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Point de presse de M. Bernard Drainville, porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement et d'indépendance énergétique, et de M. Scott McKay, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'environnement, de développement durable et de parcs

Version finale

Friday, February 24, 2012, 9 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-sept minutes)

M. Drainville: Merci beaucoup d'être là. Dans quelques minutes, donc, nous allons interpeller le ministre Gignac sur l'avenir de Gentilly-2. Vous connaissez la position du Parti québécois. Nous, nous souhaitons que Gentilly-2 soit fermée, soit déclassée, et qu'un fonds de diversification économique soit annoncé pour la région Centre-du-Québec-Mauricie. La raison pour laquelle nous jugions important d'interpeller le gouvernement là-dessus aujourd'hui, c'est que nous avons la conviction que le gouvernement attend après l'élection pour annoncer la fermeture de Gentilly-2. Il y a eu plusieurs signaux qui ont été envoyés au cours des derniers mois à l'effet que le gouvernement se dirigeait vers une fermeture de Gentilly, qu'il avait décidé de ne pas procéder à la réfection.
Je vous rappelle les déclarations de Thierry Vandal qui, dès le mois de mars 2011, disait que la fermeture faisait partie des scénarios qui étaient envisagés. Mme Normandeau, qui était la ministre responsable d'Hydro-Québec à ce moment-là, avait évoqué ouvertement la fermeture de Gentilly. Elle avait même déclaré que la technologie candu a eu son heure de gloire. Elle déclarait ça au mois de mars 2011. Le ministre Pierre Arcand a déclaré en janvier dernier: «On n'a pas l'intention de poursuivre dans le domaine du nucléaire». Enfin, il a dit très clairement: «Il y a une chose qui est claire pour nous au Québec, c'est qu'on n'a pas l'intention de poursuivre dans le domaine du nucléaire».
Sauf qu'il y a quelques jours de ça, Mme Julie Boulet, en Mauricie, est allée déclarer qu'elle y croyait toujours. Et très clairement, nous, quand on a entendu cette déclaration-là, on s'est dit: Bon, très bien, ils sont en train de faire de la politique avec l'avenir de Gentilly, ils sont en train de faire croire aux gens du Centre-du-Québec et de la Mauricie qu'ils vont aller de l'avant, alors que, de toute évidence, ce n'est pas le cas. Sauf qu'ils veulent ménager l'opinion publique du Centre-du-Québec et de la Mauricie en laissant croire aux gens de la région qu'ils vont procéder à la réfection alors que c'est très clair qu'ils s'en vont dans une direction contraire.
Je vous... J'attire votre attention sur les déclarations de Mme Boulet qui dit qu'elle y croit toujours, mais qui rajoute que le gouvernement est en train de regarder tous les éléments du dossier, y compris les éléments environnementaux et économiques. Or, quand on regarde les éléments environnementaux et économiques, on se rend bien compte que la réfection n'a aucun bon sens. Sur le plan économique, on parle... jusqu'à maintenant, on parle d'une facture de 2 milliards, mais, à Point Lepreau, ça a coûté deux fois plus cher que prévu. Donc, c'est plusieurs milliards de dollars qu'Hydro-Québec engloutirait dans une éventuelle réflexion... réfection, dis-je. C'est de l'argent qu'on devrait investir autrement, dans les énergies vertes, notamment. Ça, c'est la position du Parti québécois. Par ailleurs, je ne sais pas si vous le saviez, mais c'est déjà acquis que Gentilly-2 sera fermée et déclassée en 2040. Ça, Hydro-Québec l'a déjà dit dans l'étude d'impact environnemental qu'elle a soumise à la Commission canadienne de sûreté nucléaire pour obtenir le permis de faire la réfection. Donc, Hydro-Québec annonce déjà qu'au terme d'une éventuelle réfection la centrale devra quand même être fermée en 2040. C'est terminé en 2040.
Alors, nous, on dit: Plutôt que d'investir plusieurs milliards dans une centrale qui va fermer de toute façon en 2040, aussi bien la fermer maintenant, prendre l'argent et l'investir notamment dans le développement des énergies vertes et dans la création d'un fonds de diversification économique pour la Mauricie-Centre-du-Québec. Je ne sais pas si, Scott, tu souhaites ajouter quelque chose à ça?

M. McKay: Bien, peut-être simplement mentionner... Bernard mentionnait que les coûts risquent de doubler. Bien, l'évaluation de 2 milliards de dollars actuelle, déjà, c'est le triple du premier montant qu'Hydro-Québec avait annoncé. Alors là, on est rendus à six fois plus que la première évaluation d'Hydro-Québec. Et effectivement l'expérience de la centrale jumelle de Point Lepreau démontre que c'est beaucoup plus complexe qu'Hydro l'avait anticipé. Ça va être beaucoup plus coûteux aussi.
Et, d'un point de vue environnemental, on sait que tous les Candu sont affectés d'un problème de sécurité qui fait en sorte que, par exemple, aux États-Unis, une centrale comme celle-là ne pourrait pas avoir une licence d'opération. Il y a des problèmes structurels dans les Candu qui font qu'ils ne sont pas sécuritaires. En plus, la centrale de Gentilly-2 n'a pas de structure pour accumuler les gaz radioactifs en cas de fuite de gaz. C'est une centrale aussi... Vous savez que les déchets radioactifs sont entreposés dans une piscine à côté de la centrale, le long du fleuve Saint-Laurent.
Alors, tous ces éléments-là concourent pour qu'on puisse dire que le risque environnemental n'en vaut pas la chandelle et on est aussi bien, comme le disait Bernard Drainville, de la fermer maintenant, d'aller chercher, de développer l'expertise pour le démantèlement de centrales qui est une expertise qui pourra servir pour que des entreprises québécoises aillent chercher des contrats de démantèlement un peu partout à travers le monde.

M. Drainville: Bref, pour le Parti québécois, il n'est pas question de rembarquer le Québec dans un autre... en fait, pour le Parti québécois, il n'est pas question de rembarquer le Québec dans le nucléaire pour un autre 25 ans. En résumé, c'est ça la position.

M. McKay: Puis, au moins, ça a le... en tout cas, ça a le mérite d'être clair parce qu'effectivement, du côté du gouvernement libéral, c'est une grande tentative de manipulation de l'opinion publique, mais je pense qu'il ne faudrait pas que les gens du Centre-du-Québec soient dupes de cette grossière, là, tentative de manipulation de la part du gouvernement libéral.

M. Lacroix (Louis): Ça coûterait combien défaire la centrale Gentilly-2? Parce qu'il doit y avoir des coûts importants reliés à ça.

M. McKay: Bien, c'est à peu près le même montant que la reconstruction. On parle de réfection mais, vous savez, c'est véritablement une reconstruction. Si vous allez à la ville pour avoir un permis pour rénover votre maison et que vous dites à l'inspecteur municipal que vous allez tout vider ce qu'il y a à l'intérieur de la maison, garder simplement l'enveloppe, bien, on va plutôt vous dire que c'est un permis de démolition que ça vous prend et de reconstruction d'un nouveau bâtiment.
Donc, ce qu'Hydro-Québec va devoir faire s'ils...

M. Drainville: La décision est prise.

M. McKay: ...mettent en oeuvre, si la décision, effectivement, est prise de... était prise de reconstruire, bien, c'est de vider tout ce qu'il y a à l'intérieur déjà... bien, tout, le réacteur complet, tous les tuyaux de calandres, etc. Donc, c'est à peu près des montants similaires une fois que tout ça est retiré de la centrale et disposé de façon sécuritaire, ces déchets-là, eh bien, là, c'est à peu près le même montant que de le reconstruire.
Dans ce cas-là, les centrales candu, vous savez, et le gouvernement l'a reconnu lui-même, c'est une technologie qui est désuète, qui est dans une voie de garage. Alors, l'expertise développée là à reconstruire Gentilly-2 ne servira pas à d'autres projets, tandis que si on déclasse, on démantèle... et il y a aussi Gentilly-1 qui est à côté puis il y a aussi l'usine d'eau lourde LaPrade. Il y a énormément d'emplois puis d'activité économique autour de cette activité d'avenir qu'est le démantèlement, le déclassement des centrales nucléaires.

Des voix: ...

M. Drainville: Un à la fois, là.

M. Laforest (Alain): Le déclassement, c'est 2 milliards de dollars, c'est une période de 25 ans, ça. Même plus de 2 milliards, c'est ce que les études démontrent, là, entre autres les études américaines.

M. Drainville: 2035 à 2060, selon Hydro-Québec.

M. Laforest (Alain): 25 à 30 ans pour le déclassement, puis enlever l'eau lourde, puis retirer les matières radioactives. Est-ce que ce n'est pas de calculer plutôt le coût de revient de cette énergie-là qui doit entrer en ligne de compte?

M. Drainville: Ah! Ça, c'est l'autre problème. Ça, c'est l'autre problème. C'est une très bonne question. Nous autres, on a essayé de savoir... vous le savez, on a posé des questions avant Noël au ministre Gignac. On lui a dit: Écoute, là, le kilowattheure qui va être produit par Gentilly, le prix du kilowattheure qui est produit par Gentilly ne cesse d'augmenter au fur et à mesure où les dépenses de réfection, les coûts de réfection augmentent, parce qu'évidemment il faut que tu prennes le budget. Les milliards que tu vas mettre dans la réfection, il faut que tu ailles, après ça, diviser ça par le kilowattheure produit par la centrale.
Or, comme les coûts liés à la reconstruction ne cessent d'augmenter, le coût du kilowattheure produit par Gentilly, lui aussi, ne cesse d'augmenter. Puis, nous, on pense que ça... je veux dire, ça va finir par coûter bien trop cher de produire de l'énergie à Gentilly, de l'énergie nucléaire, si on peut dire, là, en fait, de l'électricité à partir d'une matière nucléaire alors qu'on peut obtenir cette énergie-là autrement actuellement, au Québec.
Actuellement, on est capable au Québec de remplacer l'énergie produite par Gentilly par de l'énergie qui provient des barrages, de l'énergie qui provient des éoliennes, je veux dire, il y a... On peut produire autrement, on peut obtenir autrement l'énergie qui est produite actuellement par Gentilly. Et, effectivement, le coût du kilowattheure produit par Gentilly devient de plus en plus élevé, et ça devient - comment dire - injustifié de procéder à la reconstruction de Gentilly, non seulement parce que c'est des milliards qu'on pourrait mettre autrement, mais parce que l'énergie qui va être produite là va nous coûter beaucoup trop cher.

M. McKay: Il faut peut-être mentionner aussi...

M. Lacroix (Louis): Si ça coûte le même montant d'argent à la défaire, là, cet argument-là ne tient pas. Si vous dites, ça coûte 2 milliards, faire la réfection, 2 milliards... pas d'argent pour le mettre ailleurs.

M. McKay: Il va falloir la démanteler, de toute façon.

M. Drainville: Attendez un peu. Wo! Wo! Wo! C'est pour ça que je vous ai dit tout à l'heure, en 2040, on la démantèle. Hydro-Québec l'a déjà dit ça, il va y avoir seulement une réfection, il ne peut pas y en avoir plus. Alors, les milliards qu'on va mettre dans Gentilly...

M. McKay: Il va falloir en remettre à 2040. Donc, on fait juste pelleter en avant dans les générations futures, puis là il y aura juste deux fois plus de déchets nucléaires à disposer.

M. Lacroix (Louis): Mais on ne peut pas dire que... parce que vous dites: On peut prendre ces milliards-là puis les mettre ailleurs. Ce n'est pas vrai, là.

M. Drainville: Mais, non, mais c'est-à-dire, si tu procèdes à la réfection, tu vas mettre deux fois le montant, tu vas mettre les milliards pour la refaire puis tu vas remettre d'autres milliards pour la démanteler. Nous, ce qu'on dit, c'est plutôt que de payer deux fois, payons une fois pour la démanteler puis prenons ces milliards-là qui, de toute façon, ne seraient pas productifs, ne seraient pas utilisés d'une façon intelligente, puis investissons plutôt dans les énergies vertes. Tu sais, plutôt que de mettre de l'argent dans le nucléaire, mettons de l'argent dans les énergies vertes. Ça, c'est des énergies qui ont de l'avenir.

M. McKay: Oui. Il faudrait se rappeler aussi qu'il y a une centrale au gaz à Bécancour, et on paie 150 millions de dollars par année en compensation pour la maintenir fermée. Alors, on a déjà une grossière erreur très coûteuse avec la centrale au gaz de Bécancour, alors il ne faudrait pas se lancer dans une fuite en avant d'autant plus coûteuse avec la centrale nucléaire.

M. Drainville: Par ailleurs, j'attire votre attention sur une information qui est extrêmement importante. Quand la Commission canadienne de sûreté nucléaire a émis le permis en juin 2011, a émis le permis à Hydro-Québec, quand la Commission de sûreté nucléaire a dit à Hydro-Québec: O.K. Vous pouvez aller de l'avant avec la réfection de Gentilly-2, ils ont donné à Hydro-Québec jusqu'au 31 décembre 2012 pour arrêter le réacteur de Gentilly. Donc, la Commission canadienne de sûreté nucléaire, quand elle donne le permis à Hydro pour reconstruire Gentilly, elle leur dit: Grouillez-vous, prenez votre décision parce que, nous autres, on vous jusqu'au 31 décembre pour arrêter le nucléaire... la centrale puis entamer la réfection parce que la vie utile de la centrale est établie à 2013.
Donc, le gouvernement n'a pas plus beaucoup de temps devant lui, là, pour prendre sa décision. Le permis qu'il a reçu lui donne le droit de procéder à l'arrêt du réacteur et au début de la réfection jusqu'à la fin de l'année 2012. Ça fait que là ils ne pourront pas pelleter en avant leur décision bien, bien longtemps, là. Il va falloir qu'ils prennent leur décision dans les prochaines semaines, prochains mois tout au plus parce qu'il faut que tu arrêtes le réacteur, là, d'ici la fin 2012. L'arrêt, là, tu ne fais pas comme ça avec une centrale nucléaire, ça prend quand même un certain temps. Donc, on est vraiment sur les derniers miles, là, pour ce qui est d'une décision sur l'avenir de Gentilly-2.

M. Lavallée (Jean-Luc): M. Drainville, est-ce qu'on va tenir compte aussi des coûts associés à un potentiel accident nucléaire? Greenpeace nous disait, je pense que c'est hier, que ça pourrait coûter plus de 15 milliards. Est-ce que ça doit faire partie de la réflexion aussi? C'est un argument que vous allez reprendre ou pas?

M. Drainville: Bien, écoutez, on ne peut pas... on ne veut pas jouer sur la peur des gens. O.K.? Mais c'est évident que ce qui est arrivé à Fukushima a changé le contexte, a changé le débat du tout au tout. Tu sais, on s'est rendu compte avec Fukushima qu'il y avait des risques très importants liés à l'existence d'une centrale nucléaire. Et, qu'est-ce que vous voulez, Gentilly est située le long du fleuve, près d'une zone urbaine très importante, alors c'est évident que toute la question de la sécurité doit faire partie de la réflexion. C'est évident.
Maintenant, on préfère mettre l'accent sur les raisons économiques, les raisons environnementales pour justifier, comment dire, de démanteler cette centrale-là, mais c'est bien évident que toute la question de la sécurité liée au nucléaire doit être présente dans nos esprits. C'est évident.

Mme Biron (Martine): Qu'est-ce qui fait, selon vous, que c'est si long avant que la décision soit prise?

M. Drainville: Vous posez des excellentes questions, puis j'aimerais bien ça que M. Gignac finisse par nous répondre, parce que je l'ai effectivement interpellé à plusieurs reprises avant Noël, puis, avant Noël, c'était très intéressant parce que, si vous regardez ses réponses, il nous dit... Le 4 octobre 2011, il nous dit: «Dans les prochaines semaines, je devrais avoir un rapport complet au niveau des coûts.» Ça, c'est M. Gignac qui parle. Puis évidemment, le rapport dont il parle, c'est le rapport qui a été demandé par Mme Normandeau dans les jours qui ont suivi l'incident de Fukushima. Dans les jours qui ont suivi l'incident de Fukushima - Fukushima, c'est le 11 mars 2011 - dans les jours qui suivent, Nathalie Normandeau demande à Hydro-Québec une mise à jour de l'analyse concernant la réfection de Gentilly, et c'est ce rapport qu'on attend depuis, et que le ministre nous... Enfin, le ministre dit qu'il va l'avoir dans les prochaines semaines - ça, c'est au mois d'octobre 2011 - et depuis, on attend toujours le fameux rapport.
Là, le ministre a dit par la suite, il a dit: Écoutez, moi, j'attends le rapport de la Commission canadienne de sûreté nucléaire qui doit réévaluer les risques à la suite de Fukushima. Alors, ce rapport-là, on l'a, il a été publié, le rapport de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, je l'ai ici si vous voulez le voir. Et le ministre a dit: «J'attends également un autre rapport d'Hydro-Québec sur les dépassements de coûts à Point Lepreau.» Oui, c'est parce que là, Point Lepreau, ce n'est toujours pas terminé. Ça a pratiquement doublé à Point Lepreau, le coût des travaux à Point Lepreau a pratiquement doublé. Et là je vous rappelle que le permis de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, le permis émis à Hydro-Québec prend fin, si on peut dire, à la fin 2012.

Mme Biron (Martine): Mais c'est quoi, votre opinion?

M. Drainville: Bien, moi, je vais vous dire franchement, je pense que, le gouvernement, ils l'ont pris leur décision. Je pense qu'ils ont décidé de la fermer, mais ils ne veulent pas l'annoncer. Ils ne veulent pas le dire, ils ne veulent pas l'annoncer aux gens de la Mauricie et du Centre-du-Québec parce qu'il y a des élections qui s'en viennent puis ils vont attendre après les élections pour l'annoncer. Je trouve ça... On trouve ça... Tu sais, c'est manquer de franchise envers les gens de la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec puis c'est manquer de franchise envers les Québécois. Tu sais, ils ont décidé de ne pas nous rembarquer dans le nucléaire, c'est très bien, c'est justement la décision qu'il faut prendre. Bien, annoncez-la. Soyez... Dites donc la vérité au monde, là, tu sais. Dites donc la vérité aux Québécois, là.

La Modératrice: Une dernière question.

Mme Biron (Martine): Qu'est-ce que vous avez pensé de la lettre de votre collègue Bergeron, ce matin, dans Le Devoir?

M. Drainville: Écoutez, je vais vous dire franchement, je travaille sur l'interpellation depuis 5 heures ce matin et je ne l'ai pas lue. Alors, je vais attendre de la lire et, après ça, je ferai mes commentaires. Qu'est-ce qu'il dit, en substance?

Mme Biron (Martine): Il encense Mme Marois. Ce n'est plus la dame de béton, elle surpasse Mme Thatcher qui est la dame de fer. C'est devenu la dame d'acier...

M. McKay: ...d'acier inoxydable. Incorruptible.

Mme Biron (Martine): ...d'acier inoxydable, c'est un appui...

M. Pépin (Michel): Vous l'avez lu, M. McKay, hein?

M. McKay: Moi, je l'ai entendu plus à la radio, là, parce que, moi aussi, je travaille depuis les petites heures pour préparer cette interpellation.

Mme Biron (Martine): C'est une ode à Mme Marois.

M. Drainville: Vous avez vu comment elle a passé au travers des épreuves des derniers mois. Je pense qu'elle est faite forte, pas mal de monde l'ont constaté.

Mme Biron (Martine): Je ne parle pas de Mme Marois, je parle de M. Bergeron.

M. Pépin (Michel): Est-ce que le PQ est encore menacé de disparaître, M. Drainville?

M. Drainville: Écoutez, quand j'ai fait mes déclarations, on ne peut pas dire que ça allait très bien. Depuis ce temps-là, les choses se sont replacées et...

M. McKay: On va essayer de garder ça comme ça.

M. Drainville: ...je m'en réjouis et, comme dit Scott, on va tout faire pour maintenir le cap. Les choses vont beaucoup mieux.

M. Laforest (Alain): Vous étiez, à l'époque, un cheval fougueux?

M. Drainville: Mais, si vous nous regardez dans quelques minutes, vous verrez que vous avez devant vous deux chevaux fougueux.

M. Duboyce (Tim): Pardon me, sir, I really need to get a couple of quick clips in English.
So, first of all, on Gentilly-2, can you just explain, in a nutshell, why you believe that plant should be mothballed immediately rather than wait until 2040 to do it?

M. Drainville: Because we're going to have to close it anyway in 2040. We're going to have to close it anyway. So, instead of putting billions into a plant, a nuclear plant that we're going to have to close anyway, we might as well spend these billions into something productive, that has some kind of future, and these are the green energies. You know, these are the green energies.
It's going to be... we know it's going to be way over budget, as we saw at Point Lepreau. We know that this money should be spent on green energies instead of the nuclear energy. We do not think that the nuclear energy has any future in Québec and we just do not think that it's a good idea to ask Quebeckers to, you know, prolong the nuclear adventure of Québec for another 25 years. You know, we should stop it now, we can replace the energies produced at Gentilly-2 by energies coming from hydroelectrical plants or wind power, you know. So, and it's... let's face it, you know. This is risky business, you know. Nuclear energy is a risky business. So, you know...

M. McKay: It's a risk we can manage without. Yes, definitely.

M. Duboyce (Tim): Just before you go, I just... I really have to ask, and this is... I'm personally curious really to know how does it feel right now - and I ask each of you the question - how does it feel to be part of the Parti québécois, you know, in a week where you've got not only this letter coming from Stéphane Bergeron in the paper this morning, you've got two of the ex-members who quit the party last June and musing about coming back? How does it feel?

M. Drainville: It feels great.

Des voix: ...

M. Drainville: No, no. Let's say: Things are getting better. Things are getting better. We have come out of the crisis stronger. You know, we've been working hard, we've been working really, really hard to improve the situation. And, you know, we've been sowing, and sowing and sowing and we're finally getting results, you know, so we've been working hard to get there. We're not taking anything for granted, you know. We still haven't won an election, but we're working as a team, the leader is perfectly positioned. We have a good program, the spirit is good. You know, I think we are the best party to govern Québec and we're hoping to convince Quebeckers to give us a mandate, a clear mandate when the election will be called. Right?

Mme Plante (Caroline): One question on the Jeffrey Mine. What's the PQ's position on the Jeffrey Mine and the 50 million dollar loan.

M. Drainville: Écoutez, il faut faire l'interpellation. Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 58)

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