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Point de presse de M. Pierre Arcand, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’administration gouvernementale et pour le Conseil du trésor, Mme Marie-Claude Nichols, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’habitation, et M. Carlos J. Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances publiques

Version finale

Thursday, February 24, 2022, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-neuf minutes)

M. Arcand : Bon matin, tout le monde. Évidemment, un des sujets qui est, pour nous, extrêmement important, actuellement, c'est évidemment toute la question qui est reliée à l'inflation. C'est un peu le sens de ce qu'on veut dire aujourd'hui. De mon côté, je suis actuellement en commission parlementaire sur le projet de loi n° 21 et j'ai posé aussi, en Chambre, cette semaine, beaucoup de questions au ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles parce qu'évidemment ce qui se passe actuellement est absolument inacceptable.

D'abord, au lieu d'avoir ce qu'on a toujours eu au niveau des tarifs d'électricité, c'est-à-dire un prix juste, un prix juste qui était déterminé par la Régie de l'énergie, on sait que le gouvernement, il y a trois ans, a passé par bâillon un projet de loi qui dit que les tarifs vont se faire à l'inflation. Depuis ce temps-là, évidemment… Tout le monde a vu qu'au mois de janvier l'inflation était à 5 %, dépassait 5 %. Et on s'aperçoit aujourd'hui, en plus, que non seulement on se dirige vers une inflation extrêmement forte, d'une part, deuxièmement, avec la guerre en Ukraine, je pense que Carlos, mon collègue, ici, de Robert-Baldwin, aura l'occasion de pouvoir vous expliquer que ça crée, ça génère aussi de l'inflation, et donc, en ce sens-là, c'est très difficile.

L'autre élément, bien sûr, c'est une entente qu'il y a eu entre Hydro-Québec et Énergir. Cette entente-là, en soi, c'est une entente qui peut aider... Si ça peut aider à réduire les gaz à effet de serre, on n'est pas contre. Mais une chose est certaine, c'est que cette entente-là, hier, la présidente d'Hydro-Québec a dit que ça allait ajouter 1,5 %, au cours des prochaines années, sur les tarifs d'électricité. Puis, je vous rappelle également qu'on s'en vient avec des contrats, éventuellement, pour de nouvelles éoliennes. Ça aussi, ça va éventuellement ajouter aux tarifs d'électricité, parce qu'il faut les payer, à un moment donné, ces éoliennes-là. Alors, nous, évidemment, on trouve ça totalement inacceptable et on ne comprend pas pourquoi le gouvernement s'entête à ce stade-ci.

Et il y a une chose aussi que je voudrais juste vous dire, en terminant, c'est que le premier ministre a dit : Écoutez, le gel des tarifs ou une réduction des tarifs, ça aide les personnes riches. Je ne suis pas du tout d'accord avec ça. N'importe quel groupe va vous dire : Écoutez, là, les gens qui sont les plus démunis, dans la société, ce sont des gens qui vivent dans des logements qui, très souvent, sont mal isolés. Alors, à partir de ce moment-là, on s'aperçoit que les tarifs les frappent de la même façon et encore plus que bien des gens. N'importe quel groupe va pouvoir vous dire ça.

Alors, essentiellement, c'est ce que je voulais vous dire ce matin. Je cède la parole à mon collègue de Robert-Baldwin.

M. Leitão : Merci beaucoup, Pierre. Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde. Donc, on va parler un peu d'inflation. Depuis déjà au moins 6 mois, même plus, qu'on souligne les risques auxquels le Québec, le Canada, les pays de l'OCDE font face, une inflation qui augmente. Il y avait, à ce moment-là, beaucoup de discussions : Est-ce que c'est transitoire, est-ce que c'est permanent? Ces discussions-là, maintenant, s'arriment surtout vers : c'est un transitoire, mais très long, ça va prendre du temps. Et entre-temps, entre-temps, l'inflation augmente. Comme Pierre a mentionné, on est déjà rendu à 5 % au mois de janvier.

Et ça, c'était bien avant, bien avant ce qui se passe présentement en Ukraine. Ce qui se passe présentement en Ukraine est extrêmement préoccupant parce que… Deux choses. Évidemment, tout d'abord, la situation humanitaire, un pays qui est attaqué par un autre, et surtout quand la Russie va même aussi loin que dire que l'Ukraine n'est pas un vrai pays, donc, c'est extrêmement préoccupant à cet égard-là. Et nous sommes vraiment extrêmement compatissants avec les Ukrainiens du Canada et les Ukrainiens en Ukraine. Ce qui est aussi important, c'est que cette tension internationale là qui monte, à cause de l'invasion russe, a un effet sur les prix de l'énergie, donc le prix du pétrole, déjà au-delà de 100 $ le baril, et ça va continuer de s'accélérer. Donc, l'inflation à 5 %, c'est comme, presque, le bon vieux temps. Ça va aller beaucoup plus que ça dans les mois à venir.

Et, je finis avec ça, n'oubliez pas que l'inflation, l'effet de l'inflation est cumulatif. Donc, les prix augmentent, les prix augmentent, les prix augmentent, et c'est très rare que les prix baissent. Alors, les consommateurs, les citoyens font face à une situation qui se détériore, qui se dégrade rapidement.

Un dernier point sur l'environnement international lié à la guerre en Ukraine, c'est que ça va aussi compliquer, diminuer, perturber les relations commerciales internationales. Qu'est-ce que la Chine va faire? Comment la Chine va réagir? Est-ce que le commerce international va continuer de circuler librement quand il y avait déjà toutes sortes d'entraves avant? Donc, ça se complexifie beaucoup. Beaucoup d'incertitude, ce qui rend le travail de monsieur Girard pour son prochain budget encore plus complexe.

Et donc, voilà, moi, je resterais ici. Je ne sais pas, Marie-Claude… Un des éléments qui alimentent l'inflation aussi, et on parle de ça, nous, depuis déjà un an, c'est le logement. Alors, Marie-Claude, si tu veux dire quelques mots là-dessus. Merci.

Mme Nichols : Merci. Alors, bien, comme mes précédents collègues, bien préoccupée par les hausses de loyer un peu partout à travers le Québec, pas juste à Montréal, en région aussi. On est au mois de février et il y a déjà des familles, des ménages, là, qui nous contactent pour nous dire, là, qu'ils sont déjà en situation précaire, qu'ils doivent faire des augmentations de 10 %, 8 %, 9 %, que des familles auront à faire des choix entre se vêtir, se loger, des activités avec les enfants, des loisirs. Donc, on est très préoccupés par tout ça puis on se dit que ça sent la crise du logement numéro 2 pour une deuxième année consécutive. Et il n'y a pas de mesures qui sont mises en place. Les projets ne lèvent pas de terre. On sait que c'est un problème au niveau de l'offre, évidemment. Mais, voilà, très préoccupée par les familles qui nous appellent, qui nous disent : On va se retrouver à la rue.

Puis je rappelle, l'année dernière, je pense que c'était dans la région de Sherbrooke, dans la ville de Sherbrooke, entre autres, où il y avait une centaine de familles qui étaient à la rue, et c'est les municipalités qui ont créé des cellules de crise pour venir en aide aux familles du Québec. Alors, il y a des familles qui ont été logées dans des hôtels pendant six mois avant de se trouver un logement adéquat. Puis ça, je le dis aussi, parce que la dignité, c'est important. Il y a même des familles qui décident de soit accepter la hausse démesurée de leurs loyers, mais, sinon, il y a des familles qui décident de rester dans des logements qui sont insalubres, puis on en voit à tous les jours, vous faites un excellent travail de relever tous ces dossiers-là dans les médias.

Mais c'est terrible. C'est terrible, ce qu'on voit. Il faut prendre des mesures maintenant pour la crise du logement, qui s'en vient à grands pas. Voilà.

M. Laforest (Alain) : M. Leitão, lors de la dernière guerre, du Golfe, il y avait eu une déstabilisation de l'économie mondiale, mais on n'était pas devant des superpuissances qui s'affrontaient. Vous croyez que ça peut avoir quel impact et sur combien de temps ça pourrait durer, là, dépendamment... Parce que, là, c'est carrément plus un envahissement de pays, là, ce n'est pas juste une zone, c'est un pays complet qu'on envahit.

M. Leitão : Tout à fait. C'est très préoccupant. Et vous avez aussi constaté que la réponse des pays de l'OTAN, des pays de l'Ouest, la réponse, ce sont des sanctions économiques, surtout des sanctions financières. Alors, on ne sait pas trop non plus quel va être l'impact de toutes ces sanctions financières sur le système financier international. C'est pour ça que je faisais un peu allusion au commerce international, la fluidité du commerce. Quand on commence à cibler... et je pense qu'il faut le faire, là, à cibler les banques russes, par exemple, bon, quelles seront les répercussions de tout ça? Donc, le niveau d'incertitude augmente de façon majeure. Et c'est préoccupant parce qu'en partant le taux d'inflation est à 5 %, en partant, on est à 5 % et maintenant on rajoute toutes ces incertitudes, donc ça va être extrêmement complexe pour...

M. Bergeron (Patrice) : M. Leitão, il y a une relance, actuellement, quasiment miraculeuse, une sortie de crise. Est-ce que ça ne pourrait pas, justement, remettre complètement en cause, cette crise internationale là, la relance économique actuelle et carrément nous projeter vers une récession, par exemple?

M. Leitão : Oui, bon, récession, je ne sais pas, je n'irais pas si loin que ça. Mais, vous avez raison, donc, on a une sortie de crise, vous l'avez dit, «miraculeuse», bon, les gouvernements, en général, ont injecté des liquidités massivement dans le système, et donc ce qu'on a vu, surtout en 2021, c'est un rebond. Donc, souvent, on voit M. Legault qui fait : Ah! au Québec, un taux de croissance de 6 %, je ne sais pas trop quoi. Bon, c'est un rebond d'une... c'était un peu partout comme ça, un rebond, parce que 2020 était une année désastreuse, on rebondit en 2021 et on était plein d'espoir pour 2022 : Ça devrait relativement bien se passer en 2022. Là, maintenant, ça arrive et ça risque, oui, de dérailler la reprise.

Et le canal… il y en a deux, deux canaux qui me préoccupent beaucoup : le canal financier, avec les sanctions et peut être les ripostes russes au niveau financier, tout ça; et le canal du commerce international, qui risque de ralentir encore. Il y a déjà plein de pénuries de toutes sortes de composantes. Ça risque de s'aggraver à nouveau. Et tout ça va nous amener dans une situation d'inflation, beaucoup plus que 5 %, les banques centrales vont hausser les taux.

M. Lacroix (Louis) : Mais M. Leitão, compte tenu de tout ce que vous venez de dire, de l'impact économique important que ça risque d'avoir non seulement au Québec, mais sur l'ensemble des marchés mondiaux, jusqu'à quel point est-ce qu'on doit intervenir pour freiner, justement, l'action militaire russe en Ukraine?

M. Leitão : Ah! O.K., l'action...

M. Lacroix (Louis) : ...

M. Leitão : Oui. Je m'en allais sur l'intervention économique du gouvernement, mais on y reviendra.

M. Lacroix (Louis) : …je pense, là, quelque part.

M. Leitão : Oui, mais comme votre collègue a mentionné tantôt, cette fois-ci, on parle d'une invasion, d'un pays qui envahit l'autre, et un pays qui a une force militaire, une armée extrêmement puissante. Alors, est ce que les pays de l'OTAN vont déclarer la guerre à la Russie? Je ne pense pas que ça soit ça. D'ailleurs, M. Biden, M. Trudeau ont déjà été très clairs, là-dedans, on ne va pas envoyer des soldats américains ou des soldats canadiens en Europe. Je pense que ça, c'est clair. Alors, comment est-ce qu'on peut riposter à cette invasion qui est inacceptable? Bon, il y a des façons économiques, financières de riposter, d'essayer d'isoler la Russie. L'élément clé, ici, est, et franchement je ne sais pas, je ne le sais pas plus que vous, quel va être le rôle et la réaction de la Chine. Est-ce que la Chine va être une alliée de Moscou pour minimiser l'impact des sanctions économiques ou est-ce que la Chine va se rallier à la communauté internationale et isoler encore plus la Russie? C'est ça qui est... Je ne sais pas, je n'ai pas de réponse à ça.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, tout ça, là, c'est une bien mauvaise nouvelle, pour un ministre des Finances, à un mois du dépôt du budget, là?

M. Leitão : Absolument. Et surtout que son budget… vous connaissez un peu comment les choses fonctionnent, le budget est fait, déjà, donc. Il n'est pas encore imprimé, mais les tableaux sont déjà préparés.

M. Gagnon (Marc-André) : ...donc il va être obligé d'en refaire une partie, selon vous?

M. Leitão : Moi, je pense que oui. Regardez, on n'est pas... et je ne veux pas exagérer, on n'est pas comme on était en 2020, quand on dépose un budget à la veille de l'urgence sanitaire, ce n'est pas ça. Mais on est à la veille d'une période de grande incertitude. Donc, au minimum, je pense que, dans le prochain budget, il devrait y avoir une marge pour éventualité très, très imposante, quelques milliards de dollars qui devraient être mis comme marge... comme provision pour incertitude.

M. Gagnon (Marc-André) : Peut-être moins de bonbons électoraux?

M. Leitão : Il faudrait faire attention. Il faudrait faire attention à ça, évidemment.

Le Modérateur : D'autres questions en français?

M. Laforest (Alain) : Est-ce que vous l'appelez à la prudence pour son budget?

M. Leitão : Je l'appelle au réalisme, à être... comment dire ça, être, oui, c'est ça, réaliste, pragmatique et reconnaître, chose que… Comme vous avez peut-être suivi, j'ai posé quelques questions, dernièrement, et la réponse du gouvernement était... je pense qu'ils étaient plutôt dans le camp de ceux qui pensent que l'inflation, c'est un problème transitoire, temporaire, on n'a pas besoin de faire beaucoup, ça va se régler de soi-même, avec les banques centrales, et tout ça, donc nous, gouvernement du Québec, on n'a pas besoin d'intervenir trop, trop, trop. Moi, je l'invite à être très prudent là-dessus, parce que ça ne se réglera pas.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Les questions au sujet de la conversation sur l'éthique que vous avez avec le gouvernement… Là, je ne sais pas lequel de vous se sent apte à répondre. Hier, le ministre de la Justice a brandi en Chambre votre résolution-cadre, là, en disant que vous avez engagé des montants de l'Assemblée nationale pour la préparation de cette proposition-là. Est-ce que c'est vrai, d'une part, est-ce que...

M. Arcand : C'est complètement faux. C'est complètement faux. Tout ce qui se fait, comme tous les partis politiques le font… Lorsque, par exemple, un parti politique, les militants font des résolutions, préparent des cahiers de résolutions, on envoie ce document-là à des gens qui sont à l'Assemblée nationale, en dehors de leurs heures de bureau et sur leurs courriels personnels, et ils vérifient pour être sûrs qu'il n'y a pas de problème de ce côté-là. Alors, les partis politiques le font, et ce qu'on faisait n'a absolument rien à voir avec ce que la CAQ fait, c'est-à-dire utiliser des fonds publics pour, carrément, des activités partisanes.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : …qui vous concerne, est-ce que la Commissaire à l'éthique a été impliquée? Est-ce que vous lui avez demandé... Est-ce que son bureau vous a donné un…

M. Arcand : On ne lui a pas demandé, parce que nous croyons fermement qu'il n'y a pas d'enjeu en ce qui nous concerne.

M. Lacroix (Louis) : …une imprudence? Parce que, chacune des pages de ce document-là, on retrouve le lien du service de recherches parlementaires du Parti libéral. Alors, pourquoi ça se retrouve au bas de la page?

M. Arcand : Écoutez, il y a peut-être eu une erreur sur ça, mais une chose est certaine, c'est que, moi, je peux vous assurer qu'il n'y a eu aucune communication pendant les heures de bureau. On a fait les vérifications hier là-dessus. Il n'y a eu aucune communication avec les gens de l'aile parlementaire durant les heures de travail et avec les courriels de l'Assemblée nationale.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que ça ne démontre pas, M. Arcand, toute cette histoire-là… Parce que, là, là, tout le monde est en train de se défendre : Ah! il y a des apparences qu'on n'a pas fait ci, puis on n'a pas fait ça, puis ce n'est pas... Vous êtes un vieux routier de la politique, vous le savez, à chaque législature, ça revient, ces questions-là sur le travail des employés payés par l'Assemblée nationale à des fins partisanes. Est-ce qu'il n'y a pas lieu de se pencher puis de dire : On peut-u établir des règles plus précises? Parce qu'il y a un flou tellement immense, en ce moment, que tout le monde fait n'importe quoi puis l'interprète à sa façon.

M. Arcand : Vous savez, nous avons, nous, comme formation politique, établi des codes d'éthique, d'une part, extrêmement sévères. Deuxièmement, il est sûr qu'il y a des choses qui ont été faites, clairement. Et, nous, les attaques qu'on a faites contre la Coalition avenir Québec, je vous rappelle, c'est basé sur des rapports de la Commissaire à l'éthique. Ça a été basé… toute la question qui touchait le ministre de l'Économie, là, on n'a pas inventé ça. Ce n'est pas du garrochage de boue, si vous me permettez l'expression, pour le plaisir. C'était basé sur des faits extrêmement concrets et qui avaient été établis par la Commissaire à l'éthique. Alors, moi, je pense que ce que nous avons dit jusqu'ici était, carrément, justifié.

M. Gagnon (Marc-André) : Concernant les cégeps anglophones, là, de geler le nombre de places, est-ce que ça ne risque pas de pénaliser, ultimement... parce que ça va être fait de façon permanente, là, de pénaliser, donc, les étudiants anglophones, la communauté anglophone?

M. Arcand : C'est-à-dire que, déjà, nous, on avait fait des propositions en ce sens-là, il y a eu 27 propositions que nous avons faites pour améliorer les choses, dont un gel temporaire des étudiants francophones. Mais la raison était fort simple, c'est que… la raison pour quoi on a fait ça, c'est que les cégeps anglophones nous disaient, de toute façon, qu'ils n'avaient plus de place. Alors, c'est ce que nous avons fait. Et on continue actuellement le débat à l'Assemblée nationale avec Mme David, qui est en commission parlementaire. On avance, mais il reste encore beaucoup d'articles à compléter, et on travaille en ce sens-là.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, c'est un pas dans la bonne direction, quand même?

M. Arcand : Pardon?

M. Gagnon (Marc-André) : ...les modifications qu'il a apportées, le ministre Jolin-Barrette, hier, est-ce que c'est un pas dans la bonne direction?

M. Arcand : Bien, c'est-à-dire que le ministre est un peu particulier, parce que le ministre nous dit qu'il veut vraiment s'assurer, là, que, du côté de la loi 101, qu'on puisse maintenir l'accès, d'une part, aux cégeps anglophones aux francophones, qu'il ne veut pas changer ça. Mais, d'autre part, il semble vouloir, par en arrière, presque empêcher. Alors, je pense qu'il y a des discussions à y avoir, actuellement, avec les gens en commission parlementaire, pour savoir exactement ce que l'on veut.

Puis j'entendais, ce matin, Mme Ghazal, je pense, qui disait : Écoutez, sur la question des dirigeants, d'une part... Écoutez, l'article, j'ai vérifié avec Mme David, avant de venir ici, puis Mme David m'a dit : L'article n'a pas été adopté encore, là, il a été repoussé à un peu plus loin. Alors, on verra de quelle façon les choses vont évoluer. Ce projet de loi là n'est pas terminé.

Le Modérateur : Mme Sioui.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...urgence sanitaire, votre cheffe l'a critiqué souvent, là, le renouvellement de l'état d'urgence. Qu'est-ce qu'on devrait changer dans la loi? Puis j'aimerais avoir une réponse concrète, là. Est-ce qu'on devrait limiter le nombre de fois où on peut le renouveler? Est-ce qu'on devrait imposer une consultation des parlementaires après un certain nombre de renouvellements? Quels mécanismes on pourrait changer?

M. Arcand : Bien, premièrement, nous, ce qui nous dérange, actuellement, dans le renouvellement de l'urgence sanitaire, c'est toute la liste des contrats qui peuvent être donnés sans appel d'offres, d'abord et avant tout, là. Ça, c'est un problème majeur. La deuxième chose, c'est l'espèce de déficit démocratique. Le gouvernement... Vous savez, il y a quand même des périodes… en décembre et en janvier, on a demandé à ce qu'on siège ici, à l'Assemblée nationale, on l'a demandé parce que, là, on nous imposait des couvre-feux, on nous imposait des choses. Je ne vous dis pas qu'il ne fallait pas le faire. Ce que je vous dis, c'est qu'il aurait été nécessaire d'avoir une discussion là-dessus. Je pense que tous les partis d'opposition sont d'accord avec ça.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mais est-ce qu'on doit la changer, la Loi sur la santé publique, et de quelle façon? Tantôt, le PQ proposait des rapports d'étape, par exemple. Qu'est-ce que, concrètement, vous proposez, comme changement, si vous souhaitez qu'elle soit modifiée, là, évidemment?

M. Arcand : C'est-à-dire que, nous, ce qu'on veut, d'abord et avant tout, c'est de s'assurer que le gouvernement n'invoque pas cela s'il y a vraiment... Ce n'est pas normal qu'on le fasse pendant deux ans, tout simplement. Alors, je pense que, de ce côté-là, ce que je comprends, c'est qu'à la mi-mars les choses devraient changer. Mais il devrait y avoir une réflexion, parce qu'à un moment donné, clairement, M. Legault a, à plusieurs reprises, utilisé ça pour, vraiment, gouverner seul.

Mme Gamache (Valérie) : M. Arcand, je ne sais pas si c'est vous qui pouvez me répondre ou qui de vous trois, mais concernant ce cas de maltraitance dans un CHSLD à Montréal. C'est quand même un cas qui a été révélé par la Croix-Rouge et non pas par des employés de CHSLD. Il y a actuellement une loi à l'étude sur la maltraitance. Comment vous réagissez à ça? Et avez-vous l'impression que la loi pourra permettre d'éviter une situation comme ça?

M. Arcand : Bien, moi, la seule chose que je peux vous parler... Je ne suis pas un expert en santé, mais ce que je peux vous dire par rapport à ça... Premièrement, ce qui est arrivé est absolument inacceptable et scandaleux, d'une part. Deuxièmement, ce que je pourrais vous dire, par rapport à ça, c'est que ça s'est produit, encore une fois, dans un CHSLD qui était privé. Et moi, pour avoir vécu, dans mon comté en particulier, certains enjeux, je peux vous dire qu'il y avait des enjeux dans un CHSLD privé conventionné, et, quand on appelait, au départ, les gens au CIUSSS, on nous disait : Bien non, ce CHSLD là, il n'est pas dans notre comté. On dirait que, chez les CIUSSS, actuellement, il y a une façon de traiter avec les CHSLD dits publics et les CHSLD qui sont privés ou privés conventionnés. Alors, c'est ça, je pense, c'est ce sur quoi on doit travailler. Et c'est pour ça, nous, que, depuis le début, face à ce qui s'est passé, entre autres, en 2020, on a demandé une enquête publique, parce qu'une enquête publique va faire la lumière beaucoup plus sur ces questions-là.

Le Modérateur : Nous allons passer maintenant aux questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Arcand, what the Liberals submitted as a proposition for… to put a freeze on CEGEPs, on the number of francophone students, Mr. Jolin-Barrette is going further, like, he's putting literally a freeze on the growth of English CEGEPs. So, on one hand, he's refusing to extend Bill 101 to CEGEPs, but, on the other hand, he's making sure that English CEGEPs won't have any growth and he's putting this in the law. This is what he wants and this is what Mr. Barrette and Mrs. David are dealing with. So, is it frustrating that you see this amendment that is going really far?

M. Arcand : Yes, we've been talking about it ourselves and, of course, we will certainly, as the Québec Liberal Party, be like we've always been. We think that we want to promote French, but with respect to the anglophone community in Québec, which, for us, is very important. By the way, today, our leader is in the College Dawson, and we think that what happened there is totally unacceptable on the part of the Government. And if, in the October election, we would be elected, we would certainly put back this project, this Dawson project on the «Plan québécois des infrastructures», on those projects, because we think it should be done that way.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Leitão, I just would like to hear you about Ukraine and how Quebeckers need to understand the ripple effects of what's happening right now in their day-to-day lives.

M. Leitão : Thank you. I think you will see that in a couple of ways. The first one is that it will exacerbate the pressures on inflation. So, we are going to see very clearly, very concretely, a rise in prices in general, the price of gasoline, and in other elements. That's the first aspect. The second aspect is the possibility, and I hope not, but real possibility of a humanitarian crisis. We can see movements of populations, we can see people fleeing. So, that will also have an impact on us, because we will obviously welcome refugees, displaced people from the Ukraine. I can't speak for the federal Government and I can't even speak for the provincial Government, but I would obviously be open to try to help on a humanitarian basis.

Mme Senay (Cathy) : …why, do you think? Why people have to understand? Why people have to make the links now? How they have to put the links together?

M. Leitão : Because the situation in the Ukraine is leading to much, much higher oil prices, crude oil is now above $100 a barrel. That is going to lead to much higher gasoline prices, transportation prices in general, which will then feed back into the overall price level, as the prices of goods that are transported by train, by truck, as those transportation costs also rise. So, we are starting out with the inflation at 5 %, and now you add this to it, and we're going to very quickly go significantly above 5 %, and that has an impact on people, particularly people on lower incomes, on fixed incomes, people with precarious jobs. Those are the ones that will feel this rise in the cost of living more than the others.

M. Grillo (Matthew) : Mr. Arcand, you mentioned respect for the English community, but do you feel as though Bill 96 shows enough respect to Anglophones and the English community?

M. Arcand : Well, first of all, we're still, right now, discussing this. But what we can sense from «la CAQ», in particular, you know, is not something that, for us, is quite right. We think that… we always believed, ourselves, that we can promote French, but, at the same time, guarantee rights to the anglophone community. And, you know, so we're going to make sure that we check very… We have three persons right now who are discussing Bill 96 : we have Dr. Barrette, we have Hélène David and we have David Birnbaum who are really checking. Because, very honestly, we don't trust Mr. Jolin-Barrette on those particular matters. So, we're going to try to make sure that this law, eventually, is the right law for all Quebeckers, not just for one group of Quebeckers.

M. Grillo (Matthew) : What's the party's stands on freezing the… rates on English CEGEPs? The minister wants to…

M. Arcand : Yes, yes. Well, our position was a temporary freeze. That's part of the 27 proposals that the Québec Liberal Party made. And the reason for it is that even the CEGEPS, the anglophone CEGEPs are telling us, you know : We're overcrowded at this particular time. So, we agree on a temporary freeze, but of course we don't agree on a permanent freeze.

Le Modérateur : Mr. Authier, Gazette newspaper.

M. Authier (Philip) : The members of the party were never asked to vote on the 27-point policy that you have, the language policy. Are all of your members in favor of the idea of having Anglophones take courses in French in CEGEP?

M. Arcand : Yes. I have to say that, you know, maybe it was not discussed because… obviously because of the pandemic.

M. Authier (Philip) : You just had a convention and it was never voted on by your party?

M. Arcand : Yes, that's right. But we had consultations that were not part of the convention. But, when we discussed this idea… And I just want to remind you that the MNA from Jacques-Cartier, Greg Kelley, presented a law saying that French should be accessible to all Quebeckers and all newcomers to Québec, and this proposal that was made by Mr. Kelley was well-received everywhere. We didn't have any arguments, everybody agrees with that, and so we feel very strongly about that.

M. Authier (Philip) : And you think it's a good idea?

M. Arcand : We think… well, I think it's a good idea that people learn French when they are in Québec.

Le Modérateur : Alors, merci beaucoup, tout le monde. Passez une agréable journée. On se revoit dans deux semaines.

(Fin à 9 h 19)