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Conférence de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’affaires autochtones

Version finale

Wednesday, January 26, 2022, 10 h 45

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Dix heures quarante-six minutes)

Le Modérateur : Bonjour et bienvenue à cette conférence de presse du chef de la deuxième opposition, M. Gabriel Nadeau-Dubois, accompagné de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, Manon Massé. Je vous cède la parole.

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Content de vous retrouver aujourd'hui, content d'être de retour à l'Assemblée nationale. Je pense que c'est une bonne nouvelle pour la démocratie québécoise que les travaux reprennent et que Québec solidaire puisse recommencer à, bien sûr, poser des questions, mais aussi à proposer des solutions pour qu'on se sorte de cette pandémie.

Je vais aller droit au but ce matin. Emmerder les non-vaccinés, ce n'est pas une stratégie de sortie de crise. C'est une stratégie politique d'un gouvernement qui a perdu le contrôle. Donner des amendes aux non-vaccinés, ça n'ouvre pas de lits dans nos hôpitaux, ça ne ramène pas d'infirmières, ça ne diminue pas la contagion. Ce n'est pas une stratégie de sortie de crise. Ce que ça va faire, c'est étirer encore plus l'élastique au moment où le peuple québécois est déjà plus divisé que jamais. Cette division-là, elle renforce les Éric Duhaime de ce monde. Elle affaiblit notre lutte collective contre le virus.

Je comprends les gens d'être tannés. Je comprends les gens d'être frustrés. Je comprends les Québécois qui sont à bout. Moi-même, je suis à bout. Mais il ne faut pas oublier nos valeurs. La solidarité sociale, l'universalité des soins de santé, c'est des valeurs québécoises. C'est ces valeurs-là qui nous ont permis de traverser la crise jusqu'ici et c'est avec ces valeurs-là qu'on va s'en sortir ensemble.

Le gouvernement de François Legault revient à l'Assemblée nationale en mode punition. Nous, à Québec solidaire, on est en mode solution. Et aujourd'hui je veux vous parler de nos solutions pour faire progresser la vaccination au Québec, parce que c'est important.

C'est seulement lundi dernier, après le resserrement du passeport vaccinal et la taxe santé, que la CAQ a commencé à se poser des questions puis à se demander : C'est qui, les non-vaccinés au Québec? Est-ce qu'on en a fait assez pour les rejoindre? Est-ce qu'on ne devrait pas en faire plus? La réponse est simple. Les antivaccins font beaucoup de bruit, mais les non-vaccinés, ce n'est pas juste des antivaccins. C'est aussi des aînés isolés, des gens qui ont des problèmes de santé mentale. Il y a des gens qui ne parlent pas français ni anglais. Et le gouvernement n'en fait pas assez pour rejoindre ces gens-là.

Alors, aujourd'hui, on fait trois propositions pour rattraper le retard puis rejoindre les non-vaccinés.

La première chose qu'on veut faire, c'est envoyer des brigades vaccin, des brigades de proximité pour cogner aux portes dans les quartiers où le taux de vaccination est moins élevé, avoir des conversations avec les gens dans leur langue, même si ce n'est pas le français ou l'anglais, répondre à leurs questions, calmer les anxiétés et les diriger vers des cliniques mobiles de proximité ou même prendre des rendez-vous de vaccination à domicile. Il faut rapprocher le vaccin des gens.

Deuxièmement, on propose de créer un fonds d'urgence pour le communautaire. On propose de mettre 15 millions de dollars sur la table pour financer des initiatives communautaires de promotion de la vaccination. Le ministre Carmant a fait une annonce cette semaine, mais on n'a pas, je pense, été les seuls à remarquer qu'il n'y avait pas d'argent qui venait avec cette annonce-là. Le communautaire, au Québec, les groupes communautaires, ils n'ont pas besoin d'idées, ils ont besoin d'argent. Il faut leur en donner.

Troisièmement, et finalement, on pense qu'il faut étendre la vaccination à tous les GMF et à tous les CLSC. Autrement dit, il faut intégrer la vaccination dans les services de santé qui sont déjà fréquentés par les gens. Quand les gens vont voir leur médecin ou leur travailleur social, bien, c'est des gens avec qui ils ont déjà un lien, souvent un lien de confiance, et il faut que, très facilement, ces personnes-là se fassent offrir le vaccin et puissent se faire vacciner quasiment sur-le-champ. C'est juste du gros bon sens. Se faire vacciner, ça doit être le plus facile possible pour tout le monde.

Bref, au lieu d'attendre que les non-vaccinés viennent vers nous, il faut aller vers eux. Et, au lieu de pointer du doigt les gens vulnérables, il faut leur tendre la main. Et, pour vous en parler, je vais donner la parole à quelqu'un qui a fait ça toute sa vie, travailler avec les personnes plus vulnérables, ma collègue, mon amie, Manon Massé.

Mme Massé : Merci, Gabriel. En fait, depuis le début de la pandémie, quand je parle avec François Legault, je lui parle des gens vulnérables, je lui parle des gens qu'il ne connaît pas, qu'il ne comprend pas, et je vous dirais que ça lui passe comme sur le dos d'un canard.

On se souvient tous, bien sûr, du couvre-feu, l'an dernier, où j'ai sonné l'alarme. Il avait oublié les itinérants. Il avait oublié que les itinérants, c'était leur mode de vie. Cette année, deuxième couvre-feu, dans ce cas-là, il ignore complètement l'avis de la Santé publique de Montréal, qui avait dit de ne pas aller dans ce sens-là. Puis je nous rappelle collectivement qu'à Montréal c'est là que ça frappe fort, la pandémie.

Il y a des ados, on l'a appris dernièrement, dans un centre jeunesse, à Laval notamment, qui ont passé 10 jours enfermés dans des chambres sans fenêtres à cause d'une directive du ministère de la Santé. Voilà d'autres gens vulnérables.

Puis les organismes communautaires, comme le disait mon co-porte-parole, ces organismes qui ramassent la misère humaine, bien, ils manquent de bras, ils manquent de sous. Puis, je peux vous le dire, quand ce filet social du filet social commence à s'effriter, bien, pour bien des gens, c'est la rue qu'il leur reste comme alternative.

Alors, ça fait un an qu'à Québec solidaire on essaie de continuer de faire des propositions puis de dire : Hé! ces gens-là existent, il faut aller vers eux. D'ailleurs, on vous présentait, en février 2021, notre réflexe équité, donc de reconnaître que ce que fait le gouvernement actuellement n'est pas assez pour rejoindre ces gens qui sont plus vulnérables, plus isolés, plus âgés, qui ne sont… qui ne parlent ni français ni anglais, qui ont peur. Et c'est ça, notre invitation aujourd'hui, au lieu de pointer du doigt, c'est de se mettre en action.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Manon. Rejoindre les non-vaccinés, on s'entend, c'est essentiel, mais ce ne sera pas suffisant, surtout qu'avec Omicron, pour être protégé convenablement, ça prend trois doses. Donc, même si tous les non-vaccinés allaient prendre leur première dose demain matin, à très court terme, la situation dans nos hôpitaux, elle resterait critique.

Il faut faire plus d'efforts pour lutter contre la contagion, notamment en distribuant massivement des N95, en améliorant enfin la ventilation dans les écoles. Et il faut aussi travailler dès maintenant à renforcer notre système de santé. Si notre système est malade, c'est qu'il y a des choix politiques qui l'ont rendu malade.

Dans les prochains mois, à Québec solidaire, on va montrer aux Québécois, aux Québécoises qu'on peut faire d'autres choix, qu'on est capables, au Québec, de faire d'autres choix. Bref, on va montrer aux Québécois et aux Québécoises qu'il y a une alternative à la CAQ et à François Legault et que c'est Québec solidaire. Merci beaucoup.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la période de questions. Nous allons commencer avec Caroline Plante, La Presse canadienne.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour. Est-ce que vous pensez que les décès, en janvier, auraient pu être évités si on avait administré la troisième dose plus rapidement? C'est ce que disent deux médecins dans les médias, ce matin, le Dr Nguyen et le Dr Vinh. Est-ce que vous pensez que les décès auraient pu être évités?

M. Nadeau-Dubois : Je pense que tout le monde s'entend sur le fait que le Québec a commencé en retard l'attribution de la troisième dose, c'est plutôt un consensus, chez les experts indépendants, sur ce sujet-là. On aurait dû faire les choses plus vite, c'est certain.

Mme Plante (Caroline) : Ma deuxième question, c'est sur le système de santé, là. Est-ce que vous allez présenter votre propre plan de refondation du système? On sait que le gouvernement va présenter le sien en février. Et est-ce que vous pensez que les électeurs, cet automne, vont choisir le prochain gouvernement en fonction du plan en santé qui va leur être présenté?

M. Nadeau-Dubois : La santé a toujours été importante au Québec. Ça a été toujours un sujet important dans le cadre des élections, ça va l'être encore puis ça va l'être avec une pertinence renouvelée, là. Cette pandémie-là nous a montré à quel point les gouvernements du passé ont fait des erreurs. Du virage ambulatoire à la réforme Barrette, en passant par la réforme Couillard, on a erré en centralisant et en affaiblissant nos départements de santé publique.

On va avoir, à Québec solidaire, des propositions très ambitieuses pour corriger ces erreurs du passé. Et, bien sûr, ça sera incontournable, dans la prochaine élection, mais ça ne doit pas être le seul enjeu. La question climatique doit être un enjeu central, à la prochaine élection, parce que 2022, c'est sans doute la dernière chance, pour le Québec, de prendre résolument un virage pour atteindre les cibles de réduction de gaz à effet de serre que les scientifiques et que la planète nous demandent d'atteindre.

Le Modérateur : Simon Bourassa, Noovo.

M. Bourassa (Simon) : ...on parlait de Montréal aussi, là, tu sais? Les maires, mairesses des villes connaissent leurs milieux, connaissent les organismes communautaires aussi. C'est quoi, le rôle des villes là-dedans?

M. Nadeau-Dubois : Il faut que tout le monde travaille ensemble, ça, c'est certain, et il faut que le gouvernement de François Legault arrête de gérer la pandémie avec une philosophie, pardonnez-moi l'anglicisme, «top-down». Le plan présenté par M. Carmant dans les derniers jours, il a été fait, et ça paraît, sans parler aux gens sur le terrain, parce que ce que les gens sur le terrain nous disent, là, c'est : Intensifier la stratégie actuelle, ça ne suffira pas parce que la stratégie actuelle, elle a atteint ses limites.

Pour résumer, là, la stratégie, en ce moment, de François Legault et de son gouvernement en matière de vaccination, c'est faire des communications de masse à travers les médias, utiliser une plateforme de rendez-vous en ligne et attirer les gens dans des très gros centres de vaccination. Si je résume grossièrement, là, c'est ça, les grands éléments de la stratégie actuelle. Ce que les gens sur le terrain nous disent, c'est : Cette stratégie-là, là, on a atteint sa limite. Donc, même si on l'intensifie, si on ne change pas le modèle, on ne rejoindra pas beaucoup plus de monde.

Nous, ce qu'on propose aujourd'hui, c'est un modèle complémentaire à la stratégie actuelle du gouvernement de la CAQ pour dire : Il y a des gens que le modèle actuel n'est pas capable de rejoindre. Allons les voir directement chez eux, directement chez elles, parlons-leur dans leurs langues, proposons-leur même de les vacciner à domicile, si ça peut accélérer la cadence. Il y a plein d'endroits où ça se fait. On est capables de le faire au Québec.

M. Bourassa (Simon) : Puis, concernant la santé mentale, l'accès aux soins en santé mentale, l'accès à des thérapeutes, psychologues, plus en plus de gens, là, qui disent que ça devrait être accessible via la Régie de l'assurance maladie du Québec, passer sa carte-soleil pour voir un psychologue, quand c'est possible d'en voir un, quelle est la vision de Québec solidaire là-dessus?

Mme Massé : Bien, il y a un enjeu au niveau de l'accès aux soins de santé psychologique, c'est la fuite des ressources, tels les psychologues qui ont quitté de façon importante le réseau public pour s'installer dans le système privé, et donc ça a fragilisé notre offre de services publics. C'est vrai dans les CLSC, par exemple, mais c'est vrai dans les cégeps, les universités, un peu partout.

Alors, ce qui est mis sur la table actuellement ne permet pas de rendre attrayant le secteur public pour, par exemple, des psychologues, mais bien sûr que le travail en multidisciplinarité, comme le travail en CLSC, par exemple, c'est une approche intéressante. Ça fait que, donc, c'est un bon pas, c'est un bon pas, mais d'attirer les psychologues, par exemple, dans le réseau public, pour les mettre au service de la population à travers une accessibilité complète, et pas seulement pour quatre rendez-vous, par exemple, comme dans certains cégeps. Ça ne va pas bien? Oui, tu as quatre rendez-vous, puis c'est mieux d'aller mieux après, parce qu'après ça tu vas te retrouver sur la liste du CLSC, qui, elle, va prendre plusieurs mois. Je pense, c'est là qu'il faut faire le travail, et le plan qui a été présenté ne nous permet pas d'atteindre ces objectifs-là.

Le Modérateur : Geneviève Lajoie, Le Journal de Québec.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour.

M. Nadeau-Dubois : Bonjour.

Mme Lajoie (Geneviève) : Peut-être j'aimerais vous entendre… Mme Anglade, ce matin, a dit que le troisième lien, ce n'était plus dans ses plans. Vous, M. Nadeau-Dubois, comme vous l'aviez si bien dit, est-ce que vous êtes encore parlable sur le troisième lien?

M. Nadeau-Dubois : Sur le troisième lien comme l'entend François Legault, c'est un projet qui ne nous a jamais intéressés, et, pour nous, ce n'est pas une nouvelle. Dans notre cas, ça fait très longtemps qu'on dit que ce dont la région de Québec a besoin, c'est de projets de transport collectif, notamment pour faire face au défi de la congestion, plutôt que de nouvelles autoroutes qui vont ajouter de la congestion.

Mme Lajoie (Geneviève) : Juste pour préciser sur cette question-là, donc je comprends que vous êtes encore parlable si c'est un troisième lien de transport en commun.

M. Nadeau-Dubois : De manière purement hypothétique, si on… Comment dire? À Québec solidaire, on a un préjugé favorable à tout projet de transport collectif. Donc, si jamais il y avait, de manière hypothétique, un projet 100 % de transport en commun qui était présenté, on le regarderait, mais, en ce moment, ce n'est pas ça qui est sur la table.

Mme Massé : …ce n'est pas… On va avoir besoin… Si le gouvernement en arrivait là, qu'il nous le présente, son projet. Ça ne peut pas juste être un «branding» de : ça va être un tunnel vert ou ça va être carboneutre. Non, non, on sait de quoi on parle, à Québec solidaire. Alors, s'il veut aller dans ce sens-là, il va falloir qu'il mette clairement les choses sur la table puis le projet sur la table.

Mme Lajoie (Geneviève) : Un tout autre sujet maintenant, la loi n° 21. J'aimerais savoir ce qu'un gouvernement de Québec solidaire va faire avec la loi n° 21.

M. Nadeau-Dubois : Dans un gouvernement solidaire, les femmes, peu importe leur religion, pourraient enseigner dans nos écoles, ça, c'est clair. Pour ce qui est des détails, on est encore en train de préciser notre plateforme électorale, et ce sera annoncé bien avant le déclenchement des prochaines élections.

Mme Lajoie (Geneviève) : Elle serait modifiée, la loi?

M. Nadeau-Dubois : Bien, je viens de vous donner un exemple de ce qui serait modifié. Ça, c'est une certitude. Pour ce qui est du reste de notre position exacte, on est encore en train de la travailler. On est en train de décliner les différentes mesures qui ont été adoptées à notre dernier congrès, puis ça va être annoncé bien avant la prochaine campagne électorale.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Si je comprends bien, vous allez être contre la contribution volontaire en santé.

M. Nadeau-Dubois : La rigueur nous oblige à lire le projet de loi avant de dire si on va voter pour ou contre. On va commencer, donc, par le lire, le projet de loi, mais, sur le principe, on a des réserves importantes. L'universalité des soins de santé, c'est une valeur québécoise. Moi, je ne veux pas que le Québec abandonne ses valeurs parce qu'en ce moment on est à bout puis on est frustrés contre les non-vaccinés. Puis je comprends cette frustration-là, je la partage. Mais la colère, ce n'est pas toujours constructif, ça ne nous fait pas toujours prendre les meilleures décisions. On a besoin de solidarité, on a besoin d'unité, on n'a pas besoin de polarisation. Et c'est beaucoup pour ça qu'on a des réserves importantes sur le principe de la taxe santé.

M. Laforest (Alain) : Votre réorganisation santé, là, ou on peut l'appeler brassage de soupe ou à peu près tous les termes qui ont été employés au cours des 25 dernières années, est-ce que ça implique du financement supplémentaire?

M. Nadeau-Dubois : Pouvez-vous peut-être préciser votre question?

Mme Laforest : Bien, c'est parce que vous avez dit : On va proposer des solutions différentes du réseau de la santé. Est-ce que ça prend de l'argent de plus, selon vous, ou on peut faire plus avec moins?

M. Nadeau-Dubois : On ne peut pas couper en santé, soyons clairs, mais est-ce qu'on peut mieux utiliser les ressources? Oui. Je vais vous donner un exemple. À Québec solidaire, ça fait des années qu'on parle de la création de Pharma-Québec. Pharma-Québec, là, ça permettrait des économies de plusieurs millions de dollars par année. Ça, c'est de l'argent qu'on envoie dans les coffres des grandes compagnies pharmaceutiques, qui pourrait être réinvesti dans notre système de santé.

Donc, on ne peut pas couper, ça, c'est certain. Il faut changer les choses pour redresser notre système de santé. Et il y a des économies à faire parce qu'il y a des dépenses qui sont exagérées, notamment les dépenses en matière de médicaments, qui explosent parce que ça se transforme en profits pour les compagnies pharmaceutiques.

M. Laforest (Alain) : Le budget de la santé, c'est 43 % du budget du Québec, c'est 44 milliards de dollars actuellement. Est-ce que c'est normal d'avoir un réseau de la santé, actuellement, comme on l'a, avec 43 % du budget du Québec?

M. Nadeau-Dubois : Dans ce 43 % là, il y a toutes sortes de choses. Il y a la rémunération des médecins, qui a explosé au Québec, dans les dernières années, pendant que, les infirmières, on leur donnait des miettes, pendant que, les préposés, on leur donnait des miettes. Il y a l'argent qu'on envoie dans les profits des compagnies pharmaceutiques. Tout ça, ça fait partie de ce 43 % là. Ce n'est pas en services sociaux, en conditions de travail puis en soins à la population qu'on a abusé au Québec, c'est dans d'autres affaires.

Mme Massé : Gabriel ne vous a pas parlé spécifiquement de, oui, effectivement, la rémunération des médecins que le gouvernement ou les gouvernements successifs n'osent pas attaquer de front. La question des médicaments, je pense, c'est la deuxième... c'est un des premiers éléments qui nous coûte, collectivement, très cher, parce que des choix politiques n'ont jamais voulu être faits en matière d'organisation, par exemple, juste de l'achat ou de la production de médicaments. Ça fait qu'il y a de l'espace pour agir. Puis vous allez nous voir à la prochaine élection, on va vous pointer ça du doigt.

Le Modérateur : Valérie Gamache, Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : Vous avez parlé de : Emmerder les non-vaccinés, ce n'est pas une sortie de crise. Du côté du Parti libéral, on dit : Cette taxe santé, bien, c'est une sorte de diversion. Comment vous interprétez cette proposition avancée par la CAQ?

M. Nadeau-Dubois : Je pense que François Legault cherche à canaliser la frustration légitime des Québécois vers une cible, les non-vaccinés. Moi, cette frustration-là, je la comprends puis je la partage, mais ce n'est pas constructif. Punir les non-vaccinés, ça n'ajoute pas un seul lit d'hôpital, ça ne ramène pas une seule infirmière et ça n'empêche pas les gens d'attraper la COVID. On a besoin de solutions, pas de punitions, aussi satisfaisantes peuvent être parfois les punitions.

Mme Gamache (Valérie) : Et vous avez dit, à l'entrée de votre caucus : On est en troisième période, ce sera, au cours de la prochaine session, l'occasion de marquer le gros but. Quel sera ce gros but?

M. Nadeau-Dubois : C'est continuer à faire ce qu'on a fait la dernière session parlementaire. Je pense que Québec solidaire a démontré, dans les derniers mois, qu'on est le parti qui est capable de tenir tête à François Legault parce qu'on a une vision du Québec qui est profondément différente, parce que, pour nous, l'environnement, la crise climatique, ce n'est pas un détail, parce que, pour nous, la qualité de vie des familles, c'est une priorité, surtout en pleine crise de santé mentale, parce que, pour nous, le logement, c'est un droit fondamental, parce que, pour nous, les services publics, il faut les reconstruire après la pandémie.

On a un projet de société profondément différent de François Legault. Ce qu'on a fait à la dernière session, c'est en parler. Puis plus on en parlait, plus, je pense, ça devenait clair pour les Québécois qui est la vraie alternative à ce gouvernement-là.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, Mme Massé, M. Nadeau-Dubois. Bonne année. On avait établi une chose, M. Nadeau-Dubois, avant les fêtes. J'étais content parce que ça faisait longtemps que je posais cette question-là. On a établi que vous étiez riche. On avait établi, là, qu'être riche, au Québec, c'est un salaire de député, donc c'est 96 500 $ et des poussières. Et vous aviez aussi dit que, les personnes riches, vous étiez prêts à augmenter les impôts de ces gens-là. D'abord, combien d'argent croyez-vous pouvoir aller chercher en augmentant les impôts chez les riches? Et est-ce que cet argent-là irait à la refonte du système de santé?

M. Nadeau-Dubois : Je constate, M. Lacroix, deux choses. D'abord, vous avez de la mémoire, c'est bien, et, d'autre part, vous avez hâte que la campagne…

M. Lacroix (Louis) : Bien, j'en avais, là.

M. Nadeau-Dubois : Exact. Et, d'autre part, les cheveux gris, ça, j'en ai, moi aussi, puis j'ai moins de mémoire que vous. Mais, d'autre part, vous avez hâte que la campagne électorale commence et vous avez hâte de voir notre cadre financier et de le commenter, parce que, bien sûr, les propositions fiscales de Québec solidaire, elles vont être détaillées dans notre cadre financier. On va montrer aux Québécois où on prend l'argent et où on l'investit. On est en train de construire ce cadre financier là. Donc, c'est trop tôt, pour moi, pour répondre précisément à votre question. Mais, quand la campagne électorale va battre son plein, les Québécois vont savoir où Québec solidaire va aller chercher de l'argent puis où on va l'investir.

M. Lacroix (Louis) : Mais c'est clair que vous allez augmenter les impôts des riches. Vous l'avez déjà dit.

M. Nadeau-Dubois : On ne pourra pas garantir des soins à domicile aux aînés si on n'ajoute pas de l'argent pour les soins à domicile, puis, pour ajouter de l'argent en soins à domicile, l'argent ne tombera pas du ciel. Il va falloir aller le chercher quelque part. On va aller le chercher à plusieurs endroits, mais, oui, les contribuables très fortunés au Québec vont devoir faire leur juste part.

M. Lacroix (Louis) : Hier, en écoutant la conférence de presse de M. Boileau, j'ai posé la question : Est-ce que vous êtes capable de dire s'il y a eu des éclosions, par exemple, dans les magasins à grande surface? Parce que, là, on impose le passeport vaccinal. Puis il a été obligé de dire que, non, ils n'ont pas noté d'éclosion. Ils ne sont pas capables de dire précisément s'il y en a eu, ni dans les restaurants, d'ailleurs, etc.

Quand on regarde ce qui se passe ailleurs, si on regarde en Colombie-Britannique, les restaurants sont ouverts, si on regarde en Ontario, les restaurants sont ouverts, si on regarde aux États-Unis, en France, en Angleterre, il n'y a personne qui a fermé les restaurants, juste nous autres qui ont fait ça. Est-ce que ça a été une erreur d'aller aussi loin puis de serrer la vis aux Québécois de façon aussi importante?

M. Nadeau-Dubois : C'est dur de répondre à cette question-là, parce qu'on n'a pas les données, et ça, depuis le début de la pandémie, on le martèle, à Québec solidaire. Ce manque de données, il nous empêche de prendre les meilleures décisions possibles. Pourquoi est-ce qu'on n'est pas capables de récolter, au Québec, des données sur les lieux d'éclosions, alors qu'on est capables ailleurs? Moi, j'ai une hypothèse.

En 2015, le gouvernement libéral, dont faisait partie Dominique Anglade, a coupé 33 % du budget des directions régionales de santé publique. On est entrés dans cette pandémie-là avec des directions de santé publique affaiblies par les coupures libérales. La santé publique, c'est notre premier rempart contre la pandémie, puis ce rempart-là, il était magané quand le virus est arrivé. C'est notamment pour ça qu'on a eu autant de difficultés à documenter les éclosions, à déployer le dépistage, à produire des données fiables, alors que, dans d'autres endroits dans le monde, on a été capables de le faire.

M. Lacroix (Louis) : …pour préciser, là, même si on n'a pas les données, là, on peut penser qu'aux États-Unis, qu'en Angleterre, qu'en Colombie-Britannique, qu'en Alberta le variant Omicron existe aussi. Il n'est pas juste au Québec, là. Alors, nous autres, on prend des mesures qui sont drastiques, au Québec, à partir d'un virus qui se répand de façon égale ailleurs dans le monde. Est-ce qu'on a mal lu la situation?

M. Nadeau-Dubois : Vous parlez spécifiquement sur les restaurants ou en général?

M. Lacroix (Louis) : Bien, en général, parce qu'on a fermé, nous autres, notre économie de façon importante.

M. Nadeau-Dubois : Oui. C'est trop facile, après coup, de jouer à «on aurait dû, dont dû». Je n'ai pas vraiment envie de faire ça. Moi, j'ai envie que, collectivement, on se demande pourquoi c'est arrivé. Pourquoi est-ce qu'on a gouverné en partie à l'aveugle, par manque de données? C'est parce qu'on a fait des mauvais choix politiques, parce qu'on a coupé, en 2015, en santé publique, parce que les libéraux ont coupé en santé publique en 2015. Je pense qu'on aurait pris des meilleures décisions au Québec si on avait eu une Santé publique plus solide. On aurait peut-être pu agir avec plus de doigté et plus de précision si on avait eu des directions de santé publique plus solides et pas affaiblies par l'austérité libérale.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Vous parliez d'aller cogner aux portes des non-vaccinés. Est-ce que je comprends que vous voulez aller cogner aux portes de 540 000 personnes ou vous dites : Bien, ciblons les 50 ans et plus, ceux qui pourraient être plus touchés durement par la COVID?

M. Nadeau-Dubois : On veut procéder par quartier, parce que les informations médicales des Québécois, elles sont précieuses. On ne peut pas les diffuser à tout vent, mais on a des données sur les régions, sur les quartiers qui sont les moins vaccinés. Nous, ce qu'on veut, c'est envoyer des brigades vaccins dans ces quartiers-là, parler aux gens, leur donner de l'information puis les inciter à la vaccination. Dans les quartiers où ça a été fait, notamment à LaSalle, il y a des groupes communautaires qui l'on fait, ça a fonctionné, ça permet de rejoindre des gens. Ça prend du temps, mais ça fonctionne.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce qu'on est condamnés, ou ça dépend de quel point de vue, à avoir une campagne électorale qui va être 100 % santé après deux ans de pandémie, qui peut être une bonne chose, là, mais est-ce que c'est là-dessus, avec ça, que vous vous préparez?

Mme Massé : 100 % quoi?

M. Bossé (Olivier) : Santé?

Mme Massé : Bien, écoutez, c'est sûr que ça va faire partie, comme plusieurs des campagnes électorales… La santé, c'est un sujet qui préoccupe les Québécois et Québécoises. Et, avec les deux dernières années qu'on vient de passer, inévitablement, ça va faire… ça va être aussi important pour les Québécois et Québécoises. Est-ce que ça sera 100 % santé?

Moi, quand je suis encore sur le terrain, les gens me parlent, bien sûr, de la pandémie, les impacts, tout ça, mais ils me parlent aussi de leurs conditions de vie en général. Ils n'arrivent pas à se trouver de logement. Ils n'arrivent pas à payer un prix décent pour un logement. Je pense qu'ils vont vouloir qu'on parle aussi de cette dimension de leur vie, le logement, la réalité de qualité de vie qui s'est affaiblie durant les dernières… dans les derniers mois, leur santé mentale, bref, et sans dire le nombre de personnes aussi que je rencontre, qui me parlent de la crise, qui, elle, n'a pas arrêté, qui est la crise environnementale.

Alors, moi, je pense que, si M. Legault veut faire porter la campagne électorale juste sur la santé… je pense qu'il se trompe. Les Québécois et Québécoises ont envie aussi d'entendre les partis politiques sur comment ils vont relever le défi de la crise du logement, de la crise environnementale, de la crise de santé mentale, quoiqu'il peut y avoir des liens avec tout ça, là.

Le Modérateur : François Carabin, Le Devoir.

M. Carabin (François) : Oui, bonjour à vous deux. Écoutez, je vais poursuivre là-dessus. Est-ce qu'il n'y a pas une possibilité justement que l'urgence climatique passe sous le tapis avec l'omniprésence du discours pandémique depuis 22 mois, 23 mois, pendant les élections?

Mme Massé : Oui, bien, c'est sûr, vous allez voir, nous autres, dans les prochains mois, comme on l'a fait avant, on va continuer… Pour nous, il y a un lien. Il ne faut pas éliminer le lien entre la crise climatique, et le fait qu'on est en pandémie présentement, et que ça va être peut-être une réalité qui va faire partie des prochaines années de l'humanité, c'est-à-dire l'émergence de virus que nous devons combattre collectivement.

Ceci étant dit, l'environnement, là, c'est aussi des choses qui préoccupent les gens dans leur quotidien, c'est les agriculteurs, lorsqu'arrivent les canicules, les sécheresses, que leurs puits se vident. Il y a un enjeu. Alors, ils veulent entendre les gouvernements, les partis politiques, si on parle de campagne électorale, leur dire comment ces partis-là vont, un, continuer à travailler pour limiter le réchauffement de la planète, donc la diminution de gaz à effet de serre, mais ils vont avoir aussi envie d'entendre parler de : Oui, mais, quand ça arrive, là, qu'est-ce que le gouvernement fait pour accompagner les citoyens en temps de canicule, en temps d'inondation, etc.?

Ça fait que je… Et, Québec solidaire, on va vous en parler. On va continuer à vous en parler. Alors, c'est important.

M. Nadeau-Dubois : Si les Québécois trouvent que la pandémie a bousculé leur vie quotidienne, malheureusement, c'est un avant-goût de ce que pourrait être la crise climatique si on n'agit pas. La fragilité de notre système, de notre économie, la pandémie l'a révélée, mais la crise climatique va mettre au défi encore plus notre économie, nos services publics, donc il faut se préparer pour ça.

Et on ne peut pas se permettre de sauter par-dessus une campagne électorale. Il faut que la question climatique soit au coeur de la prochaine élection. Et comptez sur Québec solidaire, comme la dernière fois, pour mettre beaucoup d'énergie à ce que la question environnementale soit incontournable lors de la prochaine élection. Avant que Manon Massé impose ce sujet-là, ce n'était pas vraiment sur l'écran radar en 2018. Je suis convaincu qu'on va être capables de faire la même chose cette fois-ci.

M. Carabin (François) : Je vous amène sur un autre sujet. Vous avez peut-être vu le site Web de recrutement du Parti libéral, qui est à la recherche de candidats progressistes. Pour un parti qui se dit résolument progressiste, est-ce que le Parti libéral de Dominique Anglade est progressiste?

M. Nadeau-Dubois : Moi, j'ai confiance que les Québécois et les Québécoises ont de la mémoire. J'ai confiance qu'ils savent faire la différence entre les convictions sincères puis le marketing politique. Ça ne m'inquiète pas beaucoup, ces déclarations-là de Mme Anglade.

M. Carabin (François) : Donc, vous ne craignez pas non plus qu'elle vienne faire du recrutement auprès d'anciens candidats solidaires? Ça ne marchera pas?

Mme Massé : Il y a une chose que je peux vous assurer, c'est que les anciens candidats, candidates solidaires, ils ont de la mémoire.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la période de questions... Oh! bien non, il y a un petit Lecavalier ici, là, qui... C'est vrai. Voici Charles Lecavalier, pour terminer cette période de questions en français, de La Presse+.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour à vous deux. Sur la vaccination, j'aimerais ça savoir, pour vous... Bien, évidemment, est-ce que vous en avez parlé à M. Legault, lors de vos appels, que sa stratégie ne fonctionnait pas, puis vos brigades, et tout? Est-ce que c'est déjà communiqué avec M. Legault? Et c'est quoi, l'objectif, en fait? C'est quoi, votre objectif? C'est quoi, le pourcentage de vaccination de la population où vous pouvez dire : Bon, on a atteint l'objectif avec ces brigades-là?

M. Nadeau-Dubois : D'abord, pour votre première question, ça fait depuis le début de la pandémie que Québec solidaire, d'abord par la bouche de Manon et ensuite par la mienne, sensibilise le gouvernement à l'importance de ne pas oublier les plus vulnérables.

Pour ce qui est de l'importance, par exemple, que la campagne de vaccination soit multilingue, c'est une proposition qu'on a faite en février 2021. Donc, on en a parlé souvent à François Legault, en public et en privé. Pour ce qui est de la proposition spécifique qu'on fait aujourd'hui, je vais lui en parler vendredi prochain, lors de notre dernière rencontre téléphonique.

Et votre deuxième question, c'était l'objectif?

M. Lecavalier (Charles) : Oui.

M. Nadeau-Dubois : Ce serait périlleux de lancer des chiffres en l'air. Ce qu'il faut, c'est augmenter le plus possible le taux de vaccination. Chaque 0,5 % de gagné, chaque 1 % de gagné, c'est déjà une avancée.

Ceci étant dit, c'est important, pour moi, de rappeler que, oui, la vaccination, c'est essentiel dans la lutte contre la pandémie, mais ce ne sera pas suffisant. On le voit, là, il y a déjà des pays qui sont en train d'administrer une quatrième dose. Il y a toujours la possibilité de nouveaux variants. La vaccination, c'est un gros morceau de la solution, mais ce n'est pas la solution.

Il faut continuer à poser des gestes pour limiter la contagion. Je suis obligé de reparler des N95. Comment se fait-il qu'au Québec on ne les distribue pas massivement comme ça se fait dans plein de juridictions autour de nous? Comment ça se fait qu'on n'a pas réglé la ventilation dans les écoles et dans les lieux de travail? Il faut continuer d'agir là-dessus tout en faisant monter le plus possible le taux de vaccination.

M. Lecavalier (Charles) : Pardonnez-moi si la question vous a déjà été posée, mais est-ce que Québec solidaire écarte totalement l'idée de la vaccination obligatoire?

M. Nadeau-Dubois : Comment dire? D'abord, il faut préciser ce qu'on entend par «vaccination obligatoire», là. Il y a plusieurs modèles. Il y a plusieurs options. La vérité, c'est qu'on a déjà un des taux de vaccination les plus élevés au monde. Il faut faire tout ce qu'on peut pour augmenter ce pourcentage-là. Nous, on pense que l'approche punitive, ce n'est pas la meilleure stratégie. C'est ce que les gens sur le terrain nous disent aussi. C'est pour ça qu'on fait des propositions aujourd'hui. Pour ce qui est de la vaccination obligatoire, je pense qu'on n'est pas rendus là, et surtout il semble y avoir des obstacles légaux significatifs.

Mme Plante (Caroline) : …précision à demander.

Le Modérateur : Bon, une petite dernière.

Mme Plante (Caroline) : Une mini, mini, mini. Sur la taxe pour les non-vaccinés, est-ce que vous pensez que le Dr Boileau doit se prononcer?

M. Nadeau-Dubois : C'est essentiel que la Santé publique nous dise si elle a un avis sur la question, et, si oui, quel est-il. L'impression que nous avons puis que beaucoup de gens au Québec ont, c'est que la taxe vaccin, c'est plus une mesure politique qu'une mesure de santé publique, puis c'est pour ça que c'est important d'entendre le Dr Boileau sur cette question-là.

Le Modérateur : Bon, les derniers, mais non les moindres, bien sûr, nos collègues anglophones. Alors, nous allons commencer avec M. Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good morning.

M. Nadeau-Dubois : Good morning.

M. Authier (Philip) : I want to go back to the health tax. I know you're describing it as a kind of punishment as opposed to a solution, but there are lots of people that think such a tax could never be applied in reality. We've given all the ethical, moral, legal obstacles. So is it not the case that the Government's plan… What do you think of this theory, that, in reality, the threat of such a law is just as effective as the law itself?

M. Nadeau-Dubois : I'm not inside the head of François Legault, so I don't know if it's a bluff or a real intention. What I know is that we should not be bluffing with the pandemic. We should try to work together to find efficient solutions to get out of the crisis. Punishments and solutions are not the same thing.

M. Authier (Philip) : And on your vaccine brigade, it seems that it has been tried in Ontario. I believe, in Toronto, they have been doing this, they're going door to door. Does this require a substantial budget, a number of people? Who would run the logistics of the plan? Can you outline a bit that further for us?

M. Nadeau-Dubois : It needs to be a partnership between Public health authorities and community groups on the ground. But, in order to make such partnerships possible, you need to make money available for community groups. You cannot ask them to contribute without giving them the means to contribute.

So, for example, in terms of distributing the doses, right now, the main big clinics are actually distributing the doses to the smaller clinics. It should work the same way, big clinics should be able to dispatch doses for those vaccine brigades on the ground. It is possible to do so. There is no significant logistical obstacle to such a strategy.

For example, vaccination in the houses of people has been done in the last months, but in a very small scale. We're saying : Let's put our energy to do vaccination in houses, but in a more larger scale, beginning with the zones, the neighborhoods where we know there is a challenge in terms of vaccination rates.

M. Authier (Philip) : They would actually be carrying the vaccines with them when they go door to door?

M. Nadeau-Dubois : Well, not necessarily. The idea is that those people would go and meet people and, if they see that there is an interest to get a shot, then they could, for example, make sure that that person takes right now an appointment to get a dose. It could be very fast. It should be the fastest as possible, because the objective here is to bring the vaccine to people instead of doing the opposite, which is to hope that people will come to the vaccine.

M. Authier (Philip) :Thank you.

Le Modérateur : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : So bear with me here because I have a bit of a long preamble, but I just want you to… I want to hear your interpretation of some of the things that we heard yesterday in the press conference that, I think, need some interpretation.

We heard the Premier come out and say : OK, we've got out of the tunnel now, we saw the light, now we're out of the tunnel, but the train has been demolished in the process, and, in order to fix things or to keep us on track, we need more nurses, for instance, but it's going to take three to five years to train them. We're also going to have to learn to live with the virus, which might have more variants, more outbreaks, more waves, etc. And we're going to have to do all of that with a broken-down train and a lack of staff.

How do you interpret that? Does that mean that, for the next three to five years, we're going to have to live with a health care system that is broken, that is going to crack at the smallest wave, at the smallest… We're going to be able to, you know, flick it and it's going to come crumbling down. What is your interpretation of that?

M. Nadeau-Dubois : What I know is that the train was already in very bad shape when the pandemic began. Québec is one of the places in the world with the lowest hospital capability because of political choices made in the past by governments of the Parti québécois and the Parti libéral. So it is true that the train is in very bad shape today, but it was already in bad shape even before the virus came in Québec. And what we need to be doing right now is fixing the train. And punishing unvaccinated Quebeckers will not fix the train. It will not help us get this symbolic train in a better shape. That's what we should be doing this session, not debating about a vaccine tax that, in no shape or form, will help us get out of the crisis.

Mme Fletcher (Raquel) : So how do we fix it? I'm sure you guys are going to be talking today, in caucus, about your own solutions. What is the first thing that we need to do? What is the first thing we need to debate?

M. Nadeau-Dubois : My colleague Vincent Marissal put forward a very comprehensive plan, a few months ago, outlining all the measures that Québec solidaire is proposing to help the staff come back inside our public health system. The other thing we should be doing to indirectly help the system is better protecting Quebeckers against the virus, and we can do that. We can do that by distributing N95 masks massively in Québec for health care workers, but for all frontline workers, to make sure that there's less transmission. If there's less transmission, there's less cases. If there's less cases, there's less hospitalizations. If there's less hospitalizations, it's less pressure on the staff, it's better working conditions.

So, there are solutions, but we need to keep looking for them and applying them, not divide Québec society with a measure that is much more a punishment than a solution.

Mme Fletcher (Raquel) : Are you concerned that there are going to be waves of not necessarily COVID-19, but… For instance, we're hearing about cancer patients who are not being tested for cancer, so they're going to only learn that they have cancer at a later stage, and that's going to put pressure, or all of these surgeries that we have delayed, all of a sudden, they're going to become more serious, and then we're going to have a bag of more urgent surgeries that… Everything that we've backed up is going to come flooding onto that train that is broken.

M. Nadeau-Dubois : Yes. There will be such a ripple effect. If I can take that expression, there will be a ripple effect inside our public health system. That's why we need to repair it fast. And we will put forward solutions, in the next weeks, in the next months, to repair that system. We need to do it fast, because, even when the pandemic will tone down a little bit, the injuries to our health care system will still have to be healed.

Mme Massé : That's why, if I can say, it's very important to stop the contagion. The Government has the possibility to bring a support with «équipements de protection» for the people on the front, but also in the schools. I cannot understand why. I can't remember… Since more than a year, Québec solidaire talked about «les aérosols». And we know that, in the school, we need to better protect the teachers, the children with changing the aeration, changing air. How come we are in January 2022 and we still have this same problem in our schools? So that's why I find very important that the Government, when he's pointing the non-vaccine people, he's not pointing at what it does not, «qu'est-ce qu'il ne fait pas».

M. Nadeau-Dubois : It was faster to invent, develop and distribute a vaccine worldwide against COVID-19 than it took Jean-François Roberge time to make sure Québec's students breathe an air of good quality in our schools. That's a shame for Québec.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Hello, good day. Just a clarification. Those squads that you're talking about, to meet unvaccinated… I saw stories, last fall, on squads like this having volunteers going, walking in different neighborhoods, knocking on doors. So, basically, what you're proposing here, it's not new at all.

M. Nadeau-Dubois : Such initiatives have existed in some places, at a very local level. What we're proposing is to generalize those initiatives all across Québec. We need to inspire ourselves from what is being done on the ground and what works. In the few spots where it has been tried, that strategy worked. So, now, it has to be deployed all across Québec, starting with specific neighborhoods where there is a challenge in terms of vaccination rates. We need to stop thinking about this in a top-down way, with a top-down strategy. We need to start from what is working on the ground. We need to listen to the people doing it. We need to take inspiration from them and then do it all across Québec. That's what, since the beginning of that crisis, François Legault is precisely not doing.

Mme Senay (Cathy) : The press conference where Premier Legault announced this health tax, that was the one following the resignation of Horacio Arruda, it made a hit for different international newspapers. It was on CNN. They won that day. People are angry because, if they are sick, they can't go to the hospital, and they are sick to see that unvaccinated are there taking the resources. So the anger is out there already. So what do you propose? Maybe this health tax is the solution to temper this anger.

M. Nadeau-Dubois : I know that people are angry, because I am angry myself. It is very frustrating to see so much resources in our health care system being monopolized by such a minority of Quebeckers. I share and I understand that anger, but anger is not always the best guide to find solutions to a crisis. In times of crisis, it's easy for societies to abandon their values because they are under pressure. The universality of health care, the importance of social solidarity, those are deep Québec values. We have to stay faithful to them even if we are all frustrated. There is a way out of that crisis, but that way has to be a way where solidarity and universality of health care guide us, because, if we don't do that, I think we may make mistakes and we may regret it in future years, looking back at this moment right now.

Mme Senay (Cathy) : But some people will say : We tried this, we tried to have this solidarity, we tried it. What's your way, then?

M. Nadeau-Dubois : Punishing unvaccinated Quebeckers with a tax will not bring one new bed in the hospitals. It will not bring back one nurse. It will not stop the contagion in one school in Québec. It will canalize the frustration, yes, but it will not solve our problem. We need to keep looking, and we need to be applying solutions, and there are solutions. N95 masks will be distributed all across the United States of America in the upcoming weeks. It has been done in Manitoba. Why are we not doing this in Québec? We should be talking about this. We should be debating here about this, not about a health tax that will divide people and will give weapons to the fringe movement of people that are dogmatically against the vaccine.

Le Modérateur : Merci. C'est ce qui met fin à cette conférence de presse.

(Fin à 11 h 38)

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