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Point de presse de Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’habitation

Version finale

Thursday, February 10, 2022, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-deux minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Ce matin, Mme Méganne Perry Mélançon, députée de Gaspé et porte-parole en matière d'habitation, sera suivie du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. La parole est à vous.

Mme Perry Mélançon : Merci. Bonjour. Je reviens sur l'annonce de la ministre de l'Habitation concernant son nouveau programme en habitation abordable. Je vous avais partagé, la semaine dernière, des craintes formulées par les groupes en habitation, surtout, là, en logement social, des craintes que je partageais également, et qui se sont avérées fondées, aujourd'hui, parce qu'on a appris qu'il n'y aurait aucune nouvelle somme, vraiment, allouée à ce nouveau programme-là, là. On fait appel aux 200 millions qui étaient déjà dans le budget, donc on se demande où est-ce qu'il a été pris, à quel endroit. Est-ce que c'est dans AccèsLogis?

Et ça nous amène à la deuxième question qui est : Qu'adviendra-t-il du programme AccèsLogis? Moi, ça m'inquiète parce que c'est quand même un programme qui était 100 % dédié au logement pour les gens dans le besoin. C'était des projets, vraiment, par le milieu communautaire, qui émanaient du terrain. Donc, bien, ça ouvre la question, finalement, sur tout ce qui va advenir de la construction en logement social pur et dur.

Et, bien, je veux rappeler, là, qu'on est pour la construction de logements, même dans le privé, parce qu'effectivement on vit une crise, qu'il faut agir sur plusieurs fronts. Mais ça ne doit pas se faire au détriment de la construction de logement social. Donc, c'est aujourd'hui qu'on va faire un test et qu'on connaîtra la réelle intention du gouvernement et de la ministre, car on va déposer une motion qui demande à ce que les 10 000 unités de logement prévues dans AccèsLogis soient lancées dès maintenant. Et j'élargirais même ma demande à ce que... la demande du Parti québécois à ce qu'on construise 5 000 unités par année. C'est ce qui est nécessaire pour arriver à régler les problèmes de logement présentement partout au Québec. Donc, on va voir ça aujourd'hui, ce matin, en période de questions.

Maintenant, je cède la parole à mon chef, Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Méganne. Bonjour, tout le monde. Matinée chargée. Premièrement, je veux féliciter Martin St-Louis pour sa nomination comme coach du Canadien. Martin St-Louis, qui n'a jamais été repêché, ignoré par les clubs de la ligue nationale, qui a marqué plus de 40 buts. Ignoré également par Équipe Canada, alors qu'il était le meilleur marqueur de la ligue nationale, finalement, il a réussi à faire le club. Bref, quelqu'un qui a travaillé très, très fort et qui, à chaque fois, a surpris, dépassé les attentes. Donc, je souhaite que ce soit exactement la même chose comme coach du Canadien. Je lui souhaite la meilleure des chances.

Le sujet qui m'a le plus touché, dont je veux vous parler tout de suite, c'est une lettre ouverte, ce matin, sur la santé mentale des jeunes. On y apprend que, suite à une enquête de l'Université de Sherbrooke, un jeune sur deux interrogé avait des symptômes de dépression ou d'anxiété. Pire, 25 %, un sur quatre, ont pensé qu'ils seraient mieux morts que vivants. Évidemment, c'est un sujet qui me touche beaucoup. La lettre porte sur l'idée d'amener de l'expertise en santé mentale dans la cellule de crise. Vous le savez, à quel point on a demandé souvent d'amener des experts dans la cellule de crise, qu'on a parlé du critère de la santé mentale, comme quoi il n'y a pas que le nombre de lits d'hôpital, il y a également la santé mentale des gens. Mais, quand ça touche les jeunes puis quand que le quart de nos jeunes pensent au suicide, puis que c'est ça, notre avenir, je pense, il faut prendre un pas de recul, puis il faut prendre ça au sérieux, se dire que ce n'est pas normal qu'on gère cette crise-ci et les crises subséquentes comme on a géré la première crise. Parce qu'on sait que la santé mentale est un enjeu, puis là ce sont nos jeunes qui nous parlent. Je pense qu'il faut écouter.

Je veux revenir également sur le REM. Essentiellement, on est devant un manque de leadership, là. François Legault lui-même a demandé ce projet-là. Ensuite, il y a eu clairement de la négligence, on n'a pas suivi de près ce qui se passait. Et qu'est-ce qu'on a en ce moment? Un projet qui est mal ficelé, qui ne répond pas aux besoins, qui pose des problèmes sur le plan environnemental. Et là la CAQ voudrait s'en laver les mains et abandonner l'est une fois de plus. Nous, on dit : Il va y avoir un projet, mais ce projet-là va être respectueux des gens, de l'environnement et va être en fonction des besoins de transport. Donc, on exige, tout simplement, que, dans les six mois devant nous, l'ARTM, la STM, les experts s'assoient avec la caisse, la ville et le gouvernement et qu'on s'entende sur un projet qui a du sens. Mais on ne veut surtout pas revenir à la ligne bleue ou à d'autres projets qui, dans l'est, ont été abandonnés. Parce que ça arrive trop souvent, puis nous, on est proches des gens. On veut aller à leur défense en disant : Il va y avoir un projet, et l'est mérite un projet de qualité.

Sur ce, je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Une question, une sous-question.

M. Laforest (Alain) : Vous avez été très critique à l'endroit de la Santé publique sur différents points, là, entre autres le port du masque, l'urgence sanitaire. Hier, vous avez parlé de tataouinage.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Du gouvernement, pas de la Santé publique.

M. Laforest (Alain) : Oui, mais c'est parce que la... Je peux finir ma question?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Allez-y.

M. Laforest (Alain) : Le directeur national de la santé publique a été très clair, hier, entre autres, pour le passeport vaccinal, pour le masque et pour l'urgence sanitaire : c'était nécessaire et c'est toujours nécessaire. Est-ce que ça vous satisfait?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, il a été très clair? Le ministre Dubé a été très clair...

M. Laforest (Alain) : ...national de la santé publique, la conférence de presse d'hier, c'est ça, ma question.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'aimerais répondre. Christian Dubé a été très clair en disant : C'est là pour rester. Le directeur de santé publique, lui, n'a pas été aussi clair que ça. Il a dit : Laissez-moi me rendre au 14 mars, puis ensuite on considérera. Et là, ce qu'on a ce matin, c'est le directeur régional de santé publique en Gaspésie et celui du Bas-Saint-Laurent qui dit : Les assises scientifiques au soutien du passeport vaccinal ne sont pas claires. Donc, je pense, sur le masque, ça semble très clair. Mais, sur le passeport vaccinal, non seulement c'est ambigu, mais surtout, c'est que ça dépasse la question unique du nombre de lits en hôpital, c'est la question de comment on veut planifier l'avenir. Est-ce qu'on veut faire d'une mesure temporaire une mesure permanente, sans aucun débat, sans se demander le genre de société qu'on veut au cours des prochaines années? Donc, on réitère notre demande : ça prend un débat avec tous les experts, où on parle de comment on veut structurer notre société, est-ce que cette mesure est efficace, et est-ce que, comme société, on pense que c'est une bonne idée de poursuivre dans cette voie-là, sachant que d'autres sociétés ont décidé de le retirer.

M. Laforest (Alain) : La remise en question perpétuelle, là, des avis de la Santé publique, est-ce que ça ne fait pas en sorte de polariser l'opinion publique puis de faire monter la grogne qu'on sent, là, de plus en plus, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah! au contraire, c'est le fait de ne pas débattre et de ne pas être transparent sur pourquoi une mesure est adoptée ou non qui crée la méfiance et la perte de confiance. C'est pour ça que plusieurs parlements sont revenus à la démocratie normale, à savoir que chaque mesure sanitaire importante est débattue, les experts sont entendus en public. Mais le gouvernement de la CAQ s'entête à gérer, avec ses faiseurs d'images puis ses experts en communication, chacune des décisions en cellule de crise fermée, opaque. C'est pour ça que les gens ont moins confiance. Revenons à la démocratie, et les gens pourront voir comment les décisions se prennent. La confiance va revenir.

M. Lacroix (Louis) : Il y a un des organisateurs de la manifestation, en fin de semaine, Kevin «Big» Grenier, qui dit avoir parlé à une dizaine de personnes qui sont prêtes à prendre les armes, et à commettre des actes violents, et même attaquer le parlement. Quand vous voyez une escalade de la violence de ce genre-là, qu'est-ce que ça vous inspire comme... D'abord, est-ce que c'est une crainte qu'on doit prendre au sérieux? Et vous sentez-vous menacé comme politicien?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est une crainte qu'on doive prendre très au sérieux. On l'a vu ailleurs dans le monde, ce genre de menaces là peut déraper rapidement. Et c'est pour ça que je vous parlais, il y a deux semaines, des réseaux sociaux. La question se pose : Pourquoi il y a autant de nouveaux comptes datés de 2020 et 2021 qui ramènent toujours les mêmes messages antidémocratiques, complotistes? La question, également, de la santé mentale, je vous en parle depuis des mois. Est-ce qu'on devrait inclure la santé mentale dans nos critères de décision pour l'avenir? Si des gens se sentent, à juste titre, là... s'il y a des gens qui sont à l'écart, dans notre société, et que leur santé mentale en est affectée, c'est à nous, aussi, d'entendre puis d'ajuster nos politiques publiques en prenant tous les critères en compte. Et donc il faut prendre ça très au sérieux.

M. Lacroix (Louis) : Vous avez dit tout à l'heure : C'est le fait de ne pas débattre qui crée la crise de confiance actuelle.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exact, c'est le manque de transparence.

M. Lacroix (Louis) : À votre avis, est-ce que le gouvernement n'est pas un peu responsable de ce qui se passe, en ce moment, de ces menaces-là, comme celles qui sont exprimées par ces gens-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça fait deux ans maintenant qu'on vous dit, au Parti québécois, que l'absence de transparence, les yoyos auront un effet sur le climat social puis sur la santé mentale des gens. Mais graduellement on voit une dégradation de la situation puis une dégradation de l'acceptabilité sociale des mesures. Puis ça fait deux ans qu'on tient le même discours, puis, ce matin, je suis devant vous à tenir encore le même discours. Soyons transparents puis respectons l'intelligence des gens en débattant devant public avec les experts, comme le font d'autres parlements, puis on aura plus d'adhésion puis de respect.

M. Laforest (Alain) : Sentez-vous que vous avez une part de responsabilité?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En quel sens?

M. Laforest (Alain) : La critique.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Demander plus de transparence, plus de démocratie, c'est la voie vers plus de confiance et d'adhésion. Puis là la confiance et l'adhésion s'effritent. Pourquoi est-ce qu'on n'écoute pas? Puis pourquoi est-ce qu'on ne revient pas, comme ailleurs dans le monde, à des débats normaux, en entendant les experts de manière transparente, pas en catimini?

M. Lacroix (Louis) : Juste pour être clair, là, sur ma question, vous avez répondu, mais je veux juste être bien certain de bien comprendre ce que vous dites, là. Vous dites : Ça fait deux ans qu'on dit que les yoyos auront un effet. Donc, ça veut dire que l'administration ou la façon de gérer la crise par le gouvernement Legault, à votre avis, est responsable de ça en partie, oui ou non?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que les gouvernements, ultimement, ont toujours une responsabilité quant au climat social dans la société. Certains partis politiques ont décidé de créer un «wedge», même, électoral autour de la vaccination. D'autres ont décidé de lancer des ballons d'essai sur le fait de taxer les non-vaccinés. En rétrospective, on se rend compte que la préparation et la réflexion derrière ces ballons d'essai là n'étaient pas là. Est-ce que ça a un impact sur notre climat social lorsqu'on sait qu'il n'y a rien de tout ça qui est transparent, donc ça laisse beaucoup d'espace à des théories sur ce qui s'est passé? Évidemment que les gouvernements ont une part de responsabilité.

Maintenant, je ne veux pas que ce soit que les gouvernements qui aient la responsabilité. Comme société et comme individus, on a tous la responsabilité du respect puis du civisme. Et là-dessus, à Québec, on s'en est beaucoup mieux tirés qu'à Ottawa. Donc, il ne faut pas juste prendre ce qui est négatif. Oui, il y a peut-être ces déclarations-là, mais on aura quand même réussi, lors des manifestations, à respecter le droit de manifester puis à faire en sorte que ça se tienne dans des paramètres qui sont acceptables. Donc, ce n'est pas tout sombre non plus, comme bilan. Il y a des choses, parce qu'on se parle au Québec, qu'on a réussi à maintenir, notamment le civisme et le respect dans le droit de manifester.

M. Laforest (Alain) : Quand Bernard Gauthier s'en prend à une microbrasserie de sa circonscription, là, en coupant la tuque, puis... c'est un déferlement de haine, là, qui va à l'endroit de ce propriétaire-là. Qu'est-ce que ça vous dit, ça, sur le climat et sur l'attitude des apôtres de la liberté?

Mme Perry Mélançon : Ça me dit : Est-ce que la liberté, elle, va dans les deux sens? C'est dans ma circonscription, justement, à la Microbrasserie Le Malbord. Puis je la vois, la tourmente, là. Puis je trouve ça vraiment désolant de voir qu'une entreprise qui a souhaité être transparente envers sa clientèle et sa population, en ayant le choix, là... Elle est libre, l'entreprise, de décider si elle s'associe ou non à un mouvement ou à une cause. Elle a fait le choix clair de ne pas être associée. Je pense qu'on doit respecter le choix de chacun. Et c'est là où est-ce que la démocratie, ça doit aller dans les deux sens et que chacun puisse s'exprimer librement.

M. Laforest (Alain) : Mais comment on justifie ce déferlement-là?

Mme Perry Mélançon : C'est injustifiable, je veux dire, qu'une entreprise soit prise dans cette tourmente-là, alors qu'on disait que le convoi, les camionneurs allaient diriger le message au gouvernement parce que c'est celui-là qu'il faut qu'il entende le message. Je ne pense pas que c'est les entreprises, les microbrasseries, dans toutes les régions du Québec, là, qui ont à donner son point de vue ou non. Elle a seulement souhaité dire que ce n'était pas un coup de marketing, que ce n'était pas volontaire, la tuque sur la tête d'un des organisateurs. Donc, c'est de respecter le choix de chacun, même les entreprises.

M. Bergeron (Patrice) : ...sur le REM de l'Est, puisqu'on en parlait tout à l'heure. Vous le savez, c'est le gouvernement qui a demandé, donc, à la caisse de s'impliquer dans le projet. Et est-ce que... Selon vous, quelle lecture politique vous faites de cette affaire-là? Parce que ça dérape complètement, actuellement. Est-ce que la caisse n'a pas été piégée et n'est pas prise à essayer de gérer une commande politique qu'on lui a imposée?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : La caisse, ce sont des gens de finances. Ce ne sont pas des experts en planification du transport collectif. Le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que le projet, avec la caisse, desserve les besoins de transport collectif. Mais le gouvernement a été négligent. Regardez, là, par rapport au tramway puis au troisième lien. C'est comme si, dans le cas du projet dans l'est, il n'y a eu aucun intérêt, aucun suivi. Parce que ça fait des années qu'on entend la société civile, localement, dans l'est, mais également plein d'experts dire : Là, ça ne va pas bien, là. Même des groupes se sont dissociés en disant : En termes d'urbanisme, d'environnement puis de transport, nous, on ne veut plus être liés à ce projet-là tellement que ça n'a pas de sens. Donc, il y a un gouvernement qui a dormi au gaz et qui, là, au lieu de prendre ses responsabilités et faire ce qu'on demande, à savoir asseoir tout le monde à la table, se donner six mois puis livrer quelque chose qui a du sens, passe son temps à blâmer, à la limite, à insulter tous les intervenants qui, eux, ont une expertise. Il n'y a rien d'autre à dire, c'est de l'incompétence.

M. Carabin (François) : ...depuis le début du point de presse, qu'il faut revenir à une démocratie normale ou un débat normal. Quand est-ce que, selon vous, l'Assemblée nationale devrait revenir à 125 députés?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Maintenant. Maintenant parce que... Évidemment, il y a des questions de transition. Puis on est très ouverts, là, à ce qu'il y ait une loi de transition. Mais regardez comme il faut la loi sur les mesures sanitaires. On peut lever la gouvernance par décret, commencer tout de suite à travailler sur les questions qui demandent un peu plus de flexibilité. Puis on va la donner, la flexibilité, au gouvernement.

M. Carabin (François) : En avez-vous fait la demande officiellement?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, on a fait un mandat d'initiative pour un débat sur un certain nombre de questions spécifiques. Et notre demande, je l'ai faite hier, je la réitère, c'est qu'on lève tout de suite la gouvernance par décret, qu'on retourne aux travaux normaux et qu'on travaille tout de suite sur les questions de transition. Ça peut se faire très rapidement. Mais, quand le gouvernement vous dit : On commencera à débattre de cet enjeu-là quelque part en mars pour aboutir en juin, c'est vraiment nous prendre pour des valises. Je regrette, c'est...

M. Laforest (Alain) : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Quel type d'avis ça prend pour 125 à l'Assemblée?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah! c'est parce qu'avec les possibilités virtuelles, dépendamment de l'avis de santé publique, en termes de distanciation, il y a toujours manière de fonctionner dans le système normal avec ajustement. Nous, ce qu'on vous dit, c'est... Puis vous le sentez aussi, là, que le ton a changé. La première chose que j'ai dite au retour, c'est : Dorénavant les questions importantes de santé publique vont être débattues. Finie, la gouvernance en catimini, par décret, avec des faiseurs d'images de François Legault, finie. Et donc on va continuellement, pour chaque décision importante, réclamer avec insistance qu'il y ait un débat transparent pour qu'on puisse entendre les experts. C'est arrivé trop de fois que, finalement, on se rend compte que la mesure était fondée sur du vent, que l'annonce était un ballon d'essai. On ne veut plus vivre là-dedans, au Québec, parce que malheureusement on a un gouvernement qui gère la crise actuelle et les crises futures comme si on était dans la première et la deuxième vague. Il y a un changement qui doit avoir lieu dans la manière de concevoir...

La Modératrice : On va prendre les dernières questions en français.

M. Lachance (Nicolas) : M. St-Pierre Plamondon, le ministère de la Cybersécurité et du Numérique vit déjà une première crise profonde à peine un mois après sa création. Il y a déjà un sous-ministre qui vient de perdre son emploi. Est-ce que c'est gérable, l'informatique, au gouvernement du Québec avec tous ces organismes et ministères?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, vous vous souviendrez des dossiers sur le bordel informatique. C'est un sujet très sensible parce que les centaines de millions qu'on peut engloutir dans des échecs, sur le plan informatique, c'est vraiment un danger sur le plan financier, sur le plan des finances publiques. Et là, en effet, on constate qu'un mois seulement après avoir nommé eux-mêmes le sous-ministre, Guy... Guy Rochette, pardon, à la Cybersécurité numérique, qui est dirigée par Éric Caire, qui est sous l'égide d'Éric Caire, bien là, tout de suite, on le remplace. Et là ça soulève la question : Quelle est la responsabilité ministérielle? Qui, vraiment, va prendre la responsabilité? Comme pour le transport, comme pour la crise du logement, comme pour les places en garderie, qui s'occupe de livrer la marchandise? Je ne vous parle pas des communications, là, je vous parle des livrables. Qui va s'assurer qu'on ait une idée de ce qui se passe? Parce que, manifestement, Éric Caire ne semble pas avoir une idée précise de ce qui se passe dans ce ministère. Et c'est inquiétant parce qu'on sait que, par le passé, il y a eu des projets informatiques qui ont complètement dérapé sur le plan financier. Donc, on demande au ministre de prendre ses responsabilités et de prendre le contrôle.

La Modératrice : Dernière en français, s'il vous plaît.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que le gouvernement a oublié de déconfiner les aînés dans son plan de déconfinement?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est une question qui a des similarités avec la question des jeunes, que j'ai abordée au début. Est-ce que le gouvernement a une diversité de points de vue, dans sa cellule de crise, pour penser au sort des aînés qui n'ont pas vu personne, depuis des mois, puis qui ne vont pas bien? Qui parle pour eux en ce moment? La démocratie, ça sert à ça. Ça sert à avoir des porte-parole, des intervenants, des partis d'opposition, des experts qui s'assurent qu'on n'oublie personne.

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que la santé mentale des gens est un critère oublié, au cours des derniers mois, lorsqu'on regarde la manière du gouvernement d'aborder la crise. Et le gouvernement aborde la crise comme si on était dans la première et la deuxième vague. Et là on sait que la santé mentale de nos aînés comme de nos jeunes est une considération, mais il n'y a pas vraiment... on n'a pas l'impression que cette considération-là a vraiment pesé lourd dans la balance.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Mr. St-Pierre Plamondon, there was this video that was published on Facebook, and you have one of the organizers of the protest, last week-end, Kevin «Big» Grenier, that was saying that some people were ready… came to him, and about 10 people came to him to say that they were ready to take the arms and, you know... anger and...

Une voix : ...violence.

Mme Senay (Cathy) : Yes, acting with violence. So, I mean, is this something... These threats, shall we take them... As a politician, do you have to take them seriously?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Of course, it is very serious, as we've seen in other countries in the world. Those issues are very serious. And we need to ask ourselves : What's going on online? I raised that issue earlier. Why are there so many accounts created in 2021 saying always that all politicians are corrupt, they're all controlled by something or someone, and that we ought to do something... We have to look at what's going on online, who's funding. It raises really important questions about who's organizing and funding that propaganda. And we need to ask ourselves : Have we considered enough mental health in the way we managed the successive waves of COVID? Because, if a part of our population is not doing well from a mental health standpoint, we have a responsibility to make sure that our policies are healthy for the mental health and the physical health of our population. And we see that there's an issue with physical and mental health. A fatigue, of course, but it's beyond that. So, we need to think about those criteria when we make decisions on COVID.

Mme Senay (Cathy) : Do you have the impression that the Legault Government shares a responsibility with those comments that are coming out?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Our governments always have a share of responsibility as to the social climate. Because the way they make decisions, the way they announce it creates the social climate. And we've been asking, for two years now, that decisions be made in a transparent manner, that everyone be heard before the decisions, and that we stop trying things, throwing things out there just to change our mind two weeks later. That is not healthy. And we've been saying that over, and over, and over again, and sometimes I have the feeling it's been heard like an anecdote, and it's not. If you want the trust of the population, you need to be transparent, and people need to follow why a certain decision has been made, exactly like in the justice system. There's a reason why justice doesn't occur in «huis clos», in… «Huis clos» in English?

Une voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Behind closed doors. The reason is, even if you disagree with the judge, if you followed all the process and you've heard the different arguments, you might disagree, but you have to respect the fact that everything has been done properly. Transparency has a value in terms of trust, in terms of adhesion. We've been saying that for two years now. It's about time we wake up about that issue.

M. Authier (Philip) : Beyond the calls for transparency, how would you describe the social climate today?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : The social acceptability of the measures coming from our Government is shrinking. And we ought to pay attention, we need to pay attention, because it translates a lack of confidence, of trust in the Government. It's not widespread, but it's growing. And we need to change the way we make decisions and the way we make sure that everything is transparent. And that all criteria are considered, including mental health, including voices that are maybe minority voices but need to be heard, make sure that we've heard everyone.

M. Authier (Philip) :Presse canadienne, this morning, reports that the group that was here, last weekend, might want to come back the weekend of the 19th to 20th, maybe in Montréal this weekend. Are you worried about people safety, the public safety if things get out of hand?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : No. I trust our civil society in the same way that I trusted our civil society before the first manifestation in Québec. I was the first to say : Manifestations are important, it's a legitimate right, and things will go well if everybody behaves correctly. And that's what happened. If people want to manifest again, they have a right to do so, and they will do it in a respectful manner, and…

M. Authier (Philip) : …organizers are saying that Mr. Grenier, Kevin «Big» Grenier… the people that were in the crowd wanted to do violence, they… That's what I'm asking about. Are you worried about that climate?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : We need to be worried about the climate of polarization. We need to be worried about those who try to benefit of the polarization. But we need to ask respectfully that further manifestations be as respectful as the previous ones. And we are capable of that, we can do this.

M. Wood (Ian) : ...to talk about their withdrawal of funding. How should that college manage that? They want to open up a health clinic, right? How should they manage this? Oh! sorry.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's because some words, I can't hear.

M. Wood (Ian) : Dawson College, they're going to address the funding withdrawal. How should they manage that?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : From a financial standpoint?

M. Wood (Ian) : …they wanted to open a clinic to educate nurses. Is that an acceptable withdraw of funds? How should they go ahead with this, now?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : To be honest, I don't have a specific knowledge of which project was intended to go in which room within Dawson. Honestly, it demands a reorganization of space. And that can be done with a conversation with the Governmentin terms of what impact it has on the number of students or other aspects. But I don't have a specific knowledge of that project.

M. Wood (Ian) : You know, is the Government justified, in your opinion, to defund the English CEGEPs, you know, because they are saying that French ones don't have enough funding?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes, we've said on several occasions that the issue on the island of Montréal is that there are not enough places in French. When you look at the demographics, there is a disproportion in funding and in number of places. Now, the first question we need to ask ourselves is : Why they accelerated the expansion of Dawson in the first place? Because, of course, for Dawson, it's not obvious, it's a difficult situation, because they've been told something, and then they were told the opposite, exactly as we see often during the pandemic. But the real question is : Why did the CAQ go forward and try to accelerate that project if they knew, if they knew and they already thought about the fact that we're missing places in French and that the French system is underfunded? Why? Why did they do that in the first place? And, of course, that yoyo again creates challenges for Dawson.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 9 h 20)

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