Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Le
mardi 21 mai 2024
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Vol. 47 N° 77
Étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le commissaire au bien-être et aux droits des enfants
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Intervenants par tranches d'heure
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Garceau, Brigitte B.
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Arseneau, Joël
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Carmant, Lionel
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Arseneau, Joël
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Chassin, Youri
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Abou-Khalil, Alice
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Gendron, Marie-Belle
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Grondin, Agnès
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Carmant, Lionel
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Provençal, Luc
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Garceau, Brigitte B.
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Prass, Elisabeth
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Chassin, Youri
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Abou-Khalil, Alice
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Gendron, Marie-Belle
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Grondin, Agnès
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Arseneau, Joël
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Provençal, Luc
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Prass, Elisabeth
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Carmant, Lionel
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Arseneau, Joël
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Garceau, Brigitte B.
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Chassin, Youri
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Abou-Khalil, Alice
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Gendron, Marie-Belle
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Grondin, Agnès
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Arseneau, Joël
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Provençal, Luc
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Garceau, Brigitte B.
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Carmant, Lionel
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, bon matin à tous. Très heureux
de... de vous revoir. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la santé et des services sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et
je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 37, Loi sur le
commissaire au bien-être et aux droits des enfants.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Blouin (Bonaventure) est remplacée par Mme Gendron
(Châteauguay); Mme Lachance (Bellechasse) par Mme Grondin
(Argenteuil); Mme Caron (La Pinière) par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); M. Morin (Acadie) par Mme Garceau (Robert-Baldwin);
et M. Marissal (Rosemont) par M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne).
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup. Lorsque nous avons
terminé nos travaux, nous en étions rendus à l'étude de l'article 32.
Alors, simplement pour ceux qui ont suivi nos travaux, ce matin on va débuter
par l'article 32, pour lequel M. le ministre aura un amendement. Par la
suite, on va voter l'annexe. Une fois que l'annexe sera votée, nous irons sur
le préambule, préambule sur lequel il y aura quelques amendements de déposés et
par M. le ministre et par les oppositions. Et, par la suite, nous en serons
probablement aux remarques finales.
Alors, ceci étant dit, article 32, M. le
ministre, je vais vous demander d'en faire la lecture et, par la suite, de nous
faire lecture de votre amendement.
M. Carmant : Oui. Merci,
M. le Président. Bonjour, tout le monde. Bon retour de semaine de
circonscription.
Donc, l'article 32 se lit comme suit :
Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur le (indiquer ici la date
de la sanction de la présente loi), à l'exception :
1° de celles des articles 5, 6, 8 à
15, 17 et 19 à 29, qui entrent en vigueur à la date à laquelle entre en
fonction le premier commissaire au bien-être et aux droits des enfants nommé en
application de l'article 1 de la présente loi;
2° de celles des articles 16 et 18,
qui entrent en vigueur à la date à laquelle entre en fonction le premier
commissaire associé dédié au bien-être et aux droits des <enfants...
M. Carmant :
...entre
en fonction le premier commissaire associé dédié au bien-être et aux droits des
>enfants autochtones nommé en application de l'article 14 de la
présente loi.
Le présent article du projet de loi
prévoit le moment de l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, c'est-à-dire la
date de la... de sa sanction. Toutefois, les articles visés aux paragraphes 1°
et 2° de l'article entreront en vigueur au moment de l'entrée en fonction,
selon le cas, du Commissaire au... au bien-être et aux droits des enfants ou du
commissaire associé dédié au bien-être et aux droits des enfants autochtones.
Il s'agit essentiellement des articles du
projet de loi qui prévoient les fonctions et les pouvoirs du commissaire, les
responsabilités du commissaire associé ainsi que les articles concernant
l'organisation et les immunités du commissaire.
L'amendement se lit comme suit : «Les
dispositions de la présente loi entrent en vigueur le (indiquer la date), à l'exception
de celles des articles 5, 6 et 8 à 29, qui entrent en vigueur à la date à
laquelle entre en fonction le premier commissaire au bien-être et aux droits
des enfants nommé en application de l'article 1 de la présente loi.»
L'amendement vise à revoir la disposition
d'entrée en vigueur du projet de loi en raison des modifications apportées,
évidemment, par amendement au chapitre III de celui-ci. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, M. le ministre. Alors,
première intervention concernant l'amendement. Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. À mon tour de saluer les collègues, bonjour, et de vous saluer
vous aussi, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
Donc, l'article 1, lui, entre en
vigueur aussitôt la loi sanctionnée. Dans votre esprit, qu'est-ce qu'on a comme
échéancier, là, sans vous engager formellement... mais, ce serait quoi, le
souhait ministériel pour le premier commissaire? On l'aurait quand?
M. Carmant : Bien, moi,
je crois que le souhait, c'était dans les six mois, là, qu'on aurait voulu,
évidemment, mais à la période estivale, là, donc le plus rapidement possible,
au moins d'ici la fin de l'année, là, ça, c'est... ça, c'est...
M. Cliche-Rivard : OK.
Le plus rapidement possible. Au pire, d'ici la fin de l'année.
M. Carmant : Oui... oui,
c'est ça.
M. Cliche-Rivard : OK.
Donc, on aurait un commissaire selon les disponibilités de l'Assemblée
nationale, parce que, finalement, il y aura l'Assemblée nationale qui
sanctionne... qui va faire une motion aux deux tiers, là, mais idéalement, on
commence 2025...
M. Carmant : 2025, avec
un commissaire.
M. Cliche-Rivard : Avec
un commissaire, si ce n'est pas déjà fait à la fin, c'est le premier jour, on
rentre... Bien, le premier jour, la première semaine, on rentre à l'Assemblée,
on vote la motion puis on a notre commissaire. C'est ce...
M. Carmant : C'est ce
qu'on aimerait.
M. Cliche-Rivard : C'est
ce qu'on aimerait.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça
fait que... à moins d'aléas, ou, vous ne trouvez pas la bonne personne, etc. Je
veux dire, si tout va bien, si tout va rondement, je ne suis pas dans le secret
des dieux, mais vous devez commencer à, j'imagine, avoir des réflexions à ce
niveau-là, là, suivant qu'on va adopter le... sanctionner la loi probablement
cette semaine. Donc, vous espérez, là, vous le souhaitez. Ça se pourrait qu'on
ait ça en septembre aussi.
M. Carmant : On est...
les... les... Comment on appelle ça? Les emplois supérieurs sont... sont prêts.
M. Cliche-Rivard : Ils
sont prêts, ils sont prêts. Le descriptif de poste est écrit?
M. Carmant : Ah! ça,
non, ça, je ne sais pas. Ça, je ne suis pas... ça, je ne suis pas au courant...
Mais... mais ils sont prêts.
M. Cliche-Rivard : S'ils
sont prêts. Non, mais, vous savez, on est... on a attendu... ça a été attendu longtemps
ce... ce poste-là. Alors, le plus vite, on l'aura... Il y a des informations ce
matin, là, vous le savez, dans les journaux, sur la hausse des signalements...
pas de la hausse des signalements, des isolements dans certains endroits, la
hausse des contentions dans certains endroits. Il me semble avoir là des enjeux
systémiques qui pourraient et qui devra intéresser le commissaire. Je pense
que, chaque jour, chaque semaine, chaque mois qu'on perd, c'est... c'est des
situations qui pourraient être résorbées.
• (9 h 50) •
M. Carmant : La
directrice nationale est cependant en train de faire la tournée des... des
centres jeunesse...
M. Cliche-Rivard : Oui?
Parfait.
M. Carmant : ...pour
justement regarder les meilleures pratiques aussi, là. Ça, c'est en... ça,
c'est en cours.
M. Cliche-Rivard : Parce
qu'il y a du positif, là, dans le cahier d'aujourd'hui, dans la presse, il y
a...
M. Carmant : La
formation, oui.
M. Cliche-Rivard : ...il
y a des choses que certains centres font de mieux. Il y a des meilleures
pratiques à déceler. Donc, le... Il y a... il y a des choses qui sont
alarmantes, c'est sûr, mais il y a d'autres choses qui, peut-être... vous le
dites, là, les meilleures pratiques pourraient aider tout le monde. Alors,
qu'on y œuvre et que le commissaire puisse faire ce boulot-là le plus vite
possible. Je ne sais pas si ma collègue a une question.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, bien,
je sais qu'on avait déjà eu la discussion concernant une disposition, parce que
je tentais d'avoir l'engagement du ministre que le commissaire soit nommé d'ici
la fin de l'année. Je sais que vous ne vouliez pas, à ce moment-là, vous
engager dans le projet de loi au niveau d'une date butoir pour la nomination.
Mais évidemment, nous sommes très ravis de... de comprendre que la nomination
du commissaire va être faite dans les meilleurs délais, et nous espérons
évidemment d'ici... lors de l'ouverture, là, de la prochaine session
parlementaire en septembre.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce qu'il y a d'autres... Oui, M.
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. Une petite question, peut-être, du côté légal. Là,
vous teniez à suspendre l'application de... de certains articles jusqu'à ce
qu'il y ait un premier commissaire. Considérant qu'on... qu'on n'a pas de <commissaire...
M. Cliche-Rivard :
...jusqu'à
ce qu'il y ait un premier commissaire. Considérant qu'on... qu'on n'a pas de >commissaire
de toute façon, il ne pourrait pas être applicable dans le vide, là. Pourquoi
c'était important pour vous de... de faire cette distinction-là avec ce qui est
applicable puis ce qui n'est pas applicable maintenant?
Le Président (M. Provençal)
:...consentement pour permettre à Me
Bérubé de s'exprimer?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, Maître.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Donc, Mathieu Bérubé, avocat à la direction des affaires
juridiques, santé et services sociaux. La question, en fait, ici, ou plutôt la
réponse... l'idée étant de faire entrer en vigueur seulement, au moment où
est-ce que le premier commissaire serait nommé, les articles qui concernent
évidemment ses fonctions et l'exercice de ses pouvoirs. Donc, autrement dit,
ces articles-là n'ont pas... n'auraient pas d'effet, là, au moment de la
sanction, tant et aussi longtemps qu'il n'y a pas un commissaire de nommé.
Donc, c'est simplement par... comment je pourrais dire, par logisme, par
logique, là, tout simplement, là, de... de dire : On fait entrer en
vigueur ces dispositions-là au moment où est-ce que le premier commissaire sera
désigné, nommé, puis, après ça, l'ensemble de la loi pourra être effective, là.
M. Cliche-Rivard : Vous
ne l'auriez pas mis que ce ne serait pas une catastrophe, en ce sens où il n'y
aurait pas de commissaire pour exercer les autres fonctions.
M. Bérubé (Mathieu) : Je
ne crois pas que ce serait une catastrophe, mais ça... ça me semble quand même
de bonne... de bonne rédaction, là, de le prévoir... Voilà.
M. Cliche-Rivard : De
bonne rédaction. Considérant que vous y avez participé, je... je devinais bien
que votre réponse irait là. Au 30, par contre, là, on a... et 30 entre en
vigueur tout de suite à la sanction, parce que vous dites sauf 8 à 29. Au 30,
vous avez cinq ans de la... l'entrée en vigueur de la présente loi, et là on
parle, donc, considérant que les dispositions qui entrent en vigueur maintenant
et d'autres plus tard... De quelle date parle-t-on à 30?
M. Bérubé (Mathieu) : Normalement,
ce serait au moment de la sanction.
M. Cliche-Rivard : De la
sanction.
M. Bérubé (Mathieu) : Donc,
la... la... disons, la date initiale, là, d'entrée en vigueur. Tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Et
donc cinq ans de la sanction qu'importe que...
M. Carmant : ...qu'on a
ramené à trois.
M. Cliche-Rivard : Que
vous avez ramené à trois. Non, ça, c'est...
M. Carmant : Oui, c'est trois.
M. Cliche-Rivard : Oui,
le rapport de mise en œuvre, 30 amendé, pardon. Trois ans de la... Puis ma
question est plus sur l'autre volet, là. Donc, on sanctionne la loi, exemple
cette semaine, dans trois ans, il y a un rapport. Pas de trois ans du
commissaire.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
Effectivement.
M. Cliche-Rivard : C'est
ça que la loi dit.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui.
M. Cliche-Rivard : Exact.
Ça fait que le trois ans du rapport de mise en œuvre court avant la nomination
du commissaire.
M. Bérubé (Mathieu) : Avec
le texte actuel, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Avec
le texte actuel. Parfait. Je voulais juste que ce soit clair, parce que... Tant
mieux, parce qu'on va le vouloir le plus vite possible, ce... ce rapport-là, ce
qui, je pense, donne au ministre une autre raison de le nommer le plus vite
possible, parce que son délai pour nous produire son rapport de mise en œuvre
commence maintenant. Donc, c'est sûr que pour lui donner plein effet, pleins
pouvoirs, il serait utile de le nommer le plus vite possible pour qu'il y ait ces
trois, quatre, cinq, six mois là, de plus, dans son bagage, dans ses outils
pour être capable de faire un meilleur rapport de mise en œuvre.
Donc, je pense que vous vous attachez un
petit peu les mains positivement, puis tant mieux. On se... on se motive à le
nommer le plus vite possible parce que, si vous le nommez fin janvier, notre
pauvre commissaire aura deux ans et six mois, et non pas trois ans, pour faire
son rapport de mise en œuvre.
M. Carmant : Merci.
M. Cliche-Rivard : 31,
l'autre article d'application immédiate, c'est que les... le ministre est
responsable de l'application de la loi. Donc, ça, c'est assez évident. Ça fait
que, pour le reste, sinon, ça me semble assez clair. Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
:...Mme la députée, ça va?
Mme Garceau : Ça va.
Le Président (M. Provençal)
:OK. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention... M. le député des Îles...
M. Arseneau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va aller? OK. Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'amendement déposé par M. le ministre à l'article 32. Est-ce que
l'amendement à l'article 32 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Étant donné que
l'amendement remplaçait l'article 42, alors...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:32. Excusez, j'ai... Alors, le nouvel
article... Alors, l'article 32 amendé est donc adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Maintenant, dans la...
la séquence, je vous invite à nous faire lecture de l'annexe, M. le ministre.
M. Carmant : Oui, M. le
Président, l'annexe se lit comme suit :
«Serment.
«Je déclare sous serment que je remplirai
mes fonctions avec honnêteté, impartialité et justice et que je n'accepterai
aucune autre somme d'argent ou aucun autre avantage, pour ce que j'accomplirai
dans l'exercice de mes fonctions, que ce qui me sera alloué conformément à la
loi.
«De plus, je déclare sous serment que je
ne relèverai... relèverai, sans y être dûment autorisé, aucun renseignement...
révélerai, oui... sans y être dûment autorisé, aucun renseignement que j'aurai
obtenu dans l'exercice de mes fonctions.»
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Y a-t-il des interventions sur
l'annexe I? Ça va? Alors, s'il n'y a pas d'intervention sur l'annexe I, nous
allons procéder à la mise aux <voix...
Le Président (M. Provençal)
:
...Alors, s'il n'y a pas
d'intervention sur l'annexe I, nous allons procéder à la mise aux >voix.
Est-ce que l'annexe I est adoptée?
Des voix
: Adoptée.
Le Président (M. Provençal)
:Adoptée. Merci. Ce qui nous amène
maintenant au préambule, pour lequel vous avez au départ un amendement. Alors,
je vous invite à nous faire... à nous lire, votre préambule, monsieur...
M. Carmant : D'accord.
Merci, M. le Président. Donc, le préambule se... se lisait... se lit comme suit :
«Considérant que le Québec s'est déclaré
lié à la... par la Convention relative aux droits de l'enfant par le décret no 1676-91
du 9 décembre 1991;
«Considérant que le Québec est une société
bienveillante pour les enfants, qui fait de leur bien-être une préoccupation
centrale;
«Considérant que les droits des enfants
sont protégés au Québec par la loi, notamment par le Code civil du Québec;
«Considérant qu'il est primordial de
prendre en compte l'intérêt des enfants dans les politiques gouvernementales
qui touchent à leur bien-être;
«Considérant que le Québec a la volonté
d'agir de... de manière préventive afin d'améliorer le bien-être des enfants et
de faciliter l'exercice de leurs droits;
«Considérant qu'une approche spécifique
doit être privilégiée pour tenir compte des facteurs historiques, sociaux et
culturels qui sont propres aux enfants autochtones;
«Considérant qu'il est nécessaire qu'une
personne soit vouée exclusivement à la promotion du bien-être et du respect des
droits des enfants;
«Le Parlement du Québec décrète ce qui
suit...»
L'amendement, M. le Président?
Le Président (M. Provençal)
:Oui.
M. Carmant : Au
préambule du projet de loi :
1° remplacer le deuxième alinéa par le
suivant :«Considérant que le Québec est une société bienveillante pour les
enfants où les parents doivent exercer leur autorité sans violence aucune, qui
fait du bien-être des enfants une préoccupation centrale;»;
2° insérer, à la fin du troisième alinéa,
«et par la Charte des droits et libertés de la personne»;
3° insérer, dans le quatrième alinéa et
après «l'intérêt», «et les préoccupations»;
4° remplacer, dans le cinquième alinéa, «a
la volonté d'agir» par «doit agir»;
5° remplacer, dans le sixième alinéa, «autochtones»
par «des Premières
Nations et des Inuit».
D'abord, l'amendement vise à revoir le
deuxième alinéa du préambule afin d'y préciser que les parents doivent exercer
leur autorité sans violence aucune. Cette précision est une reprise de
l'obligation prévue au dernier alinéa de l'article 599 du Code civil.
Cette obligation a pour objet de dissiper tout doute sur la survie ou non de
l'ancien droit de correction modérée et raisonnable sur l'enfant, lequel droit
n'avait pas été reconduit lors de la réforme du Code civil en 1994.
L'amendement vise aussi à ajouter, dans le
troisième alinéa du préambule, une référence à la Charte des droits et libertés
de la personne.
De plus, l'amendement vise à indiquer,
dans le quatrième alinéa du préambule, qu'il est également primordial de
prendre en compte les préoccupations des enfants dans les politiques
gouvernementales qui touchent à leur bien-être. Cette modification rejoint
d'ailleurs les fonctions du commissaire visant à mettre en place des moyens
pour recueillir notamment les préoccupations des enfants.
L'amendement modifie le cinquième alinéa
du préambule pour y préciser que le Québec doit agir de manière préventive pour
améliorer le bien-être des enfants et faciliter l'exercice de leurs droits.
Enfin, l'amendement vise à substituer,
dans le sixième alinéa du préambule, l'expression «autochtones» par
l'expression «Premières Nations et Inuit». Merci, M. le Président.
• (10 heures) •
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, nous allons débuter les
interventions sur l'amendement au préambule. Oui, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui.
Merci, M. le Président. J'ai un amendement... un sous-amendement à présenter.
Le Président (M. Provençal)
: ...
Mme Garceau : Oui.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va... Est-ce que votre
sous-amendement est... Mme la secrétaire est en train d'en faire la lecture...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Oui. Alors, on va projeter à l'écran le sous-amendement de
Mme la députée...
10 h (version révisée)
Le Président (M. Provençal)
:...alors, on va projeter à l'écran le
sous-amendement de Mme la députée de Robert-Baldwin. Alors, Mme la députée, je
vais vous inviter à en faire la lecture et à nous donner un commentaire, s'il y
a lieu.
Mme Garceau : Oui. Donc, le
préambule du projet de loi tel qu'amendé est modifié par ce qui suit :
1° insérer, dans le troisième alinéa et
avant «et par la Charte des droits et libertés de la personne», «la Loi de la
protection de la jeunesse»; et,
2° insérer, dans le quatrième alinéa et
avant «et les préoccupations», «les opinions».
Brièvement, M. le Président, je crois que
c'est important de souligner que les enfants, évidemment, ont des droits en
vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse. Donc, ce serait important de
l'intégrer avec la charte, évidemment, et le Code civil.
Et, deuxième partie, en ce qui a trait...
juste sortir ici... c'étaient des commentaires du Barreau concernant de tenir
en considération non seulement les préoccupations, mais également les opinions
des enfants. Il me semblait très important d'intégrer «les opinions» à cet
article, à ce considérant, d'autant plus que ça va faire partie du... des
fonctions du commissaire de considérer les opinions des enfants vraiment dans
tous les travaux qu'il va faire, et c'étaient certains groupes qui sont venus
faire des représentations concernant... les ex-déplacés et les commissaires
également, qu'on devrait tenir compte des opinions des enfants. Donc, ceci...
ceci, nous considérons très important d'intégrer au projet de loi.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre, voulez-vous un temps
de réflexion pour analyser?
M. Carmant : Non, je pense
que c'est...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va aller?
M. Carmant : C'est assez...
c'est assez clair puis transparent, là. Je pense que, pour la loi, c'est... vous
avez raison, je pense que c'est quelque chose qui doit être ajouté. Pour les
opinions, est-ce que c'est... les opinions, la parole, c'est les opinions en
général?
Mme Garceau : En général.
M. Carmant : En général. Moi,
je n'ai pas d'enjeu, là. Je pense que, légalement, c'est... Est-ce qu'on
pourrait passer la parole, parce que, moi, au niveau du concept, là, je suis...
je suis bien d'accord.
Le Président (M. Provençal)
:La parole à Me Bérubé? Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
merci, M. le Président. Petit commentaire de forme, là, en fait, ici, là, la
référence à la loi, c'est plutôt la Loi sur la protection de la jeunesse. C'est
ça, c'est tout.
Mme Garceau : Oui, c'est
«sur», exactement, oui, il faudrait...
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Alors, il y aura une
correction de forme dans le sous-amendement de Mme la députée de
Robert-Baldwin, c'est-à-dire insérer, dans le troisième alinéa et avant «et par
la Charte des droits et libertés de la personne», «la Loi sur la protection de
la jeunesse». Alors, on enlève le «de» pour remplacer pour le «sur». Me Bérubé,
est-ce qu'il y a un autre...
M. Bérubé (Mathieu) : Oui, merci,
M. le Président. Autre petit élément. Je constate aussi que, pour le quatrième
alinéa du préambule, comme il se lit actuellement, «qu'il est primordial de
prendre en compte l'intérêt», l'amendement du ministre visait à ajouter, là,
«et les préoccupations». Donc, peut-être que, dans le sous-amendement, il
faudrait ajouter juste une virgule avant «les opinions» pour qu'il puisse se
lire «prendre en compte l'intérêt, les <opinions et les préoccupations».
C'est tout...
M. Bérubé (Mathieu) :
...pour
qu'il puisse se lire «prendre en compte l'intérêt, les >opinions et les préoccupations».
C'est tout.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : Oui, pas de
problème.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé, pour la dernière
correction de forme, je veux juste être certain, pour les... avoir un bon texte
aussi, donnez-moi une seconde que je me... «préoccupations», OK, c'était dans
le... dans l'amendement. Donc, ça va être : «Considérant qu'il est primordial
de prendre en compte l'intérêt...» Probablement que ce serait «l'intérêt, les
préoccupations, et les opinions des enfants».
M. Bérubé (Mathieu) : On
pourrait le mettre dans cet ordre-là. J'enlèverais juste la virgule avant le
«et les opinions», mais ça pourrait être, effectivement, «l'intérêt, les
préoccupations et les opinions».
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce que c'est clair, Mme la
secrétaire?
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:On va suspendre une minute, s'il vous
plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 09)
(Reprise à 10 h 18)
Le Président (M. Provençal)
:Nous allons reprendre nos travaux. Il
y a eu des corrections qui ont été apportées au sous-amendement. Alors, Mme la
députée, je vous suggère qu'on retire votre sous-amendement pour redéposer un
nouveau qui a été... qui a eu... pour lequel il y a eu certaines petites
corrections.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. Donc, nous allons retirer.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, je vous invite maintenant, Mme
la députée, à nous lire le nouveau libellé de votre sous-amendement.
Mme Garceau : Oui, avec la
collaboration de nos... des légistes, merci beaucoup. Donc, préambule, remplacer
les paragraphes 2° et 3° de l'amendement au préambule du projet de loi par les
suivants :
2° insérer, à la fin du troisième alinéa, «,
par la Charte des droits et libertés de la personne et par la Loi sur la
protection de la jeunesse»;
3° insérer, dans le quatrième alinéa et
après «l'intérêt», «, les préoccupations et les opinions».
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, M. le ministre.
M. Carmant : Bien, c'était...
c'est exactement ce qu'on avait dit tout à l'heure. Donc, il n'y a aucun
problème de mon côté, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Juste vérifier, là, puisqu'on a eu cette discussion-là préalablement...
Je ne me souviens pas exactement de la fin de la discussion. Les droits
protégés dans la LSJPA sont intrinsèquement inclus dans la LPJ ou pas
nécessairement? Vous aviez tranché là-dessus la dernière fois, là. Puisque, là,
on vise spécifiquement... bien, il n'est pas là, alors qu'on a mis l'ensemble
du cadre législatif qui touche les enfants.
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
M. Bérubé (Mathieu) : Oui,
merci, M. le Président. En fait, l'alinéa, là, vise ici les droits qui sont
protégés par la loi, là. Donc, ensuite, notamment, ici, on vient expliciter
certains exemples, mais d'autres lois seraient... pourraient être visées, là,
tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
que d'aucune façon, c'est ça, on vient exclure certaines protections de la LJP?
M. Bérubé (Mathieu) : Non,
non, non.
M. Cliche-Rivard : J'avais
une question pour ma collègue, là, peut-être juste m'orienter sur la
distinction que vous faites entre les préoccupations puis les opinions, là. Je
devine... quand même, une opinion suit une préoccupation, vice versa. J'aurais
juste voulu comprendre la signification.
Mme Garceau : Oui, mais une
opinion peut être positif, versus une préoccupation qui... Une préoccupation,
c'est d'habitude négatif. On est préoccupé par quelque chose, mais on peut
avoir des opinions, des idées qui soient tout à fait, là, positives. Il y a
quand même une distinction à faire entre les deux.
M. Cliche-Rivard : OK. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Y a-t-il d'autres
interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que le sous-amendement déposé à l'amendement de M. le ministre par la
députée de Robert-Baldwin est adopté?
• (10 h 20) •
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Maintenant, est-ce que
l'amendement sous-amendé de M. le ministre est adopté? Oui, M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. La modification, M. le ministre, entre avoir la
volonté d'agir puis devoir agir, là, pouvez-vous juste nous expliquer qu'est-ce
que vous aviez en tête ou qu'est-ce qui... parce que ce n'est pas quelque chose
que j'ai comme relevé des consultations, qu'est-ce qui était votre intention,
dans cet amendement-là, au — un, deux, trois, quatre, cinq — sixième
paragraphe?
M. Carmant : Bien, encore une
fois, moi, je pense qu'une de mes plus grandes préoccupations, c'est de
s'assurer que les... la prévention, la promotion des bonnes habitudes et,
surtout, les services de première ligne soient au rendez-vous par le
commissaire et pour la suite des choses. Donc, je voulais renforcir encore un
peu plus, là, à ma demande, cette notion-là.
M. Cliche-Rivard : Donc, ça
vient de vous. C'est vous qui avez dit... volonté versus devoir, c'est... vous cherchez
un plus.
M. Carmant : Oui, je pense
que c'est important.
M. Cliche-Rivard : Plus... un
petit peu plus contraignant?
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Le volet d'autorité sans violence, ça, c'est directement ce que vous faites ou
ce que vous incluez, comme Mme Laurent l'a demandé, là, pour...
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : C'est ça,
la logique, c'est de suivre le rapport et d'envoyer un message clair? Quoique,
bon, ce n'est pas ça qui est légalement contraignant, là, mais c'est ça qui
envoie un message, parce qu'au final, bon, tant que l'exemption <existera
au Code criminel puis qu'elle n'est pas...
M. Cliche-Rivard :
...qu'au
final, bon, tant que l'exemption >existera au Code criminel puis qu'elle
n'est pas de juridiction, ici, là, de l'Assemblée nationale, vous, vous ne
pouvez pas faire grand-chose de plus que... que de mettre un considérant.
M. Carmant : Exact, puis
faire un clin d'oeil à la loi sur la famille également, qui dit la même chose.
M. Cliche-Rivard : Parfait, et
c'est tout ce que vous ajoutez. Vous faites un ajout avec ça, mais vous ne
retirez rien, là, en enlevant le reste de la phrase. Parfait. Bien, moi, ça va,
pour votre sous-amendement... votre amendement, M. le ministre.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement qui a été sous-amendé par... à ce moment-ci, et
après ça...
M. Cliche-Rivard : ...pas me
faire prendre.
Le Président (M. Provençal)
:Et, après ça, on reviendra...
M. Cliche-Rivard : Oui, c'est
ça, parfait, parce que, l'autre fois, on s'est...
Le Président (M. Provençal)
:On va revenir sur le préambule. Ça
va?
M. Cliche-Rivard : Excellent,
oui.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'amendement sous-amendé de M. le ministre est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Alors, maintenant, on revient
au préambule qui a été amendé. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Dans la même veine, puis là vous me direz si ça se trouve, puis
que je ne l'ai pas bien suivi, M. le ministre, mais, suivant Mme Laurent,
également, là, il y avait la notion de sujet de droit de l'enfant, là, qui soit...
qu'on réitère qu'il est un sujet de droit dans le préambule. Elle n'est pas la
seule à avoir fait ce constat-là. Plusieurs ont dit qu'effectivement c'était
implicite que l'enfant est un sujet de droit, mais il y avait un élément
central dans leur opinion pour que ce soit réaffirmé. Avez-vous eu une
réflexion sur ce sujet-là?
M. Carmant : Bien, c'est ce
qu'on disait au troisième alinéa, c'est, n'est-ce pas, le...
M. Cliche-Rivard : Celui qui
dit qu'on fait du bien-être des enfants une préoccupation centrale?
M. Carmant : Non. Les droits
des enfants sont protégés, au Québec, par la loi, par le Code civil du Québec.
On est venus ajouter la charte et la Loi sur la protection de la jeunesse.
M. Cliche-Rivard : Ça, c'est
votre réponse à... parce que c'était déjà là dans la première version du
préambule, cet élément-là, puis là postconsultations particulières...
M. Carmant : On est venus
ajouter «Charte des droits et libertés de la personne».
M. Cliche-Rivard : Charte des
droits, mais certains sont venus nous dire qu'il fallait ajouter quelque chose
qui dit : Considérant que l'enfant est une personne à part entière dans
une société de droit et était un sujet de droit. C'est Mme Laurent, notamment,
dans le rapport Laurent, qui... qui a émis cette recommandation-là après que
vous ayez initialement mentionné le premier considérant, qui n'était pas
mauvais, là, auquel vous avez ajouté la charte. Donc, moi, c'est les quatre
mots spécifiques, là, du sujet... «un sujet de droit», puis là je me perds dans
mes notes, mais il y a un autre groupe qui nous avait parlé de ça aussi. Est-ce
que ça a été... Pour vous, ça, c'est répondu par... c'est ce que vous me dites,
par ce volet-là. Cela dit, c'était déjà là, puis ils nous ont quand même fait
cette recommandation-là. Donc, je voulais juste être sûr qu'on n'oublie rien.
M. Carmant : Non. Moi,
j'étais satisfait par l'ajout qu'on a fait puis un autre ajout ce matin
également, là.
M. Cliche-Rivard : OK. Vous
êtes, cela dit, d'avis que les... évidemment, que les enfants sont sujets de
droit. Il n'y a pas de débat là-dessus.
M. Carmant : Oui.
M. Cliche-Rivard : Ça fait
qu'il y a comme une lecture implicite où, même si on ne le met pas ou même si
cette recommandation-là n'est pas suivie, on l'entend ou on le comprend de par
la réaffirmation notamment du cadre législatif que vous complétez au paragraphe.
M. Carmant : C'était
l'intention, oui.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Il y avait également un autre considérant, eu égard à l'intérêt de l'enfant ou
à l'intérêt supérieur de l'enfant, comme quoi celui-ci guide l'ensemble des
décisions et des mesures. Là, on a l'intérêt, et les préoccupations, et les
opinions. Vous, c'est ça, votre réponse, aussi, c'est la réponse législative à
ce qui avait été demandé. C'est ça?
M. Carmant : Oui, puis
souvenez-vous qu'on l'avait dans les modifications de la Loi sur la protection
de la jeunesse. On était venus... Encore une fois, c'est la pièce maîtresse de
notre changement.
M. Cliche-Rivard : Comme quoi
l'intérêt de l'enfant est la considération principale de toute décision prise à
son sujet.
M. Carmant : Oui, exact.
M. Cliche-Rivard : C'est ce
que les ex-placés puis Mme Laurent nous ont demandé, notamment.
M. Carmant : Exact.
M. Cliche-Rivard : Il y a un
volet, puis je pense qu'on l'a quand même touché, mais beaucoup de groupes nous
ont parlé d'un considérant sur le droit à la participation de l'enfant à la vie
citoyenne et aux décisions publiques, comme quoi c'était une responsabilité de
l'ensemble de la société aux niveaux local, régional, national. Votre réponse à
cette demande-là, ça a été notamment la création des différents comités à 5.2°,
là, 5.2°, je ne me souviens plus, quelque chose, là, mais 5.2°. Et puis leur
capacité de faire entendre leur voix, bon, la collègue de Robert-Baldwin, quand
même, avec son amendement, également, pour les... pour les préoccupations et
les opinions... les préoccupations de... les opinions, le sien, donc, on
comprend donc que ça vient renforcer le rôle que pourrait avoir le jeune dans
son cursus, dans sa société.
M. Carmant : Dans la société,
tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Moi, M. le Président, j'avais un amendement que je... que je vous <ai
envoyé. Ce serait le...
M. Cliche-Rivard :
...moi,
M. le Président, j'avais un amendement que je... que je vous >ai envoyé.
Ce serait le temps... À moins que ma collègue ait d'autres choses, moi, je
serais rendu là.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, bien,
peut-être qu'il faudrait revoir... parce que j'ai quelques amendements...
M. Cliche-Rivard : Aussi,
oui.
Mme Garceau : ...aussi
au niveau du préambule et j'ai l'impression...
Le Président (M. Provençal)
:Bien, on est toujours...
Mme Garceau : Je ne sais
pas si on a peut-être... il y a un chevauchement, là, je ne sais pas.
Le Président (M. Provençal)
: On est toujours...
Mme Garceau : Donc...
Le Président (M. Provençal)
:Mais, Mme la députée, compte tenu que
M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne annonçait son amendement, je vais lui
laisser le déposer.
M. Cliche-Rivard : Parfait.
Le Président (M. Provençal)
:Si cet amendement-là ne répond pas à
votre paire de lunettes, si je peux m'exprimer comme ça, il y aura toujours
moyen de redéposer un nouvel amendement. Ça vous va?
Mme Garceau : Ça va.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, bon, on va projeter
l'amendement déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Alors, M. le
député.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Alors, ajouter, après le sixième alinéa du préambule, le texte
suivant :
«Considérant que les Premières Nations et
les Inuit sont les mieux placés pour répondre aux besoins de leurs enfants de
la manière la plus appropriée;».
Il y a là, M. le Président, une reprise de
la LPJ. Donc, c'est ce qu'on a dans la LPJ, c'est ce que vous avez ajouté... c'est
ce que vous aviez ajouté à ce moment-là, et je pense que c'est un élément qui
avait été important, qui demeure important, avec ce qu'on a fait comme
construction, comme travail. Avec l'ouverture, avec l'avancement, je pense que,
de réitérer ce message fort là, alors qu'on l'a déjà dans notre corpus
législatif, que, là, on fait des préambules, je pense que de réitérer ce qui
est déjà dans le corpus sera le bienvenu, là.
M. Carmant : Il va
falloir que je...
Le Président (M. Provençal)
: Suspendre? Oui.
M. Carmant : ...qu'on suspende,
M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va suspendre les travaux,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 30)
10 h 30 (version révisée)
(Reprise à 10 h 39)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons nos travaux. Nous en
sommes sur l'amendement qui a été déposé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Alors, M. le ministre, vous aviez demandé une pause pour pouvoir consulter vos
légistes. Je vous cède la parole.
M. Carmant : Oui, il y avait
une certaine hésitation, M. le Président, là, quant au fait qu'on ait... qu'on
ait retiré le... le commissaire associé aux Premières Nations et Inuits, mais
vu le... le partenariat qui est maintenu entre la possibilité d'un partenariat
avec notre commissaire, j'étais d'avis, également, comme le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne, là, que de réitérer le... le sens qu'on avait mis dans
le... dans les changements à la Loi sur la protection de la jeunesse, que les
Premières Nations et Inuits sont effectivement les... les mieux placés pour
répondre aux besoins de leurs enfants. Je le réaffirmais devant mes collègues la
semaine dernière, là, ou il y a deux semaines, lors de la réunion impromptue,
donc, que moi, je suis très à l'aise avec cet amendement là.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Interventions sur l'amendement
de... Oui, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Bien,
je... je remercie le ministre dans son ouverture. Je pense qu'effectivement, il
l'avait dit. Qu'on l'ajoute au préambule, ça envoie un beau message, ça réitère
ce qu'on avait dans la LPJ. Donc, je pense qu'on démontre un effort ou une
réflexion constante, là, sans recul. Ça aurait été bizarre, je trouve, si on n'avait
pas pu mettre ça dans notre <i>loi sur le commissaire, donc tant mieux.
Le Président (M. Provençal)
:...une notion de cohérence, aussi.
M. Cliche-Rivard : Oui,
exact. Puis je vous demanderais un vote nominal quand on sera là, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
:Oui. Alors, Mme la... À moins qu'il y
ait d'autres... Y a-t-il d'autres... Oui, M. le député des Îles, s'il vous
plaît.
M. Arseneau : Oui. Bien, je
voulais juste ajouter là, le considérant qui porte sur l'approche spécifique
privilégiée pour rendre compte des facteurs historiques, sociaux propres aux
enfants des Premières Nations et des Inuits demeure, je comprends ça. Mais
celui-ci, il se glisse tout de suite après. Est-ce que c'est... ou avant?
Une voix : ...
M. Arseneau : Juste avant? D'accord.
M. Carmant : Après.
M. Arseneau : Après?
Le Président (M. Provençal)
:Après.
M. Arseneau : D'accord. Je
voulais juste savoir, à ce moment-là, puisqu'on reconnaît, puis c'est... je
remercie également le ministre de faire preuve d'ouverture à cet égard, que les
Premières Nations et les Inuits sont les mieux placés pour répondre aux besoins
de leurs enfants, comment il faut interpréter l'autre considérant qui dit qu'une
approche spécifique doit être privilégiée? Privilégiée par qui? Est-ce qu'en d'autres
mots, une fois qu'on a dit que ce sont les Premières Nations et les Inuits qui
sont les mieux placés, mais qui sont ceux qui vont développer une approche
spécifique? Est-ce que ce sont encore les Premières Nations et les Inuits ou on
parle d'autres instances? J'avais comme l'impression que ce qu'on venait d'ajouter
pouvait effacer ce qu'on a déjà inscrit.
M. Carmant : C'est juste si
certaines de ces Premières Nations décident de... de confier le... le rôle à
notre commissaire, comme... comme c'est une possibilité, bien, on a décidé de
maintenir cet alinéa également, parce que ce n'est pas tous les... toutes les
Premières Nations qui vont nommer leur propre commissaire, tu sais, il faut...
il faut couvrir toutes les possibilités, je dirais, à travers le... le préambule.
M. Arseneau : Donc, le
premier élément, c'est que les Premières Nations et les Inuits sont les mieux
placés, mais dans un deuxième temps, elles sont aussi les mieux placées pour
déterminer, en collaboration avec le gouvernement du Québec ou le commissaire,
qu'on puisse procéder en collaboration par un autre moyen. Je veux juste relire :
«L'approche spécifique soit... doit être privilégiée pour tenir compte des
facteurs historiques, sociaux...» Est-ce qu'on ne devrait pas préciser que c'est
à leur demande ou avec... une fois qu'ils l'ont initiée, ce... cette démarche-là?
Je... je reste à être convaincu que cette approche-là, spécifique, n'inclut pas
le fait que les Premières Nations et les Inuits <sont...
M. Arseneau :
...n'inclut
pas le fait que les Premières Nations et les Inuits >sont ceux qui en
décident.
M. Carmant : Non, mais c'est
juste que certaines de nos Premières Nations... Par exemple, le Nunavik nous
a... a déjà levé la main pour un partenariat avec le commissaire, donc, avec la
protection de la jeunesse. Donc, dans ce sens-là, c'est important de le
laisser. Mais je pense que ça montre une... encore une plus grande ouverture,
là, de rajouter ce deuxième considérant-là. Donc, premièrement, on accepte
la... cette diversité là, puis, deuxièmement, bien, on vient, encore une fois,
répéter qu'ils sont les mieux placés pour prendre soin de leurs enfants.
M. Arseneau : Oui. Je...
Encore une fois, «une approche spécifique doit être privilégiée», elle doit
être privilégiée uniquement si les Premières Nations et les Inuits le
souhaitent. C'est ce que je comprends. Pourquoi ne pas l'inscrire? Je n'ai pas
de proposition d'amendement à faire, mais...
M. Carmant : Mais ce n'est
pas la... C'est le préambule.
Le Président (M. Provençal)
:...M. le député. Quand on a discuté
de l'article 14, qui était l'amendement, là, qui introduisait tout le
chapitre sur les Premières Nations et les Inuits, il y a plusieurs éléments qui
avaient été discutés à ce moment-là. Et, selon moi, ce que vous mentionnez est
déjà inclus dans l'article 14, qui avait été... qui avait subi, aussi, des
amendements et un sous-amendement de notre collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mais c'est mon interprétation à moi, là, je peux me tromper, j'aimerais mieux
qu'on nous confirme. Mais c'est simplement pour vous mentionner, là, qu'il y avait
quand même eu des éléments qui avaient été amenés, puis qui sont vraiment dans
la continuité de ce que vous questionnez, là. Mais les réponses étaient déjà
dans l'article 14.
M. Carmant : Ce que je crois,
dans le préambule, on ne peut pas aller spécifier dans quelles conditions... Tu
sais, c'est vraiment des concepts qui sont... qui sous-tendent l'intention du
législateur.
M. Arseneau : C'est beau, je
n'en ferai pas un débat plus long, et si l'interprétation — il faut
que j'aille vérifier, là — peut se faire selon l'article 14 que
mentionne le président, peut-être, mais je vais y réfléchir un peu plus
longuement. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Et vous aurez toujours le loisir
d'amener un nouveau texte, si vous le désirez.
M. Arseneau : Oui, oui,
absolument, absolument. Mais loin de moi l'idée, là, d'alourdir le préambule ou
de devancer des choses qui se font un peu plus loin. Mais je m'interrogeais à
savoir si on n'avait pas, jusqu'à un certain point, une approche, ici, qui...
bien, enfin, une interprétation qui puisse être beaucoup plus directive que
collaborative ou en mode coconstruction lorsqu'on dit qu'une approche
spécifique doit être privilégiée. Mais je n'en dirai pas plus pour l'instant.
M. Carmant : Je n'ai pas de
commentaire.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement qui a été déposé par M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne?
S'il n'y a pas d'autre intervention, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
avait demandé un vote par appel nominal. Alors, Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire
: M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire
: M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Pour.
La Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Pour.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
La Secrétaire
: Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
: Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire
: M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui
vient d'être déposé au préambule, amendé par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
est adopté. Maintenant, y a-t-il d'autres interventions sur le préambule amendé?
Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président, merci beaucoup. J'ai un amendement à soumettre...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va...
Mme Garceau : ...qui fait la
suite logique du paragraphe que nous venons d'adopter.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Mme la députée, je vais vous
inviter à nous en faire la <lecture...
Des
voix :
...
Le Président (M. Provençal)
:
Merci. Mme la députée, je vais
vous inviter à nous en faire la >lecture et à le commenter, s'il vous
plaît.
Mme Garceau : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Donc :
Le préambule du projet de loi amendé est
modifié par l'insertion, après le septième alinéa, de l'alinéa suivant :
«Considérant que le Québec affirme le
droit à l'autodétermination des peuples autochtones, y compris le droit
inhérent à l'autonomie gouvernementale, lequel comprend la compétence en
matière de protection de la jeunesse.»
Donc, cet amendement, M. le Président,
découle évidemment non seulement du rapport de la commission Laurent, ça
faisait partie des recommandations concernant, à ce moment-là, un commissaire
qui était dédié aux peuples autochtones, et on avait cette reconnaissance que
les peuples autochtones, Premières Nations, Inuits avaient le droit, évidemment
de... d'autonomie gouvernementale lorsqu'il y a trait à la protection de la
jeunesse. Et c'est devenu fondamental, ce principe, parce qu'on a entendu,
évidemment, les témoignages de représentants non seulement des Premières
Nations, l'APNQL, mais aussi la Société Makivik, lors des consultations
particulières et suite, évidemment, aux mémoires qui ont été déposés.
• (10 h 50) •
Et le 9 mai, lorsque nous avons eu
nos échanges avec les représentants des Premières Nations concernant le nouvel
amendement, si je peux dire, à l'article 14 et suivants, donc, le ministre
avait... il y avait une décision prise de retirer le bloc du chapitre III
concernant le commissaire dédié aux enfants autochtones et le remplacer par
l'article 14 où on prévoit... on prévoit que le commissaire va pouvoir
conclure des ententes de collaboration portant sur toute matière relevant de
ses fonctions avec les Premières Nations et les Inuits concernant, évidemment,
de... la création, si je peux dire, de leur propre système de protection de la
jeunesse dans les... dans leurs communautés.
Et donc, M. le Président, je reviens à la
charge concernant, d'après moi, l'importance et aussi les représentants des...
des Premières Nations et Inuits, l'importance de prévoir... Et surtout si
nous... nous n'allons pas le faire dans le cadre du chapitre III, au moins
qu'on ait cette reconnaissance du droit des peuples autochtones, des Premières
Nations, des Inuits à l'autodétermination. Et ça, ça serait... ça ferait partie
du préambule. Nous savons très bien qu'un préambule, ses considérants sont
toujours fort, fort importants lorsqu'on interprète un projet de loi, dans
l'application d'un projet de loi. Ça représente des principes directeurs.
Et surtout, et nous le savons très bien,
M. le ministre, et vous l'aviez mentionné, que si la Cour suprême n'avait pas
rendu la décision concernant la... la constitutionnalité du projet de
loi C-92, peut-être qu'il n'y aurait pas eu d'amendement concernant les
premiers... les premières dispositions, les articles 14 à 18. Et donc, la
suspension que nous avons eue entre la fin du mois de février et début du mois
de mai était liée à tout cet aspect de revoir... de revoir le rôle d'un
commissaire dédié aux autochtones, aux enfants <autochtones...
Mme Garceau :
...de
revoir le rôle d'un commissaire dédié aux autochtones, aux enfants >autochtones,
dans ce projet de loi, compte tenu de la constitutionnalité reconnue par la
Cour suprême du C-92.
Et, maintenant, suite à des échanges avec
les Premières Nations, nous avons reçu leurs amendements le 9 mai et nous
n'avons pas adopté toutes les propositions demandées par les représentants,
surtout de l'APNQL. Et une des... une des recommandations était celle que j'ai
proposée dans un préambule, au lieu de l'intégrer dans le cadre du chapitre III.
Au moins, ça serait une reconnaissance du Québec qui découle, évidemment, de la
décision de la Cour suprême du Canada.
Et lorsqu'on regarde tout l'aspect de
collaboration, de coconstruction entre le Québec et les Premières Nations, les
Inuits et les peuples autochtones, c'est, d'après moi, primordial de prévoir,
dans le préambule, ce principe directeur, qui va, évidemment... est lié, aussi,
à l'article 14 qui a été adopté, parce que c'est toute une question de
collaboration, parce qu'on va devoir... Et nous le savons très bien, qu'on s'en
va vers là, toute cette question de la création de leur propre système de
protection de la jeunesse, parce qu'ils sont les mieux placés à prendre soin de
leurs enfants.
Et donc, pour moi, c'est une logique, c'est une
reconnaissance importante et ça fait partie aussi de la coconstruction et la
réconciliation avec les peuples autochtones de prévoir, dans ce préambule...
surtout parce qu'on est dans le projet de loi, on est dans le secteur de la
protection de la jeunesse, c'est... ça va être la mission du nouveau
commissaire, qui va collaborer avec les... les communautés autochtones à ce
sujet.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, M. le
Président, écoutez, la députée de Robert-Baldwin me demande peut-être d'aller à
un endroit où je pense qu'on a fait beaucoup d'efforts, là, pour discuter avec
les communautés, on a fait beaucoup d'efforts pour reconnaître leurs compétences.
Tu sais, vous m'avez demandé une rencontre avec eux, on l'a organisée. Je veux
vraiment travailler avec eux, mais est-ce que c'est dans... Je ne pense pas que
c'est dans... la place de ce projet de loi là que je dois affirmer ce qui est
écrit, là, dans le préambule, là.
Je pense que ce qu'on vient d'adopter, je
suis à l'aise avec puis je me limiterais à ça pour le moment, là, tu sais, je
laisse ça pour des choses plus grandes que ce qu'on fait... tu sais, que... C'est
quand même majeur, ce qui est écrit là, là, puis je vous dirais que ce que je
veux, c'est continuer à travailler avec les Premières Nations pour qu'elles
soient le plus autonomes possible et que leurs enfants soient soit pris en
charge le mieux possible, mais je ne suis pas prêt à inclure ça dans le
préambule.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée.
Mme Garceau : Oui. Compte
tenu des échanges que nous avons eus avec les représentants, surtout des
Premières Nations, dernièrement... Et, aussi, on sait très bien que l'article 14,
qui a été adopté, ne fait pas complètement leur affaire non plus. Et donc, c'est
dans l'optique, également, de... Il y a eu, par notre Cour suprême, cette
reconnaissance. Première chose, là, il y a eu la reconnaissance. La loi C-92,
qui porte sur la protection de la jeunesse, sur l'enfance, les droits d'enfance
et tout, des peuples autochtones, Premières Nation, Inuits, a <été...
Mme Garceau :
... et
tout, des peuples autochtones, Premières Nations, Inuits, a >été reconnue
constitutionnelle. Et donc, cet aspect-là, compte tenu qu'on est dans un projet
de loi qui vise la protection de la jeunesse, la protection des enfants, il
faut au moins reconnaître, dans ce projet de loi, le droit... qu'il y ait une
cohérence entre la décision de la Cour suprême et le premier, vraiment, projet
de loi qui touche cet enjeu important, qui touche la matière de la protection
de la jeunesse des... ou la protection des enfants autochtones. Il faut quand
même leur reconnaître cet aspect du droit à l'autodétermination. Ça ne sera pas
le Québec qui va décider, mais ça va être les Premières Nations, les Inuits,
qui vont décider de... du comment ils vont créer ces systèmes dans la
protection de leurs enfants. Il me semble qu'il faut leur reconnaître, le
Québec. La Cour suprême l'a reconnu, mais là, nous avons la chance de, nous, au
Québec, l'Assemblée nationale, de le reconnaître. Il me semble que c'est un pas
exceptionnellement fondamental vers la réconciliation. Avec tout ce qu'ils ont
subi, les étapes juridiques, depuis la contestation de cette loi qui est allée
jusqu'au plus haut tribunal du pays, il me semble que c'est un minimum, qu'on
doit aux Premières Nations et aux Inuits, de reconnaître ce principe, ce droit
à l'autodétermination, particulièrement en ce qui a trait à la matière de la
protection de la jeunesse. C'est... c'est... Il faut le voir comme étant une
opportunité, une belle opportunité de mettre, dans un projet de loi, cette
reconnaissance. On n'a pas adopté tous les amendements que les Premières
Nations nous avaient demandés, mais, au moins, qu'on reconnaisse cette... ce
droit à l'autodétermination, surtout dans ce projet de loi qui touche la
protection des enfants.
M. Carmant : Bien, moi, ce
que je peux garantir, c'est qu'on va continuer à travailler avec eux au niveau
politique, au niveau administratif, pour qu'on trouve une solution qui va être
gagnant-gagnant pour tout le monde. Mais encore une fois, je pense que, pour
moi, je ne peux pas aller... je ne peux pas inclure ce paragraphe dans le
préambule à ce moment-ci.
Mme Garceau : Mais, M. le
ministre, vous reconnaissez, suite à la décision de la Cour suprême du Canada,
le droit, leur droit à l'autodétermination en ce qui a trait en matière de
protection de la jeunesse pour les Premières Nations, les Inuits et les
communautés autochtones?
• (11 heures) •
M. Carmant : Bien, je pense
que ça transcende dans tout le... ce qu'on a mis sur pied dans la loi. Tous les
changements qu'on a... qu'on a effectués transcendent la... ce qui a été
approuvé par... ce qui a été décidé par la Cour suprême, effectivement.
Mme Garceau : Exactement. Et
c'est pour cette raison qu'on a pris une pause, qu'on a suspendu les travaux de
cette commission parlementaire, c'était suite à la décision rendue par la Cour
suprême.
M. Carmant : Exactement.
Mme Garceau : Et donc, qui a
reconnu ce droit à l'autodétermination. Donc, c'est pour ça, j'ai beaucoup de
difficulté à comprendre le pourquoi, avec respect, qu'on ne reconnaisse pas ce
droit dans... au moins dans le préambule de ce projet de loi, compte tenu, aussi,
que nous allons avoir l'article 14, il y a une cohérence entre cet
article, le paragraphe qui vient d'être adopté, qu'ils sont les mieux placés à
s'occuper des besoins de leurs enfants, et, évidemment, l'article 14.
M. Carmant : Je comprends
votre position mais je n'ai pas vraiment grand-chose à ajouter à ce moment-ci,
là.
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je vais appuyer les mots de ma collègue, là. On a eu cette
discussion-là précédemment, sur les amendements de l'article 14. Bon, on a
fait un pas, quand même, j'entends... je me situe...
11 h (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...on
a fait un pas quand même. J'entends. Je me situe, là, du côté de la proposition
de la collègue. Cela dit, M. le ministre, vous avez dit à quelques reprises
dans cette commission qu'il y a quelque chose de plus grand qui... qui devra
venir, là. Vous l'avez dit, que ça ne viendra probablement pas de vous, on
devine que ça viendra de votre collègue ministre responsable de ce dossier-là.
Il y avait le projet de loi sur la sécurisation culturelle qui a été mis sur la
glace. Reviendra-t-il? Comment reviendra-t-il? Je devine que post C-92,
là, il y a une réflexion importante, et que vous dites, c'est ce que je lis, là,
eux viendront avec notre positionnement, et nous fermons le chapitre du
commissaire ici. Et puis arrivera par la suite le positionnement politique sur
post C-92 puis ce que votre collègue présentera.
Je l'entends. Je pense quand même qu'on
pourrait commencer ce pas-là. Je pense que ce qui a été présenté puis ce qui a
été discuté par la collègue de Robert-Baldwin est fort intéressant, et c'est
dans le réflexe de coconstruction qu'on a commencé à mettre en place. Alors
évidemment, moi, je vais me positionner en faveur, là, mais je tenais à dire qu'on
va être très... très en attente de ce prochain positionnement là de la part de
vous et/ou de votre collègue, dépendamment, là, d'où ça vient. Mais nos
collègues des PNI nous attendent, et on a un rendez-vous avec l'histoire, je
pense, et je peux comprendre que ce n'est peut-être pas aujourd'hui en cette
commission, mais il va falloir que ça vienne rapidement. Je... je pense que
vous le savez, là.
M. Carmant : Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va. Autres interventions sur l'amendement
de Mme la députée de Robert-Baldwin?
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Un vote nominal. Alors, Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Maintenant, nous revenons toujours au
préambule amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, nous venons de soumettre un autre amendement
au préambule.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, on va projeter à l'écran votre...
votre nouvel amendement. Et je vais vous inviter à nous en faire la lecture, Mme
la députée.
Mme Garceau : Oui.
Merci, M. le Président. Donc : Le préambule du projet de loi tel qu'amendé
est modifié par l'insertion, après le 1er alinéa, des alinéas suivants :
«Considérant que l'intérêt supérieur de l'enfant
doit être la considération principale de toutes les décisions prises à son
sujet;
«Considérant que le droit à la
participation de l'enfant à la vie citoyenne et aux décisions publiques est une
responsabilité de l'ensemble de la société, tant au niveau local, régional que
national;
«Considérant que les enfants ont le droit
et la capacité de faire entendre leur voix et qu'ils ont le droit d'influencer
les décisions les concernant en étant informés adéquatement, accompagnés et
écoutés;».
Le Président (M. Provençal)
:Commentaires?
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. Donc, c'est évidemment des amendements au préambule suite au... qui
découlent non seulement des recommandations initiales dans le rapport <i>Laurent
et tout le volet concernant ses principes directeurs, encore une fois, liés non
seulement à l'intérêt, on parle de l'intérêt supérieur de l'enfant, et je vais
y revenir, mais aussi toute la question de... le droit à la participation de l'enfant,
le droit de prendre des... d'être impliqué dans les décisions qui lui
concernent et évidemment la capacité de faire entendre sa voix. Et vous avez...
Et je sais que Mme <Laurent...
Mme Garceau :
...concernent
et évidemment la capacité de faire entendre sa voix. Et vous avez... Et je sais
que Mme >Laurent et d'autres commissaires avaient proposé ces
recommandations, qu'ils soient intégrés dans un préambule, puisqu'actuellement
le Code civil du Québec et la protection sur la... la Loi sur la protection de
la jeunesse reconnaissent formellement que l'intérêt de l'enfant doit être pris
en compte dans toutes les décisions le concernant. Mais évidemment, cela est
très bien, mais souvent limité aux situations traitées en vertu de ces lois,
principalement lors des débats judiciaires. Et c'est quelque chose qui est
revenu, c'est sûr et certain, dans les discussions lors des sessions
parlementaires concernant la commission Laurent.
Et donc, puisqu'on réfère également, M. le
Président... le premier considérant, où on réfère à la Convention relative aux
droits de l'enfant, c'est la convention internationale, et cette convention,
elle est internationale, dont le Québec est lié, dont le Québec adhère depuis,
là, le 9 décembre 1991... On a intégré dans cette convention-là tous les
aspects que nous retrouvons dans mes propositions de considérants dans ce
préambule, que ce soit l'intérêt supérieur de l'enfant qui soit considéré, la
participation de l'enfant à la vie citoyenne et aux décisions publiques et
aussi la capacité de faire entendre sa voix.
• (11 h 10) •
Ça fait partie de cette... de cette
convention-là. C'est des droits liés aux enfants qui sont très importants. Et,
compte tenu, évidemment, que ça va faire également partie de la mission, des
fonctions et pouvoirs du Commissaire au bien-être et aux droits des enfants, de
faire... de faire la promotion, de faire valoir ces droits, ce serait
intéressant et très important, je crois, de les intégrer dans le préambule.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, il faut
juste que la députée me prouve, là, de... qu'est-ce... qu'est-ce qui n'est pas
déjà répondu, là. Je veux dire, l'intérêt supérieur, ça a été le changement de
la loi qu'on a fait sur la protection de la jeunesse. Notre dernier changement
législatif, c'était justement pour centrer la loi autour de l'enfant. La
participation de l'enfant, on est venus l'encadrer avec tous les comités
régionaux, nationaux qu'on... qu'on a mis sur pied, incluant, à votre demande,
des comités au niveau des centres jeunesse. Puis, entendre leur voix, bien, je
pense que c'est le concept même du commissaire, là, donc. Tu sais... tu sais,
je ne sais pas, c'est... je pense que tout ça, c'est déjà inclus dans la loi.
Donc, pourquoi le remettre dans le préambule?
Mme Garceau : Parce que le...
c'est de façon générale que ces droits soient détaillés, parce que ça se marie
également avec les fonctions et les pouvoirs dont le commissaire va exercer. Et
ça vient aussi des ex-commissaires, en consultations particulières, ça faisait
partie de leurs ajouts, de leurs amendements au texte de loi dans le préambule.
Et donc, ça... tout ce que ça fait, M. le
ministre, c'est que ça fait... ça fait en sorte que c'est un projet de loi qui
se tient, qui se tient par les valeurs véhiculées, les valeurs et les droits
véhiculés, précisés, exprimés dans le préambule. Et, compte tenu de ces droits,
et de ces valeurs, et de ces principes qui sont énoncés dans le préambule, bien
là, on voit l'établissement, la création des comités régionaux... régionaux,
nationaux, et tout. Ça... ça découle de ces principes.
M. Carmant : Bien, moi, je ne
suis pas... en tout cas, je ne suis pas très convaincu, là, M. le Président.
Peut-être... peut-être voir avec le... au niveau juridique, là, mais, je
trouve, c'est un peu...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, maître, s'il vous plaît.
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Effectivement, pour reprendre les... les propos du ministre,
là, c'est... c'est redondant, en fait, à certains égards avec qu'est-ce qui est
déjà prévu dans le projet de loi, là. Je pense notamment, là, à...
participation de l'enfant, en fait, là, c'est déjà visé par les nombreux
amendements qui ont été adoptés quant aux comités régionaux, <national...
M. Bérubé (Mathieu) :
...par
les nombreux amendements qui ont été adoptés quant aux comités régionaux, >national,
etc. Tout qu'est-ce qui est du fait d'entendre leur... la voix des enfants,
d'être écouté, accompagné, tout ça est prévu dans les fonctions du commissaire
spécifiquement. Quant à l'intérêt supérieur, bien, l'intérêt... protection de
l'intérêt de... des enfants, en fait, fait partie des fonctions du commissaire.
Et le corpus législatif québécois, de façon générale, là, réfère à l'intérêt de
l'enfant, là, comme tel. Donc, c'est... c'est vraiment... actuellement, ce qui
prévu au projet de loi est déjà totalement cohérent, là, avec qu'est-ce qui est
prévu, là.
Le Président (M. Provençal)
:Mme la députée.
Mme Garceau : Non, c'est...
c'est parce que c'est... Je comprends ce que vous dites, Me Bérubé, mais,
lorsqu'on regarde les dispositions, c'est comme... oui, c'est implicite, à part
de la création des comités consultatifs, qu'on a amendée. Mais ces principes,
dont les ex-commissaires voulaient que... que ce soit intégré dans le préambule...
parce que c'est l'introduction, c'est l'introduction, c'est les principes
directeurs et... qui... qui font en sorte qu'on a les dispositions telles que
prévues à l'article... aux articles particulièrement 5 et 8. Donc, ça fait...
ça fait un ensemble et ça donne une précision, c'est clair que... surtout en
termes de... non seulement de l'intérêt supérieur, mais aussi de tout ce qui a
trait aux décisions qui vont être prises les concernant.
M. Carmant : Mais, de
mon côté, M. le Président, comme je vous le dis, je ne vois pas vraiment de
plus-value à l'ajout de ces... de ces considérants-là, là, de mon côté.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va?
Mme Garceau : Vote
nominal.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, compte tenu... d'intervention,
par appel nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
:
Mme Prass (D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire
: M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire
: M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :
Contre.
La Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire
: Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme
Gendron
:
Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire
: M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin au préambule est rejeté.
Y a-t-il d'autres interventions? Allez-y.
Mme Garceau : Oui, je
vais continuer. Donc, j'ai un autre amendement, M. le Président, que nous
venons d'ajouter, un amendement au préambule.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, je vous invite maintenant à
nous faire lecture de ce nouvel amendement que vous déposez, Mme la députée.
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. Le préambule du projet de loi tel qu'amendé est modifié par l'insertion
après le 2e alinéa, du suivant :
«Considérant que l'enfant est une personne
à part entière dans la société et un sujet de droit».
M. le Président, ça touche les
commentaires de mon collègue, qui l'a mentionné tout à l'heure, et tout... nous
savons, dans le rapport de la commission Laurent, et Mme Laurent l'a
mentionné également lors de la... des consultations particulières, et les deux
anciens commissaires également, l'importance de cette reconnaissance qu'un
enfant est un sujet de droit au préambule de ce projet de loi. C'était même
lorsqu'on... j'ai... j'ai relu plusieurs aspects du rapport, ça... Rolland, ça...
ça revenait à plusieurs reprises, parce qu'il n'y a aucune loi du Québec qui
reconnaît explicitement, et d'où vient l'importance que l'enfant est un sujet
de droit.
Il y a la reconnaissance de plusieurs
droits propres à l'enfant, lors de la mise en vigueur de la protection sur...
la Loi sur la protection de la jeunesse, qui a permis d'affirmer que l'enfant
est maintenant un sujet de droit. Cependant, aucune disposition légale ne le
confirme. Et donc, pour Mme Laurent, pour les commissaires, c'était <fondamental...
Mme Garceau :
...légale
ne le confirme. Et donc, pour Mme Laurent, pour les commissaires, c'était >fondamental
de reconnaître ce droit au préambule, au moins au préambule de ce projet de loi.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien, moi,
je pense que le <i>Barreau puis <i>Pr Goubau aussi nous
disaient que c'était... c'était quelque chose d'implicite, là, de... qui est...
qui est reconnu et que c'est... qu'on n'y voyait pas vraiment de nécessité
d'ajout, là. Donc, moi, je pense que, pour le moment, ce... ce n'est pas
nécessaire. Et, comme vous le savez, il y a... dans la phase... dans les phases
ultérieures, il y a des choses qui... il y a des... il y a la charte qui est
inscrite. Donc, pour le moment, je pense que je ne vais pas aller avec cet
ajout au préambule.
Mme Garceau : Je veux juste
ajouter, M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, allez-y.
Mme Garceau : ...vous savez,
les commissaires ont passé deux ans à étudier les différentes législations
portant sur la protection de la jeunesse. Et tout cet aspect de... du fait...
et ça a été mentionné que c'est implicite, c'est implicite, mais on a les
commissaires qui sont venus confirmer dans un rapport qu'il est temps, au Québec,
de le mettre explicitement dans un projet de loi. Parce que c'est les mêmes...
c'est les mêmes arguments, là, on sait le, que c'est implicitement, mais là,
c'était... on avait l'opportunité de le mettre dans un projet de loi très
important lié à la protection, de promouvoir les droits des enfants. Et donc
qu'ils soient sujets de droit dans cette société québécoise, pourquoi est-ce
qu'on ne le met pas explicitement? Ça ne cause pas de préjudice.
M. Carmant : Bien, peut-être
que je passerais la parole à Me Bérubé, puisque ce n'est pas...
Le Président (M. Provençal)
:Me Bérubé.
• (11 h 20) •
M. Bérubé (Mathieu) : Merci,
M. le Président. Bien, en fait, pour fins de clarification, lorsque le
législateur, dans une loi particulière ou générale, parle de toute personne ou
tout être humain, évidemment, ça inclut également une personne qui serait dite
mineure. Quand il veut viser spécifiquement des majeurs, le législateur prend
soin justement de le spécifier pour dire que ce droit-là s'applique à une
personne majeure, par exemple. Donc, quand on regarde du côté de la Charte des
droits et libertés de la personne, la personne inclut forcément autant une
personne mineure qu'une personne majeure. Donc, le droit à la sécurité, à la
vie, là, bref, là, prévu dans les premiers articles, ça s'applique autant un
enfant qu'à un adulte. Il y a des précisions qui seront faites, là, quant au
terme «enfant» dans certaines dispositions de la charte, puisqu'évidemment
c'est des droits qui sont plus propres à des enfants. Quand on pense à la
sécurité, protection de ses parents, là, donc forcément un... quand on parle
d'un parent, donc on vise un enfant.
Ce qu'il fait ici aussi... en fait, ce qui...
ce qui m'amène un autre élément aussi à apporter, que je trouve pertinent, là,
le présent projet de loi ne vise pas à... comment je pourrais dire, détailler
ou plutôt prévoir des droits applicables aux enfants, c'est plutôt de nommer,
d'instituer un nouveau commissaire, qui, lui, a des fonctions à l'égard des
enfants, notamment la promotion des droits de ces enfants-là. Ici, le fait de
venir dire qu'un enfant est une personne à part entière, tout comme le Barreau
et comme le Pr Goubau l'ont dit en consultations particulières, et je partage
leur avis, c'est implicite et c'est évident depuis plusieurs décennies au
Québec, que les enfants sont des sujets de droit , et nul besoin de le
préciser, même si... J'ajouterais, dernier petit complément, de le préciser ici
envoie peut-être un message peut-être contradictoire avec les autres textes
légals au Québec pour lesquels on considère déjà depuis plusieurs décennies que
le mot, par exemple, «personne» ou «tout être humain» vise également un enfant.
Voilà.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Il y a le... M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
qui avait demandé la parole.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. Je pense que j'ai quand même démontré beaucoup de flexibilité,
là, dans les interventions, mais là, celle-là, bien franchement, je la
comprends mal, là. Là, nous dire que c'est implicite, c'est implicite puis
c'est déjà reconnu, là, que la Convention relative aux droits de l'enfant, on
s'est déclaré lié, c'est dans le préambule. C'est implicite que les droits des
enfants sont protégés par la Charte des droits et libertés de la personne.
C'est inclus dans le préambule. Ça fait qu'avec l'immense respect que je vous
dois, M. le ministre, à mon humble avis, ce n'est pas un argument qui
permettrait de rejeter.
Et, a contrario, Mme Laurent, dans son
rapport, pages 66 et 67, pas moi, pas la députée de Robert-Baldwin, là,
Mme Laurent : «Les enfants sont encore difficilement reconnus comme des
sujets de droit.» Ce ne sont pas mes mots, ce sont les siens. Au Québec, les
enfants sont des sujets de droit depuis la mise en œuvre de la LPJ en 1979.
Être sujet de droit permet aux personnes de défendre et de faire respecter
leurs droits. Pourtant, durant la commission, plusieurs témoins et mémoires
nous ont <rapporté...
M. Cliche-Rivard :
...leurs
droits. Pourtant, durant la commission, plusieurs témoins et mémoires nous ont >rapporté
un enjeu quant à la reconnaissance même de l'enfant comme sujet de droit. Au
Québec, note de bas de page, un collectif d'organismes non gouvernementaux
porte ce regard sur la question : «Force est de constater que la société
québécoise continue de percevoir ses enfants comme des objets de droits aux
pouvoirs d'action limités. Il importe de faire évoluer cette vision.» Auteur de
mémoire suggère même d'«affirmer explicitement que l'enfant est un sujet de
droit dans le Code civil du Québec». Mme Laurent : «Au regard de la preuve
recueillie, qui indique que plusieurs droits des enfants sont appliqués de
façon variable, il nous paraît incontournable de réaffirmer l'importance de
reconnaître l'enfant comme sujet de droit dans la charte des droits de l'enfant.
En effet, le respect de l'ensemble des droits des enfants nous semble
improbable tant qu'ils ne seront pas considérés véritablement comme un sujet de
droit... comme des sujets de droit. Reconnaître clairement l'enfant comme sujet
de droit est primordial pour garantir le respect de ses droits.»
Et là ma collègue vous demande de faire un
premier pas non contraignant dans ce sens-là dans un préambule d'un commissaire
qui va les défendre. Et là, vraiment, puis là je vous invite à la double, la
triple, à la quadruple réflexion, là, vraiment, on va battre un amendement qui
réitère le strict minimum du gros bon sens, pour aucune raison, en ce sens ou
c'est le préambule d'un article, là... le préambule d'une loi, qui n'a pas
d'effet juridique. Quel message... au contraire, avec égard de ce que votre
collègue a dit, quel message ça envoie de battre cet amendement-là?
Moi, je trouve que ça envoie un message
bien triste et bien dommage pour l'effet historique qu'on s'apprête à faire
avec ce commissaire-là, alors qu'il n'en coûte rien, législativement, de
réaffirmer que l'enfant est effectivement une personne à part entière dans la
société et un sujet de droit. Donc, je vous invite à reconsidérer, M. le
ministre.
M. Carmant : Je n'ai rien à
ajouter, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, M. le ministre. Y a-t-il
d'autres interventions? M. le député des Îles.
M. Arseneau : Bien, moi, je
pense que le plaidoyer a déjà été fait de façon intéressante et importante par
mes deux collègues. J'appuie également cette proposition-là, là, qui est tirée
d'une recommandation qui avait été faite. Moi, j'aimerais savoir en quoi est-ce
que, peut-être, là... on dit souvent que le législateur ne parle pas pour ne
rien dire, là, jusqu'à quel point ce serait le cas si on ajoutait ça. Ça ne me
semble pas porter préjudice à qui que ce soit ou... au contraire, je crois que
réaffirmer cet élément-là me semble clarifier les choses également, mais
j'aimerais avoir un contre-argumentaire qui dit essentiellement que cette
proposition-là est négative à quelque... à quelque égard que ce soit, là.
Sinon, effectivement, le message est
plutôt négatif, et je ne vois pas pourquoi, là, ici, on ne fait pas l'effort
supplémentaire pour clarifier les choses. Ça me semble être l'objectif de l'amendement
de ma collègue de Robert-Baldwin.
Le Président (M. Provençal)
:M le ministre mentionne qu'il n'a pas
de commentaire. Autres interventions sur cet amendement? Oui, Mme la députée.
Mme Garceau : Je reviens. Je
remercie mon collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne, concernant les propos de Mme
Laurent à ce sujet-là, parce que, lorsqu'elle est venue en commission
parlementaire, en consultations particulières, je devrais dire, et... elle
avait fait le point, qui était très, très important pour elle, et je l'avais
déjà mentionné, M. le ministre, concernant le fait que, suite au dépôt du
rapport, première recommandation phare, c'était la charte. Commissaire était
après la charte.
Et c'est sûr et certain que, pour Mme
Laurent et cette commission, c'était fondamental d'avoir... et elle l'a
exprimé, et les anciens commissaires aussi, que, si on ne va pas avoir une
charte bientôt après le commissaire, il faut au moins prévoir cet amendement au
préambule. Ça faisait partie de son argumentaire. Et donc, là, compte tenu que,
la charte, on l'a reporté à la troisième phase, et on verra à la troisième phase,
et donc ça <pourrait...
Mme Garceau :
...que
la charte, on l'a reporté à la troisième phase, et on verra à la troisième
phase, et donc ça >pourrait être plusieurs années, d'autant plus
l'importance de prévoir que l'enfant est une personne à part entière dans la
société et est un sujet de droit.
M. Carmant : Mais je vous
entends puis je vous ai déjà dit ce que... la suite des choses, là, par rapport
à la phase deux, la phase trois, puis c'est... nous, on va pousser pour ça, là,
ne vous inquiétez pas.
Mme Garceau : J'ai... Puis je
vais revenir à ce que mon collègue a mentionné, là, honnêtement, sur cet
amendement, je ne comprends pas l'hésitation de confirmer. C'est implicite.
Pourquoi est-ce qu'on a une hésitation à l'exprimer? C'est ça que la commission
Laurent... Vous avez dit, M. le ministre, que c'est... c'est votre guide. Bien,
qu'on l'utilise aujourd'hui puis qu'on intègre dans le préambule ce principe
fondamental. Parce qu'il n'y aurait peut-être pas eu cette recommandation phare
de nommer un commissaire au bien-être aux droits des enfants si on n'aurait pas
reconnu qu'un enfant est sujet de droit. C'est parce qu'un enfant est sujet de
droit que, là, on va nommer un commissaire pour s'assurer que ses droits soient
protégés.
• (11 h 30) •
Je... je ne comprends pas cette hésitation.
Ça semble être tellement clair comme de l'eau de roche, là. Je ne le sais pas,
honnêtement. Il me... il me semble qu'on ne fait pas... on ne fait pas justice,
on ne fait pas justice à... au... à l'esprit, à l'esprit de ce projet de loi,
au cœur de ce projet de loi, des fonctions... Et pourquoi est-ce qu'il est là,
le commissaire? Regardez, on va... regardons les fonctions et ses pouvoirs.
Tout est lié au fait qu'un enfant est un sujet de droit.
M. Carmant : Puis nous, on a
dit que c'était implicite.
Mme Garceau : Mais... mais
c'est... mais ce n'est pas ça, implicite. C'est la raison pour laquelle... On a
combien de pages d'un rapport de la commission Laurent, là? Et c'est... et
c'est revenu, c'est... c'est une des premières recommandations qui étaient liées
à la charte, qui était la recommandation phare qui devait venir avant la <i>loi
sur le commissaire. Le gouvernement, oui, a décidé de... ils ont... vous avez
pris une décision de reporter cet aspect de la charte, mais au moins
reconnaissons ce principe élémentaire et fondamental dans un projet de loi qui
porte sur... de promouvoir et de protéger les droits des enfants.
M. Carmant : OK, mais j'ai quand
même, les recommandations ici, puis les commissaires recommandent, un,
instituer un commissaire, deux, adopter une charte, ensuite, trois, réaffirmer
clairement que les... les droits des enfants en protection de la jeunesse. On
suit quand même ce qui est dans le chapitre un, là. Puis... M. le Président,
comme je vous dis, je comprends, mais c'est ça, je peux... je ne peux pas... je
n'irais pas là.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Là, M. le
Président, je... honnêtement, je ne la comprends pas, parce que c'est comme
défaire tout ce qu'on vient de faire pendant des mois, là. Si on n'est pas
capables, en commission, de s'entendre sur le fait de l'état juridique actuel
puis de le réaffirmer dans un préambule, pas dans un article contraignant, dans
un préambule, là... Je ne fais jamais ça, mes collègues de la banquette
gouvernementale, là, vous allez voter, là, puis vous allez battre un amendement
puis un ajout pour reconnaître que l'enfant soit un sujet de droit en société
québécoise. Je... je ne la comprends pas. Je ne la comprends pas. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, Mme la députée.
Mme Prass : ...dans le même
sens que mes collègues...
11 h 30 (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...merci.
Le Président (M. Provençal)
:Oui, Mme la députée.
Mme Prass : ...aller dans le
même sens que mes collègues, le but de ce projet de loi et du commissaire, c'est
de protéger un enfant, qui est une personne à part entière dans une société et
un sujet de droit. Encore une fois, c'est le préambule, on veut donner le sens
au commissaire, le sens à tout ce qu'il va pouvoir faire et tous ses pouvoirs,
mais aussi, justement, de l'enfant en tant que tel, pour lequel lui, il va être
responsable, pour le bien-être, pour la population des enfants. Donc, si c'est
implicite, pourquoi ne pas le rendre explicite, le mettre noir sur blanc,
justement, avec ce qui a été mis dans le... Ce que le collègue a lu dans le
rapport de la commission Laurent, il y a des gens qui se questionnent et qui n'ont
pas la même interprétation. Donc, pour vous, pour nous, c'est peut-être
implicite, mais, pour que ça soit explicite pour tout le monde, c'est une
phrase qui dit...
Justement, vous dites, ça existe déjà, c'est
déjà reconnu. Donc, je ne comprends pas non plus quel est le mal d'ajouter ces
quelques mots dans le préambule... dans le préambule d'un projet de loi pour le
bien-être des enfants. Le strict minimum, c'est de reconnaître qu'ils sont des
personnes à part entière et un sujet de droit. Donc, j'ai aussi énormément de
difficultés et je ne comprends pas le sens du commissaire sans reconnaître cet
élément-là.
M. Carmant : Je n'ai rien à
ajouter, M. le Président. Je me suis exprimé sur ce cas.
Le Président (M. Provençal)
:Merci, M. le ministre.
Une voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Vote nominal? Non. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Bien, je veux
juste rajouter le fait qu'on est quand même en train de procéder, là, aux
derniers travaux parlementaires pour l'adoption d'un commissaire aux droits des
enfants puis on se refuse à reconnaître que l'enfant est un sujet de droit. Moi
aussi, j'ai beaucoup de difficulté à comprendre cette résistance-là, cette
réserve. Que l'enfant est une personne à part entière dans la société, ça me
semble, évidemment, quelque chose à rappeler, dans la mesure où tout le travail
qu'on est en train de faire là découle de tragédies, d'une tragédie en
particulier, mais de tragédies qui continuent au Québec, et qu'il faut
évidemment contrer, et qui, parfois, ont leur source dans le fait qu'on ne
considère pas que l'enfant, c'est une personne qu'on doit... dont on doit
respecter les droits, comme si c'était la propriété de parents et qu'ils n'avaient
pas cette reconnaissance-là. Donc, je pense que ce n'est pas fortuit. Ce n'est
pas suffisant de faire cette reconnaissance-là de façon implicite.
Le faire de façon explicite dans ce
cadre-ci, où on adopte, là, justement, la mise en œuvre d'un commissaire à la
protection des droits des enfants, ça me semble l'endroit pour le faire. À l'inverse
de ce qu'on disait tout à l'heure, là, sur, par exemple, la reconnaissance du
droit à l'autodétermination des peuples autochtones ou des Premières Nations,
et tout ça, où on dit : Bien, on va le faire ailleurs, là, ici, il n'y a
pas de «ailleurs». C'est ici qu'il faut le faire. On ne peut pas reconnaître
ailleurs, dans un autre cadre législatif, dans un autre projet de loi, ce sur
quoi porte le projet de loi. Et il porte sur le droit des enfants, sur sa
reconnaissance, sur sa protection, sur le fait que l'enfant doit être reconnu
une personne à part entière, et que l'État doit le protéger à travers la mise
en place d'un commissaire, notamment.
Alors là, il me semble qu'on ne peut pas
tergiverser. Est-ce que la résistance, elle est... elle est politique? Est-ce
qu'elle est juridique? Je ne comprends pas.
M. Carmant : ...
Le Président (M. Provençal)
:Pas de commentaire, M. le ministre?
M. Carmant : Pas de
commentaire.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va.
M. Carmant : ...prendre les
coups.
Le Président (M. Provençal)
:Y a-t-il d'autres interventions?
Sinon, Mme la députée de Robert-Baldwin a
demandé un vote nominal. Alors, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Contre.
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :Contre.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement qui
avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est rejeté.
Je reviens toujours au préambule amendé. Y
a-t-il d'autres interventions?
Mme Garceau : Oui, M. le
Président. J'ai un autre amendement à soumettre.
Le Président (M. Provençal)
:Est-ce que nous l'avons reçu, Mme la...
Alors, on va la... on va projeter l'amendement. Alors, Mme la députée, je vous
invite à nous en <faire...
Le Président (M. Provençal)
:
...on va la... on va projeter
l'amendement. Alors, Mme la députée, je vous invite à nous en >faire la
lecture.
Mme Garceau : Oui. Donc, le
préambule du projet de loi tel qu'amendé est modifié :
1 ° insérer, dans le septième alinéa et
après «la promotion», «et la protection»;
2° remplacer, dans le septième alinéa «et
du respect des droits des enfants» par «ainsi que du respect de tous les droits
de tous les enfants;».
Donc, le libellé se lirait ainsi :
«Considérant qu'il est nécessaire qu'une
personne soit vouée exclusivement à la promotion et la protection du bien-être
ainsi que du respect de tous les droits et... de tous les enfants;».
Donc, M. le Président, si vous me
permettez...
Le Président (M. Provençal)
:Oui, allez-y.
Mme Garceau : ...c'est suite,
évidemment, à la révision de... et des amendements de toutes les fonctions du
commissaire, les pouvoirs du commissaire qu'il va pouvoir exercer, et également
à la lumière de certaines fonctions, et plus particulièrement l'article 5, le
cinquième... non, je voudrais dire le sixième sous-paragraphe, lorsqu'il va
évaluer la mise en œuvre des programmes et la prestation des services qui sont
destinés aux enfants, et qui relèvent des organismes publics. On a vraiment eu
de bonnes discussions, des échanges au niveau de l'étendue, de qu'est-ce que ça
implique, ce sous-paragraphe, et, à la lumière, donc, de cette... de cette
fonction, mais aussi les recommandations, les articles... il y a eu des
amendements... les articles 11 et suivants, concernant les recommandations que
le commissaire va pouvoir émettre, le suivi de ces recommandations-là, qu'il va
pouvoir, également, le déposer à l'Assemblée nationale, ça donne un peu le
mordant, si je peux dire, au niveau des fonctions et des pouvoirs du
commissaire.
• (11 h 40) •
Et donc il y a un élément de protection,
parce que cette partie-là, de ses fonctions, vont être vraiment pour améliorer
le système de protection, bonifier le système de protection des enfants, et
donc, pour moi, il semblait absolument essentiel d'ajouter le mot... à la «promotion»
du bien-être, mais aussi à la «protection».
Et le Barreau avait également soumis des
recommandations concernant la deuxième partie du... de cet amendement,
concernant le respect de tous les droits de tous les enfants. Donc, j'ai repris
également, là, la recommandation du Barreau à ce sujet.
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Oui. Bien,
peut-être juste... Je comprends l'enjeu d'introduire le mot «protection», là,
mais dans... ailleurs, on parle de la protection de l'intérêt, donc peut-être
qu'on pourrait mettre «promotion du bien-être et protection de l'intérêt», si c'est
dans le sens de ce que vous mentionnez. «De tous les droits de tous les
enfants», moi, je n'ai pas de... je n'ai pas d'enjeu avec ça, là. Je ne sais
pas s'il y a de la redondance dans le terme, là. Mais de... Quand on parle de...
«de tous les droits de tous les enfants», je ne sais pas si... Est-ce qu'on
peut peut-être suspendre ou est-ce qu'il y a d'autres commentaires à ce
moment-ci?
Le Président (M. Provençal)
:Oui, on suspend, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
(Reprise à 11 h 48)
Le Président (M. Provençal)
:Alors, nous reprenons nos travaux. Je
rappelle que nous sommes toujours sur des amendements au niveau du préambule.
Il y avait un amendement qui avait été déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin,
mais je constate, avec le nouveau document qu'on m'a remis, qu'il y a eu des
modifications dans le libellé. Alors, je vais juste...
Ça va aller? Alors, dans un premier temps,
je pense qu'on va retirer l'amendement que vous aviez déposé.
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
:Alors, vous retirez. Consentement
pour retirer l'amendement qui avait été déposé?
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
: Et maintenant, Mme la députée, je vais vous inviter à nous
faire lecture du nouveau libellé de votre amendement.
Mme Garceau : Oui. Donc, M.
le Président :
Remplacer le septième paragraphe du
préambule tel qu'amendé par le suivant :
«CONSIDÉRANT qu'il est nécessaire qu'une
personne soit vouée exclusivement à la promotion du bien-être et du respect des
droits de tous les enfants et à veiller à la protection de l'intérêt de
l'enfant;».
• (11 h 50) •
Le Président (M. Provençal)
:M. le ministre.
M. Carmant : Bien, c'est
conforme à la discussion. Moi, je pense que c'est un amendement qu'on pourrait
intégrer au préambule.
Le Président (M. Provençal)
:Ça va? Interventions? M. le député de
Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Plus dans
le... le formuler comme... «qu'il est nécessaire qu'une personne soit vouée
exclusivement à la protection du bien-être et du respect de tous les enfants...»
Et «veille à la protection». Je trouve ça bizarre de... «et de veiller», mais,
je veux dire, si vous êtes à l'aise dans... Je trouve ça bizarre de revenir à
l'infinitif, là, mais... «une personne soit vouée... et qu'il veille à la
protection» ou... en tout cas, «et à veiller». Je vous pose la question légale.
En français, je ne suis pas certain du...
Le Président (M. Provençal)
:«Ainsi que». Donc, on remplacerait...
on ferait une correction de forme, c'est-à-dire «de tous les enfants et à
veiller à la protection de l'enfant dans l'intérêt de l'enfant»? Est-ce que
c'est ça, votre propos, M. le député?
M. Cliche-Rivard : Je ne sais
pas si ça serait la meilleure formulation non plus. Peut-être, je vais laisser
ça à la discrétion de l'équipe légale sur la terminologie exacte ou la
construction de phrase exacte. Mais là le «de» est problématique.
M. Carmant : Je suggérerais
«à la veille de la»...
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:...de la protection de l'enfant».
Des voix : ...
Le Président (M. Provençal)
:Alors donc, le nouveau... le libellé,
avec la correction de forme, ce serait «du respect des droits de tous les
enfants et à la veille de la protection de l'intérêt de l'enfant».
On va... On va simplement recorriger. Je
suspends quelques minutes, le temps qu'on ajuste le texte, parce qu'il y a plus
d'un mot. Mme la secrétaire préférerait qu'on ait le texte modifié.
Alors, on suspend quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 52)
(Reprise à 11 h 56)
Le Président (M. Provençal)
:Nous reprenons nos travaux. Alors, je
vais demander à Mme la députée qu'on puisse retirer l'amendement pour déposer
l'amendement corrigé. Alors, consentement pour retirer l'amendement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, je vous invite maintenant
à nous faire lecture de votre amendement.
Mme Garceau : Remplacer le septième
paragraphe du préambule tel qu'amendé par le suivant :
«CONSIDÉRANT qu'il est nécessaire qu'une
personne soit vouée exclusivement à la promotion du bien-être et du respect des
droits de tous les enfants et à la veille de la protection de l'intérêt de
l'enfant;».
Le Président (M. Provençal)
:Merci. Alors, M. le ministre.
M. Carmant : Oui, c'est
conforme à ce qui a été discuté. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous
procédons... nous allons procéder à la mise aux voix. Par appel nominal, Mme la...
Mme Garceau : ...
Le Président (M. Provençal)
: Alors, par appel nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire : Mme Prass
(D'Arcy-McGee)?
Mme Prass : Pour.
La Secrétaire : M. Carmant
(Taillon)?
M. Carmant : Pour.
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
M. Chassin :Pour.
La Secrétaire : Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Pour.
La Secrétaire : Mme Gendron
(Châteauguay)?
Mme Gendron : Pour.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Pour.
La Secrétaire : M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne)?
M. Cliche-Rivard : Pour.
La Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
La Secrétaire : M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Le Président (M. Provençal)
:Abstention. Alors, l'amendement
déposé par Mme la députée de Robert-Baldwin est donc adopté.
Y a-t-il maintenant des interventions <sur...
Le Président (M. Provençal)
:
...par Mme la députée de
Robert-Baldwin
est donc adopté.
Y a-t-il maintenant des interventions >sur
le préambule amendé?
S'il n'y a pas d'autre intervention sur le
préambule amendé, est-ce que le préambule amendé est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Merci. Maintenant, est-ce que
les intitulés des chapitres et des sections, tels qu'amendés, sont adoptés?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Est-ce que le titre du projet
de loi est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Je propose que la commission
recommande la renumérotation du projet de loi amendé. Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Je propose que la commission
adopte une motion d'ajustement des références. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Provençal)
:Adopté. Alors, nous en sommes
maintenant à l'étape des remarques finales. Je vais donc céder la parole au
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Est-ce qu'on a
un temps limité? Je ne serai pas long, de toute façon, là. J'oublie.
Le Président (M. Provençal)
:C'est 20 minutes.
M. Arseneau : 20 minutes.
Je ne ferai pas 20 minutes. On aura l'occasion d'y revenir pour l'adoption
finale. Alors, tout simplement pour mentionner que ce projet de loi là était
important, que la nomination du commissaire, c'est une recommandation-phare de
la commission Laurent qu'il fallait mettre en œuvre, et qu'on y arrivera grâce
au travail parlementaire qui a été réalisé au cours des dernières semaines.
Nous avons fait une pause, je pense, qui a été salutaire aussi pour arriver à
une conclusion, qui, somme toute, je pense, pourra rallier l'ensemble des
parlementaires. Évidemment, il y a des propositions qui ont été faites qui
auraient pu aussi bonifier encore davantage le projet de loi, mais, somme
toute, nous arrivons à des conclusions qui seront positives, je crois, pour les
enfants du Québec, et c'est ce qui est important.
• (12 heures) •
Plusieurs éléments ont pu être bonifiés ou
améliorés dans l'étude du projet de loi que nous avons réalisée. Je pense,
notamment... là, j'y vais un peu de mémoire, le processus de consultation des
jeunes qui a sensiblement été amélioré à travers la nomination, la mise en
place éventuelle de comités consultatifs régionaux, je pense que c'était la
chose à faire. Tout... La question, également, là, du rapport sur la mise en
œuvre de cette loi-là qui est devancé, plutôt que reporter à cinq ans, on le
devance à trois ans. Donc, il faut assurer un suivi serré de ce... de ce travail,
de ce continuum aussi d'actions qui sont mises en place par l'État du Québec.
Et je pense que c'était également la chose à faire, parce qu'au jour le jour
nous avons la responsabilité d'améliorer le bien-être et la protection des
droits des enfants. Ça va de soi. Donc, ce sera une étape importante.
La question du suivi, également, des
recommandations que le... qu'il soit très clair que le commissaire a un rôle de...
d'étudier les différents enjeux, de pouvoir avoir accès aussi aux lieux sur
demande, là où... Les centres jeunesse, par exemple, dans les différents
organismes, je pense que c'est une bonne chose, mais que les recommandations
soient faites et qu'on s'assure qu'il puisse y avoir un suivi, que le
commissaire ait la responsabilité, voire le devoir de faire ce genre de
recommandations pour l'amélioration des politiques publiques ou des pratiques,
évidemment, c'est fondamental, mais qu'il puisse également s'assurer d'un suivi
et poser des questions sur la suite des choses et la mise en œuvre des
recommandations ou des avis qu'il peut exprimer.
La communication avec les... le bureau du
coroner et, il faut que ce soit très clair aussi, le suivi sur les décès
d'enfants, les décès également des personnes de 18 à 25 ans, je pense que
les clarifications qui ont été apportées étaient nécessaires.
Le lien avec les organismes publics, bien
entendu, mais qu'on reconnaisse également que les organismes communautaires ont
un rôle fondamental à jouer, que le commissaire doit être en lien avec ces organismes
qui oeuvrent en matière de jeunesse, c'est... c'est fondamental également.
Pour, évidemment, le morceau le plus
important aussi concernant la coconstruction, là, de... avec les Premières
Nations et les Inuits, bien, d'abord, il y a des amendements qui ont été
apportés, là, sur les termes utilisés, c'était important de le faire, mais
également de mettre de côté ce... cette intention au... initiale de nommer un
commissaire associé pour les Premières Nations et... les enfants des Premières
Nations et des Inuits, c'était...
12 h (version révisée)
M. Arseneau : ...de nommer un
commissaire associé pour les Premières Nations et... les enfants des Premières
Nations et des Inuits, c'est le... c'était la bonne chose à faire, d'aller
encore plus loin en reconnaissant évidemment que les Premières Nations et les
Inuits sont les mieux placés pour savoir ce qui est le meilleur pour leurs
enfants. Là aussi, on le... on le fait de façon explicite, et c'est tant mieux.
Je pense qu'il y aura encore beaucoup à faire, qu'on puisse aussi, là, s'assurer
que, le cas échéant, si certains... certaines nations souhaitent collaborer
avec l'État du Québec pour assurer un filet de protection et la défense des
droits de leurs enfants... que tout ça soit fait en collaboration, c'est tant
mieux également.
Alors, là-dessus, bien, je souhaite que l'on
puisse poursuivre le travail d'ici les prochaines heures pour que ce projet de
loi là devienne loi et que la mise en œuvre de... du bureau du commissaire soit
faite dans les délais les plus brefs pour qu'on puisse voir rapidement des
résultats pour l'ensemble des enfants du Québec. Je pense que c'était une
responsabilité qui nous incombait, de terminer le travail avant la fin de cette
session parlementaire. Je pense que nous avons collaboré. Le ministre et ses
équipes, la partie gouvernementale et tous les partis d'opposition se sont, je
pense, ralliés autour de l'objectif commun, et c'est l'important. Donc,
souhaitons qu'il en soit ainsi, là, pour la suite des choses, et que nous
puissions justement arriver avec des résultats constamment meilleurs pour les
enfants du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le député. Je cède
maintenant la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président.
D'abord, je reviens à remercier les
groupes qu'on a entendus en ce début d'année. Quand même, c'était en... au
début de notre session parlementaire. Merci au public qui nous a constamment interpelés
au courant des dernières semaines, qui nous a beaucoup alimentés, les
journalistes également qui nous ont révélé plusieurs choses, qui ont permis de
faire avancer notre réflexion sur plusieurs éléments. Je pense que, sans le
travail d'enquête de certains médias, on aurait difficilement pu aller aussi
loin.
Merci à ceux et celles qui sont venus
témoigner ici, mais aussi ceux qui sont venus témoigner à la commission Laurent.
Je pense qu'on leur doit énormément du travail qu'on est à mettre en œuvre, et
il faut le rappeler, là, qu'ils et elles sont... se sont d'abord présentés là à
ce moment-là, c'est grâce à... c'est grâce à elles et à... c'est grâce à eux
tous et toutes. Merci au ministre. Merci à son équipe. Vous avez été fort
utiles et instructifs. Merci aux oppositions, évidemment. Merci, M. le
Président. Vous nous avez bien arbitrés, de main de maître, comme on a l'habitude,
à la CSSS, donc, en espérant vous revoir très bientôt.
Évidemment, ce fut, M. le Président, une
étude détaillée assez détaillée, on va se le dire, assez extensive. On a quand
même modifié plusieurs choses du projet de loi, là. Sincèrement, je pense, c'était
mon neuvième, peut-être, projet de loi dans la dernière année, là. J'ai
rarement vu, et j'en remercie le ministre, autant d'ouverture à bonifier ou à
compléter puis à élargir certains éléments. Donc, ça nous permet quand même d'ajouter
notre... notre grain de sel, là, ou, en tout cas, notre épaule à la roue dans
ces projets de loi là importants. Donc, c'est une ouverture qui est appréciée.
Je pense notamment à l'accès aux lieux,
accès aux centres jeunesse, accès aux établissements où sont les jeunes. Je
pense que c'est quelque chose qu'on est venus consolider dans le projet de loi,
qui est assez important, assez fondamental. Je pense aussi à l'accès aux jeunes.
Il y avait évidemment, sous le régime de la LPJ, des enjeux de confidentialité,
des enjeux de jeunes vulnérables, des enjeux d'accès à leurs témoignages en
toute confidentialité qu'on est venus aussi clarifier pour être sûrs que le ou
la commissaire ait vraiment les coudées franches pour faire son travail dans un
volet systémique, évidemment, et non pas individuel, mais, quand même, c'est
assez important.
On est venus aussi consolider l'accès aux
documents en modifiant la LPJ, notamment, pour être certains que le commissaire
ou la commissaire puisse avoir les informations nécessaires pour faire son
travail, et ça, je pense que c'est des éléments considérables qu'on est venus
ajouter pour bonifier le projet de loi. Je pense notamment... Puis on a vu
quelques scénarios, là, médiatiques, mais aussi qu'on connaît, à travers la
session. On a parlé que, justement, le commissaire serait en mesure de se
rendre à <i>Mont-Saint-Antoine, si c'est ça qu'il voulait faire, qu'il
pourrait entrer. On a parlé de son badge du commissaire, là, qu'il pouvait
entrer puis que ça serait son pouvoir, évidemment, à toute heure raisonnable.
Je pense à Cartier, où il y a des éléments, ou des discussions, ou des enquêtes,
ou des volets de vérification <systémique sur ce qui se passe, sur les
procédures...
M. Cliche-Rivard :
...ou
des volets de vérification >systémique sur ce qui se passe sur les
procédures. Je pense à ce qu'on a lu aujourd'hui, dans La Presse, sur la
hausse des isolements, la hausse des mesures de contention. Il y a des éléments
là où, de manière systémique, le commissaire va intervenir, va pouvoir
intervenir, va pouvoir consulter, va pouvoir voir les documents, va pouvoir
entrer, va pouvoir vérifier.
Donc, il y a là un moment et un élément
fort important, tout ça en lien avec 5, deux, 6°, là. On en a parlé souvent, de
son pouvoir de vérification des services gouvernementaux, et puis on a fait
quand même le tour du portrait, à savoir tout ce qui était inclus puis à quel
point le commissaire, finalement, pourra se donner des orientations puis pourra
se donner le pouvoir d'aller enquêter là où il jugera que ce sera bon de le
faire puis là où il juge que son mandat sera... sera impliqué, et on est venus
quand même défaire plusieurs barrières, qui n'étaient pas nécessairement des
barrières explicites, mais qui pouvaient comme compliquer l'état des choses
puis compléter... compliquer son... sa libre manœuvre puis sa volonté d'aller
directement là où il voulait, quand il voulait. Donc, je pense qu'on est
véritablement venus bonifier ça.
Évidemment, on lui a ajouté, à 11.1, 11.2,
11.3, d'importants pouvoirs de suivi et de recommandation autant auprès de
l'organisme qu'auprès du gouvernement. C'est des choses qui ont été étudiées.
Bon, évidemment, on aurait souhaité que ce soit fait auprès de l'Assemblée
nationale, mais on a déjà un pas de plus de fait dans le fait qu'on s'assure
qu'il y ait des recommandations qui puissent monter. On a aussi, conséquemment...
puis on a fait l'exercice, là, de valider que chaque pouvoir avait un lien dans
ses fonctions. On est venus ajouter un élément là-dessus pour être sûrs que ce
soit le travail du commissaire, à 5, deux, 6°, là, de faire ces recommandations-là,
de faire ces suivis-là.
Un pas important, évidemment, puis un pan
important de ce projet de loi là, ça a été la question du transfert ou non des
pouvoirs de la CDPDJ, évidemment, vers le commissaire. Évidemment qu'on avait
un rapport Laurent qui nous disait oui. On a ensuite Mme Laurent qui est venue
nous dire : Pas maintenant ou pas tout de suite. Il y a eu des débats sur
cette question-là de manière extensive dans la commission. Bon, on en est venus
à une position où il y a la création d'une table justice jeunesse, là, où il y
aura vraiment des choses qu'on va attendre de manière rapide, le plus rapide
possible, parce que, le ministre l'a admis, le statu quo ne fonctionnera pas.
On ne transférera pas tous les pouvoirs
aujourd'hui. Cela dit, il y a beaucoup de choses qui sont venues... des
irrégularités, des problèmes, des interprétations différentes, des rôles
différents, mieux compris, mal compris, entre la CDPDJ, les avocats, les
avocates, les jeunes, les collectifs. Donc, il y a, véritablement, là... On
ferme, aujourd'hui, le chapitre du commissaire, mais on est très, très loin de
fermer le chapitre du rôle de la commission des lésions, du rôle individuel
curatif ou, en tout cas, de la fin de la lésion de droit dans les dossiers
individuels. Donc, il va y avoir là un autre pan, je pense, assez rapide qu'on
va devoir, tous et toutes, étudier, et, je le souhaite, rapidement.
• (12 h 10) •
Donc, les limites des responsabilités pour
tous les enfants, on est venus aussi clarifier ça. Il y avait, à la lecture, à
la base, l'article 6 qui faisait en sorte que le travail du commissaire,
surtout au sens de la promotion des droits, là, était potentiellement limité.
On est venus faire cette modification-là, fort heureusement, où là le
commissaire aura tous les pouvoirs au sens de la LPJ, la LSJPA, le Code civil,
la <i>charte des droits et libertés, pour tous les enfants, de faire la
promotion de tous les droits, et ça, ce sera évidemment dans son rôle de
promotion, dans son rôle de vérification de l'information, d'être certain que
ce soit fait.
Et on est venus évidemment ajouter la
DRSP, la DNPJ, le Protecteur national de l'élève pour être sûrs que, vraiment,
tous les partenaires soient là et que... vous en parlez souvent, là, le nouveau
régime, ou, en tout cas, les nouveaux acteurs, le Protecteur du citoyen, PNA, dans
le sport ça s'en vient... qu'il y ait vraiment une cohésion où il y a des
entités qui vont devoir se parler, puis qu'il va falloir orienter les gens aux
bonnes places, puis il va falloir qu'il y ait des protocoles qui soient établis
pour que toutes... toutes ces personnes-là puis tous ces acteurs-là soient
capables, quand même, de faire leur rôle ensemble, mais dans leurs perspectives
précises, individuelles, qui sont les leurs. Donc, évidemment que ces
nécessités de collaboration là vont être importantes.
Évidemment, les nouveautés aussi, c'est
les... le volet régional, représentatif du comité de jeunes, au moins une fois
par année, mais on s'est dit que ça allait être beaucoup plus, incluant le
volet jeunesse des centres jeunesse, où, vraiment, il y aura une vérification,
l'élargissement de la vigie pour tous les enfants, les enfants vulnérables,
moins de 25 ans aussi, avec le coroner, donc, d'être certains qu'il y aura un
suivi qui est fait, parce qu'on sait qu'il y a une population vulnérable... qui
sont, malheureusement, ou qui voient, malheureusement, leur trajectoire être
plus difficile. Donc, il y a un travail à faire là.
La place du communautaire, on en a parlé,
on est venus la consolider aussi dans le début de l'article 5, évidemment, pour
être sûrs qu'il soit partie à la solution quand vient le temps d'aller chercher
les préoccupations. On va avoir un rapport de mise en œuvre dans trois ans au
lieu de cinq ans. Ça, c'est assez positif. On a replacé la convention dans
l'article 5, la Convention relative aux droits de l'enfant. Donc, ça, c'est un
élément important. On est venus consolider, réaffirmer que la violence est
inacceptable <envers les enfants...
M. Cliche-Rivard :
...réaffirmer,
consolider, réaffirmer que la violence est inacceptable >envers les
enfants dans le préambule. Ça, c'est quelque chose qu'on ne cessera de dire,
puis on le redira, puis on le redira, mais ça n'a pas sa place au Québec, que
la charte des droits et libertés protège les enfants, que la LPJ protège les
enfants.
Et évidemment l'énorme volet qui nous a
beaucoup occupés, sur les PNI, Premières Nations et Inuits, là où on était au
jour où on les a entendus, évidemment que ça ne faisait pas... ça ne
fonctionnait pas. Est-ce qu'on est arrivés à complètement assurer de mettre en
place, là, pour reprendre les mots du chef Picard, le feu vert qui était
attendu? Je pense que ce n'est pas ce qui était ses mots finaux, mais est-ce
que, finalement, on a avancé? Est-ce qu'on a fait un pas dans la bonne
direction? Je pense que oui. Il reste beaucoup de travail à faire.
La réconciliation historique, ça ne se
fera pas en un seul projet de loi, mais, quand même, je veux saluer, M. le
ministre, qu'on a été capables de les réentendre, qu'on a été capables quand
même de faire valoir leurs amendements, qu'il y a eu des décisions politiques
qui se sont prises sur leurs amendements, qu'on a été capables de les entendre
en briefing technique, qu'on ait pu avoir le... réavoir les avis du chef Picard.
C'est quand même un élément qui est considérable. Je nous invite à ce qu'on
continue de fonctionner comme ça ou, en fait, de faire mieux, là, en amont, de
davantage travailler pour être sûrs que les éléments qui peuvent être entendus
en amont le soient. C'est ce que les Premières Nations et Inuits sont venus
nous dire de toute façon.
Évidemment, on accueille, là, que, là, il
y aura le changement de nom, qu'on ne fonctionnera plus avec «peuples autochtones»,
mais qu'on aura «Premières Nations et Inuits». Ça, ça a été bien ajouté aussi.
À se demander ce qui arrivera dans le PL sur la sécurisation culturelle avec ce
volet-là, la collègue en parlait, il y a la décision de la Cour suprême qui est
venue quand même chambouler le narratif un petit peu et l'élément... la ligne
directrice de ce projet de loi là, évidemment. Vous l'avez dit, M. le ministre,
là, face à la réponse de C-92, tout reste à faire, là. On n'en est pas entré...
on n'y est pas entré, dans ce débat-là. Évidemment que ça a... disons, ça a
influencé la tangente ou c'est venu contraindre la tangente parce qu'il y a un
arrêt de la Cour suprême, là. Cela dit, la réponse législative devra venir
assez rapidement. Vous en avez parlé. Donc, de tout ça en a découlé le
commissaire adjoint.
Donc, on a encore beaucoup de boulot à
faire. On va surveiller ça avec attention. Il y a des éléments, donc, table
justice, le volet des ententes avec les PNI, le volet de ce qui s'en vient avec
C-92, la suite... Bref, on travaille, on fait un pas, mais il reste encore
beaucoup de boulot devant nous, puis comptez sur notre collaboration pour le
faire. Merci.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le député. Je vais
céder maintenant la parole à Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. Le temps est venu pour moi de remercier... remercier
le ministre particulièrement pour son écoute. Je sais que ce n'était pas facile
depuis le début, surtout compte tenu des consultations particulières que nous
avons eues, mais c'était important d'écouter tous les groupes et évidemment
surtout les représentants des Premières Nations et des Inuits. Donc, on a fait
quelque chose, je crois, peut-être sans précédent, mais, des fois, pour faire
avancer les choses, il faut porter des gestes pour bonifier un projet de loi ou
au moins d'écouter les gens lorsqu'ils ont des préoccupations très importantes
à faire valoir, et je crois...
Je vous remercie infiniment, M. le
ministre, pour le briefing technique, et mon collègue, également, de
Saint-Henri—Sainte-Anne. Je crois qu'on a avec... Il y a eu cette ouverture,
cette ouverture de collaborer et de voir, avec surtout l'APNQL, comment nous
pouvions bonifier l'amendement proposé dans ce projet de loi qui est quand même
important, qui va faire en sorte que... Nous espérons, nous souhaitons qu'il va
y avoir cette belle collaboration non seulement entre le nouveau commissaire,
la nouvelle commissaire... on verra, je ne vais pas porter de jugement
là-dessus, mais qu'il va y avoir vraiment une belle collaboration parce que
c'est ça qui est souhaité.
Il y a tellement... J'ai rencontré, il y a
quelques semaines, les élus, les femmes des communautés autochtones, et c'était...
la situation des enfants, les conditions de vie, la violence, c'était vraiment
des enjeux, très, très, préoccupants, et ils ont vraiment besoin de notre <aide,
de notre assistance, de notre appui pour...
Mme Garceau :
...et
ils ont vraiment besoin de notre >aide, de notre assistance, de notre
appui pour vraiment créer leur propre système pour qu'ils puissent... pour
qu'ils puissent combler les besoins des... de leurs enfants et d'apporter la
protection qui est... qui est tellement souhaitée et nécessaire.
Je dois dire, sur un plan personnel, en
tant que porte-parole de l'opposition officielle en matière de protection de la
jeunesse, c'est mon premier projet de loi avec... je dois le dire, j'ai été
impliquée dans d'autres projets de loi, mais je n'étais pas la porte-parole.
Donc, je suis fière, je suis vraiment fière du travail que nous avons accompli
ensemble, parti gouvernemental, légistes, M. le ministre, Mme la sous-ministre.
M. le Président, merci infiniment. Vous venez... vous venez toujours intervenir
à des bons moments qui sont vraiment appréciés. Évidemment, ma chère collègue
de D'Arcy-McGee, qui fait en sorte que c'est...
Et on va le dire, évidemment, lors de la
prise en considération et l'adoption du projet de loi, mais je suis fière que
c'est... J'ai contribué. J'ai porté la voix également de certains groupes, de
certaines personnes pour venir bonifier ce projet de loi, un projet de loi
historique. On va se le dire, ça fait longtemps qu'on attend. On va attendre
encore quelques mois encore pour la nomination du commissaire, mais un
commissaire qui est vraiment attendu non seulement de tous les professionnels,
les avocats, les avocates, les gens qui oeuvrent dans le domaine de la
protection de la jeunesse, mais aussi les Québécoises et les Québécois, surtout
compte tenu de... Ça va faire cinq ans maintenant depuis, malheureusement, le
décès tragique de la petite fille de Granby. Le mandat qui a été confié à la
commission...
Et je tiens à remercier infiniment... Je
vais prendre le temps aujourd'hui de remercier Mme Régine Laurent, M. le
vice-président, André Lebon, et tous les commissaires qui ont vraiment
travaillé les heures innombrables et d'arrache-pied pendant deux ans de temps,
4 000 personnes qu'ils ont rencontrées, et tout le travail que ça a
impliqué pour venir, si je peux dire, agrandir le filet de sécurité, le filet
de sécurité et de protection pour les enfants du Québec.
Et donc j'ai... j'ai vraiment bien hâte de
voir le commissaire en action, ou la commissaire en action, dans... peut-être
dans les six prochains mois, parce que ça va être un travail important,
important compte tenu... Puis je ne l'ai pas caché, M. le ministre, puis je ne
le cacherai pas non plus, puis ça va faire partie de toute façon de mes
représentations, oui, il y a eu de grands pas. On a bonifié le projet de loi.
Je ne vais pas répéter, là... Je sais qu'on aimerait peut-être terminer cet
avant-midi. Donc, je ne veux pas répéter, évidemment, tous les bons points de
mes... de mes collègues concernant la façon que nous avons bonifié ce projet de
loi.
• (12 h 20) •
C'est sûr et certain que nous allons
porter, et moi, je vais porter, et je sais que plusieurs vont porter une
attention particulière concernant la table jeunesse justice. Je sais, M. le
ministre, que vous portez... vous misez beaucoup là-dessus, sur les correctifs
nécessaires, que ça soit au niveau de la protection de la jeunesse, que ça soit
au niveau de la CDPDJ. Je sais que vous misez beaucoup là-dessus parce qu'il y
a des lacunes importantes. Il y a des lacunes importantes à régler. On a trop
d'enfants qui souffrent au Québec. On a encore aujourd'hui un article, une
étude, et on en avait parlé. On a eu une discussion ensemble concernant
l'augmentation, en crédits, là, des mesures de contention, des mesures
d'isolement, et là des mesures qui devraient être exercées de façon
exceptionnelle. C'est maintenant... C'est régulièrement utilisé par les
intervenants et les <intervenantes dans des circonstances...
Mme Garceau :
...utilisé
par les intervenants et les >intervenantes dans des circonstances,
vraiment, qui...
Les enfants ne méritent pas d'être placés
que ce soit dans des cellules, dans des unités d'isolement, lorsque ce n'est
pas requis, et c'est parce que, puis c'est mentionné dans l'article... encore
des jeunes intervenants, intervenantes, des membres du personnel, dans des
centres jeunesse, des centres de réadaptation, qui ne sont pas formés puis ils n'ont
pas la formation nécessaire pour gérer, et surtout les enfants qui... qui ont
des troubles de santé mentale, qui ne devraient peut-être pas être dans ces
institutions-là, et je sais que vous êtes au parfum des faits à ce sujet, et
que vous voulez faire quelque chose, et peut-être trouver d'autres options,
mais, vous savez, M. le ministre, on est cinq ans après... cinq ans après le
mandat initial à la commission et, évidemment, trois ans après le dépôt du
rapport de la commission Laurent, et c'est regrettable de voir que la situation
ne s'est pas vraiment améliorée sur le terrain.
Et j'espère que, maintenant, avec un
commissaire qui va avoir, oui, l'autorité, le pouvoir d'entrer dans ces
institutions pour faire l'état des lieux, de parler aux jeunes, parce que
peut-être que, oui, il y a la CDPDJ, il y a la protection de la jeunesse, il y
a le Protecteur du citoyen et autres... mais j'ose croire que le Commissaire au
bien-être et aux droits des enfants va jouer un rôle très important dans ce
filet de sécurité au niveau de la protection de nos enfants et de la jeunesse et
j'ose croire que nous allons voir des résultats sur le terrain, parce que c'est
ça qu'on entend souvent, et on l'entend des... même des intervenants, les
intervenantes de la DPJ, les procureurs qui oeuvrent dans le domaine.
On l'a vu, avec le regroupement des <i>Auberges
du coeur, le <i>collectif des ex-placés de la DPJ, que les problèmes
persistent, les problèmes qui n'ont pas été réglés, les lacunes dans le système,
dont la commission faisait part, qui persistent encore aujourd'hui, et on parle
évidemment... les signalements, les fouilles à nu, les lésions de droit, et
plus particulièrement les lésions de droit. Il y a eu une augmentation
importante surtout de dossiers d'agressions sexuelles, qui ne sont pas reconnues
en soi comme étant des lésions de droit. Pour moi, c'est un sérieux problème,
et j'espère qu'on va voir des changements et que les enfants vont voir les
changements au niveau de... que leurs droits vont être de plus en plus protégés
dans un avenir rapproché.
Donc, sur ce, M. le Président, merci
beaucoup et...
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, Mme la députée. À
moins qu'il y ait d'autres interventions, je vais céder la parole à M. le
ministre.
M. Carmant : Oui, bien, merci
beaucoup, tout le monde. Je vais essayer d'y aller quand même rapidement, là.
Je tiens à remercier tous mes collègues
qui... de ce côté-ci de la table, qui m'ont soutenu au cours des derniers mois,
les équipes ministérielles, les juristes qui, également, étaient avec moi tout
ce temps-ci, M. le Président, vous et votre équipe, qui faites, comme
d'habitude, un travail remarquable.
Puis je terminerais avec mes
collègues des oppositions, qui, je pense, puis je confirme, en fait, m'ont aidé
à améliorer ce projet de loi de façon significative. Tu sais, quand on... quand
on parle des enfants, il faut vraiment essayer d'être le plus transpartisan
possible. C'est la seule façon d'améliorer les choses. Puis je sais que nos
visions ne sont pas toutes les mêmes, mais j'étais très heureux de voir qu'on
voulait tous améliorer la <situation de nos...
M. Carmant :
...mais
j'étais très heureux de voir qu'on voulait tous améliorer la >situation
de nos enfants.
Puis, comme il me reste deux minutes, je
vais vous amener à rêver avec moi, là, à rêver d'un Québec, là... parce qu'on a
beaucoup parlé de la protection de la jeunesse, puis dans vos... dans vos discours
de fermeture également, mais à rêver d'un Québec où le commissaire va nous
aider à amener tous les services pour nos 1,8 million d'enfants, que ce soit à
la naissance, dans la première année de vie, c'est que les services éducatifs
soient présents, là, pour tous nos jeunes au Québec, que les services
alimentaires soient adéquats pour tous nos jeunes au Québec, que tous les
enfants du Québec, que tous les parents aient droit à un accompagnement
adéquat, que ce soit pour leur santé mentale, pour leur toxicomanie ou pour
toute autre chose, que, quand on arrive à l'école... que notre protecteur...
que notre commissaire travaille avec le protecteur de l'élève pour s'assurer
que le... que chacun ait ses droits de... qui soit... connaisse ses droits, et
ses droits respectés dans le milieu scolaire, qu'il n'y ait pas de violence
dans nos milieux scolaires, que les choses s'améliorent, que ceux qui arrivent
à l'âge de l'adolescence connaissent leurs droits, connaissent le droit par
rapport au... à leur... à leur environnement familial également.
C'est des choses fondamentales que... que
tous nos jeunes Québécois méritent. Puis, tu sais, il y a 1,8 million d'enfants,
il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup qui ont des besoins de tous les genres,
à tous les niveaux, puis ça, ça va être superimportant, pour moi, que le
commissaire, il regarde tout ça, et puis je vous remercie de m'avoir laissé
cette latitude-là, mais je peux vous garantir, ça, je tiens à vous le dire, je
peux vous le garantir, que... qu'il va avoir un oeil particulier sur nos jeunes
à la protection de la jeunesse. Tu sais, vous m'en avez bien conscientisé, là,
qu'il faut garder un œil particulier sur ces jeunes particulièrement
vulnérables.
• (12 h 30) •
Mais, vous savez, quand on a créé ce
système de protection de la jeunesse, on a comme créé les services à la
jeunesse en pyramide inversée. Tu sais, comme nous, quand on est arrivés, il y
avait 1,6... 1,5 milliard, disons, de dollars en investissements en
jeunesse, là, puis 1 milliard était à la protection de la jeunesse, puis le 500
millions qui restait était séparé entre les organismes communautaires et la
première ligne. Moi, je travaille très fort, là, pour renverser cette
tendance-là, là. Je n'arriverai pas à une vraie pyramide, mais j'espère arriver
à un rectangle, à un moment donné, où il y aura autant de services en première
ligne puis dans nos organismes communautaires pour nos jeunes, puis pour s'assurer
que leurs besoins de base, à tous les enfants du Québec, soient... soient
considérés et desservis de façon adéquate.
Donc, on va s'accélérer dans la nomination,
ne vous inquiétez pas, ça va arriver bien vite, et on va travailler très fort
dans ce sens-là, puis un commissaire pour tous les enfants, mais, je vous ai
bien entendus, avec un regard particulier sur nos jeunes à la protection de la
jeunesse. Merci, tout le monde. Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
:Merci beaucoup, M. le ministre. Vous
me permettrez de remercier l'équipe du secrétariat, les gens qui... les pages.
On a une excellente équipe, mais moi, je veux surtout souligner l'intensité qu'il
y a eu au niveau des discussions dans ce projet de loi là. C'est un projet de
loi qui n'avait pas nécessairement... On avait 32 articles à la base, et il y a
eu quand même énormément de bonifications qui ont été faites par les
différentes interventions, que ce soit par les amendements qui ont été déposés
par M. le ministre ou les amendements qui ont été déposés par les partis de l'opposition,
qui ont fait en sorte qu'on arrive avec un produit bonifié, un projet de loi
bonifié qui... Il n'y a rien de parfait dans la vie, mais moi, je pense qu'on a
fait un pas dans la bonne direction pour vraiment consolider la protection qu'on
veut donner à nos enfants.
Alors, sur ce, je vous remercie beaucoup
de votre collaboration, et la commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses
travaux sine die. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 12 h 32)