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Conférence de presse de M. Russell Williams, député de Nelligan

La situation des familles d'accueil au Québec

Version finale

Le jeudi 18 avril 2002, 15 h 17

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Quinze heures dix-sept minutes)

M. Williams: Nous sommes ici avec plusieurs représentants des familles d'accueil, les 5 000 familles d'accueil, qui représentent 9 600 jeunes en difficulté. Je suis accompagné par Marie-Claude et Denis Clavelle, qui sont eux-mêmes une famille d'accueil de l'Estrie. Il y a plusieurs autres membres des familles d'accueil qui sont ici aussi.

Je suis très déçu des réponses ou des non-réponses que j'ai entendues par le gouvernement aujourd'hui: 0,56 $ par jour comme augmentation n'est pas assez. Les augmentations sur le taux de base que nous avons vues depuis l'entrée du Parti québécois, ça ne remplit même pas le montant d'indexation. Selon les propres chiffres du gouvernement péquiste, les familles d'accueil gagnent moins que 1998, sur le taux de base. Je trouve ça inacceptable les réponses que j'ai reçues en crédits aujourd'hui et en période de questions aujourd'hui, parce que, chaque année, les familles d'accueil font un travail exceptionnel pour nous, c'est presque 10 000 jeunes en difficulté que nous avons placés dans leurs soins, et je trouve ça inacceptable que le ministre n'ait pas profité de l'occasion aujourd'hui pour faire les annonces qu'il va respecter leurs demandes. Nous avons annoncé le fait que les familles d'accueil se déplaceront aujourd'hui même; nous avons mis ça dans les journaux, nous n'avons pas caché ça. Mais, malheureusement, le gouvernement a décidé de ne pas bouger.

Nous avons vu dans les crédits qu'il y a au moins 4 ou 500 moins de familles d'accueil partout au Québec. Il y a un niveau d'épuisement incroyable. Les familles d'accueil ne peuvent pas continuer de fonctionner, et c'est pourquoi elles ont dit qu'il y a une possibilité qu'elles ne puissent pas accepter les nouveaux jeunes à partir du 23 avril, la semaine prochaine. Je trouve ça aberrant que le gouvernement n'ait pas bougé sur le dossier, ça coûte au moins quatre fois plus cher pour placer un jeune dans le réseau public que dans les familles d'accueil. Je trouve ça inacceptable que le gouvernement n'ait pas décidé et même pas respecté son propre expert, M. Cloutier. Et lui, il a dit, et je cite, que: «Elles ont raison de sonner l'alerte. Il est, selon lui, inacceptable que, tout en reconnaissant le sous-financement de 10 $ par jour – c'est M. Cloutier, l'expert gouvernemental – des familles, 5 pour le barème éclaté et 5 pour la rétribution de base, le gouvernement n'ait encore mis que 0.56 $ dans la cagnotte.» Je trouve ça inacceptable.

J'espère que le gouvernement va décider qu'il doit agir tout de suite, parce que j'ai peur que nous soyons devant un échec. Le 23 avril approche très vite, et, malheureusement, aujourd'hui, nous n'avons pas eu une réponse. Je passe la parole à Mme Clavelle, qui va expliquer son point de vue, qui est beaucoup sur le terrain, parce qu'elle, elle a été une famille d'accueil pour plusieurs années. Mme Clavelle.

Mme Clavelle (Marie-Claude): Oui. Bonjour à tout le monde. J'aimerais ça dire: Moi, je suis famille d'accueil depuis 19 ans, ça fait au moins 500 jeunes qui sont venus vivre chez nous dans les 19 dernières années. Ça fait que la réalité des besoins des jeunes, on est conscient de ces besoins-là.

Le ministre Baril, à l'époque, en octobre 2000, s'était avancé et avait pris des engagements. Il nous avait dit que la responsabilité au niveau du barème éclaté, de l'habillement, de l'argent de poche pour les jeunes, dont ils ont la responsabilité, qu'il prendrait cette responsabilité-là, que ce ne seraient plus les familles d'accueil qui auraient à supporter ça.

Moi, je vous dirais, depuis les 19 dernières années, on a vu un gros changement. Quand on dit que les familles d'accueil reçoivent moins qu'elles recevaient en 1998, c'est vrai. Si vous regardez, le taux de base a toujours augmenté un peu mais, dans le fond, ce qui arrive, c'est que depuis... et je dirais que c'est encore pire depuis que le gouvernement a mis la loi antidéficit parce que là, compte tenu que les centres jeunesse ne sont plus capables de voir à obtenir l'équilibre budgétaire, ils nous remettent beaucoup de dépenses qui ne nous reviennent pas normalement. Je prends au niveau que ce soit des médicaments, que ce soit au niveau de l'éducation, toutes ces responsabilités-là, c'est les responsabilités du gouvernement, et maintenant, c'est les familles d'accueil qui doivent subvenir à ces besoins-là. Ça fait que nous, c'est une de nos premières demandes.

On a dit que les centres jeunesse ont passé des lois pour protéger les enfants. C'est eux autres qui font une évaluation des situations, c'est eux autres qui retirent les enfants du milieu familial. Nous, on accueille ces enfants-là, mais c'est au gouvernement à prendre les responsabilités pour subvenir aux besoins de ces enfants-là et c'est ce qu'on demande aujourd'hui.

Le ministre, tout à l'heure, disait que, bon, on faisait des demandes, mais, dans les 10 dernières années, on n'a à peu près rien reçu. On est un réseau... Moi, quand on a rencontré les députés de notre région, je disais souvent: Le réseau de familles d'accueil, on est tous des gens qui ont été évalués. C'est un réseau de bon monde. Avec ce qu'on reçoit, une famille d'accueil reçoit entre 15 et 24 $ par jour selon le niveau d'âge d'un enfant et, de ces montants d'argent là, la famille d'accueil doit nourrir les enfants, habiller les enfants, leur donner de l'argent de poche, payer des activités, les activités de loisir. Ça fait que, au bout du compte, il ne nous en reste pas beaucoup.

Il y a beaucoup de gens qui pensent que les familles d'accueil sont là pour faire de l'argent. Les familles d'accueil sont obligées de sortir de l'argent de leur poche pour prendre soin de ces enfants-là maintenant. Ça fait que là, on a dit: C'est assez. Depuis les 10 dernières années, on n'a jamais fait vraiment de vague mais si, maintenant, aujourd'hui, on sort en masse – puis il y a plusieurs régions qui sont ici – c'est parce que le réseau est à bout de souffle. Puis moi, je crois énormément à ce réseau-là. Quatre enfants sur cinq qui sont placés sont placés en famille d'accueil. Je crois beaucoup en ce réseau-là et le réseau est essoufflé. Il y a de plus en plus de familles d'accueil qui laissent.

On se retrouve avec une clientèle extrêmement difficile depuis les dernières années. Avec le virage, ils ont fermé beaucoup de places en centre d'accueil et ce qui fait qu'il y a beaucoup de jeunes qui se retrouvent... Moi, je... On voit, si vous allez dans n'importe quel centre jeunesse, ils vont vous dire très facilement que la clientèle s'est alourdie énormément. On se retrouve avec des jeunes en grande difficulté, et ces jeunes-là ont besoin de services. Moi, je peux vous dire que j'ai reçu des jeunes en difficulté qui ont besoin de services, puis avant qu'il y ait un intervenant, ça peut avoir pris de quatre à cinq mois. Ce n'est pas normal, ça. Ça fait que c'est un petit peu ça. On est là pour dénoncer toutes ces choses-là. Oui?

M. Boivin (Mathieu): Qu'est-ce que vous demandez exactement au gouvernement, en termes très clairs, là, de chiffres ou de pourcentages ou quoi que ce soit par rapport à ce que vous recevez déjà?

Mme Clavelle (Marie-Claude): Nous, là, présentement, une des premières demandes qu'on a faites, c'est que le gouvernement prenne leurs responsabilités de voir à payer les vêtements, l'argent de poche – le barème éclaté, on évalue que c'est environ 5 $ par jour – ce qui se chiffre, si on compte qu'il y a tout près de 10 000 enfants, environ 20 millions de plus à mettre dans le réseau des familles d'accueil pour nous aider à supporter, à voir aux besoins des enfants.

M. Williams: Je peux expliquer un exemple sur la question des vêtements. Quand un jeune est placé dans un centre d'accueil – un centre, pas une famille – les parents sont obligés, les parents biologiques sont obligés de payer et, même, le centre a un budget pour payer pour les vêtements. Une fois que le jeune est transféré dans une famille d'accueil, aucune subvention et les familles d'accueil sont obligées elles-mêmes de dépenser de l'argent. Même enfant. Je trouve ça inacceptable.

M. Boivin (Mathieu): Donc, 20 millions par rapport aux 100 millions que le gouvernement met déjà, c'est 20 % d'augmentation. C'est bien ça? Qu'est-ce qui vous est offert jusqu'à maintenant? Je sais que, de façon très imminente, il y a quelque chose qui va être annoncé, là...

Mme Clavelle (Marie-Claude): Comme je disais, le ministre Baril, à l'époque, s'était engagé que toute cette responsabilité-là, le gouvernement était pour eux autres mêmes voir à ces besoins-là. À venir jusqu'à date, ce qu'on a reçu, c'est 0,56 $ par jour. C'est ce qu'on a reçu.

M. Williams: Et, je m'excuse, avec le fameux truc péquiste d'une annonce imminente qui s'en vient bientôt... Nous avons annoncé il y a deux semaines que nous allions organiser cette journée les crédits, la période des questions. Si c'était aussi imminent, pourquoi il n'a pas annoncé ça aujourd'hui? Il a annoncé une pitoyable augmentation du taux de base au 1er janvier: pour 0 à 4 ans, de 15,34 $ à 15,80 $; pour un jeune de 16 à 17, une augmentation, une pitoyable augmentation de 23,90 $ par jour à 24,62. Avec ça, je m'excuse, je ne le crois pas. Et même la fameuse annonce l'année passée de 5 millions de dollars, les familles, elles ont vu presque rien. Même le réseau a commencé, a reçu de l'argent en novembre, décembre, après l'annonce dans le mois de mai. Avec ça, nous avons besoin d'argent tout de suite. Et je demande pourquoi c'est aussi difficile de comprendre l'important rôle que les familles d'accueil jouent. Ontario a compris, ils ont doublé le taux. Nouveau-Brunswick a compris. Et même ici, au Québec, dans un foyer de groupes, ça coûte... on paie 85 $ par jour. Dans un centre d'accueil, c'est plus que 200 $. Pourquoi les familles d'accueil ont de la misère à avoir un peu plus de respect et pourquoi le gouvernement n'arrête pas d'exploiter les familles d'accueil?

M. Larocque (Paul): J'ai une petite précision à vous demander; si j'ai bien compris, un enfant qui est en centre d'accueil, ses parents biologiques sont tenus de payer pour ses vêtements.

Mme Clavelle (Marie-Claude): Ses parents sont... Bien, normalement, en tout cas, nous, dans notre région, quand un jeune a besoin des vêtements, la première place où ils vont aller, ils vont aller voir les parents, ils vont demander de subvenir à ces besoins-là. La moyenne de dépense qui peut être faite pour un enfant en centre d'accueil, c'est à peu près 25 $ par jour. Nous, quand un jeune... Par mois, par mois, 25 $ par mois. Nous, quand un jeune arrive en famille d'accueil, ce que les centres jeunesse nous demandent de dépenser, c'est des montants qui sont suggérés mais suggérés fortement, c'est environ 100 $ par mois.

M. Larocque (Paul): Je ne sais pas si... Je ne comprends pas pourquoi cette obligation-là aux parents biologiques n'est pas faite même si l'enfant est en famille d'accueil.

Mme Clavelle (Marie-Claude): Nous, c'est ce qu'on demande. Nous, c'est ce qu'on demande. On dit: La responsabilité reste aux parents. Puis, quand tu enlèves aussi des responsabilités à des parents, c'est difficile après lorsque les parents reprennent leurs enfants. C'est une demande. La réponse que les centres jeunesse nous font, ils nous disent: Bon, bien, les parents paient une contribution parentale, parce que, normalement, les parents vont payer un montant d'argent. Si les parents travaillent, c'est évalué, ils paient un montant x, bon, à différents niveaux. Donc, eux autres ont pour leur dire: Bon, bien, les parents paient une contribution parentale, ça fait que ça devient la responsabilité des familles d'accueil de voir à ces dépenses-là. Mais, le jeune qui est en centre d'accueil, les parents paient aussi une contribution parentale.

M. Williams: Mais la raison que les familles d'accueil sont exploitées, ...parce qu'avant elles n'étaient pas organisées. Il y a 10 000 enfants placés dans les familles d'accueil, plus que 5 000 familles d'accueil, mais jusqu'à maintenant elles ne se sont pas mobilisées et, dans mon opinion, le gouvernement a complètement oublié les familles d'accueil mais aussi les 10 000 enfants placés là. C'est trop facile de juste faire une référence et dire: C'est votre responsabilité pour payer tout. Et quand vous voulez intégrer un jeune dans une famille, ça coûte de l'argent. Est-ce que le gouvernement veut dire aux familles que, quand ils sont au cinéma, ils doivent laisser l'enfant placé à la maison? Ça coûte de l'argent.

Et, plus que ça, il y a des familles qui ont fait ça pendant 20 ans, à la fin de tout ça, ils n'ont rien. Mais ils ont donné un service à la population. Ce n'est pas un salaire qu'ils ont eu, mais ils ont donné un service incroyable. Et moi, je pense que le gouvernement doit montrer beaucoup plus de respect pour les familles d'accueil mais pour aussi nos enfants qui sont placés là.

Mme Clavelle (Marie-Claude): Il faut dire aussi que la clientèle s'est alourdie énormément. Moi, depuis les 19 dernières années, et nous comme famille d'accueil, ce n'est pas comme un travail où les gens arrivent le vendredi puis ils disent: Je m'en vais chez nous me reposer. Les jeunes sont avec nous sept jours par semaine 24 heures par jour. On a à gérer toutes sortes de crises, toutes sortes de difficultés que ces enfants-là ont vécues.

Tu veux juste avoir un petit peu de répit. Moi, je le sais qu'il y a des familles d'accueil où la clientèle des jeunes placés est plus jeune. C'est extrêmement difficile d'être capable d'avoir une gardienne, d'avoir quelqu'un qui va venir les remplacer. Ça fait qu'à un moment donné, le réseau de familles d'accueil est rendu à bout de souffle parce que la clientèle de ces jeunes-là est de plus en plus lourde, et on n'a pas de support. On n'a personne pour nous aider et on a encore moins de moyens financiers.

M. Williams: Merci beaucoup. Et juste pour vous annoncer – et on aime annoncer les choses à l'avance pour s'assurer que le gouvernement en tienne compte – qu'est-ce que nous sommes en train de faire. L'Association des familles d'accueil est en train d'organiser un colloque le 25 mai à Drummondville, et on invite tout le monde à participer parce que nous allons continuer la lutte pour assurer qu'ils ont le respect et aussi le soutien, le support qu'ils méritent.

Merci beaucoup. Si vous avez d'autres questions, if there are any other questions, feel free to ask.

M. de Souza (Mike): Can you tell us like the last time this was brought up in February, what kind of response the Minister had then and if he's kept any of the promises or commitments he made then?

M. Williams: Mike, you're going to unfortunately laugh a little bit about my answer. I sent a letter on the 7th of February to the Minister saying that this pitiful increase didn't even cover indexation from 1998.

Believe it or not, I received three «j'accuse réception» letters for the same letter about four days apart each time. I received three of them. No answer. No answer, but I've got three «j'accuse réception» letters signed by his office.

The Minister wasn't there today. I don't know why he wasn't there today. We've got no answer. Today in the House he said: Soon, I'm going to make an announcement. Well, if he was serious about supporting foster families, why didn't he do it when he announced the per diem rate in January?

The per diem rates incidently are now every December before January 1st. Nothing new. And year after year, you've seen this pitiful increase, pitiful increase. The Government should be embarrassed of what they've done. And now the Minister has come up. He heard them this morning. He says: Why give 2 million dollars? 2 million dollars sounds like a lot of money, but when you divide it over 5 000 foster families, 9 600 kids, it comes to $ 0,56 a day, $ 0,56 a day. Completely unacceptable.

So today the Minister put in an old PQ's trick. He said: I'm going to announce something very good soon. He had 50 representatives in the National Assembly today from every region of Québec – and congratulations for all of you for coming down – and he missed an opportunity. So, I'm afraid I don't believe anything. And the last announcement he did last year, it took nine months to start seeing some of the money.

M. de Souza (Mike): Est-ce que vous parlez anglais?

La Modératrice: On peut parler en anglais.

M. de Souza (Mike): If you could tell me as a foster, or someone who hosts foster kids in your house, how do you feel about the minister saying: We are going to make an announcement soon?

M. Clavelle (Denis): Well, as Mr. Williams said, it's a little bit ridiculous because these people are very implicated, as she was saying a few minutes ago. They spend a lot of time. They are the resource that the government uses that is the cheapest. It costs between 15 and 24 $ a day per child to keep, whereas in what they call a «foyer de groupes», it's a place where there may be 15 or 20 young people, it costs about 85 $ a day per kid. And if they are in a «centre d'accueil» like these big places where the kids go, it costs 200 $ a day per kid. So at 15 to 24 $ a day, it's a real cheap resource.

And when you look at the last 10 years, we, as foster families, have been very quiet. We haven't said too much. We ask and when somebody says no, we don't say much. We don't make waves .But, today, foster families have harder and harder cases. The kids that are placed in foster families are heavier cases because the «foyers de groupes» and the «centres d'accueil» are closing up because of deficits, and they are not allowed deficits. So what they do, they put these harder cases in foster families, so the foster families are getting very tired, «essoufflées».

M. de Souza (Mike): Do some of these families have to turn away children? Can they not take foster children because of the fact that they don't have the resources from the government that they need?

M. Clavelle (Denis): Yes, they are some. Some of them are too hard for them to handle. Some foster families have even given up keeping children because it's getting too hard. If you go back 20 years ago, foster families were an old extension of... Your neighbor's mother died, so you just took him in and your brother died, there were no money involved. But today, the kids are placed in foster families, as I said earlier, very hard to keep, because they have very big difficulties, they were abused physically or sexually and they need psychologists. So, you need to be a little bit of psychologist to be today a foster family.

M. Williams: Mike, I think, by according to Government figures during the expenditure debate, it looks like there was a least 4 to 500 foster families that quite because they couldn't keep functioning last year. And the Association is saying as of next week, they're not sure they could keep accepting new kids, as of next week. That's how tired they are and how at the end of the rope they are. For them, even say that, I think, hurts them. I don't suggest that they really want to do that but that's how stretch they are. And unfortunately, this Government has – and this is no longer and Denise is absolutely right, it used to be a small network, we have 5 000 foster care families, we have almost 10 000 kids in foster and we've created a network – but we're exploiting... the PQ Government is exploiting the foster families and exploiting those kids. They have created a network that is easy to refer them out to the foster families and then forget them. And that has to stop.

Mme Hanes (Allison): Can you describe what it is like to be a foster parent?

M. Clavelle (Denis): We've been foster family for 19 years. There were around 500 teenagers, teenage girls, that went through our family. To describe what it is to be a foster family for teenage girls in a short time, in few words, would be... It's a permanent hurricane. You have this kids, they come into your house at 14 years old or 15 or 16 or some at 17, and they have lived all sorts of problems in their families or at school or anywhere else and some of them are pretty knocked out, I would say. You have to pick them up and try and show them what normal life would be like. Because we're still a couple, the same couple we were 25, 27 years ago, and it's a semi-normal life. I say semi-normal because we've always had, for the last 18 years, five or six teenage girls. We have three kids who have grown up now and have gone away, and we're grand-parents, now, but we still care about teenage kids and we know how to handle them. It's easier for us to handle them now, even if the cases are harder, because we know how to do that, we've been doing it for 19 years. But, you cannot have an idea what it is, in five minutes.

Mme Hanes (Allison): Why do people do it, why do... I mean, I'm sure a lot of people are listening to this and say: Oh! You know, it sounds really hard, like, hard work. Why?

Mme Clavelle (Marie-Claude): Bien, je ne sais pas si je peux répondre en français, parce que c'est plus... Moi, je pense que c'est vrai que des gens... Il peut y avoir beaucoup de gens qui deviennent familles d'accueil, mais quand tu es famille d'accueil pendant 19 ans, je pense que c'est un peu comme une vocation. Moi, je me dis: Il n'y a pas de travail que j'aurais pu trouver de faire où je me serais sentie aussi valorisée. Parce que, changer le cours d'une vie, on n'a pas des réussites avec tous les jeunes, mais changer le cours d'une vie d'un adolescent, l'orienter dans le monde adulte et avoir changé... Aujourd'hui, j'ai des témoignages de jeunes qui sont capables de venir nous voir et qui nous disent: Une chance qu'on a passé dans votre milieu familial, j'essaie d'élever mes enfants avec les valeurs que vous nous avez données. Tu vois des jeunes qui ont vécu des choses incroyables, puis il faut absolument aimer les enfants.

Puis je me dis: C'est pour ça aussi que le gouvernement est capable de nous exploiter facilement parce que, réseau de familles d'accueil, c'est un réseau où les gens ont le coeur gros comme ça, ça fait que c'est facile d'exploiter ces gens-là. Mais, à un moment donné, il faut être capable de dire, puis là je pense que c'est ce qui est arrivé, c'est ce qui arrive: Là, c'est assez, parce que, plus ça va, plus qu'ils nous en mettent sur le dos.

Mme Hanes (Allison): Merci beaucoup. Et, dernière question, comment vous vous appelez, vous deux?

Mme Clavel (Marie-Claude): Denis et Marie-Claude Clavelle.

Mme Hanes (Allison): C-A...

Mme Clavel (Marie-Claude): C-L-A-V-E-L-L-E.

Mme Hanes (Allison): ...V-E-L?

Mme Clavel (Marie-Claude): ...L-E. Ha, ha, ha!

M. Williams: Ha, ha, ha! Merci à tous et félicitations à toutes les familles d'accueil qui se sont déplacées aujourd'hui. Merci.

(Fin à 15 h 41)



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