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Point de presse de Mme Marie-Claude Nichols, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales, et M. André Fortin, leader parlementaire de l’opposition officielle

Version finale

Tuesday, April 26, 2022, 10 h 50

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures cinquante-trois minutes)

M. Fortin :Bonjour. Merci d'être là. Je me permets, d'entrée de jeu, de revenir sur un dossier qui date d'il y a quelques jours, le dossier de l'annonce des vols interrégionaux par le ministre des Transports.

La semaine dernière, c'était une annonce qui était très attendue, cette annonce-là, parce que ça faisait plusieurs années que le gouvernement travaillait sur cet enjeu-là. Il y avait eu des groupes de travail, il y avait eu des comités, il y avait eu un sommet, en 2018, sur la question des vols interrégionaux. Il y avait eu plusieurs reports de l'annonce gouvernementale, hein, le gouvernement nous disait : Bien, à cause de la pandémie, on doit reporter cette annonce-là. Et on était en droit de s'attendre, à ce moment-là, à une politique bien ficelée, une politique qui répondait aux attentes du milieu. Et ce qu'on voyait déjà, la semaine dernière, c'est une demi-annonce, dans le fond. Le ministre des Transports avait travaillé sur des prix, mais n'avait pas nécessairement travaillé sur l'offre de service qui se devait d'être disponible.

Maintenant, ce qu'on comprend... En fait, maintenant, on en comprend de moins en moins. Plus les jours avancent, moins on en comprend dans ce dossier-là et dans son annonce. Qui va avoir accès? Ce n'est toujours pas réglé. Le ministre nous dit maintenant que les étrangers doivent avoir accès. En même temps, il nous dit que ce ne sera pas toutes les places qui seront disponibles, alors il y aura des Québécois qui seront laissés de côté. Alors, si je comprends bien le ministre, avec l'argent des contribuables québécois, il va financer, subventionner des places pour les étrangers, mais il y a des Québécois qui vont être laissés de côté et qui ne pourront pas bénéficier de ces tarifs-là. Il y a des régions qui n'auront toujours pas accès à ce programme-là, des gens qui devront se déplacer vers d'autres régions pour pouvoir avoir accès à un vol à 500 $.

Alors, comme d'habitude, le ministre des Transports nous a présenté un travail botché, un travail fait sur un coin de table, qui a un objectif légitime, mais qui ne répond pas, aujourd'hui, dans sa forme actuelle, aux attentes de plusieurs. Ça a été le cas pour son annonce initiale sur le troisième lien. Ça a été le cas lorsqu'il a fait une réforme du monde du taxi. Ça a été le cas avec sa présentation du Train de l'Est. Ça a été le cas lorsqu'il est venu question des subventions pour les sociétés de transport en commun. Le ministre des Transports doit réellement... et j'aurais aimé avoir la chance de lui en parler aujourd'hui, mais doit réellement faire mieux quand vient le temps d'une annonce. Il ne peut pas toujours avoir des deuxièmes chances.

Je vais passer la parole à ma collègue pour vous parler d'habitation.

Mme Nichols : Merci. Alors, moi, je vous amène une fois de plus sur la crise en habitation, c'est plus que juste la crise du logement, mais la crise en habitation, qui a finalement été reconnue, enfin, par le gouvernement de la CAQ. On peut maintenant prononcer le mot en C : crise du logement. Crise du logement qui est partout au Québec, aussi dans nos régions, pas juste dans les grands centres urbains comme Montréal, ou Québec, ou même Sherbrooke. Des petites municipalités aussi en souffrent, des ménages en souffrent, mettre en place, là, des modalités.

On se rappelle qu'en 2021, puis c'était dans un article ce matin, là, il y a eu 400 familles, juste à Montréal, à la rue. À Sherbrooke, il y en a eu plus qu'une centaine, de familles. Il y en a encore qui sont à l'hôtel un an plus tard. C'est vraiment... Et puis je vous parle de l'habitation, là, mais l'habitation, vous le savez, hein, il y a beaucoup de détresse humaine derrière tout ça. On est interpellés, les 125 députés sont interpellés.

Donc, il était vraiment grandement temps qu'on reconnaisse cette crise, mais il est vraiment grandement temps aussi qu'on prenne des mesures pour aider les différents ménages. Et on est à deux mois du 1ᵉʳ juillet, on approche du 1ᵉʳ juillet et on n'a toujours aucune idée de ce qui sera mis en place pour aider les familles, les ménages, les personnes seules, en fait, pour aider l'ensemble des Québécois qui cherchent présentement un logement. Et la campagne de publicité qui a été lancée en février dernier n'a certainement pas eu d'effet, du moins... n'a eu aucun effet, aucun effet. La chasse au logement, là, c'est loin d'avoir donné un bon coup de main à l'ensemble des Québécois.

Il y aura ce matin... ou, en fait, il y a parmi nous — ils seront à la période de questions, ils sont dans les tribunes — une cinquantaine de personnes du réseau en habitation, du réseau communautaire d'un peu partout à travers le Québec, qui veulent évidemment sensibiliser les élus à cette crise-là. Donc, ils seront parmi nous, justement, là, pour soulever, là, toutes les incohérences en lien avec... et les mesures qui ne sont pas prises, justement, au bénéfice de l'ensemble de nos citoyens. Alors, voilà, dans l'attente de modalités pour vraiment aider nos Québécois.

M. Lacroix (Louis) : M. Fortin, est-ce que vous êtes... Je sais que le Parti libéral n'avait pas signé l'entente, là, sur la réforme du mode de scrutin, à mon souvenir, là. Est-ce que vous êtes d'accord avec l'affirmation de Pascal Bérubé qui dit ce matin que la démocratie québécoise est en danger compte tenu du fait qu'on ne veut pas faire cette réforme du mode de scrutin? Lui, il dit que, dans le système actuel, là, et la façon dont ça se dirige et quand on regarde les chiffres, les intentions de vote, en ce moment, la CAQ irait chercher quelque chose comme une centaine de députés, là, puis il prétend, lui, que la démocratie est en jeu à cause de ça.

M. Fortin :Disons que je comprends peut-être la frustration de M. Bérubé. Cependant, nous, on a toujours été contre cette réforme particulière là. Là ou il y a un enjeu, cependant, c'est que le gouvernement actuel, la Coalition avenir Québec, avait signé une entente, s'était engagé auprès des Québécois, ça faisait partie de ses engagements de campagne et, une fois arrivé au pouvoir, a décidé : Non, on ne le fera pas.

Nous, on croit que le débat doit avoir lieu. Ils nous ont présenté un projet de loi, on a demandé au gouvernement d'appeler ce projet de loi là. On est contre, mais le débat peut se faire, doit se faire sur les modalités d'une réforme potentielle du scrutin.

Mme Prince (Véronique) : Mais les partis d'opposition soulèvent que, si on se fie au sondage actuel, sans réforme du mode de scrutin, la CAQ aurait, pour citer M. Bérubé, une domination totale. Donc, vous, ce n'est pas de cette façon-là que vous le percevez, là?

M. Fortin :Moi, je pense que les Québécois et, de façon générale, là, les électeurs, pas juste au Québec, mais ailleurs aussi, se penchent beaucoup sur la question du choix qui leur appartient au moment des élections. Alors, moi, j'ai confiance qu'au moment des élections les gens vont se pencher sur les différentes options, les différentes idées, les différentes valeurs, les différentes positions qui leur sont présentées, et qu'on aura une Assemblée qui est représentative des Québécois.

M. Gagnon (Marc-André) : …dans les mêmes sondages, il y a beaucoup d'électeurs pour qui le choix est déjà final, là, qui n'ont pas l'intention de changer d'idée, contrairement à ce que vous dites. Donc, vous ne croyez pas le sondage?

M. Fortin :Bien, non. Moi, en fait, je pense que les campagnes comptent, que les gens changent d'idée pendant les campagnes électorales, les gens se penchent sur les chefs, sur leurs positions, sur leurs idées. Les gens écoutent le débat des chefs pour une raison : les gens suivent la campagne. Vous allez tous avoir, j'imagine, des places sur les autobus de campagne, parce que ça compte, une campagne, parce que ça a un intérêt. Et moi, je suis convaincu que, si on regarde le bilan du gouvernement dans son ensemble, si on regarde les promesses brisées, comme celle-là et plusieurs autres, que ce soit en termes de médecin de famille, que ce soit en termes d'accès au réseau de la santé, que ce soit au niveau des temps d'attente, aujourd'hui, dans les urgences, les gens vont se poser la question : Est-ce que je suis vraiment mieux aujourd'hui que je l'étais il y a quatre ans?, et, à partir de là, vont prendre leur décision.

Mme Prince (Véronique) : ...c'est démocratique, dans le fond. Vous trouvez que c'est démocratique, le système actuel?

M. Fortin :Bien, le système actuel n'est pas parfait, le système actuel a des fautes, c'est pour ça qu'on demande d'appeler le projet de loi, de faire l'exercice démocratique autour de la chose. Mais c'est un système qui fonctionne dans plusieurs juridictions à travers le monde.

M. Robitaille (Antoine) : M. Fortin, vous qui êtes un bon ami de Justin Trudeau et vous avez des proches qui ont travaillé avec lui, est-ce que vous trouvez que Jean Charest a été équitable dans son tweet, hier, quand il a dit : «Nous savons maintenant que la GRC envisageait d'inculper Justin Trudeau pour fraude. La loi n'est pas un buffet.» Pensez-vous qu'il a été équitable, Jean Charest?

M. Fortin :Moi, je… disons, à travers vos questions, M. Robitaille, j'ai appris à ne pas me mêler de politique fédérale. Je vais laisser à M. Charest et à M. Trudeau ces débats-là.

Journaliste : Pour revenir sur votre propos du départ…

Mme Côté (Claudie) : Oui. Vous avez dit que M. Bonnardel avait fait un travail botché sur les billets d'avion à 500 $... Donc, est-ce que vous dites que M. Bonnardel est un ministre brouillon?

M. Fortin :M. Bonnardel est un ministre brouillon qui fait les affaires à moitié, qui fait des travaux qui ne sont pas dignes de la fonction publique qu'il a à sa disposition. Il a des gens de grande qualité avec qui il peut travailler. Mais, quand on arrive avec un plan qui est uniquement, bien, 500 $, puis qu'on n'a pas vraiment travaillé les détails, on ne connaît pas vraiment les détails, on ne sait pas les communiquer parce qu'on ne les a pas élaborés, ça, ça revient au ministre, et c'est lui qui n'a pas fait ce travail-là, qui, pourtant... il a eu plusieurs années pour le faire et le faire correctement.

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que vous vous attendez à avoir davantage de réponses, notamment, lors de l'étude des crédits en transports, là? Je pense, c'est la semaine prochaine, si je me souviens…

M. Fortin :C'est un dossier qu'on va ramener lors de l'étude des crédits. D'ailleurs, l'ensemble des dossiers qui appartiennent au gouvernement en matière de transports, là, on voit qu'ils ont de la misère à faire atterrir plusieurs de leurs dossiers. Quand je pense au troisième lien, en ce moment...

M. Gagnon (Marc-André) : Bien, pour le troisième lien, par exemple, on a vu, pendant la conférence de presse, qu'il n'y avait pas d'études, on avait peu de réponses, en réalité, à nos questions. Depuis que le gouvernement a été élu, M. Bonnardel, dans l'étude des crédits, ce qu'il vous répond essentiellement, c'est : En temps et lieu, vous allez voir. Là, on arrive en fin de mandat. Donc, est-ce que M. Bonnardel a un devoir de donner des réponses la semaine prochaine lorsqu'il va être en commission parlementaire?

M. Fortin :M. Bonnardel et M. Legault ont pris un engagement d'amorcer les travaux du troisième lien avant la prochaine campagne électorale, avant le mois de septembre. À partir de ce moment-là, à partir du moment où on dépense des sommes qui proviennent des contribuables québécois, on a une obligation de mettre devant eux les raisonnements, les justifications, les études qu'on a en main pour justifier ces dépenses-là, ce qui n'a pas été fait jusqu'à maintenant. C'est probablement, comme vous le dites, la dernière opportunité pour le gouvernement de réellement justifier ces dépenses-là avant d'amorcer des travaux d'envergure significative, apparemment.

Alors, je lui... on va lui demander des études, on va lui demander des justifications, on va lui demander ces preuves-là et on va lui demander d'arrêter de lancer en l'air des niaiseries, comme : le troisième lien est un projet qui est bon pour l'environnement, le troisième lien va freiner l'étalement urbain. Honnêtement, là, n'importe qui est capable de dire ça. D'arriver avec des études sérieuses, s'il en a, j'espère qu'il va pouvoir les mettre sur la table.

Mme Lévesque (Fanny) : Aujourd'hui, on apprend qu'il y a un deuxième parti politique qui est créé, un deuxième en à peine un mois. Leur but est clairement d'aller chercher des votes au Parti libéral. Comment vous vous vous sentez par rapport à ça? Est-ce que le Parti libéral du Québec est en crise en ce moment?

M. Fortin :Bien, je dirais aux gens qui considèrent un tel parti, là, un parti qui demande aux Québécois de leur faire confiance pour, justement, qu'ils votent contre le projet de loi, un projet de loi comme le projet de loi n° 21, qu'ils votent contre un projet de loi comme le projet de loi n° 40 sur la réforme des commissions scolaires, un parti qui pourrait voter contre le projet de loi n° 96... bien, je lui dirais que le Parti libéral du Québec... je dirais, à ces électeurs-là : Le Parti libéral du Québec a voté contre la loi n° 21. Bien, moi, j'ai cité, récité mot pour mot la Charte québécoise des droits et libertés en Chambre à ce moment-là. On a voté contre la loi n° 40 et on va voter contre le projet de loi n° 96. Alors, si on veut bloquer des projets de loi comme ceux-là, si on veut freiner des projets de loi comme ceux-là, si on ne pense pas que ça reflète nos idées, nos valeurs, bien, dans ce cas là, il faut se coaliser autour d'un parti, et ce parti-là, c'est le Parti libéral.

M. Robitaille (Antoine) : Justement, contre le projet de loi n° 96, Keith Henderson et Brent Tyler, un avocat qui a souvent plaidé devant les plus hauts tribunaux, ils demandent que le fédéral utilise son pouvoir de désaveu. Est-ce que vous croyez que c'est une bonne idée, vous qui votez contre le n° 96?

M. Fortin :Nous, on est contre les idées qui sont véhiculées, plusieurs des idées qui sont véhiculées à travers le projet de loi n° 96, que ce soit l'accès limité aux services pour certains anglophones, que ce soit le libre choix de cégep pour plusieurs étudiants. Et on croit que ce débat-là doit avoir lieu ici, d'abord et avant tout, c'est ici, le lieu pour ce débat-là. On est encore à étudier le projet de loi n° 96, on est encore dans la phase des débats. Je dirais à n'importe qui : Laissez l'Assemblée nationale faire son travail. Et après ça...

Journaliste : Le pouvoir de désaveu...

Mme Lévesque (Fanny) : Vous parlez de coaliser, donc vous leur demandez de ne pas aller, là. Est-ce que vous craignez que ça vous fasse mal, ces deux partis-là?

M. Fortin :Je vais laisser les Québécois décider de ça. L'analyse politique, je la laisse à vous. Le vote final, je le laisse aux Québécois. Mais ce que je dis aux électeurs qui considèrent un parti comme celui-là, c'est que, s'ils veulent un parti qui, comme M. Standish le demande, vote contre le projet de loi n° 21, vote contre le projet de loi n° 40, vote contre le projet de loi n° 96, ce parti-là, c'est le Parti libéral.

Mme Prince (Véronique) : Est-ce qu'en ce moment la division... est-ce que la division du vote anglophone menace actuellement le Parti libéral?

M. Fortin :Je vous dirais qu'il y a une longue liste de partis politiques inscrits, qui sont inscrits en vue de la prochaine campagne électorale. Ces partis-là ont différents niveaux, disons, de popularité, différents niveaux d'appui à travers la population. Mais pour n'importe quel Québécois qui veut véhiculer l'idée des droits ou n'importe quel Québécois qui veut un parti qui le représente au niveau des droits individuels, l'option, c'est le Parti libéral. Alors, est-ce que ce parti-là aura du succès? Ce sera aux Québécois à décider de ça.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Vous avez fait référence au temps d'attente sur civière qui augmente depuis cinq ans. Est-ce que vous partagez l'analyse du gouvernement, le fait que c'est un problème qui est systémique, entre autres?

M. Fortin :Je ne partage pas l'analyse du gouvernement, à savoir que c'est la pandémie qui a créé ce problème-là. Le gouvernement nous sert l'excuse de la pandémie aujourd'hui pour justifier les temps d'attente aux urgences. Il se sert de l'excuse de la pandémie pour dire : Bien, c'est pour ça qu'on n'a pas créé des places additionnelles dans le réseau des garderies. Il nous sert l'excuse de la pandémie, il s'en est servi pendant trois ans, pour dire : Bien, on n'est pas prêts à déposer un projet... pendant deux ans, pour dire : On n'est pas prêts à déposer un projet de loi ou une politique sur le transport interrégional. Ça a des limites, cette excuse-là, de la part du gouvernement. Oui, la pandémie a compliqué les choses, mais ce n'est pas une raison, ce n'est pas l'unique raison pour laquelle les temps d'urgence ont augmenté aujourd'hui au Québec. Il y a des choses que le gouvernement peut faire. Il y a des solutions à ces enjeux-là.

Bien, nous, on avait mis sur pied, entre autres, un réseau de supercliniques à travers le Québec, qui, dans ma région, moi, a désengorgé les urgences. Les gens allaient se faire traiter, vont toujours se faire traiter à la superclinique de Hull plutôt que d'aller à l'hôpital. Alors, il y a des solutions comme celle-là qui peuvent être mises en place. Le gouvernement actuel a fait le choix de stopper ce développement-là de supercliniques. Mais maintenant, les conséquences, on les voit aux temps d'urgence.

Alors, je n'accepte pas la prémisse du gouvernement qui dit : C'est structurel, ça a toujours eu lieu, puis il y a la pandémie, alors c'est ça qui est ça. Si le gouvernement avait fait le travail convenablement, au cours des dernières années, il aurait pu tendre vers sa promesse électorale qui était un temps d'attente diminué, un temps d'attente de 90 minutes à l'urgence. Aujourd'hui, quand je regarde leur bilan en matière de santé, je vois plus de Québécois qui attendent pour un médecin de famille, je vois des temps d'attente plus longs à l'urgence. C'étaient leurs deux grandes promesses phares.

La Modératrice : Dernière en français.

M. Gagnon (Marc-André) : Hydro-Québec, la tarification dynamique, est-ce qu'on est rendus là? Est-ce c'est une bonne idée? Ça a déjà été évoqué par le passé.

M. Fortin :Ce qui est surtout important, pour nous, c'est de ne pas augmenter les tarifs d'Hydro-Québec. Alors, avant de commencer à jouer dans la tarification dynamique, les heures de pointe, le gouvernement devrait prendre un engagement de ne pas augmenter les tarifs d'Hydro-Québec. Ils l'ont fait, ce mois-ci, ils vont le faire encore l'an prochain, mais ils le font alors que les Québécois sont pris à la gorge par le prix de l'essence, le prix à l'épicerie, l'augmentation de tous les autres tarifs. Alors, s'il y a des changements à l'intérieur de la tarification d'Hydro-Québec, ça doit être fait à coût nul, et, en même temps, on doit annuler l'augmentation prévue des tarifs d'Hydro-Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, il faut revoir la loi?

M. Fortin :Bien, on a déjà demandé au gouvernement de revoir la loi, basé sur les changements qu'ils ont faits dans le projet de loi qu'ils ont adopté il y a deux ans et qui, aujourd'hui, fait en sorte qu'ils ont des tarifs supplémentaires. Dans le même ordre d'idée, là, c'est quelque chose qui peut être fait et qui peut être fait rapidement.

M. Wood (Ian) : Mr. Fortin, you just said that the Québec Liberals are the party to vote for if you oppose Bill 21 and 96. Yet, you've had not one, but two parties in a month's time come up. What's your justification to say that you're the party to vote for if you don't support those laws, yet at the same time you've just seen two parties come up on your heels?

M. Fortin : Well, here's the thing, the Coalition avenir Québec proposed Bill 21, proposed Bill 40, proposed Bill 96, the ideas contained in those bills are their ideas, they're not ours. So, if you vote for a party like the one being proposed today by Mr. Standish, sure, you might divide the vote and you might just elect more people from the Coalition avenir Québec. You might just elect more people who have that ideology, and who have those ideas, and who put forward those ideas, and who put forward that legislation. So, if their end goal is to have more people who think that way in this Assembly, that may just be what the end result of that is.

And that's why I'm calling on people who may be interested in those parties to take a look at the voting record here, in the Assembly, to take a look at who has stood up against Bill 21, who has stood up against Bill 40, who will vote against Bill 96, and realize that the Liberal Party of Québec has their interest at heart.

M. Wood (Ian) : So, you're basically telling people, you know : Don't vote for these parties, because you're going to split the vote, vote for us. But they've clearly, in these two parties, have shown their dissatisfaction with the Liberals. So, is that really a reason to vote liberal, to say : We're notsplitting the vote? That's basically what now you're campaigning on.

M. Fortin : Well, this is… what I want to say to people who may be tempted is that that may well be the end result. You may well end up with more people elected from the Coalition avenir Québec. If you want people here, in the Assembly, who represent your views, if you want people here, in the Assembly, who oppose those bills, then the Liberal Party of Québec represents your values.

Mme Senay (Cathy) : And, Mr. Fortin, at the same time, QCGN is holding a press conference today about the concerns of the English-speaking community on Bill 96 and what the Liberals have done with the three courses in French, even though you tried to fix your mistake. Don't you think you're part of the problem, right now, in this concern from the English-speaking Quebeckers on Bill 96?

M. Fortin : I hear the frustration from a lot of people, but, at the same time, at that specific amendment, we gave the opportunity to Government to realize what it might do to a lot of people in the community and have asked them, proposed formally in the Assembly, our… committee, an amendment to correct that. And we will propose it again. So, we will continue to give opportunities to Government to ensure students' success, so that is something that we have... we have proposed corrections to that. At the same time, my understanding, from the press conference that is going on right now... And, honestly, I can't say... I can't speak to what's being said at that press conference because I'm here with you, but my understanding is there are concerns about... there are much larger concerns, namely, around Bill 96 as a whole, around the notwithstanding clause, around a lot of the services that might not be offered to English-speaking Quebeckers, around the future of English language institutions in Québec. And I certainly understand why they would be concerned about that and why they would want to hear their... or to have their voice heard on these matters, so… which go to the very foundations of Bill 96.

Mme Senay (Cathy) : And regarding the change of the voting system, what the PQ and QS are looking for, even after four years, you don't... you're not in favor of the proportional. You think that what we have right now works, the democracy is not ill, even though the CAQ is having a total supremacy on votes?

M. Fortin : I don't think any political system is perfect. I think every political system has their advantages and disadvantages. We have a system that has been applied in many jurisdictions across the world and has yielded stable governments for years, that has also allowed for different voices to be heard in various assemblies. You hear it today, in our Assembly, with five different parties who are currently represented. So, our system isn't perfect, it may need, require changes, and that's why we're calling on the Government to call that bill. We may not be in agreement with what's in the bill, we may not be in agreement with what's the proposition on proportional representation, but that doesn't mean that Government, who made a promise to Quebeckers, who got elected on that promise, should be allowed to just simply walk away from it now.

Mme Henriquez (Gloria) : I wanted to ask you about the waiting times in the ER. What are your thoughts on that?

M. Fortin : The CAQ Government got elected on two major promises on health care. The first one was to reduce waiting times to 90 minutes and the second was a family doctor for everyone. We've already seen them walk away from their promise on family doctors for everyone, they've now decided it's not a priority, it's not something that everybody should have. We disagree, we think it's something... having a family doctor is a basic service and we should strive towards having one for every Quebecker.

On the other hand, they are now allowing a situation where the wait times are getting longer and longer, and there only justification is : Well, it's a problem that's been around for a long time, and the pandemic hasn't allowed us to make the necessary changes. Well, I'm sorry, there are things that they could have done to improve the situation.

There was a network of superclinics that were being inaugurated, that were being opened across the province, they were having positive results. So, if the Government was serious about it, they wouldn't walk away, they wouldn't give simple justifications for the fact that it has gotten worse. They have to live with their… with the outcome of their policies, the outcomes of their decisions, and realize that there is a way forward if we do want to reduce wait times and if we do want to offer a family doctor for every Quebecker.

M. Wood (Ian) : Mr. Fortin, has the Liberal Party been in touch at all at any discussions with Mr. Standish or Mr. Holness, since the formation of their parties, to talk about maybe bringing them into the fold?

M. Fortin : I'm not… I wouldn't be privy to those discussions. So, I honestly can't answer your question right now.

M. Robitaille (Antoine) : Vous avez été beaucoup plus clair en anglais qu'en français.

M. Fortin : Sur...

M. Robitaille (Antoine) : Donc, ça va diviser le vote, d'avoir des nouveaux partis anglophones, et le risque, c'est d'avoir… de bénéficier à la CAQ?

M. Fortin :Oui. Bien, ça peut avoir une incidence sur, justement, la division du vote. Mais ça, ce sera aux Québécois à décider, ce sera aux électeurs à décider dans quelle proportion ils veulent appuyer un parti ou un autre. Cependant, si on vote pour un parti comme celui qui est proposé aujourd'hui parce qu'on est contre certaines idées qui sont véhiculées par le gouvernement puis que le résultat de ça, c'est d'avoir plus de députés de la Coalition avenir Québec, bien, c'est un peu contre-productif.

La Modératrice : Merci.

M. Fortin : Merci.

(Fin à 11 h 18)

Participants


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