Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 7 mai 2024
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Vol. 47 N° 74
Étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants
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Intervenants par tranches d'heure
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Dorismond, Shirley
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Blouin, Catherine
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Poulet, Isabelle
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Garceau, Brigitte B.
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Arseneau, Joël
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Dorismond, Shirley
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Blouin, Catherine
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Poulet, Isabelle
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Prass, Elisabeth
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Arseneau, Joël
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Garceau, Brigitte B.
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Garceau, Brigitte B.
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Arseneau, Joël
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Dorismond, Shirley
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Blouin, Catherine
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Poulet, Isabelle
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Picard, Marilyne
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Gendron, Marie-Belle
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Prass, Elisabeth
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Arseneau, Joël
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Prass, Elisabeth
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Prass, Elisabeth
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Dorismond, Shirley
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Picard, Marilyne
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Poulet, Isabelle
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Blouin, Catherine
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Gendron, Marie-Belle
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Prass, Elisabeth
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Garceau, Brigitte B.
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Provençal, Luc
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Dorismond, Shirley
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Picard, Marilyne
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Poulet, Isabelle
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Blouin, Catherine
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Gendron, Marie-Belle
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Arseneau, Joël
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Arseneau, Joël
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Garceau, Brigitte B.
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures cinquante-cinq minutes)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
On va ouvrir la séance tout simplement
pour respecter, là, l'heure, et je resuspends immédiatement pour attendre que
certaines personnes reviennent autour de la table.
Alors, suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 9 h 56)
(Reprise à 9 h 57)
Le Président (M. Provençal)
:Bon matin à tous. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services
sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le
commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Chassin (Saint-Jérôme) est remplacé par Mme Gendron
(Châteauguay); Mme Lachance (Bellechasse), par Mme Picard (Soulanges);
Mme Caron (La Pinière), par Mme Prass (D'Arcy-McGee); M. Fortin (Pontiac), par Mme Garceau
(Robert-Baldwin), et M. Marissal (Rosemont) par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. La <dernière
séance relative à ce mandat...
La Secrétaire :
...
M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Le Président (M. Provençal)
:
...Merci beaucoup. La >dernière
séance relative à ce mandat était le 22 février dernier. Je vous rappelle que
les articles 5, 6, 8 à 12, 14 à 18 et 29 sont suspendus. Considérant que
le projet de loi est étudié dans l'ordre séquentiel, je suggère que nous
reprenions à l'article 5.
Article 5, petit rappel, il y avait
déjà eu un sous-amendement déposé par la députée de Robert-Baldwin, qui avait
été adopté, un amendement du ministre, mais nous en serions maintenant au dépôt
d'un sous-amendement. Mais est-ce que... Avant toute chose, y a-t-il
consentement pour reprendre l'étude de l'article 5?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement. Merci. Alors, est-ce
qu'il y a consentement pour étudier à nouveau l'amendement adopté précédemment,
amendement qui avait été déposé par M. le ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement. Et, sur ce, je vais
permettre à la députée de Robert-Baldwin de déposer son sous-amendement à
l'amendement de M. le ministre. Mme la députée.
Mme Garceau : OK. Merci
beaucoup, M. le Président. Très contente que nous soyons... que nous avons
repris les travaux de ce projet de loi qui est très, très important et très
attendu.
Donc, en ce qui a trait à l'article 5,
remplacer le sous-paragraphe b du paragraphe 1° de l'amendement proposé à l'article 5
du projet de loi par le sous-paragraphe suivant :
b) remplacer le paragraphe 7° par le
suivant :
«7° effectuer une veille de tous les
décès d'enfants, ainsi que de tous les décès de personnes âgées d'au moins 18 ans
et d'au plus 25 ans pour lesquels une investigation ou une enquête a été
effectuée en vertu de la Loi sur les coroners (chapitre C-68.01);».
Les commentaires à ce sujet :
L'amendement vise à élargir la fonction de veille des décès du Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants en précisant que cette veille vise tous les
enfants... tous les décès d'enfants, tous les décès de personnes âgées d'au
moins 18 ans et d'au plus 25 ans pour lesquels une investigation ou
une enquête a été effectuée en vertu de la Loi sur les coroners. Évidemment, il
y avait quelques groupes qui avaient fait cette demande de modification.
• (10 heures) •
Le Président (M. Provençal)
:...la partie que modifierait le
sous-amendement déposé par Mme la députée de Robert-Bladwin. M. le ministre.
M. Carmant : Bonjour, tout le
monde. Moi aussi, je vous remercie d'être ici ce matin, de recommencer l'étude
détaillée du projet de loi. Et, à mon souvenir, c'est vraiment en concordance
avec les discussions qu'on avait eues auparavant.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions sur
le sous-amendement? Oui, M. le député. Allez-y.
M. Cliche-Rivard : Merci.
D'abord, à tous et à toutes, content de vous retrouver dans l'étude du 37, collègues
et M. le ministre, collègues des oppositions... du gouvernement, de la
banquette gouvernementale, bonjour.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ça s'en
vient. Bon, on ne fera pas ça ce matin. Alors, en effet, je pense que ça répond
très bien à ce qu'on avait entendu. Donc, je souligne la qualité de rédaction,
je pense que c'est très bien. Allons-y, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
M. Cliche-Rivard : Ça va.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention,
je procéderais à la mise aux voix du sous-amendement de Mme la députée de
Robert-Baldwin. Alors, Mme la secrétaire, on va y aller par appel nominal.
La Secrétaire : Oui. Pour,
contre, abstention. M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victonrin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Gouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Pour.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M.
Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. le
Président?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, le sous-amendement
déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est adopté. Maintenant, on revient
à l'article 5... à l'amendement de l'article 5. Est-ce que
l'amendement de l'article 5 est maintenant adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Et y a-t-il des
interventions, maintenant, sur l'article 5 tel qu'il a été amendé? Mme la
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : On commence... On
commence... On commence où? J'ai combien de temps, premièrement?
Le Président (M. Provençal)
:On va vous donner ça.
Une voix : ...
Mme Garceau : ...minutes?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Mme Garceau : Je vais
commencer, M. le ministre, pour vous remercier, en termes des amendements...
10 h (version révisée)
Le Président (M. Provençal)
:...donner ça.
Une voix : ...
Mme Garceau : ...minutes?
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
Mme Garceau : Je vais
commencer, M. le ministre, pour vous remercier, en termes des amendements que
nous avons reçus, certains amendements que nous avons reçus, on va commencer
avec ça, concernant ce projet de loi, qui... qu'on... qui confirment certaines
préoccupations soulevées par les groupes, certains groupes que nous avions
rencontrés en consultations particulières. Ceci étant dit, à la lumière de la
révision de tous les amendements... Je vais mettre de côté pour le moment les
amendements, là, à l'article 11 concernant le commissaire qui devait être
nommé, un commissaire dédié aux enfants autochtones, je le mets de côté pour le
moment, je vais avoir plusieurs commentaires à ce sujet. Là, je vais vraiment
mettre... miser sur la question, puis ce n'est pas la première fois que j'en
parle, concernant les fonctions et les pouvoirs du commissaire.
Et ça, c'est vraiment à la lumière aussi
non seulement du rapport de la commission Laurent et toute la question du
transfert des pouvoirs de la CDPDJ au commissaire, je vais au-delà de ça. Et c'est
curieux parce que, dans le projet de loi n° 56, j'écoutais les
consultations particulières... parce qu'on parlait... Ça, c'est le projet de
loi concernant les conjoints de fait, et... Parce que ça vient rejoindre un peu
les recommandations qu'il y avait dans Rebâtir la confiance, mais aussi
commission Laurent concernant le tribunal unifié en famille, qui serait... qui
serait créé, là, pour vraiment... dans l'intérêt non seulement des enfants,
mais aussi des familles du Québec, pour s'assurer qu'on soit... qu'il y ait un
tribunal familial pour venir vraiment adjuger, si je peux dire, dans l'intérêt
supérieur des enfants et aussi dans l'intérêt des familles.
Et j'ouvre la parenthèse là-dessus parce
que, oui, c'est une bonne idée, le ministre de la Justice l'a dit, c'est une
très bonne idée. Là, ce serait comment est-ce qu'on le réalise, comment est-ce
qu'on est arrivé... comment est-ce qu'on arrive à cette création d'un tribunal
unifié, parce qu'on en parle depuis des années. Et là moi, je fais le lien
entre ça, et qu'est-ce qui est ressorti du rapport de la commission Laurent, et
quel était vraiment l'esprit et le souhait de la commission, lié à la création
du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, et le pourquoi de cette
création d'une entité distincte, indépendante qui était pour être dédiée à
100 % de son temps non seulement à promouvoir les droits, mais à la
protection des droits des enfants.
Et, une bonne partie du rapport, on a
étudié qu'est-ce qui se passe dans d'autres provinces, en Alberta, en
Colombie-Britannique, dans le sens qu'on a des bureaux, là, des... c'est... on
ne... Ce n'est pas le type, le même type de commissaire, mais on parle d'ombudsman,
on parle de défenseur, et donc ça va même au-delà de qu'est-ce que la CDPDJ
fait. Parce que, lorsqu'on parle de... Lorsque la CDPDJ... puis on... va
intervenir dans un dossier puis va être devant les tribunaux, elle va
interpréter la loi, c'est ça qu'elle va faire, versus la défense des droits d'un
enfant, à titre d'exemple, un enfant où ses droits, oui, <sont lésés,
un...
Mme Garceau :
...
versus la défense des droits d'un enfant, à titre d'exemple, un enfant où ses
droits, oui, >sont lésés, un enfant, une victime d'agression sexuelle.
Puis on a juste à penser, M. le ministre,
là, dans les derniers mois, vous avez été scandalisé, puis moi aussi, en
termes... puis la population également, là, en termes de qu'est-ce qui se passe
dans des familles d'accueil, dans des centres jeunesse. Je ne veux pas... Je
n'ai pas le temps, là, alloué pour entrer dans les détails, mais on les... on
les connaît tous. Et comment est-ce qu'on va faire comme société pour s'assurer
que les... les droits de nos enfants soient mieux protégés à l'intérieur du
système, à l'intérieur de notre société, à l'intérieur de nos instances? Et là
il me semble que... Et c'était ça, après deux ans d'études... ce n'était pas
juste une question de transférer les pouvoirs de la CDPDJ au commissaire, mais
c'était cette création d'une entité distincte qui était pour venir vraiment
défendre les droits des enfants, parce qu'on aurait des avocats dédiés à ça,
des avocats qui étaient pour... qui étaient pour intervenir devant un tribunal
dans différents... dans des cas particuliers, dans des cas particuliers pour
vraiment être à la défense des droits des enfants.
Et c'est pour ça que je reviens là-dessus,
M. le ministre, dans le sens que, dans les fonctions, dans les fonctions, c'est
vraiment... on a beaucoup dilué. Si je regarde, là, l'article 5 et ses
sous-paragraphes et dans les pouvoirs, plus tard, dans l'article 8... dans
la section 8, ce que la commission souhaitait pour avoir vraiment une
société bienveillante, à l'écoute des enfants et vraiment en ce qui a trait à
la protection de nos enfants, ça va au... même au-delà des pouvoirs de la
CDPDJ. Et je voulais voir, est-ce que vous avez étudié... est-ce qu'il y a eu
une étude par la suite de qu'est-ce qui se passe dans d'autres provinces? Parce
que là la CDPDJ est dédiée... 10 % du temps est dédié au volet jeunesse, puis
il me semble qu'entre nous, là, ce n'est pas suffisant. On a besoin d'un
commissaire qui va être dédié à 100 % à la protection des droits de nos
enfants, tel que prévu ou tel que créé dans d'autres provinces. Puis comment se
fait-il qu'on ne le fait pas ici au Québec?
• (10 h 10) •
M. Carmant : M. le
Président, bien, je pense que le modèle qu'on propose est très près de
l'ombudsman, en fait. Parce que s'il faut... Moi, ma... la vision que l'on
propose dépasse ce qui est proposé ici quand vous parlez de, tu sais, de la
protection de la jeunesse. Et comme je vous l'ai dit plusieurs fois, je suis
d'accord qu'il y a un enjeu, là, sur le rôle de la CDPDJ, on l'a tous entendu. Mais
le mécanisme pour régler ce problème-là, qu'on a mis sur pied, c'est vraiment
la table justice jeunesse, où j'ai clairement demandé, et mon collègue ministre
de la Justice, d'étudier cette question-là d'interprétation de la loi par...
par les avocats et par la CDPDJ. Et je pense que c'est ça, la solution.
Encore une fois, moi, je pense que nous,
on a besoin d'un commissaire qui va être en place pour représenter les
1,8 million d'enfants qu'on a au Québec. Et j'ai été très sensibilisé aux
besoins importants des jeunes de la protection de la jeunesse, puis on va
mettre des mécanismes en place pour qu'ils soient bien représentés. On a parlé
du comité national. Maintenant, on va mettre des comités régionaux et même des
comités de jeunes dans chacun des centres jeunesse. On a déjà commencé ces
démarches-là. Donc, on veut qu'ils soient bien représentés, bien informés,
bien... que leurs droits soient bien représentés. Mais ça prend un commissaire
pour tous les enfants au Québec, ça, c'est fondamental pour moi, ça, pas juste
un avocat qui va au tribunal quand les droits sont lésés.
Mme Garceau : Bien,
je... Mais c'est ça, l'objectif. L'objectif, c'est... Oui, pour tous les
enfants. Mais au <bout du compte...
Mme Garceau :
...
Bien, je... Mais c'est ça, l'objectif. L'objectif, c'est... Oui, pour tous les
enfants. Mais au >bout du compte, c'est... on regarde la situation
actuelle et surtout qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qu'on a, dans les
derniers mois... qu'est-ce qui est ressorti, là, dans les médias, c'est très
préoccupant, c'est très préoccupant. Et moi, quand je regarde juste la
situation de qu'est-ce qui s'est passé dans cette famille d'accueil et une
jeune qui a été agressée sexuellement, mais le signalement à la DPJ puis même
une enquête, après 15 jours d'enquête de la CDPDJ, puis on arrive à une
conclusion qu'il n'y a pas de lésion de droit, moi, je ne sais pas, vous, M. le
ministre, là, mais... mais moi, ça, en soit, là, je suis très préoccupée, je
suis très préoccupée par ça. Parce qu'il se passe quelque chose, là, ce n'est
pas normal, ce n'est pas normal qu'on arrive à cette conclusion-là suite à des
agressions sexuelles. Et donc qu'est-ce qu'une jeune fille... qu'est-ce qu'elle
fait, cette jeune fille là? Il faut qu'elle appelle un avocat, il faut qu'elle
aille devant les tribunaux. Mais, au bout du compte, là, c'était ça, l'objectif
de la création d'un commissaire, c'était pour aider des jeunes filles comme
elle, parce que le système ne la protège pas. Le système ne l'a pas protégée,
M. le ministre. J'espère que vous êtes d'accord avec moi là-dessus.
M. Carmant : D'accord, mais
le commissaire va être là pour cette jeune femme là. Et, s'il y a des choses à
changer dans le système, le commissaire pourra demander des changements dans le
système. Mais ce que vous demandez, c'est que le commissaire aille au tribunal
pour cette jeune-là, alors qu'on a déjà un système qui existe pour ça, qui est
là depuis 50 ans. C'était «jeunesse» tout seul, avant; c'est devenu «jeunesse
et protection des droits... des droits» et «jeunesse» après. On pourrait le
rescinder, mais, tu sais, la solution que je trouve qui est très valide, c'est
de régler le problème de la CDPDJ avec le Barreau, avec la commission des
droits juridiques, avec les DPJ, avec tous ceux qui sont autour de la table
du... de la table jeunesse justice. Puis moi, je pense qu'il faut donner la
chance au coureur et que les solutions vont émaner de cette table-là.
Mme Garceau : Oui, mais...
mais là, si on regarde ce cas spécifique, on a... la DPJ ferme le dossier,
CDPDJ qui dit qu'il n'y a pas de lésion de droit. Donc, il y a quelque chose
de... qui ne fonctionne pas, là, fondamentalement. Donc, je ne sais pas si
c'est une question de manque de formation, si c'est une question de manque de
personnel, on n'a pas assez enquêté, je ne le sais pas. Mais pour arriver à cette
conclusion-là, il y a un problème en quelque part, M. le ministre, ça, c'est
sûr et certain. Et ce n'est pas... Et on a entendu les groupes, ce n'est pas la
première fois qu'on soulève les lacunes en ce qui a trait au pouvoir exercé par
la CDPDJ. Et avec grand respect, je ne pense pas que c'est la table justice
jeunesse qui va régler la situation des lacunes, parce qu'il y a... il y a une
prise de décision de gérer le volet jeunesse d'une certaine façon, qui, d'après
moi, est au détriment, ultimement, des droits des enfants du Québec.
M. Carmant : Bien, ça, c'est
un enjeu avec la CDPDJ, là, qu'il faut régler, tu sais, c'est... Ça, c'est une
sérieuse critique de la CDPDJ, puis je vous entends, mais... mais...
Mme Garceau : ...mais... mais
on a ici l'opportunité, M. le ministre, puis vous le savez, je ne suis pas la
seule à le dire, on a l'opportunité, dans ce projet de loi, de rectifier la
situation de qu'est-ce qui se passe en ce moment dans notre... dans la
protection... dans le système de la protection de la jeunesse, avec la création
de ce commissaire, une création d'une entité indépendante qui va être dédiée
100 % du temps et pas juste 10 % du temps. Ce n'est pas juste une
question, M. le ministre, là, de transférer les <avocats de la...
Mme Garceau :
... du
temps. Ce n'est pas juste une question, M. le ministre, là, de transférer les
>avocats de la CDPDJ puis de les mettre au niveau de... du service du
commissaire. Ce n'est pas ça du tout, là. C'est une question de volet jeunesse,
10 % du temps, et ils exécutent leurs obligations d'une certaine façon.
Mais là les pouvoirs et les responsabilités du Commissaire au bien-être et aux
droits des enfants, qui pourraient être beaucoup plus larges et efficaces en
vertu de qu'est-ce que la commission avait étudié, la commission Laurent, et
aussi les recommandations qui étaient dans le... dans le rapport, que... ne
sont pas représentés ici, ne sont pas reflétés ici.
M. Carmant : Bien, beaucoup
d'experts sur la jeunesse appuient quand même notre décision de... qu'on a
besoin d'un commissaire pour tous les enfants. La LPJ, c'est une loi
d'exception, et je pense, c'est important de représenter les droits de tous les
enfants. Je comprends qu'on n'a pas la même vision là-dessus, là, mais je veux
vous assurer, là, que je suis sensible à la... à la situation de la protection
de la jeunesse puis qu'on va s'assurer que les enfants de la protection de la
jeunesse soient bien représentés auprès du commissaire. Mais ça n'empêche pas
le fait que fondamentalement, moi, je persiste à dire qu'on a besoin d'un
commissaire pour tous les enfants.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne, je pense que vous aimeriez peut-être intervenir.
M. Cliche-Rivard : Bien,
merci, M. le Président. C'est une discussion qui... qui est intéressante, qui
est importante, qui est philosophique puis qui est au cœur un peu du projet de
loi, quand même. M. le ministre, j'avais une question, là. Dans votre lecture,
le commissaire, lui, là, si éventuellement il a des reproches ou des
recommandations à faire à la CDPDJ, est-ce qu'il serait libre de le faire?
M. Carmant : Oui, il pourra
le faire.
M. Cliche-Rivard : Il pourra
le faire, donc, et il pourra faire des recommandations, on y reviendra plus
tard, là. Mais vous avez mis ce pouvoir-là aussi, il pourra en saisir l'Assemblée.
Bref, c'est dans les amendements d'aujourd'hui. Le commissaire va être d'une
certaine façon, lui aussi, le... on pourrait dire le surveillant ou le
vérificateur, il pourra... il pourra jouer ce rôle-là, des actions de la CDPDJ?
C'est ce que je comprends?
• (10 h 20) •
M. Carmant : Bien, je ne sais
pas si le terme est juste, mais il est le porte-voix des enfants et il va
travailler en collaboration avec la CDPDJ.
M. Cliche-Rivard : ...collaboration.
Donc, dans des scénarios ou dans des situations, là, tel que le décrit ma
collègue, là, par exemple, là, quand on voit... Parce que, bon, vous l'avez
dit, là, puis je... on va faire la part des choses aussi, là, mais, je veux
dire, vraisemblablement, la CDPDJ, à mon humble avis, n'est pas sans reproche,
là. Il y a des enjeux qui ont été soulevés que... Ce n'est pas pour rien que
vous avez créé la table justice jeunesse, là, je pense qu'il y a des choses
qui... qui doivent changer, vous l'avez dit. Dans ces cas-là, tel que ma
collègue le précisait, là, on pourrait imaginer que le commissaire ait des
choses à dire a posteriori, ait une vérification à faire, ait des recommandations
à faire pour qu'on ne tourne pas là-dedans continuellement, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Et on peut
imaginer la même chose sur la DPJ, on peut imaginer que le commissaire vienne
faire la même chose?
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Absolument?
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
éventuellement, évidemment, selon les mécanismes prévus, nous faire part de ces
recommandations-là?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Donc,
d'une certaine façon, ils sont en... en parallèle, là. Je ne suis pas en train
de dire que le Commissaire au bien-être va être au-dessus de la CDPDJ, ce n'est
pas ça... comme ça que la hiérarchie le prévoit, mais il va avoir ou il aura,
de par son rôle intrinsèque, un pouvoir quand même de supervision, de
recommandation. Puis là, après ça, appartiendra aux législateurs ou aux
décideurs...
M. Carmant : À l'Assemblée.
M. Cliche-Rivard : ...de voir
qu'est-ce qu'on en fait.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Je veux peut-être voir... Je ne sais pas si ma collègue veut continuer sur son
point. Sinon, moi, ce que j'aurais suggéré, M. le Président, c'est qu'on les
prenne un par un, les... les points, là, de l'article 5 pour voir à
évacuer les questions. Mais peut-être que ma collègue a des... des points
globaux.
Mme Garceau : ...merci. Moi,
j'avais un amendement à déposer, M. le Président... Pardon?
Une voix : ...
Mme Garceau : ...oui, c'est
vrai, ce serait un amendement qui irait avant l'article 5.
Le Président (M. Provençal)
:Un amendement qui irait avant
l'article 5?
Mme Garceau : Le premier...
Le Président (M. Provençal)
:Ça veut dire que...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Dans l'article 5...
Mme Garceau : Oui, c'est dans
<l'article 5, c'est ça...
Le Président (M. Provençal)
:
Ça veut dire que...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:
Dans l'article 5...
Mme Garceau :
Oui,
c'est dans >l'article 5, c'est ça.
Une voix : ...
Mme Garceau : Oui, oui, excusez,
dans l'article 5, pas avant.
Le Président (M. Provençal)
:Excusez, mais c'est parce que je veux
être sûr qu'on se comprenne bien, là.
Mme Garceau : Oui, oui,
c'est dans l'article 5.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Donc, si on... pour les gens qui
nous suivent, dans l'article 5, on a «4° informer le public», puis «5°
soutenir». Ce que je comprends, c'est qu'entre le 4° et le 5° vous voulez
introduire quelque chose. Est-ce que je comprends bien votre... Oui? Non? Peut-être?
Mme Garceau : Non. C'est
l'amendement, M. le Président, à l'article 5. L'article 5, premier...
Une voix : ...
Mme Garceau : ...c'est
ça, premier alinéa, on a : «Le commissaire a pour fonctions de promouvoir
le bien-être». En ce moment, là, c'est ça qu'on a.
Le Président (M. Provençal)
:OK.
Mme Garceau : C'est cet
article-là qu'on aimerait amender.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Alors, on va attendre que
votre... On va attendre que l'amendement nous soit transmis, à
l'article 5.
Alors, je vais suspendre pour qu'on puisse
recevoir et valider. Suspension, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 24)
(Reprise à 10 h 27)
Le Président (M. Provençal)
:On va projeter le sous-amendement,
avant d'en faire la <lecture, à l'écran...
Le Président (M. Provençal)
:
...
On va projeter le
sous-amendement, avant d'en faire la >lecture, à l'écran. Alors, je vais
inviter Mme la députée de Robert-Baldwin à nous faire la lecture de son
sous-amendement à l'article 5.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Donc, le premier alinéa de l'article 5, tel qu'amendé,
est remplacé par le premier alinéa suivant : «Le commissaire a pour
fonction de promouvoir le bien-être et assurer la protection et le respect des
droits des enfants, et ce, en plus de veiller à l'intérêt des enfants.»
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre, voulez-vous qu'on
prenne une petite... une petite minute de réflexion?
M. Carmant : Est-ce qu'il y a des commentaires, peut-être,
ou...
Mme Garceau : Bien, regardez,
moi, c'est en fonction... C'est sûr et certain que, lorsqu'on regarde toutes
les fonctions et les pouvoirs d'un commissaire, surtout s'il est dédié au
bien-être et au droit des enfants, il doit y avoir un élément de protection et
pas juste de promouvoir, et de respecter, et de veiller à l'intérêt. Il faut
que ce soit plus que ça, pour qu'il puisse accomplir, là, vraiment son...
accomplir de façon efficace son rôle en tant que commissaire et surtout d'avoir
la possibilité de... dans certaines instances, que, oui, il va y avoir des
interactions avec des centres jeunesse, CIUSSS et CDPDJ.
M. Carmant : ...que je
contacte avec les juristes.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. On va suspendre, s'il vous
plaît. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 29)
10 h 30 (version révisée)
(Reprise à 10 h 35)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va reprendre les
discussions sur l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin à
l'article 5. M. le ministre, vous aviez besoin de quelques minutes de
réflexion avec votre équipe de légistes. Je vous cède la parole.
M. Carmant : Oui. Merci, M.
le Président. Donc, après avoir consulté, on ne peut pas accepter l'amendement
proposé, qui crée une certaine confusion, là, dans le rôle du commissaire avec
le terme «assurer la protection», là. Donc, les... nos juristes trouvent que
c'est... ce terme-là mène à confusion, ce terme-là mène à confusion dans les
fonctions du commissaire.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Pour bien
comprendre la réponse, M. le ministre, c'est «assurer» ou c'est «protection»
qui cause confusion, là? Juste... C'est «assurer»?
M. Carmant : Surtout
«assurer», mais même...
M. Cliche-Rivard : ...du
volet contraignant, positif que ça, ça crée en droit, c'est ça?
M. Carmant : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : Mais le
mot «protection» vous cause-t-il problème?
M. Carmant : Bien,
«protection», ça rentre dans les droits, mais, quand même... Je pourrais peut-être
passer la parole au juriste, mais il y avait une hésitation également avec
«protection».
M. Cliche-Rivard : Consentement
de mon côté.
Le Président (M. Provençal)
:Consentement pour permettre au
juriste de prendre la parole? Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, vous vous nommez et votre
fonction.
M. Bérubé (Mathieu) : Bonjour,
Mathieu Bérubé, avocat à la direction des affaires juridiques, santé et
services sociaux. Actuellement, le premier alinéa de l'article 5, ce qu'il
prévoit, c'est que le commissaire a pour fonction de promouvoir le bien-être et
le respect des droits des enfants. Donc, ça, c'est vraiment en harmonie avec
qu'est-ce qui a été recommandé dans le rapport de la commission Laurent, donc,
d'offrir des fonctions, en fait, à un tel commissaire, de promotion comme telle.
Avec l'amendement ici, «assurer la protection», on vient un petit peu
indirectement confier au commissaire des fonctions qui seraient dévolues à
d'autres entités, notamment la CDPDJ, en matière de protection des droits de
l'enfant, plus spécifiquement pour la CDPDJ en vertu de la Loi sur la
protection de la jeunesse.
Puis là, avec les autres... En fait, les
fonctions plus spécifiques qui sont confiées à notre commissaire, quand on
descend notre article au complet, en le lisant, ça s'insère mal avec cette
idée-là, évidemment, d'assurer la protection puisque ces réelles fonctions là
et ces pouvoirs et responsabilités là sont dévolus à d'autres entités. Donc,
autrement dit, assurer la protection des droits des enfants, ça ne peut pas...
ça ne peut pas aller en cohérence avec cette fonction-là de promotion du
bien-être et du respect. Sur le... Ça, c'est sur l'aspect de l'assurer, de
l'assurance comme telle de la protection.
Sur l'aspect de la protection comme telle,
bien, de notre point de vue, le fait de promouvoir le respect des droits, bien,
ça inclut, dans une certaine manière, en fait, d'assurer... pas d'assurer, excusez-moi,
mais de promouvoir la protection forcément de ces droits-là. Autrement dit, si
on en fait la promotion du respect, c'est parce qu'on ne veut pas qu'ils soient
violés, ces droits-là. Donc, forcément, tu sais, c'est de dire : Bien,
faites attention dans vos agissements pour respecter la loi.
Autre élément, c'est qu'il ne faudrait pas
non plus que le commissaire devienne une sorte de... comment je pourrais dire,
de commissaire à la CDPDJ. Tu sais, l'objectif n'étant pas, on se rappelle, de
venir dire à la CDPDJ comment exercer <ses propres fonctions...
M. Bérubé (Mathieu)T :
...on
se rappelle, de venir dire à la CDPDJ comment exercer >ses propres
fonctions. Ça fait que c'est ça, l'idée, là, en fait, pour l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Il faut
quand même faire une nuance, là, avec égard à... Me Bérubé, c'est ça, oui?,
mais avec égard... l'intention du législateur a quand même été exprimée que,
oui, il y aurait une vérification quand nécessaire puis, oui, il y aurait des
recommandations lorsque nécessaire du commissaire envers la CDPDJ. Donc, ça a
été quand même très clairement exprimé par le ministre.
Donc, j'entends que ce n'est pas sa
fonction principale, là, mais on est d'accord qu'il existera et il devra
exister, de façon à assurer ses droits puis ses mandats à 5, et 6, et 7, et 9,
que ce soit fait au moment nécessaire. Est-ce qu'assurer, là... Moi, j'entends
que c'est peut-être là où ça bloque. Promouvoir le bien-être, et la protection,
et le respect, ça bloque, ça aussi? Si «assurer» n'était pas là, vous avez
quand même un enjeu de protection, parce que vous avez dit qu'il était quand
même implicite, là, «protection», dans respect des droits. Donc, s'il est
implicite, y a-t-il vraiment problème à le laisser?
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
en fait, c'est... c'est que, conceptuellement, ça devient comme...
Personnellement, là, je trouve que c'est faire la promotion de la protection.
On fait plus, là, la promotion du respect des droits, tu sais. Autrement dit,
c'est... avant de faire la protection, c'est que... Tu sais, quand on se rend à
l'étape de la protection, c'est qu'il y a peut-être déjà un enjeu. Quand on
fait la promotion du respect, on est en amont, puis c'est vraiment ça, le rôle
de plaidoyer qui était... qui était décrié dans la commission Laurent.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
• (10 h 40) •
Mme Garceau : Oui. Avec
respect, là, c'est parce que le gouvernement a pris une décision de ne pas
respecter les recommandations de la commission Laurent à l'égard des fonctions
et des pouvoirs du commissaire. On va commencer avec ça. Vous avez pris une
décision que son rôle était pour être plus dans le préventif que dans la
protection. Et, sur ce, compte tenu des lacunes dans le système actuel et les
situations horrifiques liées à des lésions de droit des établissements dans...
les enfants qui vivent dans des conditions pitoyables, et j'en passe... qu'à un
moment donné, vous avez pris une décision, tant qu'à moi, qui n'est pas dans
l'intérêt supérieur des enfants, compte tenu qu'on a carrément mis de côté les
recommandations de la commission Laurent au sujet de qu'est-ce qui était au
cœur des recommandations. C'était le volet protection, c'était le volet
protection. Il était... c'était un commissaire qui était pour être le chien de
garde, la seule voix au niveau de la protection des enfants. Oui, de promouvoir
leurs droits, oui, de veiller à leurs intérêts, mais il y avait un volet de
protection parce que c'est ça qui était nécessaire compte tenu des
circonstances qui datent depuis des années.
Maintenant, là, vous avez pris une
décision de ne pas respecter, et je ne suis pas d'accord avec cette décision-là.
Et je ne suis pas la seule, il y a eu plusieurs groupes, et vous le savez très
bien, qui ne sont pas d'accord, qu'on aurait dû respecter le fait que ce
commissaire, ça soit le vrai chien de garde puis qu'il y ait un commissaire qui
a des vrais pouvoirs pour intervenir dans la protection des droits de nos
enfants. Parce que, là, en ce moment, on ne l'a pas, le chien de garde, donc il
manque des dents, il manque des griffes, il manque pas mal de choses ici, dans
ce document, ce projet de loi.
Et là, à un moment donné, si vous allez...
si vous allez maintenir cette position qui restreint vraiment les pouvoirs du
commissaire, qui n'était pas du tout le souhait de la commission Laurent, à un
moment donné, c'est qui qui va être la voix des enfants, M. le ministre? Au
bout du compte, là, c'est qui qui va être la voix de la jeune fille qui est
victime d'agression sexuelle dans une famille d'accueil? C'est ça que les gens
posent depuis, là... les questions qu'ils vous posent depuis des mois. Parce
que ce n'est pas la DPJ puis ce n'est pas la CDPDJ. Ça fait qu'à un moment
donné, à un moment donné, là, quand la CDPDJ ne fait pas sa job, ne fait pas sa
job de protéger les droits de nos enfants, <il va falloir qu'il y ait une
instance...
Mme Garceau :
...pas
sa job, ne fait pas sa job de protéger les droits de nos enfants, >il va
falloir qu'il y ait une instance en quelque part qui va être la voix de nos
enfants les plus vulnérables.
Et c'est ça. À un moment donné, ça devrait
être le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants. C'était ça, le cœur
du projet de la commission, du rapport. C'était une voix, une voix. Mais là, si
on ne va pas transférer les pouvoirs puis qu'on va laisser la CDPDJ avec... qui
va dédier 10 % de son temps dans la protection puis le volet jeunesse? Bien,
qu'au moins qu'on donne des griffes à ce commissaire-là pour faire quelque
chose que... quand quelqu'un dans le système, puis je vais le dire, là, est en
train de brimer les droits d'un enfant parce qu'elle ne fait pas le nécessaire
pour le protéger, il faut qu'il y ait quelqu'un... Puis c'était ça, le...
c'était ça dans le rapport de la commission Laurent, c'est : Il y avait
quelqu'un au-dessus de la mêlée. Et même l'ex-commissaire...
l'ex-vice-président, M. Lebon, l'a dit dernièrement dans un article. Il
faut... Il faut avoir quelqu'un, le vrai chien de garde, quelqu'un qui va être
au-dessus.
Donc, si la CDPDJ, là, va garder ses rôles
et ses responsabilités, mais, dans l'exécution de ces rôles et responsabilités
là, ne fait pas sa job, qui va être la voix des enfants, M. le ministre? Ça
devrait être le commissaire. Et donc, oui, le commissaire devrait avoir le
droit d'aller cogner à la porte pour dire : Mais qu'est-ce qui se passe
dans ce dossier-là? Comment se fait-il que vous n'allez pas intervenir? Parce
que, oui, il y en a, des dossiers où ils ne vont pas intervenir, puis on le
sait parce qu'on a un paquet d'avocates puis des groupes qui nous l'ont dit
puis qui ne se présentent pas devant les tribunaux, puis qui ne sont pas là
pour les enfants. Donc, ça va être qui si ce n'est pas la CDPDJ? Si la CPDJ
dit, là : Nous, là, on ne représente pas des dossiers individuels, nous,
là, on ne s'en va pas à la chambre de la jeunesse parce que les... la situation
n'est pas assez grave, j'ai manqué de tomber de ma chaise quand j'ai lu ça, donc
qui va le faire si ce n'est pas le commissaire?
C'est ça, M. le ministre, je ne comprends
pas pourquoi on restreint... on veut restreindre les fonctions et les pouvoirs
d'un commissaire quand on peut... quand on peut intégrer des... dans les
fonctions, un protecteur. C'est un peu comme le Protecteur du citoyen qui fait
des recommandations, le commissaire est le protecteur, dans un certain sens,
des enfants du Québec, incluant les enfants les plus vulnérables, qui...
malheureusement, dans un système de protection des enfants, oui, il y a des
failles. Puis, quand ces failles-là ne sont pas corrigées, bien, il y a
quelqu'un en haut qui va venir nous dire, à l'Assemblée : Regardez, là... Mais
c'est ça... mais c'est pour ça que je veux dire : Assurer la protection. Il
va avoir ce pouvoir de venir nous dire, à l'Assemblée, que ça soit protection
de la jeunesse, DPJ, que ça soit la CDPDJ... de dire : Il y a un problème
important qu'on doit corriger, et moi, je fais ces recommandations-là. Il me
semble qu'il devrait avoir le pouvoir de le faire. Et c'est pour ça que j'ai
fait l'amendement, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le ministre.
M. Carmant : Bien, je n'ai
pas grand-chose à dire, sauf peut-être que, sur le dernier point, on s'entend.
S'il y a un problème, il doit venir nous le dire.
Puis, tu sais, l'enjeu aussi... c'est que
plusieurs gens nous ont dit : La CDPDJ a tous les pouvoirs, il faut qu'ils
les utilisent de façon adéquate, puis c'est ça qu'on veut régler. Nous, on...
tu sais, on amène le commissaire en service social, aux services sociaux pour
être là pour tous les enfants. Tu sais, si on voulait un commissaire qui
regardait juste les enjeux de DPJ, il serait en justice avec la CDPDJ. Là, on
l'amène aux services sociaux pour voir tout ce qui se passe, <la
situation de tous les enfants...
M. Carmant :
...là, on
l'amène aux services sociaux pour voir tout ce qui se passe, >la
situation de tous les enfants. Puis, tu sais, je vous entends très bien, mais
là-dessus, je pense que c'est important, là, que le commissaire ait la vision
de tous les enfants du Québec.
Mme Garceau : Mais
l'amendement ne fait pas en sorte que... l'amendement confirme. Moi, je ne dis
pas que ça devrait être juste protection des enfants les plus vulnérables,
c'est la protection de tous les enfants. Donc, j'enlève... Moi, tout ce que je
veux m'assurer, c'est que le commissaire va avoir, dans ses... surtout,
première fonction. Là, là, c'est vraiment un article important parce que c'est
l'article qui décrit ses fonctions. Il doit y avoir quelque chose liée à... pas
juste à veiller, mais à assurer la protection. Parce que, dans ses
représentations, que ça soit au niveau de la DPJ, ou la CDPDJ, ou dans son
rapport, avec des recommandations, ça va être avec l'idée d'assurer une
protection pour les enfants.
M. Carmant : Dans ce
contexte-là, moi, je me fie aux juristes du gouvernement qui me disent que la
formulation n'est pas recevable.
Mme Garceau : Ou, suggestion :
À la fin, «en plus de veiller à la... à la protection et à l'intérêt des
enfants», on peut mettre «protection» là.
Des voix : ...
M. Carmant : Ah! oui, oui,
c'est vrai.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député des Îles.
M. Arseneau : Oui. M. le
Président. Je regardais quelle était la mission de la CDPDJ, et l'un des rôles,
c'est de protéger l'intérêt de l'enfant. Le commissaire, lui, on inscrit qu'il
doit veiller à la protection de l'intérêt de l'enfant. Donc, les rôles sont
distincts. L'un protège l'intérêt de l'enfant, l'autre veille à ce que cette
protection-là de l'intérêt soit réalisée.
J'aimerais annoncer éventuellement le
dépôt d'un amendement qui consisterait à ajouter comme fonction au commissaire
celle de veiller au respect du droit des enfants, de la même façon que ce n'est
pas nécessairement uniquement la promotion qu'on souhaite, en tout cas, que
moi, je souhaiterais que l'on assure, mais également qu'on veille au respect du
droit des enfants. Et là on aurait une logique, à mon point de vue, qui
pourrait peut-être répondre en partie à la préoccupation de ma collègue de
l'opposition. Et je crois qu'on pourrait améliorer les fonctions en vertu du
respect des droits, c'est-à-dire veiller au respect des droits comme on veille
à la protection de l'intérêt.
• (10 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, une très bonne
remarque. À moins qu'il y ait d'autres interventions, je procéderais à la mise
aux voix de l'amendement, en sachant très bien que le député des Îles-de-la-Madeleine
a déjà annoncé ses couleurs. Alors, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est...
M. Cliche-Rivard : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui?
M. Cliche-Rivard : J'ai
l'impression qu'il y a quand même des discussions qui continuent...
Le Président (M. Provençal)
: C'est par rapport...
M. Carmant : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, c'est ce que j'avais cru
percevoir, là. Alors, je reprends. Est-ce que l'amendement déposé par Mme la
députée de Robert-Baldwin est adopté?
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Non. Bon, alors...
Une voix : ...vote nominal,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, vote nominal, merci.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention.
Alors... Ah! oui, on a oublié de... Vous
avez oublié la députée de D'Arcy-McGee.
Des voix : ...
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:C'est qu'on... On appelle ça se faire
discret.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, l'amendement déposé par Mme la
députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Maintenant, on revient toujours à
l'article 5, et on a un amendement qui va être déposé par <M. le
député des Îles-de-la-Madeleine...
Le Président
(M. Provençal)
:
...qui
va être déposé par >M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce que
votre amendement est libellé présentement?
M. Arseneau : Oui. Si on
peut suspendre quelques secondes à peine, là, pour qu'on puisse transmettre
l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, suspension.
(Suspension de la séance à 10 h 53)
(Reprise à 10 h 59)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va reprendre nos travaux.
Je vais demander maintenant au député des Îles-de-la-Madeleine de nous faire
lecture de son amendement à l'article 5.
M. Arseneau : D'accord.
Alors, l'amendement propose, au premier alinéa de l'article 1 du projet de
loi, de remplacer le «le» par «de veiller au» et remplacer «et de veiller» par
«ainsi qu'».
Alors, pour être plus clair, l'alinéa se
lirait comme suit : «Le commissaire a pour fonctions de promouvoir le
bien-être et de veiller au respect des droits des enfants ainsi qu'à la
protection de l'intérêt de l'enfant.»
La raison pour laquelle je propose cet
amendement, c'est pour donner un petit peu plus de tonus au rôle et à la
fonction dévolue au commissaire eu égard aux droits des enfants. On nous a dit
que d'assurer la protection des droits, ça ne faisait pas partie de son mandat,
mais qu'il pouvait en promouvoir le respect. La proposition qui vous est
soumise est à l'effet de confier au commissaire le rôle de veiller au respect des
droits de la même façon qu'on veut qu'il veille à la protection de l'intérêt de
l'enfant. Évidemment, j'imagine que ce rôle-là qui est... ces fonctions qui
sont dévolues au commissaire viennent compléter un rôle qui est déjà dévolu à
la CDPDJ. Alors, si on regarde parmi les rôles de la CDPDJ, c'est effectivement
d'assurer la protection de l'intérêt de l'enfant, et on ne voit pas comme
contradictoire le fait que le commissaire veille à la protection de l'intérêt
de l'enfant. Donc, l'un protège l'intérêt, l'autre veille à la protection de
l'intérêt.
• (11 heures) •
Pour ce qui est de la promotion des droits
ou du respect des droits, la commission a comme rôle le respect et la promotion
des droits. Donc, de la même façon, pour ce qui est, du moins, du volet du
respect des droits, eh bien, moi, je verrais d'un très bon œil qu'on puisse
s'assurer que le commissaire puisse veiller au respect des droits et pas
seulement lui donner un rôle promotionnel. Donc, le fait de veiller au respect
des droits, à mon point de vue, dans la fonction du commissaire, l'autorise à
porter un certain jugement sur le fait qu'on respecte ou non les droits des
enfants plutôt que simplement en faire la promotion, et ce qui me semble être
un sens complètement différent et beaucoup plus fort si on veut vraiment se
rapprocher des recommandations du rapport Laurent à cet égard.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien,
encore une fois, M. le Président, tout comme l'amendement précédent, ça crée un
genre de confusion avec le rôle de la CDPDJ. Et au niveau de nos juristes, on
dit que c'est... ce changement, même si c'est un changement de position du mot
«veiller», va trop loin, là, par rapport aux fonctions du commissaire dans
notre projet de loi.
M. Arseneau : Mais
est-ce qu'on... est-ce qu'on pourrait savoir comment on ne voit pas de mal à ce
que le commissaire veille à la protection de l'intérêt de l'enfant, mais qu'on
voit comme un problème le fait qu'il veille au respect des droits de l'enfant?
J'avoue que je ne saisis pas, là. On est toujours dans un rôle de veille et non
pas dans un rôle actif d'assurer, par exemple, le respect, d'assurer autre chose...
11 h (version révisée)
M. Arseneau : ...d'assurer
autre chose.
M. Carmant : M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
: Allez.
M. Carmant : ...avec votre
permission, je passerais la parole à Me Bérubé.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Mathieu
Bérubé, avocat à la Direction des affaires juridiques, Santé et Services
sociaux. Sur le concept de protection de l'intérêt de l'enfant, là, ici, il
faut le concevoir comme étant beaucoup plus général. Puis évidemment le premier
alinéa de l'article 5 doit se lire avec... en fait, dans l'entièreté de l'article 5.
Donc, c'est sûr qu'une fois qu'on a lu le premier alinéa, il faut aller voir
plus spécifiquement qu'est-ce qui est attendu, dans le fond, du commissaire.
Puis, quand on parle de la protection de l'intérêt de l'enfant, tu sais, c'est
dans ses fonctions qui sont très générales, là, évidemment, par l'analyse de l'état
du bien-être : l'impact des politiques gouvernementales, la mise en œuvre
des programmes, la prestation des services qui sont destinés aux enfants,
notamment, ça en fait partie.
Ici, le fait de venir remplacer, bon,
«assurer la protection du respect des droits» par «veiller au respect des
droits», c'est qu'on arrive un petit peu au même résultat. C'est-à-dire que,
là, on confie une responsabilité plus forte de veiller au respect de ces
droits-là quand... dans les fonctions plus spécifiques qu'on confie au
commissaire dans ce grand chapeau-là. Ça ne s'inscrit pas dans l'objectif de
veiller spécifiquement au respect, d'autant plus qu'il n'aura pas les pouvoirs
comme la CDPDJ, par exemple, pour s'assurer de remplir cette fonction-là, de
veiller au respect des droits.
M. Arseneau : Mais est-ce qu'il
n'y a pas quand même une différence sémantique importante entre assurer le
respect des droits, qui est dévolu à une autre organisation, et veiller au
respect des droits, ce qui n'est pas un rôle forcément actif, mais plutôt un
rôle, je dirais, de l'ordre du... de l'observation de la recommandation de l'avis
ou du commentaire?
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, c'est
ça, je suis en train de chercher le... le sens courant du terme, là. Peut-être...
Tu sais, généralement, dans le corpus législatif québécois, quand on accole une
obligation au fait de veiller, c'est qu'il y a une obligation de résultat qui
est un peu attendue, là. C'est pour ça que, d'entrée de jeu, j'avais l'impression
qu'on revenait un petit peu au même résultat que le fait d'assurer, dans le fond,
le respect, donc le fait de veiller au respect. Écoutez, sur cet aspect-là... c'est
ça, bref, j'aurais tendance à continuer de penser que ça ajouterait de la force
à la promotion, en fait, que, «veiller», ça va plus loin que simplement
promouvoir, dans le fond, le respect des droits, et que, là, on... il y aurait
peut-être un enjeu, là, justement, sur c'est quoi, le carré de sable. Tu sais,
il y a la CDPDJ qui a ses fonctions, ses responsabilités dévolues en vertu de
la charte puis de la LPJ. Or, là, ici, l'objectif étant de promouvoir le
respect des droits, mais dans le cadre des fonctions qui sont plus spécifiques,
déterminées au deuxième alinéa de l'article 5, donc...
Le Président (M. Provençal)
:...des Îles.
M. Arseneau : Oui. Oui, bien,
encore une fois, puis je comprends que c'est plus fort et c'est l'objectif, l'objectif,
c'est de ne pas parler pour rien dire, qu'il y ait... qu'il ait effectivement
un rôle qui dépasse celui du cheerleader des droits, mais qu'il puisse vraiment
porter un jugement, porter un regard, s'exprimer. C'est le sens du «veiller».
Et je ne suis pas juriste, loin s'en faut, mais, si on peut dire que le
commissaire va veiller à la protection de l'intérêt de l'enfant alors qu'une
autre organisation protège l'intérêt de l'enfant, là aussi, ce n'est pas... ce
n'est pas si général que ça. Une organisation, nommément la CDPDJ, a pour
fonction précisément de protéger l'intérêt de l'enfant. Le commissaire, lui, il
veille à ce que ce rôle-là, parmi d'autres rôles, d'autres organisations, d'autres
intervenants... et j'imagine qu'il ne pourra pas agir activement pour la
protection de l'intérêt, il va veiller à ce que, dans la société québécoise,
ceux qui ont la responsabilité de le faire le fassent.
Et c'est sous cet angle-là que moi, je
voulais défendre le fait qu'il peut aussi faire un peu la même chose à la fois
sur l'intérêt comme sur... l'intérêt de l'enfant et sur le respect des droits
des enfants, ce qui me semble encore plus fondamental, en fait, que... que sur
l'intérêt de l'enfant ou tout aussi important, du moins, lorsqu'il est question
des droits, des droits fondamentaux des enfants.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Je vous
réclamerais une courte suspension, M. le Président. Une chose que je voudrais
discuter avec l'équipe ministérielle.
Le Président (M. Provençal)
:Suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 07)
(Reprise à 11 h 11)
Le Président (M. Provençal)
:Nous allons reprendre nos travaux. Il
y avait un questionnement hors d'ondes qui a été fait. Alors, maintenant, je
vais demander à M. le ministre de prendre la parole.
M. Carmant : Oui. Bien, pour
répondre à la demande du député des Îles-de-la-Madeleine, on ne veut vraiment
pas qu'il y ait de confusion entre le rôle du commissaire et le rôle de la
CDPDJ. Donc, pour moi, cet amendement n'est pas recevable.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député des Îles.
M. Arseneau : Encore une
fois, je ne vois pas comment on peut confier le rôle au commissaire de veiller
à la protection de l'intérêt de l'enfant et... alors que le rôle de protection
de l'intérêt de l'enfant est dévolu à bien d'autres instances, mais qu'on ne...
on se refuse à dire que l'on veut qu'il puisse veiller au respect des droits.
Ça me semble être deux éléments clés dans le rôle du commissaire, qu'il peut
réaliser dans son rôle de veille, veiller étant, évidemment, pouvoir se
prononcer sur le respect ou non des droits des enfants, comme sur la protection
ou non de l'intérêt de l'enfant.
Et j'ai beaucoup de difficultés à voir en
quoi est-ce que c'est incompatible avec le rôle qu'on souhaite donner au
commissaire, si on veut qu'il serve, effectivement, à quelque chose, eu égard
tant à la protection du... de l'intérêt de l'enfant que de la... du respect de
ses droits. La simple promotion du bien-être, j'en suis, mais il me semble que
le commissaire pourrait faire bien davantage si on veut qu'il soit efficace et
que... pouvoir juger, là, de l'intérêt de la fonction, et de son rôle
primordial, et de sa pertinence, de veiller à ce que le droit des enfants soit
respecté, évidemment, dans... à l'intérieur des fonctions qui lui sont
dévolues, à l'intérieur des... des budgets qui sont... qui sont les siens, là.
Quand je dis «les fonctions», je veux <dire...
M. Arseneau :
...des
budgets qui sont... qui sont les siens, là. Quand je dis «les fonctions», je
veux >dire «les moyens qui lui sont dévolus» plutôt, mais que sa
fonction consiste à non seulement veiller à la protection de l'intérêt de
l'enfant, mais également au respect des droits des enfants plutôt que
simplement la promotion du respect.
La promotion du respect des droits,
d'ailleurs, il faudrait savoir comment on l'exerce. Est-ce qu'on va faire la
promotion du respect des droits par des campagnes publicitaires, par des
affichettes distribuées aux gens dans les écoles ou ailleurs? Il me semble que,
si on ne se contente que de confier ce rôle-là au commissaire, c'est
sous-évaluer et sous-estimer sa capacité d'influencer réellement le cours des
choses puis positivement la société dans le respect des droits, donc, qu'il
puisse avoir voix au chapitre, en quelque sorte, la fonction, le devoir, même,
de s'exprimer sur le respect des droits sans usurper le pouvoir de quiconque,
mais au moins d'avoir cette capacité-là, d'analyser les situations, de poser un
regard et d'exprimer une opinion. Il me semble que tout ça est inclus dans la
veille qu'on pourrait lui confier quant au respect des droits, de la même façon
qu'on le fait pour la protection de l'intérêt de l'enfant.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, juste... je
lui dirais, par exemple, pour l'exemple de l'élève, s'il appelle le
commissaire, le commissaire va l'amener vers le <i>protecteur de l'élève,
qui, lui aussi, a le rôle de veiller à l'intérêt de l'élève. Donc, tu sais, le
but, c'est d'un accompagnement. Puis, dans les fonctions qu'on parle, c'est
vraiment d'accompagner par les bonnes personnes. Et, s'il y a des enjeux plus
généraux, bien là il... c'est important qu'il les rapporte à l'Assemblée
nationale.
M. Arseneau : Je vais laisser
mes collègues, s'ils veulent...
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet amendement?
Une voix : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : J'aime beaucoup
l'expression de mon collègue, le cheerleader des droits, parce que, on va se le
dire, là, entre nous, ce n'est pas du tout ce que la commission Laurent avait
envisagé. J'espère que vous êtes d'accord là-dessus, que ce n'est pas juste un
cheerleader des droits qui va faire la promotion des droits, puis c'est
vraiment ça, le rôle d'un commissaire, le commissaire, c'est ça qu'il va faire.
M. Carmant : ...on a un
représentant autonome, indépendant, qui va faire des représentations à
l'Assemblée nationale. Je ne pense pas qu'on peut qualifier ça de cheerleader,
là.
Mme Garceau : Mais, afin de...
Et donc, à titre d'exemple... puis ce n'est pas juste de miser sur... Parce que
vous l'avez dit d'emblée, c'est le commissaire pour tous les enfants. Donc, à
un moment donné, quand un enfant va venir cogner à la porte du commissaire
parce que la porte est fermée pour cet enfant-là à la DPJ ou la porte est
fermée à la CDPDJ, à titre d'exemple, cet enfant-là, si on n'a pas l'expression
d'au moins veiller à la protection...
Veiller à la protection veut dire que,
oui, ça va laisser l'opportunité au commissaire de peut-être appeler quelqu'un
à la CDPDJ, ou la directrice de la protection de la jeunesse, ou une autre
personne liée à la situation de l'enfant pour tenter d'aider l'enfant dans la
situation dont il se trouve ou elle se trouve dans le... pour... Et ça, c'est
dans le... dans toute l'optique de veiller au respect de l'enfant et à sa
protection. Donc, il n'y a pas de confusion ici. On est loin de... loin de là.
M. Carmant : Bien, ce que
vous décrivez, c'est le point n° 5, donc il n'y a pas
de confusion, effectivement. Moi, ce que je dis, <c'est...
M. Carmant :
...donc
il n'y a pas de confusion, effectivement. Moi, ce que je dis, >c'est,
dans la phrase qui a été utilisée, il y a confusion.
Mais maintenant la fonction est exactement
là. Et, si ce mécanisme-là ne fonctionne pas, comme on le dit actuellement, ça
va être important qu'il le décrive, ce mécanisme-là, qu'il... s'il n'est pas
fonctionnel. Mais son rôle, c'est vraiment de l'accompagner. Sinon, tout le
monde fait la même chose. On a le Protecteur du citoyen, le protecteur de
l'élève, <i>commissaire santé, bien-être.
Mme Garceau : À l'article 23,
M. le ministre, de la Loi sur la protection de la jeunesse, vous avez les
pouvoirs de la CDPDJ, à l'article 23 a, assurer le respect des droits de
l'enfant sous la LPJ et la LSJPA, loi sur la justice pénale des adolescents :
«elle assure, par toutes mesures appropriées, la promotion et le respect des
droits de l'enfant reconnus par la présente loi et par la Loi sur le système de
justice pénale pour les adolescents.»
Donc, il n'y a pas d'enjeu, là, ici, entre
ce qu'on... le... si je peux dire, l'amendement de mon collègue et pouvoirs de
la CDPDJ en vertu de la loi.
M. Carmant : Parce qu'ils
font la promotion aussi.
Mais, encore une fois, là, là on parle
d'une loi d'exception qui s'applique à très peu d'enfants. Nous, on parle d'un
commissaire aux services sociaux, tu sais, qui... Nous, on est dans le volet
service social, pas juste juridique.
Mme Garceau : Oui, mais
encore plus, encore plus. Donc, si on parle de la loi d'exception, et donc
peut-être pas un cas qui est lié à la CDPDJ ou la DPJ, le commissaire devrait
avoir ce pouvoir-là, de veiller à la protection. Si ça ne tombe pas sous les
pouvoirs de la CDPDJ ou la DPJ, il y a un vide, il y a comme un vide à combler,
là.
M. Carmant : Mais qu'est-ce
que vous appelez protection, alors, dans ce cas-là?
• (11 h 20) •
Mme Garceau : Bien, veiller à
la protection. Ça va dépendre de la situation de l'enfant. Protection de ses
droits.
M. Carmant : Oui, mais on dit
que les droits, ça inclut intrinsèquement la protection.
Mme Garceau : Bien, le... Parce
que c'est la protection des droits, c'est la protection du bien-être, de
l'intérêt. C'est... Il faut le regarder. C'est un tout, là. De tous les
enfants, pas juste ceux qui sont vulnérables et ceux qui sont sous la
protection de la jeunesse déjà. Ça peut être à l'extérieur de ça. Ça peut être
un cas de maltraitance, ça peut être un cas de négligence qui n'est pas... qui
n'est pas encore avec la DPJ, qui n'est pas rendu. Parce que vous parlez
toujours de la prévention puis que, les signalements à la DPJ, il faut regarder
la ligne... la première ligne. Vous misez beaucoup sur la promotion de la
première ligne. On peut être là, avec le commissaire aussi, à la première ligne.
M. Carmant : Absolument.
Absolument. Il faut. Il faut.
Mme Garceau : Puis on n'est
pas rendus là. Donc, pour éviter un signalement, peut-être que l'enfant est
allé cogner à la porte du commissaire. Et c'est pour ça que veiller à la
protection pour éviter un signalement en vertu... qu'il fasse partie de cette
première ligne. Ce n'est pas juste Agir tôt.
M. Carmant : Non, non, je
sais, mais on dit la même chose. Mais, comme je vous dis, la phrase qui est
utilisée n'est pas recevable. Tu sais, je n'ai pas d'autre chose à dire, M. le
Président, là, rendu là, là. Mais je pense qu'on dit la même chose, là, on a
les mêmes buts. Moi, c'est sûr que je veux que le commissaire fasse la
promotion de la première ligne, là, plus, plus, plus, là.
Le Président (M. Provençal)
:...des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : ...
Mme Garceau : Non, allez-y.
M. Arseneau : ...bien, je
voulais juste revenir sur l'idée que le premier... en fait, le premier alinéa
est un genre de descriptif général, puis ensuite, bien, on y... on peut lire,
là, à travers les neuf paragraphes qui suivent, un petit peu, là, une
description de ce qu'il peut faire ou ce qu'il doit faire. Et je... je vois,
par exemple... juste pour <illustrer...
M. Arseneau :
...description
de ce qu'il peut faire ou ce qu'il doit faire. Et je... je vois, par exemple...
juste pour >illustrer le fait que ses fonctions de promouvoir le
bien-être au paragraphe 3° viennent aussi avec une analyse sur les impacts des
politiques gouvernementales sur le bien-être des enfants. Et ce que je cherche
à voir, c'est... lorsqu'il est question du respect des droits, outre le fait
qu'il puisse accompagner les enfants dans l'exercice de leurs droits, je ne
vois pas le pendant sur justement le fait qu'il puisse poser un regard, comme
je le disais tout à l'heure, analyser ce qui se passe dans la société
québécoise quant à la protection du droit des enfants... des droits des enfants.
C'est la raison pour laquelle j'ai fait la proposition de cet amendement-là
pour que le rôle aille plus loin que simplement faire œuvre utile en informant
ou en faisant la promotion, comme on veut le faire au paragraphe 4°.
Alors, il me semble que... si le
commissaire peut promouvoir le bien-être mais également analyser les impacts
des politiques gouvernementales sur le bien-être des enfants, il me semble
qu'il pourrait aussi, au-delà de la promotion du respect, faire une analyse,
poser un regard, émettre une opinion sur le fait qu'on respecte ou non le droit
des enfants au Québec à travers le rôle de différents intervenants
gouvernementaux ou paragouvernementaux.
Alors, je ne... encore une fois, je ne
comprends pas la réserve du ministre à cet égard-là, parce qu'il me semble que
le respect des droits des enfants, lorsqu'il est question de nommer un
commissaire, doit être davantage incarné par une fonction, je dirais,
analytique ou une opinion davantage, donc, que simplement à titre de promotion
ou d'information. Ça me semble faible. Et c'est de ça qu'on parle. Les
fonctions dévolues au commissaire, dans la situation actuelle des enfants que
l'on souhaite protéger, si on le confine dans un rôle strictement lié à
l'échange ou à la transmission d'informations, essentiellement à la
transmission de bons sentiments, ce n'est pas suffisant, à mon point de vue,
pour qu'on puisse véritablement avoir une grande pertinence, celle qu'on
souhaite dans la nomination d'un commissaire au bien-être et aux droits, je le
répète, aux droits des enfants.
Le Président (M. Provençal)
: Avant de céder la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
M. le ministre.
M. Carmant : ...quand même
qu'au point 9°, il doit... il peut fournir des avis, des recommandations qu'il
estime appropriés sur toute question concernant matière relevant de ses
fonctions. Donc...
M. Arseneau : Oui, mais,
encore là, on est dans le général. Ça n'exclut rien, mais ça ne précise rien non
plus quant aux droits. Et, puisqu'on a un projet de loi qui porte justement le
titre de bien-être et droits des enfants, il me semble qu'on doit le rendre
plus explicite, si on en a l'occasion. Et c'est l'occasion que je vous présente
et propose.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Cliche-Rivard : ...M. le
Président. M. le ministre, tu sais, j'entends les collègues puis je pense qu'il
y a deux choses dans le global de la discussion de ce matin, c'est qu'il y a...
On vous a compris, là, le transfert des pouvoirs, c'est assez limpide, là, on
ne va pas là. Vous avez parlé, le 23, initier le tribunal, l'enquête, tout ça.
Bon. Ça, on peut... on peut faire le point puis on va le débattre amplement
dans les prochains jours. Je pense qu'on vous a entendu, on vous a compris
là-dessus.
Il y a par contre «tel quel », puis
je pense que ce que les collègues essaient de dire, c'est qu'on peut travailler
à renforcer un petit peu le «tel quel». Puis c'est... c'est l'ouverture que je
vais vous demander puis que je pense que les collègues sont en train de vous
demander tranquillement. C'est correct, on n'ira pas à Z, là, sur les demandes
de transfert. Nous, je pense, on sent qu'on est proche de A ou B, là. On
peut-tu se rejoindre à quelque part? Parce que j'ai un peu le malaise quand
même, comme ma collègue, de dire... Puis je ne veux pas minimiser ce qui est
déjà là, puis c'est un bel effort, mais, moi aussi, je trouve qu'il manque un
peu de mordant, beaucoup de mordant. On va faire des propositions dans ce sens-là,
mais je ne pense pas qu'à tous les coups ou à tous les cas, là, la réponse, ça
sera sine qua non : <Ça...
M. Cliche-Rivard :
...mais
je ne pense pas qu'à tous les coups ou à tous les cas, là, la réponse, ça sera
sine qua non : >Ça, c'est la CDPDJ. Ça, c'est la CDPDJ. Je pense
que, un peu comme vous l'avez ouvert à 6, on peut faire les deux, tant que ce
n'est pas de nature juridictionnelle, tant que ce n'est pas une manière devant
le tribunal, tant que ce n'est pas une manière d'enquête.
Ça fait que je fais un commentaire global,
là, pour ce qui s'en vient parce que, là, je n'ai pas une proposition ferme sur
cet amendement-là à vous faire, mais je pense que c'est là où on essaie de vous
amener, à savoir : Là, tel quel, là, on n'est pas satisfaits de... de la
force puis des pouvoirs que ce mécanisme-là va avoir. Puis... les collègues
essaient, je pense, puis moi aussi, de vous amener, c'est : Solidifions
son mandat un petit peu, là. Puis j'espère qu'il y aura, j'en suis certain, là,
une écoute de votre part quand on va avancer dans le concret de ces éléments-là.
Parce que je pense que, pour beaucoup, puis pour nous, le statu quo tel quel,
il est limitatif sur ce qu'il va pouvoir faire vraiment, le commissaire.
Ça fait que je vous envoie ça, là, puis je
pense que c'est là que le... la banquette se situe, à savoir qu'on a compris
qu'on n'irait pas à transférer tout 23. On a compris qu'il y aura la table
jeunesse, viendra une modification de la LPJ, j'en devine, là, sur certaines
affaires, mais là on a beaucoup de choses qu'on peut quand même faire sur notre
commissaire sans qu'on dise que tout ça, c'est pitché par en avant. C'est ce
que je vous suggère, puis j'y reviendrai plus concrètement, mais je pense qu'on
a un petit travail de... mitoyen qu'on peut peut-être faire ou accomplir
ensemble pour bonifier le projet de loi, ce que je vais vous soumettre au
courant des prochains jours.
• (11 h 30) •
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : ...d'enjeux.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. On... Nous sommes ici pour créer, si je peux dire, un... un meilleur
environnement en termes de société dans le domaine de protection des droits de
nos enfants. Et, si on ne va... on ne va pas respecter les recommandations de
la commission Laurent concernant l'étendue des... des... des fonctions et des
pouvoirs du commissaire...
Moi, je reviens à la première ligne, je
reviens au taux élevé de signalement : il me semble que le commissaire a
un rôle à jouer au niveau de cette première ligne là. Et il doit y avoir, dans
la définition de ses fonctions, tout l'aspect de pouvoir veiller au respect des
droits et à la protection des intérêts des enfants.
Et... Et... Et je vous donne juste deux
exemples où je crois qu'un commissaire pourrait intervenir. Pas le signalement
à la DPJ. On ne s'en va pas à la CDPDJ parce que, là, on est dans la loi
d'exception et on veut diminuer les signalements. C'est ça, l'objectif, M. le
ministre. Donc, la jeune fille de 12 ans qui fait cinq tentatives de
suicide dans un centre jeunesse, moi, j'ai... j'ai... j'ai beaucoup de
difficultés, en tant que... que... que mère, en tant que parent, qu'une jeune
fille veut rester avec sa mère, et on impose qu'elle reste dans un centre de...
jeunesse. Et cette fille... cette jeune fille là est tellement désespérée
qu'elle fait cinq tentatives de suicide. À un moment donné, là, après une
tentative, deux tentatives, on... on... on fait quoi? Et, pour moi, il me
semble qu'un commissaire a un rôle à jouer dans le respect des droits de cet
enfant-là, avant de faire des signalements et autres, que le commissaire
pourrait intervenir pour corriger... pour tenter de corriger la situation.
Parce que c'est sûr et certain qu'il n'y a
pas personne qui veut voir des enfants dans des situations où ils sont à un
point tel, là, où ils veulent mourir dans notre système de protection de la
jeunesse. Donc, il faut faire en sorte que... il me semble, qu'un commissaire a
un rôle à jouer. Et c'est pour ça que de veiller au respect... Oui, cette jeune
fille là a des droits, et, si elle n'est pas protégée dans l'exercice de ces
droits-là, comme première ligne, pour ne pas aller plus loin, un commissaire
aurait un rôle à jouer...
11 h 30 (version révisée)
Mme Garceau : ...et... et
si elle n'est pas protégée dans l'exercice de ces droits-là, comme première
ligne, pour ne pas aller plus loin, un commissaire aurait un rôle à jouer. Même
chose, jeune fille qui... qui quitte un centre jeunesse, qui a une fugue, puis
tout d'un coup se retrouve au poste de police puis on la met dans une cellule,
il me semble que le commissaire a un rôle à jouer de... Et ça va plus loin, M.
le ministre, c'est ça, le point, que de simplement dire... de promouvoir le
bien-être et le respect. C'est... c'est l'optique de veiller au respect, de s'assurer
que les respects des droits des enfants comme ces deux enfants-là... On est en
train de... d'aider, au lieu de dire : Ah! bien, on va faire un
signalement à la DPJ, ou la CDPDJ va intervenir. Il a un rôle, le commissaire,
à jouer, il me semble.
Et c'est dans cette optique-là que je suis
parfaitement en accord avec l'amendement de... de mon collègue, d'ajouter ces
termes-là qui... qui sont vraiment importants pour donner un peu de mordant,
là, aux pouvoirs... aux responsabilités et pouvoirs du commissaire.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Carmant : Je n'ai
rien à ajouter, M. le Président. Je comprends.
Le Président (M. Provençal)
:À ce moment-ci, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'amendement qui a été déposé par le député des Îles-de-la-Madeleine.
Et on va y aller par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention.
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire
: M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Contre.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme... Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement, qui
avait été déposé par M. le député des Îles-de-la-Madeleine à l'article 5,
est rejeté.
Maintenant, nous revenons à l'article 5
amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Bien, sans préjudice aux collègues, là, M. le ministre, ce que je suggérerais,
c'est qu'on aille point par point sur les différents mandats, ceux qu'on n'a
pas touchés. Ça vous va, si on y dans l'ordre? Parfait. Je veux juste être sûr
qu'on fasse ça tous ensemble.
Le premier, là, je me permets qu'on le
relise, parce que ça fait un moment : «Mettre en place des moyens pour
recueillir les préoccupations et les opinions des enfants, entre autres en ce
qui a trait aux enjeux de société.»
Ça fait que j'aimerais vous entendre sur...
Oui?
Le Président (M. Provençal)
:...vous dire qu'on s'est entendus, au
début, qu'on... on traitait des articles dans leur globalité. Alors, même si on
y va point par point, je vous rappelle que le temps maximum est de 20 minutes.
Ce n'est pas 20 minutes par... par... Non, mais j'aime autant faire la
précision, parce que je ne veux pas que vous disiez : Heille! on ne le
savait pas, là. C'est beau? Merci.
M. Cliche-Rivard : C'est
bon, auquel cas on amendera un des sous-points, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Vous avez bien compris notre
processus.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait que, M. le ministre, sur le point 1°, là, j'aurais voulu vous entendre. Qu'est-ce
qui est... qu'est-ce qui est réfléchi et prévu comme moyens de mise en place?
Puis j'aimerais ça l'entendre conjointement ou en lecture, avec 8° aussi, là, sur
le comité. Bref, qu'est-ce que vous avez comme vision sur les moyens pour
recueillir les préoccupations et les opinions des enfants?
M. Carmant : Bien, c'est
ça. Initialement, on avait parlé de faire un comité consultatif de jeunes
national. Maintenant, avec les... ce qu'on a entendu en consultations
particulières, on va faire des comités régionaux. Et pour... et pour s'assurer,
justement, que les jeunes en centre jeunesse soient bien représentés, on va
faire des comités de jeunes dans chacun des centres jeunesse qui vont pouvoir
fournir des... des jeunes sur les comités régionaux et être représentés. On
veut également... Il va y avoir... Il y a toutes sortes de sondages avec la santé
publique qui vont nous permettre de savoir également l'état et le bien-être de
nos jeunes. On a contacté également l'INSPQ, qui devient également un
partenaire intéressant dans ce... dans ce... dans cette considération-là.
M. Cliche-Rivard : ...Donc,
principalement, vous dites le comité à 8°, là, j'entends... Parce que l'article
dit «comité régional», «comité régional et national», j'entends, <vous...
M. Cliche-Rivard :
...le
comité, à 8
°, là, j'entends, parce que l'article dit «comité régional», «comité
régional et national». J'entends, >vous dites que chaque centre jeunesse
aura son comité?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : C'est
ça, l'objectif?
M. Carmant : C'est
l'objectif, oui.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Donc, pour que, vraiment, les jeunes soient au cœur, là, de ce
processus-là, puis que leurs informations puis leurs perceptions, ou leurs
opinions, ou leurs idées soient véhiculées. Et qu'outre 8°, vous me parlez du
sondage, puis vous me parlez de... d'informations avec l'INSPQ. C'est ça qui
est visé, là, surtout, à 1°.
M. Carmant : C'est ça.
Il y a des trucs, il y a des études statistiques qui sont faits de façon
régulière, et on va... on va s'assurer que le commissaire suive ces... ces
données-là et... santé publique, l'INSPQ, etc.
M. Cliche-Rivard : Parce
que là, c'est ça, à 8°, vous nous parlez, puis on y reviendra, là... Là, on est
dans les jeunes au complet, là, on n'est pas juste... vous avez nommé «centres
jeunesse», mais le comité national puis le comité régional, c'est l'ensemble
des jeunes.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : OK.
Auquel cas, en plus...
M. Carmant : Incluant...
incluant la diversité, là.
M. Cliche-Rivard : En
plus, on va ajouter un volet centres jeunesse.
M. Carmant : Qui vont
être inclus, oui.
M. Cliche-Rivard : Qui
vont être inclus dans les comités régionaux.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait que certains membres, on verra, là... certains membres de comité de chaque
centre jeunesse, ou, en tout cas, vous verrez, auront leur représentation...
M. Carmant : Régionale.
M. Cliche-Rivard : ...pour
faire valoir le volet DPJ, là, le volet protection à l'intérieur du comité
régional.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard :
Excellent. Moi, ce sont mes questions sur le point 1°. Je vais laisser le temps
à mes collègues.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député des Îles.
M. Arseneau : Bien,
juste une petite question, c'est : Si on a parlé de comités régionaux en
référant au point 8°, puis qu'on a «comité consultatif», c'est qu'il va y avoir
des amendements ou...
M. Cliche-Rivard : ...
M. Arseneau : On les a
déjà. OK, d'accord. Excusez. C'est bon. OK, OK. C'est bon. Merci.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Là, vous parliez de l'article 8? Du point 8°?
M. Cliche-Rivard : ...paragraphe
8° du deuxième alinéa de 5.
Le Président (M. Provençal)
:Merci.
M. Cliche-Rivard : Brigitte,
sur 1°.
Mme Garceau : ...un
amendement à proposer, M. le Président. C'était une proposition du regroupement
<i>Auberges du coeur à cet égard, là, qu'on devrait collaborer également
avec les organismes jeunesse déjà établis. Ça avait été un point quand même
intéressant qu'ils ont fait valoir. Donc, on va déposer, M. le Président,
l'amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, mais avant...
Mme Garceau : À l'alinéa 1.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Est-ce que votre amendement est
prêt?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, si vous voulez nous le
transmettre pour qu'on puisse en prendre... et, par la suite, le projeter à
l'écran.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:On va suspendre... le temps de
recevoir l'amendement. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 41)
(Reprise à 11 h 47)
Le Président (M. Provençal)
:Parfait. On a juste fait une petite
modification. Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin, je vais vous inviter à
nous faire lecture...
Mme Garceau : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:...de l'amendement que vous déposez à
l'article 5 qui est...
Mme Garceau : Je vais
juste attendre, M. le Président, si vous me permettez, parce que le ministre
est <en...
Mme Garceau :
...Je
vais juste attendre, M. le Président, si vous me permettez, parce que le
ministre est >en discussion, peut-être suspendre quelques minutes.
Des voix : ...
M. Carmant : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
Mme Garceau : Ah!
allons-y. Donc... donc, M. le Président : L'article 5 du projet de
loi, tel qu'amendé, est modifié par l'insertion, dans le paragraphe 1° du
deuxième alinéa après les mots «mettre en place des moyens», des mots «en
collaboration avec les organismes jeunesse déjà établis».
Cette modification découle des
représentations du regroupement Auberges du coeur. Je croyais que c'était très
important d'intégrer leur proposition à cet article, compte tenu... Évidemment,
on devrait... Il y a déjà des organismes jeunesse en place qui font cet
exercice de la collecte des préoccupations, des opinions des jeunes et tel que...
je ne pouvais pas assister, je pense que j'étais malade lorsqu'il y avait la
grande consultation jeunesse, à titre d'exemple, et la Coalition interjeunes.
Donc, c'est de belles initiatives. Je crois qu'on doit promouvoir. Et je crois
que ce serait très intéressant pour ces organismes-là, ça va les encourager à avoir
peut-être plus d'échanges, plus de forums avec la collaboration du commissaire.
Je trouve que ce serait une très belle façon d'aller recueillir, comme on dit,
là, le pouls de la... de la jeunesse concernant les enjeux de notre société.
Donc, voilà.
• (11 h 50) •
M. Carmant : Je trouve
l'amendement peut-être un peu trop liant, là, mais moi, je... Si on pouvait
dire, par exemple, aux fins... à la fin du... de l'alinéa, peut-être «notamment
auprès des organismes jeunesse», ça, je pense que ce serait quelque chose qui...
qui serait acceptable.
Mme Garceau : Donc, «en
collaboration notamment avec»?
M. Carmant : En tout
cas, moi, j'aurais dit : «Les opinions des enfants, entre autres en
ce qui a trait aux enjeux de société, notamment auprès des organismes jeunesse».
Le Président (M. Provençal)
:...je pense que le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
voulait apporter un commentaire.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je trouve ça intéressant, l'approche que vous dites, M. le
ministre, je le mettrais quand même au début, là, pour... je pense que c'était
plus simple, mais je suis d'accord avec vous pour deux points que ça peut être
un «notamment», qui est moins liant. Puis «déjà établis», je trouve que c'est
peut-être préjudiciable de ceux qui vont se former ou vont créer... vont être
créés dans les prochaines années. Ça fait que, sur le fin fond, là, je suis absolument
d'accord avec ma collègue. Je pense que vous apportez une... une proposition
mitoyenne juste. Après, peut-être que l'équipe légale peut nous aider à savoir
si on le met à la fin ou si on le met au début, là. Ça, c'est peut-être plus du
ressort légal, en effet.
Le Président (M. Provençal)
:...faciliter nos échanges, à ce
moment-là, suite au commentaire de M. le ministre, il y aurait vraiment une
modification qui sera apportée. Alors, pour être efficaces, est-ce que vous
accepteriez de retirer votre amendement, et après ça on pourra en rediscuter
avec la partie légale et vous serez à même de redéposer cet amendement-là, avec
la suggestion que M. le ministre a fait?
Mme Garceau : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Alors, consentement pour
retirer votre amendement?
Mme Garceau : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Et on va suspendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 52)
12 h (version révisée)
(Reprise à 12 h 04)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, Mme la députée de Robert-Baldwin,
je vous invite à nous faire la lecture de l'amendement que vous déposez à l'article 5
du projet de loi tel qu'amendé.
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Donc, je crois que nous avons trouvé la voie de passage
concernant cet... l'amendement à l'article 5.
Donc, l'article 5 du projet de loi,
tel qu'amendé, est modifié par l'insertion, dans le paragraphe 1° du deuxième alinéa
après les mots «mettre en place», des mots «notamment en collaboration avec les
organismes communautaires oeuvrant en matière de jeunesse».
Donc, le libellé se lirait comme suit :
«Mettre en place, notamment en collaboration avec les organismes communautaires
oeuvrant en matière de jeunesse, des moyens pour recueillir les préoccupations
et les opinions des enfants, entre autres en ce qui a trait aux enjeux de
société.»
Le Président (M. Provençal)
:Merci.
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, M. le ministre.
M. Carmant : ...bien, très
content d'inclure les organismes communautaires dans cette discussion-là. Moi,
je suis en accord avec l'amendement proposé.
Le Président (M. Provençal)
:Bon. Y a-t-il d'autres interventions
sur l'amendement déposé? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Peut-être
juste une question. Tu sais, c'est excellent, là, j'appuie l'amendement. Tu
sais, du moment où il... c'est recueilli, ça, peut-être juste nous expliquer, M.
le ministre, c'est quoi... c'est quoi, le «next»... c'est quoi, la suite, là.
Tu sais, c'est intéressant, là, c'est recueilli, il écrit trois pages, il le
met sur son site Web. Tu sais, c'est quoi, l'intention derrière ça?
M. Carmant : Je pense que le
commissaire va devoir faire son travail et étudier ce qui est inclus.
M. Cliche-Rivard : ...de le
traduire en recommandations...
M. Carmant : Exactement.
M. Cliche-Rivard : ...ou de
vous l'envoyer, ou de vous le soumettre.
M. Carmant : Dans ses
rapports annuels.
M. Cliche-Rivard : Dans ses
rapports. Donc, il y aura une section, là, inquiétudes et... genre, une section
préoccupations des jeunes, puis en découleraient possiblement des
recommandations au législateur ou aux autres acteurs. C'est ça, l'objectif de
recueillir les informations, c'est ça, le...
M. Carmant : C'est qu'il les
utilise, en tout cas.
M. Cliche-Rivard : Qu'il les...
M. Carmant : Je ne sais pas
sous... je ne sais pas sous quelle forme, là, mais qu'il les utilise.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Bien... Parce que c'est important. C'est intéressant qu'on lui mette des
fonctions, encore faut-il qu'on les traduise en... On ne va pas lui demander de
faire ce job-là, puis après qu'est-ce qui arrive, là, tu sais.
M. Carmant : Non, non.
M. Cliche-Rivard : Ça fait qu'on
s'entend que... on pourra s'attendre à avoir une recension, du moins, de ce que...
de ce qu'on lui a communiqué dans son rapport annuel.
M. Carmant : Qu'il sera... qu'il
produira de façon indépendante.
M. Cliche-Rivard : Oui, bien
sûr. On lui envoie donc cette demande-là avant même qu'il ou elle soit en poste.
M. Carmant : Parfait.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions, commentaires? M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Je
comprends qu'il y a une coquille, là, puis on ne va pas l'ajouter au projet de
loi, parce que, dans le projet de loi, on dit «entre autres», puis là ce qu'on
voit, c'est «en autres». Donc, ne pas corriger le texte, qui déjà était bien
rédigé, c'est-à-dire entre, e-n-t-r-e, autres, a-u-t-r-e-s. Vous avez compris?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, mais je pense que c'est noté, on
n'aura pas à revenir. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement
déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin à l'article 5 est adopté? Adopté.
Merci.
Maintenant, y a-t-il d'autres
interventions concernant l'article 5 amendé? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bon, pour suivre
ce qu'on s'était dit tout à l'heure, le 2° : «Analyser l'état de bien-être
des enfants au Québec et réaliser annuellement un portrait de cet état.»
Ma première question, M. le ministre, c'est
que ce portrait-là, il est public, là, j'imagine, puis il est inclus au <rapport...
M. Cliche-Rivard :
...ce
portrait-là, il est public, là, j'imagine, puis il est inclus au >rapport.
M. Carmant : ...<i>l'institut
de la statistique qui le fait, puis il le fait, en général, je pense, aux cinq
ans, oui, aux cinq ans. Donc, on va demander que ça se fasse de façon beaucoup
plus rapprochée pour qu'on suive un peu de plus près l'état de bien-être de nos
enfants.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que le commissaire, indépendamment de son rapport annuel, va avoir comme ce
mandat-là de quantifier avec des indicateurs que lui, il va définir, là, ou qui
existent déjà, peut-être, ce que vous me dites, avec... avec l'INS, qui va...
qui va nous dire : Il y a une évolution sur ça ou il y a une dégradation
sur ça.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis
là on va pouvoir, donc, évaluer l'évolution ou non de certains indicateurs.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis
ça, ce sera toujours public.
M. Carmant : Oui,
absolument. C'est comme la consommation, le tabagisme, toutes sortes de choses
qu'on peut suivre, qui, quand on le suit sur une base annuelle, c'est beaucoup
plus facile de voir venir les tendances.
M. Cliche-Rivard : À
l'intérieur de l'évaluation du bien-être, là, il y a des groupes qui nous
parlaient aussi de... le volet maltraitance, là, le volet d'évaluation de...
malheureusement, des lésions, là, ou la quantification de ces lésions-là. Est-ce
que ça va faire partie des indicateurs, à savoir s'il y a une hausse, je donne
un exemple, malheureuse des agressions ou une hausse malheureuse de lésions?
Est-ce que ça, ça va faire partie aussi de l'évolution ou...
M. Carmant : Bien, ça, c'est
dans le bilan des DPJ, qui est lui-même également annuel, mais c'est sûr que le
commissaire va... va étudier ces bilans-là qui sont remis de façon annuelle.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait qu'on devine qu'intrinsèquement ou implicitement, à l'état du bien-être,
il y a le mal-être, là, je veux dire...
M. Carmant : Le
mal-être, oui.
M. Cliche-Rivard : ...c'est
malheureux, là, mais c'est inclus.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'on s'attendra à ce que, s'il y a une évolution, ou une augmentation des
signalements, ou une augmentation des méfaits, ou à l'augmentation de...
Qu'est-ce qui en sera? On pourra le lire... évidemment, ce ne sera pas qu'une
évaluation positive, là, nécessairement, là.
M. Carmant : Non, non,
non, c'est l'état des jeunes au Québec.
M. Cliche-Rivard : Ça va
être vraiment des deux côtés. Puis, s'il y a une dégradation, on va le savoir
puis on va le lire là-dedans. Parfait. Je vais laisser mes collègues peut-être compléter.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
• (12 h 10) •
Mme Garceau : Oui. Moi,
j'ai vraiment une question précise en ce qui a trait au comment. Comment est-ce
que le commissaire va analyser l'état de bien-être des enfants au Québec?
Comment est-ce qu'il va faire ça?
M. Carmant : Ah! C'est
des sondages qui se font par l'Institut de la statistique du Québec. Ça se fait
de façon récurrente, mais là il faut... il va falloir que ça se fasse de façon
annuelle.
Mme Garceau : Donc... donc,
ça va être limité aux sondages.
M. Carmant : Bien, c'est
une... c'est une façon de faire, là. Puis, comme j'ai dit, il y a des rapports
qui sont annuels, comme le rapport de la DPJ... des DPJ, qui sont... qui
sortent de façon annuelle. Mais c'est comme ça que ça fonctionne, là. Le
Surgeon General aux États-Unis, il suit les... des sondages faits sur une base
annuelle sur le bien-être des jeunes. C'est la façon de faire.
Mme Garceau : OK. Donc,
vous, votre idée, juste pour qu'on comprenne bien, si je peux dire, l'étendue
de l'article, là vous avez parlé de sondages. Et quoi d'autre?
M. Carmant : Bien, il y
a les rapports de la protection de la jeunesse. On a parlé des rapports des coroners.
Tu sais, il y a des toutes sortes de choses qui vont être suivies par le
commissaire.
Mme Garceau : Rapport de
la commission? Rapports de qui? Je m'excuse, là.
M. Carmant : Des
coroners, j'ai dit, à la fin.
Mme Garceau : Des
coroners, mais avant ça?
M. Carmant : Des DPJ, le
rapport annuel des directeurs de la protection de la jeunesse.
Mme Garceau : Mais là
est-ce qu'il va avoir... Parce que, là, il analyse. Donc, tout ce qu'il fait,
c'est de reviser des documents, des rapports. Est-ce qu'il va avoir, suite à
ça, le pouvoir de poser des questions concernant ces rapports? Est-ce qu'il va
pouvoir avoir des rencontres suite à... Parce qu'analyser c'est juste de faire
une révision, c'est... c'est loin d'être évident, là.
M. Carmant : ...la
partie collaboration. Donc, on va venir plus tard, là, à l'article 11, là,
la collaboration avec les différents organismes.
Mme Garceau : OK. Donc
là, on parle... L'article 11, c'est ça?
M. Carmant : C'est là où
on parle des collaborations, effectivement.
Le Président (M. Provençal)
:...que M. le ministre vient de
mentionner.
Mme Garceau : Mais là
est-ce que... est-ce que ça fait en sorte que le commissaire va pouvoir
demander d'autres documents à part des rapports?
M. Carmant : Bien, il va
avoir ses indicateurs qu'il va définir lui-même, puis il va... il va faire son
travail.
Mme Garceau : Non, mais là...Oui, mais... mais là on pourrait avoir des circonstances où, que ce soit la
DPJ ou la CDPDJ, suite à <l'analyse...
Mme Garceau :
...on
pourrait avoir des circonstances où, que ce soit la DPJ ou la CDPDJ, suite à
>l'analyse du rapport, admettons, le rapport annuel, que ce soit
protection de la jeunesse, que ce soit la commission, volet jeunesse... Et là,
si le commissaire veut avoir plus d'informations, veut avoir plus de documents,
il va se faire dire : Non, ça, c'est confidentiel.
M. Carmant : Il peut poser des
questions. Ça, c'est dans... ça, c'est déjà prévu dans le projet de loi.
Mme Garceau : OK.
M. Carmant : Les
articles 8 et 9... alinéas 8° et 9°, excusez-moi, dans
l'article 5.
Des voix : ...
M. Carmant : ...l'article 8,
effectivement.
Mme Garceau : 8 et 9. OK
Le Président (M. Provençal)
:...interventions sur l'article 5
amendé? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Il y avait
des discussions, là. 2° parle des enfants, puis les ex-placés nous ont parlé
aussi d'inclure les familles, là, parce que finalement les familles sont...
puis le bien-être de ces familles-là sont quand même directement liés au cœur
puis au bien-être de ces enfants-là. Est-ce qu'il y avait une réflexion de votre
part à la suite de cette recommandation-là de... des ex-placés de mesurer aussi
le bien-être des familles?
M. Carmant : Bien, on a
décidé de se limiter aux... aux jeunes.
M. Cliche-Rivard : Aux jeunes.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Tout en
comprenant indirectement que, si le commissaire en juge... qu'il y a un lien
direct, j'imagine, entre le bien-être des familles puis ce qui arrive aux
enfants, lui, il pourra décider d'inclure, là.
M. Carmant : Absolument.
M. Cliche-Rivard : Je donne
un exemple indirect, mais, bon, la difficulté d'accéder à un loyer, par
exemple, ou des situations difficiles de monoparentalité, ou... etc., si le
commissaire en voit là un lien direct avec le bien-être de l'enfant, il va en
parler, il va le quantifier, là.
M. Carmant : On s'y attend,
oui.
M. Cliche-Rivard : On s'y
attend. Donc, on peut se dire que, quand lui verra ou elle verra un lien entre
le bien-être des enfants, il l'inclura.
Il y a eu toute une discussion aussi sur
le volet recommandations, là. Donc, on... on va y revenir à 11.1 et suivants, mais
je voulais quand même que ce soit clair qu'on ira faire ce suivi-là. Parce qu'à
11.1 et suivants, on parle beaucoup des alinéas 3° à 6°, mais... mais pas
de 1°, 2°, et les autres. Ça fait que je vais... je vous l'annonce déjà, là, on
va discuter à savoir pourquoi seulement 3° à 6°, mais on y reviendra quand on
sera à 11.1, 11.2, 11.3. Parce que, pour moi, le commissaire devrait pouvoir
faire des recommandations aussi sur le bien-être, sur... Ça fait qu'on en
reparlera, parce qu'effectivement 11.1 est limité un peu, là, mais j'y
reviendrai.
Je ne sais pas si mes collègues ont
d'autres choses sur le deuxième point, sur le point 2°.
Le Président (M. Provençal)
:C'est tout?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Non?
M. Cliche-Rivard : Je vous
laisserais, chère collègue, faire le point 3° pour commencer, si ça vous va.
Mme Garceau : ...
M. Cliche-Rivard : Voulez-vous
le lire?
Mme Garceau : 3° : «Analyser
les impacts des politiques gouvernementales sur le bien-être des enfants.»
M. Carmant : ...mais, par
exemple, avec l'OPHQ, on a... on a le... l'analyse des politiques
gouvernementales sur les personnes en situation de handicap, mais on veut que
toutes les politiques gouvernementales soient analysées par rapport à la
situation des enfants et que... et qu'une vision des jeunes soit prise en considération
dans toutes... dans toutes nos politiques.
Mme Garceau : OK. Est-ce
qu'on devrait, M. le ministre, si vous me permettez, collègue, ajouter à la fin
«et des jeunes adultes», pour cette... «analyser les impacts des politiques
gouvernementales sur le bien-être des enfants et des jeunes adultes»?
M. Carmant : Bien, les jeunes
adultes sont déjà touchés. Moi, je n'ajouterais pas «et des jeunes adultes».
M. Cliche-Rivard : ...si je
ne m'abuse, là, on...
Mme Garceau : On l'avait
ajouté?
M. Cliche-Rivard : ...3° à 6°.
Mme Garceau : Est-ce qu'on
l'avait ajouté? Je m'excuse.
M. Cliche-Rivard : Bien, en
fait avec le deux... troisième alinéa : «Le commissaire exerce également à
l'égard des jeunes adultes les fonctions prévues de 3° à 6°». Ça fait que, de 3°
à 6°, on a toujours les jeunes adultes.
Mme Garceau : Ah! OK. C'est
bien. Oui, je comprends. Oui, c'est bien.
M. Cliche-Rivard : ...M. le
ministre, elle aussi, elle sera publique, ou c'est quelque chose qu'ils vont
vous faire à l'interne, ou comment ça fonctionne?
Des voix : ...
M. Carmant : Il va falloir
qu'on vérifie, mais...
M. Cliche-Rivard : Je vous
donne l'exemple de... une ADS, là, qui <serait...
M. Carmant :
...il
va falloir qu'on vérifie, mais...
M. Cliche-Rivard :
Je
vous donne l'exemple de... une ADS, là, qui >serait fait par la...
M. Carmant : C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...condition
féminine, nous, on n'y a pas accès, là. Je veux dire, ce n'est pas public, là.
M. Carmant : OK.
M. Cliche-Rivard : Est-ce... Ce
serait intéressant que ce le soit, là, dans l'intérêt supérieur des jeunes. S'il
y a une analyse spécifique du bien-être des... des jeunes ou des enfants qui
est faite dans un PL, dans une politique gouvernementale, ce serait intéressant
que le public le sache, là.
M. Carmant : À l'intérieur de
ce qui est... Tu sais, comme, je pense qu'il faut avoir une certaine cohérence
gouvernementale aussi, donc on va vérifier puis on vous reviendra.
M. Cliche-Rivard : OK.
Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:...qui est une notion d'information
et de sensibilisation. Oui.
Mme Garceau : ...mon prochain
commentaire, M. le Président, c'est sur le 5°.
M. Cliche-Rivard : ...moi, je
n'ai pas de commentaire sur le 4°. Donc, si mon collègue des
Îles-de-la-Madeleine n'a pas de commentaire sur le 4°...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, allez-y sur le 5°.
M. Cliche-Rivard : ...
Mme Garceau : OK. M. le
ministre : «Soutenir les enfants dans l'exercice de leurs droits en les
dirigeant vers les ressources appropriées et en les accompagnant lorsque
nécessaire dans leurs démarches.». J'aimerais ça que vous nous expliquiez votre
vision de qu'est-ce que ça va impliquer tout ça pour le commissaire. C'est
quoi, la vision liée à ce sous-paragraphe?
• (12 h 20) •
M. Carmant : Bien, tantôt, on
parlait de l'exemple de l'élève qui a un problème. Le commissaire reçoit
l'appel, l'amène vers le protecteur de l'élève. S'il y a un enjeu de
protection, contacte la DPJ, l'aide avec ce problème-là, si c'est un problème
de... tu sais, quelle que soit la problématique qu'une personne reçoit. Et
nous, on veut vraiment mettre des affiches du... tu sais, que le commissaire
soit quelqu'un de connu de tous les réseaux, là, des affiches en centre
jeunesse, partout, là. Puis on veut vraiment que le commissaire soit connu de
tous, probablement avec un... une façon de la rejoindre qui sera simple pour
tout le monde, incluant les jeunes, tu sais, on parle d'un certain... peut-être
un numéro de téléphone extrêmement simple. Et son rôle sera vraiment d'amener
le... soit le Protecteur du citoyen, le protecteur... protecteur de l'élève...
commissaire santé, bien-être, en tout cas, accompagner le jeune vers la bonne
ressource.
Parce que, sinon, il y a... tu sais, on
veut... on veut vraiment éviter qu'il y ait du... il y ait des dédoublements
ici, vraiment éviter qu'il y ait des dédoublements. Il commence à y avoir... tu
sais, là, il va y en avoir un pour les sports également, là, un protecteur pour
les athlètes, là. Donc, tu sais, il commence à y avoir... La cour commence à
être pleine de protecteurs, là. Ça fait que nous, on veut vraiment qu'il
accompagne puis avec une vision transversale du bien-être des jeunes.
Mme Garceau : OK. Donc, dans
le soutien à l'égard des enfants, c'est vraiment juste de... dépendamment de la
situation ou du problème, on va aller le diriger vers la ressource appropriée,
comme vous dites.
M. Carmant : Exact.
Mme Garceau : Et vraiment
rien d'autre.
M. Carmant : Sur une base
individuelle, non, mais si... tu sais, comme, toutes les problématiques que
vous soulevez, s'il y a une problématique plus systémique, bien là il va faire
quelque chose, et là il va faire un rapport à l'Assemblée nationale. Mais, sur
une base individuelle, on a fait le choix, là, puis ça, c'est... je l'assume
entièrement, que son rôle sera d'accompagner vers la bonne personne, parce que
ces bonnes personnes existent déjà, et on en a rajouté, là.
Mme Garceau : Mais qu'est-ce
qui se passe, M. le ministre, si on a un enfant... On fait la promotion, le
commissaire, la commissaire est là, disponible pour aider les enfants,
d'assurer que leurs... bien, de veiller à leurs droits, le respect de leurs
droits, et, dans l'exercice de ses fonctions, on a un enfant où on le dirige
vers la protection de la... de la jeunesse, mais on ne fait rien. Il <pourrait...
Mme Garceau :
...dirige
vers la protection de la... de la jeunesse, mais on ne fait rien. Il >pourrait
avoir... Il y en a, des cas comme ça, puis il va y en avoir d'autres, cas comme
ça. Donc, qu'est-ce que le commissaire va faire suite à... bien, l'enfant est
allé, et malheureusement rien ne s'est passé avec la protection de la jeunesse?
M. Carmant : Bien, en
théorie, la prochaine étape serait soit le Protecteur du citoyen, soit la
CDPDJ, là, bien que je sais que c'est un enjeu, mais, tu sais, c'est... en
théorie, ce seraient les prochaines étapes.
Mme Garceau : OK. M. le
Président, j'aimerais déposer un amendement à l'article 5, qui serait
l'article 5.1. Est-ce que vous voulez que je le lise, ou on va le déposer?
Le Président (M. Provençal)
:Bien, un instant.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Pour déposer un 5.1, il faut qu'on...
qu'on adopte l'article 5, puis l'article 5 n'est pas adopté encore.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:...en fait, vous voulez amender le
cinquième.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, le paragraphe 5°.
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:OK, alors on va suspendre.
(Suspension de la séance à 12 h 24)
(Reprise à 12 h 30)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va... on revient en ondes,
et je vais inviter la députée de D'Arcy-McGee à nous faire la lecture de l'amendement
qu'elle dépose.
Mme Prass : ...tel qu'amendé
est modifié par l'insertion après le paragraphe 5°, du paragraphe suivant :
«Développer et superviser un mécanisme d'accréditation
des avocats qui représentent les jeunes enfants incapables de donner un
mandat;».
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Et, compte tenu de l'heure, je
vais suspendre les travaux jusqu'après les affaires courantes, où on reprendra
nos travaux. Alors, bon appétit à tous.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 28)
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, la Commission de la
santé et des services sociaux reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi 37, Loi sur le commissaire au bien-être et aux
droits des enfants.
Lorsque nous avons suspendu nos travaux,
nous avions eu la lecture d'un amendement à l'article 5, déposé par Mme la
députée de D'Arcy-McGee. Alors, suite à cette lecture-là, est-ce que vous avez
des informations complémentaires à nous donner, Mme la députée?
Mme Prass : Oui, bien, justement,
quand on se fie aux mémoires qui ont été déposés ou présentés lors des
consultations et par la suite, il y a quatre groupes en particulier qui ont
fait mention de cette demande, et je voudrais les citer, donc, le premier étant
les ex-commissaires de la commission Laurent, qui suggèrent que le gouvernement
s'inspire du modèle du Child Youth Advocate de l'Alberta, qu'il recommande que
le commissaire développe et supervise un mécanisme d'accréditation des avocats
qui représentent les jeunes enfants incapables de donner un mandat. «Rappelons
que cette réalité est très importante, qu'au 31 mars 2023, plus de 34 000
enfants sont pris en charge par les DPJ. Historiquement, la proportion d'enfants
suivis suite à une ordonnance est de 70 %, donc il y a près de 20... donc
ils sont alors près de 25 000 et tous ne sont pas capables de donner un mandat
à leurs avocats, mais des milliers d'enfants en bas âge ne sont pas rencontrés
par leurs avocats. Aucune mesure n'est prise pour leur permettre d'exprimer un
choix.» Les commissaires écrivent : «Toutefois, le travail de
représentation des enfants s'avère complexe et les règles pour l'encadrer sont
insuffisantes.» Ils ajoutent qu'ils constatent que «l'avocat d'un enfant assume
un rôle professionnel difficile mais qu'aucune formation obligatoire ni l'expérience
particulière ne sont requises, que pour les plus vulnérables de notre société,
les jeunes enfants dont la situation est soumise au tribunal... soient
représentés par des avocats qualifiés et accrédités. Nous demandons d'ajouter à
l'article 5 la responsabilité... ces responsabilités aux fonctions du
commissaire.»
Donc, je comprends, on comprend bien qu'on
parle là de jeunes enfants qui n'ont pas nécessairement la capacité de
comprendre ce qui leur arrive, encore moins de parler avec un avocat et de lui
demander d'agir en leur nom.
• (15 h 30) •
Je voudrais ajouter aussi les commentaires
du mémoire de Régine Laurent à cet égard, qui dit, je la cite : «Je plaide
en faveur de l'ajout d'un mandat au Commissaire au bien-être des enfants, soit
celui de développer et superviser un mécanisme d'accréditation des avocats
désignés pour représenter des enfants incapables de donner un mandat à leurs
avocats, tel qu'il appartient au rapport de la CSDEPJ. La CSDEPJ avait repris
dans son rapport quelques points contenus dans le mémoire que lui avait été
déposé la Commission des services juridiques, qui détient, à l'avis de Mme
Laurent, une expertise qu'on ne peut contester en matière de représentation. L'organisme
public a expliqué que l'avocat travaille souvent à la frontière des aspects
cliniques d'un dossier et de ses composantes juridiques, sans formation adaptée.
La Commission des services juridiques était d'avis que les formations sur
mesure devraient être offertes aux avocats représentant les enfants et a ajouté,
et je cite : "On ne peut improviser avec les droits des enfants.".»
Et on partage, je pense, tous, dans cette salle, cet avis-là.
«Quand il est question des enfants en bas
âge, il n'existe aucune base juridique pour guider l'avocat, qui doit seul
décider si l'enfant a la capacité est en mesure de lui donner des directives en
lien avec la situation qu'il amène dans ce dossier. De plus, le rapport de la
CSDEPJ rapporte des propos tenus par certains témoins à l'effet qu'en l'absence
de balises juridiques les avocats appliquent des critères disparates dans leurs
évaluations de la capacité de l'enfant, une situation qui ne peut perdurer et
pour laquelle il est impossible d'affirmer qu'elle s'inscrit dans l'intérêt de
l'enfant.
Pour toutes ces raisons, Mme Laurent vous
demande d'inclure dans les fonctions du commissaire au bien-être de l'enfance ce
mécanisme d'accréditation des avocats désignés pour représenter ces jeunes
enfants, incapables de donner un mandat à leurs avocats.
Encore une fois, je pense que tout le
monde qui est autour de la table, on se comprend que la raison pour laquelle
nous sommes là, c'est justement pour s'assurer que les enfants sont protégés,
le respect de leurs droits, etc. Donc, ce n'est pas parce que, malheureusement,
ils vont... ils peuvent se retrouver dans une mauvaise...
15 h 30 (version révisée)
Mme Prass : ...ils vont...
ils peuvent se retrouver dans une mauvaise situation à cause d'un enjeu
familial, mais ils ne comprennent pas les enjeux, ils ne comprennent pas le
processus, ils ne comprennent pas quels sont leurs droits. Donc, de ne pas s'assurer
que, justement, les avocats sont bien formés de... en ce sens pour s'assurer de
comprendre à communiquer avec l'enfant, quels sont les... le meilleur intérêt
de cet enfant-là dans sa... dans sa représentation.
Je vais aussi vous lire, dans le mémoire...
le collectif d'Ex-placé de la DPJ, donc, des jeunes qui malheureusement ont
vécu... peut-être vécu cette réalité directement. Donc, également, eux, ils
demandent de développer et superviser un mécanisme d'accréditation des avocats
désignés pour représenter des enfants incapables de donner un mandat à leur
avocat. Je suis sûr que, malheureusement, il y en a plusieurs qui ont vécu,
justement, cette réalité, car les acteurs... car les avocats sont les acteurs
de... de premier plan quand ça vient à la défense de ces jeunes-là, et qu'ils
vont prendre la parole de ces jeunes-là.
Et finalement je voudrais vous citer Mme Nancy
Audet dans son mémoire, à cet égard, encore une fois, qui spécifie que...
Excusez-moi, je vais trouver la page. Bien, en fait, un petit peu dans le même
sens qu'encore une fois, il faut que les avocats qui, justement, vont prendre
la défense de ces jeunes-là aient une formation particulière pour comprendre,
même quand le jeune ne peut pas toujours s'exprimer, parce qu'on parle d'enfants
de bas âge, mais on parle aussi des fois de jeunes qui ont une déficience
intellectuelle sur le spectre de l'autisme, qui n'ont pas nécessairement les
capacités de communication, ou de pouvoir verbaliser, ou encore moins de
comprendre les enjeux qui sont mis devant eux. Donc, c'est une question que
tous les enfants aient une protection.
On se comprend, quand on est un petit peu
plus vieux... Il y a certains enfants qui... excusez-moi, qui comprennent la
réalité ou les procédures mieux que d'autres, mais aucun enfant ne devrait
jamais être mis dans une situation où quelqu'un parle à leur nom sans
comprendre leur réalité et leur situation. Et il y a plusieurs des... lors des
consultations, il y a plusieurs des mémoires qui ont été déposés qui vous
demandent, justement, de faire un changement dans ce sens-là pour s'assurer de...
le bien-être de tous les enfants.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, moi, je
vais revenir aussi sur le... puis je sais qu'on en a discuté, mais le Barreau
était intervenu également, là, puis, eux, ils voulaient prendre la balle au
bond. Puis c'est un peu le rôle du Barreau de ça, tu sais, d'élaborer des
formations et de l'accréditation pour ses avocats. Ils nous avaient dit qu'eux,
ils étaient conscients et qu'ils allaient se... ils s'engageaient à développer
une formation continue obligatoire pour... tout en s'assurant que les
formations appropriées soient élaborées afin que les enfants puissent être
entendus et compris, le tout dans leur intérêt. Puis ils m'ont même dit qu'ils
avaient clairement indiqué que... que quelques... que... que la proposition qui
avait été mise sur la table, selon eux, n'était... était inadéquate.
Donc, moi, je me fie à l'expertise du
Barreau, et on va s'assurer que... qu'il développe une telle formation pour les
avocats et qu'il s'assure que tous les avocats parlent effectivement aux
enfants.
Le Président (M. Provençal)
:...
Mme Prass : Si vous voulez,
justement, vous assurer de cela, pourquoi... Parce que, là, le Barreau vous
disent qu'ils s'engagent à le faire, mais on ne sait pas quelle est la date
butoir, par exemple, quand ça rentrerait en fonction. Je... Vous faites
confiance au Barreau, donc. Mais pourquoi ne pas, justement, ajouter dans le
projet de loi cet élément-là pour s'assurer que le Barreau, à ce moment-là,
comprenne qu'ils ont une responsabilité, justement, d'élaborer ces
formations-là avec une date butoir? Parce qu'on ne veut pas que ça soit quelque
chose qui soit mis de l'avant dans cinq ans, et, pour les prochaines cinq
années, certains de ces jeunes-là n'auront pas la... bien, n'auront pas un
avocat qui aura justement une formation pour les sensibilités à leur situation,
à nos réalités.
Donc, oui, que le Barreau travaille
dessus, mais aussi que vous les responsabilisiez à le faire justement en
faisant mention que... qu'ils doivent développer et superviser... ou qu'il y
ait un mécanisme qui doit être développé et supervisé, et aussi avec une
certaine échéance, comme j'ai dit, parce qu'on ne veut pas que ça prenne des
années à développer, parce que le Barreau a plusieurs enjeux sur lesquels il
travaille. Ça fait qu'on veut s'assurer que ça se fasse dans un délai
raisonnable.
M. Carmant : OK. Bien, le
libellé serait changé, là. Il faudrait qu'on réfléchisse, là, à un libellé,
parce que ce ne sera pas... je ne pense pas que c'est au commissaire à
développer et superviser un mécanisme d'accréditation. C'est le... Le Barreau,
c'est son... c'est son travail. Donc, il faudrait changer le <libellé...
M. Carmant :
...d'accréditation.
C'est le... Le Barreau, c'est son... c'est son travail. Donc, il faudrait
changer le >libellé.
Mme Garceau : Si vous me permettez,
M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
:Oui, allez-y.
Mme Garceau : Je me souviens
des représentations du Barreau, c'était lié à la formation continue, et les
cours de formation continue, ce n'est pas ce que la commission Laurent avait
demandés. Ça, c'est vraiment, M. le ministre, spécifique. C'est comme les... un
petit peu tout le système d'accréditation des médiateurs en droit de la famille.
Il y a eu tout un système mis en place dans différentes disciplines pour
accréditer des avocats, des psychologues, des travailleurs sociaux pour devenir
médiateurs, médiatrices accrédités. Donc, ce n'est pas une formation, ce n'est
pas un cours d'une heure ou une heure et demie qui va faire en sorte qu'on
a la formation pour représenter les enfants.
Et donc on va beaucoup plus loin. Et je
pense que c'était ça, l'idée derrière cette recommandation de la part de la
commission Laurent. Et c'est pour ça que ça a été repris par les
ex-commissaires, lors de leurs représentations en consultations particulières. Les
trois ont repris, là, cette recommandation que, pour eux, était très, très
importante. Et je comprends pourquoi, parce que c'est... comme on dit, ce n'est
pas en sortant, là, de nos études de droit, et même au niveau du Barreau, qu'on...
qu'on va acquérir l'expérience et les compétences pour représenter des enfants,
que la représentation des enfants, qui peut donner des... les instructions, là,
et peut mandater un avocat qui a le discernement, la maturité, et tout.
• (15 h 40) •
Mais là on parle d'enfants de bas âge. Et
là on rejoint un peu les droits prévus à la... à la convention internationale
et la charte, dans le sens qu'on veut que les enfants aussi de bas âge soient
représentés par avocats. Et il y en a, là, qui ont quatre, cinq ans qui peuvent
s'exprimer, et je pense que c'était ça qui était souhaité. C'était, pour le
commissaire, de vraiment se... d'avoir cette... ce mandat de développer et de
superviser un mécanisme d'accréditation des avocats pour s'assurer qu'on aille
un bassin d'avocats qui ont la formation adéquate. Et ce n'est pas, là, une
formation d'une heure, une heure et demie, là, si on suit des formations
qui sont données pour devenir médiateur accrédité, là, c'est plusieurs heures
de formation, et après ça il faut être supervisé dans des dossiers. Donc, c'est
quand même quelque chose assez rigoureux pour avoir cette accréditation-là, et
je pense que, dans l'intérêt des enfants, dans le respect de leurs droits, ça
serait une bonne chose qu'on le prévoit dans le projet de loi.
M. Carmant : Mais, tu sais, là
où est-ce qu'on... là où je ne suis pas, c'est comment... pourquoi le
commissaire va faire ça. C'est comme si la <i>commissaire santé et
bien-être accréditait les docteurs, là. Tu sais, c'est... c'est... c'est comme
un non... tu sais, ça ne fait pas de sens. Et il y a des... il y a des
organismes pour accréditer les professionnels.
Mme Garceau : Bien, moi, je...
moi, je suis, M. le ministre, évidemment, la recommandation qui a été faite par
la commission Laurent. Ça n'empêche pas que le... qu'il y ait une collaboration
avec le Barreau, mais je pense qu'il faudrait peut-être le libeller d'une autre
façon.
Mais qu'est-ce qui est important, au bout
du compte, c'est d'avoir des avocats qui sont accrédités pour représenter des
enfants qui sont incapables, là, de donner un mandat, pour leur donner une voix
et d'avoir... de respecter leurs droits. Je pense qu'il faudrait regarder cet
aspect-là.
M. Carmant : D'accord. Je
n'ai pas... Je n'ai pas de... Je n'ai rien à ajouter à ce moment-ci.
Le Président (M. Provençal)
:Plus de commentaire? OK.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Avez-vous un commentaire additionnel
à formuler, M. <le...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:
Avez-vous un commentaire
additionnel à formuler, M. >le...
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bien, si
vous permettez, M. le ministre... je comprends votre réponse, là, mais vous
avez entendu les mêmes choses que nous, là, vous avez vu les mêmes choses que
nous. Est-ce que vous, vous avez... vous êtes à l'aise avec le statu quo ou
vous... Vous devez penser comme moi qu'il y a quelque chose à faire dans... Il
y a un vide, là, quand même. Vous devez le reconnaître, là.
M. Carmant : Bien, moi, j'ai...
je fais confiance que le Barreau va combler ce vide-là, qui a été mentionné
devant eux.
M. Cliche-Rivard : Puis vous
voyez ça dans une... Parce que, là, le Barreau, lui, nous parlait de formation
continue. Avec égard, ça, c'est le statu quo. Si on a déjà ça, on a nos
obligations professionnelles par un ordre professionnel, 30 ans...
30 heures sur deux ans. Donc, on a une opportunité, là, puis j'entends ce
que vous dites.
Là, ce que la collègue propose, c'est «développer
et superviser». Est-ce qu'il y a «participer»? Est-ce qu'on peut y aller moins
contraignant puis aller se rejoindre à quelque part? Oeuvrer, participer avec
le Barreau à la création de lignes directrices? Est-ce qu'il y a façon, là,
qu'on se rejoigne, c'est ce que je vous propose, sans être contraignant?
M. Carmant : Non, je ne
bougerai pas là-dessus, malheureusement, là.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. C'est
parce que, là, le problème que nous avons, c'est au niveau du Barreau. Ils
n'ont pas parlé, là, de développer un mécanisme d'accréditation des avocats. On
est très, très loin de qu'est-ce que le Barreau s'est engagé à faire. Donc,
c'est là que je tente de voir avec vous dans le sens d'une voie de passage. Parce
que c'est sûr et certain qu'en ce moment, dans... entre l'accréditation des
avocats pour représenter des enfants, là, qui sont incapables versus la
formation continue, le champ est large, là. Il faut arriver, il me semble, à
une solution pour venir... pour s'assurer que les avocats qui représentent les
enfants ont les... les compétences. Le droit, c'est une chose, mais de
représenter les enfants, c'est... c'est quelque chose d'assez complexe, ce
n'est pas évident, et non plus lorsqu'ils sont de bas âge.
Donc, c'est vraiment parce qu'on a besoin
d'experts, là, pour faire ces formations-là, pour s'assurer que, oui, on a un
bassin d'avocats qui sont formés, qui ont l'expérience, qui sont accrédités. Il
me semble que c'est dans l'intérêt de notre société de s'assurer... comme on a
des médiateurs accrédités, ça fait en sorte que pour... Le public a confiance
aux compétences de ces gens-là, qui sont accrédités. Ce n'est pas juste des...
des formations qu'on fait, là, en ligne. Je m'excuse, là, mais on va plus loin,
puis il me semble...
M. Carmant : Non, je vous
comprends, je vous entends, mais vraiment, moi, j'ai...
Mme Garceau : ...qu'il y a
quelque chose à faire là.
M. Carmant : ...moi, je
maintiens ma confiance en le Barreau pour régler cette problématique-là.
Mme Garceau : Mais, avec
respect, M. le ministre, le Barreau ne s'est pas engagé pour régler cette
problématique-là. Tout ce que le Barreau a dit, c'est : On va... On va
donner des formations continues. Ça n'a rien à voir avec l'accréditation. On va
beaucoup plus loin au niveau du... de la recommandation qui a été quand même...
c'était important pour les commissaires qui ont entendu beaucoup de gens au
sujet, là, de tout cet aspect-là, de représentation des enfants devant...
surtout devant les tribunaux.
M. Carmant : Je n'ai rien à
ajouter, M. le Président. J'ai... Je l'ai dit plusieurs fois.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
19593 M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Bon, M. le ministre, vous avez fait part de votre position,
là, avant qu'on...vote. Vous êtes quand même à la table jeunesse, justice
jeunesse, là. Est-ce <qu'on...
M. Cliche-Rivard :
...vote.
Vous êtes quand même à la table jeunesse... justice jeunesse, là. Est-ce >qu'on
peut quand même compter sur vous pour porter cette question-là, pour aller
l'étudier? Le Barreau va être à la table avec vous. Le ministre de la Justice est
à la table avec vous. Est-ce qu'on peut au moins vous sentir... ou avoir un
engagement formel, là, que vous allez soulever cette question-là, cette
inquiétude-là devant le Barreau du Québec?
M. Carmant : Définitivement
leur transmettre votre inquiétude que leur... leur formation doit être à la
hauteur.
M. Cliche-Rivard : Puis que
vous, vous constatez comme nous, là, vous l'avez entendu, là, qu'il y a quelque
chose à faire, là? Je veux dire, le statu quo, pour moi, m'apparaît périlleux.
Il faut quelque chose... Un peu comme vous l'avez signalé pour la CDPDJ, là, il
faut que ça change, là. On ne peut pas se retrouver encore dans deux ans à
débattre de ça. Qu'on s'attend... je ne sais pas quoi, ce n'est pas moi qui
vais lier les mains du barreau, là, mais on s'attend à quelque chose?
M. Carmant : On va travailler
avec eux, ça, je vous le garantis.
M. Cliche-Rivard : C'est déjà
ça de gagné, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions? Mme
la députée.
Mme Garceau : Je ne suis pas
très convaincue, M. le ministre, là. Je ne suis pas très... Vous n'êtes pas en
train de me convaincre parce que je n'ai pas entendu, de votre côté, que les
discussions que vous allez avoir avec le Barreau... Parce qu'ils l'ont déjà
fait avec les médiateurs. Donc, pourquoi est-ce qu'on ne fait pas la même chose
pour la représentation des enfants, de... de... de développer que le Barreau...
Donc, est-ce que, pour vous, ça serait
important d'avoir... de développer un mécanisme d'accréditation des avocats
pour la représentation des enfants? Est-ce que c'est important pour vous, comme
ministre?
• (15 h 50) •
M. Carmant : Ce qui est
important pour moi, c'est que les enfants soient bien représentés. Et ce que
j'ai dit, c'est que je vais transmettre au Barreau vos... vos... vos
inquiétudes sur la chose. Ça, je m'engage, là, de le faire.
Mme Garceau : Mais, de votre
côté, est-ce que vous ne voulez pas avoir un système d'accréditation? Est-ce
que vous ne voulez pas vous assurer qu'on a des avocats qui suivent une
formation très spécifique, pour recevoir cette accréditation du Barreau, pour
être accrédités, qu'ils ou elles puissent représenter des enfants?
M. Carmant : Je me répète :
Moi, je veux que les enfants soient bien représentés. Ça, c'est le but...
Mme Garceau : Oui, mais
j'aimerais... j'aimerais, M. le ministre...
Le Président (M. Provençal)
:...M. le ministre a quand même donné
une réponse. Il a... Il peut même s'abstenir de donner des réponses.
Alors, je pense qu'il a émis son opinion
et il a formulé qu'il va transmettre les... vos... vos préoccupations, qui fait
partie de ses préoccupations, mais je pense que c'est clair qu'on n'ira pas
plus loin de la part du ministre. Alors, c'est une remarque que je voulais vous
faire, Mme la députée.
Mme Garceau : C'est bien, M.
le Président, mais, avec respect, moi, tout ce que j'aimerais... Moi, je suis
ici, là, pour m'assurer... on est tous ici pour assurer que les droits des
enfants soient respectés et... et... et la promotion aussi, de promouvoir les
droits des enfants, mais surtout parce qu'on a eu des témoignages. Il y a des
gens qui sont venus en consultations particulières parler...
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Oui.
Mme Garceau : ...hein, que
les avocats n'avaient pas représenté les... n'avaient pas rencontré les enfants,
même, avant de faire des représentations concernant qu'est-ce qui est dans
l'intérêt de l'enfant ou qu'est-ce que l'enfant souhaite. Mais ça va beaucoup
plus loin que ça, parce qu'on veut s'assurer que tous les enfants, tous les
enfants soient représentés, parce qu'il y en a beaucoup ou c'est plus lié à :
Bien, est-ce qu'ils ont la maturité ou le discernement pour donner un mandat?
Donc, c'est là où la... les... les
commissaires voulaient aller plus loin, pour donner une voix, pour respecter
les droits également des plus... des tout-petits. Et donc c'est dans ce sens-là
qu'une formation dédiée à ça, qui serait également... qui aurait une
accréditation liée au bout du compte, au bout de la formation. Il y a un aspect
de... de confiance du public également.
Moi, je voulais juste... Est-ce que le
ministre est prêt <à...
Mme Garceau :
...de
confiance du public également.
Moi, je voulais juste... Est-ce que le
ministre est prêt >à s'engager? Ce n'est pas juste de transmettre nos
préoccupations, mais que le Barreau développe et supervise un mécanisme
d'accréditation. Donc, si ce n'est pas le commissaire, au moins, que le Barreau
s'engage à le faire. C'est ça.
M. Carmant : ...aussi
loin que je pouvais. Je peux vous entendre, mais je suis allé aussi loin que je
pouvais au niveau de mon engagement. Je ne peux pas aller plus loin.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : ...je
pourrais continuer, mais je vois qu'il y a une fermeture. Donc...
Le Président (M. Provençal)
:Effectivement. Il faut... Je pense
qu'il faut comprendre aussi qu'il y a un ministère qui s'appelle le ministère
de la Justice, qui est responsable aussi du Barreau puis qui contrôle certaines
choses.
Ceci étant dit, s'il n'y a pas d'autre...
Oui, excuse... excusez-moi, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Non,
non. M. le Président, je voulais juste... parce qu'on ne s'explique pas après,
là, je voulais quand même être très clair avec ma collègue que je soutiens
complètement, le... le renforcement et l'accréditation de... d'avocats désignés,
je pense, cela dit, que ça doit passer davantage par le Barreau, là. Donc, je
voulais juste être clair que mon intention de vote, ce ne sera pas contre le
principe de ce qu'elle prononce et ce qu'elle présente.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement qui avait
été déposé par Mme la députée de D'Arcy-McGee. Alors, Mme la secrétaire, je
vais vous demander d'y aller par appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire
: Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de D'Arcy-McGee à l'article 5 est
rejeté.
Nous revenons donc à l'article 5
amendé. Y a-t-il des interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Un peu plus tôt ce matin, on nous disait qu'on allait nous
revenir, là, sur le caractère public des analyses d'impact. Est-ce que vous
avez eu le temps de faire cette vérification-là ou...
M. Carmant : ...publics.
M. Cliche-Rivard : Tous
les rapports sont publics. Ça fait qu'on est vraiment dans un cas où,
effectivement, on a une entité qui est en dehors de celles de l'exécutif puis
du gouvernement, là, comme le Protecteur du citoyen. Alors, tout ce que lui ou
elle fournira comme avis, consultations, rapports sera public. C'est ce que je
comprends?
M. Carmant : OK, qu'on
dépose à l'Assemblée.
M. Cliche-Rivard : OK.
Donc, est-ce que c'est vrai pour... de 1 à 9, là, dans le sens où, à chaque
fois qu'il va fournir quelque chose, ça sera toujours public?
M. Bérubé (Mathieu) : Dans
la mesure où il en fait un rapport.
M. Cliche-Rivard : Dans
la mesure où il en fait un rapport.
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, c'est déposé à l'Assemblée nationale, effectivement. Voilà.
M. Cliche-Rivard : Donc,
quand il fait une analyse d'impact gouvernementale, un peu comme sur un projet
de loi où le Protecteur du citoyen va venir nous donner ses commentaires, on
pourrait s'attendre à ce que, dans une consultation ou dans un projet de loi
futur, le <i>commissaire au bien-être des enfants vienne faire son
mémoire, où, de manière publique, il fait ses recommandations et ses
modifications comme le Protecteur du citoyen. On est dans le même genre de
régime.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout
à fait.
M. Cliche-Rivard : Mais
il n'y aura pas de... nécessairement... En fait, ce que je veux voir, c'est :
Y aura-tu des cas où vous l'aurez consulté, ou l'Exécutif l'aura consulté en
amont dans la rédaction, et où on ne pourra pas savoir que...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Ça,
ça ne se peut pas. Parfait.
M. Carmant : Il est
indépendant, donc il donne son avis.
M. Cliche-Rivard : Complètement.
Parfait. Ça fait qu'il n'y a pas de lien, là. Il n'est pas... Vous ne l'avez
pas sur le «speed dial» pour dire, je veux dire...
M. Carmant : Non.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Ça fait que si...
M. Carmant : Lui, il
m'aura peut-être sur le «speed dial».
M. Cliche-Rivard : C'est
ça que j'allais dire. Ça fait que, s'il a quelque chose à nous dire, il va le
dire à l'Assemblée nationale, il va le dire au public, il va le dire aux
Québécois, aux Québécoises. Il ne le dira pas à l'Exécutif, au ministre, c'est
ce que je comprends. Parfait. Bien, c'est très clair. Je vous en remercie.
On était... Je pense qu'on avait terminé...
ou on était sur le 5° :
«soutenir les enfants dans l'exercice de leurs
droits en les dirigeant vers les ressources appropriées», je pense qu'on avait
fait le tour de celui-là.
Le Président (M. Provençal)
:...qui vient d'être rejeté.
M. Cliche-Rivard : OK. «6°
évaluer la mise en oeuvre des programmes <et...
Le Président (M. Provençal)
:
...rejeté.
M. Cliche-Rivard :
OK.
«6° évaluer la mise en oeuvre des programmes >et la prestation des
services qui sont destinés aux enfants et qui relèvent des organismes publics;»,
même chose, dans son rapport.
M. Carmant : Le plus bel
exemple par rapport à ce qu'on nommait ce matin, c'est Agir tôt, puis, tu sais,
comme le besoin d'ajouter des ressources en première ligne. Donc, tu sais, ça,
c'est une chose qu'il va pouvoir venir dire.
M. Cliche-Rivard : Est-ce que
ma collègue a quelque chose sur 6°?
Le Président (M. Provençal)
:Mme votre collègue n'a pas de temps
de... de disponible.
M. Cliche-Rivard : Elle n'a
pas de temps de disponible?
Le Président (M. Provençal)
:Non.
M. Cliche-Rivard : Ah! Elle
peut déposer un amendement, ceci dit.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : Moi,
combien il m'en reste, moi?
Le Président (M. Provençal)
:Il vous reste environ neuf minutes.
M. Cliche-Rivard : Neuf minutes.
Bon. OK, sur le 7°, je comprends qu'on l'a modifié, on l'a amendé, auquel cas,
là, cette fois-ci...
Le Président (M. Provençal)
:...sous-amendé, qui a été accepté.
M. Cliche-Rivard : Et
sous-amendé.
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
M. Cliche-Rivard : Et là on a
tout le monde. On a inclus les enfants aussi et les jeunes de 18 à 25 ans
pour lesquels il y a un rapport du coroner.
Donc, post-18 ans, cela dit, sans
rapport du coroner, on ne les a pas. C'est ça, la décision qui a été prise.
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
quand on nous parlait, là, justement de suivi de la trajectoire des jeunes
post-DPJ, là, dans la situation, quand même... ou la période critique de 18 à
25, où est-ce qu'on les rattrape, ceux-là?
M. Carmant : Bien, je pense
que toute mort suspecte, toute mort inexpliquée va... va être considérée. Donc,
je pense qu'on est...
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que...
M. Carmant : ...du côté du
travail du coroner, là, on est corrects.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'on va englober quand même pas mal de situations : bon, surdoses...
M. Carmant : Oui, surtout qu'on
pensait aux suicides. C'est ça.
M. Cliche-Rivard : ...suicides,
quelqu'un qui... qu'on retrouve décédé dans la rue, là.
M. Carmant : Accidents d'auto.
M. Cliche-Rivard : Je veux
dire...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Vous, vous
êtes conscients qu'on échappe... Vous, votre logique, c'est qu'on n'échappe
personne.
M. Carmant : C'est ce qu'on
veut.
M. Cliche-Rivard : C'est ce
qu'on veut avec la... la modification.
M. Carmant : Oui. Puis les
discussions qu'on a eues avec le coroner, il était confiant également.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis,
sur ce point-là, veille de tous les décès, là, le mot «veille», là, M. le
ministre, j'aimerais ça, vous entendre sur qu'est-ce que vous entendez par une
«veille». C'est quoi qui est prévu? C'est quoi, l'idée derrière une veille?
M. Carmant : Bien, c'est
qu'il puisse... parce qu'il y a des rapports qui vont être produits, de toute
façon, donc qu'il puisse les... les examiner puis qu'il... qu'il les cumule
sous un même... tu sais, sous un même chapiteau. Donc, c'est vraiment d'avoir
un œil... initialement, on pensait, sur les enfants, là, mais un œil sur les
enfants et les adultes jusqu'à l'âge de 18... de 25 ans.
• (16 heures) •
M. Cliche-Rivard : OK. Puis,
ce rapport-là, toujours dans une logique de recommandation, toujours dans une
logique d'analyse, toujours dans une logique de lecture prospective...
M. Carmant : D'amélioration.
M. Cliche-Rivard : ...en
disant : Là, je lève la main, moi. Commissaire, là, ici, il manque quelque
chose, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Il manque
un filet de sécurité ou... bref, identifier un problème où ça ne fonctionne pas
après 18 ans, la transition, là, où, bref, trop de gens se retrouvent dans
les Auberges du cœur, bref, une espèce de réflexion qui vous recommande des
actions politiques publiques.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : C'est le
genre de choses qu'on s'attend.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:...quand on travaille avec les
coroners, de mémoire, les coroners vont émettre souvent des recommandations à
même leur rapport.
M. Cliche-Rivard : Sur le
point 8°, là il y avait... on l'a modifié lui aussi, il y avait une question ou
une proposition pour les tout-petits, là. Tu sais, il y a la jeunesse, là, puis
il y a les jeunes. Comment on s'assure que les 0-5 ans sont entendus? Ils
ne peuvent pas exprimer eux-mêmes leurs... Tu sais, est-ce que les organismes
ont un rôle à jouer? Est-ce que ce que vous avez pensé à cette question-là, qui
nous avait été soulevée par les tout-petits, si je ne m'abuse, là, ou le Collectif
Petite Enfance, en fait?
M. Carmant : Non. Mais nous,
on regardait vraiment pour les... En tout cas, les comités centres jeunesse,
c'étaient les 14 ans, à partir de l'âge de 14 ans. Puis, ça, j'en
ai... on en a discuté avec le comité des usagers.
M. Cliche-Rivard : On a-tu
quelque chose pour aller recueillir le... par les organismes ou ailleurs?
M. Carmant : Oui. Bien, c'est...
je pense que ça reste quand même limité, là, mais je pense que toutes les
collaborations qu'il va établir avec les organismes communautaires, les autres
représentants également, devraient lui permettre d'avoir... d'avoir un bon
portrait, disons, de la situation. Mais c'est sûr que, les 0-5 ans, ça
reste...
M. Cliche-Rivard : Ça fait qu'on
peut penser que, dans le point 1°, là...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : ...qu'on a
amendé tout à l'heure, il y aura quand même la voix des tout-petits qui
pourrait être poussée parce que, bon, ça fait partie...
16 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...des
tout-petits qui pourrait être poussée, parce que, bon ça fait partie... c'est
eux les plus... certains des plus vulnérables, c'est certainement ceux-là, là.
M. Carmant : Oui, absolument.
M. Cliche-Rivard : Donc, ce
sera à...
M. Carmant : Les organismes
communautaires seraient probablement le...
M. Cliche-Rivard : Parfait. «9°
lorsqu'il le juge nécessaire ou sur demande de l'Assemble nationale, du
gouvernement ou d'un ministre, leur fournir les avis et les recommandations qu'il
estime appropriés sur toute question concernant une matière relevant de ses
fonctions.» Bon. «Sur demande de l'Assemblée nationale», on parle d'une motion,
là, on parle d'un député qui envoie une lettre? Comment ça fonctionne pour
enclencher 9°, là?
M. Carmant : Est-ce que je
pourrais passer la parole au juriste, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
:Pardon?
M. Carmant : Je pourrais
passer la parole au juriste?
Le Président (M. Provençal)
:Oui, allez-y.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Donnez-moi juste un petit instant. Mathieu Bérubé, avocat à la direction des
affaires juridiques, santé et services sociaux. À ma connaissance, ça devrait
fonctionner sous le coup d'une motion, là, un peu comme... j'essaie de
retrouver l'article, là, du chapitre... du chapitre I, ne bougez pas, quand on
dit... juste un instant... Ah! effectivement, au niveau de l'article 1,
là, où est-ce qu'on prévoit que c'est l'Assemblée nationale qui nomme le
commissaire, ultimement, ce qu'on en comprend, en fait, c'est que, bon, l'approbation
des deux tiers... c'est : «L'approbation des deux tiers des membres de l'Assemblée
nécessite une motion prise aux deux tiers de tous les membres.» Donc là, ici, l'Assemblée
qui voudrait saisir le commissaire pour un avis quelconque ou une
recommandation, ce serait sur motion, là, évidemment, là. Donc, on renvoie, j'imagine,
aux procédures applicables, là, en matière parlementaire, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
si on devait adopter une motion à l'Assemblée, on pourrait octroyer un mandat,
un peu comme une commission, ou un peu ailleurs, c'est comme ça que ça
fonctionnerait?
M. Bérubé (Mathieu) :
J'imagine.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Là, dans ce cas-ci, ça dit aussi : «sur demande du gouvernement ou de tout
ministre». Là, au regard à ce que vous nous racontiez ou vous nous expliquiez
tantôt sur le caractère public, là, de ce qu'il va fournir, le protecteur ou le
commissaire, si un avis lui est demandé par le gouvernement ou par un ministre
au sens du neuvième paragraphe, est-ce que, là, ça va être quand même public?
M. Carmant : L'intention, c'est
que ça reste quand même public, mais...
M. Bérubé (Mathieu) : Ce ne
serait pas automatiquement public. Par contre, comme le... c'est une personne
désignée par l'Assemblée nationale au même titre que le Protecteur du citoyen
et les autres personnes désignées par l'Assemblée, le commissaire serait
soumis, donc, aux règles prévues à la loi sur l'accès. Donc, ultimement, les
documents pourraient être demandés sous le coup de... des règles de droit à l'accès,
là, aux renseignements... aux documents, plutôt, excusez.
M. Cliche-Rivard : Donc, vous
dites : Nous-mêmes, l'exécutif, et/ou lui-même, le commissaire, ne va pas...
probablement pas publiciser l'avis qu'il a rendu. Cela dit, en venait-on à le
savoir ou formulerait-on une demande d'accès à l'information, il serait
contraint de la divulguer, là, c'est ça?
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
oui, bien, suivant les règles, évidemment, qui sont prévues dans la loi sur l'accès,
mais chose certaine, s'il produit quand même un rapport, parce qu'il en a le
pouvoir en vertu de l'article 8, ce rapport-là va être déposé à l'Assemblée
nationale. Autrement dit : je réponds à la question x, je peux aussi en
informer les autres, là.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que, là, on va arriver à, un jour... à un moment donné, à une étude des crédits
dans laquelle il va y avoir notre protecteur à quelque part, j'imagine. Est-ce
que ça va être... Ce ne sera pas comme ça, parce que le Protecteur du citoyen,
lui, il n'est pas soumis à l'étude de crédits, ça fait que, dans ce sens, moi,
je vais pouvoir poser la question en étude des crédits au ministre des Services
sociaux, à savoir : Avez-vous sollicité, au sens de 9° un mandat?
Le ministre va me répondre en bonne foi, oui ou non, et je vais pouvoir, à ce
moment-là, solliciter la divulgation de l'avis ou une demande d'engagement pour
divulguer l'avis. C'est comme ça que la procédure va fonctionner.
Le Président (M. Provençal)
:...
M. Cliche-Rivard : Quatre
minutes. Parfait. Vous confirmez, M. le ministre, que ce serait ça, c'est comme
ça que vous voyez le mécanisme également, là?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
On entre sur le point suivant, M. le ministre. «Le commissaire exerce
également, à l'égard des jeunes adultes, les fonctions prévues aux paragraphes 3°
à 6° du deuxième alinéa.» Puis, là-dessus, M. le Président, on va vous
soumettre un amendement, donc, si on pouvait faire une courte suspension, je...
on vous l'envoie dans 30 secondes.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, suspension, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 07)
(Reprise à 16 h 16)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons nos travaux. Nous
avons un amendement qui est déposé à l'article 5 par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Alors, M. le député, je vais vous inviter à nous en faire la lecture et à
émettre le commentaire associé à votre amendement.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Là, c'est ce que je vois à l'écran de... dans le troisième
alinéa, remplacer «au paragraphe 3 à 6» par «au paragraphe 1 à 9».
Là, je le vois, là, il va falloir le
corriger pour qu'il soit au pluriel, mais on vous le soumettra au...
Le Président (M. Provençal)
:...oui, effectivement.
M. Cliche-Rivard : Exactement,
il manque un x et un s, mais on lance la discussion, là. Moi, c'est la
discussion que je voulais qu'on ait dans un premier point, je l'avais dit, puis
je l'ai dit aussi eu égard à un petit peu plus tard, dans les pouvoirs : Là,
on vient baliser, ou on avait balisé, initialement, 3° à 6°, comme pouvoirs, où,
là, on demandait ou on élargissait le mandat du commissaire aux jeunes adultes,
puis là on a vu ensemble une définition élargie, là, des jeunes adultes, on en
a parlé tout à l'heure, mais surtout par la définition qui s'en vient, là, un
petit peu plus loin, on peut quand même le préciser, là, qui elle aussi fait
l'objet d'amendements. Je pense qu'on l'a déjà approuvé, cet amendement-là,
mais c'était... «jeune adulte» désigne une personne âgée d'au moins 18 ans
et d'au plus 25 ans en situation de vulnérabilité, y compris celle dont la
situation a été... a déjà été pris en charge par le <directeur...
M. Cliche-Rivard :
...a
déjà été pris en charge par le >directeur de la protection de la jeunesse
ou qui a déjà fait l'objet d'une mesure de garde ou de surveillance en vertu de
la LSJPA.» Ça fait qu'on l'élargissait comme ça. Moi, je vous lance la
question, là, M. le ministre, j'ai un petit peu, en fait, de misère à
comprendre pourquoi on est venu souscrire 3° à 6°, là, plus que les autres
articles, donc, peut-être, je vous poserais la question en amont, là, puis,
après ça, on peut se positionner sur chaque point, dépendamment de votre
position : Est-ce que c'est judicieux, à 1, est-ce que c'est judicieux, à
2? Peut-être qu'on peut faire la discussion à savoir si ça devrait être élargi,
mais, en amont, si vous... Qu'est-ce qui était... Pourquoi c'était prévu
seulement à 3° à 6°?
M. Carmant : Bien, disons que
7, on l'a... on l'a ajouté en cours de route.
M. Cliche-Rivard : Donc, il
est comme implicite, 7, là, il est...
M. Carmant : C'est ça. 8
aussi l'inclut.
M. Cliche-Rivard : On me dit
que non, on me dit que ce n'est comme pas implicite. Je veux juste bien qu'on
se comprenne aussi, là.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bélanger.
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, là, ici, il y aurait... avec l'amendement proposé, il y aurait une nuance
entre la définition, qui a été revue par amendement, de «jeune adulte», et ce
qui serait prévu ici, au troisième alinéa, puisque, là, on réfère à l'exercice
des fonctions, donc, visé à... autrement dit, à tous les paragraphes, là, du
deuxième alinéa. Sauf qu'à 7°, l'amendement qui a été adopté vise les jeunes
adultes d'au moins... bien, en fait, des personnes âgées, là, autrement dit,
là, d'au moins 18 ans et d'au plus 25 ans pour lesquelles une
investigation ou une enquête a été réalisée... effectuée, plutôt. Donc, ce
n'est pas nécessairement le même bassin de jeunes, là.
M. Cliche-Rivard : OK Pour 7°...
pour 7°, je comprends bien la nuance.
M. Carmant : ...les enfants
et les jeunes adultes. Puis 9°, c'est quand même général. Mais je pense que
l'enjeu, c'est... qu'on a, c'est de ne pas trop élargir le mandat du
commissaire qui, initialement, était pour les enfants. On a voulu inclure les
jeunes vulnérables, mais, tu sais, il y a quand même des choses qu'on veut
conserver pour les enfants. Principalement, le point 2, je pense que c'est
spécifique, là, l'état de bien-être des enfants au Québec. Puis un portrait de
cet état, je pense que ça, c'est spécifique.
Pour mettre en place des moyens pour
recueillir les préoccupations et les opinions des enfants, entre autres, en ce
qui a trait aux enjeux de société, moi aussi, je voyais ça plus spécifique aux
enfants, qui n'ont pas de voix. Ça fait que... est-ce qu'on veut aller chercher
les gens qui peuvent s'exprimer ou qui ont d'autres façons de s'exprimer déjà?
Je ne pensais pas que c'était nécessaire de les inclure là non plus.
M. Cliche-Rivard : Si je
regarde le troisième, là, l'analyse d'impact des politiques gouvernementales,
là, vous l'avez donc inclus. Par contre, là, vous avez exclu 9°, où, là, de la
même façon, on peut... on peut donc... il va donc analyser les politiques, mais
il ne peut pas faire d'avis ou de recommandation. Tu sais, je... Pouvez-vous
nous... Je trouve ça un petit peu peut-être antinomique, là, ou un petit peu incohérent.
Si vous pouvez nous l'expliquer.
Le Président (M. Provençal)
:...
• (16 h 20) •
M. Bérubé (Mathieu) : Ici, en
fait, comme au paragraphe 9°, le... la fonction plus précise qui est
confiée au commissaire, c'est de fournir des avis et des recommandations qu'il
estime appropriés sur toute question concernant une matière relevant de ses
fonctions. Donc, dans la mesure où le troisième alinéa vise certaines des
fonctions plus précises, 3° à 6°, notamment, ici, là, à l'égard des jeunes adultes,
ça tombe sous le coup d'une matière relevant de ses fonctions. Donc, oui, il
pourrait rendre un avis ou une recommandation dans ces matières-là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc
là, pour 9°, c'est implicite que oui alors, ça, on s'entend. Pour 8°, on les a
déjà inclus. Pour 7°, vous apportez la nuance que j'ai comprise, à savoir que
c'est seulement les jeunes de plus de 18 ans qui feront l'objet d'un
rapport... le décès d'un jeune qui fera l'objet d'un rapport au coroner. Pour 6°,
c'est déjà inclus dans ce que vous proposez, 5°, 4°, 3°, également. Ça fait
qu'il nous revient à 2° et 1°, où, là, M. le ministre, vous dites politiquement...
M. Carmant : J'aimerais que
ce...
M. Cliche-Rivard : ...le
portrait de bien-être...
M. Carmant : ...des enfants.
M. Cliche-Rivard : ...c'est
enfants, puis vous dites que... recueillir les préoccupations et opinions des
enfants.
M. Carmant : Des enfants.
M. Cliche-Rivard : OK. J'apprécie
qu'on ait pris le temps de faire l'exercice, là. Je ne sais pas si ma collègue
a un point qu'elle voudrait soulever en plus.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de...
Mme Garceau : Oui, M. le
Président, je regarde le point 7°, qui avait été modifié, qui inclut les...
Le Président (M. Provençal)
:...vous aviez fait un sous-amendement
à 7°.
Mme Garceau : Oui, mais... et
c'est ça, donc, on inclut les jeunes déjà.
Des voix : ...
Mme Garceau : Non, mais là, 1°
à 9°, et c'est parce que, là, il y avait une question au niveau du 7°.
M. Carmant : Je pense que
c'est réglé.
Mme Garceau : <
OK...
M. Carmant :
...je
pense que c'est réglé.
Mme Garceau : >
OK
Je veux juste revoir certains points parce que je me souviens des témoignages,
surtout Auberges du coeur, <i>Ex-déplacé, concernant leurs préoccupations
liées au fait que beaucoup de jeunes... jeunes adultes qui ne connaissent pas
leurs droits. Et ça, c'était vraiment, il me semble, frappant, comme
témoignage, et je voulais juste m'assurer qu'on les inclue, le commissaire...
dans ces paragraphes-là, là, je veux juste m'assurer.
M. Carmant : Je pense qu'ils
seraient inclus dans 3°, 4°, 6°... 3°, 4°, 5°.
Des voix : ...
Mme Garceau : Ça va.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions sur
l'amendement? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. J'apprécie qu'on ait pu justement prendre le temps de faire
l'effort, là, d'évaluer, là, point par point. Je pense que les... de mon côté,
les réponses qui sont fournies par le ministre me convainquent, là, donc je
propose simplement qu'on retire l'amendement. Moi, la version telle que
proposée initialement, là... Je pense que c'était important qu'on le fasse, là,
qu'on vérifie bien puis qu'on aille obtenir les réponses du côté
gouvernemental, mais ce que je comprends puis... de la démarche qu'on a faite
ensemble, c'est que soit c'est implicite ou soit, effectivement, ce n'est pas
d'application directe avec l'objet du projet de loi, alors je vais retirer, de
consentement avec la commission, l'amendement déposé.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce qu'il y a consentement pour
retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Nous revenons donc sur
l'article 5 amendé. Y a-t-il d'autres... Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Ça m'amène
aux définitions, M. le ministre, on avait commencé à les effleurer, là. Est-ce
que vous aviez donné votre interprétation ou votre avis sur ce que ça voulait
dire, «en situation de vulnérabilité»? Est-ce que vous.... Je ne me souviens
pas si vous nous l'aviez expliqué.
M. Carmant : Oui, on avait
parlé des postprotection de la jeunesse. On avait également parlé de jeunes en
situation de handicap, également.
M. Cliche-Rivard : Donc, on y
voit volontairement une mesure ou un terme général pour que le commissaire
lui-même, le cas échéant, définisse qu'est-ce que lui interprète comme une
situation de vulnérabilité.
M. Carmant : Oui, exact, on
avait eu ce débat-là puis on.... Moi, j'ai toujours peur de faire des listes
puis... avec un oubli, là, dans une liste.
M. Cliche-Rivard : Mais vous
prenez quand même le soin, puis c'est apprécié, là, de dire que deux groupes
cibles, là, les gens qui ont déjà été pris en charge par la DPJ et/ou par le
système de justice pénale... ça, vous dites : Là, au moins, l'intention,
c'est ceux-là, mais vous dites «y compris», là, ça fait que ce n'est pas
exclusivement ceux-là. Puis là vous avez nommé les personnes en situation de
handicap, situation d'itinérance, j'imagine... Bref, on pourrait faire
l'évolution.
M. Carmant : Dysphorie de
genre.
M. Cliche-Rivard : OK. Et
donc il y avait des groupes qui nous avaient demandé, là, que ce soient des
jeunes qui soient ou qui aient été au moins deux ans à la charge de l'État. Là,
on est plus large que ça, finalement. Dès que... dès qu'un jeune a été... Puis,
après, si le commissaire, lui, il pense qu'un signalement ça suffit dans une
vie pour être «situation de vulnérabilité», le commissaire fera son travail
puis décidera, lui, qu'est-ce qu'il juge être un état de vulnérabilité. C'est
lui qui le fera, finalement, là.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Donc,
finalement, on répond... vous répondez plus qu'à la... les ex-placés nous
disaient, là, ceux qui ont été au moins deux ans devraient être suivis, etc.
M. Carmant : Non, tout le
monde.
M. Cliche-Rivard : On va
au-delà de ça.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Moi, c'est tout pour l'article 5. Ce que je vais vous soumettre, M. le
ministre, c'est que, là, on va regarder les pouvoirs, puis vous avez soumis des
pouvoirs supplémentaires, par vos amendements, qu'on va regarder tout à l'heure.
Moi, j'aimerais qu'on se fasse la réflexion, tantôt, que tous les pouvoirs ont
un lien avec 5, parce que je ne suis pas certain, ça fait que moi, je
soumettrais qu'on devrait <suspendre...
M. Cliche-Rivard :
...je
soumettrais qu'on devrait >suspendre. Puis moi, je n'ai plus de
commentaire sur 5 tel qu'il est, là, mais avant de le voter, pour être bien sûr
que chacun de nos pouvoirs qu'on va aller voir à 9, 10, 11 soient tous liés
avec une fonction ou un mandat du commissaire. Vous comprenez ce que je veux
dire?
M. Carmant : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, consentement pour suspendre
l'article 5 amendé.
M. Cliche-Rivard : J'apprécie.
Le Président (M. Provençal)
:Ce qui nous amène à l'article 6.
Alors, je vous rappelle qu'au niveau de l'article 6, l'article 6
avait été suspendu. Alors, consentement pour revenir à l'article 6?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Je rappelle aussi que
l'article 6 avait... il y avait eu un amendement qui avait été adopté,
amendement qui avait été déposé par M. le ministre. Maintenant, y a-t-il
d'autres interventions sur l'article 6? Oui, Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Mme Prass : M. le Président,
nous allons déposer un amendement.
Le Président (M. Provençal)
:Vous allez déposer un amendement?
Très bien. Il est envoyé, alors on va le projeter à l'écran. Alors, je vous
invite, Mme la députée de D'Arcy-McGee, à nous faire lecture de votre
amendement à l'article 6.
Mme Prass : Oui. Donc,
l'article 6 du projet de loi, tel qu'amendé, est modifié par le
remplacement du premier alinéa par le suivant :
«Le commissaire exerce de façon exclusive
les fonctions en matière de protection de la jeunesse auparavant dévolue à la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse par la Charte
des droits et libertés de la personne et la Loi sur la protection de la
jeunesse.»
Le Président (M. Provençal)
:Commentaires?
• (16 h 30) •
Mme Prass : Oui. Bien, en
fait, on sait que c'était une recommandation qui a fait partie de la commission
Laurent en raison... On a vu des statistiques, par exemple, où la CDPDJ a reçu
un certain nombre de cas où ils devaient... bien, en matière de jeunesse, mais
très peu de ces cas sont arrivés... si je ne me trompe pas, c'est un ou deux
qui sont arrivés, justement, devant les tribunaux. Donc, clairement, nous, on
juge, et parmi les mémoires qui ont été déposés... que la Commission des droits
de la personne et des droits de la jeunesse, ils sont surchargés et ils ont une
petite équipe qui est dédiée à la jeunesse, qui fait en sorte qu'on voit
rarement ces cas arriver devant les tribunaux.
Donc, comme ça a été suggéré par la
commission, on pense qu'il serait nécessaire que ce soit la commission du
bien-être qui reprend ces responsabilités-là en exclusivité, parce que,
justement, ça fait partie de son mandat de respecter les droits et le bien-être
des enfants. Donc, ce serait une extension du rôle que le ministre propose
aujourd'hui. Et, comme j'ai dit, quand on regarde les statistiques puis on voit
le nombre... le peu de nombre de cas que la CDPDJ amène devant les tribunaux
pour la jeunesse, clairement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, et ce
serait une solution qu'on propose.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député... M. le ministre,
excusez.
M. Carmant : Député,
également, mais...
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
M. Carmant : ...je suis
déstabilisé, moi aussi.
Le Président (M. Provençal)
:...à la base.
M. Carmant : Ayant débattu
avec la députée de Robert-Baldwin depuis un mois là-dessus...
Mme Garceau : Au moins.
M. Carmant : ...au moins, je
ne reprendrai pas le même débat avec la députée de D'Arcy-McGee. Puis, tu sais,
je réitère, là, je suis très, très... vous m'avez sensibilisé à la situation,
là, puis on a entendu les gens. Encore une fois, je mise vraiment sur la table
justice jeunesse pour régler la problématique, que ce soit une problématique
d'interprétation de l'article ou d'orientation, là, là aussi, je m'engage à
faire mes revendications auprès de la table pour faire avancer les choses.
Mme Prass : Et comment est-ce
que vous allez faire en sorte de s'assurer que, justement, les plaintes qui
sont amenées à la CDPDJ pour la section jeunesse, qu'il y en ait plus qui vont
se retrouver devant les tribunaux? Parce que je pense que c'était ça, l'enjeu.
M. Carmant : Bien, c'est
vraiment l'interprétation de 23 b, là. Je ne l'ai pas devant moi, là, mais
ça dit que, quand c'est devant le tribunal, la CDPDJ ne se... ne peut pas s'en
saisir, là. Puis ça, les avocates...
16 h 30 (version révisée)
M. Carmant : ...ne peut pas s'en
saisir, là, puis ça, les avocates nous l'ont dit, là, puis je l'entends, là,
que ça ne devrait pas être comme ça. Maintenant, il faut qu'ils trouvent
ensemble. Puis, d'un autre côté, la CDPDJ, tu sais, dit : Bien, nous, on
ne veut pas judiciariser, on règle hors cour, na, na, na. Ça fait qu'il faut
vraiment qu'il y ait une entente, là, avec le... avec la Cour du Québec, le
Barreau. Tous ceux qui sont à la Table de justice jeunesse, je leur ai donné le
mandat publiquement de... de trouver une solution qui sera adéquate pour tout
le monde, puis je m'attends à ce qu'ils la trouvent.
Mme Prass : Et est-ce que
vous entrevoyez que le commissaire aura justement un rôle à surveiller? Par
exemple, d'ici deux ans encore, il y a une ou deux plaintes qui vont se
retrouver de la part de la CDPDJ, puis ils vont se retrouver devant les
tribunaux. Disons, on n'avance pas, on voit que la CDPDJ continue à traîner, si
c'est une mauvaise interprétation, quoi que ce soit. Est-ce que le commissaire,
à ce moment-là, pourra, dans son rôle de... de s'assurer du bon fonctionnement
et des programmes pour les jeunes? Est-ce qu'il aura... Est-ce qu'il pourra
avoir un mot à dire pour leur dire : Les choses n'avancent pas, les jeunes
ont des enjeux, ils se plaignent, ils se tournent vers vous, mais on ne voit
pas d'action? Donc, est-ce que le commissaire aura justement un rôle à jouer à
s'assurer que la CDPDJ exerce sa responsabilité envers ces jeunes?
M. Carmant : Je pense qu'il
doit s'impliquer là-dedans, collaborer avec le CDPDJ et le mentionner,
absolument, si... Tu sais, c'est la voix des enfants, s'il y a quelque chose
qui ne tourne pas rond, il doit le mentionner.
Mme Prass : Et si jamais...
pas juste avoir un droit de regard, mais est-ce qu'il aurait un pouvoir ou une
influence, disons, si, encore une fois, on voit dans deux ans que les choses
vont au même rythme? À part critiquer, qu'est ce qu'il peut faire pour s'assurer
que ces jeunes sont bien représentés?
M. Carmant : C'est ça. Moi,
je pense, c'est par le rapport qu'il dépose à l'Assemblée nationale qu'il peut
exiger, demander des changements.
Mme Prass : Et parce qu'encore
un rapport, ça... ça met la lumière sur un enjeu, mais ça ne fait pas
nécessairement en sorte qu'il y ait un poids... il y ait une responsabilité de
l'organisme à laquelle il fait la critique pour se ressaisir, disons. Donc,
nous, ce qu'on veut s'assurer, évidemment, parce qu'on comprend qu'il y a une
fermeture entre le transfert des pouvoirs, mais on veut s'assurer qu'il y ait
quelqu'un avec du mordant ou une position avec du mordant qui pourra s'assurer...
Ce n'est pas juste pour dire : OK, il y a... On vous critique parce qu'on
voit que ça n'avance pas, mais on veut s'assurer encore une fois qu'il va y
avoir une certaine responsabilisation de la part... pas seulement de la
Commission des droits de la personne et de la jeunesse, mais quand il va faire
une critique, que ça va aboutir quelque chose, qu'il y aura... s'il fait des
recommandations, bien, il y aura une certaine responsabilité des organismes de
suivre ces recommandations-là. On ne veut juste pas... On ne veut pas que ça
soit juste des mots sur du papier, on veut que l'action suive si on juge que
certaines organisations ne tiennent pas leurs responsabilités envers ces jeunes.
M. Carmant : C'est mon
intention que les choses puissent bouger effectivement.
Mme Prass : Bien, comme j'ai
dit, dans les dernières années, on a vu qu'il y avait un certain... pas une
résistance, mais un certain manque de... de présence des enjeux de ces
jeunes-là dans la CDPDJ, et on veut juste s'assurer que la situation va se
reprendre et, encore une fois, que ces jeunes-là auront une voix, auront les différentes
entités du gouvernement qui vont pouvoir parler à leur nom et pas : On va
vous parler, on va faire l'entrevue puis, ensuite, ça ne va nulle part, parce
que je pense qu'aussi ça, ça fait en sorte de démotiver d'autres jeunes ou ces
jeunes-là pour dire : Bien, moi, je me suis tourné vers le système, et le
système m'a écouté et n'a pas agi par la suite.
Donc, il est d'autant plus important, pour
ces jeunes et pour les futurs jeunes qui pourront se retrouver dans cette
situation-là, de comprendre que, quand ils vont s'adresser à la CDPDJ dans ce
cas-là, que ce n'est pas juste des beaux mots, mais qu'on va vraiment prendre
au sérieux. Parce que déjà ça prend du courage pour un jeune de parler de son
expérience et de voir qu'il n'y a pas de procédure par la suite, bien, je pense
que ça fait en sorte de démotiver ces jeunes-là et de ne pas avoir confiance
dans le système, et c'est, j'imagine, le contraire que vous voulez voir.
M. Carmant : OK J'entends la
députée, M. le Président, puis, comme je vous dis, je suis confiant que le
mécanisme qu'on a mis sur pied avec le ministre de la Justice va... va trouver
une solution adéquate à cette problématique-là.
Mme Prass : Et est-ce que
vous serez ouvert, dans quelques années, si vous voyez justement que cette
interprétation-là a toujours de la difficulté à passer, encore une fois, que le
nombre de recours devant les tribunaux reste bas, que soit le commissaire dans
son rôle, soit le ministre dans son rôle va s'assurer que la situation va aller
<en s'améliorant...
Mme Prass :
...le
nombre de recours devant les tribunaux reste bas, que soit le commissaire dans
son rôle, soit le ministre dans son rôle va s'assurer que la situation va aller
>en s'améliorant plutôt que de stagner comme ça l'est présentement.
M. Carmant : Bien, on ne
veut pas que ça stagne, ça, c'est certain. Puis, tu sais, je ne veux pas
répondre à une situation hypothétique, là, mais il faut... Nous, ce qu'on
pense, c'est que la solution qu'on met sur la table est la bonne.
Mme Prass : Bien, je
pense que ma collègue de Robert-Baldwin a plusieurs... Je sais qu'elle aurait
plus à dire, mais je vous laisse prendre la parole.
• (16 h 40) •
Mme Garceau : Merci,
chère collègue. C'est peut-être la dernière fois, là, que je vais avoir le
micro sur l'aspect de cette réforme. Parce que qu'est ce qui découle
malheureusement du décès de la petite fillette de Granby et qui a fait en sorte
qu'il y a eu une commission Laurent, c'est... ça a déclenché une révision de
tout le système. Et, compte tenu que la situation lors du dépôt du rapport au
mois de mai 2021, si on regarde, même, M. le ministre, juste la situation, là,
les histoires, puis on se comprend, là, horrifiques des conditions de vie, des
agressions sexuelles, les fouilles à nu, les... Maintenant des intervenantes,
là on a des intervenantes de la DPJ qui sont en train de dénoncer qu'est-ce qui
se passe à l'intérieur des centres jeunesse. On a des intervenantes qui disent
qu'on est en train de créer des monstres. On a des intervenantes qui ont un
manque de formation. On a de plus en plus des mesures de contention qui sont
utilisées malheureusement. C'est supposé d'être l'exception, mais, dans
certains centres, c'est de plus en plus fréquent. Il y a un statu quo,
malheureusement, qui a été dénoncé par la commission Laurent en 2021, et qui
avait dit dans son rapport que ça nécessitait un changement législatif
important, et qu'on devait avoir le courage pour le faire. Et donc le statu
quo, ça a continué, M. le ministre, c'est... Là, on est trois ans après le
dépôt du rapport, est-ce que la situation... honnêtement, là, est-ce que la
situation des enfants sur la protection de la jeunesse, s'est améliorée depuis
le dépôt du rapport? Et je dois vous dire, vous avez été scandalisé par
qu'est-ce qui s'est passé dans la famille d'accueil, mais il y a toutes sortes
de situations qui sont sorties dans juste les derniers mois, qui fait en sorte
que le statu quo, là, c'est... la situation est pire qu'elle était.
Et donc le chien de garde, au niveau de...
pour assurer que les droits des enfants ne sont pas brimés puis que les droits
des enfants soient respectés, le chien de garde, là, la CDPDJ, on a même
l'ex-commissaire, M. André Lebon, qui dit : Elle ne fait pas sa job.
Et vous avez même Mme Laurent, lors de la consultation particulière, qui...
qu'au bout de son témoignage a dit : Vous allez revenir, M. le ministre,
probablement dans trois ans, à ma recommandation de transférer tous les
pouvoirs de la CDPDJ au commissaire. Et c'est très difficile, après tout le
travail, l'argent qui a été dépensé par le gouvernement, le travail qui a été
fait par ces commissaires pendant deux ans de temps, puis la recommandation-phare,
on la déchire, puis on la met dans les poubelles. Et est-ce qu'elle est
vraiment justifiée? Si, M. le ministre, la situation était... était meilleure,
si on n'avait pas eu les sorties de dénonciation épouvantable concernant la
violation des droits des enfants, si on n'avait pas eu ça, peut-être, on se
serait dit : Bon, <on ne va pas transférer...
Mme Garceau :
...de
dénonciation épouvantable concernant la violation des droits des enfants, si on
n'avait pas eu ça, peut-être, on se serait dit : Bon, >on ne va pas
transférer. Mais si on a jugé bon, en 2021, de transférer les pouvoirs au
commissaire et que, trois ans plus tard, on est dans une situation, moi, à mon
égard, pire, puis je ne suis pas la seule qui le dis, puis ça a été rapporté,
là, dans les médias dans les dernières semaines, comment se fait-il qu'on ne
respecte pas cette recommandation-là? Et ce n'est pas une question, M. le
ministre, de dire : Bon, on va prendre les avocats ici, puis on va les
mettre là. Ce n'est pas du tout ça, c'est, on voulait la création d'une
commission, d'un commissaire, un bureau indépendant avec ses propres pouvoirs
d'enquête pour être le vrai chien de garde, mais le chien de garde pas juste de
la DPJ, mais aussi de la CDPDJ. C'était ça, l'idée, c'est d'avoir une personne
au-delà... au-delà de la mêlée, comme on dit. Et c'est très difficile, on va
donner ça...
Surtout, si je regarde même le dernier
rapport de la CDPDJ, le rapport annuel, et les avocates qui sont venues
témoigner nous l'ont dit, il y a des groupes également qui sont venus le dire,
en termes de manque de représentation devant les tribunaux, les mesures de
contention, ils sont supposés de faire un suivi. Ils reçoivent notification,
là, de toutes les procédures en lésion de droits, mais ils ne se présentent pas
devant les tribunaux. C'est très rare. Ça, il faut que ça soit systémique.
Donc, qu'est ce qu'on fait avec les cas individuels de lésion de droits? On
donne ça à qui? Finalement, c'est qui, qui va protéger? C'est qui va être la voix
de ces enfants-là? C'est ça qui est préoccupant, M. le ministre, parce que si
on aurait voulu changer les choses, là, on l'aurait fait. Pourquoi est-ce que
ça... On n'avait pas besoin d'un projet de loi qui vise la nomination d'un
commissaire pour changer les choses qui étaient dans ce rapport. Entre nous,
là, on aurait pu faire des choses, mais, en ce moment, on ne voit pas les
changements. Les changements, il n'y a pas des résultats concernant les
changements et, pire, on est en train... On a une CDPDJ qui est comme en train
de restreindre un peu son mandat en disant : Non, on s'en va à la chambre
de la jeunesse quand ça va être des situations graves, puis on s'en va dans les
lésions de droits quand ça va être systémique.
Donc, tout cet aspect de... à moins que
vous allez me dire : Bon, bien là, maintenant, le volet Jeunesse, on va
augmenter le financement, on va augmenter le personnel, et puis ça va être...
ça va être dédié 100 % du temps, ce volet-là, à la jeunesse et à nos
enfants, pour assurer qu'ils sont... qu'ils soient bien protégés. Mais ce n'est
pas ça que j'entends, et c'était ça, l'objectif de cette recommandation-là,
c'était commissaire, un bureau dédié à 100 % et surtout, évidemment, les
enfants qui sont vulnérables. Donc, j'ai de la difficulté à concilier, compte
tenu que la situation ne s'est pas améliorée et les circonstances, les
situations complètement, là, aberrantes qui sont sorties, moi, là, j'ai
beaucoup de difficultés... Bien, j'ai une fille de 25 ans, et je ne peux
pas croire qu'une fille de 12 ans a fait cinq tentatives de suicide, parce
qu'elle voulait voir sa mère et qu'on n'a rien fait. M. le ministre, <à
un moment donné...
Mme Garceau :
...12 ans
a fait cinq tentatives de suicide, parce qu'elle voulait voir sa mère et qu'on
n'a rien fait. M. le ministre, >à un moment donné, on ne peut pas
continuer à protéger ce système qui ne protège pas nos enfants
Le Président (M. Provençal)
:On va prendre... On va faire une
suspension quelques minutes pour vous permettre...
Mme Garceau : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:...de reprendre, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 49)
17 h (version révisée)
(Reprise à 17 h 29)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, nous allons reprendre nos
travaux. Lorsque j'ai suspendu ces derniers, c'était Mme la députée de Robert-Baldwin
qui avait la parole. Mme la députée, désirez-vous reprendre la parole?
Mme Garceau : Juste pour
remercier tout le monde pour votre patience, pour mon retrait, pour un petit
bout de temps. Je remercie aussi le ministre. On a eu un échange sur la
disposition 6. Et je comprends que... Je crois que, M. le Président, c'est
à l'article 30, deuxième alinéa, concernant que le commissaire,
évidemment, va avoir le cinq ans pour mettre en... la mise en œuvre des
dispositions, mais il va devoir déposer un rapport à l'Assemblée nationale et
que...
• (17 h 30) •
Une voix : ...
Mme Garceau : Ah! excusez.
Trois ans. Ça, on l'avait changé, je m'excuse, trois ans. Et que le rapport va
être transmis au Président de l'Assemblée nationale, qui va la déposer dans les
30 jours. Et suite à ça, on va faire appel à la... la commission
compétente dans les trois mois du dépôt du rapport pour l'étude. Donc, moi, ma
seule question, compte tenu que c'est déjà prévu et adopté, cette
disposition-là, pour possiblement revoir les fonctions et les pouvoirs du
commissaire dépendamment de la situation. Puis on le regardera peut-être, M. le
ministre, au niveau des pouvoirs, là, à l'article 8, c'est lorsqu'on est
dans une situation où... puis il va y en avoir, des situations où, que ça soit
la DPJ ou la CDPDJ qui ne porte pas enquête, là, sur une situation d'un enfant
et que l'enfant se tourne vers le commissaire. Quels seront les pouvoirs du
commissaire dans ces cas, dans ces... dans ces situations, lorsqu'un enfant,
là, démontre une détresse et que c'est dans... l'enfant est dans une situation
de vulnérabilité? Ça peut être un jeune également. Donc, quels seront, là, les
pouvoirs du commissaire? Peut-être qu'on va pouvoir regarder ça plus
particulièrement, là, à l'article 8.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le ministre, avez-vous un
point à ajouter?
M. Carmant : Non, M. le
Président. Mais, encore une fois, je vais le rementionner, là, puis j'ai
entendu le cri du cœur de la députée de Robert-Baldwin, là, on va encore une
fois s'assurer que la table justice jeunesse entende nos demandes par rapport à
la CDPDJ.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Merci au ministre, mais aussi à ma collègue, là. Je pense qu'il
y a eu des moments importants puisqu'on est quand même au cœur de l'argument,
là, qui a beaucoup bougé dans ce projet de loi là. On s'est posé la question,
même, à quel point ou à quel moment on l'aurait, là, cette discussion-là, parce
que c'est quand même un des points de tension clairs, là? Puis on a entendu des
choses. On avait le rapport Laurent initialement puis, bon, il y a eu une
modification, je... je vais le dire...
17 h 30 (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...initialement,
puis, bon, il y a eu une modification, je vais le dire, là, de la position de
Mme Laurent et des commissaires. Puis ma collègue, elle, présente ou soumet le
transfert complet des pouvoirs. Moi, j'en ai pris une position un peu
mitoyenne, là, je... vous l'avez vu à travers les dernières interventions.
Parce que si Mme Laurent et les commissaires sont le socle de ce qui nous fait
avancer dans ce dossier-là, de post-commission Laurent, bien, je me dis qu'il
faut qu'on accorde du poids et de la crédibilité à ce qu'eux aussi nous disent
et nous demandent dans l'évolution de cette demande-là puis dans ce dossier-là.
Alors, c'est pour ça que j'en suis venu à la position qu'à ce jour, là, très
clairement, le transfert complet des pouvoirs n'était pas une position que j'allais
soutenir, pour l'instant.
Cela dit, il y a beaucoup d'intervenants
qui nous ont relaté que le statu quo était impossible puis ils nous ont dit des
choses qui concernaient l'article 23, mais qui allaient au-delà de l'article 23
aussi puis qui allaient dans une volonté de la CDPDJ d'appuyer fort sur le J
dans son... dans son mandat. Et ça, ça va dépasser 23. J pour Jeunesse, oui. Ça
va être... ça va être... ça va être important, parce qu'au-delà de réformer 23,
il y a un élément de volonté, puis j'entends puis je suis confiant que la CDPDJ
va saisir la balle au bond, parce qu'on doit faire mieux pour nos jeunes,
vraiment mieux pour nos jeunes. M. Bouchard est venu nous dire que lui, il
était d'avis qu'on aurait dû les transférer, Mme Audet aussi nous a dit qu'on
aurait dû maintenir cette position-là. Donc, tu sais, il faut quand même le
dire, que les positions des experts ont été quand même différentes. Le Barreau,
eux, nous ont dit qu'il fallait plutôt clarifier, effectivement, 23, qu'il y
avait du travail à faire sur 23. La <i>Fédération des familles d'accueil,
elle, nous a dit : Non, au contraire, il aurait fallu garder ce que le
rapport Laurent nous dit. Le <i>Collectif Ex-Placé nous a aussi dit qu'il
aurait fallu garder la version initiale du rapport Laurent. Ça fait que c'est
évident, là, qu'on est dans une dualité de positionnement, c'est évident.
Donc, vous avez beaucoup à faire, M. le
ministre, avec la table justice jeunesse, là. Il y a beaucoup, beaucoup,
beaucoup d'espoirs qui sont fondés là-dessus de tous les intervenants. Puis je
le sais que vous le savez, là, mais on n'est plus nécessairement seulement...
ou ce ne sera pas possible d'avoir seulement des mesures cosmétiques là-dedans,
là, il va falloir qu'il y ait quelque chose qui change fondamentalement. Puis j'ai
confiance qu'avec les intervenants autour de la table, avec votre collègue
ministre de la Justice, que le Barreau, avec la DNPJ, avec les acteurs qui
seront là, on nous amène quelque chose de plus costaud. Parce que, j'y reviens,
là, le statu quo n'est pas possible. Ce qu'on a entendu dans les dernières
semaines, c'est absolument catastrophique. Des avocates, des avocats m'ont
partagé des lettres où des enfants abusés reçoivent des lettres de la CDPDJ
comme quoi il n'y a eu de lésion de droit dans leur dossier, alors que devant
la cour criminelle, il y a des agressions sexuelles qui sont reconnues. Je veux
dire, ça... ça n'a pas de bon sens.
Donc, je nous invite tous, là... Puis là,
aujourd'hui, vous avez pris votre position. Moi, je vais respecter Mme Laurent
puis je vais respecter les ex-commissaires puis je vais m'abstenir sur ce
vote-là. Mais, honnêtement, on ne peut pas maintenir le statu quo. Ça fait que
je vais vraiment mettre beaucoup d'efforts et d'attention et d'énergie dans ce
qui s'en vient puis vos conclusions avec la ministre la Justice. Puis je vous
invite à faire quelque chose de costaud parce que le problème est costaud. Puis
on n'est pas peut-être... Tu sais, ce n'est pas des virgules, là, qu'il faut
changer, là, c'est un mandat, c'est une réflexion. Puis je pense qu'effectivement,
la commission est plus outillée à faire des enquêtes qu'un futur commissaire.
Je pense que la commission est plus outillée pour faire des interventions
judiciaires parce que c'est ce qu'ils font, là, du juridictionnel, mais il faut
qu'ils le fassent. Puis il faut que les enfants... j'en conviens, là, vont
comprendre qui qui est l'intervenant, puis qui vont défendre leurs droits individuels,
les lésions de droits individuels, puis qui va appartenir au... apparaître de
manière individuelle dans les lésions, puis qui va être plus chien de garde
systématique, prévention globale en amont. Mais on ne peut pas non plus arriver
dans deux, trois ans ou... Il ne faut pas qu'on arrive dans deux trois ans en
se disant : On vient de perdre trois ans puis il n'y a rien qui a changé.
Ça, ça va être catastrophique. Puis ma collègue en parlait, dans trois ans, il
va avoir une révision de la mise en œuvre du commissaire. Et j'espère
profondément que les messages vont avoir été reçus de tous les acteurs
concernés puis qu'on ne se dira pas, trois ans plus tard : Oui,
finalement, on aurait dû le faire il y a trois ans. J'espère fondamentalement
qu'on ne se dira pas ça trois ans plus tard, parce que trois ans, c'est long
pour les <enfants...
M. Cliche-Rivard :
...J'espère fondamentalement qu'on ne se dira pas ça trois
ans plus tard, parce que trois ans, c'est long pour les >enfants en
centres jeunesse. Puis ça sera là-dessus que je vais conclure, là, vous le
comprenez, M. le ministre, j'en suis certain. Puis quand vous serez autour de
la table, que vous aurez des discussions à huis clos, moi, je m'attendrais à ce
que ça brasse un peu, tu sais. Puis on n'a pas besoin de le savoir dans le
public, là, mais il y a des gens qui ont raté leur job, là. Ce n'est pas
normal, là. Puis il y a des enquêtes qui vont se faire, puis il y a des
conclusions qui vont se faire, puis des enfants détenus à neuf ans, puis... Il
y a des choses qui ne vont pas bien, là. Ça fait que je... je vais m'arrêter
là-dessus, mais j'espère que vous allez avoir, tous les deux ministres, là, la
volonté que... Ça n'a pas besoin de brasser ou... tu sais, mais il faut que ça
brasse un peu quand même, là. Bien, je pense qu'il faut que ça brasse.
Poliment, évidemment, tu sais, on s'entend, là. Il y a des... il y a des choses
qui ne marchent pas pantoute. Ça fait que, voilà, c'est ce que j'explique aux
collègues, là. C'est la position que je vais prendre. Aujourd'hui, là, je vais
suivre Mme Laurent puis les ex-commissaires. Puis je ne vais pas
recommander le transfert. Puis j'espère vraiment ne pas regretter ce vote-là
dans trois ans.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député. Ça va? Y a-t-il
d'autres interventions? Parce que je vous rappelle qu'on est toujours sur
l'amendement à l'article 6. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix de l'amendement de l'article 6. Alors, Mme
la secrétaire, on va le faire par vote nominal, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Parfait.
Pour, contre, abstention. Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire
: Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Contre.
La Secrétaire
: Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Contre.
La Secrétaire
: Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Contre
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Contre.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Abstention.
La Secrétaire
: M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention.Alors, l'amendement à l'article 6, déposé
par Mme la députée de D'Arcy-McGee, est rejeté.
On revient donc à l'article 6 qui
avait été amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
• (17 h 40) •
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Merci, M. le Président, encore une fois, pour votre bon boulot. Hein, vous nous
arbitrez bien, aujourd'hui. Ça se passe bien. On a là la charte et on a là la
LPJ, si je ne m'abuse. Puis là, je pose peut-être la question au légiste, là.
Qu'est-ce qui en est du rôle de la LSJPA là-dedans? Est-ce qu'il n'y a pas des
droits qui sont... Est-ce qu'il n'y a pas des missions à la commission, dans...
dans la LSJPA, qu'il faudrait inclure ici à 6 ou doit-on se limiter vraiment au
corpus de la charte et de la LPJ?
Le Président (M. Provençal)
:Me Bélanger...
M. Bérubé (Mathieu) : Ici, en
fait, la Loi sur la protection de la jeunesse réfère...
Le Président (M. Provençal)
:...Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : ...dans
les responsabilités de la commission à la... à la LSJPA à l'article 23, là.
Donc, c'est... c'est couvert, là, par le... par le texte, là, en référant aux
responsabilités dévolues à la commission par la Loi sur la protection de la
jeunesse, puisque dans cette loi-là, on réfère à la protection des droits
reconnus par la LSJPA.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que ce que vous dites, c'est que sans nommer la LSJPA, elle est là de par le
mandat LPJ.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Tout le
mandat... Tout ce qui pourrait appartenir à la commission sur... dans la LSJPA
est par renvoi inclus dans 6?
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, tout ce qui est dévolu à la commission en vertu de la Loi sur la
protection de la jeunesse, qui elle renvoie à la protection... la promotion et
le respect des droits de l'enfant reconnus par la présente loi et par la <i>Loi
sur le système de justice pénale...
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
à 23-a?
M. Bérubé (Mathieu) : Voilà.
Donc, ça, c'est inclus dans la LPJ, donc c'est couvert par le texte de 6, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Puis
il n'y a pas autre chose qui serait de la responsabilité de la... de la
commission, de la CDPDJ, là, qui n'est pas à 23-a, dans le sens, l'ensemble du
corps législatif de la LSJPA se retrouve par renvoi, là. Ce n'est pas juste une
section, ou ce n'est pas juste un article, ou...
M. Bérubé (Mathieu) : Bien,
écoutez, là, je ne suis pas... je ne suis pas très très au fait, là, comme tel,
là, de c'est quoi ses responsabilités spécifiques, là, à l'égard de cette
loi-là, là, mais la Loi sur protection de la jeunesse et la <i>Charte des
droits, c'est dans ces deux lois qu'on trouve les fonctions de la commission.
Donc, on vise les deux textes, donc ça couvre la totalité de ce que le
législateur demande à la commission d'exécuter, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Donc,
il n'y a, là, dans l'amendement qu'on avait fait à 6, pas de limitation dans
les fonctions, dans ce sens où on avait amendé pour être sûr que l'article n'a
pas pour effet d'empêcher le commissaire d'exercer ses <fonctions...
M. Cliche-Rivard :
...l'article
n'a pas pour effet d'empêcher le commissaire d'exercer
ses >fonctions dans la... dans la LPJ, dans la charte et dans le
Code civil, qui sont nos quatre lois-cadres en matière de droits des enfants,
mais pour lesquelles... Bon, je ne pense pas que le Code civil donne des
mandats à la commission, là, je ne pense pas, là...
Une voix : ...
M. Cliche-Rivard : ...alors
qu'à la charte, oui, à la fin, il y a des mandats. Parfait. Ça fait que dans ce
cas-là, notre commissaire ne sera pas limité de quelconque façon, dans son rôle
à 5, par 23-a ou par d'autres pouvoirs de la commission.
M. Bérubé (Mathieu) : Tout à
fait.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? S'il n'y a pas d'autre
intervention sur l'article 6 amendé, nous allons procéder à la mise aux
voix. Mme la Secrétaire, je vais vous demander d'y aller immédiatement par
appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
Mme Dorismond : Pour.
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
Mme Picard : Pour.
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
Mme Poulet : Pour.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Pour.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Abstention.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'article 6 tel
qu'amendé est donc adopté.
L'article 7 avait été adopté. Alors,
nous allons à l'article 8. Y a-t-il consentement pour reprendre l'étude de
l'article 8? Consentement?
Des voix : Consentement.
M. Provençal : ...
(panne de son)
Le Président (M. Provençal)
:Non. Alors, M. le ministre, je vais
vous inviter à nous faire la lecture de l'article 8.
M. Carmant : Merci, M. le
Président.
«Pour l'accomplissement de ses fonctions,
le commissaire peut notamment :
«1° recevoir et entendre les observations
de personnes ou de groupes;
«2° effectuer ou faire effectuer les
analyses, les études et les recherches qu'il juge nécessaires;
«3° avoir recours à des experts externes
afin de lui faire rapport sur un ou plusieurs points précis qu'il détermine;
«4° détacher un membre de son personnel ou
un expert qu'il mandate auprès d'un organisme public et exiger que ce dernier
fournisse les locaux et l'équipement qu'il estime nécessaires;
«5° produire, en tout temps, un rapport
sur toute matière relevant de ses fonctions.»
Le présent article du projet de loi
introduit la section II du chapitre II, laquelle section concerne les
pouvoirs du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
L'article prévoit certains pouvoirs
dévolus au commissaire pour l'accomplissement de ses fonctions. Ainsi, lorsque
le commissaire le juge nécessaire à ses fonctions, il peut recevoir et entendre
des observations formulées par des personnes ou des groupes, effectuer des
analyses, des études ou des recherches et mandater un expert externe à son
organisation afin d'obtenir des précisions sur un sujet donné.
De plus, le commissaire peut détacher un
employé ou un expert mandaté auprès d'un organisme public, puisque ce pouvoir
implique théoriquement l'affectation physique de l'employé ou de l'expert dans
un autre lieu que les locaux du commissaire. Le paragraphe 4° de l'article
précise que le commissaire peut exiger de l'organisme public visé qu'il
fournisse les locaux et les équipements nécessaires.
Enfin, l'article permet au commissaire,
toujours lorsqu'il l'estime opportun, de produire un rapport sur toute matière
relevant de ses fonctions. Conséquemment, le commissaire n'est pas tenu
d'attendre la production de son rapport d'activités annuel pour présenter un
rapport à l'Assemblée nationale. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, M. le ministre. Alors, je suis
prêt à recevoir une première intervention sur l'article 8. M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. C'est là où ça commence à être intéressant, là, de faire le parallèle
avec 5 et 8. Par exemple, là, le premier, de 1°, c'est «recevoir et entendre
des observations de personnes ou de groupes», ce qui marche parfaitement avec
5, deuxième alinéa, 1°, qui est «mettre en place des moyens pour recueillir les
préoccupations et opinions des enfants avec les groupes — là, on l'a
amendé — sur les enjeux de la société». Ça fait que c'est... c'est ce
que je vous faisais comme... comme disposition parallèle. On lui a donné une
fonction, on lui donne un pouvoir lié à cette fonction-là.
Au deuxième point,« effectuer ou faire
effectuer des analyses, les études et les recherches qu'il juge nécessaires».
Ça, c'est 8, 2°. On a eu 8... On a 5, 2°, «analyser l'état du bien-être des
enfants et réaliser annuellement le portrait de cet état». C'est quand même
assez analogue, là. Donc... Et le 3°, «avoir recours à des experts externes
afin de lui faire rapport», bon, ça découle un peu aussi d'analyser les
politiques gouvernementales à 3°. Ça fait que je... Tu sais, je ne sais pas si...
Est-ce que c'est comme ça que ça a été... puis je peux poser la question à...
Ça n'a pas du tout été réfléchi comme ça ou s'il y a un lien dans la
construction, dans comment vous avez prévu les fonctions puis les pouvoirs?
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. En fait, là, il faut voir l'article 8, là, comme étant
des pouvoirs <généraux...
Le
Président (M. Provençal)
:
...Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu)T :
Merci,
M. le Président. En fait, là, il faut voir l'article 8, là, comme étant
des pouvoirs >généraux qui pourraient être nécessaires. Donc, c'est à la
discrétion, évidemment, du commissaire dans la mesure où il juge qu'il en a
besoin pour l'accomplissement de ses fonctions. Donc, on ne vise pas
nécessairement, ici, à 8, de fonctions spécifiques, ce qui fait en sorte que
même le fait de recueillir, d'entendre des témoignages, il pourrait utiliser ce
pouvoir-là, même à l'égard de ses fonctions visées à 2, à 3 à 4. Ce n'est pas
limitatif, autrement dit, là.
M. Cliche-Rivard : OK.
M. Carmant : Si je peux
ajouter, c'est typique de ce qui est donné au Protecteur du citoyen, aux autres...
M. Cliche-Rivard : C'est
comme ça que ça a été construit. Vous avez pris la disposition à la base pour
le protecteur, essentiellement, vous l'avez adaptée.
M. Bérubé (Mathieu) : Même
chose que le Commissaire à la langue française.
M. Cliche-Rivard : Commissaire
à la langue française, ça a été votre cadre de référence pour... pour cet article,
entre autres. Parfait.
M. le ministre, vous dites «recevoir et
entendre les observations de personnes», ça fait que le commissaire va...
Peut-être juste, concrètement, là, comment vous imaginez ça?
M. Carmant : Bien, je pense
qu'il peut poser des questions sur des sujets qui sont d'intérêt pour les
enfants aux organismes communautaires, à des individus, des regroupements. Je
pense qu'il doit être capable d'entendre et de recevoir les observations de
tout le monde. Et, également, ça inclut, par exemple, si un jeune a besoin d'un
service, qu'il a besoin d'entrer en contact avec le commissaire, c'est
important qu'il puisse le faire également.
M. Cliche-Rivard : Là, les
analyses, les recherches, donc, sur tout autre point qui lui fait avoir...
avoir recours aux experts externes, vous l'avez dit, détacher un membre de son
personnel qui produit un rapport. Ça, on ne parle pas du même rapport que le
rapport annuel, c'est un rapport... À tout moment...
M. Carmant : Non, ad hoc.
M. Cliche-Rivard : Ad hoc,
peut produire un rapport ad hoc.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Moi, ça me
va pour 8, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
• (17 h 50) •
M. Arseneau : Oui, bien,
juste une question qui va dans le même sens que celle de mon collègue. Quand on
dit qu'il a le pouvoir de recevoir et d'entendre les observations de personnes
ou de groupes, ce n'est pas un pouvoir coercitif, j'imagine, ce n'est pas un
pouvoir d'intervention. Est-ce qu'il a... En d'autres mots, comment se traduit
ce pouvoir-là, d'entendre ou de recevoir des observations de personnes ou de
groupes? Vous avez parlé, par exemple, des jeunes. Est-ce que son pouvoir vient
avec, par exemple, le droit d'intervenir sur les lieux d'un centre jeunesse,
par exemple?
M. Carmant : Alors, il reçoit
et accompagne les jeunes vers... Tu sais, il l'accompagne vers les ressources...
Le plus bel exemple, c'est au niveau scolaire... On ne veut pas nécessairement
qu'il intervienne, parce qu'on a créé le <i>protecteur de l'élève, donc
on veut qu'il reçoive la plainte, si jamais il y a quelque chose, et qu'il
l'accompagne vers la personne appropriée pour résoudre son problème. Même chose
pour... S'il y a une plainte au niveau protection de la jeunesse, ça va être la
même chose, tu sais, qu'il accompagne le jeune vers le service approprié. Mais
on ne veut pas qu'il intervienne dans... fasse des interventions individuelles.
M. Arseneau : D'accord. Ce
n'est pas une intervention sur le terrain...
M. Carmant : Exact.
M. Arseneau : ...c'est obtenir
de l'information, essentiellement.
M. Carmant : Exact.
M. Arseneau : D'accord. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce que ça va, M. le député? Y
a-t-il... Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Le commissaire, je regarde les pouvoirs, pas de pouvoir
d'intervention, pas de pouvoir d'enquête et pas de pouvoir de même faire des
recommandations.
M. Carmant : ...recommandations
par rapport
Mme Garceau : Par rapport à...
suite...
M. Carmant : Je pense que le
rapport inclut des recommandations.
Mme Garceau : Oui, mais en
termes d'une situation où... il y a une situation en particulier qui est menée
par un enfant, puis c'est vraiment tout... Puisqu'on sait que, dans le système
actuel, on en échappe, des enfants, et donc je tente de voir... un pouvoir, si
je peux dire, dans les circonstances où on a fermé la porte, il peut bien
accompagner l'enfant aux ressources appropriées.
À titre d'exemple, si c'est la DPJ ou si
c'est la CDPDJ, mais, au bout du compte, si on ne fait rien pour cet enfant-là,
et là, l'enfant revient au commissaire pour dire : Il ne se passe rien,
quels sont les pouvoirs du <commissaire...
Mme Garceau :
...quels
sont les pouvoirs du >commissaire à ce moment-là? Il me semble qu'il
devrait avoir un pouvoir d'intervention, un pouvoir, même, de mener une enquête.
M. Carmant : Bien, ça, on le
donne à l'article 10, si la... si la situation est récurrente, là.
Mme Garceau : Oui, mais ça,
c'est particulier, là, visé au paragraphe 6...
Des voix : ...
Mme Garceau : Mais ça, c'est
une situation concernant la mise en œuvre des programmes et la prestation des
services qui sont destinés aux enfants et qui relèvent des organismes publics.
M. Carmant : Donc, la
prestation des services, ce serait un peu la situation que vous décrivez.
Des voix : ...
Mme Garceau : Donc, à
l'article 6... à l'article 10, en termes d'organismes publics, on...
on vise la DPJ et la CDPDJ? Non.
Des voix : ...
M. Carmant : La DPJ et tout
autre organisme public.
Mme Garceau : OK. Donc, si
jamais, à titre d'exemple, la DPJ n'accepte pas le signalement, la DPJ prend
une décision qu'il n'y a pas de lésion de droits, là, est-ce que le commissaire
va pouvoir, en vertu de l'article 10, porter en... faire une enquête?
M. Carmant : C'est vraiment
très détaillé, là, je passerais la parole au légiste, là.
Mme Garceau : L'article 10...
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président.
M. Carmant : Parce que là, on
est sur 8.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
effectivement, on est sur 8. Peut-être juste faire un petit tour de roue
rapidement, là, sur 10. On vise le paragraphe 6 du deuxième alinéa de
l'article 5. Donc, c'est vraiment en matière d'évaluation de la mise en
œuvre des services ou des programmes qui sont destinés aux enfants, programmes
ou services, là, qui sont offerts ou fournis, là, par des organismes publics,
tels que définis à l'article 5. C'est les pouvoirs d'enquête qui
accompagnent, dans le fond... en fait, les pouvoirs d'enquête que peut invoquer
le commissaire à l'égard de cette fonction-là, c'est des enquêtes générales ou
systémiques, là, comme certaines personnes aiment les appeler. On ne parle pas
d'enquêtes individuelles, ici, là. Donc, de façon générale, il pourrait, dans
le cadre de l'évaluation de la prestation de certains services, peut-être,
découvrir quelque chose qu'il dit : Ah! ça mériterait enquête, donc je
vais invoquer mes pouvoirs d'enquête pour creuser un peu plus... de façon
approfondie, aller chercher plus d'éléments pour être à même, ensuite, de soit,
je ne sais pas, moi, rendre ou produire un rapport qui serait plus complet,
faire des recommandations plus précises, etc. Mais ces pouvoirs d'enquête là, à
10, sont limités, effectivement, à l'évaluation des programmes ou des services
visés au paragraphe 6 de 5.
Mme Garceau : Bien là, on
parle... je ne sais pas, peut-être, une interprétation. Parce que, comme le
ministre vient de le mentionner, la prestation des services d'un organisme,
dont la prestation des services, admettons, d'un centre jeunesse, donc, si,
admettons, il y a des fouilles à nu dans un centre jeunesse puis il y a des
enfants qui sont... qui en ont jusque là, on est en train de vraiment... à un
moment donné, il y a une violation de droit évidente. Et je ne vois pas, à
l'article 10, qu'un commissaire serait... ne pourrait pas faire ou mener
une enquête dans une <situation...
Mme Garceau :
...pourrait
pas faire ou mener une enquête dans une >situation individuelle.
M. Carmant : Mais ce n'est
pas notre intention. Tu sais, notre intention, c'est que... situation
individuelle, qu'il l'accompagne vers la personne qui est déjà nommée pour
faire ce type d'enquêtes là. Mais, si la situation devient récurrente,
systémique ou... là, là, là, il a son pouvoir d'enquête. Mais, vraiment, sur
une base individuelle, ce n'est pas ce qu'on désirait.
Une voix : ...
M. Carmant : Individuelle,
c'est ça.
Mme Garceau : OK. Mais
pourquoi pas? Parce que le commissaire est censé d'être la voix des enfants...
M. Carmant : Mais c'est pour
éviter les dédoublements.
Mme Garceau : ...la voix des
enfants, pas la voix d'un groupe d'enfants, la voix, aussi, d'un seul enfant
qui est dans une situation de vulnérabilité...
M. Carmant : Mais, au
gouvernement, on essaie...
Mme Garceau : ...ou dans une
situation où ses droits sont brimés.
M. Carmant : Mais on essaie
vraiment d'éviter les dédoublements dans les rôles. Tu sais, ça a été la partie
la plus complexe, là, de placer le rôle du commissaire de façon adéquate, puis
c'est comme ça qu'on a décidé de le positionner.
• (18 heures) •
Mme Garceau : Mais... Mais
moi, je tente vraiment, M. le ministre, de... On va le décortiquer ensemble,
là, parce que c'est quand même un lien important entre fonctions, au paragraphe
6°, et la possibilité du commissaire, qui peut d'office, même, OK, il n'a pas
besoin de permission, il n'a pas besoin d'autorisation, il peut d'office faire
une enquête qu'il juge utile à l'exercice de ses fonctions. Donc, on est en
train d'évaluer des circonstances...
Une voix : ...
Mme Garceau : Oui, mais c'est
parce que, là.... Je tente de comprendre, parce que là j'étais dans le pouvoir
d'enquête, et quand est-ce qu'il va pouvoir intervenir en vertu de
l'article 8, et on me donne la réponse «entre 6 et 10», parce qu'il peut,
en vertu de 10. Donc, là, je veux explorer son pouvoir d'enquête, parce que,
là, pourquoi est-ce qu'on ne le retrouve pas à l'article 8? Parce que, là,
on est en train de dire que : Non, on veut le... on veut restreindre le
pouvoir de mener des enquêtes uniquement dans les circonstances telles que
détaillées au paragraphe 6°. C'est ça, c'est ça, la compréhension du pouvoir
d'enquête du commissaire, il va être limité à l'article 6, à ses fonctions
liées à l'article 6.
M. Carmant : Mais qui sont...
qui regroupent quand même beaucoup d'activités, là, les programmes, prestations
de services. C'est ça, là. C'est très large.
Mme Garceau : Oui, mais...
C'est très large, et donc c'est pour ça que c'est quand même un aspect très,
très important, parce qu'il n'y a pas beaucoup... on va se le dire, là, en
termes de pouvoir d'intervenir puis de mener des enquêtes, et donc je veux
vraiment qu'on passe le temps pour revoir le lien entre ces deux articles et,
évidemment, l'article 8, parce que dans la prestation des services, au
niveau de la DPJ, ça peut être n'importe quoi. Pas besoin d'être systémique, ça
peut être un cas d'un individu, d'un enfant, d'agression sexuelle. J'en ai un — cas
de comté — d'agression sexuelle dans un centre jeunesse, puis on ne
fait absolument rien, il n'y a pas de suivi psychologique. On a fermé le
dossier comme si rien n'était. L'enfant va voir le commissaire. Est-ce qu'on
est en train de dire, maintenant, que le commissaire n'aura pas pouvoir
d'enquête?
M. Carmant : Bien, on ne dit
pas ça, là. Mais le but d'un commissaire, c'est d'amener l'enfant vers les
ressources appropriées, puis s'il juge que la commission mérite enquête, bien,
la... s'il juge que la situation mérite enquête, je pense que 10 dit qu'il
peut...
18 h (version révisée)
M. Carmant : ...c'est juste
que la situation mérite enquête. Je pense que 10 dit qu'il peut faire enquête.
Mais peut-être avoir un complément de... par le juriste, là, parce que je ne
veux pas induire en erreur, là.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la...
Mme Garceau : ...dans un cas
concret comme ça, où la DPJ ne fait rien, là, on a fermé le dossier, c'est
comme s'il n'y avait jamais eu d'agression. Donc, qu'est-ce que...
M. Carmant : C'est difficile
de se prononcer sur des cas dont on n'a pas d'information, tu sais, c'est comme...
Mme Garceau : Bien, M. le
ministre, il faut comprendre l'étendue...
M. Carmant : ...mettez dans
des situations qui sont très difficiles, là.
Mme Garceau : Il faut comprendre
l'étendue ici. On est dans les pouvoirs, on est au cœur, là. Parce qu'il n'y en
a pas beaucoup...
M. Carmant : Non, non, non,
je comprends.
Mme Garceau : ...il n'y en a
pas beaucoup, de pouvoirs. Donc, c'est sûr et certain que, là, s'il y a un
pouvoir d'enquête dans les prestations des services qui relèvent des organismes
publics, on va en discuter. Parce que moi, je veux comprendre...
M. Carmant : OK. Mais ça, c'est
à l'article 10.
Mme Garceau : ...l'étendue de
ces pouvoirs-là d'enquête. Et là moi, je ne vois rien dans ces articles-là que
ça doit être des situations systémiques. Et donc j'aimerais vraiment comprendre
l'étendue de... du... de ce pouvoir de mener une enquête ou des enquêtes.
M. Carmant : OK. Bien, je passerais
la parole, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Merci,
M. le Président. Ici, en fait, là, même un cas individuel pourrait porter le
commissaire à faire une enquête systémique en vertu de l'article 10, en
matière de services dispensés à des enfants. Par contre, il ne peut pas se
substituer à la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse pour faire une enquête individuelle à l'égard d'un cas de lésion de droit
présumé, puisque ça, c'est des fonctions qui sont dévolues à la commission,
exclusivement, en vertu de l'article 23. Puis l'article 6 vient
prévoit que le commissaire, il gère ses fonctions, mais dans le respect de ce
qui est dévolu à la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse.
Le Président (M. Provençal)
:...Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bien là, j'ai
un exemple, là, bon, ça a été rapporté dans les médias, la situation puis la
vétusté de Mont-Saint-Antoine, par exemple. Le commissaire fait enquête, parce
que là on est clairement dans la prestation de services, on n'est pas dans une
évaluation individuelle où il n'y a pas une personne qui porte lésion, il n'y a
pas un plaignant individuel, mais le centre, en tant que tel, qui dessert les
enfants, lui-même, est jugé vétuste, le cas échéant. Là, je pense que c'est
assez clair, mais... Là, lui, soumet des... lui, enquête, là, il a ce
pouvoir-là. Ça fait que, là, c'est... la distinction est là entre le... ne
prend pas le dossier x du député de Saint-Henri—Sainte-Anne, mettons, là, puis
il fait la plainte pour moi, non, mais il peut faire l'institution. L'exemple,
hier, vous étiez à Val-du-Lac avec ma collègue : sort de là... Lui, il a
fait une enquête puis il sort de là en disant : Ça n'a pas de bon sang. Fait
son rapport. Là, il a tous ces pouvoirs-là individuels d'aller sur le terrain,
d'aller enquêter, de poser les questions, mais sans nommer individuellement un
plaignant, ce qui, ça, revient du mandat d'enquête individualisé puis du moyen
recherché, individualisé, là, finalement, la conséquence ou la recommandation
de l'enfant envers le DPJ, ça, c'est la CDPDJ. Mais lui, tout le reste, ça va
être son travail, au commissaire.
M. Carmant : On s'entend
là-dessus.
M. Cliche-Rivard : S'il
décide qu'il fait la tournée des centres jeunesse puis qu'il fait la tournée de
l'évaluation de la vétusté, puis des services rendus, puis de la contention,
puis des fouilles à nu, puis des politiques, puis des pratiques...
M. Carmant : ...agressions
sexuelles.
M. Cliche-Rivard : ...d'agressions
sexuelles, c'est ça, sa job?
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Puis on
émet des recommandations, puis, si ça ne bouge pas puis si ça ne modifie pas,
bien, il a un pouvoir, à 11.2, de notifier le gouvernement puis l'Assemblée
nationale.
M. Carmant : ...
M. Cliche-Rivard : Moi, c'est
le cadre que j'ai compris. Je voulais clarifier ça. Je ne sais pas si ma... si ça
satisfait ou non ma collègue, comme réponse.
Mme Garceau : À un certain
niveau, oui. Sauf que le président de la CDPDJ l'a déjà dit, puis c'est dans
les médias, que les cas individuels de lésion droits, ce n'est pas eux autres.
Donc, ça va être qui?
M. Carmant : Bien, la
fonction de la CDPDJ, là, pour la... plusieurs fois, là... Nous, on veut
vraiment regarder ça à la table jeunesse justice, tu sais, c'est là qu'on veut
clarifier les choses pour la CDPDJ. Puis j'entends que, si ça ne change pas,
tout le monde ici, là, ne sera pas heureux, là, et moi inclus, et moi inclus.
Mme Garceau : Oui. Non, mais
ça clarifie. Je pense que ça a été quand même un exercice <important...
Mme Garceau :
... Non,
mais ça clarifie. Je pense que ça a été quand même un exercice >important
de clarifier que le commissaire va avoir ce pouvoir d'enquête qui pourrait
aider plusieurs situations de... où les enfants sont vraiment dans des cas de
violation des... de leurs droits.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Autres... Autres
interventions?
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Sur 8, oui, oui, on est toujours sur 8.
S'il n'y a pas... Ça va, M. le député? Oui? Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Moi, je
voulais revenir sur la question de produire «un rapport sur toutes matières
relevant de ses fonctions.» On dit qu'un rapport peut contenir des
recommandations ou des avis, mais j'aimerais avoir votre avis sur le fait qu'on
n'ait pas inscrit nommément que le commissaire pouvait faire des
recommandations. On parlait tout à l'heure du Commissaire à la langue française,
et il est inscrit dans son mandat qu'il fait des recommandations, là, donc des
rapports, des avis et des recommandations, compte tenu de ses pouvoirs, et
ainsi de suite. C'est... Ce n'est pas le seul, d'ailleurs, là. Quand on a fait
l'étude du projet de loi 15, il y avait également, là, un comité qui était
chargé de veiller à la qualité des soins, et on inscrivait dans le projet de
loi que ledit comité pouvait faire, évidemment, une analyse de la situation et
faire des recommandations. Puis un peu plus loin, bien, on s'assurait qu'il y
ait un suivi à ces recommandations-là, qu'elles soient retenues ou rejetées,
mais qu'elles ne soient pas tout simplement inscrites quelque part et oubliées.
Alors, moi, il me semble que c'est une faille, et je voudrais savoir s'il y a
une raison spécifique, pourquoi on dit : On fait des rapports, mais pas
nécessairement des recommandations, qu'on ne l'écrive pas en toutes lettres.
M. Carmant : Oui. Bien, je
pense que l'aspect recommandation était couvert par l'article 5.9, et les
mécanismes de suivi vont venir un petit peu plus loin dans le projet de loi.
• (18 h 10) •
Une voix : ...
M. Arseneau : Donc, pour
vous, dans le texte du projet de loi, «lorsqu'il le juge nécessaire ou sur
demande de l'Assemblée nationale, du gouvernement ou de tout ministre, leur
fournir les avis et les recommandations qu'il estime appropriés sur toute
question», ça équivaut à le faire également lorsqu'il produit «en tout temps,
un rapport sur toute matière relevant de ses fonctions»?
M. Carmant : Absolument.
M. Arseneau : Et à ce
moment-là on sépare la notion de rapport, dans les pouvoirs, de la fonction de
déposer ou fournir des avis et des recommandations. Pourquoi?
M. Carmant : ...la parole au
juriste, là. Je n'ai pas la réponse à ça.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : En
fait, ils ne sont pas séparés. Ils sont liés par le début de l'article 8,
là, qui commence en stipulant que «pour l'accomplissement de ses fonctions, le
commissaire peut notamment». Donc, autrement dit, c'est dans l'exercice des
fonctions qui lui sont dévolues à l'article 5 : voici des pouvoirs,
des moyens, effectivement, que le commissaire peut mettre en œuvre pour
atteindre... réaliser, en fait, ces fonctions-là.
M. Arseneau : Donc, parmi les
fonctions, si je comprends bien, là, pour bien comprendre la... ce que vous
nous proposez comme interprétation, parce que ces fonctions comportent l'idée
de fournir des avis et des recommandations, il a le pouvoir de faire enquête. À
ce moment-là, de l'enquête découle la fonction de faire des recommandations.
D'accord.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui. Du
rapport, oui, c'est ça.
M. Arseneau : Oui. Je
comprends. Je vous remercie.
Le Président (M. Provençal)
:S'il n'y a pas d'autre intervention
sur l'article 8, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 8
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Article 9,
maintenant. Alors, à l'article 9, c'est un article qui avait... qui est
non lu, qui avait été <suspendu. Alors, on...
Le Président (M. Provençal)
:
... l'article 9, c'est un
article qui avait... qui est non lu, qui avait été >suspendu. Alors,
on... consentement pour revenir à l'article 9 qui avait été suspendu?
Consentement. Alors, dans un premier temps, M. le ministre, vous allez nous
faire lecture de l'article 9 et, par la suite, vous aurez lecture de votre
amendement, s'il vous plaît.
M. Carmant : D'accord.
Immédiatement, j'enchaîne?
Le Président (M. Provençal)
:Oui, oui, faites la lecture du 9 en
début... au départ.
M. Carmant : Parfait. Merci,
M. le Président. L'article... L'article 9 se lit comme suit :
«9. Un organisme public doit, sur
demande, permettre au commissaire de prendre communication et de tirer copie
des registres, des rapports, des documents ou des renseignements, quelle qu'en
soit la forme, qui sont nécessaires à l'exercice de ses fonctions visées aux
paragraphes 2°, 3° et 6° du deuxième alinéa de l'article 5 et lui fournir
tout renseignement et toute explication s'y rapportant.»
La version avec... amendée demande le
remplacement, dans l'article 9 du projet de loi, de «3° et 6°» par «3°, 6°
et 7°».
L'amendement vise à prévoir l'obligation,
pour un organisme public, de permettre au commissaire, sur demande, de prendre
communication et de tirer copie de registres et autres documents ou
renseignements qui lui sont nécessaires à l'exercice de ses fonctions de veille
de tous les décès d'enfants. Ces fonctions sont prévues au paragraphe 7° du
deuxième alinéa de l'article 5 du projet de loi. Et évidemment les mêmes
choses s'appliquent aux alinéas 3° et 6°.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, interventions sur
l'amendement?
Mme Garceau : M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, allez-y, Mme la députée.
Mme Garceau : Est-ce que vous
avez prévu... Parce que le commissaire va demander des registres, des rapports,
des documents. On n'a pas prévu de délai. Et je n'aimerais pas que le
commissaire se retrouve dans une situation où ça fait trois, quatre, six mois,
et il n'aurait rien reçu. Est-ce qu'on a pensé à mettre un délai, dans les
30 jours ou quelque chose comme ça, là, de sa demande, qu'il aurait les
informations demandées?
M. Carmant : M. le Président,
je demanderais peut-être au juriste ce qui se fait dans d'autres situations.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Allez-y, M. le... maître.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. À ma connaissance, en fait, il n'y a pas de... d'équivalent,
là, pour les autres personnes désignées par l'Assemblée nationale. Donc,
autrement dit, pour ce type de pouvoirs là, similaires, il n'y a pas de délai
maximal à respecter, là. Ça fait que ce qu'on en comprend, en fait, c'est qu'il
n'y a pas réellement de problématique à cet égard-là, là, sans quoi j'imagine
que ça aurait déjà été soulevé à quelque part, là.
Mme Garceau : On n'a pas
prévu dans un délai raisonnable?
Une voix : ...
Mme Garceau : Bien, c'est sur
demande, donc sur demande, d'habitude, implicitement, là, ça veut dire assez
vite. Mais je voulais juste voir s'il y avait eu des discussions concernant de
prévoir un certain délai.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre. Ou préférez-vous...
M. Carmant : Non. On a... Je
pense qu'on n'a pas eu ces discussions parce qu'on me dit qu'il n'y a jamais eu
d'enjeu à propos de délais.
Le Président (M. Provençal)
:Merci.
Mme Garceau : Donc, juste
pour reprendre, là, juste pour revoir chaque article. Donc, ça veut dire qu'en
termes d'analyser les impacts des politiques gouvernementales sur le bien-être
des enfants le commissaire pourra obtenir d'un ministère tous les documents
requis nécessaires pour faire cette évaluation? On me dit, M. le ministre, oui.
Oui?
M. Carmant : Oui, oui.
M. Cliche-Rivard : Oui. Pour
la postérité, c'est important.
Mme Garceau : Pour... Oui,
oui, pour les fins d'enregistrement. Même chose au niveau, là... Et ça, c'est
tous les organismes publics, incluant la DPJ? Donc, il n'y a pas de question,
là, de confidentialité liée à l'exercice de demandes de documents, de rapports,
de renseignements? On ne va pas dire au commissaire que : Ah non! ça,
c'est confidentiel? Moi, je veux juste m'assurer.
M. Carmant : Je veux juste
m'assurer, parce qu'il y avait un enjeu, vous vous souvenez, avec le coroner,
là. Je veux juste m'assurer, là, de... avant de m'avancer là-dessus.
Mme Garceau : Le coroner,
c'est 7. Vous l'avez ajouté, le coroner.
Des voix : ...
M. Carmant : Alors, on
m'indique que les rapports seraient dénominalisés, évidemment.
Mme Garceau : Pardon?
M. Carmant : Les rapports
seraient <dénominalisés, là...
M. Carmant :
...
dénominalisés, évidemment.
Mme Garceau :
Pardon?
M. Carmant :
Les
rapports seraient >dénominalisés, là, par... sauf s'il accorde... pour
justement cet aspect-là. Mais ils auraient accès aux rapports.
Mme Garceau : On ne va pas
recevoir des rapports caviardés?
M. Carmant : Non, bien...
Mme Garceau : Parce que, dans
votre modification, vous avez inclus le paragraphe 7°, là, donc, qui inclut le
Bureau du coroner.
M. Carmant : Exact.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Bien, c'est des bonnes questions, quand même, parce que... Bon, là,
vous expliquez «dénominalisé». Quand on fait un comparatif avec la LPJ, là, il
y a quand même plusieurs pouvoirs. Par exemple, la loi prévoit, à 72.5 de la
LPJ, que la CDPDJ peut présenter une demande de divulgation d'informations
confidentielles, par exemple, que la CDPDJ peut divulguer des informations
confidentielles au DPCP, à la police, que la CDPDJ peut communiquer des
informations confidentielles pour prévenir un acte de violence. Je ne les
nommerai pas toutes, là. Mais cet élément-là, il demeure absolument fondamental
dans le travail, puis les documents, puis les dossiers qu'il va demander puis
qu'il va obtenir, le commissaire.
Là, vous m'avez dit : Ça va être
dénominalisé. J'aurais besoin de vous entendre là-dessus, là, sur... Tu sais,
le commissaire, s'il fait une enquête sur la prestation de services parce que,
lui, il a des allégations à l'effet que, dans tel centre jeunesse, il y a des
fouilles à nu systématiques, va-t-il pouvoir avoir les informations qui vont
lui permettre de mener son enquête? Ça m'inquiète, quand même.
M. Carmant : Oui, tant que
les individus ne soient pas spécifiés. Comme on a dit, on ne veut pas que ce
soient des enquêtes sur un individu, mais sur une situation.
• (18 h 20) •
M. Cliche-Rivard : Le
commissaire, lui, va... dans un rôle systémique et global, va pouvoir parler à
ces jeunes-là sans être dans une approche de lésions individuelles?
M. Carmant : Bien,
absolument, puisqu'il leur parle. Un des buts, c'est de parler aux jeunes.
C'est lui qui parle aux jeunes.
M. Cliche-Rivard : C'est lui
qui va leur parler?
M. Carmant : Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Puis il va
pouvoir rencontrer les cinq, six jeunes qui, eux, ont levé la main en disant...
ou, en tout cas, le groupe qui a dit... sans que la confidentialité vienne être
soulevée, là? Puis c'est là où, moi, je fais un lien avec la LPJ, où on a prévu
expressément que la commission... À la commission, on ne peut pas lever le
drapeau de la confidentialité, on s'est... Tu sais, la loi a prévu que, pour la
CDPDJ, la DPJ ou un centre jeunesse ne peut pas dire : Ah non! tu ne peux
pas, c'est confidentiel. Moi, ce que je veux m'assurer, c'est que notre
commissaire ait ces mêmes prérogatives.
M. Carmant : Là, je passerais
la parole, mais...
Le Président (M. Provençal)
:Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : M. le
Président, l'article 9, en fait, là, il ne vient pas évacuer tout régime
de protection des renseignements personnels qui sont détenus par les
organisations, là. Autrement dit, si la <i>Loi sur l'accès s'applique,
les règles applicables s'appliquent. Si la <i>loi sur les renseignements,
éventuellement, s'applique, ça va s'appliquer également. La Loi sur la
protection de la jeunesse encadre les renseignements qui sont propres aux enfants,
qui permettent de les identifier et qui sont détenus dans le dossier de
l'enfant tenu par un DPJ. Donc, forcément, ce régime-là va trouver application,
puis il se pourrait qu'effectivement le commissaire, en vertu de 9, n'ait pas
les leviers pour avoir accès au dossier du jeune.
Sauf qu'il faut toujours le rattacher aux
fonctions, en fait, qui sont visées par l'article 9. Là, ici, on parle de
l'analyse de l'état du bien-être. Il n'a pas été... Dans les analyses qui ont
mené à la rédaction de l'article, il n'a pas été soulevé de... comment je
pourrais dire, de pertinence à ce qu'il ait accès à des renseignements
terriblement confidentiels, là, tu sais, pour l'analyse comme telle, là, de...
qu'il aura à faire de ce portrait-là. Même chose pour l'analyse des impacts des
politiques gouvernementales, ce qui en... Puis, quand on tombe, par ailleurs,
sur le paragraphe 6°, bien là, comme on s'était dit tout à l'heure, tu sais,
c'est une enquête systémique. Mais il ne pourrait pas, techniquement, en vertu
de 9, exiger l'ouverture d'un dossier spécifique à un jeune, parce que le
régime de protection s'applique quand même dans la LPJ, là.
M. Cliche-Rivard : Il ne peut
pas ouvrir un dossier spécifique au jeune, j'en conviens, mais il peut faire
l'évaluation globale systémique de... du service qui est reçu...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : ...par ce
jeune-là. Et là, si on lui lève la confidentialité, on a un problème, là, on a
un problème si le commissaire n'a pas accès au jeune, puis aux documents du
jeune, puis de savoir combien de temps il a été, je ne sais pas, moi, en
isolement préventif, puis combien de temps il n'a pas mangé, puis ça fait
combien de jours qu'il n'a pas eu telle affaire. Ça fait qu'il y a des
documents, avec égards, M. le ministre, qui sont au cœur de ce qu'il va lui
permettre de faire. Puis, encore une fois, je ne le demande pas de manière
individuelle, mais dans l'enquête systémique d'un groupe, si c'est <flagué
qu'il y a des...
M. Cliche-Rivard :
...
individuelle, mais dans l'enquête systémique d'un groupe, si c'est >flagué
qu'il y a des les problèmes avec tel centre, ça fait... Je vais donner un
exemple : centre Cartier. On va se le dire, ça a fait les médias, ça fait...
plusieurs jeunes qui sont détenus à neuf ans. Je comprends que le petit
Nicolas, on ne va pas ouvrir un dossier sur lui. Mais globalement,
systématiquement, systémiquement, il faut que le commissaire ait accès au
dossier du petit Nicolas.
Des voix : ...
M. Cliche-Rivard : Bien, si
c'est flagué «confidentiel», ça ne marche pas pantoute.
M. Carmant : Donc, on me...
oui, on me rassure que les données seront disponibles, mais de façon
dénominalisée.
M. Cliche-Rivard : Dénominalisée?
M. Carmant : Pour ne pas
permettre d'identifier les enfants sur le dossier.
M. Cliche-Rivard : Là, tu
sais, on parle du commissaire au bien-être des enfants, là. Je ne vous parle
pas de Pierre, Jean, Jacques. Tu sais, si le commissaire, il juge qu'il a
besoin du dossier pour identifier le jeune Nicolas parce que ça marche avec ce
que lui, lui a témoigné, puis effectivement le log ou le registre de détention
fonctionne ou ne fonctionne pas, puis là il ne peut pas le savoir, si c'est tel
jeune ou tel jeune... On parle du commissaire, là. Tu sais, si le commissaire,
il demande un dossier puis qu'il est tenu à la confidentialité comme n'importe
qui, je ne vois pas pourquoi il n'aurait pas... La commission, elle peut avoir
accès au dossier puis elle peut faire cette demande-là de l'avoir au complet,
puis lui, il ne pourra pas? Ça m'inquiète, quand même, M. le ministre, là. Là,
il y a, genre...
M. Carmant : La possibilité
qu'il n'ait pas accès aux bonnes informations?
M. Cliche-Rivard : Bien, il y
a six enfants, je ne sais pas, moi, qui sont répertoriés dans les médias, puis
les médias n'ont évidemment pas nommé l'enfant, c'est évident, puis là le
commissaire décide, lui, parce que c'est six ou 10, qu'on est dans une
perspective systémique, pas dans une approche individuelle, puis que lui se
rend là. Il va demander copie des dossiers, il ne saura pas les noms, il ne
saura pas quel enfant rencontrer. On a un enjeu, quand même, là. Puis là je
respecte la confidentialité des enfants, mais on parle du commissaire.
M. Carmant : Donc, je vous
demanderais une pause, M. le Président, je pense qu'on a besoin de discuter.
Le Président (M. Provençal)
:Parfait.
(Suspension de la séance à 18 h 26
)
18 h 30 (version révisée)
(Reprise à 18 h 48)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on reprend nos travaux. Nous
sommes toujours sur l'amendement à l'article 9 que M. le ministre a <déposé...
Le Président (M. Provençal)
:
...nos travaux. Nous sommes
toujours sur l'amendement à l'article 9 que M. le ministre a >déposé,
et plusieurs questions avaient été soulevées. Alors, M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Mais
je pense qu'on doit faire des vérifications, M. le Président, avant d'aller...
Le Président (M. Provençal)
:...l'amendement et l'article. C'est
ce que vous suggérez?
M. Carmant : S'il vous
plaît, oui.
Le Président (M. Provençal)
:Alors...
Mme Garceau : ...Parce
que ça fait dans la vérification au niveau de l'article...
Le Président (M. Provençal)
:Très court, très court, parce que là,
on annonce qu'on suspend, là, cet article-là avec l'amendement. Allez-y.
Mme Garceau : Merci,
monsieur... Juste très court dans le sens que l'article 9 parle de
documents, les rapports et renseignements, et non pas l'accès aux
établissements et tout ça, là. Ça, c'est... c'est juste en termes de documents,
de renseignements. Donc, il y a cet aspect-là aussi qu'il faudrait vérifier.
Le Président (M. Provençal)
:
...
Mme Garceau : L'accès
aux lieux physiques et, évidemment, je ne veux pas le dire de cette façon-là,
là, mais le pouvoir de parler aux enfants. Je ne veux pas dire «accès aux
enfants», mais c'est un petit peu ça, l'idée.
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et, après ça, on suspend cet article-là.
M. Cliche-Rivard : Oui,
j'en suis de la même façon que ma collègue, M. le ministre. Là, je vous envoie,
puis j'étais à regarder... c'est 26 de la LPJ, qui explique que «un membre de
la Commission ou une personne à l'emploi de la Commission peut, à toute heure
raisonnable ou en temps ou en cas d'urgence, pénétrer dans une installation maintenue
par un établissement.» Ça fait qu'il y a un droit spécifique à 26 d'entrée, là.
Puis là, pour l'instant, on ne le voit pas ou je ne le vois pas à 9. Ça fait
que dans vos réflexions, peut-être juste de réfléchir que le commissaire ne se
bute pas à une porte close. Je ne referai pas le projet de loi sur l'accès des
élus aujourd'hui ici, là, mais c'est une inquiétude que j'ai quand même où il
se ferait dire non, alors que là, il faudrait qu'il ait expressément le pouvoir
de dire oui.
M. Carmant : Peut-être
pas à toute heure du jour et la nuit, là, mais...
M. Cliche-Rivard : OK.
Je suis bien raisonnable là-dessus.
M. Carmant : OK.
M. Cliche-Rivard : Ça ne
me dérange pas.
M. Carmant : Parfait.
• (18 h 50) •
M. Cliche-Rivard : Mais
que, quand il formule la demande de rentrer puis d'aller faire son enquête,
bien, la réponse, c'est oui. Ça fait que regardez-les ensemble.
Le Président (M. Provençal)
:...consentement pour suspendre
l'amendement ainsi que l'article 9? Consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Ce qui veut dire que, M. le ministre,
je vais vous inviter à faire la lecture de l'article 10, qui avait été suspendu.
Là, je comprends qu'il y a consentement pour revenir à l'article de 10? M. le
ministre.
M. Carmant : Donc,
l'article 10 se lit comme suit :
«Le commissaire peut d'office faire toute
enquête qu'il juge utile à l'exercice de ses fonctions visées au paragraphe 6°
du deuxième alinéa de l'article 5.
«Il peut également faire une telle enquête
à la demande de l'Assemblée nationale. Il produit un rapport à la suite de
toute enquête ainsi effectuée.
«Le commissaire et toute personne qu'il
autorise spécialement à enquêter sont, aux fins de l'enquête, investis des
pouvoirs et de l'immunité des commissaires nommés en vertu de la Loi sur les
commissions d'enquête, sauf du pouvoir d'ordonner l'emprisonnement.»
Donc, ça fait pas mal de pouvoirs. Le présent
article du projet de loi confère au Commissaire au bien-être et aux droits des
enfants le pouvoir de faire toute enquête qu'il juge utile à ses fonctions
d'évaluation de la mise en œuvre des programmes et de la prestation des
services des organismes publics qui sont destinés aux enfants.
Le deuxième alinéa de l'article permet à
l'Assemblée nationale d'initier une telle enquête en faisant une demande à
cette fin au commissaire. Le commissaire demeure responsable de juger de
l'utilité de l'enquête demandée à l'exercice de ses fonctions.
Il doit également produire un rapport à la
suite de toute enquête effectuée à la demande de l'Assemblée. Ce rapport est
déposé devant l'Assemblée comme le prévoit l'article 13 du projet de loi.
Enfin, le dernier alinéa de l'article
octroie au commissaire et à toute personne qu'il l'autorise spécialement à
enquêter les pouvoirs et l'immunité des commissaires nommés en vertu de la Loi
sur les commissions d'enquête, à l'exception du pouvoir d'ordonner
l'emprisonnement. Ces pouvoirs et cette immunité se limitent aux fins de
l'enquête.
Le Président (M. Provençal)
:Interventions sur l'article 10?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. Évidemment, on va continuer la... la discussion concernant les
enquêtes que le commissaire va pouvoir mener. Et j'aimerais entendre le... le
ministre concernant l'étendue de ces pouvoirs liés aux enquêtes que le
commissaire va pouvoir mener.
M. Carmant : ...Oui,
excusez-moi?
Le Président (M. Provençal)
:...Mme la <députée?
M. Carmant :
...Oui,
excusez-moi?
Le Président (M. Provençal)
:
...Mme la >députée?
M. Carmant : Je n'ai pas
très bien compris, là.
Mme Garceau : Je pense
que oui. Votre... votre vision concernant l'étendue des pouvoirs du commissaire
liés aux enquêtes qu'il va pouvoir mener en vertu de l'article 10.
M. Carmant : Bien,
écoutez, c'est... c'est justement, moi, je pense que le pouvoir du commissaire,
tel que nommé là, pourrait permettre de contraindre des personnes à produire
des documents ou à témoigner celui de punir pour outrage, de même que
l'immunité, les privilèges d'un juge de la Cour supérieure. Donc, c'est quand
même assez étendu, comme pouvoirs, là : «Ces personnes doivent comparaître
et répondre à toutes les questions qui leur sont posées par les commissaires
sur les matières qui font le sujet de l'enquête, et produire devant les
commissaires les livres, papiers, chèques, billets, documents et écrits qui
leur sont demandés et qu'ils ont en leur possession ou sous leur contrôle,
suivant la teneur des assignations.» C'est quand même costaud.
Mme Garceau : Et juste
pour comprendre, parce que c'est sûr et certain que lorsqu'on parle... Je sais
qu'on va faire une vérification concernant l'article 9, mais, si on
regarde, là, on est dans le pouvoir d'enquêter...
M. Carmant : Excusez-moi,
je me concentre.
Mme Garceau : Je sais qu'on a
suspendu l'article 9, mais évidemment, on est... l'article 9, on est
possiblement... l'accès aux établissements, donc il faut qu'il y ait comme, si
je peux dire, un mariage entre les deux, là, que si ça vaut pour 9, ça vaut
aussi pour 10. Donc, je ne sais pas si ça va être une question peut-être de
revoir ces deux articles-là en particulier, mais ça vaut aussi pour l'enquête,
qu'un commissaire va pouvoir avoir accès à des établissements, que ce soit...
ou de visiter les centres jeunesse, réadaptation, de voir les... comment on
dit, les... les salles d'isolement, les cellules et tout ça, là, qu'il va
pouvoir constater ou faire un constat des lieux pour fins d'enquête, qui
implique aussi non seulement de... de recevoir des documents, mais aussi de
pouvoir poser des questions au personnel, aux directrices, aux directeurs, aux...
les intervenantes, également les intervenants.
M. Carmant : Bien, moi,
je suis...
Mme Garceau : Donc, on
ne pourra pas... on ne pourra pas, pour fins de confidentialité, dire :
Bien, on ne répond pas à ces questions-là en raison de... que tout ça est
confidentiel. Ça, je veux m'assurer, surtout en ce qui a trait aux enquêtes.
M. Carmant : Bien, moi,
je pense que... c'est inclus dans les pouvoirs d'enquête, mais on est en train
de faire des vérifications, comme je vous dis, là, pour s'assurer que...
Mme Garceau : ...je me
demande, M. le ministre, si on ne devrait pas les identifier, les pouvoirs
d'enquête, identifier l'étendue dans cet article pour que ce soit clair pour
tout le monde.
M. Carmant : Ils disent :
«Investir des pouvoirs et de l'immunité des commissaires nommés en vertu de la
Loi sur la... sur les commissions d'enquête, sauf du pouvoir d'ordonner
l'emprisonnement.» Peut-être que... peut-être qu'on pourrait nous expliquer
c'est quoi, les... ce que dit la Loi sur les commissions de... d'enquête.
Est-ce que je pourrais passer la parole au... au juriste?
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Merci, M. le Président. En fait, quand on réfère aux pouvoirs et aux immunités
prévues à la Loi sur les commissions d'enquête, là, plus spécifiquement, c'est
les articles 9 et suivants de cette loi-là, puis, essentiellement, c'est
des pouvoirs d'assignation à comparaître, d'exiger des documents papiers,
livres, des écrits qui sont jugés nécessaires pour découvrir la vérité. Les
personnes, donc, ont l'obligation de comparaître, de répondre à toutes questions
qui leur sont posées, puis, bon, peuvent exiger le serment, etc. Ensuite, les
articles suivants viennent plutôt spécifier c'est quoi, les pouvoirs des
commissaires advenant un refus d'une telle personne, là, à répondre à une...
une citation à comparaître, par exemple. Donc, tu sais, l'étendue des
vérifications, en fait, c'est de voir, ces pouvoirs-là, ça s'étend jusqu'où,
est-ce que ça permet <notamment...
M. Bérubé (Mathieu) :
...en
fait, c'est de voir, ces pouvoirs-là, ça s'étend jusqu'où, est-ce que ça permet
>notamment au... est-ce que ça pourrait permettre notamment au
commissaire d'entrer sur les lieux d'un centre de la protection de la jeunesse,
c'est ça qu'il faut vérifier, là. Mais c'est des pouvoirs usuels d'enquête, là,
ceci étant dit.
Mme Garceau : ...aussi,
évidemment, parce qu'on peut très bien assigner une directrice de la protection
de la jeunesse à venir, là, lors de l'enquête sur des... sur une situation en
particulier, mais là on soulève la confidentialité. Donc, ça aussi, ce serait
important de faire cette vérification-là, parce que ce ne sera pas une enquête
très, très productive.
M. Carmant : Mais moi,
quand je lis qu'on doit... qu'on peut contraindre quelqu'un, là, j'ai
l'impression que ça ne peut pas arriver, cette situation-là, mais, comme je
vous dis, on doit vérifier, là. C'est...
Mme Garceau : Moi, tout
ce que je vais vous dire, M. le ministre, c'est : on peut assigner, on
peut assigner puis demander que cette personne-là apporte des documents, mais
la personne, lorsqu'elle... on va lui demander de transmettre les documents, va
dire : Mais je suis ici, mais la confidentialité fait en sorte que je ne
peux pas remettre les documents. Ça fait que j'aime... Je veux évidemment
éviter cette situation-là.
M. Carmant : Je vous
entends.
Le Président (M. Provençal)
:...interventions? M. le député des
Îles.
M. Arseneau : En fait,
je voulais savoir, lorsqu'on dit, au deuxième alinéa de l'article 10, «à
la demande de l'Assemblée nationale», juste une précision...
M. Carmant : ...
M. Arseneau : C'est... c'est
sur simple... sur motion...
M. Carmant : Aux deux
tiers.
M. Arseneau : Aux deux
tiers de l'Assemblée nationale.
• (19 heures) •
Des voix : ...
M. Carmant : Non? Une
motion? OK, sur une motion standard, même, alors.
M. Arseneau : Une motion.
D'accord. Et donc je comprends qu'il peut le faire, il peut choisir lui-même de
faire enquête. Ça peut être l'Assemblée nationale qui lui demande de le faire.
Mais, un peu avant, lorsqu'il était question de ses fonctions, au paragraphe 9°
de... du deuxième alinéa, on disait : «Lorsqu'il le juge nécessaire sur
demande de l'Assemblée nationale, du gouvernement ou de tout ministre, fournir des
avis et des recommandations». Juste pour savoir : Pourquoi, dans le cas
d'une enquête, il n'y a que lui-même qui peut décider de le faire ou
l'Assemblée nationale, et qu'on exclut dans ce cas-là le ministère ou le
gouvernement... un ministre ou un gouvernement, si les enquêtes vont avec les
recommandations et les avis?
M. Carmant : Je
passerais la... je passerais la parole au... au juriste.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : ...merci,
M. le Président. En fait... Bien, d'une part, en fait, là, l'enquête vise des
organismes publics, là. Donc, il y a peut-être un enjeu à cet égard-là. Mais...
mais je pense que c'était forcément inspiré de qu'est-ce qu'il était prévu pour
les pouvoirs du Commissaire à la langue française, puis on devrait peut-être
juste vérifier dans cette loi-là, mais il me semble que, de... de mémoire,
c'était prévu de cette façon-là. C'est-à-dire que les avis ou les
recommandations pouvaient être faits d'office du Commissaire à la langue
française ou sur demande d'un ministre, du gouvernement ou de l'Assemblée
nationale. Puis, pour la question des enquêtes plus spécifiques à certaines des
fonctions de ce commissaire-là, c'était soit de... de la propre initiative de
ce commissaire-là ou à la demande de l'Assemblée nationale. Il faudrait que je
retrouve les dispositions, mais de... de mémoire, là, c'est ça, c'est vraiment
inspiré du modèle qui était prévu pour le... le Commissaire à la langue
française.
M. Arseneau : Oui. Mais
juste pour... pour bien comprendre, puis c'est correct, on pourra y revenir,
là, mais, si je comprends bien ce que vous nous expliquez, fournir un avis ou
une recommandation, dans l'esprit de la loi, pour un ministre ou pour le
gouvernement, ce n'est pas nécessairement associé à une enquête. On pourrait
fournir un avis sur une recherche ou, je ne sais pas, une...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Exact. Tout à fait, tout à fait.
M. Arseneau : Alors que
pour l'enquête, c'est spécifiquement...
M. Bérubé (Mathieu) : À
l'évaluation des programmes, oui.
M. Arseneau : Oui.
Est-ce que ce serait aussi pour... dans l'objectif, un peu comme, je ne sais
pas, la Vérificatrice générale, qui décide elle-même de faire enquête sans
nécessairement être contrainte de le faire par une demande de quiconque? C'est
ce qu'on veut ici s'assurer? C'est que le commissaire soit complètement
indépendant du gouvernement ou des ministères, mais qu'il ne réponde qu'à ses
propres objectifs ou à ceux de l'Assemblée nationale par motion. C'est ça,
l'idée? De protéger son autonomie ou son indépendance, sa neutralité. Oui?
M. Bérubé (Mathieu) : Ça
fait du sens, ça fait du sens.
M. Arseneau : Auquel cas,
on souscrit à ces... à cette volonté-là. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Autres interventions sur l'article 10...
19 h (version révisée)
M. Arseneau : ...on souscrit à
cette volonté-là. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Autres interventions sur l'article 10?
Allez-y...
Mme Garceau : M. le Président,
on fait l'enquête, le commissaire va émettre un rapport, faire des
recommandations, admettons, liées à un établissement de la DPJ. Donc, il remet
le rapport à l'Assemblée. Il dépose un rapport d'enquête à l'Assemblée avec ses
recommandations. Il va faire, évidemment, le suivi en termes de les
recommandations. Maintenant, advenant le cas où l'établissement ne fait
absolument rien, ne met pas en vigueur, là, aucune recommandation, c'est quoi,
la suite des choses, d'après vous?
M. Carmant : Bien, je pense
qu'il doit y avoir des conséquences, là, au niveau de l'établissement, qui
devraient découler des observations du commissaire, là.
Mme Garceau : Bien, moi, je
veux juste savoir comment est-ce que vous voyez, là, l'évolution. Parce que c'est
dans les pouvoirs, évidemment, du commissaire, suite à l'enquête, des
recommandations. Et là l'établissement ne suit pas ou ne met pas en vigueur les
recommandations. Qu'est-ce qui se passe? On fait quoi?
Des voix : ...
M. Carmant : Vous êtes
toujours en avance. Donc, je pense, les amendements à l'article 11, 11.2,
11.3.
Mme Garceau : Les amendements
à l'article 11.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Il va y avoir de nouveaux articles
qui vont être introduits, 11.1, 11.2 et 11.3. Et, quand on va traiter l'article 11,
il y aura aussi un amendement à l'article 11, je pense, qui va être déposé
par M. le ministre, autre que le 11.1, 11.2 11.3. Je ne sais pas s'il a déjà
été déposé sur Greffier... il est sur Greffier?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Non, non, non. C'est parce que moi,
on me l'a imprimé aujourd'hui.
Mme Garceau : ...j'avais pris
connaissance, mais c'est juste pour continuer... On pourra attendre, là, lors
de l'étude.
M. Carmant : Parfait. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention sur l'article 10,
est-ce que l'article 10 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci beaucoup.
Article 11. M. le ministre, alors on
ouvre l'article 11, qui avait été suspendu, et vous allez nous faire...
dans un premier temps, vous nous faites lecture de...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Pardon?
Mme Garceau : On est
rendus...
Le Président (M. Provençal)
:Oui. On fait la lecture de l'article 11.
Par la suite, vous nous ferez lecture de votre amendement, M. le ministre.
M. Carmant : D'accord. Merci,
M. le Président. À l'article 11 : «Le commissaire coopère avec la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le
Protecteur du citoyen ou, lorsqu'il l'estime nécessaire, tout organisme public
afin de prévoir des mécanismes de concertation visant à assurer l'harmonisation
de leurs interventions à l'égard des enfants et des jeunes adultes.»
Le présent article du projet de loi
prévoit que le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants coopère
notamment avec la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse et le Protecteur du citoyen afin de prévoir des mécanismes de
concertation pour harmoniser leurs interventions à l'égard des enfants et des
jeunes adultes. Ainsi, l'article permet au commissaire de mettre en place,
entre autres, des mécanismes de concertation avec d'autres organisations qui
agissent auprès des enfants et des jeunes adultes, et ce, afin de faciliter l'exercice
de certaines de ses fonctions et de tenter d'harmoniser certaines interventions.
Par exemple, un tel mécanisme pourrait être mis en place afin de permettre au
commissaire de diriger plus efficacement et plus rapidement un enfant qui l'interpelle
vers une ressource appropriée pouvant lui venir en aide dans l'exercice d'un droit.
L'amendement se lit comme suit :
Remplacer l'article 11 du projet de
loi par l'article suivant :
«11. Le commissaire coopère avec la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le
Protecteur du citoyen, le protecteur national de l'élève, le directeur national
de santé publique ou, lorsqu'il l'estime nécessaire, tout organisme public ou communautaire
afin de prévoir des mécanismes de concertation visant à assurer l'harmonisation
de leurs interventions à l'égard des enfants et des jeunes adultes.»
Cet amendement vise à préciser que le commissaire
coopère également avec le Protecteur national de l'élève et le directeur
national de santé publique afin de prévoir des <mécanismes...
M. Carmant :
...
de
l'élève et le directeur national de santé publique afin de prévoir des >mécanismes
de concertation visant à assurer l'harmonisation de leurs interventions à
l'égard des enfants et des jeunes adultes. Il en est de même avec tout
organisme communautaire lorsqu'il l'estime nécessaire. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Interventions sur
l'amendement?
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Allez-y, Mme la députée.
Mme Garceau : M. le
Président, je vois qu'on n'a pas nommé la directrice nationale de la protection
de la jeunesse. Pourquoi?
M. Carmant : Elle devait être
incluse dans les organismes autres, là, mais c'est sûr qu'il doit collaborer
avec la directrice nationale de la protection de la jeunesse.
Mme Garceau : Je pense que ça
serait important de la nommer.
Une voix : Oui.
Mme Garceau : Oui.
Des voix : ...
M. Carmant : Oui, bien, on
serait prêt, là. Je pense que ça fait du sens, donc, si vous voulez proposer un
amendement.
Le Président (M. Provençal)
: Bien, pouvez-vous l'écrire directement sur le vôtre, ça va
être fait. On va le faire lire par la...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Suspension, oui.
(Suspension de la séance à 19 h 10)
(Reprise à 19 h 15)
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Alors, dans un premier temps,
je vais demander à M. le ministre, êtes-vous prêt à retirer votre amendement,
M. le ministre?
M. Carmant : ...
Le Président (M. Provençal)
:Consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Et on redépose l'amendement qui
répond à la demande des oppositions où on a fait un ajout pour ajouter...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Le directeur national de la
protection de la jeunesse. Alors, on va le projeter à l'écran. Même si on
dépasse une minute ou deux, vous me faites... vous me donnez...
M. Carmant : Absolument, M.
le Président.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Alors, vous pouvez y
aller, M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Donc, le
nouvel article amendé se lit :
Remplacer l'article 11 du projet de
loi par l'article suivant :
«11. Le commissaire coopère avec la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le Protecteur
du citoyen, le directeur national de la protection de la jeunesse, le
protecteur national de l'élève, le directeur national de la santé publique ou,
lorsqu'il l'estime nécessaire, tout organisme public ou communautaire afin de
prévoir des mécanismes de concertation visant à assurer l'harmonisation de
leurs interventions à l'égard des enfants et des jeunes adultes.»
Cet amendement vise à préciser que le
commissaire coopère également avec le directeur national de la protection de la
jeunesse, le Protecteur national de l'élève et le directeur national de la
santé publique afin de prévoir des mécanismes de concertation visant à assurer
l'harmonisation de leurs interventions à l'égard des enfants et des jeunes
adultes. Il en est de même avec tout organisme communautaire lorsqu'il l'estime
nécessaire.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, est-ce qu'il y a des
interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'amendement à l'article 11 de M. le ministre est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci beaucoup. Alors, je
vous remercie de votre collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux pour se... et elle se saisira d'un autre... à demain, 7 h 30,
pour se saisir d'un autre mandat. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 19 h 17)