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Conférence de presse de M. Jean-François Roux, porte-parole de l'opposition officielle en matière de revenu , M. Éric Caire, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé , et de M. Christian Lévesque, porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement économique

Le point sur la situation de la contrebande de cigarettes

Version finale

Le mardi 23 septembre 2008, 10 h 40

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Dix heures quarante minutes)

 

M. Roux: Alors, bonjour à tout le monde. On est ici ce matin pour réagir à l'étude de... qui a été publiée... dont les premiers chiffres ont été publiés hier par l'association des dépanneurs du Québec et du Canada. Plusieurs chiffres nous semblent très préoccupants. Donc, on peut lire dans l'étude que, dans la grande région de Montréal, c'est près de 40 % des mégots qui ont été prélevés dans les cours d'école proviennent de tabac illégal. Et ce qui est encore plus préoccupant, c'est que, dans le comté où on devrait avoir le plus bas taux, donc le comté qui devrait donner l'exemple, celui du ministre du Revenu, ce qu'on se rend compte, c'est que c'est près de 90 %, à certains endroits, des mégots qui sont prélevés qui proviennent de tabac de contrebande.
Ce que ça nous dit, c'est que les écoles du Québec sont en train de devenir un lieu de prédilection pour les organisations criminelles. On a créé des conditions telles qu'aujourd'hui les organisations criminelles sont très présentes dans les cours d'école. Ils font le commerce allégrement de leurs produits auprès des élèves, très directement. Donc, comme on l'a toujours soutenu, il est grand temps que la loi s'applique pour l'ensemble de la population et pas seulement à certains groupes. Le laxisme du gouvernement a mis en place des zones franches où les lois du Québec ne s'appliquent pas, ce qui fait que des criminels se dépêchent d'y aller pour faire le commerce illicite qu'ils font présentement. Dans la région de Kahnawake, c'est un comptoir à tabac pour 58 habitants qu'on trouve. Ces chiffres-là sont particulièrement préoccupants.
Donc, aujourd'hui, ce qu'on demande, c'est très simple, on demande une commission parlementaire pour trouver des solutions pour mettre fin au trafic du tabac de contrebande. Si on est plusieurs aujourd'hui, c'est parce que ce fléau-là touche plus d'un pan de la société, bien entendu. On répète encore que c'est 350 millions de dollars annuellement que le trésor québécois, que les Québécois perdent à chaque année, donc 350 millions de dollars, et ça, c'est au Revenu seulement. Je vais passer la parole à mon collègue député de Lévis qui va vous exposer un autre pan du problème.

M. Lévesque: Alors, je vais aller du côté économique. Imaginez-vous que dernièrement on a obligé la majorité des commerçants à placer des choses pour cacher les cigarettes. Pourquoi qu'on a fait ça? Parce qu'on voulait cacher les cigarettes des jeunes, pour les empêcher d'être influencés par la cigarette. Puis, quand on voit que 36 % de l'ensemble des régions, dans les cours d'école, c'est des cigarettes de contrebande, on doit se poser des questions. C'est comme si le gouvernement avait décidé de laisser un grand laxisme partout, puis c'est nos honnêtes entrepreneurs qui en subissent les contrecoups. On doit faire... trouver une solution, et la solution d'y aller avec une commission parlementaire est la meilleur solution, parce qu'on doit en finir maintenant avec cette difficulté-là, pour ramener une réelle justice ici, au Québec, pour que nos gens qui travaillent honnêtement dans nos entreprises ici, au Québec, puissent avoir un retour auquel ils s'attendent. Alors, maintenant, je passe la parole à M. Éric Caire, au niveau de la santé.

M. Caire: Bien, comme l'ont dit mes collègues, c'est un problème qui touche la société à tous les niveaux, autant les revenus du gouvernement que l'économie pour les entreprises qui font un commerce qui est légal. Mais, un autre volet qui est extrêmement important, c'est toute la question de la santé publique. C'est extrêmement préoccupant, pour deux raisons. La première, c'est que le produit qui est vendu, le produit de contrebande qui est vendu a un niveau de toxicité qui est nettement supérieur à la cigarette légale, puis vous conviendrez avec moi que la cigarette légale, déjà en partant, est un produit dont on tente évidemment de briser les habitudes de consommation parce que c'est extrêmement nocif pour la santé. Il y a beaucoup d'efforts qui ont été mis par le gouvernement pour lutter contre le tabagisme légal, et c'est paradoxal de voir qu'il n'y a pratiquement aucun effort qui est fait pour lutter contre le tabagisme de contrebande, qui est beaucoup plus toxique, beaucoup plus nocif pour la santé, et ça, les études de Santé Canada là-dessus sont on ne peut plus claires.
L'autre aspect du problème, c'est à qui s'adresse la cigarette de contrebande, et c'est là qu'on affecte directement la jeune génération. On parle d'adolescents, on parle de créer des habitudes de consommation de cigarettes très jeune. Et on a eu, dans les dernières années, un certain succès dans la lutte contre le tabagisme. Et il y a un danger énorme d'échapper une génération en rendant ce produit-là beaucoup plus accessible, beaucoup plus accessible à cause de son bas prix, bien sûr, mais beaucoup plus accessible parce qu'il n'y a aucun contrôle aux points de vente, hein? C'est bien sûr qu'un contrebandier ne va pas demander au jeune ses pièces d'identité avant de lui vendre son tabac de contrebande. Donc, on rend ça accessible, facile pour les jeunes, moins cher, et il y a un danger énorme d'échapper une génération. Et, quand on échappe une génération, pour reprendre le terrain perdu, bien justement ça se fait sur plusieurs générations. Et tout ça est de nature à balayer complètement les efforts qui ont été faits par la société dans les dernières années, avec les succès qu'on a connus, parce que le gouvernement refuse de mettre ses culottes, parce que le ministre du Revenu a décidé que son confort politique était prioritaire par rapport à une génération de Québécois.
Bien, nous, aujourd'hui, ce qu'on veut, c'est que le gouvernement aille de l'avant avec la commission parlementaire pour qu'on puisse justement mettre fin à ce fléau-là le plus rapidement possible.

Le Modérateur (Yves Chartrand): Mme Lessard, de Radio-Canada.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Brassard.

Le Modérateur (Yves Chartrand): Brassard...

Mme Brassard (Marie-Andrée): Et pourquoi ne pas demander au gouvernement fédéral de retirer des permis aux fabricants de tabac, qui se multiplient ou qui se sont multipliés sur les réserves au cours des dernières années?

M. Roux: Le problème n'est pas... Bien entendu, c'est sûr que la manufacturation se fait dans des proportions qui dépassent largement la clientèle qui est visée. Donc, c'est sûr qu'on fabrique beaucoup plus de cigarettes que la clientèle potentielle, là, des gens qui pourraient y avoir accès. Mais le problème est difficile à contrôler à la source, à ce niveau-là, donc, parce qu'il y a un minimum... il y a des cigarettes qui doivent être... qui peuvent être produites pour la clientèle qui y a accès.
Le problème, c'est qu'il y a des gens qui achètent ces cigarettes-là pour les revendre en réseau criminalisé, les revendre à des gens qui ne devraient pas avoir accès à ce tabac-là. Et le problème selon nous est là d'abord et avant tout. Le problème, c'est lorsqu'on le vend à des gens qui n'y ont pas droit.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Mais, si on en fabriquait moins, on en vendrait moins.

M. Roux: Bien entendu, mais c'est difficile de contrôler à la source à qui va aller la cigarette.

Mme Brassard (Marie-Andrée): Mais pourquoi ne pas demander au fédéral de réduire la production de cigarettes sur les réserves?

M. Roux: Bien, écoutez, c'est une solution qu'on n'écarte pas. Présentement, on demande une commission parlementaire pour parler à l'ensemble des gens qui agissent sur le problème et qui ont une influence sur la question, pour en venir à trouver des solutions qui nous permettraient de combattre efficacement. Donc, c'est sûr que c'est... On ne ferme la porte présentement à aucune solution, aucune réponse, aucune action. On verra ce que les gens proposeront et on essaiera d'avoir un consensus le plus pointu possible pour intervenir de façon efficace sur le problème.

Le Modérateur (Yves Chartrand): M. Plouffe.

M. Plouffe (Robert): Oui. Je ne vois pas en quoi une commission parlementaire, là, pourrait vous apprendre plus comment lutter contre la criminalité. Honnêtement, c'est ça, là, vous le dites vous-même, là, c'est un réseau criminel. Alors, vous mettez des policiers puis vous bloquez le réseau.

M. Roux: C'est ce qu'on demande depuis le début; le gouvernement s'est refusé à le faire. Donc, si le gouvernement refuse d'agir de cette façon-là, eh bien de deux choses l'une: une commission parlementaire va nous permettre d'obtenir de l'ensemble des intervenants un consensus qui dit: On y va avec cette solution-là, c'est la plus efficace, ou on aura d'autres pistes de solution auxquelles, on espère, le gouvernement sera plus ouvert. Parce que présentement les actions, de toute évidence, avec les chiffres qu'on a aujourd'hui, n'ont pas l'effet escompté, et on donne des coups d'épée dans l'eau finalement puis on pêche dans une pisciculture, parce que plus il y en a, plus on en attrape, mais le problème continue d'augmenter.

M. Plouffe (Robert): Oui, M. Roux, on les connaît, les solutions, hein, pas besoin d'une commission parlementaire pour ça. Dans le fond, ce que vous voulez, c'est avoir une intervention des policiers ou du ministère du Revenu en territoire autochtone, puis, eux autres, ils ne veulent pas y aller parce qu'ils craignent encore une fois que ça puisse dégénérer.

M. Roux: C'est bien entendu une situation qu'on déplore depuis le début. Moi, c'est une chose que j'ai demandée tout le printemps dernier, demandé au ministre de la Sécurité publique d'intervenir, et le ministre du Revenu, comme réponse qu'on a eue, c'est que, lui, il préférait que l'ensemble des Québécois fument avant de faire une intervention en territoire autochtone. Donc ça, c'est la position du gouvernement.

M. Plouffe (Robert): Il ne veut pas de bain de sang, M. Roux.

M. Roux: Non, ça, c'est bien entendu. Et ce qui est important, là, c'est qu'il ne faut pas penser qu'on veut que la SQ débarque avec grande force pour tout fermer en territoire autochtone. On demande un groupe d'intervention avec plusieurs partenaires bien entendu, avec la SQ, dont les autochtones. Donc, on veut que les Peacekeepers fassent partie de la force d'intervention et agissent de façon bien ciblée pour éviter les débordements puis éviter les bains de sang. Bien entendu, on ne cherche pas, là, à ce qu'il y ait de la violence, mais je pense qu'il faut intervenir de façon musclée, de façon efficace, pour éviter des bains de sang, justement.

Le Modérateur (Yves Chartrand): M. Bovet.

M. Bovet (Sébastien): Le gouvernement vous dirait: On a augmenté les amendes, on a augmenté les accusations, les gens qui ont été trouvés coupables au cours des dernières années. Ce n'est pas assez pour vous?

M. Roux: Tous les chiffres, on les a entendus. Ce qu'on se doit de constater, c'est que le problème augmente constamment. Le problème est en constante progression: On est rendus à 40 % au Québec. Une étude récemment disait que c'est 40 % des cigarettes qui sont du tabac de contrebande, présentement, toujours en augmentation. On attend quels chiffres, quelles proportions on doit attendre avant d'avoir une intervention efficace? Je ne sais pas. Nous, on pense que le problème est très préoccupant. Le gouvernement se contente de dire: Bien, on donne plus d'amendes. Mais le fléau ne diminue pas, bien au contraire. Donc, bien entendu, si le volume est plus grand, on peut donner plus d'amendes, mais ça ne réduit pas la contrebande.

Le Modérateur (Yves Chartrand): Moi, maintenant, j'ai des questions à poser. Je voudrais vous entendre aussi: Bon, on parle d'adolescents, on parle de contrebande. M. Harper a émis des idées hier, de resserrer la dureté des lois concernant les jeunes. On a entendu dire que ça pourrait aller jusqu'à la condamnation à vie pour un jeune de 14 ans. Où vous situez-vous là-dessus, l'ADQ?

M. Roux: Bien, écoutez, on ne parle sûrement pas de trafic de cigarettes dans ce coin-là.

M. Chartrand (Yves): J'aimerais vous entendre là-dessus.

M. Roux: C'est une question qui serait peut-être plus adéquate pour Mme Sylvie Roy, qui n'est pas ici ce matin, mais ce que je peux vous dire, c'est que, pour le sujet qui nous concerne ce matin, on ne demande pas un durcissement des lois, on demande une application universelle des lois. Les lois sont là, elles se doivent d'être respectées. Or, on sait qu'un comptoir de tabac de contrebande peut enfreindre jusqu'à 14 lois et règlements du Québec, dans leurs commerces, à tous les jours, donc que ce soit sur l'empaquetage, sur l'étiquetage, sur l'étalage, sur les annonces qu'ils font à l'extérieur, sur le prix, sur les taxes qui ne sont pas... Il y a 14 lois et règlements présentement qui sont enfreints de façon quotidienne dans ces commerces-là et il n'y a aucune intervention. Donc, ce n'est pas au niveau des lois qu'il faut changer, c'est dans l'application de la loi, qu'il faut faire de façon plus diligente et de façon plus universelle, sur l'ensemble du territoire.

M. Chartrand (Yves): Est-ce que vous croyez qu'on devrait aussi intervenir au niveau des écoles, parce que, là, on parle d'adolescents qui vont à l'école? C'est un milieu où est-ce que ça doit circuler aussi.

M. Roux: Bien, je pense que, si on a les chiffres qu'on a aujourd'hui, c'est qu'il y a définitivement du trafic qui se fait sur ou autour des cours d'école. Il y a définitivement un resserrement et une surveillance accrus qui devraient être apportés. Oui, tout à fait.

M. Chartrand (Yves): D'autres questions?

M. Plouffe (Robert): Oui. Sur d'autres sujets. Mais je trouvais que la question de mon collègue est intéressante. J'aurais aimé ça vous entendre sur cette position-là du gouvernement Harper. Vous qui êtes associés aux conservateurs ici même, au Québec, votre chef ne se gêne pas pour dire qu'il va voter Conservateur, donc j'aimerais ça vous entendre là-dessus. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, ce durcissement-là pour nos jeunes contrevenants?

M. Roux: Il faut faire attention. Le chef va voter pour le Parti conservateur, il l'a déjà annoncé. Je n'ai aucune idée des intentions de mes collègues qui m'entourent et encore moins des 40 autres. Pour moi personnellement, je sais que ma décision n'est pas prise encore. J'ai encore des candidats à rencontrer avant de prendre une décision au niveau local, chez moi. Mais il ne faudrait pas voir dans le soutien du chef de l'ADQ une adhésion totale non plus aux politiques du Parti conservateur. D'évaluer le candidat conservateur et de penser que c'est la personne qui est la plus efficace pour représenter les intérêts du comté où on se trouve, c'est une chose, de là à endosser l'ensemble des politiques du gouvernement fédéral, ça en est une autre complètement. On a certains points de vue qui peuvent ressembler au Parti conservateur sur certains sujets, d'autres où on diverge. Celui-là particulièrement, je vais être très franc avec vous, il faudrait peut-être questionner Sylvie Roy, la critique en matière de sécurité publique, pour ce qui est du durcissement des lois.

M. Plouffe (Robert): Vous devez avoir une opinion, M. Roux, M. Caire ou M. Lévesque, vous devez avoir une opinion là-dessus. Êtes-vous d'accord ou pas? Vous avez des enfants, d'ailleurs.

M. Caire: Oui, on a des enfants, effectivement, puis je vous dirais que de prime abord c'est... D'abord, il faut savoir que le Code criminel relève du fédéral. Donc effectivement on s'entend que tout ce qu'on pourra dire va relever de l'opinion, mais, la prison à vie pour un jeune de 14 ans, moi personnellement, je vous avoue que ça ne m'apparaît pas être la première solution, là, c'est bien clair, puis j'endosse totalement les propos de mon collègue, à savoir appuyer, le temps d'une élection, une formation politique, ce n'est pas cautionner l'ensemble de son programme et l'ensemble de ses actions futures, là.
Il n'y a jamais de chèque en blanc qui a été donné au Parti conservateur par l'ADQ, il faut quand même faire la part des choses. On a un choix à faire, le 14 octobre prochain, comme électeurs, nous le ferons comme électeurs. Le chef, M. Dumont, a déjà fait part de ses intentions, d'autres collègues ont fait part de leurs intentions quant au choix qu'ils feront le 14 octobre, mais il ne faut pas lire là-dedans une adhésion totale de l'ensemble des adéquistes à tout ce que les conservateurs ont fait, font et feront dans l'avenir. On a toujours dit qu'on voulait se garder une marge de manoeuvre, et je pense que mon collègue Sylvain Légaré l'a bien illustré il n'y a pas si longtemps, dans un quotidien de Québec, où il ne s'est pas gêné pour faire connaître son point de vue par rapport à la façon dont les ministres conservateurs traitaient un dossier pour la région de Québec. Je pense que c'est la démonstration que les membres de l'ADQ n'ont absolument pas les mains attachées dans le dos par rapport au Parti conservateur. Et qu'il y ait une certaine communion de pensée entre les conservateurs et l'ADQ, c'est un mystère pour personne. Ceci étant dit, entre une communion de pensée puis une adhésion totale et entière à tout ce qu'ils pourraient faire, là, il y a un pas à franchir que personne n'a franchi à l'ADQ.

M. Chartrand (Yves): Est-ce que c'est une erreur de votre parti? La semaine dernière ou il y a deux semaines, M. Dumont a laissé entendre ses demandes au...

Une voix: Oui.

M. Chartrand (Yves): Oui? Là-dedans, il n'y avait rien pour la culture, alors que la culture est un dossier qu'on discute beaucoup. Est-ce que c'est une erreur de votre parti de ne pas avoir dit un seul mot là-dessus, de ne pas faire aucune demande?

Une voix: Non.

M. Chartrand (Yves): Et comment vous situez-vous, là-dessus, vous, sur la question de la culture?

M. Caire: Non. Là-dessus, encore une fois, M. Dumont a fait connaître cinq priorités pour lesquelles, nous, on voulait entendre les partis fédéraux. Le fait qu'on ait parlé de ces cinq priorités-là ne veut pas dire qu'il n'y a aucun intérêt pour les autres sujets, absolument pas. La culture est un sujet qui est effectivement important, qui est venu à l'ordre du jour par la force des choses. Mais je vais renverser la question: M. Charest s'est prononcé beaucoup sur la culture, mais je ne l'ai pas entendu se prononcer sur la Loi canadienne sur la santé. Alors, est-ce que c'est un sujet important, ça, la Loi canadienne sur la santé? L'autonomie du Québec en matière de santé, est-ce que c'est quelque chose d'important? Moi, je pense que c'est plus que quelque chose d'important, je pense que c'est fondamental, mais je n'ai pas entendu Jean Charest se prononcer là-dessus. Non seulement il ne s'est pas prononcé là-dessus, mais il a toujours cautionné les propos de Philippe Couillard, qui disait qu'une loi québécoise ne devait pas enfreindre la Loi canadienne sur la santé. Donc, il était prêt à se soumettre à la Li canadienne sur la santé, en matière de santé, mais là il essaie de nous faire accroire que la culture, c'est la grande bataille du Québec. Moi, je suis désolé, là, mais je n'achète pas ça, pas du tout.
Donc, nous, on a fait connaître nos priorités sur la nation québécoise, qui nous apparaît être aussi quelque chose d'extrêmement fondamental, le fait qu'on voulait voir ça enchâssé dans la constitution. Je n'ai pas entendu le premier ministre se prononcer là-dessus. Est-ce que le fait que le Québec est une nation est un sujet donc mineur par rapport à la culture parce que le premier ministre ne s'est pas prononcé là-dessus? Parce que, si c'est vrai pour M. Dumont, il faut que ce soit vrai pour M. Charest. Donc, pour M. Charest, la nation québécoise, c'est un sujet mineur, selon cette logique-là.

M. Chartrand (Yves): Mais la question que je vous posais, M. Caire, c'était: Qu'est-ce que vous pensez de l'attitude conservatrice vis-à-vis la culture québécoise? C'est la question que je vous ai posée.

M. Caire: Personnellement, je pense que la position autonomiste qu'on a toujours défendue et qu'on défendra toujours s'applique là-dedans comme dans d'autres sujets que je viens de vous mentionner. Effectivement, l'ADQ a demandé, en matière de culture, son autonomie. C'est un combat qu'on fait depuis très longtemps, et, là-dessus, on est contents de voir que le premier ministre vient de se réveiller, puis on aimerait ça qu'il se réveille sur les autres sujets aussi parce qu'ils nous apparaissent aussi fondamentaux que la culture. La santé, le développement économique, la nation québécoise, c'est autant de sujets sur lesquels on espère que le premier ministre va avoir un engagement aussi important qu'il a eu pour la culture, parce que sinon on va considérer qu'il s'intéresse seulement à la saveur du jour.

M. Bovet (Sébastien): M. Caire, l'Hôpital Saint-Luc, est-ce qu'on rase ou on ne rase pas?

M. Caire: Non, on ne rase pas l'Hôpital Saint-Luc. On rase l'Hôpital Saint-Luc... Je ne sais pas. Sincèrement... Excusez, parce que, dans votre question, je pensais à l'Hôtel-Dieu parce que j'étais tellement «mindé» sur l'Hôtel-Dieu. Moi, je vais vous dire, là-dessus, je trouve, je trouverai toujours positif le fait de construire du neuf. Ça, en partant, là, j'ai un préjugé favorable. Ce qui me dérange dans l'annonce qui a été faite par l'attaché de presse du ministre, hein... Parce que, vous le savez, quand il vient le temps d'annoncer 26 millions en Outaouais, le ministre est là; quand il vient le temps de défendre les positions du CHUM, c'est l'attaché de presse du ministre qui est là. Puis ça, on constate que ce courage politique là, hein, il s'étale dans plusieurs interventions ou absences d'intervention de la part du ministre.
La semaine dernière, tout était beau, hein, les dirigeants du CHUM sont sortis pour dire: Tout était beau, tout allait bien, on respecte les délais, on est dans les échéanciers, on respecte les budgets, tout va bien. Si jamais on fait des modifications au PFT, ces modifications-là seront mineures. Or, aujourd'hui, ce qu'on apprend, c'est que la modification mineure, c'est de détruire un hôpital pour le reconstruire en neuf. Si ça, c'est mineur, je n'ai pas hâte de voir qu'est-ce que ce serait, des modifications majeures. Parce que, là, écoutez, à part bâtir sur la lune, là, je ne vois pas vraiment ce qu'on pourrait faire de plus majeur comme modification au PFT.

M. Bovet (Sébastien): Sur le fond, vous êtes favorable à construire du neuf, si je comprends bien?

M. Caire: J'ai un préjugé favorable sur un édifice neuf. Maintenant, j'ai demandé au ministre un plan de redressement, qui n'a pas été déposé encore, qui va nous dire très exactement qu'est-ce qui sera le CHUM dans sa version finale, combien va coûter le CHUM dans sa version finale et quand sera livré le CHUM dans sa version finale, avec une série d'étapes mesurables, vérifiables par l'ensemble du public et non pas par quelques initiés soit de la direction du ministère ou du CHUM, qu'on puisse, nous, suivre le développement du projet et ultimement qui va être rassembleur. Donc, que pense la communauté des affaires, à qui on demande quand même un soutien de 200 millions, qui n'est toujours pas au rendez-vous, hein, vous le savez. Leur fameuse loterie, là, où je leur avais suggéré de faire tirer un médecin, finalement ils auraient peut-être dû, parce que ce que je comprends, c'est qu'ils ont à peine fait leurs frais, là. D'après moi, s'ils avaient fait tirer un médecin, ils auraient fait un petit peu plus d'argent.
Donc, la fondation du CHUM, l'argent n'est pas là; le Fonds canadien de l'innovation, que je sache, a toujours refusé sa subvention parce qu'il trouvait que le projet était mal géré; que je sache, l'ancien D.G. a démissionné, et on n'a toujours pas été capable de nous dire pourquoi, si tout va bien, l'ancien directeur-général a démissionné. Donc, autant de questions qui restent sans réponse. Mais je vous le dis: Oui, c'est vrai, un édifice neuf, j'ai un préjugé favorable, mais, ceci étant dit, ça va prendre plus que ça pour nous rassurer complètement pour ce qui est du CHUM.

Le Modérateur (M. Yves Chartrand): Une dernière question.

M. Plouffe (Robert): Deux petites dernières. C'est parce que vous avez parlé de communion de pensée et d'adhésion. Mme Marois s'en va voir M. Duceppe tantôt, là, sur la même tribune, devant la Chambre de commerce. C'est-u une communion de pensée, ça, ou une adhésion totale, selon vous?

M. Caire: Non, ça, c'est une adhésion totale. Oui, oui. Non, ça, c'est des siamois, là.

M. Plouffe (Robert): O.K. Et, compte tenu de la crise du fromage, là, vous voyez, le MAPAQ repart, au niveau de la santé publique, craint et fait une opération auprès de toutes les fromageries qui ont du fromage au lait pasteurisé, maintenant. Voulez-vous qualifier l'attitude du MAPAQ là-dedans? Est-ce que c'est une bonne chose que le MAPAQ parte comme ça?

M. Caire: On a eu déjà l'occasion de le dire: Au niveau du MAPAQ, d'abord, moi, je pense qu'il y a deux erreurs fondamentales qui ont été faites. La première, c'est qu'en détruisant l'ensemble des stocks qui ont été retirés, on s'enlevait la possibilité de pousser l'enquête sur l'origine des souches et trouver possiblement un lien commun entre les souches. J'ai déjà dit que c'est comme si un enquêteur allait chercher des indices puis, avant de les analyser, il les détruisait. Donc ça, pour moi, le MAPAQ, là-dessus, a erré, c'est clair, d'une part.
D'autre part, vous l'avez vu, vous l'avez lu, vous l'avez entendu, l'aspect drastique de l'intervention du MAPAQ soulève beaucoup de questions quant aux procédures dans une situation comme celle-là. Est-ce que le MAPAQ aurait pu y aller de façon plus ciblée, plus précise?
Et, troisièmement, bien, avec effectivement le rapport Mailloux, il y avait, semble-t-il, des tests qui étaient disponibles, qui auraient pu être exigés de la part des producteurs, qui ne l'ont pas été. Donc, dans quelle mesure le MAPAQ n'a pas passé à côté justement d'un outil fondamental pour éviter cette crise-là plutôt que de la multiplier par des actions qui ont été, excusez l'expression, là, mais un peu matamores?

M. Plouffe (Robert): Est-ce que c'est matamore de repartir, là, auprès des usines qui font du fromage avec du lait pasteurisé?

M. Caire: Bien, j'espère que, cette fois-là, comme je vous dis, d'abord, on va le faire de façon plus ciblée, d'une part; et, d'autre part, j'espère que, si on se voit contraints de retirer des stocks des étagères pour protéger la santé publique... parce qu'on s'entend, là, la première priorité, c'est de protéger la santé publique, mais, si on retire ces stocks-là, j'espère qu'avant de les détruire on va les analyser, on va faire les enquêtes approfondies qu'on aurait dû faire la première fois.

Une voix: Merci, au revoir.

(Fin à 11 h 4)