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Point de presse de M. Amir Khadir, député de Mercier, et M. Gabriel Nadeau-Dubois, député de Gouin

Version finale

Tuesday, February 20, 2018, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures quatre minutes)

M. Khadir : Merci, tout le monde. Gaétan Barrette doit être démis de ses fonctions. Gaétan Barrette ne peut pas demeurer ministre de la Santé. Claude Castonguay a raison, Gaétan Barrette doit laisser son poste. 50 000 personnes qui ont signé la pétition que nous avons mise en ligne il y a à peine cinq jours ont raison et témoignent d'un profond rejet de la population.

Non seulement a-t-il perdu toute la confiance qu'un ministre, surtout à un poste aussi important, doit disposer pour s'occuper de notre principal service public, avec toutes ses complications, avec tous ses problèmes, non seulement a-t-il perdu totalement la confiance des gens dans le réseau, non seulement il a été écarté, il a perdu la confiance de son propre parti, de son propre premier ministre, mais il a perdu totalement la confiance du public. Il doit partir.

Nous allons, samedi prochain, organiser une manifestation à Montréal, à 3 heures de l'après-midi. On part de la place Émilie-Gamelin, métro Berri, on s'en va devant le bureau de Philippe Couillard. Pourquoi? Parce que, dans le fond, Philippe Couillard est le grand responsable de tout ça.

Quand j'ai demandé sa démission en juin dernier puis cet automne, je lui ai rappelé qu'il n'a pas apporté tous ces problèmes-là, là. Les problèmes du réseau de la santé n'ont pas commencé avec lui, ils ont commencé avec Philippe Couillard. En plus, c'est Philippe Couillard qui l'a nommé pour appliquer le programme de la CAQ au système de santé du Québec, puis ça a été un désastre. Là, c'est le temps que Philippe Couillard prenne l'entière responsabilité de ce qui se passe, apporte les correctifs urgents que le réseau a besoin dans les six prochains mois.

M. Nadeau-Dubois : Au début de la session, on vous a parlé de la volonté de Québec solidaire de se transformer en un réel mouvement citoyen, et c'est ce qui est en train de se passer. C'est dans ce cadre-là qu'on a lancé d'abord la pétition puis ensuite la manifestation de samedi prochain. Et on est, je vous le dis, très contents, très heureux de la réponse du public. 50 000 personnes en cinq jours ont signé notre pétition. On attend plus... près d'un millier de personnes, en fait, samedi prochain, à tout le moins, à la place Émilie-Gamelin. Je pense que ça démontre une réelle volonté de mobilisation au Québec. Et le message que je veux lancer aujourd'hui, c'est que ce mouvement que Québec solidaire est en train de mettre sur pied, il n'est pas seulement pour les gens qui sont membres de Québec solidaire, il n'est pas même seulement pour les gens qui votent Québec solidaire. Notre système de santé fait face à une crise importante à l'heure actuelle. Une majorité de Québécois et de Québécoises s'en rendent compte. Il est temps de s'unir, je dirais, au-delà des bannières partisanes, de prendre, tout le monde, la parole et de dire : Il faut que M. Couillard démette M. Barrette de ses fonctions. Et on invite donc toute la population du Québec, samedi prochain à Montréal, à manifester avec nous.

Le Modérateur : On passe à la période de questions. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que le gouvernement vient de perdre son élection avec ce qui se passe actuellement avec les médecins spécialistes?

M. Khadir : Bien, moi, je... disons que c'est une question qui nous intéresse comme politiciens, mais ce qui nous intéresse, nous, à Québec solidaire, en premier lieu, c'est l'urgence d'apporter des correctifs très immédiatement dans le réseau de la santé. On doit ouvrir des postes d'infirmières, on doit engager des préposés aux bénéficiaires, on doit réengager et restructurer les équipes terrain dans les CLSC avec des travailleurs sociaux. On doit faire des choses urgentes.

Maintenant, ce qui arrivera en octobre, bien sûr, ça nous intéresse, mais là on est dans l'urgence. Quand Claude Castonguay, un des principaux artisans du système d'assurance maladie au Québec... aux côtés des syndicats, hein? C'est les syndicats et les groupes populaires qui ont rendu ça possible, et Claude Castonguay avait été nommé pour régler ça. Et c'est un homme qui, en dépit de nos différences d'opinion sur certains sujets, je peux reconnaître et il faut reconnaître qu'il a toujours été soucieux que le système de santé public conserve son idée originelle et l'idée généreuse qu'il faut que ça soit un régime de qualité, un système de qualité au service du public. Quand c'est rendu qu'un ancien ministre libéral de sa trempe demande la démission de Gaétan Barrette et implore Philippe Couillard de ne pas prendre les Québécois pour des imbéciles et de dire des choses que je ne répéterai pas que Claude Castonguay a dites, je pense que l'heure est grave pour Philippe Couillard. Il a des responsabilités. Qu'il cesse — qu'il cesse — de nous prendre pour des imbéciles et qu'il apporte immédiatement les correctifs. Le programme de la CAQ dans le réseau de la santé, ça n'a pas marché. Gaétan Barrette, c'étaient les idées de la CAQ pour le réseau de la santé, ça n'a pas marché puis ça va conduire Philippe Couillard probablement à une défaite électorale. On a besoin de correctifs urgents.

Mme Richer (Jocelyne) : Bonjour, M. Khadir...

M. Laforest (Alain) : Est-ce que je pourrais poser ma deuxième question, Jocelyne, s'il vous plaît?

M. Khadir : Nous, on est un parti féministe. Là, c'est alternance homme-femme, mon cher Alain.

M. Laforest (Alain) : On peut faire ça. Je peux revenir.

Mme Richer (Jocelyne) : O.K. On dirait qu'au Québec, c'est un tabou, de remettre en question le mode rémunération des médecins. Est-ce que l'heure est venue de remettre en question ce tabou-là?

M. Khadir : Je ne sais pas pour qui c'est tabou. C'est tabou pour les élites politiques, c'est tabou pour une minorité de gens. Québec solidaire, on en fait la promotion. Regardez notre première plateforme électorale, mars 2007 : revoir le mode de rémunération des médecins.

Mme Richer (Jocelyne) : Mais pour changer par quoi?

M. Khadir : Par un mode mixte, comme il en existe ailleurs. En Colombie-Britannique, ça fait 10 ans déjà qu'on a mis en place une série de mesures, et la principale mesure qui vient corriger ces défauts du paiement à l'acte, ce n'est pas nécessairement le salariat mur à mur, c'est un modèle mixte qui prend en compte chaque réalité de soins. À l'hôpital, ce n'est pas même chose qu'en santé communautaire; en CLSC, ce n'est pas la même chose que dans un grand centre universitaire de pointe de soins de quatrième ligne. Donc, on mélange les modes de rémunération pour obtenir le meilleur.

Et surtout, en première ligne, la capitation, les médecins doivent s'occuper d'une population par groupe de médecins, avec des responsabilités de prévention, avec des pénalités qui viennent lorsque les gens ne sont pas pris en charge à temps et qu'ils finissent dans les urgences avec des complications. C'est des modèles déjà connus depuis 15 ans, depuis 20 ans. Je vous en parle... si je ne vous en ai pas parlé 10 fois dans les protestations que j'ai faites pour dénoncer le mode de rémunération actuel, pour dénoncer les augmentations de rémunération inutiles, si je ne l'ai pas fait 10 fois, je ne l'ai pas fait une fois. Je suis étonné de dire que c'est un tabou. Non, ce n'est pas un tabou, c'est juste un tabou pour Couillard, pour Barrette et la gang de médecins qui contrôlent les corporations, les associations corporatistes qui nous dirigent.

M. Laforest (Alain) : Alors, ma deuxième question : Qu'est-ce que ça va changer, d'enlever le ministre de la Santé?

M. Khadir : Bien, de faire comprendre à tout le monde que le vrai responsable de ce gâchis, c'est Philippe Couillard. Parce que, là, là, on semble rejeter sur Gaétan Barrette tous les problèmes du système. C'est sûr qu'il a agi en matamore, mais les coupures dans le réseau de la santé, c'est Philippe Couillard et Carlos Leitão, c'est le gouvernement de l'austérité. Donc, il faut qu'on parle, et que les infirmières parlent, et que la population soit en face du vrai responsable du désastre dans le réseau de la santé du Québec, et ce désastre s'appelle Philippe Couillard.

Mme Prince (Véronique) : Bonjour. Gaétan Barrette, dans une conférence de presse qui a eu lieu il y a quelques minutes, pense que son entente avec les médecins spécialistes fait baisser la pression sur le budget de la santé, et donc, dans les négociations qui ont cours en ce moment, d'ici au budget, bien, il pense être en mesure de faire en sorte que le budget de la santé va être important malgré l'entente des médecins spécialistes.

M. Khadir : Si je dois payer pour la corde qui doit me pendre et je dois payer une corde de cinq mètres, c'est sûr que ça va me coûter plus cher qu'une corde de quatre mètres. Donc, Gaétan Barrette a raison de dire qu'il a réalisé une économie dans la corde que je dois payer pour me pendre, mais, à la fin de la journée, je suis pendu pareil.

Le système de la santé, avec des dépenses engagées par Philippe Couillard, qui a négocié ces ententes, avec Gaétan Barrette, qui faisait juste sa sale job, sa sale job de médecin corporatiste intéressé uniquement par l'augmentation de la rémunération à la tête de la FMSQ, hein... C'est comme ça que ça s'est passé. Une sale job a été faite entre deux médecins spécialistes au détriment des fonds publics. On a détourné des fonds qui devaient aller dans nos salles d'opération, dans nos CLSC pour le mettre dans la poche des spécialistes déjà bien payés. Ça, bien, l'ampleur du dégât, si on le réduit un peu, oui, c'est un peu mieux, mais c'est un dégât pareil.

Mme Prince (Véronique) : D'après vous, quelle serait l'augmentation des dépenses acceptable dans le budget de la santé, le niveau, le pourcentage?

M. Khadir : Il ne faut pas le réfléchir comme ça. Il n'y a pas... l'augmentation nécessaire et l'augmentation acceptable. Si on a réussi à réduire les coûts des médicaments... Grâce à qui? Grâce aux protestations de Québec solidaire depuis notre mise au monde, en 2006, d'accord? C'est comme ça que l'élite politique et médicale a été forcée de réduire le coût des médicaments. Moi, je trouve, c'est une conquête admirable rendue possible grâce à l'intervention constante de Québec solidaire. Ces argents-là doivent être consacrés à rehausser le niveau des soins, non pas faire des économies sur le dos des citoyens. Et l'argent qui est allé à la rémunération des médecins, il faut le revoir, il faut ouvrir les ententes. C'est très possible de le faire, ça vaut la peine de le faire, ça vaut la peine de le faire parce que le réseau de la santé, je vous le répète... Si vous voulez, on va vous chercher les chiffres très précis par rapport à 1992. Jusqu'en 2011, il y a eu des diminutions de dépenses qui se chiffraient à 25 % du budget en dollars constants. C'est-à-dire, par tête d'habitant au Québec en 2011, on dépensait 25 % de moins par tête d'habitant en santé qu'en 1992. Ça a arrêté pendant quelques années, jusqu'en 2014, puis ensuite ça a continué à baisser avec les coupures successives qu'il y a eu dans le réseau.

Donc, on est au-dessus de 25 % de moins de dépenses par habitant au Québec par rapport à il y a 25 ans, puis on voudrait que ça aille bien, alors que la population vieillit, que les besoins ont augmenté? Non.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Dans ce contexte-là, est-ce qu'il faut une loi spéciale? Est-ce que vous appuieriez une loi spéciale qui viendrait renier ce que le gouvernement s'est engagé à faire en 2003, c'est-à-dire que les médecins québécois aient le même niveau de rémunération que les médecins dans le reste du pays?

M. Khadir : Il faut faire ce qu'il faut. Lorsque le gouvernement a voulu s'attaquer aux droits des travailleurs, aux conditions que les travailleurs, de haute lutte, pendant des années, avaient réussi à obtenir comme fonds de pension, bien, le gouvernement s'y est attaqué puis a introduit une série de lois pour changer ça. Je ne vois aucun problème à ce qu'un gouvernement qui est maître de ses décisions puis souverain décide de dire : Non, il y a eu des erreurs monumentales, et ces erreurs-là, on ne les assumera pas. Ces erreurs-là, le public... ce n'est pas vrai que l'argent détourné du réseau de la santé pour des augmentations inconsidérées, on doit juste continuer à les signer parce qu'il y a eu un Lucien Bouchard derrière tout ça.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Donc, pour comprendre votre réponse, vous êtes d'accord avec une loi spéciale?

M. Khadir : Une loi spéciale ou autre, si c'est ce qu'il faut.

M. Nadeau-Dubois : Il faut prendre les moyens de... que l'argent du public serve le bien public. Et, si ça prend une loi spéciale pour ça, bien sûr qu'on va l'appuyer.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Deuxième question. Vous organisez, donc, samedi prochain, une manifestation qui aura pour point de ralliement la place Émilie-Gamelin, place Émilie-Gamelin qu'on a bien connue pendant le printemps 2012, hein, vous êtes un ancien du printemps 2012. On sait que, dans votre organisation, il y a également de vos anciens collègues du mouvement étudiant qui travaillent aujourd'hui pour Québec solidaire. Est-ce que vous souhaitez recréer, au printemps 2018, un mouvement citoyen qui va sortir dans la rue pour déstabiliser le gouvernement et manifester contre ses politiques?

M. Nadeau-Dubois : Je pense qu'il faut éviter les parallèles trop faciles. 2012, c'était un mouvement citoyen exceptionnel, et je pense qu'il ne faut pas avoir comme objectif de le reproduire. La mobilisation citoyenne, ça ne marche pas comme ça. Mais est-ce qu'on souhaite un mouvement social au Québec pour s'opposer à la catastrophe Barrette-Couillard dans le réseau de la santé? Bien sûr. C'est ce qu'on a entamé la semaine dernière. Le prochain rendez-vous, c'est samedi prochain, et on verra quelle sera la suite.

Mais bien sûr qu'on croit que les changements politiques au Québec, là, ils ne vont pas advenir seulement en faisant des points de presse ici, à l'Assemblée nationale. Les changements citoyens, les changements sociaux dont on a besoin, ils vont advenir si on se mobilise collectivement. C'est la leçon de 2012, mais c'est la leçon de la création des CPE, qui ont été aussi créés suite à une mobilisation citoyenne. Notre système de santé, lui-même, public a été créé par une mobilisation citoyenne. Le fait que la société québécoise soit une société plus égalitaire, ça vient de là. Et, à Québec solidaire, depuis notre fondation, on pense que la mobilisation citoyenne et l'action politique parlementaire, ça doit aller main dans la main. La nouveauté, c'est que, maintenant, on a des outils comme la plateforme Mouvement qu'on a lancée pour appliquer ça, plus que jamais, concrètement, et c'est ce qu'on va faire samedi.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Puis des manifs comme ça, on va en revoir au cours des prochaines semaines?

M. Nadeau-Dubois : C'est tout à fait possible. C'est tout à fait possible si l'enthousiasme est là, si la réponse du public est là. Nous, on va continuer à se mobiliser, et maintenant on a des outils pour le faire beaucoup mieux qu'avant, et ça nous rend très enthousiastes.

M. Khadir : Et je dis au personnel du réseau de ne pas se laisser décourager, de ne pas abandonner et surtout de ne pas penser qu'on est impuissants. Justement, ces manifestations-là, ces pétitions-là, c'est pour qu'ensemble on puisse se mettre ensemble pour agir.

Le Modérateur : On va prendre une dernière question en français.

M. Croteau (Martin) : Bonjour. Dans quelle mesure craignez-vous que l'entente avec les spécialistes vienne pénaliser les infirmières, qui rencontraient le ministre aujourd'hui?

M. Khadir : Bien, c'est sûr que, regardez, c'est des vases communicants. Vous avez vu, comme moi, que, si en croit les journaux, le ministre Barrette est incapable, sinon incompétent d'avoir les augmentations qu'il aurait souhaité avoir pour ouvrir 3 000 postes d'infirmières, des postes à temps plein, hein? Il nous avait promis que ces postes soient là... Je souligne, en passant, là, qu'on est en train de voir des admissions sur le mensonge d'il y a deux semaines, ce que je ne pouvais pas dire en Chambre légalement, étant donné les réalités parlementaires.

Maintenant, est-ce que c'est pour nous berner, c'est un tango à deux où on fait semblant que M. Barrette demande quelque chose que M. Leitão ne peut pas donner? Ça, ça serait encore pire. Ça serait vraiment déloyal pour la transparence des décisions publiques. Moi, j'aime croire que Gaétan Barrette, quand même, essaie quelque chose, essaie d'au moins réaliser ses promesses par rapport aux infirmières et créer des postes, mais, vous voyez, à cause de tout l'argent mis dans la poche des médecins spécialistes, bien, il n'y a plus la marge de manoeuvre au gouvernement pour octroyer des 500 millions.

Le Modérateur : On va passer aux questions en anglais.

Mme Montgomery (Angelica) : Yes. The Health Minister is going to be meeting with nurses later today. What are you hoping will come out of that meeting?

M. Khadir : Well, I don't know what he can really say, he has lost any credibility. That's why we are asking for his dismissal by the actual Prime Minister, who is the real responsible of the disaster in the health care system.

Now, he has pledged, two years ago, that he will open up positions for nurses in hospitals. He told us, two weeks ago, that they are there, we have jobs — comment on dit ça, «postes affichés»? — there are open positions that are not taken by nurses. Today, we learn that that was a lie. In fact, he doesn't have the money, he didn't have the money. He's fighting for the money, still fighting for the money to open up those nurse positions.

Now, is it just a... Are they framing us? Are they trying to let us believe that there is a real fight between one Minister and the other? Because, at the end of the day, what we know is the hikes in the salaries of the doctors mean that there is little manoeuver... margin of manoeuver for the Government to realize what is necessary for the health care.

Mme Montgomery (Angelica) : On another subject, the Court of Appeal has decided to maintain a decision by the National Assembly to not allow Sikh people to enter the National Assembly with a kirpan. I know that you were here when that happened, that decision originally happened. Is this something that you think should be revised or do you feel that the status quo has led to some sort of peace?

M. Khadir : You asked me… we asked ourselves this question a year and a half ago, I think. I think it has to be regarded within the framework of what is necessary really for the security. If there are administrative and security issues, I would like to hear them. If not, I think it's an unnecessary ban.

Le Modérateur : Merci.

M. Khadir : Merci beaucoup.

Des voix :

M. Khadir : I love so much to practice my English.

Mme Johnson (Maya) : Great! All the better for us, then. On another issue related to questions of identity, there's a discussion right now about candidates and whether they should be able to run if they have some kind of head covering in a campaign poster. Where do you stand on that?

M. Nadeau-Dubois : We think, you know, and I think there's a consensus in Québec, that the right to vote and the right to be a candidate in an election is a fundamental democratic right. And we think that our laws should be adapted to make sure that every citizen in Québec can exercise that fundamental democratic right, which is to be a candidate in the election. And I think it's a total separate issue from the debate about whether we like or not some religious symbols, it's really a matter of respecting a fundamental democratic right, which is : if you're a citizen of a country, you should be able, a, to vote and, b, to be a candidate in a democratic election.

Mme Johnson (Maya) : So, the regulation, as it's written currently, is discriminatory, then?

M. Nadeau-Dubois : Well, it's an old rule that blocks certain people from exercising that fundamental right, so we think it should be changed to make sure that everyone can exercise that right. And I'm confident that we will reach a consensus today on that issue.

Mme Johnson (Maya) : O.K. Merci.

M. Khadir : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 23)

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