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Point de presse de Mme Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques

Version finale

Le mardi 28 novembre 2017, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures cinq minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour, tout le monde. Bienvenue à ce point de presse de Manon Massé, députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques. Elle est accompagnée de M. Mario Paquet et M. Sylvain Lacroix du Regroupement des assistées sociales et des assistés sociaux du Témiscouata. À vous la parole, Manon.

Mme Massé : Oui. Alors, bonjour, tout le monde. Effectivement, je suis en compagnie de Mario et Sylvain du Témiscouata. En fait, ce pour quoi ils sont ici ce matin, c'est parce qu'ils ont un projet à présenter au gouvernement du Québec, à la société québécoise, qui est un projet de revenu minimum garanti. Comme vous le savez, il y a deux semaines, il y a eu un comité d'experts qui avait été demandé, mandaté par M. Blais, qui a finalement conclu que le revenu minimum garanti, ce n'était peut-être pas une bonne idée, dans les faits.

Alors, savez-vous ce qu'on se rend compte, à Québec solidaire, depuis notre création? C'est que, si on augmente le revenu des gens les plus pauvres, on améliore leur qualité de vie, mais on améliore aussi la qualité de vie de la communauté. Et, dans ce sens-là, si ce comité-là arrive à la conclusion que ce n'est peut-être pas une bonne idée, il y a une chose qu'il nomme qui est fondamentale, c'est qu'au Québec nous n'avons pas en main des données probantes pour déterminer les impacts réels d'un type de revenu de base comme celui que nous allons vous proposer ce matin. D'ailleurs, même le ministre lui-même a été assez critique par rapport à la réaction du comité d'experts, qu'il traitait de confus, et je vous dirais que c'est rare que M. Blais et moi, nous sommes d'accord, mais là-dessus, nous l'étions.

Alors, le ministre, de son côté, ne s'est toujours pas prononcé sur la question du revenu minimum garanti. On sait qu'on est présentement dans l'obligation de déposer sous peu... le gouvernement est dans l'obligation de déposer sous peu son plan de lutte à la pauvreté et plan de lutte qu'on attend maintenant depuis deux ans. Et on trouvait, ce matin, opportun de venir dire à M. Blais, qui a déjà été porteur de cette vision d'un revenu minimum garanti, qu'au Québec il y avait des citoyens et citoyennes qui déjà étaient en mode réflexion. Et c'est pourquoi je vais laisser M. Sylvain Lacasse et Mario Paquet du Témiscouata vous expliquer où ils en sont, par rapport à ce projet-là d'un revenu minimum garanti, et c'est Sylvain qui va prendre la parole en premier.

M. Lacroix (Sylvain) : Bonjour. Merci. Merci, Manon. Le RASST défend, depuis plus de 13 ans, l'idée d'un revenu social suffisant pour combler les besoins de base. Depuis deux ans, nous chapeautons un comité de citoyens, le comité citoyen revenu de base Témiscouata, qui s'est donné comme mandat d'initier un projet pilote dans notre territoire. Nous avons entrepris la rédaction d'un canevas de recherche afin d'approcher divers partenaires, dont les chaires de recherche établies. Ce canevas propose d'effectuer une recherche multidisciplinaire pour mesurer l'impact sur les personnes et sur la collectivité, tant au niveau social qu'économique, académique que médical, ainsi de suite, tout versement régulier de revenu de base inconditionnel.

Il décrit aussi les principes auxquels nous adhérons dans notre vision d'un revenu citoyen, dont verser individuellement à toute personne citoyenne, de la naissance à la mort, sans condition ou contrepartie, correspondant à 60 % du revenu médian pour les adultes et à 30 % pour les enfants. Notre groupe soutient que le système d'aide sociale actuel est inadéquat pour sortir les gens de la pauvreté et qu'il incite aux préjugés envers les personnes qui en reçoivent. Un revenu social versé à tout le monde amoindrirait les tensions sociales, et je passe la parole à Mario.

M. Paquet (Mario) : Bonjour. Alors, comme exemple de l'inefficacité du système actuel, j'aimerais partager un épisode de mon vécu des dernières années. Après quatre ans en démarche de réinsertion sociale au Témiscouata, j'ai finalement réussi à acquérir ma première maison, une petite roulotte de chasse qui me convient très bien. Je devrais peut-être remercier le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale car, suite à une erreur de son ministère dans l'analyse d'une situation de partage de logement, le Tribunal administratif du Québec a ordonné que l'on me rembourse avec intérêt les sommes perçues en pénalité en 2015‑2016. C'est ce remboursement qui m'a permis d'acheter ma roulotte car mes prestations mensuelles ne m'en auraient jamais donné les moyens.

Notre idée de revenu social n'engendrerait pas ce type d'imbroglio complexe et coûteux à corriger. Elle permettrait aux gens de vivre dignement et librement. Le Témiscouata, MRC parmi les plus pauvres au Québec, nous semble un bon endroit pour expérimenter un revenu social et en observer les effets. Cette étude pourrait permettre de mieux évaluer l'impact qu'aurait la mise en place d'un revenu social panquébécois ou pancanadien.

Le gouvernement du Québec est ici interpellé pour mobiliser les ressources pour contribuer à la réalisation de ce projet, tant dans le financement de la recherche que dans la coordination du projet ou la liaison entre les partenaires. Le troisième plan de lutte à la pauvreté ne pourrait-il pas financer une équipe pour monter ce projet?

Mme Massé : Merci, Mario.

Le Modérateur : Donc, on va...

Mme Massé : Bien, en fait, je conclurais en vous disant que je pense que M. Blais a là une belle opportunité. Il y a des citoyens et citoyennes qui, depuis deux ans maintenant, travaillent sur ce projet-là. Ils sont prêts à s'associer, et il y a déjà des gens qui ont manifesté leur intérêt à s'associer, tant des chercheurs, des chaires de recherche, et bien sûr, inévitablement, a besoin du gouvernement du Québec pour réaliser ce projet pilote. Alors, M. Blais, c'est à votre tour.

Le Modérateur : On va prendre les questions sur le sujet puis, une fois qu'on aura pris les questions sur le sujet, après, on pourra y aller sur des sujets connexes, disons. Donc, Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Bien, sur le sujet, j'aurais une question, en fait. Le comité d'experts dit, dans sa forme absolue, le revenu minimum garanti est un peu impossible. Par contre, le comité propose une bonification du filet social existant. En quoi une bonification ne répondrait pas aux attentes que vous avez, autrement dit? Mais, Manon Massé, j'aimerais vous entendre aussi, là, oui.

Mme Massé : O.K. Bien, voulez-vous entendre le groupe en premier?

M. Lacroix (Sylvain) : Bien, disons, ce qu'on constate avec le filet actuel, c'est que les initiatives personnelles des personnes n'est pas encouragé. Par exemple, le travail autonome à l'aide sociale n'a pas été augmenté. Le 200 $ n'a pas été augmenté depuis plus de 30 ans, et il n'y a aucune indication que le ministre Blais va bouger là-dessus.

D'autre part, de plus en plus, à cause des délais administratifs, la population qui est entre deux programmes... genre, vous venez de perdre votre emploi, vous attendez, par exemple, des prestations autres, le blanc entre la période où ces prestations-là va commencer est de plus en plus longue, si bien que les délais administratifs font en sorte qu'il y a des gens qui sont vraiment dans la misère.

Mme Massé : Et je dirais, par rapport à ça, vous savez, 55 % du panier de consommation, y avez-vous pensé? Déjà, la mesure du panier de consommation, c'est la plus basse mesure de survie des gens. C'est le calcul de la plus basse mesure pour la survie des gens. Si on vous dit 55 % de ce panier de consommation là, vous êtes à la moitié de ce que ça prend pour vivre dans la dignité. Avec ce que Sylvain vient d'expliquer, c'est-à-dire les gains monétaires accessibles qui sont plafonnés à 200 %... à 200 $, pardon — 200 %, on aimerait ça — à 200 $ depuis plus de 30 ans, c'est une série de mécanismes qui n'est pas satisfaisante.

Alors, ce qu'on propose, c'est de dire... et l'Ontario le fait présentement, à travers le monde, ça s'expérimente présentement. Si on veut lutter réellement contre la pauvreté, il existe cette notion de revenu de base, et l'idée de l'expérimenter nous apparaît le meilleur chemin pour avoir des données, avoir effectivement ce qu'on a besoin pour se convaincre collectivement que c'est le chemin à suivre.

M. Dion (Mathieu) : Des questions sur d'autres sujets...

Le Modérateur : On va les prendre après. On va vider le sujet puis après...

M. Bellerose (Patrick) : Une petite question peut-être pour M. Paquet. J'aimerais que vous me disiez concrètement un revenu minimum garanti, une prestation comme ça, de base, qu'est-ce que ça changerait pour la personne qui la reçoit, pour le prestataire?

M. Paquet (Mario) : Bien, en fait, l'idée que nous, on amène, c'est que tout le monde le recevrait, peu importe le revenu, peu importe... Il n'y a aucune condition, c'est un revenu inconditionnel qui va à tout le monde. Nous, ce qu'on amène, c'est que, de un, c'est un ajout dans le pouvoir d'achat de tout le monde et que, bien entendu, les gens vont consommer avec cet argent-là, vont acheter plus de choses. Et donc il y a un retour de taxes potentiel qui va revenir là-dessus, il y a un boost économique aussi pour une région, par exemple, comme le Témiscouata.

C'est bien certain qu'on a beaucoup de gens qui ont des idées, qui ont des projets, mais qui n'ont pas nécessairement des moyens pour les mettre en place et ces personnes-là auraient la capacité minimalement de voir venir et de pouvoir prévoir un peu à l'avance.

M. Bellerose (Patrick) : Vous dites que ça aiderait l'entrepreneuriat, si je comprends bien?

M. Paquet (Mario) : Oui, l'entrepreneuriat, l'implication sociale, même l'implication politique, jusqu'à un certain point. Les gens auraient plus la capacité, les moyens de se déplacer pour aller au conseil municipal ou à différents endroits comme ça.

M. Bellerose (Patrick) : D'accord. Donc, vous dites : Tout le monde le recevrait, je comprends bien, oui, mais donc c'est surtout pour les gens qui en ont besoin, pour les prestataires d'aide sociale. C'est pour ça qu'on veut le mettre en place. Qu'est-ce que ça change pour la personne qui reçoit de l'aide sociale maintenant qui recevrait ce chèque-là de base? Comment c'est plus facile? Pourquoi ça aide?

M. Paquet (Mario) : Bien, d'abord, ça élimine les contrôles. Disons qu'à l'aide sociale on est soumis à différents contrôles, notre agent peut nous appeler, nous demander ci ou ça. Si on partage notre loyer, bien, on peut avoir des conséquences, des coupures, différentes choses.

Avec le programme Objectif emploi qui s'en vient, il y a d'autres pénalités qui sont promises, et là on voit que tous ces contrôles-là rajoutent un stress sur chacune des personnes qui reçoit, met aussi cette personne-là en situation où est-ce qu'elle devient souvent victime de préjugés. Elle est ostracisée un peu, la personne, et, veux veux pas, on est tous sensibles, quand même, on peut ressentir de la honte, même si on n'a pas de raison d'avoir honte, juste par les réactions des autres autour de nous.

Et je pense que c'est aussi une question de dignité, c'est une question de respect des droits humains. On a signé, je pense, en 1976, le pacte international... le PIDESC, qui nous garantit des droits économiques, sociaux et culturels. Pourtant, avec le revenu qu'on a présentement, avec l'aide sociale présente, on n'a pas la capacité de réaliser ces droits-là, et, pour nous, c'est une question importante. Puis je dirais aussi que, pour les gens, en général, qui le recevraient et qui travaillent présentement, bien, ça pourrait laisser peut-être un peu plus de flexibilité sur le nombre d'heures qu'on travaille, sur la conciliation travail-famille et ainsi de suite. Donc, il y a beaucoup d'avantages, un peu pour tout le monde, dans ce concept-là.

M. Bellerose (Patrick) : Juste une dernière précision. On a parlé tantôt de 60 % du revenu médian. Ça représente une hausse de combien, par exemple aux prestations de base qu'on a présentement?

M. Paquet (Mario) : Bien, on a calculé environ, pour le Témiscouata, là, qu'actuellement le revenu médian serait autour de 28 000 $ par personne.

Une voix : 16 000 $, 17 000 $ en fait.

M. Paquet (Mario) : Non, ça, c'est le revenu... 60 %. Bien, le revenu médian...

M. Bellerose (Patrick) : Le médian, 28 000 $?

M. Paquet (Mario) : ...on le calcule environ à 28 000 $ par personne, et donc ça donnerait environ 17 000 $, autour de 17 000 $ par année, par personne, au lieu d'environ 8 000 $ qu'une personne peut recevoir en recevant de l'aide sociale à l'année.

Le Modérateur : Est-ce qu'il y a d'autres questions sur le sujet?

Mme Massé : La mesure du panier de consommation, actuellement, est autour de 17 000 $ pour une personne seule. Alors, voyez-vous, ils sont dans ces chiffres-là, d'où l'importance de faire un projet pilote. C'est de voir, oui, l'impact sur les gens, mais de voir aussi qu'est-ce que ça a comme retour au gouvernement, qu'est-ce que ça a comme consolidation des communautés comme au Témiscouata, qui souvent sont des communautés qui se dévitalisent, où les jeunes sortent des régions. Alors, quels seraient les impacts... et on pense que M. Blais a là une belle opportunité.

M. Bellerose (Patrick) : ...excusez-moi. Combien de temps ça durerait, le projet pilote?

M. Paquet (Mario) : Dans le canevas qu'on a proposé, qu'on a envoyé à différents chercheurs, on parle de huit ans. On aurait une instauration graduelle dans les quatre secteurs de la MRC pendant les quatre premières années. Donc, un nouveau secteur se rajouterait à chaque année pendant les quatre premières années, et on aurait... le dernier cinq ans tiendrait compte de tous les secteurs qui le reçoivent.

Mme Massé : Merci, messieurs.

Le Modérateur : Donc, on va continuer la période de questions.

M. Dion (Mathieu) : Juste vous entendre sur la manifestation proarmes, là, qui pourrait avoir lieu, là, sur le mémorial des victimes de Polytechnique. Est-ce qu'on devrait même permettre ce genre de manifestation, Mme Massé?

Mme Massé : Bien, écoutez, je pense que ces gens-là ont été clairs. Ils veulent avoir une exposition, et moi, je ne veux pas leur en donner. Alors, je ne veux pas commenter cette question-là.

M. Dion (Mathieu) : Est-ce qu'on devrait leur permettre de manifester?

Mme Massé : Je vous dis, je pense que ce qu'ils souhaitent, c'est qu'on en parle, et moi, je ne veux pas en parler.

M. Dion (Mathieu) : O.K. On apprenait que, dans les propositions des membres de votre parti, que la notion... de faire en sorte que le mot «patrimoine», qu'on le retire un peu et qu'on le remplace par «héritage culturel». Quelle priorité faites-vous, vous, Mme Massé, de ça, d'une chose comme celle-là?

Mme Massé : Bien, d'une part, vous le savez, c'est notre cahier de propositions. Alors, on va en débattre tous et toutes ensemble la fin de semaine prochaine, mais ce que je pense, ce que je sens, là, depuis quelques heures, c'est que c'est choquant. Je sens que ça choque. Et je vous dirais qu'honnêtement, des fois, pour changer les choses, il faut choquer.

Alors, dans les faits, on n'est pas le seul pays au monde qui… Bien, je veux dire, Québec solidaire n'est pas le seul au monde qui commence à se poser des questions par rapport au langage utilisé, aux mots utilisés, aux expressions utilisées et l'impact que ça a dans nos communautés. Nous, on est, depuis notre fondation, je vous dirais, dans cette recherche d'utiliser l'écriture épicène, donc d'essayer le plus possible de dégenrer notre écriture. Et je pense que cette proposition-là s'inscrit là-dedans, mais, ceci étant dit, les membres trancheront cette question-là la semaine prochaine.

M. Dion (Mathieu) : Ça ne va pas un peu trop loin? Qu'est-ce qu'on fait de «langue maternelle», par exemple? Tu sais, est-ce qu'on ouvre une boîte, là, finalement, puis on n'en finira jamais?

Mme Massé : Ce qui est beau de l'écriture épicène, c'est justement de tenter de faire en sorte de dégenrer. Quand vous me parlez de «langue maternelle», c'est intéressant. La langue maternelle, c'est quoi? C'est que les femmes sont les seules responsables de la transmission de la langue? Est-ce que c'est ça qu'on entend? Comme, le patrimoine, est-ce que c'est seuls les paters qui sont responsables de cette transmission culturelle, des biens et avoirs? Alors, moi, je pense que l'idée, là… On est au XXIe siècle, on peut commencer à réfléchir à ces questions-là sans en faire un drame national.

M. Croteau (Martin) : Bonjour. Martin Croteau de LaPresse. Je reviens un peu à la première question de Mathieu. Je comprends que vous ne voulez peut-être pas commenter la manif comme telle, mais il y a quand même… Vous ne trouvez pas qu'il y a un certain manque de respect à l'égard des victimes par les organisateurs de cette manifestation?

Mme Massé : Je pense que les victimes ont commencé à s'exprimer, mais je pense que les victimes ne souhaitent pas non plus… bien, les victimes, je veux dire, les gens qui entourent ne souhaitent pas non plus qu'on fasse un branle-bas de combat à travers ça. Ils veulent de l'exposition médiatique. Je ne veux pas leur en donner.

M. Croteau (Martin) : Êtes-vous satisfaite du rythme de…

Mme Massé : Je n'entends pas.

M. Croteau (Martin) : Êtes-vous satisfaite du rythme de déploiement du registre québécois des armes à feu?

Mme Massé : Je pense que les règlements qu'on attend et qu'on veut s'assurer que ça puisse se mettre en oeuvre rapidement, ça tarde. J'ai questionné M. Coiteux il y a quelques semaines de ça. Il m'a dit : Ça va, ça avance. Il y a eu la cause, là, en justice qui a quand même retardé un certain nombre de choses. J'aurais espéré qu'on finisse l'année avec quelque chose de plus assis sur la question du registre.

Donc, oui, je trouve que ça tarde un peu, et j'espère que ça va s'accentuer puis qu'on va avoir fini ça avant le déclenchement des élections en 2018.

Mme Préfontaine (Anne) : Bonjour, Mme Massé. Anne Préfontaine, TVA.

Mme Massé : Bonjour.

Mme Préfontaine (Anne) : On apprend ce matin qu'une bonne partie de la caisse électorale de l'ère Charest, du PLQ, a été financée par l'industrie de la construction. Le PQ veut des noms. Est-ce que Québec solidaire en veut également?

Mme Massé : On vient d'apprendre... Je pense que la commission Charbonneau nous a clairement orientés vers le financement illégal, irrégulier, inacceptable des partis politiques, notamment du Parti libéral. Je pense qu'il y a des enquêtes qui sont en cours, qu'on ne cesse de répéter qu'il faut qu'elles aboutissent. Il ne faut pas que la population québécoise aille se présenter... que les gouvernements, pardon, aillent se présenter devant la population québécoise pour l'élection 2018 sans que cette enquête Mâchurer ait été conclue.

Voyez-vous, on n'arrête pas de le dire, de toutes parts, de tous côtés, qu'il faut qu'on en finisse avec la corruption, la collusion, et, plus il y aura de dénonciations, plus il y aura de noms de mis sur des personnes, sur des bureaux, sur des ministères... Ce qu'il faut, c'est que l'UPAC fasse sa job puis que ça presse qu'elle accouche.

Mme Préfontaine (Anne) : Procréation assistée, la CAQ veut que le programme renaisse. Est-ce que vous êtes d'accord avec les idées de la deuxième opposition?

Mme Massé : Bien, dès le moment où M. Barrette avait annoncé qu'il faisait son grand ménage là-dedans, à Québec solidaire, on avait dit : Bien, pourquoi là? Pourquoi? Ce programme-là fonctionne bien, ce programme-là permet à des gens de pouvoir... accès à la procréation, d'être accompagnés par l'État là-dedans. Alors, je pense que ça tombe sous le sens qu'on puisse revisiter ce programme-là pour lui redonner ce qu'il nous avait permis dans les années où il a existé.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour. Donc, le DGE parle de permettre le droit de vote par Internet. J'aimerais savoir, est-ce que vous êtes d'accord avec cette idée et est-ce que vous souhaitez que ce soit mis en place dès la prochaine élection, en 2018?

Mme Massé : Bien, on fait partie de ceux et celles qui a demandé au DGE d'explorer cette idée-là, parce qu'aujourd'hui on est en 2017, et je pense, maintenant, avec les systèmes de sécurité qui existent, c'est plus que pensable d'imaginer qu'on puisse utiliser les technologies pour le vote. Alors donc, si le DGE... il devait étudier la question. S'il est rendu à l'idée que c'est faisable et que c'est possible, bien, nous, on va souhaiter que ce soit souhaitable.

M. Bellerose (Patrick) : Mais, par contre, pour 2018... Est-ce que vous souhaitez que ce soit mis en place dès 2018? Est-ce qu'on peut faire un projet pilote peut-être d'ici l'an prochain?

Mme Massé : Bien, puisque je n'ai pas vu, là, son étude, là où il est rendu, les constats, etc., je serais malaisée de me prononcer sur l'installation pour 2018. Mais, ceci étant dit, souvent, les projets pilotes nous permettent d'expérimenter, de voir l'impact, de vérifier des hypothèses que nous avons, et dans ce sens-là, si ça ne peut être sur l'ensemble, minimalement, qu'il y ait un projet pilote m'apparaît tomber sous le sens.

Le Modérateur : On va prendre une dernière question. Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, Mme Massé.

Mme Massé : Bonjour, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Quelle est votre position par rapport à de la violence et des méfaits pour défendre une cause?

Mme Massé : Bien, M. Laforest, vous le savez, Québec solidaire a dénoncé plusieurs fois les actes de violence, peu importe d'où elles viennent... d'où ils viennent, pardon. Et, à Québec solidaire, nous, on a choisi notre véhicule qui s'appelle un parti politique, qui est dans l'arène de l'Assemblée nationale pour faire changer les choses.

M. Laforest (Alain) : Certains diront qu'il y a certains groupes activistes qui sont derrière Québec solidaire. Est-ce que vous considérez qu'on a le droit de faire du vandalisme pour faire avancer une cause?

Mme Massé : Qu'il y ait des groupes d'activistes derrière Québec solidaire, j'en suis moi-même. Rappelez-vous mon propre parcours, je viens de groupes de défense de droits depuis 35 ans.

M. Laforest (Alain) : Il y a des activistes plus doux que d'autres, Mme Massé, vous le savez très bien, là. Moi, je parle d'activistes radicaux, là.

Mme Massé : Qui sont derrière... Québec solidaire, c'est mal connaître les antifascistes, par exemple, puisque je pense que c'est de ça que vous me parlez, que de penser que ces gens-là vont voter. C'est de très mal les connaître et, en plus, s'associer à un parti politique, c'est de très, très mal les connaître.

Ceci étant dit, je vous l'ai dit et je le répète, nous croyons, à Québec solidaire, que c'est contre-productif et que ça ne permet pas d'atteindre nos objectifs. Et nous, à Québec solidaire, la violence, ce n'est pas un moyen pour atteindre ces objectifs-là.

M. Laforest (Alain) : Juste une petite dernière. Sur la Davie, c'est quoi, votre position à Québec solidaire par rapport à ce que le gouvernement fédéral fait actuellement?

Mme Massé : Je ne le sais pas, il faudrait que j'aille m'informer plus spécifiquement. C'est le dossier à Amir, alors je n'ai pas le «fine-tuning» de ça. Merci.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 10 h 30)

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