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(Quinze heures trente-quatre minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos
travaux.
La commission est réunie cet après-midi
afin de procéder à l'étude du volet Lutte à l'homophobie et à la transphobie
des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Sservices sociaux pour l'exercice
financier 2026‑2027. Une enveloppe d'une heure a été allouée pour l'étude de
ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis);
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), par Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques); et M. Bérubé (Matane-Matapédia), par Mme Gentilcore
(Terrebonne).
Lutte à l'homophobie et à la transphobie
Discussion générale
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, mesdames, bienvenue. Nous allons procéder, comme d'habitude,
à une discussion d'ordre général par blocs, incluant les questions et les
réponses. Je vous donne tout de suite les blocs. Pour votre information, l'opposition
officielle aura une période de... un premier bloc de 14 min 37 s,
la deuxième opposition, 9 min 45 s, la députée du Parti
québécois, 9 min 45 s. On revient à l'opposition officielle pour
14 min 37 s. Et, comme nous avons du retard, on va calculer le
temps du gouvernement, qui va terminer tous les blocs.
Alors, ceci étant dit, je suis maintenant
prête à... voyons, à recevoir les premières interventions, et ce sont celles de
l'opposition officielle. Votre bloc, je vous le répète, 14 min 37 s.
Le temps est à vous.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à vos équipes. Bonjour, collègues.
Mme la ministre, je vais sauter drette dedans. Quand on parle de la communauté
LGBT, vous le savez sans doute, on parle beaucoup de la violence. Depuis
plusieurs mois, les groupes communautaires de la communauté 2SLGBTQIA+ nous
lancent un véritable cri d'alarme. Les rapports multiples, les témoignages se
multiplient, les crimes haineux augmentent, les discours haineux se normalisent,
malheureusement, et les organismes ont vraiment l'impression qu'ils se sentent
laissés à part par le gouvernement.
J'ai lu les rapports du Conseil québécois
LGBT, le... , le GRIS-Montréal. Il y a des groupes trans, même le Comité des
droits de l'homme des Nations unies. Et tous arrivent à les mêmes constats, et
c'est qu'il y a une montée de la haine, augmentation des violences, il y a un
recul de sentiment de sécurité, la désinformation grandissante, une
détérioration du climat dans les écoles et un manque d'action concret du
gouvernement. <Alors...
Mme Maccarone :
...détérioration
du climat dans les écoles et un manque d'action concret du gouvernement. >Alors,
ma première question est simple : Est-ce que la ministre reconnaît qu'il y
a actuellement un recul préoccupant du climat social envers les personnes LGBTQ
au Québec?
Mme Biron : Merci pour cette
question, mais... puis je vais répondre de long en large, avec chiffres à
l'appui, mais vous allez d'abord me permettre de saluer les collègues.
D'ailleurs... Bien, je vous retrouve. En fait, on a eu un petit huit, neuf mois...
mais j'ai été quand même bien représentée. Mais je suis contente de revenir
puis je suis contente de travailler encore avec vous, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Je veux saluer aussi la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la nouvelle
députée de Terrebonne, qui n'était pas là à l'époque, mais, quand même, c'est un
plaisir de vous retrouver, ainsi que mes collègues qui sont ici, la députée de Soulanges,
la députée de Labelle, la députée d'Abitibi-Ouest et ma collègue, dans Chaudière-Appalaches,
la députée de Lotbinière-Frontenac. Alors... Puis je veux remercier aussi les
gens du bureau de lutte contre la transphobie et l'homophobie pour leur travail,
vous le savez, les crédits, c'est toujours beaucoup de travail, et le
Secrétariat de la condition féminine travaille fort en ce sens.
Oui, je sais, je vous vois tout
impatiente, qui a hâte de répondre. Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
je reconnais qu'il y a un recul, un recul important, et je le reconnaissais
quand j'étais là. Ça fait déjà un moment, mais, vous avez raison, on commence à
documenter aussi cet état de situation. Et les plus récentes données de Statistique
Canada indiquent que les crimes motivés par la haine d'une orientation sexuelle
sont passés de 258 affaires en 2020 à 658 affaires en 2024.
J'ai quand même suivi, pendant cette
période-là, ce qui se passait au Québec, pendant la période où je n'étais pas
en charge, responsable des groupes LGBTQ, et je vois que ça ne s'améliore pas.
Puis, au moment où... de quitter, je me rappelle d'une histoire à Sherbrooke où
des jeunes de la communauté LGBTQ avaient été piégés dans des boisés. Et
j'avais été très touchée par ça, parce que j'avais l'impression qu'au Québec on
avait cette espèce de philosophie de vivre et laisser vivre, et qu'on était
très tolérants par rapport à la différence, et on fait un travail de fond. Et
d'ailleurs vous y contribuez, les partis d'opposition, à travailler ensemble.
Mme Maccarone : Est-ce que
c'est juste, d'abord, de dire que vous êtes préoccupée?
Mme Biron : Oui, je suis préoccupée.
• (15 h 40) •
Mme Maccarone : Ça fait que,
si vous êtes préoccupée, je vous ramène quand même dans les cahiers de crédits...
Parce que vous dites que vous êtes préoccupée, mais ça reste que, quand nous,
on regarde dans les cahiers, on voit qu'il y a 51 253 $ qui ont été
investis pour s'attaquer à ce problème. Alors, si vous êtes inquiétée... si
vous êtes inquiète, excusez-moi, je questionne comment ça se fait que les
investissements sont si bas. Je peux faire les références aux renseignements
particuliers de l'opposition officielle. C'était la question n° 18. On a
vu un 15 000 $ qui a été octroyé à GRIS-Montréal, 15 000 $
au Conseil québécois LGBT, 21 253 $ à la Chaire UNESCO-PREV de l'Université
de Sherbrooke.
Mme Biron : Bien, vous savez qu'on
a mis en place quand même... le plan d'action et... qu'on a présenté en 2023 et
qui va jusqu'en 2028, le Plan d'action gouvernemental de lutte contre
l'homophobie et la transphobie a mis plusieurs mesures pour contrer. D'abord,
on a mis un financement historique pour les groupes communautaires. C'était dans
le début de votre question. On a aussi... En fait, la majeure partie, c'était
quand même un financement historique de 24 millions, puis il y en a
11 millions qui va aux groupes communautaires et il y a encore de l'argent
qui est décaissé en ce sens. On a aussi mis en place un groupe de travail sur
les violences et les discours homophobes et transphobes, et ce groupe-là
poursuit ses travaux.
Il y a un point que je veux... qui est
nouveau, que vous n'avez probablement pas dans vos cahiers de crédits, parce
que l'argent était... est arrivé au 31 janvier, et ça va s'étendre
jusqu'au 31 mars, ce sont 10 projets qui ont été sélectionnés pour un
financement total de 1 000 448 $. Et, parmi ces projets-là, on a
des projets de sensibilisation jeunesse. Dans la dernière année, bien, on...
avec cette augmentation de l'intolérance, une des solutions envisagées...
Mme Maccarone : Avec toutes
ces informations, Mme la ministre, est-ce que ce serait possible pour vous de
déposer la répartition de l'argent, le 23,7 millions de dollars?
Parce que, nous, encore une fois, si je regarde dans le plan d'action puis le
tableau des investissements, ce qu'on voit, c'est des mesures qui sont larges,
liées à des orientations. Et on a demandé de voir la <répartition...
Mme Maccarone : ...voit,
c'est des mesures qui sont larges, liées à des orientations. Et on a demandé de
voir la >répartition par année par mesure, mais malheureusement cette
information n'était pas fournie.
Mme Biron : Oui, bien oui, ça
va me faire plaisir de le déposer, parce que c'est quand même un projet...
c'est quand même... c'est une liste de projets jeunesse. Puis je pense que
c'est là, c'est par là que passe notre travail d'intervention à ce moment-ci.
Et, comme je vous dis, c'était hors date, là, mais je pense que c'était... ça
va être important pour vous de prendre connaissance de ces projets-là. Et...
Mme Maccarone : Dans la
répartition, ça va inclure aussi les investissements réels? Parce que je vois
qu'on a des montants qui sont attribués, mais ce n'est pas nécessairement les
investissements qui ont suivi.
Mme Biron : Bien, cet
argent-là, ce 1 000 048 $ va se déployer sur l'ensemble du
territoire, dans toutes les régions. Il y a des projets, par exemple, en
Abitibi-Témiscamingue, la Coalition d'aide à la diversité sexuelle de
l'Abitibi-Témiscamingue a présenté un projet qui s'appelle Parler, respecter,
inclure, soutenir, mobiliser, éduquer.
Mme Maccarone : Puis c'est
bien...
Mme Biron : Et là on fait des
ateliers interactifs pour former les intervenants sur le terrain et créer une
boîte à outils...
Mme Maccarone : Moi... mais
moi, je parle du 23,7 millions, c'est ça que je souhaite avoir, la
répartition, ainsi que les investissements réels. Je comprends que les
investissements qui ont été faits... c'est parfait, c'est bien, c'est ça qu'on
souhaite, mais la répartition, avec toutes les délimitations ainsi que les
montants réels, ce serait bien, parce qu'actuellement ce n'est pas
l'information que nous avons. Comme, par exemple, si je reste sur votre plan
d'action, parce que vous l'avez soulevé, puis on va dans le RP, question n° 2
de l'opposition officielle, il manque les réponses aux questions a et b.
Alors, je voulais savoir si la ministre pouvait déposer les réponses à ces deux
questions-là.
Mme Biron : Est-ce que c'est
des questions qui sont en lien avec du financement?
Mme Maccarone : C'est des
questions qui sont dans les cahiers, que vous avez répondu aux questions, le
RP1-02. Si on y va, là-dessus, j'ai demandé, concernant le plan d'action :
Veuillez nous fournir, pour chacune des mesures, les sommes prévues par année; b,
sur le montant, veuillez nous indiquer combien sont des nouveaux crédits. Puis
l'information n'était pas au rendez-vous dans les documents.
Le même... dans le même... pendant que
vous êtes en train de faire une recherche pour cette information, on sait qu'il
y avait quand même neuf mesures qui étaient sous la responsabilité du bureau de
lutte, mais, sur les neuf, il y a seulement cinq qui ont reçu du financement
cette année. Alors, je voulais savoir si... Ça aussi, est-ce que ça, c'est
normal? Puis pourquoi qu'il n'y a aucune somme qui ont été investies cette
année pour les quatre autres?
Mme Biron : Écoutez, bon, vous
avez raison, là, je les ai ici. Donc, 553 316 $ pour soutenir les
organismes communautaires engagés à favoriser l'inclusion et le respect des
droits des personnes, la diversité, c'est bien de ça que vous me parlez?
Mme Maccarone : Moi...
Mme Biron : Du montant de
13 000 $ pour créer un prix LGBTQ+ gouvernemental,
125 000 $ pour appuyer, diffuser et mobiliser la recherche sur la
réaction... sur la réalité des personnes de la diversité sexuelle et de genre,
incluant les thérapies de conversion. Est-ce qu'on parle de la même chose?
Mme Maccarone : Oui, exactement,
on parle des mesures. Puis, comme je dis, pour les gens qui nous suivent, là, c'est
le RP...
Mme Biron : Mais quand on vous...
Mme Maccarone : ...RP1-02. Ça
fait que c'est notre question n° 2.
Mme Biron : Quand on fait les
crédits, on vous répond pour l'année 2025. Alors, les sommes sont en cours, et
ce sont les mesures qui sont à l'intérieur du Plan d'action gouvernemental de
lutte contre l'homophobie et la transphobie, et ça s'étale jusqu'en 2028.
Alors, les sommes que vous avez là, ce sont les investissements de 2025‑2026,
au 31 janvier, alors... Mais c'est certain que ces mesures-là qui étaient
dans le plan d'action gouvernemental vont être très certainement respectées, là.
Mme Maccarone : Ça fait que ce
que vous êtes en train de nous dire... Parce qu'actuellement, comme j'ai dit,
sur le neuf, c'est seulement cinq qui ont eu du financement. Nous allons voir,
mettons, les crédits, l'année prochaine, de l'investissement de la mesure n° 1,
18, 20, 23 et 29?
Mme Biron : Exactement. Il y
en a qui ont dû être dépensés par le passé, mais il y en a qui vont être
décaissés...
Mme Maccarone : Mais, s'ils
sont dépensés par le passé, ils devront paraître ici, dans ce tableau.
Mme Biron : Les sommes de 2024
auraient dû être là? Non?
Des
voix : ...
Mme Biron : Alors, c'est ça.
Bien, ce qu'on me dit, c'est qu'on a mis... Les données qui sont là, c'est
l'argent qui a été décaissé en 2025, jusqu'au... 2025-2026, jusqu'au
31 janvier.
Mme Maccarone : OK. Je vous
amène sur la question n° 3, encore une fois, dans nos cahiers de crédits,
en lien avec le comité interministériel de la lutte contre l'homophobie. Encore
une fois, il me manque de <l'information...
Mme Maccarone :
...de
la lutte contre l'homophobie. Encore une fois, il me manque de >l'information.
Je sais que vos équipes travaillent fort pour répondre à nos questions qu'on
vous... qu'on vous demande, mais ça reste qu'il y a beaucoup d'oublis. Alors,
j'aimerais que vous déposiez les réponses aux points b, c, d, e, f et g, parce
que c'est de l'information qui est manquante dans les cahiers, que nous avons
demandée.
Mme Biron : Bon, écoutez, moi,
j'ai été, là... je reviens, on a mis en place un comité en 2023...
Mme Maccarone : Bien, je ne
m'attends pas que ce soit nécessairement lié à vous. Je parle de vous ou bien
votre prédécesseure.
Mme Biron : Bien, moi, je... c'est
le genre d'affaires que je surveille, parce que, quand même, je suis préoccupée
par ce qui se passe. Puis je pense que, s'il y a des dossiers dans lesquels on
a une chance de travailler, c'est bien dans des dossiers comme les conditions
des communautés LGBTQ, la condition féminine, parce qu'on est passablement sur
la même table. Alors, bon, des fois, on n'a peut-être pas les mêmes opinions
sur un point ou un autre, mais nos objectifs sont communs, puis ce qu'on veut,
c'est améliorer la situation puis être le plus inclusifs possible.
Alors, pour moi, être responsable des
communautés LGBTQ, ce n'est pas une note de bas de page. Pour moi, je fais ça
en même temps que mes autres fonctions, puis c'est important pour moi. Et ce
comité-là de travail, dans un contexte dans lequel... où on se retrouve, où on
a des vents de face qui nous viennent du Sud et d'ailleurs en Europe ou au
Moyen-Orient, c'est important qu'on travaille ensemble. Alors, ce comité-là, il
a son importance, et on va proposer des solutions pour 2026-2027.
Mme Maccarone : Mais ce n'est
pas ça, la question, par contre.
Mme Biron : Puis ce qu'on
veut, c'est travailler davantage avec les communautés et c'est... Bon, là, je
me mets dedans, là, je remonte sur mon vélo, là, puis je reprends mes réflexes.
Mme Maccarone : Je comprends
et je vous... je vous entends puis je ne nie pas de l'importance de ce comité
interministériel, mais, respectueusement, Mme la ministre, vous avez été...
convoqué ce comité seulement une fois l'année passée. Ça fait que, si c'est
vrai que c'est important, si c'est vrai que tout le monde est préoccupé puis
qu'on investit dedans, il y a seulement une rencontre qui a eu lieu. Et ça,
pour moi, j'avoue, je suis préoccupée, parce que ça veut dire qu'il y a quand
même un manque de suivi du plan. Alors, est-ce que la ministre partage cette
préoccupation? Est-ce qu'il y a un engagement qu'il va y avoir plus de
rencontres au lieu de seulement une par année?
Mme Biron : Bien, écoutez, je...
Comme je vous dis, je pense que c'est important qu'on travaille ensemble. Le
plan de lutte qui est en place, le plan du... gouvernemental, il est en place.
Il y a une...
Une voix : ...
Mme Biron : Bon, on me dit
qu'il y a une rencontre le 18 février, il y a eu une rencontre le
18 février dernier, je ne sais pas si c'est la seule qu'il y a eu, là.
Honnêtement, j'ai été... je n'étais pas en fonction.
Mme Maccarone : Ah! deux.
Excusez-moi, je me suis fait corriger.
Mme Biron : Deux?
Mme Maccarone : Celui en
février ne faisait pas partie des cahiers. Ça fait que voilà.
• (15 h 50) •
Mme Biron : OK. Donc, deux. Bien,
écoutez, c'est... Le point... le point, c'est... bon, on peut se rencontrer
tant que vous voulez, mais, tu sais, le point, ce n'est pas ça, le point, c'est
qu'on travaille ensemble puis qu'on fasse avancer le plan gouvernemental. Puis,
le plan gouvernemental, on le suit à la lettre puis on avance. Puis c'est un
plan quand même historique, c'est le troisième plan.
Mme Maccarone : Oui, bien,
comme j'ai dit, ça ne fait pas partie de mes préoccupations ni mes questions.
Je comprends les orientations, je suis totalement à l'aise et derrière le plan,
ainsi que le comité interministériel...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Maccarone : ...mais je
soulève qu'il y a quand même une lacune, puis il manque de concret et du temps
qui est consacré envers ce travail.
Mme Biron : Je suis... je
suis d'accord puis pas. Donc...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui termine ce premier bloc. On
poursuit avec la deuxième opposition pour 9 min 45 s. Vous êtes
prêtes? On commence.
Mme Massé : Bonjour, tout le
monde. Bonjour, Mme la ministre.
Mme Biron : Bonjour.
Mme Massé : Combien a coûté le
Comité des sages l'an passé?
Mme Biron : Bien, c'est... je
pense que ça, c'est une bonne question pour les crédits du ministère de la
Famille.
Mme Massé : Je vais vous le
dire, 800 000 $.
Mme Biron : OK.
Mme Massé : Bien. Combien le
plan de lutte a eu d'investissements cette... l'année passée? Je vous le dis,
713 000 $. Moi, ça me pose un problème. Ça me pose un problème, parce
que les groupes ne sont pas indexés depuis des années, et, dans la période dans
laquelle on vit, ne pas être indexé, ça veut dire inévitablement couper des
services, compresser les services et, malheureusement, je dirais même plus,
pour certains, ne pas pouvoir développer de nouveaux services, alors que, on le
sait, la crise est là, l'augmentation des violences, et tout ça. Je ne sais pas
ce que vous allez pouvoir faire d'ici la fin, mais il y a quelque chose là qui
ne marche pas. Le gouvernement a investi un bon montant pour le Comité des
sages, mais ceux qui ont les deux mains dedans, qui font en sorte qu'on sauve
des vies, eux autres, ils ne sont pas indexés, ça ne va pas bien.
Ceci étant dit, je vais continuer à faire
du pouce sur la mise à jour de la politique. Puisque, depuis 2009, elle ne l'a
pas été. Et surtout une préoccupation que j'ai, c'est que la politique, jusqu'à
maintenant, <n'incluait...
Mme Massé :
...et
surtout une préoccupation que j'ai, c'est que la politique, jusqu'à maintenant,
>n'incluait pas la dimension trans. Et cette dimension-là, elle est
fondamentale, parce que, dans les violences et les cibles de discrimination,
c'est beaucoup les personnes trans qui le sont. Alors, j'entends qu'il y a eu
des rencontres, mais vous comprendrez qu'on a un besoin sérieux de s'assurer
que les personnes trans voient que notre politique, donc la politique de lutte
à l'homophobie et à la transphobie... Bien, il faudrait bien rajouter la
transphobie, que cette politique-là voie le jour. Quel est votre échéancier
pour la faire arriver?
Mme Biron : Écoutez, je... ce
n'est pas moi qui ai été responsable du Comité de sages, mais l'objectif du Comité
de sages, c'était de récolter des données. Et ça, ça a été fait. On a des
données avec lesquelles on peut travailler. Maintenant, le plan gouvernemental,
ça, je suis en charge. Et c'est le troisième plan gouvernemental, c'est assez
nouveau au Québec. Le Secrétariat à la condition féminine date de 1973, puis je
pense que le bureau de lutte à la transphobie et l'homophobie date de... ce
sont les libéraux, 2010, 2011.
Mme Massé : Début des années
2000.
Mme Biron : Et c'est nous,
c'est notre équipe à nous qui avons pérennisé le bureau de lutte contre la
transphobie et l'homophobie.
Mme Massé : Oui, mais on
attend le troisième plan, je vous demande juste votre échéancier.
Mme Biron : Non, le troisième
plan, on l'a... c'est nous qui l'avons déposé, c'était le troisième.
Mme Massé : ...ou le
quatrième, d'abord. Non? Bien, 2009, il n'a pas été...
Mme Biron : Bien, je pense,
c'était le troisième. J'ai vu un très beau tableau, je... c'est ça que je
cherche.
Mme Massé : C'est la
politique, excusez. J'ai parlé du plan. Excusez-moi, c'est moi qui vous ai
induit en erreur, Mme la ministre. Je m'en excuse, «rewind». Effectivement, il
y a eu un renouvellement du plan, mais la politique de lutte à l'homophobie,
donc, qui sert de fondement pour écrire les plans, n'inclut pas la dimension
trans. C'est moi qui vous ai induit en erreur. Il devait y avoir... il doit y
avoir une révision de ça, elle n'a pas été revue depuis 2009. Est-ce que vous
avez un échéancier pour ça?
Mme Biron : Bien, le plan de
lutte va jusqu'en 2028, 2023 à 2028. Sommes historiques, on s'entend là-dessus,
là, quand même, 24 millions, je pense que c'était autour de
7 millions, le dernier plan libéral sur ce dossier-là. Moi, je m'engage
à le renouveler, ce plan-là, stratégique, en 2028, si je suis encore dans la
chaise. Et je pense qu'on a avancé le dossier de la dimension trans. Puis on a
travaillé ensemble, vous et moi, Mme la députée, sur ce dossier-là et sur certains
enjeux, notamment sur le marqueur x. On a travaillé sur certains dossiers plus
à la pièce, je dirais. C'est vrai qu'on devrait intégrer davantage cette
dimension-là dans nos stratégies. Et les consultations, elles vont commencer
bientôt pour qu'on renouvelle ce plan stratégique. Je pense qu'on ne peut plus
reculer en arrière, mais on demeure dans une mouvance qui est nouvelle et on a
un très gros travail d'éducation et de formation. Et ça, c'est nous, ensemble,
qui allons être capables de le faire. Et vous savez que vous avez un allié chez
moi.
Mme Massé : Mme la ministre,
je ne doute pas que j'ai un allié en vous, j'ai... je vois juste le compteur du
temps passer et je crains qu'on se trouve dans une situation où il y a un
changement de gouvernement qui sera peut-être un peu moins allié de tout ça,
alors ça m'inquiète. Je vous demande de mettre ça en vitesse rapide, parce que
c'est plusieurs de nos concitoyens, concitoyennes qui vivent cette réalité-là.
Parlons-en, justement, de façon
spécifique, puisque vous avez cette sensibilité. On a appris, dans les
dernières semaines, que la seule clinique au Québec qui fait du soin affirmatif...
tout le monde au Québec sont dirigés vers la clinique GrS. Cette clinique-là,
ce qui est particulier, c'est qu'elle a de la place, elle a des médecins, elle
a des psychologues, elle a des infirmières, des travailleuses, elle a toute
l'infrastructure nécessaire pour assurer l'application de notre loi en matière
de l'application de la... au niveau de la... au niveau des personnes trans.
J'ai appris il y a quelques semaines que,
dans le dernier budget, il y a eu une coupe de 1,7 million, qui est la
plus importante en 15 ans, pour offrir les soins trans affirmatifs. Tellement
que cette clinique-là accueille de plus en plus des gens qui viennent de
l'extérieur du Canada... du Québec, pardon, parce que leurs gouvernements
paient pour que la clinique GrS vienne prendre soin de leurs patients trans.
Alors, ça vous dit-tu quelque chose, cette coupe de 1,7 million? Ce n'est
pas votre <ministère...
Mme Massé :
...alors,
ça vous dit-tu quelque chose, cette coupe de 1,7 million? Ce n'est pas
votre >ministère, hein?
Mme Biron : Bien non, mais...
non, ce n'est pas comme ça qu'il faut... C'est sûr que, quand... Tiens, je vais
laisser les gens parler pour expliquer ce qu'ils ont a à faire, mais il y a des
choses que moi, je peux faire. Parce que, dans le fond, moi, je suis
responsable du bureau de lutte. Je n'ai pas un énorme budget, vous le savez,
mais j'ai quand même un pouvoir d'influence, et puis je peux cogner à la porte,
puis aller voir le ministre, puis dire : Écoutez, c'est important de faire
telle ou telle chose. Mais je ne suis pas au courant de la coupe.
Mme Massé : Parfait. Je
vais...
Mme Biron : Alors, dans quel
contexte ça s'est fait? Pourquoi on l'a fait? C'est quoi, exactement, les
enjeux? Ça, je ne le sais pas. Alors, je peux aller le chercher, je peux aller
aux nouvelles, tu sais, puis ça, je peux le faire.
Mme Massé : Parfait.
Mme Biron : Bon, après, je ne
vous garantis pas que l'argent va revenir, mais je peux au moins aller aux
nouvelles. Puis, pour l'instant, je ne les ai pas, les nouvelles.
Mme Massé : Je vais vous
expliquer l'enjeu fondamental. Il y en a deux. Un premier, c'est que les soins
affirmatifs, à cause d'un article de loi, d'une loi qui date, là, et qui ne...
Le Règlement d'application sur la Loi de l'assurance maladie, à cause de cet
article-là, ce n'est pas la RAMQ qui soutient financièrement les soins
transaffirmatifs, c'est des crédits qui sont attribués au ministère Santé et Services
sociaux à chaque année.
Alors, il y a eu une coupe, mais ce qui
est fondamentalement problématique, c'est que ces soins-là devraient être
donnés par la RAMQ. C'est un soin de santé. Pourquoi c'est comme ça? À cause du
règlement. Ça fait que, s'il y a une chose que vous pouvez faire, je vais vous
donner tous les détails, je vais... On a fait de la bonne recherche. Ce qui
fait en sorte que cet article-là, qui parle... qui parle un langage d'un autre
siècle, là, c'est sûr, ça a été écrit il y a longtemps, qui parle de...
laissez-moi vous lire, de «tout service de chirurgie rendu à des fins de
transsexualisme». On est rendus ailleurs, Mme la ministre. Et même il parle de
la nécessité de référer à un «chef du département clinique responsable des
services transsexualisme à l'Hôtel-Dieu de Montréal». On n'est plus du tout
là-dedans.
Sauf qu'en bout de ligne l'effet est là.
Les soins aux personnes trans ne sont pas assumés par la RAMQ, les soins
affirmatifs, j'entends, mais bien par ce règlement-là. Est-ce que vous pouvez
vous engager à aller jouer là-dedans, voir ça veut dire quoi puis comment on va
pouvoir prendre soin de nos concitoyens trans?
Mme Biron : ...un très beau
cours 101 sur la santé trans, mais honnêtement...
Mme Massé : Ce n'est pas le
premier, hein?
Mme Biron : Bien, écoutez,
bon, j'ai mon champ de compétence à moi, et là vous sortez de mon champ de
compétence, et je n'ai pas cette expertise pour savoir exactement quel type de
médicament, si c'est un soin ou etc. Écoutez, je pense que vous avez des bonnes
questions pour la santé, par exemple. Puis honnêtement je vous encourage à y
aller parce que...
Mme Massé : Ce sera fait, mais
c'est vous qui va mettre la pression, vous me l'avez dit.
Mme Biron : Bien, moi, je vais
aller voir, je vais aller aux nouvelles pour la coupe de 1,7 million, mais,
sur le fin détail de est-ce que c'est la RAMQ ou si c'est l'assurance
médicaments qui doit payer...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Biron : ...honnêtement, je
suis obligée de vous dire que c'est un grand point d'interrogation pour moi.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, pour le second... les secondes
interventions, à la députée de Terrebonne, vous bénéficiez de
9 min 45 s.
• (16 heures) •
Mme Gentilcore : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour, chers collègues. C'est
toujours un plaisir d'être avec vous.
Donc, votre gouvernement a dépensé
453 000 $ pour obtenir le rapport du Comité de sages sur l'identité
de genre. Le rapport a été dévoilé il y a presque un an maintenant, donc en mai
2025. Dans ce rapport-là, on n'a aucune recommandation claire, mais plutôt des
suggestions qui sont assez ouvertes. À l'époque, la ministre, la députée de Verchères,
avait dit que les ministères seraient saisis de ce rapport-là et qu'ils en
arriveraient à des décisions d'ici les prochaines élections en 2026. On arrive
aux élections en 2026, donc dans quelques mois à peine. Ce que j'aimerais
savoir, en premier lieu, c'est : Quels ministères ont été saisis de ce
rapport-là? Qu'est-ce qu'on leur a demandé? Puis est-ce que ça avance?
Mme Biron : Bien, merci pour
votre question. D'abord, vous avez un différend sur le montant d'argent entre
la députée de... solidaire et vous, là, il vous manque quelques...
Mme Gentilcore : Quel est le
bon montant, selon vous?
Mme Biron : Bien, écoutez, je
suis obligée de vous dire que, ce dossier-là, je ne suis pas en charge de ce
dossier-là, c'est le ministre... c'est la ministre de la Famille qui est en
charge de ce dossier-là. Et je ne... je ne suis pas en charge de faire les
suivis. Alors, je suis obligée de vous dire de vous référer aux crédits du
ministre de la Famille si vous voulez avoir ce niveau de détail.
À mes yeux à moi, le rapport du Comité de
sages était une façon de récolter des données, et certaines données ont été
récoltées. Maintenant, c'est au ministre de la Famille... au ministère de la
Famille de faire les suivis avec les différents ministères <concernés...
>
<19297
Mme Biron :
...au ministère de la Famille de faire les suivis avec les
différents ministères >concernés.
Mme Gentilcore : Donc,
quand il est question, justement... la députée de Verchères, toujours l'année
dernière, avait dit que des mandats allaient être confiés à l'INESSS, et puis à
l'INSPQ également. Est-ce que vous pouvez me confirmer... Donc, vous me
confirmez que ces mandats-là ont été donnés et que les données ont commencé à
être récoltées dans la dernière année?
Mme Biron : Oui, ça,
là-dessus, je me tiens quand même informée de ce qui avance, là, dans ce
dossier-là. Et oui, je... c'est un dossier qui chemine plutôt bien. Et ce que
je comprends, c'est qu'il y a un guide de pratique qui est présentement en
chemin, et c'est l'INESSS qui pilote ce dossier-là. Mais, encore une fois, je
vous réfère à la Santé.
Mme Gentilcore : Très
bien, mais on a de la donnée qui a commencé à être récoltée selon ce que vous
avez comme information.
Mme Biron : C'est un
dossier qui chemine.
Mme Gentilcore : Dans le
rapport, on suggérait aussi d'effectuer des études, justement, des recherches
pour mieux comprendre la hausse des demandes de transition chez les jeunes,
particulièrement chez nos adolescentes. Selon votre connaissance, est-ce qu'il
y a des initiatives qui sont en cours pour améliorer nos connaissances sur les
soins d'affirmation de genre? Est-ce que ce sont... est-ce que, finalement, les
bottines ont suivi les babines et est-ce qu'on est en mesure d'avancer par
rapport à ça?
Mme Biron : Je vais vous
référer à la Santé.
Mme Gentilcore : C'est
bon.
Mme Biron : Mais c'est un
peu... Puis, je veux dire, je ne le dis pas parce que je veux me défiler, parce
qu'il y a des enjeux de santé dans la question de la transidentité, puis il
faut être prudent. Il y a de la détresse, il y a des difficultés, il y a des
souffrances. Je ne veux pas m'avancer puis dire n'importe quoi. Je veux m'assurer
que les experts puissent répondre à ces questions-là correctement.
Mme Gentilcore : Mais
vous pouvez quand même faire le suivi sur ces éléments-là.
Mme Biron : Bien oui,
mais, comme je vous dis, je viens à peine de revenir dans ces dossiers-là. Je me
suis informée sur les questions du guide de pratique, sur l'INESSS, mais je
sais qu'il y a des discussions qui sont en cours, mais il y a des enjeux de
santé importants, si bien que je ne voudrais pas aller trop loin puis créer des
attentes ou dire des choses qui ne sont pas tout à fait exactes.
Mme Gentilcore : On va
aller, d'abord, sur le Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie
et la transphobie, donc, 2023-2028. Vous l'avez bien dit, tout à l'heure, à la
fin de décembre 2023, votre gouvernement a présenté le Plan d'action
gouvernemental de lutte contre l'homophobie et la transphobie. La première
mesure présentée, dans ce plan-là, c'était d'élaborer, mettre en œuvre une
stratégie de sensibilisation aux enjeux de la diversité sexuelle et de genre,
incluant les thérapies de conversion. Pourtant, dans les demandes de
renseignements de l'opposition, on voit qu'il n'y a aucune somme... n'a été
dépensée pour cette stratégie-là en 2025-2026. Pourquoi est-ce que les travaux
sur la stratégie n'ont pas été commencés? Pourquoi il n'y a aucun montant qui a
été dépensé, dans la dernière année, par rapport à ça?
Mme Biron : Bon... Là, je
vais vous répondre de mémoire, vraiment, parce que... mais ce qui... Puis les
thérapies de conversion, c'est très choquant, tu sais, c'est vraiment...
Mme Gentilcore : C'est inadmissible.
Mme Biron : C'est
révoltant, parce que c'est barbare, puis ça ne devrait pas exister. Le gros
enjeu avec les thérapies de conversion, c'est que... en tout cas, avant de
quitter, là, en septembre 2025, là, il y avait eu zéro plainte. Puis, honnêtement,
on a adopté une loi, au Québec, et le gouvernement fédéral a emboîté le pas et
adopté une loi aussi pour criminaliser les thérapies de conversion. Et on a
zéro plainte. Alors, il y a une crainte, il y a...
Mme Gentilcore : Comment
vous expliquez ça? Parce que ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de plainte que
ça n'existe pas, on s'entend, là. Il y a probablement un contexte qui est
extrêmement complexe, qui fait en sorte que les gens n'ont pas... ne se sentent
pas en sécurité suffisamment pour, justement, aller de l'avant avec... Donc, je
ne crois pas que ça explique qu'il n'y ait aucun argent qui a été mis là-dedans
en 2025-2026, surtout que c'était la première... le premier élément, là, en
haut de la liste, dans ce plan-là. Donc, est-ce que ces travaux-là devraient
commencer? Est-ce que... est-ce qu'il y a quelque chose qui va être mis en
branle? Parce que ça fait quand même trois ans de ça, là. Deux ans et demi.
Mme Biron : Oui, mais,
dans le plan, on a quand même mis... on a mis, quand même, certaines mesures en
place. Bon, évidemment, c'est des problèmes qui sont complexes, puis les gens ne
veulent pas nécessairement le faire parce que même un tiers peut porter plainte
sur une question des thérapies de conversion. Ce n'est pas nécessairement la
victime ou la victime présumée qui dépose plainte. Mais oui, dans le Plan d'action
gouvernemental sur la... contre l'homophobie et la transphobie, on a financé un
projet, en 2023-2024, sur deux ans, de la Fondation Émergence. Le titre de ce
projet-là, c'est En finir avec les thérapies de conversion, tournée
nationale. Au Québec, on a investi 150 000 $. Le projet a pris fin en...
le 31 mars dernier. On a formé, dans 17 régions administratives au
Québec, 46 formations données, 654 personnes formées, 49 772 vues
d'un court métrage. En fait, on a <tenté...
Mme Biron :
...formations
données, 654 personnes formées, 49 772 vues d'un court métrage. En
fait, on a >tenté d'expliquer davantage, sur le terrain, ce qu'on fait.
Mme Gentilcore : Mais pourquoi
ça ne se retrouve pas dans les montants qui auraient dû être alloués à cet
élément-là dans le budget 2025-2026?
Mme Biron : À cause de la
date?
Une voix : ...
Mme Biron : Oui, c'est
probablement à cause de la date, parce que, là... 31 mars, puis c'est les
crédits... c'est tannant, ça, hein, finalement? C'est parce que c'est les
crédits 2025-2026, mais ils vont au 31 janvier 2026, puis là, bien,
le programme prenait fin le 31 mars 2026, mais on aurait dû quand même...
Une voix : ...
Mme Biron : En tout cas...
Bon.
Mme Gentilcore : Bon.
Passons. Dans le plan, vous disiez également vouloir mettre sur pied un groupe
de travail sur les violences, les discours homophobes, transphobes. Ce groupe
de travail là devait être composé de représentants des ministères, des
organismes, de chercheurs et d'organismes communautaires LGBTQ+, évidemment.
Est-ce que le comité a bel et bien été formé? Si oui, qui sont membres de ce
comité-là? Quels sont les résultats et l'avancement des travaux?
Mme Biron : Oui. Bien, oui,
ce groupe-là a été mis en place grâce au plan, là, il a été mis en place...
mais, d'ailleurs, j'ai répondu, il a été lancé en 2023. Il y a certaines
mesures qui ont été évaluées dans... qui seront évaluées dans le prochain
processus budgétaire. Je parlais de la rencontre du 18 février. En fait,
il y a eu deux rencontres, là, si j'ai bien compris. Et je pense qu'on va
poursuivre les travaux là-dessus. Comme j'ai dit à votre collègue, c'est le
genre de dossier que je vais suivre d'un peu plus près, là.
Une voix : ...
Mme Biron : Ah! la
composition. Écoutez, c'est quelque chose.
Mme Gentilcore : Allez-y, ça
m'intéresse.
Mme Biron : Ministère de
l'Éducation, ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministère de
l'Enseignement supérieur, Famille, Justice, Santé et Services sociaux, Sécurité
publique, maintenant ça s'appelle...
Une voix : Intérieure.
Mme Biron : ...intérieure,
Travail, Jeunesse, aussi centre de prévention et de radicalisation menant à la
violence...
Mme Gentilcore : Vous pouvez
nous envoyer la liste. Moi, je serais juste preneuse si vous pouvez me
l'envoyer...
Mme Biron : Oui, c'est ça.
Mme Gentilcore : Parce que
j'ai une dernière petite question pour vous.
Mme Biron : Mais il y en a
18, puis il y a les policiers. En fait, l'idée, c'est de mettre tout le monde
ensemble puis d'essayer d'avoir l'expertise de tous, tu sais.
Mme Gentilcore : Très bien.
Je voulais être sûre que c'était... que c'était mis en place, mais je prendrais
bien la liste.
Dernière petite question plus technique.
Dans les Crédits et dépenses des portefeuilles, donc volume 3 du budget,
on peut voir, à la page 19-18, que le Programme en matière de lutte contre
l'homophobie et la transphobie a été réduit de 500 000 $, donc un
montant de 3,2 millions était consacré en 2025-2026, puis là, on est à 2,7 millions.
Donc, je l'ai, ici, devant moi. Donc, je veux juste savoir, ce 500 000 $
là, qu'est-ce qu'on a coupé avec ça? Qu'est-ce qui ne sera plus financé,
finalement?
Mme Biron : Bien, écoutez,
oui, je pense que j'aimerais le voir parce que, honnêtement, ce n'est pas dans
ma nature de couper ce qui est promis.
Des voix : ...
Mme Biron : Bon, la
sous-ministre associée me dit que c'est un montant qui était prévu mais qui
prenait fin, c'est bien ça? Qui prenait fin, mais on pourra...
Mme Gentilcore : Qui n'a pas
été reconduit, donc, ce 500 000 $ là?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Biron : Non, je pense
qu'il était prévu comme tel dans le temps. Mais, écoutez, on pourra vous le
préciser, parce que, comme je vous dis, ce qui est promis, généralement, je
livre. Ce n'est pas... Je ne suis pas le genre à couper ce que j'ai promis.
• (16 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui met un terme à ce bloc. On
poursuit avec la députée de Westmount—Saint-Louis pour son dernier bloc de 14 min
37 s.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, je vais revenir, encore une fois, sur le budget
puis, aussi, sur les cahiers de renseignements que vous avez répondus. En
lisant les cahiers, j'ai remarqué que le bureau a financé cinq projets, en
2025-2026, dans cinq régions seulement. Alors, il n'y a rien en Abitibi, il n'y
a rien en Gaspésie, il n'y a rien en Outaouais, il n'y a rien en Montérégie. Et
je soulève que JAG fait face à pas mal de difficultés. 1 500 000 habitants
en Montérégie, un territoire immense de plus de 8 000 kilomètres
carrés, pas de financement proportionnel à leur réalité territoriale. Puis ça,
c'est juste Montérégie. Il n'y a aussi rien sur la Côte-Nord, rien dans les
Laurentides, rien dans Lanaudière, à Montréal. Comment est-ce que la ministre
explique ça?
Mme Biron : Est-ce que vous
auriez la gentillesse de me dire sur quel onglet vous êtes?
Mme Maccarone : Oui. C'est le
RP1, question six.
Une voix : ...
Mme Biron : OK. OK. Mais,
bon, là, ce que je comprends, c'est que ce que vous avez entre les mains,
actuellement, c'est les données du 1er avril 2025 au 31 janvier 2026,
c'est bien ça?
Mme Maccarone : Oui, mais,
peu importe, à moins que vous me dites que nous sommes allés au-delà de cinq
projets depuis ce moment-là, c'est... c'est quand même un écart assez
important. Je vais commencer à questionner comment ça se fait qu'on a des
cahiers ou... remplis à moitié. Ça fait qu'il faut toujours aller deux années
en retard pour avoir des réponses. Il y a beaucoup de régions qui manquent de
financement, seulement cinq projets, et c'est des régions, souvent, qui sont
délaissées, qui sont à <l'extérieur...
Mme Maccarone :
...et
c'est des régions, souvent, qui sont délaissées, qui sont à >l'extérieur
des lieux où ils peuvent avoir un accompagnement réel.
Mme Biron : Bon. Regardez, là.
Regardez, là, j'en ai, ici, là, je ne les compte pas, là, j'en ai plusieurs,
projets, là, j'en ai un dans le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, Capitale-Nationale,
Mauricie, Estrie, Montréal, Montréal, Abitibi-Témiscamingue, Chaudière-Appalaches,
Lanaudière, Montérégie, Centre-du-Québec, ensemble du Québec, ensemble du
Québec, bon, j'en ai, comme ça. Alors, j'en ai, des projets, j'en ai pour, ici,
montant total, 2 924 000 $...
Mme Maccarone : Quand est-ce
que...
Mme Biron : ...et, en 2025‑2026,
c'est 1 257 486 $. Ça fait que vous, vous avez probablement ce
montant-là...
Mme Maccarone : Moi, j'ai le
montant que vous avez répondu à l'intérieur des crédits, puis ça s'élève
vraiment loin de 1 million de dollars, là, on parle de 64 000,
63 000 $, là, ça fait que je ne sais pas d'où vous venez avec vos
chiffres...
Mme Biron : Oui. J'en ai,
oui.
Mme Maccarone : ...ainsi que
les documents, là. Si vous voulez le déposer pour nous aider à comprendre où
vous allez, je pense que ce serait bien. Ça fait que, là, vous êtes en train de
dire que tous les investissements que vous avez élaborés se sont faits après le
31 janvier?
Mme Biron : Bien, en tout
cas, c'est les crédits 2025‑2026, alors vous allez de la période du 1er avril
2025 à la période du 31 janvier. Par contre, Mme la députée, je vous la
montre, la feuille, là, puis je vous en fais une copie, puis je vous la remets,
puis je vais vous la remettre à tous. On la dépose...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...vous pouvez la déposer dans Greffier, s'il vous plaît.
Mme Biron : ...avec plaisir,
parce qu'honnêtement, vous avez un bien meilleur portrait, parce qu'il y a
des... En fait, tous ces projets-là, ici, là, ils ne sont pas numérotés, là,
mais ça va de deux ans... c'est tous des projets sur deux ans. Ça fait que
s'ils ont commencé en dehors de... Tu sais, vous avez juste la portion pour
l'année...
Mme Maccarone : Bien, moi, je
parle uniquement de 2025‑2026.
Mme Biron : ...parce que je
regarde... je regarde le projet Garde-Robe, ici, qui est dans le Bas-Saint-Laurent,
deux ans, qui est un...
Mme Maccarone : Bien, je ne
parle pas... je parle uniquement de 2025‑2026, ça fait que j'apprécie ce que la
ministre est en train de nous dire, mais ça reste qu'il manque des précisions à
l'intérieur des cahiers de crédits. Et, si vous allez déposer le document,
j'aimerais bien savoir quand est-ce que ces montants ont été octroyés, parce que,
si tout se fait après le 31 janvier, là, ça va être plus clair. S'il y en
a avant, ça veut dire que les montants que nous avons reçus dans les cahiers
sont inexacts. Ça fait que j'aimerais avoir la clarté, mais moi, je parle
uniquement de 2025‑2026, parce que, si je fais la comparaison avec 2023‑2025,
il y avait 16 projets, au même moment, mêmes crédits. Ça fait qu'on peut
dire, jusqu'au 31 janvier, l'année passée, il y avait 16. Là, 31 janvier,
cette année, on a cinq. Pourquoi que nous avons cet écart?
Mme Biron : Bien, c'est exactement
ce que vous venez de dire, ils s'étalent, parce qu'il y en a qui sont... qui
ont commencé plus tard, mais on va vous la fournir, la liste. Puis je vous dis,
le cycle budgétaire fait en sorte que les sommes sont souvent dépensées en
février puis en mars par les ministères, puis ça ne se retrouve pas dans les
cahiers. Je suis d'accord avec vous, parce que je trouve, des fois, que c'est
un exercice qui n'est pas tout à fait juste parce qu'on n'a pas le portrait
global, tu sais.
Mme Maccarone : Je n'ai pas
ce problème dans mes autres crédits. Puis la raison que je le soulève... Je
suis dans ma huitième année, puis, j'avoue, c'est le seul...
Mme Biron : Le seul qui est
comme ça?
Mme Maccarone : ...crédit où
je fais face à ce type de difficulté, mais ce n'est pas de votre faute...
Mme Biron : OK, bien, en Enseignement
supérieur, je peux vous dire que, des fois, je trouve que les dates ne fittent
pas, mais en tout cas.
Mme Maccarone : Mais, avec
tous ces investissements, est-ce que vous avez des indicateurs de performance
pour voir si ça fonctionne, si ça ne fonctionne pas?
Mme Biron : Est-ce qu'on a
des indicateurs de performance? Oui, mais...
Une voix : ...
Mme Biron : En fait, les
indicateurs qu'on a, c'est surtout de la reddition de comptes, parce qu'on
demande aux organismes communautaires d'être là. Puis, en fait, je pense que
c'est ça qui est le plus important, bon. On demande à des organismes comme
l'INESSS, ou l'INRS, ou différentes chaires de recherche, de nous aider puis de
nous alimenter dans nos... dans la science, puis pour améliorer notre
connaissance, mais un dans l'autre, l'idéal, c'est d'être en contact avec le
terrain le plus possible. C'est là où on a le plus d'informations. Et, quand on
investit dans un projet ou un autre, on leur demande une reddition de comptes,
puis ils sont généralement généreux là-dessus pour qu'on puisse être capables
de travailler pour les suites, là.
Mme Maccarone : Est-ce que ça
veut dire que vous êtes en train de nous dire qu'il y a quand même des projets
de recherche, qui sont en cours avec l'INESSS ou l'INSPQ, qui vont maintenant
être une instance? Est-ce que c'est ça que vous êtes en train de dire? Parce
que je comprends la reddition de comptes, mais c'est quand même important,
parce qu'on voit qu'on a quand même beaucoup de... c'est vrai, c'est souvent
nos organismes communautaires, entre autres, le Conseil québécois LGBT, qui
font énormément de recherche, de temps pour produire des rapports basés sur les
effets probants, autres rapports de recherche. Est-ce que le gouvernement a
fait une demande d'avoir une étude?
Mme Biron : Bien, je vous
disais, tout à l'heure, que l'INESSS est en train de travailler sur un guide de
pratiques, alors, tu sais, je veux dire... puis on travaille avec différents
comités, différents projets. Alors, évidemment, tout ça nous alimente dans
notre... dans notre réflexion, mais c'est certain que les organismes qui
investissent...
Mme Maccarone : Quand est-ce
que ce sera déposé, ce document? Ils sont en <train...
Mme Biron : ...organisme qui
investissent...
Mme
Maccarone : Quand est-ce que ce sera déposé, ce document? Ils sont en >train
de travailler là-dessus, vous avez dit, alors, ce serait complété à quelle
date?
Mme Biron : Honnêtement, c'est
Santé qui va pouvoir vous le dire. En fait, on en a discuté tout à l'heure,
mais...
Une voix : ...
Mme Maccarone : Bien, je dirais,
je vous encourage fortement de partager cette information avec les partenaires.
Je pense que c'est très pertinent, puis je pense qu'ils seront rassurés, aussi,
de savoir qu'il y a quand même un rapport qui a été mandaté, surtout qu'on
voit, comme j'ai mentionné lors du premier bloc, une augmentation inquiétante au
niveau de la haine, les crimes haineux, les attaques envers les membres de la
communauté, la désinformation puis, surtout, qui est exprimée par les
adolescents, qui m'amène, peut-être, aux autres questions.
Quand on parle de la formation, c'est
quelque chose qui est soulevé par plusieurs groupes, plusieurs organismes
communautaires qui nous demandent sans cesse la formation, que ce soit au sein
du réseau de santé, mais au sein du réseau de l'éducation. On sait, par le
biais de GRIS, on a une montée de haine, une montée d'intolérance vraiment
importante. Je sais que je n'ai pas besoin de partager les statistiques avec
vous, mais on est rendus à une étape très inquiétante où on n'a même pas une
tolérance d'avoir des amis qui sont membres de la communauté LGBT, et on sait
qu'il y a quand même un manque de formation et de ressources au sein de notre
réseau scolaire. Alors, quand on parle de ressources pédagogiques, qu'est-ce
que vous avez planifié? Qu'est-ce que le bureau de lutte a fait pour épauler le
réseau, pour s'assurer qu'on amène cette formation au sein du réseau scolaire,
auprès de nos pédagogues qui ont besoin d'avoir cet accompagnement?
Mme Biron : Bien, je vous ai
montré une liste de projets, tout à l'heure, que vous allez recevoir qui...
dont certains sont de l'action qui se fait en milieu scolaire et auprès des
jeunes. Il y a, d'ailleurs, dans le bureau de lutte... on a parlé, là, tout à
l'heure, à l'onglet six, de différents projets qui étaient... qui étaient en
cours, et plusieurs touchent, aussi, les jeunes, et de différents vidéos et de
promotion sur les médias sociaux. Alors, il y a un travail qui se fait. Sans
compter que les organismes communautaires que nous finançons largement, ils
font un travail de formation extrêmement important dans les écoles et auprès
des jeunes sur cette question-là.
Mme Maccarone : Je parle
plutôt des équipes-écoles. Ça fait que est-ce qu'il y a une formation obligatoire
qui est mise en place envers le personnel scolaire? Comme on aura la même
question pour le personnel de santé.
• (16 h 20) •
Mme Biron : Honnêtement, je ne
le sais pas, s'il y a des équipes spécifiques dans les écoles, mais je sais
qu'il y a de la formation qui se fait pour les communautés LGBTQ. Il faudrait
que j'aille plus en détail à savoir exactement ce qui se fait au niveau du
ministère de l'Éducation. Mais il y a des... il y a des ressources dans les
écoles parce que les écoles sont dans des situations où ils doivent composer
avec cette question-là et je pense qu'on travaille le plus possible pour que ce
soit le plus inclusif et qu'on puisse s'accepter les uns et les autres.
Mme Maccarone : Je vous
entends, mais, encore une fois, respectueusement, avec la montée de la haine,
avec la montée de la droite puis l'intolérance, le masculinisme, je pense que
nous sommes rendus à une étape où nous devons avoir une certaine obligation de
suivre des formations, que ça soit au sein de notre réseau scolaire ou bien
santé. Même dans le milieu carcéral, nous savons aussi que nous faisons face à
des changements en termes de la communauté trans, qui vont maintenant... qui font
maintenant partie de ce milieu, et aussi une intolérance qui est grandissante.
Alors, est-ce que c'est prévu d'avoir une formation auprès des employés? Je
comprends qu'on a quand même des ressources qui existent pour les jeunes, mais
la formation.
Mme Biron : Tout à l'heure,
avec la députée de Terrebonne, on parlait du comité de travail qui était formé
avec 18 ministères et organismes gouvernementaux, chercheurs
universitaires et organismes des communautés LGBTQ. Et le ministère de
l'Éducation est là, le ministère de l'Enseignement supérieur est là, mais aussi
le Secrétariat à la jeunesse. Alors, il y a... Ces informations-là se
déploient. L'idée, c'est, justement, de regrouper à la même table les
intervenants dans tous les secteurs pour que chacun, avec son expertise, puisse
agir. Et c'est bien évident que la jeunesse en fait partie, alors le ministère
de l'Éducation est clairement impliqué dans ces démarches-là.
Mme Maccarone : Mais ce n'est
pas une réponse en ce qui concerne la formation actuelle, sur le terrain, pour
nos...
Mme Biron : Oui, mais on a
parlé de 21 projets.
Mme Maccarone : ...pour nos
éducateurs, pour les gens qui travaillent comme infirmières, médecins, les gens
qui sont vraiment toujours sur le terrain, là. Le comité interministériel,
c'est très important, il a un rôle important à jouer, mais ça reste que la
formation actuelle, sur le terrain, c'est quelque chose qui est manquant. Puis <c'est...
Mme Maccarone :
...ça
reste que la formation actuelle, sur le terrain, c'est
quelque chose qui est manquant. Puis >c'est soulevé par les groupes,
entre autres Conseil québécois LGBT, on l'entend de JAG, on l'entend de
plusieurs partenaires qui nous disent que c'est un élément souhaité, nécessaire
si nous allons se combattre collectivement contre cette montée de la haine.
Mme Biron : Oui, le ministère
de la Santé et des Services sociaux est là, le ministère de la Santé, la
Sécurité publique. Il y a différents organismes, la Chaire UNESCO, il y a... il
y a les policiers qui sont là. Mais on a parlé, en tout début de séance, des
21 projets jeunesse et de cet investissement de 1,48 million de
dollars pour sensibiliser davantage la jeunesse. Alors, ces projets-là, on les
avait ici, je crois, qui sont... et se déploient partout sur le territoire,
Chaudière-Appalaches, Lanaudière, Montérégie, Saguenay—Lac-Saint-Jean, et
les... ce sont les organismes, surtout, qui sont interpelés dans différents
ateliers de formation pour les intervenants... pardon, je prends le premier,
pour mettre en place des boîtes à outils. On parle de projets de médiation, on
parle de projets de formation, de rencontres avec les jeunes pour offrir des
espaces de sensibilisation, d'expression, d'inclusion. Nous avons de la
formation sur l'intervention auprès des enfants trans et non-binaires. Alors,
il y a...
Mme Maccarone : Enseignants?
Ça, c'est pour les enseignants, pour les infirmiers et infirmières?
Mme Biron : Celui-là,
formation sur l'intervention auprès des enfants trans et non-binaires,
formation et sensibilisation... je n'ai pas ce niveau de... L'organisme, c'est
Enfants transgenres Canada, 147 500 $ investis pour faire ces
formations-là.
Mme Maccarone : J'irai
toujours sur la formation, Mme la ministre, parce qu'il me semble que c'est le
nerf de la guerre. C'est le nerf de la guerre dans... je dirais, probablement
tous les ministères, c'est très important. Alors, comme j'ai dit, pour moi, je
crois que c'est une lacune, c'est quelque chose qui est manquant sur le
terrain, c'est quelque chose qui est soulevé comme un souhait des communautés.
Mais aussi... Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais vous aussi, vous
avez offert une formation non obligatoire, quand même, aux fonctionnaires sur
les enjeux LGBT en octobre dernier, ça fait que 2025. Tout d'abord, évidemment,
bravo pour l'initiative! Je trouve ça formidable. Mais je voulais savoir si
vous, vous êtes au courant de combien de personnes ont suivi cette formation.
Mme Biron : Non. Puis, comme
vous dites, c'est...
Mme Maccarone : Je vais
élaborer.
Mme Biron : Vous, vous le
savez?
Mme Maccarone : Oui, je le
sais. Vous le savez, Mme la ministre, on vient préparés pour nos crédits.
Mme Biron : Oui, je le sais.
Mme Maccarone : Alors, en
mars 2024, juste pour votre gouverne, il y avait 77 844 employés en fonction
publique, il y a 40 personnes qui ont suivi cette formation,
40 personnes sur près de 78 000 employés. Je comprends que ce n'était pas
obligatoire, mais je dirais que je trouve que c'est un échec.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Maccarone : Ça
démontre... il y a quelque chose, aussi, qui est manquant. Alors, je comprends
que vous n'êtes probablement pas satisfaite, mais comment vous expliquez une si
faible participation?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Merci beaucoup, Mme la députée. C'est ce
qui termine ce bloc de l'opposition... ce deuxième bloc de l'opposition
officielle.
Alors, on termine avec le gouvernement. Le
bloc est de 5 min 15 s, qui est le temps qu'il reste pour
l'allocation de temps à cette enveloppe budgétaire. Mme la députée de Soulanges,
5 min 10 s.
Mme Picard : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Tout d'abord, merci de vous prêter au jeu. C'est un
exercice, j'imagine, stressant et tant pour vos équipes, aussi, qui vous
accompagnent. Je pense qu'il y a beaucoup de préparation derrière cette
journée-ci.
Mme la ministre, vous le savez, la
diversité sexuelle et de genre est une réalité transversale qui traverse tous
les groupes d'âge de notre société, les aînés n'en font pas exception,
constituant une génération souvent invisibilisée. Pourtant, il est profondément
préoccupant de constater que certains aînés membres de la communauté LGBTQ+
continuent de subir de l'intimidation ainsi que du harcèlement verbal et
physique.
Considérant que ces situations se
répercutent surtout chez eux et... chez ceux et celles qui résident en
établissement de soins de longue durée ou bien en résidences pour aînés,
considérant que les aînés sont davantage vulnérables en raison de
l'accumulation des facteurs associés aux risques, comme l'incapacité ainsi que
les problèmes physiques et mentaux, est-ce que le gouvernement met en place des
mesures pour lutter contre l'homophobie et la transphobie chez cette tranche de
la population particulièrement vulnérable, pour les protéger?
Mme Biron : Je vous remercie
beaucoup, Mme la députée de Soulanges. On a beaucoup parlé, pendant cette
séance, de la jeunesse, mais oui, il y a des enjeux chez nos personnes âgées
qui sont membres des communautés LGBTQ. Et, bien sûr, notre gouvernement
soutient des initiatives concrètes pour que notre société soit toujours plus
ouverte et <sécuritaire...
Mme Biron :
...pour
que notre société soit toujours plus ouverte et >sécuritaire pour les
personnes aînées de la diversité sexuelle et de genre.
On a octroyé 1 250 000 $ à
la Fondation Émergence pour le programme Pour que vieillir soit gai. Le financement
de ce type de projet, c'était une demande qui revenait quand même assez souvent
des organismes sur le terrain, parce que oui, nos personnes des communautés
vieillissent, puis on a vu, d'ailleurs, certaines vedettes de la télévision qui
nous en ont parlé ouvertement, de leurs amis, de leurs collègues qui vivaient
des situations particulières, et qui se retrouvaient aussi dans des résidences
pour personnes âgées, et qui étaient entourés de gens qui ne saisissaient pas
toujours ce qui se passait. Alors, il a fallu s'investir pour aider, former
davantage. La formation, comme la députée de Westmount—Saint-Louis le disait,
je pense que c'est un... c'est un élément clé de... c'est la solution pour
mieux se comprendre et mieux vivre ensemble.
Depuis 2009, en fait, le programme Pour
que vieillir soit gai rend les milieux aînés plus inclusifs, au moyen
d'ateliers de sensibilisation sur place et de formations qui portent sur les
réalités vécues par les aînés de la diversité sexuelle et de genre, et ça favorise,
en fait, l'adoption de comportements plus bienveillants. Quand on connaît des
gens, quand on aime des gens, quand on se rend compte que les gens sont comme
nous, finalement, ils sont juste dans leur différence, et qu'ils vivent bien,
on devient beaucoup plus accueillants et beaucoup plus bienveillants et ça a un
effet, souvent, à l'extérieur, parce qu'une fois qu'on a compris, qu'on a saisi
que c'est... que les gens sont eux-mêmes, bien, ça nous rend acceptants pour
l'ensemble de la population.
Mme Picard : Merci beaucoup.
Je vous amène sur un autre... un autre sujet qu'on n'a pas abordé jusqu'à
maintenant. Il est indéniable que la remise de prix à diverses causes, qu'elles
soient sociales, culturelles ou communautaires, joue un rôle capital en offrant
une visibilité précise aux personnes et aux groupes qui... s'y identifiant.
Elle permet au grand public de mieux les connaître, les comprendre et s'y
identifier, transformant ainsi les réalités parfois invisibles en sujets
publics. Considérant que les groupes LGBTQ+ ont mené des batailles historiques
et contemporaines, considérant que ces batailles sont fondamentales pour
l'égalité des droits, la dignité humaine et la sécurité de leurs membres,
pouvez-vous me dire qu'est-ce que le gouvernement du Québec fait qui vise
spécifiquement à récompenser et à honorer les groupes et les personnes LGBTQ+?
• (16 h 30) •
Mme Biron : Mme la députée,
vous me faites plaisir avec cette question-là, parce que, quand je suis arrivée
en poste, en 2022, un des premiers événements que j'ai vécus, c'est la remise
des prix Thérèse-Casgrain à des femmes d'exception qui faisaient des choses
pour le féminisme puis l'avancement de la condition féminine, et je me suis
dit : On devrait avoir un prix de l'Assemblée nationale pour les
communautés LGBTQ. Et j'ai mis en place les prix Action LGBTQ+. Ce sont deux
prix, un prix Hommage et un prix Milieu de vie en confiance...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Biron : ...et les finalistes
de chacune des catégories reçoivent une plaque commémorative, et ça se fait
dans le faste de l'Assemblée nationale. Cette année, ce sera la troisième
édition de cet événement qui me tient à cœur.
Documents déposés
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, merci, c'est tout le temps que nous
avions pour ce volet. Alors, je vais déposer, en terminant, les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, le temps étant réputé écoulé, la
commission ajourne ses travaux au mercredi 13 mai, à 15 heures,
où elle entreprendra l'étude du volet Condition féminine des crédits
budgétaires du portefeuille Santé et services sociaux. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 31)