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Conférence de presse de M. Henri-François Gautrin, leader parlementaire adjoint du gouvernement et de Mme Michelle Courchesne, présidente du Conseil du trésor

Dévoilement du rapport « Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliora-t-il les services aux citoyens? »

Version finale

Le mercredi 2 mai 2012, 13 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trente-cinq minutes)

Mme Courchesne: Alors, bonjour à tous. Il nous fait plaisir, au député Henri-François Gautrin et moi, d'être devant vous aujourd'hui pour, je pense, donner le résultat et rendre public un rapport qu'Henri-François Gautrin et son équipe ont vraiment mené de main de maître et qui, je pense, va inscrire le gouvernement du Québec dans l'ère de la modernité, puisque nous allons annoncer aujourd'hui la mise en oeuvre d'un gouvernement ouvert. Alors, Henri, je veux d'abord te féliciter pour le travail accompli, qui est un travail de recherche, qui est un travail très documenté, mais qui, très certainement, permet au gouvernement du Québec, donc, de faire le virage requis. Je vais dire: Il était temps. Et donc nous sommes devant vous pour vous dire... vous faire part de l'engagement vraiment ferme d'y accéder au cours des prochains mois et vraiment au cours de l'année 2012-2013. Et, Henri, je vais te laisser la parole pour que tu nous présentes et nous résumes ce rapport.

M. Gautrin: O.K. Alors, chers amis, brièvement, qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de ce rapport et comment on y est arrivés.
Premièrement, ce rapport touche le fait que les technologies du Web 2.0, actuellement, permettent une modification, un changement de fonctionnement dans l'acte de gouverner. Alors, si vous regardez, premièrement, ce n'est pas un projet technologique. C'est, d'abord et avant tout, un projet qui modifie l'acte et les rapports entre les citoyens d'un côté et le gouvernement. Ce n'est pas unique au Québec, c'est probablement dans l'ensemble du monde anglo-saxon. Les États-Unis ont été les premiers à rentrer dans le principe du gouvernement ouvert. L'Australie, la Grande-Bretagne, l'ensemble des... ici, au Canada, par exemple, la Colombie-Britannique, se sont engagés dans cette voie.
Comment est structuré... Alors, le premier ministre m'a donné un mandat, un mandat de préparer un rapport pour guider ou donner un certain nombre de recommandations pour permettre au gouvernement du Québec de s'orienter dans cette voie. Ce rapport, vous l'avez actuellement dans les mains, et voici comment il est structuré. Il est structuré essentiellement en trois parties. Une partie qui essaie d'expliquer de quoi on parle lorsqu'on des technologies du Web 2.0, de quoi on parle lorsqu'on discute, à l'heure actuelle, de ce qui s'est fait ailleurs, et comment on peut fonctionner. Le deuxième élément... Alors ça, c'est la première partie de ce rapport. Le deuxième élément va toucher les grands principes qui sous-tendent un gouvernement ouvert, et la troisième partie va dire comment on peut suggérer d'aller de l'avant. Donc, vous voyez, ces trois éléments, c'est de quoi on parle et comment on peut atteindre cet objectif.
Brièvement, comment, nous, on a travaillé. On a travaillé essentiellement en faisant des consultations, consultations auprès des sous-ministres de la fonction publique québécoise et en ayant l'utilisation... un débat constant avec les leaders de la fonction publique québécoise. Donc, ce rapport est à la fois le résultat aussi d'une consultation importante.
Trois mots sont importants à se rappeler lorsqu'on parle de gouvernement ouvert. Premier mot: «transparence», importance d'un gouvernement qui est transparent. Deuxième mot: «participation». Autrement dit, améliorer la participation des citoyens dans l'acte de gouverner. Et, le troisième point, c'est «collaboration», le troisième mot qui reste central, «collaboration», à savoir améliorer la collaboration entre les acteurs de la fonction publique québécoise. Alors ça, ça va être ce que vous avez dans ces trois points-là. C'est la deuxième partie, donc, qui est centrée autour de ces trois questions: transparence, participation, collaboration.
Maintenant, le comment. Alors, voyez-vous, il faut quand même que vous soyez conscients en ce qui... transparence, le gouvernement du Québec ne part pas de rien. En 2006, le gouvernement du Québec a modifié la loi sur l'accès à l'information et la protection des renseignements personnels. À l'époque, ma collègue Michelle Courchesne était la ministre responsable de la chose. En 2008, on a fait un règlement qui a défini ce qui devait être les documents que chaque unité devait rendre publics. Et le problème qu'il y a aujourd'hui, ce n'est pas tellement un problème d'accessibilité à l'information gouvernementale. C'est faire en sorte que cette information gouvernementale n'est pas utilisable, et vous voyez la différence entre accessibilité et utiliser. Autrement dit, on peut donner accès à une information, mais une masse d'information inutilisable pour utiliser les différents fichiers, etc., parce qu'ils sont souvent en PDF, et le PDF n'est malheureusement pas quelque chose qu'on peut travailler sur un plan machine.
Donc, l'engagement qu'on... le premier pas à faire, à l'heure actuelle, c'est cette démarche de pouvoir aller vers, en quelque sorte, une possibilité de rendre ça plus utilisable par nos concitoyens. Deux types de documents publics: des documents qui sont à caractère statistique, qui devraient être traités par l'Institut de la statistique du Québec, et les documents qui sont actuellement à transformer, et c'est ceux qui... et à rendre accessibles, qui pourraient être archivés peut-être aux bibliothèques nationales, mais tous accessibles sur un seul site, qui soit un site de données gouvernementales.
Deuxième point, la question de la participation. Vous voyez qu'on a la possibilité, avec ces technologies, de pouvoir se situer en débat constant avec l'ensemble des concitoyens. On l'a fait dans la constitution même de ce rapport avec un logiciel, par exemple, comme IdeaScale ou des choses comme ça. Je rappelle, à l'heure actuelle, qu'il y a trois pistes qu'on doit prendre dans la participation: une participation ou un débat sur les grandes questions, les grands forums qui touchent actuellement le gouvernement; une participation qui est une participation ouverte parce que les citoyens veulent participer et éventuellement aussi avoir un recours dans les stratégies de l'information, avoir recours aux médias sociaux. Troisième élément, faire en sorte qu'on brise les silos dans le travail de la fonction publique québécoise et, dans ce sens-là, améliorer par exemple l'Intranet gouvernemental pour que chacun puisse mieux travailler d'un endroit à l'autre.
Je terminerai cette présentation en rappelant qu'il est important aussi de toucher les questions de sécurité, parce qu'ici on rentre dans une participation, il est important de savoir qui est qui, de rappeler aussi, dans le rapport, ce qui touche aussi les personnes qui sont handicapées, la fracture qu'il peut y avoir, donc il faut tenir compte de cet élément-là. Et je terminerai en remerciant ma collègue Michèle Courchesne et son cabinet. Je dois dire et je dois témoigner ici publiquement qu'ils ont été d'un soutien constant. Et je voudrais remercier aussi Jean-Pascal Bernier, qui est là-bas, qui est son chef de cabinet. Tu as été d'un soutien constant et indélébile... indéfectible plutôt - pas indélébile, indéfectible - dans ce travail.

Mme Courchesne: Alors, merci, Henri-François. Je veux aussi souligner la participation de mon adjoint parlementaire, le député de Vanier, Patrick Huot, que je salue.
Maintenant, vous aurez compris que le gouvernement s'engage à mettre en oeuvre toutes les recommandations du rapport Gautrin. Je peux vous dire que, d'ici le mois de juin, il y aura un nouveau portail pour les données ouvertes, à l'adresse de www.donnees.gouv.qc.ca, et le site va héberger ces données ouvertes, c'est-à-dire sous licence libre. Les données seront donc mises à la disposition de tous les citoyens, et vous comprendrez que les citoyens pourront contribuer de façon beaucoup plus active à perfectionner les services publics, et elles seront déposées progressivement et de façon proactive. Nous allons aussi inviter la population à contribuer à la diffusion des données ouvertes en indiquant au gouvernement quelles sont les données qu'ils ou elles souhaitent obtenir.
Je veux aujourd'hui, dans un deuxième temps, vous annoncer qu'aussi, d'ici le mois de juin, le gouvernement rendra public, et ce sera, je l'annonce, sous forme de logiciel libre, on aura utilisé le logiciel libre, je veux le dire haut et fort parce que c'est un beau succès du logiciel libre, nous allons rendre public en continu un tableau de bord de l'état de santé des projets informatiques. Alors, qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que vous aurez... il y aura l'information globale de l'ensemble des projets informatiques mais pour lesquels on va inscrire le nom des firmes qui y travaillent, le nom du responsable de ministère qui en est chargé, l'échéancier du projet, le coût du projet. Mais ce qui sera encore plus important, c'est que nous indiquerons si, le projet, tout se déroule correctement, donc il sera... les projets seront dans le vert, là où il faudra être plus vigilants, seront en jaune, et les projets en difficulté seront identifiés par une lumière rouge.
Ce n'est pas anodin, c'est vraiment dans un souci de transparence pour qu'on puisse avoir toute l'information en temps réel et qu'on puisse, pour chacun des ministères, voir l'évolution de ces projets informatiques. Je vous dis aussi que le ministère des Transports fera la même chose, et, d'ici la fin du mois de mai, mon collègue Pierre Moreau pourra aussi vous annoncer le contenu de ce tableau de bord, et, progressivement, nous irons dans l'ensemble des ministères pour s'assurer que, cette information-là, elle est vraiment ouverte, transparente, accessible. Et je pense que c'est un pas dans la très, très, très bonne direction pour s'assurer...
Et les effets de ça, aux États-Unis, ils le font depuis quelque temps déjà, et il y a un effet direct en termes d'économies parce qu'instinctivement il y a des resserrements. Puisque c'est public, puisqu'on peut le suivre en temps réel, bien, effectivement il y a des resserrements et des mesures qui sont prises, semble-t-il, plus rapidement. Cela dit, c'est un élément de la Politique de gestion des ressources informatiques. On complète par ce tableau de bord, mais ça veut dire aussi que c'est complémentaire à toutes les autres façons de faire que nous déployons pour avoir une rigueur de gestion qui soit impeccable.
Maintenant, ce que je dois aussi vous dire, c'est... Ah, oui! Puis, ce tableau de bord, vous aurez compris que, vous, journalistes, mais aussi citoyens, auront une capacité de surveillance sur les investissements publics.

M. Gautrin: Et c'est un élément du gouvernement...

Mme Courchesne: Et c'est un élément du gouvernement ouvert, bien sûr, mais je suis très, très fière de pouvoir dire, là, que nous allons de l'avant avec cette façon de faire.
Un second portail qui s'appellera defi.gouv.qc.ca, qui permettra donc aux citoyens de participer à l'élaboration, au suivi et à l'évaluation des services publics. Le lancement de ce portail-là est prévu pour le mois de décembre. Donc, les idées et les initiatives avec des citoyens pourront certainement contribuer à l'optimisation de l'État. Et donc ce qu'Henri-François nous disait, transparence, participation, collaboration, bien, à travers ce portail-là, les citoyens auront, bien sûr, la parole, mais droit au chapitre. Vous comprendrez que pour déployer le gouvernement ouvert nous devrons aussi élaborer un plan d'action qui va préciser toutes... et avec le communiqué de presse est joint une série d'actions à court terme pour le gouvernement du Québec, mais on va quand même se donner un plan d'action encore plus élaboré parce qu'il faut que l'exercice soit complet et que ce soit complété autour des trois axes qui ont été mentionnés.
Pour aussi s'assurer que... parce que c'est bien beau d'avoir des rapports, d'avoir des actions, d'avoir des orientations, mais encore faut-il que ce soit suivi et réellement mis en place. C'est pour ça qu'il y aura un comité de gouvernance, qui sera créé pour voir à ce déploiement-là. Il sera constitué, ce comité de gouvernance, du dirigeant principal de l'information, de la secrétaire à la communication gouvernementale ou le représentant, et ainsi du représentant du premier ministre, qui est à mes côtés. Henri-François sera donc désigné par le premier ministre pour faire partie de ce comité de gouvernance et s'assurer que le déploiement se fait aussi conformément aux recommandations...

M. Gautrin: Au rapport...

Mme Courchesne: ...au rapport et aux recommandations qui figurent, bien sûr, à l'intérieur du rapport. Maintenant, vous aurez compris qu'il y aura des comités interministériels aussi. Les sous-ministres, les dirigeants de ministères et organismes seront mis à contribution pour qu'effectivement ils puissent faire part, à la fois, de leurs besoins et, à la fois, de la façon d'y arriver et l'échéancier surtout à respecter. Vous nous demanderez à quel coût. Je suis certaine que vous allez poser la question: À quel coût? Je vous dirai que ce n'est pas... Il n'y a pas d'enjeux de coûts. Pourquoi? C'est qu'actuellement les données sont accessibles. Donc, il y a des ressources humaines qui, effectivement, ont la responsabilité de les rendre accessibles. Ce que ça va impliquer pour ces mêmes personnes, et ces mêmes personnes qu'on va retrouver majoritairement dans des directions de communication des ministères et organismes, c'est de travailler différemment, c'est de présenter leurs données différemment pour qu'elles soient réutilisables.
Donc, c'est davantage dans le traitement des données que dans la nécessité d'ajouter des ressources pour offrir un gouvernement ouvert. Je pense que... et c'est là que, nous, par le biais du dirigeant principal de l'information, il faudra faire de la formation, de l'information, mais aussi de la formation auprès des différentes équipes pour s'assurer que ça correspond bien, que les données sont véritablement réutilisables. Maintenant, c'est pour ça que nous nous donnons une année pour assurer le déploiement et progresser dans le déploiement de ce gouvernement ouvert. Je peux vous dire que le ministère... les ministères de la Santé, de l'Éducation, de la Sécurité publique, des Ressources naturelles ont déjà la capacité, dès le mois de juin, de rendre disponibles ces données ouvertes à travers le portail qui sera déployé au mois de juin.
Donc, il y a déjà des ministères, qui peuvent rapidement être à l'oeuvre. Et c'est... Le plan d'action que le comité de gouvernance pilotera pourra déterminer l'ordre et la chronologie dans laquelle les autres ministères et organismes suivront. Alors, voilà. Je pense, Henri-François, que nous nous inscrivons carrément dans l'objectif...

M. Gautrin: Dans la mouvance.

Mme Courchesne: Non, mais dans l'objectif de doter le Québec d'une administration publique moderne, et j'insiste sur ce mot, «moderne», et c'est pourquoi, donc, nous nous réjouissons de ton initiative et que nous faisons en sorte que nous nous comparerons dorénavant avantageusement avec les autres États, et c'est certainement aujourd'hui un très bon pas dans la bonne direction. Et les Québécois et les Québécoises seront donc associés à chacune des étapes de cette ouverture qui contribuera, j'en suis certaine, sans aucun doute, à l'amélioration des services publics qui leur sont offerts. Merci.

M. Lavallée (Jean-Luc): Je veux juste savoir... être sûr de bien comprendre. Est-ce que vous dites que tout ça, l'application des 32 recommandations, va se faire à coût nul?

Mme Courchesne: Absolument. Bien, à coût nul...

M. Gautrin: Bien, attends...

Mme Courchesne: ...presque nuls.

M. Gautrin: ...presque nuls.

Mme Courchesne: Presque nuls. Mais ce que je suis en train de dire, c'est que ce seront des coûts de ressources humaines, essentiellement. C'est évident que, bon, ça... Et c'est pour ça que le plan d'action va nous aider à déterminer les coûts. On ne pourrait, ni un ni l'autre, aujourd'hui, vous dire un chiffre précis à cet égard-là, mais...

M. Gautrin: Mais ce sera relativement minime.

Mme Courchesne: ...mais ça va être... Sincèrement, les évaluations qu'on en fait, c'est relativement minime. Mais ce plan d'action qui sera déposé dans quelques mois nous permettra de vous donner une évaluation beaucoup plus précise.

M. Lavallée (Jean-Luc): Mais là vous n'avez pas d'échéancier, là, pour justement, encore pour l'application de toutes les recommandations, là. Je vous donne un exemple, là. Il y en a une qui est plutôt théorique, là, la 29. On dit: «Que le Québec poursuive ses efforts afin de donner accès à la bande passante à haute vitesse sur la totalité de son territoire.» Je ne sais pas où on en est, mais...

Mme Courchesne: Ah! Ça, c'est différent, ça. Ah bien, ça, eh que c'est une bonne question! Ça, c'est une très bonne question. Vous savez que le ministre Bachand, il y a un an et demi, a déployé dans son budget, a annoncé 900 millions de dollars pour justement doter le Québec et toutes les régions du Québec d'Internet haute vitesse, notamment et par le biais de la fibre optique sur une période de 10 ans. Je peux vous dire que très, très, très prochainement il y aura des annonces qui seront faites à cet effet-là. Et, pour vous dire la vérité, je souhaite qu'on puisse doter toutes les régions avant la période de 10 ans. C'est un dossier complexe, par contre, mais qui évolue correctement, et, très prochainement, nous serons en mesure de faire le point avec vous là-dessus.

M. Gautrin: Est-ce que je peux rajouter une chose? Regardez, il y a... en termes de coûts, il n'y a à peu près pas... ça va être relativement très minime. Il y a quand même du travail à faire. Prenez, par exemple, toutes les données qui sont actuellement des données qui sont en PDF et qui sont des données, par exemple, sur les contrats ou des choses comme ça. Si, pour les rendre transformables en langage machine, il va falloir transformer ces données-là en métadonnées, c'est-à-dire être en mesure d'avoir, excusez-moi, une tête devant qui puisse être en mesure de les classifier et de les transformer. Donc, il y a un petit peu de travail à faire à ce niveau-là, mais c'est relativement minime, voyez-vous.

M. Robillard (Alexandre): Oui. Je voulais juste avoir une précision sur le tableau de bord des projets informatiques, là. Donc, ça va vraiment toucher tous les projets informatiques de tous les ministères qui vont être répertoriés là. Puis on parle, dans le communiqué de presse, d'une mise à jour qui va être faite sur une base continue.

Mme Courchesne: Continue. À partir du mois de septembre, la mise à jour continue, mais le tableau de bord sera disponible en juin.

M. Robillard (Alexandre): Puis est-ce qu'on a arrêté une fréquence à laquelle ces informations-là vont être mises à jour ou c'est...

Mme Courchesne: Oui, bien, en fait, on travaille actuellement, effectivement, pour établir cet aspect-là. Maintenant, quand on dit «en continu», là aussi, hein, vous aurez compris qu'il faut former les ministères à s'habituer à... et faire en sorte que ces informations-là soient disponibles. Mais ça sera, encore une fois, sous la responsabilité dirigeant principal de l'information qui, lui, avec son équipe, va suivre chacun des ministères pour s'assurer qu'effectivement il y a cette mise à jour parce que maintenant, le dirigeant principal de l'information, par la loi que nous avons adoptée, obtient ces informations-là, hein? Il y a des redditions de comptes maintenant qui sont obligatoires et de façon...

M. Robillard (Alexandre): À quelle fréquence?

Mme Courchesne: Habituellement, aux trois mois. Mais, si ça ne va pas bien, ça va être au mois. En fait, si un projet est en difficulté, les redditions de comptes sont plus fréquentes. Si un projet se déroule normalement, c'est habituellement aux trois mois. Maintenant, si, à l'intérieur d'un projet, il y a, une semaine donnée, un fait nouveau qui modifie le projet, bien, il faudra que les ministères mettent à jour ce tableau de bord là.
Vous avez tout à fait raison que le succès d'un tableau de bord comme celui-là, c'est sa capacité d'être mis à jour en temps réel ou presque, on s'entend, ou presque. Et ça, je vous dis clairement que ce sera la responsabilité du dirigeant principal de l'information de faire en sorte que tous les ministères et organismes suivent cette directive-là. En fait, ce sera une directive, ça fera partie d'une directive qui fera en sorte que les ministères et organismes devront s'assurer que l'information est la bonne, elle est pertinente, adéquate, mais qu'elle est vraiment très, très proche de la réalité en temps réel dans ce sens-là.
Alors, ça se fait, ça se fait ailleurs. C'est assez impressionnant. Celui qui... Le site qui m'a le plus impressionnée, c'est celui du gouvernement américain, mais ça se fait ailleurs. Et, comme je vous disais, le prochain sera le ministère des Transports.

M. Lavallée (Jean-Luc): Mais, justement par rapport à ça, vous dites qu'aux États-Unis ça permet de sauver des coûts finalement parce qu'on suit l'évolution des projets en temps réel. Est-ce à dire qu'actuellement il y a une lacune à ce niveau-là, au niveau du suivi?

Mme Courchesne: Bien, vous savez, le gouvernement, l'appareil de l'administration publique, c'est immense, hein? C'est plein de ministères et d'organismes. Alors, c'est pour ça qu'on a fait la politique-cadre, c'est pour ça qu'on a fait la loi, c'est pour ça qu'on a un dirigeant principal. C'est qu'à un moment donné il n'y avait pas de coordination, c'est-à-dire chacun faisait sa petite affaire, tout le monde travaillait en silo, puis chacun restait un peu tout seul avec son problème et avec sa façon de résoudre et de trouver les solutions à l'évolution d'un projet. Et on a vu, on a vu qu'il y a eu des résultats qui n'étaient pas souhaitables et on ne veut pas les répéter.
Alors, qu'est-ce qu'on fait? On se donne, en ce moment, tous les moyens, tous les outils nécessaires pour que tous travaillions dans la même direction. J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer là-dessus, je l'ai fait aux crédits tout récemment, ce n'est pas propre au gouvernement du Québec. Toutes les très grandes entreprises, les très grandes administrations ont dû faire évoluer leurs pratiques de gestion de ces projets-là. Et on a identifié les lacunes, on a identifié les zones de vulnérabilité. La première, c'est la bonne identification des besoins. Ça, ce n'était pas fait avec suffisamment de - j'allais dire de pertinence, mais de précision, je devrais dire, plus - ce n'était pas fait avec suffisamment de précision, et on commençait à définir l'architecture alors qu'on n'avait pas fini de connaître l'ensemble des besoins. On travaillait à l'envers. Alors, c'est tout ça qu'on essaie de corriger dans la politique et, sincèrement, on y arrive.
Et le tableau de bord va effectivement, publiquement, être public. Qu'est-ce que ça fait? Il faut se l'avouer, ça crée une pression. Si c'est public, ça crée une pression. Vous allez poser des questions forcément, mais ça fait aussi que tous les partenaires qui participent à un projet, bien, woups, ça va même donner de l'information pour les firmes externes qui sous-contractent, et, dans ce sens-là, je pense que notre capacité de réaction à apporter les ajustements rapidement va être beaucoup plus rapide.

M. Lavallée (Jean-Luc): Suivant cette logique-là, ça veut dire que ce que vous annoncez aujourd'hui, non seulement ça se fait à coût nul, mais, en plus, le gouvernement va sauver de l'argent.

Mme Courchesne: Bien, c'est bien... on l'espère. Non, mais sincèrement on l'espère, mais ça s'inscrit tout à fait dans la rigueur de gestion des fonds publics puis dans le contrôle des dépenses parce que... Pourquoi? C'est 3 milliards d'investissement, quand on inclut les deux réseaux éducation et santé. Ce sont des sommes extrêmement importantes. Ça fait que c'est évident que, notre objectif, c'est de maximiser le rendement de nos investissements.

M. Robillard (Alexandre): Mme Courchesne, sur un autre sujet, un dossier que vous suivez de près, l'amphithéâtre de Québec. Le départ de Jacques A. Bédard, selon vous, est-ce que c'est une mauvaise nouvelle pour le projet?

Mme Courchesne: Je ne commenterai pas le départ de M. Bédard. Honnêtement, je n'ai pas à commenter le départ de M. Bédard. Ce que je peux vous dire, par contre, c'est qu'avec Infrastructure Québec et la ville de Québec, nous nous sommes donné des mécanismes de gouvernance et nous nous sommes donné, là aussi, des façons de faire, mais, je dirais, des règles de gouvernance, un comité de gouvernance qui fait en sorte qu'aujourd'hui je peux vous assurer qu'il y a les personnes vraiment compétentes pour mener à terme le projet.
Vous avez certainement assisté à la plénière que la ville a organisée, je crois, le 18 avril dernier, où M. René notamment faisait partie... va faire partie de cette équipe qui va suivre le projet de façon très, très, très régulière. Il y a ce bureau de projet qui est constitué, qui doit aussi poursuivre son travail. En fait, il faudrait que je reprenne chacune des étapes, mais elles sont là. Mais je peux vous assurer que, nous, comme gouvernement, comme Infrastructure Québec, on s'assure que les bonnes personnes... Il y a M. Dufour qui est sur ce comité-là, M. Martel. Les C.V. sont publics. Vous pouvez les consulter avec M. René, donc, et les équipes dédiées au projet. Sincèrement, je... à cette étape-ci, je suis toujours aussi confiante que le projet va se réaliser comme il doit se réaliser.

M. Robillard (Alexandre): En même temps, c'est comme un rebondissement de plus dans un dossier où il y a beaucoup d'autres rebondissements.

Mme Courchesne: Bien, il faut faire attention. Vous savez, dans ces grands projets là, là, sincèrement, franchement, là, que ce soit au gouvernement ou que ça soit dans l'entreprise privée, dans des très gros projets comme ça, oui, en cours de route, il peut y avoir des changements de chargés de projet, il peut y avoir des changements d'experts... de personnes qui sont reliées à la réalisation du projet. Il peut en avoir d'autres dans les prochaines semaines, prochains mois. Vous savez, la vie est ainsi faite. Il y en a partout, dans toutes les organisations.
L'important, c'est qu'on soit assurés d'un remplacement qui... d'une personne qui a aussi toutes les compétences et les savoirs. Mais surtout, ces comités de gouvernance, je ne saurais trop insister sur leur importance. Ça ne peut pas... Un projet comme ça ne peut pas être remis dans les mains d'une seule personne, et c'est pour ça que ce sont des équipes multidisciplinaires de très haut niveau, qui ont de l'expérience du terrain, ont l'expérience des chantiers, ont l'expérience des conceptions. Et donc ces équipes multidisciplinaires vont assurer le succès de la réalisation de l'amphithéâtre.

M. Robillard (Alexandre): La structure du comité, elle a évolué un peu. Pourquoi c'est...

Mme Courchesne: C'est normal que ça évolue. Écoutez, là, est-ce que...

M. Robillard (Alexandre): ...ce n'est pas plus précis que ça?

Mme Courchesne: Bien, écoutez, c'est... On ne construit pas des amphithéâtres de 400 millions au Québec à tous les jours, là, très franchement. Ça évolue.

M. Robillard (Alexandre): C'est pareil comme le CHUM. C'est pareil comme... c'est des...

Mme Courchesne: Oui, mais c'est des... Ce sont d'immenses projets, et, vous savez, les gestions sont très complexes. C'est des gros projets. Prenez le CHUM, le CUSM, on ne construit pas des hôpitaux de 2 milliards à tous les jours au Québec.

M. Robillard (Alexandre): On a l'impression que, la politique-cadre, elle n'a pas été respectée dans ce...

Mme Courchesne: Non, non, non. Embarquez-moi pas. On ne recommencera pas ça, là, aujourd'hui, là. On a eu, vous et moi abondamment l'occasion de s'expliquer là-dessus. Je vous assure que, la politique-cadre, elle est respectée, et les rapports d'experts indépendants sont suivis, les recommandations sont suivies, mais, écoute, ça ne se fait pas en criant ciseau. Il n'y a pas d'automatismes, et c'est pour ça, l'important, que les suivis soient faits toutes les semaines, régulièrement, que les bonnes questions soient posées, que les bonnes réponses soient données.
Et, je répète, il y aura d'autres enjeux mais on va construire cet amphithéâtre correctement, on va respecter les coûts et l'échéancier. C'est ça l'objectif, c'est ça les volontés. Et, notre responsabilité, c'est de mettre tous les moyens en oeuvre, tous les outils, les bonnes personnes pour respecter les objectifs que je viens d'énoncer. Est-ce qu'il va avoir des surprises? Est-ce qu'il va avoir d'autres imprévus? Je vous fais le pari que oui. C'est... Moi, je ne connais pas aucun grand chantier où il n'y a pas eu des imprévus ou des surprises. L'important, c'est d'y remédier rapidement.

M. Robillard (Alexandre): Mais celui en a déjà eu beaucoup. Vous en prévoyez d'autres?

Mme Courchesne: Mais, regarde, le sujet du jour, c'est le gouvernement ouvert, c'est le rapport de M. Henri-François Gautrin, qui est excellent. On a déjà eu l'occasion de bien répondre à vos questions.

M. Lavallée (Jean-Luc): Rapidement, sur deux autres sujets, là. On a annoncé récemment, là, qu'on stoppait sept projets informatiques. Est-ce que vous...

Mme Courchesne: On ne les stoppent pas tous. Nous... Certains ont été stoppés, comme le SIIJ par exemple, celui du ministère de la Justice, pour faire justement les plans de redressement. Les plans de redressement sont en cours. Mais on aime mieux les stopper que de continuer puis que ça devienne un puits sans fond. Alors... Mais les sept, oui, les sept, je vous dirais qu'ils sont encore là, entre les mains d'une gouvernance serrée pour trouver les ajustements requis. Et, sur le tableau de bord, vous allez avoir cette information: quelles sont les mesures de redressement, par exemple. Ça va être indiqué sur les tableaux de bord.

M. Lavallée (Jean-Luc): Très rapidement, un autre sujet. En janvier, en fait, la CRT a décrété que le gouvernement avait agi de mauvaise foi dans les négociations avec les employés de l'État en 2005. Est-ce que...

Mme Courchesne: Vous êtes vraiment sur tout plein d'autres sujets, là.

M. Lavallée (Jean-Luc): Oui, absolument. Non, mais ça fait quand même longtemps, on ne vous a pas réentendue là-dessus. Est-ce qu'il y a des négociations avec les syndicats pour régler hors cour? Est-ce que...

Mme Courchesne: C'est déjà... C'est encore devant les instances juridiques, donc je ne commenterai pas quelque chose qui est encore devant les instances.

M. Lavallée (Jean-Luc): C'est encore... O.K.

Mme Courchesne: Oui, parce qu'on est allés en appel. Alors, en appel, je ne commenterai pas.

M. Gautrin: Merci.

Mme Courchesne: Merci. Merci, Henri-François.

M. Gautrin: Merci.

(Fin à 14 h 5)

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