Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de Mme Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de Mme Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie

Version finale

Le jeudi 13 avril 2017, 15 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures six minutes)

Mme Charlebois : ...de vous être rendus disponibles pour notre réaction, au gouvernement du Québec, concernant le dépôt du gouvernement fédéral sur la légalisation du cannabis. Vous avez vu comme moi que ce sont des grandes lignes qui nous ont été présentées et force est de constater qu'il nous manque plusieurs précisions. Nous allons donc analyser le projet de loi en profondeur.

Comme vous le savez, il y a un comité de 13 ministères qui travaille déjà, qui ont déjà des réflexions, mais qui vont se pencher davantage sur le contenu du projet de loi. Et je vous rappelle qu'il y a 13 ministères, mais je peux vous en nommer quelques-uns, dont le ministère de la Santé et Services sociaux, Économie, Science et Innovation, le Secrétariat aux affaires gouvernementales canadiennes, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, le ministère de l'Agriculture, le ministère du Conseil exécutif, la Sécurité publique, les Finances, la Justice, le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministère des Transports, ministère de l'Éducation, Loisirs et Sports et évidemment le Secrétariat aux affaires autochtones. Pourquoi tous ces ministères? Bien, parce que ça touche l'ensemble de la population qui transite à travers ces ministères-là.

Alors, revenons donc au projet de loi qui nous a été présenté. Comme je vous le disais, il y a eu beaucoup de choses qui ont été présentées en termes très généraux et nous renvoient souvent à des règlements. Et il y a encore plusieurs questions sans réponse, malheureusement, et n'a rien... par exemple, je vous donne un exemple, on n'a rien sur les produits dérivés. Aussi, on m'a rapporté qu'il y aurait des possibilités de promotion. Alors, moi, j'ai certainement des questions là-dessus. Vous savez qu'on vient d'adopter une loi sur le resserrement de la lutte au tabagisme. Alors, moi, la publicité, c'est un enjeu qui m'interpelle beaucoup.

On n'a aussi pas recensé un seuil maximal de THC. Il ne serait pas balisé, à ce qu'on m'a dit. Alors, on va examiner ça de proche. On m'a aussi rapporté qu'en termes de justice c'était très, très, très général. Il manque, encore là, beaucoup de précisions et de détails. Il est impossible de savoir si, par exemple, on pourrait bénéficier d'une période de transition quant à l'application des mesures, une fois qu'il y aura contravention.

Bref, on va l'examiner en profondeur, mais nous, de notre côté, on n'a pas de choix que de préparer… On va élaborer une loi-cadre, etm dans cette loi-cadre-là, je vous ramène au message essentiel pour la population, c'est : nous, pour nous, c'est d'abord la sécurité, la santé, c'est là-dessus qu'on va travailler pour bien protéger notre population.

Je veux vous souligner, à ce moment-ci, qu'il y a une grande importance à ce que le gouvernement fédéral nous fournisse un soutien pour assumer les responsabilités additionnelles qui vont nous être dévolues, parce que de ça découle beaucoup de travail, notamment en priorité en santé, en sécurité. Mais j'ai entendu en point de presse la ministre de la Santé et un autre ministre répondre aux transferts fédéraux, comment on allait combler… parce que, veux veux pas, ils nous transfèrent beaucoup de responsabilités, donc ça va prendre des sommes supplémentaires.

Honnêtement, la réponse m'a parue un peu risible parce qu'on nous a parlé des transferts fédéraux en santé déjà existants. J'ai entendu parler de budget en santé mentale. Ça n'a rien à voir, là. Ça n'a rien à voir, là. On a besoin d'argent supplémentaire pour faire de la prévention, pour outiller les parents. Comment on va faire, là, pour faire de la pédagogie? Comment on va faire pour préparer les parents, pour faire de la sensibilisation dans les écoles? Ça ne viendra pas tout seul, là. Pour former les policiers, ça va prendre une formation supplémentaire. Ça va nous prendre aussi des nouvelles mesures en sécurité routière. Bien, ça va coûter de l'argent, tout ça. Aider les municipalités à appliquer les lois, il y a cet aspect-là aussi. Aider les employeurs et les syndicats à adapter les milieux de travail, bien, pour ça, ça va prendre de l'argent. Pour le système de justice, il y a un impact énorme, énorme, énorme quant à la formation, quant aux disponibilités des salles de cour, etc. Ce projet de loi là vient changer beaucoup de choses.

Alors, comme je vous dis, on est un peu déçus, mais on prend acte de la décision du gouvernement de légaliser... du gouvernement fédéral de légaliser le cannabis. Nous, on va préparer notre loi-cadre. C'est certain qu'on va certainement leur demander de réviser leur position quant au financement, parce qu'on aura besoin d'argent, parce qu'ils nous transfèrent beaucoup de leurs… en fait, ils nous transfèrent une grande responsabilité. Ils font une loi qui, pour nous, nous impose de l'ouvrage additionnel et des besoins sur lesquels nous allons plancher et nous allons avoir besoin de sous.

Alors, il y a beaucoup de choses qu'on va devoir examiner, mais, à ce moment ici, là, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas précises, qui nous sont rapportées, des éléments manquants. Je vous l'ai dit, des produits dérivés, c'est le nerf de la guerre, là. Il y a là déjà des gens qui réfléchissent à ça, là, sur le marché. Alors, nous, il faut qu'on soit préparés, alors…

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mme Charlebois, vous allez demander du financement. Est-ce que vous allez ou est-ce que vous avez la possibilité de demander du temps aussi?

Mme Charlebois : Bien, c'est tout ça qu'on veut voir, notamment les délais en justice, la période de… Selon ce que m'a dit ma collègue, on voulait bénéficier d'une période de transition pour l'application des mesures, là, en justice, et là c'est très général, on n'a pas… c'est vague, on n'a pas trop de réponses. Il va falloir discuter. Alors, ça, le financement, il y a… Nous, notre comité va avoir une réflexion très précise. On va arriver avec des chiffres précis, avec des choses précises qu'il va falloir qu'on revoie. On va leur faire des suggestions, mais nous, de notre côté, on va se faire une loi-cadre qui va protéger la population.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Puis une consultation telle que la demandent entre autres les employés de la SAQ, là — le syndicat a émis un communiqué avant que vous arriviez — ça, est-ce que c'est dans vos cartons?

Mme Charlebois : Bien, quand on fait une loi, normalement, il y a des consultations qui pourront certainement s'inscrire. On va voir comment ça va se dérouler dans le processus.

M. Bovet (Sébastien) : À vous écouter, c'est un cadeau de Grec, on dirait.

Mme Charlebois : Bien, écoutez, il y a des responsabilités qui viennent avec la légalisation du cannabis que met en oeuvre le gouvernement fédéral. Ce que je souhaite, c'est que nous puissions discuter avec eux pour obtenir les sommes supplémentaires pour justement les précisions dont je vous ai parlé, parce que nous, ça nous impose de faire des choses qui... ça va coûter de l'argent, là, puis ce n'est pas en me parlant de budget en santé mentale qui est déjà existant... Ça n'a rien à voir avec la légalisation du cannabis.

M. Bovet (Sébastien) : Vous avez dit que vous étiez déçue. Vous êtes déçue de quoi?

Mme Charlebois : Bien, sur le financement, honnêtement, c'est un peu risible.

M. Bovet (Sébastien) : Risible? Pourquoi, risible?

Mme Charlebois : Bien, parce qu'il nous manque de l'argent, comme je vous disais, pour faire plein de choses, là. Je vous ai énuméré, là… faire la prévention, outiller les parents, sensibilisation dans les écoles, former des policiers, les mesures de sécurité routière, là, ça ne va pas tomber du ciel, aider les municipalités, appliquer la loi, aider les travailleurs, aider les employeurs, les syndicats, le système de justice en lui-même, là. Il va y avoir des gens qui vont avoir besoin de formation, alors il y a beaucoup de besoins monétaires pour remplir ces obligations-là.

M. Bellerose (Patrick) : Avez-vous évalué les sommes supplémentaires nécessaires, Mme Charlebois?

Mme Charlebois : Pardon?

M. Bellerose (Patrick) : Avez-vous évalué les sommes supplémentaires nécessaires?

Mme Charlebois : Ça va se faire dans l'analyse avec le comité.

M. Bellerose (Patrick) : …plusieurs dizaines de millions?

Mme Charlebois : Je ne peux pas vous le dire à ce moment ici. On va prendre le temps d'analyser ça correctement. Tous les… Premièrement, voir ce qu'il y a dans la loi puis ce qu'on pense qu'il devrait y être. Deuxièmement, voir, nous, dans notre champ de compétence, ce qu'on aura besoin de déployer, qu'est-ce que ça représentera, et on va être en mesure d'aller les voir puis dire : Écoutez, là…

M. Croteau (Martin) : Est-ce que les revenus que Québec pourrait tirer de la distribution seront suffisants pour compenser finalement les dépenses additionnelles dont vous parlez?

Mme Charlebois : Malheureusement, je ne peux pas vous répondre à cette question-là en ce moment parce que…

M. Croteau (Martin) : …ça va prendre plus d'argent, c'est que, forcément, vous demandez à Ottawa de faire un transfert supplémentaire aux provinces en plus des revenus que la province va tirer de la distribution.

Mme Charlebois : Bien, veux veux pas, quand ils légalisent le cannabis, il vient avec ça des responsabilités qu'ils nous transfèrent, là. Manifestement, là, tout ce que je viens de vous énumérer, nous autres, on va devoir le mettre en place. Alors, il y a de l'argent qui va devoir être investi là-dedans.

M. Croteau (Martin) : S'il n'y a pas plus d'argent, est-ce que Québec pourrait resserrer l'accès à la marijuana? Parce que les provinces ont quand même beaucoup de jeu en ce qui concerne l'âge minimal et la quantité, là, qui serait permise de transporter. Donc, est-ce que Québec serait tenté de resserrer l'accès s'il n'y a pas davantage d'argent?

Mme Charlebois : Réflexion qu'aura à faire le comité.

M. Croteau (Martin) : Mais à quel point sentez-vous que Québec a la marge de manœuvre pour resserrer l'accès et peut-être même soustraire carrément le Québec?

Mme Charlebois : Bien, on a nos champs de compétences, mais ce que je veux que vous reteniez, c'est que, moi, je ne vous répondrai pas au nom de 13 ministères aujourd'hui. On vient d'avoir le projet de loi, on va prendre le temps de l'examiner comme il faut et ensuite on va pouvoir se positionner sérieusement.

M. Croteau (Martin) : Mais de ce que vous comprenez du projet de loi, est-ce que les provinces ont suffisamment de marge pour resserrer, peut-être même carrément se soustraire à la légalisation?

Mme Charlebois : Je n'ai pas examiné cette avenue-là. En tout cas, je pense que j'ai entendu, mais je ne veux pas trop m'avancer là-dessus, parce que je n'ai pas la confirmation, mais je pense qu'on pourrait même dire interdiction de la vente, là, mais je n'ai pas de certitude à ce niveau-là. Alors, vous comprendrez que même vous répondre ça... je ne suis pas en train de vous dire que le gouvernement du Québec pense à ça, je vous dis que le comité va regarder toutes les possibilités, nos devoirs envers la population.

Mme Biron (Martine) : J'aurais deux questions à poser. D'abord, quand tu as 13 ministères autour de la table, là, tu commences, et c'est quand même... il y a plusieurs angles, là. Par où vous allez commencer? C'est comment vous allez travailler ça? Une réunion par semaine? Tout le monde travaille sur le même pied d'égalité? Est-ce qu'on travaille la santé en premier? Le transport?

Mme Charlebois : Bien, les deux choses qu'on a dites, sur lesquelles on a mis l'accent, puis, sur toutes les tribunes, je le dis depuis hier, c'est certainement la santé, la prévention, la sécurité, la sécurité routière, la sécurité au travail, c'est protéger la population. C'est ça, notre devoir comme gouvernement, de protéger la population avec la légalisation du cannabis.

Mme Biron (Martine) : Quand tu fais ça, là, ça va demander quand même énormément d'énergie, là, tu ne fais pas d'autres choses. C'est quoi le pourcentage de travail ou d'énergie que ce projet de loi là fédéral va demander au gouvernement du Québec?

Mme Charlebois : Je ne peux pas vous dire en termes de pourcentage. Je peux vous dire que, oui, ça va demander effectivement à nos équipes de s'asseoir et de mettre du temps là-dessus. Puis c'est évident que ça vient faire de l'interférence dans ce qu'on a, nous autres, déjà sur la table, parce que faire une loi-cadre... vous le savez puis vous le dites, ça touche 13 ministères, mais c'est une importante loi, et les 13 ministères sont touchés, tout le monde est impacté.

Alors, il va falloir prendre le temps de faire bien les choses, et c'est évident que ça a un impact sur notre calendrier à nous.

Mme Biron (Martine) : De quelle... Juste pour rebondir sur le calendrier, est-ce que vous pourriez nous donner plus précisément, plus clairement, ce que vous voulez dire de l'impact que ça va avoir sur le calendrier...

Mme Charlebois : Bien, le temps qu'on met là-dessus, bien, il ne sera pas sur d'autres projets de loi. Puis éventuellement, quand on va l'amener en Chambre, il n'y a pas un autre projet de loi qui va être là en même temps. Puis c'est sûr que nos équipes vont devoir travailler fort, mais, comme je vous dis, il y a déjà du travail qui a été amorcé par un comité technique. Ça, il ne faut pas perdre ça de vue, il y a déjà des réflexions d'amorcées. Les directeurs de santé publique se sont positionnés ce matin, l'Institut national de santé publique a déjà émis un rapport, il y a déjà des gens qui ont émis des suggestions.

Nous autres, on va tenir compte de tout ça, là, en faisant la loi-cadre, mais, quand on va la préparer, ça prend un certain temps. Puis oui ça nécessite des échanges, et oui on va devoir mettre l'épaule à la roue pour être prêts à la date que le gouvernement fédéral souhaite adopter ça, là, ou, en tout cas, le mettre en vigueur, là.

Mme Plante (Caroline) : En général, est-ce que vous voyez ça comme une priorité pour la société de légaliser le cannabis? Est-ce que, pour vous, c'est une priorité dans la vie, dans la société, de légaliser le cannabis?

Mme Charlebois : Bien, peu importe ce que je penserai, il y a un projet de loi qui a été déposé par le gouvernement fédéral. Notre devoir à nous, ici, dans les provinces, c'est de nous assurer de protéger notre population, faire en sorte que la santé soit d'abord primée, la sécurité. On n'a pas d'option, là. On n'a pas d'option, là. Il faut vraiment… Puis je pense que la population est à peu près rendue là, mais je ne veux pas me prononcer pour les citoyens, sauf que c'est le gouvernement fédéral qui légalise. Nous, on n'a pas de choix, là. Il faut se mettre au travail et protéger notre population en termes de santé et sécurité.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mme Charlebois, il y a une partie du projet de loi qui porte aussi sur l'alcool au volant, puis ça vient changer, entre autres, une partie du travail des policiers. Ils n'auront plus besoin d'avoir des soupçons raisonnables pour demander un échantillon d'haleine. Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle?

Mme Charlebois : Je n'ai pas d'opinion pour aujourd'hui parce que le comité va se pencher là-dessus puis il va étudier ça. Et notre ministre de la Justice va certainement nous donner des indications sur comment elle voit ça.

M. Croteau (Martin) : Mme la ministre, le gouvernement fédéral, son argument, l'argument du gouvernement fédéral, c'est que ce projet de loi va restreindre l'accès au cannabis aux jeunes et enlever le commerce de la marijuana des mains du crime organisé. Ce que vous voyez aujourd'hui, est-ce que vous pensez que ça va atteindre ces objectifs?

Mme Charlebois : Bien, c'est ce qu'il souhaite, et je vais vous dire que c'est un bon objectif, si ça réussit. Il est certain qu'en ce moment, l'alternative, c'est quoi, c'est le crime organisé, c'est… Il n'y a pas de contrôle sur la substance. C'est toutes ces choses-là, alors moi, je pense que… C'est pour ça que nous, il faut qu'on fasse une loi-cadre sérieuse, rigoureuse. Et eux autres, ils ont encore des travaux à faire, manifestement, parce que, comme je vous dis, il y a beaucoup de choses qu'on n'a pas décelées à ce moment-ci. Alors, c'est pour ça qu'on va étudier très rigoureusement le projet de loi qui a été déposé.

M. Croteau (Martin) : Donc, au-delà de la modalité ou du fin détail du projet de loi, philosophiquement, vous êtes plutôt d'accord avec la légalisation.

Mme Charlebois : Bien, on n'a jamais dit qu'on était défavorables. On est même plutôt favorables.

M. Bovet (Sébastien) : Le gouvernement fixe à 18 ans l'âge légal pour l'obtenir. Est-ce que ça vous apparaît correct?

Mme Charlebois : On va regarder ça en comité. Tout le contenu, là, je vous le dis, on va travailler ça, les 13 ministères ensemble. Dès qu'on va avoir des réponses, ça va nous faire plaisir de vous répondre.

M. Bovet (Sébastien) : À partir du moment où on vend de l'alcool à 18 ans, on ne peut pas vendre… ça ne paraît pas conséquent de vendre du cannabis à 18 ans aussi?

Mme Charlebois : On va voir ça en comité, mais on… Puis vous savez qu'on a une table avec l'Ontario aussi, qui va partager des expériences, nos recherches et tout. Alors, à partir de ça aussi, là, on va être en mesure de se fixer une tête, là.

M. Bellerose (Patrick) : Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que ça banalise la consommation de marijuana?

Mme Charlebois : Bien, moi, au contraire, je pense que ça ne va pas banaliser. Ça va nous permettre de faire de la meilleure prévention. Ça va nous permettre de, justement, parler des vraies choses, de pouvoir agir auprès de la population, au lieu de faire semblant que ça n'existe pas. On le sait, ça existe. Ça existait quand j'allais au secondaire puis je suis devenue une grand-mère. Ça fait qu'imaginez-vous qu'à travers les années, ça n'a pas pas disparu, je pense. Alors là, on légalise, on va encadrer.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que vous allez avoir en main des études, des rapports sur la légalisation? Est-ce qu'il y a des étapes que vous avez prises déjà pour vous préparer à la légalisation?

Mme Charlebois : Bien, le directeur national de santé publique, mon sous-ministre, M. Arruda, a déjà eu des discussions avec fédéral-provincial-territorial sur une base régulière, de un; de deux, l'Institut national de santé publique a émis un rapport. Il y a plusieurs instances qui vont nous alimenter, mais il y a déjà un rapport qui existe, sur lequel les gens se sont penchés, mais il y en a ailleurs aussi dans le monde. On va s'inspirer de tout ce qui se fait un peu partout pour voir. Nous, ce qu'on souhaite, c'est avoir la meilleure loi-cadre.

Mme Plante (Caroline) : Vous avez parlé de discussions entre ministères, mais quelles sortes de discussions allez-vous avoir avec les villes et les municipalités?

Mme Charlebois : Bien, dans un premier temps, on va commencer par, nous, se faire une tête, puis, oui, il y aura dépôt d'un projet de loi-cadre et les municipalités pourront se prononcer et nous faire signifier leurs positions et leurs choses, mais il y aura certainement... le ministre des Affaires municipales, là, il ne travaille pas en vase clos, il va certainement s'adresser à ses pairs pour avoir leur opinion, mais, tu sais...

Mme Plante (Caroline) : Il va y avoir un genre de conférence provincial-municipal...

Mme Charlebois : Je reviens sur la base, la légalisation, c'est le fédéral. Je pense qu'on n'est pas à discuter si on légalise-tu, on ne légalise pas. C'est déjà là, il y a un projet de loi sur la table qu'ils veulent mise en vigueur en juillet 2018. Nous, sur quoi on va consulter, c'est la loi-cadre, comment on va faire pour bien encadrer ça.

M. Bovet (Sébastien) : M. Pagé du PQ s'étonne que, puisque c'était une promesse électorale de Justin Trudeau, vous arriviez dans la semaine où c'est présenté pour tenir votre première réunion de votre comité interministériel. Comment ça se fait que vous n'êtes pas prêts? Comment ça se fait que vous n'avez pas déjà des décisions de prises sur la distribution, l'âge, alors que vous avez vu venir ça de loin, là, la légalisation de la marijuana?

Mme Charlebois : Bien, on n'avait pas le projet de loi entre les mains, premièrement. Ça, il faudrait dire ça à M. Pagé. Tant qu'on n'a pas un document entre les mains puis qu'on n'a pas la présentation de ce que le gouvernement fédéral veut faire, bien, on peut bien travailler, là, mais on peut travailler dans le beurre pendant longtemps.

Deuxième élément, c'est qu'il faut qu'il sache que, nous, à notre gouvernement, on travaille en équipe. Alors, il y a d'autres comités ministériels qui existent. Je viens de vous dire que mon directeur national de santé publique siégeait déjà à des tables, il y a déjà des choses qui s'effectuaient à ce niveau-là, des rencontres fédéral, provincial et territorial. Il était déjà là, il alimente notre réflexion, mais il y a plus que ça. Moi, comme ministre, là, je fais partie d'un comité ministériel, on en a eu des discussions. Au Conseil des ministres, on a déjà eu des discussions. Ce qu'on a fait, c'est mettre 13 ministères ensemble pour justement ne réfléchir qu'à ça, pas prendre des petits bouts ici et là. On va être juste sur la loi du fédéral puis comment, nous, on peut positionner notre loi-cadre. Vous pourrez dire à M. Pagé qu'il y a déjà des travaux amorcés.

M. Hicks (Ryan) : In your comments in French, you used the word «risible».

Mme Charlebois : Yes. I don't know how to say it in English.

M. Hicks (Ryan) :  Ridiculous. What is it within what has happened today that you find ridiculous?

Mme Charlebois : Ridiculous is the right word for «risible»?

M. Authier (Philip) : Ridiculous or laughable, they're both good. I just looked…

Mme Charlebois : OK. I'm learning. I'm still learning with you. You know what? Because we never had any word about how they're going to transfer any money. They just told us that the budget for mental illness that they provide for all Canada, it's about it, and it doesn't have any point, common point with what they just did today with legalization. Mental health is another thing.

So we're missing money about… It's laughable. We're missing money for prevention, to equip parents. What are they going to say to their children? What can they tell them for prevention? How are we going to raise awareness in schools, train police officers, apply new road safety measures, help municipalities to enforce the law? We need also money to help employers to adapt this to workplace. You know, the justice system is going to be needed for education, formation… How do you say that?

Une voix : Training.

Mme Charlebois : Training. Yes, that's right. So there's a lot of things that we need money, that's why I was saying «risible» in French and «laughable» in English. But the law project that they showed us is very, very expressed in general terms and it… We're missing a lot of precisions.

M. Hicks (Ryan) : Specifics.

Mme Charlebois : Specifics, yes. So, let's say, about all the products… des produits dérivés?

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Derivatives?

Mme Charlebois : Derivatives products. You're good in English.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Tough one.

Des voix : Ha, ha, ha!

Mme Charlebois : Nobody talked about that. We didn't see anything about it and it seems… Somebody told me that, because I didn't have time to read everything in the law, but it seems that nothing about THC, the level maximum. So it's questionable.

Mme Johnson (Maya) : Can you tell us how much money you're supposed to be getting from Ottawa?

Mme Charlebois : Well, not now, because we're going to analyze all the law project. What is missing, we're going to talk with them and what we're going to need to put in place a good regulation. In French, we say «un projet de loi-cadre». I don't know, a law…

M. Authier (Philip) : A framework bill.

Mme Charlebois : Yes, a good framework bill. So, to have a good framework bill, all the things that I told you that we're going to have to put in place, it's going to need some money to do it, just the formation for police officers, for the Justice Department, for the parents, for everybody, for prevention. We're going to need more prevention because we are legalizing something that… it's not a little project law that we're talking about.

Mme Johnson (Maya) : But you don't have a specific figure in mind. It's too early to say…

Mme Charlebois : No, not now. We're going to work that altogether and everybody is going to bring what they need to do to protect the population about the health and the security.

Mme Johnson (Maya) : So are you disappointed by what you've seen today?

Mme Charlebois : Well, I thought that it would be more specific and I thought that they would talk about at least exchange for transfer of money to get a good law project in the provinces.

Mme Johnson (Maya) : So it is a bit of a disappointment.

Mme Charlebois : Yes.

M. Verville (Jean-Vincent) : You said you're a mother and a grandmother. Tonight, you're going back home. How are you going to explain this to your children? What are you going to tell them?

Mme Charlebois : Well, my children already know that the federal are legalizing the «cannabis», but they know that I will do all the best I can to protect the population, of course my children. They are young parents. I've got eight grandchild. So I want to make sure the environment is going to be secure for them and also that we can keep their health in good shape, you know.

And I am not the only one. I am a representative, but I am also a parent and a grandparent. So everybody wants the best for their child. That is what we have «comme» job to do, to make sure the environment is safe for the child and that we keep their health in a good mood, there, I don't know how to say it, une «bonne santé» and that we're going to do prevention, that we're going to equip parents to talk with their children, and to do the good things, and to make sure that they are going to get the right explanation of the risk of consuming «cannabis».

M. Bellerose (Patrick) : …si vous permettez. Pour les sommes supplémentaires, est-ce que la collaboration avec l'Ontario va servir à faire front commun dans vos demandes à Ottawa?

Mme Charlebois : On aura sûrement des discussions. Est-ce qu'il y aura un front commun? Je ne peux pas vous dire à ce moment-ci, là. Les points sur lesquels nous nous sommes entendus à ce jour sont la santé, la prévention, garder notre population… les protéger en termes de santé et en termes de sécurité, tant la sécurité routière, tout ce qui est le pan sécurité, aussi la sécurité au travail. C'est là-dessus qu'on s'est entendus, de partager nos expertises, nos expériences et de voir comment nos populations qui sont frontalières, communes, peuvent partager. C'est là-dessus qu'on va commencer nos travaux.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Je peux me permettre une question de précision? Le Barreau du Québec vient d'envoyer un communiqué pour dire qu'ils sont prêts à vous aider pour établir un cadre juridique, mais le comité interministériel, est-ce que c'est quelque chose qui est ouvert à avoir de l'expertise externe, ou c'est vraiment juste entre les ministres, ou...

Mme Charlebois : Il n'y a personne qui a la science infuse. La ministre de la Justice travaille avec le Barreau. Elle est avocate elle-même, ça fait qu'elle sait très bien où aller chercher ses informations. Merci. Merci, tout le monde.

(Fin à 15 h 31)

Participants


Document(s) associé(s)