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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, député de Gouin et Mme Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques

Version finale

Tuesday, September 19, 2017, 11 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures treize minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, tout le monde. Malheureusement, encore une fois, on a une rentrée parlementaire qui est teintée par une odeur qu'on connaît beaucoup trop, celle du manque d'éthique des libéraux.

Hier, à Québec solidaire, on a annoncé notre volonté de faire de la question de l'économie et du travail la grande priorité de Québec solidaire, mais on craint bien malheureusement, encore une fois, que ces sujets-là soient occultés, qu'au lieu de parler du bilan catastrophique des libéraux en matière d'économie, au lieu de parler des conséquences de la vision économique des libéraux sur la majorité des Québécois et des Québécoises, bien, qu'on soit encore une fois plongés dans des débats et des controverses sur l'éthique du gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Pourtant, si on en parlait un peu plus du bilan économique des libéraux, on se rendrait compte qu'il n'a rien d'exceptionnel, bien au contraire, parce que, contrairement à ce que prétend Philippe Couillard, la création d'emplois du gouvernement libéral, elle est loin d'être exceptionnelle. M. Couillard, depuis son entrée au pouvoir, a créé à peu près 50 000 emplois par année. Ça, c'est la moyenne de création d'emplois dans les 25 dernières années au Québec. Ça n'a absolument rien d'impressionnant ni rien d'exceptionnel.

Sur le plan du chômage aussi, M. Couillard se vante beaucoup, nous dit que le taux de chômage démontre ses grandes réussites en matière économique. On rappelle à tout le monde que le taux de chômage, ce n'est pas le seul indicateur d'une économie qui va bien, bien au contraire. L'endettement des familles de la classe moyenne n'a jamais été aussi élevé, le nombre de burnout, d'épuisements professionnels n'a jamais été aussi élevé au Québec. Ça, ce ne sont pas des signes d'une économie qui va bien, bien au contraire, c'est des signes d'une économie qui épuise les gens qui la font rouler.

Si l'économie, elle va bien, en fait, c'est pour une poignée de gens au Québec. L'économie, elle va bien pour les dirigeants de Couche-Tard, pour les dirigeants de Bombardier. L'économie, elle va bien pour les cadres de l'ARTM, elle va bien pour Pierre Marc Johnson qui a vu son salaire doubler la semaine dernière. Pour tous ces gens-là, l'économie va bien et, en fait, elle va bien depuis 15 ans, l'économie, pour les dirigeants québécois.

Là où le bât blesse, c'est sur le terrain, dans la vie des travailleurs et des travailleuses, où il y a encore énormément... Il y a encore près d'un million de personnes au Québec qui font moins de 15 $ de l'heure. Il y a beaucoup trop de gens au Québec qui travaillent et qui restent pauvres, qui doivent notamment s'alimenter dans des banques alimentaires. Alors, pour tous ces gens-là, l'économie, non, elle ne va pas bien.

Cette session, on va donc remettre de l'avant nos alternatives en matière économique, notre vision d'une économie qui vraiment est au service des gens et non pas des dirigeants.

Mme Massé : Le manque d'éthique au niveau des différents scandales qui se passent au niveau libéral nous occulte aussi une autre dimension actuellement qui est chère au coeur de Québec solidaire, c'est la question de la démocratie. Et là je nous pointe tranquillement vers la question catalane. Actuellement, en Catalagne, il est en train... en Catalogne, pardon, il est en train de se passer quelque chose d'inacceptable.

Il y a un gouvernement central qui est en train d'empêcher un peuple de se prononcer de façon démocratique sur l'avenir de... pour la suite des choses, sur l'avenir de son pays. Ce qui est, pour nous, inacceptable là-dedans, c'est que le droit international reconnaît depuis longtemps le droit à l'autodétermination des peuples. Madrid en décide autrement. Madrid décide que de la production de dépliants en faveur de l'indépendance de la Catalogne doit être confisquée. Madrid considère que les maires et mairesses qui démocratiquement veulent permettre la réalisation du référendum catalan, bien, ces gens-là sont convoqués et sont perçus, sont indiqués comme étant à l'encontre de la loi. Il y a quelque chose qui ne marche pas.

En démocratie, l'expression populaire est quelque chose de fondamental et c'est pour ça que je dis que c'est triste. On a demandé au gouvernement canadien, on a demandé au gouvernement Couillard d'intervenir pour faire respecter les droits fondamentaux du peuple catalan. La réponse, c'est : Ça les regarde, on ne va pas intervenir là-dedans. C'est dramatique. L'ensemble de la communauté internationale devrait réagir à ce qui se passe présentement en Espagne. C'est des droits fondamentaux reconnus à travers les chartes internationales, et je suis très attristée que nos deux premiers ministres ne se sentent pas assez démocrates pour reconnaître à ce peuple-là son droit à l'autodétermination.

Cet après-midi, il y aura, de la part de la députée de Vachon, une motion justement à l'effet que l'Assemblée nationale du Québec soutienne le peuple catalan, réaffirme les droits internationaux, les chartes, et j'espère que tous les indépendantistes, d'une part, du Parlement soient en faveur de cette motion, mais aussi et surtout ceux et celles qui se croient démocrates, qui se disent démocrates, redonneront le droit de démocratie aussi au peuple catalan.

Le Modérateur : Merci. On va prendre les questions en alternance. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous deux. Ce matin, M. Legault a réaffirmé le fait qu'on doit réduire les impôts de 500 $ par personne, 1 000 $ par famille. Vous semblez dire que les Québécois n'en ont pas assez. Est-ce que vous le supportez dans cette veine-là?

M. Nadeau-Dubois : La priorité en ce moment au Québec, ce n'est pas de donner 500 $ de baisses d'impôt, c'est de faire augmenter les salaires des gens pour que ces gens-là dépensent dans leurs économies locales et régionales qui créent des emplois. Des baisses d'impôt, comment dire... La vision de l'économie qui ne prêche que par des baisses d'impôt, c'est la vision libérale, et, la vision libérale, on en constate actuellement les effets. C'est un appauvrissement des familles de la classe moyenne, c'est une augmentation des inégalités sociales. On l'a appris récemment, là, le revenu médian des Québécois, il n'augmente à peu près pas depuis plusieurs années, et donc ce que M. Legault propose, c'est la même recette que la recette libérale. Et essayer la même recette et s'attendre à des résultats différents, ce n'est pas exactement notre définition de la cohérence.

M. Laforest (Alain) : M. Lisée a réclamé ce matin qu'on arrête la commission sur le racisme systémique en disant... je ne répéterai pas les mots de M. Bergeron à une certaine époque, une patente à gosses, là, mais il laisse entendre que ça ne fonctionne pas, que ça ne va pas fonctionner, qu'on n'est pas là, que ça ne donne absolument rien.

Est-ce que vous êtes toujours dans cette veine-là? Je crois que vous appuyez plutôt le fait de tenir cette commission-là.

M. Nadeau-Dubois : Il faut arrêter de démoniser cette commission-là. Si l'exercice est bien fait dans la transparence et de manière non partisane, ça peut être un moment de réflexion important pour le Québec. Ceci étant dit, ce n'est pas vers là qu'on s'en va à l'heure actuelle. À l'heure actuelle, les libéraux ont fait preuve d'un manque de transparence, d'un manque de sérieux, qui en effet met à mal la crédibilité de la commission.

Pour Québec solidaire, il est minuit moins une. Je veux dire, le premier ministre doit intervenir maintenant, là, pour corriger le tir puis pour sauver la crédibilité de la commission. Nous, on pense qu'il n'est pas trop tard, mais c'est une commission qui a sérieusement du plomb dans l'aile et, si on veut que ça se passe bien, il faut agir maintenant parce que, si la tendance se maintient, en effet, cette commission-là ne jouera pas le rôle qu'elle devrait jouer.

Mme Massé : Et c'est d'ailleurs pourquoi, depuis la semaine dernière, on invite l'ensemble des partis, au lieu de démoniser, au lieu de dire que ça ne donnera rien, au contraire, de s'asseoir ensemble et dire : Comment on va y arriver? Parce qu'il y a des gens qui, au jour le jour, vivent les situations de racisme, et, dans ce sens-là, ce n'est pas en démonisant, ce n'est pas en disant que cette consultation-là a pour but de juger les Québécois et Québécoises comme quoi ils sont racistes, ce n'est pas ça, l'enjeu. C'est qu'il y a des gens qui la vivent, cette discrimination-là, et qui nous demandent collectivement d'agir pour que ça cesse.

Le Modérateur : Marco Bélair-Cirino, Le Devoir.

M. Bélair-Cirino (Marco) : La semaine dernière, vous avez tendu la main au premier ministre Philippe Couillard afin qu'il s'assoie avec vous pour revoir le format de l'exercice de consultation sur la discrimination systémique. Il a refusé. Vous pointez de graves problèmes. Est-ce que la commission, dans sa forme actuelle, devrait être suspendue?

M. Nadeau-Dubois : Actuellement, le format, il n'est pas satisfaisant. Le caractère confidentiel des rencontres, notamment, c'est un problème, parce que l'intérêt de cette commission-là, ce n'est pas de faire un procès, c'est d'aller écouter, d'aller entendre les gens qui, sur le terrain, vivent la discrimination et du racisme. Mais, si on fait ça à huis clos, on passe à côté de l'objectif.

Donc, pour nous, c'est clair, là, on n'est pas ici pour venir à la rescousse de la formule actuelle. Au contraire, on dit : Cette formule-là, elle n'est pas satisfaisante. Est-ce que ça veut dire pour autant qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain et se débarrasser de toute la commission? On pense qu'il est encore temps d'agir, que c'est encore possible de faire des modifications. Mais, si ce n'est pas fait, si le gouvernement Couillard s'entête, bien, la question va se poser, en effet, de, si ce n'est pas mieux, disons, de surseoir à l'exercice pour le moment. À ce stade-ci, on n'est pas là. Nous, on pense que c'est encore possible d'améliorer la formule, mais il faut le faire et il faut le faire maintenant, parce que même les gens qui ont demandé cette commission-là au départ le disent aussi que ce n'est pas satisfaisant.

Par ailleurs, on l'a déjà fait au Québec, l'exercice, un exercice qui peut ressembler un peu, celui de la commission Bouchard-Taylor, et, de manière générale, ça s'est bien déroulé. Ça s'est bien déroulé, et on a fait la démonstration, donc, il y a une dizaine d'années, qu'on est capables d'avoir ces débats-là au Québec, qu'on est capables de le faire sans faire le procès de personne puis de le faire devant public, de le faire de manière transparente. Donc, on l'a fait il y a 10 ans, on peut le refaire aujourd'hui. Il faut juste mettre des bonnes conditions, et nous, ce qu'on demande à Philippe Couillard, c'est de mettre ces conditions-là en place le plus rapidement possible.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Avez-vous été étonnés hier d'apprendre que, quelque cinq mois après avoir eu en main la déclaration écrite de M. Francoeur, que la Sûreté du Québec et les autres corps de police impliqués dans l'enquête sur ces allégations n'aient pas rencontré Jean-Marc Fournier ou Raymond Bachand et qu'en plus hier on apprenne que l'équipe d'enquête est élargie, cinq corps de police plus le Bureau des enquêtes indépendantes, qui va maintenant cogérer l'enquête avec un corps de police, alors qu'il doit préserver comme la prunelle de ses yeux son indépendance?

M. Nadeau-Dubois : Tout ça est très inquiétant. M. Lafrenière est venu ici au mois de mars, au printemps dernier, pour rassurer les parlementaires, rassurer les Québécois que les enquêtes avançaient puis qu'il allait y avoir des résultats. Plusieurs mois plus tard, on est au même point, pas d'accusation déposée, pas de résultat concret. Je pense qu'on n'est pas les seuls, là. Il y a beaucoup de gens au Québec qui veulent des résultats.

Pourquoi l'enquête Mâchurer n'avance pas? Pourquoi l'UPAC ne fait pas d'arrestation? Ce n'est pas vrai que c'est juste Nathalie Normandeau, là, qui mérite de répondre aux questions de la justice. Donc là, ça va faire, le niaisage. Il faut des résultats, il faut des résultats rapidement. Et moi, je suis un peu interloqué de voir une descente de l'UPAC ce matin, le lendemain ou le surlendemain de révélations. Pourquoi ça prend ça pour que ça débloque? Et là encore on est au niveau municipal. On a l'impression qu'à l'UPAC, tant qu'on est loin du palier provincial, on est capable de travailler, mais que, dès qu'on s'approche du gouvernement du Québec, là, tout bloque. Et, pour nous, c'est un problème. On s'attend à des résultats rapides, parce que, là, ce qui s'en vient dans un an, c'est les élections, et il faut qu'en 2018 les Québécois, Québécoises soient capables de voter en toute connaissance de cause. Il faut que les gens, en octobre 2018, soient capables de savoir s'ils votent pour des gens et des partis honnêtes ou malhonnêtes.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Juste rapidement, est-ce que le BEI devrait assurer la direction de l'enquête sur les allégations d'Yves Francoeur?

M. Nadeau-Dubois : Bien honnêtement, là, BEI ou pas BEI, l'important, c'est qu'il y ait des résultats. Si l'inclusion du BEI dans le dossier peut accélérer les choses, on va être les premiers à s'en réjouir, mais, à ce stade-ci, après plusieurs années, il faut des résultats. Si le BEI accélère les choses, tant mieux.

Le Modérateur : Patrick Bellerose, Journal de Montréal.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour. Justement, qu'est-ce que ça vous dit que le BEI et d'autres corps policiers aient été appelés en renfort pour élargir l'enquête cinq mois après le début de l'enquête?

M. Nadeau-Dubois : Québec solidaire n'est pas dans le secret des dieux à ce niveau-là, hein? Qu'est-ce qui se passe exactement à l'intérieur de l'UPAC, qu'est-ce qui bloque le processus d'enquête, nous, on n'est pas en mesure de répondre à cette question-là. Il faut la poser à l'UPAC et au gouvernement qui l'a mis en place.

M. Bellerose (Patrick) : ...début de l'enquête?

M. Nadeau-Dubois : Bien, moi, je pense qu'il y a énormément de choses qui jettent des doutes sur qu'est-ce qui se passe à l'UPAC. Il y a énormément de raisons de s'inquiéter du travail de l'UPAC. Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de résultats? Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas d'arrestations? Et bien sûr, oui, le fait qu'on inclut le BEI, ça semble être une manière de reconnaître qu'il a besoin d'aide, là, ou qu'il a besoin, en tout cas, qu'on vienne en renfort à l'UPAC. Et si l'UPAC faisait bien son travail, on n'aurait probablement pas besoin d'appeler le BEI en renfort.

M. Bellerose (Patrick) : Hier, votre collègue a demandé la démission de M. Fournier. Est-ce que M. Fournier a la crédibilité aujourd'hui pour se lever en Chambre à titre de leader parlementaire?

Mme Massé : Bien, vous savez, ce n'est pas la première fois qu'on demande à M. Fournier de se retirer, parce que M. Couillard nous avait avisés, d'entrée de jeu, à cette législature, qu'il voulait tourner la page avec l'ère Charest, et, en se réentourant de gens qui étaient ministres, qui avaient un rôle actif au sein du gouvernement Charest, c'est sûr que M. Couillard ne nous rassure pas.

Aujourd'hui, il n'a pas demandé à son ministre... à son leader, pardon, de se retirer. Encore là, il y a peut-être des questions à se poser, parce que, vous savez, ce qui finit par vraiment être choquant dans toutes ces séquences-là, depuis plusieurs mois, c'est qu'y compris M. Fournier, y compris M. Couillard ne reconnaissent pas qu'ils sont encore très près de tout ce que l'ère Charest nous a amené comme collusion et corruption, et que nous souhaitons largement, après la commission Charbonneau, avoir des résultats sur les enquêtes au niveau provincial... au niveau, je veux dire, du gouvernement du Québec, pas seulement au niveau des municipalités.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, est-ce que M. Fournier a la légitimité pour se lever en Chambre aujourd'hui?

Mme Massé : M. Fournier, selon nous... Quand on demande la démission d'un député, d'un ministre, d'un leader, c'est que, d'après nous, selon nous, à Québec solidaire, il n'a pas la légitimité d'être là parce qu'il est trop près. Je ne suis pas en train de le juger. Ça, je laisse ça à l'UPAC, à tout ce qu'on a discuté tantôt. Je suis en train de dire que le gouvernement libéral doit malheureusement être beaucoup plus clair et beaucoup plus ferme. M. Couillard doit être beaucoup plus ferme pour se distancer de tout ce qui a grenouillé dans le temps de M. Charest.

M. Nadeau-Dubois : Il faut rappeler, M. Fournier, là, ce n'est pas un acteur secondaire au sein du gouvernement libéral actuel, c'est un acteur principal. Donc, le fait que lui soit entaché par des allégations comme celles-là, ça affaiblit et ça déstabilise tout le gouvernement libéral. C'est très facile aujourd'hui de dire : M. Fournier, M. Fournier, M. Fournier. C'est l'ensemble du gouvernement qui est déstabilisé puis qui est affaibli par les révélations de cette semaine.

M. Vigneault (Nicolas) : Et dans le dossier de M. Fournier, tout à l'heure, bon, les gens de la CAQ disaient notamment : On ne peut quand même pas limoger tout le monde si, par exemple, il y a des versions contradictoires. Dans le cas de M. Fournier, il dit qu'il n'a rien à se reprocher. La déposition de M. Francoeur parle de M. Bachand qui était là; on s'aperçoit, de toute évidence, que c'était M. Béchard.

Est-ce que, dans ce contexte-là, par exemple, de dire à M. Fournier : Vous devez quitter, où est la présomption d'innocence? C'est la question qui a été soulevée tout à l'heure par certaines personnes.

Mme Massé : Dans le cas de M. Fournier, on ne va pas faire la job de l'UPAC, là, et du BEI, et de l'ensemble des corps policiers. C'est leur travail, qu'ils aillent au bout de ça.

Nous, ce qu'on dit, c'est : M. Fournier fait comme si le gouvernement libéral du temps de M. Charest et du temps de M. Couillard n'avait rien à se reprocher, alors qu'on a une brique de la commission Charbonneau, dans lequel d'ailleurs, je nous rappelle que M. Fournier est cité à certains moments donnés, notamment par rapport à un événement avec M. Sauvé, que déjà on a identifié que le gouvernement libéral utilisait des prête-noms pour son financement. Alors, il ne peut pas me faire accroire à moi puis au reste du Québec qu'il est blanc comme blanc, là.

Alors, c'est au nom de ça qu'on demande, à Québec solidaire, depuis maintenant plus d'un an, que M. Fournier se retire, pas juste par rapport aux dernières allégations.

M. Vigneault (Nicolas) : Maintenant, sur l'UPAC, vous dites qu'il y a des questions à se poser. Au-delà des questions, est-ce que vous remettez en question le travail de cette institution qui est l'UPAC et aussi du DPCP?

M. Nadeau-Dubois : Nous, on pose des questions puis on pose des questions que beaucoup de Québécois se posent. Pourquoi, après des mois et des mois d'enquête, il n'y a pas de résultat? Pourquoi est-ce que des enquêtes qui ont été ouvertes en même temps débouchent quand il s'agit du palier municipal, mais ne débouchent pas quand il s'agit du palier provincial?

Ces questions-là, moi, Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de Québec solidaire, je ne peux pas y répondre. Je ne les ai pas, ces informations-là, mais c'est des questions qu'il faut poser parce que c'est incompréhensible. Qu'est-ce qui fait que ça ne débloque pas? Et, si on amène le BEI en renfort, si ça aide, tant mieux, mais il y a un gros point d'interrogation dans notre esprit puis dans l'esprit de beaucoup de gens au Québec.

M. Vigneault (Nicolas) : Dans votre esprit, ça veut dire que l'UPAC ne fait pas le travail. Parce que je comprends que vous posez des questions...

M. Nadeau-Dubois : Bien, quand il s'agit du palier municipal, l'UPAC semble être en mesure d'obtenir des arrestations puis de poser des accusations. Donc, je ne vous dis pas que l'UPAC est incompétente de a à z. De toute évidence, dans certains cas, ça va bien à l'UPAC. Mais, quand il s'agit du gouvernement provincial, du gouvernement libéral, là, il y a quelque chose qui bloque, il y a quelque chose qui freine. J'aimerais bien savoir quoi. Malheureusement, je ne suis pas en mesure de vous le dire.

Le Modérateur : Caroline Plante, LaPresse canadienne.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour. Changement de sujet, leadership à Québec solidaire. On est en année préélectorale, comme tout le monde le sait. Alors, si je comprends bien, si Québec solidaire prenait le pouvoir demain matin, il y aurait deux chefs. Si quelqu'un dit noir, l'autre dit blanc, qui trancherait? Les Québécois ont le droit de savoir qui serait à la tête de votre formation politique.

Mme Massé : Absolument, puis ce n'est pas… Pour nous, c'est tellement évident, notre proposition est de dire que, dans le fond, il y a actuellement, dans les pratiques de la démocratie et de la politique, au niveau du Québec, une concentration du pouvoir dans les mains du premier ministre, du bureau du premier ministre, otamment toute la question des nominations, y compris celle de la personne responsable de l'UPAC. Mais c'est un autre sujet, alors revenons à notre sujet qui nous intéresse.

Et donc, nous, ce qu'on dit, à Québec solidaire, c'est : Il me semble que, dans une démocratie, le partage du pouvoir, là, ça commence dans le bureau du premier ministre. Alors, c'est pourquoi on vous dit que le pouvoir législatif… pardon, je vais commencer par l'exécutif… le pouvoir exécutif, donc de gérer le gouvernement, d'assurer l'administration de l'État, relèverait de la personne qui assume le rôle de premier ministre ou première ministre. Le rôle législatif, adopter les lois, faire en sorte que le Parlement puisse fonctionner relèverait du rôle, valorisé, de la personne vice-première ministre.

Alors, si ces deux-là ne s'entendent pas, bien, le Conseil des ministres, dans notre proposition, a aussi une valeur ajoutée, c'est-à-dire que ce n'est pas une instance qui ne fait que conseiller le bureau du premier ministre ou conseiller les deux, premier, première ministre, vice-premier, première ministre, mais il tranche, au pis-aller, par vote à la majorité. Alors donc, on intègre, dans cette démocratie qui est très hiérarchique, on intègre une dimension collégiale. Ça fait que chaque question trouvera rapidement sa réponse.

Mme Plante (Caroline) : C'est la lecture que vous faites de la démocratie. Est-ce que c'est à vous d'imposer ce changement-là dans une société démocratique, où il y a des institutions démocratiques en place? C'est à vous de transformer ça?

Mme Massé : Bien, nous, ce qu'on… Tu permets?

M. Nadeau-Dubois : Oui, oui, vas-y, tout à fait.

Mme Massé : Nous, ce qu'on pense, c'est que… Vous savez, Québec solidaire, tout ce travail-là va se faire dans une perspective d'amener le Québec à l'indépendance, donc de revisiter l'ensemble de nos institutions démocratiques. Parce qu'actuellement le rôle du premier ministre ou la façon d'opérer le leadership dans les mains des premiers ministres, historiquement, n'est pas écrit ni dans la Constitution canadienne ni dans une loi quelconque. C'est donc seulement une pratique, et, oui, on pourrait, et on vous annonce qu'on va le faire comme gouvernement solidaire, repartager le pouvoir, déconcentrer ce pouvoir-là.

Mme Plante (Caroline) : ...dans le monde où il y a un pays à deux chefs?

M. Nadeau-Dubois : Oui. Bien, premièrement, la proposition de Québec solidaire, ce n'est pas d'avoir deux chefs. À Québec solidaire, il y a deux porte-parole qui ont été élus de manière démocratique et transparente par le congrès de Québec solidaire. Ce que Québec solidaire propose, c'est de déconcentrer le pouvoir politique au Québec. C'est d'en enlever un peu, même beaucoup au premier ministre puis d'en redonner aux députés, au Conseil des ministres et au rôle revalorisé de vice-premier ministre.

Deuxième élément, j'ai une question pour vous. Quand est-ce que les Québécois ont voté pour qu'il y ait, au Québec, une personne qui, avec 33 % des voix, décide, prend à peu près toutes les décisions? Quand est-ce que les Québécois, Québécoises ont adopté la Constitution canadienne? Quand est-ce que les Québécois ont adopté démocratiquement qu'il y ait une ligne de parti et que les députés aient de moins en moins de pouvoir pour représenter les gens qui les ont élus? À ma connaissance, il n'y a jamais eu de référendum ni de décision démocratique des gens pour entériner ces pratiques politiques là qui sont héritées de l'Empire britannique et qui ne sont écrites, Manon l'a bien dit, dans aucune loi, dans aucune constitution que le peuple québécois aurait adoptée.

Ça fait que nous, ce qu'on vous propose de manière très ouverte, on dit : Regardez, si vous voulez que les décisions puis que le pouvoir politique restent aussi concentrés, votez pour les autres partis politiques. Si vous voulez démocratiser le pouvoir, si vous voulez déconcentrer le pouvoir au Québec, votez pour Québec solidaire.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce que vous vous inspirez d'un modèle ailleurs dans le monde?

M. Nadeau-Dubois : Cette proposition-là, elle est inspirée directement des principes républicains, des systèmes républicains qui existent un peu partout dans le monde, où on divise le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Alors, on ne sort pas ça de notre chapeau, on s'inspire de systèmes qui existent dans la majorité des pays développés, la majorité des démocraties développées, où il y a une personne qui est en charge d'avoir le rôle de chef législatif, de chef parlementaire, et une personne qui s'occupe d'être le chef exécutif, donc d'avoir les fonctions qui sont liées à l'administration gouvernementale.

C'est plutôt la démocratie québécoise qui est anormale. C'est plutôt la démocratie québécoise qui est problématique dans le fait que ces deux fonctions-là sont amalgamées dans une seule et même personne qui, la plupart du temps, ne récolte qu'une minorité de voix lors des élections.

Le Modérateur : On va prendre la dernière question, Hugo Larose.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Donc, vous voulez essentiellement que le rôle du vice-premier ministre ou de la vice-première ministre soit plus grand, que le Conseil des ministres ait plus de pouvoir aussi. Mais, advenant l'élection d'un gouvernement solidaire en 2018, qui sera premier ministre?

Mme Massé : Bien, ça aussi, je pense que, dans le processus qu'on vous a identifié, c'est que ça, c'est une proposition qui va être discutée, débattue par nos membres en congrès au mois de décembre, et, suite à ce que nos membres auront défini le rôle, justement, des députés, du Conseil des ministres, vice-premier et premier ministre, bien, à ce moment-là, Gabriel et moi, on regardera lequel de nous deux assumera quel rôle, et nos membres seront appelés à voter là-dessus au printemps 2018.

Alors, soyez assurés que la population québécoise va savoir qui entre nous deux — parce qu'on pense que les deux, on est capables — assumera le rôle de la personne première ministre et qui de nous deux assumera le rôle de la personne vice-première ministre.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Ça veut dire aussi que ce sont vos membres qui vont décider, à ce moment-là, de qui entre vous deux va aller faire le débat des chefs lors de la prochaine élection? On devrait le savoir au printemps, dans le fond.

M. Nadeau-Dubois : Oui, absolument. Donc, six mois avant le scrutin, tout le monde au Québec saura très bien qui des deux porte-parole de Québec solidaire sont candidats à quel rôle, là.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...question sur la commission sur le racisme systémique. Est-ce que vous jugez que la Commission des droits de la personne présentement est toujours capable de mener ces consultations-là? Parce que vous avez dit tantôt que vous demandez au premier ministre de corriger le tir pour ramener ça sur les rails. Est-ce que la commission, en ce moment, est capable de mener les consultations ou est-ce que le gouvernement devrait reprendre le contrôle complètement des consultations?

M. Nadeau-Dubois : Ça fait partie des inquiétudes qu'on a. La situation actuelle au sein de la Commission des droits de la personne, elle fait partie des raisons qui nous poussent à dire qu'il faut que le premier ministre reprenne la chose en main, puis clarifie le processus, puis y apporte des correctifs. Donc, non, nous, on n'est pas très rassurés par la situation au sein de la Commission des droits de la personne et on pense que ce serait préférable que ce soit le premier ministre et son bureau exécutif qui gère cette commission-là.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Dernière question. Premier point de presse, rentrée parlementaire, vous abordez deux sujets, dont celui de l'indépendance d'une région, d'un pays en Europe, membre de l'Union européenne. Est-ce que vous jugez que c'est un enjeu qui est à ce point-là mobilisant au Québec que c'est à vous d'en parler aujourd'hui?

Mme Massé : Bien, en fait, comme vous l'avez abordé, c'est une chose, mais moi, essentiellement, ce que j'ai rappelé aujourd'hui et qui est préoccupant pour Québec solidaire, c'est l'absence de nos deux premiers ministres dans l'affirmation et l'appui à un peuple qui se revendique de son droit à l'autodétermination. Alors, oui, c'est une question fondamentale, c'est une question de démocratie, et, si on n'est pas capable, lorsqu'on est premier ministre du Québec ou du Canada, de dire qu'on reconnaît le droit international à l'autodétermination, bien, pour nous, les solidaires, c'est un accroc majeur à la démocratie. Ça pose un problème.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 42)

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