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Point de presse de Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de transition verte, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition responsable de la région de la Capitale-Nationale

Version finale

Thursday, April 14, 2022, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-huit minutes)

Mme Massé : Alors, bonjour, tout le monde. Ce matin, je viens vous parler du ministre Dufour, hein, vous n'êtes pas surpris. Cher ministre de l'Inaction. Quand il est peinturé dans le coin, quand son inaction le mène à être peinturé dans le coin, qu'est-ce qu'il fait? Il pointe du doigt, c'est les autres, c'est la faute des Innus.

On va mettre sur pied une commission spéciale, hein, cette fameuse commission qui, dans le fond, est un geste dilatoire, là. La réalité que vivent les caribous, peu importe la harde, on la connaît depuis très longtemps. Alors, ça fait partie des responsabilités d'un gouvernement que de protéger son territoire, ça fait partie de la responsabilité d'un gouvernement que de protéger des espèces, et, dans ce cas-là, c'est clair, M. Dufour a complètement échoué, là, complètement échoué. Mettre sur pied un comité qui va donner des résultats, éventuellement, sur des conclusions qu'on sait déjà, je ne le sais pas comment appeler ça autrement que des mesures dilatoires.

En mai 2019, en mai 2019, ma collègue de Rouyn-Noranda-Témiscamingue avait déjà débusqué l'attitude de M. Dufour. Elle avait déjà demandé l'abolition de ce ministère pour que les chats soient avec les chats, c'est-à-dire que la foresterie, les forêts soient aux Ressources naturelles, puisque c'est comme ça qu'ils sont considérés et traités, et que l'Environnement ait la dimension faune et parcs. Aujourd'hui, ça me paraît de plus en plus évident, là, il est temps de mettre ce ministre-là... ce ministère-là, pardon, en ordre.

Et bien sûr que, pour ce qui est des caribous, nous avons les solutions, nous les connaissons, et ça s'appelle notamment des aires protégées. Il y a un projet, sur le réservoir de la Pipmuacan, qui, on le sait, créerait les corridors pour protéger la harde qui reste. Même si elle est de plus en plus en mauvais état, elle n'est encore pas juste protégeable, mais possibilité de la régénérer, et je peux vous garantir qu'un gouvernement solidaire, bien, protégerait et le territoire et les espèces qui l'habitent.

M. Zanetti : Bon, moi, ce matin, j'ai pris connaissance des premiers détails du nouveau projet caquiste de tunnel Québec-Lévis, le bitube. Je suis rendu à un niveau d'exaspération extrêmement élevé, là, je n'en reviens pas. La CAQ s'obstine avec un projet qui est ridicule, qui est néfaste, qui est absurde, et qui ne livrera pas la marchandise pour enlever la congestion entre les deux rives, et qui ne répondra pas aux besoins des prochaines décennies puis aux besoins de l'évolution de la croissance de la ville de Québec et de Lévis.

C'est carrément, là... puis ça a été avoué hier dans les médias, justement, par le député de Chauveau lui-même, Sylvain Lévesque, c'est carrément un mirage électoraliste pour essayer de freiner l'effritement de la droite de l'électorat caquiste. Et ça ne marchera pas. Des tubes, là, des autoroutes sous-fluviales, ou même par-dessus le fleuve, ou même en plein milieu, peu importe, des autoroutes pour amener plus de voitures d'une rive à l'autre, là, ça va faire de l'étalement urbain, ça va plomber le bilan de GES du Québec. Ça va être néfaste pour l'environnement et ça va amener la même congestion qu'on connaît quelques années plus tard. C'est ce qui se passe chaque fois.

La solution, c'est le transport collectif, c'est de faire en sorte qu'on puisse se demander comment transporter le plus rapidement et confortablement le plus d'humains possible au lieu de se demander comment qu'on peut transporter des chars. Je vais vous montrer un graphique que j'ai déjà montré, là, plusieurs fois. Qu'est-ce qui cause la congestion? Ce sont les voitures qui causent la congestion. Ce dont on a besoin, c'est du transport collectif, c'est comme ça qu'on va être capables de transporter le plus de monde possible en le moins de temps possible, freiner l'étalement urbain, améliorer le bilan de GES du Québec à l'heure des changements climatiques.

Alors, je vais, évidemment, regarder les prochains détails qui vont être dévoilés plus tard aujourd'hui, mais ce projet-là, là, la CAQ s'obstine, puis ils nous représentent quelque chose qui a les mêmes défauts que tous les projets précédents, qui ne perd rien en ridicule et qui va être tout aussi néfaste et problématique pour la région de la Capitale-Nationale.

M. Duval (Alexandre) : Il semble qu'il n'y aura plus de voie entièrement réservée aux autobus électriques dans ces tunnels-là. Or, le provincial dit, depuis le début, qu'il veut aller chercher du financement fédéral pour un projet de transport en commun. Pensez-vous que l'option du financement fédéral est morte et enterrée avec ce qui va nous être présenté aujourd'hui?

M. Zanetti : Moi, j'ai toujours pensé qu'elle allait être très difficile depuis le départ, là, en fait, là. Quand on voit c'est quoi, une voie réservée, pour la CAQ, là, c'est une voie sur laquelle peuvent aller les voitures électriques, c'est une voie sur laquelle peuvent aller, souvent, les voitures à l'extérieur des heures de pointe, etc. Ça fait que tout son projet d'élargissement d'autoroutes avec le REC, là, c'est un projet d'élargissement d'autoroutes, ce n'est pas des voies réservées, puis ce n'est pas du transport collectif, puis ce n'est pas de la desserte intelligente des banlieues. C'est un projet d'étalement urbain et d'augmentation du bilan de GES.

Mais, pour revenir à votre question, c'est parce que c'est là que vous voyez, là, c'est quoi, les priorités de la CAQ. Il y a un projet qui est néfaste pour l'environnement, ils essaient de réduire les coûts, ils ne réussissent pas bien, bien. Puis comment ils le font? Bien, en sacrifiant la seule affaire qui pourrait avoir le quart du millième d'une fraction de bon sens, c'est-à-dire le transport collectif.

M. Laforest (Alain) : Mme Massé, hier, le Dr Boileau n'a pas voulu amener de nouvelles mesures, là, entre autres, prolonger le masque. Ce matin, il laissait entendre qu'on pourrait le prolonger de deux semaines. Est-ce que vous trouvez que l'État a baissé les bras pour... puis s'est mis en mode électoral, comme le disait votre collègue, là, plutôt que de faire de la prévention, a décidé de laisser ça uniquement dans les mains de la Santé publique?

Mme Massé : Bien, c'est sûr qu'on veut que la Santé publique joue son rôle. Un des enjeux, c'est que le dernier budget ne nous a pas rassurés sur la volonté de la CAQ de financer à la hauteur des besoins la Santé publique, malgré la pandémie. Alors, ça, c'est inquiétant. Puis, honnêtement, c'est inquiétant, moi aussi, je me pose la question : Où c'est qu'il est, le premier ministre, alors que nos hôpitaux sont en train de revivre des situations difficiles? Le réseau de la santé est profondément ébranlé. Où est-il pour encourager la population du Québec, à dire : Ne baissez pas les bras? Bien, moi, mon sentiment, c'est que... ça me donne le sentiment que lui a baissé les bras.

Alors, on a proposé, à Québec solidaire... Vous savez, la vaccination, c'est un des outils qu'on a. Il faut continuer, il faut continuer à se faire vacciner. Ça nous protège, ça nous protège nous, ça protège les autres. Le port du masque, écoutez, c'est un des moyens. D'ailleurs, la Dre Drouin nous le disait aujourd'hui, c'est un des moyens qui peut prévenir... aide à prévenir, pardon, la COVID, mais pas juste la COVID, aussi les autres virus, l'influenza, etc. Alors, moi, je pense qu'il faut que ce gouvernement-là se remette en mode de dire et de faire que les Québécois et Québécoises vont être capables de vivre avec le virus. Parce que dans les faits, actuellement, ce que je vois, c'est... il dit : Il faut apprendre à vivre avec le virus, mais il fait comme s'il n'existait plus. Ça, ce n'est pas une bonne attitude.

M. Laforest (Alain) : ...il fait ça parce que ce n'est pas payant politiquement, actuellement?

Mme Massé : Bien, écoutez, vous leur poserez la question. Mais je trouve ça assez, disons, ordinaire de voir que, pendant deux ans, il gère à coups de décrets, il est dans les médias, pendant longtemps, à chaque jour, après ça, à chaque semaine, et puis là, quand la grogne commence à s'exprimer, là, tout d'un coup, il diminue, alors que nous, on continue de faire des propositions pour qu'il y ait plus de vaccination. Vous vous rappelez, on n'a pas arrêté de suggérer qu'il est essentiel de rejoindre les personnes les plus vulnérables, alors, avec, entre autres, nos escouades... pas nos escouades, nos...

Une voix : Brigades.

Mme Massé : Pardon?

Une voix : Brigades.

Mme Massé : Nos brigades, voilà — je savais que ce n'était pas un mot militaire — nos brigades qui allaient vers les gens, etc. Ça fait que je pense c'est le genre d'affaires... L'aération dans les écoles, ce n'est même pas réglé. Ça fait que je pense que ce gouvernement-là semble avoir baissé les bras.

M. Duval (Alexandre) : Est-ce que ce n'est pas un signe, quand même, que M. Legault écoute les critiques qui lui disent qu'il est allé trop loin, qu'il a mis en place trop de mesures? Est-ce que ce n'est pas aussi le travail d'un premier ministre d'écouter les critiques qui lui sont faites?

Mme Massé : Écoutez, en matière de virus, là, c'est les experts qu'il faut écouter. Et moi, quand je vois que la CAQ n'a pas refinancé à la hauteur de ce que nous a appris... pardon, n'a pas refinancé la Santé publique à la hauteur de ce que nous a appris la pandémie, ça me pose des questions. C'est la Santé publique qui peut nous dire c'est-u trop, c'est-u pas assez. Bien, il faut leur donner les moyens.

M. Laforest (Alain) : Le Dr Boileau s'est dit satisfait, là, on a ajouté 100 millions dans le budget de la Santé publique, là.

Mme Massé : Combien on en a coupé dans les cinq dernières années? Santé publique, sur un territoire grand comme le Québec, là, ça nécessite les moyens, et, qui plus est, dans des moments comme celui qu'on vit depuis deux ans, je pense que ça en nécessitait plus.

Mme Lévesque (Fanny) : Sur les caribous, est-ce que vous estimez... Précisément, sur les propos visant les Innus, est-ce que M. Dufour jette de l'huile sur le feu sur une relation qui est déjà fragile?

Mme Massé : Écoutez, ce gouvernement-là se targue à chaque semaine, presque, qu'il considère les Premières Nations comme des peuples capables de savoir ce qui est bon pour eux autres et donc qu'il négocie de nation à nation. Quand je vois un ministre qui, lorsque, par son inaction, crée la situation dans laquelle on est présentement… se mettre à pointer les Innus, notamment, quel geste irresponsable!

Vous savez, je me rappelle très bien, moi, de la harde à Val-d'Or. Dans ce temps-là, c'étaient les libéraux, mais c'était la même chanson, exactement la même chanson. À un moment donné, il faut que ce ministère-là soit aboli, et ce qui relève de la protection aille au ministère de l'Environnement, et ce qui relève des Ressources naturelles aille au ministère des Ressources naturelles.

M. Lachance (Nicolas) : On apprend ce matin que les classes pour les lab-écoles, les coûts ont grimpé à 2,3 millions par classe. Pour Québec solidaire, est-ce que l'argent va à la bonne place en éducation?

Mme Massé : Avoir des écoles qui se tiennent debout quand, par exemple, à Montréal, neuf écoles sur 10 tombent en ruine ou presque, quand, à travers le Québec, six écoles sur 10 tombent en ruine... Je me demande si les priorités sont à la bonne place. Pour nous, à Québec solidaire, le réinvestissement, bien sûr, dans les écoles, dans les systèmes de ventilation dans les écoles, c'est fondamental. Les lab-écoles, je pense que c'était une autre belle affaire électorale, là.

M. Bossé (Olivier) : M. Zanetti, il y en a un, lab-école, là, qui va ouvrir, il doit être content d'en avoir une dans sa circonscription?

M. Zanetti : Bien, tout le monde est content d'avoir un lab-école chez soi, là, surtout quand ce lab-école-là, il est presque fini de construire, là. Évidemment que la solution ce n'est pas d'arrêter la construction puis d'arrêter tout le monde. Je pense que ce que subissent les lab-écoles, c'est quelque chose que subissent d'autres secteurs, aussi, de la construction, là, c'est l'inflation puis la pénurie de main-d'oeuvre, etc. Maintenant, là, ça, c'est un... dans un monde idéal, on financerait toutes les écoles du Québec pour être capable d'avoir des belles écoles partout. Puis nous, c'est ce qu'on propose à Québec solidaire.

M. Laforest (Alain) : Est-ce qu'on aurait dû prendre l'argent de cette école-là puis la mettre pour réparer des gymnases, des toits puis...

M. Zanetti : Ça fait longtemps qu'on sous-finance l'éducation...

M. Laforest (Alain) : ...

M. Zanetti : Je comprends, mais je réponds à votre question. La solution, ce n'est pas : Ah! il y a 10 ans, on aurait dû déshabiller Paul pour habiller Jacques ou mettre deux manteaux à Paul puis laisser Jacques pas de manteau. La solution, c'est de donner un manteau à tout le monde puis d'avoir... parce que le Québec a les ressources pour faire ça.

M. Laforest (Alain) : ...

M. Zanetti : Bien, écoutez, ça, on a, à Québec solidaire, bien des solutions pour amener des nouveaux revenus à l'État.

M. Laforest (Alain) : ...on coupe où, là, pour...

M. Zanetti : On n'est pas obligé de couper pour financer l'éducation, c'est ce que Québec solidaire propose. Puis on va être en année électorale bientôt, on va présenter un cadre budgétaire, toutes les nouvelles propositions de Québec solidaire vont être dévoilées à ce moment-là. Mais, pour nous, notre vision globale, pour répondre très concrètement à votre question, c'est : on augmente les revenus de l'État pour être capable de répondre aux besoins des gens.

M. Lachance (Nicolas) : M. Zanetti, comme souverainiste, est-ce que le Québec s'est fait voler le Labrador?

M. Zanetti : Ça, c'est une question surprenante.

M. Lachance (Nicolas) : Elle est dans l'actualité présentement.

M. Zanetti : Écoutez, la décision du Conseil privé, je ne me souviens pas précisément l'année, mais c'est une décision qui est antidémocratique. Et puis voilà ce que j'en pense.

M. Carabin (François) : Mme Massé, est-ce que... Vous aviez quelque chose à dire là-dessus?

Mme Massé : Non.

M. Carabin (François) : O.K. Bien, est-ce que votre formation politique veut appuyer l'amendement déposé hier par les libéraux au p.l. n° 96?

Mme Massé : Écoutez...

Une voix : ...

Mme Massé : Oui, je le sais, je le sais. Écoutez, je pense que oui, mais je pense je vais vous référer à Ruba, là-dessus, parce que j'étais sur d'autres projets de loi, hier, alors je n'ai pas le fin détail de ça, là. Ça fait que j'aimerais mieux vous référer à Ruba. Merci.

Mme Senay (Cathy) : I would like to ask you, Mr. Zanetti, a few questions about this tunnel project or these tunnels project, I don't know which name we should give to this project anymore.

M. Zanetti : Bitube. I don't know.

Mme Senay (Cathy) : OK. Yes. Do you have the impression this is the last version you'll see of that project?

M. Zanetti : I don't think this is the last version, I don't think that... I think there will be many other versions of that project. And as long as the CAQ will need to bring a new version of the project to use it to get some people elected, they will do it. I think that it's not a serious project, it doesn't get anymore serious than the first version. And it will never be acceptable, never be acceptable, never be good for the environment, it will never be good for both Québec City and Lévis.

Mme Senay (Cathy) : Why Quebeckers across the province should be warned about this project right now?

M. Zanetti : This will cost billions of dollars, of public dollars, and it will affect directly our «bilan GES»…

Mme Massé : Greenhouse…

M. Zanetti : ...greenhouse gases emissions for the whole Québec and for the whole planet. So, we have to stop developing our cities like we did in the 50s, this has to stop. It has to be built on other means of transportation than only automobiles, it has to be built with vision of a way to public transport.

M. Grillo (Matthew) : I'd like to hear you on the motion yesterday about the public inquiry for the Herron facility. I mean, do you have a... you know, do you believe that the CAQ is going to want a public inquiry on what happened in Herron?

M. Zanetti : I think it's inevitable, as was inevitable the inquiry on the industry of construction a few years ago in Québec. The Opposition asked for it, the public asked for it, and at the beginning, the Liberal Government refused, and then they had to do something because it was unbearable, it was an unbearable position. So, I think it will do the same thing, I think there will be a public inquiry.

I think they're trying to gain some time, they're trying to delay that after the elections, because, of course, they don't want to be publicly criticized six months before the elections. And that is really... that's a shame because we have to learn the lessons of the pandemic and its gestion right now, because, first, it's not over, and other things could happen, and we have to be ready. We cannot afford to lose half-a-year or a year because there is a government that doesn't want to be publicly exposed.

La Modératrice : C'est beau. Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 16)

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