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Point de presse de M. Amir Khadir, député de Mercier

Version finale

Le mercredi 29 mars 2017, 11 h 15

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures seize minutes)

M. Khadir : Alors, bonjour, tout le monde. Merci d'être présents. La situation de la sécurité à l'aéroport de Montréal, bien sûr, a été portée à notre attention, et ça nous préoccupe. L'idée que des gens avec des penchants pour le terrorisme islamique puissent avoir accès au tarmac, avoir accès aux avions, ça ne fait pas bon ménage avec le sentiment de sécurité. J'espère que les autorités de l'aéroport qui ont répondu au reportage de J.E. sont pleinement conscientes de cette préoccupation.

Il y a une dizaine d'années, on avait la préoccupation pour les Hell's Angels, on se rappellera, là, qui, malheureusement, avaient aussi, disons, des intérêts là et cherchaient à infiltrer l'aéroport. Alors, il ne faudra pas que ça puisse être le cas aujourd'hui pour des gens qui ont, sous divers prétextes, accès à l'aéroport et qui, en même temps, puissent entretenir une quelconque sympathie pour le mouvement terroriste qui se cache derrière l'islam radicalisé.

L'autre élément dans tout ça, c'est sûr que la ligne est très mince entre tout ce qu'on fait pour assurer la sécurité, compte tenu de ces dimensions géopolitiques que je viens de mentionner, et le profilage racial. Il ne faudrait pas non plus qu'on tombe dans une espèce d'obsession sécuritaire qui fait en sorte qu'on glisse sur la pente du profilage racial.

Donc, j'espère que les différents niveaux d'autorité ne se renverront pas la balle. Je pense que et M. Garneau, et M. Coiteux, et les autorités de l'aéroport doivent plutôt travailler ensemble et chacun agir de manière responsable devant cette situation à l'aéroport Montréal-Trudeau. Voilà.

Mme Prince (Véronique) : M. Khadir, qu'est-ce qu'il faudrait changer peut-être à l'avenir? Est-ce que les inspections qui sont faites sur ces personnes-là à l'embauche devraient être encore plus serrées? Est-ce qu'on devrait trouver des procédures pour pouvoir leur empêcher carrément d'entrer à l'aéroport et de continuer d'y travailler? Qu'est-ce qu'on peut faire de plus?

M. Khadir : Bien, ce que des sources… ce qu'une équipe de journalistes a essayé de faire, je suis persuadé que les différentes agences de contrôle de sécurité devraient pouvoir faire encore plus aisément. Donc, d'abord, s'assurer qu'il y a un contrôle sur les activités et la nature des orientations et des penchants des différentes personnes qui travaillent là.

Deuxièmement, c'est qu'il faut quand même s'assurer que le fait que ça soit sous gestion privée puis qu'on multiplie les contrats à des sous-contractants privés, ce ne soit pas autant de failles dans le système, hein? On imagine bien, par exemple, ici, à l'Assemblée nationale, les équipes politiques... je prends un exemple, là, les équipes politiques ne relèguent pas à des équipes à l'extérieur du cadre politique quand il s'agit d'enjeux qui ont une importance stratégique politique, qui doivent rester à l'interne, qui sont des débats à l'interne. On le fait à l'interne.

Donc, dans des questions qui touchent la sécurité, s'il y a une place où, j'espère, la voie de recours plus importants et plus systématiques à de l'expertise interne au public fait sens, c'est bien celle-là. Alors, je sais qu'on a un débat là-dessus depuis des années. Nous, on pense que ça coûte juste trop cher pour le système, mais, en plus, c'est que ça pourrait être... je me questionne si là il n'y a pas des failles dans des couches successives de recours à des sous-contractants privés, autant de problèmes qui surgissent.

M. Boivin (Mathieu) : M. Khadir, est-ce que c'est valable, d'après vous, que les gens dont on a la démonstration qu'ils sont en processus de radicalisation conservent leur emploi? Je sais qu'on les a déplacés d'endroits, des secteurs sensibles. C'est des gens qui continuent à être à l'emploi de l'aéroport. Est-ce que, d'après vous, c'est des motifs qui pourraient, à leur face même, être suffisants pour justifier des congédiements?

M. Khadir : Bien, ce qui justifie les congédiements, c'est s'il y a des gestes et actes répréhensibles qui ont été posés, hein? On est en société de droit. On ne se base pas sur de simples suspicions pour congédier les gens.

Maintenant, c'est sûr que les responsables doivent quand même tenir compte de tout ça, puis, d'après ce que je comprends, on a affecté cette personne à des tâches qui le mettent hors d'état de pouvoir avoir un impact sur la sécurité. Moi, je pense que c'est valable. Il ne faut pas tomber dans la chasse aux sorcières. C'est au départ, c'est dans l'accompagnement qu'il faut prévoir ces choses-là, maintenant qu'on voit qu'il y a des cas comme ça qui surviennent.

M. Croteau (Martin) : Sur un autre sujet, est-ce qu'il faut interdire le double emploi aux officiers de la SQ comme envisage de le faire le ministre Coiteux?

M. Khadir : Je suis juste étonné que c'est maintenant qu'on se réveille. Je suis un peu étonné parce que là c'est des positions très, très sensibles à ce niveau d'intervention. Que la personne puisse, en même temps, à parts égales, un courtier immobilier... ça m'étonne un peu, et moi, je pense qu'on aurait dû... Il me semble qu'à chaque fois ce gouvernement-là se réveille alentour d'une controverse ou d'une crise révélée par les médias. Il y a un problème, là, de compétence de ce gouvernement dans la gestion des affaires publiques. Merci.

(Fin à 11 h 21)

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