National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de Mme Isabelle Melançon, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’emploi, et M. Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de Mme Isabelle Melançon, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’emploi, et M. Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie

Version finale

Thursday, April 14, 2022, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures trente-trois minutes)

Mme Melançon : Bonjour, tout le monde. Alors, aujourd'hui, on est devant nous, Marc Tangauy et moi, pour parler notamment de pénurie de main-d'oeuvre. C'est un fléau qui frappe actuellement toutes les régions du Québec. Marc pourra vous parler de la tournée qu'il a effectuée dans les dernières semaines. Mais je tiens à vous rappeler qu'au début du mandat il y avait 118 000 postes vacants au Québec; maintenant, on est à 238 000 postes, et ça va continuer à augmenter. Donc, on est passés de 118 000 à 238 000, ça, c'est le double de postes vacants qu'il y avait depuis 2018.

Le gouvernement a décidé de ne rien faire. Son inaction, malheureusement, coûte très, très cher à toutes les régions du Québec, aux employeurs, certainement, mais aussi aux employés qui doivent vaquer à des occupations qu'ils ne devaient pas nécessairement faire auparavant parce qu'il y avait d'autres employés qui pouvaient, justement, tenir... faire ce qui devait se faire dans d'autres postes. Alors, les employés sont doublement mis à contribution, il y a beaucoup de temps supplémentaire, il y a moins de temps de vacances, il y a moins de temps, les fins de semaine aussi, pour les employés.

Mais là il y a les consommateurs qui commencent à payer aussi les frais de l'inaction du gouvernement. Vous savez, actuellement, moins de services, l'inflation qui augmente… Je ne dis pas qu'aujourd'hui la main-d'oeuvre… la pénurie de main-d'oeuvre est le seul facteur inflationniste, mais assurément il y a un impact majeur sur l'inflation, quand on parle de pénurie de main-d'oeuvre, et d'ici 2030 on sait que ça va continuer à augmenter, alors c'est un problème criant.

Le gouvernement pouvait passer à l'action, lors du minibudget de novembre dernier, lors de la mise à jour économique. D'ailleurs, il y a six organisations nationales qui avaient parlé d'une seule voix pour demander au gouvernement du Québec d'agir, chose que le gouvernement n'a pas faite. Au budget, on a manqué une autre occasion de pouvoir passer à l'action. Ils ne l'ont pas fait. Du côté du Parti libéral du Québec, on avait fait de nombreuses propositions, le ministre Boulet est resté muet sur ces propositions-là, il n'a pas bougé.

Alors là, actuellement, on est dans une crise qui va malheureusement s'amplifier, année après année, et ça fait perdre des milliards de dollars au Québec, l'inaction de ce gouvernement-là. Et honnêtement, pour un gouvernement qui vous disait qu'il avait les régions à coeur, l'économie à coeur, on voit que c'est un flop complet de la part du gouvernement caquiste. Marc.

M. Tanguay : Merci, Isabelle. J'ai eu l'occasion, au cours des dernières semaines, de faire une tournée du Québec qui m'a amené, notamment, au Bas-Saint-Laurent, Gaspésie, passant par l'Estrie jusqu'en Abitibi, pendant toute une semaine, là, du dimanche au vendredi. Et un commentaire qui m'a marqué et qui résume bien la situation : La pénurie de main-d'œuvre, partout, dans toutes les régions, est le sujet numéro un en matière économique, a un effet déstructurant. Quelqu'un a dit, en Abitibi, j'étais à Rouyn-Noranda : La pénurie de main-d'œuvre a un effet déstructurant.

Alors, ça veut dire que, notamment pour les Manufacturiers et Exportateurs du Québec, on le sait, ils l'ont chiffré, c'est une perte de 18 milliards de dollars. Et eux, également, tout le monde fait face à cette pénurie de main-d'œuvre, et on voit un gouvernement qui n'agit pas, un gouvernement qui prétend être le gouvernement des régions, mais qui, dans les faits, ne l'est pas du tout, en n'écoutant pas, en ne réalisant pas qu'il y a une véritable crise, pénurie de main-d'œuvre qui affecte tous les secteurs, notamment, nos PME.

Et vous avez vu, lundi, un sondage qui est sorti de la FCEI, Fédération canadienne des entreprises indépendantes, qui est venu dire : Écoutez, avec l'inflation, bien, ce qui fait en sorte… c'est que, oui, la pénurie de main-d'œuvre a un impact sur les prix. Quand on regarde l'action du gouvernement qui ne travaille pas pour diminuer cette inflation-là, notamment pour les tarifs d'hydroélectricité, vous nous avez entendus le dénoncer régulièrement… bien, qui fait en sorte que ces tarifs-là viennent ajouter aux défis énormes, à la crise, pénurie de main-d'œuvre. Et, encore une fois, pouvant en témoigner, c'est le sujet numéro un, quand on rencontre des acteurs économiques sur le terrain et même des acteurs sociaux, partout, dans les missions de l'État, c'est une pénurie grave.

Jean Boulet, s'il était ici, il vous dirait : Bien, vous savez, on a fait ça, ça, ça. Ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas, et les chiffres sont excessivement préoccupants. Et il doit mettre, donc, en application des mesures très tangibles. Il avait pu, il avait l'occasion de le faire, le 22 mars, puis ça a été une occasion manquée. Bien, nous, on ne lâchera pas, on va continuer le combat, continuer à souligner l'impact dévastateur que ça a sur, oui, l'économie du Québec, sur les citoyens, sur nos entrepreneurs, puis on va continuer à exiger des solutions tangibles. Voilà. Merci.

M. Laforest (Alain) : Vous parlez souvent de la santé. Le Dr Boileau, hier, a décidé de ne pas mettre de mesures supplémentaires pour Pâques, a laissé entendre, ce matin, qu'il pourrait prolonger le port du masque. Avec la hausse des cas, actuellement, est-ce que vous trouvez que le gouvernement devrait serrer un peu plus, pas la vis, mais le message, pour dire aux gens que le virus circule trop?

M. Tanguay : Bien, je pense... Nous, on a toujours dit que, maintenant, il faut apprendre à vivre avec le virus. La Santé publique, ce qu'elle nous dit, et les analyses qu'ils font, c'est excessivement important, alors on écoutera, évidemment, de façon très, très consciencieuse ce que dira le Dr Boileau, et ça sera à la Santé publique d'arriver avec les suggestions. Encore une fois, il y a un appel à la plus grande prudence qui a été lancé hier, on pense que c'est évidemment la bonne chose à faire, puis écoutons la Santé publique, et… voir les suggestions qu'ils feront en temps et lieu.

M. Lachance (Nicolas) : Êtes-vous en train de changer un peu votre angle d'attaque? Vous êtes comme un peu de retour à ce que vous disiez avant Noël, donc on revient à la pénurie de main-d'œuvre, à l'économie. Est-ce que les libéraux se cherchent une nouvelle identité ou... recentre son message?

M. Tanguay : Savez-vous, moi, là, je vais… le témoignage que je viens vous porter ce matin est le fruit d'une capacité que nous avons récupérée à aller dans les régions, à aller visiter les entreprises. Puis vous avez vu sur mes réseaux sociaux, on n'a pas chômé, je n'ai pas chômé avec mes collègues, sur le terrain, puis c'est le message très, très fort que l'on entend. Les gens, là, première des choses, ils sont contents de nous voir, ça fait longtemps qu'ils ne nous ont pas vus à cause du confinement. Et là, ils nous disent : Assoyez-vous, on a des choses à vous dire. Et invariablement c'est la pénurie de main-d'œuvre qui revient, crise du logement, également, crise du logement. Aïe! À Rimouski, taux d'inoccupation, c'est 3 %, puis à Rouyn-Noranda, c'est 2 %. Savez-vous, il y a quelque chose que j'ai appris, il y a deux semaines, qui m'a jeté à terre : un quatre et demi, à Rouyn-Noranda, c'est 1 200 $, un quatre et demi, à Rouyn-Noranda, c'est 1 200 $. Ce qui fait la valeur d'une chose, c'est la rareté, il y a une pénurie, il y a une crise.

Alors, ça, le fait d'être sur le terrain, nous, notre devoir, c'est d'être les porte-parole de cette crise-là, de ses effets néfastes, et aussi, notre responsabilité, c'est d'apporter des solutions, puis on en a faites, des solutions, si vous voulez.

M. Laforest (Alain) : ...dans les derniers mois, cependant, là.

M. Tanguay : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Vous n'en avez pas parlé beaucoup, durant les derniers mois.

M. Tanguay : Vous parlez de quel sujet?

M. Laforest (Alain) : Vous en avez parlé beaucoup, de pénurie de main-d'oeuvre, à l'automne, vous avez mis ça de côté plus là vous revenez ce matin.

M. Tanguay : Ah! non, bien, moi, je ne sais pas si…

M. Laforest (Alain) :

M. Tanguay : Ah! non, bien, j'ai eu l'occasion de poser quelques questions, ma collègue également.

M. Laforest (Alain) : ...quelques questions, oui.

M. Tanguay : Oui, oui, non, tout à fait. Mais vous savez, il y a d'autres questions comme l'hécatombe à Herron, les 5 600… 5 060 victimes également, alors il y a eu des sujets qui ont évidemment, à raison, pris le temps nécessaire, puis on va continuer à questionner là-dessus.

Mais, pour ma part, comme porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie, PME, d'être sur le terrain et de revenir avec ce message-là, très clairement, on va continuer, parce que le gouvernement manque le bateau, le gouvernement n'est pas conscient de la crise, puis ça ne semble pas intéresser François Legault.

Puis ce gouvernement-là est caractérisé par une chose : s'il y a un sujet qui n'intéresse pas François Legault, bien, il n'y a pas de plan de match, il n'y a pas de solution. Et il serait temps qu'il s'en occupe, là, du logement. On a su puis on a vu l'apprentissage du premier ministre en direct. Un appartement, à Montréal, ce n'est pas 500 $. Je veux dire, le fait d'augmenter de 720 $ par mois un logement, la fameuse clause F, bien, il l'a appris sur le tas. Ça me faisait penser au François Legault d'octobre 2018, vous vous en rappelez, septembre 2018, en matière d'immigration, quand il disait : Bien, écoutez, je ne suis peut-être pas bon à Génies en herbe, mais au moins, on aura des propositions là-dessus.

Alors, encore une fois, on demande de façon urgente à François Legault de s'intéresser à la pénurie de main-d'oeuvre, de s'intéresser à la crise du logement et de faire en sorte d'arriver avec des solutions tangibles.

Puis une dernière chose. Le 22 mars dernier, moi, je m'attendais, comme porte-parole de l'économie, là, à ce qu'il y ait un PAUPME puis un AERAM, des programmes gouvernementaux pour aider nos PME, aider nos entreprises, 2.0. Je n'ai rien vu dans le budget. Alors, les programmes de soutien de nos PME, pour passer à travers la crise — puis là, on espère, on touche du bois, la crise est davantage derrière nous — bien, évidemment, bien, on aurait espéré un programme pour préparer la relance, les aider à la relance, mais on n'a rien vu de ça. Alors, on reste sur notre faim, puis on va continuer, puis d'où le point de presse de ce matin.

M. Duval (Alexandre) : On nous promet un tunnel avec… deux tunnels, en fait...

M. Tanguay : Ou là, c'est deux tunnels, hein? J'ai perdu le fil, moi, là, expliquez-moi, oui.

M. Duval (Alexandre) : Deux tunnels, mais probablement pas plus que 7 milliards de dollars. Y croyez-vous, à ce montage financier?

M. Tanguay : Pas du tout, pas du tout, parce qu'il faut toujours, avec ce projet-là, quand on consulte les experts, ajouter quelques milliards. Alors là, le tunnel de 7 milliards, les experts pourront en faire une analyse. Puis ça sort du chapeau, je veux dire, il y a un mois, on ne parlait pas de deux tunnels, là. Il y a quatre ans, la CAQ…

Puis Éric Caire, là, moi, je suis inquiet pour Éric Caire. Éric Caire, il a mis son siège en jeu, alors ils vont faire quoi, là? Rappelez-vous, Monique Jérôme-Forget, là, elle parlait du syndrome de la pépine, là, alors, Éric Caire, il va-tu se dépêcher pour essayer de mettre une pépine à quelque part, couper une couple d'arbres puis dire : Voyez-vous, «check the box» — si vous permettez l'expression — j'ai sauvé mon siège? Éric Caire a mis son siège en jeu pour livrer ce troisième lien là, alors on les voit désespérer.

Puis là, écoutez, passer d'un tunnel à deux tunnels, là, ce n'est pas la petite chose, là. Puis les élections s'en viennent. Alors, je crois qu'il y a beaucoup d'amateurisme dans ce dossier-là. Et 7 milliards, vous allez voir, là, ça va augmenter, ça va exploser.

M. Laforest (Alain) : Mais on fait quoi?

M. Tanguay : Bien, tout à fait. Il est important de faire en sorte, oui, de reconnaître la congestion. Nous avions été, lorsqu'on était au gouvernement, parties prenantes, notamment, pour le tramway, donc un projet que nous avions mis de l'avant...

M. Laforest (Alain) : ... en place.

M. Tanguay : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Le bureau de projet, c'est vous autres qui l'avez mis en place, c'est André Fortin.

M. Tanguay : Oui, bien, tout à fait, et c'est important d'écouter les experts, tout à fait, c'est important d'écouter les experts. Et à votre question : Qu'est-ce qu'on peut faire? Améliorer la fluidité à la tête des ponts, s'assurer que, les principales artères, également, on puisse améliorer le transport, faire en sorte d'avoir un transport en commun structurant d'une rive nord, rive sud, etc. Alors, il y a des plans que la CAQ pourrait mettre de l'avant, mettre sur la table, mais on voit une obsession du trou, du tunnel à 10 milliards, puis là c'est rendu deux tunnels à 7 milliards. Écoutez, c'est un mauvais film, toute cette histoire-là, là.

M. Bossé (Olivier) : En bas de 7 milliards, ça peut commencer à être intéressant pour le PLQ? Ça peut commencer à être acceptable?

M. Tanguay : Non, vous savez… puis je pourrai laisser ma collègue compléter également, non, pas du tout, pas du tout. Les solutions, telles que celles que je viens de mentionner, peuvent être mises en application. Puis voilà. Alors, je vais laisser, peut-être, ma collègue compléter.

Mme Melançon : Merci, Marc. Bien, il y a différentes choses dans tout ça, là. Vous savez que le ministre de l'Environnement lui-même est allé dire qu'on était pour être capables de freiner l'étalement urbain grâce à un tunnel caquiste. Il est le seul à se croire, là, on va se le dire honnêtement, là, il est zéro crédible lorsqu'il parle. Et là, bien, lui, il se fait le porte-voix... parce qu'habituellement il se fait le porte-voix de Pierre Fitzgibbon, là, il se fait le porte-voix du ministre des Transports, il se fait le porte-voix de François Legault. Zéro crédibilité.

Bien sûr qu'il y a du travail. On doit aller avec du transport en commun structurant. Le tramway, là, c'est le Parti libéral du Québec, aussi, puis je suis très fière de vous le rappeler ce matin. Mais vous savez quoi, à un moment donné, là, il y a des lubies comme celle-là, là, auxquelles on doit mettre un frein, à un moment donné. Je comprends François Legault de ne pas vouloir être à l'annonce, ce matin, parce qu'il doit savoir lui-même que ça n'a aucun bon sens ce qu'ils vont proposer, il sait que c'est très, très, très politique. Il est en train de vouloir sauver le poste d'Éric Caire, et ça, moi, je trouve que c'est très, très cher payé, pour les Québécois, de sauver le poste d'Éric Caire, de parler de 7 milliards de dollars.

M. Laforest (Alain) : …Éric Caire est le ministre à 7 milliards?

Mme Melançon : Éric Caire est le ministre à 7 milliards de dollars. Mais moi, je vous dirais que ça va être pas mal plus que 7 milliards de dollars au final.

M. Carabin (François) : À partir de quel pourcentage de prestations de services en transport collectif, à l'intérieur du tunnel, est-ce que le projet devient acceptable?

Mme Melançon : Moi, là, je continue à vous dire que ça nous prend du transport en commun structurant. Ça nous prend, justement, une gestion dynamique à la tête des ponts. Il y a du travail. On va pouvoir arriver avec des propositions, là, je vous rassure, nous aurons des propositions. Mais le tunnel creusé sous le fleuve, actuellement, on est en 2022, je veux juste vous dire, j'espère qu'aujourd'hui, j'espère qu'aujourd'hui ils vont nous arriver avec des plans, des devis, des études environnementales. Sinon, la crédibilité ne sera plus de zéro, elle va être de moins 1 000.

Mme Lévesque (Fanny) : ...projet de loi n° 96, là, on comprend qu'hier la CAQ a déposé un amendement qui vous permet de peut-être respirer un peu mieux, là, du côté libéral, parce qu'on voulait retirer… revenir sur ce qu'on avait adopté. Pouvez-vous expliquer d'abord un peu qu'est-ce qu'il s'est passé?

M. Tanguay : Bon, ce qui s'est passé hier... Puis les travaux vont recommencer aujourd'hui, alors on verra la suite des travaux aujourd'hui. Puis j'écoutais ça, justement, en direct. Alors, c'est notre collègue, Hélène David, qui a déposé un amendement, hier, qui a été jugé recevable, qui fait en sorte de rééquilibrer l'approche par rapport au projet de loi n° 96, par rapport aux cours en français et les cours de français. Alors, le débat va commencer. L'amendement a été jugé recevable, hier, à la fin des travaux.

L'amendement qui a été déposé par ma collègue, Hélène David, participe et est le fruit d'une discussion aussi avec le gouvernement, donc un amendement qui a fait en sorte, aussi, que le gouvernement a fait ses consultations, puis il est revenu en disant : Bien, ça tient la route, c'est une bonne chose. Et on entend que Québec solidaire, également, va appuyer cet amendement-là. Alors, tout ça pour vous dire que le débat va se poursuivre aujourd'hui. L'important, c'est, oui, de travailler à l'épanouissement du français, de le faire de façon équilibrée, et on va poursuivre le travail en ce sens-là.

Mme Lévesque (Fanny) : ...c'est un soulagement pour les libéraux?

M. Tanguay : Bien, écoutez, nous, on fait notre travail, puis je n'analyse pas ce travail-là, soulagement ou pas soulagement pour les libéraux, je pense que c'est les bonnes choses à faire. Il faut toujours s'assurer... Vous savez, comme quand on est législateur, là, on prend des décisions excessivement importantes, puis il faut s'assurer que l'impact de nos décisions, qu'est-ce que ça va être dans la vie des gens. Puis là, quand on se rend compte qu'une décision, oui, dans le sens de l'épanouissement du français, mais qui pourrait affecter de façon marquée la cote puis le succès scolaire... bien là, O.K., il faut faire un équilibrage.

Vous savez, la langue française, là, ça sera toujours une nécessité, d'avoir une vigilance complète, pour la langue française, l'épanouissement, mais il faut le faire de façon équilibrée. Et l'on voit, on expérimente encore une fois, dans le projet de loi n° 96, ce jeu d'équilibre là, qui est important, entre, je termine là-dessus, l'objectif commun puis le respect des droits et libertés individuelles.

Journaliste :

Mme Lévesque (Fanny) : Oui, bien, l'amendement, finalement, il va permettre que ça ne sera pas contraignant pour les étudiants au cégep.

M. Tanguay : Fait en sorte que les trois cours qui... tel que c'était d'abord rédigé, les trois cours exigés en français soient trois cours de français. Donc, il y a une différence entre suivre un cours dans une matière x en français, quand vous êtes un étudiant anglophone, et de suivre, lorsque vous êtes un étudiant anglophone, un cours de français selon le niveau que vous avez. Alors, ça, on atteint l'objectif puis on vient rééquilibrer les choses, c'est l'amendement.

M. Carabin (François) : ...une erreur, M. Tanguay, là...

M. Tanguay : Écoutez, moi, mon travail de législateur, là, quand le ministre dépose un amendement, je ne dis pas : Ah! Ha! tu as commis une erreur. Moi, quand je dépose des amendements, puis je l'ai fait souvent, puis vous pouvez aller voir mon bilan, là, je ne l'apporte pas en disant : Bien là, je vais corriger, à matin, une erreur du ministre. Puis Dieu sait qu'on veut les amendements des ministres, puis ça participe de notre travail. Rédiger une loi, c'est souvent ça, de dire : Bien, on va dans un sens, finalement, on rouvre des articles. J'en ai fait réouvrir, des articles, puis les ministres, également, en ont fait réouvrir. Parce qu'on est en lien avec la population puis des fois, quand on est législateurs, il faut s'assurer de l'impact que ça peut avoir puis d'un équilibrage. Alors, ça, là, comme législateurs, c'est notre quotidien, ça : amendements, puis il y a même le concept de sous-amendements, puis de rouvrir des articles.

Alors, on est contents, l'amendement est recevable, le débat va se poursuivre aujourd'hui.

M. Lachance (Nicolas) : 2,3 millions par classe pour les lab-écoles. Est-ce qu'on met l'argent au bon endroit dans le réseau scolaire?

M. Tanguay : Bien, écoutez, dans le réseau scolaire — je pense que, là-dessus, je vais laisser ma collègue — ce qu'il est important d'assurer... Écoutez, il y aurait tellement de choses à dire.

Moi, j'ai eu le dossier de la famille, puis, quand on parle de succès scolaire, il faut savoir où on met les efforts. Quand on parle de succès scolaire, on parle, notamment, du décrochage, comment faire en sorte de prévenir le décrochage. Il y a un projet de loi que l'on a déposé qui faisait en sorte que l'accès à un service de garde était aussi important qu'une place en première année, deuxième année. Quand on parle d'agir tôt pour prévenir, notamment, le décrochage scolaire, il y a 5 milliards, une entente fédérale qui a été signée entre Québec et Ottawa, octobre dernier, puis François Legault a dit : Moi, je ne le dépenserai pas tout, le 6 milliards.

M. Lachance (Nicolas) : ...l'argent, là, qu'on met pour construire des classes, les lab-écoles, ça explose, là. Est-ce que l'argent va au bon endroit? C'est ça, la question.

M. Tanguay : Bien, il faut s'assurer, justement, que l'argent aille au bon endroit, puis ça, bien, il y a un questionnement à y avoir là-dessus, tout à fait, tout à fait.

M. Lachance (Nicolas) : C'est où qu'il faut qu'il aille, cet argent-là?

M. Tanguay : Bien, notamment...

Mme Melançon : À Verdun.

M. Tanguay : C'est pour ça je voulais lui laisser la... Vas-y.

Mme Melançon : J'attends une école primaire et secondaire à Verdun depuis 2018. Il est venu me voir, le ministre de l'Éducation, je l'ai invité à venir à Verdun. Il est venu voir les parents, il les a regardés droit dans les yeux puis il leur a promis qu'il était pour offrir un terrain et une école avant juin 2019. On est en 2022, je n'ai pas de terrain d'acheté, je n'ai pas d'école. Puis, pendant ce temps-là, là, j'ai des enfants qui sont dans des tours à bureaux, qui n'ont pas de gymnase, qui n'ont pas de cour d'école, qui n'ont pas de bibliothèque. Puis j'ai des parents qui commencent à dire : Moi, mes enfants, là, je sens, actuellement, qu'ils ne sont pas capables de s'épanouir, ils n'aiment pas beaucoup l'école, actuellement, parce qu'ils ne sont pas capables de s'épanouir. Ce n'est pas drôle, là, mais c'est là où on en est.

Puis, quand j'entends d'autres collègues du gouvernement dire : Aïe! je veux remercier le ministre pour mes deux écoles et mon agrandissement, je suis en train de me dire que François Legault, quand il parle aux gens puis il dit : Il faut voter sur le bon bord, bien, le Duplessis en lui, là, bien, il est plus fort que jamais.

Aïe! je l'ai rencontré souvent, le ministre de l'Éducation, j'ai parlé avec Sonia LeBel, comme présidente du Conseil du trésor, puis ils ne sont jamais capables de me fournir de réponse. Moi, j'ai besoin d'une école, pas pour moi, pour les enfants de l'Île-des-Soeurs, pour les enfants du primaire puis du secondaire. Puis vous savez quoi, on attend toujours, puis ils sont assis sur leurs mains.

Alors, moi, quand vous me dites : Est-ce que l'argent va à la bonne place? Honnêtement, il y a des endroits qui ont besoin d'argent; ils ont besoin d'écoles, ils ont besoin de services.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Tanguay, I mean, for the new amendment proposed by the Liberals and supported by the CAQ, there were tensions within the caucus, the Liberal caucus. You didn't have a choice but to move on and propose a new amendment. It showed, with the previous amendment, that Liberals were disconnected with the English-speaking community.

So, I mean, I appreciate that you talk about the work of MNAs studying, making propositions, not knowing all the time the consequences of such propositions. But, it remains that a lot of anglophone students, CEGEP directors were so afraid of having these mandatory three courses in French, and you didn't see it coming. How come? Is there a lesson to learn for the Liberals?

M. Tanguay : I think that there is always a lesson to learn when you are a legislator. And, again, it's part of our day-to-day job to ensure the balance between the common goal, which is to make sure that the French will continue in Québec, and also, on the other hand, to respect fundamental rights of every citizen, so it's always a question of balance. And I'm not personally thinking that it's a question of : OK, it's a mistake, it's always a process by which you discuss, you're in touch with the community. You receive certain messages, you think that this, for instance, could be a good solution, but at the end of the day, it is not a good solution.

Then, our responsibility is to make sure to have the best law, at the end of the day. And that's what we are doing, and that's the reason why we deposed, yesterday, an amendment, I think, to ensure that the students will be not penalized. And we found, I think, a middle ground to do that, to achieve student success, and to not have a bad effect on their score, but also... So, it's part of our day-to-day job, again. And we'll continue the fight today, in the commission, discussing this amendment that we deposed yesterday.

Mme Senay (Cathy) : But you're still going to vote against Bill 96?

M. Tanguay : Yes, we are going to vote against Bill 96.

M. Grillo (Matthew) : The PQ is saying that, you know, the Liberals are sort of asking the other parties to, you know, save yourselves, save the Liberal Party by proposing this new amendment. What is your reaction to that?

M. Tanguay : I think that it's a very narrow analysis. And, if the PQ thinks that it's a question of strategy, it's a question of political position, our role is fundamental, as legislators, it's to ensure a right balance between the common goals and also respecting the fundamental rights of every citizen. So, that's the way we are approaching our job, and I'll let the PQ analyzing in these terms what we are doing here in Québec.

But when we are voting laws... And again, we will be voting against Bill 96, but we were trying, as we speak, day after day after day, to make sure that the negative impact will not… will be minimized. That's our day-to-day job. So, I'll let the PQ say what he has to say, this is not our analysis.

M. Grillo (Matthew) : I'd just like a precision on this amendment. It would apply only to the anglophone students, is that correct?

M. Tanguay : It would apply to students, anglophone students, yes, it would apply to anglophone students, yes.

La Modératrice : Merci.

M. Tanguay : Merci.

(Fin à 8 h 57)

Participants


Document(s) Related