National Assembly of Québec - Return to homepage

National Assembly of Québec - Return to homepage

To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > Parliamentary Proceedings > Committee Proceedings > Journal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain

Advanced search in the Parliamentary Proceedings section

Start date must precede end date.

Skip Navigation LinksJournal des débats (Hansard) of the Committee on Planning and the Public Domain

Version préliminaire

42nd Legislature, 1st Session
(November 27, 2018 au October 13, 2021)

Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.

Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions

Wednesday, December 9, 2020 - Vol. 45 N° 70

Hearing the interested parties and giving clause-by-clause consideration to Private Bill 218, An Act respecting Municipalité des Îles-de-la-Madeleine


Aller directement au contenu du Journal des débats


 

Journal des débats

11 h 30 (version non révisée)

(Onze heures cinquante-trois minutes)

Le Président (M. Allaire) : Alors, à l'ordre s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte. La commission est réunie afin d'entendre les intéressés et de procéder à l'étude détaillée du projet de loi no° 218, Loi concernant la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine. Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?

La Secrétaire : Non, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Parfait, merci. Avant de commencer, je vous informe qu'en vertu de la motion adoptée par l'Assemblée nationale le 20 octobre 2020, les votes pour ce mandat devront se tenir par appel nominal, et ce jusqu'au 11 décembre.

Alors, dans un premier temps, je vais céder la parole au député des Îles-de-la-Madeleine afin qu'il puisse nous présenter brièvement le projet de loi, et faire ses remarques préliminaires. Par la suite, je donnerai la parole à la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, pour ensuite donner la parole aux oppositions, naturellement. Alors, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, je vous cède la parole pour vos remarques préliminaires.

M. Arseneau : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je tiens à saluer Mme la ministre et la remercier de sa présence et de son ouverture quant au dépôt et à l'adoption éventuelle de ce projet de loi concernant la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine. Je salue également et je remercie les membres de son équipe ministérielle, les collègues du parti au pouvoir, de même que ma collègue représentant l'opposition officielle. Est-ce que le maire des Îles et le greffier nous entendent présentement? J'imagine que oui? Oui?

Le Président (M. Allaire) : …ils vont…

M. Arseneau : ...je salue également et je remercie les membres de son équipe ministérielle, les collègues du parti au pouvoir, de même que ma collègue représentant l'opposition officielle. Est-ce que le maire des Îles et le greffier nous entendent présentement? J'imagine que oui? Oui?

Le Président (M. Allaire) : ...ils vont intervenir auprès de cette commission un peu plus tard.

M. Arseneau : Je les salue également, Jonathan Lapierre et Jean-Étienne Solomon.

Donc, pour les remarques préliminaires, je voudrais mettre brièvement en contexte le projet de loi d'aujourd'hui. Vous savez, je pense que vous l'avez probablement déjà entendu, aux Îles, ce n'est pas pareil, ce n'est pas tout à fait pareil à bien des égards. Ça ne l'est pas davantage lorsqu'il est question du monde municipal. Ce dont on parle aujourd'hui, c'est de la révision des districts électoraux. C'est un peu comme si on voulait modifier la carte électorale québécoise. Imaginez-vous, là, lorsque l'un de vos... votre... l'une de vos circonscriptions est touchée, il y a toujours tout un débat sur la révision de la carte électorale.

Bien, à petite échelle, chez nous, aux Îles-de-la-Madeleine, qui est d'ailleurs une exception à la Loi électorale, reconnue par la loi depuis nombre d'années... mais à l'heure actuelle, on est dans une situation, depuis la fusion des municipalités des Îles-de-la-Madeleine, soit depuis 2001, un petit peu l'exception dans l'exception. C'est-à-dire que, suite à la fusion des huit municipalités de l'archipel, bien, il était nécessaire, au bout d'un certain temps, de réviser les districts électoraux parce qu'au départ on avait déterminé qu'il valait mieux garder les frontières des districts électoraux selon la configuration des anciennes municipalités des Îles-de-la-Madeleine.

Et, l'archipel étant constitué de différentes îles, avec différentes populations, on a également des accents différents. On avait deux municipalités anglophones également, dont, je dirais, les bagages culturel et historique sont aussi différents. Même s'ils partagent la même langue anglaise, leurs origines ne sont pas les mêmes. Je parle ici de L'Île-d'Entrée et de Grosse-Île. Puis c'est un peu la même chose pour les autres anciennes municipalités, qu'on soit à l'est, avec Grande-Entrée, ou à l'ouest, à Havre-Aubert, et puis les deux secteurs-centres, avec la municipalité de Havre-aux-Maisons, et sur l'île centrale, trois municipalités où est concentrée la majorité de la population.

Alors, il fallait, après avoir mené un processus qui a été quand même complexe, menant à la fusion des municipalités, s'assurer qu'on puisse sortir des anciennes guerres de clocher, qu'on puisse sortir de cette compétition, parfois saine, parfois un peu moins, entre les différentes portions, les différents secteurs de l'archipel, travailler davantage à développer une vision régionale, et ce, à tous points de vue. Donc, sur le plan électoral, il y avait...

M. Arseneau : ...de clocher, qu'on puisse sortir de cette compétition, parfois saine, parfois un peu moins, entre les différentes portions, les différents secteurs de l'archipel, travailler davantage à développer une vision régionale, et ce, à tout point de vue.

Donc, sur le plan électoral, il y avait ce cheminement à faire, puis il y avait... sur le plan politique également, sur le plan aussi de l'adhésion, une nouvelle entité municipale qui devait faire ses preuves, et donc on s'était donné un certain temps. Donc, il fallait entamer un processus de révision. Mais entre-temps, souvenez-vous, il y a aussi eu l'épisode, d'ailleurs très déchirant aux Îles-de-la-Madeleine, de la défusion de l'une des municipalités, Grosse-Île, qui a été reconstituée au bout d'un processus assez difficile, alors que l'autre ancienne municipalité de Cap-aux-Meules, en plein centre de l'archipel, le centre économique, et commercial, et institutionnel de l'archipel voulait aussi, pendant un certain temps, de défusionner. Et, finalement, suite à une deuxième consultation menée localement, c'était un deuxième référendum, a pu demeurer au sein de la municipalité fusionnée. Ça a créé une incertitude sur l'application du décret initial de fusion et de l'obligation pour la municipalité des Îles de réviser ses districts.

• (12 heures) •

Finalement, on a maintenu les districts tels qu'ils étaient pour l'élection de 2009, avec l'assentiment du ministère, avec, donc, les disproportions, si on veut, de représentativité entre les différents secteurs et pour entreprendre ensuite, entre 2009 et 2013, une certaine consultation auprès de la population. Je dirais que les plaies n'étaient pas encore entièrement guéries suite à tout ce processus de fusion, défusion, on faisait souvent suivre de confusion, du moins dans l'esprit de plusieurs, ce qui fait qu'on a choisi, à l'époque, de tenter de reconduire les districts électoraux dans leur même configuration, au moins pour l'élection de 2013. Et on a obtenu l'aval du ministère des Affaires municipales, et donc du gouvernement, avec l'adoption d'une loi du projet... en fait d'un article du projet de loi n° 8 pour tenir l'élection de 2013. C'est le même processus qui a été aussi renouvelé pour l'élection de 2017 avec un article du projet de loi n° 83, qui a permis, encore une fois, de déroger à la loi qui obligerait la municipalité des Îles à réviser ses districts pour se conformer donc à la loi sur les élections et référendums municipaux pour s'assurer que l'écart d'un district à un autre ne dépasse pas les 25 %.

Et, une fois...


 
 

12 h (version non révisée)

M. Arseneau : ...qui obligerait la municipalité des Îles à réviser ses districts pour se conformer donc à la loi sur les élections et référendums municipaux pour s'assurer que l'écart d'un district à un autre ne dépasse pas les 25 %.

Et, une fois l'élection de 2017 passée, la municipalité s'est retroussé les manches pour pouvoir mener à bien un processus qui est, il faut le dire, complexe chez nous, de tenter de rééquilibrer les districts sachant qu'il y a quand même, je l'ai dit tout à l'heure, des particularités historiques, même si, peut-être, vues du Québec continental, les Îles-de-la-Madeleine forment un tout, lorsqu'on y habite, lorsqu'on occupe le territoire, on se rend bien compte que le bagage historique est différent. Les accents, je l'ai mentionné, peuvent être différents d'une communauté, d'une localité à une autre. Mais plus important encore, le profil socioéconomique peut varier d'un endroit à l'autre. Et il faut constamment tenter de faire en sorte que les gens se sentent adéquatement représentés au sein du conseil municipal qui, somme toute, est assez nouveau, il date, donc, d'une vingtaine d'années.

Et il y a toute la question de la proximité entre l'élu d'un nouveau conseil municipal un peu plus lointain qu'il l'a déjà été dans des petites communautés de quelques centaines de personnes, maintenant on parle d'une population d'environ 13 000 habitants. Donc, le risque ou le danger qui se pose pour les citoyens comme pour les élus, c'est une perte de contact avec les citoyens, ce qui serait, bien entendu, dommageable pour tout le monde. Ce qu'on veut dans une petite localité comme celle-là, c'est d'être toujours plus solidaire les uns avec les autres et travailler dans le même sens à trouver des solutions qui favorisent l'intérêt général et à long terme pour tout le monde. Et donc c'est là où l'importance de la représentativité et du contact avec l'élu, le conseiller municipal est fondamental.

Alors, vous imaginez bien que, si la petite localité de Grande-Entrée, qui compte environ 600 résidents, se voit amalgamée avec une île qui est située à 40 kilomètres de Grande-Entrée, le secteur d'Havre-aux-Maisons, qui compte quelques 2 000 habitants, cette population-là, là, de la petite île peut se sentir noyée dans un district plus grand, moins bien représentée. Et c'est ces arbitrages-là que la municipalité a entrepris de faire au cours des trois dernières années, si ma mémoire est bonne, voulant... des deux dernières années plutôt, en confiant le mandat à un groupe-conseil, si on veut, en fait, à un duo d'un ancien fonctionnaire municipal...

M. Arseneau : …trois dernières années, si ma mémoire est bonne, voulant… des deux dernières années plutôt, en confiant le mandat à un groupe-conseil, si on veut, en fait, à un duo d'un ancien fonctionnaire municipal, Jeannot Gagnon, qui était là de très longue date, et d'un ancien parlementaire, donc l'ancien député et ministre des Îles-de-la-Madeleine, Maxime Arseneau, qui est d'ailleurs historien également. On a donc confié un mandat à ces deux personnes d'identifier les options possibles pour remodeler les districts électoraux aux Îles-de-la-Madeleine, tout en s'assurant de l'adhésion la plus grande possible de la population. Plusieurs scénarios ont été déposés, il est possible que nos invités ici les abordent dans le détail, ce que je ne ferai pas, mais c'est pour illustrer que la démarche était résolument en marche jusqu'au dépôt du rapport et de sa publication par la municipalité des îles, le 21 janvier dernier. Donc, le processus était bien lancé, différentes options avaient été élaborées et mises sur la table, couchées dans un rapport.

L'étape suivante qui devait être franchie, avant la date limite pour procéder à une reconfiguration des districts électoraux, juin 2020, allait être respectée, mais il fallait franchir une dernière étape, l'étape de consultation de la population pour justement valider lequel des différents scénarios pouvait être le plus intéressant, le plus équitable aussi, disons, et dans lequel la population se retrouverait le mieux. Alors, cette consultation-là, vous me voyez venir, devait se dérouler ce printemps, et la pandémie, à partir du tout début du mois de mars, a évidemment modifié, de façon importante, les plans de l'ensemble des habitants de la planète, et c'est également le cas chez nous, dans notre coin, aux Îles-de-la-Madeleine.

Il a fallu revoir les priorités, les contacts sociaux étant complexes et, je dirais, le virage vers les plateformes numériques et les consultations en mode virtuel, et tout ça, n'ayant pas été opéré dans les premiers mois de la pandémie, vous en conviendrez avec moi, la municipalité, en ayant plein les bras, pour gérer de façon adéquate et rassurante, là, tous les aléas de la pandémie en situation insulaire. Mais on a mis de côté le projet de consulter la population sur les différents scénarios de révision des districts électoraux pour en arriver, évidemment, là, à cette impasse où, pour se conformer aux lois qui nous gouvernent, la municipalité devait obtenir l'assentiment du ministère…

M. Arseneau : …de consulter la population sur les différents scénarios de révision des districts électoraux pour en arriver, évidemment, là, à cette impasse où, pour se conformer aux lois qui nous gouvernent, la municipalité devait obtenir l'assentiment du ministère de… en fait, et essentiellement de l'État du Québec pour déroger une fois de plus à la règle sur les districts et la révision et l'équilibre des différents districts en prévision de l'élection de 2021. Ça s'en vient, évidemment, à grands pas.

Alors, le ministère a proposé à la municipalité d'élaborer, avec le ministère et avec ma collaboration, un projet de loi d'intérêt privé qui permettrait donc à la municipalité de pouvoir suspendre l'exercice… bien, en fait, l'exercice est suspendu, mais surtout ce que dit le projet de loi, c'est de pouvoir maintenir cette dérogation à la loi pour l'élection de 2021 et de toute élection partielle qui pourrait se venir… survenir, pardon, avant l'élection de 2025, donc de conserver les mêmes districts électoraux que ceux qui étaient en vigueur à l'élection municipale de 2017.

Alors, j'invite l'ensemble des députés membres de la commission à bien vouloir poser l'ensemble des questions qui peuvent traverser leur esprit, là, sur ce projet de loi. Je les invite à faire preuve de la même ouverture manifestée par la ministre et par son équipe dans des circonstances qui sont, évidemment, tout à fait exceptionnelles et hors de la volonté du conseil municipal des Îles-de-la-Madeleine et de son maire, ici représenté par M. Lapierre.

Je veux dire en terminant que cette discussion-là et ce projet de loi qui est très, très court peut, encore une fois, sembler peut-être facile à régler d'un point de vue extérieur, mais dans une communauté comme la nôtre, il faut prendre le temps de faire les choses correctement pour pouvoir dégager ensemble des consensus. Des fois, on l'a souvent dit, là : Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin. Ce qu'on souhaite véritablement, c'est dégager une plus grande adhésion de l'ensemble des Madelinots, des insulaires, à une vision commune et régionale du développement, à tous égards, de notre archipel. Et la représentation démocratique au sein du conseil municipal est un élément clé pour y arriver.

Alors, je sais que vous saurez le considérer. J'espère donc qu'à la fin de cet exercice, de cette étude article par article, on pourra tous convenir que cette situation exceptionnelle doit être réglée, mais qu'on va pouvoir le régler de la bonne façon dans l'intérêt commun de l'ensemble des Madelinots à court, moyen et long terme. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci à vous, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Mme la ministre, je vous cède la parole…

M. Arseneau : …on pourra tous convenir que cette situation exceptionnelle doit être réglée, mais qu'on va pouvoir le régler de la bonne façon dans l'intérêt commun de l'ensemble des Madelinots à court, moyen et long terme. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci à vous, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Mme la ministre, je vous cède la parole pour vos remarques préliminaires.

• (12 h 10) •

Mme Laforest :

 Oui, alors je salue d'emblée le maire des Îles-de-la-Madeleine, M. Lapierre, M. Solomon, bonjour à vous. Alors, cher député des Îles, bonjour. Ma collègue députée de Vaudreuil, bonjour à toi, à vous. Bonjour, chers collègues.

Alors, c'est quand même un, si je peux dire, un PLIP, un projet de loi d'intérêt privé très très court. Par contre, dû à la pandémie, comme l'a mentionné le député des Îles, nous n'avons pas le choix de présenter ce PLIP, parce qu'évidemment, à cause des raisons du retard, à cause de la pandémie, la consultation publique n'a pas pu être concluante, évidemment, et on n'a pas pu aller de l'avant.

On a discuté avec la municipalité des Îles et, évidemment, la municipalité des Îles était fermement décidée pour aller de l'avant avec la consultation publique et, également, comme le disait le député des Îles, a travaillé avec la firme Arsenau-Gagnon.

Alors, l'abandon de la consultation publique, évidemment, nous amène à cette situation-ci. Nous devons déposer le projet de loi d'intérêt privé que, normalement, cette demande-là, de par les années passées, à chaque élection, se faisait par omnibus. Considérant la lourdeur d'un omnibus, c'est pour ça qu'on a décidé d'y aller plus rapidement avec le projet d'intérêt privé.

Alors, moi, je suis… je crois que le député a très très bien expliqué la situation et je crois que M. Lapierre, le maire des Îles, est fermement d'accord que dans… suite à la pandémie, on va pouvoir corriger cette situation-là et aller de l'avant avec la consultation publique. Sauf que là on n'a pas le choix, la pandémie étant ce qu'elle est, on aurait du retard et les élections qui arrivent en 2021, on n'aura pas le choix de passer à travers. C'est juste deux articles, là, je crois, deux ou trois articles, deux articles, là, qu'on devrait adopter pour essayer de vous aider, M. Lapierre, dans votre territoire, si je peux dire.

Puis, c'est vrai que souvent nos secteurs, nos territoires on est très très, si je peux dire, très… j'allais dire un peu égoïste, c'est difficile parfois de revoir nos secteurs électoraux, mais en même temps, ça doit se faire puis c'est juste une question de mettre à jour certains secteurs au niveau des élections. Alors… au niveau des districts électoraux…

Alors, je pense que ça complète bien, parce que ce n'est pas un PLIP compliqué. Deux articles, ce serait pas long, M. le Président. Alors, moi je laisse la parole, peut-être au maire Lapierre, ce serait bon de l'entendre, M. le Président, mais à vous de décider.

Le Président (M. Allaire) : Bien, pas tout de suite, là, Mme la ministre, là, merci de vouloir… d'exprimer, en fait, votre profond désir d'entendre les représentants de la municipalité. Après les remarques préliminaires de la députée de Vaudreuil, là, la municipalité aura cinq minutes, là, pour s'adresser à la commission et nous présenter ce qu'il pense, là, de ce projet de loi d'intérêt privé.

Mme la députée de Vaudreuil, la parole est à vous.

Mme Nichols : Merci, M. le Président, de me donner…

Le Président (M. Allaire) : …de vouloir… d'exprimer, en fait, votre profond désir d'entendre les représentants de la municipalité. Après les remarques préliminaires, la députée de Vaudreuil, là, la municipalité aura cinq minutes, là, pour s'adresser à la commission et nous présenter ce qu'il pense, là, de ce projet de loi d'intérêt privé. Mme la députée de Vaudreuil, la parole est à vous.

Mme Nichols : Merci, M. le Président, de me donner la parole. Alors, d'emblée, je me permets au nom de mes collègues, là, de ceux qui siègent à la commission, je suis sûre qu'on a malaise parce qu'on est en retard, on est en retard à la commission. Donc, on vous a probablement fait attendre de longues minutes, là, M. le maire et M. le greffier, donc nos excuses. À l'Assemblée nationale, il y a tout le temps des petits moments imprévisibles.

Donc, merci, merci d'être parmi nous. Merci à mes collègues de participer, évidemment, à ce projet de loi d'intérêt privé. Je… Merci le collègue député des Îles-de-la-Madeleine pour le résumé ou, en fait, nous expliquer pas juste la situation mais aussi, tu sais, la situation présentement mais le contexte puis l'historique de tout ça. Donc, c'est bien apprécié, ça nous fait une belle mise en table, mais je suis certaine que M. Lapierre pourra aussi compléter certaines informations.

Je comprends, là, que c'est une situation, là, qui est particulière, on l'a vu dans d'autres dossiers aussi puis on est dans un contexte de la pandémie, donc je comprends, là, je comprends pourquoi on est assis ici aujourd'hui. Bien sûr, je ne m'y opposerai pas.

J'ai quelques petites questions, par exemple, à poser soit à M. le maire soit au greffier ou peut-être même au légiste, là, autour de la table, juste des questions pour mieux comprendre, là, la situation.

J'ai été mairesse, là, puis je le sais, là, que bouger des districts électoraux ou de refaire de la délimitation, refaire des districts, là, ce n'est jamais bien, bien apprécié des citoyens. Nos citoyens, c'est toujours une partie qui est un peu, disons-le, là, délicate.

Ce que je disais à M. Lapierre ce matin, c'est qu'on a souvent un sentiment d'appartenance, hein, on est attaché à notre district, à notre secteur puis on connaît notre maire, on s'y réfère. Donc, quand il y a une petite ligne qui vient trancher puis qui dit : Bien, ce côté-là de la rue va être un autre maire puis ce côté-là, un autre maire, bien, souvent, on n'aime pas ça.

Puis ce que je retiens de tout ça, c'est que vous envisagez des solutions. Vous avez commencé un certain processus qui est d'ailleurs très bien, puis j'aimerais ça vous entendre d'ailleurs sur le processus que vous avez mis de l'avant. Je pense, c'est comme… ça peut donner peut-être des exemples à d'autres municipalités au Québec, mais… Donc, il y a un certain processus qui est entamé auprès de la… auprès de consultations, en fait, des consultations citoyennes, et ça, je vous félicite parce qu'il faut travailler avec les citoyens, c'est donc important. Donc, il y a des démarches qui ont été entreprises mais qu'évidemment, là, vous êtes un peu mal pris à cause du contexte de la pandémie qui, disons-le, va avoir un impact, là, sur comment se déroulaient vos travaux, vos consultations…

Mme Nichols : ...faut travailler avec les citoyens, c'est donc important. Donc, les démarches qui ont été entreprises, mais qu'évidemment, là, vous êtes un peu mal pris à cause du contexte de la pandémie, qui, disons-le, va avoir un impact, là, sur comment se déroulaient vos travaux, vos consultations puis ce pourquoi vous demandez à ce que les élections de 2021, là, il y ait des ajustements en conséquence.

Donc, je comprenais la situation. Comme je vous disais il y a quelques secondes, c'est que j'aurais peut-être des petites questions, des petites précisions, mais d'emblée, je comprends et je sympathise, M. le maire, avec le présent contexte. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci à vous, Mme la députée de Vaudreuil. On est rendus justement à l'audition des intéressés. Alors, bienvenue à vous, chers représentants de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine. Alors, vous aurez cinq minutes pour nous... vous adresser à la commission, en fait, pour débuter cette période d'échanges.

Je vous demanderais de prendre le temps de vous présenter à tour de rôle et après ça, je vous cède la parole tout de suite après. Merci.

M. Lapierre (Jonathan) : Merci beaucoup. Bien, d'abord, je me nomme Jonathan Lapierre, maire et président de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine et mon collègue qui m'accompagne, je vais le laisser se présenter.

M. Solomon (Jean-Étienne) : Bonjour, Jean-Étienne Solomon, je suis greffier désigné et conseiller juridique à la municipalité des Îles-de-la-Madeleine.

Le Président (M. Allaire) : Alors, allez-y, la parole est à vous.

M. Lapierre (Jonathan) : Bon, bien d'abord et avant tout, on vous remercie de nous recevoir, là, aujourd'hui pour les représentations pour ce projet de loi d'intérêt privé. Bon, d'abord, mes salutations à vous, M. le Président de la commission, Mme la ministre aussi, Mme Laforest, que j'ai eu l'occasion de recevoir ici aux Îles. Ça a été un privilège de vous recevoir chez nous et de discuter de nos fameuses particularités qui sont liées à l'isolement, l'éloignement et à l'insularité.

Évidemment, mes salutations au député des Îles, M. Arseneau, et l'ensemble de la députation, là, qui est présente à cette commission à l'Assemblée nationale. Donc, merci à vous tous et toutes, là, de nous recevoir.

Je ne referai pas l'historique. Le député des Îles vous a fait, mais quand même quelques éléments de précision qui vont mieux vous faire comprendre pourquoi on en est arrivés où on en est rendus aujourd'hui. Donc, comme M. le député le disait au regroupement de la nouvelle municipalité, il y a tout près de 20 ans maintenant, évidemment, bon, il y a eu des débats, des débats importants ici comme ailleurs. Les fusions, à l'époque, étaient des fusions forcées. Il y a eu un débat sur la défusion de certaines municipalités et lorsqu'il y a eu les élections de 2005 et de 2009, les élus qui étaient présents à ce moment-là croyaient, et je suis d'accord avec cette pensée-là à ce moment, que les plaies étaient encore trop vives pour raviver ces discussions-là et remettre au jeu, évidemment, l'équilibre des différents districts électoraux.

Donc, évidemment, il y a eu des demandes qui ont été formulées au ministre ou à la ministre des Affaires municipales de l'époque pour reporter, d'élection en élection, ce débat-là. Jusqu'en 2011, le maire de l'époque et le conseil de l'époque ont fait une soirée de...

M. Lapierre (Jonathan) : ...équilibre des différents districts électoraux. Donc, évidemment, il y a eu des demandes qui ont été formulées au ministre ou à la ministre des Affaires municipales de l'époque pour reporter, d'élection en élection, ce débat-là. Jusqu'en 2011, le maire de l'époque et le conseil de l'époque ont fait une soirée de consultation, parce qu'à ce moment-là, évidemment, les élus avaient le choix entre se laisser imposer une nouvelle carte électorale par le DGEQ ou proposait une refonte de cette fameuse carte électorale pour équilibrer les différents districts électoraux. Et je me souviens très bien, puisque j'étais présent à cette rencontre-là, des centaines de personnes étaient présentes, et, évidemment, le conseil de l'époque a rapidement constaté qu'il y avait que très peu d'appétit et que ce débat-là soulevait encore de trop nombreuses passions pour être en mesure de refaire un débat sain, un débat efficace au sein de la communauté des Îles.

Donc, évidemment, en 2011, bon, il devait y avoir un certain leadership et une certaine vision qui devait être assumée pour aller plus loin, et ce n'était pas au rendez-vous. Donc, a demandé, bien entendu, un autre report à une élection subséquente.

L'élection de 2013 est arrivée, un nouveau conseil en place, et ce conseil-là s'est réuni rapidement pour remettre encore une fois au jeu la question des districts électoraux. L'ensemble des membres du conseil ont souhaité pour un premier mandat, et j'étais le nouveau maire de la nouvelle... de la municipalité. Donc, à ce moment-là, il y avait d'autres priorités qui avaient été établies.      Donc, on a demandé un autre report à l'élection de 2017. Et, encore une fois, bon, évidemment, un report qui nous a été accordé, même chose pour l'élection de... qui a suivi en 2017, mais avec une promesse, et c'est là qu'il y avait une différence, une promesse, cette fois-ci, de mettre à l'agenda la question des districts électoraux et d'en faire une démarche sérieuse, une démarche rigoureuse, avec la population.

• (12 h 20) •

Donc, rapidement, après l'élection de 2017, mes collègues du conseil municipal ont convenu d'une procédure ou d'un processus pour en faire une discussion avec la population des Îles. Donc, il y a eu deux commissaires qui ont été nommés, M. Gagnon et M. Arseneau. Ils ont fait leurs propres consultations. Ils ont évidemment analysé ce qui se fait ailleurs au Québec, au Canada et même ailleurs dans le monde. Ils ont produit un rapport avec différents scénarios. Puisqu'il faut savoir qu'au-delà d'équilibrer les différents districts électoraux, la volonté et la vision que je souhaite porter à travers cette démarche-là, c'est après 20 ans de regroupement municipal, de revoir également la gouvernance. Donc, parce qu'on le constate, il y a encore que très peu d'appétit pour revoir les districts électoraux, ce n'est pas un sujet de conversation dans les chaumières des Îles, ce n'est pas une priorité qui a été mise à l'agenda dans l'actualité madelinienne, mais il y a un rendez-vous à ne pas manquer selon moi et selon mes collègues du conseil municipal de revoir cette fameuse gouvernance-là en parallèle avec les districts électoraux, donc de proposer une vision d'avenir à la communauté des Îles ou se propulser vers une gouvernance 4.0 et s'assurer évidemment de la meilleure représentativité possible. Et c'est pour ça que, dans le rapport...

Le Président (M. Allaire) : En terminant, M. Lapierre...

M. Lapierre (Jonathan) : ...en parallèle avec les districts électoraux, donc de proposer une vision d'avenir à la communauté des îles ou se propulser vers une gouvernance 4.0 et s'assurer évidemment de la meilleure représentativité possible. Et c'est pour ça que, dans le rapport...

Le Président (M. Allaire) : En terminant, M. Lapierre.

M. Lapierre (Jonathan) : ...Parfait. En terminant, et c'est pour cela que le rapport qu'on souhaitait soumettre pour les fins de consultation proposait quatre scénarios possibles qui, à la fois, permettaient de revoir les districts électoraux et d'améliorer la gouvernance. Et là, tout à coup, la COVID est arrivée, pandémie, et malheureusement nous n'avons pas été... il n'a pas été possible de tenir ces consultations-là.

Et, en terminant, on juge, on pense que le sujet est trop sérieux, trop important pour l'avenir de la municipalité de la Communauté maritime des Îles pour tenir ce genre de consultation via Zoom, de là l'importance, évidemment, du projet de loi d'intérêt privé qui vous est présenté aujourd'hui.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre. Effectivement, cinq minutes, c'est vite passé. Je suis désolé de vous avoir arrêté, là, dans votre... Alors, on débute la période d'échange avec l'ensemble des groupes parlementaires. Mme la ministre, je vous cède la parole pour 2 min 30 s.

Mme Laforest : Bien, je crois que c'est assez clair, ce qu'on a entendu. Il y a peut-être... il va peut-être y avoir des questions quand vous dites au niveau de revoir la gouvernance. J'aimerais peut-être avoir une petite information comment vous voyez ça. Est-ce que vous croyez que ça va bien se faire? Est-ce que c'est pour ça que c'était retardé à chaque élection? C'est peut-être seulement ma petite question de mon côté. Mais le reste, je comprends la situation évidemment, là, c'est simple, la pandémie vous a empêchés d'aller de l'avant, c'est simple, en fait, de constater pourquoi qu'on est ici. Mais, en fait, juste pour quand vous dites : Ça va être le moment de revoir la gouvernance, c'est ma seule question.

M. Lapierre (Jonathan) : En fait, c'est une question qui n'a jamais été posée par le passé, donc c'est tout nouveau, on souhaitait bonifier finalement la consultation et la discussion avec notre population en toute transparence. Et, lorsqu'on fait référence à la gouvernance, par exemple, on prend les centrales qui... la majorité de la population s'y retrouve. Actuellement, il y a trois conseillers sur l'aile centrale. On se disait, bon, est-ce qu'on peut rééquilibrer les districts électoraux et d'ajouter un quatrième conseiller municipal sur l'aile centrale? Comme vous le savez, par exemple, on est à la fois ville et MRC, donc le maire est préfet. Les conseillers municipaux de la ville sont également des conseillers municipaux de la MRC. On se disait : Est-ce qu'on pourrait, par exemple, hypothétiquement, ajouter deux conseillers territoriaux qui seraient élus par la population des îles mais pour les fins de la MRC?

Donc, on était prêts à faire cette discussion-là avec la population. On n'avait pas de projet précis concret à présenter. Mais on voulait valider, on voulait voir avec notre population jusqu'à où elle était ouverte, était prête à aller pour améliorer la représentativité, les districts électoraux en termes d'équilibre et évidemment la gouvernance en fin de processus.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre. Nous sommes maintenant rendus à la période d'échange avec l'opposition officielle. Mme la députée de Vaudreuil, deux minutes.

Mme Nichols : Deux minutes? Ah mon doux! ce n'est pas beaucoup, deux minutes. Bien, je voulais juste comprendre le... Il y a quand même eu cinq reports, là, vous les avez mentionnés. Au début, il y avait...

M. Lapierre (Jonathan) : ...de processus.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre. Nous sommes maintenant rendus à la période d'échange avec l'opposition officielle. Mme la députée Vaudreuil, deux minutes.

Mme Nichols : Deux minutes? Ah mon doux! ce n'est pas beaucoup deux minutes. Bien, je voulais juste comprendre le... il y a quand même eu cinq reports, là, vous les avez mentionnés. Au début, il n'y avait pas... vous avez dit «peu d'appétit pour revoir les districts électoraux», ça, je le comprends. Puis, dans le fond, on le sait, là, le redécoupage de la carte électorale, là, ça cherche toujours à équilibrer le nombre d'électeurs par district, conformément à la loi sur les élections. Ce que je comprends, c'est qu'en 2017, le DGEQ vous a dit : Bien là, vous refaites vos districts électoraux, vous passez de six à huit, sinon, on va le faire nous autres même. Mais je veux savoir, un, je présume que la population a augmenté pour passer de six à huit, ça, c'est ma première question.

Puis, ma deuxième question, bien, tous ces reports-là, là, ils ont été autorisés par qui? Parce que ma question, je me demande pourquoi aujourd'hui on fait un projet de loi... pourquoi on fait un PLIP si les autres fois il y a eu des autorisations du ministère ou il y a eu des autorisations du DGEQ, ou est-ce que c'était des autorisations de la...? C'est quand même cinq reports. Puis je le comprends la pandémie, là, je le dis vraiment de façon très cordiale, c'est juste pour bien comprendre, là, bien comprendre.

Le Président (M. Allaire) : M. Lapierre, en 45 secondes, s'il vous plaît.

M. Lapierre (Jonathan) : Je vais tenter de bien répondre. Donc, en fait, le DGEQ ne propose pas d'ajouter deux districts électoraux supplémentaires, c'est nous qui mettons cet enjeu-là ou cette possibilité-là sur la table. Le DGEQ, ce qu'il nous a avisés, c'est si on n'avait pas de proposition à lui faire, il allait imposer une révision de l'équilibre des districts électoraux, donc redessiner les frontières pour avoir un 25 % de différence, plus ou moins 25 % de différence.

Les cinq reports qu'il y a eu, c'est tout simplement parce qu'à la fois il n'y avait pas d'appétit dans la population, auprès de la population, mais il n'y en avait pas non plus auprès des élus. Et c'est pour ça que cette fois-ci, à partir de 2017, on a présenté une vision d'avenir, et surtout, une proposition de discussion bonifiée, de là l'intégration du...

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre.

M. Lapierre (Jonathan) : ...sur la gouvernance.

Le Président (M. Allaire) : M. Lapierre, je m'excuse, je dois vous couper malheureusement. On est rendus à ce dernier bloc avec M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Vous avez 30 secondes.

M. Arseneau : J'ai 30 secondes, bien, pour remercier, en fait, le maire et son équipe, là, d'avoir lancé cette démarche-là et de l'encourager à poursuivre, évidemment, là, une fois que le projet de loi aura été adopté. Je sais qu'il veut le faire et le rendre à terme pour la prochaine élection.

Le Président (M. Allaire) : Merci. Merci, M. le député. Alors, nous allons maintenant commencer l'étude détaillée. Avant, je vous remercier, MM. Lapierre et Solomon. Restez avec nous parce que ça se peut que pendant l'étude détaillée on puisse avoir des questions, là, à vous poser. Donc, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, nous sommes... puisque nous sommes rendus à l'étude détaillée, je vous cède la parole pour l'article 1, s'il vous plaît.

M. Arseneau : Merci.

«La division du territoire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine en districts électoraux aux fins de l'élection générale de 2021 et de toute élection partielle tenue avant l'élection générale...

Le Président (M. Allaire) : ...M. le député des Îles-de-la-Madeleine, puisque nous sommes rendus à l'étude détaillée, je vous cède la parole pour l'article 1, s'il vous plaît.

M. Arseneau : Merci.

«La division du territoire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine en districts électoraux aux fins de l'élection générale de 2021 et de toute élection partielle tenue avant l'élection générale de 2025 est celle qui s'est appliquée aux fins de l'élection générale de 2017.»

Le Président (M. Allaire) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 1? Mme la députée de Vaudreuil.

Mme Nichols : Je peux peut-être en profiter pour poser la question sur la population. Quelle est... Est-ce que la population, aux Îles, est toujours la même?

Le Président (M. Allaire) : Vous posez la question à M. Lapierre, est-ce que j'ai compris?

Mme Nichols : Oui. Je m'excuse. Bien oui, moi, je regardais M. Lapierre, c'est supposé d'être à vous.

Le Président (M. Allaire) : Bon, pour que M. Lapierre puisse intervenir, à ce stade-ci, j'ai besoin de votre consentement. Est-ce que j'ai votre consentement?

Des voix : Consentement.

Le Président (M. Allaire) : Parfait. Allez-y, M. Lapierre.

M. Lapierre (Jonathan) : Donc, sensiblement, la population a légèrement augmenté, mais c'est autour de 13 000 personnes. Au cours des 10 dernières années, là, ça a évolué de quelques centaines à la baisse ou en augmentation, mais c'est relativement stable.

Le Président (M. Allaire) : Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Arseneau : Oui. Si je peux me permettre d'intervenir, c'est tout à fait juste, la population, le maire sera d'accord avec moi, elle est à peu près stable, et on souhaite l'augmenter. Mais, par contre, il y a quand même des mouvements de population à l'intérieur même de l'archipel. Le maire pourrait peut-être y aller davantage avec des détails, il y a un pouvoir d'attraction vers l'île centrale. Et ça, ça fait partie, là, de la dynamique qu'il faut... dont il faut prendre en considération dans un exercice comme celui-là. Je ne sais pas si on peut lui donner la parole pour expliquer un peu, là, mais...

Le Président (M. Allaire) : Absolument. On a le consentement. M. Lapierre.

M. Lapierre (Jonathan) : Oui, absolument. En fait, il y a une concentration, effectivement, ou il y a un mouvement vers les noyaux villageois de l'île centrale. Et c'est pour ça que lorsqu'on souhaite... lorsqu'on fera, pardon, la discussion, on souhaite mettre différentes possibilités ou différents scénarios pour équilibrer ce fameux district puis peut-être même ajouter également la représentativité, avec un nouveau conseiller ou une nouvelle conseillère.

Donc, évidemment, ce mouvement-là, on souhaite le contrer parce qu'on souhaite que les extrémités, du côté... puissent continuer de se développer et à être dynamiques. Ce phénomène-là est quand même bien présent, et il faut en tenir compte.

Le Président (M. Allaire) : Parfait. Ça va?

M. Arseneau : Oui. Bien, juste en complément, encore une fois, il y a un parallèle à faire entre les différents districts ou les différentes localités de l'archipel des Îles-de-la-Madeleine et l'ensemble du Québec, où il y a un pouvoir d'attraction des centres urbains, et le gouvernement habituellement met en place des mesures pour s'assurer de ne pas dévitaliser les régions et s'assurer que non seulement le poids démocratique soit maintenu, mais, également, là, cette capacité de développement. Et c'est au coeur, là, des préoccupations du conseil municipal, à n'en pas douter.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. le député. Mme la députée de Vaudreuil.

• (12 h 30) •

Mme Nichols : Oui. Merci, M. le Président. Je comprends, là, l'article 1, évidemment, là, c'est le coeur de la...


 
 

12 h 30 (version non révisée)

M. Arseneau : …mais également, là, cette capacité de développement, et c'est au coeur, là, des préoccupations du conseil municipal, à n'en pas douter.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. le député. Mme la députée de Vaudreuil.

Mme Nichols : Oui, merci, M. le Président. Je comprends, là, l'article 1, évidemment, là, c'est le coeur de la demande. Je veux juste comprendre, là, qui sont les personnes qui peuvent donner ces autorisations-là, parce qu'il y a eu cinq rapports, puis j'en ai eu, des dossiers, je regarde Mme la ministre, là, parce qu'on en a eu, des dossiers où, des fois, le pourcentage dépasse de pas beaucoup, puis on demande une certaine dérogation. Puis quand il y a une justification raisonnable, là, il y a des autorisations qui sont données. Donc, c'est pour ça, je me demande, c'est quoi, la norme pour dire : C'est une autorisation de la ministre, c'est quoi, la norme pour dire : Bien non, c'est le DGEQ qui intervient, ou c'est quoi, la norme pour dire : Bien non, on s'en va… il faut faire un projet de loi d'intérêt privé parce que… puis j'envisage aussi — là, je pose deux questions en une, là — parce que j'envisage aussi pour 2025. Ça se peut, là, qu'il y ait des nouveaux élus puis qu'eux autres ils se disent : Bien, c'est encore trop délicat pour qu'on parle de ça en 2025, ou notre processus, on ne sait pas, là, on va être dans la pandémie combien de temps, ou le processus, on n'y arrivera pas pour 2025. Bien, la prochaine demande, elle va être autorisée comment, s'il y en a une?

Le Président (M. Allaire) : Mme la députée.

Mme Nichols : On peut peut-être plus… je ne sais pas à qui adresser la question, là, mais…

Le Président (M. Allaire) : Oui, Mme la ministre.

Mme Laforest : Bien, au départ, c'est sûr que la municipalité le demande. Ensuite, nous, les dernières années, ce qu'on m'a dit, c'est qu'il fallait toujours l'insérer dans un omnibus, ce qui était très, très long, très complexe. Évidemment, c'est vraiment dû à la pandémie, la municipalité des Îles était supposée faire leur travail de leur côté. J'ai entièrement confiance, parce que, oui, ils sont vraiment prêts, ils étaient prêts à aller de l'avant également. Maintenant, c'est pour ça qu'on passe avec le projet d'intérêt privé. Maintenant, qui le demande? C'est vous, M. le maire, très bien question de la part de la députée de Vaudreuil, c'est la municipalité qui en a besoin.

Le Président (M. Allaire) : M. Lapierre.

M. Lapierre (Jonathan) : Oui, absolument. La demande vient toujours d'ici, de la municipalité des Îles, dans les cinq cas. Souvent, c'est une lettre qui a été adressée au ministre ou à la ministre des Affaires municipales, ceux et celles qui se sont succédé au cours des dernières années. Et, évidemment, à l'interne, dans le ministère, donc il y a un processus qui est publié, et il y a une réponse qui est formulée, par la suite, à la municipalité des Îles. Cette fois-ci, évidemment, on s'est tous fait prendre de court avec la pandémie, avec la COVID-19, rapidement, on a été en contact avec les gens du ministère. Et, évidemment, l'échéance électorale avec, bon, la pandémie, on ne savait pas trop combien de temps que tout cela allait durer, on a tous convenu que le moyen le plus efficace et le plus rapide pour arriver à… était le projet de loi d'intérêt privé. Donc, c'est d'un commun accord, mais la demande, au départ… toujours de la municipalité des Îles, de son conseil municipal.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre. Mme la députée.

Mme Nichols : …M. le Président, je présume que ça fait peut-être… c'est une demande écrite, ou je ne sais pas si vous pouvez le faire par résolution, moi, j'ai déjà soumis à la ministre, là, certaines municipalités, ils l'ont fait par résolution, je ne sais pas, en tout cas, je ne connais pas…

M. Lapierre (Jonathan) :  …toujours de… de la municipalité des Îles, de son conseil municipal.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre. Mme la députée.

Mme Nichols : Merci, M. le Président. Je présume que ça a pu être fait peut-être… c'est une demande écrite ou je ne le sais pas si vous pouvez le faire par résolution, là. Moi, j'ai déjà soumis à la ministre, là, certaines municipalités l'ont fait par résolution, je ne le sais pas… en tout cas je ne connais pas la procédure, mais ma question reste la même, là. Dans quel cas ça peut être autorisé par la ministre, dans quel cas ça peut être autorisé par le DGEQ ou dans quel cas ça se ramasse ici, en PLIP. J'ai compris que des fois on essaie de le passer dans un omnibus, mais c'est parce que, moi, j'ai des situations où j'ai eu l'autorisation de la ministre, puis c'est correct. Ça fait que c'est quoi, c'est deux, trois autorisations, puis la troisième fois… Mais je donne un exemple, là, mais je veux juste comprendre dans quel cas on fait la demande à qui, et qui l'autorise.

Le Président (M. Allaire) : Mme la ministre.

Mme Laforest : C'est une obligation de la municipalité qui doit procéder avant le 1er juin 2020. Je crois que ça a été fait au 1er juin 2020 si je ne me trompe pas puis sinon, nous, le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, on peut procéder à la reconduction. Mais ça m'amène peut-être à mentionner que moi, on m'a confirmé, M. Lapierre, que c'était la dernière fois que vous demandiez ça. C'est vraiment votre dernière demande, à moins qu'on ait une situation exceptionnelle pendant quatre ans, mais je crois que c'est vraiment la… votre volonté est vraiment là pour démontrer que c'est la dernière fois que vous demandez la reconduction, parce que la question est bonne, ça fait quatre fois, cinq fois. Alors, c'est peut-être bon de voir que la prochaine fois, peut-être que ça va être plus difficile. Alors, là on n'a pas le choix de passer par voie législative, mais votre volonté est bien présente, je crois.

Le Président (M. Allaire) : Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine aussi souhaite intervenir?

M. Arseneau : Oui. Bien, à moins que M. le maire veuille répondre à cette question-là. Je pense que c'est pertinent, effectivement, là. Je crois deviner la réponse, mais j'aimerais pouvoir l'entendre au bénéfice de tous, la question qui a été posée par la ministre.

17941 Le Président (M. Allaire) : Allez-y, M. Lapierre.

M. Lapierre (Jonathan) : Oui, en fait, merci. En fait, oui, Mme la ministre a tout à fait raison, la volonté du conseil et du maire est très forte dans ce sens. Évidemment, on demande un report après la prochaine élection, après l'élection de 2021 pour entamer immédiatement cette réflexion-là et ce processus-là pour être fin prêts à l'élection de 2025. Mais toujours faut-il que… bon, ma volonté va se poursuivre après l'élection de 2021 et je peux vous confirmer que mon intérêt, dans les deux cas, est là, d'être là en 2021, et de mener à terme cette discussion-là avec la population des Îles. C'est une vision d'avenir que j'ai le goût de proposer comme élu, comme maire, à notre population, à nos citoyens, et je pense qu'on va tous sortir grandis de ça. Et donc il faut l'amener d'une façon positive et, effectivement, dans une des dernières lettres qu'on a adressées au ministère, on a bel et bien mentionné que, pour nous, c'était la dernière fois, là, qu'on demandait ce report-là. On veut cocher «fait» sur ce dossier, mais on veut le faire correctement, de façon positive, de façon constructive et, surtout, de façon participative avec les citoyens des Îles.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre. Mme la députée de Vaudreuil, allez-y.

Mme Nichols : Oui. Merci, M. le Président. Je vais poser ma question autrement. Je veux juste savoir pourquoi, aujourd'hui, ça se ramasse dans un PLIP, alors que…

M. Lapierre (Jonathan) : ...on veut cocher «Fin» sur ce dossier, mais on veut le faire correctement, de façon positive, de façon constructive, mais surtout de façon participative avec les citoyens des Îles.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. Lapierre. Mme la députée de Vaudreuil...

Mme Nichols : Oui.

Le Président (M. Allaire) : ...allez-y.

Mme Nichols : Merci, M. le Président. Je vais poser ma question autrement. Je veux juste savoir pourquoi aujourd'hui ça se ramasse dans un PLIP, alors qu'il y a d'autres dossiers que ça peut être une autorisation de la ministre des Affaires municipales. Je veux juste comprendre, là. Mais je vais l'arrêter là pour ne pas en rajouter. Pourquoi ici ça se retrouve dans un PLIP, quand il y a certaines demandes qui sont autorisées par la ministre des Affaires municipales? Est-ce que c'est parce que le délai n'est pas respecté ou... Pourquoi on fait un PLIP?

Mme Laforest : Bien, moi, la raison qu'on m'a dite, c'est que ça faisait quand même plusieurs fois qu'on reportait et qu'on reportait, et on reportait par omnibus. Ça fait que, là, c'est sûr qu'il y avait eu obligation de revoir les districts électoraux, ça n'a pas été fait, donc c'est pour ça qu'à ce moment-ci on l'oblige par PLIP. Mais j'aimerais peut-être aussi mentionner... C'était la demande. J'aimerais aussi la réponse du député des Îles, parce qu'évidemment, là, si on donne une dernière possibilité, c'est bon d'avoir les raisons, parce que, si on arrive, admettons, dans quatre ans et qu'il y a une autre raison, puis là on l'a obligé, ce serait bon de vous entendre, évidemment. Ça fait que je voulais demander la raison au député des Îles.

Le Président (M. Allaire) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine, allez-y.

M. Arseneau : Oui. Bien, première des choses, là, je pense qu'il faudrait rétablir un certain nombre de faits. Le décret de fusion, il ne faisait pas l'unanimité aux Îles-de-la-Madeleine, tout d'abord, et ce qui a été convenu, négocié, là, par une majorité de maires représentant une majorité de citoyens aux Îles, d'aller de l'avant avec un appui au décret, mais qui n'a pas été fait de façon consensuelle, disons-le, là, c'était un certain cadre à l'intérieur duquel, aux fins des trois premières élections générales suivant la fusion municipale, les districts électoraux allaient demeurer équivalents à la configuration des anciennes municipalités. Ça, c'était pour rassurer, là, disons, les citoyens et les maires représentant ces citoyens-là que, dans l'immédiat, sur une période de 12 ans, il n'y aurait pas de changements draconiens et de pertes de pouvoir ressenties ou avérées de la part de ces gens-là. Donc, normalement, l'élection de 2005, 2009 et 2001... 2001, 2005 et 2009, il n'y avait pas de changement. C'est à partir de 2013. Donc, on a demandé un changement pour 2013 puis pour 2017, parce que, on l'a mentionné tout à l'heure, il y avait encore des enjeux locaux à régler. La demande a été faite, et la réponse du ministère a été de pouvoir ajouter un article dans un projet de loi omnibus. Dans les deux cas — j'étais maire à l'époque de la demande pour 2013 — nous avons plaidé notre cause auprès du ministre, qui a accepté à ce moment-là — de la ministre, en fait — d'inscrire cela dans un projet de loi omnibus. Pour l'élection de 2017, le...

M. Arseneau : …dans les deux cas, j'étais maire, à l'époque de la demande pour 2013. Nous avons plaidé notre cause auprès du ministre, qui a accepté, à ce moment-là — de la ministre, en fait — d'inscrire cela dans un projet de loi omnibus pour l'élection de 2017, le plaidoyer a été fait par le maire Lapierre, et on l'a accepté.

• (12 h 40) •

Ensuite, donc, après deux dérogations obtenues et non pas cinq, là, deux dérogations obtenues, le conseil municipal a décidé d'aller de l'avant de façon résolue en donnant des mandats, en entreprenant une démarche constructive et qui devait inclure, en dernière étape, une consultation absolument nécessaire, je pense que vous allez en convenir, d'aller donner la parole aux citoyens pour conclure, après 20 ans d'un projet commun de faire ensemble, là, une nouvelle structure municipale qui nous propulse vers l'avenir, et la pandémie est tombée.

Alors, ce qu'on demande aujourd'hui, c'est tout simplement de nous donner une chance, de finaliser l'exercice pour qu'on puisse compléter le travail et le faire de façon constructive, étape par étape, et de le faire pour l'élection suivante de 2025. Donc, la raison pour laquelle aujourd'hui, moi, j'ai déposé le projet de loi après discussions avec la ministre également, c'est de dire : On va le faire de façon plus formelle, à visière levée, de façon transparente, devant public à l'Assemblée nationale. Comme quoi, cette fois-ci, ça devait être la bonne, bien, comme dans bien d'autres sphères de la société, là, la pandémie nous a mis des bâtons dans les roues. La volonté, elle est imperturbable du côté des élus municipaux, elle est… et également affichée de la part d'une bonne portion de la population chez nous.

Les circonstances de la crise sanitaire n'ont pas permis de compléter le travail en 2020 et le projet de loi, il vient nous permettre d'avoir cette discussion-là. Et je pense qu'une fois qu'on a mené cette discussion-là et que le projet de loi sera adopté, il n'y a personne qui va penser que des circonstances politiques ou sociales vont faire reculer le conseil municipal sur cet objectif à atteindre pour 2025.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. le député. Mme la ministre.

Mme Laforest : J'aimerais ajouter un point qui est très important de la part du député des Îles parce que, comme il l'a dit, on voulait le faire publiquement devant tous les citoyens ici à l'Assemblée nationale. C'est important parce que la différence qu'il y a, c'est que, peut-être, on aurait pu le faire avec le DGEQ ou la commission électorale, mais bref, en le faisant comme ça par PLIP, donc, c'est public et il va y avoir une meilleure consultation des citoyens.

Ça fait que pour les citoyens des Îles-de-la-Madeleine, c'est quand même important de voir que le député des Îles a réussi à demander de passer son projet d'intérêt de loi privé pour qu'il y ait une consultation générale. Et, si je peux dire, bien, le DGEQ est... oui, il est excellent, mais en même temps, on va mieux consulter la population de cette manière-là.

Le Président (M. Allaire) : …Mme la ministre. Mme la députée de Vaudreuil.

Mme Nichols : Oui, merci, M. le Président…

Mme Laforest : ...demandé de passer son projet d'intérêt de loi privé pour qu'il y ait une consultation générale. Et, si je peux dire, bien, le DGEQ est... oui, il est excellent, mais en même temps, on va mieux consulter la population de cette manière-là.

Le Président (M. Allaire) : ...Mme la ministre. Mme la députée de Vaudreuil.

Mme Nichols : Oui, merci, M. le Président. Ça va, je comprends, là, la situation, puis je les comprends, les reports, puis je suis d'accord avec ça. Puis je comprends pourquoi... je comprends qu'on est dans un contexte de pandémie. Ça fait que, la demande, je la comprends aussi. Je veux juste être certaine que je comprends, là, que là, on le passe par un PLIP parce qu'il y a eu beaucoup de demandes, puis on n'est comme pas trop à l'aise de dire... on n'est pas trop à l'aise de dire au DGEQ : Bien, décide. Puis nous autres, on n'est pas trop à l'aise de dire, comme élus, à l'Assemblée nationale : Bien là, ça fait cinq fois, ça fait qu'on va le faire en PLIP, comme ça, l'information va être publique. Ça fait que c'est un choix qu'on fait de...

Il n'y a pas de règle en tant que telle ou il n'y a pas de contrainte, puis ça aurait pu être une autorisation, puis c'est correct, mais on se sentait plus à l'aise de dire : On va l'amener en commission parlementaire, puis on va passer un PLIP, puis ce sera de façon plus officielle.

Le Président (M. Allaire) : Mme la ministre.

Mme Laforest : Mais, en fait, la commission de révision électorale aurait pu le faire, vous avez totalement raison. Par contre, là, ça fait quand même plusieurs fois qu'on le reporte. Moi... Ce qu'on avait discuté ensemble, évidemment, c'était que la population était très, très sensible avec leurs districts électoraux, alors c'est quand même, des fois, difficile, au niveau de la population, quand arrivent les élections. Déjà que les municipalités, quand ça a été fusion-défusion, ça a été très difficile.

Alors là, c'est vraiment... vous avez raison de dire que, plusieurs fois... ça a été reporté plusieurs fois, on s'entend, mais quand même, on n'aurait pas pu consulter la population aussi bien qu'on le ferait maintenant avec ce PLIP là. Ça fait que, maintenant, la population va voir que ça a été transparent, ouvert. Ça ne... Ce n'est pas la commission de la révision électorale qui l'a fait, donc c'est encore plus, si je peux dire, précis pour les citoyens.

Le Président (M. Allaire) : Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Arseneau : Oui, juste une petite précision. En fait, c'est mon interprétation, là, mais effectivement, à partir du moment où la municipalité ne se conforme pas à la loi, et au décret de fusion, puis, ainsi de suite, la possibilité, pour le Directeur général des élections, de procéder de façon, disons, directe à la reconfiguration des districts, elle était existante, mais c'était le plus mauvais des scénarios. Et c'est la raison pour laquelle, ici, on débat non pas d'une absence de volonté de la municipalité d'aller de l'avant, mais de circonstances absolument hors du contrôle de quiconque qui ont interrompu un processus qui était déjà bien enclenché.

Donc... Et c'est pour ça qu'on apprécie l'ouverture de la ministre à dire : Non, non, on ne va pas, dans la dernière... avant la dernière étape, celle de la consultation de la population, interrompre le processus et donner ça à une entité extérieure, qui n'a pas la même connaissance du milieu que les élus locaux, puis qui ne donnera pas la parole et voix au chapitre aux citoyens pour la finalisation du processus, avec les conséquences qui pourraient être graves, sur le plan sociopolitique, chez nous, dans notre...

M. Arseneau : ...interrompre le processus et donner ça à une entité extérieure qui n'a pas la même connaissance du milieu que les élus locaux puis qui ne donnera pas la parole et voix au chapitre aux citoyens pour la finalisation du processus, avec les conséquences qui pourraient être graves sur le plan sociopolitique chez nous, dans notre circonscription, dans notre localité. Donc, le fait de se donner cet espace-là pour le faire correctement une prochaine fois, malheureusement, on aurait souhaité que ce soit pour 2021, tout le monde, ce ne sera pas le cas. La prochaine fois sera la bonne.

Le Président (M. Allaire) : Merci. D'autres interventions concernant l'article 1? Mme la députée de Vaudreuil.

Mme Nichols : Oui. Merci, M. le Président... voyons... Donc, je comprends que le... Ça, ça va, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, ça, ça va, tu sais, je le comprends, qu'on veut donner du temps pour pouvoir consulter. Mais à ce moment-ci, on fait un PLIP, la population n'a pas encore été consultée. Ça fait qu'il ne faut pas qu'il y ait de confusion, là, on est un PLIP, il n'y a pas personne qui a été consulté encore, mais en adoptant ce PLIP là, ça va donner la possibilité à la municipalité de consulter ses citoyens puis de faire des propositions, puis ce sera au niveau de la gouvernance, au niveau de la refonte des districts électoraux, à suivre. Personne n'a de boule de cristal, puis corrigez-moi si je me trompe, là, si je ne suis pas à la bonne place, là, il y a des légistes, beaucoup, dans la salle, donc n'hésitez pas à me corriger. Dans le fond, je veux juste... je cherche à comprendre pourquoi on a utilisé la voie légale du PLIP. Mais là ça va.

Évidemment, on l'a dit, là, la population est sensible, ça, ça va, on l'a dit d'emblée de jeu, puis, écoutez, je trouve... Tu sais, ça se pourrait, là, qu'en 2025 on se retrouve ici encore avec un PLIP, là, personne n'a de boule de cristal puis personne ne sait ce qui va arriver, là. M. Lapierre, tu sais, je vous souhaite bonne chance, évidemment, là, dans vos élections, on annonce que vous allez être en réélection, finalement, vous allez être candidat, mais tu sais, on ne peut pas, d'avance, là, se prononcer sur qu'est-ce qui va... qu'est-ce que ça va être en 2025. Ça fait que je trouve ça... je trouve que c'est hypothétique.

Mais sur la demande qui était traitée présentement, aujourd'hui, sur le PLIP en tant que tel, bien, c'est ça, moi, je voulais... je cherchais à comprendre le pourquoi on utilise cette voie légale là plutôt qu'une simple autorisation. J'ai compris, j'ai compris qu'au nombre de reports, on était plus à l'aise d'utiliser le PLIP, de l'officialiser de cette façon-là. Avec les réponses qui m'ont été données, c'est ce que j'ai compris.

Le Président (M. Allaire) : Merci. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Arseneau : Oui. Bien, juste pour rassurer ma collègue députée de Vaudreuil, je pense que si la population et le conseil municipal des Îles-de-la-Madeleine échouaient dans la prochaine étape, je pense qu'à ce moment-là le résultat, ce ne serait vraisemblablement pas ni un papillon dans un projet de loi omnibus ni un nouveau projet de loi d'intérêt privé, mais une décision du DGE, donc du Directeur général des élections, ce que les Madelinots et son conseil municipal veulent à tout prix éviter.

Le Président (M. Allaire) : Parfait...

M. Arseneau : ...projet de loi d'intérêt privé, mais une décision du DGE, donc du Directeur général des élections, ce que les Madelinots et son conseil municipal veulent à tout prix éviter.

Le Président (M. Allaire) : Parfait, je vous remercie. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'article 1? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons être prêts à procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, par vote nominal, s'il vous plaît.

La Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?

M. Arseneau : Pour.

La Secrétaire : Mme Laforest (Chicoutimi)?

Mme Laforest : Pour.

La Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?

M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.

La Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?

M. Tremblay : Pour.

La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?

M. Bussière : Pour.

La Secrétaire : Mme Nichols (Vaudreuil)?

Mme Nichols : Pour.

La Secrétaire : M. Allaire (Maskinongé)?

Le Président (M. Allaire) : Abstention. Donc, l'article 1 est adopté. Nous sommes rendus à l'article 2. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.

M. Arseneau : «La présente loi entre en vigueur le — et il faut indiquer la date de sanction de la présente loi.»

Le Président (M. Allaire) : Je vous remercie, M. le député. Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 2? S'il n'y a pas d'intervention, nous serions prêts à procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, la parole est à vous.

La Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?

M. Arseneau : Pour.

La Secrétaire : Mme Laforest (Chicoutimi)?

Mme Laforest : Pour.

La Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?

M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.

La Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?

M. Tremblay : Pour.

La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?

M. Bussière : Pour.

La Secrétaire : Mme Nichols (Vaudreuil)?

Mme Nichols : Pour.

La Secrétaire : M. Allaire (Maskinongé)?

Le Président (M. Allaire) : Abstention. Donc, l'article 2 est adopté. Alors, je vous remercie. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, je vous céderais maintenant la parole pour faire lecture du préambule, puis ensuite nous allons pouvoir l'adopter si vous êtes d'accord, bien sûr.

• (12 h 50) •

M. Arseneau : Merci. «Loi concernant la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine.

«Attendu que la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a été constituée par le décret n° 1043-2001 (2001, G.O. 2, 6493);

«Attendu que l'article 78 de ce décret assujettit la municipalité à l'obligation de diviser son territoire en huit districts électoraux aux fins de trois premières élections générales et de toute élection partielle tenue avant la quatrième élection générale suivant sa constitution;

«Attendu que l'article 2 du décret n° 1109-2004 (2004, G.O. 2, 5203) a rendu sans effet cette division du territoire de la Municipalité;

«Attendu que, conformément à l'article 4 de ce décret, le ministre des Affaires municipales, des Sports et du Loisir a approuvé une proposition de la municipalité relative à la division de son territoire en districts électoraux aux fins de l'élection générale de 2005 et de toute élection partielle antérieure à l'élection générale de 2009;

«Attendu que l'article 118 de la Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal (2009, chapitre 26), l'article 42 de la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière municipale (2012, chapitre 30) et l'article 151 de la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière municipale concernant notamment le financement politique (2016, chapitre 17) ont successivement maintenu, jusqu'à l'élection générale de 2017 et aux fins de toute élection...

M. Arseneau : …(2012, chapitre 30) et l'article 151 de la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière municipale concernant notamment le financement politique (2016, chapitre 17) ont successivement maintenu, jusqu'à l'élection générale de 2017 et aux fins de toute élection partielle tenue avant l'élection générale de 2021, la division du territoire en districts électoraux qui s'est appliquée pour l'élection générale de 2005;

«Attendu qu'il y a lieu de maintenir la même division du territoire aux fins de l'élection générale de 2021 et de toute élection partielle tenue avant l'élection générale de 2025».

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. le député. Donc est-ce que le préambule est adopté?

Des voix : Adopté.

Le Président (M. Allaire) : Parfait. Est-ce qu'on doit y aller par vote nominal ou…

Mme la secrétaire, allez-y, excusez‑moi.

La Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?

M. Arseneau : Pour.

La Secrétaire : Mme Laforest (Chicoutimi)?

Mme Laforest : Pour.

La Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?

M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.

La Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?

M. Dubé : Pour.

La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?

M. Bussière : Pour.

La Secrétaire : Mme Nichols (Vaudreuil)?

Mme Nichols : Pour.

La Secrétaire : M. Allaire (Maskinongé)?

Le Président (M. Allaire) : Abstention. Donc, le préambule est adopté.

Nous allons maintenant procéder par vote nominal également pour que le type du projet de loi soit adopté. Mme la secrétaire.

La Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?

M. Arseneau : Pour.

La Secrétaire : Mme Laforest (Chicoutimi)?

Mme Laforest : Pour.

La Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?

M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.

La Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?

M. Dubé : Pour.

La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?

M. Bussière : Pour.

La Secrétaire : Mme Nichols (Vaudreuil)?

Mme Nichols : Pour.

La Secrétaire : M. Allaire (Maskinongé)?

Le Président (M. Allaire) : Abstention. Alors, le titre du projet de loi est adopté.

Je propose ensuite que la commission adopte une motion d'ajustement des références par vote nominal également. Mme la secrétaire.

La Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?

M. Arseneau : Pour.

La Secrétaire : Mme Laforest (Chicoutimi)?

Mme Laforest : Pour.

La Secrétaire : M. Girard (Lac-Saint-Jean)?

M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pour.

La Secrétaire : M. Tremblay (Dubuc)?

M. Dubé : Pour.

La Secrétaire : M. Bussière (Gatineau)?

M. Bussière : Pour.

La Secrétaire : Mme Nichols (Vaudreuil)?

Mme Nichols : Pour.

La Secrétaire : M. Allaire (Maskinongé)?

Le Président (M. Allaire) : Abstention. Alors, la motion d'ajustement est adoptée.

Nous sommes maintenant rendus aux remarques finales. Il reste quelques minutes, je veux juste vous mettre les choses en perspective. Sinon, on demandera le consentement pour aller au-delà, mais je ne pense pas que ce soit utile à ce stade‑ci.

Je cède donc la parole, maintenant, à l'opposition officielle. Mme la députée de Vaudreuil, c'est vous qui débutez.

Mme Nichols : Wow! Quel privilège! Alors, bien, tout simplement pour vous dire que… bien, je comprends les demandes et je comprends le travail que vous entamez, un travail certainement colossal. Mais, évidemment, vous étiez constitué par décret puis c'est par décret aussi qu'on a apporté des changements. Donc, vous comprendrez que j'avais… je m'excuse, mais j'avais, là, mais j'avais quelques petites questions sur le pourquoi un PLIP, mais merci d'avoir répondu à toutes nos questions. J'avoue que je ne suis jamais allée aux Îles-de-la-Madeleine, mais je promets d'y aller, M. Lapierre. J'entends tout le monde dire ici : Wow! C'est beau. Donc, merci de ce que vous avez apporté à la commission.

Le Président (M. Allaire) : Écouter, Mme la ministre.

Mme Laforest : Alors, merci, M. Lapierre, merci, M. Solomon. Je peux vous dire, M. Lapierre, vous avez vraiment un député, ici, des Îles, là, vous avez vraiment un des meilleurs députés qui portent vos dossiers, ici, à l'Assemblée nationale, ce n'est pas parce que c'est lui, mais il est très attentionné pour vous.

Et, pour la suite, je vous souhaite bonne chance dans vos prochaines élections…

Mme Laforest : …M. Solomon . Je peux vous dire, M. Lapierre, vous avez vraiment un député, ici, là, des Îles, là, vous avez vraiment un des meilleurs députés qui porte vos dossiers, ici, à l'Assemblée nationale, honnêtement, là. Ce n'est pas parce que c'est lui, mais il est très très très attentionné pour vous. Et bien, pour la suite, je vous souhaite bonne chance dans vos prochaines élections, évidemment, alors, bonne journée à vous.

Le Président (M. Allaire) : Merci, Mme la ministre. On termine avec le principal concerné, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.

M. Arseneau : Oui, merci. Alors, moi non plus, je ne veux pas qu'on dépasse l'heure qu'on s'était donnée. Je veux remercier, évidemment, nos invités : le maire Lapierre, Jean-Étienne Solomon, qui est de la relève, qui est notre nouveau greffier aux Îles-de-la-Madeleine, qui vient tout juste d'être nommé, beaucoup de talent, un avocat de formation. Bref, je veux remercier la ministre de son ouverture pour inscrire le projet de loi, y travailler, d'abord, avec son équipe et l'inscrire au feuilleton pour qu'on puisse l'adopter avant les fêtes. Évidemment, tous les députés, membres de la commission, qui ont voulu participer à cette rencontre.

Ce que je vous dirais, en terminant — je pense qu'on a pas mal fait le tour du sujet — c'est que la municipalité et beaucoup de gens chez-nous ont vécu la fusion municipale, puis le processus qui a suivi de défusion et tout ça, comme un certain traumatisme et plusieurs ont vu que les interventions qui ont été faites par le gouvernement du Québec, par décret, les avaient un peu bousculés. Alors, aujourd'hui, ce qu'on vient d'adopter comme projet de loi, c'est un projet de loi de réconciliation où, plutôt que d'agir par décret de la direction générale des élections, qu'on puisse compléter le processus de représentation démocratique de cette population de l'archipel pour qu'elle puisse se tourner résolument vers l'avenir. Alors, je vous remercie d'avoir appuyé ce projet de loi.

Le Président (M. Allaire) : Merci, M. le député. Alors, je remercie les représentants de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, naturellement, merci pour votre belle contribution à cette commission. Merci à l'ensemble des parlementaires, alentour de la table, également, c'est un beau travail d'équipe.

Alors, la commission ayant accompli son mandat ajourne ses travaux sine die. Bon dîner à tous.

(Fin de la séance à 12 h 56)


 
 

Document(s) related to the sitting