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Point de presse de M. Michel Bissonnet, président de l'Assemblée nationale

60e anniversaire de l'adoption du drapeau du Québec

Version finale

Le lundi 21 janvier 2008, 15 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures)

M. Toupin (Dominic): Mesdames et messieurs, c'est donc au son du coup de 15 heures du carillon de l'horloge de la tour centrale du l'hôtel du Parlement que je vous souhaite la bienvenue à cette cérémonie pour souligner le 60e anniversaire de l'adoption du drapeau du Québec.

À cause du temps froid, nous avons dû tenir cette activité à l'intérieur plutôt qu'à

l'extérieur, mais, afin de recréer un peu d'ambiance, nous retransmettons, en direct, l'image du drapeau du Québec qui flotte sur la tour.
Alors, j'invite maintenant le Président de l'Assemblée nationale, M. Michel Bissonnet, à vous adresser la parole. M. le Président.

M. Bissonnet (président de l'Assemblée nationale du Québec): Alors, Mme la vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, Mme Nathalie Normandeau, Mme la chef du deuxième groupe d'opposition, Mme Pauline Marois, M. le député de La Peltrie et représentant du chef de l'opposition officielle, M. Éric Caire, chers collègues parlementaires, M. Janvier Grondin, député de Beauce-Nord, Mme Agnès Maltais, députée de Taschereau, et M. Diamond, Simon-Pierre Diamond, député de Marguerite-D'Youville, distingués invités, c'est pour moi un grand privilège de pouvoir prendre part à cette cérémonie qui marque le 60e anniversaire du drapeau du Québec.
Cet anniversaire est d'autant plus important qu'il coïncide avec le 400e anniversaire de Québec. L'histoire du drapeau est haute en couleur. Bien sûr, le drapeau du Québec a pris la place de l'Union Jack britannique au sommet de la tour centrale de l'Assemblée nationale, le 21 janvier 1948. Mais encore faut-il rappeler que Jacques Cartier a été le premier à introduire, en 1534, la fleur de lis, emblématique en Amérique, au nom du roi François 1er.
Du temps de Samuel De Champlain, après la fondation de Québec, la colonisation a été confiée à des compagnies de commerce dont les navires arboraient généralement un pavillon bleu à croix blanche, de forme carrée. Le drapeau du Québec est inspiré de ce pavillon.
Il faut aussi souligner que l'idée d'un drapeau propre au Québec est née à la Saint-Jean du 24 juin 1848 alors qu'on arbora une bannière qui aurait été témoin de la victoire de Montcalm au fort Carillon.
Plus près de nous, en campagne électorale, Maurice Duplessis se montre favorable au drapeau. Au début de janvier 1948, une véritable campagne promotionnelle soutient l'adoption d'un drapeau du Québec. Le premier ministre et les députés sont inondés de lettres. Plusieurs groupements tels que les commissions scolaires, les caisses populaires, des conseils municipaux ainsi que des milliers d'individus entrent dans la ronde.
Enfin, le 21 janvier 1948, vers 11 heures, Maurice Duplessis annonce au député René Chaloult, et je cite: « [...] que le fleurdelisé flottera, aujourd'hui, à trois heures - 15 heures - sur la tour centrale du parlement. Les fleurs de lis pointeront vers le ciel, idéal de l'Union Nationale.»
Petit détail. À 11 h 15, M. Duplessis ne dispose toujours pas d'un drapeau et confie cette tâche au président de la Société Saint-Jean-Baptiste du Québec, M. Wheeler Dupont. Le même jour, le Conseil des ministres tient une séance au cours de laquelle un arrêté ministériel, proposé par le ministre de l'Industrie et du Commerce, Jean-Paul Beaulieu, est adopté à l'unanimité et sanctionné immédiatement par le lieutenant-gouverneur. Même le chef de l'opposition, Adélard Godbout, estime que la province de Québec toute entière se réjouira d'apprendre que le gouvernement lui a donné un emblème particulier.
Je vous avoue que j'aurais aimé être à la place d'Alexandre Taché, alors président de la Chambre, pour assister à ce moment historique. Il faut attendre le 9 mars 1950 pour que soit sanctionnée la loi concernant le drapeau officiel de la province.
En terminant, je tiens toutefois à vous signaler que le drapeau, qui flotte aujourd'hui, ce 21 janvier 2008, de l'aube au crépuscule, sur la tour du parlement, sera retiré et sera exposé à la salle des drapeaux de l'Assemblée nationale.
Avec le temps, la signification des drapeaux évolue, mais ils reflètent toujours l'âme d'un peuple. Nous devons être très fiers de notre drapeau. Mme la vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, Mme la chef du deuxième groupe de l'opposition, M. le député de La Peltrie et représentant du chef de l'opposition officielle, chers collègues parlementaires, distingués et chers amis, merci de votre participation à ce moment historique dans la vie de notre drapeau. Merci beaucoup.

M. Toupin (Dominic): Merci, M. le Président. J'invite maintenant le député de La Peltrie et représentant du chef de l'opposition officielle, M. Éric Caire, à vous adresser la parole. M. le député.

M. Caire: Alors, merci beaucoup. M. le Président, Mme la vice-première ministre, Mme la chef du deuxième groupe d'opposition, collègues de l'Assemblée nationale, bonjour à tout le monde. C'est un plaisir pour moi de m'adresser à vous, aujourd'hui, au nom du chef de l'opposition officielle et de souligner, de célébrer avec vous le 60e anniversaire du drapeau du Québec.
Vous savez, de tous les symboles qui peuvent identifier une nation, un peuple, je pense que le drapeau, et vous serez d'accord avec moi, c'est le plus important. Le drapeau, c'est l'emblème qui nous rassemble, qui nous réunit. Le drapeau, ce n'est pas le symbole d'une cause, c'est l'emblème d'un peuple. Et le drapeau du Québec est l'emblème de tous les Québécois. Et c'est tous les Québécois aujourd'hui qui soulignent le 60e anniversaire de leur drapeau.
C'est un drapeau qui nous rappelle nos racines qui ont été plantées ici, dans la ville de Québec, il y a 400 ans. C'est un drapeau qui nous rappelle nos origines. Et il nous appartient, à nous, comme nation, de faire évoluer ces origines-là, comme nation plurielle, ouverte, intégrer tout le monde, de faire de ce drapeau-là le drapeau de tous les Québécois pour bâtir une nation québécoise plus forte, plus prospère, qui va se tourner vers l'avenir et qui va célébrer, pendant encore de nombreuses années, son emblème. Merci.

M. Toupin (Dominic): Merci, M. le député. J'invite maintenant la chef du deuxième groupe d'opposition, Mme Pauline Marois, à prendre la parole.

Mme Marois: Alors, M. le Président de l'Assemblée nationale, Mme la vice-première ministre, ministre des Affaires municipales et des Régions, M. le député de La Peltrie, M. Caire, chers collègues de l'Assemblée nationale, mesdames et messieurs.
Je vais citer un texte qui est extrait d'une brochure qui a été publiée par la Commission de la capitale nationale et qui s'intitule Le fleurdelisé: «[...] d'azur à la croix d'argent cantonnée de quatre fleurs de lis du même». «Le drapeau du Québec témoigne de l'odyssée française en Amérique. Il évoque les couleurs des Malouins de Jacques Cartier, il reprend la croix blanche des compagnies franches de la Marine, il arbore le bleu des pavillons de l'ancienne marine de France et il affiche le lis de la glorieuse bannière de Carillon», évidemment, en plus du fait que nous fêtions le 60e anniversaire du drapeau en même temps que nous fêtons le 400e anniversaire de ce qui allait devenir la capitale nationale du Québec.
Un drapeau, oui, ça symbolise l'honneur, la fierté d'une nation, son identité aussi. Il est notre référence et il nous rappelle nos racines. Il est un trait d'union entre les générations et entre les Québécois et s'inscrit, depuis plus d'un demi-siècle, dans tous les événements de l'histoire du Québec. Ici, le drapeau nous rappelle l'idéal de paix et de liberté que chacun d'entre nous porte en soi. Nous pouvons être fiers de notre fleurdelisé. Aujourd'hui, il fête ses 60 ans et il les porte bien. Depuis 1948, le fleurdelisé nous suit dans toutes les étapes de notre vie collective, dans notre développement culturel, économique, social et démocratique. C'est à nous tous, Québécoises et Québécois, à travers la célébration de notre emblème, celui d'un peuple à qui j'ai envie de souhaiter la meilleure et la plus heureuse des continuations. Merci.

M. Toupin (Dominic): Merci, Mme la chef du deuxième groupe d'opposition. J'invite enfin la vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, Mme Nathalie Normandeau, à prendre la parole. Mme la vice-première ministre.

Mme Normandeau: Merci à vous. Vous me permettrez à mon tour de saluer bien sûr notre président de l'Assemblée nationale, qu'on a toujours plaisir à retrouver, Mme la chef du deuxième groupe d'opposition, cher collègue de La Peltrie, chers collègues de l'Assemblée nationale. Je tiens également à saluer la présence ici de Max Gros-Louis qui est avec nous. Alors, merci de votre présence.
Tous nos distingués invités, là, vous êtes assurément une cinquantaine pour témoigner avec nous de l'importance de cette journée qui nous permet, ensemble, collectivement, de célébrer les 60 ans de notre drapeau.

Également, j'ai la responsabilité, le devoir de vous transmettre les salutations de notre premier ministre qui est actuellement en Europe, comme vous le savez, qui est en mission économique là-bas. Alors, en son nom, ça me fait plaisir de vous transmettre ses plus cordiales salutations.
Notre président, tout à l'heure, a fait abondamment référence à des éléments historiques factuels qui nous permettent bien sûr de bien comprendre les assises sur lesquelles repose notre drapeau. Je ne veux pas y revenir, mais je pense que c'est important de rappeler que, de tout temps et dans toutes les sociétés, le drapeau est un moyen privilégié d'affirmation nationale. Par son pouvoir évocateur et surtout unificateur, le drapeau figure au premier rang des symboles qui nous représentent. Au-delà des origines, de la langue ou encore de nos allégeances politiques, il dit ce que nous sommes et nous rassemble autour d'aspirations communes.
Notre drapeau n'appartient à aucun parti politique. Notre drapeau est le drapeau de toutes les Québécoises et de tous les Québécois. Malgré son jeune âge, le fleurdelisé est empreint d'une histoire qui, elle, s'écrit en Amérique, depuis plus de 400 ans.
En cette année de festivités entourant le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, une ville qui nous rend très fiers, il est intéressant de se rappeler, comme le président y a fait référence, que c'est Jacques Cartier qui, le premier, en 1534, et je vous le rappelle qu'il a planté sa croix à Gaspé, en Gaspésie, ce Jacques Cartier, en 1534, donc qu'il a été le premier donc à introduire la fleur de lis en Amérique, à l'époque, au nom du roi de France.
Bien sûr, il faudra attendre quelques dizaines d'années plus tard, avec Samuel de Champlain, pour constater que plusieurs navires des compagnies de commerce arboraient, à ce moment-là donc, un pavillon bleu à croix blanche, en forme plutôt carrée.
Il y a également un autre fait historique qui illustre bien les origines du fleurdelisé. Lors du défilé, un défilé important qui s'est tenu le 24 juin 1848, on affichait alors une bannière qui aurait été témoin de la victoire, en 1758, des troupes de Montcalm sur les Britanniques, au fort donc Carillon. Cette bannière comportait, aux quatre coins, quatre fleur de lis blanches pointant vers le centre. Elle frappe alors l'imaginaire de la population qui redécouvre ainsi la fleur de lis comme emblème.
Cet événement donc aura influencé notre histoire puisque, un siècle plus tard, c'est-à-dire en 1948, naissait le fleurdelisé. Mais celui à qui on doit le drapeau, tel que nous le connaissons aujourd'hui, est assurément le curé Elphège Filiatrault.
Le 26 septembre 1902, il hisse, sur son presbytère de Saint-Jude, près de Saint-Hyacinthe, un pavillon dont il est l'auteur et qu'il appelle le Carillon. Ce pavillon reprend les fleurs de lis de la bannière de Carillon ainsi que la croix blanche sur fond bleu qui était arborée, à l'époque, par les navires de commerce au temps de Champlain.
C'est ce drapeau également qui fut adopté par décret, par le gouvernement, il y a donc 60 ans, avec pour seule modification que les lis soient placés en position verticale. 60 ans plus tard, notre drapeau continue de nous accompagner dans notre développement, qu'il soit social, culturel, économique ou encore démocratique.
Par la vitalité donc de notre économie, le caractère novateur de nos entreprises, la renommée de nos artistes, le Québec est un acteur présent partout sur la scène internationale. Notre drapeau symbolise cette présente dynamique. Et je pense que c'est important de se rappeler que, grâce aux nombreuses délégations, aux bureaux, aux antennes du Québec à l'étranger, les couleurs de notre fleurdelisé sont portées sur tous les continents, dans un peu plus de 32 villes, et ce, de New York à Tokyo, en passant par Mexico, Paris, Rome et Shanghai. Notre drapeau a même flotté, pendant 45 minutes, au sommet du monde lorsque, le 15 mai 1991, feu l'alpiniste Yves Laforêt a été le premier Québécois a conquérir l'Everest.
Aujourd'hui, le fleurdelisé témoigne toujours et plus que jamais, j'oserais dire, de notre appartenance et de notre attachement au Québec. Il est le signe tangible de notre survivance et notre foi en l'avenir. Il nous ressemble et il nous rassemble. Il est aussi un puissant symbole de cohésion.
Alors, je pense qu'aujourd'hui, l'ensemble des Québécoises et Québécois que nous sommes pouvons réaffirmer notre fierté de notre drapeau québécois. Merci de votre attention.

M. Toupin (Dominic): Merci, Mme la vice-première ministre. Ceci met fin à la cérémonie.
Je vous prie maintenant de vous rendre au restaurant Le Parlementaire pour la réception qui s'y déroulera, réception offerte par la vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions. Je souligne également que, grâce à la collaboration du ministère de la Justice, un signet, une boutonnière souvenir du 60e anniversaire de l'adoption du drapeau du Québec... ils ont été remis ou seront remis à chaque invité; ceux, qui n'en ont pas eu encore, peuvent se présenter à la table d'accueil. Sur ce, je vous remercie beaucoup de votre attention et vous souhaite une bonne fin de journée. Merci.

(Fin 15 h 14)

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