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Point de presse de M. Jean-Marc Fournier, chef de l'opposition officielle, et de M. Gerry Sklavounos, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur

Version finale

Tuesday, January 22, 2013, 12 h

Hall du 1er étage, hôtel du Parlement

(Douze heures vingt-six minutes)

Le Modérateur: Nous allons débuter le point de presse. M. Fournier va faire une courte déclaration, et on va répondre à vos questions.

M. Fournier: Merci beaucoup. Bonjour à tous. C'est notre première rencontre en 2013, et je suis bien content de vous revoir. Gerry Sklavounos est avec moi. Vous le connaissez bien pour tous ceux qui suivent la question des universités, du financement de l'enseignement supérieur. Nous avons, en début de caucus, rencontré, ce matin, Yves-Thomas Dorval, le président du Conseil du patronat du Québec, Guy Breton, le recteur de l'Université de Montréal. Nous avons eu l'occasion d'échanger sur leurs préoccupations au sujet de l'économie du Québec, et un des éléments qui est intimement lié à la question de l'avenir économique du Québec, qui est la question de l'enseignement supérieur, de son financement, du financement de la recherche, du financement de l'innovation.
Je ne vous apprendrai pas grand-chose en vous disant qu'il y a un profond climat d'inquiétude dans le monde universitaire, mais dans le monde économique aussi, à l'égard de la situation dans le monde universitaire. L'enseignement supérieur et l'innovation sont parmi les leviers les plus importants, les plus structurants pour le développement économique d'une nation, et donc les questions de l'accessibilité, de la qualité sont des questions excessivement importantes. Les dettes électorales du Parti québécois ne doivent pas hypothéquer l'avenir économique des Québécois.
Actuellement, le moins que l'on puisse dire, c'est que la confusion la plus totale règne en ce qui concerne l'avenir de nos universités. Le ministre de l'Enseignement supérieur diffuse la vérité au compte-gouttes. D'abord, en novembre, le PQ a annoncé qu'il voulait ajouter 1,7 milliard au cours des prochaines années. Puis on apprend en décembre que le PQ coupe 124 millions pour l'année 2012-2013. Ensuite, en janvier, le PQ annonce une autre coupe d'au moins 125 millions pour 2013-2014. Pressé de questions des journalistes, le ministre a refusé de confirmer si ces coupures étaient récurrentes. Il ne dit même pas si les 125 millions de 2013-2014 s'ajoutent à la coupure de 2012-2013. Autrement dit, on ne sait pas si, en 2013-2014, la coupure est de 250 millions, de 125. Est-ce que le total des deux années vaut 375 millions? Inconnue totale. Pourtant, c'est une question fondamentale. Pour le savoir du Québec, c'est le supplice de la goutte. Improvisation ou manipulation? À vous de choisir.
Le ministre veut faire un sommet sur les universités, mais les intervenants ne savent même pas sur quelles bases vont porter les discussions. Si les compressions du ministre sont récurrentes, l'ajout de 1,7 milliard qui a été annoncé se réduit comme une peau de chagrin à seulement 814 millions, 814 millions pour lesquels il n'y a aucune réserve d'argent de prévue, donc un engagement théorique, en paroles et sans argent.
Je vous rappelle que, dans la proposition libérale les payeurs d'impôt contribuaient pour 954 millions pendant la même période et les étudiants pour 904 millions. Autrement dit, si les coupures sont récurrentes, la proposition du PQ ne compense pas les frais... la perte des frais de scolarité et n'atteint même pas la contribution de 954 millions que le gouvernement libéral mettait sur la table au bénéfice des universités. Je tiens à souligner également que lors du dernier budget le gouvernement a imposé des coupures de plusieurs millions en recherche et en innovation, près de 20 % de coupes dans le budget... dans les fonds de recherche du Québec et 40 % dans les coupures de budget dans le soutien à la valorisation des résultats de recherche qui ont été coupés. Non seulement la qualité de l'enseignement va subir le choc des coupures, mais la recherche aussi et les leviers permettant la commercialisation de ces recherches qui vont à l'avantage de la croissance économique du Québec.
Je vous donne un exemple. Le laboratoire de robotique de l'Université Laval développe des logiciels et des robots qui permettent des gains de productivité dans l'assemblage de matériaux. Ce laboratoire a notamment des projets avec General Motors pour rendre plus efficient l'assemblage de moteurs. En plus de développer des procédés qui seront commercialisables, nos laboratoires de recherche permettent la création d'entreprises et aident également des entreprises à être plus efficaces et, par conséquent, créent des milliers d'emplois au Québec.
Cet exemple se multiplie à la dizaine, voire à la centaine au Québec. Si des groupes de recherche sont privés de financement ou démantelés, c'est l'économie du Québec qui va en payer le prix. Les décisions que nous prenons aujourd'hui pour l'avenir de nos universités auront des conséquences économiques pour les 10 ou les 20 prochaines années.
Le minimum que pourrait faire le ministre serait de donner l'heure juste aux intervenants qui participent au sommet. Son collègue responsable des Institutions démocratiques nous a annoncé, il y a une semaine, qu'il voulait plus de transparence et revoir la loi d'accès à l'information. Je lui suggère de demander à son collègue ministre de l'Enseignement supérieur de dire toute la vérité, d'arrêter de manipuler les chiffres et de dire clairement si les coupures qu'il impose à nos universités sont récurrentes. Notre caucus d'aujourd'hui comme bien d'autres témoignages ont prouvé hors de tout doute l'importance du savoir pour le progrès économique du Québec. Le Parti québécois ne doit pas l'ignorer.
Aujourd'hui, je demande à la première ministre et à son gouvernement de ne pas faire payer à l'avenir économique du Québec les dettes électorales qu'elle a contractées auprès des carrés rouges. Je suis prêt à prendre vos questions.

Le Modérateur: Je vous demanderais d'utiliser les micros prévus à cet effet. On va prendre d'abord les questions en français.

Journaliste: Si je me fie à votre communiqué ici, vous prenez finalement la part des recteurs dans cette guerre à finir avec les étudiants. Vous prenez cette part-là?

M. Fournier: Non, je prends la part de l'avenir économique de tous les Québécois. Et il est évident qu'on ne peut pas nier l'importance du savoir, l'importance de la recherche, l'importance de l'innovation pour l'avenir économique du Québec. Et je pense que c'est important que plus de monde encore soient les promoteurs de cette idée.

Journaliste: Les étudiants estiment que les recteurs, en fait, gèrent mal les universités, et qu'elles jettent carrément l'argent par les fenêtres, là. C'est textuellement ce qu'ils ont dit. Est-ce que vous croyez ça?

M. Fournier: D'une part, je dénonce les attaques que les étudiants ont faites, je dénonce le ministre de l'Enseignement supérieur qui ne les a pas rappelés à l'ordre. Je suis outré de voir qu'on peut aujourd'hui, sans vergogne, dire: Il n'y a pas de sous-financement. Je vous rappelle que les mêmes associations étudiantes, il n'y a pas si longtemps, avant que l'on parle d'augmenter les frais de scolarité, considéraient qu'elles étaient sous-financées. Comment se fait-il que tout à coup, depuis que nous demandons qu'il y ait un équilibre dans la part, que les fonds publics, que les payeurs d'impôt, de taxes apportent leur contribution, mais que les étudiants aussi l'apportent, que, depuis ce temps-là, ce sous-financement se serait transformé en trop d'argent? C'est un peu étonnant.
Ce qui est étonnant, c'est que le ministre de l'Enseignement supérieur ne soit même pas en position de défendre l'avenir économique du Québec. Je le dis avec le... je vais tenter d'être le plus posé possible. C'est probablement, autour de la table du Conseil des ministres, le ministre le plus important pour l'avenir économique. Quand on parle du savoir, des universités, de la recherche, c'est le levier le plus structurant pour développer l'économie. Qu'il soit aujourd'hui en train d'invoquer une étude après l'autre pour essayer de dire: Je ne vais pas financer ce secteur-là, franchement, c'est un abandon que le gouvernement fait, et ça, ça doit être dénoncé.

Journaliste: Est-ce que la grille de financement devrait être revue, c'est-à-dire le financement par tête de pipe? Est-ce que d'autres critères devraient être ajoutés dans le financement?

M. Fournier: Moi, je n'ai aucune difficulté, et je pense que le recteur de l'Université de Montréal, qui était avec nous... j'ai rencontré d'autres recteurs aussi, et je pense que la plupart des gens ne sont pas fermés à ce qu'il y ait une évaluation des modes de financement. La question préalable va toujours demeurer la même: Qu'est-ce qu'on finance? Revoir le mode d'attribution d'une enveloppe, encore faut-il savoir quelle est l'enveloppe.
Or, aujourd'hui, là, c'est très surprenant, il y a un ministre des Finances qui a annoncé, en novembre, qu'il allait ajouter 1,7 milliard, et, depuis ce temps-là, ce qu'on apprend goutte à goutte, c'est la coupe, la coupe. Comment se fait-il que plus veut dire moins? Alors, avant de se poser la question que je trouve franchement une façon pour le gouvernement d'éviter de répondre aux véritables questions, avant de savoir comment on va le distribuer, est-ce qu'on peut savoir ce que le gouvernement va faire? Et, là-dessus, non seulement c'est le silence radio, c'est le supplice de la goutte.

Le Modérateur: Prochaine question, le micro à ma droite.

Journaliste: Mme Marois s'envole bientôt pour l'Europe. Qu'est-ce que vous pensez du fait qu'elle va rencontrer le premier ministre Alex Salmond de l'Écosse?

M. Fournier: Moi, écoutez, ce qu'on se demande, au Québec, quand les premiers ministres font des missions, c'est ce que cela va permettre en termes d'essor économique pour le Québec. Alors, je vais attendre le rapport de sa mission là-bas pour voir l'avenir... comment l'avenir économique du Québec s'en porte mieux, et on verra par la suite.

Journaliste: Dans le contexte où il y a un référendum sur l'indépendance en 2014, qu'est-ce que vous pensez de ça?

M. Fournier: Bien, vous demanderez à Mme Marois si elle y va dans un contexte de décision que prennent les Écossais pour faire la promotion de cette idée ou si elle y va pour l'avenir économique du Québec. Moi, j'ai toujours pensé que, sur la question de l'avenir du Québec, c'est entre Québécois que ça se faisait. Je ne pense pas que Mme Marois s'en va dire aux Écossais quoi faire parce qu'elle ne voudrait sûrement pas que les Écossais nous disent quoi faire non plus. J'imagine qu'elle s'en va là-bas pour le développement économique du Québec. Posez-lui la question. Et on verra avec son rapport, quand elle reviendra, ce que ça aura donné pour l'économie du Québec.

Journaliste: Vous avez des doutes?

M. Fournier: Si j'ai des doutes? Non, j'attends. Je ne suis pas présomptueux, j'attends son rapport.

Journaliste: Donc, les relations internationales du Québec, c'est simplement pour des questions économiques, strictement?

M. Fournier: Bien, je crois que c'est très, très important, et c'est sans doute ce qu'elle s'en va faire là-bas.

Journaliste: Moi, j'aurais deux questions. Une question sur l'éducation. Les chiffres de sous-financement qui ont été fournis par les recteurs tiennent compte d'un écart de salaire des professeurs de 15 % à 20 %. Le gouvernement Charest a corrigé, si on veut, les salaires des médecins pour les ramener plus près de la moyenne canadienne. Est-ce que vous êtes d'accord pour, justement, augmenter le salaire des professeurs d'université et des chargés de cours?

M. Fournier: Honnêtement, la question, en ce moment, n'est pas de savoir comment nous irions faire la gestion d'une université ou d'une autre. Il ne m'appartient pas aujourd'hui de faire la distinction de la situation des unes et des autres, qui sont d'ailleurs toutes différentes les unes et des autres.
Par contre, lorsqu'on regarde l'ensemble de l'oeuvre, il est évident que, pour l'ensemble des universités, il doit y avoir un refinancement. Cette question-là, elle est préalable à savoir où le refinancement doit se faire: Est-ce qu'il y a, oui ou non, sous-financement? Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, il y avait un consensus de tout le monde au Québec, qui s'est effrité à un moment donné, quand un des partenaires a dû voir que lui aussi était interpellé par des mesures progressistes, soit dit en passant, parce que, pour ceux qui avaient moins de moyens, l'accompagnement de l'État faisait en sorte que ça coûtait autant ou même moins cher, mais pas plus cher. C'était une mesure progressiste qui était mise de l'avant. Je m'étonne que personne n'en parle, d'ailleurs. Ceci étant, il est clair pour nous qu'il doit y avoir un financement accru et il est clair pour nous que c'est à l'avantage du Québec, et du Québec de l'avenir, et donc de la jeunesse d'aujourd'hui et celle à venir.
Alors, au-delà de toute question qu'on pourrait se poser: Est-ce que c'est dans tel département? Est-ce que c'est tel dossier? Est-ce que c'est les labos? Est-ce que c'est les bibliothèques? Honnêtement, la question préalable, bien plus importante que celles-là: Est-ce que nous avons un gouvernement qui est capable de dire la vérité aux Québécois, pas la semaine prochaine, pas dans deux semaines, aujourd'hui, à une question banale? Il y en a plein d'autres questions, il y en a plein d'autres questions, mais celle-ci, elle est fondamentale. Vous avez annoncé, un peu par la porte d'en arrière, 124 millions de coupures, 2012-2013, quand il restait quelques mois. Par la suite, un mois plus tard, on a appris une autre coupure dont on n'est pas trop certain à quelle hauteur elle s'élève. Elle est égale ou plus, mais on ne sait pas si elle s'additionne. Et, lorsque vous avez demandé, quelqu'un d'entre vous a demandé au ministre: Est-ce que c'est récurrent? Il a refusé de vous répondre.
Pourquoi est-ce qu'on fait un sommet si on n'est même pas capable de dire au Québec quelle est la position de celui qui l'organise? Pensez-vous vraiment que le ministre des Finances, quand il a dit: Il y en a pour 1,7 milliard de plus, il ne savait pas ce qu'il y avait aussi de moins? Pensez-vous vraiment qu'ils découvrent ça jour après jour puis qu'ils se font une nouvelle idée jour après jour? Si vous croyez ça, vous croyez qu'ils improvisent jour après jour. C'est ou bien ça, ou bien ils n'improvisent pas. Mais, s'ils n'improvisent pas, ils manipulent.

Journaliste: Sur un autre sujet, la commission Charbonneau, est-ce que vous trouvez le fait de rendre la commission Charbonneau permanente que... est-ce que vous trouvez que cette idée-là a du bon sens?

M. Fournier: Comme je l'ai déjà dit à ce sujet... d'ailleurs, je l'ai dit à celle qui est derrière vous, je crois, dimanche, qui m'a posé la question à chaud puisque ça venait tout juste d'arriver, on était en plein débat où des candidats font leur... émettent leurs positions, ils vont en émettre encore à l'avenir, et je n'entends pas, dans ma fonction actuelle, intervenir dans chacun de ces débats-là, dans chacune des propositions qui sont en ce moment soumises aux militants et qui vont avoir à prendre des positions. Alors, je vais laisser le débat se faire et ne pas intervenir dans la course.

Journaliste: Avez-vous encore confiance dans la commission Charbonneau, compte tenu du témoignage, là, de M. Dumont?

M. Fournier: Oui, j'ai confiance en la commission.

Le Modérateur: Prochaine question, Tommy Chouinard.

M. Chouinard (Tommy): Mais croyez-vous par ailleurs que la crédibilité de la commission a été entachée avec cette histoire de témoignage de M. Dumont?

M. Fournier: J'ai confiance en la commission et puis je pense qu'ils vont faire le travail qu'ils ont à faire.

M. Chouinard (Tommy): Regrettez-vous ce qui s'est passé avec M. Dumont?

M. Fournier: Et je ne veux pas commenter les travaux de la commission, les témoins qui y passent. Je dirai simplement, je l'ai dit ce matin parce qu'on m'a posé la question et je le répète, là, je ne sais pas si vous étiez là, j'étais étonné d'apprendre que des témoins préparaient d'autres témoins. Mais, pour le reste, honnêtement, franchement, je vais laisser la commission faire son travail.

M. Chouinard (Tommy): C'est ce que j'allais aborder justement. On sait que M. Duchesneau donc a rencontré M. Dumont en prévision de son témoignage: lui, il affirme ne pas avoir en quelque sorte contaminé le témoin, ou quoi que ce soit. Mais trouvez-vous que... Que pensez-vous du commentaire de M. Duchesneau? Est-ce que vous pensez que ce qui se passe avec M. Dumont jette du discrédit sur ce qu'a dit M. Duchesneau jusqu'à maintenant ou est-ce qu'il y a eu...

M. Fournier: Pour être franc, j'ai surtout un point d'interrogation. Je sais que, dans notre relation de journalistes à élus, on aime souvent poser une question puis qu'on ait une réponse à votre question. À votre question j'ai une question: Je me demande pourquoi, en quoi un témoin prépare un autre témoin? Pour moi, c'est une surprise d'apprendre ça. Et je n'ai qu'un grand point d'interrogation et j'imagine que quelqu'un va y répondre, quelqu'un qui était concerné par ce sujet-là.

M. Chouinard (Tommy): Mais est-ce que... Si vous avez cette question-là, c'est parce que vous estimez que, si c'est le cas, ça pose un problème, ça?

M. Fournier: Bien, c'est très surprenant que des témoins préparent des témoins à des témoignages. Honnêtement, c'est plutôt surprenant.

M. Chouinard (Tommy): Ça contrevient à une règle?

M. Fournier: Bien, c'est... Bien, en tout cas, je vais laisser la commission faire son travail, là, mais, d'habitude, ce n'est pas comme ça que ça marche. Mais bon, c'est surprenant. Je suis surpris.

M. Chouinard (Tommy): M. Duchesneau a enfreint une règle en parlant d'un témoin qui allait...

M. Fournier: Je ne sais pas ce qu'il a fait, je ne sais pas c'est quoi, la préparation. Moi, je n'étais pas là. Je suis juste surpris d'apprendre qu'il y a eu une préparation. Quel genre de préparation? C'est à lui de nous le dire, là. Moi, je ne le sais pas. Je ne peux pas présumer.

Le Modérateur: Prochaine question, Véronique Prince.

Mme Prince (Véronique): Sur le voyage de Mme Marois en Écosse, est-ce que vous trouvez que ce n'est pas les bonnes priorités, alors qu'elle veut parler d'indépendance, et vous dites qu'elle devrait ramener des contrats économiques.

M. Fournier: Bien, écoutez, j'ai posé la question ce matin à un journaliste qui me posait la question. J'ai demandé: Est-ce que vous savez l'objectif de la visite en Écosse? Et je n'ai pas eu de réponse. Alors, je reste toujours moi-même avec ma question: Quel est l'objectif du voyage en Écosse? Faire la promotion d'une indépendance écossaise? Pourquoi c'est elle qui se mêle de ça? Faire la promotion de l'indépendance québécoise? Pourquoi? Quand elle va à l'étranger, est-ce que, au nom des Québécois, elle ne devrait pas se préoccuper de l'avenir économique du Québec?
Quelqu'un m'a demandé: Est-ce que les relations internationales ne se limitent qu'à l'économie? L'économie, c'est le pilier qui nous permet la justice sociale. C'est comme ça qu'on est capables, entre autres, de financer notre éducation primaire, secondaire qui facilite l'enseignement supérieur qui, lui, aide à l'économie. C'est toute une chaîne dont chacun des éléments sont liés les uns aux autres. Alors, oui, s'intéresser en Écosse aux relations économiques qui vont aider le Québec, ça, ce serait un bon objectif. Si ce n'est pas ça, je pense que...

Mme Prince (Véronique): ...priorité?

M. Fournier: Bien oui. Si ce n'est pas ça, je pense qu'elle dévie de la priorité que les Québécois ont donnée à ce gouvernement.

Le Modérateur: Questions en anglais. Kevin Dougherty.

M. Dougherty (Kevin): Yes. On Charbonneau, they are supposed to report by October. Do you think they have time? Do you think they should have an extension?

M. Fournier: Ask that to Mme Charbonneau. It's not for me to answer that. Sorry. I am sorry, I cannot answer that.

M. Dougherty (Kevin): And secondly, on the summit, is the Liberal Party going to participate?

M. Fournier: Yes, of course. Gerry is there every occasion. He was... Maybe you could answer the fact that we were there...

M. Sklavounos: We have been present at all the presummit meetings. Of course, we have been invited in a role of observer, so we haven't been permitted to take the mic to make arguments to present. But I am there to be able to witness the different positions that are being heard or lack of some positions which could be more heard, and we are going to be present till the very end. I think it's very important that we participate. It was never really in doubt. We've always questioned the fact that the minister have taken certain positions already and seems to have already made certain decisions regardless of the opinions that are being expressed there, but we've always said we would be present to participate all the way to the end.

M. Dougherty (Kevin): And what would you want him to do? Avez-vous... Maybe, now, just the team that the debt was referring to...

M. Sklavounos: Well, the fundamental question is the underfunding of our universities, and we have a minister who started off denying, has a denial of the underfunding of our universities. He has gone through pains in preparing the different documents in order to make arguments that would limit any need for additional funding for our universities and, before really fully having this argument, he has decided to impose certain cuts to our universities that are making it very, very difficult for them to compete, and he's been absolutely ambiguous and unclear as to what is in store for our universities for the next year. I mean, he placed this impossible burden on our universities in the last three or four months of their budget to make these cuts. As we know, they're impossible. The universities are telling us they cannot do it. They're going to push it to their deficit, they're going to push it to their debt, and then we know that there's more of this in store.
So when the Minister of Finance comes forward and says he's going to fund our universities for $1.7 billion, and you have the Minister of Higher Education proceeding to cut, and you have a whole other portion of the funding that's hypothetical because it hasn't been found in the budget anywhere, it's not forecast in the budget, well, then we have a situation where these universities may get absolutely no money at all. And it's very, very, very worrisome, because we know they're economic engines. For the good of our society, our universities are economic engines, and they're suffering at this point. No matter what numbers you take, they're suffering. It's clear, they're underfunded, and we have a minister that's wasting a lot of time. He's imposing cuts, and this is putting our universities in a disadvantaged situation for sure.

Le Modérateur: J'ai une question. Tim Duboyce.

M. Duboyce (Tim): Mr. Fournier, on the Scottish visit of Pauline Marois, you know, I don't think economic questions even matter. There's 5.5 million people in Scotland, they're not a big trade partner for Québec. It's very clear this is a meeting between two pro-independence politicians in states that are not currently independent. What message is that visit sending to Quebeckers?

M. Fournier: I think that Mme Marois, in her charge of Premier of Québec, has a responsibility to fight and work for the priorities of Quebeckers. This is not separation of Québec, it is not separation of Scotland. And, if she goes around the world, that's OK, that's one of the responsibilities of a Premier to express and to work for the benefit of Québec, and all Québec. I think it must be in the field of the economy.
Some of your colleagues have asked if economy is the only subject. Well, economy is by that that you can work in all other sectors that the state intervenes. So that's why, when we have a Premier who travels, we look at the meaning of this travel, what is good for the economy of Québec in that. If she's trying... That's what you're telling me, and I don't want to take this presumption, but, if you're telling me that she's going there just to promote separation of Québec and Scotland, well, I think that she's not doing the right thing, I think she doesn't have the mandate of Quebeckers to do that and I think that she's not doing the right thing. Let's work for all Quebeckers. Let's work for our economy so that our health, our education, the health of those who are in need are satisfied in Québec. Why can't she understand that?

Journaliste: What would you say to Quebeckers, because the situations are very different in the two places? There's a much greater devolution of power in the Canadian Confederation than in the British context? So, you know, what would you say to somebody who is looking at her visit as a good idea, in terms of the... that start difference between those two situations?

M. Fournier: Well, you say it all, so let's have the media expressing the difference between the two aspects. Of course, maybe she's going to discover at that place that she has got a lot of power in her hand when she's Premier of Québec, with all the jurisdictions we've got in our federation. If she discovers that, I hope she will discover that one of the responsibilities she's got, with all the jurisdictions she had, is to work for the economy, and work for the health, and work for education. That's what she's got in her hand.
So, if that's the only benefit point she's getting there, that it's the last time she work for separation elsewhere, well, let's take that. But I think she knows. I think she knows that we've got all those jurisdictions. And I think she knows that she's responsible for it and I think that she's not taking her responsibility if she's not working for the growth of our economy.

Le Modérateur: Prochaine question, Caroline Plante.

Mme Plante (Caroline): Mr. Fournier, do you still have confidence in the Charbonneau commission? I think it was discovered that Martin Dumont had given false testimony. Is the commission still credible?

M. Fournier: Yes.

Mme Plante (Caroline): Can you elaborate on that? Why do you think... Why do you still have confidence?

M. Fournier: Well, I think the... Mme Charbonneau has expressed the position in which she is, and it's not an easy job. And sometimes things like that happen, and she expressed the way she wants to deal with that to avoid it in the future and, if it's impossible to avoid it, to correct it.
So they are doing their job. It's a tough job, it's a big mandate, and she's got my confidence for the work she's doing.

Le Modérateur: Dernière question. Angelica Montgomery.

Mme Montgomery (Angelica): Yes. Now, back to the Scotland issue, Scotland's not a major trading partner, but we do have a delegation in London, we do trade with the U.K. Could this visit hurt our relations with United Kingdom?

M. Fournier: At this right moment, even if those who said that we should speculate and have the right answer why she's going to Scotland, I still hope that she's going there to promote the economic link between all U.K., including Scotland.
So let's ask her why is she going there and let's ask her, if you want, the question you are asking me. But I think that the responsibility she's got as the Premier of Québec is to work for our economy to be better, so that we can serve citizens who are in need in Québec, which is in health, in education, in housing and things like that. So I refuse to see her travel in Scotland as a way to promote separation in Québec or Scotland... in Scotland.

Journaliste: Can I ask you a question, Mr. Sklavounos? There is a case of a student in Dawson College who has been kicked out of school because he tried to test whether or not a security breach was still open. Does this infringe honest student rights to get an education? Should this student be allowed to go study? This could affect him for the rest of his life.

M. Sklavounos: To be honest, I am not familiar with all the issue. It could be a complex case. I don't want from here, from the pulpit preach, on what should be done with this particular student because I am not aware of all the facts. I think the priorities is... we've always said that we think students should study. But on a particular case where they're alleging some kind of misbehaviour or infraction, I think there has to be proper investigation and I will not want to comment from here, not knowing all the facts, not knowing all the details. It would be somewhat irresponsible to do so, I think.

Journaliste: Can I just ask, there was a tear spray that was used to the last education summit, a handful of protesters were pushed out, wrestled with security guards. Pierre Duchesne has said that this was a necessary action. What do you take away from this? I know that the Liberals were heavily criticized.

M. Sklavounos: It's funny. I just see a big shift in the way the position of the PQ has like turned around in terms of how we deal with that. I mean, we were saying, at some point, and our former Premier were saying that intimidation is not part of an acceptable democratic tactic in order to get once point across, and we were criticized a we were called all kind of things. It's just funny to see the minister, at this point, basically becoming the new Sgt. Pepper and basically touting the virtues of pepper spray. So that's what I have to say about that. It's funny there's been a big shift and a big turn around in that position.

M. Fournier: Thank you. Merci beaucoup.

(Fin à 12 h 53)

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