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Point de presse de M. Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

Version finale

Friday, November 13, 2015, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures vingt-deux minutes)

M. Barrette : Alors, bonjour, tout le monde. Alors, merci de prendre un moment pour cette annonce-ci, qui est une annonce, à mon avis, qui est importante pour la population du Québec. Alors, comme on le sait, la loi n° 20 est passée il y a maintenant... a été adoptée il y a maintenant quelques jours, et, depuis le dépôt de la loi, ceci a suscité, dans le monde médical, un certain nombre de réactions. Vous avez vu, au printemps dernier, que le gouvernement avait conclu une entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec qui se sont engagés à livrer ce qui était prévu à la loi n° 20 d'ici le 31 décembre 2017 en échange de la non-application de la loi jusqu'à cette date. Et si, à cette date, ce qui est demandé de la loi n'est pas rencontré, la loi s'appliquera.

Nous avons eu la même approche avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec, et j'ai eu un grand nombre de conversations avec Dre Francoeur, la présidente de la FMSQ, et nous avons eu de grands échanges et des échanges que je considère tout à fait fructueux. Évidemment, la problématique en médecine spécialisée est d'un ordre différent de celle de la médecine de famille, et la FMSQ a toujours fait valoir que les médecins spécialistes seraient au rendez-vous pour livrer la marchandise, et ce n'est donc pas surprenant qu'aujourd'hui je puisse annoncer une entente avec la FMSQ, qui est du même ordre que celle que nous avons conclue avec la FMOQ, à savoir que les provisions touchant les médecins spécialistes dans la loi n° 20 seront livrées d'ici le 31 décembre 2017.

C'est-à-dire que d'abord, sur le plan de la gestion des listes d'attente, les médecins spécialistes s'engagent à gérer de façon serrée les listes d'attente en chirurgie. Les médecins spécialistes s'entendent avec nous pour mettre en place un mécanisme d'accès prioritaire aux services de soins spécialisés qui va faire en sorte que la clientèle provenant des médecins de famille bénéficiera, par entente, de plages horaires réservées pour ces patients-là spécifiquement au travers de ce mécanisme d'accès. Et enfin on va régler la problématique de difficulté d'accès aux médecins spécialistes lorsque la consultation provient des médecins de famille. Voilà un avancement extrêmement significatif pour la population.

On comprendra que, et comme je l'ai toujours dit, dans un premier temps, on a une entente et on a une loi qui vise l'accès aux médecins de famille, et j'ai toujours dit qu'il fallait régler le continuum de soins, donc l'accès aux médecins spécialistes, et cette entente-là va faire ça.

Il avait été aussi convenu, débattu qu'il fallait améliorer le fonctionnement à l'intérieur de l'hôpital, et l'entente prévoit aussi que le délai moyen de consultation entre le médecin spécialiste et l'urgentologue qui, en vaste majorité, sont des omnipraticiens à l'urgence, devra se faire en dedans de quelques heures, dans les heures ouvrables. Voilà encore une amélioration significative, un engagement significatif de la part des médecins spécialistes. Ça signifie, le jour, moins d'attente pour les patients à l'urgence.

Également, et ça, c'était un point d'achoppement significatif, et je le comprends très bien, voilà un effort substantiel que fait la FMSQ, il est convenu que, oui, il sera possible pour les médecins spécialistes de recevoir une consigne d'hospitaliser, de devenir médecin traitant — c'est un peu technique, mais c'est quelque chose qui a un impact substantiel dans les hôpitaux — lorsque le besoin sera démontré. Ce que ça signifie, c'est qu'à ce moment-là les médecins de famille... on déterminera le nombre d'heures-médecins nécessaire pour que les hôpitaux fonctionnent, et il est possible que, dans certains cas, certains médecins spécialistes soient appelés à prendre en charge de façon formelle, comme médecins traitants, certains patients.

Maintenant, il y a un élément qui est encore plus important dans cette entente, et c'est un engagement électoral de la part de notre gouvernement, un des points d'achoppement qui a soulevé certaines critiques, je dirais, et certaines critiques certainement énergiques de la part de la FMSQ, était la possibilité d'utiliser l'article 39 de la loi n° 20 qui est maintenant en application. L'article 39 donne le pouvoir au ministre d'intervenir unilatéralement, s'il le faut, dans la masse monétaire de la FMSQ et de la FMOQ pour orienter certaines sommes d'argent vers certaines activités si le ministre le juge nécessaire pour le bien de la population.

Ce que ça veut dire, et je fais un petit rappel, là, pour que les gens comprennent, quand on négocie avec les fédérations, on négocie des enveloppes globales, c'est ça qui est négocié, une somme d'argent, et la Fédération des médecins spécialistes, et c'est la même chose à la Fédération des médecins omnipraticiens, distribue cette somme-là en fonction des différents critères, et, à la FMSQ, évidemment, c'est en fonction de différentes spécialités. Il y en a beaucoup, et là ça devient une difficulté interne qui est très importante parce que les associations, les spécialités sont des groupes distincts avec des intérêts parfois distincts. C'est normal, c'est la vie interne de la FMSQ et c'est une grande difficulté pour Dre Francoeur.

Avec l'article 39, on vient dire ceci : la masse, on ne la bouge pas, mais on dirige unilatéralement, presque, des sommes d'argent vers certaines activités. J'annonce aujourd'hui que je vais utiliser l'article 39 dans une seule circonstance, qui est celle de payer l'échographie en cabinet. En français, là, pour que ce soit clair, à partir de 2016, l'échographie en cabinet sera payée par la RAMQ, et il sera, à ce moment-là, illégal d'exiger quelque frais que ce soit pour l'échographie en cabinet pratiquée par des radiologues. J'insiste, l'échographie en cabinet demeure non assurée pour les non-radiologues, mais elle est assurée pour les radiologues, les radiologues étant les spécialistes de cet examen, toute l'échographie, ce qui, par définition, vient encore une fois augmenter l'accès aux patients, le réseau des cabinets étant un réseau qui peut amener un volume d'examens supplémentaires significatif. C'est une bonne nouvelle, là aussi, pour la population puisque l'examen maintenant sera couvert par la RAMQ.

Est-ce que ça coûte de l'argent à l'État? La réponse est non, parce que j'utilise l'article 39 pour remanier la masse, qui ne change pas, ce qui signifie que ce sont les médecins entre eux qui, d'une façon que certains pourraient qualifier d'involontaire, vont accepter, c'est l'entente de payer l'échographie à l'intérieur de leur masse. On peut poser cette situation-là différemment. C'est un peu comme si je forçais les prochaines dépenses, qui auraient dû être distribuées à l'intérieur des membres selon les mécaniques internes de la FMSQ... bien, c'est comme si les nouvelles sommes étaient dirigées à l'échographie.

Alors, quand on prend ça tout ensemble, la FMOQ et la FMSQ, c'est donc une loi qui aura provoqué un changement, qui aura évidemment suscité des débats et des critiques, qui aura même fait en sorte que les deux fédérations médicales se seront engagées... et je le salue aujourd'hui, là. Les deux fédérations médicales ont quand même répondu à l'appel et se sont engagées à changer leurs façons de faire pour le bénéfice des citoyens et elles sont allées aussi loin que de me laisser appliquer l'article 39, donc de gérer une partie de leur masse. Aujourd'hui, l'ensemble de ceci fait en sorte que dans les prochaines années, donc d'ici le 31 décembre 2017, progressivement parce que tout ça ne se fait pas en une journée — sauf pour l'échographie; ça, ça se fait rapidement — la population du Québec verra non seulement son accès augmenter de façon significative à la première ligne, mais la coordination, la fluidité entre la première, la deuxième et la troisième ligne et à l'intérieur de l'hôpital sera grandement améliorée, et on va le voir, et, en plus, l'échographie sera payée en cabinet.

Aujourd'hui, c'est une excellente journée pour la population du Québec. Et ce n'est pas terminé, nous avons d'autres annonces à faire dans les prochaines semaines. Je vous ai toujours dit et je le redis aujourd'hui, pour faire les réformes nécessaires que l'on doit faire en santé, que tout le monde connaît, il fallait faire la loi n° 10, la loi n° 20. On arrive maintenant au financement à l'activité pour bientôt, avant la fin du mandat, ne s'adresser qu'à la qualité.

Mme Richer (Jocelyne) : Le patient qui attend de voir son médecin spécialiste, en quoi ce que vous annoncez aujourd'hui, ça va réduire le délai d'attente pour un rendez-vous?

M. Barrette : Alors, ce que la loi prévoyait et ce que la FMSQ accepte de faire, c'est de faire en sorte que les médecins spécialistes, selon la spécialité, selon la région, parce que les besoins ne sont pas les mêmes dans chacune des spécialités, que les médecins spécialistes préservent des plages dédiées spécifiquement aux patients qui viennent de la médecine de famille.

On comprend qu'en médecine de famille et dans la vie courante, là, ce n'est pas tout le monde qui a besoin d'avoir une consultation chez un généticien, là. Ce n'est pas nécessaire d'avoir des plages réservées en génétique ou en neurochirurgie. Mais en pneumologie, en gastroentérologie, en cardiologie, en neurologie, ça, ce sont des choses courantes. Les gens qui font des accidents vasculaires cérébraux, des ischémies cérébrales transitoires, bien, quand on a ça, là, il faut avoir rapidement l'accès au médecin spécialiste, et ce n'est pas toujours nécessaire d'aller à l'urgence. Là, actuellement, on a le problème qui est celui qu'il n'y a pas d'autre accès que l'urgence.

Alors là, maintenant, avec ça, par entente et par loi éventuellement si on ne livre pas, bien, le médecin spécialiste... la fédération accepte de faire en sorte que ses membres réservent des plages dans la quantité qu'on déterminera dans une région, dépendamment... Quand je dis que par région, ça change, parce que, dans une région plus jeune, des neurologues, ils ont besoin de moins de plages réservées; dans des régions où les gens sont plus âgés, on en a besoin de plus.

Alors, il y aura des plages réservées aux citoyens qui viennent d'une clientèle de... et de médecins de famille. Alors, la fameuse fluidité, là, l'accès aux médecins spécialistes, qui était hyper difficile, avec ça, on va grandement l'améliorer et potentiellement le régler de façon définitive. Ça, c'est nouveau.

Mme Richer (Jocelyne) : Avez-vous fait des estimations pour savoir, par exemple, si un neurologue... par exemple, si aujourd'hui, ça prend deux ans pour avoir un neurologue, avec l'application de la loi, ça va prendre un an, six mois ou...

M. Barrette : Alors, il y aura... et le mécanisme d'accès va servir à ça. Le mécanisme d'accès prioritaire aux services spécialisés va faire en sorte que le patient qui vient d'un médecin de famille va être classé très urgent et urgent, semi-urgent et ainsi de suite, et, à l'intérieur de jours ou de semaines, il y aura un accès privilégié pour ces gens-là.

M. Laforest (Alain) : Vous avez gagné votre pari, Dr Barrette.

M. Barrette : Ce n'est pas une question de gagner un pari. Ce n'est pas ça. La question ici est qu'on est élus, là, et c'était le mandat qu'on m'a donné. Depuis le jour 1 que je dis que je suis là dans l'intérêt des 8 millions de citoyens du Québec et non des 8 000 médecins du Québec, là.

Alors, mon action visait à améliorer le fonctionnement de notre réseau de santé qui n'est pas suffisamment fonctionnel, et toutes les actions que je pose sont en fonction des besoins de la population. Vous pouvez le présenter comme ça, j'ai gagné mon pari. J'ose plutôt dire que j'ai forcé les gens à changer d'approche, et, au mérite des gens qui sont en face de moi, parce que c'est quand même à leur mérite, ils ont accepté d'aller dans cette direction-là.

Maintenant, ils ont sur leurs épaules le fardeau de livrer ça, et, s'ils ne le font pas, la loi est là pour être appliquée au 1er janvier 2018. Et je vais le redire, ceux et celles qui pensent que, parce que 2018 est une année électorale, que je n'oserai pas appliquer la loi, vous rêvez en Technicolor et Panavision.

Alors, ça, cet exercice-là, ce n'est pas un exercice ponctuel, c'est un exercice de transformation à long terme et je dirais même à très long terme. On change les choses, et tout le monde va sortir gagnant là-dedans, la population en premier, les médecins aussi, je pense, et je pense que moi, comme politicien, j'aurai fait mon travail.

M. Robitaille (Antoine) : Le 11 mars 2014, votre promesse, c'était de rendre gratuits, sur la carte d'assurance maladie, tous les services d'imagerie médicale donnés à l'extérieur des hôpitaux. Est-ce que vous considérez que ce que vous annoncez aujourd'hui est vraiment conforme à ce que vous aviez annoncé le 11 mars 2014?

M. Barrette : Ce que j'annonce aujourd'hui… Et je maintiens cette annonce-là. Je maintiens cette promesse-là. Je n'ai jamais annoncé que tout allait se faire en même temps, et j'ai même dit à plusieurs reprises, et je le répète aujourd'hui, que nous allons le faire progressivement, et ça sera fait dans le mandat. C'est ce que j'ai toujours dit.

M. Robitaille (Antoine) : Qu'est-ce qu'il reste alors?

M. Barrette : Il reste la tomodensitométrie et il reste l'imagerie par résonnance magnétique. La tomodensitométrie, c'est marginal en quantité et en coût au Québec. La résonnance magnétique, ce n'est pas marginal et c'est très dispendieux. Et, à cause des contraintes budgétaires dans lesquelles nous sommes, je ne peux le faire que progressivement.

Le plus gros morceau, le plus important en termes d'accès, c'est l'échographie. L'échographie, c'est le stéthoscope des temps modernes. L'échographie, pour le médecin de famille, c'est ça. Le médecin de famille, là, aujourd'hui, c'est son outil, on va dire, de haute technologie, le plus fréquemment utilisé. Alors, il était impératif de le faire maintenant. Maintenant, pour ce qui est des deux autres, je maintiens la promesse, ça va être fait dans ce mandat.

M. Robitaille (Antoine) : Ça va se faire dans la fameuse enveloppe ou est-ce que c'est encore possible de coincer ça dans cette enveloppe-là?

M. Barrette : Bien, c'est-à-dire que… et ça, j'ai déjà eu cette discussion-là avec Dre Francoeur, il y a des sommes qui viennent en avant. On a négocié un étalement. Un autre succès. On en a fait beaucoup en 18 mois, là. Comparez nos 18 mois avec les 18 mois du PQ, là, et puis ce n'est même pas des… On n'est pas dans la même galaxie.

On en a fait beaucoup et on a fait un étalement, ce qui était quelque chose de difficile pour les deux fédérations, et ce n'était pas facile à négocier, mais on s'est entendus. Donc, il y a des sommes qui arrivent en avant, et la FMSQ, Dre Francoeur, sait très bien que, dans les sommes qui s'en viennent, il va falloir qu'il y en ait qui soient dirigées encore une fois vers la couverture de la tomodensitométrie et de l'imagerie par résonnance magnétique. C'est ça qui va se passer, et ça, pour les fédérations, c'est difficile à digérer, parce que, si vous leur posez la question, ils vont dire que je fais de l'ingérence. Mais je fais de l'ingérence, moi, dirigée vers la population.

M. Gagnon (Marc-André) : L'échographie, donc, vous dites que vous répondez au plus gros de votre engagement.

M. Barrette : Pardon?

M. Gagnon (Marc-André) : Avec l'échographie, vous répondez au plus gros morceau de votre engagement électoral.

M. Barrette : Je vous dis clairement qu'on va répondre à la totalité de notre engagement et j'ai toujours dit, depuis la première seconde, depuis mon assermentation, que ça allait se faire progressivement pour des raisons budgétaires. Et aujourd'hui, devant vous, à la caméra, je maintiens l'engagement. Ça va se faire. Ça va se faire avec les sommes qui s'en viennent.

Mme Biron (Martine) : Bon, M. Barrette, là, j'aimerais ça avoir plus d'explication technique sur cette espèce d'enveloppe là, là. Il y a combien d'argent dans cette enveloppe-là? Puis combien d'argent… C'est quoi, le sacrifice, là, de la fédération là-dessus en termes financiers?

M. Barrette : Ah! bien, le sacrifice de la fédération vient de ceci : quand on est à la présidence d'une fédération, une chose que je connais un peu... J'ai souvent fait la comparaison entre ce qu'est le Canada et ce qu'est une fédération. Une fédération, c'est comme le Canada, il y a des provinces. Les provinces, dans la fédération, ce sont des associations, les spécialités, et là il y a un exercice de péréquation. De la péréquation, ça veut dire que chacune des provinces dit, comme dans le Canada, là : Moi, je suis plus pauvre que mon voisin, donnez-moi plus d'argent qu'à mon voisin. Les associations fonctionnent un peu comme ça : Moi, je vaux plus que l'autre. Et la présidente ou le président a la difficulté de faire des arbitrages, et les arbitrages se font avec une somme d'argent finie, fermée.

Moi, je viens mettre un peu un grain de sable là-dedans. C'est ça qui était la difficulté de la négociation, je viens dire : Les arbitrages, Dre Francoeur, que vous vouliez faire, que je comprends et qui sont très difficiles, je viens vous imposer une figure, un peu comme en patinage artistique, je viens dire, là : Oubliez une partie de vos arbitrages; moi, je veux que l'échographie soit payée à l'intérieur de la masse. Alors, vous comprendrez, là...

M. Robitaille (Antoine) : C'est quelle province qui va casquer, là?

M. Barrette : La province qui va casquer le plus... en fait, toutes les provinces vont casquer, mais là, c'est, sous cet angle-là... ce n'est pas une question de casquer, mais celle qui va être la plus touchée est évidemment la radiologie. La radiologie ne fait pas de gain là-dedans, là. La radiologie se voit perturbée.

Mme Biron (Martine) : Mais il y a un montant d'argent là-dedans. C'est quoi le pourcentage qui s'en va à l'échographie, que finalement les autres spécialités perdent?

M. Barrette : Alors, le montant actuellement... Oui, ça va? Excusez-moi, là, j'allais vous interrompre.

Mme Biron (Martine) : Non, c'est bon, je voulais juste finir ma question.

M. Barrette : Excusez-moi. Alors, le montant qui est estimé est de 30 millions de dollars. Alors, ce n'est...

Mme Biron (Martine) : Sur combien?

M. Barrette : Sur 4,3 milliards, là, où on est rendus à peu près, là. Alors, ceci dit, s'il advenait que le 30 millions ne soit pas suffisant, il est convenu qu'on regardera ailleurs dans la même masse. Il n'y a pas...

Journaliste : Mais ça, c'est juste pour...

M. Barrette : C'est juste pour l'échographie. Il n'y aura pas, et j'insiste là-dessus... ce 30 millions là est un remaniement interne de la masse. Il n'y a pas d'argent supplémentaire. Je le répète, il n'y a pas d'argent supplémentaire donné par le gouvernement pour payer l'échographie.

M. Robitaille (Antoine) : Donc, on ne découvrira pas des petites primes ici et là, là.

M. Barrette : Non. Il n'y a pas de prime, il n'y a pas de frais accessoires, il n'y rien de ça.

Mme Dufresne (Julie) : Mais on peut faire combien de temps avec 30 millions? Combien d'échographies on peut couvrir?

M. Barrette : Des milliers, parce qu'évidemment... et là on va voir à l'expérience. Alors, c'est des milliers, là. C'est vraiment...

Journaliste : Il s'en fait combien par année, là, la...

Mme Dufresne (Julie) : ...parlent des radiologistes...

Journaliste : Les communications peuvent te donner les stats....

M. Barrette : On vous donnera les...

Mme Dufresne (Julie) : Mais ce que je veux dire, c'est : Est-ce qu'on doit s'attendre à ce que, dans deux, trois, quatre ans, l'enveloppe soit vide et qu'on doive renégocier une entente?

M. Barrette : La réponse, c'est non. Et ça, ça a été convenu d'une façon formelle, il n'y aura pas d'argent supplémentaire. Alors, c'est... D'aucuns pourraient dire que ce sont les médecins qui autofinancent la chose.

Journaliste : Est-ce qu'on peut dire...

M. Barrette : Mais, en réalité, pour que ce soit bien clair — je m'excuse de vous interrompre — pour que ce soit bien clair, ce que j'impose, c'est un autofinancement à l'intérieur de la masse de l'échographie, et eux, à cause de leur péréquation interne, ils devront se compenser avec la prochaine somme d'argent qui va arriver. C'est ça, l'impact, là. L'impact, c'est qu'eux autres peuvent corriger les inconforts internes qui vont arriver là, mais l'étalement prévoit des nouvelles sommes, et là ça vient imposer, encore une fois une figure après. Alors, c'est un... disons, c'est un stress significatif qui est imposé à cette fédération-là, et ça a été conclu.

La Modératrice : ...dernière question, on va passer à l'anglais après.

Des voix : ...

M. Barrette : Non, non, parce que... Johanne, on va juste prendre tout de suite les questions, là, pour que ce soit bien clair.

Mme Biron (Martine) : Est-ce que je comprends que ce 4,3 milliards de dollars...

M. Barrette : Approximatif, là.

Mme Biron (Martine) : ...vous prenez le contrôle de 30 millions, donc point zéro, zéro, zéro x pour cent, là? Ce n'est pas une si grosse portion.

M. Barrette : Mais ce n'est pas point zéro, zéro, zéro, là.

Mme Biron (Martine) : Je ne sais pas le pourcentage, là, mais... C'est quoi?

M. Barrette : C'est parce que 1 %, là, c'est...

Mme Biron (Martine) : C'est 1 %?

M. Barrette : Non, non, mais c'est parce que 1 %, c'est 45 millions, là, alors c'est un peu moins de 1 %.

M. Laforest (Alain) : Du budget total de la santé?

M. Barrette : Non, de la fédération. De la fédération.

Mme Biron (Martine) : O.K. Vous prenez le contrôle de 1 % du budget...

M. Barrette : Un peu moins. Un peu moins de 1 %.

Mme Biron (Martine) : Un peu moins de 1 % du budget de...

M. Barrette : Oui. Alors, l'article 39 est un article tarifiant pour les deux fédérations, parce que l'article 39, sur papier, me donnerait le contrôle absolu des deux masses, celle de la FMOQ et celle de la FMSQ. Et je l'ai dit en commission parlementaire, ce n'est pas le genre de choses qu'on peut mettre dans les mains de n'importe qui, là, parce que d'abord, juridiquement, si on va trop loin avec ça, c'est attaquable, là, parce que, là, on vient, en quelque part, de... parce que normalement on est dans un régime où on négocie ces choses-là.

Mme Biron (Martine) : Mais vous pourriez sévir à nouveau.

M. Barrette : Non, pas avant 2018.

Mme Biron (Martine) : Pas avant 2018, d'accord.

M. Barrette : Alors, moi, je préfère... Et moi, je dis ceci, et c'est ce que je vise, et je suis convaincu que les deux fédérations visent la même chose, elles visent à effectivement livrer ce qu'on demande dans la loi n° 20 d'ici le 31 décembre 2017 pour rectifier le tir qui a besoin d'être rectifié. Il n'y a plus personne dans le milieu médical qui conteste ce que j'ai dit. Vous n'en trouverez pas, là. Il n'y a plus personne qui conteste, là. Au contraire, tout le monde s'entend pour aller dans cette direction-là. Et cet article 39 là, comme certains autres éléments... L'article 39, en passant, il a une date de péremption. Maximum, 2020, cet article-là doit disparaître. C'est un article, là... c'est un peu... On pourrait dire que c'est une loi spéciale temporaire parce que ça ne peut pas... on ne peut pas avoir un régime où le gouvernement a le pouvoir total de décider tout le temps tout. Ça n'a pas de sens.

La situation étant ce qu'elle est, j'ai jugé et je juge encore qu'il était nécessaire d'avoir ce levier-là pour apporter rapidement des correctifs. Je sais par expérience, et vous le savez, vous autres aussi, ça prend des fois des années à faire un changement de l'ordre de l'échographie. L'échographie, c'est sur la table depuis le temps où j'étais moi-même président. Ça fait longtemps, là, puis ce n'est pas réglé. Là, ça va se régler là, et, en 2016, l'échographie va être gratuite… bien, gratuite, couverte par la RAMQ.

Mme Dufresne (Julie) : Je veux juste comprendre une chose, Dr Barrette, si vous me permettez. Les plages qui étaient réservées aux patients des médecins de famille, est-ce que ça n'existait pas déjà?

M. Barrette : Ça existait dans certaines circonstances, dans de très rares cas, très rares, mais vraiment rares. Là, actuellement, ce sera systématique. Alors, nous allons faire une cartographie du Québec, et on va avoir des plages réservées en fonction des besoins de la population locale.

Comme je vous ai dit tantôt, les besoins de consultations réservées aux médecins de famille en neurologie, ce n'est pas les mêmes dans un quartier où la population est plus âgée que dans un quartier où la population est plus jeune. Il n'y a pas beaucoup de jeunes de 15 ans qui vont voir le neurologue. Il y a beaucoup de gens âgés qui vont voir le neurologue, par exemple. Alors, prenez toutes les spécialités, là, puis vous pouvez décliner ça comme ça facilement. Prenez un quartier plus défavorisé, où il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de fumeurs. Alors, c'est bien évident que, dans ce quartier-là, on aura besoin de plages de pneumologie dédiées plus nombreuses que dans un quartier jeune, où les gens se préoccupent plus de leur santé, où il n'y a pas de tabagisme, par exemple.

Alors, ça, ça ne peut pas être systématique. Quand mon adversaire, la critique du PQ, Mme Lamarre, dit : On ne demande rien aux médecins spécialistes, ce n'est pas clair, c'est parce que ça ne peut pas être normé de façon mur à mur. C'est insensé de penser comme ça, pour les deux exemples que je viens de vous donner, et je pourrais multiplier ça par 40. Il y a plus que 40 spécialités actuellement, au Québec, là, et chaque spécialité est un cas de figure particulier. Mais dans chaque spécialité…

Mme Dufresne (Julie) : …nombre, donc, tel médecin va devoir…

M. Barrette : Oui, des nombres de plages.

Mme Dufresne (Julie) : Des nombres de...

M. Barrette : De plages de rendez-vous. Voilà.

Mme Montgomery (Angelica) : Mr. Barrette, for a regular patient who is a regular person that doesn't pay attention to the minutiae, can you explain what this deal would give to a typical Quebecker?

M. Barrette : To a typical Quebecker, what this bill… this agreement means is that they will have better, if not proper, access to specialized medicine, to the specialists. We all know that when a patient, a Quebecker goes see a family physician, and that physician asks for a consultation to a specialist, it is extremely difficult, as we speak today, to have access. Sometimes it takes months and, since sometime, years. What it means is that, when this is necessary to see quickly a specialist, we will have a mechanism that will guarantee to that patient coming from that physician an appointment to a given specialist across the province. That's what that means, first of all.

Second, at the emergency room, there will be less waiting time, but that's… That's one thing, but, you know, that the ER issue will be addressed by access outside the hospital. If you are to be in an ER, specialists will have to provide their services within three hours roughly, during business hours, to a general practitioner who is at the ER.

But most of all, as we speak today, in 2016, next year, early, as early as possible, ultrasound examination in Québec will be covered by RAMQ if they are provided by radiologists who are the specialists providing them in hospitals for the vast majority examinations.

Mme Montgomery (Angelica) : What does this means for you? How important was it for you to strike this deal?

M. Barrette : The importance for me is to have Bill 20. Bill 20 is enacted and Bill 20 had been the lever by which today I can make this announcement. The previous announcement that I've made with family physicians was extremely significant. This is the counterpart for specialists.

So, to me, it was extremely important to make so, to make sure that patients have access to the complete continuum of care in this province. It was not sufficient to address the family physicians side of the equation. We had to address the other side, and that's what we're doing today.

So again, by January or the latest February 2016, ultrasound examinations provided by radiologists outside the hospital will be covered by RAMQ, and the access to specialists for those who need, really need that, will also be significantly improved.

Mme Johnson (Maya) : There seems to be a bitter sweet compromise, though, for the FMSQ. I mean, they've come to this agreement with you, but they said, in their press release still, that they consider Bill 20 to be unacceptable and something that wasn't necessary.

M. Barrette : Look, if I were on the other side, I wouldn't be necessarily happy to have that. But, at the same time, when I was on the other side, I've always said that once the remuneration issue was settled, we had to address the services organization issue, and that's what Bill 20 is doing.

Bill 20 exists only because there is a problem, and, in my mind, that problem can be solved and it should have been solved previously. Now since things are not going in the right direction in my view, I don't think it is reasonable for our society and for a government to still wait five, six, seven, 10 years again to make corrections, arrangements and so on. So, to me, that's very important. I understand that, for them, it is bittersweet, I understand that. But at the same time, I must salute their position, the agreement they came with. It is tough for them, but at the same time it's the good move, the right move to make today. So this has to be acknowledged, and I do that today in front of you.

Mme Johnson (Maya) : One last thing, just for clarification. Can you explain the reshuffling of funds that makes this possible?

M. Barrette : Yes. OK. Ultrasound will cost approximately, with our estimates that FMSQ agrees with, about $30 million and that $30 million will come from their own money. There will be not one single penny added to what has been negotiated previously. It's reshuffling, as you say, of the money that was negotiated and agreed with them. So there will be no additional cost to society. OK. That's it? Thank you.

(Fin à 9 h 53)

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