Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Wednesday, February 14, 2024
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Vol. 47 N° 37
Clause-by-clause consideration of Bill 41, an Act mainly to reform municipal courts and to improve the justice system’s efficiency, accessibility and performance
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Intervenants par tranches d'heure
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Jacques, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Kelley, Gregory
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Lemay, Mathieu
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Blouin, Catherine
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bogemans, Audrey
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Grondin, Agnès
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Charette, Benoit
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Zaga Mendez, Alejandra
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Jacques, François
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Kelley, Gregory
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Lemay, Mathieu
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Blouin, Catherine
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bogemans, Audrey
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Grondin, Agnès
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Dufour, Virginie
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Jacques, François
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
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Lemay, Mathieu
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Blouin, Catherine
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Sainte-Croix, Stéphane
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Bogemans, Audrey
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Grondin, Agnès
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Jacques, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Kelley, Gregory
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Jacques, François
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Dufour, Virginie
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Kelley, Gregory
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Charette, Benoit
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Lemay, Mathieu
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Blouin, Catherine
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Sainte-Croix, Stéphane
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Grondin, Agnès
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St-Louis, François
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Zaga Mendez, Alejandra
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Kelley, Gregory
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Zaga Mendez, Alejandra
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Jacques, François
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Zaga Mendez, Alejandra
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Kelley, Gregory
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Jacques, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Jacques, François
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Kelley, Gregory
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Charette, Benoit
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Dufour, Virginie
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Jacques, François
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Dufour, Virginie
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Charette, Benoit
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Kelley, Gregory
11 h (version révisée)
(Onze heures quinze minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi
sur la performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses
dispositions en matière de transition énergétique.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Gendron (Châteauguay) est remplacée par M. Sainte-Croix
(Gaspé); M. Montigny (René-Lévesque), par M. St-Louis (Joliette); M. Derraji
(Nelligan), par M. Kelley, (Saint... Jacques-Cartier), pardon; et M. Grandmont
(Taschereau), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de la suspension de nos travaux, hier, nous étions à l'étude
de l'article 10 de la loi édictée à l'article 1 du projet de loi. Il
y avait une discussion entre l'opposition officielle et le ministre. Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, je vais revenir sur les bâtiments patrimoniaux. Ce que je
soulevais hier, c'était le fait qu'il y avait des bâtiments qui sont
patrimoniaux dans... selon certains critères, mais pas nécessairement inscrits
dans un inventaire visé, et, de souvenir, le ministre me référait à... au
ministère de la Culture, mais, moi, ce que je soulignais, c'est que ce sont les
villes qui font ces inventaires-là, ce n'est pas le ministère de la Culture.
Et je vous donnerais un exemple, lorsque j'étais
à la ville de Laval, conseillère municipale de Sainte-Rose, Sainte-Rose, un
ancien... une ancienne ville, avant la fusion avec Laval, qui a un énorme
patrimoine architectural, des bâtiments de plusieurs quelques... certains de
plus que 200 ans, et, lorsqu'on a fait l'inventaire à l'époque, il y avait
des bâtiments qui avaient été oubliés, et la façon que ça avait été oublié, c'était
bien simple, c'est qu'on était partis d'un ancien inventaire qui datait de
1980, et cet inventaire-là n'était pas... n'était pas parfait, et donc il y a
eu des bâtiments qui n'étaient pas dans l'inventaire mais qui avaient plus que
100 ans certain... certainement, et certains, même, avaient une importance
historique, mais ils ne faisaient pas partie de l'inventaire, et ça prend quand
même un certain temps, là, faire un inventaire. Donc, avant que ça soit
corrigé, il s'est écoulé presque deux ans. Et, comme je le mentionnais, ça
relève des villes ou des MRC. À ma connaissance, ce ne sont pas 100 % des
villes et des MRC du Québec qui ont complété leur inventaire. Et on ne peut pas
avoir l'assurance que 100 % des bâtiments qui ont un intérêt patrimonial
font partie de ces inventaires-là. Donc...
Donc, c'est pour ça que je posais la
question si on pouvait prévoir une certaine exception pour des bâtiments qui ne
seraient pas dans un inventaire visé, mais qui... et que le citoyen qui est
propriétaire de cette propriété-là sait que son bâtiment a un... et patrimonial,
pourrait peut-être venir à demander de faire partie de cette... de ces critères
distincts là, simplement, là, pour ne pas qu'il soit obligé de... finalement,
de faire des... l'isolation des années 2023-2024, vous comprenez, juste
pour protéger le patrimoine qu'on aurait oublié de mettre dans des <inventaires...
Mme Dufour :
...de
mettre dans des >inventaires. Alors, c'était... c'était ma demande hier,
M. le Président.
M. Charette : ...question de
la collègue est très pertinente et importante. Naturellement, ce n'est pas le...
du ressort du ministère de l'Environnement de certifier un bâtiment
patrimonial. Donc, dans la séquence, on se souvient, le propriétaire se verra
octroyer une obligation à l'égard de son bâtiment. Il y aura des exemptions,
vraisemblablement, pour les bâtiments patrimoniaux. Donc, si un propriétaire
pense avoir un bâtiment patrimonial et qu'il n'est pas dûment reconnu comme
tel, il aura la possibilité, à ce moment-là, auprès de la municipalité et
ensuite auprès du ministère de la Culture, de faire reconnaître le caractère
patrimonial, mais ce n'est pas le ministère de l'Environnement qui a ce
pouvoir-là. Donc, dans les obligations du propriétaire, s'il se sent interpelé,
voire lésé, il aura la possibilité de faire la démarche, là, pour faire
reconnaître son bâtiment. Mais ce n'est pas le ministère de l'Environnement,
là, qui peut certifier le caractère patrimonial, là, d'un bâtiment. Mais la
question de la collègue est très pertinente.
• (11 h 20) •
Mme Dufour : Tout à fait.
Mais, par contre, je voudrais comprendre qu'est-ce qui arrive, à ce moment-là,
avec le bâtiment, parce que, comme je l'ai dit, faire partie d'un inventaire,
ça peut... ça peut prendre plus qu'une année, là. À ce moment-là, est-ce qu'on
pourrait s'assurer au moins de donner un délai et... tu sais, je pense à lorsqu'on
arrivera aux mesures coercitives, là, que, s'il y a contestation, parce qu'il
doit passer par le processus d'inscription dans un inventaire... qu'il ne soit
pas pénalisé, qu'on lui impose, c'est ça, des amendes parce qu'il ne serait pas
conforme, alors que, dans le fond, il devrait se conformer à des normes
distinctes, là?
M. Charette : Là aussi,
peut-être pour rassurer les gens qui nous écoutent, le caractère coercitif ne
sera pas avant quatre ans. Donc, ça nous laisse une marge de manoeuvre.
Mais, si on regarde au niveau de l'article 13, on peut prévoir aussi des
mesures d'exception. Donc, si un propriétaire se manifeste, a de la difficulté
à faire reconnaître son bâtiment, ça nous laisse une marge de manoeuvre. Mais,
en même temps, je ne peux pas, à travers l'article 10, inscrire un article
qui viendrait défaire la référence à un immeuble patrimonial qui est reconnu parce
qu'autrement tout le monde pourrait prétendre pendant un temps que son bâtiment
a une particularité patrimoniale.
Donc, on a prévu des exceptions possibles
pour les bâtiments patrimoniaux, parce qu'effectivement, on en parlait hier, en
termes d'isolation, en termes d'autres exigences, on viendrait possiblement
altérer le caractère patrimonial du bâtiment. Mais il faut qu'il y ait cette
reconnaissance-là pour être certain qu'il n'y ait pas de fausse prétention, mais
le propriétaire va avoir la latitude nécessaire pour le faire reconnaître si
jamais il était effectivement patrimonial. Sinon, à travers l'article dont je
faisais mention il y a quelques instants, il y a des mesures d'exception, là,
qui pourraient être... qui pourraient être possibles.
Mme Dufour : Mais, dans ce
cas, je vous inviterais fortement à considérer, comme mesure d'exception,
d'ajouter tout bâtiment qui n'est pas dans un inventaire visé pour raisons x,
y, z, mais qui a un certain âge, là, disons, des bâtiments centenaires.
Normalement, ils devraient faire partie d'un inventaire visé, mais parfois,
pour toutes sortes de raisons, là, ils n'en font pas partie. Mais on devrait
avoir cette... cette latitude-là parce que... parce que c'est... comme je vous
dis, ce n'est pas si simple que ça, là, de prévoir que la totalité des
bâtiments patrimoniaux feront partie d'un inventaire.
M. Charette : Encore une
fois, tous ces échanges sont très pertinents, mais, avec l'article 13 et
avec la réglementation, on pourra mentionner si c'est la... si c'est... Par
exemple, le cas des bâtiments patrimoniaux, on pourrait très bien dire :
Un bâtiment de plus de 100 ans en attente de certification pourrait...
pourrait être exempté. C'est... ça nous...
Mme Dufour : Bien, c'est ce
que je vous invite à considérer, parce qu'il y aura des oublis, c'est certain.
M. Charette : Non, exact. Oui,
c'est... c'est l'intention, là, de se garder cette marge de manoeuvre là à
travers le règlement qui découlerait de 10 et à travers l'article 13
également.
Mme Dufour : Parfait. Donc,
je vous invite fortement à le faire dans le règlement, et on suivra ce
règlement-là.
Maintenant, j'ai soulevé l'enjeu,
précédemment, de la... qu'il y a quand même une distinction aussi pour les
bâtiments agricoles, certains <sont...
Mme Dufour :
...certains
>sont... d'ailleurs, pourraient être considérés patrimoniaux, là, mais
il y a... il y a toutes sortes de particularités. Et donc loin de moi, là,
l'objectif de les exempter d'un processus, mais je crois qu'il devrait y avoir
des normes particulières pour ces bâtiments-là, et c'est pour ça que j'ai
proposé un amendement en ce sens. Et je ne sais pas s'il est... on pourrait le
mettre à l'écran.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons devoir suspendre quelques instants, la forme... je crois que la forme de
l'amendement n'est pas exacte. Donc, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 24)
(Reprise à 11 h 27)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Lors de notre suspension, Mme la députée de Mille-Îles
était à déposer un amendement.
Mme Dufour : Oui, M. le
Président. Donc... et... «My God!» OK, je pense... C'est-tu
la même chose que j'ai ici? OK. Je vais... je vais lire ce que j'ai à l'écran,
ici. L'article 10 de la loi édictée à l'article 1 du projet de loi
est modifié par l'ajout, après le quatrième paragraphe, du suivant :
«5° un immeuble, ou partie d'un
immeuble, utilisé ou destiné à être utilisé pour la pratique d'une activité
agricole au sens de la Loi sur la protection du territoire et des activités
agricoles (chapitre P-41.1)».
L'article modifié se lirait comme suit :
«10. Le gouvernement peut, par règlement,
établir des normes en matière de performance environnementale des bâtiments,
lesquelles peuvent prendre la forme de normes en matière de travaux de
construction ou celle d'une cote de performance environnementale.
«Les normes peuvent varier notamment en
fonction des paramètres visés au règlement pris en application des
sous-paragraphes a à d du paragraphe 1° et du sous-paragraphe a du
paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 6.
«Ce règlement doit prévoir des normes
particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble classé ou cité en
application de la Loi sur le patrimoine culturel (chapitre P-9.002);
«2° un immeuble patrimonial, au sens
de cette loi, situé dans un site patrimonial classé, déclaré ou cité en
application de cette loi;
«3° un immeuble inscrit dans un
inventaire visé au premier alinéa de l'article 120 de cette loi;
«4° un immeuble situé dans le site
patrimonial national déclaré par cette loi;
«5° un immeuble, ou une partie d'un
immeuble, utilisé ou destiné à être utilisé pour la pratique d'une activité
agricole au sens de la Loi sur la protection du territoire et des activités <agricoles
(chapitre P-41.1).»...
Mme Dufour :
...activités
>agricoles (chapitre P-41.1).»
Donc, comme je... je le... je pense que
c'était assez clair, là, je le mentionnais, il y a une réalité vraiment,
vraiment distincte avec l'agriculture, tout ce qui est bâtiment agricole. Il y
a des bâtiments qui a... qui ont une certaine efficacité énergétique, mais
d'autres pas, mais des fois ce n'est pas nécessaire qu'il y en ait. Ensuite, il
y a toute la question aussi de la... le fardeau financier que ça peut impliquer
sur nos agriculteurs. Bref, c'est d'avoir une sensibilité distincte, tu sais,
vraiment particulière, comme on le fait pour le patrimoine, mais pour les
bâtiments agricoles, tout simplement.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci à la collègue pour la proposition. J'aime ces échanges
constructifs, ça permet de mieux expliquer le projet de loi. Quand c'est
possible, on dit oui. Quand il y a une raison de dire non, on la justifie. On
n'accueillera pas favorablement l'amendement. Pas que l'intention n'est pas
bonne, pas que l'idée ne mérite pas d'être discutée, mais, comme on le mentionnait
hier, les bâtiments agricoles ne font pas partie des premières phases, là, qui
sont planifiées.
Et, si on regarde et si on retourne au
niveau de l'article 6, on a déjà cette possibilité, lorsqu'on lit 1a, que
le type... En fait, on peut... on peut développer une réglementation en
fonction du type de bâtiment visé et ses caractéristiques. Donc, on pourrait. Et
c'est l'intention, là, de ne pas impliquer et de ne pas intégrer les bâtiments
agricoles, là, dans la réglementation qui est à... qui est à développer.
Mais je comprends la préoccupation de la
collègue, je veux surtout la rassurer sur les intentions gouvernementales.
Naturellement, l'échange est enregistré, donc on pourra toujours s'y référer,
mais on a la latitude nécessaire pour exclure les bâtiments agricoles.
• (11 h 30) •
Mme Dufour : Bien, en fait,
vous l'auriez eu aussi pour les bâtiments patrimoniaux, et les bâtiments
patrimoniaux ne faisaient pas non plus partie de la première phase de...
surtout pas ceux qui sont dans un inventaire visé, là, et ils ne faisaient pas
non plus partie des premières phases qui étaient visées, mais on a tenu à les...
à en faire mention, les soustraire, disons, et mentionner directement dans la
loi qu'il y aura des normes particulières pour ces bâtiments-là. Je crois qu'on
devrait avoir la même... la même sensibilité pour le milieu agricole. Les
bâtiments agricoles, c'est quand même... c'est quand même notre patrimoine
aussi, mais notre patrimoine agricole.
Et je comprends que ça pourrait être fait
dans l'article 6, mais il n'y a pas d'obligation, alors qu'ici on
viendrait clairement statuer, ça viendrait rassurer nos agriculteurs qu'il y
aura des normes particulières pour eux, tout simplement. Mais la même chose
aurait pu être faite pour les bâtiments patrimoniaux, l'intégrer dans
l'article 6. On a choisi de le mettre à l'extérieur. Je pense qu'on
devrait faire la même chose pour l'agricole.
M. Charette : Peut-être juste
une question de précision. Dans les premières phases, on se souvient, il y a
une référence au nombre de mètres carrés au niveau de la superficie. On a de
grands bâtiments patrimoniaux qui auraient pu être visés dès la première phase,
sinon la deuxième, ce qui n'est pas le cas avec le milieu agricole. On n'a pas
de bâtiment agricole de plusieurs milliers de mètres... milliers, pas pieds,
mais plusieurs milliers de mètres carrés. Donc, c'est la raison pour laquelle
la précision, elle est... elle est faite au niveau... pas au niveau agricole
mais au niveau patrimonial, parce que, si on regarde, là, les... on... les
phases qu'on a expliquées hier pour l'année 2025, 2026, 2027, il y a
plusieurs bâtiments patrimoniaux. On peut penser aux grandes institutions
d'enseignement qui peuvent avoir... ou d'anciens couvents, entre autres, qui
peuvent avoir la superficie visée, ce qui n'est pas le cas pour les bâtiments
agricoles. Donc, c'est la raison pour laquelle il y a cette distinction,
notamment. Mais je le réitère, ça ne fait pas partie des phases qui sont en
préparation, et l'article 6 permet de les exclure lorsqu'on en sera venus
à des superficies qui concernent le bâtiment agricole ou qui concernent les
activités ou le type d'activités des bâtiments agricoles.
Mme Dufour : Mais je vais
juste souligner que les phases ne sont pas dans le projet de loi. Donc, encore
une fois, ce sont des intentions, mais des intentions qui peuvent changer,
alors qu'ici on vient clairement, dans la loi édicter, qu'il y aura des règles
particulières pour les bâtiments patrimoniaux, peu importe qu'ils soient dans
la phase I, II, III, IV ou jamais. Mais ces intentions-là des phases ne
sont pas dans le projet de loi. Alors, pour rassurer le milieu agricole, je
crois qu'on devrait indiquer qu'il y aura aussi des normes particulières pour
eux, parce que c'est... c'est quand même vraiment particulier. Et de là à dire
qu'il n'y en a aucun, bâtiment agricole, qui se classerait dans la première
phase, je n'en suis pas certaine non plus, là. Mais, dans tous les cas, ces <phases-là...
>
11 h 30 (version révisée)
<
Mme Dufour :
...mais,
dans tous les cas, ces >phases-là ne sont pas dans le projet de loi.
M. Charette : ...phase, si on
se souvient bien, c'est 15 000 mètres carrés et plus, pas 15 000
pieds carrés, 15 000 mètres et plus. Il n'y a pas de grange, il n'y pas de
moulin à grain, il n'y a pas... C'est... c'est énorme, 15 000 mètres
carrés et plus. Donc, il n'y a pas... il n'y a pas à s'inquiéter à ce niveau-là,
mais ce n'est pas le cas du bâtiment patrimonial où on a d'anciens couvents, d'anciens...
ou encore des écoles encore aujourd'hui en opération qui peuvent être visées
par cette première phase. Et la collègue mentionne... et ça aussi on l'a répété
hier, c'est vrai que les phases ne sont pas inscrites dans... dans... dans le
projet de loi, mais on ne pourra pas aller plus vite que celles qui sont déjà
planifiées compte tenu du défi que ça représente déjà. Et donc, si c'est l'élément
qui peut rassurer la collègue, il n'y aura pas... il n'y aura pas... on ne
pourra pas changer et élargir encore davantage la portée de cette première,
sinon deuxième, troisième phase qui est à venir. C'est déjà un défi colossal
que de la réaliser.
Mme Dufour : Est-ce que vous
pouvez m'assurer qu'il n'y a pas de ferme porcine, de forme... de ferme laitière
qui se classifierait dans cette dimension-là, qu'il n'y a pas aucun bâtiment
agricole? Parce que, là, vous m'avez référé à un moulin à grains, là, je
comprends, mais il y a beaucoup plus que ça dans l'agriculture. Et moi, je
réitère que je pense que ça... ça ne coûterait pas cher de rajouter une
distinction, de simplement dire que, pour les bâtiments agricoles, on aura des
normes particulières. Ça ne coûte rien, là, de ne... de l'intégrer, ça... Peut-être,
c'est la même chose que d'aller dans l'article 6, mais je le... je le
souligne, ça aurait pu aussi être fait pour le patrimoine, mais on a choisi de
le mettre de façon distincte. Je pense que ça rassurerait les agriculteurs.
M. Charette : Je crois...
personnellement, je fais la distinction. Et le pourquoi de cette distinction-là
pour le milieu agricole... mais on peut déposer un document, un tableau qui
illustre très bien les phases avec les mètres carrés associés, là. On en parle,
mais ça, c'est un document qui n'avait pas été transmis jusqu'à maintenant,
donc qui pourra apporter un éclairage nouveau.
Et comment le dire autrement? Le milieu
agricole n'est pas visé, et ça ne changera pas, parce que c'est déjà un défi de
réaliser ces premières phases-là. Donc, il n'y a pas meilleure façon de rassurer
le milieu agricole qu'ils ne seront pas visés, là, pour... pour les phases à
venir. Et, par la suite, ultimement, bien, on aura la possibilité de recourir à
l'article 6 pour des exemptions particulières.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
M. le ministre, vous vous engagez à transmettre au secrétariat de la commission
le document?
M. Charette : Oui,
exactement. Ça va être fait, là, dans les prochains instants.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci beaucoup.
Mme Dufour : Et comment on
distingue les serres? Les serres des... les serres, par exemple... pour culture
maraîchère, il y en a qui sont assez imposantes, là, qui font probablement plus
que le 15 000 mètres carrés que vous parlez. Donc, comment on va les distinguer,
ces serres-là du reste des autres bâtiments?
M. Charette : À ma
connaissance, et sauf erreur, il n'y a pas de serre unique qui fait 15 000
mètres carrés. C'est très gros, 15 000 mètres carrés. Donc, il y a peut-être
un cumul de bâtiments, mais c'est un cumul de bâtiments, là on parle de
bâtiments uniques et... Puis il n'y a pas meilleure façon de rassurer le milieu
agricole, de dire... que de dire qu'ils ne sont pas visés par... par les
intentions gouvernementales. Et on... on va le voir à l'exercice, là, et, ceux
qui ont travaillé avec moi pour les précédents projets de loi, j'accueille très
favorablement les propositions d'amendement, même si on finit par les... les...
les rejeter. Pourquoi on les rejette? Bien, en fait, uniquement parce que ça n'apporte
pas de plus-value au projet de loi, mais chaque amendement est constructif,
parce que ça nous permet d'expliquer le projet de loi. Donc, la discussion que
l'on a présentement, même si on ne devait pas accepter l'amendement, elle est
constructive parce que ça permet justement de rassurer le... le milieu agricole
et de mieux définir, là, les intentions du gouvernement.
Mme Dufour : Peut-être juste
vous mentionner que la... Savoura a annoncé une serre de neuf hectares, en fait,
un complexe de serres, certes, mais c'est quand même comme... comme vous le
spécifiez là, c'est un ensemble de neuf hectares, donc nettement plus en...
plus grand que le 15 000 mètres carrés. Et donc...
M. Charette : Donc, c'est...
oui, mais, comme vous le mentionnez, c'est un ensemble de bâtiments, ce n'est
pas un bâtiment.
Mme Dufour : Bien, en fait, dans
votre... dans la définition, si on retourne, là, on parle... un regroupement, c'est
considéré comme un tout, là, en tout cas. Et, bref, moi, je pense qu'on a... on
manque une très belle opportunité de simplement dire à notre milieu agricole
qu'on s'en préoccupe puis qu'on va avoir des normes distinctes pour eux, tout
simplement. Ça ne coûte pas cher...
M. Charette : ...qui a été
mentionné, il n'y a pas d'intention gouvernementale, là, de couvrir le bâtiment
<agricole...
Mme Dufour :
...qu'on
s'en préoccupe puis qu'on va avoir des normes distinctes pour eux, tout
simplement. Ça ne coûte pas cher...
M. Charette :
...qui
a été mentionné, il n'y a pas d'intention gouvernementale, là, de couvrir le
bâtiment >agricole et il n'y a pas meilleure façon de rassurer le milieu
agricole que de le réitérer. Et l'échange que nous avons servira à interpréter,
justement, les intentions gouvernementales, et elles sont claires, là, à ce
niveau-là.
Mme Dufour : Je vais quand
même demander un vote, monsieur... M. le Président, par appel nominal.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Est-ce que vous... Auparavant, là, est-ce que vous souhaitez que le document
soit rendu public ou seulement aux membres de la commission?
M. Charette : Oui, oui, je
peux... au contraire, il faut qu'il soit public pour bénéficier à... à l'éclairage
de tout le monde.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
je mets aux voix l'amendement de l'article... Oui, Mme la députée de Verdun.
• (11 h 40) •
Mme Zaga Mendez : Oui. En
fait, je comprends l'intention de la collègue. Je pense que ce qui est
important avec cet amendement-là, puis c'est un peu la discussion qu'on a eue
hier, c'est que, là, vous allez nous déposer un tableau, super, on va être
capables de l'apprendre un peu plus, les différentes phases qui s'en viennent,
c'est qu'on a des intentions de la part du gouvernement, mais ces intentions-là
ne sont pas toutes dans la loi. Et c'est ça, l'enjeu. C'est qu'en ce moment la
loi, on a l'opportunité de clarifier les intentions. Et, une fois que le
gouvernement change, parce que ça peut arriver, bien, ces intentions-là sont là
pour la... pour la suite des choses. On nous parle de... on nous parle d'un...
d'un... d'un échéancier qui va aller au-delà de 2027, on parle 2028, 2029, 2030,
par la suite. Je pense que ça vaut la peine que, si c'est le cas... qu'on ne va
pas... on va être... mettre de ne pas toucher aux immeubles agricoles, bien, de
le mettre dans la loi, puis que ce soit clair, puis qu'on ait le débat
là-dessus.
Puis le fait qu'on n'a pas pu aussi... De
mon côté, là, je pense que j'aurais bien voulu qu'on ait plus d'interventions
du milieu agricole quand on a eu des commissions, on ne l'a pas fait parce
qu'on ne connaissait pas les intentions auparavant. Et il existe des
programmes, on le sait, il existe plusieurs programmes, en ce moment, pour
électrifier des serres, et tout. Mais je comprends que c'est un enjeu, pour
plusieurs producteurs, de voir qu'il y a peut-être des normes, puis on en
reviendra, là, parce que je pense qu'il y a tout un débat à avoir sur c'est
quoi, les échéanciers pour les normes. C'est parce que ce n'est pas la même
chose. M. le ministre, vous nous référez à l'article 6. L'article 6,
c'est l'échéancier pour la cote, là on parle des normes, c'est... Est-ce que...
est-ce que le tableau répond à ça? Est-ce que le tableau... Les exigences pour
avoir une cote de performance, c'est une chose, mais, pour le déploiement des
normes, on n'a pas encore... Tout à l'heure, avec l'échange, j'aimerais savoir
si le tableau va être capable de nous détailler quels bâtiments vont être... vont
être assujettis à ces normes-là et dans quel échéancier.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Je comprends, puis on va le répéter sans doute à plusieurs reprises
dans l'opposition, peu importe la formation, et j'ai occupé cette fonction-là,
que je respecte au plus haut niveau, on souhaite ce degré-là de détail dans...
dans le projet de loi. C'est de bon aloi, c'est... c'est réclamé, mais, à
l'inverse, on ne sait pas quel sera le résultat de la... de la prochaine
élection en 2026. Mais, si jamais Québec solidaire devait gagner l'élection et
que Québec solidaire souhaite aller plus vite, Québec solidaire va être très,
très heureux d'avoir à modifier un règlement plutôt que de modifier une loi,
qui est beaucoup plus complexe et qui prend beaucoup plus de temps. Donc, pour...
pour cette capacité-là de modifier, améliorer, amender un règlement, c'est
préférable que ce degré de détail là n'apparaisse pas dans la loi elle-même
pour pouvoir justement se donner cette... cette latitude-là.
Modifier une loi, par expérience, compte
tenu du travail que ça prend, préalable, là... Nous, ça fait quelques semaines
qu'on est ensemble sur le dossier, mais c'est une année, sinon deux, de
préparation. Donc, modifier une loi, c'est un an, c'est deux ans, ça peut être
plus, alors que modifier un règlement, on peut y parvenir beaucoup plus...
beaucoup plus rapidement. Et ce degré de détail là, le tableau qui a été
déposé, là, au secrétariat, ne se retrouve jamais dans un projet de loi, parce
que c'est un degré de détail qui nous enlève toute capacité de bonifier la
démarche en cours de route.
Bien, ce n'est pas non plus une obligation
de dévoiler des intentions ou les objectifs, et on le fait, on le fait
ouvertement. On a présenté un calendrier, un tableau qui est maintenant
disponible sur Greffier pour que, justement, on puisse tous se <retrouver...
M. Charette :
...les
objectifs, et on le fait, on le fait ouvertement. On a présenté un calendrier,
un tableau qui est maintenant disponible sur Greffier, pour que, justement, on
puisse tous se >retrouver dans les intentions du gouvernement à travers
la réglementation, là, qui est à... qui est à développer et qui sera présentée,
là. Et on le disait encore hier, probablement dès les prochains mois, on aura
un premier projet de règlement qui découlera, si la loi est adoptée, si le
projet de loi est adopté, des pouvoirs habilitants, là, que cette nouvelle loi
là nous donne.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Zaga Mendez : C'est bon,
j'ai posé ma question. Je ne sais pas si madame...
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci. Et nous... est-ce que vous avez d'autres interventions ou nous procédons
au vote de l'amendement?
Mme Dufour : ...pardon, on
peut procéder au vote, là. Je maintiens que c'est nécessaire de montrer dans le
projet de loi, clairement, qu'il y aura une distinction. On... on peut bien
parler d'intention, là, mais on change de ministre, les intentions changent,
là. Dans une loi, ça ne se change pas.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, je mets l'amendement à l'article 10 de la loi édictée aux voix par
vote nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire
: M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
: M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Pour.
La Secrétaire
: M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
Nous revenons à...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : L'amendement
est rejeté. Donc, nous revenons à l'article 10 de la loi édictée. Mme la
députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Donc, en me basant un peu sur la discussion qu'on a eue tantôt,
je pense qu'on ne peut pas voir l'article 10 de façon détachée des
paramètres qui sont dans l'article 6. Donc, j'ai deux sortes... deux
questions, deux volets.
Mon... le premier, c'est le premier
paragraphe de l'article 10, on parle... je veux faire la distinction, pour
bien comprendre, on parle des normes et pas de l'attribution de la cote. C'est-à-dire
la cote, c'est : on déclare des informations, les différents propriétaires
vont avoir une cote basée sur performance énergétique, réduction de GES. Ça,
c'est une chose. Là, on... on va donner le pouvoir au ministère de faire des
règlements pour des normes, on explique très bien, des normes, j'imagine, de
base minimales pour standardiser les pratiques, que ce soit dans la
construction... Donc, ma question, c'est : Par rapport aux normes, quels
bâtiments vont être visés, et quand, et c'est quoi, l'échéancier? Est-ce que
c'est le même échéancier que pour la cote? Est-ce qu'il y a un autre
échéancier? C'est quoi, les intentions pour les normes?
Des voix : ...
M. Charette : On va... En
fait, je voulais m'en assurer, là, on a un tableau qui présente ça. Un petit
peu à l'image de... des phases sur les cotes, on a un tableau qu'on pourra
déposer, là, au secrétariat et le rendre public, naturellement, là, pour... pour
pouvoir bénéficier à tous, mais...
Des voix : ...
M. Charette : Ah! mais même
dans...
Le Président (M. Jacques) : ...tableau
sera déposé publiquement aussitôt qu'on pourra...
M. Charette : Exact. Mais
même, en fait...
Document déposé
Le Président (M. Jacques) : ...que
le secrétariat, là, pourra le mettre en ligne. Par contre, on accepte, là, le
dépôt et le...
M. Charette : Oui,
peut-être... peut-être déjà référer à ce qui a été déposé il y a quelques instants.
Il y a la colonne de gauche, qui parle des phases auxquelles on a fait
référence à quelques reprises, là, depuis hier, mais, à droite, il y a un
calendrier préliminaire, là, qui fait référence aux déclarations, avec aussi
les années 2025, 2026, 2027. Il y a le volet cotation, qu'on a évoqué, et
il y a un volet pour les normes de performance environnementale, aussi pour les
années 2028, 2029, 2030, 2031. Donc, dans le tableau, là, déposé tout à
l'heure, on a les intentions au niveau de la performance environnementale.
Mme Zaga Mendez : ...merci.
J'ai le tableau devant moi, donc je vais continuer mes questions par rapport à
ça. Donc, on parle des normes de performance environnementale. En 2028, on
parle d'institutionnel. On parle de tous les bâtiments institutionnels? Est-ce
que... est-ce qu'il y a des bâtiments qui ne sont pas inclus? Parce qu'en haut
on parle d'institutionnel et très grands bâtiments. Après, on... on isole
institutionnel. Donc, je veux juste comprendre la définition d'«institutionnel»
ici.
M. Charette : Les bâtiments
institutionnels, c'est les bâtiments, là, qui... on regarde, là, le petit
astérisque en bas à gauche : «Dans l'institutionnel, tous les bâtiments
seront visés par la déclaration — on parle d'environ 12 000 — mais
seulement les bâtiments de plus de 2 000 mètres carrés seront visés
par la cotation et les normes de performance environnementale.» C'est à peu
près 5 000, là. Donc, vous avez le détail dans... astérisque, pardon, qui
est en bas à gauche du tableau.
Mme Zaga Mendez : Merci. Bien,
c'est bien de le dire, hein, parce que je ne pense pas que tout le monde a, en
ce moment, ces informations-là en main. Parfait. Donc, on a des <intentions...
M. Charette :
... à
gauche du tableau.
Mme Zaga Mendez :
Merci.
Bien, c'est bien de le dire, hein, parce que je ne pense pas que tout le monde
a, en ce moment, ces informations-là en main. Parfait. Donc, on a des >intentions
jusqu'à 2031 si je me... si je me fie à qu'est-ce qui est dans le document.
M. Charette : ...les
performances environnementales.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Donc, ça répond à ma première partie. La deuxième partie, c'est concernant
l'application des paramètres qui se trouvent dans l'article 6, que j'ai...
en même temps. Donc, j'aimerais ça vous entendre un peu plus sur des exemples,
parce que... Je vois bien, en fait, comment on applique la... le paramètre a
sur le type de bâtiment visé, ses caractéristiques. Donc, tout à l'heure, vous
faisiez référence que vous pouvez faire des exceptions par type de bâtiment,
type de norme, j'aimerais ça vous entendre un peu plus là-dessus.
• (11 h 50) •
M. Charette : On a bien
évoqué, là, la situation et du patrimonial et de l'agricole. J'ai fait
référence aussi à l'article 13, là, qu'on va aborder un petit peu plus
tard, là, en cours d'étude. Aussi préciser que le «règlement peut également
prévoir les cas et les conditions selon lesquels le ministre peut exempter un
propriétaire de l'obligation prévue au premier alinéa pour un motif d'intérêt
public ou dans des circonstances exceptionnelles, notamment afin d'éviter un
préjudice sérieux ou irréparable à un bâtiment, à son propriétaire ou à son
occupant». Donc, ça peut prendre différentes formes, mais ça demeure des mesures...
des mesures d'exception.
Mais, je pense, la plus belle illustration
qu'on a discutée, c'est celle déjà couverte, mais qui... qui l'exprime bien,
celle d'un bâtiment patrimonial. Venir faire une intervention sur un bâtiment
qui a été construit avec des normes... en fait, à une époque où il n'y avait
pas de norme du tout, ça pourrait l'endommager de façon... de façon permanente,
ce qui n'est pas visé, ou, à l'inverse, des cas d'exception... En fait, c'est
toujours difficile d'anticiper l'exception, mais il faut la couvrir et il faut
la permettre lorsqu'elle se présente. Donc, c'est la raison pour laquelle, là,
l'article 13 a été... a été pensé.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Merci. Donc, il faut se référer à l'article 13 pour les différentes exceptions
dont vous faites part. Je veux revenir sur les paramètres qui sont dans
l'article 6, qui vont s'appliquer également au développement des normes de
performance environnementale. Donc, on parlait des types de bâtiments, des
types de travaux de construction réalisés. Bon, c'est un peu plus clair, là.
Là où est-ce que... Le c, j'imagine que
vous avez fait la même application que quand on a posé la question dans
l'article 6, là, c'est-à-dire le paramètre à voir si c'est des bâtiments
qui sont dans des régions éloignées, loin des sources d'alimentation. Je veux
juste mieux comprendre l'application du c dans le cadre de l'article 10,
le paramètre... Parce qu'il y a quatre paramètres auxquels vous faites
référence, le paramètre c, c'est la localisation du bâtiment.
M. Charette : On va... Mon
dernier souhait, là, ce serait d'induire la collègue en erreur
involontairement. La compréhension... compréhension, c'est que ces... ces
considérants-là s'appliquent à la cote et à la norme environnementales, mais je
vais... On va vous revenir, là, à ce... à ce sujet-là.
Mme Zaga Mendez : Super. Ce
qui m'amène au d. Donc, au d, on a eu quand même une discussion
superintéressante de comment la cote allait être attribuée selon les
sous-paramètres du d. Là, j'aimerais ça vous entendre, de comment les normes
que... veulent être des normes minimales, des normes qui vont être exigées, des
normes que... Si on applique le... l'article 29, là, donc, des règlements
qui vont avoir la préséance vont quand même créer une base qui va être utilisée
partout au Québec en termes de quantité, de type d'énergie, mais aussi du
moment où cette énergie est consommée. Donc, j'aimerais ça comprendre les
intentions en ce qui concerne une... des normes qui viendraient mettre un
minimum ou des exigences en termes de quantité, cible et moment de consommation
d'énergie.
M. Charette : Je dois vous
avouer, j'ai... Peut-être, c'est... c'est sans doute moi, là, mais je ne
comprends... On est à l'article 10, mais là on revient à l'article 6?
Mme Zaga Mendez : ...parce
que, dans l'article 10, si on le lit : «Les normes peuvent varier — parfait,
il va y avoir des normes — en fonction des paramètres», qui sont dans
le a, d du premier paragraphe et sous-paragraphe a du paragraphe 4° du premier
alinéa de l'article 6, donc on réfère aux paramètres qui sont dans
l'article 6, est-ce que... est-ce que j'ai la bonne compréhension? Est-ce
que c'est comme ça?
Des voix : ...
Mme Zaga Mendez : Il faut
revenir au 6.
Des voix : ...
M. Charette : ...d'avoir
la bonne <information...
Mme Zaga Mendez :
...est-ce
que... est-ce que j'ai la bonne compréhension? Est-ce que c'est comme ça?
Des voix : ...
Mme Zaga Mendez : Il faut
revenir au 6.
Des voix : ...
M. Charette :
...d'avoir
la bonne >information à communiquer à la collègue. Dans le code du
bâtiment, il y a déjà cette mesure-là. Donc, c'est transposable, effectivement,
là, à l'article 10. Bon, on est ici au niveau des normes, et
l'article 6 fait davantage référence à la cotation, mais le code du
bâtiment, là, permet et permettra, là, ce type d'aménagement là également.
Mme Zaga Mendez : ...donc,
on a la même compréhension, c'est... on va transposer les mêmes paramètres
qu'on a faits pour la création de la cote, on va les transposer pour la
création des normes. Ça, je l'ai... on a compris.
M. Charette : ...on a la
possibilité, oui.
Mme Zaga Mendez : Donc, à
partir de là, on a parlé un peu des exemples pour le a, b et c. Là, ce que je
veux... j'aimerais voir c'est comment je... vous allez transposer le paramètre
d, type, quantité et moment de la consommation d'énergie, à une norme. Parce
qu'évaluer un bâtiment c'est une chose, exiger d'un bâtiment un type de
consommation énergétique, c'est une autre. Donc, j'aimerais ça vous entendre
là-dessus.
M. Charette : La norme
de performance peut prendre la forme d'une cote. Et, au même titre qu'il y aura
une cote alphanumérique, on a eu l'échange la semaine... pas la semaine
dernière mais hier, c'est-à-dire une lettre avec les GES, un chiffre avec...
avec, par exemple, la performance du bâtiment... lui-même à travers
l'isolation, par exemple. Donc, on pourra faire la même chose au niveau de la
performance demandée au constructeur. On parlait hier d'une norme...
Novoclimat, par exemple, ça pourrait devenir une norme qui est accompagnée
d'une cote pour avoir, justement, une obligation d'atteindre un standard x pour...
pour se conformer. Donc, on a la même... on a la même possibilité au niveau de
la... de la performance, là, environnementale du bâtiment.
Mme Zaga Mendez : Donc,
de ce que je comprends, de ce que le ministre vient de dire, c'est qu'on va dire
à... aux bâtiments... qu'on a dit en 2028, 2029 ou 2031, donc, selon leurs
caractéristiques, qu'ils vont atteindre une certaine cote ou est-ce qu'on...
Parce que, là, on ouvre la porte à plusieurs choses, de la façon que la loi est
écrite. La première, c'est qu'on va aller, là... C'est-à-dire, est-ce qu'il va
y avoir des normes, en disant qu'il faut une quantité x d'énergie... de sources
énergétiques? Est-ce qu'on va dire qu'il faut absolument, par exemple, de la
biénergie en temps de... où est-ce que c'est le moment de la pointe? Est-ce
qu'on va aller dire qu'il faut que tous ces types de bâtiments utilisent ou pas
du gaz naturel?
La façon dont je le lis ouvre la porte à
exiger un type, une quantité et un moment d'utilisation énergétique. Parce que
ce qui... Ce n'est pas dit : On va faire des normes en fonction... en
exigeant une cote de performance énergétique, on prend le d tel quel et on le
transpose, vous l'avez dit, à l'application de 10. Donc, je veux vraiment mieux
comprendre c'est quoi, l'intention en arrière ces paramètres.
M. Charette : Pour
rassurer la collègue, pour obtenir une cote, ce n'est pas tant le moyen que le
résultat qui compte. Donc, on ne dira pas... on ne dira pas : Vous devez
utiliser, par exemple, l'exemple que la collègue donne, la bioénergie. Nous,
c'est le résultat qui va... qui va compter. Mais, ultimement, si on regarde le
calendrier, autant on a une bonne idée de la réglementation pour les
phases 2025, 2026, 2027, parce que c'est imminent et, dans certains cas,
c'est un projet de règlement, là, qui devra être déposé dès les prochains mois,
autant, là, on est en 2028, 2029, 2030, 2031. Donc, le degré de préparation de
cette réglementation-là n'est pas le même, mais on va procéder de la même façon,
c'est-à-dire cocréation avec les partenaires, s'assurer que les choses sont
bien faites pour mettre en place cette réglementation-là.
Mais, comme on l'a mentionné à plusieurs
reprises, il faut se donner les pouvoirs pour le faire, et le projet de loi est
l'occasion de se donner le pouvoir. Mais je n'ai pas le même degré de détail
aujourd'hui pour les phases 2028, 2029, 2030, 2031 que pour les
phases 2025, 2026, 2027. Mais, moi, ce sera... et mon successeur ou ma
successeure, l'important, ce sera le résultat pour obtenir une cote x. C'est...
c'est des moyens qui pourront être utilisés sans qu'ils ne soient imposés
pour... pour parvenir. Si je veux une bonne cote énergétique, le <bâtiment...
M. Charette :
...pour
obtenir une cote x. C'est... c'est des moyens qui pourront être utilisés sans
qu'ils ne soient imposés pour... pour parvenir. Si je veux une bonne cote
énergétique, le >bâtiment aura intérêt à utiliser des sources autres que
des sources fossiles, c'est bien certain, mais pour aborder...
Parce que je comprends l'intention de la
collègue, intention qui est encore une fois très, très légitime. Est-ce qu'on
va imposer? Et la collègue faisait référence aux articles 28, 29. Ça, on
va avoir l'occasion d'en parler dans les prochains jours, très certainement. Et
notre intention avouée, aux côtés de l'UMQ et de la FQM, c'est de déposer une
réglementation, dès les prochains mois, pour guider la sortie du gaz naturel
sur certains types de bâtiments. Donc, ça, ce n'est pas en 2029, 2030, 2031,
là, dès les prochains mois, on va avoir un meilleur éclairage là-dessus et la
présentation vraisemblable, là, d'un projet de règlement. On n'a pas besoin
d'être dans les phases de la norme de performance environnementale pour aborder
ces questions-là, on veut le faire beaucoup plus rapidement.
Mme Zaga Mendez : ...donc,
pour bien comprendre, puis je vais revenir avec une sous-question, les normes
qui vont être établies, qui vont découler... l'article 10, les règlements
qui vont découler de l'article 10, c'est une autre chose complètement
différente que le règlement dont le ministre a l'intention de faire... Parce
que vous avez parlé tout à l'heure des règlements, qu'est-ce qui concerne la...
vous avez dit ça en commission, là, sécurité énergétique, distribution
énergétique. Est-ce qu'on... ces règlements-là, vous avez même déjà annoncé que
ça va être fait dans le cadre... en utilisant la Loi sur la qualité de
l'environnement. On n'a même pas besoin de passer par le PL n° 41.
Je pense que vous pouvez le faire demain matin avec la LQE. Donc, ces
règlements-là sont... vont être différents que des règlements qui vont découler
de l'article 10?
• (12 heures) •
M. Charette : ...pas besoin,
ce que je dis, c'est qu'on n'aura pas besoin d'attendre les règlements sur les
phases, là... juste, là, j'ai... 2028, 2029, 2030, 2031 pour procéder. On veut
procéder plus rapidement sur cette question-là. Les municipalités veulent
procéder plus rapidement. Hydro-Québec veut procéder plus rapidement.
Naturellement, le ministère de l'Environnement souhaite procéder plus
rapidement. Donc, sans vous donner de date précise, le volet qui va contribuer
à une sortie du gaz de certains types de bâtiments va... va être couvert, là,
vraisemblablement au cours des prochains mois.
Mme Zaga Mendez : Donc,
combien de temps qu'il me reste, monsieur...
Le Président (M. Jacques) : Plusieurs
minutes.
Mme Zaga Mendez : Encore des
minutes, parce que j'ai plusieurs sous-questions. Ça fait que je veux juste
savoir qu'on se comprend bien. Vous savez, c'est un débat qui est important, c'est...
Il y a beaucoup de groupes qui sont venus parler de l'utilisation du gaz
naturel. Jusqu'à maintenant, la façon que vous avez... Vous nous avez parlé que
la norme de performance, en appliquant le principe... bien, le paramètre d, qu'on
prend... donc on copie un peu de l'article 6 sur l'article 10, va
surtout être une demande d'atteindre une cote de performance énergétique.
Est-ce que c'est un engagement ferme du ministre de ce côté-là? C'est-à-dire
que les normes de performance environnementale, qu'on va avoir en 2028, 2029, 2031,
en ce qui concerne l'application du d, c'est-à-dire la quantité, le type
d'énergie, le moment, ça va juste ressembler à une cote de performance qu'on va
demander au propriétaire?
M. Charette : ...le meilleur
exemple pour le volet performance environnementale, là, je pense... je faisais
référence à une norme comme Novoclimat. Il y a des normes qui sont souvent
volontaires, donc on va vraisemblablement aller vers des normes qui soient la
norme et qui sera applicable aux différents types de volets couverts par la
réglementation. J'apprécie beaucoup celles et ceux qui mettent en place des
normes volontaires, ça incite les gens à s'améliorer, mais, comme je le
mentionnais hier, quand c'est volontaire, c'est souvent les bons élèves qui se
portent volontaires, parce qu'ils savent qu'ils... qu'ils vont bien performer
ou qu'ils veulent s'améliorer, mais malheureusement ça ne couvre pas celles et
ceux qui sont peut-être un petit peu moins motivés. Et c'est là où, avec
l'application, là, de la réglementation, ça va... ça va couvrir non pas
uniquement les bons élèves, mais tous ceux visés par la réglementation. Donc,
les bons élèves, tant mieux, auront une bonne... une bonne... une bonne
performance à démontrer, les autres auront à s'améliorer, là, tout simplement.
Mme Zaga Mendez : OK. Bien,
écoutez, M. le ministre, c'est parce que, jusqu'à maintenant, je suis rassurée
pour le a, pour le b, pour le c dans les paramètres, mais, pour le d, vous
parlez des intentions, vous parlez de... c'est probable qu'on aille dans cette
direction-là, on va... on va faire une cote, on va peut-être s'inspirer de ci,
c'est... À moins que vous avez un document à nous présenter ou plus
d'informations à nous dire, je trouve <qu'encore on est...
>
12 h (version révisée)
<19263
Mme
Zaga Mendez :
...dans cette direction-là, on va
peut-être...
on va faire une cote, on va peut-être s'inspirer de ci, c'est... À moins que
vous ayez un document à nous présenter ou plus d'informations à nous dire, je
trouve >qu'encore on est dans des hypothèses de comment on va appliquer
ces paramètres, qu'il y a quand même trois... Vous les comprenez bien, il y a
trois facteurs qui vont rentrer en compte. Puis, nous, c'est la... la
préoccupation, quand on parle de quantité, qualité et de moment, on a eu cette
discussion-là, puis on a eu cette discussion-là quand on a eu des intervenants.
Il ne faut pas laisser la porte ouverte à
que... parce qu'il y a des compagnies, on va se le dire, là, des gazières qui
veulent continuer à garder leur demande. On tente, nous aussi, à encourager, de
façon indirecte ou directe, par des normes l'utilisation de la biénergie, de l'utilisation
du gaz naturel dans des lieux où est-ce qu'on ne doit pas utiliser... on ne
doit plus utiliser. Puis, si on parle dans l'horizon 2028, 2029, 2030, c'est
des moments dans lesquels on ne doit plus utiliser. Donc, nous, on voit ça
comme une porte ouverte, parce que les intentions que vous nous dites, c'est
aller vers des cotes, aller vers... on veut... Parfait, mais, à moins que vous
ayez d'autres informations, pour nous, ce n'est pas encore très clair s'il va y
avoir ou pas des règlements qui vont imposer des quantités, des types et des
moments d'utilisation d'énergie.
M. Charette : Quoi dire de
plus? 2028‑2029, on aura la possibilité d'en discuter. Et déjà, dès les
consultations, on a annoncé notre intention de présenter des amendements à ce
niveau-là.
Et peut-être une petite correction par
rapport à ce qui est affirmé. Ce n'est pas les distributeurs de gaz... le
distributeur pratiquement en situation de monopole qui demande la biénergie.
Qui est le plus grand demandeur de la biénergie pour certains types de
bâtiments? C'est Hydro-Québec. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas les gazières
qui le demandent, c'est Hydro-Québec qui exprime le besoin compte tenu de la
réduction de gaz naturel que ça amène dans le réseau, mais de l'appui que ça
offre dans la gestion de la pointe. Et ça, on a eu l'occasion d'en discuter,
mais, dès 2028-2029, là, on pourra préciser des intentions.
Et, non, on n'a pas besoin du projet de
loi actuel pour, justement, déposer une réglementation sur une sortie du gaz
naturel encadrée, mais une sortie du gaz naturel tout de même. Donc, on pourra
s'en reparler. Et cette réglementation-là, normalement, au cours des prochains
mois, là, pas des prochaines années, dès les prochains mois, elle sera
présentée.
Mme Zaga Mendez : Je pense, M.
le Président, si vous me permettez, je vais déposer un amendement.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, on a déjà l'amendement? Non. Donc, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 12 h 07)
(Reprise à 12 h 10)
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons resuspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 11)
(Reprise à 12 h 17)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et, lors de la suspension, nous étions à reconnaître un
amendement, à l'article 10 de la loi édictée, de la députée de Verdun. Si
vous voulez bien lire votre amendement.
Mme Zaga Mendez : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, l'amendement. Dans l'article 10 de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments, telle qu'introduite à
l'article 1 du projet de loi, c'est : Remplacer, au deuxième alinéa,
«sous-paragraphes a à d» par «sous-paragraphes a à c».
Et l'article 10, tel qu'amendé, se
lirait ainsi :
«10. Le gouvernement peut, par règlement,
établir des normes en matière de performance environnementale des bâtiments,
lesquelles peuvent prendre la forme de normes en matière de travaux de
construction ou celle d'une cote de performance environnementale.
«Les normes peuvent varier notamment en
fonction des paramètres visés au règlement pris en application des
sous-paragraphes a à c du paragraphe 1° et du sous-paragraphe a
du paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 6.
«Ce règlement doit prévoir des normes
particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble classé ou cité en
application de la Loi sur le patrimoine culturel (chapitre P-9.002);
«2° un immeuble patrimonial, au sens
de cette loi, situé dans un site patrimonial classé, déclaré ou cité en
application de cette loi;
«3° un immeuble inscrit dans un
inventaire visé au premier alinéa de l'article 120 de cette loi; et finalement
«4° un immeuble situé dans le site
patrimonial national déclaré par cette loi.»
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre.
M. Charette : Oui. Merci, M.
le Président. Merci à la collègue pour l'amendement. Dans les faits, je le
disais, on va dire oui ou non assez rapidement pour pouvoir en discuter, je
comprends l'intention de la collègue, mais peut-être la prévenir qu'un
amendement de cette nature-là pourrait produire exactement l'effet inverse.
Donc, pour cette raison-là, on ne pourra pas l'appuyer.
Deux éléments. À la base, on dit... la
collègue l'a lu dans sa présentation de l'amendement, on veut se donner le <droit...
M. Charette :
...on
veut se donner le >droit d'établir des cotes, et, pour établir une cote,
il faut avoir l'élément énergétique, sinon on n'arrivera pas à l'établir. Donc,
c'est un élément, là, qui doit être au coeur, là, de la réflexion. Et,
ultimement, si on veut interdire les nouveaux branchements au gaz naturel dans
le résidentiel, le petit résidentiel, petit commercial ou autre, bien, j'ai
besoin du d, sinon je ne pourrais pas procéder.
Donc, je comprends l'inquiétude ou
l'intention de la collègue, mais ça pourrait créer exactement l'effet inverse.
Je ne pourrais, sans le d, interdire, justement, de nouveaux branchements parce
que c'est le volet énergétique justement. Donc, deux éléments à prendre en
considération, qui fait en sorte qu'on ne pourra pas appuyer l'amendement en
question.
Mais, d'un point de vue purement
légistique, s'il y a consentement, on pourrait y aller d'une explication, là,
plus... pourquoi, pourquoi on a besoin du d et pourquoi c'est un tout que de
l'intégrer.
• (12 h 20) •
Mme Zaga Mendez : Merci.
Alors, je vais répondre...
M. Charette : Donc, consentement
pour...
Mme Zaga Mendez : Bien sûr,
consentement pour avoir l'ensemble des informations. Je vais répondre par la
suite.
Le Président (M. Jacques) : Monsieur...
Maître...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Oui,
mais, de toute façon, vous devez vous présenter et nommer votre titre.
M. Woitrin (Pierre) : Il n'y
a pas de problème. Merci. Pierre Woitrin, avocat légiste au ministère de la
Justice.
Peut-être en complément. Effectivement, du
point de vue légistique, la manipulation qui est faite — «manipulation»
dans le bon sens du terme — qui est faite au deuxième alinéa de
l'article 10, c'est un renvoi pur et simple qui permet d'alléger le texte,
dans une certaine mesure, à partir du moment où les paramètres qu'on veut viser
sont les mêmes que ceux qui sont visés à l'article 6. On parle... Que ce
soit à l'article 6, concernant l'établissement de la cote, ou à... et à
l'article 10, en ce qui concerne les normes qui peuvent notamment prendre
la forme de cotes, on parle de cotes, dans les deux cas, qui doivent être
paramétrées selon les mêmes critères. Pour pouvoir comparer des pommes avec des
pommes, puisque c'est ça, l'intention, il s'agit que les paramètres soient les
mêmes que ceux qui ont été utilisés pour l'établissement de la cote.
Puis, au surplus, peut-être, vous
remarquerez qu'au deuxième alinéa de l'article 10 on parle de normes qui
peuvent varier notamment en fonction de paramètres, ça fait que, même si on
excluait le d, en l'occurrence, rien n'empêcherait le gouvernement de prendre
des normes qui incluraient d'autres critères, mais donc de réintégrer ce
critère-là par la bande. Ça fait que, par mesure de... probablement de
lisibilité... de prévisibilité, plutôt, ce paramètre-là est intégré... c'est
ça, ne devrait pas, d'un point de vue légistique, en tout cas, être retiré, de
notre point de vue.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends.
Première chose. Sur les règlements sur le
gaz, que... que le ministre nous a dit qu'il avait besoin du d pour le faire, mais,
tout à l'heure, le ministre nous a déjà dit qu'il allait le faire de toute
façon puis il n'avait pas besoin du PL n° 41 pour le faire. Donc, je ne
comprends pas pourquoi on garde ça, le pouvoir qui donne le picot d, parce
que le ministre l'a dit clair, tout à l'heure dans notre discussion, que le
règlement, déjà, concernant l'utilisation des sources d'énergie, il allait le
faire. Il a le pouvoir déjà de le faire dans le cadre de la LQE.
Deuxième chose, on a besoin de ces
paramètres pour établir la cote. Bien sûr, on a voté pour l'article 6, les
paramètres pour la cote sont déjà votés, on ne revient pas en arrière sur la
cote. J'ai les mêmes, j'ai été superspécifique dans mon introduction, ces
paramètres-là. Puis j'écoutais M. le juriste qui nous disait qu'on en a besoin
pour établir la cote, je pense qu'on est tous pour, c'est pour ça qu'on a voté
pour l'article 6. Là, on regarde l'article 10, qui donne des normes.
Avec la réponse qu'on vient d'avoir, de ce que je comprends, parce que je
comprends... je n'entends pas la même chose. Est-ce qu'on a un engagement que
toutes les normes qui vont être établies vont n'être qu'un miroir de qu'est-ce
qu'on demande en termes de cote? Parce que, de la façon que c'est écrit dans
l'article 10, on ne parle pas seulement d'une cote de performance
environnementale, on parle aussi de travaux de construction qui peuvent être
exigés dans le... par règlement.
Donc, moi, je veux mieux comprendre. C'est...
On a eu la discussion tout à l'heure. Et là j'entends le ministre dire :
Bien, bien sûr, avec le d, si on veut interdire les nouveaux branchements, on
va pouvoir le faire, mais le ministre ne donne pas toutes ses intentions de
qu'est-ce qu'il va vouloir faire avec le d. Et c'est ça, l'enjeu. Tout à <l'heure...
Mme Zaga Mendez :
...l'enjeu.
Tout à >l'heure, vous nous dites : Ah! on pourrait faire une cote,
mais après on pourrait avoir d'autres normes environnementales. On veut juste
de la transparence. Pourquoi on veut... on veut garder le pouvoir de faire des
normes en fonction des types, quantités, mais surtout moments où cette
énergie-là est consommée? Et, pour nous, jusqu'à maintenant, on n'est pas
satisfaits des réponses et des intentions, et, c'est pour ça, on s'est dit que
peut-être, tout de suite, on pourrait l'enlever, et après on pourrait revenir
et se donner des règlements, parce qu'il peut le faire, le ministre, demain
matin avec la LQE, déjà. Ces pouvoirs-là, il les a.
M. Charette : Actuellement au
niveau de la LQE, on aura, vraisemblablement, à faire une modification miroir
sur le projet de loi n° 41. C'est une étape législative, là, qui nous
attend, vraisemblablement. Mais, sinon, je vais devoir répéter ce que j'ai mentionné
tout à l'heure. À partir du moment où on veut avoir le pouvoir d'établir une
cote au niveau de la performance, il faut avoir les mêmes critères établis en
6. On ne pourra pas faire, sinon, la comparaison ou intégrer l'élément
énergétique dans la cote de performance, donc on en a besoin.
Pour ce qui est des travaux de
construction, ça aussi, je pense l'avoir mentionné, on pourra établir des
normes au niveau des travaux de construction. J'évoquais la norme Novoclimat,
par exemple. Il y en a d'autres qui pourront aussi se... être utilisées, en
guise d'exemples, afin de généraliser cette pratique-là. Mais, dès qu'il est
question de cotes, il faut que j'aie les mêmes critères, et le critère
énergétique, dans la cote, est fondamental. Pas dans le but de favoriser les
gazières, dans le but d'intégrer l'élément énergétique dans cette cote-là. Et
je dirais même que c'est, en grande partie, le coeur du projet de loi. Sans le
volet énergétique, ce serait... ce serait perdre beaucoup de substance.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, j'ai une
question pour ma collègue. Nous sommes en train d'analyser votre amendement.
Vous savez que, pour moi, l'idée de permettre à un plus large nombre de la
population de produire leur propre électricité par les panneaux solaires est
importante pour moi. Alors, je veux juste avoir vos pensées pour rassurer,
peut-être, notre côté. Si je comprends bien, c'est que... peut-être, juste de
faire le A à Z pourquoi vous pensez que cet article est important, et quand
même... Parce que je comprends un petit peu la crainte, peut-être, avec le gaz
naturel, mais moi, je regarde plus si on enlève la qualité et le type d'énergie
consommée et produite. Est-ce qu'il y a des dommages qui sont peut-être... ça
peut avoir des dommages, peut-être, à des gens qui veulent produire leur
énergie, plus des énergies renouvelables?
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Bien, merci
pour la question, puis je vais rebondir. De la façon... La crainte qu'on ait,
en ce moment, avec la... comment on va transposer le d dans le 10, c'est par
rapport à l'utilisation des énergies fossiles. Il n'y a rien qui nous rassure.
Puis je pense que le collègue a suivi la même discussion que moi, et on
comprend très bien que c'est de faire en sorte que des normes, dans le cadre de
cette loi-là, ne pourront pas être développées. Mais il existe d'autres façons.
Puis je pense qu'ici quand on parle on parle de la consommation d'énergie, je
pense, c'est ça, l'objectif. On est moins dans la production, on est... Des
normes de consommation d'énergie, il n'y en a aucune, en tout... à moins que...
Là, je lance la question au ministre, là, parce que, dans l'article 10, on
parle des normes de performance en termes de consommation d'énergie, pas en
termes d'autoproduction. Je vous lance la question. Moi, je n'ai pas vu ça à
l'article 10, à moins que je me trompe. Mais, d'un autre côté, c'est
seulement de voir... Il faut... il faut, entre autres, ne pas laisser les
portes ouvertes pour... qui ferait en sorte qu'on nous crée des normes qui vont
encourager l'usage des énergies fossiles. À date, on n'est pas rassurés, puis
c'est pour ça qu'on met l'amendement.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : Et c'est ce qui
rend le dépôt d'amendements intéressant. Qu'on les adopte ou pas, ça permet des
échanges, puis ça permet une meilleure compréhension du projet de loi. Bien
honnêtement, dans les exemples donnés, je n'avais pas pensé à la question du
collègue de Jacques-Cartier. Elle est fondamentale. Ce serait une contrainte
que de ne pas avoir le volet énergétique et ce serait problématique si on veut,
justement, imposer ce type d'option là ultimement. Donc, bonne... bonne idée
que de soulever la question.
Et, sinon, et sinon, à partir du moment où
je veux une cote précise au niveau de la <performance...
M. Charette :
...au
niveau de la >performance environnementale du bâtiment, je dois avoir le
d, je dois avoir la capacité de réglementer les questions énergétiques. Donc,
la cote va avec le d, et, sans le d, ça peut ajouter des... ça nous enlève des
moyens, tout simplement. Donc, il ne faut pas le voir... puis ce n'est pas... je
ne dis pas que c'est l'intention de la collègue, il ne faut pas voir en d un
passe-droit ou une faveur au distributeur de gaz, là. Ce n'est pas le cas, là,
ce n'est pas le cas du tout. Le d nous permet d'intégrer l'élément énergétique,
et, dans une cote, c'est un élément, là, qui est incontournable.
Mme Zaga Mendez : C'est tout
pour moi.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous allons mettre aux voix l'amendement à l'article 10 de la
loi édictée.
Mme Zaga Mendez : ...nominal.
Le Président (M. Jacques) : Par
vote nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Zaga Mendez (Verdun)?
• (12 h 30) •
Mme Zaga Mendez : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Abstention.
La Secrétaire : Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'amendement est rejeté. Nous revenons à l'article 10 de la loi édictée.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 10 de la loi édictée? Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : M. le Président,
on va déposer un autre amendement, et, cette fois, bien, il devrait déjà être
en... non, il n'est pas... OK. Bon, il va partir. Dans le fond, cette fois-ci,
ça va... bon, on... l'objectif, hein, on veut diminuer les gaz à effet de
serre, puis c'est évident, puis augmenter l'efficacité énergétique de nos
bâtiments. Et un des... un des moyens forts pour réduire les gaz à effet de
serre, c'est de s'assurer de la provenance des bâtiments et particulièrement...
des matériaux, pardon, qui rentrent dans la construction de nos bâtiments, et,
particulièrement pour nos bâtiments institutionnels, là, on devrait toujours
privilégier le contenu québécois ou canadien pour s'approvisionner le plus près
possible.
Donc, l'amendement qui a été envoyé est à
cet effet. Là, c'est sûr que je vais attendre qu'il soit reçu pour le lire,
mais, en gros, là, c'est ça, de prévoir, dans le fond, d'inclure l'utilisation
de matériaux québécois ou autrement canadiens dans... dans la... tu sais, que
la performance environnementale des bâtiments prenne ça en considération. C'est
ce qui est proposé. Et on est toujours à l'article 10, évidemment.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
L'amendement est reçu et...
Mme Dufour : Excellent!
Alors, je vais pouvoir le lire. Alors, l'article 10 de la loi édictée à
l'article 1 du projet de loi est modifié par l'insertion dans le premier alinéa,
après les mots «travaux de construction», des mots «incluant l'utilisation de
matériaux québécois ou autrement canadiens».
L'article modifié se lirait comme
suit :
«10. Le gouvernement peut, par règlement,
établir des normes en matière de performance environnementale des bâtiments,
lesquelles peuvent prendre la forme de normes en matière de travaux de
construction incluant l'utilisation de matériaux québécois ou autrement
canadiens ou celle d'une cote de performance environnementale.
«Les normes peuvent varier notamment en
fonction des paramètres visés au règlement pris en application des
sous-paragraphes a à d du paragraphe 1° et du sous-paragraphe a...»
Je pense, je n'ai pas le... Pouvez-vous juste descendre? OK, parfait. Paragraphe,
oui... excusez-moi, paragraphe... «...sous-paragraphes a à d du paragraphe 1°
et du sous-paragraphe a du paragraphe 4° du premier alinéa de
l'article 6.
«Ce règlement doit prévoir des normes
particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble classé ou cité en
application de la Loi sur le patrimoine culturel;
«2° un immeuble patrimonial, au sens
de cette loi, situé dans un site patrimonial classé, déclaré ou cité en
application de cette loi;
«3° un immeuble inscrit dans un
inventaire visé au premier alinéa de l'article 120 de cette loi.
«4° un immeuble situé dans le site
patrimonial national déclaré par cette loi.»
Ça s'arrête là. Donc, je pense, c'est
assez clair, là, l'objectif est de simplement prévoir du contenu québécois,
canadien, du contenu local dans cette performance environnementale là. Ça ne
l'oblige pas, évidemment, là, ça ne l'oblige pas, mais c'est de l'avoir en
tête. Et ça, ça va à l'optique, là, de toutes politiques, là,
d'approvisionnement <local...
>
12 h 30 (version révisée)
<19287
Mme Dufour :
...l'optique, là, de toute politique, là, d'approvisionnement >local
qu'on devrait se donner comme... comme gouvernement pour être exemplaire et
réduire les gaz à effet de serre au minimum pour... pour le transport des
matériaux, mais aussi la production, puis voilà. Oui, mais je ne sais si on
a... on a entendu mes propos, mais...
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Merci, madame. Oui, on a très bien entendu votre... votre description. Donc, M.
le ministre.
(Consultation)
M. Charette : Donc, on
voulait valider. Merci à la collègue pour la présentation de son amendement, qu'on
n'appuiera pas, mais je vous dis pour deux raisons, essentiellement. On a déjà
la possibilité de le faire à travers l'article 4, qu'on a adopté, en fait,
là, découlant de l'article 1, qu'on a adopté hier. Mais la collègue
mentionnait aussi, à ce même article hier, qu'il faut faire attention pour ne
pas... pour ne pas surcharger de contraintes, ne pas ajouter de règles outre
mesure, ne pas... ne pas faire en sorte que le fardeau réglementaire soit
encore plus grand. C'est un petit peu ce que l'amendement propose. On
ajouterait de façon importante au fardeau imposé en termes de règlement, ne
serait-ce qu'il y a le fameux débat, oui... du Québec, produits canadiens, il y
a des certificats... Bien, c'est-à-dire, il y a des certifications qui sont
souvent requestionnées. Est-ce que...
Parce que c'est assemblé au Québec, c'est
un produit québécois, on l'a au niveau de l'alimentaire, on l'a au niveau des produits.
Donc, on viendrait alourdir le fardeau réglementaire pour les entreprises. Mais,
si c'était l'intention, on pourrait le faire, on pourrait le faire. Donc, le
pouvoir, on l'a déjà, mais il faudra mesurer l'impact s'il vient... si on vient
alourdir, de façon significative, là, le fardeau réglementaire pour les
propriétaires de bâtiments ou les constructeurs.
Mme Dufour : Merci. Merci,
mais... mais non, l'intention, ce n'est pas d'alourdir. Et je vais relire. L'article 10
commence en disant : «Le gouvernement peut, par règlement, établir des
normes en matière de performance environnementale [et] lesquelles peuvent
inclure l'utilisation de matériaux québécois ou autrement canadiens...»
Et là ça pourrait très bien s'articuler que,
pour les bâtiments institutionnels, par exemple, on prévoirait certaines
normes, mais pour... pour d'autres types de... on pourrait ne pas prévoir aucun
pourcentage de matériaux québécois, là. Donc, c'est... c'est de se donner
simplement des... C'est de se rappeler que ça devrait être un objectif. Mais,
mais, ceci dit, il n'y a pas d'obligation ici, là, de l'exiger à tout le monde,
là, pas du tout, là. Ce n'est pas qu'est-ce qui est écrit là.
M. Charette : Mais on
dit la même chose et, hier, on avait le débat. On se donne plein de
possibilités, ça ne veut pas dire qu'on va toutes les retenir. Cette
possibilité-là, on l'a déjà à travers l'article 1. On l'a à travers l'article 10
également. Donc, le «peut», on l'a déjà. Reste à savoir si ça viendrait
alourdir le fardeau des propriétaires ou des constructeurs.
Mais, pour ce qui est de favoriser le
recours aux produits québécois, peut-être se référer à la stratégie de
développement durable du gouvernement du Québec, qui a un volet sur cet aspect-là.
Peut-être se référer aussi à ce que la présidente du Conseil du trésor a
présenté l'année dernière comme politique pour favoriser l'achat québécois.
Donc, il y a beaucoup d'initiatives en ce sens-là. On le souhaite, c'est bien
certain, c'est favorable pour l'économie du Québec, mais le «peut», il est déjà
couvert. Est-ce que, pour... on demanderait que le constructeur ou le
propriétaire de bâtiments nous fasse la démonstration que tel matériau est
québécois? Ça, c'est là... il faudra voir si ce n'est pas alourdir de façon
significative, là, le fardeau qui lui est imposé.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Je vais prendre le temps pour m'exprimer, pas nécessairement poser
des questions directement au ministre, mais parler de le fond de l'amendement
et pourquoi d'encourager l'utilisation de matériaux québécois ou quand même
canadiens, c'est bon pour notre société. On a eu ce débat souvent, quand même,
le ministre peut rappeler le débat sur la REM où on a poussé d'avoir des
exigences, avoir plus de contenu local dans le projet de la REM. Puis on peut
regarder aussi... et les autres débats qu'on a eus autour des différentes
usines et des arguments pourquoi acheter local, c'est important et c'est <bon
pour l'environnement...
M. Kelley :
...et
les autres débats qu'on a eus autour des différentes usines et des arguments
pourquoi acheter local, c'est important et c'est >bon pour
l'environnement. Et ici on revient sur quelque chose qui est tellement
important dans la vision d'une économie verte, que le premier ministre répète
souvent en Chambre puis dans ses discours, d'avoir une stratégie pour la
construction des bâtiments qui a des conditions ou, quand même, inclut la... un
règlement qui dit : Il faut favoriser ou voir, en premier lieu, des
matériaux... construits ici, au Québec, quand même le Canada, ça fait du gros
bon sens, M. le Président.
Je suis quand même... toute la logique
d'une économie verte qui est basée sur l'électricité renouvelable,
hydroélectricité, donne raison pourquoi on donne des blocs d'énergie à des
grosses industries. Puis nous, au Québec, on est chanceux qu'on a pas mal tous
des produits qui sont nécessaires pour construire une tour ou quand même une
maison, si je pense qu'il y a l'acier, je pense qu'il y a du bois et quand même
du béton. On peut avoir un gros débat autour de le fait qu'on a une cimenterie
dans la Gaspésie qui, oui, émet beaucoup des GES, mais moins de GES qui sont
trouvés dans une autre juridiction, qui... où on trouve que cette usine utilise
l'énergie du charbon ou quand même une autre source d'énergie qui n'est pas
renouvelable, qui émet beaucoup des GES dans l'atmosphère.
• (12 h 40) •
Alors, il y a une raison pourquoi on veut
avoir, oui, une usine de béton ici, au Québec, parce que ça fait du gros bon
sens, c'est moins de GES sur la... si on regarde l'échelle planétaire. Quand
même, si on ajoute des alumineries du Québec, c'est une industrie importante,
puis on préfère qui... produire l'aluminium ici, au Québec, qu'en Chine. Je
peux répéter la même chose pour l'acier, et on peut faire la liste, et quand
même l'exploitation du bois. Je sais que ce gouvernement a quand même une
stratégie de favoriser l'utilisation du bois du Québec dans la construction des
bâtiments. Et, quand on rencontre ces groupes-là, et j'ai eu le plaisir de
rencontrer des différents groupes quand j'étais le critique responsable, le
dossier des forêts, il dit : Ça existe. On a un produit qui est quand même
meilleur que l'acier, il y a moins d'une empreinte de carbone et de GES pour la
planète. Utiliser du bois québécois pour les projets, trouver des façons, pas
juste des politiques, mais quand même des façons d'inscrire ça dans les lois,
ça va être un gain pour une industrie qui est complètement canadienne.
Parce que vous savez quoi, M. le
Président? Présentement, beaucoup des... beaucoup de bois qu'il y a eu...
utilisé dans les planchers des maisons sont fabriqués en Chine. Alors, on va
utiliser le bois de Chine, ça va traverser le Pacifique, ça va aller sur un
train, puis il va traverser le Canada ou, quand même, peut-être par un camion
de transport, je ne sais pas, mais, quand même, ça va faire le chemin de
Vancouver, le port, jusqu'à la destination au Québec. Je pense qu'il y a une
façon de quand même inciter des entreprises d'ici. Et, quand même, si on
regarde un petit peu plus, juste dans la fabrication des choses qu'on trouve
dans les bâtiments, le granit pour... pour les salles de bains ou une cuisine,
il y a des industries ici, au Québec, qui fabriquent des produits, là. Alors,
pourquoi ne pas favoriser une entreprise ici? Quand même, si le granit, de
temps en temps, je ne sais pas, si tout est capable d'être utilisé des mines et
d'exploiter ici, au Québec, mais, au minimum, c'est fabriqué par une entreprise
d'ici.
Ça, c'est une bonne idée, je crois, de
réduire moins notre importation, souvent, de Chine, c'est sûr. Et, oui, on peut
avoir une discussion autour des coûts et... mais, quand même, on sait que de
fabriquer un bâtiment qui est 100 % des produits canadiens ou québécois,
c'est peut-être difficile. On peut juste penser à des produits qui sont... qui
viennent du pétrole, là. C'est sûr que Canada produit beaucoup de pétrole,
mais, quand même, c'est plus compliqué que juste une simple formule, là. Ça
prend de la transformation qui... des fois, qui est faite ailleurs. Mais, bref,
je trouve que c'est toujours une bonne chose de favoriser la production du
contenu d'ici, puis de favoriser les entreprises d'ici, puis d'encourager les
entreprises d'ici.
Et, quand même, M. le Président... j'ai
trouvé, sur le site Web d'Écohabitation, un article qui a été fait pour la fête
de Saint-Jean. Je vais juste lire un petit peu de ça parce que je trouve ça <bien
intéressant...
M. Kelley :
...j'ai
trouvé, sur le
site Web d'Écohabitation, un article qui a été fait pour
la fête de Saint-Jean. Je vais juste lire un petit peu de ça parce que je
trouve ça >bien intéressant. C'est sur la question :Est-ce
que c'est possible de construire une maison 100 % «made in» chez nous? Ça,
c'est le titre de l'article. «Le Québec a l'honneur! Dans l'esprit de
Saint-Jean-Baptiste, Écohabitation [se demande] s'il est possible de construire
une maison 100 % locale.» C'est intéressant parce qu'en conclusion, comme
je viens juste de citer, c'est probablement très, très difficile ou plus très
improbable, c'est qu'est-ce qui est cité par l'auteur de l'article, qu'on est
capable de construire une maison 100 % avec le contenu québécois, mais une
maison qui visait presque à 90 %, c'est possible.
Et eux autres citent aussi une approche qui
est de plus en plus des maisons et des scénarios tout en bois, comme un exemple
où on pourra utiliser plus, plus des matériaux qui viennent d'ici. Ils citent
aussi des différents entreprises, comme je mentionnais, il y a «the quartz» puis...
et Zodiaq. C'est une entreprise d'ici, de granit... granit de Saguenay, qui est
capable de fabriquer des produits pour les salles de bains et quand même pour
les cuisines. Il y a plein des différents entreprises.. Le bois de chez-nous, il
y a OSB, «Oriented Strand Board», et des panneaux de bois qui sont fabriqués
par les entreprises d'ici. Des isolants naturels, il y a quand même des options
ici, au Québec. On a des fournaises aux granules, du bois deCaddy, une
entreprise du Québec. On a des appareils de ventilation qui sont produits et
fabriqués par les entreprises ici, au Québec, en région. J'ajoute le ciment,
oui, on a ça aussi au Québec. Alors, il y a le gypse, il y a les matériaux de
plastique recyclé, il y a le revêtement et décoratif de papier de recyclé.
Bref, grosso modo, on a des exemples dans
cette fabuleuse article sur les maisons qui construisent avec pas mal des
matériaux qui vient du Québec. Oui, je parle d'une maison, mais on peut
imaginer comment on peut favoriser l'utilisation de plus en plus des matériaux
qui vient d'ici. Et je sais que le ministre a parlé souvent sur le recyclage. Il
y a quand même cette idée d'une économie qui est plus circulaire, circulaire,
où on réutilise les mêmes matériaux. Et comment on va favoriser ça, M. le
Président? C'est sûr et certain qu'on a un plan qui est en place. Il y a des...
les trois E, je pense qu'on est rendus là, cinq, maintenant, mais, bref, il y a
tout ce système de le recyclage circulaire que je sais que, quand même, ma
collègue de Verdun et leur formation politique poussent le Québec d'être plus
ambitieux.
Alors, nous avons une opportunité ici,
pour la construction des futurs bâtiments, d'ajouter une clause qui, c'est sûr,
favorise les matériaux québécois. Mais, quand même, si on est capables
d'utiliser plus des produits qui vient du Canada, on peut juste regarder... On
sait que, dans le portrait, M. le Président, les GES, le plus grande partie des
GES... une des plus grandes parties des GES vient des transports. Alors, si on
est capables de réduire les GES qui vient de les transports pour acheter des
produits qui vient de l'Alberta, ou quand même Manitoba, ou en Ontario,
parfait, c'est une bonne chose pour notre économie. Et, quand même, on va favoriser
peut-être des meilleurs échanges entre des provinces, si on a des politiques où
on encourage d'utiliser des produits qui sont faits ici, au Canada. Parce que,
sinon, l'autre option, comme je dis, c'est d'importer des produits qui vient
des autres juridictions, comme la Chine, où on sait, eux autres utilisent
beaucoup d'énergie de charbon, qui émettent beaucoup des GES dans l'atmosphère.
Et, quand même, un autre enjeu, parce
qu'on parle de la transition énergétique, un petit peu dans ce projet de loi,
et l'efficacité énergétique, M. le Président, mais les gros bateaux commercials
pour faire des marchandises, là, il n'y a aucune solution présentement pour
remplacer le diesel qui est utilisé dans ces gros bateaux là. On est loin de
trouver une solution avec les batteries. On n'est pas rendus non plus à une
façon de remplacer le gaz ou le diesel avec l'hydrogène. C'est peut-être une
solution un jour, mais on n'est vraiment pas rendus là, de changer toute la
flotte mondiale des bateaux, ça va être toute une... c'est un changement
d'attitude de... planétaire. Et ça, c'est pourquoi je pense que l'idée de
toujours prendre une chance puis l'opportunité, dans un projet de loi, de bien
encadrer <la chaîne des produits...
M. Kelley :
...c'est un changement d'attitude de... planétaire. Et ça,
c'est pourquoi je pense que l'idée de toujours prendre une chance puis
l'opportunité, dans un projet de loi, de bien encadrer >la chaîne
des produits locals... et locaux, c'est une bonne idée. Et ça prend des cibles,
et ça, c'est une chose dans ce projet de loi.
Je comprends que beaucoup va être
déterminé par règlement. C'est une façon de faire les projets de loi, mais il
n'y a pas des cibles, il n'y a pas des dents non plus. Alors, dire qu'on va
avoir les politique pour favoriser l'achat... l'achat des produits d'ici, c'est
une chose, mais, si on est capable de mettre quelque chose qui est concret dans
une loi, je pense que, ça, c'est envoyer un signe fort à nos entreprises, nos
PME d'ici qu'on est capable d'ajouter des... des clauses dans les lois, pour
encourager eux autres puis encourager aussi nos constructeurs, nos
développeurs, de regarder nos projets ici puis de ne pas toujours juste
regarder le coût, mais là aussi prendre en considération l'empreinte puis les
GES.
• (12 h 50) •
Est-ce que c'est vraiment un produit
verte? Je sais que le caucus puis le Conseil des ministres de la CAQ étaient
encouragés de lire le livre de M. Gates sur les changements climatiques.
Puis il explique ça très bien que, dans le coût des produits, comme je viens
d'expliquer, si c'est le béton, le ciment, l'acier, on fait la liste, il
faut... et, pour la suite des choses, pour l'avenir, pour une économie qui est
vraiment verte, qu'il y ait une préférence d'avoir des produits qui sont
fabriqués avec l'énergie qui est propre, parce que ça, c'est où le défi planétaire
est présentement. On est gâtés ici, au Québec, on a nos réserves
d'hydroélectricité, mais les autres juridictions n'ont pas le même avantage et,
quand même, ne sont pas toujours nécessairement intéressées de faire un
changement, M. le Président, vers une autre source d'énergie parce qu'il veut
garder les coûts de leurs produits plus bas. Ils sont capables de faire un
«flooding» de le marché avec un produit qui est moins vert.
Et je trouve que cet amendement s'inscrit
aussi dans la logique du gouvernement, avec Northvolt, un fabricant des
batteries que le marketing est basé sur le fait que comment leur produit, c'est
unique, M. le Président, c'est parce que c'est une batterie qui est fabriquée
avec de l'énergie qui est 100 % renouvelable, c'est une batterie verte. Si
on regarde tous les autres gros majeurs joueurs sur la planète, leur production
de la batterie n'est pas nécessairement verte, entre guillemets, parce qu'aux
bases encore, je reviens à l'énergie, sans énergie, M. le Président, il n'y a
pas de simulation. L'énergie propre n'est pas nécessairement utilisée par les
gros joueurs dans les autres juridictions. Des fois, c'est à cause qu'il y a un
manque de l'énergie renouvelable ou, quand même, ils ne sont pas intéressés de
l'utiliser. Alors, encore, c'est dans la même même idée, même logique, on veut
que tout est vert, on veut que tous les produits sont verts puis on... Ce n'est
pas juste un slogan ni une ligne politique, on veut une économie verte, mais
qu'on a des éléments qui sont inscrits dans les lois pour encourager que, dans
tous nos éléments de notre société et notre économie, A à Z, on fait la
préférence des produits qui sont plus verts que qu'est-ce qu'on trouve
ailleurs.
Alors, M. le Président, ça, c'est pourquoi
je vais appuyer l'amendement de ma collègue des Mille-Îles, mais je lance une
discussion. Je ne sais pas si le ministre a des commentaires, hein, on est ici
pour débattre des idées au sein d'un projet de loi. Et merci beaucoup, M. le
Président, pour votre écoute.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci au collègue de nous avoir partagé sa réflexion. Mais, sans...
sans parler de contradiction, le collègue parle de cibles à se donner, et sa
collègue de Mille-Îles parle de «peut se donner des cibles». Mais, si on impose
des cibles, c'est clair qu'on vient alourdir le fardeau des propriétaires,
sinon des constructeurs. Si on parle de cibles, c'est clair qu'il va y avoir
une incidence sur les coûts à la hausse sur les propriétaires et les
constructeurs, ce que les collègues de l'opposition officielle voulaient éviter
hier. Donc, il faut... il faut en être conscient.
Mais, pour ce qui est des objectifs
évoqués par le collègue de Jacques-Cartier, on est 100 % au même endroit,
on veut favoriser l'achat local. C'est vrai que, pour un point de vue
strictement environnemental de circuit court, ça peut être une belle façon de
diminuer nos GES. Mais, à ce niveau-là, on a beaucoup, beaucoup d'outils à
notre disposition pour favoriser l'achat local. Et, tel que le stipulait l'article 1
étudié, là, hier, et même au niveau de l'article 10 actuel, on a ce
pouvoir-là. On a le pouvoir, à travers la réglementation, d'imposer <du
contenu local...
M. Charette :
...l'article 1
étudié, là, hier, et même au niveau de l'article 10 actuel, on a ce
pouvoir-là. On a le pouvoir, à travers la réglementation, d'imposer >du
contenu local. Il reste à savoir, par contre, si c'est une bonne chose pour ne
pas alourdir, justement, le fardeau et il reste à savoir comment on le
formulerait aussi pour ne pas entrer en contradiction avec les lois qui nous
régissent au niveau du commerce international, et autres. Mais, pour ce qui est
du «peut», le «peut», on l'a déjà dans la formulation actuelle du projet de
loi.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Merci, M. le
ministre. Et je comprends que des choses peuvent être adoptées par règlement.
Et chaque fois qu'on parle d'une clause de... qu'il faut acheter des matériels et
des matériaux d'ici, on soulève : Bien, est-ce qu'il y a des contraintes à
nos... à nos ententes internationaux? Est-ce qu'il y a une brèche avec
l'entente avec des Américains puis des Mexicains? C'est des bonnes réflexions.
Il faut regarder ça. Mais on sait aussi que des Américains sont... ils n'ont
jamais peur, là, de mettre des clauses en place qui favorisent les entreprises
américaines. Je sais qu'on n'est pas à la même grandeur, en termes de
population, que les Américains, mais je pense que notre fierté, en termes de
nos produits d'ici, est plus élevée que les Américains. Je dis ça quand même,
M. le Président, mais je comprends, je comprends les arguments.
Ceci dit, je veux continuer de plaider que
c'est mieux d'inscrire des lignes et des clauses comme ça parce qu'on... OK, on
ne mettra pas une cible spécifique nécessairement, ça peut être déterminé par
un règlement plus tard. Mais, quand même, je trouve que la phrase, c'est
vraiment un signal fort à les industries d'ici qu'on favorise vraiment les
entreprises d'ici. Puis, je pense, ça va être apprécié par les entreprises,
dans tous nos comtés, qui sont dans l'industrie de la construction ou la
production des matériaux pour la construction. Alors, je pense que... encore,
je comprends que le ministre a fait une réflexion puis préfère de laisser ça
dans les mains des règlements qui s'en viennent, mais nous, sur notre côté, on
préfère de mettre juste une phrase simple comme ça, c'est faisable puis c'est
une bonne chose pour notre économie puis notre société.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement de
l'article 10 de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre... amendement, nous
allons mettre l'amendement... Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, M. le
Président, je veux juste conclure, dans le fond, dire que je n'aurais pas pu
faire mieux que mon collègue, franchement. C'est tout un plaidoyer! Alors,
très... je voulais juste le remercier, voilà, pour ce qu'il vient de nous
faire. C'était une belle envolée. Merci, cher député. J'imagine qu'on peut
procéder au vote par appel nominal.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, est-ce que l'amendement à l'article 10... On va demander un vote
nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire
: M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire
: Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire
: Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire
: Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'amendement est rejeté. Revenons à l'article 10 de la loi édictée.
Mme Dufour : Il va avoir un
autre...
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : ...il va avoir
un autre amendement qui devrait partir à l'instant, et, bon, c'est un peu dans
le même sens que ce qu'on vient de discuter, mais on va être plus précis cette
fois-ci, on va parler de l'utilisation du bois. Et là je vais juste ouvrir mon document.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
compte tenu de l'heure, nous allons suspendre nos travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 heures)
Le Président (M. Jacques) : ...nos
travaux et nous suspendons aussi immédiatement nos travaux pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 15 h 01)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 21)
Le Président (M. Jacques) : La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la performance environnementale des bâtiments
et modifiant diverses dispositions en matière de transition énergétique.
Lors de notre suspension, à 13 heures,
Mme la députée de Mille-Îles était sur le point de déposer un amendement à l'article 10
de la loi édictée. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui. Merci,
M. le Président. Alors, l'article, dans le fond, est déjà à l'écran. Alors, je
vais le lire. L'article 10 de la loi édictée à l'article 1 du projet
de loi est modifié par l'ajout, après le quatrième paragraphe, du
suivant :
«5° un immeuble construit en bois».
L'article modifié se lirait comme suit :
«10. Le gouvernement peut, par règlement,
établir des normes en matière de performance environnementale des bâtiments,
lesquelles peuvent prendre la forme de normes en matière de travaux de
construction ou celle d'une cote de performance environnementale.
«Les normes peuvent varier notamment en
fonction des paramètres visés au règlement pris en application des
sous-paragraphes a à ddu paragraphe 1° et du sous-paragraphe a du
paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 6.
«Ce règlement doit prévoir des normes
particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble classé ou cité en
application de la Loi sur le patrimoine culturel;
«2° un immeuble patrimonial, au sens de
cette loi, situé dans un site patrimonial classé, déclaré ou cité en
application de cette loi;
«3° un immeuble inscrit dans un inventaire
visé au premier alinéa de l'article 120 de cette loi;
«4° un immeuble situé dans le site
patrimonial national déclaré par cette loi;
«5° un immeuble construit en bois.»
Et donc, j'explique. Dans le fond, ça va
un peu dans le même sens que l'amendement précédent, mais c'est plus spécifique
aux constructions en bois. On l'a... on l'a mentionné, on souhaite avoir des...
des bâtiments qui soient... qui soient plus... plus écoénergétiques. Mais, dans
le cas du bois, ce qui est intéressant, c'est qu'on a une politique... une
politique d'intégration du bois dans la construction, et d'ailleurs qui avait
été mise en place par le présent gouvernement lors de la dernière législature,
et cette politique-là vient, dans le fond, a une... Une des visées, là,
évidemment, c'est pour favoriser le développement économique du Québec, vous le
savez, l'économie... toute la... la... la question du bois au Québec, c'est
très important dans l'économie, mais c'est aussi de contribuer à la lutte
contre les changements climatiques. Et là je vais vous lire, dans le fond... Excusez-moi...
Et voilà : «L'utilisation du bois dans la construction contribue au
stockage du carbone.» Ça, c'est tiré de la politique. «De plus, le bois se
substitue à des matériaux dont la production requiert de grandes quantités d'énergie
ou qui ont été fabriqués à partir de produits pétroliers. Le remplacement de
ces matériaux à plus forte... à plus forte empreinte carbone permet d'éviter
les émissions découlant de l'extraction des matières premières et de la
fabrication des matériaux. Le potentiel d'atténuation des émissions de gaz à
effet de serre est prometteur dans les <bâtiments...
Mme Dufour :
...permet
d'éviter les émissions découlant de l'extraction des matières premières et de
la fabrication des matériaux. Le potentiel d'atténuation des émissions de gaz à
effet de serre est prometteur dans les >bâtiments résidentiels,
commerciaux, institutionnels et industriels ainsi que [...] les infrastructures
qui utilisent largement des matériaux non renouvelables et énergivores pour leur
construction.»
Donc, l'objectif ici, c'est tout
simplement de prévoir des normes, encore une fois, particulières pour ces
bâtiments-là, parce que, dans le fond, on a un gain, et l'objectif, c'est de
favoriser ces immeubles-là. Et, bien entendu, généralement, quand ils sont en
bois, bien, ils proviennent plus... c'est assez local. C'est... c'est plus
rare, là, que des immeubles en bois seraient construits avec du bois de très,
très loin, donc on a... D'une pierre deux coups, on encourage notre économie,
mais aussi on améliore la... le bilan écoénergétique de nos bâtiments. Mais
c'est quand même distinct d'autres bâtiments qui... qui sont construits plus...
plus... de façon plus traditionnelle.
Alors, nous, ce qu'on propose ici, c'est
vraiment de prévoir des normes particulières pour ces bâtiments-là dans
l'optique d'en favoriser le déploiement et qu'on en ait le plus possible. Donc,
je pense que ça explique, là, sensiblement, le... le position... la position
du... le raisonnement derrière cet amendement-là, puis je reviendrai, là, par
la suite, peut-être, avec d'autres commentaires.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Bien, merci
au Président. Merci à la collègue pour la présentation de son amendement,
auquel on ne donnera pas notre appui. Peut-être résumer très, très simplement.
Tout à l'heure, de façon générale, on a dit non... pourquoi c'était non. Là,
c'est un exemple encore plus spécifique. Donc, si, de façon générale, il n'y
avait pas de besoin de faire... d'adopter l'amendement, il n'y aura pas
davantage de pertinence de façon spécifique. Et, si, par... par curiosité — et
ce sera leur droit — les collègues veulent déposer, par exemple, un
amendement pour des systèmes de chauffage québécois, ce sera aussi non parce
que le projet de loi le permet déjà. On l'a mentionné tout à l'heure, c'est une
possibilité, et la collègue l'amène de façon à encourager, donc non pas de
façon contraignante, ce que l'on peut faire déjà. Et la collègue, à juste
titre, a évoqué une politique pour la mise en valeur du bois et de la forêt
québécoise. Donc, il y a déjà des mesures pour favoriser le recours et l'usage
du bois québécois, donc je ne serai pas plus long dans ma... dans ma réponse.
Le Président (M. Jacques) : Parfait,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M.
le Président. Je vais peut-être rajouter, en plus de tous les avantages de ce
que j'ai déjà mentionné, le... Les arbres ont la capacité de capter le CO2
et d'emprisonner le carbone. Puis ça, c'est toujours tiré, là, je... je ne suis
pas une spécialiste, mais je le lis, c'est écrit dans la politique : «...emprisonner
le carbone qui se trouve dans ce gaz à effet de serre en partie responsable des
changements climatiques.» Donc, les forêts agissent comme un immense réservoir
de carbone soutiré à l'atmosphère et stocké dans le bois. Et ce carbone est
capté en forêt et conservé dans les produits faits de bois. Puis ça, c'est pour
la durée... toute la durée de leur vie. Donc... donc, finalement, plus qu'on a
de produits faits à base de bois, bien, non seulement on encourage, on a des
produits locaux, non seulement, donc, on réduit les gaz à effet de serre pour
le transport, en plus, on réduit les gaz à effet de serre pour la production
des matériaux en soi et, en plus, bien, on encourage, dans le fond, la
captation de carbone. Donc, c'est vraiment triplement gagnant.
Et on a une politique, mais, pour
l'instant, on n'en voit pas encore les effets, et je pense qu'on a une
opportunité ici de... Et c'est vraiment un... l'idée, c'est que ce soit un
amendement qui soit... qui favorise, donc, positif, il faut le voir positif, ce
n'est pas contraignant... tout simplement pour encourager plus de... Puis
surtout on va commencer par des grands bâtiments. On dit, là, la phase un,
c'est ce qu'on parle, bien, il faut aller là aussi, il faut aller là.
D'ailleurs, j'avais... j'avais vu un projet d'hôtel, à Laval, qui était... qui
devait se faire en bois, 12 étages. Finalement, malheureusement, il ne s'est
pas construit. Il y a eu une circonstance économique que... le promoteur n'a
pas... n'a pas poursuivi le projet, mais... mais on doit... on doit aller
davantage vers des constructions en bois, et c'est une... c'est une façon
d'encourager les... les promoteurs ou les propriétaires à le faire. Voilà.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 10?
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Encore, je veux juste exprimer, sur le fond de
l'amendement, que je vais appuyer ma collègue de Mille-Îles. Encore, comme le
dernier amendement que nous avons déposé, je pense, d'ajouter ça, c'est... dans
le projet de loi, d'ajouter l'amendement de ma collègue, c'est un signe <positif...
M. Kelley :
...ma
collègue de Mille-Îles. Encore, comme le dernier amendement que nous avons
déposé, je pense, d'ajouter ça c'est... dans le projet de loi, d'ajouter
l'amendement de ma collègue, c'est un signe >positif à l'industrie du bois
ici, au Québec. On sait que, depuis plusieurs années, peut-être, on a oublié le
bois comme un matériel de construction qui a certains bénéfices pour la
société. Et c'est sûr que, quand je regarde la stratégie qui a été mise de
l'avant par le gouvernement, il y a certains éléments qui sont très, très
intéressants, comme j'ai cité dans mon intervention un petit peu plus tôt
aujourd'hui. J'ai eu l'occasion de rencontrer les gens de l'industrie de la
forêt sur leurs produits qu'ils peuvent remplacer, comme de l'acier dans un
projet de construction. Et, quand je regarde la politique de le gouvernement,
des principes de la politique sont basés sur le fait qu'il faut favoriser le
développement économique du Québec, de contribuer à la lutte contre les
changements climatiques, assurer la sécurité et de favoriser le bien-être des
occupants, les bâtiments avec les... de bois, miser sur le développement des
connaissances et démontrer les bénéfices du bois.
• (15 h 30) •
Moi, je regarde ça, je... si je regarde
les deux principes... que je peux faire le lien avec cet amendement-là, c'est
ceux de favoriser le développement économique du Québec puis aussi démontrer
les bénéfices du bois dans la partie de l'axe 5, qui est de démontrer des bénéfices
du bois dans notre stratégie du gouvernement. Axe n° 5,
c'est le rayonnement de le produit d'ici. Alors, quelle meilleure façon de
rayonner des... l'industrie du Québec que de mettre un signal fort dans ce
projet de loi qui est... qui est relié à l'efficacité énergétique des bâtiments?
Et, quand même, on parle des critères de construction, puis des cotes, et tout
ça. Alors, ça, c'est une bonne façon d'encourager les développeurs puis des
constructeurs des tours, de regarder vers le bois où et quand c'est possible,
et avoir encore comme une mention spécifique dans le projet de loi.
On a... Objectif numéro 10, c'est
d'accroître le nombre des bâtiments en démonstration en bois, de... Objectif
numéro 11, c'est de démontrer les bénéfices de l'utilisation du bois dans
la construction. Alors, encore, si je regarde les objectifs de le gouvernement,
c'est en lien avec l'amendement qui est déposé par ma collègue. Je ne sais pas
si mes collègues connaissent le Centre d'expertise sur la construction
commerciale du bois, Cecobois, que j'ai eu le plaisir de rencontrer, comme j'ai
mentionné, c'était parmi les groupes que j'ai rencontrés quand j'étais
responsable pour le dossier de la forêt. Et eux autres ont toute une page sur
le... toute une... beaucoup d'informations sur leur site Web, puis il y a une
page qui est dédiée à pourquoi construire en bois, puis, je pense que c'est
important pour les gens qui nous écoutent, pourquoi c'est important de parler
du bois. Alors, je vais expliquer ça des experts directement.
Pourquoi construire en bois? Bien, la
construction en bois connaît un véritable essor au Québec et ailleurs dans le
monde. Le développement de nouveaux produits performants, de nouveaux procédés
et de nouveaux systèmes novateurs ont contribué à l'utilisation accrue de ces
matériaux dans la construction commerciale, institutionnelle, industrielle et
multirésidentielle. Intéressant, ils ont un tableau avec les chiffres, M. le
Président. Et c'est vrai que, depuis 2017, on a doublé l'utilisation du bois dans
la construction résidentielle de quatre étages et moins.
Alors, on a au minimum de plus en plus de
bois québécois, mais il y a toujours beaucoup de chemin à faire. La raison
pourquoi utiliser le bois du Québec? C'est une solution plus écologique. Les
nombreuses caractéristiques environnementales du bois en font un allié de
taille dans la lutte contre les changements climatiques. Son utilisation dans
la construction des bâtiments, un secteur qui génère énormément de gaz à effet
de serre, s'avère ainsi une solution sensée, appuyée par de nombreuses
recherches et groupes environnementaux. Un des aspects les plus positifs du
bois est le fait qu'il s'agisse d'une ressource renouvelable et exploitée de
manière durable au Québec. Le bois, le seul matériau issu d'une ressource
renouvelable, est géré d'une manière durable, les arbres, contrairement à des
autres matériaux qui sont issus des <ressources...
>
15 h 30 (version révisée)
<17951
M. Kelley :
...le bois, le seul matériau issu d'une ressource renouvelable et
géré d'une manière durable, les arbres, contrairement à des autres matériaux
qui sont issus des >ressources non renouvelables. Le bois provient de
nos forêts. Les forêts québécoises sont parmi les mieux gérées au monde et se
régénèrent naturellement. Le bois s'avère donc un choix écoresponsable et
durable. C'est un matériau produit et récolté localement, une chose qui est
très importante.
Je pense que mes collègues autour de la
table ont probablement des entreprises qui sont directement dans le domaine de
l'industrie de la forêt ou, quand même, sont des entreprises, des petites et
moyennes entreprises, qui sont liées avec l'industrie des forêts, ici, l'industrie
forestière, ici, au Québec. On sait qu'au Québec l'industrie compte sur 893 usines,
puis c'est... emploie, là, environ 37 000 personnes sur le territoire
du Québec, M. le Président. C'est une industrie, oui, traditionnelle, mais
énorme. Puis il y a environ 135 municipalités qui sont liées, dépendant
sur l'industrie forestière.
Alors, c'est sûr qu'une bonne gestion de
la forêt est très, très importante, mais, quand c'est bien fait, comme ma
collègue a dit, c'est un matériau qui séquestre le carbone. Quand on brûle le
bois, ce n'est pas nécessairement une bonne chose, mais, si on peut réutiliser
les arbres plus matures puis faire un système où on plante des arbres puis un
autre de... forêt pousse, ça, c'est où... Je comprends, dans leur site Web, ça,
c'est le cycle de vie sur comment c'est considéré comme un produit
renouvelable. Puis encore, c'est très important, si on regarde le tableau sur
le site Web, c'est un matériau peu émetteur de GES. On sait que c'est vrai avec
l'acier puis le béton, ça prend beaucoup d'énergie pour fabriquer ces deux
produits-là, mais le bois, ça prend beaucoup moins d'énergie pour récolter.
Alors, je pense que c'est des arguments qui sont pas mal solides, M. le
Président.
Puis, quand même, de plus en plus... je
reviens aussi à notre expert sur le sujet dans... écohabitation, il y a un
article qui explique, de plus en plus, quand même, des bâtiments qui sont à une
plus grande hauteur... le bois devient de plus en plus une option intéressant.
C'est sûr que ça va continuer de prendre recherche et développement, mais,
quand même, on peut juste penser, dans les gros projets, si on est capables d'avoir
plus des produits du bois qui vient du Québec, pourquoi pas?
Alors, pour toutes ces raisons-là, M. le
Président, je vais appuyer l'amendement de ma collègue. Puis, je pense, c'est
encore un bon signe, quand on voit les producteurs, des acteurs dans le secteur
de l'industrie forestière, ici, au Québec... qu'on a mis quelque chose de
concret dans ce projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'article 10 de la
loi édictée? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons mettre aux voix l'amendement
à l'article 10 de la loi édictée. Est-ce que l'amendement est...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Vote
par appel nominal. Mme la présidente... la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire : Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Pour.
La Secrétaire : Et M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'amendement est rejeté. Nous revenons à l'article 10 de la loi édictée.
Est-ce qu'il y a des intervenants? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Merci,
M. le Président. J'avais une question. C'est le dernier... le dernier alinéa de
l'article 10, donc : «Un immeuble situé dans le site patrimonial
national déclaré par cette loi.» Est-ce qu'on réfère à l'Assemblée nationale
ici?
M. Charette : ...pour l'Assemblée
nationale spécifiquement, mais je peux comprendre le principe derrière cet
élément-là. Lorsqu'il y a un site qui est national, il y a des restrictions sur
les bâtiments qu'il comporte parce que ça pourrait dénaturer, justement, le
site. Je pourrais vous donner des exemples dans <différentes...
M. Charette :
...qu'il
comporte, parce que ça pourrait dénaturer, justement, le site. Je pourrais vous
donner des exemples dans >différentes régions. Pour l'Assemblée
nationale, on pourra vérifier, là, auprès de nos juristes, je ne suis pas un
spécialiste de la question, mais...
Une voix : ...
M. Charette : On me dit que
oui. On me dit que oui, donc, la vérification n'a pas été longue, ça
s'appliquerait à l'Assemblée nationale.
Mme Dufour : Bien, en
fait, selon... selon nos recherches, là, il n'y a qu'un seul site patrimonial
national déclaré en vertu de la loi, et c'est le site de l'Assemblée nationale.
Donc, on fait une exception particulière pour l'Assemblée nationale, ce qui est
quand même étonnant quand on veut être exemplaire et donner... Je comprends
qu'on ne veut pas dénaturer, mais on devrait être les premiers exemplaires. Puis
on le vit, à l'intérieur de l'Assemblée, comment, des fois, on gèle ou on a
chaud à des moments que ça ne devrait pas. Donc, je voudrais savoir, est-ce qu'on
a une idée c'est quoi, les intentions qu'on vise pour l'Assemblée nationale,
exactement est-ce qu'il va être... dans quelle catégorie, dans quelle phase il
va rentrer et si on a estimé les coûts que ça pourrait représenter pour se
mettre aux normes?
• (15 h 40) •
M. Charette : On a
mentionné, lors d'échanges précédents, lorsqu'il est question de bâtiments
patrimoniaux, il y a possibilité de faire des exemptions, il y a possibilité
d'établir les règles différemment. On pourrait tout simplement, par exemple,
recourir à un audit qui nous permettrait de déterminer comment améliorer
l'efficacité énergétique, sinon la performance environnementale du bâtiment.
Donc, il y a plusieurs options, là, qui s'offrent à nous à ce sujet-là.
Mme Dufour : Je vais
juste répéter ma question. Je posais la question spécifiquement pour le site de
l'Assemblée nationale. Est-ce qu'on a... Est-ce qu'on sait dans quelle... dans
quelle phase il va se déployer? Est-ce qu'il est... dans quelle catégorie il
rentre et, c'est ça, comme je le disais, dans quelle phase, à quel moment puis
si on a estimé les coûts que ça pourrait représenter de le mettre aux normes,
le bâtiment?
M. Charette : C'est une
réponse à laquelle... C'est à dire, c'est une question à laquelle je ne
pourrais pas répondre à ce moment-ci.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : ... à
ce sujet, puis c'est correct si le ministre n'a pas de réponse, là, mais je
trouve ça intéressant de se poser la question de comment ça va être appliqué à
l'Assemblée nationale, comme exemple. Puis j'irai un peu plus loin, là, en tout
cas, je sais que ce projet de loi, on couvre plusieurs bâtiments
institutionnels, mais je pense que, dans le cas de l'Assemblée nationale, puis
peut-être que c'est des débats qu'on peut continuer à avoir ailleurs, là, de...
discussions avec le Bureau de l'Assemblée nationale du Québec pour quand même
être des leaders en termes de décarbonation, là. On le sait... pour siéger au
BAN, on le sait, qu'il y a plusieurs travaux qui sont faits, comme... des coûts
puis les paramètres dont parlait le ministre en termes de... le classement
patrimonial. C'est toutes des choses à prendre en considération, mais je pense
que c'est un exercice d'étude de cas intéressant, si jamais le ministre en a
plus, d'information là-dessus.
M. Charette : ...bien de
référer au BAN. C'est sans doute l'instance la plus appropriée, là, pour mener
ce type de réflexion là. Et sinon, pour des bâtiments patrimoniaux ou des
bâtiments d'exception, comme je le mentionnais, avec un audit particulier, même
s'il n'y a pas d'assujettissement automatique à travers... pour ce qui est de
la performance environnementale, il n'est pas dit qu'il n'y aura pas des
attentes pour ces bâtiments-là, et un audit pourrait nous permettre très, très
certainement de voir quels types d'améliorations pourraient être faites pour
améliorer la performance, là, du bâtiment qu'est l'Assemblée nationale.
Le Président (M. Jacques) : ...d'autres...
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, c'est un
sujet intéressant, M. le ministre. Est-ce que votre ministère a été consulté
sur les mesures d'efficacité qui sont nécessaires pour la rénovation de le
salon rouge? Est-ce qu'on va prendre l'exemple avec notre Chambre aussi,
l'Assemblée nationale? On veut une grosse rénovation, après ça, le salon bleu.
Est-ce qu'on va être l'exemple pour nos citoyens dans l'efficacité énergétique
avec nos rénovations?
M. Charette : La réponse
que j'ai donnée à la collègue de Verdun s'applique aussi.
Le Président (M. Jacques) : ...M.
le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'article 10 de la
loi édictée... de l'article 1 de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 10 de
la loi édictée. Donc, est-ce que l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 11 de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
«11. Le gouvernement peut, par <règlement...
Le Président (M. Jacques) :
...M.
le ministre, l'article 11 de la loi édictée.
M. Charette :
Merci,
M. le Président. Donc :
«11. Le gouvernement peut, par >règlement,
déterminer les cas et les conditions selon lesquels le propriétaire d'un bâtiment
visé par une norme en matière de performance environnementale doit obtenir, à
ses frais, un rapport sur la performance environnementale de son bâtiment
réalisé par un organisme ou une personne reconnue en vertu de ce règlement. Il
peut également y déterminer les cas et les conditions selon lesquels le
propriétaire doit fournir ce rapport au ministre.»
Commentaire. L'article 11 vise à
permettre au gouvernement de déterminer par règlement les situations dans
lesquelles un rapport portant sur la performance environnementale d'un bâtiment
pourrait être requis et dans quels cas celui-ci devrait être remis au ministre.
Ce type de rapport pourrait être utile au propriétaire d'un bâtiment dont les
caractéristiques sont atypiques et dont la performance... pardon,
environnementale est plus difficilement mesurable par le propriétaire lui-même
et les travaux à réaliser pour atteindre une norme fixée par règlement sont
plus difficilement identifiables.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 11 de la
loi édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Donc, on
dit ici, dans les commentaires : «Ce type de rapport pourrait être utile
au propriétaire de bâtiment dont les caractéristiques sont atypiques et dont la
performance environnementale est plus difficilement mesurable.» Est-ce que
ce... Ce que j'essaie de comprendre... Est-ce que ça veut dire qu'il y a une
frange de propriétaires de bâtiments qui n'auraient pas à fournir un rapport et
que c'est seulement une... en fait, qu'une majorité de propriétaires de
bâtiments n'auraient pas à fournir de rapport, mais qu'il y a seulement une
petite partie qui auraient des bâtiments à caractéristiques atypiques qui
auraient à le faire?
J'aimerais juste entendre l'intention,
parce que, quand on lisait le projet de loi, de prime abord, évidemment, on
n'avait pas les commentaires, on aurait pu penser que c'était à peu près
n'importe qui, là, qui aurait eu à fournir le rapport. Donc, j'aimerais...
j'aimerais entendre un peu plus de détails à ce sujet.
M. Charette : ...a raison,
c'est pour une minorité de bâtiments, vraisemblablement des bâtiments anciens,
pour lesquels ce serait difficile, là, de procéder de façon conventionnelle, et
c'est là où il peut y avoir ce recours pour tenter d'identifier. Puis tout à
l'heure on parlait des mesures d'exception, j'avais d'ailleurs cité l'article
en question, pour se donner des outils à procéder différemment, mais tout de
même procéder, pour voir comment, ultimement, améliorer, là, la performance
environnementale du bâtiment en question.
Mme Dufour : Et est-ce qu'on
peut avoir des exemples de quels seraient des bâtiments avec caractéristiques
atypiques?
M. Charette : Je ne pourrais
pas identifier un bâtiment et son adresse précise, mais on peut, par contre,
mentionner vraisemblablement de vieux bâtiments qui, par leur âge, leur
complexité au niveau de la construction, nécessiteraient une approche
différenciée. Mais je n'ai pas de bâtiment patrimonial ou d'exemples précis à
donner, là, mais on fait référence, là, très certainement, à de vieux
bâtiments.
Mme Dufour : Mais on prévoit
déjà des normes particulières, distinctes pour les bâtiments patrimoniaux, donc
en quoi l'article 11 va changer quelque chose, là? Juste bien comprendre,
là, la distinction entre l'article 10 et l'article 11.
M. Charette : J'ai...
j'essaie d'avoir les compléments d'information en même temps, j'ai manqué...
Mme Dufour : Je peux reposer
ma question.
M. Charette : ...peut-être
juste la fin de l'intervention. J'ai compris le début, mais pas la fin.
Mme Dufour : Parfait. Donc,
j'essaie juste de comprendre, tu sais, on prévoit déjà, à l'article 10,
des mesures d'exception pour les bâtiments anciens, les patrimoniaux, donc en
quoi l'article 11 se distingue de l'article 10?
M. Charette : ...question.
Donc, il peut y avoir une exception, mais l'exception pourrait être déchargée
de mesures à prendre, tout comme le 11 permet de dire : Oui, c'est un
bâtiment avec des caractéristiques particulières, mais on veut quand même y
travailler, trouver des façons de bonifier sa performance environnementale. Et
c'est là où on peut demander, là, qu'il y ait une évaluation particulière qui
soit faite. Donc, ce n'est pas une décharge complète, c'est de dire : On
veut travailler à améliorer la performance environnementale de ce bâtiment-là,
mais à travers une approche qui est différente, compte tenu de ses
particularités.
Mme Dufour : Puis on dit que
ça doit être obtenu aux frais du propriétaire, à ses frais. En fait, c'est ça,
le propriétaire... c'est ça, c'est le propriétaire qui doit <obtenir...
Mme Dufour :
...aux
frais du propriétaire, à ses frais. En fait, c'est ça, le propriétaire... c'est
ça, c'est le propriétaire qui doit >obtenir ça à ses frais. Est-ce qu'on
a une idée de ce que ça implique, produire un rapport de cette nature-là, étant
donné que c'est atypique, comment ce serait fait puis à quels coûts on peut
s'attendre?
M. Charette : On ne pourrait
pas, à ce moment-ci... Compte tenu que c'est atypique, compte tenu qu'on ne
sait pas ce qui serait attendu et ce qui serait demandé, je ne peux pas transmettre
d'évaluation de coûts à ce moment-ci, mais, lorsqu'il est question d'évaluation
pour évaluer la cote, évaluer la performance environnementale, au départ, il
est possible qu'il y ait des frais pour les propriétaires, pour remplir leurs
exigences... leurs obligations, plutôt.
Mme Dufour : Mais on peut
s'attendre que ça va être plus fastidieux que les quatre heures qui étaient
évaluées pour établir les données pour la cote environnementale?
Des voix : ...
• (15 h 50) •
M. Charette : ...un
complément d'information, là, qui ne répond pas spécifiquement à l'article 11,
mais qui peut quand même donner une idée générale. Lorsqu'on est en présence
d'un bâtiment, là, qui est, normalement, au seuil de la SAP, donc de la
sanction administrative pécuniaire ou de la qualification... donc, ce n'est pas
uniquement 11, mais c'est quand même une belle indication, pour une maison
unifamiliale, on peut estimer des coûts entre 300 $ et 500 $. Pour ce
qui est d'un immeuble commercial, ça peut osciller entre 1 000 $ et
15 000 $. Et il y a des programmes d'aide qui sont disponibles à
travers, notamment ÉcoPerformance, pour assumer, là, une partie de ces
coûts-là.
Mme Dufour : Bien, je vous
remercie pour les chiffres. Et d'où viennent ces chiffres?
M. Charette : Pardon?
Mme Dufour : D'où proviennent
ces chiffres?
M. Charette : Des
évaluations, là, qui ont été faites au niveau du ministère.
Mme Dufour : OK. Puis ça,
est-ce que ce sont des chiffres qu'on peut... qui peuvent être partagés?
M. Charette : On pourra très
bien, effectivement, sans problème, transmettre l'information, là, à travers le
secrétariat.
Mme Dufour : Merci. Puis je
veux juste être certaine que j'ai bien compris, là. Pour le commercial, vous
avez dit...
M. Charette : Bien, tout
dépendant...
Mme Dufour : ...jusqu'à
15 000 $?
M. Charette : 11 000 $
à 15 000 $. Ça dépend de l'étendue des travaux, ça dépend ce qui est
attendu, ça dépend de la... bien, de l'ampleur de la tâche, en quelque sorte.
Mme Dufour : Bien là, on ne
parle pas des travaux, là. Là, ici, on parle juste du rapport de la
performance.
M. Charette : C'est ça. Bien,
des... c'est-à-dire de la commande demandée pour réaliser le rapport.
Mme Dufour : Donc, un rapport
pourrait coûter jusqu'à 15 000 $ pour une entreprise commerciale.
M. Charette : Bien, ça dépend
de la grandeur du bâtiment. Si c'est un immense bâtiment, ça peut être plus
dispendieux, effectivement.
Mme Dufour : Et les aides
financières qui sont... que vous mentionniez, qui existent déjà, ça couvrirait
combien, quel pourcentage de ces sommes-là?
M. Charette : Ça peut couvrir
une grande partie de l'évaluation, tout comme la réalisation des travaux, mais
il y a une très grande partie qui peut être assumée là, par les programmes
disponibles, en plus de la réalisation des travaux eux-mêmes.
Mme Dufour : L'enveloppe
de... l'enveloppe financière dont... que vous mentionnez, le programme...
M. Charette : ...
Mme Dufour : ...ÉcoPerformance,
c'est doté d'une enveloppe, annuellement, de combien, pour avoir une idée?
M. Charette : Dans le dernier
PMO, on va trouver facilement...
Une voix : ...
M. Charette : Quelques
centaines de millions. Et on me dit, là, c'est jusqu'à 80 % qui est
admissible, donc la majorité des coûts de préparation et de réalisation, là,
peuvent être assumés par le programme.
Mme Dufour : OK. Et ce
programme-là est destiné aux entreprises, principalement?
M. Charette : Aux
entreprises, effectivement.
Mme Dufour : Les
municipalités n'ont pas accès à ce programme-là aussi?
M. Charette : Les
municipalités, oui, aussi.
Mme Dufour : OK. Je vais
aller voir si d'autres collègues ont des questions puis je vais fouiller un
peu.
M. Charette : Sans problème.
Le Président (M. Jacques) : ...sur
l'article 11 de la loi édictée? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le ministre,
juste pour bien comprendre, on met les frais sur le dos des propriétaires des
bâtiments. Un rapport sur la performance environnementale... est-ce que nous
avons une idée combien ça va coûter d'avoir un rapport? Est-ce que c'est... ça
va être <similaire...
M. Kelley :
...la
performance
environnementale... est-ce que nous avons une idée combien ça
va coûter d'avoir un rapport,
est-ce que c'est... ça va être >similaire
à un rapport d'un ingénieur sur les structures d'un bâtiment?
M. Charette : Quel type de
rapport? Je n'ai pas compris.
M. Kelley : Bien, j'imagine...
Comme, des fois, il y a des rapports des ingénieurs sur les structures d'un
bâtiment, des fois, quand un bâtiment doit être sur la fondation, etc., mais
c'est juste de comprendre... On va demander à des propriétaires de payer pour
un rapport. Est-ce que vous avez une idée combien ça va coûter chaque fois ils se
font demander de produire un rapport?
M. Charette : Bien, en fait,
je pense avoir répondu à la question de la collègue de Mille-Îles, qui semble
être la même question. Donc, tout dépendant du type de bâtiment, on s'attend à
quelques centaines de dollars. Si c'est davantage du commercial, tout dépendant
de la grosseur du bâtiment et de la complexité du bâtiment, ce serait entre 1 000 $
et 15 000 $, mais c'est la même question, là, qui a été posée il y a
quelques secondes à peine.
M. Kelley : Désolé, j'étais
en train de répondre à un courriel d'une citoyenne, mais merci beaucoup pour la
réponse, M. le ministre.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles. Juste ne pas oublier de s'adresser à la présidence et
non pas directement au ministre.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président, du rappel. Je veux peut-être juste poser une question, parce qu'on
m'a référée à ÉcoPerformance, mais, quand je vais voir le programme, et
peut-être que je ne suis juste pas au bon endroit, là, mais ÉcoPerformance est
offert aux entreprises, etc., qui consomment des combustibles fossiles ou qui
utilisent des procédés générant des émissions fugitives de GES. Donc, ça ne
semble pas être destiné à des bâtiments qui seraient, par exemple, déjà, tu
sais, à l'électricité complète et qui seraient simplement des passoires, là,
les bâtiments, là. Je veux juste bien m'assurer, là, qu'il existe un volet...
M. Charette : Ce que la
collègue mentionne est exact pour un volet, mais il y a un volet Bâtiments,
également, au niveau du programme ÉcoPerformance.
Mme Dufour : Je ne l'ai pas
vu.
Des voix : ...
M. Charette : ...transmettre
le lien plus spécifiquement, là, mais je confirme qu'il peut y avoir de la
conversion énergétique à travers ÉcoPerformance, mais volet plus général, qui
couvre le bâtiment aussi. D'ailleurs, c'est un programme qui est très sollicité
par les entreprises et par les municipalités.
Mme Dufour : OK. Bien, s'il
est très sollicité et très facilitant, pourquoi les municipalités ont demandé à
avoir une aide financière pour accompagner ce programme-là?
M. Charette : Les
municipalités souhaitent, à juste titre, avoir des programmes qui leur sont...
qui leur sont disponibles, mais je peux confirmer que celui-ci est très
sollicité par les municipalités. On m'indique que, pour le volet Bâtiments,
uniquement, il y a 155 millions, là, qui sont disponibles, actuellement.
Mme Dufour : Est-ce qu'on
envisage d'augmenter cette enveloppe? Ça, c'est annuel, hein?
M. Charette : Non, c'est à
travers le PMO, c'est sur cinq ans, mais ce que le PMO nous permet de faire et
ce que l'on fait depuis trois ans... à chaque année, il y a une mise à jour et
il y a des programmes qui sont... qui peuvent être... bénéficiés d'une version
à l'autre. Donc, si on regarde, par exemple, entre le PMO 1, PMO 2,
PMO 3, il y a plusieurs programmes, là, qui ont pu être modifiés, bonifiés
au niveau de leur financement. Donc, c'est l'agilité, là, que l'on s'est
donnée. Et le prochain plan de mise en œuvre — c'est la définition,
là, de l'acronyme — c'est pour le printemps prochain. Donc,
normalement, quelque part en avril, on va présenter la quatrième version, là,
du plan de mise en œuvre.
Mme Dufour : Donc, on parle
du printemps 2024?
M. Charette : Exact.
Mme Dufour : OK. Et donc les
sommes pourraient être ajustées?
M. Charette : On va préciser.
À ce moment-ci, je ne peux pas parler du budget, mais, à chaque année, il y a
eu des ajustements au plan de mise en œuvre, autant au niveau du budget global
que des mesures elles-mêmes.
Mme Dufour : Mais là on
comprend que ce prochain plan de mise en œuvre, les sommes qui vont y être
allouées, ce sont les sommes qui seront disponibles lorsque la phase I entrera
en vigueur, et même la phase II, si je ne me trompe pas, là. Il y a des groupes
de bâtiments, là, qui vont... qui vont être impactés par ce projet de loi là
dès 2028, je crois 2027, même.
M. Charette : C'est un
programme qui est déjà disponible, avant même... Parce qu'il y a des... il y a
des propriétaires de bâtiments qui ont déjà voulu améliorer l'efficacité
énergétique de leurs bâtiments ou leur performance environnementale avant même
l'entrée en vigueur parce qu'ils y voyaient un intérêt possiblement à réduire
leurs coûts énergétiques, mais c'est un programme qui va être effectivement
maintenu et qui sera toujours disponible, là, pour les phases qui vont
officiellement entrer en <vigueur...
M. Charette :
...mais
c'est un programme qui va être effectivement maintenu et qui sera toujours
disponible, là, pour les phases qui vont officiellement entrer en >vigueur.
Mme Dufour : Bien, en fait,
mon commentaire concernait les normes coercitives dont vous parliez, et les
premières entreraient en vigueur en 2028 à l'institutionnel, les très grands
bâtiments, en 2029. Donc, le prochain plan de mise en œuvre nous amènerait
jusqu'à 2029, donc les très grands bâtiments.
Est-ce que... Je n'ai pas souvenir si on
avait estimé les montants qui seraient requis, mais on parle quand même de,
bon, 1 000... 1 000, 12 000, 13 000 bâtiments, si on
inclut les institutionnels, qui seraient... c'est 5 000, en fait, 6 000 bâtiments
qui seraient touchés. Donc, est-ce que l'enveloppe de 155 millions... Puis
en considérant qu'il y a déjà d'autres personnes, d'autres groupes, d'autres
propriétaires qui sont en dehors de ces 6 000 là, qui seront visés par les
normes coercitives, est-ce qu'on estime qu'il va y avoir assez d'argent?
• (16 heures) •
M. Charette : La question est
pertinente. Ça permet d'amener une précision importante. Si on parle de 1 000 bâtiments,
ça ne veut pas dire que ce sont les 1 000 bâtiments qui vont se
retrouver sous le seuil ou sous la note de passage et qui vont nécessiter des
investissements. Donc, sur les 1 000 à ce jour, je ne serais pas en mesure
de vous dire le pourcentage précis qui seront... mais ce n'est pas 1 000,
là, c'est un pourcentage beaucoup plus petit que le 1 000 en question. Et
on peut penser que, pour chaque catégorie de bâtiments, c'est la même chose, ce
n'est pas l'entièreté des bâtiments qui seront sous le seuil ou à l'horizon du
seuil de la SAP et qui vont avoir à bénéficier de ces programmes-là ou qui auront
des travaux à réaliser, mais ce que l'on sait... Depuis les trois dernières
années, chaque plan de mise en œuvre est l'occasion, là, de s'assurer de la
performance des mesures qui sont mises de l'avant. Et ÉcoPerformance est un
programme qui fonctionne bien et qui est apprécié autant des municipalités, là,
que des entreprises.
Mme Dufour : Je dois
mentionner, ce n'est pas tant les 1 000, mais il y a aussi les 6 000...
les 5 000 bâtiments institutionnels, là, qui vont être visés avant,
donc, même avant les 1 000 très grands bâtiments. Et, parmi ces 5 000
là, je suppose qu'il y a plusieurs bâtiments qui sont des bâtiments soit de
santé ou scolaires, qui, on le sait, ont des grands déficits, là,
d'infrastructures, des graves déficits d'entretien. Donc, on risque d'avoir des
mises aux normes assez importantes à mettre pour ces bâtiments-là. Est-ce qu'on
l'a estimé, considérant que l'État est probablement propriétaire d'une grande
partie de ces bâtiments-là?
M. Charette : Comme je
mentionnais, c'est vrai pour le 1 000, c'est vrai pour le 5 000, ce
n'est pas l'entièreté de ce parc-là qui va nécessiter des travaux parce qu'il
serait sous le seuil ou à l'horizon du seuil, mais, oui, il y a des bâtiments
publics qui, très certainement, auront des améliorations à faire au niveau de
la performance environnementale, là, de bâtiments eux-mêmes, mais c'est
l'évaluation qui va permettre d'établir le nombre. C'est l'évaluation qui va
permettre d'établir la nature des projets qui seront nécessaires, mais, aujourd'hui,
je ne suis pas en mesure de vous dire de pourcentage.
Et c'est la raison pour laquelle... On se
demandait pourquoi des délais de cette nature-là, pourquoi des délais avant
d'avoir recours aux SAP, par exemple, ou aux mesures coercitives. C'est que ça
va prendre du temps pour réaliser ces évaluations-là, et après seulement on
aura une idée, est-ce que c'est 5 %, est-ce que c'est 10 % de tel
type de bâtiments qui nécessiteront des travaux, mais, actuellement, il n'y a
pas d'évaluation, là, que je serais en mesure de communiquer à la commission.
Mme Dufour : Donc, on n'a pas
estimé, dans les bâtiments qui appartiennent à l'État, combien auraient à se
mettre aux normes, combien auraient besoin d'investissements, là, pour être...
pour atteindre la cote qu'on vise, là?
M. Charette : ...c'est-à-dire,
on sait qu'on a des bâtiments qui sont plus vieillissants et moins bien
performants, mais l'évaluation exhaustive n'est pas faite à ce moment-ci, et la
cote n'est pas non plus arrêtée à ce moment-ci. Donc, c'est tous des éléments,
là, qui seront réalisés dans les étapes subséquentes, mais ce n'est pas... dans
tous les cas, ce n'est pas 100 % des bâtiments publics, de façon <générale...
>
16 h (version révisée)
<195
M.
Charette :
...dans tous les cas, ce n'est pas 100 % des
bâtiments publics ou, de façon >générale, ce n'est pas pour 100 %
des bâtiments assujettis.
Mme Dufour : Mais ça reste qu'on
connaît quand même l'état des bâtiments.
Au niveau de l'éducation, on a vu des
échanges sur des bâtiments qui étaient cotés A à E, et tous ceux qui disaient :
Mon école est cotée E, elle a besoin... dans les bâtiments de la Société d'habitation
du Québec, cette même évaluation là a été faite pour les ensembles immobiliers
qui relèvent de la société d'habitation, la SHQ. Bref, les hôpitaux, j'imagine
qu'on a le même... un état de situation, tout de même, là, des bâtiments. On n'a
pas fait de simulation financière de ce que ça pourrait impacter pour les 5 000 bâtiments
institutionnels?
M. Charette : ...le déficit d'entretien
général qui peut... Dans le cas des écoles, par exemple, ce qui va déterminer
la cote qui est donnée, c'est la modernité — je vous donne un
exemple, là — qui a une incidence directe sur la cote du système
informatique de l'école. C'est certainement un facteur important pour
déterminer le degré de désuétude de l'école, mais que les ordinateurs soient
déficients, ça n'a pas d'impact sur l'isolation du bâtiment, par exemple, donc
ce n'est pas une cote qui est transférable, ce n'est pas un indicateur de la
performance environnementale du bâtiment. Donc, je ne pourrais pas parler de
pourcentage, à ce moment-ci, ou de montant qui serait... qui serait en cause.
Mais, si on regarde, par contre, le Plan
pour une économie verte, il y a des objectifs qui sont fixés pour les... pour
les bâtiments publics au niveau de leur recours aux énergies fossiles, pour la
décarbonation de ces bâtiments-là. Donc, on sait effectivement quelle école,
quel hôpital est chauffé avec tel type d'énergie. Ça, c'est des informations
que l'on a. Mais on n'a pas établi la cote, on n'a pas établi, donc, quel
sera... quel sera l'impact précis de ces mesures-là sur les bâtiments publics,
là, directement.
Mme Dufour : Non, j'imagine
qu'on n'a pas l'impact précis. Mais, vous savez, en tout cas, nous, quand on se
lançait dans des projets, à la municipalité, ou qu'on passait des règlements,
on essayait d'avoir une idée de l'impact que ça allait avoir sur la ville,
évidemment les finances de la ville, mais aussi les citoyens. J'ose espérer qu'il
y a quand même une simulation qui a été faite, même si elle n'est pas précise,
mais d'avoir un estimé «ballpark», d'avoir... et je m'excuse le mot anglais,
là, un... Mon Dieu! Je cherche un...
Une voix : ...
Mme Dufour : ...oui, «ballpark»,
un nombre, un grand nombre pour avoir une idée de ça pourrait être entre ça et
ça. J'imagine qu'on a fait ça, sinon c'est un peu inquiétant, là.
M. Charette : Ce n'est pas inquiétant,
surtout que j'ai donné la réponse hier aussi. Là, on a une analyse d'impact
réglementaire générale. Mais ce que j'ai mentionné hier à quelques reprises, c'est
que, pour chaque règlement, il va y avoir une analyse d'impact réglementaire spécifique.
Donc, c'est difficile d'évaluer un impact lorsque le règlement n'est pas
développé. Donc, lorsqu'on sera à développer un projet de règlement, pour
chacun d'entre eux, il y aura une analyse d'impact réglementaire spécifique.
Donc, s'il est question, par exemple, bien, un règlement sur... naturellement,
sur la performance environnementale, avec des spécifications précises sur l'isolation...
et là il va y avoir une analyse poussée qui sera... qui sera établie, là, par
nos spécialistes. Mais là on parle de pouvoir habilitant, donc c'est une étape,
là, qui est subséquente puis qui va se faire, là, de façon rigoureuse et qui
permettra de déterminer l'impact de chacun des projets de règlement, là, qui
seront... qui seront ensuite étudiés.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Auparavant, on parlait que, tant qu'on n'avait pas les cotes, c'était
difficile de prévoir l'impact. Là, on nous dit : Bien non, en fait, il
faut écrire les règlements. Un coup qu'ils seront écrits, on pourra avoir une
analyse de l'impact. Est-ce qu'on aurait pu... qu'à prendre les données, faire
la déclaration obligatoire, avoir les données, et, par la suite, avec ces
données-là, être capables de faire vraiment une simulation et déterminer
réellement l'ensemble des règlements qui seront coercitifs? Là, on s'entend, il
y a des règlements qui pourraient être écrits dès le début, mais est-ce qu'il
n'y a pas des règlements qui devraient être écrits seulement un coup qu'on aura
le portrait des... un coup la déclaration réalisée? Je me pose la question, là.
Parce qu'autrement <on ne pourra pas vraiment avoir d'impact
Mme Dufour :
...je
me pose la question, là. Parce qu'autrement >on ne pourra pas vraiment
avoir d'impact, d'avoir l'estimé de l'impact réglementaire.
M. Charette : Deux choses. Et
la question est toute aussi pertinente, mais c'est la raison pour laquelle on
procède par étapes, pour justement évaluer les impacts à chacune des fois. Mais,
sinon, dans l'AIR, de façon générale, il y a des références, mais c'est à
grande échelle. Je ne suis pas en mesure d'y aller, là, de façon très, très
précise, compte tenu que la réglementation n'est pas élaborée. Mais je regarde,
là, du coin de l'oeil, les pages 18 et 19, notamment, là, il y a des cas
de figure ou, à tout le moins, des approximatifs qui sont donnés, mais je ne
peux pas, de façon plus précise, donner davantage de précisions, mais ce sera
le cas dans chacune des analyses d'impact réglementaire spécifiques.
• (16 h 10) •
Mme Dufour : Donc, si je
comprends bien, si je résume, dans le fond, les règlements pourraient être
adaptés en fonction un peu de ce qui sortira... un coup que les données seront
captées, qu'on aura une idée du portrait réel, il y aura... dans le fond, là,
les règlements vont être évolutifs, si je comprends bien, et on s'ajustera, et
que, si l'impact est trop grand avec les règlements tels qu'ils ont été écrits,
en fonction des résultats des données, bien, il y aura un ajustement,
peut-être, pour étaler encore plus dans le temps les déploiements.
M. Charette : Un exemple. Si
on devait penser obliger l'achat de matériaux québécois uniquement et que ça a
un impact réglementaire trop élevé ou des coûts trop élevés pour le
constructeur ou le propriétaire d'immeuble, c'est là où on pourrait réévaluer
l'approche. Donc, oui, c'est évolutif et, oui, chaque AIR va amener un degré de
précision qui nous permettra de déterminer : Est-ce qu'on l'étique tel
quel ou s'il n'y a pas lieu d'apporter des modifications?
Mme Dufour : OK. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires à l'article 11 de la loi édictée? Donc, je
mets aux voix l'article 11 de la loi édictée. Est-ce qu'il est accepté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, M. le ministre, l'article 12 de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
«12. Le gouvernement peut, par règlement,
déterminer les cas et les conditions selon lesquelles une personne doit
respecter une norme en matière de travaux de construction.»
Commentaire. Cette disposition a pour
objet de permettre de déterminer par règlement quelles personnes doivent
respecter les normes édictées en matière de travaux de construction. En effet,
selon la nature des normes, des personnes différentes pourraient être visées
par l'obligation d'en assurer le respect. Le propriétaire d'un bâtiment,
l'ingénieur responsable de la réalisation de certains travaux ou un architecte
ayant participé à la planification des travaux sont autant d'exemples de
personnes pouvant être visées par de telles obligations.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 12 de la loi édictée? M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le ministre...
M. le Président, on commence avec vous toujours, c'est vrai, M. le Président et
M. le ministre. S'il y a des... Si le gouvernement a besoin... Si le
gouvernement, par règlement, peut déterminer des conditions selon... une
personne doit respecter les normes, est-ce que ça dit que, dans ce projet de
loi, il y a des personnes qui ont le droit de ne pas respecter les normes?
Pourquoi on doit préciser que tout le monde doit respecter des règles? Bien,
peut-être... ça, c'est l'interprétation que j'ai présentement, qu'on a besoin,
peut-être, par règlement, de forcer des gens de respecter des règlements. C'est
juste de bien comprendre pourquoi c'est quand même nécessaire de mettre ça dans
la loi.
M. Charette : Oui. Bien,
encore une fois, on est dans les pouvoirs habilitants, mais il faut le voir
différemment. Si pour l'application d'une norme en particulier, on a besoin
d'un type ou d'une catégorie d'emploi, c'est là où on pourra le préciser, ou
pour une vérification, il faut une catégorie d'emploi, c'est là où on pourra le
préciser. C'est la raison pour laquelle, là, dans la dernière phrase du
commentaire, on lit : Le propriétaire d'un bâtiment, ça peut être... bien,
en fait, je vais passer à une phrase plus haut. «En effet, selon la nature des
normes, des personnes différentes pourraient être visées par l'obligation d'en
assurer le respect.» Donc, ça, c'est la phrase clé. On fait référence, par
exemple, à l'ingénieur responsable de la réalisation de certains travaux ou un
architecte ayant participé à la planification des travaux, c'est des exemples, <mais
ça, c'est pour...
M. Charette :
...ayant
participé à la planification des travaux, c'est des exemples, >mais ça,
c'est pour... si jamais on a une obligation, bien, il se pourrait qu'on
détermine qui sera en mesure de valider la réalisation des travaux.
M. Kelley : Alors, comme dans
le cas on vient juste de discuter, des bâtiments patrimonials, peut-être un
exemple qu'une firme de construction arrive avec une situation, ils sont en
train de faire une rénovation puis ils ne savent pas exactement comment ils
doivent respecter des normes, c'est comme... J'essaie de trouver comme un
exemple où c'est nécessaire pour le gouvernement de demander à quelqu'un de
respecter les normes, et peut-être, dans un bâtiment patrimonial, c'est un
exemple où c'est difficile de respecter certaines normes en termes de matières
de travaux de construction que le gouvernement doit peut-être, par règlement,
changer quelque chose. Est-ce que ça, c'est un bon exemple?
Le Président (M. Jacques) : ...consentement
pour laisser la parole à Me Woitrin?
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Jacques) : Consentement.
Me Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
bonjour. Pas besoin de me représenter, je suppose.
Le Président (M. Jacques) : ...
M. Woitrin (Pierre) : OK.
Parfait. Bien, en fait, c'est aussi une petite technicalité légistique.
Lorsque... Depuis le début, on parle de déclaration dans une certaine mesure,
on parle de cote dans une autre mesure, donc dans les différents articles, donc
4, 6, puis là on parle de normes. Autant la déclaration visait certaines
personnes, autant l'obligation d'obtenir une cote... l'obligation reposait
sur... en fait, sur les épaules du propriétaire de transmettre sa cote ou
d'obtenir une cote. Ici, on norme des bâtiments. Ça fait que, si on veut aller
sanctionner le non-respect d'une norme qui vise un bâtiment, on est obligé
d'aller viser une personne et non pas le bâtiment en tant que tel, parce qu'on
ne peut pas saper un bâtiment, bien évidemment, on ne peut saper qu'une
personne. Ça fait qu'on va venir, dans les règlements, déterminer les personnes
qui vont avoir à respecter lesdites normes qui vont être édictées dans le
règlement visé à l'article 10.
M. Kelley : Et c'est quoi, la
conséquence, M. le Président, c'est quoi, la conséquence pour quelqu'un qui
refuse de respecter des normes?
M. Woitrin (Pierre) : Les
sanctions qui pourraient être prises... par exemple, les sanctions
administratives pécuniaires qui pourraient être prises en application des
règlements, prises en application de la loi, pourraient être imposées à ces
personnes-là.
M. Kelley : Je n'ai pas plus
de questions pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 12 de la loi
édictée? S'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 12 de
la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 13, M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
«13. Le gouvernement peut, par règlement,
déterminer les cas et les conditions selon lesquels le propriétaire d'un
bâtiment visé par une cote de performance environnementale établie en vertu de
l'article 10 doit prendre des mesures nécessaires pour assurer le respect
de cette cote.
«Ce règlement peut également prévoir les
cas et les conditions selon lesquels le ministre peut exempter un propriétaire
de l'obligation prévue au premier alinéa pour un motif d'intérêt public ou dans
des circonstances exceptionnelles, notamment afin d'éviter un préjudice sérieux
ou irréparable à un bâtiment, à son propriétaire ou à son occupant.»
Commentaire. Cette disposition vise à
permettre au gouvernement de déterminer les situations dans lesquelles le
propriétaire d'un bâtiment visé par une norme de performance environnementale
doit, par exemple, effectuer des travaux ou installer des équipements
permettant à son bâtiment d'atteindre, à terme, la cote de performance
déterminée par règlement.
L'habilitation prévue au deuxième alinéa
permettrait par ailleurs au gouvernement de définir les cas et les conditions
selon lesquels un bâtiment pourrait être exempté de l'obligation d'atteindre la
cote de performance environnementale qu'un règlement lui impose d'atteindre
dans un délai donné. Cette exemption ne peut être octroyée par le ministre que
dans des circonstances exceptionnelles déterminées par règlement du
gouvernement. Un bâtiment ayant fait l'objet d'un sinistre important ou des
coûts de mise aux normes excessivement élevés en raison des particularités d'un
bâtiment, par exemple, pourrait justifier qu'un propriétaire soit exempté de
l'obligation de respecter la cote à atteindre dans le délai déterminé par la
norme.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 13 de la
loi édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Peut-être juste une précision, les circonstances exceptionnelles,
comment on va s'assurer qu'il n'y ait pas, dans cette... ce libellé-là... Et je
m'excuse, je ne veux porter aucune intention à qui que ce soit, mais, vu mon
expérience lavalloise, <je me dois de poser la question...
Mme Dufour :
...expérience
lavalloise, >je me dois de poser la question. Comment on va s'assurer
qu'il n'y ait pas de... qu'on n'utilise pas ce libellé-là pour finalement faire
du favoritisme et éviter à un ami ou peu importe... qu'il n'ait pas à se mettre
aux normes versus d'autres qui auraient à le faire, qui auraient des... et qui
seraient comme similaires, une circonstance similaire?
M. Charette : M. le
Président, avec consentement, on irait avec...
Le Président (M. Jacques) : Consentement
pour laisser la parole à Me Woitrin? Consentement? Me Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Bien,
donc, essentiellement, je comprends que votre commentaire porte sur le deuxième
alinéa de l'article 13. Les circonstances exceptionnelles dans lesquelles
le ministre va pouvoir exempter sont des circonstances exceptionnelles qui vont
devoir avoir été définies au préalable par règlement du gouvernement. Donc, ça
encadre et ça balise le pouvoir du ministre de juger au cas par cas l'ensemble
des cas. Le cadre se retrouvera dans un règlement qui aura été approuvé, édicté
par le Conseil des ministres. Donc, lorsqu'on parle... prévoir les cas et les
conditions selon lesquelles le ministre peut, ce pouvoir-là, ces éléments-là se
retrouveront au règlement du gouvernement.
• (16 h 20) •
Mme Dufour : OK. Mais ça
reste... En tout cas, il faudra le voir, ce règlement-là, et voir comment il
sera rédigé, parce que c'est quand même assez large, là, on dit... tu sais, des
sommes excessivement élevées en raison des particularités. Bon, ça... Mais on
parle, tu sais, que ça pourrait éviter... «...afin d'éviter un préjudice
sérieux [...] à son propriétaire ou son occupant.» Il y a bien des cas que ça
risque de causer un préjudice sérieux, cette mise aux normes là. Donc, comment
on va s'assurer que ça ne soit pas, c'est ça, une échappatoire? Juste dire
«préjudice sérieux», ça ne me semble pas assez précis, là, et...
M. Charette : ...des cas plus
précis, encore là, ce n'est pas une exemption qui est éternelle ou permanente,
hein, ça peut être une exemption dans les délais qui, autrement, seraient
prescrits. D'autres exemples : «Si, dans l'immédiat, on est en présence
d'un propriétaire qui est en situation de faillite ou d'insolvabilité...» On
parlait déjà, dans le commentaire, de bâtiments incendiés, on peut parler de
bâtiments gravement endommagés par une catastrophe naturelle ou encore une
interruption de service prolongée en raison d'une panne, protection de la
valeur patrimoniale d'un bâtiment. Donc, ce n'est pas une exemption qui est
permanente, qui est circonstancielle et qui pourra être levée, là, après que le
caractère exceptionnel soit corrigé.
Mme Dufour : Je comprends.
Évidemment, il y a des circonstances exceptionnelles qui vont rester, perdurer
dans le temps, là, comme le caractère patrimonial. Mais c'est juste que, de la
façon qu'on l'écrit dans le règlement, on parle, tu sais, que c'est notamment
afin d'éviter un préjudice sérieux à son propriétaire ou son occupant. Ça
semble... Tu sais, qu'est-ce qui est déterminé comme un préjudice sérieux? Et,
dans les commentaires, on dit : Bien, des coûts de mise aux normes
excessivement élevés. Bien, il faudra qu'il y ait des barèmes, des pourcentages
pour que... pour ne pas justement que ça laisse place à l'arbitraire.
M. Charette : Je suis tout à
fait d'accord avec la collègue, mais, si on regarde la première phrase, ça va
être déterminé par règlement. Donc, ce n'est pas... ce ne sera pas selon le bon
vouloir du ministre, de façon subjective ou de façon... et je comprends
l'exemple de la collègue, de façon à favoriser les intérêts d'un individu ou
d'une compagnie. C'est des modalités qui seront précisées par règlement, donc
publiquement connues, un cadre de référence qui devra s'appliquer à tous de
façon uniforme. Donc, on ne veut pas, de façon indirecte, favoriser ou de
permettre un quelconque favoritisme, là, ça va être un cadre réglementaire
établi.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
Le Président (M. Jacques) :
Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Oui. Mais
aussi, quand je l'ai lu, là, j'ai eu les mêmes questions que ma collègue, mais
j'aimerais ça, entendre le ministre un peu plus. On parlait des conditions...
circonstances exceptionnelles, mais on parle aussi... les motifs d'intérêt
public, et tout cela va être déterminé par règlement. Mais il y a beaucoup de
choses ici quand on parle de règlement, là, parce que, là, on commence à en
accumuler, là. C'est difficile, on va se le dire, de suivre <qu'est-ce
qui va être dans quel règlement...
Mme Zaga Mendez :
...c'est
difficile, on va se le dire, de suivre >qu'est-ce qui va être dans quel
règlement. Dans le cas du règlement qui va déterminer... qui va encadrer les
circonstances exceptionnelles d'exception, tout à l'heure, vous lisiez une
liste, est-ce que c'est un document que vous pouvez nous déposer, peut-être,
pour avoir plus de détails?
M. Charette : Oui, c'est des
exemples qu'on peut effectivement transmettre au secrétariat, là, sans
problème.
Mme Zaga Mendez : Merci. Et
juste pour mieux comprendre, tout à l'heure, vous avez dit que ça pouvait être
très circonstanciel. Est-ce que ça va l'être ou est-ce que c'est... ça se peut
que ça dure un an, deux ans, ou ça se peut que ce soit un délai plus long? Qu'est
ce qui nous assure que ce n'est pas juste quelque chose qu'on fait, une
exception, et, tout à coup, l'exception dure... elle perdure dans le temps?
M. Charette : Ça peut être
circonstanciel, mais, si... bien, c'est-à-dire, si la condition exceptionnelle
prévaut toujours, ça va... ça peut être aussi plus long. Si, par exemple, on
est en présence d'un bâtiment dont le propriétaire est en situation de
faillite, bien, si le bâtiment n'est pas racheté et si le bâtiment est à
l'abandon, on a des cas où le bâtiment va rester inutilisé sur une longue
période de temps, voire des années, donc la période d'application va
vraisemblablement être plus longue. Mais le but n'est pas de créer des
exemptions pour créer des exemptions, ça va être déterminé, là, dans le
règlement, qu'est-ce qui pourra s'appliquer à pareille circonstance.
Mme Zaga Mendez : Donc, de ce
que je comprends, les conditions... parce que, si je relis le début de... de
l'article, pardon : «...les cas et les conditions selon lesquels le
propriétaire [...] doit prendre [les] mesures nécessaires pour assurer le
respect de cette cote», c'est-à-dire, dans ce règlement-là, il va y avoir aussi
des conditions pour lesquelles, par exemple, un propriétaire viendrait voir le
ministère en disant : Je n'arrive pas à atteindre la norme x, j'ai besoin
de plus de temps. Est-ce que c'est ça que ça veut dire?
M. Charette : Avec
consentement, on pourrait permettre à maître de répondre.
Le Président (M. Jacques) : Pas
besoin de consentement, là, c'était mon erreur. Donc, Me Woitrin vous pouvez
intervenir.
Mme Zaga Mendez : On a déjà
consenti.
Le Président (M. Jacques) : Exactement.
M. Woitrin (Pierre) : Le cas
de figure auquel vous faites référence renverrait plus, en fait, à la règle
qu'on étudiera à l'article 14, qui concerne le programme correcteur, qui
est celui d'un cas où effectivement un propriétaire peut venir, dans certaines
conditions déterminées, encore une fois, par règlement du gouvernement,
soumettre un programme correcteur en vue d'atteindre la norme en question.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Donc, il y a un autre règlement pour ça. Pour le 14, ça, c'est une autre...
c'est d'autres pouvoirs habilitants dans le 14, pour le programme correcteur.
Et, dans ce cas là, dans le cas du 13, c'est pour avoir une exception à
l'application de la norme. C'est ça?
M. Woitrin (Pierre) : En
fait, il faut voir une complémentarité dans ces moyens-là, 13, le premier
alinéa, le deuxième alinéa, puis 14, le programme correcteur, ce sont des
éléments... ce sont différents instruments à la disposition du ministre dans
certains cas, du propriétaire dans d'autres, de pouvoir se rendre à une cote
qu'on verrait peut-être plus difficilement atteinte dans certaines
circonstances.
Mme Zaga Mendez : Ça répond à
ma question, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 13? S'il n'y a... M.
le ministre.
M. Charette : Je le dis avec
le sourire, la collègue de Verdun a mentionné un autre règlement. Je veux juste
rassurer tout le monde, ce n'est pas un article, un règlement, là. Ce n'est pas
l'intention du gouvernement. Pour couvrir l'ensemble du projet de loi, on parle
vraisemblablement de trois règlements : un règlement sur la cotation, donc
la divulgation, un autre règlement sur la performance environnementale et,
ultimement, un autre règlement sur le Code du bâtiment durable du Québec. Je
veux juste rassurer la collègue, on n'additionne pas les règlements au rythme
des articles, là. Donc, vraisemblablement, c'est ces trois règlements distincts
là pour couvrir l'ensemble du projet de loi.
Mme Zaga Mendez : Je suis
contente de le savoir parce que je pensais... Peut-être que c'était moins clair
au début, le nombre de règlements qu'il allait avoir. Là, on comprend.
M. Charette : C'est très
pertinent de le rappeler, effectivement.
Mme Zaga Mendez : Trois
règlements. Dans chacun, on va donner des pouvoirs habilitants qui vont dans ce
sens-là. Donc, vous avez dit : Un pour la cotation, deux sur les normes de
performance puis un troisième pour le code des bâtiments. C'est bien ça? Je
pense qu'on vient de l'apprendre. On n'avait pas eu cette information-à auparavant.
M. Charette : C'est la loi
qui donne les pouvoirs habilitants et c'est la réglementation qui les applique,
mais on a quelques dizaines d'articles, on n'aura pas <quelques dizaines
de règlements...
M. Charette :
...mais
on a quelques dizaines d'articles, on n'aura pas >quelques dizaines de
règlements, on en aura vraisemblablement trois, là, pour couvrir, là, ces
volets-là.
Mme Zaga Mendez : Et j'en
profite parce qu'on est là et on avait parlé hier, je pense, sur les délais.
Est-ce que vous comptez déposer ces trois règlements en même temps?
M. Charette : Non. Ça ne sera
pas simultanément. Là, on veut, le plus rapidement possible, avoir un règlement
sur le volet divulgation, cotation, étant donné que ça devrait intervenir dès
l'année prochaine, mais ce ne sera pas un dépôt simultané, là, parce que ça
correspond à des étapes différentes, tout simplement.
Mme Zaga Mendez : C'est de
plus en plus clair. On va chercher à chaque fois... bien, c'est quelque chose
qu'on va chercher à chaque fois, un bout d'information, donc qu'est-ce qui va
être dans le règlement, c'est quoi, les intentions, c'est quoi, la structure.
Là, on vient de comprendre qu'il y a trois règlements, donc le premier, qu'on
va l'attende dans la prochaine année, et les autres qui vont suivre selon les
étapes. On va continuer à aller chercher ces informations-là.
• (16 h 30) •
M. Charette : Bien, c'est
pour ça que les échanges sont nécessaires et très constructifs. Mais, en même
temps, ça a été mentionné aussi au préalable, qu'ils ne seraient pas déposés
simultanément. Encore tout à l'heure, je disais qu'on va... c'est évolutif, on
va apprendre de l'expérience d'un premier règlement pour développer le
deuxième. Mais, à chaque fois qu'on a l'occasion d'apporter ces précisions-là,
c'est très pertinent.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley
: Oui.
Merci, M. le Président. C'est une question en lien avec la phrase... mais la
fin, la fin de la dernière phrase de le deuxième paragraphe, entre un
propriétaire et son occupant. Je sais que, dans les commentaires, on parle un
petit peu des exemples d'une inondation ou quand même peut-être un feu, mais,
bref, comment est-ce que vous, M. le ministre, envisagez de déterminer... je ne
peux pas nécessairement utiliser le mot «blâme», mais en quels termes est-ce
que ça va être nécessaire de dire que ce n'est pas la faute du propriétaire,
mais c'est la faute de son occupant? Et comment ça... ça marche-tu aussi un
petit peu avec le Code civil, en termes de les responsabilités d'un loyer, les
responsabilités d'un propriétaire envers un occupant d'un bureau dans un
bâtiment? J'essaie juste de comprendre pourquoi cette distinction est là, que
le gouvernement peut mettre le blâme sur un occupant quand c'est quelqu'un qui
loue juste un espace dans un bâtiment.
M. Charette : Peut-être juste
préciser, c'est peut-être une compréhension, là, qui doit être précisée,
justement, c'est... ce n'est pas en cas de responsabilité, mais en termes de
préjudice à l'occupant. Donc, si un occupant du bâtiment subissait un préjudice
important, c'est là où il y a une mesure, là, qui pourrait s'appliquer. Donc,
ce n'est pas parce que l'occupant serait responsable ou que le propriétaire
serait responsable. Si ce qui est demandé occasionnerait un préjudice trop
important, c'est là où on peut aller de l'avant. Si, par exemple, ça compromettait
les droits de l'occupant ou pour le propriétaire, tout à l'heure, on disait :
Si le propriétaire est insolvable, on aura beau lui exiger des travaux, il ne
sera pas en mesure de les réaliser. Mais, dans les deux cas, on peut penser à
des situations qui sont circonscrites dans le temps, là, c'est... Si jamais le
propriétaire actuel est en situation de faillite, bien, vraisemblablement,
ultimement, soit qu'il régularise sa situation, soit qu'il perd le bâtiment. Si
le bâtiment change de main, bien, l'exception ne s'appliquera pas au prochain
propriétaire, là. C'est là où on dit : Ce n'est pas une exception qui est
forcément permanente, là, dans le temps, là.
M. Kelley : Parfait. Je pense
que c'est un petit peu plus clair. Parce que je peux juste, M. le Président, penser
à... dans les parcs industriels, il y a plein des entreprises qui louent un
bâtiment au complet de quelqu'un. Alors, si jamais il y a des exigences de
faire des rénovations ou d'améliorer le code de le bâtiment et il y a un
conflit où, quand même, un propriétaire refuse de faire ça... Pour moi, c'est
plus clair maintenant, alors merci beaucoup, M. le ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 13 de l'article 1
de la loi édictée? M. le ministre.
M. Charette : ...un
commentaire à titre d'exemple. Si on a un bâtiment avec plusieurs locataires,
mais que les travaux sont à ce point importants et que ça nécessiterait
l'éviction sur une longue période de temps de l'ensemble des résidents, c'est
là où on comprend qu'il va peut-être y avoir des délais supplémentaires de
possible, qu'il pourra y avoir peut-être des étapes, et non pas avoir à tout
faire en même <temps...
>
16 h 30 (version révisée)
<195
M.
Charette :
...supplémentaires de possibles, qu'il pourra y
avoir, peut-être, des étapes et non pas avoir à tout faire en même >temps,
ce qui pénaliserait, peut-être, plusieurs, plusieurs dizaines de résidents, là.
C'est dans ce... dans ce sens-là, là, qu'on... qu'on se donne cette possibilité
à travers l'article 13.
Le Président (M. Jacques) : OK.
Merci, M. le ministre. Pour votre information, le ministre a transmis une liste
d'exemples probants, là... probables de motifs justifiant une exemption, et
vous l'aviez... vous l'avez maintenant sur Greffier, aux membres... c'est les
membres de la commission qui peuvent en bénéficier. Donc, est-ce que l'article 13
de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 14 de l'article 1 de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, 14 :
«Lorsque le propriétaire d'un bâtiment
démontre au ministre qu'en raison de circonstances exceptionnelles son bâtiment
ne pourra pas atteindre la cote de performance environnementale applicable, il
peut soumettre au ministre, selon les conditions et les modalités prévues par
règlement du gouvernement, un programme correcteur par lequel il s'engage à
prendre des dispositions afin que cette cote de performance environnementale
soit atteinte dans un délai raisonnable.
«Le ministre peut approuver le programme
correcteur, avec ou sans modification, y prescrire toute condition, toute
restriction ou toute interdiction ou refuser d'approuver le programme
correcteur.
«Durant la période du programme
correcteur, le [programme] n'a pas à se conformer à la norme visée par le
programme.»
Le commentaire. L'article 14 établit
le cadre applicable au programme correcteur en application duquel un
propriétaire s'engage à prendre certaines mesures pour atteindre une cote de
performance environnementale prescrite pour son bâtiment dans un délai
raisonnable. Ce programme est soumis au ministre par le propriétaire d'un
bâtiment qui fait la démonstration qu'en raison de circonstances
exceptionnelles il ne pourrait atteindre la cote de performance qu'il aurait
normalement dû atteindre. Ces circonstances exceptionnelles pourraient résulter,
notamment, de barrières techniques particulières en lien avec la complexité, ou
la vocation atypique du bâtiment, ou encore d'un sinistre important subi par le
bâtiment. Le ministre peut modifier le programme correcteur qui lui a été
soumis afin qu'il réponde davantage à ce qu'il est raisonnable d'attendre d'un
propriétaire d'un bâtiment placé dans ces circonstances. Le troisième alinéa
prévoit que le propriétaire ne peut être sanctionné en raison de son infraction
à la norme pendant toute la durée du programme correcteur. Et, grosso modo, on
revient aux explications de notre juriste il y a quelques secondes... bien, pas
secondes, mais quelques minutes, tout juste.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 14 de la
loi édictée?
Mme Dufour : Je comprends que
c'est... Quand je lis ça, ça me fait penser à la fonderie Horne, programme
correcteur pour atteindre une norme, mais on... dans le fond, on pourrait... on
donnerait un certain délai au propriétaire et peut-être, même, on repousserait
le moment qu'il atteindrait la norme. Donc, c'est ce que je comprends, là.
M. Charette : Honnêtement, je
suis incapable de faire un parallèle avec la fonderie Horne avec l'article 14.
Je ferais beaucoup d'efforts que je nous ramènerais au refus des gouvernements
précédents de procéder à ce niveau-là.
Mme Dufour : M. le Président,
je voudrais simplement mentionner que le document que vous avez soulevé, qui
avait été ajouté, est exactement identique au document que nous avions déjà
reçu, qui avait été déposé ce matin. Donc, le... le nom est différent, mais c'est
exactement le même document. Donc, je...
Le Président (M. Jacques) : ...dans
Documents distribués. Pardon? Il y a une liste dans Documents distribués, que
la secrétaire m'informe.
Mme Dufour : Oui. Exact. Et,
comme je dis, ils sont identiques. Donc, il y a un CTE-028 puis il y a
Intentions réglementaires déposé, ce sont... c'est exactement le même document.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la secrétaire va aller vous voir pour vous montrer les documents en question.
Mme Dufour : Peut-être nous l'expliquer,
parce que, j'imagine, je ne suis pas la seule à les chercher.
Le Président (M. Jacques) : Bien,
écoutez, là, j'essaie de... d'aller voir...
Mme Dufour : Ils sont dans le
Documents déposés?
Une voix : Non.
Mme Dufour : Distribués. C'est
où, ça? Documents distribués?
Le Président (M. Jacques) : Documents...
Documents distribués et non pas déposés.
Mme Dufour : Excusez-moi. OK,
distribués, mais il y a... il y a deux documents qui sont identiques dans
Documents déposés, je le souligne. OK. Parfait. Merci.
Le Président (M. Jacques) : On
peut suspendre quelques instants, on va... Nous allons aller chercher les
documents pour spécifier où elles... où ils sont, où ils se <trouvent.
Le Président (M. Jacques) :
...spécifier
où elles... où ils sont, où ils se >trouvent.
(Suspension de la séance à 16 h 39)
(Reprise à 16 h 42)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux, et est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 14 de l'article 1 de la loi édictée? Donc, nous allons
mettre aux voix l'article 14 de la loi édictée. Est-ce que l'article 14
de la loi édictée est adopté... Mme la députée.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. J'avais juste une question, je me l'étais notée, mais je l'avais...
je ne la voyais pas. Dans le fond, «dans un délai raisonnable», je voudrais
juste savoir c'est à quoi qu'on fait référence, tout simplement.
M. Charette : Le délai
raisonnable va s'appliquer ou va se définir selon le travail ou l'ampleur de la
situation qui est en cause. Donc, je ne peux dire de façon générique : Ça
va être un mois, ça va être deux mois, ça va être six mois. Ça va devenir des
cas... ça va être évalué selon le cas spécifique, tout simplement.
Mme Dufour : Donc, c'est ça, ça
fait que ça pourrait varier grandement d'un cas à l'autre.
M. Charette : Exact. Exact.
Puis on précise aussi à travers le commentaire que ce n'est pas infini, là, il
faudra le justifier, ce délai-là. Et le ministre a même la possibilité de dire :
Bien, c'est trop long, là. Ce qui est demandé par le propriétaire, le programme
correcteur, là, peut être... qui est proposé par le propriétaire peut être
modifié par le ministre.
Mme Dufour : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons mettre l'article 14 de
l'article 1 de la loi édictée aux voix. Est-ce que l'article 14 de la
loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 15, M. le ministre, de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le
Président. En cas de non... le 15, donc :
«En cas de non-respect important ou répété
du programme correcteur de la part du propriétaire, le ministre peut y mettre
fin.»
Donc, article 15, l'article 15 prévoit
qu'un manquement important ou répété à un programme correcteur par le
propriétaire visé peut conduire le ministre à mettre fin à ce programme
correcteur. Le fait de ne pas avoir réalisé les travaux qu'il s'était engagé à
réaliser ou d'avoir souscrit à un programme d'aide financière auquel il s'était
engagé à souscrire sont autant de manquements pouvant faire l'objet d'une telle
sanction par le ministre.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Quand on lit la... l'article 15, il est très, très court, et ça se
termine en disant : «...le ministre peut y mettre fin.» Quand on lit les <commentaires...
Mme Dufour :
...Président.
Quand on lit la... l'article 15, il est très, très court, et ça se termine
en disant : «Le ministre peut y mettre fin.» Quand on lit les >commentaires,
on parle que ça pourrait faire l'objet d'une telle sanction par le ministre.
Mais, dans l'article 15, on ne parle pas de sanction, on dit juste : Le
ministre peut mettre fin au programme correcteur. Donc, quand... quand on
lisait le projet de loi, à l'origine, bien, on se demandait : Bien, on met
fin à quoi? Au programme correcteur? Ça implique quoi? De faire les travaux?
C'est une obligation, de faire les travaux? Il me semble qu'il manque un petit
quelque chose ici pour le spécifier. Et même les commentaires, là, ne semblent
pas complètement en adéquation avec ce qu'on lit à l'article 15. Donc,
peut-être j'aimerais vous entendre davantage là-dessus.
M. Charette : Oui. Bien, en
fait, s'il n'y a pas de programme correcteur, c'est que c'est la norme qui doit
s'appliquer avec les délais qu'elle implique. Le programme correcteur, c'est
un... c'est une... c'est un privilège qui est consenti pour donner, par
exemple, plus de temps, mais, si le propriétaire ne respecte pas les
engagements qu'il avait pris, parce que c'est un engagement, aussi, le
programme correcteur, donc, si le propriétaire ne s'engage pas à respecter le...
je dis entre guillemets, là, pas au sens juridique, mais ça pourrait
pratiquement avoir une valeur juridique, le contrat ou le privilège qui lui est
donné, bien, il perd ces... ces privilèges. Et c'est là où la norme s'applique
avec les délais, avec les sanctions potentielles également. C'est tout
simplement pour dire que le programme correcteur, ce n'est pas... j'emploie
l'expression qui n'est certainement pas la bonne, mais ce n'est pas le
passe-droit absolu, ce n'est pas un bar ouvert, il est tenu de respecter des
conditions, et, s'il ne les respecte pas, c'est là où il perd le privilège, là,
de son programme correcteur.
Mme Dufour : Merci pour les
explications. C'est très clair.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 15 de la loi
édictée? Donc, est-ce que l'article 15 de la loi édictée est adopté?
Des voix : ...
Mme Zaga Mendez : Désolée.
Est-ce qu'on peut encore poser des... Désolée. Parce que je voyais mettre aux
voix puis je cherchais mon commentaire. Je m'excuse.
Peut-être vous l'avez dit tout à l'heure.
Autre... Quand on dit «mettre fin», puis là vous donnez des exemples concernant
l'aide financière auquel le propriétaire s'est engagé à souscrire. Est-ce que,
quand on dit «mettre fin au programme correcteur», ça, ceci, ça implique de
facto, rapidement... si le programme de l'aide financière, il n'avait pas fini,
est-ce que le programme d'aide financière est aussi arrêté? Est-ce qu'il y a
des conséquences en termes de remboursement ou autres?
M. Charette : C'est des
modalités, là, qui pourraient être précisées dans... dans le... dans le
règlement. Et l'exemple qui était donné, c'est aussi, s'il s'était engagé à
souscrire à un programme d'aide financière et qu'il ne l'avait pas fait, à
savoir, s'il y a souscrit, qu'il ne respecte pas les modalités, est-ce qu'il
doit rembourser, est-ce que le solde est... Bref, il peut y avoir plein de
modalités. Mais, généralement, quand qu'il y a un programme d'aide, une
convention, aussi, qui accompagne l'aide, et la convention détermine les
conséquences en cas de non-respect, donc c'est à voir, là. Mais l'aide...
lorsqu'une aide financière, il y a une convention avec des conditions, là, qui
est généralement signée...
Mme Zaga Mendez : Bon, merci,
M. le Président. Désolée.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée de Verdun. Est-ce que l'article 15 de la loi édictée est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Donc, M. le ministre, l'article 16 de la loi édictée.
M. Charette : Merci. Article
pour lequel j'aurai un amendement. Donc, j'y vais avec la version originale?
Est-ce que ça...
Le Président (M. Jacques) : L'article
original suivi de l'amendement et l'explication des deux.
M. Charette : Parfait. Avec
plaisir. Donc :
«16. Les articles 7 à 9 s'appliquent
à une décision prise en application du deuxième alinéa de l'article 14 ou
de l'article 15 avec les adaptations nécessaires.»
Le commentaire. L'article 16 renvoie
aux articles applicables au processus de révision de la cote de performance
environnementale attribuée par le ministre. La décision de modifier, de refuser
ou d'assortir un programme correcteur de conditions, restrictions ou
d'interdictions ainsi que la décision d'y mettre fin sont des décisions
administratives dont... devant faire l'objet de toutes les garanties que les
principes de justice administrative offrent à un administré. C'est le cas, par
exemple, de la possibilité pour l'administré de pouvoir présenter ses
observations et disposer d'un délai de 60 jours pour ce faire ainsi que de
demander que la décision soit révisée. La décision révisée doit par ailleurs
être inscrite et motivée ainsi que mentionner le droit de l'administré de la
contester devant le Tribunal administratif du Québec.
Donc, c'étaient l'amendement et le
commentaire original. Ce serait plutôt remplacé par <celui-ci...
M. Charette :
...l'amendement
et le commentaire original. Ce serait plutôt remplacé par >celui-ci.
Donc :
Remplacer l'article 16 de la Loi sur
la performance environnementale des bâtiments, proposé par l'article 1 du
projet de loi, par le suivant :
«16. La décision prise en application du
deuxième alinéa de l'article 14 ou de l'article 15 est notifiée au
propriétaire du bâtiment et peut, dans les 30 jours de sa notification et
selon les modalités déterminées par règlement du gouvernement, faire l'objet
d'une demande de révision.»
L'amendement suggéré vient ajuster le
titre en raison des amendements aux articles 7, 8 et 9 de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments. En raison de ces amendements, il
est devenu nécessaire de préciser quel chemin empruntera la révision de la
décision du ministre en ce qui concerne le plan correcteur.
On se souvient, c'est un échange qu'on a
eu hier. Donc, on a adopté l'article 7 amendé, ce qui nous a amenés à
abroger les articles 8 et 9 par la suite. Donc, c'est la conséquence,
c'est la suite logique, là, de cette... de cette... de ces adoptions, là, qui
ont eu lieu hier.
• (16 h 50) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 16 amendé?
M. le député, l'amendement de l'article 16.
M. Kelley : Oui, M. le
Président, c'est juste de mieux comprendre un petit peu, M. le ministre, le
processus. Alors, pour un propriétaire d'un bâtiment, s'ils sont ne pas
satisfaits avec une décision rendue par votre ministère sur leur cote, est-ce
que c'est juste... ça prend comme un courriel pour indiquer qu'ils vont
contester, demander une révision ou est-ce que c'est comme plus un... un
processus plus légal qu'ils doivent déposer, comme un document légal? C'est
juste pour quelqu'un qui, un jour, va décider d'aller de l'avant avec une
révision, une demande de révision? C'est quoi le processus exactement? Est-ce
qu'il va passer par un site Web?
M. Charette : Je vais...
Bien, en fait, on a déjà le consentement, mais, pour ce qui est de la procédure
ou de la démarche à suivre, notre collègue est mieux placé, là, de répondre.
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
bonjour. Peut-être un élément de clarification. Premièrement, on n'est pas au
niveau de la cote et de la révision de la cote en ce qui concerne... on est
vraiment dans la section... dans les dispositions sur le programme correcteur.
Donc, on est... on est dans un type de décision qui est différente que celle de
la... de la cote qu'on a examinée un petit peu... un petit peu plus haut.
Concernant la formalité, habituellement, c'est un formulaire de... de demande
de révision qu'on... que l'administré remplit, là, mais je n'ai pas plus
d'information sur la formalité administrative en tant que telle.
M. Kelley : Puis est-ce que
les 30 jours, c'est le début, c'est la date que... c'est la date où le
propriétaire a reçu, comme, l'avis, comme... question, c'est comme... 15 jours
après qu'il y ait eu, comme, une décision. Je comprends que, comme, ils ont 30 jours
pour faire une demande de révision, mais c'est quand, le point de départ? Est-ce
que c'est le moment qu'il... reçu comme une décision puis il dit : OK,
c'est la date indiquée sur la lettre le gouvernement ou c'est vraiment... Tu
sais, encore, je te comprends, là, le délai de 30 jours, on ne veut pas
que ça arrive que le propriétaire... oublié le document, ou un courriel, ou
quelque chose comme ça, le courrier dans la boîte, et après ça, il a dit :
Oh mon Dieu! Je dois faire une demande de révision. C'est juste de comprendre
aussi le... un petit peu le délai, ça commence quand exactement, les 30 jours.
M. Woitrin
(Pierre) :
Donc, on parle des 30 jours de la date de
notification de la décision?
M. Kelley
: C'est ça,
oui.
M. Woitrin (Pierre) : Ça fait
que la notification, après ça, pour le... ce que signifie la notification, il y
a... je pourrais me renseigner, si vous voulez, mais des règles, dans le Code
de procédure civile, qui... lorsqu'on reçoit, il y a des présomptions de date
lorsque... mais j'en ai assez dit, je pense.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 16 de
la loi édictée? Pas d'autres interventions. Est-ce que l'amendement à
l'article 16 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Nous revenons maintenant à l'article 16 amendé. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 16 de la loi édictée amendé? Donc, s'il n'y a
pas d'intervention, est-ce que l'article 16, amendé, de la loi édictée est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 16...
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : ...il
y a une introduction d'article à 16.1. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
Insérer, après l'article 16 de la Loi
sur la performance environnementale des bâtiments, proposé par l'article 1
du <projet...
M. Charette :
...insérer,
après l'article 16 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments, proposé par l'article 1 du >projet de loi, le suivant :
«16.1. La demande de révision doit être
traitée avec diligence.
«Après avoir donné au demandeur l'occasion
de présenter ses observations et, s'il y a lieu, de produire des documents pour
compléter son dossier, la personne chargée de la révision décide sur dossier,
sauf si elle estime nécessaire de procéder autrement. Elle peut alors confirmer
la décision qui fait l'objet de la révision, l'infirmer ou la modifier.
«La décision doit être écrite, motivée et
notifiée avec diligence au demandeur. Elle doit mentionner le droit du
demandeur de contester la décision devant le Tribunal administratif du Québec.»
Le commentaire. Cet amendement encadre la
procédure relative à la révision administrative des décisions du ministre en ce
qui concerne les plans correcteurs. Il prévoit ainsi que la révision d'une
telle décision se fait sur dossier, c'est-à-dire sans audition, considérant que
la personne aura eu l'occasion de présenter ses observations et de produire des
documents au soutien de celles-ci.
Il prévoit par ailleurs que le demandeur
d'une révision puisse contester la décision de révision devant le Tribunal
administratif du Québec et être informé de cette possibilité. Le contenu de
cette disposition prévoit les obligations applicables en matière de justice
administrative prévues aux articles 4 et 7 de la Loi sur la justice
administrative.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur... Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Juste pour bien comprendre, là, lorsqu'on... le ministre mettrait
fin, par exemple, avec l'article 15, à un programme correcteur, il y
aurait un processus de contestation ou de demande de révision, et c'est ce
qu'on vient... on voit ici, à l'article 16.1. Est-ce que c'est bien... ma
compréhension est la bonne?
M. Charette : Exact, et c'est
une procédure, là, qui est en respect et qui est celle, en quelque sorte, là,
de la... de la Loi sur la justice administrative. Donc, c'est assez standard,
il y a une décision qui est rendue, mais il y a une possibilité pour
l'administré ou l'assujetti de la contester à travers, là, ce qui est défini,
là, dans l'article en question.
Mme Dufour : OK. Et
j'apprécie le fait qu'on précise qu'on doit mentionner le droit du demandeur de
contester la décision devant le Tribunal administratif du Québec, là, c'était
une préoccupation que j'avais soulevée précédemment. Donc, je... c'était
peut-être déjà prévu comme ça, mais c'est... ça... ça montre... Tu sais, je
comprends que l'objectif du bureau de révision, c'est de réduire le cas... les
nombres de cas qui s'en vont au Tribunal administratif du Québec, mais il faut
quand même que les gens soient au courant de leurs droits.
M. Charette : Exact. Tout à
fait.
Mme Dufour : Alors, c'est
apprécié.
Le Président (M. Jacques) :
Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement
introduisant l'article 6.1 de la loi édictée? Il n'y a pas d'autres
interventions. Donc, est-ce que l'amendement introduisant le nouvel
article 16.1 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
le nouvel article 16.1 est adopté. M. le ministre, l'introduction de
l'article 16.2 de la loi édictée.
M. Charette : Qui est aussi
sous forme d'amendements qui ont été déposés hier ou avant-hier... hier,
plutôt. Donc :
Insérer, après l'article 16.1 de la
Loi sur la performance environnementale des bâtiments, proposé par
l'article 1 du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
«16.2. Le recours devant le Tribunal
administratif du Québec doit être formé dans les 30 jours qui suivent la
notification de la décision contestée.
«Le Tribunal peut confirmer, infirmer ou
modifier la décision contestée.»
Donc le commentaire. L'article 9
prévoit que le délai pour porter en appel de la décision de révision est de
30 jours suivant la notification de la décision contestée et que le
Tribunal administratif du Québec peut confirmer, infirmer ou modifier la
décision de révision contestée.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'introduction de
l'amendement et l'article 16.2? Il n'y a pas d'intervention. Est-ce que
l'amendement introduisant le nouvel article 16.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
le nouvel article 16.2 de la loi édictée est adopté. M. le ministre,
l'article 17.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
«Le ministre tient un registre en matière
de performance environnementale des bâtiments qui contient les renseignements
déterminés par règlement du gouvernement.
«Les renseignements contenus dans le
registre ont un caractère public.
«Malgré le deuxième <alinéa...
M. Charette :
...contenus
dans le registre ont un caractère public. Malgré le deuxième >alinéa
du présent article et l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, nul n'a
droit d'accès à l'adresse de l'établissement ou du lieu d'une personne qui
offre des services d'hébergement ou des services d'aide aux personnes victimes
de violence et d'une personne qui regroupe des personnes ou des groupements de
personnes offrant de tels services.»
Commentaire. Selon l'article 17, le
ministre a l'obligation de tenir un registre en matière de performance
environnementale des bâtiments. Il revient au gouvernement de déterminer par
règlement quels renseignements doit contenir ce registre. Comme le prévoit le deuxième
alinéa, les renseignements contenus dans le registre ont un caractère public.
Le troisième alinéa offre par ailleurs une protection de certains
renseignements concernant les établissements ou les personnes offrant des
services d'hébergement ou des services d'aide aux personnes victimes de
violence, notamment.
• (17 heures) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 17 de
l'article 1 de la loi édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. D'abord, j'aimerais peut-être poser des questions sur le deuxième...
le deuxième paragraphe de l'article où on dit qu'ils sont... les renseignements
sont contenus dans le registre, qui ont... les renseignements contenus dans le
registre ont un caractère public. Comment est-ce que ce... ce registre sera...
on pourra y accéder? Et, en fait, c'est ça, je voudrais d'abord connaître le
moyen d'y accéder.
M. Charette : Sur le site...
oui, exact, sur le site Internet du ministère, déjà différents registres. Donc,
ce serait en ligne à travers un nouveau registre aussi sur le site Internet,
là, du ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Et actuellement,
quand on regarde les informations qui sont demandées, on précise qu'on va
demander le nom des propriétaires, par exemple. Donc, est-ce que ces
informations-là vont se trouver dans le registre accessible publiquement?
Des voix : ...
M. Charette : Pour certains
types de bâtiments, oui, de ce que je comprends, mais peut-être... Encore une
fois, on a la chance d'avoir l'expertise à nos côtés, donc peut-être lui donner
la possibilité, là, de donner le détail à la question.
Le Président (M. Jacques) : ...
M. Woitrin
(Pierre) : Oui. Ces renseignements-là seront déterminés par règlement.
Certains types de renseignements peuvent poser des problèmes de
confidentialité, de chartes en matière de vie privée. Ça fait qu'une analyse,
vraiment, à l'étape de l'examen des... en fait, de l'édiction des règlements en
question, une analyse de droit constitutionnel sera évaluée pour s'assurer...
ou sera effectuée, en fait, pour s'assurer que les renseignements qui sont
rendus publics respectent les chartes, essentiellement.
M. Charette : Déjà... me
parvenait du collègue. Pour les bâtiments, à travers les registres municipaux,
on a... donc, il y a déjà de l'information publique, là, sur les propriétaires
des bâtiments. Mais, pour certains types d'informations, effectivement, il y
aura des vérifications, là, pour s'assurer de la constitutionnalité, là, du
caractère public.
Mme Dufour : Oui, mais je
comprends que le nom des propriétaires, comme il est déjà dans les registres
municipaux, on considère qu'ils seraient aussi partie prenante de ce registre.
C'est bien ça? Parfait.
Bien, écoutez, je vais vous proposer un
amendement. Il a été déposé sur le... sur, déjà, le Greffier. Bien, en fait, il
a été envoyé, mais je ne sais pas s'il a été déposé, mais je vais vous expliquer
la nature de l'amendement, et ça a tout à fait un rapport avec les registres
municipaux. C'est exactement la même... dans la même mouture qu'un changement
qui a été fait l'an dernier aux registres municipaux, où on a introduit une
exception où quelqu'un qui aurait une... pour des raisons de sécurité,
souhaiterait être retiré de ce registre municipal, peut en faire la demande.
Dans le cas du registre municipaux, c'est au greffier de la municipalité.
Et là je comprends qu'on a prévu, ici, des
exceptions pour les lieux qui offrent des services d'hébergement ou des
services d'aide aux personnes victimes de violence. Mais ici, ce dont je parle,
c'est des individus, donc des gens qui... par exemple, une femme qui aurait
fait appel à un service d'hébergement pour femmes violentées, mais qui acquiert
une propriété, décide de s'établir, ne veut pas que son ex-conjoint violent qui
sort de prison puisse la retrouver, donc chercher son nom dans quelque banque
que ce soit.
Et donc, c'est une particularité qui a été
<ajoutée dans...
>
17 h (version révisée)
<19287
Mme Dufour :
...dans quelque banque que ce soit. Et donc c'est une particularité
qui a été >ajoutée dans le projet de loi n° 16,
le projet de loi sur... bien, en aménagement et urbanisme, et je vais vous
mentionner, là, ce que... ce que ça dit, là, dans le fond, qu'on... justement,
on assure la confidentialité de certains renseignements personnels concernant
des personnes qui ont besoin de protection.
Donc, on est venus, à ce moment-là, à
ce... l'an dernier, modifier la Loi sur la fiscalité municipale pour permettre
le retrait sur demande du nom et de l'adresse postale du propriétaire de l'affichage
du rôle d'évaluation foncière pour des motifs liés à la sécurité du
propriétaire de l'immeuble ou à celle d'une personne qui occupe ou utilise l'immeuble.
Donc, évidemment, ça incluait l'exception que vous avez prévue, les... par
exemple les services d'aide d'hébergement, mais ça allait plus loin, ça allait
jusqu'à l'individu, et c'est ce que je vous propose. Donc là, je ne sais pas si
on peut l'avoir à l'écran, l'amendement.
Le Président (M. Jacques) : ...le
déposer et faire la lecture.
Mme Dufour : Bien, il
est déjà là.
Le Président (M. Jacques) : ...bien,
faire la lecture, en fait, de l'amendement.
Mme Dufour : C'est parce
que je ne l'ai pas devant moi, M. le Président.
L'article 17 de la loi édictée à l'article 1
est modifié par l'ajout, après le troisième alinéa, de l'alinéa suivant :
«Le ministre doit retirer le nom et l'adresse
d'une personne au nom de qui est inscrite une unité d'évaluation lorsque cette
personne lui a soumis une demande mentionnant que l'accessibilité à ces
renseignements pourrait mettre en péril sa sécurité ou celle d'une personne
occupante ou utilisant un immeuble compris dans l'unité.»
L'article modifié se lirait comme suit :
«17. Le ministre tient un registre en
matière de performance environnementale des bâtiments qui contient les
renseignements déterminés par règlement du gouvernement.
«Les renseignements contenus dans le
registre ont un caractère public.
«Malgré le deuxième alinéa du présent
article et l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels, nul n'a droit d'accès
à l'adresse de l'établissement ou du lieu d'une personne qui offre des services
d'hébergement ou des services d'aide aux personnes victimes de violence [ou] d'une
personne qui regroupe des personnes ou des groupements de personnes offrant de
tels services.
«Le ministre doit retirer le nom et l'adresse
d'une personne au nom de qui est inscrite une unité d'évaluation lorsque cette
personne lui a soumis une demande mentionnant que l'accessibilité à ces
renseignements pourrait mettre en péril sa sécurité ou celle d'une personne
occupante ou utilisant un immeuble compris dans l'unité.»
Et, M. le Président, je comprends qu'il y
aurait peut-être possibilité d'établir ça par règlement, mais je dois vous dire
que, pour une question de sécurité, comme on l'a prévu pour les services d'aide,
les services d'hébergement, les hébergements pour femmes violentées, je crois
qu'on doit aller plus loin, comme on l'a fait dans le projet de loi n° 16, pour ce qui apparaît sur les registres municipaux.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre.
M. Charette : M. le
Président, je suis très sensible aux arguments présentés par la collègue. On va
demander une suspension pour que, d'un point de vue juridique, on puisse
examiner la portée, mais très, très sensible aux enjeux, là, soulevés par la
collègue.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Je vais
peut-être juste préciser que le libellé est identique à celui qui était dans le
projet de loi n° 16, à l'exception qu'au lieu d'être
le greffier c'est le ministre. Donc, je vous... Et c'est l'article 167 du
projet de loi n° 16 qui a été adopté en juin dernier,
si vous voulez vous y référer.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 07)
(Reprise à 17 h 16)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Au moment de la suspension, nous discutions d'un
amendement à l'article 17 de la loi édictée. M. le ministre.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Merci encore une fois à la collègue pour la proposition
d'amendement. On veut y donner suite. Nous sommes très, très sensibles aux
arguments qu'elle a pu présenter. Cependant, pour nous assurer d'une
formulation juste, on suspendrait l'article pour revenir vraisemblablement dès
demain avec un libellé, là, qui... qui serait validé d'un point de vue
légistique, et on pourrait en discuter à ce moment-là, demain, là, tout
simplement.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement pour suspendre l'amendement à l'article 17 de la
loi édictée?Consentement. Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre
l'article 17 de la loi édictée?Consentement. M. le ministre,
l'article 18.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
«18. Le propriétaire d'un bâtiment doit,
selon les [...] conditions [et les modalités déterminées] par règlement du
gouvernement, afficher la cote de performance environnementale du bâtiment
attribuée conformément à la section II du chapitre II. Ce règlement
peut également prévoir les cas où les conditions selon lesquels un propriétaire
doit divulguer cette cote à un tiers.»
Commentaire. L'article 18 prévoit que
certains propriétaires de bâtiments visés par règlement du gouvernement devront
afficher la cote de performance environnementale attribuée à ceux-ci. Par
ailleurs, pour que le gouvernement puisse imposer par règlement que cette cote
soit divulguée à un tiers par un propriétaire, par exemple dans le cadre de la
vente ou de la location d'un bâtiment, celui-ci doit être habilité par la loi.
Cette habilitation est l'objet de la dernière partie de l'article 18.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 18 de la loi édictée? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. J'ai quelques questions. Bon, on parle d'afficher la cote. Est-ce
qu'on a une idée de comment on entrevoit ça, comme où ce serait affiché si
c'est un très grand bâtiment, s'il y a plusieurs unités à l'intérieur? Comment
on voyait ça exactement?
M. Charette : C'est
simplement... c'est tout simplement à l'entrée... la porte d'entrée du bâtiment,
donc c'est aussi simple que ça, pour que l'information soit facilement
accessible.
Mme Dufour : OK, mais, dans
un cas d'un très grand bâtiment où il y a plusieurs entrées, plusieurs portes...
Prenons le cas de l'Assemblée nationale. J'ai essayé de faire venir de la
nourriture l'autre jour puis j'ai cherché longtemps ma livraison parce que
toutes les portes sont pareilles. Bref, avoir une idée comment ça serait
affiché dans un cas d'un grand bâtiment...
M. Charette : On peut penser
à l'adresse. C'est la <porte d'entrée officielle, tout simplement...
M. Charette :
...peut
penser à l'adresse, c'est la >porte d'entrée officielle, tout
simplement. Donc, oui, il y a plusieurs bâtiments même ici, à l'Assemblée
nationale, mais, si on recherche l'adresse sur le site Internet, il n'y a
qu'une seule adresse civique, et c'est à travers, je pense, la porte 6,
qui est la porte officielle d'entrée.
Mme Dufour : Et peut-être une
question par rapport à lorsqu'il y a un ensemble de bâtiments. On parlait d'un
campus universitaire où qu'il y aurait plusieurs bâtiments. Premièrement, puis
là ça vient de me venir, est-ce qu'il pourrait y avoir... Dans le fond, une
cote, ce serait la cote pour l'ensemble ou il pourrait y avoir des cotes
distinctes pour chacun des bâtiments de l'ensemble, et où est-ce que ce serait
affiché à ce moment-là?
• (17 h 20) •
M. Charette : Comme on l'a
évoqué hier, c'est sûr qu'il peut y avoir différents cas d'espèce, mais, si
c'est un ensemble de bâtiments qui est relié par un seul réseau de chaleur ou
un seul compteur, là, c'est l'adresse principale de cet ensemble-là, mais, si
c'est des réseaux... c'est-à-dire, si c'est alimenté distinctement, c'est là où
on pourrait avoir, vraisemblablement, là, différentes... différents affichages.
Mme Dufour : Et les cas où on
dit «selon lesquels un propriétaire doit divulguer cette cote à un tiers», on
le précise un peu plus dans les... dans les commentaires, mais pourquoi on n'a
pas, justement, précisé... Tu sais, parce que ça devrait être obligatoire lors
de la vente, cette cote-là. Là, on dit qu'on va le prévoir par règlement.
Pourquoi on ne l'a pas mis comme un article en soi, que, s'il y a une cote...
qu'elle doit être divulguée absolument?
M. Charette : ...très
certainement un élément qui devra être divulgué au moment de la vente.
Cependant, à partir du moment qu'on débute une énumération, on aime pouvoir la
compléter au besoin, et c'est à travers le règlement qu'on fait cette
énumération-là, mais, très certainement, s'il y a une cote qui est attribuée à
un bâtiment, cette information-là devra être transmise à l'acquéreur, là, du
bâtiment en question.
Mme Dufour : Peut-être une
dernière question, là, qui va avec le même sens que l'ensemble... par exemple,
l'ensemble universitaire. Lorsqu'on a un très grand bâtiment multirésidentiel
qui serait... qui serait touché, ou un moyen bâtiment, il peut y avoir une
isolation différente d'un... d'une unité à l'autre, une performance différente
si les fenêtres ont été changées à une place, pas à une autre, si un... une
unité a été rénovée, pas une autre. Comment... comment ça... on va distinguer,
pour la cote, ces éléments-là? Puis est-ce que ça pourrait vouloir dire qu'il y
aurait des cotes distinctes d'une unité à l'autre, par exemple?
M. Charette : Pour... Je
comprends la question de la collègue, qui est très pertinente, mais le but,
c'est l'enveloppe globale du bâtiment. On n'ira pas chercher une cote distincte
pour chacun de... chacune des unités. Donc, c'est la cote du bâtiment qui sera
affichée, là, à l'entrée.
Mme Dufour : Je vais reposer
la question. Là, on avait... il y avait un cas... Et, vous savez, je suis
porte-parole en habitation, donc je suis beaucoup les cas d'insalubrité. Il y
avait un cas, cette semaine, où la moitié de l'immeuble avait été rénovée,
était louée en Airbnb, et l'autre moitié était laissée comme taudis, en
espérant que les gens quittent probablement, et donc, là, on n'était pas du
tout dans les mêmes niveaux. On peut supposer que les fenêtres n'étaient pas
les mêmes, etc. Comment, à ce moment-là, ce serait... ce serait traité au
niveau de l'évaluation, tu sais, de la cote, mais aussi des normes? Puis est-ce
qu'on dirait : Bien, il faut quand même... même si la moitié de ton
édifice atteint... atteint la norme, l'autre moitié ne l'atteint pas, donc tu
dois avoir des correctifs? Tu sais, est-ce que ça... Dans le fond, est-ce que
ça pourrait être une mesure qui pourrait permettre de répondre aussi à cette
problématique-là?
M. Charette : Dans le cas d'un...
On parlait de ne pas alourdir la charge pour le propriétaire. Si c'est un
immeuble avec 100, 200, 250 logements, on n'ira pas chercher une cote
spécifique pour chacun des logements. C'est réellement une cote pour le
bâtiment, et, si on est en présence d'un propriétaire négligent et qui avait
une grande proportion d'appartements qui étaient laissés à l'abandon, sinon
sous négligence, ça aurait eu une incidence sur sa cote et ça compromettrait sa
note de passage, en quelque sorte. Donc, ça ne serait pas à son avantage, mais,
sinon, on ne peut pas aller chercher une cote par logement, là. Ce <serait
une charge...
M. Charette :
...mais
sinon on ne peut pas aller chercher une cote par logement, là. Ce >serait
une charge beaucoup trop lourde. Donc, au niveau de l'affichage, c'est
l'affichage général, là, qui sera... qui sera indiqué à l'accueil.
Mme Dufour : OK. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur l'article 18 de la loi
édictée? Donc, est-ce que l'article 18 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 19 de la loi édictée.
M. Charette : «19. Le
gouvernement peut, par règlement, déterminer les cas selon lesquels le
propriétaire d'un bâtiment doit installer un outil de mesure de la consommation
énergétique de celui-ci.»
Le commentaire. L'article 19 prévoit la
possibilité pour le gouvernement de déterminer par règlement les situations
dans lesquelles un outil de mesure à la consommation énergétique d'un bâtiment
doit être installé par le propriétaire de celui-ci. Ces outils pourraient, par
exemple, permettre au propriétaire d'identifier avec plus de précision certains
paramètres de la consommation énergétique de son bâtiment et lui permettre, par
conséquent, de déclarer de l'information plus complète et précise au ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 19 de la loi
édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. J'aimerais
savoir... Est-ce qu'on parle d'un compteur quand on dit «un outil de mesure de
la consommation énergétique»? Est-ce qu'on réfère à, par exemple, un compteur,
là, pour Hydro-Québec?
M. Charette : Des exemples,
peut-être, nous aideraient à mettre en contexte... On l'a d'ailleurs évoqué au
moment de la consultation. On a le bâtiment, mais on a l'usage dans certains
cas. On a évoqué l'exemple des centres de données. On pourrait vouloir mesurer
l'impact du centre de données, isoler l'information sur la vocation centre de
données versus le bâtiment lui-même. Donc, ça, c'est un exemple. Ça pourrait
être... J'essaie de voir, là, des exemples.
Une voix : ...
M. Charette : Si on a un
stationnement intérieur avec plusieurs bornes de recharge différentes, ça
pourrait être évalué. Je vous parlais de centres de données, mais ça pourrait
être un procédé... l'impact d'un procédé industriel en particulier. Donc, c'est
le type d'exemples que l'on pourrait donner, mais, si on fait suite aux
consultations, je pense, la meilleure façon de l'illustrer, ce sont les
centres... distinguer le bâtiment de l'usage qui en est fait à l'intérieur à
travers un centre de données. Par exemple, on pourrait vouloir mesurer l'impact
du centre de données lui-même. On comprend que c'est un pouvoir habilitant. On
comprend, là, que c'est des modalités, là, qui seront... qui seront précisées à
travers la réglementation, mais c'est le type d'information, là, qu'il pourrait
être pertinent d'obtenir.
Mme Dufour : OK, et ces
outils-là, ce sera aux frais du propriétaire, est-ce que ce sera fourni par le
ministère?
M. Charette : Pour fournir
cette information-là, de façon générale, c'est à la charge du propriétaire,
mais un compteur de cette nature-là, ce n'est ce pas quelque chose qui est dispendieux.
On pourrait parler de quelques centaines de dollars.
Mme Dufour : Mais on pourrait...
on pourrait faire le parallèle, j'imagine, avec les compteurs d'eau.
M. Charette : ...qui peut
évoquer des mauvais souvenirs parce qu'il y a eu des mauvaises expériences avec
les compteurs d'eau dans certaines villes, mais c'est un compteur, là, qui serait...
qui permettrait d'obtenir l'information sur un usage particulier avec charge
financière, là, très, très modeste pour le propriétaire.
Mme Dufour : Puis là on parle
de consommation énergétique. J'imagine qu'on va prendre en considération qu'il
y a des éléments sur lesquels c'est plus difficile de mesurer la consommation
énergétique. On parlait... par exemple, les foyers au bois, les granules, par
exemple, qui peuvent servir de moyen de chauffage, mais ça, ce n'est pas... ce
n'est pas ce qu'on vise ici, là.
M. Charette : ...pas de
compteur pour les foyers au bois, je peux rassurer la collègue.
Mme Dufour : ...pour calculer
combien de cordes sont... de bois sont rentrées dans le bâtiment. Parfait.
Bien, moi, je n'ai plus de question.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui, Mme la ministre... Mme la députée.
Mme Dufour : Ah! merci, vous
faites de la projection, 2026. Écoutez, juste... tu sais, on dit : Le
gouvernement peut, par <règlement, déterminer les cas...
Mme Dufour :
...gouvernement
peut, par >règlement, déterminer les cas... les cas qu'ils doivent
s'installer, mais aussi les cas qu'ils n'auraient pas à installer... J'imagine,
il va... il pourrait y avoir des exceptions aussi. Puis d'ailleurs la... de
mémoire, là, c'était le... je pense, c'est celui-là, oui, le... les entreprises,
là, bon, je cherche... le CPEQ, de mémoire, nous faisait justement une... il me
semble qu'il nous parlait de ça, de la difficulté, là, de... qu'on aurait
intérêt à distinguer les deux, le procédé, par exemple, de l'industrie ou... tu
sais, l'énergie qui est consommée pour le procédé versus l'énergie qui est
consommée sur... par le bâtiment. Il me semble qu'il nous demandait ça.
• (17 h 30) •
M. Charette : ...et possiblement
d'autres. En fait, je pense qu'il y a plus qu'un groupe qui avait évoqué ça,
mais c'est ce que je mentionnais, et l'exemple que je prends, c'est celui des
centres de données. Donc, on distingue le bâtiment, la coquille elle-même, de
l'usage qui est fait à l'intérieur du bâtiment. Donc, c'est l'exemple que je
reprenais, mais, dans le règlement, on n'aurait pas à mentionner qui ne serait
pas assujetti parce que c'est, dans ce cas-là, ce qui s'applique de facto à
travers le projet de loi. Donc, c'est là où on viendrait plutôt préciser
ceux... les cas pour lesquels ce type d'outil là serait requis.
Mme Dufour : Est-ce qu'on
aurait l'intention de divulguer éventuellement la consommation énergétique qui
est utilisée pour le procédé? Donc, comme... s'il y a un outil distinct, un
outil de mesure de consommation énergétique distinct, les données, est-ce qu'on
aurait l'intention de les rendre dans... publiques dans le registre aussi?
M. Charette : Bonne question,
mais, non, c'est réellement la performance environnementale du bâtiment qui
serait publiée et non pas la charge que représente la vocation d'un centre qui
est un centre de données, par exemple.
Mme Dufour : Et, dans ce cas,
à quoi serviraient exactement ces données qu'on irait chercher? Et puis, là, on
dit qu'on déterminerait l'installation d'outils de mesure, mais on ne dit pas que
les données devraient être transmises non plus.
M. Charette : Bien,
c'est-à-dire, en quoi c'est utile? Parce que, nous, ce qu'on veut, c'est la
performance du bâtiment. Donc, on veut.... S'il y a des... s'il y a une cote
qui est établie, on veut avoir un impact sur la performance, donc, du bâtiment.
Donc, il faut soustraire la quantité qui est requise pour le centre de données
de la quantité d'énergie qui est consommée par le bâtiment. Donc, c'est pour ça
qu'il faut distinguer les deux, et c'est la raison pour laquelle, un, ce n'est
pas une information qui serait publique, mais nous, on veut savoir qu'est-ce
qui doit être fait pour améliorer la performance du bâtiment et non pas
l'utilisation, là, qui est faite à l'intérieur.
Mme Dufour : Excellent. Donc,
ça répondrait à l'inquiétude que le CPEQ avait soulevée en nous disant que
certains renseignements ne doivent pas avoir un caractère public puisqu'ils constituent
des secrets industriels et commerciaux, et il parlait de la consommation exacte
d'énergie d'une entreprise. Ici, il faudrait s'assurer qu'effectivement toutes
les entreprises qui sont à risque, dans le fond, que l'information divulguée,
publique... dans le fond, divulgue des secrets professionnels... qu'il y ait
vraiment cette distinction-là, qu'est-ce qui est consommé par le bâtiment
versus par le procédé de l'entreprise.
M. Charette : Exact, c'est ce
que nous permet, là, cet outil-là.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Jacques) : ...d'autres
interventions sur l'article 19 de la loi édictée? Donc, est-ce que l'article 19
de la loi édictée est adopté?
Des voix
: Adopté.
Le Président (M. Jacques) : M.
le ministre... Adopté. M. le ministre, l'article 20.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
«Les dispositions du chapitre II de la Loi
sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages s'appliquent aux inspections et aux
enquêtes réalisées et aux avis d'exécution notifiés par l'application de la
présente loi ou de l'un de ses règlements.»
Commentaire. La Loi sur certaines mesures
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des
barrages a été sanctionnée en 2022 et vise notamment à rassembler dans une
seule et même loi l'ensemble des instruments permettant au ministre de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
d'appliquer certaines lois dont il a la charge et l'application. C'est le cas
notamment de ses pouvoirs d'inspection et d'enquête. L'article 20 indique donc
que les dispositions relatives aux pouvoirs d'inspection et d'enquête et aux
avis d'exécution prévus dans cette loi s'appliquent, dans le cadre de cette loi,
sur la <performance...
>
17 h 30 (version révisée)
<195
M.
Charette :
...d'inspection et d'enquête et aux avis d'exécution
prévue dans cette loi s'appliquent, dans le cadre de cette loi sur la >performance
environnementale des bâtiments et de ses règlements d'application.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 20? Donc... M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : On fait les
analyses, M. le Président, avec la loi qu'on vient... C'est juste parce que...
Donnez-nous une minute pour regarder si... parce qu'on doit regarder dans une
autre loi pour bien comprendre qu'est-ce qu'on fait avec l'article, vous
comprenez? Je ne demande pas une suspension, mais on est juste en train de bien
comprendre la logique et la suite des choses dans le projet de loi, c'est tout.
M. Charette : ...histoire que
les nombreuses personnes qui nous écoutent n'aient pas droit à un long silence,
y aller d'une petite explication très, très générale. Le ministère a des
pouvoirs d'inspection et d'enquête de façon générale, donc c'est tout
simplement dire que ses pouvoirs d'inspection et d'enquête s'appliquent à la
présente loi. Donc, ce n'est pas plus compliqué.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée, oui.
Mme Dufour : Oui, merci.
Quand on lit les mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement
et de sécurité des barrages, là, les inspections, les enquêtes pénales, toutes
les enquêtes administratives, les sanctions, etc., c'est un peu épeurant. Donc,
non, je comprends qu'on n'ira pas dans ces détails-là, j'ose espérer, là, parce
qu'il y a des sanctions très grandes, très élevées, ça peut faire peur. En tout
cas, on va en parler plus loin, là, je pense, les sanctions, mais je veux juste
dire que cette loi-là, elle n'est pas... elle n'est pas simple, elle est quand
même assez costaude, là.
M. Charette : Peut-être un
petit rappel pour celles et ceux, nombreux, qui nous écoutaient lorsque cette
loi-là a été adoptée, en 2022. C'était réellement un exercice complexe, mais
dans une fin de simplification parce qu'on avait effectivement de ces
pouvoirs-là dans différents corpus législatifs, et on les a réunis dans une
seule et même loi. Donc, si c'est complexe aujourd'hui, disons-nous que c'est
beaucoup plus simple qu'à l'époque. Donc, c'est réuni dans une seule et même
loi, là, tous ces... tous ces pouvoirs. Et les pouvoirs, on y reviendra, là, on
se souvient, on est encore dans une première section du projet de loi, la
nouvelle loi, là, qu'on vient édicter, mais, dans une section subséquente, on
va revenir, là, sur les mesures d'enquête et d'inspection. Donc, on aura l'occasion
d'aborder ces questions-là avec un petit peu plus de nuances.
Le Président (M. Jacques) : ...interventions
concernant l'article 20 de la loi édictée? Donc, est-ce que l'article 20 de la
loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, pour l'amendement de l'article... introduisant l'article 20.1.
M. Charette : Parfait.
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : ...le
nouvel article, qui est présentement le 20.1.
M. Charette : Juste pour les
collègues, hier, lorsqu'on a publié et rendu publics les amendements, on
précisait que certains nécessitaient de repasser par le comité de législation
et le Conseil des ministres, et c'est ce qui a été adopté au Conseil des
ministres un petit peu plus tôt, tout à l'heure, donc c'est la raison pour
laquelle on n'avait pas pu vous transmettre le libellé plus tôt. Et peut-être
vous mentionner, là, que c'est pour donner suite à une des demandes du milieu
municipal.
Donc, insérer, après l'article 20 de la
Loi sur la performance environnementale des bâtiments, proposé par l'article 1
du projet de loi, le suivant :
«20.1. Lorsqu'une municipalité est tenue d'appliquer
tout ou partie d'un règlement pris en vertu de la présente loi, les inspecteurs
de cette municipalité, dûment autorisés par celle-ci, sont investis des
pouvoirs prévus à l'article 5 de la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer
les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages aux fins de l'application
de ce règlement.
«Les articles 7 et 20 de la Loi sur
certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et
de sécurité des barrages s'appliquent aux inspecteurs municipaux. Les sanctions
administratives pécuniaires et les infractions visées respectivement aux
articles 23 et 42 de cette loi s'appliquent également à l'égard des inspecteurs
municipaux.»
Le commentaire. L'amendement proposé concerne
l'octroi des pouvoirs d'inspection et d'enquête aux inspecteurs municipaux
lorsqu'une municipalité est tenue d'appliquer tout ou <partie...
M. Charette :
...concerne
l'octroi des pouvoirs d'inspection et d'enquête aux inspecteurs municipaux
lorsqu'une municipalité est tenue d'appliquer tout ou >partie d'un
règlement pris en vertu de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article? Mme la députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Donc, peut-être nous préciser dans quels cas un inspecteur... une
municipalité serait tenue d'appliquer... parce que, là, ce n'est pas «choisit
ou pas», là, c'est «est tenue d'appliquer». Dans quel cas une municipalité est
tenue d'appliquer, c'est ça, soit quelque chose en vertu de la loi sur... bien,
c'est ça, la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en
matière d'environnement et de sécurité des barrages?
• (17 h 40) •
M. Charette : Et c'est aussi
à travers cet amendement-là qu'on aborde la question de l'immunité là, qui
avait été demandée par les unions municipales, et on pourrait laisser la parole
à notre juriste pour expliquer les implications juridiques, justement.
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
rebonjour. Alors, premièrement, en ce qui concerne le... lorsqu'une
municipalité est tenue d'appliquer tout ou partie d'un règlement en vertu de la
présente loi, on parle d'un pouvoir de délégation qui serait exercé par le
ministre. L'article 28, qu'on verra un peu plus loin, permet au ministre,
dans les conditions prévues par règlement du gouvernement, de déléguer à toute
personne, incluant, donc, des municipalités, l'application de certains
règlements ou de certaines dispositions du règlement. C'est une possibilité
qu'offre le projet de loi. Cette disposition-là est nécessaire, et certains
groupes qui se sont présentés en consultations particulières l'ont mentionnée,
pour que, lorsqu'une municipalité, donc, est tenue d'appliquer, en application
de cette délégation qui aurait été effectuée par le ministre, des dispositions
pour que ces inspecteurs-là puissent bénéficier, donc, de l'immunité qui existe,
par ailleurs, pour les inspecteurs du ministère de l'Environnement. Ça fait que
c'est un ajout important pour...
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée.
Mme Dufour : Si vous ne dites
pas mon nom, je n'ai pas de micro. Donc, oui, je comprends le besoin de
l'immunité et j'appuie cette demande des municipalités, mais il y a quand même
une crainte qui avait été soulevée par les municipalités, c'était à l'effet
que, depuis l'automne dernier, la Régie du bâtiment peut déléguer aux
municipalités des inspections, et c'est un élément que... les municipalités
n'étaient pas du tout d'accord avec ce changement-là. Et là on sait que le
ministre mentionnait qu'il pourrait déléguer à la RBQ, donc, les inspections, puis
là j'entends qu'il pourrait carrément déléguer directement aux municipalités
les inspections dans le cadre des normes environnementales, de la performance
environnementale des bâtiments. Ce n'était pas l'intention qui avait été
exprimée lors des échanges, pendant les consultations particulières, avec les
groupes. Je serais curieuse de savoir si les municipalités sont d'accord
d'avoir cette obligation supplémentaire là. Disons que, déjà, les
responsabilités sont très grandes.
Et, si on transfère cette
responsabilité-là aux villes, est-ce qu'on va aussi transférer les sommes qu'on
a réinvesties au ministère pour embaucher des inspecteurs pour faire ce
travail-là? Parce qu'il y a un enjeu réel, là, actuellement. Un, d'abord, il y
a un enjeu de main-d'œuvre, là, les municipalités ont de la difficulté à
embaucher des inspecteurs. Ça, c'est la première étape. Mais, en plus, bien,
leurs moyens sont limités, comme on le sait.
M. Charette : ...juste une
petite précision. La possibilité de déléguer aux municipalités était déjà dans
le projet de loi. L'élément... l'élément nouveau, c'est davantage en lien avec
l'immunité qui est conférée aux inspecteurs municipaux, et on vient coller le
principe qui s'applique aux inspecteurs, là, du ministère de l'Environnement.
Mais c'est vrai qu'il faut travailler en concertation avec les municipalités,
qui se disent confortables avec cet amendement-là. Au contraire, on a des bons
mots, là, de la part des associations municipales. La condition qu'ils posent,
et c'est une condition qu'on a l'intention de respecter, c'est qu'elles
puissent travailler avec nous à l'élaboration du règlement. Mais, pour ce qui
est de cette précision-là, c'était réellement à leur... à leur demande.
Le Président (M. Jacques) : Oui,
je crois que la majorité des municipalités vont aussi souhaiter avoir les
sommes que le ministère aurait investies pour embaucher des inspecteurs si on
demande aux municipalités de le faire à sa place. Ça va de soi, là.
M. Charette : Mais, quand on
va... quand on va travailler le <règlement...
Mme Dufour :
...des
inspecteurs si on demande aux municipalités de le faire à sa place. Ça va de
soi, là.
M. Charette :
Mais
quand on va... quand on va travailler le >règlement, on va le travailler
avec les municipalités, et, au niveau des impacts, ce sera aussi précisé, là,
dans l'analyse d'impact réglementaire. Mais la collaboration sur cet enjeu-là...
et, s'il y a des enjeux de financement, ce sera discuté, là, ouvertement, là,
avec les municipalités.
Mme Dufour : Oui, ça devra
être le cas, effectivement.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. C'est juste une question sur la formation, j'imagine, des
inspecteurs municipaux, puis les inspecteurs du gouvernement du Québec ont le
même type de formation. Et est-ce que ça va prendre des formations
additionnelles pour ces inspecteurs-là à... le niveau municipal?
M. Charette : Bien, on
l'avait vu dans le projet de loi, là, qui parle justement des inspecteurs et
les qualifications qui sont requises, le degré de... pas le degré, mais la
façon d'être reconnus comme tel. Donc, oui, c'est... bien, en fait, c'est encadré,
là, c'est précisé. Et on voyait, aux articles précédents, que, pour certaines
tâches, c'est des professionnels en particulier, là, qui seront... qui seront
tenus, là, de rencontrer ces... ou d'exercer ces fonctions-là. Donc, oui, c'est
quelque chose qui est encadré.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement introduisant
l'article 20.1? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. J'ai une
autre question, ça concerne les sanctions pénales, parce que, là, on fait
référence ici à l'article 20, et l'article 20... bon, on parle
d'immunité à l'article 20... Non, ma question va venir tout de suite
après, je m'excuse, ça va venir à l'article 21.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais mettre aux voix l'amendement
introduisant l'article 20.1. Donc, est-ce que l'amendement à
l'article 20.1 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Donc, le nouvel article est adopté. M. le ministre, l'article 21 de l'article
1 de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc :
«21. Les dispositions du chapitre III de
la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages s'appliquent à l'imposition d'une
sanction administrative pécuniaire à une personne qui fait défaut de respecter
une disposition de la présente loi ou de l'un de ses règlements.»
Commentaire. La Loi sur certaines mesures
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des
barrages a été sanctionnée en 2022 et vise notamment à rassembler dans une
seule et même loi l'ensemble des instruments permettant au ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs d'appliquer certaines lois dont il a la charge de l'application.
C'est le cas notamment de ses pouvoirs d'imposition de sanctions
administratives pécuniaires. L'article 21 indique donc que les
dispositions relatives à l'imposition de sanctions administratives pécuniaires
prévues à cette loi s'appliquent dans le cadre de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et de ses règlements d'application. Bref, c'est
une loi qui pourra permettre l'imposition de sanctions administratives et...
administratives pécuniaires.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, mon questionnement concerne, justement, les municipalités.
Donc, on donne le pouvoir aux municipalités ou on... en fait, le ministre
pourrait déléguer aux municipalités l'obligation d'inspecter, mais, pour ce qui
est de l'application des sanctions administratives pécuniaires, l'argent qui
sera payé sera... sera déposé où si c'est une municipalité qui applique la loi?
M. Charette : On pourra...
C'est peut-être difficile d'aborder les deux articles en même temps, mais
l'article 23 aborde ces questions-là. Pour ce qui est de qui peut
conserver le fruit de ces sanctions, là, bien, on va... on va le voir dans le
détail tout à l'heure, là. Mais, si on regarde le dernier paragraphe de
l'article 23, on peut lire : «Les montants perçus par la municipalité
en vertu du présent article lui appartiennent et, exception faite des frais de
recouvrement, doivent être affectés au financement de mesures et de programmes
dans le domaine de la transition énergétique des bâtiments.» Donc, il y a un
avantage aux municipalités, là, elles peuvent conserver le fruit, là, des
sanctions.
Mme Dufour : Mes questions
viendront plus tard dans ce cas-là, dans l'article 23.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 21 de la loi
édictée? Donc, est-ce que l'article 21 de la loi <édictée...
Mme Dufour :
...l'article
23.
Le Président (M. Jacques) :
Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 21 de la loi
édictée? Donc, est-ce que l'article 21 de la loi >édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article... l'article 22 de la loi édictée.
• (17 h 50) •
M. Charette : Merci, M. le
Président :
«Une sanction administrative pécuniaire
d'un montant de 250 $ dans le cas d'une personne physique ou de 1 000 $
dans les autres cas peut être imposée à quiconque fait défaut :
«1° de respecter l'une des
obligations prévues à l'article 4;
«2° de transmettre au ministre la
cote de performance environnementale attribuée à son bâtiment en application du
premier alinéa de l'article 6; ou
«3° d'afficher ou de divulguer la cote
de performance environnementale de son bâtiment en application de l'article 18.»
Le cadre général d'application des
sanctions administratives pécuniaires, disponible sur le site Internet du
ministère, fournit des orientations et les critères généraux en cette matière,
notamment quant à la catégorisation des sanctions. Un registre des sanctions
administratives pécuniaires s'appliquera également aux sanctions de la Loi sur
les espèces menacées ou vulnérables tel que le prévoit l'article 73 de la Loi sur
certaines dispositions permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages.
Les manquements visés par l'article 22
sont passibles d'une sanction pécuniaire... correspondent au niveau de gravité
le moins élevé, soit la catégorie D, apparaissant au cadre général.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci, M.
le Président. Ici, j'ai quand même plusieurs questions. D'abord, le montant
qu'on a établi ici, 250 $, comme... pour une personne physique, c'est basé
sur quoi? Est-ce qu'on a un point de référence?
M. Charette : Oui, et je me
souviens des échanges, justement, dans le cadre de l'étude du projet de loi,
là, dont il est question en 2022. Il y a des catégories de sanctions. Donc,
celle-ci, c'est la moins grave, donc avec des montants moins élevés. Mais, si
on regarde, là... je prends un petit peu d'avance... avec l'article 25, par
contre, là, on est dans une catégorie différente, et là on est rendus à des
sanctions qui peuvent aller jusqu'à 100 000 $, d'autres, jusqu'à 600 000 $.
Donc, il y a des catégories, et ces... en fait, c'est déjà... c'est déjà établi,
là, ce n'est pas aléatoire. Donc, selon la catégorie de l'infraction, les
montants possibles de SAP sont déjà connus, là, c'est déjà établi.
Mme Dufour : Moi, lorsque je
regarde la loi à laquelle on fait référence, là, les mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages, le
montant le plus bas que je trouve est de 500 $, et non de 250 $.
Alors, je ne sais pas si on peut me l'indiquer où on a une sanction de 250 $.
Le Président (M. Jacques) : M.
Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Bien,
oui, si vous pouvez répéter la question, je m'excuse, on...
Mme Dufour : Oui, bien sûr.
Donc, on fait ici référence au... en disant que la sanction administrative,
ici, pécuniaire de 250 $ correspondrait à... au barème le plus bas de la
loi qu'on a dans les mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages. J'ai regardé... là, je vous avoue
que je n'ai pas fait un Ctrl-F, mais, quand je regarde les sanctions administratives
pécuniaires, le montant le plus bas que je retrouve est de 500 $, et non
de 250 $. Alors, je voulais savoir où était le comparatif dans cette...
l'autre loi.
M. Woitrin (Pierre) : On va
faire des vérifications, mais la loi... la loi à laquelle on réfère renvoie au
cadre qui doit être... là, je vais trouver l'article, je m'excuse, dans la...
dans la loi, ce ne sera pas très long... l'article 21 de la loi M.11-6, là...
M-11.6, donc la loi encadrant... OK, l'article 21 mentionne que le ministre, il
élabore et rend public un cadre général d'application des sanctions
administratives pécuniaires. Ce cadre général là prévoit les montants des
amendes en fonction des types de manquements et des objectifs qui sont
poursuivis par ces SAP là. Le montant minimal, à notre connaissance, mais je
peux aller vérifier, est de 250 $ dans le cas d'une personne physique.
Mme Dufour : Quand on regarde
la section... le chapitre III, là, la... «Sanctions administratives pécuniaires»,
le premier que je vois des montants, c'est l'article 23, puis c'est un montant
de 500 $. Mais je vous laisse valider, là.
M. Woitrin (Pierre) : Non,
effectivement, mais la loi en question comprend son propre corpus de sanctions
administratives pécuniaires, mais le cadre peut aller plus bas que ça, le cadre
adopté par le <ministre...
M. Woitrin (Pierre) :
...loi en question comprend son propre corpus de sanctions
administratives pécuniaires, mais le cadre peut aller plus bas que ça, le cadre
adopté par le >ministre, élaboré par le ministre peut aller plus bas
que ce qu'il y a, en l'occurrence, de prévu dans la LMA, pour le type de
manquements qui sont visés par la LMA.
Mme Dufour : OK. D'accord.
M. Charette : Le cadre retenu
est disponible, là. Donc, c'est effectivement 250 $. On pourra transmettre
le lien au secrétariat pour avoir l'information précise.
Mme Dufour : Parfait.
Ensuite, j'aurais peut-être une autre question. C'est qu'ici on dit que c'est
pour... dans le cas où quiconque fait défaut de respecter l'une des obligations
prévues à l'article 4, et là je crois, de mémoire, c'est la transmission des
données, là, l'article 4, la déclaration obligatoire, exact, de transmettre au
ministre la cote ou d'afficher, divulguer la cote de performance
environnementale. Par contre, dans l'article précédent, on donne... dans le
fond, on disait qu'il y aurait... il pourrait y avoir des inspections, et là,
quand on regarde la Loi, là, sur la sécurité des barrages, pour les
inspections, il y a aussi des sanctions pour toute personne qui empêche, par
exemple, un inspecteur de rentrer. Donc, on dit qu'il y aurait l'immunité, mais
est-ce que les sanctions qu'on retrouve pour empêcher un inspecteur d'entrer
dans le bâtiment s'appliqueraient si une inspection doit se faire pour valider
si les travaux ont été faits, par exemple?
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
absolument.
Mme Dufour : Donc, et là ce
seraient les montants qu'on va trouver... un avis d'exécution... je le cherche,
là... je pense qu'il y a... c'est le 500 $ que je trouve à
l'article 23, là, je pense, jusqu'à 2 500 $. Je pense que c'est
ça.
M. Woitrin (Pierre) : Parce
qu'on est effectivement dans des... dans des manquements, objectivement, plus
importants. Refuser à un inspecteur de rentrer dans une maison versus ne pas
déclarer une information au ministre, le manquement est jugé plus important,
donc la sanction est plus importante en application du cadre.
Mme Dufour : OK. Et le «afficher
ou divulguer la cote», là, dans le cas de divulguer, on parle de... dans le
cadre, par exemple, d'une vente de propriété. Est-ce que le fait de divulguer
erronément la cote serait inclus là-dedans? C'est-à-dire... parce qu'on avait
le débat sur le projet de loi n° 31, quand... oui, le loyer est précisé,
l'ancien loyer, mais pas nécessairement le bon montant. Bien, qu'en est-il si,
oui, la cote est divulguée, mais ce n'est pas la bonne cote?
M. Charette : Si ce n'est pas
la bonne cote qui est divulguée, c'est comme si la cote n'avait pas été
divulguée. Donc, il y a une obligation de transmettre la bonne... la bonne
information. Tout à l'heure, on disait «en cas de vente», mais ça peut
s'appliquer en cas d'un locataire aussi. Un locataire est en droit de connaître
la performance énergétique ou la performance environnementale d'un bâtiment
parce que ça va peut-être déterminer ses propres... ça peut déterminer ses
besoins énergétiques et, ultimement, les factures qu'il aura à payer.
Mme Dufour : Tout à fait,
tout à fait. Parfait, merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 22 de la
loi édictée? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 22 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) :
Adopté. Article 23, M. le ministre.
M. Charette : Avant de passer
à 23, je laisse la possibilité à la collègue de dire si c'est le bon moment. On
aurait l'amendement pour l'article 17. Donc, on pourrait revenir soit à 17
maintenant...
Le Président (M. Jacques) : Consentement
pour revenir à l'article 17?
Mme Dufour : Consentement.
M. Charette : ...suspension
pour pouvoir le présenter.
Mme Dufour : Oui, tout à
fait.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement? Il y a consentement.
Donc, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 17 h 58)
18 h (version révisée)
(Reprise à 18 h 05)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et je vous avise que nous avons reçu les... le lien
mentionné par le ministre portant sur les sanctions administratives
pécuniaires, qui est dans Documents distribués.
Donc, à la pause... avant la pause, nous
avions consenti à réouvrir l'article 17 et, durant la pause, nous avons
convenu certaines dispositions aussi. Donc, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Je vais
juste l'ouvrir devant moi, ça va être plus facile à lire pour moi.
Le Président (M. Jacques) : Dans
un premier temps, est-ce que... Il faudrait retirer l'amendement à l'article 17.
Mme Dufour : Oui, bien sûr.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
est-ce qu'il y a consentement pour retirer l'article... l'amendement à l'article 17
de la loi édictée?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Consentement.
Mme la ministre, vous avez maintenant un nouvel...
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée!
Mme Dufour : M. le Président,
je vous aime de plus en plus!
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée, vous avez maintenant un amendement à l'article 17 de la loi
édictée.
Mme Dufour : C'est une belle projection.
Je vais lire l'amendement, donc article... le nouvel amendement. Article 1,
17 de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments : Remplacer,
à l'article 17 de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments,
proposé par l'article 1 du projet de loi, le troisième alinéa par le
suivant :
«Malgré le deuxième alinéa du présent
article et l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels, nul n'a droit
d'accès :
«1° à l'adresse de l'établissement ou
du lieu d'une personne qui offre des services d'hébergement ou des services
d'aide aux personnes victimes de violence et d'une personne qui regroupe des
personnes ou des groupements de personnes offrant de tels services;
«2° au nom et à l'adresse d'un
propriétaire de bâtiment qui a soumis au ministre une demande mentionnant que
l'accessibilité à ces renseignements pourrait mettre en péril sa sécurité ou
celle d'un occupant ou d'un utilisateur.»
L'article tel qu'il serait rédigé avec l'amendement,
donc l'article 17 :
«17. Le ministre tient un registre en
matière de performance environnementale des bâtiments qui contient les
renseignements déterminés par règlement du gouvernement.
«Les renseignements contenus dans le
registre ont un caractère public.
«Malgré le deuxième alinéa du présent
article et l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels, nul n'a droit
d'accès :
«1° à l'adresse de l'établissement ou
du lieu d'une personne qui offre des services d'hébergement ou des services
d'aide aux personnes victimes de violence et d'une personne qui regroupe des
personnes ou des groupements de personnes offrant de tels services;
«2° au nom et à l'adresse d'un
propriétaire de bâtiment qui a soumis au ministre une demande mentionnant que
l'accessibilité à ces renseignements pourrait mettre en péril sa sécurité ou
celle d'un occupant ou d'un utilisateur.»
Alors, comme je le mentionnais lorsque j'ai
déposé le premier amendement, l'objectif est vraiment de... dans le cas où il y
aurait des gens qui auraient... disons, leur sécurité serait à risque, il
serait possible, donc, de demander de... que l'information, là, leur nom et
leur adresse, ne soit pas publique. Et c'est un élément, là, qui avait été
ajouté à la loi n° 16 sur l'aménagement et l'urbanisme,
l'article 167, je crois, de mémoire. Et c'est sensiblement, là, les mêmes
informations qu'on pourrait, donc... Ils pourraient demander au greffier d'une
ville de retirer le nom et l'adresse du registre municipal, bien, ici, ils
pourraient le faire aussi, de se... faire demander que ce soit retiré de ce
registre.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement à l'article 17
de la loi édictée?
Mme Dufour : J'ai juste
oublié un petit... petit élément, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Oui,
Mme la députée.
Mme Dufour : D'abord, je
voulais le resouligner, là, c'est vraiment dans le but d'assurer la sécurité,
surtout, des femmes en situation de violence conjugale, mais aussi je voudrais
remercier <l'ouverture du...
Mme Dufour :
... des
femmes en situation de violence conjugale, mais aussi je voudrais remercier >l'ouverture
du ministre d'avoir accepté d'intégrer cette modification-là au projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup.
M. Charette : ...on est tout
à fait d'accord, et merci à la collègue pour la proposition. Donc, on sera en
mesure d'appuyer le projet d'amendement.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Donc, est-ce que l'amendement à l'article 17 de la loi édictée
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 17 amendé?
Donc, est-ce que l'article 17, amendé, de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, nous revenons à l'article 23.
• (18 h 10) •
M. Charette : Merci, M. le
Président.
«23. Lorsque l'application d'une
disposition d'un règlement pris par le gouvernement en vertu de la présente loi
relève d'une municipalité et qu'un manquement à cette disposition peut donner
lieu à l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire, celle-ci peut
également être imposée par toute municipalité désignée à cette fin par le
gouvernement lorsque le manquement est constaté sur son territoire. Une telle
sanction ne peut toutefois se cumuler avec celle que la personne désignée par
le ministre peut également imposer à la même personne en raison des mêmes faits
survenus le même jour.
«Les dispositions de la présente loi
relatives aux sanctions administratives pécuniaires s'appliquent à la
municipalité qui impose une telle sanction, avec les adaptations nécessaires et
selon les conditions déterminées par le gouvernement, lesquelles incluent la
possibilité de contester la décision devant la cour municipale compétente ainsi
que les modalités liées au recouvrement des montants dus à ce titre.
«La municipalité qui impose une sanction
administrative pécuniaire peut exiger des frais liés au recouvrement de ce
montant.
«Les montants perçus par la municipalité
en vertu du présent article lui appartiennent et, exception faite des frais de
recouvrement, doivent être affectés au financement de mesures et de programmes
dans le domaine de la transition énergétique des bâtiments.»
Le commentaire. Cet article, comparable à
l'article 115.28 de la Loi sur la qualité de l'environnement, permet à une
municipalité responsable de l'application d'une disposition d'un règlement pris
en vertu de la loi édictée par le projet de loi d'en assurer l'application au moyen
de l'imposition de sanctions administratives pécuniaires, tout comme le ferait
le ministre. Les articles 21 et 22 de la loi édictée s'appliquent à
l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire. Le dernier alinéa de
cette disposition impose par ailleurs à la municipalité d'affecter les montants
perçus lors de l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire au financement
de mesures et de programmes dans le domaine de la transition énergétique des
bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. J'ai cru comprendre que Mme la députée de Mille-Îles voulait
intervenir sur l'article 23.
Mme Dufour : Oui. Merci, M.
le Président. Vous lisez dans les pensées. Donc, premièrement, j'aimerais
savoir, dans le fond... Ce que je comprends, parce qu'on dit que les... Le
premier paragraphe, là, de l'article 23, on dirait... on dit : Une
telle sanction ne peut se cumuler en raison des mêmes faits survenus le même
jour. Mais on comprend que, si c'est les mêmes faits survenus sur deux jours,
ils pourraient être sanctionnés doublement.
M. Charette : ...eu le débat,
là, lors de l'étude de la présente loi. Si c'est une infraction qui est
répétée, effectivement, il peut y avoir... il peut y avoir plus d'une
infraction. Je vous donne l'exemple puis je ne dis pas que c'est ce qui... ce
qui va s'appliquer, mais si une personne, par exemple, laisse sa voiture dans
un endroit où elle n'a pas le droit, elle a une première contravention. Si sa
voiture est encore là le lendemain, elle pourrait de nouveau avoir... Et c'est
pour ça que, sur certaines rues à Montréal, on voit une petite pile de
contraventions qui se sont accumulées.
Mais, encore une fois, c'est appliqué de
façon... Dans le cas présent, là, ce serait appliqué de façon intelligente. Ce
n'est pas le but de collecter de l'argent, et de retourner 24 heures après,
et, dès que le 24 heures se termine, en ajouter une autre, là. C'est fait
de façon diligente et intelligente. Mais, oui, théoriquement, une même
infraction peut être sanctionnée plus qu'une fois si elle n'est pas corrigée,
là, dans un laps de temps, là, qui est déterminé. Et pourquoi pas la même
journée et pas le même cumul? C'est : si un inspecteur du ministère de
l'Environnement et un inspecteur de la ville, la même journée, constatent
l'infraction, les deux ne peuvent pas... les deux ne peuvent pas y aller d'une
contravention chacun de leur côté.
Mais peut-être ajouter une petite
référence supplémentaire, puis c'est signe de la collaboration, là, que l'on veut
et que l'on souhaite avec les municipalités. C'est la première fois qu'on
viendrait permettre à une municipalité d'appliquer le <régime de
sanctions...
M. Charette :
...
première fois qu'on viendrait permettre à une municipalité d'appliquer le >régime
de sanctions administratives pécuniaires du gouvernement, donc c'est... Tout...
pas tout à l'heure, mais au moment de la consultation, les municipalités
parlaient du défi financier que pouvait permettre ou engendrer la transition
énergétique. Donc, c'est une nouveauté de dire : Non seulement vous pouvez
appliquer notre régime de sanctions, mais vous allez, de surcroît, avoir des
moyens de financer des mesures de transition énergétique à travers les sommes
recueillies, là, des sanctions administratives pécuniaires.
Mme Dufour : Je vais aller,
justement, sur le dernier paragraphe. Ce qu'on comprend, c'est que les villes
qui voudraient... c'est ça, qui percevraient des montants, là, des sanctions,
pour pouvoir l'affecter au financement de mesures et de programmes dans le
domaine de la transition énergétique, ça veut dire qu'elles devront avoir créé
un fonds, j'imagine, parce que...
M. Charette : Ou avoir des
mesures de transition énergétique qui sont désignées et les affecter à ces
mesures-là.
Mme Dufour : Oui, mais pour
affecter, il faut qu'il y ait un fonds. Le fonds, il faut qu'il ait été créé
pour pouvoir dire, bien : Ça va aller à cette mesure-là, parce que, si
les... si la perception va au fonds général, il n'y a pas de suivi, là, que les
sommes vont directement au fonds. Donc, normalement, c'est... il faut créer un
fonds.
M. Charette : ...ce que l'on
souhaite et que l'on vise, et les villes nous demandent de participer à la
réglementation, elles le feront... mais c'est... on veut faire ça simple le
plus possible. Donc, ça pourrait être affecté directement à une dépense en lien
avec la transition énergétique. Donc, pas nécessaire, là, d'y aller d'une
structure formelle, création d'un fonds. Donc, s'il y a une dépense municipale
qui est associée à la transition énergétique, tel revenu pourrait tout
simplement être attribué à la dépense en question.
Mme Dufour : Et comment...
comment le ministère... Ou, en fait, quel ministère va suivre ça? Est-ce que ça
va être les Affaires municipales ou ça va être le ministère de l'Environnement,
à savoir que les sommes ont été affectées au financement de mesures dans le
domaine de la transition énergétique des bâtiments?
M. Charette : L'imputabilité
première reviendrait au ministère de l'Environnement, mais il y a de ces
partenariats-là qui sont établis avec le MAMH. La réglementation va pouvoir
l'établir aussi, là, de façon plus claire. Mais on ne veut pas rendre
l'exercice... En fait, on veut que ce soit un avantage pour les villes, qu'il
ne soit pas trop compliqué à administrer, et c'est l'engagement qu'on a pris
avec les municipalités, là, d'établir cette réglementation-là avec elles.
Mme Dufour : Et quels types
de mesures vont être comprises, ou programmes, dans le domaine de la transition
énergétique des bâtiments? Là, je pose la question parce qu'en fait il pourrait
y avoir un moment où les municipalités soient appelées, disons, à faire
l'inspection, imposer des sanctions. Si, au moment qu'elles le font, elles
n'ont pas de programme, pour toutes sortes de raisons, tu sais, est-ce que ça
va être plus large pour permettre plus de possibilités? Comme on est venus,
dans un projet de loi sur la fiscalité municipale à l'automne dernier, donner
la possibilité aux municipalités d'utiliser le fonds de stationnement pour
créer des pistes cyclables, par exemple. Donc, je voudrais avoir une idée, là,
de quelle... c'est quoi, l'intention qu'on voit comme mesures puis la
flexibilité qu'on va donner aux villes par rapport à ça.
M. Charette : Peut-être deux
choses. Une première à préciser, on ne s'attend pas à ce qu'il y ait des
millions et des millions qui soient générés. On a vu, selon les catégories
d'amendes, s'il y a des sanctions à 250 $, il y en a dont la catégorie
implique des amendes... enfin, je dis «amendes», des sanctions administratives
pécuniaires beaucoup plus élevées, là. Il n'y a pas des millions, des
milliards, pour les municipalités, à aller chercher là.
Mais, à savoir si une municipalité n'a pas
de mesure de transition énergétique... Bien, peut-être rappeler, la semaine
dernière, on a fait une belle annonce, 500 millions de dollars
pour les municipalités pour leur permettre de développer un plan climat. Chaque
municipalité et MRC va recevoir de l'argent de ce fonds-là. Donc, on peut
penser que toutes les municipalités et MRC vont avoir des mesures de transition
énergétique, donc, du coup, des dépenses admissibles pour bénéficier, là, des
revenus des SAP.
Mais, étant donné... On le disait,
1 000 bâtiments au départ, 5 000 par la suite, avantage aussi la
performance environnementale des bâtiments. Mais on ne présume pas que
100 % de ces bâtiments-là seront en <infraction. Un petit...
M. Charette :
...
des bâtiments. Mais on ne présume pas que 100 % de ces bâtiments-là seront
en >infraction. Un petit pourcentage avec des sanctions, par moment, qui
sont de quelques centaines de dollars, donc, ce n'est pas une source de revenus
immense, mais c'est une source de revenus supplémentaire, là, pour les
municipalités.
Mme Dufour : Bien, justement,
est-ce que c'est vraiment une source de revenus supplémentaire? Si ce qui est
imposé, c'est 250 $, le surplus de travail que ça implique pour un
inspecteur et les rapports, les suivis, etc., et qu'au bout du compte la
municipalité ne peut pas l'appliquer pour payer son inspecteur, mais plutôt
qu'elle doit l'affecter à une mesure de transfert énergétique des bâtiments, donc,
ce n'est pas... Il n'y a pas de gain ici, là, c'est une dépense pour les
municipalités.
• (18 h 20) •
M. Charette : Il y a aussi,
on le voit, puis c'est la même chose pour les tickets de stationnement ou
d'autres types d'infraction... il y a des frais administratifs qui peuvent...
qui peuvent être facturés. Là, on parle de frais de recouvrement pour... pour
couvrir les... au niveau administratif, ce que ça génère comme dépenses pour la
municipalité. Mais d'entrée de jeu, là, ce n'est pas des millions, je le
mentionne, mais les frais de recouvrement, eux, ne seraient pas affectés aux
mesures de transition énergétique spécifiquement, et ces frais-là pourraient
être conservés, là, par la municipalité.
Mme Dufour : Et les frais
pour recouvrement, ça s'ajoute aux 250 $?
M. Charette : Un petit peu
comme, là, je ne le sais pas, je ne le souhaite pas, mais si la collègue a eu
un ticket de stationnement ces... ces derniers temps, et encore là je ne le
souhaite pas... Mais j'ai mon fils qui m'a amené un beau ticket il y a quelques
jours, donc il y a un montant, et il y a des frais supplémentaires. Et je vous
rassure, j'ai dit à mon fils qu'il devait lui-même payer son ticket et que le
papa ne remboursait pas le ticket en question.
Mme Dufour : J'en prends note
pour mes filles quand elles seront en âge de conduire. Je vais poser une
question aussi concernant une sanction. Est-ce qu'une ville pourrait être
sanctionnée, une MRC pourrait être sanctionnée si elle-même est en défaut par
rapport à ses bâtiments?
M. Charette : Si une
municipalité est en défaut, à savoir ce sont ses inspecteurs qui pourraient...
Une voix : ...
Mme Dufour : Non, pas
nécessairement ses inspecteurs, mais, si elle-même est en défaut, n'a pas
transmis sa cote, n'a pas...
M. Charette : Oui, oui. Bien,
en fait, les municipalités... comme le gouvernement du Québec devra afficher sa
cote sur ses bâtiments. Donc, c'est des obligations, là, qui vont s'appliquer
aussi aux municipalités et aux... aux instances, aux bâtiments publics.
Mme Dufour : OK. Et les
municipalités vont être dans la première phase, dans les premiers groupes...
M. Charette : Tout dépend de
la grandeur du...
Mme Dufour : Pour les
bâtiments de 2 000 mètres carrés et plus, si je ne me trompe pas.
C'est ça. Excellent. OK.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 23 de la loi
édictée? Donc, est-ce que l'article 23 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 24.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, 24 : «Les dispositions du chapitre V de la Loi sur
certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et
de sécurité des barrages s'appliquent au présent chapitre et aux dispositions
pénales prévues par règlement.»
La Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages a été
sanctionnée en 2022 et vise notamment à rassembler dans une seule et même loi
l'ensemble des instruments permettant au ministre de l'Environnement, de la
Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs d'appliquer
certaines lois dont il a la charge de l'application. C'est le cas notamment de
ses pouvoirs d'imposition de sanctions pénales. L'article 24 indique donc
que les dispositions relatives à l'imposition de sanctions pénales prévues dans
cette loi s'appliquent dans le cadre de la Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et de ses règlements d'application.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 24 de la loi édictée? Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Juste pour
m'assurer, là. Je comprends bien, on dit «les dispositions du chapitre V» et...
de la loi, là, sur les barrages, et le titre de cette section-là, quand on la
regarde, c'est «Travaux exécutés par le ministre». Est-ce que c'est vraiment à
ça qu'on a fait référence?
M. Charette : Le titre que
moi, je vois, c'est peut-être l'emplacement de la collègue, là, qui n'est pas
le bon... le titre, c'est tout simplement : «Dispositions pénales».
Une voix : ...
M. Charette : Ah oui! Ce
n'est pas la <section V...
M. Charette :
... de
la collègue, là, qui n'est pas le bon... le titre, c'est tout simplement :
Dispositions pénales.
Une voix :
...
M. Charette :
Ah
oui! Ce n'est pas la >section V, c'est le chapitre V.
Mme Dufour : Ah! merci. Merci
beaucoup. D'accord. Merci. OK, c'est là qu'on voit des sommes quand même, somme
toute, beaucoup plus imposantes.
M. Charette : Plus élevées.
Mme Dufour : Là, on va les
voir, j'imagine, dans les...
M. Charette : L'article 25,
entre autres, on va aborder la question.
Mme Dufour : Article 25.
C'est ça. Parfait.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention concernant l'article 24 de la loi édictée,
est-ce que l'article 24 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, article 25.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
«25. Quiconque contrevient à l'article 4,
6 ou 18 est passible d'une amende :
«1° dans le cas d'une personne
physique, de 1 000 $ à 100 000 $;
«2° dans les autres cas, de 3 000 $
à 600 000 $.»
Et le commentaire. Cet article prévoit les
amendes dont pourra être passible une personne à la suite de la commission
d'une infraction pour les infractions de la catégorie de gravité objective la
moins élevée, c'est-à-dire celles de la... celles relatives à la production de
certains documents et à l'affichage et la divulgation de certaines
informations.
Donc, oui, déjà beaucoup plus élevés que
les articles précédents, mais c'est des montants qui sont les moins... en fait,
ça correspond à la catégorie objective la moins élevée, donc il y a un
potentiel de sanctions encore beaucoup plus élevées, là, que les montants que
l'on peut lire à l'article 25.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. M. le ministre, une amende de 100 000 $, c'est... ce n'est
pas rien, là. Puis on commence. Comme... c'est un petit peu... c'est... bien,
je parle ici d'une personne physique, alors c'est juste 1 000 $ à
100 000 $. Est-ce qu'on vise... Comme une amende à
100 000 $, c'est pour quelqu'un qui a fait la même infraction
plusieurs fois ou... C'est juste, dans la première partie, là, je trouve que le
«range» est intéressant. Je n'ai pas de trouble nécessairement avec une
infraction de 100 000 $, mais, quand même, on doit poser la
question : Comment ça peut arriver à une personne physique qu'il reçoit
une amende de 100 000 $?
M. Charette : La
détermination de la peine ne relève pas du ministère. Là, on est au pénal, donc
c'est réellement le juge ou la juge qui va déterminer la peine. Jusqu'à
maintenant, la... le montant maximal, sauf erreur, je m'en remets aux juristes,
là, mais, à ma connaissance, jusqu'à maintenant, le montant maximal n'a jamais
été... pour une première infraction, sauf erreur, là, ça n'a jamais été imposé,
comme sanction. Je ne veux pas...
Une voix : ...
M. Charette : On pourrait faire
la vérification. Bien, le sentiment général que j'ai, pour avoir regardé, à une
certaine époque, la question, je pense que ce n'est jamais le montant maximum,
jusqu'à maintenant, qui a été imposé suite à la commission d'une infraction.
Mais c'est à la discrétion du juge ou de la juge, là, de déterminer la peine.
Et, encore là, 1 000 $ à 100 000 $, 3 000 $ à
600 000 $, c'est pour la catégorie objective la moins élevée des
sanctions pénales.
M. Kelley : Parfait. Pour la
deuxième partie, on parle de 3 000 $ à 600 000 $. Dans les
autres cas...
M. Charette : Donc, les
personnes morales.
M. Kelley : Ah! OK, les
personnes morales. OK. Et, quand même, une amende de 600 000 $, c'est
un montant sérieux. Alors, je pense que les indications sont là. Et, quand
même, les options pour un juge d'un jour imposer un montant comme ça, ce n'est
pas une mauvaise chose, comme on dit. S'il y a quelqu'un qui veut vraiment,
vraiment refuser d'accepter des règlements et, quand même, des règles qui sont inscrites
dans ce... loi, je pense... projet de loi, je pense, c'est important. Parce
qu'on sait que, des fois, des citoyens peuvent avoir leur propre idée sur
comment les choses doivent marcher, alors on veut s'assurer que tout le monde
respecte qu'est-ce qui est écrit dans ce projet loi.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci. Je
voudrais juste savoir comment c'est déterminé, laquelle des sanctions. Parce
que, là, on vise quatre articles, la divulgation, la performance, je pense, la
norme, là, d'atteindre la norme, et 18, c'est... mon Dieu!, c'est beaucoup
plus... c'est l'affichage. Voilà. Alors, comment on détermine quelle sanction,
selon quelle infraction et la gravité, là? Qui déterminera... qui va le
déterminer selon quel cas?
M. Charette : Je vais y aller
d'une réponse très générale, et notre collègue va pouvoir compléter, n'étant
pas juriste. Il y a des catégories qui sont établies, et les <barèmes...
M. Charette :
...
pouvoir compléter, n'étant pas juriste. Il y a des catégories qui sont
établies, et les >barèmes, c'est-à-dire les montants applicables, sont
déterminés par catégories, mais comment la gravité ou la catégorie est déterminée,
je vais laisser le collègue répondre.
Le Président (M. Jacques) : Me
Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Oui. Effectivement,
il existe des barèmes, on a vu des barèmes pour les SAP tout à l'heure, donc
qui... qui se reflètent dans... pour les sanctions pénales aussi. Ça fait que, dans
le fameux cadre auquel... je pense que le cadre est public, en tout cas, vous
devriez y avoir accès, on a... on a le même type de barèmes par type de
manquement qui est effectué. Ça fait que, lorsque des dispositions comme
celles-là sont rédigées, on se colle à ce qui a été fait dans d'autres lois
pour des manquements qui sont similaires et qui eux-mêmes sont calqués aussi
sur ce barème.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, je
comprends qu'il est l'heure, on va... on va cesser. Mais on a fait référence à
quelque chose, une information qui était publique, un cadre qui était public...
• (18 h 30) •
M. Woitrin (Pierre) : ...auquel
on a fait référence tout à l'heure, je me réfère à l'article 20 dans la...
21 de la LMA, la M-11.6, la loi sur les barrages, là, qu'on appelle : «Le
ministre élabore et rend public un cadre général d'application des SAP...» Donc
là, on a un barème, on a aussi un barème pour les sanctions pénales qui
permet... Donc, lorsqu'on a ce type d'exercice là à faire pour la détermination
des amendes pénales, qui nous sert de base et qui est vraiment calqué sur les
SAP aussi... On le trouve sur le site du ministère, à ma connaissance.
Mme Dufour : OK.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 25... 25?
Mme Dufour : ...mais là on
est...
Le Président (M. Jacques) : Il
y en aura?
Donc, compte tenu de l'heure, nous
suspendons nos travaux jusqu'à demain, 8 heures, pour une séance de
travail. Merci. Bonne journée.
(Fin de la séance à 18 h 31)