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Point de presse de M. Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Version finale

Le jeudi 7 avril 2022, 12 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures huit minutes)

M. Lacombe : Bonjour, tout le monde. Je suis tellement heureux, tellement fier d'être ici, quelques minutes après l'adoption du projet de loi n° 1 pour compléter, une fois pour toutes, les services de garde éducatifs à l'enfance. Donc, vous voyez, je suis accompagné de la quasi-totalité des partenaires de notre réseau, je l'ai dit tantôt, mais je le répète, des gens passionnés qui tiennent ce réseau à bout de bras, depuis tellement d'années, qui y travaillent, à chaque jour, pour s'assurer que nos tout-petits sont entre bonnes mains puis que leurs parents puissent s'épanouir aussi sur le marché du travail. Donc, je veux saluer leur présence parce qu'on a beaucoup, beaucoup travaillé ensemble au cours des dernières années.

Donc, je l'ai dit, adoption du projet de loi n° 1 aujourd'hui, dans le cadre de notre, évidemment, Grand chantier pour les familles, un plan de 5,9 milliards de dollars sur les cinq prochaines années pour qu'enfin, au Québec, on ait un réseau solide où chaque enfant va pouvoir avoir une place. Donc, vous savez, dans ce grand chantier, il y avait le retour au tarif unique à 8,70 $ dans nos garderies, la relance du réseau pour que chaque enfant ait une place, 37 000 places, donc, qui ont été lancées en développement, l'augmentation du salaire des éducatrices de 18 %, parce qu'elles le méritaient, elles travaillent fort, elles n'étaient pas assez bien payées, augmentation aussi de nos éducatrices en milieu familial, là, subvention bonifiée de 30 %, l'augmentation du crédit d'impôt dans nos garderies non subventionnées, qui s'ajoute à la conversion qu'on a commencée et qu'on va continuer dans nos garderies non subventionnées.

Mais on avait besoin d'un projet de loi pour aller plus loin, on avait besoin d'un projet de loi pour faire des changements en profondeur dans la façon dont le réseau fonctionne. Et je vous donne quelques exemples très, très précis. Ça va nous permettre d'accélérer le développement des places, on en a déjà parlé. Ça va donner l'obligation aussi, pour la première fois dans l'histoire du réseau, l'obligation au gouvernement du Québec de développer des places lorsqu'on en aura besoin dans une région. Ça va nous permettre de créer des consultatifs régionaux où les gens, dans les régions, vont pouvoir nous dire si notre lecture du terrain est bonne : Est-ce qu'on en manque ou pas, des places? Est-ce qu'on s'est trompés dans nos calculs? On veut travailler avec les gens sur le terrain. Ça va nous permettre d'élargir aussi les services qu'on offre dans nos haltes-garderies communautaires, parce que ce n'est pas vrai que les parents ont tous les mêmes besoins, il y a des parents qui ont des besoins très spécifiques auxquels on veut aussi répondre dans les haltes-garderies. Ça va nous permettre aussi de tendre la main aux personnes qui travaillent dans les milieux familiaux qui ne sont pas reconnus actuellement. Moi, je pense qu'elles ont tout ce qu'il faut pour venir avec nous dans notre réseau, notre réseau qui est déjà mobilisé, qui leur a tendu la main, comme je leur ai tendue, pour s'assurer qu'elles aient tout ce dont elles ont besoin pour bien accueillir les enfants. Donc, c'est commencé, on travaille avec elles. Je suis très, très, très content de ça. Ça va nous permettre de rapatrier le guichet unique, aussi, sous l'égide, sous la responsabilité du gouvernement du Québec, pour en faire une vraie liste d'attente. Ça va nous permettre, finalement, aussi, de s'adapter à la culture puis aux coutumes des communautés autochtones.

Donc, je veux remercier tous ceux qui ont travaillé sur ce projet de loi là. Je dois mentionner le travail, quand même, de mes collègues de l'opposition, les porte-parole, mes vis-à-vis, donc Jennifer Maccarone qui a travaillé avec moi de bonne foi dans l'étude de ce projet de loi là, même chose pour Christine Labrie, députée de Sherbrooke, avec qui j'ai beaucoup aimé travailler, et Véronique Hivon aussi. Donc, je veux saluer leur travail ainsi que le travail de tous les professionnels, bien sûr, qui ont travaillé sur le projet de loi.

Donc, en conclusion, je l'ai dit, il y a un an, il y a des gens qui sourcillaient, à ce moment-là. On avait besoin d'un projet de loi pour aller plus loin, il ne suffisait pas juste d'annoncer des places, il fallait des changements plus en profondeur. Donc, ces changements-là, on les livre aujourd'hui. Et je suis content que ça se termine, ou, en fait, que ça commence, maintenant qu'on aura tous les outils, et que les députés ici, à l'Assemblée nationale, aient décidé de poser ce geste-là qui, pour moi, vient pérenniser et assurer l'accroissement puis l'avenir de notre beau et grand réseau. Merci beaucoup.

Mme Côté (Claudie) : Bonjour.

M. Lacombe : Bonjour.

Mme Côté (Claudie) : Bonjour, M. Lacombe. Bon, vous êtes accompagné de plusieurs acteurs du réseau. Pourquoi? C'est une démonstration de vos appuis, vous sentiez le besoin de montrer que le réseau est derrière vous dans ce projet-là?

M. Lacombe : Bien, je pense que c'est important, oui, de démontrer qu'il y a un mouvement. Et ce n'est pas une démonstration de force politique, ce n'est pas un élément purement, froidement calculé pour démontrer que, comme gouvernement, on a de l'appui. C'est pour démontrer qu'il y a un mouvement dans le réseau, ce n'est pas seulement l'affaire du gouvernement. Nos partenaires, là, vous les voyez, ils sont derrière nous, ils sont 10, ils sont mobilisés. On s'est nourris de leurs demandes pour livrer ce qu'on livre aujourd'hui. Est-ce qu'il reste du travail à faire? Oui, il y a des gens qui nous le rappellent quotidiennement, assurément qu'il reste du travail à faire. Mais je pense qu'on franchit un pas de géant aujourd'hui.

Mme Côté (Claudie) : Justement, parlant de mouvement et de travail à faire, vous les avez pointés, il y a les représentants de Ma place au travail, des femmes qui se sont beaucoup fait entendre, dans les derniers temps, et qui notent une absence quand même importante, dans ce projet de loi là, celle de ne pas garantir à chaque enfant une place en garderie ou encore de ne pas mettre de l'avant des places moins chères. Qu'est-ce que vous leur répondez?

M. Lacombe : Bien, je réponds que, dans le cadre du Grand chantier pour les familles, la conversion, donc que tout le monde ait accès à une classe à 8,70 $, c'est prévu. Donc, pour moi, ça ne passait pas par le projet de loi. C'est la mesure 11 de notre grand chantier, 5,9 milliards sur cinq ans, je l'ai dit, on va convertir ces places-là. Notre projet pilote se termine, on va donner nos intentions. Ça, il n'y a aucun doute là-dessus.

Et ensuite, pour la question du droit, on a un désaccord. Ce droit-là, il existe. On vient de voter une motion à l'Assemblée nationale où on le réitère, que ce droit-là, il existe. C'est le même droit écrit de la même façon que le droit au Québec de recevoir des soins de santé, des services sociaux. Et ce droit-là, il avait besoin de quoi pour exister, pour prendre vie? De moyens. Et ces moyens-là, on vient les cimenter dans la loi en disant que le gouvernement sera obligé, maintenant, quand il y aura un déficit, de lancer un appel de projets.

Mme Côté (Claudie) :  Si je peux me permettre, une dernière question. L'une des critiques de votre projet de loi... de votre loi, maintenant, on va l'appeler comme ça, et de votre grand chantier, c'est que vous vous adressez à des femmes qui n'ont pas encore accouché, parce que les places en garderie, ce sont maintenant qu'on en a besoin, et il n'y a pas d'éducatrices non plus. Donc, en quoi est-ce que les femmes et les hommes qui attendent d'avoir une place en garderie, en ce moment, peuvent se sentir rassurés?

M. Lacombe : Ça, c'est une question, vous savez, que Pauline Marois et Lucien Bouchard auraient certainement pu se faire poser en 1997. La question, elle est légitime, mais, en même temps, c'est important de poser des gestes aujourd'hui pour nous assurer qu'à l'avenir on ne vive plus ce qu'on a vécu dans le passé. Donc, je pense que ça, c'est la première chose. Il faut poser ces gestes-là aujourd'hui.

Et, dans l'immédiat, c'est vrai qu'il y a des familles qui attendent. La seule chose que je pourrais faire pour réaliser les souhaits de ces familles, c'est de leur donner une place demain matin. Et ça, malheureusement, c'est impossible. Mais est-ce qu'on peut leur en donner dans les prochaines semaines, dans les prochains mois? Parfois, oui, parce qu'on sort des sentiers battus, notamment en disant : Maintenant, on va permettre aux CPE de mettre sous permis ou aux garderies de mettre sous permis leurs places dans des installations temporaires. Ça ne se faisait pas avant. On est capables d'aller plus vite.

En investissant dans le milieu familial, on est capables de créer des places rapidement, là. La semaine prochaine, je vais annoncer des nouveaux projets pilotes de garde en milieu familial où on démontre qu'on est capables de créer des places rapidement. Donc, oui, il y en a, des solutions, pour créer des places rapidement, mais c'est sûr que le travail ne pourra pas être terminé la semaine prochaine.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour, M. Lacombe. Je vais prendre la balle au bond, justement. Donc, vous reconnaissez que votre projet de loi, votre grand chantier… qu'aujourd'hui, là, pour ces femmes qui n'ont pas de place en garderie, vous pouvez... ça ne change rien, ça ne change rien, pour elles, là, demain matin, elles n'auront pas plus de place demain matin. C'est impossible, vous avez dit : C'est impossible?

M. Lacombe : Bien, si quelqu'un, au Québec, a une solution pour que tous ceux qui n'ont pas de place aujourd'hui en aient une demain matin, on va l'écouter, on va s'asseoir avec et on va mettre en oeuvre ce qu'il nous propose. Parce que la vérité, c'est que ça n'existe pas, cette solution-là. Ce qu'il faut, comme Pauline Marois et Lucien Bouchard l'ont fait en 1997, c'est se donner les moyens, c'est d'avoir une vision et c'est ce qu'on fait. À l'avenir, ce que j'ai dit aux parents qui cherchent une place aujourd'hui, c'est que je souhaite que nous soyons… parce que je fais partie de la même génération qu'eux, que nous soyons la dernière génération qui a eu à vivre ça, qui aura eu à vivre ça, et qu'à l'avenir ça ne se reproduise plus.

Et, en même temps, comme je l'ai dit, on ne reste pas assis sur nos mains en disant : Le problème sera seulement réglé dans cinq ans, on met en place des mécanismes, là, des solutions pour être capable d'aller plus vite dans nos installations temporaires, en investissant dans le milieu familial, en optant pour des installations préfabriquées, par exemple, en collaboration avec nos partenaires.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous avez vous-même reconnu, à un moment donné : Dans le mandat, bon, il y a un problème, ça ne marche pas, la création de places, il y a un problème. Ça vous a quand même pris du temps, à partir du moment où vous avez été élu, avant de reconnaître que là, il y avait un problème. Est-ce que vous regrettez de ne pas avoir, justement, reconnu ça ou allumé plus vite sur la création de places?

M. Lacombe : Non, parce que la vérité c'est que, vous savez, quand je suis arrivé en poste, tout était arrêté, ou presque. Il y avait encore, là, des relents des annonces du Parti québécois, parce qu'effectivement il y avait eu des annonces, là, autour... au début des années 2010, mais de la création de nouvelles places annoncées, il n'y en avait pas, dans les dernières années, entre 2014-2018.

Et moi, quand je suis arrivé, j'ai posé les gestes que je devais poser. On a relancé des nouvelles places, on a débloqué celles qui étaient là en les finançant mieux. On a commencé, déjà, à travailler sur comment alléger la structure. Mais force est de constater qu'à un moment donné je me suis dit : Il faut aller plus vite que ça, et on n'était pas capables d'aller plus vite avec les outils qu'on avait. Et entre-temps, je vous le souligne, on a géré la pandémie, cette pandémie-là a éclaté un an et demi après qu'on soit arrivés au pouvoir, ça nous a occupés, là, à temps plein pendant presque un an, au ministère de la Famille.

Donc, d'arriver après deux ans et demi et de dire : On a fait beaucoup de travail déjà, on a géré la pandémie dans la dernière année, mais là il faut aller plus loin avec un projet de loi. Moi, je pense que c'était ce qu'il fallait faire. Ça n'aurait pas été responsable de se dire : Bien là, il est trop tard, on va avoir l'air fou. Moi, je préfère dire : C'est ça qu'on a besoin, on va de l'avant, nos partenaires se sont mobilisés, puis aujourd'hui on livre ça pour assurer l'avenir du réseau.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous le savez sûrement, vous avez des jeunes enfants, moi aussi, il y a encore des bris de service. On se fait dire par nos CPE : Bien là, écoutez, aujourd'hui, vous ne pouvez pas amener votre enfant, ou on va finir plus tôt aujourd'hui à cause de ça. Je vous ai posé la question, plus tôt cette semaine : Combien des 18 000 ou des près de 18 000 éducatrices vous avez été capables d'aller chercher, là, jusqu'à maintenant? Est-ce que vous pouvez me répondre, aujourd'hui, là, combien d'éducatrices vous avez été chercher, depuis votre annonce?

M. Lacombe : Bien, d'abord, c'est vrai que le principal défi qu'on a devant nous pour réaliser le Grand chantier pour les familles, c'est la main-d'oeuvre. Élizabeth est avec nous, aujourd'hui, de Valorisons ma profession, on le sait, on le sait qu'on a un enjeu, et on y travaille. On a bonifié le salaire des éducatrices de 18 %, c'est historique. Et je suis persuadé… on me dit que la tendance est bonne, que l'ambiance est bonne, et on attend, bien, on est encore dans les périodes où les gens viennent de s'inscrire. Ils vont recevoir leur réponse, on pourra faire le bilan.

Mais il faut noter que ces éducatrices qu'on attend, c'est pour soutenir, c'est presque 18 000 éducatrices, c'est pour soutenir le développement du réseau, au cours des prochaines années, on n'en a pas besoin demain matin. Donc, je pense que l'important, c'est de poser les bons gestes, en ce moment, pour nous assurer d'être capable de les attirer à l'avenir. Puis il reste du travail à faire, il reste du travail à faire, mais on est capables de se dire que, malgré ce travail à faire là qui reste, il faut envoyer un signal positif. La game vient de changer, on a un réseau qui est mobilisé, un gouvernement qui a l'argent nécessaire, qui a un plan de match. Donc, il faut avancer.

Donc, voilà. Merci beaucoup. Puis je salue, effectivement, les parents aussi de Ma place au travail qui sont là, avec qui on a parfois des désaccords, mais qui portent une cause très légitime. Donc, merci beaucoup, tout le monde. Merci.

(Fin à 13 h 20)

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