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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et services sociaux

Version finale

Wednesday, September 30, 2020, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quatre minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour. Merci d'être ici ce matin.

Il y a quelques semaines, il y a une commission parlementaire, unanime, des quatre partis politiques, qui a conclu, en se basant sur l'avis de la science, sur l'avis des experts, que les applications de traçage, bien, c'était inutile et même contre-productif. Hier, le gouvernement du Québec, sans jamais consulter les oppositions, a fait une volte-face complète. Le ministre de la Santé fait maintenant ouvertement la promotion de l'utilisation de l'application fédérale de traçage.

Bien sûr, il y a des enjeux éthiques à prendre en considération, mais ce n'est pas ça, l'essentiel du débat. La question, c'est : Est-ce qu'une application de traçage, ça va nous aider à lutter contre la pandémie, oui ou non? Puis la réponse, bien, c'est non. La réponse de la science, c'est non. La réponse des experts, c'est non.

Puis, en fait, c'est bien pire, ce que les experts nous disent, c'est qu'une telle application, si elle était utilisée massivement, nuirait au travail de la Santé publique. Les experts, les scientifiques sont venus ici, à l'Assemblée nationale, nous faire un avertissement. Ils nous ont dit : Attention, là, une application comme celle-là, ça va nuire au dépistage. Et le dépistage, c'est le nerf de la guerre pour lutter contre la transmission communautaire du virus. Pourquoi? Comment est-ce que ça va nuire à la stratégie de dépistage? Bien, ça va nuire en surchargeant les cliniques de dépistage. Et ça, ce n'est pas une théorie, ce n'est pas une hypothèse, c'est ce qui s'est passé dans plusieurs pays dans le monde, notamment en Australie.

La vérité, là, c'est que la CAQ appelle en renfort une application technologique pour cacher le fait que sa stratégie de traçage est un échec, que sa stratégie de dépistage ne fonctionne pas. Ici, là, on n'est pas devant un dilemme entre soit une application soit une énorme deuxième vague. Non. Il y a d'autres solutions qui existent, des solutions qui fonctionnent. Et Québec solidaire, ce matin, va vous faire la démonstration qu'il y a d'autres solutions, qu'on peut poser d'autres gestes politiques pour améliorer la stratégie de dépistage, bien avant de se tourner vers une application technologique qui ne fonctionnera pas et qui va être contre-productive.

Mais ça, je laisse mon collègue Sol Zanetti vous en parler.

M. Zanetti : Alors, l'application de traçage, ce n'est pas la solution à nos problèmes. Les solutions, en ce moment, il y en a deux pour accélérer notre capacité de dépistage et nos enquêtes épidémiologiques.

La première, on l'a déjà dit, c'est qu'il faut engager davantage de monde à la Santé publique pour faire les enquêtes de dépistage. Ça, c'est une urgence. On l'a déjà… la semaine passée. On le réitère.

La deuxième chose, c'est d'augmenter de façon drastique notre capacité de dépistage, notre capacité de tests au Québec. En temps de guerre, il est arrivé que des gouvernements réquisitionnent des infrastructures industrielles pour les mettre au service de la guerre. Bien là, on est dans une guerre contre la COVID-19. Alors, il est légitime et nécessaire que le gouvernement réquisitionne les capacités des laboratoires privés pour aller de l'avant avec son dépistage et augmenter nos capacités de dépistage.

En ce moment, là, imaginez-vous, il y a des gens qui attendent huit, 10, 15 jours avant d'avoir un résultat de test. Huit jours, là, pour vous donner une idée, là, c'est le temps où on passe de 500 nouveaux cas par jour à 800 nouveaux cas par jour. C'est une éternité lorsqu'il s'agit de lutter contre une pandémie. Alors, réquisitionner les capacités de dépistage des laboratoires privés au Québec, ça voudrait dire… ça permettrait d'uniformiser la gestion des ressources de dépistage, augmenter notre capacité de tests et éviter aussi le délestage des autres besoins du réseau de la santé, les autres tests qui sont mis sur la glace, des tests sur le VIH, pour les ITSS, ainsi que les tests pour certains cancers.

En ce moment, là, il y a des pratiques inacceptables. Il y a des capacités de testage qui sont au Québec et qui ne sont pas au service de la lutte à la pandémie et il y a aussi des capacités de testage qui sont utilisées dans un système à deux vitesses. Il y a des cliniques, des laboratoires privés qui proposent des tests en 24 heures si vous êtes prêts à payer 215 $, 260 $. Et ça, non seulement c'est extrêmement cher, mais, en plus, c'est que ces capacités de testage là, là, elles devraient être mises au service de la priorisation du public, au service de l'intérêt collectif. Ce qui doit être priorisé, qui a son test le plus rapidement, ce n'est pas l'argent qu'on a dans les poches, c'est qui est le plus à risque, qui est dans un milieu scolaire, qui est dans tel autre milieu.

Alors, en ce moment, il y a un système à deux vitesses auquel il faut mettre fin, et ça va passer par la réquisition des infrastructures, des laboratoires privés.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre vos questions, une question et une sous-question. Merci.

M. Larin (Vincent) : ...juste pour éclaircir, c'est des tests COVID qui sont offerts à 250 $, 275 $?

M. Zanetti : Il y en a à 215 $, il y en a à 260 $, des tests COVID qui sont faits, offerts en ligne par des cliniques privées, en ce moment.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que vous êtes en train de nous dire que, juridiquement, l'État a le droit de prendre le contrôle de la clinique puis d'imposer au laboratoire : Bien, vous allez faire les tests à nos tarifs, puis c'est comme ça que ça marche?

M. Zanetti : Évidemment, bien, on est en urgence sanitaire, donc il y a des choses en ce moment... Écoutez, le gouvernement, là, il a le droit de dire à des restaurants de fermer leurs salles à manger. Il a le droit de dire à des bars de fermer. Il a le droit de fermer des théâtres. Il peut bien demander, en les rémunérant justement, à des laboratoires privés de servir l'intérêt public.

M. Lacroix (Louis) : Ça coûterait combien, à votre avis, de faire ça?

M. Nadeau-Dubois : Bien, juste un ajout, là, la Loi sur la santé publique, au Québec, en vertu de ses dispositions sur l'état d'urgence sanitaire, donne énormément de pouvoirs au gouvernement. Ces pouvoirs-là, en ce moment, ils sont utilisés de plein de manières. On les a utilisés pour enfreindre, par exemple, des conventions collectives dans le secteur public. On a utilisé ces pouvoirs-là pour limiter les libertés des citoyens et des citoyennes de plein de manières, et, si c'est pour lutter pour la pandémie, c'est des sacrifices qu'il faut faire. Mais il n'est pas question que tout le monde dans la société fasse des sacrifices, sauf les laboratoires privés de santé, puis qu'eux autres aient le droit de vendre à des riches des tests plus vite.

En ce moment, il y a des riches, au Québec, qui coupent la file du dépistage parce qu'ils ont les moyens de se payer un test en 24 heures dans des laboratoires privés. Il n'est pas question que ça continue. Il n'est pas question que tout le monde fasse des sacrifices, que les libertés de tout le monde soient un peu empiétées par l'état d'urgence sanitaire, sauf les laboratoires privés. Tout le monde doit faire sa part. L'État doit réquisitionner les capacités de testage du privé, qui sont disponibles et dont on a besoin pour gagner la guerre contre la pandémie.

M. Lacroix (Louis) : Ça coûterait combien, à votre avis, là, parce que j'imagine que réquisitionner ça… Eux autres, ils vont vouloir être payés. Vous parlez de tests à 250 $ du test. Il y a un coût à ça. Vous l'avez évalué à combien?

M. Nadeau-Dubois : En ce moment, il faut comprendre, le gouvernement québécois signe déjà des ententes de gré à gré avec certains laboratoires privés pour faire des tests. Les coûts de ces contrats-là ne sont pas dévoilés. Ce n'est pas public. L'information n'est pas rendue publique par le gouvernement. Nous, on demande au gouvernement de nous dire combien ça lui coûte. Ce qu'on vous dit, c'est : Il n'est pas question de négocier avec le privé. Compensons-les justement, mais imposons nos conditions puis demandons au privé de travailler pour le bien commun.

M. Bergeron (Patrice) : Mais j'aimerais savoir est-ce que, dans la loi sur l'urgence sanitaire, il y a vraiment des dispositions qui permettent de prendre le contrôle d'entreprises privées.

M. Nadeau-Dubois : Oui.

M. Bergeron (Patrice) : O.K., bon.

M. Nadeau-Dubois : L'état d'urgence sanitaire permet au gouvernement de prendre toute mesure nécessaire pour la santé et la sécurité de la population, et ça peut être utilisé, oui, pour réquisitionner les capacités des laboratoires privés.

Mme Gamache (Valérie) : Et savez-vous combien de tests ça permettrait d'effectuer de plus?

M. Zanetti : Bien, la question, c'est de combien on en a besoin. On a besoin d'énormément de tests. En ce moment, nos capacités, elles sont limitées par des ressources humaines, des ressources matérielles, et on sait qu'il faut les augmenter énormément. Notre nombre de nouveaux tests, de nouveaux cas par jour augmente. La quantité de personnes qu'il faut tester rapidement, elle augmente aussi. Et ce qu'il faut, il faut effectivement évaluer la capacité de testage globale… de dépistage, pardon, globale du réseau privé. En ce moment, ce n'est pas une donnée qui est disponible, sauf qu'on sait qu'il y en a énormément. Il y a une grande capacité non seulement dans les laboratoires et les cliniques privées, mais il y en a aussi dans les laboratoires pharmaceutiques. Si jamais il fallait aller jusque-là, il y a des laboratoires agricoles qui ont des ressources humaines qui peuvent être utilisées pour ce genre de manoeuvre de dépistage là.

M. Lacroix (Louis) : Mais on parle de combien de laboratoires, à votre avis? Il y en a combien que vous avez calculé, au Québec, qu'on pourrait réquisitionner de cette façon-là?

M. Zanetti : Je n'ai pas un chiffre exhaustif, mais on en a listé plusieurs, puis il y en a dans différents domaines. Donc, c'est une…

M. Lacroix (Louis) : Vous n'avez pas de chiffre précis? Vous ne pouvez pas dire…

M. Zanetti : Sur la capacité totale, je ne peux pas vous dire la quantité, le nombre.

M. Lacroix (Louis) : Vous ne savez pas combien ça coûte ou combien ça coûterait au gouvernement?

M. Zanetti : Écoutez, je vais vous dire ce qu'on sait. Ça va coûter pas mal moins cher que les vies humaines qu'on va perdre si on ne le fait pas. Ça va coûter pas mal moins cher que les faire avec des contrats qu'on fait à des compagnies privées qui chargent 260 $ le test quand on sait que ça coûte 20 $ le test au public. On sait qu'on va avoir une capacité pas mal plus grande qu'on a actuellement. Ça fait que, là, je ne sais pas qu'est-ce qu'il faut de plus pour trouver que c'est une bonne idée, mais il y a des bons arguments là.

M. Laforest (Alain) : Moi, j'aurais une question pour M. Gabriel Nadeau-Dubois. C'est quoi, votre crainte sur le décret qui va être adopté après-midi concernant les policiers? Le premier ministre a fermé la porte hier, là, on ne va pas entrer dans les maisons sans mandat. Mais quelles sont les balises que le gouvernement ne doit pas transgresser selon vous?

M. Nadeau-Dubois : On n'est pas dans les délibérations du gouvernement. Donc, on ne sait pas à quoi s'attendre. Nos attentes…

M. Laforest (Alain) : Le rôle de l'opposition, c'est de proposer des choses.

M. Nadeau-Dubois : Oui. Nous on s'attend à ce que le gouvernement fasse preuve de modération. Il faut, oui, s'assurer que les règles de la santé publique soient suivies. Mais il faut agir avec sagesse puis avec équilibre parce que les libertés fondamentales, c'est important. On a été contents de voir que le gouvernement a reculé sur sa demi-intention de permettre aux policiers d'entrer chez les gens sans mandat. Donc, qu'on facilite leur travail pour faire appliquer les consignes de la Santé publique, oui, qu'on empiète exagérément sur les libertés fondamentales, non. Nous, on s'attend à une approche modérée puis on invite les forces policières à faire preuve de discernement.

M. Laforest (Alain) : Ça serait quoi qui ne serait pas acceptable pour vous?

M. Nadeau-Dubois : Bien, la ligne rouge absolue, c'est permettre aux policiers d'entrer sans mandat dans les domiciles des gens.

M. Laforest (Alain) : Ça, ça n'arrivera pas.

M. Nadeau-Dubois : Bien, on est contents de l'entendre. Maintenant, le gouvernement a été très discret sur ses intentions. On n'a aucune information sur où il veut s'en aller. S'il s'agit de permettre aux policiers, par exemple, d'émettre une contravention plus rapidement, moi, je ne vois pas de problème à ça. S'il y a une infraction, il doit y avoir une contravention. Il n'y a pas de problème. Encore faut-il mettre les balises pour éviter les abus policiers. Et on a bien hâte de voir le décret puis on va réagir si on juge que c'est exagéré.

Mme Lévesque (Fanny) : Pour les manifestations antimasques, là, il y en a qui s'organisent déjà ce soir à Québec, Montréal. Est-ce que vous aimeriez voir quelque chose de spécial dans le décret là-dessus? Parce que, là, on interdit de manifester sans le masque, mais est-ce que, donc, on arrête les gens qui n'auront pas de masque? Qu'est-ce qu'on fait avec eux s'ils…

M. Nadeau-Dubois : Nous, on invite les forces policières à faire preuve de discernement. Moi, il y a une chose que j'ai entendu le premier ministre dire que j'étais d'accord avec lui, c'est quand il a dit : On ne veut pas faire des martyrs. Donc, il faut trouver… Et c'est un très fragile équilibre qu'il faut trouver entre protéger le public et ne pas trop limiter la liberté de manifester. Ce n'est pas un dilemme qui est simple. Oui, il faut prendre les moyens de lutter contre la pandémie. On ne peut pas non plus sacrifier la démocratie. C'est vraiment un enjeu qui est sensible. Il faut trouver l'équilibre entre la fermeté et le discernement.

Nous, on pense, par exemple, là, qu'obliger le masque dans les manifestations, ce n'est pas une limite au droit de manifester. C'est un encadrement du droit de manifester et c'est le genre d'encadrement qui est légitime. On s'attend maintenant à ce que les forces policières fassent preuve de discernement et interviennent seulement quand c'est absolument nécessaire parce que personne ne veut voir de débordement, personne ne veut créer de martyr, personne ne veut alimenter les mouvements antimasques, qui sont dangereux pour le Québec.

M. Bergeron (Patrice) : Sur les laboratoires, dernière petite question. Les laboratoires privés font une série de tests, là. Ça peut être sur un paquet de choses. Est-ce qu'on leur demande aussi de délester ces activités-là de tests sur d'autres niveaux, là, puis de se concentrer uniquement sur la COVID?

M. Nadeau-Dubois : Ces entreprises-là sont très opaques. Donc, ce n'est pas possible pour nous de savoir exactement, à l'intérieur de cette boîte noire, ce qui se passe. Ce qu'on sait, par contre, et on vous fera parvenir la documentation, c'est qu'il y a plusieurs cliniques privées qui font de la publicité sur Internet en promettant des tests en 24 heures pour les gens qui ont les moyens de se les payer. Ça, ça veut dire qu'il y a des capacités de laboratoire qui ne sont pas utilisées par le secteur public.

Nous, on fait confiance au ministère de la Santé pour prendre le contrôle de ces laboratoires-là et pour utiliser tout ce qui sera nécessaire comme capacité dans ces laboratoires pour les mettre au service de la stratégie publique. Autrement dit, là, les priorités de dépistage, il faut que ça soit la Santé publique qui décide, pas les entreprises privées. Nous, on sait, selon nos recherches, qu'il y a des capacités qui sont non utilisées. Ces capacités-là doivent être mises au service du bien commun. Il n'est pas question que des riches coupent la file du dépistage au Québec.

M. Laforest (Alain) : Juste en terminant, je vais revenir avec ce qui s'est passé hier avec la jeune autochtone, la mère de famille. Est-ce que vous trouvez que le gouvernement se traîne les pieds depuis le dépôt du rapport Viens? Et est-ce que vous trouvez ça correct que le premier ministre a encore dit qu'il n'y avait pas de racisme systémique au Québec?

M. Nadeau-Dubois : C'est inadmissible qu'un an, jour pour jour, après le dépôt du rapport de la commission Viens, rien n'a été fait. Et c'est encore plus inadmissible que le gouvernement fasse porter l'odieux de ces délais-là sur les peuples autochtones. Les peuples autochtones, ça fait des siècles qu'ils attendent. Je pense qu'on leur doit d'agir rapidement. Pour ce qui est du…

La Modératrice : On doit passer… Vas-y.

M. Nadeau-Dubois : Bien, sur le racisme systémique, l'incapacité de M. Legault à reconnaître que ça existe, ça démontre son énorme malaise sur la question de la discrimination et du racisme. C'est facile de renvoyer une infirmière. C'était la chose à faire, d'ailleurs. C'est beaucoup plus difficile de reconnaître les défis collectifs qui sont les nôtres. C'est regrettable que le premier ministre du Québec n'ait pas le courage de reconnaître les défis qui sont ceux du Québec d'aujourd'hui.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Legault will hold this press conference at five, just a few hours before several regions become red zones, and it's about police enforcement. What is the signal that the Premier is sending to the Québecpopulation?

M. Nadeau-Dubois : Can you repeat the question, please?

Mme Senay (Cathy) : Well, that, in a few hours, several regions will become red zones, and now he's holding a press conference about police enforcement. What is the signal that the Premier is sending to Quebeckers in managing that second wave? Law and order is the only way to counter it?

M. Nadeau-Dubois : One thing is sure. The lack of transparency and the lack of coherence by that Government will never be compensated by repression. The lack of clear distinction between what is political and what are decisions from Public Health authorities will never be compensated by a law and order approach. Mr. Legault has to understand that law and order or giving lessons to people will not solve his problems. His problems will be solved by more coherence and more transparency.

Mme Senay (Cathy) : He said that antimask protests… people participating in those protests of antimasks, they'll have to wear a mask.

M. Nadeau-Dubois : I think, in times of a pandemic, all kinds of freedoms are impacted, and I think that demanding that protestors wear a mask is a totally reasonable thing to do in the context. People still can protest, and it's important in our democracy. But, in times of a pandemic, everybody has to make sacrifices, and I think it's a very reasonable one to ask people that protest to wear a mask. It's not a matter of… In fact, it's a matter of protecting the public. And, the science is clear, crowds of people that do not wear protective gear can become a cluster for COVID-19. The science is clear. So, based on that science, it is completely reasonable to ask protesters to wear a mask.

Mme Greig (Kelly) :In terms of home visits, I mean, you already said that entering without a warrant is unacceptable. But, really, what tools do you want to see the police have to crack down on this? What is your ideal in this?

M. Nadeau-Dubois : Well, the Government has been very discreet about his intentions, so we, in fact, do not know what will be announced today. For us, the red line, the absolute red line, is clear. There's no way that police officers should be able to enter people's homes without a mandate. Now, if there's a way, for example a technological way, to make sure that police officers can issue a contravention easier or faster, well, I don't see where the problem is. But we have to find that very fragile equilibrium between fighting the pandemic and respecting the more possible the rights and freedoms of people.

Mme Greig (Kelly) : Having police crack down on these parties without having tools to… so is this an impossible task right now?

M. Nadeau-Dubois : Well, that's why we are in favor of police officers having the tools to do their job as long as it does not mean that they will have additional power to enter private homes.

M. Verville (Jean-Vincent) : Should we ask doctors and nurses that work in private clinics to go also… stop what they're doing in their private clinics and go to the hospitals?

M. Nadeau-Dubois : Well, our proposal today is to make sure that material resources and human resources of private labs are requisitioned by the Government to work to fight the pandemic inside the strategy of Public Health authorities. So people that are working inside private labs will continue to work inside private labs, but they will do so under the authority of Public Health authorities. A lot of private labs are already doing that. A lot of private labs have signed contracts with the Government. We don't know the amount of that contract. The Government does not want to divulge that information.

What we know is that there is, right now, negotiations between the private sector and the Government. In times of a pandemic, there should not be a negotiation. There should be a fair compensation for private labs. But why should a private lab be authorized to refuse to work to fight a pandemic? You know, restaurants do not have the right to choose if they apply public health measures. I mean, there is not one business in Québec right now that is not being asked to work to fight the pandemic. Why should private labs be authorized to sell tests for rich people? It is an absurdity. It should not be happening.

M. Verville (Jean-Vincent) : For doctors and nurses?

M. Nadeau-Dubois : Yes. The people working there will still work there, but…

M. Verville (Jean-Vincent) : For doctors and nurses, it would be logical, with what you're saying with testing… private clinics doing an effort, to have doctors and nurses that work in private clinics to go out…

M. Nadeau-Dubois : In clinics? OK. I thought you said in labs.

M. Verville (Jean-Vincent) : …yes, in clinics, to go out in the health system, which… there's a lack of nurses and doctors.

M. Nadeau-Dubois : I sure think that, if the problem of lack of personnel continues, this should be considered by the Government, yes.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 26)


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