(Onze heures quinze minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions
en matière de transition énergétique.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Gendron (Châteauguay) est remplacée par M. Sainte-Croix
(Gaspé); M. Montigny (René-Lévesque), par M. St-Louis (Joliette); M. Derraji
(Nelligan), par M. Kelley, (Saint... Jacques-Cartier), pardon; et M. Grandmont
(Taschereau), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Étude détaillée (suite)
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la secrétaire. Lors de la suspension de nos travaux, hier, nous étions à l'étude de l'article 10 de la loi
édictée à l'article 1 du projet de loi. Il y avait une discussion entre
l'opposition officielle et le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, je vais revenir sur les bâtiments patrimoniaux. Ce que je soulevais
hier, c'était le fait qu'il y avait des bâtiments qui sont patrimoniaux dans...
selon certains critères, mais pas nécessairement inscrits dans un inventaire
visé, et, de souvenir, le ministre me référait à... au ministère de la Culture,
mais, moi, ce que je soulignais, c'est que
ce sont les villes qui font ces inventaires-là, ce n'est pas le ministère de la
Culture.
Et je vous donnerais un exemple, lorsque j'étais
à la ville de Laval, conseillère municipale de Sainte-Rose, Sainte-Rose, un
ancien... une ancienne ville, avant la fusion avec Laval, qui a un énorme
patrimoine architectural, des bâtiments de
plusieurs quelques... certains de plus que 200 ans, et, lorsqu'on a fait
l'inventaire à l'époque, il y avait des bâtiments qui avaient été
oubliés, et la façon que ça avait été oublié, c'était bien simple, c'est qu'on
était partis d'un ancien inventaire qui datait de 1980, et cet inventaire-là
n'était pas... n'était pas parfait, et donc il y a eu des bâtiments qui n'étaient pas dans l'inventaire mais
qui avaient plus que 100 ans certain... certainement, et certains, même,
avaient une importance historique, mais ils ne faisaient pas partie de
l'inventaire, et ça prend quand même un certain temps, là, faire un inventaire. Donc, avant que ça soit corrigé, il
s'est écoulé presque deux ans. Et, comme je le mentionnais, ça
relève des villes ou des MRC. À ma connaissance, ce ne sont pas 100 % des
villes et des MRC du Québec qui ont complété leur inventaire. Et on ne peut pas
avoir l'assurance que 100 % des bâtiments qui ont un intérêt patrimonial
font partie de ces inventaires-là. Donc...
Donc, c'est pour ça que je posais la question si
on pouvait prévoir une certaine exception pour des bâtiments qui ne seraient pas dans un inventaire visé, mais
qui... et que le citoyen qui est propriétaire de cette propriété-là sait que
son bâtiment a un... et patrimonial,
pourrait peut-être venir à demander de faire partie de cette... de ces critères
distincts là, simplement, là, pour ne pas qu'il soit obligé de...
finalement, de faire des... l'isolation des années 2023-2024, vous comprenez, juste pour protéger le patrimoine qu'on
aurait oublié de mettre dans des inventaires. Alors, c'était... c'était
ma demande hier, M. le Président.
M. Charette : ...question de la
collègue est très pertinente et importante. Naturellement, ce n'est pas le...
du ressort du ministère de l'Environnement
de certifier un bâtiment patrimonial. Donc, dans la séquence, on se souvient,
le propriétaire se verra octroyer une obligation à l'égard de son
bâtiment. Il y aura des exemptions, vraisemblablement, pour les bâtiments patrimoniaux. Donc, si un propriétaire pense avoir un
bâtiment patrimonial et qu'il n'est pas dûment reconnu comme tel, il
aura la possibilité, à ce moment-là, auprès de la municipalité et ensuite
auprès du ministère de la Culture, de faire reconnaître le caractère
patrimonial, mais ce n'est pas le ministère de l'Environnement qui a ce
pouvoir-là. Donc, dans les obligations du propriétaire, s'il se sent interpelé,
voire lésé, il aura la possibilité de faire la démarche, là, pour faire reconnaître son bâtiment. Mais ce n'est pas le
ministère de l'Environnement, là, qui peut certifier le caractère
patrimonial, là, d'un bâtiment. Mais la question de la collègue est très
pertinente.
• (11 h 20) •
Mme
Dufour : Tout à fait. Mais, par contre, je voudrais
comprendre qu'est-ce qui arrive, à ce moment-là, avec le bâtiment, parce
que, comme je l'ai dit, faire partie d'un inventaire, ça peut... ça peut
prendre plus qu'une année, là. À ce
moment-là, est-ce qu'on pourrait s'assurer au moins de donner un délai et... tu
sais, je pense à lorsqu'on arrivera aux mesures coercitives, là, que,
s'il y a contestation, parce qu'il doit passer par le processus d'inscription
dans un inventaire... qu'il ne soit pas
pénalisé, qu'on lui impose, c'est ça, des amendes parce qu'il ne serait pas
conforme, alors que, dans le fond, il devrait se conformer à des normes
distinctes, là?
M.
Charette : Là aussi, peut-être pour rassurer les gens qui nous
écoutent, le caractère coercitif ne sera pas avant
quatre ans. Donc, ça nous laisse une marge de manoeuvre. Mais, si on
regarde au niveau de l'article 13, on peut prévoir aussi des
mesures d'exception. Donc, si un propriétaire se manifeste, a de la difficulté
à faire reconnaître son bâtiment, ça nous
laisse une marge de manoeuvre. Mais, en même temps, je ne peux pas, à travers
l'article 10, inscrire un article qui viendrait défaire la référence à un
immeuble patrimonial qui est reconnu parce qu'autrement tout le monde
pourrait prétendre pendant un temps que son bâtiment a une particularité
patrimoniale.
Donc, on a prévu des
exceptions possibles pour les bâtiments patrimoniaux, parce qu'effectivement,
on en parlait hier, en termes d'isolation,
en termes d'autres exigences, on viendrait possiblement altérer le caractère
patrimonial du bâtiment. Mais il faut
qu'il y ait cette reconnaissance-là pour être certain qu'il n'y ait pas de
fausse prétention, mais le propriétaire va avoir la latitude nécessaire
pour le faire reconnaître si jamais il était effectivement patrimonial. Sinon, à travers l'article dont je faisais mention
il y a quelques instants, il y a des mesures d'exception, là, qui pourraient
être... qui pourraient être possibles.
Mme Dufour : Mais,
dans ce cas, je vous inviterais fortement à considérer, comme mesure
d'exception, d'ajouter tout bâtiment qui n'est pas dans un inventaire visé pour
raisons x, y, z, mais qui a un certain âge, là, disons, des bâtiments centenaires. Normalement, ils devraient faire partie d'un
inventaire visé, mais parfois, pour toutes sortes de raisons, là, ils n'en font pas partie. Mais on
devrait avoir cette... cette latitude-là parce que... parce que c'est... comme
je vous dis, ce n'est pas si simple que ça,
là, de prévoir que la totalité des bâtiments patrimoniaux feront partie d'un
inventaire.
M. Charette : Encore une fois, tous ces échanges sont très
pertinents, mais, avec l'article 13 et avec la réglementation, on pourra mentionner si c'est
la... si c'est... Par exemple, le cas des bâtiments patrimoniaux, on pourrait
très bien dire : Un bâtiment de plus de
100 ans en attente de certification pourrait... pourrait être exempté.
C'est... ça nous...
Mme Dufour : Bien,
c'est ce que je vous invite à considérer, parce qu'il y aura des oublis, c'est
certain.
M. Charette :
Non, exact. Oui, c'est... c'est
l'intention, là, de se garder cette marge de manoeuvre là à travers le
règlement qui découlerait de 10 et à travers l'article 13 également.
Mme Dufour : Parfait. Donc, je vous invite fortement à le faire
dans le règlement, et on suivra ce règlement-là.
Maintenant, j'ai
soulevé l'enjeu, précédemment, de la... qu'il y a quand même une distinction
aussi pour les bâtiments agricoles, certains
sont... d'ailleurs, pourraient être considérés patrimoniaux, là, mais il y a...
il y a toutes sortes de particularités. Et donc loin de moi, là,
l'objectif de les exempter d'un processus, mais je crois qu'il devrait y avoir des normes particulières pour ces bâtiments-là, et
c'est pour ça que j'ai proposé un amendement en ce sens. Et je ne sais
pas s'il est... on pourrait le mettre à l'écran.
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons devoir suspendre quelques instants, la forme... je crois que la forme
de l'amendement n'est pas exacte. Donc, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 24)
(Reprise à 11 h 27)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Lors de notre suspension, Mme la députée de Mille-Îles était à déposer un amendement.
Mme Dufour : Oui, M. le Président. Donc... et... «My God!» OK,
je pense... C'est-tu la même chose que j'ai ici? OK. Je vais... je vais lire ce que j'ai à l'écran, ici.
L'article 10 de la loi édictée à l'article 1 du projet de loi est
modifié par l'ajout, après le quatrième paragraphe, du suivant :
«5° un immeuble,
ou partie d'un immeuble, utilisé ou destiné à être utilisé pour la pratique
d'une activité agricole au sens de la Loi sur la protection du territoire et
des activités agricoles (chapitre P-41.1)».
L'article modifié se
lirait comme suit :
«10.
Le gouvernement peut, par règlement, établir des normes en matière de
performance environnementale des bâtiments,
lesquelles peuvent prendre la forme de normes en matière de travaux de
construction ou celle d'une cote de performance environnementale.
«Les normes peuvent
varier notamment en fonction des paramètres visés au règlement pris en
application des sous-paragraphes a à d du paragraphe 1° et du
sous-paragraphe a du paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 6.
«Ce règlement doit
prévoir des normes particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble
classé ou cité en application de la Loi sur le patrimoine culturel (chapitre
P-9.002);
«2° un
immeuble patrimonial, au sens de cette loi, situé dans un site patrimonial
classé, déclaré ou cité en application de cette loi;
«3° un immeuble
inscrit dans un inventaire visé au premier alinéa de l'article 120 de
cette loi;
«4° un immeuble
situé dans le site patrimonial national déclaré par cette loi;
«5° un immeuble,
ou une partie d'un immeuble, utilisé ou destiné à être utilisé pour la pratique
d'une activité agricole au sens de la Loi sur la protection du territoire et
des activités agricoles (chapitre P-41.1).»
Donc,
comme je... je le... je pense que c'était assez clair, là, je le mentionnais,
il y a une réalité vraiment, vraiment distincte
avec l'agriculture, tout ce qui est bâtiment agricole. Il y a des bâtiments qui
a... qui ont une certaine efficacité énergétique, mais d'autres pas,
mais des fois ce n'est pas nécessaire qu'il y en ait. Ensuite, il y a toute la
question aussi de la... le fardeau financier
que ça peut impliquer sur nos agriculteurs. Bref, c'est d'avoir une sensibilité
distincte, tu sais, vraiment particulière, comme on le fait pour le
patrimoine, mais pour les bâtiments agricoles, tout simplement.
Le Président (M. Jacques) : M. le
ministre.
M.
Charette : Merci, M. le Président. Merci à la collègue pour
la proposition. J'aime ces échanges constructifs, ça permet de mieux
expliquer le projet de loi. Quand c'est possible, on dit oui. Quand il y a une
raison de dire non, on la justifie. On
n'accueillera pas favorablement l'amendement. Pas que l'intention n'est pas
bonne, pas que l'idée ne mérite pas
d'être discutée, mais, comme on le mentionnait hier, les bâtiments agricoles ne
font pas partie des premières phases, là, qui sont planifiées.
Et, si on
regarde et si on retourne au niveau de l'article 6, on a déjà cette
possibilité, lorsqu'on lit 1a, que le type... En fait, on peut... on
peut développer une réglementation en fonction du type de bâtiment visé et ses
caractéristiques. Donc, on pourrait. Et c'est l'intention, là, de ne pas
impliquer et de ne pas intégrer les bâtiments agricoles, là, dans la
réglementation qui est à... qui est à développer.
Mais je
comprends la préoccupation de la collègue, je veux surtout la rassurer sur les
intentions gouvernementales. Naturellement,
l'échange est enregistré, donc on pourra toujours s'y référer, mais on a la
latitude nécessaire pour exclure les bâtiments agricoles.
• (11 h 30) •
Mme
Dufour : Bien, en fait, vous l'auriez eu aussi pour les
bâtiments patrimoniaux, et les bâtiments patrimoniaux ne faisaient pas
non plus partie de la première phase de... surtout pas ceux qui sont dans un
inventaire visé, là, et ils ne faisaient pas non plus partie des premières
phases qui étaient visées, mais on a tenu à les... à en faire mention, les
soustraire, disons, et mentionner directement dans la loi qu'il y aura des
normes particulières pour ces bâtiments-là. Je
crois qu'on devrait avoir la même... la même sensibilité pour le milieu
agricole. Les bâtiments agricoles, c'est quand même... c'est quand même
notre patrimoine aussi, mais notre patrimoine agricole.
Et je
comprends que ça pourrait être fait dans l'article 6, mais il n'y a pas
d'obligation, alors qu'ici on viendrait clairement statuer, ça viendrait
rassurer nos agriculteurs qu'il y aura des normes particulières pour eux, tout
simplement. Mais la même chose aurait pu être faite pour les bâtiments
patrimoniaux, l'intégrer dans l'article 6. On a choisi de le mettre à
l'extérieur. Je pense qu'on devrait faire la même chose pour l'agricole.
M. Charette : Peut-être juste une
question de précision. Dans les premières phases, on se souvient, il y a une
référence au nombre de mètres carrés au niveau de la superficie. On a de grands
bâtiments patrimoniaux qui auraient pu être visés dès la première phase, sinon
la deuxième, ce qui n'est pas le cas avec le milieu agricole. On n'a pas de bâtiment agricole de plusieurs milliers de
mètres... milliers, pas pieds, mais plusieurs milliers de mètres carrés. Donc,
c'est la raison pour laquelle la
précision, elle est... elle est faite au niveau... pas au niveau agricole mais
au niveau patrimonial, parce que, si
on regarde, là, les... on... les phases qu'on a expliquées hier pour
l'année 2025, 2026, 2027, il y a plusieurs bâtiments patrimoniaux. On peut
penser aux grandes institutions d'enseignement qui peuvent avoir... ou d'anciens
couvents, entre autres, qui peuvent avoir la
superficie visée, ce qui n'est pas le cas pour les bâtiments agricoles. Donc,
c'est la raison pour laquelle il y a cette distinction, notamment. Mais je le
réitère, ça ne fait pas partie des phases qui sont en préparation, et
l'article 6 permet de les exclure lorsqu'on en sera venus à des
superficies qui concernent le bâtiment agricole ou qui concernent les activités
ou le type d'activités des bâtiments agricoles.
Mme
Dufour : Mais je vais juste souligner que les phases ne
sont pas dans le projet de loi. Donc, encore une fois, ce sont des
intentions, mais des intentions qui peuvent changer, alors qu'ici on vient
clairement, dans la loi édicter, qu'il y
aura des règles particulières pour les bâtiments patrimoniaux, peu importe
qu'ils soient dans la phase I, II, III, IV ou jamais. Mais ces
intentions-là des phases ne sont pas dans le projet de loi. Alors, pour
rassurer le milieu agricole, je crois qu'on devrait indiquer qu'il y
aura aussi des normes particulières pour eux, parce que c'est... c'est quand
même vraiment particulier. Et de là à dire qu'il n'y en a aucun, bâtiment
agricole, qui se classerait dans la première phase, je n'en suis pas certaine
non plus, là. Mais, dans tous les cas, ces phases-là ne sont pas dans le projet
de loi.
M. Charette : ...phase, si on se
souvient bien, c'est 15 000 mètres carrés et plus, pas 15 000
pieds carrés, 15 000 mètres et plus. Il
n'y a pas de grange, il n'y pas de moulin à grain, il n'y a pas... C'est...
c'est énorme, 15 000 mètres carrés et plus. Donc, il n'y a pas...
il n'y a pas à s'inquiéter à ce niveau-là, mais ce n'est pas le cas du bâtiment
patrimonial où on a d'anciens couvents,
d'anciens... ou encore des écoles encore aujourd'hui en opération qui peuvent
être visées par cette première phase. Et la collègue mentionne... et ça
aussi on l'a répété hier, c'est vrai que les phases ne sont pas inscrites
dans... dans... dans le projet de loi, mais on ne pourra pas aller plus vite
que celles qui sont déjà planifiées compte tenu du défi que ça représente déjà.
Et donc, si c'est l'élément qui peut rassurer la collègue, il n'y aura pas...
il n'y aura pas... on ne pourra pas changer et élargir encore davantage la
portée de cette première, sinon deuxième, troisième phase qui est à venir.
C'est déjà un défi colossal que de la réaliser.
Mme
Dufour : Est-ce que vous pouvez m'assurer qu'il n'y a pas
de ferme porcine, de forme... de ferme laitière qui se classifierait dans cette dimension-là, qu'il n'y a pas aucun
bâtiment agricole? Parce que, là, vous m'avez référé à un moulin à grains, là, je comprends, mais il y a beaucoup
plus que ça dans l'agriculture. Et moi, je réitère que je pense que ça... ça ne coûterait pas cher de
rajouter une distinction, de simplement dire que, pour les bâtiments agricoles,
on aura des normes particulières. Ça ne coûte rien, là, de ne... de l'intégrer,
ça... Peut-être, c'est la même chose que d'aller
dans l'article 6, mais je le... je le souligne, ça aurait pu aussi être
fait pour le patrimoine, mais on a choisi de le mettre de façon
distincte. Je pense que ça rassurerait les agriculteurs.
M. Charette : Je crois...
personnellement, je fais la distinction. Et le pourquoi de cette distinction-là
pour le milieu agricole... mais on peut
déposer un document, un tableau qui illustre très bien les phases avec les
mètres carrés associés, là. On en parle, mais ça, c'est un document qui
n'avait pas été transmis jusqu'à maintenant, donc qui pourra apporter un
éclairage nouveau.
Et comment le dire autrement? Le milieu agricole
n'est pas visé, et ça ne changera pas, parce que c'est déjà un défi de réaliser
ces premières phases-là. Donc, il n'y a pas meilleure façon de rassurer le
milieu agricole qu'ils ne seront pas visés, là, pour... pour les phases à
venir. Et, par la suite, ultimement, bien, on aura la possibilité de recourir à
l'article 6 pour des exemptions particulières.
Le
Président (M. Jacques) : Donc, M. le ministre, vous vous engagez à
transmettre au secrétariat de la commission le document?
M. Charette : Oui, exactement. Ça va
être fait, là, dans les prochains instants.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci beaucoup.
Mme Dufour : Et comment on distingue
les serres? Les serres des... les serres, par exemple... pour culture maraîchère, il y en a qui sont assez imposantes,
là, qui font probablement plus que le 15 000 mètres carrés que vous parlez.
Donc, comment on va les distinguer, ces serres-là du reste des autres
bâtiments?
M.
Charette : À ma connaissance, et sauf erreur, il n'y a pas de
serre unique qui fait 15 000 mètres carrés. C'est très gros, 15 000
mètres carrés. Donc, il y a peut-être un cumul de bâtiments, mais c'est un
cumul de bâtiments, là on parle de
bâtiments uniques et... Puis il n'y a pas meilleure façon de rassurer le milieu
agricole, de dire... que de dire qu'ils ne sont pas visés par... par les intentions gouvernementales. Et on...
on va le voir à l'exercice, là, et, ceux qui ont travaillé avec moi pour
les précédents projets de loi, j'accueille très favorablement les propositions
d'amendement, même si on finit par les... les... les rejeter. Pourquoi on les
rejette? Bien, en fait, uniquement parce que ça n'apporte pas de plus-value au
projet de loi, mais chaque amendement est constructif, parce que ça nous permet
d'expliquer le projet de loi. Donc, la
discussion que l'on a présentement, même si on ne devait pas accepter
l'amendement, elle est constructive parce
que ça permet justement de rassurer le... le milieu agricole et de mieux
définir, là, les intentions du gouvernement.
Mme Dufour : Peut-être juste vous
mentionner que la... Savoura a annoncé une serre de neuf hectares, en fait, un complexe de serres, certes, mais c'est
quand même comme... comme vous le spécifiez là, c'est un ensemble de neuf
hectares, donc nettement plus en... plus grand que le 15 000 mètres
carrés. Et donc...
M.
Charette : Donc, c'est... oui, mais, comme vous le
mentionnez, c'est un ensemble de bâtiments, ce n'est pas un bâtiment.
Mme Dufour : Bien, en fait, dans
votre... dans la définition, si on retourne, là, on parle... un regroupement, c'est considéré comme un tout, là, en tout cas.
Et, bref, moi, je pense qu'on a... on manque une très belle opportunité de simplement
dire à notre milieu agricole qu'on s'en préoccupe puis qu'on va avoir des
normes distinctes pour eux, tout simplement. Ça ne coûte pas cher...
M.
Charette : ...qui a été mentionné, il n'y a pas d'intention
gouvernementale, là, de couvrir le bâtiment agricole et il n'y a pas
meilleure façon de rassurer le milieu agricole que de le réitérer. Et l'échange
que nous avons servira à interpréter, justement, les intentions
gouvernementales, et elles sont claires, là, à ce niveau-là.
Mme Dufour : Je vais quand même
demander un vote, monsieur... M. le Président, par appel nominal.
Le
Président (M. Jacques) : Parfait. Est-ce que vous... Auparavant, là, est-ce
que vous souhaitez que le document soit rendu public ou seulement aux
membres de la commission?
M. Charette : Oui, oui, je peux...
au contraire, il faut qu'il soit public pour bénéficier à... à l'éclairage de
tout le monde.
Le
Président (M. Jacques) : Donc, je mets aux voix l'amendement de
l'article... Oui, Mme la députée de Verdun.
• (11 h 40) •
Mme Zaga
Mendez : Oui. En fait, je comprends l'intention de la
collègue. Je pense que ce qui est important avec cet amendement-là, puis
c'est un peu la discussion qu'on a eue hier, c'est que, là, vous allez nous
déposer un tableau, super, on va être capables de
l'apprendre un peu plus, les différentes phases qui s'en viennent, c'est qu'on
a des intentions de la part du gouvernement, mais ces intentions-là ne sont pas
toutes dans la loi. Et c'est ça, l'enjeu. C'est qu'en ce moment la loi, on a
l'opportunité de clarifier les intentions. Et, une fois que le gouvernement
change, parce que ça peut arriver, bien, ces
intentions-là sont là pour la... pour la suite des choses. On nous parle de...
on nous parle d'un... d'un... d'un échéancier qui va aller au-delà de
2027, on parle 2028, 2029, 2030, par la suite. Je pense que ça vaut la peine que, si c'est le cas... qu'on ne va pas...
on va être... mettre de ne pas toucher aux immeubles agricoles, bien, de le mettre
dans la loi, puis que ce soit clair, puis qu'on ait le débat là-dessus.
Puis le fait qu'on n'a pas pu aussi... De mon
côté, là, je pense que j'aurais bien voulu qu'on ait plus d'interventions du
milieu agricole quand on a eu des commissions, on ne l'a pas fait parce qu'on
ne connaissait pas les intentions auparavant. Et il existe des programmes, on
le sait, il existe plusieurs programmes, en ce moment, pour électrifier des
serres, et tout. Mais je comprends que c'est un enjeu, pour plusieurs
producteurs, de voir qu'il y a peut-être des normes, puis on en reviendra, là,
parce que je pense qu'il y a tout un débat à avoir sur c'est quoi, les
échéanciers pour les normes. C'est parce que ce n'est pas la même chose. M. le
ministre, vous nous référez à l'article 6. L'article 6, c'est
l'échéancier pour la cote, là on parle des normes, c'est... Est-ce que...
est-ce que le tableau répond à ça? Est-ce que le tableau... Les exigences pour
avoir une cote de performance, c'est une chose, mais, pour le déploiement des normes, on n'a pas encore... Tout à
l'heure, avec l'échange, j'aimerais savoir si le tableau va être capable de nous détailler quels bâtiments
vont être... vont être assujettis à ces normes-là et dans quel échéancier.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Je comprends, puis on va le répéter sans doute à plusieurs reprises
dans l'opposition, peu importe la formation, et j'ai occupé cette fonction-là,
que je respecte au plus haut niveau, on souhaite ce degré-là de détail dans...
dans le projet de loi. C'est de bon aloi, c'est... c'est réclamé, mais, à l'inverse,
on ne sait pas quel sera le résultat de la... de la prochaine élection en 2026.
Mais, si jamais Québec solidaire devait gagner l'élection et que Québec
solidaire souhaite aller plus vite, Québec solidaire va être très, très heureux
d'avoir à modifier un règlement plutôt que de modifier une loi, qui est
beaucoup plus complexe et qui prend beaucoup plus de temps. Donc, pour... pour cette capacité-là de modifier, améliorer,
amender un règlement, c'est préférable que ce degré de détail là
n'apparaisse pas dans la loi elle-même pour pouvoir justement se donner
cette... cette latitude-là.
Modifier une loi, par expérience, compte tenu du
travail que ça prend, préalable, là... Nous, ça fait quelques semaines qu'on
est ensemble sur le dossier, mais c'est une année, sinon deux, de préparation.
Donc, modifier une loi, c'est un an, c'est deux ans, ça peut être plus, alors
que modifier un règlement, on peut y parvenir beaucoup plus... beaucoup plus rapidement. Et ce degré de détail
là, le tableau qui a été déposé, là, au secrétariat, ne se retrouve jamais dans
un projet de loi, parce que c'est un degré de détail qui nous enlève toute
capacité de bonifier la démarche en cours de route.
Bien, ce n'est pas non plus une obligation de
dévoiler des intentions ou les objectifs, et on le fait, on le fait
ouvertement. On a présenté un calendrier, un tableau qui est maintenant
disponible sur Greffier pour que, justement, on puisse tous se retrouver dans
les intentions du gouvernement à travers la réglementation, là, qui est à...
qui est à développer et qui sera présentée, là. Et on le disait encore hier,
probablement dès les prochains mois, on aura un premier projet de règlement qui découlera, si la loi est adoptée, si le
projet de loi est adopté, des pouvoirs habilitants, là, que cette
nouvelle loi là nous donne.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée.
Mme Zaga Mendez : C'est bon, j'ai
posé ma question. Je ne sais pas si madame...
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci. Et nous... est-ce que vous avez d'autres interventions ou nous procédons
au vote de l'amendement?
Mme Dufour : ...pardon, on peut
procéder au vote, là. Je maintiens que c'est nécessaire de montrer dans le projet de loi, clairement, qu'il y aura une
distinction. On... on peut bien parler d'intention, là, mais on change de
ministre, les intentions changent, là. Dans une loi, ça ne se change
pas.
Le
Président (M. Jacques) : Parfait. Donc, je mets l'amendement à
l'article 10 de la loi édictée aux voix par vote nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : Mme Bogemans
(Iberville)?
Mme Bogemans : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Pour.
La Secrétaire : M. Jacques
(Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
Nous revenons à...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : L'amendement
est rejeté. Donc, nous revenons à l'article 10 de la loi édictée. Mme la
députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Donc, en me basant un peu
sur la discussion qu'on a eue tantôt, je pense qu'on ne peut pas voir
l'article 10 de façon détachée des paramètres qui sont dans
l'article 6. Donc, j'ai deux sortes... deux questions, deux volets.
Mon... le premier, c'est le premier paragraphe
de l'article 10, on parle... je veux faire la distinction, pour bien comprendre, on parle des normes et pas de
l'attribution de la cote. C'est-à-dire la cote, c'est : on déclare des
informations, les différents
propriétaires vont avoir une cote basée sur performance énergétique, réduction
de GES. Ça, c'est une chose. Là, on... on va donner le pouvoir au
ministère de faire des règlements pour des normes, on explique très bien, des
normes, j'imagine, de base minimales pour standardiser les pratiques, que ce
soit dans la construction... Donc, ma question,
c'est : Par rapport aux normes, quels bâtiments vont être visés, et quand,
et c'est quoi, l'échéancier? Est-ce que c'est le même échéancier que pour la cote? Est-ce qu'il y a un autre
échéancier? C'est quoi, les intentions pour les normes?
Des voix : ...
M.
Charette : On va... En fait, je voulais m'en assurer, là, on
a un tableau qui présente ça. Un petit peu à l'image de... des phases sur les
cotes, on a un tableau qu'on pourra déposer, là, au secrétariat et le rendre
public, naturellement, là, pour... pour pouvoir bénéficier à tous,
mais...
Des voix : ...
M. Charette : Ah! mais même dans...
Le Président (M. Jacques) : ...tableau
sera déposé publiquement aussitôt qu'on pourra...
M. Charette : Exact. Mais même, en
fait...
Document déposé
Le
Président (M. Jacques) : ...que le secrétariat, là, pourra le mettre en
ligne. Par contre, on accepte, là, le dépôt et le...
M.
Charette : Oui, peut-être... peut-être déjà référer à ce qui
a été déposé il y a quelques instants. Il y a la colonne de gauche, qui parle des phases auxquelles on a
fait référence à quelques reprises, là, depuis hier, mais, à droite, il y a un calendrier préliminaire, là, qui fait référence aux
déclarations, avec aussi les années 2025, 2026, 2027. Il y a le volet
cotation, qu'on a évoqué, et il y a un volet
pour les normes de performance environnementale, aussi pour les
années 2028, 2029, 2030, 2031. Donc, dans le tableau, là, déposé tout à
l'heure, on a les intentions au niveau de la performance environnementale.
Mme Zaga Mendez : ...merci. J'ai le
tableau devant moi, donc je vais continuer mes questions par rapport à ça. Donc, on parle des normes de performance
environnementale. En 2028, on parle d'institutionnel. On parle de tous les bâtiments institutionnels? Est-ce que...
est-ce qu'il y a des bâtiments qui ne sont pas inclus? Parce qu'en haut on
parle d'institutionnel et très grands bâtiments. Après, on... on isole
institutionnel. Donc, je veux juste comprendre la définition d'«institutionnel»
ici.
M. Charette : Les bâtiments
institutionnels, c'est les bâtiments, là, qui... on regarde, là, le petit
astérisque en bas à gauche : «Dans
l'institutionnel, tous les bâtiments seront visés par la déclaration — on
parle d'environ 12 000 — mais seulement les bâtiments
de plus de 2 000 mètres carrés seront visés par la cotation et les
normes de performance environnementale.»
C'est à peu près 5 000, là. Donc, vous avez le détail dans... astérisque,
pardon, qui est en bas à gauche du tableau.
Mme Zaga Mendez : Merci. Bien, c'est
bien de le dire, hein, parce que je ne pense pas que tout le monde a, en ce
moment, ces informations-là en main. Parfait. Donc, on a des intentions jusqu'à
2031 si je me... si je me fie à qu'est-ce qui est dans le document.
M. Charette : ...les performances
environnementales.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Donc, ça
répond à ma première partie. La deuxième partie, c'est concernant l'application
des paramètres qui se trouvent dans l'article 6, que j'ai... en même
temps. Donc, j'aimerais ça vous entendre un peu plus sur des exemples, parce
que... Je vois bien, en fait, comment on applique la... le paramètre a sur le
type de bâtiment visé, ses caractéristiques. Donc, tout à l'heure, vous faisiez
référence que vous pouvez faire des exceptions par type de bâtiment, type de
norme, j'aimerais ça vous entendre un peu plus là-dessus.
• (11 h 50) •
M. Charette : On a bien évoqué, là,
la situation et du patrimonial et de l'agricole. J'ai fait référence aussi à l'article 13, là, qu'on va aborder un petit
peu plus tard, là, en cours d'étude. Aussi préciser que le «règlement peut
également prévoir les cas et les conditions selon lesquels le ministre
peut exempter un propriétaire de l'obligation prévue au premier alinéa pour un
motif d'intérêt public ou dans des circonstances exceptionnelles, notamment
afin d'éviter un préjudice sérieux ou
irréparable à un bâtiment, à son propriétaire ou à son occupant». Donc, ça peut
prendre différentes formes, mais ça demeure des mesures... des mesures
d'exception.
Mais, je pense, la plus belle illustration qu'on
a discutée, c'est celle déjà couverte, mais qui... qui l'exprime bien, celle d'un bâtiment patrimonial. Venir faire
une intervention sur un bâtiment qui a été construit avec des normes... en
fait, à une époque où il n'y avait pas de norme du tout, ça pourrait
l'endommager de façon... de façon permanente, ce qui n'est pas visé, ou, à l'inverse, des cas d'exception... En fait,
c'est toujours difficile d'anticiper l'exception, mais il faut la couvrir et il faut la permettre lorsqu'elle se
présente. Donc, c'est la raison pour laquelle, là, l'article 13 a été... a
été pensé.
Mme Zaga Mendez : Parfait. Merci.
Donc, il faut se référer à l'article 13 pour les différentes exceptions
dont vous faites part. Je veux revenir sur les paramètres qui sont dans
l'article 6, qui vont s'appliquer également au développement des normes de
performance environnementale. Donc, on parlait des types de bâtiments, des
types de travaux de construction réalisés. Bon, c'est un peu plus clair, là.
Là où est-ce que... Le c, j'imagine que vous
avez fait la même application que quand on a posé la question dans
l'article 6, là, c'est-à-dire le paramètre à voir si c'est des bâtiments
qui sont dans des régions éloignées, loin des sources
d'alimentation. Je veux juste mieux comprendre l'application du c dans le cadre
de l'article 10, le paramètre... Parce qu'il y a quatre paramètres
auxquels vous faites référence, le paramètre c, c'est la localisation du
bâtiment.
M. Charette : On va... Mon dernier
souhait, là, ce serait d'induire la collègue en erreur involontairement. La compréhension... compréhension, c'est que ces...
ces considérants-là s'appliquent à la cote et à la norme environnementales,
mais je vais... On va vous revenir, là, à ce... à ce sujet-là.
Mme Zaga Mendez : Super. Ce qui
m'amène au d. Donc, au d, on a eu quand même une discussion superintéressante de comment la cote allait être
attribuée selon les sous-paramètres du d. Là, j'aimerais ça vous entendre, de
comment les normes que... veulent être des normes minimales, des normes qui
vont être exigées, des normes que... Si on applique le... l'article 29, là, donc, des règlements qui vont
avoir la préséance vont quand même créer une base qui va être utilisée
partout au Québec en termes de quantité, de type d'énergie, mais aussi du
moment où cette énergie est consommée. Donc,
j'aimerais ça comprendre les intentions en ce qui concerne une... des normes
qui viendraient mettre un minimum ou des exigences en termes de
quantité, cible et moment de consommation d'énergie.
M. Charette : Je dois vous avouer,
j'ai... Peut-être, c'est... c'est sans doute moi, là, mais je ne comprends...
On est à l'article 10, mais là on revient à l'article 6?
Mme Zaga Mendez : ...parce
que, dans l'article 10, si on le lit : «Les normes peuvent varier — parfait,
il va y avoir des normes — en
fonction des paramètres», qui sont dans le a, d du premier paragraphe et
sous-paragraphe a du paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 6, donc
on réfère aux paramètres qui sont dans l'article 6, est-ce que... est-ce
que j'ai la bonne compréhension? Est-ce que c'est comme ça?
Des voix : ...
Mme Zaga Mendez : Il faut revenir au
6.
Des voix : ...
M. Charette : ...d'avoir la
bonne information à communiquer à la collègue. Dans le code du bâtiment, il y a
déjà cette mesure-là. Donc, c'est transposable, effectivement, là, à
l'article 10. Bon, on est ici au niveau des normes, et l'article 6
fait davantage référence à la cotation, mais le code du bâtiment, là, permet et
permettra, là, ce type d'aménagement là également.
Mme Zaga Mendez : ...donc, on a
la même compréhension, c'est... on va transposer les mêmes paramètres qu'on a
faits pour la création de la cote, on va les transposer pour la création des
normes. Ça, je l'ai... on a compris.
M. Charette : ...on a la
possibilité, oui.
Mme Zaga Mendez : Donc, à partir de
là, on a parlé un peu des exemples pour le a, b et c. Là, ce que je veux... j'aimerais voir c'est comment je... vous
allez transposer le paramètre d, type, quantité et moment de la consommation d'énergie, à une norme. Parce qu'évaluer un
bâtiment c'est une chose, exiger d'un bâtiment un type de consommation
énergétique, c'est une autre. Donc, j'aimerais ça vous entendre là-dessus.
M. Charette : La
norme de performance peut prendre la forme d'une cote. Et, au même titre qu'il
y aura une cote alphanumérique, on a eu l'échange la semaine... pas la
semaine dernière mais hier, c'est-à-dire une lettre avec les GES, un chiffre avec... avec, par exemple, la
performance du bâtiment... lui-même à travers l'isolation, par exemple. Donc, on
pourra faire la même chose au niveau de la performance demandée au
constructeur. On parlait hier d'une norme... Novoclimat, par exemple, ça
pourrait devenir une norme qui est accompagnée d'une cote pour avoir,
justement, une obligation d'atteindre un
standard x pour... pour se conformer. Donc, on a la même... on a la même
possibilité au niveau de la... de la performance, là, environnementale
du bâtiment.
Mme Zaga Mendez : Donc, de ce
que je comprends, de ce que le ministre vient de dire, c'est qu'on va dire à...
aux bâtiments... qu'on a dit en 2028, 2029 ou 2031, donc, selon leurs
caractéristiques, qu'ils vont atteindre une certaine cote ou est-ce qu'on...
Parce que, là, on ouvre la porte à plusieurs choses, de la façon que la loi est
écrite. La première, c'est qu'on va aller,
là... C'est-à-dire, est-ce qu'il va y avoir des normes, en disant qu'il faut
une quantité x d'énergie... de
sources énergétiques? Est-ce qu'on va dire qu'il faut absolument, par exemple,
de la biénergie en temps de... où est-ce que c'est le moment de la
pointe? Est-ce qu'on va aller dire qu'il faut que tous ces types de bâtiments
utilisent ou pas du gaz naturel?
La façon dont je le lis ouvre la porte à exiger
un type, une quantité et un moment d'utilisation énergétique. Parce que ce qui... Ce n'est pas dit : On va
faire des normes en fonction... en exigeant une cote de performance énergétique,
on prend le d tel quel et on le transpose,
vous l'avez dit, à l'application de 10. Donc, je veux vraiment mieux comprendre
c'est quoi, l'intention en arrière ces paramètres.
M. Charette : Pour rassurer la
collègue, pour obtenir une cote, ce n'est pas tant le moyen que le résultat qui
compte. Donc, on ne dira pas... on ne dira pas : Vous devez utiliser, par
exemple, l'exemple que la collègue donne, la bioénergie. Nous, c'est le
résultat qui va... qui va compter. Mais, ultimement, si on regarde le calendrier,
autant on a une bonne idée de la
réglementation pour les phases 2025, 2026, 2027, parce que c'est imminent
et, dans certains cas, c'est un
projet de règlement, là, qui devra être déposé dès les prochains mois, autant,
là, on est en 2028, 2029, 2030, 2031. Donc, le degré de préparation de
cette réglementation-là n'est pas le même, mais on va procéder de la même
façon, c'est-à-dire cocréation avec les
partenaires, s'assurer que les choses sont bien faites pour mettre en place
cette réglementation-là.
Mais, comme on l'a mentionné à plusieurs
reprises, il faut se donner les pouvoirs pour le faire, et le projet de loi est
l'occasion de se donner le pouvoir. Mais je n'ai pas le même degré de détail
aujourd'hui pour les phases 2028, 2029, 2030, 2031 que pour les
phases 2025, 2026, 2027. Mais, moi, ce sera... et mon successeur ou ma
successeure, l'important, ce sera le
résultat pour obtenir une cote x. C'est... c'est des moyens qui pourront être
utilisés sans qu'ils ne soient imposés pour... pour parvenir. Si je veux
une bonne cote énergétique, le bâtiment aura intérêt à utiliser des sources
autres que des sources fossiles, c'est bien certain, mais pour aborder...
Parce que je comprends l'intention de la
collègue, intention qui est encore une fois très, très légitime. Est-ce qu'on
va imposer? Et la collègue faisait référence aux articles 28, 29. Ça, on
va avoir l'occasion d'en parler dans les prochains jours, très certainement. Et
notre intention avouée, aux côtés de l'UMQ et de la FQM, c'est de déposer une réglementation,
dès les prochains mois, pour guider la sortie du gaz naturel sur certains types
de bâtiments. Donc, ça, ce
n'est pas en 2029, 2030, 2031, là, dès les prochains mois, on va avoir un
meilleur éclairage là-dessus et la présentation vraisemblable, là, d'un
projet de règlement. On n'a pas besoin d'être dans les phases de la norme de
performance environnementale pour aborder ces questions-là, on veut le faire
beaucoup plus rapidement.
Mme Zaga Mendez : ...donc, pour bien
comprendre, puis je vais revenir avec une sous-question, les normes qui vont
être établies, qui vont découler... l'article 10, les règlements qui vont
découler de l'article 10, c'est une autre chose complètement différente que le règlement dont le ministre a
l'intention de faire... Parce que vous avez parlé tout à l'heure des règlements, qu'est-ce qui concerne
la... vous avez dit ça en commission, là, sécurité énergétique, distribution
énergétique. Est-ce qu'on... ces règlements-là, vous avez même déjà annoncé que
ça va être fait dans le cadre... en utilisant
la Loi sur la qualité de
l'environnement. On n'a même pas
besoin de passer par le PL n° 41. Je pense que vous pouvez le faire demain matin avec la LQE. Donc,
ces règlements-là sont... vont être différents que des règlements qui
vont découler de l'article 10?
• (12 heures) •
M.
Charette : ...pas besoin, ce que je dis, c'est qu'on n'aura
pas besoin d'attendre les règlements sur les phases, là... juste, là, j'ai...
2028, 2029, 2030, 2031 pour procéder. On veut procéder plus rapidement sur
cette question-là. Les municipalités veulent procéder plus rapidement.
Hydro-Québec veut procéder plus rapidement. Naturellement, le ministère de l'Environnement souhaite procéder
plus rapidement. Donc, sans vous donner de date précise, le volet qui va contribuer
à une sortie du gaz de certains types de bâtiments va... va être couvert, là,
vraisemblablement au cours des prochains mois.
Mme Zaga Mendez : Donc, combien de
temps qu'il me reste, monsieur...
Le Président (M. Jacques) : Plusieurs
minutes.
Mme Zaga Mendez : Encore des
minutes, parce que j'ai plusieurs sous-questions. Ça fait que je veux juste savoir qu'on se comprend bien. Vous savez, c'est
un débat qui est important, c'est... Il y a beaucoup de groupes qui sont
venus parler de l'utilisation du gaz naturel. Jusqu'à maintenant, la façon que
vous avez... Vous nous avez parlé que la norme de performance, en appliquant le
principe... bien, le paramètre d, qu'on prend... donc on copie un peu de l'article 6
sur l'article 10, va surtout être une demande d'atteindre une cote de
performance énergétique. Est-ce que c'est un
engagement ferme du ministre de ce côté-là? C'est-à-dire que les normes de
performance environnementale, qu'on va
avoir en 2028, 2029, 2031, en ce qui concerne l'application du d, c'est-à-dire
la quantité, le type d'énergie, le moment, ça va juste ressembler à une
cote de performance qu'on va demander au propriétaire?
M.
Charette : ...le meilleur exemple pour le volet performance
environnementale, là, je pense... je faisais référence à une norme comme
Novoclimat. Il y a des normes qui sont souvent volontaires, donc on va
vraisemblablement aller vers des normes qui
soient la norme et qui sera applicable aux différents types de volets couverts
par la réglementation. J'apprécie beaucoup celles et ceux qui mettent en
place des normes volontaires, ça incite les gens à s'améliorer, mais, comme je le mentionnais hier, quand c'est
volontaire, c'est souvent les bons élèves qui se portent volontaires, parce
qu'ils savent qu'ils... qu'ils vont bien performer ou qu'ils veulent
s'améliorer, mais malheureusement ça ne couvre pas celles et ceux qui sont peut-être un petit peu moins motivés. Et
c'est là où, avec l'application, là, de la réglementation, ça va... ça va couvrir non pas uniquement les bons
élèves, mais tous ceux visés par la réglementation. Donc, les bons élèves,
tant mieux, auront une bonne... une bonne...
une bonne performance à démontrer, les autres auront à s'améliorer, là, tout
simplement.
Mme Zaga Mendez : OK. Bien, écoutez,
M. le ministre, c'est parce que, jusqu'à maintenant, je suis rassurée pour le
a, pour le b, pour le c dans les paramètres, mais, pour le d, vous parlez des
intentions, vous parlez de... c'est probable
qu'on aille dans cette direction-là, on va... on va faire une cote, on va
peut-être s'inspirer de ci, c'est... À moins que vous avez un document à nous
présenter ou plus d'informations à nous dire, je trouve qu'encore on est dans
des hypothèses de comment on va appliquer
ces paramètres, qu'il y a quand même trois... Vous les comprenez bien, il y a trois facteurs qui vont rentrer en compte.
Puis, nous, c'est la... la préoccupation, quand on parle de quantité, qualité
et de moment, on a eu cette discussion-là, puis on a eu cette
discussion-là quand on a eu des intervenants.
Il ne faut pas laisser la porte ouverte à que...
parce qu'il y a des compagnies, on va se le dire, là, des gazières qui veulent
continuer à garder leur demande. On tente, nous aussi, à encourager, de façon
indirecte ou directe, par des normes
l'utilisation de la biénergie, de l'utilisation du gaz naturel dans des lieux
où est-ce qu'on ne doit pas utiliser... on ne doit plus utiliser. Puis,
si on parle dans l'horizon 2028, 2029, 2030, c'est des moments dans lesquels on
ne doit plus utiliser. Donc, nous, on voit
ça comme une porte ouverte, parce que les intentions que vous nous dites, c'est
aller vers des cotes, aller vers...
on veut... Parfait, mais, à moins que vous ayez d'autres informations, pour
nous, ce n'est pas encore très clair
s'il va y avoir ou pas des règlements qui vont imposer des quantités, des types
et des moments d'utilisation d'énergie.
M.
Charette : Quoi dire de plus? 2028‑2029, on aura la
possibilité d'en discuter. Et déjà, dès les consultations, on a annoncé
notre intention de présenter des amendements à ce niveau-là.
Et peut-être une petite correction par rapport à
ce qui est affirmé. Ce n'est pas les distributeurs de gaz... le distributeur
pratiquement en situation de monopole qui demande la biénergie. Qui est le plus
grand demandeur de la biénergie pour certains types de
bâtiments? C'est Hydro-Québec. Donc, ce n'est pas... ce n'est pas les gazières
qui le demandent, c'est Hydro-Québec qui
exprime le besoin compte tenu de la réduction de gaz naturel que ça amène dans
le réseau, mais de l'appui que ça
offre dans la gestion de la pointe. Et ça, on a eu l'occasion d'en discuter,
mais, dès 2028-2029, là, on pourra préciser des intentions.
Et, non, on n'a pas besoin du projet de loi
actuel pour, justement, déposer une réglementation sur une sortie du gaz naturel encadrée, mais une sortie du gaz
naturel tout de même. Donc, on pourra s'en reparler. Et cette réglementation-là,
normalement, au cours des prochains mois, là, pas des prochaines années, dès
les prochains mois, elle sera présentée.
Mme Zaga Mendez : Je pense, M. le
Président, si vous me permettez, je vais déposer un amendement.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, on a déjà l'amendement? Non. Donc, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à 12 h 07)
(Reprise à 12 h 10)
Le Président (M. Jacques) : Nous
allons resuspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 11)
(Reprise à 12 h 17)
Le
Président (M. Jacques) : Nous reprenons nos travaux. Et, lors de la
suspension, nous étions à reconnaître un amendement, à l'article 10
de la loi édictée, de la députée de Verdun. Si vous voulez bien lire votre
amendement.
Mme Zaga Mendez : Oui. Merci, M. le
Président. Donc, l'amendement. Dans l'article 10 de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments, telle qu'introduite à
l'article 1 du projet de loi, c'est : Remplacer, au deuxième alinéa,
«sous-paragraphes a à d» par «sous-paragraphes a à c».
Et l'article 10, tel qu'amendé, se lirait
ainsi :
«10. Le gouvernement peut, par règlement,
établir des normes en matière de performance environnementale des bâtiments,
lesquelles peuvent prendre la forme de normes en matière de travaux de construction
ou celle d'une cote de performance environnementale.
«Les normes peuvent varier notamment en fonction
des paramètres visés au règlement pris en application des
sous-paragraphes a à c du paragraphe 1° et du sous-paragraphe a
du paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 6.
«Ce règlement doit prévoir des normes
particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble classé ou cité en
application de la Loi sur le patrimoine culturel (chapitre P-9.002);
«2° un
immeuble patrimonial, au sens de cette loi, situé dans un site patrimonial
classé, déclaré ou cité en application de cette loi;
«3° un immeuble inscrit dans un inventaire
visé au premier alinéa de l'article 120 de cette loi; et finalement
«4° un immeuble situé dans le site patrimonial
national déclaré par cette loi.»
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le ministre.
M.
Charette : Oui. Merci, M. le Président. Merci à la collègue
pour l'amendement. Dans les faits, je le disais, on va dire oui ou non assez rapidement pour pouvoir en discuter, je
comprends l'intention de la collègue, mais peut-être la prévenir qu'un amendement de cette nature-là
pourrait produire exactement l'effet inverse. Donc, pour cette raison-là,
on ne pourra pas l'appuyer.
Deux éléments. À la base, on dit... la collègue
l'a lu dans sa présentation de l'amendement, on veut se donner le droit d'établir des cotes, et, pour établir une
cote, il faut avoir l'élément énergétique, sinon on n'arrivera pas à l'établir.
Donc, c'est un élément, là, qui doit être au coeur, là, de la réflexion. Et,
ultimement, si on veut interdire les nouveaux branchements au gaz naturel dans
le résidentiel, le petit résidentiel, petit commercial ou autre, bien, j'ai
besoin du d, sinon je ne pourrais pas procéder.
Donc, je comprends l'inquiétude ou l'intention
de la collègue, mais ça pourrait créer exactement l'effet inverse. Je ne
pourrais, sans le d, interdire, justement, de nouveaux branchements parce que
c'est le volet énergétique justement. Donc,
deux éléments à prendre en considération, qui fait en sorte qu'on ne
pourra pas appuyer l'amendement en question.
Mais, d'un
point de vue purement légistique, s'il y a consentement, on pourrait y aller
d'une explication, là, plus... pourquoi, pourquoi on a besoin du d et
pourquoi c'est un tout que de l'intégrer.
• (12 h 20) •
Mme Zaga Mendez : Merci. Alors, je
vais répondre...
M.
Charette : Donc, consentement pour...
Mme Zaga Mendez : Bien sûr, consentement
pour avoir l'ensemble des informations. Je vais répondre par la suite.
Le Président (M.
Jacques) : Monsieur... Maître...
Une voix :
...
Le Président (M.
Jacques) : Oui, mais, de toute façon, vous devez vous présenter et
nommer votre titre.
M. Woitrin (Pierre) : Il n'y a pas de problème. Merci.
Pierre Woitrin, avocat légiste au ministère de la Justice.
Peut-être
en complément. Effectivement, du point de vue légistique, la manipulation qui
est faite — «manipulation»
dans le bon sens du terme — qui
est faite au deuxième alinéa de l'article 10, c'est un renvoi pur et
simple qui permet d'alléger le texte, dans une certaine mesure, à partir du
moment où les paramètres qu'on veut viser sont les mêmes que ceux qui sont visés à l'article 6. On
parle... Que ce soit à l'article 6, concernant l'établissement de la cote,
ou à... et à l'article 10, en ce qui concerne les normes qui peuvent
notamment prendre la forme de cotes, on parle de cotes, dans les deux cas, qui doivent être paramétrées
selon les mêmes critères. Pour pouvoir comparer des pommes avec des pommes,
puisque c'est ça, l'intention, il s'agit que
les paramètres soient les mêmes que ceux qui ont été utilisés pour
l'établissement de la cote.
Puis, au surplus,
peut-être, vous remarquerez qu'au deuxième alinéa de l'article 10 on parle
de normes qui peuvent varier notamment en fonction de paramètres, ça fait que,
même si on excluait le d, en l'occurrence, rien n'empêcherait le gouvernement
de prendre des normes qui incluraient d'autres critères, mais donc de
réintégrer ce critère-là par la bande. Ça fait que, par mesure de... probablement de lisibilité... de prévisibilité,
plutôt, ce paramètre-là est intégré... c'est ça, ne devrait pas, d'un
point de vue légistique, en tout cas, être retiré, de notre point de vue.
Mme Zaga
Mendez : Je comprends.
Première
chose. Sur les règlements sur le gaz, que... que le ministre nous a dit qu'il
avait besoin du d pour le faire, mais,
tout à l'heure, le ministre nous a déjà dit qu'il allait le faire de toute
façon puis il n'avait pas besoin du PL n° 41 pour le faire. Donc, je ne comprends pas pourquoi on garde
ça, le pouvoir qui donne le picot d, parce que le ministre l'a dit clair,
tout à l'heure dans notre discussion, que le règlement, déjà, concernant
l'utilisation des sources d'énergie, il allait le faire. Il a le pouvoir déjà
de le faire dans le cadre de la LQE.
Deuxième chose, on a
besoin de ces paramètres pour établir la cote. Bien sûr, on a voté pour l'article 6,
les paramètres pour la cote sont déjà votés,
on ne revient pas en arrière sur la cote. J'ai les mêmes, j'ai été
superspécifique dans mon introduction, ces paramètres-là. Puis
j'écoutais M. le juriste qui nous disait qu'on en a besoin pour établir la cote,
je pense qu'on est tous pour, c'est pour ça qu'on a voté pour l'article 6.
Là, on regarde l'article 10, qui donne des normes. Avec la réponse qu'on
vient d'avoir, de ce que je comprends, parce que je comprends... je n'entends
pas la même chose. Est-ce qu'on a un engagement que toutes les normes qui vont
être établies vont n'être qu'un miroir de
qu'est-ce qu'on demande en termes de cote? Parce que, de la façon que c'est
écrit dans l'article 10, on ne parle pas seulement d'une cote de
performance environnementale, on parle aussi de travaux de construction qui
peuvent être exigés dans le... par règlement.
Donc,
moi, je veux mieux comprendre. C'est... On a eu la discussion tout à l'heure.
Et là j'entends le ministre dire :
Bien, bien sûr, avec le d, si on veut interdire les nouveaux branchements, on
va pouvoir le faire, mais le ministre ne donne pas toutes ses intentions
de qu'est-ce qu'il va vouloir faire avec le d. Et c'est ça, l'enjeu. Tout à
l'heure, vous nous dites : Ah! on
pourrait faire une cote, mais après on pourrait avoir d'autres normes
environnementales. On veut juste de la transparence. Pourquoi on veut...
on veut garder le pouvoir de faire des normes en fonction des types, quantités,
mais surtout moments où cette énergie-là est consommée? Et, pour nous, jusqu'à
maintenant, on n'est pas satisfaits des
réponses et des intentions, et, c'est pour ça, on s'est dit que peut-être, tout
de suite, on pourrait l'enlever, et
après on pourrait revenir et se donner des règlements, parce qu'il peut le
faire, le ministre, demain matin avec la LQE, déjà. Ces pouvoirs-là, il
les a.
M. Charette :
Actuellement au niveau de la LQE, on aura, vraisemblablement, à faire une
modification miroir sur le projet de loi
n° 41. C'est une étape législative, là, qui nous attend,
vraisemblablement. Mais, sinon, je vais devoir répéter ce que j'ai
mentionné tout à l'heure. À partir du moment où on veut avoir le pouvoir
d'établir une cote au niveau de la
performance, il faut avoir les mêmes critères établis en 6. On ne pourra pas
faire, sinon, la comparaison ou intégrer l'élément énergétique dans la
cote de performance, donc on en a besoin.
Pour
ce qui est des travaux de construction, ça aussi, je pense l'avoir mentionné,
on pourra établir des normes au niveau des travaux de construction. J'évoquais
la norme Novoclimat, par exemple. Il y en a d'autres qui pourront aussi se... être utilisées, en guise d'exemples, afin de
généraliser cette pratique-là. Mais, dès qu'il est question de cotes, il faut que
j'aie les mêmes critères, et le critère énergétique, dans la cote, est
fondamental. Pas dans le but de favoriser les gazières,
dans le but d'intégrer l'élément énergétique dans cette cote-là. Et je dirais
même que c'est, en grande partie, le coeur du projet de loi. Sans le
volet énergétique, ce serait... ce serait perdre beaucoup de substance.
Le Président (M.
Jacques) : M. le député de Jacques-Cartier.
M.
Kelley : Oui, j'ai une question pour ma collègue. Nous sommes en train
d'analyser votre amendement. Vous savez que,
pour moi, l'idée de permettre à un plus large nombre de la population de
produire leur propre électricité par les panneaux solaires est
importante pour moi. Alors, je veux juste avoir vos pensées pour rassurer,
peut-être, notre côté. Si je comprends bien, c'est que... peut-être, juste de
faire le A à Z pourquoi vous pensez que cet article est important, et quand
même... Parce que je comprends un petit peu la crainte, peut-être, avec le gaz
naturel, mais moi, je regarde plus si on
enlève la qualité et le type d'énergie consommée et produite. Est-ce qu'il y a
des dommages qui sont peut-être... ça peut avoir des dommages,
peut-être, à des gens qui veulent produire leur énergie, plus des énergies
renouvelables?
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Bien, merci pour la question, puis je vais rebondir. De la
façon... La crainte qu'on ait, en ce moment,
avec la... comment on va transposer le d dans le 10, c'est par rapport à
l'utilisation des énergies fossiles. Il n'y a rien qui nous rassure.
Puis je pense que le collègue a suivi la même discussion que moi, et on
comprend très bien que c'est de faire en sorte que des normes, dans le cadre de
cette loi-là, ne pourront pas être développées. Mais il existe d'autres façons. Puis je pense qu'ici quand on parle on parle
de la consommation d'énergie, je pense, c'est ça, l'objectif. On est
moins dans la production, on est... Des normes de consommation d'énergie, il
n'y en a aucune, en tout... à moins que... Là, je lance la question au
ministre, là, parce que, dans l'article 10, on parle des normes de
performance en termes de consommation d'énergie, pas en termes
d'autoproduction. Je vous lance la question. Moi, je n'ai pas vu ça à l'article 10, à moins que je me trompe. Mais,
d'un autre côté, c'est seulement de voir... Il faut... il faut, entre autres, ne pas laisser les portes ouvertes
pour... qui ferait en sorte qu'on nous crée des normes qui vont encourager
l'usage des énergies fossiles. À date, on n'est pas rassurés, puis c'est pour
ça qu'on met l'amendement.
Le Président (M.
Jacques) : M. le ministre.
M. Charette :
Et c'est ce qui rend le dépôt d'amendements intéressant. Qu'on les adopte
ou pas, ça permet des échanges, puis ça
permet une meilleure compréhension du projet de loi. Bien honnêtement, dans les
exemples donnés, je n'avais pas pensé
à la question du collègue de Jacques-Cartier. Elle est fondamentale. Ce serait une contrainte
que de ne pas avoir le volet énergétique et ce serait problématique si on veut,
justement, imposer ce type d'option là ultimement. Donc, bonne... bonne
idée que de soulever la question.
Et,
sinon, et sinon, à partir du moment où je veux une cote précise au niveau de la
performance environnementale du
bâtiment, je dois avoir le d, je dois avoir la capacité de réglementer les
questions énergétiques. Donc, la cote va avec le d, et, sans le d, ça peut ajouter des... ça nous enlève des moyens,
tout simplement. Donc, il ne faut pas le voir... puis ce n'est pas... je
ne dis pas que c'est l'intention de la collègue, il ne faut pas voir en d un
passe-droit ou une faveur au distributeur de
gaz, là. Ce n'est pas le cas, là, ce n'est pas le cas du tout. Le d nous permet
d'intégrer l'élément énergétique, et, dans une cote, c'est un élément,
là, qui est incontournable.
Mme Zaga
Mendez : C'est tout pour moi.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur
l'amendement? S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix
l'amendement à l'article 10 de la loi édictée.
Mme Zaga
Mendez : ...nominal.
Le Président (M.
Jacques) : Par vote nominal. Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Zaga Mendez (Verdun)?
• (12 h 30) •
Mme Zaga
Mendez : Pour.
La
Secrétaire : M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Contre.
La Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay : Contre.
La
Secrétaire : Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La
Secrétaire : M. Sainte-Croix (Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La
Secrétaire : Mme Bogemans (Iberville)?
Mme
Bogemans : Contre.
La
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Contre.
La
Secrétaire : Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Abstention.
La
Secrétaire : M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Abstention.
La
Secrétaire : Et M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'amendement est rejeté. Nous revenons à l'article 10 de la loi édictée.
Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article 10 de la loi édictée? Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : M.
le Président, on va déposer un autre amendement, et, cette fois, bien, il
devrait déjà être en... non, il n'est pas...
OK. Bon, il va partir. Dans le fond, cette fois-ci, ça va... bon, on...
l'objectif, hein, on veut diminuer les
gaz à effet de serre, puis c'est évident, puis augmenter l'efficacité
énergétique de nos bâtiments. Et un des... un des moyens forts pour réduire les gaz à effet de
serre, c'est de s'assurer de la provenance des bâtiments et particulièrement...
des matériaux, pardon, qui rentrent dans la construction de nos
bâtiments, et, particulièrement pour nos bâtiments institutionnels, là, on devrait toujours privilégier le contenu
québécois ou canadien pour s'approvisionner le plus près possible.
Donc, l'amendement
qui a été envoyé est à cet effet. Là, c'est sûr que je vais attendre qu'il soit
reçu pour le lire, mais, en gros, là, c'est ça, de prévoir, dans le fond,
d'inclure l'utilisation de matériaux québécois ou autrement canadiens dans...
dans la... tu sais, que la performance environnementale des bâtiments prenne ça
en considération. C'est ce qui est proposé. Et on est toujours à
l'article 10, évidemment.
Le Président (M.
Jacques) : Parfait. L'amendement est reçu et...
Mme Dufour : Excellent!
Alors, je vais pouvoir le lire. Alors, l'article 10 de la loi édictée à
l'article 1 du projet de loi est modifié par l'insertion dans le premier
alinéa, après les mots «travaux de construction», des mots «incluant
l'utilisation de matériaux québécois ou autrement canadiens».
L'article modifié se
lirait comme suit :
«10. Le gouvernement
peut, par règlement, établir des normes en matière de performance
environnementale des bâtiments, lesquelles
peuvent prendre la forme de normes en matière de travaux de construction
incluant l'utilisation de matériaux québécois ou autrement canadiens ou
celle d'une cote de performance environnementale.
«Les normes peuvent
varier notamment en fonction des paramètres visés au règlement pris en
application des sous-paragraphes a à d du paragraphe 1° et du
sous-paragraphe a...» Je pense, je n'ai pas le... Pouvez-vous juste descendre? OK, parfait. Paragraphe, oui...
excusez-moi, paragraphe... «...sous-paragraphes a à d du paragraphe 1° et
du sous-paragraphe a du paragraphe 4° du premier alinéa de
l'article 6.
«Ce règlement doit
prévoir des normes particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble
classé ou cité en application de la Loi sur le patrimoine culturel;
«2° un
immeuble patrimonial, au sens de cette loi, situé dans un site patrimonial
classé, déclaré ou cité en application de cette loi;
«3° un immeuble
inscrit dans un inventaire visé au premier alinéa de l'article 120 de
cette loi.
«4° un immeuble
situé dans le site patrimonial national déclaré par cette loi.»
Ça s'arrête là. Donc,
je pense, c'est assez clair, là, l'objectif est de simplement prévoir du
contenu québécois, canadien, du contenu
local dans cette performance environnementale là. Ça ne l'oblige pas,
évidemment, là, ça ne l'oblige pas,
mais c'est de l'avoir en tête. Et ça, ça va à l'optique, là, de toutes
politiques, là, d'approvisionnement local qu'on devrait se donner comme...
comme gouvernement pour être exemplaire et réduire les gaz à effet de serre au
minimum pour... pour le transport des
matériaux, mais aussi la production, puis voilà. Oui, mais je ne sais si on
a... on a entendu mes propos, mais...
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Merci, madame. Oui, on a très bien entendu votre... votre description. Donc, M.
le ministre.
(Consultation)
M. Charette :
Donc, on voulait valider. Merci à la collègue pour la présentation de son
amendement, qu'on n'appuiera pas, mais je vous dis pour deux raisons,
essentiellement. On a déjà la possibilité de le faire à travers l'article 4, qu'on a adopté, en fait, là,
découlant de l'article 1, qu'on a adopté hier. Mais la collègue
mentionnait aussi, à ce même article hier, qu'il faut faire attention
pour ne pas... pour ne pas surcharger de contraintes, ne pas ajouter de règles
outre mesure, ne pas... ne pas faire en sorte que le fardeau réglementaire soit
encore plus grand. C'est un petit peu ce que l'amendement propose. On
ajouterait de façon importante au fardeau imposé en termes de règlement, ne serait-ce qu'il y a le fameux débat, oui... du
Québec, produits canadiens, il y a des certificats... Bien, c'est-à-dire, il y
a des certifications qui sont souvent requestionnées. Est-ce que...
Parce que c'est assemblé au Québec, c'est un
produit québécois, on l'a au niveau de l'alimentaire, on l'a au niveau des produits. Donc, on viendrait alourdir
le fardeau réglementaire pour les entreprises. Mais, si c'était l'intention,
on pourrait le faire, on pourrait le faire.
Donc, le pouvoir, on l'a déjà, mais il faudra mesurer l'impact s'il vient... si
on vient alourdir, de façon
significative, là, le fardeau réglementaire pour les propriétaires de bâtiments
ou les constructeurs.
Mme Dufour : Merci.
Merci, mais... mais non, l'intention, ce n'est pas d'alourdir. Et je vais
relire. L'article 10 commence en
disant : «Le gouvernement peut, par règlement, établir des normes en
matière de performance environnementale
[et] lesquelles peuvent inclure l'utilisation de matériaux québécois ou
autrement canadiens...»
Et là ça pourrait très bien s'articuler que,
pour les bâtiments institutionnels, par exemple, on prévoirait certaines
normes, mais pour... pour d'autres types de... on pourrait ne pas prévoir aucun
pourcentage de matériaux québécois, là. Donc, c'est... c'est de se donner
simplement des... C'est de se rappeler que ça devrait être un objectif. Mais, mais, ceci dit, il n'y a pas d'obligation
ici, là, de l'exiger à tout le monde, là, pas du tout, là. Ce n'est pas
qu'est-ce qui est écrit là.
M. Charette : Mais on dit la
même chose et, hier, on avait le débat. On se donne plein de possibilités, ça
ne veut pas dire qu'on va toutes les
retenir. Cette possibilité-là, on l'a déjà à travers l'article 1. On l'a à
travers l'article 10 également. Donc, le «peut», on l'a déjà. Reste
à savoir si ça viendrait alourdir le fardeau des propriétaires ou des
constructeurs.
Mais, pour ce qui est de favoriser le recours
aux produits québécois, peut-être se référer à la stratégie de développement
durable du gouvernement du Québec, qui a un volet sur cet aspect-là. Peut-être
se référer aussi à ce que la présidente du
Conseil du trésor a présenté l'année dernière comme politique pour favoriser
l'achat québécois. Donc, il y a
beaucoup d'initiatives en ce sens-là. On le souhaite, c'est bien certain, c'est
favorable pour l'économie du Québec,
mais le «peut», il est déjà couvert. Est-ce que, pour... on demanderait que le
constructeur ou le propriétaire de bâtiments nous fasse la démonstration que tel matériau est québécois? Ça, c'est
là... il faudra voir si ce n'est pas alourdir de façon significative,
là, le fardeau qui lui est imposé.
Le Président (M. Jacques) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Je vais prendre le temps pour m'exprimer, pas nécessairement poser
des questions directement au ministre, mais parler de le fond de l'amendement
et pourquoi d'encourager l'utilisation de matériaux
québécois ou quand même canadiens, c'est bon pour notre société. On a eu ce
débat souvent, quand même, le ministre peut rappeler le débat sur la REM où on
a poussé d'avoir des exigences, avoir plus de contenu local dans le
projet de la REM. Puis on peut regarder aussi... et les autres débats qu'on a
eus autour des différentes usines et des
arguments pourquoi acheter local, c'est important et c'est bon pour
l'environnement. Et ici on revient sur quelque chose qui est tellement
important dans la vision d'une économie verte, que le premier ministre répète
souvent en Chambre puis dans ses
discours, d'avoir une stratégie pour la construction des bâtiments qui a des
conditions ou, quand même, inclut la...
un règlement qui dit : Il faut favoriser ou voir, en premier lieu, des
matériaux... construits ici, au Québec, quand même le Canada, ça fait du
gros bon sens, M. le Président.
Je suis quand même... toute la logique d'une
économie verte qui est basée sur l'électricité renouvelable, hydroélectricité,
donne raison pourquoi on donne des blocs d'énergie à des grosses industries.
Puis nous, au Québec, on est chanceux qu'on a pas mal tous des produits qui
sont nécessaires pour construire une tour ou quand même une maison, si je pense qu'il y a l'acier, je pense
qu'il y a du bois et quand même du béton. On peut avoir un gros débat autour
de le fait qu'on a une cimenterie dans la
Gaspésie qui, oui, émet beaucoup des GES, mais moins de GES qui sont trouvés
dans une autre juridiction, qui... où on trouve que cette usine utilise l'énergie
du charbon ou quand même une autre source d'énergie qui n'est pas renouvelable,
qui émet beaucoup des GES dans l'atmosphère.
• (12 h 40) •
Alors, il y a
une raison pourquoi on veut avoir, oui, une usine de béton ici, au Québec,
parce que ça fait du gros bon sens, c'est moins de GES sur la... si on
regarde l'échelle planétaire. Quand même, si on ajoute des alumineries du
Québec, c'est une industrie importante, puis on préfère qui... produire
l'aluminium ici, au Québec, qu'en Chine. Je
peux répéter la même chose pour l'acier, et on peut faire la liste, et quand
même l'exploitation du bois. Je sais que ce gouvernement a quand même
une stratégie de favoriser l'utilisation du bois du Québec dans la construction
des bâtiments. Et, quand on rencontre ces
groupes-là, et j'ai eu le plaisir de rencontrer des différents groupes quand
j'étais le critique responsable, le dossier des forêts, il dit : Ça
existe. On a un produit qui est quand même meilleur que l'acier, il y a moins d'une empreinte de carbone et de GES pour la
planète. Utiliser du bois québécois pour les projets, trouver des
façons, pas juste des politiques, mais quand même des façons d'inscrire ça dans
les lois, ça va être un gain pour une industrie qui est complètement
canadienne.
Parce que vous savez quoi,
M. le Président? Présentement, beaucoup des... beaucoup de bois qu'il y a eu...
utilisé dans les planchers des maisons sont fabriqués en Chine. Alors, on va
utiliser le bois de Chine, ça va traverser le Pacifique, ça va aller sur un
train, puis il va traverser le Canada ou, quand même, peut-être par un camion
de transport, je ne sais pas, mais, quand
même, ça va faire le chemin de Vancouver, le port, jusqu'à la destination au
Québec. Je pense qu'il y a une façon de quand même inciter des entreprises
d'ici. Et, quand même, si on regarde un petit peu plus, juste dans la
fabrication des choses qu'on trouve dans les bâtiments, le granit pour... pour
les salles de bains ou une cuisine, il y a des industries ici, au Québec, qui
fabriquent des produits, là. Alors, pourquoi ne pas favoriser une entreprise
ici? Quand même, si le granit, de temps en temps, je ne sais pas, si tout est
capable d'être utilisé des mines et d'exploiter ici, au Québec, mais, au
minimum, c'est fabriqué par une entreprise d'ici.
Ça, c'est une bonne idée, je crois, de réduire
moins notre importation, souvent, de Chine, c'est sûr. Et, oui, on peut avoir
une discussion autour des coûts et... mais, quand même, on sait que de
fabriquer un bâtiment qui est 100 % des
produits canadiens ou québécois, c'est peut-être difficile. On peut juste
penser à des produits qui sont... qui viennent du pétrole, là. C'est sûr
que Canada produit beaucoup de pétrole, mais, quand même, c'est plus compliqué que juste une simple formule, là. Ça prend de la transformation
qui... des fois, qui est faite ailleurs. Mais, bref, je trouve que c'est toujours une bonne chose de favoriser la
production du contenu d'ici, puis de favoriser les entreprises d'ici, puis d'encourager
les entreprises d'ici.
Et, quand même, M. le Président... j'ai trouvé,
sur le site Web d'Écohabitation, un article qui a été fait pour la fête de Saint-Jean. Je vais juste lire un petit
peu de ça parce que je trouve ça bien intéressant. C'est sur la question :Est-ce que c'est possible de construire une maison 100 % «made in»
chez nous? Ça, c'est le titre de l'article. «Le Québec a l'honneur! Dans l'esprit de Saint-Jean-Baptiste, Écohabitation
[se demande] s'il est possible de construire une maison 100 %
locale.» C'est intéressant parce qu'en conclusion, comme je viens juste de
citer, c'est probablement très, très difficile ou plus très improbable, c'est
qu'est-ce qui est cité par l'auteur de l'article, qu'on est capable de
construire une maison 100 % avec le contenu québécois, mais une maison qui
visait presque à 90 %, c'est possible.
Et eux autres citent aussi une approche qui est
de plus en plus des maisons et des scénarios tout en bois, comme un exemple où
on pourra utiliser plus, plus des matériaux qui viennent d'ici. Ils citent
aussi des différents entreprises, comme je mentionnais, il y a «the quartz»
puis... et Zodiaq. C'est une entreprise d'ici, de granit... granit de Saguenay, qui est capable de fabriquer des
produits pour les salles de bains et quand même pour les cuisines. Il y a plein
des différents entreprises.. Le bois de chez-nous, il y a OSB, «Oriented Strand
Board», et des panneaux de bois qui sont
fabriqués par les entreprises d'ici. Des isolants naturels, il y a quand même
des options ici, au Québec. On a des fournaises
aux granules, du bois deCaddy, une entreprise du Québec. On a des appareils de
ventilation qui sont produits et
fabriqués par les entreprises ici, au Québec, en région. J'ajoute le ciment,
oui, on a ça aussi au Québec. Alors, il y a le gypse, il y a les matériaux
de plastique recyclé, il y a le revêtement et décoratif de papier de recyclé.
Bref, grosso modo, on a des exemples dans cette
fabuleuse article sur les maisons qui construisent avec pas mal des matériaux qui vient du Québec. Oui, je
parle d'une maison, mais on peut imaginer comment on peut favoriser
l'utilisation de plus en plus des matériaux qui vient d'ici. Et je sais que le
ministre a parlé souvent sur le recyclage. Il y a quand même cette idée d'une
économie qui est plus circulaire, circulaire, où on réutilise les mêmes
matériaux. Et comment on va favoriser ça, M. le Président? C'est sûr et certain
qu'on a un plan qui est en place. Il y a des... les trois E, je pense qu'on est rendus là, cinq, maintenant, mais, bref, il
y a tout ce système de le recyclage circulaire que je sais que, quand
même, ma collègue de Verdun et leur formation politique poussent le Québec
d'être plus ambitieux.
Alors, nous avons une opportunité ici, pour la
construction des futurs bâtiments, d'ajouter une clause qui, c'est sûr,
favorise les matériaux québécois. Mais, quand même, si on est capables
d'utiliser plus des produits qui vient du Canada, on peut juste regarder... On
sait que, dans le portrait, M. le Président, les GES, le plus grande partie des GES... une des plus grandes parties des GES
vient des transports. Alors, si on est capables de réduire les GES qui vient de
les transports pour acheter des produits qui vient de l'Alberta, ou quand même
Manitoba, ou en Ontario, parfait, c'est une bonne chose pour notre
économie. Et, quand même, on va favoriser peut-être des meilleurs échanges
entre des provinces, si on a des politiques
où on encourage d'utiliser des produits qui sont faits ici, au Canada. Parce
que, sinon, l'autre option, comme je
dis, c'est d'importer des produits qui vient des autres juridictions, comme la
Chine, où on sait, eux autres utilisent beaucoup d'énergie de charbon,
qui émettent beaucoup des GES dans l'atmosphère.
Et, quand même, un autre enjeu, parce qu'on
parle de la transition énergétique, un petit peu dans ce projet de loi, et
l'efficacité énergétique, M. le Président, mais les gros bateaux commercials
pour faire des marchandises, là, il n'y a aucune solution présentement pour
remplacer le diesel qui est utilisé dans ces gros bateaux là. On est loin de
trouver une solution avec les batteries. On n'est pas rendus non plus à une
façon de remplacer le gaz ou le diesel avec
l'hydrogène. C'est peut-être une solution un jour, mais on n'est vraiment pas
rendus là, de changer toute la flotte mondiale des bateaux, ça va être
toute une... c'est un changement d'attitude de... planétaire. Et ça, c'est
pourquoi je pense que l'idée de toujours
prendre une chance puis l'opportunité, dans un projet de loi, de bien encadrer la chaîne des produits locals... et locaux,
c'est une bonne idée. Et ça prend des cibles, et ça, c'est une chose dans ce
projet de loi.
Je comprends que beaucoup va être déterminé par
règlement. C'est une façon de faire les projets de loi, mais il n'y a pas des
cibles, il n'y a pas des dents non plus. Alors, dire qu'on va avoir les
politique pour favoriser l'achat... l'achat des produits d'ici, c'est une
chose, mais, si on est capable de mettre quelque chose qui est concret dans une
loi, je pense que, ça, c'est envoyer un
signe fort à nos entreprises, nos PME d'ici qu'on est capable d'ajouter des...
des clauses dans les lois, pour
encourager eux autres puis encourager aussi nos constructeurs, nos
développeurs, de regarder nos projets ici puis de ne pas toujours juste
regarder le coût, mais là aussi prendre en considération l'empreinte puis les
GES.
• (12 h 50) •
Est-ce
que c'est vraiment un produit verte? Je sais que le caucus puis le Conseil des
ministres de la CAQ étaient encouragés de
lire le livre de M. Gates sur les changements climatiques. Puis il
explique ça très bien que, dans le coût des produits, comme je viens
d'expliquer, si c'est le béton, le ciment, l'acier, on fait la liste, il
faut... et, pour la suite des choses, pour
l'avenir, pour une économie qui est vraiment verte, qu'il y ait une préférence
d'avoir des produits qui sont fabriqués avec l'énergie qui est propre, parce
que ça, c'est où le défi planétaire est présentement. On est gâtés ici, au Québec, on a nos réserves d'hydroélectricité,
mais les autres juridictions n'ont pas le même avantage et, quand même, ne sont
pas toujours nécessairement intéressées de faire un changement, M. le
Président, vers une autre source d'énergie parce qu'il veut garder les
coûts de leurs produits plus bas. Ils sont capables de faire un «flooding» de
le marché avec un produit qui est moins vert.
Et
je trouve que cet amendement s'inscrit aussi dans la logique du gouvernement,
avec Northvolt, un fabricant des batteries que le marketing est basé sur
le fait que comment leur produit, c'est unique, M. le Président, c'est parce
que c'est une batterie qui est fabriquée avec de l'énergie qui est 100 %
renouvelable, c'est une batterie verte. Si on regarde tous les autres gros
majeurs joueurs sur la planète, leur production de la batterie n'est pas nécessairement
verte, entre guillemets, parce qu'aux bases encore, je reviens à l'énergie,
sans énergie, M. le Président, il n'y a pas de simulation. L'énergie propre n'est pas nécessairement utilisée par les
gros joueurs dans les autres juridictions. Des fois, c'est à cause qu'il
y a un manque de l'énergie renouvelable ou, quand même, ils ne sont pas
intéressés de l'utiliser. Alors, encore,
c'est dans la même même idée, même logique, on veut que tout est vert, on veut
que tous les produits sont verts puis on... Ce n'est pas juste un slogan
ni une ligne politique, on veut une économie verte, mais qu'on a des éléments qui sont inscrits dans les lois pour
encourager que, dans tous nos éléments de notre société et notre économie,
A à Z, on fait la préférence des produits qui sont plus verts que qu'est-ce
qu'on trouve ailleurs.
Alors, M. le
Président, ça, c'est pourquoi je vais appuyer l'amendement de ma collègue des Mille-Îles,
mais je lance une discussion. Je ne sais pas si le ministre a des commentaires,
hein, on est ici pour débattre des idées au sein d'un projet de loi. Et merci
beaucoup, M. le Président, pour votre écoute.
Le Président (M.
Jacques) : M. le ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Merci au collègue de nous avoir partagé sa réflexion.
Mais, sans... sans parler de contradiction, le collègue parle de cibles à se
donner, et sa collègue de Mille-Îles parle de «peut se donner des cibles».
Mais, si on impose des cibles, c'est clair qu'on vient alourdir le fardeau des
propriétaires, sinon des constructeurs. Si on parle de cibles, c'est clair
qu'il va y avoir une incidence sur les coûts à la hausse sur les propriétaires et les constructeurs, ce que les
collègues de l'opposition officielle voulaient éviter hier. Donc, il faut... il
faut en être conscient.
Mais,
pour ce qui est des objectifs évoqués par le collègue de Jacques-Cartier, on
est 100 % au même endroit, on veut favoriser l'achat local. C'est vrai
que, pour un point de vue strictement environnemental de circuit court, ça peut
être une belle façon de diminuer nos GES. Mais, à ce niveau-là, on a beaucoup,
beaucoup d'outils à notre disposition pour favoriser l'achat local. Et,
tel que le stipulait l'article 1 étudié, là, hier, et même au niveau de
l'article 10 actuel, on a ce pouvoir-là. On a le pouvoir, à travers la
réglementation, d'imposer du contenu local. Il reste à savoir, par contre, si
c'est une bonne chose pour ne pas alourdir, justement, le fardeau et il reste à
savoir comment on le formulerait aussi pour
ne pas entrer en contradiction avec les lois qui nous régissent au niveau du
commerce international, et autres. Mais, pour ce qui est du «peut», le
«peut», on l'a déjà dans la formulation actuelle du projet de loi.
Le Président (M.
Jacques) : M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui.
Merci, M. le ministre. Et je comprends que des choses peuvent être adoptées par
règlement. Et chaque fois qu'on parle d'une clause de... qu'il faut acheter des
matériels et des matériaux d'ici, on soulève : Bien, est-ce qu'il y a des
contraintes à nos... à nos ententes internationaux? Est-ce qu'il y a une brèche
avec l'entente avec des Américains puis des Mexicains? C'est des bonnes
réflexions. Il faut regarder ça. Mais on sait aussi que des Américains sont...
ils n'ont jamais peur, là, de mettre des clauses en place qui favorisent les
entreprises américaines. Je sais qu'on n'est
pas à la même grandeur, en termes de population, que les Américains, mais je
pense que notre fierté, en termes de nos produits d'ici, est plus élevée
que les Américains. Je dis ça quand même, M. le Président, mais je comprends,
je comprends les arguments.
Ceci dit, je veux
continuer de plaider que c'est mieux d'inscrire des lignes et des clauses comme
ça parce qu'on... OK, on ne mettra pas une
cible spécifique nécessairement, ça peut être déterminé par un règlement plus
tard. Mais, quand même, je trouve que la phrase, c'est vraiment un
signal fort à les industries d'ici qu'on favorise vraiment les entreprises
d'ici. Puis, je pense, ça va être apprécié par les entreprises, dans tous nos
comtés, qui sont dans l'industrie de la
construction ou la production des matériaux pour la construction. Alors, je
pense que... encore, je comprends que le ministre a fait une réflexion
puis préfère de laisser ça dans les mains des règlements qui s'en viennent,
mais nous, sur notre côté, on préfère de
mettre juste une phrase simple comme ça, c'est faisable puis c'est une bonne
chose pour notre économie puis notre société.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement de
l'article 10 de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre... amendement, nous
allons mettre l'amendement... Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui, M. le Président, je veux juste conclure, dans le fond,
dire que je n'aurais pas pu faire mieux que
mon collègue, franchement. C'est tout un plaidoyer! Alors, très... je voulais
juste le remercier, voilà, pour ce qu'il vient de nous faire. C'était une belle
envolée. Merci, cher député. J'imagine qu'on peut procéder au vote par appel
nominal.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Donc, est-ce que l'amendement à l'article 10... On va demander un vote nominal,
Mme la secrétaire.
La
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La
Secrétaire : M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La
Secrétaire : M. Charette (Deux-Montagnes)?
M. Charette :
Contre.
La Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
M. Lemay :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Blouin (Bonaventure)?
Mme Blouin :
Contre.
La Secrétaire :
M. Sainte-Croix (Gaspé)?
M.
Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire :
Mme Bogemans (Iberville)?
Mme
Bogemans : Contre.
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Mme Grondin :
Contre.
La Secrétaire :
Et M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M.
Jacques) : Abstention. L'amendement est rejeté. Revenons à
l'article 10 de la loi édictée.
Mme Dufour : Il
va avoir un autre...
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée.
Mme Dufour : ...il va avoir un autre amendement qui devrait
partir à l'instant, et, bon, c'est un peu dans le même sens que ce qu'on vient de discuter, mais on va
être plus précis cette fois-ci, on va parler de l'utilisation du bois. Et là je
vais juste ouvrir mon document.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
compte tenu de l'heure, nous allons suspendre nos travaux jusqu'à
15 heures.
(Suspension de la séance à
12 h 58)
(Reprise à 15 heures)
Le Président (M. Jacques) : ...nos
travaux et nous suspendons aussi immédiatement nos travaux pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à
15 h 01)
(Reprise à 15 h 21)
Le Président (M. Jacques) : La Commission
des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la Loi sur la performance environnementale
des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition
énergétique.
Lors de notre
suspension, à 13 heures, Mme la députée de Mille-Îles était sur le point
de déposer un amendement à l'article 10 de la loi édictée. Mme la députée.
Mme Dufour : Oui.
Merci, M. le Président. Alors, l'article, dans le fond, est déjà à l'écran.
Alors, je vais le lire. L'article 10
de la loi édictée à l'article 1 du projet de loi est modifié par l'ajout,
après le quatrième paragraphe, du suivant :
«5° un immeuble construit en bois».
L'article modifié se lirait comme suit :
«10. Le
gouvernement peut, par règlement, établir des normes en matière de performance
environnementale des bâtiments, lesquelles peuvent prendre la forme de
normes en matière de travaux de construction ou celle d'une cote de performance
environnementale.
«Les normes peuvent varier notamment en fonction
des paramètres visés au règlement pris en application des sous-paragraphes a à
ddu paragraphe 1° et du sous-paragraphe a du paragraphe 4° du premier
alinéa de l'article 6.
«Ce règlement doit prévoir des normes
particulières pour les bâtiments suivants :
«1° un immeuble classé ou cité en application de
la Loi sur le patrimoine culturel;
«2° un
immeuble patrimonial, au sens de cette loi, situé dans un site patrimonial
classé, déclaré ou cité en application de cette loi;
«3° un immeuble inscrit dans un inventaire visé
au premier alinéa de l'article 120 de cette loi;
«4° un immeuble situé dans le site patrimonial
national déclaré par cette loi;
«5° un immeuble construit en bois.»
Et donc,
j'explique. Dans le fond, ça va un peu dans le même sens que l'amendement
précédent, mais c'est plus spécifique aux constructions en bois. On l'a... on
l'a mentionné, on souhaite avoir des... des bâtiments qui soient... qui
soient plus... plus écoénergétiques. Mais, dans le cas du bois, ce qui est
intéressant, c'est qu'on a une politique... une politique d'intégration du bois dans la construction, et d'ailleurs qui avait
été mise en place par le présent gouvernement lors de la dernière
législature, et cette politique-là vient, dans le fond, a une... Une des
visées, là, évidemment, c'est pour favoriser
le développement économique du Québec, vous le savez, l'économie... toute la...
la... la question du bois au Québec, c'est très important dans l'économie, mais
c'est aussi de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.
Et là je vais vous lire, dans le fond...
Excusez-moi... Et voilà : «L'utilisation du bois dans la construction
contribue au stockage du carbone.» Ça, c'est tiré de la politique.
«De plus, le bois se substitue à des matériaux dont la production requiert de
grandes quantités d'énergie ou qui ont été fabriqués à partir de produits
pétroliers. Le remplacement de ces matériaux
à plus forte... à plus forte empreinte carbone permet d'éviter les émissions
découlant de l'extraction des matières
premières et de la fabrication des matériaux. Le potentiel d'atténuation des
émissions de gaz à effet de serre est prometteur
dans les bâtiments résidentiels, commerciaux, institutionnels et industriels
ainsi que [...] les infrastructures qui utilisent largement des
matériaux non renouvelables et énergivores pour leur construction.»
Donc, l'objectif ici, c'est tout simplement de
prévoir des normes, encore une fois, particulières pour ces bâtiments-là, parce que, dans le fond, on a un
gain, et l'objectif, c'est de favoriser ces immeubles-là. Et, bien entendu,
généralement, quand ils sont en bois, bien, ils proviennent plus... c'est assez
local. C'est... c'est plus rare, là, que des immeubles en bois seraient construits avec du bois de très, très loin,
donc on a... D'une pierre deux coups, on encourage notre économie, mais aussi on améliore la... le
bilan écoénergétique de nos bâtiments. Mais c'est quand même distinct
d'autres bâtiments qui... qui sont construits plus... plus... de façon plus
traditionnelle.
Alors, nous,
ce qu'on propose ici, c'est vraiment de prévoir des normes particulières pour
ces bâtiments-là dans l'optique d'en
favoriser le déploiement et qu'on en ait le plus possible. Donc, je pense que
ça explique, là, sensiblement, le... le position... la position du... le
raisonnement derrière cet amendement-là, puis je reviendrai, là, par la suite,
peut-être, avec d'autres commentaires.
Le Président (M. Jacques) : Parfait.
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Charette : Bien, merci au
Président. Merci à la collègue pour la présentation de son amendement, auquel on ne donnera pas notre appui. Peut-être résumer
très, très simplement. Tout à l'heure, de façon générale, on a dit non...
pourquoi c'était non. Là, c'est un exemple encore plus spécifique. Donc, si, de
façon générale, il n'y avait pas de besoin
de faire... d'adopter l'amendement, il n'y aura pas davantage de pertinence de
façon spécifique. Et, si, par... par curiosité — et ce
sera leur droit — les
collègues veulent déposer, par exemple, un amendement pour des systèmes de chauffage québécois, ce sera aussi non parce que
le projet de loi le permet déjà. On l'a mentionné tout à l'heure, c'est
une possibilité, et la collègue l'amène de façon à encourager, donc non pas de
façon contraignante, ce que l'on peut faire déjà.
Et la collègue, à juste titre, a évoqué une politique pour la mise en valeur du
bois et de la forêt québécoise. Donc, il
y a déjà des mesures pour favoriser le recours et l'usage du bois québécois,
donc je ne serai pas plus long dans ma... dans ma réponse.
Le
Président (M. Jacques) : Parfait, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Merci, M. le Président. Je vais peut-être rajouter, en plus de tous les
avantages de ce que j'ai déjà mentionné, le... Les arbres ont la capacité de
capter le CO2 et d'emprisonner le carbone. Puis ça, c'est toujours tiré, là, je... je ne suis pas une spécialiste,
mais je le lis, c'est écrit dans la politique : «...emprisonner le carbone
qui se trouve dans ce gaz à effet de
serre en partie responsable des changements climatiques.» Donc, les forêts
agissent comme un immense réservoir
de carbone soutiré à l'atmosphère et stocké dans le bois. Et ce carbone est
capté en forêt et conservé dans les produits faits de bois. Puis ça,
c'est pour la durée... toute la durée de leur vie. Donc... donc, finalement,
plus qu'on a de produits faits à base de
bois, bien, non seulement on encourage, on a des produits locaux, non
seulement, donc, on réduit les gaz à effet de serre pour le transport,
en plus, on réduit les gaz à effet de serre pour la production des matériaux en soi et, en plus, bien, on encourage,
dans le fond, la captation de carbone. Donc, c'est vraiment triplement
gagnant.
Et
on a une politique, mais, pour l'instant, on n'en voit pas encore les effets, et
je pense qu'on a une opportunité ici
de... Et c'est vraiment un... l'idée, c'est que ce soit un amendement qui
soit... qui favorise, donc, positif, il faut le voir positif, ce n'est pas contraignant... tout
simplement pour encourager plus de... Puis surtout on va commencer par des
grands bâtiments. On dit, là, la phase un, c'est ce qu'on parle, bien,
il faut aller là aussi, il faut aller là. D'ailleurs, j'avais... j'avais vu un projet d'hôtel, à Laval, qui
était... qui devait se faire en bois, 12 étages. Finalement,
malheureusement, il ne s'est pas construit. Il y a eu une circonstance
économique que... le promoteur n'a pas... n'a pas poursuivi le projet, mais... mais on doit... on doit aller davantage vers des
constructions en bois, et c'est une... c'est une façon d'encourager les... les
promoteurs ou les propriétaires à le faire. Voilà.
Le Président
(M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 10? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Merci beaucoup, M. le Président. Encore, je veux juste exprimer, sur le
fond de l'amendement, que je vais appuyer ma
collègue de Mille-Îles. Encore, comme le dernier amendement que nous
avons déposé, je pense, d'ajouter ça, c'est... dans le projet de loi,
d'ajouter l'amendement de ma collègue, c'est un signe positif à l'industrie du
bois ici, au Québec. On sait que, depuis plusieurs années, peut-être, on a
oublié le bois comme un matériel de construction qui a certains bénéfices pour
la société. Et c'est sûr que, quand je regarde la stratégie qui a été mise de l'avant par le gouvernement, il y a certains
éléments qui sont très, très intéressants, comme j'ai cité dans mon intervention
un petit peu plus tôt aujourd'hui. J'ai eu l'occasion de rencontrer les gens de
l'industrie de la forêt sur leurs produits qu'ils peuvent remplacer, comme de
l'acier dans un projet de construction. Et, quand je regarde la politique de le
gouvernement, des principes de la politique
sont basés sur le fait qu'il faut favoriser le développement économique du
Québec, de contribuer à la lutte contre les
changements climatiques, assurer la sécurité et de favoriser le bien-être des occupants, les bâtiments avec les... de bois,
miser sur le développement des connaissances et démontrer les bénéfices du
bois.
• (15 h 30) •
Moi, je regarde ça,
je... si je regarde les deux principes... que je peux faire le lien avec cet
amendement-là, c'est ceux de favoriser le développement économique du Québec puis
aussi démontrer les bénéfices du bois dans la partie de l'axe 5, qui est
de démontrer des bénéfices du bois dans notre stratégie du gouvernement. Axe n° 5, c'est le rayonnement de le produit d'ici. Alors,
quelle meilleure façon de rayonner des... l'industrie du Québec que de mettre un signal fort dans ce projet de loi qui est...
qui est relié à l'efficacité énergétique des bâtiments? Et, quand même, on
parle des critères de construction,
puis des cotes, et tout ça. Alors, ça, c'est une bonne façon d'encourager les
développeurs puis des constructeurs des tours, de regarder vers le bois
où et quand c'est possible, et avoir encore comme une mention spécifique dans
le projet de loi.
On a... Objectif
numéro 10, c'est d'accroître le nombre des bâtiments en démonstration en
bois, de... Objectif numéro 11, c'est de démontrer les bénéfices de
l'utilisation du bois dans la construction. Alors, encore, si je regarde les
objectifs de le gouvernement, c'est en lien avec l'amendement qui est déposé
par ma collègue. Je ne sais pas si mes
collègues connaissent le Centre d'expertise sur la construction commerciale du
bois, Cecobois, que j'ai eu le plaisir de rencontrer, comme j'ai
mentionné, c'était parmi les groupes que j'ai rencontrés quand j'étais
responsable pour le dossier de la forêt. Et eux autres ont toute une page sur
le... toute une... beaucoup d'informations sur leur site Web, puis il y a une page qui est dédiée à pourquoi
construire en bois, puis, je pense que c'est important pour les gens qui nous
écoutent, pourquoi c'est important de parler du bois. Alors, je vais expliquer
ça des experts directement.
Pourquoi construire
en bois? Bien, la construction en bois connaît un véritable essor au Québec et
ailleurs dans le monde. Le développement de
nouveaux produits performants, de nouveaux procédés et de nouveaux systèmes novateurs
ont contribué à l'utilisation accrue de ces matériaux dans la construction
commerciale, institutionnelle, industrielle et multirésidentielle. Intéressant,
ils ont un tableau avec les chiffres, M. le Président. Et c'est vrai que,
depuis 2017, on a doublé l'utilisation du bois dans la construction
résidentielle de quatre étages et moins.
Alors, on a au
minimum de plus en plus de bois québécois, mais il y a toujours beaucoup de
chemin à faire. La raison pourquoi utiliser le bois du Québec? C'est une
solution plus écologique. Les nombreuses caractéristiques environnementales du
bois en font un allié de taille dans la lutte contre les changements
climatiques. Son utilisation dans la
construction des bâtiments, un secteur qui génère énormément de gaz à effet de
serre, s'avère ainsi une solution sensée, appuyée par de nombreuses
recherches et groupes environnementaux. Un des aspects les plus positifs du
bois est le fait qu'il s'agisse d'une ressource renouvelable et exploitée de
manière durable au Québec. Le bois, le seul matériau issu d'une ressource
renouvelable, est géré d'une manière durable, les arbres, contrairement à des
autres matériaux qui sont issus des ressources non renouvelables. Le bois
provient de nos forêts. Les forêts québécoises sont parmi les mieux gérées au
monde et se régénèrent naturellement. Le bois s'avère donc un choix
écoresponsable et durable. C'est un matériau produit et récolté localement, une
chose qui est très importante.
Je pense que mes collègues
autour de la table ont probablement des entreprises qui sont directement dans
le domaine de l'industrie de la forêt ou, quand même, sont des entreprises, des
petites et moyennes entreprises, qui sont liées
avec l'industrie des forêts, ici, l'industrie forestière, ici, au Québec. On
sait qu'au Québec l'industrie compte sur 893 usines, puis c'est...
emploie, là, environ 37 000 personnes sur le territoire du Québec, M.
le Président. C'est une industrie, oui,
traditionnelle, mais énorme. Puis il y a environ 135 municipalités qui
sont liées, dépendant sur l'industrie forestière.
Alors, c'est sûr qu'une bonne gestion de la
forêt est très, très importante, mais, quand c'est bien fait, comme ma collègue a dit, c'est un matériau qui séquestre
le carbone. Quand on brûle le bois, ce n'est pas nécessairement une bonne
chose, mais, si on peut réutiliser les
arbres plus matures puis faire un système où on plante des arbres puis un autre
de... forêt pousse, ça, c'est où... Je comprends, dans leur site Web,
ça, c'est le cycle de vie sur comment c'est considéré comme un produit renouvelable. Puis encore, c'est très important, si on
regarde le tableau sur le site Web, c'est un matériau peu émetteur de
GES. On sait que c'est vrai avec l'acier puis le béton, ça prend beaucoup
d'énergie pour fabriquer ces deux
produits-là, mais le bois, ça prend beaucoup moins d'énergie pour récolter.
Alors, je pense que c'est des arguments qui sont pas mal solides, M. le
Président.
Puis, quand même, de plus en plus... je reviens
aussi à notre expert sur le sujet dans... écohabitation, il y a un article qui
explique, de plus en plus, quand même, des bâtiments qui sont à une plus grande
hauteur... le bois devient de plus en plus
une option intéressant. C'est sûr que ça va continuer de prendre recherche et
développement, mais, quand même, on
peut juste penser, dans les gros projets, si on est capables d'avoir plus des
produits du bois qui vient du Québec, pourquoi pas?
Alors, pour toutes ces raisons-là, M. le Président,
je vais appuyer l'amendement de ma collègue. Puis, je pense, c'est encore un
bon signe, quand on voit les producteurs, des acteurs dans le secteur de
l'industrie forestière, ici, au Québec... qu'on a mis quelque chose de concret
dans ce projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions à l'article 10 de la
loi édictée? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons mettre aux voix l'amendement à l'article 10 de
la loi édictée. Est-ce que l'amendement est...
Une voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Vote
par appel nominal. Mme la présidente... la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Dufour (Mille-Îles)?
Mme Dufour : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Pour.
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
M. Charette : Contre.
La Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
La Secrétaire : Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Contre.
La Secrétaire : Mme Grondin
(Argenteuil)?
Mme Grondin : Contre.
La Secrétaire : M. St-Louis
(Joliette)?
M. St-Louis : Contre.
La Secrétaire : Mme Zaga Mendez
(Verdun)?
Mme Zaga
Mendez : Pour.
La
Secrétaire : Et M. Jacques (Mégantic)?
Le Président (M. Jacques) : Abstention.
L'amendement est rejeté. Nous revenons à l'article 10 de la loi édictée.
Est-ce qu'il y a des intervenants? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Oui. Merci, M. le Président. J'avais une question. C'est le dernier... le
dernier alinéa de l'article 10, donc : «Un immeuble situé dans le
site patrimonial national déclaré par cette loi.» Est-ce qu'on réfère à
l'Assemblée nationale ici?
M. Charette :
...pour l'Assemblée nationale spécifiquement, mais je peux comprendre le
principe derrière cet élément-là. Lorsqu'il
y a un site qui est national, il y a des restrictions sur les bâtiments qu'il
comporte parce que ça pourrait dénaturer, justement, le site. Je pourrais vous
donner des exemples dans différentes régions. Pour l'Assemblée nationale,
on pourra vérifier, là, auprès de nos juristes, je ne suis pas un spécialiste
de la question, mais...
Une voix :
...
M.
Charette : On me dit que
oui. On me dit que oui, donc, la vérification n'a pas été longue, ça
s'appliquerait à l'Assemblée nationale.
Mme Dufour :
Bien, en fait, selon... selon nos recherches, là, il n'y a qu'un seul site
patrimonial national déclaré en vertu de la
loi, et c'est le site de l'Assemblée nationale. Donc, on fait une exception
particulière pour l'Assemblée nationale,
ce qui est quand même étonnant quand on veut être exemplaire et donner... Je
comprends qu'on ne veut pas dénaturer,
mais on devrait être les premiers exemplaires. Puis on le vit, à l'intérieur de
l'Assemblée, comment, des fois, on
gèle ou on a chaud à des moments que ça ne devrait pas. Donc, je voudrais
savoir, est-ce qu'on a une idée c'est quoi, les intentions qu'on vise pour
l'Assemblée nationale, exactement est-ce qu'il va être... dans quelle
catégorie, dans quelle phase il va rentrer et si on a estimé les coûts
que ça pourrait représenter pour se mettre aux normes?
• (15 h 40) •
M. Charette : On a mentionné, lors
d'échanges précédents, lorsqu'il est question de bâtiments patrimoniaux, il y a
possibilité de faire des exemptions, il y a possibilité d'établir les
règles différemment. On pourrait tout simplement, par exemple, recourir à un audit qui nous permettrait de déterminer
comment améliorer l'efficacité énergétique, sinon la performance
environnementale du bâtiment. Donc, il y a plusieurs options, là, qui s'offrent
à nous à ce sujet-là.
Mme Dufour :
Je vais juste répéter ma question. Je posais la question spécifiquement
pour le site de l'Assemblée nationale. Est-ce qu'on a... Est-ce qu'on sait dans
quelle... dans quelle phase il va se déployer? Est-ce qu'il est... dans quelle catégorie il rentre et, c'est ça, comme je le
disais, dans quelle phase, à quel moment puis si on a estimé les coûts
que ça pourrait représenter de le mettre aux normes, le bâtiment?
M. Charette : C'est une réponse à
laquelle... C'est à dire, c'est une question à laquelle je ne pourrais pas
répondre à ce moment-ci.
Le Président
(M. Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article? Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : ... à ce sujet, puis c'est correct si le ministre n'a pas de
réponse, là, mais je trouve ça intéressant de se poser la question de comment
ça va être appliqué à l'Assemblée nationale, comme exemple. Puis j'irai un peu
plus loin, là, en tout cas, je sais que ce projet de loi, on couvre plusieurs
bâtiments institutionnels, mais je pense que, dans le cas de l'Assemblée
nationale, puis peut-être que c'est des débats qu'on peut continuer à avoir
ailleurs, là, de... discussions avec le Bureau de l'Assemblée nationale du
Québec pour quand même être des leaders en termes de décarbonation, là. On le
sait... pour siéger au BAN, on le sait, qu'il y a plusieurs travaux qui sont
faits, comme... des coûts puis les
paramètres dont parlait le ministre en termes de... le classement patrimonial.
C'est toutes des choses à prendre en
considération, mais je pense que c'est un exercice d'étude de cas intéressant,
si jamais le ministre en a plus, d'information là-dessus.
M. Charette :
...bien de référer au BAN. C'est sans doute l'instance la plus appropriée,
là, pour mener ce type de réflexion là. Et
sinon, pour des bâtiments patrimoniaux ou des bâtiments d'exception, comme je
le mentionnais, avec un audit
particulier, même s'il n'y a pas d'assujettissement automatique à travers...
pour ce qui est de la performance environnementale, il n'est pas dit
qu'il n'y aura pas des attentes pour ces bâtiments-là, et un audit pourrait
nous permettre très, très certainement de
voir quels types d'améliorations pourraient être faites pour améliorer la
performance, là, du bâtiment qu'est l'Assemblée nationale.
Le Président
(M. Jacques) : ...d'autres... M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, c'est un sujet
intéressant, M. le ministre. Est-ce que votre ministère a été consulté sur les mesures d'efficacité qui sont nécessaires pour la
rénovation de le salon rouge? Est-ce qu'on va prendre l'exemple avec notre Chambre aussi,
l'Assemblée nationale? On veut une grosse rénovation, après ça, le salon bleu.
Est-ce qu'on va être l'exemple pour nos citoyens dans l'efficacité
énergétique avec nos rénovations?
M. Charette :
La réponse que j'ai donnée à la collègue de Verdun s'applique aussi.
Le Président
(M. Jacques) : ...M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à l'article 10 de la loi édictée... de l'article 1 de
la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'article 10 de la loi édictée. Donc, est-ce que
l'article est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) :
Adopté. M. le ministre, l'article 11 de la loi édictée.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Donc :
«11. Le gouvernement
peut, par règlement, déterminer les cas et les conditions selon lesquels le
propriétaire d'un bâtiment visé par une norme en matière de performance
environnementale doit obtenir, à ses frais, un rapport sur la performance
environnementale de son bâtiment réalisé par un organisme ou une personne
reconnue en vertu de ce règlement. Il peut également y déterminer les cas et
les conditions selon lesquels le propriétaire doit fournir ce rapport au
ministre.»
Commentaire.
L'article 11 vise à permettre au gouvernement de déterminer par règlement
les situations dans lesquelles un rapport portant sur la performance environnementale
d'un bâtiment pourrait être requis et dans quels cas celui-ci devrait être
remis au ministre. Ce type de rapport pourrait être utile au propriétaire d'un
bâtiment dont les caractéristiques sont atypiques et dont la performance...
pardon, environnementale est plus difficilement mesurable par le propriétaire lui-même et les travaux à
réaliser pour atteindre une norme fixée par règlement sont plus difficilement
identifiables.
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions
sur l'article 11 de la loi édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Donc, on dit ici,
dans les commentaires : «Ce type de rapport pourrait être utile au
propriétaire de bâtiment dont les caractéristiques sont atypiques et
dont la performance environnementale est plus difficilement mesurable.» Est-ce que ce... Ce que j'essaie de
comprendre... Est-ce que ça veut dire qu'il y a une frange de propriétaires de
bâtiments qui n'auraient pas à fournir un rapport et que c'est seulement une...
en fait, qu'une majorité de propriétaires de bâtiments n'auraient pas à fournir de rapport, mais qu'il y a
seulement une petite partie qui auraient des bâtiments à caractéristiques
atypiques qui auraient à le faire?
J'aimerais juste
entendre l'intention, parce que, quand on lisait le projet de loi, de prime
abord, évidemment, on n'avait pas les commentaires, on aurait pu penser que
c'était à peu près n'importe qui, là, qui aurait eu à fournir le rapport. Donc,
j'aimerais... j'aimerais entendre un peu plus de détails à ce sujet.
M. Charette :
...a raison, c'est pour une minorité de bâtiments, vraisemblablement des
bâtiments anciens, pour lesquels ce serait difficile, là, de procéder de façon
conventionnelle, et c'est là où il peut y avoir ce recours pour tenter d'identifier. Puis tout à l'heure on
parlait des mesures d'exception, j'avais d'ailleurs cité l'article en question,
pour se donner des outils à procéder
différemment, mais tout de même procéder, pour voir comment, ultimement,
améliorer, là, la performance environnementale du bâtiment en question.
Mme Dufour : Et
est-ce qu'on peut avoir des exemples de quels seraient des bâtiments avec
caractéristiques atypiques?
M. Charette :
Je ne pourrais pas identifier un bâtiment et son adresse précise, mais on
peut, par contre, mentionner vraisemblablement de vieux bâtiments qui, par leur
âge, leur complexité au niveau de la construction, nécessiteraient une approche différenciée. Mais je n'ai pas de bâtiment
patrimonial ou d'exemples précis à donner, là, mais on fait référence,
là, très certainement, à de vieux bâtiments.
Mme Dufour : Mais
on prévoit déjà des normes particulières, distinctes pour les bâtiments patrimoniaux,
donc en quoi l'article 11 va changer quelque chose, là? Juste bien
comprendre, là, la distinction entre l'article 10 et l'article 11.
M. Charette :
J'ai... j'essaie d'avoir les compléments d'information en même temps, j'ai
manqué...
Mme Dufour : Je
peux reposer ma question.
M. Charette :
...peut-être juste la fin de l'intervention. J'ai compris le début, mais
pas la fin.
Mme
Dufour : Parfait. Donc, j'essaie juste de comprendre, tu
sais, on prévoit déjà, à l'article 10, des mesures d'exception pour
les bâtiments anciens, les patrimoniaux, donc en quoi l'article 11 se
distingue de l'article 10?
M.
Charette : ...question. Donc, il peut y avoir une exception, mais
l'exception pourrait être déchargée de mesures
à prendre, tout comme le 11 permet de dire : Oui, c'est un bâtiment avec
des caractéristiques particulières, mais on veut quand même y travailler, trouver des façons de bonifier sa
performance environnementale. Et c'est là où on peut demander, là, qu'il
y ait une évaluation particulière qui soit faite. Donc, ce n'est pas une
décharge complète, c'est de dire : On
veut travailler à améliorer la performance environnementale de ce bâtiment-là,
mais à travers une approche qui est différente, compte tenu de ses
particularités.
Mme Dufour : Puis
on dit que ça doit être obtenu aux frais du propriétaire, à ses frais. En fait,
c'est ça, le propriétaire... c'est ça, c'est
le propriétaire qui doit obtenir ça à ses frais. Est-ce qu'on a une idée de ce
que ça implique, produire un rapport de cette nature-là, étant donné que
c'est atypique, comment ce serait fait puis à quels coûts on peut s'attendre?
M. Charette :
On ne pourrait pas, à ce moment-ci... Compte tenu que c'est atypique,
compte tenu qu'on ne sait pas ce qui serait
attendu et ce qui serait demandé, je ne peux pas transmettre d'évaluation de
coûts à ce moment-ci, mais, lorsqu'il est question d'évaluation pour évaluer la
cote, évaluer la performance environnementale, au départ, il est
possible qu'il y ait des frais pour les propriétaires, pour remplir leurs
exigences... leurs obligations, plutôt.
Mme Dufour : Mais on peut s'attendre que ça va être plus
fastidieux que les quatre heures qui étaient évaluées pour établir les
données pour la cote environnementale?
Des voix :
...
• (15 h 50) •
M. Charette :
...un complément d'information, là, qui ne répond pas spécifiquement à
l'article 11, mais qui peut quand même
donner une idée générale. Lorsqu'on est en présence d'un bâtiment, là, qui est,
normalement, au seuil de la SAP, donc de la sanction administrative pécuniaire
ou de la qualification... donc, ce n'est pas uniquement 11, mais c'est
quand même une belle indication, pour une maison unifamiliale, on peut estimer
des coûts entre 300 $ et 500 $. Pour
ce qui est d'un immeuble commercial, ça peut osciller entre 1 000 $
et 15 000 $. Et il y a des programmes d'aide qui sont
disponibles à travers, notamment ÉcoPerformance, pour assumer, là, une partie
de ces coûts-là.
Mme Dufour : Bien,
je vous remercie pour les chiffres. Et d'où viennent ces chiffres?
M. Charette :
Pardon?
Mme Dufour :
D'où proviennent ces chiffres?
M. Charette :
Des évaluations, là, qui ont été faites au niveau du ministère.
Mme Dufour : OK.
Puis ça, est-ce que ce sont des chiffres qu'on peut... qui peuvent être
partagés?
M. Charette :
On pourra très bien, effectivement, sans problème, transmettre
l'information, là, à travers le secrétariat.
Mme Dufour : Merci.
Puis je veux juste être certaine que j'ai bien compris, là. Pour le commercial,
vous avez dit...
M. Charette :
Bien, tout dépendant...
Mme Dufour : ...jusqu'à
15 000 $?
M. Charette :
11 000 $ à
15 000 $. Ça dépend de l'étendue des travaux, ça dépend ce qui est
attendu, ça dépend de la... bien, de l'ampleur de la tâche, en quelque
sorte.
Mme Dufour : Bien
là, on ne parle pas des travaux, là. Là, ici, on parle juste du rapport de la
performance.
M. Charette :
C'est ça. Bien, des... c'est-à-dire de la commande demandée pour réaliser
le rapport.
Mme Dufour : Donc,
un rapport pourrait coûter jusqu'à 15 000 $ pour une entreprise
commerciale.
M. Charette :
Bien, ça dépend de la grandeur du bâtiment. Si c'est un immense bâtiment,
ça peut être plus dispendieux, effectivement.
Mme Dufour : Et les aides financières qui sont... que vous
mentionniez, qui existent déjà, ça couvrirait combien, quel pourcentage
de ces sommes-là?
M. Charette : Ça
peut couvrir une grande partie de l'évaluation, tout comme la réalisation des
travaux, mais il y a une très grande partie
qui peut être assumée là, par les programmes disponibles, en plus de la
réalisation des travaux eux-mêmes.
Mme Dufour : L'enveloppe de...
l'enveloppe financière dont... que vous mentionnez, le programme...
M. Charette : ...
Mme
Dufour : ...ÉcoPerformance,
c'est doté d'une enveloppe, annuellement, de combien, pour avoir une idée?
M. Charette : Dans le dernier PMO,
on va trouver facilement...
Une voix : ...
M.
Charette : Quelques
centaines de millions. Et on me dit, là, c'est jusqu'à 80 % qui est
admissible, donc la majorité des coûts de préparation et de réalisation,
là, peuvent être assumés par le programme.
Mme Dufour : OK. Et ce programme-là
est destiné aux entreprises, principalement?
M. Charette : Aux entreprises,
effectivement.
Mme Dufour : Les municipalités n'ont
pas accès à ce programme-là aussi?
M. Charette : Les municipalités,
oui, aussi.
Mme Dufour : OK. Je vais aller voir
si d'autres collègues ont des questions puis je vais fouiller un peu.
M. Charette : Sans problème.
Le Président (M. Jacques) : ...sur
l'article 11 de la loi édictée? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. M. le ministre,
juste pour bien comprendre, on met les frais sur le dos des propriétaires des bâtiments. Un rapport sur la performance environnementale...
est-ce que nous avons une idée combien ça va coûter d'avoir un rapport?
Est-ce que c'est... ça va être similaire à un rapport d'un ingénieur sur les
structures d'un bâtiment?
M. Charette : Quel type de rapport?
Je n'ai pas compris.
M.
Kelley : Bien, j'imagine... Comme, des fois, il y a des
rapports des ingénieurs sur les structures d'un bâtiment, des fois,
quand un bâtiment doit être sur la fondation, etc., mais c'est juste de
comprendre... On va demander à des propriétaires
de payer pour un rapport. Est-ce que vous avez une idée combien ça va coûter
chaque fois ils se font demander de produire un rapport?
M. Charette : Bien, en fait, je
pense avoir répondu à la question de la collègue de Mille-Îles, qui semble être
la même question. Donc, tout dépendant du type de bâtiment, on s'attend à
quelques centaines de dollars. Si c'est davantage du commercial, tout dépendant
de la grosseur du bâtiment et de la complexité du bâtiment, ce serait entre
1 000 $ et 15 000 $, mais c'est la même question, là, qui a
été posée il y a quelques secondes à peine.
M. Kelley : Désolé, j'étais en train
de répondre à un courriel d'une citoyenne, mais merci beaucoup pour la réponse,
M. le ministre.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée de Mille-Îles. Juste ne pas oublier de s'adresser à la présidence et
non pas directement au ministre.
Mme Dufour : Merci, M. le Président,
du rappel. Je veux peut-être juste poser une question, parce qu'on m'a référée
à ÉcoPerformance, mais, quand je vais voir le programme, et peut-être que je ne
suis juste pas au bon endroit, là, mais ÉcoPerformance est offert aux
entreprises, etc., qui consomment des combustibles fossiles ou qui utilisent des procédés générant des émissions
fugitives de GES. Donc, ça ne semble pas être destiné à des bâtiments qui
seraient, par exemple, déjà, tu sais, à
l'électricité complète et qui seraient simplement des passoires, là, les
bâtiments, là. Je veux juste bien m'assurer, là, qu'il existe un
volet...
M.
Charette : Ce que la collègue mentionne est exact pour un
volet, mais il y a un volet Bâtiments, également, au niveau du programme
ÉcoPerformance.
Mme Dufour : Je ne l'ai pas vu.
Des voix : ...
M. Charette : ...transmettre le lien
plus spécifiquement, là, mais je confirme qu'il peut y avoir de la conversion énergétique à travers ÉcoPerformance,
mais volet plus général, qui couvre le bâtiment aussi. D'ailleurs, c'est
un programme qui est très sollicité par les entreprises et par les
municipalités.
Mme
Dufour : OK. Bien, s'il est très sollicité et très
facilitant, pourquoi les municipalités ont demandé à avoir une aide
financière pour accompagner ce programme-là?
M. Charette : Les municipalités
souhaitent, à juste titre, avoir des programmes qui leur sont... qui leur sont
disponibles, mais je peux confirmer que celui-ci est très sollicité par les
municipalités. On m'indique que, pour le volet Bâtiments, uniquement, il y a
155 millions, là, qui sont disponibles, actuellement.
Mme Dufour : Est-ce qu'on envisage
d'augmenter cette enveloppe? Ça, c'est annuel, hein?
M. Charette : Non, c'est à travers
le PMO, c'est sur cinq ans, mais ce que le PMO nous permet de faire et ce que l'on fait depuis trois ans... à chaque année,
il y a une mise à jour et il y a des programmes qui sont... qui peuvent être...
bénéficiés d'une version à l'autre. Donc, si on regarde, par exemple,
entre le PMO 1, PMO 2, PMO 3, il y a plusieurs programmes, là,
qui ont pu être modifiés, bonifiés au niveau de leur financement. Donc, c'est
l'agilité, là, que l'on s'est donnée. Et le
prochain plan de mise en oeuvre — c'est
la définition, là, de l'acronyme — c'est
pour le printemps prochain. Donc,
normalement, quelque part en avril, on va présenter la quatrième version, là,
du plan de mise en oeuvre.
Mme Dufour : Donc, on parle du
printemps 2024?
M. Charette : Exact.
Mme Dufour : OK. Et donc les sommes
pourraient être ajustées?
M.
Charette : On va préciser. À ce moment-ci, je ne peux pas
parler du budget, mais, à chaque année, il y a eu des ajustements au
plan de mise en oeuvre, autant au niveau du budget global que des mesures
elles-mêmes.
Mme Dufour : Mais là on comprend que
ce prochain plan de mise en oeuvre, les sommes qui vont y être allouées, ce sont les sommes qui seront
disponibles lorsque la phase I entrera en vigueur, et même la phase II, si je
ne me trompe pas, là. Il y a des groupes de bâtiments, là, qui vont...
qui vont être impactés par ce projet de loi là dès 2028, je crois 2027, même.
M.
Charette : C'est un programme qui est déjà disponible, avant
même... Parce qu'il y a des... il y a des propriétaires de bâtiments qui ont déjà voulu améliorer l'efficacité
énergétique de leurs bâtiments ou leur performance environnementale
avant même l'entrée en vigueur parce qu'ils y voyaient un intérêt possiblement
à réduire leurs coûts énergétiques, mais
c'est un programme qui va être effectivement maintenu et qui sera toujours
disponible, là, pour les phases qui vont officiellement entrer en
vigueur.
Mme Dufour : Bien, en fait, mon
commentaire concernait les normes coercitives dont vous parliez, et les
premières entreraient en vigueur en 2028 à l'institutionnel, les très grands
bâtiments, en 2029. Donc, le prochain plan de mise en oeuvre nous amènerait
jusqu'à 2029, donc les très grands bâtiments.
Est-ce que...
Je n'ai pas souvenir si on avait estimé les montants qui seraient requis, mais
on parle quand même de, bon,
1 000... 1 000, 12 000, 13 000 bâtiments, si on inclut
les institutionnels, qui seraient... c'est 5 000, en fait,
6 000 bâtiments qui seraient touchés. Donc, est-ce que l'enveloppe de
155 millions... Puis en considérant qu'il y a déjà d'autres personnes, d'autres groupes, d'autres propriétaires qui
sont en dehors de ces 6 000 là, qui seront visés par les normes
coercitives, est-ce qu'on estime qu'il va y avoir assez d'argent?
• (16 heures) •
M. Charette : La question est
pertinente. Ça permet d'amener une précision importante. Si on parle de
1 000 bâtiments, ça ne veut pas dire que ce sont les
1 000 bâtiments qui vont se retrouver sous le seuil ou sous la note
de passage et qui vont nécessiter des investissements. Donc, sur les 1 000
à ce jour, je ne serais pas en mesure de
vous dire le pourcentage précis qui seront... mais ce n'est pas 1 000, là,
c'est un pourcentage beaucoup plus petit que le 1 000 en question.
Et on peut penser que, pour chaque catégorie de bâtiments, c'est la même chose,
ce n'est pas l'entièreté des bâtiments qui seront sous le seuil ou à l'horizon
du seuil de la SAP et qui vont avoir à bénéficier de ces programmes-là ou qui auront des travaux à réaliser, mais ce que l'on
sait... Depuis les trois dernières années, chaque plan de mise en oeuvre
est l'occasion, là, de s'assurer de la performance des mesures qui sont mises
de l'avant. Et ÉcoPerformance est un
programme qui fonctionne bien et qui est apprécié autant des municipalités, là,
que des entreprises.
Mme
Dufour : Je dois mentionner, ce n'est pas tant les
1 000, mais il y a aussi les 6 000... les 5 000 bâtiments
institutionnels, là, qui vont être visés avant, donc, même avant les
1 000 très grands bâtiments. Et, parmi ces 5 000 là, je
suppose qu'il y a plusieurs bâtiments qui sont des bâtiments soit de santé ou
scolaires, qui, on le sait, ont des grands déficits, là, d'infrastructures, des graves
déficits d'entretien. Donc, on risque d'avoir des mises aux normes assez
importantes à mettre pour ces bâtiments-là. Est-ce qu'on l'a estimé,
considérant que l'État est probablement propriétaire d'une grande partie de ces
bâtiments-là?
M. Charette :
Comme je mentionnais, c'est vrai pour le 1 000, c'est vrai pour le
5 000, ce n'est pas l'entièreté de ce parc-là qui va nécessiter des
travaux parce qu'il serait sous le seuil ou à l'horizon du seuil, mais, oui, il y a des bâtiments publics qui, très
certainement, auront des améliorations à faire au niveau de la performance
environnementale, là, de bâtiments eux-mêmes, mais c'est l'évaluation qui va
permettre d'établir le nombre. C'est l'évaluation
qui va permettre d'établir la nature des projets qui seront nécessaires, mais,
aujourd'hui, je ne suis pas en mesure de vous dire de pourcentage.
Et c'est la raison
pour laquelle... On se demandait pourquoi des délais de cette nature-là,
pourquoi des délais avant d'avoir recours
aux SAP, par exemple, ou aux mesures coercitives. C'est que ça va prendre du
temps pour réaliser ces évaluations-là, et après seulement on aura une
idée, est-ce que c'est 5 %, est-ce que c'est 10 % de tel type de
bâtiments qui nécessiteront des travaux, mais, actuellement, il n'y a pas
d'évaluation, là, que je serais en mesure de communiquer à la commission.
Mme Dufour : Donc,
on n'a pas estimé, dans les bâtiments qui appartiennent à l'État, combien
auraient à se mettre aux normes, combien auraient besoin d'investissements, là,
pour être... pour atteindre la cote qu'on vise, là?
M. Charette :
...c'est-à-dire, on sait qu'on a
des bâtiments qui sont plus vieillissants et moins bien performants, mais l'évaluation exhaustive n'est pas faite à ce
moment-ci, et la cote n'est pas non plus arrêtée à ce moment-ci. Donc, c'est tous des éléments, là, qui seront réalisés
dans les étapes subséquentes, mais ce n'est pas... dans tous les cas, ce n'est
pas 100 % des bâtiments publics, de façon générale, ce n'est pas pour
100 % des bâtiments assujettis.
Mme Dufour : Mais
ça reste qu'on connaît quand même l'état des bâtiments.
Au niveau de
l'éducation, on a vu des échanges sur des bâtiments qui étaient cotés A à E, et
tous ceux qui disaient : Mon école est cotée E, elle a besoin... dans les
bâtiments de la Société d'habitation du Québec, cette même évaluation là a été faite pour les ensembles
immobiliers qui relèvent de la société d'habitation, la SHQ. Bref, les
hôpitaux, j'imagine qu'on a le même... un état de situation, tout de même, là,
des bâtiments. On n'a pas fait de simulation financière de ce que ça
pourrait impacter pour les 5 000 bâtiments institutionnels?
M. Charette :
...le déficit d'entretien général
qui peut... Dans le cas des écoles, par exemple, ce qui va déterminer la
cote qui est donnée, c'est la modernité — je vous donne un exemple, là — qui a
une incidence directe sur la cote du système
informatique de l'école. C'est certainement un facteur important pour
déterminer le degré de désuétude de l'école, mais que les ordinateurs
soient déficients, ça n'a pas d'impact sur l'isolation du bâtiment, par
exemple, donc ce n'est pas une cote qui est transférable, ce n'est pas un
indicateur de la performance environnementale du bâtiment. Donc, je ne pourrais
pas parler de pourcentage, à ce moment-ci, ou de montant qui serait... qui
serait en cause.
Mais, si on regarde,
par contre, le Plan pour une économie verte, il y a des objectifs qui sont
fixés pour les... pour les bâtiments publics au niveau de leur recours aux
énergies fossiles, pour la décarbonation de ces bâtiments-là. Donc, on sait effectivement quelle école, quel
hôpital est chauffé avec tel type d'énergie. Ça, c'est des informations que l'on
a. Mais on n'a pas établi la cote, on n'a pas établi, donc, quel sera... quel
sera l'impact précis de ces mesures-là sur les bâtiments publics, là,
directement.
Mme Dufour : Non,
j'imagine qu'on n'a pas l'impact précis. Mais, vous savez, en tout cas, nous,
quand on se lançait dans des projets, à la
municipalité, ou qu'on passait des règlements, on essayait d'avoir une idée de
l'impact que ça allait avoir sur la ville, évidemment les finances de la
ville, mais aussi les citoyens. J'ose espérer qu'il y a quand même une
simulation qui a été faite, même si elle n'est pas précise, mais d'avoir un
estimé «ballpark», d'avoir... et je m'excuse le mot anglais, là, un... Mon
Dieu! Je cherche un...
Une voix : ...
Mme Dufour : ...oui, «ballpark», un nombre, un grand nombre
pour avoir une idée de ça pourrait être entre ça et ça. J'imagine qu'on
a fait ça, sinon c'est un peu inquiétant, là.
M. Charette :
Ce n'est pas inquiétant, surtout que j'ai donné la réponse hier aussi. Là,
on a une analyse d'impact réglementaire
générale. Mais ce que j'ai mentionné hier à quelques reprises, c'est que, pour
chaque règlement, il va y avoir une analyse d'impact réglementaire spécifique.
Donc, c'est difficile d'évaluer un impact lorsque le règlement n'est pas développé. Donc, lorsqu'on sera à
développer un projet de règlement, pour chacun d'entre eux, il y aura une
analyse d'impact réglementaire spécifique. Donc, s'il est question, par
exemple, bien, un règlement sur... naturellement, sur la performance
environnementale, avec des spécifications précises sur l'isolation... et là il
va y avoir une analyse poussée qui sera...
qui sera établie, là, par nos spécialistes. Mais là on parle de pouvoir
habilitant, donc c'est une étape, là, qui
est subséquente puis qui va se faire, là, de façon rigoureuse et qui permettra
de déterminer l'impact de chacun des projets de règlement, là, qui
seront... qui seront ensuite étudiés.
Mme
Dufour : Merci, M. le Président. Auparavant, on parlait que, tant
qu'on n'avait pas les cotes, c'était difficile
de prévoir l'impact. Là, on nous dit : Bien non, en fait, il faut écrire
les règlements. Un coup qu'ils seront écrits, on pourra avoir une analyse de
l'impact. Est-ce qu'on aurait pu... qu'à prendre les données, faire la
déclaration obligatoire, avoir les données, et, par la suite, avec ces
données-là, être capables de faire vraiment une simulation et déterminer
réellement l'ensemble des règlements qui seront coercitifs? Là, on s'entend, il
y a des règlements qui pourraient être écrits
dès le début, mais est-ce qu'il n'y a pas des règlements qui devraient être
écrits seulement un coup qu'on aura le portrait
des... un coup la déclaration réalisée? Je me pose la question, là. Parce
qu'autrement on ne pourra pas vraiment avoir d'impact, d'avoir l'estimé
de l'impact réglementaire.
M. Charette :
Deux choses. Et la question est toute aussi pertinente, mais c'est la
raison pour laquelle on procède par étapes,
pour justement évaluer les impacts à chacune des fois. Mais, sinon, dans l'AIR,
de façon générale, il y a des
références, mais c'est à grande échelle. Je ne suis pas en mesure d'y aller,
là, de façon très, très précise, compte tenu que la réglementation n'est pas élaborée. Mais je regarde, là, du
coin de l'oeil, les pages 18 et 19, notamment, là, il y a des cas de figure ou, à tout le moins, des
approximatifs qui sont donnés, mais je ne peux pas, de façon plus précise,
donner davantage de précisions, mais ce sera le cas dans chacune des analyses
d'impact réglementaire spécifiques.
• (16 h 10) •
Mme Dufour : Donc,
si je comprends bien, si je résume, dans le fond, les règlements pourraient
être adaptés en fonction un peu de ce qui sortira... un coup que les données
seront captées, qu'on aura une idée du portrait réel, il y aura... dans le fond, là, les règlements vont
être évolutifs, si je comprends bien, et on s'ajustera, et que, si l'impact est
trop grand avec les règlements tels qu'ils ont été écrits, en fonction
des résultats des données, bien, il y aura un ajustement, peut-être, pour
étaler encore plus dans le temps les déploiements.
M. Charette :
Un exemple. Si on devait penser
obliger l'achat de matériaux québécois uniquement et que ça a un impact
réglementaire trop élevé ou des coûts trop élevés pour le constructeur ou le
propriétaire d'immeuble, c'est là où on
pourrait réévaluer l'approche. Donc, oui, c'est évolutif et, oui, chaque AIR va
amener un degré de précision qui nous permettra de déterminer :
Est-ce qu'on l'étique tel quel ou s'il n'y a pas lieu d'apporter des
modifications?
Mme Dufour : OK.
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 11
de la loi édictée? Donc, je mets aux voix l'article 11 de la loi édictée.
Est-ce qu'il est accepté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Maintenant, M. le ministre, l'article 12 de la
loi édictée.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
«12.
Le gouvernement peut, par règlement, déterminer les cas et les conditions selon
lesquelles une personne doit respecter une norme en matière de travaux
de construction.»
Commentaire.
Cette disposition a pour objet de permettre de déterminer par règlement quelles
personnes doivent respecter les
normes édictées en matière de travaux de construction. En effet, selon la
nature des normes, des personnes différentes pourraient être visées par
l'obligation d'en assurer le respect. Le propriétaire d'un bâtiment,
l'ingénieur responsable de la réalisation de
certains travaux ou un architecte ayant participé à la planification des
travaux sont autant d'exemples de personnes pouvant être visées par de
telles obligations.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 12 de la loi édictée? M. le
député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le ministre... M. le Président, on
commence avec vous toujours, c'est vrai, M. le Président et M. le
ministre. S'il y a des... Si le gouvernement a besoin... Si le gouvernement,
par règlement, peut déterminer des conditions selon... une personne doit
respecter les normes, est-ce que ça dit que, dans ce projet de loi, il y a des personnes qui ont le droit de ne pas respecter
les normes? Pourquoi on doit préciser que tout le monde doit respecter des règles?
Bien, peut-être... ça, c'est l'interprétation que j'ai présentement, qu'on a
besoin, peut-être, par règlement, de forcer des gens de respecter des
règlements. C'est juste de bien comprendre pourquoi c'est quand même nécessaire
de mettre ça dans la loi.
M. Charette :
Oui. Bien, encore une fois, on
est dans les pouvoirs habilitants, mais il faut le voir différemment. Si
pour l'application d'une norme en particulier, on a besoin d'un type ou d'une
catégorie d'emploi, c'est là où on pourra le préciser, ou pour une
vérification, il faut une catégorie d'emploi, c'est là où on pourra le
préciser. C'est la raison pour laquelle, là,
dans la dernière phrase du commentaire, on lit : Le propriétaire d'un
bâtiment, ça peut être... bien, en
fait, je vais passer à une phrase plus haut. «En effet, selon la nature des
normes, des personnes différentes pourraient être visées par l'obligation d'en assurer le respect.» Donc, ça, c'est la
phrase clé. On fait référence, par exemple, à l'ingénieur responsable de
la réalisation de certains travaux ou un architecte ayant participé à la
planification des travaux, c'est des
exemples, mais ça, c'est pour... si jamais on a une obligation, bien, il se
pourrait qu'on détermine qui sera en mesure de valider la réalisation
des travaux.
M.
Kelley : Alors, comme dans le cas on vient juste de discuter, des
bâtiments patrimonials, peut-être un exemple
qu'une firme de construction arrive avec une situation, ils sont en train de
faire une rénovation puis ils ne savent pas exactement comment ils
doivent respecter des normes, c'est comme... J'essaie de trouver comme un
exemple où c'est nécessaire pour le
gouvernement de demander à quelqu'un de respecter les normes, et peut-être,
dans un bâtiment patrimonial, c'est un exemple où c'est difficile de
respecter certaines normes en termes de matières de travaux de construction que
le gouvernement doit peut-être, par règlement, changer quelque chose. Est-ce
que ça, c'est un bon exemple?
Le Président (M.
Jacques) : ...consentement pour laisser la parole à Me Woitrin?
M. Kelley : Oui.
Le Président (M.
Jacques) : Consentement. Me Woitrin.
M. Woitrin
(Pierre) : Oui, bonjour. Pas besoin de me représenter, je suppose.
Le Président (M.
Jacques) : ...
M. Woitrin (Pierre) : OK. Parfait. Bien, en
fait, c'est aussi une petite technicalité légistique. Lorsque... Depuis le début, on parle de déclaration dans une
certaine mesure, on parle de cote dans une autre mesure, donc dans les
différents articles, donc 4, 6, puis
là on parle de normes. Autant la déclaration visait certaines personnes, autant
l'obligation d'obtenir une cote...
l'obligation reposait sur... en fait, sur les épaules du propriétaire de
transmettre sa cote ou d'obtenir une cote. Ici, on norme des bâtiments. Ça fait que, si on veut aller sanctionner
le non-respect d'une norme qui vise un bâtiment, on est obligé d'aller viser une personne et non pas le bâtiment en tant
que tel, parce qu'on ne peut pas saper un bâtiment, bien évidemment, on
ne peut saper qu'une personne. Ça fait qu'on va venir, dans les règlements,
déterminer les personnes qui vont avoir à respecter lesdites normes qui vont
être édictées dans le règlement visé à l'article 10.
M. Kelley : Et c'est quoi, la conséquence, M. le Président,
c'est quoi, la conséquence pour quelqu'un qui refuse de respecter des
normes?
M. Woitrin (Pierre) :
Les sanctions qui pourraient être prises... par exemple, les sanctions
administratives pécuniaires qui pourraient être prises en application des
règlements, prises en application de la loi, pourraient être imposées à ces
personnes-là.
M. Kelley : Je
n'ai pas plus de questions pour l'instant, M. le Président.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 12 de la loi édictée? S'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 12 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. L'article 13, M. le ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
«13.
Le gouvernement peut, par règlement, déterminer les cas et les conditions selon
lesquels le propriétaire d'un bâtiment visé par une cote de performance
environnementale établie en vertu de l'article 10 doit prendre des mesures
nécessaires pour assurer le respect de cette cote.
«Ce règlement peut
également prévoir les cas et les conditions selon lesquels le ministre peut
exempter un propriétaire de l'obligation
prévue au premier alinéa pour un motif d'intérêt public ou dans des
circonstances exceptionnelles,
notamment afin d'éviter un préjudice sérieux ou irréparable à un bâtiment, à
son propriétaire ou à son occupant.»
Commentaire.
Cette disposition vise à permettre au gouvernement de déterminer les situations
dans lesquelles le propriétaire d'un bâtiment visé par une norme de
performance environnementale doit, par exemple, effectuer des travaux ou installer des équipements permettant à
son bâtiment d'atteindre, à terme, la cote de performance déterminée par
règlement.
L'habilitation prévue
au deuxième alinéa permettrait par ailleurs au gouvernement de définir les cas
et les conditions selon lesquels un bâtiment
pourrait être exempté de l'obligation d'atteindre la cote de performance environnementale qu'un règlement lui impose
d'atteindre dans un délai donné. Cette exemption ne peut être octroyée
par le ministre que dans des circonstances
exceptionnelles déterminées par règlement du gouvernement. Un bâtiment ayant fait l'objet d'un sinistre important ou des coûts
de mise aux normes excessivement élevés en raison des particularités d'un
bâtiment, par exemple, pourrait justifier
qu'un propriétaire soit exempté de l'obligation de respecter la cote à atteindre
dans le délai déterminé par la norme.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des
interventions sur l'article 13 de la loi édictée? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Peut-être juste une précision, les circonstances
exceptionnelles, comment on va s'assurer qu'il n'y ait pas, dans
cette... ce libellé-là... Et je m'excuse, je ne veux porter aucune intention à
qui que ce soit, mais, vu mon expérience
lavalloise, je me dois de poser la question. Comment on va s'assurer qu'il n'y
ait pas de... qu'on n'utilise pas ce
libellé-là pour finalement faire du favoritisme et éviter à un ami ou peu
importe... qu'il n'ait pas à se
mettre aux normes versus d'autres qui auraient à le faire, qui auraient des...
et qui seraient comme similaires, une circonstance similaire?
M. Charette :
M. le Président, avec consentement, on irait avec...
Le Président (M. Jacques) : Consentement
pour laisser la parole à Me Woitrin? Consentement? Me Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Bien, donc,
essentiellement, je comprends que votre commentaire porte sur le deuxième alinéa de l'article 13. Les circonstances
exceptionnelles dans lesquelles le ministre va pouvoir exempter sont des
circonstances exceptionnelles qui vont devoir avoir été définies au
préalable par règlement du gouvernement. Donc, ça encadre et ça balise le
pouvoir du ministre de juger au cas par cas l'ensemble des cas. Le cadre se
retrouvera dans un règlement qui aura été approuvé, édicté par le Conseil des
ministres. Donc, lorsqu'on parle... prévoir les cas et les conditions selon lesquelles le ministre peut, ce
pouvoir-là, ces éléments-là se retrouveront au règlement du gouvernement.
• (16 h 20) •
Mme Dufour : OK.
Mais ça reste... En tout cas, il faudra le voir, ce règlement-là, et voir
comment il sera rédigé, parce que c'est quand même assez large, là, on dit...
tu sais, des sommes excessivement élevées en raison des particularités. Bon,
ça... Mais on parle, tu sais, que ça pourrait éviter... «...afin d'éviter un
préjudice sérieux [...] à son propriétaire
ou son occupant.» Il y a bien des cas que ça risque de causer un préjudice
sérieux, cette mise aux normes là. Donc,
comment on va s'assurer que ça ne soit pas, c'est ça, une échappatoire? Juste
dire «préjudice sérieux», ça ne me semble pas assez précis, là, et...
M. Charette :
...des cas plus précis, encore
là, ce n'est pas une exemption qui est éternelle ou permanente, hein, ça peut être une exemption dans les délais qui,
autrement, seraient prescrits. D'autres exemples : «Si, dans l'immédiat, on est en présence d'un propriétaire qui est en
situation de faillite ou d'insolvabilité...» On parlait déjà, dans le
commentaire, de bâtiments incendiés, on peut parler de bâtiments
gravement endommagés par une catastrophe naturelle ou encore une interruption de service prolongée en raison
d'une panne, protection de la valeur patrimoniale d'un bâtiment. Donc, ce n'est pas une exemption qui est permanente, qui
est circonstancielle et qui pourra être levée, là, après que le caractère
exceptionnel soit corrigé.
Mme Dufour : Je
comprends. Évidemment, il y a des circonstances exceptionnelles qui vont
rester, perdurer dans le temps, là, comme le caractère patrimonial. Mais c'est
juste que, de la façon qu'on l'écrit dans le règlement, on parle, tu sais, que c'est notamment afin d'éviter un préjudice
sérieux à son propriétaire ou son occupant. Ça semble... Tu sais, qu'est-ce qui est déterminé comme un
préjudice sérieux? Et, dans les commentaires, on dit : Bien, des coûts de
mise aux normes excessivement élevés. Bien,
il faudra qu'il y ait des barèmes, des pourcentages pour que... pour ne pas justement
que ça laisse place à l'arbitraire.
M. Charette :
Je suis tout à fait d'accord avec la collègue, mais, si on regarde la
première phrase, ça va être déterminé par règlement. Donc, ce n'est pas... ce
ne sera pas selon le bon vouloir du ministre, de façon subjective ou de façon... et je comprends l'exemple de la
collègue, de façon à favoriser les intérêts d'un individu ou d'une compagnie.
C'est des modalités qui seront précisées par règlement, donc publiquement
connues, un cadre de référence qui devra s'appliquer
à tous de façon uniforme. Donc, on ne veut pas, de façon indirecte, favoriser
ou de permettre un quelconque favoritisme, là, ça va être un cadre
réglementaire établi.
Mme Dufour : Merci
beaucoup.
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Oui. Mais aussi, quand je l'ai lu, là, j'ai eu les mêmes
questions que ma collègue, mais j'aimerais ça, entendre le ministre un peu
plus. On parlait des conditions... circonstances exceptionnelles, mais on parle
aussi... les motifs d'intérêt public, et tout cela va être déterminé par
règlement. Mais il y a beaucoup de choses ici
quand on parle de règlement, là, parce que, là, on commence à en accumuler, là.
C'est difficile, on va se le dire, de suivre qu'est-ce qui va être dans
quel règlement. Dans le cas du règlement qui va déterminer... qui va encadrer
les circonstances exceptionnelles d'exception, tout à l'heure, vous lisiez une
liste, est-ce que c'est un document que vous pouvez nous déposer, peut-être,
pour avoir plus de détails?
M. Charette :
Oui, c'est des exemples qu'on
peut effectivement transmettre au secrétariat, là, sans problème.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Et juste pour mieux comprendre, tout à l'heure, vous
avez dit que ça pouvait être très
circonstanciel. Est-ce que ça va l'être ou est-ce que c'est... ça se peut que
ça dure un an, deux ans, ou ça se peut que ce soit un délai plus long? Qu'est
ce qui nous assure que ce n'est pas juste quelque chose qu'on fait, une
exception, et, tout à coup, l'exception dure... elle perdure dans le
temps?
M.
Charette : Ça peut être circonstanciel, mais, si... bien,
c'est-à-dire, si la condition exceptionnelle prévaut toujours, ça va... ça peut
être aussi plus long. Si, par exemple, on est en présence d'un bâtiment dont le
propriétaire est en situation de faillite, bien, si le bâtiment n'est pas
racheté et si le bâtiment est à l'abandon, on a des cas où le bâtiment va
rester inutilisé sur une longue période de temps, voire des années, donc la
période d'application va vraisemblablement être plus longue. Mais le but n'est
pas de créer des exemptions pour créer des exemptions, ça va être déterminé,
là, dans le règlement, qu'est-ce qui pourra s'appliquer à pareille
circonstance.
Mme Zaga
Mendez : Donc, de ce que je comprends, les conditions... parce que, si
je relis le début de... de l'article,
pardon : «...les cas et les conditions selon lesquels le propriétaire
[...] doit prendre [les] mesures nécessaires pour assurer le respect de
cette cote», c'est-à-dire, dans ce règlement-là, il va y avoir aussi des
conditions pour lesquelles, par exemple, un
propriétaire viendrait voir le ministère en disant : Je n'arrive pas à
atteindre la norme x, j'ai besoin de plus de temps. Est-ce que c'est ça
que ça veut dire?
M. Charette :
Avec consentement, on pourrait permettre à maître de répondre.
Le Président (M. Jacques) : Pas
besoin de consentement, là, c'était mon erreur. Donc, Me Woitrin vous pouvez intervenir.
Mme Zaga
Mendez : On a déjà consenti.
Le Président (M.
Jacques) : Exactement.
M. Woitrin
(Pierre) : Le cas de figure auquel vous faites référence renverrait
plus, en fait, à la règle qu'on étudiera à
l'article 14, qui concerne le programme correcteur, qui est celui d'un cas
où effectivement un propriétaire peut venir, dans certaines conditions
déterminées, encore une fois, par règlement du gouvernement, soumettre un
programme correcteur en vue d'atteindre la norme en question.
Mme Zaga
Mendez : Parfait. Donc, il y a un autre règlement pour ça. Pour le 14,
ça, c'est une autre... c'est d'autres
pouvoirs habilitants dans le 14, pour le programme correcteur. Et, dans ce cas
là, dans le cas du 13, c'est pour avoir une exception à l'application de
la norme. C'est ça?
M. Woitrin (Pierre) : En fait, il faut voir une
complémentarité dans ces moyens-là, 13, le premier alinéa, le deuxième alinéa,
puis 14, le programme correcteur, ce sont des éléments... ce sont différents
instruments à la disposition du
ministre dans certains cas, du propriétaire dans d'autres, de pouvoir se rendre
à une cote qu'on verrait peut-être plus difficilement atteinte dans
certaines circonstances.
Mme Zaga
Mendez : Ça répond à ma question, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 13? S'il n'y a... M.
le ministre.
M. Charette :
Je le dis avec le sourire, la collègue de Verdun a mentionné un autre
règlement. Je veux juste rassurer tout le monde, ce n'est pas un article, un
règlement, là. Ce n'est pas l'intention du gouvernement. Pour couvrir
l'ensemble du projet de loi, on parle vraisemblablement de trois
règlements : un règlement sur la cotation, donc la divulgation, un autre règlement sur la performance
environnementale et, ultimement, un autre règlement sur le Code du bâtiment durable du Québec. Je veux juste
rassurer la collègue, on n'additionne pas les règlements au rythme des articles, là. Donc, vraisemblablement, c'est
ces trois règlements distincts là pour couvrir l'ensemble du projet de loi.
Mme Zaga Mendez : Je suis contente de le
savoir parce que je pensais... Peut-être que c'était moins clair au début, le
nombre de règlements qu'il allait avoir. Là, on comprend.
M. Charette :
C'est très pertinent de le rappeler, effectivement.
Mme Zaga
Mendez : Trois règlements. Dans chacun, on va donner des pouvoirs
habilitants qui vont dans ce sens-là. Donc,
vous avez dit : Un pour la cotation, deux sur les normes de performance
puis un troisième pour le code des bâtiments. C'est bien ça? Je pense
qu'on vient de l'apprendre. On n'avait pas eu cette information-à auparavant.
M. Charette :
C'est la loi qui donne les pouvoirs habilitants et c'est la réglementation
qui les applique, mais on a quelques
dizaines d'articles, on n'aura pas quelques dizaines de règlements, on en aura
vraisemblablement trois, là, pour couvrir, là, ces volets-là.
Mme Zaga Mendez : Et j'en profite parce
qu'on est là et on avait parlé hier, je pense, sur les délais. Est-ce que vous
comptez déposer ces trois règlements en même temps?
M.
Charette : Non. Ça ne sera pas simultanément. Là, on veut, le
plus rapidement possible, avoir un règlement sur le volet divulgation, cotation, étant donné que ça devrait
intervenir dès l'année prochaine, mais ce ne sera pas un dépôt simultané,
là, parce que ça correspond à des étapes différentes, tout simplement.
Mme Zaga Mendez : C'est de plus en
plus clair. On va chercher à chaque fois... bien, c'est quelque chose qu'on va
chercher à chaque fois, un bout d'information, donc qu'est-ce qui va être dans
le règlement, c'est quoi, les intentions,
c'est quoi, la structure. Là, on vient de comprendre qu'il y a trois
règlements, donc le premier, qu'on va l'attende dans la prochaine année, et les autres qui vont suivre selon les étapes.
On va continuer à aller chercher ces informations-là.
• (16 h 30) •
M.
Charette : Bien, c'est pour ça que les échanges sont
nécessaires et très constructifs. Mais, en même temps, ça a été mentionné aussi
au préalable, qu'ils ne seraient pas déposés simultanément. Encore tout à
l'heure, je disais qu'on va... c'est
évolutif, on va apprendre de l'expérience d'un premier règlement pour
développer le deuxième. Mais, à chaque fois qu'on a l'occasion
d'apporter ces précisions-là, c'est très pertinent.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Merci, M. le
Président. C'est une question en lien avec la phrase... mais la fin, la fin de
la dernière phrase de le deuxième paragraphe, entre un propriétaire et son
occupant. Je sais que, dans les commentaires, on
parle un petit peu des exemples d'une inondation ou quand même peut-être un
feu, mais, bref, comment est-ce que vous, M. le ministre, envisagez de
déterminer... je ne peux pas nécessairement utiliser le mot «blâme», mais en
quels termes est-ce que ça va être nécessaire de dire que ce n'est pas la faute
du propriétaire, mais c'est la faute de son occupant? Et comment ça... ça
marche-tu aussi un petit peu avec le Code civil, en termes de les
responsabilités d'un loyer, les
responsabilités d'un propriétaire envers un occupant d'un bureau dans un
bâtiment? J'essaie juste de comprendre pourquoi cette distinction est
là, que le gouvernement peut mettre le blâme sur un occupant quand c'est
quelqu'un qui loue juste un espace dans un bâtiment.
M.
Charette : Peut-être juste préciser, c'est peut-être une
compréhension, là, qui doit être précisée, justement, c'est... ce n'est
pas en cas de responsabilité, mais en termes de préjudice à l'occupant. Donc,
si un occupant du bâtiment subissait un
préjudice important, c'est là où il y a une mesure, là, qui pourrait
s'appliquer. Donc, ce n'est pas parce que l'occupant serait responsable ou que
le propriétaire serait responsable. Si ce qui est demandé occasionnerait
un préjudice trop important, c'est là où on
peut aller de l'avant. Si, par exemple, ça compromettait les droits de
l'occupant ou pour le propriétaire, tout à l'heure, on disait : Si
le propriétaire est insolvable, on aura beau lui exiger des travaux, il ne sera
pas en mesure de les réaliser. Mais, dans les deux cas, on peut penser à des
situations qui sont circonscrites dans le
temps, là, c'est... Si jamais le propriétaire actuel est en situation de
faillite, bien, vraisemblablement, ultimement, soit qu'il régularise sa situation, soit qu'il perd le bâtiment. Si le
bâtiment change de main, bien, l'exception ne s'appliquera pas au
prochain propriétaire, là. C'est là où on dit : Ce n'est pas une exception
qui est forcément permanente, là, dans le temps, là.
M. Kelley : Parfait. Je pense que
c'est un petit peu plus clair. Parce que je peux juste, M. le Président, penser
à... dans les parcs industriels, il y a
plein des entreprises qui louent un bâtiment au complet de quelqu'un. Alors, si
jamais il y a des exigences de faire
des rénovations ou d'améliorer le code de le bâtiment et il y a un conflit où,
quand même, un propriétaire refuse de faire ça... Pour moi, c'est plus
clair maintenant, alors merci beaucoup, M. le ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 13 de
l'article 1 de la loi édictée? M. le ministre.
M. Charette : ...un commentaire à
titre d'exemple. Si on a un bâtiment avec plusieurs locataires, mais que les travaux sont à ce point importants et que ça
nécessiterait l'éviction sur une longue période de temps de l'ensemble des
résidents, c'est là où on comprend qu'il va peut-être y avoir des délais supplémentaires
de possible, qu'il pourra y avoir peut-être
des étapes, et non pas avoir à tout faire en même temps, ce qui pénaliserait, peut-être, plusieurs,
plusieurs dizaines de résidents, là.
C'est dans ce... dans ce sens-là, là, qu'on... qu'on se donne cette possibilité
à travers l'article 13.
Le Président (M. Jacques) : OK.
Merci, M. le ministre. Pour votre information, le ministre a transmis une liste
d'exemples probants, là... probables de motifs justifiant une exemption, et
vous l'aviez... vous l'avez maintenant sur
Greffier, aux membres... c'est les membres de la commission qui peuvent en
bénéficier. Donc, est-ce que l'article 13 de la loi édictée est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 14 de l'article 1 de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le
Président. Donc, 14 :
«Lorsque le
propriétaire d'un bâtiment démontre au ministre qu'en raison de circonstances
exceptionnelles son bâtiment ne pourra pas atteindre la cote de
performance environnementale applicable, il peut soumettre au ministre, selon les conditions et
les modalités prévues par règlement du gouvernement, un programme correcteur
par lequel il s'engage à prendre des dispositions afin que cette cote de
performance environnementale soit atteinte dans un délai raisonnable.
«Le ministre peut
approuver le programme correcteur, avec ou sans modification, y prescrire toute
condition, toute restriction ou toute interdiction ou refuser d'approuver le
programme correcteur.
«Durant la période du
programme correcteur, le [programme] n'a pas à se conformer à la norme visée
par le programme.»
Le commentaire.
L'article 14 établit le cadre applicable au programme correcteur en
application duquel un propriétaire s'engage à prendre certaines mesures pour
atteindre une cote de performance environnementale prescrite pour son bâtiment
dans un délai raisonnable. Ce programme est soumis au ministre par le
propriétaire d'un bâtiment qui fait la démonstration qu'en raison de
circonstances exceptionnelles il ne pourrait atteindre la cote de performance
qu'il aurait normalement dû atteindre. Ces circonstances exceptionnelles
pourraient résulter, notamment, de barrières techniques particulières en lien
avec la complexité, ou la vocation atypique du bâtiment, ou encore d'un
sinistre important subi par le bâtiment. Le
ministre peut modifier le programme correcteur qui lui a été soumis afin qu'il
réponde davantage à ce qu'il est raisonnable d'attendre d'un
propriétaire d'un bâtiment placé dans ces circonstances. Le troisième alinéa
prévoit que le propriétaire ne peut être sanctionné en raison de son infraction
à la norme pendant toute la durée du programme correcteur. Et, grosso modo, on
revient aux explications de notre juriste il y a quelques secondes... bien, pas
secondes, mais quelques minutes, tout juste.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 14 de la
loi édictée?
Mme Dufour : Je
comprends que c'est... Quand je lis ça, ça me fait penser à la fonderie Horne,
programme correcteur pour atteindre une
norme, mais on... dans le fond, on pourrait... on donnerait un certain délai au
propriétaire et peut-être, même, on repousserait le moment qu'il
atteindrait la norme. Donc, c'est ce que je comprends, là.
M. Charette :
Honnêtement, je suis incapable de faire un parallèle avec la fonderie Horne
avec l'article 14. Je ferais beaucoup
d'efforts que je nous ramènerais au refus des gouvernements précédents de
procéder à ce niveau-là.
Mme Dufour : M.
le Président, je voudrais simplement mentionner que le document que vous avez
soulevé, qui avait été ajouté, est exactement identique au document que nous
avions déjà reçu, qui avait été déposé ce matin. Donc, le... le nom est
différent, mais c'est exactement le même document. Donc, je...
Le Président (M. Jacques) : ...dans
Documents distribués. Pardon? Il y a une liste dans Documents distribués, que
la secrétaire m'informe.
Mme Dufour : Oui. Exact. Et, comme je dis, ils sont identiques.
Donc, il y a un CTE-028 puis il y a Intentions réglementaires déposé, ce
sont... c'est exactement le même document.
Le Président (M. Jacques) : Mme
la secrétaire va aller vous voir pour vous montrer les documents en question.
Mme Dufour : Peut-être
nous l'expliquer, parce que, j'imagine, je ne suis pas la seule à les chercher.
Le Président (M.
Jacques) : Bien, écoutez, là, j'essaie de... d'aller voir...
Mme Dufour : Ils
sont dans le Documents déposés?
Une voix : Non.
Mme Dufour : Distribués.
C'est où, ça? Documents distribués?
Le Président (M.
Jacques) : Documents... Documents distribués et non pas déposés.
Mme Dufour : Excusez-moi.
OK, distribués, mais il y a... il y a deux documents qui sont identiques dans
Documents déposés, je le souligne. OK. Parfait. Merci.
Le Président (M.
Jacques) : On peut suspendre quelques instants, on va... Nous allons
aller chercher les documents pour spécifier où elles... où ils sont, où ils se
trouvent.
(Suspension de la séance à
16 h 39)
(Reprise à 16 h 42)
Le Président (M.
Jacques) : Nous reprenons nos travaux, et est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'article 14 de l'article 1 de la loi édictée?
Donc, nous allons mettre aux voix l'article 14 de la loi édictée. Est-ce
que l'article 14 de la loi édictée est adopté... Mme la députée.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. J'avais juste une question, je me l'étais notée, mais je
l'avais... je ne la voyais pas. Dans le
fond, «dans un délai raisonnable», je voudrais juste savoir c'est à quoi qu'on
fait référence, tout simplement.
M.
Charette : Le délai raisonnable va s'appliquer ou va se
définir selon le travail ou l'ampleur de la situation qui est en cause. Donc, je ne peux dire de façon
générique : Ça va être un mois, ça va être deux mois, ça va être six mois.
Ça va devenir des cas... ça va être évalué selon le cas spécifique, tout
simplement.
Mme Dufour : Donc, c'est ça, ça fait
que ça pourrait varier grandement d'un cas à l'autre.
M.
Charette : Exact. Exact. Puis on précise aussi à travers le
commentaire que ce n'est pas infini, là, il faudra le justifier, ce délai-là. Et le ministre a même
la possibilité de dire : Bien, c'est trop long, là. Ce qui est demandé par
le propriétaire, le programme correcteur, là, peut être... qui est proposé par
le propriétaire peut être modifié par le ministre.
Mme Dufour : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons mettre l'article 14 de
l'article 1 de la loi édictée aux voix. Est-ce que l'article 14 de la
loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
L'article 15, M. le ministre, de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le Président.
En cas de non... le 15, donc :
«En cas de non-respect important ou répété du
programme correcteur de la part du propriétaire, le ministre peut y mettre
fin.»
Donc, article 15, l'article 15 prévoit
qu'un manquement important ou répété à un programme correcteur par le propriétaire visé peut conduire le ministre à
mettre fin à ce programme correcteur. Le fait de ne pas avoir réalisé les travaux
qu'il s'était engagé à réaliser ou d'avoir souscrit à un programme d'aide
financière auquel il s'était engagé à souscrire sont autant de manquements
pouvant faire l'objet d'une telle sanction par le ministre.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Quand on lit la... l'article 15, il est très, très court, et ça se termine en
disant : «...le ministre peut y mettre fin.» Quand on lit les
commentaires, on parle que ça pourrait faire l'objet d'une telle sanction par le ministre. Mais, dans
l'article 15, on ne parle pas de sanction, on dit juste : Le ministre
peut mettre fin au programme correcteur. Donc, quand... quand on lisait le
projet de loi, à l'origine, bien, on se demandait : Bien, on met fin à quoi? Au programme correcteur? Ça implique
quoi? De faire les travaux? C'est une obligation, de faire les travaux? Il me semble qu'il manque un petit quelque chose
ici pour le spécifier. Et même les commentaires, là, ne semblent pas complètement en adéquation avec ce qu'on lit à
l'article 15. Donc, peut-être j'aimerais vous entendre davantage là-dessus.
M. Charette : Oui. Bien, en fait,
s'il n'y a pas de programme correcteur, c'est que c'est la norme qui doit
s'appliquer avec les délais qu'elle implique. Le programme correcteur, c'est
un... c'est une... c'est un privilège qui est consenti pour donner, par
exemple, plus de temps, mais, si le propriétaire ne respecte pas les
engagements qu'il avait pris, parce que c'est un engagement, aussi, le
programme correcteur, donc, si le propriétaire ne s'engage pas à respecter le... je dis entre guillemets, là, pas
au sens juridique, mais ça pourrait pratiquement avoir une valeur juridique,
le contrat ou le privilège qui lui est donné, bien, il perd ces... ces
privilèges. Et c'est là où la norme s'applique avec les délais, avec les sanctions potentielles également. C'est tout simplement
pour dire que le programme correcteur, ce n'est pas... j'emploie l'expression
qui n'est certainement pas la bonne, mais ce n'est pas le passe-droit absolu,
ce n'est pas un bar ouvert, il est tenu de respecter des conditions, et, s'il
ne les respecte pas, c'est là où il perd le privilège, là, de son
programme correcteur.
Mme Dufour : Merci pour les
explications. C'est très clair.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 15 de la loi édictée?
Donc, est-ce que l'article 15 de la loi édictée est adopté?
Des voix : ...
Mme Zaga
Mendez : Désolée. Est-ce qu'on peut encore poser des...
Désolée. Parce que je voyais mettre aux voix puis je cherchais mon
commentaire. Je m'excuse.
Peut-être vous l'avez dit tout à l'heure.
Autre... Quand on dit «mettre fin», puis là vous donnez des exemples concernant
l'aide financière auquel le propriétaire s'est engagé à souscrire. Est-ce que,
quand on dit «mettre fin au programme correcteur», ça, ceci, ça implique de
facto, rapidement... si le programme de l'aide financière, il n'avait pas fini, est-ce que le programme d'aide financière est
aussi arrêté? Est-ce qu'il y a des conséquences en termes de remboursement ou
autres?
M. Charette :
C'est des modalités, là, qui pourraient être précisées dans... dans le...
dans le règlement. Et l'exemple qui était donné, c'est aussi, s'il s'était
engagé à souscrire à un programme d'aide financière et qu'il ne l'avait pas
fait, à savoir, s'il y a souscrit, qu'il ne respecte pas les modalités, est-ce
qu'il doit rembourser, est-ce que le solde est... Bref, il peut y avoir plein
de modalités. Mais, généralement, quand qu'il y a un programme d'aide, une convention, aussi, qui accompagne l'aide, et la
convention détermine les conséquences en cas de non-respect, donc c'est à
voir, là. Mais l'aide... lorsqu'une aide
financière, il y a une convention avec des conditions, là, qui est généralement
signée...
Mme Zaga
Mendez : Bon, merci, M. le Président. Désolée.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée de Verdun. Est-ce que l'article 15 de la loi édictée
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Donc, M. le ministre, l'article 16 de la loi
édictée.
M. Charette :
Merci. Article pour lequel j'aurai un amendement. Donc, j'y vais avec la
version originale? Est-ce que ça...
Le Président (M.
Jacques) : L'article original suivi de l'amendement et l'explication
des deux.
M. Charette :
Parfait. Avec plaisir. Donc :
«16.
Les articles 7 à 9 s'appliquent à une décision prise en application du
deuxième alinéa de l'article 14 ou de l'article 15 avec les
adaptations nécessaires.»
Le
commentaire. L'article 16 renvoie aux articles applicables au processus de
révision de la cote de performance environnementale
attribuée par le ministre. La décision de modifier, de refuser ou d'assortir un
programme correcteur de conditions,
restrictions ou d'interdictions ainsi que la décision d'y mettre fin sont des
décisions administratives dont... devant faire l'objet de toutes les
garanties que les principes de justice administrative offrent à un administré.
C'est le cas, par exemple, de la possibilité pour l'administré de pouvoir
présenter ses observations et disposer d'un délai de 60 jours pour ce faire ainsi que de demander que la décision soit
révisée. La décision révisée doit par ailleurs être inscrite et motivée
ainsi que mentionner le droit de l'administré de la contester devant le Tribunal
administratif du Québec.
Donc, c'étaient
l'amendement et le commentaire original. Ce serait plutôt remplacé par
celui-ci. Donc :
Remplacer
l'article 16 de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments,
proposé par l'article 1 du projet de loi, par le suivant :
«16. La décision
prise en application du deuxième alinéa de l'article 14 ou de
l'article 15 est notifiée au propriétaire
du bâtiment et peut, dans les 30 jours de sa notification et selon les
modalités déterminées par règlement du gouvernement, faire l'objet d'une
demande de révision.»
L'amendement suggéré
vient ajuster le titre en raison des amendements aux articles 7, 8 et 9 de
la Loi sur la performance environnementale des bâtiments. En raison de ces
amendements, il est devenu nécessaire de préciser quel chemin empruntera la
révision de la décision du ministre en ce qui concerne le plan correcteur.
On se souvient, c'est
un échange qu'on a eu hier. Donc, on a adopté l'article 7 amendé, ce qui
nous a amenés à abroger les articles 8
et 9 par la suite. Donc, c'est la conséquence, c'est la suite logique, là, de
cette... de cette... de ces adoptions, là, qui ont eu lieu hier.
• (16 h 50) •
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 16 amendé?
M. le député, l'amendement de l'article 16.
M. Kelley : Oui,
M. le Président, c'est juste de mieux comprendre un petit peu, M. le ministre,
le processus. Alors, pour un propriétaire
d'un bâtiment, s'ils sont ne pas satisfaits avec une décision rendue par votre
ministère sur leur cote, est-ce que
c'est juste... ça prend comme un courriel pour indiquer qu'ils vont contester,
demander une révision ou est-ce que
c'est comme plus un... un processus plus légal qu'ils doivent déposer, comme un
document légal? C'est juste pour quelqu'un qui, un jour, va décider
d'aller de l'avant avec une révision, une demande de révision? C'est quoi le
processus exactement? Est-ce qu'il va passer par un site Web?
M. Charette :
Je vais... Bien, en fait, on a déjà
le consentement, mais, pour ce qui est de la procédure ou de la démarche
à suivre, notre collègue est mieux placé, là, de répondre.
M. Woitrin
(Pierre) : Oui, bonjour. Peut-être un élément de clarification.
Premièrement, on n'est pas au niveau de la
cote et de la révision de la cote en ce qui concerne... on est vraiment dans la
section... dans les dispositions sur
le programme correcteur. Donc, on est... on est dans un type de décision qui
est différente que celle de la... de la cote qu'on a examinée un petit peu... un petit peu plus haut. Concernant la
formalité, habituellement, c'est un formulaire de... de demande de
révision qu'on... que l'administré remplit, là, mais je n'ai pas plus
d'information sur la formalité administrative en tant que telle.
M. Kelley : Puis
est-ce que les 30 jours, c'est le début, c'est la date que... c'est la
date où le propriétaire a reçu, comme, l'avis, comme... question, c'est
comme... 15 jours après qu'il y ait eu, comme, une décision. Je comprends
que, comme, ils ont 30 jours pour faire une demande de révision,
mais c'est quand, le point de départ? Est-ce que c'est le moment qu'il... reçu
comme une décision puis il dit : OK, c'est la date indiquée sur la lettre
le gouvernement ou c'est vraiment... Tu
sais, encore, je te comprends, là, le délai de 30 jours, on ne veut pas
que ça arrive que le propriétaire... oublié le document, ou un courriel, ou quelque chose comme ça, le courrier dans
la boîte, et après ça, il a dit : Oh mon Dieu! Je dois faire une
demande de révision. C'est juste de comprendre aussi le... un petit peu le
délai, ça commence quand exactement, les 30 jours.
M.
Woitrin (Pierre) :
Donc, on parle des 30 jours de la date de
notification de la décision?
M. Kelley :
C'est ça, oui.
M. Woitrin
(Pierre) : Ça fait que la notification, après ça, pour le... ce que
signifie la notification, il y a... je pourrais
me renseigner, si vous voulez, mais des règles, dans le Code de procédure
civile, qui... lorsqu'on reçoit, il y a des présomptions de date
lorsque... mais j'en ai assez dit, je pense.
M. Kelley : Parfait.
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 16 de la loi édictée? Pas d'autres interventions.
Est-ce que l'amendement à l'article 16 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. Nous revenons maintenant à l'article 16
amendé. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 16 de la loi
édictée amendé? Donc, s'il n'y a pas d'intervention, est-ce que
l'article 16, amendé, de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. M. le ministre, l'article 16...
Des voix : ...
Le Président (M.
Jacques) : ...il y a une introduction d'article à 16.1. M. le
ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Donc :
Insérer,
après l'article 16 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments, proposé par l'article 1 du projet de loi, le
suivant :
«16.1. La demande de
révision doit être traitée avec diligence.
«Après avoir donné au
demandeur l'occasion de présenter ses observations et, s'il y a lieu, de
produire des documents pour compléter son
dossier, la personne chargée de la révision décide sur dossier, sauf si elle
estime nécessaire de procéder autrement. Elle peut alors confirmer la
décision qui fait l'objet de la révision, l'infirmer ou la modifier.
«La décision doit
être écrite, motivée et notifiée avec diligence au demandeur. Elle doit
mentionner le droit du demandeur de contester la décision devant le Tribunal
administratif du Québec.»
Le commentaire. Cet
amendement encadre la procédure relative à la révision administrative des
décisions du ministre en ce qui concerne les
plans correcteurs. Il prévoit ainsi que la révision d'une telle décision se
fait sur dossier, c'est-à-dire sans
audition, considérant que la personne aura eu l'occasion de présenter ses
observations et de produire des documents au soutien de celles-ci.
Il prévoit par
ailleurs que le demandeur d'une révision puisse contester la décision de
révision devant le Tribunal administratif du
Québec et être informé de cette possibilité. Le contenu de cette disposition
prévoit les obligations applicables en matière de justice administrative
prévues aux articles 4 et 7 de la Loi sur la justice administrative.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions sur... Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. Juste pour bien comprendre, là, lorsqu'on... le ministre
mettrait fin, par exemple, avec l'article 15, à un programme correcteur,
il y aurait un processus de contestation ou de demande de révision, et c'est ce
qu'on vient... on voit ici, à l'article 16.1. Est-ce que c'est bien... ma
compréhension est la bonne?
M. Charette :
Exact, et c'est une procédure,
là, qui est en respect et qui est celle, en quelque sorte, là, de la... de la
Loi sur la justice administrative. Donc, c'est assez standard, il y a une
décision qui est rendue, mais il y a une possibilité pour l'administré
ou l'assujetti de la contester à travers, là, ce qui est défini, là, dans
l'article en question.
Mme
Dufour : OK. Et j'apprécie le fait qu'on précise qu'on doit
mentionner le droit du demandeur de contester la décision devant le Tribunal administratif du Québec, là, c'était une
préoccupation que j'avais soulevée précédemment. Donc,
je... c'était peut-être déjà prévu comme ça, mais c'est... ça... ça montre...
Tu sais, je comprends que l'objectif du bureau de révision, c'est de réduire le
cas... les nombres de cas qui s'en vont au Tribunal administratif du Québec,
mais il faut quand même que les gens soient au courant de leurs droits.
M. Charette :
Exact. Tout à fait.
Mme Dufour : Alors,
c'est apprécié.
Le Président (M.
Jacques) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'amendement introduisant l'article 6.1
de la loi édictée? Il n'y a pas d'autres interventions. Donc, est-ce que
l'amendement introduisant le nouvel article 16.1 de la loi édictée
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
le nouvel article 16.1 est adopté. M. le ministre, l'introduction de
l'article 16.2 de la loi édictée.
M. Charette :
Qui est aussi sous forme
d'amendements qui ont été déposés hier ou avant-hier... hier, plutôt.
Donc :
Insérer, après
l'article 16.1 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments, proposé par l'article 1 du projet de loi tel qu'amendé, le
suivant :
«16.2. Le recours
devant le Tribunal administratif du Québec doit être formé dans les
30 jours qui suivent la notification de la décision contestée.
«Le Tribunal peut
confirmer, infirmer ou modifier la décision contestée.»
Donc le commentaire.
L'article 9 prévoit que le délai pour porter en appel de la décision de
révision est de 30 jours suivant la notification de la décision contestée
et que le Tribunal administratif du Québec peut confirmer, infirmer ou modifier
la décision de révision contestée.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'introduction
de l'amendement et l'article 16.2? Il n'y a pas d'intervention. Est-ce que
l'amendement introduisant le nouvel article 16.2 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
le nouvel article 16.2 de la loi édictée est adopté. M. le ministre,
l'article 17.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Donc :
«Le ministre tient un
registre en matière de performance environnementale des bâtiments qui contient
les renseignements déterminés par règlement du gouvernement.
«Les renseignements
contenus dans le registre ont un caractère public.
«Malgré le deuxième
alinéa du présent article et l'article 9 de la Loi sur l'accès aux
documents des organismes publics et sur la
protection des renseignements personnels, nul n'a droit d'accès à l'adresse de
l'établissement ou du lieu d'une personne qui offre des services
d'hébergement ou des services d'aide aux personnes victimes de violence et
d'une personne qui regroupe des personnes ou des groupements de personnes
offrant de tels services.»
Commentaire. Selon
l'article 17, le ministre a l'obligation de tenir un registre en matière
de performance environnementale des bâtiments. Il revient au gouvernement de
déterminer par règlement quels renseignements doit contenir ce registre. Comme le prévoit le deuxième alinéa, les
renseignements contenus dans le registre ont un caractère public. Le troisième alinéa offre par ailleurs une
protection de certains renseignements concernant les établissements ou les personnes
offrant des services d'hébergement ou des services d'aide aux personnes
victimes de violence, notamment.
• (17 heures) •
Le Président (M.
Jacques) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions
sur l'article 17 de l'article 1 de la loi édictée? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. D'abord, j'aimerais peut-être poser des questions sur le
deuxième... le deuxième paragraphe de
l'article où on dit qu'ils sont... les renseignements sont contenus dans le
registre, qui ont... les renseignements contenus dans le registre ont un
caractère public. Comment est-ce que ce... ce registre sera... on pourra y
accéder? Et, en fait, c'est ça, je voudrais d'abord connaître le moyen d'y
accéder.
M. Charette :
Sur le site... oui, exact, sur le
site Internet du ministère, déjà différents registres. Donc, ce serait en
ligne à travers un nouveau registre aussi sur le site Internet, là, du
ministère de l'Environnement.
Mme Dufour : Et
actuellement, quand on regarde les informations qui sont demandées, on précise
qu'on va demander le nom des propriétaires, par exemple. Donc, est-ce que ces
informations-là vont se trouver dans le registre accessible publiquement?
Des voix : ...
M.
Charette : Pour certains types de bâtiments, oui, de ce que
je comprends, mais peut-être... Encore une fois, on a la chance d'avoir
l'expertise à nos côtés, donc peut-être lui donner la possibilité, là, de
donner le détail à la question.
Le Président (M. Jacques) : ...
M. Woitrin
(Pierre) : Oui. Ces renseignements-là seront déterminés par règlement.
Certains types de renseignements peuvent
poser des problèmes de confidentialité,
de chartes en matière de vie privée. Ça fait qu'une analyse, vraiment, à l'étape de l'examen des... en fait, de
l'édiction des règlements en question, une analyse de droit constitutionnel sera
évaluée pour s'assurer... ou sera effectuée, en fait, pour s'assurer que les
renseignements qui sont rendus publics respectent les chartes, essentiellement.
M. Charette : Déjà... me parvenait
du collègue. Pour les bâtiments, à travers les registres municipaux, on a... donc, il y a déjà de l'information publique, là,
sur les propriétaires des bâtiments. Mais, pour certains types d'informations, effectivement, il y aura des vérifications, là,
pour s'assurer de la constitutionnalité, là, du caractère public.
Mme Dufour : Oui, mais je comprends
que le nom des propriétaires, comme il est déjà dans les registres municipaux,
on considère qu'ils seraient aussi partie prenante de ce registre. C'est bien
ça? Parfait.
Bien, écoutez, je vais vous proposer un
amendement. Il a été déposé sur le... sur, déjà, le Greffier. Bien, en fait, il
a été envoyé, mais je ne sais pas s'il a été déposé, mais je vais vous
expliquer la nature de l'amendement, et ça a tout à fait un rapport avec les
registres municipaux. C'est exactement la même... dans la même mouture qu'un
changement qui a été fait l'an dernier aux registres municipaux, où on a
introduit une exception où quelqu'un qui aurait
une... pour des raisons de sécurité, souhaiterait être retiré de ce registre
municipal, peut en faire la demande. Dans le cas du registre municipaux,
c'est au greffier de la municipalité.
Et là je comprends qu'on a prévu, ici, des
exceptions pour les lieux qui offrent des services d'hébergement ou des services d'aide aux personnes victimes de
violence. Mais ici, ce dont je parle, c'est des individus, donc des gens qui...
par exemple, une femme qui aurait fait appel à un service d'hébergement pour
femmes violentées, mais qui acquiert une propriété, décide de s'établir,
ne veut pas que son ex-conjoint violent qui sort de prison puisse la retrouver,
donc chercher son nom dans quelque banque que ce soit.
Et donc, c'est une particularité qui a été
ajoutée dans le projet de loi n° 16, le projet de loi
sur... bien, en aménagement et urbanisme, et je vais vous mentionner, là, ce
que... ce que ça dit, là, dans le fond, qu'on... justement, on assure la confidentialité de certains
renseignements personnels concernant des personnes qui ont besoin de
protection.
Donc, on est
venus, à ce moment-là, à ce... l'an dernier, modifier la Loi sur la fiscalité municipale pour permettre le retrait sur demande du
nom et de l'adresse postale du propriétaire de l'affichage du rôle d'évaluation
foncière pour des motifs liés à la sécurité
du propriétaire de l'immeuble ou à celle d'une personne qui occupe ou utilise
l'immeuble. Donc, évidemment, ça
incluait l'exception que vous avez prévue, les... par exemple les services
d'aide d'hébergement, mais ça allait plus loin, ça allait jusqu'à l'individu,
et c'est ce que je vous propose. Donc là, je ne sais pas si on peut
l'avoir à l'écran, l'amendement.
Le Président (M. Jacques) : ...le
déposer et faire la lecture.
Mme Dufour : Bien, il est déjà
là.
Le Président (M. Jacques) : ...bien,
faire la lecture, en fait, de l'amendement.
Mme Dufour : C'est parce que je
ne l'ai pas devant moi, M. le Président.
L'article 17 de la loi édictée à
l'article 1 est modifié par l'ajout, après le troisième alinéa, de
l'alinéa suivant :
«Le ministre doit retirer le nom et l'adresse
d'une personne au nom de qui est inscrite une unité d'évaluation lorsque cette personne lui a soumis une demande
mentionnant que l'accessibilité à ces renseignements pourrait mettre en
péril sa sécurité ou celle d'une personne occupante ou utilisant un immeuble
compris dans l'unité.»
L'article modifié se lirait comme suit :
«17. Le ministre tient un registre en matière de
performance environnementale des bâtiments qui contient les renseignements
déterminés par règlement du gouvernement.
«Les renseignements contenus dans le registre
ont un caractère public.
«Malgré le
deuxième alinéa du présent article et l'article 9 de la Loi sur l'accès
aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels, nul n'a droit d'accès à l'adresse de l'établissement
ou du lieu d'une personne qui offre des services d'hébergement ou des services
d'aide aux personnes victimes de violence [ou] d'une personne qui regroupe des
personnes ou des groupements de personnes offrant de tels services.
«Le ministre doit retirer le nom et l'adresse
d'une personne au nom de qui est inscrite une unité d'évaluation lorsque cette personne lui a soumis une demande
mentionnant que l'accessibilité à ces renseignements pourrait mettre en
péril sa sécurité ou celle d'une personne occupante ou utilisant un immeuble
compris dans l'unité.»
Et, M. le Président, je comprends qu'il y aurait
peut-être possibilité d'établir ça par règlement, mais je dois vous dire que, pour une question de sécurité,
comme on l'a prévu pour les services d'aide, les services d'hébergement,
les hébergements pour femmes violentées, je
crois qu'on doit aller plus loin, comme on l'a fait dans le projet de loi n° 16, pour ce qui apparaît sur les registres municipaux.
Le
Président (M. Jacques) : M. le ministre.
M. Charette :
M. le Président, je suis très sensible aux arguments présentés par la
collègue. On va demander une suspension pour
que, d'un point de vue juridique, on puisse examiner la portée, mais très, très
sensible aux enjeux, là, soulevés par la collègue.
Le Président
(M. Jacques) : Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Merci. Je vais peut-être juste préciser que le libellé est identique à
celui qui était dans le projet de loi n° 16, à l'exception qu'au lieu d'être le greffier c'est le ministre. Donc,
je vous... Et c'est l'article 167 du projet de loi n° 16
qui a été adopté en juin dernier, si vous voulez vous y référer.
Le Président
(M. Jacques) : Merci beaucoup. Nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à
17 h 07)
(Reprise à 17 h 16)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Au moment de la suspension, nous discutions d'un
amendement à l'article 17 de la loi édictée. M. le ministre.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Merci
encore une fois à la collègue pour la proposition d'amendement. On veut
y donner suite. Nous sommes très, très sensibles aux arguments qu'elle a pu
présenter. Cependant, pour nous assurer
d'une formulation juste, on suspendrait l'article pour revenir
vraisemblablement dès demain avec un libellé, là, qui... qui serait validé d'un
point de vue légistique, et on pourrait en discuter à ce moment-là, demain, là,
tout simplement.
Le Président (M.
Jacques) : Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre l'amendement à
l'article 17 de la loi édictée?Consentement.
Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre l'article 17 de la loi
édictée?Consentement. M. le ministre, l'article 18.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
«18. Le propriétaire
d'un bâtiment doit, selon les [...] conditions [et les modalités déterminées]
par règlement du gouvernement, afficher la
cote de performance environnementale du bâtiment attribuée conformément à la
section II du chapitre II. Ce règlement peut également prévoir
les cas où les conditions selon lesquels un propriétaire doit divulguer cette
cote à un tiers.»
Commentaire.
L'article 18 prévoit que certains propriétaires de bâtiments visés par
règlement du gouvernement devront afficher la cote de performance
environnementale attribuée à ceux-ci. Par ailleurs, pour que le gouvernement
puisse imposer par règlement que cette cote soit divulguée à un tiers par un
propriétaire, par exemple dans le cadre de
la vente ou de la location d'un bâtiment, celui-ci doit être habilité par la
loi. Cette habilitation est l'objet de la dernière partie de
l'article 18.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 18 de la loi édictée? Mme la députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci,
M. le Président. J'ai quelques questions. Bon, on parle d'afficher la cote.
Est-ce qu'on a une idée de comment on entrevoit ça, comme où ce serait affiché
si c'est un très grand bâtiment, s'il y a plusieurs unités à l'intérieur?
Comment on voyait ça exactement?
M. Charette :
C'est simplement... c'est tout
simplement à l'entrée... la porte d'entrée du bâtiment, donc c'est aussi
simple que ça, pour que l'information soit facilement accessible.
Mme Dufour : OK,
mais, dans un cas d'un très grand bâtiment où il y a plusieurs entrées,
plusieurs portes... Prenons le cas de
l'Assemblée nationale. J'ai essayé de faire venir de la nourriture l'autre jour
puis j'ai cherché longtemps ma
livraison parce que toutes les portes sont pareilles. Bref, avoir une idée
comment ça serait affiché dans un cas d'un grand bâtiment...
M. Charette :
On peut penser à l'adresse. C'est la porte d'entrée officielle, tout
simplement. Donc, oui, il y a plusieurs
bâtiments même ici, à l'Assemblée nationale, mais, si on recherche l'adresse
sur le site Internet, il n'y a qu'une seule adresse civique, et c'est à
travers, je pense, la porte 6, qui est la porte officielle d'entrée.
Mme Dufour : Et peut-être une
question par rapport à lorsqu'il y a un ensemble de bâtiments. On parlait d'un campus universitaire où qu'il y aurait
plusieurs bâtiments. Premièrement, puis là ça vient de me venir, est-ce qu'il pourrait y avoir... Dans le fond, une cote, ce serait la
cote pour l'ensemble ou il pourrait y avoir des cotes distinctes pour chacun
des bâtiments de l'ensemble, et où est-ce que ce serait affiché à ce moment-là?
• (17 h 20) •
M. Charette :
Comme on l'a évoqué hier, c'est sûr qu'il peut y avoir différents cas
d'espèce, mais, si c'est un ensemble de
bâtiments qui est relié par un seul réseau de chaleur ou un seul compteur, là,
c'est l'adresse principale de cet
ensemble-là, mais, si c'est des réseaux... c'est-à-dire, si c'est alimenté
distinctement, c'est là où on pourrait avoir, vraisemblablement, là,
différentes... différents affichages.
Mme Dufour : Et
les cas où on dit «selon lesquels un propriétaire doit divulguer cette cote à
un tiers», on le précise un peu plus dans les... dans les commentaires, mais
pourquoi on n'a pas, justement, précisé... Tu sais, parce que ça devrait être obligatoire lors de la vente,
cette cote-là. Là, on dit qu'on va le prévoir par règlement. Pourquoi on ne
l'a pas mis comme un article en soi, que, s'il y a une cote... qu'elle doit
être divulguée absolument?
M. Charette :
...très certainement un élément qui devra être divulgué au moment de la
vente. Cependant, à partir du moment qu'on
débute une énumération, on aime pouvoir la compléter au besoin, et c'est à
travers le règlement qu'on fait cette énumération-là, mais, très
certainement, s'il y a une cote qui est attribuée à un bâtiment, cette
information-là devra être transmise à l'acquéreur, là, du bâtiment en question.
Mme Dufour : Peut-être
une dernière question, là, qui va avec le même sens que l'ensemble... par
exemple, l'ensemble universitaire. Lorsqu'on
a un très grand bâtiment multirésidentiel qui serait... qui serait touché, ou
un moyen bâtiment, il peut y avoir une isolation différente d'un... d'une unité
à l'autre, une performance différente si les fenêtres ont été changées à une place, pas à une autre, si
un... une unité a été rénovée, pas une autre. Comment... comment ça... on va
distinguer, pour la cote, ces éléments-là? Puis est-ce que ça pourrait vouloir
dire qu'il y aurait des cotes distinctes d'une unité à l'autre, par exemple?
M. Charette :
Pour... Je comprends la question de la collègue, qui est très pertinente, mais
le but, c'est l'enveloppe globale du
bâtiment. On n'ira pas chercher une cote distincte pour chacun de... chacune
des unités. Donc, c'est la cote du bâtiment qui sera affichée, là, à
l'entrée.
Mme Dufour : Je vais reposer la question. Là, on avait... il y
avait un cas... Et, vous savez, je suis porte-parole en habitation, donc
je suis beaucoup les cas d'insalubrité. Il y avait un cas, cette semaine, où la
moitié de l'immeuble avait été rénovée, était louée en Airbnb, et l'autre
moitié était laissée comme taudis, en espérant que les gens quittent
probablement, et donc, là, on n'était pas du tout dans les mêmes niveaux. On
peut supposer que les fenêtres n'étaient pas
les mêmes, etc. Comment, à ce moment-là, ce serait... ce serait traité au
niveau de l'évaluation, tu sais, de la cote, mais aussi des normes? Puis
est-ce qu'on dirait : Bien, il faut quand même... même si la moitié de ton
édifice atteint... atteint la norme, l'autre
moitié ne l'atteint pas, donc tu dois avoir des correctifs? Tu sais, est-ce que
ça... Dans le fond, est-ce que ça pourrait être une mesure qui pourrait
permettre de répondre aussi à cette problématique-là?
M. Charette :
Dans le cas d'un... On parlait de ne pas alourdir la charge pour le
propriétaire. Si c'est un immeuble avec 100, 200, 250 logements, on n'ira
pas chercher une cote spécifique pour chacun des logements. C'est réellement
une cote pour le bâtiment, et, si on est en présence d'un propriétaire
négligent et qui avait une grande proportion d'appartements qui étaient laissés
à l'abandon, sinon sous négligence, ça aurait eu une incidence sur sa cote et ça compromettrait sa note de passage, en
quelque sorte. Donc, ça ne serait pas à son avantage, mais, sinon, on ne
peut pas aller chercher une cote par logement, là. Ce serait une charge
beaucoup trop lourde. Donc, au niveau de l'affichage, c'est l'affichage
général, là, qui sera... qui sera indiqué à l'accueil.
Mme Dufour : OK.
Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres questions, commentaires sur l'article 18 de la loi
édictée? Donc, est-ce que l'article 18 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. M. le ministre, l'article 19 de la loi édictée.
M.
Charette : «19. Le
gouvernement peut, par règlement, déterminer les cas selon lesquels le
propriétaire d'un bâtiment doit installer un outil de mesure de la
consommation énergétique de celui-ci.»
Le commentaire.
L'article 19 prévoit la possibilité pour le gouvernement de déterminer par
règlement les situations dans lesquelles un outil de mesure à la consommation
énergétique d'un bâtiment doit être installé par le propriétaire de celui-ci. Ces outils pourraient, par exemple, permettre
au propriétaire d'identifier avec plus de précision certains paramètres
de la consommation énergétique de son bâtiment et lui permettre, par
conséquent, de déclarer de l'information plus complète et précise au ministre.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 19 de la loi
édictée? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
J'aimerais savoir... Est-ce qu'on parle d'un compteur quand on dit «un outil de
mesure de la consommation énergétique»? Est-ce qu'on réfère à, par
exemple, un compteur, là, pour Hydro-Québec?
M. Charette :
Des exemples, peut-être, nous aideraient à mettre en contexte... On l'a
d'ailleurs évoqué au moment de la consultation. On a le bâtiment, mais on a
l'usage dans certains cas. On a évoqué l'exemple des centres de données. On
pourrait vouloir mesurer l'impact du centre de données, isoler l'information
sur la vocation centre de données versus le
bâtiment lui-même. Donc, ça, c'est un exemple. Ça pourrait être... J'essaie de
voir, là, des exemples.
Une voix : ...
M. Charette :
Si on a un stationnement intérieur avec plusieurs bornes de recharge
différentes, ça pourrait être évalué. Je
vous parlais de centres de données, mais ça pourrait être un procédé...
l'impact d'un procédé industriel en particulier. Donc, c'est le type
d'exemples que l'on pourrait donner, mais, si on fait suite aux consultations,
je pense, la meilleure façon de l'illustrer, ce sont les centres... distinguer
le bâtiment de l'usage qui en est fait à l'intérieur à travers un centre de
données. Par exemple, on pourrait vouloir mesurer l'impact du centre de données
lui-même. On comprend que c'est un pouvoir habilitant. On comprend, là, que
c'est des modalités, là, qui seront... qui seront précisées à travers la
réglementation, mais c'est le type d'information, là, qu'il pourrait être
pertinent d'obtenir.
Mme Dufour : OK, et ces outils-là, ce sera aux frais du
propriétaire, est-ce que ce sera fourni par le ministère?
M. Charette :
Pour fournir cette information-là, de façon générale, c'est à la charge du
propriétaire, mais un compteur de cette
nature-là, ce n'est ce pas quelque chose qui est dispendieux. On pourrait
parler de quelques centaines de dollars.
Mme Dufour : Mais
on pourrait... on pourrait faire le parallèle, j'imagine, avec les compteurs
d'eau.
M. Charette :
...qui peut évoquer des mauvais souvenirs parce qu'il y a eu des mauvaises
expériences avec les compteurs d'eau dans
certaines villes, mais c'est un compteur, là, qui serait... qui permettrait
d'obtenir l'information sur un usage particulier avec charge financière,
là, très, très modeste pour le propriétaire.
Mme Dufour : Puis
là on parle de consommation énergétique. J'imagine qu'on va prendre en considération
qu'il y a des éléments sur lesquels c'est
plus difficile de mesurer la consommation énergétique. On parlait... par
exemple, les foyers au bois, les granules, par exemple, qui peuvent
servir de moyen de chauffage, mais ça, ce n'est pas... ce n'est pas ce qu'on
vise ici, là.
M. Charette :
...pas de compteur pour les foyers au bois, je peux rassurer la collègue.
Mme Dufour : ...pour
calculer combien de cordes sont... de bois sont rentrées dans le bâtiment.
Parfait. Bien, moi, je n'ai plus de question.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui, Mme la ministre... Mme la députée.
Mme Dufour : Ah! merci, vous faites de la projection, 2026.
Écoutez, juste... tu sais, on dit : Le gouvernement peut, par
règlement, déterminer les cas... les cas qu'ils doivent s'installer, mais aussi
les cas qu'ils n'auraient pas à installer...
J'imagine, il va... il pourrait y avoir des exceptions aussi. Puis d'ailleurs
la... de mémoire, là, c'était le... je pense, c'est celui-là, oui, le...
les entreprises, là, bon, je cherche... le CPEQ, de mémoire, nous faisait
justement une... il me semble qu'il nous
parlait de ça, de la difficulté, là, de... qu'on aurait intérêt à distinguer
les deux, le procédé, par exemple, de
l'industrie ou... tu sais, l'énergie qui est consommée pour le procédé versus
l'énergie qui est consommée sur... par le bâtiment. Il me semble qu'il
nous demandait ça.
• (17 h 30) •
M. Charette :
...et possiblement d'autres. En
fait, je pense qu'il y a plus qu'un groupe qui avait évoqué ça, mais c'est ce
que je mentionnais, et l'exemple que je prends, c'est celui des centres de
données. Donc, on distingue le bâtiment, la coquille elle-même, de l'usage qui
est fait à l'intérieur du bâtiment. Donc, c'est l'exemple que je reprenais, mais,
dans le règlement, on n'aurait pas à mentionner qui ne serait pas assujetti
parce que c'est, dans ce cas-là, ce qui s'applique de facto à travers le projet de loi. Donc, c'est là où on viendrait
plutôt préciser ceux... les cas pour lesquels ce type d'outil là serait
requis.
Mme Dufour : Est-ce
qu'on aurait l'intention de divulguer éventuellement la consommation
énergétique qui est utilisée pour le
procédé? Donc, comme... s'il y a un outil distinct, un outil de mesure de
consommation énergétique distinct, les données, est-ce qu'on aurait
l'intention de les rendre dans... publiques dans le registre aussi?
M. Charette :
Bonne question, mais, non, c'est réellement la performance environnementale
du bâtiment qui serait publiée et non pas la charge que représente la vocation
d'un centre qui est un centre de données, par exemple.
Mme Dufour : Et,
dans ce cas, à quoi serviraient exactement ces données qu'on irait chercher? Et
puis, là, on dit qu'on déterminerait
l'installation d'outils de mesure, mais on ne dit pas que les données devraient
être transmises non plus.
M. Charette : Bien, c'est-à-dire, en
quoi c'est utile? Parce que, nous, ce qu'on veut, c'est la performance du bâtiment. Donc, on veut... S'il y a des... s'il y
a une cote qui est établie, on veut avoir un impact sur la performance, donc, du
bâtiment. Donc, il faut soustraire la quantité qui est requise pour le centre
de données de la quantité d'énergie qui est
consommée par le bâtiment. Donc, c'est pour ça qu'il faut distinguer les deux,
et c'est la raison pour laquelle, un, ce n'est pas une information qui
serait publique, mais nous, on veut savoir qu'est-ce qui doit être fait pour
améliorer la performance du bâtiment et non pas l'utilisation, là, qui est
faite à l'intérieur.
Mme Dufour : Excellent. Donc, ça
répondrait à l'inquiétude que le CPEQ avait soulevée en nous disant que
certains renseignements ne doivent pas avoir un caractère public puisqu'ils
constituent des secrets industriels et commerciaux,
et il parlait de la consommation exacte d'énergie d'une entreprise. Ici, il
faudrait s'assurer qu'effectivement toutes
les entreprises qui sont à risque, dans le fond, que l'information divulguée,
publique... dans le fond, divulgue des secrets professionnels... qu'il y
ait vraiment cette distinction-là, qu'est-ce qui est consommé par le bâtiment
versus par le procédé de l'entreprise.
M. Charette : Exact, c'est ce que
nous permet, là, cet outil-là.
Mme Dufour : Merci.
Le Président (M. Jacques) : ...d'autres
interventions sur l'article 19 de la loi édictée? Donc, est-ce que l'article 19
de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : M. le
ministre... Adopté. M. le ministre, l'article 20.
M. Charette : Merci, M. le
Président.
«Les dispositions du chapitre II de la Loi sur
certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages
s'appliquent aux inspections et aux enquêtes réalisées et aux avis d'exécution
notifiés par l'application de la présente loi ou de l'un de ses règlements.»
Commentaire. La Loi sur certaines mesures
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages a été sanctionnée en 2022 et
vise notamment à rassembler dans une seule et même loi l'ensemble des
instruments permettant au ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des
Parcs d'appliquer certaines lois dont il a la charge et l'application. C'est le
cas notamment de ses pouvoirs d'inspection
et d'enquête. L'article 20 indique donc que les dispositions relatives aux
pouvoirs d'inspection et d'enquête et aux avis d'exécution prévus dans cette
loi s'appliquent, dans le cadre de cette loi, sur la performance environnementale
des bâtiments et de ses règlements d'application.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 20? Donc... M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : On fait les analyses, M.
le Président, avec la loi qu'on vient... C'est juste parce que... Donnez-nous une minute pour regarder si... parce qu'on
doit regarder dans une autre loi pour bien comprendre qu'est-ce qu'on fait
avec l'article, vous comprenez? Je ne demande pas une suspension, mais on est
juste en train de bien comprendre la logique et la suite des choses dans le
projet de loi, c'est tout.
M. Charette : ...histoire que les
nombreuses personnes qui nous écoutent n'aient pas droit à un long silence, y
aller d'une petite explication très, très générale. Le ministère a des pouvoirs
d'inspection et d'enquête de façon générale,
donc c'est tout simplement dire que ses pouvoirs d'inspection et d'enquête
s'appliquent à la présente loi. Donc, ce n'est pas plus compliqué.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée, oui.
Mme
Dufour : Oui, merci. Quand on lit les mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages,
là, les inspections, les enquêtes pénales, toutes les enquêtes administratives,
les sanctions, etc., c'est un peu épeurant. Donc, non, je comprends
qu'on n'ira pas dans ces détails-là, j'ose espérer, là, parce qu'il y a des sanctions très grandes, très élevées, ça peut
faire peur. En tout cas, on va en parler plus loin, là, je pense, les
sanctions, mais je veux juste dire que cette loi-là, elle n'est pas...
elle n'est pas simple, elle est quand même assez costaude, là.
M.
Charette : Peut-être un petit rappel pour celles et ceux,
nombreux, qui nous écoutaient lorsque cette loi-là a été adoptée, en
2022. C'était réellement un exercice complexe, mais dans une fin de
simplification parce qu'on avait effectivement de ces
pouvoirs-là dans différents corpus législatifs, et on les a réunis dans une
seule et même loi. Donc, si c'est complexe
aujourd'hui, disons-nous que c'est beaucoup plus simple qu'à l'époque. Donc,
c'est réuni dans une seule et même loi, là, tous ces... tous ces pouvoirs. Et
les pouvoirs, on y reviendra, là, on se souvient, on est encore dans une première section du projet de loi, la
nouvelle loi, là, qu'on vient édicter, mais, dans une section subséquente, on va revenir, là, sur les mesures d'enquête et
d'inspection. Donc, on aura l'occasion d'aborder ces questions-là avec un
petit peu plus de nuances.
Le Président (M. Jacques) : ...interventions
concernant l'article 20 de la loi édictée? Donc, est-ce que l'article 20 de
la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, pour l'amendement de l'article... introduisant l'article 20.1.
M. Charette :
Parfait.
Des voix :
...
Le Président (M.
Jacques) : ...le nouvel article, qui est présentement le 20.1.
M. Charette :
Juste pour les collègues, hier,
lorsqu'on a publié et rendu publics les amendements, on précisait que
certains nécessitaient de repasser par le comité de législation et le Conseil
des ministres, et c'est ce qui a été adopté
au Conseil des ministres un petit peu plus tôt, tout à l'heure, donc c'est la
raison pour laquelle on n'avait pas pu vous transmettre le libellé plus
tôt. Et peut-être vous mentionner, là, que c'est pour donner suite à une des
demandes du milieu municipal.
Donc,
insérer, après l'article 20 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments, proposé par l'article 1 du projet de loi, le suivant :
«20.1.
Lorsqu'une municipalité est tenue d'appliquer tout ou partie d'un règlement
pris en vertu de la présente loi, les
inspecteurs de cette municipalité, dûment autorisés par celle-ci, sont investis
des pouvoirs prévus à l'article 5 de la Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages
aux fins de l'application de ce règlement.
«Les
articles 7 et 20 de la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les
lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages s'appliquent
aux inspecteurs municipaux. Les sanctions administratives pécuniaires et les
infractions visées respectivement aux articles 23 et 42 de cette loi
s'appliquent également à l'égard des inspecteurs municipaux.»
Le
commentaire. L'amendement proposé concerne l'octroi des pouvoirs d'inspection
et d'enquête aux inspecteurs municipaux lorsqu'une municipalité est tenue
d'appliquer tout ou partie d'un règlement pris en vertu de la Loi sur la
performance environnementale des bâtiments.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires sur l'article? Mme la députée
de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. Donc, peut-être nous
préciser dans quels cas un inspecteur... une municipalité serait tenue
d'appliquer... parce que, là, ce n'est pas «choisit ou pas», là, c'est «est
tenue d'appliquer». Dans quel cas une
municipalité est tenue d'appliquer, c'est ça, soit quelque chose en vertu de la
loi sur... bien, c'est ça, la Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer
les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages?
• (17 h 40) •
M. Charette :
Et c'est aussi à travers cet
amendement-là qu'on aborde la question de l'immunité là, qui avait été demandée
par les unions municipales, et on pourrait laisser la parole à notre juriste
pour expliquer les implications juridiques, justement.
M. Woitrin
(Pierre) : Oui, rebonjour. Alors, premièrement, en ce qui concerne
le... lorsqu'une municipalité est tenue
d'appliquer tout ou partie d'un règlement en vertu de la présente loi, on parle
d'un pouvoir de délégation qui serait
exercé par le ministre. L'article 28, qu'on verra un peu plus loin, permet
au ministre, dans les conditions prévues par règlement du gouvernement, de déléguer à toute personne, incluant,
donc, des municipalités, l'application de certains règlements ou de certaines
dispositions du règlement. C'est une possibilité qu'offre le projet de loi.
Cette disposition-là est nécessaire, et certains groupes qui se sont
présentés en consultations particulières l'ont mentionnée, pour que, lorsqu'une
municipalité, donc, est tenue d'appliquer, en application de cette délégation
qui aurait été effectuée par le ministre,
des dispositions pour que ces inspecteurs-là puissent bénéficier, donc, de
l'immunité qui existe, par ailleurs, pour les inspecteurs du ministère
de l'Environnement. Ça fait que c'est un ajout important pour...
Le Président (M.
Jacques) : Mme la députée.
Mme Dufour : Si vous ne dites pas
mon nom, je n'ai pas de micro. Donc, oui, je comprends le besoin de l'immunité
et j'appuie cette demande des municipalités, mais il y a quand même une crainte
qui avait été soulevée par
les municipalités, c'était à l'effet que, depuis l'automne dernier, la Régie du bâtiment peut déléguer aux municipalités des
inspections, et c'est un élément que... les municipalités n'étaient pas du tout
d'accord avec ce changement-là. Et là on sait que le ministre mentionnait qu'il pourrait déléguer à la RBQ, donc,
les inspections, puis là j'entends qu'il pourrait carrément déléguer
directement aux municipalités les inspections dans le cadre des normes
environnementales, de la performance environnementale des bâtiments. Ce n'était
pas l'intention qui avait été exprimée lors des échanges, pendant les consultations particulières, avec les
groupes. Je serais curieuse de savoir si les municipalités sont d'accord
d'avoir cette obligation supplémentaire là. Disons que, déjà, les
responsabilités sont très grandes.
Et, si on
transfère cette responsabilité-là aux villes, est-ce qu'on va aussi transférer
les sommes qu'on a réinvesties au
ministère pour embaucher des inspecteurs pour faire ce travail-là? Parce qu'il
y a un enjeu réel, là, actuellement. Un, d'abord, il y a un enjeu de
main-d'oeuvre, là, les municipalités ont de la difficulté à embaucher des
inspecteurs. Ça, c'est la première étape. Mais, en plus, bien, leurs moyens
sont limités, comme on le sait.
M. Charette : ...juste une petite
précision. La possibilité de déléguer aux municipalités était déjà dans le projet de loi. L'élément... l'élément nouveau,
c'est davantage en lien avec l'immunité qui est conférée aux inspecteurs municipaux,
et on vient coller le principe qui s'applique aux inspecteurs, là, du ministère
de l'Environnement. Mais c'est vrai qu'il
faut travailler en concertation avec les municipalités, qui se disent
confortables avec cet amendement-là. Au contraire, on a des bons mots,
là, de la part des associations municipales. La condition qu'ils posent, et
c'est une condition qu'on a l'intention de
respecter, c'est qu'elles puissent travailler avec nous à l'élaboration du règlement.
Mais, pour ce qui est de cette précision-là, c'était réellement à
leur... à leur demande.
Le Président (M. Jacques) : Oui, je
crois que la majorité des municipalités vont aussi souhaiter avoir les sommes
que le ministère aurait investies pour embaucher des inspecteurs si on demande
aux municipalités de le faire à sa place. Ça va de soi, là.
M.
Charette : Mais, quand on va... quand on va travailler le
règlement, on va le travailler avec les municipalités, et, au niveau des
impacts, ce sera aussi précisé, là, dans l'analyse d'impact réglementaire. Mais
la collaboration sur cet enjeu-là... et, s'il y a des enjeux de
financement, ce sera discuté, là, ouvertement, là, avec les municipalités.
Mme Dufour : Oui, ça devra être le
cas, effectivement.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le Président.
C'est juste une question sur la formation, j'imagine, des inspecteurs municipaux,
puis les inspecteurs du gouvernement du Québec ont le même type de formation.
Et est-ce que ça va prendre des formations additionnelles pour ces
inspecteurs-là à... le niveau municipal?
M.
Charette : Bien, on l'avait vu dans le projet de loi, là, qui
parle justement des inspecteurs et les qualifications qui sont requises, le
degré de... pas le degré, mais la façon d'être reconnus comme tel. Donc, oui,
c'est... bien, en fait, c'est encadré, là, c'est précisé. Et on voyait, aux
articles précédents, que, pour certaines tâches, c'est des
professionnels en particulier, là, qui seront... qui seront tenus, là, de
rencontrer ces... ou d'exercer ces fonctions-là. Donc, oui, c'est quelque chose
qui est encadré.
Le
Président (M. Jacques) : Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement introduisant l'article 20.1? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Merci. J'ai une autre question, ça concerne les
sanctions pénales, parce que, là, on fait référence ici à l'article 20, et
l'article 20... bon, on parle d'immunité à l'article 20... Non, ma
question va venir tout de suite après, je m'excuse, ça va venir à
l'article 21.
Le
Président (M. Jacques) : Parfait. S'il n'y a pas d'autre intervention, je
vais mettre aux voix l'amendement introduisant l'article 20.1.
Donc, est-ce que l'amendement à l'article 20.1 de la loi édictée est
adopté?
Des voix : Adopté.
Le
Président (M. Jacques) : Adopté. Donc, le nouvel article est adopté. M. le
ministre, l'article 21 de l'article 1 de la loi édictée.
M. Charette : Merci, M. le Président.
Donc :
«21. Les
dispositions du chapitre III de la Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages
s'appliquent à l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire à
une personne qui fait défaut de respecter une disposition de la présente loi ou
de l'un de ses règlements.»
Commentaire. La Loi sur certaines mesures
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages a été sanctionnée en 2022 et
vise notamment à rassembler dans une seule et même loi l'ensemble des instruments permettant au ministre de l'Environnement,
de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs d'appliquer certaines lois dont il a la charge de
l'application. C'est le cas notamment de ses pouvoirs d'imposition de sanctions administratives pécuniaires. L'article 21
indique donc que les dispositions relatives à l'imposition de sanctions
administratives pécuniaires prévues à cette loi s'appliquent dans le cadre de
la Loi sur la performance environnementale
des bâtiments et de ses règlements d'application. Bref, c'est une loi qui
pourra permettre l'imposition de sanctions administratives et...
administratives pécuniaires.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, mon questionnement concerne, justement, les municipalités. Donc, on donne le pouvoir aux municipalités ou
on... en fait, le ministre pourrait déléguer aux municipalités l'obligation
d'inspecter, mais, pour ce qui est de l'application des sanctions
administratives pécuniaires, l'argent qui sera payé sera... sera déposé
où si c'est une municipalité qui applique la loi?
M. Charette : On pourra... C'est peut-être
difficile d'aborder les deux articles en même temps, mais l'article 23
aborde ces questions-là. Pour ce qui est de qui peut conserver le fruit de ces
sanctions, là, bien, on va... on va le voir dans le détail tout à l'heure, là.
Mais, si on regarde le dernier paragraphe de l'article 23, on peut lire :
«Les montants perçus par la municipalité en vertu du présent article lui
appartiennent et, exception faite des frais de recouvrement, doivent être affectés au financement de mesures et de
programmes dans le domaine de la transition énergétique des bâtiments.»
Donc, il y a un avantage aux municipalités, là, elles peuvent conserver le
fruit, là, des sanctions.
Mme Dufour : Mes questions viendront
plus tard dans ce cas-là, dans l'article 23.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
concernant l'article 21 de la loi édictée? Donc, est-ce que l'article 21
de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article... l'article 22 de la loi édictée.
• (17 h 50) •
M. Charette : Merci, M. le
Président :
«Une sanction administrative pécuniaire d'un
montant de 250 $ dans le cas d'une personne physique ou de
1 000 $ dans les autres cas peut être imposée à quiconque fait
défaut :
«1° de respecter l'une des obligations
prévues à l'article 4;
«2° de
transmettre au ministre la cote de performance environnementale attribuée à son
bâtiment en application du premier alinéa de l'article 6; ou
«3° d'afficher ou de divulguer la cote de
performance environnementale de son bâtiment en application de l'article 18.»
Le cadre général d'application des sanctions
administratives pécuniaires, disponible sur le site Internet du ministère,
fournit des orientations et les critères généraux en cette matière, notamment
quant à la catégorisation des sanctions. Un
registre des sanctions administratives pécuniaires s'appliquera également aux
sanctions de la Loi sur les espèces
menacées ou vulnérables tel que le prévoit l'article 73 de la Loi sur certaines
dispositions permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement
et de sécurité des barrages.
Les manquements visés par l'article 22 sont
passibles d'une sanction pécuniaire... correspondent au niveau de gravité le
moins élevé, soit la catégorie D, apparaissant au cadre général.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui, merci, M. le Président. Ici, j'ai quand même
plusieurs questions. D'abord, le montant qu'on a établi ici, 250 $,
comme... pour une personne physique, c'est basé sur quoi? Est-ce qu'on a un
point de référence?
M. Charette : Oui, et je me souviens
des échanges, justement, dans le cadre de l'étude du projet de loi, là, dont il est question en 2022. Il y a des
catégories de sanctions. Donc, celle-ci, c'est la moins grave, donc avec des
montants moins élevés. Mais, si on regarde, là... je prends un petit peu
d'avance... avec l'article 25, par contre, là, on est dans une catégorie différente, et là on est rendus à
des sanctions qui peuvent aller jusqu'à 100 000 $, d'autres, jusqu'à
600 000 $. Donc, il y a des
catégories, et ces... en fait, c'est déjà... c'est déjà
établi, là, ce n'est pas aléatoire. Donc, selon la catégorie de
l'infraction, les montants possibles de SAP sont déjà connus, là, c'est déjà
établi.
Mme Dufour : Moi,
lorsque je regarde la loi à laquelle on fait référence, là, les mesures
permettant d'appliquer les lois en
matière d'environnement et de sécurité des barrages, le montant le plus bas que
je trouve est de 500 $, et non de 250 $. Alors, je ne sais pas
si on peut me l'indiquer où on a une sanction de 250 $.
Le Président (M. Jacques) : M.
Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Bien, oui, si
vous pouvez répéter la question, je m'excuse, on...
Mme
Dufour : Oui, bien sûr. Donc, on fait ici référence au...
en disant que la sanction administrative, ici, pécuniaire de 250 $
correspondrait à... au barème le plus bas de la loi qu'on a dans les mesures
permettant d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des
barrages. J'ai regardé... là, je vous avoue que je n'ai pas fait un Ctrl-F,
mais, quand je regarde les sanctions administratives pécuniaires, le montant le
plus bas que je retrouve est de 500 $, et non de 250 $. Alors, je
voulais savoir où était le comparatif dans cette... l'autre loi.
M. Woitrin (Pierre) : On va faire
des vérifications, mais la loi... la loi à laquelle on réfère renvoie au cadre
qui doit être... là, je vais trouver l'article, je m'excuse, dans la... dans la
loi, ce ne sera pas très long... l'article 21 de la loi M.11-6, là... M-11.6,
donc la loi encadrant... OK, l'article 21 mentionne que le ministre, il élabore
et rend public un cadre général d'application des sanctions administratives
pécuniaires. Ce cadre général là prévoit les montants des amendes en fonction
des types de manquements et des objectifs qui sont poursuivis par ces SAP là.
Le montant minimal, à notre connaissance, mais je peux aller vérifier, est de
250 $ dans le cas d'une personne physique.
Mme Dufour : Quand on regarde la
section... le chapitre III, là, la... «Sanctions administratives pécuniaires»,
le premier que je vois des montants, c'est l'article 23, puis c'est un montant
de 500 $. Mais je vous laisse valider, là.
M. Woitrin (Pierre) : Non,
effectivement, mais la loi en question comprend son propre corpus de sanctions
administratives pécuniaires, mais le cadre peut aller plus bas que ça, le cadre
adopté par le ministre, élaboré par le ministre
peut aller plus bas que ce qu'il y a, en l'occurrence, de prévu dans la LMA,
pour le type de manquements qui sont visés par la LMA.
Mme Dufour : OK. D'accord.
M. Charette : Le cadre retenu est
disponible, là. Donc, c'est effectivement 250 $. On pourra transmettre le
lien au secrétariat pour avoir l'information précise.
Mme Dufour : Parfait. Ensuite,
j'aurais peut-être une autre question. C'est qu'ici on dit que c'est pour... dans le cas où quiconque fait défaut de respecter
l'une des obligations prévues à l'article 4, et là je crois, de mémoire,
c'est la transmission des données, là, l'article 4, la déclaration obligatoire,
exact, de transmettre au ministre la cote ou d'afficher, divulguer la cote de
performance environnementale. Par contre, dans l'article précédent, on donne...
dans le fond, on disait qu'il y aurait... il pourrait y avoir des inspections,
et là, quand on regarde la Loi, là, sur la sécurité des barrages, pour les
inspections, il y a aussi des sanctions pour toute personne qui empêche, par
exemple, un inspecteur de rentrer. Donc, on dit qu'il y aurait l'immunité, mais
est-ce que les sanctions qu'on retrouve pour empêcher un inspecteur d'entrer
dans le bâtiment s'appliqueraient si une inspection doit se faire pour valider
si les travaux ont été faits, par exemple?
M. Woitrin (Pierre) : Oui,
absolument.
Mme
Dufour : Donc, et là ce seraient les montants qu'on va
trouver... un avis d'exécution... je le cherche, là... je pense qu'il y
a... c'est le 500 $ que je trouve à l'article 23, là, je pense,
jusqu'à 2 500 $. Je pense que c'est ça.
M. Woitrin (Pierre) : Parce qu'on
est effectivement dans des... dans des manquements, objectivement, plus
importants. Refuser à un inspecteur de rentrer dans une maison versus ne pas
déclarer une information au ministre, le manquement est jugé plus important,
donc la sanction est plus importante en application du cadre.
Mme Dufour : OK. Et le «afficher ou
divulguer la cote», là, dans le cas de divulguer, on parle de... dans le cadre, par exemple, d'une vente de propriété.
Est-ce que le fait de divulguer erronément la cote serait inclus là-dedans?
C'est-à-dire... parce qu'on avait le débat sur le projet de loi n° 31,
quand... oui, le loyer est précisé, l'ancien loyer, mais pas nécessairement le bon montant. Bien, qu'en est-il si, oui, la
cote est divulguée, mais ce n'est pas la bonne cote?
M. Charette : Si ce n'est pas la
bonne cote qui est divulguée, c'est comme si la cote n'avait pas été divulguée. Donc, il y a une obligation de
transmettre la bonne... la bonne information. Tout à l'heure, on
disait «en cas de vente», mais ça peut s'appliquer en cas d'un
locataire aussi. Un locataire est en droit de connaître la performance
énergétique ou la performance environnementale d'un bâtiment parce que ça va
peut-être déterminer ses propres... ça peut déterminer ses besoins énergétiques
et, ultimement, les factures qu'il aura à payer.
Mme Dufour : Tout à fait, tout à
fait. Parfait, merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'article 22 de la
loi édictée? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que
l'article 22 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Article 23, M. le ministre.
M. Charette : Avant
de passer à 23, je laisse la possibilité à la collègue de dire si c'est le bon
moment. On aurait l'amendement pour l'article 17. Donc, on pourrait
revenir soit à 17 maintenant...
Le Président (M. Jacques) : Consentement
pour revenir à l'article 17?
Mme Dufour : Consentement.
M. Charette : ...suspension pour
pouvoir le présenter.
Mme Dufour : Oui, tout à fait.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a consentement? Il y a consentement.
Donc, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 58)
(Reprise à 18 h 05)
Le Président (M. Jacques) : Nous
reprenons nos travaux. Et je vous avise que nous avons reçu les... le lien
mentionné par le ministre portant sur les sanctions administratives
pécuniaires, qui est dans Documents distribués.
Donc, à la pause... avant la pause, nous avions
consenti à réouvrir l'article 17 et, durant la pause, nous avons convenu
certaines dispositions aussi. Donc, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Je vais juste
l'ouvrir devant moi, ça va être plus facile à lire pour moi.
Le
Président (M. Jacques) : Dans un premier temps, est-ce que... Il faudrait
retirer l'amendement à l'article 17.
Mme Dufour : Oui, bien sûr.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
est-ce qu'il y a consentement pour retirer l'article... l'amendement à
l'article 17 de la loi édictée?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Jacques) : Consentement.
Mme la ministre, vous avez maintenant un nouvel...
Des voix : ...
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée!
Mme Dufour : M. le Président, je
vous aime de plus en plus!
Le
Président (M. Jacques) : Mme la députée, vous avez maintenant un amendement à l'article 17 de la loi
édictée.
Mme Dufour : C'est une belle
projection. Je vais lire l'amendement, donc article... le nouvel amendement.
Article 1, 17 de la Loi sur la performance environnementale des
bâtiments : Remplacer, à l'article 17 de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments,
proposé par l'article 1 du projet de loi, le troisième alinéa par le
suivant :
«Malgré le deuxième alinéa du présent article et
l'article 9 de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et
sur la protection des renseignements personnels, nul n'a droit d'accès :
«1° à l'adresse de l'établissement ou du
lieu d'une personne qui offre des services d'hébergement ou des services d'aide aux personnes victimes de violence
et d'une personne qui regroupe des personnes ou des groupements de
personnes offrant de tels services;
«2° au nom et à l'adresse d'un propriétaire
de bâtiment qui a soumis au ministre une demande mentionnant que l'accessibilité à ces renseignements pourrait
mettre en péril sa sécurité ou celle d'un occupant ou d'un utilisateur.»
L'article tel qu'il serait rédigé avec
l'amendement, donc l'article 17 :
«17. Le ministre tient un registre en matière de
performance environnementale des bâtiments qui contient les renseignements
déterminés par règlement du gouvernement.
«Les renseignements contenus dans le registre
ont un caractère public.
«Malgré le
deuxième alinéa du présent article et l'article 9 de la Loi sur l'accès
aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels, nul n'a droit d'accès :
«1° à l'adresse de l'établissement ou du
lieu d'une personne qui offre des services d'hébergement ou des services d'aide aux personnes victimes de violence
et d'une personne qui regroupe des personnes ou des groupements de
personnes offrant de tels services;
«2° au nom et à
l'adresse d'un propriétaire de bâtiment qui a soumis au ministre une demande
mentionnant que l'accessibilité à ces
renseignements pourrait mettre en péril sa sécurité ou celle d'un occupant ou
d'un utilisateur.»
Alors, comme je le mentionnais lorsque j'ai
déposé le premier amendement, l'objectif est vraiment de... dans le cas où il y aurait des gens qui auraient...
disons, leur sécurité serait à risque, il serait possible, donc, de demander
de... que l'information, là, leur nom et leur adresse, ne soit pas
publique. Et c'est un élément, là, qui avait été ajouté à la loi n° 16
sur l'aménagement et l'urbanisme, l'article 167, je crois, de mémoire. Et
c'est sensiblement, là, les mêmes informations qu'on pourrait, donc... Ils
pourraient demander au greffier d'une ville de retirer le nom et l'adresse du
registre municipal, bien, ici, ils pourraient le faire aussi, de se... faire
demander que ce soit retiré de ce registre.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 17 de la loi édictée?
Mme Dufour : J'ai juste oublié un
petit... petit élément, M. le Président.
Le Président (M. Jacques) : Oui, Mme
la députée.
Mme Dufour : D'abord, je voulais le
resouligner, là, c'est vraiment dans le but d'assurer la sécurité, surtout, des femmes en situation de violence conjugale,
mais aussi je voudrais remercier l'ouverture du ministre d'avoir accepté
d'intégrer cette modification-là au projet de loi.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup.
M.
Charette : ...on est tout à fait d'accord, et merci à la
collègue pour la proposition. Donc, on sera en mesure d'appuyer le
projet d'amendement.
Le Président (M. Jacques) : Merci
beaucoup. Donc, est-ce que l'amendement à l'article 17 de la loi édictée
est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
Maintenant, est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 17 amendé?
Donc, est-ce que l'article 17, amendé, de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, nous revenons à l'article 23.
• (18 h 10) •
M. Charette : Merci, M. le Président.
«23. Lorsque l'application d'une disposition
d'un règlement pris par le gouvernement en vertu de la présente loi relève
d'une municipalité et qu'un manquement à cette disposition peut donner lieu à
l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire, celle-ci peut également
être imposée par toute municipalité désignée à cette fin par le gouvernement
lorsque le manquement est constaté sur son territoire. Une telle sanction ne
peut toutefois se cumuler avec celle que la
personne désignée par le ministre peut également imposer à la même personne en
raison des mêmes faits survenus le même jour.
«Les dispositions de la présente loi relatives
aux sanctions administratives pécuniaires s'appliquent à la municipalité qui
impose une telle sanction, avec les adaptations nécessaires et selon les
conditions déterminées par le gouvernement, lesquelles incluent la possibilité
de contester la décision devant la cour municipale compétente ainsi que les
modalités liées au recouvrement des montants dus à ce titre.
«La municipalité
qui impose une sanction administrative pécuniaire peut exiger des frais liés au
recouvrement de ce montant.
«Les montants
perçus par la municipalité en vertu du présent article lui appartiennent et,
exception faite des frais de recouvrement, doivent être affectés au
financement de mesures et de programmes dans le domaine de la transition
énergétique des bâtiments.»
Le commentaire. Cet article, comparable à
l'article 115.28 de la Loi sur la qualité de l'environnement, permet à une municipalité responsable de
l'application d'une disposition d'un règlement pris en vertu de la loi édictée
par le projet de loi d'en assurer l'application au moyen de l'imposition de
sanctions administratives pécuniaires, tout comme le ferait le ministre. Les articles 21 et 22 de la loi
édictée s'appliquent à l'imposition d'une sanction administrative
pécuniaire. Le dernier alinéa de cette disposition impose par ailleurs à la
municipalité d'affecter les montants perçus lors
de l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire au financement de
mesures et de programmes dans le domaine de la transition énergétique
des bâtiments.
Le
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. J'ai cru comprendre que Mme
la députée de Mille-Îles voulait intervenir sur l'article 23.
Mme Dufour : Oui.
Merci, M. le Président. Vous lisez dans les pensées. Donc, premièrement,
j'aimerais savoir, dans le fond... Ce que je comprends, parce qu'on dit que
les... Le premier paragraphe, là, de l'article 23, on dirait... on dit :
Une telle sanction ne peut se cumuler en
raison des mêmes faits survenus le même jour. Mais on comprend que, si c'est
les mêmes faits survenus sur deux jours, ils pourraient être sanctionnés
doublement.
M. Charette :
...eu le débat, là, lors de
l'étude de la présente loi. Si c'est une infraction qui est répétée,
effectivement, il peut y avoir... il peut y avoir plus d'une infraction. Je
vous donne l'exemple puis je ne dis pas que c'est ce qui... ce qui va
s'appliquer, mais si une personne, par exemple, laisse sa voiture dans un
endroit où elle n'a pas le droit, elle a une
première contravention. Si sa voiture est encore là le lendemain, elle pourrait
de nouveau avoir... Et c'est pour ça que, sur certaines rues à Montréal,
on voit une petite pile de contraventions qui se sont accumulées.
Mais,
encore une fois, c'est appliqué de façon... Dans le cas présent, là, ce serait
appliqué de façon intelligente. Ce n'est pas le but de collecter de l'argent,
et de retourner 24 heures après, et, dès que le 24 heures se termine,
en ajouter une autre, là. C'est fait de
façon diligente et intelligente. Mais, oui, théoriquement, une même infraction
peut être sanctionnée plus qu'une fois si elle n'est pas corrigée, là,
dans un laps de temps, là, qui est déterminé. Et pourquoi pas la même journée et pas le même cumul?
C'est : si un inspecteur du ministère de l'Environnement et un inspecteur
de la ville, la même journée, constatent l'infraction, les deux ne peuvent
pas... les deux ne peuvent pas y aller d'une contravention chacun de leur côté.
Mais peut-être
ajouter une petite référence supplémentaire, puis c'est signe de la
collaboration, là, que l'on veut et que l'on souhaite avec les municipalités.
C'est la première fois qu'on viendrait permettre à une municipalité d'appliquer le régime de sanctions administratives
pécuniaires du gouvernement, donc c'est... Tout... pas tout à l'heure, mais au
moment de la consultation, les municipalités parlaient du défi financier que
pouvait permettre ou engendrer la transition énergétique. Donc, c'est
une nouveauté de dire : Non seulement vous pouvez appliquer notre régime
de sanctions, mais vous allez, de surcroît,
avoir des moyens de financer des mesures de transition énergétique à travers
les sommes recueillies, là, des sanctions administratives pécuniaires.
Mme Dufour : Je
vais aller, justement, sur le dernier paragraphe. Ce qu'on comprend, c'est que
les villes qui voudraient... c'est ça, qui
percevraient des montants, là, des sanctions, pour pouvoir l'affecter au financement
de mesures et de programmes dans le domaine de la transition
énergétique, ça veut dire qu'elles devront avoir créé un fonds, j'imagine,
parce que...
M. Charette :
Ou avoir des mesures de
transition énergétique qui sont désignées et les affecter à ces mesures-là.
Mme Dufour : Oui,
mais pour affecter, il faut qu'il y ait un fonds. Le fonds, il faut qu'il ait
été créé pour pouvoir dire, bien : Ça
va aller à cette mesure-là, parce que, si les... si la perception va au fonds
général, il n'y a pas de suivi, là, que les sommes vont directement au
fonds. Donc, normalement, c'est... il faut créer un fonds.
M. Charette :
...ce que l'on souhaite et que l'on vise, et les villes nous demandent de
participer à la réglementation, elles le feront... mais c'est... on veut faire
ça simple le plus possible. Donc, ça pourrait être affecté directement à une
dépense en lien avec la transition énergétique. Donc, pas nécessaire, là, d'y
aller d'une structure formelle, création d'un fonds. Donc, s'il y a une dépense
municipale qui est associée à la transition énergétique, tel revenu pourrait
tout simplement être attribué à la dépense en question.
Mme Dufour : Et
comment... comment le ministère... Ou, en fait, quel ministère va suivre ça?
Est-ce que ça va être les Affaires
municipales ou ça va être le ministère de l'Environnement, à savoir que les
sommes ont été affectées au financement de mesures dans le domaine de la
transition énergétique des bâtiments?
M. Charette : L'imputabilité première reviendrait au ministère de
l'Environnement, mais il y a de ces partenariats-là qui sont établis
avec le MAMH. La réglementation va pouvoir l'établir aussi, là, de façon plus
claire. Mais on ne veut pas rendre l'exercice... En fait, on veut que ce soit
un avantage pour les villes, qu'il ne soit pas trop compliqué à administrer, et c'est l'engagement qu'on a pris avec les
municipalités, là, d'établir cette réglementation-là avec elles.
Mme Dufour : Et quels types de mesures vont être comprises, ou
programmes, dans le domaine de la transition énergétique des bâtiments?
Là, je pose la question parce qu'en fait il pourrait y avoir un moment où les
municipalités soient appelées, disons, à faire l'inspection, imposer des
sanctions. Si, au moment qu'elles le font, elles n'ont pas de programme, pour
toutes sortes de raisons, tu sais, est-ce que ça va être plus large pour
permettre plus de possibilités? Comme on est venus, dans un projet de loi sur
la fiscalité municipale à l'automne dernier, donner la possibilité aux municipalités d'utiliser le fonds de stationnement
pour créer des pistes cyclables, par exemple. Donc, je voudrais avoir une idée, là, de quelle... c'est quoi, l'intention
qu'on voit comme mesures puis la flexibilité qu'on va donner aux villes par
rapport à ça.
M. Charette : Peut-être deux choses.
Une première à préciser, on ne s'attend pas à ce qu'il y ait des millions et des millions qui soient générés. On a vu, selon
les catégories d'amendes, s'il y a des sanctions à 250 $, il y en a dont
la catégorie implique des amendes... enfin, je dis «amendes», des sanctions
administratives pécuniaires beaucoup plus élevées, là. Il n'y a pas des
millions, des milliards, pour les municipalités, à aller chercher là.
Mais, à savoir si une
municipalité n'a pas de mesure de transition énergétique... Bien, peut-être
rappeler, la semaine dernière, on a fait une belle annonce,
500 millions de dollars pour les municipalités pour leur
permettre de développer un plan climat.
Chaque municipalité et MRC va recevoir de l'argent de ce fonds-là. Donc, on
peut penser que toutes les municipalités et MRC vont avoir des mesures
de transition énergétique, donc, du coup, des dépenses admissibles pour
bénéficier, là, des revenus des SAP.
Mais, étant donné... On le disait,
1 000 bâtiments au départ, 5 000 par la suite, avantage aussi la
performance environnementale des bâtiments. Mais on ne présume pas que
100 % de ces bâtiments-là seront en infraction. Un petit pourcentage avec
des sanctions, par moment, qui sont de quelques centaines de dollars, donc, ce
n'est pas une source de revenus immense, mais c'est une source de revenus
supplémentaire, là, pour les municipalités.
Mme Dufour : Bien, justement, est-ce
que c'est vraiment une source de revenus supplémentaire? Si ce qui est imposé, c'est 250 $, le surplus de
travail que ça implique pour un inspecteur et les rapports, les suivis, etc.,
et qu'au bout du compte la municipalité ne peut pas l'appliquer pour
payer son inspecteur, mais plutôt qu'elle doit l'affecter à une mesure de transfert énergétique des bâtiments,
donc, ce n'est pas... Il n'y a pas de gain ici, là, c'est une dépense pour
les municipalités.
• (18 h 20) •
M. Charette : Il y a aussi, on le
voit, puis c'est la même chose pour les tickets de stationnement ou d'autres types d'infraction... il y a des frais
administratifs qui peuvent... qui peuvent être facturés. Là, on parle de frais
de recouvrement pour... pour couvrir
les... au niveau administratif, ce que ça génère comme dépenses pour la
municipalité. Mais d'entrée de jeu, là, ce n'est pas des millions, je le
mentionne, mais les frais de recouvrement, eux, ne seraient pas affectés aux
mesures de transition énergétique spécifiquement, et ces frais-là pourraient
être conservés, là, par la municipalité.
Mme Dufour : Et les frais pour
recouvrement, ça s'ajoute aux 250 $?
M.
Charette : Un petit peu comme, là, je ne le sais pas, je ne
le souhaite pas, mais si la collègue a eu un ticket de stationnement ces... ces derniers temps, et
encore là je ne le souhaite pas... Mais j'ai mon fils qui m'a amené un beau
ticket il y a quelques jours, donc il y a un
montant, et il y a des frais supplémentaires. Et je vous rassure, j'ai dit à
mon fils qu'il devait lui-même payer son ticket et que le papa ne
remboursait pas le ticket en question.
Mme
Dufour : J'en prends note pour mes filles quand elles
seront en âge de conduire. Je vais poser une question aussi concernant
une sanction. Est-ce qu'une ville pourrait être sanctionnée, une MRC pourrait
être sanctionnée si elle-même est en défaut par rapport à ses bâtiments?
M. Charette : Si une municipalité
est en défaut, à savoir ce sont ses inspecteurs qui pourraient...
Une voix : ...
Mme Dufour : Non, pas nécessairement
ses inspecteurs, mais, si elle-même est en défaut, n'a pas transmis sa cote,
n'a pas...
M. Charette : Oui, oui. Bien, en
fait, les municipalités... comme le gouvernement du Québec devra afficher sa cote sur ses bâtiments. Donc, c'est des
obligations, là, qui vont s'appliquer aussi aux municipalités et aux... aux
instances, aux bâtiments publics.
Mme Dufour : OK. Et les
municipalités vont être dans la première phase, dans les premiers groupes...
M. Charette : Tout dépend de la
grandeur du...
Mme
Dufour : Pour les bâtiments de 2 000 mètres
carrés et plus, si je ne me trompe pas. C'est ça. Excellent. OK.
Le
Président (M. Jacques) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 23 de la loi édictée? Donc, est-ce que l'article 23
de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Jacques) : Adopté.
M. le ministre, l'article 24.
M.
Charette : Merci, M. le Président. Donc, 24 : «Les
dispositions du chapitre V de la Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages
s'appliquent au présent chapitre et aux dispositions pénales prévues par
règlement.»
La Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages a été sanctionnée en 2022 et vise
notamment à rassembler dans une seule et même loi l'ensemble des instruments permettant
au ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques,
de la Faune et des Parcs d'appliquer certaines lois dont
il a la charge de l'application. C'est le cas notamment de ses pouvoirs
d'imposition de sanctions pénales.
L'article 24 indique donc que les dispositions relatives à l'imposition de
sanctions pénales prévues dans cette loi s'appliquent dans le cadre de
la Loi sur la performance environnementale des bâtiments et de ses règlements
d'application.
Le Président (M. Jacques) : Merci.
Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 24 de la loi édictée? Mme
la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Juste pour m'assurer, là. Je comprends bien, on
dit «les dispositions du chapitre V» et... de la loi, là, sur les barrages, et le titre de cette section-là,
quand on la regarde, c'est «Travaux exécutés par le ministre». Est-ce que
c'est vraiment à ça qu'on a fait référence?
M. Charette :
Le titre que moi, je vois, c'est
peut-être l'emplacement de la collègue, là, qui n'est pas le bon... le
titre, c'est tout simplement : «Dispositions pénales».
Une voix : ...
M. Charette :
Ah oui! Ce n'est pas la section V, c'est le chapitre V.
Mme Dufour : Ah!
merci. Merci beaucoup. D'accord. Merci. OK, c'est là qu'on voit des sommes
quand même, somme toute, beaucoup plus imposantes.
M. Charette :
Plus élevées.
Mme Dufour : Là,
on va les voir, j'imagine, dans les...
M. Charette :
L'article 25, entre autres, on va aborder la question.
Mme Dufour : Article 25.
C'est ça. Parfait.
Le Président (M. Jacques) : Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention concernant l'article 24 de la loi
édictée, est-ce que l'article 24 de la loi édictée est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M.
Jacques) : Adopté. M. le ministre, article 25.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
«25. Quiconque
contrevient à l'article 4, 6 ou 18 est passible d'une amende :
«1° dans le cas
d'une personne physique, de 1 000 $ à 100 000 $;
«2° dans les
autres cas, de 3 000 $ à 600 000 $.»
Et le commentaire.
Cet article prévoit les amendes dont pourra être passible une personne à la
suite de la commission d'une infraction pour
les infractions de la catégorie de gravité objective la moins élevée,
c'est-à-dire celles de la... celles
relatives à la production de certains documents et à l'affichage et la
divulgation de certaines informations.
Donc,
oui, déjà beaucoup plus élevés que les articles précédents, mais c'est des
montants qui sont les moins... en fait, ça correspond à la catégorie objective
la moins élevée, donc il y a un potentiel de sanctions encore beaucoup
plus élevées, là, que les montants que l'on peut lire à l'article 25.
Le Président (M.
Jacques) : M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci,
M. le Président. M. le ministre, une amende de 100 000 $, c'est... ce
n'est pas rien, là. Puis on commence. Comme... c'est un petit peu... c'est...
bien, je parle ici d'une personne physique, alors c'est juste 1 000 $
à 100 000 $. Est-ce qu'on vise... Comme une amende à
100 000 $, c'est pour quelqu'un qui a fait la même infraction plusieurs fois ou... C'est juste, dans
la première partie, là, je trouve que le «range» est intéressant. Je n'ai pas
de trouble nécessairement avec une infraction de 100 000 $, mais,
quand même, on doit poser la question : Comment ça peut arriver à
une personne physique qu'il reçoit une amende de 100 000 $?
M. Charette :
La détermination de la peine ne
relève pas du ministère. Là, on est au pénal, donc c'est réellement le juge ou la juge qui va déterminer la peine.
Jusqu'à maintenant, la... le montant maximal, sauf erreur, je m'en remets
aux juristes, là, mais, à ma connaissance, jusqu'à maintenant, le montant
maximal n'a jamais été... pour une première infraction, sauf erreur, là, ça n'a
jamais été imposé, comme sanction. Je ne veux pas...
Une voix : ...
M.
Charette : On pourrait faire la vérification. Bien, le
sentiment général que j'ai, pour avoir regardé, à une certaine époque, la
question, je pense que ce n'est jamais le montant maximum, jusqu'à maintenant,
qui a été imposé suite à la commission d'une infraction. Mais c'est à la
discrétion du juge ou de la juge, là, de déterminer la peine. Et, encore là, 1 000 $
à 100 000 $, 3 000 $ à 600 000 $, c'est pour la
catégorie objective la moins élevée des sanctions pénales.
M. Kelley : Parfait. Pour la
deuxième partie, on parle de 3 000 $ à 600 000 $. Dans les
autres cas...
M. Charette : Donc, les personnes
morales.
M. Kelley : Ah! OK, les personnes
morales. OK. Et, quand même, une amende de 600 000 $, c'est un
montant sérieux. Alors, je pense que les indications sont là. Et, quand même,
les options pour un juge d'un jour imposer
un montant comme ça, ce n'est pas une mauvaise chose, comme on dit. S'il y a
quelqu'un qui veut vraiment, vraiment refuser d'accepter des règlements et,
quand même, des règles qui sont inscrites dans ce... loi, je pense...
projet de loi, je pense, c'est important.
Parce qu'on sait que, des fois, des citoyens peuvent avoir leur propre idée sur
comment les choses doivent marcher,
alors on veut s'assurer que tout le monde respecte qu'est-ce qui est écrit dans
ce projet loi.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, merci. Je voudrais
juste savoir comment c'est déterminé, laquelle des sanctions. Parce que, là, on vise quatre articles, la divulgation,
la performance, je pense, la norme, là, d'atteindre la norme, et 18, c'est...
mon Dieu!, c'est beaucoup plus... c'est l'affichage. Voilà. Alors, comment on
détermine quelle sanction, selon quelle infraction et la gravité, là? Qui
déterminera... qui va le déterminer selon quel cas?
M. Charette : Je vais y aller d'une
réponse très générale, et notre collègue va pouvoir compléter, n'étant pas
juriste. Il y a des catégories qui sont établies, et les barèmes, c'est-à-dire
les montants applicables, sont déterminés par catégories, mais comment la
gravité ou la catégorie est déterminée, je vais laisser le collègue répondre.
Le Président (M. Jacques) : Me
Woitrin.
M. Woitrin (Pierre) : Oui.
Effectivement, il existe des barèmes, on a vu des barèmes pour les SAP tout à l'heure, donc qui... qui se reflètent dans... pour
les sanctions pénales aussi. Ça fait que, dans le fameux cadre auquel... je
pense que le cadre est public, en tout cas, vous devriez y avoir accès, on a...
on a le même type de barèmes par type de manquement qui est effectué. Ça
fait que, lorsque des dispositions comme celles-là sont rédigées, on se colle à
ce qui a été fait dans d'autres lois pour
des manquements qui sont similaires et qui eux-mêmes sont calqués aussi sur ce
barème.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme
Dufour : Oui, je comprends qu'il est l'heure, on va... on
va cesser. Mais on a fait référence à quelque chose, une information qui
était publique, un cadre qui était public...
• (18 h 30) •
M. Woitrin (Pierre) : ...auquel on a
fait référence tout à l'heure, je me réfère à l'article 20 dans la... 21
de la LMA, la M-11.6, la loi sur les barrages, là, qu'on appelle : «Le
ministre élabore et rend public un cadre général d'application des SAP...» Donc
là, on a un barème, on a aussi un barème pour les sanctions pénales qui
permet... Donc, lorsqu'on a ce type d'exercice là à faire pour la détermination
des amendes pénales, qui nous sert de base et qui est vraiment calqué sur les
SAP aussi... On le trouve sur le site du ministère, à ma connaissance.
Mme Dufour : OK.
Le Président (M. Jacques) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur l'article 25... 25?
Mme Dufour : ...mais là on est...
Le Président (M. Jacques) : Il y en
aura?
Donc, compte
tenu de l'heure, nous suspendons nos travaux jusqu'à demain, 8 heures,
pour une séance de travail. Merci. Bonne journée.
(Fin de la séance à 18 h 31)