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Point de presse de M. Éric Caire, leader parlementaire adjoint du deuxième groupe d'opposition

Version finale

Le mercredi 3 mai 2017, 8 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente-sept minutes)

M. Caire : Alors, bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, évidemment, réagir à une autre tuile sur la tête du Parti libéral, le témoignage de Mme Trépanier à la commission Charbonneau, qui semble être contredit par ses propres courriels.

Ce que ça indique surtout, c'est un système libéral de nomination partisane, un système rigoureux, un système strict, un système qui a bien été respecté. C'est-à-dire qu'il y a un don, un post-it, une job. Et ça, on ne déroge pas de ce planning-là de la part du Parti libéral.

Ce que ça amène maintenant comme réaction, c'est : Qu'est-ce que Philippe Couillard, qu'est-ce que le premier ministre, qu'est-ce que la chef du Parti libéral va faire? Il dit, il répète à satiété que ça, c'est l'héritage de l'aire Charest. Ça, c'est le passé. Ça n'a rien à voir avec son administration. Mais je suis désolé, mais ça a tout à voir avec son administration. Et, si Philippe Couillard est sérieux, si vraiment il veut rompre avec l'aire Charest, il doit faire les vérifications nécessaires pour savoir qui, dans l'appareil public, a obtenu son poste en raison de son allégeance ou de donations au Parti libéral du Québec. Alors, soit il condamne, soit il cautionne, mais il ne peut pas rester assis sur la clôture. Pour nous, c'est très clair. Et c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, nous lui demandons de procéder à cette vérification-là parce qu'il y a quelques semaines on parlait des Gilles et aujourd'hui on parle des nominations partisanes.

Alors, moi, ce matin, je suis fonctionnaire. À ma gauche, j'ai un Gilles, à ma droite, j'ai un donateur libéral. Qu'est-ce que je fais, là? C'est à ça que ça sert, la fonction publique, au Québec, pour le Parti libéral? Nous, on dit non. Il faut que ça arrête, il faut que ça arrête maintenant. Et le premier geste fort à poser, c'est de s'assurer qu'il y a une vérification sur le nombre de personnes qui doivent leur poste à leur allégeance libérale. Et c'est ce qu'on demande au premier ministre ce matin.

Le Modérateur : Merci beaucoup, M. Caire. Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, M. Caire. Le gouvernement ne cesse de répéter que tout est sous enquête, que l'UPAC fait son travail, que le directeur des poursuites criminelles fait son travail, et de laisser les institutions faire leur travail. Est-ce que vous avez confiance aux institutions? Est-ce que vous croyez que les institutions vont faire leur travail?

M. Caire : Bien, écoutez, j'ai confiance aux institutions. Maintenant, il y en a un qui ne semble jamais être au travail, c'est le gouvernement libéral. Oui, j'ai confiance à la Vérificatrice générale, oui, j'ai confiance en l'UPAC. Mon problème n'est pas là. Mon problème, c'est qu'on parle de nominations partisanes, nominations qui sont en lien avec des allégeances politiques ou des dons au Parti libéral qui ont conduit à des nominations à des conseils d'administration ou à des postes en autorité dans l'appareil public. Alors, ça, il faut qu'il y ait une vérification qui se fasse. Et, si Philippe Couillard est sérieux, parce qu'il nous dit toujours : Ça, c'est l'aire Charest, bien, ce matin, il a l'occasion de condamner ça et de dire : Écoutez, ce que j'apprends me choque, ce que j'apprends me bouleverse, et j'annonce qu'il y aura une vérification de tous les emplois, dans la fonction publique, qui sont le fait de donations ou d'allégeance libérale. Sinon, s'il ne fait pas ça, bien, il faut comprendre que Philippe Couillard cautionne ce qui s'est passé. Et, à partir de là, l'héritage de Jean Charest, ce n'est pas l'héritage de Jean Charest, c'est l'héritage libéral.

M. Laforest (Alain) : Comment vous interprétez le fait, dans la séquence des événements, qu'il y a cinq jours les allégations de M. Francoeur, tout le monde disait que c'était grave et qu'il a fallu cinq jours pour qu'on déclenche une enquête criminelle? Aujourd'hui, on arrive avec des allégations où quelqu'un se serait parjuré devant la commission Charbonneau. Est-ce que ça doit prendre autant de temps pour réagir?

M. Caire : Bien, j'espère que non. J'espère que non. Écoutez, c'est pour ça qu'aujourd'hui on dit : Le premier ministre doit agir — contrairement à son habitude — rapidement, promptement, et ne pas faire comme il a fait, en fait, jusque depuis le début de son mandat, être dans le déni.

Alors, c'est quoi, la défense de Philippe Couillard? C'est dire : Non, ce n'est pas arrivé, non, ce n'est pas aussi grave. Les oppositions font tout un spectacle avec ça, et ce n'est pas moi, c'est Jean Charest. Ça, c'est sa ligne de défense. Bien là, ce matin, là, il faut que ça arrête parce que ce qu'on comprend c'est qu'il y avait un système de nomination basé sur les dons et l'allégeance au Parti libéral. Et, si le premier ministre s'en scandalise comme nous, bien, il doit faire les vérifications. S'il ne fait pas de vérification, si, encore une fois, il nous sert ses réponses insipides, inodores, incolores et sans saveur, bien, c'est parce qu'il le cautionne et il fait sien l'héritage de Jean Charest.

Le Modérateur : Marc-André Gagnon, Journal de Montréal, Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, vous lancez un appel, vous demandez à Philippe Couillard de faire une espèce de grand ménage dans la fonction publique, dans les conseils d'administration, en fonction de leur allégeance politique, mais il n'y a sûrement pas juste des incompétents, là, même s'ils sont d'allégeance libérale. Il y en a peut-être qui sont d'autres allégeances politiques.Ce n'est pas un peu difficile de se lancer dans un ménage comme ça?

M. Caire : Bien, c'est peut-être difficile, mais c'est surtout ô combien nécessaire. Je vous rappelle John MacKay, John MacKay, qui est à la tête de la SEPAQ, John MacKay qui dit : Absolument. Je suis qualifié pour aller là. Écoutez, j'ai déjà fait du camping sur les terrains de la SEPAQ, donc je suis qualifié pour être le P.D.G. de l'organisation. Je veux dire, il y a des aberrations comme ça qui doivent cesser parce que ça discrédite la fonction publique, ça discrédite les postes. On ne veut pas ça.

On le dit, on le répète, on a une fonction publique qui est compétente, on a une fonction publique qui est nécessaire à la prestation de services publics. Et, quand on a un tant soit peu de respect pour cette fonction publique là, bien, on ne se livre pas à ce qu'on apprend ce matin dans le journal, c'est-à-dire le processus libéral établi par Violette Trépanier : un don, un post-it, une job.

M. Gagnon (Marc-André) : Selon vous, Mme Trépanier a menti?

M. Caire : Écoutez, selon ce qu'on voit dans l'article, selon ce qu'on voit de ce qu'elle a témoigné puis des courriels qu'elle a envoyés, il y a clairement un écart entre les deux, là.

M. Gagnon (Marc-André) : M. Lisée suggère une enquête pour parjure. Est-ce qu'elle devrait à tout le moins s'expliquer?

M. Caire : Bien, écoutez, je vais faire référence à la question de M. Laforest. C'est là où je pense qu'on doit faire confiance à nos institutions. Les policiers ont pris connaissance, comme nous tous, de ces informations-là, et je suis confiant que, s'il y a là matière à enquête, ils vont ouvrir les enquêtes nécessaires.

Le Modérateur : Simon Boivin, journal Le Soleil.

M. Boivin (Simon) : M. Caire, vous suggérez qu'on remonte jusqu'à quand pour ces vérifications-là? De l'entrée au pouvoir du gouvernement Charest, 2003? Vous suggérez qu'on procède comment exactement? Qu'on vérifie si une personne a donné au Parti libéral? Comment vous suggérez qu'on procède puis jusqu'où vous voulez qu'on remonte?

M. Caire : Bien, écoutez, d'abord, sur le comment, moi, je pense qu'il faut revoir l'ensemble des emplois qui ont été pourvus par le gouvernement Charest. Donc, ça répond à votre deuxième question : par le gouvernement Charest et le gouvernement de Philippe Couillard, d'une part. Et, d'autre part, je pense qu'il va être assez facile d'établir si ces gens-là ont été nommés en fonction d'une allégeance politique. Donc, on l'a vu, là, dans les courriels qui ont été rendus publics, il y a quand même des faits qui sont assez troublants sur le fait que, bon, on s'inquiète de ce que cette personne-là est fédéraliste. Bien, est-ce que c'est un critère, ça, pour nommer quelqu'un? Est-ce que cette personne-là est membre du parti? Est-ce que c'est un critère, ça, pour nommer quelqu'un? Est-ce que cette personne-là est un bon donateur libéral, hein? Quelqu'un qui s'inquiétait d'un projet de construction d'un CLSC puis c'est un donateur. Ce n'est pas un critère, ça, pour savoir si un projet va de l'avant ou non, s'il l'a octroyé à tel ou tel. Ce n'est pas des critères. Ce n'est pas des critères.

Donc, à toutes les fois où on peut faire la démonstration que ces critères-là sont intervenus, bien, moi, je pense qu'il faut agir en conséquence.

M. Boivin (Simon) : Mais juste une sous-question sur cette question-là. Le fait d'avoir donné au Parti libéral, est-ce que ça vous disqualifie pour occuper un poste de la fonction publique qui découle d'une nomination?

M. Caire : Bon, d'abord, ça dépend quel poste. On va s'entendre. Il y a des postes où je pense qu'il faut être exempt de ça. Mais, non, ça ne disqualifie pas pour l'ensemble des postes de la fonction publique, c'est très clair. Le fait d'appartenir à un parti politique ne le disqualifie pas. Par contre, on a le discours inverse. Ce n'est pas : A-t-il été disqualifié parce que? C'est : A-t-il été nommé parce que? Donc, ça ne doit pas être un critère, point. On est dans l'absolu, là. Ça ne peut pas être un critère. Le fait d'être ou de ne pas être membre d'un parti politique ne doit en aucun temps interférer dans le fait d'une nomination ou d'une non-nomination.

M. Boivin (Simon) : Advenant le cas où M. Couillard ne se plie pas à votre demande, est-ce que vous vous engagez, la CAQ, à ce que, si vous prenez le pouvoir, vous allez mener cette espèce d'enquête pour purger, là, la fonction publique puis les sociétés d'État de tout ce qu'il peut y avoir de nominations partisanes libérales? Est-ce que vous vous engagez à faire ça?

M. Caire : Je vais attention au mot «purger» parce que l'idée, ce n'est pas la purge, c'est de s'assurer de la compétence des individus et du bien-fondé de leur nomination. Donc, oui, à cette question-là. Et ensuite, vous le savez, mon collègue Benoit Charrette, député de Deux-Montagnes, a déposé un projet de loi assez exhaustif sur les nominations partisanes. Donc, de quelle façon la CAQ agirait dans le cadre de nomination, bien, écoutez, on a écrit un projet de loi pour l'expliquer, là. Je pense que c'est assez clair, ce que nous, on souhaite faire pour éviter qu'une nomination soit partisane.

M. Boivin (Simon) : Sur les nominations passées, là, les nominations du gouvernement libéral, vous feriez...

M. Caire : Oui, oui, les vérifications en question. Comme j'ai dit, oui, c'est juste le mot «purge» que je n'aimais pas parce que je ne veux pas qu'on ait l'impression que la CAQ se livrerait à une chasse à tout ce qui est autre que caquiste, là. Ce n'est pas l'objectif. Comme j'ai dit, notre objectif à nous, c'est de s'assurer que l'allégeance politique n'est pas un critère ni d'un côté ni de l'autre, strictes compétences.

Le Modérateur : Hugo Lavallée. Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. On apprenait hier que la circonscription de M. Poëti aurait été offerte par les libéraux de façon non officielle, mais tout de même, à M. Francoeur de la fraternité des policiers. Qu'est-ce que vous déduisez de cet événement-là?

M. Caire : Écoutez, loin de moi l'idée de commenter comment les libéraux gèrent leurs candidatures. Par contre, la circonscription de Marguerite-Bourgeoys est disponible pour un excellent candidat à la CAQ.

M. Lavallée (Hugo) : Ça ne vous dit rien sur l'état d'esprit au sein du Parti libéral?

M. Caire : Bien, c'est sûr que, mettons — là, on va vous donner une réponse théorique, hein, très théorique — que je suis quelqu'un d'intègre et que je suis au Parti libéral, c'est sûr que je dois avoir envie de prendre au moins deux douches par jour.

Mme Plante (Caroline) : Allez-vous courtiser M. Francoeur? Parce que, là, M. Lisée nous disait tantôt qu'il serait peut-être intéressé. Vous, à la CAQ, ça vous intéresse aussi sa candidature?

M. Caire : Bien, écoutez, est-ce que M. Francoeur nous intéresse? C'est certainement quelqu'un qui, dans l'espace public, vient de faire sa marque. Ceci étant dit, avant de décider si quelqu'un est candidat dans une formation politique, encore faut-il s'assurer que cette personne-là partage nos points de vue, partage nos objectifs, partage notre vision du Québec. Je n'ai aucune idée si c'est le cas de M. Francoeur. Donc, encore là, c'est sur le simple fait que M. Francoeur, sur sa déclaration, a été un coup de tonnerre dans un ciel bleu. À dire qu'on veut en faire un candidat, je ne sais pas. Ce serait très certainement intéressant à rencontrer M. Francoeur et jaser de politique avec lui si le coeur lui en dit, mais de là à dire qu'il serait candidat de la CAQ... Jusqu'à quel point M. Francoeur épouse nos idées et notre programme, je n'en ai aucune idée.

Mme Plante (Caroline) : Sur les nominations partisanes, il y en a sûrement eu, des nominations partisanes péquistes aussi. Est-ce que vous feriez le même exercice pour tout ce qui touche au PQ aussi?

M. Caire : Bien, c'est clair qu'une nomination partisane ne doit pas avoir de couleur. Je veux dire, le fait de condamner ça, on n'a pas de couleur quand on condamne une nomination partisane.

Mme Plante (Caroline) : Vous avez beaucoup parlé du Parti libéral, mais il y a eu des nominations partisanes péquistes aussi.

M. Caire : Oui, je comprends, mais, quand même, il faut quand même admettre que, depuis 2003, avec une brève interruption, c'est quand même un gouvernement libéral qui est en poste, d'une part. D'autre part, on a de nombreux exemples de liens entre l'allégeance et/ou une contribution politique et une nomination, puis c'est tout rattaché au Parti libéral. Ceci étant dit, est-ce que le gouvernement péquiste s'est livré lui-même à des nominations partisanes? C'est très possible puis, si c'est le cas, c'est tout aussi condamnable, et il n'y a pas de bonne nomination partisane.

Mme Plante (Caroline) : À quoi vous attendez-vous du témoignage de Robert Lafrenière demain en crédits?

M. Caire : Bien, je m'attends à ce que M. Lafrenière puisse faire le bilan de son organisation, l'UPAC, parce qu'il y a quand même des sommes importantes qui sont octroyées à l'UPAC. Donc, on s'attend à ce que M. Lafrenière puisse nous présenter le bilan des actions qui ont été faites, les réalisations de l'UPAC et non pas celles de Marteau, comprenons-nous bien, parce que Marteau, les enquêtes de Marteau sont des enquêtes qui appartiennent à Marteau. Mais qu'est-ce que l'UPAC a fait? Quelles sont les enquêtes — puis sans entrer évidemment dans le fin détail des enquêtes, là, vous comprendrez — qui relèvent vraiment de l'UPAC, et quel est le bilan? Je pense que c'est essentiellement ce qu'on va demander à tout responsable d'une organisation, quel est le bilan de son organisation.

Le Modérateur : Ryan Hicks, CBC.

M. Hicks (Ryan) : Good morning.

M. Caire : Good morning.

M. Hicks (Ryan) : So, these emails, these latest emails, what do they show?

M. Caire : They show that there are contradictions between the testimony of Mme Trépanier on the Charbonneau commission and what she really did with partisan nominations. Those people were close from the Parti libéral du Québec, clearly advantaged when it's time to be nominated on a board or to obtain contracts. So, that shows it, I think.

M. Hicks (Ryan) : You said that, if someone makes a donation, their name gets on a post note and then they get a job.

M. Caire : Yes, yes. That's the procedure in the Liberal Party, put in place by Mme Trépanier, obviously : a donation, a post-it and a job. And it's clear that was the path followed by everyone who wanted a job and who intervened with Mme Trépanier.

M. Hicks (Ryan) : What do you think the Premier should do at this point?

M. Caire : He should do a large inquiry to make sure that all those partisan nominations are put away because he claimed that he's not Jean Charest, he's not the one who did it, but he has now an occasion to cut with the past, to cut with the Charest's administration. Will he do it? I don't know. I hope so.

M. Hicks (Ryan) : Merci.

Le Modérateur : Maya Johnson, CTV.

Mme Johnson (Maya) : Good morning, Mr. Caire.

M. Caire : Good morning.

Mme Johnson (Maya) : Is there some frustration within the CAQ that what is happening with the Liberal Party right now is overshadowing larger issues that really affect the day-to-day lives of Quebeckers such as the health care system, for example?

M. Caire : Well, obviously, we'd rather talk about other issues than ethics. Obviously, we'd rather talk about health care, education, economy, but there is no other choice for us to question the Government about that because it's so important. And the testimony of Mme Trépanier is a good example of that because a lot of people working in the public administration as a civil servant were nominated because of their allegiance, because of their donations, and it's not a right criterion. So, we must clean up the house and we must do it now. So, the one who can do it is the Premier. So, will we do it? We hope so. Thank you very much.

Mme Johnson (Maya) : Merci.

(Fin à 8 h 54)

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