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Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Thursday, February 17, 2022, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

Mme Hivon : Bonjour, tout le monde. Alors, ce matin, je veux revenir sur le dossier des services éducatifs à la petite enfance, parce que, depuis le début de l'étude du projet de loi n° 1, je constate que nous avons, devant nous, à la fois Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Donc, on a un Dr. Jekyll, qui nous dit publiquement à quel point ça va être formidable que, d'ici trois ans, tous les enfants du Québec vont avoir une place dans les services de garde, qui nous dit qu'un maximum de 24 mois va être accordé pour développer les nouvelles places qui sont octroyées, qui nous dit qu'il va mettre de l'avant un réseau 100 % subventionné. Puis on arrive en commission puis on a devant nous Mr. Hyde qui, lui, est complètement en train de renier ses engagements, un après l'autre, qui refuse d'inscrire, à quelque endroit que ce soit dans la loi, l'une ou l'autre de ces promesses-là qu'il fait pourtant aux parents du Québec.

Je pense qu'il est temps que le vrai ministre de la Famille se lève et qu'il nous dise lequel on doit croire : celui qui fait, sur la place publique, des belles entrevues où il fait part de ses intentions et de ses engagements pour les familles du Québec ou celui qui est en commission devant moi depuis deux semaines et qui, à chaque fois qu'on lui demande d'inscrire noir sur blanc ses engagements dans la loi, se défile et refuse.

Et ce qui est extrêmement préoccupant, dans le contexte actuel, c'est qu'il est en train de conforter le réseau privé, qui ne vise qu'à tirer des profits de l'exploitation de services de garde, avec les dérives que l'on voit, encore hier, avec l'histoire de fraudes répétées dans un service de garde, quand ce n'est pas des Hell's Angels qui sont mêlés à l'obtention d'un permis. Et on est à 66 000 places en garderies privées non subventionnées, et le ministre ne pose aucun geste, dans son projet de loi, pour se donner un plan de match pour résorber ça, alors que c'est les profits qui s'accumulent et que, malheureusement, ce n'est pas la qualité qui est au rendez-vous.

Alors, vous savez qu'on a solution pour ça, et on demande au ministre de s'en inspirer. D'arrêter, un, d'avoir deux personnalités et de prendre le virage du 100 % CPE, c'est la seule chose qui peut s'imposer, si on vise l'intégrité, l'accessibilité et la qualité dans notre réseau.

Sur ce, on peut prendre les questions.

La Modératrice : Une question, une sous-question.

M. Laforest (Alain) : C'est peut-être une question pour M. Ouellet, parce que c'est quelqu'un de la Côte-Nord. Il se prépare une manifestation, en fin de semaine, à Québec, là, puis on voit ce qui se passe à Ottawa, où ça ne bouge pas vraiment. La dernière fois que les manifestants ont quitté Québec, ils ont dit qu'ils s'en venaient avec de la machinerie lourde et qu'ils feraient un siège à Québec. C'est quoi, le message que vous envoyez, là? Est-ce qu'on risque de revivre… de vivre ici ce qui se vit à Ottawa?

M. Ouellet : Je ne penserais pas, pour plusieurs raisons, mais la première, c'est de voir de quelle façon, lors de la première manifestation... comment la ville de Québec et les policiers de Québec ont été proactifs. On l'a vu cette semaine, le maire de Québec a adopté de nouveaux règlements pour permettre aux policiers d'être plus proactifs et même, dans certains cas, d'être capables de bloquer des rues avant même que le problème se situe. Donc, je pense que Québec est très proactif. Donc, je ne m'attends pas au même genre de manifestation, au même genre de blocus, parce que Québec a les moyens, et surtout, les policiers et le maire de Québec ont été très proactifs, et le message a été lancé aussi.

M. Laforest (Alain) : Ils semblaient plus décidés, là, la dernière fois, en disant : On va arriver avec de la machinerie lourde. Parce qu'ils voulaient préserver le Carnaval. Là, le Carnaval est terminé.

M. Ouellet : Honnêtement, je doute un peu, peut-être, là, du nombre de machinerie qui sera présente, ce ne sera pas évident de descendre des tracteurs jusqu'à Québec. Cela étant dit, encore une fois, la police, je pense qu'elle sera très proactive. Donc il n'y aura pas de stationnement de permis ou d'autorisé autour de l'Assemblée nationale, donc, s'ils veulent venir faire un tour de «tractor» dans le centre-ville, ils seront bienvenus, mais pour ce qui est du stationnement, de ce que j'ai cru comprendre du maire de Québec, il n'y aura aucune tolérance.

Mme Lévesque (Fanny) : ...le convoi parte de la Côte-Nord? Est-ce qu'il y a une grogne particulière dans les régions éloignées, à votre avis, face à la pandémie?

M. Ouellet : Non, pas tant. Puis, tu sais, je vous dirais qu'on met beaucoup le focus sur la Côte-Nord, mais il y a un autre Keven, Keven Bilodeau, qui part de la Beauce, il y a des gens de Drummondville. Donc, je pense que c'est des gens de partout au Québec qui veulent se rassembler ici en fin de semaine. C'est certain qu'on a mis beaucoup la lumière sur des organisateurs qui venaient de la Côte-Nord, mais je pense qu'on met le focus pas à la bonne place. Ce sont des manifestants de partout au Québec qui viennent ici, à Québec, manifester, comme on a eu l'habitude et l'opportunité d'avoir à quelques reprises pendant ces mesures sanitaires.

M. Lacroix (Louis) : Mais avec les mesures qui ont été annoncées par le maire, hier, là, puis, en fait, la modification aux règlements municipaux pour donner davantage de pouvoirs aux policiers, est-ce qu'il n'y a pas un risque que les manifestants prennent ça comme une mesure antidémocratique qui les empêche de faire entendre leurs voix?

M. Ouellet : J'espère que non, parce que les pouvoirs qui ont été octroyés aux policiers, c'est pour prévenir, effectivement, les blocages sur la circulation. Or, certains ont parlé de venir jammer Québec, lors de la première manifestation, ce n'est pas arrivé. Donc, moi, je fais une différence entre ceux et celles qui disent qu'ils vont venir à Québec pour jammer le parlement et ceux et celles qui viennent manifester contre les mesures sanitaires. Et j'ai cru comprendre aussi que les manifestations évoluent aussi, là, c'est maintenant contre le port du masque. Bref, donc, il y a une évolution dans tout ça. Mais je ne pense pas que la décision de Québec va braquer les manifestants. Ils ont dit, puis je reprends leurs paroles, que c'était une manifestation qui se veut familiale. Je l'espère, qu'il n'y ait pas de débordement.

M. Carabin (François) : Vous ne pensez pas que, les nouveaux règlements policiers, il y a peut-être un risque de glissement pour l'avenir, au-delà de la manifestation de cette fin de semaine?

M. Ouellet : Non. Moi, je me fie à l'intelligence des policiers, à l'intelligence du maire de Québec, aussi, de prévoir la situation dans le cadre temporel tel qu'on le connaît. Je ne prévois pas de glissement sur les droits et libertés. Je pense que les gens ont le droit de manifester, au Québec, on a un historique de manifestations. Mais ce que les gens ne veulent pas, c'est qu'on jamme la circulation et que ça devient pénible de circuler lorsque, dans certains cas, ça serait utile d'avoir des voies rapides, justement, pour faire passer, exemple, des ambulances ou des policiers. Donc, je n'ai pas l'impression qu'on s'en va vers une dérive des droits. On est proactif et on apprend effectivement des situations.

M. Lacroix (Louis) : Vous pensez quoi de ce qui se passe dans la capitale de votre pays?

M. Ouellet : Ce n'est pas mon pays. Mon pays, c'est le Québec. Sérieusement, je trouve ça un peu particulier. Je trouve que la situation tarde à être réglée. Évidemment, on regarde ça d'un coin de l'oeil, ce qui se passe à Ottawa nous interpelle, quand même. On est une capitale, ici, à Québec, on est un Parlement aussi. Donc je m'attends assurément que les mesures annoncées par le premier ministre donnent des résultats. Et je pense que les citoyens d'Ottawa et tous ceux et celles qui sont limitrophes à la manifestation s'attendent à des dénouements heureux, j'espère, pour les prochains jours.

M. Lacroix (Louis) : Mais ultimement, là, quand on regarde, là, puis on dit : O.K., les gens ont le droit de manifester, c'est un droit qui est démocratique... Mais, après tout ce qui a été annoncé, depuis deux semaines, là, et encore cette semaine, avec l'annonce, finalement, de la fin du passeport vaccinal, là, le 14 mars prochain, il ne restera plus grand-chose, là, des mesures sanitaires. Il va rester le masque, puis encore là, M. Boileau nous dit qu'ils vont repenser à ça rendu à la date butoir du 14 mars. Est-ce que cette manifestation-là a encore sa raison d'être? Parce que ces gens-là, ce qu'ils veulent, c'est la fin des mesures sanitaires, puis c'est exactement ce qui s'en vient. Ils manifestent pour quelque chose qui va arriver.

M. Ouellet : Oui. Moi, ce que j'ai cru comprendre, c'est que cette manifestation-là, aussi, c'est comme un exécutoire, un défouloir de tout ce qu'on a vécu depuis les deux dernières années. Alors, peut-être que les manifestants ont besoin de se rassembler pour sortir le trop-plein d'énergie qu'ils ont. Mais vous avez raison, les mesures vont tendre à être moins contraignantes. Mais il reste une mesure encore, et vous nous avez entendus ici, à l'Assemblée nationale...

M. Lacroix (Louis) : ...

M. Ouellet : Bien, le droit de manifester existe.

M. Lacroix (Louis) : Tu sais, c'est comme si on... c'est comme s'il était midi moins cinq, puis on manifestait parce qu'on veut qu'il soit midi, tu sais? Il va être midi, éventuellement.

M. Ouellet : J'entends votre question, mais je ne suis pas de la manifestation, je ne suis pas à travers les manifestants. Je pense qu'il faudrait leur poser la question : Comment se fait-il que vous êtes encore à Québec, si, dans les dernières semaines... les prochaines semaines, pardon, il n'y aura plus de mesures sanitaires plus contraignantes, il va rester le masque? Et j'ai cru comprendre que le discours a évolué aussi, donc les manifestants, en fin de semaine, vont dire : Le masque chez les enfants, c'est assez, c'est terminé. Donc, le discours évolue, là.

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que ça vous inquiète de voir que, parmi les organisateurs de la manifestation à Québec, là, il y a au moins un criminel qui est proche des Hell's Angels? On a pu lire ça ce matin.

M. Ouellet : Bien, ça nous inquiète, dans le sens où est-ce que tout le monde a le droit de manifester, mais c'est sûr que ceux et celles qui ont des parcours criminels reconnus, ça pose effectivement des questions sur la sécurité. Mais, de l'autre côté, je fais confiance aux policiers de Québec, ils vont prendre les moyens pour qu'il n'y ait pas de débordement. Et j'en appelle tout le monde à la manifestation d'être conviviaux et de respecter les règles qui sont établies ici, dans la capitale nationale.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce qu'il peut y avoir, par exemple, plus d'insatisfaction chez les citoyens de votre circonscription, sur la Côte-Nord, parce qu'il y a eu moins de COVID puis...

M. Ouellet : Non, je ne pense pas, honnêtement. Puis il y a une dame qui a écrit dans les médias, aussi, que M. Gauthier ne représentait pas nécessairement tout l'esprit de la Côte-Nord. Dans toutes les régions du Québec, je pense qu'il y a eu effectivement… il y a un essoufflement des mesures sanitaires. Je ne pense pas que c'est catégorique à la Côte-Nord. Il faut se rappeler qu'on a été aussi fermé un bon bout de temps, par rapport aux autres régions du Québec, et on l'a été parce que notre système de santé était plus fragile. Il fallait le faire pour protéger les plus vulnérables.

Mais je ne pense pas que la population du Québec doit voir, dans cette manifestation-là, une volte-face de la Côte-Nord comme étant l'endroit où que ça a été plus pire qu'ailleurs. On a fait les mesures, on a appliqué les mesures, on a dû subir, effectivement, des contraintes, comme partout ailleurs au Québec. Et donc je ne voudrais pas que les gens pensent que, parce que ça vient de la Côte-Nord, c'est la réponse totale au Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : ...est-ce qu'ils sont gênés des agissements de Rambo Gauthier, du ton qu'il emprunte, de son discours? On a vu, là, si je ne me trompe pas, c'était une lettre des préfets des MRC puis des maires de la Côte-Nord, qui ont tenu à se dissocier de tout ça, là.

M. Ouellet : Je n'ai pas entendu quelqu'un m'interpeller en disant : Je suis gêné. Je pense que les gens reconnaissent le droit de manifester. Mais l'historique de M. Gauthier existe depuis bien avant cette manifestation-là. Il traîne, dans le fond, un historique du côté de la commission Charbonneau. Est-ce que c'est notre meilleur emblème? La réponse est non. On en a d'autres, sur la Côte-Nord. Mais je n'ai personne qui est venu me voir pour me demander... pour me dire qu'il était gêné ou pas de M. Gauthier.

Mme Lévesque (Fanny) : ...M. Ouellet, là, M. Gauthier, vous nous dites, là, il a quand même représenté les travailleurs de la Côte-Nord pour la mobilité provinciale, puis tout ça. Est-ce que vous avez senti, vous, un changement de ton, depuis les dernières années, de M. Gauthier? Est-ce qu'il a encore cette espèce d'ascendant là sur les gens de la Côte-Nord, sur les travailleurs de la construction? Est-ce qu'il est aussi crédible qu'avant?

M. Ouellet : Bonne question. Je n'étais pas là, à l'époque de la commission Charbonneau, ma collègue Lorraine a eu à échanger avec M. Gauthier, à l'époque, parce qu'il était sur son territoire. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'entre la commission Charbonneau puis la pandémie, il s'est tenu bien tranquille. Et là il réapparaît dans l'espace public pour les raisons qui lui appartient. Puis je ne suis pas en mesure d'évaluer si les travailleurs de la construction sont encore satisfaits de son travail, je ne suis pas dans la section locale, du côté Duplessis, puis je n'ai pas d'input non plus du côté des travailleurs et travailleuses. Il fait son travail de...

M. Laforest (Alain) : ...

M. Ouellet : Si je suis surpris du… Bien, je ne suis pas surpris, dans le sens où est-ce qu'ils ont, effectivement, sorti dans les médias pour dire que leur position a toujours été pour la vaccination, pour protéger les réseaux de la santé, donc ils n'ont pas changé d'approche. Donc, je ne suis pas surpris, la FTQ n'a pas changé son approche qui était très préventive.

Mme Prince (Véronique) : …je change de sujet. Concernant la DPJ, est-ce que vous trouvez que le gouvernement en fait suffisamment, actuellement?

M. Ouellet : Bien, pour le moment, non. Évidemment, nous, depuis le début, on demande qu'il y ait un plan de suivi des recommandations qui soit déposé pour que ça soit plus précis. On va débuter l'étude détaillée. J'ai eu la confirmation ce matin, l'étude détaillée va commencer mardi prochain. Mais il est évident pour nous que le projet de loi n° 15 ne va pas assez loin. C'est ce que les groupes sont venus nous dire en consultations : Il faut qu'on en fasse plus pour mettre l'enfant au centre même des dispositions de la loi n° 15.

Mais il y a quand même une problématique qui a été soulevée, on manque de ressources, on manque de moyens, dans le réseau, pour porter des soins sur les enfants. Je vais vous donner juste un exemple. Si le gouvernement veut être conciliant entre il faut changer la loi puis se donner les moyens de réussir à protéger tous nos enfants au Québec... Je veux vous rappeler que les bourses Perspective ne sont pas applicables pour les étudiants en techniques de travail social, qui sont pourtant au cœur même des besoins qu'on a pour le recrutement des personnes. Donc, si le gouvernement a mis des sommes pour inciter des jeunes, des jeunes hommes et des jeunes femmes de rentrer dans des professions pour lesquelles on voit des problématiques de main-d'oeuvre, je ne comprends pas pourquoi, dans le cas du travail social, les bourses Perspective ne sont pas adressées, justement, pour aller retirer de la main-d'oeuvre, pour avoir des mains supplémentaires pour protéger nos tout-petits, donc.

M. Carabin (François) : ...amendements précis est-ce que le gouvernement pourrait apporter, que vous pourriez proposer pour modifier le projet de loi n° 15?

M. Ouellet : Je n'ai pas encore tout listé les amendements, mais je peux vous dire que, pour nous, la partie la plus fondamentale, on va le voir dans le préambule… mais que ce soit l'enfant qui soit au cœur même du système et qu'on le protège de toutes les façons possibles. C'est ce que la commission Laurent est venue dire, c'est ce que Mme Laurent est venue nous dire, c'est ce que les ex-commissaires sont venus nous dire aussi, c'est ce que M. Lebon dit dans La Presse ce matin. Donc, ça, c'est le coeur même, c'est l'essentiel. Et, autour de la table, je sens les autres députés, les formations politiques de l'opposition être parties prenantes aussi de ce changement-là. Mais c'est un courage politique de faire un pas supplémentaire, et on espère que M. Carmant le fera.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que M. Lebon a raison d'être exaspéré aujourd'hui? Est-ce que vous craignez que ce rapport là se retrouve sur une tablette?

M. Ouellet : Il ne faut pas qu'il soit mis sur les tablettes. Je pense que M. Lebon, avec 40 ans d'expérience, en a vu d'autres, des gouvernements qui ont dit : On va changer la donne, on va améliorer le système. Là, on a une chance. La loi est ouverte. Et je dis à M. Lebon : Ayez confiance aux politiciens qui sont là présentement. C'est la partie la plus difficile qu'on a à faire. C'était humain et essentiel d'avoir une minute de silence pour la fillette de Granby, c'était essentiel et humain aussi de faire une commission spéciale, de parcourir le Québec avec tous les partis d'opposition et le gouvernement pour trouver des solutions. Mais la partie la plus difficile, et c'est là que ça met en jeu les législateurs, c'est de faire le pas ou les pas nécessaires pour changer la loi pour avoir un impact sur la vie des gens.

Mme Prince (Véronique) : M. Ouellet, dans le fond, ce que vous êtes en train de faire, c'est que vous ne jetez pas la pierre à Lionel Carmant, là, vous êtes en train de demander à M. Lebon de faire confiance au législateur. Dans le fond, c'est que vous pensez que ce projet de loi là peut aller quelque part?

M. Ouellet : Il faut. Ce que M. Lebon dit… puis, tu sais, je ne sais pas s'il a été mal cité, mais, dans LaPresse, M. Lebon dit que l'étude détaillée est terminée. Or, on n'a pas commencé. Donc, pour moi, ce que je dis à M. Lebon : Moi, député de René-Lévesque, porte-parole du Parti québécois, je vais faire tout le travail nécessaire pour que ce qui a été dit dans la commission Laurent se retrouve dans la loi et que, vu que la loi est ouverte, on puisse véritablement faire un virage pour les jeunes.

M. Laforest (Alain) : L'état d'esprit du ministre, c'est quoi? Parce que vous discutez avec lui, là. Il est ouvert? Il est sur les freins? Parce que Lionel Carmant, de ce qu'on sait, il est beaucoup à la défense des enfants, là. Donc, il est dans quel état d'esprit? Est-ce qu'il y a un frein ou il n'y a pas de frein?

M. Ouellet : Je ne le vois pas, s'il y a un frein, mais, évidemment, lorsqu'on touche des lois, il y a des choses qu'on veut faire, comme politicien, puis, woups! des fois, l'appareil judiciaire, le ministère de la Justice peut nous dire : Bien, ça, c'est plus technique, c'est plus difficile, voici, si vous faites ça, on porte flanc à quoi. Donc, je pense que M. Carmant a de bonnes intentions, mais nous, on veut plus que des bonnes intentions, on veut véritablement des moyens. Et, si ça accroche, au ministère de la Justice, parce qu'on veut faire quelque chose puis la justice est moins... est plus frileuse, pardon, des modifications, bien, moi, je vais prendre mes jambes puis je vais aller rencontrer le ministre la Justice pour le sensibiliser à...

La Modératrice : Une dernière question en français.

M. Laforest (Alain) : Mme Hivon, on peut-u vous demander les freins seraient où par rapport à ça? Vous avez quand même été là, là.

Mme Hivon : Bien, écoutez, je pense que le gros défi, là, c'est qu'on soit capable d'arrêter de juste avoir peur d'avoir peur. Et la confidentialité, par exemple, est un exemple très, très, très important. On voit, là, c'est un exemple que M. Lebon donne ce matin, tu ne peux pas dire : On va s'assurer qu'il y a tout un filet de sécurité si tu ne peux même pas parler de la compromission dans le milieu scolaire pour s'assurer qu'il y a une veille qui est faite. Donc, ça, des fois, il y a des intérêts qui viennent se colmater... s'affronter, puis il faut les colmater, justement, il faut colmater ces brèches-là qui font en sorte qu'on n'est pas capable d'agir. Ça, c'est un enjeu très concret qui est extrêmement frustrant pour tout le monde qui est dans le réseau.

Même chose pour... je veux dire, c'est de passer de bonnes intentions à des plans concrets, avec des moyens concrets puis avec de l'argent. On l'a vu, pour le Curateur public, il y a une belle réforme en cours, l'argent n'est pas au rendez-vous, il y a des dérives puis il y a des gens qui sont itinérants puis qui ne sont même pas suivis. Bien là, c'est exactement le même type d'enjeux. On aura beau avoir les meilleurs principes du monde... Puis c'est ça que M. Lebon... c'est là-dessus qu'il sonne la cloche, c'est qu'il dit : Ce n'est pas…

La Modératrice : Dernière question en français.

M. Gagnon (Marc-André) : ...que l'élection partielle dans Marie-Victorin soit passée, là, avant de nous indiquer si vous serez candidate cet automne?

Mme Hivon : Ça n'a pas rapport avec l'élection de Marie-Victorin.

M. Gagnon (Marc-André) : ...

Mme Hivon : Honnêtement, je l'ai déjà dit, là, que, comme à chaque élection, je vais finaliser mon processus de décision au printemps, au début du printemps. Donc, vous allez ravoir de mes nouvelles. Juste un petit peu de patience.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Greig (Kelly) : On the protest, we're seeing… it kind of evolved in Ottawa, where it's an occupation, now. Do you think the tenure or the tone of the protest has changed? It was first against measures, against… measures. Now those are being lifted, the protest is still happening. Is it just about anger now?

M. Ouellet : In Québec City?

Mme Greig (Kelly) : Yes.

M. Ouellet :OK. Yes, of course, I think the momentum has changed, and people who are going to come in Québec City have a new issue to manifestate. So, I think what we're going to see, this weekend, it's going to be a little bit different about what we saw last two weeks. They will ask for no mask for the children, of course, the end of the sanitary law. And I'm sure that the manifestation of this weekend is going to be little bit different, not more anger, but going to be more different about what they want us to do to have a better society.

Mme Greig (Kelly) : Because we're seeing… you know, there's links to certain biker gangs, it's being called a «festival antimesures».

M. Ouellet : Yes. Woodstock de la liberté.

Mme Greig (Kelly) : Yes, exactly. And so, you know, from two weeks ago to now, when… because so much has changed, you know, we're asking you : What is there still left to protest? But do you think people just want to say... kind of give the middle finger to the Government at this point?

M. Ouellet : I think they have a little bit of that. They just anger about everything. So, it's been two years we're in this pandemic, so they will come to Québec city with their children, with their wives, with their coworkers just to say : It's enough of everything. So, they have the right to do a manifestation here, in Québec, and of course, I'm sure the Police of Québec and the mayor of Québec, they will do the right things to be sure that everything is going to be all right.

Mme Senay (Cathy) : What do you think, Mr. Ouellet, of the strategy of the mayor of Québec city that, just on time for this weekend, changed municipal rules : no cooking, no alcohol, you're not going to stay forever on the streets? Is it clever? And does that mean that the city is taking charge of it, so it's less work for provincial politicians to react, he's on charge?

M. Ouellet : Yes, of course. And the mayor of Québec takes action before the thing is going to happen, so that's the good thing. I'm sure he learns what's happening in Ottawa, so what Ottawa have not doing, city of Québec just be sure that he got and his police got her own tools to be sure that they will take the best decision, to be sure that «la capitale nationale» will not be jam-packed with the truckers.

Mme Greig (Kelly) : So, it's even a relief for you, responsible of part of the North Shore?

M. Ouellet : Relief...

Mme Senay (Cathy) : Un soulagement». Because, like, some… I mean, like, Bernard Gauthier is coming from the North Shore. Like, I mean, like, if everything goes well...

M. Ouellet : OK. You're asking me if it's a relief at the fact that the mayor of Québec uses new tools to be sure that the manifestation is going to be all right. That's you're question?

Mme Senay (Cathy) : Yes.

M. Ouellet :OK. I don't feel some pressure about this manifestation. People come to Québec city every week. Some groups came in Québec city for the measure after one year. So, we have, some days, some manifestations, everything... be all right. In that case, the mayor of Québec, with his police, with his cops, just decided... have more tools to be sure that if the movement goes far and if some angers go far, the policemen can do something to be sure that what we saw in Ottawa will not appear in Québec city.

Mme Senay (Cathy) : And that's clever? Intelligent?

M. Ouellet : Yes.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 8 h 24)

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