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Point de presse de M. François Paradis, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et de services sociaux

Version finale

Le jeudi 11 mai 2017, 9 h 10

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures onze minutes)

M. Paradis (Lévis) : Merci d'être là. Puis c'est assez exceptionnel, hein, d'être aussi nombreux pour une conférence de presse. Il faut que vous sachiez qu'aujourd'hui on est réuni pour parler du combat courageux, courageux, je pèse mes mots, qui amène des parents d'enfants handicapés d'âge majeur, des enfants malades ou handicapés d'âge majeur... De nombreux parents, donc, sont ici aujourd'hui, faisant partie de l'organisme Parents pour toujours, qui sont venus assister au dépôt d'une pétition, parce que leur combat se poursuit, plus de 6 500 signatures, ça sera déposé tout à l'heure au salon bleu.

Et je salue celle qui vous parlera tout à l'heure, Mme Marie-France Beaudry — tous ceux qui l'accompagnent également, que j'ai salués tout à l'heure — elle est fondatrice de Parent pour toujours, mais aussi avec nous, bien, Marie-Pier, qui est juste derrière moi, il y a André, qui est juste ici, puis il y a, évidemment, Catherine. Puis Catherine, c'est normal, hein... parce que, là, imaginez-vous le contexte aujourd'hui, dans un environnement qui n'est pas leur environnement habituel, bien, il y a aussi... C'est gros. C'est énorme. Alors, pour ces adultes qui vivent des maladies, des handicaps sévères, bien, c'est aussi leur quotidien. C'est pour ça que les gens vous parleront dans un instant.

Pourquoi je suis là? Parce que, vous le savez, il y a quelques mois, le gouvernement a annoncé une nouvelle aide financière pour soutenir les parents d'enfants handicapés d'âge mineur. C'est un pas dans la bonne direction. On a déjà dit que ça prendrait de la souplesse pour ce programme-là parce que, manifestement, les demandes dépassent peut-être ce à quoi s'attendait le gouvernement : 3 087 demandes reçues pour ce programme pour les enfants d'âge mineur, 561 dossiers acceptés, 698 refusés, c'est le bilan actuellement. Alors, ce n'est pas facile de s'y inscrire, et là aussi les parents nous appellent pour dire : Qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Alors là, on avait demandé une certaine souplesse et à revoir tout ça.

Le problème, c'est que cette aide-là cesse d'être versée lorsque l'enfant atteint 18 ans. À 18 ans, là, quand on souffle sur les bougies, là, qu'il y en a 18 sur le gâteau, le handicap, la maladie, ça ne disparaît pas comme ça. À 18 ans, là, il n'y a pas une baguette magique qui fait que la vie redeviendra ce qu'elle aurait pu être, ça continue. Les parents doivent continuer à s'occuper de leurs enfants dans leur milieu naturel, des parents qui, pour plusieurs d'entre eux, en fonction des handicaps, en fonction de la maladie, ont dû, par amour, faire des choix de laisser des carrières, de laisser des emplois, parce que, vous le constatez et vous le constaterez, le travail, là, il est intense.

Ce qui est étonnant dans tout ça, c'est que le gouvernement a décidé de supporter des parents qui s'occupent d'enfants d'âge mineur, et soudainement on n'a plus d'aide quand l'enfant atteint 18 ans. Ce qui est étonnant, c'est que le programme qu'on a annoncé actuellement permet de corriger des injustices, et il a fallu que des parents travaillent fort. Mais là on vit aussi un problème d'équilibre et d'équité. Ces parents-là travaillent depuis longtemps pour demander : Considérez-nous, soutenez-nous, dites-nous que vous êtes solidaires. On est prêts à payer pour des familles d'accueil. Des familles d'accueil chez qui on placerait, par exemple, Marie-Pier, Catherine, André recevraient une aide du gouvernement. Les parents ne l'ont pas.

Le message est simple, ce matin, là, au final, c'est de faire en sorte qu'on retrouve cet équilibre, cette équité. Demander au gouvernement... Il est temps qu'on se penche puis qu'on regarde ce qu'il faut faire, mais il faut faire quelque chose. Et fort de 6 500 signatures, d'un déplacement en grand nombre, de beaucoup d'émotions, bien, moi, je pense qu'également, au final, le ministre de la Santé, la ministre déléguée aux Services sociaux devraient saisir au bond, la chance qu'ils ont de voir ces gens-là ici aujourd'hui qui viennent porter leur message, un message du coeur, et leur accorder l'attention que ça mérite pour qu'on puisse corriger cette inéquité-là. Au nom de l'équilibre, au nom des parents qui se dévouent, au nom des enfants qui ont besoin également.

Et qui de mieux dans un sujet comme celui-là et dans un dossier comme celui-là que les parents eux-mêmes pour vous dire ce qu'ils vivent, ce qu'ils ressentent, ce dont ils ont besoin? Alors, bien, c'est par la voix de Mme Marie-France Beaudry, qui est la mère d'André — d'ailleurs, André qui a une toute nouvelle coupe de cheveux aujourd'hui, pour l'occasion il vient de se faire couper les cheveux, ils sont beaux tes cheveux, André — et qui est fondatrice de Parents pour toujours. Alors, je laisse la parole à Marie-France Beaudry. Mme Beaudry.

Mme Beaudry (Marie-France) : Bien, tout d'abord, merci, M. Paradis, de nous supporter parce que le soutien politique, il n'est pas énorme pour nous, vraiment. C'est très difficile de se faire entendre. Moi, personnellement, j'ai regardé les mamans extraordinaires de Parents jusqu'au bout se battre pendant des mois et des mois. Elles ont franchi un grand pas. Le nouveau programme qui a été mis en place, c'est un grand pas. Malheureusement, il n'est pas inclusif, vraiment, il y a beaucoup de familles qui sont refusées.

Moi, quand le nouveau programme a été mis en place en juin dernier, j'attendais ça avec impatience. Et puis, quand j'ai vu que ce n'était pas pour les plus de 18 ans, que les plus de 18 ans étaient exclus, alors là je me suis dit : Il faut faire quelque chose. Alors, j'ai regroupé, j'ai lancé le regroupement Parents pour toujours, j'ai réuni d'autres parents autour de moi. Il y a une pétition qui a été lancée, et puis ça, c'est notre outil, notre outil de communication avec le gouvernement, notre pétition aujourd'hui. C'est notre premier outil, si on veut, pour se faire entendre par le gouvernement.

J'ai personnellement fait une demande de rencontre pour rencontrer M. Barrette. On aurait bien aimé le rencontrer aujourd'hui, un simple petit 10 minutes. Je lui ai demandé une rencontre le 26 avril, je n'ai reçu aucune réponse. J'ai relancé le 7 mai, je n'ai reçu aucune réponse. Mais vraiment c'est l'indifférence totale face à nous... excusez-moi, je suis un petit peu émotive, mais je suis vraiment... On ne veut pas faire pitié, mais alors là, pas du tout. On est ici parce qu'on est à bout, parce qu'on est fatigués de se battre. On a besoin d'aide, mais absolument.

Je veux dire, moi, je m'occupe de mon fils, moi, personnellement, puis, comme beaucoup d'autres parents, je m'occupe de lui depuis toujours et je ne veux pas l'abandonner, mais c'est très difficile de se retrouver à l'aide sociale. Moi, personnellement, je suis monoparentale. Et puis, comme beaucoup d'autres parents, quand on a un enfant différent, bien, on fait un trait sur notre carrière, on fait un trait sur notre vie sociale, et notre vie de couple aussi souvent écope. Donc, c'est ce qui m'est arrivé personnellement et c'est ce qui est arrivé à beaucoup d'entre nous.

Donc, on tient notre bateau à bout de bras, là, on se tient la tête hors de l'eau, là, mais vraiment on a vraiment besoin d'aide. Et puis c'est absolument aberrant, c'est une grosse aberration, une grosse aberration de voir que les familles d'accueil sont soutenues. On a besoin des familles d'accueil, mais les familles naturelles ont besoin d'aide également, et ce, au même niveau que les familles d'accueil. On fait le même travail, et c'est absolument injustifiable et inhumain que nous, on ne soit pas soutenus. On a zéro soutien, là, vraiment, là.

Moi, quand mon fils a eu 18 ans, on s'est levé le matin, le handicap était toujours là, la maladie était toujours là, les besoins étaient les mêmes, rien qui n'avait changé, là, dans la maison chez nous, là, sauf que je n'avais plus d'allocations familiales, je n'avais plus aucun soutien. Donc, il me restait l'aide sociale, parce que c'est le message que je reçois de mon gouvernement en ce moment : Tu vas vivre avec les miettes de l'aide sociale et puis, si tu n'es pas capable, bien, tu places ton fils. Ton fils a 18 ans, c'est le temps de le placer. Ça ne fonctionne pas comme ça. L'amour d'un parent ne disparaît pas le jour où l'enfant a 18 ans. J'adore mon fils, je ne veux pas l'abandonner. Donc, M. Barrette, M. Couillard, vous devez agir maintenant. Nous, on se demande : Est-ce qu'il va falloir aller devant les tribunaux? C'est une option qu'on regarde vraiment sérieusement. Alors, voilà. C'est, en gros, mon message : M. Barrette, M. Couillard, agissez maintenant.

M. Paradis (Lévis) : Vous me permettrez de vous présenter peut-être, Mme Beaudry, M. Houle, qui veut peut-être ajouter un petit quelque chose, Martin Houle, également, qui va ajouter un petit élément.

M. Houle (Martin) : Alors, bonjour. Aujourd'hui, l'important à souligner, c'est que c'est un combat pour la famille qu'on mène. Moi, je représente ma fille qui a 15 ans. Ce que je vois, c'est que, dans trois ans, je vais perdre le contrôle de mes finances. Je ne vais probablement pas me retrouver à la rue, mais je n'aurai plus aucun acquis. L'aide sociale, ce n'est pas une option pour moi. Ce que je veux, c'est arriver à vivre comme tout le monde vit, avec l'aide du gouvernement. Je comprends que cet enfant, c'est le mien. Je veux m'en occuper. Je ne veux pas déléguer mes responsabilités à l'État. Ce que je veux, c'est que l'État m'aide à supporter ma famille. Je veux garder un lien, je veux garder mon enfant près de moi. Même s'il vieillit, même s'il devient un adulte, l'important, c'est de réunir les familles puis de rester unis. C'est tout ce qu'on demande. On demande que le gouvernement nous écoute un tant soit peu puis comprenne c'est quoi notre besoin. Notre besoin, c'est de rester près de nos gens, c'est de rester près de nos familles. On ne demande pas plus. Oui, il y a un montant d'argent qui est rattaché à ça pour nous aider à accomplir notre tâche envers notre famille, mais ce qu'on veut, c'est rester unis. On ne veut pas en venir à un constat où la vie est tellement difficile pour nos familles, où est-ce qu'on divorce, où est-ce qu'on a des problèmes de communication, où est-ce qu'on a de la difficulté à s'occuper de nos enfants. Ce qu'on demande aujourd'hui, c'est un… Ce qu'on fait, c'est un plaidoyer pour garder les familles unies. J'espère vraiment aujourd'hui que le gouvernement va comprendre c'est quoi, l'importance de notre démarche. Merci.

M. Paradis (Lévis) : Je pense qu'on est à l'étape des questions. Puis vous comprendrez que nos invités sont prêts à répondre à vos questions également si elles s'adressent à eux et à elles.

Le Modérateur : Jean-Marc Salvet, journal Le Soleil.

M. Salvet (Jean-Marc) : Bonjour à tous. Monsieur qui étiez au micro il y a quelques instants, je ne suis pas familier, pardonnez-moi, avec les aides qui sont accordées par le gouvernement pour les enfants de moins de 18 ans. Sans peut-être entrer dans les détails de votre situation, pour bien comprendre ce qui se passe avant 18 ans et après 18 ans, est-ce que vous pouvez être un petit peu plus explicite?

M. Houle (Martin) : Moi, ma fille a de sévères handicaps. Je ne ferai pas toute la nomenclature, ce n'est pas nécessaire, mais...

M. Salvet (Jean-Marc) : J'entendais sur les aides gouvernementales, là, ce qui disparaît, ce que vous avez, ce qui disparaît.

M. Houle (Martin) : Oui, c'est ça. Moi, j'ai le privilège d'avoir des allocations qui me permettent de passer plus de temps avec ma fille puis aussi de pallier aux différents rendez-vous que j'ai avec elle. Je viens de la région du Centre-du-Québec. Hier, je devais me rendre à l'hôpital à Montréal, c'est une journée de travail plus les frais. Alors, on reçoit des allocations mensuellement pour nous permettre de pallier à ces problèmes financiers là que ça nous amène. À 18 ans, tout arrête, et puis seulement l'enfant a un accès à l'aide sociale. Le parent ne peut pas décider d'arrêter de travailler, n'aura pas accès à l'aide sociale. L'aide sociale est seulement pour l'enfant.

Alors, concrètement, moi, ce que je perds par mois, quand mon enfant va avoir 18 ans, c'est un montant de 1 250 $ par mois. Présentement, c'est ce que j'ai pour m'aider aux besoins de ma fille, et puis ça lui convient, je suis vraiment content d'obtenir ce montant-là. Mais malheureusement, à partir de l'âge de 18 ans, on perd ça, je me retrouve devant rien, et puis toutes ces journées que j'accumule, où est-ce que je ne peux pas me présenter au travail, parce que j'ai des rendez-vous ou parce que mon enfant n'est pas en état cette journée-là puis je dois l'accompagner durant sa journée ou rester à la maison avec, bien, je tombe perdant sur tous les cas.

C'est là que le choix devient déchirant de faire : Est-ce que je place mon enfant pour aller travailler ou est-ce que je peux obtenir une aide pour compenser pour ces journées-là, obtenir une aide à la maison pour me permettre aussi de sortir du carcan qu'on a? Parce qu'on est isolés quand on a un enfant handicapé et puis qu'on a autant de temps à donner. On a besoin d'aide, on a besoin de soutien. On ne peut pas donner 24 heures sur 24 de services. Alors, de perdre des montants d'argent qui sont attribués pour les services de l'enfant équivaut à une baisse des services, puis ça va donner une baisse des acquis de ces enfants-là. Ça fait que ce n'est pas juste une question monétaire, c'est une question d'acquis aussi.

M. Salvet (Jean-Marc) : M. Paradis, je comprends que madame, la maman d'André, a sollicité une rencontre avec le ministre, M. Barrette. Vous-même, j'imagine que vous allez réitérer cette demande pour, comment dire, vous asseoir avec lui et tenter de le sensibiliser à ça. Mais est-il insensible, actuellement, à cette situation-là, selon vous?

M. Paradis (Lévis) : Écoutez, on ne peut pas être insensible, personne, à un cri du coeur comme celui-là, quand des parents décident de garder leur enfant dans un milieu naturel et de demander simplement un équilibre pour faire en sorte qu'on considère et qu'on comprenne qu'à 18 ans il n'y a rien qui a changé. Mais, pour l'enfant qui vit sa maladie et son handicap... ni pour les familles... Bien oui, j'ose espérer qu'il est sensible à ce cri du coeur. Ce qu'on va faire aujourd'hui, c'est un élément important. Déposer une pétition, c'est un élément important, et je veux être cette courroie de transmission là. Il y a plus de 6 500 personnes qui ont signé, là, pour dire : Écoutez, nous, on est conscients de ce drame-là puis de ce cri du coeur là. Et ce dépôt-là, au final, pour moi, oblige une rencontre, oblige une analyse, oblige de mettre des chiffres sur la table, oblige à comprendre une réalité qui est quotidienne pour les parents, pour André, pour Marie-Pier, pour Catherine et ceux et celles qui traversent l'épreuve. Alors, moi, je fais appel à la sensibilité du ministre, du ministre de la Santé, de la ministre déléguée aux Services sociaux pour qu'elle aussi décide de dire : Écoutez, on vous entend, on vous comprend, on s'assoit et on équilibre ce qui n'est pas équilibré.

M. Salvet (Jean-Marc) : Dans la mesure où — ce sera ma dernière question, pardon — le ministre a fait bouger les curseurs, s'agissant d'autres groupes de parents auxquels madame a fait référence, est-ce que vous avez bon espoir, donc, des premiers mouvements ayant été réalisés il y a quelques mois pour d'autres groupes de parents, qu'il y ait une logique de fond qui va faire en sorte que tous ces parents seront également englobés?

M. Paradis (Lévis) : Bien, cette logique-là, moi, elle m'apparaît. Et le travail fait pour les parents d'enfants vivant de sévères handicaps, diverses maladies en bas de 18 ans, c'était un travail de longue haleine. On s'est promené sur des plateaux d'émissions à grande écoute, on est revenus là-dessus par la suite. J'y étais moi-même pour tenter d'aider une maman qui s'était vue refuser alors qu'elle s'occupe d'un enfant qui, manifestement, demandait du soutien et de l'aide, une maman à bout de souffle, les parents, là, qui ont pleuré en entendant cette nouvelle aide qui était offerte aux parents, puis il y a des parents qui ont pleuré parce qu'ils n'étaient pas partie prenante de cette aide-là. On réclame, à ce chapitre-là également, plus de souplesse.

Mais ça a été un dur travail. Ce que font les parents ici, c'est la même chose. Ils prennent le chemin du pèlerin, puis là ils prennent tout ce qu'ils possèdent comme option démocratique pour dire : Regardez, là, on vient vous le dire, on est là nombreux. C'est rare, là, ce qu'on fait là, là. C'est rare d'avoir autant de parents avec des enfants qui viennent se déplacer au nom de tous les autres. Il y a un mouvement, là, il y a un élan du coeur. J'ose espérer que ce qui a été mis en place favorise l'analyse et la mise en place de modalités qui permettront à ces parents-là de penser à l'avenir de façon plus sereine.

M. Vigneault (Nicolas) : Donc, ce qui a été annoncé si je comprends bien — Nicolas Vigneault, Radio-Canada — vous souhaitez que ça se poursuive au-delà de 18 ans, c'est-à-dire le même programme? C'est un peu votre demande, votre cri du coeur?

Mme Beaudry (Marie-France) : Moi, personnellement, je ne souhaite pas qu'on soit qu'on soit inclus dans le même programme. Je l'ai déjà souhaité, mais ce programme-là, malheureusement, n'est pas très inclusif. Comme M. Paradis le disait, là, vient de dire, il y a beaucoup de familles qui se sont réjouies quand ça a été lancé, mais qui ont pleuré après, parce qu'il y en a vraiment beaucoup qui ont été refusées. Donc, non, moi, ce que je demande depuis le départ, là, avec la pétition, ce qu'on demande, c'est d'être vraiment soutenus, tout comme les familles d'accueil le sont, parce qu'on fait la même chose, sauf que nous, on a un petit extra, on a le lien affectif. Et l'enfant est bien mieux dans sa famille naturelle. Moi, je sais que, si je mets mon fils en famille d'accueil ou, encore pire, en CHSLD, sa santé va décliner totalement, donc il va coûter encore plus cher à la société, et moi aussi, parce que moi aussi, je vais déprimer puis je vais complètement... Donc, les coûts pour la société vont exploser encore plus. Donc, pourquoi ne pas soutenir les parents, tout comme les familles d'accueil le sont? C'est une question de justice, d'équité et d'humanité. C'est ce que je demande vraiment, vraiment.

Le Modérateur : Nicolas Lachance, Journal de Montréal, Journal de Québec.

M. Lachance (Nicolas) : Donc, quelles sont vos demandes, actuellement, financières? Parce que, si vous voulez un autre programme... Je crois que le programme, c'est environ 10 000 $ par année pour ceux qui sont capables de se qualifier, bien sûr.

Mme Beaudry (Marie-France) : Ceux qui sont capables de se qualifier, oui, environ 11 000 $, oui.

M. Lachance (Nicolas) : Ceux qui sont capables de se qualifier, 11 000 $, environ.

Mme Beaudry (Marie-France) : C'est ça, c'est ça.

M. Lachance (Nicolas) : Il est très restrictif, donc sans doute qu'un nouveau programme, pour vous, sera aussi très restrictif. Quelles demandes financières vous demandez?

Mme Beaudry (Marie-France) : Bien, comme je le disais, c'est vraiment d'être reconnus, tout comme les familles d'accueil le sont. Les familles d'accueil, la façon que ça fonctionne, elles ont une échelle de rétribution à six niveaux. Donc, dépendant du niveau de services dont l'enfant a besoin, la rétribution va en conséquence, donc la rétribution, les services, et tout ça. Donc, c'est vraiment ce qu'on demande. On ne veut pas un nouveau programme où il va falloir qu'on fasse des demandes, où il va falloir se battre avec de la paperasse, demander des rapports de médecins, de spécialistes. C'est un gros pas qui a été franchi avec le programme qui a été mis en place pour les moins de 18 ans, mais nous, on ne veut pas ça du tout, on veut être reconnus, tout comme les familles d'accueil, et avoir le même niveau de soutien financier et au niveau des services.

M. Lachance (Nicolas) : Vous avez parlé que vous étiez prêts et prêtes à aller devant les tribunaux?

Mme Beaudry (Marie-France) : Oui, s'il faut. Oui, on l'envisage très, très sérieusement parce qu'en ce moment on n'a aucun... c'est l'indifférence totale, là, vraiment, là, je veux dire, de la part des élus en ce moment.

M. Lachance (Nicolas) : Quelle forme ça pourrait prendre? Recours collectif?

Mme Beaudry (Marie-France) : Un recours collectif, probablement. C'est en train de se dessiner très, très sérieusement, oui, c'est ça. Mais on fait la première étape, qui est l'étape politique, évidemment. Ça, ça va être notre dernier recours.

M. Paradis (Lévis) : Et je vous dirai, puis seulement pour ajouter puis peut-être clore, mais il reste que cette étape-là est déterminante, également. Je pense, cette volonté-là, ce qu'on exprime comme soutien supplémentaire, ce qu'on exprime, au final, c'est de faire en sorte qu'on puisse au moins, de façon très concrète et très lucide, analyser les besoins et, à travers ça, prendre des mesures, mais s'asseoir et le faire.

Alors, si on a l'occasion maintenant de faire avancer un dossier que les parents portent depuis longtemps, pourquoi ne pas saisir la balle au bond? On est à l'étape d'éviter... Quand les parents disent : Là, on est rendus tellement au bout du rouleau puis on envisage d'autres façons de faire qui sont probablement moins conviviales puis moins... tu sais, qui obligent... qui ne s'inscrivent pas dans une collaboration facile... bien là profitons de l'occasion. Les parents disent les besoins, maintenant, à partir de ce moment-ci, l'obligation, c'est d'analyser, de soupeser, de supporter puis d'équilibrer.

M. Lachance (Nicolas) : J'en ai une petite dernière, qui est hors sujet — je suis désolé pour vous. Le Dr Barrette a financé à grand prix une clinique privée dans le Dix30. C'est un projet pilote, mais c'est une des trois qui a reçu la majorité du financement. Comment vous expliquez ça, de votre part?

M. Paradis (Lévis) : Bon, écoutez, je vais dire que je suis déçu pour les patients. Je veux dire, c'est un projet pilote, il y a trois cliniques qui doivent, au demeurant, faire en sorte qu'on puisse établir le coût des chirurgies pour une éventuelle... ou un éventuel financement adéquat des centres hospitaliers, mais c'est aussi et surtout pour faire en sorte que les patients puissent avoir une liste d'attente convenable. Alors, je suis déçu de ce qui se passe, favorable au projet pilote, avec les trois cliniques, mais déçu de voir que les deux autres, prêtes à enclencher le processus, sont restées dans l'ombre. Et cette volonté-là, cette... On était prêts à bouger, là, et là on apprend qu'il y en a une. Donc, les gens de la Montérégie, servis; les gens des Laurentides, de Lanaudière, Laval, Montréal, eux, sont en attente. Je ne comprends pas. Le ministre a donné des explications, le ministre est sur la défensive, le ministre a dit que les autres cliniques n'étaient pas prêtes. Bon, il va peut-être arriver avec d'autres explications. Moi, je pense que ça réclame d'autres explications. Mais ce que je comprends surtout, c'est que, normalement, quand tu lances un projet pilote puis que tu identifies trois endroits où on doit agir, que les endroits sont prêts à agir et à travailler puis qu'on ne le fait pas, bien, pour le patient, il y a là aussi de l'inéquité.

M. Lachance (Nicolas) : Puis qu'est-ce que vous pensez du fait que ça soit dans son comté et que cette clinique-là n'était, ma foi, pas en très bonne forme financière?

M. Paradis (Lévis) : Bien, écoutez, on apprend qu'effectivement cette clinique aurait manifesté et, ce matin, on nous dit que sa santé financière était précaire, bien, ça oblige des réponses plus poussées de la part du ministre. Ce que je constate, moi, c'est que, manifestement, il y en a une où les budgets sont allés, puis il y a deux autres cliniques qui, pendant ce temps-là, vivotent et attendent. Et, si vous dites : La santé était précaire pour la clinique, moi, je pense que ce qui se passe actuellement, ce n'est rien pour améliorer la santé des patients; elle aussi est précaire, compte tenu de la façon dont ça se passe présentement.

M. Vigneault (Nicolas) : M. Paradis, nouvelle du jour également sur Bombardier. Là, je comprends que vos collègues sont sur le terrain, mais est-ce que c'est une bonne nouvelle de voir M. Beaudoin ne plus être président exécutif? Est-ce que c'est suffisant pour vous?

M. Paradis (Lévis) : Bien là, il va falloir qu'on voie ce que ça va donner. Dans les faits, ça se répercute comment? Ça se traduit par quoi? Il y a une volonté, je pense qu'elle était nécessaire. La population s'est exprimée, puis on ne peut pas faire la sourde oreille à une population qui aussi est partie prenante de ce vaste ensemble là. Là, ce qui va être important de voir, c'est, à partir des paroles, de l'action, les gestes qui seront posés. J'ai hâte de voir... et je vais donner, je vais voir, je vais suivre comme vous l'assemblée générale sur le principe de la rémunération globale. Mais, au-delà d'annoncer qu'on quitte un poste pour en garder un autre, il va falloir que les tenants et les aboutissants et l'effet réel d'une décision comme celle-là... puis je considère qu'à l'assemblée générale Bombardier a tout intérêt à écouter les voeux de la population qui ont été, ma foi, suffisamment clairement exprimés.

M. Vigneault (Nicolas) : Si je comprends bien ce que vous dites, c'est que son salaire doit diminuer et correspondre à ce qu'il y a sur le marché comme président de conseil d'administration.

M. Paradis (Lévis) : Bien, je pense qu'ils auront des décisions à prendre. On a annoncé quelque chose, mais en même temps je vous dis : Dans les faits, ça se traduit par quoi? Qu'on nous le dise clairement puis, au-delà de ça, qu'on prenne note de cette volonté, du réflexe populaire de la population au chapitre de la rémunération globale. L'assemblée générale est là. Il y a des choses qui se diront, il y a des actions qui se prennent. Maintenant, il va falloir que ça se transforme en gestes concrets.

M. Lachance (Nicolas) : Mais vous êtes en accord qu'il reste sur le conseil d'administration?

M. Paradis (Lévis) : Qu'il soit sur le conseil d'administration en fonction de modalités qui seront à déterminer. Chose certaine, c'est que ça ne peut pas avoir l'image de ce que ça avait avant. Puis, au-delà de ça, il y a cette notion de rémunération globale. Bombardier doit se poser des questions. La population le réclame, la population est partie prenante de ces décisions-là. J'ose espérer qu'au terme de l'assemblée il y aura des décisions qui vont satisfaire tout le monde.

Le Modérateur : Je pense, madame, que vous vouliez ajouter quelque chose. Vous pouvez aller au micro, peut-être? Oui.

Mme Poisson (Johanne) : Oui, je voulais juste rajouter quelque chose. Dans le fond, on parle beaucoup d'argent, on parle beaucoup de... Mais mon fils à moi, qui a 27 ans, veut rester avec maman. On ne veut pas me donner les mêmes avantages qu'une famille d'accueil parce que c'est mon propre sang. Est-ce que c'est logique? Moi, je n'en vois pas, de logique. C'est ce que je veux rajouter.

Le Modérateur : Votre nom?

Mme Poisson (Johanne) : Johanne Poisson.

Le Modérateur : Poisson. Merci beaucoup, tout le monde, et bravo! Bravo!

M. Paradis (Lévis) : Merci à tous, merci beaucoup. Bravo à vous, hein?

(Fin à 9 h 34)

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