(Neuf heures quarante-six minutes)
Le
Président (M. Provençal)
:
Alors, bon matin à tous. Très
heureux de vous revoir. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je vous souhaite
la bienvenue et je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le commissaire au
bien-être et aux droits des enfants.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par Mme Gendron (Châteauguay); Mme Lachance
(Bellechasse), par Mme Grondin (Argenteuil); Mme Caron
(La Pinière), par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); M. Morin (Acadie), par Mme Garceau (Robert-Baldwin);
et M. Marissal (Rosemont), par M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Lorsque nous avons
terminé nos travaux, nous en étions rendus à l'étude de l'article 32.
Alors, simplement pour ceux qui ont suivi nos travaux, ce matin on va débuter
par l'article 32, pour lequel M. le ministre aura un amendement. Par la suite,
on va voter l'annexe. Une fois que l'annexe sera
votée, nous irons sur le préambule, préambule sur lequel il y aura quelques
amendements de déposés et par M. le ministre et par les oppositions. Et,
par la suite, nous en serons probablement aux remarques finales.
Alors, ceci
étant dit, article 32, M. le ministre, je vais vous demander d'en faire la
lecture et, par la suite, de nous faire lecture de votre amendement.
M. Carmant : Oui.
Merci, M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bon retour de semaine de
circonscription.
Donc, l'article 32 se lit comme suit :
Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur le (indiquer ici la date
de la sanction de la présente loi), à l'exception :
1° de celles des articles 5, 6, 8 à 15, 17
et 19 à 29, qui entrent en vigueur à la date à laquelle entre en fonction le
premier commissaire au bien-être et aux droits des enfants nommé en application
de l'article 1 de la présente loi;
2° de celles des articles 16 et 18, qui
entrent en vigueur à la date à laquelle entre en fonction le premier
commissaire associé dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones
nommé en application de l'article 14 de la présente loi.
Le présent article du projet de loi prévoit le
moment de l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, c'est-à-dire la date de sa sanction. Toutefois, les articles visés
aux paragraphes 1° et 2° de l'article entreront en vigueur au moment de
l'entrée en fonction, selon le cas, du Commissaire au bien-être et aux droits
des enfants ou du commissaire associé dédié au bien-être et aux droits des
enfants autochtones.
Il s'agit
essentiellement des articles du projet de loi qui prévoient les fonctions et
les pouvoirs du commissaire, les responsabilités du commissaire associé
ainsi que les articles concernant l'organisation et les immunités du
commissaire.
L'amendement se lit comme suit :
«32. Les dispositions de la présente loi entrent
en vigueur le — indiquer
la date — à
l'exception de celles des articles 5, 6 et 8 à 29, qui entrent en vigueur à
la date à laquelle entre en fonction le premier commissaire au bien-être et aux
droits des enfants nommé en application de l'article 1 de la présente
loi.»
L'amendement vise à revoir la disposition
d'entrée en vigueur du projet de loi en raison des modifications apportées,
évidemment, par amendement au chapitre III de celui-ci. Merci, M. le
Président.
Le
Président (M. Provençal)
:
Merci, M. le ministre. Alors,
première intervention concernant l'amendement. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. À mon tour de saluer les collègues, bonjour, et de vous saluer vous
aussi, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
Donc, l'article 1, lui, entre en vigueur
aussitôt la loi sanctionnée. Dans votre esprit, qu'est-ce qu'on a comme échéancier, là, sans vous engager formellement...
mais, ce serait quoi, le souhait ministériel pour le premier commissaire?
On l'aurait quand?
M. Carmant : Bien, moi, je
crois que le souhait, c'était dans les six mois, là, qu'on aurait voulu,
évidemment, mais à la période estivale, là, donc le plus rapidement possible,
au moins d'ici la fin de l'année, là, ça, c'est... ça, c'est...
M. Cliche-Rivard :
OK. Le plus rapidement possible. Au pire, d'ici la fin de l'année.
M. Carmant :
Oui... oui, c'est ça.
M. Cliche-Rivard :
OK. Donc, on aurait un commissaire selon les disponibilités de l'Assemblée
nationale, parce que, finalement, il y aura l'Assemblée nationale qui
sanctionne... qui va faire une motion aux deux tiers, là, mais, idéalement, on
commence 2025...
M. Carmant :
2025 avec un commissaire.
M. Cliche-Rivard :
Avec un commissaire, si ce n'est pas déjà fait à la fin, c'est le premier
jour, on rentre... Bien, le premier jour, la première semaine, on rentre à
l'Assemblée, on vote la motion puis on a notre commissaire. C'est ce...
M. Carmant :
C'est ce qu'on aimerait.
M. Cliche-Rivard :
C'est ce qu'on aimerait.
M. Carmant :
Oui.
M. Cliche-Rivard :
Ça fait que... à moins d'aléas ou vous ne trouvez pas la bonne personne,
etc. Je veux dire, si tout va bien, si tout va rondement, je ne suis pas dans
le secret des dieux, mais vous devez commencer à, j'imagine, avoir des
réflexions à ce niveau-là, là, suivant qu'on va adopter le... sanctionner la
loi probablement cette semaine. Donc, vous espérez, là, vous le souhaitez. Ça
se pourrait qu'on ait ça en septembre aussi.
M. Carmant :
On est... les... les... Comment on appelle ça? Les Emplois supérieurs
sont... sont prêts.
M. Cliche-Rivard :
Ils sont prêts, ils sont prêts. Le descriptif de poste est écrit?
M. Carmant :
Ah! ça, non, ça, je ne sais pas. Ça, je ne suis pas... ça, je ne suis pas
au courant... Mais... mais ils sont prêts.
M. Cliche-Rivard : S'ils sont prêts. Non,
mais, vous savez, on est... on a attendu... ça a été attendu longtemps,
ce poste-là. Alors, le plus vite on l'aura... Il y a des informations, ce
matin, là, vous le savez, dans les journaux, sur la hausse des signalements...
pas de la hausse des signalements, des isolements dans certains endroits, la
hausse des contentions dans certains endroits. Il me semble avoir là des enjeux
systémiques qui pourraient et qui devra intéresser le commissaire. Je pense que
chaque jour, chaque semaine, chaque mois qu'on perd, c'est des situations qui
pourraient être résorbées.
• (9 h 50) •
M. Carmant :
La directrice nationale est cependant en train de faire la tournée des
centres jeunesse...
M. Cliche-Rivard :
Oui? Parfait.
M. Carmant :
...pour justement regarder les meilleures pratiques aussi, là. Ça, c'est
en... ça, c'est en cours.
M. Cliche-Rivard :
Parce qu'il y a du positif, là, dans le cahier d'aujourd'hui, dans la
presse, il y a...
M. Carmant :
La formation, oui.
M. Cliche-Rivard :
...il y a des choses que certains centres font de mieux. Il y a des meilleures
pratiques à déceler. Donc, le... Il y a... il y a des choses qui sont
alarmantes, c'est sûr, mais il y a d'autres choses qui, peut-être... vous le
dites, là, les meilleures pratiques pourraient aider tout le monde. Alors,
qu'on y oeuvre et que le commissaire puisse faire ce boulot-là le plus vite
possible. Je ne sais pas si ma collègue a une question.
Le Président
(M. Provençal)
: Mme
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Oui, bien, je sais qu'on avait déjà eu la discussion concernant une
disposition, parce que je tentais d'avoir l'engagement du ministre que le
commissaire soit nommé d'ici la fin de l'année. Je sais que vous ne vouliez
pas, à ce moment-là, vous engager dans le projet de loi au niveau d'une date
butoir pour la nomination. Mais évidemment
nous sommes très ravis de comprendre que la nomination du commissaire va être
faite dans les meilleurs délais et
nous espérons évidemment d'ici... lors de l'ouverture, là, de la prochaine
session parlementaire en septembre.
M. Carmant :
Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Est-ce qu'il y a d'autres... Oui, M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Merci beaucoup, M. le Président. Une petite question, peut-être, du côté
légal. Là, vous teniez à suspendre l'application de certains articles jusqu'à
ce qu'il y ait un premier commissaire. Considérant qu'on n'a pas de commissaire
de toute façon, il ne pourrait pas être applicable dans le vide, là. Pourquoi
c'était important, pour vous, de faire cette distinction-là avec ce qui est
applicable puis ce qui n'est pas applicable maintenant?
Le Président (M. Provençal)
: ...consentement pour permettre à Me
Bérubé de s'exprimer?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, maître.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M.
le Président. Donc, Mathieu Bérubé, avocat à la Direction des affaires
juridiques, santé et services sociaux. La question, en fait, ici, ou plutôt la
réponse... l'idée étant de faire entrer en vigueur
seulement, au moment où est-ce que le premier commissaire serait nommé, les
articles qui concernent évidemment ses fonctions et l'exercice de ses
pouvoirs. Donc, autrement dit, ces articles-là n'ont pas... n'auraient pas
d'effet, là, au moment de la sanction, tant et aussi longtemps qu'il n'y a pas
un commissaire de nommé. Donc, c'est simplement par... comment je pourrais dire, par logisme, par logique, là, tout
simplement, là, de... de dire : On fait entrer en vigueur ces
dispositions-là au moment où est-ce que le premier commissaire sera désigné, nommé,
puis, après ça, l'ensemble de la loi pourra être effective, là.
M. Cliche-Rivard : Vous ne
l'auriez pas mis que ce ne serait pas une catastrophe, en ce sens où il n'y
aurait pas de commissaire pour exercer les autres fonctions.
M. Bérubé
(Mathieu) : Je ne crois pas que ce serait une catastrophe,
mais ça me semble quand même de bonne... de bonne rédaction, là, de le
prévoir. Voilà.
M. Cliche-Rivard : De bonne
rédaction. Considérant que vous y avez participé, je devinais bien que votre
réponse irait là. Au 30, par contre, là, on a... et 30 entre en vigueur tout de
suite à la sanction, parce que vous dites sauf
8 à 29. Au 30, vous avez cinq ans de la... l'entrée en vigueur de la présente
loi, et là on parle donc, considérant que les dispositions qui entrent
en vigueur maintenant et d'autres plus tard... De quelle date parle-t-on à 30?
M. Bérubé (Mathieu) : Normalement,
ce serait au moment de la sanction.
M. Cliche-Rivard : De la
sanction.
M. Bérubé (Mathieu) : Donc,
la... disons, la date initiale, là, d'entrée en vigueur. Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Et donc cinq
ans de la sanction, qu'importe que...
M. Carmant : ...qu'on a ramené
à trois.
M. Cliche-Rivard : Que vous
avez ramené à trois. Non, ça, c'est...
M. Carmant : Oui, c'est trois.
M. Cliche-Rivard : Oui,
le rapport de mise en oeuvre, 30 amendé, pardon. Trois ans de la... Puis ma
question est plus sur l'autre volet, là. Donc, on sanctionne la loi,
exemple, cette semaine, dans trois ans, il y a un rapport. Pas de trois ans du
commissaire.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Effectivement.
M. Cliche-Rivard : C'est ça que
la loi dit.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Exact. Ça
fait que le trois ans du rapport de mise en oeuvre court avant la nomination du
commissaire.
M. Bérubé (Mathieu) : Avec le
texte actuel, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Avec le texte
actuel. Parfait. Je voulais juste que ce soit clair, parce que... Tant mieux,
parce qu'on va le vouloir le plus vite possible, ce rapport-là, ce qui, je
pense, donne au ministre une autre raison de le nommer le plus vite possible,
parce que son délai pour nous produire son rapport de mise en oeuvre commence
maintenant. Donc, c'est sûr que, pour lui donner plein effet, pleins pouvoirs,
il serait utile de le nommer le plus vite possible pour
qu'il y ait ces trois, quatre, cinq, six mois là de plus dans son bagage, dans
ses outils, pour être capable de faire un meilleur rapport de mise en oeuvre.
Donc, je pense que
vous vous attachez un petit peu les mains positivement, puis tant mieux. On
se... on se motive à le nommer le plus vite possible parce que, si vous le
nommez fin janvier, notre pauvre commissaire aura deux ans et six mois, et non
pas trois ans, pour faire son rapport de mise en oeuvre.
M. Carmant :
Merci.
M. Cliche-Rivard :
31, l'autre article d'application immédiate, c'est que les... le ministre est
responsable de l'application de la loi. Donc, ça, c'est assez évident. Ça fait
que, pour le reste, sinon, ça me semble assez clair. Merci beaucoup.
Le Président
(M. Provençal)
: ...Mme
la députée, ça va?
Mme Garceau :
Ça va.
Le Président
(M. Provençal)
: OK.
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention... M. le député des Îles...
M. Arseneau :
...
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va aller? OK. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement déposé
par M. le ministre à l'article 32. Est-ce que l'amendement à
l'article 32 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Étant
donné que l'amendement remplaçait l'article 42, alors...
Des voix :
...
Le Président
(M. Provençal)
: 32.
Excusez, j'ai... Alors, le nouvel article... Alors, l'article 32, amendé,
est donc adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci.
Maintenant, dans la séquence, je vous invite à nous faire lecture de
l'annexe, M. le ministre.
M. Carmant :
Oui, M. le Président, l'annexe se lit comme suit :
«Serment.
«Je déclare sous
serment que je remplirai mes fonctions avec honnêteté, impartialité et justice
et que je n'accepterai aucune autre somme d'argent ou aucun autre avantage,
pour ce que j'accomplirai dans l'exercice de mes fonctions, que ce qui me sera
alloué conformément à la loi.
«De
plus, je déclare sous serment que je ne [relèverai], sans y être dûment
autorisé, aucun renseignement — révélerai,
oui — que
j'aurai obtenu dans l'exercice de mes fonctions.»
Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Y a-t-il des interventions sur
l'annexe I? Ça va? Alors, s'il n'y a pas d'intervention sur l'annexe I, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'annexe I est adoptée?
Des voix :
Adoptée.
Le Président
(M. Provençal)
: Adoptée.
Merci. Ce qui nous amène maintenant au préambule, pour lequel vous avez, au
départ, un amendement. Alors, je vous invite à nous faire... à nous lire votre
préambule, monsieur...
M. Carmant :
D'accord. Merci, M. le Président. Donc, le préambule se... se lisait... se
lit comme suit :
«Considérant
que le Québec s'est déclaré lié par la Convention relative aux droits de
l'enfant par le décret n° 1676-91 du 9 décembre 1991;
«Considérant que le
Québec est une société bienveillante pour les enfants, qui fait de leur
bien-être une préoccupation centrale;
«Considérant
que les droits des enfants sont protégés au Québec par la loi, notamment par le
Code civil du Québec;
«Considérant
qu'il est primordial de prendre en compte l'intérêt des enfants dans les
politiques gouvernementales qui touchent à leur bien-être;
«Considérant
que le Québec a la volonté d'agir de manière préventive afin d'améliorer le
bien-être des enfants et de faciliter l'exercice de leurs droits;
«Considérant qu'une
approche spécifique doit être privilégiée pour tenir compte des facteurs
historiques, sociaux et culturels qui sont propres aux enfants autochtones;
«Considérant qu'il est nécessaire qu'une
personne soit vouée exclusivement à la promotion du bien-être et du respect des
droits des enfants;
«Le Parlement du Québec décrète ce qui suit.»
L'amendement, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Carmant : Au préambule du
projet de loi :
1° remplacer le deuxième alinéa par le
suivant :
«Considérant que le Québec est une société
bienveillante pour les enfants où les parents doivent exercer leur autorité
sans violence aucune, qui fait du bien-être des enfants une préoccupation
centrale;»;
2° insérer, à la fin du troisième alinéa, «et
par la Charte des droits et libertés de la personne»;
3° insérer, dans le quatrième alinéa et après
«l'intérêt», «et les préoccupations»;
4° remplacer, dans le cinquième alinéa, «a la
volonté d'agir» par «doit agir»;
5° remplacer, dans le sixième alinéa,
«autochtones» par «des Premières Nations et des Inuit».
D'abord,
l'amendement vise à revoir le deuxième alinéa du préambule afin d'y préciser
que les parents doivent exercer leur autorité sans violence aucune. Cette
précision est une reprise de l'obligation prévue au dernier alinéa de
l'article 599 du Code civil. Cette obligation a pour objet de dissiper
tout doute sur la survie ou non de l'ancien droit de correction modérée et raisonnable sur l'enfant, lequel droit n'avait
pas été reconduit lors de la réforme du Code civil, en 1994.
L'amendement
vise aussi à ajouter, dans le troisième alinéa du préambule, une référence à la
Charte des droits et libertés de la personne.
De plus,
l'amendement vise à indiquer, dans le quatrième alinéa du préambule, qu'il est
également primordial de prendre en
compte les préoccupations des enfants dans les politiques gouvernementales qui
touchent à leur bien-être. Cette modification rejoint d'ailleurs les
fonctions du commissaire visant à mettre en place des moyens pour recueillir
notamment les préoccupations des enfants.
L'amendement modifie le cinquième alinéa du
préambule pour y préciser que le Québec doit agir de manière préventive pour
améliorer le bien-être des enfants et faciliter l'exercice de leurs droits.
Enfin, l'amendement vise à substituer, dans le
sixième alinéa du préambule, l'expression «autochtones» par l'expression
«Premières Nations et Inuit». Merci, M. le Président.
• (10 heures) •
Le
Président (M. Provençal)
:
Merci. Alors, nous allons débuter
les interventions sur l'amendement au préambule. Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci, M. le
Président. J'ai un amendement... un sous-amendement à présenter.
Le Président (M. Provençal)
: ...
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va... Est-ce que votre
sous-amendement est... Mme la secrétaire est en train d'en faire la lecture...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Alors, on va projeter à l'écran le sous-amendement de
Mme la députée de Robert-Baldwin. Alors, Mme
la députée, je vais vous inviter à en faire la lecture et à nous donner un
commentaire, s'il y a lieu.
Mme Garceau : Oui. Donc, le
préambule du projet de loi, tel qu'amendé, est modifié par ce qui suit :
1° insérer,
dans le troisième alinéa et avant «et par la Charte des droits et libertés de
la personne», «la Loi de la protection de la jeunesse»; et,
2° insérer, dans le quatrième alinéa et avant
«et les préoccupations», «les opinions».
Brièvement, M. le Président, je crois que c'est
important de souligner que les enfants, évidemment, ont des droits en vertu de la Loi sur la protection de la
jeunesse. Donc, ce serait important de l'intégrer avec la charte, évidemment,
et le Code civil.
Et, deuxième partie, en ce qui a trait... juste
sortir ici... c'étaient des commentaires du Barreau concernant de tenir en
considération non seulement les préoccupations, mais également les opinions des
enfants. Il me semblait très important
d'intégrer «les opinions» à cet article, à ce considérant, d'autant plus que ça
va faire partie du... des fonctions du commissaire de considérer les opinions
des enfants vraiment dans tous les travaux qu'il va faire, et c'étaient certains
groupes qui sont venus faire des représentations concernant... les ex-déplacés
et les commissaires également, qu'on devrait tenir compte des opinions des
enfants. Donc, ceci, nous considérons très important d'intégrer au projet de
loi.
Le
Président (M. Provençal)
: M.
le ministre, voulez-vous un temps de réflexion pour analyser?
M. Carmant : Non,
je pense que c'est...
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va
aller?
M. Carmant : C'est
assez... c'est assez clair puis transparent, là. Je pense que, pour la loi,
c'est... vous avez raison, je pense que c'est quelque chose qui doit être
ajouté. Pour les opinions, est-ce que c'est... les opinions, la parole, c'est
les opinions en général?
Mme Garceau :
En général.
M. Carmant : En
général. Moi, je n'ai pas d'enjeu, là. Je pense que, légalement, c'est...
Est-ce qu'on pourrait passer la parole? Parce que moi, au niveau du concept,
là, je suis... je suis bien d'accord.
Le Président (M.
Provençal)
: La
parole à Me Bérubé? Me Bérubé.
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui, merci, M. le Président. Petit commentaire de forme,
là, en fait, ici, là, la référence à la loi, c'est plutôt la Loi sur la
protection de la jeunesse. C'est ça, c'est tout.
Mme Garceau :
Oui, c'est «sur», exactement, oui, il faudrait...
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Alors, il y aura une correction de forme dans le sous-amendement de Mme la
députée de Robert-Baldwin, c'est-à-dire insérer, dans le troisième alinéa et
avant «et par la Charte des droits et libertés de la personne», «la Loi sur la
protection de la jeunesse». Alors, on enlève le «de» pour remplacer pour le
«sur». Me Bérubé, est-ce qu'il y a un autre...
M. Bérubé
(Mathieu) : Oui, merci, M. le Président. Autre petit élément. Je
constate aussi que, pour le quatrième alinéa du préambule, comme il se lit
actuellement, «qu'il est primordial de prendre en compte l'intérêt», l'amendement du ministre visait à ajouter, là, «et
les préoccupations». Donc, peut-être que, dans le sous-amendement, il
faudrait ajouter juste une virgule avant «les opinions» pour qu'il puisse se
lire «prendre en compte l'intérêt, les opinions et les préoccupations». C'est
tout.
Le Président (M.
Provençal)
: Ça va?
Mme Garceau :
Oui, pas de problème.
Des voix :
...
Le Président (M.
Provençal)
: Me
Bérubé, pour la dernière correction de forme, je veux juste être certain, pour les... avoir un bon texte aussi, donnez-moi
une seconde que je me... «préoccupations», OK, c'était dans le... dans
l'amendement. Donc, ça va être : «Considérant qu'il est primordial de
prendre en compte l'intérêt...» Probablement que ce serait «l'intérêt,
les préoccupations, et les opinions des enfants».
M. Bérubé
(Mathieu) : On pourrait le mettre dans cet ordre-là. J'enlèverais
juste la virgule avant le «et les opinions», mais ça pourrait être,
effectivement, «l'intérêt, les préoccupations et les opinions».
Le Président (M.
Provençal)
: Est-ce
que c'est clair, Mme la secrétaire?
Une voix :
...
Le Président (M.
Provençal)
: On va suspendre une minute,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
10 h 09)
(Reprise à 10 h 18)
Le Président (M.
Provençal)
: Nous
allons reprendre nos travaux. Il y a eu des corrections qui ont été apportées
au sous-amendement. Alors, Mme la députée, je vous suggère qu'on retire votre
sous-amendement pour redéposer un nouveau qui a été... qui a eu... pour lequel
il y a eu certaines petites corrections.
Mme Garceau :
Oui, M. le Président. Donc, nous allons retirer.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
je vous invite maintenant, Mme la députée, à nous lire le nouveau libellé de
votre sous-amendement.
Mme Garceau : Oui, avec la
collaboration de nos... des légistes, merci beaucoup. Donc, préambule,
remplacer les paragraphes 2° et 3° de l'amendement au préambule du projet de
loi par les suivants :
2° insérer, à la fin du troisième alinéa, «, par
la Charte des droits et libertés de la personne et par la Loi sur la protection
de la jeunesse»;
3° insérer, dans le quatrième alinéa et après
«l'intérêt», «, les préoccupations et les opinions».
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, M. le ministre.
M.
Carmant : Bien, c'était... c'est exactement ce qu'on avait
dit tout à l'heure. Donc, il n'y a aucun problème de mon côté, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Juste vérifier, là,
puisqu'on a eu cette discussion-là préalablement... Je ne me souviens
pas exactement de la fin de la discussion. Les droits protégés dans la LSJPA
sont intrinsèquement inclus dans la LPJ ou pas nécessairement? Vous aviez
tranché là-dessus la dernière fois, là. Puisque, là, on vise spécifiquement...
bien, il n'est pas là, alors qu'on a mis l'ensemble du cadre législatif qui
touche les enfants.
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, merci, M.
le Président. En fait, l'alinéa, là, vise ici les droits qui sont protégés par la loi, là. Donc, ensuite, notamment, ici, on
vient expliciter certains exemples, mais d'autres lois seraient... pourraient
être visées, là, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Ça fait que
d'aucune façon, c'est ça, on vient exclure certaines protections de la LJP?
M. Bérubé (Mathieu) : Non, non, non.
M. Cliche-Rivard : J'avais une
question pour ma collègue, là, peut-être juste m'orienter sur la distinction que vous faites entre les préoccupations puis les
opinions, là. Je devine... quand même, une opinion suit une préoccupation,
vice versa. J'aurais juste voulu comprendre la signification.
Mme Garceau : Oui, mais une opinion
peut être positif, versus une préoccupation qui... Une préoccupation, c'est
d'habitude négatif. On est préoccupé par quelque chose, mais on peut avoir des
opinions, des idées qui soient tout à fait, là, positives. Il y a quand même
une distinction à faire entre les deux.
M. Cliche-Rivard : OK. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Y a-t-il d'autres
interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que le sous-amendement déposé à l'amendement de M. le ministre par la
députée de Robert-Baldwin est adopté?
• (10 h 20) •
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Adopté. Maintenant, est-ce que l'amendement
sous-amendé de M. le ministre est adopté? Oui, M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup,
M. le Président. La modification, M. le ministre, entre avoir la volonté d'agir
puis devoir agir, là, pouvez-vous juste nous expliquer qu'est-ce que vous aviez
en tête ou qu'est-ce qui... parce que ce n'est pas quelque chose que j'ai comme
relevé des consultations, qu'est-ce qui était votre intention, dans cet amendement-là,
au un, deux, trois, quatre, cinq, sixième paragraphe?
M. Carmant : Bien, encore une fois,
moi, je pense qu'une de mes plus grandes préoccupations, c'est de s'assurer que
les... la prévention, la promotion des bonnes habitudes et surtout les services
de première ligne soient au rendez-vous par le commissaire et pour la suite des
choses. Donc, je voulais renforcir encore un peu plus, là, à ma demande, cette
notion-là.
M.
Cliche-Rivard : Donc, ça vient de vous. C'est vous qui avez dit...
volonté versus devoir, c'est... vous cherchez un plus.
M. Carmant : Oui, je pense que c'est
important.
M. Cliche-Rivard :
Plus... un petit peu plus contraignant?
M. Carmant : Oui.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Le
volet d'autorité sans violence, ça, c'est directement ce que vous faites ou ce
que vous incluez, comme Mme Laurent l'a demandé, là, pour...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : C'est ça, la
logique, c'est de suivre le rapport et d'envoyer un message clair? Quoique,
bon, ce n'est pas ça qui est légalement contraignant, là, mais c'est ça qui
envoie un message, parce qu'au final, bon, tant que l'exemption existera au
Code criminel puis qu'elle n'est pas de juridiction, ici, là, de l'Assemblée
nationale, vous, vous ne pouvez pas faire grand-chose de plus que... que de
mettre un considérant.
M. Carmant : Exact, puis faire un
clin d'oeil à la loi sur la famille également, qui dit la même chose.
M. Cliche-Rivard : Parfait, et c'est
tout ce que vous ajoutez. Vous faites un ajout avec ça, mais vous ne retirez rien, là, en enlevant le reste de la
phrase. Parfait. Bien, moi, ça va, pour votre sous-amendement... votre amendement,
M. le ministre.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement qui a été sous-amendé par... à ce moment-ci? Et,
après ça...
M. Cliche-Rivard : ...pas me faire
prendre.
Le Président (M. Provençal)
: Et, après ça, on reviendra...
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est ça,
parfait, parce que, l'autre fois, on s'est...
Le Président (M. Provençal)
: On va revenir sur le préambule, ça
va?
M. Cliche-Rivard : Excellent, oui.
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce
que l'amendement sous-amendé de M. le ministre est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Adopté. Alors, maintenant, on revient au préambule
qui a été amendé. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Dans la même veine, puis là vous me direz si ça se trouve, puis que
je ne l'ai pas bien suivi, M. le ministre, mais, suivant Mme Laurent,
également, là, il y avait la notion de sujet de droit de l'enfant, là, qui
soit... qu'on réitère qu'il est un sujet de droit dans le préambule. Elle n'est
pas la seule à avoir fait ce constat-là.
Plusieurs ont dit qu'effectivement c'était implicite que l'enfant est un sujet
de droit, mais il y avait un élément central dans leur opinion pour que
ce soit réaffirmé. Avez-vous eu une réflexion sur ce sujet-là?
M. Carmant : Bien, c'est ce qu'on
disait au troisième alinéa, c'est, n'est-ce pas, le...
M. Cliche-Rivard : Celui qui dit
qu'on fait du bien-être des enfants une préoccupation centrale?
M. Carmant : Non. Les droits des
enfants sont protégés, au Québec, par la loi, par le Code civil du Québec. On
est venus ajouter la charte et la Loi sur la protection de la jeunesse.
M.
Cliche-Rivard : Ça, c'est votre réponse à... parce que c'était
déjà là dans la première version du préambule, cet élément-là, puis là postconsultations
particulières...
M. Carmant : On est venus ajouter «Charte
des droits et libertés de la personne».
M. Cliche-Rivard : Charte des
droits, mais certains sont venus nous dire qu'il fallait ajouter quelque chose
qui dit : Considérant que l'enfant est une personne à part entière dans
une société de droit et était un sujet de droit. C'est Mme Laurent, notamment, dans le rapport Laurent, qui... qui a émis
cette recommandation-là après que vous ayez initialement mentionné le
premier considérant, qui n'était pas mauvais, là, auquel vous avez ajouté la
charte. Donc, moi, c'est les quatre mots
spécifiques, là, du sujet... «un sujet de droit», puis là je me perds dans mes
notes, mais il y a un autre groupe qui nous avait
parlé de ça aussi. Est-ce que ça a été... Pour vous, ça, c'est répondu par...
c'est ce que vous me dites, par ce volet-là. Cela dit, c'était déjà là, puis
ils nous ont quand même fait cette recommandation-là. Donc, je voulais juste
être sûr qu'on n'oublie rien.
M. Carmant : Non,
moi, j'étais satisfait par l'ajout qu'on a fait puis un autre ajout ce matin
également, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Vous êtes, cela dit,
d'avis que les... évidemment, que les enfants sont sujets de droit. Il
n'y a pas de débat là-dessus.
M. Carmant : Oui.
M.
Cliche-Rivard : Ça fait qu'il y a comme une lecture implicite où, même
si on ne le met pas ou même si cette recommandation-là n'est pas suivie, on
l'entend ou on le comprend de par la réaffirmation notamment du cadre
législatif que vous complétez au paragraphe.
M. Carmant : C'était
l'intention, oui.
M.
Cliche-Rivard : Parfait. Il y avait également un autre considérant, eu
égard à l'intérêt de l'enfant ou à l'intérêt supérieur de l'enfant, comme quoi
celui-ci guide l'ensemble des décisions et des mesures. Là, on a l'intérêt, et les préoccupations, et les opinions. Vous,
c'est ça, votre réponse, aussi, c'est la réponse législative à ce qui avait été
demandé. C'est ça?
M. Carmant : Oui,
puis souvenez-vous qu'on l'avait dans les modifications de la Loi sur la
protection de la jeunesse. On était venus... Encore une fois, c'est la pièce
maîtresse de notre changement.
M.
Cliche-Rivard : Comme quoi l'intérêt de l'enfant est la considération
principale de toute décision prise à son sujet.
M. Carmant : Oui,
exact.
M.
Cliche-Rivard : C'est ce que les ex-placés puis Mme Laurent nous ont
demandé, notamment.
M. Carmant : Exact.
M.
Cliche-Rivard : Il y a un volet, puis je pense qu'on l'a quand même
touché, mais beaucoup de groupes nous ont
parlé d'un considérant sur le droit à la participation de l'enfant à la vie
citoyenne et aux décisions publiques, comme
quoi c'était une responsabilité de l'ensemble de la société aux niveaux local,
régional, national. Votre réponse à cette demande-là, ça a été notamment
la création des différents comités à 5.2°, là, 5.2°, je ne me souviens plus, quelque chose, là, mais 5.2°. Et puis leur
capacité de faire entendre leur voix, bon, la collègue de Robert-Baldwin, quand
même, avec son amendement, également, pour les... pour les préoccupations et
les opinions... les préoccupations de... les
opinions, le sien, donc, on comprend donc que ça vient renforcer le rôle que
pourrait avoir le jeune dans son cursus, dans sa société.
M. Carmant : Dans
la société, tout à fait.
M. Cliche-Rivard :
Parfait. Moi, M. le Président, j'avais un amendement que je... que je vous
ai envoyé. Ce serait le temps... À moins que ma collègue ait d'autres choses,
moi, je serais rendu là.
Le Président
(M. Provençal)
: Mme
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Oui, bien, peut-être qu'il faudrait revoir... parce que j'ai quelques
amendements...
M. Cliche-Rivard :
Aussi, oui.
Mme Garceau :
...aussi au niveau du préambule et j'ai l'impression...
Le Président
(M. Provençal)
: Bien,
on est toujours...
Mme Garceau :
Je ne sais pas si on a peut-être... il y a un chevauchement, là, je ne sais
pas.
Le Président (M.
Provençal)
: On est toujours...
Mme Garceau :
Donc...
Le
Président (M. Provençal)
: Mais,
Mme la députée, compte tenu que M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
annonçait son amendement, je vais lui laisser le déposer.
M. Cliche-Rivard :
Parfait.
Le Président
(M. Provençal)
: Si
cet amendement-là ne répond pas à votre paire de lunettes, si je peux
m'exprimer comme ça, il y aura toujours moyen de redéposer un nouvel
amendement. Ça vous va?
Mme Garceau :
Ça va.
Le Président
(M. Provençal)
: Merci.
Alors, bon, on va projeter l'amendement déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Alors, M. le député.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Alors, ajouter, après le sixième alinéa du préambule, le texte suivant :
«Considérant que les
Premières Nations et les Inuit sont les mieux placés pour répondre aux besoins
de leurs enfants de la manière la plus appropriée;».
Il y a là, M. le
Président, une reprise de la LPJ. Donc, c'est ce qu'on a dans la LPJ, c'est ce
que vous avez ajouté... c'est ce que vous aviez ajouté à ce moment-là, et je
pense que c'est un élément qui avait été important, qui demeure important avec ce qu'on a fait comme construction, comme
travail. Avec l'ouverture, avec l'avancement, je pense que, de réitérer ce message fort là, alors qu'on
l'a déjà dans notre corpus législatif, que, là, on fait des préambules, je pense
que de réitérer ce qui est déjà dans le corpus sera le bienvenu, là.
M. Carmant :
Il va falloir que je...
Le Président (M.
Provençal)
: Suspendre? Oui.
M. Carmant :
...qu'on suspende, M. le Président.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
on va suspendre les travaux, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
10 h 30)
(Reprise à 10 h 39)
Le Président (M.
Provençal)
: Nous
reprenons nos travaux. Nous en sommes sur l'amendement qui a été déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Alors, M. le ministre, vous aviez demandé une pause pour pouvoir
consulter vos légistes. Je vous cède la parole.
M. Carmant : Oui,
il y avait une certaine hésitation, M. le Président, là, quant au fait qu'on
ait... qu'on ait retiré le commissaire associé aux Premières Nations et Inuits,
mais, vu le partenariat qui est maintenu entre la possibilité d'un partenariat
avec notre commissaire, j'étais d'avis également, comme le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne,
là, que de réitérer le sens qu'on avait mis dans le... dans les changements à
la Loi sur la protection de la jeunesse, que les Premières Nations et Inuits
sont effectivement les... les mieux placés pour répondre aux besoins de leurs
enfants. Je le réaffirmais devant mes collègues la semaine dernière, là, ou il
y a deux semaines, lors de la réunion impromptue, donc, que moi, je suis très à
l'aise avec cet amendement là.
• (10 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Interventions sur
l'amendement de... Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M.
Cliche-Rivard : Bien, je remercie le ministre dans son ouverture. Je
pense qu'effectivement, il l'avait dit. Qu'on l'ajoute au préambule, ça envoie
un beau message, ça réitère ce qu'on avait dans la LPJ. Donc, je pense qu'on
démontre un effort ou une réflexion constante, là, sans recul. Ça aurait été
bizarre, je trouve, si on n'avait pas pu mettre ça dans notre loi sur le
commissaire, donc tant mieux.
Le Président (M.
Provençal)
: ...une
notion de cohérence, aussi.
M.
Cliche-Rivard : Oui, exact. Puis je vous demanderais un vote nominal
quand on sera là, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Alors, Mme la... À moins qu'il y ait d'autres... Y a-t-il d'autres... Oui, M.
le député des Îles, s'il vous plaît.
M. Arseneau :
Oui. Bien, je voulais juste
ajouter là le considérant qui porte sur l'approche spécifique privilégiée
pour rendre compte des facteurs historiques, sociaux propres aux enfants des
Premières Nations et des Inuits... demeure, je comprends ça. Mais celui-ci, il
se glisse tout de suite après. Est-ce que c'est... ou avant?
Une
voix : ...
M. Arseneau :
Juste avant? D'accord.
M. Carmant : Après.
M. Arseneau :
Après?
Le Président (M.
Provençal)
: Après.
M. Arseneau :
D'accord. Je voulais juste savoir, à ce moment-là, puisqu'on reconnaît,
puis c'est... je remercie également le ministre de faire preuve d'ouverture à
cet égard, que les Premières Nations et les Inuits sont les mieux placés pour
répondre aux besoins de leurs enfants, comment il faut interpréter l'autre
considérant qui dit qu'une approche spécifique doit être privilégiée?
Privilégiée par qui? Est-ce qu'en d'autres mots, une fois qu'on a dit que ce
sont les Premières Nations et les Inuits qui sont les mieux placés, mais qui
sont ceux qui vont développer une approche spécifique, est-ce que ce sont
encore les Premières Nations et les Inuits ou on parle d'autres instances?
J'avais comme l'impression que ce qu'on venait d'ajouter pouvait effacer ce
qu'on a déjà inscrit.
M. Carmant : C'est juste si certaines
de ces Premières Nations décident de confier le rôle à notre commissaire,
comme... comme c'est une possibilité, bien, on a décidé de maintenir cet alinéa
également, parce que ce n'est pas tous les... toutes les Premières Nations qui
vont nommer leur propre commissaire, tu sais, il faut... il faut couvrir toutes
les possibilités, je dirais, à travers le préambule.
M. Arseneau :
Donc, le premier élément, c'est que les Premières Nations et les Inuits
sont les mieux placés, mais, dans un deuxième temps, elles sont aussi les mieux
placées pour déterminer, en collaboration avec le gouvernement du Québec ou le
commissaire, qu'on puisse procéder en collaboration par un autre moyen. Je veux
juste relire : «[L'approche] spécifique
doit être privilégiée pour tenir compte des facteurs historiques, sociaux...»
Est-ce qu'on ne devrait pas préciser que c'est à leur demande ou avec... une
fois qu'ils l'ont initiée, ce... cette démarche-là? Je... je reste à
être convaincu que cette approche-là, spécifique, n'inclut pas le fait que les
Premières Nations et les Inuits sont ceux qui en décident.
M. Carmant : Non,
mais c'est juste que certaines de nos Premières Nations... Par exemple, le Nunavik
nous a... a déjà levé la main pour un partenariat avec le commissaire, donc
avec la protection de la jeunesse. Donc, dans ce sens-là, c'est important de le
laisser. Mais je pense que ça montre une... encore une plus grande ouverture,
là, de rajouter ce deuxième considérant-là.
Donc, premièrement, on accepte la... cette diversité là puis, deuxièmement,
bien, on vient encore une fois répéter qu'ils sont les mieux placés pour
prendre soin de leurs enfants.
M. Arseneau :
Oui. Je... Encore une fois, «une approche spécifique doit être
privilégiée», elle doit être privilégiée uniquement si les Premières Nations et
les Inuits le souhaitent. C'est ce que je comprends. Pourquoi ne pas
l'inscrire? Je n'ai pas de proposition d'amendement à faire, mais...
M. Carmant : Mais
ce n'est pas la... C'est le préambule.
Le Président (M.
Provençal)
: ...M. le
député. Quand on a discuté de l'article 14, qui était l'amendement, là,
qui introduisait tout le chapitre sur les Premières Nations et les Inuits, il y
a plusieurs éléments qui avaient été discutés à ce moment-là. Et, selon moi, ce
que vous mentionnez est déjà inclus dans l'article 14, qui avait été...
qui avait subi aussi des amendements et un sous-amendement de notre collègue de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mais c'est mon interprétation à moi, là, je peux me tromper, j'aimerais mieux
qu'on nous confirme. Mais c'est simplement pour vous mentionner, là, qu'il y
avait quand même eu des éléments qui avaient été amenés, puis qui sont vraiment
dans la continuité de ce que vous questionnez, là. Mais les réponses étaient
déjà dans l'article 14.
M. Carmant : Ce que je crois, dans le préambule, on ne peut pas
aller spécifier dans quelles conditions... Tu sais, c'est vraiment des
concepts qui sont... qui sous-tendent l'intention du législateur.
M. Arseneau :
C'est beau, je n'en ferai pas un débat plus long, et, si l'interprétation — il
faut que j'aille vérifier, là — peut
se faire selon l'article 14 que mentionne le président, peut-être, mais je
vais y réfléchir un peu plus longuement. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Et vous aurez toujours le
loisir d'amener un nouveau texte, si vous le désirez.
M. Arseneau :
Oui, oui, absolument, absolument. Mais loin de moi l'idée, là, d'alourdir
le préambule ou de devancer des choses qui se font un peu plus loin. Mais je m'interrogeais
à savoir si on n'avait pas, jusqu'à un certain point, une approche, ici, qui... bien, enfin, une interprétation qui
puisse être beaucoup plus directive que collaborative ou en mode
coconstruction lorsqu'on dit qu'une approche spécifique doit être privilégiée.
Mais je n'en dirai pas plus pour l'instant.
M. Carmant : Je
n'ai pas de commentaire.
Le
Président (M. Provençal)
: Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement qui a été déposé par M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
S'il n'y a pas d'autre intervention, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
avait demandé un vote par appel nominal. Alors, Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron : Pour.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement qui
vient d'être déposé au préambule, amendé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
est adopté. Maintenant, y a-t-il d'autres interventions sur le préambule
amendé? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, M. le Président,
merci beaucoup. J'ai un amendement à soumettre...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, on va...
Mme Garceau : ...qui fait la suite
logique du paragraphe que nous venons d'adopter.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Mme la députée, je vais vous
inviter à nous en faire la lecture et à le
commenter, s'il vous plaît.
Mme Garceau : Oui, merci beaucoup,
M. le Président. Donc :
Le préambule
du projet de loi amendé est modifié par l'insertion, après le septième alinéa,
de l'alinéa suivant :
«Considérant que le Québec affirme le droit à
l'autodétermination des peuples autochtones, y compris le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale,
lequel comprend la compétence en matière de protection de la jeunesse.»
Donc,
cet amendement, M. le Président, découle évidemment non seulement du rapport de
la commission Laurent, ça faisait partie des recommandations concernant,
à ce moment-là, un commissaire qui était dédié aux peuples autochtones, et on
avait cette reconnaissance que les peuples autochtones, Premières Nations,
Inuits avaient le droit, évidemment, de... d'autonomie gouvernementale
lorsqu'il y a trait à la protection de la jeunesse. Et c'est devenu
fondamental, ce principe, parce qu'on a entendu, évidemment, les témoignages de
représentants non seulement des Premières
Nations, l'APNQL, mais aussi la Société
Makivik lors des consultations
particulières et suite, évidemment, aux mémoires qui ont été déposés.
• (10 h 50) •
Et le 9 mai, lorsque nous avons eu nos
échanges avec les représentants des Premières Nations concernant le nouvel
amendement, si je peux dire, à l'article 14 et suivants, donc, le ministre
avait... il y avait une décision prise de retirer le bloc du chapitre III
concernant le commissaire dédié aux enfants autochtones et le remplacer par
l'article 14 où on prévoit... on prévoit que le commissaire va pouvoir
conclure des ententes de collaboration portant sur toute matière relevant de
ses fonctions avec les Premières Nations et les Inuits concernant, évidemment,
de... la création, si je peux dire, de leur propre système de protection de la
jeunesse dans les... dans leurs communautés.
Et donc, M. le Président, je reviens à la charge
concernant, d'après moi, l'importance et aussi les représentants des Premières
Nations et Inuits, l'importance de prévoir... Et surtout si nous... nous
n'allons pas le faire dans le cadre du
chapitre III, au moins qu'on ait cette reconnaissance du droit des peuples
autochtones, des Premières Nations, des Inuits à l'autodétermination. Et
ça, ça serait... ça ferait partie du préambule. Nous savons très bien qu'un préambule, ses considérants sont toujours fort,
fort importants lorsqu'on interprète un projet de loi, dans l'application d'un projet
de loi. Ça représente des principes directeurs.
Et surtout, et nous le savons très bien, M. le
ministre, et vous l'aviez mentionné, que, si la Cour suprême n'avait pas rendu
la décision concernant la constitutionnalité du projet de loi C-92, peut-être
qu'il n'y aurait pas eu d'amendement concernant les premiers... les premières
dispositions, les articles 14 à 18. Et donc la suspension que nous avons
eue entre la fin du mois de février et début du mois de mai était liée à tout
cet aspect de revoir... de revoir le rôle d'un commissaire dédié aux
autochtones, aux enfants autochtones dans ce projet de loi, compte tenu de la
constitutionnalité reconnue par la Cour suprême du C-92.
Et maintenant, suite à des échanges avec les
Premières Nations, nous avons reçu leurs amendements le 9 mai et nous n'avons
pas adopté toutes les propositions demandées par les représentants, surtout de
l'APNQL. Et une des... une des recommandations était celle que j'ai proposée
dans un préambule, au lieu de l'intégrer dans le cadre du chapitre III. Au
moins, ça serait une reconnaissance du Québec qui découle, évidemment, de la
décision de la Cour suprême du Canada.
Et, lorsqu'on
regarde tout l'aspect de collaboration, de coconstruction entre le Québec et
les Premières Nations, les Inuits et
les peuples autochtones, c'est, d'après moi, primordial de prévoir, dans le
préambule, ce principe directeur qui va, évidemment... est lié aussi à
l'article 14 qui a été adopté, parce que c'est toute une question de
collaboration parce qu'on va devoir... Et nous le savons très bien qu'on s'en
va vers là, toute cette question de la création de leur propre système de
protection de la jeunesse, parce qu'ils sont les mieux placés à prendre soin de
leurs enfants.
Et donc, pour
moi, c'est une logique, c'est une reconnaissance importante et ça fait partie
aussi de la coconstruction et la
réconciliation avec les peuples autochtones de prévoir, dans ce préambule...
surtout parce qu'on est dans le projet de loi, on est dans le secteur de la
protection de la jeunesse, c'est... ça va être la mission du nouveau
commissaire, qui va collaborer avec les communautés autochtones à ce sujet.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Bien, M. le Président,
écoutez, la députée de Robert-Baldwin me demande peut-être d'aller à un endroit
où je pense qu'on a fait beaucoup d'efforts, là, pour discuter avec les
communautés, on a fait beaucoup d'efforts
pour reconnaître leurs compétences. Tu sais, vous m'avez demandé une rencontre
avec eux, on l'a organisée. Je veux vraiment travailler avec eux, mais
est-ce que c'est dans... Je ne pense pas que c'est dans... la place de ce
projet de loi là que je dois affirmer ce qui est écrit, là, dans le préambule,
là.
Je pense que ce qu'on vient d'adopter, je suis à
l'aise avec puis je me limiterais à ça pour le moment, là, tu sais, je laisse
ça pour des choses plus grandes que ce qu'on fait... tu sais, que... C'est
quand même majeur, ce qui est écrit là, là, puis je vous dirais que ce que je
veux, c'est continuer à travailler avec les Premières Nations pour qu'elles
soient le plus autonomes possible et que leurs enfants soient soit pris en
charge le mieux possible, mais je ne suis pas prêt à inclure ça dans le
préambule.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. Compte tenu des
échanges que nous avons eus avec les représentants, surtout des Premières Nations, dernièrement... Et aussi on
sait très bien que l'article 14, qui a été adopté, ne fait pas complètement
leur affaire non plus. Et donc, c'est dans l'optique, également, de... Il y a
eu, par notre Cour suprême, cette reconnaissance. Première chose, là, il y a eu
la reconnaissance. La loi C-92, qui porte sur la protection de la
jeunesse, sur l'enfance, les droits
d'enfance, et tout, des peuples autochtones, Premières Nation, Inuits, a été
reconnue constitutionnelle. Et donc,
cet aspect-là, compte tenu qu'on est dans un projet de loi qui vise la
protection de la jeunesse, la protection des enfants, il faut au moins
reconnaître, dans ce projet de loi, le droit... qu'il y ait une cohérence entre
la décision de la Cour suprême et le premier, vraiment, projet de loi qui
touche cet enjeu important, qui touche la matière de la protection de la jeunesse des... ou
la protection des enfants autochtones. Il faut quand même leur reconnaître cet
aspect du droit à l'autodétermination. Ça ne sera pas le Québec qui va décider,
mais ça va être les Premières Nations, les Inuits, qui vont décider de... du
comment ils vont créer ces systèmes dans la protection de leurs enfants. Il me
semble qu'il faut leur reconnaître, le Québec.
La Cour suprême l'a reconnu, mais là nous avons
la chance de, nous, au Québec, l'Assemblée nationale, de le reconnaître. Il me
semble que c'est un pas exceptionnellement fondamental vers la réconciliation.
Avec tout ce qu'ils ont subi, les étapes juridiques, depuis la contestation de
cette loi, qui est allée jusqu'au plus haut tribunal du pays, il me semble que c'est
un minimum qu'on doit aux Premières Nations et aux Inuits, de reconnaître ce
principe, ce droit à l'autodétermination, particulièrement en ce qui a trait à
la matière de la protection de la jeunesse. C'est... c'est... Il faut le voir
comme étant une opportunité, une belle opportunité de mettre, dans un projet de
loi, cette reconnaissance. On n'a pas adopté tous les amendements que les
Premières Nations nous avaient demandés, mais, au moins, qu'on reconnaisse
cette... ce droit à l'autodétermination, surtout dans ce projet de loi qui
touche la protection des enfants.
M. Carmant : Bien, moi, ce que je
peux garantir, c'est qu'on va continuer à travailler avec eux au niveau
politique, au niveau administratif, pour qu'on trouve une solution qui va être
gagnant-gagnant pour tout le monde. Mais encore une fois, je pense que, pour
moi, je ne peux pas aller... je ne peux pas inclure ce paragraphe dans le
préambule à ce moment-ci.
Mme Garceau : Mais, M. le ministre,
vous reconnaissez, suite à la décision de la Cour suprême du Canada, le droit,
leur droit à l'autodétermination en ce qui a trait en matière de protection de
la jeunesse pour les Premières Nations, les Inuits et les communautés autochtones?
• (11 heures) •
M. Carmant : Bien, je pense que ça
transcende dans tout le... ce qu'on a mis sur pied dans la loi. Tous les
changements qu'on a... qu'on a effectués transcendent la... ce qui a été
approuvé par... ce qui a été décidé par la Cour suprême, effectivement.
Mme Garceau : Exactement. Et c'est
pour cette raison qu'on a pris une pause, qu'on a suspendu les travaux de cette
commission parlementaire, c'était suite à la décision rendue par la Cour
suprême.
M. Carmant : Exactement.
Mme Garceau : Et donc, qui a reconnu
ce droit à l'autodétermination. Donc, c'est pour ça, j'ai beaucoup de
difficulté à comprendre le pourquoi, avec respect, qu'on ne reconnaisse pas ce
droit dans... au moins dans le préambule de ce projet de loi, compte tenu,
aussi, que nous allons avoir l'article 14, il y a une cohérence entre cet
article, le paragraphe qui vient d'être adopté, qu'ils sont les mieux placés à
s'occuper des besoins de leurs enfants et, évidemment, l'article 14.
M.
Carmant : Je comprends votre position mais je n'ai pas
vraiment grand-chose à ajouter à ce moment-ci, là.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le
Président. Je vais appuyer les mots de ma collègue, là. On a eu cette
discussion-là précédemment sur les amendements de l'article 14. Bon, on a
fait un pas, quand même, j'entends... je me situe, là, du côté de la
proposition de la collègue. Cela dit, M. le ministre, vous avez dit à quelques
reprises dans cette commission qu'il y a quelque chose de plus grand qui devra
venir, là. Vous l'avez dit que ça ne viendra probablement
pas de vous, on devine que ça viendra de votre collègue ministre responsable de
ce dossier-là. Il y avait le projet de loi sur la sécurisation
culturelle qui a été mis sur la glace. Reviendra-t-il? Comment reviendra-t-il?
Je devine que, post C-92, là, il y a une réflexion importante et que vous
dites, c'est ce que je lis, là : Eux viendront avec notre positionnement,
et nous fermons le chapitre du commissaire ici, et puis arrivera par la suite
le positionnement politique sur post C-92 puis ce que votre collègue
présentera.
Je l'entends. Je pense quand même qu'on pourrait
commencer ce pas-là. Je pense que ce qui a été présenté puis ce qui a été discuté par la collègue de Robert-Baldwin est fort
intéressant, et c'est dans le réflexe de coconstruction qu'on a commencé
à mettre en place. Alors évidemment, moi, je vais me positionner en faveur, là,
mais je tenais à dire qu'on va être très... très en attente de ce prochain
positionnement là de la part de vous et/ou de votre collègue, dépendamment, là,
d'où ça vient. Mais nos collègues des PNI nous attendent, et on a un rendez-vous
avec l'histoire, je pense, et je peux comprendre que ce n'est peut-être pas
aujourd'hui en cette commission, mais il va falloir que ça vienne rapidement.
Je... je pense que vous le savez, là.
M. Carmant : Merci.
Le
Président (M. Provençal)
:
Ça va. Autres interventions sur
l'amendement de Mme la députée de Robert-Baldwin?
Mme
Garceau : ...
Le Président
(M. Provençal)
: Un
vote nominal. Alors, Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Pour.
La
Secrétaire : M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant :
Contre.
La
Secrétaire : M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin : Contre.
La
Secrétaire : Mme Abou-Khalil (Fabre)?
Mme Abou-Khalil :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme Gendron :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Contre.
La Secrétaire :
M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard :
Pour.
La
Secrétaire : M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Abstention.
La
Secrétaire : M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Maintenant, nous
revenons toujours au préambule amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la
députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci beaucoup, M.
le Président. Donc, nous venons de soumettre un autre amendement au préambule.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
on va projeter à l'écran votre... votre nouvel amendement. Et je vais vous
inviter à nous en faire la lecture, Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. Merci, M. le
Président. Donc : Le préambule du projet de loi, tel qu'amendé, est modifié
par l'insertion, après le premier alinéa, des alinéas suivants :
«Considérant que
l'intérêt supérieur de l'enfant doit être la considération principale de toutes
les décisions prises à son sujet;
«Considérant que le
droit à la participation de l'enfant à la vie citoyenne et aux décisions
publiques est une responsabilité de l'ensemble de la société, tant au niveau
local, régional que national;
«Considérant que les
enfants ont le droit et la capacité de faire entendre leur voix et qu'ils ont
le droit d'influencer les décisions les concernant en étant informés
adéquatement, accompagnés et écoutés;».
Le Président
(M. Provençal)
: Commentaires?
Mme Garceau :
Oui, M. le Président. Donc, c'est évidemment des amendements au préambule
suite au... qui découlent non seulement des recommandations initiales dans le
rapport Laurent et tout le volet concernant ses principes directeurs, encore
une fois, liés non seulement à l'intérêt, on parle de l'intérêt supérieur de
l'enfant, et je vais y revenir, mais aussi toute la question de... le droit à
la participation de l'enfant, le droit de prendre des... d'être impliqué dans
les décisions qui lui concernent et évidemment la capacité de faire entendre sa
voix. Et vous avez... Et je sais que Mme Laurent et d'autres commissaires
avaient proposé ces recommandations, qu'ils soient intégrés dans un préambule,
puisqu'actuellement le Code civil du Québec et la protection sur la... la Loi
sur la protection de la jeunesse reconnaissent formellement que l'intérêt de
l'enfant doit être pris en compte dans toutes les décisions le concernant. Mais
évidemment cela est très bien mais souvent limité aux situations traitées en
vertu de ces lois, principalement lors des
débats judiciaires. Et c'est quelque chose qui est revenu, c'est sûr et
certain, dans les discussions lors des sessions parlementaires
concernant la commission Laurent.
Et
donc, puisqu'on réfère également, M. le Président... le premier considérant, où
on réfère à la Convention relative aux droits de l'enfant, c'est la convention
internationale, et cette convention, elle est internationale, dont le Québec
est lié, dont le Québec adhère depuis, là, le 9 décembre 1991, on a intégré,
dans cette convention-là, tous les aspects que nous retrouvons dans mes
propositions de considérants dans ce préambule, que ce soit l'intérêt supérieur
de l'enfant qui soit considéré, la participation de l'enfant à la vie citoyenne
et aux décisions publiques et aussi la capacité de faire entendre sa voix.
• (11 h 10) •
Ça fait partie de cette... de cette
convention-là. C'est des droits liés aux enfants qui sont très importants. Et,
compte tenu, évidemment, que ça va faire également partie de la mission, des
fonctions et pouvoirs du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants de
faire... de faire la promotion, de faire valoir ces droits, ce serait
intéressant et très important, je crois, de les intégrer dans le préambule.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Bien, il faut juste que
la députée me prouve, là, de... qu'est-ce... qu'est-ce qui n'est pas déjà
répondu, là. Je veux dire, l'intérêt supérieur, ça a été le changement de la
loi qu'on a fait sur la protection de la jeunesse. Notre dernier changement
législatif, c'était justement pour centrer la loi autour de l'enfant. La
participation de l'enfant, on est venus
l'encadrer avec tous les comités régionaux, nationaux qu'on... qu'on a mis sur
pied, incluant, à votre demande, des comités au niveau des centres
jeunesse. Puis entendre leur voix, bien, je pense que c'est le concept même du commissaire,
là, donc. Tu sais... tu sais, je ne sais pas, c'est... je pense que tout ça,
c'est déjà inclus dans la loi. Donc, pourquoi le remettre dans le préambule?
Mme Garceau : Parce que le... c'est
de façon générale que ces droits soient détaillés, parce que ça se marie
également avec les fonctions et les pouvoirs dont le commissaire va exercer. Et
ça vient aussi des ex-commissaires. En
consultations particulières, ça faisait partie de leurs ajouts, de leurs
amendements au texte de loi dans le préambule.
Et donc ça... tout ce que ça fait, M. le
ministre, c'est que ça fait... ça fait en sorte que c'est un projet de loi qui se tient, qui se tient par les valeurs véhiculées,
les valeurs et les droits véhiculés, précisés, exprimés dans le préambule.
Et, compte tenu de ces droits, et de ces valeurs, et de ces principes qui sont
énoncés dans le préambule, bien là on voit
l'établissement, la création des comités régionaux... régionaux, nationaux, et
tout. Ça... ça découle de ces principes.
M.
Carmant : Bien, moi, je ne suis pas... en tout cas, je ne
suis pas très convaincu, là, M. le Président. Peut-être... peut-être
voir avec le... au niveau juridique, là, mais, je trouve, c'est un peu...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, maître, s'il vous plaît.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M. le
Président. Effectivement, pour reprendre les propos du ministre, là, c'est
redondant, en fait, à certains égards avec qu'est-ce qui est déjà prévu dans le
projet de loi, là. Je pense notamment, là, à... participation de l'enfant, en
fait, là, c'est déjà visé par les nombreux amendements qui ont été adoptés
quant aux comités régionaux, national, etc. Tout qu'est-ce qui est du fait
d'entendre leur... la voix des enfants,
d'être écouté, accompagné, tout ça est prévu dans les fonctions du commissaire
spécifiquement. Quant à l'intérêt supérieur, bien, l'intérêt...
protection de l'intérêt de... des enfants, en fait, fait partie des fonctions
du commissaire. Et le corpus législatif québécois, de façon générale, là,
réfère à l'intérêt de l'enfant, là, comme tel. Donc, c'est... c'est vraiment... actuellement, ce qui prévu au projet
de loi est déjà totalement cohérent, là, avec qu'est-ce qui est prévu, là.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Garceau : Non, c'est...
c'est parce que c'est... Je comprends ce que vous dites, Me Bérubé, mais,
lorsqu'on regarde les dispositions, c'est comme... oui, c'est implicite, à part
de la création des comités consultatifs, qu'on
a amendée. Mais ces principes, dont les ex-commissaires voulaient que... que ce
soit intégré dans le préambule... parce que c'est l'introduction, c'est
l'introduction, c'est les principes directeurs et... qui... qui font en sorte
qu'on a les dispositions telles que prévues à l'article... aux articles
particulièrement 5 et 8. Donc, ça fait... ça fait un ensemble et ça donne une
précision, c'est clair que... surtout en termes de... non seulement de
l'intérêt supérieur, mais aussi de tout ce qui a trait aux décisions qui vont
être prises les concernant.
M. Carmant : Mais,
de mon côté, M. le Président, comme je vous le dis, je ne vois pas vraiment de
plus-value à l'ajout de ces... de ces considérants-là, là, de mon côté.
Le Président
(M. Provençal)
: Ça
va?
Mme Garceau :
Vote nominal.
Le Président
(M. Provençal)
: Alors,
compte tenu... d'intervention, par appel nominal, Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass :
Pour.
La Secrétaire :
M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant :
Contre.
La Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Abou-Khalil (Fabre)?
Mme Abou-Khalil :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Gendron (Châteauguay)?
Mme Gendron :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Contre.
La Secrétaire :
M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard :
Pour.
La Secrétaire :
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Abstention.
La
Secrétaire : M. Provençal (Beauce-Nord)?
Le Président
(M. Provençal)
: Abstention.
Alors, l'amendement qui avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin
au préambule est rejeté. Y a-t-il d'autres interventions? Allez-y.
Mme Garceau :
Oui, je vais continuer. Donc, j'ai un autre amendement, M. le Président,
que nous venons d'ajouter, un amendement au préambule.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, je vous invite
maintenant à nous faire lecture de ce nouvel amendement que vous
déposez, Mme la députée.
Mme Garceau : Oui, M. le Président. Le
préambule du projet de loi, tel qu'amendé, est modifié par l'insertion, après
le deuxième alinéa, du suivant :
«Considérant que
l'enfant est une personne à part entière dans la société et un sujet de droit».
M. le Président, ça
touche les commentaires de mon collègue, qui l'a mentionné tout à l'heure, et
tout... nous savons, dans le rapport de la
commission Laurent, et Mme Laurent l'a mentionné également lors de la...
des consultations particulières, et les deux anciens commissaires
également, l'importance de cette reconnaissance qu'un enfant est un sujet de
droit au préambule de ce projet de loi. C'était même lorsqu'on... j'ai... j'ai
relu plusieurs aspects du rapport, ça... Rolland, ça... ça revenait à plusieurs
reprises parce qu'il n'y a aucune loi du Québec qui reconnaît explicitement, et
d'où vient l'importance que l'enfant est un sujet de droit.
Il y a la reconnaissance
de plusieurs droits propres à l'enfant, lors de la mise en vigueur de la
protection sur... la Loi sur la protection de la jeunesse, qui a permis
d'affirmer que l'enfant est maintenant un sujet de droit. Cependant, aucune
disposition légale ne le confirme. Et donc, pour Mme Laurent, pour les
commissaires, c'était fondamental de reconnaître ce droit au préambule, au
moins au préambule de ce projet de loi.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, moi, je
pense que le Barreau puis Pr Goubau aussi nous disaient que c'était...
c'était quelque chose d'implicite, là, de... qui est... qui est reconnu et que
c'est... qu'on n'y voyait pas vraiment de nécessité d'ajout, là. Donc, moi, je
pense que, pour le moment, ce... ce n'est pas nécessaire. Et, comme vous le
savez, il y a... dans la phase... dans les phases ultérieures, il y a des
choses qui... il y a des... il y a la charte qui est inscrite. Donc, pour le
moment, je pense que je ne vais pas aller avec cet ajout au préambule.
Mme Garceau : Je veux juste ajouter,
M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
: Oui, allez-y.
Mme Garceau : ...vous savez, les
commissaires ont passé deux ans à étudier les différentes législations portant
sur la protection de la jeunesse. Et tout cet aspect de... du fait... et ça a
été mentionné que c'est implicite, c'est implicite, mais on a les commissaires
qui sont venus confirmer dans un rapport qu'il est temps, au Québec, de le
mettre explicitement dans un projet de loi. Parce que c'est les mêmes... c'est
les mêmes arguments, là, on sait le... que c'est implicitement, mais là
c'était... on avait l'opportunité de le mettre dans un projet de loi très
important lié à la protection, de promouvoir les droits des enfants. Et donc
qu'ils soient sujets de droit dans cette société québécoise, pourquoi est-ce
qu'on ne le met pas explicitement? Ça ne cause pas de préjudice.
M. Carmant : Bien, peut-être que je
passerais la parole à Me Bérubé, puisque ce n'est pas...
Le Président (M. Provençal)
: Me Bérubé.
• (11 h 20) •
M. Bérubé (Mathieu) : Merci, M. le
Président. Bien, en fait, pour fins de clarification, lorsque le législateur,
dans une loi particulière ou générale, parle de toute personne ou tout être
humain, évidemment, ça inclut également une personne qui serait dite mineure.
Quand il veut viser spécifiquement des majeurs, le législateur prend soin
justement de le spécifier pour dire que ce droit-là s'applique à une personne
majeure, par exemple. Donc, quand on regarde du côté de la Charte des droits et
libertés de la personne, la personne inclut forcément autant une personne
mineure qu'une personne majeure. Donc, le droit à la sécurité, à la vie, là,
bref, là, prévu dans les premiers articles, ça s'applique autant un enfant qu'à
un adulte. Il y a des précisions qui seront faites, là, quant au terme «enfant»
dans certaines dispositions de la charte, puisqu'évidemment c'est des droits
qui sont plus propres à des enfants. Quand on pense
à la sécurité, protection de ses parents, là, donc forcément un... quand on
parle d'un parent, donc on vise un enfant.
Ce qu'il fait ici aussi... en fait, ce qui... ce
qui m'amène un autre élément aussi à apporter, que je trouve pertinent, là, le
présent projet de loi ne vise pas à... comment je pourrais dire, détailler ou
plutôt prévoir des droits applicables aux enfants, c'est plutôt de nommer,
d'instituer un nouveau commissaire qui, lui, a des fonctions à l'égard des
enfants, notamment la promotion des droits de ces enfants-là. Ici, le fait de
venir dire qu'un enfant est une personne à part entière, tout comme le Barreau
et comme le Pr Goubau l'ont dit en consultations particulières, et je partage leur avis, c'est implicite et c'est
évident depuis plusieurs décennies au Québec, que les enfants sont des sujets
de droit, et nul besoin de le préciser, même
si... J'ajouterais, dernier petit complément, de le préciser ici envoie
peut-être un message peut-être contradictoire avec les autres textes
légals au Québec pour lesquels on considère déjà depuis plusieurs décennies que
le mot, par exemple, «personne» ou «tout être humain» vise également un enfant.
Voilà.
Le
Président (M. Provençal)
: Merci. Il y a le... M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne qui avait demandé la parole.
M.
Cliche-Rivard : Merci, M. le Président. Je pense que j'ai quand
même démontré beaucoup de flexibilité, là, dans les interventions, mais
là celle-là, bien franchement, je la comprends mal, là. Là, nous dire que c'est
implicite, c'est implicite puis c'est déjà reconnu, là, que la Convention
relative aux droits de l'enfant, on s'est déclaré lié, c'est dans le préambule. C'est implicite que les droits
des enfants sont protégés par la Charte des droits et libertés de la personne.
C'est inclus dans le préambule. Ça fait
qu'avec l'immense respect que je vous dois, M. le ministre, à mon humble avis, ce
n'est pas un argument qui permettrait de rejeter.
Et, a
contrario, Mme Laurent, dans son rapport, pages 66 et 67, pas moi, pas la
députée de Robert-Baldwin, là, Mme Laurent : «Les enfants sont
encore difficilement reconnus comme des sujets de droit.» Ce ne sont pas mes mots, ce sont les siens. Au Québec, les enfants
sont des sujets de droit depuis la mise en oeuvre de la LPJ, en 1979. Être sujet de droit permet aux personnes de défendre et
de faire respecter leurs droits. Pourtant, durant la commission, plusieurs témoins
et mémoires nous ont rapporté un enjeu quant à la reconnaissance même de
l'enfant comme sujet de droit.
Au Québec,
note de bas de page, un collectif d'organismes non gouvernementaux porte ce
regard sur la question : «Force est de constater que la société québécoise
continue de percevoir ses enfants comme des objets de droits aux pouvoirs d'action limités. Il importe de faire évoluer cette
vision.» Auteur de mémoire suggère même d'«affirmer explicitement que l'enfant
est un sujet de droit dans le Code civil du Québec». Mme Laurent : «Au
regard de la preuve recueillie, qui indique que plusieurs droits des enfants
sont appliqués de façon variable, il nous paraît incontournable de réaffirmer
l'importance de reconnaître l'enfant comme sujet de droit dans la charte des
droits de l'enfant. En effet, le respect de
l'ensemble des droits des enfants nous semble improbable tant qu'ils ne seront
pas considérés véritablement comme un sujet de droit... comme des sujets
de droit. Reconnaître clairement l'enfant comme sujet de droit est primordial
pour garantir le respect de ses droits.»
Et là ma collègue vous demande de faire un
premier pas non contraignant dans ce sens-là dans un préambule d'un commissaire qui va les défendre. Et là,
vraiment, puis là je vous invite à la double, la triple, à la quadruple
réflexion, là, vraiment, on va battre un amendement qui réitère le
strict minimum du gros bon sens pour aucune raison en ce sens ou c'est le
préambule d'un article, là... le préambule d'une loi, qui n'a pas d'effet
juridique. Quel message... au contraire, avec égard de ce que votre collègue a
dit, quel message ça envoie de battre cet amendement-là?
Moi, je trouve que ça envoie un message bien
triste et bien dommage pour l'effet historique qu'on s'apprête à faire avec ce commissaire-là, alors qu'il n'en
coûte rien, législativement, de réaffirmer que l'enfant est effectivement
une personne à part entière dans la société et un sujet de droit. Donc, je vous
invite à reconsidérer, M. le ministre.
M. Carmant : Je n'ai rien à ajouter,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre. Y a-t-il
d'autres interventions? M. le député des Îles.
M. Arseneau : Bien, moi, je pense
que le plaidoyer a déjà été fait de façon intéressante et importante par mes deux collègues. J'appuie également cette
proposition-là, là, qui est tirée d'une recommandation qui avait été faite.
Moi, j'aimerais savoir en quoi est-ce que, peut-être, là... on dit souvent que
le législateur ne parle pas pour ne rien dire, là, jusqu'à quel point ce serait
le cas si on ajoutait ça. Ça ne me semble pas porter préjudice à qui que ce
soit ou... au contraire, je crois que réaffirmer cet élément-là me semble
clarifier les choses également, mais j'aimerais avoir un contre-argumentaire qui dit essentiellement que cette
proposition-là est négative à quelque... à quelque égard que ce soit,
là.
Sinon, effectivement, le message est plutôt
négatif, et je ne vois pas pourquoi, là, ici, on ne fait pas l'effort supplémentaire pour clarifier les choses. Ça me
semble être l'objectif de l'amendement de ma collègue de Robert-Baldwin.
Le Président (M. Provençal)
: M le ministre mentionne qu'il n'a pas
de commentaire. Autres interventions sur cet amendement? Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : Je reviens. Je
remercie mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne concernant les propos de Mme Laurent à ce sujet-là, parce que,
lorsqu'elle est venue en commission parlementaire, en consultations
particulières, je devrais dire, et...
elle avait fait le point, qui était très, très important pour elle, et je
l'avais déjà mentionné, M. le ministre, concernant le fait que, suite au dépôt du rapport, première
recommandation phare, c'était la charte. Commissaire était après la
charte.
Et c'est sûr et certain que, pour Mme Laurent et
cette commission, c'était fondamental d'avoir... et elle l'a exprimé, et les anciens
commissaires aussi, que, si on ne va pas avoir une charte bientôt après le
commissaire, il faut au moins prévoir cet amendement au préambule. Ça faisait
partie de son argumentaire. Et donc, là, compte tenu que la charte, on l'a reporté à la troisième phase, et
on verra à la troisième phase, et donc ça pourrait être plusieurs années,
d'autant plus l'importance de prévoir que
l'enfant est une personne à part entière dans la société et est un sujet de
droit.
M. Carmant : Mais je vous entends puis
je vous ai déjà dit ce que... la suite des choses, là, par rapport à la phase
deux, la phase trois, puis c'est... nous, on va pousser pour ça, là, ne vous
inquiétez pas.
Mme Garceau : J'ai... Puis je vais
revenir à ce que mon collègue a mentionné, là, honnêtement, sur cet amendement,
je ne comprends pas l'hésitation de confirmer. C'est implicite. Pourquoi est-ce
qu'on a une hésitation à l'exprimer? C'est ça que la commission Laurent... Vous
avez dit, M. le ministre, que c'est... c'est votre guide. Bien, qu'on l'utilise aujourd'hui puis qu'on intègre
dans le préambule ce principe fondamental. Parce qu'il n'y aurait peut-être
pas eu cette recommandation phare de nommer un commissaire au bien-être aux
droits des enfants si on n'aurait pas reconnu
qu'un enfant est sujet de droit. C'est parce qu'un enfant est sujet de droit
que, là, on va nommer un commissaire pour s'assurer que ses droits
soient protégés.
• (11 h 30) •
Je ne comprends pas cette hésitation. Ça semble
être tellement clair comme de l'eau de roche, là. Je ne le sais pas, honnêtement. Il me... il me semble qu'on ne
fait pas... on ne fait pas justice, on ne fait pas justice à... au... à l'esprit,
à l'esprit de ce projet de loi, au coeur de
ce projet de loi, des fonctions... Et pourquoi est-ce qu'il est là, le
commissaire? Regardez, on va... regardons les fonctions et ses pouvoirs.
Tout est lié au fait qu'un enfant est un sujet de droit.
M. Carmant : Puis nous, on a dit que
c'était implicite.
Mme
Garceau : Mais... mais c'est... mais ce n'est pas ça,
implicite. C'est la raison pour laquelle... On a combien de pages d'un rapport de la commission Laurent,
là? Et c'est... et c'est revenu, c'est une des premières recommandations qui étaient liées à la charte, qui était la recommandation
phare qui devait venir avant la loi sur le commissaire. Le gouvernement, oui, a décidé de... ils ont... vous
avez pris une décision de reporter cet aspect de la charte, mais au moins
reconnaissons ce principe élémentaire et fondamental dans un projet de loi qui
porte sur... de promouvoir et de protéger les droits des enfants.
M. Carmant : OK, mais j'ai quand
même les recommandations ici, puis les commissaires recommandent, un, instituer
un commissaire, deux, adopter une charte, ensuite, trois, réaffirmer clairement
que les... les droits des enfants en
protection de la jeunesse. On suit quand même ce qui est dans le chapitre un,
là. Puis... M. le Président, comme je vous dis, je comprends, mais,
c'est ça, je peux... je ne peux pas... je n'irais pas là.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Là, M. le
Président, je... honnêtement, je ne la comprends pas, parce que c'est comme
défaire tout ce qu'on vient de faire pendant des mois, là. Si on n'est pas
capables, en commission, de s'entendre sur le fait de l'état juridique actuel
puis de le réaffirmer dans un préambule, pas dans un article contraignant, dans
un préambule, là... Je ne fais jamais ça, mes collègues de la banquette
gouvernementale, là, vous allez voter, là, puis vous allez battre un amendement puis un ajout pour reconnaître que
l'enfant soit un sujet de droit en société québécoise. Je ne la
comprends pas. Je ne la comprends pas. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée.
Mme Prass : ...dans le même sens que
mes collègues, le but de ce projet de loi et du commissaire, c'est de protéger
un enfant, qui est une personne à part entière dans une société et un sujet de
droit. Encore une fois, c'est le préambule, on veut donner le sens au commissaire,
le sens à tout ce qu'il va pouvoir faire et tous ses pouvoirs, mais aussi, justement, de l'enfant en tant que tel,
pour lequel lui, il va être responsable pour le bien-être, pour la population
des enfants. Donc, si c'est implicite, pourquoi ne pas le rendre explicite, le
mettre noir sur blanc, justement, avec ce qui a été mis dans le... Ce que le collègue a lu dans le rapport de la
commission Laurent, il y a des gens qui se questionnent et qui n'ont pas
la même interprétation. Donc, pour vous, pour nous, c'est peut-être implicite,
mais, pour que ça soit explicite pour tout le monde, c'est une phrase qui
dit...
Justement, vous dites : Ça existe déjà,
c'est déjà reconnu. Donc, je ne comprends pas non plus quel est le mal
d'ajouter ces quelques mots dans le préambule, dans le préambule d'un projet de
loi pour le bien-être des enfants. Le strict minimum, c'est de reconnaître
qu'ils sont des personnes à part entière et un sujet de droit. Donc, j'ai aussi
énormément de difficultés et je ne comprends pas le sens du commissaire sans
reconnaître cet élément-là.
M. Carmant : Je n'ai rien à ajouter,
M. le Président. Je me suis exprimé sur ce cas.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Vote nominal? Non. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, je veux juste
rajouter le fait qu'on est quand même en train de procéder, là, aux derniers
travaux parlementaires pour l'adoption d'un commissaire aux droits des enfants
puis on se refuse à reconnaître que l'enfant est un sujet de droit. Moi aussi,
j'ai beaucoup de difficulté à comprendre cette résistance-là, cette réserve.
Que l'enfant est une personne à part entière dans la société, ça me semble
évidemment quelque chose à rappeler dans la mesure où tout le travail qu'on est
en train de faire là découle de tragédies, d'une tragédie en particulier, mais
de tragédies qui continuent au Québec, et qu'il faut évidemment contrer, et
qui, parfois, ont leur source dans le fait qu'on ne considère pas que l'enfant,
c'est une personne qu'on doit... dont on doit respecter les droits, comme si
c'était la propriété de parents et qu'ils n'avaient pas cette
reconnaissance-là. Donc, je pense que ce n'est pas fortuit. Ce n'est pas suffisant
de faire cette reconnaissance-là de façon implicite.
Le faire de façon explicite dans ce cadre-ci où
on adopte, là, justement la mise en oeuvre d'un commissaire à la protection des
droits des enfants, ça me semble l'endroit pour le faire. À l'inverse de ce
qu'on disait tout à l'heure, là, sur, par
exemple, la reconnaissance du droit à l'autodétermination des peuples
autochtones ou des Premières Nations, et tout ça, où on dit : Bien, on va
le faire ailleurs, là, ici, il n'y a pas de «ailleurs». C'est ici qu'il faut le
faire. On ne peut pas reconnaître ailleurs, dans un autre cadre législatif,
dans un autre projet de loi, ce sur quoi porte le projet de loi. Et il porte sur le droit des enfants, sur sa
reconnaissance, sur sa protection, sur le fait que l'enfant doit être reconnu
une personne à part entière et que l'État doit le protéger à travers la mise en
place d'un commissaire, notamment.
Alors là, il
me semble qu'on ne peut pas tergiverser. Est-ce que la résistance, elle est...
elle est politique? Est-ce qu'elle est juridique? Je ne comprends pas.
M. Carmant : ...
Le Président (M. Provençal)
: Pas de commentaire, M. le ministre?
M. Carmant : Pas
de commentaire.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va.
M. Carmant : ...prendre les coups.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il d'autres interventions?
Sinon, Mme la députée de Robert-Baldwin a demandé un vote nominal. Alors, Mme
la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin : Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Je reviens toujours au préambule amendé. Y
a-t-il d'autres interventions?
Mme Garceau : Oui, M. le Président.
J'ai un autre amendement à soumettre.
Le
Président (M. Provençal)
: Est-ce que nous l'avons reçu, Mme la... Alors, on
va la... on va projeter l'amendement. Alors, Mme la députée, je vous
invite à nous en faire la lecture.
Mme Garceau : Oui. Donc, le
préambule du projet de loi, tel qu'amendé, est modifié :
1 ° insérer, dans le septième alinéa et après
«la promotion», «et la protection»;
2° remplacer,
dans le septième alinéa «et du respect des droits des enfants» par «ainsi que
du respect de tous les droits de tous les enfants;».
Donc, le libellé se lirait ainsi :
«Considérant
qu'il est nécessaire qu'une personne soit vouée exclusivement à la promotion et
la protection du bien-être ainsi que du respect de tous les droits de
tous les enfants;».
Donc, M. le Président, si vous me permettez...
Le Président (M.
Provençal)
: Oui,
allez-y.
Mme Garceau : ...c'est suite,
évidemment, à la révision de... et des amendements de toutes les fonctions du
commissaire, les pouvoirs du commissaire qu'il va pouvoir exercer, et également
à la lumière de certaines fonctions, et plus particulièrement l'article 5, le
cinquième... non, je voudrais dire le sixième sous-paragraphe, lorsqu'il va
évaluer la mise en oeuvre des programmes et la prestation des services qui sont
destinés aux enfants, et qui relèvent des
organismes publics. On a vraiment eu de bonnes discussions, des échanges au
niveau de l'étendue, de qu'est-ce que ça implique, ce sous-paragraphe,
et, à la lumière, donc, de cette... de cette fonction, mais aussi les recommandations,
les articles... il y a eu des amendements...
les articles 11 et suivants, concernant les recommandations que le commissaire
va pouvoir émettre, le suivi de ces
recommandations-là, qu'il va pouvoir également le déposer à l'Assemblée
nationale, ça donne un peu le mordant, si je peux dire, au niveau des
fonctions et des pouvoirs du commissaire.
• (11 h 40) •
Et donc il y
a un élément de protection, parce que cette partie-là, de ses fonctions, vont
être vraiment pour améliorer le
système de protection, bonifier le système de protection des enfants, et donc,
pour moi, il semblait absolument essentiel d'ajouter le mot... à la
«promotion» du bien-être, mais aussi à la «protection».
Et le Barreau
avait également soumis des recommandations concernant la deuxième partie du...
de cet amendement, concernant le respect de tous les droits de tous les
enfants. Donc, j'ai repris également, là, la recommandation du Barreau à ce
sujet.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, peut-être
juste... Je comprends l'enjeu d'introduire le mot «protection», là, mais
dans... ailleurs, on parle de la protection de l'intérêt, donc peut-être qu'on
pourrait mettre «promotion du bien-être et protection de l'intérêt», si c'est
dans le sens de ce que vous mentionnez. «De tous les droits de tous les
enfants», moi, je n'ai pas de... je n'ai pas d'enjeu avec ça, là. Je ne sais
pas s'il y a de la redondance dans le terme, là. Mais de... Quand on parle
de... «de tous les droits de tous les enfants», je ne sais pas si... Est-ce
qu'on peut peut-être suspendre ou est-ce qu'il y a d'autres commentaires à ce
moment-ci?
Le Président (M. Provençal)
: Oui, on suspend, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
(Reprise à 11 h 48)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous reprenons nos travaux. Je
rappelle que nous sommes toujours sur des amendements au niveau du préambule.
Il y avait un amendement qui avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin, mais je constate, avec le nouveau document qu'on m'a remis, qu'il y a
eu des modifications dans le libellé. Alors, je vais juste...
Ça va aller? Alors, dans un premier temps, je
pense qu'on va retirer l'amendement que vous aviez déposé.
Mme Garceau : ...
Le
Président (M. Provençal)
: Alors, vous retirez. Consentement pour retirer
l'amendement qui avait été déposé?
Des voix : ...
Le
Président (M. Provençal)
: Et maintenant, Mme la
députée, je vais vous inviter à nous faire lecture du nouveau libellé de
votre amendement.
Mme Garceau : Oui. Donc, M. le
Président :
Remplacer le septième paragraphe du préambule,
tel qu'amendé, par le suivant :
«Considérant qu'il est nécessaire qu'une
personne soit vouée exclusivement à la promotion du bien-être et du respect des
droits de tous les enfants et [à] veiller à la protection de l'intérêt de
l'enfant;».
• (11 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M.
Carmant : Bien, c'est conforme à la discussion. Moi, je
pense que c'est un amendement qu'on pourrait intégrer au préambule.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va? Interventions? M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Plus dans le...
le formuler comme... «qu'il est nécessaire qu'une personne soit vouée
exclusivement à la protection du bien-être et du respect de tous les enfants»
et «veille à la protection». Je trouve ça bizarre de... «et de veiller», mais, je veux dire,
si vous êtes à l'aise dans... Je trouve ça bizarre de revenir à l'infinitif,
là, mais... «une personne soit vouée»
et «qu'il veille à la protection» ou... en tout cas, «et à veiller». Je vous
pose la question légale. En français, je ne suis pas certain du...
Le Président (M.
Provençal)
: «Ainsi
que». Donc, on remplacerait... on ferait une correction de forme, c'est-à-dire
«de tous les enfants et à veiller à la protection de l'enfant dans l'intérêt de
l'enfant»? Est-ce que c'est ça, votre propos, M. le député?
M.
Cliche-Rivard : Je ne sais pas si ça serait la meilleure formulation
non plus. Peut-être, je vais laisser ça à la discrétion de l'équipe légale sur
la terminologie exacte ou la construction de phrase exacte. Mais là le «de» est
problématique.
M. Carmant : Je
suggérerais «à la veille de la»...
Des voix :
...
Le Président (M.
Provençal)
: ...«de
la protection de l'enfant».
Des voix : ...
Le Président (M.
Provençal)
: Alors
donc, le nouveau... le libellé, avec la correction de forme, ce serait «du
respect des droits de tous les enfants et à la veille de la protection de
l'intérêt de l'enfant».
On va... On va
simplement recorriger. Je suspends quelques minutes, le temps qu'on ajuste le
texte, parce qu'il y a plus d'un mot. Mme la secrétaire préférerait qu'on ait
le texte modifié.
Alors, on suspend
quelques minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 52)
(Reprise à 11 h 56)
Le Président (M.
Provençal)
: Nous
reprenons nos travaux. Alors, je vais demander à Mme la députée qu'on puisse retirer l'amendement pour déposer l'amendement
corrigé. Alors, consentement pour retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Alors, je vous
invite maintenant à nous faire lecture de votre amendement.
Mme Garceau :
Remplacer le septième paragraphe du préambule, tel qu'amendé, par le
suivant :
«Considérant qu'il
est nécessaire qu'une personne soit vouée exclusivement à la promotion du
bien-être et du respect des droits de tous les enfants et à la veille de la
protection de l'intérêt de l'enfant;».
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Alors, M. le ministre.
M. Carmant : Oui,
c'est conforme à ce qui a été discuté. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions?
S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous procédons... nous allons procéder à la
mise aux voix. Par appel nominal, Mme la...
Mme Garceau :
...
Le Président (M.
Provençal)
: Alors, par appel nominal, Mme
la secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau :
Pour.
La
Secrétaire : Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La
Secrétaire : M. Carmant (Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin : Pour.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Pour.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le
Président (M. Provençal)
: Abstention. Alors, l'amendement déposé par Mme la
députée de Robert-Baldwin est
donc adopté.
Y a-t-il maintenant des interventions sur le
préambule amendé?
S'il n'y a pas d'autre intervention sur le
préambule amendé, est-ce que le préambule, amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Provençal)
: Adopté. Merci. Maintenant, est-ce que les
intitulés des chapitres et des sections, tels qu'amendés, sont adoptés?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Est-ce que le titre du projet
de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Je propose que la commission
recommande la renumérotation du projet de loi amendé. Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté. Je propose que la commission
adopte une motion d'ajustement des références. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
: Adopté.
Remarques finales
Alors, nous en sommes maintenant à l'étape des
remarques finales. Je vais donc céder la parole au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Est-ce qu'on a un
temps limité? Je ne serai pas long, de toute façon, là. J'oublie.
Le Président (M. Provençal)
: C'est 20 minutes.
M.
Arseneau : 20 minutes. Je ne ferai pas 20 minutes. On aura
l'occasion d'y revenir pour l'adoption finale. Alors, tout simplement pour
mentionner que ce projet de loi là était important, que la nomination du
commissaire, c'est une recommandation-phare de la commission Laurent qu'il
fallait mettre en oeuvre et qu'on y arrivera grâce au travail parlementaire qui
a été réalisé au cours des dernières semaines. Nous avons fait une pause, je
pense, qui a été salutaire aussi pour
arriver à une conclusion, qui, somme toute, je pense, pourra rallier l'ensemble
des parlementaires. Évidemment, il y a des propositions qui ont été
faites qui auraient pu aussi bonifier encore davantage le projet de loi, mais,
somme toute, nous arrivons à des conclusions qui seront positives, je crois,
pour les enfants du Québec, et c'est ce qui est important.
• (12 heures) •
Plusieurs éléments
ont pu être bonifiés ou améliorés dans l'étude du projet de loi que nous avons
réalisée. Je pense, notamment... là, j'y vais un peu de mémoire, le processus
de consultation des jeunes qui a sensiblement été amélioré à travers la
nomination, la mise en place éventuelle de comités consultatifs régionaux, je
pense que c'était la chose à faire. Tout... La question, également, là, du
rapport sur la mise en oeuvre de cette loi-là qui est devancé; plutôt que
reporter à cinq ans, on le devance à trois ans. Donc, il faut assurer un suivi
serré de ce... de ce travail, de ce continuum aussi d'actions qui sont mises en
place par l'État du Québec. Et je pense que c'était également la chose à faire,
parce qu'au jour le jour nous avons la responsabilité d'améliorer le bien-être
et la protection des droits des enfants. Ça va de soi. Donc, ce sera une étape
importante.
La question du suivi,
également, des recommandations que le... qu'il soit très clair que le
commissaire a un rôle de... d'étudier les différents enjeux, de pouvoir avoir
accès aussi aux lieux sur demande, là où... Les centres jeunesse, par exemple, dans les différents organismes, je pense que
c'est une bonne chose, mais que les recommandations soient faites et
qu'on s'assure qu'il puisse y avoir un suivi, que le commissaire ait la
responsabilité, voire le devoir de faire ce genre de recommandations pour
l'amélioration des politiques publiques ou des pratiques, évidemment, c'est
fondamental, mais qu'il puisse également s'assurer d'un suivi et poser des
questions sur la suite des choses et la mise en oeuvre des recommandations ou
des avis qu'il peut exprimer.
La communication avec
les... le bureau du coroner et, il faut que ce soit très clair aussi, le suivi
sur les décès d'enfants, les décès également
des personnes de 18 à 25 ans, je pense que les clarifications qui ont été
apportées étaient nécessaires.
Le lien avec les
organismes publics, bien entendu, mais qu'on reconnaisse également que les
organismes communautaires ont un rôle
fondamental à jouer, que le commissaire doit être en lien avec ces organismes
qui oeuvrent en matière de jeunesse, c'est fondamental également.
Pour, évidemment, le
morceau le plus important aussi concernant la coconstruction, là, de... avec
les Premières Nations et les Inuits, bien, d'abord, il y a des amendements qui
ont été apportés, là, sur les termes utilisés, c'était important de le faire,
mais également de mettre de côté ce... cette intention au... initiale de nommer
un commissaire associé pour les Premières Nations et... les enfants des Premières
Nations et des Inuits, c'est le... c'était la bonne chose à faire, d'aller
encore plus loin en reconnaissant évidemment que les Premières Nations et les
Inuits sont les mieux placés pour savoir ce
qui est le meilleur pour leurs enfants. Là aussi, on le... on le fait de façon
explicite, et c'est tant mieux. Je pense qu'il y aura encore beaucoup à
faire, qu'on puisse aussi, là, s'assurer que, le cas échéant, si certains... certaines nations souhaitent
collaborer avec l'État du Québec pour assurer un filet de protection et la
défense des droits de leurs enfants... que tout ça soit fait en
collaboration, c'est tant mieux également.
Alors, là-dessus,
bien, je souhaite que l'on puisse poursuivre le travail d'ici les prochaines
heures pour que ce projet de loi là devienne loi et que la mise en oeuvre de...
du bureau du commissaire soit faite dans les délais les plus brefs pour qu'on
puisse voir rapidement des résultats pour l'ensemble des enfants du Québec. Je
pense que c'était une responsabilité qui nous incombait, de terminer le travail
avant la fin de cette session parlementaire. Je pense que nous avons collaboré.
Le ministre et ses équipes, la partie gouvernementale et tous les partis
d'opposition se sont, je pense, ralliés
autour de l'objectif commun, et c'est l'important. Donc, souhaitons qu'il en
soit ainsi, là, pour la suite des choses et que nous puissions justement
arriver avec des résultats constamment meilleurs pour les enfants du Québec.
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci
beaucoup, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M.
Cliche-Rivard : Merci beaucoup, M. le Président.
D'abord, je reviens à
remercier les groupes qu'on a entendus en ce début d'année. Quand même, c'était
en... au début de notre session parlementaire. Merci au public qui nous a
constamment interpelés au courant des dernières semaines, qui nous a beaucoup alimentés, les journalistes également qui
nous ont révélé plusieurs choses, qui ont permis de faire avancer notre
réflexion sur plusieurs éléments. Je pense que, sans le travail d'enquête de
certains médias, on aurait difficilement pu aller aussi loin.
Merci
à ceux et celles qui sont venus témoigner ici, mais aussi ceux qui sont venus
témoigner à la commission Laurent. Je pense qu'on leur doit énormément
du travail qu'on est à mettre en oeuvre, et il faut le rappeler, là, qu'ils et
elles sont... se sont d'abord présentés là à ce moment-là, c'est grâce à...
c'est grâce à elles et à... c'est grâce à
eux tous et toutes. Merci au ministre. Merci à son équipe. Vous avez été fort
utiles et instructifs. Merci aux oppositions,
évidemment. Merci, M. le Président. Vous nous avez bien arbitrés, de main de
maître, comme on a l'habitude à la CSSS, donc, en espérant vous revoir
très bientôt.
Évidemment, ce fut, M. le
Président, une étude détaillée assez détaillée, on va se le dire, assez
extensive. On a quand même modifié plusieurs choses du projet de loi, là.
Sincèrement, je pense, c'était mon neuvième, peut-être, projet de loi dans la
dernière année, là. J'ai rarement vu, et j'en remercie le ministre, autant
d'ouverture à bonifier ou à compléter puis à
élargir certains éléments. Donc, ça nous permet quand même d'ajouter notre...
notre grain de sel, là, ou, en tout
cas, notre épaule à la roue dans ces projets de loi là importants. Donc, c'est
une ouverture qui est appréciée.
Je pense
notamment à l'accès aux lieux, accès aux centres jeunesse, accès aux
établissements où sont les jeunes. Je pense que c'est quelque chose
qu'on est venus consolider dans le projet de loi, qui est assez important,
assez fondamental. Je pense aussi à l'accès aux jeunes. Il y avait évidemment,
sous le régime de la LPJ, des enjeux de confidentialité, des enjeux de jeunes
vulnérables, des enjeux d'accès à leurs témoignages en toute confidentialité qu'on est venus aussi clarifier pour être sûrs que
le ou la commissaire ait vraiment les coudées franches pour faire son
travail dans un volet systémique, évidemment, et non pas individuel, mais,
quand même, c'est assez important.
On est venus aussi consolider l'accès aux
documents en modifiant la LPJ, notamment, pour être certains que le commissaire
ou la commissaire puisse avoir les informations nécessaires pour faire son
travail, et ça, je pense que c'est des éléments considérables qu'on est venus
ajouter pour bonifier le projet de loi. Je pense notamment... Puis on a vu
quelques scénarios, là, médiatiques, mais aussi qu'on connaît, à travers la
session. On a parlé que, justement, le commissaire serait en mesure de se
rendre à Mont-Saint-Antoine, si c'est ça qu'il voulait faire, qu'il pourrait
entrer. On a parlé de son badge du commissaire, là, qu'il pouvait entrer puis
que ça serait son pouvoir, évidemment, à toute heure raisonnable. Je pense à
Cartier, où il y a des éléments, ou des discussions, ou des enquêtes, ou des
volets de vérification systémique sur ce qui se passe sur les procédures. Je
pense à ce qu'on a lu, aujourd'hui dans La Presse, sur la hausse des
isolements, la hausse des mesures de contention. Il y a des éléments là où, de
manière systémique, le commissaire va intervenir, va pouvoir intervenir, va
pouvoir consulter, va pouvoir voir les documents, va pouvoir entrer, va pouvoir
vérifier.
Donc, il y a là un moment et un élément fort
important, tout ça en lien avec 5, deux, 6°, là. On en a parlé souvent, de son
pouvoir de vérification des services gouvernementaux, et puis on a fait quand
même le tour du portrait, à savoir tout ce
qui était inclus puis à quel point le commissaire, finalement, pourra se donner
des orientations puis pourra se donner le pouvoir d'aller enquêter là où
il jugera que ce sera bon de le faire puis là où il juge que son mandat sera... sera impliqué, et on est venus
quand même défaire plusieurs barrières, qui n'étaient pas nécessairement
des barrières explicites, mais qui pouvaient comme compliquer l'état des choses
puis compléter... compliquer son... sa libre
manoeuvre puis sa volonté d'aller directement là où il voulait, quand il
voulait. Donc, je pense qu'on est véritablement venus bonifier ça.
Évidemment, on lui a ajouté, à 11.1, 11.2, 11.3,
d'importants pouvoirs de suivi et de recommandation autant auprès de l'organisme qu'auprès du gouvernement.
C'est des choses qui ont été étudiées. Bon, évidemment, on aurait
souhaité que ce soit fait auprès de l'Assemblée nationale, mais on a déjà un
pas de plus de fait dans le fait qu'on s'assure
qu'il y ait des recommandations qui puissent monter. On a aussi,
conséquemment... puis on a fait l'exercice, là, de valider que chaque
pouvoir avait un lien dans ses fonctions. On est venus ajouter un élément
là-dessus pour être sûrs que ce soit le travail du commissaire, à 5, deux, 6°,
là, de faire ces recommandations-là, de faire ces suivis-là.
Un pas important, évidemment, puis un pan
important de ce projet de loi là, ça a été la question du transfert ou non des
pouvoirs de la CDPDJ, évidemment, vers le commissaire. Évidemment qu'on avait
un rapport Laurent qui nous disait oui. On a ensuite Mme Laurent qui est venue
nous dire : Pas maintenant ou pas tout de suite. Il y a eu des débats sur cette question-là de manière
extensive dans la commission. Bon, on en est venus à une position où il y a la
création d'une table justice jeunesse, là, où il y aura vraiment des choses
qu'on va attendre de manière rapide, le plus rapide possible, parce que, le
ministre l'a admis, le statu quo ne fonctionnera pas.
On ne transférera pas tous les pouvoirs aujourd'hui.
Cela dit, il y a beaucoup de choses qui sont venues... des irrégularités, des
problèmes, des interprétations différentes, des rôles différents, mieux
compris, mal compris, entre la CDPDJ, les avocats, les avocates, les jeunes,
les collectifs. Donc, il y a, véritablement, là... On ferme aujourd'hui le
chapitre du commissaire, mais on est très, très loin de fermer le chapitre du
rôle de la commission des lésions, du rôle individuel curatif ou, en tout cas,
de la fin de la lésion de droit dans les dossiers individuels. Donc, il va y
avoir là un autre pan, je pense, assez rapide qu'on va devoir, tous et toutes,
étudier, et, je le souhaite, rapidement.
• (12 h 10) •
Donc, les limites des responsabilités pour tous
les enfants, on est venus aussi clarifier ça. Il y avait, à la lecture, à la base, l'article 6 qui faisait en
sorte que le travail du commissaire, surtout au sens de la promotion des droits,
là, était potentiellement limité. On est venus faire cette modification-là,
fort heureusement, où là le commissaire aura tous
les pouvoirs au sens de la LPJ, la LSJPA, le Code civil, la charte des droits
et libertés, pour tous les enfants, de faire la promotion de tous les droits, et ça, ce sera évidemment dans son rôle
de promotion, dans son rôle de vérification de l'information, d'être
certain que ce soit fait.
Et on est venus évidemment ajouter la DRSP, la
DNPJ, le Protecteur national de l'élève pour être sûrs que, vraiment, tous les
partenaires soient là et que... vous en parlez souvent, là, le nouveau régime
ou, en tout cas, les nouveaux acteurs, le
Protecteur du citoyen, PNA, dans le sport, ça s'en vient... qu'il y ait
vraiment une cohésion où il y a des
entités qui vont devoir se parler, puis qu'il va falloir orienter les gens aux
bonnes places, puis il va falloir qu'il y ait des protocoles qui soient
établis pour que toutes... toutes ces personnes-là puis tous ces acteurs-là
soient capables quand même de faire leur
rôle ensemble, mais dans leurs perspectives précises, individuelles, qui sont
les leurs. Donc, évidemment que ces nécessités de collaboration là vont
être importantes.
Évidemment, les nouveautés aussi, c'est les...
le volet régional, représentatif du comité de jeunes, au moins une fois par
année, mais on s'est dit que ça allait être beaucoup plus, incluant le volet
jeunesse des centres jeunesse, où, vraiment, il y aura une vérification, l'élargissement de la vigie
pour tous les enfants, les enfants vulnérables, moins de 25 ans aussi, avec le
coroner, donc, d'être certains qu'il y aura un suivi qui est fait, parce qu'on
sait qu'il y a une population vulnérable... qui sont, malheureusement, ou qui
voient, malheureusement, leur trajectoire être plus difficile. Donc, il
y a un travail à faire là.
La place du communautaire, on en a parlé, on est
venus la consolider aussi dans le début de l'article 5, évidemment, pour être
sûrs qu'il soit partie à la solution quand vient le temps d'aller chercher les
préoccupations. On va avoir un rapport de mise en oeuvre dans trois ans au lieu
de cinq ans. Ça, c'est assez positif. On a replacé la convention dans l'article 5, la Convention relative aux droits de
l'enfant. Donc, ça, c'est un élément important. On est venus consolider,
réaffirmer que la violence est inacceptable envers les enfants dans le
préambule. Ça, c'est quelque chose qu'on ne cessera de dire, puis on le redira,
puis on le redira, mais ça n'a pas sa place au Québec, que la charte des droits
et libertés protège les enfants, que la LPJ protège les enfants.
Et évidemment l'énorme volet qui nous a beaucoup
occupés, sur les PNI, Premières Nations et Inuits, là où on était au jour où on
les a entendus, évidemment que ça ne faisait pas... ça ne fonctionnait pas.
Est-ce qu'on est arrivés à complètement assurer de mettre en place, là, pour
reprendre les mots du chef Picard, le feu vert qui était attendu? Je pense que ce n'est pas ce qui étaient
ses mots finaux, mais est-ce que, finalement, on a avancé? Est-ce qu'on
a fait un pas dans la bonne direction? Je pense que oui. Il reste beaucoup de
travail à faire.
La
réconciliation historique, ça ne se fera pas en un seul projet de loi, mais,
quand même, je veux saluer, M. le ministre, qu'on a été capables de les
réentendre, qu'on a été capables quand même de faire valoir leurs amendements,
qu'il y a eu des décisions politiques qui se sont prises sur leurs amendements,
qu'on a été capables de les entendre en briefing technique, qu'on ait pu avoir
le... réavoir les avis du chef Picard. C'est quand même un élément qui est
considérable. Je nous invite à ce qu'on continue de fonctionner comme ça ou, en
fait, de faire mieux, là, en amont, de davantage travailler pour être sûrs que
les éléments qui peuvent être entendus en amont le soient. C'est ce que les
Premières Nations et Inuits sont venus nous dire de toute façon.
Évidemment, on accueille, là, que, là, il y aura
le changement de nom, qu'on ne fonctionnera plus avec «peuples autochtones»,
mais qu'on aura «Premières Nations et Inuits». Ça, ça a été bien ajouté aussi.
À se demander ce qui arrivera dans le PL sur la sécurisation culturelle avec ce
volet-là. La collègue en parlait, il y a la décision de la Cour suprême qui est
venue quand même chambouler le narratif un petit peu et l'élément... la ligne
directrice de ce projet de loi là, évidemment. Vous l'avez dit, M. le ministre,
là, face à la réponse de C-92, tout reste à faire, là. On n'en est pas entré...
on n'y est pas entré, dans ce débat-là. Évidemment que ça a... disons, ça a
influencé la tangente ou c'est venu contraindre la tangente parce qu'il y a un
arrêt de la Cour suprême, là. Cela dit, la réponse législative devra venir
assez rapidement, vous en avez parlé. Donc, de tout ça en a découlé le
commissaire adjoint.
Donc, on a encore beaucoup de boulot à faire. On
va surveiller ça avec attention. Il y a des éléments, donc, table justice, le
volet des ententes avec les PNI, le volet de ce qui s'en vient avec C-92, la
suite... Bref, on travaille, on fait un pas,
mais il reste encore beaucoup de boulot devant nous, puis comptez sur notre
collaboration pour le faire. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le député. Je vais
céder maintenant la parole à Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Brigitte B.
Garceau
Mme Garceau : Merci beaucoup,
M. le Président. Le temps est venu pour moi de remercier... remercier le
ministre particulièrement pour son écoute. Je sais que ce n'était pas facile
depuis le début, surtout compte tenu des consultations particulières que nous
avons eues, mais c'était important d'écouter tous les groupes et évidemment
surtout les représentants des Premières Nations et des Inuits. Donc, on a fait
quelque chose, je crois, peut-être sans précédent,
mais, des fois, pour faire avancer les choses, il faut porter des gestes pour
bonifier un projet de loi ou au moins d'écouter les gens lorsqu'ils ont
des préoccupations très importantes à faire valoir, et je crois...
Je vous
remercie infiniment, M. le ministre, pour le briefing technique, et mon
collègue, également, de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Je crois qu'on a avec... Il y a eu cette ouverture, cette ouverture de
collaborer et de voir, avec surtout l'APNQL,
comment nous pouvions bonifier l'amendement proposé dans ce projet de loi qui
est quand même important, qui va faire en sorte que... Nous espérons,
nous souhaitons qu'il va y avoir cette belle collaboration non seulement entre
le nouveau commissaire, la nouvelle commissaire... on verra, je ne vais pas
porter de jugement là-dessus, mais qu'il va y avoir vraiment une belle
collaboration parce que c'est ça qui est souhaité.
Il y a
tellement... J'ai rencontré, il y a quelques semaines, les élus, les femmes des
communautés autochtones, et
c'était... la situation des enfants, les conditions de vie, la violence,
c'était vraiment des enjeux, très, très, préoccupants, et ils ont
vraiment besoin de notre aide, de notre assistance, de notre appui pour
vraiment créer leur propre système pour qu'ils puissent... pour qu'ils puissent
combler les besoins des... de leurs enfants et d'apporter la protection qui
est... qui est tellement souhaitée et nécessaire.
Je dois dire, sur un plan personnel, en tant que
porte-parole de l'opposition officielle en matière de protection de la
jeunesse, c'est mon premier projet de loi avec... je dois le dire, j'ai été
impliquée dans d'autres projets de loi, mais je n'étais pas la porte-parole.
Donc, je suis fière, je suis vraiment fière du travail que nous avons accompli
ensemble, parti gouvernemental, légistes, M. le ministre, Mme la sous-ministre.
M. le Président, merci infiniment. Vous
venez... vous venez toujours intervenir à des bons moments qui sont vraiment
appréciés. Évidemment, ma chère collègue de D'Arcy-McGee, qui fait en
sorte que c'est...
Et
on va le dire, évidemment, lors de la prise en considération et l'adoption du
projet de loi, mais je suis fière que c'est... J'ai contribué. J'ai porté la
voix également de certains groupes, de certaines personnes pour venir bonifier
ce projet de loi, un projet de loi historique. On va se le dire, ça fait
longtemps qu'on attend. On va attendre encore quelques mois encore pour la
nomination du commissaire, mais un commissaire qui est vraiment attendu non
seulement de tous les professionnels, les avocats, les avocates, les gens qui
oeuvrent dans le domaine de la protection de la jeunesse, mais aussi les
Québécoises et les Québécois, surtout compte tenu de... Ça va faire cinq ans
maintenant depuis, malheureusement, le décès tragique de la petite fille de
Granby. Le mandat qui a été confié à la commission...
Et je tiens à
remercier infiniment... Je vais prendre le temps aujourd'hui de remercier Mme
Régine Laurent, M. le vice-président, André Lebon, et tous les commissaires qui
ont vraiment travaillé les heures innombrables et d'arrache-pied pendant deux
ans de temps, 4 000 personnes qu'ils ont rencontrées, et tout le travail
que ça a impliqué pour venir, si je peux
dire, agrandir le filet de sécurité, le filet de sécurité et de protection pour
les enfants du Québec.
Et donc j'ai vraiment
bien hâte de voir le commissaire en action ou la commissaire en action dans...
peut-être dans les six prochains mois, parce
que ça va être un travail important, important compte tenu... Puis je ne l'ai
pas caché, M. le ministre, puis je ne le cacherai pas non plus, puis ça
va faire partie de toute façon de mes représentations, oui, il y a eu de grands pas. On a bonifié le projet de
loi. Je ne vais pas répéter, là... Je sais qu'on aimerait peut-être terminer
cet avant-midi. Donc, je ne veux pas répéter, évidemment, tous les bons points
de mes... de mes collègues concernant la façon que nous avons bonifié ce projet
de loi.
• (12 h 20) •
C'est sûr et certain
que nous allons porter, et moi, je vais porter, et je sais que plusieurs vont
porter une attention particulière concernant la table jeunesse justice. Je
sais, M. le ministre, que vous portez... vous misez beaucoup là-dessus, sur les
correctifs nécessaires, que ça soit au niveau de la protection de la jeunesse,
que ça soit au niveau de la CDPDJ. Je sais que vous misez beaucoup là-dessus
parce qu'il y a des lacunes importantes. Il y a des lacunes importantes à régler. On a trop d'enfants qui souffrent au
Québec. On a encore aujourd'hui un article, une étude, et on en avait parlé. On a eu une discussion
ensemble concernant l'augmentation, en crédits, là, des mesures de contention,
des mesures d'isolement, et là des mesures qui devraient être exercées de façon
exceptionnelle. C'est maintenant... C'est régulièrement utilisé par les
intervenants et les intervenantes dans des circonstances, vraiment, qui...
Les enfants ne
méritent pas d'être placés que ce soit dans des cellules, dans des unités
d'isolement, lorsque ce n'est pas requis, et
c'est parce que, puis c'est mentionné dans l'article... encore des jeunes
intervenants, intervenantes, des membres du personnel, dans des centres
jeunesse, des centres de réadaptation, qui ne sont pas formés puis ils n'ont
pas la formation nécessaire pour gérer, et surtout les enfants qui... qui ont
des troubles de santé mentale, qui ne devraient peut-être pas être dans ces
institutions-là, et je sais que vous êtes au parfum des faits à ce sujet, et
que vous voulez faire quelque chose et
peut-être trouver d'autres options, mais, vous savez, M. le ministre, on est
cinq ans après... cinq ans après le mandat initial à la commission et,
évidemment, trois ans après le dépôt du rapport de la commission Laurent, et
c'est regrettable de voir que la situation ne s'est pas vraiment améliorée sur
le terrain.
Et j'espère que,
maintenant, avec un commissaire qui va avoir, oui, l'autorité, le pouvoir
d'entrer dans ces institutions pour faire l'état des lieux, de parler aux
jeunes... parce que peut-être que, oui, il y a la CDPDJ, il y a la protection
de la jeunesse, il y a le Protecteur du citoyen, et autres, mais j'ose croire
que le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants va jouer un rôle très
important dans ce filet de sécurité au niveau de la protection de nos enfants
et de la jeunesse et j'ose croire que nous allons voir des résultats sur le
terrain, parce que c'est ça qu'on entend souvent, et on l'entend des... même des
intervenants, les intervenantes de la DPJ, les procureurs qui oeuvrent dans le
domaine.
On l'a vu, avec le
regroupement des Auberges du coeur, le collectif des ex-placés de la DPJ, que
les problèmes persistent, les problèmes qui n'ont pas été réglés, les lacunes
dans le système, dont la commission faisait part,
qui persistent encore aujourd'hui, et on parle évidemment... les signalements,
les fouilles à nu, les lésions de droit, et plus particulièrement les
lésions de droit. Il y a eu une augmentation importante surtout de dossiers
d'agressions sexuelles, qui ne sont pas reconnues en soi comme étant des
lésions de droit. Pour moi, c'est un sérieux problème, et j'espère qu'on va
voir des changements et que les enfants vont voir les changements au niveau de...
que leurs droits vont être de plus en plus protégés dans un avenir rapproché.
Donc, sur ce, M. le
Président, merci beaucoup et...
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la
députée. À moins qu'il y ait d'autres interventions, je vais céder la
parole à M. le ministre.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Oui, bien, merci beaucoup, tout le monde. Je vais
essayer d'y aller quand même rapidement, là.
Je tiens à remercier
tous mes collègues qui... de ce côté-ci de la table, qui m'ont soutenu au cours
des derniers mois, les équipes
ministérielles, les juristes qui, également, étaient avec moi tout ce temps-ci,
M. le Président, vous et votre équipe, qui faites, comme d'habitude, un
travail remarquable.
Puis je
terminerais avec mes collègues des oppositions, qui, je pense, puis je
confirme, en fait, m'ont aidé à améliorer ce projet de loi de façon
significative. Tu sais, quand on... quand on parle des enfants, il faut
vraiment essayer d'être le plus
transpartisan possible. C'est la seule façon d'améliorer les choses. Puis je
sais que nos visions ne sont pas toutes les mêmes, mais j'étais très heureux de
voir qu'on voulait tous améliorer la situation de nos enfants.
Puis, comme il me reste
deux minutes, je vais vous amener à rêver avec moi, là, à rêver d'un Québec,
là... parce qu'on a beaucoup parlé de la
protection de la jeunesse, puis dans vos... dans vos discours de fermeture
également, mais à rêver d'un Québec où le commissaire va nous aider à
amener tous les services pour nos 1,8 million d'enfants, que ce soit à la
naissance, dans la première année de vie, c'est que les services éducatifs
soient présents, là, pour tous nos jeunes au
Québec, que les services alimentaires soient adéquats pour tous nos jeunes au
Québec, que tous les enfants du Québec, que tous les parents aient droit
à un accompagnement adéquat, que ce soit pour leur santé mentale, pour leur toxicomanie ou pour toute autre chose, que,
quand on arrive à l'école... que notre protecteur... que notre commissaire
travaille avec le protecteur de l'élève pour s'assurer que le... que chacun ait
ses droits de... qui soit... connaisse ses droits, et ses droits respectés dans
le milieu scolaire, qu'il n'y ait pas de violence dans nos milieux scolaires,
que les choses s'améliorent, que ceux qui arrivent à l'âge de l'adolescence
connaissent leurs droits, connaissent le droit par rapport au... à leur... à
leur environnement familial également.
C'est des choses fondamentales que... que tous
nos jeunes Québécois méritent. Puis, tu sais, il y a 1,8 million d'enfants, il
y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup qui ont des besoins de tous les genres, à
tous les niveaux, puis ça, ça va être superimportant, pour moi, que le
commissaire, il regarde tout ça, et puis je vous remercie de m'avoir laissé cette
latitude-là, mais je peux vous garantir, ça, je tiens à vous le dire, je peux
vous le garantir, que... qu'il va avoir un
oeil particulier sur nos jeunes à la protection de la jeunesse. Tu sais, vous
m'en avez bien conscientisé, là, qu'il faut garder un oeil particulier
sur ces jeunes particulièrement vulnérables.
• (12 h 30) •
Mais, vous savez, quand on a créé ce système de
protection de la jeunesse, on a comme créé les services à la jeunesse en pyramide inversée. Tu sais, comme
nous, quand on est arrivés, il y avait 1,6... 1,5 milliard, disons, de
dollars en investissements en jeunesse, là, puis 1 milliard était à la
protection de la jeunesse, puis le 500 millions qui restait était séparé entre
les organismes communautaires et la première ligne. Moi, je travaille très
fort, là, pour renverser cette tendance-là, là. Je n'arriverai pas à une vraie
pyramide, mais j'espère arriver à un rectangle, à un moment donné, où il y aura
autant de services en première ligne puis dans nos organismes communautaires pour
nos jeunes, puis pour s'assurer que leurs besoins de base, à tous les enfants
du Québec, soient... soient considérés et desservis de façon adéquate.
Donc, on va s'accélérer dans la nomination, ne
vous inquiétez pas, ça va arriver bien vite, et on va travailler très fort dans
ce sens-là, puis un commissaire pour tous les enfants, mais, je vous ai bien
entendus, avec un regard particulier sur nos jeunes à la protection de la
jeunesse. Merci, tout le monde. Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le ministre. Vous
me permettrez de remercier l'équipe du secrétariat, les gens qui... les pages.
On a une excellente équipe, mais moi, je veux surtout souligner l'intensité
qu'il y a eu au niveau des discussions dans ce projet de loi là. C'est un
projet de loi qui n'avait pas nécessairement... On avait 32 articles à la base, et il y a eu quand même énormément de
bonifications qui ont été faites par les différentes interventions, que
ce soit par les amendements qui ont été déposés par M. le ministre ou les
amendements qui ont été déposés par les partis de l'opposition, qui ont fait en
sorte qu'on arrive avec un produit bonifié, un projet de loi bonifié qui... Il
n'y a rien de parfait dans la vie, mais moi, je pense qu'on a fait un pas dans la
bonne direction pour vraiment consolider la protection qu'on veut donner à nos
enfants.
Alors, sur
ce, je vous remercie beaucoup de votre collaboration, et la commission, ayant
accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 12 h 32)