Journal des débats (Hansard) of the Committee on Transportation and the Environment
Version préliminaire
43rd Legislature, 1st Session
(November 29, 2022 au September 10, 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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Thursday, October 3, 2024
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Vol. 47 N° 60
Clause-by-clause consideration of Bill 61, An Act enacting the Act respecting Mobilité Infra Québec and amending certain provisions relating to shared transportation
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Intervenants par tranches d'heure
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Maccarone, Jennifer
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Arseneau, Joël
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Guilbault, Geneviève
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
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Bouazzi, Haroun
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Derraji, Monsef
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Derraji, Monsef
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Lemay, Mathieu
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Maccarone, Jennifer
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Morin, André Albert
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Arseneau, Joël
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Guilbault, Geneviève
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Montigny, Yves
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Blouin, Catherine
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Bernard, Daniel
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Tardif, Marie-Louise
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Maccarone, Jennifer
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Derraji, Monsef
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Lemay, Mathieu
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Massé, Manon
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Morin, André Albert
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Maccarone, Jennifer
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Morin, André Albert
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Morin, André Albert
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Maccarone, Jennifer
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Grandmont, Etienne
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Guilbault, Geneviève
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Maccarone, Jennifer
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Derraji, Monsef
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Lemay, Mathieu
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Martel, Donald
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Tardif, Marie-Louise
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Bernard, Daniel
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Montigny, Yves
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Arseneau, Joël
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Arseneau, Joël
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Maccarone, Jennifer
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Grandmont, Etienne
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Derraji, Monsef
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-huit minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission des transports et de l'environnement ouverte. La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée <du projet...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...La commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du >projet
de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par M. Martel
(Nicolet-Bécancour); Mme Dufour (Mille-Îles) par M. Morin (Acadie); M. Grandmont
(Taschereau) par M. Bouazzi (Maurice-Richard) et M. St-Pierre Plamondon
(Camille-Laurin) par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, mardi dernier, nous en étions à
l'étude d'une motion préliminaire présentée par le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. le député, il vous reste 11 minutes... il vous reste 11 minutes
pile. Alors, je vous cède maintenant la parole.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, oui, je continue là où j'ai laissé. C'est-à-dire que
je souhaite que les consultations particulières puissent permettre d'entendre
Sylvain Gaudreault, l'ancien ministre des Affaires municipales, des Régions et
de l'Occupation du territoire, mais surtout l'ancien ministre des Transports,
qui avait proposé la création d'une agence, une agence qui était diamétralement
opposée à ce qu'on propose, aujourd'hui, dans le projet de loi n° 61. Et
je pense que c'est important, qu'on l'entende, pour la raison suivante, c'est
que la ministre continue d'apparenter son projet de loi au projet de loi
n° 68 qui avait été déposé en 2013, et qui a été redéposé une deuxième
fois, le projet de loi n° 796, le 20 octobre 2021, et qui n'avait pas
les mêmes paramètres, la même... les mêmes... qui ne reposait pas sur les mêmes
bases ou sur les mêmes principes. Puis, d'ailleurs, pas plus tard que
l'interpellation de vendredi dernier, la ministre a, une fois de plus, je
dirais, induit les gens en erreur en disant que M. Gaudreault appuyait la
proposition du projet de loi n° 61, ce qui est, évidemment, contraire à la
vérité, dans la mesure où il a, lui-même, émis un message...
• (11 h 30) •
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député.
M. Arseneau : Pardon?
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
veux juste vous demander de faire attention à vos propos en ce qui concerne les
collègues autour de la table. On... je vous demande des échanges respectueux.
M. Arseneau : Oui, bien, je
m'apprête justement à démontrer le fait que les faits qui sont avancés par la
ministre sont contraires à la vérité, puisque M. Gaudreault a lui-même dit
que... le modèle qui est proposé par la ministre...
La Présidente (Mme Maccarone) : Encore
une fois... M. le député, encore une fois... Merci. C'est moi qui ai la parole.
Merci. Je vous demanderais, encore une fois, de poursuivre avec le respect
envers les collègues autour de la table. Vous savez très bien qu'on avait quand
même des mots que... ils sont très sensibles à employer ici, alors d'utiliser
quand même un vernaculaire qui est plus acceptable.
M. Arseneau : Parfait.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. Arseneau : Mais moi, je
pense qu'on peut aussi avoir le respect pour les faits, la réalité des
déclarations des uns et des autres. Et la ministre, lorsqu'elle déclare que le
Parti québécois, M. Gaudreault a essayé, en 2012-2013, et qu'il n'a pas réussi,
le Parti québécois a échoué à mettre en place une équipe spécialisée pour
réaliser des projets d'envergure en mobilité, elle doit aussi se souvenir, elle
devrait rajouter que lorsque le dépôt du projet de loi sur l'agence a été fait
en 2013, la CAQ a réagi de la façon suivante : «Créer une agence, c'est créer
une agence de favoritisme. Créer une agence, c'est créer une instance qu'on
éloigne du contrôle parlementaire.» Et c'est une citation du collègue de la
ministre, Éric Caire, qui, à l'époque, était critique en matière de transports.
C'est la raison pour laquelle la CAQ allait annoncer qu'elle voterait contre le
projet d'agence. Alors, on salue le retournement de situation complet du
gouvernement de la CAQ et de la ministre, sauf que le projet de loi qui était
déposé à l'époque ne correspond pas aux objectifs du projet de loi qui sont
contenus dans le projet... le document que l'on a devant nous. C'est simplement
la démonstration que je veux faire et qui mérite que l'on continue l'étude du
projet de loi sur des bases qui...
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, je suis désolée, je dois vous interrompre. Mme la ministre a un
appel au règlement.
Mme Guilbault :Oui, bonjour. Bien, je ne sais pas exactement comment ça
fonctionne, mais je fais un appel au règlement, l'article 35, parce que le
député des Îles-de-la-Madeleine a prétendu que j'avais induit les gens en
erreur et c'est faux, Mme la Présidente, il me prête des intentions. Je ne sais
pas comment il faut le dire, mais bref, je tiens à dire au micro que c'est tout
à fait faux que j'ai induit les gens en erreur vendredi dernier.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Alors, encore une fois, j'invite tous les collègues de poursuivre avec des
propos respectueux, de ne pas prêter les intentions. Nous sommes ici pour avoir
un débat pour les gens qui nous écoutent en ce qui concerne un sujet
d'actualité puis très important.
M. Arseneau : Est-ce que
l'utilisation de l'expression «ce qu'il a dit est faux» est convenue comme
étant aussi contraire aux règles que l'on devrait se donner, ici, en
commission? Je veux juste...
11 h 30 (version révisée)
M. Arseneau : ...contraire aux
règles qu'on devrait se donner ici, en commission. Je veux juste être sûr que
ça fonctionne des deux côtés de la Chambre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez raison. On peut utiliser une terminologie plus comme «c'est inexact».
Alors, je pense que la ministre aussi est au courant, puis je pense qu'elle est
à l'aise de dire que ceci serait l'utilisation future. Merci.
M. Arseneau : D'accord.
Alors, cette conversation, ici, que nous amorçons, me prouve hors de tout doute
que nous avons besoin d'entendre M. Gaudreault, qui pourra effectivement s'exprimer
librement et nous faire part de son point de vue sur les différences
marquantes, fondamentales, entre le projet de loi qu'il a déposé en décembre 2013
et le projet de loi que nous avons sous nos yeux.
Mais, dans le cas où la commission aurait
besoin d'avoir davantage d'informations sur cet élément assez crucial, je vais
quand même élaborer un peu sur ces différences qui sont marquantes et qui tiennent
essentiellement à la mission de l'agence Mobilité Infra Québec que l'on veut
proposer dans le cadre du projet de loi actuel, une mission qui dépend
essentiellement des mandats qui seront donnés par le gouvernement à cette
agence, sans lesquels, ces mandats, l'agence ne peut pas agir, ne peut pas
planifier, ne peut pas aller de l'avant en développant une vision, ou des
projets, ou la mise en opération de chantiers pour des projets dits complexes. Alors
que dans le projet de loi n° 68 de l'époque, et 797, le projet qui a
suivi, essentiellement, je faisais référence à l'article 10. Et je pense
que c'est important de voir à quel point c'est différent et ça nous éloigne du
projet de loi que nous avons devant les yeux :
«L'Agence consulte la ministre ou le
ministre sur les projets d'infrastructure routière qui requièrent des
investissements publics afin qu'il puisse identifier les interventions à faire
pour favoriser l'intermodalité, le transport collectif et une offre de
transport sécuritaire, accessible, équitable et efficace.»
«L'Agence — à l'article 11 — communique
annuellement au ministre, dans un ordre de priorité, les projets
d'infrastructure routière dont le coût serait à inscrire au plan québécois des
infrastructures et elle l'accompagne de ses recommandations portant sur les
besoins du réseau routier.» Et je continue en mentionnant, et ça, c'est
fondamental : «Le ministre tient compte, dans l'élaboration du
portefeuille des projets d'infrastructure de transport, de l'ordre de priorité
que lui a soumis l'Agence relativement aux projets en maintien d'actifs.»
C'est donc dire qu'ici l'agence a joui d'une
pleine et entière autonomie pour jouer son rôle, pour pouvoir élaborer une
planification, une liste de priorités, de projets, soumettre des recommandations
au ministre ou à la ministre. Et évidemment, ultimement, le gouvernement doit
trancher, doit allouer des ressources.
On voit ici que c'est tout le contraire
dans le projet de loi n° 61, où on voit, à l'article 4, que «Mobilité
Infra Québec a pour mission principale d'effectuer, dans une perspective de
mobilité durable, lorsque le gouvernement lui en confie la responsabilité,
l'analyse d'opportunité, la planification et la réalisation de projets
complexes». C'est-à-dire qu'à défaut de voir le gouvernement lui en confier la
responsabilité, l'agence est inerte, ne sert à rien, n'agira pas.
Le gouvernement — autre article — lorsqu'on
lui... lui... lorsqu'il lui confie une responsabilité en vertu du premier
alinéa, peut permettre à Mobilité Infra Québec de réaliser une foule de choses,
une foule de missions. Et tout ça part de la volonté gouvernementale,
vraisemblablement, selon sa propre analyse, ses propres priorités, qui peuvent
être évidemment éloignées des besoins de la population et davantage rapprochées
d'intérêts politiques partisans.
Mobilité Infra Québec, à l'article 5,
exerce également des fonctions comme «la réalisation des analyses en transport
que le ministre lui confie», alors vous voyez que les rôles sont complètement
inversés, toute... «l'exécution de tout autre mandat que le gouvernement lui
confie». Dans tous les cas, l'agence Mobilité Infra Québec aura les pieds et
les mains liés, à moins d'avoir des autorisations ministérielles d'agir,
d'approfondir, de développer, de mettre en <oeuvre...
M. Arseneau :
...de
développer, de mettre en >oeuvre, de contracter, et ainsi de suite, ce
qui va à l'encontre de la philosophie de ce que voulaient faire mon collègue,
M. Gaudreault, et le projet de loi qu'il avait déposé, c'est-à-dire de séparer
la politique du béton et de sortir de cette espèce d'idée que l'on peut gagner
des élections, c'est ce que M. Gaudreault disait pour bien illustrer, là, le
sens de sa réforme, de sa... de son projet de loi... d'éliminer cette notion
qu'on peut gagner des élections en promettant des routes ou des ponts.
Et, bien sûr, il y avait la question de
constituer une agence indépendante qui puisse avoir l'expertise, l'expertise,
justement, pour pouvoir, en dehors de toute influence politique, juger de ce
dont on a besoin pour développer au Québec un réseau de transport collectif qui
soit beaucoup plus efficace et efficient, que la mise en oeuvre de ces réseaux
soit faite en développant une expertise qui va nous mener à avoir justement
davantage de ces projets-là à moindre coût. Et c'est ce qu'on souhaite. Et
l'objectif, évidemment, il est partagé, mais les moyens qui actuellement sont
mis en place ne sont pas de nature à pouvoir justement donner toute la latitude,
toute l'autonomie nécessaire à une agence qui puisse agir avec les coudées
franches, dans l'intérêt public général, sans influence, et sans ingérence, et
sans contrainte politique, essentiellement tout le contraire de ce que l'on
voit depuis déjà une... depuis déjà six ou sept ans.
Alors, c'est vraiment fondamentalement ce
qu'on doit mettre au jour clairement, lorsqu'il est question de comparer, comme
on l'a fait trop souvent du côté ministériel, un projet de doter le Québec
d'une agence compétente et autonome pour développer une vision, planifier des
projets et les réaliser au bénéfice de tous dans le... et évidemment dans les
meilleurs délais et dans les meilleurs coûts possible, de cette agence-ci, dont
on discute aujourd'hui, qui, elle, ne pourra agir que sur un mandat donné par
la ministre, sans quoi, évidemment, cette agence-là sera en mode attente. Et
ça, ce n'est évidemment pas de nature à nous laisser penser qu'on va aller plus
vite, plus loin et à moindre coût. Merci, Mme la Présidente.
• (11 h 40) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Salutations à notre ancien collègue, M. Gaudreault. Est-ce qu'il
y a d'autres interventions en lien avec la motion préliminaire de M. le député
des Îles-de-la-Madeleine? Oui. Allez-y. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : ...merci, Mme la
Présidente. Très heureux de remplacer mon collègue de Taschereau aujourd'hui.
Je remercie d'ailleurs le Parti québécois de faire la proposition de rencontrer
effectivement M. Gaudreault, que j'ai eu la chance de rencontrer à
plusieurs reprises dans des environnements très différents.
Avant peut-être d'arriver sur le fond, je
voudrais quand même rappeler pourquoi on est... on est ici aujourd'hui, et
peut-être, sur le fond, pourquoi est-ce que la question d'une agence est
problématique, et pourquoi donc, dans un deuxième temps, la venue de M.
Gaudreault, qui expliquerait donc son projet à lui par opposition à celui-ci,
serait d'autant plus intéressante.
La fonction publique, c'est un contrat
social qu'on a dans une société où on délègue à une partie des travailleuses et
travailleurs la responsabilité d'offrir des services communs à la population.
Historiquement, pour faire court, ceci s'est structuré autour de différents
ministères.
Et les orientations politiques que nous
représentons, à Québec solidaire, ont tendance à voir ces ministères et les
services qu'ils offrent comme une richesse commune, comme des services d'autant
plus importants qu'ils permettent, entre autres choses, de <contrer...
M. Bouazzi :
...permettent,
entre autres choses, de >contrer les inégalités, étant donné,
évidemment, qu'une grosse partie de ces services-là sont ou gratuits ou à un
prix inférieur au privé, mais aussi qui permettent une pleine... une atteinte
d'une pleine citoyenneté pour les citoyens et citoyennes, si on parle de
l'accès à l'éducation, à la santé, évidemment, le transport étant une... étant
un axe important de ces services.
L'idéologie inverse à la nôtre, je dirai,
qui a malheureusement a été très présente sur les dernières décennies, disons
au moins les 20 dernières décennies ou 25 ans au Québec, consiste à dire
que le service public... prend trop de place... que le service public prend
trop de place et que le... il y a une volonté d'affaiblir les différents
ministères dans leurs services, que ce soit par rapport à des coupures ou par
rapport à un affaiblissement des différentes missions et des pouvoirs... et des
pouvoirs.
Je sais que Mme la ministre est très
occupée avec... mais si elle pouvait juste parler moins fort, ça m'empêche de
me concentrer. Merci.
Donc... Or, on voit une stratégie qui est
assez généralisée de ce gouvernement qui consiste à créer des structures
parallèles, des structures parallèles. Ici, on est devant, donc, une structure
qui... institutionnaliste, donc une structure parallèle au ministère et qui
rend les questions de reddition de comptes, de démocratie, de gouvernance
beaucoup plus compliquées à gérer, et surtout qui affaiblissent, donc, les
différents ministères qui, normalement, devraient avoir et l'expertise et le...
l'expertise et les ressources pour pouvoir mener à bien leur mission, qui, à
chaque fois, à chaque création d'une nouvelle structure parallèle, se retrouve
affaiblie.
Ça fait que, sur le fond, on pense que,
quand on introduit comme ça une structure parallèle, vaut mieux aller au fond
des choses et s'assurer d'avoir les bons intervenants autour de la table pour
pouvoir comprendre les tenants et aboutissants d'une telle proposition, qui
aura des répercussions sur vraiment longtemps au Québec.
Alors évidemment, on peut faire le constat
que depuis les six dernières années, il y a eu très peu d'avancées en matière
de transport en commun. Il n'y a aucun nouveau projet qui a été démarré depuis
l'arrivée de la CAQ au pouvoir. Et la question qu'on doit se poser, c'est comment
est-ce qu'on peut arriver à améliorer cette situation, évidemment, qui, dans un
contexte et de justice sociale, mais aussi de transformation sociétale face à
la crise climatique, mériterait des meilleures... des meilleures politiques
publiques et beaucoup plus d'efficacité.
Le deuxième problème est un problème aussi
de financement. On a vu, dans les dernières années, apparaître l'idée que la Caisse
de dépôt<i> se retrouvait à développer une partie du transport en commun
au Québec, à l'extérieur, encore une fois, des différents ministères et des
différentes responsabilités politiques associées à ces projets d'infrastructure
importants, comme on a vu au <i>REM à Montréal. Évidemment, le problème
de ce genre d'approches, c'est qu'elles sont très attractives d'un point de vue
financier, étant donné que l'endettement de la caisse, pour pouvoir offrir ces
services-là, n'apparaît pas sur les dettes du Québec. Et Dieu sait que ça peut
être alléchant de se dire : Bien oui, on va faire appel à cette... à ces
gros investissements d'infrastructures sans qu'ils apparaissent sur nos dettes.
Évidemment, au bout du compte, il y a quelqu'un qui paie, c'est le citoyen,
mais ça n'est pas au niveau de la dette que ça apparaît.
De là la curiosité de voir qu'est-ce que
M. Gaudreault proposait, étant donné que les objectifs, quand même, étaient
vraiment nobles. D'un côté, il y avait la question de dépolitiser les promesses,
si on veut, d'infrastructures dans l'objectif de gagner des élections, pour
faire <court...
M. Bouazzi :
...l'objectif
de gagner des élections, pour faire >court. Je pense que c'était M.
Duplessis qui disait : «Avec une nouvelle autoroute, on gagne...»
Une voix : ...
M. Bouazzi : Un pont? Un
pont. Avec un pont, on gagnait trois élections : au moment de l'annonce,
au moment de la construction et puis au moment du ruban. Et je pense que c'est
mon cher collègue de Taschereau qui disait que ce gouvernement allait essayer
de gagner trois élections avec la même promesse, un troisième lien, un
troisième lien, un troisième lien, sans jamais avoir commencé.
Reste qu'au-delà de dépolitiser, les
décisions qui sont prises en matière de transport sont éminemment politiques,
et donc il y a une réelle réflexion à avoir, je pense. Et M. Gaudreault
nous aiderait à avoir cette réflexion-là pour se demander comment est-ce qu'on
pourrait faire appel à un certain nombre d'expertises, à un certain nombre de
scénarios qui soient associés à des décisions politiques, par exemple, plus de
transports en commun ou plus de voitures étant une décision politique, et donc
dépolitiser cette question-là tout en respectant les missions et les
prérogatives des... des différents ministères. Et c'est là où je suis vraiment
curieux. Parce que je sais quand même l'amour et le respect que
M. Gaudreault a pour les institutions politiques québécoises et les
ministères en tant que tels, et je vous avouerais que je suis vraiment curieux
de voir comment est-ce qu'il voit la création d'une agence sans affecter,
justement, la question de la gouvernance, de la démocratie qui entoure la...
qui entoure la création d'une agence, donc, parallèle.
Ça fait que, pour conclure, les enjeux
sont importants. Le projet de loi vient modifier les choses pour longtemps, elles
ne pourront pas être défaites si elles sont mal faites. Et donc on invite la
ministre à voter et à accepter positivement la proposition de nos collègues du
Parti québécois pour pouvoir s'assurer qu'une telle décision politique puisse
maximiser... qu'on puisse maximiser les résultats positifs d'une telle décision
politique. Voilà. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui. M. le député de Nelligan.
• (11 h 50) •
M. Derraji : Oui, merci, Mme
la Présidente. Je veux juste noter quelque chose, qu'hier on n'a pas siégé. Et
j'ai cru comprendre qu'il y a des amendements. Je n'ai pas reçu les amendements
encore, à moins qu'il y a un avis que les amendements ont été envoyés. Mais on
voulait bien faire notre travail. J'aurais aimé les recevoir. Comme je l'ai
mentionné, on a une petite équipe. Je remercie Florence, qui m'accompagne, et
Mélissa, qui font un travail exceptionnel. Et je suis très heureux et honoré de
les avoir avec nous, mais vous le savez, Mme la Présidente, si on veut bien
faire notre travail, c'était... les règles d'art, c'est aussi qu'on puisse nous
donner le temps pour bien démarrer les travaux de cette commission. Donc, je
l'ai mentionné, je ne sais pas où ils sont rendus, les amendements, et si le
gouvernement est prêt. Parce qu'on veut bien commencer, là, les article par
article, comme je l'ai mentionné, mais en date d'aujourd'hui, quoi, on est le
3 octobre, 11 h 50, je n'ai pas reçu aucun amendement. Donc, on
veut bien démarrer l'analyse, l'étude article par article, mais le gouvernement
n'a pas encore envoyé aucun. Tu sais, je dis, même hier, on n'a pas siégé. Je
tiens à le... à le préciser.
Et, bon, je suis devant une motion
préliminaire du collègue du Parti québécois qui nous rappelle un moment
extrêmement important dans la vie parlementaire. Et j'ai fait mes devoirs. J'ai
devant moi le projet de loi de l'ex-collègue Sylvain Gaudreault, que je
respecte beaucoup. D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de faire une mission avec lui
à Katowice, en Pologne, sur la COP à l'époque, je ne me rappelle plus, est-ce
que c'est 25 ou 26. Que je respecte beaucoup, il était ministre des... des
Transports, et qui était quand même assez critique. Et lui, il avait une autre
idée par rapport à l'agence. Et je pense que ce que le collègue mentionnait par
rapport à l'écouter, je pense que ça va nourrir les réflexions des membres de
la commission, si on veut bien faire les choses.
C'est vrai qu'à l'époque... Et j'ai le
projet de loi. Vous allez juste me permettre. Le projet de loi n° 68 à
l'époque... C'est drôle, la plupart des projets de <loi...
M. Derraji :
...C'est
drôle, la plupart des projets de >loi où on parle d'agence, il y a le
mot... le chiffre six : 68, 66, 61, 62. J'en ai vu. Projet d'accélération
des projets, je ne sais pas si ça vous dit quelque chose, 66. On l'aime, ce
projet de loi, parce qu'on a bien analysé que rien n'avançait dans ce... le
cadre de ce projet de loi. D'ailleurs, j'ai eu à intervenir hier sur le projet
de loi infrastructure, et lui aussi, c'est un 62, oui, et on est avec le 61.
Mais le projet de loi de l'ex-collègue,
Loi sur l'Agence des infrastructures de transport du Québec, ça, c'est le
collègue Sylvain Gaudreault. Et je... Et je l'ai devant moi, Mme la Présidente.
Et je pense que c'est pertinent, la proposition de mon collègue du Parti
québécois. Et on parle beaucoup de l'exploitation, exploiter les
infrastructures routières, donc ce que j'aimerais savoir... Parce que, là, le
débat a beaucoup évolué, mais en 2013, on parlait que ce projet de loi propose
d'instituer l'Agence des infrastructures de transport du Québec et, depuis 2013,
on n'a plus parlé de ça.
Mais, entre-temps, il y avait la perte du
pouvoir du Parti québécois. Souvenez-vous, à l'époque, en tout respect à mon
collègue, je vais juste nommer l'ex-ministre péquiste qui disait : Je ne
sais pas comment l'équipe libérale va équilibrer le budget, hein? Souvenez-vous
parce qu'il y avait un enjeu au niveau des finances publiques. À l'époque,
l'équipe libérale a hérité d'un budget déficitaire. En fait, ça ressemble à ce
qu'on vit maintenant avec l'arrivée des Kings de Los Angeles et le fait que le
gouvernement est devenu le «king» des déficits, Mme la Présidente. Heille!
11 milliards, là, franchement, là, il faut le faire, et hériter d'un
surplus. J'en suis sûr et certain, mon collègue, qui est ingénieur, député de Masson,
qui sait vraiment jouer avec les chiffres, «jouer» dans le bon sens, un
ingénieur, il travaille très bien avec les chiffres, il sait que
11 milliards, c'est beaucoup. Le député de Saint-Jérôme, lui aussi, l'a
dit : On l'a manqué, on l'a échappé, avec 11 milliards, franchement.
Donc, Mme la Présidente, le contexte, il
est presque la même chose, la CAQ a perdu le contrôle des finances publiques.
Mais ça me ramène à la même période où le PQ, en 18 mois, ils ont
complètement perdu le contrôle des finances publiques. Ce n'est pas moi qui le
dis, c'est l'ex-ministre des Finances péquiste, qui a avoué, qui a avoué :
On s'est trompés. Et il disait : Je ne sais même pas comment Carlos Leitão,
mon estimé collègue, va faire pour rééquilibrer.
Vous allez comprendre pourquoi je fais...
Vous le savez, j'aime l'histoire et j'aime le passé. Si on n'apprend pas du
passé, on ne va pas voir l'avenir. C'est impossible. C'est une équation qui
tend vers le nul, tend vers vraiment zéro, malheureusement : même contexte
économique, même contexte, déficit.
Vous avez l'arrivée au pouvoir, heureusement...
il y avait l'arrivée au pouvoir du Parti libéral<i> avec l'équipe,
l'excellente équipe économique. On parlait beaucoup à l'époque de la création
d'emplois parce qu'il y avait un taux de chômage énorme avec un déficit énorme.
Et du coup il y avait sur la table l'agence, l'agence déposée par le Parti
québécois, par le collègue Sylvain Gaudreault. Et il y avait l'arrivée au
pouvoir du gouvernement libéral, l'excellent travail de mon ex-collègue Carlos
Leitão. Il a équilibré le budget.
Au bout de deux ans, Mme la Présidente, oui,
la plupart des Québécois, on a fait des sacrifices. La plupart des Québécois
ont... Tout le monde a collaboré. Il y avait une bonne gestion des finances
publiques. C'est des mots qui n'existent plus maintenant. À la rigueur, là,
écoutez, là, on peut... on peut en parler longtemps, mais ce n'est pas le sujet
de la motion. Et, une fois, il y avait un retour à l'équilibre budgétaire, il y
avait aussi un surplus budgétaire qui a été laissé à la CAQ, beaucoup de
milliards, 7 milliards. D'ailleurs, le premier ministre actuel a dit que
«j'ai la maison en ordre». Ce n'est rien à voir avec ce qu'on a hérité du
gouvernement de Pauline Marois. La maison était en ordre.
Là, maintenant, deuxième mandat, Mme la
Présidente, de la CAQ. Et je sais que le collègue député de Masson s'impatiente
pour voir le lien, je lui demande un peu de patience, il va voir pourquoi. Parce
que le même contexte aujourd'hui, avec une nouvelle structure, dans un contexte
où on dit aux Québécois : On va se serrer la ceinture, et des restrictions
budgétaires... Je ne sais pas, dans son coin, s'il y a des arrêts de chantier,
parce que, dans d'autres comtés, il y a des arrêts de chantier. S'il est chanceux,
qu'il n'y a aucun <arrêt...
M. Derraji :
...il
n'y a aucun >arrêt de chantier dans son comté, je suis très heureux pour
lui. Mais le contexte économique, il est le même qu'à l'époque où M. Sylvain
Gaudreault a proposé l'agence.
Donc, moi, ce que j'aimerais et pourquoi j'aimerais
bien l'entendre. Premièrement, à l'époque, notre collègue Sylvain Gaudreault,
qu'est-ce qu'il voulait?
Une voix : ...
M. Derraji : Merci. 7,91 milliards.
Wow! En surplus. Et aujourd'hui, c'est 11 milliards. Oui, négatif. Donc,
ils ont flushé les presque 8 milliards. Il y a un déficit de
11 milliards. Donc, on peut dire, on est dans les 18 milliards. Et
aujourd'hui, on a les Kings de Los Angeles en ville. Et j'ai vu que Gary
Bettman ne vient pas, donc il prend 7 millions, mais il ne vient pas à
Québec.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député, reste... de rester sur le sujet, M. le député. Allez-y. On vous
écoute.
M. Derraji : ...vous savez,
je ne peux pas m'empêcher, Mme la Présidente, les Kings sont là, c'est l'événement
de l'année.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...continuez,
s'il vous plaît, sur le sujet de la motion.
M. Derraji : Oui. Donc, le
déficit, il est là... Oui, Mme la Présidente. Le déficit, il est là, presque le
même déficit, sinon, ils en ont plus. Non, ce n'est pas le même qu'à l'époque
de Sylvain Gaudreault, mais le projet de loi de Sylvain Gaudreault, à l'époque,
parlait d'«une agence avec une mission de gérer et exploiter les... les infrastructures
routières dont la responsabilité relève du ministre des Transports de même que
tout autre bien qu'il détermine». Ce n'est pas la même chose maintenant. Mais
ce que j'aimerais savoir avec cet échange... Parce qu'on a vu... S'il n'a pas
pris la parole publiquement pour parler de l'agence, probablement, je vais dire
à mon collègue du Parti québécois aujourd'hui : Ce n'est pas pertinent.
Mais il a pris position pour dire que, ce que lui, il a proposé, ce n'est pas
la même chose qu'on a devant nous aujourd'hui. Mais, ce qui... ce qui m'intéresse,
c'est... quelques années plus tard, on n'a plus dans... on n'est plus dans la
même mission. Et ça, quand même, on doit le savoir. On doit comprendre
pourquoi.
• (12 heures) •
Et qu'est-ce que j'ai dans le projet de
loi déposé par M. Sylvain Gaudreault :
«Le projet de loi prévoit que l'Agence aura
pour mission de gérer et d'exploiter les infrastructures routières dont la
responsabilité relève du ministre des Transports de même que tout autre bien
qu'il détermine. Elle privilégiera le développement d'une expertise en matière
d'études, de planification... d'études, de planification, de conception et de
réalisation de projets d'infrastructure routière.» C'était beaucoup plus
explicite, l'infrastructure routière. «Elle protégera l'intégrité des
investissements routiers par une gestion rigoureuse et transparente et par une
optimisation de ses façons de faire.
«Aussi, le projet de loi prévoit que
l'Agence sera appelée à réaliser les projets d'infrastructure publique de
transport majeurs ou à accompagner les organismes publics dans la réalisation
de tels projets.»
Et ça, quelques années plus tard, on ne le
voit plus dans le projet de loi qu'on a présentement devant nous. Et je pense
que, pour le bien de toute l'équipe qui va travailler sur ce projet de loi d'agence
Mobilité Infra Québec, ce serait bien d'avoir ce genre d'échange avec un
ex-ministre des Transports à la même... je dirais, à la même place que le
ministre.
Le ministre... Vous savez, le ministre de
la Cybersécurité... Je sais que je n'ai pas le droit, parce qu'il est encore un
ex-collègue... il est un collègue actuel, je ne peux pas le nommer, je ne peux
pas faire comme ce que je fais avec Sylvain Gaudreault, malheureusement, mais
je vais juste vous dire ce qu'il a dit. D'ailleurs, il a beaucoup critiqué Mme
Dominique Savoie, qui était sous-ministre aux Transports. À l'époque, le
ministre de la Cybersécurité était le shérif de la CAQ. Ça a été connu. Mais qu'est-ce
qu'il disait? Il voyait un nouveau lien de favoritisme. Donc...
Une voix : ...
M. Derraji : Voilà. Merci.
Mais je trouve ça intéressant : «Créer
une agence, c'est créer une agence de favoritisme, créer une agence, c'est
créer une instance quand on est loin du contrôle parlementaire.» Donc, ça, ce
sont les propos du collègue de Mme la ministre, qui est actuellement ministre
de la Cybersécurité, un député de Québec. Et on sait que Québec a besoin de pas
mal d'attention. Le tramway, on attend encore, là, Mme la Présidente. Donc,
est-ce qu'il pense, lui aussi, que c'est la même chose?
Mais je vais revenir à notre collègue,
cher collègue, Sylvain... Sylvain Gaudreault. Et la revue de presse le démontre
très bien, Mme la Présidente, c'est qu'aujourd'hui j'ai un gouvernement qui...
12 h (version révisée)
M. Derraji : ...aujourd'hui, j'ai
un gouvernement qui voulait absolument transformer le ministère des Transports
en agence. C'est ce qu'on voit comme à l'image de ce qu'on a vu avec l'agence
santé, avec un conseil d'administration, etc. Et on voit dans un article qui a
été rédigé il n'y a pas longtemps par Antoine Robitaille et je vais le citer :
«Ainsi, le gouvernement caquiste — je ne peux pas nommer le nom du
premier ministre, excusez-moi si je ne lis pas tout parce que je dois respecter
notre commission — penserait sérieusement à transformer le ministère
des Transports en agence, projet révélé par la presse, n'est pas sans intérêt. Mais
encore une fois, la CAQ ferait l'inverse de ce qu'elle prônait.» Pourquoi? Et
là, vous allez comprendre le pourquoi. Parce qu'«en 2013, le ministre péquiste
Sylvain Gaudreault avait déposé un projet de loi créant une telle agence — à
l'époque, ça s'appelait ATQ — pour scinder les grandes orientations
et l'intendance et les caquistes n'avaient pas de mots assez durs pour
condamner l'idée.»
Je vous dis, quand on dit qu'on change d'avis
et c'est là où ça devient intéressant, moi, je vous le dis : Écoute, pour
le bien de la commission, j'aurais aimé voir le ministre actuel de la Cybersécurité,
je vous dis même une chose : Pourquoi ne pas les inviter les deux
ensemble? On va avoir un choc d'idées, un débat qui va être intéressant. Prenez
juste un instant le ministre actuel de la Cybersécurité, avec son franc-parler
et l'ancien ministre péquiste Sylvain Gaudreault. Regardez comment on va tous
évoluer. Ça va être le moment tant attendu dans cette commission. C'est comme
ça qu'on va améliorer ce projet de loi. Parce qu'avec le choc des visions qu'on
avance tous ensemble, il faut être ouverts d'esprit, Mme la Présidente, et j'en
suis sûr et certain que le collègue qui fait partie du caucus de la Capitale-Nationale
a beaucoup de choses à dire. Je le connais très bien. C'est quelqu'un, un homme
de valeurs, qui a beaucoup de choses à dire. D'ailleurs, il ne s'est pas gêné
de critiquer aussi les positions de son parti par rapport au troisième lien.
Alors, Mme la Présidente... Il a même mis son siège en jeu, figurez-vous. Bien
moi, j'aimerais bien le voir en commission parlementaire, mais en tandem avec
Sylvain Gaudreault. Et là, on va avoir l'occasion d'échanger avec deux
parlementaires d'expérience, un ex-ministre des Transports, hein, et un
ministre actuel du gouvernement. Il a le droit de parler, de nous dire qu'est-ce
qu'il pense, lui, de la nouvelle agence que lui-même a critiqué il y a quelques
années. D'ailleurs, ça pourrait être une bonne question en PDQ. J'ai le goût de
voir Mme la ministre, comment elle va répondre et si le ministre de la
Cybersécurité, il est toujours d'accord que, et là, je vais vous dire qu'est-ce
qu'il a dit : «Un nouveau lien de favoritisme». Est-ce que ce lien de
favoritisme qui était présent en 2013 ne l'est plus maintenant? On ne le sait
pas. À moins que, écoute, il a le droit, il a le droit, le ministre de la
Cybersécurité, de changer d'avis, hein? On évolue dans la vie.
Donc, Mme la Présidente, on parlait
beaucoup du ministre de la Cybersécurité, mais «à l'époque, Dominique Savoie — qui
est maintenant très proche du gouvernement caquiste — était la
sous-ministre aux Transports de Gaudreault. Dans l'opposition, le ministre
actuel de la Cybersécurité la fustigeait sans relâche, la traitant notamment de
mauvaise administratrice. Or, le projet de loi, à l'époque de Sylvain
Gaudreault, c'est elle qui le portait en 2013. Qui était sous-ministre à la
Santé, en mars, lorsque le ministre actuel de la Santé a déposé sa grande
réforme, comprenant aussi la création d'une agence? Dominique Savoie. Qui a
nommé Dominique Savoie... Qui a nommé Savoie en juin aux plus hauts postes de
la fonction publique, secrétaire générale du Conseil exécutif? La CAQ.» Ça, là,
c'est le même contexte, le même ministre, collègue de la ministre qui disait
ça.
J'irais même... Là, on parle de la même
personne qui était sous-ministre à l'époque : «Il faudrait bien un jour
que le ministre actuel de la Cybersécurité explique comment une femme qu'elle a
tant houspillée ait atteint un tel sommet, grâce à un gouvernement dont il fait
lui-même partie.» Et c'est là, Mme la Présidente, que je vous dis que je rêve
d'avoir les deux, à savoir le ministre de la <Cybersécurité...
M. Derraji :
...
Mme
la Présidente, que je vous dis que je rêve d'avoir les deux, à savoir le
ministre de la >Cybersécurité... le ministre de la Cybersécurité et
notre collègue... ex-collègue Sylvain Gaudreault.
Je continue, Mme la Présidente, on parle
beaucoup, beaucoup, beaucoup de l'ATQ : L'ATQ... Et là c'est là, le lien, parce
qu'on doit le faire avec Sylvain Gaudreault. Je continue toujours dans
l'excellent article d'Antoine Robitaille : «Si une ATQ avait existé, à
quoi eût ressemblé une promesse d'un parti favorable au troisième lien? "On
promet de le soumettre à l'agence." Ou alors : "On va revoir les
budgets pour améliorer la fluidité entre les deux rives, l'agence nous donnera
le meilleur moyen." Une telle structure peut effectivement aider à rendre
plus rationnelle la prise de décisions, à davantage tenir compte des données
probantes, et elle peut aussi permettre de rebâtir des expertises dans le
secteur public. On l'a vu à l'Agence de revenu.» Maintenant, au niveau de
l'indépendance : «Mais mal conçu, il peut contribuer à rendre tout plus
opaque et permettre à nos élus de se déresponsabiliser. Ce risque que la CAQ
percevait, en 2013, existe.»
Là, vous savez, pourquoi ça devient
intéressant, ce débat d'idées? C'est que le porteur, il est toujours présent,
il est vivant. Il prend la parole sur la place publique, et M. Sylvain
Gaudreault aurait tout intérêt à venir nous parler de son idée du départ avec
les mêmes acteurs. Et, écoutez, Mme la Présidente, 2013, ce n'est pas si loin
que ça. Les mêmes acteurs sont autour de la table. Malheureusement, je n'étais
pas là, je n'étais pas là dans... politique, ni Mme la ministre, mais son
collègue, le ministre de la Cybersécurité, l'était, l'est maintenant. «Mais mal
conçu, il peut contribuer à rendre tout plus opaque et permettre à nos élus de
se déresponsabiliser.» Quel excellent article d'Antoine Robitaille, que je
remercie.
• (12 h 10) •
«Ce risque que la CAQ percevait en 2013,
ce risque que la CAQ percevait, en 2013, existe», mais on ne peut pas le
savoir. C'est pour cela que c'est important avoir l'échange avec M. Sylvain
Gaudreault. «Tout dépend de la manière dont une agence serait pensée. Son
indépendance doit être garantie. Son PDG, par exemple, ne devrait-il pas être
nommé par l'Assemblée nationale?» Tout ça, on va l'avoir tout au long de
l'échange avec l'équipe... l'équipe gouvernementale. «Enfin, voilà la CAQ qui
nous entraîne, encore une fois, dans une réforme de structures.» Ça, vous avez
vu, Mme la Présidente, le débat que nous avons déjà eu sur l'agence de santé.
D'ailleurs, le gouvernement vient de nous bâillonner dans l'agence de santé. On
ne sait pas qu'est-ce qu'ils vont faire avec la nouvelle agence. On verra
l'ouverture du gouvernement à amender le projet de loi.
«Dans l'opposition, c'était aussi une de
ses critiques récurrentes : Les gouvernements passent trop de temps à
réformer les structures.» Mais moi, ce qui m'intéresse avec M. Sylvain
Gaudreault, lui qui voulait réformer la structure, c'était son souhait. Mais
c'est pour cela lui parler, lui qui a flirté avec l'idée de créer une agence,
qu'est-ce qu'il pense de la nouvelle mouture? Et sur ce point, je vois le
regard du député de Masson qui me dit que j'ai l'impression qu'on parle la même
chose. Rassure-moi, mon cher collègue, mais ça pourrait être une bonne idée,
avoir cet échange. Je ne sais pas ce qu'il pense de l'idée d'avoir son collègue
ministre de la Cybersécurité. J'en suis sûr et certain que lui aussi va lui
poser des questions, s'il pense que ce qu'il a dit en 2013 tient toujours la
route.
Alors, les gouvernements passent... Je
vous le dis, rien que le texte d'Antoine Robitaille, il y a tellement de choses
à utiliser, Mme la Présidente. Les gouvernements passent trop de temps à
réformer les structures. Ça a été la critique de la CAQ pas mal de fois. Nous,
on n'a pas créé de structure. Par exemple, eux, ils ont créé deux, à une, et,
déjà, la deuxième est en route. Mais on le sait, le gouvernement est
majoritaire, Mme la Présidente. Ça risque de passer, hein? <Même...
M. Derraji :
...gouvernement
est majoritaire,
Mme la Présidente. Ça risque de passer, hein? >Même
prendre le temps qu'on veut pour faire raisonner le gouvernement et amender le
projet de loi, ça risque de passer, Mme la Présidente.
«Autre aspect sur lequel la CAQ fait
aujourd'hui l'inverse de ce qu'elle disait avant de prendre le pouvoir.» Et
c'est là, et c'est là où j'appuie la motion de mon collègue député du Parti
québécois, que le fait d'avoir ce débat va nous aider à avancer dans la
réflexion sur cette agence. On va avoir l'occasion de parler avec un
ex-ministre du Transport, et il était ministre des Transports et ministre des
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire. Et
d'ailleurs, la... C'est sûr que c'est Mme Marois, notre ex-première
ministre, qui a pensé à ce ministère. Ce que j'aime quand on parle Transport et
Occupation du territoire... Souvenez-vous du dernier groupe qui a parlé de
l'aménagement du territoire. Donc, avoir un ex-collègue qui était ministre des
Transports va clairement bonifier l'échange à l'intérieur de cette commission,
va nous aider à avoir une bonne posture. Et quand je dis une bonne posture,
c'est qu'aller au fond des choses, et quand on dit aller au fond des choses,
Mme la Présidente, c'est que ça va aider les membres de la commission à débuter
les travaux.
D'ailleurs, je tiens à le préciser, que
les amendements, on est toujours en attente. Je ne sais pas si vous les avez
reçus ou pas. Et, tu sais, on nous dit qu'on n'a pas siégé hier parce qu'on va
attendre des amendements, mais on ne les a pas reçus. Donc, je ne sais pas si
ça touche les premiers articles ou pas, mais j'espère qu'on va les avoir.
Mais, Mme la Présidente, par rapport à la
motion préliminaire proposée par notre collègue du Parti québécois qui touche
le projet de loi n° 61, <i>loi édictant la Loi sur Mobilité Infra
Québec, qui est le nom de la nouvelle agence, je pense que c'est une très bonne
idée, une très bonne idée dans le sens que M. Sylvain Gaudreault, comme je
l'ai mentionné, a déjà confirmé sur la place publique qu'on ne parle pas de la
même chose, qu'on ne parle pas de la même chose, mais j'aimerais bien savoir de
quoi on parle, Mme la Présidente.
Pourquoi? J'ai un ancien ministre qui,
lui, était à l'intérieur de la machine, il avait une idée pour une agence.
Cette idée, il l'a... Je vais juste revoir le numéro du projet... 68. 68, le
projet 68, et je l'ai, je vous ai lu quelques notes explicatives, Mme la
Présidente, avec même des dispositions de modification. Et il y avait pas
mal... Écoutez, Mme la Présidente, 32 pages, même chose : «Le
gouvernement nomme le président du conseil pour un mandat d'au moins cinq ans.
«Le gouvernement nomme, sur recommandation
du conseil, le PDG. Pour l'assister, le gouvernement nomme également des
vice-présidents en nombre qu'il fixe. Les nominations sont effectuées en tenant
compte notamment des profils de compétences et d'expérience approuvés par le
conseil.
«Le gouvernement fixe la rémunération.
«Les membres du conseil d'administration,
autres que le PDG et ceux qui sont employés par un organisme du secteur public tel
que défini à l'annexe I des Règles sont rémunérés aux conditions et dans
la mesure que détermine le gouvernement.
«Les membres du conseil d'administration
sont payés sur les revenus de l'Agence.»
L'expiration de leur mandat. Il parle des
vacances, le quorum, les PV. Écoutez, Mme la Présidente, j'ai l'impression de
voir que c'est le même projet de loi, alors que ce n'est pas le même projet de
loi.
Et pourquoi je vous dis que ce choc de
vision m'intéresse? Sylvain Gaudreault avait autre chose en tête. Et je vais
revenir aux notes, parce que j'ai fait mes devoirs, Mme la Présidente, c'est
que j'ai lu le projet de loi de Sylvain Gaudreault, et le bout qui m'a le plus interpelé
parle beaucoup d'infrastructures publiques. Et hier je l'ai mentionné au salon
rouge, c'est que j'ai en face de moi un gouvernement qui, en matière
d'infrastructures, je peux juste lui donner un échec. Et l'échec : maisons
des aînés. C'est rendu 1 million de dollars par porte. Les Espaces bleus,
c'est complètement... écoute, c'est un <flop...
M. Derraji :
...1 million
de dollars par porte. Les Espaces bleus, c'est complètement... écoute, c'est un
>flop total, Mme la Présidente. Sérieux, vraiment, je ne sais plus quoi
dire. D'ailleurs, elle lâche les Espaces bleus.
Le projet de loi n° 66, et, je vous
le dis toujours, il y a le mot... le gouvernement doit changer les numéraux
parce qu'à chaque fois qu'il y a un 6, il y a un problème. 66, l'accélération
des projets. Souvenez-vous. 180, la pression que nous avons eue pour voter sur
ce projet de loi. Ça a coûté même un changement de ministre. Souvenez-vous, le
porteur du premier projet de loi, ce n'est plus le deuxième. Alors, Mme la
Présidente...
Des voix : ...
M. Lemay : Article 211,
là, il ne porte pas sur le sujet de la motion. Je pense que le député a dit ce
qu'il devait dire sur la motion en cours puis que, là, il est... il essaie...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
merci. Je vous arrête, M. le député. Vous pourriez continuer. Je vous entends.
Il est quand même sur le sujet. Je comprends que c'est des critiques. Il tire
sa fin, il lui reste 1 min 30 s.
M. Derraji : Je sais que ça
fait mal quand on commence à faire le bilan, hein? Vous savez, ça provoque de
l'émotion, Mme la Présidente. Ça choque. Heille! comment on peut expliquer les
maisons des années à 1 million de dollars? Ça choque. Je sais, avec
un 11 milliards de déficits, ça choque, Mme la Présidente, et surtout avec
l'arrivée des <i>Kings en ville aujourd'hui. Vous, vous voyez même... vous
me voyez, Mme la Présidente, ça me touche au fond de mes tripes. Alors, Mme la
Présidente, échec au niveau des maisons des aînés, échec au niveau des Espaces
bleus, hein? Et là... et là, Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Maccarone) : Sur
le sujet. M. le député, il vous reste une minute, reste sur le sujet, s'il vous
plaît.
M. Derraji : Oui, je vais
revenir sur Sylvain Gaudreault. Il y a un lien, il y a un lien. Le contexte
économique déficitaire de 11 milliards, on veut créer une agence... J'aimerais
bien voir le ministre, l'ancien ministre des Transports, qu'est-ce que lui
pense de cette nouvelle agence. C'est un débat de fond, Mme la Présidente. Je
vous le dis, j'aurais besoin d'une autre heure pour que je puisse m'exprimer.
C'est très important. Lui, il avait une vision. Je viens de vous lire la vision
qu'il avait. Quelques années plus tard, le même parti qui critiquait la vision
de Sylvain Gaudreault, aujourd'hui, hein, ils veulent la faire. Donc, moi, j'ai
besoin de savoir. La CAQ était contre la vision de Sylvain Gaudreault, avec la
CAQ qui applaudit aujourd'hui la nouvelle vision avec une nouvelle agence. Ils
ont le droit de changer d'avis, hein? On évolue dans le temps, hein? On évolue,
on avance. Ils ont le droit.
Alors, Mme la Présidente, j'appuie cette
excellente motion de mon collègue et j'espère que la partie gouvernementale
vont dire oui. Parce qu'un choc d'idées, c'est comme ça qu'on avance, Mme la
Présidente. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la motion
préliminaire? M. le député d'Acadie, la parole est à vous.
• (12 h 20) •
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Je suis heureux de prendre la parole pour la chef de l'opposition
officielle, ce qui devrait me donner une période de 30 minutes, si mon
calcul est bon. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, heureux de revenir en
cette commission. Et là je lis avec beaucoup d'intérêt la motion préliminaire
qui a été... bien, en fait, qui est proposée par mon collègue le député des Îles-de-la-Madeleine.
Permettez-moi de la lire, elle est intéressante. «Conformément à
l'article 244 du <i>règlement de l'Assemblée nationale, je fais
motion afin que la Commission des transports et de l'environnement, dans le
cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi édictant la Loi sur
Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif, tienne des consultations particulières et qu'à cette fin
elle entende l'ancien ministre des Transports et ministre des Affaires
municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire de 2012 à 2014, M. Sylvain
Gaudreault.» Je vous le dis...
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous explique, M. le député, car on a déjà un des députés dans votre formation
politique qui a utilisé le 30 minutes, vous disposez de 10 cette fois-ci.
Alors, il vous reste neuf minutes.
M. Morin : Alors... Eh là,
là! Vous me...
Une voix : ...
M. Morin : Oui, quel dommage.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
sais que c'est une déception, mais continuez, s'il vous plaît.
M. Morin : Vous volez les
mots de ma bouche. Quel dommage! J'étais prêt sur une lancée de
30 minutes, Mme la Présidente. Je vais devoir me contenter de 10. Quand
même, quand même, je vais tenter d'avoir des propos, n'est-ce pas, qui sont
pertinents pendant les minutes... les minutes qui restent.
En fait, ce que je disais, c'est que c'est
une motion... c'est une motion qui est intéressante. Et, comme l'ensemble des
motions préliminaires qui ont été déposées... parce que nous, dans
l'opposition, on veut évidemment travailler fort avec le gouvernement, on veut
aider le gouvernement à avoir de meilleures lois et les motions préliminaires. Quand
des députés des oppositions font des demandes pour <entendre...
M. Morin :
...motions
préliminaires. Quand des députés des oppositions font des demandes pour >entendre
des groupes comme on l'a fait précédemment cette semaine, ou quelqu'un, je suis
toujours surpris, je vous dirai honnêtement, quand la partie gouvernementale
est contre, parce qu'il me semble que c'est la meilleure chose qu'on pourrait
faire pour bonifier notre travail de législateur, particulièrement dans le
cadre de cette motion, Mme la Présidente, parce que M. Sylvain Gaudreault
a occupé les fonctions de ministre des Transports. Mieux que ça, il voulait
créer une agence, une agence des transports et ce qui est aussi très fascinant,
c'est qu'à ce moment-là, je n'étais pas... je n'étais pas député, mais ce que
je lis, c'est que la CAQ était tout à fait contre. C'est quand même fascinant,
hein? On passe une position, puis sévère, je relisais des textes, puis je
pourrai... je pourrai faire référence ou mentionner des extraits du texte de
l'excellent journaliste Antoine Robitaille. La CAQ était vraiment contre cette
idée-là, contre l'agence, et là, le même... en fait, le gouvernement de la CAQ
dépose un projet de loi qui va créer une agence des transports.
Ce qui est encore plus fascinant, c'est
quand vous lisez les notes explicatives du projet de loi n° 68 à l'époque,
et là, on a un projet de loi n° 61, et ces notes explicatives se
ressemblent beaucoup. Vraiment fascinant. On dit dans le projet de loi qui a
été déposé en 2013 : «Le projet de loi prévoit que l'Agence aura pour
mission de gérer et d'exploiter les infrastructures routières dont la responsabilité
relève du ministre des Transports de même que tout autre bien. Elle
privilégiera le développement d'une expertise en matière d'études, de
planification, de conception et de réalisation de projets d'infrastructure
routière.» Et on dit : «le projet de loi prévoit que l'Agence sera appelée
à réaliser les projets d'infrastructure publique de transport majeurs ou à
accompagner les organismes publics dans la réalisation de tels projets.»
Quand vous regardez les notes explicatives
et que vous lisez les notes explicatives du projet de loi n° 61, qui est
sous étude présentement, on dit : «Ce projet de loi institue Mobilité
Infra Québec qui a pour mission d'effectuer, lorsque le gouvernement lui en
confie la responsabilité, l'analyse d'opportunité, la planification et la
réalisation de projets complexes de transport.» On précise «que Mobilité Infra
Québec peut également réaliser des analyses en transport à la demande du
ministre responsable des transports et de la mobilité durable».
Ce qui est tout à fait intéressant, c'est
qu'on dit également que ça va permettre à Mobilité Infra Québec d'acquérir par
expropriation, puis vous vous rappellerez, hein, on a... moi, j'ai travaillé
très fort dans l'opposition officielle quand le projet de loi n° 22 a été
déposé, la <i>loi sur l'expropriation, qui a donné des pouvoirs énormes
au gouvernement. Et quand on regarde, quand on regarde les notes explicatives
du projet de loi de l'époque et le projet de loi actuel, plutôt... le
gouvernement actuellement, plutôt que de parler de projets de transport majeurs,
on parle maintenant de projets complexes de transport, mais on peut penser que
des projets majeurs seront probablement complexes. Mais quand on regarde, quand
on regarde les deux textes, c'est excessivement similaire.
Et puis, par la suite, quand on va voir
dans le projet de loi la mission que devait avoir <i>l'agence des
transports qui était présentée par le ministre des Transports de l'époque,
hein, on parle... on parle de développement durable, l'agence va gérer des
infrastructures routières, renforcer le savoir-faire de l'État, privilégier le
développement d'une expertise. Ça doit collaborer étroitement avec le ministre.
Et l'agence devra... devait, en tout cas, plus particulièrement, exploiter les
infrastructures routières sous sa gestion, étudier, planifier le maintien et
l'amélioration et c'est à peu près ce que je viens de lire quand on <parle...
M. Morin :
... le
maintien et l'amélioration et c'est à peu près ce que je viens de lire quand on
>parle de l'agence actuelle : Concevoir et réaliser des projets d'infrastructures
routières, établir des normes techniques établissant les meilleures pratiques.
Donc, vous voyez, les deux documents, les
missions des deux agences sont à peu près identiques. Et ça vaut la peine de le
souligner, parce qu'il me semble que si le ministre de l'époque a eu,
évidemment, tout le travail qui a été fait et le privilège de présenter un tel
projet de loi, bien, je pense que ce serait important de l'entendre. Ça ne peut
qu'aider le gouvernement actuel et surtout, les partis de l'opposition, qui ont
à faire un travail, hein? On a déjà quelqu'un qui a réfléchi. Pourquoi ne pas,
évidemment, utiliser son savoir? Pourquoi ne pas l'entendre? Ça, je pense que c'est
un volet qui est important, je tenais à le souligner. Parce que, quand on
regarde les deux textes, c'est à peu près la même chose. Ce n'est pas
identique, ce n'est pas du copier-coller, mais pas loin.
Et permettez-moi de terminer avec l'excellent
article de M. Antoine Robitaille, publié dans Le Journal de Québec,
qui disait, et je cite le titre : «Transports : la CAQ fait — et,
entre parenthèses — encore l'inverse de ce qu'elle prônait», puis je
pense que ça vaut la peine de le mentionner pour les gens qui nous écoutent.
Nous, ici, on a la chance... on a des recherchistes, les autres députés,
évidemment, de l'opposition également. Ils font un travail, ils sortent plein d'excellentes
idées, comme cette motion préliminaire, puis ça nous permet de découvrir des
perles, comme celle qu'écrivait, évidemment, Antoine Robitaille. Mais les gens
qui nous écoutent n'ont peut-être pas toutes ces capacités-là, donc je pense
que c'était important de leur dire.
Alors, au fond... et je vais... et je vais
terminer... je vais terminer là-dessus et je vais citer M. Robitaille, qui
écrivait dans son article : «En 2013, lorsque le ministre péquiste Sylvain
Gaudreault avait déposé un projet de loi créant une telle agence pour scinder
des grandes orientations et l'intendance, les caquistes n'avaient pas de mots
assez durs pour condamner l'idée.» Alors, je ne sais pas ce qui s'est passé
depuis ce temps-là, je ne sais pas si les caquistes ont ramolli, parce qu'ils
étaient durs à l'époque. On se rappelle, évidemment, de certaines... en fait,
énoncés, déclarations du député de La Peltrie.
• (12 h 30) •
Mais il y a une chose qui est sûre, il y a
une chose qui est sûre, Mme la Présidente, c'est que, quand je regarde cette
motion préliminaire, quand je regarde, évidemment, la possibilité qui nous serait
offerte, nous, parlementaires, d'entendre M. Gaudreault, il me semble que
c'est une chance qu'on ne doit pas rater. Et je remercie le collègue des Îles-de-la-Madeleine
d'avoir proposé une telle motion préliminaire, que j'appuie entièrement. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion
préliminaire? Je vois qu'il n'y a pas d'autre intervention. Alors, nous allons
passer à la mise aux voix par appel nominal. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Guilbault
(Louis-Hébert)?
Mme Guilbault :
Contre.
Le Secrétaire
: M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire
: M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Blouin
(Bonaventure)?
Mme Blouin : Contre.
Le Secrétaire
: M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
Le Secrétaire
: Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre...
Le Secrétaire
: M. Derraji
(Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire
: M. Morin
(Acadie)?
M. Morin : Pour.
Le Secrétaire
: Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) : Abstention.
Alors, la motion est rejetée. Nous sommes toujours à l'étape des motions
préliminaires. Est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires? M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : ...s'il vous plaît,
je vais demander une courte suspension pour qu'on la rédige.
La Présidente (Mme Maccarone) : Nous
allons suspendre pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 32)
12 h 30 (version révisée)
(Reprise à 12 h 38)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous reprenons nos travaux. M. le député de Nelligan, pour la lecture de votre
motion préliminaire.
M. Derraji : Vous me voyez
très excité, Mme la Présidente, de présenter cette motion, et j'espère que les
collègues vont l'accepter. Vous allez comprendre pourquoi.
«Conformément à l'article 244 du
Règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin que la Commission des
transports et de l'environnement, dans le cadre de l'étude détaillée du projet
de loi n° 61, Loi édictant la loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant
certaines dispositions relatives au transport collectif, tienne des
consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende le ministre de la
Cybersécurité et du Numérique, ancien porte-parole du deuxième groupe
d'opposition en matière de transports du 21 septembre 2012 au 5 mars
2014.»
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
disposez du temps pour commencer votre plaidoyer.
M. Derraji : Oui, merci.
Mais, écoutez, vous savez, tout à l'heure, quand je parlais de l'excellente
motion de mon collègue député du Parti québécois, grâce à ses interventions et
à la lecture et à la recherche que nous avons effectuées, nous avons établi un
lien entre l'ancien ministre, Sylvain Gaudreault, et l'actuel ministre de la
Cybersécurité et Numérique. Pourquoi? Les deux, probablement, pensaient ou
avaient des visions différentes, mais je me suis dit : Probablement que la
partie gouvernementale caquiste va refuser l'invitation d'un péquiste, mais j'espère
qu'ils ne vont pas refuser l'invitation d'un caquiste dans une commission
parlementaire. Je trouve ça... Ça va être difficile, voter contre cette motion,
Mme la Présidente.
D'ailleurs, M. le ministre, n'a pas de
projet de loi, ne siège pas en commission parlementaire, il est très
disponible, il habite Québec. Et quoi de mieux d'avoir quelqu'un qui pensait
beaucoup de choses sur beaucoup de dossiers, y compris les agences et les
structures?
Et d'ailleurs, Mme la Présidente,
permettez-moi de vous lire un document extrêmement important qui va faire
réfléchir les collègues et qui va les pousser à bien prendre un moment d'arrêt
avant de voter contre l'invitation de leur collègue en commission parlementaire :
«Au sein d'une société démocratique comme
celle du Québec, le gouvernement et ses ministres sont imputables devant la
population et les élus de l'Assemblée nationale. La création de Mobilité Infra
Québec aura pour effet de transférer une partie de la mission et des
responsabilités de la ministre et du ministère vers l'agence indépendante. Qui
sera imputable des éventuels dépassements de délais et de coûts des projets
complexes?» Ça vous rappelle quelqu'un? Je continue. Vous allez comprendre le
pourquoi.
«Le risque est élevé que Mobilité Infra
Québec devienne un obstacle à la transparence et à la reddition de comptes en
matière de transport collectif. Lorsqu'un précédent gouvernement a voulu créer
une agence pour le transport, le député caquiste, à l'époque, shérif en chef,
avait alors critiqué le projet en arguant que créer une agence, c'est créer une
agence de favoritisme.»
• (12 h 40) •
Vous savez, Mme la Présidente, il y a des
paroles qui restent et qui résonnent entre les murs. Hier matin, je suis venu,
vers 5 heures le matin, et je marchais dans le couloir de l'étage 2,
et j'étais un peu, très poétique. Je le disais à ma collègue, Florence, que les
murs murmurent et les pas résonnent. Mais, aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir
d'ajouter quelque chose d'extrêmement important : Que les paroles de l'ex-ministre...
de l'actuel ministre de la Cybersécurité, l'ex-shérif en chef caquiste...
M. Lemay : Mme la Présidente,
article 35.1.
La Présidente (Mme Maccarone) : Excusez-moi,
M. le député... Je comprends, M. le député de Nelligan, il faut utiliser les
titres de nos collègues, s'il vous plaît. Je l'ai laissé passer une fois, une
deuxième fois, c'est trop. S'il vous plaît, continuez sur des bonnes paroles.
M. Derraji : OK, désolé. C'était
un nom qui a été utilisé publiquement, mais OK, le qualificatif qu'on donnait
au député de La Peltrie, l'actuel ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
Merci. Cher collègue, ce n'est pas ce que je voulais. Désolé, je retire si ça
vous fait mal. Ce n'était pas mon <objectif...
M. Derraji :
...Désolé,
je retire si ça vous fait mal. Ce n'était pas mon >objectif, cher
collègue. Je tiens à vous rassurer, mais je continue.
Les murs murmurent, les pas résonnent,
mais les paroles aussi à l'intérieur de notre Assemblée. Et parmi les citations
qui vont continuer à murmurer à l'intérieur de cette Assemblée : «Créer
une agence, c'est créer une instance qu'on éloigne du contrôle parlementaire.»
Le député, il est vivant, il existe, il est encore actif, d'ailleurs il est
ministre encore. Voilà, Mme la Présidente.
Mais, maintenant, j'aimerais bien savoir
la collègue caquiste, actuelle ministre, elle pense quoi de cette agence. Ne me
dites pas que vous allez refuser une invitation d'un collègue caquiste. Si,
vous pouvez voter, vous avez l'habitude de voter contre des pétitions de vos
collègues, vous avez l'habitude de ne pas donner suite à des... même des
saisies de pétitions de vos propres collègues, puis ça, on s'est habitué. Mais,
dans un débat, il a le droit à son opinion, et j'en suis sûr et certain, il va
être très heureux et enchanté de venir dire ce que lui pense de l'agence, ce
que lui pensait en 2013 versus ce qu'il pense présentement de la création
de cette agence.
Alors, Mme la Présidente, je vous ai dit
que les risques de dérive décrits à l'époque demeurent bien réels, demeurent
bien réels, à moins que le ministre de la Cybersécurité change d'avis. Vous le
savez, hein, changer d'avis, au sein de ce gouvernement, est devenu une
pratique récurrente. Il y a beaucoup d'exemples. Mais, par rapport à l'agence, lui
qui a été très, très sévère et critique, à l'agence, il n'a pas quitté la CAQ.
Il est toujours présent, il est ministre de la Cybersécurité. Qu'est-ce qu'il
pense, le député de La Peltrie, de cette nouvelle agence? Est-ce que les
collègues ont eu des discussions avec lui? Est-ce qu'il est pour l'agence?
Bien, s'il est pour, il va venir en commission parlementaire applaudir sa
collègue et dire : Écoutez, c'est vrai, ce que je disais en 2013 ne
tient plus la route. Il n'y a plus de favoritisme. L'agence est indispensable.
L'agence est une bonne idée, est une très bonne avancée, et malgré qu'on ait
perdu le contrôle...
D'ailleurs, je tiens à rectifier quelque
chose, Mme la Présidente. Je vais absolument corriger ce que j'ai dit tout à
l'heure. Et vous savez que je suis un homme rigoureux, je n'aime pas induire
mes collègues en erreur.
Une voix : ...
M. Derraji : Absolument. Je
retire ce que j'ai dit tout à l'heure par rapport au déficit, parce qu'on vient
d'avoir une mise à jour et, malheureusement, le trou, il est beaucoup plus
grand que ce que je disais tout à l'heure. Le déficit supplémentaire, il est de
4,37 milliards. C'est que l'argentier du gouvernement caquiste, qui vient
finalement de terminer l'exercice... c'est que le trou de 6 milliards de
dollars, il y a 4,37 milliards de plus que ses prévisions initiales. Je
tiens juste à le préciser.
Alors, je reviens à l'invitation et à la
motion préliminaire. Vous savez, Mme la Présidente, quand on a des talents, à
l'intérieur de l'Assemblée nationale, il faut en profiter. Et le ministre de la
Cybersécurité et du Numérique, il est reconnu d'avoir un talent, un talent où,
si on recule dans le temps, on trouve beaucoup de citations sur beaucoup de
choses. Mais je ne me... je ne vois... je me vois mal comment les membres de
cette commission ont... comment on va se priver de la qualité de tel... d'un
député ministre. Et j'en suis sûr et certain, que ma collègue la ministre des
Transports et de Mobilité durable partage que son collègue le député de La
Peltrie a de très bonnes qualités.
D'ailleurs, il y a beaucoup de citations
qu'il est obligé de vivre avec. Vous savez, Mme la Présidente, quand on devient
ministre et que le premier ministre nous demande d'être ministre, on vit avec
les citations des collègues. Et je sais que c'est un peu difficile, parfois,
vivre avec des citations qu'on critiquait l'agence sévèrement. Mais moi, je ne
sais pas, aujourd'hui, qu'est-ce qu'il pense. Je ne l'ai pas entendu parler de
l'agence. Mais, je vous ai dit, probablement, je réfléchis à une question à lui
poser au <salon rouge...
M. Derraji :
...je
réfléchis à une question à lui poser au >salon rouge, lui qui pensait
que l'agence favorisait de... une agence, ça... ça peut... créer une agence,
c'est créer une agence de favoritisme. Et «créer une agence», moi, le bout qui
m'interpelle, c'est qu'on est loin du contrôle parlementaire. Et d'ailleurs
votre rôle, Mme la Présidente, le rôle de l'ensemble des élus autour de la
table, c'est le contrôle parlementaire.
Et donc l'échange que je vais avoir avec
le collègue caquiste va être très simple, je peux même vous le dire et vous le
partager pour encourager les collègues à avancer avec moi dans la réflexion. Un :
Est-ce qu'il pense la même chose que ce qu'il pensait il y a longtemps, que ça
va créer... la création de cette agence va créer une agence de favoritisme? Ça,
c'est un, question très importante. Mais ce qui m'intéresse, c'est le contrôle
parlementaire. Et, vous savez, Mme la Présidente, nous, à l'opposition, on a le
travail le plus difficile. C'est pour cela, tout à l'heure, quand j'ai
commencé, je parlais des amendements. Je voulais bien faire mon travail, je
n'ai pas les amendements, encore une fois. Mais comment on peut contrôler
l'action gouvernementale? Les Québécois ont donné le pouvoir à ce gouvernement
de gérer leur argent, et ils nous ont donné un pouvoir de contrôler l'accent...
«l'accent», de contrôler l'action du gouvernement en matière de dépenses. Bien,
on le dit, ils ont perdu le contrôle. Ça, tout le monde est d'accord. Le King des
déficits va les suivre, Mme la Présidente, malheureusement.
Mais ce qui nous intéresse dedans, c'est
l'aspect du contrôle parlementaire. Et, quand on dit «contrôle parlementaire»,
j'ai un député caquiste, collègue de Mme la ministre, qui siège avec elle dans
le même Conseil des ministres. Il était là, il était là, le ministre, quand Mme
la ministre est venue avec sans document, sans analyse d'impact réglementaire,
et je tiens à le dire, il est venu, il a dit à ses collègues ministres :
Écoutez, moi, je vais aller de l'avant avec une agence. Mais je ne peux pas
savoir parce qu'on m'a refusé la motion que j'ai déposée sur l'impact réglementaire.
Je suis conscient qu'on ne peut pas produire une motion, on... on... je suis
conscient qu'on ne peut pas produire une analyse d'impact réglementaire
rapidement. Je suis quand même conscient de cet enjeu. Mais ce que je demandais
à la partie gouvernementale et à l'excellent sous-ministre : Partage-nous
vos notes. Mais ils ont refusé. Moi, je sais qu'il fait un bon travail, le
sous-ministre et l'ensemble des fonctionnaires, il le sait. Je lui ai dit même
face, maintenant je le déclare publiquement. Il est content, il va l'apprécier,
mais ses collègues aussi. Mais on n'a pas ses notes, Mme la Présidente, on n'a
pas les notes ministérielles sur l'avancement de l'idée de l'agence.
Donc, comment je peux aujourd'hui faire
mon travail si je n'ai pas accès à ces documents? Il y a un manque. Mais
maintenant, ce qui m'intéresse dans l'équation, chose que je n'ai pas eue
jusqu'à maintenant, c'est que le collègue qui pensait que créer une agence,
c'est créer une agence de favoritisme et l'éloigner du contrôle parlementaire,
je ne l'ai pas entendu sur la place publique. Je n'ai pas entendu le député de
La Peltrie. Qu'est-ce que lui pense de cette nouvelle agence? Mais c'est quand
même important. J'espère que les collègues ne vont pas refuser la convocation d'un
collègue. Ça devrait être quelque chose de... Wow! C'est la première fois, là,
qu'on va refuser une invitation d'un collègue.
• (12 h 50) •
Vous savez, Mme la Présidente, c'est très
sérieux. J'ai un collègue ministre autour de la table qui pense que la création
d'une agence... qu'il crée une agence de favoritisme. J'ai un collègue caquiste
qui est membre de ce gouvernement qui pense qu'on va éloigner le contrat... le
contrôle parlementaire et qui sera imputable des éventuels dépassements de
délais et de coûts de projets complexes. C'est ce qu'il pense, et ça va être
intéressant d'avoir ce débat. C'est ça, la démocratie, Mme la Présidente,
écouter tout le monde. Et, en plus, je n'invite pas un inconnu, c'est un
caquiste, membre de ce gouvernement, ministre, ministre de la... ministre au...
que... membre du caucus de la Capitale-Nationale. Il a beaucoup parlé du
troisième lien. Il a même mis en jeu son siège. J'aimerais bien savoir :
Est-ce que lui, la mission de la Mobilité Infra... est-ce qu'il veut avoir le
troisième lien, lui qui a mis en jeu son siège? J'imagine que oui. Il va être
content, aller voir les gens... les gens de La Peltrie, et lui dire :
Écoute, bien, finalement, mon gouvernement a accepté de mettre le troisième
lien dans la nouvelle agence qui va se réaliser un peu plus tard. Donc, on ne
peut pas se priver aujourd'hui de ce talent, de cette compétence.
Parce qu'avant de dire que ça crée une
agence de favoritisme, Mme la Présidente, il a dû réfléchir. Je ne peux pas,
moi, sortir aujourd'hui, dire : Écoute, Mme la ministre, votre agence, ça
va être une agence de favoritisme. C'est quand même fort. Je ne l'ai pas dit,
je rapporte les propos de son collègue, mais aujourd'hui, lui, quelques années
plus tard, est-ce qu'il pense que les mêmes <personnes...
M. Derraji :
...est-ce
qu'il pense que les mêmes >personnes qui ont travaillé sur l'agence de
2013, est-ce qu'il pense que c'est la même chose? Je comprends qu'on n'a pas le
même sous-ministre, je comprends. Je ne pense pas que le sous-ministre de 2013
est le même qu'aujourd'hui, non. Ils vont me confirmer, donc c'est bon. Voilà,
vous le savez, que ça pourrait être une bonne heure de discussion avec le
ministre de la Cybersécurité.
Et, sérieux, Mme, Mme la Présidente, il me
reste quelques minutes, je formule le voeu que, vraiment, vraiment... Et je
comprends que Mme la ministre partage les mêmes préoccupations que nous par
rapport aux propos prononcés par son collègue. C'est des choses... C'est des
réponses que j'aimerais bien avoir. Parce que je ne pense pas que je vais me
lever au salon rouge pour dire : Écoute, M. le député de La Peltrie, vous
avez pensé en 2013 que c'est une agence de favoritisme, vous avez dit que
ça va éloigner le contrôle parlementaire. Je n'ai pas envie de faire ça. Je
peux le faire, je gère l'APDQ, mais je pense que ce n'est pas la place. D'ailleurs,
Mme la ministre ne peut pas utiliser son tableau parce que ça n'a rien à voir
avec le tableau, cette question, ça n'a vraiment rien à voir. Elle devrait se
tourner vers son collègue si elle pense qu'il pense la même chose que
maintenant. Donc, je cherche la place pour l'inviter. Malheureusement, il
n'était pas là pendant les consultations, mais ça m'intéresse, et c'est un
débat public.
M. Lemay : ...on ne peut pas
souligner l'absence d'un collègue.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
vrai. M. le député, vous le savez très bien. S'il vous plaît, faire attention.
M. Derraji : Je tiens
vraiment à souligner l'expertise de mon collègue à utiliser les articles. Il
démontre une capacité intellectuelle à utiliser les articles d'omission d'une
manière remarquable. Ceci étant dit, est-ce qu'il partage, lui aussi, que c'est
une agence de favoritisme, comme son ex... son collègue ministre de la Cybersécurité?
Et j'aimerais bien. Et je peux lui donner mon temps, Mme la Présidente, parce
que je le vois très impliqué, il me suit depuis le début. Mais je suis
généreux, je peux lui permettre de dire est-ce que, oui ou non, aujourd'hui, du
moment qu'il est très attentif, est-ce qu'il pense que lui, en tant que
parlementaire, député, excellent député de Masson... est-ce qu'il partage les
mêmes propos que son collègue, qu'on éloigne le contrôle parlementaire? C'est
son rôle, le contrôle parlementaire. Est-ce qu'il pense que, comme son collègue
ministre de la Cybersécurité... que cette agence risque de nous éloigner du
contrôle parlementaire? Hein? Est-ce que je peux lui donner la parole, Mme la
Présidente? Il peut intervenir.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
votre temps, M. le député, si vous le souhaitez ainsi.
M. Derraji : Ah! je suis
généreux. Mais il pense quoi, le député de Masson? Vous en pensez quoi, M. le
député?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mais,
M. le député, c'est seulement un intervenant à la fois. Si vous cédez la
parole...
M. Derraji : Je peux me
taire.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...si
vous cédez la parole, ça veut dire que votre intervention sera terminée.
M. Derraji : Ah! Mais,
écoutez, s'il me donne l'assurance qu'il va répondre... Écoutez, j'aime ça. Je
suis très généreux. S'il me donne, et je le fais, c'est un homme de parole,
hein, je savais à qui j'ai à faire, s'il me donne la parole... s'il me donne la
confirmation qu'il va répondre à la question, je suis prêt à arrêter mon
intervention. À condition, j'ai une seule question, lui, il est parlementaire,
il est législateur, ingénieur, un homme très pragmatique : Est-ce qu'il
pense que l'agence, comme son collègue ministre de la Cybersécurité, va nous
éloigner du contrôle parlementaire? À vous la parole, cher collègue.
Mme Massé : Il a terminé son
intervention?
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez terminé votre intervention, M. le député? Il vous reste 12 minutes.
Je veux juste confirmer 100 %.
M. Derraji : Je lui fais
confiance. C'est un homme de parole. Il peut répondre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres intervenants sur la motion préliminaire de M. le député
de Nelligan? M. le député de Masson.
M. Lemay : Oui, je suis prêt
à prendre la parole. En fait, moi, je crois que ce n'est pas une bonne idée,
qu'on invite M. le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, ancien
porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière du Transport du
21 septembre 2012 au 5 mars 2014, et... parce que je crois qu'on a
déjà entendu 27 groupes, si ma mémoire est bonne, et les... je crois aussi
que la ministre, elle a fait une bonne écoute puis qu'on va avoir des bonnes
discussions article par article au niveau du projet de loi n° 61, la Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif. Et je crois que c'est une très bonne idée d'aller
de l'avant avec l'étude du projet de loi n° 61. D'ailleurs, je crois que,
si on pouvait entamer l'étude de l'article 1, ça nous permettrait de
bonifier le projet de loi parce qu'il y a une écoute de la part du gouvernement
à avoir des bonifications à la proposition qui a été faite dans le projet de
loi. Et, par conséquent, je n'ai pas d'autre intervention à faire sur cette
motion préliminaire. Je crois qu'on ne devrait pas accepter cette motion
préliminaire et passer à l'étude de l'article 1. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Oui, M. le député de l'Acadie, la
parole est à <vous...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oui, M. le député de l'Acadie, la parole est à >vous.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Je peux prendre la parole au nom du chef de l'opposition?
La Présidente (Mme Maccarone) :
...de 10 minutes. Votre collègue a déjà utilisé le 30.
M. Morin : Parfait.
Parfait, merci. Alors, permettez-moi d'être en désaccord avec mon collègue le
député de Masson parce que, justement, moi, je salue l'initiative de mon
collègue le député de Nelligan de faire entendre le ministre de la
Cybersécurité et du Numérique, et... pour différentes raisons. Mais je vais
commencer... je vais commencer ainsi : Si mon souvenir est bon, le député
de La Peltrie, alors qu'il était dans l'opposition, était un ancien
porte-parole en matière de transports. Donc, évidemment, il a... il a creusé ce
dossier, il s'est investi dans ce dossier et il a donc été en mesure de
regarder et de critiquer à l'époque ce que le gouvernement... ce que le
gouvernement faisait.
Et, évidemment, son expertise, je pense,
serait d'une grande utilité pour les travaux de notre commission, d'autant plus
que c'est fascinant que le gouvernement actuel veuille justement créer une
agence, parce que j'aimerais rappeler aux gens notamment qui nous écoutent, et
j'ai ici devant moi un extrait de la période des questions, en fait des débats
du 5 décembre 2013 qui portaient à l'époque sur le projet de loi n° 68,
sur l'Agence des infrastructures de transport du Québec. Rappelez-vous, j'en ai
parlé dans une motion précédente. Or, le député de La Peltrie disait à l'époque :
«M. le Président — et je cite — depuis un an, le
ministre des Transports monopolise des ressources humaines et financières
importantes de son ministère pour élaborer son projet d'agence — mais
c'est après que ça devient intéressant — une structure inutile.» C'est
quand même assez fort.
La Présidente (Mme Maccarone) :
M. le député, je suis désolé de vous interrompre, mais nous allons suspendre
les travaux.
Compte tenu de l'heure, nous allons
suspendre les travaux, puis vous pourrez continuer lors de notre retour cet
après-midi.
(Suspension de la séance à 13 heures)
14 h (version révisée)
(Reprise à 14 h 09)
La Présidente (Mme Maccarone) : Bonjour
à tous et à toutes. La Commission des transports et de l'environnement reprend
ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif.
Alors, avant de commencer, je comprends qu'il
y a le consentement afin de permettre au député de Taschereau de participer aux
travaux. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Lors de la suspension de nos travaux ce midi, nous étions à l'étude d'une
motion du député de Nelligan. Et j'ai fait une erreur, M. le... M. le député de
l'Acadie, avant de vous céder la parole pour le restant de votre temps, il vous
reste 28 minutes. C'est vrai que vous disposez des 30. Alors, je m'en
excuse aux collègues.
Et, comme vous avez tous vu, je vous ai
tous donné une petite sucrerie. Alors, j'espère que ça va vous aider, avant que
vous prenez la parole, pour avoir des échanges qui sont fructueux et que tout
le monde sera à l'écoute.
Alors, M. le député de l'Acadie, la parole
est à vous.
M. Morin : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. C'est... Merci de la précision sur le temps qu'il me reste. C'est...
C'est toujours le genre d'erreur qui fait plaisir, parce qu'évidemment ça fait
plus de temps où on peut s'exprimer comme parlementaire. Alors, j'apprécie
énormément votre travail de présidente. Et merci de... évidemment, de rectifier
cette situation-là. C'est très apprécié.
Alors, j'ai commencé, un peu avant la
pause du repas, à traiter... m'exprimer sur la motion préliminaire qui a été déposée
par mon collègue le député de Nelligan et visant, entre autres, à ce que cette
commission entende le ministre de la Cybersécurité et du Numérique, ancien
porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de transport, et c'était
du 21 septembre 2012 au 5 mars 2014. C'est... C'est important.
Je trouve d'abord que c'est une excellente
idée et je remercie mon collègue de Nelligan. Et puis je vais vous expliquer,
dans les... dans les minutes qui viennent, pourquoi c'est une bonne... c'est
une bonne idée puis pourquoi, évidemment, je vais être en faveur de cette
motion... cette motion préliminaire. D'abord parce que le ministre de la
Cybersécurité est un... est un parlementaire d'expérience et a été élu à
plusieurs reprises. Il a siégé dans l'opposition, il fait maintenant partie du
gouvernement, il est au Conseil des ministres et il a été, évidemment, le porte-parole,
à l'époque, en matière de transports. Donc, il a... il s'est intéressé à la
question, il s'est intéressé... il a posé des questions et, aussi, aussi, Mme
la Présidente, il a pris des positions en ce qui a trait à la création d'agences.
C'est particulièrement pertinent de l'entendre parce qu'à l'époque... et là on
se ramène en décembre 2013, alors que le gouvernement de l'époque, qui était un
gouvernement du Parti québécois, avait déposé un projet de loi, le projet de
loi n° 68, qui visait à créer une agence des infrastructures du... de
transport du Québec. Et le député de La Peltrie, qui est maintenant
ministre de la Cybersécurité, avait pris la parole à ce moment-là. Et, en tout
cas, moi, je lis, je n'étais pas... j'étais au Parlement... je n'étais pas au Parlement
à ce moment-là, mais je lis ce qu'il dit. Et, évidemment, il avait une position
vraiment campée, très claire, je vais vous en lire des extraits, mais qui n'est
pas du tout en lien... en tout cas, il ne semble pas être du tout, du tout en
lien avec ce que le <gouvernement...
M. Morin :
...mais
qui n'est pas du tout en lien... en tout cas, il ne semble pas être du tout, du
tout en lien avec ce que le >gouvernement veut faire présentement.
Permettez-moi... Permettez-moi de le
citer. Alors, il disait à l'époque, donc le 5 décembre 2013 : «Depuis
un an, le ministre des Transports monopolise des ressources humaines et
financières importantes de son ministère pour élaborer son projet d'agence, une
nouvelle structure inutile parce qu'on a déjà décidé de créer la <i>société
québécoise d'infrastructures.»
Alors, écoutez, ce n'est quand même pas
banal, là, vous avez un membre du Parlement, il prend la parole puis il dit :
«une structure inutile». Mais c'est... Mais ce n'est pas tout. Il dit : «parce
qu'on a déjà décidé de créer la société québécoise d'infrastructures», et là il
rajoute : «une structure nuisible — nuisible — parce
que l'opposition péquiste disait elle-même que c'était créer un lieu de
favoritisme qui échappait au contrôle parlementaire».
Alors, écoutez, ce sont quand même des
mots qui sont forts, qui sont... qui sont précis. En fait, je vous dirai, ça
frappe quand même l'imaginaire, là. Le député de l'époque, qui est maintenant
ministre dans ce gouvernement, dans le gouvernement de la CAQ, présentement,
qui veut créer une agence, une agence en matière de transport en plus, prenait
position en disant que c'est une structure inutile et nuisible. Wow! Vous
comprendrez pourquoi je pense qu'il est important qu'il vienne... qu'il vienne
nous dire... qu'il vienne s'expliquer. Écoutez, ça n'a pas de bon sens. À lire
et à entendre ce qu'il... ce qu'il disait à l'époque... Et ce n'est pas tout,
hein, une structure inutile, nuisible et «une structure inefficace parce que la
transformation va hypothéquer la capacité du ministère des Transports à assumer
ses mandats». Alors, ce n'est pas banal. Les trois mots : «inutile», «nuisible»,
«inefficace».
Alors, moi, comme député de l'opposition,
Mme la Présidente, j'aimerais ça savoir du ministre pourquoi il a changé
d'idée, pourquoi, soudainement, l'agence est devenue une structure utile, qui
n'est pas nuisible puis qui est efficace. Alors, c'est exactement l'envers de
ce qu'il disait il y a quelques années, on était en décembre 2013.
Mais c'est particulier parce qu'à l'époque
il était porte-parole de l'opposition en matière de transports. Donc, c'est un
domaine qu'il connaissait, il s'intéressait à ce domaine et il nous disait :
«la transformation va hypothéquer la capacité du ministère des Transports à
assumer ses mandats». Et là... Et là ça devient... ça devient superimportant,
puis je vais vous dire pourquoi, parce qu'évidemment... pour les gens qui nous
écoutent, tous, tous les ministères, le gouvernement fonctionne, a des projets
avec l'argent des contribuables. C'est des fonds publics. Et donc de dire
qu'une structure va être inefficace et qu'elle va hypothéquer la capacité du
ministère des Transports... et, aujourd'hui, alors qu'il est membre du Conseil
des ministres, semble souligner que c'est totalement l'inverse, bien, moi, ça
me renverse. Je ne comprends pas. Donc, il me semble que c'est essentiel que M.
le ministre puisse venir s'expliquer.
D'autant plus que, s'il critiquait la
création d'une agence qui pourrait hypothéquer la capacité d'un ministère, qui
est là, évidemment, pour rendre des services à la population... bien, qu'est-ce
qu'on fait ici aujourd'hui en étudiant ce projet de loi, projet de loi n° 61,
qui vise justement à créer une agence dans le domaine des transports? Est-ce
que... Est-ce que le gouvernement est en train d'hypothéquer la capacité du
ministère des Transports? Si c'est ça, bien, il faut absolument l'entendre,
parce que, là, ça n'a pas de sens. On ne peut pas... En fait, personnellement,
je vous le dis, moi, comme parlementaire, ça me dépasse qu'on puisse
travailler, participer à créer, à créer un organisme qui viendrait hypothéquer
la capacité d'un ministère.
Donc, c'étaient des mots très, très, très
forts, mais... mais ce n'est... ce n'est pas tout. Le député de La Peltrie
rajoutait, et je le cite : «Or, M. le Président, plutôt
que de jouer à l'agence...» Alors, ça, je ne sais pas trop ce qu'il voulait
dire, donc d'où <l'importance...
M. Morin :
...plutôt
que de jouer à l'agence...» Alors, ça, je ne sais pas trop ce qu'il voulait
dire, donc d'où >l'importance de l'entendre, parce que... en tout cas,
étonnant. «...jouer à l'agence, pourquoi le député de Jonquière — ça,
j'imagine qu'il fait référence au ministre de l'époque — ne se
transforme-t-il pas en ministre des Transports qui assume ses responsabilités
et qui règle le problème une bonne fois pour toutes?» Eh là là! On n'est pas
sortis de l'auberge.
Quand je lis ça, ça me laisse perplexe, perplexe.
Et il en rajoute, député de La Peltrie, là... et là il va falloir qu'il
vienne nous expliquer ça, parce que, moi, c'est... bien, évidemment, je ne suis
pas... je ne suis pas médecin, là, mais là il parlait du syndrome du Philippe-flop,
et ça, c'est énigmatique, en tout cas, pour moi, là. Le député de La Peltrie
disait : «M. le Président, le syndrome du Philippe-flop frappe le Parti
québécois parce qu'eux-mêmes disaient de l'agence : C'est un lieu de
favoritisme.»
Non, mais c'est... Non, mais vous êtes
d'accord avec moi, Mme la ministre, c'est quand même un peu rigolo, hein? Je ne
sais pas si, au Conseil des ministres, vous parlez du syndrome du Philippe-flop,
mais, en tout cas, le député de La Peltrie en parlait à l'époque.
«On a besoin de ça en Transports, des
lieux de favoritisme? Ça va échapper au contrôle parlementaire. C'est le PQ qui
disait ça, M. le Président. Ce dont on a besoin, c'est d'expertise. Et
là-dessus, depuis un an, le ministre des Transports échoue. Plus 70...» Bon, il
manque quelques mots. «Plus 70 ingénieurs, tous des juniors, moins huit
techniciens en travaux publics.» Alors, je ne sais pas trop ce qu'il voulait
dire, mais : «Plus 70 ingénieurs, tous des juniors, moins huit techniciens
en travaux publics.»
Ah! écoutez, moi, je pense qu'après de...
après de telles révélations, il m'apparaît essentiel que M. le ministre de la
Cybersécurité et du Numérique vienne s'expliquer, parce qu'il est parti d'une
position excessivement dure, excessivement campée, rigide, et là, bon, il fait
partie du Conseil des ministres, il vient de changer de position complètement,
entièrement. Et, écoutez, c'est superimportant, parce qu'on en a eu une partie
seulement, du mémoire au Conseil des ministres. Donc, les... le Conseil des
ministres a quand même parlé de la création de l'agence Mobilité Infra Québec.
Et, compte tenu de ce qu'il disait, moi, je ne comprends pas ce qu'on fait ici
aujourd'hui, là. Il faudrait absolument que M. le ministre vienne nous
l'expliquer, parce qu'à sa face même c'est loin... c'est loin d'être évident,
c'est loin d'être évident.
• (14 h 20) •
Et je vous dirais, Mme la Présidente, que
c'était... c'étaient aussi des mots très durs. Est-ce que la critique du député
de l'époque était à l'effet que les gens n'étaient pas... n'étaient pas compétents
au ministère des Transports? C'est quand même... Comme... Comme énoncé, là, il disait
que, bon, les ingénieurs, c'étaient tous des juniors. Il y avait moins huit
techniciens. Ça, on ne sait pas trop ce que ça veut dire. Et ce sont des
paroles qui, je trouve, sont très, très dures parce que...
Je vais... Je vais vous donner l'exemple
suivant. À chaque fois qu'un ministre dépose un projet de loi, il y a toujours
des fonctionnaires qui l'accompagnent, c'est évident, il travaille avec un
ministère, et donc, une fois qu'ils ont pris des orientations politiques, ce
sont les fonctionnaires qui vont faire le travail. À chaque fois que moi, j'ai
eu à travailler en commission parlementaire dans des projets de loi, et le
hasard a fait que, là, ça fait juste deux ans et quelques que je suis député,
mais ça fait beaucoup de projets de loi, à chaque fois que j'ai eu à
travailler, les fonctionnaires ont toujours été là pour nous, ils ont toujours
joué leur rôle, des gens impartiaux, compétents, prêts à nous aider
continuellement. Alors, vous comprendrez... Et moi, c'est... moi, c'est
l'expérience que j'ai eue ici comme élu au Parlement.
Et je peux même... je peux même vous
donner un exemple très concret, et Mme la ministre va s'en rappeler, parce
qu'on a... on a siégé de longues semaines avec un projet de loi n° 22 qui
traitait l'expropriation. Combien de questions j'ai posées! Et c'étaient les
fonctionnaires qui étaient capables de répondre, d'expliquer, etc. Donc, c'est
excessivement... c'est excessivement important, bénéfique pour le travail des
parlementaires, et ils le font avec compétence et en toute impartialité.
Donc, quand j'ai un député qui utilise de
tels <propos...
M. Morin :
...et en
toute impartialité.
Donc, quand j'ai un député qui utilise
de tels >propos, bien, écoutez, ça m'inquiète. Ou bien il y a un immense
problème, puis là, bien, il va falloir que M. le ministre vienne s'expliquer.
D'autant plus que, quand ça a été discuté, j'imagine que M. le ministre se
rappelait de ses paroles. Bien, sinon, c'est vraiment, vraiment particulier,
particulier.
Pourquoi... En fait, la question se pose :
Pourquoi aujourd'hui... si je cite les paroles du député de l'époque :
Pourquoi aujourd'hui le gouvernement de la CAQ s'évertue à vouloir créer une
structure inutile, nuisible et inefficace? Parce que c'est ce qu'il disait,
c'est ce qu'il disait en 2013. Vous comprendrez que, pour un parlementaire qui
veut faire son travail avec minutie et professionnalisme, bien, moi, je
voudrais bien qu'il soit capable de venir nous expliquer ce qu'il en est. Ça
m'apparaît... Ça m'apparaît essentiel, fondamental.
Mais il n'y a pas juste ça, il n'y a pas
juste ça, Mme la Présidente. Je regardais... Je regardais les mémoires qui ont
été déposés dans le cadre des consultations particulières pour l'étude de ce
projet de loi, et mon attention s'est portée sur le mémoire déposé par la CSN. Et
il y a... Et il y a, dans ce mémoire, des passages qui sont... qui sont très
intéressants. Et j'attire votre attention particulièrement à la page 9.
Deux éléments.
D'abord, la CSN nous rappelle le danger
d'une déresponsabilisation ministérielle en matière de projets complexes. Et
ça, je pense qu'il faut le souligner, il faut le souligner. Puis, évidemment,
bien, si on parle d'une déresponsabilisation ministérielle en matière de
projets complexes, bien, il faut d'abord comprendre et référer à ce que c'est
que la responsabilité ministérielle, pour que les gens comprennent.
Puis, vous savez, la responsabilité
ministérielle, dans notre système parlementaire, c'est quelque chose qui est
fondamental et ça regroupe certains... certains aspects. D'abord... D'abord,
c'est une convention constitutionnelle selon laquelle les ministres doivent
être membres du Parlement et doivent jouir de la confiance de la majorité des
élus parce qu'ils sont responsables de leurs ministères. Et là il y a deux volets,
il y a la responsabilité individuelle et la responsabilité collective, mais les
deux volets font partie de ce qu'on appelle la responsabilité ministérielle.
Si je reviens à la responsabilité
ministérielle individuelle, je vous dirai que les ministres sont
individuellement responsables de la gestion de leurs ministères. Ils doivent
présenter les politiques et défendre les actions entreprises par leurs
ministères devant l'Assemblée. Un ministre doit répondre non seulement de ses
propres actions, mais aussi de celles de ses fonctionnaires, et il pourrait
même être forcé de démissionner en raison d'un cas important de mauvaise
gestion. Il doit aussi défendre les projets de loi relevant de sa sphère
d'activité en plus de justifier les crédits qui lui sont octroyés.
Et la responsabilité ministérielle
collective vise le premier ministre et l'ensemble de ses ministres, car ils
sont responsables collectivement, devant l'Assemblée, des actions de leur
gouvernement. C'est ce qu'on appelle la responsabilité ministérielle collective
ou, si vous préférez, la solidarité ministérielle.
Donc, si on revient à notre propos et
qu'on regarde, évidemment, la partie publique — parce que c'est ce à
quoi on a eu accès — du mémoire qui a été présenté au Conseil des
ministres, bien, forcément, ma compréhension de la responsabilité ministérielle
collective, c'est que l'ensemble des ministres sont, bien, responsables
collectivement de ce qui s'est discuté là-bas, de ce qu'ils ont décidé. Puis,
par la suite, pour une responsabilité ministérielle individuelle, bien là, il
faut regarder ce que Mme la ministre fait ici avec son projet de loi. C'est
comme ça que ça fonctionne dans notre système parlementaire.
Et c'est important de le rappeler, parce
que la responsabilité ministérielle, au Québec, là, ce n'est pas arrivé en 15
minutes, là. Il y a des gens, là, qui se sont battus pour ça. Il y a eu des
débats parlementaires. Mais, justement, justement, on est dans la <i>salle
La Fontaine. La Fontaine a été un acteur et un politicien très
important au Québec, qui s'est battu pour un gouvernement responsable. Alors
donc, c'est fondamental. Papineau également. Donc, c'est quelque chose qui est
hyperimportant.
Alors, quand un ministre <présente...
M. Morin :
...Papineau
également. Donc, c'est quelque chose qui est hyperimportant.
Alors, quand un ministre >présente
un projet de loi, il en est responsable. Il faut que ce soit quelque chose qui
serve à la population, qui soit utile, qui fasse avancer des projets de
société, où la population va en avoir pour son argent. Donc, vous comprendrez
que, quand vous avez un député, à l'époque, qui est maintenant ministre, et qu'il
disait : Hé oh! Une agence, une agence, c'est inutile, c'est nuisible puis
c'est inefficace... écoutez, que mon collègue de Nelligan veuille entendre M.
le ministre de la Cybersécurité, ça m'apparaît être un essentiel.
Donc, j'ai fait cet aparté pour que les
gens comprennent bien, ceux qui nous écoutent, pourquoi, pourquoi la CSN, dans
son mémoire, parle maintenant de la déresponsabilisation ministérielle en
matière de projets complexes. Et on dit : «Au sein»... et je cite le
mémoire : «Au sein d'une société démocratique comme celle du Québec, le
gouvernement et ses ministres sont imputables devant la population et les élus
de l'Assemblée nationale.» Ça, c'est nous. «La création de Mobilité Infra
Québec aura pour effet de transférer une partie de la mission et des
responsabilités de la ministre et du ministère des Transports et de la Mobilité
durable vers une agence indépendante. Qui sera imputable des éventuels
dépassements de délais et de coûts de projets complexes? Le risque est élevé
que Mobilité Infra Québec devienne un obstacle à la transparence, à la
reddition de comptes en matière, notamment, de transport collectif.»
Est-ce que... Est-ce que c'est ce que
craignait... Est-ce que c'est ce que craignait le député de La Peltrie
quand il caractérisait cette structure... cette agence de structure inutile,
nuisible et inefficace? Peut-être, peut-être, parce qu'au fond, dans son
intervention à l'époque, il disait : C'est un lieu de favoritisme qui
échappait au contrôle parlementaire. Donc... Alors là, bien, il faudrait qu'il
vienne nous expliquer ce qui se passe.
• (14 h 30) •
Moi, j'essaie de le suivre, le député de
La Peltrie, puis j'ai de la difficulté. Si, à l'époque, si, en 2013, il
craignait que ça échappe au contrôle parlementaire, bien, justement, il tenait
les mêmes propos que la CSN dans leur mémoire, dans le projet de loi qui a été
déposé, lors des consultations particulières du projet de loi n° 61. Bien,
c'est un minimum. Il faudrait qu'il nous explique ce qu'il en est. Pourquoi?
Parce que, là, il semble se ranger... ou, en fait... ou la CSN semble se ranger
de son côté, et on craint que cette agence devienne une espèce d'organisme à
côté qui enlèverait... ou qui permettrait moins bien à un ministre de jouer son
rôle avec la responsabilité ministérielle.
Mais... Mais ce n'est pas tout, ce n'est
pas tout. Dans le mémoire de la CSN, il y a aussi un passage intéressant, à la
page 9, que je vais vous partager, parce que figurez-vous que le député de
La Peltrie, devenu ministre, ministre de la Cybersécurité... Et là c'est...
c'est le mémoire de la... de la CSN, on rappelle la crise informatique à la <i>société
d'assurance automobile du Québec, la SAAQ, plus de 40 millions de dollars,
qui ont mené au congédiement de son président-directeur général. Et la CSN s'interroge
sur la responsabilité des ministres en poste.
Et la CSN nous donne cet exemple parce qu'on
nous écrit par la suite : «Force est de constater qu'une agence peut
engendrer une certaine déresponsabilisation ministérielle. L'Organisation de
coopération et de développement économiques — l'OCDE, dont la
réputation n'est plus à faire — a d'ailleurs mis en garde contre le
modèle de gouvernance par agence qui peut créer différents problèmes, comme la
perte d'imputabilité, le manque de transparence, la confusion des
responsabilités, les pouvoirs entre ministres, dirigeants et conseils d'administration,
les nominations partisanes. Le Québec ne doit pas faire la sourde oreille à
cette mise en garde.»
Alors, si on reprend... si on reprend les...
ces grands principes qui nous sont, en fait, énumérés et qui... et qui viennent
de l'OCDE...
14 h 30 (version révisée)
M. Morin : ...les... ces
grands principes qui nous sont, en fait, énumérés et qui viennent de l'OCDE :
perte d'imputabilité, manque de transparence, confusion des responsabilités. Est-ce
que c'est ce qu'avait en tête le député de La Peltrie en 2013, Mme la
Présidente? Peut-être, peut-être. Mais là, on n'a pas le bénéfice de pouvoir l'entendre,
de pouvoir lui poser des questions.
Et soit dit en passant, Mme la Présidente,
au sein de cette commission, il n'y a pas uniquement les députés de l'opposition
qui pourraient lui poser des questions, il y a les députés de la banquette
gouvernementale, qui sont députés, tout comme nous.
Quelle richesse, quelle richesse, quelle
importance, quel sentiment de sécurité le ministre de la Cybersécurité pourrait
apporter à cette commission s'il venait déposer, s'il venait nous expliquer? Mais
qu'est-ce qui a fait qu'il a changé d'idée d'une façon aussi importante? Parce
que maintenant — et puis c'est pour ça que je vous parlais de la
responsabilité ministérielle collective — maintenant...
Une voix : ...
M. Morin : Ah! tout à
fait, une richesse. Je le répète.
Alors, c'est la raison pour laquelle, bien
là, il pourrait venir nous le dire. Non, mais il y a peut- être quelque chose,
il y a peut-être un élément fondamental qui permettrait peut-être,
éventuellement, que ce projet de loi avance plus vite, je ne le sais pas, je ne
sais pas.
Mais il y a une chose qui est sûre, c'est
qu'on ne peut pas le savoir, parce que... parce que, rappelez-vous, Mme la
Présidente...
Une voix : ...
M. Morin : Ah! Ah bien,
diantre! C'est... C'est une richesse, quand même, de travailler dans cette
commission, je vous le dis et je le répète. Peut-être que les confiseries ont
un effet, n'est-ce pas, d'exubérance chez certains parlementaires.
Ceci étant... Et je fais un lien avec la
première motion de mon collègue, le député de Nelligan. Vous savez, au tout
début, on a eu un débat très intéressant là-dessus, d'ailleurs, on voulait
avoir accès aux notes, n'est-ce pas, correspondances, bon. Bien, justement, si
le gouvernement voulait nous donner ses notes, bien, ça nous permettrait de
mieux comprendre pourquoi le député de La Peltrie a fait un 180, mais
littéralement, littéralement. Et ce n'est pas banal, parce que vous comprendrez...
vous comprendrez que si c'est vrai, que ça peut entraîner une perte d'imputabilité,
bien, comme parlementaires, on veut absolument le savoir, absolument,
absolument.
Et je vais conclure... je vais conclure en
référant à un article de M. Antoine Robitaille, du 15 août 2023, M. Robitaille
qui écrivait : «Transports : La CAQ fait — entre
parenthèses — encore l'inverse de ce qu'elle prônait». Puis vous
comprendrez que pour les gens qui nous... tu sais, qui nous écoutent, moi, je
peux... je peux m'imaginer leur interrogation, hein. Là, on parle, on parle, c'est
important, il y a une motion pour faire entendre un ministre, parce que, là, le
ministre en question, alors qu'il était député dans l'opposition, a pris des
positions franchement très, très... en fait, dures, disons-le, dures contre la
création d'une agence. Là, on a un mémoire du Conseil des ministres, on a un
projet de loi qui émane du Conseil des ministres, où est le ministre de la
Cybersécurité, puis, soudainement, ils sont totalement pour. Alors, je peux
comprendre qu'il y en a qui sont en train de se demander : Mais que se
passe-t-il à la CAQ? Et d'ailleurs, d'ailleurs, c'est un petit peu ce que
souligne M. Antoine Robitaille, et je vais terminer là-dessus, je vais
terminer là-dessus, parce qu'il s'interrogeait, entre autres, sur la façon
dont, évidemment, le gouvernement de la CAQ amenait... amenait certains projets
et il nous rappelait qu'il n'y avait pas de mots assez durs pour condamner l'idée
à l'époque.
Mais, mieux que ça, mieux que ça! À l'époque,
hein, quand le ministre Gaudreault était là, il avait une sous-ministre, Mme Savoie,
c'est dans l'article, et quand le député de La Peltrie était dans l'opposition — et
je reprends les mots, parce qu'il a... M. Antoine Robitaille a un
excellent français, c'est toujours agréable de le lire — il écrit :
«Il a fustigé cette mauvaise administratrice.» C'est quand même fort, hein,
wou! pour un député, alors que moi, je viens de dire que les fonctionnaires
sont hyper compétents. Alors, le député de La Peltrie n'avait pas cette idée-là
à l'époque. Mais... mais, ha! revirement de situation, Mme la Présidente, et ce
n'est pas banal, lorsque la réforme de la CAQ a été déposée pour l'agence en
santé, bien, ils sont allés <chercher...
M. Morin :
...pour
l'agence en santé, bien, ils sont allés >chercher, semble-t-il, le même
fonctionnaire. Donc, c'est vraiment très particulier.
Alors, sur ce, je vais conclure. Alors, je
conclus, Mme la Présidente, et je suis totalement en accord avec cette
excellente motion de mon confrère et collègue, savant collègue, député de Nelligan.
Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
pour votre intervention, M. le député de l'Acadie. Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
la parole est à vous.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. En effet, cette motion-là est vraiment excellente, et je
pense que de l'accepter serait extrêmement bénéfice pour les travaux de la
commission, pour les gens qui sont ici réunis, pour pouvoir comprendre non
seulement ce que le député de La Peltrie, actuellement ministre de la
Cybersécurité et du Numérique, peut avoir à partager comme analyses et
réflexions, qui ont sans doute été extrêmement bénéfiques, pour qu'il puisse
passer d'une prise de position extrêmement dure, extrêmement forte envers une
agence de transport, et, aujourd'hui, évidemment, solidarité ministérielle
oblige, appuyer ce projet.
Mais je pense que, de façon plus large, le
témoignage et les confidences, espère-t-on, du ministre de la Cybersécurité et
du Numérique, pourraient nous permettre également, de façon plus large, de
comprendre l'évolution de l'ensemble de la députation de la CAQ et du cabinet
ministériel, qui, non seulement, à l'époque où ils étaient dans l'opposition,
fustigeaient l'idée d'une agence, mais, également, une fois rendus au pouvoir,
rejetaient toujours cette idée-là, telle qu'elle a été présentée en octobre
2021. Et ça... cette proposition-là ne revêtait absolument aucun intérêt de la
part des membres du gouvernement.
• (14 h 40) •
Alors, je pense que c'est non seulement un
témoignage qui me semble important, mais, je crois, essentiel pour comprendre
non seulement le cheminement qu'on a pu faire, le virage qu'on a pu opérer,
mais également la vision, qui, actuellement, est sans doute partagée par
l'ensemble des membres de la députation du gouvernement de la CAQ, à l'heure
actuelle.
Alors, c'est la raison pour laquelle
j'aimerais remercier, tout d'abord, le député de Nelligan d'avoir présenté non
seulement cette motion-là, mais d'avoir fait le lien entre la proposition, la
motion préliminaire que j'avais déposée plus tôt pour faire venir et entendre
Sylvain Gaudreault ici, lors de nos travaux. Parce qu'effectivement, je pense
que ce témoignage-là aurait été extrêmement bénéfique pour nous permettre de
comprendre en quoi le projet de l'époque peut être très différent du projet
d'aujourd'hui, mais la force de la proposition de la motion actuelle, ça nous
permet véritablement de jeter de la lumière, un regard, un éclairage sur la
zone d'ombre, je dirais, qui demeure quant à, justement, la modification quand
même importante du point de vue de la députation caquiste en regard de ce qui
touche à la transformation du ministère ou d'une partie du ministère en une
agence de transport qui s'appellera, évidemment, Mobilité Infra Québec, mais
qui, essentiellement, à première vue, pourrait épouser les mêmes contours ou
avoir une mission qui s'apparente. Et Éric... j'allais dire... le député de La
Peltrie, effectivement, ce n'est pas la première fois... si on accepte de le
rencontrer, ce n'est pas la première fois qu'il se prononce sur les questions
de transport. Il a quand même été critique en matière de transport pendant des
années, il a défendu des projets ambitieux, certains diront pharaoniques mais...
ou utopiques, mais il n'empêche qu'il a une vision de la mobilité qui est
importante, qui a donné lieu à des engagements extrêmement importants de la
part du gouvernement et qu'on a peine à concilier avec le projet de loi
n° 61 qui est, actuellement, devant nous, et c'est, évidemment, un <élément...
M. Arseneau :
...à
concilier avec le projet de loi n° 61 qui est, actuellement, devant nous,
et c'est, évidemment, un >élément qui est fondamental pour avoir une
discussion qui soit extrêmement transparente, qui soit claire et qui nous
permette, justement, de progresser ensemble, forts des enseignements du
ministre de la Cybersécurité et du Numérique, sur ses réflexions puis sur la...
l'évolution de sa pensée, alors qu'il nous disait, comme l'a dit mon collègue
de l'Acadie un peu plus tôt, qu'une agence était une structure inutile.
Et j'emprunterai, là, les paroles de mon
collègue : Comment, dans l'espace de quelques mois, là... Parce que ce n'est
même pas quelques années. Oui, la première mouture date de 2013, mais la
deuxième mouture, c'est 2021. Donc, on parle d'un virage majeur, en épingle,
là, à 180 degrés, en l'espace de trois ans, même un peu moins, si on
calcule que la réflexion était déjà entreprise en 2022. Si je me souviens bien,
là, c'était en campagne électorale, ou peu après, on avait déjà entendu parler
qu'il se... il se développait une réflexion, au gouvernement, en matière de
création d'agences. Donc, le changement a été rapide, je dirais même qu'il a
été radical, brutal, et il est important de savoir comment on ait pu passer de
cette idée-là, d'une structure absolument inutile, voire nuisible, à une
structure non seulement utile, mais essentielle, sans laquelle le Québec ne
pourra plus jamais progresser en matière de mise en œuvre, de construction et d'opérationnalisation
de systèmes de transport, et de systèmes de transport complexes.
Donc, avant même de parler des projets
complexes de transport, il faudrait comprendre la pensée complexe
gouvernementale et celle, tout aussi complexe, du ministre titulaire, là, du
portefeuille, actuellement, de la Cybersécurité du Numérique... et du Numérique,
pour pouvoir, justement, cheminer ensemble, avec eux, dans cette idée que,
maintenant, cette proposition-là, qui est devant nous, est incontournable, c'est
une proposition sans laquelle nous ne pouvons plus progresser, nous ne pouvons
plus avancer pour, justement, des projets de mobilité, de mobilité durable puis
de transport collectif. Et sur le fonctionnement des... des agences, non
seulement on avait un préjugé extrêmement défavorable, en disant que ce serait
nuisible, mais encore davantage, que ce serait inefficace.
Alors là, évidemment, on s'éloigne même de
la question de la mission, ou du fonctionnement, de la transformation. On
pense, à l'heure actuelle, que la mission qu'on veut donner à cette agence-là
est extrêmement différente, et que les points de vue sont très divergents par
rapport à un projet qui avait été déposé en 2013. Mais là, le jugement que l'on
portait jusqu'à la fin des années 2020, 2021 jusqu'au début de 2022, où il
s'est opéré quelque chose comme une transfiguration au sein du gouvernement,
là, on parlait d'inefficacité d'une agence, comme toute... comme si toute
agence était, de par sa constitution, de par son existence, foncièrement
inefficace, comme si toute agence menait — et ça, c'est encore plus
important, d'aller au fond des choses — comme si toute agence menait
au favoritisme. Il est important de clarifier la situation.
D'abord, comment voyait-on qu'une agence mène
à du favoritisme, alors que c'était, justement, l'objectif inverse qui était
recherché, c'est-à-dire d'éloigner, de séparer le politique, de créer un mur de
Chine entre toutes les discussions puis les orientations politiques et le
travail d'une agence, de développement d'une vision, d'une approche, d'une
planification, de relations contractuelles avec des firmes, et ainsi de suite?
Alors, on voulait faire exactement le contraire de ce qu'affirmait le député de
La Peltrie, à l'époque. Alors, comment penser... alors, évidemment, comment
réconcilier les deux points de vue? Comment faire en sorte qu'une agence, qui
était vue comme un nid de favoritisme, devienne, aujourd'hui, quelque chose
d'absolument essentiel et dépourvu de tout risque de favoritisme? Une <agence...
M. Arseneau :
...essentiel
et dépourvu de tout risque de favoritisme? Une >agence, et je terminerai
là-dessus, Mme la Présidente, une agence, disait-on à l'époque, qui éloignait
le contrôle parlementaire des activités, évidemment, qu'on lui confie, alors
qu'aujourd'hui, il est question de la planche de salut du gouvernement et des
citoyens pour s'assurer d'une saine gestion des fonds publics. On l'a fait,
d'ailleurs, en santé. Maintenant, on le fait en transport et on veut comprendre.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. le député. Suite à une entente entre leaders, nous allons
suspendre les travaux pour une courte période. Merci.
(Suspension de la séance à 14 h 49)
15 h (version révisée)
(Reprise à 15 h 07)
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup pour votre patience. Nous sommes de retour, et nous venons de terminer
l'intervention du député des Îles-de-la-Madeleine. Est-ce qu'il y a autres
intervenants sur la motion préliminaire? Allez-y, M. le député de Taschereau,
la parole est à vous.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci aux collègues, là, pour l'accommodement.
Donc, on est sur la motion, effectivement, qui... qu'on tienne des
consultations particulières... on entende le ministre de la Cybersécurité et du
Numérique, ancien porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de
transport, du 21 septembre 2012 au 5 mars 2014.
Je dois vous dire que j'étais très heureux
de lire cette proposition, pour la bonne raison que je pense que nous aurions
tout à fait intérêt à parler au ministre de la Cybersécurité et du Numérique
parce qu'il a une expérience quand même assez importante en termes de transports,
et donc... et d'agence également. Donc, ça, je pense que c'est quand même assez
important de le dire.
Je vais, évidemment, là, revenir sur
certains éléments, là, qui ont été parfois avancés, là, par mes collègues,
évidemment, mais je tiens à dire... je tiens à souligner que son apport serait
particulièrement pertinent dans le contexte, là, du projet de loi qui va venir
créer Mobilité Infra Québec. D'abord, <le député et ministre est très
investi...
M. Grandmont :
...pertinent
dans le contexte, là, du projet de loi qui va venir créer
Mobilité Infra
Québec. D'abord, >le député et ministre est très investi quand il s'agit
des enjeux d'infrastructures de transport au Québec, mais particulièrement à
Québec...
Des voix : ...
M. Grandmont : Juste pour
être sûr, Mme la Présidente, j'ai bien 30 minutes, hein, c'est ça?
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez 30 minutes, vous disposez de 28 min 30s.
M. Grandmont : Oui, c'est ça.
Parfait, merci. C'était juste pour vérifier. Excellent.
Oui, c'est ça, donc je disais, le député-ministre
de La Peltrie a une très, très grande expérience, donc, dans les projets
d'infrastructures routières, puis je pense que ça lui tient vraiment à cœur.
Des fois, il est en accord avec certains projets, des fois, il est en
désaccord. Même chose aussi pour les agences, en fait, là. On l'a déjà senti
très en désaccord par rapport à la création d'une agence lorsque le Parti
québécois était au pouvoir, mais je vais y revenir un petit peu plus tard.
Mais j'aimerais commencer par quelques
éléments sur lesquels le député-ministre est intervenu, d'abord sur l'enjeu du
troisième lien. Puis je prends la peine de parler du troisième lien parce que
c'est important, c'est, à mon avis, un projet qu'on pourrait qualifier de
complexe en transport. On ne sait pas encore exactement quelle sera la
définition. On attend évidemment les amendements de la partie gouvernementale.
D'ailleurs, je ne sais pas si mon message passe bien en ce moment, mais on
attend les amendements pour... de la partie gouvernementale. Ce sera... Je ne
sais pas si Mme la ministre a entendu mon intervention.
• (15 h 10) •
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez,
M. le député.
M. Grandmont : Oui, c'est ça,
je disais qu'effectivement on attend les amendements en lien avec... de la
partie gouvernementale pour le projet de loi n° 61, ça
nous sera très utile pour être capable de faire comme il faut notre travail
d'opposition. Mais je dis ça parce qu'entre autres amendements il y a celui de
la notion de complexité de projets. Et je suspecte qu'un projet de troisième
lien va rentrer dans la catégorie des projets complexes, bien qu'on ne puisse
pas être sûr à 100 % encore pour l'instant parce qu'on n'a pas eu encore
cette définition-là proposée par la ministre, mais le projet de troisième lien,
donc, pourrait être construit, donc, par Mobilité Infra Québec. C'est un...
c'est une... Il ne s'agit pas d'une certitude, là, il s'agit d'une supposition,
à l'heure actuelle.
Mais le projet de troisième lien, on sait
combien c'est... ça nous occupe beaucoup ici, dans la région de Québec. Même
sur l'ensemble du territoire québécois, c'est un projet pour lequel on a eu
toutes sortes de versions. On doit être rendus à sept ou huit versions
différentes, on l'a même... on a même enterré ce projet-là, et le ministre de
la Cybersécurité et du Numérique est lui-même intervenu à plusieurs reprises
dans le dossier du troisième lien pour encourager à sa réalisation dans les
plus brefs délais.
Alors, il a dit, par exemple en janvier
2018, qu'il mettait son siège en jeu pour le troisième lien, on s'en
souviendra. Bon, après ça, évidemment, il disait ça puis il disait : D'ici
la fin du mandat, on va avoir commencé la construction du troisième lien. Au
terme de ce mandat-là, évidemment, les travaux n'avaient pas été commencés. Qui
plus est, plus tard, on a... on a enterré le projet. Vous me direz : Bon,
en même temps, c'est un tunnel, ça fait que c'est supposé être enterré, mais...
je fais des blagues, ce n'est pas... ce n'est pas l'objet, mais donc... mais le
député a décidé de rester. Donc, il avait, donc, accès à peut-être certaines
informations qui lui permettaient de croire que, finalement, ça reviendrait, ce
projet-là, et qu'il allait se réaliser dans des délais qui satisferaient ses
électeurs notamment, et aussi, bien, ses convictions profondes.
Puis je parle de ses électeurs parce que
c'est évidemment, dans sa circonscription, un enjeu qui est particulièrement
suivi. Je le dis parce qu'en avril 2023, bon, le ministre disait avoir été
victime de menaces depuis l'abandon du volet autoroutier du troisième lien.
Évidemment, on ne souhaite ça à personne, là, puis on a le droit de faire notre
travail dans des conditions qui sont sereines et sécuritaires, mais donc on
comprend que c'est un enjeu qui est très important pour la circonscription qui
est représentée par le ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
En juin 2022, aussi, le député-ministre
avait déclaré vouloir se battre jusqu'à la dernière goutte de son sang pour
réaliser le projet de troisième lien. Puis, en même temps, à la fin, tout
récemment, en août 2024, le ministre ne savait plus où serait construit le futur
troisième lien. Donc, je comprends que le manque de prévisibilité, peut-être,
qui est appelé de toutes ses forces par des acteurs qu'on a entendus ici, là,
pendant les audiences... notamment Pomerleau qui disait : On a besoin de
prévisibilité, on a besoin de savoir où s'en va le gouvernement avec ses
projets complexes de transport, évidemment... Donc, je peux comprendre,
aujourd'hui, l'intérêt du ministre de la Cybersécurité et du Numérique, son
intérêt pour une agence qui pourrait réaliser le troisième lien, parce que,
pour lui aussi et ses électeurs aussi, peut-être, ça pourrait lui donner une
certaine prévisibilité et ça lui donnerait aussi, bien, peut-être <l'assurance
que ce projet-là puisse se faire...
M. Grandmont :
...peut-être,
ça pourrait lui donner une certaine prévisibilité et ça lui donnerait aussi,
bien, peut-être >l'assurance que ce projet-là puisse se faire. Et
peut-être que le député pourrait se retourner dans ses terres en ayant le
devoir... le sentiment du devoir accompli.
Un autre... Ah oui, c'est vrai, une autre
citation, en fait, là, de notre député ministre de la Cybersécurité et du
Numérique. Il disait : «On va le faire, le troisième lien, et je veux que
les gens de Québec sachent que c'est un projet pour lequel... — c'est
la citation exacte, là, c'est pour ça que c'est important que je la lise — c'est
un projet pour lequel je suis prêt à me battre jusqu'à ma dernière goutte de
sang. On va le réaliser même si le gouvernement fédéral a décidé de s'en
mêler». Donc, la conviction de cet homme, on ne peut que saluer ça, la
conviction à voir ce projet-là se réaliser. En même temps, après, bien,
je comprends que peut-être qu'on... de l'avis, là, de la ministre, il manque
d'expertise à l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable
pour être capable de réaliser les projets complexes de transport. Et peut-être
qu'effectivement, bien, de la même façon, le député ministre de la
Cybersécurité et du Numérique s'est rendu compte aussi qu'il faudrait trouver
une autre alternative, il faudrait trouver une autre façon, à défaut de pouvoir
réformer le ministère des Transports et de la Mobilité durable de l'intérieur
puis de développer cette expertise-là à l'intérieur, chose que, par ailleurs,
les syndicats nous ont dit que c'était possible... il faudrait juste... comme
juste travailler ensemble, mais bon, de l'avis peut-être du ministre. Puis je
ne veux pas lui mettre des mots dans la bouche, là, mais c'est plutôt les mots
de la ministre, là, que je rappelle : «Créer une expertise qui nous
permettrait de reprendre la destinée de nos projets de transport collectif et
de transport routier».
Donc, ça nous montre clairement, là, que
le député, c'est un homme aux valeurs fortes, il est prêt à tout pour faire
valoir ses idées. Donc, c'est une raison de plus, je pense, pour l'inviter,
pour l'entendre et pour l'entendre, en fait, sur tout ce qu'il comprend puis ce
qu'il apprécie de l'agence, puis nous permettre d'éviter des embûches au cours
de l'étude du projet de loi. C'est clairement... c'est à ça que ça sert, les
audiences, on veut entendre des gens pour nous donner leur éclairage sur le
projet de loi, puis éviter, évidemment, là, d'avoir des choses à corriger par
la suite, commettre des erreurs qui pourraient nuire à la sécurité, par
exemple, des Québécoises et des Québécois, ou encore aux deniers publics. On
sait combien c'est un enjeu important. Donc, évidemment, sont... rares sont les
élus, là, qui ont autant d'années d'expérience puis un bagage dans le projet de
troisième lien aussi fort que celui du député de la... du ministre de la
Cybersécurité et du Numérique. Donc, c'est pour ça que je pense que ça vaudrait
la peine de l'avoir avec nous.
Un autre projet sur lequel, évidemment...
un autre projet sur lequel le ministre a beaucoup d'expérience, c'est le projet
de tramway. Le projet de tramway, bon, on a un désaccord là-dessus, je dois le
dire. Moi, j'aimerais que ce projet-là se réalise. Je ne sais pas où il en est
rendu lui-même. Je pense que la ministre serait d'accord de ses réponses, c'est
ce que j'ai compris. Le ministre, lui, a déjà été très en désaccord avec l'idée
de faire un tramway à Québec, on l'entendait sur plusieurs tribunes, et
j'utiliserai le mot... les mots en anglais, là, qu'il utilisait lui-même, là,
«no way tramway», il y avait une campagne qui existait. Donc, il pensait, lui,
que ce projet-là ne devait pas se faire, ce qui ne l'a pas empêché, cela dit,
de changer d'avis, là. En mars 2018, on a eu une conférence de presse en appui
au projet. Donc, juste après... donc en mars 2018, une conférence de presse en
appui au projet. Il y avait notamment, bien, le député de La Peltrie, donc
ministre de la Cybersécurité et du Numérique, il y avait l'actuelle ministre
des Transports et de la Mobilité durable, il y avait l'ancien président de
l'Assemblée nationale, François Paradis, qui était là également aussi puis il y
avait aussi le député Marc Picard, qui était présent pour dire : Bien, ce
projet-là, ce n'est pas celui du projet libéral... du Parti libéral du Québec,
c'est le projet de la ville de Québec, puis on appuie ce projet-là.
Il y a quand même eu des changements,
parce qu'en novembre 2023... puis ça, c'est une petite anecdote, mais ça
démontre aussi, peut-être, une certaine réticence de sa part par rapport à ce
projet complexe de transport collectif, le tramway de Québec. Il y a une
journaliste qui lui a demandé : Le tramway de Québec, y croyez-vous
encore? Il a répondu : Le quoi? Donc, je ne sais pas s'il y croyait
vraiment encore, au projet de tramway, mais, en tout cas, bref, il l'avait
appuyé, il ne l'a plus appuyé, il change un petit peu son fusil d'épaule. Et
moi, je serais vraiment intéressé d'entendre le ministre de la Cybersécurité et
du Numérique nous parler de l'agence pour qu'il puisse nous dire, finalement,
en quoi une agence pourrait mettre un peu d'ordre dans tout ça, parce que j'ai
l'impression que, quand on a beaucoup d'ingérence... Puis on a un... quelqu'un
qu'on a reçu, là, en... lors des audiences particulières, qui disait... qui
parlait d'ingérence politique qui ralentissait les projets, là, de HEC
Montréal, c'était Serge Roy, je crois...
Une voix : ...
M. Grandmont : Jacques Roy,
pardon. Merci. Donc, Jacques Roy qui nous avait dit : L'ingérence coûte
cher aux Québécois, aux Québécoises, parce qu'on retarde indûment des projets
complexes à réaliser. Et, dans le fond, dans son propos, Jacques Roy, <qui
est un professeur émérite, évidemment...
M. Grandmont :
... à
réaliser. Et, dans le fond, dans son propos, Jacques Roy, >qui est un
professeur émérite, évidemment, qui n'est pas un néophyte en la matière d'appels
d'offres de grands projets de transport collectif, disait, lui : Écoutez,
on a besoin d'une direction un petit peu plus claire. Il rappelait d'ailleurs
le livre qui a circulé beaucoup dans la partie gouvernementale, là, How Big
Things Get Done, ce projet... ce livre-là, donc, qui dit : Pensez
longtemps puis agissez rapidement, donc mettre de l'ordre là-dedans. Peut-être
que c'est une voie vers laquelle le ministre de la Cybersécurité et du
Numérique voudrait nous envoyer. J'ose l'espérer, considérant son avis sur
d'importants projets dans la région de Québec. Je pense que c'est quelque chose
qui est intéressant et important, et c'est pour ça que je vais appuyer... je ne
l'ai pas dit encore, mais je vais appuyer évidemment, là, la motion déposée par
mon collègue de Nelligan.
J'aimerais revenir, moi aussi, là, sur un
extrait, là, du Journal des débats, là, qui avait eu lieu sur le projet
de loi n° 68, donc en 2013, le projet loi qui avait été déposé par
l'ancien ministre des Transports et des Affaires municipales, là, du Parti
québécois, M. Sylvain Gaudreault. Et le ministre de la Cybersécurité et du
Numérique, à l'époque député de l'opposition, député de La Peltrie, disait :
«M. le Président, depuis un an, le ministre des Transports monopolise les
ressources humaines et financières importantes de son ministère pour élaborer
son projet d'agence, une nouvelle structure inutile...» Ah! c'est drôle, moi,
je pensais qu'il y aurait peut-être... peut-être qu'il aurait pu trouver que
c'était intéressant, mais, disons, à l'époque, il trouvait que ce n'était pas
intéressant, en fait, mais je continue quand même : «...une nouvelle
société inutile parce qu'on a déjà décidé de créer la Société québécoise des
infrastructures, une structure nuisible — donc il parle la SQI, en
fait — une structure nuisible parce que l'opposition péquiste disait
elle-même que c'était créer un lieu de favoritisme qui échappait au contrôle
parlementaire.» Donc, c'est drôle parce que, dans cet extrait-là, j'ai
l'impression que le député, actuel ministre, pensait que les agences avaient
quelque chose d'un peu effet boîte noire finalement, là. Puis ça, c'est une
question qu'on peut se poser, qui est tout à fait légitime, là, je le
reconnais.
• (15 h 20) •
Puis, en même temps, peut-être que le
ministre a changé d'avis dans le temps puisqu'il est tenu à la solidarité
ministérielle. Donc, je serais curieux de savoir comment son état d'esprit par
rapport à une agence, qui, à l'époque, en 2013, donc, était une espèce de boîte
noire qui pouvait favoriser le favoritisme et échapper au contrôle
parlementaire, comment aujourd'hui, avec les paramètres qu'on a... qu'on nous a
donnés pour l'actuel projet de loi n° 61 et les éventuels amendements que
nous recevrons sous peu, j'espère, comment cette nouvelle structure, donc Mobilité
Infra Québec, permet de ne pas être un lieu de favoritisme qui échappe au contrôle
parlementaire.
Parce que c'est une question très
importante. On sait que, dans le passé, on a vécu avec l'épisode des PPP,
notamment des graves épisodes de collusion. On ne voudrait évidemment pas
revivre ça aujourd'hui, ce n'est absolument pas au bénéfice des Québécoises et
des Québécois. C'est potentiellement nuisible d'un point de vue économique. Évidemment,
c'est la première chose qui saute aux yeux, des gens qui décident de s'allier,
de se préparer à la veille d'appels d'offres, par exemple, pour fixer des prix.
Évidemment, on peut très bien comprendre et assez facilement comprendre que ce
n'est pas au bénéfice d'une bonne... d'une saine gestion financière des budgets
de l'État, donc, d'une part, mais il y a aussi la question de la sécurité, évidemment,
aussi qui entre en compte, parce que ces infrastructures-là... souvent, ces
grands projets d'infrastructure, projets complexes de transport collectif, de
transport routier sont utilisés par des milliers de personnes. Et, quand on... vous
savez, quand on veut... quand on veut couper dans les... quand on veut offrir à
moindre prix une infrastructure, bien, soit on coupe dans la qualité, soit on
coupe... on coupe dans les profits. Puis effectivement, le modèle qui était
développé au début des années 2000 nous montrait que, dans les deux cas,
on arrivait à faire pas mal d'argent, puis ce n'était pas nécessairement au
meilleur pour les Québécoises et les Québécois.
Donc, je reviens à cette citation-là, là,
du ministre, qui est maintenant ministre de la Cybersécurité et du Numérique,
qui disait donc : «Un lieu de favoritisme qui échappait au contrôle
parlementaire, une structure inefficace, parce que la transformation va
hypothéquer la capacité du ministère des Transports à assumer ses mandats.» Ça,
c'est intéressant aussi, «une structure inefficace parce que la transformation
va hypothéquer la capacité du ministère à assumer ses mandats». C'est une
question qui nous est revenue, ça, notamment par l'Association professionnelle
des ingénieurs du gouvernement du Québec, qui nous a dit... bon, déjà, il y
avait des gros doutes sur le projet de loi n° 62, qui
va changer les modes d'approvisionnement du gouvernement et de ses sociétés
d'État. Ils nous disaient, d'une part, que le projet de loi en lui-même, la
façon dont ce mode collaboratif là est pensé actuellement par le gouvernement,
ce n'est pas vrai qu'on va réussir à réduire les coûts de 15 %, ce n'est
pas vrai qu'on va réussir à réduire les délais de 25 %. Ce qui risque
d'arriver, c'est qu'on va réussir à respecter les délais qui sont imposés, mais
la qualité va chuter <et les prix vont monter
M. Grandmont :
...ce
qui risque d'arriver, c'est qu'on va réussir à respecter les délais qui sont
imposés, mais la qualité va chuter >et les prix vont monter. Puis mon
collègue de Nelligan en a parlé aussi, là, dans son vote final sur le projet de
loi n° 62, en référant à une étude australienne qui
semble aller vraiment dans ce sens-là. Les résultats en Australie, qui ont été
faits sur plusieurs, plusieurs, plusieurs années, ne semblent pas montrer les
résultats.
Puis je reviendrai, encore une fois, sur
le projet de loi n° 62. Le ministre des
Infrastructures, quand il a fait sa conférence de presse sur le projet de loi n° 62 — il était en compagnie de la ministre des
Transports, là, parce qu'on comprend que c'est comme deux projets de loi qui
sont intimement liés — il disait : Vous savez, on a fait des
projets pilotes au Québec, on a testé, donc, un mode collaboratif, on a
construit 13 écoles secondaires au Québec à différents endroits et on a
été chercher des réductions de coûts de 15 %, puis on a eu des réductions
de délais de l'ordre de 25 %. Donc, on fait des règles de trois. Ça nous
permettrait, sur les grands projets complexes au Québec, de réduire de X
milliards et les délais de tant de temps. Bien, moi, je me dis : OK, là,
on est en train... on est dans le projet de loi n° 61,
on jase de projets complexes, on attend, évidemment, l'amendement qui nous
permettra de comprendre quelle est la définition de «projets complexes», mais,
pour moi, réaliser des écoles secondaires, je ne pense pas que ça va rentrer
dans la catégorie des projets complexes.
Donc, on se base sur un projet pilote où
on a fait des projets non complexes, à moins, évidemment, que je me trompe puis
qu'une école secondaire c'est plus complexe que je pensais, là, mais on a fait
un projet pilote sur des écoles secondaires puis on dit : Ça, là, on va
pouvoir l'appliquer directement sur des projets complexes, avec plus de
paramètres à gérer, avec plus de personnes puis d'entités impliquées dans le
projet, puis on va arriver au même résultat de réduction de 15 % des
coûts, réduction de 25 % des délais. Je trouve ça un peu hasardeux, de
procéder de cette façon là, c'est... Il y a les exemples internationaux qui
nous montrent que ça ne semble pas fonctionner, puis le benchmark, là, le banc
d'essai, le projet pilote, on l'a fait sur des projets qui ne sont, à ma
compréhension, pas si complexes que ça. Donc, il y a quelque chose là-dedans qui
est un peu étrange.
Mais, encore une fois, peut-être que le
député de La Peltrie, qui avait cette idée-là dans le temps, maintenant,
peut-être, a changé son fusil d'épaule puis pourrait nous amener des arguments,
de l'eau au moulin, qui nous convaincraient que, peut-être, on se trompe. Mais,
pour ça, il faudra l'entendre, évidemment, là.
Mais, bref, je reviens sur les ingénieurs
du gouvernement du Québec. Ils nous disaient : «Tu sais, l'expertise pour
développer des projets complexes, on aurait peut-être pu la développer à
l'intérieur du ministère des Transports et de la Mobilité durable. Pourquoi
vouloir créer une agence à côté?» Est-ce que c'est parce que le ministère des
Transports et de la Mobilité durable est ingouvernable, ingérable puis il n'est
pas possible de développer l'expertise à l'interne? Je ne le sais pas. Ça, peut-être
que la ministre des Transports et de la Mobilité durable pourrait nous répondre
là-dessus, on en jasera. Parce que moi, l'intention déjà au départ de créer
l'agence, je la questionne. Je ne vois pas l'intérêt de créer une agence à côté
du ministère des Transports, qui, par ailleurs, a déjà réalisé beaucoup de
projets dans le passé. Alors, est-ce qu'on espère vraiment être capables de
réduire... d'atteindre les objectifs fixés par le ministère des
Infrastructures? En tout cas, moi, je pense que ce serait le fun d'avoir le
point de vue, là, du ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
Je poursuis sur son... sa déclaration, là,
qui datait, là, comme je le disais, là, du Journal des débats, là, dans
le projet de loi n° 68, en 2013. Il disait : «Le
résultat, M. le Président, la liste des extras continue de s'allonger. Alors,
Décarie, 26 millions, Dorval, 6 millions, Turcot, 3 millions de
plus. Pourquoi? Parce que le ministère n'a pas l'expertise nécessaire, M. le
Président. Une situation qui pourrait être corrigée dans le contexte actuel du
ministère, là, il n'y a pas besoin d'ingérence... d'agence pour ça.»
Effectivement. Donc, il réenchérit... il renchérit encore, en disant : «Bien,
on aurait dû peut-être créer l'expertise à l'interne.» Et moi, j'ai envie
d'avoir son point de vue là-dessus, parce qu'encore une fois, sur la solidarité
ministérielle, il s'en va ailleurs, et, pourtant, ses idées de 2013 me semblent
quand même intéressantes.
Alors, je poursuis sa citation. Là, il
disait : «Or, M. le Président, plutôt que de jouer à l'agence, pourquoi le
député de Jonquière ne se transforme-t-il pas en ministre des Transports qui
assume ses responsabilités et qui règle le problème une bonne fois pour
toutes?». Moi, je trouve ça intéressant, comme citation. On pourrait peut-être
la ressortir éventuellement en parlant de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable. «M. le Président, le syndrome du flip-flop — ça, franchement,
c'était quand même très... on peut dire quand même que le ministre... le
ministre avait le sens de la formule, «no way, tramway», «flip-flop», c'était
quand même très, très drôle — frappe le Parti québécois, parce
qu'eux-mêmes disaient de l'agence : C'est un lieu de favoritisme. On a
besoin de ça en transport, des lieux de favoritisme. Évidemment, on sortait,
là, donc, de Charbonneau. Ça va échapper au contrôle parlementaire. C'est le PQ
qui disait ça, M. le Président : «Ce dont on a besoin, c'est de
l'expertise et, là-dessus, depuis un an, le ministre du Transport échoue, plus
70 ingénieurs, tous des juniors, moins huit techniciens en travaux
publics.»
Bon, bref, je trouve ça intéressant, parce
qu'effectivement la pensée du ministre de la Cybsersécurité et du Numérique, en
2013, me rejoint à plusieurs égards, et je serais <très curieux de
l'entendre là-dessus...
M. Grandmont :
...en
2013, me rejoint à plusieurs égards, et je serais >très curieux de
l'entendre là-dessus. Je pense que ce serait pertinent de l'entendre avant de
commencer l'étude détaillée. J'en fais un souhait très grand.
Maintenant, j'ai, moi aussi, un texte à
citer. C'est un article d'Antoine Robitaille, donc, en 2023. Je pense que... j'ai
peut-être manqué un petit bout des audiences, hein? Peut-être que vous en avez
parlé, mais, en tout cas, je pense que c'est quand même important de marteler,
peut-être, des fois, en communication, la répétition. Je pense que Mme la ministre
l'avait dit récemment, d'ailleurs : En communication, la répétition, c'est
important.
«En transports : la CAQ change
encore d'idée. Demain, je vais m'étonner que la CAQ compte maintenant créer
une Agence des transports. En 2013, il y a 10 ans, Éric Caire et Jacques
Duchesneau avaient de très bons arguments contre cette idée, lorsque le
ministre des Transports du gouvernement Marois, Sylvain Gaudreault, avait
déposé un projet de loi créant une telle agence. À l'époque, Caire s'indignait :
Quand les libéraux ont proposé la même chose, les députés péquistes craignaient
que cette nouvelle agence ne devienne un lieu de favoritisme. A-t-on besoin
d'un nouveau lieu de favoritisme au ministère des Transports? À l'époque — toujours,
toujours une citation — à l'époque, la sous-ministre aux Transports
de Gaudreault, c'était Dominique Savoie. Or, jusqu'en mars 2018, Caire a
fustigé cette dernière sans relâche, sans nuance, en la traitant de tous les
noms, notamment de mauvaise administratrice. Or, le projet d'agence des
transports, c'est elle qui le portait en 2013, et d'ailleurs qui était
sous-ministre de la Santé en mars 2023 lorsque le ministre Christian Dubé a
conçu et déposé sa grande réforme qui comprendra, là aussi, la création d'une
agence, Dominique Savoie... qui a nommé Savoie en juin au plus haut poste de la
fonction publique, le secrétaire général du Conseil exécutif, la CAQ.»
• (15 h 30) •
Il y a des certaines... je ne dirais pas
des incohérences, mais des contradictions, en fait, dans la façon de
fonctionner du gouvernement actuellement sur la question de l'agence. Et c'est
pour ça que je pense que c'est très important d'entendre le ministre
responsable de la Cybersécurité et du Numérique. Vous savez, c'est un homme
pour qui j'ai beaucoup de respect. C'est drôle parce que, quand j'étais en
campagne électorale, donc, en 2022, j'allais me faire élire, et on avait... on
avait la possibilité de se parler, en fait, entre collègues, tu sais. Puis je
posais des questions sur c'est quoi... Ça m'intriguait beaucoup, je suivais la
politique depuis plusieurs années, comme... dans les contre-pouvoirs, je dirais,
donc dans les organismes de défense de droits qui sont intéressés à améliorer
les conditions de vie des gens, sur l'environnement, sur les transports
collectifs et actifs. Et c'est drôle parce que je posais la question à un de
mes collègues qui avait côtoyé le ministre de la Cybersécurité et du Numérique,
puis on me disait qu'avec cette personne-là, on a toujours l'heure juste.
On peut ne pas être d'accord, mais le
ministre, le député de La Peltrie, donne toujours l'heure juste, il dit le fond
de sa pensée. Quand il avance quelque chose, il y croit. Bon, on comprend que,
peut-être, il a changé d'idée, mais c'est pour ça que je pense que ça serait
particulièrement important de l'avoir, parce que je suis pas mal sûr que, si on
l'entendait ici... on ne lui demandera peut-être pas de faire un mémoire, mais
il pourrait quand même discuter du projet de loi pendant une dizaine de minutes,
puis, après ça, on pourrait discuter avec lui sur le fondement, en fait, de ses
affirmations passées.
Une voix : ...
M. Grandmont : Je suis
désolé, j'ai un problème avec ma connexion Internet. Je suis pas mal sûr qu'on
aurait l'heure juste. On aurait vraiment le fond de sa pensée, on aurait
vraiment ce qu'il pense du projet de loi n° 62. Là, je
suis en train de chercher... Voilà.
Je voulais terminer avec... il me reste
quelques minutes, en parlant de la biographie de notre estimé collègue.
D'abord, il a une formation en informatique au collège MultiHexa en 2001. Il a
une expérience professionnelle quand même intéressante, programmeur-analyste, Process
Systèmes et Technologies inc., à Saint-Augustin-de-Desmaures, de 2001 et 2007;
programmeur-analyste chez Cognicase, de 1999 à 2001; enseignant en informatique
au collège François-Xavier-Garneau de Québec, de 1999 à 2000;
programmeur-analyste Algo Design, MSI service conseil et Silverrun, 1998-1999,
propriétaire de la boutique Le Grimoire, au Centre Innovation, à ma
connaissance, ça n'existe plus. Le Centre Innovation est toujours là, mais la
boutique Le Grimoire... j'ai cherché tantôt, il y a un bar maintenant, Le
Grimoire, mais je ne pense pas que c'est la même boutique.
Mais on voit quand même que... on voit que
le ministre responsable de la Cybersécurité et du Numérique, en plus d'être...
tu sais, de dire la vérité, de dire le fond de sa pensée, il a quand même un
parcours important, cartésien, probablement aussi en gestion. Propriétaire
d'une boutique, la boutique Le Grimoire au Centre Innovation, je veux dire, il
faut savoir quand même gérer. Je ne sais pas... Mme la ministre, je suis
désolé, ça me fait rire, je suis désolé...
Des voix : ...
15 h 30 (version révisée)
M. Grandmont : ...Mme la
ministre, je suis désolé, ça me fait rire. Je suis désolé. Est-ce que vous
alliez vous-même à la boutique Le Grimoire?
Mme Guilbault :...de la magie ou une affaire un peu... Le Grimoire, ça m'évoque
la magie. Mais enfin, je ne sais pas, il faudrait aller le valider.
M. Grandmont : Il me
semble aussi. Il faudrait fouiller. Peut-être que, si on entend... si Mme la
ministre est intéressée à entendre le ministre, peut-être qu'on pourrait...
peut-être qu'on pourrait creuser la question. Moi, ça m'intéresse.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...
M. Grandmont : Oui, oui,
vous avez raison.
La Présidente (Mme Maccarone) :
...il reste 3 min 20 s.
M. Grandmont : Puis je
terminerais en disant que... Puis peut-être que ça va avec sa franchise très
importante, très grande, pour laquelle on le reconnaît tous, il a vraiment le
cœur sur la main... Je suis désolé. Vous savez que le ministre a été président...
Non, c'est important. Regardez, je vais prendre une gorgée d'eau. Le ministre a
été président du comité cour d'école... Je voulais tous les lire, mais je pense
que je n'y arriverai pas. OK. Je vais me reprendre. Il a commencé il y a
longtemps : secrétaire-trésorier du club de langues du cégep de Sainte-Foy,
en 1983; coordonnateur interne pour l'Association étudiante du cégep de
Sainte-Foy — c'est mon alma mater aussi, hein, le cégep de Sainte-Foy — en
1985; conseiller régional pour l'Action démocratique du Québec, région de
Québec, en 2000‑2002; candidat indépendant aux élections municipales à la ville
de Québec, on s'en souviendra; président fondateur de l'exécutif de l'Action
démocratique du Québec, circonscription de La Peltrie, en 2001; porte-parole
officiel de l'Action démocratique en matière de réforme des institutions
démocratiques; candidat de l'Action démocratique aux élections provinciales;
co-président de la tournée de consultation des membres de l'Action
démocratique; animateur de l'émission La Revue de la radio communautaire
CIMI FM — donc, encore une fois, un engagement le cœur sur la main; trésorier
de la fondation, école Le Ruisselet, à L'Ancienne-Lorette et président du comité
cours d'école à l'école Le Ruisselet à L'Ancienne-Lorette.
Donc, sa franchise, le cœur sur la main...
Je suis pas mal sûr que, si on l'entend ici, on va avoir une bonne discussion
sur le projet de loi n° 61, on va avoir un regard
probablement lucide sur ce projet de loi là. Puis je serais curieux de l'entendre
parce que, comme je le disais tout à l'heure, il y a plusieurs affirmations du
ministre, qui est anciennement député, pour lesquelles... pour lesquelles...
Une voix : ...
M. Grandmont : ... — je
ne dirai pas ça — pour lesquelles je suis quand même en accord avec
lui. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la motion
préliminaire? Voilà, ça fait qu'il n'y a pas d'autre intervention. Nous allons
passer aux mises aux voix. Par appel nominal, M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
Le Secrétaire : Mme Guilbault
(Louis-Hébert) ?
Mme Guilbault :
Contre.
Le Secrétaire : M. Lemay
(Masson)?
M. Lemay : Contre.
Le Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
M. Martel : Contre.
Le Secrétaire : Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice)?
Mme Tardif : Contre.
Le Secrétaire : M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
Le Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)?
M. Montigny : Contre.
Le Secrétaire : M. Grandmont
(Taschereau)?
M. Grandmont : Pour.
Le Secrétaire : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Pour.
Le Secrétaire : Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis)?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Abstention. Alors, la motion est rejetée. Nous sommes toujours à l'étape des
motions préliminaires. Est-ce que nous avons... Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Oui. Nous
vous avons transmis une motion préliminaire.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Voilà. Oui, vous pourriez.... Nous l'avons déjà, c'est sur le Greffier, collègues.
Alors, M. le député, vous pourriez commencer votre intervention. Vous disposez
de 30 minutes.
M. Arseneau : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. 30 minutes, d'accord. Alors, conformément... Je
vais vous lire la motion, puisqu'elle n'est pas encore affichée. Conformément à
l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion afin :
«Que la Commission des transports et de
l'environnement, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi n° 61, Loi
édictant la Loi sur Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions
relatives au transport collectif, demande au ministère des Transports et de la Mobilité
durable de transmettre, au plus tard avant la séance prévue mardi 8 octobre
2024 à 9 h 45, des documents permettant d'apporter un éclairage supplémentaire
à la Commission dans l'exécution de son mandat; et
«Qu'à cette fin, le ministère des
Transports et de la Mobilité durable dépose à la Commission une ventilation des
ressources humaines et contractuelles qui ont été investies pour l'élaboration
du projet de loi;
«Que la Commission reçoive également une
ventilation des coûts et des investissements qui seront nécessaires pour la
mise sur pied de Mobilité Infra Québec et qui seront requis en dehors de la
prise en charge de projets ainsi que les coûts additionnels envisagés pour les
deux premières années d'opération.»
Alors, je pense que c'est <pertinent...
M. Arseneau :
...
pour les deux premières années d'opération.»
Alors, je pense que c'est >pertinent,
après avoir entendu les éloges envers notre collègue député de La Peltrie et titulaire
du poste de ministre de la Cybersécurité et du Numérique. Puis je n'entrerai
pas, là, dans les affaires qu'il a menées au Grimoire ou au Centre Innovation,
mais plutôt je ferai référence aux interventions qu'il a faites concernant le
projet d'agence qui avait été déposé en 2013 et sur lequel il avait eu
l'occasion de se prononcer à de multiples reprises. Et je pense qu'il y a quand
même des éléments intéressants qui ressortent de ses interventions et qui
méritent, justement, qu'on s'y penche davantage. Même si, là, on a pris acte de
la décision de la partie gouvernementale de ne pas l'inviter, je pense que ce
serait quand même louable, de la part de mes collègues de la banquette
gouvernementale, de s'entretenir quand même de façon informelle avec le
ministre de façon à mieux comprendre comment non seulement il a évolué par
rapport à l'agence, mais quelles étaient aussi ses préoccupations en matières
financières en ce qui concerne le développement d'une nouvelle agence.
D'ailleurs, je suppose qu'il pourrait
aussi s'entretenir avec la ministre responsable des Aînés qui nous disait
aujourd'hui : Il ne faudrait surtout pas créer un ministère des Aînés
parce que ce serait vraiment très, très coûteux, là, de créer une nouvelle
structure. Mais je pense qu'il y a au moins... la question qui est soulevée par
des interventions comme celles-là, c'est : Quels sont les coûts qui sont
liés à la mise en place d'une nouvelle structure administrative avec un pouvoir
et avec, justement, un mandat et une mission à accomplir qui est aussi cruciale
que celle de développer des systèmes de transport et de mobilité du XXIe siècle?
• (15 h 40) •
Et dans certaines de ses interventions, le
député de La Peltrie avait même des préoccupations non seulement sur les coûts
en matière d'opération d'une éventuelle agence, mais il faisait aussi état du
fait que, pour développer un projet d'agence, bien évidemment, ça draine un
certain nombre de ressources humaines et, éventuellement, de ressources
financières également. Et c'est la préoccupation qu'il avait exprimée à
quelques reprises, et je pense que c'est important, c'est important d'y faire
écho aujourd'hui, là. Quand on parle de la ventilation des ressources humaines
et contractuelles qui ont été investies pour l'élaboration du projet de loi, ça
va aussi dans le sens du virage qu'on a fait. On était absolument... On avait
tous les arguments pour rejeter du revers de la main et avec, je dirais, une
certaine férocité le projet d'agence de 2013 et celui de 2021.
Alors, il y a sûrement des analyses qui
ont été faites, des... des ressources contractuelles ou des ressources internes
qui ont fait une revue de littérature, qui ont regardé un peu ce qu'étaient les
arguments et quels étaient les contre-arguments, de façon à faire évoluer la
pensée du gouvernement dans le sens d'un retournement et d'une volte-face
absolument spectaculaires. Et ces ressources-là, je vous mentionnerai qu'elles
sont quand même importantes. Sur le plan de la transparence, c'est important de
pouvoir les calculer puis avoir une bonne idée de ce qu'elles... de ce qu'elles
sont, c'est-à-dire de l'ampleur des investissements qui ont été consentis.
D'autant plus que le député de La Peltrie,
à l'époque, avait justement un regard très, très critique sur ce que pouvait
engager le gouvernement de l'époque, un gouvernement du Parti québécois, dans
l'élaboration d'un projet comme celui-là. Alors, je me permets de le citer lors
d'une intervention en Chambre face au ministre des Transports de l'époque, où
il disait essentiellement, M. le Président : «Depuis un an...» Et moi, je
pense que, le projet qui est devant nous, ça fait déjà plus d'un an qu'on a
commencé à l'élaborer. Les premières fuites dont on a pu prendre connaissance
dans les médias nationaux, si je me souviens bien, c'était à la fin de
l'été 2022 ou au début de l'automne de la même année. Donc, ça fait déjà
deux ans, là, qu'on y travaille dans les... dans les bureaux du <ministère
ou...
M. Arseneau :
...
Donc, ça fait déjà deux ans, là, qu'on y travaille dans les... dans les bureaux
du >ministère ou dans les bureaux des contractuels qui ont été mis à
contribution. C'est une information que je n'ai pas.
Mais de toute façon, à l'époque, donc,
dans le salon bleu, le député de La Peltrie questionnait le ministre de
l'époque en lui disant qu'il... et je le cite : «M. le Président, depuis
un an, le ministre des Transports monopolise des ressources humaines et
financières importantes de son ministère pour élaborer un projet d'agence, une
nouvelle structure inutile, parce qu'on a déjà décidé de créer, bon, une autre
société.» On a déjà fait référence à ça. Et je pense qu'un peu plus loin, dans
un article qui a été publié le 23 septembre 2013 dans Le Journal de
Montréal, il réclamait même que ces ressources qui avaient été consenties,
les sommes qui avaient été identifiées comme ayant permis d'élaborer le projet
de loi, bien, qu'elles soient remboursées par le gouvernement de l'époque ou
réinjectées dans le ministère, parce que c'étaient des sommes qui ne pouvaient
pas être mises à contribution pour le développement d'infrastructures ou pour
le rôle du ministère.
Alors, évidemment, on est face à une
situation absolument analogue. C'était exactement la même chose. Puis
probablement, bien, en fait, c'est incontournable que ces dépenses-là soient
encore plus grandes, non seulement parce que l'inflation a joué son rôle et le
coût de la vie a augmenté, mais également parce qu'on a passé plus de temps à
développer cette agence-ci que l'agence précédente et aussi parce qu'on a...
avant de proposer une agence, bien, il a fallu nécessairement démolir les idées
préconçues, au gouvernement et à tous ceux qui y contribuent, tous les membres
de la banquette gouvernementale, il a fallu déconstruire les schèmes qui
étaient opposés de façon virulente à tout ce qui était agence, parce que
c'était inefficace, inutile et contre-productif.
Donc, on parlait d'une dépense de fonds
publics importante, selon le député de La Peltrie à l'époque. Je pense qu'on en
a retrouvé le texte. Puis c'est quand même important de dire que ce qui était
extrêmement... jugé comme extrêmement pertinent, du côté des députés de la CAQ,
à l'époque, devrait l'être tout autant aujourd'hui en ce qui concerne la saine
gestion des fonds publics. Parce qu'on avait fait une demande d'accès à
l'information et, essentiellement, on demandait que ces dépenses-là soient
remboursées. On parlait d'un demi-million, à peu près, en salaires, qui avait
été consenti pour le travail d'élaboration de ce projet de loi. Et je cite le
député de La Peltrie, à l'époque, qui disait : «On a certainement dépensé
un demi-million de dollars en salaires, jusqu'ici.» Et il parlait d'une
dilapidation des fonds publics, rien de moins, pour élaborer ce projet de loi
là, somme qui aurait pu être consentie à consolider l'expertise au sein du
ministère. Alors, c'est... c'est pour mieux que vous saisissiez l'argument qui
est avancé pour ce qui est de la première partie, donc, la ventilation des
ressources humaines et contractuelles qui ont été investies pour l'élaboration
du projet de loi.
Le deuxième volet que je voudrais aborder,
celui de la ventilation des coûts et des investissements qui seront nécessaires
pour la mise sur pied de Mobilité Infra Québec, évidemment, ces sommes-là sont
encore plus importantes, plus colossales, et ça devrait attirer notre attention
encore davantage. Parce qu'il faut bien rappeler, et je pense que mes collègues
l'ont démontré de façon remarquable, que nous n'avons pas réalisé, dans le
cadre de l'élaboration de ce projet de loi là, du point de vue du gouvernement,
d'analyse d'impact réglementaire, ce qui fait en sorte que l'on peut, nous,
comme législateurs, conclure qu'il y a de l'information qui nous échappe en ce
qui concerne le travail qu'on a à faire, et ses conséquences, et ses impacts
sur le plan financier. Et ça, évidemment, déjà, on part avec un certain
scepticisme ou du moins avec une série de questions qu'on va devoir de toute
façon aborder pendant que l'on fera l'étude article par article de la
proposition gouvernementale, le projet de loi n° 61.
On a néanmoins eu un document qui a été
déposé, si ma mémoire est bonne, le 30 avril dernier, un document qui est,
en fait, le <mémoire déposé au...
M. Arseneau :
...
si ma mémoire est bonne, le 30 avril dernier, un document qui est, en
fait, le >mémoire déposé au Conseil des ministres pour défendre le
projet de loi n° 61 que nous avons maintenant devant
nous. Et je vous dirais que, sur un document, quand même... Est-ce que c'est
une cinquantaine de pages? Je n'ai pas l'entièreté du document devant moi, mais
peut-être que c'est 25 pages... C'est une vingtaine de pages. Dans ce
document d'une vingtaine de pages, bien, on fait référence à certains coûts,
mais c'est une ventilation ou c'est une information qui est extrêmement
parcellaire, là. On parle de trois paragraphes, à la page 13, qui... Non,
ce n'est pas celui-là, ce n'est pas celui-là. C'est en matière de coûts.
J'ai... C'est plutôt à la page 19. C'est un petit paragraphe, en fait,
avec quelques points de forme, et on parle des implications financières de la
mise en place d'une agence dont on devine qu'elle ne sera pas composée, là, de
trois personnes, mais, d'ailleurs, on parle déjà, là, de 45, 50 personnes.
Mais à terme, selon des coupures de presse, on parle de plusieurs centaines de
personnes, mais j'y reviendrai.
Mais ce qu'on dit dans ce document-là, au
point 9 : «Implications financières. Des investissements pour la mise
sur pied de Mobilité Infra Québec seront requis en dehors de la prise en charge
des projets.» Évidemment, là, on ne va pas inclure les coûts des projets
complexes qu'on voudra réaliser dans ce dont on parle aujourd'hui, mais
simplement la mise sur pied d'une agence et des investissements, donc, dont on
chiffre les coûts additionnels pour les six premiers mois d'opération de
l'exercice 2024‑2025, des coûts qui sont estimés à 3 millions de
dollars. Pour la période 2024‑2029, donc, sur une période de cinq ans, les
coûts additionnels d'opération sont estimés à 12,9 millions. Ces coûts
sont anticipés notamment pour des éléments qui y sont présentés, on parle de
frais non récurrents associés à la transition des systèmes informatisés
actuels. Là aussi on pourrait avoir recours au ministre de la Sécurité et du
Numérique pour s'assurer que cette transition-là numérique soit faite, là, sans
aucun impair et que ce soit fait de façon efficiente, efficace et à coût
optimal. Donc ça, c'est le premier élément.
• (15 h 50) •
Le deuxième élément, c'est les frais de
transition associés à la mise en œuvre de la nouvelle gouvernance. La nouvelle
gouvernance, c'est la nomination d'un conseil d'administration, c'est ce qu'on
comprend, là, avec neuf membres. Et puis là il faudra poser la question, à
savoir... Il ne s'agit pas de frais de transition uniquement, parce qu'il y a
des frais qui sont associés à leur réunion. Est-ce qu'il y aura une indemnité
versée aux membres du conseil d'administration? C'est tout à fait possible, si
on se fie à ce qui a été décidé pour l'agence Santé Québec. Évidemment, si on
s'inspire de ça, bien, il y aura... il y aura des coûts.
Les frais liés aux installations
matérielles de Mobilité Infra Québec, ça, c'est... c'est intéressant. Mais
entre des frais matériels pour une équipe de 40, 50 personnes et, quelques
années plus tard, 400 personnes, bien là, les coûts, ils vont continuer
d'augmenter année après année, et l'évaluation de 12,9 millions, bien, on
se demande comment cette évaluation-là se décline.
Les frais liés à l'expertise externe, bien
là, évidemment, ça, c'est un panier de crabes, c'est une boîte de Pandore.
Aller chercher des expertises externes, des honoraires professionnels et en
matière de communication, pour ce qui est de mettre en place une nouvelle
agence, ça peut être des coûts exorbitants. En fait, on voudrait savoir ce qu'a
en tête le ministère lorsqu'il parle de ces frais-là.
Et on n'a pas mentionné là-dedans les
frais qui sont inhérents à la nomination de la... de la structure de
gouvernance, au-delà, là, du conseil d'administration que j'ai mentionné tout à
l'heure. Mais on parle, évidemment, du président-directeur général et de son
équipe. Et, si on se fie à l'expérience récente en matière de santé, lorsqu'il
était question d'embaucher des hauts dirigeants pour une nouvelle société
d'État, écoutez, les sommes sont importantes, elles sont extrêmement élevées.
On parle, dans le cas de l'agence de santé, de la <PDG et de...
M. Arseneau :
... sont
extrêmement élevées. On parle, dans le cas de l'agence de santé, de la >PDG
et de son PDG adjoint qui commandent des émoluments, là, de l'ordre de plus de
500 000 $. De mémoire, on parle de 600 quelques mille dollars. Et
pour les premières années d'implantation, parce que le défi, nous dit-on, est
encore plus grand, bien, on a même été au-delà des sommes qui sont prévues au
décret. Donc, pourquoi est-ce qu'il serait différent... notre procédure
serait-elle différente en ce qui concerne la création d'une toute nouvelle
agence Mobilité Infra Québec, pour laquelle on ne semble pas prévoir que ces
gens-là seront payés et seront payés avec des indemnités vraisemblablement
importantes? Parce qu'on voudra, et je suis absolument convaincu que l'on
voudra dire que ces personnes-là doivent être des personnes d'exception. Ces
personnes-là, il va falloir aller les recruter, vraisemblablement, dans
l'entreprise privée. Le discours sera celui de l'inflation des grands salaires,
des grands gestionnaires de nos grandes sociétés et qu'il faut payer le prix si
on veut vouloir... si on peut... si on veut pouvoir développer des projets
d'envergure, des projets complexes qui mettent le Québec, évidemment, au rang
de... des juridictions où on peut vraiment, là, penser d'avoir des systèmes de
transport et de mobilité du XXIᵉ siècle. Alors, évidemment, ça, ça a un coût,
et on devine déjà que les coûts seront importants.
Et ce qu'on demande, ce que... à travers
cette motion préliminaire, c'est la transparence, c'est de savoir, si on arrive
à des coûts de 3 millions de dollars pour la première année... bien,
d'avoir une ventilation pour juger du réalisme de ces... de ces sommes-là, de
ces évaluations-là. Et le 12,9 millions pour les années qui suivent nous
semble intéressant, dans la mesure où on sait très bien que le budget du
ministère est largement supérieur à ces sommes-là. Mais disons simplement, pour
être polis, qu'on a du mal à y croire et que, pour partir la discussion en
toute transparence avec les gens du public qui nous écoutent puis qui disent
peut-être comme... qui disent peut-être comme, à une certaine époque, le député
de La Peltrie : Est-ce que ce n'est pas inutile, ce que vous faites, est-ce
que ce n'est pas, même, contre-productif, est-ce que ce sera véritablement un
moyen d'améliorer les choses... Il faudrait avoir, je dirais, la transparence,
encore une fois, de dire au moins combien ça coûtera, cette transformation-là.
Parce qu'on l'a entendu tout à l'heure et pendant les consultations
particulières, certains nous ont dit, dans les représentants du personnel
syndiqué, qu'on pourrait très bien faire cette transformation-là sans mettre
sur pied une agence. Donc, les coûts supplémentaires qui seront injectés dans
cette transformation-là, dans cette transition-là, bien, il faut pouvoir les
évaluer.
Et ce qui m'amène, justement, à cette
évaluation-là qui a été déposée... qui est très, très sommaire, mais qui a été
déposée en avril dernier. Et là, ça, avril, évidemment, là, ça fait déjà
bientôt six mois, et six mois en politique, c'est une éternité. Sur le plan
financier, six mois, dans des projets de développement, et de construction, et
de mobilité, et d'infrastructure, et dans des projets gouvernementaux,
malheureusement, dans des projets qui commandent, justement, du travail,
notamment, avec de l'expertise externe, des honoraires professionnels et de
communication, ces frais-là, malheureusement, peuvent exploser en six mois.
Alors, on demanderait évidemment qu'une mise à jour soit faite : Au jour
d'aujourd'hui, là, combien est-ce qu'on peut penser avoir à dépenser pour la
première année, certes, pour les six premiers mois, mais combien pour les trois
premières années?
Et cette question-là, ce n'est pas parce
qu'on n'a pas confiance que le travail a été fait ou n'a pas été fait de façon
rigoureuse, mais évidemment il y a l'inflation, il y a le coût de la vie. Mais
il faut bien mentionner qu'au mois d'avril, si le dossier a été déposé comme...
sous forme de mémoire au Conseil des ministres, c'est que le travail, il avait
été fait quelques semaines auparavant. Et quelques semaines auparavant, ça veut
dire que le budget du gouvernement du Québec, vraisemblablement, n'avait pas
été déposé encore, un budget qui, je le rappelle, est un budget qui nous a
annoncé... nous a précipités dans une situation de déficit historique ici, au
Québec. On parle de 11 <milliards. Alors...
M. Arseneau :
...a
précipités dans une situation de déficit historique ici, au Québec. On parle de
11 >milliards. Alors, évidemment, depuis, il y a quand même
passablement d'eau qui a coulé sous les ponts. Et on a, en même temps qu'on a
déposé le budget... bien, on a également dit qu'il fallait avoir un plan de
rétablissement de l'équilibre budgétaire. Bon, on a certes reporté les échéances,
mais il y a des efforts à faire pour rétablir l'équilibre budgétaire, et ça
touche nécessairement un projet comme celui-là, la mise sur pied d'une agence,
et les dépenses qui sont afférentes pour la transition puis pour la mise en
place de cette structure-là avec tout ce que ça comporte.
Donc, est-ce que le message qui a été
passé d'optimisation des dépenses, de rationalisation, certains diront
d'austérité, est-ce que ce message-là, il a été aussi transmis aux gens qui
travaillent actuellement sur la mise en place de Mobilité Infra Québec? Est-ce
qu'ils seront en mesure, justement, de contenir les coûts qui ont été
présentés? Est-ce que déjà on peut imaginer que ça coûtera plus cher que ce qui
avait été estimé à ce moment-là? On peut se permettre de spéculer. Et d'autant
plus qu'aujourd'hui, vous savez, on a eu une mise à jour de l'état des finances
publiques de l'année 2023‑2024. On est aujourd'hui au début octobre, et la
mise à jour, bien, elle se fait suite à une première mise à jour, si on veut, là,
une première conclusion, si on veut, de l'exercice financier qui se terminait
le 31 mars dernier, qui avait été faite en juin, et déjà, déjà, entre la
fin de l'année financière et juin puis ensuite entre juin et le mois d'octobre,
bien là, on arrive avec une différence de plus d'un demi-milliard.
Alors, vous vous imaginez bien que, si on
a pu avoir une différence de calcul aussi importante en l'espace de même pas
trois mois, entre le mois de juin puis le mois d'octobre, et ça, ce sont des
fonctionnaires, là, de l'État du Québec qui font ces calculs-là, et je ne
remets d'aucune façon en doute leur compétence, bien, ces mêmes fonctionnaires
du gouvernement du Québec qui, eux, travaillent à s'assurer que le projet de
mise en place d'une agence qui s'appellera Mobilité Infra Québec... bien, ils
doivent avoir aussi, je dirais, cette révision des coûts en tête. Parce que
sinon, bien évidemment, on nage en plein mystère, on s'en va vers l'inconnu. Et
évidemment de pouvoir avoir une prévisibilité, c'est important, je pense, c'est
même fondamental pour le législateur, pour l'Exécutif, pour le gouvernement,
évidemment, et pour l'agence qu'on veut mettre en place. Et cette
prévisibilité-là, elle doit reposer sur des calculs précis, sur des calculs qui
sont également ventilés de la façon la plus transparente possible pour qu'on
puisse tous ensemble dire : Voici vers où on se dirige, voici les fonds
qui seront consentis, voici ce que coûtera aux citoyens payeurs de taxes du
Québec pour voir cette nouvelle structure mise en place, une structure qui, je
le rappelle, sera évolutive.
• (16 heures) •
On n'a pas encore cette information-là
complète, je ne crois pas, dans la documentation qui est devant nos yeux. Mais
on a pu lire dans certains articles que... Même si on a eu une séance de
breffage, il y a peu de temps, là, qui nous disait qu'il y avait 45 ou
50 employés à l'agence, bien, on nous dit que l'agence emploiera, oui, de
30 à 50 personnes au départ, mais qu'à terme on comptera 400 employés
après trois ans. Bon, est-ce que ce sont des sommes supplémentaires à celles
que l'on consent pour ces mêmes employés-là dont on peut penser que certains
proviendront du ministère des Transports et de la Mobilité durable? Alors, on
pourrait dire que c'est à coût nul, mais au gouvernement de nous en faire la
démonstration. Parce que, du même souffle, le gouvernement nous dit : Nous
n'avons pas l'expertise, actuellement, au ministère. Mais nous devrons mettre
en place une agence qui aura cette expertise-là. On commencera par aller chercher
de 30 à 50 personnes qui ont cette expertise-là...
16 h (version révisée)
M. Arseneau : ...on commencera
par aller chercher de 30 à 50 personnes qui ont cette expertise-là, et on
montera, en trois ans, jusqu'à 400 personnes qui ont une expertise
qui est incomparable, qui est de niveau international. Et qu'est-ce qu'on nous
dira? Bien, on nous dira exactement la même chose qu'on nous a dit pour l'embauche
des hauts dirigeants, à savoir que cette expertise-là, bien, il faut pouvoir la
payer, il faut pouvoir la rémunérer à la hauteur de ce qu'elle commande, parce
que nous sommes en concurrence avec le monde entier pour le développement de
réseaux de transport et de mobilité, le développement de projets complexes. Et
qui dit réseau complexe dit expertise de pointe, et qui dit expertise de
pointe, dit salaires exorbitants ou concurrentiels avec ce qui se fait dans le
privé, parce que ces gens-là...
Et des intervenants sont venus nous dire :
Le problème, ce n'est pas que le Québec manque d'expertise, cette expertise-là,
elle est en demande à travers le monde. Et les Québécois qui travaillent dans
une foule de firmes privées dans différents secteurs liés à la construction d'infrastructure,
ces gens-là ne manquent pas de boulot, ils ne manquent pas de travail. Ils sont
donc en demande à travers le monde, mais ils travaillent pour le privé. Ils ne
sont pas au ministère. Si le ministère aspire à pouvoir les convaincre de venir
travailler pour des projets ici, en sol québécois, avec, comme bénéficiaires,
la population québécoise, évidemment, les sociétés de transport puis les villes,
qui vont en bénéficier, de ces nouveaux réseaux-là, bien, encore faut-il qu'on
puisse calculer vraiment de façon précise combien il va falloir y mettre d'argent
public, de fonds publics pour se doter de cette expertise-là.
J'ajouterais, en terminant, Mme la
Présidente, que tout ça, toute cette discussion-là qui ne se fait pas, à moins
qu'on puisse véritablement avoir ces discussions autour d'un document qui
serait présenté, si la partie gouvernementale accepte la motion que j'ai
présentée, cette discussion-là devrait se faire, dans un contexte, je l'ai dit,
d'optimisation ou d'austérité, mais dans un contexte où, de l'aveu de la
ministre même, on n'a pas d'argent, il n'y a plus d'argent pour investir dans
les transports collectifs notamment. Est-ce qu'on a davantage d'argent à
investir dans la mise sur pied d'une agence toute neuve, toute nouvelle, qui va
évidemment commander des sommes importantes pour la doter, oui, d'infrastructures
informatiques, de bureaux, bon, d'un siège social, d'un conseil d'administration,
de secrétariats à différents niveaux, de hauts dirigeants qui vont commander de
hauts salaires et d'une expertise, là, à tous les niveaux pour le développement
de projets? Alors, ça, c'est un... c'est une question qui est, pour moi, absolument
fondamentale.
Et c'est la raison pour laquelle je pense
que cette motion-là, qui sera vraisemblablement la dernière, en tout cas, en ce
qui me concerne, je pense qu'elle est d'une importance absolument capitale, Mme
la Présidente, et j'espère que mes collègues appuieront cette motion-là. Et
là-dessus, bien, je vais compléter en vous remerciant de m'avoir écouté.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui, merci
beaucoup. Bien, merci beaucoup, Mme la Présidente. Très heureux de cette motion
préliminaire, avec laquelle je vais être en accord évidemment. Donc, mon
collègue, là, le député des Îles-de-la-Madeleine demande de transmettre, au
plus tard avant la séance prévue le mardi 8 octobre à 9 h 45,
parce que c'est vraisemblablement à ce moment-là qu'on va commencer l'étude
détaillée, peut-être, des... en tout cas, on verra, là, où est-ce qu'on en est
rendus, là, mais en tout cas, on... donc avant le prochain moment où on se rencontrera,
ça devrait être comme ça que je le dis, les documents permettant d'apporter un
éclairage supplémentaire à la commission dans l'exécution de son mandat. Je
suis d'accord avec ça, déjà, sur le délai.
Après ça : «Qu'à cette fin, le
ministère des Transports et de la Mobilité durable dépose à la Commission une
ventilation des ressources humaines et contractuelles qui ont été investies
pour l'élaboration du projet de loi.» Moi, je serais très curieux,
effectivement, de savoir qui a participé à la rédaction du projet de loi. Moi,
je ne sais pas comment ça se dessine, comment ça se fait. J'ai déjà moi-même
rédigé des projets de loi, là, mais bon, on fait ça... on fait ça, disons, avec
nos équipes internes. Est-ce que, du côté gouvernemental, il y a des... il y a
des acteurs externes qui peuvent aider à rédiger un projet de loi? J'imagine
que tout est possible, mais c'est... peut-être que, si on avait cette
information-là, à tout le moins, ça nous permettrait de savoir... d'avoir une
espèce de point de vue un peu plus macro sur le type de personne, les intérêts
qui sont derrière. Je pense que ce serait intéressant.
Puis, sinon, sur la prochaine, sur la
dernière... le dernier <paragraphe...
M. Grandmont :
...prochaine, sur la dernière... le dernier >paragraphe de la motion
préliminaire déposée par mon collègue député des Îles-de-la-Madeleine : «Que
la Commission reçoive également une ventilation des coûts et des
investissements qui seront nécessaires pour la mise sur pied de la Mobilité Infra
Québec et qui seront requis en dehors de la prise en charge de projets ainsi
que les coûts additionnels envisagés pour les deux premières années
d'opération.» C'est intéressant parce que j'ai comme l'impression qu'on n'aura
pas beaucoup d'occasions de traiter de cet enjeu-là pendant l'étude détaillée.
Alors, d'avoir cette information-là avant nous permettra encore une fois de
nous faire une meilleure idée du projet de loi.
• (16 h 10) •
Moi aussi, j'ai envie d'insister sur un
des éléments qui m'a surpris puis pour lequel on n'a pas eu de réponse, puis je
serais curieux d'entendre Mme la ministre là-dessus. Quand elle a parlé du... de
son agence, puis jusqu'à tout récemment, je pense qu'elle n'a pas utilisé
d'autres chiffres, elle disait toujours : Il va y avoir une cinquantaine
d'employés dans l'agence. Déjà, ça peut paraître surprenant parce que juste le
bureau de projet monté par la ville de Québec pour le tramway de Québec, c'est
150, 160 personnes. Je pense, c'est 160. Donc, on est sur une agence qui
va gérer plusieurs projets à différentes étapes de réalisation, il y a des
projets qui vont être en planification, des projets qui vont être en
réalisation, d'autres qui vont être en... c'est-à-dire, planification,
conception, réalisation puis évaluation, donc les quatre grands... les
quatre grandes étapes de réalisation... de réalisation de projets, donc
des employés qui vont travailler comme ça sur chacune des étapes en continu,
parce que c'est un peu ça, le souhait, à la fois sur... donc, sur plusieurs
projets, à la fois sur des projets de transport collectif, des projets de
transport routier. On peut imaginer qu'on aura plusieurs employés qui seront
évidemment des ingénieurs qui travailleraient sur les différentes phases à
proprement parler, mais aussi, après ça, il y a des avocats là-dedans, il y a
de la communication là-dedans.
Bref, je peux facilement imaginer que le
nombre de corps de métiers représentés à l'intérieur de cette agence-là, puis
vu le nombre de projets sur lesquels on devrait travailler en simultané, 50,
c'est... c'est très, très peu. 50, c'est à peu près ce que j'estime être le
nombre de personnes qu'on réunit au départ pour structurer l'agence, encore une
fois, tout en comparant, là, avec le bureau de projet de la ville de Québec.
Alors que, comme ça a été mentionné par mon collègue, puis je ne sais pas d'où
l'information venait, mais ça me semble quand même assez réaliste, au 98.5 FM,
là, c'est l'animatrice Nathalie Normandeau qui parlait, là, de... qui avait un
scoop, là, qui avait une nouvelle à l'effet qu'effectivement, Mobilité Infra
Québec compterait 400 employés après trois ans. Puis je vais la citer :
«La création de cette nouvelle agence a
créé énormément de discorde à l'intérieur du gouvernement... Plusieurs estiment
que cette agence ne servirait à rien. En fait, il faut savoir que le seul
pouvoir que détiendrait cette nouvelle agence, c'est de payer plus cher ses
employés. Alors imaginez, on se retrouverait avec une structure lourde de
400 employés payés beaucoup plus cher que ce que les employés du ministère
des Transports reçoivent actuellement en termes de rémunération. Ce que nous
avons aussi appris, c'est que le sous-ministre des Transports remet lui-même en
question l'utilité de l'agence sous la forme qui sera présentée.» Fin de
citation.
Donc, je tenais à le dire parce que
vraiment, là, c'est l'aspect 400 employés après trois ans qui
m'intéressait dans le débat actuel.
Donc, je me pose la question : Pourquoi
c'est le chiffre de 50 qui a toujours été avancé par la ministre, alors que de
mon évaluation à moi, ça semble très, très bas, si je regarde les comparables?
Puis, bien, il y a cette information-là aussi qui a été rapportée puis qu'on...
j'ai vu mon collègue tantôt, là, il y avait une autre source qui rapportait le
même... le même chiffre. J'aimerais avoir, évidemment, cette évaluation-là,
parce que, quand on regarde ce qui se passe, par exemple, en santé, avec l'agence
Santé Québec, on parle d'environ 700 postes qui vont être créés pour cette
agence-là. C'est quand même important. Donc, 50 versus 700, je comprends que la
santé, c'est quand même une grosse structure, c'est beaucoup d'employés, donc
il y a peut-être une différence importante, évidemment, là, mais de passer de
50 à 700, ça me semble quand même sur deux échelles relativement pas mal
éloignées. Donc, j'ai... encore une fois, je me pose la question du 50 versus
le 400.
Et, évidemment, d'avoir une ventilation
des coûts puis des investissements qui vont être nécessaires pour la mise sur
pied et qui vont aussi être... avoir cette information-là pour les coûts
additionnels envisagés pour les deux premières années d'opération, pour
moi, ça nous donnerait une indication d'où est-ce qu'on s'en va avec ça, là, c'est
quoi, l'ampleur de cette nouvelle agence, où est-ce qu'on s'en va avec ça. Ça
va nous donner une idée aussi, je pense, puis ça serait superimportant pour
l'étude détaillée, ça nous donnerait une idée de l'ampleur que la ministre veut
lui donner, de son rôle qu'elle veut vouloir jouer. Parce que, sur l'intention,
quand j'entends la ministre parler de reprendre en main la destinée des
transports collectifs et les transports routiers au Québec, je m'imagine une
structure assez, assez imposante. Puis là il y a juste 50. De l'autre côté, ça
semble un peu <riquiqui...
M. Grandmont :
...côté,
ça semble un peu >riquiqui. Donc, je me dis : Il y a peut-être...
il y a un décalage que je n'arrive pas à m'expliquer.
Et je pense qu'en ayant cette... en
répondant positivement à la demande de mon collègue des Îles-de-la-Madeleine,
bien, ça nous permettrait de savoir quel est le plan des la ministre. Parce
qu'autrement, à l'intérieur du projet de loi, là, je l'ai lu, comme vous tous,
évidemment, je ne pense pas qu'on ait beaucoup d'espace pour discuter de cela.
Évidemment, si on n'a pas la réponse, bien, on essaiera de trouver le bon
endroit pour en discuter. Parce que ça me semble fondamental. Si on donne... si
on crée une agence avec... avec très, très peu de moyens, bien, on pourra être
en mesure... on serait en droit de se demander à quoi ça sert de créer ça si,
finalement, c'est pour être inopérant par manque de ressources. Alors, si c'est
plutôt l'inverse, puis ils disaient : Bien, il y a une croissance, bien, il
faut nous l'expliquer, puis là, après ça, on sera à même de comprendre, OK, la
mesure du travail que Mobilité Infra Québec pourra déployer à travers le temps.
C'est intéressant aussi parce que ça a des
implications, évidemment, économiques. 700 postes, c'est... c'est assez
raisonnable d'estimer que c'est au moins 40 millions, 40, 45, 50 millions
de masse salariale, là, j'imagine, là. Il y a toutes sortes de corps de métiers
à l'intérieur de l'agence Santé Québec, là. En moyenne, on doit être autour de
50 000 $, 55 000 $ pour chaque poste, à peu près, là,
j'imagine. Donc, si on reprend à peu près la... tu sais, si on fait une règle
de trois avec ça, bien, 400 employés, si c'est ça, l'objectif au bout de 2-3 ans,
bien, on parle quand même d'une masse salariale d'environ 20, 25, 30 millions de
dollars aussi. Donc, je pense que ça vaut la peine. Ce n'est pas des... ce
n'est pas des petits montants, ce n'est pas du petit change, je pense qu'on
peut dire ça. Donc, ce serait intéressant d'avoir cette évaluation-là pour être
capable d'en prendre pleinement la mesure.
J'aimerais aussi avoir une évaluation... puis
je pense que c'est peut-être un ajout, en fait, là, je ne sais pas si c'est un
ajout, mais mon collègue verra ce qu'il fait avec ça, mais moi, ce qu'il
m'intéresserait de savoir aussi, c'est : Est-ce qu'on a fait une
évaluation de, bon, la création, bon, une évaluation, là, des coûts et des
investissements qui vont être nécessaires pour la mise sur pied puis pour les
premières années d'opération de Mobilité Infra Québec, d'une part? Est-ce qu'on
a fait l'évaluation des coûts et des investissements qui auraient été
nécessaires si on avait fait... si on avait développé une expertise à l'interne
du ministère des Transports et de la Mobilité durable? Parce que je reviens
toujours avec cette idée-là : je ne suis pas encore convaincu qu'on
n'aurait pas pu arriver à créer l'expertise pour développer les transports
collectifs, les transports routiers, des projets complexes, à l'intérieur du
ministère des Transports. Pour moi, là, je ne suis pas encore convaincu que ça
nous prend une agence pour le faire. Je veux dire, on a... On les a vus, là,
les syndicats sont venus nous voir, nous l'ont dit : On a l'expertise à
l'interne. Alors, il y a peut-être une raison, je ne sais pas c'est laquelle. Dans...
dans... Ça, c'est des propos, évidemment, là, de l'animatrice, là, Nathalie
Normandeau, qui disait : «Le seul avantage, le seul pouvoir que va détenir
cette nouvelle agence, c'est de payer plus cher ses employés.
Donc, moi, je serais curieux de savoir :
Est-ce qu'on a fait l'évaluation des coûts puis des investissements si on avait
créé cette expertise-là plutôt à l'interne du ministère des Transports? Puis,
si on l'a fait ou pas fait, bien, comprendre pourquoi, en fait, à la fin, on
décide quand même de faire une agence. Dans tous les cas, moi, je trouve que
c'est une question très pertinente, une motion très pertinente de la part de
mon collègue et députée des Îles-de-la-Madeleine, une motion préliminaire que
je vais appuyer. Et voilà, moi aussi, j'espère avoir une évaluation, parce que,
comme je le disais, on n'aura pas beaucoup d'occasions de discuter de ça à
l'intérieur de l'étude détaillée, mais ça me semble assez fondamental parce que
c'est toute la portée de l'agence qu'on est en train de pouvoir avoir. C'est un
éclairage supplémentaire que la commission se doit d'avoir, je pense, pour bien
faire notre travail lors de l'étude détaillée. Je vous remercierai et je vous
souhaiterai une bonne fin de semaine à tous et à toutes. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions sur la motion
préliminaire? Oui, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Merci, Mme
la Présidente. Et je remercie le collègue pour cette motion qui demande au
ministère du Transport et de la Mobilité durable de déposer à la commission une
ventilation des ressources humaines et contractuelles qui ont été investies
pour l'élaboration du projet de loi et que la commission reçoive également une
ventilation des coûts et des investissements qui seront nécessaires pour la
mise sur pied de Mobilité Infra Québec et qui seront requis en dehors de la
prise en charge de projets, ainsi que les coûts additionnels envisagés pour les
deux premières années d'opération.
Je vais vous dire pourquoi je vais appuyer
cette demande. C'est que nous avons fait une demande d'accès à l'information.
C'est très simple, et je vais vous dire la réponse : «Nous donnons suite à
votre demande d'accès aux documents reçus le 23 août 2024 visant à obtenir
les notes d'information concernant la création de Mobilité Infra Québec ainsi
que les analyses du projet réalisées depuis le 1er janvier 2023,
comprenant notamment l'analyse d'impact réglementaire du projet de loi n° 61
ainsi que les coûts estimés détaillés par année pour les 10 prochaines
années pour l'implantation de Mobilité Infra Québec.» Donc, nous avons <fait...
M. Derraji :
...pour
l'implantation de Mobilité Infra Québec. Donc, nous avons >fait la
demande, comme ce qu'on fait dans n'importe quel projet de loi, Mme la
Présidente, d'une manière très rigoureuse. On voulait savoir l'étude d'impact
réglementaire. Vous avez vu que j'ai déposé moi-même une demande... une demande
en commission pour qu'on puisse nous fournir les notes, mais ça a été refusé.
Je ne voulais pas la demande d'impact réglementaire, parce que je savais
pertinemment que je ne vais pas l'avoir. J'ai demandé les coûts estimés
détaillés par année pour les 10 prochaines années. Et, vous savez c'était
quoi, la réponse? La réponse était : Voici le lien vers le document
recensé répondant au libellé de votre demande pouvant... pouvant vous être
transmis.
Je l'ai, le document. Quand je clique sur
le document, je lis le document déposé par Mme la ministre au Conseil des
ministres, je vais vous le lire : «Mme la ministre, la ministre des
Transports et de la Mobilité durable, titre, Loi édictant la Loi sur Mobilité
Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au transport
collectif, 30 avril 2024.» Je lis le premier paragraphe, deuxième
paragraphe. Ça, c'est quelle page?
Une voix : ...
M. Derraji : Il y a
22 pages. Je vais vous ramener avec moi à la page 19. C'est quand
même alarmant, Mme la Présidente, et je vais vous... je vais... vous allez comprendre
pourquoi. Parce que je veux faire le lien avec l'agence de santé. Parce que la
même agence est à la recherche de «top guns». Tu sais, les «top guns»,
maintenant, là, ça devient la norme. Bon. Voilà. C'est très difficile naviguer
sur un iPad.
«Implications financières. Des
investissements pour la mise sur pied de Mobilité Infra Québec seront requis en
dehors de la prise en charge de projets. Les coûts additionnels pour les six premiers
mois d'opération de l'exercice 2024-2025 sont estimés à 3 millions de
dollars. Et, pour 2024-2029, les coûts additionnels d'opération sont estimés à
12,9 — presque 13 milliards... millions de dollars. Ces coûts
sont anticipés notamment pour les éléments suivants :» Donc, qu'est-ce
qu'il y a dedans? Frais non récurrents associés à la transition du système
informatique actuel, frais de transition associés à la mise en oeuvre de la
nouvelle gouvernance, frais liés aux installations de matériel, frais liés à
l'expertise externe, honoraires professionnels et communications.
• (16 h 20) •
Bon. Là, je vais vous ramener, Mme la
Présidente, à l'agence Santé. «Top gun», c'est 152 000 $ par année,
voiture, 610 $ par mois, allocation au logement, 1 573 $, plus
six semaines de vacances, plus allocation de départ. Ça, là, c'est
uniquement pour la PDG. Nous avons tous vu passer les recrutements, l'été, par
rapport aux gens qui vont accompagner la nouvelle «top gun» de l'agence Santé.
Je ne sais pas, est-ce que Mme la ministre, elle aussi, va chercher une ou un
«top gun» pour l'agence de Mobilité Infra Québec, et comment ça va être, la
structure du «top gun» avec les vice-présidents?
Donc, tout ça, on va le voir, mais, mais,
mais, ce que j'aime, dans la motion de mon collègue, c'est qu'on n'a aucune
idée sur la ventilation des ressources humaines et contractuelles. Donc, ce
qu'on nous dit, par rapport aux frais : «Frais liés à l'expertise externe».
Je n'ai pas de ventilation. Je ne sais pas, est-ce que... Écoutez, quand je
vous dis «systèmes informatisés», Mme la Présidente, j'espère qu'on ne va pas
donner ça au ministre actuel de la Cybersécurité, parce que rien que ça, ça va
coûter extrêmement cher. On voit, avec la plupart des contrats lancés par ce
gouvernement, combien ça nous coûte, les frais liés à la transition des
systèmes informatisés actuels. Et donc, mon collègue... cher collègue député
des Îles-de-la-Madeleine, qui est encore avec nous et qui nous écoute avec
impatience, j'en suis sûr et certain, a bien fait de déposer cette demande
parce qu'il voulait bien faire son travail. Et, quand il demande la
ventilation, c'est parce qu'il pense, avec raison, qu'il n'a pas tous les
moyens en sa disposition pour bien faire les choses. Quand on dit que le
gouvernement, aujourd'hui, vient de rectifier le déficit, pas dire qu'on s'est
trompé de peu, non, mais de beaucoup. La note vient de sortir aujourd'hui.
Donc, la ministre nous invite à voter pour
une agence, à commencer l'étude détaillée, on n'a pas d'amendement encore, mais
on n'a pas la ventilation des coûts et les investissements. Donc, sur quoi on
parle, <Mme la Présidente...
M. Derraji :
...la
ventilation des coûts et les investissements. Donc, sur quoi on parle, >Mme
la Présidente? Sur quelle base? Sur quelle base? Donc, le collègue demande une
ventilation des coûts et des investissements qui seront nécessaires pour la
mise sur pied de Mobilité Infra Québec. Donc, on nous a dit qu'il va y avoir
deux volets d'amendements. Donc, écoutez, non, en général, quand on
revient au Conseil des ministres, les amendements, ça veut dire que c'est
sérieux et que ça demande une autorisation spéciale. Mais là, quand nous, on a
fait une demande d'accès, la seule réponse que nous avons eue, c'est ce que je
viens de vous dire. Ça veut dire, entre autres, que même le gouvernement n'a
aucune idée sur le détail des investissements nécessaires pour les ressources
humaines et contractuelles.
Donc, c'est comme si on navigue dans le
vide, Mme la Présidente, et on navigue dans le vide depuis quand même un bout,
parce que vous avez vu ce qui se passe avec l'agence de santé, où il y avait
beaucoup, beaucoup de choses dites sur la place publique, notamment en lien
avec le salaire de la nouvelle PDG. Et vous avez vu les résultats en santé.
Écoutez, on l'a dit ce matin, mon collègue député de Pontiac a eu, je dirais,
l'intelligence de faire le bilan du ministre qui est là ça fait cinq ans
et que la CAQ ça fait sept ans qu'ils sont au pouvoir. Et malheureusement,
même avec la nomination de la nouvelle «top gun», les choses n'avancent pas,
elles s'empirent au niveau des bilans.
Donc, avant d'aller voir le bilan, ou les
objectifs, ou la mission, ou la définition des projets complexes de la nouvelle
agence, la moindre des choses : Quel est le budget? Quelle est la
ventilation des ressources humaines et contractuelles? Ça mérite une clarté,
surtout dans le contexte de restriction budgétaire. Écoutez, Mme la Présidente,
c'est rendu que le ministère a arrêté des chantiers dans pas mal de comtés.
Nous, il y a des gens qui nous appellent des comtés caquistes, ils disent :
Écoute, on n'a pas de réponse. Pourquoi ils ont arrêté ce chantier? La réponse
qu'on leur dit : Écoutez, il n'y a plus de budget, il y a une mise à jour
économique qui s'en vient, et on veut... on veut faire bien paraître les
chiffres de la mise à jour, la future mise à jour. Donc, contexte de déficit
énorme. Vous avez vu? Écoute, je n'invente rien, mais je vous invite à aller
lire la dernière note. Le ministre des Finances, malheureusement, s'est trompé
encore une fois dans ses chiffres. Donc, c'est un peu alarmant, où on s'en va
au niveau des finances publiques, Mme la Présidente. C'est très, très alarmant.
Donc, mon collègue a raison, le député de Mille-Îles...
«de Mille-Îles», désolé, des Îles-de-la-Madeleine, Mille-Îles, c'est ma
collègue, qui fait un travail exceptionnel à Laval. Mais le député des
Îles-de-la-Madeleine a raison de se poser la question : Qu'est-ce qu'on
fait au niveau des ressources humaines et contractuelles? Surtout que j'ai
écouté, là : «Frais liés à l'expertise externe, honoraires professionnels
et communication.» Mais c'est quoi, ça? Qu'est-ce qu'on va faire avec les
honoraires professionnels? Est-ce qu'on va recruter d'autres «top guns» qui
vont nous aider à voir comment on va lancer la future agence? «Frais liés aux
installations matérielles.» Ça, on le comprend, mais il faut ventiler ça. Donc,
nous, on voulait faire bien notre travail. J'ai déposé la demande, nous avons
déposé la demande d'accès à l'information, mais je vous ai dit, c'est la
réponse que j'ai reçue : Ah! écoutez, il n'y a pas de ventilation,
regardez juste le document qui a été déposé au Conseil des ministres, point à
la ligne. Et je vous ai dit qu'on a déposé aussi la demande pour l'analyse
d'impact réglementaire. Ça aussi, aucune réponse.
Donc, comment vous voulez, aujourd'hui,
dans un contexte de déficit historique... je vous le dis, les Kings de la...
les Kings, les Kings de la dette, malheureusement, c'est... ça va suivre ce
gouvernement. Mais je ne peux pas, moi, cautionner un lancement d'une étude
détaillée où je ne sais pas où on navigue. En plus d'être contre une nouvelle
structure, bien, je veux savoir, cette structure, combien ça va coûter aux
contribuables québécois, cette structure. Les Québécois se demandent
aujourd'hui, face à un gouvernement qui a perdu le contrôle des finances
publiques : Est-ce nécessaire d'avoir une nouvelle agence? Et ce qui est
très inquiétant, c'est que même cette agence, on ne sait pas combien ça va
coûter aux contribuables. C'est ceux et celles qui nous regardent aujourd'hui
qui vont payer cette agence, qui vont payer le salaire du PDG. C'est ça qu'on
discute aujourd'hui.
Et donc cette motion, je l'appuie.
Pourquoi je l'appuie? Parce que je veux avoir l'heure juste par rapport aux
finances, par rapport à la ventilation des ressources humaines et
contractuelles. C'est très important. Et on ne peut pas commencer la discussion
sur la mise en place d'une agence si on n'a pas ce <portrait...
M. Derraji :
...sur
la mise en place d'une agence si on n'a pas ce >portrait, surtout que je
voulais savoir ce portrait, mais on ne m'a pas répondu. La seule chose qu'on
m'a dite : On te réfère à un document qui a été déposé au Conseil des
ministres. Bien, voyons donc, on ne peut pas, Mme la Présidente. Je pense
encore une fois, convaincu, qu'au ministère il y a quand même... il y a quand
même, strict minimum, une bonne analyse qui a été réalisée. Cette analyse a été
bien faite. Et je les invite à la partager avec nous. C'est la moindre des
choses. Ils ne peuvent pas ne pas savoir la ventilation des ressources
humaines, combien ça coûte, et contractuelles. Et, je vous ai dit, il y a
quatre éléments. C'est des coûts anticipés, des coûts... des coûts, j'ai
plein de choses à dire, cher collègue, député de Masson, «frais non récurrents
associés à la transition des systèmes informatisés actuels; frais de transition
associés à la mise en oeuvre de la nouvelle gouvernance; frais liés aux
installations matérielles de Mobilité Infra Québec».
C'est quoi, la garantie qu'on ne va pas
dépenser plus puis qu'on va défoncer le budget? Vous n'avez plus le droit
d'aller d'une manière illimitée. Vous avez terminé le surplus. Il n'y a plus de
surplus, vous naviguez dans le déficit. Je dois faire exercer mon contrôle.
Donc, je ne peux pas autoriser un autre déficit. Donc, je veux savoir c'est
quoi, la suite, combien ça va coûter aux contribuables. C'est très important.
Et les contribuables ont le droit de savoir. Et je pense que le député de
Masson va le dire à ses collègues.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Merci, M. le député. Je vous remercie pour votre collaboration. Je comprends
que vous souhaitez continuer, continuer...
Compte tenu de l'heure, la commission
ajourne ses travaux au mardi 8 octobre 2024, où elle poursuivra son
mandat. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 30)