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Point de presse de M. Sylvain Roy, porte-parole de l'opposition officielle en matière de forêts, de faune et de parcs

Version finale

Thursday, April 6, 2017, 11 h 05

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures six minutes)

M. Roy : Bonjour à tous. Nous sommes... Je suis ici, bon, aujourd'hui, en réaction à la sortie du ministre Blanchette sur les demandes au fédéral. Donc, j'aimerais revenir un peu sur les menaces qui planent en ce qui a trait à la crise du bois d'oeuvre.

Fort à parier que nous allons avoir une pénalité de droits compensatoires à la fin du mois. On ne connaît pas l'ampleur. Certains parlent de 20 %, 30 %, 40 % sur un marché d'à peu près 1,3 milliard. Donc, le montant que ça va impliquer, on ne le connaît pas parce qu'on ne connaît pas le paramètre de la hauteur de la pénalité qui sera appliquée.

On parle aussi de rétroactivité potentielle de trois mois, et ça, c'est si les exportations ont dépassé de 15 % dans l'année de libre-échange les exportations que nous avions l'année auparavant, et fort à parier que, dans l'année de libre-échange, l'industrie du sciage a augmenté ses exportations parce qu'on avait une fenêtre de marché extraordinaire, et fort à parier que le 15 % a été dépassé et qu'il va y avoir une pénalité rétroactive de trois mois.

Un des grands dangers qui guettent l'industrie aussi, ce sont les quotas à l'exportation. Certains parlent d'une diminution potentielle de 10 %, et ce que ça veut dire, c'est qu'on va perdre des parts de marché aux États-Unis et que l'Ouest, qui est capable de produire à moindres coûts, pourrait venir cannibaliser le marché québécois, et donc fermetures d'usines au Québec associées à du dumping de l'Ouest vers le Québec. Et là, bien, c'est là qu'on se demande ce que le fédéral fait dans tout ça.

Aujourd'hui, le ministre Blanchette a demandé au fédéral des garanties de prêt puis qu'il fournisse... qu'il donne un signal positif à l'industrie forestière pour l'accompagner lors de la crise, et, à ce qu'on peut voir, c'est que le caucus fédéral libéral ne fait pas sa job. Il ne défend pas les intérêts du Québec, et on se demande bien si, en quelque part, ce n'est pas les intérêts de l'Ouest qui sont défendus actuellement au gouvernement fédéral. Bon, on sait que l'Ouest n'était pas tout à fait favorable à donner des garanties de prêt, ce qui donne un signal très clair que les plus faibles devront disparaître et que l'industrie pourrait se restructurer. Dans un contexte d'exportation au Québec, il y a une forme de dumping.

Donc, où est le gouvernement fédéral? Pourquoi n'a-t-il pas annoncé de garanties de prêt? Nous sommes allés à Ottawa, moi et Guy Leclair, pour demander des sous puis, bon, une fin de non-recevoir. On l'a vu, il n'y avait rien dans le budget fédéral et rien dans le budget provincial non plus. Nous avons interpellé le premier ministre le 8 décembre à la période de questions, et on lui a demandé : Si le fédéral n'est pas là, est-ce que le provincial va embarquer? Il nous a dit oui. Il a dit : On sera là à la hauteur requise.

Nous, ce qu'on veut, c'est pas de pertes d'emploi en forêt. La dernière crise nous a coûté 30 000 emplois. On a eu des villages qui ont fermé. Il y a des gens qui se sont ramassés à la rue et il n'est pas question que l'on revive le même scénario.

En 2006, le gouvernement avait avancé environ 425 millions de dollars, donc on demande au gouvernement d'être présent, de soutenir la population, les régions du Québec et de livrer la marchandise, tout simplement et d'avoir de la considération pour les gens qui vivent dans les régions, parce que ça ne semble pas faire partie de la philosophie politique du gouvernement qui est en place. Merci beaucoup.

M. Vigneault (Nicolas) : Est-ce que le gouvernement... Vous parlez d'avancer certaines sommes. Est-ce que vous avez établi un montant? Ce matin, le ministre disait que ça peut représenter quand même plusieurs centaines de millions de dollars pour le Québec, là, l'aide qui est demandée au fédéral.

M. Roy : Bon, j'ai avancé un chiffre, à un autre moment donné, où c'est un exemple. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que le paramètre de l'ampleur de la pénalité va définir l'aide. Et le ministre a parlé de 25 % des entreprises qui avaient des projets de modernisation. Parce que là la clé est un peu là aussi parce que tout produit transformé ne sera pas sous le régime de droits compensatoires. Si on fait des poutres laminées, etc., s'il y a une transformation de l'industrie forestière qui se modernise puis qui fait des produits dérivés, on échappe. Mais on ne peut pas transformer toute l'industrie demain matin de bois de sciage en industrie qui va faire des poutres laminées ou des maisons préfabriquées. C'est impossible.

M. Vigneault (Nicolas) : Mais c'est quoi, la solution, à partir de maintenant? Qu'est-ce qu'on fait?

M. Roy : La solution, c'est que le gouvernement donne un signal clair qu'il va accomagner l'ensemble des travailleurs forestiers, puis qu'il n'y aura pas de pertes d'emploi, et qu'on va protéger, je dirais, les travailleurs.

M. Vigneault (Nicolas) : Vous dites : Le gouvernement du Québec se fie trop au fédéral? C'est-u ça, le problème?

M. Roy : Bien, le fédéral est où, là? Fin de non-recevoir. Actuellement, on le voit, le fédéral ne semble pas avoir d'intérêt à protéger l'industrie forestière du Québec. C'est le signal que nous avons. Rien dans le budget. Le caucus libéral fédéral, on n'en entend pas parler. Ils ne font pas leur travail pour défendre les travailleurs du Québec. Ils sont où? On n'en entend pas parler. Et le pouvoir de négociation du provincial, là, du gouvernement du Québec avec le fédéral, là, on voit bien que ce n'est pas grand-chose, hein?

Ça fait qu'on a un enjeu, là, qui est extraordinaire, là, et on voit très bien que le fédéral n'a pas d'intérêt à protéger l'industrie forestière du Québec, et on se demande bien s'ils ne sont pas en train de protéger l'industrie de l'Ouest.

Journaliste : Mais, ce matin, le ministre Blanchette disait qu'il y a eu plus de 200 communications entre le gouvernement québécois et le gouvernement fédéral là-dessus. Qu'est-ce qu'ils peuvent faire de plus? Vous dites qu'il faut que le gouvernement du Québec protège l'industrie...

M. Roy : Sortir dans les médias et dénoncer ouvertement l'inaction du gouvernement fédéral.

Journaliste : Ce n'est pas ce qui a été fait ce matin?

M. Roy : Écoutez, ce n'est pas une grosse... c'était sur le bout des lèvres. Moi, je n'ai pas senti une dénonciation puis je n'ai pas senti que le ton a haussé, là, et qu'ils interpellent le caucus libéral fédéral. Ils sont où, ces gens-là? Qu'est-ce qu'ils font? Et je vous le dis, là, la prochaine crise peut être extrêmement grave pour les régions du Québec. Il y a 200 villages qui vivent pratiquement de l'industrie forestière, et même moi, chez nous, là, on vit de ça, là. Ça fait que ce n'est pas juste...

Et là, bien, s'il y a de l'aide, là, il ne faut pas juste que les industriels soient compensés, il faut protéger l'ensemble des fournisseurs. Les flottes de camions, les entreprises de coupe forestière, tous ceux qui fournissent de la maintenance, etc., doivent être protégés aussi, parce que, s'il y a des entreprises qui se mettent en faillite ou sur, bon, des démarches juridiques pour éviter de régler leurs comptes, bien, écoutez, il y a des gens qui vont périr. Ça fait que ce n'est pas juste... c'est toute la filière industrielle qu'il faut protéger.

M. Vigneault (Nicolas) : Est-ce que le gouvernement du Québec doit suppléer à l'absence du fédéral? Est- ce que c'est un peu ce que vous demandez?

M. Roy : Le premier ministre s'est engagé. Nous avions anticipé ça. On voyait les démarches, là. On voyait bien qu'est-ce qui se passait, là, on l'avait anticipé, et c'est pour ça qu'on a posé la question en Chambre au premier ministre : Est-ce que vous allez accompagner l'industrie si le fédéral n'est pas là? Et il a dit oui.

Et là aujourd'hui, on voit des demandes au fédéral, mais il est peut-être un peu tard aussi, là. Ça fait longtemps qu'on sait qu'on va arriver... ça fait longtemps qu'on le savait qu'on arriverait là, là. C'était prévu, c'était écrit dans le ciel, mais ils n'ont pas fait grand-chose.

M. Vigneault (Nicolas) : Il aurait dû y avoir quelque chose dans le dernier budget?

M. Roy : Absolument, absolument. Et là quand le premier ministre dit : Bon, O.K., il ne faut pas identifier un montant parce que les Américains pourraient venir nous cibler en fonction du montant. Voyons donc! Ils l'ont fait en 2006, là, puis c'est des garanties de prêt, là. On ne demande pas de donner des subventions aux entreprises, là, ce sont des garanties de prêt. On va voir une banque puis on garantit le prêt qu'on va faire à l'industriel parce qu'il va y avoir une crise de liquidité. Ces gens-là, là, quand la pénalité rétroactive va arriver, ça peut représenter des sommes extrêmement importantes pour des petites entreprises qui n'auront pas les moyens de payer ça.

M. Vigneault (Nicolas) : Si le Québec... Si le fédéral n'est pas là, est-ce que, vous, vous prônez que le gouvernement du Québec vienne en aide à l'industrie, là?

M. Roy : Absolument.

M. Vigneault (Nicolas) : Mais à la hauteur du fédéral, c'est pas mal d'argent, 500 millions.

M. Roy : Écoutez, le fédéral s'occupe du Canada au complet, là. Nous, ce qu'on veut, là, c'est de sauver l'industrie forestière au Québec puis les 60 000 emplois. C'est important, c'est des centaines de villages qui en vivent, là. C'est un secteur économique aussi important que celui de l'aéronautique. Ça fait que, si on est capables d'aller allonger à Bombardier, bien, pourquoi qu'on ne favoriserait pas les régions du Québec? Je pense que tout le monde a le droit de vivre et puis... Voilà.

Écoutez, ils doivent faire leur part, prendre leurs responsabilités, et ne pas juste s'occuper des contextes urbanocentristes, mais s'occuper des régions du Québec qui ont pas mal de misère ces temps-ci avec toutes les coupures. Puis je ne rentrerai pas dans les détails de l'ensemble des coupures dans les budgets de développement qui ont été faites, mais si, en plus de ça, on perd notre industrie forestière en région, ce n'est pas tout le monde qui ont envie de déménager dans les villes, travailler dans les Tim Hortons. Non. C'est un mode de vie, hein, la forêt? Beaucoup de gens ne le font pas par dépit, mais parce qu'ils aiment ça, et ça, c'est une culture qui est peu connue.

Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 16)

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