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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle, et Mme Véronique Hivon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice

Version finale

Thursday, May 18, 2017, 12 h 15

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Douze heures vingt minutes)

M. Lisée : Bien, aujourd'hui, c'est une journée un peu triste dans l'histoire du Québec parce que, pour la première fois officiellement, le Parti libéral du Québec a renié un drapeau fondateur de notre démocratie, le drapeau des patriotes, qui avait été pourtant décrit positivement par M. Philippe Couillard en disant qu'il montrait bien la volonté fondatrice des patriotes, et donc des premiers libéraux, pour, disait-il, l'interculturalisme : vert, Irlandais; blanc, Français; rouge, Anglais. Aujourd'hui, le premier ministre a dit : Non, il n'est pas question que le Parti libéral accepte que ce drapeau soit hissé sur un mât de l'Assemblée nationale. Il n'est pas question qu'on invite les municipalités, pour la fête nationale des Patriotes de lundi, de le hisser sur leur mât, comme plusieurs municipalités ont commencé à le faire ces dernières années, et alors qu'on est dans une dynamique de redécouverte de notre histoire, et de ce qui est positif dans notre histoire, et de ce qui est rassembleur dans notre histoire. Et les patriotes sont rassembleurs parce que des patriotes sont venus des radicaux, des réformistes, le Parti libéral du Québec lui-même. Et, lorsqu'on cherche dans un débat politique, qui est, par sa nature, divisif, des points de rassemblement, bien, il est important de les garder, de les chérir et de dire qu'au-delà de nos divergences il y a des choses qui nous unissent : la volonté des patriotes d'avoir la démocratie, d'avoir la défense de la nation québécoise. Certains d'entre eux voulaient le faire avec le reste du Canada de l'époque, certains d'entre eux non. Mais c'est ce qui nous unit.

Alors, aujourd'hui, je n'aurais jamais pensé qu'un premier ministre libéral renonce à son patrimoine historique, alors que l'Assemblée nationale, régulièrement, a sur ses mâts le drapeau de la Catalogne, de la Bavière, de l'Acadie, des LGBT, et on applaudit ça. Et certains de ces drapeaux sont controversés. Mais pourtant nous, on dit : Bien, voilà, nous choisissons de prendre dans ces drapeaux ce qui nous rassemble. Ni Jean Lesage, ni Jean Charest, ni Robert Bourassa n'ont jamais dénoncé le drapeau des patriotes. Et aujourd'hui M. Couillard l'a fait.

Ça m'a rappelé qu'au sixième jour de son gouvernement, toutes affaires cessantes, il a aboli le cours d'histoire obligatoire au cégep qu'on voulait introduire. Ça m'a rappelé qu'au sixième jour de son gouvernement il avait annulé la création de cinq chaires universitaires d'études sur l'histoire et la société québécoise. Ça m'a rappelé que son gouvernement a retardé l'application des cours d'histoire en secondaire III et secondaire IV. Ça m'a rappelé que son gouvernement a sabré dans les budgets de la fête nationale du Québec, ce qui rend plus difficile aux organisations et bénévoles qui le font, sur le Québec, de l'organiser. Ça m'a rappelé l'absence caractérisée de représentants du gouvernement aux célébrations de la fête des Patriotes et à la fête nationale du Québec.

Alors, il y a un moment où le premier ministre doit faire un choix. Est-ce qu'il assume l'histoire du Québec, ses symboles, ses valeurs ou est-ce qu'il en a honte? Et aujourd'hui j'ai vu un premier ministre, un chef du Parti libéral qui avait honte de l'histoire du Québec et d'un drapeau qui devrait être rassembleur. Et, pour qu'un drapeau soit rassembleur, bien, il faut que les gens acceptent de se rassembler autour de lui. Alors, c'est une journée sombre. Et, lorsque je dis à mes amis libéraux que leur grand parti est aujourd'hui dirigé par un groupe qui a rompu avec les valeurs libérales, je pense qu'aujourd'hui on en a eu une expression au-delà de ce qu'on aurait pu s'imaginer. Ce groupe, qui dirige le Parti libéral aujourd'hui, est en rupture avec l'histoire du Parti libéral, avec le nationalisme du Parti libéral, et aujourd'hui a décidé de mettre à la poubelle un des symboles fondateurs de notre nation.

Mme Hivon : Sur... oui, je voulais simplement aborder la question du projet de loi sur l'adoption, simplement vous dire : nous nous réjouissons qu'à la suite de nos interventions des derniers jours et, bien sûr, des interventions très, très percutantes et touchantes des personnes adoptées le gouvernement ait changé son fusil d'épaule ce matin et ait montré de l'ouverture pour que le projet de loi sur l'adoption soit priorisé. C'est un projet de loi qui touche des personnes humaines, qui vise à faire reculer de la détresse, donc, de ces personnes-là qui sont à la quête de leur identité biologique. Donc, nous sommes très heureux d'avoir, donc, contribué à faire en sorte que la voix de ces centaines, de ces milliers de personnes adoptées ait été entendue et on comprend donc qu'il y a désormais de l'ouverture pour que le projet de loi soit priorisé, ce qui est une excellente nouvelle et qui vient redonner de l'espoir à toutes ces personnes adoptées.

Et finalement on se réjouit aussi d'un changement de cap de la CAQ qui est digne de mention. Alors que la CAQ n'avait pas emboîté le pas jusqu'à ce jour pour la demande de la clause dérogatoire pour laquelle nous nous battons depuis des mois pour que justice puisse être rendue en matière, là, de dossier criminel, on a vu ce matin que, contrairement à ce qu'ils avaient plaidé il y a quelques semaines où ils demandaient l'utilisation de la clause dérogatoire mais par le fédéral, aujourd'hui, le député de Borduas, la CAQ, a donc emboîté le pas à notre demande que nous formulons depuis un très bon moment maintenant et a demandé que la clause soit utilisée au Québec, ce qui est une excellente nouvelle.

M. Laforest (Alain) : J'aurais deux questions. D'abord sur le drapeau. Le drapeau des patriotes, ce qu'a dit M. Couillard, vous ne pouvez pas le nier, c'est un drapeau qui a été récupéré par le FLQ. C'est un peu pour ça qu'il veut prendre ses distances. Pour vous, ce n'est pas assez?

M. Lisée : Écoutez, le drapeau du Québec a été utilisé par tous les groupes de pression au Québec, a été utilisé par des gens qui étaient moins respectueux de la démocratie que nous le sommes tous ici. Ce n'est pas une raison pour ne plus l'utiliser. Je veux dire, si à chaque fois qu'un drapeau national est utilisé par un groupe extrémiste on doit le jeter aux poubelles, bien, je vous dis qu'il n'y aurait pas beaucoup de drapeaux sur la planète qui resteraient sur des mâts.

Alors, la responsabilité politique de dire qu'un symbole est rassembleur, elle revient au premier ministre, aux chefs politiques. Et d'ailleurs je lui ai dit : Écoutez, moi, je suis le chef du mouvement indépendantiste. Je vous le dis, là, c'est votre héritage. Vous l'avez d'ailleurs réclamé, vous l'avez assumé dans un texte de... récemment, là, quand il est revenu en politique. Il a lui-même décrit le drapeau comme étant fondateur des valeurs libérales. C'était bien après la crise d'octobre.

Donc, après la crise d'octobre, il considérait que c'était son drapeau, aujourd'hui, il considère que ça ne l'est plus. Alors, soit il a assez d'autorité pour affirmer, comme chef du Parti libéral, que c'est aussi son drapeau, soit il a honte du passé du Parti libéral.

Maintenant, je lui ai dit aussi que Claude Ryan avait décidé que le drapeau du Québec, qui était alors largement utilisé par le Parti québécois, allait être aussi son drapeau et que le bleu, qui n'était pas sur le symbole du Parti libéral, allait l'être. Alors, c'est une décision politique de rassembler autour d'une couleur et d'un drapeau. Un prédécesseur de M. Couillard l'a fait. Pourquoi lui n'a-t-il pas la capacité ou le cran de le faire?

M. Laforest (Alain) : Ma deuxième question...

Une voix : ...

M. Laforest (Alain) : Ma deuxième question : Est-ce que vous convergez dans vos idées concernant Pascal Bérubé sur la convergence avec QS ce matin?

M. Lisée : Si je converge avec... Je converge généralement avec Pascal Bérubé.

M. Laforest (Alain) : M. Bérubé nous a dit que c'était impossible d'avoir un gouvernement majoritaire sans suivre Québec solidaire.

M. Lisée : Ah! O.K. Bien, vous m'avez entendu très, très souvent sur cette question. Je pense que le Parti québécois est très bien positionné pour obtenir une majorité lors de l'élection d'octobre 2018. Les raisons sont nombreuses. La première raison, c'est que, face à nous, il y a deux gouvernements fédéralistes de droite qui vont proposer des baisses d'impôt, et ça, ça signifie de l'austérité. Et on pense qu'une majorité de Québécois ne veulent pas ça. Ils veulent de bons services pour leurs aînés, pour leurs enfants, dans la santé. Et ça, c'est le contraire des baisses d'impôt. Et nous, on est certains que, dans cette discussion-là, on va gagner et on va gagner majoritaire.

Maintenant, moi, je suis un rassembleur, et nous sommes des rassembleurs et nous pensons que c'est encore mieux, pour gagner encore plus fort, que les progressistes et les indépendantistes additionnent leurs voix et fassent en sorte que leur vision du Québec, un Québec plus proche des gens, un Québec qui n'a pas une calculatrice à la place du coeur, soit au pouvoir avec une majorité encore plus forte. C'est pourquoi nous proposons la convergence.

M. Boivin (Mathieu) : Mais vous n'avez pas besoin de Québec solidaire pour être majoritaire. C'est ce qu'on comprend?

M. Lisée : C'est ce que vous comprenez. Moi, je pense que le Parti québécois est très bien positionné pour être majoritaire. On a la meilleure équipe de gouvernement en attente. On le voit tous les jours à l'Assemblée nationale. On a les bonnes réponses aux questions qu'on pose. On a le parti le plus fort au Québec, 90 000 membres, plusieurs milliers de membres récemment qui se sont joints à nous. C'est plus que tous les autres partis réunis.

M. Boivin (Mathieu) : Alors, pourquoi vous embarrasser de gens qui sont bien plus à gauche que certains dans votre propre caucus?

M. Lisée : Parce qu'on est des rassembleurs. On veut rassembler à la fois les indépendantistes et les progressistes. On a une offre très attirante pour des gens qui, en ce moment, sont à la CAQ. C'est-à-dire que nous, on est le parti des familles, on va continuer à être le parti des familles. On a une initiative qui s'appelle Priorité PME. On veut être le parti de l'entrepreneurship, ça va être un thème important, et on pense qu'on peut rassembler tous ceux qui en ont assez de l'austérité, qui en ont assez de ça.

Des voix : ...

M. Lisée : Je vais synthétiser l'ensemble des questions en une seule, O.K., en disant que, oui, je pense que Pascal a affiché un optimisme moins grand que le mien. Et moi, je suis plus optimiste que Pascal. Mais on en a discuté tout à l'heure ensemble, puis il a dit : Oui, effectivement, je pense que je suis allé un peu fort là-dessus, et nous avons la capacité de gagner une majorité.

M. Chouinard (Tommy) : En disant qu'il serait difficile pour le Parti québécois d'avoir une majorité de sièges sans une alliance avec QS, est-ce que M. Bérubé surestime l'influence réelle que peut avoir QS sur les performances électorales du Parti québécois?

Mme Hivon : Je veux juste dire une chose, hein, c'est qu'on regarde tout ça par le prisme de calcul, mais la convergence, là, ce n'est pas d'abord une question de calcul, c'est une question de se dire que le tout peut être plus grand que la somme des parties. C'est une manière d'envoyer un message d'espoir à tous les indépendantistes et progressistes, de dire qu'on est capables de sortir des chemins tracés d'avance et de travailler ensemble pour maximiser les chances d'apporter au Québec des réponses progressistes et indépendantistes. Je pense que c'est important de le voir comme ça. C'est sûr qu'on y croit. Moi, j'y crois, là, je suis responsable de la convergence. J'y crois profondément, à l'espoir que ça peut redonner de se dire oui, d'essayer de travailler ensemble. Donc, ça, c'est vraiment important.

Oui, après, on peut se dire comment on pourrait aborder la question des pactes électoraux, comment on peut maximiser ces chances-là, mais, vous savez, en politique, on est là pour toujours additionner, on est là pour toujours rassembler plus. Oui, on est dans un parti auquel on croit, on pense, c'est certain, qu'on peut gagner les élections, mais on serait fous de ne pas envoyer un signal qu'on veut maximiser ces chances-là et surtout envoyer ce signal aux Québécois qui ne croient pas qu'il faut des réponses fédéralistes de droite mais qui croient qu'il faut des réponses progressistes et indépendantistes. C'est ça, le sens de la démarche.

M. Boivin (Simon) : Néanmoins, M. Lisée, là, de quelle école de pensée êtes-vous en matière de convergence? Est-ce que c'est celle qui veut qu'on s'entende sur une trentaine de comtés libéraux ou celle qui veut qu'on ait un pacte de non-agression avec Québec solidaire et le Parti québécois dans tous les comtés au Québec?

M. Lisée : On va mener cette négociation-là si et lorsque les militants de Québec solidaire acceptent d'ouvrir des négociations.

M. Boivin (Simon) : Avez-vous une préférence à ce stade-ci?

M. Lisée : Je vais laisser les négociateurs regarder les options, mais l'objectif, ce qui doit nous guider dans cette négociation, c'est comment on peut, dans le principe et dans le détail, maximiser les chances de sortir du blocage libéral, maximiser les chances d'avoir une force politique qui permet de réinvestir dans la santé, dans l'éducation, dans la justice, d'établir la force du Québec, de sortir du pétrole, de dire non à Énergie Est, qui est appuyé par les deux autres partis. C'est ça qui doit nous guider dans cette négociation-là qu'on espère faire.

M. Laforest (Alain) : Sans QS, ce n'est pas possible?

M. Lisée : Oui, c'est possible, bien sûr, mais ce que je vous dis, c'est que nous, on pense qu'on peut être majoritaires, mais on peut augmenter la force et provoquer un déblocage politique aussi. Il y a du scepticisme sur la capacité d'avoir une convergence. Il y a du scepticisme. Je l'ai vécu lorsque j'étais négociateur pour M. Parizeau, lorsqu'on négociait avec M. Dumont, beaucoup de scepticisme. Et, lorsque l'entente a eu lieu, il y a eu une embellie. Les gens ont dit : Ah! ils ont réussi à se rassembler. Ça, c'est du monde qui met l'intérêt de la nation au-delà de leur intérêt partisan. Hein, ils ont franchi des obstacles parce qu'ils avaient quelque chose de plus important que leur propre parti : le bien commun. Alors, moi, j'espère aussi que, si on a cette convergence, il y aura ce déclic, dire : Bien, il se passe quelque chose.

M. Bellerose (Patrick) : Qu'est-ce que vous dites au monde de Québec solidaire, aux délégués qui vont voter en fin de semaine, qui se rappellent de vos propos? Vous aviez dit : On pourrait aller chercher des votes à la CAQ, des électeurs qui sont beaucoup plus à droite. C'est du monde qui, ultimement, se disent : Est-ce que le PQ est réellement à gauche? Est-ce qu'ils vont aller vers la gauche pour faire la convergence avec nous?

M. Lisée : Une coalition, c'est justement le fait que des gens qui n'ont pas exactement la même position sur tous les sujets se mettent ensemble pour un objectif qui est plus grand qu'eux. Au référendum de 1980, Mario Dumont n'est pas devenu social-démocrate, et Jacques Parizeau n'est pas devenu en faveur de la privatisation de la santé, mais ils avaient des objectifs communs plus importants que ces divergences et ils ont respecté leurs divergences.

Alors, c'est de ça dont on parle. Si on veut rassembler, il faut rassembler au-delà de QS et des électeurs actuels du PQ. Il faut aller chercher d'autres électeurs qui ont des préoccupations qui sont parfaitement légitimes et que nous incarnons. Le Parti québécois, sur la famille, sur les PME, sur l'entrepreneuriat, nous avons toujours incarné cela, on va continuer à le faire. Ce n'est pas le langage habituel de QS, mais je ne les vois pas s'opposer au fait que les PME du Québec, les jeunes entrepreneurs, puissent avoir des conditions encore plus favorables pour créer de la richesse et des emplois dans toutes les régions du Québec.

M. Vigneault (Nicolas) : M. Lisée, sur drapeau, admettez-vous que le drapeau n'a pas été placé non plus au mât de l'Assemblée nationale au moment où Pauline Marois était au pouvoir?

M. Lisée : Effectivement, c'est un...

M. Vigneault (Nicolas) : Pourquoi vous demandez ça maintenant aujourd'hui?

M. Lisée : C'est un mouvement qui vient de la base. Depuis quelques années, des associations demandent aux municipalités de le mettre. Et on a trouvé que c'était une bonne idée. On a dit : Vous avez raison. Comment souligner cette journée-là? Mettre le drapeau des patriotes dans les municipalités. Et puis là, si des municipalités le font déjà, bien, d'autant plus l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale a accepté qu'il y avait une fête nationale des Patriotes. Alors, si on ne met pas le drapeau des patriotes, qu'est-ce qu'on peut mettre?

M. Boivin (Simon) : En même temps, M. Lisée, en quoi l'attitude de M. Couillard à l'endroit du drapeau des patriotes est très différente de celle du gouvernement Marois à l'endroit de l'unifolié, qui avait été retiré de la salle du Conseil exécutif, du salon rouge, sous le gouvernement de Mme Marois, justement? En quoi c'est des attitudes différentes, ça, de ne pas vouloir s'associer à des drapeaux qui font partie de l'histoire du Québec aussi?

M. Lisée : Bien, on ne prétend pas que des groupes extrémistes ont instrumentalisé le drapeau du Canada. Nous, on considère qu'on est dans l'Assemblée nationale du Québec et que, donc, la souveraineté représentée ici, dans cette Assemblée, c'est la souveraineté du Québec. Mais, si le premier ministre du Canada vient faire une visite à l'Assemblée nationale, on mettra son drapeau sur un des mats, bien sûr. Ça, ce n'est pas une difficulté. Mais est-ce que c'est l'Assemblée nationale du Québec? Oui. Ce n'est pas l'Assemblée nationale du Canada. C'est pourquoi le drapeau du Québec, c'est celui qui devrait être là. S'il y a une visite canadienne, bien, très bien.

M. Laforest (Alain) : Québec fait partie du Canada, là, jusqu'à preuve du contraire, non?

M. Lisée : C'est vrai et c'est l'argument que les libéraux utilisent. Nous, on pense que c'est le siège de la souveraineté du Québec, et donc c'est le drapeau qui devrait être là. C'est un désaccord entre gens raisonnables, et je comprends leur argument, ils comprennent le mien. Mais je ne renie pas le drapeau du Canada, je ne dis pas qu'en aucun cas il ne doit être mis sur l'Assemblée nationale si on a une visite. Eux, ils disent qu'en aucun cas le drapeau des patriotes ne doit être mis sur l'Assemblée nationale, même le jour des patriotes.

M. Boivin (Mathieu) : M. Lisée, quand vous avez demandé à M. Couillard pourquoi il ne le faisait pas, M. Couillard a dit : Bien, moi, les gens me disent : Ne fais pas ça. J'ai posé la question à M. Couillard : Qu'est-ce qu'on vous dit exactement pour ne pas mettre le drapeau du patriotes? M. Couillard a dit, je le cite : Ils trouvent ça totalement inintéressant. Est-ce que ça se peut, ça, que les gens trouvent ça totalement inintéressant?

M. Lisée : Bien, si les gens trouvaient ça inintéressant, il n'aurait pas de difficulté à le mettre, hein? C'est clair. Et pourquoi ils ne trouvent pas inintéressant de mettre le drapeau du Canada? De mettre le drapeau de la Catalogne, le drapeau bavarois, le drapeau LGBT? Ça, ils trouvent ça intéressant. Mais le drapeau des patriotes, ils trouvent ça inintéressant. Moi, je pense simplement qu'un premier ministre, qui doit être rassembleur, doit assumer l'histoire du Québec et aller au-delà de quelques personnes qui n'aiment pas le drapeau pour dire : Écoutez, on le prend, c'est notre drapeau. C'est un drapeau fondateur du Parti libéral du Québec. Alors, malgré les quelques critiques, on l'assume.

Le Modérateur : Des questions en anglais?

M. Chouinard (Tommy) : Une dernière question. Combien de fois le drapeau des patriotes a été hissé devant l'Assemblée nationale?

M. Lisée : Je pense que, pour l'instant, c'est zéro.

M. Chouinard (Tommy) : Le gouvernement Marois ne l'a pas fait?

M. Lisée : Bien, c'est ça. On le disait, cette idée d'utiliser le drapeau depuis l'instauration de la fête nationale des Patriotes, c'est quelque chose qui... ça fait deux ou trois ans que ça a commencé dans les municipalités de la couronne de Montréal, et là on le porte ici.

Le Modérateur : En anglais?

M. Lisée : Sure.

Mme Fletcher (Raquel) : M. Lisée, what do you think about the fact that the Government won't be passing the pitbull ban or the clown pants bill, that they have decide their priorities are adoption, justice and Bill 98?

M. Lisée : Well, you know, this has been an almost do nothing National Assembly led by the Liberals in the last year. I mean, the number of legislations tabled, discussed, adopted is almost at an all time low. So, they've been ineffective or lazy, I don't know what, lacking political will, but, normally, an National Assembly is much more productive than it is now. Under the Marois government, it was much more productive than it is now. And the Liberals have to explain why they don't feel that these legislations are important and that they don't have the National Assembly working to pass them.

Mme Hivon : And, as we stated yesterday, for us, it is a real priority, the adoption bill, because it really concerns human lives and people who are adopted in Québec, who've been waiting for years for this legislation. And you've seen yesterday, you've seen in the last few days that the government was trying to use that bill as a money of exchange, and that didn't pass well at all with the adopted people. And I think that, today, they realize that, and this why they are accepting our will to have this bill prioritized.

Mme Fletcher (Raquel) : On the justice bill, you said you were happy that the CAQ has changed their mind and is now demanding to use the notwithstanding clause. Why is that important for you? The Minister has said several times she's not interested in using the notwithstanding. So do you think the support of the CAQ will push her to change her mind on that as well?

Mme Hivon : Well, of course, we want the most people possible to agree with that idea. You know that, among the people, the citizens of Québec, people are really behind that idea and, you know, they've been, you know, sending us messages, phone calls in my office, with Jean-François also. You know, they're really behind this idea because they feel that we are just letting down the victims in Québec. And Québec solidaire had already said that they were backing our request to have the notwithstanding clause used. And this is something that the CAQ had not been willing to approve so far. So, yes, it's a very big change, and we're happy that they are joining us in this request.

Mme Fletcher (Raquel) : And who pushed to have comity work throughout the summer on Bill 62? Was that something that you…

Mme Hivon : It's the Minister of Justice, it's Mrs. Vallée. When we were at the credits, I asked her if the bill on adoption would be prioritized…

Mme Fletcher (Raquel) : …Bill 62.

Mme Hivon : Yes, but she said that it wouldn't be prioritized because she wanted 62 to be discussed and brought back in comity before adoption. So, this is why, you know, you saw, in the last days, this outrage by the adopted people, because we've already, you know, went through many phases, you know. The consultations, the hearings were done before Christmas. And this is why we're discussing 62 again, because they said it had to come before the adoption bill, up until this morning.

M. Lisée : All right.

M. Authier (Philip) : Can I get one?

M. Lisée : Ah! Not sure.

Des voix :

M. Lisée : Ah! with what you printed this week, I'm not sure. Mr. Gazette.

M. Authier (Philip) : I don't pull…

M. Lisée : Mr. Gazette, I love your fantastic newspaper.

Des voix :

M. Lisée : Oh! it's great. It's great. I never talked to Mr. Gazette himself.

Une voix : I've never met…

M. Authier (Philip) : Before my colleagues were... Le chef rappelle Bérubé à l'ordre about what he said he said about QS. Could you explain… I mean, your quote is clever: Pascal showed less optimism than me. So, you are stating today that you think you can still form a majority government in 2018 without QS, right?

M. Lisée : Of course.

M. Authier (Philip) : And why is that? He's arguing : At 8:00 o clock, they have 40 seats, at 8 h 20, they have 50, it's all over.

M. Lisée : We need 62. No, I think you're a seasoned reporter and you saw in the last electoral cycles in Canada, in the US, in France, elsewhere, how voters are now completely liberated and fluid and make decisions within the confines of the debate and during the electoral season. We're now up to 15 % of the electorate that make their decision in the last 48 hours. So anyone who says now that they can predict the outcome should not have a pay day, simply. I mean, we can speculate but it's pure speculation.

The way I see the election, it's going to be a conflict between two right wing parties, the CAQ and the Liberals, who will say : We're going to cut taxes and deprive the State from considerable funds. And the Parti québécois will say : It's enough with austerity. It's enough with taking money away from our kids, and our elderly, and from the health system. We want to reinvest in good public services and we will win this debate. If we have QS with us, it's going to be even better. But even without them, I'm confident we're going to win, as I was confident, on the first day of my leadership campaign, that what I was saying then, which was not a majority opinion within the PQ, was the right thing to say and would prevail. And it did. Merci.

(Fin à 12 h 45)

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