Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures)
M. Fortin :
Bon matin. Merci d'être ici à 8 heures précises et peut-être avant pour
certains. Ce matin, moi, je veux vous parler du dossier d'itinérance, parce
qu'honnêtement le dossier qui a été relaté par LaPresse ce
matin, il est choquant. Les chiffres sont... sont frappants, de voir une
augmentation si drastique des chiffres en lien avec l'itinérance. Ce n'est
réellement pas une bonne nouvelle pour les gens qui sont touchés par ça. Ce
n'est pas une bonne nouvelle pour nous, comme société, au Québec, de voir qu'il
y a tant de gens qui souffrent de cet... de cet enjeu-là, qui sont incapables
de se loger convenablement. De voir que, juste au refuge de Laval, on passe de
297 usagers à 1 049, au cours des dernières années, là, c'est
vraiment quelque chose qui doit venir nous chercher comme parlementaires, comme
élus, mais comme société de façon générale. Et j'espère qu'on est en train de
regarder certains des projets les plus innovants, certains des projets qui
fonctionnent bien au Québec. Moi, je pense à celui dans ma région, à Gatineau,
le village Transition, qui est un endroit qu'on n'aurait jamais pensé de créer
il y a quelques années, mais qu'on a dû faire et qui réussit à avoir des bons
résultats pour ces personnes-là, à assurer une transition et à coût beaucoup
plus... beaucoup plus faible que dans d'autres endroits.
Mais il y a aussi une question de tout ce
qui se passe en amont, là, au cours de la dernière année, on a perdu
130 000 emplois à temps plein au Québec. Ce n'est pas... ce n'est pas
des petits chiffres, c'est des chiffres quand même frappants. Et ça, c'est veux
veux pas, Mme Fréchette, elle a été ministre de l'Économie au cours des
dernières... des dernières années, des derniers mois, elle est première
ministre maintenant, alors, elle porte une partie de ce bilan-là. Et ce n'est
pas de bon augure pour ce qui s'en vient non plus. On a perdu 130 000 emplois
à temps plein au cours des 12 derniers mois. On a une crise du logement
qui est encore en vigueur, et on voit une diminution prévue par le gouvernement
de la CAQ, dans son dernier budget, de la mise en chantier au Québec... des
mises en chantier. Alors, on se doit d'en faire plus pour augmenter l'offre de
logement au Québec. Et, si un gouvernement n'est pas prêt à se pencher sur
cette question-là, à changer son approche à la lueur de ce qu'on voit ce matin,
bien, ce gouvernement-là, il doit céder sa place. Moi, je cède ma place à
mon collègue Greg pour la suite des choses.
M. Kelley
: Merci, André.
Je veux... reviens un petit peu sur la perte de 130 000 emplois au
Québec. Bien, pour faire le développement économique, ça prend de l'énergie,
et, clairement, il n'y a pas des mégawatts disponibles pour les projets
économiques du Québec. Et c'est grâce à une mauvaise gestion de secteur
énergétique par la CAQ. On a pas mal battu La Romaine, pour vendre toute
l'électricité qui est produite à La Romaine pour vendre ça à New York,
mais on a complètement oublié des entreprises d'ici. Et ça, c'est grâce à le
fait que... à cause le fait que la CAQ n'a jamais vraiment livré un plan sur le
secteur énergétique pour le Québec depuis on est arrivé au pouvoir en 2018, et
c'est dommage. C'est dommage, quand... excuse-moi, le ministre et la première
ministre se vantent que le fait qu'il y ait une liste d'attente pour plus de
100 entreprises, au Québec, qui attend pour les blocs d'énergie.
De notre côté, on n'est pas juste dans le
mode des critiques, mais ça fait des années que je dis que l'énergie solaire
est une option pour livrer plus d'énergie plus rapidement parce que c'est fait
partout sur la planète présentement. Regardez ce qui se passe en Australie,
Californie et le Texas avec le mix de solaire, éolien et le stockage de
l'énergie avec des batteries. Eux autres, ils sont capables de bâtir plus
d'énergie, plus rapidement, et ils sont capables d'accepter des projets
économiques. Et ça, qu'est-ce qui m'inquiète beaucoup. Quand même, nos voisins
ontariens ont l'énergie disponible pour les entreprises. Les gens ici regardent
la situation puis dit : Est-ce que je suis mieux ailleurs? Moi, je veux
dire que la réponse, c'est non, on va livrer l'énergie, mais la mauvaise
gestion de dossier énergétique par le Québec va faire des dommages depuis des
années sur l'économie du Québec. Merci.
Journaliste
: Est-ce
qu'on aurait dû renoncer à cette entente qui est, quand même, importante pour
livrer de l'électricité dans le quartier de Queens, entre autres, à New York
qui en a vraiment besoin? Est-ce qu'on aurait dû renoncer à ça?
M. Kelley
: Avant
d'accepter l'entente, M. Lacroix, c'était mieux d'avoir un vrai plan
d'Hydro-Québec livré. Le plan est arrivé après le fait que l'entente avec New
York a été signée, ça a été fait à l'inverse. Puis, après ça, on dit : Oh
mon Dieu! On a besoin plus d'énergie, il faut bâtir ça entre ici, 2035 et 2050.
Ça, c'est qu'est-ce que je déplore. Il n'y a pas eu une vraie révision ni une
discussion avec la société civile. Le PGE arrive tantôt, selon le ministre,
mais ça, c'est un exemple. On met tout le monde autour de la même table pour
voir c'est quoi, le plan pour les prochains 25 ans. Ce n'était pas fait
avant que l'entente avec New York était signée.
Journaliste
: Maintenant,
on le sait ce qui s'est passé, on connaît le plan. Alors, avec ce qu'on sait
maintenant, est-ce qu'on devrait avoir des regrets d'avoir signé cette
entente-là?
M. Kelley : Je pense que
présentement, moi, je dire oui. Quand même, c'est des... retombées économiques
importantes. Je dis oui parce qu'on n'a pas d'énergie ici. On a l'énergie pour
la ville de New York, mais on n'a pas les énergies pour les... les entreprises
du Québec. Ça, je pense que c'est... c'est... On est vraiment coincés. Et c'est
problématique pour la suite des choses pour notre économie. Comment on va bâtir
plus des jobs, plus des emplois, attirer des... des centres de données? Avec...
Avec quelle énergie? Si j'ai un ministre qui dit : Il n'y a pas d'énergie
disponible, mais, eille! Google, viens chez nous, comment... est-ce que Google
va avoir la priorité pour le prochain bloc d'énergie versus une entreprise à
Lévis, dans Saguenay, Jacques-Cartier? Je ne sais pas, M. Lacroix. Mais encore
c'est grâce à le fait que la CAQ a mal géré notre secteur énergétique.
Journaliste : ...la communauté
anglophone, entre autres, M. Fortin aussi. Qu'est-ce que vous pensez du fait
que Jean-François Roberge va déposer un projet de loi ce matin pour renforcer
encore une fois la Charte de la langue française, particulièrement au niveau de
la formation des adultes et formation professionnelle? Êtes-vous d'accord avec
ça ou pas d'accord?
M. Kelley : On va prendre le
temps de lire le projet de loi, M. Laforest.
Journaliste : ...mais est-ce
que c'est... est-ce qu'on doit renforcer la langue française?
M. Kelley : Comme j'ai dit,
je vais... je vais me répéter, on va prendre le temps de lire le projet loi.
Journaliste : ...
M. Fortin :La langue française, là, elle est constamment sous... sous menace.
Il y a toujours des enjeux de protection de la langue française qui doivent
être au cœur de l'action gouvernementale ici... ici, à Québec, mais il faut
prendre des bonnes actions. Il faut prendre les actions qui ont un impact réel
pour améliorer la situation de la langue française. C'est pour ça qu'on vous
dit aujourd'hui : Le projet de loi de M. Roberge, on va le regarder, on va
l'analyser, mais surtout, on va arriver avec nos propres propositions très
bientôt pour ce qui est de s'assurer que la langue française, elle peut
s'épanouir, elle prend sa place et qu'elle... et que les gens qui ont besoin
d'aide, notamment en matière de francisation, ils ont toute l'aide nécessaire
pour apprendre le français.
Journaliste : ...l'OQLF,
l'Institut de la statistique, là, c'est environ 27 000 personnes
qu'on pourrait franciser, qui sont des anglophones avec... n'ayant pas des
droits acquis, là, et des allophones. Est-ce que ça, c'est une bonne chose ou
non, là?
M. Fortin :Mais c'est pour ça qu'on vous dit qu'on veut regarder le
projet de loi, là. Puis c'est... c'est ce qu'on vous a dit en début de semaine,
alors qu'on n'avait pas le projet de loi ou sous... sous les mains. C'est ce
qu'on vous dit aujourd'hui, parce qu'on n'a encore pas le projet de loi sous
les mains. Mme Fréchette, initialement, parlait de 10 000 personnes,
M. Roberge nous a parlé de 27 000 personnes. Alors, avant de se
prononcer sur un projet de loi dont on ne connaît pas l'impact réel, on va
prendre le temps de regarder la proposition du gouvernement.
Journaliste : ...professionnelle,
c'est une bonne cible?
M. Fortin :Bien, nous, on va prendre le temps de regarder ce qui est
proposé, de regarder les fondements de ce que le gouvernement propose, de
regarder les raisons pour lesquelles le gouvernement propose ça, puis on pourra
s'en reparler fort probablement demain.
Journaliste : ...première
ministre de l'Alberta. Hier, elle a fait un plaidoyer pour...
Journaliste : ...sur la
formation professionnelle. M. Roberge avait fait cette promesse-là en 2023.
Pourquoi ça arrive en fin de session, trois ans plus tard?
M. Fortin :C'est une... C'est une bonne question pour... pour M.
Roberge. On sait que pour certains enjeux au niveau de la langue, il y a eu des
discussions internes à la CAQ. Ce n'était pas toujours facile. Peut-être que
c'était le cas, mais c'est à lui à répondre à cette question.
Journaliste : ...Alber-bec?
M. Fortin :Québec peut-être?
Journaliste : ...plaidoyer,
là, pour l'industrie gazière, hier, au Québec, que le Québec aurait intérêt,
là, à essayer de voir qu'est-ce qui pourrait se faire. Mme Fréchette a déjà dit
qu'elle voulait consulter. D'abord, sur la consultation en tant que telle,
seriez-vous ouverts, là, à ce qu'il y ait des consultations? On n'en a pas
vraiment vu, là, le bout du nez en ce moment, là.
M. Kelley : Bien, sur les gaz
de schiste, la réponse, c'est... c'est non. Notre chef était très clair à la
Chambre de commerce de Montréal. C'est difficile de suivre la position de le
gouvernement. Ils ont clairement dit qu'on n'a aucune intention de réouvrir la
Loi sur les hydrocarbures, mais on va étudier la question. Alors, je ne
comprends pas. Si on n'est pas prêts à réouvrir la loi, pourquoi on veut
l'utiliser, ça. Ceci dit, quand même, sur les autres discussions autour de
qu'est-ce que Mme Smith a dit sur les projets d'un autre oléoduc, gazoduc,
c'est sûr qu'on va, bien, prendre chaque projet, on va évaluer chaque projet
quand c'est déposé. Mais on a une relation avec Alberta, là. Je vous rappelle
que c'était Mme Marois, elle a... quand il y a eu M.... Rachel Notley qui était
ici, elle est venue à Québec avec M. Charest aussi pour parler des pipelines.
C'est un gouvernement de la Parti québécois qui a accepté le renversement de
Enbridge 9B pour accepter plus de pétrole d'Alberta pour l'utiliser dans
nos raffineries aussi au Québec. Est-ce que ça, c'est meilleur que d'avoir plus
de gaz ou de pétrole qui vient des États-Unis? Ça, c'est où on... je pense
qu'on peut avoir une discussion.
Journaliste : ...ça vous
plaît ou est-ce que ça vous dérange que Mme Smith vienne faire son plaidoyer
ici, comme ça, puis suggère fortement au Québec d'aller de l'avant?
M. Kelley : Elle peut vient
ici puis exprimer ça, mais les Québécois vont décider qu'est-ce qu'on fait avec
notre propre territoire puis nos propres ressources. Alors...
Journaliste : ...projet
Marinvest, par exemple, de gazoduc, est-ce que le Parti libéral est en faveur?
Est-ce qu'il...
M. Kelley : Je veux voir le
projet, comme vraiment avoir toute la documentation, avant que je prononce pour
ou contre. Je vous rappelle avec le projet d'Énergie Est, le gouvernement de M.
Couillard a mis sept conditions avant d'aller de l'avant. C'étaient des
conditions économiques, acceptabilité sociale. Alors, on va garder la même
chose. Ce n'est pas un chèque blanc pour un pipeline ou un gazoduc. C'est sûr
que ça va prendre une discussion avec la société civile, et on va avoir nos
conditions sur un projet comme ça. Mais... Mais je n'ai pas le projet devant
moi.
Journaliste : Êtes-vous
sensibles à l'argument : Il vaut mieux utiliser du gaz de l'Alberta que du
gaz américain?
M. Fortin :Mais, en fait... en fait, moi, je revirerais la question de
bord. Moi, ce que j'ai vu hier, là, c'était... c'était une première ministre de
l'Alberta qui est venue ici pour nous dire : Aidez l'économie albertaine,
hein? Et on a... elle a fait un pitch, là, justement pour des projets comme
celui-là, qui seraient bons pour l'économie de l'Alberta. Mais, nous, qu'est-ce
qu'on a demandé? Qu'est-ce que Mme Fréchette a demandé, elle, en retour ou
qu'est-ce qu'elle a demandé point à Mme Smith? Est-ce qu'on a demandé une
ouverture de commerce interprovincial pour que certains des biens québécois
puissent être envoyés plus facilement en Alberta? Est-ce qu'on a... Est-ce que
nous, on avait des demandes précises? Je comprends que la première ministre de
l'Alberta, là, vienne ici en disant : Bien, il y a des projets sur
lesquels on peut travailler ensemble qui seraient bons pour l'économie
albertaine puis peut-être seraient bons, en certaines parties, pour l'économie
québécoise. Mais qu'est-ce que... qu'est-ce que nous, on a demandé? Moi, je
n'ai pas entendu ça de la part de Mme Fréchette à la sortie de la rencontre
d'hier avec Mme Smith.
Journaliste : Mais vous
n'êtes pas fermés, là, au retour du gaz ou du pétrole au Québec. C'est ça qu'on
comprend...
M. Fortin :Bien, sur la question du gaz de schiste, je pense que mon
collègue a été assez clair, là, ce débat-là, il a déjà eu lieu au Québec. Pour
le reste, on va regarder ça projet par projet.
Journaliste : ...peut-être
sur... excusez-moi, j'ai couru, l'aide...
M. Fortin :
Ça va. Vous pouvez prendre deux secondes, il n'y a pas de problème.
Journaliste : ...l'aide qui a
été coupée par le gouvernement pour... excusez... pour les...
M. Fortin :
Voulez-vous qu'on vous aide? Pour les enfants sourds.
Journaliste : ...pour les
services aux enfants sourds, exactement. Je voulais savoir ce que vous en
pensez, parce que c'est de l'aide qui est offerte à tous les élèves, notamment
à ceux qui vont... qui... c'était offert jusqu'à maintenant à ceux qui allaient
aussi à l'école privée, et ça sera coupé.
Des voix : ...
Journaliste
: ...couru
vite.
M. Fortin :Oui, oui. Bien, on est contents... on est contents que vous
soyez... vous soyez ici, que vous vous êtes rendue à temps. D'abord... D'abord,
l'histoire, là, de... du jeune Oscar qui est relatée dans vos pages ce matin,
c'est une histoire touchante. C'est... C'est un enfant qui... ses parents
pensaient qu'il ne pourrait jamais parler et qui aujourd'hui parle non
seulement une langue, il en parle plus qu'une, si je comprends bien, mais il
s'exprime bien, il s'exprime clairement. Et ça, c'est une histoire touchante,
puis on se doit de comprendre tout l'impact qu'un programme comme celui-là a pu
avoir dans la vie... dans la vie d'enfants québécois. Mais il y a deux
options : soit le réseau public donne les ressources nécessaires à des
enfants dans ces situations-là pour qu'ils puissent s'épanouir ou soit le
gouvernement aide, comme il le fait en ce moment, avec certaines écoles privées,
pour pouvoir pallier aux besoins de ces enfants-là. Mais la réalité, c'est
qu'on ne peut pas les laisser, on ne peut pas les laisser de côté. On a deux
choix dans notre façon de procéder, mais on ne peut pas laisser ces enfants-là
de côté. Et, si on... si on...
Journaliste
: ...
M. Fortin :
Oui. Et, si on fait juste couper l'aide, comme le gouvernement le fait en ce
moment, bien, il y a des enfants qui se retrouvent sans possibilité d'avoir
accès à des programmes qui les aident à s'exprimer, qui les aident à parler,
qui les aident à s'épanouir pour... pour toute leur vie. Alors, vraiment, là,
le gouvernement ne peut pas laisser la situation comme c'est là. Juste couper
leur aide, c'est inhumain.
Journaliste : Mais est-ce
que, donc, il faut les... il faut leur dire, bien, à ces... à ces
parents-là : Envoyez vos enfants d'abord dans le réseau public, ou on
continue ce qu'on avait commencé, c'est-à-dire qu'il y ait une aide aussi pour
les enfants qui choisissent le privé? Parce que, par exemple, dans le cas
d'Oscar, ses trois soeurs allaient déjà dans une école, alors il a un suivi la
fratrie.
M. Fortin :Mais, si le réseau public n'est pas en mesure d'aider des
enfants comme Oscar, s'il n'a pas les ressources pour les aider à s'épanouir,
il faut aider les parents à trouver ces ressources-là là où elles en... là où
elles sont disponibles. Et c'est pour ça que le gouvernement, là, il a... il a
deux choix : soit il fait l'investissement qu'il a besoin de faire dans le
réseau public pour que tous les enfants soient capables d'avoir accès à des
programmes comme ceux qu'Oscar a pu... ceux desquels Oscar a pu bénéficier ou
encore il fait... il fait comme on faisait dans les dernières années et on
permet à des gens comme Oscar, à sa famille, d'avoir accès au réseau privé.
Mais ce que le gouvernement de la CAQ est en train de faire aujourd'hui, c'est
de dire qu'il n'y en aura pas, d'option pour quelqu'un comme Oscar, puis ça, je
ne peux pas accepter ça.
Journaliste : Sur les
investissements en transport en commun, M. Fortin, pourquoi on connaît la part
réservée au tramway de Québec mais pas celui de Gatineau?
M. Fortin :Ah! ça, c'est une bonne question pour le gouvernement... le
gouvernement de la Coalition avenir Québec, là. Je comprends qu'il y a des
projets qui ont été ciblés, identifiés, mais de toute évidence, il y en a
d'autres qui ont été laissés en attente. Et le projet du tramway de Gatineau,
là, c'est le projet qui est porté par la Ville de Gatineau, c'est le projet qui
est porté par la mairesse de Gatineau. Elle était ici la semaine dernière pour
en parler encore, pour sensibiliser les gens à l'importance de ce projet-là. Et
moi, je vous rappelle une chose... Gatineau, c'est la quatrième plus grosse
ville au Québec, là. Je sais que, des fois, ça a l'air bien loin de Québec, là.
Des fois, on trouve que c'est... on en parle moins parce que c'est à l'autre
bout de la province, mais Gatineau, c'est la quatrième plus grosse ville au
Québec. Et, que ces projets soient laissés de côté régulièrement par le
gouvernement du Québec, ça envoie un bien mauvais signal aux gens de la région.
Journaliste : ...justement,
ils sont en train de faire un peu comme ils ont traité le tramway de Québec,
c'est-à-dire, ils ont pris le dossier en main, ça a traîné un peu plus, ça
coûte peut-être plus cher. Parce qu'ils ont dit que ça coûtait trop cher, là,
le tramway de Gatineau, essentiellement.
M. Fortin :Oui. Puis ils ont dit qu'ils nous reviendraient avec des
chiffres précis puis ils ont mis le dossier dans les mains de Mobilité Infra
Québec, là, de Mme Amilcar. Tout le monde a bien confiance au travail de Mme
Amilcar. D'ailleurs, là, elle était PDG de Dossier Transpo, alors les gens dans
ma région, là, ils la connaissent bien. Alors, on a hâte de voir ce qu'elle va
suggérer comme modifications potentielles au projet. Mais, en même temps, les
gens de l'ouest de Gatineau, ils ont besoin de quelque chose. Ça fait des
années que ce projet-là est dans l'air, ça fait des années que ce... ce
projet-là, il est travaillé par les gens de la région, alors ça commence à
presser pour les gens de l'ouest de la ville de Gatineau.
Journaliste : ...pensez-vous
que le gouvernement a déjà fait une croix sur l'idée d'un tramway et que le
ministre prépare le terrain à quelque chose d'autre?
M. Fortin :Si c'est le cas, qu'il le dise. Si c'est le cas, qu'il
explique les raisons de son positionnement. Là, là, moi, ce que je sais, c'est
qu'il y a des résidents dans l'ouest de Gatineau qui n'ont pas les services
nécessaires, qui, aujourd'hui, là, n'ont pas les services de transport en
commun à la hauteur de l'augmentation de la population dans ce secteur-là.
Alors, si le gouvernement de la CAQ veut mettre de côté ce projet-là, s'il ne
veut pas le faire, si ce n'est pas dans ses priorités, il se doit de le dire
très clairement aux gens de l'ouest de Gatineau.
Journaliste : Sur le
renforcement de la loi 101, qu'est-ce que vous... Quand vous dites :
Il faut regarder le projet de loi, qu'est-ce que vous craignez dans ce projet
de loi là pour... qui justifierait justement de... que vous ne l'appuyez pas?
M. Fortin :En fait, nous, on veut s'assurer que les actions qui sont
prises en matière de langue sont les bonnes actions, sont celles qui ont le
plus d'impact. Alors, c'est pour ça qu'on vous dit : On veut regarder, on
veut regarder le projet de loi avant de se prononcer sur la chose. Puis, en
même temps, on va arriver avec notre propre... notre propre plan en matière de
langue française.
Journaliste : ...vous allez
arriver avec...
M. Fortin :Très bientôt, très bientôt.
Journaliste : ...de services
scolaire ou des commissions scolaires anglophones qui ont exprimé des
inquiétudes? Oui... (panne de son) ...l'argent, notamment, parce que c'est
super payant, la formation professionnelle.
M. Fortin :Bien, il y a des... il y a des commissions scolaires qui
ont exprimé des inquiétudes, oui. Je ne parlerai pas pour eux, là, c'est...
c'est à eux de faire ces revendications-là ou ces... de soulever ces
inquiétudes. Mais je comprends qu'ils l'ont fait. Mais je ne sais pas si c'est
juste une question monétaire. Honnêtement, ça, ça appartient à votre question.
Moi, ce n'est pas ce que j'ai entendu. J'ai entendu quelque chose de plus large
que ça.
Journaliste : Ms. Prass...
Journaliste : ...on en est où
sur la carte électorale? Est-ce que Youri Chassin peut vraiment tout bloquer, à
votre avis, là? Vous êtes un expert de la chose parlementaire.
M. Fortin :Bien, autant que moi, vous l'êtes. Mais effectivement, là,
ça prend l'appui... ça prend l'appui unanime, là, si je comprends bien. Alors,
l'appui du gouvernement, en ce moment, l'appui du Parti québécois, notre appui
et l'appui de Québec solidaire, tout le monde rame dans la même direction. M.
Chassin a des préoccupations qui lui appartiennent, mais, s'il veut bloquer
cette réforme-là, notamment aux dépens des gens de la Gaspésie, c'est à lui de
l'expliquer.
Journaliste : ...les boissons
énergisantes...
Journaliste : ...
Journaliste : ...dernière.
Mais trouvez-vous légitime l'opposition du Parti conservateur?
M. Fortin :Sur le dossier des boissons énergisantes, là, la science
est claire dans ce dossier-là. Il y a des études qui ont été menées sur
l'impact que les boissons énergisantes peuvent avoir, notamment sur... sur des
jeunes. Il y a déjà eu au Québec un décès tragique en lien avec la consommation
de boissons énergisantes. Moi, je ne suis pas prêt à en attendre une autre
tragédie de cette sorte-là. Et j'espère que M. Duhaime va comprendre... va
comprendre tout l'impact qu'une mesure comme celle-là peut avoir pour
protéger... pour protéger les jeunes au Québec.
Journaliste
: Ms. Elisabeth Prass, last week at the examination of the budget…
she was in front of Minister Skeete, and she was extremely firm, she asked
whether the francophone school system was ready to receive about 20,000
students, if there are francization classes enough and are they going to... Is the
CAQ government will create a problem of labor shortage if you have a proportion
of these students getting discouraged because they cannot get their
«francisation» classes, and then you'll have a labor shortage on trade,
plumber, electricians? So, I'm so surprised that you're not reacting strongly
this morning. I have the impression that I have two Québec liberal parties in
front of me. There are a lot of issues that you can raise with this future
bill.
M. Fortin :
Well, there's certainly a lot of
questions to be asked, and that's what Mrs. Prass did last week, she asked
questions on the impact on the French... the French school board system or
centre de services system. She asked questions on exactly how many... how many
people would be affected by the bill. And those are still questions that we
have for the Government. We are still in search of those answers. So, for us to
say today : This is how we are going to position ourselves on the bill, we
don't know what the bill is. Mme Frechette said 10,000 students could be
affected. Mr. Roberge is saying 27,000 students could be affected. We don't
know what this bill actually contains. So, once we figure that out, in a few
hours, I take it, then we'll be able to analyze the impact and come back to you
with... in the next 24 hours.
Journaliste :
What does that tell you? That Minister
Roberge is tabling this bill today. There are five days left.
M. Fortin :
It tells me he wants to campaign on it.
That's it. But we'll see the bill, we'll take a look at the bill, and we'll see
if they are... what the basis for this proposition is, from the CAQ
proposition. The French language...
Journaliste :
Why do you think that he wants to
campaign on this?
M. Fortin : That analysis is in your court, not mine.
Journaliste :
Well, I mean, do they want to squeeze
you again on... the Québec Liberal Party's position on the French language?
M. Fortin :
Here's the thing, the Québec Liberal
Party understands that the French language needs to be protected, but we want
to do it in a way that is «efficace», a way that is efficient, a way... that is
the best possible way to do it, and the CAQ Government, for all their bravado
on the French language, has left aside thousands of people who were not able to
get «francisation» classes here, in Québec. That is the failure of the CAQ
Government. There are people out there willing to learn French who know that
they need French in their daily lives here, in Québec, and who were not able,
who still are not able to access «francisation». That is something that, to us,
at Liberal Party, is at the heart of any proposition that has to... on the
French language.
And so, that's why we're
saying : If there are going to be propositions by any party on the French
language, they have to be the ones that have the most impact.
Journaliste :
And just one last thing about the
Anglophone school boards. If they lose 27,000 students, it will have an impact
on what they can offer, the revenues. I mean, is it retaliation measure because
Bill 40, the English... in courts? And they're still standing, school boards
in the Anglophone system, school system, are still standing.
M. Fortin :
Again, your question is based on the
premise that 27,000 students will be affected by this bill. Mme Frechette said
10,000. So, really, we have... we have no...
Journaliste :
...can combine them. Like, we've
learned that it's not... it's not... it's a supplement, like, it's 7,000 to
10,000 per year or 27,000. So, it's not...
M. Fortin : I'll tell you what, I'll make a deal with you. Mr. Roberge will put
forward his bill today at 10 a.m. We will review his bill, we will analyze his
measures, and we'll come back to you tomorrow. I'll be here tomorrow to answer
all your questions on this. Thank you.
Journaliste
: ...
M. Fortin : Well, we want to take a look at the bill. We... This is something
that Mr. Roberge has promised for three years now. And so, for us to have a
discussion on it, we need to see what he's what he's proposing. There
obviously... the French language needs to be protected, but the measures that
you put forward have to be measures that have a significant impact and that are
made in the right places.
So, we'll take a look at
his bill. We'll see who... exactly who is affected by it, in what impact it
will have, the amplitude of how people are impacted by this bill, and we'll
come back to you in the next... as soon as we read this bill.
(Fin à 8 h 25)