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Point de presse de Mme Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation

Version finale

Le mardi 2 juin 2020, 13 h 30

Salle Louis-Hippolyte-La Fontaine (RC.184), hôtel du Parlement

(Treize heures trente minutes)

Mme Charest : Merci pour être là aujourd'hui. Très heureuse d'être parmi vous pour vous annoncer une bonne nouvelle. Vous le savez, le 21 mai dernier, on vous annonçait que les camps de jour pourraient ouvrir cet été au Québec. On lançait du même coup le guide des normes sanitairesde la CNESST. Bien sûr, cette annonce a été bien reçue de la part des familles au Québec. Cependant, on est tous conscients qu'on est dans une réalité nouvelle et que les camps de jour, bien, ne font pas exception.

Alors, comme dans tous les autres secteurs, le respect, bien sûr, des normes de distanciation sociale dans les camps de jour va être primordial cet été si on ne veut pas être submergés, bien entendu, dans une seconde vague de virus à l'automne.

Évidemment, dans ce contexte qu'on connaît, les camps de jour que nos enfants vont expérimenter cet été, bien, vont être différents. D'une part, les groupes seront réduits, la distanciation sociale, comme je le disais, de deux mètres devra être respectée et la majorité des activités devra se dérouler à l'extérieur. Et ça, bien sûr, ça vient avec plusieurs défis pour les gestionnaires de camp de jour, comme par exemple l'approvisionnement en équipement de protection ou encore l'embauche de personnel de même que l'accès aux infrastructures.

Pour notre gouvernement, c'était très clair, dès que nous avons annoncé le retour des camps de jour cet été, qu'ils auraient besoin de notre aide, d'un soutien financier pour pouvoir opérer cet été. C'est pourquoi je suis fière de vous annoncer qu'en collaboration avec ma collègue Andrée Laforest, des Affaires municipales, nous allons octroyer une aide financière substantielle aux camps afin qu'ils puissent accueillir un maximum d'enfants cet été. Nous avons toutes les deux des enfants, et on sait à quel point les camps de jour sont salutaires pour les enfants, évidemment, mais aussi pour les parents.

Nous annonçons donc aujourd'hui une aide qui bénéficiera à la fois aux camps privés certifiés et aux camps municipaux. Alors, d'une part, pour ce qui est des camps de jour certifiés, ils pourront compter sur une aide pouvant aller jusqu'à 11 millions de dollars, et ça, les modalités seront définies ultérieurement. Et ça, je vous le rappelle, ça correspond exactement à la demande que l'Association des camps du Québec nous a faite, donc, 11 millions de dollars pour les camps de jour certifiés, une aide qui pourra leur permettre entre autres de procéder à l'embauche de personnel, de relever les défis liés aux opérations dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

J'annonce également que les sommes prévues au budget 2020‑2021 concernant le partage de locaux entre les municipalités et les écoles pourront être utilisées au bénéfice des camps de jour qualifiés et des camps municipaux. Cette mesure permettra aux camps d'utiliser les locaux des écoles, ce qui devrait faciliter le respect des consignes de distanciation sociale puis, évidemment, dans le contexte des jours de pluie.

En ce qui concerne les municipalités, bien, il y a un exercice qui vise à faire le portrait des impacts financiers de la COVID-19, qui est actuellement en cours, et, à cet effet, toutes les municipalités ont été informées par lettre, vendredi dernier, que les coûts supplémentaires associés à la tenue des camps municipaux seraient considérés lors de cet exercice.

Je le rappelle, c'était primordial pour notre gouvernement de venir en aide aux camps afin qu'un maximum d'enfants puissent y avoir accès cet été. Depuis quelques mois, on vit tous des moments difficiles, et, on le sait aussi, les enfants n'ont pas été épargnés. Alors, je suis très heureuse de cette annonce d'aujourd'hui pour faire en sorte, évidemment, que les enfants puissent profiter de l'été, qu'ils puissent s'amuser au camp avec leurs amis, qu'ils puissent bouger.

Alors, évidemment, ça se fera dans un contexte particulier, mais je suis convaincue que malgré toutes les mesures en place, mesures de distanciation dans les camps, bien, les enfants auront quand même du plaisir cet été dans les camps. Merci.

M. Lacroix (Louis) : On en est où, Mme Charest, avec les sports d'équipe, notamment? Votre réflexion, là-dessus, vous en êtes rendue où?

Mme Charest : Oui. Bien, les réflexions... en fait, les travaux vont bon train, un travail qui se fait, bon, évidemment, avec la Santé publique, avec les fédérations, qui font des protocoles de retour au jeu. Alors, je suis très confiante qu'on va pouvoir annoncer quand même très rapidement le retour d'une forme de sport d'équipe.

M. Lacroix (Louis) : ...sous quelle forme? Vous dites : Une forme de sport d'équipe. Est-ce que, par exemple, le soccer, le baseball, ces sports-là qui sont des sports très, très populaires chez les jeunes, est-ce qu'il va y avoir une saison cet été?

Mme Charest : Il va y avoir... avec, évidemment, le respect des normes de distanciation, entre autres, bon, les normes qui sont en vigueur. Les protocoles sont élaborés, encore une fois, avec la Santé publique. Donc, le sport comme on le connaissait auparavant ne se fera pas dans les prochaines semaines. Par contre, il va y avoir différentes adaptations, différents accommodements qui vont pouvoir se faire puis faire en sorte que nos jeunes puissent retrouver une certaine forme...

M. Lacroix (Louis) : Pouvez-vous nous donner des exemples? Comme le soccer...

Mme Charest : Des exemples? En habileté, donc, plutôt qu'avoir un match avec confrontation, bien, il pourrait y avoir ce qu'on appelle des «drills», en bon Québécois, donc, des concours... pas des concours, mais des formes d'exercices d'habileté, de contrôle de la balle, différentes choses comme celles-là. Un sport comme le baseball sera plus facilement adaptable. Puis là je pense que vous avez vu probablement le protocole que Baseball Québec a mis en place. Donc, ce sont des normes, là, qui seront respectées, qui feront en sorte qu'on va pouvoir retrouver une forme de sport bientôt.

M. Bovet (Sébastien) : Avec l'annonce d'aujourd'hui, est-ce que vous pouvez garantir que tous les camps de jour, municipaux, OBNL, privés, vont ouvrir le 22 juin, au Québec, ou dans le courant de l'été, là, que… Première question : Le 22 juin ou dans le courant de l'été, est-ce que tous les camps de jour vont rouvrir?

Mme Charest : En fait, ce qui était essentiel, c'est de pouvoir aider financièrement les camps qui avaient, évidemment, des contraintes à respecter. Maintenant, c'est sûr que ça demeure leur prérogative d'ouvrir ou de ne pas le faire. Maintenant, l'Association des camps du Québec nous ont fait des demandes à la hauteur de 11 millions pour pouvoir rencontrer les besoins financiers supplémentaires à cause de la COVID-19, et c'est exactement ce qu'on annonce aujourd'hui. Alors, en théorie, ils pourraient… si les calculs sont bons, ils devraient être en mesure d'offrir les camps à la hauteur de ce qu'ils font habituellement.

M. Bovet (Sébastien) : O.K. Vous signez un chèque de 11 millions. Vous devez avoir des attentes face à ce chèque de 11 millions. Est-ce que vous vous attendez à ce qu'avec ce déblocage de 11 millions tous les camps du Québec, de jour, tous les camps de jour ouvrent cet été? Avez-vous des attentes gouvernementales? Vous répondez à leur demande à 100 %, vous devez avoir des attentes.

Mme Charest : Bien, c'est sûr qu'on a des attentes qu'un service soit donné. Parce que c'est ça, l'objectif, hein? L'objectif, c'est de faire en sorte que nos enfants puissent avoir accès aux camps. Bien sûr, on est conscients qu'il y a des contraintes, qu'il y a des camps qui auront des difficultés plus particulières. Des camps spécialisés, entre autres, devront faire des adaptations. Maintenant, pour nous, ce qui est important, c'est de donner les moyens pour pouvoir ouvrir, des moyens financiers. On parle d'embauche de personnel. Puis, à cet égard, je lance un appel aux jeunes moniteurs, parce qu'évidemment ce sera difficile de recruter du personnel. Alors, les jeunes qui ont envie de s'impliquer, on va avoir besoin d'eux pour pouvoir animer les camps. Bon, toutes sortes de normes qui seront à respecter, mais évidemment, pour nous, ce qui est important, c'est de leur donner les moyens pour pouvoir offrir ces services-là.

Mme Porter (Isabelle) : Dans la même question, pouvez-vous juste nous donner une idée du nombre de camps de jour, selon vous, qui vont être ouverts cet été? C'est quoi, à peu près, la proportion au Québec?

Mme Charest : Bien, cette mesure-là dont je vous parle, là, la portion… Puis, peut-être, je vais me permettre de juste vous faire la distinction entre les camps municipaux puis les camps privés certifiés…

Mme Porter (Isabelle) : Mais je parlais des camps privés, là, municipaux, on se comprend que…

Mme Charest : On parle d'environ 84 organismes, 144 sites de camp qui pourront bénéficier de cette enveloppe-là.

Mme Lajoie (Geneviève) : Juste une question. Vous avez dit tout à l'heure que vous permettez aux camps de jour de s'installer dans les écoles. Hier, il y a eu une annonce du ministre de l'Éducation à l'effet que les élèves en difficulté pourront être dans les classes, dans les prochaines semaines, et pourraient même continuer durant l'été. Est-ce que là il n'y a pas un conflit si les élèves en difficulté continuent d'aller dans les classes...

Mme Charest : Oui. Bien, évidemment, c'est dans la mesure du possible. Il y a des travaux aussi qui se font dans les écoles. Bon, évidemment, il y a plus... il y a quand même beaucoup de locaux qui sont disponibles, donc on y va aussi avec les installations qui sont disponibles. Il y a aussi les installations municipales qui pourront être utilisées. Et puis là, encore une fois, c'est vraiment... L'organisation du camp ne se fera pas à l'intérieur. Parce que, si on se réfère au guide de la CNESST, les normes sanitaires, on parle vraiment d'activités extérieures privilégiées, donc c'est dans vraiment des situations où il y a de la pluie ou le mauvais temps, et tout ça, puis certains contextes où on va utiliser les locaux. Mais on va essayer d'adapter puis de trouver des locaux pour les camps.

Mme Lajoie (Geneviève) : Là, les piscines extérieures, il y a... la Santé publique a donné le feu vert. Est-ce que les gens qui font, par exemple, de la natation, est-ce qu'ils vont pouvoir utiliser des piscines extérieures et est-ce qu'on pense aux piscines intérieures prochainement?

Mme Charest : On pense à toutes les infrastructures intérieures. Ça, ça fait partie d'une phase ultérieure, et on est en train de voir, encore une fois avec la Santé publique, comment on va pouvoir respecter les normes sanitaires et comment on va pouvoir en faire l'utilisation.

Maintenant, avec les piscines extérieures, bien, ça, il y a une gestion aussi que se fait avec les gestionnaires des piscines à savoir, bon, il y a l'utilisation des couloirs, et tout ça, puis comment ils vont gérer leurs piscines. Ça, ça appartient aux gestionnaires. Mais force est de constater qu'il y aura une forme de natation possible avec l'ouverture des piscines extérieures.

Mme Lajoie (Geneviève) : Les camps de jour, c'est dans la même phase, par exemple, que les restaurants, que l'ouverture des restaurants. Pourquoi est-ce que, là, les camps de jour, c'est réglé, mais les restaurants, c'est aussi dans la même phase que vous avez...

Mme Charest : Oui, bien, en fait, je ne parlerai pas au nom de tout le volet de la restauration. C'est sûr que, les phases, il y a des choses qui se déconfinent une après l'autre, là. Je pense que moi, l'important, pour moi... Puis on avait aussi une certaine urgence d'agir, hein, pour les camps de jour parce qu'on sait que ça prend une certaine organisation. Donc, aujourd'hui, je suis là pour annoncer cette bonne nouvelle qui vient justement rencontrer les besoins qui nous avaient été nommés par l'Association des camps. Puis, en même temps, le travail aussi du côté municipal se fait auprès de ma collègue parce qu'aussi les camps municipaux vont avoir des besoins financiers.

Puis je vous parlais tantôt de la distinction entre les camps municipaux puis les camps privés. Juste pour vous faire un portrait, dans les municipaux, on parle d'à peu près 200 000 enfants qui participent à ces camps-là ordinairement, là, mettons, l'année passée. Dans les camps privés certifiés, on parle d'environ 150 000 enfants. Alors, pour nos 150 000 enfants, on a un financement de 11 millions qui est annoncé aujourd'hui. Maintenant, bon, on est à finaliser les travaux de ma collègue, mais elle me confirme que ce sera à une hauteur plus élevée que 11 millions pour pouvoir soutenir les camps municipaux pour qu'eux aussi puissent donner un service pour nos enfants.

M. Lacroix (Louis) : Sur les 350 000, vous vous attendez à ce qu'il y en ait combien qui puissent avoir accès?

Mme Charest : Oui,bien, il y a différents sondages qui ont été faits par l'Association des camps, entre autres. On parle d'environ 70 % des enfants qui participeraient aux camps. Bon, évidemment, c'est difficile de prévoir juste par sondage, on va le voir dans les prochaines semaines. Je pense que l'expérience des écoles dans toutes les régions du Québec, à part la CMM puis Joliette aussi, fait en sorte que, je pense, les gens sont plus… les parents sont davantage prêts à aller vers les camps de jour. Maintenant, Montréal n'ont pas vécu le déconfinement des écoles, mais, encore là, il va falloir voir. Mais ce qui était important, je pense, c'était d'annoncer le plus rapidement possible le financement pour qu'on puisse organiser ces camps-là.

La Modératrice : Il va rester deux minutes.

Mme Porter (Isabelle) : ...s'il vous plaît. Oui, vous donnez de l'argent, mais il n'en reste pas moins que les camps ont de la difficulté à recruter des animateurs. Je comprends que l'aide vise à en... davantage, des animateurs. Mais est-ce que des camps pourraient utiliser cet argent-là pour augmenter les salaires des animateurs et faciliter leur recrutement?

Mme Charest : Oui, tout à fait.

Mme Lajoie (Geneviève) : Alors, peut-être une précision. À partir, donc, du 22 juin, les camps de jour vont pouvoir aller de l'avant. Ça, ça veut dire à peu près huit enfants avec un moniteur, deux moniteurs qui peuvent jouer au ballon ensemble. Ça commence à ressembler à un sport collectif. Est-ce que donc, à partir du 22 juin, on pourra dire oui aux sports collectifs?

Mme Charest : Oui, bien, je pense que c'est important de se rappeler la notion de reprise graduelle, prudente aussi et qui évolue dans le temps, là. Dans un premier temps, pour nous, c'est important d'annoncer ça aujourd'hui. Évidemment, les travaux pour la reprise du sport vont bon train, et je pense qu'on va pouvoir annoncer très rapidement la reprise des sports aussi.

La Modératrice : Donc, on pourrait prendre une dernière question en anglais...

M. Bossé (Olivier) : 70 %, là, ou que ce soit 60 % ou 80 %, avec votre 11 millions, vous vous attendez que les camps ne refusent pas personne pour des raisons de COVID?

Mme Charest : Bien, c'est sûr qu'il y a une organisation qui doit être respectée. Bon, ce qu'on dit, c'est que les demandes qui nous ont été faites par l'Association des camps, c'était à la hauteur de 11 millions. On rencontre exactement ces besoins-là. Donc, bon, j'imagine qu'ils ont fait les calculs en fonction de pouvoir répondre à toutes leurs clientèles. Maintenant, on va voir dans quelle mesure les parents font la demande puis comment ça s'organise, mais on rencontre exactement les besoins que l'Association des camps nous avait fait mention.

M. Lacroix (Louis) : Et le sport professionnel?

Mme Charest : Bien, le sport professionnel, on a été en discussion avec l'Impact surtout et avec le Canadien pour leur donner accès à l'entraînement, ce qu'ils ont eu. Maintenant, la suite des choses, ça ne relève pas de nous, donc, mais, s'ils ont besoin d'aide…

M. Lacroix (Louis) : Ça ne relève pas de vous…

Mme Charest : Bien, ça ne relève pas…

M. Lacroix (Louis) : Sils décident de reprendre la saison, comme M. Bettman veut faire, là, à la fin de l'été, là, ça relève…

Mme Charest : Oui, bien là, il y a des discussions, puis, en fait, ils sont en discussion pour reprendre les matchs ailleurs qu'au Québec. Donc, il n'est pas question maintenant de faire des matchs au Québec pour les deux ligues. Alors, pour le moment, on n'est pas dans les discussions avec eux.

La Modératrice : On va prendre une dernière question en anglais.

M. Verville (Jean-Vincent) : Many camps have already announced that they will not run this summer. With this announcement... are you urging them to rethink that and will you pressure them to do so?

Mme Charest : Well, today, the financial support that we announced met exactly the needs that the Québec Camps Association has told us that they would need in order to provide a service. So, yes, I hope that the camps that said that they will not open this summer will reconsider because our goal is to make sure that as many children as possible are participating in camps this summer. So, this financial support goes exactly with what was asked, so I hope that the kids will be able to...

M. Verville (Jean-Vincent) : ...do you pressure them? Is there any pressure you will put on them or can you force them?

Mme Charest : I cannot force anybody to rum a camp. My goal was to make sure that we provide with measures to make sure that they can operate. I think that most of these camps, what they want to do is to offer the service they are mandated to offer. So, I think they will reopen their...

M. Verville (Jean-Vincent) : Are you worried of outbreaks?

Mme Charest : Of course we are worried about outbreaks, and this is why we go slowly and in a progress in time. And, of course, we consider everything, that's why we have sanitary measures to make sure that we don't have another outbreak.

La Modératrice :Merci beaucoup, tout le monde.

M. Verville (Jean-Vincent) : ...if there is outbreaks?

Mme Charest : Santé Canada... Santé Québec, pardon, will decide, yes.

Une voix : Merci.

(Fin à 13 h 47)

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