes de concertation visant à
assurer l'harmonisation de leurs interventions à l'égard des enfants et des
jeunes adultes.»
Cet amendement vise à
préciser que le commissaire coopère également avec le directeur national de la protection de la jeunesse, le Protecteur
national de l'élève et le directeur
national de la santé publique afin de prévoir des mécanismes de
concertation visant à assurer l'harmonisation de leurs interventions à l'égard
des enfants et des jeunes adultes. Il en est de même avec tout organisme
communautaire lorsqu'il l'estime nécessaire.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement à l'article 11 de M. le ministre
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci beaucoup. Alors, je
vous remercie de votre collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux pour se... et elle se saisira d'un autre... à demain,
7 h 30, pour se saisir d'un autre mandat. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 19 h 17)