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Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille

Version finale

Wednesday, May 11, 2022, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-six minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti Québécois. Ce matin, Mme Véronique Hivon, notre porte-parole en matière d'éducation et de famille, sera suivie du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. La parole est à vous.

Mme Hivon : Oui. Bonjour, tout le monde. Alors, hier, on vous a parlé, évidemment, de la crise dans le milieu du camionnage avec la hausse du carburant. Il y a une autre crise très importante dans le milieu du transport et qui touche littéralement des milliers de familles et surtout de petits Québécois et de petites Québécoises, c'est la crise dans le transport scolaire.

Juste pour vous donner une idée, dans mon centre de services scolaire, commission scolaire... Centre de services scolaire, pardon, des Samares dans Lanaudière, depuis septembre, depuis la rentrée, il y a entre 2 000 et 3 000 parcours... jours parcours scolaires qui ont été annulés faute de chauffeurs, faute de personnel pour pouvoir aller chercher les enfants le matin. Encore aujourd'hui, j'ai fait sortir la liste, treize parcours d'autobus n'ont pas lieu, juste dans mon centre de services scolaire. Et ça, il y a des gens, là, qui ont été un mois sans avoir de transport. Ça veut dire des enfants qui ne vont pas à l'école, parce qu'il peut y avoir des grandes distances, des parents qui manquent le travail. Pourtant, c'est un service qui est prévu à la Loi sur l'instruction publique. Vous savez comme moi que, quand vous êtes dans le périmètre, vous avez droit à ce service-là. Or, on n'en est pas du tout là. Cette crise-là repose évidemment sur une pénurie de main-d'oeuvre qui est extrêmement grave, et aussi sur des enveloppes consenties aux centres de services scolaires par le ministère de l'Éducation qui sont nettement insuffisantes dans le contexte actuel.

Alors, aujourd'hui, on a trois demandes pour le gouvernement, surtout pour que les familles et les enfants puissent arrêter d'être pénalisés. Premièrement, c'est d'augmenter les primes nettement insuffisantes qui ont été consenties aux chauffeurs d'autobus. Deuxièmement, c'est d'augmenter les enveloppes globales qui sont octroyées aux centres de services scolaires pour la prochaine négociation qui s'amorce pour la rentrée prochaine. Il y a des hausses qui sont demandées, de l'ordre de 30 %, avec les impacts, évidemment, de la pénurie de la main-d'œuvre et de la hausse du carburant. Donc, il va falloir que l'argent soit au rendez-vous. Et, dans l'intervalle, on demande de toute urgence que le gouvernement compense les familles qui n'ont pas eu droit à ce service au cours de la dernière année, qu'il y ait une compensation financière qui soit octroyée pour qu'ils puissent s'organiser autrement. Sur ce, je vais céder la parole à mon chef, Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci beaucoup, Véronique. Bonjour à tous. Sur le chemin Roxham, donc, vous vous souvenez, hier, on a demandé la fermeture du chemin Roxham. Aujourd'hui, nous allons déposer la même motion qu'on a déposée il y a cinq ans environ, à savoir qu'on demande la suspension de l'entente sur les pays tiers sûrs, qui mènera évidemment à la fin du chemin Roxham.

Donc, quand j'entends Québec solidaire nous faire des cours sur ce qui est simpliste et ce qui ne l'est pas, j'aimerais rappeler que ça fait cinq, six ans que, régulièrement, nous demandons la suspension de cette entente-là. Et dire «fermer Roxham» ou «modifier, suspendre l'entente des tiers pays sûrs», c'est la même chose, parce qu'une fois qu'on modifie l'entente, ce que ça permet, c'est qu'il n'y ait pas un seul chemin au Canada pour les demandeurs d'asile, mais que tous les postes frontaliers puissent devenir un endroit où on peut faire cette demande-là.

Et évidemment que ça soulève des questions sur l'intention réelle du gouvernement du Canada dans ce dossier-là, mais également l'intention réelle de la CAQ. Et là laissez-moi vous parler de ce qui est vraiment de l'hypocrisie pure, aujourd'hui, du ministre Boulet, qui va aller sur toutes les tribunes puis qui va dire : On est choqués, c'est inacceptable. Puis là ça va être des grands mots puis beaucoup, beaucoup d'images. Comment expliquer qu'en même temps qu'on dise que c'est inacceptable, on passe un bail sur 10 ans pour institutionnaliser, à même le budget du gouvernement du Québec, la manière, les passages illégaux à Roxham? C'est ça qu'on est en train de faire.

D'une part, on tient le discours que c'est inacceptable puis qu'on veut vraiment fermer Roxham. En même temps, on passe un bail sur 10 ans, qui nous donne la véritable couleur de la CAQ, c'est-à-dire un gouvernement qui ne s'en occupe pas, de ce dossier-là, depuis 2018. Vous compterez le nombre d'interventions du Parti québécois sur le chemin Roxham. Ils ne s'en sont pas occupés. Et non seulement ils ne s'en occupent pas, mais ils essaient de nous faire croire qu'ils font quelque chose, alors que, dans les faits, ils acceptent cette manière de procéder en dépensant 50 millions sur 10 ans, ce qui veut dire qu'ils se sont couchés par terre. Ils ont déjà accepté que cette manière de fonctionner va perdurer pour les 10 prochaines années. Donc, c'est un gouvernement, la CAQ, qui parle des deux côtés de la bouche.

Ce n'est pas sans rappeler le même ministre Boulet qui dit : Il faudrait que l'immigration soit plus francophone. Mais vous étiez où depuis quatre ans? Quel est votre bilan, alors qu'on vous répète ces points-là pendant quatre ans? Ou Mme LeBel qui dit : On met notre poing par terre, on n'a pas besoin du fédéral puis on va décider par nous-mêmes, suite au refus du fédéral d'appliquer la loi 101 aux entreprises à charte fédérale. Tout ça, c'est de la poudre aux yeux pour masquer tous les revers de la CAQ avec le fédéral et masquer l'incompétence de la CAQ dans chacun de ces dossiers-là, parce que, sur quatre ans, leur bilan ce n'est rien. Ils n'ont rien fait.

Et donc, aujourd'hui, on dépose une motion, mais c'est la même qu'il y a cinq ans. Ça démontre quatre ans d'incompétence et de double discours de la part de la CAQ sur ces enjeux-là.

La Modératrice : On va prendre les questions. Une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, les migrants, selon vous, ce n'est pas au gouvernement du Québec de payer pour les loger?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est-à-dire que, si le gouvernement du Québec est sérieux dans sa démarche auprès du fédéral pour faire fermer Roxham, si on devait croire tout ce que la CAQ nous dit, jamais le gouvernement ne signerait une entente sur 10 ans. À la limite, là, signer une entente pour cet été, on se dit : Bon, le gouvernement du Québec s'adapte, là. Le gouvernement se commet sur 10 ans. Ça, ça nous donne l'heure juste. Ce qui nous donne l'heure juste également, c'est où étaient les ministres...

M. Gagnon (Marc-André) : Il ne faut pas prévoir d'endroit où les...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, sur 10 ans, c'est parce qu'on consent, à ce moment-là, à l'institutionnalisation du fonctionnement de passages illégaux.

M. Gagnon (Marc-André) : ...chemin Roxham ou qu'ils passent par les postes frontaliers, il va falloir les mettre quelque part, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est-à-dire qu'il y a plusieurs provinces canadiennes. Puis la journée où est-ce qu'on ferme Roxham et on modifie l'entente des tiers pays sûrs, les passages ne se feront pas au Québec seulement. Le gouvernement se commet sur 10 ans, 50 millions de dollars. Ça veut dire que le gouvernement du Québec, peu importe ce qu'il vous dit officiellement, a déjà entériné l'approche de Justin Trudeau, à savoir qu'on va continuer à favoriser les passages illégaux à 95 % sur le territoire du Québec. C'est un double discours. C'est de l'hypocrisie. Et nous, on veut... on vous rappelle que ça fait cinq ans qu'on propose, puis on sait c'est quoi, la solution, mais la CAQ ne met pas ses culottes, ne fait pas son travail, comme dans plein d'autres dossiers. Et j'aimerais savoir, d'ailleurs, quel fut le moment où le ministre Boulet s'est saisi de la question du chemin Roxham, parce qu'il est ouvert... après la pandémie, là, il a réouvert à peu près en novembre. C'est bien beau, là, de sortir ce matin puis dire : Aïe! là, on va s'en occuper. Où étiez-vous? Ça fait depuis novembre. Quel est l'état des discussions avec Justin Trudeau? J'ai écrit personnellement au premier ministre en lui disant : Justin Trudeau a haussé de 80 % les seuils d'immigration au Canada. Puis j'ai demandé tout simplement à François Legault : Vous a-t-on consulté? Avez-vous consenti à ça? Même question : Avez-vous parlé au gouvernement fédéral sur la situation dans Roxham? S'ils dorment au gaz depuis des années et des années, depuis 2018, ce n'est pas vrai que tout ce qu'ils vont faire à la fin c'est dire : Ah! on se choque un peu, alors qu'en dessous ils signent un contrat de 10 ans qui démontre qu'en fait ils ont consenti à ce système qui n'a pas de sens, qui est chaotique.

M. Carabin (François) : On anticipe que le Québec va peut-être recevoir 35 000 demandeurs d'asile au chemin Roxham cette année. À quel point, selon vous, est-ce que le Québec a dépassé sa capacité d'accueil?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il l'a dépassée depuis un bout. Mais c'est surtout la manière désorganisée et chaotique qu'on impose au Québec qui est problématique. Qu'il y ait des demandes d'asile, évidemment, puis il y a un système pour traiter ces demandes-là. Qu'on encourage les passages illégaux seulement au Québec et que ça atteigne des dizaines et des dizaines de milliers d'entrées par année, c'est de faire porter au Québec un fardeau administratif, une incapacité à gérer et prévoir qui n'a aucune logique, aucun sens. Où est la CAQ depuis quatre ans? Avez-vous vu un geste concret de la CAQ dans ce dossier-là? Où sont-ils?

M. Lecavalier (Charles) : Sur un sujet peut-être un peu semblable, là. M. Gaudreault avait publié un essai, là, sur le climat dans lequel il parlait des réfugiés climatiques, parce qu'il va y avoir des millions de réfugiés climatiques. Il faut avoir une discussion là-dessus. Est-ce qu'au Parti québécois vous seriez prêts à ce que le Québec accueille plus de réfugiés qu'actuellement dans les prochaines années, dans les prochaines années, décennies?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Prenons l'exemple de l'Ukraine. Les Québécois sont définitivement prêts à accueillir plus de réfugiés pour aider le peuple ukrainien. Ça me semble évident. Donc, évidemment, il va y avoir des fluctuations à la hausse, à la baisse, en fonction des décisions qu'on prend démocratiquement. Le problème, en ce moment, c'est que ce n'est pas démocratique. C'est le fédéral qui nous impose des entrées illégales dans un système complètement chaotique. Mais, comme démocratie, évidemment qu'on va faire des choix. Puis, au cas par cas, on va évoluer puis on va faire... prendre toutes sortes de décisions. Je prends les Syriens ou les Ukrainiens, là, il y a des cas où les Québécois, à juste titre, vont dire : Nous, on veut aider. Mais ce sera notre décision, puis l'accueil se fera de manière ordonnée. Ce ne sera pas un mauvais coup du fédéral qui cherche intentionnellement à créer le désordre à notre frontière.

Mme Côté (Claudie) : En quoi c'est chaotique, M. St-Pierre Plamondon?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Avez-vous vu, la dernière fois, où est-ce qu'on avait le Stade olympique d'impliqué, les demandes de remboursement auprès du fédéral qu'on n'obtenait pas puis qu'on a obtenues, je pense, en partie, mais pas au complet? On me demandait, hier, c'est quoi, les statistiques linguistiques ou les autres statistiques de ces entrées-là. On ne le sait pas. Ce sont des entrées illégales par définition.

Mme Côté (Claudie) : Mais ce n'est pas plus chaotique qu'ils passent par n'importe où? Parce qu'ils ne passeront pas nécessairement par les postes frontaliers, là. Ils peuvent passer par les forêts, par...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ils n'ont pas intérêt à passer n'importe où, O.K.? Premièrement, là, il y a des risques à traverser une frontière. Ce que la modification de l'entente pays tiers sûrs permet, c'est d'avoir plusieurs points d'entrée et de ne pas encourager le passage illégal, le statut irrégulier tel que c'est le cas en ce moment. Donc, on ne sera plus aux prises au Québec avec des chiffres comme 35 000 pour cette année, là. C'est ce à quoi on s'attend. Et c'est parfaitement légitime pour le Québec de dire : Il y a une façon plus intelligente et plus respectueuse de notre société de planifier les demandes d'asile. Et c'est dit depuis, je vous le dis, là, on a déposé la même motion il y a cinq ans. Où est la CAQ? Où était la CAQ? Quel geste concret auprès du fédéral? Quelle sortie publique? C'est trop facile. Pendant qu'on signe une entente sur 10 ans, c'est trop facile d'aller au micro de quelques radios puis dire : Ah! ça, là, ça, ce n'est pas acceptable. On est très choqués ce matin. Ce n'est pas sérieux. Ça fait cinq ans que le dossier traîne. La CAQ ne s'en occupe pas.

M. Lecavalier (Charles) : Qu'est-ce que le fédéral gagne à chercher à déstabiliser la frontière du Québec en provoquant, là, une arrivée massive de migrants?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Posez-leur la question. Dans le sens que, quand on tombe dans la discussion sur l'intention...

M. Lecavalier (Charles) : C'est vous qui dites qu'il y a une intention... du fédéral.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il y en a une, parce qu'on n'était pas obligés de rouvrir le chemin Roxham après la pandémie. Je dirais même que, lorsqu'on voit aussi, là, les dépenses du fédéral pour avoir des postes puis des structures à l'entrée, là, il y a une volonté vraiment d'institutionnaliser ça. Mais là c'est pire ce matin, parce qu'on apprend qu'en fait, c'est également l'intention du gouvernement du Québec. Ça, c'est déloyal.

M. Gagnon (Marc-André) : C'est de l'aplaventrisme?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, c'est de l'aplaventrisme. On ne peut pas d'une part dire : C'est inacceptable, puis on va trouver une solution, on va fermer le chemin Roxham, puis d'autre part dépenser 50 millions sur dix ans, et donc affirmer : Nous calculons que, sur dix ans, le chemin Roxham, dans son état actuel, dans son fonctionnement actuel, va continuer à opérer de la sorte. Ce n'est absolument pas cohérent.

M. Leclerc (Charles) : Déloyal envers qui? Vous dites que c'est déloyal.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Moi, je ne suis pas surpris de voir le fédéral agir de la sorte avec le Québec. Il y a un long historique où le fédéral ne considère pas la spécificité des choix démocratiques du Québec. Je ne suis pas surpris. Mais de voir le gouvernement du Québec institutionnaliser le fonctionnement actuel de Roxham en passant un contrat sur dix ans, je trouve ça... en fait, c'est inexplicable. J'ai hâte d'entendre, en Chambre, des ministres qui vont venir dire : C'est inacceptable, mais en même temps on vient de signer sur 10 ans. Ça ne se défend pas à mon avis.

M. Carabin (François) : ...deux jours que vous sortez sur l'immigration, sur le chemin Roxham. Aujourd'hui, vous condamnez le comportement du gouvernement du Québec. Est-ce vous contribuez, selon vous, à un débat sans polarisation sur l'immigration?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, les sujets sont amenés par le patronat, et par Radio-Canada, et ensuite Le Journal de Montréal, qui amène des statistiques sur le chemin Roxham. Si vous insinuez que les partis politiques devraient garder le silence ou s'empêcher de prendre position lorsque l'actualité amène ces sujets-là, ce n'est pas ça, la neutralité ou l'absence de polarisation. Nous, ce qu'on demande, au niveau du débat là-dessus, c'est qu'on soit objectifs sur les données puis qu'on fasse des raisonnements non pas sur la base de l'idéologie, mais sur la base de quels sont les chiffres, quels sont les coûts, quelles sont les meilleures façons de fonctionner, quelles sont les meilleures pratiques à l'étranger. Et c'est parfaitement légitime. Là, ce qui arrive, c'est que les sorties du patronat ont amené certains partis politiques à sortir sur la question, on l'a vu avec le Parti libéral hier, et on a des reportages coup sur coup de tous les médias sur le fait qu'on n'a jamais vu autant d'entrées illégales à Roxham. Donc, évidemment que, si ça fait cinq ans qu'on dit la même chose, on va réitérer ce qu'on dit puis on va poser la question au gouvernement : Où étiez-vous?

M. Gagnon (Marc-André) : Sur un autre sujet, là, vous pensez quoi de la lettre que Dominique Savoie, la sous-ministre, a envoyée aux P.D.G. des CISSS, des CIUSSS, en disant essentiellement : Bien, si l'adoption du projet de loi sur la levée de l'urgence sanitaire est bloquée, il faudra peut-être envisager du délestage si on doit vacciner cet automne?

Mme Hivon : Je pense que, premièrement, il faut se poser la question s'il y a un mélange des genres. Est-ce que c'est une sous-ministre qui doit écrire une lettre comme ça, en lien avec un processus parlementaire, ou si c'est un ministre? Et, sur le fond des choses, l'étude détaillée débute aujourd'hui et on va faire un travail rigoureux. Vous savez très bien que de lier du délestage à l'adoption d'un projet de loi ne tient pas la route, parce que le gouvernement a en main tous les outils pour mettre fin à l'urgence sanitaire sans le projet de loi, comme il peut aussi mettre de l'avant des mesures pour essayer d'augmenter la capacité puis de freiner le délestage. Donc, ce lien-là nous apparaît surprenant.

M. Gagnon (Marc-André) : Et, rapidement, dossier nickel, est-ce que Dr Boileau doit écouter ses collègues médecins qui lui demandent de refaire l'évaluation qu'Horacio Arruda avait faite à l'époque, là, avant de hausser la norme?

Mme Hivon : Je pense que ce serait une très bonne idée. Je pense effectivement...

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que c'est son devoir le faire, compte tenu de la multiplication des intervenants qui demandent une révision de cette décision?

Mme Hivon : Oui. Je pense que la Santé publique doit être à l'écoute de ce qui lui est soumis, d'autant plus que c'est des collègues et que c'est un véritable enjeu de santé publique. Il n'y a pas de doute là-dessus. Quand il a été questionné là-dessus, j'ai trouvé que sa réponse n'était pas, je dirais, ancrée dans des éléments très objectifs. Il a simplement dit qu'il y avait eu une évaluation avant qu'il arrive, puis qu'il ne s'était pas penché là-dessus. Je pense que, compte tenu de l'urgence de la situation, il doit se saisir du dossier.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : The reason why you want to repeat this message that the PQ wants Roxham Road to be closed, it's because we're expecting a record high requests, arrivals of asylum seekers. Is it... What? Is it the timing that you have? Because it seems that the PQ has a short vision of what it is, Roxham Road and the flow of asylum seekers and refugees in the international context. So, if they don't go there, they'll find another place. They're struggling for their lives. So, why are you asking for the Roxham Road to be blocked if you know that they'll find another way?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes. 95% of the entrance are in Québec. So, we've been asking the question why for five years now. So, we've had that demand. The timing is not new, we've had that demand on several occasions, maybe seven, eight times, motions, articles. What we're saying is there's a way to manage situations of many seekers at the same time through many points in Canada and through a very much more ordinate way to manage the situation. And closing Roxham is a way to say : There's an entitlement to seek asylum, but to have just one illegal road where all demands from the United States go through is not a logic, and it's not an acceptable way to proceed, and it's not respectful of Québec's capacity to manage that situation. So, there are many provinces. There are many points of entry that are possible. Why is Canada insuring, for several years, that the only entrance for illegal entry be the Roxham Road? It doesn't make any sense.

Mme Senay (Cathy) : Do you think that the QuébecGovernment should have never signed this 10-year contract for $15 million?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It speaks of what they really think of the situation at Roxham.

Mme Senay (Cathy) : Which is?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : That the way we're proceeding right now is there to stay for the next 10 years.

Mme Senay (Cathy) : And what's the problem?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : They're saying the exact opposite at the same time. They're saying : We need to close Roxham and we're going to make strong statements, and you'll see, it's unacceptable. That's what they say. Underneath, they're doing the exact opposite. They're consenting to that way of managing asylum seekers. And it's really dishonest.

Mme Greig (Kelly) : Why do you think the Government of Canada would have any will to change the system now?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's like asking me : Why are you independantist? Why do you want Québec to be a country? Because we would be allowed to have our own democratic debate and make our own decision. We would not be forced to wait after a Government that is not ours and that will probably do nothing about this, because it's been ongoing for five years. And it's really sad. It's just like : Are we going to get $6 billion more in the health system? Are we going to apply Bill 101 to federal charter companies? Are we going to obtain full powers in culture? There's a reason why we are in favor of Québec becoming a country. It's not functional, it's not a future for Quebeckers.

Mme Greig (Kelly) : When we see the images of Roxham Road, we always see, kind of, you know, the heartbreaking, there are families coming across, kids. We tend to talk about these people like they're numbers. So, what would you like to see done differently for the people who are entering? Is it to distribute them more across Canada, you know? Because these are human stories, they're struggling to get through.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes. We need to remember that there's a process through which the first step is to verify if their demand is admissible. And then there's a process of evaluating that demand. If there is only in Québec that you can go through to make that demand, the burden... our capacity to do things well is hindered because many other places at the Canadian border are not making any effort, are not contributing. So, at some point, let's say we're forecasting 35,000, let's say it's 350,000 at some point, and there's just one point, one place. How are we supposed to manage this? I mean... So, there needs to be… I mean, there needs to be… There's been a conversation about this for five years, about the absurdity of encouraging illegal entrance instead of having an ordinate way of treating those demands and evaluating them, and the absurdity of having 95% of those illegal entrances only in Québec. And that's a will, that's an intention, deliberate intention of the federal Government. We've had that conversation for five years. The CAQ Government tells us: Canada is working for us. We're so good at federalism that we're going to obtain victories, you're going to see. Where are they? What's going on?

Mme Greig (Kelly) : So, for a family who's looking to cross and, you know, they have all their luggage and tiny kids, is your message: Go somewhere else?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : That's not what I said.

Mme Greig (Kelly) : What would you like them to do?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : That's not what I've said, and you know it.

Mme Greig (Kelly) : So, what would your message to them be?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : The message is not to them, it's to the CAQ Government and to the Trudeau Government. It has nothing to do with those persons. There's a more intelligent and organized way to treat decently people who are seeking asylum. And the current system, we've been saying for five years, is not intelligent and chaotic.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 47)

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