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Conférence de presse de M. Éric Caire, porte-parole du deuxième groupe d'opposition responsable de la Capitale-Nationale, M. François Paradis, député de Lévis, Mme Geneviève Guilbault, députée de Louis-Hébert, et M. Marc Picard, député des Chutes-de-la-Chaudière

Projet de réseau de transport structurant à Québec

Version finale

Monday, March 19, 2018, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

Sujet : Projet de réseau de transport structurant à Québec

(Treize heures deux minutes)

M. Caire : Alors, bonjour, tout le monde. D'abord, merci de vous être déplacés aujourd'hui pour ce point de presse. Vous me permettrez de souligner la présence de mes collègues : Mme Guilbault, députée de Louis-Hébert; M. Paradis, député de Lévis, et monsieur... Voyons, comment est-ce qu'il s'appelle, lui, déjà? M. Picard, député des Chutes-de-la-Chaudière, mon ami que je n'hésite pas à taquiner à l'occasion.

Aujourd'hui, on voulait s'adresser à vous en réaction au projet qui a été déposé par la ville de Québec vendredi dernier, projet de transport collectif. D'abord, préciser que la Coalition avenir Québec n'a jamais fait de secret, à savoir l'importance du transport collectif dans le développement de la ville de Québec, en fait de la Communauté métropolitaine de Québec. Nous avons toujours affirmé être favorables à un système de transport collectif qui visait l'efficacité du transport de nos concitoyens sur la Rive-Sud et sur la Rive-Nord.

Nous ne faisons pas de secret non plus de l'importance que nous donnons à construction d'un troisième lien, dont l'objectif sera de relier évidemment les deux villes, notamment par l'interconnexion de ces deux réseaux-là. La Coalition avenir Québec voit, dans la définition d'un projet de transport structurant, trois volets importants. Le premier volet, c'est le transport collectif. Le deuxième volet, c'est la mise à jour de nos infrastructures routières. On parle de l'élargissement de l'autoroute Laurentienne, l'autoroute Henri-IV et la réfection de la tête des ponts, qui sont des projets qui tardent toujours à voir le jour sous la gouvernance libérale. Et le troisième élément est la construction de ce troisième lien dont je viens de vous parler.

Lorsque la ville de Québec a parlé de son projet de transport collectif, nous avons établi trois demandes. La première demande était... ou je devrais plutôt dire des exigences, en fait, le terme serait plus exact. Nous avions trois exigences, la première étant l'augmentation de la desserte des banlieues. Le transport collectif à Québec, du point de vue des banlieues notamment, était et est toujours inefficace. Le projet de la ville de Québec devait corriger cette grave lacune. Le deuxième élément était évidemment une capacité à l'interconnexion de la Rive-Sud et de la Rive-Nord, notamment par le biais du troisième lien, qui était notre dernière exigence, donc cette capacité à connecter les deux réseaux à travers un troisième lien.

Du point de vue de la desserte des banlieues, le projet de la ville de Québec est, à nos yeux, intéressant. Avec les services de métrobus qui sont ajoutés, nous pensons que les banlieues seront bien desservies. Évidemment, à travers les consultations qui ont été annoncées, il y aura possiblement une bonification de ces services-là, mais ce qui a été présenté par la ville, vendredi dernier, nous apparaît intéressant. Du point de vue de l'interconnexion avec la Rive-Sud, il y a une manifestation d'intérêt qui a été présentée par le projet. Ceci étant, nous pensons qu'on devra le bonifier au moment de la construction du troisième lien, et l'engagement que nous prenons aujourd'hui évidemment est de s'assurer de cette interconnexion-là entre les deux projets de transport collectif de la Rive-Sud et de la Rive-Nord via le troisième lien.

Mais essentiellement je pense que le projet qui a été proposé par M. le maire Labeaume, vendredi dernier, est intéressant et recevra notre appui pour le financement qui a déjà été précisé à hauteur de 60 % des 2,9 milliards. Évidemment, si on réduit le coût suite aux consultations, bien, évidemment, ce sera 60 % de ce coût-là.

Nous serons extrêmement vigilants sur la gestion qui sera faite de ces fonds-là. Il faut bien comprendre que notre engagement est à 60 % de 2,9 milliards maximum. C'est le montant maximum que nous mettrons sur ce projet-là. Notre objectif est de sécuriser notre capacité et aussi non seulement d'appuyer le projet, mais aussi de sécuriser notre capacité à réaliser ce qui est notre projet à nous, c'est-à-dire la réalisation du troisième lien. Parce qu'il faut bien comprendre que le projet de transport collectif qui a été présenté par la ville, ce n'est pas le projet du Parti libéral, ce n'est pas le projet du Parti québécois, ce n'est pas le projet de la Coalition avenir Québec. C'est le projet de la ville de Québec pour lequel nous serons partenaires dans les proportions que je viens de vous mentionner.

Beaucoup de critiques ont été entendues à savoir est-ce que ces montants-là étaient trop élevés, est-ce qu'on serait capable de faire et le projet de transport collectif et le troisième lien? L'engagement que nous prenons est d'abord de donner à Québec sa part. Je n'ai jamais entendu personne se poser la question : À Montréal, est-ce que le REM c'est trop, alors qu'on a le pont Champlain, alors qu'on a l'échangeur Turcot, la ligne bleue, la ligne rose? Je pense que Québec mérite sa part des investissements, je pense que Québec a besoin d'un système de transport collectif qui est efficace et je pense que ce système de transport collectif là doit être connecté à un troisième lien et que le projet de troisième lien est tout aussi incontournable que l'amélioration du transport collectif.

Et pour ces raisons-là, oui, nous croyons que Québec n'a pas à rougir de ses demandes par rapport à Montréal. Qu'on aille chercher notre part des investissements, c'est tout à fait normal et c'est même souhaitable, et les députés et éventuels candidats de la Coalition avenir Québec prendront cet engagement de défendre les intérêts de la ville de Québec, des citoyens de la ville de Québec et des citoyens de la ville de Lévis pour recevoir notre part du gâteau, ce qui est tout à fait logique et souhaitable.

Donc, sur cette déclaration, si vous avez des questions, bien, on sera prêts à y répondre.

Le Modérateur : On va commencer...

M. Caire : Excusez, excusez, j'allais oublier. Six secondes.

M. Paradis (Lévis) : Il n'y avait vraiment pas de souci. Six secondes. Non, mais je prends deux secondes pour vous dire, j'en prendrai un petit peu plus que ça probablement, je pense que l'explication a été très claire par mon collègue député de La Peltrie, Éric Caire. Je veux rien que vous rappeler que... et je comprends la réaction du maire de Lévis dans ce dossier-là, de se demander : Puis nous, est-ce qu'on existe? C'est tout à fait légitime. Comprenons que ce dont on parle aujourd'hui, c'est vraiment aussi l'aboutissement du deux poids, deux mesures, dans la mesure, vous comprenez, que le projet de troisième lien, on est à trois ans sans rien avoir, à six ans de réponses potentielles avec des études à venir et qu'on aura réussi, en l'espace de trois moi,s à mener un projet comme celui du tramway où il est rendu aujourd'hui et faisant en sorte qu'on en parle.

Alors, il y a du deux poids, deux mesures. Il y a des délais qui sont questionnables, qui sont inquiétants. On continuera à demander évidemment des bénéfices pour les citoyens de la Rive-Sud également, de Québec également, mais surtout de faire en sorte que les automobilistes ne souffrent pas de quelque action que ce soit dans un dossier comme celui-là. Et je pense que de répéter que la desserte des banlieues est une chose, mais que l'obligation et la condition de l'interconnectivité est absolument essentielle, interconnectivité qui passe aussi par un troisième lien.

Alors, considérez que le projet de troisième lien fait aussi partie de ce grand visage d'un projet structurant d'amélioration des problèmes de congestion routière. Ça a toujours été, pour nous, un élément essentiel. Surprenant qu'on aille aussi vite dans un cas que dans l'autre… dans un cas par rapport à l'autre. Puis je dirai également en ce sens-là que du côté de la ville de Lévis, qui s'inquiète sur aussi sa volonté d'améliorer son projet de transport structurant, bien, nous agirons avec célérité et équité en ce qui concerne les demandes qui seront formulées. Mais force est de constater que, dans ce dossier-là, la vitesse à laquelle on agit dans un projet de troisième lien réclamé par la population des deux côtés, tant nord que sud, par la population de la grande région de Québec, c'est très lent par rapport à ce qu'on a comme résultat maintenant dans un dossier que l'on appuie, mais qui aurait été mené de façon beaucoup plus rapide que celui dont je vous parle, celui du troisième lien.

Le Modérateur : Merci beaucoup. On va passer à la période de questions. On commence avec Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Juste pour clarifier, il y a une information qui a circulé en partant. Je comprends que, pour vous, il n'est pas question de demander un référendum sur la réalisation de ce projet de réseau de transport structurant.

M. Caire : Bien, c'est-à-dire que ce que j'ai compris, c'est que le maire s'était déjà engagé à des consultations publiques. Donc, on n'a pas l'intention de s'immiscer dans la façon dont la vile de Québec va administrer son projet, incluant les consultations. Mais ce que je comprends, c'est que ça fait déjà l'objet d'un engagement très ferme du maire de Québec d'aller de l'avant, et nous sommes extrêmement contents et favorables à cette démarche-là. Oui, nous pensons que la population de Québec doit avoir une tribune pour s'exprimer.

M. Gagnon (Marc-André) : Vous dites que ce n'est pas le projet du Parti libéral du Québec. Je comprends qu'ultimement, bon, c'est un projet qui relève de la ville de Québec, mais reste que, de ce que le premier ministre et le maire nous ont raconté, hein, c'est M. Couillardqui a dit à M. Labeaume : Il faut voir gros, il faut voir grand. À partir de là, l'ampleur du réseau de transport structurant, de ce que ça va devenir dans les prochaines années, portera clairement la signature de Philippe Couillard et de Régis Labeaume.

M. Caire : Bien, écoutez, moi, j'ai entendu mon chef dire depuis des années qu'il fallait être ambitieux. Alors, je ne sais pas si, à ce moment-là, ça nous autorise à revendiquer une partie du projet nous autres aussi. Mais ce que je comprends, c'est que le projet a été élaboré du commencement jusqu'à la fin qui nous a été présentée par la ville de Québec. Alors, sur le fait que le premier ministre ait dit au maire de Québec : Soyez ambitieux, écoutez, sincèrement, je ne vois pas en quoi ce projet-là porte la signature du Parti libéral du Québec, là, sincèrement, là.

Puis aujourd'hui, en autant que moi, je suis concerné, tu sais, on dit à la ville de Québec, dans les proportions que je viens de vous indiquer, selon le budget qui a été établi par la ville de Québec, nous serons partenaires de ce projet-là, si tant est que les Québécois nous font confiance au mois d'octobre prochain.

M. Gagnon (Marc-André) : Vous vous engagez donc à bonifier le projet de transport structurant, au fond, en empruntant l'éventuel troisième lien pour réaliser l'interconnexion avec Lévis. Donc, ce signal-là que vous envoyez aux gens de Lévis, c'est qu'il va falloir attendre encore longtemps avant que les deux villes soient reliées, parce que le projet de troisième lien n'est pas aussi avancé, visiblement, que celui de transport structurant.

M. Caire : Oui. Bien, écoutez, moi, je suis content de vous présenter ça aujourd'hui, parce que cette étude-là, qui s'appelle Tunnel Québec-Lévis, qui a été faite par un dénommé Lucien Martin, qui était ingénieur-chef au ministère des Travaux publics, donc au gouvernement du Québec, est plus vieille que moi. Bon, vous allez me dire que je suis encore jeune, je vous en remercie, mais pour une étude, avoir plus de 53 ans, c'est quand même significatif.

Et là je vous fais grâce des autres qui ont été faites depuis, cycliquement, en 1972, en 1999, en 2003, en 2015, qui sont extrêmement détaillées, qui sont extrêmement sérieuses. Donc, le débat sur le troisième lien, là, on a l'impression qu'il se fait depuis quelques années, mais la vérité, c'est qu'on en parle depuis plus de 50 ans, à Québec, de ce fameux troisième lien. Alors, le débat de troisième lien, il est bien antérieur à celui du tramway ou du réseau de transport structurant.

Et donc quand nous, on vous dit... puis comprenez bien, là, quand on dit : On s'engage à ce que la construction commence avant la fin d'un premier mandat, on n'a pas sorti ça d'un chapeau, là, en se disant : Les gens vont être contents, ils vont voter pour nous autres. On a rencontré des experts, on en a parlé à plusieurs personnes qui ont une énorme expertise en matière de grands travaux, de travaux d'infrastructure, que ce soit tunnels, ponts, gestion de projets en général. Et on sait que notre promesse, elle est extrêmement réaliste. Elle est très réaliste, notre promesse, et donc, à partir de là, je ne vois pas pourquoi, là, on dirait aux gens de Lévis : Bien, vous allez attendre encore bien, bien, bien longtemps avant que le projet soit réalisé.

Ce qui est indécent, ce qui est indécent, et là où le maire Labeaume a publiquement humilié le premier ministre du Québec, c'est quand on voit que, d'un côté, le premier ministre du Québec, malgré une promesse ferme, en 2014, a pris trois ans à trouver une adresse pour installer un bureau de projet qui ne s'est pas réuni, qu'il a donné en direction à un ami du Parti libéral. Ça, c'est indécent. Parallèlement à ça, on a le maire de Québec qui, le 4 novembre, nous dit : Moi, je n'avais pas de projet en poche, là, mon projet, il n'était pas élaboré, le 4 novembre, là, c'était à faire; et le 21 décembre suivant, présentait au premier ministre du Québec le projet qu'il nous a présenté collectivement vendredi dernier.

Donc, en un mois et demi, là, il a été capable de faire ça. Bien, ça, c'est la preuve que quand, en politique, on veut quelque chose, ça peut avancer très vite. Et Philippe Couillard, lui, est la preuve qu'en politique, quand on ne veut pas quelque chose, ça peut prendre, bien, bien, bien du temps.

M. Gagnon (Marc-André) : Une petite dernière, rapidement, avant de passer la parole à mes collègues. La ministre Tremblay, ce matin, a dit, en entrevue à LCN, que selon elle, lors de la dernière campagne électorale municipale, les gens de Québec, en accordant majoritairement leur appui au maire Labeaume ont, en quelque sort, signé un chèque en blanc, puis je reprends ses mots, pour le projet de transport structurant.

M. Caire : Elle a-tu vraiment dit ça? O.K. Bien, écoutez, moi, ce que j'entends, depuis quelques jours, ce n'est pas exactement ça, là. Vous savez, en politique, je pense qu'on n'a jamais de chèque en blanc, là. Il faut s'entendre, là, la population... tu sais, le résultat d'une élection, on peut lui donner toutes sortes d'interprétations, mais je pense que ce n'est jamais un chèque en blanc, là. Un chèque en blanc n'est pas la bonne interprétation à donner à quelque élection que ce soit.

Maintenant, ce que je comprends, c'est que le maire s'est engagé à tenir des consultations. Il va consulter la population sur son projet avant d'aller de l'avant, il va aller chercher l'aval des citoyens de la ville de Québec avec son projet. Et je comprends que ces consultations-là ne sont pas tenues pour la forme, ces consultations-là seront tenues dans l'objectif, oui, de faire valoir le projet, mais j'imagine qu'il est possible aussi que, conséquemment aux commentaires, et aux suggestions, et aux remarques qui seront faits, le projet pourrait être appelé à être modifié.

Le Modérateur : Nicolas Vigneault, Radio-Canada.

M. Vigneault (Nicolas) : M. Caire, votre chef a dit que les travaux seraient très avancés à la fin d'un prochain ou d'un premier mandat. Là, vous dites «débutés». Votre position là-dessus, à savoir est-ce que vous vous engagez encore à faire avancer le projet et qu'il soit très avancé à la fin d'un premier mandat.

M. Caire : Oui, on s'engage à ce que le projet de troisième lien aille aussi rapidement que possible et la démonstration que M. le maire Labeaume vient de faire avec son propre projet, c'est que, quand il y a une volonté politique de faire, d'avancer et d'aller de l'avant rapidement, les choses bougent rapidement.

Ce que je comprends, c'est que l'obstacle à un projet, c'est l'incurie des politiciens et, dans le cas du troisième lien, c'est l'incurie libérale. C'est le fait que le Parti libéral n'a jamais cru à ce projet-là. Soyons clairs, là, souvenons-nous de Robert Poëti qui a ri des gens de Québec en disant : Vous ne savez pas ce que c'est le trafic, à Québec, hein? Souvenez-vous, là, de cette déclaration de Philippe Couillard, qui s'en va rencontrer Justin Trudeau, à qui on demande : Est-ce que vous allez aborder la question du troisième lien avec le premier ministre du Canada? Souvenez-vous ça a été quoi, sa réponse. Sa réponse, ça a été non, parce que la priorité à Québec, c'est le SRB. Vous savez, le projet qui est mort, là, récemment; ça, pour Philippe Couillard, il était tellement bien connecté, ses députés, là, son équipe, là, dans la grande région de Québec était tellement en phase avec les gens de Québec, là, qu'eux autres, ils pensaient que la priorité, c'était le SRB et non le troisième lien.

Alors, la volonté affirmée de Philippe Couillard vendredi dernier, là, bien, c'est de la mystification. Les libéraux n'ont jamais rien voulu savoir de ce projet-là. Alors, c'est pour ça que ce projet-là avance puis, avec nous, il va avancer puis il va avancer aussi rapidement que possible.

M. Vigneault (Nicolas) : Votre siège est encore en jeu?

M. Caire : Tout à fait.

M. Vigneault (Nicolas) : Si vous avez le choix entre les deux projets... parce qu'il y a des gens qui vont dire qu'un programme quinquennal d'infrastructures, ce n'est pas élastique. Ça a un début et ça a une fin, on ne peut pas... Si on met quelque chose, on ajoute quelque chose, il va falloir retirer quelque chose. Si vous avez le choix entre les deux projets, lequel vous priorisez.

M. Caire : Quand vous me parlez des deux projets, vous parlez de la ville de Québec?

M. Vigneault (Nicolas) : Si vous avez le choix entre le projet structurant de transport en commun ou le troisième lien.

M. Caire : Oui, bien, écoutez, deux volets à la réponse. D'abord, c'est drôle parce qu'on ne pose jamais ces questions-là aux députés de Montréal. Si vous avez le choix entre le pont Champlain puis le REM, lequel vous prenez? Si vous avez le choix entre Turcot puis le pont Champlain ou la ligne bleue, lequel vous prenez? C'est drôle, parce qu'à Montréal c'est toujours acquis que tous les projets sont bons, tous les projets doivent être financés puis il y aura toujours assez d'argent pour financer ces projets-là, alors qu'à Québec, là, on se fait toujours dire : Bien là, peut-être qu'on n'aura pas assez d'argent puis peut-être que vous autres, Québec, vous êtes trop petit pour avoir un système de transport collectif de cette ampleur-là ou un troisième lien. Vous n'avez pas vraiment de problème de congestion routière. Regardez, nous autres, à Montréal, ça nous prend deux heures pour avancer d'un kilomètre, donc, tu sais...

Tu sais, moi, je vous dis, là, puis je pense que, s'il y a quelque chose que la Coalition avenir Québec a démontré dans les dernières années, avec  François Legault à sa tête, c'est qu'on était assez rigoureux quand on prenait des engagements, c'est parce qu'on était capables de les tenir.

Alors, l'engagement qu'on prend versus le financement du projet qui a été présenté par la ville de Québec, c'est de dire : 60 % du projet, 2,9, puis cet argent-là, c'est ce qu'on met. On met ça puis on ne met pas plus. Pourquoi? Parce que justement, on veut être capables de sécuriser cet autre engagement extrêmement important de notre projet. Parce que tantôt je disais : Le projet de la ville de Québec, ce n'est pas notre projet, c'est le projet de la ville de Québec, on est partenaires. Mais le projet de troisième lien, c'est notre projet. On n'est pas partenaires, on est le leader. On est celui qui va s'assurer de la réalisation. Et là-dessus j'ai un engagement, nous avons un engagement très ferme de notre chef François Legault que les sommes seront au rendez-vous et que ce projet-là va aller de l'avant.

Donc, les gens de Québec n'auront pas à choisir entre deux projets. Ils auront à choisir entre des formations politiques qui tentent la mystification puis une formation en politique qui met son coeur puis ses tripes sur la table pour que ce projet-là avance.

Le Modérateur : Isabelle Porter, Le Devoir.

Mme Porter (Isabelle) : Bien, une petite question à M. Paradis. Dans le communiqué, on vous cite en disant que M. Couillard, donc, ne croit pas au trafic à Québec. C'est pour ça qu'il a privilégié, dans le fond, un projet de tramway au projet de troisième lien.

Est-ce à dire que vous ne pensez pas que le projet de réseau structurant puisse avoir un impact sur la congestion automobile?

M. Paradis (Lévis) : Il y aura un impact sur la congestion automobile. En fait, c'est le but de l'exercice, sauf que, dans un pareil exercice, il ne faudrait pas non plus qu'on tente encore une fois de démoniser l'utilisation de l'automobile. Il y a des réalités des citoyens, je pense qu'ils l'ont exprimé clairement, qui font que certains continueront à utiliser une automobile. Le projet structurant dont on parle, celui dont on débat aujourd'hui, ne devrait pas faire en sorte que des gens soient obligés ou qu'on commande à des gens de laisser maintenant l'utilisation de l'automobile. On se l'est fait dire. Au salon bleu, on a déjà dit, à travers des questions qui étaient posées : Bien, que les gens vendent leur voiture. Ce n'est pas ça, le but de l'exercice.

On a toujours dit qu'un projet de troisième lien et un projet de transport structurant étaient complémentaires l'un à l'autre. Il n'y aura pas d'individus qui seront forcés d'accrocher leur clé par rapport aux autres. Cependant, les deux projets doivent s'arrimer, mais il est vrai de dire que régulièrement, au gouvernement, on a fait semblant que la congestion routière n'existait pas. J'ai même invité, du temps, le ministre des Transports Laurent Lessard à venir faire l'expérience, matin après matin, de ce que vivent les Québécois et les Québécoises, les gens de la région de Québec, Rive-Sud et Rive-Nord confondus.

Alors, aujourd'hui, ce qu'on se dit, là, ce n'est pas : Accrochez vos clés, devenez des adeptes de... D'un côté ou de l'autre, on ne démonise rien. On prend un projet puis on constate que l'arrimage est possible et qu'en ce sens-là tout ça mis ensemble on aura un impact sur la congestion routière et la fluidité du transport.

Mme Porter (Isabelle) : Une petite dernière. Ce que je comprends, dans le fond, c'est que, d'ailleurs le titre de votre communiqué le dit bien, on parle du fait que le projet de réseau structurant se connecte au troisième lien. Ce n'est pas le troisième lien qui se connecte au projet de réseau structurant. Là, vous voulez faire atterrir le projet de troisième lien avant la fin d'un premier mandat. Est-ce que vous pourriez revoir l'échéancier...

M. Caire : Juste un petit... On n'a pas dit qu'on construirait le troisième lien avant la fin d'un premier mandat, là. Je veux juste...

Mme Porter (Isabelle) : Vous alliez l'avancer, en tout cas.

M. Caire : Oui. O.K. Mais juste qu'on soit clairs parce que ça, malheureusement, la démagogie libérale tend à envoyer ce message-là dans la population. Je veux dire, on n'est pas des génies, mais on n'est pas complètement stupides non plus, là. On sait qu'un troisième lien, ça ne se bâtira pas en quatre ans, là. Je m'excuse, là, je voulais juste corriger ça tout de suite.

Mme Porter (Isabelle) : Pas de problème. Ma question, c'est de savoir : Est-ce que vous pourriez revoir l'échéancier qui a été prévu dans le cas du tramway de manière à pouvoir peut-être avancer le troisième lien pour que ça avance plus tôt, si vous voulez?

M. Paradis (Lévis) : Bien, écoutez, on est dans l'avenir des plans et devis. Chose certaine, c'est que l'échéancier dont on parle pour l'instant ferait en sorte que, dans la mesure ou dans le meilleur des mondes, un projet structurant tel que présenté, le tramway et tout ça, serait potentiellement disponible 2025, 2026. C'est à peu près ce qu'on nous dit.

Dans la mesure où on considère que la réalisation du troisième lien se débute dans un premier mandat, il est potentiellement envisageable que les échéanciers, finalement, se chevauchent quelque part. Ce n'est pas une vue de l'esprit de penser que, menés de front, ces deux projets-là puissent à peu près aboutir en même temps, mais là c'est toute la notion des plans, devis, comment ça se fait, de quelle façon ça avance.

Chose certaine, qu'un avance avant l'autre ou après l'autre, à plus ou moins brève échéance, hein, c'est le café dans le lait, là. Si je mets mon lait avant le café ou mon lait après le café, ce qu'on souhaite, c'est que les deux se mélangent puis que ça soit buvable, là.

Alors, ce n'est pas une question, là, de dire : On fera en sorte à tout prix qu'un se finisse avant un par rapport à l'autre. Suivre les travaux, suivre l'avancement de façon extrêmement vigilante, mais, dans le meilleur des mondes, les deux pourraient aboutir sensiblement en même temps pour que l'arrimage soit possible.

Mme Porter (Isabelle) : Vous ne tenez pas à ce que les plans et devis d'un troisième lien, par exemple, soient complétés avant ceux du projet de réseau structurant.

M. Paradis (Lévis) : Ce qu'on veut, en tout cas, c'est que les plans et devis d'un troisième lien apparaissent et ne soient plus qu'une vue de l'esprit. Moi, ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est que c'est assez étonnant. Et c'est ce qu'on a déjà dit, d'ailleurs, hein? Quand quelqu'un veut, en principe, il peut, quand la volonté est là, volonté politique, volonté des organisations. Dans le cas de ce projet-là, vous le savez comme moi, en l'espace de trois mois, on est maintenant pas mal avancés, davantage que sur le projet de troisième lien, où on a un bureau de projet qui existe depuis trois ans, des aboutissements probablement dans encore trois ans. Bien, on vous l'a déjà dit et on le répète, ça va aller plus vite avec un gouvernement de la CAQ.

Le Modérateur : Patricia Cloutier, Le Soleil.

Mme Cloutier (Patricia) : Oui. M. Caire, j'aimerais juste préciser, il me semble avoir entendu votre chef François Legault dire que vous allez débuter la construction d'un troisième lien avant la fin d'un premier mandat caquiste. C'est bien ça?

M. Caire : Tout à fait. Puis je vous réitère...

Mme Cloutier (Patricia) : Parce que là on parlait des mots «atterrir», là...

M. Caire : Non, non, non. Je vous réitère, notre engagement, c'est de débuter la construction du troisième lien avant la fin de notre premier mandat. C'est bien ce qu'il a dit et c'est ce que je vous réitère, c'est ce que nous vous réitérons aujourd'hui.

Mme Cloutier (Patricia) : Parfait. Et comment vous allez faire? Dans le fond, je ne sais pas, là, mais avez-vous une idée comment on peut connecter vraiment le troisième lien et le réseau de transport de Québec? Vous voudriez qu'il y ait des autobus qui partent, là, si on veut, qui traversent le troisième lien puis que tout ça soit connecté avec Lévis, qu'ils fassent le tour? Expliquez-nous un peu mieux comment vous voulez faire?

M. Caire : Bien, le problème technique, pour répondre à votre question, c'est qu'il reste des choses à valider. Par exemple, dans l'hypothèse où le troisième lien est, en tout ou en partie, un tunnel, quelle sera notre capacité à faire passer des rails là-dessus? Jusqu'à quel point, donc.... puis vous comprenez que le tramway, ça lui prend des rails. Donc, est-ce qu'on peut passer des rails, oui ou non? Ça, c'est des questions pour lesquelles on recherche la réponse, au moment où on se parle, pour être bien certains de vérifier nos hypothèses.

Maintenant, quand on aura les réponses à ces questions-là, bien, on pourra vous dire quel type de véhicule pourra passer par le troisième lien, donc quel type d'espace on va réserver pour les véhicules du transport collectif, et, à ce moment-là, évidemment, ça va avoir une incidence sur comment on le connecte avec le reste du réseau.

Mme Cloutier (Patricia) : Si vous souhaitez que le tramway, par exemple, passe à travers... dans le troisième lien, est-ce que, dans ce cas-là, la position du troisième lien devrait être un peu plus vers le centre-ville de Québec, si vous me comprenez bien, parce que le tramway, la carte qu'on a eue, dans le fond, là, il n'allait pas nécessairement, là...

M. Caire : Pas directement.

Mme Cloutier (Patricia) : Pas directement, là, vers le pont de l'île, ou, en tout cas, où passerait un troisième lien, là. Est-ce que vous pensez que le troisième lien devrait être un petit peu vers le centre-ville de Québec?

M. Caire : Encore là, c'est difficile de répondre à votre question, parce que, si on optait, par exemple, pour un pont et un tunnel, ce qui est une hypothèse, on s'entend, bien, c'est sûr qu'à ce moment-là on regarde du côté de la pointe de l'île d'Orléans. Si on parle d'un tunnel, tout simplement, bien là, c'est sûr qu'on a un petit peu plus de flexibilité pour jouer avec les points d'entrée et points de sortie, notamment quand on regarde l'autoroute de la Capitale qui s'en va vers le fleuve, on peut comprendre que ça a été dessiné là pour ça.

Maintenant, ce qui est certain, c'est qu'on va mettre fin à la folie des libéraux en cette matière. Bien, écoutez, là, actuellement, le bureau de projets, qui, soit dit en passant, ne travaille pas fort, fort, là, si mes sources sont exactes, là, évalue l'hypothèse d'un troisième lien de Saint-Augustin à la Côte-de-Beaupré, là. Ce n'est pas sérieux, là, c'est ridicule. Tu sais, quand on ne veut pas faire quelque chose, on fait ça.

Alors, nous, déjà en partant, on va resserrer le mandat qui a été donné, dire : Le troisième lien, il est à l'est, puis vous avez pas mal, là... Quand on regarde toutes les études qui ont été écrites, qui ont été rédigées là-dessus, tu sais, le secteur, là, ça jouait oui, effectivement, mais on ne parle pas de sur un horizon de 15 kilomètres, là, on s'entend.

Donc, on va resserrer ce mandat-là, on va arriver avec des hypothèses très rapidement et éventuellement, avec ces hypothèses-là, on va être en mesure... plus les hypothèses du type de véhicules qu'on va pouvoir faire traverser sur cedit troisième lien, bien là, on va être en mesure d'arriver avec une solution plus précise, et là le bureau de projet du troisième lien et les gestionnaires des deux projets de transport collectif de la Rive-Sud et de la Rive-Nord vont travailler ensemble pour arrimer tout ça.

Mme Cloutier (Patricia) : Et dites-moi qu'est-ce que vous pensez de la sortie du maire de Lévis, Gilles Lehouillier, vendredi dernier, alors qu'on apprend, là, ce matin qu'en fait, depuis mercredi dernier, il aurait eu son O.K. du gouvernement, là, pour l'étude, si on veut, l'étude de son projet de transport à Lévis?

M. Paradis (Lévis) : Écoutez, vous savez, c'est un peu étonnant, ce qu'on apprend ce matin. Bien, on apprend ce matin, vous venez de nous le dire, là... on lit ça ce matin.

Alors, de un, moi, je n'ai pas l'essence même de cet échange-là, mais manifestement le premier ministre n'était pas au courant lui-même, vendredi passé, qu'il avait déjà donné son accord, parce que de la façon dont on a parlé, ce n'était pas ça. J'imagine qu'à la lumière de la sortie du maire de Lévis, lui non plus n'était peut-être pas au courant.

Alors, tu sais, il y a une problématique, là. On nous dit : Bien oui, c'est déjà dans la malle, mais les principaux intéressés ne semblent pas être au courant. Il faudra aller plus loin, mais déjà, en ce sens, c'est troublant. Il n'y a pas d'autres réponses à donner que ça. Mais c'est étonnant que les deux principaux intéressés, en tout cas, n'aient pas fait mention de ça, et on a l'impression qu'ils n'étaient pas eux-mêmes au courant. Il y a un problème manifestement de communication.

Le Modérateur : Hugo Pilon-Larose, La Presse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Si j'ai bien compris ce que vous avez dit, donc vous appuyez le projet, tel qu'il est présenté en ce moment, au niveau du montage financier, là, 60 % de quelque 3 milliards. Mais, si j'ai bien compris, vous avez dit : Pas plus que ça, là. Ça, c'est le maximum qu'on va.

Au niveau du troisième lien, à moins d'erreur, vous n'avez jamais pris, là, position face au coût maximum? Ça ressemble à quoi aujourd'hui? Est-ce que c'est deux poids, deux mesures ou bien est-ce que vous avez une meilleure idée de... on peut aller jusqu'à combien pour un troisième lien?

M. Caire : Non. C'est parce que, dans le cas du projet de transport collectif, là on a un montage financier très clair. Donc, on peut prendre un engagement sur ce montage financier là, en mettant un plafond, comme on vient de le dire, en disant : Voici le montant, on ne met pas plus que ça.

Dans le cas du troisième lien, on a une étude du professeur Massicotte qui dit : Voici, moi, l'hypothèse qu'on m'a demandé de valider, elle coûterait plus ou moins, à 30 % de marge d'erreur, 4 milliards. Mais, dans l'étude, il est aussi mentionné, on pourrait trouver une solution autre pour un troisième lien qui coûterait moins cher. Alors, nous, on a dit : Bien, on adopte la solution moins chère, sauf qu'elle n'est pas encore chiffrée.

Donc, tant qu'à vous dire un chiffre que sort de nulle part… Tu sais, je pourrais, moi, vous dire un chiffre qui sort de nulle part, dire : Bon, bien, ça va coûter 10 milliards. Mais ça ne sort de nulle part. Ça fait que nous, on va vous donner des chiffres qui sont validés par les experts. Ce qu'on sait, c'est que ça va être moins de 4 milliards. Mais combien moins de 4 milliards? On ne le sait pas. Puis à ce moment-là, quand on aura ce chiffre-là, on le présentera à la population puis on dira : Voici ce que ça coûte, puis maintenant, on va faire des démarches pour aller chercher des contributions du fédéral, puis voici le montage financier, puis on va présenter ça à la population.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais, si je comprends bien votre réponse, le plafond, au final, c'est 4 milliards.

M. Caire : Bien, c'est-à-dire que…

M. Pilon-Larose (Hugo) : Ça ne sera pas plus que ça, là.

M. Caire : Bien, la dernière étude en lice d'un expert, dont on ne conteste pas la crédibilité, nous dit : Le pire, le scénario le plus coûteux, il est à 4 milliards, mais il existe d'autres solutions tout aussi efficaces, mais pour moins cher. Il ne nous dit juste pas moins cher comment.

Donc, on va aller chercher la réponse à cette question-là : Moins cher, c'est moins cher comment? C'est-u 3? C'est-u 2? C'est-u 2,5? Je ne sais pas. C'est pour ça que je ne peux pas aujourd'hui vous dire : On va mettre 2,5 puis la solution est à 2, mettons, ou 2,5, puis la solution est à 3. Mais ce qu'on sait, là, c'est que ça va être moins que ça puis ça va être tout aussi efficace. Puis ça, bien, c'est, le dernier expert en lice consulté qui nous le dit.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Vous appuyez donc ce projet du maire Labeaume, avec meilleure interconnexion et etc. Par contre, je vous regarde en ce moment puis je vous trouve très, très sérieux. Est-ce que vous êtes enthousiaste face à ce projet-là?

M. Caire : Écoutez, c'est parce que…

M. Pilon-Larose (Hugo) : Oui? C'est emballant ou pas?

M. Caire : C'est parce que, écoutez, dans l'expectative où on serait mandaté pour gouverner le Québec, c'est quelque chose de très sérieux, vous savez.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais êtes-vous emballé du projet? Est-ce que vous êtes enthousiaste face à ce projet-là?

M. Caire : Bien, moi, sincèrement, oui, je trouve que c'est un projet qui est très intéressant, je l'ai dit d'entrée de jeu, qui répond à nos demandes. Je sens qu'il y avait une volonté de tenir compte des demandes et des exigences de la Coalition avenir Québec. Parce que souvenez-vous des deux premières moutures, tramway, SRB, il n'y avait rien pour les banlieues en partant. Donc, dans ce projet-là, on voit qu'il y a une desserte des banlieues qui est sérieuse, qui est efficace.

Souvenez-vous les critiques que j'ai faites, au niveau du SRB notamment, je disais : Bien, écoutez, là, sur le parcours, on a l'impression que ça fait plus de la valorisation immobilière que du transport collectif. Bien, le maire a reconnu que cette critique-là, il l'avait entendue, il l'avait intégrée. Et aujourd'hui, on voit le secteur Saint-Sacrement, le secteur cégep Garneau qui vont être desservis de façon beaucoup plus efficace. Ma collègue ici, Geneviève, qui a pris un engagement très ferme dans le secteur Legendre, connecter avec Pie-XII pour décongestionner ce secteur-là, bien, le projet du maire prévoit cette route-là et c'est lui qui va la réaliser à ses frais. Donc, le maire Labeaume va concrétiser une promesse de ma collègue à ses frais. Puis je pourrais vous donner différents exemples comme ça, là, qu'on retrouve dans le projet.

Donc, oui, c'est un projet qui est intéressant. Maintenant, comme j'ai dit, ce n'est pas notre projet. Nous, on est partenaires, on met des sous là-dedans puis on va être vigilants sur la façon dont tout ça va être administré, mais sur l'ensemble du projet, si on ne le trouvait pas intéressant, on ne le financerait pas. J'aurais dit non, là. Tu sais, le tramway, on ne le trouvait pas intéressant, on a dit non. SRB, on ne le trouvait pas intéressant, on a dit non. Aujourd'hui, on le trouve intéressant, on dit oui.

Le Modérateur : Jocelyne Richer, Presse canadienne.

Mme Richer (Jocelyne) : Oui, bonjour. Le but d'un troisième lien, c'est désengorger la circulation.

M. Caire : Entre autres.

Mme Richer (Jocelyne) : Je me demandais sur quelles études la CAQ s'est appuyée pour conclure qu'un troisième lien aurait cet impact-là?

M. Caire : O.K. D'abord, vous devez savoir qu'il y a à peu près, je dirais, depuis 1956, à peu près une dizaine d'études et de rapports qui ont été faits, certains puis la plupart, en fait, très, très complets, notamment des études origine-destination, et notamment c'est l'étude de 1972, si ma mémoire est exacte, qui prévoit les problèmes de congestion routière qu'on vit actuellement, si on ne va pas de l'avant avec un projet de troisième lien. Donc, l'origine du projet de troisième lien, pour cette étude-là, c'est d'éviter ces problèmes de congestion routière que nous vivons actuellement. Vous avez dit : Le projet de troisième lien, il vise la décongestion routière. Vous avez raison, mais c'est plus que ça. C'est plus que ça.

Je pense que maintenant la Communauté métropolitaine de Québec doit réfléchir en termes de communauté. Et ce qui était autrefois le lien entre les deux rives, c'est-à-dire le fleuve, est aujourd'hui un obstacle. Et cet obstacle-là, on doit faire en sorte qu'il n'en soit plus un pour faire en sorte que la Communauté métropolitaine de Québec, dans son développement économique, soit capable de bénéficier de la masse critique que tout cet ensemble-là représente. Puis le troisième lien, pour ça, est un acteur majeur. C'est une pièce pivot de cette philosophie-là qu'on veut, avec les collègues de la Rive-Sud, de la Rive-Nord, imprégner dans notre discours qu'il faut réfléchir maintenant. Québec doit réfléchir en termes de communauté métropolitaine.

Donc, oui, la congestion routière, oui, l'amélioration de la fluidité des échanges entre les deux rives et oui, le fait que, oui, ça demeure deux municipalités, mais c'est une communauté.

Mme Richer (Jocelyne) : Mais ma question, en fait, c'est : Est-ce que la CAQ s'appuie sur une étude sérieuse, récente — on ne parle pas des années 50 ou 70, là — une étude d'experts sérieuse, récente, pour affirmer : Ça prend un troisième lien qui aurait pour effet de décongestionner? On parle d'un projet de peut-être 4 milliards. Est-ce que vous avez cette étude-là pour affirmer qu'un troisième lien aura cet impact-là?

M. Caire : Écoutez, il y a deux réponses à votre question. Premièrement, je ne me risquerais pas à dire que les études qui ont été faites dans le passé n'étaient pas sérieuses. Je ne me risquerais pas à ça parce que c'est les mêmes personnes qui ont bâti le pont de Québec, qui ont bâti le pont Laporte.

Mme Richer (Jocelyne) : Écoutez, M. Caire, on est... On est en 2018, M. Caire.

M. Caire : Pardon?

Mme Richer (Jocelyne) : On est en 2018.

M. Caire : Oui, oui. Non, je suis d'accord avec vous, sauf que, quand une étude vous dit : Si vous ne faites pas ça, il va vous arriver ça dans 20 ans, et que ça se produit, tu dis : O.K., de toute évidence, lui, il savait de quoi il parle. Je dis ça comme ça.

Ceci étant, vous savez, quand six médecins différents vous donnent le même diagnostic, vous pouvez aller en voir un septième, si vous voulez, mais les chances sont bonnes qu'il va vous donner le même diagnostic. Donc, on est un peu dans cette dynamique-là, à savoir : Est-ce que, pour nous, il fait le moindre doute que le troisième lien va avoir un impact positif sur la décongestion routière? La réponse à cette question-là, c'est : Non, ça ne fait aucun doute.

Maintenant, si le Parti libéral avait respecté son engagement de 2014, les études récentes, dont vous parlez, on les aurait en main, ce qui n'est pas le cas. Et je suis à peu près convaincu... pas à peu près, je suis convaincu que ces études récentes là vont arriver aux mêmes conclusions que les dizaines d'études qu'on fait cycliquement, depuis à peu près 70 ans, parce que, de décennie en décennie, les mêmes études sur le même sujet en arrivent aux mêmes conclusions.

Mme Richer (Jocelyne) : Mais c'est que ça laisse croire que vous prenez des engagements sans vous appuyer sur des faits réels ou des études, parce qu'il y a certains experts qui disent qu'au contraire un troisième lien, qu'est-ce que ça va faire, ça va encourager l'étalement urbain, plus de gens qui vont en banlieue, qui achètent plus de voitures et qui encouragent la congestion. Alors, ça ne règle pas nécessairement le problème.

M. Caire : Oui. Bien, c'est drôle que vous disiez ça parce que les études dont vous me parlez ont exactement les mêmes caractéristiques que celles dont je vous parle, c'est-à-dire qu'elles ne sont ni récentes, ni d'actualité. Et, en plus, les études dont vous parlez, pour en avoir consulté quelques-unes, n'adressent pas la situation de Québec. Ce sont des études qui font des généralités, à l'exception d'une seule qui a été faite à l'Université Laval.

Mme Richer (Jocelyne) : ...des engagements en s'appuyant sur du vent.

M. Caire : Bien, en s'appuyant sur 70 ans d'expertise qui en arrivent à la même conclusion. Mais, écoutez, vous pouvez, puis c'est votre droit, je ne le conteste pas, vous pouvez nier la compétence de tous ceux qui ont fait ces études-là de 1956 à 2015. Moi, je ne fais pas ça, puis ce que je vous dis, c'est que la mise à jour de ces études-là, qui va nous amener vers le projet de troisième lien, ça sera fait, parce qu'on ne tournera pas les coins ronds, on l'a dit, mais je ne vois pas en quoi ces études-là pourraient en arriver à la conclusion que...

Mme Richer (Jocelyne) : ...fait croire ça.

M. Caire : Bien là, je m'excuse, je ne sais pas comment vous le dire, là, mais...

Mme Richer (Jocelyne) : Mais, si un expert dit : Un troisième lien, ce ne serait pas profitable, est-ce que la CAQ changerait sa position?

M. Caire : O.K., mais c'est parce que moi, je n'ai aucun expert qui est venu à Québec, qui a étudié la situation de la ville de Québec puis qui m'a écrit, noir sur blanc, que le troisième lien n'aura aucun impact sur la congestion routière. Moi, j'ai un expert norvégien qui a fait des études à travers le monde, d'un paquet de projets, puis qui est en lien... est arrivé avec des conclusions générales. J'ai des études qui sont faites par des experts américains sur des projets aux États-Unis, qui en arrivent à des conclusions générales, que je respecte, soit dit en passant. Je ne nie pas leur compétence, je ne nie pas leur expertise, mais je n'ai en main aucune étude qui me dit que le troisième lien n'aurait pas d'impact sur la congestion routière. Ce que je vous dis, par contre...

Mme Richer (Jocelyne) : ...contraire.

M. Caire : C'est ça. Ce que je vous dis, c'est que, quand on prend le temps d'analyser tout ce qui s'est écrit, depuis 1956 jusqu'à nos jours, cycliquement, ces mêmes études sur le même sujet en arrivent à la même conclusion : oui, c'est pertinent et, oui, ça aura un impact.

Bon, libre à tout le monde de dire : Oui, mais, tu sais, la dernière en liste, qui date de 2015, ou celle qui a été faite en 2003, ou celle qui a été faite en 1999, tout ça n'est pas bon. On peut balayer ça du revers de la main, c'est correct, mais moi, je pense que le même problème est adressé de la même façon et, techniquement, devrait nous amener aux mêmes conclusions.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour. D'abord, sur le financement du projet de tramway, là, est-ce que vous garantissez qu'il n'y aura pas d'obstruction si jamais un gouvernement de la CAQ est élu l'année prochaine? Les fonds, les crédits vont être débloqués pour que le projet se développe, le maire Labeaume n'a pas à se stresser avec ça, là.

M. Caire : Oui, Écoutez, d'abord, deux choses. Vous parlez du projet de tramway; moi, j'aimerais ça qu'on parle d'un projet de transport collectif, parce que, si ce n'était que le tramway, on ne serait pas assis ici aujourd'hui, parce que, comme on l'a dit, le fait qu'il y ait un volet transport collectif des banlieues est extrêmement important pour nous, et ça fait en sorte... ça change la donne de façon significative.

Maintenant, non, le maire Labeaume n'a pas à se stresser, dans la mesure où le projet qui nous est présenté est respecté quant à son contenu, quant à ses échéanciers et quant au financement qui nous est proposé. Non, le maire n'a pas à se stresser, nous respecterons l'engagement que nous prenons aujourd'hui.

M. Lacroix (Louis) : Le 21 avril de l'année passée, on était en plein coeur de toute l'histoire du SRB, là, et vous aviez dit, M. Caire, je me souviens, j'étais à la conférence de presse, puis vous aviez dit textuellement : «Il faut arrêter d'enfoncer dans la gorge des gens des projets dont ils ne veulent pas. Je ne jouerai pas dans ce mauvais film du SRB ou du tramway».

Alors, pourquoi aujourd'hui vous acceptez de jouer dans ce film-là?

M. Caire : Non, je ne joue pas dans ce film-là. Le projet, O.K. souvenez-vous, initialement, le premier projet qui a été proposé par le maire, c'était un tramway qui partait de la colline Parlementaire, qui faisait sept kilomètres en surface pour s'en aller à Place Laurier et pour lequel M. Hamad, alors responsable de la capitale nationale, avait estimé qu'il coûterait entre 2 et 3 milliards de dollars. Puis j'ai les citations, là. À ça, j'ai dit non puis je n'étais pas tout seul, parce que le gouvernement libéral aussi a dit non, et, si on nous avait proposé ça dans la dernière mouture, j'aurais dit non.

Mais vous comprendrez, là, qu'on passe de sept à 23 kilomètres. On s'en va au Trait-Carré jusqu'à Le Gendre, donc on dessert les banlieues, Saint-Augustin et Cap-Rouge, les banlieues de Charlesbourg puis, en satellite, Beauport et pour une fraction du prix, parce que, si on ramène ça au coût du tramway, vraiment, on est en deçà du milliard, là, significativement. Donc, cette portion-là du projet, ce n'est pas la même.

Pour le SRB, comme je vous ai dit, ça non plus, ce n'est pas la même chose, parce que, souvenez-vous, le projet de SRB initial, c'était 1,6 milliard. Alors, vous comprendrez que ce qu'on nous propose aujourd'hui, c'est bien en deçà de ce montant-là, parce qu'on est à 2,9 total. L'ensemble du projet est à 2,9. C'est sûr que le volet SRB est moindre que 1,6, d'une part. D'autre part, j'avais dit, dans ce cas-là, le projet de SRB, il y a deux graves lacunes. La première, c'est qu'il y a volet important qui ne sert qu'à la valorisation immobilière. Le maire lui-même a admis qu'il avait enregistré cette critique-là, qu'il l'avait modifié et qu'il s'assurait maintenant que le parcours, dans sa totalité, soit d'abord et avant tout un système de transport collectif.

Et l'autre chose, souvenez-vous, puisque vous me citez, j'avais aussi dit : Si le SRB, on le fait passer par le troisième lien puis qu'on l'amène à Lévis, ça, ça pourrait être un projet intéressant. Mais là on veut le passer par le pont de Québec, ce qui veut dire qu'il faut baisser le tablier du pont, alors qu'on n'est même pas capable de le peinturer. J'ai dit : Voyons, ça n'a aucun sens. Techniquement, ça n'a aucun sens.

Mais je peux vous sortir la citation de moi-même — je n'aime pas me citer moi-même, mais je peux — où je dis : Si vous le faites passer, le même SRB, d'abord, vous lui donnez un volet transport collectif à 100 %. D'autre part, vous le faites passer par un troisième lien puis vous l'amenez à Lévis par un troisième lien, j'ai dit : Ça, ça pourrait être intéressant. Ça, c'est ce que j'ai dit à l'époque, donc, compte tenu du fait que, oui, ces deux moyens de locomotion là se retrouvent dans le projet actuel, mais ce qui est proposé, ça n'a rien à voir, là.

M. Lacroix (Louis) : Ce que vous disiez, d'enfoncer dans la gorge des gens des projets dont ils ne veulent pas, il n'y a eu aucune consultation faite encore sur le projet actuel.

M. Caire : Vous avez raison. Vous avez raison.

M. Lacroix (Louis) : Comment faites-vous pour savoir qu'ils en veulent?

M. Caire : Bien, je ne le sais pas s'ils en veulent, mais je comprends que le maire a pris un engagement formel de consulter la population de Québec. Alors, ce n'est pas moi qui le dit, c'est le maire de Québec qui dit : Moi, je vais aller vendre mon projet, puis je vais écouter ma population, puis je vais consulter ma population. Donc, visiblement, le maire n'a pas l'intention d'enfoncer son projet dans la gorge des gens. En tout cas, ça ne m'apparaît pas être le discours de quelqu'un qui dit : Moi, je n'écoute personne, je fais mon affaire, j'ai mon argent puis j'avance. Il le dit lui-même qu'il va les consulter. Il ne dit pas sous quelle forme, mais il dit qu'il va les consulter, puis, mieux que ça, je vous annonce que nous avons l'intention de participer à cette consultation-là. On va y aller, nous autres, dire ce qu'on en pense.

M. Lacroix (Louis) : Peut-être juste une dernière, parce que vous aviez dit... On parle beaucoup du troisième lien, évidemment, puis de l'échéancier de construction. Dans Le Soleil, vous aviez dit, il y a quelque... En fait, c'est M. Legault qui parle. Il dit : «Là, on a perdu trois ans. Il faut que les études soient faites rapidement et que ça soit réalisé dans le prochain mandat.» On parle d'une réalisation dans le prochain mandat.

M. Caire : Oui. Il parlait des études.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que ça ne contredit pas un peu ce que vous dites?

M. Caire : Non, mais relisez, là, les études... il parlait des études réalisées dans le prochain mandat. On est allés plus loin que ça, en fait. Dans les faits, non seulement je réitère ça, mais on va plus loin en disant que ce n'est pas juste les études qui vont être réalisées dans le prochain mandat, on va aussi débuter la construction. Donc, on va plus loin que ce que M. Legault avait promis initialement.

M. Croteau (Martin) : Juste une précision, parce qu'il y a des collègues qui souhaitaient faire un deuxième tour de questions.

M. Caire : Ah! il n'y a pas de problème.

M. Croteau (Martin) : J'en avais peut-être juste une petite, précision, à vous poser avant de procéder. Juste pour faire du pouce sur la question de Jocelyne, M. Caire, est-ce que je comprends que l'étude la plus récente que vous avez en main, qui justifie la construction d'un troisième lien, date de 1972?

M. Caire : Non, non, non.

M. Croteau (Martin) : C'est la plus récente que vous avez évoquée dans vos...

M. Caire : Bien, en fait, j'ai évoqué celle de 1972 parce que je trouvais ça intéressant de voir que déjà, en 1972, on était capable de dire : Si on ne fait pas ce troisième lien, les ponts de Québec et le pont, le tout nouveau pont Laporte, parce qu'à ce moment-là il était tout frais construit, ne seront pas capables de suffire à la demande, et on va vivre un problème de congestion routière.

Donc, tout ce que je disais de l'étude de 1972, c'est que déjà, à cette époque-là, on savait qu'on vivrait les problèmes de congestion routière qu'on voit actuellement avec plus ou moins un décalage dans les années où on prévoyait que ça aller arriver, là.

M. Croteau (Martin) : Donc, l'étude la plus récente qui démontre les bénéfices de la construction d'un troisième lien pour la circulation à Québec date de quand?

M. Caire : Elle date des années 2000

M. Croteau (Martin) : De quelle année précisément?

M. Caire : 1999 très exactement. 2003, vous avez une autre étude qui a été faite, mais elle ne concerne pas un troisième lien. Elle concerne la mobilité à Québec de façon générale. C'est celle-là qui conclut entre autres à l'élargissement d'Henri-IV, du tronçon Charest et qui conclut aussi que le prolongement de l'autoroute de la Capitale serait une mauvaise idée. Mais elle ne concernait pas le troisième lien à proprement parler.

M. Croteau (Martin) : Elle ne concernait pas le troisième lien.

M. Caire : Non. Elle concernait la fluidité.

M. Croteau (Martin) : Donc, l'étude la plus récente pour le troisième lien…

M. Caire : C'est celle de Massicotte. Sur un troisième lien, c'est celle de Massicotte.

M. Croteau (Martin) : Qui date de?

M. Caire : 2015.

Le Modérateur : Marc-André Gagnon.

M. Gagnon (Marc-André) : Oui. Bien, une question pour Mme Guilbault. De votre côté — ça va vous donner l'occasion de prendre la parole également — de votre côté, êtes-vous satisfaite pour, je ne sais pas, les gens de Saint-Augustin-de-Desmaures? Ou il y a aussi des gens, si je ne me trompe pas, dans une bonne partie de votre comté, qui seront aussi très bien desservis par le projet. Je crois que le garage, entre autres, des tramways sera situé dans votre comté, sauf erreur.

Mme Guilbault : Oui. Bien, c'est ça, un peu comme l'évoquait mon collègue... excusez-moi, comme l'évoquait M. Caire, et d'ailleurs moi-même je l'ai évoqué à plusieurs reprises l'automne dernier, durant ma campagne électorale dans Louis-Hébert, le gouvernement libéral a largement et depuis toujours sous-estimé le problème de congestion routière dans l'ouest de la ville, le développement, la croissance de la population dans l'ouest de la ville, incluant, sans pour autant s'y limiter, Louis-Hébert.

Alors, oui, je suis heureuse que le tramway parte du IKEA, qui va pouvoir donc desservir tout ce secteur de Cap-Rouge et même Saint-Augustin, là, parce qu'on va avoir un stationnement incitatif qui va permettre… Et même j'irais jusqu'à dire Portneuf, à la limite, là. Tu sais, si vraiment tout l'ouest de la ville souhaite prendre le tramway, ça va être près de chez eux.

M. Caire évoquait aussi, et je crois bon de le rappeler, moi, j'avais amené l'idée de désenclaver le secteur de Cap-Rouge, de Le Gendre, en le reliant à Sainte-Foy. J'avais parlé de connecter Blaise-Pascal avec Versant-Nord. Maintenant, le projet, lui, propose en fin de compte de relier Pie-XII avec Versant-Nord, ce qui, à toutes fins pratiques, atteint le même objectif, là, et qui va permettre vraiment une belle fluidité dans ce secteur-là.

Donc, oui, pour moi, c'est une idée bien concrète et bien précise de la CAQ qui a été prise en compte dans le tracé qu'on nous a proposé vendredi dernier. Alors, oui, j'en suis heureuse.

M. Gagnon (Marc-André) : Et M. Picard, de votre côté, dans Chutes-de-la-Chaudière, ce projet-là de transport structurant à Québec, là, en rien il ne va venir aider vos citoyens qui sont pris dans le trafic le matin à être plus fluide, là.

M. Picard : Bien, en rien… Sauf qu'on demande d'avoir le même sérieux du gouvernement libéral pour les demandes qui sont faites par M. Lehouillier, là. La route 116, un boulevard urbain va permettre d'améliorer l'accès, là, va permettre de désengorger l'ouest de la ville.

Le Modérateur : Nicolas Vigneault.

M. Vigneault (Nicolas) : Rapidement, deux petites. M. Caire, ce qu'a dit M. Legault, c'est clairement : On pense qu'on est capables d'en faire un bon bout dans un premier mandat. Il n'a pas dit : Débuter les travaux. C'était sur les ondes, d'ailleurs, de notre émission matinale. Est-ce que votre engagement, c'est de débuter ou d'en faire un bon bout?

M. Caire : Oui, oui.

M. Vigneault (Nicolas) : Un bon bout ou débuter?

M. Caire : Bien, c'est parce qu'un bon bout, ça...

M. Vigneault (Nicolas) : Bien, il y a une marge entre les deux, on s'entend là-dessus, là.

M. Caire : Oui, écoutez, on peut avoir chacun notre interprétation, mais les gens de Québec doivent savoir qu'on commencera les travaux de construction sous un gouvernement de la CAQ dans son premier mandat.

M. Vigneault (Nicolas) : Autre précision importante, évidemment, le lien, vous le voyez à l'est, c'est ce qu'on comprend de votre position.

M. Caire : Clairement. Clairement.

M. Vigneault (Nicolas) : Bon, vous le voyez à l'est. L'interconnexion, est-ce que vous voyez ça aussi à l'est? Parce que, présentement, dans tous les scénarios qui sont évoqués, c'est clairement à l'ouest, là, que la connexion se fait, parce qu'il y a Saint-Rédempteur et Saint-Nicolas, il y a les gens de la Beauce. C'est là que ça connecte.

M. Caire : Oui. Bien, écoutez, il faut comprendre... d'abord, la connexion à l'ouest, moi, je pense que c'est souhaitable, là. Comment on peut faire ça sans retirer de voie de circulation sur les deux ponts? Bien, on laissera les gens qui élaborent des projets nous proposer des pistes de solution, mais... alors que, dans le cas du troisième lien, écoutez, là, on construit un projet, donc tout est à faire, donc tout est possible. Donc, si on arrive déjà avec nos spécifications et nos besoins, bien, c'est beaucoup plus... bien, en fait, c'est extrêmement facile de les intégrer au projet, alors que la connexion à l'ouest, bien, il y a des contraintes.

Comme je vous disais tout à l'heure, par exemple, dans le cas du trambus, bon, techniquement, je ne sais pas de quoi a l'air le véhicule, mais est-ce que ça nécessite de baisser le tablier du pont? Si c'est ça, ça devient un peu compliqué. Dans le cas d'un tramway, on comprend que ce n'est pas possible. Alors, vous comprendrez que là ça va dépendre aussi des contraintes techniques qui vont évacuer des options à toutes fins utiles. Mais, dans le cas du troisième lien, comme tout est à faire... là, comme je vous dis, il y a des validations. On doit valider la possibilité de, par exemple, avoir un chemin de fer dans un tunnel. Est-ce que c'est possible? Si oui, quelle est la pente nécessaire pour réaliser ça?

M. Vigneault (Nicolas) : L'interconnexion, vous la voulez...

M. Caire : Mais l'interconnexion que nous, on va gérer, que nous, on va réaliser, dont nous, on va s'assurer qu'elle est faite, c'est celle qui passe par le troisième lien à l'est, et on sera ouverts aux suggestions pour l'ouest, parce qu'effectivement ce n'est pas bête de le faire là aussi. Mais techniquement, les contraintes à l'ouest sont beaucoup plus grandes et donc la marge de manoeuvre est plus mince.

Le Modérateur : Julie Couture, TVA. Je m'excuse de ne pas vous avoir vue.

Mme Couture (Julie) : Bonjour, M. Caire. Juste pour savoir, vous, vous n'aimez pas quand la population se fait enfoncer un projet dans la gorge, vous l'avez déjà dit, là, dans le passé, pour d'autres projets. Pourquoi ne pas avoir attendu de voir ce que la population en pense avant de vous prononcer? Il va y avoir des consultations. La population, là, les gens veulent aussi se prononcer là-dessus. Il y en a qui demandent un référendum. Vous n'allez pas vous immiscer dans le processus, mais pourquoi vous n'attendez pas de voir ce que les gens en pensent avant de prendre cette position-là?

M. Caire : Bien, écoutez, parce qu'on reproche toujours aux politiciens de se mettre le nez dans le vent pour voir dans quel sens il va, puis, après ça, on va décider de notre opinion en fonction de...

Nous, on le dit à nos concitoyens, puis comprenez-moi bien, là, tous les quatre ici, là, on est très, très, très conscients que ce qu'on dit ne plaira pas, en tout cas, dans un premier temps, à des gens qui seraient favorables à la Coalition avenir Québec, là, mais on en est très conscients, là. Mais, en même temps, je pense que, comme élus, on a ce devoir de faire connaître notre opinion puis on a pris le temps d'y réfléchir. On n'a pas réagi à chaud vendredi, on a pris le temps d'y réfléchir, on a pris le temps de penser à notre affaire, mais on en arrive à la conclusion que, bien que perfectible, et nous nous assurerons qu'il l'est, perfectionné, le projet, il est intéressant pour la ville de Québec.

Alors, moi, je le dis aux gens, à mes électeurs, à mes concitoyens, moi, Éric Caire, Geneviève, François, Marc, on pense, avec tout ce qu'on vous a dit, là, dans le point de presse, on pense que ce projet-là, il est intéressant, puis on pense qu'on devrait aller de l'avant.

Mme Couture (Julie) : Mais qu'est-ce que vous voulez dire par le fait que vous dites : Ça ne plaira pas à des gens de la Coalition avenir Québec?

M. Caire : Bien, écoutez, je ne vous cacherai pas, là, qu'il y en a, des gens, qui nous sont signifié que, si on appuyait ce projet-là, ils nous tourneraient le dos. Il y en a, mais c'est correct. Quand on prend position en politique, on comprend qu'on va plaire à des gens, on va plaire à d'autres gens, ça fait partie de notre travail. Mais nous, on ne voulait pas se mettre le nez dans le vent puis dire : Bon, bien, on va attendre à la veille de l'élection pour prendre position puis garder ça bien caché. Je pense que le courage en politique, c'est de dire ce qu'on pense au moment où c'est requis de le dire, puis là, bien, nous, on pense que c'était requis de le dire aujourd'hui pour que nos concitoyens sachent à quelle enseigne on se logeait.

Maintenant, comme je l'ai dit, une consultation publique, si tout ça est fait sérieusement, bien, la finalité, ça peut vouloir dire des modifications au projet aussi, là. Si on consulte les gens, c'est parce qu'on veut avoir leur opinion, c'est parce qu'on est ouvert, on est perméable à cette opinion-là, puis c'est parce qu'on est ouvert et perméable au fait qu'on pourrait modifier le projet en fonction de ce que la population nous a dit. Et ça, nous, on sera très démocratiques là-dessus. Si la population de Québec amène des modifications mineures ou majeures au projet, bien, c'est son projet ultimement, c'est le projet de la population qui est porté par le maire, qui est porté par la ville, mais c'est le projet de la population, puis nous, on sera à l'écoute de ça.

Le Modérateur : En conclusion, Isabelle Porter.

Mme Porter (Isabelle) : Oui. Je dois revenir sur votre échange tout à l'heure, M. Croteau et vous, là, sur les études.

M. Caire : Vous étant...

Mme Porter (Isabelle) : Vous, M. Caire et M. Croteau. Vous avez parlé de l'étude de M. Massicotte, de 2015, mais la question portait sur l'impact d'un troisième lien sur la circulation. Or, si je ne m'abuse, l'étude de M. Massicotte n'abordait pas l'impact sur la congestion automobile.

Donc, si celle de 2003 ne parlait pas d'un troisième lien, ça veut dire qu'on remonterait au moins à 1999 avant qu'une étude ait élaboré sur l'impact du troisième lien sur la circulation.

M. Caire : Bien, on a quand même fait des études origine destination depuis, là, mais, vous avez raison, l'étude du professeur Massicotte ne portait pas sur les éventuels changements de comportement chez les automobilistes qui empruntent les ponts.

Ceci étant dit, c'est clair que, si moi, je pars de Beauport, de Charlesbourg, puis que je veux aller sur la Rive-Sud, qu'il y a un troisième lien, tu sais, je n'ai pas besoin d'une étude très élaborée pour comprendre que le troisième lien va m'intéresser, à moins que je m'en aille à Montréal, vous comprendrez, là. Mais, comme je vous dis, de tout temps, ces études-là qui ont été conduites en sont arrivées à la même conclusion. Et, pour moi, là, il ne fait beaucoup de doute que, oui, le volume de trafic a augmenté, donc la congestion est plus importante, mais les besoins, la nécessité qui commandait la réalisation d'un troisième lien, je ne crois pas que ça ait changé beaucoup.

Le Modérateur : Merci à tous.

M. Caire : Merci.

(Fin à 14 h 2)