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Point de presse de Mme Claire Samson, députée d’Iberville

Version finale

Thursday, April 14, 2022, 14 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quatorze heures une minute)

Mme Samson : Bien, bonjour, tout le monde. Merci d'être là. Alors, comme vous le savez, là, on achève le p.l. 28. Je dis toujours 58, c'est 28, je m'excuse, c'est 28. Alors, j'ai fait mon intervention ce matin. Vous avez

été témoins hier de... Bien, j'ai été contente, hier, dans le fond, d'apprendre que M. Simon Jolin-Barrette nous écoutait pendant nos webinaires le mardi soir. Il fait ça incognito, mais il contribue à monter notre cote d'écoute, on l'apprécie. La prochaine fois, on va le saluer particulièrement, lui, de le remercier de sa présence. Je pense qu'il y a une couple de caquistes qui nous écoutent le mardi, mais M. Duhaime ne les stresse pas. Alors, c'est très bon, les sondages ne les stressent pas puis lui ne les stresse pas. Alors, on va voir comment ça va finir, j'imagine qu'ils vont appeler le vote peut-être cet après-midi pour le principe, on verra, puis on verra les prochaines étapes.

Mais je pense que ça a été très clair ce matin qu'on est contre, et les experts qui sont venus de l'Université de Laval et l'Université de Montréal, les professeurs en droit et les avocats, le Barreau, tout le monde est venu dire que ce projet de loi là était inutile. S'ils voulaient mettre fin à l'urgence sanitaire, ils n'avaient qu'à ne pas renouveler le décret hier pour la 108e fois. Alors ce qu'ils veulent, c'est maintenir les pouvoirs jusqu'après les élections pour se soustraire à toute reddition de comptes et tout examen des contrats qui ont été octroyés sans appel d'offres. Et ils pensent pouvoir nager à travers ces eaux-là jusqu'après les élections.

Alors, on va se battre, on va tout faire pour que cela n'arrive pas. Et puis je pense que je ne suis pas la seule, là, l'ensemble des oppositions a manifesté aussi son désaccord, mais on verra. Et moi, je ne vous parlerai pas du troisième lien Québec-Lévis parce que, je pense, je suis allée à Lévis une fois dans ma vie, et je ne pourrais certainement pas prétendre bien comprendre les enjeux de Québec et de Lévis, mais mon chef, M. Duhaime, a sûrement quelque chose à dire. Je lui laisse la parole.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup, Claire. Écoutez, je veux commencer un peu par ce qui s'est passé, parce que Claire a posé des questions hier et aujourd'hui au gouvernement, qui sont très pertinentes et qui... on a eu très peu de réponses, notamment sur l'implication de la firme McKinsey. Et je veux parler de la firme McKinsey, parce que, présentement, vous savez comme moi qu'est-ce qui se passe en France, on appelle même ça le «McKinsey Gate», on attribue même à ce scandale-là la raison pourquoi le président Macron connaîtrait une baisse dans les sondages.

Bien, ici aussi, il y en a eu des contrats qui ont été octroyés à cette importante firme américaine qui a son siège social au Delaware. Vous savez qu'au printemps 2020, donc il y a presque deux ans, il y a eu un contrat d'abord de 1,7 million qui a été donné pour qu'ils produisent un plan de déconfinement. Et, plus récemment, en août 2022, il y a eu un autre contrat de 5 millions de dollars du ministère de M. Fitzgibbon, du ministère de l'Économie, pour un plan de relance économique, et on dit : On a très peu de détails, tout ce qu'on sait, c'est que c'est pour des ressources et expertises variées. Je sais que les syndicats des employés, aussi, de la fonction publique, il y en a qui se sont posé beaucoup de questions pour savoir comment ça se fait que le gouvernement n'a pas cette expertise-là. Qu'est-ce que la firme McKinsey a, comme expertise, qui justifie autant de millions de dollars? Pourquoi des contrats de gré à gré, c'est-à-dire des contrats sans appel d'offres, alors qu'un plan de développement économique, là, ce n'est pas nécessairement... ça n'a pas rapport avec l'urgence sanitaire? Pourquoi on se sert de l'urgence sanitaire pour donner autant d'argent à des contrats de conseil? C'est toutes des questions qui sont pertinentes.

Puis je vous reporte en France, aussi, par rapport au scandale. Ils sont soupçonnés de faux témoignage devant le Sénat. On a appris qu'ils n'ont pas payé d'impôts en France pendant plus de 10 ans. Donc, il y a beaucoup de questions qui se posent au Québec aussi. Est-ce qu'au Québec cette firme-là paie ses impôts? Est-ce que... qui sont les consultants qui ont été embauchés dans cet exercice-là pour près de 7 millions de dollars? Est-ce que ces gens-là ont des liens politiques? Où était l'urgence de donner ces contrats-là? Pourquoi on n'a pas pu aller en appel d'offres? Pourquoi on n'avait pas des gens à l'interne? Ce sont toutes des questions qui demeurent sans réponse. Et je pense que, quand on donne des contrats sans appel d'offres, on a un devoir d'une plus grande transparence, pas de moins de transparence. Et là, ce qu'on a présentement, c'est moins de transparence. Et le gouvernement n'a pas répondu, Claire a eu beau les questionner pendant deux jours, on n'a pas eu le début du commencement d'une réponse sur ces enjeux-là.

Cela étant dit, je veux aussi profiter de mon passage devant vous aujourd'hui, évidemment, pour commenter la nouvelle du jour à l'effet que le gouvernement change son troisième lien entre Québec et Lévis. C'est maintenant... ils appellent ça un bitube, à 6,5 milliards de dollars. Aujourd'hui, la vraie nouvelle, en fait, c'est qu'ils vont retarder encore plus le projet, c'est encore plus loin, ça va être encore... on ne pourra pas rouler dans ce bitube, s'il est construit, effectivement, un jour, avant encore 10 ans. Ça commence à ressembler... ce n'est plus un bitube. Moi, j'appellerais ça un bidule, parce qu'on a l'impression que c'est une espèce de hochet en vue de la campagne électorale pour que la Coalition avenir Québec renie un autre de ses engagements.

Je trouve ça odieux qu'aujourd'hui c'est le plus important investissement annoncé par ce gouvernement-là, et le premier ministre du Québec, François Legault, n'a même pas daigné être présent. Ça en dit long sur l'engagement du gouvernement là-dedans. Est-ce que c'est parce que M. Legault sait qu'on est en train, encore une fois, de mentir aux Québécois et qu'il ne veut pas porter l'odieux puis il ne veut pas avoir des citations pour la grande annonce, pour qu'on puisse lui remettre sur le nez dans quelques mois? La question se pose.

Mais ce qui est encore plus troublant là-dedans, c'est de voir comment le caucus de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches de la CAQ subit encore une autre défaite. Après ce qu'on a vu sur le projet de tramway il y a quelques semaines, maintenant, c'est sur le projet de troisième lien que les députés de Québec se sont encore... ont encore perdu devant leurs collègues au caucus et devant la pression qui vient de Montréal. Donc, c'est quand même bizarre, il y a toujours cette pression-là qui existe. Et malheureusement, les gens de Québec, qui étaient historiquement le château fort de la CAQ, je vous le rappelle, aujourd'hui, c'est les enfants pauvres. Hein, la Rive-Sud de Québec, c'est que Chaudière-Appalaches c'était quand même la région la plus caquiste au Québec, là. Au moment où on se parle, ils n'ont même pas un ministre. Ces gens-là n'ont plus de poids politique. Le vote pour la CAQ, il est tenu pour acquis par François Legault et il ne s'occupe pas de ces gens-là. Il nous présente un projet, encore une fois, de tunnel, qu'on a l'impression que c'est encore une fois écrit sur un bout de napkin. On se demande où ça s'en va, pourquoi, tout d'un coup, ça a changé, et les explications du ministre aujourd'hui étaient très peu convaincantes. Donc, c'est un jour triste pour la grande région de Québec, c'est un jour noir.

Nous autres, vous savez que le projet que le Parti conservateur du Québec propose, ce n'est pas compliqué, hein, c'est le projet d'origine, le projet qui est réclamé depuis des décennies dans la Capitale-Nationale puis en Chaudière-Appalaches. C'est un troisième lien à l'est, c'est un pont. On n'arrête pas de dire que la région de Québec, là, notre système autoroutier, c'est une espèce de fer à cheval. Nous, on veut boucler les deux bouts. On ne veut pas faire un logo du Canadien, là, en mettant encore plus... deux tunnels dans le milieu. Donc… puis il n'y a pas de raison logique de faire ça de centre-ville à centre-ville selon nous. Le but, c'est justement d'éviter le centre-ville et de contourner le centre-ville, notamment pour le port de Québec, pour pouvoir amener, justement, les gens, là, qui arrivent de l'est ou qui arrivent du nord pour pouvoir contourner le centre-ville et s'en aller plus facilement sur la 20.

Et ce n'est pas ça du tout, encore une fois, le projet qui nous est proposé. Un pont, ça serait plus rapide dans la construction, moins cher en frais de construction. Ça nous apparaît une option beaucoup plus raisonnable, beaucoup plus réaliste, dont les possibilités que ça se fasse vraiment seraient beaucoup plus grandes.

Et je veux finir en disant qu'aujourd'hui j'ai hâte d'entendre Éric Caire. J'aimerais ça savoir ce qu'un ministre comme lui, qui nous avait dit qu'il allait démissionner si la construction n'était pas commencée, je veux juste lui dire qu'on est à moins de six mois de l'élection, on est à moins de cinq mois du déclenchement de la campagne électorale, et il nous avait dit que la construction serait commencée, puis ils sont encore en train de refaire les plans, puis ils recommencent à zéro à partir d'aujourd'hui. Donc, je ne sais pas si M. Caire va tenir une conférence de presse un peu plus tard aujourd'hui pour annoncer sa démission. Mais s'il était digne, je pense que c'est ce qu'il ferait. Sur ce, je vais répondre à vos questions si vous en avez.

Mme Prince (Véronique) : Je comprends le point de dire que vous, vous êtes plus en faveur, là, d'un pont, vous dites : Plus en faveur que ce soit à l'est et tout ça, là, mais le gouvernement, il a fait son nid puis il veut que ça soit à cet endroit-là. Donc, sachant ça, est-ce que c'est quand même meilleur pour vous cette version-ci que l'ancienne ou ça s'équivaut, là?

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, est-ce que deux tunnels valent mieux qu'un? Ça, je vous laisse répondre à cette question-là. Moi, ce que je vois, c'est que la lumière au bout du tunnel est de plus en plus loin. Parce que ce qu'on voit, c'est qu'on a encore une année qui est reportée. Et ça, pour les automobilistes de la région de Québec, c'est une très mauvaise nouvelle. Puis on voit un gouvernement qui n'y tient pas vraiment, on voit un caucus de la Capitale-Nationale qui est absent. C'est un peu déplorable. Puis je vous rappelle aussi qu'initialement c'était... la CAQ aussi parlait d'un pont à l'est, là. Ce n'est pas nous qui avons inventé ça. Ça a toujours été le projet qui était en cause. On croyait qu'ils avaient fait une espèce de compromis avec le maire Labeaume de centre-ville à centre-ville, parce qu'ils avaient peur que le maire Labeaume soit contre leur projet, puis c'était une espèce de compromis pour avoir l'approbation du maire. Mais là le maire Labeaume n'est pas là, puis le mauvais projet est encore sur la table, malheureusement.

Mme Prince (Véronique) : Mais c'est beaucoup moins cher que la version originale. C'est juste qu'en même temps on ne connaît pas les dépassements de coûts, on n'a pas de détails.

M. Duhaime (Éric) : On ne connaît pas les dépassements de coûts puis on sait une chose, là, on sait que ça va être beaucoup plus cher qu'un pont. On sait que l'incertitude, les risques d'explosion des coûts sont beaucoup plus élevés quand vous construisez sous l'eau que quand vous construisez sur l'eau. Ça, tous les ingénieurs vont vous confirmer ça. Donc, il n'y a pas... C'est un tunnel, mais avec pas de lumière au bout du tunnel, c'est ça, malheureusement. C'est ça, là où la CAQ veut nous enfoncer.

Mme Prince (Véronique) : Concernant les voies réservées qu'on mettrait seulement aux heures de pointe, ça, qu'est-ce que vous pensez de ce concept-là?

M. Duhaime (Éric) : Bien, ça, je ne suis pas nécessairement contre, là, si... Mais ce n'était pas très bien expliqué, ça, aujourd'hui, là, on n'a pas eu beaucoup de détails à ce niveau-là et on va voir quels sont les autres détails, mais ce n'est pas nécessairement une mauvaise idée, là, de partager les voies.

Une voix : Moi, ça me va.

Mme Senay (Cathy) : In English, we call this a twin-tube tunnel.

M. Duhaime (Éric) : Twin-tube tunnel. Wow!

Mme Senay (Cathy) : I mean, do you have the impression that this is the last version of the tunnel that we'll see, that you'll see?

M. Duhaime (Éric) : It's a tunnel with no light at the end, that's for sure. That's the only thing we know for now. I don't believe in the tunnel, honestly. I do believe that this is just for the electoral campaign that is coming up in a few months, and the CAQ is trying to backtrack. They're putting up a new project, it's not really serious. They had four years to present something sustainable for Quebeckers and they haven't done it. And, on the eve of the election, they scrap all the plans they had and they start from scratch all over again. It's not really serious.

Mme Senay (Cathy) : But will this allow them to make gains?

M. Duhaime (Éric) : I don't think so. It's just that they don't want to lose face completely, like they did in the tramway, for example. So, they want to make sure that they have something to say during the electoral campaign, but obviously we… everybody knows that we're not going to be in a tunnel in 10 years.

Mme Senay (Cathy) : You are in favor of cars, I mean, like, to follow the habits of Quebeckers, as it is right now, like Lévis, Québec City, even though that may expand urban sprawl. Do you have the impression that the Legault Government should have gone with a bridge…

M. Duhaime (Éric) : Yes, I do believe that we needed a bridge, but I'm not against or in favor of cars. I'm just in favor of services that pleases the population. We have an increase of transfer between the two shores, we need a bridge. It's not something new, we needed it for decades. We've been talking about it forever, and all sorts of politicians of all stripes have been promising it. And so, we need it more than ever. We know that the «pont de Québec» is very old. We know that Pierre-Laporte is jammed. So, we need an alternative. And we don't believe that waiting for 10 years for a tunnel that might not even be there is the solution, especially not downtown to downtown. We need something on the east part of the region, and that's what we're proposing, as Conservatives.

Mme Senay (Cathy) : But, just to clarify, if a bridge is cheaper, faster to build, what's the strategy of the Legault Government?

M. Duhaime (Éric) : You should ask them the question because, for me, it makes no sense. So, I think that that's their problem right now. They're trying to… they're digging themselves into a tunnel that is leading nowhere.

Mme Senay (Cathy) : …$6,5 billion, estimated cost, instead of being, like, between $7 billion and $10 billion, estimated cost.

M. Duhaime (Éric) : For the old tunnel, but the bridge… like in Montréal, it's, what, $4 billion that it cost for the new Champlain bridge? Which is a big bridge, actually, so you know… and larger than what we're looking for in Québec City. So, we do believe that we could do it for a fraction of the price and it would be much more practical for all car drivers in the Québec City region.

Mme Senay (Cathy) : Parfait. Merci beaucoup.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup. Bonne fin de journée, tout le monde. Au revoir.

(Fin à 14 h 14 )

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