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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, et M. Nicolas Marceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Version finale

Tuesday, February 21, 2017, 11 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures quarante-neuf minutes)

M. Lisée : Aujourd'hui, on a eu une manifestation parfaite de l'ordre de priorité du gouvernement de Philippe Couillard. Ils vous ont annoncé un plan, plus d'une centaine de pages, sur l'économie et les sièges sociaux, et, dans la même conférence de presse, ils vous ont dit : Ah! vous savez, pour les 500 $ de crédit d'impôt qu'on veut enlever aux aînés, ce n'est pas pressé, ce n'est pas pressé, on va attendre le budget. On va continuer à les laisser dans l'incertitude, là, pendant qu'ils font leur rapport d'impôt. Mais ce qui est pressé aujourd'hui, c'est d'annoncer le plus grand cadeau, pas au 1 % les plus riches du Québec, au 0,1 % les plus riches du Québec. Ça, c'est pressé. Dans ce qu'ils ont présenté, la mesure la plus effective et la plus immédiate, c'est de dire à ceux des Québécois qui ont des options d'achat d'actions, on ne parle pas à grand monde, là, ceux qui ont des options d'achat d'actions, grâce à M. Couillard, vous allez payer moins d'impôt, et pour chaque million de dollars d'options d'achat, on va vous donner 60 000 $. 60 000 $ d'impôt en moins grâce à M. Couillard pour les millionnaires et quelques milliardaires québécois qui ont des options d'achat d'impôt. Ça, c'est urgent. Ça, il fallait faire ça aujourd'hui. Les aînés, là, les aînés défavorisés, leur 500 $, non, ça, ce n'est pas urgent, ça va attendre. On va continuer à faire des petits calculs mesquins parce qu'on ne peut pas dire ça aujourd'hui. Alors, c'est quand même extraordinaire, le choix des priorités de ce gouvernement.

Alors, aujourd'hui, trois ans après leur élection, ils essaient de nous dire qu'ils vont faire quelque chose pour les sièges sociaux. Alors, il faut dire que, dans ce plan, là, rien dans ce plan n'aurait empêché la vente de RONA, de St-Hubert, du Cirque du Soleil ou des autres entreprises qu'on a perdues sous le gouvernement libéral, rien, zéro exposant zéro. Ils font un groupe <d'intervention...

M. Lisée : ...quelque chose pour les sièges sociaux. Alors, il faut dire que dans ce plan-là, rien dans ce plan n'aurait empêché la vente de RONAV, de St-HubertV, du Cirque du SoleilV ou des autres entreprises qu'on a perdues sous le gouvernement libéral, rien, zéro exposant zéro. Ils font un groupe >d'intervention financière dont le budget est zéro dollar, zéro dollar, un groupe qui va jaser de ce qui pourrait bien aller. C'est quand même extraordinaire.

Il y a une mesure qu'on va saluer, c'est la mesure qui étend aux entreprises de services une facilité fiscale pour le transfert d'entreprise. C'est bien, mais ça n'a rien à voir avec les propositions que l'on fait pour permettre aux cadres et aux salariés d'entreprises d'avoir de l'aide, un budget, un investissement, un appui d'Investissement Québec pour reprendre les entreprises lorsque les entrepreneurs décident de vendre. Il y a une timidité dans les propositions qui sont faites aujourd'hui qui est désolante, sauf pour aider les Québécois les plus riches. Ça, il n'y a pas de timidité là-dedans.

Je vais demander à Nicolas Marceau de revenir sur certaines des mesures que les libéraux avaient promises, et qui faisaient consensus dans les milieux économiques du Québec, et que les libéraux confirment aujourd'hui qu'ils refusent d'appliquer pour garder nos sièges sociaux.

M. Marceau : Alors, oui, le vide de ce qui est annoncé aujourd'hui est d'autant plus choquant que le gouvernement a entre ses mains un rapport qui avait été déposé en février 2014 par Claude Séguin et un grand nombre de personnalités d'affaires. Je vais simplement vous rappeler quelques mesures qui étaient contenues dans ce rapport et qui n'ont pas été retenues par le gouvernement de M. Couillard. L'une d'entre elles faisait vraiment consensus, et je crois qu'elle fait encore consensus, c'est celle de conférer des droits de vote différents à des actionnaires selon la durée de détention des actions. Alors, autrement dit, si vous achetez des actions maintenant, bien, pour la prochaine année, vous n'aurez pas droit d'exercer le droit de vote qui y est associé. Pour pouvoir exercer un droit de vote, on ne doit pas être un touriste, on doit être un investisseur de long terme. Alors, ce genre de mesures là existent ailleurs. C'était contenu dans le rapport de Claude Séguin, et pour des raisons qui appartiennent au gouvernement, ce n'est pas dans son plan d'aujourd'hui.

Autre mesure encore plus drastique, c'est simplement de dire que l'offrant, celui qui fait une offre d'achat hostile, n'a tout simplement pas de droit de vote dans le vote qui suit l'offre d'achat, c'est-à-dire au moment où les actionnaires doivent disposer de l'offre qui a été faite par l'offrant. Alors, ça, c'est aussi possible de le faire. C'était dans le rapport Séguin.

Troisième chose qui était dans le rapport, c'était, par exemple, de dire que les administrateurs, donc les membres du conseil d'administration, on ne peut pas révoquer leur appartenance au conseil d'administration avant la fin du terme, <parce que ce genre...

M. Marceau : ...alors, ça, c'est aussi possible de le faire, c'était dans le rapport SéguinV. Troisième chose qui était dans le rapport, c'était, par exemple, de dire que les administrateurs, donc les membres du conseil d'administration, on ne peut pas révoquer leur appartenance au conseil d'administration avant la fin du terme >parce que ce genre de choses là s'est fait, se faisait pour que les administrateurs récalcitrants soient mis de côté. Alors, ça, ce sont trois mesures, là, que je viens de vous décrire, qui étaient dans le rapport Séguin, que le gouvernement aurait pu mettre de l'avant et qu'il se refuse à faire, et puis on voit qu'à la place il se contente d'aller dans d'autres directions.

Peut-être un dernier point que je pourrais ajouter. Il y a la question des pilules empoisonnées. Aux États-Unis, dans la vaste majorité des États, les entreprises disposent de moyens légaux par la loi des valeurs mobilières de chacun de ces États-là pour se soustraire à une offre d'achat, en tout cas pour prolonger le processus. Ici, il n'y a rien de tel. Les entreprises du Québec ne sont pas armées de la même manière que les entreprises du reste de l'Amérique, et je ne comprends pas la logique qui sous-tend le refus du gouvernement dans ce dossier. Alors, je vous laisse là-dessus. Merci.

M. Lisée : Là, on doit dire, Nicolas, que ce rapport qui avait été déposé lorsque tu étais ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, l'ancienne ministre des Finances et du Conseil du trésor, l'avait signé, un membre de la famille Molson, plusieurs personnes de très grande crédibilité dans le milieu des affaires montréalais, donc y compris une ancienne ministre libérale, avaient dit : Voici ce qu'on devrait faire. Et, lors de l'élection de 2014, le Parti libéral avait promis d'utiliser les milliards de dollars du Fonds des générations pour retenir les sièges sociaux. Avez-vous vu une ligne là-dessus? Rien. Là, la promesse est officiellement brisée. Ils ne l'ont pas appliquée pendant trois ans et maintenant ils s'engagent à poursuivre le bris de leur promesse.

Alors, c'est extraordinairement décevant pour tous les Québécois qui ont assisté impuissants à l'impuissance programmée du gouvernement libéral face à la rétention de nos sièges sociaux, et là il nous donne un programme, l'impuissance programmée volontaire du gouvernement libéral sur les sièges sociaux, leur refus d'agir comme les Américains, les Britanniques, d'autres sociétés capitalistes avancées le font.

Pour eux, ce que font les Américains, pas de Trump, là, avant Trump, les Américains d'Obama, les Américains pendant toutes ces années...  Je cite M. Couillard : «Bloquer l'achat du quincaillier RONA, par exemple, ce serait nous faire reculer au siècle précédent.» M. Leitão a dit : «Nous ne sommes pas dans un régime soviétique.» Alors, pour eux, les mesures prises par d'autres sociétés capitalistes avancées pour protéger leurs sièges sociaux, c'est construire des murs, c'est du siècle précédent, c'est des politiques soviétiques. Alors, on voit comment ils sont déconnectés même des consensus économiques internationaux des sociétés qui ont à coeur le maintien de leurs fleurons sur leur territoire. Merci.

<      Le Modérateur: Merci beaucoup...

M. Lisée : ...pour protéger leurs sièges sociaux, c'est construire des murs. C'est du siècle précédent. C'est des politiques soviétiques. Alors, on voit comment ils sont déconnectés même des consensus économiques et internationaux des sociétés qui ont à coeur le maintien de leurs fleurons sur leur territoire.

>      Le Modérateur: Merci beaucoup, M. Lisée. M. Marceau. On va y aller dans la période de questions. Merci d'avoir une question, une sous-question. On y va avec M. Boivin, micro de gauche, Cogeco.

M. Boivin (Simon) : Ce matin, le premier ministre nous a brossé un tableau duquel on comprenait qu'il n'y avait pas vraiment de problème. Ça veut dire qu'on achète bien davantage d'entreprises à l'étranger qu'il y a d'étrangers qui en achètent des nôtres. On se retrouve avec un plan où, bon, bien vous l'avez dit, là, c'est relativement timide.

Qu'est-ce que c'est qu'un gouvernement qui dit : Je n'ai pas de problème, mais je vais faire quelque chose? Comment est-ce qu'il faut comprendre ça?

M. Lisée : Bien, d'abord, ça montre encore une fois comment M. Couillard n'a pas une bonne compréhension de l'économie québécoise. Disons qu'on a 25 fleurons stratégiques au Québec. On a beau acheter 50 entreprises américaines qui, elles, en ont 15 000, si on se fait acheter nos 25 fleurons, c'est toute notre économie stratégique qui vient de passer aux étrangers. Tu sais, il y a un problème de nombre. Quand bien même, puis Nicolas me disait ça, quand bien même on acquiert une petite parcelle de la propriété des entreprises mondiales, on n'est pas en train de démanteler la capacité des Américains ou des Européens de diriger leur économie. Mais, si on perd 25 de nos fleurons, on n'est plus propriétaires de ce qui est stratégique chez nous. Alors, il y a juste un... Il y a un manque, là, de compréhension de l'échelle des choses chez M. Couillard.

M. Boivin (Simon) : Sentez-vous qu'il y a un péril en la demeure de façon générale pour les sièges sociaux des plus grandes entreprises québécoises?

M. Lisée : D'autant plus que le dollar canadien est faible. Ça veut dire qu'avec un dollar américain, avec un euro, avec un yen, on peut acheter à bas coût des entreprises québécoises. Alors, oui, déjà, on a perdu RONA, une entreprise stratégique qui avait un tissu manufacturier dans toutes les régions du Québec. Puis on sait que les fournisseurs de RONA se plaignent maintenant d'être délogés par les fournisseurs de Lowe's. C'est clair. Et là on est dans une situation où le gouvernement libéral vient dire : Nous sommes à vendre. Nous sommes à vendre. On y a pensé pendant trois ans, là, et on n'a rien à vous dire pour vous empêcher de vendre. Il y avait des résolutions très claires, à coût nul pour l'État, pour rendre plus difficile la vente de nos fleurons. Il dit : On ne touche pas à ça. Il y avait une promesse libérale de prendre des milliards de dollars pour bloquer les ventes. Il dit : On brise notre promesse. Il y a notre proposition de faire en sorte de mettre dans la loi d'Investissement Québec et de la Caisse de dépôt la mission de retenir les sièges sociaux, qu'ils y pensent au moins à chaque fois, il n'en est pas question. Alors, l'affiche «à vendre», là, a été mise aujourd'hui sur le territoire du Québec par le gouvernement Couillard.

Le Modérateur : Merci. On va y aller avec M. Laforest. Je suis désolé, M. Boivin.

M. Boivin (Simon) : Très brièvement, l'option d'achat... Sur les options d'achat, vous n'auriez jamais fait ça?

M. Lisée : Non. On pense que c'est une mauvaise idée. C'est une idée d'ultrariche. O.K.? C'est une idée d'ultrariche, et la personne qui avait décidé d'imposer davantage les ultrariches, c'était mon patron, Lucien Bouchard. C'est Lucien Bouchard qui avait fait ça dans le <déficit zéroV...

M. Boivin (Mathieu)T : …achat… sur les options d'achat, vous n'auriez jamais fait ça?

M. Lisée : Non. On pense que c'est une mauvaise idée. C'est une idée d'ultra-riches, O.K. C'est une idée d'ultra-riches. Et la personne qui avait décidé d'imposer davantage les ultra-riches, c'était mon patron, Lucien BouchardV. C'est Lucien Bouchard qui avait fait ça dans le >déficit zéro en disant : Ça fait partie de la contribution des ultrariches de payer davantage sur leurs options d'achat. Et il avait raison, et je suis fier de Lucien Bouchard. Puis je ne suis pas fier de Philippe Couillard.

Le Modérateur : Merci. M. Laforest, micro de droite.

M. Laforest (Alain) : Parlons de RONA et de St-Hubert. Donc, vous êtes le père de famille qui ferait avorter un mariage?

M. Lisée : Ce n'est pas un mariage. C'est le père de famille qui ferait en sorte que l'entreprise reste dans la famille, dans le quartier, dans le village, dans la nation. Il est clair que la Caisse de dépôt a fait une bonne affaire en vendant RONA, une bonne affaire pour elle. Elle a fait un bon profit pour la caisse. Est-ce que c'était une bonne affaire pour l'économie québécoise? Non. Et elle n'a pas eu le mandat d'essayer de garder RONA et de réformer RONA pour qu'elle soit plus performante.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que le mandat de la caisse, ce n'est pas de faire de l'argent? Pas de protéger des acquis. C'est ça, son mandat, c'est de protéger le bas de laine des Québécois, c'est de protéger la CARRA.

M. Lisée : Jean Lesage, qui a inventé la caisse, a dit qu'elle avait deux buts : le rendement et le développement économique du Québec.

M. Laforest (Alain) : Jean Lesage, ça fait longtemps, là. Ça a changé, le modèle de la caisse, depuis, là.

M. Lisée : Il avait raison, Jean Lesage. La personne qui a modifié le modèle de la caisse, c'est Jean Charest, et Jean Charest avait tort. À choisir entre Charest puis Lesage, je choisis Jean Lesage et Jacques Parizeau, qui était son conseiller à l'époque. Et je pense que le principal levier économique du Québec doit aussi se soucier du développement économique. C'est une des raisons pour lesquelles il est là, et il y a moyen de faire les deux.

Alors, si on dit à la caisse : Occupez-vous jamais de savoir si on perd une entreprise stratégique, elle ne s'en occupera pas. Nous, on dit, au Parti québécois… Notre gouvernement, à partir de l'an prochain, va leur dire : Posez-vous chaque fois la question. Si c'est une bonne affaire, faites-le. Si c'est une mauvaise affaire, ne le faites pas. Mais essayez de faire en sorte que ce soit une bonne affaire. Puis, pour RONA, il y avait des stratégies alternatives qui auraient fait en sorte que ce soit une bonne affaire.

Le Modérateur : Une dernière, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Êtes-vous inquiet de la sécurité de M. Marceau et de M. Therrien? Parce que l'Assemblée nationale va installer des caméras dans nos bureaux.

M. Lisée : Je ne suis pas inquiet. Je suis rassuré du fait que les services de sécurité soient vigilants, et, lorsqu'il y a des lettres, des menaces, etc., dont certaines sont frivoles, mais d'autres peuvent être sérieuses, c'est à eux de juger, et on s'en remet à leurs recommandations pour assurer la sécurité des représentants élus des Québécois.

Le Modérateur : Merci. On y va avec M. Vigneault, Radio-Canada.

M. Vigneault (Nicolas) : J'aimerais vous entendre sur le discours, en fait, du premier ministre ou l'argument voulant que, si on adopte des mesures beaucoup trop protectionnistes, bien ça va faire baisser la valeur des entreprises au Québec.

M. Lisée : Écoutez, est-ce que la valeur des entreprises américaines a baissé lorsque les présidents américains successifs ont adopté des mesures comme celles qui sont proposées par le Parti québécois? Non. Est-ce que, quand Margaret Thatcher a inventé le concept de l'action privilégiée, qui empêchait la vente, est-ce que son économie a faibli? <Non…

M. Lisée : …on baissé lorsque les présidents américains successifs ont adopté des mesures comme celles qui sont proposées par le Parti québécoisT? Non. Est-ce que quand Margaret TatcherV a inventé le concept de l'action privilégiée, qui empêchait la vente, est-ce que son économie a faibli? >Non.

Le nationalisme économique bien pensé, comme on le propose, c'est celui de solidifier notre économie chez nous pour mieux se projeter à l'étranger. Et, lorsque le premier ministre ce matin se vantait d'avoir mis 500 millions pour aider les exportations, bien, d'abord, c'est faux. Il en a mis juste une centaine de millions. Le reste, c'était de l'argent qui était déjà là. Et, sous son gouvernement, là, les trois dernières années, nos exportations aux États-Unis ont fléchi, ont baissé, alors que le dollar canadien est faible et que l'économie américaine est forte, ce gouvernement a réussi à faire en sorte que nos exportations aux États-Unis, l'an dernier, ont baissé de 3 % à 4 %. C'est quand même extraordinaire.

Alors, c'est un gouvernement qui a des politiques économiques extraordinairement timides, et ce qu'ils ont fait aujourd'hui, je pense, va baisser la valeur de nos entreprises, parce que tout le monde nous regarde et tout le monde a dit : Bon, bien, il semble y avoir du mouvement sur la protection des sièges sociaux. Et tous les analystes vont dire aujourd'hui : Bon! Il n'y en a pas de protection pour les sièges sociaux du Québec. Là, on a le signal du premier ministre. Celui qui avait dit, d'ailleurs, que RONA était à vendre. Celui qui avait dit que Raymond Bachand n'aurait pas dû empêcher l'achat de RONA, même si c'était hostile à l'époque. Ça, c'est tout un signal. Alors, on a un premier ministre qui, depuis son élection et encore aujourd'hui, envoie le signal : Nous sommes à vendre.

Une voix :

M. Lisée : Oui.

M. Marceau : Juste un mot sur la baisse de valeur des entreprises. Les mesures que j'ai énoncées tout à l'heure et puis plein d'autres qui sont contenues dans le rapport Séguin sont des mesures qui se veulent volontaires, c'est-à-dire qu'on les introduit dans la loi, ça devient une possibilité pour les entreprises de les mettre en place au sein de leur entreprise. Elles ne sont pas obligées de le faire. Et moi, je me fie aux entreprises pour bien choisir, parmi les outils qu'on mettra à leur disposition, les outils qui sont, justement, les plus judicieux pour elles. Alors, moi, je ne m'attends pas à une baisse de valeur, bien au contraire, je m'attends à une hausse de valeur dans la mesure où l'entreprise va avoir une meilleure gouvernance, va être mieux outillée pour affronter les périls auxquels elle est confrontée.

Le Modérateur : Merci. On y va, micro de droite. Nicolas Lachance, Journal de Québec.

M. Lachance (Nicolas) : Bonjour. Je reviendrais sur la sécurité, brièvement. Est-ce que vous, vous étiez au courant qu'il y avait eu des tracts de l'État islamique sur les terrains de l'Assemblée nationale et avez-vous déjà craint, vous aussi, pour votre sécurité? Est-ce que vous avez reçu des menaces?

M. Lisée : Les tracts, non. Des menaces, oui. Craint pour ma sécurité, non.

M. Lachance (Nicolas) : Puis pour vos députés, vos élus, autour de vous, est-ce que vous avez entendu des histoires comme celle de Nathalie Roy?

M. Lisée : On n'a pas fait un tour complet mais on a fait quelques vérifications ce matin qui étaient négatives. Ça ne me surprendrait pas que… c'est souvent sur Facebook, sur Twitter. Une menace est évoquée, est-ce qu'elle est vraie, est-ce qu'elle est fausse, c'est aux agents de la sécurité de faire ces vérifications-là. Nous, la consigne est claire : Si vous recevez ce que vous pensez qui a l'air d'une menace, vous le dites à la sécurité. C'est à eux de voir quoi faire avec.

<       M. Lachance (Nicolas)T : Et les dépenses qui sont investies dans les…

M. Lisée : ...c'est souvent sur FacebookV, sur TwitterV. Une menace est évoquée, est-ce qu'elle est vraie, est-ce qu'elle est fausse? C'est aux agents de la sécurité de faire ces vérifications-là. Nous, la consigne est claire, si vous recevez ce que vous pensez qui a l'air d'une menace, vous le dites à la sécurité. C'est à eux de voir quoi faire avec.

>        M. Lachance (Nicolas) : Et les dépenses qui sont investies dans les bureaux, là, de comté, pour vous, c'est des bonnes dépenses, c'est idéal?

M. Lisée : Moi, je fais confiance aux forces de sécurité pour déterminer le niveau de sécurité nécessaire. C'est pour ça qu'on les paie.

Le Modérateur : Merci. On y va en anglais M. Hicks, CBC.

M. Hicks (Ryan) : Good morning. Why do you say that… there is a sign that says Quebec is for sale?

M. Lisée : Because, for three years, some very important Québec companies were sold with the blessing of the Québec Government. That's RONA, le Cirque du Soleil, St-Hubert. They broke their promise in the election. They promised to use the billions of dollars of the Fonds des générations to keep our headquarters here. They did not do that. After three years of looking into the issue, they tabled a report, today, that simply says: We'll do nothing, we will do nothing. The amount we're putting aside to keep our headquarters is zero, OK?

So, the Canadian dollar is weak, the American dollar is strong, the European dollar is strong. So, if anyone wants to come and buy our strategic enterprises, you're welcome. That's what the Premier is saying today. There are a number of measures that were proposed by Monique Jérôme-Forget, Claude Séguin, other luminaries in the private sector that would have been at no cost to the Québec Government, that would have augmented the ability of Québec enterprises to defend themselves against those who want to buy them. They don't want to touch it. These are measures that exist in the United States, that exist in England. They don't want to touch it. So, the signal today is clear. After three years of deep thought, the Couillard Government says: We'll do nothing to keep our businesses here.

M. Hicks (Ryan) : Are you worried that, in turn, you're putting up a sign that says: Quebec is closed for business?

M. Lisée : No, because we're not saying anything that other open societies have not done before and are not doing now. I think, you know, people must be looking at us and saying: Well, you're the dumbest in the class, you know, you're not doing the minimal amount of work to keep your strategic enterprises at home. We're doing that in the U.S., we're doing that in the U.K., we're doing that in Europe, you're not, there's something that you're not getting, you know. I don't think that it's good for our reputation when we look weak in defending our own economy.

M. Hicks (Ryan) : Can you just give a few examples of what you would do if you were in power to keep these headquarters? What criteria would you use to decide which ones you're going to protect and which ones you're going to let go free?

M. Marceau : Well, let me just go back to the report that was tabled by M. Séguin. It contained a number of measures that were voluntary, so that enterprises in Québec could have used them or not. It was their choice. And those measures were, <for example…

M. Hicks (Ryan)T : ...which ones you are going to protect and which ones you are going to let go free?

M. Marceau : Let me just go back to the report that was tabled by M. SéguinV. It contains a number of measures that were voluntary, so the enterprises in Québec would have used them or not, it was their choice. And those measures were, >for example, the fact that we could have vote… voting that varies depending on the duration, the duration of — I'm looking for my words here — …

Une voix : Ownership.

M. Marceau : …ownership, yes, yes. So, voting that varies according to the duration of ownership. So, if somebody buys a number of shares very quickly, then they cannot vote, for example, for the first year or for the first two years. So, this kind of measure has the advantage of giving more say to long-term investors and not to raiders, and it exists in other countries, in other jurisdictions. So, this is one type of measure that could have been put again in our laws. Of course, there are poisoned pills that have been talked about a lot in the past, that exists in the very effective variety in the U.S., and that we don't have really here… well, we have very weak ones here.

So, there are number of measures, as Jean-François said, that cost nothing, that could be voluntary, and that could have been introduced three years ago. I mean, after three years, to see what we've got is really… I mean, is a big deception for me, a big deception for me.

Le Modérateur : Merci beaucoup, tout le monde.

Une voix :

(Panne de son)

M. Lisée : …to tell elderly people in Québec, that they will not be cut $500. But he was very much in a hurry to tell billionaires in Québec, that thanks to him, on every million dollars of options, stock options, they will save $60,000, thanks to him. On every million, you'll get $60,000 of tax, benefits, thanks to the measure announced today. That's the great accomplishment of Mr. Couillard today.

M. Hicks (Ryan) : Are you satisfied with the decision that they made kind of late in the day, on Thursday, to come with some kind of measure to help those seniors who fall in-between the cracks, when it comes to the senior tax creditors and the experienced workers tax credit?

M. Lisée : Have you seen the text? Have you seen the proposal?

Une voix : No.

M. Lisée : No, it does not exist yet. So, no, I'm not satisfied. Until I see the exact wording of how they will not cut $500 on our elders, I will not be satisfied.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 12 h 12)

M. Lisée : ...will not cut 500 $ on our elders, I will not be satisfied.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 12 h 12)

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